DESINFORMATION GLOBALE SUR LES ARMES A URANIUM « APPAUVRI » par http://assopyrophor.org

Désinformation globale

sur les armes à

uranium « appauvri » –

Diapo Florian PIROT sur armes à l'URANIUM APPAUVRI

La pyrophoricité permet de révéler

leur vraie nature.

(Association Européenne PYROPHOR contre les Armes à Uranium « Appauvri »)

Il y a une désinformation globale sur les armes à uranium « appauvri ». C’est celle qui conduit à croire que ces armes sont fabriquées avec l’inoffensif uranium 238, et sont donc peu radioactives. C’est erroné. En effet ces armes sont constituées en majeure partie d’uranium 235 et / ou de plutonium 239, car elles sont fabriquées à partir de l’uranium / du plutonium militaire des bombes atomiques remisées après la signature des traités de désarmement. L’uranium 235 ou le plutonium 239 s’oxyde violemment à l’impact (bien sûr pas de fission atomique en question, sauf peut-être extrêmement marginalement d’où le petit flash lumineux), et ne reste dans les poussières que l’uranium 238 qui l’accompagnait (car il y a toujours 5 ou 20% d’uranium 238 avec le combustible fissile enrichi à un niveau militaire, sans parler de la couche d’uranium 238 qui entoure comme « tampon » la sphère d’uranium / de plutonium militaire et qui est probablement elle aussi réutilisée dans les charges creuses anti-tank).

On peut le démontrer car la fabrication de ces armes exige un matériel PYROPHORIQUE (auto-inflammable), comme spécifié dans les brevets (par exemple ici  « The shot may include an incendiary material such as a pyrophoric material (e.g., zirconium […] depleted uranium) » pour le brevet du missile Hellfire). Les gouvernements, lorsqu’ils sont interrogés sur les armes à uranium appauvri, oublient de mentionner qu’il est incendiaire, et affirment qu’il s’agit du très peu radioactif, et donc peu actif, uranium 238 (voir par exemple ici la réponse du gouvernement de J. M. Ayrault à André Chassaigne). Soit le rédacteur de cette réponse est très très mal informé, soit il est très très bien informé et il sait mentir. Le plutonium, qui est pyrophorique, est capable de chauffer tout seul, il y a de nombreux cas d’incendies accidentels à cause de ça. Un exemple cité dans une publication du laboratoire de Los Alamos :

“Runaway” reactions can occur under fairly routine conditions. In one case, a failed storage package containing a plutonium casting was examined in a glove box, which had a nitrogen-rich atmosphere (less than 3 percent oxygen) normally used for handling plutonium metal. The package remained there for 3 hours after disassembly and initial inspection.When the workers returned to continue their evaluation, they found that the inner container was hot to the touch and its diameter had increased by 50 percent in the region surrounding the casting (Haschke and Martz 1998b). […] The reaction generated excessive temperatures and started under conditions that are considered safe for the routine handling of plutonium.

A-t-on déjà vu un stock d’uranium 238 se comporter comme cela ? C’est la question que je veux mettre au centre de cet article.

Est utilisée de façon militaire, systématiquement dans les armes modernes, la propriété pyrophorique précédemment décrite du plutonium ou de l’uranium 235, sa capacité à chauffer tout seul, afin de fabriquer des armes incendiaires. Cette propriété est corollaire de la nature fissile de ce matériau, car elle n’existe qu’avec les matériaux fissiles. Et après, on nous entraîne à penser que les armes à uranium « appauvri » ne sont pas « nucléaires »…

Source de l'image : Surface and Corrosion Chemistry of Plutonium, John M. Haschke, Thomas H. Allen, and Luis A. Morales, Los Alamos Science, n 26, 2000
PYROPHORICITE DU PLUTONIUM – qui est capable de brûler spontanément au contact de l’air (on le voit ici se changer en braise)  — Source de l’image : Surface and Corrosion Chemistry of Plutonium, John M. Haschke, Thomas H. Allen, and Luis A. Morales, Los Alamos Science, n 26, 2000

A-t-on déjà vu de l’uranium 238 brûler spontanément au contact de l’air ? C’est de l’uranium 235 que l’on utilise dans les bombes, ou du plutonium, car eux seuls ont cette propriété qui permet de traverser les blindages et tuer aussi efficacement.

Et ces faits sont prouvés par la nature de l’uranium que l’on retrouve en Irak et ailleurs : non seulement de l’uranium 238 (héritage comme je le dis de la « combustion incomplète » du mélange d’uraniums) mais de l’uranium 236, produit de fission, de l’uranium 235 et du plutonium 239 ! Les relevés en Irak d’Axel Gerdes, minéralogiste de l’université de Francfort, sont par exemple révélateurs. Dans un autre article, j’ai expliqué l’importance de l’uranium 236 comme marqueur de fission. J’ai aussi expliqué dans un autre article qu’on pouvait comparer les bombes à uranium « appauvri » à des tirs nucléaires froids.

Il faudrait donc en droit international considérer la pyrophoricité comme étant du même ordre que la fission nucléaire car, tout comme la fission nucléaire, elle n’appartient qu’aux noyaux fissiles. Et les gouvernements qui diffusent des informations erronées sur la fabrication de ces armes doivent être condamnés ! car ils mettent en danger la vie de milliers de soldats et de millions de civils à proximité des champs de bataille. Il suffit de comprendre que l’uranium est utilisé à des fins incendiaires et que les gouvernements refusent même, dans l’ensemble, de reconnaître cela – il y a mise en danger de la vie d’autrui.

Ma prochaine action sera de tenter de faire admettre qu’on utilise dans les bombes l’uranium « appauvri » à des fins incendiaires, de combattre pour la reconnaissance des effets « pyrophoriques » de ces armes – c’est tout le sens que j’ai voulu donner à mon action en appelant mon association « PYROPHOR ».

Et d’ailleurs, pourquoi ce terme d’ « appauvri » ? En fait c’est une traduction de l’anglais « depleted », qui signifie « appauvrir les stocks » en anglais. Penser que cela signifie forcément « appauvri en uranium 235″ est une surinterprétation, qui profite bien à ceux qui dissimulent la vérité sur ces armes. Le « stock » auquel fait référence l’expression, dans le contexte de la Guerre froide lors duquel a été inventée cette expression, c’est le stock d’uranium militaire enrichi à plus de 80%, qui est régulièrement renouvelé (car après un certain temps l’uranium militaire est considéré comme « périmé » même s’il est toujours enrichi au même niveau) et qui a été « déstocké » après la Guerre Froide. Il suffit de relire tous les documents militaires, les brevets et autres protocoles, à la lumière de cette nouvelle définition, pour comprendre le véritable « cycle de vie » de cet uranium ou de ce plutonium militaire.

Et dans la mesure où l’usage de ces armes constitue un détournement de matières fissiles, il est condamnable sous le chapitre 7 du traité Euratom, avec des sanctions, applicables par la Commission européenne, qui peuvent aller jusqu’à la mise sous tutelle des entreprises impliquées dans le détournement. C’est la suite de mon combat.

http://assopyrophor.org/2015/05/10/desinformation-globale-sur-les-armes-a-uranium-appauvri-la-pyrophoricite-permet-de-reveler-leur-vraie-nature/

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 11 mai, 2015 |1 Commentaire »

LE TYPHON NEOGURI AVANCE VERS FUKUSHIMA: QUE VA-T-IL SE PASSER ? (Thierry LAMIREAU/lesoufflecestmavie.unblog.fr)

Le typhon NEOGURI

avance vers FUKUSHIMA:

adsl TV 2014-07-09 20-15-26 France 2 HD

Que va-t-il se passer ?

(Thierry LAMIREAU)

Un typhon de plus sur le JAPON  mais celui-ci n’a pas l’air très sympathique !

Que va-t-il se passer lorsqu’il survolera FUKUSHIMA ?

En tout cas, il y aura au moins

une catastrophe certaine

au JAPON avec ce typhon:

FUKUSHIMA vers une contamination planétaire

Il remet obligatoirement en suspension toutes les particules radioactives et chimiques déposées sur le pays !

C’est évidemment une très mauvaise nouvelle pour la santé, déjà fragile, de certains japonais parce que déjà irradiés et contaminés.

Petit supplément pour la planète:

En outre, ces particules chimiques et radioactives vont faire plusieurs fois le tour de la planète pour en faire « profiter » tout le monde.

Alors on dit quoi ?

Merci le nucléaire !

La catastrophe de FUKUSHIMA est toujours en marche…et pour des millions d’années…pour l’éternité à l’échelle humaine !

Thierry LAMIREAU

Réalisateur du film « URANIUM EN LIMOUSIN »

lesoufflecestmavie.unblog.fr

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 10 juillet, 2014 |Pas de commentaires »

LES CHAISES VIDES DU CERN (http://lonelychairsatcern.tumblr.com)

Les chaises vides du CERN

(http://lonelychairsatcern.tumblr.com)

Best of lonely chairs

in the largest laboratory

of particle physics

in the world !

Chaise au CERN

Le meilleur

des chaises solitaires

dans le gigantesque laboratoire

de physique des particules

du CERN

L’Organisation Européenne pour la Recherche Nucléaire, aussi

appelée Laboratoire Européen pour la Physique des Particules et

couramment désignée sous l’acronyme CERN, est le plus grand

centre de physique des particules du monde.

#lonelychairsatcern white chair with white garbage #b16 #CERN
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#lonelychairsatcern corridor chair and light from an open office #b15 #CERN
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#lonelychairsatcern chair, cables, and cable reel #b354 #cables #CERN
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#lonelychairsatcern chair at the window with coffee cup in the theory division #b4 #TH #CERN
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#lonelychairsatcern chair close to the Proton Synchrotron #PS #b152 #CERN
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#lonelychairsatcern tilted chair in the grass of the #R2 parking #CERN
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#lonelychairsatcern chair and stool under the sun #b6773 #CERN
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#lonelychairsatcern #b500 #s201 lonely chair under the main building #CERN
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#lonelychairsatcern chair with plant #b40 #CERN
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#lonelychairsatcern chair on top of the elevator shaft, 100 meters above #CMS, #b3578 #SDX5 #LHC #CERN
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#lonelychairsatcern chair in a limited stay radiation area #b150 #CERN
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#lonelychairsatcern glamour chair with regular chair at the #CMS tent #p5 #CERN
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#lonelychairsatcern Chair in jail #b354 #R-431 #CERN
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#lonelychairsatcern #B18 Fire extinguisher, ashtray, and chair
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Lonely chairs at CERN does not accept submissions, it is a personal tumblr. However, this picture is too good not to post, scary (scared?) chair in the green pipes #lonelychairsatcern
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#lonelychairsatcern #B3562 the mystical chair inside the shower room in #p5 #CMS #LHC #CERN
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#b3582 #SUX5 #lonelychairsatcern chair behind green walls #p5 #CMS #CERN
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#lonelychairsatcern #b150 #linac lonely chair close to the radiation sign #CERN
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#lonelychairsatcern #b3562 #YSLAC00221 Lonely stool in restricted area #CMS #CERN (too many lonely chairs, too little time)
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#lonelychairsatcern #B150 #LEIR Balcony
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And another one #lonelychairsatcern #b3562 R-403 #CMS #p5 #LHC #CERN
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#lonelychairsatcern with a piece of the#CMS #Solenoid #p5 #tent
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Building 249 #CERN #Tension with the classic solitary vintage chair
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I think I will start a series: #LonelyChairsAtCern #B354 #CERN #Chair
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Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 19 mai, 2014 |Pas de commentaires »

LE PROJET CIGEO D’ENFOUISSEMENT EN PROFONDEUR DES DECHETS NUCLEAIRES A BURE: UN CRIME CONTRE LA BIOSPHERE (Hans ZUMKELLER…pseudonyme)

Le projet CIGEO d’enfouissement en profondeur

des déchets nucléaires à BURE :

Comment

l’aventurisme des nucléocrates

s’apprête à

engager la France

dans un désastre

sans précédent

qui pourrait bien,

un jour,

être qualifié

de crime contre la biosphère

AAAAAAAA

par Hans ZUMKELLER

(pseudonyme)

Je me présente. Je travaille depuis longtemps au CEA dans le secteur de la thermique. C’est-à-dire autour de tout ce qui tourne autour de la production de vapeur, des turbines, de leur couplage avec les alternateurs. Mes responsabilités s’étendent également dans le domaine de la sécurité et du refroidissement des coeurs en cas d’arrêt d’urgence.

J’ai également participé à des études concernant la circulation du sodium fondu dans les réacteurs à neutrons rapides. J’ai un poste de chef de service. Mais je n’ai pas de responsabilités dans le domaine de la neutronique, de la tenue des matériaux face à leur irradiation, de leur fragilisation, du retraitement, du comportement des nouveaux combustibles, etc. Mes connaissances d’ancien élève d’une des plus prestigieuses Grandes Ecoles françaises font que j’ai a priori plus de moyens pour aborder les problèmes qu’un simple technicien. A la différence de nombreux collègues, ma curiosité foncière fait que j’ai acquis au fil des ans un ensemble de connaissances couvrant pas mal de domaines, même si je ne les couvre pas tous.

Immédiatement, tout le monde comprendra que je ne saurais m’exprimer en dehors de la protection par un pseudonyme. La réaction serait immédiate. Ceci étant, nombre de collègues ont un point de vue identique au mien, ou très voisin, et gardent le silence. Il est rare que nous en parlions entre nous, de  façon directe. A notre niveau, qui est celui de responsables importants de la filière, je dois convenir que les problèmes sont plutôt évoqués dans notre milieu, fermé, à mots couverts ou sous forme de plaisanteries. Prudence exige.

Voici mon point de vue. S’agissant de stockage souterrain il y a deux types de stratégies. Soit on se propose d’entreposer sous terre des éléments qu’on pourrait qualifier de « passifs », comme par exemple de l’amiante, soit il s’agit de déchets « actifs », qu’il s’agisse de déchets issus de l’industrie chimique ou de l’industrie nucléaire.

Cette « activité » peut s’entendre sous deux points de vue. Des déchets « actifs » peuvent simplement évoluer. Constitués de « colis » composites, leurs contenus les plus toxiques et dangereux peuvent se trouver libérés, du fait de la dégradation de leur système d’entreposage, ou parce que leur évolution donne naissance à des sous produits capables de migrer plus facilement. On pense évidemment à l’émission de substances sous forme gazeuse.

20070403-151331.BMP

(Photo: Déchets radioactifs et chimiques

Mine d’uranium de Bellezane

BESSINES-Haute-Vienne

Thierry LAMIREAU)

Le stockage souterrain, sur le long terme, est toujours dangereux, parce que peu accessible et donc très difficile à contrôler[1]. Un mouvement de terrain, le développement de fissures, l’extension d’un réseau phréatique peut entraîner une pollution irréversible, extrêmement dommageable pour la santé de personnes, sur des superficies considérables[2].

L’entreposage souterrain de déchets nucléaires entre sans équivoque dans la catégorie de la gestion de déchets très actifs. On sait par exemple que les déchets constitués par de la matière plastique se décomposent en produisant de l’hydrogène. Ces molécules, les plus petites qui soient, passent au travers de n’importe quoi. Cela n’est qu’une question de temps.

Le danger majeur de l’entreposage envisagé à Bure, dans le cadre du projet CIGEO, est le confinement très important qui y est envisagé. Dans un confinement souterrain émerge immédiatement un problème fondamental. Les liquides conduisent mieux la chaleur que les gaz, et c’est la raison pour laquelle on procède à un préstockage des éléments les plus chauds,  issus du déchargement de coeurs, dans de l’eau, pendant des années quand le combustible est de l’uranium, temps qui atteindra 50 à 60 années pour le combustible MOX[3], où l’éléments thermogène est le plutonium. Dans les solides, tout mouvement de convexion est par définition impossible et, si on excepte les métaux,  ce sont les milieux les moins conducteurs de la chaleur qui soient.

Ainsi toute alvéole, toute galerie contenant des colis dégageant de la chaleur est susceptible de se transformer en four.

Il y a d’ailleurs une sorte de dérision consistant à présenter l’opération ultime de stockage sous la forme d’alvéoles munies d’opercules scellées par des briques de bentonite, laquelle a la propriété de se dilater en absorbant l’eau[4]. . Comme si on s’imaginait qu’en logeant des débris à longue durée de vie de cette manière très compacte, on s’en protégerait au maximum.

S’agissant de « réversibilité », si la bentonite se dilate en présence d’eau, elle libérera en revanche son contenu aqueux en cas de chauffage intempestif. Ainsi  cette idée de scellement durable est-elle sujette à caution. Elle a plutôt été proposée par des gens habitués aux travaux de tunnellerie, où le problème d’un chauffage subit ne se pose évidemment pas, et cette idée a aussitôt été considérée comme providentielle par ceux qui tiennent à ce que ce projet d’enfouissement des déchets nucléaires aboutisse rapidement, coûte que coûte (et « quoi qu’il en coûte » au contribuable).

Selon ce projet de stockage dans une configuration de facto confinée, et n’importe quel ingénieur thermicien le confirmerait immédiatement, le moindre dégagement de chaleur, même s’il ne s’agit pas d’une explosion brutale, transformerait un logement, nécessairement exigu, en four.

20070403-151405.BMP

(Photo: Fût radioactif dans des boues radioactives

Mine d’uranium de JOUAC

Thierry LAMIREAU)

Dans cette optique, les systèmes de stockage et de confinement envisagés deviennent dérisoires. Le verre, par exemple, donne une image de stabilité, à l’échelle d’âges géologiques. Toutes les mers du monde contiennent des verreries qui ont gardé leurs propriétés et leurs géométries au fil de millénaires. Et cela est encore plus visible quand leur entreposage a été effectué dans de l’air, dans des nécropoles. Ce qui a ainsi « tenu » pendant des milliers d’années semble présenter l’assurance de tenir pendant des dizaines de milliers d’années, voire plus.

Cela se joue ainsi en termes de produit de solubilité. Quand la structure est cristalline, l’assurance de pérennité est encore accrue. Pour reprendre le titre d’un film de James Bond : «  les diamants sont éternels[5] ». Des diamants se révéleront inaltérables dans de l’eau de mer, comme « le coeur de l’océan », du film « Titanic ». Il en est de même pour l’inaltérabilité de certains métaux, comme l’or, absolument intacts après des milliers d’années en immersion. Sur le plan chimique, l’or, les diamants sont insolubles dans l’eau, dans les acides et dans les bases.

Mais la stabilité chimique, l’insolubilité ne sont pas les seuls critères à prendre en compte. Bien qu’il soit exclu d’envisager de stocker des déchets dangereux dans des enveloppes de diamant, ou d’or, on trouvera aisément que le diamant brûle à une température dépassant 600 à 800°C. Quant à l’or, il fond à mille degrés, ce qui est une température aisément obtenue dans le four le plus sommaire.

Revenant à la question du stockage des déchets nucléaires, on sait que la longévité des classiques bidons métalliques est de brève durée, vis à vis des temps à prendre en compte, au bout desquels leurs contenus peuvent être considérés comme inoffensifs.

A terme, ils se corroderont. Et c’est encore pire quand ils sont au contact de l’eau (immersions dans la Manche, stockage dans la mine de sel allemande d’Asse, victime d’une infiltration issue de sa fissuration sous l’effet de contraintes mécaniques, liées au creusement des galeries ).

Ne parlons pas du bitume, qui s’enflamme à 300° et se ramollit au dessus de 60°. Le béton constitue lui aussi une protection illusoire. Ce composé n’est pas stable. Il ne faut pas oublier que le béton est le produit d’une réaction d’hydratation. Quand il est armé par des tiges de fer, ces armatures internes ne sont pas à l’abri d’une oxydation. L’oxydation entraîne une dilatation des tiges, donc la fragilisation des structures (on parle alors de « cancer du béton »). Quand on pense au stockage souterrain, qu’adviendra-t-il des arceaux de soutènement des très nombreuses galeries, que ceux ci soient métalliques ou en béton armé ?

Revenant sur la tenue en température, se pose alors la question du conditionnement des déchets à vie longue, les plus dangereux, dans leurs sarcophages de verre.

La question du « point de fusion du verre » ne se pose pas, car le verre, amorphe, « non cristallin », n’est pas un solide au sens strict du terme. On a pu lire qu’on avait mesuré un affaissement de certains éléments de vitraux, dus à la gravité. Mais tout cela est lié au mode de fabrication. Le verre possède une certaine viscosité. Mais à la température ordinaire, la géométrie des verres ordinaires n’évolue pas, même à l’échelle de temps géologiques, même sur des milliards d’années. Ce conditionnement, si on vise une dispersion minimale semble donc optimal, s’ajoutant à une très faible solubilité dans l’eau et à une excellente résistance aux attaques chimiques.

DECHETS NUCLEAIRES

Reste son point faible : sa faible tenue thermique.

Le verre se comporte comme un fluide à une température  de 1400-1600°C, toujours aisément atteignable dans un four. Par four il faut entendre un dispositif à l’intérieur duquel de la chaleur est dégagée, et ne peut que très difficilement être évacuée vers l’extérieur[6]. La conductivité de l’argillite callovo-orxfordienne est faible.

Les renseignements que l’on peut trouver[7] ne sont pas très abondants, concernant les résultats des expériences concernant la tenue thermique de cet environnement argileux. Par contre on lit qu’au moment de leur enfouissement les colis dégageront des flux thermiques allant de 200 watts, jusqu’à 500 et 700 watts pour ceux qui contiennent des déchets issus des coeurs ou du retraitement.

C’est absolument énorme.

URANIUM 17

Dans ce même document, on dit que le contrôle thermique devra être assuré de telle façon que la température de l’argile se maintienne en dessous de 70 à 90°C pour éviter tout remaniement structural, à l’aide d’une ventilation[8]. En d’autres termes le matériau dans lequel on envisage d’opérer cet enfouissement est foncièrement instable vis à vis de la température. Or 90° sera une température aisément atteinte si la réfrigération des galeries et même des alvéoles n’est pas assurée pendant un temps suffisant.

Il y a a priori deux sources d’échauffement possibles. Celles issues des décompositions radioactives, qui sont calculables et celles, accidentelles, qui découleraient de l’inflammation d’hydrogène dégagé au fil de la décomposition de matières plastiques, qui ne sont ni calculables, ni prédictibles, ne serait-ce que parce qu’on ne dispose pas d’un inventaire précis des contenus de chaque colis scellé.

Revenons à cette question de la tenue thermique des « colis ». 

C’est là que le bât blesse, ce me semble. Si des containers en verre massif présentent une bonne garantie à la température ordinaire, il n’en est pas de même dès que la température monte de quelques centaines de degrés. Dans une verrerie, on travaille ce matériau à des températures allant de 400 à 600°. Le verre se présente alors sous la forme d’une pâte visqueuse, malléable. A partir de 1400°, c’est un fluide. Ces températures seront aisément atteintes dans une structure confinées et isolée thermiquement, donc dans une alvéole ou galerie.

A propos du béton, sa tenue thermique est également limitée[9]. A une température de 700 à 1000° le béton s’écaille. On dit même « qu’il se pèle comme un oignon ».

S’ajoute un phénomène de choc thermo-hydrique, qui fait que le béton « explose littéralement ». On en a des témoignages récents  après examens d’incendies dans des tunnels. Lire le très intéressant document cité en référence, illustré par des photos très suggestives[10]. Empressons-nous de préciser que ces dégagements de chaleur, accidentels, ne correspondent qu’à des phénomènes de brève durée.

En règle générale, le béton se décompose chimiquement au delà de 1100° ce qui est une température relativement basse[11]. Il se … déshydrate, tout bêtement et, lorsqu’on s’est livré au CEA à des simulations de pénétration d’un « corium » au travers d’un radier de béton ( dont l’épaisseur est de 8 mètres à Fukushima ) les bulles qu’on voyait apparaître à la surface n’étaient autres que de la vapeur d’eau.

PS PROGRAMME

Ces considérations rapides font que la conclusion s’impose, vis à vis d’un projet comme CIGEO. Le seul système de stockage tout à la fois actuellement praticable et politiquement responsable est un stockage en surface, qui permet une évacuation illimitée de calories, à un rythme élevé et continu, par convexion, sans risque de surchauffe accidentelle, avec accessibilité garantie.

Le stockage en milieu confiné, qui ne permet d’évacuer cette chaleur, en l’absence de moyens mis en oeuvre avec dépense d’énergie (ventilation) que par conduction est par essence dangereux, surtout quand le dégagement thermique peut s’avérer brutal, lors d’explosions, pouvant engendrer des fissurations, la destruction d’un système de ventilation, l’endommagement d’un puits, de galeries d’accès.

Des fissurations résulteront également du creusement de nombreuses galeries, comme cela a été le cas à Asse, en Allemagne[12].

L’argillite a les défauts de ses qualités. C’est un matériau très hétérogène, d’un niveau de cristallinité faible. Cela le dote de faibles qualités mécaniques. Il se désagrège dans l’eau. Son étanchéité n’est ainsi nullement garantie, avec des épaisseurs aussi faibles ( 130 mètres ), situant ce filon entre une couche de calcaire oxfordien en partie supérieure et une couche de calcaire dogger en partie inférieure[13]. Les couches calcaires qui entourent cette fine couche d’argile se prêtent à l’apparition d’une structure karstique. A la moindre pénétration d’eau dans le système de galeries, par le haut, aussi minime que puisse être une fissure, de quelque origine que ce soit, celle-ci donnerait rapidement passage à un flux liquide par phénomène de « puits de Fontis[14] » ( érosion vers le haut ).

URANIUM 3

(Photo: Coeur d’une centrale nucléaire / EDF / CEA)

En règle générale, la production électronucléaire, outre sa dangerosité et l’impossibilité de démanteler les installations, représente une erreur technologique de notre temps.

L’accumulation de déchets ingérables, d’origine nucléaire, s’inscrit dans l’ensemble des activités humaines, dans la mesure où celles-ci se sont résolument écartées de toute idée d’équilibre naturel. Ce n’est que très récemment, dans notre histoire, que l’humanité a forgé l’expression, le label du « bio-dégradable ».

Tout ce que produit la nature est par essence biodégrable, depuis les excréments, les rejets gazeux, jusqu’aux structures pourrissantes. Les incendies, la respiration des animaux produisent du CO2, qui est recyclé par les plantes. Les tissus animaux ou végétaux sont transformés par des créatures nécrophages, à toutes les échelles. Une infinité de mécanismes sont en place qui débouche sur une régulation, un équilibre de la biosphère, qui avait fait ses preuves jusqu’à l’apparition de l’homo technologicus.

L’espèce humaine, longtemps négligeable à l’échelle de la planète, génère aujourd’hui des nuisances dans tous les domaines, est la source de tous les déséquilibres, et va faire sombrer le navire « Terre » à moins qu’elle n’apprenne au plus vite à se réguler elle-même. Elle réduit, comme le dit Bourguignon, l’agriculture au niveau de la gestion d’une pathologie végétale, l’agriculteur moderne ayant tué toute vie sous la surface du sol qu’il entend exploiter.

L’homme, outre la surexploitation qu’il en fait, a empoisonné ses océans, ses rivières, ses lacs et bientôt son atmosphère. Le monde de la consommation et du profit est aussi celui du superflu, du périssable, de l’obsolète, synonymes de gâchis et de mauvaise gestion.  En jouant dangereusement avec la génétique l’homme risque d’endommager le patrimoine génétique de la planète, dans tous les règnes, en réduisant comme peau de chagrin un élément régulateur indispensable de la biosphère : sa biodiversité naturelle.

L’homo technologicus est un accumulateur de déchets de longue durée de vie. Les déchets de l’industrie nucléaire ne font qu’étendre la gamme des déchets en tous genres. La caractéristique des déchets nucléaires est leur capacité de dispersion planétaire, par voie aérienne, ou en utilisant poissons et animaux comme vecteurs. Une autre caractéristique est leur dangerosité à dose infinitésimale (le plutonium) et leur durée de vie considérable. Aucun agent biologique ou chimique ne peut les dégrader.

URANIUM 11

(Photo: barres de combustible nucléaire / CEA)

L’idée d’entreposer des déchets dont la durée de vie se chiffrerait en milliers de générations humaines dans des galeries ajoute le risque d’une contamination de la croûte terrestre, sur des étendues que personne aujourd’hui ne saurait suspecter, du fait des incontrôlables circulations phréatiques, si ce système venait à se développer, comme on peut le craindre s’il est donné suite au projet CIGEO, pour de simples et évidentes raisons de profits et pour enlever des pieds des nucléocrates cette épine appelée « déchets ».

Si la dangerosité des matières nucléaires est à craindre, une solution consisterait non à les placer sous la surface du sol, mais dans des grottes, accessibles, taillées à flancs de falaises, légèrement surélevées pour mettre leur contenu hors d’atteinte d’une inondation, naturellement ventilées et placées sous bonne garde. Il ne pourrait s’agir que d’une façon de gérer les actuels déchets, non d’y stocker des déchets d’une activité nucléaire qu’on entendrait poursuivre. Sur ce plan, bien « qu’étant de la maison » et y ayant fait toute ma carrière (je suis à quelques années de mon départ en retraite) je rejoins totalement l’ex-responsable américain de l’équivalent de l’Autorité de Sûreté Nucléaire française, à Savoir Gregory Jaczko, qui fut de 2010 à 2012 responsable du NRC américain (Nuclear Regulatory Commission). Pour lui, comme pour une quantité d’autres, dont je fus, la catastrophe de Fukushima joua un rôle de révélateur. Dans une vidéo[15], il déclare sans ambages :

Bure-1

Enfin il est stupéfiant de voir des scientifiques tabler sur des conditions d’évolution d’un ensemble technologique, sur des durées qui sont des deux ordres de grandeur supérieures à l’âge de notre technologie d’aujourd’hui.

Je rappelle que le Néo-Zéalandais Ernest Rutherford découvrit l’atome en 1905, il y a 111 ans à peine.

En un demi-siècle la technologie nucléaire a pris son essor, le prétexte initial étant militaire[16]. En un demi-siècle, avec l’avènement d’un premier plasma de fusion, sur la machine anglaise JET de Culham, les températures de notre technologie ont fait un bon d’un facteur 10.000.

En 2005, dans le laboratoire Sandia, Nouveau Mexique, une température de trois milliards de degrés ayant été obtenue, c’est un nouveau gain de 3 109 / 1,5 108 qui a été obtenu, ce qui correspond à un facteur 20, par rapport aux températures visées dans les machines à fusion. Selon le spécialistes de ces types de compresseurs électromagnétiques cette température ne serait nullement limitée au sens où, par opposition à la fusion[17] envisagée sur ITER, les instabilités, la turbulence électromagnétiques accroissent la température obtenue en fin de compression, comme la turbulence le fait dans les cylindres de nos automobiles, alors que dans les tokamaks comme ITER cette turbulence, prenant le nom de disruption, fait s’effondrer la température en un millième de seconde.

Non seulement ce nouveau progrès, traduit par cet accroissement des températures ouvre la voie à une fusion directement électrogène aneutronique, ne produisant pas de neutrons et, comme déchet, de l’hélium le plus ordinaire, mais l’obtention de ces ultra-hautes températures débouche sur une technologie nucléaire totalement différente de celle que nous connaissons actuellement. Il ne faut pas oublier, quand on est confronté à des déchets moléculaires toxiques, que les solutions ultimes envisagées impliquent des élévations de température et des modification de la pression, de manière à inciter ces substances toxiques à se muer en espèces plus stables et non toxiques.

URANIUM 9

(Photo: Wagons de déchets radioactifs

Surveillance militaire / ASN / CEA)

La physique nucléaire n’est rien d’autre qu’une chimie des noyaux, dont nous sommes très loin d’avoir fait le tour, un peu comme des primitifs qui, ayant inventé le feu, seraient à mille lieues d’imaginer ce que la chimie pourrait réserver à leurs descendants.

C’est grâce à la catalyse que sont réalisées nombre de synthèses chimiques de notre temps.

Ces sont les états métastables qui ont donné naissance au laser. L’électrochimie a donné naissance aux piles, aux accumulateurs, aux techniques électrolytiques. La physique quantique, ignorée au début du siècle dernier, a engendré la supracondution, la semi-conductivité, et nombre de techniques impensables jusque là, défiant toute logique. La mise en oeuvre de lois comme celle de Le Châtelier ont permis de diriger des réactions chimiques vers des buts précis.

Pourquoi cette « chimie nucléaire » serait-elle moins riche que la chimie dite « minérale » ?

C’est la réelle maîtrise de cette moderne « chimie des noyaux » qui, en mettant en oeuvre des mécanismes qui, à haute température permettront d’orienter les processus de transmutations, rendront possible de réellement retraiter ces dix millions de tonnes de déchets nucléaires dont nous ne savons que faire, que nos descendants, quand ils sauront maîtriser ces technologies, peut-être dans moins d’un siècle au train où vont les choses, seront alors bien en peine de récupérer, si nous décidons de donner suite à ce projet de stockage profond, qui risquerait de conduire à la plus grande catastrophe environnementale de tous les temps, rigoureusement irrémédiable qui, un jour peut-être sera qualifiée de crime contre la biosphère.


[1] Le concept de “réversibilité”, ajouté au projet CIGEO, fait sourire l’ingénieur que je suis. Ca n’est qu’un voeu pieux.

[2] Je n’ai pas été sans noter que le filon callovo-oxfordien où se situe le projet CIGEO présente un pendant de plus d’un degré en direction du nord ouest, c’est à dire du … Bassin Parisien.

[3] Je remarque au passage que CIGEO n’a nullement été conçu pour stocker les déchets qui seront issus du MOX (combustible nucléaire constitué d’environ 7 % de plutonium et 93 % d’uranium appauvri).

[4] La bentonite est très largement utilisée dans les travaux de construction, le forage des tonnels, du fait de sa capacité de colmatage et d’étanchéification de coffrages. http://fr.wikipedia.org/wiki/Bentonite

[5] Du moins sur des échelles de temps considérable. En effet le diamant tend à se transformer en graphite, qui est une forme carbonée plus stable, mais en un temps excédant l’âge de l’univers.

[6] La conductivité thermique de l’argillite du callovo-oxfordien du site d’enfouissement de Bure est de 1,3 à 2,7 W/m/°K. Source :http://fr.wikipedia.org/wiki/Laboratoire_de_Bure#S.C3.A9lection_du_site_de_Bure

[8] Pendant combien de temps et sur la base de quelle source d’énergie?

[11] Source : Bruno Tarride, professeur à l’Institut National des Sciences et Techniques Nucléaires : Physique, fonctionnement et sûreté des réacteurs à eau pressurisée. Maîtrise des situations accidentelles du réacteur.http://books.google.fr/books?id=4cU2AAAAQBAJ&pg=PA213&lpg=PA213&dq=tenue+en+température+du+béton%2Bcorium&source=bl&ots=_MluGEb8x_&sig=gx5sp-pEbVPuTfkOp-g3NP2SUPw&hl=fr&sa=X&ei=Bu_XUrSpNqTI0AXduYHoAw&ved=0CE8Q6AEwBQ#v=onepage&q=tenue%20en%20température%20du%20béton%2Bcorium&f=false

[12] Les experts avaient assuré que ce dôme de sel présentait une stabilité garantie sur des millions d’années, conclusion chaudement approuvée par le député Bataille. Certes, … à condition de ne pas créer des trous dedans ! Il en est de même pour le filon d’argile de Bure, considéré comme stable “depuis cent millions d’années”, sans ses futures galeries…

[16] Il en est hélas de même, aujourd’hui, pour le développement de la fusion aneutronique, sous le couvert du secret défense, au USA et en Russie.

[17] La fusion deuterium-tritium n’est qu’une réaction de fusion parmi une foule d’autres. C’est simplement celle qui nécessite la température la plus basse.

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 14 mai, 2014 |Pas de commentaires »

UNE CEINTURE DE MISSILES DEPLOYEE AUTOUR DE MOSCOU (RIA Novosti)

Une ceinture de missiles

déployée autour de Moscou

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Rossiïskaïa gazeta

© RIA Novosti. Dmitri Korobejnikov

MOSCOU, 29 avril – RIA Novosti
Le régiment de défense antiaérienne de Zvenigorod est opérationnel pour défendre le ciel au-dessus de la capitale russe, selon les propos de son commandant rapportés récemment par le quotidien Rossiïskaïa gazeta.

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Ce déploiement a été rendu possible par la réception du tout dernier système de défense antiaérienne S-400 et du complexe Pantsir-S1 par le régiment, ainsi que le suivi d’une formation au centre d’entraînement des troupes de défense aérospatiale pour leur utilisation.

Alexeï Zolotoukhine, colonel de l’état-major des troupes de défense aérospatiale, a déclaré que les spécialistes avaient suivi une formation active sur le simulateur unique Tembr-M. Il a permis aux instructeurs de simuler en temps réel la situation « associée »à des coordonnées géographiques concrètes. Sans quitter la région de Moscou et opérant uniquement sur une carte numérique, le personnel a appris à abattre des cibles aériennes dans toute région du globe, sachant que le logiciel changeait constamment le nombre de cibles, leur altitude et vitesse de vol – divers facteurs compliquaient encore le travail des militaires. Quant aux lancements réels, les officiers de Zvenigorod se sont entraînés au polygone Kapoustine Iar dans la région d’Astrakhan.

Les systèmes S-400 et les complexes Pantsir-S1 ont été reçus par le régiment en mars 2014 pour renforcer la défense antiaérienne de la capitale et de la région industrielle du Centre de la Russie.

Désormais, le ciel de la capitale est protégé par trois régiments de défense antiaérienne armés de missiles sol-air de dernier cri.

L’installation d’un immense bouclier antiaérien est destinée à protéger efficacement les organismes publics, les QG militaires et les principaux centres scientifiques et industriels aux abords de la ville. Les militaires expliquent que le dispositif couvrira quatre secteurs répartis en fonction de l’altitude et de la distance. Chaque secteur sera couvert par les unités de défense antiaérienne et antimissile, dotées d’un arsenal moderne dont le système S-400 sera la base dans les années à venir.

Les résultats des essais sur le polygone Kapoustine Iar mettent en évidence les performances de ces armes : le complexe S-400 (désignation OTAN SA-21 Growler) a réussi à abattre une cible se déplaçant à 2 800 m/s, et avec un autre missile à atteindre une cible à 56 km d’altitude. Les performances du S-400 sont vraiment impressionnantes.

Aucun système de défense antiaérienne étranger n’est capable aujourd’hui de traiter à la fois 12 cibles dans un rayon de 400 km – et à terme dans l’espace.

Plus d’une vingtaine de complexes antiaériens Pantsir-S1 seront déployés autour de Moscou. Ils assisteront les divisions de S-400 et assureront leur couverture. De cette manière, la sécurité du ciel moscovite sera assurée par un groupe de défense sol-air mixte à longue (plus de 200 km) et à courte portée (jusqu’à 20 km).

Les experts affirment qu’avec les S-300, S-400, Pantsir, et à terme les S-500, la défense aérospatiale de la Russie bénéficiera d’un système multifonctionnel, circulaire et échelonné de couverture de la ville, qui pourrait même protéger Moscou contre des attaques depuis l’espace.

Missiles sol air RUSSESMissiles sol air RUSSE 2

Missiles sol air RUSSE 3

http://fr.ria.ru/presse_russe/20140429/201093932.html
Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 12 mai, 2014 |Pas de commentaires »

ACCOYER ET LARCHER: NON A LA REDUCTION DU NUCLEAIRE, OUI A LA RECHERCHE SUR LE GAZ DE SCHISTE ! LES INCONSCIENTS SONT DE SORTIE. (AFP/Thierry LAMIREAU/lesoufflecestmavie.unblog.fr)

ACCOYER et LARCHER:

AAAAAAAA

(Photo: Bernard ACCOYER)

ACCOYER ET LARCHER: NON A LA REDUCTION DU NUCLEAIRE, OUI A LA RECHERCHE SUR LE GAZ DE SCHISTE ! LES INCONSCIENTS SONT DE SORTIE. (AFP/Thierry LAMIREAU/lesoufflecestmavie.unblog.fr) dans REFLEXIONS PERSONNELLES gerard-larcher-senat-president_306

(Photo: Gérard LARCHER)

Nucléaire pas de danger

Non à la réduction du nucléaire,

oui à la recherche sur le gaz de schiste

FUKUSHIMA vers une contamination planétaire

Bernard ACCOYER et Gérard LARCHER, ex-présidents UMP de l’Assemblée et du Sénat, proposent d’une seule voix de renoncer à réduire la capacité électro-nucléaire française et d’autoriser les recherches sur le gaz de schiste.

Dans une tribune publiée fin avril 2014 par l’Express.fr, les deux ténors de l’opposition demandent à François Hollande un vrai Pacte de Responsabilité.

Progressivement, la crise mondiale de 2008 tend à ne laisser malheureusement qu’une crise franco-française, écrivent le député et le sénateur.

Au-delà des économies décidées par l’exécutif, il faut s’attaquer à notre principale faiblesse, celle de notre production et de notre compétitivité, ajoutent-ils en détaillant leurs propositions.

Notre compétitivité s’est gravement dégradée depuis 2000, c’est-à-dire depuis les 35 heures, levons ce carcan, plaident-ils.

Ajustons l’âge légal du départ à la retraite sur l’espérance de vie, demandent aussi les élus de Haute-Savoie et des Yvelines.

Déclarons un moratoire sur les seuils et les dépenses nouvelles, sur les prélèvements fiscaux et les normes, poursuivent-ils.

Tous deux veulent une vraie réforme de notre organisation territoriale, privilégiant le développement économique.

Revenons sur l’incompréhensible réduction programmée de nos capacités électro-nucléaires alors qu’elle augmentera immanquablement le prix de l’électricité et les rejets de gaz à effet de serre. Autorisons la recherche pour les gaz de schiste, au moins pour en évaluer les réserves, réclament-ils.

Tout cela ne coûte rien. C’est juste le Choc de Compétitivité dont la France a tant besoin. Encore un effort, Monsieur le Président, si vous aviez ce réalisme, alors vous trouveriez une majorité pour voter ce programme qui correspondrait à un vrai Pacte de Responsabilité, concluent les deux responsables UMP.

(©AFP / 29 avril 2014 12h47)  BERNARD ACCOYER dans REFLEXIONS PERSONNELLES

COMMENTAIRE:

(Le Souffle c’est ma Vie / Thierry LAMIREAU)

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ACCOYER et LARCHER nous font le coup habituel des effets de style trouvés par les conseillers sortis de l’ENA:

Le Pacte de Responsabilité, le Choc de compétitivité, rallonger l’âge légal du départ à la retraite, déclarer un moratoire sur les seuils et les dépenses nouvelles, sur les prélèvements fiscaux (surtout des riches !) et sur les normes pour augmenter l’action dévastatrice des empoisonnements divers sur la population, favoriser le développement économique (alors que nous vivons sur un monde clos, la terre) et surtout sortir de réelles inepties sur la « réduction programmée de nos capacités électro-nucléaires et sur la recherche pour les gaz de schiste ».

AAAAAAAAA

Ces deux élus de l’UMP sont donc disposés à ASSUMER une POLLUTION MAJEURE de notre pays par une CATASTROPHE NUCLEAIRE et par une DESTRUCTION TOTALE des sols et des eaux du fait de l’utilisation des gaz de schiste.

AAAAAAAAA

Ces deux personnages sont, comme tant d’autres (de droite comme de gauche), de réels inconscients et CRIMINELS potentiels.

ACCOYER, LARCHER, je me souviendrai de vous si une CATASTROPHE NUCLEAIRE se produit en FRANCE par votre INCOMPETENCE et votre COMPLICITE.

Thierry LAMIREAU

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 12 mai, 2014 |Pas de commentaires »

DISSUASION: LE CEA EN LIGNE DE MIRE (Guillaume STEUER/Air et Cosmos/ Assemblée Nationale)

Dissuasion:

Le CEA en ligne de mire

Dissuasion : le CEA en ligne de mire

Le supercalculateur TERA 100 utilisé par le CEA dans son programme Simulation

© CEA-DAM

Ouvrant un cycle d’auditions menées par la Commission de Défense de l’Assemblée Nationale afin d’alimenter le débat public sur l’avenir de la dissuasion nucléaire française, le général Henri Bentégeat, ancien chef d’état-major des armées (2002-2006), a livré quelques réflexions intéressantes le 9 avril dernier devant les députés, avançant que la seule piste d’économies à court terme dans le budget de la dissuasion passerait par un ralentissement du programme Simulation, mené par le Commissariat à l’Energie Atomique (CEA).

Le militaire a ainsi reconnu que « plusieurs options sont envisageables pour contenir le coût de la dissuasion ». Aujourd’hui, celle-ci représente « 21 à 22 % » des budgets d’investissement, selon le général Bentégeat, et devrait atteindre « 27 à 28 % » à l’issue de l’actuelle loi de programmation militaire, en 2019. « Et encore, cela suppose que les hypothèses budgétaires de la loi de programmation militaire soient respectées », ajoute l’ancien CEMA. « Si les crédits devaient baisser, la part relative de la dissuasion en leur sein augmenterait mécaniquement ».

Evoquant la suppression de la composante aéroportée, mise en oeuvre par les Forces Aériennes Stratégiques (FAS) avec le missile de croisière ASMP-A, le général Bentégeat précise que l’idée soulève « plusieurs problèmes ». Le plus significatif étant que la composante aérienne « est la seule qui puisse opérer des frappes ciblées sur les centres de pouvoir de puissances régionales menaçantes », dans le cadre d’une doctrine de dissuasion dite « du fort au faible » qui devrait donc être abandonnée.

Même s’il ne le précise pas, le militaire souligne par ces propos que la précision terminale de l’ASMP-A est bien supérieure à celle du missile balistique mer-sol stratégique M51, mis en oeuvre par les sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE) français. A ce sujet, le général Bentégeat rappelle qu’une idée souvent avancée consiste à renoncer à la permanence à la mer des SNLE. Une décision qui aurait « un coût symbolique fort et affecterait certainement la motivation et l’entraînement des équipages ». Par ailleurs, le général souligne que le futur M51.3 « améliorera certes la portée mais surtout garantira la pénétration de défenses adverses de plus en plus perfectionnées ».

Une autre option consisterait à revoir à la baisse le nombre d’armes nucléaires en inventaire dans les forces françaises. La « stricte suffisance » française est aujourd’hui évaluée à « environ 300 têtes nucléaires », dont une cinquantaine pour les FAS. Le général Bentégeat rappelle que Londres évalue aujourd’hui ce niveau à « 140 têtes seulement », nuançant l’analyse en rappelant que « l’outil de dissuasion britannique est lié aux Etats-Unis et aux plans de l’OTAN », contrairement à celui de la France.

Selon le général, l’option la plus crédible pour réaliser des économies à court terme, et que « personne n’ose avancer », consisterait donc à un « ralentissement du programme de simulation » aujourd’hui mené par la Direction des Applications Militaires du CEA, ou CEA-DAM. « Seule la simulation permettrait des économies immédiates, avec toutefois le risque de fragiliser la coopération franco-britannique et de mettre en péril les programmes civils liés à la simulation », précise ainsi Henri Bentégeat.

Depuis l’arrêt des essais nucléaires français, c’est en effet le programme Simulation qui est censé garantir le fonctionnement des armes nucléaires françaises et permettre éventuellement d’en développer de nouvelles. Comme le rappelle lors de l’audition Alain Rousset, président de la région Aquitaine, « les premiers tirs du programme de simulation sont en voie de réalisation ». Ceux-ci permettent la mise au point de nouvelles « formules » qui pourraient servir de base aux armes nucléaires de demain. Le général Bentégeat reconnaît qu’il faudrait « pouvoir évaluer de façon prosaïque quel serait l’impact sur la crédibilité de notre dissuasion du report d’un an ou de plusieurs années de tirs envisagés ».

Guillaume STEUER

Air et Cosmos

 ASSEMBLÉE NATIONALE

Commission de la défense nationale
et des forces armées

Mercredi 9 avril 2014

Séance de 9 heures

Compte rendu n° 39

-Présidence de Mme Patricia Adam, présidente-

Audition, ouverte à la presse, du général (2S) Henri Bentégeat, sur la dissuasion nucléaire 2

La séance est ouverte à neuf heures.

Mme la présidente Patricia Adam. 

Je suis heureuse d’accueillir le général Henri Bentégeat, qui a été chef d’état-major particulier du Président de la République de 1999 à 2002 puis chef d’état-major des armées de 2002 à 2006, à une période cruciale pour l’évolution de notre outil de dissuasion nucléaire.

M. le général Henri Bentégeat. 

J’ai en effet été un des rares officiers de l’armée de terre à être directement impliqué dans la redéfinition de notre outil de dissuasion.

La première question qui se pose habituellement, s’agissant de cet outil, pourrait être formulée en les termes suivants : notre concept actuel de dissuasion date-il de la guerre froide ? A-t-il évolué en fonction du contexte stratégique ? Cette critique est fréquemment avancée, le plus souvent pour condamner notre concept de dissuasion, qui serait ainsi dépassé et n’aurait pas évolué depuis 1989. C’est tout à fait faux.

En effet, notre outil de dissuasion a connu deux évolutions majeures dans les années 1990. Première évolution : l’organisation et les moyens de cet outil ont été profondément réorganisés en 1996, avec d’une part le démantèlement du site du plateau d’Albion et, d’autre part, celui du système de missile sol-sol Hadès. Il faut par ailleurs observer que si l’attention s’est focalisée en 1995 sur la reprise des essais nucléaires, le fait marquant n’en est pas moins leur arrêt définitif et les deux décisions qui en ont découlé : d’une part, le démantèlement du site de Mururoa, et d’autre part, l’arrêt de la production de matières fissiles. Cette évolution place la France en tête des puissances nucléaires sur la voie du désarmement atomique. En parallèle a été développé un ambitieux programme de simulation, qui vise à garantir l’efficacité des têtes nucléaires produites sans recourir à de nouveaux essais.

Mais cette réforme de l’organisation et des moyens de notre dissuasion ne s’accompagnait pas d’une évolution de notre concept même de dissuasion. Notre doctrine demeurait celle d’une menace de guerre « anti-cités » dans un concept d’apocalypse. La deuxième évolution a donc porté sur l’actualisation du concept.

La réflexion sur notre concept de dissuasion a été menée à partir de 1998. Deux événements nous y ont conduits. D’une part, la prolifération d’armes de destruction massive, notamment nucléaires, après les tirs d’essais réalisés par l’Inde et le Pakistan, et alors que des indices concordants montraient que l’Iran et la Corée du Nord avaient mis en œuvre un programme d’acquisition de l’arme nucléaire. D’autre part, la décision américaine de développer un système de défense anti-missile balistique, présenté comme un substitut possible à la dissuasion – non contre des puissances disposant d’une technologie très avancée, comme la Russie, mais contre les armes dont pourraient se doter des puissances nucléaires régionales.

C’est ce contexte qui a conduit le Président de la République et le Premier ministre de l’époque à lancer des études visant à adapter notre outil de dissuasion à cette nouvelle configuration stratégique. L’objectif était de garantir la crédibilité de notre outil nucléaire non seulement dans notre schéma traditionnel de dissuasion « du faible au fort » – selon l’expression alors consacrée –, mais également « du fort au faible », voire « du fort au fou ». En effet, notre système traditionnel de menace « anti-cités » ne fonctionnait pas vis-à-vis de puissances régionales dotées d’armes de destruction massive. Je me souviens d’en avoir discuté en 1999 avec Paul Wolfowitz, chercheur qui allait devenir secrétaire adjoint à la Défense des États-Unis de 2001 à 2005. Celui-ci m’avait alors fait valoir qu’il était irréaliste de penser que notre outil de dissuasion constituait une menace crédible pour un pays comme l’Iran, et ce pour trois raisons : d’abord, parce que les opinions publiques occidentales ne lui paraissaient pas disposées à accepter la vitrification totale d’un pays, seul effet que pouvaient alors produire les armes développées pendant la guerre froide. Ensuite, parce que l’irradiation d’un pays comme l’Iran aurait inévitablement des retombées nucléaires importantes sur des États voisins qui n’étaient pas nos cibles – il suffit de se souvenir de Tchernobyl pour mesurer l’impact de telles retombées. Enfin, parce qu’un dictateur protégé dans son bunker serait vraisemblablement indifférent aux dégâts, même considérables, causés par nos frappes sur la population de son pays. Pour toutes ces raisons, M. Wolfowitz estimait qu’il valait mieux investir dans un système de défense anti-missile balistique que dans un outil de dissuasion traditionnel. Cela pour expliquer pourquoi, à la fin des années 1999, la France a décidé de faire évoluer son outil de dissuasion de telle sorte qu’il garantisse une menace effective contre une dictature sanguinaire. Nous en sommes venus à la conclusion qu’il fallait pour cela que notre outil de dissuasion nous mette en position non pas de menacer un pays de la destruction totale de ses villes, mais de priver un régime dictatorial de tous ses centres de pouvoir – qu’ils soient politiques, militaires ou économiques. Cela supposait de disposer d’armes de grande précision, avec des effets collatéraux réduits.

Pour autant, le président de la République n’a pas voulu faire de notre armement nucléaire une « arme d’emploi », à la différence de ce qui pouvait sembler être l’orientation prise par certains de nos alliés, qui développaient des armes de moins d’une kilotonne les mettant en mesure d’opérer des frappes chirurgicales. Au contraire, nous avons voulu nous garder de la tentation de l’emploi de l’arme, en restant dans un schéma de riposte à une attaque directe de nos intérêts vitaux. Ce choix commandait un certain calibrage de la puissance de nos armes. Il supposait également de cibler les centres de pouvoir des puissances concernées par notre outil de dissuasion.

Ainsi révisé, notre concept de dissuasion a désormais deux volets : d’une part, vis-à-vis des grandes puissances, on en reste largement à la menace « anti-cités » dans un contexte d’apocalypse ; d’autre part, vis-à-vis des puissances régionales, notre concept de dissuasion repose sur la menace de destructions ciblées. Dans le même temps, le concept d’« ultime avertissement » a été réhabilité, et ce pour deux raisons. D’une part, pour éviter de s’enfermer dans un système de choix binaire du type : « tout ou rien », d’autre part, pour nous préserver d’éventuels chantages de puissances détentrices d’armes de destruction massive.

Ces travaux sur l’adaptation de notre concept de dissuasion ont abouti à sa reformulation à l’occasion du discours prononcé en juin 2001 par le président de la République et à sa réaffirmation en 2006 lors de son discours de l’Île-longue.

Cette redéfinition de notre concept de dissuasion impliquait alors des changements dans nos capacités : d’une part, nous devions disposer d’armes et de vecteurs puissants, de longue portée, capables d’assurer la pénétration de nos têtes même en présence de systèmes de défense anti-missile balistique sophistiqués ; d’autre part, nous devions développer des armes de puissance plus limitée mais d’une plus grande précision.

Cela nous a aussi conduits à multiplier les plans nucléaires. Pendant une longue période, ils avaient été concentrés sur certains États du Pacte de Varsovie. Il a donc fallu les diversifier considérablement, sur la base d’un important effort de renseignement visant à cibler les centres de pouvoirs de diverses puissances potentiellement menaçantes, et s’assurer que l’on puisse les transmettre rapidement, ce qui supposait de développer des systèmes de « reciblage à la mer » et des outils de communication hautement sécurisés avec nos sous-marins et nos avions.

Une des questions qui revient régulièrement dans le débat public porte sur le fait de savoir si ce concept et cet outil de dissuasion restent adaptés au contexte géostratégique. Pour y répondre, on doit faire observer, d’une part, que toutes les grandes puissances continuent à faire évoluer leur arsenal nucléaire et, d’autre part, que si la prolifération d’armes de destruction massive peut paraître marquer le pas avec le désarmement chimique entamé en Syrie et les négociations ouvertes sur ce point avec l’Iran. L’issue de ces processus reste incertaine. Par ailleurs, d’autres États, comme le Pakistan, restent engagés potentiellement dans la voie de la prolifération, alors même que leur situation politique intérieure demeure instable. Dès lors, on peut se demander si, compte tenu de ces menaces, il existe des alternatives crédibles à la dissuasion nucléaire.

La défense anti-missile balistique en est-elle une ? Elle ne coûte pas moins cher que la dissuasion nucléaire, et l’étanchéité du système en cours de développement sous l’égide de l’OTAN n’est pas garantie, d’une part parce qu’elle ne prend pas en compte les missiles de croisière – pour lesquels il existe de nombreux programmes de développement en cours –, et d’autre part parce qu’il reste un certain nombre de problèmes techniques à régler. Aussi, la défense anti-missile balistique peut être vue à mon sens comme un complément de la dissuasion nucléaire, mais pas comme un substitut crédible.

La dissuasion conventionnelle en est-elle un ? Je ne le crois pas, et ce pour deux raisons. En effet, si les États-Unis sont capables de développer des armes conventionnelles de très grande puissance, ce n’est pas notre cas, du fait des contraintes pesant sur nos budgets d’équipement militaire. Surtout, quelle que soit leur puissance, les armes conventionnelles n’ont pas le caractère mythique, apocalyptique, en quelque sorte « sacré », de l’arme nucléaire.

En somme, ce serait à mon avis une folie que d’abandonner notre dissuasion nucléaire tant que le désarmement atomique n’est pas complet, simultané et vérifié. Or il n’y a aujourd’hui aucun indice qui laisse penser que les grandes puissances soient prêtes à s’engager dans la voie d’un tel désarmement.

Reste bien entendu la question financière : compte tenu du coût de la dissuasion, sommes-nous encore en mesure de disposer d’un outil militaire complet ? Le risque n’est certes pas nul qu’il y ait un effet d’éviction, dans la répartition des budgets d’investissement militaires, au profit de la dissuasion et au détriment de la modernisation des armements conventionnels. Aujourd’hui, la dissuasion représente 21 à 22 % de ces budgets d’investissement ; à l’issue de la période de programmation militaire qui commence, cette part devrait atteindre 27 à 28 %. Et encore, cela suppose que les hypothèses budgétaires de la loi de programmation militaire soient respectées : si les crédits devaient baisser, la part relative de la dissuasion en leur sein augmenterait mécaniquement. Un effet d’éviction trop marqué nuirait à la cohérence de notre outil de défense, tant il est vrai que l’arsenal conventionnel constitue le premier échelon de la dissuasion : tout est affaire de gradation dans la réponse que la France peut apporter aux menaces éventuelles. La défense anti-missile balistique peut être vue comme le deuxième échelon de l’architecture de notre dissuasion, et les forces nucléaires comme le troisième et dernier. La question se pose donc de savoir si l’on peut réduire les crédits consacrés à la modernisation des équipements conventionnels sans remettre en cause la portée dissuasive de l’ensemble de notre outil de défense.

Plusieurs options sont envisageables pour contenir le coût de la dissuasion.

La première consisterait à abandonner l’une des deux composantes de notre outil de dissuasion actuel ; on propose le plus souvent que ce soit sa composante aérienne qui soit ainsi supprimée, car sa composante océanique est la seule qui soit quasiment invulnérable - nos sous-marins sont pratiquement indétectables, et ils nous garantissent la capacité d’exercer des frappes en second même en cas de destruction de nos bases aériennes sur le territoire national. Cette idée soulève toutefois plusieurs problèmes. D’abord, les gains financiers seraient faibles, et ce pour deux raisons : d’une part, les deux escadrons qui constituent la composante aérienne ayant une fonction multirôles, supprimer cette composante ne permet pas nécessairement de réduire le nombre de nos avions, et d’autre part, le programme de missiles ASMPA (air-sol moyenne portée amélioré) étant presque arrivé à maturité, il y a peu d’économies à faire en l’abandonnant. Par ailleurs, la composante aérienne est la seule qui puisse opérer des frappes ciblées sur les centres de pouvoir de puissances régionales menaçantes, conformément à notre nouveau concept de dissuasion : remettre en cause cette composante, c’est donc remettre en cause ce concept même. Enfin, lors de tensions internationales profondes, la gesticulation a un rôle important : en mettant en alerte les forces aériennes stratégiques, en armant nos avions, on peut envoyer à l’adversaire des signes visibles, ce que l’on ne peut pas faire avec les sous-marins lanceurs d’engins. L’idée de supprimer la composante aérienne me paraît donc devoir être écartée.

Une deuxième idée souvent avancée consiste à renoncer à la permanence à la mer des sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE). C’est en effet l’impératif de la permanence à la mer qui nous contraint à disposer de quatre SNLE au moins. L’idée d’y renoncer n’est pas nouvelle, et les Britanniques y réfléchissent eux aussi pour ce qui les concerne. Il est vrai, d’ailleurs, que le risque de surprise stratégique serait faible, et qu’il est possible d’y parer en réactivant rapidement un sous-marin en cas de tensions. On pourrait cependant craindre qu’une telle décision soit irréversible, mais l’expérience russe nous montre l’inverse : pendant vingt ans, les Russes ont dû renoncer à la permanence à la mer de leur force océanique stratégique, mais ils ont réussi à y revenir récemment – avec, il est vrai, une volonté politique particulièrement forte. Il reste que renoncer à la permanence à la mer a un coût symbolique fort et affecterait certainement la motivation et l’entraînement des équipages. Une troisième option consisterait à réviser le niveau de suffisance de notre dissuasion. Le nombre d’armes nécessaires pour dissuader l’adversaire a été divisé par deux depuis vingt ans, et si la France considère que la « stricte suffisance » en la matière suppose de détenir 300 têtes nucléaires environ, le Royaume-Uni évalue ce niveau à 140 têtes seulement – la comparaison trouvant une limite, il est vrai, dans la mesure où l’outil de dissuasion britannique est lié aux États-Unis et aux plans de l’OTAN.

Il existe une dernière option envisageable que personne n’ose avancer mais qu’il convient tout de même d’évoquer, à savoir le ralentissement du programme de simulation. Une telle mesure affecterait le CEA et sa direction des applications militaires, la DAM, qui sont des joyaux enviés avec des ingénieurs d’une qualité exceptionnelle dont nous savons bien qu’ils sont certainement plus attirés par la possibilité de travailler sur la simulation et les lasers que par le développement d’armes nucléaires robustes. Or le poste budgétaire de la simulation est un des plus lourds et les résultats atteints sont déjà très probants. Ainsi le Laser Mégajoule (LMJ) sera achevé en 2014. Cette option doit être discutée à condition bien sûr qu’elle n’affecte pas notre coopération avec le Royaume-Uni.

Je ne suis pas en charge, je le répète, aussi me garderai-je de faire des propositions mais il me semble qu’il convient d’explorer l’ensemble de ces pistes sans tabou afin d’éviter qu’advienne à terme une rupture capacitaire dans nos forces conventionnelles. Très concrètement, je pense en la matière aux programmes lourds et sensibles que sont le transport aérien et le ravitaillement en vol. L’accroissement de la contrainte budgétaire augmente encore ce risque de rupture capacitaire d’autant qu’il semble impossible d’aller au-delà des 34 000 suppressions de postes prévues car l’on voit bien à quel point nos effectifs sont tendus au Mali et en République centrafricaine.

En conclusion, Madame la présidente, il me paraît impératif de préserver la crédibilité de notre dissuasion qui est une garantie pour la sécurité des Français ainsi que pour le maintien de notre influence sur la scène internationale et représente le principal support de notre autonomie stratégique. Le contexte budgétaire impose néanmoins d’en contenir le coût et la crise ukrainienne nous rappelle que la force armée peut jouer un rôle, notamment sur le sol européen, ce que beaucoup ne pensaient plus possible. Un équilibre est à trouver entre nos capacités de dissuasion et nos capacités d’action.

M. Alain Rousset. 

Merci pour la clarté de votre exposé. J’observe toutefois, car j’ai une certaine familiarité avec le sujet en tant que président de la région Aquitaine, que les premiers tirs du programme de simulation sont en voie de réalisation, comme j’ai pu le constater au cours d’une visite du programme de simulation que je viens d’effectuer avec le ministre de la Défense. Cela ne permet guère d’envisager un décalage, si ce n’est, peut-être, celui les tirs déjà programmés. Je souligne également l’importance de la coopération avec le Royaume-Uni dont la participation au programme de simulation représente un détachement stratégique des États-Unis et pourrait conduire un jour à une mutualisation d’une part des dépenses, apportant ainsi une réponse aux problèmes budgétaires que vous évoquez à juste titre. Par ailleurs, des programmes civils ont été intégrés à l’intérieur même du Laser Mégajoule avec la participation financière de la région Aquitaine. Le Laser Mégajoule sera ainsi ouvert à la communauté scientifique dans un premier temps puis, peut-être, aux industriels, dans le cadre du passage de la fission à la fusion et de la production de l’énergie du futur, bien plus importante que les énergies renouvelables exploitées aujourd’hui. C’est en effet en raison de la mutualisation militaire et civile de ce dispositif que la région a soutenu un équipement militaire qui n’existe qu’en France et aux États-Unis, avec le National Ignition Facility (NIF). Cette avance de la France en matière de simulation pourrait attirer, outre le Royaume-Uni, de grands projets scientifiques européens, comme le projet européen doté d’un milliard d’euros portant sur le laser, l’optique et l’énergie.

Dans un registre différent, je suis préoccupé par l’assurance absolue que nous donneraient les SNLE au regard de l’importance de la sécurisation des transmissions et de la progression de toutes les techniques intrusives de décryptage. L’excellence de notre technologie et de nos industries en ce domaine est reconnue mais pouvons-nous avoir une totale assurance ?

Général Henri Bentégeat. 

Votre témoignage sur la simulation montre bien que toutes les économies en matière de dissuasion sont extrêmement difficiles. Les états-majors de la marine et de l’armée de l’air vous expliqueront également qu’aucune économie n’est possible sans dommage dans leur domaine respectif. Personne n’ose aujourd’hui ne serait-ce que parler d’économies en matière de simulation, que j’évoque devant vous avec la sensation de profaner un sol sacré, parce que l’on touche, d’une part, à l’institution reconnue qu’est le CEA et, d’autre part, à l’avenir avec des programmes civils très prometteurs. Il faudrait de fait pouvoir évaluer de façon prosaïque quel serait l’impact sur la crédibilité de notre dissuasion du report d’un an ou de plusieurs années des tirs envisagés. Si, par ailleurs, les retombées civiles sont supérieures aux retombées militaires se pose alors la question d’un financement autre que strictement militaire. Comme vous le disiez fort justement, seuls les États-Unis mènent un programme comparable, il est donc légitime de s’interroger sur la crédibilité de la dissuasion de tous les pays qui ne le font pas : la Russie, la Chine, l’Inde, le Pakistan, Israël. Leur dissuasion est-elle moins valide pour autant ? C’est une question qu’il faut se poser. Je pense personnellement que la simulation est nécessaire et qu’elle est une plus-value importante, mais beaucoup sont d’un autre avis.

Pour ce qui est d’une assurance absolue en matière de SNLE, je ne peux m’exprimer à la place du chef d’état-major des armées, mais la sécurisation des transmissions est sans cesse mise à niveau et un programme de modernisation est inscrit dans chaque LPM.

M. Serge Grouard. 

Vous avez remarquablement exposé les enjeux et tenté d’évoquer des pistes d’économies qui, je le crains, sont assez marginales et ne peuvent permettre de compenser l’effet d’éviction. Ces différentes pistes ont-elles été chiffrées dans le passé et est-il possible de donner des ordres de grandeur qui, je le pense, montreront que ces économies ne sont pas à la hauteur des contraintes budgétaires et du déclassement capacitaire de nos forces conventionnelles ?

Général Henri Bentégeat. 

Ces options n’ont pas été chiffrées de manière précise hormis celle du renoncement de la permanence à la mer, puisqu’il s’agit de la suppression d’un sous-marin dont le prix est connu. Le problème est que ces options peuvent engendrer des économies importantes seulement à moyen ou long terme alors que la simulation pourrait constituer une soupape pour le court terme. En effet, les économies à attendre de la suppression de la composante aérienne sont faibles et lointaines puisqu’avions et missiles existent, et qu’elles se borneraient à l’abandon de la rénovation prévue des missiles ASMPA. Il en va de même pour la suppression d’un SNLE, qui existe lui aussi, l’économie ne se faisant qu’au moment du renouvellement avec l’arrivée des sous-marins de troisième génération. En matière de diminution du nombre de têtes et de missiles, les économies ne se feraient également qu’en queue des programmes déjà lancés. Les économies substantielles ne se produiraient qu’à moyen terme et au-delà de la programmation militaire. Seule la simulation permettrait des économies immédiates avec toutefois le risque de fragiliser la coopération franco-britannique et de mettre en péril les programmes civils liés à la simulation. Selon moi aucune option n’est satisfaisante et je ne connais pas suffisamment le détail des programmes actuels pour identifier des économies rapides.

Mme la présidente Patricia Adam. 

La question sera posée aux chefs d’état-major que nous auditionnerons prochainement.

M. Daniel Boisserie. 

Vous avez démontré qu’il fallait maintenir la dissuasion compte tenu du contexte géo-politique actuel. Ni la composante aérienne, ni la composante maritime ne peuvent être supprimées, le nombre de vecteurs pourrait être à terme légèrement réduit et on ne peut pas se passer du programme de simulation. Il faut pourtant impérativement faire des économies immédiates, où les trouvez-vous ?

Général Henri Bentégeat. 

En vous répondant, j’empiète sur le terrain de ceux qui sont en charge et qui seuls peuvent vous dire concrètement où trouver des économies. Ce serait trop facile pour moi de parler à leur place et je ne peux que vous faire part de mon expérience et de la méthode terrible qui consiste à dire à ceux que vous égorgez que vous ne les égorgez qu’un peu. On constate que jusqu’ici la machine a résisté et tenu, mais cette méthode n’est possible que seulement jusqu’à un certain point. En tant que chef d’état-major des armées, j’ai passé mon temps à « taper sur l’édredon » pour le faire rentrer dans la valise, à couper de tous les côtés alors qu’on me disait que tout allait s’effondrer. Il est important d’avoir des idées directrices pour savoir où porter l’effort mais je crains, comme cela sera peut-être le cas à l’échelon national, qu’une réduction de l’ensemble des dépenses militaires de 2 % soit imposée, dont 1 % serait, par exemple, imputé sur le nucléaire, ces chiffres étant de pures hypothèses ; et je suis certain que cela marchera. Si l’on veut des économies immédiates, il faut les imposer brutalement en sachant bien ce à quoi l’on touche.

M. Joaquim Pueyo. 

La modernisation de l’arme nucléaire coûte de plus en plus cher. Nous allons dépenser en dix ans plus qu’en vingt-cinq ans de guerre froide. Vous avez parlé du Royaume-Uni dont le niveau de démocratie est identique à celui de la France. Ne pourrait-on pas, en dehors de l’Europe de la défense qui ne traite d’ailleurs pas de dissuasion, réfléchir, par exemple, à un partage des mers puisque nos deux nations disposent de sous-marins et sont soumises à des restrictions budgétaires ? Cette option, déjà évoquée par le passé, me semble à considérer.

Qu’en est-il par ailleurs du Traité de non-prolifération, qui semble en panne aujourd’hui ?

Général Henri Bentégeat. 

En réalité, la question des économies pouvant être recherchées au travers d’une plus grande coopération entre nos deux pays ne laisse personne indifférent en France ni au Royaume-Uni. Il y a cependant plusieurs niveaux de coopération. Il en existe tout d’abord d’ordre pratique, comme dans le domaine de la simulation ; mais il ne faut pas se leurrer sur le volume des économies potentielles, marginales, tout en ayant à l’esprit le fait que nous sommes techniquement en avance dans ce domaine et donc que ce sont les Britanniques qui sont les plus intéressés. L’aide que nous leur fournissons est au demeurant parfaitement justifiée, car par ce biais d’une certaine manière nous protégeons aussi notre force de dissuasion. Imaginons un instant quelle serait l’intensité des pressions qui s’exerceraient sur la France si les Britanniques étaient amenés à abandonner leur dissuasion !

Peut-on coopérer davantage, en allant par exemple jusqu’à cette dissuasion concertée évoquée un temps par Alain Juppé ? On se heurte en fait très rapidement au principe de la souveraineté nationale et de la nécessaire décision d’engagement de l’arme nucléaire par une seule personne. Dans notre système, seul le président de la République dispose des codes nucléaires et il serait quasiment impossible d’organiser une codécision de tir avec le Premier ministre britannique en situation de crise. En revanche, une concertation politique entre les deux responsables dans un tel contexte reste possible et nécessaire. Nous avons beaucoup d’échanges avec le Royaume-Uni sur le concept d’emploi ou lors d’exercices, mais cela n’entraîne aucune économie. De même que l’affectation de zones de patrouilles maritimes différentes, qui sert surtout éviter les accidents et à aider à nos sous-marins à se dissimuler au fond des océans de la manière la plus sûre, en choisissant les eaux favorables à la discrétion. La véritable dissuasion partagée impliquerait de partager la permanence à la mer, mais il s’agit d’un pas que nos dirigeants ne sont pas prêts à franchir, car supposant un degré d’accord sur la politique étrangère auquel nous ne sommes pas parvenus. Il s’agirait également d’un abandon partiel de souveraineté qui n’a pas été envisagé avec autant d’audace depuis l’appel de Winston Churchill à une union franco-britannique en 1940.

S’agissant du TNP, les négociations continuent mais se heurtent aux différences d’approches entre puissances reconnues et non reconnues, ainsi qu’à la montée d’une hostilité au nucléaire militaire dans des pays comme l’Allemagne ou la Suède par exemple, de sorte que les discussions restent totalement stériles.

M. Nicolas Dhuicq. 

Mon général vous avez bien montré que le système actuel obéit à une cohérence interne qui serait détruite par une remise en question de tel ou tel élément. Quand j’entends parler d’économies, j’entends aussi perte des dépôts de brevets, disparitions des 800 PME qui travaillent pour la dissuasion et d’emplois très qualifiés.

Ma première question porte sur les munitions, leur entretien et leur taux de disponibilité. Nous souffrons actuellement d’un niveau très insuffisant de reconfiguration des munitions conventionnelles lors des retours d’opérations en raison d’économies absurdes. Si certains recherchent des économies, il existe d’autres possibilités dans le domaine civil. Je rappelle que l’aide médicale d’État coûte un milliard d’euros. Doit-on entretenir la jeunesse de France en esclavage dans des emplois dits d’avenir, qui sont des emplois aidés n’ayant jamais fonctionné, et maintenir les dépenses sociales à leur niveau, ou bien voulons nous demeurer un peuple libre et souverain, restant dans l’Histoire, en dépensant pour cela 3 % de notre PIB au titre de la défense ?

La deuxième question porte sur la crédibilité du chef de l’État. Nous avons plusieurs joueurs, dont certains ont une vision géostratégique et agissent pour augmenter leur territoire, ou souhaitent s’affranchir de la domination du dollar au travers de nouveaux moyens de paiement. Je pense en particulier au président russe qui, lui, est un chef d’État, alors que le président de la République, souverain républicain, n’a toujours pas prononcé de discours sur la dissuasion, ce qui risque d’en affecter la crédibilité.

Enfin, vous avez évoqué en quelque sorte l’évolution du centre de gravité de l’adversaire. Au vu de la faillite de certains États, qu’en est-il du cas d’un adversaire qui, démultiplié, non centralisé et non étatique, mettrait en cause les intérêts fondamentaux de la Nation ?

Général Henri Bentégeat. 

En ce qui concerne les munitions, je ne connais pas l’état actuel de nos stocks, mais il est certain qu’il s’agit toujours d’un poste faisant l’objet d’économies budgétaires d’autant plus faciles qu’elles ne se voient pas. Du moins jusqu’au moment où, en opération, les insuffisances se manifestent, ce qui conduit alors à des acquisitions en urgence très coûteuses.

La question générale de la crédibilité du chef de l’État, en tant que responsable de la dissuasion nucléaire, est intéressante. Sans polémiquer, je rappelle les inquiétudes exprimées lorsque François Mitterrand est devenu président de la République. Or, il est devenu par la suite le chantre de la dissuasion. Je me souviens à cet égard d’un discours extraordinaire qu’il avait tenu devant les responsables chargés de la dissuasion, alors que je servais à son état-major particulier, au cours duquel il avait rappelé que sous ses deux mandats il avait doublé les capacités de nos forces nucléaires. Le deuxième exemple est celui de Valéry Giscard d’Estaing, qui avait écrit dans un livre une phrase malheureuse pouvant laisser entendre qu’il n’aurait jamais recouru à l’arme nucléaire. La crédibilité du chef de l’État est donc extrêmement sensible.

C’est la raison pour laquelle, lorsque j’étais chef d’état-major particulier du président Jacques Chirac, à ce titre détenteur de la deuxième moitié du code nucléaire et appelé à travailler sur ces questions nucléaires, j’ai énormément insisté sur la réintroduction de la notion d’ultime avertissement. Le chef de l’État ne peut pas se trouver confronté à un choix unique de menace d’emploi de l’arme impliquant nécessairement des dizaines de millions de morts. Il n’est certes pas prévu d’employer l’arme, mais de dissuader ; cela étant le choix ne pouvait plus être entre le tout ou rien. Il fallait autre chose, et c’était l’ultime avertissement. Ce dernier peut être pratiquement indolore, avec par exemple une frappe de faible puissance dans une zone désertique ou bien une impulsion électromagnétique, affectant les appareils électroniques et paralysant un pays sans avoir un caractère dévastateur, tout en montrant à l’adversaire que l’on est disposé à passer à un autre stade.

Dans ce domaine, nous pouvons avoir aujourd’hui confiance, car la fonction habite toujours l’homme.

La dissuasion nucléaire n’a indiscutablement pas pour fonction de dissuader des adversaires non étatiques. On peut imaginer l’emploi à usage terroriste de bombes radiologiques « sales », mais si les coupables ne sont pas directement liés à un État commanditaire, ils ne relèvent pas de la dissuasion nucléaire mais bien d’opérations de police ou conventionnelles.

Mme Geneviève Gosselin-Fleury. 

Estimez-vous que les moyens actuels sont adaptés aux ambitions d’indépendance de notre dissuasion ? Peuvent-ils garantir la crédibilité réelle de celle-ci face aux autres puissances nucléaires, et tout particulièrement celles qui disposeraient de défenses antimissiles ?

Général Henri Bentégeat. 

La crédibilité politique d’ensemble de la dissuasion repose sur la cohérence de notre système, qui est très grande et associe étroitement les deux composantes ainsi que le programme de simulation. Il existe aussi une crédibilité concrète des armes, point redoutable à l’origine des surcoûts du nucléaire, car il faut garantir que nos vecteurs et nos têtes seront capables de pénétrer les défenses adverses. C’est un problème considérable, qui nous conduit, en liaison avec les industriels, à travailler en permanence à la modernisation de nos forces pour mettre en œuvre des moyens de plus en plus sophistiqués. C’est la raison pour laquelle nous sommes conduits à passer du M 51.2 au M 51.3, car il améliorera certes la portée mais surtout garantira la pénétration de défenses adverses de plus en plus perfectionnées. Ce phénomène explique pourquoi le poids budgétaire du nucléaire tend à nouveau à s’accroître.

M. François de Rugy. 

Je salue votre intervention claire et précise. Vous avez utilisé un argument qui personnellement me gêne, en appelant au caractère mythique ou sacré de la dissuasion, ce qui me paraît être un critère inadapté pour la décision politique. En revanche, j’ai cru comprendre qu’au travers de la liste des pistes d’économies vous essayiez de résoudre la contradiction dans laquelle la France se trouve entre sa contrainte budgétaire inéluctable et l’évolution des dépenses militaires. De ce point de vue, on peut relever objectivement qu’un même choix de réduction de ces dernières a été réalisé par l’ancienne et l’actuelle majorité, sous deux présidences de la République différentes. La sanctuarisation de la dissuasion nucléaire amènerait à sacrifier très lourdement les crédits affectés aux équipements conventionnels. L’alternative est-elle vraiment entre des économies structurelles à moyen terme ou des « coups de rabots » généralisés ? Ces économies ne mettraient pas finalement en cause la dissuasion, quoiqu’on puisse en penser par ailleurs.

Général Henri Bentégeat. 

J’ai conscience d’avoir abusé d’un vocabulaire que je n’emploie pas d’habitude. Il n’y a aucune raison de s’agenouiller devant le « dieu nucléaire », pas plus d’ailleurs qu’il n’y en a de le répudier définitivement pour des raisons tenant à la foi. Mon propos était avant tout ironique et visait le lobby nucléaire au sein des armées, auquel j’ai appartenu et appartient indiscutablement encore, qui défend avec constance la dissuasion face à ceux qui, au sein des armées ou de l’opinion publique, seraient prêts à la sacrifier. Je considère toujours que notre dissuasion apporte beaucoup à la France et aux Français.

Il faut cependant relever qu’en raison de son emploi à Hiroshima et Nagasaki, l’arme nucléaire occupe une place à part, d’ordre mythique, dans l’imaginaire populaire. Et il est très heureux qu’il en soit ainsi, car c’est la seule arme capable de faire instantanément des millions de morts.

S’agissant de l’alternative entre les économies forfaitaires ou structurelles, comme pour l’ensemble des dépenses publiques, je pense que l’on sera conduit à utiliser un panachage des deux méthodes, qui ne sont pas incompatibles.

M. Yves Fromion. 

Pour revenir sur la question de la crédibilité du chef de l’État, j’estime que lorsque l’on fait le choix d’une démonstration publique de tir du M 51, dont le résultat se révèle calamiteux, on ne rend pas service à la crédibilité d’ensemble de notre force de dissuasion. Sur le fond de notre débat, nous savons qu’il n’y a aucune perspective d’économie à court terme sur la dissuasion, mais nous devons nous poser la question pour le moyen terme de manière sérieuse si nous ne voulons pas seulement subir. En effet, c’est aujourd’hui que sont posés les premiers jalons des systèmes futurs, ce qui implique de faire dès à présent les choix adaptés en matière d’affectation des crédits de recherche, en s’interrogeant sur le dimensionnement et les caractéristiques dont nous aurons besoin. Par exemple, faudra-t-il maintenir deux composantes ? Pouvons-nous imaginer une composante mixte, avec des sous-marins capables de tirer aussi des missiles de croisière à longue portée ? En bref, vers quoi devons-nous nous diriger ? Sur l’ultime avertissement, je vous rejoins entièrement sur son utilité. Nul ne pouvait croire que les responsables politiques pouvaient rester enfermés dans le dilemme du tout ou rien.

Général Henri Bentégeat. 

Je dois avouer qu’il m’est extrêmement difficile de vous répondre. La réflexion sur l’avenir de l’outil de dissuasion commence à peine à émerger, notamment dans le cadre de l’exercice nouveau et original des auditions sur la dissuasion menées par votre commission, dont j’espère qu’il aura un écho dans l’opinion. Penser une évolution sensible de notre système de dissuasion implique un débat collectif très approfondi, en tenant notamment compte de nos compétences techniques, dont on sait combien il est difficile de les maintenir. L’exemple britannique en matière de sous-marins lanceurs d’engins nous instruit d’ailleurs sur les risques importants qu’il y a à interrompre les activités des bureaux d’études et de nos ingénieurs, que ce soit au CEA ou chez les industriels. Par-delà les choix immédiats sur les moyens de desserrer un peu la contrainte budgétaire en matière nucléaire, il y a donc un débat de fond à mener sur ce sujet, en le construisant sur une base politique.

Mme la présidente Patricia Adam. 

Je vous remercie d’avoir bien voulu nous faire partager vos analyses. J’espère également que la société civile se saisira de nos travaux.

*

* *

La séance est levée à dix heures trente.

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* *

Membres présents ou excusés

Présents. - Mme Patricia Adam, M. François André, M. Nicolas Bays, M. Sylvain Berrios, M. Daniel Boisserie, M. Gilles Bourdouleix, M. Jean-Jacques Bridey, Mme Isabelle Bruneau, M. Guy Chambefort, M. Alain Chrétien, Mme Catherine Coutelle, M. Bernard Deflesselles, M. Guy Delcourt, M. Nicolas Dhuicq, Mme Marianne Dubois, M. Yves Foulon, M. Yves Fromion, M. Sauveur Gandolfi-Scheit, Mme Geneviève Gosselin-Fleury, M. Serge Grouard, M. Laurent Kalinowski, M. Patrick Labaune, M. Marc Laffineur, M. Charles de La Verpillière, M. Gilbert Le Bris, M. Christophe Léonard, M. Maurice Leroy, M. Jean-Pierre Maggi, M. Alain Marleix, M. Alain Marty, M. Philippe Meunier, M. Jacques Moignard, M. Paul Molac, M. Alain Moyne-Bressand, M. Jean-Claude Perez, Mme Sylvie Pichot, Mme Émilienne Poumirol, M. Joaquim Pueyo, M. Eduardo Rihan Cypel, M. Gwendal Rouillard, M. Alain Rousset, M. François de Rugy, M. Jean-Michel Villaumé, M. Philippe Vitel, Mme Paola Zanetti

Excusés. - M. Ibrahim Aboubacar, M. Olivier Audibert Troin, M. Claude Bartolone, M. Philippe Briand, M. Jean-Jacques Candelier, M. Laurent Cathala, M. Lucien Degauchy, M. Philippe Folliot, M. Éric Jalton, M. Jean-Yves Le Déaut, M. Frédéric Lefebvre, M. Bruno Le Roux, M. Philippe Nauche, Mme Marie Récalde, M. Michel Voisin

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 11 mai, 2014 |Pas de commentaires »

RETOUR SUR INFO. LA SÛRETE NUCLEAIRE EN FRANCE ET A FRANCE INTER… UNE VERITABLE SUPERCHERIE ! (Thierry LAMIREAU/lesoufflecestmavie.unblog.fr)

La sûreté nucléaire

en France

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et à…

FRANCE INTER !

(Thierry LAMIREAU)

Présentation de FRANCE INTER:

« Où en sommes-nous ? Le vieillissement des centrales, les déchets nucléaires… L’Autorité de sûreté nucléaire demande à l’Etat d’imposer aux opérateurs de nouvelles sanctions en cas de manquement à la sûreté et à l’environnement. »

Emission du jeudi 24 avril 2014

Image de l'émission Le Téléphone Sonne de FRANCE INTER

(FRANCE INTER)

invité(s)

RETOUR SUR INFO. LA SÛRETE NUCLEAIRE EN FRANCE ET A FRANCE INTER... UNE VERITABLE SUPERCHERIE ! (Thierry LAMIREAU/lesoufflecestmavie.unblog.fr) dans REFLEXIONS PERSONNELLES IMAGE_2011_07_05_14877624

Pierre-Franck CHEVET

Président de l’autorité de sûreté nucléaire (ASN).
bernard-bigot ASN dans REFLEXIONS PERSONNELLES

Bernard BIGOT

Professeur des Universités, Administrateur Général du Commissariat à l’Energie Atomique et aux Energies Alternatives (CEA) depuis Janvier 2009, Président de la Fondation Internationale de la Maison de la Chimie, Haut Représentant pour la réalisation en France du Projet ITER.
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Nathalie FONTREL

Journaliste spécialiste de l’environnement.
sebastien-blavier CENTRALE NUCLEAIRE DE FESSENHEIM

Sébastien BLAVIER

Chargé de campagne nucléaire pour Greenpeace.
MASQUE
COMMENTAIRE:
(Le Souffle c’est ma Vie / Thierry LAMIREAU)
Je vous présente ci-dessous un montage personnel de l’émission avec les « meilleurs » passages, si l’on peut dire.
L’on pourra noter les erreurs, mensonges et manipulations du représentant de l’ASN, du CEA et de…la journaliste malheureusement !
Rappel pour les « ignorants »:
Sigle RADIOACTIVITE2
http://lesoufflecestmavie.unblog.fr/2012/12/09/nucleaire-lautorite-de-surete-nucleaire-recommande-a-letat-dameliorer-la-reponse-post-accidentelle-en-clair-comment-confirmer-que-tout-est-nul-thierry-lamireau-realisateur-du-film/
http://lesoufflecestmavie.unblog.fr/2013/10/14/le-gouvernement-francais-rajoute-10-ans-aux-centrales-nucleaires-la-catastrophe-majeure-est-donc-certaine-a-lire-de-tres-nombreux-documents-exceptionnels-thierry-lamireau-lesoufflecestmavie-unbl/
http://lesoufflecestmavie.unblog.fr/2013/06/09/hollande-paris-ne-fait-pas-pression-sur-tokyo-pour-relancer-le-nucleaire-afp-thierry-lamireau-lesoufflecestmavie-unblog-fr/
http://lesoufflecestmavie.unblog.fr/2013/05/18/lautorite-de-surete-nucleaire-lhypothese-dun-defaut-simultane-dans-plusieurs-centrales-nucleaires-est-plausible-ou-des-catastrophes-futures-annoncees-afp-thierry-lamireau-lesoufflecest/
http://lesoufflecestmavie.unblog.fr/2013/03/30/laccident-nucleaire-francais-est-ineluctable-thierry-lamireau-realisateur-du-film-uranium-en-limousin-lesoufflecestmavie-unblog-fr/
http://lesoufflecestmavie.unblog.fr/2013/02/24/travaux-de-lirsn-sur-le-cout-economique-des-accidents-nucleaires-entrainant-des-rejets-radioactifs-dans-lenvironnement-commentaires-de-thierry-lamireau-realisateur-du-film-uranium-en-limousin/
http://lesoufflecestmavie.unblog.fr/2012/11/28/un-physicien-nucleaire-pour-la-fermeture-immediate-de-fessenheim-reseau-sortir-du-nucleaire/
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http://lesoufflecestmavie.unblog.fr/2012/09/05/les-co-gestionnaires-du-nucleaire-coordination-stop-nucleaire/
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http://lesoufflecestmavie.unblog.fr/2012/06/06/fukushima-et-lavenir-du-monde-une-tres-grande-urgence-a-diffuser-partout/
justice-nucleaire
Nucléaire pas de danger
1 / Les risques liés
aux centrales nucléaires
2 / Le vieillissement des centrales
et l’utilisation du MOX dans certaines
DECHETS RADIOACTIFS:
RAPPEL
centrale nucléaire expl.
http://lesoufflecestmavie.unblog.fr/2014/03/13/les-dechets-nucleaires-bombe-a-retardement-planetaire-j-p-petit-olivier-simeon-french-ruvr-ru/
http://lesoufflecestmavie.unblog.fr/2013/06/09/la-gestion-des-dechets-militaires-francais-rapport-n°179-19971998-christian-bataille-depute/
http://lesoufflecestmavie.unblog.fr/2013/06/05/exclusif-mines-duranium-la-propagande-a-letat-pur-par-areva-un-veritable-scandale-documents-techniques-critiques-images-exclusives-du-film-uranium-en-limousin-de-thierry-lamireauthier/
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rokke
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3 / Que faire des déchets radioactifs ?
AAAAAAAAAA
(Photo: Image tirée du film
« URANIUM EN LIMOUSIN »
Boues radioactives et fût radioactif
Thierry LAMIREAU)
Un problème MAJEUR.
Débat public ?
FUKUSHIMA
(Photo: Centrale nucléaire de FUKUSHIMA / TEPCO)
L’invité du CEA, de l’ASN et…la journaliste Nathalie FONTREL s’étonnent de la non participation du public ?
Evidemment, les dés sont pipés.
Et puis, l’on voudrait impliquer le public alors que ce sont d’autres qui ont imposé ces horreurs nucléaires à la population !
Bien joué…certains plongent dans le piège !
4 / Les débats publics liés au nucléaire…
BBBBBBBB
« Méfions-nous de ceux qui AUJOURD’HUI se présentent en gestionnaires rigoureux pour DEMAIN alors que nous devons faire face à leur catastrophique imprévoyance d’HIER. »
Thierry LAMIREAU
Réalisateur du film « URANIUM EN LIMOUSIN »
Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 1 mai, 2014 |Pas de commentaires »

FUKUSHIMA: UN DESASTRE NUCLEAIRE (Thierry LAMIREAU/lesoufflecestmavie.unblog.fr/Greenpeace)

FUKUSHIMA:

FUKUSHIMA

(Photo: FUKUSHIMA / TEPCO)

Un désastre nucléaire

Début: 11 mars 2011

Fin: inconnue

(Greenpeace)

« Un désastre technologique,

un désastre humain,

un désastre nucléaire,

un désastre pour l’éternité.

Méfions-nous de ceux qui AUJOURD’HUI

se présentent en gestionnaires rigoureux

pour DEMAIN,

alors que nous devons faire face

à leur catastrophique

imprévoyance d’HIER. »

-Thierry LAMIREAU-

Réalisateur du film

« URANIUM EN LIMOUSIN »

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 30 avril, 2014 |Pas de commentaires »

ESSAIS NUCLEAIRES: QUELLES VERITES ? + ESSAIS NUCLEAIRES: UN HERITAGE SANS FIN (Deux films de Nathalie BARBE et de Thierry DEROUET)

Essais nucleaires:

Sigle RADIOACTIVITE2

Quelles vérités?

(Un film de Nathalie BARBE et de Thierry DEROUET)

Production:

LCP / Bonobo Productions / France Télévisions

Copyright: Novembre 2009

De 1960 à 1996, quelques 150 000 appelés et militaires de carrière ont participé aux 210 essais nucléaires français, expérimentés au Sahara algérien et en Polynésie française.

Près d’un demi siècle plus tard, ils sont des centaines à en subir les séquelles physiques et psychiques. Depuis plusieurs années, ces vétérans se battaient pour obtenir la création d’un fonds d’indemnisation et un suivi sanitaire ; comme c’est le cas aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne, en Australie et au Canada.

Leur combat s’est amplifié ces dernières années et l’Etat a finalement élaboré une loi d’indemnisation.

Ces vétérans ont-ils été entendus pour autant ? Le doute est permis à la lumière des témoignages des hommes et des femmes présentés dans ce documentaire.

Thierry DEROUET et Nathalie BARBE reviennent sur cette période occultée de l’histoire, au nom de l’intérêt supérieur de la Nation, en donnant la parole à ceux qui n’avaient pas été écoutés 40 ans durant.

Essais nucléaires:

Nuclear_Reactor_by_goran_d

Un héritage sans fin

(Un film de Thierry DEROUET et Nathalie BARBE)

Production:

Bonobo Productions / France télévisions / Public Sénat

Copyright: 2012

Au début des années 60, la Polynésie a été choisie pour devenir le champ d’expérimentation des essais nucléaires français. Entre juillet 1966 et janvier 1996, près de 200 expérimentations aériennes et souterraines ont eu lieu sur les atolls de Mururoa et Fangataufa. Enquête sur la situation sanitaire sur place aujourd’hui et sur l’angoisse dans laquelle vivent les habitants des îles voisines.

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 30 avril, 2014 |Pas de commentaires »
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