LE MALI ET LA RUEE VERS L’AFRIQUE: UNE NOUVELLE VAGUE DE BARBARIE (Ben SCHREINER / Global Research)

Le Mali et la ruée vers l’Afrique :

AFRIQUE

Une nouvelle vague de Barbarie

L’intervention militaire française au Mali qui a débuté, la seconde intervention de la France en deux ans dans une ex-colonie africaine, est rapportée être “secondée” par les Etats-Unis. Ceci ne doit pas être une surprise lorsque l’on considère l’intensification de la pénétration du Pentagone en Afrique.

D’après le centre de commandement étasunien en Afrique, AFRICOM, le Pentagone prévoit de déployer des soldats dans quelques 35 pays africains différents en 2013. Comme le rapporte NPR, environ 4000 soldats étasuniens vont prendre part « à des manœuvres militaires et entraîner les troupes africaines dans des domaines allant de la logistique au tir en passant par l’organisation des soins médicaux. » (de plus, l’officier malien responsable du coup d’état en mars dernier venait juste de recevoir une formation militaire par les Etats-Unis.)

Bien entendu, l’armée US a déjà une présence de terrain très significative en Afrique. Par exemple, la « base de drones Predator, la plus active en dehors de la zone de guerre d’Afghanistan » avec 16 vols de drones par jour, est localisée au Camp Lemonnier à Djibouti.

Mais comme le note la revue Army Times : « La région, à bien des égards, représente la dernière frontière militaire » et afin de rassasier l’appétit des États-Unis pour une « projection de sa puissance mondiale », aucune frontière n’est laissée non conquise.

Ainsi, un rapport de juin 2012 du Washington Post révélait que les tentacules préliminaires de l’armée américaine s’étendaient déjà à travers les États-Unis. Comme le journal le rapportait, la surveillance aérienne étasunienne s’exerce actuellement depuis des bases clandestines au Burkina Faso, en Mauritanie, en Ouganda, en Ethiopie, à Djibouti et au Kenya, avec un plan contingent d’ouvrir une nouvelle base au sud Soudan.

Le Post expliquait plus en disant que: « le pentagone dépense 8,1 millions de dollars pour moderniser une base aérienne opérationnelle avancée en Mauritanie, sur la côte ouest du Sahara. La base est proche de la frontière avec le Mali touché par les troubles. »

Avec de tels avantages déjà en place, le Pentagone était en position non seulement de « seconder » la France dans son intervention au Mali, mais, comme l’a rapporté le New York Times (NdT: La voix officielle de la CIA dans la presse écrite étasunienne), de peser “sur un bon nombre d’options pour aider les efforts français, ceci incluant un soutien accru dans la logistique et dans le partage optimisé du renseignement”.

Pour mieux mettre en lumière ce qu’un soutien étasunien pourrait éventuellement devenir au Mali, J. Peter Pham, le directeur de l’Atlantic Council’s Africa Center de Washington et un chef conseiller stratégique de l’AFRICOM a commenté: « Les attaques de drones ou de l’armée de l’air ne vont pas restaurer l’intégrité territoriale du Mali ou défaire les islamistes, mais elles peuvent être de moindres maux. » Un signe plutôt de mauvaise augure, quand on sait que « cette option du moindre mal » a déjà coûté le massacre de centaines d’innocents dans la campagne d’assassinat des Etats-Unis par les drones.

Bien sûr, tout comme avec la campagne de drones, la poussée du Pentagone en Afrique est devenue partie intégrante par extension de l’emballage acidulé de la “guerre contre la terreur”. Un rapport de Juin d’Army Times notait: « L’Afrique en particulier, a émergé comme la plus grande des priorités pour le gouvernement américain parce que des groupes terroristes y sont devenus une menace de plus en plus grande pour les Etats-Unis et la sécurité régionale. »

Mais quelle intervention n’a t’elle pas été justifiée en employant quelque variante que ce soit de la toujours très utile rengaine de la « guerre contre la terreur » ? Comme le président français François Hollande l’a déclaré vendredi dernier: « Les terroristes devraient savoir que la France sera toujours là quand les droits d’un peuple, ceux du Mali qui veut vivre librement et dans une démocratie, sont en danger. »

« L’idéologie de notre temps, du moins lorsqu’il s’agit de légitimer la guerre, est un certain discours sur les Droits de l’Homme et la démocratie », a écrit Jean Bricmont dans son livre “L’impérialisme humanitaire“. Et nous pourrions même ajouter, un certain discours cynique de combattre la terreur.

Naturellement, la notion même que le renouveau d’intérêt de l’Occident pour l’Afrique soit ancré dans un désir altruiste d’aider les états africains à combattre le terrorisme et d’établir la démocratie est complètement absurde. Ce fut l’alliance de l’OTAN, moins une nation, qui s’est si avidement alignée avec les combattants salafistes pour renverser Mouamar Kadhafi en Libye. De plus, c’est la même alliance militaire qui encourage les salafistes en Syrie, tout en les bombardant dans la région AfPak (Afghanistan/Pakistan), en Somalie, au Yémen et maintenant au Mali.

Clairement, seuls ceux qui pratiquent la double pensée ont une chance de comprendre le terrain en permanence mouvant de la « guerre contre la terreur » menée par l’Occident.

De fait, pour une fois, le voile de la « protection de la démocratie » et de « combattre la terreur » est levé et le visage impérialiste est dévoilé.

Ainsi, l’impératif qui motive le renouvellement de l’intérêt occidental en Afrique, comme l’a expliqué Conn Hallinan, est la course pour sécuriser les vastes ressources et richesses du continent.

« Les Etats-Unis reçoivent actuellement environ 18% de ses sources d’énergie de l’Afrique, on prévoit que ce chiffre grimpera à 25% à l’aube de 2015, l’Afrique aussi fournit environ un tiers des besoins énergétiques de la Chine, plus du cuivre, du platine, du bois et du minerai de fer », écrit Hallinan.

De plus, comme l’affirme Maximilian Forte dans son Slouching Towards Sirte : « Les intérêts chinois sont perçus comme entrant en concurrence avec ceux de l’Occident quant à l’accès aux ressources et aux influences politiques. AFRICOM et quelques autres initiatives du gouvernement étasuniens sont faits pour prendre en compte et contrer ce phénomène. »

Ceci explique l’aventure de l’OTAN de 2011 en Libye qui a éliminé du pouvoir un leader panafricain borné qui menaçait de frustrer l’expansion d’AFRICOM dans cette “dernière frontière” militaire. Ceci explique aussi l’intervention française, soutenue par les Etats-Unis au Mali, qui sert au renforcement des intérêts occidentaux plus avant en Afrique.

L’intervention, comme nous le voyons, appelle l’intervention. Comme Nick Turse nous avait prévenu en Juillet: « Le Mali n’est sûrement que le début et bien malin qui peut dire comment cela va se terminer. »

Une chose est certaine, nous allons vers une nouvelle vague de barbarisme alors que la course effrénée pour l’Afrique s’accélère.

Ben SCHREINER

Article original en anglais :

Mali and the Scramble for Africa, A New Wave of Barbarism, Global Research, le 13 janvier 2013.

Traduit de l’anglais par Résistance 71

Ben SCHREINER est un écrivain free lance qui couvre la politique étasunienne et internationale. Il est actuellement étudiant en Masters de journalisme à l’université du Wisconsin-Madison.

Contact via email at bnschreinergmail.com. workingleft

mondialisation.ca

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 25 janvier, 2013 |Pas de commentaires »

LA COREE DU NORD MENACE SEOUL, LA CHINE S’IMPATIENTE

La Corée du Nord menace Séoul,

LA COREE DU NORD MENACE SEOUL, LA CHINE S'IMPATIENTE dans REFLEXIONS PERSONNELLES coree

la Chine s’impatiente

SEOUL – La Corée du Nord a menacé, vendredi 25 janvier 2013, la Corée du Sud de représailles physiques si elle s’associait aux sanctions votées cette semaine par le Conseil de Sécurité de l’ONU, irritant son alliée chinoise qui a engagé sa crédibilité en votant la résolution moyennant des sanctions limitées.

Si les traîtres du régime fantoche en Corée du Sud participent directement aux soi-disant +sanctions+ des Nations Unies, de sévères représailles physiques seront prises, a prévenu le Comité Nord-Coréen pour la Réunification Pacifique de la Patrie, dans un communiqué diffusé par l’agence officielle KCNA.

La Corée du Nord a annoncé jeudi son intention de procéder à une date indéterminée à un nouvel essai nucléaire en signe de défi aux Etats-Unis, son ennemi juré, et en réponse aux sanctions élargies de l’ONU votées mardi après le lancement le 12 décembre 2012 d’une fusée considérée par Washington comme un missile balistique.

Ces sanctions sont une déclaration de guerre contre nous, a estimé le comité nord-coréen.

Washington a immédiatement dénoncé les menaces nord-coréennes.

La déclaration de la Corée du Nord est une provocation inutile, a affirmé le porte-parole de la Maison Blanche, Jay Carney, soulignant qu’un nouvel essai nucléaire constituerait une sérieuse violation des sanctions des Nations Unies et isolerait davantage encore Pyongyang.

Le secrétaire à la Défense, Leon Panetta, a souligné de son côté que les Etats-Unis étaient pleinement préparés pour faire face à un tel test.

Un nouvel essai nucléaire nord-coréen serait le troisième, après ceux de 2006 et 2009 qui répondaient déjà à l’époque à des sanctions votées à l’ONU après des tirs de fusée.

Dans la résolution, le Conseil de Sécurité se déclare résolu à prendre des mesures décisives en cas de nouvelle infraction.

Conformément aux principes de la résolution, Washington a pris de nouvelles mesures de rétorsion à l’encontre des entités ou individus que les Etats-Unis accusent de contribuer à son programme nucléaire militaire.

Le gouvernement américain précise que ces mesures découlent de la mise en oeuvre de la résolution 2087 du Conseil de Sécurité de l’ONU votée mardi après le tir du 12 décembre 2012.

Ce texte est le fruit d’intenses tractations entre Washington et la Chine, qui l’a voté bien qu’elle ait plaidé pour une simple déclaration.

Dans une rare mise en garde à son allié, la Chine a prévenu vendredi qu’elle n’hésitera pas à réduire son aide à la Corée du Nord si Pyongyang procède à un nouvel essai nucléaire.

Si la Corée du Nord se livre à de nouveaux essais nucléaires, la Chine n’hésitera pas à réduire son aide au régime de Kim Jong-Un, écrit le Global Times dans un éditorial soulignant que Pékin fait face à un dilemme devant la situation dans la péninsule coréenne.

Il semble que la Corée du Nord n’apprécie pas les efforts de la Chine. Elle critique la Chine sans la nommer explicitement, poursuit l’éditorial du quotidien de langue anglaise.

Le Global Times, dont la version anglaise et chinoise de l’éditorial sont identiques, est un quotidien du groupe du Quotidien du Peuple, l’organe central du Parti Communiste Chinois (PCC).

Il répondait à une déclaration nord-coréenne qui égratignait implicitement la Chine en évoquant ces grands pays (…) qui abandonnent sans hésitation jusqu’aux principes les plus élémentaires, sous l’influence de l’arbitraire américain.

Cette polémique feutrée entre Pékin et Pyongyang par voie de presse est largement inédite. Elle traduit la lassitude et une forme d’impuissance de la part de la Chine à influer sur son allié et ses ambitions nucléaires, relèvent les analystes.

Exsangue, la Corée du Nord, où a sévi une famine qui a fait des centaines de milliers de morts au milieu des années 1990, ne survit économiquement que grâce au soutien chinois et à l’aide alimentaire internationale.

(©AFP / 25 janvier 2013 10h21)

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 25 janvier, 2013 |Pas de commentaires »

USA: LE VEAU D’OR EN RAQUETTES ASSERMENTEES (Gaëtan PELLETIER / la vidure / legrandsoir.info)

U.S.A. :

USA: LE VEAU D'OR EN RAQUETTES ASSERMENTEES (Gaëtan PELLETIER / la vidure / legrandsoir.info) dans REFLEXIONS PERSONNELLES sourire-600x400

Le veau d’or en raquettes assermentées

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Gaëtan PELLETIER

« Personne n’a plus intérêt à un monde en paix que le pays le plus puissant » - Barack Obama

Citant le texte de la déclaration d’indépendance face à plusieurs centaines de milliers de personnes rassemblées devant le Capitole, le 44e président américain a affirmé à ses compatriotes : « Notre voyage ne sera pas terminé » tant que ces questions ne seront pas réglées. « Maintenant, plus encore que jamais, nous devons faire tout cela ensemble, comme un seul pays et un seul peuple », a-t-il lancé sous les acclamations de la foule. Le monde

Il y a des animaux qui se fondent dans la nature, au point où on ne les voit pas…

Il doit exister, ou il faudrait l’inventer, une loi de la gravité qui stipule que plus la cérémonie est féérique et gonflée comme les muscles d’Arnold – jadis -, plus il y’a des anguilles qui s’agitent sous roche.

Dommage que l’on ait pu créer et entretenir un monde où la jeunesse s’est fait Alzheimerisée au grand total par des systèmes « d’éducations » dans lesquels l’étudiant est une marchandise à vendre à l’État. Si la vie n’était pas une série d’échecs et d’expériences, nous ne pourrions rien apprendre de nos erreurs. C’est comme ça, qu’à la « fin », on devient un peu plus savants et sage. C’est une loi qui égale celle de la gravité… On tombe de haut, alors que jeune, on pensait voler…

Mais…

Voilà le mais… L’Histoire, et ses tricotés du grandiose, a fait en sorte que se perpétue cette saleté d’ignorance. Car l’ignorance, c’est l’oubli. Ne pas trop se gaufrer de savoirs comme le Big Mac ou le poulet « triché » à la Kentucky… On meure tous d’une indigestion de la vie… Alors, pour les amateurs de « règne de mille ans », comme je le disais, il faudrait des psys pour les peuples. Le gras et le sel servent d’appât pour les amateurs de fast food. C’est une partie du cerveau qui, jadis, avait besoin de faire des réserves pour survivre. Mais de quoi donc se nourrissent les peuples ?

De cette délectation enrobée d’une couche de « dieux »… Le veau d’or ? Ça ne vous dit rien ?

Le symbole de l’idolâtrie…

« Pendant l’ascension du mont Sinaï par Moïse, pour recevoir les tables de la Loi, les Hébreux, nouvellement libérés du joug du Pharaon, pressèrent Aaron de leur construire une idole d’or, en fondant les bracelets et colliers qu’ils avaient réussi à prendre avec eux. Il construisit un veau d’or qu’ils adorèrent à l’imitation du taureau Apis qui était adoré en Égypte. »

Nous vivons maintenant dans un monde dans lequel nous nous fondons tous pour satisfaire l’appétit des dieux qui passent et repassent dans l’Histoire. À la queue leu leu…

À la queue leu leu.. (Vieilli) Jeu d’enfants [1] [2], ainsi appelé parce qu’à ce jeu on marche à la suite les uns des autres, comme marchent les loups, qu’on appelait autrefois leux dans certaines régions du nord de la France.

Qui donc peut « croire » aux vertus de ce nazisme rose ?

Obama discours

Des mots, des signes, des croyants…

Face au président de la Cour Suprême, John Roberts, Barack Obama a ensuite levé la main droite et posé la gauche sur deux Bibles, tenues par son épouse Michelle : celle d’Abraham Lincoln, sauveur de l’Union et émancipateur des esclaves, et celle de Martin Luther King dont, coïncidence, la mémoire est honorée lundi aux Etats-Unis. Le monde

Deux bibles ?

Pourquoi pas quatre ? Pourquoi pas dix ?

L’authenticité et l’ouverture sur le reste de la planète, de la simplicité et de la beauté de l’unicité de chaque être humain ne fait pas partie du « plan » des États-Unis. Les États-Unis ont un « plan » pour le monde…

Tous les mots, toutes les bibles, toutes les religions n’amélioreront en rien ce monde si nous ne pratiquons pas ce que nous lisons et si nous n’avons pas un esprit critique sur les veaux qui nous mènent à l’abattoir.

Billy Pèlerin avait le pouvoir de voyager dans le temps et de mener plusieurs existences à la fois. Il se trouvait, dans une bulle de verre, sur la planète Tralfamadore auprès de la belle Montana Patachon. Mais il est, en même temps, en février 1945, au fond d’un abattoir de Dresde sous le plus terrible bombardement aérien de la Seconde Guerre Mondiale. Pendant que les savants de Tralfamadore observaient son accouplement avec Montana, Billy se trouvait également dans son magasin d’optique d’une petite ville des États-Unis et, toujours au même instant, dans une colonne de prisonniers américains en Allemagne. Le futur de Billy Pèlerin faisait partie de son passé et il lui restait encore à vivre les événements dont il gardait déjà le souvenir. Abattoir 5, ou la croisade des enfants

De la science fiction…

Qui nous apprend une chose : si nous ne savons pas voyager dans le temps de par nos connaissances, notre savoir, notre attention, nous allons faire en sorte que se reproduisent les veaux d’or.

On s’arrachera la peau comme des grands brûlés…

À queue l’eau l’eau… Pour s’éteindre quand il sera trop tard.

Depuis la mort de « Dieu », il n’y a plus personne de méchant : il n’y a que des grandes causes qui, elles, persistent.

Nous sommes tous des dommages collatéraux d’une guerre de croyants et de fanatiques, nourris par une sorte de nourriture hypocrite intraveineuse, ou intra-cervicale.

Peu importe… Nous vivons le résultat.

L’autruche a un gros derrière mais la tête dans le sable…

Cultivons nos gros derrières. On est dans le sable. Mais on est beaux à en pleurer. Sang et eau pour Wall-Street et les Compagnies à numéros.

Vous valez plus que ça… C’est juste qu’on vous a fait croire que vous ne valez rien sans l’État-Dieu et son veau brûlé que vous élisez.

Vous avez échangé votre être pour un autre « monté pièce par pièce », irréel, en imagerie concoctée savamment (sic).

Jésus a multiplié les poissons et le vin… Aux noces de Cana.Da.

Donnez votre vieillesse à l’État, vos reins, votre sueur, votre bravoure, vos nerfs, votre tranquillité, votre bonheur.

Les cordes de l’État, c’est l’argent. Il a les moyens de se sculpter un Pinocchio qui parle.

Ou une bonne raquette…

La raquette à neige, appelée plus communément raquette, est un instrument qui permet de marcher sur des couches épaisses de neige molle.

C’est comme un amas de moutons, mais congelés…

Gaëtan PELLETIER

La Vidure

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Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 23 janvier, 2013 |Pas de commentaires »

MALI: LA FRANCE, L’ETAT GUERRIER (Djamel LABIDI / lequotidien-oran.com / legrandsoir.info)

L’Etat guerrier

MALI: LA FRANCE, L'ETAT GUERRIER (Djamel LABIDI / lequotidien-oran.com / legrandsoir.info) dans REFLEXIONS PERSONNELLES avion

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Djamel LABIDI

Une intervention militaire française en chasse une autre : Côte d’ivoire, puis Libye, puis Mali, sans parler de la volonté appuyée d’intervenir en Syrie. Les troupes françaises ont à peine commencé à quitter l’Afghanistan qu’elles interviennent de nouveau au Mali.

La France apparaît ainsi, actuellement, comme le pays le plus agressif de la planète. Même les USA paraissent, en comparaison, plus réservés, dans le rôle de gendarme. Et s’il y a une distribution des tâches dans ce rôle, on peut dire que la France fait preuve dans le sien d’un zèle particulier.

C’est inquiétant. Car cet Etat par deux fois, en Libye et maintenant au Mali, est venu, avec ses armées, aux frontières de l’Algérie et des pays du Maghreb. Chaque Algérien, chaque Nord-Africain, ressent cette inquiétude, celle d’avoir en face, de l’autre côté de la méditerranée, un Etat guerrier.

François Hollande est célébré en France comme « un chef de guerre ». Sur tous les médias français, journaux, radios, télés, on proclame qu’il « est vraiment devenu président de la république maintenant qu’il a déclenché une guerre ». Comme le président Bush après la guerre contre l’Irak, et comme le président Obama, sacré « chef de guerre » après avoir fait tuer Ben Laden, ou comme le président Sarkozy après l’attaque contre la Libye. Non pas Président de la république respecté parce qu’il a réglé des problèmes économiques, des problèmes sociaux, parce qu’il est un homme de paix, mais parce qu’il a déclenché une guerre.

On reste songeur devant une telle vision, devant cette culture belliqueuse, devant « cette civilisation » qui nous ramène aux temps où les Consuls et Césars ne devenaient légitimes et populaires, à Rome, qu’au retour d’une expédition victorieuse, à l’époque où les rois ne le devenaient réellement qu’après avoir conquis de nouveaux territoires, et où ils demandaient à leurs vassaux d’envoyer des contingents pour la guerre, comme l’injonction en est faite aujourd’hui par la France au Tchad, au Niger, au Sénégal, au Togo, au Benin, à la Côte d’Ivoire, et à d’autres pays africains.

C’est l’union sacrée autour du nouveau « chef de guerre », François Hollande.

C’est, de la gauche jusqu’à l’extrême droite française, l’unanimité de la classe politique française pour l’intervention militaire. Un tel unanimisme, une démocratie aussi verrouillée, a des allures de totalitarisme. Les socialistes français retrouvent leurs premiers amours, et les parfums enivrants du chauvinisme de gauche et des expéditions vers des lieux aux noms exotiques : Tombouctou, Gao, le Sahara. Beaucoup d’intellectuels français les suivent. Comme cela avait été le cas pour la Libye, ils sont pris d’excitation guerrière, d’émotion et de fierté patriotiques devant le spectacle des avions « Rafale » qui décollent et celui du déploiement martial de leurs forces armées. De joie, l’un d’eux s’écrie : « Pour tous ceux qui parlaient de décadence française, c’est la preuve que nous sommes toujours un grand pays car nous sommes capables d’intervenir. » (Nicolas Domenach, Chaîne ITélé, émission « ça se dispute », 12 janvier 2013).

La communauté malienne en France se voit soudain entourée de sollicitude. Elle en est étonnée et même gênée. Pourvu que ça dure. Les médias français découvrent avec tendresse que la ville française de Montreuil est, après Bamako, la seconde ville malienne par sa population originaire de ce pays. Le parti français, le « Front National », juge cette intervention légitime, d’autant plus « qu’elle concerne, dit-il, un pays francophone ». Les émigrés maliens ne sont plus donc, pour le moment, des « émigrés qui envahissent la France et viennent manger le pain des français ». On pressent déjà des tentatives pour opposer Arabes et Africains dans l’immigration française, Afrique du Nord et Afrique noire, mais ce sera difficile tant la solidarité maghrebo-africaine est grande.

Bref, peu de voix se font entendre, en France, pour dénoncer l’intervention militaire, ou alors elles sont difficilement audibles. Aujourd’hui, pour l’instant, le principal reproche fait au Président François Hollande par le leader du Front de gauche, J.F. Mélenchon, ainsi que par les représentants du parti communiste français et de la gauche écologique c’est de…ne pas avoir convoqué le parlement avant d’avoir décidé de la guerre. A quoi le gouvernement français répond superbement qu’il n’en avait pas le temps et qu’il « fallait agir vite ».

Cet argument, « qu’il fallait agir vite » est trop souvent répété, asséné, sur tous les médias français pour ne pas en devenir suspect. Il rappelle, le même, utilisé pour la Libye, lorsqu’on criait qu’il fallait vite intervenir à Benghazi, pour éviter un massacre. On sait comment cette justification s’est avérée mensongère et d’où est finalement venu le massacre.

Il semble, en réalité, que l’armée malienne avaient lancé des opérations sur la route menant à la ville de Mobti et en direction de la ville de Douentza, dés la journée de Lundi 7 Janvier 2013 (cf »le Quotidien d’Oran », 9 janvier 2013, p 6). Ces opérations, organisées en coordination avec le commandement français, avaient pour but, selon des experts occidentaux, de faire sortir les colonnes de pick-up des groupes rebelles de leurs bases et des villes afin de les bombarder en rase campagne et de permettre ainsi à l’aviation française d’intervenir. La version officielle française vise donc à justifier la précipitation de l’intervention française et à en cacher les véritables raisons. Affaire donc à suivre, tant la gestion de ces interventions militaires par le mensonge est devenue coutumière.

LA LÉGITIMATION

Il est remarquable de voir comment chaque intervention militaire s’entoure d’un discours de légitimation. Chaque fois qu’elle a eu lieu, l’intervention militaire a été proclamée légitime, qu’il s’agisse de défendre un pouvoir contre des groupes armés rebelles comme c’est le cas au Mali, ou, au contraire, de soutenir des groupes armés rebelles contre un pouvoir comme cela a été le cas en Libye ou c’est le cas en Syrie.

Le droit d’ingérence n’est en fait que le droit du plus fort. Il ne s’embarrasse pas de cohérence. Mais en aucun cas, les puissances occidentales qui s’en réclament et interviennent, ne mettront leur influence, pourtant grande, au service d’une solution politique, pacifique. L’intervention est toujours violente et elle laisse toujours le pays dévasté, exsangue, meurtri physiquement et moralement, fragile pour longtemps.
Dans le registre de la légitimation, il y a aussi l’argumentaire de la « menace terroriste islamiste ».

Depuis que le Président Bush a trouvé et désigné ainsi le nouvel ennemi global de l’Occident, l’argument sert  » à toutes les sauces », y compris d’ailleurs à des alliances avec ceux désignés auparavant comme « terroristes » lorsque la « realpolitik » l’exige.

La référence à la « menace terroriste » offre l’avantage à la fois de n’avoir rien à justifier et de donner une justification à n’importe quoi. Le président de la République Française, François Hollande, et son ministre des affaires étrangères n’ont cessé de répéter, de marteler, qu’il s’agissait, au Mali, de lutter contre  » des groupes terroristes criminels ». On aura remarqué le pléonasme. Il a pour fonction d’accroître la tension. C’est ainsi qu’un amalgame est fait entre les différents groupes armés « rebelles », et que se trouvent obscurcies les véritables raisons de la crise malienne, et du même coup celles véritables de l’intervention française. Elles sont, ici comme ailleurs, à chercher, banalement hélas, dans le pillage des richesses de la région et dans le maintien de l’influence nécessaire à cet effet.

L’Histoire se répète sur le continent africain..Entre l’an 397 et 398, Gildon, prince Amazigh, se révolta contre la domination romaine et s’allia avec les rebelles donatistes et circoncellions. Il arrêta les exportations de blé d’Afrique du Nord vers Rome. Celle-ci utilisa contre lui, le fameux poète romain Claudien (un média de l’époque) qui mobilisa, à travers notamment un long poème propagandiste, l’opinion romaine, et déclencha la peur dans l’Empire en faisant croire à la population qu’elle allait connaître la famine. Les méthodes sont les mêmes. Seule la technologie a changé.

La « menace terroriste islamiste » est brandie, comme à la plus belle époque du Président Bush junior. Le thème est repris en boucle par tous les hommes politiques et les médias français ce qui permet, collatéralement, de différer, au nom de « l’union sacrée », les échéances de la grave crise économique, sociale et morale actuelle de la société française ou d’y faire diversion. Mais le thème comporte néanmoins un inconvénient, puisque, depuis, il y a eu le Président Obama et sa nouvelle stratégie envers le monde arabe et musulman, qui consiste à ne plus se contenter de brandir l’épouvantail de l’islamisme. Là se trouve une contradiction et une gêne, qu’on perçoit chez bien des commentateurs français lorsqu’il s’agit de passer du discours sur « le printemps arabe » et de la prise en compte de l’Islam politique à celui de la « menace islamiste ».

Dans le registre de la légitimation de l’intervention au Mali, il faut parler, enfin, de la référence à la décision du Conseil de sécurité de l’ONU à ce sujet. Les responsables français s’enveloppent dans celle-ci comme si la France ne faisait que se mettre, par altruisme, au service du Droit International.

Mais c’est précisément la France qui a fait le siège du Conseil de Sécurité pour obtenir une résolution autorisant l’intervention au Mali. Encore que cette intervention prévoyait d’abord de s’efforcer de trouver une solution politique aussi bien aux revendications légitimes des Touaregs du Nord Mali, qu’à la question de la légitimité du pouvoir politique malien, mise à mal par le coup d’Etat récent.

Et à ce propos, d’ailleurs, quelle légitimité peut bien avoir un pouvoir qui ne peut se maintenir que par une intervention armée étrangère, laquelle, par ricochet, révèle d’ailleurs, par là même, sa propre illégitimité. Là est la faiblesse originelle de cette intervention militaire française. On peut s’attendre à la voir se révéler de plus en plus au fur et à mesure du développement de la situation.

Djamel LABIDI

Le Quotidien d’Oran http://www.lequotidien-oran.com/index.php?news=5178055

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Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 20 janvier, 2013 |Pas de commentaires »

I HAVE A DREAM…I HAVE A DRONE (legrandsoir.info)

I have a dream…I have a drone

I HAVE A DREAM...I HAVE A DRONE (legrandsoir.info) dans REFLEXIONS PERSONNELLES dreamdrone350-ec004

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Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 19 janvier, 2013 |Pas de commentaires »

HUIT DES NEUF ANNEES LES PLUS CHAUDES ONT EU LIEU DEPUIS 2000, SELON LA NASA

Huit des neuf années les plus chaudes ont eu lieu

depuis 2000, selon la NASA

HUIT DES NEUF ANNEES LES PLUS CHAUDES ONT EU LIEU DEPUIS 2000, SELON LA NASA dans REFLEXIONS PERSONNELLES baleine-echouee_galleryphoto_paysage_std

WASHINGTON – Huit des neuf années les plus chaudes enregistrées sur le globe depuis le début des relevés de température en 1880 se sont toutes produites depuis 2000, a indiqué, mardi 15 janvier 2013, la NASA.

L’année 2012 a été la neuvième la plus chaude avec 14,6 degrés Celsius de moyenne, soit 0,6 degré de plus qu’au milieu du 20e siècle, selon les dernières estimations de l’Institut Goddard pour les Etudes Spatiales (GISS) de la NASA à New York.

La température moyenne mondiale a grimpé d’environ 0,8 degré depuis 1880, 2010 et 2005 ayant été les années les plus chaudes.

La température d’une année n’est pas en soi significative mais ce qui compte c’est le fait que la dernière décennie a été plus chaude que la précédente et que cette dernière a été plus chaude que celle d’avant, relève le climatologue Gavin Schmidt.

La planète se réchauffe et la raison est que nous continuons à émettre de plus en plus de dioxyde de carbone (CO2) dans l’atmopshère, a-t-il souligné.

Le CO2 qui piège la chaleur du soleil et affecte dans une large mesure le climat terrestre se produit naturellement mais est aussi émis par la combustion d’énergie fossile qui ne cesse d’augmenter depuis des décennies, précise la NASA.

En 1880, la concentration de CO2 dans l’atmosphère était environ de 285 parties par million en volume. En 1960, elle atteignait 315 parties par million, selon les mesures de l’Agence Américaine Océanique et Atmosphérique (NOAA). Aujourd’hui, cette concentration dépasse 390 parties par million.

Si 2012 a été une année relativement chaude sur l’ensemble du globe, elle a été la plus torride jamais enregistrée aux Etats-Unis (hors Alaska et Hawaï) depuis 1880, avait annoncé la NOAA la semaine dernière.

Les températures élevées aux Etats-Unis durant l’été 2012 sont le signe d’une nouvelle tendance de vagues de chaleur saisonnières extrêmes, plus chaudes que durant les étés les plus chauds au milieu du 20e siècle, a relevé James Hansen, directeur du GISS.

Certaines saisons estivales pourront encore être plus fraîches que la moyenne à long terme, mais la fréquence des canicules extrêmes augmente et ce sont ces températures extrêmes qui affectent le plus les populations et les autres formes de vie sur notre planète, a-t-il ajouté.

(©AFP / 15 janvier 2013 20h28)

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 15 janvier, 2013 |Pas de commentaires »

LES GUERRES « INTELLIGENTES » DU 21 EME SIECLE: MERCENAIRES ET DRONES PREDATOR (Chems Eddine CHITOUR / legrandsoir.info)

Les guerres « intelligentes » du XXIème siècle :

LES GUERRES

Mercenaires et drones prédator

-Chems Eddine CHITOUR-

« La guerre, c’est la guerre des hommes ; la paix, c’est la guerre des idées. » – Victor Hugo

Un article du journal Le Monde a attiré mon attention, il raconte un cas de conscience d’un militaire américain qui, du fin fond d’une salle climatisée de l’Amérique profonde a décidé de voler la vie d’un enfant à 10.000 km de là en le ciblant « grâce » à un drone prédateur. Naturellement, il n’y eut pas de réaction ou si peu des médias d’habitude si prompts à diaboliser quand il s’agit de jeter l’anathème sur les damnés de la Terre, surtout s’ils sont musulmans. Comme rapporte Théophraste R. dans un billet du site alternatif Le Grand Soir : Quelqu’un disait (…) :

« Les médias ne vous disent pas seulement ce que vous devez penser, mais SUR QUOI vous devez penser. Pensez chaque jour aux petites victimes du tueur fou de Newtown et pas à celles de l’aviateur normal qui bombarde par erreur un village afghan. Jean-Paul Sartre a écrit dans « Qu’est-ce que la littérature ? » : « Le silence est un moment du langage ; se taire ce n’est pas être muet, c’est refuser de parler, donc parler encore. Si donc un écrivain a choisi de se taire sur un aspect quelconque du monde, ou, selon une locution qui dit bien ce qu’elle veut dire de le passer sous silence, on est en droit de lui poser une [...] question : pourquoi as-tu parlé de ceci plutôt que de cela et – puisque tu parles pour changer – pourquoi veux-tu changer ceci plutôt que cela ? ».(1)

J’ai donc voulu savoir comment l’on faisait la guerre actuellement par esprit de déconstruction en décortiquant l’information, et en regardant derrière les plis pour voir la « vraie vérité » comme le dit si bien Jacques Prévert. La façon de faire la guerre a changé totalement depuis que les puissances occidentales ne se font plus la guerre entre elles. La doctrine est celle de « zéro mort » chez le puissant et le maximum de morts chez l’adversaire. Pour cela pratiquement un quart de siècle, après la chute de l’empire soviétique, l’hyper-puissance américaine n’ayant plus « l’empire du mal » comme adversaire s’est trouvé un nouveau Satan de rechange, l’Islam.

Cela s’est fait concomitamment, avec le tarissement des puits de pétrole et les avancées technologiques.

Il y avait donc un triple gain, démolir l’Islam, en démolissant le pays musulman, s’emparer des puits de pétrole et expérimenter au réel les nouvelles armes létales pour voir « leur performance ».

Donner la mort par procuration

Dans cet ordre d’idée , Georges Stanechy écrit :

« Il était une fois…un pays, qui avait à sa tête un dictateur : l’Irak. Ni pire ni meilleur que les pires autocrates féodaux et corrompus des pétromonarchies du coin, reçus en permanence avec tapis rouge et accolades dans nos « vertueuses démocraties ». Mais, il avait eu le tort d’entrer en conflit avec ses protecteurs qui l’avaient installé au pouvoir. Alors, comme dans les films de gangsters, ils ont décidé de le remplacer par des marionnettes interchangeables et plus dociles. Pétrole oblige… « Apporter la Liberté et la Démocratie », affirmaient-ils, la main sur le coeur. Ils avaient une obsession, toutefois : « Renvoyer le pays à l’âge de pierre », disaient-ils. On ne comprenait pas bien : pourquoi chasser un dictateur imposait-il de réduire l’Irak en cendres ?… Ils ont tout rasé. Méthodiquement. Tout ce qui est interdit par les Conventions de Genève et leurs Protocoles additionnels, ces « Traités internationaux qui contiennent les règles essentielles fixant des limites à la barbarie de la guerre. » Tout : centrales électriques, stations d’épuration d’eau, ponts, ports et aéroports civils, hôpitaux, universités, écoles, usines d’automobiles ou de tracteurs, ateliers mécaniques ou conditionnements de lait et yaourt, fermes d’élevage. Tous les ministères, sauf celui du Pétrole ! « Retour à l’âge de pierre » : mission accomplie. Jusqu’aux musées et sites archéologiques, pillés à l’exemple du sac du palais d’été des empereurs en Chine, en 1860, par les troupes françaises et les britanniques… Détruire, massacrer, piller… Le plus curieux : ils se sont acharnés sur les femmes et les enfants (…) ». (2)

Les sociétés militaires privées

Autres innovations que nous avons déjà rapportées : les sociétés militaires privées. Le vrai mercenariat est du côté de la coalition qui fait la guerre aux peuples irakien et afghan en faisant appel à des mercenaires. Il est né dans le sillage de la « guerre de l’information » et de la doctrine du « zéro mort » suite aux guerres perdues du Vietnam et du Cambodge, expérimenté notamment au Kosovo. Les Etats-Unis sont aujourd’hui déployés dans plus de 50 pays. Les raisons du recours à des sociétés militaires privées sont multiples : politiques…contourner le Parlement américain et éviter la critique populaire. Contourner le contrôle administratif : ne pas irriter l’opinion publique (doctrine de zéro mort). Les morts BW ne sont pas décomptés comme des soldats. A partir des années 2000, parallèlement à la disparition progressive du mercenariat traditionnel, se sont développées les Sociétés Militaires Privées (SMP) anglo-saxonnes, parfois en renfort d’une milice. Afghanistan et surtout en Irak (Military Professionnal Ressources Inc, Blackwater, Erinys, Aegis) depuis 2003 (…) Blackwater est une multinationale rentable.. ». (3)

« 1 milliard de dollars de contrats avec l’Etat américain. En 2006, le nombre de soldats de Blackwater déployés dans le monde était estimé à 23.000. Le chiffre d’affaires de Blackwater a augmenté de 80,000% entre 2001 et 2006. Entre 2005 et octobre 2007 on a dénombré plus de 195 incidents impliquant Blackwater.

Les guerres que mène l’Occident ne sont pas justes et donc, pas morales. Cette guerre dissymétrique de 1 pour 1000 est encore plus amorale quand on utilise les satellites, les drones et les robots. On tue son adversaire sans le connaître à des milliers de kilomètres, à partir d’une salle climatisée du fin fond des Etats-Unis…(3)

Les guerres du futur

Les médias ne tarissent pas d’éloges en décrivant, par le menu, les prouesses des nouvelles armes qui donnent la mort. Cela se fait d’ailleurs dans des kermesses telles que le Salon du Bourget, où les marchands de mort viennent fourguer à des roitelets arabes ventripotents les dernières armes toujours en décalage avec l’état de l’art.

Il n’est pas question de donner ce qu’il y a de récent. Souvenons-nous du contrat saoudien de plusieurs dizaines de milliards de dollars avec les Etats-Unis. Que va faire l’Arabie Saoudite avec ses armes si ce n’est les retourner contre son peuple ou contre les Bahreinis ?

Avec un rare cynisme les médias occidentaux faisant la promotion des armes écrivent :

« Pour protéger sa vie, le matériel coûteux et éviter l’enlisement, notamment lors de combats en milieu urbain, le fantassin du futur sera bardé d’électronique et relié en réseau avec l’ensemble des blindés et aéronefs. Il ne s’agit plus de science-fiction, mais d’une réalité. Les fantassins en sont couverts. Ils sont équipés d’un gilet bourré d’accessoires électroniques. Grâce à cet équipement, ils sont tous connectés à un réseau informatisé. Chaque combattant dispose d’un écran lui permettant de connaître sa position et celle de ses camarades via GPS. Ils peuvent s’organiser et communiquer entre eux avec un ostéophone, un système qui capte la voix via la résonance des os (…). C’est la poignée avant du fusil mitrailleur (Famas) qui permet de commander la radio. Ainsi, pas besoin d’arrêter un tir pour actionner un interrupteur. Ces mêmes commandes permettent de régler un tir sans se mettre à découvert (…) Ce même dispositif est doté d’options infrarouges, ou de vision de nuit. Le futur, c’est maintenant. Le combattant porte un équipement électronique qui le connecte en réseau avec la troupe, les aéronefs et les véhicules blindés.(…) Le LOCC, Logiciel opérationnel de conduite du combat, est l’outil de suivi des opérations du chef. C’est une sorte de gros iPad façon militaire, qui peut afficher en temps réel l’intégralité des combattants, véhicules et unités sur le terrain. Les positions des ennemis y sont affichées ainsi que les champs de vision et les directions de déplacement des uns et des autres. Dans un blindé, il est présenté sous la forme d’un double écran tactile. Sur le terrain, les chefs de sections sont, quant à eux, équipés d’une tablette tactique de plus petite taille (..) » (4)

On le voit ce qui est important, c’est qu’il y ait zéro mort du côté de l’attaquant, que le matériel soit protégé, au besoin en tuant et aussi que le conflit ne s’enlise pas, car c’est de l’argent perdu…

La mort en joystick

Une autre technologique infernale concernant la mort est le drone avec des noms qui font froid dans le dos : drone predator, drones furtifs, drones reapers (faucheuses). Outils favoris des militaires depuis les années 1990, les drones sont de plus en plus utilisés. Ils sont expérimentés sur les faibles qui pensent échapper en vain à l’attaque sans pitié. Nous l’avons vu avec les éliminations des dirigeants palestiniens. Les drones ont, d’ores et déjà, changé la nature de la guerre.

Dans cet ordre, l’histoire que nous allons rapporter est celle d’une bavure parmi des dizaines :

« Brandon Bryant était pilote de drone au sein d’une unité spéciale de l’armée de l’air américaine. Depuis l’Etat du Nouveau-Mexique, il a tué des dizaines de personnes. Jusqu’au jour où il a déclaré forfait. Pendant plus de cinq ans, Brandon Bryant a travaillé dans un container allongé de la taille d’une caravane, sans fenêtres, à température constante de 17 °C, et dont la porte était condamnée par mesure de sécurité. Devant les yeux de Brandon et de ses collègues scintillaient quatorze écrans. Sous leurs doigts, quatre claviers. Il suffisait que Brandon presse un bouton au Nouveau-Mexique pour qu’un homme meure à l’autre bout de la planète. A l’intérieur du container, des ordinateurs ronronnent. C’est le cerveau d’un drone. Dans l’US Air Force, on appelle cette pièce un « cockpit ». A cette différence près que les pilotes du container ne volent pas – ils se contentent de piloter. Brandon était l’un d’entre eux. Il se souvient très précisément des huit que décrivait le Predator dans le ciel afghan, à plus de 10.000 kilomètres de l’endroit où il se trouvait. Dans le réticule du drone, une maison aplatie en terre, avec une étable pour les chèvres, se rappelle-t-il. Lorsque l’ordre de faire feu tombe, Brandon presse un bouton de la main gauche, « marque » le toit au laser, et le pilote assis à côté de lui déclenche le tir à l’aide d’un joystick. Le drone lance un missile de type Hellfire. Il reste alors seize secondes avant l’impact. « Les secondes s’écoulent au ralenti », se souvient Brandon aujourd’hui. Enregistrées au moyen d’une caméra infrarouge orientée vers le sol, les images sont transmises par satellite et apparaissent sur son moniteur avec un décalage de deux à cinq secondes ».(5)

« Plus que sept secondes, pas l’ombre d’un humain. A cet instant, Brandon aurait encore pu détourner le missile roquette. Trois secondes. Brandon scrute le moindre pixel sur l’écran. Soudain, un enfant qui court à l’angle de la maison. Au moment de l’impact, le monde virtuel de Brandon et le monde réel d’un village situé entre Baghlan et Mazar-e Charif se télescopent. Brandon voit une lueur sur l’écran- l’explosion. Des pans du bâtiment s’écroulent. L’enfant a disparu. Brandon a l’estomac noué. « On vient de tuer le gamin ? » demande-t-il à son collègue assis à côté. « Je crois que c’était un gamin », lui répond le pilote. « C’était un gamin ? » continuent-ils de s’interroger dans la fenêtre de messagerie instantanée qui s’affiche sur leur écran. C’est alors que quelqu’un qu’ils ne connaissent pas intervient, quelqu’un qui se trouve quelque part dans un poste de commandement de l’armée et qui a suivi leur attaque : « Non, c’était un chien. » (…) Brandon se souvient de son premier tir de missile : deux hommes meurent sur le coup et il assiste à l’agonie du troisième. L’homme a perdu une jambe, il se tient le moignon, son sang chaud ruisselle sur l’asphalte. La scène dure deux minutes. Un beau jour, Brandon Bryant n’a plus eu qu’une seule envie, partir, faire autre chose. L’espoir d’une guerre confortable, sans séquelles psychologiques, a fait long feu ».(5)

La nouvelle guerre par les « ponctuelles »

La guerre moderne est devenue en théorie d’après les stratèges vendeurs de mort, un tel raffinement que les médias main stream qui nous font la promotion de ces nouvelles formes de suppression de vie, utilisent un langage neutre souvenons-nous des « ponctuelles » terminologie utilisée par les commandos deltas qui éliminaient pour le compte de l’OAS, tout ce qui dérangeaient aussi bien les bougnoules, que les pieds noirs « tièdes ». En vendant ces informations ces médias se pâment devant les frappes dites « chirurgicales » tout en sachant que la chirurgie contrairement à son sens morbide dans ces guerres du XXie siècle, est en principe utilisée pour sauver les vies humaines.

Dans cet ordre, Joe Becker du New York Times démonte la mécanique de mise à mort par les drones.

« Au fil de son premier mandat écrit-il c’est devenu la spécialité du président américain : sélectionner les terroristes à abattre et donner son aval à chaque frappe de drones à l’étranger. Une méthode expéditive qui suscite la polémique. (…) En août 2009, le patron de la CIA, Leon Panetta, a fait savoir à John Brennan que l’agence avait Mehsud dans sa ligne de mire. Toutefois, a prévenu Leon Panetta, la liquidation du chef des taliban au Pakistan ne satisfaisait pas aux exigences d’Obama, pour lequel il faut avoir la « quasi-certitude » qu’aucun innocent ne sera tué. De fait, il était certain qu’une opération causerait la mort d’innocents, puisque Mehsud se trouvait en compagnie de son épouse chez sa belle-famille. (…) Mais pas cette fois. Obama a donné son feu vert à la CIA et Mehsud a été tué ainsi que son épouse et, selon certaines informations, d’autres membres de sa famille. (…) Ce n’était pas vraiment le type de frappe chirurgicale que souhaitait Barack Obama. (…) A juste titre ou non, les drones sont devenus le symbole provocateur de la puissance américaine, foulant aux pieds les souverainetés nationales et causant la mort d’innocents. (…) Le bilan d’Obama a fait reculer l’idée selon laquelle les démocrates sont peu performants en matière de sécurité nationale. Depuis son arrivée à la Maison-Blanche, Obama s’est révélé plus prompt à dégainer que Bush. Au Pakistan, depuis 2009, Il y eut 261 attaques avec 1819 talibans morts et 87 civils morts pour Obama contre 38 attaques avec 481 morts dont 94 civils avec Bush. Au Yémen, il y eut 48 attaques par les drones contre deux avec Bush (6)

Conclusion : Qu’est ce qu’une guerre juste ?

Dans une contribution précédente j’avais décortiqué le vocable de guerre juste selon l’Eglise et la charité chrétienne dont se prévalent les semeurs de mort. J’écrivais :

« Si l’on croit la théologie catholique « une guerre juste » doit obéir à trois conditions, (…) La première des trois conditions énoncées par Saint Thomas est que la guerre ne peut être légitimement décidée que par l’autorité politique souveraine qui a pour fin principale de connaître et de promouvoir le bien commun de la cité ou société politique parfaite. (…) La deuxième condition de la guerre juste est que la guerre soit entreprise pour une cause juste (..°) La troisième condition de la guerre juste est ainsi la rectitude de l’intention de celui qui fait la guerre. L’autorité politique suprême peut entreprendre une guerre pour une cause juste mais en étant mue principalement par une intention mauvaise. (…) On pourrait ajouter une condition que Saint Thomas n’affirme pas explicitement : il faut que le belligérant use de moyens militaires légitimes. Il n’est donc pas permis d’user de n’importe quel moyen militaire pour vaincre son ennemi. Il y a des actes qui sont toujours mauvais en eux-mêmes et il n’est jamais permis de les poser. L’intervention des armées américaines et anglaises en Irak, décidée sans l’assentiment du Conseil de Sécurité de l’Organisation des Nations Unies » (3) (7)

Pour Louis Delmas, la guerre n’est plus un affrontement de combattants, même éloignés les uns des autres par l’artillerie ou l’aviation, qui se battent en risquant leurs vies, mais un jeu informatique mortel où des opérateurs confortablement installés à des milliers de kilomètres, assassinent des adversaires en manipulant un clavier. Sous prétexte d’abattre un terroriste, les drones télécommandés envoient à un écran lointain les images de la vie d’une famille qu’ils observent pendant des jours avant de recevoir l’ordre de l’éliminer. Des militaires au chaud dans leur bureau, qui ne connaissent rien d’un champ de bataille, regardent des enfants jouer dans la cour, des femmes faire leur lessive, des vieux jouir du soleil.

Jour après jour, la routine d’une existence ordinaire. Puis d’un coup, l’exécution est décidée. L’ordre arrive. Ils appuient sur un bouton. Si la cible est bien ajustée, le terroriste est tué. L’explosion fait le vide. Mission accomplie. Les enfants, femmes, vieillards qu’ils reconnaissaient chaque matin ne sont plus que des cadavres. Difficile à supporter. (…) Qu’est-ce qu’une guerre à zéro mort ? Le robot (…) celui qui tue votre ennemi sans que vous couriez le moindre risque change la face de la guerre. Zéro mort chez l’agresseur, c’est devenu le slogan des nouveaux traîneurs de sabres. Ils disposent désormais d’un moyen de réaliser leur rêve. C’est un encouragement à déclencher des combats qui font impunément des masses de victimes.(8)

Les guerres que mène l’Occident ne sont pas justes et donc pas morales. Quand Bush avait envahi l’Afghanistan, c’était pour délivrer les Afghanes, maintenant c’est pour combattre le terrorisme. Et demain ? Cette guerre dissymétrique de 1 pour 1000 est encore plus amorale quand on utilise les satellites, les drones et les robots. On tue son adversaire sans le connaître à des milliers de kilomètres, à partir d’une salle climatisée du fin fond des Etats-Unis… On rentre chez soi avec la satisfaction du devoir bien fait, d’avoir été un bon patriote, pendant qu’à des milliers de kms de là , c’est la terreur, le sang, les larmes la désolation, des vies volées et une haine des survivants qui sédimente inexorablement. Que veut dire alors « une guerre juste » ? La question reste posée.

Chems Eddine CHITOUR

1. http://www.legrandsoir.info/+jean-paul-sartre-explique-une-a…

2. George Stanechy http://stanechy.over-blog.com/article-noel-les-enfants-de-fa…

3. http://www.legrandsoir.info/Les-societes-militaires-privees-…

4. http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/high-tech-4/d/repor…

5. Nicola Abé : Drones:Un ancien pilote américain raconte Der Spiegel 3 janvier 2013

6. Jo Becker The New York Times 7 juin 2012 Jo Becker Comment Obama a appris à tuer avec ses drones The New York Times 7 juin 2012

7. Qu’est-ce qu’une guerre juste ? http://www.etudesfda.com/SPIP/spip.php?article48

8. http://www.mondialisation.ca/la-dangereuse-ere-de-la-telecom…

URL de cet article 18915
http://www.legrandsoir.info/les-guerres-intelligentes-du-xxieme-siecle-mercenaires-et-drones-predator.html
Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 13 janvier, 2013 |Pas de commentaires »

« COLLAPSE »: L’ETAT DU MONDE…L’EFFONDREMENT (2009)

« COLLAPSE » (2009)

L’effondrement

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Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 31 décembre, 2012 |1 Commentaire »

CE QUE SIGNIFIE LA NOMINATION DE KERRY PAR OBAMA (Indian Punchline / MK BHADRAKUMAR / Traduction: Dominique MUSELET)

Ce que signifie la nomination de KERRY par

OBAMA

CE QUE SIGNIFIE LA NOMINATION DE KERRY PAR OBAMA (Indian Punchline / MK BHADRAKUMAR / Traduction: Dominique MUSELET) dans REFLEXIONS PERSONNELLES obama

(Indian Punchline)

arton18761-fa51c CHINE dans REFLEXIONS PERSONNELLES
MK BHADRAKUMAR
Les amis russes ont parfois exprimé le sentiment, au cours de discrètes apartés, qu’en ce qui concernait les relations américano-russes, Hillary Clinton, la Secrétaire d’Etat des Etats-Unis, incarnait davantage l’ancienne administration de Bill Clinton qui n’avait pas cessé d’essayer d’extorquer impitoyablement des avantages unilatéraux à une Russie affaiblie qui luttait pour se reconstruire après l’éclatement de l’Union Soviétique.

Des figures politiques de premier plan, comme Strobe Talbott, formatées par la Guerre Froide se sont révélées incapables de dépasser le sentiment de triomphe que la chute de l’URSS leur avait laissé. Hillary Clinton, elle-même, n’avait aucune sympathie pour la Russie et elle a suivi la ligne de l’administration Clinton. Des gens comme Talbott tiraient probablement les ficelles en coulisse.

Mais Obama a donné quelques signes qu’il avait une différente conception de la Russie et des relations des Etats-Unis avec ce pays. Et on en revient à la question : Obama a-t-il l’intention de faire évoluer la politique étrangère des Etats-Unis pendant son deuxième mandat ? Les personnes qu’il choisit pour former son Cabinet pourraient nous donner quelques éléments de réponse.

A ce titre, il faut s’intéresser à la nomination du Sénateur John Kerry au poste de Secrétaire d’Etat. D’abord la « popularité » de Kerry au Congrès est un atout pour Obama en dehors du fait que sa nomination laisse espérer une politique étrangère novatrice.

Deuxièmement Kerry est connu sur la scène internationale. Troisièmement, ce n’est pas un débutant dans la sphère diplomatique ; il a présidé le Comité des relations étrangères du Congrès et il a fait de nombreuses missions diplomatiques de terrain : par exemple il a joué à plusieurs reprises les « pompiers » à Kaboul et Islamabad quand il y avait des problèmes avec l’ombrageux Hamid Karzai ou les généraux pakistanais récalcitrants.

Mais l’aspect le plus intéressant de la nomination de Kerry, c’est qu’Obama comble ainsi le fossé qui a séparé la Maison Blanche du Département d’Etat des Etats-Unis tout le temps qu’Hillary Clinton était en fonction. Kerry est quelqu’un qui a l’esprit d’équipe (sans doute du fait qu’il a été soldat) tandis que Clinton, une politicienne à l’ambition présidentielle insatiable, se préoccupait surtout de sa carrière au cours des quatre dernières années. Obama dira certainement de très belles choses sur Clinton mais il ne la retiendra pas car leur relation n’est pas très bonne.

Quelle sorte de Secrétaire d’Etat sera Kerry ? C’est un homme prudent, du genre d’Obama. Comme il l’a dit lui-même dans un article révélateur paru dans le Foreign Policy magazine de septembre, la lettre ’I’ le fait penser à ’Imprudent’.

Il est d’accord avec Obama pour mettre le changement climatique en tête des priorités diplomatiques étasunienne. Il est sans aucun doute un des sénateurs les plus « pro-israéliens ». De toute évidence, Obama veut montrer à Israël que l’administration continue à soutenir inconditionnellement la centralité du partenariat israélo-américain dans la stratégie étasunienne au Moyen-Orient.

En ce qui concerne la brûlante question de l’Iran, l’opinion de Kerry est nuancée -il professe une opposition véhémente à tout programme nucléaire iranien mais il témoigne une grande aversion aux va-t-en guerre. Il considère les leaders iraniens comme des gens rationnels avec qui les Etats-Unis peuvent entrer en affaire et il trouve que l’option militaire ne doit être employée qu’en tout dernier ressort.

La vision de Kerry sur les relations sino-américaines est encore plus nuancée – il met l’accent sur ce que les deux pays ont en commun dans le but de forger des liens de coopération sur le long terme. Il faut noter qu’il a voté contre le fait de lier le commerce avec la Chine à son respect ou non-respect des droits humains.

Il pense que les Etats-Unis ont intérêt à répondre au défi que pose la montée en puissance de la Chine par la compétition commerciale à travers une renaissance économique des Etats-Unis plutôt que par la confrontation militaire. Selon lui :

« L’économie n’est pas la guerre. Nous [Etats-Unis et Chine] nous pouvons tous les deux atteindre des niveaux bien supérieurs à ceux d’aujourd’hui. »

En résumé, comme l’a écrit récemment David Ignatius du Washington Post, Kerry est quelqu’un qui « a compris l’importance d’une diplomatie sereine, surtout en ce moment. » Il sera un auxiliaire de confiance pour négocier une transition politique en Syrie, explorer les lignes d’un réajustement de la position historique des Etats-Unis par rapport à l’Iran, réduire progressivement la guerre en Afghanistan et cimenter la confiance mutuelle entre les Etats-Unis et le Pakistan (qui est un élément crucial du règlement de la question afghane.)

Au bout du compte, Obama est un homme étonnant à beaucoup d’égards – et un politicien brillant. On ne peut pas comprendre toutes les raisons qui l’ont poussé à choisir Kerry avant de savoir qui il va choisir au poste de Secrétaire à la Défense.

Si c’est bien finalement le Sénateur Chuck Hagel ( qui a les meilleurs chances à ce qu’on dit) qu’il nomme, ce sera un signal très fort qu’Obama enverra avec ces nominations-là aux deux postes les plus importants du Cabinet touchant la politique étrangère étasunienne.

Que signifie la nomination d’Hagel ? Il suffit de dire que c’est quelqu’un qui s’oppose bec et ongle à toute forme d’intervention militaire en Iran ; qui veut rapatrier les troupes d’Afghanistan tout de suite, qui est en faveur de coupes drastiques dans le budget du Pentagone (en dépit de la Syrie, l’Iran, la Corée du Nord, le rééquilibrage de l’Asie, etc.) ; qui a la guerre en horreur (parce que comme Kerry c’est un vétéran qui s’est battu au Vietnam) ; et qui veut régler le problème de l’émergence de puissances comme la Chine, l’Inde et le Brésil, en créant, sous l’égide des Etats-Unis, un Nouvel Ordre Mondial basé sur la réforme des organisations internationales.

En un mot, Hagel symbolise l’audace de l’espérance qu’Obama a incarnée un petit moment à son arrivée au pouvoir.

M.K. Bhadrakumar

Pour consulter l’original : http://blogs.rediff.com/mkbhadrakumar/2012/12/22/deconstruct…

Traduction : Dominique Muselet

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 30 décembre, 2012 |Pas de commentaires »

FUKUSHIMA: HUIT SOLDATS DE LA MARINE AMERICAINE PORTENT PLAINTE CONTRE TEPCO

FUKUSHIMA:

FUKUSHIMA: HUIT SOLDATS DE LA MARINE AMERICAINE PORTENT PLAINTE CONTRE TEPCO dans REFLEXIONS PERSONNELLES fukushimajpg2

Huit soldats de la Marine américaine portent

plainte contre TEPCO

WASHINGTON – Huit soldats de la Marine américaine ont porté plainte contre la compagnie japonaise TEPCO, qu’ils accusent d’avoir menti sur les dangers liés aux radiations émanant de la centrale nucléaire de Fukushima après le terrible accident de mars 2011.

Ces marines réclament des centaines de millions de dollars à la société, l’accusant d’avoir trompé leurs capitaines sur les niveaux de radiation à proximité de la centrale au moment où leur porte-avions, l’USS Ronald Reagan, participait à des opérations de secours après le séisme et le tsunami du 11 mars 2011.

TEPCO et le gouvernement japonais ont toujours assuré qu’il n’y avait pas de danger de contamination par les radiations pour l’USS Ronald Regan ou son équipage, souligne le texte de leur plainte déposée devant une Cour Fédérale de Californie.

Les autorités japonaises ont insisté pour dire qu’il n’y avait pas de danger immédiat tout en mentant effrontément à propos de la fusion du réacteur à la centrale de Fukushima, poursuivent les avocats des plaignants.

La plainte accuse TEPCO de négligence et d’imprudence et demande à ce que la compagnie soit reconnue responsable de l’exposition aux radiations du porte-avions et de son équipage, et aussi d’avoir conçu une centrale qui n’était pas sûre !…

L’équipage du navire s’est trop approché de la centrale et les plaignants doivent désormais faire face à une vie entière d’empoisonnement aux radiations et doivent supporter ce qui aurait pu et aurait dû être évité, poursuit la plainte.

Une des plaignantes était enceinte lors du déploiement de l’USS Ronald Reagan sur la zone, et la plainte est aussi déposée au nom de sa fille âgée d’un an.

Au Japon, TEPCO, citée par l’agence Kyodo News, a souligné qu’il s’agissait de la première plainte déposée à l’étranger visant sa gestion de la catastrophe. Nous ne ferons pas de commentaires tant que nous n’en aurons pas reçu copie, a ajouté la société.

Un séisme de magnitude 9 et un tsunami géant avait entraîné la submersion des installations de la centrale de Fukushima, le 11 mars 2011, causant le plus grave accident nucléaire depuis celui de Tchernobyl (Ukraine) le 26 avril 1986.

(©AFP / 28 décembre 2012 20h19)

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 30 décembre, 2012 |Pas de commentaires »
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