ALERTE A FUKUSHIMA ET DANS TOUT L’HEMISPHERE NORD !

ALERTE A FUKUSHIMA

ET DANS TOUT

L’HEMISPHERE NORD !

ALERTE A FUKUSHIMA ET DANS TOUT L'HEMISPHERE NORD ! dans REFLEXIONS PERSONNELLES CENTRALE1

C’est un général américain qui a sonné l’alarme : ce qui était à craindre est en train de se profiler à l’horizon, menaçant tout l’hémisphère nord.

Il s’appelle Albert N.Stubblebine, et ce général retraité de l’armée américaine a publié récemment un communiqué en tant que président de la NSF (Natural Solution Foundation), affirmant que la situation à Fukushima est en train d’empirer. Que ce soit par l’évaporation de l’eau dans les piscines, ou en raison de l’effondrement possible de la structure, ce serait d’après lui tout l’hémisphère nord qui pourrait devenir en grande partie inhabitable, si le pire arrivait. lien

Sa déclaration est sur cette vidéo

On se souvient de l’interview récente du diplomate Akio Matsumura qui déclarait comment la catastrophe en cours de la centrale de Fukushima pouvait finalement se transformer en un événement capable de mettre en péril toute vie sur Terre. vidéo

D’ailleurs, pour Roland Desbordes, président de la CRIIRAD (Commission de Recherche et d’Information Indépendantes sur la Radioactivité), « l’explosion de la centrale est encore possible parce que les combustibles sont présents en grande quantité ». lien

Le rédacteur en chef de « Natural News Com » dans un article en date du 6 mai 2012 nous informe que le 30 avril 2012, 72 ONG japonaises ont fait une demande urgente auprès du secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon et du gouvernement japonais, afin que des mesures immédiates soient prises pour stabiliser la piscine du réacteur n°4 de Fukushima.

Toutes les piscines de Fukushima Daiichi contiennent 11 125 assemblages de combustible nucléaire, soit près de 4 fois autant de matière radioactive que dans le cœur des réacteurs de Fukushima Daiichi, dont le césium 137 correspond à 10 fois la quantité libérée au moment de la catastrophe de Tchernobyl, et la piscine du N°4 en contient 1535 assemblages, pour un poids total de 264 tonnes. lien

Kaori Izumi, de Shut Tomari s’est associé à cette demande, précisant « Fukushima Daïchi n’est plus seulement un problème japonais, mais un problème international. Il est impératif que le gouvernement japonais et la communauté internationale travaillent ensemble sur cette crise avant qu’il ne soit trop tard  ». lien.

Les ONG se sont donné jusqu’au 20 mai pour récolter des appuis étrangers, et on peut lire l’intégralité de leur appel sur ce lien.

Auparavant, le sénateur américain Ron Wyden, après avoir visité le 6 avril dernier, la centrale nucléaire de Fukushima, avait publié un communiqué de presse 10 jours après, soulignant le risque catastrophique, et appelant à l’intervention du gouvernement des USA.

Il a également écrit à Ichiro Fujisaki, l’ambassadeur du Japon aux Etats Unis, demandant au Japon d’accepter l’aide internationale. lien

On se souvient que le 16 avril, Tepco s’était dit désolé d’avoir dû rejeter dans l’océan 11 500 tonnes d’eau hautement radioactive. lien

Malgré tout, les pêcheurs de Fukushima envisagent de reprendre partiellement le travail à partir de juin en tentant de limiter leur pêche aux espèces les moins contaminées.

Mais c’est le sort de la piscine du réacteur n°4 qui pose le plus de problème, puisque TEPCO affirme que le déplacement des barres de combustible sera fait dès que possible, mais pas avant 2014 (lien) ; Pour le sénateur américain Ron Wyden, il faudrait 10 ans pour enlever toutes les barres de combustible, et le risque est trop grand d’attendre si longtemps (lien), ce que confirme le docteur Koide, de l’université de Tokyo. lien

En effet, outre les assemblages qu’il faudra sortir de cette piscine, il faut noter que lors de l’explosion du réacteur n°3, de nombreux morceaux d’infrastructure sont tombés dans les piscines, dont une grue de 35 tonnes qui se trouve dans la piscine du n°3. lien

Sur ce lien, on peut découvrir 2 vidéos sous titrées particulièrement intéressantes, l’une étant réalisée par ZDF, une chaine de télévision allemande lors d’une visite du site, et l’autre étant le témoignage de Nala Yukiteru, ingénieur spécialisé dans le nucléaire, et qui travaillait à Fukushima.

Revenons à la piscine du N°4.

D’une profondeur de 12 mètres, les assemblages sont placés sur le fond, dans des casiers sur une hauteur de 4 mètres, surmontés donc par 8 mètres d’eau, et plus le niveau d’eau baisse, censé absorber le rayonnement gamma, plus le rayonnement devient dangereux.

La paroi de la cuve était de 100-120 degrés, et pour accélérer le refroidissement TEPCO doit injecter 7 tonnes d’eau à l’heure.

Lors de la catastrophe le niveau d’eau de la piscine avait considérablement baissé, au point de laisser affleurer la partie supérieure des combustibles, provoquant une montée en température, un début de fonte des gaines, et d’importants rejets radioactifs et ce n’est que dix jours plus tard que la piscine a été refroidie. lien

Bertrand Barré, conseiller scientifique du service communication d’AREVA (lien) se veut rassurant, assurant que des piliers d’acier reposant sur le plancher du deuxième étage ont été installés pour consolider la piscine, et il est convaincu qu’elle pourrait résister à un puissant séisme. lien

Ce qui n’est pas l’avis de tous, puisque d’après un article paru chez « ENENEWS  » la piscine pourrait s’effondrer, ce média annonçant que la première inspection a commencé le 17 mai.

Tepco affirme avoir renforcé la structure en augmentant sa marge de sécurité de 20%. lien

Les experts veulent vérifier si elle penche, en comparant de part et d’autre le niveau d’eau dans la piscine. lien

La piscine du réacteur n°4 n’est pas la seule à poser des problèmes, puisqu’une fuite s’est produite le 12 mai, provocant un déversement d’eau contaminée dans l’océan et faisant chuter le niveau d’eau au-dessous de la base des barres de combustible. lien

Des échantillons d’eau de mer prélevés aux abords de la centrale ont révélé des taux de césium à un niveau 18 000 fois supérieurs à la norme, et la fuite aurait été colmatée par une injection de béton.

En tout cas, à 230 km de la centrale sinistrée, dans la baie de Tokyo, on a découvert une augmentation du taux de césium de 70%.

Pour lutter contre la mévente, les maraichers en sont venus à tricher sur l’origine des légumes vendus, et ceux qui sont pris la main dans le sac, ne sont pas condamnés, l’administration leur enjoint seulement de respecter les règles d’étiquetages, sans autre forme de procès. lien

Ce qui n’a pas empêché le gouvernement japonais de lever l’interdiction d’habiter la zone sinistrée dans 3 des 11 communes touchées par la catastrophe, à condition de s’en tenir à y revenir, sans pour autant y passer la nuit.

Alors les habitants qui le souhaitent s’en tiennent à nettoyer et réparer leurs maisons dévastées par le tsunami, mais le port d’une combinaison radiologique, ou d’un simple masque n’est pas obligatoire.

Une partie de cette zone autorisée se trouve pourtant entre 20 et 50 mSv/an, notamment dans le secteur de Minami-Soma.

Cette décision est consécutive à la volonté d’un maire obnubilé par la levée de l’interdiction, Katsunobu Sakurai, puisque Kiyomi Sakuma, membre de la cellule chargée des réfugiés du nucléaire a affirmé que «  seules les villes dont les maires étaient les plus motivés et les plus combatifs pour faire revivre leurs communes ont rouvert  » ajoutant « le gouvernement attend d’être sollicité par les collectivités locales pour rouvrir une ville  », façon habile de dégager ses responsabilités. lien

Le gouvernement japonais a demandé que les milliers de têtes de bétail vivant encore dans la zone d’exclusion soient abattues, avec le consentement de leurs propriétaires. lien

A la mairie de Minami-Soma, on est conscient que l’un des problèmes cruciaux est de trouver une zone pour stocker les déchets contaminés par la catastrophe, car s’il est vrai que le césium 134 a une demie vie de 2 ans, le césium 137 ne perd la moitié de sa dangerosité qu’au bout de 30 ans, et il faut donc compter un bon siècle pour que cette pollution soit moins préoccupante.

Pour endiguer l’exode, les autorités de Fukushima ont décidé de fournir une couverture médicale gratuite à toutes les personnes âgées de moins de 18 ans vivant dans la province, ce qui va coûter l’équivalent de 46 millions d’euros.

Selon le journal « Daily Yomiuri », à Minami-Soma, les bénévoles ne se battent pas pour aider à enlever les débris et nettoyer la zone ; Ils étaient beaucoup plus nombreux il y a un an et la population a diminué de 54% dans l’ex-zone d’évacuation.

En effet, que ce soit à Minami-Soma, Naraha, Hirono, Kawauchi, ou Tamura, sur les 59 000 personnes qui vivaient dans cette zone, 30 000 l’ont quitté. lien

Espérons que la communauté internationale se décidera enfin à s’investir à Fukushima afin d’éviter que le pire ne se produise.

En tout cas, avec peut-être un lien de cause à effet, les actions d’AREVA ont atteint historiquement leur niveau le plus bas chutant à 9,278 €. lien

Comme dit mon vieil ami africain : «  le monde est noir quand on a les yeux fermés  ».

Merci aux internautes de leur aide efficace.

Olivier Cabanel

Sites à visiter pour plus d’information

Le blog de Fukushima

Next-up organisation

Blog de Jean Pierre Petit

Site de la CRIIRAD

Site de l’ACRO

ENENEWS

A découvrir le documentaire d’Annabelle Lourenço et Cyprien Nozières « la Fissure, Japon 9 mois après.

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Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 19 mai, 2012 |Pas de commentaires »

LES GRANDS TRAVAUX DE FUKUSHIMA

LES GRANDS TRAVAUX

DE FUKUSHIMA

LES GRANDS TRAVAUX DE FUKUSHIMA dans REFLEXIONS PERSONNELLES FUKUSHIMA-2

Pas de répit pour les travailleurs de Fukushima. Il faut d’une part surveiller et refroidir constamment l’ex-centrale pour éviter de nouvelles explosions ou incendies et d’autre part lancer en urgence de grands travaux qui permettront de ralentir la progression de la contamination radioactive dans l’environnement. Désormais, l’avenir du Japon et du Pacifique, et sans doute de l’hémisphère nord en général, dépend non seulement de la réalisation de ces travaux gigantesques, mais aussi de leur efficacité pérenne.

Travaux pour éviter une

contamination de l’air

 Les ex-réacteurs, dont il est attesté que deux d’entre eux ont perdu l’intégrité de leur confinement primaire (unité 2 au niveau de la piscine torique et unité 3 au niveau du couvercle de l’enceinte), doivent être couverts par des structures étanches qui empêchent les poussières et les gaz radioactifs de continuer à polluer l’atmosphère. Pour bien faire, il faudrait aussi installer un système de dépressurisation qui empêcherait toute fuite gazeuse vers l’extérieur, couplé à un filtrage conséquent de l’air pour piéger les gaz et aérosols nocifs.

Evidemment, une simple bâche posée sur un ex-réacteur ne peut pas supprimer toute pollution atmosphérique. Aujourd’hui, pour l’unité 1 uniquement, cette couverture sert plutôt à stopper l’arrivée d’eau extérieure dans le bâtiment, mais aussi et surtout à cacher le réacteur de Fukushima Daiichi qui est la honte de l’industrie atomique. La diffusion de la vidéo de son explosion le 12 mars 2011 a été historique : c’est la première fois qu’on voyait une centrale nucléaire exploser à la télévision. 25 ans de travail acharné de désinformation et de formatage des cerveaux anéantis en quelques secondes ! En terme d’image, la diffusion de l’explosion de l’unité 3 a été pire encore car, beaucoup plus puissante, elle a terni et confirmé à jamais l’image du nucléaire sans danger. C’est pourquoi la vidéo de l’explosion de l’unité 4 a été interdite de diffusion, verrouillée, censurée.

La couverture du bâtiment réacteur n°1 a été terminée à l’automne 2011. Il reste à couvrir les unités 2, 3 et 4. Mais avant cela, d’autres grands travaux restent à réaliser de toute urgence.

FUKUSHIMA FUKUSHIMA dans REFLEXIONS PERSONNELLES

 

Travaux pour éviter

une contamination

de la nappe

phréatique

 Par le choix du refroidissement à l’eau de réacteurs percés, les sous-sols de l’ancienne centrale sont devenus un tonneau des Danaïdes : les hommes sont désormais condamnés à pomper et traiter de l’eau radioactive durant des décennies. Et pour juguler une infiltration trop massive de l’eau extérieure, Tepco a prévu de forer 14 puits de pompage en amont de la centrale, afin de faire baisser le niveau de la nappe phréatique.

Coupe des travaux de drainage (Source image Gen4 et Tepco)

L’ancienne centrale électrique dévolue à Tokyo est désormais appelée à devenir une usine de retraitement des eaux usées éternelles de l’industrie nucléaire. Cette usine qui emploiera des milliers de travailleurs durant une durée indéterminée (au minimum 40 ans) devra :

1) pomper l’eau de la nappe phréatique en amont pour éviter un mélange avec la nappe déjà polluée, vérifier sa non contamination et la rejeter en mer, ou le cas échéant la diriger vers le circuit de retraitement,

2) pomper l’eau des sous-sols de la centrale, la traiter et la filtrer avant de la réinjecter dans les circuits de refroidissement des ex-réacteurs et des 7 piscines de désactivation,

3) pomper, traiter et filtrer les eaux de drainage de l’ensemble du site afin qu’aucune goutte d’eau radioactive n’atteigne l’océan,

4) conditionner et stocker de manière pérenne les résidus de filtrage radioactifs.

Avec le brassage de ces millions de tonnes d’eau contaminée, le terme de « liquidateur », donné à l’origine aux gens qui se sont sacrifiés pour contenir la catastrophe de Tchernobyl, prend ici un tout autre sens !

Pour l’instant, l’usine est provisoire, construite dans l’urgence de la catastrophe. Il faudra pour le long terme concevoir une usine en dur, protégée du gel et des intempéries, et de capacité suffisante pour traiter l’eau de tous les systèmes. Il faudra également lui adjoindre des systèmes de secours indépendants qui permettront, quoi qu’il arrive, de faire face à tout évènement imprévu pouvant remettre en cause le refroidissement des 2400 tonnes de combustible qui sont sur le site.

Travaux pour éviter une

contamination de

l’océan Pacifique

En septembre 2011, Tepco avait annoncé la construction d’un barrage, comme décrit dans cet article. Il est censé retenir l’eau de la nappe phréatique contaminée afin qu’elle n’atteigne pas l’océan. C’est un pari risqué car ce barrage est ouvert et des fuites pourront être possibles au sud et au nord de la structure. D’autres voix avaient proposé une enceinte complète, entourant totalement le site nucléaire, afin d’être sûr de capter toutes les eaux souterraines. C’est sans doute ce à quoi seront conduits les ingénieurs s’ils constatent que la pollution perdure dans l’océan. A l’image du premier sarcophage de Tchernobyl, il faut voir la construction de ce barrage comme une première étape dans la prise en charge de cette pollution qui concerne le monde entier puisque les eaux du Pacifique sont internationales.

Tepco a réalisé de nouvelles images de synthèse pour visualiser ce barrage.

Travaux pour éviter un nouvel

incendie de la

piscine 4

Le 15 mars 2011, après plusieurs explosions, l’unité 4 a subi un incendie : les explosions successives ont probablement fait perdre beaucoup d’eau au réservoir de désactivation. De plus, sans refroidissement, l’eau s’est évaporée petit à petit jusqu’à laisser à l’air le haut des barres de combustible. C’est là que l’incendie a pu se déclarer : en l’absence de refroidissement, les barres s’échauffent rapidement et se consument, répandant leurs produits de fission directement dans l’atmosphère. L’incendie s’est arrêté vers midi. Mais un autre incendie a été signalé le lendemain durant quelques heures.

Pour que cela ne puisse plus se produire, par exemple à cause d’un nouveau séisme, Tepco a décidé de mettre à l’abri le combustible de la piscine 4 vers un conditionnement sécurisé au sol. Pour ce faire, il est nécessaire de construire une superstructure qui supportera une grue capable de transférer en toute sécurité les 1535 assemblages.

Autres travaux à prévoir et coûts

pharamineux

Comme pour le barrage, il s’agit de travaux qu’il faut réaliser en priorité. Toutefois il est évident que le combustible des unités 1 et 3 devra être également transféré, car rien ne dit que leurs piscines tiendront des décennies. Mais entretemps, il faudra résoudre le problème de la place disponible dans la piscine commune de Fukushima Daiichi car celle-ci contient déjà plus de 1000 tonnes de combustible. Faudra-t-il en construire une supplémentaire ?

Il faut donc relativiser toutes ces stratégies qui pourraient presque nous faire croire que l’industrie nucléaire maîtrise parfaitement une catastrophe. Aujourd’hui le Japon est largement contaminé, le mal est déjà fait, et il y aura toujours des fuites, la centrale restera toujours une menace.

Enfin, combien cela va-t-il coûter ?

Est-ce que le prix des conséquences des catastrophes nucléaires sera maintenant compris dans le coût du kW ?

Et qui va payer au final ?

On a déjà des éléments de réponse avec la catastrophe de Tchernobyl (1986) : la construction du deuxième sarcophage vient de démarrer. Coût total prévu pour un seul réacteur : 1,54 milliard d’euros.

 
Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 8 mai, 2012 |Pas de commentaires »

« LA TERRE OUTRAGEE »

« LA TERRE OUTRAGEE »

film de Michale BOGANIM

Prix à la MOSTRA DE VENISE

Prix du Public au festival Premiers Plans d’ANGERS

Prix au Festival de TORONTO

Un film courageux empli de bonté,

de beauté de l’âme,

 d’êtres humbles.

 Une fiction si proche de la réalité:

la catastrophe de TCHERNOBYL

le 26 avril 1986.

Un film qui suggère,

un film où les silences

sont parfois plus redoutables

que la présentation de la réalité.

La souffrance des êtres…ceux encore vivants,

la souffrance dans la chair,

la souffrance de l’âme,

la souffrance d’un ADN touché…

touché…à la vie…à la mort.

LE NUCLEAIRE MENERA L’HUMAIN

 SA PERTE…

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 2 mai, 2012 |Pas de commentaires »

LE LIMOUSIN RADIOACTIF

Le LIMOUSIN radioactif

LE LIMOUSIN RADIOACTIF dans REFLEXIONS PERSONNELLES 20070403-151405.BMP

Lorsque la très faible proportion d’uranium qu’on extrait des mines s’en va vers les centrales, la gangue radioactive reste sur place, la plupart du temps à ciel ouvert. Et puisqu’elle s’y trouve déjà, on a eu moins de scrupules à y ajouter d’autres déchets, quelquefois beaucoup plus dangereux encore, provenant de lieux où ils auraient été trop visibles.

Le sous-sol français est riche en uranium. Les premières mines ont été ouvertes au lendemain de la Seconde Guerre mondiale pour fournir la matière première nécessaire à la fabrication de la bombe atomique. Aujourd’hui, plus des deux tiers de l’uranium consommé par les réacteurs français sont importés, mais la France reste néanmoins le premier producteur d’Europe.

L’exploitation actuelle et celle qui a précédé sont responsables d’une quantité gigantesque de déchets: plus de 300 millions de tonnes, dont certains causent de réels problèmes biologiques. Il y a d’abord les « stériles », ces roches extraites qui, contenant trop peu d’uranium, ne sont pas traitées et finissent souvent par former des petites collines rocheuses, sortes de terrils des régions uranifères.

 intro_limou DECHETS dans REFLEXIONS PERSONNELLES  limou_terrils ENVIRONNEMENT
Lacs de boues et terrils Les anciennes mines d’uranium à ciel ouvert, ici celle de Bellezane, servent de décharges aux boues radioactives, résultant du traitement du minerai, tandis que les résidus grossiers, les « stériles », s’empilent aux alentours, laissant échapper des fines particules radioactives et du radon.

Leur volume est colossal, puisqu’ils représentent 40 % du tonnage total extrait pour une souterraine, et 90 % pour une mine à ciel ouvert. C’est-à-dire, dans ce dernier cas, qu’avant de pouvoir traiter 1 tonne de minerai pour en récupérer l’uranium, il faut en manipuler et en stocker 9 tonnes. La quantité cumulée des stériles de mines d’uranium en France se situerait autour de 270 millions de tonnes !

Or, ils ne sont pas totalement « stériles », car ils contiennent toujours de l’uranium ainsi que d’autres corps radioactifs. Bien sûr, le minerai lui-même était aussi radioactif, et il élevait dans les régions alentour la radioactivité à un niveau parfois double de celui de la région parisienne. Mais ce minerai formait un bloc compact sous terre, alors qu’une fois extrait il est plus facilement lessivé par les eaux de pluie. D’autre part, ces stockages en plein air engendrent nécessairement des poussières radioactives, qui s’envolent sur la région. Sans parler du radon, ce gaz radioactif, lui aussi, qui s’échappe beaucoup plus facilement de ce labyrinthe de pierrailles que de la roche mère où il doit, pour remonter à l’air libre, trouver des failles, des fissures ou des roches poreuses. La radioactivité de ces stériles n’empêche d’ailleurs pas que l’on autorise des sociétés de travaux publics à les utiliser pour construire des ponts, des routes… Les préfets de Vendée et de Haute-Vienne ont ainsi accordé plusieurs autorisations. En bénéficient notamment la société Jean Lefebvre, sur la commune de Compreignac, et la SCREG-Ouest, sur la commune de Saint-Sylvestre, en Haute-Vienne. Mais il y en a bien d’autres!

Seule une faible partie du minerai extrait est donc traitée en usine pour récupérer l’uranium. Ce traitement engendre d’autres déchets, bien plus nocifs que les stériles. Avant d’aboutir au yellow-cake, qui contient de 70 % à 90 % d’uranium, le minerai subit toute une série d’opérations visant à séparer le métal de la gangue qui le contient.

Il est d’abord concassé, puis finement broyé en particules de moins d’un millimètre, Ce sable très fin est mélangé à de l’eau pour constituer une pâte. Il existe deux méthodes principales pour extraire le métal de cette pâte : soit des réactifs acides soit, au contraire, alcalins. Dans le premier cas, de l’acide sulfurique chaud, additionné de chlorate de sodium est mélangé à la pulpe, à raison de 40 kg environ d’acide par tonne de minerai. Dans le second cas, la pulpe est envoyée dans un autoclave à 140 °C à une pression de 6 bars, avec du carbonate de sodium, de la chaux, de la sidérose et de l’oxygène.

Il s’agit ensuite de séparer la partie liquide, qui renferme l’uranium solubilisé, et la partie solide qui constitue les fameux « résidus de traitement », une sorte de boue rosâtre riche en radium. Précisons qu’avant de pouvoir être utilisé comme combustible dans un réacteur, le yellow-cake devra subir bien d’autres transformations (raffinage, enrichissement, fabrication des éléments combustibles), mais, sur les sites miniers, la métamorphose s’arrête là. Ce concentré d’uranium naturel contient essentiellement de l’uranium 238 et seulement 0,71 % d’uranium 235, dont la proportion devra être augmentée jusqu’à 3 % pour permettre à la réaction en chaîne de se produire dans le coeur des réacteurs français. Car seul l’isotope 235 est fissile.

Revenons au minerai. Lorsqu’il n’est pas jugé suffisamment riche pour être traité en usine (teneur de 0,03 % à 0,08 % environ), une autre méthode consiste à le concasser et le disposer en grands tas sur le carreau de la mine, à travers lesquels on fait percoler une solution acide qui dissout l’uranium et que l’on récupère à la base. Cette opération de lixiviation doit être répétée plusieurs fois et s’étale sur plusieurs mois, alors que le traitement en usine s’effectue en quelques heures.

 decharge_bec_limou LAMIREAU THIERRY Une décharge à becquerels A quelques dizaines de mètres des maisons, l’ancienne mine à ciel ouvert du Brugeaud, sur la commune de Bessines, a été comblée par 5 800 000 t de résidus radioactifs. Plus de 250 térabecquerels sont enfouis là, c’est-à-dire que plus de 250 000 milliards de désintégrations s’y produisent chaque seconde. Lorsque le niveau d’eau baisse, comme c’est le cas ici, la radioactivité est plus élevée, l’eau jouant un rôle d’écran.

Une décharge à becquerels 

Depuis environ quarante ans, 47,5 millions de tonnes de minerai ont été traitées en France, d’abord par le CEA, puis par sa filiale Cogema qui gère actuellement 85 % des ressources nationales, l’autre exploitant étant le groupe Total. De ces millions de tonnes ont été tirées environ 60 000 t de yellow-cake, produit de base de l’énergie nucléaire. D’où une montagne de déchets. Ainsi, rien que l’ensemble des sites de la Cogema, anciens ou en exploitation, renferment, en plus des stériles qui n’ont subi aucun traitement, 26 millions de tonnes de résidus très fins (les boues qui sortent de l’usine) et 17 millions de tonnes de résidus grossiers (les restes des tas de lixiviation).

Or, tous ces résidus qui n’ont été débarrassés que d’une partie de leur uranium – il en reste 3 000 t sur l’ensemble des sites, dans les résidus très fins, et 1400 t dans les autres – contiennent toujours la quasi-totalité des « descendants » radioactifs de l’uranium. Le radium 226, d’abord, notoirement radiotoxique, qui représente à lui seul le total faramineux de 700 térabecquerels (700 000 milliards de becquerels, le becquerel remplace désormais le curie, un curie est égal à 37 milliards de becquerels.). Pour donner une idée du risque, signalons que la dose maximale admissible de radium dans l’eau potable en France est de 0,37 becquerel par litre. Rappelons aussi qu’à Itteville, dans la région parisienne, on s’est beaucoup affolé parce qu’on soupçonnait la présence d’une trentaine de grammes de radium sur un terrain qui avait servi de décharge au centre de Saclay. Le radium 226 a une période de 1620 ans, c’est-à-dire qu’au bout de ce laps de temps il aura perdu la moitié de sa radioactivité, puis 1620 ans plus tard, la moitié de la moitié… Mais il y a aussi du thorium 230, du plomb 210 et bien d’autres radionucléides dans ce cocktail radioactif pour des milliards années.

 futs_limou LIMOUSIN Des fûts abandonnés A moitié enfouis sur l’ancien site minier de Margnac, en Haute Vienne, ces fûts font-ils partie du lot de 88 082 barils expédiés par l’usine de conversion d’uranium Comurhex, à Malvesi, près de Narbonne, entre 1975 et 1989 ?

Or, que fait-on de ces boues ? Une partie a servi à remblayer des galeries de mines, mais la majorité est restée en surface. Elles ont été déversées soit dans un « bassin » aménagé dans une vallée et fermé par une digue faite de stériles comme à Saint-Priest-la-Prugne, et à Lavaugrasse, soit tout simplement dans une ancienne mine à ciel ouvert. C’est le cas le plus fréquent.

Ainsi, actuellement, la noria de camions-bennes non bâchés qui quittent chaque jour, à la cadence d’un tous les quarts d’heure, l’usine SIMO, filiale de la Cogema, à Bessines-sur-Gartempe, dans le Limousin, ne font que quelques kilomètres pour rejoindre les anciens sites miniers de Montmassacrot et de Bellezane, où ils se délestent de leur cargaison.

Les habitants de Bessines, excédés de voir dégouliner ces boues rosâtres dans les rues de leur ville, ont demandé à la CRIIRAD, un laboratoire indépendant, de mesurer le taux de radioactivité de ces boues et des mousses qui poussaient sur le mur bordant la route empruntée par les camions. Réponse de la CRIIRAD: plus de 100 000 becquerels par kg de matières sèches pour les boues dont plus de 25 000 becquerels imputables au seul radium 226, et plus de 30 000 pour les mousses.

Avant 1987, ces boues étaient envoyées plus près encore de l’usine SIMO, dans l’ancienne mine du Brugeaud et dans le bassin de Lavaugrasse, transformé aujourd’hui en vaste lac de plusieurs hectares où il ne ferait pas bon se baigner, sous peine de profiter des… 141000 milliards de becquerels de radium 226 qu’il renferme, ce que les canards semblent ignorer !

20070403-151331.BMP1 MINES

A une quarantaine de kilomètres de là, à Jouac, une autre usine de traitement est exploitée par Total compagnie minière, une filiale du groupe Total. Le minerai est actuellement extrait d’une mine souterraine, mais celles à ciel ouvert qui ne sont plus exploitées servent de dépôts pour les boues résiduelles. Impossible pour les riverains de soupçonner ce qui se passe derrière les immenses tas de stériles qui ceinturent le site. Que l’on imagine un lac de boues gigantesque s’étendant sur des dizaines d’hectares, où l’on ne voit guère que des arbres morts et des bidons vides (voir photos). Dans l’ancienne mine de Margnac, au sud de Bessines, c’est la Cogema qui se débarrasse de ses détritus !

Mais il y a eu des déchets plus dangereux qui ont été enfouis au cours des années dans nombre de ces sites. C’est une commission chargée d’examiner les dépôts de matières radioactives pour le compte du Conseil supérieur de la sûreté et de l’information nucléaire qui a soulevé une partie du voile en remettant ses conclusions en juillet 1991. La demande émanait des ministères de l’Environnement, de l’Industrie et de la Santé, ce qui explique que la Cogema ait dû ouvrir ses dossiers (ou du moins une partie). Ainsi, le rapport Desgraupes, du nom du président de cette commission, nous apprend que sept sites au moins (voir cartes 1 et 2), dont six dans le Limousin et un en Saône-et-Loire, ont accueilli, parfois à plusieurs reprises, des déchets radioactifs provenant pour la plupart de l’usine de traitement de minerai du Bouchet, dans l’Essonne, qui a produit de l’uranium et du thorium de 1946 à 1971. Il y a eu d’autres livraisons en provenance de l’usine d’enrichissement d’uranium de Pierrelatte, dans la Drôme; de l’usine de raffinage Comurhex à Malvesi, près de Narbonne ; du centre du CEA de Fontenay-aux-Roses, près de Paris; et de l’usine de fabrication de combustible SICN à Veurey, dans l’Isère. Bref, Il en est venu de toute la France. Quelque 300 000 fûts et des dizaines de milliers de tonnes de terre, gravats et ferrailles contaminés.

Ces chargements se sont faits, pour la plupart, dans le plus grand secret, au mépris de l’information du public, et se sont échelonnés de 1958 à 1989 pour les plus récents d’entre eux, du moins officiellement. Ce sont dans l’ensemble des résidus de minerai riche, plus nocifs encore que ceux du sous-sol limousin, c’est du moins la version qui nous a été donnée. Mais comment vérifier qu’il n’y a pas eu pires déversements, maintenant que ces déchets sont sous les stériles ou sous les boues ? Mais les 18 000 fûts verts, jaunes ou noirs, qui viennent de Pierrelatte et dorment sous les verses du Brugeaud, contiennent de l’uranium enrichi en uranium 235, l’isotope fissile dont il suffit de quelques kilos pour fabriquer une bombe. Là, il y en a 1,5 kg.

Quant aux quelques centaines de fûts (la quantité exacte n’est nulle part précisée) envoyés sur le site du Bauzot par le centre de Fontenay-aux-Roses, ils sont hautement suspects. Ils proviennent, en effet, d’une usine pilote qui a fonctionné de 1954 à 1957, puis qui a été démantelée entre 1959 et 1962 et dont l’activité était l’extraction de… plutonium !

Les seuls fûts que l’on puisse aujourd’hui examiner à loisir sont stockés discrètement dans un hangar isolé de la Cogema à Bessines. Il y a là 388 fûts provenant de l’usine du Bouchet et contenant des minerais d’uranium, de thorium et de terres rares, représentant environ 4 000 kg d’uranium métal et… 580 milliards de becquerels. Aujourd’hui les langues se délient. Et, dans la région de Bessines ou de Saint-Priest-la-Prugne, on parle de mystérieuses cargaisons qui étaient livrées de nuit ! Ainsi, les habitants de Pény affirment avoir été réveillés en juillet 91 par l’arrivée de camions qui avaient raté l’embranchement conduisant à une ancienne mine. Ils transportaient des fûts sur lesquels les riverains reconnurent le sigle radioactif. A Saint-Priest, on évoque même l’enfouissement de déchets industriels toxiques. On peut, en effet, se demander pourquoi la société Sedemap qui exploitait au début des années 1980 un centre de traitement de déchets industriels, à Buxières-les-Mines, dans l’Allier, avait racheté à la Cogema, un terrain jouxtant l’ancienne mine de Saint-Priest-la-Prugne ?

Même sans tenir compte de ces apports clandestins, tous ces sites miniers représentent des zones contaminées ; 300 000 milliards de becquerels rien qu’en radium 226, dans le bassin de Lavaugrasse, 150 000 Milliards au Brugeaud, 800 000 milliards pour l’ensemble des sites!

Or, ils ne font l’objet en France d’aucune réglementation spécifique. Alors que certains d’entre eux devraient, tout comme les centrales nucléaires, être soumis à la réglementation des installations nucléaires de base (INB), Ils ne relèvent même pas dans la plupart des cas, à l’instar de n’importe quel autre établissement industriel, de la législation des Installations classées pour la protection de l’environnement.

Le rapport Desgraupes estime notamment que les stockages de Saint-Priest-la-Prugne, de l’Ecarpière, de Bessines, du Bosc, du Cellier et de Jouac (voir cartes 1 et 2) sont des INB. Ce n’est pas l’avis des compagnies minières et de l’administration. La section des travaux publics du Conseil d’Etat a d’ailleurs donné raison à ces dernières dans son avis Ou 11 décembre 1991.

Pourquoi cette divergence ? Les uns considèrent les résidus de traitement comme un mélange de substances radioactives, les autres comme de l’uranium naturel. Or, la réglementation n’est pas la même suivant que l’on adopte l’une ou l’autre thèse. Le site doit être classé INB à partir d’une activité totale de 37 térabecquerels dans le premier cas et de 3 700 térabecquerels dans le second.

D’un point de vue strictement chimique, il semble pourtant évident que les résidus n’ont plus rien à voir avec de l’uranium naturel, leur composition ayant été modifiée, ne serait-ce qu’à cause des produits qui ont été ajoutés au moment du traitement. Et la radioactivité, qu’elle soit légale ou non, est bel et bien là!

Encore une fois, comment comparer un minerai en bloc compact sous la terre et ce même minerai réduit en poudre et répandu à la surface du soi ? On n’obtient pas le même breuvage en faisant infuser des grains de café ou du café moulu ! Le vent emporte et dissémine les fines poussières à des kilomètres à la ronde, et les pluies se chargent de particules.

Quels sont les risques ? De plus en plus de chercheurs semblent penser qu’il n’y a pas de seuil au-dessous duquel le taux de radioactivité n’aurait pas d’effets sur l’organisme. La Commission internationale de protection radiologique (CIPR) a d’ailleurs révisé à la baisse les normes qu’elle avait précédemment édictées: elles sont passées de 5 millisieverts par an (le sievert remplace le rem. 1 sievert = 100 rems) pour la population à seulement 2 millisieverts. Ces chiffres n’ayant valeur que de recommandations, la France a d’ailleurs préféré s’en tenir aux bonnes vieilles normes ! Pour donner un ordre d’idée, la radioactivité naturelle en France (aussi nocive que l’artificielle) inflige en moyenne 1 millisievert par an. La CIPR estime que 10 millisieverts reçus par un million de personnes généreront 500 décès par cancer ; pour l’Académie des sciences américaine, cette dose entraînerait 800 morts par cancer ; pour la Fondation américano-japonaise pour la recherche sur les effets des rayonnements: 1740 ; et pour l’équipe de chercheurs américains dirigée par le Dr Mancuso, de l’université de Pittsburgh : 6 000.

Dans des régions comme le Limousin, où la radioactivité naturelle est déjà élevée (1,5 millisievert en moyenne), le niveau est multiplié par 20, voire par 100, au-dessus ou à côté de ces énormes dépôts de résidus.

 chemine_radon_limou MINES D'URANIUM Des cheminées à radon Dans la campagne limousine, les aérateurs comme celui-ci font partie du paysage. Ils servent de bouche d’évacuation pour le radon, ce gaz radioactif qui est extrait des galeries souterraines en raison de sa nocivité.

Si nous avons tant parlé de radium 226, très radiotoxique et soluble, c’est aussi parce qu’il donne naissance, en se désintégrant, à un gaz radioactif, le radon (1) dont les propriétés cancérigènes sont officiellement reconnues. De nombreuses études épidémiologiques effectuées sur des mineurs d’uranium le prouvent. Il n’y a pas que les dépôts de résidus qui augmentent le niveau de radioactivité. Le simple fait d’exploiter un gisement y contribue.

Une série de mesures pour doser le radon, effectuées du 17 au 19 juillet 1989 par la CRII-RAD sur deux sites uranifères du Limousin, l’un à Saint-Sylvestre en exploitation (mine souterraine) et l’autre à Négremont, encore non exploité, est fort significative. Le protocole était identique : 25 mesures sur une surface de 400 m de côté avec un maillage de 100 m. Résultat: de 100 à 1080 Bq/m3 à Saint-Sylvestre et de 22 à 200 Bq/m3 à Négremont, où le gisement est pourtant plus près de la surface et la teneur en uranium plus élevée.

Sur les autres lieux testés à ce jour par la CRII-RAD, le niveau extérieur moyen est d’environ 15 Bq/m3. Et l’EPA, l’agence américaine de l’environnement, conseille aux habitants d’effectuer des travaux (isolation, ventilation … ) si le niveau mesuré chez eux dépasse 148 Bq/m3.

Nous avons demandé à la CRII-RAD de mesurer le taux de radon à proximité d’une bouche d’aération de la mine désaffectée des Vieilles Sagnes, sur la commune de Saint-Sylvestre. Une précédente mesure effectuée dans cet orifice, en février 92, à un mètre de profondeur, avait révélé des taux de radon dans l’air faramineux : plus d’un million de becquerels par m3 d’air ! A un mètre du sol et à une distance de 10 m de la bouche d’aération, on trouve encore 8 308 Bq/ m3 ; à 15 m : 1420 Bq/m3 et à 30 m : 721 Bq/m3. Voilà ce que respirent les enfants qui viennent jouer dans ces lieux, dont la plupart n’étaient pas même clôturés il y a trois mois de cela.

Mieux vaut tard que jamais. Au bout de quarante ans, sous la pression des associations de défense de l’environnement, une commission locale d’information vient d’être mise en place à Bessines. Ces associations réclament, entre autres, la remise en état des sites miniers abandonnés et notamment le recouvrement des dépôts de résidus. Aux Etats-Unis, où l’on n’hésite pas parfois à prendre des mesures extrêmes, on a carrément déplacé tous les résidus de quatre sites à Salt Lake City (Utah), Durango et Grand Junction (Colorado) et Canonsburg (Pennsylvanie) : ces déchets ont réintégré leur dépôt d’origine à Canonsburg, après que l’on eût réalisé un étanchement de bonne qualité.En France, le CEA songe à transformer la décharge radioactive de Saint-Priest-la-Prugne, dans l’Allier en base nautique

 Les dépôts d’uranium du Limousin…
(carte n°1)
depos1_uranium_limou NUCLEAIRE

Figurent sur cette carte de la Haute-Vienne (département contenant le plus grand nombre de décharges d’uranium) et sur celle de la France (voir carte n° 2 tous les dépôts connus) de résidus de traitement de l’uranium, riches en radium, ainsi que les usines, fermées ou en exploitation, à l’origine de ces déchets. Nous avons également indiqué les sites miniers qui ont reçu des déchets radioactifs en provenance d’autres centres nucléaires.

L’activité totale ne représente que l’activité du radium 226 et du thorium 230; chaque fois que cette activité est supérieure à 37 térabecquerels (TBq), le site devrait être classé installation nucléaire de base (INB) et donc soumis à des contrôles sévères. Mais aucun des sites ne respecte cette réglementation (Voir la revue, fort bien documentée, info Uranium, 7 rue de l’Auvergne.).

1. Lavaugrasse : bassin de 25 ha ayant reçu les résidus de l’usine SIMO de Bessines de 1958 à 1978 : 5 700 000 t, contenant 600 t d’uranium et représentant une activité de plus de 282 000 milliards de becquerels (282 TBq) dont 141 TBq en radium 226. Renferme également 3 500 t de résidus provenant de minerai d’uranium riche (teneur de 5 % à 20 %) contenant 1 TBq de radium 226 en provenance de l’usine du Bouchet dans l’Essonne, démantelée de 1972 à 1979. Devrait être classé INB.

2. Le Brugeaud : ancienne mine d’uranium à ciel ouvert, l’une des plus grandes de France, ayant reçu les résidus de l’usine SIMO de Bessines, de 1978 à 1987 : 5 800 000 t contenant environ 550 t d’uranium et représentant une activité de plus de 258,2 TBq dont 129,1 TBq en radium 226. Contient également des déchets provenant de l’usine du Bouchet : 6 000 t de résidus contenant 1,7 TBq de radium 226; 16 800 t de terres et gravats contenant 0,62 TBq de radioéléments alpha; 1900 t de ferrailles contenant 0,07 TBq de radioéléments alpha. Les terres, gravats et ferrailles n’ont pas été mis dans la fosse, mais ont été enfouis dans les verses de « stériles ».

Il y a aussi 18 048 fût arrivés de Pierrelatte (Drôme) entre 1968 et 1971 et contenant des déchets enrichis en uranium 235.

S’y ajoutent, ainsi que sur le site voisin de la Croix-du-Breuil, des résidus plus grossiers provenant de la lixiviation des minerais pauvres sous la forme de verses, sortes de terrils de l’uranium; il y en a 8 400 000t contenant 465 t d’uranium représentant une activité de 14,4 TBq en radium 226. Devrait être classé INB.

3. Montmassacrot : ancienne mine d’uranium à ciel ouvert ayant reçu les résidus de l’usine SIMO de Bessines de 1986 à 1990 : 737 000 t de résidus contenant 69 t d’uranium et représentant une activité de plus de 38 TBq dont 19 TBq en radium 226. Devrait être classé INB,

4. Bellezane : cette ancienne mine d’uranium à ciel ouvert reçoit les résidus de l’usine SIMO de Bessines, depuis 1988. Début 1991, ces boues représentaient 845 000t contenant 90t d’uranium et une activité de plus de 42 TBq, dont 21 TBq en radium 226.

De plus, 1126 000 t de résidus ont été déposées de 1958 à 1986 dans certains puits et certaines galeries de la partie souterraine de la mine aux fins de remblayage. Devrait être classé INB.

5. Margnac: ancien site minier ayant reçu, de 1975 à 1989, 88 082 fûts provenant du centre de conversion de l’uranium Comurhex, à Malvesi, près de Narbonne. Ces fûts d’une masse de 2 110 t, qui avaient contenu de l’uranate, étaient plus ou moins bien décontaminés et écrasés. Leur activité représente 0, 11 TBq. Ils ont été enfouis dans les verses des stériles

6. Pény : cette ancienne mine, proche de Margnac, a reçu un chargement identique à celui de Margnac, enfoui également dans une verse.

7. Fanay: ancien site minier ayant reçu, en 1971, 400 m3 de fûts écrasés provenant de l’usine du Bouchet, soit environ 0,01 TBq.

8. Bessines-sur-Gartempe : sur le site de la Cogema, un hangar contient 388 fûts provenant du Bouchet et représentant une activité de 0,58 TBq.

9. Jouac : les immenses bassins entourés de digues construites avec des stériles d’une ancienne mine à ciel ouvert, contenaient, début 1991, 900 000 t de résidus provenant de l’usine de Jouac, appartenant au groupe Total. L’activité totale était de plus de 104 TBq dont 52 TBq en radium 226. Devrait être classé INB.

 ET LES AUTRES DÉCHARGES FRANCAISE
(carte n°2)

autre_decharge_limou POLITIQUE
Si la Haute-Vienne à elle seule, renferme la moitié des décharges de résidus de l’uranium, d’autres régions abritent néanmoins des dépôts très importants.

1. La Ribière (Creuse) : ancienne mine d’uranium à ciel ouvert abritant 200 000 t de résidus d’une radioactivité d’environ 2 TBq, dont 1 TBq en radium 226.

2. Saint-Pierre-du-Cantal (Cantal): ancienne mine à ciel ouvert ayant reçu les résidus d’une usine qui a fonctionné sur le site de 1977 à 1985; en tout, 570 000 t représentant une activité de 15,8 TBq dont 7,9 TBq en radium 226.

3. Bertholène (Aveyron): site minier en exploitation, où ont été stockées, début 1991, dans la vallée des Balaures, derrière une digue constituée de stériles et de déblais, 310 000 t de résidus représentant une activité de 5,72 TBq rien qu’en radium 226.

4. Le Cellier (Lozère) : ancien site minier souterrain et à ciel ouvert, renfermant 1 112 000 t de résidus de traitement fins, dont 76 t d’uranium, et 4 532 000 t de résidus grossiers (dont 672 t d’uranium). L’activité totale dépasse 86 TBq, dont 43 TBq en radium 226. Ce site devrait être classé INB.

5. L’Ecarpière (Loire-Atlantique) : sur cet ancien site minier, un bassin artificiel entouré de digues constituées de résidus grossiers de lixiviation, contient 7 500 000 t de boues, soit 510 t d’uranium. Avec les digues qui renferment, elles, 300 t d’uranium, le tonnage total est de 11 500 000 t l’un des plus importants de France. L’activité totale est de plus de 365,6 TBq, dont 182,8 TBq en radium 226. On projette d’y mettre des résidus radioactifs provenant du traitement de terres rares effectué par Rhône-Poulenc à La Rochelle, à raison de 7 800 t par an. Ce site devrait être classé INB.

6. Le Bosc (Hérault) : excavations d’une mine à ciel ouvert renfermant, début 1991, 2 969 000 t de résidus, dont 818 t d’uranium, provenant de l’usine SIMO du Bosc, actuellement en exploitation. L’activité totale est de plus de 236,2 TBq, dont 118,1 TBq pour le radium 226, Ce site devrait être classé INB.

7. Saint-Priest-la-Prugne (Loire): ancien site minier renfermant 1 100 000 t de résidus dans la mine souterraine et 1 300 000 t, dont 286 t d’uranium, dans un vaste bassin de 20 ha où ils s’étagent sur 19 m d’épaisseur. L’activité totale est de plus de 168 TBq, dont 84 TBq en radium 226. Après avoir essayé de reconvertir le site en centre de stockage de déchets radioactifs, le CEA donne la préférence, pour sa réhabilitation, à la transformation du bassin en… base nautique ! Ce site devrait être classé INB.

8. Gueugnon (Saône-et-Loire): sur le terrain d’une ancienne usine de traitement, grand bassin de 6 ha renfermant 185 000 t de résidus contenant 42 t d’uranium. L’activité totale dépasse 20,8 TBq, dont 10,4 TBq en radium 226.

9. Le Bauzot (Saône-et-Loire): ancien site minier renfermant des fûts de déchets radioactifs livrés entre 1958 et 1969. Il s’agit de 32 600 fûts provenant du centre du Bouchet et contenant 5 600 t de déchets pour une activité de 2,8 TBq de radium 226. Il y a aussi 48 000 fûts venus de l’usine SICN/CERCA, à Veurey-en-Isère, qui fabrique les éléments combustibles des réacteurs ! Ils contiennent 10 400 t de graphite, de quartz et de boue de sablage; leur activité est de 0,1 TBq. S’y ajoutent quelques centaines de fûts contenant des terres et des gravats provenant de l’usine pilote d’extraction de plutonium qui a fonctionné à Fontenay-aux-Roses de 1954 à 1957. Actuellement, tous ces fûts sont enfouis dans une sorte de tumulus de 6 m de hauteur sur une surface de 8 000 m2.

10. Rophin (Puy-de-Dôme) ancien site minier renfermant 30 000 t de résidus contenant une tonne d’uranium, l’activité du radium 226 représentant plus de 0,3 TBq

11. Saint-Hippolyte (Haut-Rhin) : à deux pas d’un ravissant village de la route du vin, ancien site minier de Schaentzel et du Teufelsloch (le trou du diable) renfermant toujours 2 000 t de résidus de lixiviation. En fait, le minerai lixivié est resté dans les cuves et l’exploitation a cessé après une campagne d’essai en 1969. L’activité en radium 226 serait de 0,1 TBq. Il y a encore sur ce site, qui est le plus petit dépôt de résidus de traitement d’uranium en France, 2 000 t de minerai non traité.

NOTA: PHOTOS de Thierry LAMIREAU

Réalisateur du film « URANIUM EN LIMOUSIN »

Jacqueline Denis-Lempereur,
Science & Vie n° 899, août 1992

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 28 avril, 2012 |Pas de commentaires »

LES VACHES PONDENT DES OEUFS, LES POULES ONT DES DENTS, LES DECHETS RADIOACTIFS EN LIMOUSIN ET AILLEURS SONT SANS DANGER…OU COMMENT REDIRE QUELQUES VERITES OUBLIEES

Les vaches pondent des œufs

Les poules ont des dents

Les déchets RADIOACTIFS

En LIMOUSIN et ailleurs

Sont SANS DANGER…

Ou comment redire

quelques vérités oubliées.

LES VACHES PONDENT DES OEUFS, LES POULES ONT DES DENTS, LES DECHETS RADIOACTIFS EN LIMOUSIN ET AILLEURS SONT SANS DANGER...OU COMMENT REDIRE QUELQUES VERITES OUBLIEES dans REFLEXIONS PERSONNELLES 20070403-153626.BMP

En France, l’extraction de l’uranium destiné aux centrales nucléaires a engendré plus de 60 millions de tonnes de déchets radioactifs qui contiennent encore 80% de l’activité radioactive initiale. Environ 200 sites d’extraction d’uranium ont été exploités sur 25 départements.

Plus de 70 000 tonnes d’uranium ont été extraites entre 1946 et 2001. Les principaux gisements se situaient dans le LIMOUSIN, le FOREZ, la VENDEE, la LOZERE et l’HERAULT.

De nombreux rapports ont montré une pollution majeure des eaux, des sols et de l’air (gaz radioactif radon ) dans toutes ces régions à cause de l’exploitation de l’uranium.

L’on trouve, sur et dans ces sites, toutes sortes de produits radioactifs et chimiques : les déchets des mines, des matériaux contaminés de centrales nucléaires, des déchets militaires, de l’uranium « appauvri », etc.

L’activité de l’uranium 238 est en moyenne de 40 Becquerels par kilogramme dans l’écorce terrestre, 200 Bq/kg dans un granite « classique » et de l’ordre de 25 000 Bq/kg dans un minerai dont la teneur en uranium est de 0,2%.

Toucher à « l’équilibre séculaire » par l’extraction et l’exploitation du minerai uranifère puis de l’uranium conduit à manipuler des substances radioactives qui ont des caractéristiques très pénalisantes en termes de radioprotection. Ce sont, en effet, des radionucléides dits à très longue période : 4,5 milliards d’années pour l’uranium 238, 345000 ans pour l’uranium 234, 76000 ans pour le thorium 230, 1600 ans pour le radium 226 par exemple.

 Libéré en grande quantité par l’activité minière, le gaz Radon 222 peut parcourir des milliers de kilomètres en quelques jours sans jamais trop s’éloigner de la surface du sol à cause de sa pesanteur. Le radon sort aussi en grande quantité des montagnes de résidus miniers (les « stériles » dit AREVA/COGEMA) radioactifs entassées à proximité des mines.

Le radon se désintègre en sous produits appelés les produits de filiation. Absorbées par le corps, ces substances peuvent provoquer des cancers, des maladies du sang, des problèmes cardio-vasculaires, des troubles rénaux, des problèmes de reproduction, etc.

Le radium 226 est un autre sous produit de l’uranium en désintégration. C’est un métal lourd radioactif. En dépit de son caractère dangereux, il est rejeté en totalité dans les résidus miniers alors qu’il est classé «très radiotoxique». Le plomb 210 et le polonium 210 figurent parmi les radionucléides les plus radiotoxiques par ingestion (égale ou supérieure à celle du plutonium 239). Le thorium 230 se trouve dans la liste des radionucléides les plus radiotoxiques par inhalation (égale ou supérieure à celle du plutonium 239).

 Le CEA, puis COGEMA/AREVA, fleuron du nucléaire français, sont parvenus, depuis le début de l’exploitation de l’uranium en France jusqu’à nos jours, à passer entre les gouttes de plus de 93 arrêtés préfectoraux et n’ont jamais écopé du moindre procès-verbal en matière d’environnement !

 L’histoire de l’uranium en France

(et ailleurs) est l’histoire

d’une odieuse supercherie.

 Face à l’arrogance de COGEMA/AREVA, devant la complicité de l’Administration, confronté à la frilosité, l’ignorance, la culpabilité des élus locaux qui restent dans une culture ancienne du secret « moins on parle des sites miniers radioactifs, mieux c’est », obligé de constater que les médias nationaux et l’Etat font l’impasse sur un dossier majeur de Santé Publique, il faut redire et dénoncer ce qui se passe encore actuellement.

 Alors que des Associations de défense de l’environnement indiquent comme COGEMA « que le risque pour l’homme est quasiment inexistant », alors que d’autres Associations s’inquiètent de pollutions futures liées aux stockages de déchets radioactifs comme les déchets « faiblement » radioactifs « à vie longue » (cf. les 3115 communes contactées par l’Administration française), il faudrait à nouveau prendre conscience que depuis l’après-guerre, et ce pour encore des milliards d’années, des régions françaises et les sites miniers de nombreux pays étrangers subissent une pollution majeure alors même qu’aucune étude épidémiologique n’a encore été réalisée sur les populations !

 En France, le GEP, Groupe d’Expertise Pluraliste, a été officiellement créé fin 2005.

Le GEP LIMOUSIN est composé de divers groupes de travail composés de multiples membres appartenant à l’Administration, à l’Institut national de Veille Sanitaire, COGEMA/AREVA, à quelques Associations ou nommés pour leur appartenance à des organismes étrangers.

Le GEP a été constitué à la demande des ministres en charge de l’environnement, de la santé et de l’industrie.

L’IRSN (Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire) collabore activement aux travaux dont des rapports d’étape en 2007 et 2008 ont retransmis certaines informations.

 Je cite volontairement un long passage du document de l’IRSN :

« Les résultats obtenus ont conduit à proposer des pistes d’améliorations du système de gestion et de maîtrise des impacts envisagé par AREVA NC dans le cadre de la surveillance à moyen terme des sites. Ces pistes ont été déclinées en actions de réduction des impacts à court terme, en actions de surveillance et en actions liées au besoin de connaissance. Parmi les actions de réduction des impacts, on peut citer la réduction des rejets non canalisés et plus particulièrement ceux issus du lessivage des stériles miniers déposés en bordure de cours d’eau ou encore la mise en œuvre de traitements pour réduire la teneur en uranium dans les rejets. Concernant la surveillance, des propositions ont été faîtes pour répondre à trois types d’objectifs : accroître la connaissance sur l’écoulement des eaux au sein des entités minières (galeries des travaux miniers souterrains, mines à ciel ouvert, ruissellement,…), suivre les rejets et les impacts associés en termes de marquages environnementaux et enfin acquérir des données nécessaires pour la réalisation des calculs d’impact. Dans son analyse critique, l’IRSN s’est également attaché à évaluer la méthodologie retenue par AREVA NC pour caractériser l’impact des anciens sites miniers du LIMOUSIN sur les populations.

De ce point de vue, l’examen des hypothèses et données utilisées par AREVA NC conduit à recommander tout d’abord un recentrage de l’effort de surveillance sur les données réellement pertinentes. Ainsi, la surveillance de la radioactivité des eaux potables distribuées dans les villages voisins des sites miniers, telle qu’envisagée par AREVA NC, n’apparaît pas toujours justifiée et les mesures correspondantes pourraient être abandonnées à condition de confirmer de façon indiscutable que les points de captage d’alimentation en eau potable se situent à l’abri de toute influence des sites miniers. A contrario, la surveillance effectuée sur les denrées alimentaires produites localement nécessite d’être renforcée.

Une amélioration de la précision des mesures et une meilleure représentativité et reproductibilité des prélèvements s’avèrent pour cela indispensable.

En complément, l’IRSN considère également nécessaire d’accompagner systématiquement les calculs de dose effectués par des analyses de sensibilité prenant notamment en compte les incertitudes associées aux mesures. Le recours à la modélisation pourrait par ailleurs être utile pour compléter la démarche.

Enfin, l’analyse du Bilan Décennal Environnemental par l’IRSN a montré que la caractérisation de l’impact environnemental pouvait être nettement amélioré en préférant la surveillance des écosystèmes aux contrôles de radioactivité dans les végétaux et par l’application de la méthodologie innovante d’évaluation du risque à l’environnement développée dans le cadre du programme de recherche européen ERICA ; auquel a contribué l’IRSN en partenariat avec d’autres organismes de recherche étrangers. »

 Comme tout ceci est si joliment dit !

Cela équivaut à dire que COGEMA/AREVA a travaillé comme elle l’a voulu, en autocontrôle, comme un porc, sans aucune considération de l’environnement, des eaux, des sols, de l’air, des mineurs et des populations !

 Point zéro :

Tout est faux depuis le départ !

Alors que la dernière mine a fermé en 2001 en LIMOUSIN, il a fallu attendre 1990 pour qu’une Loi oblige l’exploitant à déterminer le point zéro, c’est-à-dire le niveau de radioactivité « naturelle » en surface avant l’exploitation qui a commencé en 1946 !

« Nous n’avons pu obtenir de la DRIRE (Direction Régionale de l’Industrie, de la Recherche et de l’Environnement) aucun dossier scientifique concernant l’établissement des niveaux naturels de référence » (Synthèse rapport CRIIRAD 1992, page 9).

En l’absence de point zéro initial, COGEMA a choisi une station de référence en dehors de la division minière (RILHAC RANCON) avec un « point chaud » (lieu de forte radioactivité) pour dire ensuite que l’exploitation de l’uranium a diminué la radioactivité dans la région !…véritable tricherie évidemment.

Le même rapport CRIIRAD dit : « L’évaluation de l’impact sanitaire autour des sites, qu’il s’agisse de l’exposition externe ou des risques liés à l’inhalation de radon 222 ou des poussières radioactives conduit à des résultats en parfaite contradiction avec les mesures transmises à la DRIRE par COGEMA. »

 En clair, qu’a donc fait COGEMA/AREVA… ?

COGEMA a fourni de fausses mesures, effectué des mesures sur site non pertinentes, déplacé des stations de mesure pour éviter le suivi dans le temps, fait disparaître des résultats embarrassants, laissé croire que l’impact est négligeable, pratiqué des moyennes pour éviter les mauvais résultats et diluer l’impact, et n’a pas installé des stations de mesure aux points compromettants pour éviter les comparaisons.

 C’est, en fait, ce qui est décrit dans le rapport de l’IRSN en cette année 2008 !

 Soyons donc clair : les travaux du GEP se basent principalement sur des analyses de COGEMA/AREVA ou sur des documents réalisés en autocontrôle par COGEMA et remis à la DRIRE. Les petites magouilles inutiles, à vouloir vider le lac touristique de SAINT-PARDOUX (près de LIMOGES) et curer un peu les sédiments radioactifs pour les rejeter dans l’ancienne mine de BELLEZANE, à dévier certains cours d’eau, à enlever (un peu) les sédiments radioactifs dans les réserves d’eau de la ville de LIMOGES, ne servent strictement à rien. Les problèmes reviendront plus tard puisque, par gravitation et situation des courbes de niveau, les mines d’uranium sont au-dessus de tous les autres lieux !

Cela ne sert qu’à faire réélire certains élus ou à COGEMA/AREVA de  tremper dans des arrangements administratifs pour afficher une image « clean » avec des certifications dites « ISO » qui, bien sûr, ne reflètent absolument pas la réalité.

Toutes ces CLI et ce GEP ne servent à rien puisqu’il n’y aura jamais d’investigations in situ fines et précises sur tous les anciens sites miniers d’uranium.

Ce GEP n’est là que pour endormir les consciences, tranquilliser la population et arroser financièrement ses participants en faisant croire que ces derniers ont bien travaillé.

Ces organismes sont une véritable mascarade. Il est trop tard pour réparer les erreurs car ce qui est dans les eaux, les sols et l’air est là pour des millions d’années et parce qu’aucun moyen de signalement pérenne de ces pollutions majeures n’existe pour être sérieusement transmis à l’échelle de ces millions d’années.

Journalistes, citoyens, militants, vous faîtes fausse route : les inconsciences  du passé ne peuvent être corrigées.

 Morceler le traitement des pollutions radioactives et chimiques est une erreur ; ne pas traiter toutes les parties en même temps du nucléaire dans le Monde amènera le Genre Humain à sa perte.

 Méfions-nous de ceux qui aujourd’hui se présentent en gestionnaires rigoureux pour demain alors que nous devons faire face à leur catastrophique imprévoyance d’hier.

Thierry LAMIREAU

Réalisateur du film

« URANIUM EN LIMOUSIN »

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 28 avril, 2012 |2 Commentaires »

LE FILM « URANIUM EN LIMOUSIN »: UN LOURD PASSE POUR UNE REGION, DES TRACES INDELEBILES POUR LE REALISATEUR Thierry LAMIREAU

Un demi-siècle d’exploitation

de l’uranium en Limousin

ou l’histoire

d’une odieuse supercherie

LE FILM

 LE LOBBY NUCLÉAIRE RÈGNE EN MAÎTRE

Depuis l’après-guerre, le CEA (Commissariat à l’Énergie Atomique) puis ensuite la COGEMA (Compagnie Générale des Matières Nucléaires) ont toujours eu un comportement de colonialiste dans les régions comme le LIMOUSIN.

On promettait que toutes les Communes allaient s’enrichir grâce à l’exploitation minière de l’uranium ; c’est désormais le contraire qui se produit d’autant plus que l’industriel se désengage de plusieurs régions françaises.

Le CEA, la COGEMA ont toujours utilisé le vieux principe de la filière du nucléaire français : « Faites-nous confiance, on s’occupe de tout. De toute façon vous n’y connaissez rien ! »

Une politique dite « d’indépendance Nationale » incluant la construction d’une force nucléaire, un choix énergétique en faveur du nucléaire a conduit la France à être pendant de nombreuses années le principal producteur d’uranium de l’Europe Occidentale.

Désormais l’on veut toujours nous « faire avaler la pilule » en prônant l’indépendance de l’approvisionnement de l’uranium alors que la COGEMA est obligée d’acheter les consciences en prenant des parts importantes de marché dans toutes les grandes exploitations minières mondiales.

Cela a généré et générera encore de longs siècles des déchets radioactifs redoutables en amont et en aval de la chaîne du nucléaire.

Il est évident que depuis 1948 le CEA et la COGEMA ont travaillé comme ils l’ont voulu, sans aucune considération de l’environnement, des travailleurs et de la population. La France est le berceau de la Démocratie, pourtant depuis les découvertes des BECQUEREL et autres CURIE le lobby nucléaire règne en Maître.

carte_mines_limousin_1957 CONTAMINATION dans REFLEXIONS PERSONNELLES Le point sur les mines en 1957.

 DES SIMILITUDES ENTRE LE DIKTAT

DU LOBBY NUCLÉAIRE

ET CELUI DU FASCISME

Rappelons par exemple que M Édouard Parker (pro-nucléaire à souhait) fut membre du « Comité National pour l’Énergie Nucléaire », lié au « Parti Ouvrier Européen », parti d’extrême droite. Au Conseil Supérieur d’hygiène Publique de France, à l’Académie des Sciences règne toujours l’éminent cancérologue mais piètre pro-nucléaire Monsieur Maurice TUBIANA.

Il est très frappant de voir les similitudes entre le Diktat du lobby nucléaire et celui du Fascisme :

1/ « Parler à la masse et lui asséner une pâture préparée », dit Goebbels, pour des milliers de cerveaux simultanément.

2/ Le succès est le seul critère. Il n’y a pas de propagande bonne ou mauvaise. Il y a des propagandes qui réussissent et des propagandes qui échouent.

3/ La propagande ne distingue ni le bien du mal, ni le juste de l’injustice. N’est vrai que ce qu’on fait croire.

4/ On ne s’adressera ni à l’intelligence, ni au bon sens, moins encore à la conscience, mais à l’instinct et aux passions des foules.

5/ Les slogans les plus simples et les plus gros seront les meilleurs. « Plus le mensonge sera patent, plus le mythe sera absurde, mieux il prendra à condition d’être répété sans cesse, inlassablement. » (« Le Chercheur d’Absolu »/ Théodore Monod page 101/ Éditions « LE CHERCHE MIDI Éditeur »). M Maurice Tubiana ne se gène pas, lors de ses conférences, pour donner en exemple… M Goebbels. On pourrait continuer longtemps ainsi avec d’autres personnalités du même milieu.

 L’EXPLOITATION MINIÈRE

DE L’URANIUM

ET SES NOMBREUSES

CONSÉQUENCES

L’exploitation minière et les nouveaux projets de stockage de matières radioactives entraînent de nombreuses conséquences

· Pollution des eaux, de l’air et des sols.

· Accroissement des cancers ; problèmes immunitaires et dermatologiques.

· Baisse du tourisme.

· Forte dévalorisation des produits agricoles (dont les produits dits « biologiques »).

· Chute des valeurs immobilières.

· Accentuation du désert économique.

· Bref, c’est la mort annoncée d’une belle région, celle de l’arbre et de l’eau.

Depuis toujours il y a eu volontairement, de la part de l’Etat, du CEA, de la COGEMA, des différents services de l’administration, des gouvernements et politiques, une sous-évaluation des risques.

Comprenons que 50 millions de tonnes de « résidus de traitement  » 200 km de galeries, des millions de tonnes de « stériles » (économiques mais pas sanitaires) ne peuvent laisser l’environnement indemne. Les « résidus de traitement » sont des déchets radioactifs, contenant plus de 80 % de la radioactivité initiale du minerai mais surtout ayant rendu cette radioactivité susceptible de dispersion dans l’environnement contrairement à la gangue minérale d’origine. L’infiltration par les eaux entraîne les radioéléments dont plusieurs sont classés parmi les plus radiotoxiques (le radium 226 par exemple), les vents dispersent le Radon(gaz radioactif), les populations environnantes sont ainsi soumises a ce que l’on appelle des « faibles doses radioactives« .

Ignorer le risque présenté par ces doses constitue non seulement une atteinte à un environnement sain des personnes vivant près des sites, mais c’est aussi remettre aux générations futures la responsabilité de la gestion de ces sites dont la radioactivité restera augmentée pour des millions d’années.

Faut-il rappeler que le CEA et la COGEMA ont toujours indiqué : « qu’ils enlevaient la radioactivité dans le LIMOUSIN grâce à l’exploitation des mines et aux usines de traitement des minerais d’uranium ! » C’est évidemment de la propagande et surtout une contrevérité scientifique.

En LIMOUSIN, les Associations découvrent les projets et mensonges, la presse révèle (parfois) et la COGEMA en profite pour avouer ou « régulariser » avec la complicité de l’administration.

Ainsi va la transparence à la mode.

Sous prétexte de ne pas affoler la population, on préfère ne pas informer et on laisse à une caste la responsabilité de décider à la place des gens et au moment où l’information vient sur la place publique, on rassure, on calme le jeu, on met en doute la bonne foi de ceux qui révèlent ces informations… et surtout on recherche en toute hâte, dans l’arsenal des textes réglementaires, l’alinéa ou la phrase dont la rédaction sera suffisamment ambiguë pour tenter de justifier l’injustifiable.

Avant 1992, la COGEMA, la DRIRE LIMOUSIN (Direction Régionale de l’Industrie de la Recherche et de l’Environnement, dépendant du Préfet), les Préfets, la DDASS (Direction Départementale des Affaires Sanitaires et Sociales), les élus disaient dans leurs communications officielles: « Il n’y a aucun déchet radioactif enfoui en LIMOUSIN ».

Dans sa lettre du 10 Juin 1998 le Directeur de l’ANDRA (Agence Nationale pour la Gestion des Déchets Radioactifs) m’indiquait : « Nous nous sommes rapprochés de la DRIRE LIMOUSIN, de l’OPRI (Office de Protection contre les Rayonnements Ionisants) et des éventuels propriétaires sur la foi de vos informations. Un premier constat s’impose: les sites que vous définissez comme contenant des déchets clandestins sont d’anciennes mines d’uranium et ne constituent pas des sites de déchets radioactifs aujourd’hui !  » (souligné par moi).

Dans ma lettre en réponse je précisais : « Pour le coup, ce que vous indiquez ici est véritablement un scoop ! « 

Et de rappeler d’une manière technique mais non exhaustive ce qui le contredisait totalement : le rapport CASTAING d’octobre 1984, le rapport CRIIRAD (Commission de Recherche et d’Information Indépendante sur la Radioactivité) du 15 juin 1994 commandé par le Conseil Régional du LIMOUSIN et le Conseil Général de la HAUTE-VIENNE, le décret 66- 450 du 6 juin 1996 et ses annexes qui fixent les règles de classification des matériaux radioactifs, le rapport BARTHELEMY, le rapport DESGRAUPES, les rapports de l’OFFICE PARLEMENTAIRE D’ÉVALUATION DES CHOIX SCIENTIFIQUES ET TECHNOLOGIQUES concernant les déchets miniers, etc.

D’ailleurs en avril 1997 la DRIRE et le Préfet indiquaient (en se contredisant par rapport à la période antérieure à 1992) dans la « Synthèse des études et expertises relatives aux anciens sites miniers de la COGEMA » à LA CROUZILLE « Pendant la phase d’exploitation, des produits mai identifiés ont été déposés et mélangés aux résidus de traitement »… triste aveu ! quand on sait qu’un Préfet est « garant de la sécurité et de la salubrité publiques ».

 LA SITUATION RADIOLOGIQUE

DU LIMOUSIN

EST AGGRAVÉE

Il faut le dire franchement : la gestion morcelée et hypocrite du lourd dossier nucléaire en LIMOUSIN aggrave la situation radiologique de la Région.

Dans ce dossier, la vérité ne résulte pas d’une analyse de documents envoyés par l’administration, les producteurs ou détenteurs de déchets (à l’ANDRA) ni d’un modèle mathématique. La vérité est au bout d’une complète et minutieuse investigation sur tous les sites miniers.

Certains disent que cela aurait un coût important : ce n’est pas le problème des Citoyens à qui l’on n’a rien demandé depuis l’existence du Nucléaire en France sauf désormais de bien vouloir « s’occuper » des déchets dont l’État, l’ANDRA, les industriels, les politiques et les scientifiques ne savent que faire.

Comme je l’indiquais dans ma lettre au Directeur de l’ANDRA « Passez-moi l’expression, je crois que voir la Merde de ses yeux est très formateur surtout avec un compteur GEIGER-MULLER et des analyses des eaux, des sols et de l’air ».

Tous les « responsables » mais pas coupables doivent savoir que par leur ignorance, leur complaisance ou leur mensonge ils engagent injustement la Vie des générations Limousines futures.

Il faut rappeler ce que disait un ancien mineur de la COGEMA lors d’une manifestation de la CLADE (Coordination Limousine Anti-Déchets) devant le site nucléaire de BESSINES (87) le samedi 10 février 1996 « Vous feriez mieux de vous occuper de toutes les saloperies que la COGEMA a enfouies partout sans rien dire, notamment dans la mine des VIEILLES SAGNES« .

Sagnes_Ambazac DOCUMENTAIRE

Photo ancienne de la tour d’extraction du puits des Sagnes à Ambazac (Haute Vienne). Mine d’uranium exploitée entre 1952 et 1959, dépendant du siège de Fanay.

Ainsi, j’accuse personnellement tout mineur (syndicaliste ou non) de vouloir encore dissimuler les sites clandestins de stockage par omission : assainir les sites créerait de nombreux emplois pendant de longues années. Se taire c’est accepter les décès par cancers voire les leucémies comme on peut en trouver dans ces villages dits « à cancer » par les mineurs eux-mêmes !

On peut lire dans des documents de l’ANDRA (Inventaire National des Déchets Radioactifs):

« Ce qui compte avant tout, c’est la façon dont les déchets sont gérés sur place et leur environnement surveillé. Ainsi, une source radioactive « oubliée » ou « perdue », même de faible activité, est potentiellement plus dangereuse pour la Santé Publique qu’une usine où sont entreposés ou produits des déchets radioactifs sous surveillance. »

Le laboratoire de la CRIIRAD a indiqué dans son rapport sur les sites miniers « Vu les taux de radioactivité et les pollutions chimiques, radiotoxiques des eaux et des sols, les sites de la COGEMA et d’autres sont très au-dessus des lieux considérés comme INB (Installation Nucléaire de Base) »

Pour le présent, la COGEMA, laissée libre par l’administration de contrôler seule ses installations, n’a rien prévu du tout si ce n’est de « faire beau en surface »

On peut rappeler le Principe de Précaution inscrit dans le Traité de MAASTRICHT et dans la Loi française:

« Face à une incertitude scientifique ou face à des risques de dommages graves ou irréversibles, il ne faut pas remettre à plus tard l’adoption de mesures visant à prévenir la dégradation de l’environnement ».

A ce jour, toutes les plaintes déposées en relation avec ces problèmes ont été « classées sans suite » !

Les Directeurs successifs de la COGEMA en LIMOUSIN ont toujours indiqué lors de leurs visites « Portes Ouvertes » que la GARTEMPE (rivière située en aval des digues de déchets radioactifs) à Bessines (87) est le seul « Juge de Paix » ! On sait désormais que ce « Juge de Paix » indique que la COGEMA ment sur toute la ligne

tranchee_devia_Gartempe LAMIREAU

L’étude CRIIRAD présente une pollution majeure des sédiments de la GARTEMPE 70 km en aval du site nucléaire de BESSINES. Sur un sujet aussi grave qui condamne l’avenir d’une région, à l’échelle de la Vie Planétaire (thorium : période de 14 milliards d’années !), la Démocratie exige que l’on prenne et que l’on respecte l’avis des populations concernées.

Il est indigne d’avoir négocié, aux dépens des habitants du LIMOUSIN, un projet au bénéfice d’une économie avide de subventions, de taxes, d’artifices, destructrice de l’équilibre du tissu social. Reboucher des mines à ciel ouvert avec de l’eau, combler les anciennes galeries de béton, boues et autres ferrailles radioactives en provenance de sites nucléaires civils et militaires, cacher avec des « stériles » des lieux suspects ne coûte pratiquement rien à la COGEMA.

reamenagement_MCO_1994 LIMOUSIN

Photo de 1994.

reamenagement_MCO_1996 MINES

Voir cette autre photo du Puy-de-l’Age de la Cogéma.

Malheur à ceux qui reprennent gratuitement (ou pour un franc symbolique !) certains de ces terrains : toute Municipalité ou toute Association qui va posséder ces lieux va, selon la Loi, acheter un passif. Si des problèmes de gestion des sites (voire sanitaires) apparaissent par la suite ce sont ces Municipalités et ces Associations qui devront payer le prix fort. La COGEMA, de ce fait, aura fait de sacrées affaires puisque, aux yeux de la Loi, elle ne sera plus responsable.

La COGEMA annonce dans ses plaquettes de propagande en quadrichromie:  » Malgré cela, il n’a été constaté aucun impact sanitaire ». Cette entreprise prend les LIMOUSINS pour des imbéciles : la préexpertise CRIIRAD présente une pollution due à l’exploitation de l’uranium. Ce n’est pas une étude épidémiologique !

Que disent les ingénieurs de la DRIRE LIMOUSIN (cf. enregistrement d’une communication téléphonique du mercredi 19 mars 1997) ? :

« Le type de réaménagement est conforme à la réglementation. La COGEMA doit faire un autocontrôle ; elle doit prendre toutes les mesures et prendre les moyens de vérifier qu’il ne se passe rien. A la DRIRE on n’a pas beaucoup de matériels et de moyens humains pour mesurer. Réaménager un site c’est remettre ce qui était dessus. On a cassé l’équilibre d’avant, donc il faut recouvrir. En France il n’est pas interdit de rejeter des produits polluants. Il faut juste être en dessous des normes réglementaires. Si la réglementation change, on reverra les dossiers ». Belle approche des problèmes et des dossiers que celle de la DRIRE LIMOUSIN!…

 ÉTUDES ÉPIDÉMIOLOGIQUES,

RAYONNEMENTS IONISANTS

ET PROTECTION DES POPULATIONS

Cela m’amène à aborder rapidement le problème plus général mais essentiel des effets des rayonnements ionisants et de la protection des populations.

Il faudrait en France une étude épidémiologique autour de chaque site nucléaire civil et militaire pour bien cerner les effets liés à ce grave problème de Santé Publique.

Rendons hommage au courage et à l’honnêteté intellectuelle du professeur Jean-François VIEL pour ses travaux autour du site de LA HAGUE.

N’oublions pas le Radon (gaz radioactif) qui reste une « difficulté majeure de Santé Publique » (cf. rapport « Radon » de l’Organisation Mondiale de la Santé/1996) puisque les 3/4 des régions françaises sont concernées (cf. cartographie de l’institut de Protection et de Sûreté Nucléaire/1997).

Pour le compte de l’OMS et de l’IPSN, Madame Margot TIRMARCHE (épidémiologiste) indique une fourchette de 2000 à 7000 morts par an à cause du radon. D’autres épidémiologistes, considérant que l’on minimise volontairement les calculs, affirment que l’on pourrait aller jusqu’à 15000 décès.

Depuis 1997 le radon est inscrit sur la liste des substances cancérigènes chez les humains par l’agence INTERNATIONALE DE RECHERCHE SUR LE CANCER (IARC volume 43).

Reconnaître le risque radon (cf. les rares interventions de l’État français) c’est avouer l’avoir caché.

Les travaux du Docteur CHAMEAUD pour le compte de la COGEMA en HAUTE-VIENNE sont clairs:

« On sait que même pour des doses faibles qui peuvent exister, dans certaines conditions, à l’intérieur des habitations, le radon et ses descendants, surtout s’ils sont associés à la fumée de tabac, présentent encore un risque. D’ailleurs, dans quelques pays, cette question déborde actuellement le cadre de la pathologie professionnelle pour entrer dans celui de la Santé Publique ». (Documents internes de la COGEMA liés aux travaux du Laboratoire de Pathologie Pulmonaire Expérimental de RAZES en Haute-Vienne/Mai 1986).

Toute dose engendre des effets : la notion de seuil n’existe pas même si les pro-nucléaires disent le contraire de manière à nous refiler désormais incognito les produits faiblement radioactifs dus aux premiers démantèlements de centrales nucléaires. L’Europe accepte désormais des seuils dits « d’exemption » permettant toute dissémination de produits radioactifs « faiblement » contaminés.

L’OPRI a, par exemple, autorisé un fabricant de laine de verre à intégrer des déchets faiblement radioactifs dans ses matériaux, d’où inévitablement une augmentation de la radioactivité ambiante dans les habitations.

Ainsi dans l’hémisphère Nord en particulier et dans la biosphère en général, toutes les activités liées au nucléaire civil et militaire ont augmenté ce fameux « bruit de fond » sur lequel se base sans cesse le Monde du lobby nucléaire pour obliger les populations à subir un niveau de rayonnements ionisants plus élevé.

Le rapport de conversion (issu de la Commission Internationale de Protection Radiologique/CIPR) de la concentration moyenne d’activité du radon à l’équilibre dans le temps, en équivalent de dose efficace annuelle indique que : 1 mSV par an correspond à 20 Bq par mètre cube (20 désintégrations radioactives par seconde dans un mètre cube).

Même si la CIPR ne parle que « de dose efficace résultant de l’activité industrielle » l’effet reste identique sur le noyau cellulaire, l’ADN, l’ARN de tout individu même si cela est dû à la radioactivité dite « naturelle ».

Les normes de radioprotection pour le public à ne pas dépasser sont atteintes par un homme de 25 ans, de 70 kg, bien portant rien qu’en inhalation sans comptabiliser l’ingestion des descendants radioactifs de la chaîne de l’uranium.

On ne parle pas de la femme enceinte, de l’enfant ou du même homme deux ans plus tard. En France on ne fait que de vagues recommandations pour le radon. Rien n’existe dans la Loi ; de cette manière les responsabilités ne seront jamais posées.

La CIPR, l’AGENCE INTERNATIONALE DE L’ÉNERGIE ATOMIQUE, L’OMS, les DIRECTIVES EUROPÉENNES, les INSTANCES SANITAIRES Françaises et l’administration sont cependant responsables et coupables puisqu’elles ne tiennent pas compte uniquement des problèmes de Santé Publique.

Dans la mise en place de ces normes recommandées et non incluses dans la Loi est intégré un rapport coût économique/Santé Publique.

Ces « responsables » refusent de protéger les populations : ils protègent avant tout le Nucléaire.

D’ailleurs l’ancien Directeur du Service Central de Protection contre les Rayonnements Ionisants représentant la France au sein de l’AIEA (le professeur Pierre Pellerin qui avait arrêté le nuage de TCHERNOBYL aux frontières françaises !) et le Ministère de la Santé indiquent: « Pour raison d’ordre psychologique et médiatique la limite de 1 mSV serait immédiatement dépassée en cas d’incident même mineur. Or la population n’acceptera pas, en situation accidentelle, que l’on applique des normes moins sévères que celles applicables en circonstances normales ».

Puisque nous sommes en Démocratie, il y a donc culpabilité des « responsables » pour une mise en danger d’autrui mais aussi pour une abstention délictueuse (on connaît les dangers et l’on ne dit rien).

En bref : les radiations ionisantes, même à faibles doses, dérèglent le métabolisme cellulaire, affaiblissent les défenses immunitaires et provoquent un stress organique menant au vieillissement prématuré de l’organisme.

D’ailleurs la courbe doses/effets n’est pas tout à fait linéaire les risques les plus dommageables pour le noyau cellulaire sont réalisés à faibles et très fortes doses. Il existe une progression plus lente à moyennes doses.

L’alibi des morts à cause du tabac ne tient pas longtemps mais les « responsables » omettent de le signaler : lorsque l’on fume une cigarette, des descendants du radon sont libérés et irradient le fumeur (polonium et bismuth), mais le dire signifierait que les faibles doses ont une action destructrice et participent aux nombreux décès annoncés (comme le goudron et la nicotine).

 LE PROBLÈME MAJEUR:

LE RISQUE

D’UNE CATASTROPHE NUCLÉAIRE

EN FRANCE

Les « atomes DU LIMOUSIN » sont malheureusement très présents dans la vie des gens : effets liés à l’exploitation minière de l’uranium, problème du radon, problème grave de l’irradiation médicale dont j’aurais pu parler et problème primordial qu’il faut aborder: les centrales nucléaires et notamment celle de CIVAUX à 100 km de LIMOGES.

Comme le disent Bella et Roger BELBEOCH, physiciens (cf. « SORTIR DU NUCLÉAIRE C’EST POSSIBLE AVANT LA CATASTROPHE » /Éditions « L’esprit FRAPPEUR » n°20/10F): « le problème majeur est le risque d’une catastrophe nucléaire en France ».

En LIMOUSIN il faut donc rajouter ce danger à tous les autres. Il suffit d’une seule centrale et d’une seule fois.

Je ne parle pas non plus d’une éventuelle mise en place d’un stockage « profond » à 100 km de LIMOGES (toujours dans la Vienne) des déchets hautement radioactifs dont nul ne sait que faire.

 UNE URGENCE:

SORTIR

TRÈS RAPIDEMENT

DU NUCLÉAIRE

Je rejoins donc l’analyse des BELBEOCH : sortons du nucléaire très vite avant la catastrophe car après il sera trop tard ; plus nous attendons plus nous allons droit à l’impasse, plus nous retournerons dans un nouveau cycle nucléaire.

Des décisions importantes doivent être prises en LIMOUSIN comme ailleurs mais la population n’est pas au Pouvoir et le Pouvoir n’est pas aux États mais à la « Mafia » internationale pronucléaire.

Le nucléaire est un piège. Le MOX (« mixed oxides »), l’enfouissement profond, le stockage en subsurface, la transmutation des déchets (car elle est inimaginable hors des réacteurs), affirmer que les énergies renouvelables peuvent progressivement remplacer le nucléaire sont un leurre.

Comme le disait une militante inspirée du LIMOUSIN:  » Méfions-nous de ceux qui aujourd’hui se présentent en gestionnaires rigoureux pour demain alors que nous devons faire face à leur catastrophique imprévoyance d’hier ».

Les « responsables » et coupables de ce Monde hyper nucléarisé paieront-ils un jour leurs crimes contre l’Humanité ?…

Thierry Lamireau        

Réalisateur du film

 » URANIUM EN LIMOUSIN« .

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 28 avril, 2012 |Pas de commentaires »

TCHERNOBYL…

TCHERNOBYL…

je pense à toi

en ce triste jour

anniversaire.

TCHERNOBYL... dans REFLEXIONS PERSONNELLES TCHERNOBYL-à-15km-de-la-frontière-Bélarus

 26 ans après…

Toujours tes souffrances terribles induites…

enfant-cancéreux-à-lhôpital-de-MINSK ADN dans REFLEXIONS PERSONNELLES Des innocents touchés dans leur être,

GREGORY-un-liquidateur-encore-vivant-de-TCHERNOBYL1 CATASTROPHES NUCLEAIREStouchés dans leur chair,

touchés dans leur ADN,

touchés dans leur âme.

Entrée-de-la-zône-dexclusion-de-TCHERNOBYL ENVIRONNEMENTJe vomis l’arrogance humaine.

 je vomis l’inconscience arbitraire d’une humanité inexistante.

Le nucléaire mènera l’humanité à sa perte.

Abri-de-bus-au-Bélarus1 HUMANITE

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 26 avril, 2012 |Pas de commentaires »
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