LES LACS D’EUROPE CENTRALE SOUFFRENT DU RECHAUFFEMENT CLIMATIQUE

Les lacs  d’Europe centrale

souffrent du réchauffement climatique

LES LACS D'EUROPE CENTRALE SOUFFRENT DU RECHAUFFEMENT CLIMATIQUE dans REFLEXIONS PERSONNELLES SUISSE

Zurich (Sipa) L’augmentation des températures a des conséquences graves pour les lacs d’Europe centrale. Le renouvellement des eaux devient insuffisant et la prolifération des algues s’en trouve favorisée. L’hiver 2012, avec de grands froids et des vents violents, a cependant freiné l’évolution de ce phénomène. C’est ce qu’a montré une étude publiée lundi par une équipe de chercheurs de l’Université de Zurich dans la revue scientifique « Nature Climate Change ».

A cause des eaux de ruissellement, les lacs d’Europe centrale ont connu une forte hausse des concentrations en engrais au cours du XXe siècle. Il en est résulté une prolifération des algues et des cyanobactéries. Certains de ces organismes, comme l’algue rouge de Bourgogne, sont toxiques et limitent l’utilisation de l’eau par l’homme. En outre, les algues en décomposition consomment beaucoup d’oxygène et privent les poissons de cet élément essentiel. La population piscicole s’en trouve appauvrie.

Le problème ne réside pas seulement dans les quantités absolues d’azote et de phosphore dans les lacs, les deux principaux éléments nutritifs des algues, a constaté l’équipe de chercheurs emmenée par Thomas Posch. L’homme a modifié son comportement et les phosphates ont été interdits, ce qui a entraîné une forte baisse de leurs concentrations durant ces dernières décennies. En revanche, la charge en azote n’a pas diminué dans la même proportion. Or, les concentrations actuelles en éléments nutritifs peuvent conduire à une prolifération incontrôlée de certaines espèces de cyanobactéries, comme l’algue rouge, dans des lacs considérés jusqu’ici comme assainis.

(AP / 16.07.2012 11h42)

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 16 juillet, 2012 |Pas de commentaires »

QUAND ARNAUD MONTEBOURG DETERRE LES GAZ DE SCHISTE ! (Agoravox)

Quand Arnaud Montebourg déterre les gaz de schiste !

QUAND ARNAUD MONTEBOURG DETERRE LES GAZ DE SCHISTE ! (Agoravox) dans REFLEXIONS PERSONNELLES AVT_Arnaud-Montebourg_4890

Montreuil, le 13 juillet 2012 – A l’occasion d’une réunion de la Conférence Nationale de l’Industrie, le 11 juillet 2012, Arnaud Montebourg, ministre en charge du redressement productif s’est dit prêt à relancer le débat autour de l’exploitation des gaz et huiles de schiste. Objectif : favoriser l’indépendance énergétique de la France par l’exploitation de son sous-sol. Pour le seul bénéfice des industriels !

« L’indépendance énergétique ne doit se faire au prix de catastrophes environnementales ». Cette phrase pleine de bon sens est issue des promesses de campagnes d’Arnaud Montebourg au début de l’année 2011, lors de la campagne pour la primaire du Parti Socialiste [1].Consternante réalité de constater quelques mois plus tard qu’Arnaud Montebourg, devenu entre temps ministre du redressement productif, accepterait de rouvrir le dossier des gaz et huiles de schiste en France.

Pourtant, les preuves des impacts environnementaux et sociaux plus que catastrophiques de l’exploitation des gaz et huiles de schiste ne manquent pas [2]. Une récente étude de chercheurs de l’université de Duke en Pennsylvanie conclut qu’il existe un lien entre les dépôts de gaz de schiste à 1600m de profondeur et les nappes phréatiques [3].

Associations environnementales et collectifs citoyens ne cessent depuis près de deux ans de faire preuve de leur ferme opposition à ces projets. Pour Romain Porcheron, chargé de mission aux Amis de la Terre France : « La souveraineté énergétique via le développement massif des gaz et huiles de schiste est une chimère dangereuse et une aberration de haut vol.

Ouvrir la porte à leur exploitation serait synonyme de pollution à très long terme des ressources en eau et des sols, et surtout à une accélération massive du rythme du réchauffement climatique mondial ». Rappelons en effet que pour rester en deçà de 2°C de réchauffement global des températures d’ici la fin du siècle, nous ne pouvons nous permettre d’exploiter qu’un quart des réserves mondiales prouvées d’hydrocarbures fossiles.

Le 13 juillet 2011, une proposition de loi signée notamment par François Hollande, Jean-Marc Ayrault, Arnaud Montebourg et Delphine Batho, proposait pourtant une interdiction ferme et définitive de toute exploration et exploitation de gaz et huiles de schiste ainsi que de tout forage offshore en eaux profondes [4].

Ou quand les engagements de députés de l’opposition partent en fumée une fois les portes du gouvernement franchies…

Les quelques emplois très temporairement créés pour exploiter les gaz et huiles de schiste ne compenseront jamais la perte de milliers d’emplois liés à l’agriculture et au tourisme qui nécessitent de préserver la qualité des territoires.

Surtout, une politique énergétique volontariste orientée vers le développement massif d’énergies renouvelables serait à n’en pas douter une orientation bien plus pérenne sur les plans économiques et environnementaux [5]. Pour Jacqueline Balvet, membre du Conseil d’administration d’Attac France : « Une véritable responsabilité politique serait de s’atteler à une transition énergétique allant vers une moindre consommation d’énergie, en développant les énergies renouvelables, réduisant drastiquement les énergies fossiles et supprimant le nucléaire ».

Après le récent débarquement de Nicole Bricq, éphémère ministre de l’environnement, pour ses positions encourageantes contre les permis offshore au large de la Guyane, ce nouveau pied-de-nez est plus qu’inquiétant. Courage politique et respect des engagements ne semblent pas être les principales préoccupations des membres actuels du gouvernement, au plus grand dommage de la protection de l’environnement.

GAZ ET HUILES DE SCHISTE : NI ICI, NI AILLEURS ! NI AUJOURD’HUI, NI DEMAIN !

Contacts :

- Romain Porcheron : Les Amis de la Terre France. 01 48 51 18 90, 06 63 43 96 57

- Jacqueline Balvet : Attac France. 04 66 52 88 77, 06 70 21 22 45 [1]

http://www.arnaudmontebourg2012.fr/…[2]

 

http://www.amisdelaterre.org/IMG/pd…[3]

http://www.lemonde.fr/planete/artic…[4]

http://www.assemblee-nationale.fr/1…[5]

Voir notamment l’étude du Comité de Liaison Energies Renouvelables :

http://www.cler.org/info/IMG/pdf/Re…

 Gaz de schistes:
Le gouvernement maintiendra
l’interdiction
de la
fracturation hydraulique

PARIS – Le gouvernement ne reviendra pas sur l’interdiction de la fracturation hydraulique, technique interdite par une loi en France pour l’exploration des gaz de schistes, a annoncé vendredi 20 juillet 2012 la ministre de l’Ecologie et de l’Energie, Delphine Batho.

Le gouvernement maintient clairement et nettement sur l’interdiction de l’exploitation des gaz de schiste, car nulle part dans le monde il n’a été prouvé que cette exploitation pouvait se faire sans dégâts considérables sur l’environnement et avec des risques importants pour la santé, a affirmé Mme Batho interrogée sur BFMTV.

Rien dans l’agenda du gouvernement aujourd’hui n’envisage de revenir sur l’interdiction de la fracture hydraulique, a-t-elle ajouté.

Selon elle, ce qui pose problème c’est la technique utilisée pour explorer et exploiter ce type d’énergie fossile avec des produits chimiques qui ensuite vont dans les nappes phréatiques.

La fracturation hydraulique consiste à injecter à très forte pression un mélange d’eau, de sédiments et de produits chimiques pour briser la roche et libérer les molécules de gaz naturel.

Le Ministre du Redressement Productif, Arnaud Montebourg, avait laissé entendre début juillet que le gouvernement allait regarder ce dossier sensible de l’exploitation du gaz de schiste en France, sans toutefois le rouvrir.

Pour Delphine Batho, son collègue et ami Arnaud Montebourg avait alors formulé une réflexion intellectuelle qui n’est pas basée sur des faits.

A la question de savoir si le gouvernement allait octroyer de nouveaux permis d’exploration pour connaître l’importance réelle des éventuelles réserves de cette énergie dans le sous-sol français, la ministre a répondu non, il va y avoir la réforme du code minier, texte qui fixe les règles sur l’exploitation des énergies dans les sols.

Interrogée sur la multiplication des dérogations à l’interdiction de l’épandage aérien de pesticides, délivrées récemment entre autres dans le Sud-Ouest, la ministre a affirmé qu’il y a déjà moins de dérogations qu’il n’y en a eues précédemment et moi je souhaite qu’il n’y en ait plus du tout.

Le ministre de l’Agriculture, a-t-elle rappelé, à annoncer une remise à plat du sujet.

(©AFP / 20 juillet 2012 09h43)

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 15 juillet, 2012 |Pas de commentaires »

DES TOMATES BRETONNES AU BON GOÛT D’EFFET DE SERRE (Nolwenn WEILER)

Des tomates bretonnes au bon goût d’effet de serre

DES TOMATES BRETONNES AU BON GOÛT D'EFFET DE SERRE (Nolwenn WEILER) dans REFLEXIONS PERSONNELLES SERRES

Par Nolwenn Weiler (10 juillet 2012)

La Bretagne n’élève pas seulement des cochons et des volailles. Elle est aussi la première région française productrice de tomates : 200 000 tonnes y sont ramassées chaque année. Une « prouesse » qui nécessite une grande consommation d’énergie et multiplie les émissions de CO2. Dans les serres surchauffées, où les tomates bretonnes poussent sur des tapis de laine de verre ou de fibre de coco, le travail est souvent pénible, mal payé et parfois dangereux pour la santé. Reportage.

arton2522-f2158 AGRICULTURE dans REFLEXIONS PERSONNELLES

Douze kilos : c’est la quantité moyenne de tomates que mangent les Français chaque année. Avis aux fans de ce fruit-légume originaire d’Amérique du Sud, s’ils veulent en manger 12 mois par an : de novembre à mai, les tomates sont importées, essentiellement du Maroc et d’Espagne, où le soleil brille plus chaudement mais où les salaires ne flambent pas, loin de là. Ce qui permet de compenser les coûts liés au transport, tant que ceux-ci n’intègrent pas le coût de la pollution. Les premières tomates cultivées en France arrivent du Sud-Est à la mi-février. À partir du mois de mars apparaissent sur les étals des tomates de Bretagne, première région productrice de l’Hexagone.

Les tomates hors-sol poussent dans la laine de verre

Pour devancer le printemps, on les fait passer du plein air aux serres chauffées. Et de la terre à la laine. « On avait beaucoup de problèmes de maladies, liées au sol, témoigne un producteur breton. Du coup, on a décidé de se passer de sol. Les tomates poussent désormais dans de la laine de roche et/ou de verre, ou plus souvent dans la fibre de coco. On leur amène au goutte-à-goutte tout ce qui leur faut en éléments nutritifs et en eau. »

Le « boom » des tomates en Bretagne, terre traditionnelle de production légumière, a commencé au début des années 1990. Entre 1995 et 2004, les surfaces de serres chauffées ont quasiment quadruplé en Bretagne, passant de 87 à 330 hectares. Et les cultures de plein champ ont été réduites de 70 %. Les rendements ont explosé. La Bretagne devrait cette année produire environ 200 000 tonnes de tomates, sur 600 000 au total en France [1]. Mais le « hors-saison » coûte cher : les dépenses énergétiques (chauffage essentiellement, mais aussi éclairage et irrigation) représentent 30 % des coûts directs de production [2]. Pour une exploitation de deux hectares de serres (surface moyenne dans l’Ouest), cela représente entre 280 000 et 340 000 euros par an ! Pour produire un kilo de tomates, il faut dépenser 13 kWh. Soit la consommation quotidienne d’une famille de quatre personnes dans une maison bien isolée.

Un travail aussi pénible qu’à l’usine

« Des aliments produits localement mais « hors-saison » sous serre chauffée pourront consommer plus d’énergie et rejeter plus de gaz à effet de serre que des produits importés de pays où ils sont cultivés en plein air, même en incluant le transport », précise l’Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie (Ademe) dans un avis publié en avril dernier [3]. Pour réduire les coûts, quelques systèmes de cogénération, alimentés au gaz naturel, ont été mis en place. Ils permettent de produire à la fois de l’électricité et de la chaleur. Une partie du CO2 libéré est réinjecté dans les serres. Mais ces systèmes « restent compliqués à mettre en œuvre », selon Yvon Auffret, président du Cerafel, premier groupement breton de producteurs de légumes. « Et les coûts de rachat par EDF de l’électricité produite ne sont pas, pour l’instant, très intéressants pour les producteurs. »

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Côté conditions de travail, la Bretagne ne ressemble pas (encore ?) à l’Andalousie. Mais le boulot reste pénible, peu rémunéré et souvent sans perspectives d’évolution. « Le plus dur, c’est la chaleur, les jours où le soleil tape sur la serre », explique Erika [4], institutrice roumaine de 30 ans, saisonnière dans les serres de tomates du Morbihan pendant cinq à six mois chaque année, depuis trois ans. « La chaleur, c’est épuisant, confirme Benjamin, qui a été saisonnier pendant huit ans avant de décrocher un CDI comme chef de culture. Il faut être très endurant. Et puis on répète les mêmes gestes toute la journée. Comme à l’usine. Cela peut provoquer des tendinites. »

Porter 2 tonnes de tomates par jour

« Il faut aller vite », précise Erika. L’exploitation où elle travaille est dotée d’une pointeuse qui permet de connaître le nombre de kilos cueillis par chaque salarié. Les moins rapides ont parfois droit à une convocation dans le bureau du patron. « Pour les variétés les plus grosses, comme la charnue, je cueille 250 kilos par heure », décrit Erika. Soit plus de 2 tonnes par jour, qu’elle doit porter ! « Le soir, on est très fatigués. Et encore, nous sommes assis sur des charriots pour cueillir. Dans certaines serres, les salariés sont debout toute la journée. »

La plupart de ces salariés sont payés au Smic, à peine plus de 1 000 euros par mois. Mathilde, vingt-trois ans de carrière dans le secteur, est toujours, à 57 ans, payée au salaire minimum. Benjamin n’a jamais été augmenté quand il était saisonnier, payé au même tarif que les étudiants qui arrivaient sans aucune expérience. « Les gens ne disent rien. Tout le monde a peur, poursuit Mathilde. Les femmes que je connais veulent simplement garder leur travail. Elles ont des enfants à élever. Des maisons à payer. Elles sont bien contentes de trouver ces emplois près de chez elles. » C’est un secteur où il n’y a ni plaintes ni réclamations. « Le poids des salariés y est très faible, soupire un inspecteur du travail. La MSA [Mutualité Sociale Agricole, ndlr] les porte à bout de bras. Nous aussi. Mais nous avons de grandes difficultés à trouver des représentants salariés pour cette branche dans les instances censées être paritaires, comme les Commissions Paritaires d’Hygiène, de Sécurité et des Conditions de Travail [CPHSCT]. »

Les plus corvéables sont évidemment les travailleurs étrangers. Pour le moment peu nombreux dans l’Ouest, ils représentent moins de 10 % de la main-d’œuvre. Mais il se murmure dans certains coins de campagne que le recours à des prestataires étrangers va devenir indispensable pour pouvoir s’en sortir. « Pour beaucoup de producteurs, la situation économique est très difficile. Elle l’a d’ailleurs plus ou moins toujours été. Évidemment, cela ne favorise pas le respect de bonnes conditions de travail », glisse-t-on à l’inspection du travail.

Pulvérisation de pesticides sans protection

Côté exposition chimique, le secteur des tomates s’en sort plutôt bien, la plupart des producteurs ayant recours à la « lutte biologique ». Pour vaincre les insectes nuisibles, ils intègrent des insectes prédateurs – coccinelle contre les pucerons, par exemple. Mais il existe beaucoup d’autres insectes qui permettent de se passer de l’outil chimique. La « lutte biologique » n’empêche pas de recourir par ailleurs aux herbicides et aux fongicides. Selon un spécialiste de la lutte intégrée, le fait que les bourdons pollinisateurs (introduits en début de saison pour féconder les fleurs) et autres insectes résistent, est un signe évident de bonnes pratiques : « Ces insectes, qui proviennent d’élevages, sont fragiles. Ils ne résisteraient pas à des pulvérisations irraisonnées de produits chimiques. » Comme les producteurs régulent eux-mêmes le « climat » dans leurs serres, ils peuvent maîtriser l’apparition de maladies et de champignons. 

Les échanges entre producteurs bios et conventionnels, comme ceux qui se développent au sein de la coopérative Prince de Bretagne, marque du Cerafel, pourraient accélérer la diminution, voire l’abandon des produits phytosanitaires. Reste que les bonnes pratiques ne sont pas mises en place par tout le monde. Plusieurs salariés font état de traitement aux pesticides, dont ils ignorent la composition. « Le gars qui traite a une combinaison de cosmonaute, avec un masque. Nous, on est là, juste à côté en train de cueillir ou d’effeuiller. Et on nous dit qu’il n’y a pas de problème », rapporte l’un d’eux. En général, c’est le patron qui traite, ou les chefs de culture, sans toujours se protéger. « C’est impossible de respirer sous une serre en plein jour avec un masque et en fournissant un effort physique. On étouffe. Donc, en général, on ne met rien », explique Benjamin.

Des ventes à perte

Autre source d’exposition : le non-respect des délais de réentrée. Ce laps de temps post-traitement, précisé sur les notices d’utilisation des produits phytosanitaires, pendant lequel il ne faut pas pénétrer sur une surface traitée. Benjamin se souvient être entré dans une serre douze heures après sa désinfection aux pesticides en fin de saison. « C’était très difficile de respirer. On avait les yeux tout rouges. Ça nous piquait partout. » Cette pratique de « nettoyage intégral », après l’arrachage des pieds de tomates à l’automne, tendrait à disparaître, de nombreux producteurs la jugeant inutile et très chère. « Je sais que ces produits sont dangereux, admet un salarié. Je connais des agriculteurs qui ont la maladie de Parkinson à cause des pesticides. Mais c’est mon boulot. Je suis obligé. Qu’est-ce que je vais faire, sinon ? Et puis il faut bien que les gens mangent des tomates, non ? »

Malgré tous leurs efforts, les producteurs bretons sont soumis à la rude concurrence des tomates espagnoles et surtout marocaines, dont les volumes ne cessent d’augmenter. Les agriculteurs français vendent régulièrement à perte. « Le but de l’État, depuis les années 1960, c’est de faire en sorte que la nourriture soit bon marché. Il faut nourrir le monde à bas prix, estime Yvon Auffret. Au final, il faut bosser dur sans être assuré d’avoir un revenu. » Jusqu’à présent, les producteurs bios s’en sortent mieux, les baisses de rendement étant compensées par de meilleurs prix de vente. « Mais ce marché se tend, avertit Yvon Auffret. Il y a beaucoup d’importations en bio, y compris de l’hémisphère Sud. » Et les collectivités publiques, qui veulent de plus en plus de bio notamment dans les cantines, ne sont pas toujours exemplaires. Leurs appels d’offres favorisent trop souvent le moins-disant social, d’où qu’il vienne. Ce qui ralentit la transition de la filière bretonne vers l’agriculture biologique et freine les améliorations des conditions de travail.

Nolwenn Weiler

Photo : CC Jinax et gaudiramone

Notes:

[1] Un dixième de la production régionale est exportée, principalement vers l’Allemagne.

[2] Selon une étude conjointe de l’Association d’initiatives locales pour l’énergie et l’environnement (Aile) et des chambres d’agriculture bretonnes de 2006, le prix de revient au m2 s’élève à quasiment 17 euros pour les serres chauffées au fioul (25 % du total), et à 14 euros environ pour le gaz naturel (65 % des surfaces) et pour le bois.

[3] Un exemple cité par l’ADEME : une salade cultivée sous serre en Allemagne, en plein hiver, aura un bilan deux fois plus élevé en termes d’émissions de CO2 (de la production à la consommation) qu’une salade importée d’Espagne, cultivée en plein air.

[4] Tous les prénoms ont été modifiés à la demande des interlocuteurs.

 

 

  • 1 – De julia  | 22:19 | 10 juillet 2012 |

    Bravo pour l’article, bonne description de la réalité. Moi-même, j’ai subi pendant 8 mois des conditions de travail monstrueuses dans une de ces « usines vertes », avec comme collègues des humains devenus psychopathes après 20 ans de travail sous serre.
    il faut bien manger des tomates, d’accord, mais à la bonne saison et du local. la tomate ça pousse presque partout même dans les pots, sauvez le « fruit du paradis » : boycottez Prince de Bretagne et compagnie !
    bon appetit.

  • 2 – De JF Guyonnard  | 13:40 | 11 juillet 2012 |

    Et en plus, elle ne sont pas bonnes !
    Merci pour cet article

  • 3 – De JP Stephan  | 19:31 | 12 juillet 2012 |

    La consommation de gaz par les serristes dans le but de produire du CO2 fait l’objet d’un remboursement de la taxe sur la consommation du gaz naturel (TICGN). Le CO2 ainsi produit est supposé accélerer la photosynthèse, car les conditions météologiques bretonnes ne permettent pas de concurencer la tomate espagnole. Cela peut paraitre aberrant mais c’est légal. Il suffit de déposer un dossier de demande de remboursement auprès des douanes, dossier qui par ailleurs est une vraie « usine à gaz ».

 

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 15 juillet, 2012 |2 Commentaires »

NOIR OUTREMER (La Parisienne Libérée)


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Noir outremer -- par la Parisienne Libérée par Mediapart

NOIR OUTREMER (La Parisienne Libérée)

NOIR OUTREMER (La Parisienne Libérée) dans REFLEXIONS PERSONNELLES SHELL

« Il n’y a pas d’antagonisme entre moi et les poissons » a déclaré le président de Shell France lors de son audition au Sénat, à propos des forages au large de la Guyane. Il faudrait peut-être demander aux poissons ce qu’ils en pensent ?

NOIR OUTREMER

Paroles et musique : la Parisienne Libérée

[citation Public Sénat]

Ils ont trouvé du pétrole
Et les appétits s’affolent
Ils ont trouvé de l’or noir
Sur un de nos territoires
Mais leurs barils sont profonds
Et pour forer, faut des fonds
Ainsi font les marionnettes,
Géants de la creusette

[citations P. Roméo – audition au Sénat]
« Je ne sais pas si vous connaissez la société Shell, mais lorsque vous vous intéresserez de près au sujet vous vous apercevrez que nous sommes une société exemplaire. Donc je n’ai aucun, absolument aucun doute sur le fait que nos engagements sociétaux historiques justifieront très largement la confiance que nous accorde le gouvernement. »

Les cétacés, les tortues
Adorent qu’on leur fore dessus
Il n’y a pas plus écologique
Qu’une petite campagne sismique
Au fond qu’à cela ne tienne
Si au large de Cayenne
Il y a des espèces menacées
On a tout planifié

« Le planning d’acquisition sismique est très largement calqué sur les tortues. Evidemment, pourquoi voulez-vous que je fasse des activités au moment où ça a le plus d’impact sur les tortues ? Je n’ai aucune raison de le faire. […] Ah mais nous serons ravis de protéger beaucoup de poissons. Comprenez bien qu’il n’y a pas d’antagonisme entre moi et les poissons, pas du tout. Notre rôle, c’est d’avoir un impact minimum et nous sommes d’ailleurs les meilleurs observateurs des espèces puisque nous sommes présents et travaillons là. Alors là je peux vous dire que les – je ne sais pas quel est le terme – les gens qui observent les poissons les plus passionnés sont chez nous, vous savez. »

Et pourquoi demanderait-on
L’avis des populations
On a déjà l’appréciation
D’un bureau de prestations
Des réunions informantes
Une étude indépendante
Le tout pris sur nos deniers
Doutez-vous de nos données ?

« D’abord, Monsieur le Sénateur, nous essayons de travailler avec des données. Pas des sentiments, des données. […] Ça c’est de la donnée, de la donnée scientifique elle est là, et je suis très heureux qu’elle soit plutôt dans ce sens que dans l’autre […] Et ce sont des faits, ce ne sont pas des choses que j’invente donc [soupir] on veut être rassuré mais faut aussi… Alors je sais qu’on n’a pas confiance dans l’expert ni dans les données, mais à ce moment là ça devient très difficile. En tout cas nous avons les données, nous avons les expertises indépendantes qui nous conduisent à proposer dans nos déclarations [mot manquant] les activités qui nous paraissent avoir l’impact minimum. » 


On rejettera, bien sûr
Des déblais un peu crados
Imbibés d’hydrocarbures
Mais c’est pas pire que de l’eau

« Et je suis très fier de vous dire qu’on va utiliser des fluides synthétiques de forage qui nous avaient été interdits il y a un an […] Il est biodégradable, il est pas bioaccumulable, etc., etc. On a vingt ans de recherches derrière qui démontrent que l’effet de ces fluides est de l’ordre de grandeur de l’effet de l’eau. »

Pour pouvoir nous arrêter
Faudrait nous indemniser
Mais c’est pas dans vos moyens
Vous comprenez ? C’est bien !

« Les services de l’Etat ont considéré qu’effectivement notre approche était la meilleure donc ils l’ont supportée. » 


Il n’y aura jamais de plage polluée
Pas de mangrove engluée
Les courants sont nos amis
Ils font tout ce qu’on leur dit
A l’horizon des eaux profondes
Juste une tache sur la mappemonde
Non, l’enfer n’est pas vert
Il est noir outremer (bis)

[citation : conférence de presse N. Vallaud-Belkacem ]
« Sur les forages pétroliers en Guyane, quel est l’arbitrage final ? Est-ce qu’ils vont reprendre lundi ou pas ?
– Euh écoutez à ma connaissance les forages reprennent, oui…
[…]
– Vous confirmez qu’ils reprendront bien lundi ?
– Je confirme qu’ils ont été autorisés, en effet. D’autres questions ? »

DOCUMENTATION

 de la chanson « Noir outremer »:

SOURCES DES CITATIONS

Nicole Bricq, au service du changement – Public Sénat – 05.07.12

http://www.publicsenat.fr/vod/reportage/nicole-bricq,-au-service-du-changement/benoist-apparu,bruno-genty,geraud-guibert,nicole-bricq,jean-louis-ringu/119646

Audition de Patrick Roméo le 31.05.12 au Sénat

http://www.publicsenat.fr/vod/audition/patrick-romeo,-president-de-shell-france/delphine-girard/119900

Questions des journalistes à N. Vallaud-Belkacem – 22.06.12

http://www.elysee.fr/president/mediatheque/videos/2012/juin/najat-vallaud-belkacem-repond-aux-questions-des.13471.html

Photographie de fond

http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Deepwater_Horizon_oil_spill_-_May_24,_2010.jpg

ARTICLES DE RÉFÉRENCE

http://www.mediapart.fr/journal/france/020712/petrole-en-guyane-comment-shell-s-est-taille-des-forages-sur-mesure [abonnés]

http://www.mediapart.fr/journal/france/140612/petrole-de-guyane-transition-ecologique-ou-souverainete-energetique [abonnés]

http://www.mediapart.fr/journal/france/220612/stupeur-apres-le-depart-de-nicole-bricq-de-l-ecologie [abonnés]

http://blogs.mediapart.fr/edition/les-invites-de-mediapart/article/110712/forages-en-guyane-il-est-possible-de-faire-autr

COLLECTIF « OR BLEU CONTRE OR NOIR »

http://or-bleu-contre-or-noir.org/

http://www.politis.fr/Les-Guyanais-inquiets-poursuivent,18947.html

http://www.une-saison-en-guyane.com/breves/les-bruits-de-locean/reunion-de-presentation-shell-le-collectif-citoyen-%C2%AB-or-bleu-contre-or-noir-%C2%BB-repond-%E2%80%A6/

AUTRES DOCUMENTS

dépêche AFP – 09.07.12

http://www.romandie.com/news/n/_Petrole_en_Guyane__recours_administratifs_contre_les_forages_de_Shell33090720121813.asp?

Petit Journal de Kourou – 10.05.12

http://www.blada.com/jodlas/8206-Forages_petroliers_au_large_de_la_Guyane_la_resistance_s_organise_2.htm

Les parlementaires guyanais se réjouissent

http://www.youtube.com/watch?v=Y0j9LWEjI68

Nicole Bricq, ministre de l’écologie – En route vers la présidentielle – 08.06.2012

http://www.youtube.com/watch?v=QSEDcu7RvVI

Remise à plat des permis de forages – 1FR

http://www.youtube.com/watch?v=kJCMTub104w

Shell autorisée à forer en Guyane : volte-face du gouvernement BFMTV

http://www.youtube.com/watch?v=Ewo2SYLV1qM

France 24

http://www.france24.com/fr/20120427reporters-Guyane-Fran%C3%A7aise-petrole-Tullow-Oil-Total-Shell-plateforme-Ensco-8503-reporter-nicolas-ransom

L’affaire du pétrole Guyanais, un dossier hésitant

http://www.youtube.com/watch?v=g87Yag7E0IA

Rue 89

http://www.rue89.com/rue89-politique/2012/06/28/comment-les-verts-redecouvrent-lart-de-la-langue-de-bois-233393

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PESTICIDE « CRUISER »: LES ETRANGES EVALUATIONS DES AUTORITES SANITAIRES (Nolwenn WEILER)

Pesticide « cruiser » : les étranges évaluations des autorités sanitaires

PESTICIDE

Par Nolwenn WEILER (9 juillet 2012)

Le pesticide « Cruiser » vient d’être interdit par le Ministre de l’Agriculture. Sa nocivité pour les abeilles a été établie par une étude menée par des chercheurs français. L’Agence Nationale de Sécurité Sanitaire (ANSES) avait pourtant donné son feu vert au pesticide fin 2010… Pourquoi ce revirement ? Comment sont évalués les risques ? Pourquoi les études financées par un industriel semblent-elle avoir plus de poids que les recherches indépendantes ?

arton2524-54dc6 AUTORITE SANITAIRE dans REFLEXIONS PERSONNELLES

Exit le « Cruiser OSR ». Ce pesticide, commercialisé par le groupe suisse « Syngenta » et utilisé pour traiter la moitié des champs de colza français (650 000 hectares), a été interdit par le Ministre de l’Agriculture, Stéphane Le FOLL, le 28 juin 2012 . Il faut dire que le poison est violent. Réalisé à partir (entre autres) du thiaméthoxam, le « Cruiser OSR » perturbe l’orientation des abeilles et leur capacité à retrouver leur ruche. Participant probablement à l’hécatombe de butineuses, dont le taux de mortalité est estimé à 30 % par an.« L’exposition à une dose faible et bien inférieure à la dose létale de cette molécule entraîne une disparition des abeilles deux à trois fois supérieure à la normale », souligne la toute récente étude d’une équipe de recherche française. Les chercheurs ont collé des micropuces « RFID » sur plus de 650 abeilles. Et ont constaté l’importance du non-retour à leur ruche des butineuses préalablement nourries avec une solution sucrée contenant de très faibles doses de thiaméthoxam.

Publiée dans la revue « Science » [1] fin mars, cette étude a sans doute influencé la décision de Stéphane Le FOLL, qui s’est aussi appuyé sur un avis de l’Agence Nationale de Sécurité Sanitaire (ANSES). Sans se prononcer pour l’interdiction du « Cruiser OSR », l’agence recommande de « poursuivre les expérimentations » et « d’engager une réévaluation au niveau européen des substances actives néonicotinoïdes (thiaméthoxam, clothianidine…) sur la base des données scientifiques nouvelles issues des études récentes ».

Des évaluations financées par… l’industriel

Problème : un an plus tôt, le Ministre de l’Agriculture précédent, Bruno LE MAIRE, s’appuyant également sur un avis de l’ANSES, a pris la décision totalement inverse, autorisant la mise sur le marché du « Cruiser OSR ». Pourquoi un tel revirement de l’agence sanitaire ? L’agence avait, en octobre 2010, rendu un avis favorable à la mise sur le marché demandée par « Syngenta ». Dans le dossier déposé par « Syngenta », le risque était jugé « acceptable ». Ce dossier, comme l’exige la directive européenne [2] qui encadre les autorisations de mise sur le marché (AMM) de pesticides, contient plusieurs études. Mais par qui ont-elles été financées ?

« Concernant les risques pour les abeilles, plus de 50 rapports d’étude ont été soumis dans le dossier », explique Pascale ROBINEAU, directrice des produits réglementés à l’ANSES. Des rapports « très complets : soumis à des exigences (telles que bonnes pratiques de laboratoire) sur leur contenu et leur forme, ils comprennent l’intégralité des données brutes, notamment toutes les données individuelles et tout le détail des méthodologies », ajoute-elle. Ces études ont été réalisées dans des laboratoires privés et publics, « mais en général financées par l’industriel » qui fait la demande d’AMM. Syngenta en l’occurrence. Les études examinées par l’Anses ne figurent pas dans l’avis publié, mais « dans un rapport d’évaluation en anglais, document de plusieurs centaines de pages ». Dommage que le grand public n’ait pas accès aux pièces qui permettent de déclarer que les risques engendrés par le Cruiser sont « acceptables » !

Deux poids, deux mesures ?

Mais pourquoi l’ANSES a-t-elle donné un avis différent en 2010 et en 2012 ? « Ces deux avis ont une finalité totalement différente », explique Pascale ROBINEAU. « L’avis de mai 2012 concerne l’analyse d’une étude spécifique, rapportée dans la littérature scientifique. » Pour émettre un avis sur cette étude qui démontre la nocivité du « Cruiser », l’Anses a procédé à l’audition de certains des auteurs et a fait réaliser des tests sur le terrain, pour les comparer aux résultats des chercheurs interrogés. « Les auteurs ont été auditionnés car, en raison du format restreint de la publication, les détails méthodologiques et les données individuelles ne sont pas tous inclus. La validité des méthodes utilisées, innovantes, est à vérifier. L’interprétation que font les auteurs de leurs résultats a également été discutée avec eux. Il y a donc a priori davantage de points de discussion sur une étude menée hors de tout cadre réglementaire que pour une étude réglementaire », détaille Pascale ROBINEAU.

Pourquoi l’Anses n’a-t-elle pas pris autant de précautions avec les évaluations fournies ou financées par « Syngenta » ? Une étude menée « hors cadre réglementaire » a-t-elle moins de poids que les évaluations menées par un producteur de pesticides ? Elle a pourtant été pilotée par des chercheurs de l’INRA et du CNRS, organismes publics de recherche, et des ingénieurs des filières agricoles et apicoles : l’ACTA – structure nationale de coordination des instituts techniques agricoles, l’ITSAP – Institut de l’Abeille, et l’ADAPI – Association pour le Développement de l’Apiculture Provençale. Basée sur une approche pluridisciplinaire, elle a rassemblé des spécialistes de l’apidologie, de la biologie du comportement, de l’écotoxicologie et de l’agroécologie.

Quoi qu’il en soit, sur le terrain, les apiculteurs se félicitent de la décision d’interdire le « Cruiser OSR ». Et espèrent que le « Cruiser 350″ utilisé dans les champs de maïs subira le même sort. De son côté, « Syngenta » conteste la décision du ministre français. Le groupe, né en 2000 de la fusion des activités agricoles des sociétés suisse NOVARTIS et anglo-suédoise ASTRA ZENECA, « dénonce avec la plus grande fermeté une décision pénalisante pour l’agriculture française, qui utilise comme argument une seule expérience non validée et très éloignée de la pratique agricole ». Il va déposer un recours en référé-suspension devant le tribunal administratif.

Nolwenn WEILER

Photo : source

Notes:

[1] voire ici

[2] Directive 91/414/CEE1

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 9 juillet, 2012 |Pas de commentaires »

NUCLEAIRE: RACONTER LE MONDE APRES FUKUSHIMA (Rédaction de « BASTA ») + FUKUSHIMA, UN « DESASTRE CREE PAR L’HOMME »

Nucléaire

Raconter le monde après Fukushima

NUCLEAIRE: RACONTER LE MONDE APRES FUKUSHIMA (Rédaction de

Par BASTA

Comment parler de la vie et de l’avenir quand on a vécu une catastrophe nucléaire ? Au Japon, des auteurs ont publié en septembre 2011 un recueil collectif de haïkus, ces poèmes japonais extrêmement brefs, pour exprimer leur ressenti, leurs peurs, leurs espoirs. Voici la préface de ce recueil, intitulé « Après Fukushima ».

arton1835-8ccdc ENVIRONNEMENT dans REFLEXIONS PERSONNELLES

Seegan MABESOONE

haiku1-a4f98 FRANCE

En mars 2011, ce haïku m’est « tombé du ciel ». Déjà vingt ans que j’habite au Japon et que je compose des haïkus dans la langue de ce pays, pourtant je n’avais jamais ressenti cela. Six ans que je suis marié (ma femme est japonaise), trois ans que je suis père, deux ans que nous avons acheté un appartement ici, avec un long prêt à rembourser… et puis, un soir de printemps, c’est « l’accident nucléaire ». En contemplant la chute, par vagues, des fleurs de cerisiers du Japon (sakura), j’ai d’abord voulu dire « pardon » à ma fille de 3 ans. Pardon de ne pas m’être renseigné sur le nucléaire au Japon avant ta naissance. Pardon de n’avoir rien fait. Je suis français de nationalité, mais je porte une responsabilité indélébile, car j’ai décidé de faire ma vie et de t’élever ici. Dorénavant, pendant des dizaines d’années, tu vas devoir te débattre avec nos détritus. Bien-sûr, je dis cela parce que je crois que tu vivras longtemps… Cela me rappelle que je te dis sans arrêt, comme pour tout enfant, « Range tes affaires, mets ça à la poubelle ! ». Eh bien, depuis « l’accident nucléaire », à chaque fois que je prononce ces paroles banales, j’ai un pincement au cœur. J’entends une petite voix me dire : « Et toi, l’adulte, tu les as rangées, tes affaires ? Combien de déchets mortels laisses-tu à ta fille ? »

haiku98-67bdf FUKUSHIMA

Kayo TAKAHASHI

Presque tous les poètes de haïkus japonais le sentent… Ils savent, grâce à l’observation quotidienne de la Nature et des saisons, que le temps humain devrait être vécu, aussi, de façon cyclique. Bashô (1644-1694), dans le prologue de son chef-d’œuvre La Sente du bout du monde écrivait : « La lune et le soleil, les mois et les jours, sont des voyageurs au long cours pour les siècles des siècles, et les années de même sont des passagères. » Pourtant, il semble bien que l’homo sapiens ne soit pas doué du sens de « l’équilibre au long terme », il n’a pas la patience de la lune et de ses cycles. Il voit son intérêt, son temps est unidimensionnel, dirigé droit vers le but, quels que soient les moyens utilisés, et les déchets accumulés. L’homme s’est considérablement développé matériellement, c’est vrai, en accumulant des déchets chimiques et du gaz carbonique, entre autres, mais il fait face maintenant à un tout nouveau type de déchet : les radionucléides artificiels. Force est de constater qu’il y a une différence, non pas de niveau, mais de nature.

haiku2-a36aa JAPON

Setsuko IDE

haiku3-ef0e9 NUCLEAIRE

Toyoko MAKI

En vérité, ces « poussières du printemps » ne sont perceptibles par aucun de nos sens, elle se répandent instantanément sur des étendues immenses, dans le bac à sable des enfants, sur les champs et les rizières, via la pluie, la neige, le vent, à travers l’eau courante, au cœur de la viande, du poisson, de la thyroïde des enfants ou dans leur urine…

haiku4-1175c POLLUTION

Yoshimi WADA

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Mitsuru IKEDA

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Shigemi OOBAYASHI

Mais en plus, au hasard des vents et du relief, des villes éloignées de la centrale se trouvent soudain transformées en « points chauds », avec une radioactivité dans l’air et une contamination des sols dix fois plus importantes que la ville d’à-côté. À ce propos, le groupe de poètes de haïkus « Seegan Kukaï » que j’anime depuis huit ans se réunit principalement à Nagano, mais aussi à Nagareyama, dans la préfecture de Chiba (nord de Tokyo), célèbre « point chaud » très peuplé. Entendons le cri des habitants de ces villes :

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Tomiko OKUDA

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Teruko UTASHIRO

Cette « pollution » est invisible, omniprésente, mais surtout, elle est là pour très, très longtemps. La plupart des radionucléides artificiels nés de la fission de l’uranium ont une durée de vie qui, à l’échelle d’un être humain, signifie qu’« elles sont là pour toujours ». Demi-vie du césium 137 et du strontium 90 : environ 30 ans. Demi-vie du plutonium 239 : 24 000 ans. Nous ne sommes plus à une échelle humaine. Il est difficile, mais possible, de « séparer » les radionucléides, mais, par contre, il n’est pas possible de les faire disparaître. Ces atomes bancals, qui existent dans ce monde uniquement du fait de l’homme, sont proprement inhumains.

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Hideko OKAZAKI

À faire bouillir des chaudrons gigantesques avec ce « feu divin » pour en récupérer une force électrique, un pays comme le Japon produit tous les ans 1.000 tonnes de déchets hautement radioactifs chargés en plutonium (même ordre de grandeur pour la France ou les États-Unis). Même au cas où il ne se produit aucun accident, reste le problème éthique de savoir si nous avons le droit moral de laisser aux générations futures une telle quantité de poisons mortels à gérer pour des millénaires. En d’autres termes, dans un pays sans aucun risque sismique, aussi, cette façon de produire de l’électricité est une insulte faite à nos enfants. Albert Einstein était clair sur ce sujet, en s’écriant : « L’énergie nucléaire est le moyen le plus maléfique de faire chauffer de l’eau » !

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Sadako OGASA

Tous ceux qui ont vécu au Japon le printemps 2011 gardent de cette période une sorte de traumatisme, le souvenir d’une peur que « tout s’écroule » d’une seconde à l’autre, et ils comprennent certainement ce que j’écris : la menace nucléaire n’est comparable à aucune autre.

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Seïryû KODAMA

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Fumiko USUDA

Bien sûr, nos pensées vont d’abord à tous ceux, surtout dans la préfecture de Fukushima, pour qui tout s’est effectivement écroulé, et nous leur dédions ce recueil.

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Yasuko KOBAYASHI

Ce recueil n’est pas uniquement une élégie. Les membres de notre groupe « Seegan kukaï » adressent un message fort aux dirigeants politiques, aux hauts fonctionnaires, aux dirigeants d’entreprise et aux scientifiques : Reconnaissons, enfin, avec humilité, que le nucléaire civil a été une aventure malheureuse dans l’histoire de l’humanité, et qu’il est temps d’y mettre fin !

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Shidomi SUZUKI

Arrêtons cela ! Tant pis si nous payons plus cher l’électricité. Tant pis si nous libérons un peu plus de gaz carbonique en utilisant un peu plus de carburants fossiles de façon transitoire : entre le CO2 et le plutonium, le choix est fait ! Et puis, nous vous promettons de consommer cette Fée Électricité avec un plus de sobriété. Mais pour l’amour de notre Terre, écoutez-nous !

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Ken’ichi KANEKO

Mesdames, messieurs du « village nucléaire » (comme on dit joliment au Japon), peut-être gagnerez-vous moins d’argent, mais nous vous demandons de concentrer tous vos efforts sur les énergies solaires, éoliennes, sur la force des marées et la chaleur des profondeurs telluriques. Si nous continuons le nucléaire en zone ultra-sismique, il faudra accepter la responsabilité, dans quelques années, non seulement de l’apparition d’innombrables cancers infantiles, mais aussi celle d’une nouvelle tragédie, à la suite d’un second accident nucléaire. Vous le savez, les plus grands spécialistes mondiaux l’affirment.

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Image : © Bengal / CFSL

En savoir plus

Pour commander un exemplaire de ce recueil (non édité en France), vous pouvez envoyer 5 coupons réponse internationaux (1,25 euro chacun, disponibles dans les grands bureaux de poste, en France) à l’adresse suivante :

Seegan MABESOONE 625-20-304 NISHIGOCHO – NAGANO-SHI – 380-0845 JAPON (tél./fax 026 234 3909)

 

Fukushima, un « désastre créé par l’homme »

Par Gokan Gunes, publié le 05/07/2012 à 16:08

Fukushima, un "désastre créé par l'homme"Une femme au milieu des décombres le 2 mai 2011 à Minamisoma dans la préfecture de FukushimaAu Japon, un rapport pointe du doigt la responsabilité humaine de la catastrophe nucléaire de Fukushima. Le gouvernement de Naoto Kan, alors Premier ministre, et l’exploitant de la centrale sont mis en cause. 

« Fukushima a une cause humaine« , affirmait Naoto Kan, l’ancien Premier ministre japonais, dans une interview exclusive accordée à L’Express à l’occasion de la commémoration de la triple catastrophe qui avait ébranlé l’archipel nippon en mars 2011. S’il reconnaissait quelques maladresses, Naoto Kan défendait toutefois la gestion de la crise par son gouvernement.  

Un rapport publié par la Commission d’enquête constituée après la catastrophe nucléaire vient noircir un peu plus son bilan. Le désastre « aurait pu et aurait dû être anticipé puis prévenu » et ses effets « auraient pu être atténués avec une réaction humaine plus efficace », indique le document long de 641 pages. 

Responsabilité du gouvernement

« L’accident est le résultat d’une collusion entre le gouvernement, les agences de régulation et l’opérateur Tepco [Tokyo Electric Power Company, exploitant de la centrale], et d’un manque de gouvernance de ces mêmes instances », accuse le rapport. « Ils ont trahi le droit de la nation à être protégée des accidents nucléaires », peut-on lire. « C’est pourquoi nous sommes parvenus à la conclusion que l’accident a été clairement créé par l’homme », avancent ses auteurs. 

L’accident de Fukushima, le plus grave depuis la catastrophe nucléaire de Tchernobyl en 1986, a eu lieu juste après un séisme de magnitude 9 dans la région du Tohoku (nord-est) qui a déclenché un tsunami sur le littoral oriental. Une vague de près 15 mètres de haut avait déferlé sur le site de la centrale Fukushima Daiichi, noyant les systèmes de refroidissement des réacteurs et les générateurs de secours situés en sous-sol.  

Les agences de régulation et la direction de Tepco n’ont délibérément rien fait 

« La direction de Tepco était consciente des retards dans les travaux antisismiques et des mesures contre les tsunami et savait que Fukushima Daiichi était vulnérable », souligne la commission. 

Un précédent rapport, mandaté par Tepco, avait disculpé la puissante compagnie d’électricité de toute responsabilité, en affirmant que la puissance du séisme et l’ampleur du tsunami dépassaient toutes les prévisions et ne pouvaient pas être raisonnablement envisagées. « Cela ressemble à une excuse pour échapper à ses responsabilités », rétorque la commission. 

« Bien qu’ayant eu de nombreuses occasions de prendre des mesures, les agences de régulation et la direction de Tepco n’ont délibérément rien fait, ont reporté leurs décisions ou ont pris des mesures qui les arrangeaient », ajoute-t-elle. 

Le rapport d’enquête reproche également à l’opérateur de ne pas avoir réagi suffisamment vite dans les premières heures de l’accident. « Cela ne doit pas être attribué à des problèmes d’individus sur le site, mais à des problèmes structurels de Tepco », note-t-il cependant. 

Les réacteurs nucléaires redémarrent

Cette commission d’enquête était composée de 10 membres de la société civile (sismologue, avocats, médecins, journaliste, professeurs) désignés par les parlementaires. Présidée par le professeur Kyoshi Kurokawa, elle a interrogé les principaux acteurs de l’époque et mené des investigations depuis décembre 2011.  

La commission avait auparavant questionné le patron de Tepco de l’époque, Masataka Shimizu, qui s’était défendu d’avoir voulu abandonner la centrale dans les heures ayant suivi le tsunami, contrairement aux affirmations de Naoto Kan, du porte-parole du gouvernement, Yukio Edano, et du ministre de l’Industrie d’alors, Banri Kaieda. La publication de ce rapport incendiaire intervient quelques semaines après la décision du gouvernement de Yoshihiko Noda d’autoriser le redémarrage de plusieurs réacteurs nucléaires. 

 AFP

REMARQUE:

(Le souffle c’est ma Vie / T.LAMIREAU)

LES PROBLEMES

SERAIENT

IDENTIQUES

EN

FRANCE

DANS UNE SITUATION

DE

CATASTROPHE NUCLEAIRE !

 

      Manifestation contre le nucléaire à Tokyo

TOKYO (Sipa) — Plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées lundi 16 juillet 2012 dans un parc de Tokyo, se joignant au prix Nobel de littérature 1994 Kenzaburo Oe et la star japonaise Ryuichi Sakamoto pour demander l’abandon du nucléaire.

Ce rassemblement a été décidé alors que le Japon se prépare à redémarrer un autre réacteur dans sa centrale d’Ohi.

Le Premier ministre Yoshihiko Noda avait annoncé le 16 juin la décision du gouvernement de remettre en service deux réacteurs de la centrale d’Ohi, affirmant qu’il s’agissait d’une nécessité économique. Il avait invoqué les risques de pénurie de courant durant l’été, et ses répercussions sur l’économie et la vie de la population.

Avant le tsunami du 11 mars 2011 et l’accident consécutif à la centrale de Fukushima, le plus grave depuis celui de Tchernobyl en 1986, le Japon comptait 50 réacteurs en service. Jusqu’au 1er juillet, et la remise en service d’un premier réacteur à la centrale d’Ohi, tous étaient à l’arrêt pour contrôles de sécurité, maintenance programmée ou mise hors service par le tsunami, comme à Fukushima.

Le nucléaire, avant le 11 mars 2011, constituait environ 30% de la production d’électricité au Japon.

Selon les organisateurs, la manifestation a attiré 20.000 personnes dans le parc de Yoyogi, alors que le réacteur doit être remis en service d’ici la fin de la semaine.

ir/AP-v100
(AP / 16.07.2012 10h51)

 

Fukushima: une foule monte à Tokyo pour exiger un Japon propre

TOKYO – Je veux rendre un Japon propre à mes enfants et à mes petits-enfants. Comme des dizaines de milliers de Nippons, Akiko Ichikawa est montée lundi 16 juillet 2012 à Tokyo depuis sa province pour exiger l’arrêt du nucléaire, seize mois après l’accident de Fukushima qui a traumatisé la population.

Venue de la préfecture de Shiga (centre), cette retraitée espère que le Premier ministre Yoshihiko Noda saura entendre la voix croissante de la contestation antinucléaire et renoncera à autoriser le redémarrage progressif des réacteurs du Japon.

En fin de matinée des milliers de petits groupes hérissés de grandes banderoles verticales recouvertes de slogans, ont convergé en bon ordre vers le parc familial de Yoyogi du quartier branché de Shibuya à Tokyo, et rapidement le rassemblement a pris des allures de kermesse.

De nombreux stands régionaux côtoyaient des ateliers-débats sur l’énergie et des projections de documentaires, tandis que des chanteurs de tous âges égayaient l’ambiance en divers points du vaste complexe.

Les organisateurs ont revendiqué quelque 170.000 personnes, bien au-delà de leur objectif déclaré de 100.000. La police a de son côté prévenu qu’elle ne donnerait pas d’estimation. Quoi qu’il en soit c’est une des plus manifestations les plus massives depuis l’accident de Fukushima. Depuis quelques mois, des manifestations rassemblent des dizaines de milliers de personnes à Tokyo tous les vendredi.

Le gouvernement place l’économie avant la santé. Il faut continuer d’informer la population pour agrandir le réseau, jusqu’à ce que les autorités nous entendent, estime Kuniko Matsubara, arrivée de la préfecture de Miyagi, la plus touchée par le séisme et le tsunami du 11 mars 2011.

Le traumatisme consécutif au désastre de Fukushima, qui a entraîné l’évacuation d’une centaine de milliers de personnes et rendu des zones inhabitables pour plusieurs décennies, a conduit la population à être beaucoup plus méfiante vis-à-vis du nucléaire.

Un seul des 50 réacteurs de l’archipel fonctionne actuellement, les autres ont été arrêtés soit à cause d’une catastrophe naturelle, soit par mesure de précaution en attendant des examens complémentaires de sûreté.

Un accident nucléaire a des conséquences ineffaçables et marque à jamais le territoire. C’est pour ça qu’il faut arrêter d’utiliser cette énergie, explique Satoshi Kobayashi, père de deux jeunes enfants qu’il a amenés pour les sensibiliser à l’enjeu.

Sur une vaste place en marge des stands, une scène plus grande que les autres voit défiler des orateurs, applaudis par la foule écrasée par un soleil de plomb. Pour combattre la chaleur, beaucoup de femmes âgées se rafraîchissent avec de petits éventails ronds frappé d’un no nuke (pas de nucléaire) en rouge.

Le mouvement « Adieu l’Energie Nucléaire ! » à l’origine de l’événement a su fédérer des groupes militant de longue date contre l’atome et des personnalités porte-étendard comme le compositeur Ryuichi Sakamoto ou le prix Nobel de littérature Kenzaburo Oe, autour desquels se sont rassemblés des individus pas forcément coutumiers des manifestations.

En ce lundi férié, jeunes et moins jeunes sont venus de tout l’archipel: non seulement de la région du Tohoku (nord-est) où se trouve Fukushima, mais aussi de l’île de Kyushu (sud), de Shikoku (sud-est) et de Hokkaido (nord), des contrées du Kansai (centre-ouest de l’île principale de Honshu) et des environs de Hiroshima (sud-ouest de Honshu).

Trois défilés sont partis de l’esplanade en début d’après-midi sillonner différents quartiers de la capitale.

La mobilisation augmente mais il faudrait aller plus loin. Pourquoi pas un mouvement social avec des grèves ?, espère Mayumi Ishida, étudiant de l’université du Tohoku à Sendai (nord-est).

Les organisateurs promettent de ne pas relâcher la pression sur le gouvernement qui doit encore arbitrer les décisions sensibles de redémarrage des réacteurs.

(©AFP / 16 juillet 2012 11h26)

 

 

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 6 juillet, 2012 |Pas de commentaires »

AFRIQUE: NOS AMIS DICTATEURS…(Georges STANECHY)

Afrique : Nos Amis Dictateurs …

AFRIQUE: NOS AMIS DICTATEURS...(Georges STANECHY) dans REFLEXIONS PERSONNELLES TRAITE-1

Georges STANECHY
Illustration : ’Captain Canot : Twenty Years of an African Slaver’ by Brantz Mayer (ed.), New York 1854.
«  La pensée européenne se trouve à un tournant. Ce tournant, sur le plan historique, n’est autre chose que la fin de l’impérialisme. La crise de la pensée occidentale est identique à la fin de l’impérialisme. » Michel Foucault (1)

L’intronisation du nouveau président et gouvernement “socialistes” ne laisse aucun doute quant à la continuité de la politique étrangère de leurs prédécesseurs : alignement au millimètre près sur la “politique atlantiste” et totale servitude aux intérêts de l’Empire américain.

Tout particulièrement, au Moyen-Orient : soutien aveugle aux gérontocratiques absolutismes des pétromonarchies et aux dérives suicidaires de l’extrémisme sioniste.

En Amérique Latine : hostilité permanente à l’encontre des pays revendiquant indépendance économique et respect de leur souveraineté nationale (Cuba, Bolivie, Equateur, Venezuela). Avec appui indéfectible aux ploutocraties, travesties en « démocraties électorales », régies par des castes de milliardaires livrant leurs pays au pillage (Chili, Colombie, Mexique, Pérou).

Même approche en Europe dite « de l’Est », totalement inféodée à l’OTAN : solidarité inconditionnelle avec les régimes mafieux camouflés, là encore, en « démocraties » (Albanie, Bulgarie, Roumanie, etc.). Tout en harcelant la Russie, pour entraver son développement. Ou, en Asie : les régimes ultra corrompus, tels que ceux de Thaïlande ou des Philippines, seront encensés par rapport à une Chine qui sera, bien évidemment, sans cesse diabolisée.

Manière, pour ce qui est de la Russie ou de la Chine, de se relaxer dans la “bonne conscience” en sniffant une ligne aux “droits de l’homme” …

Rien de neuf sous l’euphorie du cynisme.

TRAITE-2 AFRIQUE dans REFLEXIONS PERSONNELLES

Mais, qu’en sera-t-il de la position de notre pays à l’égard de l’Afrique ? Du moins, de nos relations avec l’Afrique subsaharienne liée à l’espace francophone. Alice Primo pose la question (2) :

« Françafrique : le changement est-il en route ?  »

Car, depuis les indépendances politiques ou théoriques difficilement concédées dans les années soixante, les Etats européens ont implacablement poursuivi les politiques de prédation de leurs anciennes colonies africaines, notamment la France et la Grande-Bretagne. Quels que soient les partis au pouvoir : “Travaillistes” ou “Conservateurs”, “Droite” ou “Gauche”…

Le mode opératoire de la France avec ses ex-colonies africaines, dans la corruption et le soutien aux pires dictatures, a été surnommé : « Françafrique » (3). Concept forgé par le regretté François-Xavier Verschave, reprenant l’expression (4) du dirigeant de la Côte d’Ivoire Félix Houphouët-Boigny, dans son livre paru au printemps 1998 : « La Françafrique, le plus long scandale de la République ». (5)

Ne cessant, rappelons-le, de dénoncer avec courage, rigueur, dans ses ouvrages, ses travaux au sein de l’association Survie dont il est un des fondateurs, l’emprise mafieuse de la France sur ses anciennes colonies africaines.

La France n’hésitant pas à soutenir des dictateurs, ou des dynasties de dictateurs sévissant de père en fils : les Eyadema, au Togo ; ou, les pathétiquement célèbres Bongo, au Gabon … Dictateurs, protégés par notre pays, se considérant, ou complaisamment qualifiés par la propagande : « amis de la France ». (6)

La France suscitant, ou organisant, des coups d’Etat. Soit, pour renverser des dirigeants refusant ce système : l’honnête et charismatique Thomas Sankara du Burkina-Faso, assassiné dans un putsch. Soit, même au prix d’une guerre civile, pour imposer un gouvernant à sa solde : le général Sassou Nguesso fondé de pouvoir des intérêts français dans l’Etat pétrolier du Congo-Brazzaville (7). Parmi tant d’exemples, dont les récents évènements en Côte d’Ivoire, avec l’éviction du président  ne sont que la sanglante répétition …

Sujets, évidemment, jamais abordés dans les médias dominants, propriétés ou serviteurs des bénéficiaires de ce système : les chaînes TV et radios, dites du “service public”, concourant à cette complicité. Le pillage de l’Afrique impose le silence.

Un des responsables des services secrets français en Afrique, Dominique Fonvielle, le reconnaît dans son livre, « Mémoires d’un agent secret » (8) :

« Au lieu d’assister les transitions démocratiques, la France a au contraire aidé plusieurs chefs d’Etat corrompus à rester en place, par sa simple présence d’abord, par des actions militaires ensuite […]. Les raisons n’étaient pas idéologiques. A gauche comme à droite, seul comptait l’argent. »

L’Afrique est vampirisée dans une méthodique exploitation, dont cinq cercles s’emboitant dans une ambivalente synergie en fournissent l’illustration : fructueuse, pour les occidentaux et leurs nomenklaturas ; mortifère, pour des générations d’africains.

1) Pillage des ressources naturelles

TRAITE-3 ECONOMIE

Le premier cercle, le cœur de cible : les ressources naturelles et matières premières dont l’Afrique regorge.

Les spécialistes en ce domaine qualifient le continent de « scandale géologique », tellement il en est comblé. On veut l’ignorer : loin d’être « pauvre », l’Afrique est immensément « riche ». Son niveau de vie devrait être supérieur à celui de l’Europe, qui n’en recèle pas le millième. Sa “pauvreté” apparente, ses bateaux de migrants clandestins affamés, n’étant que la conséquence de la rapacité des puissances coloniales.

L’Afrique : rongée jusqu’à l’os par les piranhas occidentaux. Matières premières et minerais en tous genres, des plus courants (cuivre, fer, bauxite) jusqu’aux plus rares (diamant, coltan). Avec, à profusion, les ressources énergétiques les plus demandées dans cette décennie : pétrole, gaz, et surtout uranium.

Aucune transformation locale, si ce n’est pour faciliter son enlèvement par transport maritime. Même pas un chantier naval apte à construire un chalutier (autre qu’en bois), un vraquier ou un pétrolier. Ce ne sont pas quelques usines de montage de véhicules, dont toutes les pièces sont importées, qui doivent faire illusion…

Sans oublier les richesses halieutiques de ses interminables côtes, notamment du Golfe de Guinée, pillées par les flottes de pêche “occidentales” : Japon et Corée du sud étant aussi actifs ou voraces, avec leurs bateaux-usines et flottilles de chalutiers sophistiqués, que les pays européens… (9) Ou agricoles, dont le détail mérite une encyclopédie.

Les empoignades actuelles se déroulant dans les pays du Sahel de l’Atlantique à la Mer Rouge, sur fond de chaos organisé à la sauce islamiste par les services secrets occidentaux (10), ne sont que la résultante des mainmises sur les colossales réserves d’uranium de la région : « Uranium Belt », « La Ceinture de l’Uranium ». D’où la partition du Soudan, et l’appropriation du Darfour par les occidentaux.

La sécession du nord du Mali en cours, annonçant celles d’autres pays de la région, suivant le même schéma appliqué pour les « bassins pétroliers » de la péninsule arabique, lors de la ruée du pétrole à la suite de la dernière guerre mondiale : un émirat par zone… Ou encore, en Asie : le sultanat de Brunei érigé en “Etat indépendant”, par les britanniques, pour enlever la zone pétrolière de l’île de Bornéo à l’Indonésie et à la Malaisie. (11)

Tous les grands groupes français participent à la curée, principalement dans la partie africaine dite « francophone ». Les plus connus étant Areva sur le marché de l’uranium, et Total, qui au passage a absorbé la sulfureuse Elf, dans le pétrole et le gaz.

2) Monopole des travaux d’infrastructure et grandes constructions

TRAITE-4 ESCLAVES

Le deuxième cercle concentre le monopole des travaux d’infrastructure et grandes constructions par les groupes BTP français, tel l’incontournable Bouygues. Pressurant, au passage, leurs meilleures marges : routes, ports ou aéroports, barrages, programmes de logements, hôtels, bâtiments publics et palais présidentiels. Y compris des cathédrales ou basiliques, comme l’ubuesque et pharaonique reproduction de la Basilique Saint-Pierre du Vatican à Yamoussoukro, en Côte d’Ivoire.

Architectes, bureaux d’études, ingénieurs, cadres et ouvriers spécialisés, ne seront pas africains. Tant et si bien, qu’il n’existe pas à ce jour une seule société de BTP africaine capable de se substituer à ces groupes pour exécuter ces énormes marchés, dans l’endettement imposé. Encore moins, d’exporter son savoir-faire sur d’autres continents à l’exemple de sociétés brésiliennes ou iraniennes. (12) La puissance coloniale veillant à ce qu’il n’y ait aucun transfert de technologies, ni de compétences.

3) Accaparement des services publics

TRAITE-5 FRANCAFRIQUE

L’appropriation des services publics par des groupes français, sous forme de « privatisations », représente le troisième cercle. Systématiquement bradés par le pouvoir politique en place, ces services publics représentent de véritables rentes de situation. Très recherchées pour leur facilité de gestion, les marges plantureuses et la régularité quasi quotidienne du chiffre d’affaires, tout particulièrement : télécommunications, distribution d’eau et d’énergie, transports y compris transports maritimes. Figurent aux premières places : Bolloré et Bouygues.

Le siphonnage de ces rentes de situation par les groupes français, étroitement contrôlé par une multitude d’expatriés, correspond à une véritable hémorragie de devises pour les pays asservis. Aucune valeur ajoutée, spécialement en termes d’accès des cadres africains à des postes de responsabilité autonome, ni transfert de technologie. A ce panier de rentes de situation, se rajoute la Grande Distribution française avec le déversement des produits importés. Selon l’application de la règle de base de toute exploitation coloniale : le minimum fabriqué sur place, le maximum importé !…

4) Enrichissement personnel de la caste politique française

TRAITE-6 FRANCE

La « Françafrique » représente pour la France, dans ce quatrième cercle, la caverne d’Ali-Baba du remplissage des caisses électorales de ses principaux partis politiques et, avantage collatéral, de l’enrichissement personnel de sa nomenklatura.

Car, on ne sait pas trop où commence “la caisse électorale”, vertueux prétexte à corruption, et où se termine la poche des personnes manipulant ces fonds secrets. En ce domaine du tripatouillage, le comportement des réseaux de François Mitterrand et de son fils, Jean-Christophe, par la multitude de scandales plus ou moins étouffés qui ont émaillé son septennat, n’a rien à envier à celui les réseaux de la « Droite ».

Dominique Fonvielle, cite quelques exemples :

« Nous avons par exemple recueilli des témoignages précieux sur la promesse d’un secrétaire d’Etat français à la Santé d’intervenir directement auprès du Ministre de la Coopération pour accélérer le déblocage des fonds destinés à un hôpital africain en échange du reversement de la moitié des sommes concernées sur son compte personnel pour alimenter les caisses de son parti. » (13)

Retenons l’information, qui donne une idée du niveau des montants en jeu et de l’impudence de cette voyoucratie française : « … la moitié des sommes concernées sur son compte personnel … ».

Ou encore, en pleine ère mitterrandienne, les services secrets français « officiels » ne sachant plus où donner de la tête devant pareil grouillement :

« A l’époque de Pierre Marion, la situation en Afrique était totalement incontrôlable, et le Ministère de la Coopération écoulait des armes au Tchad par l’intermédiaire d’une société privée. » (14)

5) Poubelle gratuite de l’industrie européenne

TRAITE-7 INDUSTRIE EUROPEENNE

Dernier cercle, stade ultime de l’infernale corruption, celui tout aussi occulte de la transformation de l’Afrique en « poubelle gratuite » pour les déchets hautement toxiques de l’industrie européenne. Dans l’impunité. Il faut la déflagration d’une catastrophe sanitaire pour voir émerger le sommet de l’iceberg de cette activité criminelle qui capitalise beaucoup, beaucoup, d’argent et de gangstérisme…

Comme celle provoquée par le bateau Probo Koala affrété, en 2006, par une multinationale d’origine britannique Trafigura, du secteur de l’énergie, des mines, et des matières premières. Pour déverser 500 tonnes de déchets extrêmement toxiques en Côte d’Ivoire, censés être enfouis dans 18 endroits des environs de la capitale, Abidjan.

« Peu de temps après l’exécution de cette opération sont apparus, à grande échelle dans la population, des signes d’intoxication graves entraînant de nombreuses hospitalisations et la mort rapide d’une quinzaine de personnes.

Un rapport d’experts internationaux, le « Minton Report », publié en septembre dernier, a estimé que l’intoxication avait atteint un minimum de 108.000 personnes. Confirmant qu’il s’agissait bien d’intoxication en provenance du déversement de ces déchets

« … capables d’entraîner de graves conséquences sur la santé humaine, y compris la mort ». (15)

Le désastre écologique timidement identifié en Somalie, existe dans d’autres parties de l’Afrique, y compris de la zone “francophone”. Sous couvert de l’anarchie ambiante, les pays occidentaux en profitent pour se délester de leurs produits toxiques, même nucléaires, sommairement enfouis à terre, ou simplement jetés le long de ses côtes maritimes.

Il est vrai que les coûts de revient sont avantageux. Suivant la nature des déchets : de 200 à 300 euros jusqu’à 1000 $, la tonne, en Occident, on obtient des coûts d’enfouissement, ou de déversement, de 30 euros la tonne, pouvant descendre à $ 2,50.

Compte tenu de ces éléments ou de ce constat, de cet habitus colonial, peut-on effectivement envisager un “changement”, pour reprendre l’interrogation d’Alice Primo ? Sans se vouloir pessimiste, elle semble en douter au vu de la formation, de l’expérience, du parcours professionnel des principaux collaborateurs chargés des relations avec l’Afrique, tant auprès du président de la République que de son Ministre des Affaires Etrangères…

La réponse à cette question semble plus évidente, si on la formule à partir d’un postulat de base :

Comment un gouvernement, incapable d’appliquer des réformes indispensables, urgentes, de justice économique et sociale, en France, serait en mesure d’éradiquer les comportements de sa nomenklatura, fondés sur la corruption et la prévarication néocoloniales, à l’égard de l’Afrique ?…

Supprimer la « Françafrique » ou la « FrançàFric », cet eldorado de l’enrichissement personnel, aussi occulte, impuni que fulgurant ?…

La caste politique française, tous partis confondus, n’en a ni l’envergure, ni la qualification, ni la légitimité.

Trop vermoulue.

Georges STANECHY

(1) Michel Foucault, dans « Penser d’un Dehors (La Chine) – Entretiens d’Extrême-Occident », François Jullien & Thierry Marchaisse, Seuil, 2000, p. 29.

(2) Alice Primo, « Françafrique : le changement est-il en route ? », 13 juin 2012, http://survie.org/billets-d-afrique/2012/214-juin-2012/article/francafrique-le-changement-est-il

(3) « Petit Guide de la Françafrique : un voyage au cœur du scandale », juin 2010, http://survie.org/publications/brochures/article/petit-guide-de-la-francafrique

(4) François-Xavier Verschave, « Noir silence – Qui arrêtera la Françafrique, Les Arènes », 2000, p. 266.

(5) François-Xavier Verschave, « La Françafrique – Le plus long scandale de la République », éditions Stock, 1998. Ouvrage fondateur et indispensable.

On ne peut comprendre les problèmes de développement, économiques et politiques, de l’Afrique sans avoir lu aussi ses autres travaux, notamment :

-  »L’aide publique au développement », avec Anne-Sophie Boisgallais, Syros, 1994

-  »France-Afrique – Le crime continue », Tahin Party, 2000

-  »Noir silence – Qui arrêtera la Françafrique », Les Arènes, 2000

(6) « Les Dictateurs amis de la France !? », février 2006, http://survie.org/publications/brochures/article/les-dictateurs-amis-de-la-france

(7) Lire, sur ce coup d’Etat, les chapitres remarquablement bien documentés (interventions de l’armée française, soutien des partis politiques français y compris de la « gauche plurielle », propagande des médias, etc.) dans le livre de François-Xavier Verschave Noir Silence, Op. Cit., pp. 15 à 69.

(8) Dominique Fonvielle, « Mémoires d’un agent secret », Flammarion, 2002, p. 144.

Excellent ouvrage (malgré son titre…), par un homme du métier, dont le regard critique livre une réflexion de qualité, très éloignée des habituels clichés journalistiques ou narcissiques des anciens dirigeants et prétendus “experts” du renseignement dans notre pays.

(9) J’ai travaillé sur cet épineux problème. Sans solution, en l’absence d’une volonté et d’une indépendance politiques, confortées par une marine de guerre articulée sur des gardes-côtes, en mesure de faire respecter la souveraineté des pays africains sur leurs eaux territoriales ou les « quotas » de pêche “librement” négociés.

Le constat de l’ampleur de ce pillage néocolonial, de la corruption (de toutes les parties “prenantes”), de l’épuisement de la ressource, m’a laissé un goût amer, face à la « pauvreté » des populations spoliées …

(10) C’est reparti : faire sauter un coup des églises, le coup suivant des mosquées… Susciter guerre civile et prétendues incompatibilités de vie commune entre chrétiens et musulmans en pulvérisant des lieux saints. Scénario favori des services secrets occidentaux, et des médias de la propagande…

(11) Cet Etat fantoche, dont le sultan est un des hommes les plus riches du monde, est administré de fait par la compagnie pétrolière britannique British Petroleum (BP).

(12) L’Iran construit des barrages, des routes, des voies ferrées, des lignes à haute tension, ou des programmes de logements, chez ses voisins du Moyen-Orient ou d’Asie Centrale et jusqu’au Venezuela…

(13) Dominique Fonvielle, Op. Cit., p. 144.

(14) Dominique Fonvielle, Op. Cit., p. 144.

(15) Cf. : http://stanechy.over-blog.com/article-afrique-pillage-et-pol…

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 6 juillet, 2012 |1 Commentaire »

QUINZE ANS APRES SON INTERDICTION, L’AMIANTE POLLUE ENCORE SON BERCEAU NORMAND !

Quinze ans après son interdiction, l’amiante pollue encore son berceau normand

QUINZE ANS APRES SON INTERDICTION, L'AMIANTE POLLUE ENCORE SON BERCEAU NORMAND ! dans REFLEXIONS PERSONNELLES AMIANTE

CALIGNY (Orne) – Véritable casse-tête, la dépollution des usines d’amiante tarde, comme à Caligny (Orne), au coeur du berceau de cette industrie, où la fibre cancérogène demeure à l’abandon depuis 1957, malgré les vitres cassées et les murs éventrés du bâtiment, tout près d’habitations.

Ca devient vraiment urgent. Le plus inquiétant, c’est la poussière d’amiante de l’usine envoyée à chaque coup de vent un petit peu partout, à l’extérieur de l’ancienne filature d’amiante de Ferodo-Valeo à Caligny, pense Jocelyne Guillemin, qui habite à 10 mètres de cette usine dite du Pont, sur le Noireau.

Présidente de l’association Pour une Vie sans Amiante à Caligny, soutenue par l’Association locale des victimes de l’amiante (Aldeva), cette mère de deux enfants voit de chez elle les cartons d’amiante qui pendent au plafond de l’usine. Un document officiel atteste de la nature de ces lambeaux.

Des éboulements successifs des murs soulèvent régulièrement des nuages de poussière d’amiante, a également averti en mars, dans un courrier au candidat François Hollande, le maire depuis 2008 de Caligny, Daniel Cattelain, ancien élu Verts.

Ironie ou cynisme du sort, l’usine est l’un des deux sites sur lesquels s’est penché l’inspecteur du travail Denis Auribault, qui rédigea le premier rapport en France sur les maladies causées par l’amiante, en 1906, plus de 90 ans avant son interdiction, en 1997.

La vallée de la Vère, jadis surnommée par les anciens vallée de la mort en raison d’un nombre important de décès inexpliqués, et celle du Noireau, où la Vère se jette, ont pourtant ensuite compté plus d’une dizaine d’usines d’amiante avec 2.700 employés, dans un rayon d’une vingtaine de km autour de Caligny. L’amiante y fait encore 10 à 20 morts par mois selon l’Aldeva.

La maison d’Odette Goulet, elle, est à 2,50 mètres de l’usine du Pont : Quand je suis arrivée en 1972, l’usine était en état. Le bâtiment était clos. Mais petit à petit, ça s’est délabré, raconte cette mère de cinq enfants dont le mari est mort de l’amiante après 24 ans d’exposition au travail.

Des déchets d’amiante, datant de l’époque où elle était encore en fonctionnement, sont enterrés tout autour de l’usine, à quelques mètres du Noireau, rivière où on trouve de l’amiante, poursuit Mme Guillemin, document officiel à l’appui.

A cause de cette usine, comme d’autres sites environnants, l’eau brute du Noireau contient des fibres d’amiante, expliquait récemment en réunion publique le président PS de la communauté de communes de Flers (30.000 habitants sur 14 communes dont Caligny), Yves Goasdoué, élu depuis député.

L’eau du robinet ne contient pas d’amiante, grâce au traitement. Mais s’il y en avait, la distribution serait toujours autorisée, ce que je trouverais contraire au principe minimal de précaution. Aujourd’hui, seule la fibre libre dans l’air est réglementée, soulignait l’élu.

Que se passerait-il si du linge lavé à l’eau amiantée passait au sèche-linge?, avait ajouté Jean Chatelais, candidat Front de Gauche dans la circonscription, critiquant aussi l’absence de normes amiante pour l’eau.

Leur inquiétude est d’autant plus vive qu’un accord de mise en sécurité passé entre Valéo et le Ministère de l’Ecologie en 2009 prévoit un confinement de l’amiante sur place, sur ce terrain inondable, selon M. Goasdoué.

L’élu a écrit à la Ministre de l’Ecologie pour lui demander de renégocier l’accord avec Valéo qui n’a toutefois aucune obligation car il y a prescription. L’équipementier automobile n’a pas souhaité faire de commentaire.

L’amiante est partout ici, rappelle Jean-Claude Barbé, vice-président de l’Aldeva, citant le cas d’un agriculteur à Berjou, à 15 km de Caligny, qui tombe régulièrement sur de l’amiante en labourant.

L’usine de Caligny est, selon l’Aldeva, la plus délabrée. En 2007, l’Etat a inspecté 17 anciennes usines ou dépôts d’amiante dans l’Orne et le Calvados, autour de Caligny. Pour 12 d’entre eux, il a conclu qu’aucune action n’est nécessaire.

Parmi eux, figure le site Honeywell de Condé-sur-Noireau, l’autre site inspecté en 1906, où des analyses viennent de mettre en évidence la présence, ponctuelle, selon la direction, d’amiante sur ce site à 7 km de Caligny et jusqu’alors officiellement aux normes, où travaillent 325 personnes. Un ancien médecin du travail de l’usine, lorsqu’elle appartenait à Ferodo Valeo, a été mis en examen en 2007 pour homicides et blessures involontaires.

La juge d’instruction chargée notamment de ce dossier Marie-Odile Bertella-Geffroy, a dénoncé mercredi dans le Parisien/Aujourd’hui en France son manque de moyens et le manque de volonté politique.

(©AFP / 06 juillet 2012 11h29)

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 6 juillet, 2012 |Pas de commentaires »

URBANISME. À LA DEFENSE: FRONDE CONTRE LA FOLIE DES GRANDES HAUTEURS (Julien BONNET)

Urbanisme

À La Défense:

 fronde contre la folie des grandes hauteurs

URBANISME. À LA DEFENSE: FRONDE CONTRE LA FOLIE DES GRANDES HAUTEURS (Julien BONNET) dans REFLEXIONS PERSONNELLES LaDefense_2010

Par Julien Bonnet (26 juin 2012)

Dans le quartier d’affaires des Hauts-de-Seine, la crise financière a mis en péril l’urbanisme débridé qui présidait jusque-là. Mais deux projets d’immenses gratte-ciel, Phare et Hermitage, sont toujours dans les cartons, prêts à rivaliser avec la tour Eiffel. Élus et associations se mobilisent contre les nuisances locales et environnementales induites. Les promoteurs essaient de faire taire les voix dissidentes.

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À l’ouest de Paris, le plus grand quartier d’affaires d’Europe est un petit État dans l’État. Sur la vaste dalle de La Défense, juchée au-dessus des communes de Courbevoie, Nanterre et Puteaux, les immeubles de grande hauteur (IGH) foisonnent dans un paysage vertigineux : First (231 m), Total (187 m), GDF-Suez (185 m), Areva (184 m)… Les tours de bureaux abritent entre les nuages les sièges sociaux des grandes multinationales. Les Indignés ne s’y sont pas trompés lorsqu’ils sont venus occuper ce site emblématique en plein hiver 2011.

L’urbanisme et le modèle économique singuliers du secteur donnent aussi le tournis : « Ici, on ne vend pas comme ailleurs des mètres carrés de superficie, mais des mètres cubes de volume », s’étonne maître Gaborit, un avocat qui suit les résistances locales aux projets les plus pharaoniques.

Qui construira la tour la plus haute ?

La gouvernance, complexe, du lieu est assurée indirectement par l’État, par le biais de l’Établissement Public d’Aménagement de la Défense Seine-Arche (Epadesa, ex-Epad, convoitée en 2009 par Jean Sarkozy). Mais aussi par De Facto, un autre établissement public qui assure l’animation et l’entretien de la voirie. L’Epadesa vend à prix d’or les dernières parcelles de foncier disponibles pour financer l’entretien du site, quitte à renvoyer aux communes voisines la gestion des nuisances engendrées par les tours : pénurie de logements et de stationnement pour les habitants, qui souffrent aussi de l’engorgement de la ligne 1 du métro et du RER A.

Mais la poule aux œufs d’or vieillit mal : les surfaces de bureaux surcotées ne trouvent pas toutes preneur. Et les montages financiers n’ont pas tous supporté la crise. En mars 2010, le projet de tour Signal est annulé après le retrait du promoteur espagnol Medea ; le projet Generali suivra bientôt le même sort. Dix-huit mois plus tard, un rapport de l’Inspection Générale des Finances, « fuité » dans Le Canard enchaîné (mais toujours pas rendu public…), stigmatise un Epadesa financièrement au bord du gouffre, victime « d’erreurs de gestion assez graves » et dont le déficit pourrait atteindre plusieurs centaines de millions d’euros d’ici à 2020. C’est dans ce contexte orageux que deux projets d’immenses gratte-ciel s’attirent les foudres d’associations et d’élus locaux. Ceux-ci luttent depuis plusieurs mois, à coups de recours gracieux et de contentieux, contre les permis de construire et de démolir.

Une « dubaïsation » de La Défense

D’un côté, à proximité de la Grande Arche, la tour Phare s’annonce pour 2017 comme l’immeuble de bureaux le plus imposant de France : 297 m de haut – à peine moins que la tour Eiffel ! – abritant 150 000 m² de bureaux. De l’autre côté de la dalle, en bord de Seine et face à Neuilly, les projets de tours jumelles Hermitage prévues par l’investisseur russe Emin Iskenderov repoussent encore plus loin le gigantisme : un projet de deux milliards d’euros pour deux immeubles culminant à 320 m de hauteur. Ils pourraient accueillir (entre autres) un hôtel 5 étoiles, des appartements de luxe, des activités tertiaires, un centre commercial, deux auditoriums, une galerie d’art… et une résidence étudiante. À condition que le chantier parvienne à son terme : depuis que Mirax, société russe dont Hermitage était une filiale, s’est effondrée en 2011, le plus grand doute plane sur sa viabilité.

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« On favorise la bascule sociale en remplaçant du logement modeste et intermédiaire par du grand luxe clinquant. C’est la « dubaïsation » de La Défense ! », soupire Joëlle Paris, élue écologiste de Courbevoie. Le projet Hermitage entraîne la destruction d’immeubles abritant 250 familles, dont 40 logements HLM. De son côté, la tour Phare détériorera encore la mixité bureaux/logements du secteur, alors que La Défense compte déjà 3 000 000 m² de bureaux (impossible d’en connaître la part vacante…), mais cinq fois moins de surface de logements. La mobilité devrait aussi empirer : dans le grand hub de transports publics de La Défense, 450 000 personnes se bousculent au quotidien et les stationnements privés sont saturés. Mais la foule costumée et cravatée va encore s’étoffer : « Pour le projet Phare, le promoteur entend acheter 105 places de parking… pour 8 000 salariés ! », s’étrangle Jean-André Lasserre, conseiller général PS qui préside la fronde politique locale.

Gouffres énergétiques

Les deux élus locaux sont notamment cosignataires d’un recours contre le permis de construire de la tour Phare, récemment débouté par le tribunal administratif de Cergy-Pontoise. Ils ont décidé de poursuivre en appel. La liste des griefs est longue : ensoleillement en berne, « effet venturi » produisant un vent violent pour les piétons, construction risquée au-dessus d’un boulevard périphérique et avec un appui sur le quai d’une voie SNCF (on prend l’espace là où il existe !), destruction de la passerelle reliant Courbevoie à la dalle de La Défense… Les opposants s’inquiètent aussi de la privatisation de l’espace public et de l’érection de tels emblèmes vertigineux. « La tour Phare devient un symbole », tonne André Fessy, dont l’association Village a aussi déposé un recours contentieux contre le projet. Comme tous les gratte-ciel revendiquant leur prestige, « elle est vulnérable à un risque terroriste ».

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La facture environnementale s’annonce aussi salée : « Au-delà de 60 m de haut, les impacts énergétiques sont particulièrement importants, notamment en termes de climatisation, d’éclairage artificiel, voire de circulations verticales », prévient Françoise-Hélène Jourda, lauréate du grand prix international d’architecture durable en 2007. « Les tours nécessitent aussi entre 30 et 50 % de matériaux en plus lors de la construction, en béton armé ou en acier, donc non renouvelables, avec une consommation d’énergie grise particulièrement lourde. » Des contraintes structurelles qui n’empêchent pas Phare et Hermitage de claironner une « ambition environnementale », avec candidature aux principaux labels internationaux et présence de turbines éoliennes ou de panneaux photovoltaïques sur le toit pour la première.

Faire taire les élus dissidents

Le 13 avril dernier, une cinquantaine de riverains, militants associatifs et élus locaux ont manifesté devant le restaurant Les Feuillantines, un commerce mis en difficulté par le projet Hermitage. En parallèle, des locataires des Damiers – les immeubles condamnés par le projet – ont arboré une banderole aux fenêtres de leur logement, qu’ils doivent quitter. Mal leur en a pris : de nuit, la toile insolente a été mystérieusement saccagée.

Le bras de fer avec les investisseurs s’est en réalité considérablement durci : « la bataille est politique, mais elle est aussi financière », s’inquiète Jean-André Lasserre. Unibail-Rodamco, leader européen de l’immobilier commercial, a réclamé 50 000 euros de frais de justice aux élus ayant déposé un recours contentieux contre Phare. L’association Vivre à la Défense, qui réunit les habitants de la résidence des Damiers, a connu bien pire : déboutée par le TGI de Paris de l’un de ses recours contre la tour Hermitage, elle est aujourd’hui sommée par la partie adverse de rembourser 600 000 euros de frais de justice. Et l’investisseur Emin Iskenderov ne souhaite pas s’arrêter là : il a aussi dénoncé un « recours abusif » dans une autre procédure lancée par l’association de riverains, chiffrant les dommages et intérêts supplémentaires à… 8 millions d’euros. Avec de telles épées de Damoclès au-dessus du porte-monnaie d’un modeste collectif de quartier, il faut avoir les reins particulièrement solides pour poursuivre la résistance.

Avec l’alternance au sommet de l’État, les élus locaux espèrent que la gouvernance de La Défense va enfin évoluer, et que transparence sera faite sur sa gestion. Mais les tours devraient continuer à pousser dans le secteur, récemment étendu sur Nanterre et la Garenne-Colombes. À défaut d’une rentabilité économique assurée, les immeubles de grande hauteur, sourit Françoise-Hélène Jourda, sont « des objets phalliques qui satisfont les ego de nombreux acteurs ». À commencer par ceux des investisseurs et des architectes.

Julien Bonnet

De_fense1-404b7 POLLUTION

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 26 juin, 2012 |3 Commentaires »

ISRAEL ET LE « DEVELOPPEMENT DURABLE » EN CISJORDANIE…

Israël et le « développement durable » en

 Cisjordanie….

ISRAEL ET LE Le rapport de 2011 du Contrôleur national israélien sur les zones industrielles implantées par Israël en Cisjordanie révèle un sinistre tableau d’illégalité, de pollution, d’insécurité, et d’exploitation abusive. ll relève notamment « le non-paiement du salaire minimum aux travailleurs palestiniens, la confiscation de terrains privés palestiniens par des industriels, la construction illégale d’usines et une situation déplorable sur le plan sanitaire et sécuritaire ». Voilà pour ceux qui osent se présenter en ce moment, au sommet de Rio, comme un « modèle de développement durable » !

« En Cisjordanie, des zones industrielles contreviennent à la loi et mettent des vies en danger. »

Le rapport 2011 du Contrôleur national sur les zones industrielles en Cisjordanie ne laisse guère de champ à l’imagination. Bien que certains détails précis n’aient pas été publiés pour des raisons de sécurité, le rapport lui-même indique que ce fait n’empêche pas de « comprendre ce qui a été découvert ». Et ces découvertes sont, pour sûr, abominables.

Israël a construit approximativement tout à travers la Cisjordanie 20 zones industrielles, dans lesquelles sont employés quelque 5 800 Palestiniens. Les zones industrielles sont le plus souvent rattachées à des colonies, qui tirent un bénéfice économique des usines et des industries qui y sont établies. Toutes les zones industrielles se trouvent dans le secteur C, qui représente plus de 60% de la Cisjordanie, et sur lequel Israël exerce une entière autorité militaire et civile.

Définition des zones industrielles

Les problèmes posés par les « zones industrielles sous gestion israélienne », comme les désigne le Rapport du Contrôleur national, commencent déjà avec leur dénomination et leur emplacement : la loi ne fixe pas la délimitation géographique des zones industrielles, ni par conséquent les règlements et les autorités qui leur sont applicables ; il n’est pas même clair que ces secteurs aient jamais été assignés à l’industrie. Elles sont ostensiblement désignées comme « zones militaires fermées » ; mais l’absence de clarté légale quant à l’endroit où elles commencent et où elles se terminent rendent arbitraire cette définition.

Non-paiement du salaire minimum aux travailleurs palestiniens

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En 2007, la Haute Cour de Justice israélienne, au sujet d’une plainte déposée par l’association israélienne pour les droits des travailleurs, Kav Laoved, a décidé que les employeurs israéliens doivent payer aux travailleurs palestiniens en Cisjordanie le salaire minimum fixé légalement en Israël. Pour autant, le Contrôleur national a découvert que, quatre ans après cette décision légale contraignante, la législation appropriée n’a pas été rédigée pour garantir l’application de ce droit. Le ministre israélien de l’industrie, à qui il incombe de mettre en œuvre cette règle en coopération avec l’administration civile, invoque un manque de moyens – en fait un manque de volonté politique. Le Bureau du Contrôleur national remarque dans le rapport que « la non-application de la loi sur ces questions porte atteinte à l’image de l’Etat d’Israël et à son statut dans l’opinion publique internationale, en le présentant comme un Etat qui ne se soucie pas d’appliquer la loi ni de protéger les droits des travailleurs palestiniens au service d’employeurs israéliens en Judée-Samarie.

Sécurité et hygiène des lieux de travail

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La sécurité et l’hygiène dans les zones industrielles israéliennes de Cisjordanie sont à l’extrême limite de l’illégalité, selon l’ancien membre de la Knesset Ran Cohen, qui a piloté un comité parlementaire sur ce sujet. Ce sur quoi le contrôleur national est d’accord. Ses visites dans les zones industrielles de Alei Zahav et de Mesila lui ont fait découvrir :
puce-8130d ECONOMIE l’absence complète de systèmes d’égouts ;
puce-8130d ENVIRONNEMENT l’inadéquation (en cas d’urgences) des routes et des accès aux usines ; – des matériaux et des produits chimiques dangereux qui ne sont pas stockés et traités comme il convient ; `
puce-8130d ISRAEL la pollution de l’air résultant du brûlage des déchets sur le lieu même.

Selon le Contrôleur national, ces anomalies « mettent en réel danger la santé et la vie des ouvriers de la zone industrielle ».

Vol de terres privées palestiniennes

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Les propriétaires d’usines dans la zone industrielle de Mesila, située à l’ouest de la ville de Tulkarem en Cisjordanie septentrionale, se sont emparé d’environ 25 dunams de terres qui étaient la propriété privée de Palestiniens (1 dunam = environ 1000 m2). Bien que les autorités civiles aient eu connaissance de ce vol quand il s’est produit, aucune action rectificative n’a été engagée.

Illégalité généralisée

La remarque du contrôleur national, selon lequel « l’application de la loi est nettement insuffisante dans tous les secteurs examinés » est un euphémisme. Le rapport dresse un tableau fortement révélateur des zones industrielles de Cisjordanie comme étant des lieux de non-droit. Ainsi, toutes les usines de la zone industrielle d’Alei Zahav en Cisjordanie du nord, ont été bâties sans permis de construire. Tous les propriétaires d’usines y emploient des Palestiniens sans se soucier d’obtenir les autorisations requises de l’administration civile israélienne. Les propriétaires d’usines de Mesila ont édifié une barrière de sécurité sur un tracé complètement différent de celui qui avait été administrativement autorisé, et sur des terres confisquées aux Palestiniens. L’administration civile n’a ni renouvelé cet ordre de confiscation, qui expirait en 2005, ni mis à exécution l’ordre de démolition qu’elle avait elle-même émis contre le mur illégal.

Les réponses requises par le Bureau du Contrôleur National démontrent que la totalité de ces graves anomalies étaient déjà bien connues des responsables militaires et gouvernementaux en Israël. »

Et ce sont des israéliens qui le disent… (NDLR)

Source : http://www.alternativenews.org/engl…

(Traduit par Anne-Marie PERRlN pour CAPJPO-EuroPalestine)

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 25 juin, 2012 |Pas de commentaires »
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