UKRAINE: POUTINE POUR LE CHAOS DANS L’EST MAIS PAS D’INTERVENTION MILITAIRE (AFP)

Ukraine:

Poutine pour le chaos dans l’est

mais pas d’intervention militaire

POUTINE joue aux échecs avec les autres

(AFP)

MOSCOU – Vladimir Poutine cherche à entretenir le chaos dans les régions russophones de l’est de l’Ukraine pour discréditer les autorités pro-européennes de Kiev et asseoir son influence, estiment des analystes qui ne croient pas au risque d’une invasion militaire.

Le brusque regain de tension ces derniers jours à Lougansk, Donetsk et Kharkiv, trois villes où pro-russes et loyalistes ukrainiens se font face, sous la menace de milliers de soldats russes massés à la frontière toute proche, font craindre le scénario appliqué en Crimée. Cette péninsule ukrainienne de la mer Noire a été rattachée à la Russie en mars après l’intervention d’hommes en armes sans signes d’appartenance et l’organisation d’un référendum non reconnu par Kiev et l’Occident, qui dénoncent une annexion.

Mais selon les experts interrogés, ce scénario ne devrait pas se répéter dans les régions russophones de l’est de l’Ukraine en raison des risques de nouvelles sanctions brandies par les États-Unis et l’Union européenne contre Moscou, et du manque de soutien parmi la population.

Intervenir militairement serait totalement absurde. Nos autorités ont déjà compris que le risque était trop élevé, que de sérieuses sanctions économiques étaient possibles, a déclaré à l’AFP l’analyste russe Alexeï Malachenko, du Centre Carnegie.

Les États-Unis et l’UE avaient réagi à la prise de contrôle de la Crimée par Moscou en adoptant des sanctions à l’encontre de responsables Russes ou Ukrainiens pro-russes. Le président américain, Barack Obama, a ensuite évoqué l’idée de s’en prendre à des secteurs clés de l’économie russe, déjà en perte de vitesse, en cas d’escalade.

Les risques sont plus élevés 

De plus, souligne l’expert Konstantin Kalatchev, il n’y a pas de consensus à l’égard de la Russie dans les régions industrielles russophones de l’est de l’Ukraine.

Seulement 30% des habitants, selon les sondages, voudraient se séparer de l’Ukraine pour rejoindre la Russie, ce qui est loin de l’unanimité constatée en Crimée, observe M. Kalatchev.

Contrairement à la péninsule de Crimée, renchérit le quotidien Vedomosti dans un éditorial, ces régions ne sont pas isolées géographiquement, et ne comportent pas de base militaire russe.

Si l’on rationalise la politique du Kremlin à l’égard de l’Ukraine, toute intervention militaire dans le sud-est de l’Ukraine paraît inutile et sans intérêt. La situation sociale et le niveau de soutien n’ont rien à voir avec ce qui a été constaté en Crimée, les risques sont beaucoup plus élevés à tous points de vue, notamment financiers, estime le quotidien des affaires.

La politique actuelle du Kremlin consiste donc à soutenir et contrôler l’instabilité dans l’est de l’Ukraine, afin de mettre en doute la légitimité de l’élection présidentielle et d’essayer d’influer sur les réformes constitutionnelles dans l’ex-république soviétique, explique Vedomosti.

Car les favoris de ce scrutin prévu le 25 mai 2014 — fixé après la destitution fin février du président pro-russe Viktor Ianoukovitch qui avait tourné le dos à l’Europe au profit de Moscou — sont des pro-européens décidés à arrimer à l’Ouest ce pays de 46 millions d’habitants frontalier de l’Union européenne.

Les États-Unis ont accusé mardi la Russie de semer le chaos en Ukraine, Kiev qualifiant de son côté les séparatistes pro-russes occupant des bâtiments administratifs à Donestk, Kharkiv et Lougansk de terroristes et criminels.

Réfutant ces accusations, le président russe Vladimir Poutine a mis en garde Kiev mercredi contre toute action irréparable, après les menaces du gouvernement pro-européen à Kiev — que Moscou ne reconnaît pas — d’intervenir contre les séparatistes retranchés dans deux villes de l’Est.

Pour M. Kalatchev, l’objectif minimum de la Russie, c’est d’arriver à ce que l’Ukraine devienne une fédération, idée lancée fin mars par le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, qui permettrait pour Moscou de protéger les droits de la population russophone.

Une telle structure avec davantage d’autonomie aux régions ukrainiennes permettrait de faire en sorte que tout ce qui ne convient pas à la Russie, par exemple l’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN, puisse être torpillé par référendum avec l’aide des régions de l’est russophone, estime M. Kalatchev.

(©AFP / 10 avril 2014 15h33) UKRAINE: POUTINE POUR LE CHAOS DANS L'EST MAIS PAS D'INTERVENTION MILITAIRE (AFP) dans REFLEXIONS PERSONNELLES

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 10 avril, 2014 |Pas de commentaires »

DECHETS NUCLEAIRES: ON NE SAIT QU’EN FAIRE ! (www.vivre-apres-fukushima.fr)

Déchets nucléaires:

On ne sait qu’en faire !

FUKUSHIMA vers une contamination planétaire

(http://www.vivre-apres-fukushima.fr)

A Fukushima, on ne sait que faire de ces dangereux déchets:

AAAAAAA

(Photo: Détail de la centrale de FUKUSHIMA / TEPCO)

Dans les zones contaminées on rencontre un peu partout des amoncellements de sacs contenant les déchets de la « décontamination », en attente d’un stockage plus durable. Des sacs de déchets ont également été enterrés dans les jardins des particuliers.
Jusque dans la banlieue de Tokyo on entasse des déchets de décontamination « provisoirement » (boues de curage des fossés, cendres d’incinération…).
L’état voudrait bien trouver des sites pour entasser tous ces déchets, mais les communes rechignent à devenir des sites de poubelles nucléaires.

Sur le site de la centrale en ruines, c’est la catastrophe:

MASQUE

Des centaines de réservoirs pleins d’eaux radioactives fuient régulièrement.
La nappe phréatique sous jacente est largement polluée.
Des centaines de m3 d’eau contaminée fuient chaque jour vers l’Océan où ils échappent à tout contrôle [et polluent toute la planète.][fin de phrase rajouté par Thierry LAMIREAU]

Quand aux combustibles des 4 réacteurs: 3 ont fondu et ont percé leurs enceintes de confinement : on ne peut même pas s’en approcher sous peine de mort tant le rayonnement est fort.
TEPCO est en train de vider la piscine du réacteur n°4 du combustible qui y est stocké…pour l’instant cela se passe bien…mais ils vont bien devoir mettre tout celà quelque part par la suite…

Le Japon n’et pas une exception sur ce sujet:
Nulle part on ne sait stocker les déchets nucléaires en sécurité 

La traînée radioactive de l'explosion de Maïak

Déjà en URSS, l’année 1957 il y a eu une explosion très contaminante dans un stockage de déchets radioactifs de Maïak (Oural – Tcheliabinsk) avec évacuation de la population.
Cet accident a été classé de niveau 6 sur 7
Plus de détails sur Wikipedia

Depuis le 14 Février 2014, aux USA, la décharge expérimentale de déchets nucléaires «WIPP» au Nouveau Mexique fuit suite à peut-être un effondrement dans la mine de sel où elle a été creusée.

Elle émet à l’air libre notamment du Plutonium; c’est l’un des produits les plus dangereux et de très longue durée: (240.000 ans).

fichier pdf IRSN_Problèmes au centre de stockage de WIPP aux USA

Voyez ci dessous l’exposé sous-titré en français d’Arnie Gundersen, expert mondialement reconnu en physique nucléaire.

Merci à KNA pour son travail de sous-titrage.

En France, nous n’avons aucun site de stockage

longue durée en sécurité:

Nuclear_Reactor_by_goran_d

Nous ne disposons d’aucun site sûr de stockage des tonnes de déchets radioactifs produits par l’armée et l’industrie nucléaire civile.
Il existe un projet expérimental à BURE, dans l’argile, très controversé…[en réalité une parodie de démocratie et une hypocrisie technologique.][phrase rajoutée par Thierry LAMIREAU]

 La Finlande a démarré le projet ONCALO:

Sigle RADIOACTIVITE2

Stockage «Pour l’éternité»
La bande annonce d’un documentaire
Un article de rue89-Nel Obs


Les déchets nucléaires civils et militaires
s’accumulent sur notre planète.
AAAAAAAA
L’industrie nucléaire ne sait toujours pas à ce jour assurer la sécurité des populations…[et ne le saura jamais !][fin de phrase rajouté par Thierry LAMIREAU]

http://www.vivre-apres-fukushima.fr

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 26 mars, 2014 |Pas de commentaires »

USA: APRES LES « RADIUM GIRLS », UN NOUVEAU SCANDALE IMPLIQUANT « US.RADIUM » ?

USA:

Après les « Radium Girls »,

un nouveau scandale

impliquant « US. Radium »?

USA: APRES LES

Du Radium 226 dispersé sur la population de St. Louis ?

Lisa Martino-Taylor, professeur de Sociologie à l’Université de St. Louis, a récemment soutenu dans sa thèse de Doctorat que la tristement célèbre compagnie US. Radium aurait fabriqué un composé radioactif, le FP-2266, à base de Radium, qui aurait été incorporé dans un aérosol qui aurait ensuite été disséminé à titre « expérimental » sur la population de certains quartiers de la ville vers les années 1960.

Orange County, USA, années 1920

L’affaire des « Radium Girls » fit grand bruit aux États-Unis car elle était la manifestation de l’un des premiers « échecs » scientifiques touchant la radioactivité. A partir de l’année 1917, la société US. Radium fit appliquer de la peinture Undark à base de Radium 226 sur des cadrans de montres, réveils… par plus de 4000 employées au total qui ignoraient tout de la radiotoxicité du produit utilisé.

Lors de leur formation, les employées étaient entrainées à mouiller au moyen de leurs lèvres le bout du pinceau qui leur servait ensuite à appliquer la peinture fluorescente, manœuvre parfaitement inoffensive selon US. Radium, alors que, très cyniquement, leurs propres chimistes manipulaient à l’étage supérieur la peinture Undark à l’aide de gants, pinces et écrans de plomb.

Bien des années plus tard, en 1922, les premiers cas de Radium Jaw – Ostéosarcome radio-induit du maxillaire – apparaissaient chez les employées ; les ouvrières survivantes se regroupèrent pour intenter en 1928 un procès contre US. Radium qui fit les grands titres de la presse de l’époque.

Les « Radium Girls » au travail : la peinture Undark contenait 22 µCu de Ra-226 par gramme (400 µSv/h au contact d’un gramme de peinture) cf. https://carlwillis.wordpress.com/tag/undark/

US. Radium, le TEPCO américain ?

La manière dont la société US. Radium traita le (non-)problème d’empoisonnement de ses ouvrières fût à la hauteur des mensonges d’État qui entourèrent la catastrophe de Fukushima-Daiichi : dissimulations de la gravité de la situation, manquements graves aux règles de sécurité (1), tentatives de corruption des experts médicaux et scientifiques, manipulation des dossiers médicaux des employées… Rien ne fût épargné aux malheureuses que leur employeur alla jusqu’à accuser de mœurs dissolues ayant entrainé des maladies vénériennes à la source des pathologies osseuses…

Les affaires sont les affaires

La société US. Radium, nullement affectée par ce premier scandale étouffé (2) poursuivit ses activités sous le nouveau nom de Safety Light Corp. (sic), qu’elle mettra en œuvre à partir de 1926 (3). Son fondateur, le Dr Von Soshocky, disparaissait d’ailleurs peu après, tué par sa propre invention qui déclencha chez lui une anémie aplasique radio-induite. Les affaires étant les affaires, la société exploita ensuite plusieurs sites de traitement de minerais radioactifs, notamment en Pennsylvanie sur un site fermé en 2007 et qui dut être décontaminé par l’État Américain suite à la faillite de l’entreprise en 2008.

Saint-Louis, Missouri, 1955-1965 : l’expérience maudite

D’après le Professeur Martino-Taylor, US. Radium aurait été l’une des sociétés ayant mis au point un composé appelé FP-2266 qui aurait été livré à l’armée américaine dès les années 1940. Cette poudre fluorescente était composée d’un sulfure de Zinc, de Cadmium et du radio-élément Ra-226, composant qui le rendait singulièrement fluorescent sous un éclairage ultra-violet.

L’utilité de cet aérosol reste mystérieux à ce jour, différentes hypothèses exposent une expérimentation passive anti-radiation typiquement « guerre froide » (basée sur un élément radioactif ?), un écran de fumée destiné à protéger la ville de St. Louis en cas d’attaque aérienne Soviétique (sic) ; d’autres sources affirment que l’expérience était plutôt du genre « active » et que la ville de St Louis avait été « choisie » pour sa ressemblance avec certaines villes d’Union Soviétique. Bref, le flou le plus complet (4).

L’aérosol FP-2226 semble avoir été dispersé en direction d’un quartier pauvre et majoritairement colored (noir) de St Louis appelé Pruitt-Igoe qui abritait environ 10.000 habitants dont environ 7000 jeunes de moins de 12 ans ; le quartier de Pruitt-Igoe a ensuite mystérieusement été rasé en 1972.

Des diffuseurs placés sur des buildings et dans des parcs

publics

L’armée américaine avait utilisé d’autres moyens mobiles de dispersion d’aérosols « expérimentaux » (5) comme les avions ou les hélicoptères – ou même des véhicules terrestres – mais il semble que lors de « l’expérience » menée à St Louis des diffuseurs d’aérosols fixes aient été utilisés. Un des rapports militaires déclassifiés explique ainsi qu’entre autres, l’un des plus hauts bâtiments de la ville, le Knight of Colombus a accueilli un moment les équipements sur sa terrasse.

Deux Sénateurs locaux réclament des explications

Le Professeur Martino-Taylor a patiemment rassemblé les pièces d’un puzzle en demandant par exemple une à une la dé-classification de documents militaires mais une partie de l’énigme reste secrète : il apparaitrait en effet que les militaires et les scientifiques concernés par l’opération menée à St. Louis faisaient en fait partie du célèbre projet Manhattan qui désignait aux USA tout ce qui concernait les applications militaires ultra-secrètes de l’atome depuis les années 1940.

Afin d’éclaircir un peu plus cette affaire plus qu’opaque malgré les travaux acharnés de la sociologue, les Sénateurs Claire Mc Caskill (Dém.) et Roy Blunt (Rép.) ont officiellement réclamé l’ouverture d’une enquête sur ce que ce dernier a appelé des découvertes « totalement révoltantes ». Malgré ou plutôt à cause de ce questionnement, les services de presse des intéressés ont indiqué n’avoir reçu à ce jour aucune réponse officielle à leurs interrogations. Sans blague ?

Des inquiétudes sur la santé des habitants exposés

Malgré le manque cruel d’étude épidémiologique, les habitants exposés semblent connaître des épisodes de mortalité par cancer importants, ce qui a amené le Dr Martino-Taylor à faire de cette expérience le sujet de sa thèse de doctorat. Parmi sa famille et ses amis, nombreux étaient ceux affectés par un cancer qui se posaient de nombreuses questions en lien avec l’expérience maudite. Certaines familles pauvres (et noires) ont ainsi constaté qu’une partie des fratries était touchée par des pathologies cancéreuses infantiles.

EDIT (08/10) La version officielle évoque bien une radioactivité résiduelle à St. Louis mais qui serait due soit aux essais nucléaires Soviétiques de 1958 (sic, merci à P. Scampa) soit par un dépôt de minerais situé au Nord de la ville qui renfermerait des déchets de Radium (tiens tiens), de Thorium et d’Uranium. Aucun mot sur les éventuels essais de dispersion d’aérosols radioactifs.


(1) Les premiers règlements de radioprotection apparurent aux USA. vers 1922 mais la société US Radium n’en tint aucun compte

(2) Le procès fut abandonné après que les ouvrières, gravement malades et à qui il restait peu de temps à vivre, acceptèrent finalement en novembre 1928 un dédommagement conséquent de US. Radium ; ce deal leur évita de devoir connaître le résultat d’un procès scandaleusement lent… dans leurs tombes

(3) Date incertaine… le changement de nom s’effectua au cours des années 1980 d’après la NRC

(4) Désinformer largement est une tactique bien maitrisée par les autorités et les « agences » américaines…

(5) On se souvient bien sûr du tristement célèbre agent « orange » à base de dioxine dispersé largement au Vietnam


Sources:

The Manhattan-Rochester Coalition, Thèse de doctorat de Lisa Martino-Taylor, 07/2012

Army scientists secretly sprayed St. Louis with radioactive particles, Daily Mail, 29/9/12

I-Tteam : The Army’s secret Cold War experiment on St Louisans, KSDK TV, 25/9/12 (Vidéo, 4’21 »)

St. Louis North County feasibility Study, USACE, (2003 ?)

350 CPM from Indoor Airborne Paticles, St. Louis, Mo, 18/11/11, Vidéo Youtube, 15′

L’histoire des Radium Girls et d’US Radium, Wikipedia

L’affaire des irradiées du New-Jersey, Slate, 2011

Undark Paint and Radium Girls, damninteresting.com, 2006


The Radium Girls 

(Bill KOVARIK)

(1912)

Radium girls

radium2.cartoon ARMEE AMERICAINE dans REFLEXIONS PERSONNELLES
The Doors of Justice are barred to the “Doomed Radium Victims,” and notes explain that it is due to “statute of limitations, summer vacation, postponement,” in this May 20, 1928 New York World editorial cartoon.

(By Bill Kovarik and Mark Neuzil, from Mass Media and Environmental Conflict (Sage, 1996), p. 32-52.)

Grace Fryer and the other women at the radium factory in Orange, New Jersey, had no idea that they were being poisoned.

It was a little strange, Fryer said, that when she blew her nose, her handkerchief glowed in the dark. But everyone knew the stuff was harmless. The women even painted their nails and their teeth to surprise their boyfriends when the lights went out. They all had a good laugh, then got back to work, painting a glow-in-the-dark radium compound on the dials of watches, clocks, altimeters and other instruments.

Grace started working in the spring of 1917 with 70 other women in a large, dusty room filled with long tables. Racks of dials waiting to be painted sat next to each woman’s chair. They mixed up glue, water and radium powder into a glowing greenish-white paint, and carefully applied it with a camel hair brush to the dial numbers. After a few strokes, the brushes would lose their shape, and the women couldn’t paint accurately. “Our instructors told us to point them with our lips,” she said. “I think I pointed mine with my lips about six times to every watch dial. It didn’t taste funny. It didn’t have any taste, and I didn’t know it was harmful.” (1) 

Nobody knew it was harmful, except the owners of the U.S. Radium Corporation and scientists who were familiar with the effects of radium. Those days, most people thought radium was some kind of miracle elixir that could cure cancer and many other medical problems.

Grace quit the factory in 1920 for a better job as a bank teller. About two years later, her teeth started falling out and her jaw developed a painful abscess. The hazel eyes that had charmed her friends now clouded with pain. She consulted a series of doctors, but none had seen a problem like it. X-ray photos of her mouth and back showed the development of a serious bone decay. Finally, in July 1925, one doctor suggested that the problems may have been caused by her former occupation.

As she began to investigate the possibility, Columbia University specialist Frederick Flynn, who said he was referred by friends, asked to examine her. The results, he said, showed that her health was as good as his. A consultant who happened to be present emphatically agreed. Later, Fryer found out that this examination was part of a campaign of misinformation started by the U.S. Radium Corporation. The Columbia specialist was not licensed to practice medicine — he was an industrial toxicologist on contract with her former employer. The colleague had no medical training either — he was a vice president of U.S. Radium. 2

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The large dusty room in the Orange, N.J. radium dial factory in the mid-1920s. (Argonne National Labs)

Grace Fryer probably would have been another unknown victim of a bizarre new occupational disease if it had not been for an organization called the Consumers League and journalist Walter Lippmann, the editor of the New York World. Formed in 1899, the Consumers League fought for an end to child labor, a safe workplace and minimum pay and decent working hours for women.3  Lippmann was a crusading journalist and former muckraker who edited a powerful New York newspaper at a time when New York newspapers were the most influential in the country.

The Consumers League

The request of a city health department official in Orange, New Jersey, brought the Consumers League into an investigation of the suspicious deaths of four radium factory workers between 1922 and 1924. The request was not unprecedented, since league officials had been involved in many official state and federal investigations. The causes of death in the Orange cases were listed as phosphorous
poisoning, mouth ulcers and syphilis, but factory workers suspected that the dial painting ingredients had something to do with it.

New Jersey Consumers League chairman Katherine Wiley brought in a statistical expert and also contacted Alice Hamilton, a Harvard University authority on workers’ health issues. Hamilton was on the league’s national board, and as it turned out, she was already involved in another aspect of the same case.

A few years earlier, a colleague at Harvard, physiology professor Cecil Drinker, had been asked to study the working conditions at U.S. Radium and report back to the company. Drinker found a heavily contaminated work force, unusual blood conditions in virtually everyone, and advanced radium necrosis in several workers.

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Close-up of a dial painters work station, Ottawa, Ill, probably between 1922 – 1930. (Courtesy Argonne National Lab).

During the investigation, Drinker noticed that U.S. Radium’s chemist, Edward Lehman, had serious lesions on his hands. When Drinker spoke to him about the danger in the careless and unprotected the way he handled the radium, he “scoffed at the possibility of future damage,” Drinker said. “This attitude was characteristic of those in authority throughout the plant. There seemed to be an utter lack of realization of the dangers inherent in the material which was being manufactured.”4 Lehman died a year later.

Drinker’s June 1924 report recommended changes in procedures to protect the workers, but Arthur Roeder, president of U.S. Radium, resisted the suggestions. In correspondence with Drinker, Roeder raised several points that disputed the findings and promised to send along facts to back up the assertions, which he never did. At the same time, Roeder refused to give the Harvard professor permission to publish his findings about the new radium disease at the plant, insisting that Drinker had agreed to confidentiality. Eventually, U.S. Radium threatened legal action against Drinker.5

Roeder was also in correspondence with Wiley at the Consumers League. Wiley wanted U.S. Radium to pay some of the medical expenses for Grace Fryer and the other employees having problems. Roeder said that Fryer’s condition had nothing to do with radium, saying it must be “phospho jaw or something very similar to it.” He also accused Wiley of acting in bad faith, saying that a small amount of data from the company was shared with the league in confidence, and he claimed Wiley betrayed his confidence.6

In April 1925, Alice Hamilton wrote to Katherine R. Drinker, also a Ph.D. and a partner with her husband Cecil in their U.S. Radium investigation. The letter, on Hull House stationery, said:

“… Mr. Roeder is not giving you and Dr. Drinker a very square deal. I had heard before that he tells everyone he is absolutely safe because he has a report from you exonerating him from any possible responsibility in the illness of the girls, but now it looks as if he has gone still farther… [The New Jersey Department of Labor] has a copy of your report and it shows that ‘every girl is in perfect condition.’ Do you suppose Roeder could do such as thing as to issue a forged report in your name?” 7

After Hamilton’s letter, Cecil Drinker realized why Roeder had been stalling him and trying to keep his report from being published. Drinker then sent his original report to the Department of Labor and made arrangements to publish it in a scientific journal, despite U.S. Radium’s threats. Meanwhile, a Consumer League consultant trumped the Drinkers by reading a radium necrosis paper at the American Medical Association conference.8  Drinker finally published the paper later that year, concluding:

“Dust samples collected in the workroom from various locations and from chairs not used by the workers were all luminous in the dark room. Their hair,  faces, hands, arms, necks, the dresses, the underclothes, even the corsets of the dial painters were luminous. One of the girls showed luminous spots on her legs and thighs. The back of another was luminous almost to the waist….”9

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Alice Hamilton, MD, Harvard professor of public health, who exposed injustice and occupational hazards of the Radium Girls, lead workers and many others.

This casual attitude toward the green radium powder was not matched in other parts of the factory, especially the laboratory, where chemists typically used lead screens, masks and tongs. Yet the company management “in no way screened, protected or warned the dial painters,” Fryer’s attorney, Raymond Berry, charged.

The “radium girls,” like many other factory workers at the time, were expendable.

Radium’s Dangers

Even if some US Radium officials were oblivious, the scientific and medical literature contained plenty of information about the hazards of radium. Even one of U.S. Radium’s own publications, distributed to hospitals and doctors’ offices, contained a section with dozens of references labeled “Radium Dangers — Injurious Effects.” Some of the references datedback to 1906.

Although the hazards of radium were well recognized in scientific literature, the popular press saw radium as a scientific miracle with enormous curative powers. The “radium craze” in America and Europe, which began around 1903, familiarized the public with the word “radium.”

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Radithor, a miracle cure for — and cause of — cancer. (Argonne National Lab).

One historian said: “The spectacular properties of this element and its envisioned uses were heralded without restraint in newspapers, magazines and books and by lecturers, poets, novelists, choreographers, bartenders, society matrons, croupiers, physicians and the United States government.” Stomach cancer could be cured, it was imagined, by drinking a radium concoction that bathed the affected parts in “liquid sunshine.” 10

One of the medical drinks sold over the counter until 1931, “Radithor,” contained enough radium to kill hundreds or possibly thousands of unsuspecting health enthusiasts who drank it regularly for several years.11 An overview of newspaper and magazine articles on radium in the first decades of the 20th century found their tone strongly positive.12

Even when hazards emerged in mainstream press coverage, the benefits usually outweighed the dangers. For instance, the death of French scientist Jean Alban Bergonié provoked a spate of news articles extolling the “martyrs to science” who died experimenting with the element. The New York World counted 140 scientists who, like Bergonié, had given their lives for humanity. The sacrifice had been worthwhile, the newspaper said:

“Nowadays, tested precautions make the manipulation of radium or the use of x-rays as innocuous to both operator and patient as the pounding of a typewriter… The exploration has cost many lives and untold agonies, but the martyrs would undoubtedly be the first to assert that the gain in knowledge had been worth the price. Both discoveries are now thoroughly established as safe, healing agencies of the utmost value.”13

Many scientists felt threatened by the idea that radium could cause, rather than cure, cancer. “If radium has unknown dangers, it might seriously injure the therapeutic use of radium,” Charles Norris, chief medical examiner of New York, wrote Raymond Berry during Fryer’s lawsuit.14  An mining agent and former partner in U.S. Radium also wrote to Berry: “Thousands in Germany have been taking radium salts, admixed with bicarbonate of soda, as a vital stimulant,”
he said. The bone afflictions of the “radium girls” was probably produced by the glue or another ingredient, but “radium could not produce the results ascribed to it.”15

The Lawsuit

Although it meant flying in the face of some medical opinion, Grace Fryer decided to sue U.S. Radium, but it took her two years to find an attorney willing to take the case. On May 18, 1927, Raymond Berry, a young Newark attorney, took the case on contingency and filed a lawsuit in a New Jersey court on her behalf. Four other women with severe medical problems quickly joined the lawsuit. They were Edna Hussman, Katherine Schaub, and sisters Quinta McDonald and Albina Larice. Each asked for $250,000 in compensation for medical expenses and pain.

The five dying women became known in newspaper articles throughout the world as “the Radium Girls.”

The first legal hurdle was New Jersey’s two-year statute of limitations. Berry contended that the statute applied from the moment the women learned about the source of their problems, not from the date they quit working for U.S. Radium. Berry alleged that U.S. Radium’s misrepresentation of scientific opinion and campaign of misinformation was the reason that the women were not informed and did not take legal action within the statute of limitations.  US Radium company attorneys responded by attacking Berry’s character and threatening charges before the bar association.

While Berry and the company skirmished in court, medical examiners from New Jersey and New York continued to investigate the suspicious deaths of plant workers. Amelia Maggia, a former dial painter and sister of two of the Radium Girls, McDonald and Larice, died in 1922 from what was said to be syphilis and was buried in Rosemont Cemetery in Orange.

She had been treated by a New York dentist, Joseph P. Knef, who had removed Maggia’s decayed jawbone some months before she died. “Before Miss Maggia’s death I became suspicious that she might be suffering from some occupational disease,” Knef said. At first he suspected phosphorous, which produced the notorious “phossy jaw” necrosis common among match makers in the early 18th century.

“I asked the radium people for the formula of their compound, but this was refused,” Knef said. “After the girl’s death so many other persons were sent to me with almost similar symptoms that I became more suspicious, and took up the study of radium with an expert.”16 In 1924, Knef wrapped the jawbone in unexposed dental film for a week and then developed the film. He also checked the bone with an electroscope to confirm its radioactivity and then wrote a paper with the Essex County medical examiner identifying radium necrosis. 17

In the words of a Newark, N.J., newspaper: “Dr. Knef then described how radium, hailed as a boon to mankind in treatment of cancer and other diseases, becomes a subtle death-dealing menace.”

An autopsy could confirm Knef’s findings, and after a formal request by the Maggia sisters and Raymond Berry, Amelia’s body was exhumed on October 16, 1927. The autopsy confirmed that her bones were highly radioactive. Clearly, Maggia had not died of syphilis, but of the new and mysterious necrosis that was also killing her sisters. In a way, it was a relief, since contracting a venereal disease like syphilis was considered disgraceful. And yet, now the radium girls   also knew that they were in for an early,  prolonged and very painful death.

The Media Coverage

The larger media outlets began picking up the story of the New Jersey women after it was legitimized in a courtroom setting — a formal structure for news gathering.  Most of the news media dove in with a mix of sensationalism and muckraking that accelerated and expanded the controversy.

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Catharine Donohue of Ottowa, Illinois lays dying in July, 1937.
She had just won her court case. The reporting here is mild compared to the way many of the Radium Girls were treated. But from their point of view, sensationalized exploitation of suffering was needed to force justice from industry and the unsympathetic courts. So in that sense, even the worst of the press could be the best of friends. This clip is from an excellent contribution by Len Grossman.

For instance, in the fall of 1927, an enterprising Star Eagle reporter found that U.S. Radium had reached out-of-court settlements with the families of other radium workers in 1926, paying a total of $13,000 in three cases. 18

The news media suddenly found the story irresistible. Headlines included: “Woman Awaiting Death Tells How Radium Poison Slowly, Painfully Kills”20 and “Would You Die for Science? Some Would.”21

The newspapers followed the twists and turns in the case, particularly the suffering of the women, the disappearing hope for a cure and the company’s defense. One of the macabre fascinations with the “Radium Girls” story was how — assuming the women won the lawsuit — one might spend a quarter million dollars with only a year to live. One enterprising newspaper asked 10 randomly selected women what they would do. Most of the responses involved spending sprees and charity donations.22

Legal maneuvers took most of 1927, and the medical condition of the five women worsened considerably. The two sisters were bedridden, and Grace Fryer had lost all of her teeth and could not sit up without the use of a back brace, much less walk.

At the first court hearing on January 11, 1928, the women could not raise their arms to take the oath. All five of the “Radium Girls” were dying.

“When pretty Grace Fryer took the witness stand, she said her health had been good until after she had been employed at the radium plant,” one news account said. Fryer and the others bravely tried to keep smiling, but friends and spectators in the courtroom wept. Edna Hussman told the court about the financial troubles the medical bills were causing: “I cannot even keep my little home, our bungalow,” she said. “I know I will not live much longer, for now I cannot sleep at night for the pains.” She was content, however, because her children would be cared for by relatives. 19

By April, the women were not physically or mentally able to attend a second hearing in court. Their attorney was caustic: “When you have heard that you are going to die, that there is no hope — and every newspaper you pick up prints what really amounts to your obituary — there is nothing else,” Berry said.23

French scientist Marie Curie, the discoverer of radium, read about the case and told papers in her home country that she had never heard of anything like it, “not even in wartime when countless factories were employed in work dealing with radium.” French radium workers used small sticks with cotton wadding rather than paintbrushes, she said. Although the five New Jersey women could eat raw liver to help counteract the anemia-like effects of radiation sickness, they should not hope for a cure for radium poisoning.

“I would be only too happy to give any aid that I could,” Curie said. However, “there is absolutely no means of destroying the substance once it enters the human body.”24 A local newspaper said Madame Curie had “affirmed the doom already sounded by leading medical authorities who have examined the girls.” The predictable reaction, the paper said, was that “some of the victims were prostrated with grief last night when they received the news.”25

Curie heard about the reaction and, on June 4, said: “I am not a doctor, so I cannot venture an opinion on whether the New Jersey girls will die. But from newspaper descriptions of the manner in which they worked, I think it imperative to change the method of using radium.”26 Curie herself would die of radium poisoning only a few years later, in 1934.

Time was running out, and Berry, Wiley, Hamilton and others had long been concerned that legal maneuvering would delay justice until well after the women were dead. As anticipated, U.S. Radium did not hesitate to use delaying tactics. After the hearing on April 25, 1928, the Chancery court judge adjourned the case until September despite Berry’s strenuous objections. Berry reminded the judge that the women were dying, and might not live until September. Berry also
found lawyers with cases scheduled in less than a month who were willing to take a September court date to give the “Radium Girls” their day in court. But U.S. Radium attorneys said that their own witnesses would not be available as many were going to Europe for the summer on vacation, and the judge insisted on continuing the case until September.

Walter Lippmann and the New York Press

The blizzard of publicity surrounding the case worried some medical consultants. “Can you get the [newspapers] to agree to keep the women out of the paper henceforth?” one doctor wrote Berry. “We all agreed that this should be done and that the publicity has had a bad effect on the patients. One was quoted as seeing her body glow as she stood before a mirror…”27 Another doctor wrote: “I would certainly not like to have anything the matter with me and be told every few weeks that I was going to die… Surely you realize what the psychological effect of that would be.”28 Berry protested: “I am absolutely unconnected, in any way, with newspaper articles  which are published. I have endeavored to discourage publicity…”29

Walter_Lippmann PHOTOS
Walter Lippmann, editor of the New York World, who helped the Radium Girls without exploiting their suffering.

In spite of the  sensationalism, a moment arrived in the case when the “Radium Girls” needed a champion. Their physical condition was deteriorating and their financial situation was pitiful. Time was running out.

The task of getting sympathetic publicity fell to Alice Hamilton, who had carefully laid out a strategy in the previous months with the editor of one of the nation’s most powerful newspapers of the time, the New York World. An avowedly liberal newspaper founded by Joseph Pulitzer, the World championed public health causes as part of its mission to “never lack sympathy with the poor [and] always remain devoted to the public welfare.”30 Hamilton’s long-time friend was World editor Walter Lippmann; he had already worked with Hamilton, ensuring that coverage of the Ethyl leaded gasoline controversy in 1925 included both sides of the story, including large amounts of copy from university scientists critical of Standard Oil company. 31

Hamilton wrote to Lippmann in 1927 as a first step. “There is a situation at present which seems to me to be in need of the sort of help which the World gave in the tetra-ethyl affair,” Hamilton wrote.32 Lippmann said he would look into it, and then wrote to Berry: “Dr. Hamilton has asked The World to interest itself in this case and has told me that you have the necessary documents. I should appreciate it if you could let me see them.”33

While Lippmann studied the documents, the New Jersey judge continued the case until September, and like many others, he found this infuriating. Lippmann stepped out of his normally cool and sober editorial pulpit to say, in a May 10, 1928 editorial, that the decision to delay the trial was a “damnable travesty of justice… There is no possible excuse for such a delay. The women are dying. If ever a case called for prompt adjudication, it is the case of five crippled women who are fighting for a few miserable dollars to ease their last days on earth…”34

At this point, Frederick B. Flynn, the Columbia University consultant for U.S. Radium, called a press conference and proclaimed that the women could survive and that he found no radioactivity in his tests. When the press turned to Berry, he refused to comment, saying he would “prefer to try the case in court.”35 But Lippmann was furious.

“To dispute whether they can live four months or four years while lawyers wrangle over technicalities is to make the case more stupendously horrible than ever. The whole thing becomes a legal nightmare when, in order to obtain justice,  five women have to go to court and prove that they are dying while lawyers and experts on the other side to go the newspapers to prove that they may live somewhat longer… This is a heartless proceeding. It is unmanly, unjust and cruel. This is a case which calls not for fine-spun litigation but for simple, quick, direct justice.”36

Lippmann’s editorials, Berry’s maneuverings, the behind-the-scenes public relations work of Hamilton and others, and the accumulating outrage as represented in headlines convinced the New Jersey court system, and a trial was rescheduled for early June 1928.

Thousands of sympathy letters and quack remedies arrived at the women’s homes and the office of their attorney. Inject tannin, said one. Drink Venecine health juice, said another. Drink “mazoon,” an old world cure-all, said a third, but the author did not include the recipe for the potion.

The New York Graphic wrote to offer the services of its editor Bernarr MacFadden, the “famous nature healer.” He would work for free, the Graphic letter said, in exchange for publicity rights. “Since the medical doctors have given you up, you have nothing to lose and much to again by trying natural methods… Of course, we would expect you to be willing to cooperate with us to the fullest extent and to allow us to give full publicity to the case.”37

The Settlement and Its Aftermath

With Lippmann and the newspapers outraged and public opinion building in favor of the victims, pressure to settle the case built on U.S. Radium. In early June, a federal judge volunteered to mediate the dispute and help reach an out-of-court settlement. Days before the case was to go to trial, Berry and the five “Radium Girls” agreed that each would receive $10,000 and a $600 per year annuity while they lived, and that all medical and legal expenses incurred would also be paid by the company. The agreement also stipulated payment for all future medical expenses, which would be determined by an impartial panel of physicians.

Berry was not entirely happy with the settlement, feeling that “the corporation gets a great advantage,” although he knew that the women’s situation had grown desperate. He was also skeptical of the mediator, U.S. District Court Judge William Clark. “He is, I am sure, a very honorable man and genuinely interested in social problems,” but he is “a man whose circumstances in life place him
in the employer’s camp.” Berry was informed that Judge Clark was a stockholder in the U.S. Radium Corporation.38

Meanwhile, the national president of the Consumers League, Florence Kelly, wrote to Alice Hamilton saying she was “haunted” by the “cold blooded murder in industry” that was taking place in the radium case. Kelly led other state chapters of the Consumers League in checking other radium dial plants, including those in Pennsylvania and Illinois.

Along with investigating other plants, Kelly and Hamilton agreed that another step needed to be taken. In a meeting in New York City, the medical examiners for New York and New Jersey sat down with Hamilton, Kelly and Berry. The group agreed on a strategy for proposing a general conference on radium factory safety standards to Surgeon General Hugh Cumming of the U.S. Public Health Service.

The medical examiners signed a letter proposing the conference, and the New York World supported it editorially. Kelly and her colleague, Josephine Goldmark, visited Lippmann and Goldmark wrote this account of the meeting:39

“The day we visited him in his small office high up in the dome of the old World building was not wholly propitious for detailing our plans. The political campaign of 1928 was in full swing and just at the moment when we reached his office, Mr. Lippmann, as I recollect it, was receiving the first wires from the Democratic National Convention in Chicago. He listened to us with interest, nevertheless, and promised his full aid as soon as the letter to the Surgeon General had been sent. But he counseled delay… [as Kelly put it] Lippmann agreed to help us in every way possible, but warned us that we should injure our case if we attempted to present it publicly before July 4th, after the close of the second presidential convention.”40

All agreed to wait for Hamilton’s signal, and Hamilton and Lippmann stayed in close touch during those weeks in July 1928. On July 16, as the letter went out, Lippmann wrote in an editorial: “In many aspects the disease is surrounded by mystery which only an expert, impartial and national agency can remove… clearly this is a task for the Public Health Service.”41

Other endorsements followed, including one from Mrs. Franklin D. Roosevelt, a board member with Hamilton on the National Consumers League. Surgeon General Cumming agreed to the conference and called interested parties together on December 20, 1928.

The conference agreed that two committees should be set up: one to investigate existing conditions and a second to recommend the best known means of protection for workers. A Public Health Service official, James P. Leake, commended the Consumers League and others who had worked on behalf of public health and worker safety. “By focusing public attention on some of these horrible examples,” Leake said, “the broader problems of disease prevention… can be greatly reduced.

“It was so [also this way] in the tetra-ethyl lead work.” He added: “The martyrdom of a few may save many.”42

Ironically, one of those not saved was Austrian physician Sabin A. von Sochocky, the original inventor of  radium paint. He died in Orange, N.J., on Nov. 14, 1928, protesting until the last that his invention could not have been harmful. 43

CONCLUSION:

The five “Radium Girls” died over the next few months and years.  Their  fate
was already sealed when they dipped paintbrushes into radium paint and sharpened the bristles with their mouths.

Although warnings about the dangers of radium were available, they went unheeded, in large part because radium was new to science and medicine,  with a legitimacy that placed it beyond criticism.

But the reverence for science was a refuge for US Radium Corporation,  as we have seen.  It was not until Lippmann and other mainstream media outlets became involved in the story — and that involvement was accelerated by the legitimation of the legal system — that the Radium Girls finally settled their lawsuit, albeit for $10,000-plus, much less than the $250,000 they had hoped to receive.

The Consumers League and the news media as represented by Lippmann believed that they served the democratic process and solved the problem. And yet, only ten years later, another group of radium dial painters in Ottowa, Illinois, would bring a lawsuit under very similar circumstances.

Goldmark said, “The hazards of another lethal industrial poison were overcome, and the democratic process of government by informed public opinion was again justified.”43 The newspapers, with their preference for dramatic events, also served up the victims as part of a daily fare of murder, mayhem and monstrosities. Yet as the court of last resort, the press served its democratic function as well.

As one of the earliest public environmental controversies, the Radium Girls brought out the best and worst of the press in its raw and protean form. Later environmental controversies would involve less obvious exploitation of victims by the sensational press and less overt support by the prestige press.

In the Journalism of Outrage, David L. Protess and co-authors note a “coalition building” process between journalists, government officials, and interest groups during environmental controversies of the 1980s.44 But the interactive nature of the process, and the mutal dependencies of the prestige press, the reform movement and victims of the industrial revolution was evident in the 1920s, when Walter Lippmann and Alice Hamilton used each other for their own ends. Lippmann’s newspaper was considered “liberal” and catered to a working class audience, which would appreciate a story like the Radium Girls; Hamilton needed Lippmann and other journalists to meet her goals, including public awareness of workers’ safety issues.

And in the end, the Radium Girls themselves achieved a small measure of justice, despite the efforts of their employers to deceive and marginalize them.

The radium girls finally got some recognition. On Labor Day, 2011, a statue is unveiled in their memory in Ottawa IL, one of several locations where radium watch dial painters worked. Madeline Piller, daughter of the sculptor, and two original workers from factory, Pauline Fuller (C) and June Menne (R), are shown with the statue Sept. 2, 2011. Photo by Tom Sistak from Voice of America.

Footnotes:

1 Florence L. Pfalzgray, “Radium Victim Battles Death With Courage,” Orange, N.J. Daily Courier, April 30, 1928: 1.
2 Affidavit of Grace Fryer, Fryer et al. v. U.S. Radium Corp., July 6, 1927; Also, testimony of Grace Fryer, Fryer et al. v. U.S. Radium, January 11, 1928. Records of the National Consumers League, Raymond H. Berry files, Manuscript Division, Library of Congress, Washington, D.C.

3 Josephine Goldmark, Impatient Crusader: Florence Kelly’s Life Story (Westport, Connecticut: Greenwood Press, 1953): 51.

4 See “Blame Odd Deaths on Mesothorium,” New York World, June 21, 1925: 3.

5 Josiah Stryker to Cecil Drinker, June 20, 1925, Records of the National Consumers League, Raymond H. Berry files, Manuscript Division, Library of Congress, Washington, D.C.

6Arthur Roeder to Katherine Wiley, January 26, 1925, Records of the National Consumers League, Raymond H. Berry files, Manuscript Division, Library of Congress, Washington, D.C.

7 Alice Hamilton to Cecil Drinker, April 4, 1925, Records of the National Consumers League, Raymond H. Berry files, Manuscript Division, Library of Congress, Washington, D.C.

8 Frederick Hoffman, “Radium (mesothorium) Necrosis,” Journal of the American Medical Association, (September 26, 1925): 961. The first paper to identify radium necrosis was that of Theodore Blum, “Osteomyelitis of the Mandible and Maxilla,’ Journal of the American Dental Association, (September 1924): 802.

9 William B. Castle, Katherine R. Drinker, and Cecil K. Drinker, “Necrosis of the Jaw in Radium Workers,” Journal of Industrial Hygiene, (August 1925): 373.

10 Lawrence Badash, Radioactivity in America: Growth and Decay of a Science (Baltimore, Md.: Johns Hopkins Press, 1979): 25.

11 “A Most Valuable Accident,” The New Yorker, May 2, 1959: 49. Each bottle contained two picocuries of radium. See R.E. Rowland, Radium in Humans: A Review of U.S. Studies (Argonne, Ill.: Argonne National Laboratory, 1994): 7.

12 Spencer R. Weart, Nuclear Fear: A History of Images (Cambridge, Mass.: Harvard University Press, 1988): 53.

13 “Bergonie Is Latest of 140 Martyrs to X-Ray and Radium,” New York World, November 16, 1924, Section II: 1. Also, “Heroes and Martyrs of Medicine,” New York World Magazine, May 13, 1928: 2.

14 Charles Norris to Raymond Berry, June 7, 1928, Berry Papers.

15 Thomas F.V. Curran to Quinta McDonald, May 24, 1928; Thomas F.V. Curran to Raymond Berry, May 21, 1928, Berry papers.

16 “Exhume Girls Body to Find Death Cause,” Newark Sunday Call, October 16, 1927: 1.

17 Harrison S. Martland, Philip Conlon and Joseph P. Knef, “Some Unrecognized Dangers in the Use and Handling of Radioactive Substances Journal of the American Medical Association, (December 5, 1925): 1669.

18″Newark Pathologist Shows Part of Miss Maggia’s Jaw,” Star Eagle, October 18, 1927.

19 “5 Women Smile, Fearing Death, in Radium Case” Newark Ledger, January 12, 1928.

20 “Woman Awaiting Death Tells How Radium Poison Slowly, Painfully Kills,” New York Telegram, May 13, 1928.

21 “Would You Die for Science? Some Would,” New York Journal, April 28, 1928.

22 “Doomed to Die, They Tell How They’d Spend Fortune,” Newark Sunday Call, May 13, 1928.

23 Ethelda Bedford, “Radium Victims too Ill to Attend Court Tomorrow,” Newark Ledger, May 17, 1928.

24 “Radium Poison Hopeless” New York Journal, May 26, 1926.

25 Ethelda Bedford, “Radium Victims too Ill to Attend Court Tomorrow,” Newark Ledger, May 17, 1928.

26 “Mme. Curie Urges Safety from Radium,” June 4, 1928, United Press.

27E.B. Krumbhaar to Raymond Berry, undated, probably June 17, 1929, Berry papers.

28 Robert E. Humphries to Raymond Berry, October 26, 1929, Berry papers.

29 Raymond Berry to James Ewing, June 6, 1929, Berry papers.

30 New York World, May 19, 1928: 30.

31 William Kovarik, “The Ethyl Controversy: How the News Media and Health Advocates Set the Agenda for a 1920s Environmental Debate over Leaded Gasoline and the Alternatives,” Ph.D. dissertation, University of Maryland, 1993.

32 Alice Hamilton to Walter Lippmann, July 12, 1927, Box 12, Folder 496, Lippmann Collection, Yale University Library, New Haven, Conn.

33 Walter Lippmann to Raymond Barry, July 18, 1927, Berry papers.

34 “Five Women Doomed to Die,” New York World, May 10, 1928.

35 “5 Radium Victims May Live, He Finds,” New York World, May 18, 1928: 1.

36 “The Case of the Five Women,” New York World, May 19, 1928: 23.

37 Various letters to Raymond Berry, including P.J. Leach, Advice Dept., New York Graphic, to Raymond Berry, May 28, 1928, Berry papers.

38 Raymond Berry to Cecil Drinker, June 6, 1928, Berry papers.

39 Alice Hamilton to Cecil Drinker, June 19, 1928, Berry papers.

40 Goldmark, Impatient Crusader: 201.

41 New York World, July 16, 1928, cited in Goldmark, Impatient Crusader: 201.

42 Goldmark, Impatient Crusader: 203.

43 “Radium Paint Takes Its Inventors Life,,” New York Times, Nov. 15, 1928, p. 25.  Also, Associated Press,  “Inventor is Killed with Radium Paint,” Baltimore Sun, Nov. 15, 1928, p. 19.

44 Ibid: 204.

45 David L. Protess, Fay Lomax Cook, Jack C. Doppelt, James S. Ettema, Margaret T. Gordon, Donna R. Leff and Peter Miller, The Journalism of Outrage: Investigative Reporting and Agenda Building in America (New York: Guilford, 1991): 220-22.

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Chicago Mag also has a great article and video on the Radium Girls.

Stuff you missed in history class featured the Radium Girls in their Sept. 7, 2011 podcast.

And Moment of Science has a script on the radium girls in the works.

Also, musician Pat Burtis wrote a song and dedicated a record album to the Radium Girls a few years back.

SEPTEMBER 2010
ROBERT R. JOHNSON

FOR THE LOVE OF PRETTY THINGS

THE RADIUM GIRLS AND “DYING FOR

SCIENCE”

DISCUSSED:Radium Salt Crystals, Deathly Healthful Glows, Substances One Million Times More Radioactive than Uranium, Fingernail Polish, “Doctors,” Filler for Children’s Sandboxes, Lonely Soldiers, Forgeries, A Suspicious Dentist, “Declining Normally,” Radiation’s Stimulating Effects on the Mind
Radium dial painters at work, circa 1921.

Radium dial painters at work, circa 1921.

They say that if you visit the grave of Katherine Schaub and bring a Geiger counter, the machine will register a significant positive reading. Katherine, a radium dial painter, died in 1933 after suffering for more than a decade from a disease chillingly named radium necrosis.

In 1902, the self-proclaimed American inventor William Hammer returned from Paris with a gift given him by Pierre and Marie Curie: radium salt crystals. Mr. Hammer experimented with various combinations of glue, zinc sulfide, and radium crystals to form an iridescent paint that created a glow-in-the-dark effect and could be applied to just about anything—wristwatches and clocks, gun sights, children’s toys, even human bodies (in the form of fingernail polish).

Hamilton sold his paint to a New Jersey company founded in 1914 by Dr. Sabin Arnold von Sochocky and Dr. George S. Willis. Though they originally called it the Radium Luminous Material Corporation, Sochocky and Willis changed the name to United States Radium Corporation in 1921. They set up shop in Orange, New Jersey, intent on developing a market for their product; they assured the public that the radium was in “such minute quantities that it is absolutely harmless.”

They dubbed the paint-like substance Undark.

Grace Fryer, Edna Hussmann, Katherine Schaub, and sisters Quinta McDonald and Albina Larice were five of the over two thousand dial painters employed by U.S. Radium and its attendant companies over the next couple of decades. Their job was straightforward: to paint the dials of watches, clocks, and military instrument panels for use in ships, airplanes, and other equipment that demanded nighttime use.

Most of the time, however, they painted wristwatches.

“I was pleased with the idea of a job which would engage me in war work,” Katherine said. “Some of the young women would scratch their names and addresses into these watches, and sometimes a lonely soldier would respond with a letter.”

The work was tedious, the conditions physically hard on the eyes, back, and hands. They were paid by the piece—one and a half cents per watch—thus some of the women made about twenty dollars per week with U.S. Radium. The median income of New Jersey women workers in 1917 was about fifteen dollars per week; these were good jobs for working women.

The labor was exacting. The numbers and symbols on the dials were often small, thus the camel-hair brushes had to be sharp. To accomplish this, the women were instructed by their managers to lick the ends of the brushes to keep them pointed, ready for the meticulous work. Undark, after all, was tasteless and odorless. “I think I pointed mine with my lips about six times to every watch dial. It didn’t taste funny. It didn’t have any taste, and I didn’t know that it was harmful,” Grace would later say.

Despite their claims that Undark was harmless, Drs. von Sochocky and Willis, as well as the scientists who worked for U.S. Radium producing the paint, knew better. The key ingredient of Undark is about one million times more radioactive than uranium. The scientists protected themselves with lead shields and used masks and tongs to handle Undark production processes.

In 1920, Grace was offered a more appealing position as a bank teller. About two years after leaving U.S. Radium, Grace started to feel ill. She didn’t have her usual youthful spunk, and she was experiencing joint pain. Soon thereafter her teeth began falling out, and a painful abscess formed in her jaw. She sought medical attention from several doctors who’d never seen anything like her malady—despite her evident symptoms, Grace’s skin emitted a rosy hue usually associated with abundant health.

Unknown to her doctors, the radium caused a temporary increase of red blood cells; soon it would enter her bone marrow and turn her skin the color of ash.

In 1925, three years after the onset of Grace’s illness, a friend referred her to a Columbia University specialist named Frederick Flynn. He declared her to be in fine health. A colleague present at the exam concurred with Flynn’s diagnosis. Flynn, however, was not a licensed medical doctor—he was an industrial toxicologist under contract with U.S. Radium. Neither was his colleague a doctor: he was the vice president of U.S. Radium.

In the early twenties, U.S. Radium contracted with a noted Harvard toxicologist, Dr. Cecil Drinker, to conduct a study of working conditions at U.S. Radium’s New Jersey facilities. Drinker was a highly respected scientist who, at the time of the U.S. Radium operation, was helping to develop the field of industrial hygiene. He’d begun a research facility at Harvard in the School of Public Health, and had studied the poisonous effects of manufacturing-created dust on the respiration and blood content of workers in the zinc industry. (He eventually concluded that the culprit was manganese.) His contract with U.S. Radium was his first foray into studying the industrial hazards of radiation.

Drinker examined the workplace in Orange and observed an environment replete with radium-tainted dust, open containers of highly radioactive paints, poor ventilation, and other problematic conditions. He also took blood samples from the workers on the shop floor as well as the scientists working in the adjoining labs. What he found was disastrous. Every one of the workers suffered from dangerous blood conditions. He encountered several cases of radium necrosis; he noticed, too, that a chemist, Edward Lehman, had severe lesions on his hands and arms. Lehman dismissed the idea that Undark had anything to do with his lesions or that there was any threat to his future health from continued exposure to the substance.

Lehman would die within the year.

Drinker remarked that Lehman’s attitude of complacency was rampant at the company. “There seemed to be an utter lack of realization of the dangers inherent in the material that was being manufactured.” U.S. Radium sold the sand-like residue of the radium paint process as filler for children’s sandboxes. When parents questioned the safety of the sand, von Sochocky assuaged them by telling them that the sand was “most hygienic and… more beneficial than the mud of world-renowned curative baths.”

Claudia Clark’s « Radium Girls »

(Dr. Sherry Baron)


Radium Girls: Women and Industrial Health Reform, 1910-1935. by Claudia Clark.  Chapel Hill: University of North Carolina Press, 1997.  289 pp, notes and bibliography.  $17.95 paper.


AT THE BEGINNING of this century a group of young women workers who, while licking their brushes to make a fine point, applied radium-laden paint to the faces of watches and instruments, began to sicken, and in many cases to die.

Believing that their work was making them ill, the girls turned to their doctors, then to state health and labor departments, but received little help. Finally they turned to the Consumers League, a reform organization founded by Florence Kelley, the socialist organizer who worked with Jane Addams at Hull House, the famous settlement house in Chicago.

Professor Claudia Clark of Central Michigan University was drawn to this story, in part, by her own previous experience as a chemical plant worker.  Clark’s Radium Girls tells the story of how these young women workers refused to be passive victims.  With their middle class female reformer allies, they fought to make the companies take responsibility for the illness and to make the government regulate issues of workers’ health.

Although the dial painters were just a small group of women workers-between 1917 and 1927 only about 2000 altogether-their plight, Clark argues, became an excellent example of the failures of the philosophy of Progressive Era corporatism or corporate liberalism, where the state’s role was to remain a « neutral partner. »

In this case, government investigators and scientific experts, beholden to the corporations, were either unresponsive or hostile to the pleas of these suffering women.

The Consumers’ League’s struggle for the radium girls represented a classic case of the struggles for reform at the beginning of the century-against capitalists who deceived their employees, corporate physicians who covered up health problems, state health departments that ignored workers’ complaints, and a public which remained ignorant of the important issues involved for the entire society.

In this account, Claudia Clark describes the intricate scientific and political process by which radium evolved from being viewed as a wonderfully medicinal element to being recognized as a dangerous toxic material and a cause of occupational disease.

Residues from the dial painting studios of the 1920s were reused to make sand for children’s sand boxes; when asked about its potential toxicity the company’s owner described it as more beneficial than the mud of the world-renowned curative baths.

Although primarily a case study in the history of the industrial health movement (today more commonly called the occupational safety and health movement), the book also provides an understanding of the situation of one sector of working class women, and the strengths and weaknesses of one of the major middle class women’s social reform organizations of the Progressive Era in the period of World War I.

The Dial Painters’ Story

At age 15, in 1917, Katherine Schaub and her cousin Irene Rudolf had begun working at the dial painting studio of the Radium Luminous Materials Corporation in Orange, New Jersey.  They, like the majority of the dial painters, were young women from moderately well-off working class families, largely daughters and wives of skilled and semi-skilled workers.

Unlike the image of the squalid sweatshops made famous by the tragic Triangle Shirtwaist fire of 1910, Schaub described the dial painting studio as interesting and of far higher type than the usual factory job. The girls earned between $20-24 per week, which was substantially more than the $15 median wage of New Jersey women at that time.

Although the work appeared pleasant, the women were being exposed daily to high levels of dangerous radiation.  The dial painting studios were so filled with the dust and residues from the paint that the women’s skin and hair actually glowed when they left work. Additionally, in order to provide more precision to their painting, they were instructed to point their paint brushes by drawing them between their lips.

In 1922, after working on and off for three years as a dial painter, Rudolf developed a toothache which progressed quickly into an infection and deterioration of her entire jaw. The disease was termed a necrosis, and indeed it proved fatal.

Her dentist reported this case to the local health department, which then called in the State Labor Department.  An investigation concluded that the jaw problem was associated with exposure to radium, and, although the state investigator suggested that the dial painters be warned of the danger of radium, the state government took no action.

Following the report of other cases, a state health officer, Lenore Young, investigated and documented a total of five suspicious cases among the women workers, two of whom had already died. But at the time, she claimed that a lack of time and resources meant she could do no more than report her disturbing findings to the State Labor Department.

Later on, Young admitted that she and the City were simultaneously investigating other complaints against the Radium Corporation and that she feared, if the dial painting investigation continued, that there would be no cooperation should she turn to the company for information.

Crusading Reformers

Soon afterward, Young asked for a meeting with Katherine Wiley of the New Jersey Consumers’ League, telling Wiley that the authorities were hesitating and that the Consumers’ League must keep after them.

Young’s choice of the Consumers’ League was an obvious one since during the first decades of the 1900s, the League and other allied social reform organizations had been championing not only women’s issues but also industrial health reform.

The most famous figure in their crusade was Dr. Alice Hamilton, often considered the mother of the U.S. occupational safety and health movement.  As a member of the Hull House community, Hamilton had done pioneering investigations into lead poisoning in Illinois and later went on to document many other industrial exposures and diseases.

Florence Kelley, founder of the Consumers’ League, was Hamilton’s friend and colleague from Hull House and drew her into the League activities.  The Consumers’ League was joined in its industrial health campaigns by the American Association for Labor Legislation (AALL) which, when founded in 1906, adopted the motto « Social Justice is the Best Assurance Against Social Unrest. »

Clark explains that the AALL sought to bring labor and management together to prevent the kind of class warfare predicted by Marx and perceived by Americans looking at Europe.

Clark notes the prominent role that women reformers from the Consumers’ League, the AALL and the Workers’ Health Bureau played in promoting industrial health in the 1920s.  She supports the view, expressed by the historian Kathryn Kish Sklar, that middle-class women’s interest in industrial health came from gender interests which allowed cross-class sympathies to develop.

These groups pushed for protective legislation against industrial exposures and diseases for gender and not class reasons, but hoped that eventually this would serve as a wedge to widen political structures that would eventually serve all workers.

Additionally, this new generation of college educated, middle-class women reformers found working class health a wide open area not yet dominated by entrenched male professionals.  Consequently, as women leaders in a new field they developed a gender analysis intended to improve working class life and thus prevent social unrest.

The Fight for Compensation

In 1925, Wiley of the New Jersey Consumers’ League was informed by Dr. Hamilton that she would arrange to get herself appointed by the U.S. Bureau of Labor Statistics to come and investigate the cases in Orange, N.J.

As she was about to begin this investigation, however, Hamilton discovered that her boss Dr. Cecil Drinker, and his wife Dr. Katherine Drinker, both of Harvard, had investigated the plant the previous year and had concluded that « the trouble…is due to radium. »

But the company had dismissed these conclusions and the Drinkers had chosen not to release their findings independently without the permission of the company, which had financed their investigation.  Furthermore, once Alice Hamilton discovered this she chose to cancel her investigation because of her chief’s position in the matter.

Eventually, through a series of maneuvers, Wiley and Hamilton forced the release and independent publication of the Drinkers’ study and other investigations which conclusively proved the connection between the dialpainting and the women’s illnesses.

The following year the Consumers’ League moved on to support state legislation to make radium poisoning compensable under the state workers’ compensation law. However, the final legislation was extremely restrictive, limiting cases to radium necrosis (destruction of the jaw) rather than the more systemic radium poisoning that continued to occur once the lip-pointing brush was eliminated.

The law also excluded all cases occurring before 1926, and set a statute of limitations of five months from injury until the time that a claim was filed.  This final wording of the legislation, which was supported by the New Jersey Manufacturers’ Association, meant that almost no cases would qualify for compensation.

Then in 1927, when a young lawyer, Raymond Berry, filed suit for several of the injured workers, the Consumers’ League launched a massive and decisive publicity campaign.  At one point when the hearings stalled, an editorial in the New York World called the trial « one of the most damnable travesties of justice that has ever come to our attention. »

Norman Thomas, the Socialist party candidate for president of the United States called it a « vivid example of the ways of an utterly selfish capitalist system. » The suit eventually resulted in a settlement when the U.S. Radium Corporation-though never admitting responsibility-was ordered to pay the dialpainters a $15,000 lump sum payment, an annual $600 pension while disabled, and future related medical costs.

After winning that case, the Consumers’ League continued to crusade in the courts and in state legislatures and the U.S. Congress for young women workers affected by radium poisoning, and to demand laws and regulations to protect the health of other workers.

Finally in 1933, the Federal government’s Public Health Service laid down guidelines for safe work practices in the production of luminous watches and dials.  For the radium girls it was too late.

Reform and Its Limits

Clark does an excellent job of showing the weaknesses of the company and state medical investigators, and the economic and political ties which kept them from conscientiously defending worker or public health.  Her story also makes clear many of the limitations of the middle-class reform movement and of Progressive Era reformers in general.

The Consumers’ League, though led by Florence Kelley, herself a socialist and even a Marxist who had corresponded with Friedrich Engels, represented the classic middle-class reform organization of the Progressive Era, of which Hull House was the epitome.

In this activity, however, the League -Jane Addams, Ellen Gates Starr, Julia Lathrop and other residents of Hull House, daughters of Republican Party industrialists and political leaders-had become sincerely concerned about the effects of industrialization and urbanization on the lives of the American people.

Modeling themselves on British settlement house workers, they decided that concerned citizens had to move into working-class neighborhoods in the cities, where, sharing the experience of workers and the poor, they could begin to remake capitalist society in a more humane way.

While the League sincerely wished to defend the « radium girls » and fight to eliminate occupational disease and health hazards from the workplace, its strategy in the struggle was unavoidably shaped by its leadership’s middle-class origins and loyalties, and its constructions of female gender differences.

As already noted the League and its allies wished to achieve reforms in order to avoid social unrest, attenuate class conflicts and achieve harmony within capitalist society.  This was typical of the Hull House approach: Jane Addams, while working closely with unions, sought to help them avoid strikes and worked instead to extend labor arbitration.

The League in its fight over the radium issue did not primarily attempt to mobilize unions and workers to take up the women workers’ health issues, but turned to middle-class allies concerned about the workplace, hoping to achieve structural reforms in the area of industrial hygiene and workers’ compensation.

The League’s leaders were not only reformers who wanted to ameliorate the situation of workers under capitalism, but also reformists in the Marxist sense of that word, that is reformers who accepted and supported capitalism.

The emphasis in the League’s work was on litigation, lobbying and legislation, an arena in which workers and labor unions had little power or influence.  The method was not particularly to mobilize workers and unions to affect the courts, state legislatures and the Congress, though that formed part of the strategy, but rather to use middle class experts and allies to convince judges and legislators of the legitimacy of the issue and the necessity of social change.

Public Opinion and Gender

In support of its litigation and lobbying, the League also appealed to a particular construction of female gender differences in order to mobilize public, i.e. primarily middle-class sentiment.

The League played upon the notion of women as different than men, as wives and mothers, middle-class wives and mothers who had a special role to play in the reform of society, and working class and poor women who easily fell victim to the men who dominated industry, whether as capitalists, factory managers or foremen.

The League portrayed the « radium girls » as pathetic victims (which as Clark shows, was not how they viewed themselves).  Its strategy for winning public sympathy played upon constructions of gender which, for example, argued that these young women were unlikely to marry, could not bear children or raise families, and would therefore never fulfill a woman’s normal and proper role in society.

The Consumers’ League’s approach and its construction of female gender roles represented an alternative to other possible struggles for reform.

True enough, in the first decade or two of the century, when the labor movement was dominated by the American Federation of Labor (AFL), then a particularly narrow craft union made up mostly of white male workers, it was not easy to mobilize workers and unions around the health issues of these young women.  Yet there was an alternative strategy: workers’ self-organization to achieve social reform, a process of self-organization which might lead to more radical social change, and form part of a struggle for socialism.

In fact, it was only through such actions as miners’ strikes led by the Black Lung Association, and agitation for workers’ health led by the Oil, Chemical and Atomic Workers Union, that meaningful workers’ health legislation was finally passed in the United States, when in the late 1960s and early `70s Congress adopted the Mine Safety and Health Act (MSHA) and the Occupational Safety and Health Act (OSHA).

Yet today we see significant deterioration of these hard won gains as the Federal government adopts more conservative policies and puts emphasis on deregulation and voluntary partnership approaches to occupational safety and health.  Once again we need a revitalized movement for workers’ health and safety led by labor unions and workers, and working women have a larger role than ever to play in such a movement.


Dr. Sherry Baron is an occupational health physician in Cincinnati.


ATC 79, March-April 1999

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 31 mai, 2013 |Pas de commentaires »

LES TRIBUS SIOUX SAUVEGARDENT LEUR TERRE SACREE (Indian Country / Gitpa)

LES TRIBUS SIOUX SAUVEGARDENT

LEUR TERRE SACRÉE

LES TRIBUS SIOUX SAUVEGARDENT LEUR TERRE SACREE (Indian Country / Gitpa) dans REFLEXIONS PERSONNELLES indian

La Grande Nation Sioux, Oceti Sakowin, a réussi à rassembler les 9 millions de dollars nécessaires à la mise en sécurité de la terre sacrée des Black Hills dans le Dakota du sud.

Entre la famille Reynolds et les représentants de la Grande Nation Sioux des contrats privés ont été signés qui mettent la terre, de nouveau, entre les mains de la Nation.

Selon le Président de la tribu sioux Rosebud, Cyril « Whitey » Scott, l’achat est chose faite. « Je peux vous dire que Pe’Sla, la terre sacrée, dont les Oceti Sakowin sont chargés, est mise en sécurité. Les 9 millions de dollars ont été rassemblés, Pe’Sla a été achetée ».

Lors d’une interview, le Président Scott a lu la seule déclaration officielle communiquée par la Grande Nation Sioux et dit que tout ce qui avait été annoncé avant ses commentaires n’était « pas officiel ».

« La restitution historique de Pe’Sla s’accomplit aujourd’hui à Rapid City, Dakota du sud. Les communautés de la tribu Rosebud, de la tribu Creek des Crow et de la tribu Sioux des Shakopee Mdewakanton se sont réunies dans une assemblée historique des Tribus unies (United Tribes).

Pe’Sla est sacré parce qu’il est lié à la création pour les Lakota et qu’il est le site de cérémonies annuelles.

Dans l’histoire, il fut le lieu de rassemblements de nombreux villages. Black Elk, le visionnaire lakota, y eut ses visions. C’est une haute montagne dressée dans une prairie au coeur des Black Hills.

La terre de Pe’Sla fut autrefois protégée par les traités de 1851 et de 1868 passés avec les Nations Sioux.

Les Etats Unis les ont violés et se sont emparés des Black Hills en violation du cinquième amendement de la Constitution.

Aujourd’hui la restitution est un événement historique pour les peuples Lakota, Dakota et Nakota.

Les tribus travailleront ensemble pour former la Commission de Protection de Pe’Sla, terre sacrée des Oceti Sakowin.

Nous préserverons ce site sacré pour y accomplir nos cérémonies traditionnelles et culturelles et le conserver dans son état premier pour nos générations futures.

Nous sommes reconnaissants d’être réunis devant le créateur et de pouvoir aider notre peuple en revendiquant l’un de ses sites les plus sacrés.

Nous n’attendons pas de justice des Etats Unis sur la question des droits sur les Black Hills et nous demandons maintenant d’exercer notre souveraineté inhérente pour protéger le plus sacré des sites.

Nous devons perpétuer notre mode de vie pour les générations futures.

Nous remercions les personnes qui ont donné à la cause de la justice pour tous les peuples et nous sommes plus déterminés que jamais à réclamer justice aux Etats Unis pour notre peuple. Nous remercions la famille Reynolds d’avoir travaillé avec nous pour la restitution de Pe’Sla comme site sacré des peuples Lakota, Nakota et Dakota ».

Selon Scott, la famille Reynolds était présente à la signature. Bien qu’il ait déclaré ne pas pouvoir donner d’autres détails, il a ajouté :

 » Ce fut une des expériences de ma vie qui m’a le plus réchauffé le coeur, avec celle d’être devenu un dirigeant des Oyate Sakowin ».

Traduction pour le GITPA par Simone DREYFUS-GAMELON

Un article de Indian Country, Today Media Network.com, Vincent SCHILLING

Sioux Indian Traditional Song

fichier pdf Testament d’un Ancien à ses enfants et petits enfants 03052013

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 9 mai, 2013 |Pas de commentaires »

RÊVES EN INFRAROUGES: UN TELEGUIDEUR DE DRONES RACONTE SON PARCOURS (Nicolas ABE / http://www.legrandsoir.info)

Rêves en infrarouges :

RÊVES EN INFRAROUGES: UN TELEGUIDEUR DE DRONES RACONTE SON PARCOURS (Nicolas ABE / http://www.legrandsoir.info) dans REFLEXIONS PERSONNELLES drones

Un téléguideur de drones raconte son parcours.

arton20465-f5493 AFGHANISTAN dans REFLEXIONS PERSONNELLES
Nicola ABE
ex-soldat, Brandon BRYANT, 27 ans.

Un soldat Américain avait l’ambition de devenir le premier de son unité. Il y est parvenu et est devenu téléguideur de drones dans une unité spéciale de l’US Air Force, dans l’Etat du Nouveau Mexique. Depuis son poste de travail il a tué des dizaines de gens jusqu’au jour où il s’est rendu compte qu’il ne pouvait plus continuer.

Pendant plus de cinq ans, Brandon Bryant, a travaillé dans un bureau rectangulaire sans fenêtres, de la taille d’une baraque de chantier. L’air conditionné y maintenait une température constante de 17 degrés et la porte, par mesure de sécurité, ne pouvait pas s’ouvrir. Bryant et ses camarades étaient assis en face de 14 écrans d’ordinateurs et 4 claviers. Quand Bryant appuyait sur un bouton au Nouveau Mexique quelqu’un mourait à l’autre bout du monde.

Un poste de téléguidage ronronne du bourdonnement des ordinateurs. C’est le cerveau d’un drone, le « cockpit », selon le jargon de l’US Air Force. Mais les pilotes ne volent pas, ils sont seulement assis devant les commandes.

Bryant fut l’un d’entre eux et il se souvient avec précision d’un incident survenu quand un drone Predator faisait des huit dans le ciel au dessus de l’Afghanistan à plus de 10 000 kilomètres d’altitude. En bas, dans la ligne de mire, il y avait une maison au toit plat fait de terre, avec un abri pour garder les chèvres. Quand Bryant a reçu l’ordre de tirer, il a pressé de la main gauche sur un bouton et visé le toit. L’homme qui était assis à côté a alors appuyé sur la gachette d’un levier de commande et le Predator a lancé un missile Hellfire. Il restait 16 secondes avant l’impact.

« Ces instants se déroulaient comme au ralenti », dit-il maintenant.

Les images qui apparaissent sur son écran, avec un décalage de deux à cinq secondes sont émises par un satellite auquel elles sont transmises par une caméra infrarouge qui est connectée au drone, .

Il restait cinq secondes et il n’y avait personne en vue à terre. A ce moment Bryant aurait encore pu dévier la trajectoire du missile. Plus que trois secondes. Bryant s’est senti obligé de regarder chaque pixel de son écran. Soudain, dit-il, il a vu un enfant qui tournait le coin.

La seconde zéro a été l’instant où le monde numérique de Bryant a recontré la réalité dans un village entre Baghlan et Mazari Sharif.

Bryant a vu un éclair sur l’écran : c’était l’explosion. Une partie de l’édifice est tombé. L’enfant avait disparu. Il a senti un malaise à l’estomac.

« On vient de tuer un enfant ? », demanda-t-il à celui qui était à côté de lui.

« Yeah, je pense que c’était un enfant. » lui répondit-il.

« C’était un enfant ? », écrivirent-ils sur la messagerie instantanée qui était à l’écran.

Alors, une personne qu’ils ne connaissaient pas leur répondit. C’était quelqu’un qui était assis dans un centre de commandement militaire quelque part dans le monde et qui avait suivi leur attaque. « Non, c’était un chien. » , a-t-il écrit.

Ils repassèrent la scène en vidéo. Un chien avec deux jambes ?

Première partie: La guerre invisible

Ce jour-là, quand Bryant sortit du « cockpit » il mit directement le pied en Amérique: prairies desséchées à perte de vue, champs cultivés et odeur de fumier frais. Sur la tour du radar de la Base Cannon de l’US Air Force une lumière scintillait toutes les quelques secondes dans la pénombre. Ici, il n’y avait pas de guerre.

La guerre moderne est aussi invisible qu’une pensée et sa signification est annulée par la distance. Ce n’est pas une guerre sans frontières, mais elle est menée depuis de petits centres de haute technologie en divers endroits du monde. On veut croire que cette nouvelle manière de la faire est plus précise qu’avant et c’est ce qui fait que certains la considèrent comme « plus humaine ». C’est une guerre mentale, une guerre que Barack Obama, président des Etats-Unis, a encouragée plus qu’aucun autre de ses prédécesseurs.

Dans un couloir du Pentagone où cette guerre est planifiée, les parois sont recouvertes de panneaux de bois sombre. C’est là que sont les bureaux des membres de l’US Air Force. Une peinture à l’huile d’un Predator[drone] est suspendue à côté des portraits des chefs militaires. Du point de vue des militaires, aucune invention n’a eu autant de succès ces dernières années dans la « guerre contre le terrorisme » que le Predator.

Les militaires des Etats-Unis guident leurs drones depuis 7 bases aux USA, comme depuis d’autres bases à l’étranger, y compris celle qui est située dans le minuscule Etat de Djibouti, en Afrique de l’Est. Depuis son siège à Lenglay, en Virginie, la CIA contrôle les opérations menées au Pakistan, en Somalie et au Yemen.

Nous sauvons des vies

Le colonel William Tart, homme aux yeux clairs qui a une claire image de l’ennemi, considère que le drone est une « extension naturelle de la distance ».

Jusqu’à il y a quelques mois, quand il a été promu à la tête de l’US Air Force’s Remotely Piloted Aircraft (RPA) Task Force, à Lenglais.Tart était commandant de la Base Creech, au Nevada, près de Las Vegas, d’où il dirigeait les opérations des drones. Chaque fois qu’il guidait lui-même le vol de l’un d’entre eux, il pouvait voir une photo de sa femme et de leurs trois filles collée sur la liste des vérifications à faire, à côté des écrans.

Il n’aime pas le mot drone parce que, selon lui, il implique que l’avion a sa volonté propre, son ego (drone signifie « faux bourdon », le mâle de la reine des abeilles). Il préfère les appeler avions pilotés à distance et fait remarquer que la majorité des vols ont seulement pour objectif la recherche d’information.

Il s’étend sur l’usage des drones dans des missions humanitaires telles que le tremblement de terre en Haïti et sur les réussites militaires lors de la guerre en Libye: comment son équipe a tiré contre un camion en train de diriger des missiles contre Misrata et comment elle a pris en chasse le convoi dans lequel fuyaient l’ex-dictateur Libyen, Mouammar el Kadhafi, et sa suite.

Il a ajouté que les soldats envoyés en Afghanistan exprimaient constamment leur gratitude pour l’aide apportée depuis les airs. « Nous sauvons des vies », dit-il.

Il n’est pas aussi loquace quand il s’agit d’assassinats sélectifs. Il affirme que durant les deux ans qu’il a passés comme commandant des téléguidages à Creech il n’a jamais vu mourir de civils et que les drones n’ouvraient le feu que contre des immeubles où ne se trouvaient ni femmes ni enfants.

Quand il est interrogé sur la chaîne de commandements, Tart mentionne un document de 275 pages intitulé 3-09.3 où il est mentionné, pour l’essentiel, qu’une attaque par drone doit avoir l’aval de l’US Air Force comme n’importe quelle autre attaque. Un officier du pays où doivent avoir lieu les opérations doit donner son feu vert.

L’utilisation de l’expression frappe chirurgicale le met en colère. Il se souvient d’anciens combattants du Vietnam qui l’ont accusé de ne pas avoir pataugé dans la boue, de ne pas avoir senti l’odeur du sang, et qui lui ont dit qu’il ne savait pas de quoi il parlait.

Ce n’est pas vrai, dit Tart, en faisant remarquer qu’il a souvent mis a profit l’heure de trajet nécessaire au voyage depuis la Base Creech jusqu’à Las Vegas pour prendre de la distance par rapport à son travail. « Nous observons les gens pendant des mois. Nous les voyons jouer avec leurs chiens ou faire la lessive. Nous connaissons leurs habitudes autant que celles de nos voisins. Nous allons même à leurs enterrements. Cela n’a pas toujours été facile », dit-il.

L’un des paradoxes des drones est que, bien qu’ils augmentent la distance par rapport à la cible, ils créent aussi une proximité. « D’une certaine manière la guerre devient personnelle », dit-il.

« J’ai vu mourir des hommes, des femmes, et des enfants »

Dans les environs de la petite ville de Missoula (Etat du Montana) se trouve une maison jaune sur fond de montagnes, de forêts et de nappes de brouillard. La terre est recouverte des premières neiges de l’hiver. Bryant, qui a maintenant 27 ans, est assis sur le canapé du salon de sa mère. Il a quitté l’armée et vit maintenant ici. Il a toujours la tête rasée et porte une barbe de trois jours.

« Cela fait quatre mois que je n’ai pas rêvé en infrarouges », dit-il avec un sourire, comme s’il s’agissait d’une petite victoire pour lui.

Bryant a accompli 6000 heures de « vol » pendant ses six ans dans l’ Armée de l’air. « J’ai vu mourir des hommes, des femmes, et des enfants, pendant cette période », dit-il. Jamais je n’aurais pensé que je tuerais autant de gens. En fait, je pensais que je ne tuerais jamais personne. »

Deuxième partie: Un travail mal considéré

Après le secondaire Bryant aurait voulu être journaliste enquêteur. Il avait l’habitude d’aller à l’église le dimanche et avait un faible pour les entraîneuses rousses. A la fin du premier trimestre universitaire il avait accumulé des milliers de dollars de dettes.

Il s’est engagé dans l’armée par accident. Un jour où il accompagnait un ami qui allait s’engager, il apprit que l’armée de l’air avait sa propre université, où il pourrait étudier gratuitement. Ses résultats aux épreuves d’admission furent si bons qu’il fut orienté vers une unité de recueil de renseignements. Il apprit à contrôler les caméras et les rayons laser d’un drone et à analyser les images de la terre, les cartes et les documents météorologiques. Il devint opérateur de détecteurs, plus ou moins l’équivalent d’un copilote.

Il avait vingt ans quand il participa à sa première mission. C’était un jour chaud et ensoleillé au Nevada, mais il faisait sombre à l’intérieur du poste de téléguidage et c’était juste avant le lever du jour en Irak. Un groupe de soldats US était en train de regagner sa base. Le travail de Bryant consistait à surveiller la route, à être leur « ange gardien » dans le ciel.

Il vit un oeil, une forme sur l’asphalte. « J’avais appris ce qu’est un oeil pendant ma période d’instruction », dit-il. Pour enterrer un explosif artisanal sur le chemin, les combattants ennemis plaçaient un pneu sur la route et le brûlaient. La chaleur ramollissait l’asphalte. Depuis le ciel, cela avait la forme d’un oeil.

Le convoi des soldats était encore à plusieurs kilomètres de l’oeil. Bryant donna l’information à son superviseur, lequel la transmit au centre de commandement. Il a été obligé d’observer quelques minutes, dit Bryant aujourd’hui, tandis que les véhicules s’approchaient de l’endroit.

« Qu’est-ce qu’il faut faire ? » demanda-t-il à son compagnon. Mais lui aussi était un nouveau.

Il n’était pas possible de communiquer par radio avec les soldats sur le terrain, parce que ceux-ci utilisaient des transmissions à interférences.

Bryant vit passer le premier véhicule sur l’oeil. Il n’arriva rien.

Puis le deuxième véhicule passa par dessus et il vit un éclair surgir sous le véhicule, suivi d’une explosion à l’intérieur.

Cinq soldats moururent.

Depuis lors, Bryant ne put se sortir de la tête ses cinq compatriotes. Il commença à apprendre tout par coeur, y compris les manuels du Predator et des missiles, et il se familiarisa avec tous les scénarios possibles. Il était décidé à être le meilleur pour que des choses pareilles n’arrivent plus jamais.

« Je me suis senti déconnecté de l’humanité »

Il a fait des postes qui ont duré jusqu’à douze heures. L’US Air Force faisait encore des réductions de personnel pour le téléguidage dans les guerres d’Iraq et d’Afghanistan. Les téléguideurs de drones étaient taxés de pousse-boutons peureux. C’était un travail si mal vu que les militaires se virent obligés de recruter des retraités.

Bryant se souvient de la première fois qu’un missile tira et tua deux hommes instantanément. Pendant qu’il regardait, il en a vu un troisième qui agonisait. Sa jambe avait disparu et il soutenait son moignon avec des mains au travers desquelles le sang passait et se répandait sur le sol. La scène s’est prolongée durant deux minutes. De retour à la maison, il a pleuré, dit-il, et appelé sa mère.

« Je me suis senti déconnecté de l’humanité pendant environ une semaine », dit-il assis dans son café préféré de Missoula où dans l’air flotte un parfum de cannelle et de beurre. Il y passe beaucoup de temps, à regarder les gens ou à lire Nietzsche et Mark Twain. Quelquefois il change de place. Il ne peut pas rester assis longtemps au même endroit, dit-il. Ca l’énerve.

Son amie a rompu avec lui il y a peu de temps. Elle lui avait posé des questions sur ce qui l’assombrissait et il le lui avait raconté. Mais le résultat en a été qu’elle n’a pu ni le supporter ni le partager.

Dans sa ville natale, quand Bryant est au volant il arbore des lunettes de soleil d’aviateur et un foulard palestinien. L’intérieur de sa Chrysler est recouvert d’insignes de son escadron. Sur sa page Facebook, il a créé un album avec les photos des médailles non officielles qui lui ont été décernées. Tout ce qu’il a, c’est ce passé. Il lutte contre lui, mais c’est aussi une source de fierté.

Quand ils l’ont envoyé en Irak en 2007, il a publié les mots « prêt à l’action » sur son profil. Il a été affecté à une base militaire située à quelques 100 km de Bagdad, où son travail consistait à faire décoller et atterrir des drones. Une fois que ceux-ci atteignaient l’altitude de vol, des pilotes situés aux USA le remplaçaient.

Le Predator peut rester en l’air une journée entière, mais il est lent, c’est pourquoi on le trouve toujours en stationnement à proximité de la zone des opérations. C’est appuyé contre l’un d’eux que Bryant s’est fait prendre en photo habillé d’un combinaison couleur sable et d’un gilet pare-balles.

Deux ans plus tard, l’US Air Force l’envoya dans une unité spéciale à la Base Cannon (Etat du Nouveau Mexique). Il s’est installé avec un soldat ami dans un bungalow dans un village appelé Clovis, où abondaient les caravanes, les stations-service et les Eglises Evangéliques. Clovis était à quelques heures de route de la ville la plus proche.

Bryant préférait les postes de nuit car, en Afghanistan, il faisait jour au printemps, le paysage, avec ses pics enneigés et ses vertes vallées, lui rappelait sa région natale, le Montana. Il voyait les gens qui cultivaient leurs champs, les garçons qui jouaient au foot et les hommes qui embrassaient leur femme et leurs enfants.

Quand il faisait nuit, Bryant faisait marcher la camera infrarouge. Beaucoup d’Afghans dormaient sur le toit pendant l’été à cause de la chaleur. « Je les observais tandis qu’ils faisaient l’amour avec leur femme. Ce sont deux points infrarouges qui ne font plus qu’un », se souvient-il.

Il étudiait des personnes pendant des semaines et, entre autres, des Talibans pendant qu’ils cachaient des armes ou ceux qui figuraient sur les listes de surveillance parce que les militaires, les services de renseignement, ou les informateurs locaux, les soupçonnaient de quelque chose.

« J’en arrivais à les connaître. Jusqu’à ce qu’un supérieur dans la chaîne de commandement me donne l’ordre de tirer. » Il avait des remords à cause des enfants qu’il laisserait sans pères. « C’était de bons papas », dit-il.

Bryant passait sont temps libre à jouer sur Internet à des jeux vidéos ou à “World of Warcraft”, ou bien il sortait boire avec les autres. Il ne pouvait plus regarder la télévision parce il n’y avait pas assez pour lui de défis à relever ou de stimulations . Il avait aussi des problèmes pour trouver le sommeil.

« Pas de place pour les sentiments »

A la Base Holloman, dans l’Etat du Nouveau Mexique, la Major Vanessa Meyer,dont le véritable nom est recouvert d’un ruban adhésif noir, présente la formation des téléguideurs de drones. L’US Air Craft espère avoir le personnel suffisant pour couvrir ses besoins de l’année 2013.

Meyer, qui a 34 ans, brillant à lèvres et diamant au doigt, pilotait des avions-cargos avant de devenir téléguideuse de drones. Habillée de la combinaison verte de l’Armée de l’Air, elle se trouve debout dans une cabine d’entraînement et utilise un simulateur pour montrer comment on guide un drone à travers l’Afghanistan. Sur l’écran, la mire suit une voiture blanche jusqu’à ce qu’elle arrive à un groupe de cabanes en terre. De la main droite, elle prend le joystick pour déterminer la direction de l’avion et de la gauche elle actionne la manette qui accélère ou ralentit son vol. Sur un terrain d’aviation qui se trouve derrière le poste de guidage, Meyer nous montre le predator, fin et brillant, et son grand frère, le Reaper, qui transporte quatre missiles et une bombe. « Ce sont des avions extraordinaires », dit-elle. »Seulement, ils ne fonctionnent pas par mauvais temps ».

Meyer a téléguidé des drones à Creech, la base aérienne qui est près de Las Vegas, là où les jeunes gens vont et viennent en voiture de sport, là où les chaînes de montagne s’étendent dans le désert comme de gigantesques reptiles. Le colonel Matt Martin, dans on livre sur le Predator où il raconte son expérience de guideur de drones au Nevada, a écrit : « Quelquefois, je me prenais pour Dieu qui lance la foudre à distance ».. Meyer a eu son premier enfant alors qu’elle y travaillait. Pendant son neuvième mois de grossesse elle était même assise au poste avec le ventre qui faisait pression sur le clavier..

« Pas de place pour les sentiments » quand on prépare une attaque, dit-elle aujourd’hui. Elle sentait bien, ajoute-t-elle, que son cœur battait plus vite et que l’adrénaline lui parcourait le corps, mais elle respectait les règles à la lettre et se concentrait sur la position du drone. « Une fois la décision prise, sachant qu’il s’agissait d’un ennemi, d’une personne hostile, d’un objectif légal qui méritait la mort, cela ne me faisait rien de tirer ».

Troisième partie: « Pas de place pour les malheurs du monde »

Après son travail, elle rentrait à la mission par l’autoroute 85 jusqu’à Las Vegas, en écoutant de la musique « country » et en passant sans les voir à côté de militants pour la paix. Elle ne pensait pas souvent à ce qui s’était passé dans le poste de guidage mais quelquefois elle se remémorait ce qu’elle avait fait dans l’espoir d’améliorer son rendement.

Ou bien elle allait faire ses courses. Ca lui a fait drôle quelquefois quand la caissière lui a demandé « Comment allez-vous ? » et qu’elle a répondu « Très bien, et vous ? Bonne journée ! ». Quand elle se sentait inquiète, elle allait courir. Elle dit qu’être capable d’aider les enfants de la terre la motivait à se lever chaque matin.

Dans la maison de Meyer il n’y avait pas de place pour les malheurs du monde. Elle et son mari, téléguideur de drones, ne parlaient pas de son travail. Elle regardait en pyjama des dessins animés à la télévision ou jouait avec son bébé.

Maintenant, Meyer a deux jeunes enfants. Elle veut leur montrer que « Maman peut aller travailler et avoir un bon travail ». Elle ne veut pas être comme les femmes Afghanes, soumises et couvertes de la tête aux pieds. « Les femmes ne sont pas des guerriers », dit-elle. Meyer ajoute que son travail actuel de formatrice est très satisfaisant, mais qu’il lui plairait de revenir un jour aux missions de combat.

« Je ne peux pas juste changer comme ça et revenir à la vie normale »

Vint un moment ou Bryant ne pensa plus qu’à partir de là pour faire autre chose. Il a passé quelques mois de plus à l’étranger, en Afghanistan cette fois. Mais depuis, quand il est rentré au Nouveau Mexique, il s’est rendu compte qu’il avait pris en grippe le poste de téléguidage qui empestait la transpiration. Il a commencé par l’asperger de rafraichissant pour air afin d’éliminer les mauvaises odeurs. Mais il a su aussi qu’il voulait faire quelque chose pour sauver des vies au lieu de les détruire. Il a pensé qu’un travail de formateur en stages de survie pourrait lui aller, bien que ses amis aient tenté de l’en dissuader.

Le programme que par la suite il a commencé suivre dans son bungalow de Clovis s’appelle « Power 90 Extreme », avec des exercices comprenant un entrainement au saut à la corde, des pompes, de la maîtrise de soi et des abdominaux. On soulève aussi des haltères quasiment tous les jours.

Quand il ne se passait rien dans le poste de téléguidage, il écrivait dans son journal des réflexions de ce genre :« Sur le champ de bataille, il n’y a pas de partisans, seulement du sang répandu. La guerre totale. Tout ce que je vois est horrible. Puissent mes yeux pourrir. »

S’il arrivait à être suffisamment en forme, pensait-il, peut-être lui permettraient-ils de faire quelque chose d’autre. Le problème est qu’il était trop bon dans son travail.

Vint un moment où il ne prit plus plaisir à voir ses amis. Il a connu une fille mais elle s’est plainte de sa mauvaise humeur et il lui dit : « Je ne peux pas juste changer comme ça et revenir à la vie normale « . Quand il rentrait chez lui, il ne pouvait pas dormir et faisait de l’exercice physique. Il a commencé à répondre mal à ses supérieurs.

Un jour, il s’est effondré au travail et a craché du sang. Le médecin lui a dit de rester à la maison et qu’il ne reprendrait le travail que quand il pourrait dormir plus de quatre heures par nuit pendant deux semaines d’affilée.

« Six mois plus tard j’étais de retour au poste de téléguidage, à diriger des drones », dit Bryant, qui est maintenant assis dans le salon de sa mère à Missoula. Son chien gémit et appuie la tête sur sa joue. Pour le moment il n’a pas ses meubles qui sont chez un garde-meubles et il n’a pas d’argent pour le payer. Il ne lui reste que son ordinateur.

Bryant a posté un dessin sur Facebook la veille au soir de notre entrevue.

Il représente un couple qui regarde le ciel main dans la main dans une verte prairie. Un chien et un enfant sont assis par terre près d’eux. Mais la prairie n’est qu’une partie du dessin. En dessous, il y a une mer de soldats mourants qui se soutiennent avec le peu de forces qu’il leur reste, une mer de corps, de sang et de morceaux de corps.

Les médecins de l’Administration des Anciens Combattants ont diagnostiqué que Bryant souffrait de « Post Traumatic Syndrome Desorder » (PTSD). Les espoirs généraux d’une guerre commode – une de celles qu’on peut faire sans blessures émotionnelles – ne se sont pas réalisés.

En fait, le monde de Bryant s’est confondu avec celui de l’enfant en Afghanistan, comme s’il y avait eu un court-circuit dans le cerveau des drones.

Pourquoi il a quitté l’US Air Force ? Un jour, dit Bryant, j’ai eu la certitude que je ne signerais pas le contrat suivant ; C’est le jour où, en entrant dans le poste de téléguidage, j’ai entendu dire : « Hé, quel est le fils de pute qui va mourir aujourd’hui ? »

Nicola ABE

Sources :
En anglais traduit de l’allemand (en trois parties)
En espagnol par Tlaxcala sur La Pupilla Insomne
Traduction partielle en français sur Courrier International

Traduction pour Le Grand Soir: A. M.

URL de cet article 20465
http://www.legrandsoir.info/reves-en-infrarouges-un-teleguideur-de-drones-raconte-son-parcours.html
Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 4 mai, 2013 |Pas de commentaires »

L’IRAN ET LE HEZBOLLAH POURRAIENT INTERVENIR DANS LA BATAILLE EN SYRIE (AFP)

L’Iran et le Hezbollah pourraient intervenir

dans la bataille en Syrie

L'IRAN ET LE HEZBOLLAH POURRAIENT INTERVENIR DANS LA BATAILLE EN SYRIE (AFP) dans REFLEXIONS PERSONNELLES syrie

BEYROUTH – Le chef du puissant mouvement chiite libanais a évoqué mardi 30 avril 2013 une possible intervention directe de l’Iran et du Hezbollah sur le terrain car les amis de la Syrie ne permettront pas la chute du régime de Bachar al-Assad.

Il a par ailleurs reconnu pour la première fois l’engagement de ses troupes dans la région de Qoussair au centre de la Syrie et dans le haut lieu chiite religieux de Sayeda Zeinab, à l’est de Damas.

La Syrie compte dans la région de vrais amis qui ne permettront pas que ce pays tombe dans les mains des Etats-Unis, d’Israël ou des groupes takfiri, faisant allusion aux extrémistes sunnites, a déclaré M. Nasrallah sur la chaîne du mouvement al-Manar.

Il y a actuellement des experts iraniens qui sont en Syrie depuis des dizaines d’années mais pas de forces militaires iraniennes car c’est maintenant le peuple syrien qui combat, a-t-il noté.

Mais, a-t-il ajouté, si la situation devenait plus dangereuse, des Etats, des mouvements de résistance et d’autres forces seront dans l’obligation d’intervenir de manière efficace dans la confrontation sur le terrain, a-t-il ajouté.

Le régime syrien est confronté à un rébellion armée qui a fait depuis deux ans plus de 70.000 morts, selon l’ONU.

Par ailleurs, il a reconnu et justifié l’engagement de ses troupes dans la région de Qoussair au centre de la Syrie et dans le haut lieu chiite religieux de Sayeda Zeinab, à l’est de Damas.

Ces derniers mois, l’armée syrienne a été contrainte de se retirer de certaines parties de la région de Qoussair ce qui conduit les Libanais vivant dans cette région à se trouver confrontés à des groupes armés (rebelles anti-régime), a-t-il expliqué.

Il faisait allusion aux 13 localités se trouvant en Syrie et qui sont habitées totalement ou majoritairement par des chiites libanais.

Lorsque les attaques ont empiré et qu’un grand nombre de combattants (rebelles) se préparaient à prendre le contrôle de ces villages habités par les Libanais, il était normal d’offrir toute l’aide possible et nécessaire pour épauler l’armée syrienne, les comités populaires (milices locales pro-régime) et les habitants libanais, a-t-il dit en soulignant que la bataille n’est pas finie.

Le chef du Hezbollah, un allié du régime syrien, a rendu hommage aux combattants qui sont tombés en Syrie. Nous sommes fiers des martyrs qui sont tombés ces dernières semaines et ils nous honorent. Je salue leur famille, a-t-il lancé sans préciser le nombre de tués dans les rangs de son mouvement.

Par ailleurs, il a justifié la présence des combattants du Hezbollah à Sayeda Zeinab en soulignant qu’ils combattaient les takfiri).

Il faut que des moujahidine (combattants de l’islam) honnêtes se dressent pour empêcher la chute du village et du mausolée de Sayeda Zeinab (…) Il y a des gens sur le terrain qui empêchent l’avancée des takfiri, a-t-il expliqué.

Selon la légende, Zeinab petite fille de Mahomet et soeur de l’imam Hussein, vénéré par les chiites, y serait enterrée.

Il a enfin mis en garde Israël contre une mauvaise appréciation. Si vous pensez que la résistance au Liban est affaiblie en raison de ce qui se passe en Syrie, vous avez tort. Je préviens l’ennemi et tous ceux qui le soutiennent de ne pas commettre une bêtise car la résistance est en état d’alerte et a son doigt sur la gâchette, a-t-il dit.

(©AFP / 30 avril 2013 22h07)

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 3 mai, 2013 |Pas de commentaires »

SAC A DOS,COCOTTE-MINUTE ET ATTENTATS…(Georges STANECHY / http://stanechy.over-blog.com)

Sac à Dos,Cocotte-minute et attentats…

SAC A DOS,COCOTTE-MINUTE ET ATTENTATS...(Georges STANECHY / http://stanechy.over-blog.com) dans REFLEXIONS PERSONNELLES cocotte

arton20431-d9766 ATTENTATS dans REFLEXIONS PERSONNELLES
Georges STANECHY

Bizarre…

Je viens de vivre une étrange expérience…

J’appartiens à l’espèce des escargots et tortues. Je ne me déplace jamais sans mon sac à dos. Quelles que soient saisons, latitudes et longitudes.

Sac à dos, de ville ou “streetwear”, rien à voir avec ceux des campeurs, alpinistes ou fantassins. Sac à dos ordinaire, comme on en voit par centaines dans toutes les communautés urbaines de la planète, et sur tous les écrans vidéos dans les lieux publics et centres commerciaux. A deux poches ou soufflets, à fermeture éclair.

J’y place mon PC portable, mes téléphones, mes écouteurs, mes indispensables chargeurs, mes stylos et mini blocs, mes trousseaux de clés, ma demie bouteille d’eau, avec casquette ou écharpe suivant les températures annoncées.

Sans oublier, un livre de chevet nomadisme. Très utile, quand la route est longue. En ce moment, je chemine avec Talleyrand, la biographie écrite par Jean Orieux. Un peu volumineux, mais j’arrive à caser ses 852 pages… Et, si je prends l’avion, j’y ajoute une trousse de toilette et du petit linge : les valises s’égarant souvent lors des escales.

Hier soir, chez des amis de Séoul, j’ai proposé un jeu. Manière d’éviter une épreuve que je redoute entre toutes : le karaoké de fin de repas. Dont raffolent mes hôtes et où ils excellent. Mais, moi, et mes cordes vocales…

En fait, une séance de « science expérimentale » : faire entrer leur cocotte-minute dans mon sac à dos. Après, évidemment, l’avoir vidé (quelle pagaille sur un coin de table !…).

Nous avons essayé toutes les formules. Patiemment, méthodiquement. Avec et sans les poignées (difficile démontage…). Avec et sans couvercle… Différents angles d’intromission…

Après plus de deux heures de discussions, confrontations d’hypothèses, efforts, passionnés, pour résoudre la quadrature de la cocotte-minute, j’avais obtenu deux satisfactions. La première : échapper au karaoké !… La seconde : réunir un consensus général en partageant, pour une fois, la même conclusion.

Qui ébranlait mes convictions médiatiques, me figeant subitement dans un bizarre désarroi : faire entrer une cocotte-minute dans un sac à dos est … Impossible !

Georges STANECHY

http://stanechy.over-blog.com/article-sac-a-dos-cocotte-minute-117249352.html

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 3 mai, 2013 |Pas de commentaires »

BARRAGE HYDROELECTRIQUE DE GIBE III: UNE « CATASTROPHE » IMMINENTE EN ETHIOPIE (SURVIVAL INTERNATIONAL)

Barrage hydroélectrique de Gibe III :

BARRAGE HYDROELECTRIQUE DE GIBE III: UNE

Une « catastrophe » imminente en Ethiopie

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Le barrage de Gibe III fera obstacle aux crues naturelles de la rivière Omo dont les tribus dépendent
© Survival

Trois rapports indépendants établissent que le barrage controversé de Gibe III, ainsi que l’accaparement des terres pour les plantations, risquent de provoquer une « catastrophe » imminente dans la vallée inférieure de l’Omo en Ethopie. Un demi-million de riverains autochtones d’Ethiopie et du Kenya vont être affectés par ces projets dont Survival International demande la suspension immédiate.

Lake Turkana and the Lower Omo – Hydrological Impacts of Major Dam and Irrigation Projects (le lac Turkana et l’Omo inférieur – impacts hydrologiques du barrage et des projets d’irrigation) publié par le Centre d’Etudes Africaines de l’Université d’Oxford prévoit que le projet Kuraz Sugar du gouvernement éthiopien provoquera une baisse de 22 mètres du niveau des eaux du lac Turkana, le plus grand lac du monde en milieu désertique. La majeure partie de la faune aquatique, vitale pour les Turkana et autres tribus riveraines, sera détruite.

Les Bodi, les Kwegu et les Mursi sont expulsés de force pour faire place au projet Kuraz et conduits dans des camps de réinstallation où ils sont sommés de vendre leurs troupeaux et de ne conserver que quelques têtes de bétail. On a annoncé aux Bodi qu’ils ne bénéficieraient de l’aide alimentaire que lorsqu’ils auront accepté d’être déplacés.

Humanitarian Catastrophe and Regional Armed Conflict Brewing in the Transborder Region of Ethiopia, Kenya and South Sudan (catastrophe humanitaire et conflit armé régional imminents dans la région transfrontalière d’Ethiopie, du Kenya et du Soudan), publié par le Groupe de Travail sur les Ressources Africaines, conclut que 200 000 autochtones d’Ethiopie et 300 000 du Kenya souffriront des impacts irréversibles du barrage et des plantations.

Il indique que le barrage interrompra la crue naturelle de la rivière Omo, que son écoulement sera réduit de 60 à 70% et que les moyens de subsistance des tribus riveraines et des plaines seront anéantis. Il prédit un « conflit inter-ethnique majeur ».

The Downstream Impacts of Ethiopia’s Gibe III Dam – East Africa’s Aral Sea in the Making? (Les impacts en aval du barrage Gibe III en Ethiopie – une mer d’Aral en Afrique orientale?), publié par International Rivers annonce que les changements de régime hydrologique dus au barrage et l’irrigation associée pour les plantations qui utiliseront des fertilisants, conduiront à tuer toute vie dans certaines zones de l’Omo. Le rapport établit que « la destruction des moyens de subsistance dans l’Omo inférieur et la coercition nécessaire pour s’approprier les terres et les remplacer par des plantations agricoles affectera gravement la vie de 200 à 300 000 riverains autochtones ». Il appelle à la cessation des financements du barrage.

L’Agence Britannique pour le Développement International (DFID) et l’Agence des Etats-Unis pour le Développement International (USAID) sont les principaux bailleurs en Ethiopie. Toutes deux ont reçu de nombreux rapports sur les violations de Droits de l’Homme dans la vallée inférieure de l’Omo.

Les représentants de DFID qui se sont rendus l’année dernière dans les villages mursi et bodi ont été informés sur les arrestations, les violences, la destruction des semences, les intimidations et les viols.

En janvier 2012, pressée par Survival International et d’autres organisations, DFID a envoyé des représentants dans l’Omo inférieur pour interroger les Mursi et les Bodi qui les informèrent sur les arrestations et les violences, la destruction délibérée des stocks de semences, l’interdiction d’accès à la rivière Omo et le déploiement de l’armée pour intimider les riverains et les forcer à quitter leurs terres. On leur signala également de nombreux cas de viols.

Il a fallu neuf mois à DFID pour rendre le rapport de sa visite qui conclut qu’une enquête plus approfondie devrait permettre de « confirmer » les allégations. DFID n’a cependant rien encore entrepris.

DFID et USAID continuent de financer le programme éthiopien de « Protection de services basiques », sans lequel la relocalisation forcée de milliers riverains n’aurait probablement pas eu lieu.

Stephen CORRY, directeur de Survival International, a déclaré aujourd’hui :

« Les fonds britanniques financent la destruction de certains des plus célèbres peuples pastoraux d’Afrique. Ce qui devrait scandaliser les contribuables, mais ils ne seront probablement pas surpris. Le gouvernement britannique est réputé pour ses vœux pieux en ce qui concerne ses obligations envers les droits fondamentaux des peuples indigènes. Quant aux engagements de DFID sur les Droits de l’Homme en Ethiopie, ils n’ont aucune valeur puisque cette institution ignore à la fois ses propres normes et les conventions auxquelles elle a adhéré« .

Auteur: Survival International

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 28 avril, 2013 |Pas de commentaires »

GUANTANAMO: COMMENT CREER DES ZOMBIES (Naomi WOLF /http://www.legrandsoir.info)

Guantanamo :

GUANTANAMO: COMMENT CREER DES ZOMBIES (Naomi WOLF /http://www.legrandsoir.info) dans REFLEXIONS PERSONNELLES usa

Comment créer des zombies

usa2 ATTENTATS dans REFLEXIONS PERSONNELLES
(Naomi WOLF)

Pourquoi agrandir quelque chose qui n’est pas censé exister ?

Le quelque chose en question est la prison américaine de la baie de Guantanamo, pour laquelle le Pentagone a récemment demandé un financement supplémentaire de 49 millions de dollars. Malgré la promesse faite par Obama en 2009 – l’une de ses premières promesses en tant que président – de fermer  » Gitmo « , il est évident que les États-Unis n’ont aucune intention de le faire dans un avenir proche. En fait, la seule fermeture effectuée par l’administration Obama a été celle du bureau du représentant spécial, Daniel Fried, chargé de démanteler Guantanamo. Le département d’État américain a assigné fin janvier 2013 d’autres fonctions à Fried, qui ne sera pas remplacé.

Comment mieux commémorer cette décision que par l’expansion des camps pénitentiaires ? Le nouvel établissement, auquel seront consacrés ces fonds supplémentaires, hébergera 106 prisonniers (le nombre exact est incertain), qui n’auront été ni jugés, ni inculpés.

Huit d’entre eux ont entamé leur deuxième mois d’une grève de la faim. Selon le porte-parole du commandement Sud, qui supervise Guantanamo, les grévistes sont désillusionnés parce qu’ils avaient cru à la promesse d’Obama de fermer Gitmo. Ils sont en fait libérables et ce n’est que l’incapacité d’Obama de tenir parole – et l’incapacité du Congrès Américain de légiférer sur leur transfert – qui les maintient en détention. Ils ont donc le sentiment aujourd’hui que le seul moyen d’attirer l’attention de l’opinion publique internationale est d’entreprendre une  » action dramatique « .

L’une des raisons pour laquelle le Pentagone doit construire une nouvelle installation coûteuse tient au rôle que jouent les sociétés militaires privées dans la politique pénitentiaire. A Guantanamo, ce sont des contractants privés qui sont aux commandes. Ils partagent la signalisation avec les unités militaires, sont mieux logés que les soldats, gèrent les cantines et importent les travailleurs d’Asie du Sud-est chargés de construire les énormes infrastructures (qui étaient neuves lors de ma visite en 2009, ce qui fait douter de la  » détérioration  » invoquée pour justifier le nouvel apport de fonds).

Ces contractants étaient également chargés de la gestion du bâtiment du tribunal militaire, et décident même de la politique à suivre – par exemple, en déterminant ce qui pouvait ou non être dit aux médias. D’après des conflits dont j’ai été témoin, les opérateurs privés surclassaient les soldats.

Les sommes énormes, souvent impossibles à documenter, concédées à ces sociétés expliquent facilement pourquoi des installations comme Guantanamo – et des prisons appartenant à et gérées par des contractant privés aux États-Unis même – ne ferment jamais. Le transfert de fonds publics vers des sociétés privées est bien plus en vogue que le désuet capitalisme de marché.

Mais comment expliquer la brutalité de Guantanamo ? J’ai récemment visité Alcatraz, l’ancienne prison fédérale américaine située dans la baie de San Francisco. Comme Gitmo, Alcatraz fut créée dans les années 1930 pour accueillir ceux qui étaient alors les pires d’entre les pires – les terroristes islamiques (ou accusés de l’être) de leur époque. Les tueurs en série et les gangsters – dont Al Capone – y étaient incarcérés. La prison d’Alcatraz a été fermée il y a cinquante ans, en 1963, en raison des conditions de détention jugées inhumaines, et les prisonniers transférés ailleurs. Mais j’ai été frappée à quel point le régime pénitentiaire et les bâtiments d’Alcatraz semblent humains comparés à Guantanamo.

Pour commencer, les prisonniers d’Alcatraz qui étaient violents ou contrevenaient aux règles étaient placés à l’isolement au Bloc D, dont les cellules n’avaient pas de fenêtre ; à Guantanamo, aucune des cellules montrées aux journalistes n’a de fenêtre ou de lumière naturelle. L’isolement au Bloc D était considéré comme la punition la plus dure et n’excédait jamais 48 heures. A Guantanamo – et dans d’autres pénitenciers étatsuniens – les prisonniers sont maintenus à l’isolement pendant des jours ou des semaines d’affilée, ce qui peut entraîner une psychose.

De même, à Alcatraz, les prisonniers avaient accès à une bibliothèque bien fournie, et droit à une visite mensuelle de leurs proches et à du courrier. A Guantanamo, en violation des Conventions de la Croix-Rouge, les prisonniers ne peuvent recevoir ni courrier, ni visites de leur famille, leurs possibilités de lecture sont sévèrement restreintes et les nouvelles sont censurées. Ils ne sont même prévenus du décès de leurs parents ou enfants.

Les prisonniers d’Alcatraz bénéficiaient également d’une certaine intimité. Ils étaient entièrement déshabillés en arrivant, mais recevaient ensuite des vêtements et se douchaient en groupe du même sexe sous la surveillance d’un garde masculin. Les prisonniers de Guantanamo doivent se doucher dans des cabines individuelles placées dans les principaux couloirs, avec une porte vitrée, avec pour effet qu’ils sont nus sous le regard de gardes féminins.

Et, évidemment, les détenus d’Alcatraz avaient été jugés par un tribunal, défendus par un avocat avec lequel les échanges étaient confidentiels et dûment reconnus coupables. Les hommes emprisonnés à Guantanamo n’ont jamais été jugés ; les communications de leurs avocats sont enregistrées ; et leurs avocats ne peuvent même pas dire aux journalistes ou aux tribunaux ce qui leur a été fait pour obtenir une confession, parce que – par un paradoxe kafkaïen – les méthodes des enquêteurs, qui d’après les détenus comprennent la torture, sont classées secrètes.

Les huit grévistes sont alimentés de force par des tubes insérés dans leur estomac. Il s’agit d’une méthode brutale – les hommes sont attachés avec des sangles sur des chaises roulantes, deux fois par jour, et nourris de force, dans un bâtiment que j’avais visité. Un gréviste de la faim yéménite, Mohammed Saleh, était décédé lorsque je m’étais rendu à Guantanamo en 2009. Comme dans le cas de tous les grévistes de la faim morts en détention, l’armée américaine a affirmé qu’il s’agissait d’un suicide.

Peut-être qu’un jour des touristes visiteront Guantanamo et regarderont avec horreur et étonnement ce que les Américains y ont construit. D’ici là, les Américains doivent se demander ce qui a pu à ce point abrutir la conscience nationale entre 1963 et aujourd’hui. Comment se fait-il qu’une prison trop brutale pour les gangsters, trop peu américaine pour accueillir les pires d’entre les pires, était plus humaine qu’un endroit pour l’agrandissement duquel les Américains dépensent des millions de dollars ?

Naomi WOLF
critique sociale et militante politique. Son dernier ouvrage est: « Vagina : A New Biography » (Le vagin : une nouvelle biographie – ndlt).

Traduit de l’anglais par Julia Gallin

URL de cet article 20161
http://www.legrandsoir.info/guantanamo-comment-creer-des-zombies.html
Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 28 avril, 2013 |Pas de commentaires »

USA / OTAN: LOCOMOTIVE DE LA DEPENSE MILITAIRE MONDIALE (Manlio DINUCCI / IL Manifesto)

USA/OTAN:

Locomotive de la dépense militaire

mondiale (Il Manifesto)

USA / OTAN: LOCOMOTIVE DE LA DEPENSE MILITAIRE MONDIALE (Manlio DINUCCI / IL Manifesto) dans REFLEXIONS PERSONNELLES benghazicombatsarton20236-6f901 ARABIE SAOUDITE dans REFLEXIONS PERSONNELLES
Manlio DINUCCI

Mais quelle crise ? En 2012 l’Italie est montée à la dixième place des pays qui ont les plus grosses dépenses militaires du monde, au lieu de la onzième place en 2011. L’information vient du SIPRI, le réputé Institut International dont le siège est à Stockholm, qui a publié récemment les dernières données sur la dépense militaire mondiale. Celle de l’Italie se monte à environ 34 milliards de dollars en base annuelle, équivalents à 26 milliards d’euros. C’est-à-dire 70 millions d’euros par jour, dépensés en argent public pour les forces armées, armements et missions militaires à l’étranger. Alors que les fonds manquent même pour payer le chômage.

USA/OTAN toujours en tête

Ceux qui font la locomotive de la dépense militaire mondiale, qui a grimpé en 2012 à 1753 milliards de dollars, sont encore les Etats-Unis, avec 682 milliards de dollars, équivalents à environ 40% du total mondial. Alliés compris, la dépense militaire de l’OTAN se monte à plus de 1.000 milliards annuels, représentant 57% du total mondial.

Parmi les « G-10 » -USA, Chine, Russie, Grande-Bretagne, Japon, France, Arabie saoudite, Inde, Allemagne, Italie- dont la dépense militaire équivaut aux trois-quarts de la dépense mondiale, les Etats-Unis dépensent plus que les neuf autres réunis. Dans la présentation du budget du Pentagone on rappelle que les USA possèdent « les forces armées les mieux entraînées, les mieux dirigées et les mieux équipées qui aient jamais été réalisées dans l’histoire » et qu’ils sont décidés à garder ce primat.

L’objectif du pentagone est de rendre les forces étasuniennes plus agiles, plus flexibles et prêtes à être déployées encore plus rapidement. La réduction des forces terrestres entre dans la nouvelle stratégie, testée avec la guerre de Libye : utiliser l’écrasante supériorité aérienne et navale étasunienne et faire porter la plus grosse charge aux alliés. Ça n’est pas pour autant que les guerres coûtent moins : les fonds nécessaires sont autorisés d’une fois sur l’autre par le Congrès, qui les ajoute au budget du Pentagone.

Les coupes budgétaires militaires étasuniennes annoncées de 45 milliards annuels pour la prochaine décennie restent donc entièrement à vérifier. On doit en outre tenir compte dans la dépense fédérale, en plus du budget annuel du Pentagone, d’autres postes à caractère militaire –parmi lesquels 140 milliards annuels pour les militaires à la retraite, 53 pour le « programme national de renseignement », 60 pour la « sécurité de la patrie »- qui portent la dépense réelle étasunienne à plus de 900 milliards, soit plus de la moitié de la dépense mondiale.

La compétition des autres

La stratégie des USA a aussi pour objectif d’augmenter la dépense militaire des alliés, internes ou externes à l’OTAN, car c’est l’industrie guerrière étasunienne qui leur fournit la majeure partie des armements. Les résultats sont au rendez-vous : la dépense militaire de l’Europe Orientale a augmenté en 2012 de plus de 15% par rapport à l’année précédente. La Pologne, en dix ans, ajoutera à son budget militaire 33,6 milliards d’euros pour potentialiser ses forces armées en réalisant (avec des technologies importées des USA) son propre « bouclier de missiles » dans le cadre de celui des USA/OTAN.

Forte augmentation aussi de la dépense militaire des alliés moyen-orientaux, qui a augmenté en une année de plus de 8% : en tête se trouvent Oman, avec 51% d’augmentation et l’Arabie Saoudite avec 12%. Forte croissance aussi de la dépense militaire de l’Afrique du Nord, avec une augmentation de 7,8%. En Amérique latine c’est le Paraguay qui est en tête avec une augmentation annuelle de 51% pendant que celle du Mexique a grossi de 10% environ.

Dans les estimations du SIPRI, la Chine reste au deuxième rang mondial, avec une dépense estimée pour 2012 à 166 milliards de dollars, équivalents à 9,5% de la dépense mondiale. Mais son rythme de croissance (175% en 2003-2012) est supérieur à celui des autres pays. Cette accélération est due fondamentalement au fait que les USA sont en train d’opérer une politique de « containment » de la Chine, en déplaçant de plus en plus le centre focal de leur stratégie dans la région Asie/Pacifique. En rapide augmentation aussi la dépense de la Russie qui, avec 90 milliards de dollars, se place au troisième rang mondial.

Le chœur de ceux qui ont accueilli les données du SIPRI en chantant les louanges des « coupes » dans la dépense militaire étasunienne et de l’ « effondrement » de la dépense italienne se livre à une tentative grotesque de cacher la réalité : on jette dans le puits sans fond de la dépense militaire d’énormes ressources qui, au lieu d’être utilisées pour résoudre les problèmes vitaux, servent à préparer de nouvelles guerres en aggravant la condition de pauvreté où est reléguée la moitié de la population mondiale.

Manlio DINUCCI

Edition de mardi 16 avril 2013 de il manifesto

http://www.ilmanifesto.it/area-abbonati/in-edicola/manip2n1/…

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

Cet article a été publié en italien sous le titre: « Rapporto Sipri 2012 : l’Italia, con 34 miliardi di dollari investiti, pari a 26 miliardi di euro, sale tra i « 10 Grandi » della spesa militare. » Le titre de la version française a été proposé par l’auteur. NdT.

Manlio DINUCCI est géographe et journaliste.

URL de cet article 20236
http://www.legrandsoir.info/usa-otan-locomotive-de-la-depense-militaire-mondiale.html
Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 28 avril, 2013 |Pas de commentaires »
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