NEGOCIATIONS SUR LE NUCLEAIRE IRANIEN: UN SIMPLE JEU DE RÔLES (AVIC /http://avicennesy.wordpress.com/)

Négociations sur le nucléaire iranien :

NEGOCIATIONS SUR LE NUCLEAIRE IRANIEN: UN SIMPLE JEU DE RÔLES (AVIC /http://avicennesy.wordpress.com/)  dans REFLEXIONS PERSONNELLES iran

Un simple Jeu de rôles

arton19643-56b2b AIEA dans REFLEXIONS PERSONNELLES
AVIC

Un round de plus vient de se terminer à Alma-Ata, au Kazakhstan, après 2 jours de discussion sur le Nucléaire iranien. Comme d’habitude, ils se sont séparés tous contents, se fixant d’autres rendez-vous. Tous gagnants. Qui sont les protagonistes ? Les deux habituels : l’Iran d’un côté, les six (les 5+1 qu’on ne présente plus) de l’autre, et un organisateur qui, comme pour les jeux olympiques, change d’une rencontre à l’autre. Le scénario est toujours le même, avec quelques coups de théâtre usés jusqu’à la corde mais qu’il est impossible de ne pas glisser par-ci par-là parce qu’ils sont attendus par tout le monde.

L’organisation d’abord. Comme pour les grands événements sportifs, des pays posent leur candidature pour avoir l’honneur et le privilège d’organiser la rencontre. Notons, en passant que le pays retenu est le premier gagnant. Le seul fait d’avoir été choisi lui confère une stature diplomatique en tant qu’acteur du maintien de la paix dans le monde. Il ne lui reste plus, pour renforcer cette position, qu’à gérer les éventuels couacs, que les deux challengers n’ont d’ailleurs aucun intérêt à provoquer.

Une fois que l’arène a été définie, les préparatifs commencent avec les ingrédients habituels. On ne comprend pas toujours tout, ni les rôles et les objectifs de chacun, mais, à force, on a fini par en retenir les grandes lignes. En premier lieu, le rôle de l’AIEA (Agence Internationale de l’Energie Atomique) reste dans un flou entretenu. Ce vénérable organisme est-il un procureur, un avocat, un expert ou un simple témoin ? C’est un organisme international, donc censé être neutre. Mais, aujourd’hui, dans le domaine international, la neutralité n’est pas de ce monde. En tout cas, sa présence permanente en Iran et sur les sites nucléaires, avec ses inspections poussées et sa surveillance jamais vue nulle part ailleurs, lui permet de fournir une masse de rapports qui seront ensuite étudiés, commentés, analysés et interprétés, chacun y voyant ce qu’il a envie d’y voir. Comme si cela ne suffisait pas, régulièrement un rapport supplémentaire sorti d’on ne sait où, mais attribué à l’AIEA, vient se greffer aux autres, amenant des données sensées orienter les futurs débats. Ça fait partie du jeu.

Outre l’AIEA, il y a aussi Israël. Habituellement, avant chaque rencontre, Israël a pour rôle de faire monter la pression sur les deux protagonistes. Là aussi, les mêmes recettes sont utilisées. Une pincée de « encore plus de sanctions paralysantes ». Une larme de « Si vous ne faites rien, nous serons obligés d’envisager une frappe préventive ».Une lichette de « dans 6 mois au plus tard l’Iran sera doté de l’arme nucléaire ». Le tout enrobé de « menace pour Israël, donc pour le monde » et autres « apocalypses ». Rien de nouveau de ce côté, sauf pour la dernière rencontre où on constate un léger changement dans l’attitude d’Israël.

Les six, eux, justement parce qu’ils ne sont pas homogènes, poursuivent finalement un but commun : conserver le statu quo à la fin des pourparlers. Toute solution qui pourrait satisfaire l’un serait au détriment de l’autre. Alors, à quoi bon rechercher des solutions ? Toute modification du statu quo conduirait à revoir des politiques ayant été mises en place de longue date et sur lesquelles reposent déjà toutes leurs économies respectives. Ensuite, quand les uns ont besoin d’un ennemi perpétuel, les autres exploitent cela pour, d’une part, accuser leurs collègues d’irrationalité, et d’autre part, pousser leurs pions dans des partenariats privilégiés avec l’Iran d’où seront exclus les premiers. Bien sûr, toute cette mascarade n’empêche pas les déclarations tonitruantes assorties de menaces par les uns et de conseils bienveillants par les autres, tout le monde sachant à quoi s’en tenir.

Quant à l’Iran, il sait qu’il n’est qu’un joueur parmi les autres dans ce jeu de poker-menteur. Il sait également que son nucléaire ne figure, en aucune façon, parmi les vrais enjeux. Mais tant qu’il gagne, lui aussi, il joue. Car il a tout à gagner à suivre les règles du jeu. De quoi s’agit-il ? Les adversaires occidentaux s’appuient sur sa technologie nucléaire pour poursuivre un combat datant de Mossadegh, avec une petite fenêtre pendant les premiers temps du règne du Chah Mohamed Reza Pahlavi. Il n’y aurait pas eu le nucléaire, ils auraient trouvé autre chose, l’objectif étant de faire rentrer l’Iran dans les rangs et d’en finir avec sa théocratie. Or les iraniens n’ont aucune intention d’obtempérer aux désidératas des Etats-Unis et de ses alliés. Le bras de fer engagé depuis des années contre eux peut déboucher, à tout moment, sur un conflit armé ouvert. Ce que ne souhaite ni l’un, ni l’autre, pour le moment.

Le problème nucléaire est donc tout à fait le bienvenu car il présente de nombreux avantages. Outre les percées technologiques qui l’accompagnent, il permet à l’Iran de se positionner comme défenseur mondial du droit au nucléaire civil pour tous. Devant le harcèlement des Grands et les divers sabotages de son programme, son obstination lui confère une stature de premier résistant face à l’hégémonie et à l’arrogance de ces grands, dont 5 sont officiellement détenteurs de l’arme nucléaire. Mais les dirigeants iraniens savent aussi que les attaques répétées, tant médiatiques, économiques que subversives risquent de mener, tôt ou tard, à la déstabilisation du régime, véritable but des auteurs de ces attaques. C’est là qu’apparait à leurs yeux toute l’utilité des négociations avec les membres permanents du Conseil de Sécurité de l’ONU, plus l’Allemagne. Ces négociations permettent, en effet, à Téhéran de montrer à son peuple toute la fermeté de ses gouvernants face à ses ennemis, et ainsi souder un peu plus le peuple iranien autour de ses dirigeants, chaque rencontre se soldant par un match nul. Un match nul, seul contre tous les grands de ce monde, est une victoire. Une victoire à moindre frais.

A tous les coups l’on gagne. C’est la formule qui peut caractériser ces « sommets » à la fin desquels tout le monde rentre chez lui, content. Après chaque rencontre, les 5+1 auront testé l’effet des sanctions précédentes sur le moral des dirigeants iraniens et pourront déjà en envisager d’autres, tandis que les iraniens auront montré à leurs adversaires que plus il y aura de sanctions, plus les occidentaux s’éloigneront de leurs objectifs premiers. Quant à l’organisateur, s’il s’assure que toutes les règles permettant d’aboutir à ce résultat ont été respectées, il gagne le ticket pour une prochaine rencontre.

AVIC

http://avicennesy.wordpress.com/

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 23 mars, 2013 |Pas de commentaires »

SYRIE: L’ONU VA ENQUÊTER SUR L’EVENTUEL EMPLOI D’ARMES CHIMIQUES…ET QUE FONT LES ETATS COMME LA FRANCE LORSQU’ILS UTILISENT LES ARMES A L’URANIUM « APPAUVRI » ? ( ats / Thierry LAMIREAU / lesoufflecestmavie.unblog.fr)

Syrie:

SYRIE: L'ONU VA ENQUÊTER SUR L'EVENTUEL EMPLOI D'ARMES CHIMIQUES...ET QUE FONT LES ETATS COMME LA FRANCE LORSQU'ILS UTILISENT LES ARMES A L'URANIUM

l’ONU va enquêter sur l’éventuel emploi

d’armes chimiques

Les Nations Unies vont enquêter à la demande des autorités syriennes sur des soupçons d’utilisation d’armes chimiques dans la ville de Khan al Assal, près d’Alep, a annoncé jeudi 21 mars 2013 Ban Ki-moon. Cette enquête sera lancée « dès que possible en pratique », a déclaré le diplomate sud-coréen.

M. Ban a réaffirmé que l’emploi d’armes chimiques par l’un ou l’autre camp en Syrie, quelles que soient les circonstances, serait « un crime monstrueux » ainsi qu’un « crime contre l’humanité ». Il a estimé que « la pleine coopération de toutes les parties sera essentielle » pour l’enquête, y compris un « accès sans entrave » au territoire syrien.

Le secrétaire général de l’ONU a précisé que la mission d’enquête serait préparée par ses services en coopération avec l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et l’Organisation pour l’Interdiction des Armes Chimiques (OIAC). Les préparatifs porteront sur le « mandat global » de la mission, sa composition et les conditions de sécurité.

Le gouvernement syrien et l’opposition armée s’accusent mutuellement d’avoir employé des armes chimiques dans les régions d’Alep (nord) et de Damas. Le gouvernement syrien a déposé mercredi 20 mars 2013 une requête officielle pour une enquête de l’ONU. Paris, Londres et Washington ont annoncé mercredi leur intention de demander aussi une enquête de l’ONU qui porterait sur « toutes les allégations » d’emploi d’armes chimiques en Syrie, venant des deux camps.

Ligne rouge

La Russie a quant à elle soutenu la demande formulée par le régime de Damas d’une enquête sur la seule attaque de Khan al-Assal, près d’Alep, survenue mardi. Vingt-six personnes sont mortes dans l’incident et des rescapés ont dit souffrir de problèmes respiratoires et sentir une forte odeur de chlore après le tir.

Des diplomates occidentaux restent prudents sur la véracité des accusations lancées de part et d’autre. L’utilisation à très faibles doses de substances chimiques toxiques par le régime, qui dispose de stocks de divers gaz comme le sarin, est possible « dans le cadre d’une stratégie de la terreur », explique l’un d’eux, mais Bachar al-Assad n’est pas assez aux abois pour « faire n’importe quoi ».

Les Occidentaux ont à plusieurs reprises affirmé que l’entrée en jeu des armes chimiques dans le conflit syrien était une ligne rouge, mais sans jamais préciser ce qu’il en coûterait aux coupables ni confirmer que ces armes ont bien été employées.

ats

COMMENTAIRE:

syrie-2 ADN dans REFLEXIONS PERSONNELLES

(Le Souffle c’est ma Vie / Thierry LAMIREAU)

 QUE FONT LES ETATS COMME

LES ETATS-UNIS OU LA FRANCE

LORSQU’ILS UTILISENT

LES ARMES A L’URANIUM « APPAUVRI » ?

Constater que l’ONU s’insurge contre les éventuelles actions du régime Syrien ou d’opposants au régime serait assez risible si le sujet n’était pas aussi grave !

Que font tous les Etats, sous couvert de l’ONU, de l’OTAN, de l’AIEA, de l’OMS, lorsqu’ils utilisent des armes à l’uranium « appauvri » ?

Les armes à l’uranium « appauvri » sont à la fois CHIMIQUES ET RADIOACTIVES…ce qui est pire dans ce domaine de l’horreur !

Ces armes CONDAMNENT les générations actuelles ET futures parce qu’elles induisent une morbidité et une mortalité très importantes. Ces armes atteignent l’ADN des individus donc pour l’éternité !

Que font tous les organismes internationaux pour condamner cela ?…RIEN !

PIRE: 

Ils considèrent que ce sont des armes « normales » si l’on peut dire…alors qu’il y a une violation des règles Internationales de Radioprotection.

Selon le Droit International sur le contrôle des armements, les armes à l’uranium « appauvri » sont illégales !

L’utilisation de telles armes est un CRIME CONTRE L’HUMANITE.

OBAMA, HOLLANDE et compagnie feraient bien de balayer devant leur porte avant de critiquer les autres car ce sont les premiers fossoyeurs de l’Humanité !                            

Obama Warns Syria

Against Using Chemical Weapons

President Barack Obama warned Syria on Monday that the use of chemical weapons would be « totally unacceptable. » U.S. officials said intelligence had detected Syrian movement of chemical weapons components in recent days.

 

 

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 21 mars, 2013 |Pas de commentaires »

SARKOZY EN LIBYE: MERCI A TOI Ô GRAND LIBERATEUR…QUI A ARROSE NOTRE PAYS D’ARMES A L’URANIUM « APPAUVRI » !…COMME HOLLANDE AU MALI ! (Thierry LAMIREAU / lesoufflecestmavie.unblog.fr)

SARKOZY en LIBYE:

SARKOZY EN LIBYE: MERCI A TOI Ô GRAND LIBERATEUR...QUI A ARROSE NOTRE PAYS D'ARMES A L'URANIUM

La visite de Mouammar KADHAFI en France en décembre 2007…

Oui, à l’époque…c’était mon pote ! 

(REUTERS/Jacky Naegelen)

Merci  à toi ô grand libérateur…

qui a arrosé notre pays d’armes à l’uranium

« appauvri »…

comme  HOLLANDE au MALI !

(Thierry LAMIREAU / lesoufflecestmavie.unblog.fr)

Aujourd’hui, mardi 19 mars 2013, un grand moment de renommée internationale vient de se dérouler en Libye. Nicolas SARKOZY vient d’être accueilli en « libérateur » pour avoir libéré le peuple de la dictature insupportable de cet ignoble KADHAFI!

Merci à toi, ô GRAND SARKOZY, pour ce geste désintéressé !…

Petit problème toute de même…

Où est donc passé l’uranium « appauvri » ?

Lorsque l’on relit le texte du Ministre de la Défense de l’époque (voir ci-dessous), en réponse à une question écrite d’un député, l’on constate simplement (avec en plus l’analyse des armes qui partent sous les carlingues des aéronefs) que la FRANCE a utilisé SCIEMMENT des armes à l’uranium « appauvri » pour intervenir en Libye !

Ce mardi 19 mars 2013, avez-vous noté toute information de la presse concernant ce fait ?….

Non, comme d’habitude, la presse paresseuse et complaisante reste COMPLICE de l’OMERTA sur ce sujet !

SARKOZY comme HOLLANDE

sont RESPONSABLES et COUPABLES

d’une atteinte délibérée à l’intégrité HUMAINE: l’ADN des populations autochtones.

Leur impérialisme assuré CONDAMNE (morbidité, mortalité) les peuples actuels et les générations futures à cause d’une utilisation éhontée des armes à l’uranium « appauvri » !

HONTE à vous !

L’HISTOIRE retiendra peut-être un jour

ces CRIMES CONTRE L’HUMANITE !

PS:

La position française

Question écrite de M. Jean-Luc Warsmann (Union pour un Mouvement Populaire – Ardennes) au Ministère de la Défense sur les armes à uranium appauvri

Question publiée au JO le 09/11/2010 / réponse publiée au JO le 18/01/2011

___________________________________________________________________________________________________________________

Texte de la question

M. Jean-Luc Warsmann attire l’attention de M. le Ministre de la Défense sur la résolution du Parlement Européen du 22 mai 2008 sur les armes contenant de l’uranium appauvri et leurs effets sur la santé humaine et l’environnement.

Dans cette résolution, le Parlement demande aux États membres d’imposer un moratoire sur l’emploi d’armes contenant de l’uranium appauvri, de redoubler d’efforts en vue de leur interdiction mondiale et d’arrêter systématiquement la fabrication et les achats de ce type d’armes et de munitions. Cette demande a été réitérée dans une résolution du Parlement Européen du 10 mars 2010 sur la mise en oeuvre de la stratégie européenne de sécurité et la politique de sécurité et de défense commune. C’est pourquoi il le prie de bien vouloir lui indiquer la position de la France quant à ces résolutions.

Texte de la réponse

Les armes à uranium appauvri, ou obus durcis à forte capacité de pénétration, relèvent de la catégorie des armes conventionnelles et ne sont interdites par aucune convention internationale, à la différence des armes chimiques et nucléaires. Le droit international applicable en l’occurrence est l’article 35 du premier protocole additionnel aux conventions de Genève, qui stipule que les États doivent s’assurer que les armes qu’ils utilisent ne sont pas de nature à provoquer des maux superflus et que les dommages causés n’ont pas un impact étendu, durable et grave sur l’environnement naturel. Plusieurs enquêtes portant sur l’impact de ce type de munitions ont été menées par le programme environnemental des Nations unies (PNUE) après les conflits dans le Golfe et les Balkans. L’utilisation de ces munitions avait alors été provisoirement suspendue, dans l’attente des résultats de ces études épidémiologiques.

Les conclusions de ces enquêtes ont toutefois révélé qu’il était hautement improbable que des risques accrus de cancer dans la région des Balkans puissent être associés aux résidus des munitions utilisées dans les années 1990. La probabilité d’une exposition significative de la population locale a été considérée comme très basse. Aucun risque sanitaire n’a donc été établi.

Par ailleurs, l’uranium appauvri ne présente pas de danger à l’état solide, sa radioactivité s’avérant inférieure d’environ 40 % à la radioactivité de l’uranium naturel. Il faudrait tenir le projectile nu à la main pendant plus de 10 000 heures pour dépasser les limites réglementaires d’exposition annuelle des extrémités. Cette position a été récemment soutenue lors de la première Commission de la 65e Assemblée Générale des Nations Unies, qui s’est tenue à New York du 4 au 29 octobre 2010.

La France, à l’instar du Royaume-Uni et des États-Unis, n’a pas approuvé le projet de résolution L. 19 visant à interdire l’usage des armements et munitions contenant de l’uranium appauvri, argumentant que les effets sur l’environnement, ainsi que les effets durables sur la santé ont été largement examinés par l’Organisation Mondiale de la Santé, le PNUE, l’Agence Internationale de l’Energie Atomique, l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord, le Centre de Prévention et de Contrôle des Maladies ou encore la Commission Européenne et qu’aucune de ces enquêtes n’a révélé de cas d’effets de long terme sur la santé ou l’environnement.

Il n’est donc pas envisagé de suspendre l’usage des munitions à uranium appauvri, étant précisé qu’elles constituent actuellement le seul type d’arme ayant la capacité de percer tous les blindages connus à ce jour, en particulier ceux des chars les plus performants. Pour autant, la France poursuit ses travaux d’études afin de disposer au plus tôt d’une arme aussi performante sans uranium appauvri.      

NOTA:

Bien évidemment, cette réponse est FAUSSE et totalement SCANDALEUSE !  

La France a tiré plus de 4.500 munitions

en

Libye

 (Michel CABIROL / 6 octobre 2011  http://www.latribune.fr/)

 4.621 munitions, dont quinze missiles de croisière Scalp, pour l’opération Harmattan, selon le Ministre de la Défense, Gérard Longuet.

On en sait plus sur la quantité de munitions utilisées en Libye par les forces françaises. Des informations jusqu’ici tenues secrètes. Lors de son audition à l’Assemblée Nationale mardi, qui n’était pas ouverte à la presse, le Ministre de la Défense Gérard Longuet a révélé aux députés de la Commission de la Défense le nombre de missiles et bombes tirés par les forces françaises engagées sur le théâtre d’opération Harmattan.

Selon des sources concordantes, interrogées par latribune.fr, 240 missiles, dont 15 missiles de croisières Scalp (au prix unitaire de 626.000 euros hors taxe selon un rapport du ministère de la Défense) et 225 bombes de précision AASM (350.000 euros selon une estimation du site web lepoint.fr), ont été tirés par les Mirage et Rafale de l’armée de l’air, a indiqué le Ministre de la Défense.

En outre, ils ont déversé sur les cibles libyennes 950 bombes américaines à guidage laser GBU de divers types (GBU-12 de 250 kilos, des bombes GBU-24 de 500 kilos, et des GBU-49), dont le coût est estimé entre 70.000 et 90.000 dollars (entre 52.100 et 67.000 euros). Enfin, les hélicoptères de l’aviation légère de l’armée de Terre (Alat) ont utilisé 431 missiles air-sol Hot (40.000 euros pièces) et la Marine a tiré 3.000 obus.

Selon Gérard Longuet, la consommation de ces munitions est  « compatible avec nos stocks ». Le Ministère de la Défense a prévu de reconstituer les stocks de missiles et bombes.

Au total, les surcoûts de l’opération Harmattan ont atteint entre 300 et 350 millions d’euros (primes, munitions…) pour vaincre les troupes du colonel Kadhafi.

SUPPLEMENT WIKIPEDIA:

Intervention militaire de 2011 en Libye

Opération Harmattan Drapeau de la France
Opération Ellamy Drapeau du Royaume-Uni
Opération Odyssey DawnDrapeau des États-UnisDrapeau de l'ItalieDrapeau de la BelgiqueDrapeau du DanemarkDrapeau de la Norvège
Opération Mobile Drapeau du Canada
Opération Unified Protector Flag of NATO.svg
La zone d'exclusion aérienne et les bases aériennes de la coalition
La zone d’exclusion aérienne et les bases aériennes de la coalition
Informations générales
Date 19 mars 2011, 10 h 00 UTC
31 octobre 2011
Lieu Libye
Issue Victoire de la coalition1
Belligérants
Résolution 1973 du Conseil de sécurité des Nations unies :
Flag of NATO.svg OTAN

Flag of Libya.svg Conseil national de transitionFlag of Libya (1977-2011).svg Jamahiriya arabe libyenneCommandantsFlag of NATO.svg Charles Bouchard
Flag of NATO.svg Anders Rasmussen
Flag of NATO.svg Rinaldo Veri


Drapeau de la France Nicolas Sarkozy
Drapeau de la France Édouard Guillaud
Drapeau du Royaume-Uni David Cameron
Drapeau du Royaume-Uni Sir Stuart Peach
Drapeau des États-Unis Barack Obama
Drapeau des États-Unis Carter Ham
Drapeau des États-Unis Samuel J. Locklear Drapeau du Canada Peter MacKay
Drapeau du Canada Tom LawsonFlag of Libya (1977-2011).svg Mouammar Kadhafi(tué)Flag of Libya (1977-2011).svg Saïf al-Islam Kadhafi
Flag of Libya (1977-2011).svgKhamis Kadhafi (tué)
Flag of Libya (1977-2011).svg Saadi Kadhafi
Flag of Libya (1977-2011).svg Moatassem Kadhafi(tué)
Flag of Libya (1977-2011).svg Abou Bakr Younès Jaber (tué)
Flag of Libya (1977-2011).svg Saïf al-Arab al-Kadhafi (tué)2,3Forces en présenceDrapeau de la Belgique Forces armées belges
Drapeau de la Bulgarie Marine nationale bulgare
Flag of the Aviation royale du Canada Aviation royale du Canada
Naval flag of Canada Marine royale canadienne
Drapeau du Danemark Armée de l’air danoise
Drapeau de la France Armée de l’air française
Drapeau de la France Marine nationale
Drapeau de la France Armée de terre
(ALAT)

Drapeau de la Norvège Armée de l’air royale norvégienne
Drapeau des Pays-Bas Armée de l’air royale néerlandaise
Drapeau des Pays-Bas Marine royale néerlandaise
Drapeau : Roumanie Marine nationale roumaine4
Drapeau du Royaume-Uni Royal Air Force
Drapeau du Royaume-Uni Royal Navy
Drapeau des États-Unis US Navy
Drapeau des États-Unis US Air ForceFlag of Libya (1977-2011).svg Forces armées libyennes fidèles à Kadhafi

  • Milices
  • Mercenaires étrangers

PertesDrapeau de la LibyeInsurgés libyens :
5 000-10 000 tués (CNT)5
~ 8 000-50 000 blessés (CNT)5
Drapeau de la LibyeMiG-236
Drapeau des États-Unis 1 F-15E Strike Eagle(équipage sauf)7Drapeau des États-Unis
USAFMQ-8 abattu8,9
Drapeau des Pays-Bas 3 marins néerlandaiscapturés (relâchés)10
Drapeau des Pays-BasLynx néerlandais capturé10
Drapeau : Émirats arabes unis 1 F-16 de l’armée de l’air des Émirats arabes unis endommagé11,
Drapeau du Royaume-Uni1 aviateur tué dans un accident de la route en Italie12,13.Flag of Libya (1977-2011).svg Plusieurs centaines de véhicules, pièces d’artilleries et blindés.
Forces aériennes, forces navales et réseau de missiles sol-air longue portée neutralisés
Flag of Libya (1977-2011).svg Indéterminées1 600 tués au moins, 1 000 blessés

Flag of Libya (1977-2011).svgSoukhoï Su-2214,14
Flag of Libya (1977-2011).svg 5 MiG-2315

Flag of Libya (1977-2011).svg 1 Soko G-2 Galeb16
Flag of Libya (1977-2011).svg 2 Mi-3517
Flag of Libya (1977-2011).svg 1 hélicoptère de type non précisé18
Flag of Libya (1977-2011).svg 200 installations de munition
Flag of Libya (1977-2011).svg 1074 chars, véhicules blindés,technicals, SAM trans / chargeur de véhicules, camions et autres véhicules détruits ou endommagés
Flag of Libya (1977-2011).svg 212 systèmes de missiles surface-air et canons de DCA détruits
Divers aéronefs détruits ou endommagés
Flag of Libya (1977-2011).svg Nombre inconnu de soldats tués ou blessés (revendication de l’OTAN d’ici le 29 avril)19Guerre civile libyenneBatailles1re Benghazi · El Beïda · Derna · 1re Tripoli · Misrata ·1re Zaouïa · Djebel Nefoussa (1re Dehiba · 2e Dehiba ·Gharyan· 1re Brega · 1re Ras Lanouf · 1re Ben Jawad ·2e Ras Lanouf · 2e Brega · 1re Ajdabiya · 2e Benghazi ·2e Ajdabiya · 1re golfe de Syrte · 3e Brega · Al Jawf ·Front de Misrata (Zliten · Tawarga · 2e Zaouïa ·4e Brega · Fezzan · Birak· 5e Brega · 3e Zaouïa ·2e Tripoli · 2e golfe de Syrte (Syrte·Offensive de Bani Walid (Tarhounah - Bani Walid)


Intervention militaire de l’OTAN ·Opération Ellamy (Royaume-Uni) ·Opération Harmattan (France) ·Opération Odyssey Dawn (États-Unis) ·Opération Mobile (Canada) modifier Consultez la documentation du modèle

L’intervention militaire de 2011 en Libye est une opération militairemultinationale sous l’égide de l’Organisation des Nations unies, qui s’est déroulée entre le 19 mars 2011 et le 31 octobre 2011, dont l’objectif est la mise en œuvre de la résolution 1973 du Conseil de sécurité des Nations unies20.

Les noms de codes sont l’opération Harmattan pour la France21, l’opération Ellamy pour le Royaume-Uni, l’opération Odyssey Dawn pour les États-Unis, l’opération Mobile pour le Canada22 et l’opération Unified Protector pour l’OTAN.

Au cœur de la révolte libyenne de 2011, la résolution 1970 du 26 février 2011 met en place un embargo sur les armes à destination de la Libye qui est mené sous le nom de code Unified Protector23 et bloque entre autres les avoirs du régime en place24, et la résolution 1973 instaure une zone d’exclusion aérienne au-dessus du territoire de la Jamahiriya arabe libyenneet permet de « prendre toutes les mesures jugées nécessaires pour protéger les populations civiles ». À partir du 31 mars 2011, l’ensemble des opérations sont conduites par l’OTAN dans le cadre de l’opération Unified Protector25.

Sommaire

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Contexte[modifier]

En mars 2011, durant la révolte libyenne, les combats opposant les forces fidèles au colonel Mouammar Khadafi à celles des rebelles opposés à son régime, auraient fait des milliers de morts26,27. Les insurgés ayant perdu beaucoup de terrain se sont retranchés notamment à Misrata et surtoutBenghazi. À la veille de l’assaut final contre cette dernière ville, ils furent alors menacés d’une répression sanglante par le dirigeant de la Jamahiriya arabe libyenne28.

Le 10 mars 2011, le président Sarkozy reçoit à Paris les représentants du conseil national de transition et est le premier chef d’état à reconnaître officiellement cet organe de l’insurrection seul représentant de la Libye. Le lendemain 11 mars 2011 la France avec le soutien du Royaume-Uni soumet au sommet de Bruxelles une demande d’instauration d’une zone d’exclusion aérienne. La chancelière allemande Angela Merkel refuse et recueille le soutien d’une majorité des 27 états. Le président Sarkozy se retrouve isolé lors du sommet du G8 à Paris. Cependant la Ligue arabe demande l’instauration de cette zone d’exclusion aérienne, ce qui permet au Président Sarkozy et à son Ministre des affaires étrangères Alain Juppé de lancer une bataille diplomatique au conseil de sécurité des Nations-unies. L’avancée des troupes de Kadhafi sur Benghazi est telle qu’un massacre de grande ampleur est annoncé. Le président Obama rejoint le président Sarkozy et le premier ministre Cameron.

Le 19 mars, deux jours après le vote de la résolution 1973 du Conseil de sécurité des Nations unies instaurant une zone d’exclusion aérienne au-dessus du territoire libyen, les pays concernés se réunissent à Paris pour un sommet spécial sur les éventuelles frappes contre les forces gouvernementales. La veille, le régime de Mouammar Kadhafi avait annoncé un cessez-le-feu et la fermeture de leur espace aérien, pour se « conformer à la résolution de l’ONU ». Les opposants au régime estiment qu’il s’agit d’une « ruse » dans le but de gagner du temps. En effet, le régime libyen prétend respecter le cessez-le-feu qu’il avait lui-même décrété, mais les insurgés affirment que les bombardements contre les opposants se poursuivent, à Misrata et Benghazi notamment29.

Moyens[modifier]

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  •      Pays de la coalition
  •      Libye

La France(« Opération Harmattan »), leRoyaume-Uni(« Opération Ellamy »), leCanada (« Opération MOBILE »), laNorvège, leDanemark, l’Espagne, la Grèce, la Belgique, lesÉtats-Unis, la Pologne et le Qatar ont déjà officiellement annoncé qu’ils participeront à l’application de la résolution de l’ONU. Le 24 mars 2011, lesÉmirats arabes unis ont confirmé leur participation aux opérations en Libye par l’envoi de 12 avions de combat (6 F-16E et 6 Mirage 2000-9)30. Depuis le vendredi 28 mars, des patrouilles mixtes de Mirage 2000-5 français et qataris ont débuté depuis la base aérienne de La Sude située en Crète. Au total, six avions du Qatar et trois appareils français sont alors opérationnels en Crète31. Le coût de l’opération est de 320 millions d’euros pour la France le plus important contributeur32.

À la demande de la France, qui ne souhaitait pas l’implication de l’OTAN pour des raisons diplomatiques avec la Ligue arabe, les premiers jours le CAOC (Combined Air Operations Center) américain de Ramstein en Allemagne coordonnait les opérations aériennes entre le CDAOA (commandemement de la défense aérienne et des opérations aériennes) de Lyon Mont-Verdun et son homologue britannique implanté à Northwood33. À partir du jeudi 31 mars, les opérations de la coalition sont passées sous la responsabilité du CAOC-5 de l’OTAN installé sur la base italienne de Poggio Renatico, à40 km au nord de Bologne. Le commandant en chef ; Charles Bouchard de l’Aviation royale canadienne. Avec son état-major, il est installé dans le Joint Force Command de Naples34.

En ce qui concerne la direction des opérations navales, elles sont opérées depuis le navire amiral de la Sixième flotte américaine basée habituellement à Gaète (Italie) : l’USS Mount Whitney35.

Les forces françaises restent cependant sous le contrôle opérationnel du chef d’état-major des armées françaises et sous le contrôle politique du Président Sarkozy36.

Plusieurs pays européens, comme le Portugal, ont refusé d’envoyer des forces militaires37.

Le 7 avril 2011, la Suède rejoint la coalition en envoyant huit chasseursGripen et 130 militaires de l’armée de l’air suédoise sur la base aérienne de Sigonella en Sicile38. Cependant, les Gripen s’avérèrent incapables d’effectuer des frappes au sol39. De plus, l’influence de la Suède en Libye en cas d’intervention risque d’être limitée, puisqu’elle ne fait pas partie de l’OTAN. Le professeur Anders Cedergren confirme cette thèse :

« Nous n’avons pas accès au système de gestion de combat utilisé par l’OTAN, appelé Link-16. Il est donc probable qu’on ne nous attribue aucune tâche de combat, mais plutôt la responsabilité de patrouilles ou la recherche de renseignements40. »

Forces aériennes[modifier]

Avions mis en œuvre par la coalition au 15 avril 2011
Pays Nombre Notes
Drapeau de la France 72 début avril 2011, 23 aéronefs sont basés sur la base aérienne Solenzara, dont 9 Rafales provenant de la BA 113 de Saint-Dizier-Robinson, 8 Mirage 2000 D provenant de la BA 133 de Nancy-Ochey, 6 Mirage F1 CR de la BA 102 de Dijon-Longvic. Depuis le 19 avril, 4 Mirage 2000-5 et 6 Mirage 2000D transférés de Solenzara sur la base aérienne de La Sude et 5 Rafale à Sigonella.41. S’ajoutent à ce dispositif des E3F AWACS opérants de la base d’Avord, 10 Rafale M, 6SEM, 2 E-2 Hawkeye et 2 C-2 Greyhound42 sur le porte-avions Charles de Gaulle Drapeau de la France43 et 3 hélicoptères de combatTigre, 3 Puma et 16 Gazelle embarqués ou sur le BPCTonnerre ou sur le Mistral Drapeau de la France44,45Un drone de surveillance Harfang depuis Sigonella à partir du 24 août.
Drapeau des États-Unis 50 basés en Allemagne, Royaume-Uni, Italie46 et sur les bases aériennes de Rota et Morón Drapeau de l'Espagne. À partir du 1er avril 2011 les États-Unis retirent les 40 avions de combat déployés jusqu’alors et ne participent plus qu’aux opérations de surveillance, de soutien (ravitaillement en vol, transport logistique,etc) et de suppression des défenses antiaériennes ennemies SEAD avec les 50 autres avions. Des frappes au sol sont donc encore effectuées par les avions américains lorsque ces défenses sont activées43.Drone de surveillance et de combat Predator47
Drapeau du Royaume-Uni 33 10 avions de combat Eurofighter et 12 Tornados basés sur labase aérienne de Gioia del Colle Drapeau de l'Italie 3 Sentry AEW.148, 1Nimrod R149, 1 Sentinel R150, 2 VC1051, 4 Hélicoptères de combat Apache embarqués sur le HMS Ocean (L12).
Drapeau de l'Italie 20 quatre Tornado, quatre Eurofighter Typhoon52, des AMX53 et autres appareils basés sur la base aérienne de Trapani etSigonella Drapeau de l'Italie.Le porte-aéronef GARIBALDI avec 8 Harrier.
Drapeau : Émirats arabes unis 12 six Mirage 2000-9 et six F-16-E30 basés sur la base aérienne de Decimomannu Drapeau de l'Italie
Drapeau du Canada 11 sept CF-1854, deux Aurora CP‑140 basés sur la base aérienne de Trapani55,56, deux Polaris CC‑150 basés sur labase aérienne de Sigonella Drapeau de l'Italie
Drapeau de la Turquie 7
Drapeau des Pays-Bas 7 six F-16 et un KDC-1057 basés sur la base aérienne de Decimomannu Drapeau de l'Italie
Drapeau de la Belgique 6 six F-16 basés sur la base aérienne d’Araxos Drapeau de la Grèce58
Drapeau de la Norvège 6 six F-16 basés sur la base aérienne de Souda Bay Drapeau de la Grèce
Drapeau de l'Espagne 6 quatre F-18, un avion de surveillance maritime, un avion de ravitaillement basés sur la base aérienne de Decimomannu Drapeau de l'Italie
Drapeau : Qatar 6 six Mirage 2000-531 basés sur la base aérienne de Souda Bay Drapeau de la Grèce
Drapeau du Danemark 4 quatre F-1659 basés sur la base aérienne de Sigonela Drapeau de l'Italie
Drapeau de la Suède 9 huit Gripen et un C-130 Hercules de ravitaillement en vol soit 130 militaires sur la base aérienne de Sigonela Drapeau de l'Italie60.
Drapeau de la Grèce 3 deux F-16, un AEWC R-99A

Forces navales[modifier]

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magnify-clip CRIMES CONTRE L'HUMANITE

Lancement d’un Tomahawk par le destroyer USS Barry le 29 mars 2011.

Depuis le début de l’intervention, la marine libyenne reste au port ou limite ses activités à des patrouilles de garde-côtes75. Cependant le 29 mars 2011, trois petits bâtiments tirant sur des navires de commerce dans le port de Misrata, dont vraisemblablement un patrouilleur de type PV30-LS76, sont mis hors d’usage ou détruits par un P-3 Orion de l’US Navy et des A-10 de l’USAF77. Elle a tenté de miner le port de Misrata avec plusieurs vedettes rapides dans la nuit du 28 au 29 avril, ce qui a conduit la frégate Courbet à effectuer, officiellement, des tirs de semonce ; une vedette est coulée et le reste du groupe a fait demi-tour mais plusieurs mines ont été trouvées sur zone78.

Article détaillé : Histoire de la marine française.

Déroulement des opérations[modifier]

NATO_Aviano ENVIRONNEMENT

magnify-clip FRANCE

Logo de l’opération Unified Protector.

Observation et supériorité aérienne[modifier]

À partir 9 mars 2011, l’OTAN maintient ses avions de guet aérien Boeing E-3 Sentry en vol 24 heures sur 24 au-dessus de la Méditerranée centrale79. Le même jour, la marine nationale française catapulte du Charles de Gaulle un chasseur-bombardier Rafale doté d’une nacelle de reconnaissance80.

Le 19 mars 2011 à 12 h 30 UTC21 commencent les opérations aériennes avec la patrouille de huit Rafale (dont deux équipés de la nacelle de reconnaissance Reco-NG), de deux Mirage 2000D, de deux Mirage 2000-5, de six avions ravitailleurs KC-135FR et d’un Boeing E-3FSentry81. Les missions durent 6 h 30 pour les chasseurs partis de France, dont 2 h 30 de patrouille au-dessus de la Libye. L’Armée de l’air française est vite rejointe par d’autres nations, dont les États-Unis, avec les F-18 embarqués sur l’USS Enterprise, mouillant dans le golfe de Syrte80.

Le 24 mars 2011, un avion radar Awacs de la coalition détecte un aéronef qui opère en violation de la résolution 1973 des Nations Unies dans la zone de Misratah, à 200 km à l’est de Tripoli. Une patrouille de Mirage 2000 et une patrouille Rafale de l’armée de l’air française sont envoyées sur zone et confirment la présence d’un avion de combat Soko G-2 Galeb de l’armée de l’air libyenne qui atterrit sur l’aéroport de Misratah. Les Rafale détruisent alors l’appareil au moyen d’une frappe air-sol à l’aide d’une bombe guidée AASM30.

Au moins cinq autres avions présentés alors comme des Galeb et deux Mi-35 sont détruits au même endroit le 26 mars 201117 mais des photos satellite montrent qu’il s’agit de cinq MiG-23 auquel le nez a été enlevé.

Suppression des défenses aériennes libyennes (SEAD)[modifier]

220px-Ghardabiya_Airfield_-_Damaged_Aircraft_Shelters_-_Operation_Odyssey_Dawn GUERRES

magnify-clip HOLLANDE

Base aérienne libyenne après des frappes de B-2 et de missiles de croisière le 20 mars 2011.

Le premier volet comprend la suppression des défenses aériennes, c’est-à-dire la destruction au sol par des chasseurs-bombardiers des appareils de l’armée de l’air libyenne, de sespistes et de ses radars au moyen de missiles anti-radar puis de bombes guidées laser ou de précision, de ses postes de commandement et de ses systèmes de lutte antiaérienne20.

Le 19 mars 2011, à 14 h 45 UTC, la Présidence de la République française annonce que« d’ores et déjà, nos avions empêchent les attaques aériennes sur la ville de Benghazi82. »Le 19 mars 2011, à 19 h 30 UTC, les États-Unis et le Royaume-Uni entrent dans le conflit. Une vingtaine d’objectifs composés de nœuds de communication stratégiques et de systèmes de défense anti-aérienne libyens sont frappés à l’aide de 124 missiles de croisièreBGM-109 Tomahawk83 tirés à partir de SSGN, de SNA et de destroyers de classe Arleigh Burke américains et d’un SNA britanniques63. Durant la nuit du 19 mars 2011 au20 mars 2011, des avions britanniques Tornado GR.4 en provenance directe de la base deRAF Marham bombardent la région de Tripoli et l’armée libyenne met en action sa défense anti-aérienne. Trois bombardiers américains B-2 lâchent quarante bombes ou quarante-cinq JDAM sur l’aéroport de Ghardabiya à 15 kmau sud de Syrte84.

Le 29 mars l’armée française a réalisé des frappes sur un site de missiles antiaériens situé à une centaine de kilomètres au sud-ouest de Tripoli85.

Le 30 mars l’armée française a réalisé des frappes sur un site de missiles antiaériens situé à une vingtaine de kilomètres au sud de Syrte86.

On estime au 4 avril 2011 que la plupart des batteries de missiles sol-air S-75 DvinaS-125 NevaS-200 Doubna et 2K12 Kub ont été détruites. Cependant, des 9K33 Osa, mobiles car montés sur véhicules à roues, seraient encore opérationnels87.

Attaque d’unités au sol[modifier]

Le 19 mars à 16 h 45 UTC, des chars de combat libyens qui menaçaient les populations civiles dans le secteur de Benghazi sont détruits par des bombes guidées laser GBU-12 et AASM de précision métrique lancées par les avions de l’Armée de l’air française88. L’un des chars a été détruit par un tir AASM effectué par un Rafale à la distance de 55 km89,90.

À partir du 20 mars, outre les avions français, participent aux frappes quinze avions américains de l’USAF ; hormis les B-2 utilisés pour le raid sur une base aérienne, des F-15E, des F-16CG Wild Weasel91, quatre AV-8B Harrier II de l’USMC et des Boeing EA-18G Growler de guerre électronique de l’US Navy92. Plusieurs dizaines de véhicules militaires et civils utilisés par les forces loyales au régime sont mis hors d’usage93,94.

Le 21 mars à 10 h 30 heure locale, un F-15E Strike Eagle de l’USAF s’est écrasé à la suite d’un incident sur l’avion. L’équipage a été récupéré sain et sauf95.

Dans la nuit du 23 au 24 mars, un raid mené avec 7 missiles de croisière SCALP par des Rafale et des Mirage 2000D détruit des dépôts de munition, des installations de maintenance et le centre de commandement de la base aérienne d’al-Joufra.

La nuit suivante, l’aviation française détruit avec une bombe guidée laser GBU-12 une batterie d’artillerie située dans les environs d’Ajdabiya96. Finalement, le siège de la ville se termine le même jour après la destruction de 7 chars T-72 par des Tornado GR.4 armés de missiles antichar Brimstone97 et des Mirage 200098.

Le 29 mars, les avions de l’armée de l’air et de la marine françaises ont conduit des frappes sur des véhicules blindés et sur un important dépôt de munitions dans les régions de Misrata et Zintan99.

Entre le jeudi 31 mars 2011 à 06 h 00 et le jeudi 7 avril 2011 à 06 h 00, les avions de l’armée de l’air et de la marine françaises ont réalisé près de 900 heures de vol, 120 sorties d’appui et d’interdiction aérienne, 24 sorties de reconnaissance, 13 sorties de détection et de contrôle, 22 sorties de ravitaillement en vol et 28 sorties de ravitaillement type « nounou », 22 sorties de défense aérienne depuis La Sude. Le bilan de la semaine pour les avions français est le suivant : Le 1er avril, un char détruit à l’ouest de Misratah. Le 2 avril, cinq véhicules blindés détruits dans la région de Syrte. Le 3 avril, deux porte-chars détruits dans la région de Ras Lanouf. Le 5 avril, un véhicule militaire détruit au sud-ouest de Brega. Le 6 avril, deux sites de missiles de défense anti-aérienne, l’un dans le sud de Zlitan, l’autre à une centaine de kilomètres au sud de Syrte100.

Le 10 avril la situation était de nouveau critique pour les civils des villes d’Ajdabiya et de Misratah qui étaient bombardées par des chars du colonel Khadafi, les avions de la coalition sont intervenus pour protéger les populations de ces deux villes et ont détruit 11 chars qui s’approchaient d’Ajdabiya et 14 chars dans la banlieue de Misratah101.

Depuis le 27 avril, des Mirage 2000D français utilisent, entre autres, des bombes d’entrainement de 300 kg pour traiter les véhicules ciblés en réduisant ainsi le risque de dommages collatéraux102. Les 1er, 2 et 3 juin des bombardements intensifs visent Tripoli et 10 explosions importantes sont entendues le 3 juin. Des hélicoptères de combats français (Tigre) et britanniques sont employés dès la nuit du 3 au 4 juin et détruisent 20 objectifs dont 15 véhicules blindés et 2 centres de commandement. De plus, le 7 juin pendant toute la journée des bombardements (les plus intensifs depuis le début de l’intervention intrernationale) ont lieu (60 bombes larguées, la résidence du colonel Kadhafi détruite, caserne de la garde républicaine en ruine et au moins 32 morts et 150 blessés)[réf. nécessaire].

« Des hélicoptères de combat sous commandement de l’OTAN ont été utilisés pour la première fois le samedi 4 juin dans des opérations militaires au-dessus de la Libye, dans le cadre de l’opération Protecteur unifié, »

a indiqué l’alliance atlantique dans un communiqué publié samedi à l’aube103.

« Des hélicoptères Apache britanniques ont participé à ces attaques aériennes »

a indiqué à Londres le ministère de la Défense.

Depuis le BPC Tonnerre, des hélicoptères de l’armée française de type Tigre et Gazelle ont également conduit pour la première fois dans la nuit de vendredi à samedi des frappes au sol en Libye. C’est une première opération interarmées104 et internationale, tant pour les Français que pour les Britanniques, « C’était la première mission opérationnelle des Apaches de l’armée britannique depuis la mer105 »,106.

Les avions et les hélicoptères français ont effectué, du 9 au 16 juin, plus de 250 sorties (soit 30 de plus par rapport à la semaine précédente) dont 146 ont eu pour objet des attaques au sol, lesquelles ont permis de détruire une soixantaine d’objectifs (20 bâtiments et plus de 40 véhicules militaires, notamment dans les régions de Misrata, Tripoli et Brega). Les hélicoptères Gazelle et Tigre embarqués à bord du Bâtiment de Projection et de Commandement (BPC) Tonnerre, ont été engagés à 6 reprises. Selon l’OTAN, l’une de ces missions a concerné le secteur de Zlitan, le 13 juin dernier, et visé des défenses antiaériennes, des véhicules ainsi que des bateaux107. Selon une déclaration du général Elrick Irastorza, lors d’une réunion de l’Association des Journalistes de Défense108 :

« C’est un véritable défi technique d’avoir autant de machines sur le BPC. Cela nécessite de la compétence et de l’entraînement, non seulement de la part des pilotes, mais aussi des mécaniciens et de tous les autres, en particulier lorsque vous considérez que la plupart des opérations se déroulent de nuit et en majorité sans lumière. »

Ce propos est d’autant plus pertinent que les hélicoptères de l’ALAT, contrairement aux aéronefs de l’Armée de l’Air et de la Marine, ne sont pas équipés de la Liaison 16 et ne possèdent donc pas de connectivité avec les autres plates-formes opérant sur le théâtre d’opération.

L’OTAN a reconnu mardi 21 juin la perte d’un drone hélicoptère qui effectuait une mission de surveillance en Libye. Selon des responsables américains, l’appareil est un Fire Scout, utilisé depuis 2006 par l’armée américaine109.

Actions de surface des navires de l’OTAN[modifier]

Le 2 mai 2011, la frégate française Montcalm au large de Brega engage avec son canon de 100 mm une batterie d’artillerie pro-kadhafi110.

Dans la nuit du 7 au 8 mai, la frégate française Courbet ayant repéré une batterie de lance-roquette multiple tirant sur Misratah, détruit au moins l’une d’entre elles à l’aide d’une centaine d’obus de 100 mm111.

Le 12 mai 2011, à partir de 2 h du matin, les frégates canadienne NCSM Charlottetown (FFH 339), française Courbet et le britanniqueHMS Liverpool (D92) ont repoussé une attaque de deux embarcations gonflables rapides pro-Kadhafi voulant à priori miner le portMisrata. Ces dernières, attaqué à la mitrailleuse par Charlottetown et l’hélicoptère du Liverpool se sont repliées sous le couvert de l’artillerie et des lance-roquettes multiples loyalistes visant les frégates. Le Liverpool a effectué des tirs de contre-batterie avec son canon de 114 mm pour les faire taire. Pas de victimes ni de dégâts à signaler sur les navires de l’OTAN112,113. Le 14 avril, après des bombardements, 8 navires de guerre kadhafistes ont été détruits et d’autres endommagés[réf. nécessaire].

Fin de l’intervention[modifier]

Au lendemain de la mort de Mouammar Kadhafi, survenue le 20 octobre 2011, l’OTAN annonce qu’elle arrête la mission Unified Protector le 31 octobre 2011114.

Bilan des opérations des forces coalisées[modifier]

220px-Secretary_Clinton_Poses_for_a_Group_Photo_With_World_Leaders KADHAFI

magnify-clip LIBYE

Sommet de Paris pour le soutien au peuple libyen, le 19 mars 2011.

Le département de la Défense américain déclare qu’au 28 mars 2011, un total de 192 missiles BGM-109 Tomahawk américains et 7 britanniques ont été lancés dans le cadre de cette intervention. Un total de 1 602 sorties d’avions ont été menées, 983 par les avions américains et 616 par les autres coalisés. On compte dans cet ensemble 735 sorties de combat, 370 menées par les avions américains et 367 par les avions des autres coalisés115. Au 5 avril 2011, la France affirme avoir tiré 11 missiles de croisière SCALP116. Au 22 août 2011, la France a effectué plus de 2 225 frappes aériennes, soit 35 % des frappes totales117.

L’OTAN déclare que, du moment où elle a pris le commandement de l’opération, le31 mars 2011 à 8 h GMT, au 27 avril 2011, l’aviation a conduit 3 981 sorties dont 1 658 de combat. Mais ce dernier chiffre n’indique pas le nombres de cibles visées. Ainsi, alors qu’au jeudi 21 avril 2011, elle a effectué 152 missions, dont 62 sorties de combat, elle annonce un bilan de sept chars et treize dépôts de munitions détruits.

Un total de 662 navires ont été interpellés, 18 arraisonnés et 5 détournés depuis le début des opérations concernant l’embargo sur les armes118.

Des opérations de guerre psychologique sont menées par les alliés en direction des unités libyennes pour qu’elles ne participent plus aux hostilités119. Le 23 août 2011, ils larguent ainsi les tracts suivants sur Tripoli, alors assiégée par les rebelles120 :

« [Au recto, un avion de l'OTAN vise des véhicules militaires :] Attention. Restez à l’écart des activités militaires. [Verso :] Officiers, soldats et combattants du régime de la glorieuse Libye. De nombreux officiers haut gradés ont déjà fait défection pour suivre leur conscience. Cessez de prendre part aux combats. Retournez auprès de votre famille et servez votre pays en déposant les armes, en abandonnant votre poste et en respectant le droit de tous les Libyens à vivre en paix121. »

« [Au recto, un billet libyen à l’effigie de Kadhafi122 en flammes avec pour légende :] Combattants non libyens, ceci est la seule monnaie que vous recevrez pour continuer à mettre en danger des civils libyens. [Verso :] À tous les combattants non libyens dans Tripoli ! Vous avez été impliqués dans des actes violents contre des civils libyens. L’OTAN a les capacités de remplir le mandat de l’ONU pour protéger les civils et leurs aires d’habitation. L’OTAN est déterminée à faire usage de ses capacités contre toute menace. Quittez ce pays dès maintenant123 ! »

« [Au recto, Omar Al Mokhtar124, chef de la résistance armée à la colonisation italienne, s’adresse à Muammar Kadhafi : Pourquoi permets-tu à nos frères libyens de combattre et de se tuer les uns les autres au lieu de vivre en paix ? Tu déshonores notre histoire avec des crimes contre l’humanité. [Verso :] Officiers et soldats de l’armée libyenne, Kadhafi a été inculpé par la cour pénale internationale pour crimes contre l’humanité en Libye. Les officiers et les soldats sont informés que les ordres de Kadhafi ou de son régime pour conduire des opérations militaires contre le peuple libyen ne doivent pas être obéis. Si un soldat ou un officier accomplit des actions pour commettre des crimes contre l’humanité, ils seront en violation directe du droit international. Beaucoup d’officiers et de soldats libyens se sont soulevés contre les ordres de Kadhafi de tuer des civils innocents, en choisissant de ne pas combattre. Suivez ces hommes vers un futur libyen prospère et pacifique125. »

« [Au recto, un soldat libyen est coupé en deux, d'un côté il est loyaliste, de l'autre rebelle, avec comme légende :] Cessez de déchirer la Libye. Une Libye, un peuple. [Verso :] Les soldats commettant des crimes contre l’humanité seront tenus responsables par la communauté internationale. Kadhafi a été inculpé par la cour pénale internationale. Partagerez-vous une cellule de prison avec lui ? Qui s’occupera de votre famille ? Faites un choix avant qu’il ne soit trop tard — la paix et une prospérité future ou la guerre qui continue et plus de morts et de destruction126. »

Le coût de l’opération Harmattan pour la France au 30 septembre est de 300 à 350 millions d’euros127.

L’intervention militaire en Libye a couté 212 millions de livres sterling (248,3 millions d’euros) au Royaume-Uni, dont 145 pour les coûts opérationnels et 67 pour les munitions128.

Elle aurait coûté au minimum 45 millions d’Euro par mois à l’Italie129.

Polémique[modifier]

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magnify-clip NUCLEAIRE

Genève,22 mars 2011, manifestation en faveur de l’intervention de l’OTAN.

220px-Protest_against_US_military_action_in_Libya_3 ONU

magnify-clip OTAN

Minneapolis, 21 mars 2011, protestations contre la participation des États-Unis à l’intervention.

Alors que dans une conférence de presse Oana Lungescu, la porte-parole de l’OTAN, affirme à deux reprises qu’elle agit uniquement dans le cadre du mandat de l’ONU130, certains observateurs jugent que le rôle militaire de l’OTAN a dépassé la simple protection des civils, notamment dans le déploiement au sol de forces spéciales et dans l’aide aux rebelles en-dehors de la simple protection des civils131,132. Sur ce dernier point, Anders Fogh Rasmussen, le secrétaire générale de l’OTAN, répond :

« Il n’entre pas dans notre mandat de cibler le colonel Kadhafi en tant qu’individu. Mais, naturellement, afin de protéger efficacement la population, nous avons dû frapper les centres de commandement, car ils peuvent être utilisés pour planifier et organiser les attaques contre les civils. J’affirme donc que nous avons conduit nos opérations en stricte application du mandat de l’ONU133. »

Certains observateurs après la seconde bataille de Tripoli sont critiques sur le rôle de l’Alliance et se demandent comment se serait déroulé le conflit sans l’intervention de l’OTAN et si l’OTAN a été au-delà du mandat des Nations-Unies134,135.

Certains activistes anti-américains et favorables au régime kadhafiste ont été jusqu’à affirmer que la rébellion était commandée par l’OTAN dans le but d’occuper la Libye et ne représentait pas la volonté populaire, qu’en réalité, l’OTAN avait pris acte de son enlisement et ne visait plus une solution militaire classique, que sa tactique était désormais conçue pour appuyer une action politique souterraine visant à provoquer une dislocation de l’État, que ce n’était pas les rebelles qui se battaient contre l’armée libyenne et ses réservistes, mais l’OTAN. Ils affirmaient que chaque jour le CNT clamait avoir pris une localité qu’il perdait le lendemain et que la seule localité importante tenue par les « rebelles » était Benghazi, qu’ailleurs, ils n’étaient que de passage et que sans l’aide de la population ils ne parvenaient à se maintenir nulle part. Certains experts en stratégie étaient arrivés à la conclusion qu’il n’y aurait aucun moyen de prendre Tripoli, en tous cas pas avant deux ou trois ans. et qu’elle resteraient à la fois loyales au gouvernement et stables136. Deux mois plus tard la suite des événements contredisait ces allégations, l’ensemble de la Libye tombait entre les mains du CNT et le Président Nicolas Sarkozy s’exprimait à Benghazi, la ville symbole de la révolution contre le colonel Kadhafi, devant une foule en liesse137.

Pour leur part, les géopolitologues se demandent si l’intervention militaire de 2011 en Libye pourrait se reproduire dans d’autres cas138,139. Certaines personnalités dont le Président Sarkozy et Abdelbasset Sieda, président du Conseil national syrien (CNS) et principal chef de l’opposition, demandent en 2012 qu’une opération équivalente soit déclenchée pour mettre fin aux massacres de la population par les forces de Bachar el-Assad140.

Notes et références[modifier]

  1.  http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20111020.OBS2936/la-fin-du-colonel-kadhafi-mort-sans-proces.html [archive]
  2.  Un fils Kadhafi tué lors d’une frappe de l’Otan [archive], Express. Consulté le 1/05/2011
  3.  Berlusconi dément qu’un fils Kadhafi ait été tué par l’OTAN [archive],Le nouvel Observateur, 26 mai 2011. Consulté le 26 mai 2011
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  122.  Central Bank of Libya [archive], Monnaies du monde. Voir le no  68a, billet de 1 dinar libyen de 2004.
  123.  « [Recto :] Non-Lybian fighters, this is the only money you will receive for continuig to endanger Libyan civilians. [Verso :] To all non Libyan fighters in Tripoli ! You have been involved in violent acts against innocent Libyans civilities. NATO has the means and the capabilities to implement the UN mandate to protect civilians and civilian populated areas. NATO is determined to use its capabilities against any threat. Leave this country now! »
  124.  Comparer l’image du tract avec, par exemple, celle située sur cette page [archive].
  125.  « [Recto :] Why do you allow our Libyan brothers to fight and to kill each other instead of living in peace ? You dishonor our history with crimes against humanity. [Verso :] Officers and soldiers of the Libyan Army, GAD has been indicted by the ICC for Crimes against Humanity in LBY. Officers and soldiers are advised that orders from GAD or his regime to conduct military operations against the LBY people must not be carried out. If a soldier or an officer carries out actions to commit crimes against humanity, they will be in direct violation of the international laws. Many Libyan officers and soldiers have maid a stand against GAD’s orders to kill innocent civilians by choosing not to fight. Follow these men to a prosperous and peaceful Libyan future. »
  126.  « [Recto :] Stop tearing Libya apart. One Libya, one people. [Verso :] Soldiers committing crimes against humanity will be held responsible by the International Community. GAD has been indicted by the ICC. Will you share a prison cell with him ? Who will support your family ? Make a choice before it is too late — peace and future prosperity or continued war and further death and destruction. »
  127.  Michel Cabirol, « [Industrie++Services [archive]-20111007 La France a tiré plus de 4.500 munitions en Libye] », La Tribune, 6 octobre 2011. Consulté le 8 octobre 2011
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Voir aussi[modifier]

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Articles connexes[modifier]

Liens externes[modifier]

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v · d · m

Guerre civile libyenne de 2011

Belligérants Jamahiriya arabe libyenne (Forces armées libyennes·Conseil national de transition (Armée de libération nationale·OTAN (Résolution 1973 du Conseil de sécurité des Nations unies)
Opérations Opération Ellamy (Royaume-Uni) · Opération Harmattan (France) · Opération Mobile (Canada) ·Opération Odyssey Dawn (États-Unis) · Opération Unified Protector (OTAN)
Combats 1re Ajdabiya · 2e Ajdabiya · Bani Walid · Offensive de Bani Walid · El Beïda · 1re Ben Jawad · 1re Benghazi ·2e Benghazi · Birak · 1re Brega · 2e Brega · 3e Brega · 4e Brega · 5e Brega · 1re Dehiba · 2e Dehiba · Derna ·Djebel Nefoussa · Fezzan · Gharyan · Al Jawf · Misrata · Front de Misrata · Zliten · 1re Ras Lanouf ·2e Ras Lanouf · 2e Sebha · Syrte · 1re golfe de Syrte · 2e golfe de Syrte · Tarhounah · Tawarga · 1re Tripoli ·2e Tripoli · 1re Zaouïa · 2e Zaouïa · 3e Zaouïa
Camp de réfugiés de Choucha · Mort de Mouammar Kadhafi · Reconnaissance internationale du Conseil national de transition
Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 19 mars, 2013 |Pas de commentaires »

LES RETOMBEES DE L’OFFENSIVE OCCIDENTALE AU MALI (David URRA / http://www.zcommunications.org / http://avicennesy.wordpress.com/)

Les retombées de l’offensive occidentale au Mali

LES RETOMBEES DE L'OFFENSIVE OCCIDENTALE AU MALI (David URRA / http://www.zcommunications.org / http://avicennesy.wordpress.com/) dans REFLEXIONS PERSONNELLES guerre4 (David URRA)

Beaucoup de choses ont été écrites et réécrites sur les événements qui se déroulent au Moyen-Orient, mais il n’a pas toujours été facile de comprendre que ces événements sont le résultat d’un plan unique qui s’est développé dans l’ombre et n’est devenu visible que dans ses phases finales. Alors que les « analystes » se limitent presque toujours à l’observation des événements tels qu’ils sont rapportés, les actions non déclarées sont plus difficiles à percevoir.

La guerre psychologique/médiatique (Psy/Media Ops) se déroule dans l’ombre et ce n’est que par la compréhension de ses caractéristiques qu’il est possible de comprendre ce qui se passe réellement. Dans l’opération militaire en cours au Mali, tout indique que l’objectif réel est l’Algérie, qu’elle fait partie des priorités de l ‘« Axe de la guerre. »

On peut avoir oublié que toute cette histoire a apparemment commencé avec les révoltes en Tunisie et en Egypte, bien qu’en réalité, le déclenchement ait été décidé longtemps à l’avance par les membres de l ‘« Axe de la guerre » (les Etats-Unis et ses partenaires, à la fois à l’Ouest et au Moyen-Orient), avec les premières phases élaborées minutieusement et dans certains cas, avec le consentement des futures victimes.

Le plan, maintenant connu et dénoncé par le général américain quatre étoiles Wesley Clark inclut des Coups d’Etat dans plus de sept pays du Moyen-Orient, où les intérêts occidentaux étaient menacés pour diverses raisons. Afin y parvenir, d’abord une étude a été réalisée sur la société, avec une vue d’ensemble des caractéristiques ethniques, sociales, culturelles, économiques et de défense des différents pays (comme Southcom avait fait avec l’Amérique latine par le biais de son partenaire, l’institution Florida International Université). Plus tard, un plan spécifique a été élaboré pour chaque pays, pouvant se réajuster coup par coup en fonction de leur « maturité », pour le renversement des gouvernements qui ne sont pas alignés sur les États-Unis.

En principe, les guerres psychologiques sont planifiées séparément pour chaque pays, tenant compte des différentes couches sociales à influencer, et du niveau potentiel de pénétration des médias dans la société occidentale. En conséquence, il n’y avait aucune feuille de route définissant par quel pays commencer, ni quel serait le suivant, la décision serait prise en cours de route, en fonction du degré de « maturité » que les actions entreprises avait atteint.

En ce sens, lorsque les révoltes en Tunisie et en Egypte ont été déclenchées, l’Occident a compris que c’était le prétexte dont elle avait besoin pour commencer l’assaut final, comme cela nous a été définitivement prouvé par les principaux médias de « désinformation ». Dans tous les cas, la préparation en coulisses avait débuté depuis un certain temps, et pour certains de ces cas, depuis des années.

En Tunisie et en Egypte, il était nécessaire d’ »écouter » la voix du peuple et de « remplacer » les dictateurs qui avaient longtemps servi les intérêts américains, mais dont l’image publique était ternie. Leur disgrâce servirait à « projeter le mécontentement » vers les pays voisins qui avaient été définis à l’avance comme des objectifs de déstabilisation, la Libye, l’Algérie, la Syrie et l’Iran. La première phase de ce plan avait été accomplie. C’est ce qui avait été élaboré en Afghanistan et en Irak sous le prétexte de la lutte contre Al-Qaïda et le terrorisme.

Il est nécessaire de souligner que l’Afghanistan et l’Irak ont ​​servi de préparation pour la deuxième partie de l’offensive qui serait lancée contre le reste des « infidèles ». Dans le cas de l’Afghanistan, où Al-Qaïda a joué un rôle prépondérant, il était aussi un lieu d’incubation pour la plupart des combattants-terroristes qui allaient plus tard être employés en Libye, Syrie, Iran et Algérie.

Nous devons garder à l’esprit que Al-Qaïda était une organisation créée par la CIA à partir des pires éléments existants dans le Moyen-Orient, dans le but de déstabiliser l’Afghanistan à l’époque où ce pays était soutenu par l’Union Soviétique, et servir plus tard de prétexte pour des agressions futures. Al-Qaïda n’a jamais été hors de contrôle de la CIA et, qu’elle soit utilisée comme prétexte ou comme exécutant, elle a toujours été un acteur dans tous les événements du Moyen-Orient. En tant que tel, en Afghanistan et en Irak, Al-Qaïda était une organisation terroriste qui devait être combattue et détruite. En Libye et en Syrie, il s’agit d’une organisation qui défend « la liberté et la démocratie. »

Dans le cas de la Libye, les révoltes en Egypte et en Tunisie qui ont servi à renverser des dirigeants corrompus ont également été utilisées pour générer un éventail d’opinions au sujet de la l’ »insurrection » libyenne. Dans ce pays, qui avait le plus haut niveau de vie de toute la région et où, malgré les erreurs stratégiques commises, ses dirigeants se sont toujours préoccupés des besoins de la population, l’analyse des couches de la société a révélé que, à Benghazi, il y avait encore certains secteurs qui aspiraient au retour du roi Idris Ier, renversé par Kadhafi, et on leur a fourni les conditions pour activer leurs forces, en les utilisant comme un fer de lance pour la « rébellion » générale.

En outre, Kadhafi a remis à l’Occident non seulement les armes que les rebelles utiliseraient, mais aussi les principales entreprises stratégiques du pays, y compris ses raffineries de pétrole, en fin de compte utilisées contre lui durant les révoltes organisées par ce même occident.

Ils n’avaient besoin que d’un prétexte qui, dans ce cas consistait à organiser des manifestations qu’une petite minorité des médias-mensonge (MMD : media of mass deception) amplifieraient indéfiniment, afin de mettre en œuvre immédiatement la formule utilisée ailleurs et perfectionnée en Afghanistan, un élément fondamental des guerres psychologiques : préparer le terrain et l’opinion publique pour la phase finale, dans laquelle des mesures économiques, financières et diplomatiques combinées avec des mercenaires, des terroristes, des opérations des forces spéciales et la supériorité aérienne, porteraient le coup final à Kadhafi et ceux qui l’ont soutenu .

On connaît le résultat.

Mais toutes ces actions étaient liées, étant donné que les révoltes en Egypte et en Tunisie, se dirigeant vers la Syrie et l’Algérie, faisaient partie du plan conçu au Quartier Général de Fort Bragg, sauf que dans le cas de l’Algérie, la guerre psychologique n’avait pas donné le résultat escompté, et le plan devrait être modifié.

En Syrie, toutes les conditions n’avaient pas été réunies, non plus, mais l’Occident, enhardi par les résultats très favorables obtenus avec un minimum de ressources, et pourquoi pas, par la résistance tiède de la Russie et de la Chine, a décidé « d’accélérer » le plan pour ensuite se concentrer sur les deux objectifs les plus difficiles : l’Iran et l’Algérie.

Mais l’aventure syrienne s’est avérée être beaucoup trop compliquée, et semble figée sans aucune solution en vue. La Russie et le léger changement de la position chinoise ont bloqué l’élaboration du plan de l’Occident tel qu’il était conçu, et malgré les « insurgés » achetés avec des fonds du Qatar et de l’Arabie saoudite qui ont réussi à déstabiliser le pays, la résistance du peuple syrien et de leurs forces armées n’a pas été liquidée. Apparemment, l’axe de la guerre devra s’impliquer plus directement dans le conflit, mais cela implique le danger de l’internationalisation et cela pose certains dangers, étant donné que ce n’est pas seulement la Syrie qui est en jeu, mais la Syrie ainsi que l’Iran et probablement la Russie.

Ce sont ces circonstances qui ont conduit l’Occident à décider de se tourner vers l’application de la variante qui consiste à accélérer ses actions contre l’Algérie, et c’est là que l’option Mali entre en scène.

Bien que le conflit au Mali soit en cours depuis un certain temps, c’est toujours une création relativement récente, et l’Occident ne l’a pas peaufinée, puisqu’il a déjà les ressources de la région sous son contrôle absolu.

L’apparition soudaine de la menace « islamique » au Mali est en réalité un prétexte, comme dans tant d’autres cas, utilisé par l’Occident pour introduire ses forces dans un pays qui partage une longue frontière avec l’Algérie, et plus précisément sur le côté de l’Algérie qui est la moins peuplée et la plus vulnérable.

Le nord du Mali, où une partie du désert du Sahara est situé, est habité principalement par des Touaregs, qui, en Mars 2012 ont mené une rébellion contre le gouvernement corrompu de Amadou Toumani Touré, qui a finalement été vaincu non pas par les rebelles, mais par un coup d’Etat militaire dans lequel il a été accusé d’être trop indulgent envers les rebelles. La junte militaire ayant fait le coup d’état installa Dioncounda Traoré comme président, poste qu’il occupe encore.

Mais en réalité, les Touaregs ont été marginalisés par les « islamistes » des groupes voulant instaurer la charia la plus radicale. Bien que seul le Mouvement National pour la Libération de l’Azawad (NMLA) soit mentionné, il y a trois groupes dans le conflit et le plus dominant à l’heure actuelle est le Mouvement pour l’Unicité du Jihad en Afrique de l’Ouest (MUJAO), qui, avec l’AQMI (Al-Qaïda du Maghreb Islamique), a réussi à déplacer les Touaregs dans la région, en prenant le contrôle des principaux centres de population dans le nord du pays.

Il est important de préciser que ces groupes islamiques sont principalement composés de combattants terroristes que l’Occident utilisait dans sa guerre contre la Libye, tout comme avec les talibans en Afghanistan, qui y furent employés pour ensuite servir de prétexte pour envahir le pays.

Ces groupes sont mal organisés et mal armés, et par conséquent leur capacité militaire est très réduite. Ceci a été confirmé par la manière dont la France a lancé sa campagne, d’abord par les intermédiaires des Médias-Mensonge, en exagérant le « danger » que représentent ces groupes « islamistes », puis foncé avec un contingent limité et aucune préparation préalable, dans une confrontation où le combat, les victimes et même les blessés sont absents. Une véritable guerre virtuelle.

Comme nous avons pu voir à travers les images et les rapports, il n’existe aucune preuve que les villes ont opposé la moindre résistance. Les principales victimes sont les populations civiles, pratiquement piétinées par les troupes d’occupation française, créant un problème plus grave que celui qui existait auparavant, avec le déplacement de quelque 200.000 personnes.

L’attaque de la raffinerie de gaz algérien à In Amenas, coïncidant bizarrement avec l’invasion française du Mali est encore un autre élément de preuve qui confirme que l’option algérienne était la véritable motivation derrière les actions de la France au Mali.

Il est utile de rappeler que l’Algérie était la plus importante colonie de la France en Afrique et sa perte est restée en travers de la gorge de la classe dirigeante française. Pour l’Occident, éliminer les gouvernements alignés contre ses intérêts, c’est réduire la base de soutien de la Russie et de la Chine.

Un autre élément révélateur se trouve dans les accords que les insurgés avaient déjà réalisés au Mali, qui semblaient offrir une solution négociée du conflit et qui ont été torpillés par la décision française d’envahir le pays, fonctionnellement approuvée par la résolution du Conseil de Sécurité de l’ONU le 20 Décembre 2012, qui bien que n’ayant pas autorisé l’invasion, ne l’a pas interdite non plus.

L’échiquier politique a des variantes multiples de ces types de conflits et ici nous voyons comment l’Algérie, dans son empressement à gagner les faveurs de l’Occident, la France en particulier, a concédé aux avions français l’autorisation d’utiliser son espace aérien pour ses interventions contre les rebelles au Mali. Le Ministre Français des Affaires Etrangères a remercié les Algériens :

« L’Algérie a autorisé le survol de son territoire, et je l’en remercie », a-t-il dit, avant d’ajouter : « La France se devait d’intervenir de toute urgence, sinon il n’y aurait plus de Mali, mais un État terroriste […] ». Le fait que l’Algérie ait pris la décision d’ouvrir son espace aérien à l’aviation française basée en France pour attaquer les islamistes dans le nord du Mali est significatif, compte tenu de la méfiance traditionnelle des autorités algériennes vis-à-vis de toute forme d’intervention militaire de Paris dans la région. « Une fois que la force africaine aura pris le relais dans le nord du Mali, il faudra que les Algériens ferment leurs frontières pour couper les combattants islamistes de leurs bases ».

C’est précisément là où se trouve le piège. En lisant entre les lignes, on entrevoit le prétexte qui sera utilisé contre l’Algérie une fois que les forces françaises au Mali seront positionnées avec la collaboration des Etats-Unis et la Grande-Bretagne : la présence éventuelle de combattants islamistes en territoire algérien.

Les faits sont têtus, et le temps nous le dira. Très bientôt, nous serons en mesure de voir si oui ou non un processus de déstabilisation est en cours en Algérie.

David URRA

Traduit de l’anglais par Avic du site : http://www.counterpunch.org/

Original en espagnol. Traduction en langue anglaise par Fausto Giudice.

David Urra est un analyste militaire / politique pour http://www.zcommunications.org. Il est diplômé de S.M. Kirov Caspian Higher Naval Academy. Il peut être contacté à davidurra@yahoo.com .

http://avicennesy.wordpress.com/

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 15 mars, 2013 |Pas de commentaires »

USA: PIRE QUE CHUTZPAH ! (Edward S.HERMAN / http://www.zcommunications.org)

USA :

USA: PIRE QUE CHUTZPAH ! (Edward S.HERMAN / http://www.zcommunications.org) dans REFLEXIONS PERSONNELLES guerre2

Pire que Chutzpah ! 

(Edward S. HERMAN)

CHUTZPAH: Désigne le dernier degré de l’arrogance, de l’impudence, de la plus totale absence de honte ou de scrupules. Synonyme généralement péjoratif d’audace, d’insolence, il cesse d’être péjoratif dans les milieux où l’impudence est de règle… En hébreu, le mot chutzpah marque une indignation envers quelqu’un qui a dépassé outrageusement et sans vergogne les bornes du comportement acceptable.

Quand on voit la Secrétaire d’État Hillary Clinton et le président Barack Obama, l’air grave et offusqué, mettre en garde la Syrie contre un recours aux armes chimiques, « totalement inacceptable » selon Obama, ou « qui passerait la ligne rouge et dont les responsables auraient à en répondre » selon H. Clinton, et qu’on voit le New York Times [comme la plupart des médias occidentaux] et tout l’establishment occidental reprendre et soutenir ces déclarations, on reste baba devant une aussi époustouflante hypocrisie. Alors que les États-Unis, précisément, détiennent le record d’utilisation des armes chimiques dans le monde, se sont toujours opposés à la signature d’accords internationaux visant à en interdire l’utilisation, et utilisent aujourd’hui régulièrement leur armement à uranium « appauvri » (armement à la fois nucléaire et chimique, dont le nombre et le type de victimes va bien au-delà des cibles directes) dans tous les conflits qu’ils déclenchent ! L’utilisation massive d’Agent Orange au Vietnam ou de munitions au phosphore blanc en Irak, tout le monde connait, non ? Serait-il possible que seuls Clinton, Obama et les médias occidentaux ne soient pas au courant ? Ou doit-on y voir une fois de plus la seule arrogance du pouvoir et cette conviction qu’il ne saurait y avoir de moralité ou de Droit International que lorsque l’ennemi fait quelque chose de choquant ?

C’est peut-être bien un mélange des deux, tant le double standard et la mauvaise foi sont souvent remarquables. L’archétype de ce genre d’attitude pourrait bien être l’histoire des « pluies jaunes » – des poisons chimiques que les Soviets auraient déversé dans le ciel du Laos au début des années 1980. Le flagrant manque de preuves n’avait pas empêché à l’époque l’administration Reagan d’en tirer le meilleur parti pour mieux diaboliser « l’Empire du mal ». On eut beau démontrer que l’accusation était fausse, un chercheur américain, Matthew Meselson, ayant apporté la preuve que lesdites pluies jaunes n’étaient en réalité que des déjections d’abeilles, elles n’en furent pas moins toxiques grâce au Wall Street Journal et aux autres médias de masse. Bien après le démontage de cette campagne d’intox, Peter Kann, éditeur du Wall Street Journal, citait encore les « champs empoisonnés du Laos » pour montrer « qui étaient les bons et qui étaient les méchants » dans le monde (“Clinton Ignores History’s Lessons In Vietnam,” [Clinton fait l’impasse sur les leçons d’histoire au Vietnam] WSJ, 9 septembre 1992). Autrement dit, Kann faisait totalement l’impasse sur la guerre chimique monumentale et bien réelle que les États-Unis avaient mené au Vietnam, au Cambodge et au Laos, mais n’en ramenait pas moins cette vieille histoire de pluies jaunes soviétiques, fut-elle démontrée fausse de longue date. En fait d’hypocrisie, de malhonnêteté ou des deux à la fois, difficile de faire mieux ! Ironiquement, c’est justement dans son propre journal qu’un article de 1997 évoquait les 500 000 enfants vietnamiens souffrant d’anomalies congénitales précisément dues aux méthodes de ceux que Kann appelle « les bons » [the “good guys”]. (Peter Waldman, “Body Count : In Vietnam, the Agony Of Birth Defects Calls An Old War to Mind,” WSJ, 12 décembre 1997).

Aujourd’hui, les zélateurs de l’impérialisme américano-centrique s’efforcent eux aussi de noyer le poisson sur les guerres chimiques du Vietnam et d’ailleurs, ou sur l’uranium « appauvri ».

Dans son récent « classique du genre » encensé par l’establishment et la critique, The Better Angels of Our Nature : Why Violence Has Declined ([Les meilleurs penchants de notre nature : Pourquoi la violence a diminué],Viking, 2011), Steven Pinker ment ostensiblement sur la question, expliquant au lecteur que ce qui atteste de ce regain de moralité dans le monde et de la diminution de la violence – progrès que les grandes démocraties occidentales peuvent se prévaloir d’avoir apporté au reste du monde – c’est leur condamnation des armes chimiques et leur refus d’en faire usage. Mais dans les quelques pages que Pinker consacre aux violences qui ont marqué la guerre du Vietnam, pas une seule ligne n’évoque l’utilisation massive de ces armes chimiques dans l’Opération Ranch Aid et divers autres programmes menés dans ce pays.

De même pour la Syrie, les propagandistes officiels n’affirment pas que le gouvernement syrien ait d’ores et déjà recours à de telles armes, mais seulement que les Occidentaux ont la preuve que la Syrie se préparerait à en faire usage en dernier recours.

« Ce qui nous inquiète, c’est que le régime d’Assad, de plus en plus aux abois, ne finisse par recourir à ses armes chimiques ou n’en perde le contrôle, au bénéfice de l’un des nombreux groupes qui opèrent actuellement en Syrie » (Hillary Clinton).

A ce propos, ce n’est que récemment que Washington et les médias de masse ont fini par admettre la présence d’Al-Qaïda parmi les « nombreux groupes » de « combattants de la liberté » que les Occidentaux soutiennent en Syrie – et ce que cette présence a de préoccupant.

Ce genre d’opportunisme pourrait bien se terminer une fois de plus par un magistral revers de manivelle, comme après avoir soutenu Al-Qaïda en Afghanistan ou en Libye, les États-Unis soutenant à nouveau ceux qu’on appellera ensuite « les pires des pires » – passant du statut de « combattants de la liberté » très généreusement armés et soutenus, à celui de candidats à la détention illégale, à la torture et aux assassinats ciblés.

Outre la menace d’armes chimiques en Syrie, les représentants occidentaux se disent très préoccupés par l’utilisation de bombes à fragmentation par l’armée syrienne contre des civils, dans le cadre de ce conflit (C.J. Chivers, “In Syria, Cluster Munitions Takes Its Toll,” New York Times, 21 décembre 2012). Là encore, cas de figure à la fois familier et comique, les médias polarisés collaborent une fois de plus à un effort hypocrite, problématique au regard des faits, mais surtout lamentable, de diabolisation sélective.

On a accusé les Serbes de « nettoyage ethnique », sans tenir aucun compte du contexte de guerre civile encouragée par l’OTAN. Mais pas question d’utiliser ce terme au sujet du nettoyage ethnique pratiqué de longue date et à grande échelle par Israël en Palestine. Kadhafi menaçait soi disant Benghazi d’un bain de sang, c’est donc avec la bénédiction des mêmes médias et de l’ONU que les États-Unis, leurs alliés de l’OTAN, leurs rebelles autochtones et leurs mercenaires importés, purent s’offrir un vrai bain de sang avec pour point d’orgue le lynchage et le meurtre de Kadhafi. Et Hillary Clinton de déclarer toute fière dans un ricanement : « Nous sommes venus, nous avons combattu, il est mort ! » [“We came, we fought, he died !” parodiant pompeusement le “Veni, Vidi, Vici !” de César].

De même les mythiques armes de destruction massive de Saddam Hussein avaient-elles servi de prétexte pour la guerre d’agression des États-Unis contre l’Irak, avec là encore l’anéantissement d’un pays, le massacre de sa population et l’assassinat du “méchant” dirigeant. Au tour de la Syrie à présent ! Autre « méchant », l’Iran aussi menace le monde avec son entêtement à poursuivre son programme nucléaire. C’est sans doute le prochain sur la liste, dans le programme de production d’États ratés [failed states] des Grandes Démocraties – comme Pinker les appelle, ces gouvernements radicalement non-violents.

Mais pour en revenir aux bombes à fragmentation, les États-Unis les ont utilisés massivement au Vietnam et au Laos, en Irak et plus tard dans leur guerre aérienne contre la Serbie, en 1999 (entre autres). Israël s’en est montrée elle aussi particulièrement généreuse dans son agression du Liban, en 2006, et notoirement dans les derniers jours de ce conflit, alors que la paix était à portée de main, parsemant les champs de ces graines de mort et d’horreur éparpillées à travers tout le pays. L’armée israélienne a laissé derrière elle environ un demi-million de bombes après son dernier assaut contre le Liban.

Un commandant d’escadre de bombardiers israéliens déclarait à ce sujet :

« Ce que nous avons fait est démentiel et monstrueux ; nous avons couvert des villes entières de sous-munitions explosives » (Meron Rappaport, “IDF commander : We fired more than a million cluster bombs in Lebanon” [Un commandant de forces israéliennes déclare : nous avons largué plus d’un million de bombes à sous-munitions au Liban] Haaretz, 12 septembre 2006). Mais sur ces opérations là, les responsables américains et les médias n’avaient aucune critique particulière à faire – sans parler de mises en gardes ou de menaces ; douleurs inévitables de l’accouchement d’un Nouveau Proche Orient – ou de son agonie.

Comme tous les grands médias, le New York Times n’a jamais cité ni découvert un seul commandant des forces israéliennes qui dénoncerait l’utilisation de bombes à fragmentation par son pays comme « monstrueuse ». Son unique éditorial sur le sujet ne donnait ni le nombre de bombes larguées ni aucune précision sur le moment ou sur les zones où elles l’avaient été, ni sur leurs effets. Il n’émettait pas non plus la moindre critique sur leur utilisation par Israël et ne risquait surtout pas de la qualifier de criminelle ou de monstrueuse. Dans la grande tradition de l’apologie de nettoyage ethnique, l’info restait dûment aseptisée (“No Place For Cluster Bombs,” 26 août 2006). On remarque aussi en regardant les titres, que les articles du New York Times ne mettaient jamais en avant le fait que les civils ou les zones civiles étaient la cible privilégiée de ces bombardements et de leurs destructions – contrairement aux articles sur la Libye de Kadhafi ou sur la Syrie d’Assad.

S’agissant d’Israël au Liban, ce qu’on peut trouver de plus proche serait quelque chose comme : « Libanais et humanitaires découvrent le danger des décombres » (25 août 2006), bien que le journal ait effectivement publié un article où Human Rights Watch qualifie la politique israélienne de crime de guerre (Kifner, 24 août 2006), et un autre qui donne quelques détails sur la sauvagerie et le caractère anti-civil et foncièrement délétère de l’agression israélienne (Worth et Kifner, 25 août 2006).

A l’instar d’Israël, les États-Unis ont refusé de signer la convention de 2008 sur les bombes à sous-munitions, qui en interdisait l’utilisation (la Russie, la Chine et plusieurs autres pays aussi d’ailleurs). D’après Richard Norton-Taylor, “Amnesty International, Oxfam, et Article 36 – un groupe chargé de la coordination de l’opposition à ce type d’armement – auraient déclaré que dans les pourparlers sponsorisés par les États-Unis, les préoccupations des humanitaires avaient été totalement laissées de côté, et qu’ils en appelleraient aux Britanniques pour tenter d’empêcher les USA d’avaliser ce qu’ils considèrent comme un « permis de tuer » à coup de bombes à fragmentation » (“US pushing UN to lift ban on cluster bombs, say campaigners” Le Guardian, 22 novembre 2011).

Mais de leur côté les Américains assurent que les derniers modèles de CBU [Cluster Bomb Unit] ont une action vraiment ciblée, avec un taux d’échec très bas. On doit donc supposer que les CBU dont dispose l’armée syrienne sont les anciens modèles, ceux qui sont mauvais. Ou peut-être les États-Unis, leurs alliés et leurs clients – c’est-à-dire « les bons » quel que soit le conflit – seraient en réalité les seuls à pouvoir détenir et utiliser des bombes à fragmentation.

L’une des principales caractéristiques des bombes à fragmentation et de leur utilisation, c’est la place privilégiée des enfants parmi leurs victimes – les responsables américains et les médias se montrent d’ailleurs particulièrement sensibles au sort des enfants dans les conflits armés. Le président Obama ne pleurait-il pas récemment sur celui des enfants tués à Newtown, au Connecticut ? Les médias n’étaient-ils eux aussi pas particulièrement émus par cette tragédie ? Bon, d’un autre côté, on a ces 500 000 enfants atteints de malformations au Vietnam, un pays où des centaines de milliers d’autres ont été tués, mutilés, traumatisés sans que cela suscite grand-chose comme intérêt, regrets, voire compensation ou assistance post-conflit aux victimes (si ce n’est 18 années de boycott punitif).

Il y a aussi la fameuse réponse de Madeleine Albright en 1996, au sujet de la mort de 500 000 irakiens de moins de cinq ans victimes des « sanctions de destructions massive » : « Ça vaut bien ce prix là ! ». Cette réponse est passée littéralement comme une lettre à la poste dans nos médias polarisés, sans susciter d’indignation outrée ni de réactions particulières. Et puis il y a aussi ce continuum de « frappes ciblées » de nos drones, contre des « militants » – avec leur cortège de « victimes » [casualties] ou « dommages collatéraux » en bas âge – dirigés par le même Obama éploré, et suscitant toujours aussi peu d’émotion ou de réactions dans nos médias. Dans la région de Fallujah, en Irak, on constate une extraordinaire augmentation du nombre de malformations congénitales, de fausses couches et d’enfants mort-nés, dus à l’utilisation massive d’armes et munitions de toutes sortes comme à l’uranium « appauvri » par l’armée américaine dans ce secteur, et qui devient une véritable « crise de santé publique » (Sarah Morrison, “Huge Rise in Iraq Birth Defects Linked to US Cluster Bombing,” The Independent [UK], 15 octobre 2012).

Nos médias ne se sont jamais spécialement intéressés au sort de ces enfants tués ou mutilés au loin, même lorsque nos dirigeants proclament que chaque vie humaine est précieuse. A franchement parler, la vie ou la santé des minots de chez nous, aux États-Unis même, leur est tout aussi indifférente. Combien sont massacrés dans les rues des ghettos, sans même parler de ceux qui, de plus en plus nombreux, peuvent à peine survivre dans un monde d’inégalités croissantes où le système social s’effondre.

Le niveau d’hypocrisie des représentants de l’establishment lorsqu’ils parlent d’armes chimiques, de bombes à fragmentation ou du sort des enfants dans le monde est littéralement vertigineux. Mais ce qui est pire que chutzpah, c’est lorsque Clinton et Obama, pontifiant et mettant en garde la Syrie sur ses armes chimiques et ses bombes à fragmentation, ne semblent même pas conscients de l’arrogance et de l’indécence de leur flagrant double standard (deux poids deux mesures).

Apparemment, ils ne doutent même pas une seconde que leurs messages moralistes sont aussi purs qu’apolitiques. Et nos médias de masse emboitent le pas, tout empressés de faire valoir à qui mieux mieux cette manière de voir pire que chutzpah !

Edward S.HERMAN

Professeur honoraire de finance à la Warton School de l’Université de Philadelphie, Edward Herman est économiste et critique des médias, auteur de nombreux ouvrages dont Génocide et Propagande (avec David Petersen, Lux Editeur, Montréal, 2012).

Article original paru sur Z Net – The Spirit Of Resistance Lives
http://www.zcommunications.org/beyond-chutzpah-by-edward-s-h…

Traduit de l’anglais par Dominique Arias Mondialisation.ca http://www.mondialisation.ca/usa-pire-que-chutzpah/5323751#

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RETOUR EN ARRIERE…POUR MIEUX ILLUSTRER LE PRESENT…ISRAËL ET L’UTILISATION DES BOMBES A L’URANIUM « APPAUVRI »…COMME LA FRANCE AU MALI

Comment ISRAËL a utilisé des armes à

l’uranium « appauvri »…

et comment la FRANCE continue à le faire au

MALI avec le même type d’armes !

RETOUR EN ARRIERE...POUR MIEUX ILLUSTRER LE PRESENT...ISRAËL ET L'UTILISATION DES BOMBES A L'URANIUM

L’Action des Citoyens pour le Désarmement Nucléaire (ACDN) a poursuivi son enquête sur les 1000 bombes guidées GBU-39 livrées à Israël par les États-Unis quelques semaines avant l’opération « Plomb durci » contre Gaza. Cette enquête confirme l’essentiel des allégations initiales de l’association.

Enquête

Dans un article publié le 4 janvier 2009 sur son site acdn.net, article largement diffusé et repris par de nombreux sites, ACDN dénonçait l’emploi de bombes GBU-39, dès le début de « Plomb Durci », par l’armée de l’air israélienne, en affirmant qu’elles contenaient de l’uranium appauvri. Métal radioactif et poison chimique, l’uranium appauvri, lorsqu’il est inhalé ou ingéré sous forme de micro- ou nanoparticules, s’attaque à l’ADN des cellules et au génome humain. Utilisé pour durcir des munitions, il est pyrophorique (incendiaire) à l’impact, mais aussi gravement pathogène, cancérigène et tératogène à moyen et à long terme. Employer de telles armes au sein d’une population sans tenir compte de ces effets bien connus de l’UA, c’est prendre sciemment le risque d’un génocide. D’où le titre de l’article du 4 janvier : A Gaza, le génocide à l’Uranium Appauvri a commencé, et l’appel d’ACDN à cesser le massacre.

Réactions

La « communauté internationale », officielle comme antinucléaire, ne semblant pas réagir à ce cri d’alarme, sinon pour le mettre en doute, ACDN a constitué et publié, dès le 14 janvier 2009, un dossier plus complet sur les GBU-39. 

Génocide à l’Uranium Appauvri à Gaza : le dossier.

Le 18 janvier 2009, le cessez-le-feu venant d’être proclamé par Israël, le président d’ACDN écrit au Secrétaire Général de l’ONU, M. Ban Ki-Moon, pour lui demander d’ouvrir au plus vite une enquête sur la présence de matières radioactives dans la bande de Gaza et de prendre, s’il y a lieu, des mesures d’urgence pour neutraliser si possible ces matières ou du moins protéger les Gazaouis et leurs voisins de la radioactivité. Il suggère de confier cette enquête au Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE), qui a déjà enquêté sur ce sujet dans les Balkans et qui a su trouver de l’uranium appauvri là où il y en avait.

De leur côté, les ambassadeurs des pays arabes accrédités en Autriche font remettre le 19 janvier 2009, par le Prince Mansour Al-Saud, une lettre à l’Agence Internationale de l’Energie Atomique dans laquelle ils s’inquiétent de l’information « médicale et médiatique » selon laquelle « des traces d’uranium appauvri ont été trouvées dans des victimes palestiniennes ». C’est en effet ce que le Dr Mads Gilbert, l’un des médecins norvégiens travaillant à l’hôpital Al-Chifa de Gaza, avait affirmé dès le 31 décembre 2008. Ils demandent à l’AIEA de mener « une enquête radiologique et physique en vue de vérifier la présence d’uranium appauvri dans les armes utilisées par Israël dans la bande de Gaza. » L’AIEA fait rapidement savoir qu’elle agrée la demande et va mener l’enquête. Ce qui écarte le PNUE de cette mission.

A ce jour (12 février 2009), l’AIEA n’a pas encore remis de rapport. Il est vrai qu’avant même la venue des enquêteurs sur le terrain, le porte-parole du gouvernement israélien a assuré qu’ils ne trouveraient rien. Précédemment, le chef d’état-major de Tsahal avait commencé par nier, le 13 janvier 2009, l’usage de bombes au phosphore blanc avant d’être obligé de le reconnaître le 20 janvier, en se repliant sur une deuxième ligne de défense : « ce sont des armes autorisées ». Oui, tout juste tolérées, mais pas sur des civils.

Sans attendre les résultats d’expertise de l’AIEA, ACDN a poursuivi son enquête sur les GBU-39, et abouti à rassembler les précisions suivantes.

Précisions

De « source bien informée », les GBU-39 livrées à Israël représentent une toute nouvelle génération de bombes guidées. Leur enveloppe est constituée d’un alliage métallique C/UA à base d’uranium appauvri (80 %), dans lequel le tungstène est remplacé par du carbone (20 %). A première vue, le carbone peut sembler plus fragile et plus friable que le tungstène, donc moins recommandé pour entrer dans la composition d’une enveloppe métallique chargée d’assurer la pénétration des bombes en profondeur, dans un terrain, un immeuble ou un bunker, à travers du béton armé et d’autres obstacles multiples et résistants. En fait, c’est l’inverse.

D’une part, en effet, il s’agit d’un carbone très particulier, issu directement des laboratoires militaires de Los Alamos, en liaison avec la recherche en nanomatériaux et structures de métaux, tant universitaire que privée, qui a mis au point un nouveau « type de carbone » à structures moléculaires renforcées : les fullerènes. Aussi résistants que le diamant, les fullerènes se présentent extérieurement sous forme de suie noire et se mélangent aisément à d’autres métaux, en l’occurrence l’uranium appauvri.

D’autre part, la « friabilité » du carbone permet d’obtenir un alliage métallique formant des milliers d’échardes, selon un tout nouveau procédé de fabrication qui fait intervenir ce qu’on nomme le « frittage fragmentaire ». Le métal (alliage 20/80 C/UA) ne présente pas une véritable « masse homogène » ; un réseau de microfissures volontaires facilite sa fracture en éclats minuscules ou « échardes de métal », dont le « rayonnement » se trouve en outre renforcé par le type d’explosif utilisé dans les GBU.

Selon les dernières informations obtenues par ACDN, la charge explosive des GBU-39 utilisées par Israël lors de l’opération « Plomb durci » ne serait pas de même composition que le DIME (Dense Inert Metal Explosive) qui se trouve, à raison de plus de 80 kg par unité, dans les Mk-82, des bombes de 500 livres ayant servi de base aux GBU-39, et qui ont aussi été utilisées à Gaza. La confusion entre les deux est possible, et le sort des victimes, quasiment identique.

L’explosif de ces GBU-39 serait une nouvelle formulation de perchlorate (produit hautement cancérigène) avec un ajout de poudre de carbone micromolléculaire (à la place de l’alumine) et d’un « booster » à base de poudre d’UA. Le rôle de cet explosif hyper puissant est d’assurer une grande vélocité aux « échardes de métal », lesquelles s’enflamment du fait qu’elles contiennent de l’Uranium Appauvri pyrophorique, mais seulement après impact sur leur « cible », où le frottement fournit l’élévation de température nécessaire. « Préformatées en forme d’aiguilles », les minuscules échardes s’enfoncent dans tout de ce qui se trouve sur leur passage. Elles traversent les corps humains de part en part et seul le béton les arrête à une profondeur d’environ un mètre (de 0,85 m à 1,15 m). Ensuite, elles brûlent, en dégageant un maximum de chaleur et un minimum de fumées… et ce en raison des « mini impacts largement répandus autour de la cible ».

Les GBU-39 utilisées lors de l’intervention israélienne, ont une propriété supplémentaire : elles disposent d’un système de mise à feu complémentaire qui force l’explosion en cas de mauvais fonctionnement du système primaire d’armement à l’impact. La bombe explose donc de toute façon dans les secondes ou les minutes qui suivent son contact avec la cible, quelle que soit celle-ci. Ainsi, le matériel est-il assuré de disparaître après intervention. On ne pourra trouver aucun reste de GBU-39, ni intacte, ni en morceaux. Juste un peu de poudre noire.

Ces nouveaux matériaux composites, les autres caractéristiques des GBU déjà décrites dans nos articles précédents, et l’ensemble du dispositif de mise en œuvre, assurent aux GBU un « service multiple » de destruction et de morbidité : – pénétration en profondeur des cibles les mieux protégées (bétons à hautes, très hautes ou ultra hautes performances ; blindages épais en acier, ou en acier renforcé à l’UA) ; explosion différée jusqu’à la profondeur voulue et programmée ; explosion ultérieure et autodestruction de l’engin, dans le cas où le dispositif primaire de mise à feu a échoué ; destruction « classique », par effet de souffle, de la cible, depuis l’intérieur même ; projection d’échardes métalliques dans les corps inertes ou vivants situés à l’intérieur ou à la périphérie de la cible, avec effet de « décapitation » ou d’ « amputation » sur les corps humains ; crémation externe et interne des corps, les échardes métalliques devenant elles-mêmes des brandons ; chez les blessés survivants, impossibilité de distinguer les éclats métalliques et de les extraire par une opération chirurgicale ; réduction de la durée de survie des blessés et des brûlés, par empoisonnement interne, radiotoxique et chimique, dû à l’uranium appauvri ou à ses descendants ; contamination radioactive de l’environnement naturel par dispersion, sur les lieux mêmes des explosions et au-delà, de nanoparticules d’uranium appauvri et d’autres radionucléides issus de l’uranium ; atteintes au génome de la population cible. L’innovation meurtrière des marchands d’armes défie l’imagination. Tout comme leur capacité à faire disparaître l’uranium appauvri de leurs nomenclatures, à esquiver les questions embarrassantes, voire à se trouver des alliés inattendus.

L’art de l’esquive

Les GBU sont construites aux Etats-Unis par la firme Boeing dans son usine de Saint Louis (Missouri). Sachant cela, un citoyen américain resté « sceptique » devant les assertions d’ACDN a demandé au Ministère de la Défense (DOD) des Etats-Unis s’il y avait ou non de l’uranium appauvri dans les GBU-39. En attendant la réponse du ministère – qui n’est toujours pas arrivée – il a posé au responsable de la communication de Boeing la question suivante : « L’usine Boeing de Saint Louis a-t-elle une licence du Ministère de l’Energie (DOE) pour détenir ou traiter de l’uranium appauvri ? » (« Does the Boeing facility in St. Louis have a DOE license for holding or handling depleted uranium ? »). Il a reçu cette réponse : « Boeing n’a pas de licence, étant donné qu’il n’y a pas d’activité relative à l’uranium appauvri dans notre usine de Saint Louis/Saint Charles. » (« Boeing does not have a license as there is no depleted uranium activity at our St. Louis/St. Charles facility. »)

Cependant, malgré ses allures de démenti, cette réponse n’implique nullement qu’il n’y ait pas d’uranium appauvri dans les GBU-39 : leur « construction » à Saint Louis peut se limiter au montage de pièces détachées, elle n’implique ni hauts fourneaux, ni fonderie pour les alliages métalliques, ni même l’usinage des pièces.

S’il fallait remonter la piste de l’uranium appauvri présent dans l’enveloppe des GBU-39 jusqu’aux lieux où il est fondu en alliage et où la coque est usinée, sans doute faudrait-il s’adresser d’abord aux laboratoires de l’armée américaine (en particulier à ceux de Los Alamos, en pointe dans la métallurgie et les nano-technologies), à la firme Westinghouse qui fournit l’uranium des centrales nucléaires, ou encore à l’un de ses sous-traitants. Gageons que le « secret défense » ou le « démenti » pur et simple trouveront alors à s’exercer. Aux Etats-Unis comme ailleurs, ce sont les militaires qui financent, gèrent et contrôlent tout ce qui a trait aux armements. Y compris par le mutisme ou la désinformation.

Retour à l’humain

Phosphore blanc, DIME, tungstène, uranium appauvri… Les médecins pensent différemment des militaires et de leurs donneurs d’ordres. Seulement soucieux d’humanité, les chirurgiens présents à Gaza ont décrit les effets sur les victimes des « nouveaux types d’armes » employés : 

« A 2 mètres, le corps est coupé en deux ; à 8 mètres, les jambes sont coupées, brûlées comme par des milliers de piqûres d’aiguilles. » Les blessés survivants « n’ont aucune trace de métal dans le corps, mais des hémorragies internes étranges. Une matière brûle leurs vaisseaux et provoque la mort, nous ne pouvons rien faire. » (Dr Mads Gilbert, Le Monde, 12 janvier) « Quand on commence à opérer, tout semble en ordre… Mais ensuite on découvre des dizaines de minuscules particules dans tous leurs organes. On dirait qu’un certain type d’explosif ou d’obus les a dispersées partout, et ces blessures miniatures, impossible de les opérer. » (Dr. Jam Brommundt, médecin allemand travaillant à Kham Younis, au sud de la bande de Gaza)

Comment ne pas se demander avec le Dr Gilbert : « Se peut-il que cette guerre soit le laboratoire des fabricants de mort ? Se peut-il qu’au XXIe siècle on puisse enfermer un million et demi de personnes et en faire tout ce qu’on veut en les appelant terroristes ? »

Et comment qualifier cette « guerre » qui fait d’un côté 14 tués (11 soldats israéliens, dont 4 victimes d’un « tir ami », et 3 civils, victimes d’un tir de roquette) et 50 blessés, et de l’autre côté, au moins 1330 tués et 5450 blessés, pour la plupart des civils, dont une moitié d’enfants ? (Source : Foreign Policy In Focus)

A un contre cent, est-ce encore un combat, ou un jeu de massacre ? Une collection de crimes de guerre ? Le début d’un génocide qui n’ose pas dire son nom et se cache derrière la mémoire d’un autre génocide ?

Un crime contre l’humanité, donc ? Israël, en tout cas, est allé trop loin.

Une guerre trop loin.

Les prochains responsables israéliens devront, dans leur propre intérêt et dans celui de leur peuple, se hâter de reconnaître -indépendamment du Hamas, qui le devrait aussi- et réparer, si tant est qu’ils soient encore réparables, les dommages humains, écologiques, économiques et politiques subis du fait de « Plomb durci » par les Palestiniens – ainsi que ceux subis par les Israéliens eux-mêmes, par effet boomerang.

Si Israël n’y vient pas de lui-même, il faudra que la justice et la « communauté internationale » l’y obligent. Sinon, ce sera la porte ouverte à toutes les folies militaires, massacres nucléaires compris.

Nous en appelons au bon sens, au sens de la justice et à l’humanité de chacun.

Enquête : Israël a bien utilisé dans la bande de Gaza des armes à Uranium Appauvri » ⓒACDN, 12 février 2009.

Source : ACDN

Signer la pétition pour l’abandon et l’interdiction universelle des armes à UA

Génocide à l’Uranium Appauvri à Gaza : le dossier

Mise en ligne le : 14 janvier 2009

Nous avons déjà eu l’occasion de le dire, « nous récusons la logique des camps, qui mène régulièrement à la guerre (serait-elle faite pour cela ?), aux camps de réfugiés, aux camps de prisonniers, aux camps de concentration, parfois même aux camps d’extermination. »

Nous n’avons qu’un seul camp, celui de l’humanité.

Un génocide est l’extermination d’un groupe humain. Les armes à Uranium Appauvri sont des armes d’extermination. Elles frappent de façon indiscriminée une population entière, jusque dans son patrimoine génétique. Le groupe humain qu’elles frappent est la population qui en respire ou en ingère les retombées. Ce groupe ne se limite donc pas selon ses appartenances politiques, nationales, religieuses ou ethniques. S’il en est la victime prioritaire pour des raisons physiques et météorologiques, aucune frontière ne protège ses voisins de partager son sort tragique.

En ce sens, l’utilisation sur la bande de Gaza d’armes à Uranium appauvri, en l’occurrence de bombes GBU-39 et probablement d’autres armes à UA, constitue bien, à double titre, un crime contre l’humanité : l’humanité des Gazaouis, l’humanité en général.

C’est pourquoi l’humanité tout entière, à commencer par le peuple israélien, doit se mobiliser pour faire cesser immédiatement ce crime.

ACDN


Ce dossier date du 14 janvier 2009. L’enquête a été poursuivie et a conduit à le rectifier sur plusieurs points. En particulier, le poids d’Uranium Appauvri que nous présumions en janvier 2009 être de 30 kg par bombe, serait en réalité de près de 75 kg.

Pour des informations datant de mai 2009, prévalant sur celles du présent dossier et considérées comme toujours valides fin 2010, se reporter au RAPPORT détaillé Sur l’utilisation d’armes radioactives dans la Bande de Gaza pendant l’opération « Plomb durci » (27 décembre 2008 – 18 janvier 2009).


 

L’alerte

Dimanche 4 janvier 2009, 13h 16 GMT - L’agence de presse iranienne Press TV diffuse une dépêche intitulée : « De l’uranium appauvri trouvé dans des victimes à Gaza »

On peut y lire que « des médecins norvégiens ont déclaré au correspondant de Press TV, Akram al-Sattari, qu’ils avaient trouvé des traces d’Uranium Appauvri dans le corps de certains habitants blessés depuis le début de l’offensive lancée par Israël le 27 décembre sur la bande de Gaza. Ce témoignage vient après que les tanks et les troupes israéliens aient franchi la frontière dans la nuit de samedi à dimanche et lancé une offensive terrestre, après huit jours de bombardements intensifs par l’aviation et la marine israélienne. »

La dépêche ajoute que « le Ministre de la Défense d’Israël, Ehoud Barak, a averti ce dimanche que l’offensive serait « pleine de surprises ». Suggère-t-elle ainsi que l’usage d’armes à l’Uranium Appauvri pourrait être l’une de ces surprises ?

En fait, la déclaration des médecins norvégiens citée par Press TV avec quelque retard semble correspondre à l’interview télévisée donnée par le Dr Mads Gilbert et retransmise par la chaîne Al-Jazeera dans la nuit du 31 décembre (http://www.gnn.tv/B30595). C’est dès cette date, en effet, que le médecin norvégien mentionne des traces de radioactivité trouvées chez des blessés, donc chez des victimes de la première phase de l’offensive israélienne, lors des tout premiers bombardements aériens.

Durant cette phase, les autorités israéliennes ont révélé avoir fait usage en nombre des GBU-39, des bombes de fabrication américaine fraîchement livrées (à 1000 exemplaires) début décembre 2008, par les États-Unis à Israël. Les caractéristiques « miraculeuses » de cette bombe d’avant-garde ont largement été vantées dans la presse israélienne : elles sont censées pouvoir opérer des frappes encore plus « chirurgicales » que d’habitude, au beau milieu de la population Gazaouie. Si les Israéliens sont largement prolixes, pour une fois, sur leur arsenal, ils taisent pourtant l’essentiel de l’information, la seule qui soit à même d’expliquer les « performances » de ces nouveaux engins de terreur : le fait qu’ils doivent contenir de l’Uranium appauvri.

Plusieurs questions se posent : comment, dans les conditions aussi difficiles que celles où ils travaillent, le Dr Gilbert et ses collègues ont-ils pu déceler des « traces de radioactivité » ? Ont-ils prélevé les tissus ou les liquides organiques nécessaires ? Ont-ils eu le temps nécessaire pour réaliser des analyses complexes, qui d’ordinaire demandent plusieurs semaines à des laboratoires spécialisés ? Comment des médecins urgentistes ont-ils pu les réaliser ? Personne ne sait.

Alors, pour tenter de vérifier l’accusation du Dr Gilbert, une autre approche s’impose : étudier les armes dont les blessés de Gaza ont été les victimes. Mais pour admettre que les GBU-39 contiennent de l’Uranium Appauvri, pour pénétrer leur secret de fabrication (à chacun sa pénétration…), il faut passer outre la « classification » militaire et le « secret défense ». C’est ce que nous faisons, en raisonnant à partir d’indices épars afin de combler les lacunes des descriptifs techniques. Et comme la conclusion logique à laquelle conduisent toutes les présomptions se révèle positive, nous estimons devoir la rendre publique immédiatement, sans attendre le « nihil obstat » du « DOD » (Department of Defense) ou la confirmation écrite du Ministre de la Défense Israélien. Au risque de nous voir opposer un démenti cinglant et de subir la bronca de tout ce que le complexe militaro-industriel international peut compter comme partisans ou comme alliés, conscients ou inconscients.

Nous prenons ce risque, l’estimant préférable à celui de voir les Gazaouis – et la population de la région, Israéliens compris – subir ou faire subir sans le savoir un génocide « à retardement », dans le silence complice des chefs militaires, des dirigeants politiques et des savants inféodés au complexe militaro-industriel.

Le lendemain, 5 janvier, dans une autre interview publiée par Press TV, à la question : « Que pouvez-vous dire à propos de ce que vous avez trouvé concernant l’uranium ? », le Dr Gilbert répondra prudemment : « Sur nos découvertes concernant l’uranium, je ne peux pas vous en dire beaucoup, mais ce que je peux vous dire, c’est que la preuve est faite que les Israéliens utilisent un nouveau type d’armes avec un puissant explosif appelé « Dense Inert Metal Explosive » (DIME) composé d’un alliage au tungstène. » Il attire l’attention sur un autre aspect des armes utilisées et des terribles blessures qu’elles font. Ce que d’aucuns interprètent, à tort sans doute, comme un désaveu de ses propos précédents.

Dix jours après avoir publié en français et en anglais notre premier article d’alerte sur ce sujet, « A Gaza, le génocide à l’Uranium Appauvri a commencé », alors que celui-ci a été repris par de très nombreux sites francophones et anglophones (à défaut de l’être par la presse française…), nous attendons encore le démenti officiel des autorités. Et pour cause : ce que nous annoncions était vrai. Et nous constatons avec horreur que, malgré la résolution 1860 du Conseil de Sécurité de l’ONU exigeant le 9 janvier un cessez-le-feu immédiat, le massacre continue à Gaza. Le génocide aussi.

Uranium il y a. Génocide il y a. Pour permettre aux journalistes et aux intellectuels de s’en convaincre, à tout le moins de prendre la chose suffisamment au sérieux pour mener leur propre enquête, c’est-à-dire faire leur travail, nous allons exposer les pièces du dossier.

Puisse l’opinion publique européenne et internationale s’en saisir, prendre le relais, et forcer les hommes politiques à prendre leurs responsabilités et les décisions d’urgence qui s’imposent.

Nos sources

Nos premières sources sont du domaine public. Elles se trouvent sur Internet et sont accessibles à tout le monde. Il s’agit par exemple de sites spécialisés dans les questions de défense, comme GlobalSecurity.com, Defensetech.com, la Federation of American Scientistsmondialisation.ca, etc. Il s’agit aussi, tout simplement, des dépêches d’agence et des articles de presse.

Il est vrai que le décryptage des données publiques se trouve facilité par la familiarité avec les questions relatives à l’armement, à la technologie nucléaire et à l’Uranium Appauvri ; par l’expérience des pratiques de dissimulation du complexe militaro-industriel et des lobbies nucléaires ; par l’habitude de repérer la désinformation ou le mensonge pur et simple qui sont si souvent à l’œuvre dans les discours du pouvoir (quel que soit d’ailleurs ce pouvoir, et quelle que soit sa nationalité).

Nous sommes aussi en relation avec d’éminents spécialistes de l’UA. Pour le présent article, nous avons mis en commun nos connaissances et bénéficié plus particulièrement de l’aide précieuse de l’un des meilleurs spécialistes de la pollution à l’Uranium Appauvri. Qu’il en soit remercié. Nous l’appellerons Jim.

Le contexte

Parfaitement décrit par Jim :

« Les problèmes de l’uranium appauvri sont à la fois du ressort des scientifiques (filière de la recherche nucléaire) et des militaires.

« Les scientifiques sont des physiciens et des chimistes ayant acquis généralement une longue pratique professionnelle ainsi qu’une très forte notoriété. Pour une grande majorité des populations, ce sont des Hommes de Science, qui ont accédé à La Connaissance. De ce fait ils sont considérés comme des responsables qui ne peuvent pas mentir, d’autant plus qu’ils s’appuient sur des analyses a priori objectives et cautionnées par des experts rattachés à des agences internationales. Or que disent les scientifiques ? L’uranium appauvri n’est pas véritablement un danger ni pour l’environnement ni pour l’Homme, sauf à de très rares exceptions en quelques points de contamination. Pour l’ensemble (ou presque) de cette communauté scientifique, l’uranium appauvri est « 40% moins contaminant que l’uranium naturel ».

« Les militaires (utilisateurs mais aussi chercheurs du secteur de l’armement), appuient leurs connaissances sur les rapports de recherches des scientifiques (cités ci-dessus), reprenant à leur compte leurs affirmations. Mieux, lors des différentes phases de mise en œuvre de ces armements, aucune précaution spécifique n’est utilisée (ni masque de protection, ni combinaison spéciale, ni décontamination par douches …) encore moins durant les batailles qu’après. Les hommes, en effet, manipulent sans précaution toutes les charges (obus d’artillerie, accrochages de missiles aux ailes des avions, transbordement de pénétrateurs dans les soutes à munitions des chars, chargement des bandes de mitrailleuses à bord des avions …), comme s’ils manipulaient des charges classiques.

« Ces attitudes, cette gestuelle, relayées par les medias, ne pouvaient que renforcer le sentiment de sécurité des populations civiles et de leurs responsables vis-à-vis de l’opinion publique en général et des populations locales en particulier. Un sentiment d’autant plus profondément ancré dans l’esprit du grand public que les scientifiques tiennent un discours qui se veut rassurant quand ces problèmes sont abordés.

« Et puis, les médias eux-mêmes sont là pour en « remettre une couche ». Lorsqu’on voit les envoyés spéciaux devant un tas de décombres fumant à la suite d’un bombardement, sans protection, comment arriver à faire comprendre aux populations civiles les dangers qu’elles courent ? Des dangers qui sont invisibles, inodores, sans saveur… Sans compter que les résultats de ces dangers ne se voient pas toujours immédiatement et qu’ils ne présentent pas d’atteintes physiques directes… Les contaminations conséquences de l’uranium appauvri ne sont pas aussi spectaculaires que des bombes au napalm (la photographie d’une jeune adolescente Vietnamienne, marchant nue, avec la peau qui partait en lambeau à la suite d’un bombardement américain au napalm a été l’une des images choc qui ont réveillé les consciences mondiales et accéléré le processus de paix au Vietnam).

« Pour l’uranium appauvri, point de photo choc… D’autant plus que nous sommes là dans le concept de la « guerre propre », médiatisée et orchestrée d’une main de fer par les services des relations publiques des armées américaines… Aussi est-il facile d’imaginer les difficultés que peut éprouver un simple (citoyen) à venir contrecarrer et mettre en doute les paroles d’experts, de scientifiques ou d’officiers généraux, pour ne citer que ces premiers niveaux hiérarchiques. Que peut représenter le poids d’une parole isolée lorsque, officiellement, les dits experts affirment péremptoirement la quasi-innocuité de ces armements… ».

Les effets de l’UA

Pourtant, en août 1996, la sous-commission des Droits de l’Homme des Nations Unies classait les armes à uranium appauvri parmi les armes considérées comme produisant « des effets traumatiques excessifs », frappant « sans discrimination les populations civiles » et causant « des dommages graves et durables à l’environnement » selon la Convention sur Certaines Armes Classiques (CCAC), dite Convention sur les Armes Inhumaines, adoptée à Genève par les Nations Unies le 10 octobre 1980 et entrée en vigueur le 2 décembre 1983. Au même titre que les armes à fragmentation, incendiaires, aveuglantes, ou les mines anti-personnel…

Cependant, faute de « protocole spécifique additionnel » à la CCAC, la résolution N° 96-16 n’a eu aucun effet concret. De plus, ce type d’armement n’entre dans aucun protocole international de déclaration, de limitation ou d’interdiction des armes nucléaires stratégiques car, bien qu’il s’agisse d’uranium, le fait qu’il soit appauvri en U-235, le métal à la base des armes nucléaires, lui permet d’échapper aux contrôles. Ainsi, le seul effet concret de ce classement de 1996, c’est que l’uranium appauvri a disparu du vocabulaire militaire, des catalogues et des notices des fabricants – mais pas des armes fabriquées ni des armes en cours de développement.

L’uranium appauvri est, entre autres et en dépit du fait qu’il n’est jamais cité comme tel, l’une des principales causes du « syndrome de la guerre du Golfe », syndrome désormais officiellement reconnu, du moins aux Etats-Unis. Il a fait parmi les vétérans américains (sans parler des autres, notamment des français…) des milliers de morts post-conflit (au moins 18 000), et quelque 200 000 malades selon le Rapport officiel (minimaliste) du « Research Advisory Committee on Gulf War Veterans’ Illnesses » remis au Sénat des Etats-Unis et publié en novembre 2008. Plus d’un soldat sur quatre… et selon d’autres sources, un sur deux.

Il va sans dire que la population irakienne fait également les frais de l’UA. Ainsi, selon le Dr Jawad Al-Ali, du Centre Oncologique de Bassora, les cancers mortels dans la région de Bassora sont passés de quelque 25 en 1988 à plus de 600 en 1998. Les malformations de nouveaux-nés se sont multipliées et ont pris des formes monstrueuses.

Selon Dan Bishop, docteur en chimie et président de l’International Depleted Uranium Study Team (Colorado, USA), “les études de plusieurs vétérans de la guerre du Golfe ont montré une charge initiale du corps égale à 0,34 gramme d’Uranium appauvri, qui a été absorbé et reste en permanence dans les tissus des poumons. Ceci s’élève à 4,3 millions de particules d’un diamètre de 2,5 microns. L’activité alpha pour 0,34 gramme d’UA est de 5,2 Becquerel (5,2 désintégrations alpha par seconde, 160 millions de désintégrations alpha par an), aboutissant à une activité totale (alpha, beta et gamma) égale à 26 désintégrations par seconde, ou 800 millions d’événements radioactifs par an.” Ne pouvant pas être tous « réparés », les dommages causés aux cellules, les coupures chromosomiques, les altérations de l’ADN -tout cela dûment constaté en laboratoire- et leurs conséquences (cancers, leucémies, lymphomes, diabète, stérilité, malformations fœtales…) deviennent irréversibles.

Les enjeux

Reconnaître l’extraordinaire nocivité des armes à Uranium Appauvri aurait d’immenses conséquences – avant tout économiques et financières.

Cette reconnaissance impliquerait que les États responsables de leur emploi versent des indemnités compensatoires aux victimes de ces armes – si tant est que leurs effets puissent jamais être compensés- ou à leurs familles lorsque les victimes sont décédées.

Elle impliquerait de soigner les victimes encore en vie, tant civiles que militaires, ce qui coûterait fort cher ; il est donc préférable qu’elles meurent à petit feu, dans le déni des causes de leur malheur. Car comment prouver aux commissions de pension militaire, des mois ou des années après avoir été exposé à de l’uranium appauvri, que le cancer des reins ou des poumons qu’on développe ou la malformation congénitale de son enfant sont dus à cette exposition ? De nombreux phénomènes peuvent les expliquer. Seuls les militaires blessés (en général par un « tir ami »…) et ayant conservé dans leur corps des particules décelables d’Uranium appauvri ont quelque « chance » d’en être reconnus victimes.

Cette reconnaissance impliquerait que toutes les armes comportant de l’uranium appauvri -munitions de toutes sortes : balles, obus, bombes, missiles, mines, mais aussi chars blindés à l’UA, comme le char Leclerc des Français (et d’eux seuls : son prix prohibitif lui interdit l’exportation) ou le char Abrams des Américains, des Israéliens, etc.- soient retirées du service, donc remplacées (les armées ont horreur du vide), ce qui coûterait une fortune. De plus, l’uranium « réformé » devrait être rendu inoffensif, ce qui est impossible, ou stocké en lieu sûr et surveillé, ce qui coûterait encore plus cher.

Elle impliquerait aussi qu’on cesse de produire ces armes, ce qui mettrait au chômage nombre de « travailleurs de l’armement », accroîtrait donc la crise du capitalisme avancé. Il est vrai qu’on pourrait recycler lesdits travailleurs dans la production d’armes écologiques. Mais comme chacun sait, l’écologique coûte plus cher, pour un résultat moins destructeur, ce qui n’est justement pas le but recherché par les armes. De plus, il pourrait se trouver des écolos pour prétendre que le concept d’ « armes écologiques » est contradictoire en soi. Ce qui mettrait en péril le « Grenelle de l’Environnement » et autres oxymores du même genre.

Elle impliquerait que l’on procède à la réhabilitation des sites contaminés, ce qui coûterait encore une fortune. A titre d’exemple, les 88 bombes à sous munitions CBU-105 WCMD-SWF, pesant chacune 417 kg, qui ont été larguées par les bombardiers B-1B pendant la guerre d’Irak de 2003 ont dispersé leur uranium sur une surface cumulée de 44 km2. Les 818 CBU-103 WCMD (autres bombes à sous munitions, de 429 kg), l’ont dispersé sur une surface cumulée de 218 km2. Et ce n’est là qu’une toute petite partie de l’uranium appauvri déversé au total en Irak : au moins 350 tonnes en 1991, et certainement plus de 1200 tonnes depuis 2003.

Elle impliquerait que les responsables de ces crimes à l’Uranium appauvri soient traduits en justice.

Elle exigerait enfin que soit remis en cause l’ensemble de l’industrie nucléaire civile et militaire, grande pourvoyeuse d’Uranium appauvri dont on ne sait que faire et que l’on « recycle » dans le secteur militaire. C’est là le « cauchemar de Darwin » des nucléocrates du monde entier.

Dans ces conditions, on comprend que certains dirigeants préfèrent conduire insidieusement la population du globe à sa perte. Avez-vous un cancer ? Si ce n’est pas de votre faute (vous fumez trop, vous stressez trop, vous mangez mal, vous avalez trop de médicaments, vous avez une prédisposition génétique…), c’est la faute à pas de chance. Et puis, si vous êtes Gazaoui, vous ne l’avez pas volé ! Jamais vous n’auriez dû voter pour le Hamas. Ou vous auriez dû résister davantage lorsque, en juin 2007, le Hamas a éliminé par la violence ses concurrents du Fatah. (Et si vous êtes Israélien, vous n’auriez pas dû soutenir « Plomb durci »… On vous expliquera bientôt pourquoi.)

La GBU-39

Fabriquées par Boeing, les GBU-39 (Guided Bomb Unit-39) sont des bombes (sans réelle autonomie de vol, à la différence des missiles qui ont leur propre moyen de propulsion). La GBU-39, également désignée sous le nom de SDB1, est la première des SDB (Small Diameter Bomb), des bombes de petit diamètre conçues pour être bon marché, à dommages collatéraux réduits, mais à hautes possibilités de pénétration des aciers et des bétons spéciaux. Malgré ses dimensions modestes, c’est un authentique « bunker buster », un « casseur de bunker » (de bunker enterré), vendu comme tel à Israël.

On dispose dans le public de deux notices : l’une signée par les bureaux d’études du constructeur Boeing, l’autre accessible sur le site de GlobalSecurity, qui ne reprend que certaines données du constructeur. Ces notices se complètent, mais se contredisent sur un point : le poids total de la bombe, qui serait de 250 livres britanniques (113 kg) selon GlobalSecurity (GS), mais qui est de 285 livres (130 kg) selon Boeing. On préférera la version constructeur (GS a sans doute retenu que la SDB1 était « de la classe » des bombes de 250 livres). Boeing indique le poids de la « tête explosive » (« Warhead ») : 206 livres (93 kg), et précise qu’elle est « pénétrante, à souffle et à fragmentation » (« penetrating blast fragmentation »). GS ne donne pas ces précisions mais en donne d’autres : la tête aurait une « enveloppe pénétrante en acier » (« steel case for penetration ») et elle comprendrait 50 livres d’explosif de grande puissance (« 50 lbs of high explosive »).

Cet explosif n’est autre que le DIME (Dense Inert Metal Explosive), un explosif connu depuis plusieurs années, mais qui entre véritablement et massivement en action avec cette offensive sur Gaza (même s’il semblerait que des GBU aient déjà été expérimentées… sur Gaza et peut-être au Liban). Le Dr Mads Gilbert, entre autres, a décrit ses effets horribles sur les corps des victimes (notamment dans une interview que vient de publier Le Monde ). Outre ses effets immédiats, cet explosif est jugé hautement cancérigène, de sorte que les victimes qui survivent à l’explosion ont de bonnes « chances » de finir avec un cancer. De telles caractéristiques devraient entraîner son interdiction pure et simple par la CACC.

La GBU-39 ressemble à un grand crayon. Elle mesure selon Boeing 70,8 pouces (1,80 mètre) de long, pour 7,5 pouces (19 centimètres) de diamètre seulement. Elle a un système avancé de guidage laser et de positionnement par GPS, capable de résister aux brouillages. Elle est « intelligente » : une fois larguée par l’avion porteur, elle se cale sur la cible qui lui a été désignée et corrige sa trajectoire, un peu comme un planeur, grâce à son empennage et à des ailes qui se déploient sitôt après le lancement.

Les GBU-39 appartiennent aux nouvelles générations d’armements qui utilisent des aciers « très spéciaux » mais dont les usineurs et les autorités taisent la composition. Or, pour obtenir à des prix de plus en plus serrés pour des performances de plus en plus importantes, il est indéniable que l’Uranium appauvri a les meilleurs atouts. En effet, la capacité de pénétration d’un projectile dans une cible dépend de la conjonction de quatre facteurs : elle est directement proportionnelle à sa masse (son poids), à sa vitesse, à sa dureté – et inversement proportionnelle à la surface de sa section (l’aiguille pénètre plus facilement dans un tissu que le dé à coudre…). On le conçoit sans peine : un lourd javelot à pointe dure et mince, lancé à pleine vitesse, a plus de chance de pénétrer en terre qu’une balle de ping pong tombant par terre. L’uranium appauvri remplit tous ces critères : il est lourd, très dur -contrairement au plomb-, et sa densité permet d’obtenir une masse maximale dans un minimum de volume, donc aussi une surface de choc réduite au minimum.

La capacité de pénétration attribuée par Boeing à la GBU est « supérieure à trois pieds [près d’un mètre] de béton armé renforcé » (« >3 feet of steel reinforced concrete ») . GS laisse le choix entre deux citations : « more than three feet of steel-reinforced concrete » (la même chose, donc) et « six feet of reinforced concrete » (six pieds, ou deux mètres, de béton renforcé).

Contrairement aux apparences, ces deux citations qui font passer la capacité de pénétration du simple ou double, ne sont pas forcément contradictoires. Elles pourraient correspondre à deux types de béton : les bétons à Ultra Hautes, et à Très Hautes Performances.

En France, les BFUP (Bétons Fibrés à Ultra-hautes Performances), ainsi nommés par l’AFGC (Association Française du Génie Civil), ces nouveaux bétons sont apparus dans les années 1990, sous l’impulsion conjuguée d’Électricité de France et des entreprises Bouygues et Eiffage, sous-missionnaires des travaux de réfection des tours de refroidissement des centrales nucléaires de CATTENOM et de CIVAUX. Issus des recherches scientifiques, ces bétons ont comme particularité d’avoir de très hautes résistances (8 à 10 fois celles du béton classique), de ne pas avoir besoin d’armatures passives, sources de corrosion, d’être étanches à l’eau, et d’être d’une durabilité exceptionnelle. Il existe aujourd’hui une gamme étendue de formules, développées et brevetées par les industriels de la construction. Les Bétons à Très Hautes Performances (BTHP) et les Bétons à Ultra Hautes Performances (BFUP) résultent d’une synthèse des progrès réalisés ces trente dernières années par l’optimisation du squelette granulaire, l’apport d’adjuvants et l’utilisation de renforts de fibres. Concernant la résistance à la compression et selon la définition donnée dans les recommandations de l’AFGC, les BFUP dépassent 150 MPa (Mégapascal, une unité de résistance). Par définition, les performances des BTHP se situent entre celles des Bétons à Hautes Performances (BHP) et celles des BFUP. Les résistances mécaniques des BTHP sont donc comprises entre 100 et 150 Mpa.

Voici comment IsraelValley, le site officiel de la Chambre de Commerce France/Israël, se référant à une revue de presse de l’Ambassade d’Israël en France, annonçait l’achat des GBU-39 dès le 16 septembre 2008 – (http://www.israelvalley.com/news/2008/09/16/19550/israel-defense-1000-bombes-penetrantes-de-type-gbu-39-de-boeing-vont-renforcer-de-facon-considerable-les-capacites-de-larmee-de-lair-israelienne) : 

« Le Ministre américain de la Défense a approuvé la vente à Israël de 1000 bombes pénétrantes de type GBU-39, fabriquées par la société Boeing et considérées comme les plus modernes au monde, rapporte le Maariv. Ces bombes sont capables de pénétrer une couche de béton armé de 90 centimètres d’épaisseur de manière très précise (un périmètre de 3 mètres). Le journal note toutefois qu’avant d’être entérinée, cette vente doit encore être approuvée par le Congrès Américain. Selon une source militaire israélienne citée par le journal, la combinaison de ces bombes avec les futurs avions de chasse de Tsahal, les F-35, devrait renforcer de façon considérable les capacités de l’armée de l’air israélienne. » Les « 90 centimètres de béton armé » que les GBU-39 sont capables de transpercer représenteraient en fait au moins 4 ou 5 mètres de béton du mur de l’Atlantique.

A la lecture de toutes leurs caractéristiques techniques, il est clair que ces armes sont à base d’UAm (Uranium Appauvri métal), ou plus brièvement, d’UA. De l’acier, même de qualité exceptionnelle, ne pourrait faire l’affaire. Le mot« steel » (acier), absent de la fiche technique de Boeing et ajouté par GS pour décrire l’enveloppe de la tête explosive (« steel case for penetration ») est donc impropre -à moins de désigner un alliage métallique non précisé (qui se diraitalloy). Il sert à combler une lacune manifeste et certainement délibérée dans la notice du constructeur.

Il est vrai qu’en dehors de l’acier, l’UAm pourrait avoir un concurrent sérieux : le tungstène. Mais il a sur lui un double avantage. D’une part, il est beaucoup moins cher et on ne sait pas quoi en faire (50 000 tonnes en sont produits annuellement dans le monde, comme résidu de l’industrie nucléaire civile et militaire), alors que le tungstène reste est un métal précieux. D’autre part et surtout, contrairement au tungstène, il est pyrophore. C’est à dire qu’il a la propriété de s’enflammer. Ainsi, non seulement un corps de bombe usiné en UA va-t-il voler en tout petits éclats sous l’effet de l’explosif, mais en plus il va brûler en carbonisant l’intérieur de la cible atteinte. La caractéristique pyrophorique permet au « pénétrateur à l’UA » de s’enflammer par simple frottement de ses parois au passage du « trou de perforation » qu’il réalise, avant que les systèmes de mise à feu de l’explosif ne soient activés. Ainsi, le premier effet de ces armements est-il de déclencher « un feu d’enfer », à près de 1200°C. Les occupants d’un char transpercé par un obus à UA ne meurent pas déchiquetés, mais carbonisés. Les expertises (Kosovo, Afghanistan, Guerre d’Irak…), sans oublier les photos et vidéos publicitaires des GBU, confirment cette donnée.

En résumé, des bombes à qui l’on demande :
-  une ultra haute capacité de pénétration (bétons très haute performance, aciers spéciaux) ;
-  un poids très important proportionnellement à leur volume (donc sous forme compacte) ;
-  un impact local resserré (pour amuser la galerie en parlant de « frappe chirurgicale », de « guerre propre », de « bombes à effets collatéraux réduits) ;
-  un effet incendiaire ;
-  un prix compétitif (« low cost ») ont toutes les chances d’être à l’UAm, dans des proportions situées entre 75% et 85%, le reste pouvant être du tungstène (aussi présent dans l’explosif DIME), du titane, du molybdène… des métaux spéciaux et précieux.

Nous sommes aujourd’hui en mesure d’affirmer que :
-   les 1000 bombes livrées début décembre 2008 par les Etats-Unis à Israël sont des bombes GBU-39B ;
-   elles sont de la classe des bombes de 250 livres britanniques (113 kg) mais pèsent en fait chacune 130 Kg (285 lb)
-   leur partie explosive (« warhead ») pèse 93 kg (206 lb) ;
-   le reste, soit 37 kg, correspond à la coque extérieure en carbone, au système de navigation inertiel comprenant l’empennage, les deux ailes, le système électronique, le GPS, les capteurs, une batterie, des servomoteurs électriques…
-   la partie explosive (« warhead ») se compose de deux éléments : l’explosif et le corps de bombe ;
-   l’explosif est du DIME (Dense Inert Metal Explosive) et pèse, jusqu’à preuve du contraire, 55,8 kg (60 %) ;
-   le corps de bombe est en métal et pèse 37,2 kg (40 %) ;
-   ce métal est constitué d’un alliage Ti-UA, 20/80, soit 20% de titane pour 80% d’Uranium ;
-   l’uranium appauvri incorporé dans la bombe pèse 29,7 kg.

Au total, il y a donc près de 30 kg d’uranium par bombe GBU-39B.

Autres armes à uranium mises en œuvre à Gaza

S’il n’y a pas de raison que la « petite dernière » ne soit pas dotée d’un « pénétrateur » à l’UA comme ses grandes sœurs de génération précédente, il n’y en a pas non plus pour que les dirigeants et les chefs militaires israéliens se soient interdit l’emploi d’autres armes radioactives, par exemple de munitions d’artillerie, de chars, de mitrailleuses, renforcées à l’UA, et à plus forte raison l’emploi de « bunker busters » plus puissants, comme les GBU-28, d’un poids global supérieur à 2 tonnes. Même si officiellement Israël n’en est pas doté, on imagine sans peine qu’elles aient pu être utilisées contre les tunnels de la ligne « Philadelphie », entre Gaza et l’Egypte. En tout cas, dès le 1er janvier, des sources parlaient « de dizaines de couloirs souterrains détruits par les GBU-28 de 5000 livres »

Comme nous venons de l’expliciter, toutes ces bombes contiennent de l’uranium. Lors de l’explosion, de l’ignition, elles répandent autours d’elles un nuage de fumées composé de milliards de très fines particules radioactives qui s’oxydent au contact de l’air et vont, pour partie, se (re) déposer sur place après avoir contaminé les gravats et la terre arrachés lors de l’explosion, et pour partie, se mélanger aux poussières que les vents transportent et se mêler à l’atmosphère que nous respirons.

Les milliards de particules issues des « bunker buster bombs » transportent une radioactivité multi-millénaire. Une partie de ces particules fines s’élève dans les airs et finira dans les poumons de toutes les populations environnantes d’abord, et du monde ensuite. En bombardant la Bande de Gaza avec ces engins à l’uranium, l’Etat d’Israël contamine inéluctablement ses propres cultures vivrières, ses propres exportations, ses propres soldats et sa propre population.

Les engins atomiques, quels qu’il soient, ont des effets directs et « collatéraux » plus ou moins « limités » selon la puissance de l’explosion, mais ils ont aussi et toujours des effets collatéraux « contaminants », illimités dans l’espace et dans le temps.

Conclusion

Aujourd’hui, la charge de la preuve n’appartient plus aux simples citoyens ou aux observateurs civils. C’est aux armées israéliennes, américaines, françaises, russes et autres de démontrer qu’aucune des armes qu’elles emploient n’est radioactive. Car ce sont, répétons-le, des armes triplement criminelles : en tant qu’armes de guerre ; en tant qu’armes génocidaires ; en tant qu’armes écocidaires.

Et c’est aux journalistes, aux scientifiques, aux institutions internationales d’enquêter sur place pour faire la lumière. En fait, on devra chercher à Gaza, une fois revenue « la paix », non seulement de l’U238 (qui compose à 98 % l’Uranium appauvri) mais encore plusieurs autres actinides (y compris du plutonium) présents dans les déchets de combustion, car il apparaît que l’uranium appauvri dont se sert l’armée américaine pour fabriquer ses armes à UA n’est pas de l’UA issu directement du processus d’enrichissement. Alors, si nos hypothèses se confirment, l’opération « Plomb durci » se révélera pour ce qu’elle est : une opération employant des armes radioactives – des armes génocidaires.

Pour qui ne se pose pas les bonnes questions, le nom même de l’opération représente une énigme. Pourquoi donc « Plomb durci » ? Etrange, non ? Pourquoi pas « Stop Hamas », « Gaza Freedom » ou « Peace for Ever » ? Et qu’est-ce que pourrait bien être le « Plomb durci » ?

La bonne question est : Qu’est-ce qui peut être aussi lourd que du plomb, voire davantage, mais bien plus dur ?

Réponse : De l’uranium.

Comme pour la « lettre volée » d’Edgar Poe, invisible car posée sur la cheminée sous les yeux mêmes des enquêteurs, il arrive que la signature du crime soit donnée en même temps que le crime.

Il arrive que les stratèges s’amusent beaucoup. Leur cynisme est sans borne.

Aux dernières nouvelles, ce 13 janvier 2009, selon Serge Dumont, envoyé du Temps à Tel-Aviv, « l’armée israélienne affirme avoir détruit 225 souterrains. Il en existerait plus de 1000 » sur le « corridor de Philadelphie ». Les 1000 GBU-39B leur étaient-elles donc destinées ? Dans ce cas, à raison d’au moins une bombe par souterrain, 225 bombes GBU-39 auraient déjà été larguées, libérant à elles seules 6,7 tonnes d’uranium – près de 30 kg par bombe. On ignore combien de GBU-39B sont tombées sur la ville de Gaza et sur le reste du territoire, mais quand le stock aura été épuisé, il y aura 30 tonnes d’uranium appauvri dans la nature de Gaza et de ses environs. On ignore combien d’autres « bunker busters » et combien d’autres types de munitions à uranium auront été utilisées. On l’a vu un tiers de gramme d’UA inhalé peut rendre gravement malade un militaire américain et le faire mourir. Il n’en faut pas davantage pour tuer à petit feu un homme, une femme ou un enfant, à Gaza, à Sderot ou ailleurs.

Le 14 janvier 2009

-  ACDN (Action des Citoyens pour le Désarmement Nucléaire)

Jean-Marie MATAGNE, président

-  A.I.P.R.I. (Association Internationale pour la Protection contre les Radiations Ionisantes)

Paolo SCAMPA, président


« Génocide à l’Uranium Appauvri à Gaza : le dossier » ⓒACDN, 14 janvier 2009. Reproduction partielle ou complète de cet article autorisée sous réserve de renvoyer à la source : www.acdn.net, d’activer les liens.


Signer la pétition pour l’abandon et l’interdiction universelle des armes à UA.


mas10114-118x150 ACDN dans REFLEXIONS PERSONNELLES Explosion sur la ville de Gaza le matin du 14 janvier 2009

Cette explosion atteste l’usage certain de bombes « bunker busters » à l’uranium appauvri en centre ville. Le panache de fumées et surtout la boule de feu indiquent des chaleurs « torrides » qu’aucune bombe ni au phosphore ni « classique » ne peut atteindre. La couleur blanche dans cette « boule de feu » semble indiquer une température supérieure à 1000°C, qui ne peut être obtenue que par l’apport de l’UA… Le panache de fumées noires est le résultat d’une « surcombustion » due à la carbonisation des éléments arrachés lors de l’explosion. Un panache qui monte à plusieurs dizaines de mètres d’altitudes au-dessus des maisons… Gare aux retombées. (Commentaire d’un expert)

 

RAPPORT Sur l’utilisation d’armes radioactives dans la Bande de Gaza pendant l’opération « Plomb durci » (27 décembre 2008 – 18 janvier 2009)
Mise en ligne le : 4 juillet 2009

Il est des vérités qui sont de longues patiences.

SOMMAIRE
-  Avertissement
-  1. Alerte dans la presse
-  2. La GBU-39 : première approche
-  3. Suspicion d’uranium
-  4. L’alerte sur le terrain
-  5. Le dilemme
-  6. La leçon irakienne : l’attaque de « Forward Base Falcon »
-  7. Retour à Gaza
-  8. Le contexte global
-  9. Les effets de l’UA
-  10. Historique de la GBU-39
-  11. Un brevet ambigu
-  12. Gaza, terrain d’essai
-  13. « Le génocide de Gaza a commencé »
-  14. Lettre à M. Ban Ki-moon : les Nations Unies doivent enquêter
-  15. L’art de l’esquive
-  16. La GBU-39B : portrait au 20 mai 2009
-  17. Combien d’uranium, et où ?
-  18. Autres armes mises en œuvre à Gaza
-  19. Les enjeux
-  20. La charge de la preuve
-  21. Dernière minute : la preuve est là
-  Conclusion : un seul camp, celui de l’humanité

-  ANNEXES

Nota : Pour des raisons techniques, il ne nous a pas été possible d’intégrer au texte publié ici les illustrations, notes de références et documents annexes faisant partie du rapport tel qu’il a été remis aux instances qualifiées.


Avertissement

Le présent rapport tend à faire la synthèse des articles publiés sur le site d’ACDN, www.acdn.net, en français et en anglais, entre le 4 janvier et le 12 février 2009, en y apportant les correctifs et les ajouts rendus possibles par les informations obtenues à mesure que notre enquête progressait, chaque semaine ou presque apportant son lot de précisions, de rectifications, de doutes, de confirmations, de surprises et de révélations, jusqu’au 20 mai 2009. Il n’a rien de définitif, son sujet demeurant largement couvert par le secret industriel et le “secret défense”, avec un enjeu politique, économique et militaire considérable.

Il repose pour l’essentiel sur l’analyse et le recoupement d’informations et de documents accessibles au public dans la presse écrite ou sur Internet. Mais il a également bénéficié d’informations de sources privées ayant demandé à ne pas être citées. L’une d’entre elles accepte aujourd’hui d’être nommée : il s’agit de Jean-François Fechino, consultant en pollutions diffuses et expert auprès du Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE), auteur d’un rapport d’une centaine de pages sur les effets de l’emploi d’armements contenant de l’Uranium Appauvri en Irak, et d’un rapport préliminaire sur les armements mis en œuvre dans la bande de Gaza, rapport remis le 7 mai 2009 à la Commission d’Enquête du Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU sur les faits relatifs à Gaza (« Commission Goldstone »). Avec lui et quelques autres, nous avons cherché à dégager ensemble la vérité en confrontant nos points de vue – ce qui n’exclut pas, bien entendu, les risques d’erreur ou d’“intoxication”. Qu’il soit particulièrement remercié pour les informations qu’il m’a communiquées, sans délai ni restrictions autres que celles relatives à la protection de ses sources.

Bien des personnes ont droit à notre reconnaissance. J’aimerais citer en particulier Paolo Scampa, président de l’A.I.P.R.I., Alain Acariès, secrétaire d’Avigolfe, Noha Rashmawi, de la Délégation Palestinienne à Paris, Haytham Manna et Violette Daguerre, de la Commission Arabe des Droits Humains, Me Gilles Devers, initiateur de la plainte collective pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité déposée auprès de la Cour Pénale Internationale, Gideon Spiro et Yehuda Atai pour leurs positions courageuses en Israël, Peter Low, Francine Fèvre et Dan McConaughley pour leurs traductions, le Dr Rosalie Bertell pour ses encouragements au moment le plus dur, mes amis d’ACDN, notamment Yves Laigle, et mes proches, pour leur patience et leur constant soutien.

Les enquêtes en cours ou à venir, diligentées par l’ONU, la C.P.I. ou d’autres organismes, lèveront peut-être d’autres coins du voile et permettront peut-être
-   d’éclairer la justice sur ce qui s’est réellement passé à Gaza,
-   de prendre les mesures concrètes pour neutraliser à Gaza, en Irak et ailleurs, les effets maléfiques de toutes les armes radioactives,
-   d’en prononcer l’interdiction universelle et définitive, y compris celle des armes nucléaires.

Puisse ce rapport y contribuer.

Saintes, 4 janvier-4 juin 2009

Jean-Marie MATAGNE, Docteur en philosophie

Président de l’Action des Citoyens pour le Désarmement Nucléaire (ACDN)


1. Alerte dans la presse

Dans la nuit du dimanche 28 au lundi 29 décembre 2008, à 1h 18 du matin, le Jerusalem Post publie sur son site www.israel.jpost.com un article en anglais qui sera réactualisé à 9h 15. Il est intitulé : « L’Armée de l’Air Israélienne utilise une nouvelle bombe intelligente fournie par les Etats-Unis ».

Son auteur, Yaakov Katz, écrit :

« L’Armée de l’Air Israélienne (IAF) a utilisé un nouveau missile brise-bunker (bunker-buster) récemment reçu des Etats-Unis, dans des frappes contre le Hamas, selon les informations recueillies dimanche par leJerusalem post.

« Le missile, appelé GBU-39, a été développé ces dernières années par les Etats-Unis en tant que bombe de petit diamètre à bas coût, de haute précision et produisant de faibles dommages collatéraux.

« Israël a reçu en septembre l’autorisation du Congrès [américain] d’en acheter 1000 exemplaires et des responsables de la Défense ont déclaré ce dimanche que la première cargaison, arrivée au début du mois, a été employée avec succès pour pénétrer les sites souterrains de lancement de Kassam dans la Bande de Gaza, pendant le lourd bombardement aérien auquel les infrastructures du Hamas ont été soumises samedi. Elle a également été utilisée dimanche dans le bombardement des tunnels de Rafah.

« La GBU-39, guidée par GPS, est considérée comme l’une des bombes les plus précises au monde. Cette bombe de 113 kg a les mêmes capacités de pénétration qu’une bombe ordinaire de 900 kg, bien qu’elle n’emporte que 22,7 kg d’explosif. Avec seulement 1,75 m de longueur, sa petite taille augmente le nombre de bombes qu’un avion peut emporter et le nombre de cibles qu’il peut attaquer en une seule sortie. »

« Les essais effectués aux Etats-Unis ont prouvé que la bombe est capable de transpercer au moins 90cm de béton armé. La GBU-39 peut être utilisée par tout type de temps et a une portée de plus de 110 km, grâce à ses ailes déployables. »

C’est ainsi que, dès le début de l’offensive israélienne contre Gaza baptisée « Plomb durci » (« Cast Lead »), la GBU-39 faisait son entrée sur le terrain et dans la presse.

Abstraction faite du terme de « missile » employé improprement, le rapide portrait du Jerusalem Post dégage ses traits les plus flagrants, sauf un, bien sûr, dont il sera bientôt question.

L’étude comparative des articles parus dans la presse spécialisée sur cet engin en gestation depuis plusieurs années, et des fiches techniques -parfois contradictoires- disponibles sur Internet, nous permet d’en préciser le portrait et l’histoire, tout en laissant subsister des zones d’ombre que nous nous appliquerons à réduire dans les jours et les semaines qui suivent.

Ce travail d’analyse nous conduit rapidement à conclure que la GBU-39 doit contenir de l’Uranium Appauvri, métal radioactif dont on connaît les effets destructeurs sur le génome humain ou animal, comme l’attestent ses très nombreuses victimes depuis qu’il a été utilisé pour la première fois en Irak pendant la « guerre du Golfe » de 1991.

2. La GBU-39 : première approche

Fabriquée par Boeing, la GBU-39 (Guided Bomb Unit-39) dite encore GBU-39B (il y a eu un premier prototype baptisé 39A) est une bombe, c’est-à-dire un engin tombant du ciel, sans réelle autonomie de vol, à la différence d’un missile qui a son propre moyen de propulsion.

La GBU-39, également désignée sous le nom de SDB1, est la première des SDB (Small Diameter Bomb) : des bombes de petit diamètre conçues pour être bon marché, avoir des « dommages collatéraux » réduits, mais aussi de hautes capacités de pénétration des aciers ou des bétons spéciaux. Malgré ses dimensions modestes, c’est un authentique « bunker buster », un « casseur de bunker » ou « brise-bunker », et c’est comme tel qu’elle a été livrée à Israël.

Le public dispose sur Internet de deux notices succinctes et de plusieurs articles qui s’en inspirent : l’une signée du constructeur, Boeing, l’autre accessible sur le site de GlobalSecurity, qui reprend certaines données du constructeur. Ces notices se complètent, mais se contredisent sur un point : le poids total de la bombe, qui serait de 250 livres britanniques (113 kg) selon GlobalSecurity (GS), mais de 285 livres (130 kg) selon Boeing. Il faut retenir la version du constructeur (GS a seulement retenu que la SDB1 était « de la classe » des bombes de 250 livres). Boeing indique en outre le poids du« corps de bombe » (« Warhead ») : 206 livres (93 kg), sans toutefois en indiquer la longueur, et précise qu’elle est « pénétrante, à souffle et à fragmentation » (« penetrating blast fragmentation »). GS ne donne pas ces précisions mais en donne d’autres : la tête aurait une « enveloppe pénétrante en acier » (« steel case for penetration ») et elle comprendrait 50 livres d’explosif de grande puissance (« 50 lbs of high explosive »).

La GBU-39 ressemble à un grand crayon. Elle mesure selon Boeing 70,8 pouces (1,80 mètre) de long pour 7,5 pouces (19 centimètres) de diamètre seulement. Elle a un système avancé de guidage et de positionnement par GPS, capable de résister aux brouillages. Elle est « intelligente » : une fois larguée par l’avion porteur, elle se cale sur la cible qui lui a été désignée et corrige sa trajectoire, un peu comme un planeur, grâce à son empennage et à des ailes qui se déploient au bout de quelques secondes après une rotation sur elle-même de 180°.

Les GBU-39 appartiennent aux nouvelles générations d’armements qui utilisent des aciers « très spéciaux » mais dont les usineurs et les autorités taisent la composition. Or, pour obtenir à des prix de plus en plus serrés des performances de plus en plus élevées, il est indéniable que l’Uranium appauvri a les meilleurs atouts.

En effet, la capacité de pénétration d’un projectile dans une cible dépend de la conjonction de quatre facteurs : elle est directement proportionnelle à sa masse (donc à son poids), à sa vitesse et à sa dureté – et inversement proportionnelle à la surface de sa section (l’aiguille pénètre plus facilement dans un tissu que le dé à coudre…). On le conçoit sans peine : un lourd javelot à pointe dure et mince, lancé à pleine vitesse, a nettement plus de chance de pénétrer dans le sol qu’une balle de ping-pong tombant par terre. L’uranium appauvri remplit tous ces critères : il est très lourd, très dur -contrairement au plomb-, et sa densité permet d’obtenir une masse maximale dans un minimum de volume, donc aussi une surface de choc réduite au minimum.

La capacité de pénétration attribuée par Boeing à la GBU est « supérieure à trois pieds [90 cm] de béton armé renforcé » (« >3 feet of steel reinforced concrete »). GS laisse le choix entre deux citations : « more than three feet of steel-reinforced concrete » (la même chose, donc) et «  six feet of reinforced concrete » (six pieds, soit près deux mètres, de béton renforcé).

Contrairement aux apparences, ces deux citations qui font passer la capacité de pénétration du simple ou double, ne sont pas forcément contradictoires. Elles pourraient correspondre, comme nous l’explique Jean-François Fechino, à deux types de béton : les bétons à Ultra Hautes Performances, et ceux à Très Hautes Performances.

En France, les BFUP (Bétons Fibrés à Ultra-hautes Performances), ainsi nommés par l’AFGC (Association Française du Génie Civil), ces nouveaux bétons sont apparus dans les années 1990, sous l’impulsion conjuguée d’Électricité de France et des entreprises Bouygues et Eiffage, sous-missionnaires des travaux de réfection des tours de refroidissement des centrales nucléaires de Cattenom et de Civaux. Issus des recherches scientifiques, ces bétons ont comme particularité d’avoir de très hautes résistances (8 à 10 fois celles du béton classique), de ne pas avoir besoin d’armatures passives, sources de corrosion, d’être étanches à l’eau, et d’être d’une durabilité exceptionnelle. Il existe aujourd’hui une gamme étendue de formules, développées et brevetées par les industriels de la construction. Les Bétons à Très Hautes Performances (BTHP) et les Bétons Fibrés à Ultra-hautes Performances (BFUP) résultent d’une synthèse des progrès réalisés ces trente dernières années par l’optimisation du squelette granulaire, l’apport d’adjuvants et l’utilisation de renforts de fibres. Concernant la résistance à la compression et selon la définition donnée dans les recommandations de l’AFGC, les BFUP dépassent 150 MPa (Mégapascal, une unité de résistance). Par définition, les performances des BTHP se situent entre celles des Bétons à Hautes Performances (BHP) et celles des BFUP. Les résistances mécaniques des BTHP sont donc comprises entre 100 et 150 Mpa.

Voici comment IsraelValley, le site officiel de la Chambre de Commerce France/Israël, se référant à une revue de presse de l’Ambassade d’Israël en France, annonçait l’achat des GBU-39 le 16 septembre 2008 : « Le ministre américain de la Défense a approuvé la vente à Israël de 1000 bombes pénétrantes de type GBU-39, fabriquées par la société Boeing et considérées comme les plus modernes au monde, rapporte le Maariv. Ces bombes sont capables de pénétrer une couche de béton armé de 90 centimètres d’épaisseur de manière très précise (un périmètre de 3 mètres). Le journal note toutefois qu’avant d’être entérinée, cette vente doit encore être approuvée par le Congrès américain. Selon une source militaire israélienne citée par le journal, la combinaison de ces bombes avec les futurs avions de chasse de Tsahal, les F-35, devrait renforcer de façon considérable les capacités de l’armée de l’air israélienne. »

Selon Jean-François Fechino, les « 90 centimètres de béton armé », c’est-à-dire les « 3 pieds de béton armé renforcé » que les GBU-39 sont capables au minimum de transpercer selon Boeing représenteraient en fait au moins 4 ou 5 mètres de béton du mur de l’Atlantique.

3. Suspicion d’uranium

D’après leurs caractéristiques techniques, il est clair pour nous que ces armes sont à base d’Uranium Appauvri métal (UAm, ou plus brièvement UA). De l’acier, même de qualité exceptionnelle, ne pourrait faire l’affaire pour une bombe d’un poids aussi réduit et d’une longueur de corps largement inférieure à 2 mètres, à la différence des GBU-28, par exemple, qui tirent leur capacité de pénétration d’un corps de bombe en acier spécial, à la fois longiligne (les premières GBU-28 ont été fabriquées en toute hâte, pendant la guerre du Golfe, à partir de fûts de canon d’artillerie…), très lourd (4000 livres soit près de deux tonnes) et très long (plus de 5 mètres, rien que pour le corps de bombe).

Le mot « steel » (acier), absent de la fiche technique de Boeing et ajouté par GlobalSecurity pour décrire l’enveloppe pénétrante de la tête explosive(« steel case for penetration ») est donc impropre -à moins de désigner un alliage métallique non précisé (qui se dirait alloy). Il sert à combler une lacune manifeste et certainement délibérée dans la notice du constructeur.

Une bombe à qui l’on demande :
-   un impact local précis et resserré (pour pouvoir parler de « frappe chirurgicale ») ;
-   un effet collatéral restreint (pour pouvoir parler de « guerre propre ») ; mais aussi
-   une très haute capacité de pénétration (égale à celle d’un « bunker buster » 8 à 16 fois plus lourd qu’elle) lui permettant d’atteindre le cœur d’une cible fortifiée ou profondément enterrée ;
-   un poids réduit, mais très important par rapport à son volume, donc une extrême compacité ;
-   un coût bas (« low cost »)
-   la capacité d’être produite en grande série, donc de faire appel à un matériau abondant

a toutes les chances d’être à l’UAm. Dans des proportions situées entre 75% et 85% selon Jean-François Fechino, le reste pouvant être du tungstène, du titane, du molybdène… des métaux spéciaux et précieux.

Il est vrai qu’en dehors de l’acier, l’UAm pourrait avoir un concurrent sérieux : le tungstène. Mais il a sur lui un double avantage. D’une part, il est beaucoup moins cher et on ne sait pas quoi en faire (50 000 tonnes en sont produits annuellement dans le monde, comme résidu de l’industrie nucléaire civile et militaire), alors que le tungstène reste un métal précieux, sur un marché dominé par le tungstène chinois. D’autre part et surtout, contrairement au tungstène, il est pyrophorique : il a la propriété de s’enflammer par frottement contre un corps dur comme l’acier ou le béton. Ainsi, non seulement un corps de bombe usiné en UA va-t-il voler en tout petits éclats sous l’effet de l’explosif, mais en plus il va brûler en carbonisant l’intérieur de la cible atteinte. L’UA n’explose pas lui-même, mais il brûle en déclenchant « un feu d’enfer » à près de 1200°C. Ainsi, les occupants d’un char transpercé par la flèche d’un obus-flèche à UA ne meurent pas déchiquetés – pour autant que l’incendie ne provoque pas l’explosion des munitions présentes à bord du char – mais carbonisés. Ce qu’il reste du char est hautement radioactif. Les G.I.s qui, en 1991, s’approcheront de carcasses de tanks irakiens ainsi contaminés s’en apercevront une fois revenus chez eux, souvent des années plus tard.

Attentifs à tout ce qui touche au nucléaire, aux armements radioactifs, à l’Uranium Appauvri, aux armes de destruction massive en général, nous mesurons aussitôt l’ampleur du drame invisible et silencieux qui, au-delà du fracas des bombes, au-delà même des victimes immédiates et des destructions manifestes, risque de se mettre en place dans la bande de Gaza pour se jouer à moyen et à long terme, si l’offensive israélienne se prolonge et continue d’utiliser des armes radioactives de ce type.

4. L’alerte sur le terrain

Dimanche 4 janvier 2009, 13h 16 GMT – L’agence de presse iranienne Press TV, l’une des très rares agences à être présentes à Gaza, diffuse une dépêche en anglais intitulée : « De l’uranium appauvri trouvé dans des victimes à Gaza »

On peut y lire que « des médecins norvégiens ont déclaré au correspondant de Press TV, Akram al-Sattari, qu’ils avaient trouvé des traces d’Uranium Appauvri dans le corps de certains habitants blessés depuis le début de l’offensive lancée par Israël le 27 décembre sur la bande de Gaza. Ce témoignage vient après que les tanks et les troupes israéliens aient franchi la frontière dans la nuit de samedi à dimanche et lancé une offensive terrestre, après huit jours de bombardements intensifs par l’aviation et la marine israélienne. »

La dépêche ajoute que « le ministre de la défense d’Israël, Ehoud Barak, a averti ce dimanche que l’offensive serait « pleine de surprises ». Suggère-t-elle ainsi que l’usage d’armes à l’Uranium Appauvri pourrait être l’une de ces surprises ?

En fait, la déclaration des médecins norvégiens citée par Press TV va dans le même sens que l’interview télévisée donnée par le Dr Mads Gilbert et retransmise par la chaîne Al-Jazeera dans la nuit du 31 décembre (http://www.gnn.tv/B30595). C’est dès cette date, en effet, que le médecin norvégien mentionne des « traces de radioactivité » trouvées chez des blessés, donc chez des victimes de la première phase de l’offensive israélienne, lors des tout premiers bombardements aériens.

On a vu que, durant cette phase, les autorités israéliennes ont révélé avoir fait grand usage des GBU-39 fraîchement livrées par les États-Unis. Les caractéristiques « miraculeuses » de cette bombe d’avant-garde ont été largement vantées dans la presse, mais en passant sous silence l’information essentielle, la seule qui soit à même d’expliquer les « performances » de ces nouveaux engins : le fait qu’ils doivent contenir de l’Uranium appauvri – conclusion à laquelle nous sommes déjà parvenus.

Plusieurs questions se posent toutefois : comment, dans les conditions aussi difficiles que celles où ils travaillent, le Dr Gilbert et ses collègues ont-ils pu déceler des « traces de radioactivité » et plus précisément encore, d’Uranium appauvri ? Ont-ils prélevé les tissus ou les liquides organiques nécessaires ? Ont-ils eu le temps nécessaire pour réaliser des analyses complexes, qui d’ordinaire demandent plusieurs semaines à des laboratoires spécialisés ? Comment des médecins urgentistes ont-ils pu les réaliser ? Personne ne le sait, et nous n’avons aucun moyen de joindre sur place les médecins norvégiens.

5. Le dilemme

Il ne faut évidemment pas compter sur les autorités israéliennes pour confirmer les assertions du Dr Gilbert, ni sur la presse internationale, empêchée par les Israéliens de pénétrer dans la bande de Gaza. Nous prenons contact avec la Délégation Palestinienne à Paris, espérant par son intermédiaire obtenir des échantillons appropriés de terre ou de matériaux prélevés à Gaza pour les soumettre à l’analyse de laboratoires indépendants (ainsi que nous l’avions fait pour Bagdad, comme on va le voir ci-après). En attendant de les obtenir, une autre approche s’impose pour tenter de vérifier les accusations des médecins norvégiens : poursuivre l’étude des armes dont les blessés de Gaza ont pu être victimes, parmi lesquelles, probablement, les GBU-39. Contiennent-elles de l’UA ? Mais là non plus, on ne peut compter sur une confirmation du « DOD » (Department of Defense) américain, ni sur celle du constructeur Boeing.

Nous sommes donc placés devant un dilemme.

Faut-il, alors que nous n’en avons pas de preuve formelle, dénoncer l’emploi de ces armes dont nous sommes convaincus, malgré un doute toujours présent à l’esprit, qu’elles sont radioactives ? Nous risquons de nous voir opposer un démenti cinglant et de subir la bronca de tout ce que le complexe militaro-industriel multinational peut compter comme agents, ou même comme alliés malgré eux, jusque dans le mouvement antinucléaire, pacifiste et « abolitionniste » où certains militants ignorent tout du problème, où d’autres le connaissent mal et ne s’en soucient guère, où d’autres enfin, qui le connaissent bien, ne veulent pas prendre le risque de se tromper et de ternir ainsi leur image ou celle de leur association.

Ou bien faut-il en attendre la preuve indiscutable – au risque de voir les Gazaouis et la population de la région, Israéliens compris, subir ou faire subir sans le savoir un génocide « à retardement », dans le silence complice des chefs militaires, des dirigeants politiques et des savants inféodés au complexe militaro-industriel ?

Nous préférons le premier risque au second. L’Action des Citoyens pour le Désarmement Nucléaire rassemble des citoyens du monde qui veulent agirpour contribuer, dans la limite de leurs moyens, à l’amélioration du sort des humains et à la survie de l’espèce, menacée par les armes nucléaires et radioactives. L’association depuis 1996, et son président depuis 1986, s’efforcent de faire entendre l’impérieuse nécessité d’abolir ces armes. 23 ans de « traversée du désert » : le sort des « lanceurs d’alerte » (« whistleblowers ») nous est devenu familier. A propos de Gaza comme dans d’autres cas, nous jugeons nécessaire de sonner le tocsin avant que le désastre ne soit devenu irréversible et incommensurable.

Le précédent irakien ne doit surtout pas se reproduire.

6. La leçon irakienne : l’attaque de Forward Base Falcon

7. Retour à Gaza

Revenons à Gaza, janvier 2009. Tout comme les Irakiens, les Gazaouis subissent un blocus inhumain, et maintenant une offensive aérienne et terrestre. Vont-ils subir aussi la contamination à l’uranium ? Instruits par l’expérience, nous décidons cette fois de procéder différemment. Nous affirmerons ce qui nous semble hautement probable comme si nous en étions certains. Cela devrait émouvoir quelques secteurs de l’opinion publique, voire quelques journalistes curieux, ce qui pourrait conduire certains responsables politiques à exiger une enquête officielle. C’est à peu près ce qui va se passer…

Le 4 janvier 2009, nous publions un article intitulé :
-  Parallèlement à l’offensive terrestre
-  A Gaza, le génocide à l’Uranium Appauvri a commencé
-  avec les bombes « GBU-39″ fournies par les Etats-Unis

Il sera traduit et publié en anglais le 6 janvier :

-  It runs parallel with the ground offensive
-  In Gaza, Genocide by Depleted Uranium has begun
-  using « GBU-39″ bombs provided by the USA

L’article conclut : « Un véritable crime contre l’humanité s’exécute donc sous nos yeux. » Il appelle le président de la République Française, attendu en Egypte pour le lendemain, à tout mettre en œuvre pour faire cesser ce crime, mais aussi à montrer l’exemple en interdisant dans l’armée française les armements contenant de l’uranium appauvri et en s’interdisant d’en vendre :« La France doit faire cesser ce crime contre l’humanité… La France doit enfin travailler à l’interdiction universelle des armes à l’Uranium Appauvri. »

Nous l’envoyons à de nombreux organes de presse et aux médias français, le communiquons à l’ICBUW (International Coalition to Ban Uranium Weapons) dont ACDN fait partie, le diffusons largement au sein de la communauté « abolitionniste », « antinucléaire » et « pacifiste ». A défaut d’intéresser les journalistes français – qui ne souffleront mot du sujet pendant toute la durée de l’opération « Plomb durci » et jusqu’à maintenant – l’article sera repris par de nombreux sites francophones et anglophones, contribuant ainsi à alerter une partie de l’opinion publique, surtout (faut-il s’en étonner ?) parmi ceux qui sont favorables à la cause palestinienne.

Le lendemain, 5 janvier, paraît une nouvelle interview du Dr Mads Gilbert par PressTV, l’agence iranienne, dont nous prenons aussitôt connaissance.

Le journaliste lui demande : « Que pouvez-vous nous dire à propos de ce que vous avez trouvé concernant l’uranium ? » Il répond : « Je ne peux pas vous dire grand-chose à propos de ce que nous avons trouvé. Mais je peux vous dire ceci : la preuve est faite que les Israéliens utilisent un nouveau type d’armes avec un explosif très puissant appelé DIME utilisant un alliage au tungstène. Ces armes ont un énorme pouvoir explosif. »

Est-ce à dire que le Dr Gilbert n’y connaît rien en uranium ? Nous penchons pour une autre explication : il ne dispose simplement pas des analyses – comment le pourrait-il d’ailleurs en pareilles circonstances ? – qui pourraient apporter la preuve indiscutable que la radioactivité dont il parlait dès le 31 décembre était bien due à la présence de particules d’uranium. En attendant, il préfère ne rien en dire et attirer l’attention sur un autre type d’arme non-conventionnelle dont il tente de réparer les ravages, l’explosif à peine connu appelé DIME.

Le 6 janvier, l’ICBUW, à notre grande surprise, publie sans préavis un communiqué qui prend le contre-pied de notre article et disqualifie le Dr Gilbert. Il est vrai que ses compétences de chirurgien humanitaire, familier des théâtres de guerre, ne garantissent pas son omniscience. Est-ce une raison pour lui faire dire que « le tungstène est radioactif », quand il a dit exactement : « A long terme, ces armes auront un effet cancérigène sur les survivants. Ils développeront un cancer, pensons-nous. Il y a eu très peu de recherches sur le sujet, mais certaines, faites entre autres aux Etats-Unis, ont montré leur tendance élevée à provoquer le cancer. » Dire du tungstène, donc du DIME, qu’ils sont cancérigènes, ce n’est pourtant pas dire qu’ils sont radioactifs ! A-t-on jamais entendu dire que l’amiante était radioactive puisque cancérigène ?

Quoi qu’il en soit, nous prenons contact avec le coordonnateur de l’ICBUW. Les échanges qui suivent nous convainquent que ses motifs de douter de la présence d’UA dans les GBU-39 sont loin de devoir nous faire changer d’avis. Mais l’autorité de l’ICBUW en impose aux autres organisations et jette le doute sur le sérieux de notre accusation – ce qui réjouit le lobby de l’UA(« même nos adversaires n’y croient pas ! »), lequel se moque bien du sort des Gazouis.

8. Le contexte global

Dans son rapport sur l’Uranium Appauvri en Irak, Jean-François Fechino a décrit la situation de la façon suivante :

« Les problèmes de l’uranium appauvri sont à la fois du ressort des scientifiques (filière de la recherche nucléaire) et des militaires.

« Les scientifiques sont des physiciens et des chimistes ayant acquis généralement une longue pratique professionnelle ainsi qu’une très forte notoriété. Pour une grande majorité des populations, ce sont des Hommes de Science, qui ont accédé à La Connaissance. De ce fait ils sont considérés comme des responsables qui ne peuvent pas mentir, d’autant plus qu’ils s’appuient sur des analyses a priori objectives et cautionnées par des experts rattachés à des agences internationales. Or que disent les scientifiques ? L’uranium appauvri n’est pas véritablement un danger ni pour l’environnement ni pour l’Homme, sauf à de très rares exceptions en quelques points de contamination. Pour l’ensemble (ou presque) de cette communauté scientifique, l’uranium appauvri est « 40% moins contaminant que l’uranium naturel ».

« Les militaires (utilisateurs mais aussi chercheurs du secteur de l’armement), appuient leurs connaissances sur les rapports de recherches des scientifiques (cités ci-dessus), reprenant à leur compte leurs affirmations. Mieux, lors des différentes phases de mise en œuvre de ces armements, aucune précaution spécifique n’est utilisée (ni masque de protection, ni combinaison spéciale, ni décontamination par douches …) encore moins durant les batailles qu’après. Les hommes, en effet, manipulent sans précaution toutes les charges (obus d’artillerie, accrochages de missiles aux ailes des avions, transbordement de pénétrateurs dans les soutes à munitions des chars, chargement des bandes de mitrailleuses à bord des avions…), comme s’ils manipulaient des charges classiques.

« Ces attitudes, cette gestuelle, relayées par les medias, ne pouvaient que renforcer le sentiment de sécurité des populations civiles et de leurs responsables vis-à-vis de l’opinion publique en général et des populations locales en particulier. Un sentiment d’autant plus profondément ancré dans l’esprit du grand public que les scientifiques tiennent un discours qui se veut rassurant quand ces problèmes sont abordés.

« Et puis, les médias eux-mêmes sont là pour en « remettre une couche ». Lorsqu’on voit les envoyés spéciaux devant un tas de décombres fumant à la suite d’un bombardement, sans protection, comment arriver à faire comprendre aux populations civiles les dangers qu’elles courent ? Des dangers qui sont invisibles, inodores, sans saveur… Sans compter que les résultats de ces dangers ne se voient pas toujours immédiatement et qu’ils ne présentent pas d’atteintes physiques directes… Les contaminations conséquences de l’uranium appauvri ne sont pas aussi spectaculaires que des bombes au napalm (la photographie d’une jeune adolescente Vietnamienne, marchant nue, avec la peau qui partait en lambeau à la suite d’un bombardement américain au napalm a été l’une des images choc qui ont réveillé les consciences mondiales et accéléré le processus de paix au Vietnam).

« Pour l’uranium appauvri, point de photo choc… D’autant plus que nous sommes là dans le concept de la « guerre propre », médiatisée et orchestrée d’une main de fer par les services des relations publiques des armées américaines… Aussi est-il facile d’imaginer les difficultés que peut éprouver un simple (citoyen) à venir contrecarrer et mettre en doute les paroles d’experts, de scientifiques ou d’officiers généraux, pour ne citer que ces premiers niveaux hiérarchiques. Que peut représenter le poids d’une parole isolée lorsque, officiellement, les dits experts affirment péremptoirement la quasi-innocuité de ces armements… ».

9. Les effets de l’UA

En août 1996, la sous-commission des Droits de l’Homme des Nations Unies classait les armes à uranium appauvri parmi les armes considérées comme produisant « des effets traumatiques excessifs », frappant « sans discrimination les populations civiles » et causant « des dommages graves et durables à l’environnement » selon la Convention sur Certaines Armes Classiques (CCAC), dite Convention sur les armes inhumaines, adoptée à Genève par les Nations Unies le 10 octobre 1980 et entrée en vigueur le 2 décembre 1983. Au même titre que les armes à fragmentation, incendiaires, aveuglantes, ou les mines anti-personnel…

Cependant, faute de « protocole spécifique additionnel » à la CCAC, la résolution N° 96-16 n’a eu aucun effet concret. De plus, ce type d’armement n’entre dans aucun protocole international de déclaration, de limitation ou d’interdiction des armes nucléaires stratégiques car, bien qu’il s’agisse d’uranium, le fait qu’il soit appauvri en U-235, le métal à la base des armes nucléaires, lui permet d’échapper aux contrôles. Ainsi, le seul effet concret de ce classement de 1996, c’est que l’uranium appauvri a disparu du vocabulaire militaire, des catalogues et des notices des fabricants – mais pas des armes fabriquées ni des armes en cours de développement. Et lorsqu’un formulaire douanier se fait un peu trop indiscret, les exportateurs déclarent volontiers du tungstène en lieu et place d’uranium.

Bien que son rôle soit systématiquement minimisé, l’UA est cité en bonne place parmi les causes possibles, cumulatives, du « syndrome de la guerre du Golfe », regroupant divers symptômes et maladies. Ce syndrome est désormais officiellement reconnu, aux Etats-Unis, comme une réalité indiscutable. En effet, le « Comité consultatif de recherche sur les maladies des vétérans de la guerre du Golfe » a remis au Sénat des Etats-Unis et publié en novembre 2008 sur les presses du gouvernement américain son rapport final intitulé « La maladie de la guerre du Golfe et la santé des vétérans de la guerre du Golfe (Données scientifiques et recommandations) » Le Comité, agissant sous la responsabilité du secrétaire aux Anciens Combattants (Secretary of Veterans Affairs) comprenait une quinzaine de spécialistes, en majorité des médecins. Son rapport s’étend sur 465 pages. Il reconnaît que, sur quelque 700 000 personnels militaires américains déployés en Asie du Sud-ouest en 1990-1991 au cours des opérations « Bouclier du désert » (Desert Shield) et « Tempête du Désert » (Desert Storm) connues sous le nom de « Guerre du Golfe » et de l’occupation qui a suivi, entre 185 000 et 210 000 sont tombés malades. Il n’indique pas le nombre des décès consécutifs à ces maladies ou à d’autres comme le cancer, frappant pour la plupart des hommes ou des femmes jeunes. Une étude publiée en février 2008 par le secrétariat aux AC n’a pas trouvé chez eux de différence de mortalité significative. Mais l’étude à laquelle il se référait s’était arrêtée en 1997. Aujourd’hui, d’après le Major Doug Rokke, plus de 70 000 anciens combattant(e)s du Golfe sont morts.

“Voilà plus de 17 ans que les Etats-Unis et leurs alliés ont libéré le Koweït des troupes de Saddam Hussein au cours de la guerre du Golfe de 1990-1991. Malgré la victoire rapide et décisive de l’opération « Tempête du désert », sur près de 700 000 militaires américains ayant servi pendant la guerre, au moins un quart ont éprouvé depuis leur rapatriement une série de problèmes de santé sérieux et persistants. Les tableaux pathologiques combinent typiquement des maux de tête chroniques, des difficultés cognitives, des douleurs multiples, une fatigue inexpliquée, des diarrhées chroniques, des éruptions cutanées, des problèmes respiratoires et d’autres anomalies. Cet ensemble de symptômes, aujourd’hui connu sous le nom de « syndrome du Golfe », échappe aux explications médicales habituelles comme aux diagnostics psychiatriques et il persiste, chez de nombreux vétérans, depuis 17 ans. Les symptômes spécifiques peuvent varier d’un individu à l’autre, mais un tableau pathologique d’une remarquable constance s’est dégagé des centaines de rapports ou d’études de cas portant sur différentes populations de vétérans de la guerre du Golfe, provenant de différentes régions des Etats-Unis et de pays alliés.” (Op. cit., page 3, traduit et souligné par nous.)

Plus d’un soldat américain sur quatre tombé malade après le conflit – et selon d’autres sources également crédibles, près d’un sur deux ! Des milliers décédés des suites de leurs maladies ! Cette hécatombe post-conflit est un phénomène unique dans l’histoire militaire mondiale.

Quant au rôle de l’Uranium appauvri, voici ce qu’en dit le Rapport (page 224) :

« Uranium appauvri - Une exposition de faible niveau à la poussière d’uranium appauvri produite par l’emploi de munitions qui en contiennent a été, pense-t-on, un cas largement répandu pendant la Guerre du Golfe, tandis que les troupes en position avancée ont subi l’exposition la plus importante. De récentes études effectuées sur des animaux ont mis en évidence les effets aigus de formes solubles d’uranium appauvri sur le cerveau et le comportement, mais les effets persistants résultant d’expositions de courte durée et de faible niveau, du type de celles subies par la majorité des vétérans de la guerre du Golfe, ont été à peine étudiés. Il existe peu d’information, qu’elle provienne de la guerre du Golfe ou d’autres études de cas humains, concernant les symptômes chroniques liés à l’exposition à l’uranium, appauvri ou non. L’exposition à l’uranium appauvri dans les conflits postérieurs à la guerre du Golfe, y compris au cours des conflits actuels au Moyen Orient, n’a pas été associée à grande échelle à des tableaux de symptômes multiples, ce qui suggère que l’exposition à l’uranium appauvri n’est probablement pas la cause première du syndrome de la guerre du Golfe. On continue toutefois à s’interroger sur les effets à long terme des expositions à l’uranium appauvri à plus forte dose, en particulier s’agissant d’autres aspects de la santé. »

En somme, d’après ce Rapport, on ne sait à peu près rien du lien causal entre l’uranium appauvri et le syndrome du Golfe, étant donné qu’on ne l’a pour ainsi dire pas étudié, mais on peut dire a priori que ce n’est pas sa cause première, bien qu’on puisse découvrir un jour que ce serait quand même le cas… Ces contorsions intellectuelles ont du mal à masquer l’embarras de la commission d’enquête officielle devant les conclusions auxquelles sont déjà parvenus de nombreux chercheurs indépendants.

Par exemple Dan Bishop, docteur en chimie et président de l’International Depleted Uranium Study Team (Colorado, USA), selon qui “les études de plusieurs vétérans de la guerre du Golfe ont montré que chacun d’eux a absorbé une dose initiale égale à 0,34 g d’Uranium appauvri, qui reste en permanence dans les tissus des poumons. Ceci correspond à 4,3 millions de particules d’un diamètre de 2,5 microns. L’activité alpha pour 0,34 gramme d’UA est de 5,2 Becquerel (5,2 désintégrations alpha par seconde, 160 millions de désintégrations alpha par an), aboutissant à une activité totale (alpha, bêta et gamma) égale à 26 désintégrations par seconde, ou 800 millions d’événements radioactifs par an.” Or on connaît sans aucun doute possible les conséquences sur la santé de ces millions d’ « événements » : ne pouvant pas être tous « réparés », les dommages causés aux cellules, les coupures chromosomiques, les altérations de l’ADN – tout cela dûment constaté en laboratoire, entre autres par les « récentes études effectuées sur des animaux » dont parle le Rapport officiel cité plus haut – ont pour effet de déclencher des symptômes de maladies (cancers, leucémies, lymphomes, diabète, stérilité, malformations fœtales…) qui deviennent irréversibles.

Il va sans dire que la population irakienne fait elle aussi les frais de l’UA déversé en Irak. Ainsi, selon le Dr Jawad Al-Ali, du Centre oncologique de Bassora, les cancers mortels dans la région de Bassora sont passés de quelque 25 en 1988 à plus de 600 en 1998. Les malformations de nouveaux-nés se sont multipliées et ont pris des formes monstrueuses.

Et à Gaza, que va-t-il se passer ? A Gaza, le massacre continue malgré la résolution 1860 du Conseil de sécurité de l’ONU exigeant le 9 janvier 2009 un cessez-le-feu immédiat. Confortés dans nos conclusions par les informations reçues, par l’intermédiaire de Jean-François Fechino, d’une source qu’il juge fiable, située dans l’appareil militaro-industriel américain, nous publions le 14 janvier un deuxième article reprenant les données alors connues de nous :

-  Génocide à l’Uranium Appauvri à Gaza : le dossier

Cette publication suscite de vives réactions.

10. Historique de la GBU-39

Contrairement aux bombes « gravitationnelles » qui tombent d’un bombardier lorsque celui-ci survole sa cible ou s’en approche, la « bombe intelligente GBU-39″ est capable, grâce aux ailes qu’elle déploie une fois lancée par l’avion porteur, de profiter de son énergie cinétique pour « planer » en descendant, et atteindre une cible située (suivant l’altitude de lancement) jusqu’à 60 miles nautiques (110 km) en avant et 40 miles (75 km) à droite ou à gauche de l’avion au moment du largage. Elle peut même effectuer, selon certaines sources, un arc de cercle pour frapper une cible située derrière l’avion qui l’a lancée. En contact avec les installations au sol sur le théâtre d’opération, elle est guidée par un système de positionnement GPS et de calcul de trajectoire qui lui permet de modifier celle-ci pour atteindre sa cible avec une précision à l’arrivée de l’ordre du mètre. Ce système préprogrammé peut en outre être reprogrammé par l’équipage juste avant le lancement. Chaque bombe peut avoir sa cible.

Répondant à un appel d’offres lancé deux ans plus tôt, la firme Boeing a été retenue en août 2003 pour développer cette « bombe de faible diamètre » (SDB-Small Diameter Bomb) après une sévère compétition où elle a été accusée -et convaincue- de corruption.

La SDB-1 ou GBU-39 a reçu sa certification en septembre 2005, sa production en série a débuté en avril 2006, et les premiers exemplaires ont été livrés à l’US Air Force début septembre 2006, en avance sur le calendrier et à un coût moins élevé que prévu.

A cette occasion, le Maj. Gen. Jeffrey Riemer, responsable de la coordination du programme entre l’USAF et les différents fournisseurs, déclarait :

« Nous sommes enthousiasmés (excited) par le déploiement de cette arme, la SDB-1, qui vient s’ajouter aux diverses options létales du F-15E (Strike Eagle) dans la guerre contre le terrorisme. »

D’après lui, sa marge d’erreur à l’arrivée ne dépassait pas 1,20 m.

Le F-15E peut en emporter 4 sous son fuselage, avec un attelage BRU-61 d’un poids total en charge de 664 kg, au lieu d’une seule bombe ordinairement beaucoup plus lourde. Le lancement de chaque bombe est pneumatique et non par mise à feu d’une cartouche explosive, ce qui supprime l’entretien courant, facilite la manutention, et accélère le rechargement de l’avion au retour d’une mission. Celui-ci peut donc effectuer des frappes multiples et des rotations accélérées.

La précision, la fiabilité et la charge explosive limitée de la GBU-39, donc aussi sa moindre « létalité » (ou capacité meurtrière), réduisent fortement les risques de « dommages collatéraux ». Ce qui permet des emplois interdits jusque-là : contre des combattants ennemis situés à proximité immédiate de « troupes amies »… ou au milieu d’une population civile amie, neutre ou ennemie, que l’on est censé épargner d’après les « lois de la guerre » et le droit international. L’idéal, en somme, pour la guerre « anti-guérilla » ou « anti-terroriste »…

Dès le 5 octobre 2006, un mois après leur livraison aux Etats-Unis, deux avions F-15E « Strike Eagles » appartenant à la 494e Escadrille de Combat déployée en Asie du Sud-Est, en utilisaient des exemplaires pour la première fois contre des cibles réelles, en soutien aux troupes terrestres agissant en Irak. Le général North célébrait l’événement dans les termes suivants :

« Grâce à sa taille réduite, nos avions peuvent en emporter sur le champ de bataille un nombre accru, apportant ainsi aux combattants au sol davantage de possibilités de défendre leurs positions, en détruisant avec précision des cibles qui pourraient menacer les vies de soldats américains, de la coalition ou irakiens. »

« La SDB est exceptionnellement qualifiée pour des cibles urbaines exigeant une grande précision et des dommages collatéraux réduits, et pour des missions de soutien aérien rapproché auxquelles nos équipages se trouvent confrontés dans le cadre des opérations « Iraqi Freedom » et « Enduring Freedom ». Nous sommes maintenant en mesure d’intervenir en des endroits où les dommages collatéraux pourraient être un souci. »

Le 19 décembre 2006, la firme Boeing annonce que l’US Air Force lui verse 80 millions de dollars – sans doute à titre d’à-valoir – pour une première commande de 1600 SDB1 et divers équipements associés à la bombe. Il ne s’agit que d’un premier contrat, puisque « Boeing fabriquera plus de 24 000 SDB1 et 2000 supports livrables d’ici à 2015″.

11. Un brevet ambigu

« Bombe guidée » et de « petit diamètre », la GBU-39 ou SDB1 est le type même de « petite bombe intelligente » (« small smart bomb ») et autres « systèmes d’armes employant le même principe », que décrit le brevet « US Patent App.11/541,207, 2006 ». Ce brevet est accordé à MM. SD Roemerman et JP Volpi – sûrement connus de la firme Boeing. Il est publié le 12 juillet 2007 mais semble remonter à novembre 2006, le mois précédant la commande de 1600 bombes passée à Boeing par l’USAF. En tout cas, c’est bien la GBU-39 qui est visée et protégée en priorité par ce brevet : elle y est expressément citée au § 43, ainsi que dans le tableau 2, continué page 8, colonne « Remarks », où elle est citée avec son poids effectif de 285 livres comme étant « la » SDB concernée par le brevet.

A la page 7 de ce document, le § 33 cite « le zirconium » comme exemple de« matériau pyrophorique » pouvant être incorporé dans une « petite bombe intelligente ». Le § 34 explique que « les matériaux non-explosifs auxquels ce document s’applique sont essentiellement inertes dans des environnements normaux et dans des conditions favorables » (« the non-explosive materials applied herein are substantially inert in environments that are normal under benign conditions »). Ce qui veut dire que « dans des conditions normales de manipulation » (« in normal handling »), ils ne risquent pas de « devenir destructeurs d’une façon soit explosive, soit incendiaire » (« to become destructive in an explosive or an incendiary manner ») car « le facteur explosif potentiellement létal est minime ou inexistant. »

Or, voici la liste de ces « matériaux sélectionnés » (selected materials) cités en exemple pour leur « inertie » : « le tungstène, l’acier trempé, le zirconium, le cuivre, l’uranium appauvri, et autres matériaux de ce genre » « (e.g. tungsten, hardened steel, zirconium, copper, depleted uranium and other like materials) ».

L’uranium appauvri ! Dans un texte juridique où chaque mot compte et peut coûter ou rapporter des millions de dollars, rien n’est laissé au hasard. Alors pourquoi avoir cité un produit aussi « mal famé » que l’uranium appauvri ? Serait-il cité là par erreur, par inadvertance, ou parce que ce serait un matériau « exemplaire » ? Non, certes. Mais parce qu’il faut l’avoir cité au moins une fois dans la « patente » pour que sa mise en œuvre soit, à l’avenir, protégée de la concurrence devant les tribunaux. Une fois, mais pas plus et en passant, dans une énumération, pour éviter d’attirer l’attention sur « ce genre de matériau ».

Voilà sans doute pourquoi il n’est pas repris dans le tableau 1 qui, sur la même page, énumère les matériaux entrant dans la composition d’une « petite bombe intelligente », avec, pour chacun, sa fonction, sa nature, sa densité, son poids et son volume. Sont cités : en première ligne, le tungstène, en tant que « ballast » (il est donc retenu ici avant tout pour son poids, et c’est justement le principal mérite de l’UA). Puis l’aluminium, le pyrex, l’acier, des matériaux électroniques divers, des polymères et enfin l’explosif (sans indication de poids). Le nom de la bombe n’est pas donné. Le poids total, étonnamment précis, est aussi dérisoirement petit (25,036 livres). En fait il faut le multiplier par 10 (donc aussi le poids des composants) pour obtenir le poids réel : 250 livres – sans compter le poids d’explosif. Ce qu’il faut retenir du tableau, c’est surtout le rapport de poids entre les différents matériaux. Sur 25,036 livres, le « ballast » en « tungstène », représente à lui seul 20,239 livres, soit plus de 80 % du poids total, hors explosif. Et si l’on multiplie par dix : 202,39 livres. Soit approximativement 80 kg.

Hypothèse : l’« uranium appauvri » dont il est question au § 33 a été remplacé, dans le tableau 1, par le mot « tungstène ». Procédez à l’opération inverse : remplacez « tungstène » par « uranium appauvri », et vous avez le poids d’UA dans une SDB1 : 80 kg. Ou peut-être un peu moins, s’il entre dans un alliage dont les autres composants ne sont pas cités, secret industriel oblige… Hypothèse, bien sûr !

12. Gaza, terrain d’essai

Le coût réduit de la GBU-39 (mais les estimations varient : de moins de 30 000 $ – prix d’ami pour l’USAF – à 100 000 dollars pièce, tout de même…) est intéressant pour les clients en général et Israël en particulier (pour qui il est question quelque part de 67000 $ l’unité). Il se peut même qu’en échange de son expérimentation massive sur le terrain, in vivo, Israël ait bénéficié d’une grosse ristourne, voire d’une livraison gratuite. Car on ignore en fait les conditions réelles du transfert… et Boeing a nié officiellement y avoir procédé ! Alors qui ?

L’ensemble de ses caractéristiques fait de la GBU-39B, version SDB1, l’arme idéale pour l’offensive contre Gaza.

Une version capable de frapper des cibles mobiles (SDB2) a également été commandée à Boeing, associé cette fois à Lockheed. Il était prévu que son développement aboutisse fin 2009, les essais de qualification étant programmés pour avril 2009. Rien n’autorise à penser que l’armée de l’air israélienne ait déjà disposé de tels engins en décembre 2008, dont elle n’avait d’ailleurs nul besoin – à moins bien sûr que « Plomb durci » ait aussi servi de banc d’essai à quelques prototypes de SDB2.

La capacité de pénétration de la GBU-39 permet de détruire aussi bien les sites enterrés de lancement de roquettes que les tunnels ou les boyaux souterrains du « corridor Philadelphie ».

Sa précision permet d’atteindre des cibles fixes prédéfinies, tout en réduisant les « dommages collatéraux » dans la population civile – de surcroît avertie par tracts ou par téléphone mobile d’avoir à évacuer au plus vite les cibles, c’est-à-dire les maisons ou les sites liés d’après Tsahal aux infrastructures du Hamas, à la fabrication, au stockage ou au lancement de roquettes Qassam contre le sud d’Israël. Ce qui réduit d’autant le risque politique, juridique et diplomatique, d’être accusé de perpétrer des massacres et des crimes de guerre.

Avec la semi-vacance du pouvoir aux Etats-Unis pendant la période de transition entre l’administration Bush et l’administration Obama, présumée beaucoup moins favorable à une action militaire (on note d’ailleurs qu’Israël interrompt « Plomb durci » deux jours avant l’investiture d’Obama), avec l’expiration de la trève acceptée 6 mois plus tôt par le Hamas, avec les fêtes de fin d’année propres à détourner l’attention de l’opinion mondiale, la disposition et la maîtrise des GBU-39 par l’IAF (Armée de l’Air Israélienne) explique le « timing » de l’opération. Début septembre 2008, on l’a vu, le Congrès américain a autorisé la vente de 1000 exemplaires à Israël. Elles lui sont livrées début décembre. Il faut les rendre opérationnelles. Monter les racks sur les F15E. Préparer le support logistique. Entraîner les équipages. Le 19 décembre, la trève expire. Le 27 décembre, l’offensive aérienne commence. Un samedi, jour de shabat, histoire d’augmenter la surprise.

Le problème, c’est que la GBU-39, si elle limite les risques de crimes de guerre, entraîne le crime contre l’humanité. Il y a en effet « un souci » qui n’apparaît dans aucun descriptif : l’Uranium appauvri.

13. « Le génocide de Gaza a commencé »

Gaza est une étroite bande de terre hébergeant sur 360 Km2 près d’un million et demi d’habitants, avec une densité de 3823 habitants au Km2.

La coque des bombes GBU-39 contient de l’Uranium « appauvri », ce n’est qu’une façon de parler. Il est appauvri en U235, mais enrichi en U238 – qui perd la moitié de sa radioactivité en 4,5 milliards d’années.

L’UA est un redoutable poison chimique et radiologique qui brûle aisément à l’impact et se transforme en particules radioactives extrêmement petites (micrométriques et même nanométriques, c’est-à-dire de l’ordre du millionième de millimètre) qui échappent à toute barrière et tout type de masque à gaz. Les produits de toutes ces combustions d’uranium voyagent avec les mouvements de l’air, contaminent l’atmosphère et pénètrent dans les organismes via la respiration, l’ingestion ou les moindres blessures. Ainsi, une partie de l’uranium se retrouve sous forme d’oxyde d’uranium radioactif invisible dans l’atmosphère que les populations respirent, tandis qu’une autre partie contamine les sols, les sous-sols, les nappes phréatiques, la végétation et la chaîne alimentaire.

Les conséquences de l’utilisation de bombes à l’UA en Afghanistan et en Irak sont parfaitement connues, démontrées et dénoncées par de nombreux scientifiques - sinon tous, excepté ceux dont le salaire émarge aux budgets des armées américaine, française, israélienne… et autres. Elles ont été rendues dramatiquement visibles par les photos insoutenables de nouveaux nés mal formés.

On imagine sans peine les conséquences catastrophiques que de tels bombardements pourront avoir sur la population de Gaza : cancers, malformations congénitales, maladies du système immunitaire… et ce d’autant plus qu’elle souffre de malnutrition chronique et de manque de soins, en raison notamment du blocus israélien.

Lorsqu’ils ont décidé de larguer des bombes GBU-39 contenant de l’UA sur des zones densément peuplées de Gaza, les responsables israéliens ne pouvaient pas ne pas en connaître les effets. Mais la population israélienne, dont on peut comprendre la lassitude et l’exaspération sous les tirs de Qassam et d’obus de mortiers, les connaît-elle, aujourd’hui encore ?

Se doute-t-elle que son gouvernement, tout en déclarant viser les dirigeants, les militants et les installations du Hamas, procédait, délibérément ou non, à un « nettoyage ethnique » lent de la population palestinienne, qui sera inéluctablement contaminée, et à une destruction de son environnement ? Mesure-t-elle le risque qu’elle court d’en devenir elle-même victime, puisque les mouvements atmosphériques ne s’arrêtent pas aux frontières de Gaza ? Sait-elle que, même s’ils sont revenus indemnes ou légèrement blessés de cette opération terrestre, les soldats de Tsahal peuvent avoir été eux aussi marqués à vie dans leurs poumons, leur sang ou leur capital génétique par les effets de cette arme perverse ?

14. Lettre à Ban Ki-moon : les Nations Unies doivent enquêter

Le dimanche 18 janvier 2009, le jour même où Israël annonce qu’il cesse son opération militaire, nous envoyons par fax et par courriel une lettre au Secrétaire général de l’ONU, M. Ban Ki-moon. Elle évoque les armes radioactives employées à Gaza, les précédents connus, en Irak, dans les Balkans et en Afghanistan, et poursuit :

« Le même malheur risque de survenir dans la bande de Gaza et dans les pays voisins, comme l’Egypte, la Jordanie, et Israël lui-même. En outre, les nanoparticules d’uranium en suspension dans l’atmosphère peuvent voyager beaucoup plus loin encore, de sorte qu’aucune partie de la planète ne se trouve à l’abri de leur contamination.

« En s’attaquant à l’ADN des cellules, l’uranium inhalé, ingéré ou passé dans le sang ne multiplie pas seulement les cancers et diverses pathologies, il s’attaque aussi au patrimoine génétique de ses victimes. Il contamine l’environnement pratiquement pour l’éternité, puisque l’U238, principal composant de l’UA, a une demi-vie radioactive de 4,5 milliards d’années.

« Les armes à Uranium appauvri présentent donc un caractère génocidaire, voire anthropocidaire, et leur emploi relève du crime contre l’humanité.

« Nous avons conscience que seuls des prélèvements sur place et des analyses scientifiques approfondies, multiples, contradictoires et objectives, permettraient soit de vérifier nos craintes en mettant en évidence la présence de matières radioactives, soit de les écarter, ce dont nous nous réjouirions au plus haut point. Si des matières radioactives sont trouvées, des mesures d’urgence devront être prises pour décontaminer les lieux, informer et protéger la population dans toute la mesure du possible.

« C’est pourquoi nous vous demandons instamment de bien vouloir ordonner dans les plus brefs délais une enquête sur le terrain, à la recherche de traces radioactives. Nous présumons que le Programme des Nations Unies pour l’Environnement pourrait en être chargé, puisque lors d’une précédente affaire sur laquelle l’une de nos associations avait eu l’occasion d’attirer votre attention et celle de l’AIEA, cette dernière nous a fait savoir que ce type d’enquête n’entrait pas dans le cadre de ses missions. »

La lettre est cosignée par Jean-Marie Matagne pour ACDN, Paolo Scampa, pour l’Association Internationale pour la Protection contre les Radiations Ionisantes (A.I.P.R.I.) et Alain Acariès, père d’un casque bleu de la FORPRONU (Balkans) décédé des suites d’une contamination -démontrée par les analyses d’un laboratoire italien- par des nanoparticules issues de l’usage d’armes à l’uranium appauvri, et par ailleurs secrétaire d’AVIGOLFE.

Ils suggèrent de confier cette enquête au Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE), qui a déjà enquêté sur ce sujet dans les Balkans et qui a su trouver de l’uranium appauvri là où il y en avait.

De leur côté, les ambassadeurs des pays arabes accrédités en Autriche font remettre le 19 janvier, par le Prince Mansour Al-Saud, une lettre à l’Agence Internationale de l’Energie Atomique dans laquelle ils s’inquiètent de l’information « médicale et médiatique » selon laquelle « des traces d’uranium appauvri ont été trouvées dans des victimes palestiniennes ». Ils demandent à l’AIEA de mener « une enquête radiologique et physique en vue de vérifier la présence d’uranium appauvri dans les armes utilisées par Israël dans la bande de Gaza. » L’AIEA fait rapidement savoir qu’elle agrée la demande et va mener l’enquête. Ce qui écarte le PNUE de cette mission.

Quatre mois plus tard (mai 2009), l’AIEA n’a pas trouvé un seul expert à envoyer sur le terrain. Il est vrai qu’avant même la venue des enquêteurs sur le terrain, le porte-parole du gouvernement israélien avait assuré qu’ils ne trouveraient rien. Précédemment, le chef d’état-major de Tsahal avait commencé par nier, le 13 janvier, l’usage de bombes au phosphore blanc qui sautait pourtant aux yeux de tout le monde, avant d’être obligé de le reconnaître le 20 janvier et de se replier sur une deuxième ligne de défense : « ce sont des armes autorisées ». Oui, tout juste tolérées – mais tout de même pas contre des civils… Quant à la radioactivité des GBU-39, nous comprendrons plus loin pour quelles raisons techniques Tsahal croit pouvoir encore moins être prise « la main dans le sac ».

15. L’art de l’esquive

Les GBU sont construites aux Etats-Unis par la firme Boeing dans son usine de Saint Louis (Missouri). Sachant cela, un citoyen américain resté « sceptique » devant les assertions d’ACDN, Jack Cohen, demande au Ministère de la Défense (DOD) des Etats-Unis s’il y a ou non de l’uranium appauvri dans les GBU-39. En attendant la réponse du ministère, il pose au responsable de la communication de Boeing la question suivante : « L’usine Boeing de Saint Louis a-t-elle une licence du Ministère de l’Energie (DOE) pour détenir ou traiter de l’uranium appauvri ? » (« Does the Boeing facility in St. Louis have a DOE license for holding or handling depleted uranium ? »). Il reçoit cette réponse : « Boeing n’a pas de licence, étant donné qu’il n’y a pas d’activité relative à l’uranium appauvri dans notre usine de Saint Louis/Saint Charles. » (« Boeing does not have a license as there is no depleted uranium activity at our St. Louis/St. Charles facility. »)

Mais en analysant de près cette réponse, on s’aperçoit que, malgré ses allures de démenti, elle n’implique nullement qu’il n’y ait pas d’uranium appauvri dans les GBU-39 : leur « construction » à Saint Louis peut se limiter au montage de pièces détachées, elle n’implique ni hauts fourneaux, ni fonderie pour les alliages métalliques, ni même l’usinage des pièces. Pour remonter la piste de l’uranium appauvri, il faudrait s’adresser aux laboratoires de l’USAF, ou au sous-traitant qui fournit le corps de bombe. Mais l’USAF, également interpellée par Jack Cohen, a sa réponse toute prête : « No comment ».Comme prévu.

16. La GBU-39B : portrait au 20 mai 2009

Les informations accessibles dans le domaine public et celles recueillies de plusieurs sources par Jean-François Fechino aboutissent, à ce jour et sous réserve des modifications qu’autorisera l’afflux de nouvelles informations, à dresser de la GBU-39B le portrait suivant :

La GBU-39B pèse au lancement 130 kg (285 livres anglaises, ou lb, la livre anglaise pesant 453,592 grammes). La bombe proprement dite pèse, si c’est bien le cas, 113 kg (250 lb).

La différence, soit 17 kg, correspondrait au « kit de navigation », lequel comprend :

-  une coque extérieure en carbone, très légère et très lisse, favorisant la pénétration dans l’air ;
-  rattachés à cette coque, un empennage et des ailes, eux aussi en carbone ; les ailes, repliées au départ, se déploient quelques secondes après le lancement, lorsque la bombe a pivoté sur elle-même de 180° ;
-  un servomoteur et des petits vérins permettant de déployer les ailes et de varier ultérieurement leur ouverture et leur orientation pour régler la trajectoire sde la bombe ;
-  un système anti-brouillage de positionnement GPS et de navigation (Advanced Anti-Jam GPS aided Inertial Navigation)

L’ensemble de ce kit explose à l’impact sur la cible.

La bombe elle-même pesant 113 kg, comprend :

-  un détonateur pouvant être programmé pour provoquer l’explosion juste avant, pendant ou après l’impact sur la cible, selon l’effet recherché ;

-  près de 23 kg d’explosif (50 lb soit 22,680 kg) : le tritonal, un dérivé de perchlorate d’ammonium dans lequel l’alumine a été remplacée par de la poudre d’UA (à hauteur de 10%), et auquel a été ajouté du fulminate.

Le tritonal est classé dans la catégorie des explosifs à haute énergie (HE), il se présente sous forme d’un solide légèrement pulvérulent qui réagit à la moindre étincelle électrique. On le coule en forme de boudin serré qui va se consumer à très haute vitesse et dégager un gaz qui, comprimé par l’enveloppe de la bombe, la fait exploser et voler en éclat, le tout à une vitesse de l’ordre du centième de seconde.

Cet explosif hyper puissant assure une grande vélocité aux « échardes de métal », lesquelles s’enfoncent dans tout de ce qui se trouve sur leur passage et s’enflamment du fait qu’elles contiennent de l’Uranium Appauvri pyrophorique. Elles traversent les corps humains de part en part et seul le béton les arrête à une profondeur d’environ un mètre. Ensuite, elles brûlent, en dégageant un maximum de chaleur et un minimum de fumées… et ce en raison des « mini impacts » largement répandus autour de la cible.

Il n’est pas exclu toutefois que les GBU-39 ou certaines d’entre elles aient été chargées du dernier cri en matière d’explosif : le D.I.M.E. (Dense Inert Metal Explosive).

-  une coque (cover) métallique constituée d’un alliage composé de 10 % de titane, 10% de tungstène, 80 % d’uranium appauvri.

L’alliage Ti/Tu/UA est « friable » et « préformé » en « aiguilles d’aciers » ou échardes d’acier (preformated alloy iron sharps). L’explosion est réalisée pour les faire « voler en éclats » selon leurs « préformatages ». Elles tiennent en raison du moulage lors de la coulée et sont maintenues en forme (en dépit des contraintes de forces et de vitesse) par le manteau de fullérènes qui, lui aussi, explose en échardes.

-  une couche ou « manteau » (coat) de 2,5 mm d’épaisseur, constituée de fullerènes.

Cette couche enveloppant la coque métallique est destinée à renforcer sa dureté lorsqu’elle pénètre dans la cible après dislocation de l’enveloppe extérieure, et surtout à protéger l’UA d’un frottement prématuré ou excessif lors de la pénétration dans la cible, en particulier lorsqu’il s’agit de bétons ultra durs (enforced ultra strong concrete) dans lesquels on a mélangé de la fibre de carbone ou carbure de tungstène (carbon tungsten fibers).

Les fullerènes sont un nouveau « type de carbone » à structures moléculaires renforcées, issu directement des laboratoires militaires de Los Alamos en liaison avec la recherche en nanomatériaux et structures de métaux, tant universitaire que privée. Aussi résistants que le diamant, les fullerènes se présentent extérieurement sous forme de suie noire.

Comme pour les autres armes expérimentées à Gaza, les matériaux et les autres caractéristiques des GBU assurent, avec l’ensemble du dispositif de leur mise en œuvre, un « service multiple » de destruction et de morbidité :
-  pénétration en profondeur des cibles enfouies sous terre, même les mieux protégées (bétons à hautes, très hautes ou ultra hautes performances ; blindages épais en acier, ou en acier renforcé à l’UA) ;
-  explosion différée jusqu’à la profondeur voulue et programmée ;
- explosion ultérieure et autodestruction de l’engin, dans le cas où le dispositif primaire de mise à feu aurait échoué ;
-  destruction « classique », par effet de souffle, de la cible, depuis l’intérieur même ;
-  projection d’échardes métalliques dans les corps inertes ou vivants situés à l’intérieur ou à la périphérie de la cible, avec effet de « décapitation » ou d’ « amputation » sur les corps humains ;
-  crémation externe et interne des corps, les échardes métalliques devenant elles-mêmes des brandons ;
- chez les blessés survivants, impossibilité de distinguer les éclats métalliques et de les extraire par une opération chirurgicale ;
- réduction de la durée de survie des blessés et des brûlés, par empoisonnement interne, radiotoxique et chimique, dû à l’uranium appauvri ou à ses descendants ;
-  contamination radioactive de l’environnement naturel par dispersion, sur les lieux mêmes des explosions et au-delà, de nanoparticules d’uranium appauvri et d’autres radionucléides issus de l’uranium ;
-  atteintes au génome de la population.

En un mot : des armes génocidaires.

17. Combien d’uranium, et où ?

Boeing annonçait un corps de bombe (Warhead) de 206 livres ou 93 kg. (en fait 93,44 kg). Ce chiffre n’inclut pas le poids d’explosif. Mais il contredit d’autres données déjà citées, d’après lesquelles « la GBU-39B est équipée d’une tête ou corps de bombe (warhead) de 250 livres… contenant 50 livres d’explosif », ce qui implique logiquement que le corps de bombe pèse seulement 200 lb, soit 90,718 kg. Il faut donc supposer que Boeing y ajoute les poids, relativement minimes, du « manteau » de fullerènes et du détonateur – poids qu’il convient alors de déduire des 35 livres ajoutées à la « bombe nue » par le kit de navigation, pour conserver 50 livres d’explosif.

Quoi qu’il en soit, la coque métallique de la GBU-39 dépasse les 90 kg : elle pèse au maximum 93 kg, au minimum 90,718 kg. Admettons ce dernier chiffre. 80% d’Uranium Appauvri sur 90,718 kg d’alliage métallique font 72,57 kg. Si l’on y ajoute les 2,26 kg d’UA mélangé à l’explosif, lorsque la bombe atteint sa cible (une fois débarrassée de sa gangue de carbone, ses ailes, sa queue, etc.) le poids total d’Uranium Appauvri dans une GBU-39B doit être, approximativement, de 75 kg (74,83 kg). (Si les 206 livres dont parle Boeing se rapportaient seulement à la coque métallique, le poids d’UA atteindrait 77 kg.)

C’est cette masse extrêmement compacte, ce « lest » (« ballast »), arrivant en piqué, donc à grande vitesse (en effet, dans la dernière partie de sa trajectoire, la bombe est orientée de façon à chuter aussi verticalement que possible) qui permet à la GBU-39 de percer, avant d’exploser, au moins 90 cm de béton armé de haute résistance (le double selon plusieurs sources dont GlobalSecurity, qui rapporte que dès les premiers essais, elle a été capable de percer 6 pieds de « béton renforcé ») ou plusieurs dizaines de mètres de terre – jusqu’à 60 mètres… voire 100 mètres de profondeur dans un sol meuble. Et d’exploser à la profondeur programmée.

En fonction des informations parfois contradictoires dont nous disposions précédemment, nous avions largement sous-estimé le poids minimal d’uranium appauvri compris dans une GBU-39 et dispersé par son explosion. Aujourd’hui, nous pensons pouvoir dire que son poids réel doit tourner autour de 75 kg et rejoint l’hypothèse tirée de l’analyse du brevet déposé.

Si l’on suppose qu’Israël a « consommé » dans l’opération « Plomb durci » la totalité des 1000 GBU-39B (mais il peut en avoir gardé en réserve, par ex. pour l’Iran), ce seraient donc quelque 75 tonnes d’UA qui auraient été dispersées dans le sol et le sous-sol de la bande de Gaza, en partie dans les sites suspectés d’héberger des lance-roquettes, en partie et surtout dans les tunnels du « couloir Philadelphie » courant près de Rafah le long de la frontière égyptienne. Soit, sur une surface très restreinte et en plein cœur de zones peuplées, le cinquième du tonnage d’UA qui, selon des estimations généralement admises, aurait été dispersé sur l’ensemble du territoire irakien pendant toute la « guerre du Golfe » de 1991.

Il est pour le moins hautement probable que plusieurs centaines de GBU-39 ont été utilisées pendant l’opération « Plomb durci », injectant plusieurs dizaines de tonnes d’Uranium Appauvri dans le sol de Gaza. Mais qu’en reste-t-il sur le terrain, en surface ? Rien à première vue. Pourquoi ?

-  Parce que la radioactivité, invisible, inodore et sans saveur, peut être présente sans que personne ne s’en aperçoive ; parce qu’il faut, pour s’en apercevoir, disposer de récepteurs spéciaux (compteurs Geiger, « Quartex »…), les placer très près de la source d’émission et être capable de les interpréter ; parce que le temps qui passe et les travaux de remblaiement rendent chaque jour plus difficile la collecte des indices à Gaza.

-  Parce que, contrairement à bien d’autres armements retrouvés sur place, y compris un corps entier, non radioactif, de GBU-10, semble-t-il, ayant fait long feu (voir les photos dans le « rapport préliminaire » de J-F Fechino), on ne retrouvera probablement aucun élément des corps de bombe de GBU-39 : pour le cas justement où elles feraient long feu, ces bombes ont été dotées d’un dispositif d’autodestruction à retardement.

-  Parce que l’Uranium Appauvri est constitué à 99,8 % d’Uranium 238 et qu’aucune des ondes émises par l’U238 -toutes dangereuses pour la santé- ne peut traverser plusieurs mètres de terre : ni les ondes alpha (qui sont arrêtées par la peau, mais sont aussi les plus nocives pour l’ADN lorsqu’elles franchissent cette barrière par inhalation ou par ingestion), ni les ondes bêta, ni même les ondes gamma (les plus puissantes).

-  Parce que les micro ou nanoparticules d’UA qui ont pu remonter par l’évent de pénétration de la bombe au moment de son explosion ont été aussitôt dispersées dans l’atmosphère, où elles se sont confondues avec le « bruit de fond » de la radioactivité naturelle ou artificielle préexistante, qu’elles ont augmentée sans qu’on puisse leur en attribuer la responsabilité.

-  Parce que la plus grande masse des particules d’UA se trouve emprisonnée sous terre, là où les bombes ont explosé… sans pour autant faire de cratère. En effet, la puissance de l’explosion est délibérément limitée. Son aire de souffle n’excède pas un diamètre de 26 pieds (moins de 8 mètres). Sous terre, elle crée seulement une sorte de cavité temporaire qui peut s’effondrer ensuite sur elle-même.

Elles ne vont pas cesser pour autant de faire des dégâts.

D’abord, dans son « rapport préliminaire » sur Gaza, J-F Fechino signale avoir relevé en plusieurs endroits des taux de radioactivité double des valeurs moyennes données par l’AIEA pour les mêmes lieux. Cette augmentation de la radioactivité ambiante n’a rien d’anodin, puisque on sait qu’il n’existe pas de dose minimale inoffensive pour l’être humain.

Ensuite, les Gazaouis qui ont reconstitué depuis janvier 2009 des tunnels dans la zone bombardée risquent de traverser des zones contaminées, d’inhaler des particules radioactives, et de développer à plus ou moins brève échéance des cancers et des symptômes comparables à ceux décrits dans le « syndrome du Golfe ».

Enfin, les radioéléments restés sous terre finiront par se retrouver dans les nappes phréatiques et par suite, dans la chaîne alimentaire.

Seule l’analyse d’échantillons prélevés à la bonne profondeur sur les lieux où l’on sait que des bombes ont explosé permettra de constater la contamination et la réalité du risque radioactif.

Ensuite, pour isoler et interdire d’accès les zones concernées en attendant (ou à défaut) de les décontaminer au moyen de gigantesques travaux de terrassement, les indications de l’Armée de l’Air Israélienne se révéleront indispensables. Elle seule peut dire avec précision quel type de bombe a été utilisé en tel et tel endroit, et à quelle profondeur les bombes étaient censées exploser.

Paradoxalement, et non sans un certain cynisme, Israël pourrait trouver intérêt à reconnaître l’usage de bombes radioactives : si nos assertions sont exactes, c’est quasiment tout le « corridor de Philadelphie » qui est, en profondeur, devenu radioactif – ce qui condamne le percement et l’usage de tunnels… Il va sans dire que le meilleur moyen d’éliminer ce risque, sinon le seul, serait de rendre les tunnels inutiles, c’est-à-dire de lever enfin le blocus inhumain et illégal de Gaza.

18. Autres armes mises en œuvre à Gaza

Les GBU-39 ne sont pas les seules bombes à avoir été utilisées contre les tunnels du couloir Philadelphie, loin s’en faut. Dès le 1er janvier, un journaliste italien (Pietro Battachi, dans “l’Occidentale”) signale que « ses sources » (militaires ou gouvernementales, manifestement) « parlent de dizaines de couloirs souterrains détruits par les GBU-28 de 5000 livres » (Le fonti parlano decine di corridoi sotterranei centrati dalle GBU-28 da 5000 libbre). Il n’est pas exclu, bien sûr, que les GBU-28 (des « bunker busters » conventionnels) soient citées à la place des GBU-39, qui peuvent faire le même travail en profondeur que les GBU-28, en pesant 16 à 20 fois moins. Des « bunker busters” de fabrication israélienne comme la bombe PB500A1 de 1000 livres (425 kg) ou la Mk82 de 500 livres (227 kg) ont été aussi utilisées.

Les GBU-39 font partie, avec les munitions à fléchettes, les munitions au phosphore blanc, les munitions au DIME, de ces armes meurtrières que les dirigeants politiques et les chefs militaires israéliens n’ont pas hésité à mettre en œuvre au beau milieu de la population de Gaza et souvent directement contre elle.

Les dirigeants israéliens ne reculent pas devant l’emploi d’armes radioactives. La preuve : sur la photographie ci-dessous, on voit le soldat Idan Cohen, camarade du soldat Gilad Shalit, employé dans la même brigade de tank, le long de la frontière de la bande de Gaza. Elle est parue le 25 juin 2007 sur le site internet Ynet, du quotidien israélien à grande diffusion Yedihot Aharonot. Il porte sur l’épaule un obus-flèche dont la flèche est en uranium appauvri.

Pour mesurer ce que toutes ces armes signifient concrètement, il faut se reporter aux descriptions faites, par les chirurgiens présents à Gaza, des effets sur les victimes des « nouveaux types d’armes » ou des matériaux (phosphore blanc, DIME, tungstène, Uranium appauvri…) employés pendant l’opération « Plomb durci » : « A 2 mètres, le corps est coupé en deux ; à 8 mètres, les jambes sont coupées, brûlées comme par des milliers de piqûres d’aiguilles. » Les blessés survivants « n’ont aucune trace de métal dans le corps, mais des hémorragies internes étranges. Une matière brûle leurs vaisseaux et provoque la mort, nous ne pouvons rien faire. » (Dr Mads Gilbert,Le Monde, 12 janvier) « Quand on commence à opérer, tout semble en ordre… Mais ensuite on découvre des dizaines de minuscules particules dans tous leurs organes. On dirait qu’un certain type d’explosif ou d’obus les a dispersées partout, et ces blessures miniatures, impossible de les opérer. » (Dr. Jam Brommundt, médecin allemand travaillant à Kham Younis, au sud de la bande de Gaza)

Comment ne pas se demander avec le Dr Gilbert : « Se peut-il que cette guerre soit le laboratoire des fabricants de mort ? Se peut-il qu’au XXIe siècle on puisse enfermer un million et demi de personnes et en faire tout ce qu’on veut en les appelant terroristes ? » Et comment qualifier cette « guerre » qui fait d’un côté 14 tués (11 soldats israéliens, dont 4 victimes d’un « tir ami », et 3 civils, victimes d’un tir de roquette) et 50 blessés, et de l’autre côté, au moins 1330 tués et 5450 blessés, pour la plupart des civils, dont une moitié d’enfants ? (Source : Foreign Policy In Focus, Conn Hallinan, 11 février 2009)

A un contre cent, est-ce encore un combat, ou est-ce un jeu de massacre ? Une collection de crimes de guerre ? Le début d’un génocide qui n’ose pas dire son nom et qui se cache derrière la mémoire d’un autre génocide ?

Toutes les armes de guerre sont, par nature, « létales ». Mais celles qui utilisent des matériaux radioactifs, sous forme d’explosif comme dans les armes atomiques ou thermonucléaires, sous forme d’enveloppe métallique ou de pénétrateur pyrophorique comme dans les munitions à Uranium appauvri, ont une particularité qui devrait les prohiber dans tous les cas de figure : outre leurs effets directs plus ou moins « limités » selon la puissance de l’explosion, elles ont aussi et toujours des effets collatéraux « contaminants » pratiquement illimités dans le temps et l’espace.

Ce sont donc des armes triplement criminelles : en tant qu’armes de guerre (puisque la charte de l’ONU, on l’oublie trop souvent, prohibe la guerre comme moyen de régler les conflits) ; en tant qu’armes génocidaires ; en tant qu’armes écocidaires.

19. Les enjeux

Reconnaître l’extraordinaire nocivité des armes radioactives, en particulier des armes à « Uranium appauvri » aurait d’immenses conséquences – avant tout économiques et financières.

Cette reconnaissance impliquerait que les États responsables de leur emploi versent des indemnités compensatoires aux victimes de ces armes – si tant est que leurs effets puissent jamais être compensés- ou aux familles des victimes décédées.

Elle impliquerait de soigner les victimes encore en vie, tant civiles que militaires, ce qui coûterait fort cher ; il est donc préférable qu’elles meurent à petit feu, dans le déni des causes de leur sort. Car comment prouver aux commissions de pension militaire, des mois ou des années après avoir été exposé à de l’uranium appauvri -ou aux retombées d’une explosion nucléaire-, que le cancer des reins ou des poumons qu’on développe, ou la malformation congénitale de son enfant, sont dus à cette exposition ? De nombreux phénomènes peuvent les expliquer… Seuls les militaires blessés (en général par un « tir ami »…) et ayant conservé dans leur corps des particules décelables d’Uranium appauvri ont quelque chance d’en être reconnus victimes.

Cette reconnaissance impliquerait :

-  que toutes les armes comportant de l’uranium appauvri -munitions de toutes sortes : balles, obus, bombes, missiles, mines, mais aussi chars blindés à l’UA, comme le char Leclerc des Français ou ses homologues étrangers- soient retirées du service, donc remplacées (les armées ont horreur du vide), ce qui coûterait une fortune. De plus, l’uranium « réformé » devrait être rendu inoffensif, ce qui est impossible, ou stocké en lieu sûr et surveillé, ce qui coûterait encore plus cher.

-  qu’on cesse de les produire, ce qui mettrait au chômage nombre de « travailleurs de l’armement », donc accroîtrait la crise économique. Et surtout, ce qui réduirait les profits des actionnaires de Boeing, Lockheed, Raytheon et Cie. On sait que Boeing est déjà engagé pour plus de 24 000 GBU-39. Mais certains ont avancé pour les décennies à venir le chiffre de 150 000 unités. Sans parler de la GBU-40 (SDB2). Un programme de plus de 4 milliards de dollars à annuler, et le fleuron de l’USAF réduit à néant.

-  qu’on réhabilite les sites contaminés, ce qui coûterait encore une fortune. Ainsi, selon Jean-François Fechino, les 88 bombes à sous munitions CBU-105 WCMD-SWF, pesant chacune 417 kg, qui ont été larguées par les bombardiers B-1B pendant la guerre d’Irak de 2003 ont dispersé leur uranium sur une surface cumulée de 44 km2. Les 818 CBU-103 WCMD (autres bombes à sous munitions, de 429 kg), l’ont dispersé sur une surface cumulée de 218 km2. Et ce n’est là qu’une toute petite partie de l’uranium appauvri déversé au total en Irak : au moins 350 tonnes en 1991, et certainement plus de 1200 tonnes depuis 2003.

-  que les responsables de ces crimes à l’Uranium appauvri soient traduits en justice.

-  et enfin, que soit remis en cause l’ensemble de l’industrie nucléaire civile et militaire, grande pourvoyeuse d’uranium appauvri dont on ne sait que faire et que l’on « recycle » dans le secteur militaire.

Dans ces conditions, on comprend que certains dirigeants préfèrent conduire insidieusement la population du globe à sa perte.

20. La charge de la preuve

Nous avons, dans ce qui précède, décrit de manière précise les GBU-39. Cette description n’est pas exhaustive ; il se peut qu’elle soit inexacte sur certains points de détail. Mais nous avons aussi et surtout affirmé que les GBU-39 contiennent chacune une masse très importante, égale ou supérieure à 75 kg d’uranium appauvri. Si nous sommes dans l’erreur sur ce point essentiel, c’est à l’armée israélienne et à l’USAF, désormais, d’en apporter la preuve.

Comme utilisatrice et comme pourvoyeuse, elles doivent nous dire de quel alliage métallique est constitué le corps de bombe. Nous expliquer pourquoi les personnels bien informés (ils ne le sont pas tous, loin s’en faut) le considèrent comme « du métal chaud, très chaud » (« hot, very hot metal ») -en clair : radioactif- et pourquoi ceux qui le manipulent portent une combinaison spéciale. L’USAF doit nous expliquer pourquoi, en Afghanistan où elle utilise également des GBU-39, elle oblige les militaires alliés arrivant sur les lieux d’un bombardement à porter des combinaisons NBC. Les prétextes avancés sont spécieux.

L’Armée de l’Air Israélienne (Israeli Air Force) et l’US Air Force doivent laisser des experts indépendants équipés de compteurs Geiger accéder aux armes elles-mêmes, de préférence sans préavis et dans n’importe quel arsenal pour ne pas avoir le temps de les leurrer, comme les Israéliens surent si bien le faire lorsque le « centre de recherches nucléaires » de Dimona fit, dans les années 60, l’objet d’une unique visite d’inspection américaine : les étages souterrains voués à la production de plutonium militaire furent si bien masqués que les inspecteurs en ignorèrent l’existence.

Israël doit indiquer précisément les lieux où les GBU-39 ont été employées, en faciliter l’accès aux experts et autoriser le prélèvement d’échantillons pour analyse approfondie par des laboratoires indépendants. Aucun « secret industriel », aucun « secret défense » ne saurait être invoqué contre une telle enquête. Tout refus, au contraire, devrait être interprété comme un aveu du crime.

21. Dernière minute, 20 mai 2009 : la preuve est là

En avril 2009, une mission de 4 personnes dont Jean-François Fechino s’est rendue à Gaza sous l’égide de la Commission Arabe des Droits Humains. Les échantillons de terre et de poussières rapportés de Gaza ont ensuite été soumis à l’analyse d’un laboratoire spécialisé. Celui-ci y a trouvé de l’Uranium Appauvri (radioactif, cancérigène, tératogène), du Césium (radioactif, cancérigène) peut-être originaire de Tchernobyl, de la poussière d’amiante (cancérigène), des Composés Organiques Volatils (fines particules dangereuses pour la santé, surtout celle des enfants, des asthmatiques et des vieillards), des phosphates (oxydation du phosphore blanc), du tungstène (cancérigène), du cuivre, de l’alumine (cancérigène), de l’Oxyde de Thorium (ThO2) (radioactif, cancérigène)…

Des résultats détaillés seront transmis aux autorités compétentes et rendus publics dès que possible.

Conclusion : un seul camp, celui de l’humanité

Un génocide est l’extermination d’un groupe humain. Les armes à Uranium Appauvri sont des armes d’extermination. Elles frappent de façon indiscriminée une population entière, jusque dans son patrimoine génétique. Le groupe humain qu’elles frappent est la population qui en respire ou en ingère les retombées. Ce groupe ne se définit pas par ses appartenances politiques, nationales, religieuses ou ethniques, mais par sa situation géographique. Par cette localisation, il devient, pour des raisons physiques et météorologiques, la victime « privilégiée » de l’extermination, bien qu’aucune frontière n’assure à ses voisins qu’ils ne partageront pas son sort tragique à un degré quelconque.

La même remarque vaut pour les victimes des retombées radioactives d’essais ou de catastrophes nucléaires. Tchernobyl est en Ukraine, mais ses victimes sont aussi bien en Russie, au Belarus ou en France.

En ce sens, l’utilisation dans la bande de Gaza d’armes à Uranium appauvri, en particulier des bombes GBU-39, constitue bien, à double titre, un crime contre l’humanité : l’humanité des Gazaouis, l’humanité en général.

Le génocide est assez établi si les responsables civils ou militaires de l’emploi d’armes radioactives connaissaient, avant de les employer, leur caractère attentatoire à la vie, à l’environnement, à la survie et à la dignité des victimes de ces armes – en un mot leur caractère génocidaire. Cette condition suffit à démontrer le mépris dans lequel ils tenaient leurs futures victimes. Employer des armes radioactives, c’est donc bien commettre un génocide.

Mais c’est aussi un anthropocide : ce néologisme s’impose pour désigner un nouveau type de crime contre l’humanité, qui détruit les individus en s’attaquant à leur ADN, les familles en s’attaquant à leur descendance, les groupes en s’attaquant à leur génome, et l’espèce, en contaminant sans remède sa niche biologique.

C’est pourquoi l’humanité tout entière, à commencer par le peuple palestinien et le peuple israélien, doit se mobiliser pour dénoncer ce crime, exiger la sanction des coupables et la réparation pour les victimes, et pour prendre toutes les mesures propres à l’empêcher de se reproduire, où que ce soit, en Palestine, au Moyen-Orient ou ailleurs dans le monde.

Toutes les armes radioactives, atomiques, thermonucléaires, à l’uranium, quelle que soit leur formule, doivent être interdites et démantelées.

ACDN, le 20 mai 2009

Actualisé le 4 juin 2009


RAPPORT Sur l’utilisation d’armes radioactives dans la Bande de Gaza pendant l’opération « Plomb durci » (27 décembre 2008 – 18 janvier 2009) © Jean-Marie MATAGNE / ACDN
-  Mai 2009
-  Tous droits réservés – All rights reserved
-  Sauf indication contraire, toutes les traductions de l’anglais en français sont dues à l’auteur du rapport.

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 14 mars, 2013 |Pas de commentaires »

LA POLITIQUE IMPERIALE D’AGRESSION PERMANENTE ET L’IRRESISTIBLE RETOUR DU REFOULE (Mohamed BOUHAMIDI / http://www.reporters.dz/index.php?option=com_content&vie)

La politique impériale d’agression permanente

et l’irrésistible retour du refoulé

LA POLITIQUE IMPERIALE D'AGRESSION PERMANENTE ET L'IRRESISTIBLE RETOUR DU REFOULE (Mohamed BOUHAMIDI / http://www.reporters.dz/index.php?option=com_content&vie) dans REFLEXIONS PERSONNELLES noirs

arton19589-425d7 ARMES CHIMIQUES dans REFLEXIONS PERSONNELLES
Mohamed BOUHAMIDI

En principe, l’ordre capitaliste, plus que tous les autres qui l’ont précédé ou qui le côtoient depuis le XVIe siècle, révèle les liens étroits entre la politique et les intérêts économiques et sociaux de groupes et de forces représentés par les Etats et les partis.

A première vue, selon ce que nous avons de la bouche même des acteurs et de l’examen de l’histoire la plus récente, celle du siècle passé, la grande masse des citoyens du monde devrait être blindée et imperméable à la propagande impérialiste qui a fait passer cinq siècles d’esclavage colonial, de pillage et d’extermination pour une mission civilisatrice. Sur chaque piste d’une matière première – bois, cacao, caoutchouc, or, diamants, charbon, phosphate, fer, cuivre, pétrole, coton – nous retrouvons les lieux des guerres de conquête et de spoliation, les lieux des chantiers exténuants, les routes des migrations forcées vers les guerres des pays colonialistes ou vers leurs plantations et grands travaux, etc.

Pourtant cette géographie des guerres et des conquêtes, cette expérience de la domination encore si proche semblent inopérantes sur la conscience des enjeux. Bien sûr, des dizaines d’articles ont prévenu que les guerres d’agression actuelles visent à s’assurer des matières premières –essentiellement gaz et pétrole -, du contrôle de leur transport et de leur restriction pour certains clients, pour ne pas dire d’un seul client : la Chine. Cet oubli des faits historiques, de la réalité vécue la plus proche, permet aux criminels de répéter leurs crimes en se drapant dans les toges de la vertu.

Trois millions de morts au Viêt-Nam, des centaines de milliers en Irak, dont près de 600 000 enfants, l’usage unique et inutile de la bombe atomique sur les villes japonaises, l’usage unique des armes chimiques – l’agent orange – au Viêt-Nam, la préparation de coups d’Etat hautement meurtriers comme en Indonésie et au Chili, sans compter la longue suprématie de l’USAID et de la CIA (et aujourd’hui de la NED) pour le compte d’United-Fruits, I.T.T., et autres multinationales accompagnées de massacres de syndicalistes, de nonnes, de prêtres ne suffisent pas à ancrer le doute sur les intentions réelles des interventions états-uniennes. Pire, quand des articles et des militants attirent l’attention sur les vrais buts des guerres d’agression sur la Libye, la Syrie, la Serbie, etc., on sort l’arme imparable de l’accusation de « complotistes », en dépit de la liste interminable des provocations de l’incendie du Reichstag à l’incident du Golfe du Tonkin, sans oublier le capitaine Boutin qui a longuement préparé le débarquement de 1830 avant que le coup d’éventail lui serve de prétexte.

Bref, l’expérience historique et ses effets sur la conscience semblent s’évanouir avec la fin du vécu politique. Il nous est alors extrêmement difficile d’extraire le sens des événements pour la grande masse des citoyens. L’une des raisons est tout de même toute simple : «  Les idées dominantes d’une époque sont les idées de la classe dominante » (Marx) et l’Empire, comme le nomme Chavez, domine sans partage depuis 1988. Pourquoi sont-elles dominantes ? La classe dominante – l’Empire dans notre cas – concentre, voire monopolise les moyens de production, de diffusion, d’« authentification » des idées et possède la maîtrise des cercles, organisations et réseaux capables de bien les fabriquer et les rendre plus qu’attrayantes.

Il a réussi, en outre, à briser toutes les structures de la mémoire populaire : partis, syndicats, clubs et associations, soit en les vidant de leurs attaches avec le passé, soit en leur substituant des ONG chargées de casser la représentation sociale en usurpant « une représentation morale » validée non par les différentes catégories sociales, mais par les médias qui appartiennent à qui vous savez. Derrière cette notion de « société civile » qui n’a rien à voir avec le concept en travail chez Hegel et Marx, c’est la mort de la société tout court par la main de ces imposteurs habiles dans le captage des subventions impérialistes. La position dominante de l’impérialisme, les moyens considérables qu’il emploie à désamorcer la mémoire historique, ses capacités à imposer les mots pour distordre les choses n’arrivent pas pourtant à refouler la crise du capitalisme qui remonte partout en termes de chômage, de désindustrialisation, de recul social, d’endettement suicidaire des Etats. La propagande réussira-t-elle à leurrer les peuples des pays impérialistes sur la réalité de la crise énorme qui les frappe comme elle a réussi à les leurrer sur les ingérences – guerrières ou pas – dans notre Tiers-Monde ?

Mohamed BOUHAMIDI

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Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 9 mars, 2013 |Pas de commentaires »

NUCLEAIRE: POURQUOI LA FRANCE N’IRA PAS A OSLO (scoop.it)

Nucléaire:

NUCLEAIRE: POURQUOI LA FRANCE N'IRA PAS A OSLO (scoop.it) dans REFLEXIONS PERSONNELLES logo-ans-web1

Pourquoi la France n’ira pas à Oslo ?


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La conférence proposée par la Norvège sur le « désarmement nucléaire humanitaire » est jugée par la France comme une « erreur ». Le seul problème pour la France est celui de la prolifération nucléaire, le désarmement n’est pas à l’ordre du jour. Explications.

Ce jugement catégorique de la France a été exprimé par le représentant du Ministère des Affaires Etrangères à Paris en janvier 2013 lors de la Conférence célébrant les 20 ans de la campagne ICBL contre les mines antipersonnel.

Monsieur Frédéric Journès a dit : « La France n’ira pas à Oslo car le problème actuel est celui de la prolifération. Une conférence sur le désarmement humanitaire est suicidaire pour le désarmement nucléaire, c’est une erreur mentale car elle va faire plaisir aux bonnes âmes et seulement embêter les diplomates français et britanniques car de toute façon les autorités de l’État ne bougeront pas. Ceux qui s’amuseront bien sont les Pakistanais, les Iraniens, les Chinois… Le risque aujourd’hui, c’est une bombe tactique pakistanaise. Sortir la prolifération du débat est une erreur de raisonnement. »

L’incohérence de la diplomatie française laisse perplexe. Alors que la doctrine affirme que l’arme nucléaire française est nécessaire pour assurer la « sécurité » de la France, la seule obsession des politiciens français est de lutter contre la prolifération. Ce qui implique que les autres pays n’auraient pas le droit d’assurer leur propre « sécurité » ! La doctrine française, comme celle des autres pays nucléaires, est une véritable incitation à la prolifération. La France, qui exprime ce point de vue avec force, est jugée très sévèrement par quasiment toute la communauté internationale. Monsieur Journès, cité précédemment, n’a pas compris que le « désarmement humanitaire » s’attaque à la cause de la prolifération, c’est-à-dire aux armes nucléaires des pays qui en possèdent. C’est lui qui fait une « erreur de raisonnement » !

Plus grave encore est l’attitude de la France à l’ONU. Quatre États nucléaires, membres du TNP, s’expriment contre le projet de Convention d’Elimination des Armes Nucléaires, les États-Unis, la Russie, le Royaume-Uni et la France. Mais la Chine, l’Iran et le Pakistan, précédemment cités sont en faveur de cette Convention ! La diplomatie française veut donc exprimer clairement son refus d’envisager un processus d’élimination.

La France a signé récemment un traité avec le Royaume-Uni pour financer une recherche britannique en France, au Centre de Valduc, pour des études de nouvelles têtes nucléaires. Par ailleurs, la France souhaite que les armes nucléaires américaines des bases européennes de l’OTAN restent en Europe, pour continuer d’affirmer le principe de « nuclear sharing ». Ainsi la France s’isole de tous les autres pays européens qui remettent en cause les armes nucléaires sur leur continent.

La campagne ICAN (International Campaign to Abolish Nuclear Weapons) en France a beaucoup de travail pour que l’opinion publique arrive à persuader les élus de l’erreur du gouvernement français. Pourtant un sondage officiel, demandé par la Mouvement de la Paix en 2012, montre que 80 % des Français souhaitent que la France s’engage pour le désarmement nucléaire et élimine ses armes nucléaires. En contradiction avec la politique officielle.

À Oslo, saluons l’initiative du gouvernement norvégien et souhaitons que la communauté internationale, les ONG et aussi les États, puissent arriver à faire pression sur les États nucléaires, en particulier sur la France, pour que l’idée du désarmement nucléaire soit adoptée. Et mise en œuvre.

Dominique LALANNE

Télécharger AN STOP 225-Oslo, le bulletin en anglais distribué à Oslo

Source: scoop.it

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 9 mars, 2013 |Pas de commentaires »

L’URANIUM « APPAUVRI », LE DIABETE, LE CANCER ET VOUS…(Docteur Alan CANTWELL)

L’uranium appauvri, le diabète, le cancer et vous

L'URANIUM

(Docteur Alan CANTWELL)

-samedi 24 février 2007- 

2026 AIEA dans REFLEXIONS PERSONNELLES

Global Research, le 18 janvier 2007

Récemment, j’ai reçu un étrange courriel affirmant que l’uranium appauvri (UA) était la cause de la fulgurante intensification des diabètes dans le monde. En tant que médecin, je n’avais jamais entendu parler d’une telle hypothèse. Tout médecin sait qu’une irradiation peut causer un cancer, mais la relation entre l’UA et le diabète me semblait saugrenue. Néanmoins, j’ai pensé qu’il serait intéressant de jeter un oeil sur Internet.

Le site américain PubMed, financé par la Bibliothèque Nationale de Médecine, est le meilleur outil de recherche pour des informations médicales sur le Net. J’ai tapé les mots clés « uranium appauvri » et « diabètes », mais aucun article scientifique extrait de quelque revue médicale n’est apparu sur l’écran de mon ordinateur, ce qui m’a confirmé l’absence de toute connexion scientifique.

Même avec les mots « uranium appauvri » et « maladie humaine », juste 16 articles seulement étaient mentionnés sur le sujet, datés entre 1994 et 2005; et seulement la moitié de ces articles abordaient les problèmes de santé des soldats exposés à l’UA lors de la Guerre du Golfe.

Il y était rapporté que l’UA s’accumule dans les ganglions lymphatiques, le cerveau, les testicules et les autres organes, et que ses effets à court et à long terme étaient inconnus. Les malformations des nouveaux-nés étaient en nette expansion dans la progéniture des personnes exposées à l’UA, et les vétérans de la Guerre du Golfe qui en avaient inhalé excrétaient toujours, 10 ans plus tard, des quantités anormales d’uranium dans leurs urines.

Pourquoi y avait-il si peu d’articles sur l’UA et ses effets sur le corps humain ? Ayant abondamment écrit, depuis 20 ans, sur le SIDA et la désinformation entretenue sur cette épidémie fabriquée de toutes pièces par l’homme, cela ne me surprenait pas. Je suspectais fortement que la recherche des effets de l’UA sur la santé des vétérans de la Guerre du Golfe était « politiquement incorrecte ». Par ailleurs, une rapide recherche sur le Web avec Google – « effets secondaires » + « uranium appauvri » ["side effects" + "depleted uranium"] – me retournait 71 000 pages en anglais. En ajoutant « diabètes » ["diabetes"], j’obtenais 22 000 pages.

Je découvrais aussi que dans la presse, les articles évoquant les dangers de l’UA sur la santé étaient rares, voire inexistants. Dans un communiqué de janvier 2001, FAIR (1) accusait les médias de « couverture médiatique pauvre sur les armes à uranium appauvri ». Néanmoins, on peut trouver sur Internet beaucoup d’informations sur l’UA.

L’UA a d’abord été utilisé par les USA dans la première Guerre du Golfe en 1991, puis dans les Balkans, au Kosovo, à la fin des années 90, en 2000 dans la guerre contre l’Afghanistan, et en 2003 en Irak; les Israéliens l’ont utilisé aussi en 2006 dans leur guerre avec le Liban. Inutile de le dire, l’Administration et l’Armée américaines nient officiellement tout danger de l’UA pour la santé. Dans un article rassurant du New York Times du 9 janvier 2001, intitulé « Un document de 1999 met en garde contre l’uranium appauvri », Marlise Simons note que « tout en reconnaissant certains risques, le Pentagone comme l’OTAN, se référant à l’avis des experts, réfutent l’existence d’un quelconque lien entre la mort de vétérans malades et leur exposition à l’uranium appauvri. »

Les armes à l’uranium appauvri ont été développées par la Marine Américaine en 1968, et les États Unis les ont d’abord données à Israël lors de la guerre israélo-arabe de 1973. Depuis lors, les USA ont testé et fabriqué des armes à l’UA et en ont vendu à 29 pays. L’UA a été testé en 1999 en bombardant à plusieurs reprises un site expérimental de Porto Rico, sur l’île de Vieques, avant d’être utilisé au Kosovo.

L’UA est un sous-produit de l’enrichissement de l’uranium naturel utilisé dans les réacteurs nucléaires. En tant que déchet nucléaire, le conserver est coûteux, mais il est relativement bon marché de s’en procurer. En raison de leur capacité à percer le blindage des tanks, les armes à l’UA sont extrêmement performantes, et c’est la raison pour laquelle elles séduisent tant les militaires.

Ceux qui tirent la sonnette d’alarme

Le Commandant Doug Rokke, un des meilleurs experts de l’UA, a rejoint ceux qui tirent la sonnette d’alarme contre son utilisation. Il explique que la charge d’un tank se compose de 4,5 kg d’uranium-238 solide, contaminé par du plutonium, du neptunium et de l’américium. Cette charge étant pyrophorique, ce qui signifie qu’elle génère une intense chaleur à l’impact, elle transperce aisément un tank à cause de la forte compacité du métal. Quand ces munitions à l’UA touchent au but, elles produisent un torrent de feu à l’intérieur de tout véhicule ou structure, ce qui se traduit par des brûlures et des blessures épouvantables chez ceux qui échappent à la mort instantanée par carbonisation.

A l’impact, l’UA produit de l’oxyde d’uranium, et des éclats d’uranium explosent dans tout l’environnement. Les minuscules nanoparticules, en pénétrant dans les poumons et le courant sanguin, se dispersent dans tout le corps. Quand Rokke et son équipe eurent pour tâche de « nettoyer » l’UA après la première Guerre du Golf, tous ses hommes tombèrent malades au bout de trois jours, avec des problèmes respiratoires, des éruptions cutanées, des saignements et des lésions purulentes. Dans une interview de 2003 en Australie avec Gay Alcorn, Rokke confessait : « Après tout ce que j’ai vu et tout ce que j’ai fait, il m’est apparu très clairement que vous ne pouvez pas retirer les déchets radioactifs d’une nation juste pour les balancer dans une autre. C’est inacceptable. C’est tout simplement inacceptable. »

Selon Asaf Durakovic, médecin au Centre de Recherche Médicale sur l’Uranium de Washington DC, le terme « uranium appauvri » est impropre. L’uranium « naturel » et l’uranium « appauvri » sont l’un comme l’autre composés à plus de 99% d’uranium 238. L’UA est presque aussi hautement concentré que l’uranium pur et peut contenir des traces de plutonium (un élément mortel).

Leuren Moret est une scientifique indépendante américaine qui travaille sur les problèmes de santé posés par les irradiations dans les communautés du monde entier. A 61 ans, elle est toujours la première à s’engager activement contre l’utilisation de l’UA; elle a travaillé dans deux laboratoires d’armements nucléaires, dont le Laboratoire national Lawrence Livermore à Berkeley, qui dépend du Ministère de l’Énergie. Elle tire résolument la sonnette d’alarme contre l’UA en s’opposant fermement au gouvernement avec Rokke et Durakovic, et tous trois ont personnellement subi mille tourments (y compris des menaces de mort) pour leurs positions anti-UA.

Dans son article « L’uranium appauvri: Cheval de Troie de la guerre nucléaire », paru dans le World Affairs Journal de juin 2004, Moret déclare: « L’utilisation d’armes à l’UA par les USA, en violation de tous les traités internationaux, va lentement anéantir toutes les espèces de la Terre, y compris l’espèce humaine, mais ce pays continue pourtant de les utiliser, bien qu’il en connaisse parfaitement le potentiel destructeur. »

L’UA circule. Les particules radioactives s’élèvent dans l’atmosphère et se disséminent par le vent des tempêtes et les courants atmosphériques. Elles contaminent irrémédiablement de vastes régions et détruisent lentement l’avenir génétique des populations qui y vivent. Cheval de Troie de la guerre nucléaire, Moret appelle l’UA « l’arme qui tue sans discontinuer. » Il n’y a aucun moyen de l’arrêter – ni aucun moyen de le neutraliser. Il répond à la propre définition du gouvernement américain sur les « armes de destruction massive (ADM). »

L’uranium appauvri sur le Royaume Uni

L’UA a une très forte affinité pour l’ADN des cellules et l’endommage irrémédiablement. C’est une arme nucléaire de « quatrième génération ». D’abord est apparue la bombe atomique, puis la bombe à hydrogène, ensuite la bombe à neutron, et maintenant l’UA. Moret assure que de la poussière contaminée d’UA du Moyen-Orient s’élève dans l’atmosphère. Via les tempêtes de sable et les courants atmosphériques, elle se retrouve en Europe et en Grande-Bretagne. Finalement, en s’élevant dans l’atmosphère, elle se dissémine dans le monde entier. Aucun endroit n’est épargné, il n’y a aucune possibilité d’y échapper.

Les inquiétudes de Moret sont confirmées dans un rapport de Chris Busby et Saoirse Morgan, publié en 2006 dans la revue European Biology and Bioelectromagnetics sous le titre: « L’utilisation des armes à l’uranium dans la seconde Guerre du Golfe a-t-elle conduit à la contamination de l’Europe ? »

Les données (obtenues avec l’aide de la loi sur la liberté de l’information – Freedom of Information Act) de l’Institut des Armes Atomiques (Atomic Weapons Establishment, Aldermaston, Berkshire, UK) révèlent que neuf jours après le début de la guerre d’Irak (« choc et effroi » – « shock and awe ») le 19 mars 2003, les niveaux d’uranium relevés sur cinq sites du Berkshire s’élevèrent fortement. A deux occasions, ces niveaux dépassèrent le seuil à partir duquel l’Agence de l’Environnement doit être informée, bien qu’ils fussent toutefois en-dessous de la limite de sécurité. Ces niveaux d’uranium appauvri furent les plus élevés qui eussent jamais été mesurés dans l’atmosphère de la Grande-Bretagne. Le rapport confirme aussi les conditions météorologiques de cette période de la guerre, et montre un mouvement ascensionnel constant de l’air depuis le nord de l’Irak.

C’est sans surprise que cette recherche a été officiellement vigoureusement réfutée par divers responsables du gouvernement qui n’y ont vu que de « l’uranium d’origine naturelle ». Toutefois, Busby et Morgan soutiennent que ces résultats prouvent pour la première fois que les particules d’UA sont capables de voyager sur des milliers de kilomètres depuis Bagdad jusqu’en Angleterre. On peut lire ce rapport sur Internet.

Le Syndrome de la Guerre du Golfe

Environ 300 tonnes d’UA ont été répandues sur l’Irak en 1991. Pourtant, le Ministère de la Défense américain a considéré que les risques pour la santé des soldats qui en ont inhalé étaient minimes, et il continue d’affirmer que d’y être exposé ne présente aucun danger. Près de 580 000 soldats ont été déployés dans cette guerre; il y a eu 294 tués et 400 blessés ou malades. En 2000, 325 000 étaient déclarés en invalidité permanente, et plus de 11 000 étaient morts. Manifestement, quelque chose de grave pour leur santé s’est produit chez les hommes et les femmes qui ont servi dans le Golfe.

L’UA est connu comme étant neurotoxique. Les vétérans de la Guerre du Golfe ont deux fois plus de risques d’être victimes de la sclérose en plaque (SEP) que les vétérans n’ayant pas servi en Irak. La SEP, une maladie neuromusculaire mortelle, est désormais considérée comme une maladie « professionnelle » dont les vétérans peuvent se prévaloir pour être déclarés en invalidité. Les vétérans de la Guerre du Golfe présentent une disposition aux « maladies chroniques multiples » presque deux fois supérieure à celle des soldats ayant servi ailleurs à la même période. Mais ce qu’on appelle le « Syndrome de la Guerre du Golfe » (SGG) n’est toujours pas reconnu comme maladie spécifique. L’évaluation du Ministère de la Défense ne lui reconnaît aucune spécificité comme syndrome, maladie ou complexe de symptômes des vétérans de la Guerre du Golfe.

Le diabète, épidémie mondiale

Il y a 50 ans, quand je faisais mes études de médecine lors des premières années de la Guerre Froide, le diabète n’était pas une maladie courante. Désormais, au XXIe siècle, il n’est plus rare d’entendre parler de l’imminence d’une épidémie de diabètes. Il est certain que les statistiques corroborent ce fait.

Aujourd’hui, 7% des Américains (17 millions) ont une forme de diabète. De surcroît, en première page du Los Angeles Times du 16 septembre 2006, un rapport avançait que plus de 41 millions d’Américains présentent des taux de glucose anormaux dans leur sang, « ce qui indique qu’ils pourraient développer bientôt un diabète ». A Porto Rico (où l’UA a été testé), 10% de la population souffrent du diabète.

Le Centre Epidémiologique d’Atlanta (CDC), une agence du gouvernement américain chargée de la prévention, de l’étude et du contrôle des maladies, déclare que « si les Américains ne changent pas leurs habitudes », 33% des enfants nés cette année seront diabétiques en 2050. A cette date, il est prévu que 45 millions d’Américains seront diabétiques. Un groupe de soutien aux vétérans, Veterans with Diabetes International, avance le chiffre de 143 millions de diabétiques dans le monde, et en prévoit 300 millions en 2025.

Le diabète de type 1, le plus souvent décelé chez les enfants et les jeunes adultes, comprend 5% à 10% des cas. Le type 2, un trouble du métabolisme résultant de l’incapacité du corps de produire de l’insuline ou de l’utiliser convenablement, touche fréquemment les adultes, tout particulièrement les obèses. Ce groupe réunit plus de 90% des diabétiques. Le CDC prévoit que d’ici à 2050, le diabète de type 2 va s’accroître de 165%. Les personnes ayant un diabète de type 2 ont aussi deux fois plus de risques de contracter un cancer du pancréas.

Trente-quatre ans après la fin de la guerre du Vietnam, le Ministère de la Défense présentait finalement « la preuve incontournable » que les diabètes de type 2 pouvaient être liés à l’Agent Orange. Plus de 80 000 tonnes de ce défoliant toxique furent pulvérisées sur le Vietnam par l’armée américaine. On sait aujourd’hui qu’il cause des cancers et, chez les nouveau-nés, des malformations. Depuis 2002, le diabète est désormais reconnu comme maladie « connexe au service » pour tous les vétérans du Vietnam. Pour l’heure, ce n’est pas encore le cas pour les vétérans de la Guerre du Golfe.

Neuf pour cent (9%) des vétérans du Vietnam on un diabète de type 2. Il n’y a aucune preuve aujourd’hui d’un accroissement de la fréquence des diabètes chez les vétérans de la Guerre du Golfe, mais je n’ai pu trouver la moindre investigation sérieuse pour confirmer ou infirmer cela. Dans dix ou vingt ans peut-être, la science officielle découvrira leur relation avec l’UA.

On pense communément que le diabète est causé par l’obésité, une mauvaise alimentation et le manque d’exercice. Pour Leuren Moret, la cause de cette nouvelle épidémie est plus sinistre: à savoir le niveau en hausse de l’UA dans l’atmosphère partout dans le monde, conjugué aux émissions issues de la prolifération des centrales nucléaires.

Contrairement aux allégations de la science officielle, Moret affirme que l’UA est une chose extrêmement dangereuse, et que le diabète en est une réponse immédiate, à la différence des décennies que peut mettre l’uranium pour générer un cancer induit par son rayonnement. Bien qu’elle ne puisse le prouver, elle est la première scientifique à fortement suggérer qu’il y a une relation entre la nouvelle épidémie de diabètes et l’UA.

Moret soutient que la profession médicale a collaboré à la dissimulation de l’irradiation à faible dose issue des centrales nucléaires et des essais dans l’atmosphère. Je n’ai pu le vérifier, mais c’est cohérent avec la passivité de la profession médicale lors des expérimentations nucléaires aux USA durant la Guerre froide (voir plus loin). Elle parle également des médecins hospitaliers qui sont menacés par le gouvernement d’une amende de 10 000 $ et de la prison s’ils parlent ouvertement des problèmes de santé des soldats de retour de la guerre d’Irak. Cela pourrait expliquer l’indigence des rapports dans la littérature scientifique concernant les vétérans exposés à l’UA et leurs maladies en lien avec la guerre.

Moret dit aussi que les journalistes ont été empêchés d’approcher plus de 14 000 soldats évacués pour raisons médicales de la présente Guerre d’Irak et rapatriés à l’hôpital Walter Reed, près de Washington DC. Pour en savoir plus sur Leuren Moret et ses recherches, tapez dans Google: Leuren Moret + videos. De plus, elle apparaît dans le récent documentaire « Beyond Treason », où elle énumère les horribles conséquences de l’exposition à l’uranium appauvri sur les troupes américaines et les civils irakiens dans la région du Golfe en 1991.

L’uranium appauvri, sans danger?

Autorité reconnue, Ronald L. Kathren, professeur émérite à l’Université publique de Washington (Oregon), répond de l’innocuité de l’UA. Contrairement au Commandant Rokke, il semblerait qu’il n’ait jamais été dans l’armée ni en contact avec l’UA sur un champ de bataille. Néanmoins, son opinion a beaucoup de poids dans le monde scientifique.

Kathren ne conteste pas le fait que les militaires qui peuvent avoir été en contact avec l’UA souffrent de maladies diverses, mais il pense que leur exposition à l’uranium n’en est très probablement pas la cause.

Dans un texte au Portland Independant Media Center (Indymedia) du 3 juillet 2005, il écrit:

« Les radiologues se préoccupent énormément de la santé publique, et en tant que spécialistes des rayonnements et de leurs effets sur les personnes et l’environnement, ils ont pleinement conscience que c’est autre chose que l’exposition à l’uranium qui est la cause des maladies dont souffrent ceux qui ont été en contact avec l’uranium appauvri des munitions. Une quantité incroyablement énorme de données scientifiques montrent qu’il est pratiquement impossible que l’uranium soit la cause de leurs maladies. Malgré cette masse de données scientifiques, des personnes ignorantes ou dans l’erreur continuent de prétendre que l’uranium appauvri, et tout particulièrement la radioactivité qui y est associée, est la cause de celles-ci.

C’est vraiment fâcheux, car les radiologues et les autres chercheurs ont déjà connaissance que l’uranium appauvri n’en est pas la cause, et par conséquent toute investigation sur ces maladies devrait se concentrer sur d’autres causes possibles. Si nous voulons apporter un tant soit peu quelque soulagement ou réconfort à ces personnes souffrantes, et si nous voulons acquérir une meilleure connaissance de la cause de ces maladies, nous ne devons pas gaspiller nos énergies, nos ressources et notre temps, si précieux et limités, en essayant de pointer d’un doigt accusateur l’uranium appauvri alors que l’on sait déjà qu’il est pratiquement certain que l’uranium n’est pas la cause du problème. » (2)

« Toute radiation est dangereuse pour les êtres humains, aussi faible soit-elle ».

En tant que médecin, il m’est inconcevable qu’un expert officiel comme Kathren puisse si vite disculper l’UA en affirmant qu’il est inoffensif et dénué de tout risque, surtout quand le 29 juin 2005, une commission de l’Académie Nationale des Sciences trouve, quant à elle, que toute radiation est dangereuse pour les êtres humains, aussi faible soit-elle.

Cette commission conclut que « toute dose d’irradiation, aussi faible soit-elle, peut induire un cancer. Une majorité de gens vont de plus en plus être exposés aux rayonnements à cause de leur utilisation grandissante en médecine. Ces nouvelles conclusions pourraient conduire à des changements dans les pratiques médicales et les niveaux d’irradiation autorisés sur les anciens sites nucléaires. » La commission contredit également l’affirmation fréquemment entendue de certains scientifiques pro-nucléaires de l’administration: « un faible rayonnement ne peut vous être néfaste. »

L’idée que l’irradiation à faibles doses serait sans danger est le mythe qui a permis de nombreux essais nucléaires lors de la Guerre froide sans une véhémente protestation de l’ensemble de la communauté humaine. C’est toujours ce mythe qui permet d’utiliser sur les champs de bataille des armes à l’UA contre les « terroristes ».

Historiquement, la preuve du danger de la guerre nucléaire a été fournie il y a une dizaine d’années par la publication, autorisée par le Président Bill Clinton, d’un rapport de la Commission du Congrès Américain qui s’intitulait « Expériences sur l’irradiation des êtres humains » (The Human Radiation Experiments). Ce rapport montre clairement qu’on ne peut se fier aux déclarations officielles des chercheurs sur l’innocuité des armes nucléaires. Ce qui dans ce rapport est pire encore, c’est toute la documentation sur d’innombrables expériences secrètes menées sur des personnes sans méfiance lors de la Guerre froide, « au nom de la science ». Malheureusement, cet horrible rapport paru en 1996 n’a pas dissuadé Clinton d’autoriser les armes à l’UA au Kosovo en 1999, ni le Président George W. Bush qui les a de nouveau autorisées en Afghanistan et en Irak.

Quiconque ayant un accès à Internet peut simplement chercher avec Google « the human radiation experiments » pour lire les détails de cette science exécrable qui gravite autour des essais nucléaires et de ses effets désastreux pour la santé de citoyens américains peu suspicieux.

En 2001, cinquante ans après un grand nombre d’essais d’armes nucléaires dans l’ouest des USA, l’Institut National Américain contre le Cancer a finalement été obligé de révéler le résultat de ses recherches: les retombées radioactives des bombes testées au Nevada se sont disséminées dans tous les États de l’Union et ont causé au moins 15 000 décès par cancer et jusqu’à 212 000 cancers non-létaux de la thyroïde. John LaForge de Nukewatch.com nous rappelle que « l’on disait alors que les 67 bombes expérimentales qui ont explosé entre 1946 et 1958 étaient sans danger. »

Argent, pouvoir et uranium appauvri

A qui profite ce cauchemar planétaire ? Dans « The Enemy Within » (« L’ennemi intérieur », 1996), Jay Gould révèle que la famille royale britannique détient en fonds privés plus de 6 milliards de dollars dans l’uranium par l’entremise du groupe anglo-australien Rio Tinto qui, avec plus de 60 opérations dans 40 pays, est la plus grande compagnie minière du monde. L’Afrique et l’Australie sont les deux principales sources d’uranium de la planète. Les Rothschild contrôlent les approvisionnements et les prix sur le marché international.

Gould remarque que les radiations nucléaires ont entraîné une augmentation spectaculaire de la mortalité par cancer du sein, tout particulièrement entre 80 et 160 km des centrales nucléaires, dans les communes traversées par les vents dominants qui balaient les centrales.

Donna Lee, la critique littéraire, écrit:

« Ce livre a suffisamment de données scientifiques pour édifier ces bureaucrates qui nient que d’habiter près d’un réacteur nucléaire représente un danger pour la santé. Son style clair et direct suffit également à me convaincre, moi qui ai survécu à un cancer du sein, que j’avais grandi au temps de la Guerre froide comme un cobaye ignorant, victime surtout d’une politique de la dénégation et du retranchement. »

Lee poursuit:

« Après avoir lu ce livre, toutefois, une question ne cesse de me tarauder. Je suis née à San Francisco, en Californie, j’y ai grandi, et je vis toujours dans cette ville où l’incidence des cancers du sein est la plus forte au monde. Le livre s’alarme du taux de mortalité par cancer du sein et signale que c’est autour de New York qu’il est le plus élevé. San Francisco étant à plus de 160 km d’un réacteur nucléaire, la ville n’y est pas même mentionnée. Si le cancer du sein s’explique par l’irradiation à faible niveau qui sévit à différents endroits des USA, alors comment l’expliquer pour nous? »

En fait, à moins de 160 km de San Francisco, une centrale nucléaire fut mise en service en 1975 à Sacramento. Dans son livre, publié en 1996, Gould n’inclut probablement pas celle-ci parce que suite au tollé général, par référendum, la centrale nucléaire de Rancho Seco fut obligée de cesser définitivement ses activités en 1989.

D’après David Bradbury, en trente ans, le taux des cancers chez les enfants de l’île de Vieques a fait un bond de 250% par rapport à la moyenne nationale portoricaine. Dans son documentaire « Blowin’ in the Wind », le provocateur réalisateur australien, deux fois nominé aux Oscars, apporte également plusieurs réponses sur les sommes faramineuses qui sont en jeu dans la production de l’uranium et des armes à l’UA. L’Australie fournit le tiers de l’uranium mondial, et Bradbury révèle qu’un traité secret permet à l’armée américaine de tester le maniement de ses armes à l’UA sur le sol australien. Il dévoile le projet d’extraire plus de 36 milliards de dollars d’uranium des mines australiennes sur les six années à venir, et montre qu’une voie ferrée a été construite pour transporter le minerai sur les 1600 km qui séparent les mines d’un port de la côte nord.

Le maître d’oeuvre de cette ligne de chemin de fer est la compagnie texane Halliburton. En 1995, le PDG de cette compagnie était le vice-président des USA, Dick Cheney. Le réalisateur raconte: « La Reine et ses forbans préférés, les américains Cheney, Halliburton et la famille Bush, sont unis dans l’exploitation de l’uranium et l’utilisation conjointe de munitions illégales à l’uranium appauvri au Moyen-Orient, en Asie centrale, et en Bosnie/Kosovo. Dans la prolifération des armes à l’uranium appauvri, quelle a été l’importance du rôle des divers personnages et groupes comme le groupe Carlyle, George Herbert Walker Bush, l’ancien PDG de Carlyle Frank Calucci, l’Université de Californie et ses laboratoires de Los Alamos et Livermore sur les armes nucléaires tactiques, et les fonds de pension américains et étrangers ? On ne le sait pas très bien ou, dans la plupart des cas, on ne les identifie même pas, que ce soit en Australie ou ailleurs. Dieu sauve la Reine de sa culpabilité pour sa complicité dans la transformation de la planète Terre en ‘Étoile de la Mort’. » [l'Étoile de la Mort ou l'Étoile Noire, dans la Guerre des Étoiles]

L’uranium appauvri et la Guerre contre la terreur

C’est absolument terrifiant de penser que toutes les formes de vie de la planète sont exposées à l’altération de leur ADN par des radiations dans le but de nous apporter la « sécurité » et la « démocratie ». C’est diabolique, vraiment, de penser que la destruction de la planète est en cours et que nous sommes si peu nombreux à comprendre ce qu’il se passe – et encore moins nombreux à lutter activement contre cette tragédie.

Il est évident que la plupart des leaders politiques et spirituels de la planète, tout comme les scientifiques, les médecins, les juristes et les professionnels de santé, ne se soucient guère des dangers des armes à l’UA et des autres formes d’énergie nucléaire. Si ce n’était le cas, on en entendrait sûrement parler à la télévision ou dans la presse.

En tant que journaliste d’investigation sur les toutes dernières décennies, j’ai porté toute mon attention sur l’origine « fabriquée » du SIDA et la peu connue cause bactérienne du cancer, sans m’intéresser davantage aux radiations nucléaires. Néanmoins, j’ai écrit en 2001 un article intitulé: « Expériences sur l’irradiation des êtres humains: comment les scientifiques ont secrètement utilisé les citoyens américains comme cobayes au cours de la guerre froide ».

Cet article, paru dans la revue New Dawn de septembre-octobre 2001, est publié sur plusieurs sites Web. Mais je dois avouer que j’étais ignorant des graves problèmes planétaires que pose l’UA. Je présumais naïvement qu’aucun pays civilisé et pacifique ne deviendrait jamais suffisamment irresponsable et implacable pour utiliser des armes radioactives. Combien avais-je tort !

Ce que je trouve le plus pathétique et inconcevable, c’est que nous n’ayons rien retenu des effets désastreux sur notre santé du bombardement atomique sur le Japon – ni des horreurs des essais nucléaires de la seconde moitié du XXe siècle. Tout au contraire, nous continuons de contaminer de vastes régions du monde avec des radiations que nous ne savons pas éliminer.

Je me rappelle combien les gens jubilaient en août 1945 – j’avais onze ans – quand Hiroshima et Nagasaki furent bombardés, ce qui mit rapidement fin à la guerre. Cinquante ans plus tard, ma nièce épousait un américain d’origine japonaise. Peu de temps après leur mariage, elle remarqua qu’il avait une boule dans le cou qui, par la suite, se révéla être un cancer de la thyroïde. Quand la bombe explosa sur Hiroshima, sa mère, encore enfant, vivait à 80 km de la ville.

Quelques décennies plus tard, parvenue à la quarantaine, on lui diagnostiqua un cancer de la thyroïde, sans nul doute lié aux retombées radioactives. Les médecins estimèrent qu’il était possible que le mari de ma nièce ait développé un cancer de la thyroïde parce que les gènes que sa mère lui avait transmis, altérés par les radiations, étaient porteurs de ce type de cancer. Comme de bien entendu, la famille se demande aujourd’hui si leur deux jeunes enfants ne vont pas, à leur tour, développer plus tard ce type de cancer. Qui aurait pu penser que les bombes atomiques lancées sur le Japon en 1945 se traduiraient cinquante plus tard par un cancer dans ma famille en Californie ?

Il y a quelques années, je développais un nodule à la thyroïde dont la biopsie révélait qu’il n’était pas cancéreux. Encore adolescent, dans les années 50, sur les conseils d’un dermatologue très réputé de New York, j’avais suivi un traitement « superficiel » par rayons pour de l’acné, traitement qui plus tard fut interdit parce qu’il était susceptible de causer le cancer de la thyroïde.

C’est presque un cliché de le rappeler, mais « nous sommes tous connectés les uns aux autres ». Les retombées de l’UA et de l’énergie nucléaire nous raccordent tous ensemble aujourd’hui sur une planète de plus en plus radioactive. Personne n’est immunisé contre les effets délétères des radiations, et personne ne sait comment les nettoyer.

Que pouvons-nous y faire ? La seule chose que nous puissions faire, c’est d’arrêter immédiatement cette folie. Cependant, pouvoir, cupidité, politique et religion rendent une telle chose hautement improbable.

Nous avons rencontré les responsables de la nouvelle source d’irradiations, « la guerre contre la terreur ». Et, malheureusement, c’est de nous qu’il s’agit.

Docteur Alan CANTWELL
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(1) FAIR, Fairness & Accuracy in Reporting: Impartialité et Rigueur de l’information (Critique des médias) fair.org

(2) portland.indymedia.org

alancantwell@sbcglobal.net

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LIENS:

Organisations non-gouvernementales:

CRIIRAD – Commission de Recherche et d’Information Indépendantes sur la Radioactivité criirad.org dissident-media.org tinyurl.com

APRI – Association pour la Protection contre les Rayonnements Ionisants apri.fr.free.fr


Site : globalresearch.ca auteur : Dr Alan Cantwell traduction: phoxton Langue originale: anglais

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 7 mars, 2013 |Pas de commentaires »

DE HIROSHIMA A BAGDAD: L’HISTOIRE DE L’URANIUM « APPAUVRI » (Joëlle PENOCHET / anthropologue et journaliste indépendante)

De Hiroshima à Bagdad

DE HIROSHIMA A BAGDAD: L'HISTOIRE DE L'URANIUM

Obus avec flèche à l’uranium « appauvri »

Par Joëlle PENOCHET, anthropologue et journaliste indépendante

31 août 2005

« La civilisation mécanique vient de parvenir à son dernier degré de sauvagerie. Il va falloir choisir, dans un avenir plus ou moins proche, entre le suicide collectif ou l’utilisation intelligente des conquêtes de l’homme. »

Albert Camus, au lendemain d’Hiroshima, Combat , 8 août 1945

Le soixantième anniversaire des bombardements d’Hiroshima et Nagasaki a été commémoré aux Etats-Unis dans la plus grande discrétion ; en France, rares sont les medias qui ont osé remettre en question la version officielle de cet événement qui a fait basculer le monde dans une ère de barbarie sans équivalent dans l’histoire de l’humanité. En 1991, juste après la fin de la guerre froide qui maintenait « l’équilibre de la terreur », a commencé une nouvelle guerre nucléaire, silencieuse, qui se poursuit avec la complicité de l’ensemble de la « communauté internationale ».

Cette guerre nucléaire, menée contre des pays désarmés pour servir les ambitions géopolitiques des Etats-Unis, utilise en effet des quantités de plus en plus grandes d’uranium dit « appauvri », un déchet nucléaire hautement toxique. Ce produit empoisonne l’environnement pour plusieurs milliards d’années et provoque chez les populations touchées une multiplication des cancers, des leucémies, de malformations congénitales monstrueuses et, conséquence la plus grave et irréversible, la modification du patrimoine génétique. Comme les pollutions consécutives aux essais nucléaires aériens et à la catastrophe de Tchernobyl, la pollution à l’uranium « appauvri » ne connaît pas de frontière et aujourd’hui les populations de l’hémisphère nord respirent les particules d’oxyde d’uranium dispersées depuis 1991, en Irak, en ex-Yougoslavie et en Afghanistan.

Hiroshima : une « révolution scientifique »

« A Hiroshima, trente jours après la première bombe atomique qui détruisit la ville et fit trembler le monde, des gens, qui n’avaient pas été atteints pendant le cataclysme, sont encore aujourd’hui en train de mourir, mystérieusement, horriblement, d’un mal inconnu pour lequel je n’ai pas d’autre nom que celui de peste atomique [ ... ]. Sans raison apparente, leur santé vacille. Ils perdent l’appétit. Leur cheveux tombent. Des taches bleuâtres apparaissent sur leur corps. Et puis ils se mettent à saigner, des oreilles, du nez, de la bouche. » ( Wilfred Burchett, premier journaliste à être entré à Hiroshima, Dally Express du 5 septembre 1945)

Le quotidien « Le Monde » du 8 août 1945 annonça la destruction totale et instantanée d’Hiroshima comme une « révolution scientifique ». L’anéantissement des deux villes japonaises et la « vaporisation » de leurs habitants (100.000 personnes à Hiroshima, et 50.000 à Nagasaki) a longtemps été présenté comme un « mal nécessaire » pour arrêter la 2 e guerre mondiale. Aujourd’hui, même certains médias de la presse « industrielle » comme « Le Nouvel Observateur » reconnaissent que ces crimes contre l’Humanité, ont été perpétrés inutilement, sinon pour le grand profit des Etats-Unis dont le véritable objectif était de neutraliser l’Union Soviétique (qui avait promis aux USA d’entrer en guerre contre le Japon le 15 août) et de déclencher la « Guerre Froide ». En effet, le président Truman avait été informé par ses services de renseignements que la reddition du Japon n’était qu’une question de jours. En outre, les deux bombardements ont permis de tester en grandeur nature les différentes bombes nucléaires – à l’uranium et au plutonium – et de démontrer au monde entier la toute puissance des Etats-Unis.

Les souffrances indicibles des victimes différées (des dizaines de milliers de Japonais moururent à petit feu, alors que près de 300.000 personnes continuent aujourd’hui de subir les séquelles de leur irradiation), à la fois physiques et psychologiques, furent négligées. La mémoire de cet horrible tragédie est peu entretenue par les autorités japonaises, et les « Ibakusha » », les victimes irradiées, sont toujours considérés comme des parias au sein de leur société. En 1950, le nombre de morts à Hiroshima avait doublé (200.000), et celui de Nagasaki avait presque triplé (140.000). Les bombardements de Dresde les 13 et 14 février 1945 (135.000 morts) ou de Tokyo, réduite en cendres en trois heures sous les bombes incendiaires américaines le 10 mars (entre 80.000 et 100.000 morts), n’avaient pas non plus de justification militaire, mais elles n’eurent pas de répercussions post-conflit. Cela fait toute la différence avec armes nucléaires inaugurées le 6 août 1945, dont les effets continuent de tuer bien après la fin des conflits.

Uranium appauvri : la nouvelle guerre nucléaire

Depuis les essais en grandeur nature d’armes à uranium appauvri dans le Golfe (1991), l’utilisation d’un nouveau type d’armes nucléaires s’est banalisée dans l’indifférence générale. Chaque nouvelle guerre « humanitaire » (Bosnie, Kosovo, Afghanistan…) a été l’occasion de tester de nouvelles armes à l’uranium appauvri (UA) à des puissances de plus en plus grandes. La nouvelle guerre d’agression lancée contre Irak par la coalition anglo-américaine en 2003 avec la complicité de la « communauté internationale », y compris la France, au cours de laquelle des quantités sans précédent de munitions à l’uranium appauvri sont utilisées, est une véritable guerre nucléaire qui ne dit pas son nom. On est là devant un crime contre l’Humanité qui se déroule silencieusement, et à une échelle jamais connue à ce jour.

«… les Etats-Unis et leurs partenaires militaires ont mis en place quatre guerre nucléaires utilisant des bombes et des armes sales dans les pays qu’ils ont besoin de contrôler. Sous forme d’aérosols, l’uranium appauvri contaminera en permanence de vastes régions et détruira doucement le futur génétique des populations vivant dans ces régions où ils trouvent des ressources que les US doivent contrôler pour établi et maintenir leur primauté. » (Leuren Moret, experte des radiations, juillet 2004)

 Un déchet nucléaire hautement toxique recyclé comme munition classique

En raison de ses propriétés pyrophoriques (il s’enflamme spontanément au contact de l’air) et de sa très grande densité (1,7 fois supérieure à celle du plomb), c’est le métal idéal pour fabriquer des obus miniaturisés de grande portée, d’une grande vélocité (jusqu’à mach 5) capables de transpercer en quelques secondes des véhicules blindés ou de traverser des dizaines de mètres de béton pour détruire des bunkers souterrains sur plusieurs mètres.

«  Le terme d’uranium « appauvri » est inapproprié, car il ne correspond pas à la réalité : il laisse penser que la radioactivité est enlevée, ce qui est faux. Je préfère parler d’armes « enrichies à l’uranium  » (Reza Fiyuzat, linguiste résidant au Japon, entretien par mél du 30 août 2005)

L’uranium appauvri (UA) est un déchet radioactif issu de l’enrichissement de l’uranium destiné aux réacteurs nucléaires civils et militaires (Dans les bombes, on utilise de l’uranium enrichi à 95 % en U 235 ). Il contient principalement environ 99,75% d’U 238 et 0,2% d’U 235 . On l’appelle « appauvri » parce que son activité est inférieure à celle de l’uranium naturel, ce qui ne signifie nullement qu’il est moins dangereux. En effet, l’uranium dit « naturel » est présent dans l’environnement à raison de 1 à 3 ppm, alors que le minerai est mille fois plus concentré. (L’uranium est dit « naturel » quand il ne contient que des isotopes qui existent dans la nature, 14 au total, tous radioactifs, dont l’U 238 , l’U 235 et l’U 234) . Seul l’uranium 235, qui ne représente que 0,72% de l’uranium naturel (ce chiffre variant selon les régions du monde), est fissile. L’UA est doublement toxique : chimiquement, il provoque un empoisonnement comme les autres métaux lourds (plomb, arsenic…). Mais il est surtout fortement radiotoxique.

En outre, au lieu de diminuer, l’activité de l’UA s’accroît au fil du temps, en raison de la formation rapide de sous-produits lors de sa désintégration. S’il n’émet surtout des rayons alpha (peu pénétrants, mais très irradiants) quand il est pur, ses deux descendants, qui apparaissent au bout de quelques mois, le thorium (TH 234  ) et le protactinium (PA 234 ) sont des émetteurs à vie courte (leurs périodes respectives sont de 24 jours et 1,4 mn), bêta et gamma, donc, très pénétrants. L’UA utilisé dans l’armement est d’autant plus dangereux qu’il est mélangé à de l’uranium issu des usines de retraitement pollué par des produits de fission hautement radioactifs, comme le plutonium (PU 238 et PU 239 ), l’uranium 236 (U 236 ), le neptunium, l’américium, le technétium 99 ou le ruthénium 106 , qui potentialisent sa nocivité. Ainsi, l’activité de l’UA reste quatre mille fois supérieure au seuil réglementaire qui impose l’application des règles de radioprotection.

«  Ainsi, un projectile en uranium appauvri comporte deux «  avantages  » militaires importants, c’est-à-dire d’être à la fois perforant et incendiaire. C’est l’arme antichar idéale puisqu’elle perfore les blindages de chars les plus résistants, provoque un violent incendie entraînant l’explosion des munitions contenues dans le char et ainsi, sa destruction complète. » (Bruno Barrillot, 2000).

Quasiment gratuit en raison de son abondance, il permet, allié à une très faible quantité de titane, de remplacer le tungstène, coûteux et peu fusible. La résistance des chars est elle-même renforcée par l’incorporation d’UA dans les blindages. L’UA est alors recouvert d’un produit qui limite les rayonnements alpha. Les armes à l’UA sont tirées par l’armée de terre (chars Abrams, char Leclerc), de l’air (par les avions A10, peu coûteux, conçus en 1976, surnommés les « tueurs de chars », par les MIRAGE 2000 et les RAFALE), les missiles Tomahawk, Phalanx, les hélicoptères Apaches, Tigre et la marine.

Albert Speer, le ministre de la guerre sous Hitler, avait envisagé d’utiliser de l’uranium dans les obus dès 1943 pour remplacer le tungstène qu’il ne pouvait plus importer du Portugal. Parallèlement, des responsables du projet Manhattan avaient eu également l’idée d’utiliser l’uranium, mais leur but était moins de fabriquer des obus plus efficaces que de faire le plus de mal possible aux populations ennemies : dès 1943 ils avaient recommandé l’usage de gaz radioactifs :

« Utilisé comme gaz de guerre, le matériau sera pulvérisé en particules de taille microscopique pour former de la poussière et de la fumée et mis à feu au sol par des lance-projectiles, des véhicules de terrain, ou des bombes aériennes. Sous cette forme, il serait inhalé par le personnel. La quantité «  nécessaire pour causer la mort de la personne est extrêmement petite… Il n’y a pas de méthodes de traitement connues à de telles blessures… cela traversera un filtre de masque à gaz standard en quantités assez grandes pour être extrêmement dommageables . » (cités par Leuren Moret, juillet 2004).

Leur rêve a été réalisé cinquante ans plus tard : l’oxyde d’uranium, utilisé à la manière d’un gaz, est devenu une arme de destruction massive qui « joue un rôle vital dans la réalisation du plan de domination du monde par les Etats-Unis  » (Bob Nichols, 2005).

Le mythe de la « guerre propre »

Il y a près d’un siècle, les Irakiens avaient déjà été victimes des armes de destruction massive des Britanniques, qui les avaient gazés à plusieurs reprises, en 1912 et 1925. Winston Churchill avait déclaré être «  fortement favorable à l’utilisation de gaz empoisonné contre les tribus non-civilisées. L’effet moral devrait être bon… et il répandrait une vive terreur . » (cité par Moret, août 2004).

« Les dangers de l’uranium pour la santé ont été étudiés de manière extensive. L’exposition des soldats à des aérosols d’uranium appauvri pourrait être significative et avoir des effets radiologiques et toxiques. Ces impacts pourraient être impossible à quantifier de manière fiable.  » (Rapport de l’OTAN, 1991)

Les nouvelles armes à l’UA permettent aussi d’entretenir le mythe de la « guerre propre » fabriqué dans les officines de propagande (« think-tank ») américaines : le recours à une ogive à UA ne déclenche pas le spectaculaire champignon qui symbolise la bombe atomique « classique », tout en provoquant au moins autant de dégâts. Après les essais des années soixante-dix à Los Alamos (Etats-Unis), les armes à l’UA ont été testées en grandeur nature en Irak en 1991, en Bosnie en 1994-95, en 1999 au Kosovo et en Serbie, en Afghanistan en 2001 et de nouveau en Iraq depuis 2003. Alors que les obus antichars utilisés dans la « Guerre du Golfe » ne dépassaient pas 5 kilogrammes, les charges contenues dans les bombes téléguidées déversées sur l’Afghanistan contenaient jusqu’à une tonne et demi d’UA. Chaque guerre permet ainsi une amplification et une prolongation des tests effectués au cours des guerres précédentes. Enfin, en l’absence de toute réaction de la « communauté internationale », l’UA est utilisé de façon beaucoup plus massive encore en Irak depuis son invasion par l’alliance anglo-américaine en 2003.

Après la fin officielle de la « guerre du Golfe » (1991), l’armée américaine a tiré près d’un million d’obus à l’UA en trois jours sur les milliers de réfugiés et de soldats irakiens battant en retraite (en violation de l’article 3 de la convention de Genève) sur la route de Bassora. Parmi les nombreux témoins, Carole Picou, qui faisait partie du Service Américain de Santé des Armées et reconnue aujourd’hui invalide à 100%, a rapporté avoir vu avec horreur tout au long de cette « autoroute de la mort » des corps totalement calcinés «  qui avaient littéralement fondu, presque comme des scories. » (citée par Benjamin, p.121). Depuis l’invasion de l’Irak en 2003, ces scènes sont devenues banales, à Fallujah comme dans tout l’Irak.

Une pollution radiologique planétaire

Alors que la toxicité chimique de l’UA est peu contestée par les instances officielles, sa toxicité radiologique est systématiquement niée. Pourtant, dès 1974, un groupe d’études du Ministère Américain à la Défense mettait en garde contre cette double toxicité. Lors de l’impact sur sa cible, l’UA s’enflamme au contact de l’oxygène, provoquant une chaleur extrême (jusqu’à 5.000° C) qui provoque la « vaporisation » de 10 à 100% de l’uranium selon le type de projectile. Ainsi, un obus tiré par un char Abrams produit entre 1.000 et 3.000 grammes de cette poussière. Selon les travaux de Leonard Dietz, une seule particule de 5 microns engendre une dose de 1.360 rem, soit plus de trois cents fois la dose autorisée en un an pour les travailleurs de l’industrie nucléaire.

Des micro et nanoparticules insolubles formées d’oxyde d’uranium et d’un cocktail d’autres radionucléides se répandent alors dans l’atmosphère. Déposées sur le sol, elles sont facilement remises en suspension. Propagées par les vents et la pluie sur des dizaines, voire des centaines de kilomètres, elles contaminent les sols, les eaux de surface et les nappes phréatiques, la végétation, les animaux (atteints des mêmes maladies que les humains), et finalement toute la chaîne alimentaire. Dans le Golfe, la contamination est d’autant plus importante que les bombardements n’ont jamais cessé en Irak : opération « Renard du Désert de William Clinton en décembre 1998, attaques permanentes dans les zones exclusion aérienne (imposées illégalement par les Etats-Unis, La Grande-Bretagne et la France). En outre, l’embargo criminel décrété par les Nations Unies en 1990 a empêché toute mesure de décontamination ou de prévention, et que d’énormes quantités de microparticules radioactives migrent au gré des vents sur d’immenses étendues depuis près de quinze ans. Les débris de munitions enterrées dans le sol contribuent aussi à contaminer la nappe phréatique ainsi que les deux grands fleuves du pays, le Tigre et l’Euphrate, et ainsi décupler, voire centupler le taux d’UA dans l’eau potable.

Les pays voisins des régions bombardées ne sont naturellement pas épargnés par les retombées radioactives qui ont déjà contaminé l’air, l’eau et les ressources alimentaires des pays agressés. La contamination consécutive aux guerres nucléaires contre l’Irak, l’ex-Yougoslavie et l’Afghanistan a déjà atteint la Grèce, Israël, l’Arabie Saoudite, le Pakistan, la Syrie, le Liban, l’Albanie, la Macédoine, la Palestine, la Turquie, l’Iran, le Pakistan, le Turkménistan, l’Ouzbékistan, la Russie, la Géorgie, l’Azerbaïdjan, le Kazakhstan, la Chine et l’Inde.

Aujourd’hui, on estime que la pollution radioactive due à l’uranium appauvri est en train de s’étendre à tout l’hémisphère Nord et qu’elle pourrait atteindre bientôt l’ensemble de la planète, comme le nuage de Tchernobyl (Moret, 2005).

Les trois voies de contamination

« L’uranium appauvri devient néfaste quand il se transforme en poussière ingérée ou inhalée, il est alors plus dangereux qu’aucune toxine connue de la science des hommes. » (PR A. Durakovic, Directeur du Département de Médecine Nucléaire à l’Université Georgetown de New York et expert auprès du Pentagone).

La contamination interne peut survenir de trois manières : l’inhalation, l’ingestion de boissons et d’aliments contaminés, et par lésions cutanées (l’UA passe dans la circulation sanguine). L’inhalation est la plus dangereuse (d’un facteur 10 à 200). La chimiotoxicité concerne en premier lieu le rein (et secondairement le foie), et la radiotoxicité touche surtout les poumons. Plus de 75% des particules ne sont pas arrêtées au niveau de l’appareil respiratoire supérieur et se fixent dans les alvéoles pulmonaires d’où elles irradient pendant des années. La moitié de la fraction solubilisée qui a été transférée au sang est éliminée par les urines, et l’autre moitié est répartie dans les reins et le squelette avec un temps de fixation très lent. L’UA attaque aussi le cerveau, les organes reproducteurs, la thyroïde, les muscles, les ganglions lymphatiques et le système neurologique. Sa dangerosité dépend de sa nature physique et chimique, de l’intensité et de la durée d’exposition, et des sujets contaminés. Ainsi, les enfants représentent la population la plus vulnérable aux effets de la radioactivité, parce qu’ils la concentrent trois ou quatre fois plus que les adultes en raison de leur moindre poids et de l’activité de leur processus métabolique. Rappelons ici que les instances internationales de radioprotection (CIPR) ont été obligées d’admettre officiellement que, si le risque augmente en fonction de la dose reçue, il n’existe pas de seuil d’innocuité.

Dès avant la nouvelle invasion de l’Irak de 2003, une étude sur les effets de l’UA à long terme entreprise dans six zones du sud de l’Irak à l’aide d’un spectromètre gamma avait montré que le tiers des échantillons de végétaux collectés présentaient un taux de radioactivité trois fois supérieur au taux habituel. Dans ces zones, près de 900.000 tonnes des plantes sauvages comestibles et près du tiers des animaux étaient contaminés. La dose de radioactivité délivrée aux enfants de moins de 15 ans à travers l’inhalation, l’ingestion de viande et de lait, et l’exposition, mesurée sur cinq ans (1991-1996) représentait 70% de la dose totale reçue par l’ensemble de la population étudiée.

Le PR Siegwart-Horst Günther, épidémiologiste autrichien, a mis en évidence un collapsus du système immunitaire avec des symptômes analogues à ceux du SIDA, une forte proportion d’infections, d’herpès et de zonas, des dysfonctionnements rénaux, des leucémies, des avortements spontanés et des malformations congénitales. La leucémie est provoquée par l’irradiation des cellules-souches du sang par les particules alpha fixées sur la moelle osseuse et certains tissus lymphatiques.

 Des malformations congénitales monstrueuses et une atteinte au génome

« S’ils nous avaient tués une fois, cela serait moins grave… mais… ils vont continuer de nous tuer pendant des générations » (un Afghan cité par le Dr Mohamed Miraki, Perpetual Death from America)

La fixation de l‘UA sur le placenta des femmes enceintes contrarie le processus de formation de l’embryon par division cellulaire, provoquant chez les nouveau-nés d’horribles malformations congénitales jamais rencontrées ou extrêmement rares. Ainsi, de nombreux enfants naissent hydrocéphales ou sans tête, sans membres (comme les victimes de la Thalidomide dans les années 50), avec des organes manquants (sans yeux, sans nez, sans oreilles, sans cerveau, sans anus…), aveugles, avec de graves anomalies du cœur (absence d’oreillettes ou de valvules) ou des poumons, ou avec des organes à l’extérieur du corps (cerveau, intestins, estomac…). Chez les bébés irakiens nés en 2002, l’incidence d’anophtalmie (absence d’yeux) a été 250.000 fois plus grande que l’occurrence moyenne. On retrouve les mêmes malformations chez les enfants des vétérans des guerres du Golfe et des Balkans de toutes nationalités. Lorsqu’une femme irakienne vient d’accoucher, ses premières paroles ne sont pas : « c’est une fille ou un garçon ? », mais « mon bébé est-il normal ? ». En outre, les anomalies génétiques s’aggravant généralement d’une génération à l’autre, il faudra plusieurs décennies avant de pouvoir mesurer l’atteinte du génome. La prise de conscience de la condamnation des prochaines générations engendre le désespoir des populations touchées :

« Après que les Américains eurent détruit notre village et tué nombre d’entre nous, nous avons aussi perdu nos maisons et n’avons rien à manger. Mais nous aurions supporté ces misères, nous les aurions même acceptées, si les Américains ne nous avaient pas tous condamnés à mort. Quand j’ai vu mon petit-fils malformé, j’ai réalisé que mes espoirs en l’avenir avaient disparu pour de bon , pire que le désespoir né de la barbarie russe, même si, à cette époque, j’ai perdu mon fils aîné, Shafiqullah. Mais, cette fois, je sais que nous faisons partie du génocide invisible que nous ont infligé les Américains, une mort silencieuse à laquelle – je le sais – nous n’échapperons pas . » ( Jooma Khan, Afghanistan, mars 2003, cité par Mohamed Miraki, Le génocide silencieux venu d’Amérique. C’est nous qui soulignons).

Des malformations similaires continuent d’apparaître depuis la catastrophe de Tchernobyl en 1986, celles de Bhopal en Inde (1984) et l’utilisation de l’Agent Orange au VietNam de 1966 à 1975. Le site de Bhopal n’a jamais été décontaminé de sa dioxine par le fabriquant de pesticides Union Carbide (aujourd’hui Dow Chemical). L’Agent Orange (fabriqué par Monsanto, aujourd’hui l’un des principaux fabriquant d’OGM) répandu au VietNam, une arme de destruction massive qui avait fait des milliers de victimes parmi les soldats US, continue de faire des ravages au VietNam trente ans après la fin du conflit. Mais les effets de l’uranium appauvri sont encore beaucoup plus graves et plus durables que ceux de l’Agent Orange.

Il faut également prendre en compte l’ensemble des facteurs qui se combinent aux effets de l’UA pour provoquer des maladies graves : fumées toxiques libérées lors des bombardements de réacteurs, de centres d’études nucléaires (à Belgrade et en Irak), de complexes chimiques ou pétrochimiques (comme celui de Pancevo en ex-Yougoslavie), des puits de pétrole incendiés… S’y ajoutent la malnutrition et les désastreuses conditions sanitaires des pays agressés, les stations d’épuration des eaux et les centrales électriques étant systématiquement détruites par les agresseurs, tout comme les hôpitaux. Les vétérans de la « Guerre du Golfe » subissent également les conséquences des différents vaccins et médicaments que les autorités militaires ont testés sur eux.

Les populations victimes des bombardements sont de fait condamnées à vivre durant toute leur vie dans une véritable décharge radioactive.

La différence entre les vétérans des armées des pays agresseurs et les victimes civiles des pays agressés réside dans le fait que les troupes étrangères ont séjourné peu de temps dans les zones contaminées, alors que les populations victimes des bombardements sont généralement condamnées à vivre durant toute leur vie dans un environnement qui deviendra inexorablement de plus en plus radioactif. En outre, les anciens combattants ont pu se constituer en associations pour tenter d’obtenir « réparation » dans leur pays, où ils peuvent se faire soigner, alors que les populations locales, parfois encore ignorantes des causes du mal qui les ronge, sont trop démunies pour se faire traiter, voire pour simplement soulager leurs douleurs. Les hôpitaux irakiens, quand ils n’ont pas été la cible des bombardements de l’alliance anglo-américaine, n’ont ni la capacité ni les moyens médicaux d’accueillir et de soigner toutes les victimes. Avant 1990, l’Irak avait les hôpitaux les plus modernes de la région et des médecins de très haut niveau (dont beaucoup ont été mystérieusement assassinés depuis 2003, comme de nombreux scientifiques et journalistes).

Le pire est à venir pour tout le monde

A la suite de la guerre de 1991, L’AIEA avait prévu un excès d’un demi million de morts en Iraq. La contamination de l’environnement et des populations locales va continuer de s’amplifier. Avant 2003, certaines régions du sud de l’Irak (dont certaines zones horticoles et de cultures irriguées, rares dans ce pays aride) connaissaient déjà une augmentation de 700% des taux de cancer, de 400% du taux de malformations congénitales, et de 350% par an de cas de leucémies, de déficiences immunitaires, de cataractes et de dysfonctionnements rénaux.

« Depleted uranium is a warcrime in progress » (PR Doug Rokke)

Les cas d’avortements spontanés et de mongolisme se multiplient, même chez des enfants nés de mère de moins de 25 ans. Pour chaque cas de cancer des tissus comme la leucémie, cinq cas de cancer solide devraient apparaître dans les 10 à 30 prochaines années. Dans un rapport inédit, l’Agence Internationale de l’Energie Atomique (AIEA) avait prévu un excès de 500.000 en morts en Irak, où plus d’un million de projectiles à l’uranium appauvri ont été tirés en 1991, soit entre 350 (chiffre du Pentagone) et 800 tonnes d’UA (selon la fondation Laka d’Amsterdam). Plus de dix tonnes d’UA ont été utilisées dans les Balkans, dont la plus grande partie au Kosovo, où un biologiste anglais a prévu dix mille morts supplémentaires au cours des prochaines années. Une étude a fait apparaître des taux de radioactivité « des centaines de fois plus élevés que la norme » dans le sud-est de la Serbie. Selon une estimation du journaliste d’investigation Robert J. Parsons (2002), c’est trois mille tonnes d’uranium qui auraient été utilisées en Afghanistan.

Depuis mars 2003, ce sont des milliers, voire des dizaines de milliers de tonnes de ce produit mortifère qui sont répandues sur l’Irak par les forces occupantes. La quantité de radioactivité lâchée sur l’ex-Yougoslavie, l’Afghanistan et l’Irak correspondrait à quatre cent mille fois celle d’Hiroshima – dont plus de deux cent cinquante mille fois sur la seule Irak à ce jour (Nichols, 2004). La totalité de cette pollution radioactive est dix fois plus importante que celle qui a été provoquée aux essais nucléaires aériens depuis les années quarante.

Au vu des conséquences de la première invasion de l’Irak en 1991, et compte-tenu du fait que cette fois l’ensemble du pays a été touché par des bombardements à l’UA, en particulier les villes les plus peuplées, et que la quantité d’UA a été massive, peut-on prévoir combien d’Irakiens seront victimes de la guerre d’agression lancée en 2003 par l’alliance anglo-américaine, et qui n’est pas près de s’arrêter ? Le génocide du peuple Irakien, la destruction irréversible de son environnement, de sa culture et du berceau de la civilisation, commencé avec l’embargo en 1990, s’accélère dans l’indifférence générale, en raison du black-out quasi total des medias « incorporés » sur le sujet.

Une aubaine pour l’industrie nucléaire : transformer les pays agressés en poubelles radioactives gratuites

L’usage militaire de l’UA est un débouché idéal pour l’industrie nucléaire qui en produit chaque année 50.000 tonnes ; les stocks mondiaux actuels sont estimés à plus d’un million et demi de tonnes, dont 700.000 aux Etats-Unis. Les pays nucléarisés se débarrassent ainsi à bon compte de déchets dont le stockage est très coûteux, en faisant des pays attaqués de véritables « déchetteries radioactives » (Sara Flounders). D’autant que la demi-vie (dite « période ») de l’uranium appauvri est de 4,5 milliards d’années (l’âge de la terre !)

Le Koweït aurait dépensé quatorze milliards de dollars pour le « nettoyage » de son petit territoire. Pour décontaminer vingt-trois de leurs chars, les Américains ont mis trois ans et dépensé quatre millions de dollars, alors que les cinq mille chars irakiens hautement radioactifs détruits pendant la « guerre du Golfe » sont restés sur le terrain, pour la plupart sur « l’autoroute de la mort », au sud de l’Irak.

En février 2003, les USA ont refusé par avance tout nettoyage des sites qu’ils pourraient contaminer en Irak. Mais les dommages causés à l’environnement deviennent de toute manière rapidement irréversibles. En Afghanistan, des tempêtes de sable traversant le pays et la pollution consécutive des rivières et des fleuves, notamment la rivière de Kaboul, et l’Indus, fleuve qui traverse le Pakistan et alimente les exploitations agricoles et les populations locales en eau potable, a alarmé le corps médical. Des équipes de NBC (nucléaire-biologique-chimique) auraient très tôt été présentes en Afghanistan pour mesurer le niveau de contamination après les bombardements. Juste après un « tir ami » des équipes de reporters qui travaillaient aux côtés des militaires de la coalition, ont été rapidement enlevés et enfermés dans un hangar. Dès octobre 2001, les médecins afghans signalèrent des décès rapides de victimes présentant les symptômes typiques d’une forte contamination à l’UA.

Dans les centres d’expérimentation des pays occidentaux, les expériences doivent avoir lieu en milieu confiné, la radioactivité est en principe soigneusement contrôlée et le personnel soumis à une surveillance particulière. Pourtant, des incidents conduisent parfois au relâchement d’oxyde d’uranium dans l’atmosphère (à Gramat, en Ecosse, à Puerto Rico…). Et l’on trouve autour de nombreux sites (usines de production, centres d’essais, régions agressées, sans compter les mines d’uranium…) des taux de cancers et de leucémies anormalement élevés. Dans l’Indiana, un ex-champ de tirs d’essai d’obus à l’UA des années 80 va être reclassé en « zone de sacrifice national », condamnée pour l’éternité. Pourquoi l’uranium « appauvri » devient-il un produit banal lorsqu’il est déversé par centaines de tonnes sur les pays agressés ?

Il y a bien des armes de destruction massive en Irak !

Des milliers de ces projectiles sont disséminés à des profondeurs variables sur les zones bombardées. De nombreux enfants qui jouent avec les projectiles argentés ou leurs débris radioactifs restés sur le terrain meurent de leucémie, dont la période de latence n’est que de quelques années. En Europe, toute dispersion d’UA dans l’environnement est illicite. Le PR Siegwart-Horst Günther, qui avait rapporté d’Irak un projectile à l’UA en Allemagne, fut menacé d’internement psychiatrique et condamné en 1994 à une amende de trois mille marks pour “ mise en circulation de matériaux radioactifs faisant courir un risque pour la santé ”. Pour le PR Major Doug Rokke, ancien chef du Projet pour l’uranium appauvri au Pentagone, vétéran de la Guerre du Golfe et chargé par Colin Powell du « nettoyage » de l’Arabie Saoudite et du Koweït en 1991, et aujourd’hui victime du « syndrome du Golfe », « L’Iraq est une déchetterie toxique.  »

D’autres nouvelles armes de destruction massives de la panoplie américaine auraient été testées depuis 2003. « Moab », la bombe la plus puissante du monde (8 tonnes), l’une des plus meurtrières, produit un mini-champignon semblable à celui des bombes nucléaires. Les « mini-nukes » (dont la puissance peut équivaloir plusieurs fois la bombe lâchée sur Hiroshima) auraient été utilisées en Afghanistan. La bombe « E » (électromagnétique), non seulement détruit toutes les communications, mais peut être utilisée comme un gigantesque four à micro-ondes sur une grande surface, cuisant dans son périmètre d’action tous les êtres vivants comme des poulets (le four à micro-ondes n’étant qu’une application domestique de la version militaire mise au point par Raython).

En outre, de nouvelles versions, plus sophistiquées et plus meurtrières que les précédentes, de bombes au napalm, au plasma (à effet de souffle), au phosphore, à fragmentation (qui peuvent contenir de l’UA), et d’autres armes toutes plus terrifiantes les unes que les autres auraient également été testées secrètement, comme le laisse supposer le nettoyage total (comprenant l’enlèvement du sol sur plusieurs mètres de profondeur), de certains quartiers de Fallujah (après que la « ville aux cent mosquées » eût été rasée en novembre 2004) et de l’aéroport de Bagdad (en mars 2003), déclarés zones interdites. L’utilisation de bombes incendiaires de type napalm a été confirmée par de nombreux témoins à Fallujah 1. L’utilisation d’un napalm ‘amélioré’ (MK77) lors de l’invasion de 2003 a d’ailleurs été reconnu tout a fait officiellement par les officiels US 2.

Une arme de destruction massive en voie de banalisation

Les armes de destruction massive à l’UA, classées « conventionnelles » sont aujourd’hui fabriquées par un nombre grandissant de pays, douze connus à ce jour, dont Israël, la Turquie, la Russie, le Pakistan et la France. Deux mille cent essais ont été effectués sur le territoire français depuis 1987, dont un millier au centre de Gramat (dans les Causses sauvages du Lot, près du gouffre de Padirac et de Rocamadour) et à Bourges (Cher) en plein air. Les armées de près de cinquante pays, et tous les types de munitions de la panoplie des armes américaines en seraient équipés aujourd’hui. La plupart des armes en contiennent, des simples balles aux bombes « intelligentes » guidées par satellites, en passant par les obus, les missiles, et les ogives des bombes dites « bunker busters » (destinées à détruire les bunkers souterrains).

Au début des années 90, la France, qui possède pourtant des stocks considérables d’U238 en raison de son grand nombre de réacteurs nucléaires (58), a acheté aux Etats-Unis mille tonnes d’UA « sale » (contaminé par de l’U 236 et du PU 131 ) via la COGEMA et FRAMATOME, destinées à équiper notamment ses chars Leclerc et AMXB2. Des obus-flèches à l’UA sont fabriqués à Romans et à Annecy depuis 1995. Dans le Limousin, près de 200.000 tonnes d’oxyde d’uranium appauvri (sous forme de U 3 O 8 ) contaminé, destinées à être « valorisées » en obus, doivent être entreposées à Bessines (près de Limoges) malgré l’avis négatif de la commission d’enquête (Cf. Bella Belbeoch, 2004). La fabrication des engins elle-même est une industrie à risque : aux Etats-Unis, plusieurs usines productrices d’UA ont été contraintes de fermer parce qu’elles avaient contaminé leurs salariés et les populations alentour.

L’OMS complice une fois de plus de « crimes contre l’humanité  »

L’utilisation des armes à uranium appauvri, véritable « crime contre l’humanité » (reconnu comme tel par la plupart des spécialistes internationaux, dont Ramsey Clark, le PR Doug Rokke, Rosalie Bertell, Leuren Moret, Helen Caldicott, le général Pierre-Marie Gallois…), se poursuit dans l’indifférence générale et avec la bénédiction des organisations des Nations Unies. Le black-out sur ces nouvelles armes est facilité par le fameux Accord que l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a été contrainte de signer en 1959 avec l’Agence Internationale pour l’Energie Atomique (AIEA), dont l’article 3 stipule que les deux organismes « peuvent être appelés à prendre certaines mesures restrictives pour sauvegarder le caractère confidentiel des renseignements qui leur auraient été fournis . » Il est donc interdit à l’OMS de traiter des questions de radiation et de santé publique sans l’aval de l’AIEA, agence des Nations-Unies au service du lobby nucléaire. Ce lien de dépendance empêche l’OMS de respecter sa constitution, qui précise «  qu’une opinion publique éclairée et une coopération active de la part du public sont d’une importance capitale pour améliorer et protéger la santé de tous les peuples  ». En cinquante ans, «  la perfidie de cette alliance entre deux organismes des Nations-Unies aux buts diamétralement opposés, qui devraient s’affronter et non coopérer… n’a jamais été dénoncée publiquement  » (Bonny, 1999).

Les mêmes « experts » de l’ONU, qui avaient préconisé de ne pas évacuer les zones hautement contaminées par l’explosion du réacteur de la centrale de Tchernobyl, commettent ainsi un nouveau « refus d’assistance à populations en danger » en acceptant l’usage militaire et civil de l’UA, avec la complicité active des gouvernements et des media occidentaux. En outre, ils bénéficient d’une immunité totale pendant et après leur mandat. Résultats : études non réalisées ou biaisées, rapports interdits de publication (comme l’« aide-mémoire n° 257 » de l’OMS) ou censurés. Ainsi, le Pentagone a tenté de démontrer le caractère inoffensif de l’UA en s’appuyant sur un rapport de quatre pages de l’OMS de janvier 2001, particulièrement inconsistant et peu scientifique !

L’Organisation Mondiale de la Santé, sous la pression de l’Agence Internationale à l’Energie Atomique (IAEA) bloque depuis 2001 la publication d’un rapport réalisée par trois experts des radiations de très haut niveau sur les effets et les risques de l’uranium appauvri sur les populations. Le Dr. Keith Baverstock. Principal auteur du rapport, déclare que ce rapport a été censuré volontairement, ce que nie l’OMS

Des études inexistantes, trafiquées ou censurées

Le rapport du Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE) sur la pollution radioactive au Kosovo fut d’abord réduit de 74 à 2 pages ! En novembre 2000, la mission du PNUE a visité seulement onze sites, sur les cent douze cibles touchées par les bombardements de l’OTAN au Kosovo en 1999. Cette « visite guidée » avait été soigneusement préparée par les responsables de l’OTAN, dans des zones choisies, réduites, et au préalable « nettoyées » autant que cela était possible (pendant seize mois, plus de dix équipes de contrôle avaient préparé le terrain). Après avoir étudié 355 échantillons prélevés dans le sol, l’eau, les végétaux et le lait, la mission a conclu à de «faibles niveaux de radiation à proximité des cibles» et de «légères contaminations provenant des poussières d’uranium». Malgré le constat de la présence de plutonium dans les obus-flèches, elle a estimé que les résultats n’étaient « pas alarmants ». Cependant, la mission avait attiré l’attention sur le risque de contamination de la nappe phréatique par des munitions enterrées dans le sol susceptibles de décupler, voire centupler le taux d’uranium dans l’eau potable.

De son côté, le Dr Chris Busby, expert indépendant de renommée mondiale, auteur d’un ouvrage sur les faibles radiations (Les Ailes de la mort), et dont les résultats des études au Kosovo ont été reconnus par la Royal Society de Londres, a relevé sur le site de Jacova des niveaux de radioactivité cent fois supérieures à la normale, et dix fois plus de thorium – l’un des sous-produits de l’UA – que d’uranium appauvri.

Le PNUE, dont l’Unité d’évaluation après conflit avait demandé à intervenir rapidement en Afghanistan, et réclamé un financement pour le Fonds pour la recherche sur l’UA, n’a jamais reçu de réponse de la part de la directrice de l’OMS de l’époque, Gro Harlem Brundtland. D’après Robert J. Parsons, ces manœuvres dilatoires auraient été motivées par l’opportunité d’attribuer les symptômes des victimes de fortes expositions à l’UA à la rigueur de l’hiver afghan et à l’état sanitaire de populations fragilisées par plus de deux décennies de guerre.

Les gouvernements coupables de ces atrocités maintiennent une chape de plomb sur l’utilisation de l’utilisation de leurs armes de destruction massive et leurs conséquences

« Des campagnes de relations publiques sont conseillées, étant donnée la perception (négative) de la radioactivité par le public. Les activités de combat et de manœuvre présentent un risque de réaction d’opposition internationale . (Rapport de l’OTAN de 1990).

On se trouve devant un black-out quasi total des médias (dont la plupart appartiennent à des industriels de l’armement, comme en France Serge Dassault ou Matra Lagardère, ou de construction, comme Bouygues), qui présentent l’UA comme un produit anodin. Ce silence permet aux pays responsables (à la fois juges et partie) de se défausser de la prise en charge des coûts de décontamination des sites bombardés, mais surtout de banaliser dans l’indifférence générale l’usage militaire d’un déchet nucléaire hautement toxique dont l‘utilisation était restée tabou pendant plusieurs décennies jusqu’à la « Guerre du Golfe ». Les pays bombardés ne sont pas été plus avertis que les combattants des risques de contamination radioactive. L’usage d’UA dans le Golfe en 1991 n’a été révélé que huit mois après la fin officielle de la guerre par un quotidien britannique. Aucun media français ne parle de l’utilisation de l’uranium appauvri en Irak actuellement.

Sur 580.000 vétérans américains de la « Guerre du Golfe », on dénombre à ce jour plus de 325.000 victimes de pathologies permanentes et 11.000 morts (au rythme de 140 vétérans par mois). Dix ans après l’intervention dans le Golfe, plus de la moitié des vétérans étaient atteints de maladies chroniques, alors que le taux était de 5% en moyenne chez les vétérans des conflits du siècle dernier (10% au VietNam). Une étude réalisée en 1996 par le Département des Anciens Combattants a montré que 67% des bébés nés après la « guerre du Golfe » présentaient des malformations. La presse indépendante a révélé que 40% des soldats ayant servi dans une unité de l’offensive de 2003 présentaient déjà des pathologies graves et multiples susceptibles de déboucher sur des cancers, seize mois seulement après leur retour (Moret, août 2004). Des associations de vétérans américains comme Veterans For Peace (VFP) ou des vétérans de la guerre du VietNam militent activement contre les nouvelles guerres radiologiques et participent à toutes les grandes manifestations pacifistes.

Intensifier la campagne d’information internationale et vue de l’interdiction totale de ces armes, afin de « sauvegarder l’avenir de l’humanité » (Ramsey Clark )

« Devant les perspectives terrifiantes qui s’ouvrent à l’humanité, nous apercevons encore mieux que la paix est le seul combat qui vaille la peine d’être menée, ce n’est plus une prière, mais un ordre qui doit monter des peuples vers les gouvernements, l’ordre de choisir définitivement entre l’enfer et la raison  ». Albert Camus (ibid.)

Selon le Droit International sur le Contrôle des Armements, les armes à UA, à la fois chimiques et nucléaires, sont pourtant illégales (conventions de La Haye de 1899 et 1907, de Genève de 1925 et 1949, Charte de Nuremberg de 1945, convention des Nations-Unies du 10 octobre 1980, dite « Convention des armes inhumaines »), parce qu’elles infligent des maux superflus et des souffrances inutiles, qu’elles sont non discriminantes, causent des atteintes graves et durables à l’environnement et, comme les mines antipersonnel, demeurent meurtrières bien après la fin des conflits. Leur utilisation a été condamnée par la résolution n°96/16 de la sous-commission aux Droits de l’Homme des Nations Unies en août 1996. De son côté, le Parlement européen a voté en janvier 2001, « en appel du principe de précaution », un moratoire sur leur utilisation (mais pas sur leur fabrication !).

De nombreuses personnalités de renommée internationale, comme Rosalie Bertell, épidémiologiste canadienne spécialisée dans les maladies des radiations (prix Nobel Alternatif 1986) et Ramsey Clark, ancien secrétaire d’état américain à la Justice et avocat international, et de très nombreuses associations aux Etats-Unis comme en France, tentent de mobiliser l’opinion internationale pour obtenir «  l’interdiction internationale inconditionnelle de la recherche, la production, les essais, les transports, la détention et l’utilisation de l’uranium appauvri à des fins militaires.  » Elles demandent également « que toutes ces armes et tous les déchets radioactifs soient immédiatement isolés et stockés, que l’uranium appauvri soit classée « substance radioactive dangereuse », que les zones contaminées soient nettoyées et que tous ceux qui ont été exposés puissent recevoir des soins médicaux appropriés ». Si ces appels ne sont pas entendus, de plus en plus de régions de notre planète seront rayées de la carte, transformées en poubelles radioactives pour l’éternité, leurs populations condamnées à une mort lente et, finalement, la planète entière sera contaminée.

Joëlle PENOCHET
31 août 2005

(Mise à jour de l’article paru dans MEDECINES NOUVELLES, 3e trimestre 2002, pp.79-90, et diffusé sur plusieurs sites Internet sous le titre « Escalade des armes à l’uranium appauvri »).

1. Cf par ex Dahr Jamail, http://esterrepublic.com/Archives/djamail9.html 
2. http://www.stopusa.be/scripts/texte.php?section=BDBG&langue=&id=23836

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Films, clips et vidéos

•  « Poison Legacy », un clip d’Eric Blimenrich (3mn), 2005, http://www.ericblumrich.com/pl_lo.html

•  “ Poison Dust » , un film de Susan Harris ( USA , 2005), Peoples Video Network : http://www.peoplesvideo.org ouhttp://www.leftbooks.com , et www.iacenter.org/poison-dust.htm (DVD)

•  «  Beyond Treason  » (DVD, 2005), film écrit et produit par Joyce Riley et William Lems, avec le PR Doug Rokke, Dennis Skyne, Leuren Moret…(documentaire sur les vétérans des essais nucléaires, l’Agent Orange et l’uranium appauvri)

•  “Downwind : Depleted Uranium Weapons in the Age of Virtual War  » (2001) 50 minutes (avec Rosalie Bertell, Dan Fahey…) :http://www.pinholepictures.com

•  « Uranium : les victimes parlent », Rencontre internationale du 1er Mars 2001 organisée par la Coalition pour l’Abolition des Armes à Uranium Appauvri à l’Université Libre de Bruxelles, modérateur : Michel Collon, avec des scientifiques (P. Piérart, des médecins irakiens…), et des victimes du « Syndrome du Golfe » (dont Hervé Desplat, fondateur d’AVIGOLFE) et du « Syndrome des Balkans », projetvideo@hotmail.co.

•  “ Metal of Dishonor : The Pentagon’s secret we apon”, International Action Center , 1999 ( www.iacenter.org )

•  « Uranium appauvri : la guerre invisible  » de Martin MEISSONIER (90′, 2000) www.asbl.projetvideo .

•  “ Des mines d’uranium radioactives aux armes radioactives ”, www.videoproject.org

•  “ Irak : la genèse du temps ” (1998, RAI1) et «  Irak : voyage au royaume inter dit » (1998) de Jean-Marie Benjamin. Deux films disponibles en vidéo à : http://www.benjaminforiraq.org/videos/videoFR.htm

•  «  Iraq : Paying the Price  », film de John PILGER : http://pilger.carlton.com/iraq/film


Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 7 mars, 2013 |1 Commentaire »
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