NUCLEAIRE COREEN ET ISRAELIEN: QUELLE DIFFERENCE ? (Zouhir MEBARKI / www.lexpressiondz.com)

Nucléaire coréen et israélien :

NUCLEAIRE COREEN ET ISRAELIEN: QUELLE DIFFERENCE ? (Zouhir MEBARKI / www.lexpressiondz.com) dans REFLEXIONS PERSONNELLES coree

Le «cher leader» nord-coréen, Kim Jong-Il. Crédits photo : AFP

Quelle différence ?

(Zouhir MEBARKI)

La Corée du Nord vient de procéder à son troisième essai nucléaire. En décembre 2012 elle avait réussi à envoyer une fusée dans l’espace. Ce qui lui permet de disposer, aujourd’hui, d’une tête nucléaire pour missile longue portée. Mais à qui la faute ?

Nullement impressionnée par les mises en garde du monde occidental, la Corée du Nord vient de procéder, à son troisième essai nucléaire. La particularité cette fois est que la bombe est miniaturisée. En décembre dernier, Pyongyang avait réussi à envoyer une fusée dans l’espace. Le tout permet à la Corée du Nord de disposer, aujourd’hui, d’une tête nucléaire pour missile longue portée. Parmi les raisons qui poussent les dirigeants nord-coréens à se doter de l’arme nucléaire, se trouve l’objectif de contraindre les États-Unis à s’asseoir à la table de négociations pour signer un traité de paix qui sortirait le pays de l’isolement dans lequel il est confiné depuis l’armistice de 1953 par lequel a pris fin la guerre de Corée (1950-1953).

Il n’en reste pas moins qu’elle représente désormais davantage de danger pour plusieurs pays. Il faut savoir qu’elle est soupçonnée d’aider l’Iran dans son programme nucléaire. D’aider aussi la Syrie, toujours dans le domaine nucléaire.

Et quel est l’adversaire le plus résolu de ces deux pays ? C’est l’État d’Israël ! Un État lui-même hors la loi dans le domaine nucléaire. Et cela ne date pas d’aujourd’hui. C’est en 1949 que David Ben Gourion, alors Premier Ministre, a lancé le programme nucléaire israélien. Mais c’est en 1956 que le gouvernement français, dirigé par Guy Mollet, fournit à Israël la technologie pour construire le fameux réacteur de Dimona. Le vis-à-vis israélien n’était autre que Shimon Peres, qui reçut par la suite le…prix Nobel de la paix. Le tout sans divulguer, à ce jour, la moindre information sur son arsenal nucléaire.

64 ans d’arrogance et de mépris vis-à-vis de la communauté internationale qu’il sollicite aujourd’hui pour arrêter les programmes de ses voisins de la région, notamment l’Iran. Depuis sa création en 1948, l’État d’Israël n’a tenu compte d’aucune résolution votée contre lui par l’ONU et son Conseil de Sécurité. La énième et dernière résolution date du 3 décembre 2012.

Elle « appelle Israël à ouvrir rapidement ses installations nucléaires aux inspecteurs internationaux ». Elle rejoindra dans les tiroirs les dizaines d’autres adoptées par principe et sans réaction aucune des puissances qui les votent.

Comment s’étonner aujourd’hui que la Corée du Nord fasse de même ? Par quelle logique croirait-on pouvoir imposer à l’un et pas à l’autre ? Des observateurs « s’amusent » à avancer mille causes à la « surdité » de la Corée du Nord. Alors que l’antécédent créé par Israël est totalement éludé. Ce qui encourage Israël à « pousser le bouchon » jusqu’à vouloir interdire même le nucléaire civil aux autres pays comme l’Iran. Il n’en demeure pas moins vrai que les Occidentaux qui « ferment les yeux » sur le programme israélien ne suivent pas ce gouvernement dans ses intentions d’attaquer les installations iraniennes. Que de fois n’avons-nous pas entendu Tel-Aviv se vanter d’aller attaquer lui-même ces installations. Personne ne croit un instant qu’il en est capable. Sauf à mettre son existence en péril. L’Iran l’a prévenu : sa riposte sera immédiate et massive. Dans ce jeu à « se faire peur » les États-Unis font de l’équilibrisme. Pour faire bonne figure, le département d’État américain a indiqué que les autorités nord-coréennes l’avaient informé « de leur intention de conduire un essai nucléaire, sans donner de calendrier spécifique de l’événement ».

Ils le savaient donc, mais que pouvaient-ils faire pour l’empêcher ? Rien ! Et cela, Pyongyang en est convaincue. D’autant qu’elle a un allié de taille en la Chine pour alléger le poids des « sanctions » économiques surtout (tout comme pour l’Iran d’ailleurs) prises contre elle par la communauté internationale. C’est tout ce que peut obtenir Israël de ses alliés. Comment pourrait-il en attendre plus, alors qu’il ne répond à aucun de leurs appels pour reprendre le processus de paix ou pour arrêter ses implantations de nouvelles colonies en Cisjordanie ? Il est clair qu’à cette allure, Israël, qui fait de plus en plus l’unanimité contre lui, finira par se retrouver dos au mur. Ses dirigeants, Nethanyahu en tête, donnent l’impression de confondre « patience » et « impuissance » du reste du monde.

Comme il est clair que si l’on veut sauver la Terre de toute conflagration nucléaire comme semblent s’y acheminer les États-Unis et la Russie après la signature, en 2010, du Traité Start de désarmement nucléaire qui devrait être suivi par « des pourparlers avec la Russie pour rechercher des réductions supplémentaires de nos arsenaux nucléaires » annoncés par Barack Obama dans son discours sur l’état de l’Union, il faut au préalable « remettre Israël dans le droit chemin ».

C’est là qu’est le mauvais exemple. C’est là que se trouve la vraie menace pour toute la planète. Ni à Pyongyang, ni à Téhéran et encore moins à Damas !

Zouhir MEBARKI

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Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 6 mars, 2013 |Pas de commentaires »

LA NOUVELLE POLITIQUE ETRANGERE ETASUNIENNE (Belhaouari BENKHEDDA / http://www.lequotidien-oran.com)

La nouvelle politique étrangère étasunienne

LA NOUVELLE POLITIQUE ETRANGERE ETASUNIENNE (Belhaouari BENKHEDDA / http://www.lequotidien-oran.com) dans REFLEXIONS PERSONNELLES 478px-uss_nassau_harriers

(Belhaouari Benkhedda)

Lors d’une récente conférence en Pologne, le stratège étatsunien Zbigniew Brzezinski a déclaré ceci : « Le déplacement actuel du centre de gravité du pouvoir politique mondial de l’Ouest vers l’Est, accentué par l’émergence de la Chine et de l’Asie plus généralement, annonce le début d’une distribution nouvelle et plus complexe du pouvoir mondial. »

Zbigniew Brzezinski n’est pas n’importe quel analyste. De 1977 à 1981, il a été conseiller à la sécurité nationale du président Jimmy Carter. Il est connu pour avoir recruté Ben Laden et planifié la guerre d’Afghanistan contre l’URSS. Zbigniew Brzezinski est surtout connu pour avoir créé, en 1973 avec David Rockefeller, le très puissante think tank la Trilatérale qui s’est fixé comme objectif la construction d’une coopération politique et économique entre les trois zones clés du monde : l’Amérique du Nord, l’Europe occidentale et l’Asie pacifique. L’ancien conseiller de Jimmy Carter a également été le conseiller de Barack Obama lors de la campagne présidentielle de 2008. Notons qu’après son élection, Barack Obama a nommé une dizaine de hauts fonctionnaires issus de la Trilatérale.

LES PRINCIPES DE LA POLITIQUE ETRANGERE ÉTASUNIENNE

Il y a une quinzaine d’années, Zbigniew Brzezinski parlait sur un autre ton. Dans son livre Le Grand Échiquier(1997), le cofondateur de la Trilatérale écrivait :

« Il est impératif qu’aucune puissance eurasienne concurrente capable de dominer l’Eurasie ne puisse émerger et ainsi contester l’Amérique (…) Deux étapes fondamentales sont donc nécessaires.

Premièrement, identifier les États géopolitiquement dynamiques qui ont le potentiel de créer un basculement important en terme de distribution internationale du pouvoir, et de décrypter les objectifs poursuivis par leurs élites politiques, et les conséquences éventuelles.

Deuxièmement, mettre en œuvre des politiques US pour les compenser, coopter, et/ou contrôler. » Pourquoi Zbigniew Brzezinski a-t-il changé de ton dernièrement ?

En réalité, beaucoup de choses ont changé sur l’échiquier politique mondial. Les échanges économiques et militaires entre la Russie et la Chine ne cessent de se multiplier. En 2012, le groupe des BRICS, qui réunit le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud, a annoncé son projet de banque Sud-Sud. Si les pays du Brics n’utilisent plus le dollar américain, ce sera la fin du système monétaire international actuel. Il faut savoir que les pays du BRICS représentent 40 % de la population mondiale et réalisent un quart du PIB planétaire. Par ailleurs, Moscou et Pékin renforcent de plus en plus leur coopération en matière de sécurité. L’Organisation de Coopération de Shanghai (OCS) créée en 2001, regroupant six pays membres (Russie, Chine, Kazakhstan, Kirghizistan, Tadjikistan Ouzbékistan) et quatre pays observateurs (Iran, Inde, Pakistan, Mongolie), reste une force politico-militaire non négligeable. Les pays membres de l’OCS effectuent des manœuvres militaires conjointes de manière régulière.

Mais la montée en puissance de la Russie et de la Chine a-t-elle vraiment poussé Zbigniew Brzezinski et ses congénères à faire des concessions ? Les États Unis ont-ils changé de politique étrangère ?

En fait, la politique étrangère étasunienne a des principes immuables. Elle repose sur le principe de l’explorateur britannique Walter Raleigh (1552-1618) :

« Qui tient la mer tient le commerce du monde ; qui tient le commerce du monde tient la richesse du monde ; qui tient la richesse du monde tient le monde lui-même. »

En 1919, l’un des adeptes de l’école de la maîtrise des mers, le géographe anglais John Mackinder a établi une théorie selon laquelle le monde peut être partagé en trois espaces :

1) Le « Heartland », une zone qui comprend l’Europe de l’Est et la Russie, considérée comme le centre du monde.

2) Le « Rimland » (croissant intérieur), région composée de l’Europe de l’Ouest, du Proche et Moyen-Orient, et de l’Extrême-Orient.

3) « The Off-Shore Continents » (croissant extérieur) ou reste du monde, composé de la Grande-Bretagne, Japon, Australie, Amériques du Sud et du Nord, Afrique. (Voir l’encyclopédie Wikipedia).

Selon John Mackinder, la domination du monde passe obligatoirement par la domination de la zone pivot, le Heartland. Le géographe anglais voulait empêcher la Russie, qui possédait des ressources naturelles importantes et des infrastructures développées, de dominer le continent eurasien et d’accéder à l’ensemble des mers et des terres de la planète.

La théorie de John Mackinder a été développée par son disciple l’Américain Nicholas Spykman. Ce dernier considère que la zone pivot est le Rimland (région intermédiaire entre le Heartland et les mers riveraines). Les rapports de force entre la puissance continentale et la puissance maritime se jouent donc dans cette zone du Rimland. Il faut, par conséquent, à tout prix éviter l’union du Rimland et du Heartland.

Pour Nicholas Spykman : « Celui qui domine le Rimland domine l’Eurasie ; celui qui domine l’Eurasie tient le destin du monde entre ses mains. » (Voir Les Cahiers du RMES « Réseau Multidisciplinaire d’Etudes Stratégiques », volume IV, numéro 1, 2007).

Afin de garantir l’hégémonie des États-Unis sur Eurasie, les Américains ont établi une stratégie à plusieurs axes. L’éclatement de l’Union Soviétique a été provoqué afin d’affaiblir de manière irrémédiable la Russie. Après avoir divisé la Yougoslavie, envahi l’Afghanistan et détruit l’Irak, une opposition sunnite-chiite a été montée en toute pièce pour isoler l’Iran. Ensuite, le Printemps Arabe a été déclenché.

La jeunesse arabe, révoltée contre les tyrans, a été exploitée. L’Empire espérait engendrer un effet domino afin de neutraliser la Syrie et l’Algérie, les derniers pays méditerranéens qui réfutaient le système mondial unipolaire. Sans aucun répit, l’empire américain continue de faire main basse sur les ressources naturelles dont la Chine a tellement besoin. Toutefois, l’axe anti-USA Russie-Iran-Chine est devenu très fort. Les États-Unis en sont tout à fait conscients. C’est pourquoi ils ont décidé une nouvelle politique étrangère. Pour l’administration américaine, il s’agit d’une part de maintenir l’Union Européenne dans son état d’inféodation et d’autre part de neutraliser la Russie et la Chine en adoptant le soft power qui consiste à faire recours aux guerres par pays interposés, aux services secrets, aux ONG et aux multinationales. L’administration étatsunienne renonce pour le moment à la domination totale du continent eurasiatique et se concentre sur l’Europe occidentale.

LE BLOC TRANSATLANTIQUE

Les États-Unis s’apprêtent à construire un bloc transatlantique qui réunit les pays de l’Amérique du Nord et l’Union Européenne. Le projet d’un vaste bloc transatlantique dominé par les États-Unis ne date pas d’aujourd’hui.

En 1997, Zbigniew Brzezinski écrivait : « Pour l’Amérique, les enjeux géostratégiques sur le continent eurasien sont énormes. Plus précieuse encore que la relation avec l’archipel japonais, l’Alliance Atlantique lui permet d’exercer une influence politique et d’avoir un poids militaire directement sur le continent. Au point où nous en sommes des relations américano-européennes, les nations européennes alliées dépendent des États-Unis pour leur sécurité. Si l’Europe s’élargissait, cela accroîtrait automatiquement l’influence directe des États-Unis. A l’inverse, si les liens transatlantiques se distendaient, c’en serait finit de la primauté de l’Amérique en Eurasie. »

La plupart des macroéconomistes estiment que le bloc transatlantique représente environ un tiers du volume des échanges commerciaux internationaux. L’émergence de ce bloc de 800 millions de consommateurs permettra aux Étatsuniens de contrer la concurrence chinoise et russe, mais aussi d’établir un nouveau système monétaire international en leur faveur. D’après le professeur le Pierre Hillard, auteur du livre La marche irrésistible du nouvel ordre mondial (2007), l’instauration d’un marché transatlantique sans entraves est en train de s’accélérer. Elle pourrait devenir une réalité dès la mi-2014.

Les États-Unis sont donc à deux doigts de devenir la plus grande puissance de l’histoire. Apparemment, ils sont prêts à tout pour atteindre leurs objectifs. Mais l’axe Russie-Iran-Chine n’a pas encore dit son dernier mot. L’histoire est loin d’être terminée.

Belhaouari BENKHEDDA 

http://www.lequotidien-oran.com

* Universitaire

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 6 mars, 2013 |Pas de commentaires »

ETRANGE AVEU DU SECRETAIRE D’ETAT JOHN KERRY SUR LA POLITIQUE ETRANGERE DES ETATS-UNIS (Lina S. / algeriepatriotique.com)

Etrange aveu du secrétaire d’Etat John Kerry

sur la politique étrangère des Etats-Unis

ETRANGE AVEU DU SECRETAIRE D'ETAT JOHN KERRY SUR LA POLITIQUE ETRANGERE DES ETATS-UNIS (Lina S. / algeriepatriotique.com) dans REFLEXIONS PERSONNELLES kerry
(Lina S)

John Kerry : « Le monde a besoin que nous assumions le rôle de tête de file ».

 Le discours du nouveau secrétaire d’Etat américain, John Kerry, a de quoi surprendre. Dans une intervention devant un parterre d’étudiants à l’université de Virginie, Kerry nous apprend que « beaucoup de gens sur l’ensemble (des Etats-Unis) aimeraient que la mondialisation puisse simplement disparaître ». « Alors, note-t-il avec une pointe de nostalgie, vous vous rappelez des jours plus faciles, mais aucun politicien, peu importe sa puissance, ne peut remettre ce génie dans la bouteille. »

Kerry avoue, par ailleurs, que contrairement à ce que d’aucuns pourraient croire, le budget dédié à la « protection » des intérêts des Etats-Unis à l’étranger est infime : « Je rejoins le président Obama pour affirmer avec urgence que nos citoyens méritent une politique étrangère forte pour protéger nos intérêts dans le monde. » « Lorsque je parle d’un petit investissement dans la politique étrangère des Etats-Unis, je ne plaisante pas », martèle le successeur d’Hillary Clinton, avant de revenir sur le budget réservé pour les affaires internationales : « La plupart des gens l’ont estimé à 25% de notre budget national et ils pensaient qu’il devrait être réduit à 10%. Laissez-moi vous dire, si seulement c’était vrai ! » Et d’ironiser : « Je prendrais 10% en un clin d’œil parce que 10%, c’est exactement dix fois plus que ce que nous investissons dans nos efforts visant à protéger les États-Unis dans le monde. »

L’ensemble du budget américain pour les affaires étrangères représente un peu plus d’un pour cent du budget national de la première puissance mondiale. Insuffisant, estime Kerry. Autre révélation importante, l’envoi de soldats américains pour se faire tuer en Irak, en Afghanistan et au Pakistan est le fait de politiciens en quête de voix et d’applaudissements :

« Si vous êtes à la recherche d’une phrase qui fait applaudir, cette phrase (demander de baisser le budget, ndlr) est à peu près la meilleure garantie qu’il y ait. Mais devinez quoi ? Elle ne garantit pas qu’un autre jeune homme américain, ou jeune femme, n’aille pas perdre sa vie parce que nous n’étions pas prêts à faire les bons investissements ici, en premier lieu. » « Nous avons appris cette leçon dans les déserts du Mali récemment, dans les montagnes d’Afghanistan en 2001, et dans les zones tribales du Pakistan même aujourd’hui », argumente l’ancien candidat à la Maison-Blanche.

Prochaine cible américaine : l’Afrique

Le secrétaire d’Etat américain n’y va par trente-six chemins pour faire part des craintes de Washington quant à l’élargissement de l’influence chinoise, notamment dans le riche continent africain : « Sept des dix pays au taux de croissance le plus rapide se trouvent sur le continent africain. Et la Chine, qui a compris ça, investit déjà plus que nous, là-bas. »

Kerry explique que « quatre des cinq plus grandes découvertes en pétrole et en gaz naturel ont eu lieu au large des côtes du Mozambique rien que l’an dernier » et qu’il ne faut donc surtout pas rater le coche car «  les économies en développement sont les épicentres de la croissance et elles sont ouvertes pour les affaires, et les Etats-Unis doivent être au rendez-vous ».

S’agissant de l’interventionnisme américain dans les pays étrangers – du tiers-monde s’entend –, John Kerry avoue à demi-mot que l’USAID est une officine des services secrets américains qui fait « du bon travail » :

« Nous savons que le moyen le plus efficace de promouvoir les droits universels de tous les peuples, les droits et la liberté de religion, n’est pas depuis le pupitre (…) c’est depuis les lignes de front – partout où la liberté et la dignité humaine fondamentale sont refusées. (…) Les employés courageux du Département d’Etat et de l’USAID – et le personnel de sécurité diplomatique qui protège les civils travaillant pour nous, à l’étranger – travaillent dans certains des endroits les plus dangereux de la planète . »

Pour Kerry, ces « travailleurs » sont « très conscients du fait que, selon notre propre expérience, il faut beaucoup de temps pour faire régner la démocratie et que cela se produit rarement tout de suite. »

Comprendre que les ONG affiliées à cette institution dans nos pays ont du pain sur la planche. Enfin, Kerry revient sur le rôle échu à son pays dans le monde. Les Etats-Unis sont le gendarme autoproclamé de la planète, confirme le secrétaire d’Etat : « Nous allons continuer à prendre la tête de file en tant que nation indispensable, non pas parce que nous cherchons ce rôle, mais parce que le monde a besoin que nous l’assumions. Non pas comme un choix, mais comme une responsabilité. Non pas parce que nous le considérons comme un fardeau, mais parce que nous savons qu’il s’agit d’un privilège. » Car, arrogance américaine oblige, « c’est ce qui fait que les Etats-Unis d’Amérique sont uniques », dixit John Kerry qui a entamé un long périple en Europe et au Moyen-Orient.

Lina S

http://algeriepatriotique.com/article/etrange-aveu-du-secret…

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 6 mars, 2013 |Pas de commentaires »

« LA SECURITE DE L’EUROPE EST EN JEU AU MALI » DIT LE MINISTRE FRANCAIS DE LA DEFENSE (KPOGLI Komla / lajuda.blogspot.com)

« La sécurité de l’Europe est en jeu au Mali »,

indique le Ministre français de la Défense

(KPOGLI Komla)

_fabius%202 AREVA dans REFLEXIONS PERSONNELLES Comment se fait-il que lorsque des criminels au Mali coupent, au nom d’un certain islam, des mains et des pieds des gens au Mali, les intérêts de l’Europe seraient en jeu?…. Pourquoi des mausolées détruits et des coups de fouet administrés aux nègres qui ne sont « pas assez entrés dans l’histoire » au Mali constituent-ils une menace pour la sécurité de l’Europe ? Eh bien vous allez comprendre.

Ayant refusé de nous organiser pour acquérir la capacité de lire les événements et entre les lignes et ainsi savoir de quoi il est question puis comment nous positionner, voici ce que dit Jean-Yves Le Drian, Ministre français de la Défense dans Libération: 

« Nous avons appelé l’attention de nos partenaires sur le fait que la sécurité de l’Europe est en jeu au Mali. Les Britanniques et les Allemands ont répondu présents. Nous avons alors mandaté Catherine Ashton pour qu’elle établisse un concept d’opération, dont nous discuterons le 19 novembre à vingt-sept. Au Mali, ce n’est pas la France qui va aider les Africains à mener cette opération, mais bien l’Europe…On ne peut pas laisser s’installer un sanctuaire terroriste majeur à nos portes. » 

Voilà qui est clair: LA SECURITE DE L’EUROPE EST EN JEU AU MALI. Ceci pour plusieurs raisons. Mais comme Jean-Yves Le Drian ne mentionne pas ces raisons, nous allons le faire à sa place:

1- La sécurité de l’Europe est en jeu au Mali parce que toute la région sahélo-saharienne est en reconfiguration. L’idée étant de morceler davantage l’espace pour mieux le contrôler et maîtriser ses ressources: En 2011, on a eu la naissance du Sud Soudan sous l’instigation du trio Israël, USA et Europe avec l’acceptation de la Chine qui a réussi à sauver sa part d’approvisionnement en pétrole en s’accrochant au Soudan de Béchir. En 2012, on est allé dans le même sens au Mali avec le squelettique Azawad. En toile de fond, l’or et bien d’autres ressources.

2- La sécurité de l’Europe est en jeu au Mali parce que pas loin de là l’Europe (l’Allemagne en tête) réalise actuellement un énorme projet d’installation de panneaux solaires géants appelé DESERTEC. Ce parc solaire fournira de l’électricité à l’Europe gratuitement. Donc, il faut faire en sorte que cet espace soit sécurisé.

3- La sécurité de l’Europe est en jeu au Mali parce que, des orpailleurs français appelés des chercheurs avaient découvert en début de cette année 2012, de gigantesques réserves d’eau dans le Sahara. La guerre de l’eau qui se déroule actuellement sous nos yeux dans le monde et qui va s’accentuer eu égard à la rareté vers laquelle on se dirige pousse l’Europe à parler de sa sécurité au Mali.

4- La sécurité de l’Europe est en jeu au Mali parce que la France qui n’a pas d’uranium sur son sol est quand même le premier exportateur de l’énergie nucléaire au monde. Pourquoi ? Tout simplement parce que la France dispose sur sa préfecture du NIGER des mines gigantesques d’uranium qu’elle exploite depuis 60 ans bientôt gratuitement. Une mine énorme est découverte à Imouraren au Niger. Ce qui a poussé AREVA à investir actuellement au moins 1,5 milliards d’euros en vue de racler proprement cette mine. Des centaines de français et d’européens affluent actuellement dans le coin où ils sont en train de construire une sorte de ville minière. Les prises d’otage et autres révoltes armées peuvent gêner un peu la chose. La Chine n’est pas loin non plus de là. Donc, l’Europe a ici aussi sa sécurité en jeu.

5- La sécurité de l’Europe est en jeu au Mali parce qu’il faut que l’Europe démontre à ses ressortissants qui aiment le tourisme exotique que leur sécurité est et sera garantie un peu partout, notamment dans cette région.

6- La sécurité de l’Europe est en jeu au Mali parce qu’après avoir armé et utilisé ces islamistes pour détruire le Libye, la France surtout espérait qu’avec ce « geste d’amitié », ces gars libéreraient ses ressortissants. Il n’en est rien. Les gars disent que ce ne sont pas eux qui détiennent les français, mieux qu’ils ne savent pas où ils sont exactement. Parfois, ils disent « on va vous aider à les libérer » puis, c’est Jacques où es-tu ? La patience a ses limites. Même si les otages risquent la mort, eh bien, mieux vaut une fin effroyable qu’un jeu de nerfs sans fin, surtout que l’Europe sait ce qu’elle gagne par rapport à la vie de 3 ou 5 otages.

Voilà quelques-unes des raisons pour lesquelles les bruits de bottes résonnent là. Qu’on détruise des mausolées ou qu’on coupe des mains, des pieds aux Nègres, ou qu’on viole les filles africaines sous l’autel d’un islamisme poussiéreux là-bas, ça n’est pas le problème de l’Occident. Au demeurant, comme ces faits criminels émeuvent la masse, eh bien, les stratèges les mettent devant pour mieux atteindre, avec le consentement tacite ou expresse des spectateurs que nous sommes, leurs buts. En parlant uniquement de la sécurité de l’Europe avec la mise en avant du TERRORISME qui serait aux portes de l’Europe, le Ministre Français de la Défense nous montre l’arbrisseau qui cache mal la forêt.

Quant au rôle des petits préfets tels que Blaise Compaoré, Alassane Ouattara, Faure Gnassingbé…et leur CEDEAO, il a suffi qu’on lance la bombe mensongère d’une alliance future avec les coupeurs de mains au Mali avec leurs fameux opposants en vue de leur ravir leur trône pour qu’ils enfilent leurs costumes de petits chefs de guerre. Nul autre que Ouattara, le préfet du territoire de Côte d’Ivoire ne symbole mieux ce petit spadassin au garde-à-vous. On lui a dit que les partisans du président Laurent Gbagbo  »sont en contact avec les islamistes » et qu’après le Mali, cette mythique alliance marcherait sur son territoire. Cela a largement suffi pour le mobiliser. Ces gens là également, ce n’est pas les mains et les pieds coupés des Africains du Mali qui les préoccupent. Si ces gars là étaient des « humanistes » ou des Africains de coeur, on l’aurait su. Eux-mêmes sont de grands massacreurs des peuples qu’ils régentent au profit de qui on sait. Qu’est-ce qui mobiliserait un Blaise Compaoré assassin de son compagnon d’armes, Thomas Sankara et de bien d’autres dont Norbert Zongo ? Des petits mains coupées au Mali ? Faure Gnassingbé, le tueur, héritier du trône qu’il conquit en 2005 après avoir sacrifié au moins 1000 personnes et qui depuis lors assassine et qui, par sa soldatesque, fait régulièrement ouvrir le crâne aux populations qui manifestent contre lui ? Ou bien, est-ce Alassane Ouattara, le boucher transporté dans les chars français encadrés par l’ONU qui serait offusqué par des pieds coupés et des mausolées détruits ? Ou encore est-ce Soro Guillaume, l’éventreur, en bon chrétien qui n’a jamais vu couler une goutte de sang qui serait révolté de voir à la télévision pour la première fois de sa vie de moine isolé des mondanités des gouttes de sang ? Allons ! Allons !

15 novembre 2012

KPOGLI Komla.

http://lajuda.blogspot.com/

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 5 mars, 2013 |Pas de commentaires »

COMMUNIQUES DU MOUVEMENT NATIONAL DE LIBERATION DE L’AZAWAD + DANS LE NORD DU MALI, LES TOUAREGS DU MNLA LANCENT UN NOUVEAU DEFI ARME A L’ETAT (Le Monde.fr du 14.03.2012 par Yidir PLANTADE)

MOUVEMENT NATIONAL DE LIBERATION DE

L’AZAWAD

COMMUNIQUES DU MOUVEMENT NATIONAL DE LIBERATION DE L'AZAWAD + DANS LE NORD DU MALI, LES TOUAREGS DU MNLA LANCENT UN NOUVEAU DEFI ARME A L'ETAT (Le Monde.fr du 14.03.2012 par Yidir PLANTADE) dans REFLEXIONS PERSONNELLES sahel2Communiqué N° 54:

Plainte à la Cour Pénale Internationale contre le Mali

Vendredi, 22 Février 2013 18:38

Communiqué du MNLA 

 Plainte pour « crimes de guerre » et « crimes contre l’Humanité » à l’encontre des autorités de transitions et du commandement militaire du Mali

Le Mouvement National de Libération de l’Azawad (MNLA), dument mandaté par l’ensemble des Chefs de tribus, de fractions, de villages, des Chefs coutumiers et religieux représentant l’ensemble des populations de l’Azawad, toute régions confondues (Gao, Kidal Tombouctou), informe l’opinion nationale et internationale que le MNLA a déposé une plainte auprès de la Cour Pénale Internationale (CPI) contre les autorités de transitions et le commandement militaire du Mali.

Des poursuites pour « crimes de guerre » et « crimes contre l’Humanité » ont été déposées auprès de la CPI contre Monsieur Dioncounda TRAORE, Président intérimaire du Mali, en tant que premier responsable de la République du Mali, ainsi que contre l’ensemble de son gouvernement intérimaire installé à la tête du Mali à la suite du putsch militaire de mars 2012.

Les responsables du commandement militaire de la République du Mali sont particulièrement visés par cette plainte et sont poursuivis pour « crime de guerre » et « crimes contre l’Humanité » à l’encontre des populations civiles azawadiennes à la suite des massacres commis par les soldats de l’armée malienne sur l’ensemble des territoires sur lesquels elle s’est redéployée. On dénombre plusieurs centaines de civils sommairement assassinées, dont une infime partie a déjà été rendue publique et dénoncée par Human Rights Watch et Amnesty International. A ce jour, les saccages, les pillages, les viols et les assassinats se poursuivent impunément et ce, depuis le déclenchement par l’armée française de l’opération Serval le 11 janvier 2013.

Il est complètement intolérable que les troupes de l’armée malienne continuent, en toute impunité, à faire subir aux populations civiles de l’Azawad, en particulier contre les Touaregs et les Maures, des exactions en tout genre, allant du viol à l’assassinat sans que la communauté internationale ne réagisse fermement face à ces actes immoraux et criminels.

Nous rappelons que le MNLA n’a jamais usé de ces pratiques indignes et inhumaines. L’armée malienne ne sait être vaillante que contre les civils qui se sont retrouvés à leur merci contre leur volonté, sans qu’ils ne puissent compter sur aucune protection. Le MNLA demande, à cet effet, que les forces militaires internationales, en particulier françaises, qui ont ouvert la voie au redéploiement de l’armée malienne dans l’Azawad garantissent au minimum la protection des civils azawadiens en exerçant, de toute urgence, un strict contrôle sur les soldats de l’armée malienne.

Un bilan des exactions maliennes, depuis le 11 janvier 2013, sera très prochainement publié sur le site officiel du MNLA.

Kidal, le 22 février 2013

Mossa Ag Attaher

Porte-parole du MNLA,

Chargé de communication du CTEA

Communiqué N° 53

Déploiement des casques bleus

Dimanche, 17 Février 2013 23:54

Déclaration du MNLA

Déploiement d’une force de paix des Nations Unies au Mali

Le Mouvement National de Libération de l’Azawad (MNLA) a pris acte, avec beaucoup de satisfaction, de la proposition française soutenue par le Secrétariat Général des Nations Unies, l’Union Africaine, les USA et d’autres Etats de déployer une force de paix des Nations Unies au Mali.

Le MNLA, au regard des développements récents dans la zone, lance, donc, un appel urgent au Conseil de Sécurité de l’Organisation des Nations Unies afin d’accélérer le processus de déploiement des casques bleus dans cette région du monde où la paix et la sécurité internationale mondiale est menacée.

Les missions essentielles de cette force onusienne devront :

-          consister à mettre fin aux exactions, de l’armée malienne, à l’ombre de l’intervention française, contre les populations civiles, notamment, touarègues et arabes de l’Azawad et de sécuriser l’ensemble des populations de la zone

-          consolider durablement la lutte contre les forces obscurantistes dans la zone dont l’Etat malien est le seul responsable de l’implantation depuis plus d’une dizaine d’année,

-          Garantir et sécuriser les interventions humanitaires aux populations déplacées à l’intérieur de l’Azawad,

-          Garantir et sécuriser la circulation des personnes et des biens sur toute l’étendue de l’Azawad…

Par ailleurs, le MNLA a constaté que le retour de l’armée, des milices et de l’administration malienne, actuellement en cours sur le territoire de l’Azawad avec l’appui de la France, a ouvert la voie aux exactions et aux massacres des populations arabes et touarègues de l’Azawad auxquels se livrent les forces maliennes dans le sillage de l’intervention française.

Aussi, le Conseil de Sécurité et le Secrétaire Général sont sollicités afin que cesse ce redéploiement de forces maliennes dans l’Azawad, porteur de tous les risques, en attendant la résolution du conflit.

Enfin, le MNLA réitère sa disponibilité au dialogue et sa disposition à négocier avec le Mali conformément aux dispositions de la résolution 2085 des Nations Unies.

Kidal, le 17 février 2013

Pour le MNLA

Le Secrétaire Général,

Président du Conseil Transitoire de l’Etat de l’Azawad (CTEA)

Bilal AG ACHERIF

Communiqué N° 52 / Déclaration du MNLA

Mercredi, 13 Février 2013 19:37

 Déclaration

Le MNLA

1.      Rappelle qu’il a été dès le départ un mouvement pacifique qui a œuvré pour le règlement politique de la question de l’Azawad par le dialogue, notamment à travers la correspondance adressée aux autorités maliennes en date du 05 Octobre 2011.

2.      Demande l’ouverture immédiate de négociations avec l’Etat malien visant à fixer les conditions d’exercice de l’autorité, de l’administration et du développement de l’Azawad.

3.      Demande à cet effet la désignation d’un négociateur neutre, internationalement reconnu, agréé par les deux parties.

4.      déclare ne pas remettre en cause les frontières internationalement reconnues du Mali tout en rappelant clairement l’existence de l’Azawad en tant qu’entité ;

5.      rappelle qu’à la veille de l’indépendance de la République Soudanaise, devenue République du Mali, c’est volontairement que les populations de l’Azawad ont adhéré à l’indépendance du Mali mais dans le respect de leur culture et de leur dignité.

6.      Compte-tenu de leur engagement pour la paix, le MNLA demande la participation de la France, des Etats Unis d’Amérique (USA), des Nations-Unies, de l’Union Européenne, de l’Union Africaine et de l’Organisation de la Conférence Islamique comme observateurs aux négociations avec le Mali.

7.      Réaffirme son attachement à la déclaration internationale des droits de l’Homme, à la Charte des Nations-Unies et au respect des libertés fondamentales.

8.      Considérant la pauvreté, l’abandon et le mépris dans lesquels les populations de l’Azawad ont été toujours maintenues au sein du Mali, le MNLA demande :

a.      La mise en place et le fonctionnement des services de santé (dispensaires et hôpitaux),

b.     L’accès à l’eau potable et à l’électricité,

c.      La satisfaction des besoins urgents de la population en matière d’alimentation,

d.     La réouverture, le fonctionnement des établissements scolaires sur toute l’étendue du territoire de l’Azawad et la prise en charge des Etudiants en situation d’arrêt d’études,

e.     Le MNLA dénonce les conditions de vie dégradantes des populations réfugiées et déplacées et demande la mise en place des conditions permettant leur retour rapide sur leurs sites respectifs.

9.      Pour la mise en place de ces services de base dans l’Azawad, le MNLA demande la désignation d’un coordonnateur agréé par les deux parties, ainsi que l’établissement de procédures efficaces permettant d’assurer la transparence dans la gestion des fonds et d’éviter la corruption et le népotisme.

10.   Le MNLA maintient son engagement à lutter contre le terrorisme et assume dès maintenant sa part de responsabilité dans ce combat en fonction de ses moyens.

11.   Pour ne pas compromettre le processus de recherche de solution à la crise actuelle, le MNLA n’accepte aucune présence militaire malienne dans les zones sous son contrôle avant la fin des négociations. Le MNLA privilégie une solution politique à la question de l’Azawad.

12.   Le MNLA attire l’attention de la communauté internationale sur les multiples exactions commises dans les zones  occupées par l’armée malienne et appuie la demande de Human Rights Watch de mise en place d’une commission d’enquête internationale indépendante. Le MNLA demande aussi l’ouverture d’une enquête internationale indépendante pour faire la lumière sur tous les crimes commis par l’armée malienne de 1963 à nos jours sur les populations de l’Azawad.

13.   Le MNLA nie toute responsabilité dans les évènements malheureux d’Aguelhoc en janvier 2012 et accepte la mise en place d’une commission d’enquête internationale destinée à établir les faits. Le MNLA est disposé à apporter sa contribution à la manifestation de la vérité.

Fait à Kidal le 11 Février 2013

Le Secrétaire Général,

Président du Conseil Transitoire de l’Etat de l’Azawad (CTEA)

Bilal AG ACHERIF                                                                                                                                                                    

Dans le nord du Mali, les Touaregs du MNLA

lancent un nouveau défi armé à l’Etat

Le Monde.fr | 25.01.2012 à 17h46 

• Mis à jour le 14.03.2012 à 09h08 

Par Yidir PLANTADE

Le 17 janvier 2012, des hommes solidement armés ont attaqué des cantonnements militaires à Menaka, Adaramboukare et Tessalit, trois localités sahariennes du nord du Mali. Les combats, âpres, se sont poursuivis plusieurs jours, faisant de nombreuses victimes. Le 20 janvier, un accrochage sérieux a eu lieu à Aguelhok. Les attaques ont été revendiquées par le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA), un groupe politique et militaire indépendantiste né le 16 octobre. Dans la région, l’armée malienne se déploie en force. Des combats opposent à nouveau depuis jeudi matin 26 janvier à Anderamboukane l’armée malienne aux rebelles touaregs.

Difficile de dresser un bilan fiable des affrontements en l’absence d’observateurs impartiaux : si l’armée malienne décrit des rebelles en déroute, abandonnant des dizaines de morts sur le terrain, les communiqués du MNLA évoquent des militaires en fuite, subissant de lourdes pertes. Des photos publiées sur Facebook montrent une carcasse d’avion brûlé, supposément un MIG-21 abattu par des rebelles.

Un Touareg pose devant une carcasse d'avion. Le MNLA affirme avoir abattu un MIG-21 malien.

Qui compose le MNLA ? 

Le Mouvement National de Libération de l’Azawad est né de la fusion du Mouvement National de l’Azawad (MNA), un groupe de jeunes intellectuels et de militants politiques, avec les guérilleros de l’ex-Alliance Touareg Niger Mali (ATNM).

Ces derniers constituent les fidèles d’Ibrahim Ag Bahanga, leader des rébellions touaregs de 2006 à 2009, mort dans un mystérieux accident de voiture le 26 août. A ces deux composantes fondatrices sont venus s’ajouter des groupes d’ex-rebelles touaregs qui, dans les années 1990, ont fui le Mali pour s’engager dans l’armée libyenne de Mouammar Kadhafi. Beaucoup de ces hommes ont déserté le « Guide » libyen durant le conflit qui l’a opposé au Conseil National de Transition et à l’OTAN. Lourdement armés, certains ont fait la jonction avec le MNLA. C’est d’ailleurs Mohamed Ag Najim, ancien officier de l’armée libyenne, qui en est aujourd’hui le chef d’état-major.

Quelles sont les revendications des rebelles ?

Pour Mossa Ag Attaher, chargé de communication du MNLA contacté par Le Monde.fr, l’objectif est clair :

« Se libérer du colonialisme malien ». Pour lui, le territoire de l’Azawad se compose des territoires des trois gouvernorats septentrionaux du Mali actuel, soit ceux de Tombouctou, de Gao et de Kidal. Il affirme que « le MNLA est l’émanation des aspirations des touaregs et d’une bonne partie des Songhaï, Peuls et Maures de l’Azawad » et lutte pour le « droit de la population de l’Azawad au libre choix de sonmode de gouvernement, à l’autodétermination et, si elle le souhaite, à l’indépendance ». Selon lui, « les fonctionnaires de l’Etat malien dans nos villes sont tous des sudistes. Les gouverneurs de Kidal, Tombouctou et Gao sont des Bambaras, venus du Sud en mission. Il en va de même pour les hauts fonctionnaires régionaux ainsi que pour les gradés de l’armée et des autres services de sécurité ».

Dans un entretien accordé au journal arabophone mauritanien Al-Akhbar, Bilal Ag Chérif, secrétaire général du MNLA, affirme que son mouvement est « pacifique et croit en une démarche de dialogue pour atteindre ses objectifs ». Le MNLA avait d’ailleurs organisé des marches pacifiques le 1er novembre. Pour Bilal Ag Chérif, l’Etat malien porte la responsabilité de l’escalade militaire : « Le militarisme [de l'Etat] et les opérations de provocations ont provoqué le déclenchement du mouvement de libération, en réaction contre les agissements de l’armée malienne. »

 En quoi cette rébellion diffère-t-elle des précédentes ? 

Ces événements découlent d’une histoire de conflit quasi ininterrompu entre touaregs et Etat malien. Appartenant à l’ensemble ethno-linguistique amazigh (berbère), les touaregs (qui se nomment eux-mêmes « Kel Tamacheq ») occupent la zone saharienne, où ils vivent traditionnellement d’élevage et de commerce. Sur une population générale estimée à 1,5 million de touaregs, 550 000 vivraient au Mali (850 000 au Niger, 50 000 en Algérie et le reste en Libye et au Burkina-Faso).

Dès 1958, le Mouvement populaire de l’Azawad (MPA), basé à Kidal, réclame la constitution d’un Etat touareg. En 1963, soit trois ans après l’indépendance du Mali sur un modèle unitariste jacobin, éclate la première rébellion touareg, durement réprimée par l’Etat. Suivent les sécheresses des années 70 et les camps de réfugiés en Algérie et en Libye, où de jeunes touaregs sont entraînés et enrôlés par l’armée. Aguerris, certains d’entre eux fondent en 1988 le Mouvement Populaire de Libération de l’Azawad (MPLA) et déclenchent une insurrection en 1990, qui débouche sur la signature des accords de Tamanrasset (1991) et du Pacte National de 1992. En 2006, une seconde rébellion force l’Etat malien à de nouvelles négociations avec les touaregs, lesquelles aboutiront à l’accord d’Alger du 4 juillet 2006.

Ces textes visent à une meilleure intégration sociale, économique et culturelle des populations du Nord (touaregs, mais aussi Peuls, Maures arabophones et Songhaï) dans l’ensemble malien. Paradoxalement, ils ont généré une double frustration.

D’un côté, l’opinion malienne, majoritairement sudiste, ne comprend pas que l’Etat crée des programmes de développement spéciaux pour le Nord, alors que tout le pays souffre de pauvreté. La presse nationale regorge d’éditoriaux critiques à l’égard de nordistes assimilés à des enfants capricieux ou à des maîtres chanteurs.

De l’autre, pour les militants du Nord, rien n’a changé : 

« Il faut ignorer les réalités de l’Azawad pour affirmer qu’il s’agit d’une région gâtée », affirme Mossa Ag Attaher. Il ajoute : « Les régions du Nord composent la moitié du territoire malien et ne sont quasiment pas couvertes en terme de santé publique, d’éducation et d’accès à l’eau. La région de Kidal est la seule au Mali où l’on doit parcourir plus de 100 kilomètres entre chaque point d’eau. Les grands projets de l’Etat sont des montages : il lève des fonds auprès des organisations internationales, lesquels sont ensuite accaparés et détournés par des responsables corrompus du Sud. »

Tandis que les rébellions précédentes n’ont jamais officiellement franchi le pas du séparatisme, pour la première fois le MNLA demande explicitement l’autodétermination de l’Azawad et une potentielle indépendance. Les cadres du MNLA ne parlent d’ailleurs plus de rébellion mais de « mouvement révolutionnaire ».

Quel est l’impact de cette rébellion au Mali ?

Le premier tour de l’élection présidentielle malienne aura lieu le 29 avril. L’importance du scrutin tient au fait que l’actuel président, l’ex-général Amadou Toumani Touré, devra quitter le pouvoir après deux mandats consécutifs. La presse et les principaux candidats se sont saisis des événements dans le Nord du pays pour ranimer la flamme patriotique, dénoncer les « bandits armés » du MNLA et appeler à un raffermissement de l’autorité de l’Etat sur tout le territoire malien.

Dans le nord du pays, la reprise des affrontements pourrait déboucher sur une nouvelle crise humanitaire et à la fuite de populations civiles vers les pays voisins. Faisant planer le spectre d’affrontements internes à la région, des milices pro-gouvernementales y ont pignon sur rue : les Maures du colonel Ould Meidou, les touaregs du colonel Ag Gamou ainsi que les Songhaï de l’ex-Ganda Koy (milice ouvertement raciste qui sema la terreur dans les années 1990, se livrant notamment à des pogroms de touaregs et de Maures).

Quelles sont les relations entre le MNLA et Al-Qaida ? 

Cette nouvelle rébellion touareg intervient dans un contexte délicat : la présence depuis 2003 d’Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI) et de son ancêtre, le Groupe Salafiste pour la Prédication et le Combat (GSPC) algérien, dans la zone saharo-sahélienne. Multipliant les enlèvements d’étrangers et le racket des trafiquants de cocaïne et de migrants clandestins qui sillonnent la zone, les hommes d’AQMI ont installé plusieurs bases au nord du Mali. Essentiellement algérien, le groupe a tenté de s’acheter les bonnes grâces des populations locales via des mariages (notamment parmi les tribus maures), le recrutement de jeunes désœuvrés et quelques actions sociales. Une petite organisation djihadiste touareg autochtone, Ansar Al-Din, a également vu le jour le 15 décembre.

La facilité avec laquelle AQMI agit dans la région nourrit les interrogations : selon l’anthropologue britannique Jeremy Keenan, le groupe serait une création du DRS (renseignement militaire) algérien. Pour le MNLA, c’est au contraire l’Etat malien qui utilise AQMI pour déstabiliser la zone de l’Azawad et bénéficier d’une assistance militaire étrangère grâce à laquelle il combat la résistance touareg plutôt que les djihadistes. Tous les responsables du MNLA insistent sur leur refus de tout sectarisme religieux et leur détestation d’AQMI. Ils réfutent les affirmations de certains journaux maliens qui affirment que MNLA et AQMI travailleraient main dans la main. Au contraire, affirme le MNLA, si les pays de la région et les grandes puissances cherchaient réellement à se débarrasser d’AQMI et des trafiquants dans le Sahara, ils aideraient ses guérilléros, familiers du terrain et animés du désir de « nettoyer le territoire de l’Azawad ». Lors de la rébellion de 2006, des affrontements meurtriers avaient eu lieu entre les touaregs et le GSPC.

De quels soutiens bénéficie le MNLA ? 

Il y a peu de chances que l’Union Africaine, qui consacre l’intangibilité des frontières de ses Etats membres, apporte son soutien aux partisans de l’autodétermination de l’Azawad. Au Niger voisin, où des révoltes touaregs ont suivi celles du Mali en 1992-1995 et en 2007-2009, le président de la République a déjà appelé au calme. La France, qui importe près de 20 % de son uranium du Niger, notamment exploité par Areva dans la région touareg de l’Aïr, n’a aucun intérêt à favoriser ce qui serait pour elle un facteur d’instabilité supplémentaire. L’Algérie a toujours joué un rôle de puissance régionale dans les conflits entre touaregs et Etat malien, abritant les négociations de paix. Aujourd’hui, des sources du MNLA affirment au Monde.fr que « l’Algérie refuse de recevoir et soigner les blessés de guerre du MNLA ». En Libye, le nouveau gouvernement fait face à suffisamment de difficultés internes pour ne pas reprendre le jeu permanent de soutien suivi de lâchage auquel se livrait Mouammar Kadhafi avec les divers groupes touaregs. A l’heure actuelle, le MNLA ne bénéficie que du soutien moral de mouvements pacifiques de défense de la cause amazigh en Afrique du Nord (Congrès mondial amazigh, Mouvement pour l’autonomie de la Kabylie, ONG Tamazgha…).

Quelle issue pour le conflit ? 

Mieux armé que les mouvements précédents grâce au stocks d’armes rapportés de Libye, le MNLA est également beaucoup mieux structuré idéologiquement. Souvent efficaces sur le terrain militaire, les rebelles touaregs ont par le passé fait montre d’un flou politique préjudiciable. L’insistance sur la notion d’autodétermination donne une cohérence politique inédite au MNLA. Cependant, le mouvement risque l’isolement sur deux tableaux : au Mali, outre le climat d’intransigeance nationaliste attisé par la campagne électorale au Sud, il risque d’être perçu comme un mouvement exclusivement touareg par les autres composantes ethniques de l’Azawad. Quant aux soutiens étrangers, il ne semblent guère probables dans une zone déjà perçue comme une poudrière du fait de la présence d’Al-Qaida. Les porte-parole du MNLA, notamment Hama Sig Ahmed et Bilal Ag Chérif, répètent à l’envi leur désir d’un authentique dialogue avec les autorités de Bamako. Celles-ci semblent davantage enclines à maintenir la pression militaire.

Yidir PLANTADE                                                                                    

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 26 février, 2013 |1 Commentaire »

TRAVAUX DE L’IRSN SUR LE COÛT ECONOMIQUE DES ACCIDENTS NUCLEAIRES ENTRAÎNANT DES REJETS RADIOACTIFS DANS L’ENVIRONNEMENT: COMMENTAIRES DE THIERRY LAMIREAU, REALISATEUR DU FILM « URANIUM EN LIMOUSIN » (lesoufflecestmavie.unblog.fr)

Travaux de l’IRSN

(Institut de Radioprotection et de Sûreté

Nucléaire)

sur le coût économique 

des accidents nucléaires

entraînant des rejets radioactifs 

dans l’environnement

TRAVAUX DE L'IRSN SUR LE COÛT ECONOMIQUE DES ACCIDENTS NUCLEAIRES ENTRAÎNANT DES REJETS RADIOACTIFS DANS L'ENVIRONNEMENT: COMMENTAIRES DE THIERRY LAMIREAU, REALISATEUR DU FILM

Depuis plusieurs années, l’IRSN conduit des travaux sur le coût économique des accidents nucléaires entraînant des rejets radioactifs dans l’environnement.

Le récent rapport de la Cour des Comptes relatif aux coûts de la filière nucléaire [1fait mention de ces travaux, qui ont fait l’objet de présentations synthétiques au forum Eurosafe à Bruxelles en novembre 2012. La présente note vise à présenter quelques résultats de ces études, et à en faire une brève analyse.

Aux Etats-Unis, l’évaluation du rapport bénéfice/coût des mesures fait partie de la culture de l’administration. Dans le domaine nucléaire, cette approche nécessite d’évaluer notamment le coût d’un accident, ainsi que de retenir une hypothèse sur sa probabilité d’occurrence. Les premières estimations mondiales de coût d’accident ont été publiées aux USA en 1990 [2] dans le sillage de l’accident majeur de Tchernobyl et représentaient un saut qualitatif dans la compréhension des accidents nucléaires. Utilisant par ailleurs les estimations de probabilité d’accident issues des études probabilistes de sûreté, les Etats-Unis se sont forgé progressivement une doctrine en matière d’analyse coûts-bénéfices, qui continue d’évoluer au fur et à mesure de l’acquisition de nouvelles connaissances.

En France, c’est en 2005 que l’ASN (Autorité de Sûreté Nucléaire) a demandé à l’IRSN d’analyser la pertinence d’une telle démarche, à la suite de l’intérêt manifesté par EDF à évaluer et hiérarchiser par une approche coût/bénéfice les nouvelles mesures destinées à renforcer la sûreté envisagées dans le cadre du processus de réexamen décennal de la sûreté des réacteurs du parc électronucléaire.

A la suite de ces travaux d’expertise, l’IRSN a entrepris de réaliser ses propres recherches sur le coût de l’accident. En cette matière, il est important qu’aucun élément notable de coût ne soit laissé de côté. En effet, l’oubli d’un de ces éléments importants pourrait conduire à fausser le raisonnement permettant de hiérarchiser entre elles des propositions de mesures de prévention, voire à amoindrir dans l’esprit des décideurs la valeur de la prévention.

En quelques années, l’IRSN a ainsi construit les bases d’une approche économique des enjeux de sûreté nucléaire adaptée aux caractéristiques particulières de la France. Les résultats obtenus ont donné lieu à des échanges avec les experts américains du sujet, confirmant la qualité des travaux de l’Institut, malgré des différences importantes liées notamment à l’histoire réglementaire aux Etats-Unis.

L’approche adoptée notamment aux Etats-Unis évalue les coûts radiologiques « hors site », c’est-à-dire le coût des conséquences radiologiques directes et des mesures prises pour les réduire, essentiellement les interdictions alimentaires [3]. Outre ces éléments, l’IRSN juge nécessaire de retenir quatre autres grandes catégories de coûts, à savoir :

  • les coûts « sur site », liés notamment à la perte du (ou des) réacteur(s), aux frais de décontamination du site, etc. ;
  • les coûts d’image, c’est-à-dire les pertes économiques à prévoir sur la non-vente de denrées ou autres biens de consommation parfaitement sains, du fait d’un boycott par les distributeurs ou les consommateurs (syndrome du concombre espagnol), les effets négatifs majeurs sur le tourisme, domaine particulièrement important pour la France et la réduction d’autres exportations ;
  • le coût des effets collatéraux sur le parc électronucléaire national qui pourrait voir sa production réduite en raison des remises en question et des exigences nouvelles exprimées par les différents acteurs de la société (politique, autorités, pression internationale…) (cf. situation actuelle au Japon) ;
  • les coûts liés aux modifications des conditions de vie et des facteurs socio-économiques dans les territoires contaminés, qui peuvent être fortes (zones d’exclusion) ou plus modérées (zones contaminées habitées sous condition de surveillance ou de restriction).

fukushima ASN dans REFLEXIONS PERSONNELLESPour construire ses évaluations, l’IRSN a estimé les conséquences de plusieurs types de scénarios d’accident sur un réacteur typique du parc français (900 MWe), entraînant des contaminations radiologiques plus ou moins graves. Ces scénarios ont été appliqués à plusieurs sites nucléaires français, en tenant compte de leur environnement géographique et économique, ainsi que des conditions météorologiques vraisemblables, ces dernières jouant un rôle majeur sur l’étendue des conséquences environnementales, comme l’accident de Fukushima l’a montré. Les études ainsi menées permettent d’estimer des valeurs du coût d’un accident – représentatives d’une gamme étendue d’accidents nucléaires majeurs avec rejets radioactifs.

Si tout accident nucléaire présente, quelles que soient les conséquences, des dimensions historique et symbolique d’autant plus notables qu’il fait l’objet d’une forte médiatisation, les études de l’IRSN confirment qu’il est nécessaire de différencier deux grandes familles d’accidents nucléaires, toutes deux impliquant la fusion du coeur d’un réacteur français de production d’électricité, mais dont les conséquences sont d’une ampleur très différente. Par convention de langage, l’accident dit « grave » comporte des rejets radioactifs importants, mais différés et partiellement filtrés, permettant donc la mise en oeuvre efficace de mesures de protection des populations concernées, alors que l’accident dit « majeur » provoque des rejets massifs précoces et non filtrés.

Selon les évaluations réalisées par l’IRSN, un accident grave représentatif engendrerait un coût global de quelque 120 milliards d’euros (avec une fourchette entre 50 et 240 milliards d’euros). Ces pertes représentent de l’ordre de 6 % du PIB français annuel. Ces chiffres sont très supérieurs à ceux relatifs aux coûts d’accidents industriels majeurs comme celui du naufrage de l’Erica (1980), de l’explosion de l’usine AZF (2001), ou de l’incendie de la plateforme de forage BP dans le golfe du Mexique (2011).

Pour ce type d’accident, les coûts purement « radiologiques » représenteraient moins de 20 % du total (coûts radiologiques hors-site, y compris la gestion des territoires contaminés). Le nombre de « réfugiés radiologiques » (personnes éloignées des territoires les plus contaminés) pourrait être de l’ordre de quelques milliers de personnes[4], une situation qu’un pays comme la France pourrait surmonter par un effort de solidarité. Le caractère différé des rejets par rapport aux événements initiateurs de l’accident permettrait la mise en place de mesures de protection des populations et des travailleurs sur le site. L’impact environnemental des rejets pourrait être important, mais les conséquences sanitaires pourraient être restreintes en comparaison. Cependant, l’impact sur l’opinion publique serait élevé, nécessitant une capacité d’excellence en termes de communication publique et de gestion, sur une longue période, de l’ensemble des moyens publics mobilisés.

fukushima2 CATASTROPHE NUCLEAIRE

Par comparaison, un accident majeur provoquerait une catastrophe de nettement plus grande ampleur. Les coûts liés aux seules conséquences radiologiques pourraient s’élever à plus de 160 milliards d’euros, soit plus que le coût total d’un accident grave du type évoqué précédemment. L’ampleur de la contamination aurait pour conséquence de devoir prendre en charge un nombre de « réfugiés radiologiques » c’est-à-dire la population des zones d’exclusion qui aurait besoin d’être relogée définitivement qui pourrait être de l’ordre de de 100 000 personnes [5].

Contrairement au cas précédent, les conséquences sanitaires pour la population directement imputables à l’exposition aux rayonnements ionisants pourraient être importantes et clairement identifiables au plan épidémiologique, en fonction des circonstances de l’accident. Les quantités de produits agricoles devant être éliminées seraient considérables. La gestion des territoires contaminés et des zones d’exclusion resterait un défi permanent durant de nombreuses années, et des pays voisins pourraient être également affectés par la contamination et par des soupçons sur leurs produits.

Compte tenu de l’ampleur de ces conséquences radiologiques et de leur incidence forte sur un grand nombre de personnes, les effets psychologiques et sociétaux seraient très importants, et les coûts associés pourraient représenter jusqu’à 40% du coût total de l’accident.

Les autres coûts sont plus diffus et sont répartis sur l’ensemble des activités du pays ; on pourrait les qualifier « d’économiques ». Ils comprennent principalement les coûts d’image (par exemple la perte de revenus liés au tourisme, ou à la baisse des exportations de certains produits pourtant non contaminés) et les coûts liés à la production d’électricité. Les coûts d’image pourraient dépasser plus de 160 milliards d’euros, soit autant que les coûts radiologiques. La couverture médiatique rendrait les problèmes d’image plus aigus dans l’immédiate après-crise, mais aussi chaque année aux dates anniversaires, entraînant la persistance des difficultés pour les activités économiques et humaines concernées et pour les revenus des personnes qui en vivent.

Au total, un accident majeur pourrait coûter plus de 400 milliards d’euros, soit plus de 20 % du PIB français annuel. Le pays serait durablement et fortement traumatisé, car deux impacts se combineraient : il faudrait faire face simultanément à des conséquences radiologiques sévères sur une partie du territoire, et à de très lourdes pertes économiques, sociétales, ayant des conséquences internationales. L’Union Européenne serait affectée, et l’histoire garderait pendant longtemps la mémoire de la catastrophe.

Bien entendu, ces évaluations très élevées du coût d’un accident nucléaire sont à mettre en regard de probabilités très faibles d’occurrence de tels événements, grâce à la compétence des opérateurs dans les centrales nucléaires et à un effort permanent de maintien et d’amélioration de la sûreté des installations. De manière générale, l’intérêt de disposer de telles études n’est pas seulement de mieux connaître quel pourrait être le coût vraisemblable d’un tel type d’accident, mais surtout d’en tirer parti pour valider les modalités de gestion des risques.

Quatre types de considérations notamment peuvent être discutés à la lumière de ces études :

  • Elles permettent la mise en regard, sur un plan économique, de l’investissement exigé d’EDF à la suite des analyses complémentaires de sûreté post-Fukushima, d’un montant qui pourrait être de l’ordre de 10 milliards d’euros et des évaluations menées dans les études économiques menées. Cette mise en regard peut même être précisée en y ajoutant l’éclairage des objectifs généraux de sûreté usuellement attribués aux réacteurs en termes de probabilité de fusion du coeur.
  • Elles soulignent l’importance de disposer d’une capacité robuste de gestion de crise.Tout d’abord, l’écart considérable de l’ordre de grandeur des coûts entre un accident grave avec des rejets maîtrisés et limités d’une part, et un accident majeur avec des rejets incontrôlés précoces invite aussi à recommander les investissements évoqués ci-dessus (principe du « noyau dur » défini par l’IRSN suite à l’accident de Fukushima, destiné à conserver le contrôle des fonctions ultimes de sûreté d’un réacteur, même dans des conditions très dégradées). Au delà, ces résultats invitent également à considérer comme prioritaire la préparation à la gestion de tels événements et de leurs conséquences post-accidentelles qui, bien que très improbables, pourraient néanmoins survenir sur le territoire national.
    En effet, la gestion de la phase d’urgence de l’accident est cruciale puisqu’elle vise à l’adoption de mesures de conduite de l’installation destinées à prévenir la fusion du coeur, retarder et limiter les rejets radioactifs dans l’environnement. Pendant et après la phase de rejets, la gestion de l’accident vise à assurer la protection des populations par des mesures de sécurité civile appropriées, puis à maîtriser l’impact radiologique sur les productions agricoles et les autres activités économiques impactées.
    La qualité de ces mesures de gestion, et de la communication publique associée est un paramètre majeur, qui influe considérablement sur le coût global de l’accident. C’est ce que vise notamment l’élaboration d’éléments de doctrine pour la gestion de la situation post-accidentelle (travaux du CODIRPA conduits par l’ASN avec un ensemble d’administrations et de parties prenantes concernées). L’IRSN pour sa part a rénové sa propre structure de gestion de crise. Cependant, la nécessaire préparation préalable au niveau des territoires reste un défi du fait de la réticence de nombreux acteurs locaux à aborder ce thème. Au Royaume-Uni, le développement de l’initiative dite « UK resilience policy » destinée à développer la capacité locale à surmonter une situation de crise est une expérience intéressante à suivre.
  • Elles renouvellent la question de l’indemnisation des dommages. Historiquement, la doctrine relative à l’indemnisation des dommages associés à un accident nucléaire, largement forgée par les Etats-Unis et codifiée dans des traités internationaux, limite la responsabilité des opérateurs nucléaires sans prendre en compte les coûts environnementaux. A la suite de l’accident de Fukushima, une réflexion internationale complémentaire serait utile. Elle pourrait avoir lieu notamment dans le cadre de l’Agence pour l’Énergie Nucléaire de l’OCDE, et les études menées par l’IRSN contribueront à éclairer cette problématique.
  • Elles éclairent l’avenir à long terme du nucléaire. Ces études fournissent enfin un éclairage complémentaire pour la discussion relative à l’avenir à plus long terme du recours à l’énergie électronucléaire. L’importance des coûts d’accidents milite en effet pour la mise au point de nouveaux types de réacteurs qui non seulement présentent des probabilités plus faibles qu’aujourd’hui de causer un accident grave, mais permettraient aussi de par leur conception d’arriver à une « élimination pratique » de ce type de scénario accidentel conduisant à des rejets très importants.

Pour en savoir plus:

Lire l’article de Patrick Momal et Ludivine Pascucci-Cahen publié à l’occasion du Forum Eurosafe de novembre 2012 :

picto_arrow_red CODIRPA En version française : Les rejets radiologiques massifs diffèrent profondément des rejets contrôlés (pdf)

picto_arrow_red CONTAMINATIONS RADIOLOGIQUES En version anglaise : Massive radiological releases profoundly differ from controlled releases (pdf)

Notes :

1- Consulter le rapport de la Cour des Comptes.

2- USNRC : Severe Accident Risks: An Assessment for Five U.S. Nuclear Power Plants. NUREG 1150, 1990.

3- Une baisse des valeurs foncières peut aussi être calculée, ainsi que des hausses ponctuelles de prix de l’électricité, effet de marché immédiat et local de la disparition du réacteur accidenté.

4- Valeur médiane estimée de l’ordre de 3 500, entre 0 et 10 000 selon les sites et les météos plus ou moins favorables.

5- Les zones d’exclusion sont ici considérées comme correspondant aux zones contaminées en césium 137 à des niveaux supérieurs à environ 500 kBq/m² (niveau retenu pour la définition des zones d’exclusion en Ukraine après l’accident de Tchernobyl). Les zones d’exclusion autour de la centrale de Fukushima-Daiichi, définies à partir d’un niveau admissible de dose, correspondent à des niveaux de radioactivité similaires. Le chiffre de 100 000 réfugiés correspond à la moyenne arrondie des calculs médians pour trois différents sites français.                                        

COMMENTAIRES:                                                                                         

(Le Souffle c’est ma Vie / Thierry LAMIREAU)

 COUR DES COMPTES

L’IRSN ne manque pas de culot en spécifiant que:      

« L’accident dit « grave » comporte des rejets radioactifs importants, mais différés et partiellement filtrés, permettant donc la mise en oeuvre efficace de mesures de protection des populations concernées, alors que l’accident dit « majeur » provoque des rejets massifs précoces et non filtrés. »

L’accident grave ne permettra pas la mise en oeuvre efficace de mesures de protection des populations concernées parce que ce sera le désordre et la panique totale à la fois des institutions, administrations et des populations.

« Evaluer et hiérarchiser par une approche coût/bénéfice les nouvelles mesures destinées à renforcer la sûreté envisagées dans le cadre du processus de réexamen décennal de la sûreté des réacteurs du parc électronucléaire. »

Evaluer et hiérarchiser par une approche coût/bénéfice c’est ne pas réellement prendre en compte la mise en place d’une sécurité maximale et c’est, de fait, accepter une contamination MAJEURE des populations par « négligence intellectuelle » et financière.

« Les coûts liés aux modifications des conditions de vie et des facteurs socio-économiques dans les territoires contaminés, qui peuvent être fortes (zones d’exclusion) ou plus modérées (zones contaminées habitées sous condition de surveillance ou de restriction). »

En clair, lorsque les années passeront l’Etat acceptera de remettre sur place les habitants en disant, comme à FUKUSHIMA, qu’il faut « valoriser l’économie locale et nationale ! »

« Le nombre de « réfugiés radiologiques » (personnes éloignées des territoires les plus contaminés) pourrait être de l’ordre de quelques milliers de personnes[4], une situation qu’un pays comme la France pourrait surmonter par un effort de solidarité. Le caractère différé des rejets par rapport aux événements initiateurs de l’accident permettrait la mise en place de mesures de protection des populations et des travailleurs sur le site. L’impact environnemental des rejets pourrait être important, mais les conséquences sanitaires pourraient être restreintes en comparaison. Cependant, l’impact sur l’opinion publique serait élevé, nécessitant une capacité d’excellence en termes de communication publique et de gestion, sur une longue période, de l’ensemble des moyens publics mobilisés. »

Affirmations totalement fausses et mensongères ! Le nombre de « réfugiés radiologiques » (notons le terme pour ne pas dire IRRADIES) serait beaucoup plus important. La protection des populations serait inefficace quant aux travailleurs des centrales nucléaires ce serait les premiers condamnés à une mort rapide et terrible!

Les conséquences sanitaires seraient « restreintes » ? On a d’avance la manière dont serait traité le dossier: braves gens, circulez, y’a rien à voir ! Par contre, l’IRSN indique le baratin habituel disant que la « gestion des peurs des populations seraient plus importantes et graves que la contamination elle-même ». Ce sont les affirmations scandaleuses habituelles du milieu pro-nucléaire pour essayer de manipuler les masses…techniques tant usitées à l’époque de GOEBBELS…techniques de type fasciste pour nier l’évidence.

« Par comparaison, un accident majeur provoquerait une catastrophe de nettement plus grande ampleur. Les coûts liés aux seules conséquences radiologiques pourraient s’élever à plus de 160 milliards d’euros, soit plus que le coût total d’un accident grave du type évoqué précédemment. L’ampleur de la contamination aurait pour conséquence de devoir prendre en charge un nombre de « réfugiés radiologiques » c’est-à-dire la population des zones d’exclusion qui aurait besoin d’être relogée définitivement qui pourrait être de l’ordre de de 100 000 personnes. »

FAUX ! Le nombre de 100 000 personnes est complètement farfelu si l’on considère que toutes les centrales françaises sont proches de populations beaucoup plus importantes ! Et puis, ne nous leurrons pas, la FRANCE ENTIERE SERAIT CONTAMINEE ! Mais cela, chut !…c’est un SECRET…DEFENSE.

« Bien entendu, ces évaluations très élevées du coût d’un accident nucléaire sont à mettre en regard de probabilités très faibles d’occurrence de tels événements, grâce à la compétence des opérateurs dans les centrales nucléaires et à un effort permanent de maintien et d’amélioration de la sûreté des installations. »

Eh ben voyons, en FRANCE, on est les meilleurs et puis on est tellement bons que la catastrophe n’arrivera jamais chez nous  ! L’IRSN prend vraiment les gens pour des CONS !

« L’importance des coûts d’accidents milite en effet pour la mise au point de nouveaux types de réacteurs qui non seulement présentent des probabilités plus faibles qu’aujourd’hui de causer un accident grave, mais permettraient aussi de par leur conception d’arriver à une « élimination pratique » de ce type de scénario accidentel conduisant à des rejets très importants. »

Encore FAUX ! Aucun nouveau projet de réacteurs ne présente de telles certitudes. Au contraire, le risque serait toujours là et avec des composés radioactifs encore plus dangereux et concentrés !

L’IRSN et l’Etat français acceptent de reconnaître du bout des lèvres qu’il y a un risque en FRANCE mais c’est tout !

Il est scandaleux (mais pas étonnant) de lire de tels textes alors que TCHERNOBYL ET FUKUSHIMA sont passés par là !

Le MENSONGE, la DESINFORMATION et la MANIPULATION ont encore de beaux jours en FRANCE !

Tous ces gens du sérail nucléaire, tous ces politiques et tous ces journalistes habituellement « aux ordres » devraient finir leurs jours en TAULE !

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 24 février, 2013 |Pas de commentaires »

MALI: INGERENCE HUMANITAIRE OU NOUVEAU SAHELISTAN ? LES DOLLARS DE L’ONCLE SAM POUR PROMOUVOIR LE TERRORISME ( Ali El HADJ TAHAR / lesoirdalgerie.com)

MALI :
INGÉRENCE HUMANITAIRE OU NOUVEAU
SAHELISTAN ?

Les dollars de l’Oncle Sam

pour promouvoir le terrorisme

  (Ali El Hadj Tahar)

MALI: INGERENCE HUMANITAIRE OU NOUVEAU SAHELISTAN ? LES DOLLARS DE L'ONCLE SAM POUR PROMOUVOIR LE TERRORISME ( Ali El HADJ TAHAR / lesoirdalgerie.com) dans REFLEXIONS PERSONNELLES usa
Sous le prétexte d’une « responsabilité de protéger », les Français sont intervenu au Mali sans mandat de l’ONU. Les puissances occidentales les soutiennent pour une mise sous tutelle programmée de l’Afrique.

Mais dans la tutelle de l’Afrique, il y a la mise sous tutelle de la France par les USA, car ceux qui mènent le jeu au Sahel, ce sont les Américains, avec la complicité de nombreux pays d’Afrique et d’Afrique du Nord, qui semblent depuis quelques années appeler le néocolonialisme de leurs vœux.

Dans le Nouvel Ordre Mondial qui voit le jour, la financiarisation est inséparable de la militarisation, le monde de la finance étant intimement lié au complexe militaro-industriel qui a pris la Maison-Blanche en otage. La Maison-Blanche, quant à elle, prend en otage d’autres pays, des plus grands aux plus petits. Moscou et Pékin et les pays du BRICS semblent être les seuls États à s’opposer à cette hégémonie, que les Américains refusent de voir fragilisée, quitte à ramener les récalcitrants avec le « gros bâton » cher au président Theodore Roosevelt.

Beaucoup d’éléments ont argumenté dans le sens d’une préméditation de l’opération SERVAL dans le cadre d’un complot contre le Mali et les pays frontaliers, pas uniquement l’Algérie. Mais on a compris que tout ce micmac flagrant montre qu’il s’agit d’une crise créée de toutes pièces et que le manipulateur en chef, le Département de la Défense Américain (DoD) la préparait depuis les années 1990, lorsqu’il a suscité des situations créatrices de crises (crisogènes) par sa seule présence. Revenons à l’histoire de la présence étatsuninenne en Afrique et à l’apparition mystérieuse du terrorisme, à chaque fois qu’une base américaine se crée dans une région.

« L’idée politique centrale de l’impérialisme, écrit la philosophe politique Hannah Arendt, est l’expansion comme un but permanent et suprême de la politique », tandis que Chalmers Johnson écrit dans The Sorrows of Empire. Militarism, Secrecy, and the End of the Republic :

« L’impérialisme ne peut pas exister sans un puissant appareil militaire pour soumettre et policer les gens qui s’opposent sur son chemin et un système économique pour financer un établissement militaire couteux et improductif. » (1) En 2002, dans une perspective qui s’inscrivait dans le projet impérialiste du Grand Moyen-Orient, George Bush a créé le plan Pan Sahel afin de « lutter » contre le terroriste dans le Sahel. Or il n’y avait pas de terroristes au Sahara ni dans sa région sud, est et ouest, même après dix années de troubles en Algérie. Le terrorisme s’est développé au nord du Maghreb, et s’y est maintenu car il n’avait pas d’assisses dans le sud, d’autant que l’Islam traditionnel et soufi y est très puissant et constituait un paravent contre les takfiristes, wahhabites et autres excommunicateurs. Ce bel Islam de nos ancêtres dérangeait beaucoup, car il donne une idée forte et puissamment ancrée d’une tradition spirituelle et culturelle empêchant la prolifération des « parasites ». Mais le Sahel était une région visée par les Etatsuniens dès que le bloc communiste a sombré. Déjà, en 1996, ils ont demandé aux Saoudiens d’envoyer l’agent Ben Laden au Soudan, non sans avoir concocté un coup d’État dans ce pays afin de permettre à un Etat « islamiste » d’y prendre racine. Ben Laden enverra des armes et des Arabes-Afghans vers l’Algérie et, au préalable, il écrira pour ses amis du parti dissous les paroles de : « Alayha nahia, alayha noudjahed. »

Programme d’aide, programme d’asservissement

Pourquoi les Américains voulaient-ils « combattre » le terrorisme sur un territoire où le phénomène n’existait pas si ce n’est pour le créer ? Comme par hasard, dès l’année suivante, entre 2003 et 2004, le groupe d’El Para kidnappa plusieurs groupes de touristes au Sahara ! Le groupe terroriste nigérian Boko Haram fut créé en 2002. Entre 2007 et 2008, la Mauritanie subit des attaques et des enlèvements de l’Aqmi. Le terrorisme était inconnu en Irak avant 2003. Aujourd’hui, ce pays est son fief. En 2008 apparaissaient les djihadistes d’Al-Shabbab, en Somalie. Moubarak et Benali ont éradiqué le terrorisme que le « Printemps Arabe » vient de ressusciter en Égypte et en Tunisie… Idem pour la Libye et surtout la Syrie actuellement… où les Américains s’installent. Le cancer terroriste se développe, comme s’ils l’inoculaient directement par injection. En 2005, le programme US Pan Sahel se transforme en Trans Sahel Conter Terrorism Partnership dont l’objectif était de former les forces militaires des sept pays sahariens « volontaires » dans leur lutte contre leurs différents ennemis, y compris « terroristes », en fait des alliés sous de faux drapeaux. Tactique du pyromane pompier…

Les États-Unis ont aussi un programme appelé Counter Terrorism Train and Equip destiné à apporter de l’aide militaire à des pays maghrébins et d’Afrique subsaharienne (Algérie, Burkina Faso, Tchad, Libye, Mali, Mauritanie, Maroc, Niger, Nigeria, Sénégal, Tunisie) en leur offrant quelques armes et véhicules, du matériel de communication, des pièces de rechange et des tenues militaires. Cela leur permet d’avoir un pied à terre dans ces pays en attendant mieux, une base militaire, un puits de pétrole ou une exploitation minière, par exemple. Ainsi donc, les États-Unis visent l’implantation dans des pays qui sont traditionnellement dans le giron français. Peu d’égards pour la France amie et alliée au sein de l’OTAN. Mais les États-Unis ne sont-ils pas venus concurrencer la France à Djibouti en 1981 ? Et, comme par hasard, le piratage s’est développé dans la corne de l’Afrique dès que la base américaine de Camp Lemonnier a été créée en 2003.

Les actes de piratage contre des navires marchands se développent en même temps que le terrorisme, au fur et à mesure que la répression grandit. L’injustice nourrit la révolte, c’est ce que font semblant de ne pas comprendre les pays qui ont de longues expériences coloniales. Une fois le terrorisme installé en Afrique, George Bush décida de créer, en 2007, un commandement unifié pour l’Afrique (United States Africa Command) dont l’acronyme est Usafricom ou Africom et destiné, en premier lieu, à coordonner toutes les activités militaires et sécuritaires étatsuniennes sur ce continent. Son deuxième but fut la « géopolitique du pétrole », soit la sécurisation des approvisionnements américains par le golfe de Guinée afin de diminuer la dépendance vis-à-vis des réserves du Moyen-Orient. Le troisième but était la compétition économique afin de contrer, par un pré-positionnement militaire US, la montée en puissance de la Chine. Parmi ces objectifs, on ne sait lequel est prioritaire, car comptent beaucoup pour les États-Unis les nécessités de défense pure, soit la dépense du budget militaire dans des conflits nécessaires pour le fonctionnement du complexe militaro- industriel.

Ce n’est qu’à cela essentiellement qu’ont servi les guerres d’Afghanistan et d’Irak depuis 2003. Car il faut savoir que la Maison-Blanche a dépensé près de 5 000 milliards de dollars en dix ans en Irak et en Afghanistan, sommes qui sont allées dans les coffres du complexe militaro-industriel et ceux d’autres entreprises étatsuniennes. La recette est simple : on crée la pauvreté dans un pays, et lorsqu’il devient ingouvernable, on y envoie des terroristes qu’il s’agira d’éliminer sous prétexte qu’ils menacent le « monde libre ». Ainsi, la chaîne de production d’armes tourne à fond pour doter à la fois les terroristes et les pays qui combattent le terrorisme.

En 2008, Jeremy Keenan, un anthropologue très au fait des problèmes de terrorisme et de renseignement, écrivait dans la revue d’intelligence Menas : « Rares sont les endroits au monde qui ont été autant sujets à désinformation que le nord du Mali et sa frontière avec l’Algérie. Il est vrai que c’est le point focal de l’administration Bush en ce qui concerne sa fabrication d’un second front saharien dans sa prétendue guerre contre le terrorisme. » En 2009, le Mali a bénéficié du programme Trans Sahel Conter Terrorism Partnership, mais au préalable, les États-Unis ont imposé à ce pays criblé de dettes une restructuration qui l’a davantage affaibli puis entraîné dans le gouffre actuel. En un tour de passe-passe américano-franco-qatari, voilà le Mali coupé en deux, avec un nord occupé par une nébuleuse d’islamistes et de pseudo-rebelles également à la solde. Puis voilà les Français qui accourent pour sauver un peuple de barbares islamistes… qu’ils ont pris soin de doter des armes les plus sophistiquées…

La guerre, seule logique de la Maison-Blanche

Pour renforcer sa présence en Afrique, au détriment d’une France qui n’a plus d’argent pour y être présente, Washington va, selon le Département d’Etat, déployer une centaine de conseillers en Afrique de l’Ouest et les répartir au sein des contingents africains de six nations : Niger, Nigeria, Burkina Faso, Sénégal, Togo et Ghana, qui fournissent des troupes à la Misma. Ces « mentors » dépendent du programme African Contingency Operations Training and Assistance (ACOTA). Même s’ils ne seront pas déployés sur le territoire malien, économiquement, il s’agit d’une ingérence dans la chasse gardée d’un allié atlantique. Pour comprendre cette stratégie, il faut savoir que le budget américain est de 755 milliards de dollars (2010) alors que celui de la Chine est de seulement 143 milliards de dollars, que celui de la Russie est de 71, 9 milliards et celui de la France de 62,5 seulement. Le budget défense des États-Unis est non seulement colossal, mais il est plus important que tous les autres secteurs réunis : il compte pour plus de la moitié du budget du pays alors que celui de la France est le deuxième après celui de l’éducation. En 2011, le budget du DoD représentait 41% du total mondial de défense par rapport à la Russie qui n’en détient que 4,1% et la Chine 8,2 % tandis que l’Arabie Saoudite en détient 3%. La véritable course aux armements n’a jamais été aussi folle qu’aujourd’hui, car les États-Unis dope les achats en imposant une surenchère, ensuite grâce au terrorisme qui cible les pays non amis et ennemis. Ainsi, les pays arabes, qui soutiennent le terrorisme (Arabie Saoudite, le Qatar et les autres pays du Golfe) sont devenus des investisseurs dans l’industrie militaire occidentale par le biais d’opérations de leurs fonds souverains, et ce, indirectement ou directement dans certaines entreprises liées au complexe militaro-industriel (Carlyle et la société militaire privée Vinnel) : des enjeux importants les lient désormais au terrorisme qui nourrit le complexe militaro-industriel… Le problème malien s’inscrit donc dans une stratégie géopolitique globale qui dépasse les acteurs apparents (groupes terroristes) et même ceux qui se sont mis en avant depuis le début ou dernièrement (Qatar et France) : elle s’inscrit dans un plan du Grand Moyen-Orient tout comme les « Printemps Arabes » qui visaient à éliminer tous les raïs (Benali, Moubarak et surtout Kadhafi) susceptibles de s’opposer à la création, à leur frontière (Mali), d’un État failli où se déploient les groupes terroristes, tout comme en Afghanistan.

Fin 2010, Obama avait dit vouloir renforcer l’armée de son pays et lui donner de nouveaux « partenaires » pour la réussite de ses objectifs : il ne parlait pas d’alliés car ceux de l’Occident sont connus ; il s’agissaitt donc de ces innombrables traîtres à leur nation qui prolifèrent depuis les « Printemps Arabes ».

Ce sont les services de renseignements étatsuniens qui recrutent les traîtres, ainsi que des agences supposées de Droits de l’Homme, des ONG prétendument humanitaires ou destinées à « promouvoir la démocratie dans le monde », comme l’Open Society, le Fondation Soros, la National Endowment for Democracy… D’ailleurs, ces trois ONG liées à la CIA ont joué un rôle fondamental dans les « Printemps Arabes ».

Ali.El.HADJ.TAHAR.

http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2013/02/17/article.ph…

URL de cet article 19394
http://www.legrandsoir.info/les-dollars-de-l-oncle-sam-pour-promouvoir-le-terrorisme.html
Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 20 février, 2013 |Pas de commentaires »

AFRIQUE: LES DOSSIERS QUI OPPOSENT PARIS ET WASHINGTON (Adrien HART / slateafrique.com)

Afrique:

AFRIQUE: LES DOSSIERS QUI OPPOSENT PARIS ET WASHINGTON (Adrien HART / slateafrique.com) dans REFLEXIONS PERSONNELLES douentza Des soldats français près de Douentza, au Mali, le 7 février 2013, David Lewis/REUTERS

Les dossiers qui opposent Paris et Washington

(Adrien HART / slateafrique.com)

La France et les Etats-Unis ont des positions divergentes sur le Nord-Mali mais aussi sur la Côte d’Ivoire. Comment l’expliquer?

clintonfabius ALGERIE dans REFLEXIONS PERSONNELLESHillary Clinton et Laurent Fabius, siège de l’ONU, 26 septembre 2012. © MICHAEL NAGLE / AFP
 
Plusieurs centaines de personnes ont manifesté le 9 janvier 2013 à Bamako et Kati pour réclamer des « concertations » sur la transition au Mali, la libération de ses régions du Nord occupées par des groupes islamistes armés et le départ du président intérimaire Dioncounda Traoré.

A Bamako, des manifestants ont tenu un sit-in sur la Place de l’Indépendance, brûlé des pneus et perturbé le trafic sur deux des trois ponts qui relient les deux rives du fleuve Niger coupant la ville en deux, ont constaté des journalistes de l’AFP.

La petite phrase restera dans les annales de la diplomatie. Et résume à elle seule les divergences franco-américaines sur les modalités d’une intervention militaire africaine pour chasser les islamistes du Nord-Mali.

Le plan français pour le Nord-Mali ? «C’est de la merde.»

Ce n’est pas n’importe quel yankee qui a prononcé ce commentaire définitif, mais bien Susan Rice. Ambassadrice américaine auprès de l’ONU. Excusez du peu! La petite histoire ne dit pas si le ministre français des Affaires Etrangères, Laurent Fabius, a fait la grimace.

Mais officiellement, le patron du Quai d’Orsay est resté «droit dans ses bottes», pour reprendre l’expression d’un de ses prédécesseurs (Alain Juppé).

Mais, avant le vote de la résolution 2085 par le Conseil de Sécurité de l’ONU, le 20 décembre 2012, sur le déploiement d’une force internationale au Mali, les négociations entre Paris et Washington n’ont pas été faciles.

Le porte-parole du département d’Etat Victoria Nuland le confirme:  

«Nous avons travaillé très dur pour régler des problèmes techniques et des questions relatives au déroulé [d’une intervention militaire]» .

Washington avait clairement pris position pour une opération en deux temps: d’abord la négociation, puis ensuite l’intervention militaire. Pour les Etats-Unis, il était plus que hasardeux de se lancer dans une nouvelle aventure militaire au cœur du plus grand désert du monde avec une force ouest-africaine de 3.300 hommes qui, pour l’instant n’inspire pas vraiment la confiance.

Le remède ne risque-t-il pas de tuer le malade et disséminer le virus islamiste chez les pays voisins? Un diplomate occidental interrogé par Reuters, visiblement proche des positions américaines, a récemment déclaré que Washington était «très sceptique» sur le plan français et a «des doutes sérieux» sur le succès d’une telle intervention militaire dans le sables du Nord-Mali.

«Peu confiance»

Les Etats-Unis n’ont que «peu confiance» sur le fait que les pays constituant la force africaine «puissent faire le travail» et sur les capacités actuelles de l’armée malienne à aller se battre contre des «fous de Dieu» fanatisés et bien armés.

Paris a tenu compte de ces réticences et son projet de résolution a donc intégré le déploiement d’une force par étapes, sans calendrier précis.

Mais Paris reste en pointe pour organiser une intervention militaire dans les plus brefs délais et a demandé à ses relais africains de donner de la voix pour soutenir son plan. Paris sait qu’il peut compter sur le soutien de l’exécutif (francophone) de la Communauté Economique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) .

Le président en exercice de la Cédéao, l’Ivoirien Alassane Ouattara, multiplie les déclarations pour une action rapide, tout comme le président de l’Union Africaine, le Béninois Boni Yayi. A la plus grande satisfaction de Paris.

Mais cette unité de façade au niveau régional et continental dissimule de profondes divergences, notamment en Afrique de l’Ouest. Le Burkina, le Tchad et la Mauritanie, dont les dirigeants sont pourtant réputés proches de Paris, ont opté clairement pour l’option de la négociation avec les islamistes.

Et se sont alignés sur la position algérienne, qui voit toujours d’un mauvais œil une intervention militaire soutenue par Paris et Washington près de ses frontières méridionales. Alger n’est pas exempt de tout reproche dans la crise du Nord-Mali. Loin de là. Tant elle a paru «exporter» hors de ses frontières ses propres islamistes.

Le président français, François Hollande, a tenté, cette semaine à Alger, de convaincre son homologue Abdelaziz Bouteflika du bien-fondé du volontarisme militaire tricolore. Le Quotidien d’Oran souligne même l’«entêtement» français:

«Paris semble s’entêter. On a prôné l’intervention militaire et on ne transige pas! Comme si admettre qu’une intervention militaire +rapide+ et non préparée politiquement serait +perdre la face+»

En plus, le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon reste très prudent et n’a pas été convaincu par le plan français.

«Cancer islamiste»

Tout le monde garde à l’esprit l’intervention occidentale en Libye, avec là-encore la France en première ligne, qui a abouti au renversement du régime de Kadhafi. Mais aussi et surtout à la dissémination d’armes de guerre dans tout le Sahel.

Et à la prise de contrôle du Nord-Mali par des groupes islamistes. Cette région, grande comme la France, constitue actuellement le plus vaste sanctuaire islamiste au monde. Les populations qui sont restées sur place vivent sous le règne d’une charia impitoyable.

Et les chancelleries européennes craignent une contamination régionale et même des répercussions en Europe. C’est en grande partie les raisons qui expliquent pourquoi Paris est si pressé d’agir face au «cancer islamiste».

La France surveille attentivement sur son territoire les jeunes originaires d’Afrique ou des Français convertis à l’Islam qui seraient tentés de rejoindre les djihadistes du Sahel.

Mais de nombreuses capitales ouest-africaines gardent aussi à l’esprit que les Occidentaux, et en premier lieu les Français, ont mal préparé l’après-Kadhafi. Et que si le Nord-Mali est occupé par des islamistes qui ont fait leur course dans l’arsenal libyen, c’est en grande partie leur faute. Bref, la suspicion règne.

Et les divergences franco-américaines n’arrangent rien. D’autant plus qu’on les retrouve sur un autre grand dossier: la Côte d’Ivoire.

Justice réservée aux vaincus

L’ambassadeur américain à Abidjan a lancé sa dernière pique début décembre 2012 au moment où le président Ouattara était en visite … à Paris. Difficile de ne pas y voir aussi un message à l’allié français. Le diplomate américain estime que les choses ne bougent pas suffisamment vite, près de deux ans après l’arrivée de Ouattara au pouvoir.

Selon lui, la justice tant nationale qu’internationale est toujours réservée aux vaincus, c’est-à-dire au camp Gbagbo. Difficile en effet de ne pas faire le même triste constat. Et tant que ce problème ne sera pas réglé, la réconciliation ne sera qu’un vain mot.

Il ne suffit pas de mettre en place une commission-bidule pour panser les plaies d’un pays traumatisé par plus d’une décennie de haine et de xénophobie. Et Washington a raison de mettre la pression sur le président Ouattara pour accélérer le rythme. «Il ne faut clouer la Côte d’Ivoire au pilori», répond la presse pro-Ouattara. Mais il faut quand même ouvrir les yeux.

Et Paris préfère les garder mi-clos. Début décembre 2012, le Ministre français de l’Economie, Pierre Moscovici, a même fait le déplacement à Abidjan pour signer une aide massive de plus de 600 millions d’euros et exhorter les entreprises tricolores à revenir investir dans le pays.

Moscovici a été très clair:

«Nous sommes venus pour promouvoir la coopération entre nos deux pays, pour être auprès de nos entreprises (…) ce qui ne veut pas dire que nous sommes indifférents aux Droits de l’Homme.»

Mais si Paris conforte son allié Ouattara, dont il a besoin pour le Nord-Mali, nul doute que Washington continuera à faire entendre sa partition. Tant sur la Côte d’Ivoire que sur le Sahel.

Adrien HART

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 20 février, 2013 |Pas de commentaires »

DOCUMENT « EXPLOSIF »…MANUEL SUR LES PRINCIPES DE SECURITE DE L’OTAN APPLICABLE AUX STOCKAGES DES MUNITIONS ET EXPLOSIFS A L’URANIUM « APPAUVRI »

Manuel sur les principes de sécurité  de l’OTAN,

applicable aux stockages des Munitions et

explosifs à l’uranium « appauvri ».

DOCUMENT

Document. AC/258-D/425
Diffusion de l’AASTP-1

Document parvenu à « Avigolfe », remis au Ministère de la Défense le 29 juin 2005, et authentifié le même jour par l’OTAN à la demande de France3.

Ce document « explosif » n’a pas été classifié « secret défense », sans doute parce que ces quelques pages ne représentent qu’une partie d’un document beaucoup plus large concernant les précautions à prendre pour le stockage de l’ensemble des munitions et explosifs. Il a, selon toute vraisemblance, été diffusé aux responsables militaires et politiques des pays membres de l’OTAN, dont la France. Ceux-ci connaissent donc, par ce document comme par les études de leurs propres services, tous les dangers que représentent les armes à l’uranium « appauvri ».

CHAPITRE 8- MUNITION A L’URANIUM APPAUVRI

Section I – Caractéristique de l’uranium appauvri (UA)
2.8.1.1.
Généralité

La matière première à partir de laquelle est produit l’UA est l’uranium DIT naturel, largement répandu dans la nature sous la forme de minerais à basse teneur d’oxydes d’uranium. L’uranium DIT naturel se compose d’isotopes radioactifs, dans les proportions suivantes : U238 (99,3%), U235 (0,7%) et U234 (0,006%). L’uranium sert surtout dans l’industrie nucléaire (Il s’agit alors d’un métal qui n’a plus rien de « naturel », puisque 1°) produit de transformations mécaniques et chimiques subies par le minerai 2°) enrichi en isotope 235 -cf. ci-dessous), comme combustible primaire pour les réacteurs ou comme source d’uranium enrichi en isotope U235 et destiné au combustible des réacteurs et aux armes nucléaires. Le sous-produit du processus d’enrichissement est l’UA, dans lequel le contenu en U235 est réduit au tiers environ de celui de l’uranium naturel. Il en résulte que l’UA n’est pas économique à utiliser comme combustible primaire pour les réacteurs, de même qu’il ne peut pas servir à amorcer la réaction en chaîne de la fission dans une arme nucléaire. Le terme « appauvri » signifie simplement que le contenu en U235 de l’uranium naturel a été réduit de façon artificielle. Pourtant, ce processus n’influence pas sensiblement le contenu radioactif du matériau. La radioactivité spécifique (radioactivité par masse unitaire) de l’UA est donc presque la même que celle de l’uranium naturel, c’est-à-dire environ 25 MBq/Kg (0,7 mCi/Kg).

2.8.1.2. Métal d’UA

Le métal d’UA sans alliage a le même aspect et les mêmes propriétés chimiques que le métal d’uranium naturel : il a une teinte argentée mate, lorsqu’il vient d’être préparé, mais sa surface s’oxyde rapidement à la température ambiante, pour former une pellicule d’oxyde bleu-noir. L’oxydation est plus rapide dans une atmosphère humide et l’uranium est rapidement corrodé par l’eau froide. (C’est ce qui se passe quand les restes d’obus ou de balles à l’UA sont arrosés par la pluie, et quand les particules sont entraînées dans les nappes phréatiques.) Les acides dissolvent l’uranium, mais il est insensible aux alcalis. L’UA utilisé dans les munitions perforantes peut être allié avec d’autres métaux, ce qui améliore sa résistance à la corrosion et ses propriétés mécaniques. L’aspect de l’alliage, sous la forme de métal massif, ne différera probablement pas beaucoup de celui de l’UA pur, mais il est possible qu’il ne se forme pas une pellicule d’oxyde foncée.

2.8.1.3. Caractéristiques de combustion

a) A la température ambiante, la couche d’oxyde adhère mais est perméable : elle n’arrête pas la lente poursuite de l’oxydation et n’empêche pas non plus la combustion, lorsque le métal est exposé à une source de chaleur ; la couche d’oxyde formée pendant la combustion se désintègre continuellement et permet à l’air frais d’entrer en contact avec le métal. Lorsqu’il est chauffé et qu’il se trouve dans une quantité d’air ambiant non limitée, l’UA brûle rapidement ; aux températures intermédiaires, par exemple entre 300 et 600°C, il forme un oxyde noir, l’UO2 et, aux températures élevées, c’est-à-dire au-dessus de 700°C, il brûle avec éclat pour donner U308 brun foncé-noir. (Cette « combustion » ou pyrolyse se produit à plus forte raison en cas d’explosion des munitions à UA ; elle est alors auto-entretenue -voir ci-dessous- ; « l’éclat » dont il est ici question, blanc-jaune, est celui qu’on a pu voir sur les images télévisées d’explosions de missiles ou d’obus sur Bagdad pendant la guerre contre l’Irak en 2003. L’emploi de ces armes a été dénoncé par ACDN dans une lettre adressée au Président de la République en pleine offensive de la Coalition, le 6 avril 2003.)

b) Sous forme massive, c’est-à-dire avec un rapport superficie-masse peu élevé, le métal d’UA est normalement incapable de brûler à l’air de façon auto-entretenue sans application permanente de chaleur provenant d’une source extérieure. Si la température de la masse de métal est augmentée par une telle application de chaleur de l’extérieur, elle atteint un point où la réaction s’accélère rapidement et l’on assiste alors à une combustion auto-entretenue, c’est-à-dire à une inflammation. La température d’inflammation est celle de la masse de métal et elle dépend d’un équilibre entre les pertes et le gain de chaleur. Les pertes sont dues aux processus normaux de transport de chaleur, à la convection, à la conduction et au rayonnement ; le gain provient de la réaction exothermique. Ainsi, dans le cas d’un incendie impliquant des munitions à l’UA, la température extérieure à laquelle se produira l’inflammation dépend de divers facteurs, (un incendie pouvant se produire dans les centres de stockage en dehors même d’une situation de guerre ou d’un attentat, cela entraîne ipso facto le risque de « catastrophe civile ») y compris le rapport superficie-masse des différents dispositifs de pénétration, le degré d’apport d’oxygène, les effets des configurations particulières d’emballage et d’empilage sur les mécanismes de transport de chaleur, la composition de l’alliage, etc.

c) Si, après le début de l’inflation, l’uranium fond et que le métal en fusion se disloque, par exemple en s’écoulant ou en tombant goutte à goutte d’un conteneur, le rapport superficie-masse augmentera fortement, ce qui se traduira par une combustion encore plus rapide. La combustion de gouttelettes d’uranium en fusion s’accompagne d’un jaillissement d’étincelles et de projections permettant à une plus grande partie de la masse de métal de se transformer en une fine vapeur ou une fine poussière d’oxyde, qui en cas d’inhalation, risqueront davantage de pénétrer et de se fixer dans les poumons. C’est automatiquement ce qui se produit lors d’une explosion volontaire, c’est-à-dire quand on emploie des munitions avec flèche perforante à l’UA, comme en Irak en 1991 et 2003, dans les Balkans, et en Afghanistan. La « fine vapeur ou fine poussière d’oxyde » est composée de particules céramisées de l’ordre du micron ou millième de millimètre, dont certaines peuvent retomber rapidement mais dont d’autres, par suite de phénomènes électromagnétiques, peuvent rester en suspens dans l’air et peuvent, sous l’effet du vent, être entraînées dans l’atmosphère, dans les couches basses, moyennes et hautes de la troposphère (où le personnel navigant et les passagers des avions sont particulièrement exposés) et jusque dans la stratosphère (au-dessus de 10 000 mètres). Dans ce dernier cas, elles pourront faire pendant des mois ou des années de nombreuses fois le tour de la terre avant de retomber au sol. Ainsi, l’air de l’hémisphère nord que nous respirons actuellement est certainement contaminé par une partie des 1500 à 2000 tonnes d’UA diffusées par explosion pendant la guerre d’Irak. Le nombre des cancers augmentera en conséquence. Tout cela a été annoncé dans la lettre du 6 avril 2003 par laquelle ACDN a demandé au président Chirac d’intervenir auprès de la Coalition pour faire cesser les bombardements avec des armes à UA : « Les milliards de particules ainsi émises vont transformer l’Irak en une terre inhabitable pour l’éternité, et retomber sur tout l’hémisphère Nord, où elles accroîtront, avec la radioactivité ambiante, les « statistiques » anonymes des cancers. A quoi sert-il de lancer une « campagne nationale contre le cancer » si l’on n’intervient pas à temps pour prévenir l’expansion de l’une de ses principales causes ? ». Nous avons dénoncé ce crime contre l’humanité au moment où il se produisait. En vain : les bombardiers de la Coalition chargés d’armes à UA, en vol pour l’Irak depuis la Grande-Bretagne, ont continué à traverser l’espace aérien français. Le métal d’uranium en fusion pourrait perforer rapidement un conteneur métallique par la formation d’alliages aux points de fusion peu élevés. (En clair : ce sera une réaction en chaîne, et l’origine d’une catastrophe totalement incontrôlable. )

2.8.1.4. Caractéristiques de rayonnement

a) Le rayonnement émis par l’UA comprend des particules alpha et bêta et des rayons gamma et X. L’UA n’ayant qu’une faible radioactivité, l’intensité du rayonnement qu’il émet ne présente pas de risques importants (peu importants, mais pas nuls, même hors accident !) pour la santé du personnel affecté au stockage et à la manipulation des munitions à l’UA. C’est néanmoins un principe accepté au niveau international que l’on doit éviter toute exposition inutile au rayonnement, aussi infime que soit le risque escompté d’effets néfastes sur la santé. Dans le cas des munitions à l’UA, qui ne sont que légèrement radioactives, («légèrement », mais pas nulles !) ce principe peut se traduire par l’application de mesures préventives relativement simples.

b) L’exposition externe potentielle des personnes au rayonnement de l’UA se limite au rayonnement bêta, X et gamma. Le rayonnement alpha n’effectue qu’un parcours très réduit dans la matière (par exemple, quelques centimètres dans l’air) et ne peut pas pénétrer dans la couche extérieure insensible de la peau humaine. Le rayonnement bêta pénètre d’avantage que le rayonnement alpha, mais moins que les rayons X et gamma. Les particules alpha ne peuvent être émises que par la surface du métal d’UA, (elles le peuvent, donc elles le sont !) puisque le métal lui-même absorbe les particules alpha provenant de profondeurs supérieures à quelques microns. Le même effet d’autoblindage se produit avec le rayonnement bêta, mais dans une moindre mesure. L’autoabsorption des rayons X et gamma est moindre et, dans le cas des petites pièces de métal, il se peut qu’elle n’entraîne pas de réduction importante de l’émission. (Donc, dans le cas des « petites pièces », les rayonnements bêta et plus encore gamma et X sont importants.)

c) Il résulte des différences du pouvoir de pénétration des divers rayonnements émis par l’UA que de champ de rayonnement, à proximité d’une pile de munitions à l’UA, ne dépend pas seulement de l’espacement, de la taille et de la forme réels des munitions à L’UA et des autres matériaux présents dans la pille. Tout matériau d’emballage éliminera le rayonnement bêta externe à l’emballage ou à la pile. (Mais pas les rayons X ni gamma.) Les seules conditions dans lesquelles il est possible d’être personnellement exposé au rayonnement bêta sont celles où la peau découverte se trouve à une distance de moins d’un mètre de l’UA à nu, par exemple en cas de manipulation de l’UA à nu sans gants. (Quand on se souvient de l’absence totale de protection dont ont « bénéficié » la plupart des militaires ou des civils mobilisés pour les essais nucléaires français, on peut craindre que ce genre de situation ne se produise effectivement dans la manipulation des armes à UA.) En raison du caractère plus pénétrant des rayons X et gamma, ces rayonnements existeront toujours à proximité des munitions à l’UA, mais probablement (pas sûr donc) à des niveaux qui ne dépasseront pas le décuple du rayonnement naturel. (L’UA, on l’a déjà dit, n’a rien de « naturel ».)

Section III – Conséquences des accidents

2.8.3.1 Incendie ou explosion accidentels

L’UA ne peut avoir des effets nuisibles à la santé, dus au rayonnement alpha à parcours réduit ou à la toxicité chimique, que s’il pénètre dans l’organisme par inhalation ou ingestion. Ces formes d’absorption pourraient résulter (NON : résulteront) d’un incendie ou d’une explosion accidentelle (et à plus forte raison d’une explosion « volontaire » !) impliquant des munitions à l’UA oxydé peut se disperser dans l’atmosphère. Il pourrait y avoir (NON : il y aura) des effets radiologiques ou toxicologiques sur les tissus humains lorsque les personnes inhalent la fumée chargée d’oxyde d’UA qui se dégage pendant l’incident. (« L’incident » : qu’en termes élégants ces choses-là sont dites ! Mais c’est aussi ce qui se passe obligatoirement pour tous les civils et militaires inhalant cette fumée, quand les munitions sont mises en oeuvre, comme dans la « guerre du Golfe » ou la guerre d’Irak ou dans les Balkans. Il ne s’agit plus alors d’ « incident » ni d’ « accident » !)

2.8.3.2. Résidus d’un incendie ou d’une explosion accidentels

Il est également possible (pas seulement possible : hautement probable !) que l’oxyde d’UA pulvérulent subsistant sur le lieu de l’incendie avec les cendres des autres matériaux impliqués soit remué par des agents naturels ou humains, comme le vent ou la circulation. La nouvelle contamination qui en résulterait pour l’atmosphère à proximité immédiate du lieu de l’accident pourrait donc constituer un risque à retardement d’exposition par inhalation. (La durée de ce « retardement » n’est pas précisée ici, et pour cause : elle est indéterminée, et à la limite, illimitée. Qu’on se souvienne de la réponse faite au cours d’un « JT » de 13 heures, environ deux semaines après l’explosion de Tchernobyl le 26 avril 1986, par le professeur Pellerin -le « patron » de la surveillance et de la sûreté nucléaire française- à Jean-Claude Bourret. Le journaliste lui demandait : « L’augmentation de la radioactivité constatée (tel jour) en Provence n’est-elle pas due au nuage de Tchernobyl ? » (censé à l’époque s’être arrêté aux frontières françaises.) « Non, non, répondit le professeur Pellerin, cette radioactivité-là est due au nuage d’Hiroshima. » Plus de quarante ans après le bombardement d’Hiroshima !!!) Le même effet pourrait se produire (NON : se produira), bien que dans une moindre mesure, avec les macroparticules, plus largement répandues, qui se sont déposées sur (le sol) ou ont été absorbées par des surfaces, à mesure que le nuage primitif de fumée et de poussière était déplacé par le vent. Ce mécanisme d’exposition indirecte, connu sous le nom de resuspension, créerait donc des effets persistants à long terme (« à long terme » : là encore, pas de limite définie) si aucune mesure n’était prise pour supprimer cette contamination résiduelle. Toutefois, les effets dus à cette cause seront probablement (pas sûr, donc) encore moindres (« encore moindres » : ouf, on va pouvoir respirer… de l’UA !) que ceux qu’il faudra potentiellement subir en raison du panache de fumée émis pendant l’accident proprement dit. (Autrement dit, les effets du panache de fumée seront encore plus importants. Ce sont là très précisément les effets que les combattants de la guerre du Golfe, des Balkans et de la guerre d’Irak placés « en première ligne » ont dû « subir ». Et les civils qui respiraient par là…)

2.8.3.3. Métal d’UA couvant sous la cendre

Une troisième façon d’être exposé en inhalant de l’UA (Jamais deux sans trois ! Mais il y a encore une quatrième façon d’être exposé à encore plus long terme : celle dont nous avons parlé plus haut à propos de la circulation des poussières d’UA dans la troposphère et la stratosphère) pourrait tenir à la présence d’éclats de métal d’UA enterrés dans les débris et continuant à couver sous la cendre, si l’incendie n’a pas été correctement éteint. La fumée d’oxyde d’UA ainsi formée renfermerait des particules extrêmement petites (OUI, on l’a dit : de l’ordre du micron), se présentant sous une forme capable de pénétrer dans les poumons et de s’y fixer. (Et capable d’y provoquer « l’effet de proximité » démontré dès 1975 par le militaire belge spécialisé en protection NBC Maurice-Eugène André : les particules d’uranium inhalées provoquent, principalement du fait du rayonnement alpha -celui-là même que la peau suffit à arrêter- la destruction de l’ADN des cellules pulmonaires voisines avec une « efficacité » proportionnellement inverse au carré de la distance, ce qui entraîne des cancers.) Bien que le taux fractionnaire de conversion de la masse du métal d’UA en fumée d’oxyde soit préalablement moins élevé que pendant l’incendie ou l’explosion précédents, ces particules peuvent néanmoins constituer un risque non négligeable d’exposition pour le personnel concerné (Si ce moindre risque est reconnu « non négligeable », que dire des autres ! Il est seulement dommage que les dirigeants politiques, militaires et industriels ayant décidé de fabriquer et d’utiliser des armes à UA les aient tous trouvés « négligeables » : normal, puisque par leur statut de « responsables » ils se croyaient « hors de portée » des effets de leurs armes. Eh bien, en tant qu’animaux doués de poumons, même placés « à l’arrière », ils doivent savoir que désormais, grâce à la « guerre du Golfe », à celles des Balkans, d’Afghanistan, d’Irak… où leurs armes ont fait des merveilles, ils ne le sont même plus protégés. Comme bientôt chaque être humain.) par les opérations de récupération sur le lieu de l’accident.

2.8.3.4. Plantes et bétail en pâture

Un dépôt important de poussière d’uranium, de l’ordre de quelques g/m2, peut avoir un effet toxique sur les plantes et sur le bétail en pâture. (C’est bien ce qu’on disait : c’est toute la biosphère qui se trouve concernée.) Le dépôt d’UA pourrait alors finir par être ingéré par l’homme, si la consommation se met dans la chaîne alimentaire. L’absorption fractionnaire des oxydes d’UA dans les intestins humains représente moins d’1 % de la quantité ingérée, et il y a dès lors très peu de chances que des personnes subissent une irradiation ou des effets toxiques importants par cette voie, surtout parce que l’on pourrait facilement empêcher de vendre et de consommer les produits (comme après Tchernobyl ?) – peu nombreux (le mieux étant tout de même de cesser de manger) – susceptibles d’être contaminés.

2.8.3.5 Installations de stockage

Les installations de stockage des munitions à l’UA se trouveront normalement dans les sites militaires contrôlés, suffisamment éloignés du point le plus proche où le public a accès pour que les effets escomptés des explosions, de l’inhalation et de la contamination de la surface soient acceptables. Toute contamination accidentelle nécessitant des mesures de réparations devrait donc (pourvu que la contamination respecte les consignes administratives de l’armée, comme le nuage de Tchernobyl a respecté celles du gouvernement français) se limiter à des zones sous contrôle militaire, et les restrictions à imposer à l’accès pendant l’exécution de ces mesures ne perturberaient dès lors pas de façon sensible la vie publique normale. (C’est cela l’essentiel : ne pas effrayer le populo. Heureusement, la radioactivité est incolore, inodore, sans saveur, et invisible… sauf par ses effets sur la santé, qui mettent parfois des années à se déclarer, et qui sont non reconnus par l’armée et le gouvernement français, comme le prouve le cas des vétéranse)

Section IV – Effets de l’exposition interne

2.8.4.1. Ingestion

L’UA peut pénétrer dans le corps humain par inhalation, par ingestion ou par des blessures contaminées par l’UA. Il est probable que ces deux dernières voies ne seront importantes que si l’uranium se présente sous la forme d’un composé soluble, auquel cas l’effet de toxicité chimique l’emportera sur l’effet radiologique. (En effet, l’UA a aussi une toxicité chimique !) On considère généralement que la dose mortelle dans le sang humain est d’environ 70 mg. L’exposition chronique par ingestion répétée aura des effets négligeables si l’absorption quotidienne de composés d’uranium soluble par voie orale se limite à un maximum de 0.3 mg. Comme le métal d’UA est relativement insoluble et que des composés hautement solubles ne se formeront probablement pas dans le cas de tout accident imaginable, l’ingestion ne constitue pas une forme d’exposition vraisemblable dans le contexte du stockage des munitions à l’UA. (Dans ce contexte, sans doute, mais pas dans celui d’une guerre, ni d’une catastrophe accidentelle.)

2.8.4.2 Inhalation

La nature des effets dus à l’inhalation dépend de la forme chimique et physique de l’UA. L’inhalation de formes d’uranium insolubles dans les liquides organiques peut créer un état où l’effet radiologique l’emporte sur l’effet de toxicité chimique. Cet état est dû à l’effet potentiellement nuisible du rayonnement alpha sur les tissus pulmonaires. Pour un matériau très faiblement radioactif comme l’UA, un effet intense est très improbable, même en cas d’inhalation de quantités qui auraient un effet nocif sur la fonction respiratoire, en raison du simple volume de poussière absorbé. L’effet à long terme se traduit par une probabilité extrêmement faible, mais qu’il ne faut pas tout à fait négliger, de cancer latent du poumon, qui pourrait ne se manifester que de dix à trente ans après l’absorption. Si une forme d’uranium hautement soluble était inhalée, elle serait véhiculée par les liquides organiques, pour passer des poumons aux autres organes de corps. Dans ce cas, les organes le plus probablement affectés seraient les reins, qui subiraient avant tout les effets de la toxicité chimique plutôt que les dégâts de l’irradiation. Ces effets se traduiraient par une protéinurie, c’est-à-dire une diminution temporaire des fonctions rénales. Il est probable ( pas probable : certain) qu’en cas d’incendie ou d’explosion impliquant des munitions à l’UA, il se dégage une fumée d’oxyde d’uranium et que celle-ci, lorsqu’elle est inhalée, agisse davantage comme une forme insoluble dans les liquides pulmonaires.

2.8.4.3. Critères d’exposition interne

Quand on établit un projet, la capacité, la conception structurale et l’emplacement des installations de stockage d’UA devraient dépendre de l’importance présumée de la dispersion de la contamination à l’UA en cas d’accident, et ce, en plus des critères normaux (par exemple, distances de sécurité) qui s’appliquent au stockage des explosifs militaires. Ce sont les services nationaux compétents qui déterminent les critères de contrôle de l’exposition interne aux effets radiologiques et aux effets de la toxicité chimique de l’UA. Dans le contexte de la dispersion de l’UA dans l’atmosphère, le critère le plus important est celui qui limite l’absorption par inhalation. Celle-ci devrait être fixée à un niveau tel que les dangers pour la population du contenu d’UA des munitions ne soient pas supérieurs à ceux qui sont liés à leur contenu explosif, et aussi bas qu’il est raisonnablement possible de le fixer.(qu’est-ce qui est « raisonnable » : 7 % de pertes dans la population civile comme dans l’armée ?) En raison de la grande diversité des circonstances possibles des accidents, y compris les conditions météorologiques, qui influencent le taux de dilution lorsque la fumée et la poussière se dispersent dans l’atmosphère, il n’est pas possible de préconiser des formules simples généralisées pour établir un rapport entre les effets de la dispersion et la quantité d’UA impliquée, c’est-à-dire des formules analogues à celles qui permettent de calculer la distance de sécurité pour les explosifs. Il est dès lors nécessaire de prévoir les réactions de tous les types de munitions à l’UA concernés, afin de choisir les conditions appropriées pour les stocker en sécurité.(Tout de même pas en toute sécurité : il faut être « raisonnable » !)

Section V – Isolement des munitions à l’uranium appauvri

2.8.5.1. UA seul

Si l’UA n’est associé à aucun explosif, par exemple s’il consiste uniquement en noyaux perforants sans agents propulseurs, et qu’il est impliqué dans un incendie, le seul risque potentiel sera celui de sa dispersion dans l’atmosphère. Il subsistera une contamination de la surface après l’extinction de l’incendie, mais la zone concernée sera peu étendue. (En revanche, lorsqu’il est associé à un explosif, comme dans les munitions à UA, où l’UA ne constitue que la pointe ou « flèche » perforante, la zone concernée sera immense : planétaire.)

2.8.5.2. UA et agents propulseurs

La présence d’agents propulseurs introduirait un risque potentiel, dû aux agents propulseurs eux-mêmes, mais aggraverait également la dispersion de l’UA en provoquant un incendie plus important. (Par définition, il y a des « agents propulseurs » dans les missiles.)

2.8.5.3. UA et autres munitions

Stocker dans une même pile ou dans un même magasin des munitions à l’UA et d’autres types de munitions, surtout celles qui sont capables de provoquer des explosions en masse, augmenteraient le risque de dispersion de l’UA en cas d’accident, dans un bien plus grande mesure, pour les raisons suivantes. Le taux de conversion de l’UA métallique en oxyde, sous la forme de particules d’un format potentiellement respirable (c’est-à-dire très petites), est bien plus important (de 10 à 1 000 fois) en cas d’explosion qu’en cas d’incendie. En outre, des éclats d’UA en feu peuvent être projetés à des distances considérables, créant des sources secondaires de fumée d’UA et de contamination de la surface. (L’explosion, c’est par définition ce qui a lieu quand on utilise les armes à UA.)

2.8.5.4. Principes d’isolement

De ce qui précède il ressort clairement que le stockage séparé de l’UA et des composants explosifs des munitions, ou du moins le stockage séparé des munitions à l’UA et des autres types des munitions doit être considéré comme présentant des avantages indiscutables au plan de la sécurité et devrait être adopté chaque fois que c’est possible. (Et si ça ne l’est pas, tant pis ! Mais ce qui ne sera jamais possible, c’est d’arrêter la contamination une fois qu’elle s’est produite.)

CONCLUSION d’ACDN et d’AVIGOLFE :

Ce document donne totalement raison aux spécialistes du monde entier qui s’opposent aux armes à UA (le professeur Durakovic, Leuren Moret, le Dr Rosalie Bertell, Maurice-Eugène André, etc.) en raison de leurs effets sanitaires, pathologiques, morbides, et en outre tératogènes (dont il n’a pas été question ici). Il nous donne raison d’exiger l’abandon sans condition par la France des armes à UA et l’interdiction universelle des armes radiologiques. Et d’avoir remis au ministère, le 29 juin 2005, une pétition commune d’ACDN, du réseau « Sortir du nucléaire » et d’AVIGOLFE l’exigeant. Ce sont des instruments de crime contre l’humanité : elles ne respectent aucune « loi de la guerre », elles affectent toutes les catégories d’humains, les civils comme les combattants, les générations actuelles et les générations futures, et toutes les espèces vivantes. Ce sont des instruments de génocide et d’écocide.
Ce rapport donne également raison aux vétérans de la guerre du Golfe ou des Balkans qui s’estiment atteints dans leur santé et dans leur vie par un « cocktail » de facteurs parmi lesquels l’UA tient une place capitale.

VOIR AUSSI : Leuren MORET- Uranium appauvri, cheval de Troie de la guerre nucléaire
http://www.michelcollon.info/articles.php?dateaccess=2005-01-05%2009:50:59&log=invites

AVIGOLFE ACDN
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Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 19 février, 2013 |Pas de commentaires »

DOCUMENT EXCEPTIONNEL:MALADIES NON DIAGNOSTIQUEES ET GUERRE RADIOLOGIQUE ( Asaf DURAKOVIC)

 Maladies non diagnostiquées

et guerre radiologique

DOCUMENT EXCEPTIONNEL:MALADIES NON DIAGNOSTIQUEES ET GUERRE RADIOLOGIQUE ( Asaf DURAKOVIC) dans REFLEXIONS PERSONNELLES falluja_anatomy_texte

(Asaf DURAKOVIC)

L’expérimentation et l’usage de la bombe atomique, puis des munitions et blindages à l’uranium « appauvri », ont irradié les lieux d’expérimentation et les théâtres d’opération. Des maladies nouvelles ont atteint aussi bien les soldats de l’Alliance Atlantique qui maniaient ces armes, que leurs ennemis, ou que les populations civiles. Longtemps après le retour de la paix, les radiations continuent à contaminer ceux qui y sont exposés. Bien que les gouvernements « occidentaux » aient volontairement entravé le plus longtemps possible la recherche médicale en cette matière, une abondante documentation a été amassée au cours des ans. Nous publions une longue synthèse dans laquelle Asaf Durakovic dresse le bilan des connaissances actuelles de cette catastrophe sanitaire. Désormais, la manière dont les pays de l’OTAN font la guerre peut aussi tuer leurs propres ressortissants en temps de paix.

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Enfants victimes de mutations dues à l’utilisation militaire, par les forces de l’OTAN, d’uranium « appauvri »

Une contamination interne par des isotopes d’uranium appauvri (UA) a été constatée parmi les anciens combattants britanniques, canadiens et états-uniens de la guerre du Golfe neuf ans encore après leur exposition à de la poussière radioactive lors de la première guerre du Golfe. Des isotopes d’UA ont été également observés dans des échantillons d’autopsie de poumons, de foie, de reins et d’os prélevés sur des vétérans canadiens. Dans des échantillons de sol prélevés au Kosovo, on a trouvé des centaines de particules de diamètre généralement inférieur à 5 _m pesant des milligrammes. La première guerre du Golfe a laissé dans l’environnement 350 tonnes d’UA et dans l’atmosphère 3 à 6 millions de grammes d’aérosols d’UA. Ses conséquences, le syndrome de la guerre du Golfe, consistent en troubles complexes multiorganiques, progressifs et invalidants : fatigue invalidante, douleurs musculo-squelettiques et articulaires, maux de tête, troubles neuropsychiatriques, changements de l’humeur, confusion mentale, problèmes visuels, troubles de la démarche, pertes de mémoire, lymphadénopathies, déficience respiratoire, impuissance et altérations morphologiques et fonctionnelles du système urinaire.

Ce que l’on sait actuellement sur les causes est totalement insuffisant. Après l’Opération Anaconda menée en Afghanistan (2002), notre équipe a examiné la population dans les régions de Jalalabad, Spin Gar, Tora Bora et Kaboul et a constaté que les civils présentaient des symptômes semblables à ceux du syndrome de la guerre du Golfe. Des échantillons d’urine de 24 heures ont été prélevés sur 8 sujets symptomatiques choisis selon les critères suivants :
1. Les symptômes ont commencé juste après le largage des bombes.
2. Les sujets étaient présents dans la région bombardée.
3. Manifestations cliniques.
Des prélèvements ont été effectués sur un groupe témoin d’habitants asymptomatiques de régions non bombardées. Tous les prélèvements ont été examinés quant à la concentration et au ratio de quatre isotopes U234, U235, U236 et U238. À cet effet, nous avons utilisé un spectromètre de masse multicollecteur à source d’ionisation par plasma à couplage inductif. Les premiers résultats de la province de Jalalabad ont prouvé que l’élimination d’uranium total dans l’urine était significativement plus importante chez toutes les personnes exposées que dans la population non exposée. L’analyse des ratios isotopiques d’uranium a révélé la présence d’uranium non appauvri. L’étude de prélèvements effectués en 2002 a révélé, dans les districts de Tora Bora, Yaka Toot, Lal Mal, Makam Khan Farm, Arda Farm, Bibi Mahre, Poli Cherki et à l’aéroport de Kaboul des concentrations d’uranium 200 fois plus fortes que celles de la population témoin. Les taux d’uranium dans les échantillons de sol des sites bombardés sont deux à trois fois plus élevés que les valeurs limites mondiales de concentration de 2 à 3 mg/kg et les concentrations dans l’eau sont significativement supérieures aux taux maximums tolérables fixés par l’OMS. Ces preuves toujours plus nombreuses font de la question de la prévention et de la réponse à la contamination par l’UA une priorité.

« Rien ne protège de cette force fondamentale de l’univers. »
Albert Einstein

La réalité de la guerre thermonucléaire se résume le mieux par l’affirmation d’Albert Einstein selon laquelle cette énergie suffit pour faire sauter la Terre [1]. Le champ de bataille nucléaire ne se limite plus à un pays ou à un continent, il dépasse de beaucoup les frontières politiques et géographiques et fait de chaque région une grande zone de guerre. Si une guerre nucléaire stratégique impliquant un arsenal de dix mille mégatonnes avait lieu, un milliard de personnes mourraient immédiatement de leurs blessures directes combinées (explosion, chaleur, radiations), un autre milliard succomberaient aux maladies dues au rayonnement [2] et les survivants devraient vivre dans un environnement exposé à des retombées radioactives qui exerceraient des effets somatiques et génétiques aux conséquences probablement irréversibles pour la biosphère.

La course aux armements nucléaires

Le premier essai de bombe atomique, baptisé Trinity, a eu lieu le 16 juillet 1945 à Alamogordo, aux environs de Los Alamos, au Nouveau- Mexique (États-Unis). En un millionième de seconde, la chaleur de la première bombe atomique a atteint plusieurs millions de degrés centigrades, cette bombe dégageant plus de 400 isotopes radioactifs et une grande énergie de liaison dont la pression était de plusieurs milliers de tonnes par centimètre carré. Pendant une fraction de seconde, le noyau de la bombe a été onze fois plus chaud que la surface du soleil. La taille de la boule de feu a atteint des centaines de mètres, car le noyau de la bombe s’est mélangé avec des atomes d’oxygène et d’azote, dévoilant le noyau intérieur brillant de l’explosion. En une seconde, la terre vaporisée s’est transformée en un champignon atomique d’une hauteur de 3000 m. A 150 milles de là, dans l’Arizona, les voyageurs de l’Union Pacific Railway ont pu voir la boule de feu. Les témoins ont donné différentes interprétations de ce phénomène, d’aucuns décrivant ses effets comme ceux de la chute d’un bombardier, d’autres comme un incendie de l’atmosphère ou l’arrivée d’une météorite. Des témoins habitant Gallup, ville située à 235 milles au nord du lieu de l’explosion, ont pensé assister à l’explosion d’un dépôt de munitions de l’armée [3]. 20 jours après l’essai Trinity, le 6 août 1945 à 8 h 15, une bombe atomique a été larguée sur Hiroshima. Elle a explosé à environ 633 mètres au-dessus de la ville, a voilé le soleil, tué 130 000 personnes, causé 80 000 invalides et rendu malades 90 000 personnes en raison des retombées radioactives ultérieures. En quelques heures, une pluie noire est tombée, des cendres blanches ont recouvert l’épicentre et causé des brûlures dermiques. La plupart des victimes primaires sont mortes des effets combinés de la chaleur, de la pression et d’une maladie aiguë des rayons. Hiroshima a été pratiquement rayé de la carte [4].

Deux jours plus tard, le 8 août 1945 à 11 h 01, une bombe au plutonium baptisée Fat Man a été larguée sur Nagasaki. Comme à Hiroshima, le soleil a disparu lorsque le champignon atomique s’est élevé. La population de la ville rayée de la carte est morte des mêmes blessures combinées qu’à Hiroshima. Il en est résulté la fin de la Seconde Guerre Mondiale et des gains territoriaux pour l’Union Soviétique. Quand une équipe de recherches sur les armements de Khrouchtchev a commencé, à l’automne 1948, à développer une bombe russe, ce fut le début de la course aux essais nucléaires. Les essais se sont poursuivis parallèlement aux États-Unis et en Union soviétique. Après la mort de Staline en 1953, l’Union Soviétique a fait exploser, le 12 août, la première bombe mobile à hydrogène. Il s’agissait de sa deuxième bombe thermonucléaire. Réalisant que les Soviétiques étaient en train de gagner la course aux armements nucléaires, les États-Unis ont commencé à accélérer leurs programmes d’essais.

En 1955, il est devenu évident que les essais endommageaient irrémédiablement la biosphere [5]. Plus de 400 isotopes radioactifs libérés par chaque essai ont été identifi és comme cause de pollution. 40 de ces isotopes mettent en danger la santé humaine. Toute kilotonne libérée génère quelques grammes de radioisotopes aux propriétés toxiques pour l’organisme. En raison de sa longue demi-vie, de sa désintégration bêta et de ses propriétés spécifiques de l’os, le strontium-90 constitue le risque principal. De surcroît, les essais d’armes nucléaires ont provoqué des accidents. En 1958, un B-57 des Forces de l’air états-uniennes a largué la première bombe atomique dans les environs de Florence, en Caroline du Sud. La bombe, non armée, n’a pas explosé mais a parsemé le pays de matériaux radioactifs. La même année, un B-52 a largué une bombe atomique de deux mégatonnes dans les environs de Goldsboro, en Caroline du Nord. L’aviation états-unienne a enregistré par la suite d’autres accidents, notamment à Toula, au Groenland, et à Palomares, en Espagne. À Palomares, deux bombes au plutonium ont contaminé une grande partie du territoire et de la côte atlantique.

En 1958, après la catastrophe de Tchelyabinsk-40, l’Union Soviétique a suspendu ses essais nucléaires. Toutefois, elle a bientôt repris ses essais de bombes de plusieurs mégatonnes dans la région arctique de Novaya Zemlya et a largué, le 9 septembre 1961, une bombe d’une puissance explosive de 50 mégatonnes. Entre-temps, aux États- Unis, les indices d’une contamination de l’environnement s’accumulaient, tout comme ceux d’une augmentation de l’incidence des cancers, des leucémies et d’autres troubles parmi ceux qui avaient travaillé dans le nucléaire. Conjointement aux problèmes posés par la sécurité radiologique, ces faits ont incité à démanteler l’énorme appareil bureaucratique incompétent que constituait l’Atomic Energy Commission. Elle a été remplacée, en 1974, par l’Energy and Research Administration and Nuclear Regulatory Agency (NRC).

En 1955, Bertrand Russell, Albert Einstein et neuf autres scientifiques réputés ont fondé le Mouvement Pugwash, qui s’est occupé de la prolifération et de la guerre atomiques. En organisant depuis 1957 des rencontres annuelles, Pugwash a commencé ses travaux qui ont abouti à un traité d’interdiction des essais d’armes atomiques et la production de nouveaux arsenaux et systèmes de transport [6]. En 1969, Pugwash a contribué à la mise en place des Négociations sur la limitation des armes stratégiques (SALT). Cette initiative a été soutenue par la campagne que Linus Pauling a menée contre les armes atomiques et la pollution de l’environnement. Après la crise de Cuba, la menace d’un conflit nucléaire a incité Kennedy et Khrouchtchev à signer, en 1963, un traité d’interdiction des essais nucléaires. Néanmoins, les essais nucléaires souterrains se sont poursuivis, ce qui a fait échouer le Traité d’interdiction complète des essais nucléaires. L’assassinat de Kennedy, la chute de Khrouchtchev et la guerre du Vietnam ont mis fin à la détente nucléaire.

La possibilité, réaliste, que l’Union Soviétique dépasse les États-Unis dans ses essais et le développement d’armes nucléaires a conduit finalement, en 1972, au Traité SALT I qui interdisait partiellement le déploiement de systèmes de défense antimissile. L’Union Soviétique avait déjà un tel système autour de Moscou et les États-Unis en avaient un dans le Dakota du Nord. Huit ans plus tard, le gouvernement Reagan a entamé les négociations SALT II, qui ont entraîné une réduction des armes (START), mais non une limitation. Le président du Comité Exécutif de la Conférence Pugwash, Bernard Field, a qualifié cette situation de « repetitious stupidity of this futile charade. » [7] Paul Warnke, principal négociateur du Traité SALT II, a déclaré : « La triste histoire du contrôle des armements peut devenir le dernier chapitre de l’histoire de l’humanité. » [8] Depuis que le Traité d’interdiction partielle des essais nucléaires a été signé, en 1963, quelque 50 essais ont été effectués chaque année, soit 55 % par les États- Unis, 30 % par la Russie et le solde de 15 % par la France, l’Angleterre, la Chine, l’Inde et le Pakistan. Comme la technologie des communications par satellite se développe très rapidement, la prolifération d’armes nucléaires implique que plus de 90 % de la surface terrestre constituent un objectif potentiel. La sécurité des nations n’est plus garantie par le nombre d’armes nucléaires. Même après l’effondrement de l’Union Soviétique, les armes nucléaires demeurent un problème de sécurité essentiel, abstraction faite d’initiatives de collaboration entre Washington et Moscou. Les scénarios politiques internationaux comprennent de nouveaux risques de conflits nucléaires. Parmi ces risques figurent le retrait à court terme des États-Unis du Traité sur les systèmes de défense antimissile, la nouvelle doctrine de la « première frappe » et l’apparition récente de nouveaux pays en possession d’armes nucléaires [9]. La menace nucléaire subsiste en raison de la prolifération nucléaire, avec sa liste toujours plus longue de scénarios d’usage de la force, d’activités terroristes, de catastrophes nucléaires et écologiques et de doctrine de la « destruction mutuelle assurée ».

Terrorisme nucléaire et radiologique

Après le 11 septembre 2001, la possibilité d’attaques terroristes nucléaires et radiologiques a suscité davantage d’attention. Avant la catastrophe de New York, de telles possibilités étaient plutôt négligées. Ou la formation en matière de soins à apporter aux victimes des catastrophes nucléaires et radiologiques n’existait pas, ou elle n’était effectuée que très sporadiquement, même dans les institutions gouvernementales chargées de préserver les capacités de réaction. L’amélioration de la préparation des pays à faire face aux effets aigus et chroniques des radiations, la contamination de l’environnement, l’impact psychologique et social et les conséquences financières d’une attaque terroriste nucléaire apparaissent de nouveau comme une priorité des nations industrialisées [10]. Certains préconisent la doctrine de Clausewitz selon laquelle il convient de charger les forces armées de prévenir les attaques d’ennemis extérieurs ou de les repousser et d’attaquer d’autres pays si l’on estime que c’est dans l’intérêt international [11]. Les dommages chroniques causés par les radiations ont été réévalués à la lumière des conséquences possibles du terrorisme nucléaire pour des masses de victimes. La préparation à des accidents et à des attaques nucléaires et radiologiques doit aussi envisager les conséquences psychologiques en raison du fait bien établi que, dans un scénario de terrorisme nucléaire, il y aurait, pour chaque victime directe, 500 personnes sujettes à des troubles psychologiques et psychosomatiques qu’il serait difficile de distinguer des victimes véritablement contaminées [12]. Bien que des interventions médicamenteuses aient été examinées à titre de protection contre les radiations, les professionnels de santé devraient être conscients des lamentables échecs antérieurs dans le domaine des moyens de protection contre les radiations. On étudie actuellement le fait que les cellules vasculaires et parenchymales se régénèrent au lieu de mourir sous l’effet du rayonnement, cela en vue de développer des mécanismes visant à modifier la réponse de l’organisme, parallèlement à d’autres stratégies thérapeutiques telles que les corticostéroïdes, les inhibiteurs de l’enzyme de conversion, la pentoxyfilline et la dismutase superoxyde [13]. Dans la gestion des dommages nucléaires et pathologiques, on est passé de conséquences ingérables d’un conflit nucléaire stratégique à des moyens de faire face à un grand nombre de victimes. Cette réponse doit se dégager d’efforts interdisciplinaires. Il faut immédiatement fournir de gros efforts pour développer des concepts de gestion clinique des victimes des radiations [14]. Simultanément, la recherche doit continuer à s’efforcer de comprendre et de gérer la contamination par les radionucléides, les effets radiotoxiques, la destruction des liaisons chimiques, les radicaux libres, les dommages à l’ADN cellulaire et aux enzymes [15]. Les efforts multidisciplinaires doivent comprendre la planification, le tri des blessés, la décontamination, la décorporation, la thérapie de chélation et la gestion traditionnelle des symptômes des patients.

En raison des contraintes financières et du manque presque total de formation, de connaissances techniques, une éventuelle attaque terroriste constitue un sérieux défi [16]. On n’a pas encore tiré de manière adéquate les leçons de la première guerre du Golfe et du conflit des Balkans pour être préparé à s’occuper des victimes des radiations [17]. Une attaque terroriste subite nécessite une réponse efficace du système sanitaire. Or la plupart des pays qui pourraient être la cible d’une attaque terroriste ne disposent guère de la logistique nécessaire, surtout dans les grandes villes où l’affectation des moyens financiers nécessiterait une restructuration des priorités afin de répondre aux conséquences pour la société. Dans un scénario de terrorisme nucléaire, il est particulièrement important d’être conscient que des terroristes pourraient recourir à des actinides, en mettant l’accent sur le plutonium, agent de contamination de masse.

Le plutonium est considéré comme la substance la plus dangereuse qui soit pour les êtres humains [18]. Si on le disperse sous forme de poussière radioactive ou s’il parvient dans les réseaux d’eau potable, seuls quelques grammes suffisent à contaminer une grande ville. Le plutonium a été vendu illégalement sur des marchés clandestins, en particulier dans l’ancienne Union Soviétique. Grâce à un trafic illégal, il a fait son chemin dans diverses parties du monde. La dispersion de plutonium est considérée comme le pire scénario terroriste [19]. Si le cas se présente, les professionnels de santé devraient mettre l’accent sur la prévention plutôt que sur la gestion thérapeutique de masses de victimes du terrorisme nucléaire. Récemment, des médecins du monde entier ont adhéré à un groupement de plus de 1 000 organisations pour coopérer, soutenir l’élimination des armes nucléaires et réduire les risques des conséquences effroyables du terrorisme nucléaire et radiologique [20].

Guerre radiologique

C’est en mai 1991, dans le golfe Persique, que des armes radiologiques ont été employées pour la première fois. Elles ont inauguré un nouveau scénario de guerre CBRN (chimique, biologique, radiologique et nucléaire). Le recours à des armes qui frappent aussi bien les soldats que les civils n’est pas nouveau. À la fin de la Seconde Guerre Mondiale, les États-Unis craignaient sérieusement que les Japonais ne larguent sur le territoire états-unien des milliers de ballons remplis d’uranium et ne contaminent ses mégapoles [21]. Lors de la première guerre du Golfe, les munitions à l’uranium « appauvri » ont répandu dans l’atmosphère des millions de grammes de poussières radioactives [22]. Leurs conséquences pour la santé et l’environnement restent controversées et le débat dépasse de loin le cadre de la communauté scientifique. Toutefois, de nombreuses études récentes ont confirmé deux siècles de preuves scientifiques de la toxicité somatique et génétique de l’uranium [23] [24] [25].

Le coût de la décontamination des sites touchés par des armes à l’uranium utilisées par des armées ou des terroristes reste un grave sujet d’inquiétude. L’expérience suédo-canadienne de décontamination radiologique effectuée récemment à Urnea, en Suède, a montré que deux méthodes courantes de décontamination de blindés légers extérieurement contaminés par le Na étaient inefficaces : la vapeur d’eau à haute pression et le jet d’eau à haute pression [26]. Cela montre clairement la nécessité d’une meilleure capacité des structures sanitaires publiques à réagir en cas de guerre radiologique ou d’attaque terroriste [27]. Le manque actuel de stratégie d’ensemble pour faire face à une menace d’utilisation terroriste d’engins de dispersion de matières radioactives (RDD) (ou « bombes sales ») souligne la nécessité d’une meilleure coordination de la capacité de réaction aux dangers chimiques, biologiques, radiologiques et nucléaires, au croisement actuel des armes classiques et des armes inédites [28].

Dans le scénario bien particulier d’une attaque radiologique, le cadre de la gestion de la guerre et du terrorisme radiologiques s’étend non seulement au-delà du domaine de la santé publique mais également de celui de la réserve des forces amies [29] [30]. La défense médicale contre la guerre radiologique reste un des aspects les plus négligés de l’enseignement médical actuel [31]. Le terrorisme radiologique et nucléaire constitue la plus grande menace de la société moderne, car la prolifération nucléaire a permis aux organisations subversives de se procurer facilement du matériel nucléaire [32].

En 2000 seulement, les États-Unis ont dépensé 10 milliards de dollars pour la lutte contre l’utilisation terroriste d’armes de destruction massive, et les dépenses ont augmenté considérablement après le 11 septembre 2001. Des études actuelles révèlent la vulnérabilité des sociétés occidentales au terrorisme nucléaire et mettent l’accent sur le fait que les organisations terroristes possédant des armes de destruction massive peuvent provoquer plus de destructions avec les engins nucléaires et radiologiques qu’avec tout autre type d’armes. La capacité des États-Unis à faire face à une attaque radiologique ou nucléaire est censée dépendre de quatre domaines d’action : l’amélioration du renseignement sur les organisations terroristes, l’amélioration de la sécurité des installations nucléaires dans l’ex- Union Soviétique, la neutralisation des effets nucléaires et radiologiques et l’amélioration des capacités de réaction aux organisations clandestines déjà en possession d’armes nucléaires et radiologiques [33].

Le risque d’une attaque nucléaire et radiologique contre les États-Unis est accru par la technologie, l’accès aux matières nucléaires et radiologiques, l’instabilité économique de la Russie et le mécontentement suscité dans de nombreux pays par la politique étrangère états-unienne. Des mesures de sécurité inadéquates dans l’ancienne Union Soviétique, combinées à une détermination accrue des terroristes et au caractère de plus en plus meurtrier de leurs attaques augmentent considérablement la probabilité de l’utilisation de RDD dans un proche avenir [34]. La question des effets sur l’environnement et la santé doit amener à aborder la question de la décontamination et de l’affectation de budgets visant à sauver des vies, à réduire les risques sanitaires et à préserver la culture, la biodiversité et l’intégrité des sites contaminés [35]. Les efforts dans ces domaines ont laissé à désirer dans le passé. On a notamment négligé d’indemniser de manière équitable les victimes des retombées radioactives dans l’Utah et le Nevada. Un dépistage et une indemnisation insuffisantes des victimes de cancers provoqués par l’exposition aux radiations et la controverse persistante sur l’interprétation par le gouvernement des radiations de faible niveau ont provoqué le mécontentement des populations contaminées lors des essais nucléaires [36].

Un récent rapport britannique est également suspect quant à son analyse de la mortalité et de l’incidence des cancers chez ceux qui ont participé aux essais atmosphériques d’armes nucléaires et aux programmes expérimentaux. Il contient une conclusion provocatrice : la mortalité générale chez les survivants aux essais nucléaires britanniques serait inférieure à celle de la population générale [37] .

De la comparution de Galilée devant l’Inquisition aux recherches sur l’uranium

Actuellement, la liberté de la science indépendante n’est guère différente de ce qu’elle était dans le passé. Ce que vivent les scientifiques aujourd’hui fait penser au procès de Galilée instruit par l’Inquisition en 1610. La controverse concernant les résultats des études du Dr Ernest Sternglass relatives aux taux de mortalité infantile et juvénile dans l’État de New York influencés par les essais nucléaires et les retombées radioactives a brisé sa carrière universitaire et scientifique. Lorsque son article classique [38] sur la mort d’enfants due aux conséquences des radiations paru en 1969 dans le Bulletin of Atomic Scientists, le rédacteur en chef de la revue lui confia que Washington avait exercé des pressions pour qu’il ne le publie pas. L’éminent physicien Freeman Dyson écrivit dans une lettre de lecteur adressée à la même revue : « Si les chiffres avancés par Sternglass sont justes, et je crois qu’ils le sont, il y a là un bon argument contre la défense antimissile. » Sternglass considérait que la mort des enfants était due au strontium des retombées radioactives. Lorsque son estimation de près de 400 000 morts fut soumise au Dr John Gofman, directeur médical du Lawrence Livermore National Laboratory, celui-ci réévalua son rapport. Ayant corrigé certains chiffres, il conclut que même en utilisant un modèle stochastique, les directives concernant le risque par unité de radiation étaient 20 fois trop élevées pour être fiables. Il concluait également que le risque était plus important en cas de doses de radiations faibles qu’en cas de doses élevées. Il ajoutait que les décès par cancer dus aux essais nucléaires et aux retombées radioactives dépassaient 30 000 par année. Son rapport fut remis au Committee on Underground Nuclear Testing présidé par le sénateur E. Muskie. Celui ci le transmit au président du Joint Committee on Atomic Energy, le sénateur C. Holifield. Ce dernier fit venir Gofman à Washington et le menaça ouvertement : « Nous les avons eus et nous vous aurons. » En 1973, victime de son intégrité, Gofman perdit son emploi dans son laboratoire. L’Atomic Energy Commission fut dissoute en 1974 [39].

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Soldat états-unien manipulant des obus de tank pourvus de pointes à l’uranium appauvri

Réexamen de la toxicité de l’uranium

Le risque fatal que présentent les isotopes d’uranium pour l’environnement et la santé humaine a été précisé au cours de deux siècles de recherches. Toutefois, les spécialistes de la santé sont mal formés en matière de radiotoxicité de base et de toxicologie chimique des isotopes d’uranium [40]. Les analyses récentes des effets potentiels des RDD sur la santé sont fondées essentiellement sur les données concernant les survivants japonais aux bombes atomiques, les essais nucléaires et les recherches de laboratoire. La littérature spécialisée, en particulier celle concernant les recherches de ces cinq dernières années, abonde en comptes rendus de travaux interdisciplinaires sur les effets des actinides et des isotopes d’uranium. La confirmation des cas de cancer de la thyroïde [41], de carcinome hépatocellulaire [42], de leucémie [43] et des risques que représente l’exposition aiguë ou chronique à l’uranium [44] a mis en lumière l’importance des conséquences somatiques et génétiques de la contamination par les isotopes d’uranium. Leur corrélation avec les essais atmosphériques d’armes nucléaires a été confirmée une nouvelle fois dans des rapports récents sur les taux d’actinides chez les mammifères marins du Pacifique nord, qui sont nettement associés à des années d’essais nucléaires et de retombées radioactives [45]. Le réexamen des études sur les survivants d’Hiroshima et de Nagasaki montre non seulement l’impact physique, mais aussi l’effet psychologique qu’exercent les armes atomiques sur les personnes présentes dans ces villes au moment de l’explosion : troubles psychiatriques, anxiété, somatisation de symptômes [46]. Ce réexamen indique clairement qu’il existe des effets psychologiques à long terme qu’il faut prendre en considération lors de la préparation à de futurs conflits.

Un autre rapport récent à propos des survivants de Nagasaki indique que les effets des radiations sur les survivants devront représenter un aspect essentiel de la gestion des soins médicaux lors de futurs conflits [47]. Les données actuelles sur les essais nucléaires montrent que la mortalité infantile, les naissances prématurées et les morts foetales sont associées, aux États-Unis, à l’exposition aux radiations [48]. Les conséquences pour la santé et l’environnement de la contamination radioactive ont été réévaluées sur de nombreux sites d’essais dans le monde entier. Ces études font état d’effets négatifs de la contamination radioactive sur les sites d’essais nucléaires, notamment ceux de Krasnoyarsk, en Sibérie [49], du Kazakhstan [50], des monts Altaï [51], de Semipalatinsk, au Kasakhstan [52], de la Techa, dans l’Oural [53], parmi le personnel du complexe nucléaire de Mayak [54], en République de Sakha (Yakutia) [55], sur l’île d’Amchitka, en Alaska [56], en Finlande et en Norvège [57]. Ces informations permettent d’évaluer convenablement les risques quand il s’agit de se préparer à réagir à une crise sanitaire extrême provoquée par l’usage d’armes nucléaires et radiologiques en cas de guerre ou d’attaque terroriste [58]. La connaissance actuelle de la dispersion de radionucléides [59] libérés dans la biosphère, dans le monde entier, dépasse de beaucoup le cadre de la recherche expérimentale et des soins à apporter aux victimes des radiations. Elle a des implications sur l’avenir de la planète [60

Recherches actuelles sur les conséquences sanitaires des armes à l’uranium

La plus importante contamination aux radionucléides a eu lieu en 1991 lors de la première Guerre du Golfe. L’uranium « appauvri » (UA) utilisé dans des armes antichars a contaminé le territoire de l’Irak en exposant chroniquement la population et les soldats à la poussière, aux vapeurs et aux aérosols d’UA. Un petit nombre de soldats des Forces de la coalition ont été blessés par des éclats d’obus à l’UA.

L’alliage des armes à l’UA contient 99,8 % d’U238 émettant 60 % des radiations alpha, bêta et gamma de l’uranium naturel. L’UA est un métal lourd, 1,6 fois plus dense que le plomb. Il est organotrope, c’est-à-dire qu’il se fixe sur les organes cibles, tels que les tissus squelettiques où il demeure longtemps. Se dissolvant peu à peu, les isotopes d’uranium sont éliminés. On en a détecté dans l’urine d’anciens combattants de la guerre du Golfe 10 ans après qu’ils aient été absorbés par inhalation ou blessures résultant d’éclats d’obus. Des études sur leur répartition dans les tissus font état d’accumulation d’UA dans les os, les reins, le système reproducteur, le cerveau, les poumons, ce qui entraîne des effets génotoxiques, mutagènes et cancérogènes, ainsi que des altérations reproductrices et tératogènes [61].

On a détecté une contamination interne par les isotopes d’UA chez des anciens combattants britanniques, canadiens et américains de la première Guerre du Golfe encore 9 ans après leur exposition à la poussière radioactive. On a également identifié des isotopes d’UA dans les poumons, le foie, les reins et les os d’un ancien combattant canadien au cours de son autopsie. Ces organes contenaient de fortes concentrations d’uranium, les ratios isotopiques révélant la présence d’UA. Des études effectuées en 1991, année de la première Guerre du Golfe, à partir de comptages corps entier suggèrent la présence d’uranium dans l’organisme et l’urine d’anciens combattants contaminés [62]. Des contraintes logistiques et la controverse sur l’UA ont retardé les études approfondies jusqu’en 1998, date où les vétérans de la première Guerre du Golfe furent soumis à un dépistage par activation neutronique. Bien que cette méthode soit vouée à la détection de petites quantités d’uranium, son usage précoce a permis de constater une contamination importante. Ces études ont été présentées au Congrès International de la Radiation Research Society qui a eu lieu à Dublin en 1998.

Les recherches expérimentales se sont poursuivies grâce au recours à la méthode la plus moderne, la spectrographie de masse, à la Memorial University of Newfoundland (St John’s, Terre-Neuve, Canada) et plus tard au British Geological Survey (Nottingham, Angleterre). Les deux séries d’études ont confirmé des concentrations et des ratios isotopiques d’UA plus élevés dans 67 % des échantillons. La première présentation, basée sur les données de la spectrométrie de masse, fut faite au Congrès Européen de Médecine Nucléaire qui a eu lieu à Paris en 2000. Les recherches ont continuellement progressé, depuis la détection et la mesure de l’UA dans les organismes des anciens combattants jusqu’à l’évaluation actuelle des effets cliniques de la contamination par l’uranium chez des vétérans de la première Guerre du Golfe, des civils irakiens, des soldats et des civils des Balkans, des civils afghans et, plus récemment, de la bande de Gaza et de Cisjordanie.

L’UA, déchet faiblement radioactif de l’enrichissement isotopique de l’uranium naturel, a été identifié comme un contaminant incontestable présent dans les zones de conflit militaire mentionnées. Son rôle étiologique dans la genèse du syndrome de la Guerre du Golfe a fait l’objet de controverses continues depuis cette guerre. Les preuves bien documentées de la toxicité aussi bien chimique que radiologique des isotopes d’uranium ont fait l’objet récemment d’un grand nombre de recherches et de rapports scientifiques sur leurs effets organotoxiques, mutagènes, tératogènes et cancérogènes [63]. Des études récentes de biodistribution chez des animaux de laboratoire dans le corps desquels on avait implanté des boulettes d’UA ont confirmé les résultats d’études de biodistribution antérieures selon lesquelles les reins et les os sont des cibles visées par les isotopes d’uranium, de même que d’autres sites des systèmes lymphatique, respiratoire, reproducteur et nerveux central [64].

Depuis presque deux siècles, on connaît les effets toxiques de l’uranium en matière de chimiotoxicité rénale qui ont été confirmés par des études récentes sur des cellules rénales in vitro. Les études concernant les effets de l’UA sur le système nerveux central ont confirmé sa rétention dans des zones de l’hippocampe. De plus, on a observé des modifications électro-physiologiques du système nerveux de rats dans lesquels ont avait implanté des boulettes d’UA [65]. Des effets mutagènes potentiels de la contamination interne par l’UA ont récemment été suggérés par la corrélation temporaire entre l’uranium implanté et l’expression oncogène des tissues [66], ainsi que par une instabilité génomique [67]. La transformation néoplastique des ostéoblastes humains dans une culture cellulaire contenant de l’UA confirme le risque de cancer provoqué par l’UA [68]. Cela correspond à ce que l’on sait des risques cancérogènes que fait courir l’UA aux cellules endobronchiales, de même qu’aux évaluations quantitatives récentes – déterminées par la charge pulmonaire lors de l’inhalation des aerosols [69] – des risques cancérogènes subis par les poumons des anciens combattants de la première Guerre du Golfe. Le risque était évalué en appliquant la méthode de Battelle de simulation de liquide pulmonaire interstitiel et l’analyse de l’échantillon d’urine de 24 heures d’un vétéran contenant 0,150 mg d’UA 9 ans après l’exposition par inhalation [70]. Il s’est avéré que la charge pulmonaire correspondait à 1,54 mg d’UA au moment de l’exposition, avec une dose de radiations alpha de 4,4 millisieverts (mSv) pendant la première année et de 22,2 mSv 10 ans après l’exposition. Ces valeurs dépassent les doses d’inhalation maximales tolérables d’UA et justifient de nouvelles recherches sur la possibilité de modifications malignes des poumons.

Ces données humaines sont très importantes lorsqu’on les envisage à la lumière des preuves récentes des effets mutagènes des particules alpha sur les cellules souches et les instabilités chromosomiques des cellules de la moelle osseuse humaine dues aux radiations alpha [71] [72]. L’instabilité chromosomique due aux particules alpha explique clairement les effets mutagènes observés chez les vétérans britanniques de la Guerre du Golfe positifs à l’UA, comme l’a montré récemment l’étude des lymphocytes périphériques présentée à l’Université de Brême [73]. Ce résultat correspond à celui d’études antérieures sur les instabilités chromosomiques provoquées par une faible dose de particules alpha comparées aux effets identiques de l’irradiation aux photons [74]. Les études sur les effets des particules alpha et les progrès récents de l’irradiation par microfaisceau des cellules de mammifères permettent d’évaluer précisément le parcours d’une particule unique à travers le noyau cellulaire et de mesurer son effet cancérogène [75].

Bien que les mécanismes de la mutagénité et des effets cancérogènes des particules alpha inhalées restent obscurs, on a observé que de faibles doses de particules alpha peuvent provoquer des modifications des chromatides soeurs dans des cellules humaines normales [76]. Les implications pratiques de ces études sont importantes, compte tenu du fait que plus de 10 % de tous les décès par cancer aux États-Unis sont dus à un dépôt pulmonaire de particules alpha [77]. Elles sont également importantes en raison de l’instabilité génomique des cellules bronchiques humaines provoquée par les particules alpha, qui est bien documentée [78]. Les cellules pulmonaires humaines se sont révélées plus sensibles aux effets nocifs des particules alpha que celles de la plupart des animaux de laboratoire. L’évaluation quantitative du risque radiologique consécutif à l’inhalation d’aérosols d’uranium doit prendre en compte à la fois les mécanismes de dépôt de particules et leur élimination par translocation dans les ganglions lymphatiques pulmonaires et trachéobronchiques au travers de la barrière alvéolo-capillaire ou par expectoration et translocation dans le système rhinopharyngé ou gastro-intestinal. Le modèle d’élimination des particules (ICRP-66) permet l’évaluation la plus moderne du dépôt de particules d’uranium et de leur élimination ainsi que l’évaluation des aérosols d’uranium inhalé et leur dosimétrie interne. L’étude situe l’incertitude maximum à une taille de particule de 0,5-0,6 _m [79].

Les poumons demeurent la principale porte d’entrée des isotopes d’uranium dans l’organisme, les tissus squelettiques étant la cible finale. Des études très récentes sur l’exposition chronique au minerai d’uranium naturel apportent des arguments probants en faveur des risques de tumeurs pulmonaires bénignes aussi bien que malignes [80]. Des études actuelles indiquent également que l’UA peut causer des dommages oxydatifs à l’ADN en catalysant le peroxyde d’hydrogène et en entraînant des réactions d’acide ascorbique [81]. La mort cellulaire provoquée par les radiations, les altérations chromosomiques, les transformations cellulaires, les mutations et la carcinogenèse sont essentiellement la conséquence des radiations déposées dans le noyau cellulaire. Les radiations de faible niveau pourraient provoquer une instabilité génomique sans effets de débit de dose évidents, rendant impossible une extrapolation aux effets de doses élevées et accentuant l’importance des effets de proximité dans les radiations de particules alpha de faible niveau [82] [83]. Des échanges de segments de chromosomes homologues à doses variables peuvent provoquer des modifications du noyau qui se traduisent par des mutations géniques en interagissant avec le cytoplasme cellulaire. Ces effets nocifs vont à l’encontre de l’idée selon laquelle de faibles doses ne peuvent pas provoquer d’altérations géniques.

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Tous les calibres de munitions à l’uranium appauvri sont disponibles et couramment utilisés par les forces de l’OTAN sur les théâtres d’opération

Syndromes des guerres du Golfe et des Balkans

Au cours de la première guerre du Golfe, au moins 350 tonnes métriques d’UA se sont déposées dans l’environnement et entre 3 et 6 millions de grammes d’aérosols d’UA ont été libérés dans l’atmosphère. Le résultat, le Syndrome de la Guerre du Golfe, est un trouble multiorganique invalidant complexe. À l’origine, on l’a cru provoqué par l’inhalation de sable du désert (maladie d’Al-Eskan). Depuis, il a fait l’objet de différentes descriptions et dénominations, dont le nombre semble inversement proportionnel aux connaissances réelles que nous avons de la maladie.

Les symptômes de cette maladie progressive sont aussi nombreux que leurs noms. Il s’agit notamment de fatigue invalidante, de douleurs musculo-squelettiques et articulaires, de maux de tête, de troubles neuropsychiatriques, des sautes d’humeur, de confusion mentale, de troubles visuels, de troubles de la démarche, de pertes de mémoire, de lymphadénopathies, de déficience respiratoire, d’impuissance, d’altérations morphologiques et fonctionnelles du système urinaire. Ce syndrome a été tout d’abord sous-estimé, puis reconnu en tant que syndrome progressif. Parfois traité de maladie imaginaire, il a été successivement qualifié de variante chronique du syndrome de fatigue chronique, de stress post-traumatique, pour être finalement reconnu comme entité distincte par certains pays, mais non par d’autres.

On a découragé les recherches objectives en matière d’étiologie et de pathogénie du Syndrome de la Guerre du Golfe en retardant les études cliniques, en les orientant mal, voire en s’y opposant, ce qui a eu de nombreux effets néfastes sur des carrières scientifiques, parce qu’elles ne correspondaient pas aux intérêts industriels ou politiques. Notre compréhension actuelle de son étiologie est loin d’être satisfaisante. Certains auteurs supposent que les causes comprennent les marées noires et les incendies de puits de pétrole, d’autres mettent en cause les vaccins préventifs et d’autres encore songent à des agents biologiques ou chimiques, de même qu’à des modifications multifactorielles et non spécifiques du système immunitaire et à l’exposition aux aérosols d’UA [84]. Le manque de coordination des efforts de recherches interdisciplinaires font que ce syndrome complexe, appelé provisoirement « Syndrome de la Guerre du Golfe » et « Syndrome des Balkans » entre dans sa seconde décennie de confusion. La question des critères permettant de le classer n’est toujours pas résolue [85]. Le meilleur exemple de la diversité de ses classifications est la diversité de ses noms. L’analyse factorielle de Haley aboutit à 6 catégories dominantes comprenant 3 syndromes importants et pas moins de 17 syndromes mineurs [86]. D’autres essais de classification comprennent des dénominations telles que, parmi beaucoup d’autres, syndrome neuro-immunitaire, syndrome mucocutané-intestinal-rhumatismal du désert, syndrome de stress post-traumatique, etc. [87]. Bien que quelques-unes des causes supposées, comme les marées noires, les incendies de puits de pétrole et les poussières de sable pourraient très bien s’appliquer à la première Guerre du Golfe, elles ne peuvent guère être considérées comme des facteurs étiologiques dans le conflit des Balkans. Cependant des armes antichars ont été utilisées dans les deux conflits. Les preuves de plus en plus nombreuses, dans la littérature récente, d’une contamination interne des vétérans de la première Guerre du Golfe par l’UA dans les deux cas vont à l’encontre des tentatives continuelles de minimiser leur existence. L’élimination d’isotopes d’UA chez les soldats contaminés et malades se poursuit au-delà de 10 ans après l’exposition lors de la première Guerre du Golfe et de 7 ans après le conflit des Balkans. La plupart des autres facteurs suggérés devraient être réexaminés dans le cadre d’une estimation de la demi-vie biologique de l’UA et des possibles impacts sanitaires progressifs sur l’organisme [88]. Ces facteurs comprennent notamment des agents chimiques de faible intensité, les incendies de puits de pétrole, l’immunisation, le botulisme, les aflatoxines, les mycoplasmes. La longue demi-vie physique et biologique, la désintégration des particules alpha et la preuve bien établie de la toxicité radiologique somatique et génétique laissent supposer que l’UA joue un rôle important dans la genèse des Syndromes de la Guerre du Golfe et des Balkans.

On déplore l’absence flagrante de recherches sérieuses et exhaustives sur la corrélation entre ces syndromes et la contamination par l’UA. La plupart des études suggérant l’absence d’effets somatiques de l’UA dans les zones de conflit de Bosnie-Herzégovine [89] ne font pas état des taux réels d’isotopes d’uranium dans des échantillons environnementaux ou humains. Ainsi, leurs conclusions ne peuvent pas être évaluées de manière objective en l’absence de quantification de la concentration et du ratio d’isotopes d’uranium. De même, il n’existe pas d’explication crédible de la forte augmentation des taux de cancers chez les vétérans de la première Guerre du Golfe [90]. Et il n’existe pas de programmes de recherches objectives et indépendantes sur ces questions autres que celles de l’Uranium Medical Research Center (UMRC). L’UMRC est la seule institution à avoir effectué continuellement des recherches concernant la contamination interne par l’UA sur lesquelles elle n’a cessé de communiquer de manière scientifique et professionnelle. Il a eu recours aux méthodes ultra-modernes d’ionisation thermique et de spectrographie de masse plasma. Ces méthodes ont permis d’identifier de 0,2 à 0,33 % d’U235 chez des vétérans de la première Guerre du Golfe, ce qui indique une concentration urinaire d’uranium de 150 ng/l au moment de l’exposition, alors que la population non exposée du Golfe avait des taux situés entre 0,7 et 1,0% d’U235, ce qui indique une concentration urinaire d’uranium de 14 ng/l seulement.

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Enfants victimes de l’uranium appauvri

Études menées en Afghanistan

Bien que les études de l’UMRC portant sur l’analyse de l’urine des anciens combattants de la première Guerre du Golfe aient été effectuées plusieurs années après l’exposition, les recherches les plus récentes fondées sur l’examen d’échantillons biologiques et environnementaux ont coïncidé avec l’Opération Liberté Immuable (OEF) menée en Afghanistan depuis 2001. Ce pays offrait une occasion de mener une étude à un moment proche de celui du conflit. L’ Opération Anaconda prit fin juste au moment où la première équipe de l’UMRC entrait à l’Est de l’Afghanistan (fig. 1). Elle a eu accès aux installations stationnaires car les équipements militaires mobiles n’avaient été ni déplacés ni mis en sécurité. Les études de l’IMRC portant sur la population des zones de Jalalabad, de Spin Gar, de Tora Bora et à l’aéroport de Kaboul ont identifié des civils souffrant des mêmes symptômes multiorganiques non spécifiques observés pendant la première Guerre du Golfe et celle des Balkans : faiblesse physique, maux de tête, douleurs musculaires et osseuses, modifications respiratoires, toux sèche persistante, douleurs thoraciques, troubles gastro-intestinaux, symptômes neurologiques, pertes de mémoire, anxiété et dépression. Des échantillons d’urine de 24 heures des sujets symptomatiques et de sujets témoins asymptomatiques ont été recueillis selon les critères suivants :
1) Apparition des symptômes coïncidant avec les bombardements,
2) Sujets présents dans la zone des bombardements ;
3) Manifestations cliniques.
Les sujets du groupe témoin ont été choisis parmi les résidents asymptomatiques de zones non bombardées. Une estimation de la contamination environnementale avait été effectuée grâce à une analyse d’échantillons de sol, de poussière [91], de décombres et d’eau Potable [92] selon des critères établis pour l’évaluation de la dispersion, des dangers des actinides et de la collecte après impact d’échantillons environnementaux (fig. 2 et 3). Tous les sujets, y compris ceux du groupe témoin, ont été informés à propos du protocole et de la collecte d’échantillons dans les langues locales, le dari et le pachto, et ont signé un formulaire de consentement. Tous les échantillons ont fait l’objet d’une analyse de la concentration et du ratio de quatre isotopes d’uranium : U234, U235, U236 et U238 au moyen d’un spectromètre de masse multicollecteur à source d’ionisation par plasma à couplage inductif, dans les laboratoires du British Geological Survey de Nottingham (Angleterre).

Les premiers résultats concernant la province du Nangarhar ont révélé une augmentation significative d’élimination urinaire d’uranium totale chez la totalité des sujets, en moyenne plus de 20 fois plus élevée que chez les sujets non exposés. L’analyse des ratios isotopiques a révélé la présence d’UA [93]. Des analyses d’échantillons effectuées au cours d’un second voyage scientifique, en 2002, ont révélé des concentrations d’uranium jusqu’à 200 fois plus élevées que chez les sujets témoins. Ces taux élevés d’élimination d’uranium total ont été mesurés dans les districts de Tora Bora, de Yaka Toot, de Lal Mal, de Makam Khan Farm, d’Arda Farm, de Bibi Mahro, de Poli Cherki et à l’aéroport de Kaboul. Les deux voyages ont révélé des signatures identiques d’uranium non appauvri (UNA) dans toutes les zones de l’Est de l’Afghanistan étudiées (tableaux 2 et 3, figure 4). Les taux d’uranium enregistrés dans les échantillons de sol prélevés sur des sites bombardés au cours de l’Opération Liberté Immuable étaient 2 à 3 fois plus élevés que les taux de concentration de 2-3 mg/kg observés dans le monde. Les concentrations dans l’eau étaient significativement plus élevées que les taux maximaux tolérés par l’OMS (cf. nos documents non publiés). Les recherches de l’UMRC s’étendent au Centre, à l’Ouest et au Nord de l’Afghanistan. Outre la poursuite des études sur l’analyse des urines pour mesurer les isotopes d’uranium, une collaboration interdisciplinaire consacrée à l’examen clinique approfondi des fonctions rénales et pulmonaires, des études cytogéniques des aberrations chromosomiques dans le sang périphérique de sujets contaminés, des études au microscope électronique et nanopathologiques d’échantillons de tissus provenant de biopsies et d’autopsies ont été mises en œuvre. Des études longitudinales d’anciens combattants de la première Guerre du Golfe et de la population de l’Est de l’Afghanistan vont se poursuivre de même que des recherches sur les maladies inexpliquées de vétérans de la seconde Guerre du Golfe. Des études cliniques organisées dans des centres médicaux universitaires internationaux et des institutions de recherches vont évaluer les effets de l’UA et de l’UNA sur les systèmes rénal et respiratoire en recourant aux méthodes modernes de morphologie fonctionnelle et d’imagerie informatique. Les recherches porteront notamment sur la transformation néoplastique [94] l’apoptose cellulaire, la mutagénèse [95] et le risque cancérogène [96]. Des études de contamination environnementale et de biodistribution porteront sur les effets aigus et chroniques de composés d’isotopes d’uranium et évalueront les doses cumulatives de radiations et leurs effets biologiques depuis l’introduction de la guerre radioactive. Les études sur le terrain sont actuellement étendues à la population civile d’Irak, de la bande de Gaza, des Balkans et de nouvelles zones d’Afghanistan. Nos études confirment la découverte d’U236 dans des échantillons de sol des sites bombardés du Kosovo et la présence de particules d’UA. Ces échantillons contenaient des centaines de particules par milligramme de sol contaminé, dont 50 % de particules de diamètre inférieur à 1,5 _m et la plupart de diamètre inférieur à 5 _m [97]. Nous essayons d’évaluer ces résultats lors de nos voyages scientifiques dans les zones où des combats ont eu lieu.

Conclusion

La guerre CBRN moderne et la possibilité que des terroristes utilisent clandestinement des engins de dispersion de matières radioactives récents donnent une nouvelle dimension à la gestion de masses de victimes. Le rôle de la médecine dans la guerre nucléaire et radiologique est limité en raison du manque universel de capacités de réagir aux conséquences complexes du syndrome radiologique aigu, des blessures combinées ou de la contamination de la biosphère et de la population humaine. Des maladies récentes à l’étiologie inexpliquée, la pathogenèse et les manifestations cliniques contraignent les médecins à intervenir alors que les modalités de traitement posent des problèmes non résolus. Les effets nocifs des radionucléides qui se sont déposés dans l’organisme à la suite des conflits militaires des dernières décennies, en particulier les effets des isotopes d’uranium, sont traités abondamment dans la littérature récente. Suscitant les progrès inévitables d’une recherche objective et non biaisée visant à faire toute la lumière sur les maladies inexpliquées qui ont suivi les conflits, le besoin d’analyses interdisciplinaires bien préparées et coordonnées sur les conséquences environnementales et médicales de la guerre CBRN générera des connaissances approfondies dans ce chapitre exigeant de la science médicale.

Asaf DURAKOVIC

Une première version de cette étude a été publiée dans le Croatian Medical Journal, 44, 5:520-532, 2003.

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Asaf Durakovic Uranium Medical Research Center (Washington D.C., États-Unis)
Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 17 février, 2013 |Pas de commentaires »
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