MELANGER CERTAINS MEDICAMENTS ET DU PAMPLEMOUSSE PEUT ÊTRE DANGEREUX

Mélanger certains médicaments et du

pamplemousse peut être dangereux

MELANGER CERTAINS MEDICAMENTS ET DU PAMPLEMOUSSE PEUT ÊTRE DANGEREUX dans REFLEXIONS PERSONNELLES

MONTREAL – L’association de plus de 85 médicaments avec du pamplemousse peut entraîner des troubles médicaux graves, voire entraîner la mort, indique une étude réalisée par un scientifique canadien.

Le chercheur à l’origine de l’étude, David BAILEY, avait déjà établi il y a 20 ans ce lien dangereux mais ses derniers travaux, publiés lundi 26 novembre 2012 dans le Journal de l’Association Médicale Canadienne, démontrent que le nombre de médicaments susceptibles de mal réagir avec cet agrume a augmenté exponentiellement. 

Beaucoup sont des produits prescrits dans la vie de tous les jours, y compris des anti-cancéreux, des traitements du coeur ou encore des médicaments contre la schizophrénie. Tous sont administrés par voie orale.

Selon ce chercheur, le nombre de médicaments alliés à du pamplemousse et pouvant entraîner des complications graves a grimpé de 17 à 43 rien qu’en quatre ans.

A moins que les professionnels de la santé soient conscients que les troubles qu’ils constatent peuvent être liés à la consommation récente de pamplemousse par le patient, il est très improbable qu’ils enquêtent, indique-t-il.

Car la plupart du temps, déplore-t-il, les malades ne déclarent pas que ce fruit fait partie de leur alimentation et les médecins ne pensent pas à les interroger à ce sujet.

Le danger posé par le pamplemousse vient du fait que quand il est mélangé à certains médicaments, il bloque le fonctionnement d’une enzyme qui d’ordinaire permet l’assimilation des produits médicaux. Et de fait, le médicament pénètre sans être transformé dans le système sanguin, ce qui peut entraîner des surdoses.

Et selon le chercheur canadien, même une consommation limitée de pamplemousse peut produire les effets indésirables: l’absorbtion d’un seul verre de jus de pamplemousse peut notamment entraîner une hémorragie du système digestif, des troubles rénaux, des problèmes de respiration ou même la mort.

D’autres agrumes comme les oranges amères ou des citrons verts peuvent avoir des effets similaires, mais ils ont été moins étudiés, remarque le scientifique.

(©AFP / 27 novembre 2012 19h23) 

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 27 novembre, 2012 |Pas de commentaires »

LE PROFESSEUR MAURICE TUBIANA: CELUI QUI N’A PEUR DE RIEN !(Thierry LAMIREAU)

Arrêtons d'avoir peur ! dans Conseils de lecture 9782749915630

Arrêtons d’avoir peur !

LE PROFESSEUR MAURICE TUBIANA: CELUI QUI N'A PEUR DE RIEN !(Thierry LAMIREAU) dans REFLEXIONS PERSONNELLES tubiana1

Telle est l’injonction lancée

par Maurice TUBIANA

dans son dernier livre.

Le livre de Maurice TUBIANA  combat les « tenants du déclin et de l’obscurantisme scientifique. »

Un ton  excessif comme d’habitude et surtout un manque de données chiffrées ou de sources. 

« A l’heure où il convient de préparer le futur, d’œuvrer pour le bien de l’humanité, alors que certains pays attendent de connaître un progrès qui leur a jusque là été refusé, il serait paradoxal de refuser le progrès et le développement.

Mettre un terme au progrès au nom du Principe de Précaution serait pour le moins paradoxal et excessif. » 

Toujours le même baratin de type « fasciste » pour dire au peuple: « Braves gens, circulez !…y’a rien à voir…tout va bien !…laissons faire les industriels pour travailler en silence !…laissons le « progrès » envahir la planète… »pour le bien de l’humanité. »

Médecin biologiste et physicien, Maurice TUBIANA

martèle que la catastrophe de Tchernobyl décompte

uniquement 150 décès dus à l’irradiation…que les ondes

des téléphones portables sont sans conséquence…que sans

les insecticides certaines régions de France seraient

inhabitables !…que les OGM sont bonnes pour la

santé…que la pollution atmosphérique est négligeable…

que l’alimentation industrielle est bonne pour tous…

que le nucléaire est sans danger…

Maurice TUBIANA :

une technique de communication…

à la « GOEBBELS » !

Je ne lance pas ce titre à la légère.  Je me souviens d’une conférence

organisée dans un amphi plein à craquer à la Faculté de Médecine de

la ville de LIMOGES dans les années 90 où Maurice TUBIANA avait

pris en exemple « les techniques de communication de GOEBBBELS! »

J’étais présent dans la salle et j’ai été le SEUL à critiquer 

M.TUBIANA sur cette citation et sur d’autres sujets puisqu’il

parlait des effets de la radioactivité sur l’Homme notamment

parce qu’à l’époque, les mines d’URANIUM tournaient encore au

maximum en LIMOUSIN, région que j’habitais.

RAPPEL:

Joseph GOEBBELS

https://fr.wikipedia.org/wiki/Joseph_Goebbels

Un comble:

Alors que AREVA / COGEMA et M.Maurice TUBIANA ont induit par

leurs attitudes « nauséabondes » une augmentation très importante

de la MORBIDITE et de la MORTALITE de la population…

Traitement contre le cancer :

AREVA lance la construction

du « laboratoire Maurice TUBIANA »

pour la production de Plomb-212

« AREVA a lancé le 31 mai 2012 la construction d’un laboratoire de production de Plomb-212 de qualité médicale, sur le site de Bessines-sur-Gartempe, dans le LIMOUSIN.
La filiale AREVA MED, qui porte ce projet au sein du groupe, franchit ainsi une nouvelle étape clef vers la production industrielle de Plomb-212, un isotope utilisé dans le développement de traitements contre le cancer.
Ce laboratoire « unique au monde » selon le groupe, entrera en production en 2013. Il portera le nom du Professeur Maurice TUBIANA, membre de l’Académie des Sciences, dont les travaux sur le cancer font autorité dans le monde.
Le lancement officiel de la construction du nouveau laboratoire fait suite à l’autorisation donnée en janvier 2011 par les autorités américaines à AREVA MED de débuter les premiers essais cliniques d’un nouveau traitement au Plomb- 212.
L’innovation en médecine nucléaire est avant tout liée à la disponibilité des isotopes de qualité médicale.
Avec le laboratoire Maurice TUBIANA, la production à l’échelle industrielle de Plomb-212, un isotope rare, doit permettre de traiter les formes les plus agressives de cancer. »

Interview:

« Paralyser les avancées scientifiques

menace

notre avenir »

(Pr. M. TUBIANA)

(Philippe PAVARD)

Publié le jeudi 15 novembre 2012 – 18h05

Dans son dernier livre
« Arrêtons d’avoir peur »,
paru aux éditions Michel Lafon,
le Pr Maurice TUBIANA (1), pionnier de la cancérologie française, fustige la défiance actuelle orchestrée à l’égard de la science. Nous l’avons rencontré.

Comment expliquez-vous le mouvement de défiance à l’égard de la science ?

« Les Français sont devenus pessimistes et ont peur de tout.

Vis à vis de la science, c’est essentiellement l’écologie qui a joué.

Les écologistes leur ont dit que la science était nuisible, qu’elle avait détruit les équilibres naturels, que ce qu’elle avait introduit comme innovation comme les insecticides ou les OGM était très défavorable pour la santé, ce qui est totalement faux.

Au contraire, les insecticides ont permis de lutter contre un certain nombre de maladies comme le paludisme et la dengue. Autrefois, des régions entières comme la côte orientale de la Corse ou la région de Montpellier étaient invivables tellement il y avait de moustiques et aujourd’hui elles sont devenues des régions recherchées….

On a créé ce sentiment de défiance en disant que la nourriture moderne est mauvaise, que les aliments ne sont plus naturels alors que jamais il y a eu aussi peu de maladies digestives liées à la nourriture. Jamais la santé n’a été meilleure en France comme le prouve le fait que la durée de vie s’allonge continuellement de trois mois par an, ce qui est gigantesque.

La qualité de vie des gens âgés n’a jamais été meilleure. Il n’y a aucune base scientifique à la supériorité de l’alimentation bio.

C’est l’exemple même d’une vision tout à fait théorique et idéologique qu’ont imposée les écologistes. Si l’alimentation bio a du succès, c’est bien la preuve d’un déficit français en culture scientifique. L’écologie a fait de la nature une divinité. Or la science paraît sacrilège car on l’accuse de ne pas respecter la nature.

La France est devenue l’un des pays au monde où les écologistes ont le plus d’influence, notamment les plus radicaux d’entre eux.

Le principe de précaution a-t-il une responsabilité ?

Le principe de précaution a été imposé par Jacques Chirac uniquement dans un but électoraliste. Il y a vu un moyen d’exploiter la peur des français devant la science et le progrès.

Je me suis battu pour qu’il ne soit pas inscrit dans la constitution mais dans son entourage, Mme Kosciusko Morizet, a été l’élément moteur pour finalement le faire voter.

Nous avons hérité de la vision la plus radicale de ce principe. Heureusement, les gens commencent à réagir et à se dire que le principe de précaution est une fumisterie !

Vous pointez aussi du doigt le manque de culture scientifique chez nos élites…

La science n’est plus enseignée en France et on peut arriver à des postes importants sans avoir la moindre idée de ce qu’est la science et de ce qu’elle peut apporter, non seulement en pratique mais aussi en tant que formation intellectuelle, comme exigence de rigueur et de vérité.

Nos magistrats n’ont pas de culture scientifique. Et l’ENA n’en donne absolument aucune. La plupart des hauts fonctionnaires qui sont passés par cette école n’ont donc aucune formation dans ce domaine et c’est une véritable catastrophe pour le pays !

On a en France un déficit qui s’aggrave en scientifiques. Et dans beaucoup de domaines, on ne forme plus assez de jeunes pour prendre la relève de ceux qui partent à la retraite.

En plus, c’est mal considéré et mal payé. On présente en effet les scientifiques comme des apprenti-sorciers au lieu de voir en eux, comme autrefois, des bienfaiteurs de l’humanité.

Il n’est pas étonnant dans ces conditions que les jeunes se détournent de cette discipline.

Cette défiance a des impacts importants. « A qui profite le crime » comme vous dites ?

Il est évident que si on veut mettre la France en difficulté, il suffit de dresser les Français contre la science et de diminuer les ressources financières affectées à des actions scientifiques pour les diriger vers des projets illusoires ou chimériques.

Il y a des groupes de personnes dont la spécialité est d’attiser les peurs. C’est ainsi que des techniques prometteuses sont torpillées avec de graves conséquences. Regardez les cellules souches pour lesquelles on a pris du retard.

On les a présentées comme quelque chose de dangereux et de diabolique alors que c’est le principal espoir pour lutter contre le vieillissement. Cela se fera ailleurs…

Il en est de même pour les gaz de schiste prescrits comme dangereux, alors qu’aux Etats-Unis, ils constituent une source importante d’énergie sans effet nocif pour la population.

Des ONG luttent délibérément contre la science et le progrès. Je pense en particulier à GREENPEACE. Ces ONG ont souvent leur siège et leur centre de commandement dans un paradis fiscal, ce qui interdit de savoir d’où proviennent les fonds.

Elles peuvent très bien être manipulées par des pays ou des personnes qui ont intérêt à nuire à la France et à bloquer certaines initiatives.

Quelle est la responsabilité des médias dans ce mouvement ?

Les médias donnent de l’importance à des pseudo-scientifiques qui n’ont aucune formation, qui n’ont pas d’audience auprès de leurs pairs et qui n’ont jamais rien publié de sérieux.

Cela tient au fait que beaucoup de journalistes eux-mêmes n’ont pas ou peu de culture scientifique. Ils se laissent prendre par les apparences : c’est comme cela que certains médecins (une minorité heureusement) peuvent tenir des discours absolument délirants.

La peur stimule les ventes, stimule l’intérêt alors que rassurer n’attire pas le lecteur !

A contrario, n’êtes-vous pas en train de demander un retour au scientisme des trente glorieuses ? La science peut aussi se tromper…

Je ne demande pas du tout un retour au scientisme. Je demande que l’on fasse comprendre ce qu’est véritablement la science sans la caricaturer et que l’on réalise qu’un pays qui a une industrie ne peut pas se passer de la science.

La France est malheureusement devenue un pays où la capacité d’innovation a beaucoup baissé. Nous ne pointons plus qu’au dixième rang de l’UE !

On a laissé détruire l’industrie faute de substratum scientifique suffisant ». _____ (1) Le Pr Maurice Tubiana a dirigé l’Institut Gustave Roussy de Villejuif, est membre de l’Académie des Sciences et de l’Académie Nationale de Médecine qu’il a présidée. Propos recueillis par Philippe PAVARD

« Le Principe de Précaution:

Bilan de son application

quatre ans après sa

constitutionnalisation »

(Compte-rendu de l’audition publique

du 1er octobre 2009)

Organisée par Claude BIRRAUX, député.

M. MAURICE TUBIANA,

MEMBRE DE L’ACADÉMIE NATIONALE

DE MÉDECINE

Monsieur le Président, je voudrais insister sur un premier point :

Le principe de précaution tel qu’il a été inscrit dans la Charte de l’Environnement est très différent du principe de précaution tel qu’il était défini dans la loi Barnier et tel qu’il a été adopté à Nice en 2000 lors de la réunion des chefs d’État et de gouvernement de l’Union européenne.

Plusieurs garde-fous ont été supprimés mais la différence essentielle est la suppression de toute allusion aux bénéfices : dans le principe de précaution tel qu’il est dans la Constitution, on ne retient que les risques. Voilà qui est dangereux parce que l’évaluation en santé publique, et de façon plus générale dans la prise de décision, est fondée sur la balance bénéfice/risque.

La santé publique est née à la fin du XVIIIe siècle au moment où l’on a discuté de l’inoculation et de la vaccination contre la variole. Deux grands scientifiques, Daniel Bernoulli et d’Alembert s’étaient penchés sur le problème et avaient montré que l’on risquait environ 2 % de décès soit près de 300 000 morts en France, ce qui n’est pas un petit risque, cependant ils avaient malgré cela conclu à la nécessité de mettre en oeuvre une action contre la variole car leurs calculs montraient que le bénéfice allait être beaucoup plus grand que le risque. Effectivement, si nous n’avons pas de données précises sur l’ampleur du risque faute de statistiques, nous savons que l’espérance de vie a crû de dix ans entre 1800 et 1815 et que ce gain énorme d’espérance de vie, malgré les guerres napoléoniennes et toutes les perturbations de l’Europe liées à ces guerres, est le seul ayant été observé entre 1750 et 1850.

Le principe de précaution avait pour but de diminuer les risques et de rassurer l’opinion ; il faut voir si ces deux objectifs ont été atteints. En ce qui concerne les jugements, le Tribunal Correctionnel d’Orléans en 2005 a relaxé quarante-neuf faucheurs volontaires de maïs transgénique parce que « cette dégradation volontaire répondait à l’état d’une nécessité résultant d’une situation de danger ».

Le tribunal ne dit pas sur quoi est fondée cette situation de danger car aucun rapport scientifique sur les OGM, ni celui de l’Académie des Sciences, ni celui de l’Académie Nationale de Médecine, ni ceux de l’Union Européenne ne mettent en évidence un risque sanitaire. Sur le plan biologique, seule la composition du génome importe et non pas son origine (génome sauvage ou obtenu par mutation induite, sélection, hybridation ou introduction d’un gène étranger). Ce n’est donc qu’au cas par cas qu’on peut juger de la nocivité ou de l’innocuité d’un génome. Je voudrais aussi rappeler que cet OGM et beaucoup d’autres sont cultivés en Amérique du nord et du sud ainsi qu’en Asie et, sur les deux milliards d’habitants qui les consomment, on n’a détecté aucune altération de la santé qui leur soit imputable.

Rappelons aussi qu’un nombre élevé et croissant de médicaments sont fabriqués par introduction d’un gène étranger dans le génome de bactéries ou de plantes. Or, non seulement, ils n’ont pas causé d’effets délétères, mais ces produits, par exemple les hormones fabriquées à partir d’OGM sont reconnues comme étant beaucoup plus sûres que celles extraites de l’hypophyse humain et que les médecins qui utilisaient celles-ci ont été critiqués à cause de leur risque. Malgré cela, 80% des Français ont peur des OGM.

En ce qui concerne les antennes téléphoniques, il y a les jugements de la Cour d’Appel de Versailles en février 2009, ainsi que des tribunaux de Carpentras et d’Angers. Comme on l’a dit à plusieurs reprises ce matin, les prises de position de ces magistrats ont été fondées sur les plaintes de personnes ressentant des troubles qui provoquaient des angoisses ; elles s’estimaient hypersensibles aux champs magnétiques. Or, les travaux scientifiques effectués sur plusieurs de ces personnes ont montré que cette hypersensibilité n’existait pas puisqu’elles ne distinguaient pas mieux que les autres lors d’expérimentation des expositions véritables des expositions simulées.

Il existe un phénomène bien connu en médecine appelé nocebo, qui consiste à ressentir un effet nocif parce que l’on croît être exposé à une substance dangereuse, même si l’on n’y est pas exposé. Il y a au moins deux faits en cette faveur : des antennes non branchées ont provoqué des risques et des inquiétudes équivalentes à celles d’antennes branchées. En 1976 avait eu lieu une anecdote célèbre : un réacteur nucléaire était accusé de méfaits sanitaires alors qu’enquête faite, l’uranium n’avait pas encore été chargé dans le réacteur qui n’était qu’une coquille de béton vide… C’est ce que l’on appelle un effet nocebo, ressentir un effet nocif parce que l’on croît qu’il y a un risque. Il est parallèle à l’effet placebo, qui consiste à avoir sa santé améliorée du seul fait que l’on croit prendre un médicament ; vous savez que maintenant, dans tous les essais cliniques pour tester un médicament, on exige que les sujets témoins prennent un placebo, c’est-à-dire avec de la mie de pain, de façon à ce qu’ils croient être traités.

A propos des antennes téléphoniques, l’Académie Nationale de Médecine avait fait un communiqué sur ce problème à la suite du jugement de la Cour de Versailles mais celui-ci a eu très peu de retentissement. Ces exemples montrent que le principe de précaution, qui a donné d’énormes responsabilités aux magistrats, ne leur a fourni ni un cadre sous forme d’une loi, ni une formation spécifique qui leur donnerait une connaissance de ces problèmes.

La vaccination contre l’hépatite B est le plus grave problème médical posé par le principe de précaution. C’est une maladie très grave transmise par voie sexuelle généralement pendant l’adolescence. Quand un vaccin efficace a été fabriqué, le ministère de la Santé avait voulu faire faire cette vaccination dans les écoles pour que toute la population soit protégée. Cette mesure avait été mal acceptée car il y avait eu des rumeurs sur des collusions entre le Ministère de la Santé et les fabricants du vaccin. Dans cette atmosphère ambiguë est née une autre rumeur, beaucoup plus grave, accusant la vaccination d’être à l’origine d’une maladie grave : la sclérose en plaques. Bien qu’il n’y en ait eu aucune preuve.

En invoquant le principe de précaution, la décision d’arrêter la vaccination en milieu scolaire a été prise. M. Birraux parlait du parapluie ; j’ai eu là une occasion d’en vérifier l’existence ! Plusieurs personnes qui ont eu à prendre cette décision ont eu l’amabilité de vouloir en discuter avec moi, je me rappelle la réflexion de l’un d’eux : « Vous m’avez montré que la vaccination ne comporte pas de risque de sclérose en plaques, soit, mais mon problème à moi est de ne pas être envoyé devant les tribunaux… » Le principe de parapluie a joué. Le résultat est qu’en France, moins de 30 % des adolescents sont vaccinés contre 85 % en moyenne dans les autres pays de l’Union européenne. La conséquence pratique en sera un excès d’environ 500 décès par an. Cet exemple montre que le principe de précaution peut être nocif pour la santé s’il ne met pas en balance risques et avantages.

Les insecticides sont un autre exemple des méfaits du principe de précaution.

Sur le plan physiologique, les insectes et les mammifères n’ont pas le même système physiologique ; aussi est-il normal qu’existent des produits dépourvu de toxicité pour les mammifères, et toxiques pour les insectes. Le DTT a été le premier insecticide efficace. Après avoir donné le Prix Nobel à son inventeur, on l’a accusé de tous les méfaits à la suite de travaux dont la validité était incertaine. Or, l’OMS l’a récemment réhabilité et conseille de nouveau son usage. La découverte du DTT est parallèle à celle des antibiotiques et de la pénicilline, fondée sur ce même principe que les bactéries et les mammifères n’ont pas la même physiologie, si bien que l’on trouve des substances toxiques pour les bactéries mais inoffensives pour les mammifères.

Je rappellerai les bénéfices des insecticides, notamment l’éradication du paludisme de presque toutes les rives de la Méditerranée. Grâce à eux, des territoires comme la côte orientale de la Corse ou certaines portions du Languedoc, auparavant terres désolées, sont devenues territoires agricoles ou paradis touristiques.

Les peurs injustifiées des insecticides ont des conséquences, comme on l’a constaté à l’occasion de l’épidémie de Chikungunya sur l’île de la Réunion : pendant plusieurs mois, les autorités sanitaires voulaient utiliser les insecticides mais certaines autorités locales s’y opposaient car la population était contre. L’épidémie a pris une ampleur croissante jusqu’à ce qu’enfin, on se décide à utiliser les insecticides : en deux semaines, l’épidémie était terminée. Plusieurs centaines de cas de Chikungunya auraient pu être évités si les insecticides avaient été utilisés plus tôt.

Je ne rappellerai que pour mémoire les décisions d’interdiction des insecticides Gaucho et Régent à cause d’effets putatifs défavorables sur la santé des abeilles ; on les a interdits mais la santé des abeilles n’a pas été améliorée. Il y a eu, en revanche, nuisance pour le prestige scientifique de la France, ainsi que j’ai eu l’occasion de le constater.

Pour l’encéphalite bovine spongiforme ou « maladie de la vache folle », encore sous la pression du principe de précaution, on a pris des mesures excessives et inappropriées. Tuer tous les animaux d’un troupeau quand un seul était malade a été fait au nom du principe de précaution en France, mais pas au Royaume-Uni, sans bénéfice apparent. L’interdiction des farines animales, mesure très discutable et très coûteuse (on parle d’un milliard d’euros par an), est plus nocive qu’utile : les farines animales, si elles étaient utilisées, comme l’a demandé un rapport conjoint de l’Académie des Sciences et de l’Académie de Médecine, pourraient diminuer les importations de soja qui, soit dit entre parenthèses, est fabriqué par OGM… Cette mesure a été refusée car l’opinion ne la comprendrait pas, m’a-t-on dit, c’est ainsi que des actions temporaires deviennent irréversibles.

Aux États-Unis, un membre de la Cour Suprême, Stephen Breyer, avait montré l’existence d’un cercle vicieux : sous l’effet de groupes de pression, quand les craintes de la population font prendre des mesures contre des risques hypothétiques, non seulement on ne rassure pas la population mais on l’inquiète car ces décisions renforcent la crédibilité du risque, accentuent les craintes, ce qui conduit la population à demander de nouvelles mesures ; c’est le cercle vicieux.

Nous avons eu en France maintes occasions de le vérifier. L’opinion y est actuellement caractérisée par un pessimisme, une peur du futur et de la science. En 1929, Freud avait écrit un livre intitulé « Malaise dans la civilisation » où il montrait comment, quand on est pessimiste, on a peur du futur et que quand on a peur du futur, les craintes se cristallisent sur la science et les technologies, qui sont l’élément le plus ostensible de la société contemporaine, ce qui induit un rejet de la science et de la technologie. La thèse de Freud rejoint les constatations de Breyer et soulignent comment quand on ne comprend pas les mécanismes psychologiques on peut, en voulant réduire les inquiétudes, les accroître.

Le principe de précaution n’a pas rassuré, comme le montrent les sondages, il a, au contraire, accentué les peurs, il a donné le primat aux émotions sur la rationalité. Il n’a engendré aucune mesure autre que celles qu’on aurait pu prendre dans le cadre de la prudence classique.

Enfin, il a eu des conséquences budgétaires qu’il faudrait demander à la Cour des Comptes d’étudier. De plus, et c’est le problème principal, la peur de risques hypothétiques a éclipsé celle des risques réels – on peut en citer énormément d’exemples, en particulier dans le domaine de l’alimentation. Alors que la population augmente plus rapidement que la production vivrière, on oublie ce problème pour considérer les dangers des insecticides ou ceux des OGM au lieu de faire des efforts pour augmenter la production.

En conclusion, le principe de précaution a renforcé les craintes devant la technologie comme le montrent les sondages, il a accentué les réticences envers la science et a fait ombrage à la rationalité. Merci beaucoup.

M. Claude BIRRAUX

Merci, Professeur TUBIANA.

ENERGIE ET SANTÉ :

LES FILIÈRES

AU BANC D’ESSAI

(Maurice TUBIANA

25 juin 2003

Ce thème recouvre plusieurs débats. Force est d’abord de constater qu’il ne peut pas y avoir de santé, de bien-être (du chauffage l’hiver à la chaîne du froid d’été), sans des moyens matériels nécessitant une quantité d’énergie nettement supérieure à celle dont disposent plus de la moitié des habitants du globe.

De ce fait, les avantages qu’apportent une quantité suffisante d’énergie l’emportent très largement sur les inconvénients liés à sa production. De plus, les sources décentralisées d’énergie du monde traditionnel (le bois, la biomasse) polluent l’air intérieur des habitations et les données épidémiologiques, notamment chinoises, montrent qu’il en résulte un accroissement significatif de la fréquence des cancers du poumon.

Sur le plan éthique, il apparaît donc qu’on doit mettre à la disposition de tous les êtres humains une énergie suffisante à un prix aussi faible que possible, d’où l’importance sanitaire du prix de kW/h, puisque plus celui-ci est élevé, plus nombreux seront ceux obligés de limiter son usage aux dépens de leur confort et leur santé. D’autre part, pour optimiser la production d’énergie, on doit évaluer les effets de chaque filière sur l’environnement (essentiellement la pollution et l’effet de serre) et sur la santé.

Filières comparées

La quasi-totalité des études effectuées, notamment sous l’égide de la Commission européenne à Bruxelles, pour comparer les risques sanitaires des diverses formes de production d’énergie – en particulier, charbon, pétrole, gaz, nucléaire -  concluent que l’énergie nucléaire est celle qui induit les risques les plus faibles.

Pour tenir compte des risques extérieurs divers qui vont des effets respiratoires de la pollution à l’induction de cancer, il faut utiliser un dénominateur commun permettant d’additionner des maladies très différentes ainsi que morbidité avec la mortalité.

On a recours à ce qu’on appelle le coût externe, où l’on attribue à chaque nuisance (en fonction de sa gravité) une valeur financière. Ce barème est fondé sur la valeur de l’année de vie perdue ou pendant laquelle la qualité de la vie a été altérée.

Il est le même pour toutes les énergies. On peut donc comparer les filières. Les résultats sont très clairs et peuvent être résumés en une phrase extraite d’un rapport du CEPN : « le bilan de la comparaison des filières sur les indicateurs de rejets, les indicateurs d’impacts, et sur l’évaluation des coûts externes fait ressortir le net avantage du nucléaire par rapport au charbon ou au gaz. »

Ainsi, en terme de coûts externes, les valeurs publiées sont de l’ordre de 0,11 à 0,56 m€/kWh pour le nucléaire alors qu’elles atteignent 20 à 50 m€/kWh pour le gaz et 70 à 120 m€/kWh pour le charbon. Alors que pour la filière nucléaire l’essentiel du coût externe provient de risques professionnels, pour les combustibles fossiles ils proviennent essentiellement des impacts liés à la pollution atmosphérique régionale ou globale. 

L’effet de Serre n’est pas considéré dans cette étude, bien qu’il doive être pris en compte dans l’évaluation des risques et des bénéfices des principales filières.

Quels risques pour la santé ?

Ils sont de nature différente selon les sources. Les uns ont été mis en évidence par des études épidémiologiques et le problème est alors celui de la validité du lien de causalité, car il faut se demander si les effets observés ont bien été causés par l’agent auquel ont les attribue. Les autres, notamment ceux concernant le nucléaire ou les faibles concentrations de produits chimiques, n’ont pas été observés mais calculés.

Dans de nombreux cas, les risques ont été mesurés pour des concentrations, ou des doses, beaucoup plus élevées que celles qui existent autour des sources d’énergie, en fonctionnement normal ; leur évaluation est alors fondée sur une relation dose-effet.

Celle-ci est indispensable pour ces calculs mais le choix de la relation est la source d’incertitudes qu’il faut analyser. La plupart des modèles utilisent une relation linéaire sans seuil (RLSS). Il faut donc s’interroger sur la validité de cette relation pour la gamme de doses (ou de concentrations) sur laquelle cette extrapolation est effectuée.

Cette relation a l’avantage d’indiquer la valeur maximale du risque putatif, mais on doit, dans chaque cas, examiner les estimations qui seraient obtenues avec d’autres relations dose-effet compatibles avec l’ensemble des données expérimentales et humaines.

Ceci n’ayant pas été fait, les résultats pénalisent donc l’énergie nucléaire puisque, dans ce cas, on prend en compte des irradiations très faibles (de l’ordre du centième de l’irradiation naturelle), or, il est extrêmement vraisemblable que de telles doses n’ont aucun effet sur la santé.

Inversement, les effets sanitaires des autres filières sont minimisés puisque les effets cancérigènes ne sont pas pris en compte.

Deux exemples :

A – Le pétrole et le gaz : 

La relation dose-effet, en matière d’effets sanitaires chroniques, repose sur le seul modèle épidémiologique de Pope dont la validité reste discutée et qui doit être utilisé avec prudence.

Dans la plupart des estimations proposées, aucune mention n’est faite des agents génotoxiques ou cancérigènes produits par leur combustion : par exemple, hydrocarbures aromatiques, aldéhydes, butadiène, etc… pour le pétrole ; benzène, etc… pour le gaz.

Il faudrait donc, comme on le fait pour les corps radioactifs, effectuer des expériences pour mesurer la concentration de ces agents en fonction des conditions de combustion, afin de leur appliquer une relation dose-effet : soit la relation linéaire sans seuil, soit d’autres relations compatibles avec l’ensemble des données.

De même, il faudrait considérer les métaux lourds ainsi que la pollution du sol et de l’eau, ce qui n’est présentement pas fait, car bien que ces produits soient mentionnés dans les projets, ils ne figurent pas dans les estimations disponibles.

Pour les agents chimiques pris en compte, l’évaluation des concentrations est effectuée avec un modèle de dispersion dont la validité n’a pas été vérifiée. Elle est limitée à environ 1000 km soit approximativement la population de l’Europe et sur 4 jours. Les effets sanitaires sont évalués sur 10 ans. L’utilisation de la relation linéaire sans seuil (RLSS) permet d’utiliser dans ces calculs les concentrations moyennes, ce qui simplifie beaucoup la méthodologie, mais peut aboutir à des conclusions discutables.

Dans cette hypothèse, en effet, la hauteur des cheminées d’usine n’a que peu d’impact sur le risque global puisque le facteur pertinent est la quantité de produits toxiques rejetés et non leur concentration.

Or, les toxicologues savent que la concentration est un paramètre plus pertinent que la quantité, ce qui explique qu’on ait eu de tout temps recours à a dilution pour protéger les hommes et l’environnement contre une contamination microbiologique ou chimique.

De plus, pour les agents chimiques, les relations dose-effet sont généralement plutôt proportionnelles au carré de la concentration, ou de la dose (relation quadratique), qu’à la dose ; il existe donc une dose seuil pratique.

Par exemple, chez l’homme, la relation pour le tabac est en D2 et non en D : le risque de fumer deux cigarettes par jour, ou, ce qui est l’équivalent, d’être exposé à un tabagisme passif, est très inférieur au dixième du risque induit par vingt cigarettes/jour et on admet que le risque d’un repas par an pris avec un convive fumeur est négligeable.

L’existence d’un seuil pratique

C’est en accord avec nos connaissances biologiques. Dans tout organisme vivant des mécanismes puissants luttent contre les agents toxiques et réparent les lésions de l’ADN que ceux-ci peuvent avoir produit. Sans ces mécanismes, la vie n’aurait pas pu se développer dans un environnement hostile.

Or, leur efficacité est beaucoup plus grande pour les faibles doses d’agents chimiques ou physiques (par exemple les rayons ultraviolets du soleil) que pour les fortes qui peuvent déborder ces mécanismes.

En d’autres termes, une cheminée haute est préférable à une cheminée basse et un bain de soleil à midi est plus nocif que plusieurs heures d’exposition solaire à des moments de la journée où le soleil est moins ardent, ce que tout le monde, d’ailleurs, perçoit intuitivement.

B – L’énergie nucléaire :

Il faudrait dans ce cas discuter, avec un soin particulier, la validité de la relation linéaire sans seuil car les doses considérées sont extrêmement faibles et l’extrapolation se fait sur des gammes de doses beaucoup plus considérables que pour les produits chimiques.

Rappelons que l’effet cancérogène des radiations peut être mesuré avec précision acceptable pour des doses de  0,5 à 1 Sv et que la dose la plus faible d’irradiation à débit élevé pour laquelle un effet cancérogène a été détecté est d’environ 100 mSv.

Depuis l’apparition de la vie sur terre, tout être vivant est soumis à une irradiation naturelle (rayons cosmiques, radioactivité naturelle) qui a régulièrement décru pendant cette période.

Or, l’irradiation naturelle varie considérablement d’une région à l’autre en fonction de la nature du sol : en France de 1,5 à plus de 6 mSv/an, à l’échelle du globe entre 1,5 mSv/an et 100 mSv/an et aucune augmentation de la fréquence des effets génétiques, et de malformations congénitales ni de celle des cancers n’a été détectée dans les régions à forte irradiation naturelle.

De plus, les nombreuses enquêtes effectuées chez des populations exposées à des doses inférieures à 100 mSv (travailleurs des usines nucléaires et des arsenaux, malades soumis à des examens médicaux ou ayant ingéré des produits radioactifs pour des raisons médicales etc…) n’ont jamais détecté un effet significatif.

Certes, la puissance statistique de ces études est souvent limitée, cependant la tendance générale non seulement n’est pas à une augmentation du risque par rapport aux populations témoins, mais inversement, et paradoxalement, la fréquence des cancers semble souvent diminuée comme si les faibles doses d’irradiation avaient un effet protecteur à cause de la stimulation des mécanismes de réparation.  

On n’a jamais observé, chez l’homme, d’effets génétiques provoqués par les rayonnements ionisants, même pour des doses relativement élevées (Hiroshima et Nagasaki, irradiations thérapeutiques).

Leur existence est extrêmement improbable aux doses minimes considérées ci-dessus, même en cas d’accident. Ainsi, même si l’existence de risques pour les doses de l’ordre d’un mSv ou inférieures ne peut pas être formellement exclue, tout donne à penser que plus la dose est petite, plus l’existence d’un risque devient improbable.

Il faut donc considérer avec prudence la validité de la relation linéaire sans seuil pour évaluer les risques des irradiations causées par l’énergie nucléaire. 

Dans le monde, les doses liées au nucléaire ont été évaluées, selon les pays, entre 0,001 et 0,03 mSv soit entre 1/1000 et 1/100 de l’irradiation naturelle.

En France, elles sont d’environ 0,015 mSv/an. De plus, elles sont délivrées à très faible débit, ce qui réduit l’éventualité d’un effet.

Les tenants de l’extrapolation linéaire remarquent que celle-ci a l’intérêt d’indiquer la limite supérieure.

Sources d’erreurs dans les comparaisons

La comparaison entre les méthodologies utilisées pour le nucléaire et les combustibles fossiles (charbon, pétrole, gaz) met en évidence quelques sources de biais :     

Facteurs temporel : limitation de la prise en compte des effets nocifs à dix ans pour les combustibles, alors qu’on effectue des calculs  à 100 ans, 1000 ou 100 000 ans dans les cas des produits radioactifs. Cette différence introduit un biais considérable, d’autant moins justifié que la radioactivité décroît tandis que nombreux sont les produits chimiques qui restent stables et nocifs pour l’éternité (métaux lourds, etc…).            

Facteur spatial : l’espace pris en compte pour quantifier la toxicité des produits chimiques est l’air balayé en 4 jours, soit 1 000 km autour de la source alors que c’est la totalité du globe pour les produits radioactifs.             

Type de pollution : non prise en compte des génotoxiques et des cancérogènes pour les combustibles, notamment pour le gaz.

Prise en compte pour les produits chimiques uniquement de la pollution de l’air, en négligeant la pollution du sol et de l’eau alors l’exhaustivité est très poussée pour le nucléaire.

Devant ces différences de méthodologies, il faut spécifier que, dans le cas de l’énergie nucléaire, les évaluations correspondent à la limite supérieure des risques et parallèlement souligner la possibilité d’une sous-estimation pour les risques des combustibles.

Malgré ces majorations des risques du nucléaire et cette minoration des risques des combustibles fossiles, les résultats indiquent très clairement que le nucléaire est la filière dont le coût sanitaire est de très loin le plus petit.

Cette conclusion s’impose malgré le caractère approximatif de ces études et la volonté très clairement affichée d’éviter tout ce qui pourrait faire penser que l’on a voulu favoriser le nucléaire dans les résultats de ces calculs effectués sous l’égide de la Commission européenne ou dans le cadre de l’Agence Internationale à l’Energie Atomique.

C’est pourquoi sans doute on a préféré maximaliser les risques liés à la filière nucléaire. Malheureusement, ces études, malgré leurs sérieux et leur rigueur, sont mal connues et n’ont guère eu d’impact sur l’opinion publique. C’est la grande question.

Maurice TUBIANA

Avons-nous raison d’avoir peur ?

(Louis Cornellier   18 août 2012)  

« Arrêtons d’avoir peur ! »

Professeur Maurice TUBIANA

Michel Lafon Île de La Jatte, 2012, 256 pages

Mon grand-père maternel faisait confiance à la vie et à ses contemporains. Il n’hésitait jamais à utiliser un nouveau produit mis en marché. « Si c’était dangereux, disait-il simplement, ils n’en vendraient pas. » Il mangeait de tout sans crainte de s’empoisonner ou de développer un cancer. Il est mort, il y a quelques années, à 87 ans.
Son attitude, aujourd’hui, passerait pour de l’inconscience. La lucidité, de nos jours, s’exprime plutôt sur le ton de la crainte. Les plus informés d’entre nous ont peur, en effet, de l’agriculture industrielle, des OGM, du nucléaire, des champs électromagnétiques, des produits chimiques, du réchauffement climatique et de bien des évolutions technologiques.
Je fais moi-même partie de ces craintifs, partisans d’une application rigoureuse du principe de précaution selon lequel en cas de doute, il vaut mieux s’abstenir.
Il m’arrive parfois, cependant, en mémoire de mon grand-père qui n’a jamais craint que le ciel ne lui tombe sur la tête, de douter de la pertinence de ce doute et de me demander si nous avons raison d’avoir ainsi peur. Après tout, malgré toutes les catastrophes annoncées, ne vivons-nous pas, en Occident du moins, mieux et plus longtemps qu’avant ?
Le grand cancérologue français Maurice TUBIANA, maintenant âgé de 92 ans, en a assez de toutes ces craintes qui nous empoisonnent l’existence et qui, d’après lui, ne reposent, dans presque tous les cas, sur aucune base scientifique solide.
Dans « Arrêtons d’avoir peur », un décoiffant pamphlet qui vise à réfuter « les mensonges des prophètes de l’apocalypse », il se livre à un plaidoyer décomplexé en faveur de l’innovation technoscientifique et à une charge à fond de train contre ceux qu’il qualifie d’idéologues écolos.
Si mon grand-père avait été un savant, il aurait écrit ce genre de livre.
Une régression intellectuelle
« La société du xxie siècle est une société de peur, constate TUBIANA. Sur quoi se fonde cette peur ?
Bien souvent sur des analyses superficielles ou des données discutables. Cette peur n’émerge pas du néant : elle est attisée par certaines organisations non gouvernementales dédiées à la protection de la nature, qui vivent de dons et de subventions dont l’importance est fonction des craintes ressenties par le public, aussi la peur est-elle soigneusement entretenue par les médias dont les tirages et les revenus publicitaires sont stimulés par les mauvaises nouvelles. »
TUBIANA entend lutter contre ce sentiment qu’il associe à une régression intellectuelle. Découvert en 1944, le DDT fut interdit en 1972, au nom de la protection de la biodiversité, « sans qu’une preuve de sa toxicité eût été apportée ».
On doit pourtant à cet insecticide, écrit le cancérologue, l’éradication du paludisme en Europe, sans « aucune conséquence néfaste ni sur la nature ni sur les humains ». Aujourd’hui, en Afrique, le paludisme fait des millions de victimes, mais l’épandage de DDT demeure interdit.
La peur, conclut TUBIANA, tue donc plus que les insecticides.
Anecdote : mon père, qui aura 80 ans cet été, se souvient que, pour combattre l’assaut des moustiques en campagne dans sa jeunesse, son frère et lui s’enduisaient généreusement de DDT ! Il se porte toujours bien.
Partisan des OGM qui, selon lui, ne présentent aucun danger et pourraient contribuer à nourrir la planète, TUBIANA oublie toutefois de dire que les famines actuelles ont essentiellement des causes géopolitiques et ne sont pas liées à une réelle pénurie de nourriture. Il va même jusqu’à affirmer que « tous les scientifiques considèrent que les OGM n’ont, en tant que tels, aucun effet sur la santé et ne peuvent pas en avoir », ce qui est évidemment une généralisation hâtive.
Cancer et environnement
Sur sa lancée, le cancérologue rejette l’hypothèse de liens entre le vaccin contre l’hépatite B et la sclérose en plaques, et assène que « la composition des produits bios et celle des produits alimentaires obtenus avec l’agriculture moderne sont identiques et [que] toutes les études montrent le peu de vraisemblance des hypothèses en faveur du bio ».
Il avance même, sur la base d’une étude réalisée par l’Académie des Sciences, par l’Académie de Médecine (organismes dont il est membre) et par le Centre International de Recherche sur le Cancer, « que moins d’un cancer sur cent [peut] être attribué à l’environnement ».
Les principales causes de cette maladie seraient plutôt le tabac, l’alcool, les agents infectieux, le manque d’activité physique et l’obésité.
À l’instar du physicien québécois Normand Mousseau, TUBIANA affirme que les champs électromagnétiques liés aux téléphones cellulaires et aux antennes relais sont sans danger, sauf ceux causés par la peur (effet nocebo).
Il ajoute, cependant, sourire en coin, que « les téléphones font perdre beaucoup de temps aux enfants et sont, de ce point de vue, très nuisibles ».
Grand défenseur de l’énergie nucléaire, plus écologique que les solutions de rechange aussi efficaces, le cancérologue explique que les centrales récentes sont sécuritaires. Il écrit même que « tout ce qu’on a raconté sur les dangers terribles de Tchernobyl était non fondé » – une thèse appuyée par le scientifique britannique Robert Matthews – et qu’il n’y a pas eu de catastrophe nucléaire à Fukushima.
Agressif à l’égard des écolos catastrophistes, TUBIANA reste silencieux au sujet des dérapages des géants commerciaux de la technoscience, ce qui ne va pas sans soulever un doute sur sa propre objectivité.
Quand il écrit que le gaz de schiste est largement exploité au Canada sans susciter de débat, on se dit que son information est pour le moins incomplète.
Il reste que son essai, en s’attaquant avec fougue à notre société de la peur et en plaidant pour une meilleure éducation scientifique pour tous, nourrit vivement un débat de fond et impose la réflexion.

La crise ! Quelle crise ?

Maurice TUBIANA :

arrêtons d’avoir peur !

Maurice Tubiana : arrêtons d’avoir peur !

Maurice TUBIANA

Maurice TUBIANA est né en 1920, il n’aime pas les écolos, trop vieux pour cela. A 91 ans, Maurice TUBIANA croit encore qu’il possède une vision juste de la réalité contemporaine. Mais dans son dernier livre, « Arrêtons d’avoir peur ! », il ne fait que reprendre les tartes à la crème de l’écoloscepticisme déjà étalées dans des livres aux titres redondants : « Le fanatisme de l’apocalypse » de Pascal Bruckner, « L’apocalypse n’est pas pour demain » de Bruno Tertrais, « Les prêcheurs de l’apocalypse » de Jean de Kervasdouén, etc.

Comme tous ces prêcheurs du « dormez braves gens, dormez », Maurice TUBIANA aime les insecticides, les OGM, la radioactivité, l’énergie nucléaire, les ondes électromagnétiques…

Dans le chapitre sur les OGM, les intentions sont claires : « Les écologistes annoncent aux Européens le pire si l’on cultive des OGM. Or demain les transgéniques pourraient contribuer à nourrir les 7 milliards d’êtres humains ».

Rappelons que TUBIANA n’est ni un spécialiste des OGM, ni d’ailleurs des insecticides ou des OEM, c’est un simple cancérologue qui a adoré la notoriété médiatique, le lobby nucléaire et les fauteuils administratifs. Maurice Tubiana : arrêtons d’avoir peur !

Attardons-nous sur un passage de son livre : « Il faut déchiffrer la stratégie de Greenpeace (contre les OGM), celle de la deep ecology, ou écologie profonde. Cette écologie proclame l’harmonie avec la nature considérée comme une divinité. Altérer cette harmonie par des manipulations génétiques est donc blasphématoire. Le refus obsessionnel de la moindre modification des espèces naturelles devient ainsi un élément essentiel du combat écolo. »

Rien ne vient étayer dans le texte de TUBIANA cet amalgame entre Greenpeace et écologie profonde. Il reprend les veilles analyses qu’il avait tenues en 1999 dans son livre L’éducation et la vie.

Il ne faisait alors que relayer les élucubrations de Luc Ferry qui rangeait explicitement en 1992 Greenpeace parmi les organisations issues de l’écologie profonde dans son pamphlet Le Nouvel Ordre écologique.

Ni TUBIANA, ni Ferry ne savent que l’écologie profonde est une philosophie définie par Arne Naess. Ni TUBIANA, ni Ferry ne savent que Greenpeace n’a pas adopté cette référence philosophique.

Leur méthode est la même, dénonciation mensongère et amalgame. Qu’Arne Naess ait été le premier secrétaire de la branche norvégienne de Greenpeace lors de sa fondation en 1988 ne transforme pas cette association en thuriféraire de l’écologie profonde ! Que le philosophe norvégien soit un spécialiste internationalement reconnu de Spinoza et de Gandhi et Greenpeace l’adepte des méthodes non violentes ne veut pas dire qu’il faut assimiler les deux !

Cette philosophie de l’écologie profonde est brandie à la manière d’un épouvantail. La question est de savoir pourquoi. La réponse est évidente. Dans les faits, l’écologie profonde sert à nier l’existence de la crise écologique alors que la dégradation des écosystèmes s’est accélérée. 

Maurice TUBIANA a écrit un livre tout juste bon à aboutir dans les invendus…

« Circulez…y’a rien à voir,

tout va bien ! »  

Mais revenons sur quelques

interventions de ce

cher Professeur

             Maurice TUBIANA…                                                                        m_tubiana ACADEMIE DE MEDECINE dans REFLEXIONS PERSONNELLES

Aprés l’accident de la centrale nucléaire de Tchernobyl en URSS quels sont les risques de pollution encourus par le passage du nuage nucléaire au dessus de la France ? Réponse du professeur TUBIANA cancérologue : « tout à fait infime… comparable à celui que courrait quelqu’un qui fumerait une cigarette tous les 10 ans » (JT d’A2 le 12/05/1986).

Le Pr TUBIANA,

éminence grise

de la Radioprotection

en FRANCE

1958

« Récemment, il s’est répandu dans le public de plusieurs pays des rumeurs concernant le danger auquel l’enfant en gestation peut se trouver exposé pendant la grossesse. Pour toutes les raisons déjà exposées, de telles rumeurs, apparemment basées sur un rapport scientifique préliminaire, peuvent avoir des conséquences déplorables, surtout dans les circonstances actuelles où les données scientifiquement établies sont si rares.

Il peut même être dangereux, dans ce cas, de diffuser des faits tenus pour certains ». Extrait du Rapport d’un groupe d’étude sur « Questions de santé mentale que pose l’utilisation de l’énergie atomique à des fins pacifiques », Rapport technique n° 151 (1958). Organisation Mondiale de la Santé.

En 1958, certains experts de l’OMS considéraient comme dangereux de diffuser des faits tenus pour certains. Il fallait tenir secrets les résultats d’une étude épidémiologique concernant le danger auquel est exposé un enfant en gestation.

Qui étaient ces scientifiques ? Le participant français à ce groupe d’études était le Dr M. TUBIANA, alors Directeur du Laboratoire des Isotopes et du Bêtatron, Institut Gustave Roussy (Villejuif).

1977

Le Pr Maurice TUBIANA, en conclusion d’un « Colloque sur les implications psychosociologiques du développement de l’industrie nucléaire » tenu à Paris, 13-15 janvier 1977, indiquait: « Il faudrait que jamais un scientifique ne favorise cette confusion entre l’exposé des faits et un jugement de valeur ». 

En somme les jugements de valeur concernant une activité donnée doivent être indépendants des faits concernant cette activité. Plus loin il mettait en avant « la nécessité pour les scientifiques de reconsidérer la façon dont est faite l’information. Il faut que nous cessions de voir celle-ci à travers un schéma simpliste et rationaliste mais l’acceptions telle qu’elle est ».

Ainsi, essayer d’expliquer à la population les résultats des études scientifiques sans en cacher certains aspects pour des raisons d’efficacité relèverait d’une conception « simpliste et rationaliste » tout à fait condamnable.

C’est peut être au nom de cet abandon du rationalisme en information qu’il vient de signer le manifeste de scientifiques pour une écologie scientifique et rationnelle. Ce manifeste, s’il l’a signé, correspond en fait à sa conception irrationnelle de l’information scientifique.

Dans son allocution il poursuivait: « il faut que nous recherchions l’efficacité dans l’information du public au lieu de nous contenter d’une information éthérée parfaitement satisfaisante mais inintelligible ou inefficace ». 

Malheureusement il ne définit pas ce qu’il entend par efficacité. Efficacité pour qui ? pour quoi ? Ensuite il termine en donnant sa référence d’efficacité : « l’efficacité de M. GOEBBELS était redoutable ».

Effectivement, l’efficacité du responsable nazi à l’information a été particulièrement redoutable pour des millions de gens. Il est singulièrement obscène (du latin obscenus – de mauvaise augure) de faire référence à GOEBBELS quand on parle d’informer la population.

1991

M. le Pr TUBIANA est intervenu à la « Conférence Internationale sur les Accidents Nucléaires et le Futur de l’Energie. Leçons tirées de Tchernobyl » (15 au 17 avril 1991, Paris).

On trouve dans son intervention concernant « L’effet cancérogène des radiations à faible dose » le passage suivant: « Par conséquent il est désormais impossible d’exclure l’hypothèse d’un seuil (BEIR V, p. 181 – Acad. Sc.) ».

Si l’on se reporte à la page 181 du rapport BEIR V on trouve: « Moreover, epidemiologic data cannot rigorously exclude the existence of a threshold in the millisievert dose range ». 

Cela signifie : « D’ailleurs les données épidémiologiques ne peuvent rigoureusement pas exclure l’existence d’un seuil dans le domaine de dose du millisievert » (souligné par nous).

M. TUBIANA, en citant BEIR V a tout simplement tronqué la citation. Le Comité de l’Académie des Sciences des USA n’excluait pas la possibilité d’un seuil à un niveau très bas, dans le domaine du rayonnement naturel, c’est-à-dire bien en de deçà des niveaux de dose concernant la radioprotection. M. le Pr TUBIANA est actuellement le Président du Conseil Supérieur de la Sûreté et de l’Information Nucléaires.

Il est membre de l’Académie des Sciences et c’est à ce titre que le Ministre de la Recherche, M. H. Curien, l’a consulté pour savoir s’il fallait réviser les normes de radioprotection. (Rapport Ac. Sc. novembre 1989, Risques des rayonnements ionisants et normes de radioprotection).

Compte tenu des prestations antérieures du Pr TUBIANA il était évident que la réponse ne pouvait être que négative. On peut s’étonner d’ailleurs que la protection des travailleurs et de la population soit du ressort du Ministère de la Recherche et non pas de celui de la Santé.

Secret, censure, mensonges, trucage, tout un programme pour un gouvernement qui s’est fait fort d’introduire de la transparence dans l’information sur les problèmes de l’énergie nucléaire. La Gazette Nucléaire n°117/118, août 1992. tubiana_nomme ACADEMIE DES SCIENCESEt pour rajouter quelques textes liés à ce cher M.TUBIANA…

Voici quelques documents en PDF…Bonne lecture…

Les comportements de type « fasciste » ont encore de beaux jours devant eux !

(Thierry LAMIREAU)

fichier pdf Irradiation et cancers Les risques imaginaires et les risques réels par Maurice TUBIANA

fichier pdf La relation dose-effet et l’estimation des effets cancérogènes des faibles doses de rayonnements ionisants

fichier pdf Nouveautés et cancérogénèse Maurice TUBIANA Séance commune Académie des Sciences et de Médecine

fichier pdf réalite-prévention Maurice TUBIANA-05 

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 27 novembre, 2012 |2 Commentaires »

UN OBJET REVOLUTIONNAIRE DECOUVERT…A NOUVEAU !

A l’heure des interrogations, et des inquiétudes souvent légitimes, autour de la révolution numérique annoncée, le livre en papier, à en croire certains, serait devenu un objet obsolète…MAIS…

Regardez la vidéo ci dessous, et vous serez convaincus du contraire…

UN OBJET REVOLUTIONNAIRE DECOUVERT...A NOUVEAU ! dans REFLEXIONS PERSONNELLES pile-de-livresImage de prévisualisation YouTube

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 26 novembre, 2012 |Pas de commentaires »

RECHAUFFEMENT CLIMATIQUE: LA PARABOLE DU DENDROCTONE DU PIN

Réchauffement climatique:

La parabole du dendroctone du pin

RECHAUFFEMENT CLIMATIQUE: LA PARABOLE DU DENDROCTONE DU PIN dans REFLEXIONS PERSONNELLES pin

Il était une fois le dendroctone du pin ponderosa, un coléoptère brunâtre pas plus gros qu’un grain de riz qui ravageait les forêts de l’ouest canadien. Tant et si bien qu’il finit par y augmenter la température d’un degré tout l’été.

Ironie du sort, si l’insecte prospère à ce point, c’est surtout grâce au réchauffement climatique, indique Holly MANESS. Cette physicienne se trouve à l’origine d’une étude contant cette histoire tristement réelle.

Depuis une dizaine d’années, les attaques du dendroctone (Dendroctonus ponderosae) ont touché près de 20% de la surface de la province canadienne de Colombie Britannique, soit quelque 170’000 km2. Des infestations similaires emportent aussi de vastes étendues boisées dans l’ouest des Etats-Unis.

Les arbres colonisés par la larve du coléoptère, qui niche sous l’écorce et en dévore la partie interne grâce à un champignon xylophage qu’elle transporte avec elle, périclitent et finissent souvent par mourir. Lorsque ces arbres meurent, le processus d’évapotranspiration qui leur permet de se rafraîchir cesse avec eux, et la forêt perd du même coup son climatiseur naturel.

Une parabole

Dans l’étude publiée dimanche par la revue « Nature Geoscience », la physicienne et son équipe montrent que la mortalité associée à l’infestation de dendroctone en Colombie Britannique a un impact tel sur la transpiration des arbres qu’elle fait augmenter la température estivale de 1 degré Celsius en moyenne.

Un réchauffement certes local, mais qui « pourrait suffire à entraîner d’autres changements climatiques dans la région, comme la circulation des masses d’air, la couverture nuageuse et les précipitations », relève l’étude.

« L’infestation actuelle de dendroctone est une parabole. Elle illustre à quel point le délicat équilibre climatique peut être facilement bouleversé », relève Holly MANESS.

« Les effets du changement climatique font boule de neige (…) Malheureusement, il est beaucoup plus facile d’expliquer ces réactions en chaîne après coup », poursuit-elle.

(ats / 25.11.2012 21h00

 Parc national du Canada Banff

Dendroctone du pin ponderosa

Le dendroctone du pin ponderosa est un insecte indigène de l’écosystème des Rocheuses. Ce petit scarabée au corps cylindrique colonise et tue des arbres mûrs en perçant l’écorce et en extrayant le phloème – la couche qui se trouve entre l’écorce et le bois. Lorsque les conditions sont propices, les dendroctones peuvent se multiplier et infecter un grand nombre d’arbres, tuant ainsi de vastes parcelles de pins tordus mûrs.

Ce processus de perturbation naturelle joue un rôle important dans l’écosystème forestier, car il prépare la voie à la régénération des forêts.

 Cycle biologique du dendroctone du pin ponderosa

Le cycle biologique du dendroctone du pin ponderosa dure habituellement un an. À la fin de l’été, les adultes, qui mesurent environ 5 mm de longueur, quittent les arbres infestés où ils se sont développés. Ils colonisent des arbres en bonne santé, creusent des tunnels sous l’écorce et cherchent des partenaires.

Les insectes déposent leurs œufs dans des galeries verticales creusées sous l’écorce. Après l’éclosion des œufs, les larves semblables à des vers passent l’hiver à se nourrir sous l’écorce. La pupaison a lieu au printemps, et les adultes émergent de juillet à septembre.

Une étape clé de ce cycle est la transmission, du coléoptère à l’arbre, d’un champignon du bleuissement du bois. Les spores de ce champignon sont introduites dans l’arbre lors des attaques des insectes adultes.

Le champignon se développe dans l’arbre et son action, combinée à l’alimentation du dendroctone, l’affaiblit. Le réseau de galeries creusées par le dendroctone, conjugué au champignon du bleuissement, perturbe la circulation de l’eau dans l’arbre et le fait mourir rapidement. Le champignon donne une apparence gris-bleu à l’aubier.

Signes de la présence de dendroctones du pin :

  • Aiguilles rouges à la cime des arbres (à noter que le rougissement des aiguilles peut aussi être causé par la sécheresse et la maladie).
  • Œufs, larves ou galeries en J sous l’écorce.
  • Bouchons de résine sur l’écorce, à l’endroit où les dendroctones creusent leurs tunnels (généralement à mi hauteur du tronc).
  • « Sciure » à la base de l’arbre ou dans les crevasses de l’écorce.
  • Signes d’activité des pics – trous dans le tronc et copeaux d’écorce sur le sol (les pics se nourrissent d’insectes variés). 

 Historique des infestations du dendroctone du pin ponderosa dans les parcs des Rocheuses

Le dendroctone du pin ponderosa est présent à l’état endémique dans tous les parcs nationaux des Rocheuses, mais ce n’est que dans les parcs nationaux KootenayYoho et des Lacs-Waterton qu’il a atteint des proportions épidémiques. Dans les années 1940, une importante infestation a sévi dans le parc national Kootenay où 65 000 ha de pinèdes ont été ravagés. Dans le parc national Banff, une infestation mineure a endommagé 4 000 ha. Au cours des années 1970, une importante pullulation s’est propagée, depuis le côté américain des Rocheuses, dans le sud-est de la Colombie-Britannique et le sud-ouest de l’Alberta, y compris le parc national des Lacs-Waterton. Pendant les années 1980, le dendroctone a gagné du terrain dans le parc national Kootenay. Au début des années 1980, le sud du parc national Banff a été le siège d’une infestation mineure.

L’enquête annuelle sur les insectes et les maladies, effectuée en 1997, a révélé que les dendroctones avaient franchi la ligne de partage des eaux pour atteindre le bassin hydrologique des ruisseaux Brewster, Healy et Bryant, dans le parc national Banff. Depuis, la population de dendroctones s’est accrue et a migré vers l’est, dans les forêts plus chaudes et plus sèches de la vallée de la Bow, de même que dans des secteurs avoisinants du parc national Banff.

Que faisons-nous au sujet des dendroctones du pin ponderosa ?

Parcs Canada a adopté la politique suivante en ce qui concerne le Parc National Banff:

  1. Les insectes et les maladies d’origine indigène sont des processus écologiques naturels qu’il faut laisser agir sans intervenir, dans la mesure du possible.
  2. Si des insectes ou une maladie menacent gravement les terres provinciales, des interventions peuvent avoir lieu dans la mesure où elles sont efficaces et ne nuisent pas à l’écosystème du parc.

Pour atteindre ces deux objectifs, le Parc National Banff a constitué deux zones distinctes, assorties de stratégies différentes :

  • Des zones de brûlage dirigé où des pinèdes seront brûlées afin d’empêcher une pullulation de la population du dendroctone.
  • Une zone de brûlage dirigé, de piégeage aux phéromones et d’exploitation limitée où les arbres attaqués font l’objet d’un brûlage dirigé, puis sont abattus et éliminés ou bien abattus et brûlés pour ralentir l’augmentation de la population du dendroctone.

 Mise à jour 2009

Le Service Canadien des Forêts de Ressources Naturelles Canada a publié son rapport annuel sur l’état des forêts pour le Parc National Banff. Il y résume les résultats des relevés aériens et terrestres concernant les insectes et les maladies dans les forêts effectués la saison dernière. Le dendroctone du pin ponderosa a intensifié ses activités dans le Parc National Banff en 2008; on compte maintenant plus de 7 000 arbres nouvellement décolorés à l’échelle du parc.

En outre, les données sur la mortalité hivernale de la dernière saison révèlent que les ravages causés par l’insecte varient selon l’endroit : certaines populations continuent de croître (p. ex. dans le secteur du chaînon Fairholme) tandis que d’autres sont en déclin (p. ex. dans le secteur du ruisseau Turbulent). Le rapport indique également que le cycle de vie des populations de dendroctones du pin ponderosa s’étend sur plusieurs années et que les insectes tardent à s’envoler pour coloniser de nouveaux arbres.

Pour gérer les populations de dendroctones du pin ponderosa, Parcs Canada a surtout recours aux brûlages dirigés; il peut ainsi gérer les pullulations actuelles et en prévenir de nouvelles tout en reproduisant un processus naturel de l’écosystème.

Les brûlages dirigés contribuent à réduire l’habitat propice au dendroctone du pin ponderosa et favorisent la diversité des forêts, ce qui stimule la croissance des essences d’arbres qui ne sont pas ciblées par ce ravageur (p. ex. le Douglas taxifolié). Parcs Canada poursuivra sa collaboration avec le gouvernement fédéral, les provinces et les administrations municipales de même qu’avec l’industrie forestière de l’Alberta et de la Colombie-Britannique en vue de gérer les populations de dendroctones du pin ponderosa dans les années à venir.

 Résumé:

Le dendroctone du pin fait partie d’un processus écologique dynamique qui procure des bienfaits écologiques très importants pour le parc mais qui peut aussi avoir des répercussions économiques à grande échelle sur les forêts industrielles. C’est pourquoi il convient d’adopter un mode de gestion adaptative qui tienne compte des objectifs des nombreux gestionnaires des terres et groupes d’intérêt. 

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 25 novembre, 2012 |Pas de commentaires »

L’ENVIRONNEMENT BLESSE PAR LES CONFLITS ARMES (Rouba NAAMAN / Novethic 2008)

L’environnement blessé

par les conflits armés

L'ENVIRONNEMENT BLESSE PAR LES CONFLITS ARMES (Rouba NAAMAN / Novethic 2008) dans REFLEXIONS PERSONNELLES depleted-uranium1Munitions à l’URANIUM « appauvri »

Publié le 20-03-2008

Rouba NAAMAN (Novethic)

Les populations ne sont pas les seules victimes des guerres. Dans la violence des combats, la nature est souvent mise à mal par les belligérants. Des prémices de la guerre aux situations post-conflit, en passant par toutes les étapes des combats, l’environnement subit les dégâts collatéraux des luttes politiques. Et avec lui, les générations suivantes, qui doivent vivre dans une nature détruite.

Lorsqu’on associe guerre et environnement, l’exemple le plus poignant reste Hiroshima. Cette catastrophe humaine, issue de la folie guerrière, laisse une terre à jamais marquée par l’explosion de la bombe nucléaire. De même, dans la quasi-totalité des conflits, l’environnement est une victime parmi les autres. Il est blessé par des armes chimiques, surexploité par des populations en mouvement, ou tout simplement oublié dans des pays meurtris en fin de conflit. Si l’aide aux populations reste une priorité, le traitement des conséquences environnementales de la guerre n’est pas à négliger. « Ici, dans le confort de la paix, nous pouvons en sérénité examiner ces questions, mais le temps presse, et les esprits ne sont pas tous sensibles à l’urgence environnementale » affirmait Marie-Christine BLANDIN, sénatrice verte du Nord, en ouverture d’une conférence sur le lien entre guerre et environnement.

Quand l’environnement déclenche le conflit

« Il y a une corrélation très forte entre l’état de l’environnement et la guerre » insiste Daniel RICHARD, président du WWF. Une dégradation de l’environnement est d’ailleurs souvent la cause du déclenchement de conflits politico-économiques. Les exemples du Darfour et du Moyen-Orient, où l’eau est l’objet de toutes les convoitises, pourrait bientôt s’appliquer à l’Inde, le Pakistan et de nombreuses régions d’Afrique. Les forêts sont disputées par les états voisins en Amérique latine et en Asie. Dans un monde où la population croît exponentiellement, et où la désertification menace certaines zones cultivables, les terres arables prennent la valeur de l’or. D’après le World Watch Institute, les ressources naturelles ont motivé, exacerbé ou financé un quart des cinquante derniers conflits armés.

Lorsqu’ils ne déclenchent pas les guerres, les éléments environnementaux créent souvent des tensions précurseurs aux conflits. Le réchauffement climatique, modifiant la géographie de nombreuses régions, en particulier les îles et les littoraux, pousse les populations à se déplacer massivement. « Des centaines de millions de gens pourraient perdre leurs terres » explique François GRUNEWALD, président du groupe Urgence Réhabilitation Développement (URD) et membre de la Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme« La situation est explosive. Reviendra-t-on aux guerres préhistoriques où l’on se battait pour les zones de chasse ? » ironise-t-il.

Une victime parmi les autres

Les dégâts de la guerre s’étendent bien au-delà des atteintes à la population. 

« Tous les conflits armés ont un impact sur l’environnement » constate Silja HALLE, chargée de communication du Post-Conflict and Disaster Management Branch du Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE).

La pluie de bombes qui s’abat sur les champs de bataille meurtrissent les terres et les rendent infertiles. Lors de la guerre au Liban à l’été 2006, le sud du pays a été parsemé de bombes à sous-munition, et aujourd’hui les terres agricoles ne sont toujours pas exploitables. Dans ce même conflit, la destruction par l’armée israélienne d’une centrale électrique sur la côte libanaise a provoqué une marée noire qui empoisonne encore l’écosystème de la région.

Durant la seconde guerre du Golfe, les forces américaines ont trouvé un moyen « simple » de recycler les sous-produits de leur industrie nucléaire, en envoyant sur l’Irak des milliers d’obus remplis d’uranium « appauvri ». Bilan :« L’environnement de l’Irak est aujourd’hui totalement détruit » affirme Claude-Marie VADROT, journaliste et auteur de « Guerres et environnement, panorama des paysages et des écosystèmes bouleversés ». Le Kosovo aurait également été victime de ce procédé.

Dans l’arsenal de guerre, on compte également les armes chimiques, dont la destruction n’est toujours pas terminée. « A la suite de la Première Guerre Mondiale, les armes chimiques sont devenues taboues » explique Stephan ROBINSON, coordinateur du Programme « Héritage de la Guerre froide » au Green Cross International. Il en resterait pourtant près de 40000 tonnes en possession de la Russie, et 28000 aux Etats-Unis.

Détruire l’environnement, une arme

Mais comme le dit Daniel RICHARD, « la destruction de l’environnement peut aussi être un moyen de guerre », une sorte de politique de la terre brûlée moderne. La dioxine, mieux connue sous le nom d’Agent Orange, a été utilisée au Vietnam pour déforester et empêcher les combattants de se cacher dans le maquis. La population s’est ainsi vu privée de sa principale source de nourriture. « Tout ce qui caractérisait la vie et sa transmission aux générations suivantes a été complètement anéanti par l’Agent Orange » explique Jacques MAITRE, socioanthropologue. Car en modifiant leur environnement, on force les populations à bouleverser leur mode de vie. Plus classiquement, la déforestation en Afghanistan, ou l’abattage d’oliviers centenaires à Gaza est un moyen efficace pour appauvrir les peuples combattus. Depuis de nombreuses années en Colombie, l’Etat fumige du Round Up sur les forêts, prétendument pour détruire les plantations illicites de coca, mais surtout pour lutter contre les milices des FARC qui se déplacent régulièrement.

Indirectement aussi, l’environnement est bouleversé lors des guerres. Les routes sont coupées, les moyens de circulation limités, donc les populations confinées sont obligées de surexploiter les ressources naturelles qui les entourent. « De même, si les alentours sont minés, les villageois sont isolés et doivent se nourrir de ce qu’ils ont sur place » explique François GRUNEWALD.

Dans la situation inverse, lors des grands déplacements de population, les zones dans lesquelles s’entassent les réfugiés sont également surexploitées. Répondre aux besoins des civils peut également s’avérer coûteux. « Les opérations d’assistance humanitaire, bien qu’indispensables, augmentent les besoins et les dégâts environnementaux » explique Silja HALLE.

Punir l’écocide

A la fin du conflit, dans les pays ébranlés, l’environnement est tout sauf une priorité. « Les institutions environnementales ne fonctionnent plus et il est impossible de mettre les considérations environnementales dans l’agenda politique » déplore Silja HALLE.

Déforestation sauvage et surexploitation des ressources énergétiques ou minières sont alors monnaie courante. Certains états ont profité d’une situation de non-droit post-conflit, dans plusieurs pays d’Afrique, notamment la Côte d’Ivoire et la Somalie, pour y envoyer leurs déchets.

A tous les stades du conflit, la destruction de l’environnement reste impunie. Le terme d’ »écocide », sorte de crime de guerre contre la nature, est apparu, mais n’a pas été introduit dans les conventions internationales. Les spécialistes s’accordent pour réclamer la création d’une organisation mondiale dédiée au sujet, pour « remettre le droit international au cœur de la gestion des conflits » explique François GRUNEWALD. Et pour éviter ainsi aux populations de souffrir sur plusieurs générations.

Rouba NAAMAN 
© 2008 Novethic 
Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 24 novembre, 2012 |Pas de commentaires »

LA PLANETE TERRE…L’HOMME EST ARRIVE LE DERNIER…IL EN PARTIRA LE PREMIER (BBC 2006 / Thierry LAMIREAU)

La planète terre

LA PLANETE TERRE...L'HOMME EST ARRIVE LE DERNIER...IL EN PARTIRA LE PREMIER (BBC 2006 / Thierry LAMIREAU) dans REFLEXIONS PERSONNELLES terre

Série produite en 2006 par la BBC / Unité Histoire Naturelle

Image de prévisualisation YouTube

« L’HOMME EST ARRIVE LE DERNIER…

IL EN PARTIRA LE PREMIER… »

(Thierry LAMIREAU)

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 23 novembre, 2012 |1 Commentaire »

SECHERESSE: 70% DES FORÊTS AU BORD DE L’EMBOLIE

Sécheresse:

SECHERESSE: 70% DES FORÊTS AU BORD DE L'EMBOLIE dans REFLEXIONS PERSONNELLES foret70% des forêts au bord de l’embolie

PARIS (Sipa) — Les deux tiers des forêts de la planète sont très vulnérables face au risque de sécheresse, indique une étude internationale publiée cette semaine sur le site internet de la revue Nature.

Un équipe internationale de 24 scientifiques spécialistes de la physiologie des plantes s’est penchée sur le problème de la résistance des arbres face au manque d’eau. Et leurs conclusions battent en brèche un certain nombre d’idées reçues. Alors qu’il apparaît a priori évident que les forêts des régions sèches sont plus exposées que les autres à un risque fatal de pénurie d’eau, les données qu’ils ont rassemblées montrent que les forêts humides sont tout aussi exposées à ce risque.

La raison de ce paradoxe est résumée par l’Institut National de Recherche Agronomique (INRA), dont plusieurs chercheurs ont contribué à l’étude: « les arbres optent pour une stratégie hydraulique à haut risque ». En clair, quelle que soit la pluviométrie de la région où ils se trouvent, les arbres -qu’ils soient feuillus ou conifères- ont l’habitude de vivre sur le fil du rasoir en matière de gestion de l’eau, ne se laissant que peu de marge en cas de baisse des pluies.

Sans eau, les arbres sont victimes d’embolies

Pourquoi tant d’espèces convergent-elles sur une stratégie si risquée? C’est la marque, selon l’étude « d’un compromis qui concilie croissance et protection contre le risque de mortalité ». La « faible marge de sécurité » prise par les arbres leur permet en effet d’optimiser l’utilisation du carbone nécessaire à leur croissance mais « peut se payer au prix de leur mort » .

En effet, explique l’INRA, lorsque les pluies se font moins importantes et que le sol se dessèche, « la sève des arbres est exposée à de très fortes tensions qui peuvent rompre les colonnes d’eau à l’intérieur de leur système vasculaire. Ce phénomène de ‘cavitation’ produit une embolie gazeuse de la même manière que des thromboses peuvent bloquer le système circulatoire des humains ». Et lorsque la sécheresse s’accentue, « l’embolie s’accumule dans le système vasculaire jusqu’à ce que l’arbre se dessèche et meure ».

En tout, estiment les scientifiques, 70% des arbres dans le monde atteignent d’ores et déjà leur seuil de rupture hydraulique. Or le changement climatique laisse prévoir une augmentation de la température et de l’aridité dans de nombreuses régions du globe, rappellent-ils. Si l’étude n’envisage pas de scénarios catastrophiques, elle pourrait aider à prévoir quelles espèces pourraient ne pas survivre à ces changements climatiques.

(Sipa / 23.11.2012 13h17)

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 23 novembre, 2012 |Pas de commentaires »

LES ANTINUCLEAIRES DEMANDENT L’ARRÊT IMMEDIAT DE LA CENTRALE DE FESSENHEIM

Les antinucléaires demandent l’arrêt immédiat

de la centrale de Fessenheim

LES ANTINUCLEAIRES DEMANDENT L'ARRÊT IMMEDIAT DE LA CENTRALE DE FESSENHEIM dans REFLEXIONS PERSONNELLES fessenheim

PARIS (Sipa) — Le Réseau Sortir du Nucléaire et des associations locales antinucléaires demandent l’arrêt immédiat et définitif des deux réacteurs de la centrale nucléaire de Fessenheim (Haut-Rhin) dans une lettre ouverte envoyée mercredi à François Hollande et Delphine Batho, la Ministre de l’Ecologie, et rendue publique jeudi 22 novembre 2012.

« Souhaitez-vous appartenir au gouvernement de l’accident? », interpellent les associations dans une lettre ouverte adressée à l’exécutif. « Vous avez le pouvoir et le devoir de prendre les mesures d’urgence nécessaires pour arrêter immédiatement et définitivement les deux réacteurs de Fessenheim », lance le Réseau Sortir du Nucléaire avec quatre autres associations antinucléaires locales.

« C’était une promesse du candidat Hollande », a rappelé Laura Hameaux, chargée de campagne du Réseau Sortir du Nucléaire, en préambule d’une conférence de presse jeudi. « Fessenheim, c’est tout un symbole, cette centrale est emblématique de la sortie du nucléaire », a-t-elle ajouté, dénonçant un « tas de contre-vérités et de manoeuvres pour retarder ou empêcher sa fermeture ». Elle a fustigé l’action de l‘Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN), qui « outrepasse son rôle de gendarme du nucléaire et fait pression sur l’exécutif pour que François Hollande ne ferme pas cette centrale ».

Fessenheim, un « poignard au coeur de l’Europe »

Jean-Louis Basdevant, professeur honoraire à Polytechnique et spécialiste du nucléaire, a pour sa part dressé un parallèle avec la catastrophe de Fukushima qui a eu lieu au Japon en mars 2011. « On va à la catastrophe en France si on ne ferme pas Fessenheim », assure-t-il.

Pour lui, la centrale « est un véritable poignard au coeur de l’Europe », dans la mesure où elle est placée au-dessus de « la plus grande nappe phréatique de France » et sur une « zone sismique ». Et d’ajouter qu’en cas d’accident, « il y a des risques de polluer la vallée du Rhin entre Bâle et la mer du Nord ». Un accident dans le grand Canal d’Alsace qui coule à côté de la centrale, « peut noyer les installations et provoquer une panne » avec des conséquences « gravissimes », similaires à la catastrophe de Fukushima, a-t-il expliqué.

Trois fois plus d’incidents à Fessenheim

André Hatz, porte-parole de l’association Stop Fessenheim, a lui aussi listé les dysfonctionnements de la centrale: « une résistance insuffisante des réacteurs », « une grande vulnérabilité des piscines de combustibles », des « risques de rupture des deux barrages » en cas de tremblement de terre, de chute d’avion ou d’attentat.

Il a affirmé qu’à Fessenheim, il y avait « trois fois plus d’incidents que la moyenne des centrales en France ». Sur sept ans, « on a compté 202 incidents contre 77 sur la moyenne nationale », a-t-il énuméré, citant des chiffres de l’Autorité de Sûreté Nucléaire. Et de dénoncer aussi des « aberrations financières et des travaux inutiles et coûteux » qui ont été entrepris dans la sécurisation de Fessenheim.

Au total, « 448 élus d’Alsace ont lancé un appel solennel au Président de la République et 154 collectivités ont voté des motions », a-t-il déclaré. Même si localement, ceux qui travaillent et vivent près de la centrale refusent sa fermeture. « On est dans une situation de déni. Mais petit à petit, un revirement se fait. Dans la population de plus en plus se posent de questions », a-t-il assuré.

François Hollande avait confirmé la fermeture de Fessenheim pour la fin 2016 lors de la conférence environnementale le 14 septembre dernier.

« La centrale de Fessenheim, qui est la plus ancienne de notre parc, sera fermée à la fin de l’année 2016, dans des conditions qui garantiront la sécurité des approvisionnements de cette région, la reconversion du site et la préservation de tous les emplois », avait alors promis le chef de l’Etat.

Pendant sa campagne, il s’était engagé à fermer Fessenheim dans le Haut-Rhin d’ici 2017.

(Sipa / 22.11.2012 17h02)    

Incident à la centrale nucléaire de Fessenheim

Les deux réacteurs de Fessenheim ont été mis en service en 1977.
Les deux réacteurs de Fessenheim ont été mis en service en 1977.
VIDÉO – Un dégagement de vapeur d’origine chimique s’est produit mercredi dans la plus ancienne centrale nucléaire française. Deux personnes ont été légèrement blessées et huit salariés ont subi des contrôles.
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Alerte à la centrale nucléaire de Fessenheim, dans l’est de la France, où un incident a eu lieu mercredi après-midi. Alors qu’EDF faisait état dans un premier temps de «deux personnes légèrement brûlées à travers leurs gants», le dernier communiqué du gérant de la centrale affirme qu’il n’y a eu aucun blessé.

L’incident a été provoqué lors d’une manutention d’eau oxygénée, dans le cadre de manoeuvres d’exploitation courantes liées au traitement d’eaux usées, a expliqué EDF. Il s’est produit dans un bâtiment auxiliaire situé près des deux réacteurs nucléaires de la centrale, mais pas à l’intérieur de ceux-ci.

«Il n’y a pas eu d’incendie», précise l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN). Une cinquantaine de pompiers du Haut-Rhin ont malgré tout été dépêchés sur place.

L’incident, précise, l’ASN, a eu lieu «dans le bâtiment des auxiliaires nucléaires», c’est-à-dire «la partie nucléaire de l’installation (..) accessible en fonctionnement normal».

«Les neuf personnes présentes dans les locaux lors de l’événement ont été examinées et ne présentent aucune blessure», affirme également l’ASN.

«Pas d’enjeu de sûreté»

De son côté , le ministère de l’Énergie et de l’Écologie évoque toujours un «accident du travail qui a entraîné des brûlures légères aux mains pour deux salariés, qui ont été pris en charge médicalement». La ministre Delphine Batho, «s’est entretenue avec l’Autorité de sûreté nucléaire qui lui a confirmé que cet incident est sans enjeu de sûreté», assure le communiqué. Un «rapport complet sur cet événement» a néanmoins été demandé à l’ASN et à EDF.

«C’est un accident du travail, pas un accident nucléaire», et «il n’y a pas d’impact environnemental», a souligné le directeur de la centrale, Thierry Rosso, lors d’une conférence de presse téléphonique. Les deux salariés «ont simplement une irritation sur les doigts», a nuancé Thierry Rosso. «Huit autres salariés ont subi des contrôles préventifs parce qu’ils se trouvaient dans la zone», a-t-il ajouté.

Un représentant syndical dans la centrale, Jean-Luc Cardoso, a lui aussi estimé que l’événement n’était «pas si grave».

La centrale de Fessenheim, la plus ancienne du parc électronucléaire français, était au cœur du débat sur la poursuite du nucléaire durant le dernier cycle électoral. François Hollande a alors promis aux écologistes de la fermer d’ici à 2017. Installée au bord du Rhin, elle comprend deux réacteurs de 900 mégawatts qui ont été mis en service en 1977.

Si la centrale n’a pas connu depuis 1989 d’incidents d’un niveau supérieur à 1 (l’échelle internationale des événements nucléaires connue sous le non d’INES qui sert à mesurer la gravité d’un accident nucléaire compte huit niveaux de gravité notés de 0 à 7), elle a cumulé le nombre de ces incidents à partir du début des années 2000, avec un pic en 2007. Cette année, le précédent problème était intervenu le 14 juillet. La centrale avait alors enregistré une «baisse de puissance» d’un de ses deux réacteurs, sans qu’il y ait d’impact sur «la sûreté des installations», précisait alors EDF. En mai, c’était le réacteur n°2 de la centrale qui s’était automatiquement arreté après l’échec d’un exercice.

Fessenheim, une centrale âgée et controversée

 (Cyrille Vanlerberghe / le figaro.fr)

Les deux réacteurs de la centrale du Haut-Rhin ont été mis en

service en 1977 et 1978, et sont exposés à des risques sismiques

et d’inondations.

coeur- NUCLEAIRELa centrale de Fessenheim, la plus vieille du parc électronucléaire français, est depuis quelques années au cœur des disputes politiques et techniques sur l’avenir de l’énergie nucléaire en France. Un débat qui sera immanquablement relancé par l’incident chimique qui vient d’y provoquer deux blessés.Lors de la campagne pour l’élection présidentielle François Hollande avait pris l’engagement de la fermer avant 2017, date à laquelle elle aura 40 ans. Un choix arbitraire qui avait alors été vivement dénoncé par Nicolas Sarkozy lors de leur débat télévisé.Mais l’âge n’est pas la seule raison pour laquelle les deux réacteurs de 900 MW installés en bordure du Grand Canal d’Alsace font l’objet de tant d’attaques de la part des écologistes. Le site est en effet exposé aux risques sismiques et d’inondations, deux paramètres qui ont dû être révisés à la hausse par l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) après l’explosion de la centrale de Fukushima au Japon. Comme pour d’autres sites d’EDF en France, le gendarme du nucléaire avait estimé en janvier dernier que la centrale de Fessenheim pouvait continuer à fonctionner, à condition que d’importants travaux de remise à niveau soient réalisés pour améliorer la «robustesse» de l’installation «face à des situations extrêmes».

Des travaux obligatoires avant la fin de l’année

Le surcoût total pour EDF pour l’ensemble du parc électronucléaire avait été estimé à 10 milliards d’euros, étalés sur plusieurs années. Plus spécifiquement à Fessenheim, EDF a l’obligation de renforcer d’ici à juillet 2013 l’épaisseur de la dalle de béton sur laquelle sont installés les deux réacteurs, des travaux d’urgence coûtant 15 millions d’euros. Cette dalle doit notamment empêcher la contamination radioactive des nappes phréatiques et des cours d’eau proches en cas d’accident majeur.

Avant la fin 2012, EDF doit également installer «des dispositions techniques de secours permettant d’évacuer durablement la puissance résiduelle du cœur en cas de perte du système de refroidissement», afin d’éviter l’enchaînement d’événements qui avaient fini par provoquer l’explosion des réacteurs à Fukushima malgré leur arrêt. «Si l’exploitant juge que ce que nous lui demandons de faire est trop cher, c’est à lui de décider d’arrêter la centrale», avait averti André-Claude Lacoste, président de l’ASN.

Mais, malgré la menace d’une fermeture proche de la centrale, EDF a affirmé que les travaux nécessaires seront effectués. L’électricien n’avait surtout pas envie de donner des arguments supplémentaires aux opposants au nucléaire qui dépeignent Fessenheim comme la centrale la plus dangereuse de France.

 Fessenheim:

l’Etat est dans une situation schizophrénique

PARIS – Deux associations anti-nucléaires alsaciennes, soutenues par le Réseau Sortir du Nucléaire, ont défendu jeudi 22 novembre 2012 à Paris la fermeture de la centrale de Fessenheim pour des raisons de sûreté, jugeant que l’Etat, actionnaire majoritaire d’EDF, était dans une situation schizophrénique.

Nous estimons que Fessenheim doit être arrêtée tout de suite au nom de la sécurité des populations, a déclaré lors d’une conférence de presse André Hatz de Stop Fessenheim, après avoir passé en revue les faiblesses de la plus vieille centrale de France.

Fessenheim est située sur une zone sismique et ne serait plus construite aujourd’hui à cet endroit, a expliqué le militant anti-nucléaire.

La centrale est aussi exposée à des inondations car située 9 mètres en dessous du niveau du grand canal d’Alsace qui la jouxte, et le radier (socle de béton soutenant un réacteur) a été jugé trop faible par l’Autorité de Sûreté Nucléaire, a relevé M. Hatz.

Pour lui, comme pour Jean-Jacques Retig, membre de l’association La sauvegarde Fessenheim et de la Plaine du Rhin, l’Etat est dans une situation schizophrénique car d’un côté, il s’est engagé à fermer Fessenheim et de l’autre, il est actionnaire à 84% d’EDF qui veut dépenser des millions pour pouvoir poursuivre l’activité sur ce site.

Le chef de l’Etat François Hollande s’est engagé à fermer Fessenheim d’ici fin 2016 et à ramener de 75 à 50% la part du nucléaire dans le mix électrique français d’ici 2025.

Mais dans le cadre de l’examen du parc nucléaire français, l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) a demandé un renforcement des installations de Fessenheim (Haut-Rhin), qui coûteraient au moins une vingtaine de millions d’euros.

Le creusement d’un puits pour avoir un deuxième source d’eau froide, en plus du grand canal d’Alsace, doit être effectif d’ici le 31 décembre 2012. Ces travaux ont débuté.

Le deuxième pan de travaux obligatoires pour une poursuite de l’activité est le renforcement du radier, le socle de béton sur lequel repose un réacteur. Cela doit être fait, selon l’ASN, avant le 30 juin 2013.

Nous ne pouvons pas attendre 2016 pour fermer Fessenheim, car le risque de tremblement de terre a été mis en avant par François Hollande pendant la campagne, a renchéri Jean-Jacques Rettig.

Les deux associations, soutenues par le Réseau National Sortir du nucléaire auquel elles appartiennent, ainsi qu’Alsace Nature et Stop Transports-Halte au nucléaire ont rendu publique jeudi une lettre adressée à Delphine Batho, la Ministre de l’Ecologie et de l’Energie.

Dans ce courrier, elles appellent le gouvernement à utiliser la procédure d’urgence permettant d’arrêter une centrale par décret pour raison de sûreté, indépendamment du démantèlement qui peut avoir lieu plus tard.

Elles soulignent que la procédure classique, plébiscitée par l’ASN, qui consiste à une demande d’arrêt par l’exploitant lui-même et qui prend cinq ans n’est pas la seule existante.

Le gouvernement a annoncé mi-octobre qu’il désignerait une personnalité qualifiée pour préparer la fermeture anticipée de Fessenheim, mise en service en 1977.

(©AFP / 22 novembre 2012 18h44)                                              

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 22 novembre, 2012 |Pas de commentaires »

LES EFFETS DE TCHERNOBYL EN FRANCE: CIRCULEZ !…Y’A RIEN A VOIR !…LE PROFESSEUR PIERRE PELLERIN INNOCENTE ! (Thierry LAMIREAU)

Les effets de TCHERNOBYL en FRANCE:

Circulez !…Y’a rien à voir !…

LES EFFETS DE TCHERNOBYL EN FRANCE: CIRCULEZ !...Y'A RIEN A VOIR !...LE PROFESSEUR PIERRE PELLERIN INNOCENTE ! (Thierry LAMIREAU) dans REFLEXIONS PERSONNELLES tchernobyl_333Le Professeur Pierre PELLERIN innocenté !

Un énorme scandale de Santé Publique

vient d’être étouffé par un « revers de manche »

de la part de la Cour de Cassation.

L’ancien Directeur du Service Central de Protection contre les

Rayonnements Ionisants (SCPRI), le Professeur Pierre

PELLERIN vient d’être lavé de tous soupçons quant aux

accusations de « tromperie et tromperie aggravée » par la Cour de

Cassation.

« En l’état des connaissances scientifiques actuelles, il était impossible d’établir un lien de causalité certain entre les pathologies constatées et les retombées du panache radioactif de TCHERNOBYL », précise la Cour de Cassation.

Le professeur PELLERIN avait été mis en examen, le 31 mai 2006.

Il était soupçonné d’avoir dissimulé l’ampleur des retombées radioactives de la centrale ukrainienne qui avait explosé le 26 avril 1986.

Michèle RIVASI, Députée Européenne et fondatrice de la CRIIRAD, qui s’était portée partie civile, qualifie la décision de la Cour de Cassation comme: « inacceptable ». 

Elle continue en disant que: « Pierre PELLERIN ne pouvait pas ne pas savoir qu’il mettait en danger la population française ».

Pour Michèle RIVASI, cette décision montre bien que « les institutions ne répondent plus aux attentes citoyennes. On ne peut accepter que les victimes françaises de TCHERNOBYL ne soient pas reconnues. Il en va de la confiance des citoyens dans nos institutions, chaque jour plus décriées. En outre, l’Assemblée de CORSE a commandé une étude épidémiologique indépendante pour connaître les véritables conséquences sanitaires de l’ingestion d’aliments contaminés par la radioactivité ».

Michèle RIVASI souhaite que l’Association Française des Malades de la Thyroïde et la CRIIRAD fassent remonter l’affaire auprès de la Cour Européenne des Droits de l’Homme…les recours nationaux étant épuisés.

Il est évident, que la MAFIA DU NUCLEAIRE a su influencer la décision SCANDALEUSE de la Cour de Cassation.

Le lobby pro-nucléaire n’en est plus à une magouille près !

Pierre PELLERIN, comme tous les fonctionnaires et surtout les Ministres concernés de l’époque devraient pourtant FINIR LEURS JOURS EN PRISON !

Par leurs MENSONGES, leur MANIPULATION, ils ont induit SCIEMMENT un NOMBRE TRES IMPORTANT DE CAS DE MORBIDITE ET DE MORTALITE en FRANCE !

Les pratiques MAFIEUSES et de type FASCISTE (cf. les techniques de communication de GOEBBELS) ont encore de beaux jours à vivre en FRANCE et AILLEURS…

NOTA:

 Depuis la création de ce sujet dans mon blog (ce jeudi 22

novembre 2012 en début d’après-midi),

des documents vidéos insérés

ont déjà été CENSURES !…PAR QUI ? 

Ovietskaya Bieloroussia, dimanche 1er juillet 1989: Dans la rubrique « zones sous contrôle spécial » figure une interview de Pierre Pellerin [Les commentaires en rouge sont de la Gazette Nucléaire] réalisée par Alexandre Sidorenko le 19 juin 1989 pour le journal Kiev-Soir et reproduite dans le journal Sovietskaya Bieloroussia sous le titre:

 

Pierre PELLERIN:« Il n’y a pas de secret au sujetdes centrales atomiques »

 

biel_soviet ASSOCIATION FRANCAISE DES MALADES DE LA THYROÏDE dans REFLEXIONS PERSONNELLES     L’accident du réacteur atomique de Tchernobyl a perturbé le monde entier. Le caractère sans précédent de cet accident autorise à le considérer comme une catastrophe nationale. Au cours de la lutte menée pour éliminer les conséquences de l’accident, les scientifiques soviétiques et les spécialistes ont accumulé une énorme expérience, sans précédent dans le monde. C’est pourquoi l’intérêt des collègues étrangers vis-à-vis des travaux en cours, même actuellement dans la zone interdite, est tout à fait compréhensible. Plus de 650 chercheurs et spécialistes ont déjà visité cette région.
Le Directeur du Service Central de Protection contre les Rayonnements Ionisant du Ministère de la Santé français, le Professeur Pierre Pellerin, a visité la centrale de Tchernobyl avec les correspondants du journal Kiev-Soir.

- J’ai visité pour la première fois le lieu de l’accident il y a un an, – dit Pierre Pellerin – mais à cette époque je n’ai pu prendre connaissance de la situation que rapidement. Plusieurs participants scientifiques à la conférence sur les aspects médicaux de l’accident de Tchernobyl qui s’est tenue à Kiev ont voulu se rendre sur les lieux et évidemment satisfaire la curiosité de chacun était difficile. Tandis qu’aujourd’hui il m’a été possible d’en voir beaucoup plus. Je suis persuadé que ce qu’on écrit dans nos journaux est très loin de la vérité. Ces derniers temps, j’ai lu beaucoup d’inepties publiées sur Tchernobyl disant, en règle générale, qu’ici la situation est terriblement dangereuse, que naissent des monstres peuplant ces lieux. Et à ce qu’on dit, c’est pour cette raison qu’on cache l’information sur Tchernobyl. Mais déjà, le fait même que vous et nous ayons pu visiter l’intérieur du bloc-réacteur n° 4 devient un argument très fort en faveur du fait que, premièrement, le sarcophage ne présente pas de danger actuellement, et deuxièmement cela permet d’insister sur le fait que vous ne cachez rien[1]. A l’intérieur du sarcophage des gens travaillent et c’est la meilleure preuve que Tchernobyl n’est tout de même pas l’enfer que beaucoup d’entre nous imaginions. Je serais heureux de travailler avec vos spécialistes pendant mes congés. Aujourd’hui ce sont les personnes les plus compétentes en ce domaine.

Commentaire Gazette
[1]: Comme il est notoire que M. Pierre Pellerin est un bourreau de travail (un ancien ministre de la santé a même déclaré publiquement «il travaille comme une bête» son temps de congé doit être assez court. Il est donc assuré de ne recevoir que des doses modestes par rapport a celles reçues par ceux qu’on envoie en première ligne.
Il aurait été préférable de connaître les débits de doses dans les différents postes de travail ainsi que les durées de séjour dans ces postes des personnes employées à ces travaux ainsi que leur nombre.

Professeur Pellerin, suite à l’accident de Tchernobyl, une grande quantité d’éléments radioactifs a été projetée dans l’atmosphêre, des territoires considérables ont été pollués y compris la France. Il serait intéressant de savoir comment la nouvelle de l’accident a été perçue par les Français.

- Dès que la nouvelle a été connue, j’ai été attaqué par des gens pris de panique. Et à cela je ne vois rien d’anormal, c’est l’instinct de conservation qui s’est réveillé chez eux. Bien qu’en France on ait enregistré un accroissement du rayonnement ambiant environ 100.000 fois plus faible qu’à Tchernobyl[2]. Votre académicien Leonid Iline m’a dit que les journalistes voulaient le «pendre à la lanterne». Chez moi, en France, la situation était à peu près la même. Certaines personnes aveuglément «vertes» essaient de m’inculper parce que je n’ai pas donné d’instructions pour distribuer des produits à base d’iode, que je n’ai pas posé devant notre gouvernement la question de l’évacuation de la population, que je n’ai pas interdit la consommation d’aliment provenant d’Europe. Et tout ceci alors que nous sommes à 2.500 kilomètres de Tchernobyl[3]. Pour vous bien sûr c’est comique d’entendre cela. Mais croyez moi, ce n’était pas du tout amusant lorsqu’on parlait ainsi en France.

[2]Les deux complices:
- Le Professeur Pellerin
 est depuis 1966 le chef du service central de protection contre les rayonnements ionisants du ministère de la santé. A ce titre, il est le premier responsable de la protection sanitaire des Français contre les dégâts éventuels de l’industrie nucléaire.
En janvier 1974, dans les Annales des Mines, il recommandait aux responsables du programmes nucléaire français: «de ne pas développer de façon excessive les mesures de sécurité dans les installations nucléaires afin qu’elles ne provoquent pas une anxiété injustifiée».
L’académicien Iline qui en tant que président de la radioprotection d’URSS décide du sort des populations qui vivent sur les territoires contaminés par Tchernobyl définissait en 1985 l’objectif principal des hygiénistes soviétiques spécialisés en radioprotection de la façon suivante: «élaborer la méthodologie et la théorie de l’hygiène sur la base de la philosophie marxiste-léniniste en tenant compte de l’évolution actuelle du socialisme en URSS» («
Nouvelles de Moscou» n° 32, 3 au 10 août 1989). Envisageait-il en 1985 la catastrophe de Tchernobyl comme faisant partie de «l’évolution du socialisme en URSS» ?
Il est donc tout à fait normal que ces deux personnages se soient acoquinés pour tenter d’imposer aux populations des conditions de vie qui n’ont pour objectif que de protéger l’industrie nucléaire et non la santé publique.

[3]: Ainsi d’après M. Pierre Pellerin, la contamination en France a été totalement négligeable. Il faut bien sûr le remercier pour avoir, tel Batman, été capable d’arrêter par sa seule volonté le nuage de Tchernobyl à nos frontières le laissant stagner sur nos voisins. Au bout de 10 jour, M. Pellerin a craqué et le nuage fit son apparition sur la France. Dans ses communiqués quotidiens au début de mai 1986, la situation était tout à fait normale jusqu’à un certain jour où d’après lui «elle était redevenue normale» !
Nous avons publié dans la Gazette n° 88/89 (juin 1988) 
de larges extraits d’un rapport du Centre d’Etudes Nucléaires de Cadarache sur la contamination dans le Bassin du Var, suite aux retombées de Tchernobyl (rapport qui semble-t-il ne sera jamais rendu public dans son intégralité [il est maintenant disponible en PDF 2,9 Mo]. Il y est indiqué que la contamination surfacique en certains endroits a atteint des valeurs considérables telles que 8,7 Ci/km2 (322.000 Bq/km2) pour l’ensemble des radioéléments sans compter l’iode 131. La contamination surfacique en césium a atteint 2,5 Ci/km2 en certains endroits. Il y a donc eu en France des points particulièrement chauds et le rapporteur du CEA insiste sur le fait que la notion de moyenne dans une telle situation n’a guère de sens. Il ajoute que si la réglementation européenne avait été appliquée, il aurait été nécessaire d’interdire à la consommation certains produits alimentaires.
Ainsi, si aucune interdiction n’est intervenue en France ce n’est pas parce que la contamination a été nulle mais parce que M. Pierre Pellerin n’a jamais voulu appliquer la réglementation du Conseil des Communautés européennes et que son chef immédiat, le ministre de la santé, n’est nullement intervenu pour témoigner d’un quelconque désaccord avec son subalterne.
Signalons que les divers rapports de synthèse effectués par les experts européens ne mentionnent pas ces contaminations pour la France (Var, Moselle, Corse) pour la simple raison que M. Pierre Pellerin n’a pas jugé bon de transmettre les mesures effectuées en France par les organismes officiels (voir l’article «Les menteurs» dans la Gazette n° 88/89).


Ainsi la radiophobie a atteint aussi les Français ?

- Comme toutes les personnes qui ne connaissent pas grand chose à l’énergie atomique et à l’industrie nucléaire, les Français aussi ont peur des radiations.

Est-ce que l’accident de Tchernobyl a influencé les plans de développement concernant l’énergie atomique en France ?

- Pratiquement, non. Chez nous, 80% de l’énergie [non, de l'électricité] est produite par les centrales nucléaires. Cela veut dire que sur 10 ampoules, 8 sont alimentées grâce à l’énergie des centrales nucléaires. La France n’est pas un grand pays. Son territoire est comparable à celui de l’Ukraine. Et sur cette superficie, nous avons 60 réacteurs installés dans 20 centrales atomiques. Pour les Français, ces installations[4] ne sont pas quelque chose d’extraordinaire. C’est que tous les 200 kilomètres ils se heurtent à un réacteur atomique. D’après les résultats du dernier sondage, 64% de la population s’est prononcée en faveur de l’énergie nucléaire. Les Français comprennent qu’il n’y a tout simplement pas d’autre source d’énergie plus sûre. Ils sont aussi persuadés du caractère inoffensif des centrales nucléaires. Le Ministre de la Santé (c’est mon chef immédiat) a un pouvoir absolu. Il a le droit juridique d’arrêter[5] n’importe quel processus technologique si on a toléré une infraction qui peut potentiellement déclencher l’apparition d’une situation accidentelle.

[4]: Des points aujourd’hui toujours très contaminés en Biélorussie se trouvent à plus de 200 km de Tchernobyl. Ce qui veut dire qu’en France un site nucléaire peut être contaminé par les émissions radioactives d’un réacteur accidenté à 200 km de là. Voilà qui ne simplifiera pas la gestion d’une crise nucléaire en cas d’accident dont les responsables EDF admettent désormais qu’il est possible.

[5]: Bien sûr, M. Pellerin dispose d’un pouvoir absolu et il s’en sert abondamrnent quand il s’agit d’empêcher le CEA ou EDF de publier les résultats de leurs mesures. Il a un droit de censure absolu et il l’exerce. Il a aussi le droit de tripatouiller les mesures par de savantes moyennes de telle façon que les exploitants nucléaires sont incapables de retrouver les résultats qu’ils ont eux-mêmes fournis à ce délicieux savant (voir la polémique EDF/SCPRI sur les mesures faites en 1986 à la centrale de Cruas et relevées par la CRII-Rad, Gazette n° 78/79). En fait, ce n’est donc pas le ministre de la santé qui exerce un pouvoir absolu, mais son représentant, le Directeur du SCPRI…

Nous [en France ? Voilà d'où vient notre prétendue indépendance énergétique !] avons de grandes réserves d’uranium et notre économie s’appuie sur ces réserves. Le prix de l’énergie électrique des centrales nucléaires est d’environ 5 milliards de dollars. Sans l’énergie atomique, nous aurions dû dépenser cet argent à l’achat de pétrole. D’un point de vue financier, la perte de telles sommes serait ruineuse pour la France puisque les revenus de l’énergie nucléaire représentent un tiers du budget national. Si ceux-ci faisaient défaut, la France qui la première a développé plusieurs technologies industrielles ne pourrait pas maintenir son leadership. Le problème énergétique est un vieux problème. Déjà Napoléon en s’engageant dans la guerre n’aspirait pas à conquérir des territoires en tant que tels mais en tant que sources de matières premières énergétiques[6].

[6]: Comparer l’activité d’EDF aux guerres napoléoniennes n’est guère flatteur quand on connaît les morts et les dégâts causés par ces guerres en Europe. On peut discuter d’une telle gloire payée à un tel prix !

Les problèmes énergétiques provoquent de nombreux conflits surtout en Europe. Mais actuellement, avec le développement de l’énergie atomique, les privilèges des pays qui « possèdent » le charbon et le pétrole touchent à leur fin.
Pourtant, votre énergie atomique est un mauvais exemple pour les pays qui essaient de la développer et un bon atout dans les mains des compagnies pétrolières qui sont obligées de payer d’énormes sommes aux «Verts» pour que ceux-ci luttent contre les centrales nucléaires[7].
Après l’accident de Tchernobyl, nous avons examiné les projets de quatre centrales nucléaires. Les projets ont été confirmés, donc visiblement votre accident n’a pas eu d’influence. Le fait est que pendant six ans nous n’avons pas construit de centrales nucléaires alors que la puissance énergétique actuelle ne peut pas satisfaire les besoins de notre industrie[8].

[7]: Il était difficile à notre cher professeur d’utiliser devant un auditoire de Soviétiques l’argument habituel de certaines farouches inconditionnels du nucléaire: ceux qui osent mettre en doute cette foi absolue seraient finalement manoeuvrés par le KGB pour déstabiliser notre démocratie! M. Pellerin a-t-il en sa possession les preuves du financement des «Verts» par les compagnies pétrolières ? Sinon il risque d’être accusé de calomnie ! Ainsi nous espérons qu’il appuiera ses déclarations de scientifique compétent par les preuves objectives de ses accusations. S’il ne le faisait pas rapidement nous serions en droit de ne le considérer que comme un vulgaire calomniateur.

[8]
: Passons rapidement sur le fait que notre parc électronucléaire est tellement insuffisant pour alimenter notre industrie qu’EDF, pour atténuer quelque peu les coûts importants de sa surcapacité de production, se trouve dans l’obligation d’exporter à bas prix de l’électricité dans les pays voisins.
[Commentaire d’Infonucléaire: Les exportations d’électricité, 
en données de 1995 (non actualisée), sont de 70 TWh exportés ce qui correspond à la production annuelle d’environ: 12 réacteurs de 900 MWe ou 9 réacteurs de 1300 MWe. Soit un total de 9 à 12 réacteurs en trop en France !!!!!]

Professeur Pellerin, actuellement a lieu une discussion, pas seulement dans le milieu scientifique, au sujet de la conception d’absence de seuil et des effets des petites doses de radiations. Que pouvez-vous nous dire à ce sujet ?

- A mon avis, la conception d’absence de seuil appartient à la catégorie des problèmes imaginaires qui, bien à propos, sont utiles aux personnes atteintes d’égoïsme professionnel[9]. Au sujet de la linéarité (de la relation effet/dose, c’est-à-dire l’absence de seuil, Note du traducteur) pendant les 30 ans d’existence du marché commun, on a dépensé à peu près 1 milliard de francs et jusqu’à présent il n’y a eu aucun résultat. Lorsque nous posons la question pour arrêter le financement de telles recherches, on essaie de nous faire changer d’avis parce que depuis de nombreuses années existent des laboratoires, que des services entiers ont été créés, que beaucoup de scientifiques prennent part à ces recherches et qu’interrompre tous ces travaux serait peu raisonnable.

[9]: Il est savoureux (ou pénible) de lire ces stupidités de la part d’un haut responsable de la santé. Nous le renvoyons aux dernières déclarations des experts de l’Académie des sciences des USA, du Comité BEIR V (ce comité évalue les effets sur la santé des rayonnements ionisants). Citons des extraits de la revue américaine Science du 5 janvier 1990 «La nouvelle étude (le rapport BEIR V) conclut que les risques du rayonnement ont été jusqu’à présent sous-estimés. Ce n’est pas tout, car elle montre que la probabilité de développer un cancer après avoir été exposé à une petite dose de rayonnement est 3 à 4 fois plus élevé que ce qui était indiqué dans le précédent rapport de l’académie des sciences des USA, qui lui-même était dénoncé à l’époque par certains experts comme alarmiste. Ainsi le développement de la compréhension scientifique des effets du rayonnement sur la santé conduit à envisager actuellement comme modéré ce qui était considéré en 1970 comme un point de vue alarmiste».
La revue scientifique «New Scientist» du 6 janvier 1990 résume la nouvelle position des experts américains de l’académie des sciences: «Il n’y a pas de seuil en dessous duquel les effets du rayonnement sont négligeables»… «Le risque de développer une leucémie à partir d’une petite dose de rayonnement a été multiplié par un facteur 4»… «Le risque dépend en partie de l’âge et les enfants exposés à une dose donnée de rayonnement ont un risque de cancer double de celui des adultes».
Gageons, selon la logique de M. Pellerin, que ces messieurs de l’académie des sciences des USA, experts sur les effets biologiques du rayonnement, sont tout simplement appointés par les compagnies pétrolières !
M. Pellerin préfère s’en tenir à une version plus spécifiquement française, celle des experts de notre académie des sciences qui ont publié il y a peu un rapport sur le même sujet et dont les conclusions reprennent quasiment la vieille version des années 70 et recommandent de ne pas abaisser les normes de radioprotection. Ce sont certainement les mêmes compagnies pétrolières qui les empêchent de publier leurs travaux dans les revues internationales car nous n’y trouvons guère leurs noms ! Ils doivent donc se contenter de la presse française, parisienne ou provinciale…
En résumé: l’académie des sciences des USA indique clairement qu’il n’y a pas de seuil, que le risque est maintenant, d’après elle, de 800 cancers mortels pour une population de 1.000.000 de personnes soumises à un rayonnement de 1 rem (10 millisievert – mSv) au lieu de 125 morts estimés par la CIPR en 1977 pour la même dose collective de 1 million d’hommes x rem (ou 10.000 hommes x sievert). D’autre part, il est indiqué que les enfants sont des individus à risque particulièrement élevé.
Compte tenu de l’évolution des estimations de cette académie, il n’est pas impossible que le risque de facteur cancérigène soit dans les années à venir à nouveau revu en hausse.

Entre parenthèses, la conception d’absence de seuil est apparue non pas comme un problème exigeant une solution mais seulement comme une hypothèse qu’il convient d’utiliser par humanité afin d’élaborer des normes de protection. La Commission Internationale de Protection Radiologique créée en premier lieu justement pour examiner ces hypothèses pessimistes, a bien compris que c’était une manière pseudo-scientifique de traiter la question, toutefois elle n’a pas hésité à les formuler en partant précisément de ce désir d’améliorer la protection contre les radiations. Et un nombre énorme de personnes y compris des scientifiques, ont commencé à considérer cette hypothèse pessimiste comme un fait indiscutable.

Revenons au problème des petites doses. A propos je n’ai jamais obtenu jusqu’à maintenant une bonne définition. Qu’est-ce qu’on entend donc par petites doses ?

- La réponse à cette question va dépendre de votre profession.

Comment cela ?

- Si vous étiez un radiologue, on pourrait compter comme petite une dose de 20 rad. Mais si vous étiez un agent des services de protection radiologique, alors on la compterait comme dangereuse, presque mortelle. C’est pourquoi on ne peut pas répondre par un chiffre. Une telle définition n’existe pas, bien que je comprenne que cela paraisse ridicule.

Moi, ma profession c’est journaliste.

- Ne prenez pas cela pour vous. Mais d’après les publications de vos collègues[10] qu’il m’est arrivé de lire, n’importe quelle dose est mortelle. Pourtant nous sommes entrés ensemble à l’intérieur du sarcophage. Oui nous nous sommes exposés à un risque en recevant à peu près 130 millirad. Mais moi je ne me considère pas comme irradié. Notre tâche est actuellement de faire enfin comprendre aux gens ce qu’est une dose d’irradiation et la comparer à un risque réel; 100 millirad, c’est ce qui résulte d’une seule radiographie des poumons[11]. Tandis que celui qui subit un examen radiologique complet de l’appareil digestif reçoit en un jour 35 à 40 rad. Mais si à côté de cela on dit que durant sa vie on accumule en moyenne 35 rad et il faut ajouter qu’une certaine dose est apportée par l’élévation du rayonnement ambiant résultant, disons, de l’accident radioactif, alors les gens commencent à avoir peur. Mais ce sont des choses complètement différentes. C’est à peu près pareil que si on vous propose de prendre 35 comprimés d’aspirine en une fois ou durant 70 ans[12]. Dans le premier cas, vous mourez et dans le second cas, rien ne vous arrive.

[10]: D’après Nucleonics Week, 7 déc. 1989:
Le biophysicien Marvin Goldman a déclaré «qu’il avait enregistré des niveaux de rayonnement d’environ 100 milliroentgen par heure à environ 20 mètres du sarcophage et de 30 mR/h à 100 mètres. Pendant la visite du site qui a duré un peu plus d’une heure, il a enregistré une dose totale de 200 mR…»
La visite d’une heure hors du sarcophage donne une dose de 0,2 R/h, soit environ 0,17 rem. La limite annuelle de dose considérée comme acceptable pour les travailleurs de 5 rem/an est atteinte en moins de 30 heures avec un tel débit de dose ! On voit mal comment on peut faire travailler, même en négligeant la santé des travailleurs, des gens pendant des temps très longs à l’intérieur du sarcophage. Les propos de P. Pellerin n’ont guère plus de valeur que ceux d’un touriste en balade rapide et qui aime se donner des frissons !

[11]: Il est évident pour la plupart des experts que le rayonnement médical n’est pas totalement anodin et présente un risque. De nombreux comités d’experts recommandent de les pratiques uniquement s’ils sont justifiés par le bénéfice que le patient peut retirer du diagnostic pouvant être déduit des examens par rayons X.
Sur ce sujet, la France est très en retard et ce n’est pas étranger aux conceptions à l’honneur chez nos responsables de la santé dont M. Pellerin est le représentant typique. Ce n’est donc pas un hasard si la France est au premier rang mondial pour la consommation de radiodiagnostics. Cela coûte cher en argent et en vies humaines !

[12]: Pourquoi P. Pellerin utilise-t-il toujours ce nombre de «35» ?: une radio délivrant 35 rad, 35comprimés d’aspirine ? C’est que ce nombre 35 est un nombre fatidique: 35 rem est la dose qui, engagée sur 70 ans, est jugée acceptable par les autorités sanitaires soviétiques (dont Iline). En dessous de cette dose, on continue à vivre sur les territoires contaminés. Au dessus, on envisage l’évacuation.
Les scientifiques biélorusses quant à eux, se fiant aux recommandations de la CIPR de 1985, considèrent que la limite moyenne d’accèptabilité est de 0,1 rem par an, soit 7 rem en 70 ans. Ceci conduirait évidemment à des évacuations massives qui impliquent des dépenses considérables.
Mais pour Pellerin, tout se passe comme si 1 rem = 1 comprimé d’aspirine ! Bravo M. Pellerin.
Le comprimé d’aspirine est une image très prisée de M. le Pr Pellerin. Ainsi nous avons retrouvé dans une de ses publications des années 70 une autre allusion au comprimé d’aspirine. Dans «La querelle nucléaire vue par la santé publique», P.P. écrivait à propos des déchets nucléaires: «Voici la réalité: Si toute l’énergie produite en l’an 2000 était d’origine nucléaire, le retraitement des combustibles nucléaires ne produirait pas un volume de déchets de haute activité supérieur, par habitant et par an, à celui d’un cachet d’aspirine. En dix ans, plus de 99 % de leur radioactivité disparaît du fait de la décroissance».
M. Pellerin ne doit pas bien comprendre pourquoi les habitants des sites retenus pour les futures poubelles nucléairés se battent contre les forces de l’ordre pour empêcher qu’on mette chez eux, très profond dans la terre, quelques comprimés inoffensifs !
Dans le même article, cet expert en santé publique parlant du problème du plutonium, déclairait: «Il est simplement aussi toxique que la nicotine et seulement une dizaine de fois plus que la caféine». Toujours à propos du plutonium, il déclarait à L’Express (9-15 déc. 1974): «Vous pouvez boire de l’eau contenant du plutonium, manger des légumes gorgés de plutonium».
Les « oeuvres complètes » de Pierre Pellerin révèlent des trésors étonnants. C’est certainement pour cette raison qu’on le trouve comme expert à la Commission Internationale de Protection radiologique (CIPR), au Comité scientifique des Nations Unies pour les effets des radiations atomiques (UNSCEAR), à l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), comme expert auprès du conseil des Communautés européennes, et enfin comme responsable en chef de la protection de la santé publique contre les rayonnements. Question: après son départ à la retraite dans quels comité continuera-t-il à sévir ?

J’estime qu’avant tout, il faut ouvrir l’énergie atomique aux gens de façon à ce qu’ils puissent visiter les centrales nucléaires et obtenir l’information qui les intéresse à n’importe quel moment. C’est de cette façon que sera assuré un contrôle sûr par la population du travail des entreprises atomiques. En effet, moins il y a de contrôle, plus l’incertitude concernant la sécurité est grande. Le problème n’est pas l’énergie atomique est-elle bonne ou est-elle mauvaise mais jusqu’à quel point elle est contrôlée par la population.

L’accident de Tchernobyl a justement compromis la confiance dans la sécurité des centrales atomiques ?

- Oui, c’est vrai. Mais je crois que cet accident n’a pas eu que des conséquences négatives mais aussi en un certain sens des conséquences positives[13]. Comme résultat positif, je pense qu’on peut noter l’élargissement des contacts internationaux dans le domaine de l’énergie nucléaire. De nombreux pays ont cessé de considérer l’énergie nucléaire comme leur propriété privée dont personne d’autre ne doit s’occuper.
Des scientifiques et des spécialistes étrangers ont visité vos installations atomiques, les Soviétiques ont visité les installations des autres pays. Quel mal y a-t-il à cela ? Je suis heureux qu’entre l’URSS et la France la compréhension s’installe. Chez nous sont venus vos scientifiques, l’académicien Leonid Iline, les professeurs Evguenine Komarov et Anatoli Romanenko. Nous leur avons montré nos installations secrètes, la plus grande usine au monde de traitement industriel des déchets radioactifs.
Nous n’aurions jamais pu organiser de telles visites par l’intermédiaire de l’AIEA par exemple mais nous avons réussi à le faire par celui de notre gouvernement. Le fait que j’ai eu la possibilité de discuter avec vos scientifiques est la meilleure preuve de notre compréhension mutuelle.

[13]: Ainsi, Tchernobyl a pour M. Pellerin bien des aspects positifs. Cela lui a permis de pouvoir offrir largement ses services aux états qui ont des difficultés avec leurs scientifiques et leur population comme c’est le cas actuellement en Ukraine et en Biélorussie. Ainsi les vaillants héros qui sont morts pour éviter le pire, ceux qui survivent dans des conditions les plus précaires, les soldats qu’on a contraints par dizaines de milliers aux travaux de décontamination du site de Tchernobyl, les morts à venir parmi ceux qu’on oblige à demeurer sur des territoires très contaminés, n’ont pas été inutiles. Ils n’assombrissent pas pour ce responsable de la santé publique les aspects «positifs» de la catastrophe. Avoir un tel cynisme est quand même assez rare sauf parmi les sectes intégristes !

Mais il sera difficile de rétablir la foi ébranlée dans la sécurité de l’énergie atomique…

- L’énergie atomique en soi est un phénomène progressiste et les moyens de protection qu’on utilise actuellement sont aussi progressistes. Mais avant tout, je suis médecin et je me soucie de la santé des gens. Ce qui est arrivé à Tchernobyl, c’est un accident industriel. Les avions aussi essuient des catastrophes mais ce serait déraisonnable de refuser les vols aériens à cause de cela. Je ne connais pas d’autre source d’énergie électrique plus inoffensive et ayant moins d’influence sur la santé des gens que l’énergie atomique. Prenons la centrale française de Paluel dont la puissance est de 5.600 MW. Elle consomme chaque année 5 wagons d’uranium. Tandis que si l’on était obligé de produire la même énergie à l’aide de centrales thermiques, il faudrait 40 wagons par jour, soit 14.600 par an. En plus de telles centrales au charbon de 1.000 MW envoient dans l’atmosphère environ 7 millions de tonnes de gaz carbonique chaque année, augmentant le niveau mondial des océans de 3 millimètres au moins. Si nous continuons à exploiter les centrales thermiques, la Hollande devrait disparaître complètement et la Normandie se transformer en île. Il est évident que ceci est un avenir effrayant.

Mais nous ne sommes pas protégés contre les catastrophes naturelles. En effet, la centrale atomique d’Arménie a été construite dans une zone sismiquement dangereuse et c’est la raison pour laquelle il a été décidé de la démonter.

- Chez nous aussi, il y a des centrales nucléaires dans des régions sismiquement instables, mais elles sont construites sur des patins en caoutchouc et ne craignent pas les chocs même extraordinaires[14]. Et aux personnes qui craignent les séismes, nous conseillons dès que les secousses commencent, courez vers la centrale atomique !

[14]:La centrale de Cruas, située dans la zone sismique de la vallée du Rhône, respecte les normes de sûreté antisismique. Nous ne chercherons pas ici à analyser la validité de ces normes. Signalons simplement que les réacteurs du Tricastin à quelques kilomètres de Cruas ne respectent pas ces normes. Monsieur Tanguy qui était alors un expert en sûreté au CEA est intervenu à la Commission Interministérielle des Installations Nucléaires de Base pour que celle-ci ne considère pas la région comme présentant des risques sismiques au sens des normes de sûreté.

Est-ce que la population française possède des dosimétres individuels ?

- Jusqu’à présent, une telle demande ne m’a jamais été faite. Chez nous, les gens ont une entière confiance dans l’information officielle. Ils sont sûrs qu’avant la construction de n’importe quelle installation nucléaire le gouvernement prend soin de sa sûreté[15]. Sans l’accord écrit du Ministre de la Santé, une telle construction est simplement impossible. En France a été mis au point un système précis de contrôle de la situation radioactive. Sur tous les terrains d’aviation sont installés des détecteurs pour mesurer la radioactivité de l’air. Chaque installation de ce type est reliée à mon service et l’information arrive directement sur mon écran. Pour chacun des 60 réacteurs sont installés 20 points de mesures dont les données sont également transmises à mon service. De cette façon, nous avons le moyen de disposer de toutes les informations sur la situation réelle de la radioactivité dans le pays et ceci à tout instant.
Nous prenons constamment une grande attention à la réalisation de notre tâche d’information du public en ce qui concerne les problèmes de sécurité nucléaire. Nos centrales atomiques sont ouvertes aux visiteurs. L’an dernier, elles ont été visitées par 300.000 personnes. Nous avons instauré depuis 2 ans un système «Minitel». A l’aide de cet appareil, en composant par téléphone le 3614, vous pouvez obtenir des informations sur n’importe quelle donnée concernant les centrales nucléaires, y compris sur le niveau de pollution radioactive de l’air et de l’eau autour de chaque installation. La particularité de ce système consiste en ce que n’importe qui peut l’utiliser à volonté comme il le désire et à la fréquence qui lui convient. J’espère qu’à ma prochaine visite à Kiev je pourrai faire la démonstration de ce système.

[15]: Il est de mauvais goût de rappeler à méfiance du public vis-à-vis de M. Pellerin. En mai 1986, ce fut pour lui un vrai festival.
En ce qui concerne la rapidité des réactions du SCPRI vis-à-vis des situations accidentelles, mentionnons que son Bulletin mensuel porte en tête du chapitre sur les mesures de la radioactivité dans les poussières atmosphériques: «les mesures sont connues cinq jours après les prélèvements».

Est-ce qu’il y a un accroissement du rayonnement ambiant autour des centrales atomiques ?

- Pratiquement non. Les réacteurs ont une grosse enceinte de protection et une fuite plus ou moins importante est simplement impossible[16].

[16]: Ainsi toute fuite hors de l’enceinte de confinement des réacteurs français est-elle «simplement impossible».
Alors pourquoi M. Pellerin a-t-il été l’inventeur et le farouche promoteur des filtres à sable dits «filtres rustiques» ?
Les enceintes ne résistant pas à la surpression résultant d’une fusion importante du coeur (possible et même peut-être prévisible 
d’après M. Tanguy actuellement à EDF), il lui a semblé utile d’y mettre une soupape afin de relâcher la pression d’une façon qu’il espère pouvoir contrôler en limitant les rejets radioactifs. Ainsi les procédures françaises de sûreté envisagent des rejets de produits radioactifs dans l’environnement. Nos experts les ont évalués et les considèrent comme acceptables !

Mais auparavant, avant l’accident de Tchernobyl, on considérait aussi que l’accident était impossible.

- L’accident de Tchernobyl et aussi Three Mile Island se sont produits non pas parce que la technologie exigée était insuffisante mais parce que ces exigences ont été violées. Je vous ai déjà dit qu’il n’y a pas de technologie plus sûre et moins nocive pour la production d’énergie électrique que celle de l’énergie nucléaire. Mais elle se venge de manière cruelle en cas d’insouciance et d’inattention.
Je veux maintenant organiser en France, avec l’aide bien sûr de mes collègues européens, une équipe qui, pour ainsi dire, n’aurait pas peur des radiations. En effet, si tout à coup survient quelque part quelqu’accident comme à Tchernobyl, on sera loin d’avoir beaucoup de monde ayant le désir de travailler avec l’éventualité d’une irradiation par rayonnements ionisants. Or, ce travail doit être fait par des professionnels. J’ai rencontré vos spécialistes. J’ai rencontré Iouri Samoïlenko et son action pour créer un tel service en URSS est un bon exemple pour nous. Dans mon propre pays, je dis que s’il survenait un accident chez nous, les meilleurs conseillers dans les domaines technique et médical seraient les spécialistes soviétiques. Personne d’autre n’a jusqu’à présent une expérience telle que la vôtre dans la liquidation d’un accident radioactif.

Entretien réalisé par Alexandre Sidorenko,
Kiev-Tchernobyl-Kiev,
Kiev-Soir, 19 juin 1989,
publié par Sovietskaya Bieloroussia, dimanche 1er juillet 1989

Tchernobyl: à propos de la CIPRbertell CENTRALES NUCLEAIRES
Dr. Rosalie Bertell.

*Les problèmes de Tchernobyl sont enracinés très profondément dans notre société. Il s’agit vraiment de problèmes structurels. Nous devons identifier les mécanismes de répression structurelle qui sont à l’oeuvre ici. Nous devons également porter le problème de Tchernobyl devant l’opinion publique. On présente Tchernobyl comme un problème scientifique, mais c’est faux : Il s’agit de répression, de décisions politiques qui ont entraîné les conséquences dramatiques que nous observons.

Aujourd’hui, étant donné que la Conférence de l’Agence Internationale pour l’Énergie Atomique (AIEA) vient de réunir les auteurs du Rapport de 1991 sur Tchernobyl – ceux-là même qui ont déclaré que les problèmes ont été exagérés et que les maladies n’ont aucun lien avec la radioactivité – ces experts se trouvent au centre des critiques.

Cependant j’estime que les racines du problème sont plus profondes encore. Elles ont précédé ce qui s’est passé à l’AIEA. Cette organisation n’est qu’une force de police qui applique de manière irrationnelle des mécanismes préétablis. Actuellement, c’est l’AIEA qui est la plus critiquée. J’estime que sa manière d’appliquer le régime de protection contre les radiations a été très cruelle, mais ce n’est pas elle qui a créé ce régime.

Je travaille depuis 1968 comme chercheur sur les effets des radiations sur la santé et j’ai été surprise de découvrir dans la littérature que l’essentiel des recherches vraiment détaillées ont été menées avant 1951.

A partir de 1951, un mythe s’est établi, selon lequel il serait impossible de déceler les effets des faibles dosesde radiations. 1951 est une date très importante, celle de l’ouverture du site des essais atomiques en atmosphère au Nevada, le premier site ouvert sur le continent américain. Les retombées de plus de 500 essais atomiques se sont répandues dans tout l’hémisphère Nord. A partir de cette époque, une propagande savamment orchestrée décréta que les faibles doses de radiations étaient sans danger, qu’il était impossible de leur attribuer aucun effet négatif.

Lorsque nous regardons ce qui s’est passé à Hiroshima et à Nagasaki, nous voyons qu’à partir de ce moment, la recherche s’est pratiquement limitée aux conséquences des scénarios de guerre. Il s’agissait de savoir combien de personnes seraient tuées rapidement, combien seraient hors d’état de combattre. Voilà quelles étaient désormais les préoccupations des chercheurs, et les calculs qu’ils ont effectués. Ils ne s’intéressaient ni aux fausses couches ou avortements, ni aux enfants mort-nés, ni aux enfants malades, ni aux conséquences pour le long terme. Leur recherche était très sélective et les dommages reconnus devaient demeurer minimes. [...]

J’estime que le nombre des victimes des radiations s’élève environ à 32 millions de personnes, ce qui est un chiffre prudent : travailleurs du nucléaire, population japonaise, victimes des essais nucléaires en atmosphère et victimes des divers accidents et incidents passés, Le plus grave d’entre eux est la catastrophe de Tchernobyl, qui reste un épouvantable désastre dont nous allons parler pendant ces deux prochains jours.

Nous devons aussi évoquer la définitions que donnent les bureaucrates de ce que l’on doit qualifier de « sérieux », un « sérieux » qu’ils définissent pour l’ensemble de la communauté. Cela ne concerne pas l’individu, le point de vue individuel étant très différent.

Pour moi, 1954 constitue un autre tournant historique. En 1954 a eu lieu la première explosion réussie – du point de vue des militaires – de la bombe à hydrogène. La bombe H a donné une puissance de feu illimitée à l’explosion atomique. La puissance de feu des bombes atomiques du type de celles qu’on a utilisées contre Hiroshima et Nagasaki reste limitée. Ce n’est plus le cas pour les bombes à hydrogène. C’est donc en 1954 que les Etats-Unis en particulier et les puissances occidentales ont décidé de placer la bombe au centre de leur doctrine stratégique.

C’est de cette époque que date le lancement du programme de l’atome commercial, soi-disant « pacifique », qui a permis d’organiser toute l’Amérique du Nord en une grande usine à bombes, y compris les mines d’uranium, les usines d’enrichissement, mais aussi l’implication des universités chargées d’enseigner la physique et les technologies nucléaires etc. Il fallait s’assurer de la coopération des civils et c’est de cette époque que date l’organisation de la Commission Internationale pour la Protection contre les Radiations (CIPR).

Née dans le secret des armes atomiques, cette organisation a, dès sa création, baigné dans le secret de la sécurité nationale. Il s’agit d’une commission composée de 13 hommes** (jusqu’à l’arrivée de la première femme en 1990), qui élabore toutes les définitions et prend toutes les décisions. Ses membres se remplacent par cooptation et s’auto-perpétuent. Ce sont eux qui élaborent les recommandations pour les normes de radioprotection qui sont ensuite adoptées par tous les pays et sur lesquelles se basent en particulier les règlements appliqués par l’AIEA. L’AIEA les a appliqués d’une façon très cruelle, à Tchernobyl et dans tant d’autres occasions.

Il est très important d’étudier les documents de la CIPR. J’ai été très choquée de lire dans leur édition de 1990 qu’ils parlaient d’effets « transitoires » des radiations, effets qu’ils estimaient ne pas être assez graves pour être indemnisés ou reconnus. Or il s’agit précisément des problèmes dont souffrent les populations et qu’il faudrait faire connaître au monde entier. L’existence de ces problèmes est niée de manière constante par l’AIEA, alors qu’en réalité elle est admise par la CIPR. La CIPR reste très discrète, en retrait, en effet sa crédibilité professionnelle est en jeu. Ces 13 « experts » ne peuvent se permettre d’affirmer malhonnêtement que ces effets n’existent pas, qu’ils n’ont aucun lien avec les radiations. Ils laissent aux ingénieurs et aux physiciens de l’AIEA le soin de parler des conséquences des radiations sur la santé. Ceci est un aspect déterminant du problème.

Il y a plusieurs manières d’utiliser des définitions, ce que l’Université de Harvard qualifie de « dysreprésentation ». Il y a des manières très habiles de mentir, si l’on veut éviter d’être traîné en justice. L’une est de définir « l’accident ». Je ne connais pas bien la définition exacte de l’accident de Tchernobyl, mais je me souviens que pour Three Mile Island, leur définition de « l’accident » ne prend en compte que les 7 premiers jours : Tout ce qui s’est passé par la suite tombe sous la définition de « décontamination ». Lorsqu’ils parlent des doses que les personnes ont reçues suite à l’accident, ils les limitent en conséquence aux 7 premiers jours. En outre, ils en soustraient la dose que les gens auraient reçu en travaillant dans une centrale nucléaire en fonctionnement normal, plus le rayonnement de fond, plus les retombées des essais nucléaires chinois (en atmosphère à cette époque), étant donné que tout ceci était possible. La dose reçue suite à l’accident comprend en conséquence ce qu’ils ont effectivement reçu les 7 premiers jours seulement, moins tout ce qu’ils auraient pu recevoir par ailleurs mais n’ont pas reçu effectivement. Ceci constitue en soi une tromperie.

J’aimerais souligner la différence entre les conséquences de l’accident de Tchernobyl et celles de l’accident de Bhopal : à Bhopal, la plupart des effets étaient visibles immédiatement. Il y avait des atteintes directes aux personnes exposées, et ces atteintes étaient flagrantes, tant pour ces personnes que pour le public. Les lésions dues aux radiations quant à elles, se produisent au niveau de la cellule et un certain temps de latence s’écoule avant que la personne ne tombe malade. On ne fait donc pas immédiatement le lien entre la maladie et l’exposition aux radiations. Lorsque cette lésion affecte un spermatozoïde ou un ovocyte, le résultat n’apparaît que dans les générations suivantes. Il se perpétue et c’est précisément cela que l’industrie atomique essaie de nier.

Les experts ont constamment minimisé les conséquences génétiques et les conséquences pour les générations futures. Comme une personne de Tchernobyl me l’a expliqué, il s’agit d’un accident qui commence à petite échelle et s’aggrave avec le temps. C’est l’inverse de ce qui se passe après la rupture d’un barrage ou autres terribles catastrophes, épouvantables au début, mais dont les effets s’atténuent avec le temps. Tchernobyl au contraire s’aggrave sans cesse. D’un point de vue psychologique, cet aspect est essentiel, car la crainte de transmettre des lésions aux générations futures augmente dans la population.

Je voudrais énoncer ici, [...] d’une part les atteintes à la santé attribuées aux radiations reconnues par l’AIEA, et d’autre part les atteintes réelles qu’elle refuse de reconnaître. L’AIEA a créé deux catégories, trois depuis qu’elle a été obligée de reconnaître la leucémie.

Les experts reconnaissent tout d’abord les « cancers mortels radio-induits », chaque mot étant essentiel. Ils reconnaissent donc les cancers mortels, mais sont très réticents pour admettre des cancers qui ne seraient pas mortels ou les tumeurs bénignes. Par ailleurs ils ne considèrent que les cancers « radio-induits », refusant d’admettre que les radiations favorisent des cancers induits par d’autres causes. C’est pourquoi ils imposent une limite de 10 ans et ne reconnaissent aucun autre cancer comme ayant été radio-induit, en particulier des cancers ayant été favorisés par les radiations. Cette catégorie n’est pas indemnisée.

L’autre catégorie est constituée par « les maladies génétiques graves chez des enfants nés vivants ». Ici aussi chaque mot a son importance. Il faut qu’il s’agisse d’une « maladie génétique grave », c’est à dire une maladie classique, codifiée, « maladie très rare et très grave ». Les atteintes les plus courantes comme l’asthme ne sont pas reconnues. Il faut par ailleurs qu’il s’agisse d »‘enfants nés vivants », c’est à dire qu’ils ne reconnaissent pas la mortalité périnatale, ni les avortements causés par des malformations congénitales du foetus.

En ce qui concerne les effets tératogènes, lésions du foetus in utero, ils n’acceptent à présent que « le retard mental grave » et ils limitent l’exposition à 8 – 15 semaines de grossesse. Pour l’industrie atomique, « le retard mental grave » implique l’incapacité d’une personne à répondre à un salut, ou l’incapacité de se nourrir elle-même. Rien d’autre n’est retenu. Il s’agit visiblement d’états limites, alors que les habitants des régions contaminées souffrent d’une quantité d’autres maladies [...]. La plupart de ces souffrances ne sont pas reconnues.

Nous devons comprendre que ce déni est d’ordre structurel, inhérent à la situation politique. On a souvent dit que la plupart des problèmes de Tchernobyl venaient de ce qu’il s’agissait d’un régime communiste, et que les structures politiques d’alors étaient responsables. Pourtant le même degré de secret existe en Occident. J’aimerais citer à titre d’exemple l’accident de Three Mile Island qui s’est produit en 1979 aux Etats-Unis.

2000 victimes de Three Mile Island n’ont toujours pas encore été entendues par les tribunaux. En effet, l’industrie atomique est intervenue en appel jusqu’à la Cour Suprême, pour faire admettre que le niveau de radiations auquel les habitants ont été exposés à Three Mile Island était incapable de causer des atteintes à la santé et qu’en conséquent aucun cas ne pouvait être recevable. Ceci a été rejeté il y a un mois seulement (mars 1996), et la procédure vient enfin d’être ouverte pour des cas datant de 1979. Les 11 premiers cas seront jugés en juin 1996 au Tribunal Fédéral de Harrisbourg.

L’industrie atomique est intervenue une seconde fois, invoquant une loi qui réglemente l’audition des experts. Ils plaident qu’un expert ne peut témoigner que si sa méthodologie et ses résultats concordent avec ceux de ses pairs dans le domaine des atteintes à la santé radioinduites. Ils se sont auto-proclamés pairs dans ce domaine. En conséquence, 11 sur 12 des experts viennent d’être révoqués par la Cour. A présent les victimes en seront réduits à plaider sans l’assistance de leurs experts, ce qui représente un déni structurel du droit d’expression et de la justice légale.

J’aimerais attirer l’attention [...] sur ce que j’appellerai les dangers atomiques imminents qui nous menacent tous, étant donné que l’industrie atomique se prépare au prochain accident nucléaire. Je pense que les dangers inhérents à cette technologie ne sont pas seulement les accidents statistiquement prévisibles, inhérents à toute industrie, mais également les émissions routinières de matières radioactives au cours du fonctionnement normal.

J’estime que [...] (l’on) devrait se prononcer sur la définition extrêmement limitative des dommages radio-induits que donne la CIPR.

J’estime que [...] (l’on) devrait condamner l’absence de toute agence internationale chargée de la protection des travailleurs et des communautés menacées par cette industrie. La CIPR fait des compromis tenant compte des « impératifs » économiques. Elle ne parle pas en faveur de la protection contre les radiations. Aucun membre de la CIPR n’a jamais eu de formation spécifique dans le domaine de la santé publique ou de la médecine du travail. Plus de 50% d’entre eux sont des physiciens, ils défendent le compromis, car ils sont pratiquement tous liés à cette industrie.

J’estime que nous devrions reconnaître publiquement les souffrances humaines niées par l’AIEA. La revictimisation des victimes par cette administration doit être condamnée. Nous devons condamner le conflit d’intérêts qui existe au sein de l’AIEA, chargée de la promotion de l’industrie atomique dans les pays en développement. Les Nations-Unies donnent une crédibilité pseudo-scientifique à cette agence.

Mais j’estime que la question la plus importante est l’atteinte au milieu naturel, aux bases mêmes de la vie sur terre. Je recommande l’abolition de la CIPR et de l’AIEA, mesure essentielle pour un avenir viable. [...]

Dr. Bertell,
Tchernobyl, conséquences sur l’environnement, la santé, et les droits de la personnes,
Vienne, 12-15 avril 1996,
Tribunal Permanent des Peuples,

Commission Médicale Internationale de Tchernobyl.

 

* Rosalie Bertell est présidente de l’International Institute of Concern for Public Health (Institut international pour la santé publique) de Toronto.

** En 1990, la CIPR était composée des personnes suivantes : Président : Dr. J. Beninson; Comision Nacional de Energia Atomica, Argentine, Vice-Président : Dr. H. Jammet, Directeur du Centre d’Etudes Nucléaires de Fontenay aux Roses, France, Secrétaire scientifique : Dr. H. Smith, Grande-Bretagne Membres : Professeur R.J. Berry et M. H.J. Dunster, Grande Bretagne, Prof. W. Jacobi, Allemagne, Dr. Li Deping, Chine, Prof. J. Liniecki, Pologne, M. C.B. Meinhold, Prof. A.K. Poznanski, Dr. W.K. Sinclair, USA, Prof P.V. Ramzaev, URSS, Dr. G. Silini, Autriche, Dr. E. Tajima, Japon. Au cours de 1990, les Dr. Tajima, Ramzaev, Poznanski et Berry ont été remplacés par les Dr. R.H. Clarke, le Professeur A.K. Guskova (la première femme, russe, spécialiste du syndrome d’irradiation aigüe) le Prof. F. Mettler (rédacteur de l’étude de l’AIEA en 1991 sur les conséquences de Tchernobyl sur la santé) et le Dr. S. Shigematsu.

 

Tchernobyl et la gravité de la situation 
concernant la démocratie en France

(Bella BELBEOCH)

Il y a en ce moment une orchestration avec montée en force pour blanchir définitivement le Professeur Pellerin pour sa  » gestion  » post-Tchernobyl en 1986 et ce qui se passe est très grave pour la liberté d’expression et la démocratie. On a l’impression d’un tournant et les protestations ne sont pas à la hauteur des enjeux.

D’après le Pr. Galle (1) P. Pellerin, directeur du SCPRI (service central de protection contre les rayonnements ionisants), a donné toutes les informations en temps réel sur la contamination en France dès qu’a été connue le 28 avril 1986 l’explosion du réacteur de Tchernobyl et il n’y avait aucune raison en France de prendre quelque contre-mesure que ce soit, ce qui blanchit du même coup toutes les autorités officielles françaises.
De son côté le Pr. Aurengo (2) renforce ses attaques contre l’IRSN (Institut de radioprotection et sûreté nucléaire) pour sa carte de contamination de la France publiée l’an dernier et devenue cohérente avec celle publiée par la CRIIRAD. Toutes deux sont très différentes de celles publiées en 1986 par le SCPRI du Pr. Pellerin. Crime de lèse-majesté ! Rappelons que cette nouvelle carte IRSN a été révélée l’an dernier lors d’une conférence de presse de l’IRSN et qu’André-Claude Lacoste, le directeur de la DGSNR (direction générale de la sûreté nucléaire et de la radioprotection), aurait souhaité empêcher la tenue de la conférence. On l’a appris par un article du Figaro du 10 juin 2003 titrant «  Nucléaire : la transparence muselée « . L’article de Fabrice Nodé-Langlois et Yves Miserey faisait état de pressions et censures exercées sur les scientifiques partisans de la transparence au sein de l’IRSN, pas seulement dans le domaine de la radioprotection mais également dans celui de la sécurité des réacteurs (3).
C’est dans ce contexte qu’on apprend que, pour la première fois depuis 18 ans, l’IRSN ne fournira pas de dossier Tchernobyl. Il y a tout lieu de supposer que le Pr Aurengo, le Pr Galle et leurs amis supporters de P. Pellerin pèsent plus lourd que les scientifiques désireux de transparence de l’IRSN et qu’André-Claude Lacoste a sacrifié les tenants de la transparence.

Pourquoi il est « nécessaire » de blanchir le Pr. Pellerin

- Il y a, bien évidemment, le procès en cours des malades de la thyroïde et de la CRIIRAD. Reconnaître la carte de l’IRSN c’est reconnaître la validité de celle de la CRIIRAD et de ses actions face aux carences de l’état français.

- Mais il y a un autre point et sur lequel on fait silence : le laboratoire du SCPRI était le centre international de référence de l’OMS et c’est en tant que responsables de l’OMS que Pellerin, en même temps que l’argentin Beninson et le canadien Waight, ont été envoyés en juin 1989 en Ukraine et en Biélorussie pour soutenir les autorités de radioprotection soviétiques et contrer les scientifiques ukrainiens et biélorusses qui réclamaient une meilleure radioprotection de la population ce qui aurait impliqué un programme d’évacuation à effectuer dès fin 89 et les années suivantes bien plus important que celui prévu par les autorités soviétiques. Ainsi lorsque Pellerin est attaqué pour sa  » gestion  » en France en 1986 on attaque en même temps l’expert de l’OMS, ces experts qui sont intervenus à Minsk et à Kiev en dénigrant les scientifiques biélorusses et ukrainiens, en soutenant les décisions des experts de Moscou, en disant que si on leur avait demandé leur avisils auraient préconisé des normes 2 à 3 fois plus élevées.
Rappelons qu’à l’automne 1988 les responsables soviétiques introduisent le concept de dose-vie, dose qui serait engagée par un individu vivant 70 ans dans un endroit contaminé. Cette dose-vie ne devait pas dépasser 35 rem soit 350 millisievert (5 mSv par an). Il était tenu compte des doses reçues auparavant. Si dans une zone la dose-vie était inférieure à 35 rem, la vie redevenait normale (on arrêtait l’arrivage de nourriture  » propre « ). Si elle était supérieure à 35 rem les habitants devaient être évacués ( » relogés  » en zone  » propre « ). Ce concept devait devenir une loi au 1er janvier 1990, ce qui n’a pas eu lieu.
Préconiser 3 fois 350 mSv sur 70 ans soit 15 mSv/an (en contradiction flagrante avec la législation française de l’époque et la limite admissible de 0,5 mSv/an) cela représente une dose-vie de 1 Sievert. C’est précisément ce que recommandent désormais les experts internationaux en radioprotection, voire davantage selon la situation, pour le prochain accident nucléaire !
En appliquant les mesures préconisées par les scientifiques ukrainiens et biélorusses (1mSv/an) les évacuations tardives auraient concerné 1 million de personnes dont des habitants de villes importantes (4).

Défendre Pellerin et sa gestion post-Tchernobyl en France en 1986 c’est aussi crédibiliser son action 3 ans plus tard en Ukraine et en Biélorussie et effacer sa responsabilité dans la dégradation sanitaire de la population des zones contaminées en ex-URSS et celle de tous ceux qui ont empêché les évacuations tardives des années 90.

B. Belbéoch


1- P.Galle et al.,  » Données métrologiques et évaluation des risques en France lors de l’accident de Tchernobyl (26 avril 1986). Mise au point historique « . C. R. Biologies 326 (2003).
http://www.sciencedirect.com
Rappelons que le même Pr. Galle avait insisté pour que le GSIEN fasse une intervention lors du colloque de Créteil organisé par la Société française de radioprotection et la société de biophysique le 15 mai 1987 (Gazette Nucléaire 78/79 juin 1987). Il a été demandée publiquement, au nom du GSIEN, la démission du Professeur Pellerin pour incompétence et qu’une commission d’enquête établisse les responsabilités à tous les niveaux. Voir aussi Gazette Nucléaire 207/208 juillet 2003
2- André Aurengo Calculs et modèles à l’épreuve des faits. L’exemple de Tchernobyl.
www.industrie.gouv.fr/energie/nucleaire/se_nuc_a3.htm
3-  » Les retombées sur la liberté d’expression des scientifiques, de la publication de la carte de contamination de la France en 1986 «  , Lettre d’information du Comité Stop Nogent-sur-Seine n°98, mai-juillet 2003
4- Gazette Nucléaire 100, mars 1990  » Gestion post-Tchernobyl en URSS  » (De nouvelles évacuations s’imposent), Gazette Nucléaire 109/110 juin 1991.

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Et pour parler de FUKUSHIMA:

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26 ans après Tchernobyl, la catastrophe

continue…

Pour les «liquidateurs» c’est déjà plus de 100 000 morts et plus de 200 000 invalides, et pour les populations exposées à la contamination le bilan (serait déjà selon les estimations) probablement supérieur à 985 000 de morts à travers le monde.

En janvier 2010, l’Académie des Sciences de New York (NYAS) a publié le recueil (sous la direction d’Alexei Yablokov) le plus complet de données scientifiques concernant la nature et l’étendue des dommages infligés aux êtres humains et à l’environnement à la suite de l’accident de Tchernobyl «Chernobyl: Consequences of the catastrophe for people and the environment». Cet ouvrage (dont on peut lire une version réduite et traduite par Wladimir Tchertkoff en Word (.doc), ou en PDF,) met à la disposition du lecteur une grande quantité d’études collectées dans les pays les plus touchés: la Biélorussie, la Russie et l’Ukraine. Les auteurs estiment que les émissions radioactives du réacteur en feu ont atteint dix milliards de curies, soit deux cents fois les retombées des bombes atomiques lancées sur Hiroshima et Nagasaki, que sur les 830 000 «liquidateurs» intervenus sur le site après les faits, 112 000 à 125 000 sont morts, et que le nombre de décès à travers le monde attribuables aux retombées de l’accident, entre 1986 et 2004, est de 985 000, un chiffre qui a encore augmenté depuis cette date.

A la ferme du kolkhoze Petrovski, on m’a montré un porcelet dont la tête ressemblait à celle d’une grenouille: à la place des yeux il avait des excroissances tissulaires où l’on ne distinguait ni cornée ni pupille.
- C’est un de nos nombreux monstres – m’a expliqué Piotr Koudine, vétérinaire du kolkhoze – Ordinairement, ils meurent sitôt venus au monde, mais celui-là vit encore.
La ferme est petite: 350 vaches et 87 porcs. En cinq ans avant l’accident nucléaire, on n’y a enregistré que trois cas de monstruosité parmi les porcelets et pas un parmi les veaux. En un an après l’accident, il y a eu 64 monstres: 37 porcelets et 27 veaux. Dans les neuf premiers mois de 1988: 41 porcelets et 35 veaux. Ces derniers naissent le plus souvent sans tête ni extrémités, sans yeux ou côtes. Les porcelets sont exophtalmiques, ont le crâne déformé, etc.
- Et que disent les savants ? à Kiev, on a créé un institut spécial de radiologie agricole.
- Ils n’ont pas manifesté un intérêt particulier pour notre ferme, m’a répondu Piotr Koudine. Ils ont examiné plusieurs cadavres de nouveau-nés monstrueux et déclaré que ce phénomène pouvait être provoqué par des centaines de causes n’ayant rien à voir avec la radiation. Je suis vétérinaire, donc je le sais moi aussi, mais les statistiques de la monstruosité m’obligent à distinguer une cause bien déterminée. Car les fourrages sont produits par des champs contaminés par les radionucléides. Et puis, les responsables du stockage refusent notre bétail car les doses de radiations qu’il a reçues sont supérieures à la norme.
La porchère ayant sorti le porcelet monstre pour que je puisse le photographier, m’a dit, les larmes aux yeux:
- Ma fille vient de se marier. Comment sera mon petit-fils ?

Extrait de l’article «Les séquelles»,
Les Nouvelles de Moscou,
édition française du 19/2/1989.


Comment seront 
les enfants ?
- Des éléments de réponse avec le reportage de Paul Fusco « Les oubliés de tchernobyl » qu’aucun magazine à part Photo de septembre 2001, n’a eu le courage de publier:

 COUR EUROPEENNE DES DROITS DE L'HOMME

1) Minsk, Biélorussie 1997. Scène quotidienne dans l’asile Novinski. Ce jeune garçon hurle tandis que ses amis jouent dehors.

2) Hôpital des enfants cancéreux, Minsk, Biélorussie 2000. Vova sait qu’il est gravement malade. Malgré l’amputation, son état ne s’est pas amélioré.

3) Foyer pour enfants, Minsk, Biélorussie 2000. Alla tient dans les bras un enfant de 2 ans dont le cerveau se trouve dans l’excroissance.

4) Asile Novinski, Minsk, Biélorussie 1997. Ces enfants ne peuvent pas se tenir debout et sont nourris par terre.

 CRIIRAD

5) Asile Novinski, Minsk, Biélorussie 1997. Cet asile est le principal centre d’accueil pour enfants contaminés en Biélorussie.

6) Foyer pour enfant, Minsk, Biélorussie 2000. Cet enfant de 3 ans est là depuis sa naissance. Il est inopérable: l’excroissance contient ses reins

7) Orphelinat pour enfants abandonnés, Gomel, Biélorussie 1999. Sasha, 5 ans, souffre d’une quasi absence de système lymphatique. Son organisme produit des toxines que sont corps ne peut donc plus éliminer.

8) Asile Novinski, Minsk, Biélorussie 1997. Cet enfant est en état de terreur constant.

CONCLUSION:

L’HOMME CREUSE SA TOMBE AVEC LE NUCLEAIRE

(Thierry LAMIREAU / Réalisateur du film « URANIUM EN LIMOUSIN »)

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 22 novembre, 2012 |Pas de commentaires »

NOUVEAU CRI D’ALERTE A PROPOS DU CLIMAT, A LA VEILLE DE LA CONFERENCE DE DOHA

Nouveau cri d’alerte à propos du climat,

à la veille de la conférence de DOHA

NOUVEAU CRI D'ALERTE A PROPOS DU CLIMAT, A LA VEILLE DE LA CONFERENCE DE DOHA dans REFLEXIONS PERSONNELLES climatf

PARIS – A quelques jours de la Grande Conférence Climat de l’ONU à DOHA, un nouveau rapport sonne l’alerte: les efforts de la communauté internationale sont encore plus loin du compte qu’on ne le pensait pour contenir le réchauffement à 2°C et éviter un scénario catastrophe.

C’est un message de grande inquiétude que nous lançons, a déclaré le secrétaire exécutif du Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE) Achim STEINER, lors d’une conférence de presse à Londres pour la présentation du rapport 2012.

Un message relayé immédiatement par la Commissaire Européenne chargée du climat, Connie HEDEGAARD. Il est simplement incroyable de voir les risques que trop de gens sont prêts à faire peser sur les futures générations, a-t-elle souligné dans un communiqué.

Selon le PNUE, si aucune mesure d’urgence n’est prise, la hausse de la température moyenne de la planète au cours du siècle sera de 3 à 5°C.

L’objectif de 2° que s’est fixé la communauté internationale est le seuil au-delà duquel, selon les scientifiques, le système climatique risquerait de s’emballer avec des effets qui accélèreraient encore fortement le réchauffement.

Il faudrait n’émettre plus que 44 gigatonnes (Gt) équivalent CO2 en 2020 dans l’atmosphère, contre environ 50 Gt par an aujourd’hui, pour espérer parvenir à cet objectif, rappelle le Pnue.

Or même si les promesses les plus ambitieuses formulées par les différents Etats sont tenues, il y aura 8 Gt de trop, soit deux Gt de plus qu’estimé dans le précédent rapport du Pnue en 2011.

La nouvelle évaluation s’explique en partie par le fait que les pays ont apporté des clarifications sur leurs promesses, comment elles doivent être interprétées en pratique, ce qui a permis d’actualiser notre évaluation, a expliqué à l’AFP Joeri ROGELJ, l’un des auteurs du rapport.

Par ailleurs, pour la première fois, le PNUE a vraiment pris en compte le problème de la double comptabilité des réductions de GES, c’est-à-dire quand deux pays incluent dans leur calcul une seule et même réduction d’émissions, par le biais de mécanismes complexes.

En début de semaine, c’est la Banque Mondiale qui a commencé à sonner le tocsin, en mettant en garde contre le scénario noir d’un réchauffement de 4°C dès 2060 et la cascade de cataclysmes qui frapperaient alors les pays pauvres.

Mardi, l’Organisation Météorologique Mondiale (OMM) annonçait que la teneur de l’atmosphère en GES avait atteint un nouveau pic en 2011.

De combien d’avertissements, verbaux et concrets, aurons-nous besoin avant d’agir ?, demandait mercredi GREENPEACE.

Le PNUE a tenu à souligner que l’objectif de 2°C restait atteignable, à condition de prendre des mesures rapides.

Alors que les gouvernements débutent des négociations devant déboucher sur un nouvel accord international entrant en vigueur en 2020, ils doivent urgemment appuyer sur la pédale d’accélérateur, a estimé M. STEINER.

Le grand rendez-vous climat annuel doit s’ouvrir le 26 novembre 2012, et durer jusqu’au 7 décembre, à DOHA. Quelque 190 pays vont reprendre leurs laborieuses négociations sur la lutte contre le changement climatique qui doit déboucher en 2015 sur un accord global entrant en vigueur en 2020.

Pour l’heure, le seul accord légalement contraignant est le Protocole de KYOTO, traité qui n’engage que les pays industrialisés à réduire leurs émissions de GES et dont l’acte II, devant s’appliquer dès 2013, doit être finalisé à DOHA.

Or ce traité ne concerne qu’un tiers des émissions globales de GES: les Etats-Unis ne l’ont jamais ratifié, des pays comme le Japon et le Canada ont décidé de pas s’engager pour une seconde période, et enfin, il ne s’applique pas aux grands émergents dont la Chine qui est devenue le premier émetteur de CO2 au monde.

(©AFP / 21 novembre 2012 13h58)                                                                                              

Les records de chaleur en Europe risquent d’aggraver les inégalités

COPENHAGUE – Le réchauffement climatique a fait battre des records de chaleur en Europe lors des dix dernières années, et risque d’aggraver les inégalités au sein du continent, a affirmé mercredi l’Union Européenne.

La température moyenne dans les terres en Europe ces dix dernières années a été de 1,3 degré Celsius plus élevée que lors de l’ère pré-industrielle, ce qui en fait la période la plus chaude jamais enregistrée, a indiqué l’Agence Européenne pour l’Environnement (AAE) dans un rapport.

Lors de la même période, les précipitations se sont accrues dans le Nord et le Nord-Ouest de l’Europe, mais ont diminué dans le Sud, touché par des sécheresses, des canicules et des feux de forêt sans précédent.

L’AAE s’inquiète de la fonte des glaces du Groenland, exceptionnelle par son ampleur à l’été 2012.

Elle a prévenu que ces changements climatiques devraient creuser les écarts socio-économiques entre les pays les plus riches et les plus pauvres du continent, avec la hausse du coût des catastrophes naturelles (inondations, tempêtes, vagues de chaleur, etc.).

Selon l’Agence, la capacité économique, technique et institutionnelle à affronter ces catastrophes et à s’adapter au réchauffement est très inégale en Europe. Et quand les répercussions du changement climatique touchent des régions à faible capacité d’adaptation, les conséquences peuvent être graves.

Une évaluation intégrée de la vulnérabilité des régions européennes au changement climatique montre qu’il pourrait avoir des effets négatifs sur la cohésion territoriales, lit-on dans ce rapport intitulé Changement Climatique, Répercussions et Vulnérabilité en Europe en 2012.

Les pays du Sud devraient voir leur consommation d’énergie fortement augmenter face aux canicules, tandis que l’Ouest et le Nord de l’Europe vont devoir s’habituer à une chaleur inhabituelle. En Europe du Nord, les tempêtes hivernales devraient être plus violentes, et en Europe de l’Est les sécheresses plus graves.

Partout, les inondations vont devenir de plus en plus fréquentes. Et tous les littoraux devront faire face à la montée du niveau des eaux.

(©AFP / 21 novembre 2012 13h35)   

 Climat:

Une équipe russe a trouvé des oiseaux

inhabituels dans l’Arctique

MOSCOU – Une expédition de scientifiques russes qui a passé trois mois à explorer les îles de l’archipel François-Joseph dans l’Arctique, a constaté que le réchauffement climatique amenait, outre la réduction de la banquise, l’apparition d’espèces d’oiseaux inhabituelles.

Nous avons exploré 42 des 191 îles de l’archipel et avons constaté une réduction de la banquise par rapport aux dernières explorations soviétiques datant de 1957, a déclaré le chef de l’expédition, la scientifique Maria Gavrilo, lors d’une conférence de presse à Moscou.

Le groupe de huit scientifiques russes, dont des experts de paléographie et de géomorphologie, ainsi que des zoologues et des botanistes, ont dressé de nouvelles cartes de l’archipel, tout en répertoriant des espèces rares dans ce territoire.

Sur une vingtaine d’espèces d’oiseaux que nous avons répertoriées, quatre sont inhabituelles pour l’archipel, a indiqué Mme Gavrilo, citant en exemple les mouettes à queue fourchue (Creagrus furcatus) et les canards plongeurs marin (Clangula hyemalis).

Les colonies de ces oiseaux sont généralement rencontrées plus au sud et c’est sans doute le réchauffement climatique qui les a emmenés jusqu’en Arctique, a-t-elle déclaré.

Les scientifiques ont également ramené des espèces rares de moustiques, dont une peut-être inconnue. Elle n’a pas exclu qu’il puisse s’agir simplement d’une lacune dans l’exploration de ce territoire.

Fin août, l’Institut Russe de Recherche Scientifique pour l’Arctique et l’Antarctique avait déjà annoncé suivre attentivement la réduction anormalement rapide de la surface des glaces maritimes dans l’Arctique.

La Russie a fait du développement de l’Arctique, qui regorge de ressources en hydrocarbures encore inexploitées, une priorité stratégique.

(©AFP / 21 novembre 2012 16h53)                                                                                              

Le changement climatique est déjà visible dans

toute l’Europe (AEE)

PARIS (Sipa) – Le changement climatique est déjà visible dans toute l’Europe et pourrait y renforcer les inégalités économiques, prévient mercredi l’Agence Européenne de l’Environnement (AEE).

Citant le rapport intitulé « Climate change, impacts and vulnerability in Europe 2012″ (Changement climatique, impacts et vulnérabilité en Europe), l’AEE observe « en Europe des températures moyennes plus élevées, ainsi qu’une diminution des précipitations dans les régions méridionales et une augmentation de ces dernières en Europe du Nord ». Dans un communiqué, l’Agence de l’Union Européenne note également que « la calotte glaciaire du Groenland fond, de même que les glaces de l’Océan Arctique et de nombreux glaciers en Europe » et que « le manteau neigeux a diminué et une grande partie du permafrost s’est réchauffée. »

« Ces dernières années, des événements climatiques extrêmes tels que vagues de chaleur, inondations et sécheresses ont entraîné des dommages de plus en plus coûteux en Europe. Il convient certes de disposer de davantage de preuves pour déterminer la part du changement climatique dans cette tendance, mais l’augmentation des activités humaines dans les zones à risque a été un facteur clé », explique ce communiqué, qui prévient que « l’évolution future du climat devrait augmenter cette vulnérabilité, car les événements extrêmes devraient devenir plus intenses et plus fréquents. »

Le rapport de l’AEE prévoit « que certaines régions seront moins à même de pouvoir s’adapter au changement climatique que d’autres, en partie à cause des disparités économiques en Europe ». Ainsi, « les effets du changement climatique pourraient renforcer ces inégalités. »

Ce rapport doit « fournir également des informations pour la stratégie d’adaptation européenne de la Commission Européenne qui sera publiée en mars 2013″, précise le communiqué.

(Sipa / 21.11.2012 21h41)  

 

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 21 novembre, 2012 |Pas de commentaires »
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