UNE ONG APPELLE LE CICR À VENIR EN AIDE À DOUMA: 15 MORTS À TRAVERS LA SYRIE

Une ONG appelle le CICR à venir en aide à Douma: 15 morts à travers la Syrie

UNE ONG APPELLE LE CICR À VENIR EN AIDE À DOUMA: 15 MORTS À TRAVERS LA SYRIE dans REFLEXIONS PERSONNELLES La-Syrie-en-situation-de-guerre-civile-selon-un-responsable-de-l-ONU_reference

BEYROUTH – Une ONG syrienne a lancé un appel au Comité International de la Croix Rouge (CICR) pour envoyer des équipes médicales dans la ville de Douma, près de Damas, théâtre d’opérations militaires d’envergure depuis le 21 juin.

Quinze personnes, dont treize civils, ont été tuées samedi dans les violences en Syrie, selon l’Observatoire Syrien des Droits de l’Homme (OSDH).

A Douma, située à 13 km de la capitale, où des dizaines de personnes ont été tuées et des centaines blessées, la situation humanitaire est catastrophique à tous les niveaux, a indiqué l’OSDH.

L’ONG fait état d’une pénurie de produits alimentaires et de pain, de coupures d’eau et d’électricité.

Plus de 100 familles, des femmes et des enfants, sont piégées dans des abris. Elles sont terrifiées par les pilonnages et les tirs. Les hommes ont été arrêtés ou tués par les forces de l’ordre, ajoute-t-elle.

Les forces de l’ordre ont pris le contrôle de l’hôpital principal de Douma. Il n’y a aucun médecin en ville, alors qu’il y a des dizaines de blessés ayant besoin de soins urgents, affirme l’OSDH.

L’organisation appelle le CICR et le Croissant Rouge à envoyer des équipes médicales en urgence dans cette ville sinistrée dont de nombreux habitants ont fui.

A Deir Ezzor (est), six civils, dont trois femmes, ont été tués par des obus et des tirs. Un officier rebelle a péri dans la nuit dans des combats avec les troupes régulières qui pilonnaient cette ville. A al-Qouria, un oléoduc a explosé, selon l’ONG.

Dans la province de Damas, deux civils ont été tués à Douma et à Mdeira, alors qu’à Damas même, une forte explosion a secoué le quartier de Qaboune où des colonnes de fumée se sont dégagées.

A Idleb, dans le nord-ouest du pays, un homme et son fils ont péri dans des bombardements du village de Hich, rapporte l’OSDH.

Dans le nord, deux civils ont été tués dans des bombardements à Atareb et à Mayer, dans la province d’Alep. A Alep même, la deuxième ville de Syrie, une voiture a explosé dans le quartier d’al-Jamiliyé.

Dans la province de Deraa, berceau de la contestation dans le sud du pays, un rebelle a péri dans l’explosion d’une mine à Kafar Chams.

A Hama (centre), les forces régulières ont lancé une campagne d’arrestations dans plusieurs quartiers, et un militant a péri dans la localité de Sourane, selon l’OSDH.

Vendredi, au moins 75 personnes avaient été tuées dans les violences en Syrie, selon la même source.

A Genève, les chefs de la diplomatie des cinq membres permanents du Conseil de Sécurité de l’ONU ont commencé une réunion pour essayer de s’entendre sur une transition en Syrie et arrêter la spirale de la violence qui plonge chaque jour un peu plus le pays dans la guerre civile.

(©AFP / 30 juin 2012 12h44)

 

ALERTE – Le monde responsable des morts en Syrie en cas de division

 
GENEVE – La communauté internationale portera une partie de la responsabilité des morts en Syrie si elle reste divisée sur la question syrienne, a déclaré samedi à Genève, Kofi Annan, émissaire spécial de l’ONU sur la Syrie.

Dans un discours prononcé à l’ouverture de la réunion du groupe de contact à Genève, M. Annan a déclaré que les Syriens seront les plus grandes victimes, et leurs morts ne seront pas seulement la conséquence d’actes de tueurs, mais aussi de votre incapacité à surmonter vos divisions.

(©AFP / 30 juin 2012 13h22)

Discussions difficiles sur la Syrie, selon un responsable américain

GENEVE – Les discussions dans la réunion du Groupe d’action sur la Syrie samedi à Genève restent difficiles et un accord pourrait être difficile à trouver, a indiqué un haut responsable américain.

Les discussions demeurent difficiles, nous y travaillons aujourd’hui mais nous avons besoin d’un plan fort et crédible, peut-être nous y parviendrons, peut-être pas, a-t-il dit.

Les discussions butent entre Russes et Occidentaux sur le sort du président Bachar al-Assad. Les Etats Unis demandent son départ alors que la Russie, un allié de longue date du pouvoir syrien, estime que les puissances étrangères ne doivent pas décider des résultats de la transition en Syrie.

(©AFP / 30 juin 2012 13h26)

 

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 30 juin, 2012 |Pas de commentaires »

CELA CHAUFFE ENTRE LA TURQUIE ET LA SYRIE !

Un deuxième avion turc visé par des tirs

 syriens:

 le ton monte à Ankara

CELA CHAUFFE ENTRE LA TURQUIE ET LA SYRIE ! dans REFLEXIONS PERSONNELLES F4-Avion

ISTANBUL – Un deuxième avion turc a essuyé des tirs syriens alors qu’il menait des recherches pour secourir les deux pilotes de l’avion de combat abattu vendredi par la Syrie, a affirmé lundi le vice-Premier ministre turc Bülent Arinç, dénonçant violemment l’attitude de Damas.

Un de nos avions CASA s’est envolé avec une équipe d’aide. Malheureusement, des tirs venant du sol ont visé notre avion CASA. Notre ministère des Affaires Etrangères et notre état-major ont appelé les autorités syriennes et ce harcèlement a immédiatement cessé, a déclaré M. Arinç.

On peut parler d’un harcèlement de courte durée contre notre avion, a ajouté M. Arinç, qui est également le porte-parole du gouvernement, lors d’une conférence de presse à l’issue d’un conseil des ministres.

Plus tôt dans la journée, une source diplomatique occidentale a affirmé à l’AFP qu’un avion Casa CN-235 de recherche et de sauvetage de l’armée turque qui participait aux recherches avait été visé vendredi ou samedi par un système de défense sol-air syrien, l’étape ultime avant l’ouverture de feu.

Lorsqu’un avion est pointé par un système de défense, il en est averti par ses instruments, et c’est ce qui s’est produit, a précisé cette source, qui a dit avoir été informée de l’incident par le ministre turc des affaires étrangères Ahmet Davutoglu lors d’une réunion à Ankara dimanche avec les diplomates des pays de l’Union Européenne et de l’OTAN.

M. Arinç a par ailleurs condamné en des termes vifs l’attitude de Damas, estimant que le tir visant l’avion d’attaque au sol F-4 abattu vendredi était intentionnel et constituait un acte hostile au plus haut point.

Prendre pour cible un avion de cette façon, sans avertissement préalable, est un acte hostile au plus haut point, a-t-il asséné.

Il n’y a aucun doute que les Syriens ont intentionnellement pris pour cible notre avion dans l’espace aérien international, a souligné M. Arinç, dénonçant comme de la désinformation la thèse syrienne d’un tir avec un canon antiaérien contre une cible non identifiée à proximité immédiate des côtes syriennes.

Les données en notre possession montrent que notre avion a été atteint par un missile à guidage laser ou à détection de chaleur à 13 milles nautiques des côtes (environ 24 km), soit en zone internationale et largement hors de portée des canons antiaériens, a-t-il souligné.

Tout le monde doit savoir que ce genre de comportement ne restera pas impuni, a ajouté le ministre, précisant tout de fois que la Turquie, en tant qu’état de droit agirait dans le respect des règles du droit international.

Interrogé sur des représailles passant par une interruption des livraisons d’électricité à la Syrie, M. Arinç a confirmé que le gouvernement réfléchissait à une telle mesure.

Nous avons considéré jusque-là pour des raisons humanitaires qu’il convenait de fournir de l’électricité à la Syrie, afin que la vie quotidienne de la population ne soit pas affectée, a-t-il dit.

Pour l’instant nous continuons mais le sujet est à l’ordre du jour du gouvernement. Je pense que d’ici un ou deux jours, il y aura une déclaration pour dire si nous continuons ou non, a-t-il poursuivi.

La compagnie privée turque Aksa de distribution d’électricité doit livrer environ 500 millions de kWh à la Syrie d’ici la fin de l’année, principalement à destination de la ville syrienne d’Alep et aux alentours, selon l’agence de presse Anatolie.

Les relations entre Damas et Ankara se sont envenimées depuis le début du mouvement de contestation qui secoue la Syrie en mars 2011.

Ankara a vivement dénoncé la répression sanglante du soulèvement, se joignant aux appels au départ du pouvoir du président Bachar al-Assad.

Suite au crash du F-4, la Turquie a demandé une réunion urgente avec ses alliés de l’Otan, qui aura lieu mardi à Bruxelles.

(©AFP / 25 juin 2012 21h50)

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 25 juin, 2012 |Pas de commentaires »

LA SYRIE A ABATTU UN AVION DE COMBAT TURC DANS LES EAUX INTERNATIONALES…UN TEST ?

La Syrie a abattu un avion de combat turc dans les eaux internationales

PHANTOM

La Syrie a confirmé avoir abattu un jet turc et, en réponse, la Turquie a déclaré qu’elle « prendrait les mesures nécessaires ». La tension monte et une enquête va être diligentée.
L’agence syrienne étatique SANA rapporte qu’un porte parole de l’armée syrienne a annoncé qu’un objet volant non identifié avait violé l’espace aérien du pays et avait été abattu par l’artillerie anti-aérienne à un kilomètre de la côte du pays.

L’avion s’est révélé être turc et le problème a été réglé selon la loi syrienne a ajouté le porte parole.

Il a aussi déclaré que la Turquie et la Syrie avaient commencé une opération conjointe de sauvetage en mer. Le bureau du premier ministre turc avait annoncé plus tôt que la Syrie était derrière la disparition de l’avion.

« Selon les informations fournies par les institutions concernées et par l’opération conjointe avec la Syrie de recherche et de sauvetage, il apparaît que notre avion a été abattu par la Syrie » a déclaré le bureau du premier ministre.

Le bureau précise que la Turquie est « déterminée » à prendre les mesures qui s’imposent dès que tous les détails de l’incident seront connus, selon Reuters. L’opération de recherche et de sauvetage est toujours en cours, selon le bureau.

Cette déclaration a été faite après une réunion de deux heures entre Erdogan, des membres de son cabinet et l’armée.

Les sauveteurs ont déjà trouvé un siège éjectable et un parachute dans la mer, mais il n’y a aucun signe de l’avion lui-même, a-t-on annoncé à la télévision turque.

Erdogan a dit aux reporters qu’il se savait pas encore si l’avion s’était écrasé ou s’il avait été abattu. Il n’a pas confirmé le fait que la Syrie se serait excusée d’avoir soi-disant abattu le jet.

Il y a eu des rapports contradictoires sur ce qui était arrivé aux pilotes de l’avion. Selon les sources de Marina Finoshina de RT, ils auraient été capturés mais les médias turcs ont dit qu’ils avaient été sauvés.

L’écrivain et universitaire Colin S. Cavell pense qu’il est peu probable que l’avion ait été en mission de reconnaissance, il s’agirait plutôt, selon lui, d’une provocation destinée à tester la réaction des forces de sécurité syriennes et leur capacité à protéger leurs frontières. Le Turquie en tant que membre de l’OTAN peut compter sur le soutien de l’alliance en cas d’attaque, dit-il.

« Le Phantom F-4 est utilisé par les Etats-Unis qui en fournissent à la Turquie et bien sur les Etats-Unis et la Turquie peuvent prétendre que la Syrie les a attaqués », a dit Cavell à RT. « Ils se serviraient sûrement de ce stratagème pour justifier une intervention de l’OTAN s’ils voulaient intervenir, mais je ne pense pas qu’ils vont faire appel à l’OTAN tout de suite. »

Stephen Zunes, qui est professeur à l’université de San Francisco, croit que la Turquie essaie de trouver des moyens de soutenir indirectement l’opposition.

« Ce que la Turquie essaie de faire, très honnêtement, c’est de soutenir l’opposition pour faire tomber le régime —mais d’une manière qui limiterait le risque de se retrouver impliquée directement dans le conflit, » a-t-il confié à RT.

Cependant, Zunes a aussi souligné que, dans la situation actuelle, ni la Turquie, ni la Syrie n’ont intérêt à ce que le conflit s’intensifie.

« Les deux camps ont intérêt à tenter de calmer la situation » a-t-il dit. « Par contre, il peut y avoir des puissances extérieures qui pensent avoir intérêt à envenimer la situation. »

En définitive, il s’avère que l’avion était « non armé et dans les eaux internationales…. »

Pour consulter l’original : http://www.rt.com/news/turkish-plane-erdogan-statement-543/

Traduction : Dominique Muselet

 

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 23 juin, 2012 |Pas de commentaires »

LES ETATS-UNIS ETALENT LEUR HYPOCRISIE: WASHINGTON DENONCE L’ARMEMENT DE LA SYRIE PAR LA RUSSIE TOUT EN ARMANT LE BAHREIN (Forbes)

Les Etats-Unis étalent leur hypocrisie :

 Washington dénonce l’armement de la Syrie

 par la Russie tout en armant le Bahreïn (Forbes)

LES ETATS-UNIS ETALENT LEUR HYPOCRISIE: WASHINGTON DENONCE L'ARMEMENT DE LA SYRIE PAR LA RUSSIE TOUT EN ARMANT LE BAHREIN (Forbes) dans REFLEXIONS PERSONNELLES Syrie-Les-enfants-de-la-guerre-4_galleryphoto_paysage_std

Doug Bandow
Il n’y a pas si longtemps, la Secrétaire d’Etat Hillary Clinton disait que le Président Bashar Assad était une force de réforme. Maintenant elle se dit scandalisée par la Russie accusée de soutenir Assad en lui livrant des armes. Au même moment, les Etats-Unis sont en train d’armer le gouvernement de Bahreïn, qui opprime sa minorité Chiite.

La duplicité et l’hypocrisie sont peut-être inévitables en diplomatie, mais une duplicité et hypocrisie flagrantes ne le sont pas. Dénoncer solennellement Moscou parce qu’il se comporte comme Washington ternit l’image internationale de l’Amérique.

La Syrie est une tragédie, une guerre civile où la majorité de la population tente de renverser une dictature familiale. Mais contrairement à la Libye, une partie importante de la population soutien Assad ou s’oppose à une révolution qui pourrait déboucher sur une vague de violences contre les minorités ethniques et religieuses. L’avenir est sombre et il n’y a pas grand-chose que Washington puisse faire.

Par ailleurs, il n’y a là aucun enjeu pour la sécurité des Etats-Unis, ni même d’enjeu quelconque, qui puisse justifier une intervention militaire de plus dans un pays Musulman et Arabe. L’humanitaire n’est pas non plus une justification acceptable. L’Irak devrait ouvrir les yeux à tous ceux qui pensent que la guerre peut être un outil sophistiqué pour mener de délicats changements sociaux à l’étranger. Avec au moins 200.000 Irakiens tués au cours de la « splendide petite guerre » de George W. Bush, Barack Obama serait bien inspiré de garder les troupes à la maison.

Et il est temps que les responsables politiques américains cessent leur petit jeu international de « faites ce que je dis et pas ce que je fais ». Ca fait longtemps déjà que l’on assiste à un groupe de diplomatiques de Washington qui parcourent le monde pour promouvoir la démocratie et les droits de l’homme tandis qu’un autre groupe s’attelle à promouvoir la stabilité et la sécurité nationale. C’était particulièrement évident pendant la Guerre Froide. Les Etats-Unis défendaient tout ce qui était juste et bon, sauf dans les cas de la Corée du Sud, du Pakistan, de l’Egypte, du Nicaragua, du Chili, du Zaïre, de l’Iran, de la Somalie, de l’Irak, de l’Arabie Saoudite, et d’autres dictatures dans le tiers-monde.

Engagée avant l'heure - Syrie: Les enfants de la guerre - ParisMatch.com

La disparition de l’Union Soviétique a ôté à l’Amérique son apparent besoin de violer ses principes afin de les sauver. Puis la dénommée guerre globale contre le terrorisme a rapproché Washington du Pakistan, l’Arabie Saoudite et les voyoucraties d’Asie centrale. Plus récemment, l’administration Obama a eu du mal à réagir devant le Printemps Arabe parce qu’elle avait soutenu le dictateur égyptien Hosni Mubarak et se montrait parfaitement accommodant avec le dictateur syrien Bashar Assad.

Entretemps, Washington a retrouvé sa voix contre Assad, jugé de manière très opportune comme le probable perdant. Le Président Barack Obama a récemment déclaré « nous défendons des principes qui englobent les droits universels pour tous les peuples et des réformes politiques et économiques justes ». Au moins en ce qui concerne la Syrie.

Au moment même où l’administration fait campagne contre Assad, elle continue de soutenir l’autocratie du Bahreïn et son principal soutien autocrate, l’Arabie Saoudite. A la manière qui n’appartient qu’à eux, les officiels Américains ont appelé les deux camps à faire preuve de retenue – les Bahreïnis qui manifestent pour la Démocratie et les Bahreïnis qui tirent sur ceux qui manifestent pour la Démocratie.

Il ne fait aucun doute que la situation en Syrie est pire qu’à Bahreïn. Et aucune hypocrisie de Washington ne saurait justifier le comportement de Damas. Néanmoins, le comportement de l’administration Obama ridiculise toutes les proclamations du gouvernement américain en faveur de la démocratie et des droits de l’homme.

Le Bahreïn, comme la plupart des états du Golfe, est essentiellement une dictature monarchique. Une royauté sunnite manipule le système à l’avantage de la population sunnite minoritaire. La population chiite est défavorisée et réprimée. L’année dernière, les chiites se sont soulevés et ont connu la répression brutale des dirigeants de Manama qui ont fait une démonstration de leur pouvoir. Des manifestants pacifiques furent attaqués. Il y a eu de nombreux morts. Beaucoup ont été arrêtés, y compris des médecins qui soignaient des manifestants blessés. Le Bahrain Youth Society a documenté de nombreux morts et brutalités à l’encontre des manifestants au cours de l’année écoulée. Une enquête indépendante sur les droits de l’homme a révélé que la torture était une « pratique systématique ».

Le regard grave - Syrie: Les enfants de la guerre - ParisMatch.com

Selon le dernier bilan sur les droits de l’homme au Bahreïn du Département d’Etat : « les problèmes les plus flagrants relevés en 2011 sont l’incapacité pour les citoyens de changer de gouvernement par des moyens pacifiques ; le licenciement et l’expulsion des travailleurs et des étudiants engagés dans des activités politiques ; l’arrestation et détention arbitraire de milliers de personnes, y compris des médecins, des militants des droits de l’homme et des personnalités politiques, dont certains seront torturés et/ou tués en prison ; et l’absence d’état de droit. »

Ce n’est pas tout. Le Département d’Etat ajoute : «  Parmi d’autres préoccupations il y a les privations de vie arbitraires (sic – NdT) ; détention de prisonniers d’opinion ; violations de la vie privée et des libertés civiques, dont la liberté d’expression, de presse, de rassemblement, d’association et certaines pratiques religieuses. Dans certains cas, le gouvernement a imposé et renforcé les restrictions sur les déplacements des militants politiques. » En ce qui concerne la religion, explique le Département d’Etat, « la population musulmane sunnite jouit d’un statut privilégié et la population chiite est discriminée. » Et le Département d’Etat poursuit. Les chiites de Bahreïn n’ont pas subi uniquement la répression de Bahreïn. Le régime a naturellement accusé l’Iran d’avoir fomenté les troubles sans présenter de preuve quant à une implication de Téhéran. Cependant, d’autres états du Golfe, menés par l’Arabie Saoudite, ont envoyé des troupes pour venir en aide à la royauté bahreïnie. La Maison de Saoud est à la fois une kleptocratie familiale et une dictature sunnite. Riyad n’a certainement aucun respect pour les droits de l’homme. Le dernier rapport sur les droits de l’homme du Département d’Etat y signale : « parmi les problèmes figurent l’absence de droits ou de moyens légaux pour la population de changer de gouvernement ; des restrictions sur des droits universels tels que la liberté d’expression, y compris l’accès à Internet, et la liberté d’assemblée, d’association, de mouvement et de religion ; l’inégalité des droits pour les femmes et les enfants ainsi que pour les travailleurs. »

Le rapport mentionne aussi «  la torture et autres abus, des conditions de détention déplorables, l’arrestation et détention de prisonniers politiques, l’absence d’état de droit et les arrestations et détentions arbitraires, des violations arbitraires de la vie privée, des habitations et du courrier.  » Sur le plan de la vie privée, notamment les pratiques religieuses, le système est totalitaire. Les Etats-Unis sont allés en guerre contre l’Irak en s’alliant avec l’Arabie Saoudite mais le sort d’une femme chrétienne aurait été beaucoup plus enviable à Bagdad qu’à Riyad.

Une journée au parc d'attraction - Syrie: Les enfants de la guerre - ParisMatch.com

Les royaux saoudiens savent qu’ils mènent la belle vie et ils sont prêts à verser tout le sang qu’il faudra pour préserver leur système. Ce qui signifie étouffer la révolte chiite dans l’état voisin de Bahreïn. En fait, Riyad a proposé un quasi mariage à ses petits voisins, ce qui naturellement horrifié les chiites bahreïnies. On ne peut pas dire que la brutalité saoudienne empêche les présidents américains de dormir. Ces derniers ont régulièrement loué les dirigeants de la Maison de Saoud. En réalité, le mot « démocratie » a rarement été prononcé par un diplomate américain devant un prince saoudien.

Il faut reconnaître que Washington a été embarrassé par les protestations à Bahreïn. Il a froncé les sourcils devant la répression brutale des manifestations pro-démocratie et a déclaré que la famille royale al-Khalifa devait se montrer plus gentille envers la population qu’elle massacrait. Récemment l’administration Obama s’est déclarée « très déçue » par la décision de Bahreïn de confirmer les condamnations des médecins qui ont soigné les manifestants : «  ces condamnations semblent se baser, du moins en partie, sur les critiques émises par les accusés contre la politique et les actions du gouvernement ». Qui l’eut cru ?

Mas le Roi Hamad de Bahreïn a récemment menacé l’opposition pour avoir « insulté » l’armée, qui est le principal rempart du régime. Il a annoncé que les « services exécutives devaient prendre les mesures légales nécessaires pour mettre fin à ces violations. » Ce qui, selon l’expérience passée, signifie l’arrestation, la torture et la emprisonnement, et même la mort, pour les coupables. Pourtant, Washington persiste à jouer les équilibristes. Au début du mois, la porte-parole du Département d’Etat Victoria Nuland a dit : « Nous appelons toutes les parties à œuvrer ensemble pour mettre fin aux violences et s’abstenir de toute provocation. » Si seulement les chiites cessaient de critiquer leurs oppresseurs, ils ne se feraient peut-être pas tirer dessus.

Le dilemme de l’administration est évident. La 5ème flotte US est basée à Manama. Et les Etats-Unis ne veulent pas que des peccadilles telles que des violations des droits de l’homme par un état viennent entacher une si belle amitié.

Jouer pour oublier - Syrie: Les enfants de la guerre - ParisMatch.com

Cependant, les Etats-Unis ne cessent d’acquiescer devant la famille royale bahreïnie, ses pillages et ses tortures. Washington est activement en train de renforcer le régime. L’année dernière, sous pression du Congrès, l’administration Obama avait suspendu à contrecœur les ventes d’armes. A présent, Washington est en train de libérer 53 millions de dollars pour « du matériel déjà prévu et nécessaire à la défense de Bahreïn et le soutien aux opérations de la 5ème flotte. » D’autres assistances en matière de sécurité restent suspendues, du moins pour le moment. « Bahreïn est un partenaire et allié important en matière de sécurité dans la région et fait face à d’énormes défis, » explique Nuland. Peu importe comment l’administration tente de justifier sa décision, celle-ci sera perçue comme un soutien à la dictature d’al-Khalafi. Et ce que Manara comprendra, c’est « Vous devriez vraiment être plus gentils avec les gens que vous réprimez et, ah, au fait, voici les armes qui vous attendiez. » Un militant des droits de l’homme bahreïni, Mohammed al-Maskati, a protesté : « C’est un message clair de soutien aux autorités et de non-soutien à la démocratie à Bahreïn, de non-soutien aux manifestants de Bahreïn. »

L’administration reconnaît comment ses actions sont perçues. Un officiel US qui n’a pas été nommé a déclaré au (magazine) Christian Science Monitor : « Nous avons pris cette décision conscients du fait qu’il persiste un certain nombre de violations graves des droits de l’homme à Bahreïn et nous espérons que le gouvernement de Bahreïn se penchera sur la question. » C’est sûr, après avoir rempli son arsenal, le roi se fera un plaisir de se pencher sur la question.

Tom Malinowski, directeur à Washington de Human Rights Watch, tout en prenant acte que Washington affirme soutenir une réforme politique, déclare que «  le premier intérêt de sécurité nationale à Bahreïn à l’heure actuelle n’est pas la fiabilité des F-16 mais de s’assurer que des réformes soient mises en œuvre pour garantir la stabilité à long terme de la relation . »

La révélation sur la vente d’armes américaine a coïncidé avec l’attaque virulente de l’administration contre Moscou, accusé d’avoir fourni des hélicoptères à la Syrie. Une telle chose, a dit la Secrétaire d’Etat Hillary Clinton, « ferait escalader le conflit d’une manière tout à fait dramatique ». Elle a appelé Moscou à « couper totalement ses relations militaires » puisque « l’heure est venue pour toute la communauté internationale, y compris la Russie… de parler d’une seule voix à Assad et d’insister que la violence doit cesser.  »

Les accusations des Etats-Unis, délivrées avec le ton sentencieux habituel, se révélèrent fausses. Les hélicoptères étaient syriens et avaient été envoyés en Russie pour réparation. Apparemment, Moscou n’a pas vendu d’hélicoptères à Damas depuis les années 90. Le Ministre des Affaires Etrangères Sergei Lavrov a dit que son pays était « en train de finaliser des contrats signés et payés il y a longtemps. Ce sont tous sont des contrats qui ne concernent que des systèmes de défense aériens. »

Nuland a tenté de rattraper la bourde de Washington en déclarant que des hélicoptères, neufs ou réparés, pouvaient être employés contre des manifestants. Mais un officiel anonyme du Pentagone a déclaré au New York Times que la secrétaire d’Etat « manipulait l’affaire pour tenter de mettre les Russes en difficulté. » Ce qui aurait peut-être pu fonctionner avant qu’il ne devienne évident que le gouvernement représenté par la Secrétaire Clinton était en train d’armer la famille royale bahreïnie malgré son comportement brutal.

En pleine lecture - Syrie: Les enfants de la guerre - ParisMatch.com

Le Barheïn n’est pas le seul exemple. Washington a joyeusement échangé des armes américaines contre du cash saoudien malgré les violations par Riyad des droits de l’homme. L’Egypte s’éloigne de la démocratie mais continue de recevoir l’aide de l’étranger. Beaucoup de fonds US vont à l’armée pakistanaise, qui est la principale barrière à une véritable démocratie au Pakistan. Israël reste un partenaire privilégié malgré la mise sous coupe de millions de Palestiniens et l’occupation de la Cisjordanie. Les dirigeants américains ne laissent que rarement les droits de l’homme venir troubler le commerce des armes.

Ironiquement, des armes Russes à Damas pourraient contribuer à mettre fin à la guerre. Apparemment, la Russie a fourni à la Syrie quelques armes de défense aériennes et navales. Le chef de la société d’état d’exportation d’armes de la Russie a affirmé qu’elles permettraient à la Syrie de prévenir de toute attaque. Et Damas a bien plus de bonnes raisons que le Bahreïn pour chercher à se défendre. Ces derniers serait très certainement protégés par l’Arabie Saoudite et les Etats-Unis dans l’éventualité peu probable d’une attaque, supposément de l’Iran. Par contraste, des gens influents à Washington et dans les capitales européennes poussent à une attaque contre la Syrie. Des officiels de l’administration Obama ont déclaré à CNN que l’armée US avait complété ses plans pour une intervention en Syrie.

Le monde serait meilleur avec Bashar Assad et ses alliés dans les poubelles de l’histoire. Mais personne ne sait qui le remplacera, ni si le monde s’en porterait mieux. L’expérience de l’Amérique dans d‘autres aventures militaires folles indiquent que Washington devrait ne pas s’en mêler. Les Etats-Unis n’ont pas besoin d’une nouvelle guerre inutile et imprévisible dans le monde musulman. Dans le même temps, les responsables américains devraient cesser de jouer les donneurs de leçons. La moralisation sans fin a depuis longtemps miné la politique étrangère des Etats-Unis. Si Washington veut armer des régimes oppressifs, il ne peut pas à la fois préserver sa crédibilité et protester si Moscou en fait autant. Y compris en Syrie.

Doug Bandow

Source : http://www.forbes.com/sites/dougbandow/2012/06/18/u-s-hypocr…

Traduction « Forbes – la magazine des milliardaires et la voix des opprimés ! » par VD pour le « Grand Soir » .

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 21 juin, 2012 |Pas de commentaires »

PRESSIONS SUR LA RUSSIE: LES ETATS-UNIS SE FRAYENT UN CHEMIN VERS LA VICTOIRE EN SYRIE À COUPS DE MEURTRES EN MASSE (Land Destroyer Report)

Pressions sur la Russie :

 les Etats-Unis se frayent un chemin vers la

 victoire en Syrie à coups de meurtres en masse.

 (Land Destroyer Report)

PRESSIONS SUR LA RUSSIE: LES ETATS-UNIS SE FRAYENT UN CHEMIN VERS LA VICTOIRE EN SYRIE À COUPS DE MEURTRES EN MASSE (Land Destroyer Report) dans REFLEXIONS PERSONNELLES SYRIE

arton16978-a97e3 GUERRE dans REFLEXIONS PERSONNELLES

Tony Cartalucci
 
Les USA à la Russie : « Laissez tomber » ou nagez dans notre mer de sang syrien.

Alors qu’il s’avère indubitable que la violence qui se déchaîne de plus en plus en Syrie a été préméditée par les planificateurs occidentaux plusieurs années avant que ne se déroule le printemps arabe, et alors que la façade des prétendues « aspirations démocratiques » s’effondre dans le bain de sang perpétré par les extrémistes sectaires qu’ils ont eux-mêmes armés, les officiels US et les gourous des think tanks politiques occidentaux, se confiant à Bloomberg (1), ont déclaré que le dernier message adressé à la Russie en vue d’obtenir un changement de régime en Syrie est essentiellement celui-ci : l’escalade de la violence va délibérément continuer, jusqu’à ce qu’un changement de régime ait lieu, la Russie peut capituler maintenant et participer au changement, ou capituler plus tard et s’en voir exclure comme cela a été le cas en Libye. Bloomberg cite « des officiels US » qui prétendent avoir des contacts avec les Russes pour chercher ensemble une « transition ordonnée ».

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Le mémo n°21 sur le Moyen Orient de la Brookings Institution « Assessing Options for Regime Change  » ne fait pas mystère de ce que la « responsabilité de protéger » (R2P) humanitaire n’est qu’un prétexte pour imposer un changement de régime projeté depuis longtemps.

À quel point les Etats-Unis sont ou croient être près de réussir à renverser le gouvernement syrien est sujet à des estimations diverses. Ce qui n’est pas affaire d’opinion, en revanche, est le fait que les Etats-Unis se sont ouvertement engagés dans une conspiration visant à « saigner à blanc » la Syrie, soit pour au moins limiter de manière définitive son influence géopolitique au Moyen-Orient, soit pour entraîner la chute de son gouvernement. Ceci a été exprimé très clairement dans le susdit Mémo n°21 sur le M.-O. de Brookings Institution (2), « Assessing Options for Regime Change ».

« Il reste une alternative : que les efforts de la diplomatie se concentrent d’abord sur la possibilité d’un accès humanitaire, comme cela tente de se faire sous la direction d’Annan. Un tel choix pourrait conduire à l’établissement de havres de paix et de corridors humanitaires, qui seraient étayés par des actions militaires limitées. Ceci, bien etendu, ne remplirait pas les buts poursuivis par les Etats-Unis et pourrait même laisser Assad au pouvoir. De ce point de départ, cependant, il serait possible qu’une large coalition disposant d’un mandat international approprié, soit en mesure d’ajouter davantage d’action corercitive à ces efforts initiaux » (page 4, « Assessing Options for Regime Change », Brookings Institution.)

En pages 8 et 9, le mémo précise :

« Les « Etats-Unis pourraient encore armer l’opposition, tout en sachant qu’elle n’aura jamais assez de puissance pour déloger du pouvoir, à elle seule, Assad et son réseau. Washington pourrait néanmoins choisir de le faire en arguant de ce que fournir à un peuple opprimé une possibilité de résister à ses oppresseurs vaut mieux que ne rien faire du tout, quand bien même le soutien fourni aurait peu de chances de transformer la défaite en victoire ». Pages 8 et 9, « Assessing Options for Regime Change ».

Pour ceux qui croient en la rhétorique « humanitaire » invoquée par l’Occident pour justifier son ingérence en Syrie, il est clairement hors de question de perpétuer délibérément la violence, et particulièrement la brutale violence sectaire actuellement à l’œuvre, juste pour « garder un ennemi régional en état de faiblesse ». C’est pourtant à partir de cette position d’une totale dépravation morale que l’Occident prétend négocier avec la Russie une « transition ordonnée » en Syrie.

L’Occident s’imagine qu’en continuant à verser le sang à flots et en manipulant l’opinion publique pour lui faire croire que c’est là « l’œuvre du gouvernement syrien », « soutenu par les Russes, les Chinois et les Iraniens », il réussira à culpabiliser ceux qui s’opposent à sa campagne de déstabilisation au point de les faire consentir à son crime contre la paix du monde. Mais la propagande occidentale commence à s’essouffler, face aux medias alternatifs. En outre, le public, fatigué de la guerre sans fin, nourrit de plus en plus de soupçons quant aux motifs de l’engagement occidental en Syrie. L’impact espéré de ce qui se révèle être une atrocité orchestrée par l’Occident en Syrie, n’a été visible que dans les gros titres de la presse occidentale, pas même dans le corps des paragraphes qui les suivaient. Autrement dit, la manœuvre a fait long feu. Personne n’a été dupe.

10000000000002BC00000146FEF4E832-3e04d OBAMAJamais plus ? Temporiser avec la tyrannie ne marche jamais. En 1939, Hitler a signé un pacte de non agression avec l’URSS, qu’il n’a jamais eu l’intention d’honorer. Jusqu’au jour où il a envahi l’URSS en 1941, il a nié son intention d’aller jusqu’à Moscou, prétendant qu’il ne déployait ses troupes aux frontières du pays que « pour les protéger des bombardements anglais ». Aujourd’hui, nous voyons l’OTAN refaire exactement le même chose avec ses boucliers anti-missiles censés protéger la Russie de l’Iran, tout en sapant et en envahissant un allié de la Russie après l’autre. L’apathie et la complicité tacite vis à vis des guerres d’agression peuvent sembler une solution « facile »… aussi longtemps qu’on ne pense pas au prix que les Allemands ont dû payer quand leur chance a fini par tourner.

Ce que les Russes vont décider de faire vis à vis de la Syrie déterminera la forme du champ de bataille sur lequel ils devront combattre lorsqu’ils seront inévitablement forcés d’affronter les machinations croissantes de Wall Street et de Londres.

Une idée fausse dont il faut se garder est que temporiser avec l’Ouest en abandonnant la Syrie comme on l’a fait avec la Libye calmera les ambitions hégémoniques de ceux qui ont inscrit ce programme d’invasions à leur agenda. Comme Hitler niant vouloir envahir l’URSS jusqu’au jour où il l’envahit bel et bien, Wall Street et Londres ont bel et bien l’intention d’aller jusqu’à Moscou et jusqu’à Pékin, quelles que soient les myriades d’excuses qui continueront à être prodiguées, d’ici au jour où les forces occidentales et leurs sous-fifres commenceront à envahir la Russie ET la Chine.

La Chine, elle aussi, est confrontée à l’encerclement et à l’isolement, en ce moment même où le Pentagone déclare ouvertement diriger son attention et ses flottes vers le Pacifique. Tandis que le Secrétaire à la Défense Léon Panetta s’efforce de dissiper les craintes que suscitent ces mouvements et de dire que mais non, mais non, les USA ne sont pas en train de rassembler leurs forces pour attaquer la Chine, ses paroles verbales sans aucune crédibilité contredisent près de 20 ans de documents politiques US, qui préconisent justement l’isolement et la destruction de la Chine par cette méthode de renforcement de l’hégémonie américaine dans le Pacifique.

L’affrontement aura lieu tôt ou tard, et ceux qui se demandent encore pourquoi le monde est resté aussi apathique face aux nazis – menace si évidente pour la paix du monde quand on y repense – sont aujourd’hui assis aux premières loges pour voir Wall Street, Londres et tous leurs satellites violer progressivement la souveraineté et le destin d’une nation après l’autre, soutenus par l’apathie et l’ignorance apparemment infinies de leurs propres populations. Comme ce fut le cas pour l’Allemagne, ce seront en fin de compte ces populations qui paieront au prix fort leur complaisance et leur passivité face aux ambitions hégémoniques effrénées de leurs gouvernements.

Tony Cartalucci

Source : http://landdestroyer.blogspot.be/2012/06/us-to-russia-give-u…

Traduction : C.L. pour http://lesgrossesorchadeslesamplesthalameges.skynetblogs.be/

1 Bloomberg LP est un groupe financier américain spécialisé dans les services aux professionnels des marchés financiers et dans l’information économique et financière aussi bien en tant qu’agence de presse que directement, via de nombreux médias (télévision, radio, presse, internet et livres) dont les plus connus sont probablement ses propres chaînes de télévision par câble/satellite. (Wikipedia)

2 La Brookings Institution est souvent présentée comme le principal think tank des démocrates. Il s’agit plutôt d’un organisme représentatif des élites modérées, favorables à une régulation économique limitée, par opposition au patronat libertarien de l’American Enterprise Institute. Désormais active en politique étrangère, elle préconise – comme les néo-conservateurs et dans les mêmes circonstances – l’usage de la force, mais pour motifs humanitaires et non par évangélisme démocratique, par devoir et non par enthousiasme conquérant. La moitié de ses chercheurs a travaillé dans le passé pour le Conseil de Sécurité National ou la Maison-Blanche. ( Réseau Voltaire)

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 16 juin, 2012 |Pas de commentaires »

LA SYRIE: CENTRE DE LA GUERRE DU GAZ AU PROCHE-ORIENT (Imad FAWZI SHUEIBI)

La Syrie:

 centre de la guerre du gaz au Proche-Orient

LA SYRIE: CENTRE DE LA GUERRE DU GAZ AU PROCHE-ORIENT (Imad FAWZI SHUEIBI) dans REFLEXIONS PERSONNELLES morts_us

par Imad Fawzi Shueibi

L’attaque médiatique et militaire à l’encontre de la Syrie est directement liée à la compétition mondiale pour l’énergie, ainsi que l’explique le professeur Imad Shuebi dans l’article magistral que nous publions. À un moment où la zone euro menace de s’effondrer, où une crise économique aiguë a conduit les États-Unis à s’endetter à hauteur de 14 940 milliards de dollars, et où leur influence s’amenuise face aux puissances émergentes du BRICS, il devient clair que la clé de la réussite économique et de la domination politique réside principalement dans le contrôle de l’énergie du XXIe siècle : le gaz. C’est parce qu’elle se trouve au cœur de la plus colossale réserve de gaz de la planète que la Syrie est prise pour cible.

 ENERGIE dans REFLEXIONS PERSONNELLES

Avec la chute de l’Union Soviétique, les Russes ont réalisé que la course à l’armement les avait épuisés, surtout en l’absence des approvisionnements d’énergie nécessaires à tout pays industrialisé. Au contraire, les USA avaient pu se développer et décider de la politique internationale sans trop de difficultés grâce à leur présence dans les zones pétrolières depuis des décennies. C’est la raison pour laquelle les Russes décidèrent à leur tour de se positionner sur les sources d’énergie, aussi bien pétrole que gaz. Considérant que le secteur pétrolier, vu sa répartition internationale, n’offrait pas de perspectives, Moscou misa sur le gaz, sa production, son transport et sa commercialisation à grande échelle.

Le coup d’envoi fut donné en 1995, lorsque Vladimir Poutine mis en place la stratégie de Gazprom : partir des zones gazières de la Russie vers l’Azerbaïdjan, le Turkménistan, l’Iran (pour la commercialisation), jusqu’au Proche-Orient. Il est certain que les projets Nord Stream et South Stream témoigneront devant l’Histoire du mérite et des efforts de Vladimir Poutine pour ramener la Russie dans l’arène internationale et peser sur l’économie européenne puisqu’elle dépendra, durant des décennies à venir, du gaz comme alternative ou complément du pétrole, avec cependant une nette priorité pour le gaz. À partir de là, il devenait urgent pour Washington de créer le projet concurrent Nabucco, pour rivaliser avec les projets russes et espérer jouer un rôle dans ce qui va déterminer la stratégie et la politique pour les cents prochaines années.

Le fait est que le gaz sera la principale source d’énergie du 21ème siècle, à la fois comme alternative à la baisse des réserves mondiales de pétrole, et comme source d’énergie propre. Par conséquent, le contrôle des zones gazières du monde par les anciennes et les nouvelles puissance est à la base d’un conflit international dont les manifestations sont régionales.

De toute évidence, la Russie a bien lu les cartes et a bien retenu la leçon du passé, car c’est le manque de contrôle au niveau des ressources énergétiques globales, indispensables à l’injection de capital et d’énergie dans la structure industrielle, qui fut à l’origine de l’effondrement de l’Union Soviétique. De même la Russie a assimilé que le gaz serait la ressource énergétique du siècle à venir.

Historique du grand jeu gazier

Une première lecture de la carte du gaz révèle que celui-ci est localisé dans les régions suivantes, en termes de gisements et d’accès aux zones de consommation :

  1. Russie : Vyborg et Beregvya
  2. Annexé à la Russie : Turkménistan
  3. Environs plus ou moins immédiats de la Russie : Azerbaïdjan et Iran
  4. Pris à la Russie : Géorgie
  5. Méditerranée orientale : Syrie et Liban
  6. Qatar et Égypte.

 GAZ

Moscou s’est hâté de travailler sur deux axes stratégiques : le premier est la mise en place d’un projet sino-russe à long terme s’appuyant sur la croissance économique du Bloc de Shanghai ; le deuxième visant à contrôler les ressources de gaz. C’est ainsi que furent jetées les bases des projets South Stream et Nord Stream, faisant face au projet étasunien Nabucco, soutenu par l’Union Européenne, qui visait le gaz de la mer Noire et de l’Azerbaïdjan. S’ensuivit entre ces deux initiatives une course stratégique pour le contrôle de l’Europe et des ressources en gaz.

Pour la Russie :

Le projet Nord Stream relie directement la Russie à l’Allemagne en passant à travers la mer Baltique jusqu’à Weinberg et Sassnitz, sans passer par la Biélorussie.

Le projet South Stream commence en Russie, passe à travers la la mer Noire jusqu’à la Bulgarie et se divise entre la Grèce et le sud de l’Italie d’une part, et la Hongrie et l’Autriche d’autre part.

Pour les États-Unis :

Le projet Nabucco part d’Asie centrale et des environs de la Mer Noire, passe par la Turquie où se situent les infrastructures de stockage, puis parcours la Bulgarie, traverse la Roumanie, la Hongrie, arrive en Autriche et de là se dirige vers la République Tchèque, la Croatie, la Slovénie et l’Italie. Il devait à l’origine passer en Grèce, mais cette idée avait été abandonnée sous la pression turque.

Nabucco était censé concurrencer les projets russes. Initialement prévu pour 2014, il a dû être repoussé à 2017 en raison de difficultés techniques. À partir de là, la bataille du gaz a tourné en faveur du projet russe, mais chacun cherche toujours à étendre son projet à de nouvelles zones.

Cela concerne d’une part le gaz iranien, que les États-Unis voulaient voir venir renforcer le projet Nabucco en rejoignant le point de groupage de Erzurum, en Turquie ; et de l’autre le gaz de la Méditerranée orientale : Syrie, Liban, Israël.

Or en juillet 2011, l’Iran a signé divers accords concernant le transport de son gaz via l’Irak et la Syrie. Par conséquent, c’est désormais la Syrie qui devient le principal centre de stockage et de production, en liaison avec les réserves du Liban. C’est alors un tout nouvel espace géographique, stratégique et énergétique qui s’ouvre, comprenant l’Iran, l’Irak, la Syrie et le Liban. Les entraves que ce projet subit depuis plus d’un an donnent un aperçu du niveau d’intensité de la lutte qui se joue pour le contrôle de la Syrie et du Liban. Elles éclairent du même coup le rôle joué par la France, qui considère la Méditerranée orientale comme sa zone d’influence historique, devant éternellement servir ses intérêts, et où il lui faut rattraper son absence depuis la Seconde Guerre Mondiale. En d’autres termes, la France veut jouer un rôle dans le monde du gaz où elle a acquis en quelque sorte une « assurance maladie » en Libye et veut désormais une « assurance-vie » à travers la Syrie et le Liban.

Quant à la Turquie, elle sent qu’elle sera exclue de cette guerre du gaz puisque le projet Nabucco est retardé et qu’elle ne fait partie d’aucun des deux projets South Stream et Nord Stream ; le gaz de la Méditerranée orientale semble lui échapper inexorablement à mesure qu’il s’éloigne de Nabucco.

L’axe Moscou-Berlin

Pour ses deux projets, Moscou a créé la société Gazprom dans les années 1990. L’Allemagne, qui voulait se libérer une fois pour toutes des répercussions de la Seconde Guerre Mondiale, se prépara à en être partie prenante ; que ce soit en matière d’installations, de révision du pipeline Nord, ou de lieux de stockage pour la ligne South Stream au sein de sa zone d’influence, particulièrement en Autriche.

 GUERRELa société Gazprom a été fondée avec la collaboration de Hans-Joachim Gornig, un allemand proche de Moscou, ancien vice-président de la compagnie allemande de pétrole et de gaz industriels qui a supervisé la construction du réseau de gazoducs de la RDA. Elle a été dirigée jusqu’en octobre 2011 par Vladimir Kotenev, ancien ambassadeur de Russie en Allemagne.

Gazprom a signé nombre de transactions avec des entreprises allemandes, au premier rang desquelles celles coopérant avec Nord Stream, tels les géants E.ON pour l’énergie et BASF pour les produits chimiques ; avec pour E.ON des clauses garantissant des tarifs préférentiels en cas de hausse des prix, ce qui revient en quelque sorte à une subvention « politique » des entreprises du secteur énergétique allemand par la Russie.

Moscou a profité de la libéralisation des marchés européens du gaz pour les contraindre à déconnecter les réseaux de distribution des installations de production. La page des affrontements entre la Russie et Berlin étant tournée, débuta alors une phase de coopération économique basée sur l’allégement du poids de l’énorme dette pesant sur les épaules de l’Allemagne, celle d’une Europe surendettée par le joug étasunien. Une Allemagne qui considère que l’espace germanique (Allemagne, Autriche, République Tchèque, Suisse) est destiné à devenir le cœur de l’Europe, mais n’a pas à supporter les conséquences du vieillissement de tout un continent, ni celle de la chute d’une autre superpuissance.

Les initiatives allemandes de Gazprom comprennent le joint-venture de Wingas avec Wintershall, une filiale de BASF, qui est le plus grand producteur de pétrole et de gaz d’Allemagne et contrôle 18 % du marché du gaz. Gazprom a donné à ses principaux partenaires allemands des participations inégalées dans ses actifs russes. Ainsi BASF et E.ON contrôlent chacune près d’un quart des champs de gaz Loujno-Rousskoïé qui alimenteront en grande partie Nord Stream ; et ce n’est donc pas une simple coïncidence si l’homologue allemand de Gazprom, appelé  « le Gazprom germanique », ira jusqu’à posséder 40 % de la compagnie autrichienne Austrian Centrex Co, spécialisée dans le stockage du gaz et destinée à s’étendre vers Chypre.

Une expansion qui ne plait certainement pas à la Turquie qui a cruellement besoin de sa participation au projet Nabucco. Elle consisterait à stocker, commercialiser, puis transférer 31 puis 40 milliards de m³ de gaz par an ; un projet qui fait qu’Ankara est de plus en plus inféodé aux décisions de Washington et de l’OTAN, d’autant plus que son adhésion à l’Union Européenne a été rejetée à plusieurs reprises.

Les liens stratégiques liés au gaz déterminent d’autant plus la politique que Moscou exerce un lobbying sur le Parti Social-Démocrate allemand en Rhénanie-du-Nord-Westphalie, base industrielle majeure et centre du conglomérat allemand RWE, fournisseur d’électricité et filiale d’E.ON.

Cette influence a été reconnue par Hans-Joseph Fell, responsable des politiques énergétiques chez les Verts. Selon lui quatre sociétés allemandes liées à la Russie jouent un rôle majeur dans la définition de la politique énergétique allemande. Elles s’appuient sur le Comité des Relations Economiques de l’Europe de l’Est —c’est-à-dire sur des entreprises en contact économique étroit avec la Russie et les pays de l’ex Bloc soviétique—, qui dispose d’un réseau très complexe d’influence sur les ministres et l’opinion publique. Mais en Allemagne, la discrétion reste de mise quant à l’influence grandissante de la Russie, partant du principe qu’il est hautement nécessaire d’améliorer la « sécurité énergétique » de l’Europe.

Il est intéressant de souligner que l’Allemagne considère que la politique de l’Union Européenne pour résoudre la crise de l’euro pourrait à terme gêner les investissements germano-russes. Cette raison, parmi d’autres, explique pourquoi elle traine pour sauver l’euro plombé par les dettes européennes, alors même que le bloc germanique pourraient, à lui seul, supporter ces dettes. De plus, à chaque fois que les Européens s’opposent à sa politique vis-à-vis de la Russie, elle affirme que les plans utopiques de l’Europe ne sont pas réalisables et pourraient pousser la Russie à vendre son gaz en Asie, mettant en péril la sécurité énergétique européenne.

 IRAKCe mariage des intérêts germano-russes s’est appuyé sur l’héritage de la Guerre Froide, qui fait que trois millions de russophones vivent en Allemagne, formant la deuxième plus importante communauté après les Turcs. Poutine était également adepte de l’utilisation du réseau des anciens responsables de la RDA, qui avaient pris soin des intérêts des compagnies russes en Allemagne, sans parler du recrutement d’ex-agents de la Stasi. Par exemple, les directeurs du personnel et des finances de Gazprom Germania, ou encore le directeur des finances du Consortium Nord Stream, Warnig Matthias qui, selon le Wall Street Journal, aurait aidé Poutine à recruter des espions à Dresde lorsqu’il était jeune agent du KGB. Mais il faut le reconnaitre, l’utilisation par la Russie de ses anciennes relations n’a pas été préjudiciable à l’Allemagne, car les intérêts des deux parties ont été servis sans que l’une ne domine l’autre.

Le projet Nord Stream, le lien principal entre la Russie et l’Allemagne, a été inauguré récemment par un pipeline qui a coûté 4,7 milliards d’euros. Bien que ce pipeline relie la Russie et l’Allemagne, la reconnaissance par les Européens qu’un tel projet garantissait leur sécurité énergétique a fait que la France et la Hollande se sont hâtées de déclarer qu’il s’agissait bien là d’un projet « européen ». À cet égard, il est bon de mentionner que M. Lindner, directeur exécutif du Comité Allemand pour les Relations Economiques avec les pays de l’Europe de l’Est a déclaré, sans rire, que c’était bien « un projet européen et non pas allemand, et qu’il n’enfermerait pas l’Allemagne dans une plus grande dépendance vis-à-vis de la Russie ». Une telle déclaration souligne l’inquiétude que suscite l’accroissement de l’influence Russe en l’Allemagne ; il n’en demeure pas moins que le projet Nord Stream est structurellement un plan moscovite et non pas européen.

Les Russes peuvent paralyser la distribution de l’énergie en Pologne dans plusieurs pays comme bon leur semblent, et seront en mesure de vendre le gaz au plus offrant. Toutefois, l’importance de l’Allemagne pour la Russie réside dans le fait qu’elle constitue la plate-forme à partir de laquelle elle va pouvoir développer sa stratégie continentale ; Gazprom Germania détenant des participations dans 25 projets croisés en Grande-Bretagne, Italie, Turquie, Hongrie et d’autres pays. Cela nous amène à dire que Gazprom – après un certain temps – est destinée à devenir l’une des plus importantes entreprises au monde, sinon la plus importante.

Dessiner une nouvelle carte de l’Europe, puis du monde

Les dirigeants de Gazprom ont non seulement développé leur projet, mais ils ont aussi fait en sorte de contrer Nabucco. Ainsi, Gazprom détient 30 % du projet consistant à construire un deuxième pipeline vers l’Europe suivant à peu près le même trajet que Nabucco ce qui est, de l’aveu même de ses partisans, un projet  « politique » destiné à montrer sa force en freinant, voire en bloquant le projet Nabucco. D’ailleurs Moscou s’est empressé d’acheter du gaz en Asie centrale et en mer Caspienne dans le but de l’étouffer, et de ridiculiser Washington politiquement, économiquement et stratégiquement par la même occasion.

Gazprom exploite des installations gazières en Autriche, c’est-à-dire dans les environs stratégiques de l’Allemagne, et loue aussi des installations en Grande-Bretagne et en France. Toutefois, ce sont les importantes installations de stockage en Autriche qui serviront à redessiner la carte énergétique de l’Europe, puisqu’elles alimenteront la Slovénie, la Slovaquie, la Croatie, la Hongrie, l’Italie et l’Allemagne. À ces installations, il faut ajouter le centre de stokage de Katrina, que Gazprom construit en coopération avec l’Allemagne, afin de pouvoir exporter le gaz vers les grands centres de consommation de l’Europe de l’ouest.

Gazprom a mis en place une installation commune de stockage avec la Serbie afin de fournir du gaz à la Bosnie-Herzégovine et à la Serbie elle-même. Des études de faisabilité ont été menées sur des modes de stockage similaires en République Tchèque, Roumanie, Belgique, Grande-Bretagne, Slovaquie, Turquie, Grèce et même en France. Gazprom renforce ainsi la position de Moscou, fournisseur de 41 % des approvisionnements gaziers européens. Ceci signifie un changement substantiel dans les relations entre l’Orient et l’Occident à court, moyen et long terme. Cela annonce également un déclin de l’influence états-unienne, par boucliers antimissiles interposés, voyant l’établissement d’une nouvelle organisation internationale, dont le gaz sera le pilier principal. Enfin cela explique l’intensification du combat pour le gaz de la côte Est de la Méditerranée au Proche-Orient.

Nabucco et la Turquie en difficulté

Nabucco devait acheminer du gaz sur 3 900 kilomètres de la Turquie vers l’Autriche et était conçu pour fournir 31 milliards de mètres cubes de gaz naturel par an depuis le Proche-Orient et le bassin caspien vers les marchés européens. L’empressement de la coalition OTAN-États-unis-France à mettre fin aux obstacles qui s’élevaient contre ses intérêts gaziers au Proche-Orient, en particulier en Syrie et au Liban, réside dans le fait qu’il est nécessaire de s’assurer la stabilité et la bienveillance de l’environnement lorsqu’il est question d’infrastructures et d’investissement gaziers. La réponse syrienne fût de signer un contrat pour transférer vers son territoire le gaz iranien en passant par l’Irak. Ainsi, c’est bien sur le gaz syrien et libanais que se focalise la bataille, alimentera t-il Nabucco ou South Stream ?

Le consortium Nabucco est constitué de plusieurs sociétés : allemande (REW), autrichienne (OML), turque (Botas), bulgare (Energy Company Holding), et roumaine (Transgaz). Il y a cinq ans, les coûts initiaux du projet étaient estimées à 11,2 milliards de dollars, mais ils pourraient atteindre 21,4 milliards de dollars d’ici 2017. Ceci soulève de nombreuses questions quant à sa viabilité économique étant donné que Gazprom a pu conclure des contrats avec différentes pays qui devaient alimenter Nabucco, lequel ne pourrait plus compter que sur les excédents du Turkménistan, surtout depuis les tentatives infructueuses de mainmise sur le gaz iranien. C’est l’un des secrets méconnus de la bataille pour l’Iran, qui a franchi la ligne rouge dans son défi aux USA et à l’Europe, en choisissant l’Irak et la Syrie comme trajets de transport d’une partie de son gaz.

Ainsi, le meilleur espoir de Nabucco demeure dans l’approvisionnement en gaz d’Azerbaïdjan et le gisement Shah Deniz, devenu presque la seule source d’approvisionnement d’un projet qui semble avoir échoué avant même d’avoir débuté. C’est ce que révèle l’accélération des signatures de contrats passés par Moscou pour le rachat de sources initialement destinées à Nabucco, d’une part, et les difficultés rencontrées pour imposer des changements géopolitiques en Iran, en Syrie et au Liban d’autre part. Ceci au moment où la Turquie s’empresse de réclamer sa part du projet Nabucco, soit par la signature d’un contrat avec l’Azerbaïdjan pour l’achat de 6 milliards de mètres cubes de gaz en 2017, soit par l’annexion de la Syrie et du Liban avec l’espoir de faire obstacle au transit du pétrole iranien ou de recevoir une part de la richesse gazière libano-syrienne. Apparemment une place dans le nouvel ordre mondial, celui du gaz ou d’autre chose, passe par rendre un certain nombre de service, allant de l’appui militaire jusqu’à l’hébergement du dispositif stratégique de bouclier antimissiles.

Ce qui constitue peut-être la principale menace pour Nabucco, c’est la tentative russe de le faire échouer en négociant des contrats plus avantageux que les siens en faveur de Gazprom pour North Stream et South Stream ; ce qui invaliderait les efforts des États-Unis et de l’Europe, diminuerait leur influence, et bousculerait leur politique énergétique en Iran et/ou en Méditerranée. En outre, Gazprom pourrait devenir l’un des investisseurs ou exploitants majeurs des nouveaux gisements de gaz en Syrie ou au Liban. Ce n’est pas par hasard que le 16 août 2011, le ministère syrien du Pétrole à annoncé la découverte d’un puits de gaz à Qara, près de Homs. Sa capacité de production serait de 400 000 mètres cubes par jour (146 millions de mètres cubes par an), sans même parler du gaz présent dans la Méditerranée.

Les projets Nord Stream et South Stream ont donc réduit l’influence politique étasunienne, qui semble désormais à la traîne. Les signes d’hostilité entre les États d’Europe Centrale et la Russie se sont atténués ; mais la Pologne et les États-Unis ne semblent pas disposés à renoncer. En effet, fin octobre 2011, ils ont annoncé le changement de leur politique énergétique suite à la découverte de gisements de charbon européens qui devraient diminuer la dépendance vis-à-vis de la Russie et du Proche-Orient. Cela semble être un objectif ambitieux mais à long terme, en raison des nombreuses procédures nécessaires avant commercialisation ; ce charbon correspondant à des roches sédimentaires trouvées à des milliers de mètres sous terre et nécessitant des techniques de fracturation hydraulique sous haute pression pour libérer le gaz, sans compter les risques environnementaux.

Participation de la Chine

La coopération sino-russe dans le domaine énergétique est le moteur du partenariat stratégique entre les deux géants. Il s’agit, selon les experts, de la « base » de leur double véto réitéré en faveur de la Syrie.

Cette coopération ne concerne pas seulement l’approvisionnement de la Chine à des conditions préférentielles. La Chine est amenée à s’impliquer directement dans la distribution du gaz via l’acquisition d’actifs et d’installations, en plus d’un projet de contrôle conjoint des réseaux de distribution. Parallèlement, Moscou affiche sa souplesse concernant le prix du gaz, sous réserve d’être autorisé à accéder au très profitable marché intérieur chinois. Il a été convenu, par conséquent, que les experts russes et chinois travailleraient ensemble dans les domaines suivants : « La coordination des stratégies énergétiques, la prévision et la prospection, le développement des marchés, l’efficacité énergétique, et les sources d’énergie alternative ».

D’autres intérêts stratégiques communs concernent les risques encourus face au projet du « bouclier antimissiles » US. Non seulement Washington a impliqué le Japon et la Corée du Sud mais, début septembre 2011, l’Inde a aussi été invitée à en devenir partenaire. En conséquence, les préoccupations des deux pays se croisent au moment où Washington relance sa stratégie en Asie centrale, c’est-à-dire, sur la Route de la soie. Cette stratégie est la même que celle lancée par George Bush (projet de Grande Asie centrale) pour y faire reculer l’influence de la Russie et de la Chine en collaboration avec la Turquie, résoudre la situation en Afghanistan d’ici 2014, et imposer la force militaire de l’OTAN dans toute la région. L’Ouzbékistan a déjà laissé entendre qu’il pourrait accueillir l’OTAN, et Vladimir Poutine a estimé que ce qui pourrait déjouer l’intrusion occidentale et empêcher les USA de porter atteinte à la Russie serait l’expansion de l’espace Russie-Kazakhtan-Biélorussie en coopération avec Pékin.

Cet aperçu des mécanismes de la lutte internationale actuelle permet de se faire une idée du processus de formation du nouvel ordre international, fondé sur la lutte pour la suprématie militaire et dont la clé de voute est l’énergie, et en premier lieu le gaz.

Le gaz de la Syrie

Quand Israël a entrepris l’extraction de pétrole et de gaz à partir de 2009, il était clair que le bassin Méditerranéen était entré dans le jeu et que, soit la Syrie serait attaquée, soit toute la région pourrait bénéficier de la paix, puisque le 21ème siècle est supposé être celui de l’énergie propre.

Selon le Washington Institute for Near East Policy (WINEP, le think tank de l’AIPAC), le bassin méditerranéen renferme les plus grandes réserves de gaz et c’est en Syrie qu’il y aurait les plus importantes. Ce même institut a aussi émis l’hypothèse que la bataille entre la Turquie et Chypre allait s’intensifier du fait de l’incapacité Turque à assumer la perte du projet Nabucco (malgré le contrat signé avec Moscou en décembre 2011 pour le transport d’une partie du gaz de South Stream via la Turquie).

La révélation du secret du gaz syrien fait prendre conscience de l’énormité de l’enjeu à son sujet. Qui contrôle la Syrie pourrait contrôler le Proche-Orient. Et à partir de la Syrie, porte de l’Asie, il détiendra « la clé de la Maison Russie », comme l’affirmait la Tsarine Catherine II, ainsi que celle de la Chine, via la Route de la soie. Ainsi, il serait en capacité de dominer le monde, car ce siècle est le Siècle du Gaz.

C’est pour cette raison que les signataires de l’accord de Damas, permettant au gaz iranien de passer à travers l’Irak et d’accéder à la Méditerranée, ouvrant un nouvel espace géopolitique et coupant la ligne de vie de Nabucco, avaient déclaré « La Syrie est la clé de la nouvelle ère ».

Imad Fawzi Shueibi

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 13 juin, 2012 |Pas de commentaires »

LES USA GARDENT UN OEIL SUR LA SYRIE ET TISSENT LEUR TOILE DANS LE GOLFE (M.K BHADRAKUMAR)

Les USA gardent un oeil

sur la Syrie

et tissent leur toile

dans le Golfe

LES USA GARDENT UN OEIL SUR LA SYRIE ET TISSENT LEUR TOILE DANS LE GOLFE (M.K BHADRAKUMAR) dans REFLEXIONS PERSONNELLES Manifestations-Syrie-banlieue-de-Homs

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

M K Bhadrakumar
4 avril 2012
source : Asian Times

http://www.atimes.com/atimes/Middle_East/ND04Ak01.html

On n’espérait guère que la réunion des « Amis de la Syrie » tenue le « jour des Fous » [Fool's Day = 1er Avril] en Turquie, produise des résultats significatifs pour l’avancement de l’agenda du changement de régime en Syrie.

Le pays hôte a essayé très péniblement de tirer un lapin du chapeau. Mais le spectacle sur le Bosphore n’a tiré du chapeau qu’un seul gagnant- les USA. La Secrétaire d’État étatsunienne Hillary Clinton est reparti en riant.

Les choses se sont enlisées sur plusieurs points. L’opposition syrienne continue à être un assemblage disparate. Le régime du président Bachar al-Assad ne montre aucun signe de fatigue et bénéficie du solide soutien de l’armée et de l’administration. Il prend de la hauteur politique et diplomatique en annonçant sa coopération avec le plan en six points de l’ancien Secrétaire des Nations Unies, Kofi Annan, tout en changeant par la force la situation au sol en sa faveur.

Il y a désaccord entre les puissances extérieures. Le sommet de la Ligue arabe à Bagdad de la semaine dernière a sommairement renoncé à son exigence antérieure qu’Assad devait démissionner. Les dits «Amis» sont réticents à franchir la ligne. La Russie, la Chine et l’Iran demeurent fermement opposés à l’agenda du changement de régime.

La réunion d’Istanbul s’est contentée de rhétorique. Mais le communiqué conjoint révèle l’impuissance. Il reconnait l’opposition du Conseil National Syrien (CNS) comme un représentant de tous les Syriens et le «note» comme le principal interlocuteur, mais il ne lui accorde pas une reconnaissance complète.

Il demande à Kofi Annan (qui a refusé d’assister à la réunion d’Istanbul) de fixer à Damas un calendrier pour se conformer à son plan, mais n’en suggère pas un lui-même. Il s’abstient de mentionner tout soutien ou aide militaire aux rebelles de l’ »Armée Syrienne Libre ».

De manière curieuse, l’Arabie saoudite et « une ou deux » monarchies du Golfe (lisez le Qatar) pourraient créer un fonds pour corrompre et inciter à des défections parmi les forces armées syriennes – un « pot d’or » pour saper l’État syrien. L’idée bizarre, c’est que les deux cheikhs du Golfe paieront les salaires de tout Syrien disposé à lutter contre son gouvernement.

Clinton s’est sagement abstenue de donner des conseils. En dehors une certaine jolie rhétorique, les États-Unis se sont limités à annoncer une contribution de 25 millions de dollars à titre d’aide humanitaire pour le peuple syrien. Mais personne ne sait comment l’aide pourrait atteindre les destinataires.

A toutes fins utiles, les « Amis de la Syrie » semblent être en train de jouer la montre. Comment se fait-il que l’administration étatsunienne dirigée par un homme d’Etat réfléchi se retrouve dans un tel cirque?

La réponse pourrait se trouver dans une interview franche faite à CNN dimanche par le président de la commission de renseignement de la Chambre à Washington, Mike Rogers. Rogers a carrément déclaré : «Nous [les USA] ne voyons pas vraiment s’effondrer le cercle intime de Assad. [..] Ils [le gouvernement syrien] croient qu’ils sont en train de gagner, et nous pensons certainement, grâce à la collecte de renseignements, qu’ils croient qu’ils sont en train de gagner cette partie.»

En effet, Damas avait déclaré juste avant la réunion des « Amis » d’Istanbul que la «bataille pour renverser l’État était terminée». Les forces syriennes ont capturé samedi le chef adjoint de l’ASL, Abdu al-Walid, qui avait dirigé les opérations dans la région de Damas. Mustafa Al-Cheikh, le haut dirigeant de l’ASL vit confortablement en Turquie et est à la tête d’une chaîne de commandement décimée à la suite de la série de succès militaires des forces syriennes.

La réaction méprisante de Moscou pour les pitreries des «Amis» n’est donc pas une surprise. «Les ultimatums et des deadlines artificielles aident rarement à résoudre les choses» a déclaré le ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov. Il a ajouté de manière caustique que c’est le Conseil de sécurité, qui décidera «qui se conforme à ce plan [le plan de Annan], et comment.»

Lavrov est d’accord avec Damas sur le fait que le plan de paix ne pourra pas fonctionner si les forces rebelles aussi n’arrêtent le feu – «Nous [la Russie] avons l’intention d’être amis avec les deux parties en Syrie.» Quant au CNS, il ne reflète qu’une « fraction » du peuple syrien. «Lorsque la décision est prise d’appeler un seul groupe ‘représentant légitime’, on pourrait sauter à la conclusion que les autres Syriens – à la fois les organisations et les autorités – ne sont pas légitimes. Je pense que cette approche est dangereuse et va à l’encontre des efforts mis en avant par Kofi Annan.»

Lavrov a répondu à la rhétorique par la rhétorique, mais il n’a pas réussi à battre la rhétorique fleurie de Clinton. La grande beauté de la rhétorique US est que Washington maintient toutes les options ouvertes. Il s’agit d’une année électorale et le président Barack Obama n’est pas intéressé par une nouvelle complication militaire en Syrie – ou n’importe où ailleurs. Mais les USA se gardent également d’empêcher les « Amis » d’épater la galerie.

La contribution de Washington se limite à la fourniture d’équipements de communication et d’aide humanitaire. Mais si les cheikhs saoudiens et qataris veulent se décharger de plusieurs autres millions pour payer les combattants de l’opposition syrienne, Washington ne s’y opposera pas.

La «ligne rouge» est la question d’armer ouvertement les rebelles, ce qui peut déclencher une guerre civile. Clinton a visité Riyad le samedi et a essayé de rendre plus conciliante la ligne dure saoudienne.

Le point c’est que, comme Rogers l’a souligné, c’est une « mauvaise idée » d’armer l’opposition syrienne, «principalement parce que nous ne savons pas qui ils sont … Et rappelez-vous, donner la gamme complète d’armements à des gens dont nous ne savons pas qui ils sont n’est probablement pas de bon augure pour nous dans le long terme.»

Dans une carte blanche parue ce week-end, l’ancien secrétaire d’Etat Henry Kissinger a donné une construction intellectuelle à ces préoccupations. Le Printemps Arabe ne s’est pas vraiment révélé être la « révolution régionale, dirigée par des jeunes au nom de principes démocratiques libéraux« . Et ce ne sont pas exactement des démocrates qui « prédominent dans l’opposition syrienne. » Le «consensus» de la Ligue arabe sur la Syrie n’a pas de sens, façonné par des régimes autoritaires qui n’ont aucun antécédent à faire valoir en tant que démocraties. Kissinger met en garde : «Plus radicale serait la destruction de l’ordre existant, et plus difficile serait la mise en place d’une autorité nationale… Plus une société se fragmente, et plus la tentation est grande d’encourager l’unité par des appels à une combinaison de nationalisme et d’islamisme tournée contre les valeurs occidentales … À ce jour, les forces politiques fondamentalistes traditionnelles, renforcées par une alliance avec des révolutionnaires radicaux, menacent de dominer le processus.»

Ce sont des résultats qui iraient à l’encontre des préoccupations stratégiques des Etats-Unis « indépendamment du mécanisme électoral par lequel ces gouvernements arrivent au pouvoir. » Le point de vue de Kissinger est étonnamment proche de ce que Moscou et Pékin n’ont cessé de clamer.

L’administration Obama sent les dangers. Elle aimerait adopter une conduite sûre – au moins jusqu’à ce que les choses soient clarifiées, spécialement en Egypte, où les cheikhs des Frères Musulmans sont sur le point de dépasser les cheikhs d’Al-Azhar comme principale référence dans les affaires légales, religieuses et de gouvernance politique. Aussi, Washington a jugé opportun de mettre la Russie sur le siège du conducteur.

Si Moscou y arrive et que la crise se résout, Washington n’a rien à perdre et pourra toujours reprendre les fils de la transition politique, et le « reset’ US-Russie pourra même acquérir quelques poids. Mais si Moscou échoue, sa capacité à bloquer au sein du Conseil sécurité de l’ONU en prend un coup et l’initiative est toute à Washington.

L’essentiel, c’est que Washington est aujourd’hui considéré comme étant du « bon côté de l’histoire ». Comme Henry Kissinger l’a dit, «la conduite des États-Unis durant les bouleversements arabes a jusqu’ici évité de faire des USA un obstacle aux transformations révolutionnaires. Ce n’est pas une réussite mineure.»

Une fois de plus, les liens de Moscou avec l’Arabie saoudite et le Qatar sont mis à rude épreuve. Dans son discours à Istanbul, le ministre saoudien des Affaires étrangères Saoud al-Fayçal a condamné la Russie comme l’influence maléfique sur Damas. La Chine, qui avait été à l’assaut des citadelles de l’Occident au sein des états du Conseil de Coopération du Golfe (CCG), doit également entamer de sérieux travaux de raccommodage.

Cela fonctionne à l’avantage géopolitique de Washington. Profitant du sens profond d’insécurité et d’aliénation du régime saoudien, les États-Unis sont sur le point de réaliser le projet de rêve d’incorporer les États du CCG dans leur architecture globale de défense antimissile.

Un haut responsable étatsunien du département d’État a déclaré à propos de la visite de Clinton à Riyad le week-end : «Nous travaillons avec chacun d’entre eux [les États du CCG] pour développer l’architecture pour un système régional; l’objectif de Washington est de réunir toute la coopération étatsuniennes existante en matière de défense tactique avec chacun des États du CCG au sein d’un seul « contexte stratégique. »»

Le tout nouveau forum de coopération stratégique US-CCG, qui s’est réuni à Riyad samedi, réécrit tout le scénario de la sécurité du Golfe Persique. Le contexte est la « menace » iranienne. Mais sur le plan géopolitique, l’arc du système de défense antimissile global US qui s’étend de l’Europe centrale via la Turquie est maintenant prêt à faire un saut sur l’ensemble du Moyen-Orient pour affleurer les eaux de l’océan Indien.

En somme, Washington tisse sa toile dans la région riche en pétrole du golfe Persique, et pourra toujours revisiter la crise en Syrienne en temps utile.

 

M K Bhadrakumar 

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 10 mai, 2012 |Pas de commentaires »
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