DANS LA PLUS GRANDE INDIFFERENCE…LE PROJET D’ENFOUISSEMENT DES DECHETS RADIOACTIFS FAIBLEMENT ACTIFS A VIE LONGUE…REVIENT A SOULAINES ! (Michel GUERITTE)

Dans la plus grande indifférence,

le projet d’enfouissement des déchets radioactifs

FA-VL, mis en échec en 2008 à AUXON et à

PARS-LES-CHAVANGES,

revient à SOULAINES !

DANS LA PLUS GRANDE INDIFFERENCE...LE PROJET D'ENFOUISSEMENT DES DECHETS RADIOACTIFS FAIBLEMENT ACTIFS A VIE LONGUE...REVIENT A SOULAINES ! (Michel GUERITTE) dans REFLEXIONS PERSONNELLES andra
Et en plus ce serait de la faute à votre serviteur…
C’est ce que Philippe DALLEMAGNE
a expliqué lors de l’AG de la CLI de SOULAINES, le 20 décembre 2012:

Si ça revient chez nous, ça sera au moins grâce à toi Michel.
Parce que si c’était allé à AUXON 
(a), on n’en parlerait plus !
Comme tu n’as pas laissé faire à AUXON, forcément, ça risque de revenir à SOULAINES.
On pourra dire : Merci Michel GUERITTE pour la deuxième fois.”

Ce grand “voyou” (b) qu’est le sympathique Philippe DALLEMAGNE,
qui verrouille les fonctions de :
– maire de SOULAINES,
– président de la Communauté des 21 communes du canton de SOULAINES,
– président de la CLI de SOULAINES,
– conseiller général,
– VRP de l’ANDRA, partout, même en Corée du Sud (c), où il a exporté son témoignage du savoir acheter les consciences, toutes les retombées des sites nucléaires de son canton, et tout le bonheur des riverains…

Si Philippe DALLEMAGNE aime répéter qu’il reste vigilant, s’il sait faire voter 65 000 euros à l’ACRO (d) pour faire des contre-mesures inutiles dans l’environnement, (comme si l’ANDRA trichait sur les mesures de Becquerels dans l’herbe et le lait), il est néanmoins cul et chemise avec la direction de l’ANDRA.

Philippe DALLEMAGNE est puissant comme les sangliers de nos forêts et malin comme les singes dont on entrepose les cadavres radioactifs dans les armoires frigorifiques du CIRES de MORVILLIERS. (e)

Philippe DALLEMAGNE a déclaré :
La poubelle de SOULAINES nous a été imposée, celle de MORVILLIERS nous a été aussi imposée.
La poubelle FAVL, on ne nous l’imposera pas, on la veut, mais ils vont payer !” 
(f)
C’est ce que j’ai qualifié de raisonnement de péripatéticienne…(g) (Si il y a des clients, j’augmente le tarif !)

Avant les douze coups de minuit de ce 31 décembre 2012, l’ANDRA a donc remis son nouveau dossier au ministère de Delphine BATHO.
On va encore nous faire croire que c’est elle qui a choisi le site sur des critères géologiques.

On peut parier que l’emplacement de la future poubelle (5 sur la carte)

sera à cheval sur les communes d’EPOTHEMONT, JUZANVIGNY et MORVILLIERS.

Pourquoi ?

Parce que ce n’est pas qu’une affaire de géologie, il faut aussi une certaine culture des riverains et un consensus d’élus dont la conscience a été achetée, tout comme celle des élus autour de BURE.

Lisez l’explication détaillée : (h)

Certes, on entend quelques maires réclamer dans le canton autre chose que des activités nucléaires, réclamer de vrais projets structurants…
Pauvres rêveurs : le nucléaire appelle le nucléaire, et exclusivement le nucléaire.
Le nucléaire est incompatible avec les industries “normales”.
Le nucléaire crée le vide autour de lui, comme le “prophète” Michel ROCHE l’avait prédit en mars1985. (i)

Après le centre de tri de déchets radioactifs DAHER à EPOTHEMONT, (j) après la décision d’implantation de la poubelle FA-VL, attendez-vous à savoir que la prochaine activité à venir sera à CRESPY-LE-NEUF : des fours électriques pour fondre la ferraille radioactive que l’on enfoui actuellement à Morvilliers…

Rien n’empêchera l’occupation du canton de SOULAINES par l’ANDRA.
Un canton qui produit du vin appelé champagne (k)

Pas même François BAROIN. (l)
 

Rien n’empêchera la désertification du canton où je suis né…


 Michel GUERITTE

(a) http://www.dailymotion.com/video/xa9p1u_poubelle-favl-dupuis-on-va-proceder_news#.UOAOAI75FN0

(b) : de même qu’il existe des patrons voyous, des états voyous : http://fr.wikipedia.org/wiki/État_voyou

(c) : http://blog.naver.com/PostView.nhn?blogId=yeskrmc&logNo=130136481055&parentCategoryNo=1&viewDate=&currentPage=1&listtype=0&from=postList

(d) : http://www.lest-eclair.fr/article/a-la-une/rejets-radioactifs-reponse-dans-la-mousse-et-le-miel

(e) : http://www.auboisementcorrect.com/6212-Des-paratonnerres-et-des-singes.html

(f) : http://www.kmprod.fr/videos/419/dimanche-l-enquete-les-dechets-nucleaires

(g) : http://www.villesurterre.eu/images/stories/soulaines-120906-mail-peripateticienne.pdf

(h) : http://www.villesurterre.eu/index.php?option=com_content&task=view&id=410

(i) : http://www.villesurterre.eu/images/flash_paper/roche_screen.swf

(j) : http://www.villesurterre.eu/index.php?option=com_content&task=view&id=102&Itemid=159

(k) : http://www.villesurterre.eu/index.php?option=com_content&task=view&id=329

(l) : http://www.dailymotion.com/video/xannud_poubelle-nucleaire-favl-baroin-n-en_news#.UOqqeo75FN0

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 13 janvier, 2013 |Pas de commentaires »

RECIT D’UN IRRADIE…JEAN-HENRY BOUFFARD

Récit d’un irradié

RECIT D'UN IRRADIE...JEAN-HENRY BOUFFARD dans REFLEXIONS PERSONNELLES recit-dun-irradie L’interview d‘un « irradié », un homme qui a travaillé pour la France sur les sites d’essais nucléaires.

Jean-Henry BOUFFARD, radio biologiste au CEA-SMCB de Tahiti et responsable de la station Hao.

Auteur des livres: « Irradié pour la France » et « Les liquidateurs de l’Humanité ».

Il y est question de guérison par les champs magnétiques (ce qui explique sa forme étant donné ce qu’il a subi), de mensonges et de silences médiatiques couverts par le secret défense.

Le lien vers la vidéo:

 http://rutube.ru/video/ce76cb62ca41260781f989cfb737c6ef/

Récit d'un irradié

http://rutube.ru/video/ce76cb62ca41260781f989cfb737c6ef/
Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 9 janvier, 2013 |2 Commentaires »

AU JAPON LA PESTE RADIOACTIVE TUE PAR CENTAINES (Etienne SERVANT / Scoop.it)

Au Japon la peste radioactive tue par centaines

AU JAPON LA PESTE RADIOACTIVE TUE PAR CENTAINES (Etienne SERVANT / Scoop.it) dans REFLEXIONS PERSONNELLES telechargement2

(Etienne SERVANT)

AU JAPON LA PESTE RADIOACTIVE TUE PAR CENTAINES | FUKUSHIMA INFORMATIONS | Scoop.it

photo: Juan Antonio RUIZ RIVAS

Nous y voilà , les signaux arrivent de partout sur internet de plus en plus de personnes sont malades au Japon. Fukushima ce n’est pas Tchernobyl, cet accident est arrivé dans le pays qui comporte la plus forte densité de population au monde .
Souvenez vous des conférences de presse de l’ IRSN qui nous disait au début de l’accident qu’il faudrait boire des litres de thé contaminé pour être malade. A l’époque de Tchernobyl, les méthodes de communication étaient les mêmes…
Alors que pendant ce temps là le Dr Kodama et quelques autres médecins et scientifiques japonais nous indiquaient que son pays était dans un état de déni de la réalité sanitaire suite à l’accident, et que la catastrophe de Fukushima avait dégagé une trentaine de fois la radioactivité engendrée à la suite des explosions atomiques de Hiroshima-Nagasaki et environ une vingtaine de fois plus de composés Transuraniens ce qui est également à mettre au crédit du Dr Kodama.

Ces déclarations n’ont, à ma connaissance, jamais été retranscrites dans les mainstream ni la presse occidentale.
Olivier Cabanel écrivait dernièrement « On se souvient de la flagornerie d’Otsuka Norikazu,ce célèbre animateur de télévision japonais qui, cédant à la provocation facile, avait en direct mangé des produits agricoles japonais pollués par la centrale nucléaire, encourageant ses compatriotes à suivre son exemple, convaincu de l’innocuité des produits consommés, avec le désir patriotique de sauver la production agricole de son pays. Mal lui en a pris, on apprend qu’il a été hospitalisé le 7 novembre 2012 atteint d’une leucémie aiguë et TEPCO aura des difficultés cette fois à affirmer que la catastrophe nucléaire de Fukushima n’y est pour rien .

Les avis médicaux lui donnent 70% de « chances » de mourir d’ici 5 ans ce qui a été confirmé par des experts allemands » ou encore « La santé de nos enfants est maintenant en danger. Nous constatons des symptômes tels que thyroïdes enflées, saignements de nez, diarrhées, toux, asthme… »
L’ IRSN , l’ AIEA , et l’ OMS ont bien pris garde de ne parler que des niveaux d’irradiation au Japon sans aborder dans le détail les problèmes de la contamination, et pour cause : la contamination est le fait de faire pénétrer dans un organisme vivant un « concentré » de radioactivité dans un volume très faible ; la particule radioactive présente en effet la particularité d’être approximativement de la taille d’une cellule humaine et cette similitude d’échelle explique en partie pourquoi la particule contaminante peut, vue du point de vue de la cellule humaine à proximité, être tout sauf une « faible dose ».
D’un point de vue scientifique, il semble tout à fait invraisemblable de comparer, à dose équivalente, une exposition uniforme de l’ensemble d’une entité humaine (corps entier) à la même dose confinée à quelques cellules seulement de ce même corps ; l’échelle n’est simplement pas la même et les effets sont notoirement différents. C’est pourtant la comparaison qui est fréquemment utilisée par certains pour défendre l’idée que la radioactivité est « partout ». Peut-être, mais encore une fois, ce n’est pas l’avis de la cellule qui se trouvera placée à proximité d’une masse globalement équivalente à elle et qui la « bombardera à vue » pendant un certain temps.

En outre, si la particule radioactive présente une taille inférieure à 10 microns (10 millionièmes de mètre soit 0.01 mm) elle présentera en outre la particularité de se fixer dans les sacs alvéolaires pulmonaires d’où 25% d’entre elles seront difficiles voir impossible à déloger.
Au début de l’accident, les Américains avaient demandé que leurs citoyens vivant dans un rayon de 80 km autour de la centrale nucléaire de Fukushima évacuent la zone, ou se mettent à l’abri si une évacuation n’est pas possible en toute sécurité » . L’ambassade avait souligné dans un communiqué, que « de nombreux facteurs », dont la météo, pouvaient influer sur la dissémination des particules radioactives, et avait mentionné la possibilité que celles-ci accomplissent des distances supérieures à 80 km…, La présence constaté de nombreux points chauds contaminés à Tokyo leur a donné raison.
La peste nucléaire a commencé son travail, et l’on commence à compter les morts par centaines, comme l’écrit Yoichi Shimatsu dans son article très documenté en anglais paru le 3 janvier 2013. Les particules radioactives vont continuer de tuer… elles ont le temps devant elles !
Etienne SERVANT

Merci à Gen4 : pour son article Une comparaison « raisonnable » entre un moteur de voiture et un citoyen de Fukushima-city

Lien ici : http://www.gen4.fr/blog/2011/12/une-comparaison-raisonnable-entre-un-moteur-de-voiture-et-un-citoyen-de-fukushima-city.html
Et Olivier Cabanel : Fukushima, les limites du cynisme
Lien ici :
http://www.agoravox.fr/actualites/environnement/article/fukushima-les-limites-du-cynisme-106087

Le dernier article de Yoichi Shimatsu, un écrivain de science basée à Hong Kong, du 3 Janvier 2013 en Anglais en cours de traduction bientôt sur notre site : http://www.pakalertpress.com/2013/01/03/is-fukushima-a-factor-in-japans-record-deaths-in-2011-12/

Source: Scoop.it

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 9 janvier, 2013 |Pas de commentaires »

LETTRE OUVERTE DE NEUF PRIX NOBEL DE LA PAIX AUX DIRIGEANTS DU MONDE (Réseau Sortir du Nucléaire)

Lettre ouverte de neuf Prix Nobel de la Paix

aux dirigeants du monde

26 avril 2011

LETTRE OUVERTE DE NEUF PRIX NOBEL DE LA PAIX AUX DIRIGEANTS DU MONDE (Réseau Sortir du Nucléaire) dans REFLEXIONS PERSONNELLES fukushima_galleryphoto_paysage_std

Lettre adressée aux dirigeants du monde par 9 Prix Nobel de la Paix dans les premiers mois de la catastrophe de Fukushima et pour le 25ème anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl.

En ce 25ème anniversaire de la catastrophe nucléaire de Tchernobyl en Ukraine – et plus de deux mois après les gigantesques tremblement de terre et raz-de-marée qui ont dévasté le Japon – nous, soussignés et lauréats du Prix Nobel de la Paix, vous demandons d’investir dans un futur plus sûr et plus pacifique en vous engageant pour favoriser les sources d’énergie renouvelable. Il est temps de reconnaître que le nucléaire n’est pas une source d’énergie propre, ni sûre, ni économiquement abordable.

Nous sommes extrêmement inquiets de voir que la vie des Japonais est menacée par la radioactivité dispersée dans l’air, l’eau et la nourriture suite à la panne qui a eu lieu à la centrale nucléaire de Fukushima. Nous sommes fermement convaincus que si le monde cesse d’utiliser l’énergie nucléaire, les générations futures des peuples du monde entier – et en particulier les Japonais qui ont déjà trop souffert – connaîtront une vie plus pacifique et plus sûre.

« Vingt-cinq ans après Tchernobyl, il y a des gens qui affirment que les choses s’améliorent. Je ne suis pas d’accord », c’est ce que dit Mykola Isaiev, qui fut l’un des liquidateurs de Tchernobyl (les personnes qui contribuèrent à nettoyer le site).

« Nos enfants sont malades parce qu’ils ont mangé des aliments contaminés et notre économie est anéantie. » Isaiev ajoute qu’il peut se mettre à la place des liquidateurs qui travaillent actuellement au Japon. Comme lui, ils ne mettaient probablement pas beaucoup en question la sûreté nucléaire.

Entendez ce que déclare un commerçant de Kesennuma, l’une des villes de la côte Nord-Est ayant subi de plein fouet le tsunami : « Ces radiations sont quelque chose d’absolument effrayant. C’est bien pire qu’un tsunami. Un tsunami, ça se voit. Mais ça, on ne peut pas le voir ».

La triste réalité, c’est que la crise radiologique qui frappe actuellement le Japon peut se produire à nouveau dans d’autres pays, comme elle s’est déjà produite à Tchernobyl en Ukraine à l’époque soviétique (en 1986), à Three Mile Island aux États-Unis (en 1979) ainsi qu’à Windscale/Sellafield au Royaume-Uni (en 1957).

Les accidents nucléaires peuvent être engendrés – et le sont effectivement – par des catastrophes naturelles – comme un tremblement de terre ou un raz-de-marée – ainsi que par des erreurs et négligences humaines. Dans le monde entier, les gens craignent aussi l’éventualité d’attentats terroristes dirigés contre des centrales nucléaires.

Mais la radioactivité ne doit pas seulement nous inquiéter en cas d’accident nucléaire. Chaque étape de la chaîne du combustible nucléaire relâche de la radioactivité, à commencer par l’extraction de l’uranium ; ensuite, cela continue durant des générations car les déchets nucléaires contiennent du plutonium qui restera toxique pendant des milliers d’années. Malgré des années de recherche, les pays ayant un programme nucléaire, à l’instar des États-Unis, ont échoué à relever le défi que constitue la recherche d’un stockage sûr et sécurisé du combustible nucléaire « usagé ». En attendant, des déchets nucléaires supplémentaires sont produits chaque jour.

Les partisans de l’énergie nucléaire doivent affronter le fait que les programmes nucléaires civils fournissent les matières nécessaires à la fabrication d’armes nucléaires. C’est bien là la préoccupation sous-jacente face au programme nucléaire iranien. Tandis que, pour continuer dans la voie de l’énergie atomique, l’industrie nucléaire préfère ignorer cette énorme menace, celle-ci ne disparaît pas du simple fait qu’on la minimise ou qu’on l’ignore.

Nous devons également nous confronter à la dure réalité économique de l’énergie nucléaire. Dans une économie de libre marché, le nucléaire ne rivalise pas avec les autres sources d’énergie, tout simplement parce qu’il n’en a pas la capacité.

L’énergie nucléaire est un choix énergétique au coût exorbitant, qui est en général payé par les contribuables. L’industrie nucléaire a reçu des subventions considérables – l’argent des contribuables, donc – de la part des gouvernements, qui ont apporté leur garantie pour le financement de la construction des centrales, pour limiter la responsabilité des opérateurs en cas d’accident et assumer les coûts sanitaires et de dépollution. Il ne tient qu’à nous d’utiliser cet argent public d’une manière plus responsable en l’investissant dans les nouvelles sources d’énergie.

Il y a actuellement plus de 400 réacteurs nucléaires à travers le monde – dont un grand nombre se trouve sur des sites à haut risque de catastrophes naturelles ou de bouleversements politiques. Ces centrales fournissent moins de 7 % de la consommation mondiale d’énergie. En tant que dirigeants du monde, vous pouvez travailler ensemble afin de remplacer cette petite quantité d’énergie d’origine nucléaire par d’autres sources d’énergie facilement disponibles, très sûres et économiquement abordables, pour nous engager vers un avenir sans carbone ni nucléaire.

Il nous est impossible d’empêcher de se produire les catastrophes naturelles comme celle qui vient d’avoir lieu au Japon, mais ensemble nous pouvons faire de meilleurs choix quant à nos sources d’énergie.

Nous sommes en mesure d’abandonner les combustibles fossiles ainsi que l’énergie nucléaire et d’investir dans une révolution des énergies propres. Ce changement est déjà en marche. Ces cinq dernières années, à l’échelle mondiale, l’éolien et le solaire ont produit plus d’énergie que les centrales nucléaires. Les revenus mondiaux provenant du solaire, de l’éolien et des autres sources d’énergie renouvelable ont bondi de 35 % en 2010. Investir dans ces énergies renouvelables sera également créateur d’emplois.

Les sources d’énergie renouvelable sont l’une des clés majeures pour un avenir pacifique. C’est pourquoi on trouve tant de gens à travers le monde – et spécialement les jeunes – qui s’engagent déjà de leur propre initiative dans cette transition, sans attendre que les gouvernements agissent en ce sens.

En s’engageant pour un avenir sans nucléaire et faiblement émetteur de carbone, les États pourront s’associer et renforcer le mouvement mondial, grandissant et de plus en plus influent, de citoyens qui rejettent la prolifération nucléaire et soutiennent les énergies renouvelables. Nous vous demandons de vous joindre à eux pour transmettre un héritage fort qui assurera la vie et la protection non seulement des générations futures mais aussi de notre planète elle-même.

Cordialement,

Betty Williams, Irlande (Prix Nobel 1976) 
Mairead Maguire, Irlande (Prix Nobel 1976) 
Rigoberta Menchu Tum, Guatemala (Prix Nobel 1992) 
Jody Williams, États-Unis (Prix Nobel 1997) 
Shirin Ebadi, Iran (Prix Nobel 2003) 
Wangari Maathai, Kenya (Prix Nobel 2004) 
Archevêque Desmond Tutu, Afrique du Sud (Prix Nobel 1984) 
Adolfo Perez Esquivel, Argentine (Prix Nobel 1980) 
Président Jose Ramos Horta, Timor oriental (Prix Nobel 1996)

Traduit de l’anglais au français par Laurienne Mazure et Xavier Rabilloud pour le Réseau « Sortir du nucléaire ».

- Lire le texte original de la lettre, en anglais

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 20 décembre, 2012 |Pas de commentaires »

SURPRENANTE SIMULATION D’ACCIDENT LE 18 DECEMBRE 2012 A LA CENTRALE NUCLEAIRE DE DAMPIERRE EN BURLY (Claude-Marie VADROT / politis.fr)

Surprenante simulation d’accident le 18

décembre 2012

à la centrale nucléaire de Dampierre en Burly

SURPRENANTE SIMULATION D'ACCIDENT LE 18 DECEMBRE 2012 A LA CENTRALE NUCLEAIRE DE DAMPIERRE EN BURLY (Claude-Marie VADROT / politis.fr) dans REFLEXIONS PERSONNELLES la-centrale-nucleaire-francaise-de-dampierre_3921_w460

(Claude-Marie VADROT / politis.fr)

Mardi 18 décembre 2012, la déjà bien vieille centrale de Dampierre en Burly a été l’objet, explique EDF, d’un« exercice grandeur nature » pour un accident nucléaire.

Tellement « grandeur nature » que les autorités expliquent que cette simulation basée sur d’importants rejets d’éléments radioactifs dans l’atmosphère ne concernera que… 340 personnes habitant dans un rayon de…deux kilomètres. L’exercice évitera soigneusement la petite ville de Dampierre en Burly, toute proche, qui en compte 1400. Tout comme la commune de Nevoy et ses 1200 résidents et celle de Gien, 15 000 personnes. Ces deux agglomérations dont la zone urbaine comptent 24 000 habitants et sont toutes les deux à l’Ouest des quatre réacteurs de la centrale, c’est à dire dans la zone que la radioactivité toucherait en quelques minutes.

« Le pire est prévu, explique le directeur de la centrale à la presse locale, afin que l’entraînement apporte le maximum de solutions à un maximum de situations ». Déclaration qui relève de la désormais célèbre langue de bois, approuvée par les syndicats, pratiquée depuis des lustres par les responsables d’EDF. Lesquels, par exemple, n’ont toujours pas expliqué pourquoi et comment un salarié de la centrale a été contaminé le 29 novembre 2012.

Les responsables d’EDF, avec cet exercice pour lequel seulement une part négligeable des populations sera concerné, cherchent une nouvelle fois à persuader les habitants de la région qu’un éventuel accident aurait des conséquences limitées et que la radioactivité s’arrêtera sagement là où ils l’ont décidé.

Ce qui ne correspond évidemment à aucune réalité météorologique. Tous les accidents ou incidents du passé, et pas seulement à Fukushima, à Three Miles Island et à Tchernobyl, ont amplement démontré trois choses.

D’abord que le déroulement d’un accident est imprévisible dans son développement, ensuite que la radioactivité n’obéit pas aux prudences des prophètes du nucléaire et enfin que les rejets éventuels concernent aussi les cours d’eau qui refroidissent en permanence les réacteurs. C’est à dire la Loire pour Dampierre, Loire qui devrait notamment charrier elle aussi des éléments radioactifs vers Orléans sans qu’il soit possible de les arrêter. Dans ce cas d’école destiné à rassurer et à prouver que l’accident nucléaire n’est pas plus dangereux qu’un simple accident industriel, les responsables de la centrale et d’EDF, contribuent à banaliser le fonctionnement d’une centrale.

Quand la sirène de Dampierre s’est déclenchée mardi à 9 heures, les 340 habitants officiellement concernés ont été prévenus par téléphone, ce qui serait impossible pour les 24 000 autres se trouvant dans le cône de dispersion de la radioactivité en cas d’accident réel. Les routes d’accès à la zone restreinte définie pas les autorités, ont été barrées par les gendarmes. Lesquels, dans une réalité menaçante, ne seraient même pas équipés d’un matériel leur permettant d’échapper au danger. Quant aux autres, ils attendront le véritable accident pour savoir quoi faire. Ils pourront toujours s’occuper à chercher fébrilement les fameuses pastilles d’iode qui n’ont pas été distribuées depuis des années dans tout le canton. Ils pourront toujours appeler le 800 201 299 ou le 02 38 62 48 48 pour manifester leur mécontentement devant cette simulation dérisoire…

D’ailleurs, comme il ne faut pas effrayer les abonnés à EDF, les gendarmes ont reçu comme instructions de ne pas s’opposer à la circulation avec leurs barrages. Ils ont fait simplement de la figuration… Alors que chacun sait qu’en cas d’accident, même limité, l’annonce de l’accident entraînerait instantanément un embouteillage monstre provoqué par les habitants pressés de fuir et d’aller récupérer leurs enfants dans les écoles. D’autant plus que les spécialistes de la cellule de crise installée à Fontenay aux Roses dans la banlieue parisienne, ne sont toujours pas d’accord sur la conduite à tenir : se calfeutrer dans les maisons ou fuir le plus rapidement possible en espérant échapper au nuage dangereux.

Il serait plus logique, pour EDF et surtout pour les habitants, de ne pas s’opposer plus longtemps à la fermeture de cette centrale vieillissante qui a été à plusieurs reprises rappelée à l’ordre pour ses manquements à la sécurité. Que celle ci concerne ses salariés ou les intérimaires de plus en plus nombreux.

Il serait plus honnête également qu’EDF renonce au chantage au chômage qui serait provoquée par la fermeture, alors que le démantèlement d’une telle installation donnera du travail aux ingénieurs, aux techniciens et aux ouvriers d’EDF pour au moins une quarantaine d’années….

Claude-Marie VADROT (politis.fr)

PS:

Au fait, si comme les augures nucléaires l’affirment et le répètent, l’accident est impossible, pourquoi se donner du mal à faire semblant d’en simuler un ?

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 20 décembre, 2012 |Pas de commentaires »

LE PROFESSEUR MAURICE TUBIANA: CELUI QUI N’A PEUR DE RIEN !(Thierry LAMIREAU)

Arrêtons d'avoir peur ! dans Conseils de lecture 9782749915630

Arrêtons d’avoir peur !

LE PROFESSEUR MAURICE TUBIANA: CELUI QUI N'A PEUR DE RIEN !(Thierry LAMIREAU) dans REFLEXIONS PERSONNELLES tubiana1

Telle est l’injonction lancée

par Maurice TUBIANA

dans son dernier livre.

Le livre de Maurice TUBIANA  combat les « tenants du déclin et de l’obscurantisme scientifique. »

Un ton  excessif comme d’habitude et surtout un manque de données chiffrées ou de sources. 

« A l’heure où il convient de préparer le futur, d’œuvrer pour le bien de l’humanité, alors que certains pays attendent de connaître un progrès qui leur a jusque là été refusé, il serait paradoxal de refuser le progrès et le développement.

Mettre un terme au progrès au nom du Principe de Précaution serait pour le moins paradoxal et excessif. » 

Toujours le même baratin de type « fasciste » pour dire au peuple: « Braves gens, circulez !…y’a rien à voir…tout va bien !…laissons faire les industriels pour travailler en silence !…laissons le « progrès » envahir la planète… »pour le bien de l’humanité. »

Médecin biologiste et physicien, Maurice TUBIANA

martèle que la catastrophe de Tchernobyl décompte

uniquement 150 décès dus à l’irradiation…que les ondes

des téléphones portables sont sans conséquence…que sans

les insecticides certaines régions de France seraient

inhabitables !…que les OGM sont bonnes pour la

santé…que la pollution atmosphérique est négligeable…

que l’alimentation industrielle est bonne pour tous…

que le nucléaire est sans danger…

Maurice TUBIANA :

une technique de communication…

à la « GOEBBELS » !

Je ne lance pas ce titre à la légère.  Je me souviens d’une conférence

organisée dans un amphi plein à craquer à la Faculté de Médecine de

la ville de LIMOGES dans les années 90 où Maurice TUBIANA avait

pris en exemple « les techniques de communication de GOEBBBELS! »

J’étais présent dans la salle et j’ai été le SEUL à critiquer 

M.TUBIANA sur cette citation et sur d’autres sujets puisqu’il

parlait des effets de la radioactivité sur l’Homme notamment

parce qu’à l’époque, les mines d’URANIUM tournaient encore au

maximum en LIMOUSIN, région que j’habitais.

RAPPEL:

Joseph GOEBBELS

https://fr.wikipedia.org/wiki/Joseph_Goebbels

Un comble:

Alors que AREVA / COGEMA et M.Maurice TUBIANA ont induit par

leurs attitudes « nauséabondes » une augmentation très importante

de la MORBIDITE et de la MORTALITE de la population…

Traitement contre le cancer :

AREVA lance la construction

du « laboratoire Maurice TUBIANA »

pour la production de Plomb-212

« AREVA a lancé le 31 mai 2012 la construction d’un laboratoire de production de Plomb-212 de qualité médicale, sur le site de Bessines-sur-Gartempe, dans le LIMOUSIN.
La filiale AREVA MED, qui porte ce projet au sein du groupe, franchit ainsi une nouvelle étape clef vers la production industrielle de Plomb-212, un isotope utilisé dans le développement de traitements contre le cancer.
Ce laboratoire « unique au monde » selon le groupe, entrera en production en 2013. Il portera le nom du Professeur Maurice TUBIANA, membre de l’Académie des Sciences, dont les travaux sur le cancer font autorité dans le monde.
Le lancement officiel de la construction du nouveau laboratoire fait suite à l’autorisation donnée en janvier 2011 par les autorités américaines à AREVA MED de débuter les premiers essais cliniques d’un nouveau traitement au Plomb- 212.
L’innovation en médecine nucléaire est avant tout liée à la disponibilité des isotopes de qualité médicale.
Avec le laboratoire Maurice TUBIANA, la production à l’échelle industrielle de Plomb-212, un isotope rare, doit permettre de traiter les formes les plus agressives de cancer. »

Interview:

« Paralyser les avancées scientifiques

menace

notre avenir »

(Pr. M. TUBIANA)

(Philippe PAVARD)

Publié le jeudi 15 novembre 2012 – 18h05

Dans son dernier livre
« Arrêtons d’avoir peur »,
paru aux éditions Michel Lafon,
le Pr Maurice TUBIANA (1), pionnier de la cancérologie française, fustige la défiance actuelle orchestrée à l’égard de la science. Nous l’avons rencontré.

Comment expliquez-vous le mouvement de défiance à l’égard de la science ?

« Les Français sont devenus pessimistes et ont peur de tout.

Vis à vis de la science, c’est essentiellement l’écologie qui a joué.

Les écologistes leur ont dit que la science était nuisible, qu’elle avait détruit les équilibres naturels, que ce qu’elle avait introduit comme innovation comme les insecticides ou les OGM était très défavorable pour la santé, ce qui est totalement faux.

Au contraire, les insecticides ont permis de lutter contre un certain nombre de maladies comme le paludisme et la dengue. Autrefois, des régions entières comme la côte orientale de la Corse ou la région de Montpellier étaient invivables tellement il y avait de moustiques et aujourd’hui elles sont devenues des régions recherchées….

On a créé ce sentiment de défiance en disant que la nourriture moderne est mauvaise, que les aliments ne sont plus naturels alors que jamais il y a eu aussi peu de maladies digestives liées à la nourriture. Jamais la santé n’a été meilleure en France comme le prouve le fait que la durée de vie s’allonge continuellement de trois mois par an, ce qui est gigantesque.

La qualité de vie des gens âgés n’a jamais été meilleure. Il n’y a aucune base scientifique à la supériorité de l’alimentation bio.

C’est l’exemple même d’une vision tout à fait théorique et idéologique qu’ont imposée les écologistes. Si l’alimentation bio a du succès, c’est bien la preuve d’un déficit français en culture scientifique. L’écologie a fait de la nature une divinité. Or la science paraît sacrilège car on l’accuse de ne pas respecter la nature.

La France est devenue l’un des pays au monde où les écologistes ont le plus d’influence, notamment les plus radicaux d’entre eux.

Le principe de précaution a-t-il une responsabilité ?

Le principe de précaution a été imposé par Jacques Chirac uniquement dans un but électoraliste. Il y a vu un moyen d’exploiter la peur des français devant la science et le progrès.

Je me suis battu pour qu’il ne soit pas inscrit dans la constitution mais dans son entourage, Mme Kosciusko Morizet, a été l’élément moteur pour finalement le faire voter.

Nous avons hérité de la vision la plus radicale de ce principe. Heureusement, les gens commencent à réagir et à se dire que le principe de précaution est une fumisterie !

Vous pointez aussi du doigt le manque de culture scientifique chez nos élites…

La science n’est plus enseignée en France et on peut arriver à des postes importants sans avoir la moindre idée de ce qu’est la science et de ce qu’elle peut apporter, non seulement en pratique mais aussi en tant que formation intellectuelle, comme exigence de rigueur et de vérité.

Nos magistrats n’ont pas de culture scientifique. Et l’ENA n’en donne absolument aucune. La plupart des hauts fonctionnaires qui sont passés par cette école n’ont donc aucune formation dans ce domaine et c’est une véritable catastrophe pour le pays !

On a en France un déficit qui s’aggrave en scientifiques. Et dans beaucoup de domaines, on ne forme plus assez de jeunes pour prendre la relève de ceux qui partent à la retraite.

En plus, c’est mal considéré et mal payé. On présente en effet les scientifiques comme des apprenti-sorciers au lieu de voir en eux, comme autrefois, des bienfaiteurs de l’humanité.

Il n’est pas étonnant dans ces conditions que les jeunes se détournent de cette discipline.

Cette défiance a des impacts importants. « A qui profite le crime » comme vous dites ?

Il est évident que si on veut mettre la France en difficulté, il suffit de dresser les Français contre la science et de diminuer les ressources financières affectées à des actions scientifiques pour les diriger vers des projets illusoires ou chimériques.

Il y a des groupes de personnes dont la spécialité est d’attiser les peurs. C’est ainsi que des techniques prometteuses sont torpillées avec de graves conséquences. Regardez les cellules souches pour lesquelles on a pris du retard.

On les a présentées comme quelque chose de dangereux et de diabolique alors que c’est le principal espoir pour lutter contre le vieillissement. Cela se fera ailleurs…

Il en est de même pour les gaz de schiste prescrits comme dangereux, alors qu’aux Etats-Unis, ils constituent une source importante d’énergie sans effet nocif pour la population.

Des ONG luttent délibérément contre la science et le progrès. Je pense en particulier à GREENPEACE. Ces ONG ont souvent leur siège et leur centre de commandement dans un paradis fiscal, ce qui interdit de savoir d’où proviennent les fonds.

Elles peuvent très bien être manipulées par des pays ou des personnes qui ont intérêt à nuire à la France et à bloquer certaines initiatives.

Quelle est la responsabilité des médias dans ce mouvement ?

Les médias donnent de l’importance à des pseudo-scientifiques qui n’ont aucune formation, qui n’ont pas d’audience auprès de leurs pairs et qui n’ont jamais rien publié de sérieux.

Cela tient au fait que beaucoup de journalistes eux-mêmes n’ont pas ou peu de culture scientifique. Ils se laissent prendre par les apparences : c’est comme cela que certains médecins (une minorité heureusement) peuvent tenir des discours absolument délirants.

La peur stimule les ventes, stimule l’intérêt alors que rassurer n’attire pas le lecteur !

A contrario, n’êtes-vous pas en train de demander un retour au scientisme des trente glorieuses ? La science peut aussi se tromper…

Je ne demande pas du tout un retour au scientisme. Je demande que l’on fasse comprendre ce qu’est véritablement la science sans la caricaturer et que l’on réalise qu’un pays qui a une industrie ne peut pas se passer de la science.

La France est malheureusement devenue un pays où la capacité d’innovation a beaucoup baissé. Nous ne pointons plus qu’au dixième rang de l’UE !

On a laissé détruire l’industrie faute de substratum scientifique suffisant ». _____ (1) Le Pr Maurice Tubiana a dirigé l’Institut Gustave Roussy de Villejuif, est membre de l’Académie des Sciences et de l’Académie Nationale de Médecine qu’il a présidée. Propos recueillis par Philippe PAVARD

« Le Principe de Précaution:

Bilan de son application

quatre ans après sa

constitutionnalisation »

(Compte-rendu de l’audition publique

du 1er octobre 2009)

Organisée par Claude BIRRAUX, député.

M. MAURICE TUBIANA,

MEMBRE DE L’ACADÉMIE NATIONALE

DE MÉDECINE

Monsieur le Président, je voudrais insister sur un premier point :

Le principe de précaution tel qu’il a été inscrit dans la Charte de l’Environnement est très différent du principe de précaution tel qu’il était défini dans la loi Barnier et tel qu’il a été adopté à Nice en 2000 lors de la réunion des chefs d’État et de gouvernement de l’Union européenne.

Plusieurs garde-fous ont été supprimés mais la différence essentielle est la suppression de toute allusion aux bénéfices : dans le principe de précaution tel qu’il est dans la Constitution, on ne retient que les risques. Voilà qui est dangereux parce que l’évaluation en santé publique, et de façon plus générale dans la prise de décision, est fondée sur la balance bénéfice/risque.

La santé publique est née à la fin du XVIIIe siècle au moment où l’on a discuté de l’inoculation et de la vaccination contre la variole. Deux grands scientifiques, Daniel Bernoulli et d’Alembert s’étaient penchés sur le problème et avaient montré que l’on risquait environ 2 % de décès soit près de 300 000 morts en France, ce qui n’est pas un petit risque, cependant ils avaient malgré cela conclu à la nécessité de mettre en oeuvre une action contre la variole car leurs calculs montraient que le bénéfice allait être beaucoup plus grand que le risque. Effectivement, si nous n’avons pas de données précises sur l’ampleur du risque faute de statistiques, nous savons que l’espérance de vie a crû de dix ans entre 1800 et 1815 et que ce gain énorme d’espérance de vie, malgré les guerres napoléoniennes et toutes les perturbations de l’Europe liées à ces guerres, est le seul ayant été observé entre 1750 et 1850.

Le principe de précaution avait pour but de diminuer les risques et de rassurer l’opinion ; il faut voir si ces deux objectifs ont été atteints. En ce qui concerne les jugements, le Tribunal Correctionnel d’Orléans en 2005 a relaxé quarante-neuf faucheurs volontaires de maïs transgénique parce que « cette dégradation volontaire répondait à l’état d’une nécessité résultant d’une situation de danger ».

Le tribunal ne dit pas sur quoi est fondée cette situation de danger car aucun rapport scientifique sur les OGM, ni celui de l’Académie des Sciences, ni celui de l’Académie Nationale de Médecine, ni ceux de l’Union Européenne ne mettent en évidence un risque sanitaire. Sur le plan biologique, seule la composition du génome importe et non pas son origine (génome sauvage ou obtenu par mutation induite, sélection, hybridation ou introduction d’un gène étranger). Ce n’est donc qu’au cas par cas qu’on peut juger de la nocivité ou de l’innocuité d’un génome. Je voudrais aussi rappeler que cet OGM et beaucoup d’autres sont cultivés en Amérique du nord et du sud ainsi qu’en Asie et, sur les deux milliards d’habitants qui les consomment, on n’a détecté aucune altération de la santé qui leur soit imputable.

Rappelons aussi qu’un nombre élevé et croissant de médicaments sont fabriqués par introduction d’un gène étranger dans le génome de bactéries ou de plantes. Or, non seulement, ils n’ont pas causé d’effets délétères, mais ces produits, par exemple les hormones fabriquées à partir d’OGM sont reconnues comme étant beaucoup plus sûres que celles extraites de l’hypophyse humain et que les médecins qui utilisaient celles-ci ont été critiqués à cause de leur risque. Malgré cela, 80% des Français ont peur des OGM.

En ce qui concerne les antennes téléphoniques, il y a les jugements de la Cour d’Appel de Versailles en février 2009, ainsi que des tribunaux de Carpentras et d’Angers. Comme on l’a dit à plusieurs reprises ce matin, les prises de position de ces magistrats ont été fondées sur les plaintes de personnes ressentant des troubles qui provoquaient des angoisses ; elles s’estimaient hypersensibles aux champs magnétiques. Or, les travaux scientifiques effectués sur plusieurs de ces personnes ont montré que cette hypersensibilité n’existait pas puisqu’elles ne distinguaient pas mieux que les autres lors d’expérimentation des expositions véritables des expositions simulées.

Il existe un phénomène bien connu en médecine appelé nocebo, qui consiste à ressentir un effet nocif parce que l’on croît être exposé à une substance dangereuse, même si l’on n’y est pas exposé. Il y a au moins deux faits en cette faveur : des antennes non branchées ont provoqué des risques et des inquiétudes équivalentes à celles d’antennes branchées. En 1976 avait eu lieu une anecdote célèbre : un réacteur nucléaire était accusé de méfaits sanitaires alors qu’enquête faite, l’uranium n’avait pas encore été chargé dans le réacteur qui n’était qu’une coquille de béton vide… C’est ce que l’on appelle un effet nocebo, ressentir un effet nocif parce que l’on croît qu’il y a un risque. Il est parallèle à l’effet placebo, qui consiste à avoir sa santé améliorée du seul fait que l’on croit prendre un médicament ; vous savez que maintenant, dans tous les essais cliniques pour tester un médicament, on exige que les sujets témoins prennent un placebo, c’est-à-dire avec de la mie de pain, de façon à ce qu’ils croient être traités.

A propos des antennes téléphoniques, l’Académie Nationale de Médecine avait fait un communiqué sur ce problème à la suite du jugement de la Cour de Versailles mais celui-ci a eu très peu de retentissement. Ces exemples montrent que le principe de précaution, qui a donné d’énormes responsabilités aux magistrats, ne leur a fourni ni un cadre sous forme d’une loi, ni une formation spécifique qui leur donnerait une connaissance de ces problèmes.

La vaccination contre l’hépatite B est le plus grave problème médical posé par le principe de précaution. C’est une maladie très grave transmise par voie sexuelle généralement pendant l’adolescence. Quand un vaccin efficace a été fabriqué, le ministère de la Santé avait voulu faire faire cette vaccination dans les écoles pour que toute la population soit protégée. Cette mesure avait été mal acceptée car il y avait eu des rumeurs sur des collusions entre le Ministère de la Santé et les fabricants du vaccin. Dans cette atmosphère ambiguë est née une autre rumeur, beaucoup plus grave, accusant la vaccination d’être à l’origine d’une maladie grave : la sclérose en plaques. Bien qu’il n’y en ait eu aucune preuve.

En invoquant le principe de précaution, la décision d’arrêter la vaccination en milieu scolaire a été prise. M. Birraux parlait du parapluie ; j’ai eu là une occasion d’en vérifier l’existence ! Plusieurs personnes qui ont eu à prendre cette décision ont eu l’amabilité de vouloir en discuter avec moi, je me rappelle la réflexion de l’un d’eux : « Vous m’avez montré que la vaccination ne comporte pas de risque de sclérose en plaques, soit, mais mon problème à moi est de ne pas être envoyé devant les tribunaux… » Le principe de parapluie a joué. Le résultat est qu’en France, moins de 30 % des adolescents sont vaccinés contre 85 % en moyenne dans les autres pays de l’Union européenne. La conséquence pratique en sera un excès d’environ 500 décès par an. Cet exemple montre que le principe de précaution peut être nocif pour la santé s’il ne met pas en balance risques et avantages.

Les insecticides sont un autre exemple des méfaits du principe de précaution.

Sur le plan physiologique, les insectes et les mammifères n’ont pas le même système physiologique ; aussi est-il normal qu’existent des produits dépourvu de toxicité pour les mammifères, et toxiques pour les insectes. Le DTT a été le premier insecticide efficace. Après avoir donné le Prix Nobel à son inventeur, on l’a accusé de tous les méfaits à la suite de travaux dont la validité était incertaine. Or, l’OMS l’a récemment réhabilité et conseille de nouveau son usage. La découverte du DTT est parallèle à celle des antibiotiques et de la pénicilline, fondée sur ce même principe que les bactéries et les mammifères n’ont pas la même physiologie, si bien que l’on trouve des substances toxiques pour les bactéries mais inoffensives pour les mammifères.

Je rappellerai les bénéfices des insecticides, notamment l’éradication du paludisme de presque toutes les rives de la Méditerranée. Grâce à eux, des territoires comme la côte orientale de la Corse ou certaines portions du Languedoc, auparavant terres désolées, sont devenues territoires agricoles ou paradis touristiques.

Les peurs injustifiées des insecticides ont des conséquences, comme on l’a constaté à l’occasion de l’épidémie de Chikungunya sur l’île de la Réunion : pendant plusieurs mois, les autorités sanitaires voulaient utiliser les insecticides mais certaines autorités locales s’y opposaient car la population était contre. L’épidémie a pris une ampleur croissante jusqu’à ce qu’enfin, on se décide à utiliser les insecticides : en deux semaines, l’épidémie était terminée. Plusieurs centaines de cas de Chikungunya auraient pu être évités si les insecticides avaient été utilisés plus tôt.

Je ne rappellerai que pour mémoire les décisions d’interdiction des insecticides Gaucho et Régent à cause d’effets putatifs défavorables sur la santé des abeilles ; on les a interdits mais la santé des abeilles n’a pas été améliorée. Il y a eu, en revanche, nuisance pour le prestige scientifique de la France, ainsi que j’ai eu l’occasion de le constater.

Pour l’encéphalite bovine spongiforme ou « maladie de la vache folle », encore sous la pression du principe de précaution, on a pris des mesures excessives et inappropriées. Tuer tous les animaux d’un troupeau quand un seul était malade a été fait au nom du principe de précaution en France, mais pas au Royaume-Uni, sans bénéfice apparent. L’interdiction des farines animales, mesure très discutable et très coûteuse (on parle d’un milliard d’euros par an), est plus nocive qu’utile : les farines animales, si elles étaient utilisées, comme l’a demandé un rapport conjoint de l’Académie des Sciences et de l’Académie de Médecine, pourraient diminuer les importations de soja qui, soit dit entre parenthèses, est fabriqué par OGM… Cette mesure a été refusée car l’opinion ne la comprendrait pas, m’a-t-on dit, c’est ainsi que des actions temporaires deviennent irréversibles.

Aux États-Unis, un membre de la Cour Suprême, Stephen Breyer, avait montré l’existence d’un cercle vicieux : sous l’effet de groupes de pression, quand les craintes de la population font prendre des mesures contre des risques hypothétiques, non seulement on ne rassure pas la population mais on l’inquiète car ces décisions renforcent la crédibilité du risque, accentuent les craintes, ce qui conduit la population à demander de nouvelles mesures ; c’est le cercle vicieux.

Nous avons eu en France maintes occasions de le vérifier. L’opinion y est actuellement caractérisée par un pessimisme, une peur du futur et de la science. En 1929, Freud avait écrit un livre intitulé « Malaise dans la civilisation » où il montrait comment, quand on est pessimiste, on a peur du futur et que quand on a peur du futur, les craintes se cristallisent sur la science et les technologies, qui sont l’élément le plus ostensible de la société contemporaine, ce qui induit un rejet de la science et de la technologie. La thèse de Freud rejoint les constatations de Breyer et soulignent comment quand on ne comprend pas les mécanismes psychologiques on peut, en voulant réduire les inquiétudes, les accroître.

Le principe de précaution n’a pas rassuré, comme le montrent les sondages, il a, au contraire, accentué les peurs, il a donné le primat aux émotions sur la rationalité. Il n’a engendré aucune mesure autre que celles qu’on aurait pu prendre dans le cadre de la prudence classique.

Enfin, il a eu des conséquences budgétaires qu’il faudrait demander à la Cour des Comptes d’étudier. De plus, et c’est le problème principal, la peur de risques hypothétiques a éclipsé celle des risques réels – on peut en citer énormément d’exemples, en particulier dans le domaine de l’alimentation. Alors que la population augmente plus rapidement que la production vivrière, on oublie ce problème pour considérer les dangers des insecticides ou ceux des OGM au lieu de faire des efforts pour augmenter la production.

En conclusion, le principe de précaution a renforcé les craintes devant la technologie comme le montrent les sondages, il a accentué les réticences envers la science et a fait ombrage à la rationalité. Merci beaucoup.

M. Claude BIRRAUX

Merci, Professeur TUBIANA.

ENERGIE ET SANTÉ :

LES FILIÈRES

AU BANC D’ESSAI

(Maurice TUBIANA

25 juin 2003

Ce thème recouvre plusieurs débats. Force est d’abord de constater qu’il ne peut pas y avoir de santé, de bien-être (du chauffage l’hiver à la chaîne du froid d’été), sans des moyens matériels nécessitant une quantité d’énergie nettement supérieure à celle dont disposent plus de la moitié des habitants du globe.

De ce fait, les avantages qu’apportent une quantité suffisante d’énergie l’emportent très largement sur les inconvénients liés à sa production. De plus, les sources décentralisées d’énergie du monde traditionnel (le bois, la biomasse) polluent l’air intérieur des habitations et les données épidémiologiques, notamment chinoises, montrent qu’il en résulte un accroissement significatif de la fréquence des cancers du poumon.

Sur le plan éthique, il apparaît donc qu’on doit mettre à la disposition de tous les êtres humains une énergie suffisante à un prix aussi faible que possible, d’où l’importance sanitaire du prix de kW/h, puisque plus celui-ci est élevé, plus nombreux seront ceux obligés de limiter son usage aux dépens de leur confort et leur santé. D’autre part, pour optimiser la production d’énergie, on doit évaluer les effets de chaque filière sur l’environnement (essentiellement la pollution et l’effet de serre) et sur la santé.

Filières comparées

La quasi-totalité des études effectuées, notamment sous l’égide de la Commission européenne à Bruxelles, pour comparer les risques sanitaires des diverses formes de production d’énergie – en particulier, charbon, pétrole, gaz, nucléaire -  concluent que l’énergie nucléaire est celle qui induit les risques les plus faibles.

Pour tenir compte des risques extérieurs divers qui vont des effets respiratoires de la pollution à l’induction de cancer, il faut utiliser un dénominateur commun permettant d’additionner des maladies très différentes ainsi que morbidité avec la mortalité.

On a recours à ce qu’on appelle le coût externe, où l’on attribue à chaque nuisance (en fonction de sa gravité) une valeur financière. Ce barème est fondé sur la valeur de l’année de vie perdue ou pendant laquelle la qualité de la vie a été altérée.

Il est le même pour toutes les énergies. On peut donc comparer les filières. Les résultats sont très clairs et peuvent être résumés en une phrase extraite d’un rapport du CEPN : « le bilan de la comparaison des filières sur les indicateurs de rejets, les indicateurs d’impacts, et sur l’évaluation des coûts externes fait ressortir le net avantage du nucléaire par rapport au charbon ou au gaz. »

Ainsi, en terme de coûts externes, les valeurs publiées sont de l’ordre de 0,11 à 0,56 m€/kWh pour le nucléaire alors qu’elles atteignent 20 à 50 m€/kWh pour le gaz et 70 à 120 m€/kWh pour le charbon. Alors que pour la filière nucléaire l’essentiel du coût externe provient de risques professionnels, pour les combustibles fossiles ils proviennent essentiellement des impacts liés à la pollution atmosphérique régionale ou globale. 

L’effet de Serre n’est pas considéré dans cette étude, bien qu’il doive être pris en compte dans l’évaluation des risques et des bénéfices des principales filières.

Quels risques pour la santé ?

Ils sont de nature différente selon les sources. Les uns ont été mis en évidence par des études épidémiologiques et le problème est alors celui de la validité du lien de causalité, car il faut se demander si les effets observés ont bien été causés par l’agent auquel ont les attribue. Les autres, notamment ceux concernant le nucléaire ou les faibles concentrations de produits chimiques, n’ont pas été observés mais calculés.

Dans de nombreux cas, les risques ont été mesurés pour des concentrations, ou des doses, beaucoup plus élevées que celles qui existent autour des sources d’énergie, en fonctionnement normal ; leur évaluation est alors fondée sur une relation dose-effet.

Celle-ci est indispensable pour ces calculs mais le choix de la relation est la source d’incertitudes qu’il faut analyser. La plupart des modèles utilisent une relation linéaire sans seuil (RLSS). Il faut donc s’interroger sur la validité de cette relation pour la gamme de doses (ou de concentrations) sur laquelle cette extrapolation est effectuée.

Cette relation a l’avantage d’indiquer la valeur maximale du risque putatif, mais on doit, dans chaque cas, examiner les estimations qui seraient obtenues avec d’autres relations dose-effet compatibles avec l’ensemble des données expérimentales et humaines.

Ceci n’ayant pas été fait, les résultats pénalisent donc l’énergie nucléaire puisque, dans ce cas, on prend en compte des irradiations très faibles (de l’ordre du centième de l’irradiation naturelle), or, il est extrêmement vraisemblable que de telles doses n’ont aucun effet sur la santé.

Inversement, les effets sanitaires des autres filières sont minimisés puisque les effets cancérigènes ne sont pas pris en compte.

Deux exemples :

A – Le pétrole et le gaz : 

La relation dose-effet, en matière d’effets sanitaires chroniques, repose sur le seul modèle épidémiologique de Pope dont la validité reste discutée et qui doit être utilisé avec prudence.

Dans la plupart des estimations proposées, aucune mention n’est faite des agents génotoxiques ou cancérigènes produits par leur combustion : par exemple, hydrocarbures aromatiques, aldéhydes, butadiène, etc… pour le pétrole ; benzène, etc… pour le gaz.

Il faudrait donc, comme on le fait pour les corps radioactifs, effectuer des expériences pour mesurer la concentration de ces agents en fonction des conditions de combustion, afin de leur appliquer une relation dose-effet : soit la relation linéaire sans seuil, soit d’autres relations compatibles avec l’ensemble des données.

De même, il faudrait considérer les métaux lourds ainsi que la pollution du sol et de l’eau, ce qui n’est présentement pas fait, car bien que ces produits soient mentionnés dans les projets, ils ne figurent pas dans les estimations disponibles.

Pour les agents chimiques pris en compte, l’évaluation des concentrations est effectuée avec un modèle de dispersion dont la validité n’a pas été vérifiée. Elle est limitée à environ 1000 km soit approximativement la population de l’Europe et sur 4 jours. Les effets sanitaires sont évalués sur 10 ans. L’utilisation de la relation linéaire sans seuil (RLSS) permet d’utiliser dans ces calculs les concentrations moyennes, ce qui simplifie beaucoup la méthodologie, mais peut aboutir à des conclusions discutables.

Dans cette hypothèse, en effet, la hauteur des cheminées d’usine n’a que peu d’impact sur le risque global puisque le facteur pertinent est la quantité de produits toxiques rejetés et non leur concentration.

Or, les toxicologues savent que la concentration est un paramètre plus pertinent que la quantité, ce qui explique qu’on ait eu de tout temps recours à a dilution pour protéger les hommes et l’environnement contre une contamination microbiologique ou chimique.

De plus, pour les agents chimiques, les relations dose-effet sont généralement plutôt proportionnelles au carré de la concentration, ou de la dose (relation quadratique), qu’à la dose ; il existe donc une dose seuil pratique.

Par exemple, chez l’homme, la relation pour le tabac est en D2 et non en D : le risque de fumer deux cigarettes par jour, ou, ce qui est l’équivalent, d’être exposé à un tabagisme passif, est très inférieur au dixième du risque induit par vingt cigarettes/jour et on admet que le risque d’un repas par an pris avec un convive fumeur est négligeable.

L’existence d’un seuil pratique

C’est en accord avec nos connaissances biologiques. Dans tout organisme vivant des mécanismes puissants luttent contre les agents toxiques et réparent les lésions de l’ADN que ceux-ci peuvent avoir produit. Sans ces mécanismes, la vie n’aurait pas pu se développer dans un environnement hostile.

Or, leur efficacité est beaucoup plus grande pour les faibles doses d’agents chimiques ou physiques (par exemple les rayons ultraviolets du soleil) que pour les fortes qui peuvent déborder ces mécanismes.

En d’autres termes, une cheminée haute est préférable à une cheminée basse et un bain de soleil à midi est plus nocif que plusieurs heures d’exposition solaire à des moments de la journée où le soleil est moins ardent, ce que tout le monde, d’ailleurs, perçoit intuitivement.

B – L’énergie nucléaire :

Il faudrait dans ce cas discuter, avec un soin particulier, la validité de la relation linéaire sans seuil car les doses considérées sont extrêmement faibles et l’extrapolation se fait sur des gammes de doses beaucoup plus considérables que pour les produits chimiques.

Rappelons que l’effet cancérogène des radiations peut être mesuré avec précision acceptable pour des doses de  0,5 à 1 Sv et que la dose la plus faible d’irradiation à débit élevé pour laquelle un effet cancérogène a été détecté est d’environ 100 mSv.

Depuis l’apparition de la vie sur terre, tout être vivant est soumis à une irradiation naturelle (rayons cosmiques, radioactivité naturelle) qui a régulièrement décru pendant cette période.

Or, l’irradiation naturelle varie considérablement d’une région à l’autre en fonction de la nature du sol : en France de 1,5 à plus de 6 mSv/an, à l’échelle du globe entre 1,5 mSv/an et 100 mSv/an et aucune augmentation de la fréquence des effets génétiques, et de malformations congénitales ni de celle des cancers n’a été détectée dans les régions à forte irradiation naturelle.

De plus, les nombreuses enquêtes effectuées chez des populations exposées à des doses inférieures à 100 mSv (travailleurs des usines nucléaires et des arsenaux, malades soumis à des examens médicaux ou ayant ingéré des produits radioactifs pour des raisons médicales etc…) n’ont jamais détecté un effet significatif.

Certes, la puissance statistique de ces études est souvent limitée, cependant la tendance générale non seulement n’est pas à une augmentation du risque par rapport aux populations témoins, mais inversement, et paradoxalement, la fréquence des cancers semble souvent diminuée comme si les faibles doses d’irradiation avaient un effet protecteur à cause de la stimulation des mécanismes de réparation.  

On n’a jamais observé, chez l’homme, d’effets génétiques provoqués par les rayonnements ionisants, même pour des doses relativement élevées (Hiroshima et Nagasaki, irradiations thérapeutiques).

Leur existence est extrêmement improbable aux doses minimes considérées ci-dessus, même en cas d’accident. Ainsi, même si l’existence de risques pour les doses de l’ordre d’un mSv ou inférieures ne peut pas être formellement exclue, tout donne à penser que plus la dose est petite, plus l’existence d’un risque devient improbable.

Il faut donc considérer avec prudence la validité de la relation linéaire sans seuil pour évaluer les risques des irradiations causées par l’énergie nucléaire. 

Dans le monde, les doses liées au nucléaire ont été évaluées, selon les pays, entre 0,001 et 0,03 mSv soit entre 1/1000 et 1/100 de l’irradiation naturelle.

En France, elles sont d’environ 0,015 mSv/an. De plus, elles sont délivrées à très faible débit, ce qui réduit l’éventualité d’un effet.

Les tenants de l’extrapolation linéaire remarquent que celle-ci a l’intérêt d’indiquer la limite supérieure.

Sources d’erreurs dans les comparaisons

La comparaison entre les méthodologies utilisées pour le nucléaire et les combustibles fossiles (charbon, pétrole, gaz) met en évidence quelques sources de biais :     

Facteurs temporel : limitation de la prise en compte des effets nocifs à dix ans pour les combustibles, alors qu’on effectue des calculs  à 100 ans, 1000 ou 100 000 ans dans les cas des produits radioactifs. Cette différence introduit un biais considérable, d’autant moins justifié que la radioactivité décroît tandis que nombreux sont les produits chimiques qui restent stables et nocifs pour l’éternité (métaux lourds, etc…).            

Facteur spatial : l’espace pris en compte pour quantifier la toxicité des produits chimiques est l’air balayé en 4 jours, soit 1 000 km autour de la source alors que c’est la totalité du globe pour les produits radioactifs.             

Type de pollution : non prise en compte des génotoxiques et des cancérogènes pour les combustibles, notamment pour le gaz.

Prise en compte pour les produits chimiques uniquement de la pollution de l’air, en négligeant la pollution du sol et de l’eau alors l’exhaustivité est très poussée pour le nucléaire.

Devant ces différences de méthodologies, il faut spécifier que, dans le cas de l’énergie nucléaire, les évaluations correspondent à la limite supérieure des risques et parallèlement souligner la possibilité d’une sous-estimation pour les risques des combustibles.

Malgré ces majorations des risques du nucléaire et cette minoration des risques des combustibles fossiles, les résultats indiquent très clairement que le nucléaire est la filière dont le coût sanitaire est de très loin le plus petit.

Cette conclusion s’impose malgré le caractère approximatif de ces études et la volonté très clairement affichée d’éviter tout ce qui pourrait faire penser que l’on a voulu favoriser le nucléaire dans les résultats de ces calculs effectués sous l’égide de la Commission européenne ou dans le cadre de l’Agence Internationale à l’Energie Atomique.

C’est pourquoi sans doute on a préféré maximaliser les risques liés à la filière nucléaire. Malheureusement, ces études, malgré leurs sérieux et leur rigueur, sont mal connues et n’ont guère eu d’impact sur l’opinion publique. C’est la grande question.

Maurice TUBIANA

Avons-nous raison d’avoir peur ?

(Louis Cornellier   18 août 2012)  

« Arrêtons d’avoir peur ! »

Professeur Maurice TUBIANA

Michel Lafon Île de La Jatte, 2012, 256 pages

Mon grand-père maternel faisait confiance à la vie et à ses contemporains. Il n’hésitait jamais à utiliser un nouveau produit mis en marché. « Si c’était dangereux, disait-il simplement, ils n’en vendraient pas. » Il mangeait de tout sans crainte de s’empoisonner ou de développer un cancer. Il est mort, il y a quelques années, à 87 ans.
Son attitude, aujourd’hui, passerait pour de l’inconscience. La lucidité, de nos jours, s’exprime plutôt sur le ton de la crainte. Les plus informés d’entre nous ont peur, en effet, de l’agriculture industrielle, des OGM, du nucléaire, des champs électromagnétiques, des produits chimiques, du réchauffement climatique et de bien des évolutions technologiques.
Je fais moi-même partie de ces craintifs, partisans d’une application rigoureuse du principe de précaution selon lequel en cas de doute, il vaut mieux s’abstenir.
Il m’arrive parfois, cependant, en mémoire de mon grand-père qui n’a jamais craint que le ciel ne lui tombe sur la tête, de douter de la pertinence de ce doute et de me demander si nous avons raison d’avoir ainsi peur. Après tout, malgré toutes les catastrophes annoncées, ne vivons-nous pas, en Occident du moins, mieux et plus longtemps qu’avant ?
Le grand cancérologue français Maurice TUBIANA, maintenant âgé de 92 ans, en a assez de toutes ces craintes qui nous empoisonnent l’existence et qui, d’après lui, ne reposent, dans presque tous les cas, sur aucune base scientifique solide.
Dans « Arrêtons d’avoir peur », un décoiffant pamphlet qui vise à réfuter « les mensonges des prophètes de l’apocalypse », il se livre à un plaidoyer décomplexé en faveur de l’innovation technoscientifique et à une charge à fond de train contre ceux qu’il qualifie d’idéologues écolos.
Si mon grand-père avait été un savant, il aurait écrit ce genre de livre.
Une régression intellectuelle
« La société du xxie siècle est une société de peur, constate TUBIANA. Sur quoi se fonde cette peur ?
Bien souvent sur des analyses superficielles ou des données discutables. Cette peur n’émerge pas du néant : elle est attisée par certaines organisations non gouvernementales dédiées à la protection de la nature, qui vivent de dons et de subventions dont l’importance est fonction des craintes ressenties par le public, aussi la peur est-elle soigneusement entretenue par les médias dont les tirages et les revenus publicitaires sont stimulés par les mauvaises nouvelles. »
TUBIANA entend lutter contre ce sentiment qu’il associe à une régression intellectuelle. Découvert en 1944, le DDT fut interdit en 1972, au nom de la protection de la biodiversité, « sans qu’une preuve de sa toxicité eût été apportée ».
On doit pourtant à cet insecticide, écrit le cancérologue, l’éradication du paludisme en Europe, sans « aucune conséquence néfaste ni sur la nature ni sur les humains ». Aujourd’hui, en Afrique, le paludisme fait des millions de victimes, mais l’épandage de DDT demeure interdit.
La peur, conclut TUBIANA, tue donc plus que les insecticides.
Anecdote : mon père, qui aura 80 ans cet été, se souvient que, pour combattre l’assaut des moustiques en campagne dans sa jeunesse, son frère et lui s’enduisaient généreusement de DDT ! Il se porte toujours bien.
Partisan des OGM qui, selon lui, ne présentent aucun danger et pourraient contribuer à nourrir la planète, TUBIANA oublie toutefois de dire que les famines actuelles ont essentiellement des causes géopolitiques et ne sont pas liées à une réelle pénurie de nourriture. Il va même jusqu’à affirmer que « tous les scientifiques considèrent que les OGM n’ont, en tant que tels, aucun effet sur la santé et ne peuvent pas en avoir », ce qui est évidemment une généralisation hâtive.
Cancer et environnement
Sur sa lancée, le cancérologue rejette l’hypothèse de liens entre le vaccin contre l’hépatite B et la sclérose en plaques, et assène que « la composition des produits bios et celle des produits alimentaires obtenus avec l’agriculture moderne sont identiques et [que] toutes les études montrent le peu de vraisemblance des hypothèses en faveur du bio ».
Il avance même, sur la base d’une étude réalisée par l’Académie des Sciences, par l’Académie de Médecine (organismes dont il est membre) et par le Centre International de Recherche sur le Cancer, « que moins d’un cancer sur cent [peut] être attribué à l’environnement ».
Les principales causes de cette maladie seraient plutôt le tabac, l’alcool, les agents infectieux, le manque d’activité physique et l’obésité.
À l’instar du physicien québécois Normand Mousseau, TUBIANA affirme que les champs électromagnétiques liés aux téléphones cellulaires et aux antennes relais sont sans danger, sauf ceux causés par la peur (effet nocebo).
Il ajoute, cependant, sourire en coin, que « les téléphones font perdre beaucoup de temps aux enfants et sont, de ce point de vue, très nuisibles ».
Grand défenseur de l’énergie nucléaire, plus écologique que les solutions de rechange aussi efficaces, le cancérologue explique que les centrales récentes sont sécuritaires. Il écrit même que « tout ce qu’on a raconté sur les dangers terribles de Tchernobyl était non fondé » – une thèse appuyée par le scientifique britannique Robert Matthews – et qu’il n’y a pas eu de catastrophe nucléaire à Fukushima.
Agressif à l’égard des écolos catastrophistes, TUBIANA reste silencieux au sujet des dérapages des géants commerciaux de la technoscience, ce qui ne va pas sans soulever un doute sur sa propre objectivité.
Quand il écrit que le gaz de schiste est largement exploité au Canada sans susciter de débat, on se dit que son information est pour le moins incomplète.
Il reste que son essai, en s’attaquant avec fougue à notre société de la peur et en plaidant pour une meilleure éducation scientifique pour tous, nourrit vivement un débat de fond et impose la réflexion.

La crise ! Quelle crise ?

Maurice TUBIANA :

arrêtons d’avoir peur !

Maurice Tubiana : arrêtons d’avoir peur !

Maurice TUBIANA

Maurice TUBIANA est né en 1920, il n’aime pas les écolos, trop vieux pour cela. A 91 ans, Maurice TUBIANA croit encore qu’il possède une vision juste de la réalité contemporaine. Mais dans son dernier livre, « Arrêtons d’avoir peur ! », il ne fait que reprendre les tartes à la crème de l’écoloscepticisme déjà étalées dans des livres aux titres redondants : « Le fanatisme de l’apocalypse » de Pascal Bruckner, « L’apocalypse n’est pas pour demain » de Bruno Tertrais, « Les prêcheurs de l’apocalypse » de Jean de Kervasdouén, etc.

Comme tous ces prêcheurs du « dormez braves gens, dormez », Maurice TUBIANA aime les insecticides, les OGM, la radioactivité, l’énergie nucléaire, les ondes électromagnétiques…

Dans le chapitre sur les OGM, les intentions sont claires : « Les écologistes annoncent aux Européens le pire si l’on cultive des OGM. Or demain les transgéniques pourraient contribuer à nourrir les 7 milliards d’êtres humains ».

Rappelons que TUBIANA n’est ni un spécialiste des OGM, ni d’ailleurs des insecticides ou des OEM, c’est un simple cancérologue qui a adoré la notoriété médiatique, le lobby nucléaire et les fauteuils administratifs. Maurice Tubiana : arrêtons d’avoir peur !

Attardons-nous sur un passage de son livre : « Il faut déchiffrer la stratégie de Greenpeace (contre les OGM), celle de la deep ecology, ou écologie profonde. Cette écologie proclame l’harmonie avec la nature considérée comme une divinité. Altérer cette harmonie par des manipulations génétiques est donc blasphématoire. Le refus obsessionnel de la moindre modification des espèces naturelles devient ainsi un élément essentiel du combat écolo. »

Rien ne vient étayer dans le texte de TUBIANA cet amalgame entre Greenpeace et écologie profonde. Il reprend les veilles analyses qu’il avait tenues en 1999 dans son livre L’éducation et la vie.

Il ne faisait alors que relayer les élucubrations de Luc Ferry qui rangeait explicitement en 1992 Greenpeace parmi les organisations issues de l’écologie profonde dans son pamphlet Le Nouvel Ordre écologique.

Ni TUBIANA, ni Ferry ne savent que l’écologie profonde est une philosophie définie par Arne Naess. Ni TUBIANA, ni Ferry ne savent que Greenpeace n’a pas adopté cette référence philosophique.

Leur méthode est la même, dénonciation mensongère et amalgame. Qu’Arne Naess ait été le premier secrétaire de la branche norvégienne de Greenpeace lors de sa fondation en 1988 ne transforme pas cette association en thuriféraire de l’écologie profonde ! Que le philosophe norvégien soit un spécialiste internationalement reconnu de Spinoza et de Gandhi et Greenpeace l’adepte des méthodes non violentes ne veut pas dire qu’il faut assimiler les deux !

Cette philosophie de l’écologie profonde est brandie à la manière d’un épouvantail. La question est de savoir pourquoi. La réponse est évidente. Dans les faits, l’écologie profonde sert à nier l’existence de la crise écologique alors que la dégradation des écosystèmes s’est accélérée. 

Maurice TUBIANA a écrit un livre tout juste bon à aboutir dans les invendus…

« Circulez…y’a rien à voir,

tout va bien ! »  

Mais revenons sur quelques

interventions de ce

cher Professeur

             Maurice TUBIANA…                                                                        m_tubiana ACADEMIE DE MEDECINE dans REFLEXIONS PERSONNELLES

Aprés l’accident de la centrale nucléaire de Tchernobyl en URSS quels sont les risques de pollution encourus par le passage du nuage nucléaire au dessus de la France ? Réponse du professeur TUBIANA cancérologue : « tout à fait infime… comparable à celui que courrait quelqu’un qui fumerait une cigarette tous les 10 ans » (JT d’A2 le 12/05/1986).

Le Pr TUBIANA,

éminence grise

de la Radioprotection

en FRANCE

1958

« Récemment, il s’est répandu dans le public de plusieurs pays des rumeurs concernant le danger auquel l’enfant en gestation peut se trouver exposé pendant la grossesse. Pour toutes les raisons déjà exposées, de telles rumeurs, apparemment basées sur un rapport scientifique préliminaire, peuvent avoir des conséquences déplorables, surtout dans les circonstances actuelles où les données scientifiquement établies sont si rares.

Il peut même être dangereux, dans ce cas, de diffuser des faits tenus pour certains ». Extrait du Rapport d’un groupe d’étude sur « Questions de santé mentale que pose l’utilisation de l’énergie atomique à des fins pacifiques », Rapport technique n° 151 (1958). Organisation Mondiale de la Santé.

En 1958, certains experts de l’OMS considéraient comme dangereux de diffuser des faits tenus pour certains. Il fallait tenir secrets les résultats d’une étude épidémiologique concernant le danger auquel est exposé un enfant en gestation.

Qui étaient ces scientifiques ? Le participant français à ce groupe d’études était le Dr M. TUBIANA, alors Directeur du Laboratoire des Isotopes et du Bêtatron, Institut Gustave Roussy (Villejuif).

1977

Le Pr Maurice TUBIANA, en conclusion d’un « Colloque sur les implications psychosociologiques du développement de l’industrie nucléaire » tenu à Paris, 13-15 janvier 1977, indiquait: « Il faudrait que jamais un scientifique ne favorise cette confusion entre l’exposé des faits et un jugement de valeur ». 

En somme les jugements de valeur concernant une activité donnée doivent être indépendants des faits concernant cette activité. Plus loin il mettait en avant « la nécessité pour les scientifiques de reconsidérer la façon dont est faite l’information. Il faut que nous cessions de voir celle-ci à travers un schéma simpliste et rationaliste mais l’acceptions telle qu’elle est ».

Ainsi, essayer d’expliquer à la population les résultats des études scientifiques sans en cacher certains aspects pour des raisons d’efficacité relèverait d’une conception « simpliste et rationaliste » tout à fait condamnable.

C’est peut être au nom de cet abandon du rationalisme en information qu’il vient de signer le manifeste de scientifiques pour une écologie scientifique et rationnelle. Ce manifeste, s’il l’a signé, correspond en fait à sa conception irrationnelle de l’information scientifique.

Dans son allocution il poursuivait: « il faut que nous recherchions l’efficacité dans l’information du public au lieu de nous contenter d’une information éthérée parfaitement satisfaisante mais inintelligible ou inefficace ». 

Malheureusement il ne définit pas ce qu’il entend par efficacité. Efficacité pour qui ? pour quoi ? Ensuite il termine en donnant sa référence d’efficacité : « l’efficacité de M. GOEBBELS était redoutable ».

Effectivement, l’efficacité du responsable nazi à l’information a été particulièrement redoutable pour des millions de gens. Il est singulièrement obscène (du latin obscenus – de mauvaise augure) de faire référence à GOEBBELS quand on parle d’informer la population.

1991

M. le Pr TUBIANA est intervenu à la « Conférence Internationale sur les Accidents Nucléaires et le Futur de l’Energie. Leçons tirées de Tchernobyl » (15 au 17 avril 1991, Paris).

On trouve dans son intervention concernant « L’effet cancérogène des radiations à faible dose » le passage suivant: « Par conséquent il est désormais impossible d’exclure l’hypothèse d’un seuil (BEIR V, p. 181 – Acad. Sc.) ».

Si l’on se reporte à la page 181 du rapport BEIR V on trouve: « Moreover, epidemiologic data cannot rigorously exclude the existence of a threshold in the millisievert dose range ». 

Cela signifie : « D’ailleurs les données épidémiologiques ne peuvent rigoureusement pas exclure l’existence d’un seuil dans le domaine de dose du millisievert » (souligné par nous).

M. TUBIANA, en citant BEIR V a tout simplement tronqué la citation. Le Comité de l’Académie des Sciences des USA n’excluait pas la possibilité d’un seuil à un niveau très bas, dans le domaine du rayonnement naturel, c’est-à-dire bien en de deçà des niveaux de dose concernant la radioprotection. M. le Pr TUBIANA est actuellement le Président du Conseil Supérieur de la Sûreté et de l’Information Nucléaires.

Il est membre de l’Académie des Sciences et c’est à ce titre que le Ministre de la Recherche, M. H. Curien, l’a consulté pour savoir s’il fallait réviser les normes de radioprotection. (Rapport Ac. Sc. novembre 1989, Risques des rayonnements ionisants et normes de radioprotection).

Compte tenu des prestations antérieures du Pr TUBIANA il était évident que la réponse ne pouvait être que négative. On peut s’étonner d’ailleurs que la protection des travailleurs et de la population soit du ressort du Ministère de la Recherche et non pas de celui de la Santé.

Secret, censure, mensonges, trucage, tout un programme pour un gouvernement qui s’est fait fort d’introduire de la transparence dans l’information sur les problèmes de l’énergie nucléaire. La Gazette Nucléaire n°117/118, août 1992. tubiana_nomme ACADEMIE DES SCIENCESEt pour rajouter quelques textes liés à ce cher M.TUBIANA…

Voici quelques documents en PDF…Bonne lecture…

Les comportements de type « fasciste » ont encore de beaux jours devant eux !

(Thierry LAMIREAU)

fichier pdf Irradiation et cancers Les risques imaginaires et les risques réels par Maurice TUBIANA

fichier pdf La relation dose-effet et l’estimation des effets cancérogènes des faibles doses de rayonnements ionisants

fichier pdf Nouveautés et cancérogénèse Maurice TUBIANA Séance commune Académie des Sciences et de Médecine

fichier pdf réalite-prévention Maurice TUBIANA-05 

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 27 novembre, 2012 |2 Commentaires »

LE DOCTEUR HELEN CALDICOTT ESTIME QUE LA MOITIE DU TERRITOIRE JAPONAIS EST CONTAMINEE ! (enenews tv / gen4.fr))

Le Dr. Helen Caldicott estime que la moitié du

territoire Japonais est contaminée

LE DOCTEUR HELEN CALDICOTT ESTIME QUE LA MOITIE DU TERRITOIRE JAPONAIS EST CONTAMINEE ! (enenews tv / gen4.fr)) dans REFLEXIONS PERSONNELLES nucleaire-risques-de-contamination-credit-photo-nhk_26034_w460

 Pour le Dr. Helen Caldicott, la moitié du Japon est

contaminée

(enenews tv / gen4.fr)

Interviewée sur democracy now 1 le Dr. Helen Caldicott 2 a déclaré que, selon elle, la moitié environ du territoire Japonais aurait été contaminée suite à la catastrophe nucléaire de Fukushima-Daiichi.

Un océan de censure

Le Dr. Caldicott a également insisté, lors d’une intervention effectuée par Amy Goodman – au moment précis où CBS annonçait le résultat définitif des élections américaines – sur le fait que le gouvernement Japonais poursuit sa politique de désinformation et de muselage de la presse Japonaise sur l’ensemble des conséquences de la catastrophe Japonaise.

Helen Caldicott se rendra au Japon la semaine prochaine pour tenter de faire une analyse plus précise de la situation sanitaire.

Une situation sanitaire périlleuse

Compte tenu des rejets effectués par les réacteurs éventrés et des vents ayant soufflé vers l’intérieur des terres à partir du 15 mars 2011, une partie non négligeable des particules radioactives échappées des confinements endommagés s’est dirigée vers le Sud et l’Ouest de la centrale en perdition, contaminant gravement terres, rivières et… habitants dans les régions non évacuées.

Des maladies radioinduites en gestation

Il est évident que la situation sanitaire, compte tenu du temps de latence des anomalies génétiques cellulaires 3 se développant relativement lentement au sein des organismes soumis à une contamination non négligeable et par un large échantillon de radionucléides s’aggravera dans un période comprise de quelques années à quelques dizaines d’années.

La double peine des cellules irradiées

En outre, un autre effet mal documenté mais qui commence à être étudié de près 4 permet de penser que les cellules affectées par les rayonnements répercutent une espèce de  « signal de détresse » qui toucherait plus rapidement et à des niveaux de doses très inférieurs les cellules adjacentes et même parfois celles nettement plus éloignées.

10% seulement des cellules exposées à des radiations Alpha

suffiraient à « contaminer » 100% des cellules avoisinantes

La constatation effectuée dans les services de médecine nucléaire 5 peut hélas s’appliquer dans les cas de contamination accidentelle sur des organismes en bonne santé : les tissus ne font pas de différence entre des irradiations « bénéfiques » (dans le cadre d’une thérapie) et celles créant le chaos, la destruction et la mort de cellules saines. Les particules Alpha sont celles qui sont principalement émises par les noyaux lourds 6 dont on sait par ailleurs qu’une quantité certaine a accompagné sans aucun doute les rejets d’autres noyaux plus légers dans le cadre de la catastrophe nucléaire Japonaise.

Des doses mêmes très faibles peuvent en fait induire des

dégâts génétiques intenses

Si l’on superpose les dégâts chromosomiques agissant plutôt sur le long terme (les cellules reproduites) à l’hypothèse de l’effet de choc (effet bystander), les deux étant peut-être d’ailleurs liées 7 il est hélas raisonnable de penser que, même soumis à des doses relativement faibles de radionucléides – dont les fameux émetteurs Alpha – les organismes exposés relativement longtemps pour se retrouver irradiés et contaminés ne développent des pathologies cellulaires dans un délai plus ou moins long.

Des doses de 10 mSv semblent suffisantes pour induire

cette réaction en chaine cellulaire

Alors que les seuils d’innocuité aux rayonnements Gamma généralement utilisés par les radioprotectionnistes sont habituellement situés de 100 à 200 mSv , les études récentes sur l’effet bystander semblent supporter l’hypothèse que les effets de choc des irradiations débuteraient à des seuils bien plus bas et seraient ensuite relativement linéaires : une irradiation Gamma évaluée à 0.01 Gy (soit 10 mSv de Gamma) suffirait à induire des dégâts cellulaires équivalents à des doses 10 fois supérieures (le seuil Gamma « référentiel » habituel de 0.1 Gy / 100 mSv).

Effet de doses Gamma sur des cellules de l’épiderme (Belyakov) – Les effets bystander sont indiqués par la partie noire des barres alors que les effets décalés (génétiques) sont représentés par la partie blanche

Sources :

Interview de Helen Caldicott, 7/11/12, (00:30, anglais)

Caldicott Live on TV, enenews, 7/11/12, anglais

Lire également :

« L’effet bystander induit par les rayonnements », traduction française de l’étude d’Oleg V. Belyakov (758)

  1. Chaîne TV d’information indépendante basée à New-York qui travaille principalement sur les sujets de politique internationale des USA. 
  2. Médecin Australien, militante pour la paix et opposante au nucléaire militaire et civil 
  3. L’instabilité génomique est induite par le fait que le mécanisme de dégradation cellulaire affecte principalement les descendantes des cellules touchées par la radioactivité 
  4. L’effet bystander (« contagion radioactive » dans des tissus cellulaires), savoir.fr 
  5. Utilisation de rayonnements ionisants sur des tissus cancéreux en radiothérapie 
  6. Transuraniens : les éléments les plus lourds, totalement artificiels 
  7. Le choc initial pourrait en quelque sorte démarrer le processus de mutation génétique 
  8. L’effet bystander

    induit par les rayonnements

    Oleg V. Belyakov

    traduit de:

    http://belyakov.fortunecity.net/bystander.html

    avec l’aimable autorisation de l’auteur

     L’effet bystander induit par les rayonnements est un phénomène par lequel des dommages cellulaires (échanges de chromatidessoeurs, aberrations chromosomiques, apoptose, micronucléation, transformation, mutations et expression de gène) sont exprimés dans des cellules voisines non irradiées à proximité d’une cellule ou de cellules irradiées (voir la figure 1).

    figure 1. schéma de l’effet bystander

    cellule directement endommagée   cellule endommagée par effet bystander

    Jusqu’à récemment on a, de façon générale, admis que les conséquences biologiques suivant l’exposition aux rayonnements sont attribuables aux dommages à l’ADN. Selon ce paradigme, les dommages à l’ADN se produisent pendant ou très peu de temps après l’irradiation des noyaux des cellules visées et le potentiel pour des conséquences biologiques peut être exprimé dans les limites de une ou deux générations de cellules (Grosovsky, 1999). Quelques éléments probants ont maintenant émergé qui remettent en cause les effets classiques résultant des dommages ciblés à l’ADN. Ces effets sont également nommés  »non-ciblés » et incluent des effets de proximité, ou « effets bystander », instabilité génomique induite par la radiation, hypersensibilité aux faibles doses et induction des gènes par rayonnement (Ward, 1999). La caractéristique principale des effets  »non-ciblés » est leur survenue particulière à de faibles doses.

    Ces dernières années, quelques équipes ont démontré l’existence d’un effet bystander dans lequel des dommages sont exprimés dans les cellules voisines non irradiées à proximité d’une cellule ou de cellules irradiées (Nagasawa et Little, 1992 ; Hickman et coll, 1994 ; Deshpande et coll, 1996 ; Prise et coll, 1998). Dans les expériences pilotes sur l’effet bystander par Nagasawa et Little (Nagasawa et Little, 1992) des cultures de cellules ont été exposées à un flux très bas de particules d’alpha, tel que seulement 1% des cellules ont été traversées. Cela a eu comme conséquence une augmentation des échanges de chromatides soeurs pour 30% à 50% des cellules de la population. Un article récent (Zhou et coll, 2000) a démontré que les cellules, irradiées un microfaisceau précis de particules alpha , pouvaient induire un effet mutagène de proximité dans les cellules voisines non directement traversées et que le processus de communication de cellule à cellule à un rôle critique dans la médiation de l’effet bystander. On a montré que l’irradiation, avec 20 particules alpha pour chacune, de 20% de cellules hybrides humain-hamster A(L) aléatoirement choisies , a comme conséquence une fraction de mutants qui est 3 fois plus élevée que prévue, sans effet de modulation. L’analyse par PCR a démontré que les types de mutants induits sont sensiblement différents de ceux d’origine spontanée.

    Le mécanisme de l’effet bystander n’est pas encore connu. Cependant, il y a des preuves que l’effet bystander peut avoir au moins deux voies différentes pour le transfert des dommages des cellules irradiées aux voisines non irradiées : par les jonctions de cellule à cellule (gap junctions) ou par des facteurs de culture. 

    Azzam et ses collaborateurs (Azzam et coll, 1998) ont démontré que l’effet bystander dépend de la communication intercellulaire (gap junctions) dans les cultures confluentes de fibroblastes diploïdes humains exposés à des flux bas d’irradiation alpha. Ils ont prouvé que les voies métaboliques p53 et p21 sont activées. Hickman et ses collègues ont signalé qu’une voie à médiation p53 pouvait être activée dans l’effet bysander (Hickman et autres, 1994). Ils ont étudié les effets de l’irradiation à faible dose de particules d’alpha sur cellules épithéliales de poumon de rat. L’analyse cytométrique de la fraction des cellules avec un niveau élevé de protéine p53 a détecté dans cette fraction une expression accrue par rapport à celles qui avaient été été frappées par une particule d’alpha.

    Le deuxième mécanisme de l’effet bystander proposé est la médiation de l’effet par la sécrétion de facteurs dans le milieu de culture (Mothersill et Seymour, 1997 ; Cummins et coll, 1999). Une série d’études (Lehnert et Goodwin, 1997a ; Lehnert et Goodwin, 1997b ; Narayanan et coll, 1997) suggèrent un mécanisme alternatif dans lequel les cellules irradiées sécrètent des cytokines ou d’autres facteurs qui agissent pour augmenter les taux intracellulaires de formes réactives d’oxygène dans les cellules non irradiées. Lehnert et collègues ont démontré que le milieu de culture issu de cellules irradiées avec des flux bas de particules alpha peut induire une augmentation des échanges de chromatides soeurs lorsqu’il est utilisé pour incuber des cellules non irradiées de test. Mothersill et Seymour (1998) ont rapporté des données qui suggèrent que l’effet bystander ne dépend pas de la communication par les gap junctions de cellules en contact.

    Il n’y a pas encore assez d’information disponible pour spéculer au sujet de la nature des initiateurs de l’effet bystander. Narayanan et les collègues (1997) ont montré que des facteurs issus du milieu de culture de cellules irradiées peuvent induire une augmentation des taux intracellulaires de formes réactives de l’oxygène, y compris le superoxyde et le peroxyde d’hydrogène. Ils pourraient jouer un rôle important dans le phénomène de transfert des dommages. D’un autre côté, l’élimination de l’effet bystander par le traitement thermique du milieu de culture ou par le traitement des cellules irradiées avec des inhibiteurs de la synthèse des protéines suggère que les facteurs sécrétés pourraient être des protéines (Lehnert et Goodwin, 1997b).

    L’instabilité génomique et l’effet bystander sont les deux effets non-ciblés de l’irradiation. Ils ont un rayon d’action beaucoup plus grand que le noyau. L’instabilité génomique induite par le rayonnement est définie comme une élévation persistante dans le taux d’apparition de novo de changements génétiques (mutations, aberrations chromosomiques et micronuclei) chez une population clonale (Little et coll, 1997 ; Ullrich et Ponnaiya, 1998). Il n’y a jusqu’ici aucune preuve que l’effet bystander persiste sur beaucoup de générations. Par ailleurs, on a rapporté (le Comité sur les effets biologiques des radiations ionisantes, 1990) que l’instabilité génomiquepersistante peut être induite par l’intermédiaire d’un effet bystander. Un autre article (Lorimore et coll, 1998) a démontré l’instabilité chromosomique dans les descendants clonaux des cellules souches hématopoïétiques après irradiation de la moelle des os chez la souris avec des particules alpha. Les auteurs ont étudié les effets d’interposition d’une grille entre les cellules et la source de particules alpha de sorte que la population survivante consiste principalement en cellules souches non atteintes. On a montré que le nombre de cellulesclonogéniques transmettant l’instabilité chromosomique était plus grand que le nombre prévu de cellules devant être atteintes et survivre. Ce fait suggère que la section initiale de dommages est augmentée par l’effet bystander, et que les cellules affectées par l’effet bystander peuvent entrainer un risque accru de changement génétique pour beaucoup de générations.

    L’effet bystander ne montre pas un rapport linéaire avec la dose (Nagasawa et Little, 1992 ; Hickman et coll, 1994 ; Deshpande et coll, 1996 ; Lehnert et Goodwin, 1997a ; Prise et coll, 1998). Il est induit au maximum par les doses très basses, suggérant pour son activation un mécanisme avec effet de commutation (voir le schéma 2).

    figure 2. Comparaison des types « classiques » et « bystander » de réponse à l’irradiation

     L’effet bystander contribue à une proportion significative de l’ensemble des mutations dans la région des faibles doses par un mécanisme apparemment distinct de la réponse « classique » au rayonnement. L’irradiation de 1 fibroblaste avec 1 particule 3He2+ donne lieu à une augmentation significative de cellules endommagées par effet bystander de approximativement de 1% à 3%. Un accroissement ultérieur de dose ne change pas la réponse pour une dose donnée. (Prise et coll, 1998). En raison des différences dans la fonction dose-réponse, la voie bystander pour la mutagenèse peut être négligée au delà doses qui, paradoxalement, sont souvent utilisées comme point de départ pour l’extrapolation des risques liés aux faibles doses

    Quelle est la contribution relative des effets « classiques » et « bystander » à la mort de cellules ?
    Seymour et Mothersill (Seymour et Mothersill, 2000) ont employé les kératinocytes humains pour étudier le phénomène. Ils ont présenté des données montrant une méthode pour corriger la courbe globale de survie permettant l’analyse des contributions relatives de l’effet bystander et de l’effet attribuable à l’interaction directe du rayonnement avec la cellule cible. La technique utilisée est de construire une courbe clonogénique de survie en utilisant l’analyse de Puck et de Marcus. Les résultats de survie sont convertis en mortclonogéniques pour l’effet bystander et pour l’effet total. Par soustraction, on peut déterminer le % de cellules mortes non induites par effet bystander. Les données prouvent que pour cette lignée humaine de cellules épithéliales, les doses de 0.01 à 0.5 Gy de rayons gamma induisent seulement la mort clonogénique par l’effet bystander (voir la figure 3).

    On peut voir qu’il y a une composante très importante d’effet bystander à de faibles doses mais aux doses de 0.5 Gy et au-delà des effets directs du rayonnement commencent à apparaître. L’importance de l’effet bystander est relativement constante et elle semble saturer aux doses de la gamme des 0.03-0.5 Gy. Au delà des doses de 0.5 Gy, les courbes clonogéniques de la mort sont le résultat d’un effet de dose-dépendant non-bystander et d’un effet dose-indépendant bystander.

    Quelques études ont été publiées sur l’effet bystander en systèmes multicellulaires. La radiosensibilité des lignes de cellules épithéliales de HPV-G et de HaCaT irradiées à l’intérieur de microcolonies (> 50 cellules) s’est avérée être inférieure à celle de cellules irradiées comme cellules isolées(Mothersill et Seymour, 1997 ; Cummins et coll, 1999). L’article de Bishayee et ses collègues (Bishayee, et coll, 1999) décrit un effet bystander prononcé en modèle tridimensionnel de culture du tissu V79 marqué avec 3H quand l’isotope est localisé au noyau de cellules et non-uniformément distribué parmi les cellules. Jen et collègues (Jen et coll, 1991) ont constaté que la radiosensibilité des cellules de rein de souris qui sont irradiées dans des conditions in vivo in situ ou in vitro en fragments est plus élevée que celles irradiées in vitro

  9. Helen Caldicott
  10. 220px-DrHelenCaldicott CENTRALE NUCLEAIRE dans REFLEXIONS PERSONNELLES
    magnify-clip CONTAMINATION RADIOACTIVE
    Helen Caldicott.

Helen Caldicott est une militante anti-nucléaire et médecin australienne, née à Melbourne en1938.

Biographie:

Après avoir obtenu son diplôme de médecine à l’Université d’Adélaïde (Australie), Helen Caldicott rejoint l’Hôpital pour enfants d’Adélaïde, puis le quitte en 1977 pour celui de Boston (USA) et enseigne la pédiatrie de 1977 à 1978 à la Harvard Medical School. Elle abandonne sa carrière médicale dès 1980 pour se consacrer au mouvement anti-nucléaire.

Elle accède à la notoriété en 1982, grâce à sa participation au documentaire canadien If you love this planet. Caldicott y accuse alors la Hershey Foods Corporation de distribuer des aliments contaminés par du strontium 90 suite à l’accident de la centrale nucléaire de Three Mile Island. Selon Caldicott, le strontium 90 absorbé par les végétaux est ensuite ingéré par les vaches, produisant ainsi le lait contaminé qu’utilisait la société Hershey.

En 1982, elle fonde également l’association Women’s Action for Nuclear Disarmament (WAND, mouvement des femmes pour le désarmement nucléaire), ensuite renommé Women’s Action for New Directions (WAND, mouvement des femmes pour des orientations nouvelles), un groupe visant à réduire l’utilisation de l’énergie nucléaire.

Helen Caldicott participa activement au sein du groupe Physicians for Social Responsibility de 1977 à 1986, une organisation regroupant 23.000 médecins désirant informer la population des risques de l’énergie nucléaire. Elle travailla à travers le monde à la création de groupes similaires. L’un d’entre eux, l’International Physicians for the Prevention of Nuclear War (groupe international des médecins pour la prévention de la guerre nucléaire) a été récompensé par le prix Nobel de la paix en 1985.

En 1990, elle se lance en politique et brigue le siège de député de la circonscription de Richmond (Australie). Malgré son échec, elle tente en 1991 d’entrer au Sénat Australien avec le soutien du parti démocrate australien pour le poste de sénateur du New South Wales. Cependant, un cacique du parti lui est préferé.

Une de ses enquêtes est sélectionnée par Project Censored (organisme d’enquête universitaire) en 1990. Citant les recherches des scientifiques soviétiques Valery Burdakov et Vyacheslav Fiin, Caldicott affirme que le programme de la navette spatiale de la NASA détruit la couche d’ozone. Un total de 300 vols seraient suffisants pour « détruire complètement la couche d’ozone qui protège la Terre ». Il n’y a cependant pas de preuve scientifique.

En 1995, Helen Caldicott retourne aux États-Unis où elle enseigne la politique internationale et l’environnement à la New School of Social Research on the Media (New York). Elle anime également une émission de radio hebdomadaire sur WBAI et devient présidente fondatrice de la fondation STAR (Standing for Truth About Radiation).

Son sixième livre, The New Nuclear Danger : George W. Bush’s Military Industrial Complex est publié en 2001. Elle crée le Nuclear Policy Research Institute, dont le siège est à Washington (USA). L’objectif du NPRI est de pousser les grands médias à informer sur les dangers du nucléaire, de créer un consensus populaire autour d’un arrêt nécessaire des programmes nucléaires civile et militaire.

Le film documentaire Helen’s War: portrait of a dissident (2004) est une immersion dans la vie de Helen Caldicott, filmée à travers les yeux de sa nièce, la réalisatrice Anna Broinowski.

Helen Caldicott partage son temps entre les États-Unis et l’Australie, elle continue ses conférences afin de donner son avis sur le nucléaire. Elle a été recompensée par 19 doctorats honoraires, nominée pour le prix Nobel de la paix, recompensée du prix Lannan Foundation pour sa liberté culturelle en 2003, l’Organisation Pacifique Australienne la récompensa avec le premier Australian Peace Prize « for her longstanding commitment to raising awareness about the medical and environmental hazards of the nuclear age » en 2006. Le Smithsonian Institution a nommé Caldicott comme l’une des femmes les plus influentes du xxe siècle.

En mai 2003, Helen Caldicott donne une conférence sur « la nouvelle menace nucléaire » à l’université de San Diego aux États-Unis.

Distinctions:

Liens externes:

  1. site officiel d’Helen Caldicott
  2. NPRI – Nuclear Policy Research Institute
  3. WAND – Women’s Action for New Directions
  4. PSR – Physicians for Social Responsibility
  5. IPPNW – International Physicians for the Prevention of Nuclear War
  6. Project Censored
Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 8 novembre, 2012 |Pas de commentaires »

FUKUSHIMA: DECONTAMINATION ET DEDOMMAGEMENTS POURRAIENT COÛTER 100 MILLIARDS D’EUROS…POUR L’INSTANT !

FUKUSHIMA:

Décontamination et dédommagements

pourraient coûter 100 mds EUR…

pour l’instant…

FUKUSHIMA: DECONTAMINATION ET DEDOMMAGEMENTS POURRAIENT COÛTER 100 MILLIARDS D'EUROS...POUR L'INSTANT ! dans REFLEXIONS PERSONNELLES fukushima-explosion-2

TOKYO – Le coût du traitement de l’accident nucléaire de Fukushima, comprenant la décontamination et les dédommagements des victimes, pourrait atteindre 100 milliards d’euros, le double de la somme prévue, selon la compagnie gérante de la centrale, ruinée par le tsunami du 11 mars 2011.

La catastrophe de Fukushima, la plus grave du secteur depuis celle de Tchernobyl (Ukraine) en 1986, a entraîné d’importantes émissions radioactives dans l’air, les sols et les eaux de la région, et obligé une centaine de milliers d’habitants à quitter leur logement.

La somme de 10.000 milliards de yens (100 milliards d’euros), qui relève pour l’heure de l’hypothèse, ne comprend toutefois pas les charges liées au démantèlement des quatre réacteurs ravagés sur les six que compte le site. Ces opérations dureront quelque 40 ans et nécessiteront le développement de nouvelles technologies ainsi que la formation de milliers de techniciens.

Nous devons discuter avec le gouvernement des besoins selon plusieurs scénarios, a répondu mercredi le président de Tepco, Kazuhiko Shimokobe, à un journaliste l’interrogeant sur le risque d’un doublement du montant de 5.000 milliards de yens précédemment évoqué par le groupe.

Nous ne savons pas à l’heure actuelle quel sera le coût total, car nous révisons les chiffres pour la décontamination et les compensations chaque trimestre, mais si cela dépasse 5.000 milliards de yens, l’entreprise aura du mal, a-t-il prévenu.

Tepco indique en outre dans un document qu’une rallonge du même ordre de grandeur sera nécessaire en cas de volonté de nettoyer une zone plus étendue que celle définie initialement, ainsi que pour la construction de sites de stockage temporaires de détritus radioactifs.

Comme gage de bonne conduite, la compagnie a promis d’économiser plus de 3.300 milliards de yens (près de 33 milliards d’euros) en une décennie.

Et d’ajouter que des fonds supplémentaires de l’Etat allaient de toute façon être requis pour le retrait du combustible fondu et autres interventions liées à la déconstruction du site, Tepco n’ayant mis de côté que 1.000 milliards de yens (10 milliards d’euros), une somme nettement insuffisante.

Il est néanmoins probable que le groupe revoie plusieurs fois ses évaluations, sachant notamment que rien n’a encore été décidé ni pris en compte concernant les deux réacteurs épargnés de Fukushima Daiichi et les quatre de la deuxième centrale, Fukushima Daini, de cette préfecture du nord-est du Japon.

Tepco a de surcroît insisté mercredi sur la nécessité de repenser le schéma actuellement en vigueur pour financer les réparations nécessaires.

Il prévoit par ailleurs de créer dans la région de Fukushima un siège dédié à la gestion de ce sinistre historique, une option qui devrait permettre de faire des économies de fonctionnement.

Un centre de recherche sera également mis en place pour concevoir les techniques requises pour le nettoyage du site et des environs.

La compagnie, nationalisée cet été, est incapable d’assumer seule le coût de la catastrophe.

Elle est non seulement contrainte d’indemniser plus d’un million et demi de victimes et de procéder à des dépréciations massives d’actifs, mais elle doit également continuer à alimenter l’est du Japon, dont Tokyo. Elle doit pour cela faire tourner à plein régime ses centrales thermiques et dépenser de ce fait des sommes astronomiques en achat de gaz et pétrole.

Le coût global du drame de Fukushima dépassera dans tous les cas et de loin ce qui sera effectivement pris en charge par Tepco ou l’Etat japonais. Car il faudrait en théorie y inclure tous les effets collatéraux, sur le commerce, l’industrie, le secteur touristique, etc… pas seulement dans la préfecture de Fukushima mais dans l’ensemble du Japon.

(©AFP / 07 novembre 2012 10h17) 

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 7 novembre, 2012 |Pas de commentaires »

JAPON: LES REACTEURS NUCLEAIRES D’OHI SONT BIEN SITUES SOUS UNE FAILLE ACTIVE, SELON LES EXPERTS (Gen4)

Japon: Les réacteurs nucléaires d’OHI sont bien

situés sous une faille active, selon les experts

JAPON: LES REACTEURS NUCLEAIRES D'OHI SONT BIEN SITUES SOUS UNE FAILLE ACTIVE, SELON LES EXPERTS (Gen4) dans REFLEXIONS PERSONNELLES ohi

OHI : de l’avis général des experts Japonais, les réacteurs

d’OHI sont bien situés sous une faille active

Les experts Japonais se sont mis d’accord ce jour pour confirmer que les 2 réacteurs en service du site d’OHI sont bien situés sous une ligne de faille active.

Pour le Professeur WATANABE, inutile de tergiverser :

« il faut stopper OHI »

Inutile de retarder davantage la fermeture du site, la faille est bien active.

L’un des cinq experts désignés par l’autorité de régulation nucléaire Japonaise 1 pour évaluer la présence et l’activité d’une faille sismique active située exactement sous le site de production électronucléaire d’OHI a affirmé ce jour qu’il était inutile d’attendre davantage [pour arrêter les réacteurs] car il était convaincu que la faille était bien active.

 Une faille active depuis au moins 120.000 années

Pour le Professeur WATANABE de l’Université de Toyo, la faille semble active depuis plus de 120.000 ans ;  il lui semble inutile en conséquence de prolonger davantage les expertises et il s’avère désormais obligatoire d’annoncer immédiatement l’arrêt des unités 3 et 4 d’OHI, comme le gouvernement s’y était engagé 2.

L’équipe mandatée par la NRA se compose de cinq personnalités scientifiques compétentes dans les domaines géologique et sismique. Si l’ensemble des experts s’accorde à juger la faille située sous la centrale d’OHI active, il leur reste cependant à se mettre d’accord sur la date de la dernière activité, plus ou moins de 120.000 années et sur la possibilité de failles localisées (glissements de terrain) présentant des risques sismiques moins élevés.

En effet, pour le Professeur OKADA, des glissements de terrain localisés auraient pu également créer des failles dans les strates géologiques et considère de son côté que des études approfondies sont nécessaires.

Une nouvelle réunion de la NRA est prévue mercredi prochain,

l’opérateur KEPCO pourrait y être convoqué

L’autorité Japonaise se réunira de nouveau après-demain avec les experts et – cette fois-ci – les représentants de l’opérateur KEPCO, une société qui a toujours affirmé que le site d’OHI était absolument sûr au niveau géologique, de même que l’opérateur TEPCO affirmait que le site de Fukushima-Daiichi était à l’abri de tout incident de cette nature une semaine avant les tremblements de terre et tsunami du 11 mars 2011 3

La faille passerait directement sous la conduite d’alimentation

en eau des réacteurs

Fait aggravant, la faille active passerait non seulement directement sous certains des bâtiments du site mais également sous la conduite d’eau principale destinée au refroidissement des réacteurs et des piscines de désactivation.

Les réacteurs d’OHI à deux doigts d’un arrêt définitif mérité

Attendu qu’il s’avère impossible d’agir sur la faille ni sur les conditions d’une éventuelle secousse à ce niveau 4, l’opérateur ne pourrait avoir d’autre choix que de condamner définitivement le site d’OHI dont les unités n°. 3 et 4 avaient été remises en service au début du mois de juillet 2012, après bien des tergiversations politiques.

La décision d’arrêt nous ramènerait ainsi – après une petite digression – à la situation antérieure : ZÉRO réacteur nucléaire en service dans le troisième pays le plus électronucléarisé au monde et c’est ce que nous souhaitons le plus sincèrement du monde au Japon.

Sources :

Regulatory body split over fissure under Ohi plant, NHK, 4/12 (vidéo, anglais)

Decision on Oi nuclear plant faultline postponed, JapanToday, 5/11/12

(121)

  1. Nuclear Regulatory Agency, ex-NISA
  2. Pour des raisons de sécurité et par le biais d’une décision motivée de la NRA
  3. Début mars 2011, un rapport scientifique établissait que les centrales de Hamaoka, Kashiwazaki-Kariwa, Fukushima-Daiichi et Daini étaient situées au niveau de zones pouvant être atteintes par des tsunamis majeurs ; les opérateurs ont alors fait pression sur les administrateurs de la commission scientifique pour « effacer » les avertissements et poursuivre leurs petites affaires comme si de rien n’étaitsource : japantimes, 27/2/12
  4. Disons plutôt qu’à ce jour, l’attitude initiale des scientifiques a nettement reculé devant la puissance des événements naturels récents

Source: Gen4

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 7 novembre, 2012 |Pas de commentaires »

COMMENT ARNAUD MONTEBOURG AUTORISE DES POLLUTIONS CHIMIQUES ET RADIOACTIVES…C’EST « NORMAL » !…C’EST POUR LES MILITAIRES !…(Thierry LAMIREAU)

Comment Arnaud MONTEBOURG
autorise
des pollutions chimiques
et
radioactives…
COMMENT ARNAUD MONTEBOURG AUTORISE DES POLLUTIONS CHIMIQUES ET RADIOACTIVES...C'EST
Un exemple,
si vous avez le courage de lire le document ci-dessous,
parmi tant d’autres qui montre que nos politiques,
de droite comme de gauche,
autorisent sciemment et froidement,
la contamination et l’irradiation de la population…
et puis c’est pour la « bonne cause »…
puisque c’est militaire !…
           JORF n°0254 du 31 octobre 2012 page 17075
texte n° 27 ARRETE 
Arrêté du 15 octobre 2012 autorisant le Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives à poursuivre les rejets d’effluents liquides et gazeux et les prélèvements d’eau pour l’exploitation de l’installation nucléaire de base secrète dénommée « Propulsion nucléaire » de son site de Cadarache NOR: PROZ1235766A

Le ministre du redressement productif,
Vu le code de la défense ;
Vu le code de l’environnement ;
Vu le code de la santé publique ;
Vu la loi n° 61-842 du 2 août 1961 modifiée relative à la lutte contre la pollution atmosphérique et les odeurs ;
Vu le décret n° 93-743 du 29 mars 1993 modifié relatif à la nomenclature des opérations soumises à autorisation ou à déclaration en application de l’article 10 de la loi n° 92-3 du 3 janvier 1992 sur l’eau ;
Vu le décret n° 95-540 du 4 mai 1995 relatif aux rejets d’effluents liquides et gazeux et aux prélèvements d’eau des installations nucléaires de base, notamment son article 13 ;
Vu le décret n° 2001-592 du 5 juillet 2001 relatif à la sûreté et à la radioprotection des installations et activités intéressant la défense ;
Vu le décret n° 2002-255 du 22 février 2002 modifiant le décret n° 93-1272 du 1er décembre 1993 et créant une direction générale de la sûreté nucléaire et de la radioprotection ;
Vu le décret n° 2002-460 du 4 avril 2002 relatif à la protection générale des personnes contre les dangers des rayonnements ionisants ;
Vu l’arrêté du 26 novembre 1999 fixant les prescriptions techniques générales relatives aux limites et aux modalités des prélèvements et des rejets soumis à autorisation, effectués par les installations nucléaires de base ;
Vu l’arrêté du 31 décembre 1999 fixant la réglementation technique générale destinée à prévenir et limiter les nuisances et les risques externes résultant de l’exploitation des installations nucléaires de base ;
Vu le courrier transmis par le Commissariat à l’énergie atomique en date du 1er août 2011 ;
Vu l’avis du conseil départemental d’hygiène du département des Bouches-du-Rhône, séance du 22 mars 2012 ;
Vu l’avis de l’Autorité de sûreté nucléaire du 23 juillet 2012 ;
Vu l’avis du ministre chargé de la sécurité civile du 12 septembre 2012,
Arrête :

Le présent arrêté a pour effet d’autoriser le Commissariat à l’énergie atomique, établissement public de recherche, dont le siège social est situé bâtiment Le Ponant D, 25, rue Leblanc, 75015 Paris, ci-après désigné par le CEA, à poursuivre, sous réserve du respect des dispositions du présent arrêté, les rejets d’effluents liquides et gazeux radioactifs ou non dans l’environnement et les prélèvements d’eau, pour l’exploitation de l’installation nucléaire de base classée secrète dénommée « Propulsion nucléaire » de son site de Cadarache (13), ci-après désigné par INBS-PN.

  • TITRE Ier : DISPOSITIONS GÉNÉRALES

    I. ― Cet arrêté s’applique à l’ensemble des rejets, des transferts et des prélèvements d’eau réalisés par les installations et équipements, nucléaires ou non, compris dans le périmètre de l’INBS-PN. Il fixe :
    ― les limites et les conditions techniques des rejets d’effluents gazeux des installations individuelles de l’INBS-PN auxquels l’exploitant est autorisé à procéder ;
    ― les limites et les conditions techniques des transferts d’effluents liquides depuis les installations de l’INBS-PN vers la station de traitement des effluents du site de Cadarache, ou à l’extérieur du site de Cadarache vers une autre installation dûment autorisée à recevoir ces types d’effluents, auxquels l’exploitant est autorisé à procéder ;
    ― les limites et les conditions techniques des transferts d’effluents liquides depuis les installations de l’INBS-PN vers la station d’épuration du site de Cadarache auxquels l’exploitant est autorisé à procéder ;
    ― les limites et les conditions techniques des rejets d’effluents liquides issus des aéroréfrigérants de l’installation individuelle RES de l’INBS-PN auxquels l’exploitant est autorisé à procéder ;
    ― les limites et les conditions techniques de distribution d’eau vers l’INBS-PN à laquelle l’exploitant est autorisé à procéder ;
    ― les moyens d’analyse, de mesure et de contrôle des ouvrages, installations, travaux ou activités ainsi que de la surveillance de leurs effets sur l’environnement ;
    ― les conditions dans lesquelles l’exploitant rend compte des quantités d’eau prélevées et distribuées à l’INBS-PN, des transferts et rejets d’effluents liquides et des rejets d’effluents gazeux effectués pour l’exploitation de l’INBS-PN ainsi que des résultats de la surveillance de leurs effets sur l’environnement aux ministres chargés de l’industrie, de la santé et de l’environnement, au délégué à la sûreté nucléaire et à la radioprotection des installations et activités intéressant la défense (DSND), à l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), au préfet des Bouches-du-Rhône, à la direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur (DREAL) et au service chargé de la police des eaux ;
    ― les contrôles exercés par le DSND, l’ASN, la DREAL, le service chargé de la police des eaux ;
    ― les modalités d’information du public.
    II. ― La présente autorisation ne vaut pas autorisation d’occupation du domaine public fluvial.
    III. ― L’arrêté est pris sous réserve du droit des tiers.
    IV. ― Toutes dispositions doivent être prises dans la conception, la construction, l’entretien et l’exploitation des installations de l’INBS-PN, en particulier par l’utilisation des meilleures technologies disponibles à un coût économiquement acceptable, pour limiter les consommations d’eau et l’impact des rejets d’effluents radioactifs et chimiques sur l’environnement et les populations.
    Ce principe s’applique également aux dispositifs destinés à mesurer le niveau des rejets en vue d’évaluer leur impact sur l’environnement.
    L’ensemble des installations de prélèvements d’eau et de rejets des effluents est conçu et exploité conformément aux dispositions techniques contenues dans le dossier présenté par l’exploitant et tant qu’elles ne sont pas contraires aux dispositions du présent arrêté.
    V. ― Les installations de traitement (ou de prétraitement) des effluents nécessaires au respect des valeurs limites de rejets spécifiées sont conçues de façon à faire face aux variations des caractéristiques des effluents bruts (débit, température…), y compris en période de démarrage ou d’arrêt des installations.
    VI. ― Aucun rejet ne peut être pratiqué si les circuits utilisés pour le stockage, le transfert et le rejet des effluents ainsi que les dispositifs et moyens de radioprotection associés ne sont pas conformes à la réglementation en vigueur et aux prescriptions du présent arrêté.
    VII. ― L’exploitant doit réaliser les vérifications et mesures nécessaires au bon fonctionnement des installations. En particulier, les consignes d’exploitation de l’ensemble des installations comportent explicitement les contrôles à effectuer, en marche normale et à la suite d’un arrêt pour travaux de modification ou d’entretien, de façon à permettre en toutes circonstances le respect du présent arrêté.
    Les dispositifs de traitement et de stockage sont conçus, exploités, entretenus et périodiquement contrôlés de manière à réduire les durées d’indisponibilité pendant lesquelles ils ne peuvent assurer pleinement leur fonction et de manière à pouvoir vérifier à tout moment leur efficacité.
    En cas de panne des dispositifs de mesure prescrits par le présent arrêté, l’exploitant prend toutes dispositions nécessaires pour limiter la durée d’indisponibilité du matériel.
    VIII. ― Sur chaque canalisation de rejet d’effluents est prévu un point de prélèvement permettant de prélever des échantillons. Ces points sont implantés de telle sorte qu’ils permettent de réaliser des mesures représentatives de l’effluent rejeté. Ils sont aménagés de manière à être aisément accessibles et permettre des interventions et des prélèvements en toute sécurité.
    IX. ― Toute modification apportée par l’exploitant à l’ouvrage, à l’installation, à son mode d’utilisation, à la réalisation des travaux ou à l’aménagement en résultant ou à l’exercice de l’activité ou à leur voisinage, et de nature à entraîner des conséquences sur les rejets d’effluents liquides ou gazeux ou sur les prélèvements d’eau, doit être portée avant sa réalisation à la connaissance du DSND qui statue sur la procédure réglementaire à adopter. S’il estime que la modification est de nature à entraîner des dangers ou des inconvénients pour l’environnement, il peut exiger le dépôt d’une nouvelle demande d’autorisation.

  • TITRE II : PRÉLÈVEMENTS ET TRANSFERTS D’EAU
    • Chapitre Ier : Principes généraux

      Le CEA prélève de l’eau brute dans l’environnement pour assurer le fonctionnement des différentes installations de son site de Cadarache.
      Après traitement, une partie de cette eau est distribuée, via une installation relevant de la nomenclature des installations classées pour la protection de l’environnement régulièrement autorisée par ailleurs, à l’INBS-PN pour ses besoins domestiques et industriels.

    • Chapitre II : Limites et conditions des transferts d’eau

      I. ― La quantité d’eau annuelle maximale transférée vers l’INBS-PN est de 2 400 000 m³/an.
      II. ― La quantité d’eau journalière maximale transférée vers l’INBS-PN est de 15 000 m³/jour.
      Dans le cadre de sa politique d’économie d’eau, l’exploitant s’efforcera de maintenir à un niveau aussi bas que possible les quantités d’eau consommées par l’INBS-PN.

      Des moyens de mesure permettent de déterminer et de comptabiliser les volumes effectivement utilisés.

    • Chapitre III : Entretien, maintenance

      L’exploitant doit, sous le contrôle de l’administration, constamment entretenir, à ses frais, en bon état de fonctionnement les moyens de mesure afin de garantir que les quantités d’eau transférées restent conformes aux conditions de l’autorisation.
      Les moyens de mesure font l’objet d’une vérification annuelle.
      En cas de panne d’un moyen de mesure, l’exploitant en avise le DSND.

  • TITRE III : REJETS D’EFFLUENTS GAZEUX
    • Chapitre Ier : Principes généraux

      I. ― Les rejets d’effluents gazeux, qu’ils soient radioactifs ou non, ne sont autorisés que dans les limites et les conditions techniques ci-après. Les rejets radioactifs non contrôlés sont interdits, à l’exception des rejets diffus cités à l’article 12-II.
      Les installations sont conçues, exploitées et entretenues de manière à limiter les émissions d’effluents dans l’atmosphère. Ces émissions (poussières, gaz, polluants…) doivent, dans la mesure du possible, être captées à la source, canalisées et si besoin traitées afin que les rejets correspondants soient maintenus en permanence aussi bas que raisonnablement possible.
      II. ― Les conditions de collecte, de traitement et de rejets des effluents gazeux sont telles qu’elles n’entraînent pas de risque d’inflammation ou d’explosion, ni la production, du fait du mélange des effluents, de substances polluantes nouvelles.
      III. ― Les rejets à l’atmosphère sont évacués, après traitement éventuel, par l’intermédiaire de cheminées ou dispositifs d’échappement pour permettre une bonne diffusion des rejets. La forme des conduits, notamment dans leur partie la plus proche du débouché à l’atmosphère, est conçue de façon à favoriser au maximum l’ascension et la diffusion des effluents dans l’atmosphère. Ces conduits sont implantés de manière à éviter le refoulement des effluents rejetés dans les conduits ou prises d’air avoisinants.

    • Chapitre II : Dispositions techniques particulières

      I. ― Les effluents gazeux radioactifs sont rejetés exclusivement par les cheminées ou exutoires des bâtiments de l’INBS-PN. A cet effet, l’exploitant doit notamment s’assurer du lignage correct des circuits de ventilation. Les exutoires mentionnés à l’article 12-1 sont équipés de dispositifs de filtration de très haute efficacité ou de tout autre dispositif équivalent de traitement avant rejet. Ces effluents gazeux ont pour origine :
      ― les effluents procédés ;
      ― les effluents des réseaux de ventilation des bâtiments.
      II. ― Les cheminées ou exutoires principaux pris en compte dans la surveillance des rejets radioactifs ont les caractéristiques techniques suivantes :

      INSTALLATIONS OU BÂTIMENTS EXUTOIRES DÉBIT
      en m³/h
      (indicatif)
      HAUTEUR
      en mètres
      Bâtiment 444 1 cheminée (E52) 60 000 17
      FSMC 1 cheminée (E92) 18 000 17
      Bâtiment 432 1 cheminée (E59) 1 000 12
      AZUR (bâtiment 402) 1 cheminée (E39) 8 500 15
      Bâtiment 401 1 cheminée (E68) (atelier des mécanismes) 900 12
      ME 1 cheminée (E69) (atelier des prolongateurs nucléaires) 1 700 5
      Bâtiment 406 1 cheminée (E71) (atelier des pompes primaires) 3 800
      1 cheminée (E70) (atelier de ressuage) 1 700 13
      RNG (bâtiment 400) 1 cheminée (E40) 80 000 45
      RES (bâtiment 480) 1 cheminée (E76) 120 000 (*) 45
      (*) 80 000 m³/h lors du fonctionnement de la piscine RES seule.

      III. ― Les cheminées ou exutoires principaux susceptibles de rejeter des effluents gazeux, poussières ou aérosols chimiques sont les suivantes :

      INSTALLATIONS
      ou bâtiments
      EXUTOIRES EFFLUENTS
      rejetés
      FSMC (bâtiment 444) 1 cheminée (VEA8)
      (H : 6 m, débit indicatif : 5 500 m³/h)
      HF
      NOx
      ME (bâtiment 401) 1 cheminée (chaudière boucle EDITH)
      (H : 17 m, débit indicatif : 20 000 m³/h)
      NOx
      SO2
      RNG (bâtiment 400) 1 cheminée (chaudière MARINE)
      (H : 45 m, débit indicatif : 20 000 m³/h)
      NOx
      SO2

      IV. ― Les dispositions retenues pour les rejets des effluents gazeux des groupes électrogènes de secours et de sauvegarde doivent permettre une bonne dilution dans le milieu ambiant.

      Les effluents radioactifs gazeux rejetés par les installations le sont exclusivement par les dispositifs décrits à l’article 8.

    • Chapitre III : Valeurs limites

      I. ― L’activité des effluents radioactifs gazeux rejetés à l’atmosphère par les installations de l’INBS-PN ne doit pas excéder les limites annuelles suivantes :

      RADIOÉLÉMENTS ACTIVITÉ ANNUELLE REJETÉE
      (en GBq/an)
      Iodes radioactifs 1,5.10―²
      Gaz rares 13.10³
      Autres émetteurs bêta/gamma 0,4.10-³
      Emetteurs alpha 3.10―5
      Tritium 45
      Carbone 14 17

      En cas de dépassement de ces seuils, l’exploitant réalise une information au titre de l’article 31.
      II. ― L’activité mensuelle des rejets sous forme gazeuse ne doit pas dépasser le sixième des limites annuelles correspondantes. En cas de dépassement de ces seuils, l’exploitant réalise une information au titre de l’article 31.
      III. ― Les concentrations des rejets en HF, NOx et SO2 des cheminées susceptibles de rejeter des effluents chimiques ne doivent pas dépasser les valeurs figurant dans le tableau ci-dessous lorsque les flux horaires sont supérieurs aux valeurs indiquées :

      PARAMÈTRES
      concernés
      FLUX HORAIRE
      supérieur à
      CONCENTRATION
      maximale
      HF 25 g/heure 0,3 mg/m³
      NOx 10 kg/heure 110 mg/m³
      SO2 10 kg/heure 125 mg/m³

       

    • Chapitre IV : Contrôles, vérifications, surveillance

      L’exploitant réalise des contrôles et des analyses afin de vérifier le respect des principes généraux de rejets mentionnés à l’article 7 et le respect des valeurs limites de rejets spécifiées à l’article 10.
      L’exploitant doit être en mesure de fournir la répartition des émissions atmosphériques par cheminée.
      Le bon état de tous les conduits de transfert des effluents radioactifs gazeux est vérifié annuellement.
      L’efficacité des filtres de dernière barrière des effluents radioactifs gazeux est testée au moins une fois par an.
      Les cheminées prises en compte pour le bilan des rejets radioactifs sont équipées de dispositifs de prélèvement et de mesure permettant de mettre en œuvre le programme de surveillance et de contrôle prévu dans le présent arrêté. Ces dispositifs doivent être implantés dans une section de la cheminée où la représentativité des mesures et prélèvements est assurée. De plus, ils doivent être aisément accessibles en toute sécurité. Les dispositifs de mesures en continu doivent être doublés pour l’émissaire E76 (installation RES).

      I. ― Les rejets des effluents radioactifs font l’objet des contrôles et analyses, mentionnés dans le tableau ci-dessous et dont la fréquence et la nature dépendent de l’installation :

      INSTALLATION CHEMINÉE MESURE
      de débit
      MESURES EN CONTINU PRÉLÈVEMENTS EN CONTINU ― MESURES EN DIFFÉRÉ
      Aérosol
      alpha
      Aérosol
      bêta
      Gaz
      bêta
      Alpha
      global
      Bêta
      global
      Iode Tritium Carbone 14
      FSMC Bâtiment 444
      ― E52 Oui Oui H H
      ― E92 Oui Oui H H
      Bâtiment 432 Non M (**) M (**)
      AZUR Bâtiment 402 Oui Oui Oui (**) M (**) M (**)
      ME Bâtiment 401 :
      ― atelier d’intervention sur les mécanismes Oui M (**) M (**)
      ― atelier prolongateur nucléaire Oui M (**) M (**)
      Bâtiment 406 :
      ― atelier des pompes primaires Oui M (**) M (**)
      ― atelier de ressuage Oui M (**) M (**)
      RNG Bâtiment 400 Oui Oui Oui H H H
      RES Bâtiment 480 Oui Oui Oui H H H M (*) M (*)
      (*) A partir de la mise en service du réacteur RES.
      (**) Mesure visant à s’assurer de l’absence de rejet.
      M : mesure mensuelle.
      H : mesure hebdomadaire.

      Les procédures analytiques mises en œuvre doivent permettre d’assurer les seuils de décision suivants :
      ― mesure en continu : 5.10³ Bq/m³ pour les gaz rares ;
      ― mesure en différé :
      2.5.10―4 Bq/m³ en bêta global, pour émetteurs bêta-gamma ;
      10―4 Bq/m³ en alpha global, pour les émetteurs alpha ;
      10 Bq/m³ pour le tritium ;
      5 Bq/m³ pour le carbone 14 ;
      2.5.10―³ Bq/m³ en iode 131, pour les iodes.
      Ces seuils sont notamment utilisés pour vérifier l’absence de rejet.
      II. ― Les émissions à l’atmosphère associées aux rejets diffus font l’objet d’une estimation mensuelle, visant notamment à s’assurer de leur caractère négligeable. Les exutoires concernés sont précisés dans un document transmis au DSND.
      III. ― Concernant les rejets chimiques gazeux, les concentrations des éléments chimiques sont déterminées mensuellement pour les installations fonctionnant en continu. Pour les installations fonctionnant par campagnes d’une durée inférieure au trimestre, des mesures représentatives sont effectuées au moins deux fois, en début et en cours de campagne. Pour les campagnes supérieures à un trimestre, les mesures seront effectuées au début de la campagne puis tous les mois. Pour les chaudières de l’installation ME, la périodicité sera au moins annuelle et à l’occasion de chaque réapprovisionnement en fioul.

      ÉLÉMENTS MESURÉS INSTALLATIONS
      HF FSMC
      NOx FSMC ― ME ― RNG
      SO2 ME ― RNG

       

      I. ― La surveillance de la radioactivité de l’environnement par l’exploitant, qui peut être commune à l’ensemble des autres installations du site de Cadarache, comporte au minimum :
      ― la mesure permanente du rayonnement gamma ambiant, avec relevé à fréquence mensuelle, en au moins dix points de la clôture du site de Cadarache, dont au moins deux sont situés à proximité de la clôture de l’INBS-PN ;
      ― l’enregistrement continu du rayonnement gamma ambiant pratiqué en quatre points de mesure, dont l’un d’entre eux est nécessairement placé sous le vent dominant ;
      ― au niveau de chacun de ces quatre points de surveillance, une station de prélèvement par aspiration en continu des poussières atmosphériques sur filtre fixe et des halogènes sur adsorbant spécifique. Pour chacune des stations, les filtres sont relevés au moins une fois par jour, puis font l’objet, au minimum, d’une mesure des activités alpha et bêta globales d’origine artificielle. En cas de dépassement de la valeur de 0,002 Bq/m³, l’exploitant procédera à une analyse isotopique complémentaire par spectrométrie gamma et réalisera une information au titre de l’article 31. Le dispositif de prélèvement des halogènes est relevé à la fin de chacune des quatre périodes suivantes : du 1er au 7, du 8 au 14, du 15 au 21 et du 22 à la fin du mois, puis analysé par spectrométrie gamma de manière à déterminer l’activité de l’iode 131 ;
      ― au niveau de quatre points, un prélèvement en continu avec mesure du tritium atmosphérique, à la fin de chacune des périodes précédemment définies ;
      ― au niveau de trois points, un prélèvement en continu avec mesure mensuelle du carbone 14 atmosphérique ;
      ― un prélèvement en continu des précipitations atmosphériques sous les vents dominants avec mesure mensuelle de l’activité bêta globale et du tritium ;
      ― un prélèvement mensuel de lait, sous les vents dominants, faisant l’objet d’une mesure de l’activité bêta et d’une spectrométrie gamma permettant notamment la détermination de l’activité de l’iode 131 et du potassium 40. Ces analyses sont complétées annuellement par la mesure du tritium et du carbone 14 ;
      ― en quatre points, dont un situé sous les vents dominants, un prélèvement mensuel de végétaux faisant l’objet d’une mesure d’activité bêta globale et d’une spectrométrie gamma permettant notamment la mesure de l’activité du potassium 40. Ces déterminations sont complétées annuellement par la mesure du tritium et du carbone 14 ;
      ― un prélèvement annuel de la couche superficielle des terres. Sur ce prélèvement, il est réalisé au minimum une spectrométrie gamma ;
      ― une campagne annuelle de prélèvements sur les principales productions agricoles, notamment dans les zones sous les vents dominants. Ces prélèvements font l’objet d’une mesure d’activité bêta globale et d’une spectrométrie gamma permettant en particulier la mesure de l’activité du potassium 40. Ces déterminations sont complétées annuellement par la mesure du tritium et du carbone 14.
      II. ― Les stations de prélèvement et de mesure en continu sont munies d’alarmes signalant au tableau de contrôle de l’environnement toute interruption de leur fonctionnement.
      III. ― Le plan de surveillance ainsi que la localisation des différents points de mesure et de prélèvement sont précisés en annexe du présent arrêté. Une carte récapitulative précisant la localisation des points de mesures et les radioéléments analysés est déposée à la préfecture des Bouches-du-Rhône. Toute modification doit préalablement recueillir l’accord du DSND.

  • TITRE IV : TRANSFERTS ET REJETS D’EFFLUENTS LIQUIDES
    • Chapitre Ier : Principes généraux

      I. ― Le site de Cadarache dispose d’une station de traitement des effluents, d’une station d’épuration et de rejets et d’un émissaire de rejets en Durance.
      Les effluents liquides générés par l’INBS-PN sont transférés selon leur type vers une de ces installations. Concernant les effluents liquides radioactifs, ils peuvent également être transférés à l’extérieur du site de Cadarache, vers une autre installation dûment autorisée à recevoir ces types d’effluents.
      II. ― Les transferts et rejets d’effluents liquides radioactifs ou non ne sont autorisés que dans les limites et les conditions techniques fixées ci-après. Les transferts et rejets d’effluents liquides non maîtrisés sont interdits. Les transferts et rejets d’effluents liquides radioactifs non contrôlés sont interdits.
      Les installations à l’origine des effluents liquides doivent être conçues, exploitées et entretenues de façon à maintenir l’activité des substances radioactives et la quantité de substances chimiques rejetées aussi bas que raisonnablement possible.
      III. ― Les différentes catégories d’effluents doivent être collectées le plus en amont possible et faire en tant que de besoin l’objet d’un traitement spécifique avant mélange entre elles.
      Les canalisations de transport de fluides dangereux et de collecte d’effluents pollués ou susceptibles de l’être sont étanches et résistent à l’action physique et chimique des produits qu’elles sont susceptibles de contenir.
      Les transports d’effluents par citernes, bâches ou récipients de toutes natures se font dans les conditions fixées par la réglementation des transports applicable à l’intérieur ou à l’extérieur du site de Cadarache, selon qu’ils sont réalisés ou non à l’intérieur de son périmètre.
      IV. ― Aucun transfert ou rejet liquide radioactif n’est autorisé par d’autres voies que celles prévues à cet effet. En particulier, aucun transfert ou rejet liquide radioactif ne sera réalisé en dehors des ouvrages cités à l’article 15-V du présent arrêté.

    • Chapitre II : Dispositions particulières

      I. ― Les eaux pluviales de l’INBS-PN sont collectées et transférées vers le réseau d’eaux pluviales du site de Cadarache. Les eaux pluviales susceptibles d’être polluées (parking, voiries…) doivent faire l’objet, si nécessaire, d’un prétraitement par un dispositif de type « débourbeur déshuileur ».
      II. ― Les eaux sanitaires (lavabos, douches, WC, eaux grasses, etc.) provenant des locaux situés hors zones contrôlées sont collectées et transférées vers le réseau d’eaux sanitaires du site de Cadarache.
      III. ― Les effluents industriels générés par l’INBS-PN sont collectés et transférés vers la station d’épuration du site de Cadarache via son réseau d’eaux industrielles. Ces effluents, à l’exception des effluents mentionnés à l’article 22, doivent respecter les limites spécifiées à l’article 17-I du présent arrêté.
      IV. ― Les effluents liquides générés par les aéroréfrigérants du réacteur RES sont transférés vers des bassins spécifiques avant rejet en Durance par l’émissaire de rejets du site de Cadarache. Ces effluents doivent respecter les limites spécifiées à l’article 18 du présent arrêté.
      V. ― Les effluents liquides radioactifs générés par l’INBS-PN sont collectés et transférés par voie routière vers la station de traitement des effluents du site de Cadarache. Les quantités annuelles transférées doivent respecter les limites spécifiées à l’article 17-II du présent arrêté.
      Ces effluents peuvent également être transférés à l’extérieur du site de Cadarache, vers une autre installation dûment autorisée à recevoir ces types d’effluents. Dans ce dernier cas, une convention précisant la nature, la quantité ainsi que les conditions de transfert des effluents est passée entre le CEA et l’établissement d’accueil de ces effluents. Elle est soumise à l’approbation du DSND.

      Un plan de tous les réseaux de rejets d’effluents liquides est établi par l’exploitant, mis à jour après chaque modification et daté. Il est tenu à la disposition du DSND.

    • Chapitre III : Valeurs limites et conditions de rejets

      I. ― A l’exception des effluents mentionnés à l’article 22, les effluents industriels générés par l’INBS-PN doivent faire l’objet d’un contrôle avant d’être rejetés directement dans le réseau des eaux industrielles. Les activités mesurées sur un échantillon représentatif et les cumuls annuels doivent être inférieurs aux valeurs suivantes :

      PARAMÈTRES LIMITE EN ACTIVITÉ
      volumique (Bq/l)
      ACTIVITÉ
      annuelle
      (en GBq/an)
      Tritium 74 000 5,3
      Autres émetteurs bêta et gamma 74 5,3.10―²
      Emetteurs alpha 10 1,9.10―²

      Les caractéristiques chimiques de ces effluents respecteront les spécifications de prise en charge de la station d’épuration du site de Cadarache.
      II. ― Les effluents liquides radioactifs générés par l’INBS-PN sont collectés et transférés par voie routière vers la station de traitement des effluents du site de Cadarache. Ces effluents doivent respecter les valeurs limites suivantes :

      RADIOÉLÉMENTS ACTIVITÉ ANNUELLE
      (en GBq/an)
      Iodes radioactifs 220
      Autres émetteurs bêta et gamma 16.10³
      Emetteurs alpha 0,04
      Tritium 770
      Carbone 14 2,1

      En cas de dépassement de ces seuils, l’exploitant réalise une information au titre de l’article 31.
      Les caractéristiques chimiques de ces effluents respecteront les spécifications de prise en charge de la station de traitement des effluents.

      Les effluents liquides générés par l’aéroréfrigérant du réacteur RES doivent respecter les paramètres précisés aux alinéas I à IV ci-dessous.
      Les paramètres visés à l’alinéa I sont vérifiés avant chaque rejet de bassin.
      En cas de dépassement de ces seuils, l’exploitant réalise une information au titre de l’article 31.
      I. ― Paramètres chimiques :

      ÉLÉMENTS FLUX TOTAL
      (kg/an)
      CONCENTRATION
      maximale (mg/l)
      Phosphore 1 600 3
      Chlorures 71 000 150
      Sulfates 560 000 700
      Zinc 1 600 2

      10 % des résultats des mesures peuvent dépasser les valeurs limites prescrites, sans toutefois dépasser le double de ces valeurs. Ces 10 % sont comptés sur une base mensuelle.
      II. ― Paramètres applicables lors des traitements biocides :
      A l’occasion du traitement biocide de l’eau des aéroréfrigérants du réacteur RES, une mesure complémentaire sera réalisée afin de vérifier les paramètres ci-dessous :

      ÉLÉMENTS FLUX TOTAL
      (kg/an)
      CONCENTRATION
      maximale (mg/l)
      AOX 300 1

      Si le traitement biocide usuel s’avère insuffisant, un traitement biocide massif pourra être engagé après information préalable du DSND, du préfet, de la DDASS et de la DREAL. Ces opérations sont limitées à quatre par an et ne doivent pas conduire à dépasser une concentration en AOX de 4 mg/l et un flux journalier de 12 kg.
      III. – Autres paramètres :
      ― paramètres physico-chimiques :

      CARACTÉRISTIQUES LIMITE
      Elévation maximale de température de la Durance après mélange 1 °C (*)
      Volume maximal journalier de rejet 7 200 m³
      pH Entre 5,5 et 8,5
      (*) Cet écart de température est déterminé par le calcul à partir de la formule suivante : ((Trejet x Qrejet + Tamont Durance x QDurance)/(Qrejet + QDurance)) ― Tamont Durance

      la température, la conductivité et le pH des effluents rejetés sont mesurés en continu ;
      ― couleur : les effluents rejetés ne doivent pas provoquer une coloration visible du milieu récepteur ;
      ― substances capables d’entraîner la destruction du poisson ou de la flore : l’effluent ne doit pas contenir de substances susceptibles d’entraîner la destruction du poisson et de la faune aquatique ou de gêner sa reproduction ou de présenter un caractère létal après mélange avec les eaux réceptrices à 50 mètres du point de rejet et à 2 mètres de la berge. Il ne contient pas non plus de substances inhibitrices décelables par voie biologique ;
      odeur : l’effluent ne doit dégager aucune odeur putride ou ammoniacale ni au moment de sa production, ni après cinq jours d’incubation à 20 °C ;
      ― hydrocarbures : les effluents rejetés ne doivent pas contenir d’hydrocarbures en quantité susceptible de provoquer l’apparition d’un film visible à la surface de l’eau à l’aval immédiat du rejet ou sur les ouvrages situés à proximité.
      IV. ― Un contrôle de l’absence de radioactivité est réalisé sur un échantillon aliquote représentatif au moins une fois par mois, avec un seuil de décision aussi faible que possible et en aucun cas supérieur à 0,05 Bq/l en alpha global, 0,075 Bq/l en bêta global et 5 Bq/l en tritium. L’exploitant s’assure que l’activité en tritium dans les réseaux des eaux usées et d’eau pluviale du site reste du même ordre de grandeur que celle évaluée à partir des précipitations atmosphériques.

      Les modalités de rejets des effluents des aéroréfrigérants du réacteur RES sont définies par l’exploitant et approuvées par le DSND. L’exploitant prend dans tous les cas les dispositions nécessaires afin d’étaler les rejets liquides en vue de leur diffusion la plus grande possible.

    • Chapitre IV : Contrôles, vérifications, surveillance

      I. ― Les contrôles relatifs aux effluents liquides radioactifs sont effectués par l’exploitant selon les modalités prévues à l’article 27-IX.
      Sans préjudice de sa propre surveillance des effluents qu’il effectue en application du présent arrêté, l’exploitant transmet, en vue d’analyse, à un laboratoire choisi par le DSND des échantillons dont la liste et les conditions de prélèvement lui auront au préalable été précisées par ce dernier.
      Des équipements et des moyens appropriés de prélèvement et de contrôle doivent permettre de prélever des échantillons dans les cuves en vue des analyses de contrôle des rejets.
      II. ― Aucun transfert d’effluents liquides radioactifs provenant de l’INBS-PN ne peut être effectué sans que les analyses préalables des éléments prévus à l’article 17-II représentatives de la totalité du volume à transférer n’aient été conduites. Ces analyses sont réalisées au niveau des cuves, après brassage de façon à obtenir l’homogénéité du prélèvement.
      III. ― La comptabilité radiologique des transferts d’effluents liquides radioactifs provenant de l’INBS-PN est effectuée à partir des analyses menées sur les échantillons constitués avant chaque transfert. Elles permettent de s’assurer du respect des limites fixées à l’article 17-II.

      I. ― Lors des opérations de curage des bassins de rejets des effluents des aéroréfrigérants du réacteur RES, les boues issues de ces opérations seront éliminées dans des installations autorisées.
      II. ― L’étanchéité de toutes les canalisations de transfert des effluents industriels et de la conduite de rejet des effluents des aéroréfrigérants vers l’ouvrage de rejet fait l’objet de vérifications aussi fréquentes que nécessaire.
      III. ― Le bon fonctionnement des vannes et clapets équipant les bassins de rejet des effluents des aéroréfrigérants est contrôlé au moins une fois par an selon un programme d’essai porté à la connaissance du DSND.
      IV. ― Le bon fonctionnement des appareils de mesure et des alarmes associées équipant les bassins de rejet des effluents des aéroréfrigérants fait l’objet d’une vérification annuelle. Ces appareils de mesure sont en outre contrôlés et réglés aussi souvent que nécessaire.

      Pour les effluents issus des aéroréfrigérants des installations autres que ceux du réacteur RES qui sont transférés directement dans le réseau d’eaux industrielles du site de Cadarache, et dont les campagnes de fonctionnement sont :
      ― supérieures au trimestre : les analyses sont réalisées au début de la campagne puis mensuellement ;
      ― inférieures au trimestre : les analyses sont réalisées au moins deux fois, en début et en cours de campagne.
      Ces analyses ne concernent que les caractéristiques chimiques. Les limites en concentration applicables sont les mêmes que celles définies aux alinéas I et II de l’article 18.

      I. ― La surveillance de la radioactivité de l’environnement par l’exploitant qui peut être commune à l’ensemble des autres installations du site de Cadarache comporte au minimum :
      ― un prélèvement en continu de l’eau de la Durance en amont et en aval de l’exutoire de rejet. Il donne lieu à une détermination hebdomadaire des activités alpha et bêta globales, du tritium, de la teneur en potassium sur l’eau filtrée et de l’activité bêta globale sur les matières en suspension. Ces mesures sont complétées, en ce qui concerne le prélèvement en aval du site, par une spectrométrie gamma réalisée sur un échantillon aliquote mensuel de l’eau de la Durance ;
      ― des prélèvements de sédiments, de végétaux aquatiques et de poissons dans la Durance, à raison d’une campagne annuelle. Sur ces échantillons, il est réalisé au minimum la mesure de l’activité bêta globale, une spectrométrie gamma. Les prélèvements de faune et flore aquatiques font en outre l’objet d’une mesure des activités du tritium et du carbone 14 ;
      ― un contrôle des eaux souterraines est réalisé mensuellement par prélèvements effectués à partir de 5 piézomètres. Sur ces prélèvements, il est réalisé la détermination des activités alpha et bêta globales, du tritium et de la teneur en potassium.
      II. ― Les stations de prélèvement et de mesure en continu sont munies d’alarmes signalant au tableau de contrôle de l’environnement toute interruption de leur fonctionnement.
      III. ― Le plan de surveillance ainsi que la localisation des différents points de mesure et de prélèvement sont précisés en annexe du présent arrêté. Une carte récapitulative précisant la localisation des points de mesures et les radioéléments analysés est déposée à la préfecture des Bouches-du-Rhône. Toute modification doit préalablement recueillir l’accord du DSND.

      La surveillance physico-chimique et biologique de l’environnement réalisée par l’exploitant, qui peut être commune à l’ensemble des autres installations du site de Cadarache, doit permettre de suivre l’évolution naturelle du milieu récepteur et déceler une évolution anormale qui proviendrait du fonctionnement de l’INBS-PN. Elle consiste a minima en la détermination annuelle de l’indice biologique global normalisé (IBGN).

      Sur demande du DSND de l’ASN ou du service chargé de la police des eaux, des prélèvements et mesures complémentaires peuvent être réalisés en des points précisés par les autorités requérantes.
      Sans préjudice de sa propre surveillance de l’environnement qu’il effectue en application du présent arrêté, l’exploitant transmet, en vue d’analyse, à un organisme désigné par le DSND des échantillons dont la liste et les conditions de prélèvement lui auront au préalable été précisées par ce dernier.

      Les normes citées ci-après pourront être remplacées ou complétées par les nouvelles normes européennes ou internationales :

      PARAMÈTRES SUIVIS NORMES DE RÉFÉRENCE
      pH NFT 90-008
      Phosphore total NFT 90-023
      Sulfate NF EN ISO 10304-1
      Chlorure NF EN ISO 10304-1
      Zinc FDT 90-112 ; ISO 11885
      AOX ISO 9562 ; NF EN 1485

       

  • TITRE V : DISPOSITIONS COMMUNES À LA SURVEILLANCE DES REJETS ET DES PRÉLÈVEMENTS
    • Chapitre Ier : Moyens généraux de l’exploitant

      I. ― L’exploitant prend les dispositions nécessaires pour que les prélèvements et mesures réglementaires puissent être effectués en toutes circonstances et, en particulier, prévoit sauf dispositions compensatoires une alimentation électrique secourue pour tous les appareils utilisés pour la mise en œuvre des dispositions du présent arrêté.
      II. ― L’exploitant dispose, sur le site de Cadarache, d’un laboratoire de mesure de radioactivité dans l’environnement et d’un laboratoire de contrôle des effluents radioactifs. Ces deux laboratoires sont physiquement distincts et exclusivement affectés aux mesures de radioprotection et physico-chimiques. Certaines analyses peuvent être sous-traitées à des laboratoires extérieurs après accord du DSND.
      III. ― Les différents appareils de mesure des laboratoires visés au paragraphe II du présent article font l’objet d’une maintenance, d’une vérification de leur bon fonctionnement mensuelle et d’un étalonnage selon une fréquence appropriée. Les comptes rendus des vérifications et étalonnages figurent dans les registres de contrôle prévus à l’article 28.
      IV. ― L’exploitant dispose de deux véhicules laboratoires dont l’équipement est fixé en accord avec le DSND. Ils sont maintenus en état en vue d’une intervention à l’intérieur et à l’extérieur du site de Cadarache quelles que soient les circonstances.
      V. ― L’exploitant dispose en permanence d’un personnel compétent qualifié en radio-analyse et en analyses chimiques.
      VI. ― Les dépenses afférentes à la prise d’échantillons et aux analyses nécessaires à la vérification du respect de l’arrêté d’autorisation sont à la charge de l’exploitant.
      VII. ― Les enregistrements originaux et les résultats d’analyse ou de contrôle sont archivés pendant une durée minimale de trois ans et tenus à tout moment à la disposition des agents chargés du contrôle.
      VIII. ― L’exploitant dispose d’une station météorologique permettant de mesurer en permanence et d’enregistrer au minimum :
      ― les vitesses et directions du vent à 10 mètres et 100 mètres du sol, retransmises au tableau de contrôle de l’environnement ;
      ― la pression atmosphérique ;
      ― l’hygrométrie de l’air ;
      ― la température ;
      ― la pluviométrie.
      IX. ― Les prélèvements, la conservation et l’analyse des échantillons sont effectués selon les normes en vigueur ; le choix de toute méthode alternative doit pouvoir être justifié par l’exploitant au regard de considération technique ou économique. Ces méthodes alternatives doivent présenter des niveaux d’efficacité et de confiance équivalents. A défaut d’existence de normes, les modalités techniques de réalisation des prélèvements et des analyses, les caractéristiques de l’appareillage nécessaire, ses conditions d’implantation et de fonctionnement sont déterminés en accord avec le DSND.

    • Chapitre II : Registres, rapports

      I. ― L’exploitant tient à jour un registre des quantités d’eau transférées mensuellement vers l’INBS-PN.
      II. ― Pour les rejets et transferts radioactifs, l’exploitant doit en permanence tenir à jour un registre pour chaque type d’effluent, gazeux ou liquide :
      ― un registre de maintenance et d’étalonnage des dispositifs de mesure en continu ou non des rejets et transferts ainsi que des appareils de mesure des laboratoires d’analyse mentionnés à l’article 27 ;
      ― un registre des états mensuels précisant, en tant que de besoin, pour chaque catégorie de transferts et de rejets (continus ou discontinus) et pour chacun d’entre eux :
      ― le numéro, la date, la durée et l’activité du rejet ou du transfert, son volume,
      ― le débit de l’effluent, dans la cheminée de rejet pour les effluents gazeux ou dans la canalisation pour les effluents liquides mentionnés au paragraphe IV de l’article 15,
      ― la composition et les activités ou les quantités volumiques mesurées, pour chaque catégorie d’effluents radioactifs,
      ― pour les effluents gazeux radioactifs, les conditions météorologiques détaillées (pression, température, direction et vitesse du vent, pluviosité…) pendant le rejet,
      ― tous les incidents de fonctionnement tels que rupture de canalisation, élévation anormale de la radioactivité, fuites d’effluents liquides ou gazeux, rejet non contrôlé, indisponibilité de réservoir réglementaire, ruptures de filtre, variation des débits, arrêts de ventilateurs, panne d’appareils de mesure de débit et d’activités.
      III. ― Pour les substances chimiques présentes dans les effluents, l’exploitant tient à jour un registre récapitulant les analyses et les mesures effectuées en application du présent arrêté ainsi qu’un registre des quantités mensuelles des principaux produits minéraux ou organiques utilisés, par le procédé industriel et susceptibles de se trouver avec ou sans transformation chimique dans les différents rejets et transferts.
      IV. ― Un registre des résultats des mesures dans l’environnement prévues par le présent arrêté faisant notamment apparaître les activités volumiques mesurées après dispersion dans le milieu récepteur.
      V. ― L’ensemble de ces registres est conservé pendant la durée de vie de l’INBS-PN. Ils sont tenus à disposition du DSND et, pour ce qui les concerne, de l’ASN ainsi que des agents de la DREAL et des agents chargés de la police des eaux. Ils peuvent faire l’objet d’un traitement informatisé, à condition qu’ils puissent être facilement consultés par les services compétents et que ce traitement assure la traçabilité des modifications apportées.

      I. ― Au plus tard deux mois après la publication du présent arrêté, l’exploitant adresse au DSND :
      ― un descriptif détaillé des circuits et dispositifs d’entreposage de transfert et de rejet des effluents radioactifs et chimiques ainsi que des dispositifs et moyens de mesures mis en place ;
      ― la méthodologie des mesures mises en œuvre pour répondre aux dispositions du présent arrêté ;
      ― les fonctions et les coordonnées des responsables compétents en radioprotection chargés, sous la responsabilité de l’exploitant, d’assurer les permanences sur le site de Cadarache.
      Les mises à jour de ces informations sont systématiquement transmises au DSND.
      II. ― Un document récapitulatif mensuel des informations des registres mentionnés à l’article 28 signé par l’exploitant, est transmis au DSND, avec copie à l’ASN, au plus tard le 15 du mois suivant. La transmission des résultats est effectuée sous une forme définie en accord avec le DSND.

      I. ― La vérification du respect par l’exploitant des prescriptions fixées par le présent arrêté, notamment par des inspections et par des contrôles et des prélèvements pour analyse pouvant être réalisés à tout moment sur les effluents ou dans l’environnement des installations, est assurée, chacun pour ce qui le concerne, par :
      ― les inspecteurs du DSND ;
      ― les agents assermentés du service chargé de la police des eaux ;
      ― les inspecteurs des installations nucléaires de base de l’ASN et de la DREAL.
      Ces prélèvements et mesures peuvent être exécutés par un organisme spécialisé dont le choix est soumis à l’approbation du service ayant formulé la demande. Tous les frais occasionnés sont à la charge de l’exploitant.
      II. ― Les agents chargés du contrôle, notamment ceux du service chargé de la police des eaux, ont constamment accès aux bassins de rejets spécifiques des aéroréfrigérants du réacteur RES. L’exploitant leur apporte toute aide nécessaire à la réalisation des prélèvements et des analyses.
      Des mesures et contrôles peuvent être effectués par un organisme extérieur choisi en accord avec le service chargé de la police des eaux.

  • TITRE VI : INFORMATION DES AUTORITÉS ET DU PUBLIC

    Tout incident ou anomalie de fonctionnement des installations de l’INBS-PN susceptible de concerner directement ou indirectement les dispositions du présent arrêté, tel que fuite de cuve ou de canalisation d’effluents gazeux et liquides, rejet non contrôlé, élévation anormale de la radioactivité ou de tout autre paramètre des effluents rejetés, détérioration de filtres, dépassement d’un seuil d’alarme, perte de mesure de débits, d’activités ou de paramètres physico-chimiques, etc., fait l’objet d’une information immédiate au DSND et, selon leur domaine de compétences respectif, le préfet, l’ASN, la DREAL et le service chargé de la police des eaux.
    L’événement doit être signalé sur le rapport mentionné à l’article 33.
    La même procédure d’information s’applique pour tout accroissement significatif de la radioactivité dans l’environnement de l’installation.
    Ces prescriptions ne font pas obstacle aux dispositions portant sur la déclaration des accidents et incidents significatifs relatifs à la sûreté des installations nucléaires, ni aux mesures d’alerte prévues dans les plans d’urgence interne ou dans les plans particuliers d’intervention.

    Outre l’information transmise conformément à l’article 33, l’exploitant tient informé mensuellement la DREAL, la DDASS et le service chargé de la police des eaux des résultats de la surveillance des rejets et de leur impact sur l’environnement prévue par le présent arrêté.
    La transmission des résultats est effectuée sous une forme définie en accord avec le DSND.

    Chaque année, l’exploitant établit un rapport destiné à être rendu public permettant de caractériser le fonctionnement de l’INBS-PN et prenant en compte l’ensemble des contrôles et de la surveillance prévu au présent arrêté.
    Ce rapport, qui peut être commun à l’ensemble des installations du site CEA de Cadarache, présente notamment les éléments d’information suivants :
    ― le rappel des dispositions de l’arrêté d’autorisation (limites de transferts et de rejets d’effluents, contrôle des effluents, programme de surveillance) ;
    ― la quantité d’eau transférée annuellement ;
    ― l’état des rejets et transferts annuels et de leur répartition mensuelle (en activité et en flux pour les substances chimiques) ainsi que le bilan des mesures de surveillance réalisées dans l’environnement. Les opérations exceptionnelles conduisant à utiliser des substances chimiques se retrouvant ensuite dans les rejets sont décrites avec leurs principales caractéristiques.
    Ces informations sont accompagnées des commentaires nécessaires à leur bonne compréhension : carte à une échelle convenable du programme de surveillance (localisation des stations d’étude), situation des rejets et transferts par rapport aux limites réglementaires, comparaison des résultats de mesure dans l’environnement aux mesures initiales, explications quant à d’éventuels résultats anormaux, etc. ;
    ― l’estimation, de façon aussi réaliste que possible, des doses reçues par la population du fait de l’activité exercée au cours de l’année écoulée ; cette estimation s’applique aux groupes de référence de la population concernés par le site, dont les caractéristiques sont rappelées dans le rapport, et s’appuie notamment sur :
    ― l’évaluation des doses dues à l’irradiation externe, avec indication, le cas échéant, de la qualité des rayonnements en cause,
    ― l’évaluation de l’incorporation de radionucléides avec indication de leur nature et, au besoin, de leurs états physique et chimique, et détermination de l’activité et des concentrations de ces radionucléides,
    ― la description des opérations de maintenance des équipements et ouvrages intervenant dans les rejets et transferts d’effluents ainsi que dans l’évaluation de la quantité d’eau transférée,
    ― la description des incidents ou anomalies de fonctionnement ayant fait l’objet d’une information en application de l’article 31 du présent arrêté ainsi que des mesures correctives prises par l’exploitant,
    ― la mise en perspective pluriannuelle des résultats (comparaison avec les résultats antérieurs), y compris ceux relatifs à l’état de référence connu le plus ancien dans des conditions comparables,
    ― la présentation des efforts réalisés par l’exploitant en faveur de la protection de l’environnement,
    ― l’estimation de l’impact des rejets chimiques.
    Le rapport annuel est adressé au DSND, à la l’ASN, au préfet des Bouches-du-Rhône, à la DDASS, au service chargé de la police des eaux, à la DREAL Provence-Alpes-Côte d’Azur ainsi qu’à la commission d’information prévue par l’article 4 du décret du 5 juillet 2001 susvisé, au plus tard le 30 avril de l’année qui suit l’année décrite dans ce rapport.
    L’exploitant fournit un nombre suffisant d’exemplaires de ce rapport, spécifié par chaque entité destinataire.

  • TITRE VII : DISPOSITIONS FINALES

    La présente autorisation est accordée à titre personnel, précaire et révocable sans indemnité.

    Les dispositions du présent arrêté s’appliquent dès sa notification, à l’exception des dispositions suivantes qui seront applicables au plus tard dans les délais indiqués. Les durées fixées sont comptées à partir de la date de publication du présent arrêté.
    Article 12-III. ― Réalisation des mesures chimiques : six mois.
    Articles 17-I et 22. ― Réalisation des analyses chimiques préalables aux transferts des effluents industriels : trois ans.
    Article 18-II. ― Caractérisation des produits de dégradation liés aux traitements biocides et de leur toxicité : trois ans.
    Article 27-V. ― Mise en place d’une organisation permettant de disposer en permanence d’un personnel compétent et qualifié en radio-analyse et en analyses chimiques : trois ans.
    Article 28-III. ― Mise en œuvre d’un registre des consommations mensuelles de produits minéraux et organiques : deux ans.

    L’arrêté du 5 avril 2006 autorisant le Commissariat à l’énergie atomique (CEA) à poursuivre les rejets d’effluents liquides et gazeux et les prélèvements d’eau pour l’exploitation de l’installation nucléaire de base secrète dénommée « Propulsion nucléaire » de son site de Cadarache est abrogé.

    Le délégué à la sûreté nucléaire et à la radioprotection pour les activités et installations intéressant la défense est chargé de l’exécution du présent arrêté, qui sera publié au Journal officiel de la République française.

  • Annexe

    A N N E X E
    SITUATION DES POINTS DE MESURE ET DE PRÉLÈVEMENT

    PARAMÈTRES
    contrôlés
    POINT DE CONTRÔLE
    Codification Localisation
    Mesure permanente du rayonnement gamma ambiant à la clôture du site de Cadarache 151 EPURATION
    152 LIGNE HT
    153 PORTE VERRERIE
    154 PORTE DES CRETES
    155 PORTE DE L’AIGLE
    157 PORTE GDES FUMEES
    158 PORTE BARGETTE
    159 PORTE MALHIVER
    160 PT HAUT ZONE C
    162 Porte GPN
    Enregistrement continu du rayonnement gamma ambiant D1 Ginasservis
    D2 Verrerie
    D3 Grande Bastide
    D4 Saint-Paul-lez-Durance
    Prélèvements atmosphériques (poussières, halogènes) AS1 Ginasservis
    AS2 Verrerie
    AS3 Grande Bastide
    AS4 Saint-Paul-lez-Durance
    Prélèvements atmosphériques (tritium) T2 Verrerie
    T3 Grande Bastide
    T4 Saint-Paul-lez-Durance
    T5 Cabri
    Prélèvements atmosphériques (carbone 14) C1 Ginasservis
    C2 Verrerie
    C4 Saint-Paul-lez-Durance
    Précipitations atmosphériques PH2 Verrerie
    Lait L1 Gréoux-les-Bains
    Végétaux V1 Ginasservis
    V2 Verrerie
    V3 Grande Bastide
    V4 Saint-Paul-lez-Durance
    Terre Ter4 Saint Paul-lez-Durance
    Productions agricoles PA Ginasservis, Vinon,
    Saint-Paul-lez-Durance
    Durance (prélèvement en continu) PS1 Amont du site ― station de pompage
    PM3 Pont Mirabeau
    Sédiments SdD Aval immédiat du point de rejet en Durance
    Végétaux aquatiques VagD Aval immédiat du point de rejet en Durance
    Poissons PoissD Aval immédiat du point de rejet en Durance
    Piézomètres CAP 9 Au nord-ouest du bâtiment 400 de la zone INBS
    CAP 10 Au nord-ouest du bâtiment 400 de la zone INBS
    CAP 11 Au nord-ouest du bâtiment 443 de la zone INBS
    CAP 12 Au nord-ouest du bâtiment 443 de la zone INBS
    PZ6 Au sud-est du bâtiment 480 de la zone INBS
    (*) Les deux points à la clôture de l’INBS sont indiqués en caractères gras.

    Fait le 15 octobre 2012.

Arnaud Montebourg 

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 2 novembre, 2012 |Pas de commentaires »
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