ALERTE A FUKUSHIMA ET DANS TOUT L’HEMISPHERE NORD !

ALERTE A FUKUSHIMA

ET DANS TOUT

L’HEMISPHERE NORD !

ALERTE A FUKUSHIMA ET DANS TOUT L'HEMISPHERE NORD ! dans REFLEXIONS PERSONNELLES CENTRALE1

C’est un général américain qui a sonné l’alarme : ce qui était à craindre est en train de se profiler à l’horizon, menaçant tout l’hémisphère nord.

Il s’appelle Albert N.Stubblebine, et ce général retraité de l’armée américaine a publié récemment un communiqué en tant que président de la NSF (Natural Solution Foundation), affirmant que la situation à Fukushima est en train d’empirer. Que ce soit par l’évaporation de l’eau dans les piscines, ou en raison de l’effondrement possible de la structure, ce serait d’après lui tout l’hémisphère nord qui pourrait devenir en grande partie inhabitable, si le pire arrivait. lien

Sa déclaration est sur cette vidéo

On se souvient de l’interview récente du diplomate Akio Matsumura qui déclarait comment la catastrophe en cours de la centrale de Fukushima pouvait finalement se transformer en un événement capable de mettre en péril toute vie sur Terre. vidéo

D’ailleurs, pour Roland Desbordes, président de la CRIIRAD (Commission de Recherche et d’Information Indépendantes sur la Radioactivité), « l’explosion de la centrale est encore possible parce que les combustibles sont présents en grande quantité ». lien

Le rédacteur en chef de « Natural News Com » dans un article en date du 6 mai 2012 nous informe que le 30 avril 2012, 72 ONG japonaises ont fait une demande urgente auprès du secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon et du gouvernement japonais, afin que des mesures immédiates soient prises pour stabiliser la piscine du réacteur n°4 de Fukushima.

Toutes les piscines de Fukushima Daiichi contiennent 11 125 assemblages de combustible nucléaire, soit près de 4 fois autant de matière radioactive que dans le cœur des réacteurs de Fukushima Daiichi, dont le césium 137 correspond à 10 fois la quantité libérée au moment de la catastrophe de Tchernobyl, et la piscine du N°4 en contient 1535 assemblages, pour un poids total de 264 tonnes. lien

Kaori Izumi, de Shut Tomari s’est associé à cette demande, précisant « Fukushima Daïchi n’est plus seulement un problème japonais, mais un problème international. Il est impératif que le gouvernement japonais et la communauté internationale travaillent ensemble sur cette crise avant qu’il ne soit trop tard  ». lien.

Les ONG se sont donné jusqu’au 20 mai pour récolter des appuis étrangers, et on peut lire l’intégralité de leur appel sur ce lien.

Auparavant, le sénateur américain Ron Wyden, après avoir visité le 6 avril dernier, la centrale nucléaire de Fukushima, avait publié un communiqué de presse 10 jours après, soulignant le risque catastrophique, et appelant à l’intervention du gouvernement des USA.

Il a également écrit à Ichiro Fujisaki, l’ambassadeur du Japon aux Etats Unis, demandant au Japon d’accepter l’aide internationale. lien

On se souvient que le 16 avril, Tepco s’était dit désolé d’avoir dû rejeter dans l’océan 11 500 tonnes d’eau hautement radioactive. lien

Malgré tout, les pêcheurs de Fukushima envisagent de reprendre partiellement le travail à partir de juin en tentant de limiter leur pêche aux espèces les moins contaminées.

Mais c’est le sort de la piscine du réacteur n°4 qui pose le plus de problème, puisque TEPCO affirme que le déplacement des barres de combustible sera fait dès que possible, mais pas avant 2014 (lien) ; Pour le sénateur américain Ron Wyden, il faudrait 10 ans pour enlever toutes les barres de combustible, et le risque est trop grand d’attendre si longtemps (lien), ce que confirme le docteur Koide, de l’université de Tokyo. lien

En effet, outre les assemblages qu’il faudra sortir de cette piscine, il faut noter que lors de l’explosion du réacteur n°3, de nombreux morceaux d’infrastructure sont tombés dans les piscines, dont une grue de 35 tonnes qui se trouve dans la piscine du n°3. lien

Sur ce lien, on peut découvrir 2 vidéos sous titrées particulièrement intéressantes, l’une étant réalisée par ZDF, une chaine de télévision allemande lors d’une visite du site, et l’autre étant le témoignage de Nala Yukiteru, ingénieur spécialisé dans le nucléaire, et qui travaillait à Fukushima.

Revenons à la piscine du N°4.

D’une profondeur de 12 mètres, les assemblages sont placés sur le fond, dans des casiers sur une hauteur de 4 mètres, surmontés donc par 8 mètres d’eau, et plus le niveau d’eau baisse, censé absorber le rayonnement gamma, plus le rayonnement devient dangereux.

La paroi de la cuve était de 100-120 degrés, et pour accélérer le refroidissement TEPCO doit injecter 7 tonnes d’eau à l’heure.

Lors de la catastrophe le niveau d’eau de la piscine avait considérablement baissé, au point de laisser affleurer la partie supérieure des combustibles, provoquant une montée en température, un début de fonte des gaines, et d’importants rejets radioactifs et ce n’est que dix jours plus tard que la piscine a été refroidie. lien

Bertrand Barré, conseiller scientifique du service communication d’AREVA (lien) se veut rassurant, assurant que des piliers d’acier reposant sur le plancher du deuxième étage ont été installés pour consolider la piscine, et il est convaincu qu’elle pourrait résister à un puissant séisme. lien

Ce qui n’est pas l’avis de tous, puisque d’après un article paru chez « ENENEWS  » la piscine pourrait s’effondrer, ce média annonçant que la première inspection a commencé le 17 mai.

Tepco affirme avoir renforcé la structure en augmentant sa marge de sécurité de 20%. lien

Les experts veulent vérifier si elle penche, en comparant de part et d’autre le niveau d’eau dans la piscine. lien

La piscine du réacteur n°4 n’est pas la seule à poser des problèmes, puisqu’une fuite s’est produite le 12 mai, provocant un déversement d’eau contaminée dans l’océan et faisant chuter le niveau d’eau au-dessous de la base des barres de combustible. lien

Des échantillons d’eau de mer prélevés aux abords de la centrale ont révélé des taux de césium à un niveau 18 000 fois supérieurs à la norme, et la fuite aurait été colmatée par une injection de béton.

En tout cas, à 230 km de la centrale sinistrée, dans la baie de Tokyo, on a découvert une augmentation du taux de césium de 70%.

Pour lutter contre la mévente, les maraichers en sont venus à tricher sur l’origine des légumes vendus, et ceux qui sont pris la main dans le sac, ne sont pas condamnés, l’administration leur enjoint seulement de respecter les règles d’étiquetages, sans autre forme de procès. lien

Ce qui n’a pas empêché le gouvernement japonais de lever l’interdiction d’habiter la zone sinistrée dans 3 des 11 communes touchées par la catastrophe, à condition de s’en tenir à y revenir, sans pour autant y passer la nuit.

Alors les habitants qui le souhaitent s’en tiennent à nettoyer et réparer leurs maisons dévastées par le tsunami, mais le port d’une combinaison radiologique, ou d’un simple masque n’est pas obligatoire.

Une partie de cette zone autorisée se trouve pourtant entre 20 et 50 mSv/an, notamment dans le secteur de Minami-Soma.

Cette décision est consécutive à la volonté d’un maire obnubilé par la levée de l’interdiction, Katsunobu Sakurai, puisque Kiyomi Sakuma, membre de la cellule chargée des réfugiés du nucléaire a affirmé que «  seules les villes dont les maires étaient les plus motivés et les plus combatifs pour faire revivre leurs communes ont rouvert  » ajoutant « le gouvernement attend d’être sollicité par les collectivités locales pour rouvrir une ville  », façon habile de dégager ses responsabilités. lien

Le gouvernement japonais a demandé que les milliers de têtes de bétail vivant encore dans la zone d’exclusion soient abattues, avec le consentement de leurs propriétaires. lien

A la mairie de Minami-Soma, on est conscient que l’un des problèmes cruciaux est de trouver une zone pour stocker les déchets contaminés par la catastrophe, car s’il est vrai que le césium 134 a une demie vie de 2 ans, le césium 137 ne perd la moitié de sa dangerosité qu’au bout de 30 ans, et il faut donc compter un bon siècle pour que cette pollution soit moins préoccupante.

Pour endiguer l’exode, les autorités de Fukushima ont décidé de fournir une couverture médicale gratuite à toutes les personnes âgées de moins de 18 ans vivant dans la province, ce qui va coûter l’équivalent de 46 millions d’euros.

Selon le journal « Daily Yomiuri », à Minami-Soma, les bénévoles ne se battent pas pour aider à enlever les débris et nettoyer la zone ; Ils étaient beaucoup plus nombreux il y a un an et la population a diminué de 54% dans l’ex-zone d’évacuation.

En effet, que ce soit à Minami-Soma, Naraha, Hirono, Kawauchi, ou Tamura, sur les 59 000 personnes qui vivaient dans cette zone, 30 000 l’ont quitté. lien

Espérons que la communauté internationale se décidera enfin à s’investir à Fukushima afin d’éviter que le pire ne se produise.

En tout cas, avec peut-être un lien de cause à effet, les actions d’AREVA ont atteint historiquement leur niveau le plus bas chutant à 9,278 €. lien

Comme dit mon vieil ami africain : «  le monde est noir quand on a les yeux fermés  ».

Merci aux internautes de leur aide efficace.

Olivier Cabanel

Sites à visiter pour plus d’information

Le blog de Fukushima

Next-up organisation

Blog de Jean Pierre Petit

Site de la CRIIRAD

Site de l’ACRO

ENENEWS

A découvrir le documentaire d’Annabelle Lourenço et Cyprien Nozières « la Fissure, Japon 9 mois après.

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Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 19 mai, 2012 |Pas de commentaires »

LES USA GARDENT UN OEIL SUR LA SYRIE ET TISSENT LEUR TOILE DANS LE GOLFE (M.K BHADRAKUMAR)

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LES USA GARDENT UN OEIL SUR LA SYRIE ET TISSENT LEUR TOILE DANS LE GOLFE (M.K BHADRAKUMAR) dans REFLEXIONS PERSONNELLES Manifestations-Syrie-banlieue-de-Homs

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

M K Bhadrakumar
4 avril 2012
source : Asian Times

http://www.atimes.com/atimes/Middle_East/ND04Ak01.html

On n’espérait guère que la réunion des « Amis de la Syrie » tenue le « jour des Fous » [Fool's Day = 1er Avril] en Turquie, produise des résultats significatifs pour l’avancement de l’agenda du changement de régime en Syrie.

Le pays hôte a essayé très péniblement de tirer un lapin du chapeau. Mais le spectacle sur le Bosphore n’a tiré du chapeau qu’un seul gagnant- les USA. La Secrétaire d’État étatsunienne Hillary Clinton est reparti en riant.

Les choses se sont enlisées sur plusieurs points. L’opposition syrienne continue à être un assemblage disparate. Le régime du président Bachar al-Assad ne montre aucun signe de fatigue et bénéficie du solide soutien de l’armée et de l’administration. Il prend de la hauteur politique et diplomatique en annonçant sa coopération avec le plan en six points de l’ancien Secrétaire des Nations Unies, Kofi Annan, tout en changeant par la force la situation au sol en sa faveur.

Il y a désaccord entre les puissances extérieures. Le sommet de la Ligue arabe à Bagdad de la semaine dernière a sommairement renoncé à son exigence antérieure qu’Assad devait démissionner. Les dits «Amis» sont réticents à franchir la ligne. La Russie, la Chine et l’Iran demeurent fermement opposés à l’agenda du changement de régime.

La réunion d’Istanbul s’est contentée de rhétorique. Mais le communiqué conjoint révèle l’impuissance. Il reconnait l’opposition du Conseil National Syrien (CNS) comme un représentant de tous les Syriens et le «note» comme le principal interlocuteur, mais il ne lui accorde pas une reconnaissance complète.

Il demande à Kofi Annan (qui a refusé d’assister à la réunion d’Istanbul) de fixer à Damas un calendrier pour se conformer à son plan, mais n’en suggère pas un lui-même. Il s’abstient de mentionner tout soutien ou aide militaire aux rebelles de l’ »Armée Syrienne Libre ».

De manière curieuse, l’Arabie saoudite et « une ou deux » monarchies du Golfe (lisez le Qatar) pourraient créer un fonds pour corrompre et inciter à des défections parmi les forces armées syriennes – un « pot d’or » pour saper l’État syrien. L’idée bizarre, c’est que les deux cheikhs du Golfe paieront les salaires de tout Syrien disposé à lutter contre son gouvernement.

Clinton s’est sagement abstenue de donner des conseils. En dehors une certaine jolie rhétorique, les États-Unis se sont limités à annoncer une contribution de 25 millions de dollars à titre d’aide humanitaire pour le peuple syrien. Mais personne ne sait comment l’aide pourrait atteindre les destinataires.

A toutes fins utiles, les « Amis de la Syrie » semblent être en train de jouer la montre. Comment se fait-il que l’administration étatsunienne dirigée par un homme d’Etat réfléchi se retrouve dans un tel cirque?

La réponse pourrait se trouver dans une interview franche faite à CNN dimanche par le président de la commission de renseignement de la Chambre à Washington, Mike Rogers. Rogers a carrément déclaré : «Nous [les USA] ne voyons pas vraiment s’effondrer le cercle intime de Assad. [..] Ils [le gouvernement syrien] croient qu’ils sont en train de gagner, et nous pensons certainement, grâce à la collecte de renseignements, qu’ils croient qu’ils sont en train de gagner cette partie.»

En effet, Damas avait déclaré juste avant la réunion des « Amis » d’Istanbul que la «bataille pour renverser l’État était terminée». Les forces syriennes ont capturé samedi le chef adjoint de l’ASL, Abdu al-Walid, qui avait dirigé les opérations dans la région de Damas. Mustafa Al-Cheikh, le haut dirigeant de l’ASL vit confortablement en Turquie et est à la tête d’une chaîne de commandement décimée à la suite de la série de succès militaires des forces syriennes.

La réaction méprisante de Moscou pour les pitreries des «Amis» n’est donc pas une surprise. «Les ultimatums et des deadlines artificielles aident rarement à résoudre les choses» a déclaré le ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov. Il a ajouté de manière caustique que c’est le Conseil de sécurité, qui décidera «qui se conforme à ce plan [le plan de Annan], et comment.»

Lavrov est d’accord avec Damas sur le fait que le plan de paix ne pourra pas fonctionner si les forces rebelles aussi n’arrêtent le feu – «Nous [la Russie] avons l’intention d’être amis avec les deux parties en Syrie.» Quant au CNS, il ne reflète qu’une « fraction » du peuple syrien. «Lorsque la décision est prise d’appeler un seul groupe ‘représentant légitime’, on pourrait sauter à la conclusion que les autres Syriens – à la fois les organisations et les autorités – ne sont pas légitimes. Je pense que cette approche est dangereuse et va à l’encontre des efforts mis en avant par Kofi Annan.»

Lavrov a répondu à la rhétorique par la rhétorique, mais il n’a pas réussi à battre la rhétorique fleurie de Clinton. La grande beauté de la rhétorique US est que Washington maintient toutes les options ouvertes. Il s’agit d’une année électorale et le président Barack Obama n’est pas intéressé par une nouvelle complication militaire en Syrie – ou n’importe où ailleurs. Mais les USA se gardent également d’empêcher les « Amis » d’épater la galerie.

La contribution de Washington se limite à la fourniture d’équipements de communication et d’aide humanitaire. Mais si les cheikhs saoudiens et qataris veulent se décharger de plusieurs autres millions pour payer les combattants de l’opposition syrienne, Washington ne s’y opposera pas.

La «ligne rouge» est la question d’armer ouvertement les rebelles, ce qui peut déclencher une guerre civile. Clinton a visité Riyad le samedi et a essayé de rendre plus conciliante la ligne dure saoudienne.

Le point c’est que, comme Rogers l’a souligné, c’est une « mauvaise idée » d’armer l’opposition syrienne, «principalement parce que nous ne savons pas qui ils sont … Et rappelez-vous, donner la gamme complète d’armements à des gens dont nous ne savons pas qui ils sont n’est probablement pas de bon augure pour nous dans le long terme.»

Dans une carte blanche parue ce week-end, l’ancien secrétaire d’Etat Henry Kissinger a donné une construction intellectuelle à ces préoccupations. Le Printemps Arabe ne s’est pas vraiment révélé être la « révolution régionale, dirigée par des jeunes au nom de principes démocratiques libéraux« . Et ce ne sont pas exactement des démocrates qui « prédominent dans l’opposition syrienne. » Le «consensus» de la Ligue arabe sur la Syrie n’a pas de sens, façonné par des régimes autoritaires qui n’ont aucun antécédent à faire valoir en tant que démocraties. Kissinger met en garde : «Plus radicale serait la destruction de l’ordre existant, et plus difficile serait la mise en place d’une autorité nationale… Plus une société se fragmente, et plus la tentation est grande d’encourager l’unité par des appels à une combinaison de nationalisme et d’islamisme tournée contre les valeurs occidentales … À ce jour, les forces politiques fondamentalistes traditionnelles, renforcées par une alliance avec des révolutionnaires radicaux, menacent de dominer le processus.»

Ce sont des résultats qui iraient à l’encontre des préoccupations stratégiques des Etats-Unis « indépendamment du mécanisme électoral par lequel ces gouvernements arrivent au pouvoir. » Le point de vue de Kissinger est étonnamment proche de ce que Moscou et Pékin n’ont cessé de clamer.

L’administration Obama sent les dangers. Elle aimerait adopter une conduite sûre – au moins jusqu’à ce que les choses soient clarifiées, spécialement en Egypte, où les cheikhs des Frères Musulmans sont sur le point de dépasser les cheikhs d’Al-Azhar comme principale référence dans les affaires légales, religieuses et de gouvernance politique. Aussi, Washington a jugé opportun de mettre la Russie sur le siège du conducteur.

Si Moscou y arrive et que la crise se résout, Washington n’a rien à perdre et pourra toujours reprendre les fils de la transition politique, et le « reset’ US-Russie pourra même acquérir quelques poids. Mais si Moscou échoue, sa capacité à bloquer au sein du Conseil sécurité de l’ONU en prend un coup et l’initiative est toute à Washington.

L’essentiel, c’est que Washington est aujourd’hui considéré comme étant du « bon côté de l’histoire ». Comme Henry Kissinger l’a dit, «la conduite des États-Unis durant les bouleversements arabes a jusqu’ici évité de faire des USA un obstacle aux transformations révolutionnaires. Ce n’est pas une réussite mineure.»

Une fois de plus, les liens de Moscou avec l’Arabie saoudite et le Qatar sont mis à rude épreuve. Dans son discours à Istanbul, le ministre saoudien des Affaires étrangères Saoud al-Fayçal a condamné la Russie comme l’influence maléfique sur Damas. La Chine, qui avait été à l’assaut des citadelles de l’Occident au sein des états du Conseil de Coopération du Golfe (CCG), doit également entamer de sérieux travaux de raccommodage.

Cela fonctionne à l’avantage géopolitique de Washington. Profitant du sens profond d’insécurité et d’aliénation du régime saoudien, les États-Unis sont sur le point de réaliser le projet de rêve d’incorporer les États du CCG dans leur architecture globale de défense antimissile.

Un haut responsable étatsunien du département d’État a déclaré à propos de la visite de Clinton à Riyad le week-end : «Nous travaillons avec chacun d’entre eux [les États du CCG] pour développer l’architecture pour un système régional; l’objectif de Washington est de réunir toute la coopération étatsuniennes existante en matière de défense tactique avec chacun des États du CCG au sein d’un seul « contexte stratégique. »»

Le tout nouveau forum de coopération stratégique US-CCG, qui s’est réuni à Riyad samedi, réécrit tout le scénario de la sécurité du Golfe Persique. Le contexte est la « menace » iranienne. Mais sur le plan géopolitique, l’arc du système de défense antimissile global US qui s’étend de l’Europe centrale via la Turquie est maintenant prêt à faire un saut sur l’ensemble du Moyen-Orient pour affleurer les eaux de l’océan Indien.

En somme, Washington tisse sa toile dans la région riche en pétrole du golfe Persique, et pourra toujours revisiter la crise en Syrienne en temps utile.

 

M K Bhadrakumar 

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 10 mai, 2012 |Pas de commentaires »

LE MANUEL D’INSTRUCTIONS DE L’ARMEE SUR LES CAMPS DE REEDUCATION CONCERNE LES CITOYENS ETASUNIENS

7 mai 2012

Le manuel d’instructions de l’armée

sur les camps de rééducation concerne les

citoyens étasuniens

LE MANUEL D'INSTRUCTIONS DE L'ARMEE SUR LES CAMPS DE REEDUCATION CONCERNE LES CITOYENS ETASUNIENS dans REFLEXIONS PERSONNELLES USA

arton16609-3bdfb ARMEE dans REFLEXIONS PERSONNELLES
L’annonce que le Pentagone a prévu un plan pour interner des militants dans des camps de rééducation a soulevé des questions. Le manuel de l’armée étasunienne qui décrirait, selon les rapports, la façon dont doit être organisée la rééducation des citoyens étasuniens concerne-t-il les Etasuniens ? Les citoyens étasuniens peuvent-ils être envoyés dans ces camps ?

Au fur et à mesure que de nouvelles organisations étudient le manuel d’instructions militaire récemment découvert : FM 3-39.40 Internment and Resettlement Operations (opération d’internement et de rééducation), on se rend compte que le projet inhumain de créer des camps de rééducation militaires aux Etats-Unis et à l’étranger n’est pas seulement bien réel mais qu’il concerne aussi les citoyens du pays qui pourront être mis dans des centres de détention sous contrôle de l’armée.

« Ils disent toujours aux médias que c’est seulement en cas de catastrophe naturelle dans le pays ou de guerre à l’étranger et pour des camps comme celui d’Abu Ghraib en Irak ou de Camp X-Ray à Cuba, mais de plus en plus de documents confirment ce que je savais déjà grâce à mes sources et mes recherches« , confie l’animateur de radio Alex Jones à RT. Jones affirme avoir vu le Pentagone réorganiser de vieilles bases militaires pour en faire des camps au titre du Emergency Centers Establishment Act (Acte d’établissement de centres d’urgence) « pour qu’ils soient opérationnels je cite, ’en cas d’urgence’ « , mais c’est seulement une toute petite partie de la vérité.

« Je suis allé aux entraînements et je me suis rendu compte qu’ils faisaient des simulations d’internement de dissidents politiques étasuniens » dit Jones à propos de l’envoi de civils étasuniens dans les camps. « J’ai vu des Marines s’entraîner à confisquer des armes à feu sur la Côte Ouest et à mettre des Etasuniens de droite comme de gauche dans des camps et même à les séparer en fonction de leurs convictions politiques » a ajouté Jones.

Jones dit encore que des officiels du Pentagone l’ont informé dans le passé de la mise au point par l’armée de programmes de rééducation forcée pour les militants politiques et la fuite du document secret confirme ce qu’on lui avait dit.

« Nous avons maintenant un document de l’armée qui implique une énorme augmentation des dépenses militaires car il est prévu de recruter des dizaines de milliers de personnels militaires spécifiquement pour ces camps d’internement militaires. »

Après avoir parcouru les 300 pages de 3-39.40, le site web Infowars (1) aussi se pose la question de savoir si le manuel permet ou non au gouvernement étasunien d’envoyer ses propres citoyens dans des camps de rééducation. Dans son analyse, le site a sélectionné certaines sections du manuel qui ne portent pas seulement sur « L’autorité d’approuver la mise en place de telles opérations sur le territoire étasunien, » mais aussi sur la manière dont « les citoyens étasuniens seront séparés des autres détenus » en les enregistrant et les répartissant en fonction de leur numéro de sécurité sociale.

« La dernière fois que j’ai vérifié, ce n’était pas l’administration de la Sécurité Sociale des Etats-Unis qui donnait des numéros de Sécurité Sociale aux gens en Afghanistan ou en Irak,” explique Paul Joseph Watson de Infowar.

Comme si le texte du document ne suffisait pas, Watson met les points sur les i pour ceux qui ne croient toujours pas que l’armée étasunienne soit capable d’emprisonner ses propres citoyens et leur instiller de  » l’estime pour les politiques et les actions des Etats-Unis. »

« Il est temps de voir les choses en face. Le public a passé des semaines à discuter des mesures de « détention à durée indéterminée » du National Defense Authorization Act, en refusant d’écouter les meilleurs universitaires et experts juridiques qui affirmaient que les mesures de kidnapping s’appliquaient bien aux citoyens étasuniens. » écrit Watson. Pourtant lorsque le président des Etats-Unis, Barack Obama a signé le décret d’application du NDAA le 31 décembre, il a lui-même exprimé des réserves sur les mesures qui permettaient d’emprisonner indéfiniment et sans charges ses propres concitoyens.

Maintenant qu’on a pris connaissance, grâce à une fuite, d’un exemplaire du guide pour les Opérations d’Internement et de Rééducation, il semble que non seulement le gouvernement des Etats-Unis puisse arrêter ses propres citoyens quand ils ne sont pas d’accord avec lui, mais qu’il a déjà établi la procédure pour le faire.

« Ce n’est pas juste un plan d’urgence » affirme Alex Jones à RT. « C’est un manuel d’instructions. »

Pour consulter l’original : http://rt.com/usa/news/army-manual-camps-citizens-593/

Traduction : Dominique Muselet pour LGS

Note :

1. Cet article est commenté avec brio sur le site Dedefensa dans un article intitulé : L’U.S. Army prête à « rééduquer » le dissident US en citoyen-système : http://www.dedefensa.org/article-l_us_army_pr_te_r_duquer_le…

L’U.S. Army prête à “rééduquer” le dissident US en citoyen-Système

Le site Infowars.com a publié depuis trois jours plusieurs textes concernant un manuel de l’U.S. Army dont il vient d’obtenir une copie. Il s’agit d’un très copieux document de 300 pages, intitulé FM 3-39.40 Internment and Resettlement Operations datant du 12 février 2010 et dont il donne le lien d’accès.

Plusieurs textes sur ce document ont été publiés par Infowars.com, le 3 mai 2012, le 4 mai 2012 (vers une émission de Alex Jones, éditeur du site) et enfin, celui que nous citons ci-dessous, le 4 mai 2012.

Il s’agit d’un manuel décrivant la façon dont doivent être organisés des camps d’internement de personnes arrêtées pour activités politiques suspectes, pour soi-disant terrorisme, opposition à la “légalité”, résistance, etc. Le fait important est que ce programme implique essentiellement une “rééducation” des prisonniers, notamment à l’image de ce qui se faisait dans les camps soviétiques, chinois, nord-coréens, nord-vietnamiens puis vietnamiens, etc., c’est-à-dire tout l’appareil de concentration et d’endoctrinement forcé du système pénitentiaire idéologique communiste. Pour les Américains, la référence la plus fameuse concerne les camps nord-coréens pendant la guerre de Corée, pour les Français ce sont les camps vietminh ; dans les deux cas, des militaires US et français furent soumis à ces procédures de rééducation et d’endoctrinement.

Voici un long extrait du texte du 4 mai 2012, qui insiste surtout sur l’aspect de la détention de citoyens US sur le territoire national, aspect qui avait fait l’objet de polémique chez les lecteurs du premier texte. (Les soulignés en gras sont dans le texte publié par Infowars.com.)

«A shocking U.S. Army manual that describes how political activists in prison camps will be indoctrinated by specially assigned psychological operations officers contains numerous clear references to the fact that the policies do apply domestically to U.S. citizens. Despite the fact that the manual is well over 300 pages long and would take hours to read properly, within minutes of posting our story yesterday a minority of commenters were claiming that the policies outlined in the document only pertained to foreign combat operations and did not apply domestically to U.S. citizens.

»This is similar to the denial witnessed prior to the passage of the NDAA when some argued that the indefinite detention provisions did not apply to American citizens despite numerous legal analysts asserting they did and President Barack Obama himself acknowledging they did when he signed the bill. […] The most alarming portion of the document appears on page 56 and makes it clear that detention camps will have PSYOP teams whose responsibility will be to use “indoctrination programs to reduce or remove antagonistic attitudes,” as well as targeting “political activists” with such indoctrination programs to provide “understanding and appreciation of U.S. policies and actions.”

»Let’s make one thing clear – the manual primarily deals with enemy combatants captured and detained in foreign prison camps run by the U.S. Military. However, another thing that is just as clear from reading the manual in full is the fact that it also applies to citizens detained within the United States, whether they be DCs (displaced citizens) or “civilian internees,” in other words citizens who are detained for, “security reasons, for protection, or because he or she committed an offense against the detaining power.”

»Firstly, throughout the manual there are scores of references to how the U.S. Army would work together with the DHS, ICE and FEMA (page 24) to implement the policies “within U.S. territory” as part of “civil support opérations” in the aftermath of “man-made disasters, accidents, terrorist attacks and incidents in the U.S. and its territories.” (page 38).

»“The handling of DCs (displaced citizens) is also a mission that may be performed in support of disaster relief or other emergencies within the United States or U.S. territories during civil support opérations,” states page 33. Page 56 also states that it is the responsibility of the PSYOP officer to “control detainee and DC populations during emergencies.” Resettlement conducted as a part of civil support opérations will always be conducted in support of another lead agency (Federal Emergency Management Agency, Department of Homeland Security)” states page 37.

»All these passages make it clear that the policies outlined on page 56 are also applicable within U.S. territory as part of “civil support operations” conducted in partnership with domestic federal agencies like the DHS and ICE. The U.S. Immigration authorities have no role in detaining prisoners in Afghanistan and Iraq and neither do other U.S. agencies also listed in the document such as the Public Health Service (page 224). The document also contains numerous references to U.S. citizens (notably pages 13, 41). Page 13 notes how “U.S. citizens will be confined separately from detainees,” meaning they will be separated from foreign prisoners in the camps

»On page 146 of the manual, we learn how prisoners in the camps are to be identified. “The prisoner’s last name, first name, and middle initial are placed on the first line of a name board, and the prisoner’s social security number is placed on the second line.” Last time I checked, the United States Social Security Administration was not responsible for handing out social security numbers to people in Afghanistan or Iraq.

»On page 193 of the document, we learn that the policies outlined in the manual can be applied domestically. The language makes it clear that so long as the President passes an executive order to nullify Posse Comitatus, the law that forbids the military from engaging in domestic law enforcement, the policies “may be performed as domestic civil support opérations.”

The manual states, “These operations may be performed as domestic civil support operations,” and adds that “The authority to approve resettlement such opérationswithin U.S. territories,” would require a “special exception” to The Posse Comitatus Act, which can be obtained via “the President invoking his executive authority.”

»These examples are just a handful of a plethora contained in the 326 page ‘Internment and Resettlement’ document which prove that the policies in the manual apply not only to foreign prisoners abroad, but also to American citizens within the United States.»

Comme nous l’avons dit, la publication de ce document a amené un nombre considérable de réactions de lecteurs du site, et des contestations, notamment sur l’antériorité du document et sur le fait de savoir si les mesures envisagées concernent des citoyens US ou seulement (!) des étrangers. Une première version du document a été publiée en 2007 (ce qui a conduit certains lecteurs à vouloir exonérer l’administration Obama de toute responsabilité), mais sa republication et sa mise à jour datée du 12 février 2010 le fait incontestablement entrer dans l’époque de l’administration Obama. D’autre part, les détails donnés ci-dessus montrent bien que les citoyens US, sur le sol US, sont complètement concernés, comme le montre également la coopération de l’U.S. Army avec la FEMA. (La FEMA est cette organisation fédérale intérieure de gestion des “événements d’urgence” à la destination assez mystérieuse ou dans tous les cas contestée, créée en 1979. Certains auteurs, dont Peter Dale Scott, dans La route vers le nouveau désordre mondial, estiment qu’elle pourrait avoir une fonction de répression et d’internement, que nous jugerions assez proche dans son esprit et dans ses buts de ce qu’était l’administration du GOULAG [acronyme administratif russe] des camps d’internement dans la structure soviétique.)

L’aspect le plus remarquable du document se trouve dans l’organisation systématique de l’endoctrinement et de la rééducation psychologique, méthodes absolument consubstantielle aux régimes totalitaires du XXème siècle, et faisant partie encore plus d’une sorte de contrainte de “rééducation permanente” forcée du citoyen que de la “guerre psychologique” elle-même. A cet égard, on verra ce document et l’esprit qu’il implique comme une production bureaucratique, à l’instar des grands régimes totalitaires du XXième siècle, issue directement d’une processus organique systémique, – pour nous et en notre temps, issue du Système en tant qu’achèvement de la mise en place d’une structure globale de contrainte et de transformation des psychologies. Nous précisons cela pour prendre nos distances de la querelle des responsabilités (administration Bush ou administration Obama) parce que nous estimons qu’il s’agit effectivement, non d’une production politique mais d’une production automatique du Système dans sa logique entropique et nihiliste. Il apparaît qu’il n’est absolument pas nécessaire d’instaurer un régime strictement et ouvertement policier ou fasciste, ou ce qu’on veut dans cette orientation, pour arriver aux méthodes totalitaires de cette sorte de régime dans ce domaine de la contrainte psychologique. A cet égard, les USA apparaissent complètement phagocytés par le Système, conduits par lui à tous égards, et cela est une confirmation et nullement une surprise. Cela implique  que la situation aux USA peut, selon les événements, basculer du jour au lendemain dans l’orientation qu’on décrit. (Mais aussi, parallèlement, un tel basculement pourrait déclencher ou alimenter une réaction populaire très violente, avec les moyens de s’exprimer à cause de la forme du régime dont les nécessités économiques imposent le maintien d’une structure libérale (notamment, pour les USA, accès aux armes, aux structures d’organisation civile, maintien d’une circulation de l’information). C’est un autre aspect de ce qu’on décrit, qui est, lui, complètement différent des régimes totalitaires et rend compte d’une situation différente à cet égard. Le paradoxe est donc qu’à côté de mesures policières et psychologiques de contrainte, les USA ne peuvent évoluer vers un centralisme autoritaire type fasciste ou soviétique parce que leur dépendance idéologique de leur système économique et de corruption rejette absolument l’étatisme et l’autoritarisme centralisé de l’État puisque la puissance privée domine tout ; le résultat, comme on le constate chaque jour, est plutôt un centralisme déstructuré et en cours de dissolution, entraînant une situation de désordre impuissant du pouvoir du point de vue politique.)

Bien entendu, la chronologie de la mise à disposition publique du document de l’U.S. Army est intéressante. Qu’elle ait lieu aujourd’hui, dans le climat incertain actuel qu’on connaît, constitue un point très important. Elle implique que des individus, au sein du Système, ont conscience de la gravité potentielle de la situation et jugent que certaines productions du Système confirmant l’existence potentielle d’instruments massifs de coercition et de (re)mise en condition psychologique de la population sont prêts à être utilisés et doivent être portés à la connaissance du public. Il est évident que les dispositions de ce document font beaucoup plus penser à des actions massives de rééducation possibles contre des dissidents de mouvements du type Occupy, ou du type Ron Paul, que contre des “étrangers” classés dans la rubrique “terroriste”. (Pour ce dernier cas, les actions et programmes de répression existent déjà, depuis le début de la période 9/11, avec les camps de torture et d’action psychologique, notamment de la CIA, comme on le sait.) La publication de ce document ajoute donc une pièce à l’évaluation de la situation intérieure des USA et aux potentialités de troubles qu’on signale actuellement. Il renforce l’idée que la bataille en cours entre le Système et la résistance antiSystème a comme terrain d’élection la psychologie et la conformation des esprits humains, c’est-à-dire le système de la communication, désormais allant jusqu’à un mode de violence et de contrainte massive s’exprimant à visage découvert. C’est un signe, aussi bien de l’ampleur terrible du vrai affrontement en cours, et des inquiétudes profondes du Système devant la résistance dissidente, puisque ses automatismes le conduisent à des programmes qui se rapprochent, sinon l’identifient au systématisme répressif totalitaire des grandes dictatures du XXème siècle.

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 7 mai, 2012 |Pas de commentaires »
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