LA LOI DU QATAR (Brahim TAKHEROUBT /http://www.lexpressiondz.com)

Le riche émirat veut régenter le monde arabe

La loi du Qatar

LA LOI DU QATAR (Brahim TAKHEROUBT /http://www.lexpressiondz.com) dans REFLEXIONS PERSONNELLES qatar
(Brahim TAKHEROUBT)

Après avoir armé et financé les révoltes arabes, le petit émirat du Qatar cherche maintenant à en tirer les dividendes.

Le Qatar, qui fait figure de nain dans le Moyen-Orient, veut régenter le Monde arabe. Mais c’est de Tunisie que le sifflet annonçant la fin de la recréation de ce non-Etat retentit. Une féroce campagne contre le Qatar est menée depuis avant-hier par les internautes tunisiens qui, en réalité, n’ont jamais apprécié l’incursion de ce « client » dans leurs affaires internes. Cette campagne est menée par plus de 25.000 Tunisiens contre le cheikh Hamad ben Khalifa Al Thani, l’émir du Qatar.

Les cyberactivistes Anonymous Tunisie, s’y mettent eux aussi. Anonymous Tunisie décide de s’attaquer au régime qatarien, qu’il accuse d’être au « service d’agendas américano-sionistes et à l’origine de toute tentative de déstabilisation sécuritaire dans différents pays arabes ». Ce groupe a annoncé, dans un communiqué mis en ligne, une nouvelle opération visant les sites Web gouvernementaux de l’État qatarien. Une mission baptisée « OpQatar », qui débutera bientôt. Ainsi, après Israël, le Qatar serait la prochaine cible des hackers. Anonymous Tunisie reproche à l’émirat du Golfe ses agressions commises contre la Tunisie et considère « le gouvernement qatarien complice des États-Unis et d’Israël », selon les dires des membres du collectif des pirates.

Les Tunisiens reprochent à ce riche émirat du Golfe, non seulement de vouloir régenter la Tunisie, mais aussi le fait qu’il s’adonne à de graves pratiques comme le financement des réseaux de jihadistes de Tunisie vers la Syrie. Selon un article paru dans Jeune Afrique, et se basant sur un rapport de l’ONU, « les combattants tunisiens en Syrie seraient au nombre de 3 500 et constitueraient 40% des effectifs jihadistes ». En d’autres termes, les Qatariens s’adonnent au business de la mort en endoctrinant des Tunisiens y compris des jeunes filles pour mener le « jihad du nikah », qui consiste à satisfaire les désirs sexuels des combattants islamistes.

Pour ce faire, le Qatar ne lésine pas sur les moyens. Il finance des associations « humanitaires », qui vont ensuite recruter les prétendants au jihad. Ces derniers seront acheminés en Syrie avec de faux passeports. Le but étant de monter en épingle la mouvance islamiste. Car le minuscule émirat dépense annuellement des milliards de dollars dans le financement des mouvements islamistes qui sont actuellement au coeur des problèmes en Tunisie, en Égypte, en Libye et en Syrie. Deux raisons guident le Qatar dans cette démarche. La première est due au fait que cet émirat est lui-même de tendance salafiste. La seconde raison est d’ordre stratégique.

C’est que le Qatar est le fidèle sous-traitant des États-Unis dans la région. Il joue le rôle de véritable croupion pour déstabiliser les régimes qui leur sont hostiles. Depuis l’accession de Barack Obama à la Maison-Blanche, une nouvelle vision s’est imposée dans la manière de faire la guerre et de défendre les intérêts étatsuniens. Ces derniers ne veulent plus que leurs boys meurent dans d’autres pays pour combattre le fléau islamiste.

Convaincus que la majorité silencieuse dans les pays arabes est justement de tendance islamiste, « pourquoi alors ne pas laisser cette tendance s’exprimer ».

Dans un rapport détaillé établi en 2010 par la Brookings Institution, un influent think tank étatsunien, il a été explicitement suggéré à l’administration Obama de « soutenir les islamistes et de leur donner un coup de pouce dans les pays », car c’est la tendance lourde au sein des sociétés arabes. Le rapport soulignait avec insistance que « l’islamisme politique dans les années à venir aurait des répercussions lointaines sur la politique et la sécurité des États arabes ».

Le même rapport a relevé que « durant ces 20 dernières années, ils ont passé leur temps à se structurer et à gagner la sympathie des populations ». « Ils ont renoncé au rêve d’instaurer un État islamique et ont de plus en plus recours à l’opération électorale en utilisant de façon rationnelle le Parlement pour affaiblir l’emprise des gouvernements sur la vie publique ». C’est cette direction que semble privilégier l’administration Obama.

Pour ce faire, il se base sur les pétrodollars du Qatar comme moyen de déstabilisation et les drones pour faire la guerre. Mais l’argent n’est pas tout, puisque la fin de la recréation vient d’être sifflée.

Brahim TAKHEROUBT

http://www.lexpressiondz.com/internationale/172322-la-loi-du…

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 28 avril, 2013 |Pas de commentaires »

PLUS DE 10 000 ENFANTS TUES DEPUIS LE DEBUT DU CONFLIT SYRIEN (La Chaîne de l’espoir)

Plus de 10 000 enfants tués

depuis le début du conflit syrien (ONG)

PLUS DE 10 000 ENFANTS TUES DEPUIS LE DEBUT DU CONFLIT SYRIEN (La Chaîne de l'espoir) dans REFLEXIONS PERSONNELLES enfants

Entre 10 000 et 15 000 enfants ont péri depuis le début du conflit en Syrie, selon une ONG française. Sur plus de 70 000 morts recensés par l’ONU dans le conflit, environ la moitié sont des civils, dont 30 à 40% d’enfants, a déploré son vice-président Philippe Valenti.

Lors de sa mission en Jordanie – pays limitrophe de la Syrie qui accueille quelque 400000 réfugiés syriens – M. Valenti a examiné 65 enfants (syriens), dont les deux tiers étaient des blessés de guerre, a-t-il expliqué lors d’un point presse à Paris de l’association « La Chaîne de l’espoir » spécialisée dans les soins aux enfants démunis.

« Ils avaient soit sauté sur une mine, soit été touchés par un sniper », a constaté le médecin. « Dans les guerres récentes, les armes ont changé. Les plaies et traumatismes touchent souvent les membres » inférieurs lorsqu’il s’agit de mines et supérieurs quand ce sont des kalachnikov ou des balles de franc-tireurs, a-t-il poursuivi.

Afflux de réfugiés en Jordanie

Le Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR) a annoncé récemment s’attendre à ce que le nombre de Syriens réfugiés en Jordanie atteigne 1,2 million à la fin 2013, soit l’équivalent d’un cinquième de la population jordanienne.

Cet afflux massif, en Jordanie comme dans les autres pays limitrophes de la Syrie, pose de graves problèmes humanitaires et des risques de déstabilisation interne des pays concernés.

Créée en 1988, La Chaîne de l’Espoir intervient dans une trentaine de pays pour offrir un accès aux soins et à l’éducation aux enfants démunis. L’association humanitaire a demandé l’autorisation d’intervenir en Jordanie, où elle espère envoyer des chirurgiens à partir de juin 2013.

(ats / 12.04.2013 19h52)

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 19 avril, 2013 |Pas de commentaires »

LA SYRIE EST LE THEATRE D’UNE GUERRE ECONOMIQUE MONDIALE (Riadh SIDAOUI, Mehdia BELKADI / http://www.letempsdz.com)

La Syrie est le théâtre d’une guerre économique

mondiale

LA SYRIE EST LE THEATRE D'UNE GUERRE ECONOMIQUE MONDIALE (Riadh SIDAOUI, Mehdia BELKADI / http://www.letempsdz.com) dans REFLEXIONS PERSONNELLES syrie

-Riadh SIDAOUI-

Directeur du Centre Arabe de Recherches et d’Analyses

Politiques et Sociales :

arton19928-764f2 AFGHANISTAN dans REFLEXIONS PERSONNELLES
Mehdia BELKADI

Le journaliste, écrivain et politologue suisso-tunisien Riadh Sidaoui est le fondateur et Directeur du Centre Arabe de Recherches et d’Analyses Politiques et Sociales basé à Genève. Il est également rédacteur en chef de la revue Progressiste. Dans cet entretien, il décortique la crise en Syrie, théâtre de la guerre économique mondiale entre les puissances économiques occidentales et les économies émergentes et explique l’appui américain aux islamistes dans ce qu’on appelle le « printemps arabe ».

Le Temps d’Algérie : La Ligue Arabe vient d’octroyer un siège permanent à l’opposition syrienne. Comment interprétez-vous ce geste ?

Riadh Sidaoui :

Sur le plan interne, nous constatons aujourd’hui que la Ligue Arabe est l’otage de certains pays qui se sont octroyés la mission de propager la démocratie dans les pays arabes, alors qu’ils se trouvent être les pires dictatures. Les deux pays à la tête de la Ligue Arabe que sont le Qatar et l’Arabie Saoudite sont dépourvus de toute vie démocratique et sont en rupture totale avec les principes de démocratie, à savoir une tradition électorale, une vie syndicale, l’exercice des libertés d’expression et de pensée…

C’est ce qu’on appelle en sciences politiques des dictatures absolues. Sur le plan externe, la politique de la Ligue Arabe répond parfaitement aux intérêts des Etats-Unis. Le Qatar et l’Arabie Saoudite sont les principaux alliés des Américains dans la région et ont, de tout temps, aidé les Américains à appliquer leur agenda. L’Arabie Saoudite a financé les contrats (les éléments de la contre-révolution) en Amérique latine pour le compte de la CIA.

Cette dernière a besoin d’un budget énorme pour financer tous ses projets et a pu compter sur l’aide de son allié saoudien. C’est une situation surréaliste que de voir un tel acharnement de dictatures absolues en soutien à une opposition. Un acharnement qui a abouti, puisque les voix de l’Algérie et de l’Irak, qui ont émis des réserves, ou du Liban qui s’est abstenu sur la question ont été très minoritaires et sans impact.

Comment expliquer la position algérienne ?

La position algérienne est le résultat de l’héritage de la révolution algérienne. L’Algérie a adopté, depuis son indépendance, des positions en faveur du « fraternisme » arabe et sa politique insiste beaucoup sur la souveraineté des Etats et s’oppose donc à l’ingérence et aux interventions étrangères.

Cette position traduit-elle une prise de conscience par les autorités algériennes des réalités du « printemps arabe » ?

Beaucoup la disent elle-même menacée par cette vague de déstabilisation. C’est surtout le résultat de la culture de la révolution et une tradition issue du boumediénisme qui était très proche des mouvements nassérien et baâthiste. L’on s’est rendu compte que l’on était en face d’un mouvement mondial pour l’hégémonie américaine. Ce mouvement déploie tous les moyens possibles et se sert de tous ses outils, notamment de la Ligue arabe.

Il y a eu des tentatives de déstabilisation de l’Algérie par ces mêmes pays qui sont aujourd’hui à la tête de la Ligue. Outre un financement des groupes terroristes du GIA, ces pays ont procédé à un matraquage médiatique en faveur des groupes terroristes, notamment grâce aux grands titres de la presse comme Al Hayat et Charq El Awsat. Mais le rôle de l’armée algérienne a été déterminant dans cette tentative de déstabilisation du pouvoir algérien et de l’installation des islamistes au pouvoir.

Pourquoi cette propulsion des islamistes au pouvoir dans les pays arabes ?

Les clivages « progressiste » – à savoir la gauche arabe représentée par le boumediénisme (Algérie), le nassérisme (Egypte) et le baâthisme (Irak et Syrie) – et le clivage réactionnaire des monarchies du Golfe ne peuvent pas cohabiter.

Après le rayonnement du clivage progressiste, malgré ce qu’on peut lui reprocher, on assiste aujourd’hui à la revanche des réactionnaires arabes sur tout ce qui est progressiste ou qui peut être démocratique, grâce notamment à une hégémonie sur le champ médiatique arabe.

La crise syrienne, comme ce qu’on appelle le « printemps arabe », est donc un retour en force de la réaction arabe

Il y a un dynamisme interne au sein du peuple syrien en faveur de l’établissement d’un modèle démocratique solide, loin du modèle qatari ou saoudien. On ne peut pas le nier. Cependant, ce n’est nullement la transition démocratique qui est le but de l’acharnement diplomatique des têtes de la Ligue en faveur de l’actuelle opposition syrienne. Les forces étrangères, à leur tête le Qatar et l’Arabie Saoudite, ont accordé pas moins de 20 milliards de dollars d’aide à l’opposition. Si on avait voulu aider le peuple syrien, cette somme aurait pu être investie dans la création de l’emploi et l’aide à la population.

Mais l’on vise la destruction de l’Etat syrien. C’est le baâthisme syrien qui est visé, comme l’a été le baâthisme irakien et le nassérisme égyptien. Ce sont ces modèles, malgré tout ce qu’on peut leur reprocher, qui sont visés afin de les détruire. On assiste cependant à une résistance interne et même externe face aux attaques étrangères émanant notamment de Turquie et du Liban malgré sa position officielle plus neutre. Les intérêts des puissances économiques mondiales se confondent et elles essaient, toutes, à travers leurs alliés, de défendre leurs intérêts.

La Syrie est-elle le théâtre d’une guerre économique mondiale ? Quels sont les enjeux économiques derrière cette crise ?

Absolument. On assiste à une guerre mondiale entre les différentes grandes puissances économiques. Il y a d’un côté les Etats-Unis, avec l’aide de leurs alliés qui veulent imposer leur hégémonie sur les énergies et les ressources naturelles mondiales, et de l’autre la Russie et la Chine qui résistent, avec à leur côté les économies émergentes, l’Iran, l’Inde, le Brésil et l’Afriques du sud qui ont refusé une intervention étrangère en Syrie et évité ainsi un scénario à la libyenne.

La Russie a utilisé son veto, et pour la première fois, la Chine a recouru à son droit de veto elle aussi. Elle a voulu par ce geste passer un message aux Etats-Unis. On a désormais compris que l’on était dans une guerre économique mondiale ; les économies émergentes, la Russie et la Chine, ont fait savoir qu’elles n’allaient pas se laisser faire. Quant aux enjeux économiques, ils concernent en premier lieu le pétrole et le gaz.

Quand on regarde bien la carte, on constate que l’Irak et l’Afghanistan, qui ont déjà été envahis, la Syrie, en proie à une crise, et probablement l’Iran après, forment un cordon autour de la Chine et de la Russie. La Syrie, même si elle ne dispose pas de ressources énergétiques importantes, relie la mer méditerranée et l’Asie. C’est une jonction entre les continents européen et africain d’un côté et le continent asiatique de l’autre, par laquelle passent de nombreux pipelines. C’est une crise motivée d’abord par les intérêts économiques des uns et des autres.

C’est pour cela qu’on ne peut pas parler d’un « printemps arabe ». Si l’on nous parle d’une volonté d’aider des peuples à instaurer la démocratie, on ne peut que constater le deux poids, deux mesures des Etats-Unis qui soutiennent militairement des « oppositions » à renverser le pouvoir en place et aident en même temps le régime bahreïni à mâter une révolte populaire.

Sur le terrain, les Etats-Unis ne sont pas très visibles. Ce sont plutôt la Grande-Bretagne et surtout la France, accusée de mener des guerres pour les Américains. comment expliquer la position de la France ?

La position de la France concernant l’invasion de l’Irak était radicalement anti-américaine. L’ancien président, Jacques Chirac, avait menacé d’utiliser son droit de veto. Il avait opté pour une politique « pro-arabe » et s’est même montré correct avec les Palestiniens, s’attirant les foudres du lobby sioniste en France. Il tentait ainsi d’avoir la sympathie des pays arabes pour se procurer de nouveaux marchés, notamment un marché d’armes juteux.

Mais il avait fait de mauvais calculs, les pays du Golfe sont des clients des Etats-Unis et de la Grande- Bretagne. Finalement, la politique de Chirac n’avait pas été fructueuse. Son successeur, Sarkozy, est ouvertement pro-américain et pro-israélien, il s’est rangé au côté de l’axe américano-sioniste et a même été plus royaliste que le roi en s’embarquant dans les guerres du « printemps arabe », qui profitent pleinement aux Américains.

Avec l’arrivée du socialiste Hollande, certains ont espéré un changement, mais on a constaté qu’il avait continué dans la même lignée. La France était déjà très impliquée dans la crise syrienne. Elle se retrouve, elle, le pays laïque, à soutenir des islamistes ! La position de la Grande-Bretagne est plus attendue. C’est l’alliée fidèle des Etats-Unis. D’ailleurs, ces derniers ont établi des liens avec les islamistes sous l’influence de la Grande-Bretagne.

Ce sont donc les Etats-Unis qui ont le plus à gagner avec l’arrivée des islamistes au pouvoir ?

Le lien entre les Etats-Unis et les islamistes est établi. Il y a d’abord les différents câbles diplomatiques divulgués par Wikileaks qui en attestent. Ensuite, la mort de Ben Laden qui, après une cavale de plus de dix ans, disparaît brutalement en plein « printemps arabe » ! De plus, les interventions militaires en Libye et Irak, qui visaient à détruire les courants de la gauche arabe, ont mené à la montée d’islamistes au pouvoir.

Il y a aussi les déclarations fortes du directeur de la police de Dubaï lors d’une réunion en présence de l’ambassadeur américain, accusant directement les Américains de vouloir renverser des régimes arabes et de favoriser l’accès des islamistes au pouvoir.

Comment expliquer cette sortie fracassante alors que les Emirats Arabes Unis sont considérés comme les alliés des USA ?

Il faut savoir que les Emirats ne sont pas le Qatar ou l’Arabie saoudite. Ils s’en démarquent. Ils refusent le wahhabisme promu par ces deux pays et tentent vraiment de se développer et de progresser. Ils ne cachent plus leur grand malaise face au wahhabisme qatari et avaient d’ailleurs osé s’opposer à l’Arabie saoudite en l’appelant à s’occuper de ses cinq millions d’habitants vivant sous le seuil de la pauvreté.

Quels sont les scénarios envisageables maintenant en Syrie ?

Le premier scénario voudrait que la guerre perdure. Certaines crises en Amérique latine, comme en Colombie, ont duré des décennies, car dans cette guerre, il y a ce qu’on appelle « une mobilisation totale des ressources », qu’elles soient humaines, financières ou médiatiques, de toutes les parties impliquées. On assiste également à des divisions au sein de l’opposition. Le deuxième scénario prévoit, lui, une victoire du pouvoir syrien. N’oublions pas qu’il vient de reconquérir des espaces qui étaient aux mains de l’opposition armée.

Il est vrai que la crise dure, et elle risque de durer encore ; l’armée étant de formation soviétique, elle n’est pas préparée à la guérilla ; les guerres des villes sont les plus dures, d’autant que l’armée syrienne ne s’y était pas préparée. Ceci dit, c’est une armée qui est en train de gagner des batailles, si l’on en croit les vraies sources d’information. Car à en croire Al Jazeera par exemple, le régime syrien aurait dû tomber depuis longtemps. Il devra cependant faire des concessions et aller vers des réformes. Ce n’est pas perdu pour lui.

Le siège de la Syrie à l’ONU ne serait-il pas menacé ?

Non, il ne l’est pas. L’ONU n’est pas la Ligue Arabe. Cette dernière n’a plus aucun poids. Son rôle a pris fin en 1973 quand l’organisation a décidé l’embargo pétrolier. C’est bien la dernière décision de la Ligue qui, depuis, n’est qu’une marionnette aux mains des dictatures absolues du Golfe ; elles-mêmes sont des marionnettes aux mains des Etats-Unis.

Riadh SIDAOUI est le Directeur du Centre Arabe de Recherches et d’Analyses Politiques et Sociales.

Entretien réalisé par Mehdia BELKADI

http://www.letempsdz.com//content/view/89911/1/

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 13 avril, 2013 |Pas de commentaires »

TRADITIONS IMPERIALES: LE FUTUR ROI NORMAL PREMIER N’AVAIT PAS PROMIS DE FAIRE LA GUERRE, MAIS…( Pierre LEVY / www.brn-presse.fr)

Le futur roi Normal 1er n’avait pas promis de faire la guerre, mais…

TRADITIONS IMPERIALES: LE FUTUR ROI NORMAL PREMIER N'AVAIT PAS PROMIS DE FAIRE LA GUERRE, MAIS...( Pierre LEVY / www.brn-presse.fr)  dans REFLEXIONS PERSONNELLES hollande4

La photo officielle de François Hollande, réalisée par le photographe Raymond Depardon, à l’Elysée, le 4 juin 2012 Bertrand LANGLOIS AFP.COM

Traditions impériales

(Pierre LEVY)

Il faut « répondre aux armes par les armes ». En martelant cette mâle sentence en marge du sommet européen, celui qui fut le lointain successeur de Jaurès à la tête du Parti socialiste, et qui préside désormais la République Française, a peut-être accru ses chances de décrocher le prochain Prix Nobel de la Paix. A moins qu’il ne lui faille le partager avec les combattants qui ont juré la perte du président syrien, dont l’un des derniers faits d’armes est un attentat dans une mosquée de Damas – une cinquantaine morts, des centaines de blessés.

François Hollande plaidait ainsi pour que soient levées les dernières restrictions à la livraison d’armes lourdes à l’opposition armée. Il s’agirait d’un nouveau cran dans l’escalade qui a vu, depuis deux ans, le camp occidental s’engager de plus en plus ouvertement pour le renversement d’un gouvernement certainement pas moins légitime que tous ceux des pays de la région. Ce point est capital : quelques semaines seulement après le début des manifestations d’opposants, et donc bien avant les drames actuels, Hillary Clinton, suivie par ses alliés, exigeait déjà explicitement le départ du président syrien. Ce dernier était ainsi placé devant l’alternative : ou bien obéir aux injonctions et déguerpir, à l’image des marionnettes occidentales Ben Ali ou Moubarak ; ou bien faire face à ce qui allait s’avérer de plus en plus clairement comme une véritable guerre, portée par l’Arabie saoudite, le Qatar et leurs mercenaires (on sait en outre aujourd’hui que des formateurs américains, et très probablement français et anglais, entraînent les hommes de ladite Armée syrienne libre).

Les stratèges occidentaux comptaient que le président syrien obtempérerait, ou bien que son régime s’effondrerait rapidement. Sans doute ces derniers – à l’image de George Bush décidant d’envahir l’Irak il y a tout juste dix ans, avec les conséquences que l’on sait – se sont-ils pris au piège de leur propre propagande décrivant Bachar el-Assad comme un chef de clan isolé dans son propre pays. La réalité est qu’il continue à jouir d’un large soutien populaire, ne serait-ce que par crainte du chaos sanglant que ne manquerait pas de provoquer la victoire des proches cousins de ceux que Paris affirme vouloir éradiquer au Nord-Mali. Le chef de l’Etat français de même que le premier ministre britannique ont pris le parti d’une fuite en avant dans l’escalade. Les deux capitales, dans une sorte de réminiscence historique, veulent façonner le « gouvernement provisoire » censé diriger la future Syrie. Au nom de la paix, bien sûr.

Pour des raisons qui ne tiennent pas au refus de principe de l’ingérence, mais plutôt à la crainte (fondée) d’une situation immaitrisable, une majorité des Vingt-sept ne souhaite pas, pour l’heure du moins, suivre le duo des boutefeux. Qu’à cela ne tienne : alors qu’on lui opposait l’embargo européen reconduit le 18 février 2013, Laurent Fabius a eu cette réaction courroucée : « la France est un pays souverain ». Ainsi, au moment même où s’accélère l’abandon des dernières prérogatives nationales – budgétaires, mais aussi économiques et sociales – le ministre ne se souvient de la souveraineté que dans un seul cas de figure : pour alimenter une guerre et déstabiliser un pays indépendant.

Les dirigeants européens ont cependant retrouvé une belle unanimité dès lors qu’il s’est agi de remettre dans le droit chemin un petit et lointain Etat membre – à quelques encablures des côtes syriennes : le 16 mars 2013 à l’aube, l’eurogroupe décidait de piocher dans les comptes des Chypriotes, dans l’espoir d’éviter que la zone euro ne replonge dans le chaos. Et enjoignait aux parlementaires de ce pays de ratifier, dès le lendemain, le diktat. Lesdits élus ne s’étant pas pliés à cette formalité, le patron de la Banque centrale européenne a publié un ultimatum menaçant l’île d’un véritable blocus monétaire.

En 2007, José Manuel Barroso estimait que l’UE constituait « une sorte d’empire non-impérial ». De plus en plus ouvertement, l’adjectif est de trop.

PIERRE LÉVY

Éditorial paru dans l’édition du 30/01/13 du mensuel Bastille-République-Nations
Information et abonnements : www.brn-presse.fr

Pierre LEVY est par ailleurs l’auteur d’un roman politique d’anticipation paru récemment : L’Insurrection

URL de cet article 19991
http://www.legrandsoir.info/traditions-imperiales.html
Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 9 avril, 2013 |Pas de commentaires »

MALI: QUAND LA FRANCE SERT DE « PORTE » A ISRAËL ! (Abdel Bari ATWAN)

MALI:

MALI: QUAND LA FRANCE SERT DE

Quand la France sert de « porte » à Israël !

(Abdel Bari ATWAN)

Mali : quand la France sert de "porte" à Israël !, par Abdel Bari Atwan
IRIB- Les commentateurs politiques israéliens confirment…

…. ce que nous soupçonnions, depuis longtemps, c’est-à-dire que l’intervention militaire de la France, au Mali, est conçue, non seulement, pour protéger ses propres intérêts, dans la région, mais aussi, pour favoriser les intérêts d’Israël. L’aventure malienne a ouvert de nouvelles portes, pour Israël, sur le plan diplomatique, mais aussi, au profit de ses projets d’expansion, sur le continent africain, dans son intégralité. L’objectif d’Israël est de gagner de l’influence, en Afrique, en incitant les peuples et les gouvernements à la violence contre les populations arabes. En plus de cette campagne, sur le plan diplomatique, Israël vend des armes aux pays amis, fournit une expertise technique et étend, également, son influence, par la mise en œuvre de mégaprojets, sur le continent, en collaboration avec d’énormes institutions financières internationales.

Un éditorial récent, dans la presse israélienne se réfère à la «déception» du Président malien intérimaire, Dioncounda Traoré, sur le fait que les pays arabes n’auraient pas condamné les groupes islamistes, qui avaient pris le dessus sur la partie Nord du pays. Au sommet de l’Union Africaine à Addis-Abeba, le 27 janvier 2013, Traoré a parlé de son sentiment d’avoir été trahi, car les pays arabes ne s’étaient pas joints à la lutte du Mali contre les islamistes, mais avaient, au contraire, condamné la France, pour son intervention. Ces idées ont, ensuite, été reprises, par la presse malienne, et plusieurs éditoriaux très critiques vis-à-vis des pays arabes ont suivi. En réalité, les récriminations de Traoré sont malhonnêtes et ne sont que l’écho de la puissante machine à propagande d’Israël. Au Sommet de l’Organisation de Coopération Islamique (OCI), qui s’est tenu, au Caire, au début du mois, une résolution a été adoptée, soutenue, par les 57 nations présentes, «condamnant le terrorisme», dans l’État de l’Afrique de l’Ouest, et soutenant, pleinement, les efforts du gouvernement malien, pour rétablir «l’unité et l’intégrité territoriale du Mali».

L’éditorial israélien mentionné ci-dessus liait la «déception» de Traoré au fait que son pays avait, déjà, coupé les liens avec Israël «sous la forte pression arabe». Un article paru dans Le Matin du Mali a affirmé que les islamistes sont soutenus par des pays arabes et musulmans et a lancé de nouvelles critiques envers les Palestiniens, en affirmant que l’ambassadeur de l’OLP, pour le pays, n’avait pas condamné les militants islamistes.

Couper les relations avec Israël est, avant tout, une position éthique. Israël est l’agresseur, et il occupe des territoires arabes, changeant leur identité démographique et déplaçant des millions de personnes. Et Israël a lancé de nombreuses guerres contre ses voisins. Pour le peuple malien et un grand nombre d’États africains, qui ont une majorité musulmane, l’occupation de (Qods) Jérusalem est une insulte au milliard et demi de Musulmans, dans le monde. Israël a pénétré, dans les pays du bassin du Nil, en finançant des projets massifs de construction de barrages et en les incitant à modifier les accords de répartition de l’eau, afin de réduire les quotas, pour les pays situés en aval, dont l’Égypte et le Soudan. Malheureusement, l’ancien régime égyptien avait collaboré avec cette injustice et la situation actuelle d’instabilité, dans les pays du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord, peut permettre une pénétration israélienne plus aisée, en Afrique, en raison d’un manque de vigilance.

L’Égypte est, actuellement, occupée par ses propres questionnements post-révolutionnaires, et la Tunisie fait face à une crise politique, sans précédent. La Libye est en échec total, le gouvernement central étant sous la coupe de l’OTAN, qui a renversé l’ancien régime. L’Algérie se méfie de la crise, au Mali, car elle craint des répercussions sur sa sécurité et sa stabilité. Non pas que la responsabilité de davantage résister à la pénétration israélienne devrait incomber, uniquement, aux pays afro-arabes. Mais comment la Syrie pourrait-elle y contribuer, alors qu’elle est déchirée par la guerre civile ? Et comment l’Irak pourrait-il intervenir, alors qu’il est brisé par le sectarisme ? Quel rôle peut jouer le Yémen divisé, sur l’avenir du continent africain ?

L’Arabie Saoudite et d’autres États du Golfe sont trop occupés à intervenir, dans la crise syrienne, ou à tenter de renverser la révolution égyptienne, en soutenant l’opposition. Et dans tous les cas, ces pays-là ne croient absolument pas en la démocratie ou les droits de l’Homme…

Malheureusement, Israël a tout à gagner, alors que les Arabes sont, totalement, inactifs.                                                                                                                                                

Abdel Bari ATWAN 

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 28 mars, 2013 |1 Commentaire »

SYRIE: L’EXASPERATION RUSSE (Bluerider)

SYRIE:

SYRIE: L'EXASPERATION RUSSE (Bluerider) dans REFLEXIONS PERSONNELLES syrie2

L’exaspération russe

(BLUERIDER)
À l’heure de la réunion du sommet de Bruxelles où François Hollande n’a de cesse de vouloir embarquer l’Europe dans une équipée néo-coloniale gazière de plus, voici un point de vue détaillé sur la colère russe face aux manoeuvres hors Droit International de l’Angleterre et de la France sur la question syrienne.

Dans mes précédentes traductions et contributions, j’ai certes focalisé l’attention sur le gisement de gaz Leviathan découvert en face de Gaza, dont la poche nord-est récemment découverte, est accessible sous le sol syrien, mais il y a aussi la concurrence entre pays producteurs au niveau de l’acheminement du gaz actuellement exploité en IRAN qui concurrence le Qatar. Là aussi, la Syrie est au cœur du débat, et l’Exécutif du Président Assad apparait bien isolé financièrement et économiquement au milieu de la diaspora occidentaliste et de sa cupidité énergétique sans bornes. Les nuées de mercenaires jihadistes apatrides et incontrôlables qui se réclament de la gentille ASL toujours sans chef adoubé ni même déclaré depuis 2 ans – on se demande bien pourquoi n’est-ce-pas – n’ont pas intérêt à cesser le combat, puisqu’ils sont au cœur de l’enjeu occidentaliste, et prêts à toutes les enchères qui ne manquent pas de gonfler les poches des plus malins avec des promesses et des billets verts, quitte à déserter pour quelque chose.

Si comme moi vous accumulez les lectures attentives de toutes les conditions géopolitiques de ce conflit, vous ne pouvez qu’être navré de voir avec quelle précision les faits se répètent depuis l’AFGHANISTAN (projet TAP Unocal – Delta Oil le long des bases US dans lequel le Président de la Commission du 11-9 a des parts, oléoduc TBC Tbilissi-Bakou-Ceyhan), l’IRAQ (captation pure et simple de la production nationalisée), la LIBYE (captation pure et simple de la production et du nouveau gisement gazier du bloc NC7 dont la Qatar possède désormais des parts), et maintenant la Syrie.

Pour le journalisme d’allégeance atlantiste, il faudra repasser une fois les écorcheurs qui noyautent le pays installés dans leurs résidences de carton-pâte. Le peuple français est à ce point drogué par les épouvantails humanitaires de cette crise aux fondamentaux énergétiques pourtant évidents, que j’espère juste que des journalistes comme Christof Lehman feront réfléchir nos éditocrates francophones sur leur propre moralité de distillateurs de cette immonde propagande néo-religieuse aux relents néo-conservateurs.

Le sujet même de la SYRIE est devenu à ce point inabordable en public (pour ne pas parler de l’Iran, 70 millions d‘humains sous le joug d’une atroce dictature menaçante depuis l’arrivée d’Ahmadinejad, mais pas sous le joug de sanctions qui avant l’Iran ont ravagé l’Iraq), que c’est tout le mal que nous pouvons souhaiter à ces échotiers du « bloc identitaire atlantiste ». Il va de soi que l’opinion publique française est largement opposée aux dérives de nos « Don Quichotte du Quai d’Orsay ». Mais dois-je rappeler ici que les affaires internationales ne sont même pas évoquées lors des débats présidentiels ? Le vote citoyen vaudrait-il désormais blanc seing pour aller « casser de l’arabe » ( ça réveille, non ?) pour notre confort énergétique et financier comme en LIBYE ? Quand je vous dis qu’il y a de quoi être honteux de son pays…. Je suis sans illusions.

Que les vents de la sagesse toute théorique dans laquelle notre civilisation gréco-romaine prétend toujours se draper aident le peuple syrien et ses dirigeants, héritiers de tant de civilisations et d’un pays berceau du christianisme. Et du temps qu’on y est… que François 1er se penche sur ce berceau et fasse pression sur nos chancelleries actuellement en roue libre, avec plus de sens pratique et l’appui du peuple sud-américain à ses côtés plutôt que des prières vaines. Nous verrons ce qu’il fera lui aussi avec ce peuple sud-américain qui porte l’espoir de la vraie gauche mondiale.

Gel des relations ; le Ministre russe des Affaires étrangères Lavrov condamne avec force les USA et leurs alliés pour vouloir armer l’opposition syrienne.

Le Ministre Russe des Affaires Etrangères Lavrov traite le rapport de la commission d’enquête de rapport biaisé, l’armement de l’opposition d’action illégale, et déclare que l’opposition doit mettre sur pied une équipe en vue de négociations.

Christof Lehmann (nsnbc, publié le 14 mars 2013) – Les relations entre la RUSSIE et les USA et l’OTAN se sont encore détériorées lorsque le Ministre russe des Affaires Etrangères, Serguei Lavrov, a réaffirmé mercredi 13 mars 2013 que pour un état étranger, armer l’opposition viole le Droit International. Il en a été de même lorsqu’une porte-parole du Ministère des Affaires Etrangères a décrit le rapport de la Commission Indépendante des Nations Unies comme biaisé et penchant d’un seul côté comme d’habitude.

Le Ministre russe des Affaires Etrangères a insisté sur le fait que l’opposition syrienne doit prendre des mesures en faveur de négociations pour mettre fin à la crise, alors que le gouvernement syrien et la RUSSIE se sont préparés à les faciliter. Lavrov a aussi réitéré que le peuple syrien doit décider lui-même de sa propre destinée, et que les interférences étrangères en SYRIE sont inacceptables.

Les relations entre la RUSSIE et les membres de l’UE au sein de l’OTAN se sont détériorées de manière significative, après que les parties en présence n’aient pu trouver d’accord sur le différend RUSSIE-Union Européenne à propos du 3ème pack énergétique lors d’un sommet Russo-Européen à Bruxelles en décembre 2012. (1)

Le sommet constitue l’opportunité la plus récente de traiter des questions centrales qui sont les racines de la crise syrienne, directement liées aux questions de sécurité énergétique compte tenu de la ferme opposition américano-israélo-qatarie contre la construction du gazoduc [iranien] PARS à travers l’Iraq et la Syrie vers la Méditerranée. (2)

Les tensions sont devenues palpables lorsque l’ambassadeur russe auprès de l’OTAN, Alexander Grushko, évoquant la sécurité énergétique, a implicitement sous entendu que l’OTAN percevait tout problème « comme un simple ongle », juste parce qu’elle se considère elle-même « comme un marteau ». Les hauts diplomates russes ont depuis donné des signes insinuateurs les uns après les autres, déclarant que les USA ne sont pas exempts de responsabilités pour des actes terroristes en SYRIE, simplement parce qu’ils ont déclaré qu’ils allaient cesser de fournir toute aide létale , tout en omettant de citer leur influence sur leurs alliés qui arment les insurgés. (3)

Les relations USA-RUSSIE se sont tendues encore un peu plus lorsque le secrétaire d’Etat John Kerry, malgré les déclarations de diplomates, a accordé une aide supplémentaire de 60 millions de dollars à la fois à « l’opposition » politique et « l’opposition » armée, tout en négligeant le dialogue national en cours en SYRIE. (4)

Les contacts entre la RUSSIE et les USA, ainsi que beaucoup de gouvernements de pays européens, ont été depuis largement retrogradés au niveau de simples représentants des Ministres des Affaires Etrangères, et de chefs de cabinets ministériels. Les révélations, par un membre du secrétariat général du Parti National du Koweit, Faisal Al-Hamad, qu’un accord secret en vue de diviser la SYRIE en états plus petits avait été signé par un ambassadeur US lors du rassemblement des amis de la SYRIE à Doha, Qatar, ont gelé de façon permanente les relations entre la RUSSIE et le groupe USA-UE. (5)

Mardi 12mars 2013, le Ministre des Affaires Etrangères, se référant aux conséquences de l’intervention de l’OTAN en LIBYE, a déclaré lors d’une conférence de presse à Londres, « Dans mon esprit, armer l’opposition est interdit par le Droit International, et armer l’opposition syrienne contredit les principes du Droit International. »

Lavrov a exprimé son espoir de voir l’opposition syrienne former une équipe chargée de négocier avec le gouvernement syrien, et il a ajouté, « le gouvernement et l’opposition doivent nommer 2 équipes en vue de négocier. Le gouvernement l’a fait, et nous attendons que l’opposition fasse la même chose. »

Lavrov a souligné qu’il était de la responsabilité des pays occidentaux de s’assurer que l’opposition forme une équipe de négociateurs et a déclaré « si leur but était vraiment de stopper le bain de sang dans le pays, ils n’auraient pas émis de conditions préalables à la négociation. »

La RUSSIE a aussi critiqué la Commission d’Enquête sur la SYRIE dans des termes cinglants, la traitant de partiale, inéquitable, et biaisée comme d’habitude. La directrice adjointe du Département de l’Information du Ministère des Affaires Etrangères russes, Maria Zarkhova, fut sur le point de rompre les règles de la courtoisie diplomatique lorsqu’elle déclara que « Le Rapport n’est pas objectif et n’est pas équitable, et le dernier document en date n’est pas une exception à la règle. »

La déclaration de Mme Zarkhova s’appuie sur des déclarations antérieures d’organisations pacifistes internationales. Le Réseau Pacifiste Italien de Rome, critiquant la Commission et son travail en septembre 2012, a utilisé presque les mêmes mots lorsqu’il a fourni un rapport détaillé sur les manquements et les mauvaises pratiques des Commissions. (6)

La porte parole du Ministère des Affaires Etrangères, Maria Zakhova, a souligné que la recommandation de la Commission, de déposer un référé sur la crise syrienne devant la Cour Pénale Internationale, ICC, est tout aussi vaine qu’à contretemps, « la RUSSIE n’a pas été la plus enthousiaste à soutenir la mise sur pied de la Commission », ajoutant que « néanmoins, nous avons coopéré avec ses experts pour clarifier notre position sur les événements en cours dans ce pays. »

Mme Zarkhova s’est aussi plainte de certains membres du Conseil de Sécurité de l’UE qui ont ignoré des déclarations écrites qui condamnaient les attentats terroristes (a) en SYRIE, qui ont coûté la vie à des civils innocents. Mme Zarkhova a qualifié leur position de « biaisée » et marquée du sceau du 2 poids, 2 mesures. La porte parole du Ministère des Affaires Etrangères se référait, de façon plus précise, aux attentats à la bombe à proximité du siège du Parti Baas et de l’ Ambassade de RUSSIE à Damas en début d’année. (7)

Le veto US au Conseil de Sécurité de l’ONU, contre la condamnation de l’attaque et du terrorisme sous toutes ses formes, a conduit le Ministre Russe des Affaires Etrangères Serguei Lavrov à rendre compte de la frustration du Gouvernement russe devant l’abandon du respect des règles suivies par le Conseil de Sécurité, selon lesquelles toutes les nations, sans exclusion, s’engagent à condamner le terrorisme, quels qu’en soient l’auteur, le lieu ou les motifs. Lavrov a déclaré « La RUSSIE voit dans la position américaine le règne du 2 poids 2 mesures, et une approche dangereuse lorsque nous constatons que les américains s’éloignent des principes généraux consistant à condamner le terrorisme sous toutes ses formes. » (8)

Mme Zarkhova a aussi fait allusion à la règle du 2 poids 2 mesures des USA et de l’UE, en particulier concernant la Commission d’enquête, lorsqu’elle a déclaré « Ce qui surprend Moscou c’est que le rapport ne contient aucun appel à suspendre les sanctions économiques unilatérales imposées par certains pays et des organisations régionales contre la SYRIE, malgré le fait que la Commission insiste sur leur impact négatif sur les « vies » des citoyens.

Tandis que les USA et l’UE ignorent dans les faits les protestations grandissantes de la RUSSIE et continuent dans leur idée de financer et armer l’insurrection directement, au travers de leurs alliés membres du CCG, de la TURQUIE, ou par l’entremise de réseaux obscurs ou d’intermédiaires fantoches comme Saad Hariri ou Walid Joumblatt, la RUSSIE continue d’appeler à un règlement pacifique de la crise et pour la cessation immédiate du financement et de l’armement des insurgés.

La RUSSIE continue de faire pression pour que les USA et l’UE usent de leur influence sur l’ « opposition », pour la conduire à la table des négociations et pour faire cesser les violences. Une déclaration sur le site du Ministre des Affaires Etrangères mercredi 13 mars 2013, mentionne « qu’il n’y a pas d’alternative au règlement diplomatique de la crise syrienne ».

Dans le contexte diplomatique actuel, cette déclaration signifie que la RUSSIE n’est ni prête ni désireuse de concéder un pouce de terrain supplémentaire au vu de la dérive amorcée par les USA-UE vers l’anarchie au niveau international et la barbarie. Avec en face les USA-UE-ISRAEL et leurs alliés qui s’acharnent à continuer leur projet de « remodelage du Grand Moyen Orient » (b) à tout prix, la diplomatie a atteint un niveau de gel permanent digne de la période de la guerre froide.

BLUERIDER

Commentaires du traducteur :

(a) NdT. Le Département d’Etat Américain ne condamne pas ces attentats car il les considére comme des faits de guerre. Chacun appréciera.

(b) Caroline Fourest, notre « obsédée des obsédés du complot » patentée, appréciera.

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/syrie-l-exasperation-russe-132435

(1) Russia – E.U. Meeting in Brussels : Risk of Middle East and European War increased.

(2) Syria, Turkey, Israel and a Greater Middle East Energy War

(3) Russia´s Top Diplomats signal increased assertiveness regarding Syria, Africa and NATO

(4) Kerry after Friends of Syria Meeting clarifies, US determined to initiate World War III in Syria

(5) US – Russian Relations deteriorating as Kuwaiti Whistle Blower Discloses Secret Syria War-Plan

(6) Italian Peace Movement Criticizes Report of International Commission on Syria

(7) Massive Blast Near Baath Party Headquarters kills Scores, FSA threatens Hezbollah

(8) Lavrov : US Veto of UNSC Resolution to Condemn Damascus Blasts Indicates Double Standards

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 23 mars, 2013 |Pas de commentaires »

SYRIE: L’ONU VA ENQUÊTER SUR L’EVENTUEL EMPLOI D’ARMES CHIMIQUES…ET QUE FONT LES ETATS COMME LA FRANCE LORSQU’ILS UTILISENT LES ARMES A L’URANIUM « APPAUVRI » ? ( ats / Thierry LAMIREAU / lesoufflecestmavie.unblog.fr)

Syrie:

SYRIE: L'ONU VA ENQUÊTER SUR L'EVENTUEL EMPLOI D'ARMES CHIMIQUES...ET QUE FONT LES ETATS COMME LA FRANCE LORSQU'ILS UTILISENT LES ARMES A L'URANIUM

l’ONU va enquêter sur l’éventuel emploi

d’armes chimiques

Les Nations Unies vont enquêter à la demande des autorités syriennes sur des soupçons d’utilisation d’armes chimiques dans la ville de Khan al Assal, près d’Alep, a annoncé jeudi 21 mars 2013 Ban Ki-moon. Cette enquête sera lancée « dès que possible en pratique », a déclaré le diplomate sud-coréen.

M. Ban a réaffirmé que l’emploi d’armes chimiques par l’un ou l’autre camp en Syrie, quelles que soient les circonstances, serait « un crime monstrueux » ainsi qu’un « crime contre l’humanité ». Il a estimé que « la pleine coopération de toutes les parties sera essentielle » pour l’enquête, y compris un « accès sans entrave » au territoire syrien.

Le secrétaire général de l’ONU a précisé que la mission d’enquête serait préparée par ses services en coopération avec l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et l’Organisation pour l’Interdiction des Armes Chimiques (OIAC). Les préparatifs porteront sur le « mandat global » de la mission, sa composition et les conditions de sécurité.

Le gouvernement syrien et l’opposition armée s’accusent mutuellement d’avoir employé des armes chimiques dans les régions d’Alep (nord) et de Damas. Le gouvernement syrien a déposé mercredi 20 mars 2013 une requête officielle pour une enquête de l’ONU. Paris, Londres et Washington ont annoncé mercredi leur intention de demander aussi une enquête de l’ONU qui porterait sur « toutes les allégations » d’emploi d’armes chimiques en Syrie, venant des deux camps.

Ligne rouge

La Russie a quant à elle soutenu la demande formulée par le régime de Damas d’une enquête sur la seule attaque de Khan al-Assal, près d’Alep, survenue mardi. Vingt-six personnes sont mortes dans l’incident et des rescapés ont dit souffrir de problèmes respiratoires et sentir une forte odeur de chlore après le tir.

Des diplomates occidentaux restent prudents sur la véracité des accusations lancées de part et d’autre. L’utilisation à très faibles doses de substances chimiques toxiques par le régime, qui dispose de stocks de divers gaz comme le sarin, est possible « dans le cadre d’une stratégie de la terreur », explique l’un d’eux, mais Bachar al-Assad n’est pas assez aux abois pour « faire n’importe quoi ».

Les Occidentaux ont à plusieurs reprises affirmé que l’entrée en jeu des armes chimiques dans le conflit syrien était une ligne rouge, mais sans jamais préciser ce qu’il en coûterait aux coupables ni confirmer que ces armes ont bien été employées.

ats

COMMENTAIRE:

syrie-2 ADN dans REFLEXIONS PERSONNELLES

(Le Souffle c’est ma Vie / Thierry LAMIREAU)

 QUE FONT LES ETATS COMME

LES ETATS-UNIS OU LA FRANCE

LORSQU’ILS UTILISENT

LES ARMES A L’URANIUM « APPAUVRI » ?

Constater que l’ONU s’insurge contre les éventuelles actions du régime Syrien ou d’opposants au régime serait assez risible si le sujet n’était pas aussi grave !

Que font tous les Etats, sous couvert de l’ONU, de l’OTAN, de l’AIEA, de l’OMS, lorsqu’ils utilisent des armes à l’uranium « appauvri » ?

Les armes à l’uranium « appauvri » sont à la fois CHIMIQUES ET RADIOACTIVES…ce qui est pire dans ce domaine de l’horreur !

Ces armes CONDAMNENT les générations actuelles ET futures parce qu’elles induisent une morbidité et une mortalité très importantes. Ces armes atteignent l’ADN des individus donc pour l’éternité !

Que font tous les organismes internationaux pour condamner cela ?…RIEN !

PIRE: 

Ils considèrent que ce sont des armes « normales » si l’on peut dire…alors qu’il y a une violation des règles Internationales de Radioprotection.

Selon le Droit International sur le contrôle des armements, les armes à l’uranium « appauvri » sont illégales !

L’utilisation de telles armes est un CRIME CONTRE L’HUMANITE.

OBAMA, HOLLANDE et compagnie feraient bien de balayer devant leur porte avant de critiquer les autres car ce sont les premiers fossoyeurs de l’Humanité !                            

Obama Warns Syria

Against Using Chemical Weapons

President Barack Obama warned Syria on Monday that the use of chemical weapons would be « totally unacceptable. » U.S. officials said intelligence had detected Syrian movement of chemical weapons components in recent days.

 

 

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 21 mars, 2013 |Pas de commentaires »

SYRIE: JE SUIS TRANQUILLE !…JE SUIS TOUJOURS LE CHEF !

SYRIE: JE SUIS TRANQUILLE !...JE SUIS TOUJOURS LE CHEF ! dans REFLEXIONS PERSONNELLES ballaman-assad1No Comment. dans No Comment ballaman-assad1

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 16 mars, 2013 |Pas de commentaires »

LES RETOMBEES DE L’OFFENSIVE OCCIDENTALE AU MALI (David URRA / http://www.zcommunications.org / http://avicennesy.wordpress.com/)

Les retombées de l’offensive occidentale au Mali

LES RETOMBEES DE L'OFFENSIVE OCCIDENTALE AU MALI (David URRA / http://www.zcommunications.org / http://avicennesy.wordpress.com/) dans REFLEXIONS PERSONNELLES guerre4 (David URRA)

Beaucoup de choses ont été écrites et réécrites sur les événements qui se déroulent au Moyen-Orient, mais il n’a pas toujours été facile de comprendre que ces événements sont le résultat d’un plan unique qui s’est développé dans l’ombre et n’est devenu visible que dans ses phases finales. Alors que les « analystes » se limitent presque toujours à l’observation des événements tels qu’ils sont rapportés, les actions non déclarées sont plus difficiles à percevoir.

La guerre psychologique/médiatique (Psy/Media Ops) se déroule dans l’ombre et ce n’est que par la compréhension de ses caractéristiques qu’il est possible de comprendre ce qui se passe réellement. Dans l’opération militaire en cours au Mali, tout indique que l’objectif réel est l’Algérie, qu’elle fait partie des priorités de l ‘« Axe de la guerre. »

On peut avoir oublié que toute cette histoire a apparemment commencé avec les révoltes en Tunisie et en Egypte, bien qu’en réalité, le déclenchement ait été décidé longtemps à l’avance par les membres de l ‘« Axe de la guerre » (les Etats-Unis et ses partenaires, à la fois à l’Ouest et au Moyen-Orient), avec les premières phases élaborées minutieusement et dans certains cas, avec le consentement des futures victimes.

Le plan, maintenant connu et dénoncé par le général américain quatre étoiles Wesley Clark inclut des Coups d’Etat dans plus de sept pays du Moyen-Orient, où les intérêts occidentaux étaient menacés pour diverses raisons. Afin y parvenir, d’abord une étude a été réalisée sur la société, avec une vue d’ensemble des caractéristiques ethniques, sociales, culturelles, économiques et de défense des différents pays (comme Southcom avait fait avec l’Amérique latine par le biais de son partenaire, l’institution Florida International Université). Plus tard, un plan spécifique a été élaboré pour chaque pays, pouvant se réajuster coup par coup en fonction de leur « maturité », pour le renversement des gouvernements qui ne sont pas alignés sur les États-Unis.

En principe, les guerres psychologiques sont planifiées séparément pour chaque pays, tenant compte des différentes couches sociales à influencer, et du niveau potentiel de pénétration des médias dans la société occidentale. En conséquence, il n’y avait aucune feuille de route définissant par quel pays commencer, ni quel serait le suivant, la décision serait prise en cours de route, en fonction du degré de « maturité » que les actions entreprises avait atteint.

En ce sens, lorsque les révoltes en Tunisie et en Egypte ont été déclenchées, l’Occident a compris que c’était le prétexte dont elle avait besoin pour commencer l’assaut final, comme cela nous a été définitivement prouvé par les principaux médias de « désinformation ». Dans tous les cas, la préparation en coulisses avait débuté depuis un certain temps, et pour certains de ces cas, depuis des années.

En Tunisie et en Egypte, il était nécessaire d’ »écouter » la voix du peuple et de « remplacer » les dictateurs qui avaient longtemps servi les intérêts américains, mais dont l’image publique était ternie. Leur disgrâce servirait à « projeter le mécontentement » vers les pays voisins qui avaient été définis à l’avance comme des objectifs de déstabilisation, la Libye, l’Algérie, la Syrie et l’Iran. La première phase de ce plan avait été accomplie. C’est ce qui avait été élaboré en Afghanistan et en Irak sous le prétexte de la lutte contre Al-Qaïda et le terrorisme.

Il est nécessaire de souligner que l’Afghanistan et l’Irak ont ​​servi de préparation pour la deuxième partie de l’offensive qui serait lancée contre le reste des « infidèles ». Dans le cas de l’Afghanistan, où Al-Qaïda a joué un rôle prépondérant, il était aussi un lieu d’incubation pour la plupart des combattants-terroristes qui allaient plus tard être employés en Libye, Syrie, Iran et Algérie.

Nous devons garder à l’esprit que Al-Qaïda était une organisation créée par la CIA à partir des pires éléments existants dans le Moyen-Orient, dans le but de déstabiliser l’Afghanistan à l’époque où ce pays était soutenu par l’Union Soviétique, et servir plus tard de prétexte pour des agressions futures. Al-Qaïda n’a jamais été hors de contrôle de la CIA et, qu’elle soit utilisée comme prétexte ou comme exécutant, elle a toujours été un acteur dans tous les événements du Moyen-Orient. En tant que tel, en Afghanistan et en Irak, Al-Qaïda était une organisation terroriste qui devait être combattue et détruite. En Libye et en Syrie, il s’agit d’une organisation qui défend « la liberté et la démocratie. »

Dans le cas de la Libye, les révoltes en Egypte et en Tunisie qui ont servi à renverser des dirigeants corrompus ont également été utilisées pour générer un éventail d’opinions au sujet de la l’ »insurrection » libyenne. Dans ce pays, qui avait le plus haut niveau de vie de toute la région et où, malgré les erreurs stratégiques commises, ses dirigeants se sont toujours préoccupés des besoins de la population, l’analyse des couches de la société a révélé que, à Benghazi, il y avait encore certains secteurs qui aspiraient au retour du roi Idris Ier, renversé par Kadhafi, et on leur a fourni les conditions pour activer leurs forces, en les utilisant comme un fer de lance pour la « rébellion » générale.

En outre, Kadhafi a remis à l’Occident non seulement les armes que les rebelles utiliseraient, mais aussi les principales entreprises stratégiques du pays, y compris ses raffineries de pétrole, en fin de compte utilisées contre lui durant les révoltes organisées par ce même occident.

Ils n’avaient besoin que d’un prétexte qui, dans ce cas consistait à organiser des manifestations qu’une petite minorité des médias-mensonge (MMD : media of mass deception) amplifieraient indéfiniment, afin de mettre en œuvre immédiatement la formule utilisée ailleurs et perfectionnée en Afghanistan, un élément fondamental des guerres psychologiques : préparer le terrain et l’opinion publique pour la phase finale, dans laquelle des mesures économiques, financières et diplomatiques combinées avec des mercenaires, des terroristes, des opérations des forces spéciales et la supériorité aérienne, porteraient le coup final à Kadhafi et ceux qui l’ont soutenu .

On connaît le résultat.

Mais toutes ces actions étaient liées, étant donné que les révoltes en Egypte et en Tunisie, se dirigeant vers la Syrie et l’Algérie, faisaient partie du plan conçu au Quartier Général de Fort Bragg, sauf que dans le cas de l’Algérie, la guerre psychologique n’avait pas donné le résultat escompté, et le plan devrait être modifié.

En Syrie, toutes les conditions n’avaient pas été réunies, non plus, mais l’Occident, enhardi par les résultats très favorables obtenus avec un minimum de ressources, et pourquoi pas, par la résistance tiède de la Russie et de la Chine, a décidé « d’accélérer » le plan pour ensuite se concentrer sur les deux objectifs les plus difficiles : l’Iran et l’Algérie.

Mais l’aventure syrienne s’est avérée être beaucoup trop compliquée, et semble figée sans aucune solution en vue. La Russie et le léger changement de la position chinoise ont bloqué l’élaboration du plan de l’Occident tel qu’il était conçu, et malgré les « insurgés » achetés avec des fonds du Qatar et de l’Arabie saoudite qui ont réussi à déstabiliser le pays, la résistance du peuple syrien et de leurs forces armées n’a pas été liquidée. Apparemment, l’axe de la guerre devra s’impliquer plus directement dans le conflit, mais cela implique le danger de l’internationalisation et cela pose certains dangers, étant donné que ce n’est pas seulement la Syrie qui est en jeu, mais la Syrie ainsi que l’Iran et probablement la Russie.

Ce sont ces circonstances qui ont conduit l’Occident à décider de se tourner vers l’application de la variante qui consiste à accélérer ses actions contre l’Algérie, et c’est là que l’option Mali entre en scène.

Bien que le conflit au Mali soit en cours depuis un certain temps, c’est toujours une création relativement récente, et l’Occident ne l’a pas peaufinée, puisqu’il a déjà les ressources de la région sous son contrôle absolu.

L’apparition soudaine de la menace « islamique » au Mali est en réalité un prétexte, comme dans tant d’autres cas, utilisé par l’Occident pour introduire ses forces dans un pays qui partage une longue frontière avec l’Algérie, et plus précisément sur le côté de l’Algérie qui est la moins peuplée et la plus vulnérable.

Le nord du Mali, où une partie du désert du Sahara est situé, est habité principalement par des Touaregs, qui, en Mars 2012 ont mené une rébellion contre le gouvernement corrompu de Amadou Toumani Touré, qui a finalement été vaincu non pas par les rebelles, mais par un coup d’Etat militaire dans lequel il a été accusé d’être trop indulgent envers les rebelles. La junte militaire ayant fait le coup d’état installa Dioncounda Traoré comme président, poste qu’il occupe encore.

Mais en réalité, les Touaregs ont été marginalisés par les « islamistes » des groupes voulant instaurer la charia la plus radicale. Bien que seul le Mouvement National pour la Libération de l’Azawad (NMLA) soit mentionné, il y a trois groupes dans le conflit et le plus dominant à l’heure actuelle est le Mouvement pour l’Unicité du Jihad en Afrique de l’Ouest (MUJAO), qui, avec l’AQMI (Al-Qaïda du Maghreb Islamique), a réussi à déplacer les Touaregs dans la région, en prenant le contrôle des principaux centres de population dans le nord du pays.

Il est important de préciser que ces groupes islamiques sont principalement composés de combattants terroristes que l’Occident utilisait dans sa guerre contre la Libye, tout comme avec les talibans en Afghanistan, qui y furent employés pour ensuite servir de prétexte pour envahir le pays.

Ces groupes sont mal organisés et mal armés, et par conséquent leur capacité militaire est très réduite. Ceci a été confirmé par la manière dont la France a lancé sa campagne, d’abord par les intermédiaires des Médias-Mensonge, en exagérant le « danger » que représentent ces groupes « islamistes », puis foncé avec un contingent limité et aucune préparation préalable, dans une confrontation où le combat, les victimes et même les blessés sont absents. Une véritable guerre virtuelle.

Comme nous avons pu voir à travers les images et les rapports, il n’existe aucune preuve que les villes ont opposé la moindre résistance. Les principales victimes sont les populations civiles, pratiquement piétinées par les troupes d’occupation française, créant un problème plus grave que celui qui existait auparavant, avec le déplacement de quelque 200.000 personnes.

L’attaque de la raffinerie de gaz algérien à In Amenas, coïncidant bizarrement avec l’invasion française du Mali est encore un autre élément de preuve qui confirme que l’option algérienne était la véritable motivation derrière les actions de la France au Mali.

Il est utile de rappeler que l’Algérie était la plus importante colonie de la France en Afrique et sa perte est restée en travers de la gorge de la classe dirigeante française. Pour l’Occident, éliminer les gouvernements alignés contre ses intérêts, c’est réduire la base de soutien de la Russie et de la Chine.

Un autre élément révélateur se trouve dans les accords que les insurgés avaient déjà réalisés au Mali, qui semblaient offrir une solution négociée du conflit et qui ont été torpillés par la décision française d’envahir le pays, fonctionnellement approuvée par la résolution du Conseil de Sécurité de l’ONU le 20 Décembre 2012, qui bien que n’ayant pas autorisé l’invasion, ne l’a pas interdite non plus.

L’échiquier politique a des variantes multiples de ces types de conflits et ici nous voyons comment l’Algérie, dans son empressement à gagner les faveurs de l’Occident, la France en particulier, a concédé aux avions français l’autorisation d’utiliser son espace aérien pour ses interventions contre les rebelles au Mali. Le Ministre Français des Affaires Etrangères a remercié les Algériens :

« L’Algérie a autorisé le survol de son territoire, et je l’en remercie », a-t-il dit, avant d’ajouter : « La France se devait d’intervenir de toute urgence, sinon il n’y aurait plus de Mali, mais un État terroriste […] ». Le fait que l’Algérie ait pris la décision d’ouvrir son espace aérien à l’aviation française basée en France pour attaquer les islamistes dans le nord du Mali est significatif, compte tenu de la méfiance traditionnelle des autorités algériennes vis-à-vis de toute forme d’intervention militaire de Paris dans la région. « Une fois que la force africaine aura pris le relais dans le nord du Mali, il faudra que les Algériens ferment leurs frontières pour couper les combattants islamistes de leurs bases ».

C’est précisément là où se trouve le piège. En lisant entre les lignes, on entrevoit le prétexte qui sera utilisé contre l’Algérie une fois que les forces françaises au Mali seront positionnées avec la collaboration des Etats-Unis et la Grande-Bretagne : la présence éventuelle de combattants islamistes en territoire algérien.

Les faits sont têtus, et le temps nous le dira. Très bientôt, nous serons en mesure de voir si oui ou non un processus de déstabilisation est en cours en Algérie.

David URRA

Traduit de l’anglais par Avic du site : http://www.counterpunch.org/

Original en espagnol. Traduction en langue anglaise par Fausto Giudice.

David Urra est un analyste militaire / politique pour http://www.zcommunications.org. Il est diplômé de S.M. Kirov Caspian Higher Naval Academy. Il peut être contacté à davidurra@yahoo.com .

http://avicennesy.wordpress.com/

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 15 mars, 2013 |Pas de commentaires »

USA: PIRE QUE CHUTZPAH ! (Edward S.HERMAN / http://www.zcommunications.org)

USA :

USA: PIRE QUE CHUTZPAH ! (Edward S.HERMAN / http://www.zcommunications.org) dans REFLEXIONS PERSONNELLES guerre2

Pire que Chutzpah ! 

(Edward S. HERMAN)

CHUTZPAH: Désigne le dernier degré de l’arrogance, de l’impudence, de la plus totale absence de honte ou de scrupules. Synonyme généralement péjoratif d’audace, d’insolence, il cesse d’être péjoratif dans les milieux où l’impudence est de règle… En hébreu, le mot chutzpah marque une indignation envers quelqu’un qui a dépassé outrageusement et sans vergogne les bornes du comportement acceptable.

Quand on voit la Secrétaire d’État Hillary Clinton et le président Barack Obama, l’air grave et offusqué, mettre en garde la Syrie contre un recours aux armes chimiques, « totalement inacceptable » selon Obama, ou « qui passerait la ligne rouge et dont les responsables auraient à en répondre » selon H. Clinton, et qu’on voit le New York Times [comme la plupart des médias occidentaux] et tout l’establishment occidental reprendre et soutenir ces déclarations, on reste baba devant une aussi époustouflante hypocrisie. Alors que les États-Unis, précisément, détiennent le record d’utilisation des armes chimiques dans le monde, se sont toujours opposés à la signature d’accords internationaux visant à en interdire l’utilisation, et utilisent aujourd’hui régulièrement leur armement à uranium « appauvri » (armement à la fois nucléaire et chimique, dont le nombre et le type de victimes va bien au-delà des cibles directes) dans tous les conflits qu’ils déclenchent ! L’utilisation massive d’Agent Orange au Vietnam ou de munitions au phosphore blanc en Irak, tout le monde connait, non ? Serait-il possible que seuls Clinton, Obama et les médias occidentaux ne soient pas au courant ? Ou doit-on y voir une fois de plus la seule arrogance du pouvoir et cette conviction qu’il ne saurait y avoir de moralité ou de Droit International que lorsque l’ennemi fait quelque chose de choquant ?

C’est peut-être bien un mélange des deux, tant le double standard et la mauvaise foi sont souvent remarquables. L’archétype de ce genre d’attitude pourrait bien être l’histoire des « pluies jaunes » – des poisons chimiques que les Soviets auraient déversé dans le ciel du Laos au début des années 1980. Le flagrant manque de preuves n’avait pas empêché à l’époque l’administration Reagan d’en tirer le meilleur parti pour mieux diaboliser « l’Empire du mal ». On eut beau démontrer que l’accusation était fausse, un chercheur américain, Matthew Meselson, ayant apporté la preuve que lesdites pluies jaunes n’étaient en réalité que des déjections d’abeilles, elles n’en furent pas moins toxiques grâce au Wall Street Journal et aux autres médias de masse. Bien après le démontage de cette campagne d’intox, Peter Kann, éditeur du Wall Street Journal, citait encore les « champs empoisonnés du Laos » pour montrer « qui étaient les bons et qui étaient les méchants » dans le monde (“Clinton Ignores History’s Lessons In Vietnam,” [Clinton fait l’impasse sur les leçons d’histoire au Vietnam] WSJ, 9 septembre 1992). Autrement dit, Kann faisait totalement l’impasse sur la guerre chimique monumentale et bien réelle que les États-Unis avaient mené au Vietnam, au Cambodge et au Laos, mais n’en ramenait pas moins cette vieille histoire de pluies jaunes soviétiques, fut-elle démontrée fausse de longue date. En fait d’hypocrisie, de malhonnêteté ou des deux à la fois, difficile de faire mieux ! Ironiquement, c’est justement dans son propre journal qu’un article de 1997 évoquait les 500 000 enfants vietnamiens souffrant d’anomalies congénitales précisément dues aux méthodes de ceux que Kann appelle « les bons » [the “good guys”]. (Peter Waldman, “Body Count : In Vietnam, the Agony Of Birth Defects Calls An Old War to Mind,” WSJ, 12 décembre 1997).

Aujourd’hui, les zélateurs de l’impérialisme américano-centrique s’efforcent eux aussi de noyer le poisson sur les guerres chimiques du Vietnam et d’ailleurs, ou sur l’uranium « appauvri ».

Dans son récent « classique du genre » encensé par l’establishment et la critique, The Better Angels of Our Nature : Why Violence Has Declined ([Les meilleurs penchants de notre nature : Pourquoi la violence a diminué],Viking, 2011), Steven Pinker ment ostensiblement sur la question, expliquant au lecteur que ce qui atteste de ce regain de moralité dans le monde et de la diminution de la violence – progrès que les grandes démocraties occidentales peuvent se prévaloir d’avoir apporté au reste du monde – c’est leur condamnation des armes chimiques et leur refus d’en faire usage. Mais dans les quelques pages que Pinker consacre aux violences qui ont marqué la guerre du Vietnam, pas une seule ligne n’évoque l’utilisation massive de ces armes chimiques dans l’Opération Ranch Aid et divers autres programmes menés dans ce pays.

De même pour la Syrie, les propagandistes officiels n’affirment pas que le gouvernement syrien ait d’ores et déjà recours à de telles armes, mais seulement que les Occidentaux ont la preuve que la Syrie se préparerait à en faire usage en dernier recours.

« Ce qui nous inquiète, c’est que le régime d’Assad, de plus en plus aux abois, ne finisse par recourir à ses armes chimiques ou n’en perde le contrôle, au bénéfice de l’un des nombreux groupes qui opèrent actuellement en Syrie » (Hillary Clinton).

A ce propos, ce n’est que récemment que Washington et les médias de masse ont fini par admettre la présence d’Al-Qaïda parmi les « nombreux groupes » de « combattants de la liberté » que les Occidentaux soutiennent en Syrie – et ce que cette présence a de préoccupant.

Ce genre d’opportunisme pourrait bien se terminer une fois de plus par un magistral revers de manivelle, comme après avoir soutenu Al-Qaïda en Afghanistan ou en Libye, les États-Unis soutenant à nouveau ceux qu’on appellera ensuite « les pires des pires » – passant du statut de « combattants de la liberté » très généreusement armés et soutenus, à celui de candidats à la détention illégale, à la torture et aux assassinats ciblés.

Outre la menace d’armes chimiques en Syrie, les représentants occidentaux se disent très préoccupés par l’utilisation de bombes à fragmentation par l’armée syrienne contre des civils, dans le cadre de ce conflit (C.J. Chivers, “In Syria, Cluster Munitions Takes Its Toll,” New York Times, 21 décembre 2012). Là encore, cas de figure à la fois familier et comique, les médias polarisés collaborent une fois de plus à un effort hypocrite, problématique au regard des faits, mais surtout lamentable, de diabolisation sélective.

On a accusé les Serbes de « nettoyage ethnique », sans tenir aucun compte du contexte de guerre civile encouragée par l’OTAN. Mais pas question d’utiliser ce terme au sujet du nettoyage ethnique pratiqué de longue date et à grande échelle par Israël en Palestine. Kadhafi menaçait soi disant Benghazi d’un bain de sang, c’est donc avec la bénédiction des mêmes médias et de l’ONU que les États-Unis, leurs alliés de l’OTAN, leurs rebelles autochtones et leurs mercenaires importés, purent s’offrir un vrai bain de sang avec pour point d’orgue le lynchage et le meurtre de Kadhafi. Et Hillary Clinton de déclarer toute fière dans un ricanement : « Nous sommes venus, nous avons combattu, il est mort ! » [“We came, we fought, he died !” parodiant pompeusement le “Veni, Vidi, Vici !” de César].

De même les mythiques armes de destruction massive de Saddam Hussein avaient-elles servi de prétexte pour la guerre d’agression des États-Unis contre l’Irak, avec là encore l’anéantissement d’un pays, le massacre de sa population et l’assassinat du “méchant” dirigeant. Au tour de la Syrie à présent ! Autre « méchant », l’Iran aussi menace le monde avec son entêtement à poursuivre son programme nucléaire. C’est sans doute le prochain sur la liste, dans le programme de production d’États ratés [failed states] des Grandes Démocraties – comme Pinker les appelle, ces gouvernements radicalement non-violents.

Mais pour en revenir aux bombes à fragmentation, les États-Unis les ont utilisés massivement au Vietnam et au Laos, en Irak et plus tard dans leur guerre aérienne contre la Serbie, en 1999 (entre autres). Israël s’en est montrée elle aussi particulièrement généreuse dans son agression du Liban, en 2006, et notoirement dans les derniers jours de ce conflit, alors que la paix était à portée de main, parsemant les champs de ces graines de mort et d’horreur éparpillées à travers tout le pays. L’armée israélienne a laissé derrière elle environ un demi-million de bombes après son dernier assaut contre le Liban.

Un commandant d’escadre de bombardiers israéliens déclarait à ce sujet :

« Ce que nous avons fait est démentiel et monstrueux ; nous avons couvert des villes entières de sous-munitions explosives » (Meron Rappaport, “IDF commander : We fired more than a million cluster bombs in Lebanon” [Un commandant de forces israéliennes déclare : nous avons largué plus d’un million de bombes à sous-munitions au Liban] Haaretz, 12 septembre 2006). Mais sur ces opérations là, les responsables américains et les médias n’avaient aucune critique particulière à faire – sans parler de mises en gardes ou de menaces ; douleurs inévitables de l’accouchement d’un Nouveau Proche Orient – ou de son agonie.

Comme tous les grands médias, le New York Times n’a jamais cité ni découvert un seul commandant des forces israéliennes qui dénoncerait l’utilisation de bombes à fragmentation par son pays comme « monstrueuse ». Son unique éditorial sur le sujet ne donnait ni le nombre de bombes larguées ni aucune précision sur le moment ou sur les zones où elles l’avaient été, ni sur leurs effets. Il n’émettait pas non plus la moindre critique sur leur utilisation par Israël et ne risquait surtout pas de la qualifier de criminelle ou de monstrueuse. Dans la grande tradition de l’apologie de nettoyage ethnique, l’info restait dûment aseptisée (“No Place For Cluster Bombs,” 26 août 2006). On remarque aussi en regardant les titres, que les articles du New York Times ne mettaient jamais en avant le fait que les civils ou les zones civiles étaient la cible privilégiée de ces bombardements et de leurs destructions – contrairement aux articles sur la Libye de Kadhafi ou sur la Syrie d’Assad.

S’agissant d’Israël au Liban, ce qu’on peut trouver de plus proche serait quelque chose comme : « Libanais et humanitaires découvrent le danger des décombres » (25 août 2006), bien que le journal ait effectivement publié un article où Human Rights Watch qualifie la politique israélienne de crime de guerre (Kifner, 24 août 2006), et un autre qui donne quelques détails sur la sauvagerie et le caractère anti-civil et foncièrement délétère de l’agression israélienne (Worth et Kifner, 25 août 2006).

A l’instar d’Israël, les États-Unis ont refusé de signer la convention de 2008 sur les bombes à sous-munitions, qui en interdisait l’utilisation (la Russie, la Chine et plusieurs autres pays aussi d’ailleurs). D’après Richard Norton-Taylor, “Amnesty International, Oxfam, et Article 36 – un groupe chargé de la coordination de l’opposition à ce type d’armement – auraient déclaré que dans les pourparlers sponsorisés par les États-Unis, les préoccupations des humanitaires avaient été totalement laissées de côté, et qu’ils en appelleraient aux Britanniques pour tenter d’empêcher les USA d’avaliser ce qu’ils considèrent comme un « permis de tuer » à coup de bombes à fragmentation » (“US pushing UN to lift ban on cluster bombs, say campaigners” Le Guardian, 22 novembre 2011).

Mais de leur côté les Américains assurent que les derniers modèles de CBU [Cluster Bomb Unit] ont une action vraiment ciblée, avec un taux d’échec très bas. On doit donc supposer que les CBU dont dispose l’armée syrienne sont les anciens modèles, ceux qui sont mauvais. Ou peut-être les États-Unis, leurs alliés et leurs clients – c’est-à-dire « les bons » quel que soit le conflit – seraient en réalité les seuls à pouvoir détenir et utiliser des bombes à fragmentation.

L’une des principales caractéristiques des bombes à fragmentation et de leur utilisation, c’est la place privilégiée des enfants parmi leurs victimes – les responsables américains et les médias se montrent d’ailleurs particulièrement sensibles au sort des enfants dans les conflits armés. Le président Obama ne pleurait-il pas récemment sur celui des enfants tués à Newtown, au Connecticut ? Les médias n’étaient-ils eux aussi pas particulièrement émus par cette tragédie ? Bon, d’un autre côté, on a ces 500 000 enfants atteints de malformations au Vietnam, un pays où des centaines de milliers d’autres ont été tués, mutilés, traumatisés sans que cela suscite grand-chose comme intérêt, regrets, voire compensation ou assistance post-conflit aux victimes (si ce n’est 18 années de boycott punitif).

Il y a aussi la fameuse réponse de Madeleine Albright en 1996, au sujet de la mort de 500 000 irakiens de moins de cinq ans victimes des « sanctions de destructions massive » : « Ça vaut bien ce prix là ! ». Cette réponse est passée littéralement comme une lettre à la poste dans nos médias polarisés, sans susciter d’indignation outrée ni de réactions particulières. Et puis il y a aussi ce continuum de « frappes ciblées » de nos drones, contre des « militants » – avec leur cortège de « victimes » [casualties] ou « dommages collatéraux » en bas âge – dirigés par le même Obama éploré, et suscitant toujours aussi peu d’émotion ou de réactions dans nos médias. Dans la région de Fallujah, en Irak, on constate une extraordinaire augmentation du nombre de malformations congénitales, de fausses couches et d’enfants mort-nés, dus à l’utilisation massive d’armes et munitions de toutes sortes comme à l’uranium « appauvri » par l’armée américaine dans ce secteur, et qui devient une véritable « crise de santé publique » (Sarah Morrison, “Huge Rise in Iraq Birth Defects Linked to US Cluster Bombing,” The Independent [UK], 15 octobre 2012).

Nos médias ne se sont jamais spécialement intéressés au sort de ces enfants tués ou mutilés au loin, même lorsque nos dirigeants proclament que chaque vie humaine est précieuse. A franchement parler, la vie ou la santé des minots de chez nous, aux États-Unis même, leur est tout aussi indifférente. Combien sont massacrés dans les rues des ghettos, sans même parler de ceux qui, de plus en plus nombreux, peuvent à peine survivre dans un monde d’inégalités croissantes où le système social s’effondre.

Le niveau d’hypocrisie des représentants de l’establishment lorsqu’ils parlent d’armes chimiques, de bombes à fragmentation ou du sort des enfants dans le monde est littéralement vertigineux. Mais ce qui est pire que chutzpah, c’est lorsque Clinton et Obama, pontifiant et mettant en garde la Syrie sur ses armes chimiques et ses bombes à fragmentation, ne semblent même pas conscients de l’arrogance et de l’indécence de leur flagrant double standard (deux poids deux mesures).

Apparemment, ils ne doutent même pas une seconde que leurs messages moralistes sont aussi purs qu’apolitiques. Et nos médias de masse emboitent le pas, tout empressés de faire valoir à qui mieux mieux cette manière de voir pire que chutzpah !

Edward S.HERMAN

Professeur honoraire de finance à la Warton School de l’Université de Philadelphie, Edward Herman est économiste et critique des médias, auteur de nombreux ouvrages dont Génocide et Propagande (avec David Petersen, Lux Editeur, Montréal, 2012).

Article original paru sur Z Net – The Spirit Of Resistance Lives
http://www.zcommunications.org/beyond-chutzpah-by-edward-s-h…

Traduit de l’anglais par Dominique Arias Mondialisation.ca http://www.mondialisation.ca/usa-pire-que-chutzpah/5323751#

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