LA CENTRAFRIQUE, LE PAYS OÙ L’ON VIT ET MEURT COMME DES ANIMAUX (Foreign Policy / http://www.slateafrique.com)

Camp de déplacés, Bossangoa, nord de la RCA, novembre 2013 / AFP

(Camp de déplacés, Bossangoa, nord de la RCA, novembre 2013 / AFP)

La Centrafrique:

Le pays où l’on vit et meurt

comme des animaux.

centrafrique

La communauté internationale

évoque une situation

pré-génocidaire.

Sur place, c’est carrément l’enfer.

Les missions internationales se succèdent en Centrafrique et les alertes se font de plus en plus fortes quant au risque majeur d’un génocide, comme l’a laissé entendre, cette semaine, le ministre français des affaires étrangères, Laurent Fabius.

Des inquiétudes relayées par les Nations Unies, dont le secrétaire général, Ban Ki-Moon, a annoncé que l’ONU se préparait à un éventuel envoi de Casques Bleus dans le pays. Le gouvernement américain, qui demande des sanctions contre les responsables des violences dans le pays, a débloqué 40 millions de dollars d’aide à la MISCA, la force africaine qui tente de rétablir la sécurité en Centrafrique.

Les quelques organisations humanitaires encore présentes sur place donnent l’alter depuis longtemps, et c’est seulement maintenant que sur le plan diplomatique l’on parle de situation «pré-génocidaire». Dans tous les cas, depuis le renversement du régime de l’ex-président François Bozizé par la coalition rebelle Séléka, le 24 mars 2013, la situation sécuritaire et humanitaire n’a eu de cesse de se détériorer. Selon Human Rights Watch, le nombre de déplacés à l’intérieur du pays est estimé à près de 400.000. L’ONG fait aussi savoir qu’il est quasiment impossible pour les humanitaires de venir en aide à ces personnes, car n’ayant aucune garantie de sécurité.

Dans le nord de la Centrafrique, par exemple, à Bossangoa, où l’on a noté une résurgence des combats ces derniers jours entre anciens rebelles de la Séléka et milices locales, rares sont les journalistes qui ont accès, afin de rendre compte de la situation. Le directeur de la section Urgences de Human Rights Watch a pu effectuer un voyage dans la région et livre et un témoignage poignant au magazine Foreign Policy. Peter Bouckaert y a vu un véritable chaos, où des enfants meurent de paludisme et de fièvre typhoïde. Le reportage publié par Foreign Policy évoque aussi des villages où il n’ y a plus une seule âme vivante.

«Dans les salles de classes, les tableaux indiquent encore la date de mars, quand les rebelles Séléka ont pris le pouvoir et que le cauchemar a commencé», peut-on lire dans le témoignage de Peter Bouckaert. Des villages entiers brûlés, des civils tués, des paysans tués à bout portant. Tout ceci sur fond de graves tensions entre chrétiens et musulmans, la majorité des rebelles de la colaition Séléka —aujourd’hui dissoute— étant musulmans.

L’église de Bossangoa sert de refuge à près de 40.000 personnes, indique encore le reportage de Foreign Policy. Mais ce refuge est «surpeuplé, bruyant et saturé par les fumées des fourneaux artisanaux».

Lu sur Foreign Policy

http://www.slateafrique.com

Des ORADOUR-SUR-GLANE (Haute-Vienne / FRANCE)…il y en a…et il y en aura encore malheureusement partout dans le Monde !

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 14 décembre, 2013 |Pas de commentaires »

CENTRAFRIQUE: HERITAGE DE LA FRANCAFRIQUE ? (http://www.tv5.org)

Centrafrique:

Héritage

de la

Françafrique ?

AAAAAAAAAA

Après l’escale à Bangui, François Hollande a regagné Paris mercredi matin pour présider le Conseil des ministres. Le lendemain, il reprendra l’avion en direction du Brésil et de la Guyane. 

(Photo: Yoan VALAT/AFP)

Lors du sommet de l’Élysée sur l’Afrique organisé à Paris les 6 et 7 décembre 2013, le président français François Hollande défendait l’idée d’une intervention française « humanitaire » en Centrafrique. Michel Galy, politologue spécialiste de l’Afrique et professeur à l’Institut des Relations Internationales (Ileri), y voit, quant à lui, des raisons géopolitiques. Il inscrit l’opération militaire française Sangaris dans la continuité des interventions militaires de la France dans ses anciennes colonies. Mardi matin, l’armée française annonçait officiellement le décès de deux de ses soldats après des combats à Bangui. Décryptage.

CENTRAFRIQUE: HERITAGE DE LA FRANCAFRIQUE ? (http://www.tv5.org) dans REFLEXIONS PERSONNELLES 600_254319_vignette_6728740-centrafrique-a-bangui-on-nous-tue-comme-des-animaux
(Hélène Février)
Quel est l’intérêt pour la France
d’intervenir aujourd’hui en Centrafrique ? 

Même s’il y a des massacres en cours, la cause humanitaire n’est pas le but de cette intervention. En réalité, l’humanitaire sert de prétexte à l’intervention militaire. Et d’ailleurs, les humanitaires de terrain eux-mêmes se démarquent de ces prétextes. Il faut, par ailleurs, écarter l’intérêt économique. La Centrafrique est le 4e pays le plus pauvre au monde. Il dispose, certes, de ressources en diamants mais ce n’est pas non plus une cause d’intervention. Non, en réalité, l’intérêt est uniquement géopolitique.

Pouvez-vous préciser ? 

Il y a tout d’abord une explication large, à replacer dans toute la zone d’influence française et dans les 50 interventions françaises en Afrique Subsaharienne depuis les indépendances. Du point de vue diplomatique, cela donne à la France, qui est une puissance moyenne, une quarantaine de votes quasi automatiques de nos « clients » africains aux Nations unies, une zone d’influence monétaire, via le franc CFA, et économique à travers les matières premières, dans certains pays – même si, encore une fois, ce n’est pas le cas de la Centrafrique.
En fait, la crainte est que ce pays se transforme, non pas en une zone terroriste – ce n’est pas parce que des djendjaouis soudanais sont présents que l’on peut parler de nouveau Djihad, il s’agit avant tout de mercenaires- mais en une zone de non-droit qui, petit à petit, entraînerait tous les États alentours dans ce conflit. Par exemple, le Cameroun, mais surtout le Tchad, dont la dictature est une alliée militaire (on l’a vu au Mali), le Soudan, l’immense RDC… Bref, une propagation de l’instabilité par delà les frontières qui concernerait toute la région, une sorte de « nouvelle » première guerre continentale africaine des années 90 autour de la RDC. C’est cela, le danger militaro-politique à long terme si l’on n’intervient pas.

Il y a ensuite une explication liée à la Centrafrique elle-même. C’est le pays du couronnement de Bokassa, sous l’égide des Français puis, ensuite, de la déposition du même empereur lors de l’opération « Barracuda » menée par l’armée française. Avec ou sans mandat de l’ONU, la France a toujours fait à peu près ce qu’elle voulait en Centrafrique. Ce qui explique qu’il n’y ait ni armée, ni pouvoir politique « présentables » reconnus et légitimés par des élections transparentes. C’est un pays d’interventionnismes à répétition. Et, même, en admettant que le pouvoir actuel soit plein de bonnes intentions, son intervention contribue à miner la légitimité de l’État centrafricain que l’on veut protéger.

Zoom:

Un avion de l’armée française au Mali le 1er novembre 2013 / Photo AFP
La Centrafrique serait-elle donc un nouvel avatar
du fiasco de la Françafrique ?

Il y a actuellement un discours de rupture avec la Françafrique et les interventions néo-coloniales. Et une volonté de mettre les Africains en avant et de venir en appui. C’était l’idée avancée par Hollande fin 2012 au Mali. Mais, pour de nombreuses raisons, cela ne fonctionne pas. Notamment parce que les armées africaines sont encore très faibles, dépourvues de matériel, de capacités offensives. Et donc, bon gré, mal gré, c’est encore une fois l’armée française qui intervient et se retrouve au premier plan. Cette théorie de changement dans les interventions militaires menées en Afrique est un échec aussi bien au Mali qu’en Centrafrique. Même si l’on accorde à François Hollande, en tant qu’individu, la volonté de se démarquer de la période précédente, une grande continuité demeure dans les faits.

Si en Côte d’Ivoire et en Libye, les populations apparaissaient

divisées sur la légitimité de l’intervention française, au Mali et

en Centrafrique les troupes françaises n’étaient-elles pas plutôt

réclamées ?  

Oui, c’est vrai. Mais la semaine dernière, le président malien, Ibrahim Boubacar Keïta, a dénoncé, dans une interview, le fait que les troupes françaises empêchaient le Mali de rétablir l’autorité de l’Etat à Kidal. Il a par ailleurs évoqué un « reflux de l’enthousiasme envers la France dans la population malienne  qui avait applaudi l’intervention française au début de l’année. »
En Centrafrique, il est indéniable que, pour l’heure, les troupes françaises sont très bien accueillies. Du moins, parmi les adversaires des rebelles qui ont conquis la capitale et le pays. La question est de savoir si cela va se maintenir sur le long terme. A l’avenir, quel camp va soutenir l’armée française ? Va-t-elle appuyer le président auto-proclamé Djotodia et la Séléka, ou au contraire, les partisans de l’ancien président Bozizé qui ont beaucoup de sympathie dans la capitale et dans 80% du pays. Il risque d’y avoir un camp favorisé et donc une attitude critique envers l’armée et le pouvoir français de la part du camp qui n’aura pas été soutenu. Mais du moment que les troupes françaises mettent fin aux massacres, perpétrés par les milices, ce que nous espérons, elles seront  bien accueillies par la population.

Zoom:

Armée française en Centrafrique / Photo AFP
Pourquoi la France est-elle si seule dans cette intervention
militaire ?

Depuis le désastre de l’intervention américaine à Mogadiscio, en Somalie, les États-Unis n’ont aucune envie d’entrer avec des troupes au sol en Afrique.

Des bombardements aériens, des drones oui mais envoyer des troupes au sol, hors de question. Ce qui est encore plus curieux, c’est qu’aucune des grandes puissances européennes disposant d’armées ne veut intervenir au côté de la France.

Ils apportent une aide ponctuelle, ils fournissent de la logistique aérienne comme la Grande Bretagne par exemple. Quant à l’UE, elle apporte certes un financement mais qui est très réduit pour une opération de ce type.

Au mieux, ces pays estiment qu’il y a une répartition des tâches c’est à dire qu’ils confient, de manière informelle, à la France les interventions dans son ancien pré-carré. Et au pire, si vous lisez la presse anglo-saxonne, ils considèrent qu’il s’agit d’une continuité d’interventions militaires à répétition de la France dans ses anciennes colonies. Chaque intervention étant identifiée par les anglo-saxons et les européens comme de nature néo-coloniale pour mettre tel ou tel pouvoir en place et repousser telle ou telle rébellion. Peut être que via les médias français, les militaires et les politiques en France ne s’en aperçoivent pas. Mais tant en Europe qu’en Afrique, c’est le sentiment général. D’où le manque d’enthousiasme d’autres pays européens à intervenir à nos côtés.

Croit-on vraiment que c’est par lâcheté ou ignorance que pas un seul grand pays européen n’a accompagné nos armées en Côte d’Ivoire, au Mali ou en Centrafrique ?
De telles interventions sont impensables par exemple pour la Grande-Bretagne au Zimbabwe. Tony Blair détestait cordialement Mugabe et réciproquement, mais pour autant, une intervention militaire britannique au Zimbabwe même de manière indirecte, par le biais  d’aide aux mouvements de rébellions ou  au mouvement démocratique armée anti-Mugabe était impensable. J’en conclus donc, malheureusement, que la France est en retard  d’une décolonisation, tant par ses interventions militaires que par ses bases permanentes.

Zoom:

François Hollande lors de l’interview à TV5Monde, France 24 et RFI
Au cours d’une interview accordée samedi 7 décembre 2013 à
TV5MONDE, François Hollande a annoncé qu’un des objectifs
des troupes françaises était de permettre aux autorités
centrafricaines d’apaiser les tensions et d’assurer la sécurité du
territoire. Qui sont « les autorités » ?

C’est tout le problème. S’agit-il du Président Michel Djotodia,  à l’origine du renversement de mars dernier, qui n’a pas d’autorité sur la Séléka ? Ou bien s’agit-il du Premier ministre Nicolas Tiangaye et d’autres opposants plus « présentables » que Djotodia ?
Allons-nous assister à une sorte de coup d’État au sommet du pouvoir par les forces françaises, une mise sous tutelle informelle ? Ce qui, à mon avis, serait assez désastreux.
Dans le cas du Mali, la sortie de crise a été une élection incontestable du président IBK. Et en quelque sorte, cela a marqué la fin d’un État fantôme, failli, avec à sa tête un président fantoche. Mais je suis septique sur les possibilités d’application de ce modèle en Centrafrique.

Justement, au cours de cette même interview, François

Hollande a annoncé l’organisation d’élections en Centrafrique

avant 2015…

Voyez le paradoxe, les élections sont annoncées non pas par les acteurs politiques nationaux eux-mêmes mais par le président français ! Par ailleurs, il y a là un discours un peu ritualisé qui consiste à dire : « Non ce n’est pas la Françafrique, oui nous allons partir rapidement. Vous verrez, des élections vont avoir lieu et tout va se dérouler parfaitement. » Et puis il y a les réalités : la présence de 1600 soldats français, dont le nombre devra probablement être accru, non pas pour 6 mois comme initialement annoncé pour faire passer l’intervention, mais  pour « le temps qu’il faudra ».

http://www.tv5.org/cms/chaine-francophone/info/Les-dossiers-de-la-redaction/Centrafrique/p-27007-Centrafrique-heritage-de-la-Francafrique-.htm
Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 11 décembre, 2013 |1 Commentaire »

CENTRAFRIQUE: L’OPERATION FRANCAISE « SANGARIS » EST LANCEE…LES AVIONS RAFALE AVEC LEURS ARMES A L’URANIUM « APPAUVRI » AUSSI ! (Thierry LAMIREAU / lesoufflecestmavie.unblog.fr / Cordélia BONAL / Maria MALAGARDIS / AFP / Libération / Alain BARLUET / Le Parisien.fr / Le grandsoir.info / Capitaine MARTIN /)

La France intervient en Centrafrique:

Les Avions RAFALE

commencent leurs attaques…

avec, comme toujours,

des armes

à l’URANIUM

« APPAUVRI » !

Pour arrêter des crimes contre l’Humanité,

la France va commettre…

des crimes contre l’Humanité !…

en utilisant des armes

à l’URANIUM « APPAUVRI » !

Et la presse, comme toujours, respectera l’OMERTA…

et se taira !

Les forces françaises en Afrique

Centrafrique:

Pourquoi la France intervient

Des soldats français à Bangui ce jeudi.
                (Photo: Des militaires français à Bangui / 
Emmanuel BRAUN / Reuters)
DÉCRYPTAGE

Où se trouve ce pays ? Qui est l’ennemi ? Le conflit est-il religieux ? Tout comprendre de l’intervention militaire française qui vient de débuter après l’annonce du président de la République.

carte situ bangui centrafrique

L’opération «Sangaris» – du nom d’un petit papillon rouge éphémère– a commencé. Lors d’une courte intervention télévisée, le Président de la République François Hollande a annoncé, jeudi 5 décembre 2013, une action militaire «immédiate».

Ce jeudi, les tirs ont retenti et fait plusieurs dizaines de morts à Bangui, la capitale de la Centrafrique. Le Conseil de Sécurité de l’ONU a donné dans l’après-midi son feu vert à l’intervention et les militaires devraient maintenant entrer en action. Sept questions pour comprendre l’intervention française sur cette ex-colonie située au centre de l’Afrique.

LA CENTRAFRIQUE, QU’EST-CE QUE C’EST ?

C’est un pays de forêts et de brousse un peu plus grand que la France, en plein milieu du continent africain (comme son nom l’indique). Ex-colonie française, le pays est indépendant depuis 1960 et en crise chronique depuis. Les deux langues officielles y sont le sango et le français. La population est de 4,5 millions d’habitants seulement, en grande majorité des chrétiens, mais aussi des musulmans, surtout au nord.

La majeure partie du pays – à l’exclusion de la capitale Bangui, située à l’extrême sud du pays, à la frontière avec la République démocratique du Congo (RDC) – est abandonnée depuis des années par l’Etat et la proie de bandes armées. Pays très pauvre et corrompu, la République centrafricaine a pourtant des ressources importantes, y compris du pétrole et des diamants. Des gisements mal évalués et encore peu exploités mais qui représentent un enjeu potentiel dans le conflit en cours.

POURQUOI LA FRANCE S’ENGAGE-T-ELLE ?

Paris va tenter d’enrayer le chaos en cours. Plus d’1,5 million de Centrafricains, soit un tiers de la population, ont besoin d’aide de toute urgence. Pour échapper aux machettes et aux kalachnikovs, des dizaines de milliers de familles se cachent dans la brousse. L’actuel président, Michel Djotodia, n’a plus aucun pouvoir. L’objectif est donc humanitaire et sécuritaire. Il est aussi stratégique. Le vide sécuritaire risque de déstabiliser toute la région. L’enjeu tient à la position de la Centrafrique, enclavée entre le Cameroun, le Tchad, le Soudan et la République démocratique du Congo. La France veut éviter le scénario d’une vaste zone de non-droit ouverte à tous les trafics et base arrière potentielle de groupes islamistes.

QUI EST L’ENNEMI ?

Contrairement au Mali où la cible était claire (les jihadistes), la situation est plus complexe en Centrafrique. Dans le rôle des méchants, on trouve la Séléka («alliance», en sango), groupe armé qui a beaucoup recruté ces derniers mois. Créée en décembre au nord du pays, la Séléka a conquis la moitié de la Centrafrique en quelques semaines, semant la terreur et pillant à tout va. C’est elle qui a renversé en mars le président François Bozizé. Mais la Séléka est un groupe hétéroclite de «rebelles» locaux et de mercenaires venus des pays voisins. Sa stratégie et ses objectifs sont difficiles à cerner, et ses bandes ne semblent pas se coordonner. Face à elles, des milices «anti-balakas» («anti-machettes») se sont constituées, au départ pour s’en défendre. Mais elles s’en prennent aussi à des civils et alimentent le cycle de la violence.

Seleka fighters roll marijuana as their commander, General Yaya, meets with Multinational Force of Central Africa (FOMAC) peacekeepers at the FOMAC camp in Bossangoa, Central African Republic, November 25, 2013. With the country slipping deeper into chaos, former colonial power France plans to boost its force there to around 1,000 troops to restore law and order until a much bigger African Union force fully deploys. The land-locked country has been gripped by violence since the mainly Muslim rebels, many of

Des hommes de la Séléka le 25 novembre 2013 à Bossangoa, dans l’ouest du pays.

 (Photo: Joe Penney. Reuters)

LE CONFLIT EST-IL RELIGIEUX ?

Non, mais il le devient. Jusqu’à présent, les différentes communautés ont toujours vécu en bonne entente. Mais l’arrivée de la Séléka, dont les hommes sont en majorité musulmans (pratiquants ou non), a exacerbé le sentiment d’appartenance religieuse. Les milices d’autodéfense, à dominante chrétienne, ont commencé à s’attaquer à des musulmans civils en représailles des exactions commises par la Séléka. Ce mardi, au moins douze éleveurs peuls musulmans ont été tués à la machette près de Bangui par des milices formées essentiellement de chrétiens.

LA FRANCE ENVOIE COMBIEN D’HOMMES ?

1 200 soldats. 400 militaires français étaient déjà en place, l’armée française ayant maintenu ces dernières années une présence à Bangui. 200 autres sont arrivés ces derniers jours. Dans les jours qui viennent, une dizaine de rotations d’avions gros porteurs Antonov 124 achemineront le matériel nécessaire à l’installation du contingent français.

French soldiers stand guard during a patrol to check on the safety of French nationals in Bangui November 29, 2013. REUTERS/Joe Penney (CENTRAL AFRICAN REPUBLIC - Tags: MILITARY POLITICS) - RTX15XP9

Une patrouille française, à Bangui, le 29 novembre 2013.

(Photo Joe Penney. Reuters)

D’AUTRES PAYS VONT-ILS PARTICIPER À L’INTERVENTION ?

La France, qui en a assez de jouer les gendarmes de l’Afrique et rechigne à être seule en première ligne, intervient officiellement en appui de la Mission internationale de soutien à la Centrafrique (Misca). Celle-ci compte à ce jour 2 450 hommes en Centrafrique, pour l’essentiel des soldats tchadiens, camerounais, congolais et gabonais, déployés à Bangui, mais aussi dans le nord-est du pays. L’objectif est de porter ses effectifs à 3 600 – 4 000 hommes au premier semestre 2014.

COMBIEN DE TEMPS VA-T-ELLE DURER ?

L’intervention armée devrait durer de quatre à six mois, le temps de sécuriser Bangui et les principaux axes du pays, selon le ministère de la Défense. La résolution de l’ONU donne néanmoins mandat à la Misca pour se déployer durant «une période de douze mois». Restera ensuite le plus long : pacifier durablement le pays et assurer la transition politique. Chantier dans lequel Paris se garde bien de s’engager pour le moment.

(Cordélia BONAL)

L’armée française

lance son opération « Sangaris »:

Bangui craint de nouvelles tueries

(AFP)
Patrouille de soldats français à Bangui le 29 novembre 2013.
Patrouille de soldats français à Bangui le 29 novembre 2013.
(Photo: Joe Penney. Reuters)

Les militaires se sont déployés dans la capitale centrafricaine alors que des nouveaux tirs ont été entendus dans la nuit de jeudi à vendredi.

L’armée française a lancé son opération en Centrafrique avec un renforcement dans un premier temps des patrouilles dans Bangui, qui présentait vendredi matin un visage de ville morte après les massacres de la veille. «L’opération a commencé» et les forces françaises présentes en Centrafrique «ont développé des patrouilles dans Bangui», a affirmé vendredi le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian.

Dans les rues de Bangui, sous l’orage et la pluie, où toute circulation de véhicules civils est interrompue depuis jeudi, aucun déploiement massif des troupes françaises n’était visible en début de matinée.

Comme chaque jour, des patrouilles circulent sur les principaux boulevards de la capitale. Des détachements de la force africaine (Misca) étaient eux aussi postés à leurs emplacements habituels. En revanche, contrairement à la veille où ils avaient patrouillé la ville toute la journée, les pick-up bondés de soldats centrafricains se faisaient discrets.

Des tirs sporadiques d’armes automatiques ont été entendus dans la nuit de jeudi à vendredi dans plusieurs quartiers, selon des habitants. «On ne sait pas pourquoi ils tiraient. On n’a pas entendu parler d’incidents», a expliqué un habitant du quartier de Ben Zvi.

Aucun bilan d’éventuelles victimes de ces tirs qui, par endroits, ont cessé à l’aube, n’était disponible dans l’immédiat, après une nuit pendant laquelle la grande majorité de la population craignait qu’elle ne soit l’occasion de nouvelles tueries. Malgré la levée du couvre-feu à 6 heures, les rues étaient totalement vides en début de matinée et la quasi-totalité des commerces restaient fermés.

A LIRE AUSSI:

La Centrafrique est «au bord du génocide»

OBJECTIF:

UN «MINIMUM DE SÉCURITÉ»

Après le feu vert de l’ONU à une opération conjointe de forces africaines et françaises pour rétablir la sécurité, le président français, François Hollande, avait annoncé dès le soir une action militaire «immédiate» en Centrafrique. «Une compagnie est arrivée de Libreville hier soir, et aujourd’hui un détachement d’hélicoptères sera sur zone», a indiqué Le Drian. Une compagnie de l’armée française comprend généralement quelque 150 hommes.

La mission des militaires français, en appui de la force africaine sur place, est d’assurer «une sécurité minimum, permettant à une intervention humanitaire de se mettre en œuvre, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui». Elle passe «par la sécurisation des rues, des itinéraires principaux pour permettre aux gens d’aller même à l’hôpital», a-t-il souligné.

Jeudi, avant à l’aube, de violents affrontements ont éclaté dans le nord de la capitale. «Des groupes armés ont lancé une offensive sur la ville. Les forces de l’ex-Séléka [ex-rébellion, au pouvoir, ndlr] ont rétorqué», selon Médecins sans frontières (MSF). Dans l’après-midi, au moins 54 cadavres étaient rassemblés dans une mosquée du centre-ville, et 25 cadavres gisant dans les rues voisines, abandonnés sur le bas-côté. Les corps portaient des marques de blessures à l’arme blanche et par balles. A l’hôpital communautaire de Bangui, MSF avait recensé 50 morts en fin de journée.

La Centrafrique est plongée dans le chaos et un engrenage de violences communautaires et interreligieuses entre chrétiens et musulmans depuis le renversement en mars du président François Bozizé par une coalition hétéroclite à dominante musulmane, la Séléka, dirigée par Michel Djotodia, qui l’a ensuite dissoute, tout en intégrant une partie de ses combattants dans les nouvelles forces de sécurité.

AFP

Jeux d’ombre en Centrafrique

Des soldats congolais de la Force multinationale en Centrafrique, à Bossangoa, mardi.
Des soldats congolais de la Force multinationale en Centrafrique, à Bossangoa.
(Photo: Joe Penney / Reuters)
ANALYSE

Dans un pays dont une large partie du territoire échappe au contrôle de Bangui, certains cherchent à sauver leur mise tant qu’il en est encore temps.

Qui parle avec Michel Djotodia ? Alors qu’une intervention africaine et française se prépare en Centrafrique avec la bénédiction de l’ONU, le Président de transition apparaît de plus en plus isolé. Certains de ses proches de passage à Paris ne savent même pas à qui il faut s’adresser à l’Elysée ou au Quai d’Orsay pour évoquer la situation en Centrafrique. Les autorités françaises, visiblement, préférent dialoguer directement avec le Premier Ministre, Nicolas Tiangaye, reçu lundi par Laurent Fabius et seul représentant du nouveau pouvoir centrafricain invité au sommet du 6-7 décembre consacré à la sécurité en Afrique.

Avocat et opposant politique, ex-président de la Ligue centrafricaine des droits de l’Homme, Nicolas Tiangaye était déjà Premier ministre dans le dernier gouvernement d’union nationale mis en place en janvier par François Bozizé, juste avant que ce dernier ne soitrenversé en mars par une coalition hétéroclite de groupes rebelles, la Séléka («l’Alliance»), laquelle offrira à Michel Djotodia d’accéder au pouvoir.

Aujourd’hui ce dernier est donc plus que fragilisé, réellement ostracisé par la communauté internationale. Il n’a jamais été reconnu par l’Union africaine, ni par la France qui se prépare à intervenir en Centrafrique. Certes, Michel Djotodia, un temps diplomate au Soudan, n’a pas réussi à ramener la sécurité dans son pays neuf mois après son arrivée. Un échec réel mais qui ne doit pas faire oublier que dans ce pays qui connaît aujourd’hui des affrontements intercommunautaires d’une ampleur inédite, la dérive est ancienne : dans de larges parties du territoire national, grand comme deux fois la France, l’ordre et la sécurité sont depuis de nombreuses années des notions théoriques.

FORCES AMÉRICAINES

L’extrême nord du pays qui jouxte le Soudan et le Tchad a ainsi été baptisé «le triangle des Bermudes» par les humanitaires présents en Centrafrique : «une zone sans routes, sans sécurité, où personne ne sait ce qu’il se passe», confiait ainsi le responsable d’une ONG à Bangui en septembre.

A l’Est, une autre vaste zone échappe également à tout contrôle. C’est là qu’aurait trouvé refuge Joseph Kony, le sinistre leader de l’Armée de résistance du Seigneur, un mouvement mystique et sanguinaire né en Ouganda à la fin des années 80. Le Président Djotodia a affirmé la semaine dernière être en négociation avec le vieux leader supposé malade de cette rébellion. Sans convaincre l’ONU et surtout Washington qui depuis 2008 offre cinq millions de dollars de récompense pour sa capture.

Or à Bangui, nombreux sont les observateurs persuadés que des forces américaines et ougandaises sont à pied d’œuvre depuis lontemps dans l’Est de la Centrafrique. Avec réticence, certains proches du pouvoir actuel centrafricain reconnaissent également que la nouvelle rébellion qui a renversé Bozizé n’a jamais pu avoir accès à toute la zone. Ces informations, qui ne sont pas vérifiées, soulignent cependant la complexité d’un pays qui reste un vaste no man’s land où personne ne sait réellement ce qui se passe en dehors de la capitale.

PÉTROLE

Une réalité d’autant plus inquiétante que la Centrafrique, pays gigantesque et sous-peuplé (4,5 millions d’habitants) est aussi misérable que potentiellement très riche : or, diamants, mais aussi pétrole aiguisent les appétits. La fragilité du pouvoir actuel renforce ainsi une tendance «chez certains à prendre leur part du gâteau tant qu’il est encore temps» affirme un bon connaisseur du pays. Rien de nouveau sous le soleil centrafricain : depuis son indépendance en 1960, ce pays a connu un record de coups d’Etat et de rébellions armées qui ont toujours fait prospérer les trafics au bénéfice d’une minorité.

Aujourd’hui, dans l’entourage de l’actuel Président, qui affirme toujours vouloir se retirer en 2015, on redoute que l’intervention onusienne en préparation ne provoque en réalité un nouveau changement de régime. Mais le véritable homme fort du pays ne se trouve peut-être pas au Palais présidentiel : Nourredine Adam, un officier qui a fait ses classes en Israël et a servi à Abou Dhabi, semble être le seul à avoir encore quelque autorité sur les seigneurs de guerre qui ont pris le pouvoir en mars. Or, après avoir été ministre de la Sécurité, il a cédé sa place pour un poste plus discret : la direction des renseignements intérieurs. Une carte essentielle dans un pays qui semble parfois aussi impénétrable que la forêt qui entoure une capitale aux allures de ville du Far West.

Maria MALAGARDIS

Sangaris: 

Prise à partie sur l’aéroport de Bangui

Dans la journée du 5 décembre 2013, alors qu’elles sécurisaient l’accès à l’aéroport de M’Poko sur lequel se sont réfugiés près de 2000 centrafricains pour fuir les combats, les forces françaises ont été prises à partie à trois reprises par un pick-up armé. Au troisième tir, les militaires français ont riposté détruisant le véhicule. Cette prise à partie n’a fait aucun blessé du côté des militaires français, ni des civils venus chercher leur protection.

Centrafrique:

Les violences ont fait au moins 300 morts

 (LIBERATION)  

23 heures. Washington a salué le «leadership» de l’armée française en Centrafrique, où elle vient de renforcer la force panafricaine pour tenter de rétablir la sécurité dans le pays, en proie à l’anarchie et aux violences inter-religieuses. «Nous sommes certains que le puissant leadership de la France qui a envoyé 800 soldats supplémentaires sur le terrain et son soutien à la force panafricaine présente en Centrafrique (Misca) envoient à toutes les parties le message clair que la violence doit cesser», a déclaré la porte-parole adjointe du département d’Etat Marie Harf. 

«Nous sommes profondément inquiets par la montée en puissance des violences en Centrafrique, qui entraîne une crise humanitaire de plus en plus grave et augmente le risque de massacres de masse», a prévenu Marie Harf dans un communiqué. Les Etats-Unis ont promis de fournir près de 40 millions de dollars d’aide en équipements, entraînements et soutien logistique à la Misca.

22h20. Les violences qui ont éclaté jeudi matin à Bangui, dégénérant en tueries, ont fait au moins 300 morts, a indiqué un responsable de la Croix-Rouge centrafricaine, sous couvert d’anonymat. En comptabilisant les corps déposés dans les morgues des hôpitaux, dans des lieux de culte et ceux ramassés dans les rues de la ville par les équipes de la Croix-Rouge, le bilan provisoire s’élève à 281 tués, a ajouté ce responsable, en soulignant que les secouristes n’avaient pu accéder vendredi avant le couvre-feu à tous les quartiers touchés par les violences où de nombreux corps restent à ramasser selon les témoignages d’habitants.

19h30. Le secrétaire général de l’ONU Ban ki-moon lance un «appel urgent» à protéger les civils. Le Bureau intégré des Nations unies pour la consolidation de la paix en RCA (Binuca) «a signalé que les tueries avaient continué pendant la nuit (de jeudi à vendredi) faisant augmenter le bilan» des victimes.

18h45. Selon l’état-major des armées à Paris,deux Rafale français décollant de N’Djamena, au Tchad, ont effectué deux «passages de dissuasion» au-dessus de Bangui, vers 10 heures et 18 heures, où la situation demeure «tendue». Trois hélicoptères Puma en provenance du Cameroun ont rallié Bangui après plusieurs heures de vol. Paris est en train de mettre en place un groupement aéroterrestre à Bangui. D’autres hélicoptères pourraient venir renforcer ce dispositif dans les prochaines heures.

18 heures. Joanna Mariner, membre de l’équipe d’Amnesty international à Bangui, interrogée par l’agence Reuters, cite des témoignages qui semblent attester d’exactions en cours à Bangui. Dans le quartier PK12, des hommes de la Séléka ont tué plusieurs personnes lors de raids dans des maisons, dit-elle. Un témoin raconte également que la Séléka fait des raids «maison par maison». «Ils tuent les gens. Ils traitent tout le monde d’anti-balaka [les milices de défense].»

17h30. L’Etat-major des armées relate dans un communiqué publié sur Internet un accrochage survenu jeudi entre les soldats français et des hommes armés : «Dans la journée du 5 décembre, alors qu’elles sécurisaient l’accès à l’aéroport de M’Poko sur lequel se sont réfugiés près de 2000 Centrafricains pour fuir les combats, les forces françaises ont été prises à partie à trois reprises par un pick-up armé. Au troisième tir, les militaires français ont riposté détruisant le véhicule. Cette prise à partie n’a fait aucun blessé du côté des militaires français, ni des civils venus chercher leur protection.»

16h30. Marie-Elisabeth Ingres, chef de mission adjointe de Médecins sans frontières (MSF) à Bangui, travaille à l’hôpital communautaire de la capitale centrafricaine. Elle raconte la tension des deux derniers jours : «Depuis jeudi matin, on a soigné plus de 170 blessés. Une bonne soixantaine de cas graves demandaient une intervention chirurgicale. Souvent, il s’agit de plaies aux bras et aux jambes, causées par des armes à feu ou des armes blanches. Quand on est venu à l’hôpital ce matin, les rues de la ville étaient complètement vides, et des soldats français étaient postés devant le bâtiment. J’ai aussi cru comprendre que plusieurs milliers de personnes se sont regroupées à l’aéroport [occupé par des soldats français, ndlr], surtout des femmes et des enfants. Cela demande une confirmation plus précise, mais nos collègues de MSF sont là-bas pour apporter leur aide.»

16 heures. La présidence centrafricaine a demandé vendredi à toutes les forces de défense et de sécurité de regagner leurs casernes, autorisant seules les forces panafricaine, française et la sécurité présidentielle à patrouiller dans Bangui. Les 1 200 soldats français présents à terme auront à leur côté les hommes de la Misca (Cameroun, Congo, Gabon, Tchad). Cette force, qui doit compter jusqu’à 3 600 hommes, n’en rassemble pour l’instant qu’environ 3 000, mal équipés et mal entraînés.

14h30. Dans une interview au site Internet du Monde, Nicolas Tiangaye, Premier ministre de la République centrafricaine, estime que la priorité de l’opération menée par la France est de «sécuriser Bangui, les grands axes économiques que sont le corridor Bangui-Douala et Beloko-Bangui et d’autres corridors secondaires».

14h15. Ce reportage d’Al-Jezira montre les rues de Bangui jeudi, alors que la capitale centrafricaine était agitée par de violents affrontements. Attention, certaines de ces images peuvent choquer.

14 heures. Médecins sans frontières (MSF) recense 92 morts et 155 blessés en deux jours dans un hôpital de Bangui. «Hôpital communautaire : 155 blessés en deux jours, 92 morts à la morgue», indique un bref message de MSF transmis à l’AFP. L’ONG, qui a une antenne médicale et chirurgicale dans cet établissement, ne peut préciser si les corps déposés vendredi matin à la morgue étaient des victimes tuées dans la nuit, ou ceux de cadavres abandonnés dans les rues jeudi après les massacres.

12h30. Selon notre journaliste Thomas Hofnung, citant une source bien informée, des exactions se sont poursuivies la nuit dernière dans plusieurs quartiers de Bangui, où des tirs ont été entendus. Ces violences auraient été commises par des hommes de la Séléka, le mouvement qui a pris le pouvoir en mars, en représailles aux attaques de jeudi. Ce matin sur RFI, le ministre de la Défense Jean-Yves le Drian avait assuré que les soldats français patrouillent dans Bangui et que la nuit avait été calme.

12 heures. D’après France 2«des ex-rebelles de la Séléka ont tenté, jeudi, de pénétrer sur l’aéroport défendu par les soldats français» à Bangui. Les militaires ont détruit le pick-up et tué ses occupants. L’information a été confirmée officiellement par l’état-major. Jeudi, «à l’aube, un pick-up armé a ouvert le feu à trois reprises en direction de ces civils et des troupes françaises. A la troisième ouverture du feu, on a riposté et on a détruit le véhicule». Par ailleurs, RFI relate qu’une colonne de 350 soldats français stationnés au Cameroun est sur le point de passer la frontière de la république centrafricaine.

11h45. L’Union européenne a décidé de débloquer 50 millions d’euros supplémentaires pour la Centrafrique, après le lancement de l’opération française dans ce pays, a annoncé le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso. Il a précisé que cette contribution s’ajoutait aux 225 millions d’euros versés au titre de l’aide au développement et à 20 millions d’euros d’aide humanitaire.

11 heures. Europe Ecologie-les Verts demande un vote au parlement sur l’action militaire française en Centrafrique, soulignant que l’intervention doit être «européenne et non uniquement française». Un débat sur l’intervention en Centrafrique aura lieu mardi après-midi, simultanément à l’Assemblée nationale et au Sénat, après une réunion entre le Premier ministre Jean-Marc Ayrault et les principaux responsables du Parlement.

10h30. Différents témoins font état d’un survol de Bangui par des avions de chasse français. La situation reste néanmoins très tendue dans les rues de la capitale.

Ce matin. Le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian assure sur RFI que la France sera en Centrafrique «pour un moment court», possiblement six mois. Les objectifs français – sécurisation du pays, aide au déploiement de la force multinationale africaine – sont-ils atteignables dans ce laps de temps ? «Ce n’est pas exclu», selon Le Drian. Un prolongement est-il envisageable ? «Ce n’est pas dans la logique de ce que nous avons décidé, (de ce) qu’a décidé le président de la République, c’est une phase transitoire», a répondu le ministre.

En Centrafrique, les soldats français agiront en soutien d’une force panafricaine, sous-équipée et mal formée, qui s’est avérée incapable de rétablir l’ordre dans un pays plongé dans le chaos depuis le renversement en mars du président François Bozizé.

LIBERATION

Le Ministre de la Défense Le Drian:

«L’intervention française en Centrafrique

a commencé»

(Alain Barluet)

Un homme porte une hache dans les rues de Bangui.
 
Le Ministre de la Défense Le Drian a mis en garde contre les «violences confessionnelles» dans le pays.
«Les forces françaises ont développé des patrouilles dans Bangui et la nuit a été calme», selon Jean-Yves Le Drian. Au lendemain du coup d’envoi donné jeudi soir par François Hollande, peu après le vote d’une résolution Conseil de sécurité de l’ONU, le ministre français de la Défense a annoncé vendredi matin sur RFI que «l’intervention française a commencé».

Le ministre a confirmé l’arrivée, jeudi soir, de renforts français en provenance de Libreville, au Gabon, ainsi que d’un détachement d’hélicoptères, durant la journée de vendredi. Ils renforceront les quelque 600 militaires français présents à Bangui ces derniers jours. François Hollande a évoqué jeudi soir le doublement de ces effectifs «dans les prochains jours, sinon dans les prochaines heures». «Des exactions horribles ont entraîné une réaction très forte de la communauté internationale», a t-il relevé.

«Pour sécuriser, il faut désarmer et cantonner», a expliqué Jean-Yves Le Drian, en indiquant que la mission «limitée dans le temps» des militaires de l’opération française «Sangaris» visait d’abord à faire comprendre aux «vandales, aux brigands et aux milices que les rues de Bangui ne peuvent pas être utilisées comme des champs de bataille». Parallèlement, a rappelé le ministre, l’autre objectif consiste à accompagner la montée en puissance de la Mission internationale de soutien à la Centrafrique (Misca), afin que celle-ci puisse «assurer la sécurité du pays et préparer la transition politique».

Pour le ministre français, le nombre des groupes armés est «variable selon les moments et peu identifiable». «Les gens sont mêlés à tel ou tel groupe sans que l’on en sache bien l’origine». Leurs motivations, «peut-être parfois politiques» tiennent pour beaucoup aux «rapines et aux violences gratuites». «Il faut maîtriser les violences confessionnelles» très préoccupantes qui sont apparues ces derniers jours, a toutefois insisté Jean-Yves Le Drian, qui n’a pas exclu des résistances.

 Les militaires français de «Sangaris»

à pied d’œuvre

(Alain Barluet)

Des soldats français, mardi à Douala, au Cameroun, où un navire militaire a transporté 350 hommes et des véhicules de combat dans le cadre de l'opération prévue en Centrafrique.
«Sangaris», ce papillon exotique qui prête son nom à l’intervention militaire française en Centrafrique, est sur le point de prendre son envol. «Tout est fin prêt, à Paris et à Bangui. On n’a plus qu’à appuyer sur le bouton», résume un haut chef militaire en expliquant que le millier d’hommes engagés dans l’opération n’attendent plus que le feu vert, jeudi, du Conseil de sécurité de l’ONU. Ou plus exactement celui de François Hollande, qui, en tant que chef des armées, donnera le top départ.

Car les Français, qui soutiendront la Mission internationale de soutien à la Centrafrique (Misca) - laquelle reprendra le flambeau de troupes africaines, le 19 décembre -, resteront sous commandement national. Dans l’entourage de Jean-Yves Le Drian, on indiquait, mercredi, que la dernière phase de la planification était en cours. L’accent est mis sur la collecte du renseignement. La phase active de l’intervention ne débutera vraisemblablement pas avant la fin du sommet sur la paix et la sécurité en Afrique, qui se tiendra vendredi et samedi à Paris. L’opération «Sangaris» pourrait durer de quatre à six mois.

Mission d’ordre sécuritaire et non de guerre !

À Bangui, les ultimes préparatifs se déroulaient aussi, notamment autour des pistes de l’aéroport international de M’Poko, «préparées» par les spécialistes du génie de l’air pour les rotations de gros-porteur Antonov. La logistique et les transmissions ont été «calées». Des éléments du 2e régiment d’infanterie de marine (Rima), débarqués à Douala du bâtiment Dixmude, ont été acheminés par train du Cameroun. Deux compagnies du 8e régiment de parachutistes d’infanterie de marine (Rpima), appartenant au détachement Boali présent en Centrafrique depuis 2003, constituent le socle des effectifs. Les 400 soldats stationnés à M’Poko avaient été rejoints, le week-end dernier à Bangui, par un peu plus de 200 militaires français supplémentaires.

Mission d’ordre sécuritaire et non de guerre à proprement parler, «Sangaris» devrait «faire l’effet d’un électrochoc et avoir des conséquences dissuasives», commente un officier général qui connaît bien la Centrafrique. La priorité demeure la sécurisation de Bangui, de ses alentours ainsi que des deux axes essentiels, vers la Cameroun et vers le Tchad. Au-delà du pays «utile», une large partie du territoire centrafricain restera hors du champ d’intervention des militaires français. Les ex-rebelles de la Séléka se sont peu aventurés au sud d’une ligne joignant les villes de Bossangoa, Bambari et Bria. À l’extrême est, aux confins du Soudan, entre Birao, au nord, et Obo, en pays pygmée, au sud, un vaste territoire a toujours été une zone de non-droit. Au sud du pays, autour de Bangassou, un contingent tchadien et un camerounais sont déjà présents. Les militaires français de «Sangaris» vont s’efforcer d’accompagner le déploiement de la Misca, à laquelle reviendra la tâche de contrôler une assez large partie du pays. Une forme de pari? «Tout dépendra de la façon dont les forces africaines vont pouvoir prendre en compte leur mission de sécurisation», commente une source militaire proche du terrain.

CENTRAFRIQUE: L'OPERATION FRANCAISE

Centrafrique:

Pourquoi l’appellation « Sangaris » ?

Attribuer un nom à une intervention militaire remonte à la Première guerre mondiale. Un nom autrefois donné par hasard qui, aujourd’hui, est davantage une « affaire de communication.
AFP

(Photo: AFP)

« Sangaris », l’intervention des forces françaises en Centrafrique, enrichit le lexique militaire d’un nom de papillon africain, une singularité qui a souvent moins à voir avec les préceptes d’un Clausewitz qu’avec les hasards du vocabulaire.

Des militaires français s’amusent de l’intérêt des médias, « depuis deux ou trois ans »,pour les appellations des opérations extérieures et leur genèse, de « Licorne » à « Serval » en passant par « Manta », « Daguet », « Harmattan » ou « Corymbe ». « J’en ai vu défiler des centaines de noms! », se souvient l’ex-général de brigade aérivenne Jean-Vincent Brisset, aujourd’hui directeur de recherche à l’Institut de relations internationales et stratégiques (Iris). « Je me souviens qu’un jour, moi l’aviateur, j’ai dû choisir un nom pour une petite opération navale : j’ai mis sur l’en-tête du document officiel un nom de poisson, et c’est parti comme ça! », raconte-t-il.

« Avant, le choix d’un nom était très largement le fait du hasard – on tirait au sort un nom dans le dictionnaire – ou de la culture personnelle du décideur. Maintenant, c’est beaucoup plus une affaire de communication, dans laquelle les politiques ont le dernier mot », relève l’ex-officier.

C’est le Centre de planification et de conduite des opérations (CPCO) de l’armée française, dévolu à la préparation des interventions extérieures, qui est chargé de choisir un ou des noms, les conseillers du président tranchant in fine.

Les Français optent pour la neutralité

En France, comme en Grande-Bretagne – où le tirage au sort est monnaie courante voire la création de néologismes à partir de syllabes -, le choix du nom obéit à plusieurs principes de base : « Il doit être neutre, pratique, mémorisable et facile à prononcer »,explique Jean-Vincent Brisset.Les Français ont coutume de recourir à des termes en rapport avec le monde animalier, la flore ou les caractéristiques géographiques de la zone d’intervention, qui ne heurtent pas les populations concernées. La mythologie – Artémis, Héraclès, Arès – est aussi prisée.

L’intervention en Libye, en mars 2011, fut baptisée « Harmattan », un vent chaud et poussiéreux d’Afrique de l’Ouest; le nom de poisson « Baliste » fut donné à une opération d’évacuation de ressortissants au Liban en 2006; le terme botanique « Corymbe » associé à une mission de la marine française aux large des côtes d’Afrique de l’Ouest.

Le papillon Sangaris

« Sangaris », un papillon rouge prisé des collectionneurs, s’est imposé pour l’intervention en Centrafrique, annoncée comme « courte »: « Un papillon, ce n’est pas méchant, ça ne dure pas très longtemps, c’est considéré comme joli et politiquement correct », souligne le directeur de recherches de l’Iris.

Le substantif doit être dénué de toute connotation négative. Ainsi les militaires se sont-ils gardés de choisir un papillon vert ou violet pour l’opération en Centrafrique, pays en proie à des heurts confessionnels entre chrétiens et musulmans. « La guerre ne va plus de soi en Occident, tuer représente un sujet tabou même chez les militaires, donc on recherche des euphémismes stylistiques », observe Eric Letonturier, chercheur à l’Institut des sciences de la communication du CNRS, spécialisé en sociologie militaire.

Pour autant, un mot inoffensif de prime abord peut receler des imprévus. L’opération « Serval » au Mali avait donné lieu à des commentaires acerbes, ce petit félin africain pouvant uriner 30 fois par heure pour marquer son territoire. « Pour les grosses opérations, les conseillers du président vont vérifier qu’il n’y ait pas de couac. Mais regardez ce qui s’est passé avec ‘Serval’… », note Jean-Vincent Brisset.

« Il se dit aussi que le Sangaris a une couleur fâcheusement rouge ‘sang’. Quel que soit le nom qu’on choisisse, si c’est le nom de quelque chose qui existe, on trouvera une connotation négative », poursuit-il.

« Beaucoup de gens ont glosé sur le fait que Licorne (nom de l’opération lancée en Côte d’Ivoire en 2002, NDLR) est le seul animal fabuleux qui ose s’attaquer à l’éléphant, mais c’était en fait le nom de la caserne d’où est partie la première opération! ».

La com des Américains

A l’inverse des Français ou des Britanniques, les Américains, qui ont introduit des noms de code durant la Seconde Guerre mondiale pour des raisons de sécurité (souvent des couleurs), obéissent désormais à des impératifs de communication, même s’ils utilisent depuis 1975 un système informatique (NICKA) générant annuellement des séquences aléatoires de deux lettres qui doivent constituer l’amorce des noms. (« UR » donna « Urgent Fury » pour l’invasion de la Grenade en 1983). « Il y a toujours une volonté de message chez les Américains, alors qu’il n’y en avait pas avant la guerre du Viêtnam »,note Jean-Vincent Brisset.

L’intervention américaine au Panama, en 1989, a manqué de s’appeler « Cuillère bleue » (« Blue spoon »). Le commandant des opérations, le général James Lindsay, s’insurgea alors : « Voulez-vous que vos petits-enfants racontent que vous étiez dans ‘la cuillère bleue’? », avait-il dit à l’état-major. L’opération fut finalement baptisée « Juste Cause », une connotation morale voulue par la Maison Blanche.

De fait, à partir des années 90, les militaires américains ont découvert le pouvoir symbolique des mots afin de l’emporter autant dans les esprits que sur le terrain : « Provide comfort » (littéralement « apporter du réconfort ») au secours des réfugiés kurdes au lendemain de la guerre du Golfe, « Uphold Democracy » en Haïti (« Faire respecter la démocratie ») de 1994 à 1995 après le renversement du président Aristide.

Parfois jusqu’à l’excès. L’opération « Liberté immuable » (« Enduring Freedom ») lancée contre Al Qaïda après les attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis devait initialement s’appeler « Infinite justice » (« Justice sans limite »), un mot d’ordre par trop vengeur rapidement écarté.

Une pratique née durant la Première guerre mondiale

L’influence politique n’est pas nouvelle. Le débarquement allié d’août 1944 en Provence devait avoir pour nom de code « Anvil » (« enclume », en anglais), mais Winston Churchill, qui était contre cette opération, lui préféra « Dragoon », qui veut dire « dragon » mais aussi « contraindre » (« I was dragooned » dira-t-il, « j’y fus contraint »).

Selon les historiens, ce sont les Allemands qui ont introduit la pratique des noms de code lors des deux dernières années de la Première Guerre mondiale, avec une prédilection pour les références mythologiques et religieuses (Archange, Mars, Castor,Pollux, Walkyrie…).

Les Israéliens et la Bible

Les Israéliens,  »une armée très religieuse » selon l’expert de l’Iris, puisent eux leur inspiration dans les épisodes sombres de la Bible (« Raisins de la colère », « Plomb durci », « Pluie d’été », etc.). « Comme on fait de plus en plus pour la communication, on espère qu’on tombera bien », ironise Jean-Vincent Brisset. « Les politiques, qui redoutent les dérapages, cherchant toujours un bouc émissaire, on se débrouille pour que ça soit quelqu’un d’autre qui choisisse ! »

Source AFP

Centrafrique:

La France déclenche l’opération Sangaris

(T.d.L. , D.LC et M.-L.W.)

Du Cameroun, un capitaine de l’armée française expose le plan d’action de la journée à son escadron de combat. Ils font route vers la frontière avec la Centrafrique (RCA).  | LP/Philippe de Poulpiquet.

Bangui, la capitale de la Centrafrique, vit dans la psychose de nouvelles tueries, après les massacres et les violences qui ont fait au moins 300 morts depuis jeudi. L’armée française a déclenché l’opération Sangaris (du nom d’un papillon rouge) avec un renforcement dans un premier temps vendredi des patrouilles à Bangui. Ce déploiement militaire fait suite à l’adoption, la veille, par le Conseil de sécurité des Nations Unies, de la résolution 2127 autorisant les forces françaises à intervenir, en soutien à la force panafricaine (Misca), pour rétablir l’ordre et la sécurité en République centrafricaine. 

«L’Afrique doit maîtriser pleinement son destin et, pour y parvenir, assurer pleinement par elle-même sa sécurité», a insisté François Hollandelors du sommet de l’Elysée pour la paix et la sécurité en Afrique, convoqué de longue date par le chef de l’Etat, alors que 1 200 soldats français seront déployés dans les tout prochains jours en Centrafrique. Comme plusieurs de ses homologues présents à Paris, le présidentmalien Ibrahim Boubacar Keïta a salué l’engagement français à Bangui, un «devoir historique» selon lui de l’ancienne puissance coloniale.

A l’aéroport, d’où les patrouilles de blindés sortent dans Bangui, l’armée française continuait de renforcer son dispositif. Venu de la ville portuaire de Douala au Cameroun, un convoi terrestre s’apprêtait également à entrer en Centrafrique. De son côté, Londres a mis à la disposition de l’opération un avion militaire gros porteur C17.

Revivez les événements de vendredi :

22h48. Washington salue le «leadership» de la France. «Nous sommes certains que le puissant leadership de la France qui a envoyé 800 soldats supplémentaires sur le terrain et son soutien à la force panafricaine présente en Centrafrique (Misca) envoient à toutes les parties le message clair que la violence doit cesser», déclare la porte-parole adjointe du département d’Etat Marie Harf. Les Etats-Unis ont promis de fournir près de 40 millions de dollars d’aide en équipements, entraînements et soutien logistique à la Misca.

21h50. Au moins 300 personnes ont trouvé la mort depuis jeudi à Bangui. En comptabilisant les corps déposés dans les morgues des hôpitaux, dans des lieux de culte et ceux ramassés dans les rues de la ville par les équipes de la Croix-Rouge, le bilan provisoire s’élève à 281 tués, selon un responsable de cette ONG. Il souligne que les secouristes n’avaient pu accéder vendredi avant le couvre-feu de 18 heures à tous les quartiers touchés par les violences où de nombreux corps restent à ramasser selon les témoignages d’habitants.

19h50.  Le général Francisco Soriano est arrivé en Centrafrique, selon nos informations. C’est lui qui est à la tête de l’opération Sangaris. 

19h40. Près d’un millier de soldats français déployés. C’est ce qu’indique l’état-major des armées. Une compagnie parachutiste de 150 hommes a été acheminée de Libreville et environ 200 hommes équipés de blindés légers, arrivés au Cameroun à bord d’un bâtiment de la marine nationale, devaient rejoindre rapidement la RCA. Trois hélicoptères de manœuvre Puma venant du Gabon se sont également posés à Bangui, avec une centaine de personnes. Au total les effectifs français en Centrafrique doivent atteindre rapidement 1200 hommes.

VIDEO. Les renforts de l’armée française en approche

19h20. L’ONU lance un appel urgent à protéger les civils. «Très inquiet de l’escalade des violences entre communautés» le secrétaire général des Nations unies, Ban ki-moon lance «un appel urgent à toutes les parties à faire preuve de retenue». «Ce cycle terrifiant de violences et de représailles doit cesser immédiatement, les civils doivent être protégés», poursuit-il dans un communiqué. De son côté, la patronne des opérations humanitaires de l’ONU Valerie Amos se déclare «extrêmement préoccupée par la détérioration de la situation humanitaire» en RCA. «Durant les dernières 24 heures nous avons reçu des rapports faisant référence à environ 100 personnes tuées et des centaines d’autres blessées dans les combats et attaques à Bangui et Bossangoa», indique-t-elle. 

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19 heures. Des picks-up bondés de soldats circulent malgré l’interdiction. La présidence centrafricaine a demandé vendredi à toutes les forces de défense et de sécurité de regagner leurs casernes, autorisant seules les forces panafricaine, française et la sécurité présidentielle à patrouiller dans Bangui. En fin de journée, cette demande est restée lettre morte : des picks-up remplis de soldats sont visibles dans tout Bangui.

18 heures. Des Rafales survolent Bangui.  Quelques minutes avant le couvre-feu, deux avions de combat français Rafale survolent la ville pour impressionner les belligérants.

17h45. La Croix-Rouge centrafricaine continue de ramasser des dizaines de cadavres abandonnés dans la ville de Bangui ce vendredi, après les violents affrontements de la veille, suivis de tueries, par armes à feu ou machette. Dans une odeur pestilentielle, les agents de la Croix-rouge emballent les corps dans des sacs blancs puis les placent dans des véhicules, sous le regard de combattants de l’ex-Séléka, intégrés par le président Michel Djotodia dans les nouvelles forces de sécurité.

17h30. Mélenchon demande la «vigilance», la CGT dénonce une «impasse».  «Je dis: attention, la France n’a pas vocation à être la gendarmerie internationale de l’Afrique. (…) Cependant je ne voudrais pas non plus donner l’impression que nous sommes indifférents aux souffrances qu’endure la population» explique le coprésident du Parti de gauche, Jean-Luc Mélenchon, qui appelle à la «vigilance». Le syndicat CGT est de son côté bien plus virulent et dénonce une «impasse», tout en rejetant «l’argument» de Laurent Fabius «sur un risque génocidaire en RCA» qui ne vise qu’«à marquer les esprits du peuple français et à justifier ainsi une intervention militaire».

16h10. Les troupes françaises acclamées sur la route de Bangui. Selon notre reporter sur place, Ava Djamshidi, la colonne de blindés français, déployée sur une route camerounaise menant à la Centrafrique, est vivement saluée par les réfugiés centrafricains qui fuient les combats.

15h55. La présidence ordonne le casernement des forces de défense et de sécurité.«Il est formellement demandé à tous les éléments des forces de défense et de sécurité de regagner les casernes ce jour (…) avant 15 heures» déclare la présidence centrafricaine dans un communiqué. Seules les forces panafricaine, française et la sécurité présidentielle sont autorisées à patrouiller dans Bangui. Au lendemain du feu vert de l’ONU pour une intervention militaire française de sécurisation du pays, l’ambiance demeure extrêmement tendue à Bangui, où la population vit dans la peur.

15h30. Des milliers de Centrafricains affluent vers l’aéroport de Bangui depuis plus de 24 heures, pour se mettre sous protection de l’armée française. L’Etat-major de l’armée française en comptabilisait 2000 jeudi. Un exode qui continue ce vendredi, selon cette envoyée spéciale d’Al-Jazeera.

15 heures. La France est prête à entraîner 20 000 soldats africains par an. C’est ce que vient d’annoncer François Hollande au sommet pour la paix en Afrique. Pour «maîtriser son destin», l’Afrique doit «assurer par elle-même sa sécurité», a insisté le chef de l’Etat.

14h30. L’Allemagne propose son aide logistique à la France. Berlin dispose de cinq Airbus A310, capables d’effectuer du transport de troupes, et pour certains d’entre eux du ravitaillement aérien ou du transport de matériels, qui peuvent être mis à la disposition de la France, a déclaré un porte-parole du ministère allemand de la Défense. Il ne pourra s’agir que de transports «vers un pays voisin de la République centrafricaine», a expliqué ce porte-parole, en soulignant qu’une telle aide n’entraînant pas directement une implication dans un pays en guerre pouvait être rapidement décidée par le gouvernement.

14h20. Un avion militaire britannique en appui. Un gros porteur C-17 a quitté vendredi le Royaume-Uni pour la Centrafrique où il est attendu «sous peu», en appui de l’opération de la France dans ce pays, a annoncé le ministère des Affaires étrangères à Londres. Un porte-parole du Foreign office a précisé que l’avion avait quitté le Royaume-Uni à la mi-journée et qu’il était «en chemin». «Nous avons décidé avec le gouvernement français que nous aiderions à transporter les équipements français vers la Centrafrique au moyen d’un avion de transport C17», a indiqué le ministre des Affaires étrangères William Hague dans un communiqué. «Trois vols séparés auront lieu ce mois-ci, le premier devant atterrir en Centrafrique sous peu», a-t-il ajouté.

14h10. L’armée française tire à Bangui. On apprend que l’armée française a fait feu jeudi, près de l’aéroport de Bangui, sur un pick-up armé, tuant plusieurs personnes à bord, selon l’Etat-major des forces françaises. Jeudi «à l’aube, un pick-up armé a ouvert le feu à trois reprises en direction des civils et des troupes françaises. A la troisième ouverture du feu, on a riposté et on a détruit le véhicule», a indiqué le porte-parole de l’état-major.

14 heures. Début du sommet pour la paix et la sécurité en Afrique. Le Sommet de l’Elysée pour la paix et la sécurité en Afrique s’ouvre à Paris avec l’arrivée des premiers dirigeants africains au palais présidentiel, reçus par François Hollande qui doit prendre la parole dès pour un hommage à Nelson Mandela. Une quarantaine de dirigeants africains, sous le choc de la disparition du héros de la lutte anti-apartheid, étaient attendus à l’Elysée pour ce sommet de deux jours qui vise à encourager l’Afrique à assurer sa sécurité au moment où la France intervient militairement en Centrafrique.

13h43. Selon nos informations, deux Rafale ont effectivement été déployés ce vendredi en Centrafrique. Une information qui donne du crédit aux divers témoignages – notamment de journalistes – faisant état du survol de Bangui par des chasseurs français en milieu de matinée.

13h15. Le Sommet de l’Elysée pour la paix et la sécurité en Afrique vient de s’ouvrir.Une quarantaine de dirigeants africains, sous le choc de la disparition du héros de Nelson Mandela, sont attendus à l’Elysée pour ce sommet de deux jours qui vise à pousser l’Afrique à assurer sa sécurité au moment où la France intervient militairement en Centrafrique.

12h48. Une colonne française est sur le point de passer la frontière entre le Cameroun et la Centrafrique, selon RFI. 350 soldats composeraient cette colonne.

12h15. Des ex-rebelles de la Séléka ont été tués par l’armée française jeudi soir,selon France 2. Les soldats français ont détruit leur pick-up alors qu’ils tentaient de pénétrer sur l’aéroport. Aucune précision n’a été apportée sur le nombre exact d’ex-rebelles tués, ni sur l’heure à laquelle a eu lieu cette première utilisation de la force par des militaires français en Centrafrique.

11h50. L’Union européenne a décidé de débloquer 50 millions d’euros supplémentaires pour la Centrafrique, annonce  le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso. «Je salue la France pour son initiative et son courage», déclare-t-il avant l’ouverture du sommet France-Afrique à Paris. «La France prend une grande responsabilité que nous devons tous, en tant qu’Européens soutenir», ajoute-t-il.

VIDEO. Bruxelles débloque 50 millions d’euros 


11h15. Deux rafales survolent Bangui, témoigne l’envoyé spécial de France 2.

VIDEO. Combien va coûter «Sangaris»?

11h05. EELV demande un vote du Parlement sur l’intervention en Centrafrique. «EELV se félicite de l’annonce par le Président de la République s’engageant à fournir au Parlement dès la semaine prochaine toutes les informations nécessaires et demande un vote de nos deux assemblées à ce sujet», écrivent les deux porte-parole Sandrine Rousseau et Eric Loiselet dans un communiqué.Un débat sur l’intervention française en Centrafrique aura lieu mardi après-midi, simultanément à l’Assemblée nationale et au Sénat, après une réunion entre le Premier ministre Jean-Marc Ayrault et les principaux responsables du Parlement.

10h45. Une intervention «salutaire» selon le chef de l’Etat ivoirien. Alassane Ouattara juge que l’intervention militaire française en Centrafrique est «salutaire» même si «on a perdu trois mois», dans une interview ce vendredi au quotidien français Le Figaro. En Centrafrique, «un peuple est en danger. Je trouve même que ça a trop tardé. On a perdu trois mois. Quand il y a une situation d’urgence, c’est bien que la France intervienne. Mais après, ce sont aux pays africains de prendre leur sécurité en charge, avec l’aide de l’ONU», a-t-il déclaré. Elu président en novembre 2010, M. Ouattara est arrivé au pouvoir – que refusait de lui céder l’ex-président Laurent Gbagbo – grâce à une intervention décisive de l’armée française en avril 2011.

10 heures. Rues désertes. Malgré la levée du couvre-feu à 6 heures, les rues sont totalement vides en début de matinée et la quasi totalité des commerces restent fermés.

9h45. Pas de déploiement massif à Bangui. Dans les rues de Bangui, sous l’orage et la pluie, où toute circulation de véhicules civils est interrompue depuis jeudi, aucun déploiement massif des troupes françaises n’était visible en début de matinée. Comme chaque jour, des patrouilles – véhicules légers et blindés – circulent sur les principaux boulevards de la capitale. En revanche, contrairement à la veille où ils avaient patrouillé la ville toute la journée, les pick-ups bondés de soldats centrafricains se faisaient discrets.

VIDEO. Centrafrique : Juppé et Fillon soutiennent l’intervention française

8h12. La France est là  «pour un moment court» Toujours sur RFI, Jean-Yves Le Drian certifie que «cette intervention sera rapide, elle n’a pas vocation à durer, et je suis sûr de son succès.» Un prolongement est-il envisageable ? «Ce n’est pas dans la logique de ce que nous avons décidé, (de ce) qu’a décidé le président de la République, c’est une phase transitoire», répond le ministre.

Les forces françaises en Afrique

8h09. Un sommet de l’Elysée très attendu. Le ministre de la Défense espère qu’il permettra «une prise de conscience des pays africains sur la nécessité de s’organiser ensemble pour assurer la sécurité de l’Afrique.» Une quarantaine de dirigeants africains sont attendus dans l’après-midi.

8h07. Les motivations des milices ne sont pas politiques. Bien qu’il ne faille «pas négliger une dérive confessionnelle», «les motivations de bases ne sont pas politiques», assure le ministre de la Défense. «Peut-être que pour certains il y en a», mais «il s’agit beaucoup de rapines, de violences parfois gratuites».

VIDEO. Le Drian anonce le début de l’opération 


8h05. «Pour sécuriser, il faut désarmer et cantonner», confie le ministre de la Défense. «Les vandales, les brigands, les milices s’aperçoivent qu’ils ne peuvent pas utiliser les rues de Bangui comme un champ de Bataille. »

8h02. Objectif : sécuriser «l’intervention humanitaire.» Selon Jean-Yves Le Drian, le rôle des forces françaises est «d’abord de faire en sorte qu’une sécurité minimum permette à l’intervention humanitaire de se mettre en oeuvre, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. Ce pays vit dans un chaos humanitaire et un effondrement sécuritaire. Il n’y a plus d’Etat.» 

7h57. Premières patrouilles françaises à Bangui. Invité sur RFI, le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian annonce le début de l’opération française. «L’opération a commencé, dans la mesure où les forces françaises qui étaient déjà présentes à l’aéroport de Bangui, avec une mission limitée à la protection de cet aéroport et de nos ressortissants, dès cette nuit, ont développé des patrouilles dans Bangui. La nuit a été calme».

VIDEO. Centrafrique: les habitants apeurés 

6 heures. Tirs nocturnes à Bangui. Malgré la levée du couvre-feu, les rues de Bangui sont désertes. Contrairement à la veille où ils patrouillé la ville toute la journée, les pick-ups bondés de soldats se font discrets. Des tirs sporadiques d’armes automatiques ont été entendus dans la nuit. Ils ont cessé à l’aube dans certains quartiers. On ignore encore s’ils ont fait des victimes

Jeudi. 19h19. François Hollande annonce une action militaire « immédiate » de la France en Centrafrique.

VIDEO. Centrafrique: des soldats français arrivent au Cameroun

Jeudi, 18 heures. Terreur au couvre-feu. La nuit tombe à Bangui. Pour les habitants de la capitale, c’est une longue nuit de terreur qui commence. Tous redoutent une chose, que ce soit pire encore que la veille.

VIDEO. Centrafrique : 14 enfants blessés jeudi dans des violences

VIDEO. Centrafrique : à Bangui, les blessés affluent dans les hôpitaux

(LeParisien.fr)

Centrafrique:

Paris porte à 1.600 soldats son contingent

et étend leur mission

au désarmement des milices !

PARIS – Le contingent français en Centrafrique atteindra 1.600 hommes samedi 7 décembre 2013 au soir, soit 400 de plus qu’annoncé jusqu’à présent, avec pour mission prioritaire de mettre fin aux massacres et de désarmer toutes les milices et groupes armés, a annoncé le président François Hollande.

L’intervention française sera rapide, efficace et devra désarmer toutes les milices et groupes armés qui terrorisent les populations, a affirmé M. Hollande, lors d’une conférence de presse de clôture du sommet sur la paix et la sécurité en Afrique à Paris.

Elle devra permettre à la Centrafrique de retrouver la stabilité, et permettre le moment venu des élections libres et pluralistes, a ajouté M. Hollande.

Jeudi soir, il y avait 600 militaires français; hier (vendredi) soir, il y en avait 1.000; et ce soir, il y en aura 1.600 et ce sera l’effectif qui demeurera autant que nécessaire pour cette mission, a déclaré le chef de l’Etat.

Le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, avait précédemment évoqué une mission pour une période brève, de l’ordre de six mois, une échéance non utilisée samedi par le chef de l’Etat.

En Centrafrique, il faut frapper fort, tout de suite, a insisté le président français, semblant ainsi expliquer pourquoi les troupes françaises avaient été portées à 1.600 hommes.

Jusqu’à présent, les autorités françaises n’avaient parlé que de 1.200 militaires mobilisés dans le pays pour une opération de soutien à la force africaine (Misca) déployée en Centrafrique. Elles n’avaient pas non plus indiqué que la mission des Français comprendrait un désarmement des milices.

Les forces françaises vont se déployer le plus rapidement possible et partout où il y a des risques pour la population, avec les forces africaines présentes qui sont au nombre de 2.500 soldats, a ajouté François Hollande.

Dans un délai, je crois court, nous pourrons faire cesser toutes les exactions et les massacres, a-t-il enchaîné, précisant que, selon les informations en sa possession, il y en a peu aujourd’hui alors que sur la seule journée de jeudi, les chiffres étaient effrayants, il y aurait eu 300 morts.

Selon le président français, le troisième temps de l’opération sera de permettre aux autorités centraficaines de pouvoir reprendre le contrôle du territoire et d’assurer la défense de la population.

Pour autant, nous ne nous arrêterons pas là, a-t-il prévenu, expliquant qu’il s’agira, comme au Mali, de conclure l’opération par la tenue d’élections.

François Hollande a estimé cependant que l’intervention des troupes françaises avait permis une respiration pour la population centrafricaine qui les a accueillies dans la liesse. 

Annonçant solennellement jeudi soir le déclenchement de l’opération française après le feu vert du Conseil de sécurité de l’ONU, Francçois Hollande avait laissé entendre que les effectifs des forces françaises seraient limités à 1.200 hommes. Déjà 600 militaires français sont sur place. Cet effectif sera doublé d’ici quelques jours, pour ne pas dire quelques heures, avait-il dit.

Le ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian, avait indiqué pour sa part vendredi sur RFI que les deux objectifs des opérations militaires françaises étaient d’assurer une sécurité minimum, permettant à une intervention humanitaire de se mettre en oeuvre et que les forces africaines soient en situation d’assurer la sécurité du territoire en attendant la transition politique.

(©AFP / 07 décembre 2013 17h47)

NOTA: 

« Frapper fort tout de suite »

signifie donc que les aéronefs

vont utiliser

des armes à l’URANIUM « APPAUVRI » !

Hollande à Bangui:

La France en Centrafrique,

ou le centre en françafrique ?

(Chien Guevara)

 1. Actualité

L’intervention de la France en République centrafricaine est imminente. Le pays, « au bord du génocide » selon le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a sombré dans le chaos depuis le renversement, le 24 mars dernier, du régime de François Bozizé par Michel Djotodia, le chef de la coalition rebelle Séléka, accusée de perpétrer des violences à caractère confessionnel. Actuellement, environ 410 soldats français – dont 180 parachutistes du 8e RPIMa de Castres (Tarn) qui ont pris leurs quartiers dans la ville de Boali – sont basés du côté de l’aéroport de Bangui, notamment pour assurer la protection du millier de ressortissants français en Centrafrique.

Ce contingent sera donc porté à un millier très prochainement, a annoncé hier le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian. Ce sera, a priori selon le ministre, « pour une période brève, de l’ordre de six mois à peu près », afin de rétablir l’ordre en appui d’une force panafricaine qui compte actuellement 2 500 hommes, sur un total prévu de 3 600.Mais elle peine à atteindre son effectif plein et manque cruellement de moyens.
Pour autant, la France prend soin de souligner qu’elle est « en appui » et qu’elle ne réédite pas en Centrafrique, ex-colonie, son intervention armée du début de l’année au Mali, qui visait à neutraliser des groupes islamistes armés.
Paris apparaît cependant, comme au Mali, à la manœuvre et sur tous les fronts, diplomatique comme militaire. Du coup, la réponse à la résolution déposée, lundi, par Paris au Conseil de sécurité de l’ONU ne saurait tarder. Pour rappel, cette résolution vise à renforcer la Mission internationale de soutien à la Centrafrique (Misca) déjà présente, avec la perspective de la transformer en force de l’ONU de maintien de la paix. Elle est de fait placée sous le chapitre VII de la Charte de l’ONU, qui prévoit le recours à la force dans un pays où les violences oscillent entre « conflit religieux et ethnique », entre chrétiens et musulmans. Jusqu’à présent plusieurs pays, notamment les États-Unis ou la Grande-Bretagne, sont réticents à financer une nouvelle opération en Afrique.

2. Etat des lieux

La République centrafricaine est un de ces pays où le temps s’est arrêté. On dit même, ici à Bangui, la capitale, que l’horloge a reculé de 40 ans. Selon la Fondation Mo Ibrahim sur la bonne gouvernance, la Centrafrique est, avec le Tchad, le Congo démocratique, l’Érythrée et la Somalie, en tête de liste des États en déliquescence du continent et de la planète.

En fait, entre ces cinq pays, il faut même faire une distinction : d’un côté la Somalie, toujours en proie à l’anarchie et au terrorisme, et la Centrafrique sur le point d’y ressembler, et de l’autre côté, les trois autres qui tentent avec des fortunes diverses de se reconstruire.
La Centrafrique est aux prises depuis vingt ans avec une instabilité politique et militaire chronique. De rébellions militaires en coups d’État, d’insurrections rebelles en interventions étrangères, le pays ne fait que s’enfoncer, malgré une présence internationale permanente. La Centrafrique détient le record du monde pour le déploiement de forces de maintien de la paix : onze missions depuis 1998, et l’ONU en prépare une douzième.
Malgré cela, rien n’y fait. Les élites se disputent le pouvoir et les quelques richesses sans aucune considération pour les quatre millions de Centrafricains. Dès qu’un groupe prend le pouvoir, il donne naissance à une rébellion qui le déloge, et ce groupe est à son tour délogé quelques années plus tard.
Ce cycle infernal a conduit la Centrafrique là où elle est présentement. En août dernier, de passage à Bangui, un représentant de l’ONU a résumé en quelques mots l’ampleur du désastre : « L’État n’existe tout simplement pas en dehors de la capitale. Au-delà de Bangui, il n’y a ni police, ni système judiciaire, ni services sociaux. La sécurité est pratiquement inexistante et la population vit dans un état de peur permanent », déclarait-il.
Le dernier groupe rebelle à avoir pris le pouvoir, la coalition Séléka, a tout dévasté sur son passage lors de sa marche sur la capitale en mars dernier. Les préfectures, les écoles, les églises, ont été pillées et brûlées, tout comme les archives. L’ONU, présente au pays depuis treize ans, n’a pas été en mesure de stopper la descente aux enfers.

En fait, la République centrafricaine, un non-Etat au cœur du continent, est en train de sombrer dans le chaos, entre rebelles et milices hors de contrôle et des dizaines de milliers d’habitants réfugiés dans les forêts, fuyant les massacres pour tomber dans la faim et la maladie. Les organisations humanitaires présentes, comme Médecins sans frontières ce mardi, appellent à l’aide.
Un « porte avions » au cœur de l’Afrique
La RCA n’a jamais réellement eu d’Etat depuis son accession à l’indépendance il y a un demi-siècle. La France n’a pas aidé, orchestrant les coups d’Etat comme les couronnements d’empereurs, pour protéger des bases militaires dans un pays considéré comme un « porte avions » au centre de l’Afrique.

Livrée à elle-même, la population a répondu du mieux qu’elle pouvait en organisant les milices paysannes, les fameux anti-balaka (anti-machettes). Il y a déjà eu des affrontements violents et des centaines de morts. Aujourd’hui, on parle d’un conflit interethnique entre chrétiens et musulmans. Rien n’est plus faux. Les deux groupes ethniques sont victimes d’un même ennemi : la coalition Seleka, qui a pris le pouvoir dans l’indifférence de la communauté internationale.
Lundi dernier (25 novembre, NDLR), le vice-secrétaire général des Nations Unies, Jan Eliasson a agité à son tour le spectre d’un « conflit ethnique et religieux » et a appelé à une réaction rapide et décisive pour éviter que la situation n’échappe à tout contrôle, ce qui représenterait un terreau fertile aux extrémistes et aux groupes armés.

3. Historique de la colonisation

Quant à la durée de l’opération, il faudrait un miracle pour que dans les six mois, les forces africaines soient prêts à prendre le relais et assurer à la Centrafrique la stabilité qui lui manque pour tenter de bâtir -enfin- un Etat digne de ce nom.

La France, un vague souvenir…

Pour l’heure, il y a urgence, même si l’emploi du mot « génocide » à Paris comme à New York crée un malaise : rien ne prouve, jusqu’ici, la volonté d’extermination d’un camp sur l’autre, qu’il soit ethnique ou religieux, comme ce fut le cas au Rwanda par exemple.
Pour le meilleur comme pour le pire, c’est un pays que Paris connaît bien. Ce fut même une caricature de ce que l’on appelait jadis la « Françafrique ». Un Etat où la France faisait et défaisait les régimes. Remplaçant des dictateurs en cours d’émancipation par d’autres hommes qui lui étaient redevables. On a bien noté les visites mystérieuses ces derniers mois à Bangui de Claude Guéant et de Jean-Christophe Mitterrand, deux figures d’une « Françafrique » moribonde. Mais nous n’en sommes plus là.

De l’ère coloniale à l’ère néocoloniale

Le colonialisme français, qui s’est partagé le pays avec le colonialisme belge dès 1885 avant de s’en emparer totalement en 1905 et dont il ne faut jamais oublier qu’il avait conquis le pays « pour y apporter la civilisation », y amena la guerre, les populations refusant, en particulier de 1928 à 1931, le travail forcé imposé par les colons. Le travail et sa valeur ne constituent-ils pas pourtant les éléments fondamentaux de la civilisation moderne ? Mais allez faire comprendre cela à l’« homme africain qui n’est pas assez entré dans l’histoire »…
Pillant allègrement les richesses agricoles, minières, forestières et animales ainsi que la force de travail gratuite des populations locales, le colonialisme français ne construisit aucune base industrielle.
L’indépendance toute formelle proclamée en 1960 marqua le passage de l’ère du colonialisme à celle du néocolonialisme avec l’insertion du pays dans la Francafrique. Outre ses richesses exploitées et potentielles, la RCA avait le malheur d’occuper une position géostratégique peu commune en Afrique. Située au cœur du continent, elle allait abriter d’importantes bases militaires françaises et jouer le rôle de porte-avions lors des nombreuses interventions militaires françaises dans la région (Tchad, Congo…).
En dépit de la proclamation de l’indépendance, le colonialisme français n’a jamais quitté le pays. Avant même l’indépendance, Barthélémy Boganda, « père de l’indépendance » proclamée dès 1958, fut opportunément assassiné. Le candidat soutenu par Paris, David Dacko, brûlera la politesse au successeur attendu de Boganda et deviendra le premier président de la République. Wikipédia nous apprend que ce président « instaure très vite un régime dictatorial et commet l’erreur de se rapprocher de la Chine. Cela déplaît à la France qui veut garder son influence sur ce pays riche en uranium et à l’importance stratégique primordiale du fait de sa position centrale sur le continent africain. La France se décide alors à soutenir le chef d’état-major de l’armée centrafricaine, Jean-Bedel Bokassa. » Paris continuera, jusqu’à ce jour, à jouer un rôle politique de tout premier plan, faisant et défaisant allègrement tous les présidents. Quant à la Chine, il semble, comme nous le verrons plus loin, qu’elle persiste à constituer un facteur de déplaisir pour la France en RCA.

4. Ressources naturelles locales

A l’image de nombreux autres pays du continent, la république Centrafricaine (RCA) n’est pas dénuée de ressources naturelles. Cela n’empêche pas le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) de la classer en 2005 parmi les États les plus pauvres de la planète puisqu’elle occupe la 171e place sur 177 selon le classement de l’Indicateur de développement humain (IDH)… Des mines d’or et de diamants au potentiel énorme, mais aussi de mercure, d’uranium et de fer sont pourtant exploitées alors que les recherches de pétrole semblent prometteuses.

Sur le plan agricole qui contribue à hauteur de plus de 65% au PIB du pays, on cultive du manioc, des bananes, du maïs, du café, du tabac, du coton, de la canne à sucre… L’absence de réelle politique d’investissement dans le secteur agricole empêche toutefois la RCA d’exploiter au mieux ces cultures alors même qu’elle pourrait, en particulier, développer les rendements en matière d’exploitation du coton et de la canne à sucre.
Une autre ressource majeure de la RCA est constituée par la forêt qui couvre 3,8 millions d’hectares dont 3 millions sont exploitables. Disposant d’essences précieuses telles que les arbres Sapelli, Sipo et Kosipo… particulièrement recherchés pour la menuiserie (contreplaqué, fabrication de meubles…) et qui s’ajoutent à l’exploitation traditionnelle de l’hévéa depuis la colonisation, l’exploitation forestière contribue à hauteur de 10% au PIB du pays.

5. Implantation française en Centrafrique

Les échanges commerciaux (52 M€) sont peu importants et les entreprises françaises peu nombreuses, mais la France reste le premier investisseur en RCA et a su, dans un contexte difficile, nouer des partenariats notamment dans les secteurs des services aux entreprises, des industries manufacturières, du commerce et des services bancaires.

En dépit de l’instabilité politique et des risques sécuritaires, Air France, Bolloré (logistique et transport fluvial), Castel (boissons et sucre), Total (stockage et distribution des produits pétroliers), CFAO (distribution automobile) ont maintenu leurs implantations en RCA. L’arrivée en 2007 de France Télécom dans la téléphonie mobile marque un certain intérêt des investisseurs français. Les pillages consécutifs à la prise de Bangui par les rebelles le 24 mars ont fortement perturbé l’activité des entreprises françaises.
Alors qu’Areva avait signé un accord avec le gouvernement centrafricain le 1er août 2008 pour l’exploitation du gisement d’uranium de Bakouma (Est), les nombreuses difficultés (éloignement du gisement, mise au point du procédé de traitement du minerai, fourniture d’énergie, insécurité) et la baisse des cours mondiaux d’uranium à la suite de la catastrophe de Fukushima ont conduit Areva à suspendre ce projet.

Un demi-siècle après la soi-disant indépendance, les « peuples entreprenants » – incarnés par une poignée de firmes occidentales soutenues par la Banque mondiale – ne se privent guère, en effet, d’exploiter l’or africain et de bouleverser le mode de vie des populations locales : cadences infernales, normes de sécurité inexistantes, mouvements syndicaux réprimés, pollution catastrophique, etc.
Ces firmes privées, tentaculaires, exploitent aujourd’hui 80 % des gigantesques gisements africains. Liées à des trafiquants d’armes, à la famille Bush, à la CIA ou au lobby nucléaire, on les retrouve au Mali, au Ghana, en Tanzanie, en Afrique du Sud et jusque dans les régions en conflit – comme en République démocratique du Congo –, où elles soutiennent parfois des mouvements armés. Elles sont si puissantes que l’ONU renonce à les sanctionner. Leurs bénéfices sont rapatriés dans des paradis fiscaux, tandis que les pays africains riches en or ne cessent de s’appauvrir… »
Le secteur privé étranger domine donc toute l’économie du pays, y compris dans les transports. Le transport fluvial (fleuves Oubangui, Sangha, Mpoko, Bamingui, Ouaka, Kotto…) constitue le mode principal de transport dans le pays. Dans ce domaine, « l’Agence française de développement » se vante d’octroyer une subvention au gouvernement centrafricain en vue de réhabiliter le parc de pousseurs et de barges. Elle se targue également de financer « un dispositif d’assistance technique auprès du service commun d’entretien des voies navigables » ainsi que « la construction dans la zone forestière du Sud-Ouest de deux ponts sur les fleuves Lobaye et M’Baéré [… et] la reconstruction ou la réhabilitation de 4 ouvrages de franchissement… ». Mais cette aide, que d’aucuns pourraient naïvement considérer comme désintéressée, n’a été possible que par « la privatisation de la Société centrafricaine de transport fluvial (Socatraf), qui assure le transport sur l’Oubangui entre Kinshasa, Brazzaville et Bangui, et la signature d’un contrat d’affermage entre le Groupe Bolloré et l’Etat ». Le Groupe Bolloré appartient à l’ami de l’ancien président Nicolas Sarkozy : Vincent Bolloré. Ce groupe contrôle une bonne partie des chemins de fer et des ports d’Afrique de l’ouest qui servent entre autre à l’évacuation du produit de l’exploitation forestière du Cameroun, du Gabon, de Centrafrique et d’ailleurs. Cela n’a bien évidemment aucun rapport avec la Francafrique.
Ainsi, la Banque mondiale et le FMI, par le biais de plans d’ajustement structurels (PAS), obligent les gouvernements africains (souvent complices) à privatiser-brader leurs entreprises publiques que des groupes rapaces rachètent à vil prix pour mieux s’assurer une position monopolistique sur les chaînes de transport et quelques activités hautement rentables en amont (tabac, forêts…).
Rivé, comme nombre de pays d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique centrale au Franc CFA, le pays supporte le poids important de la dette sur le budget national. Cela a favorisé la venue des bailleurs de fonds internationaux (UE, Banque mondiale, FMI…).

Les nouveaux habits roses du néocolonialisme français

Le quotidien parisien Le Monde rapportait dans son édition du 28 décembre 2012 que le président François Hollande, réagissant à l’avancée des rebelles centrafricains qui menaçaient de renverser le président François Bozizé à Bangui, avait déclaré : « Si nous sommes présents, ce n’est pas pour protéger un régime, c’est pour protéger nos ressortissants et nos intérêts et en aucune façon pour intervenir dans les affaires intérieures d’un pays, en l’occurrence la Centrafrique ». « Ce temps-là est terminé », a ajouté le président français.
Qui peut accorder un quelconque crédit à ces déclarations ? Il est de notoriété publique que le président Hollande et son gouvernement ne remettent nullement en cause les fondamentaux du néocolonialisme en RCA comme dans l’ensemble des pays de la Francafrique.

6. Les mensonges et la conclusion

Pour la troisième fois cette année, François Hollande s’apprête à ordonner une intervention militaire à l’étranger. Après le Mali en janvier, la Syrie en septembre qui n’a finalement pas eu lieu pour les raisons que l’on connait, un millier de soldats français sont sur le point d’être envoyés en République centrafricaine.

François Hollande est donc solidement installé dans son rôle de Commandant en chef où on l’attendait le moins, faisant preuve de la détermination et de l’autorité dont l’opinion juge qu’elles lui font défaut dans les affaires nationales.
Au plus bas dans les sondages, le président ne peut attendre aucun « bénéfice » politique immédiat d’une telle opération militaire. Celle du Mali, globalement réussie même si les forces françaises sont contraintes de se maintenir plus longtemps que prévu, ne lui a apporté qu’une petite éclaircie d’image, mais n’a rien changé dans l’opinion.
L’enjeu de cette intervention au cœur de l’Afrique est ailleurs : il est dans le « retour » de la France sur le continent noir, après des décennies d’ingérence (« Françafrique ») suivies d’une période de relative indifférence ou de profondes maladresses (« l’homme africain n’est pas entré dans l’histoire » – Sarkozy à Dakar en 2008).

La France interviendra donc militairement. Mais en faveur de qui ? D’un gouvernement lui-même issu d’un putsch. La France n’est pas à une contradiction près. En revanche, lorsque des intérêts économiques majeurs sont en jeu, la logique est remisée au placard. Comme on peut le lire sur le site officiel du ministère des affaires étrangères, l’Élysée a directement en ligne de mire les ressources naturelles de son ancienne colonie : « En dépit de l’instabilité politique et des risques sécuritaires, Air France, Bolloré (logistique et transport fluvial), Castel (boissons et sucre), Total (stockage et distribution des produits pétroliers), CFAO (distribution automobile) ont maintenu leurs implantations en RCA. L’arrivée en 2007 de France Télécom dans la téléphonie mobile marque un certain intérêt des investisseurs français. Les pillages consécutifs à la prise de Bangui par les rebelles le 24 mars ont fortement perturbé l’activité des entreprises françaises ».
Grâce à l’intervention militaire, la France peut maintenant achever le sien.

Derrière les grands et nobles mots de démocratie, de développement et de liberté, les grandes puissances impérialistes continuent de piller l’Afrique et d’ensanglanter ses peuples. Il est temps que ces derniers se lèvent, prennent leurs affaires en main et entament en comptant sur leurs propres forces un nouveau cycle de libération des liens d’allégeance néocoloniaux.

Sources :

 http://www.rue89.com/2013/11/26/pourquoi-francois-hollande-envoie-trou…
 http://www.cameroonvoice.com/news/article-news-13106.html
 http://www.lemonde.fr/idees/article/2013/11/27/centrafrique-questions-…
 http://www.ladepeche.fr/article/2013/11/27/1762023-centrafrique-la-fra…
 http://www.lanation.info/Centrafrique-de-l-ere-coloniale-a-l-ere-neoco…
 http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/pays-zones-geo/republique-centrafrica…
 http://www.resistance-politique.fr/article-republique-centrafricaine-l…

L’article dans sa niche: Hollande à Bangui : la France en Centrafrique, ou le centre en françafrique ?

République centrafricaine.

La France peut achever les travaux de pillage.

(Capitaine Martin)

On risque un « génocide » en République centrafricaine. L’alarme a été donnée par la France qui, après des mois de silence, a demandé en toute hâte à l’ONU d’agir rapidement. La situation dans ce pays est dramatique. Les rebelles de la Seleka, responsables du coup d’état du 24 mars, ont saccagé le pays, commettant les pires atrocités : pillages, exécutions sommaires, viols et tortures sur les populations civiles.

Livrée à elle-même, la population a répondu du mieux qu’elle pouvait en organisant les milices paysannes, les fameux anti-balaka (anti-machettes). Il y a déjà eu des affrontements violents et des centaines de morts. Aujourd’hui, on parle d’un conflit interethnique entre chrétiens et musulmans. Rien n’est plus faux. Les deux groupes ethniques sont victimes d’un même ennemi : la coalition Seleka, qui a pris le pouvoir dans l’indifférence de la communauté internationale.

En décembre 2012, l’ancien-président déchu, François Bozizé, avait demandé l’aide des États-Unis et de la France en vue de stopper les rebelles, mais François Hollande avait refusé d’intervenir dans l’ancienne colonie, arguant que la France ne pouvait agir que sous mandat de l’ONU. Le locataire de la Maison blanche avait avancé à l’époque le même argument.

Aujourd’hui, la France fait valoir que la Centrafrique est catastrophique. Selon les États-Unis, la situation y est « pré-génocidaire ». Pourquoi me direz-vous ne pas avoir entamé quoi que ce soit plus tôt ? Tout simplement parce que la situation n’était pas mure. La France prétend aujourd’hui jouer le rôle de bon samaritain vis-à-vis de la République centrafricaine dont on sait qu’elle est riche en uranium, en pétrole, en or, en diamants et en bois. Et elle peut aujourd’hui le faire avec le feu vert de l’ONU.

Lundi dernier (25 novembre, NDLR), le vice-secrétaire général des Nations Unies, Jan Eliasson a agité à son tour le spectre d’un « conflit ethnique et religieux » et a appelé à une réaction rapide et décisive pour éviter que la situation n’échappe à tout contrôle, ce qui représenterait un terreau fertile aux extrémistes et aux groupes armés.

Durant la réunion dédiée à l’ancienne colonie française, les quinze pays membres du conseil de sécurité se sont mis d’accord pour autoriser la force panafricaine présente en Centrafrique(Misca) à se déployer pour une période initiale de six mois. L’objectif officiel est d’essayer de renforcer la sécurité et de protéger les civils. Il n’est pas exclu que la Misca se transforme à terme en opération de maintien de la paix avec à la clé le déploiement de Casques bleus.

Les Nations Unis ont autorisé les forces françaises déjà présentes en République centrafricaine à prendre toutes les mesures nécessaires pour soutenir la Misca. Invité sur Europe 1 le 26 novembre, le ministre de la défense, Jean-Yves Le Drian, a officiellement annoncé l’envoi d’un millier d’hommes sur le terrain. « La France appuiera cette mission africaine, de l’ordre d’un millier de soldats », a-t-il déclaré. « Nous le ferons en appui et non pas en entrée en premier, comme nous avons pu le faire pour le Mali, et pour une période brève, de l’ordre de six mois à peu près », a ajouté le ministre.

La France interviendra donc militairement. Mais en faveur de qui ? D’un gouvernement lui-même issu d’un putsch. La France n’est pas à une contradiction près. En revanche, lorsque des intérêts économiques majeurs sont en jeu, la logique est remisée au placard. Comme on peut le lire sur le site officiel du ministère des affaires étrangères, l’Élysée a directement en ligne de mire les ressources naturelles de son ancienne colonie : « En dépit de l’instabilité politique et des risques sécuritaires, Air France, Bolloré (logistique et transport fluvial), Castel (boissons et sucre), Total (stockage et distribution des produits pétroliers), CFAO (distribution automobile) ont maintenu leurs implantations en RCA. L’arrivée en 2007 de France Télécom dans la téléphonie mobile marque un certain intérêt des investisseurs français. Les pillages consécutifs à la prise de Bangui par les rebelles le 24 mars ont fortement perturbé l’activité des entreprises françaises ».

Grâce à l’intervention militaire, la France peut maintenant achever le sien.

Capitaine Martin

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 7 décembre, 2013 |Pas de commentaires »

NUCLEAIRE IRANIEN: UN BON ACCORD POUR CERTAINS…UN MAUVAIS ACCORD POUR ISRAËL (AFP)

Accord nucléaire Iranien:

AAAAAAAA

Photo AFP: 

La diplomate en chef de l’Union Européenne, Catherine Ashton, pose en compagnie de la délégation iranienne, dont le ministre des Affaires Etrangères Mohammad Javad Zarif (au centre).

Un résultat important,

mais seulement un premier pas.

GENEVE – Le ministre iranien des Affaires Étrangères Mohammad Javad Zarif a estimé que l’accord nucléaire, conclu dimanche 24 novembre 2013 à Genève, est un résultat important mais c’est seulement un premier pas.

Nous avons mis en place une commission conjointe pour surveiller la mise en place de notre accord. J’espère que les deux parties pourront avancer d’une façon qui permettra de restaurer la confiance, a-t-il dit au cours d’une conférence de presse.

S’exprimant devant les journalistes, à l’issue de négociations marathon, M. Zarif a ajouté que l’accord contient une référence claire selon laquelle l’enrichissement va continuer en Iran, une question qui a été considérée longtemps comme la principale pierre d’achoppement des négociations.

Nous estimons que c’est notre droit, a ajouté le ministre iranien, qui a été applaudi à son entrée dans la salle de presse par les nombreux journalistes iraniens venus à Genève pour ces négociations.

Notre objectif a été de résoudre cette question nucléaire, car c’était un problème qui n’était pas nécessaire, a-t-il poursuivi.

Le ministre a encore indiqué qu’il espérait que la confiance du peuple iranien envers les pays occidentaux allait être restaurée suite à cet accord.

Le droit à la technologie nucléaire est un droit inaliénable, a encore indiqué le ministre, en ajoutant que le combat que nous avons mené depuis plusieurs années avait pour but que la communauté internationale reconnaisse que l’Iran exerce ce droit.

Nous pensons que cet accord et le plan d’action signifie que le programme nucléaire iranien va continuer, a-t-il conclu.

S’exprimant plus tard devant la presse iranienne, il a salué l’immense succès de notre pays car selon lui le document reconnait le droit de l’Iran à l’enrichissement. Celui-ci est selon lui compris dans le TNP qui reconnait le droit à la technologie nucléaire civile d’une manière générale.

Plus tôt, un haut responsable américain avait au contraire assuré à l’AFP que l’accord de Genève ne reconnaît pas le droit à l’enrichissement du pays.

Les activités d’enrichissement à Natanz et Fordo vont se poursuivre. Le nombre des centrifugeuses (dans les deux sites) ne va pas changer. Le stock (d’uranium enrichi) à 5% sera préservé et le stock à 20% va être transformé en combustible pour le réacteur de Téhéran, selon nos besoins et nos plans, a souligné le ministre.

Selon lui, l’accord n’aborde pas le protocole additionnel du TNP, qui permet notamment des inspections plus fouillées des sites nucléaires. Son application devra de toute façon avoir l’aval du Parlement, a-t-il dit.

M. Zarif a également affirmé que l’Iran allait renforcer sa coopération avec l’Agence Internationale de l’Energie Atomique (AIEA), chargée de la surveillances des activités nucléaires iraniennes.

(©AFP / 24 novembre 2013 06h58)

Nucléaire iranien:

Israël dénonce un mauvais accord

et réaffirme son droit à se défendre.

JERUSALEM – Israël a dénoncé, dimanche 24 novembre 2013, un mauvais accord conclu à Genève sur le nucléaire iranien en affirmant que Téhéran avait obtenu ce qu’il voulait, selon le bureau du Premier ministre Benjamin Netanayhu.

C’est un mauvais accord qui offre exactement ce que l’Iran voulait: la levée significative des sanctions et le maintien d’une partie significative de son programme nucléaire, a affirmé un communiqué quelques heures après la conclusion d’un accord historique entre les grandes puissances et l’Iran.

L’accord permet à l’Iran de continuer à enrichir l’uranium, laisse en place les centrifugeuses et lui permet de produire des matières fissiles pour une arme nucléaire, a déplore le communiqué.

L’accord n’a non plus abouti au démantèlement de la centrale d’Arak, un réacteur à eau lourde situé dans le nord de l’Iran, poursuit le communiqué. La pression économique à laquelle est soumis l’Iran aurait pu amener à un bien meilleur accord qui aurait débouché sur un démantèlement des capacités nucléaires iraniennes, souligne également le bureau du Premier ministre.

De son côté, le ministre de l’Économie Naftali Bennett a assuré qu’Israël n’était pas lié par l’accord de Genève et avait le droit de se défendre.

Israël n’est pas engagé par l’accord de Genève. L’Iran menace Israël et Israël a le droit de se défendre, a estimé M. Bennett, dirigeant du Foyer juif, un parti d’extrême droite proche du lobby des colons.

L’accord laisse intacte la machine nucléaire iranienne et pourrait permettre à l’Iran de produire une bombe dans une période de six à sept semaines. Israël est prêt à toute éventualité, a déclaré le ministre israélien à la radio militaire.

Nous n’avons pas remporté cette bataille mais il y a encore un long processus devant nous pour défendre la sécurité de l’Etat d’Israël, a-t-il ajouté.

Même si les dirigeants israéliens s’attendaient à un arrangement à Genève, Le chef de la diplomatie Avigdor Lieberman a résumé le sentiment de défaite en Israël: l’accord de Genève constitue la plus grande victoire diplomatique de l’Iran.

Cet accord est la plus grande victoire diplomatique de l’Iran, qui a obtenu la reconnaissance de son supposé droit légitime à enrichir de l’uranium, a-t-il dit à la radio publique.

Interrogé sur une éventuelle frappe israélienne contre l’Iran, M. Lieberman, chef du parti ultra-nationaliste Israël Beiteinou, s’est borné à réaffirmer que toutes les options sont sur la table.

La responsabilité de la sécurité du peuple juif et de la population israélienne relève de la seule responsabilité du gouvernement israélien. Toute décision à ce sujet sera prise de façon indépendante et responsable, a expliqué le ministre des Affaires étrangères.

M. Netanyahu a mené ces dernières années une active et intense campagne internationale, notamment aux Etats-Unis, contre un accord avec l’Iran ne prévoyant pas un arrêt des activités d’enrichissement de l’uranium de ce pays.

Le Premier ministre a également brandi à plusieurs reprises la menace d’une attaque militaire israélienne contre les installations nucléaires iraniennes.

Le secrétaire d’État américain John Kerry a tenté de rassurer Israël. Cet accord complet rendra le monde plus sûr (…) et Israël plus sûr, nos partenaires dans la région plus sûrs, a-t-il assuré à Genève.

(©AFP / 24 novembre 2013 07h39)

Accord nucléaire iranien:

Une erreur historique

JERUSALEM – Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a qualifié dimanche l’accord sur le nucléaire iranien conclu à Genève d’erreur historique, estimant qu’il rendait le monde plus dangereux.

Ce qui a été conclu à Genève n’est pas un accord historique, mais une erreur historique, a déclaré M. Netanyahu devant les journalistes à l’ouverture du Conseil du ministres hebdomadaire.

Le monde est devenu plus dangereux, car le régime le plus dangereux au monde a fait un pas significatif vers l’acquisition de l’arme la plus dangereuse au monde, a-t-il affirmé.

Israël n’est pas lié par cet accord, a prévenu le Premier ministre en assurant que le régime iranien s’était engagé à détruire Israël.

Israël a le droit et le devoir de se défendre face à tout menace et je proclame au nom du gouvernement qu’Israël ne laissera pas l’Iran se doter de capacités militaires nucléaires, a insisté M. Netanyahu.

Les grandes puissance dans le monde ont pour la première fois accepté que l’Iran enrichisse de l’uranium, a poursuivi M. Netanyahu. Selon lui, les sanctions ont été levées en échange de concessions cosmétiques de la part de l’Iran.

M. Netanyahu avait posé des exigences très strictes à tout arrangement avec l’Iran et mené une offensive diplomatique contre l’administration de Barack Obama accusée de vouloir faire trop de concessions aux négociations menées à Genève.

En septembre, il avait énoncé quatre critères qui pouvaient permettre, selon lui, de s’assurer que l’Iran avait stoppé son programme nucléaire: l’interruption totale de la production d’uranium enrichi, le transfert à l’étranger de l’uranium déjà enrichi en Iran, la fermeture de la centrale souterraine d’enrichissement de Fordo et l’arrêt de la production de plutonium.

Les médias israéliens soulignent que l’accord conclu à Genève ne répond à aucun de ces critères.

Israël, considéré comme l’unique puissance nucléaire de la région, un statut sur lequel il maintient l’ambiguïté, présente le programme nucléaire iranien comme une menace pour son existence, se référant aux déclarations répétées des dirigeants de la République islamique souhaitant ou prédisant sa disparition.

(©AFP / 24 novembre 2013 10h54)

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 24 novembre, 2013 |Pas de commentaires »

EXCEPTIONNEL: RAPPORTS MILITAIRES SUR LES ARMES A L’URANIUM « APPAUVRI » (Coalition belge / Thierry LAMIREAU / lesoufflecestmavie.unblog.fr)

Exceptionnel:

EXCEPTIONNEL: RAPPORTS MILITAIRES SUR LES ARMES A L'URANIUM

Rapports militaires

sur les armes

à l’ uranium « appauvri »

(Coalition Belge / août 2006 / Thierry LAMIREAU)

Le document ci-dessous est à rajouter au lourd dossier sur les armes à l’uranium « appauvri ».

L’intérêt est qu’il est composé de plusieurs origines et sources militaires et qu’il confirme, à nouveau, ce que j’ai toujours dit:

Les armes à l’uranium « appauvri » sont l’expression même d’un CRIME CONTRE L’HUMANITE !

Pollutions chimiques et radioactives pour l’éternité (4,5 milliards d’années) des eaux, des sols, de l’air et de l’ADN des populations autochtones, augmentation de la morbidité et de la mortalité…

TOUS les occidentaux utilisent ces armes…dont la France bien évidemment !

A peu près cinquante  pays possèdent ces armes machiavéliques.

TOUS les pays utilisateurs de ces armes indiquent une « non dangerosité et une non utilisation » de ces produits militaires !

Le MENSONGE et la MANIPULATION ont encore de beaux jours pour étouffer la vérité !

Thierry LAMIREAU

lesoufflecestmavie.unblog.fr

fichier pdf RAPPORTS MILITAIRES SUR L’URANIUM APPAUVRI

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 6 novembre, 2013 |Pas de commentaires »

L’UTILISATION D’ARMES A L’URANIUM « APPAUVRI »: EXEMPLE TECHNIQUE A GAZA (Jean-Marie MATAGNE / ACDN)

L’ utilisation d’armes

à

l’URANIUM « APPAUVRI »

à GAZA

pendant l’opération « Plomb Durci » (II)

L'UTILISATION D'ARMES A L'URANIUM

(Jean-Marie MATAGNE / 4 août 2009)

2ème partie:

- 10. Historique de la GBU-39
- 11. Un brevet ambigu
- 12. Gaza, terrain d’essai
- 13. « Le génocide de Gaza a commencé »
- 14. Lettre à M. Ban Ki-moon : les Nations Unies doivent enquêter
- 15. L’art de l’esquive
- 16. La GBU-39B : portrait au 20 mai 2009
- 17. Combien d’uranium, et où ?
- 18. Autres armes mises en oeuvre à Gaza
- 19. Les enjeux
- 20. La charge de la preuve
- 21. Dernière minute : la preuve est là
- Conclusion : un seul camp, celui de l’humanité

Voir la 1ère partie


10. Historique de la GBU-39

Contrairement aux bombes « gravitationnelles » qui tombent d’un bombardier lorsque celui-ci survole sa cible ou s’en approche, la « bombe intelligente GBU-39″ est capable, grâce aux ailes qu’elle déploie une fois lancée par l’avion porteur, de profiter de son énergie cinétique pour « planer » en descendant, et atteindre une cible située (suivant l’altitude de lancement) jusqu’à 60 miles nautiques (110 km) en avant et 40 miles (75 km) à droite ou à gauche de l’avion au moment du largage. Elle peut même effectuer, selon certaines sources, un arc de cercle pour frapper une cible située derrière l’avion qui l’a lancée. En contact avec les installations au sol sur le théâtre d’opération, elle est guidée par un système de positionnement GPS et de calcul de trajectoire qui lui permet de modifier celle-ci pour atteindre sa cible avec une précision à l’arrivée de l’ordre du mètre. Ce système préprogrammé peut en outre être reprogrammé par l’équipage juste avant le lancement. Chaque bombe peut avoir sa cible.

Répondant à un appel d’offres lancé deux ans plus tôt, la firme Boeing a été retenue en août 2003 pour développer cette « bombe de faible diamètre » (SDB-Small Diameter Bomb) après une sévère compétition où elle a été accusée -et convaincue- de corruption.

La SDB-1 ou GBU-39 a reçu sa certification en septembre 2005, sa production en série a débuté en avril 2006, et les premiers exemplaires ont été livrés à l’US Air Force début septembre 2006, en avance sur le calendrier et à un coût moins élevé que prévu.

A cette occasion, le Maj. Gen. Jeffrey Riemer, responsable de la coordination du programme entre l’USAF et les différents fournisseurs, déclarait :

« Nous sommes enthousiasmés (excited) par le déploiement de cette arme, la SDB-1, qui vient s’ajouter aux diverses options létales du F-15E (Strike Eagle) dans la guerre contre le terrorisme.« 

D’après lui, sa marge d’erreur à l’arrivée ne dépassait pas 1,20 m.

Le F-15E peut en emporter 4 sous son fuselage, avec un attelage BRU-61 d’un poids total en charge de 664 kg, au lieu d’une seule bombe ordinairement beaucoup plus lourde. Le lancement de chaque bombe est pneumatique et non par mise à feu d’une cartouche explosive, ce qui supprime l’entretien courant, facilite la manutention, et accélère le rechargement de l’avion au retour d’une mission. Celui-ci peut donc effectuer des frappes multiples et des rotations accélérées.

La précision, la fiabilité et la charge explosive limitée de la GBU-39, donc aussi sa moindre « létalité » (ou capacité meurtrière), réduisent fortement les risques de « dommages collatéraux ». Ce qui permet des emplois interdits jusque-là : contre des combattants ennemis situés à proximité immédiate de « troupes amies »… ou au milieu d’une population civile amie, neutre ou ennemie, que l’on est censé épargner d’après les « lois de la guerre » et le droit international. L’idéal, en somme, pour la guerre « anti-guérilla » ou « anti-terroriste »…

Dès le 5 octobre 2006, un mois après leur livraison aux Etats-Unis, deux avions F-15E « Strike Eagles » appartenant à la 494e Escadrille de Combat déployée en Asie du Sud-Est, en utilisaient des exemplaires pour la première fois contre des cibles réelles, en soutien aux troupes terrestres agissant en Irak. Le général North célébrait l’événement dans les termes suivants :

« Grâce à sa taille réduite, nos avions peuvent en emporter sur le champ de bataille un nombre accru, apportant ainsi aux combattants au sol davantage de possibilités de défendre leurs positions, en détruisant avec précision des cibles qui pourraient menacer les vies de soldats américains, de la coalition ou irakiens.

« La SDB est exceptionnellement qualifiée pour des cibles urbaines exigeant une grande précision et des dommages collatéraux réduits, et pour des missions de soutien aérien rapproché auxquelles nos équipages se trouvent confrontés dans le cadre des opérations « Iraqi Freedom » et « Enduring Freedom ». Nous sommes maintenant en mesure d’intervenir en des endroits où les dommages collatéraux pourraient être un souci.« 

Le 19 décembre 2006, la firme Boeing annonce que l’US Air Force lui verse 80 millions de dollars – sans doute à titre d’à-valoir – pour une première commande de 1600 SDB1 et divers équipements associés à la bombe. Il ne s’agit que d’un premier contrat, puisque « Boeing fabriquera plus de 24 000 SDB1 et 2000 supports livrables d’ici à 2015″.


11. Un brevet ambigu

« Bombe guidée » et de « petit diamètre », la GBU-39 ou SDB1 est le type même de « petite bombe intelligente » (« small smart bomb ») et autres « systèmes d’armes employant le même principe », que décrit le brevet « US Patent App.11/541,207, 2006 ». Ce brevet est accordé à MM. SD Roemerman et JP Volpi – sûrement connus de la firme Boeing. Il est publié le 12 juillet 2007 mais semble remonter à novembre 2006, le mois précédant la commande de 1600 bombes passée à Boeing par l’USAF. En tout cas, c’est bien la GBU-39 qui est visée et protégée en priorité par ce brevet : elle y est expressément citée au § 43, ainsi que dans le tableau 2, continué page 8, colonne « Remarks », où elle est citée avec son poids effectif de 285 livres comme étant « la » SDB concernée par le brevet.

A la page 7 de ce document, le § 33 cite « le zirconium » comme exemple de « matériau pyrophorique » pouvant être incorporé dans une « petite bombe intelligente ». Le § 34 explique que « les matériaux non-explosifs auxquels ce document s’applique sont essentiellement inertes dans des environnements normaux et dans des conditions favorables » (« the non-explosive materials applied herein are substantially inert in environments that are normal under benign conditions »). Ce qui veut dire que « dans des conditions normales de manipulation » (« in normal handling »), ils ne risquent pas de « devenir destructeurs d’une façon soit explosive, soit incendiaire » (« to become destructive in an explosive or an incendiary manner ») car « le facteur explosif potentiellement létal est minime ou inexistant. »

Or, voici la liste de ces « matériaux sélectionnés » (selected materials) cités en exemple pour leur « inertie » : « le tungstène, l’acier trempé, le zirconium, le cuivre, l’uranium appauvri, et autres matériaux de ce genre » « (e.g. tungsten, hardened steel, zirconium, copper, depleted uranium and other like materials) ».

L’uranium appauvri ! Dans un texte juridique où chaque mot compte et peut coûter ou rapporter des millions de dollars, rien n’est laissé au hasard. Alors pourquoi avoir cité un produit aussi « mal famé » que l’uranium appauvri ? Serait-il cité là par erreur, par inadvertance, ou parce que ce serait un matériau « exemplaire » ? Non, certes. Mais parce qu’il faut l’avoir cité au moins une fois dans la « patente » pour que sa mise en oeuvre soit, à l’avenir, protégée de la concurrence devant les tribunaux. Une fois, mais pas plus et en passant, dans une énumération, pour éviter d’attirer l’attention sur « ce genre de matériau ».

Voilà sans doute pourquoi il n’est pas repris dans le tableau 1 qui, sur la même page, énumère les matériaux entrant dans la composition d’une « petite bombe intelligente », avec, pour chacun, sa fonction, sa nature, sa densité, son poids et son volume. Sont cités : en première ligne, le tungstène, en tant que « ballast » (il est donc retenu ici avant tout pour son poids, et c’est justement le principal mérite de l’UA). Puis l’aluminium, le pyrex, l’acier, des matériaux électroniques divers, des polymères et enfin l’explosif (sans indication de poids). Le nom de la bombe n’est pas donné. Le poids total, étonnamment précis, est aussi dérisoirement petit (25,036 livres). En fait il faut le multiplier par 10 (donc aussi le poids des composants) pour obtenir le poids réel : 250 livres – sans compter le poids d’explosif. Ce qu’il faut retenir du tableau, c’est surtout le rapport de poids entre les différents matériaux. Sur 25,036 livres, le « ballast » en « tungstène », représente à lui seul 20,239 livres, soit plus de 80 % du poids total, hors explosif. Et si l’on multiplie par dix : 202,39 livres. Soit approximativement 80 kg.

Hypothèse : l’« uranium appauvri » dont il est question au § 33 a été remplacé, dans le tableau 1, par le mot « tungstène ». Procédez à l’opération inverse : remplacez « tungstène » par « uranium appauvri », et vous avez le poids d’UA dans une SDB1 : 80 kg. Ou peut-être un peu moins, s’il entre dans un alliage dont les autres composants ne sont pas cités, secret industriel oblige… Hypothèse, bien sûr !


12. Gaza, terrain d’essai

Le coût réduit de la GBU-39 (mais les estimations varient : de moins de 30 000 $ – prix d’ami pour l’USAF – à 100 000 dollars pièce, tout de même…) est intéressant pour les clients en général et Israël en particulier (pour qui il est question quelque part de 67 000 $ l’unité). Il se peut même qu’en échange de son expérimentation massive sur le terrain, in vivo, Israël ait bénéficié d’une grosse ristourne, voire d’une livraison gratuite. Car on ignore en fait les conditions réelles du transfert… et Boeing a nié officiellement y avoir procédé ! Alors qui ?

L’ensemble de ses caractéristiques fait de la GBU-39B, version SDB1, l’arme idéale pour l’offensive contre Gaza.

Une version capable de frapper des cibles mobiles (SDB2) a également été commandée à Boeing, associé cette fois à Lockheed. Il était prévu que son développement aboutisse fin 2009, les essais de qualification étant programmés pour avril 2009. Rien n’autorise à penser que l’armée de l’air israélienne ait déjà disposé de tels engins en décembre 2008, dont elle n’avait d’ailleurs nul besoin – à moins bien sûr que « Plomb durci » ait aussi servi de banc d’essai à quelques prototypes de SDB2.

La capacité de pénétration de la GBU-39 permet de détruire aussi bien les sites enterrés de lancement de roquettes que les tunnels ou les boyaux souterrains du « corridor Philadelphie ».

Sa précision permet d’atteindre des cibles fixes prédéfinies, tout en réduisant les « dommages collatéraux » dans la population civile – de surcroît avertie par tracts ou par téléphone mobile d’avoir à évacuer au plus vite les cibles, c’est-à-dire les maisons ou les sites liés d’après Tsahal aux infrastructures du Hamas, à la fabrication, au stockage ou au lancement de roquettes Qassam contre le sud d’Israël. Ce qui réduit d’autant le risque politique, juridique et diplomatique, d’être accusé de perpétrer des massacres et des crimes de guerre.

Avec la semi-vacance du pouvoir aux Etats-Unis pendant la période de transition entre l’administration Bush et l’administration Obama, présumée beaucoup moins favorable à une action militaire (on note d’ailleurs qu’Israël interrompt « Plomb durci » deux jours avant l’investiture d’Obama), avec l’expiration de la trève acceptée 6 mois plus tôt par le Hamas, avec les fêtes de fin d’année propres à détourner l’attention de l’opinion mondiale, la disposition et la maîtrise des GBU-39 par l’IAF (Armée de l’Air Israélienne) explique le « timing » de l’opération. Début septembre 2008, on l’a vu, le Congrès américain a autorisé la vente de 1000 exemplaires à Israël. Elles lui sont livrées début décembre. Il faut les rendre opérationnelles. Monter les racks sur les F15E. Préparer le support logistique. Entraîner les équipages. Le 19 décembre, la trève expire. Le 27 décembre, l’offensive aérienne commence. Un samedi, jour de shabat, histoire d’augmenter la surprise.

Le problème, c’est que la GBU-39, si elle limite les risques de crimes de guerre, entraîne le crime contre l’humanité. Il y a en effet « un souci » qui n’apparaît dans aucun descriptif : l’Uranium appauvri.


13. « Le génocide de Gaza a commencé »

Gaza est une étroite bande de terre hébergeant sur 360 Km2 près d’un million et demi d’habitants, avec une densité de 3823 habitants au Km2.

La coque des bombes GBU-39 contient de l’Uranium « appauvri », ce n’est qu’une façon de parler. Il est appauvri en U235, mais enrichi en U238 – qui perd la moitié de sa radioactivité en 4,5 milliards d’années.

L’UA est un redoutable poison chimique et radiologique qui brûle aisément à l’impact et se transforme en particules radioactives extrêmement petites (micrométriques et même nanométriques, c’est-à-dire de l’ordre du millionième de millimètre) qui échappent à toute barrière et tout type de masque à gaz. Les produits de toutes ces combustions d’uranium voyagent avec les mouvements de l’air, contaminent l’atmosphère et pénètrent dans les organismes via la respiration, l’ingestion ou les moindres blessures. Ainsi, une partie de l’uranium se retrouve sous forme d’oxyde d’uranium radioactif invisible dans l’atmosphère que les populations respirent, tandis qu’une autre partie contamine les sols, les sous-sols, les nappes phréatiques, la végétation et la chaîne alimentaire.

Les conséquences de l’utilisation de bombes à l’UA en Afghanistan et en Irak sont parfaitement connues, démontrées et dénoncées par de nombreux scientifiques - sinon tous, excepté ceux dont le salaire émarge aux budgets des armées américaine, française, israélienne… et autres. Elles ont été rendues dramatiquement visibles par les photos insoutenables de nouveaux nés mal formés.

On imagine sans peine les conséquences catastrophiques que de tels bombardements pourront avoir sur la population de Gaza : cancers, malformations congénitales, maladies du système immunitaire… et ce d’autant plus qu’elle souffre de malnutrition chronique et de manque de soins, en raison notamment du blocus israélien.

Lorsqu’ils ont décidé de larguer des bombes GBU-39 contenant de l’UA sur des zones densément peuplées de Gaza, les responsables israéliens ne pouvaient pas ne pas en connaître les effets. Mais la population israélienne, dont on peut comprendre la lassitude et l’exaspération sous les tirs de Qassam et d’obus de mortiers, les connaît-elle, aujourd’hui encore ?

Se doute-t-elle que son gouvernement, tout en déclarant viser les dirigeants, les militants et les installations du Hamas, procédait, délibérément ou non, à un « nettoyage ethnique » lent de la population palestinienne, qui sera inéluctablement contaminée, et à une destruction de son environnement ? Mesure-t-elle le risque qu’elle court d’en devenir elle-même victime, puisque les mouvements atmosphériques ne s’arrêtent pas aux frontières de Gaza ? Sait-elle que, même s’ils sont revenus indemnes ou légèrement blessés de cette opération terrestre, les soldats de Tsahal peuvent avoir été eux aussi marqués à vie dans leurs poumons, leur sang ou leur capital génétique par les effets de cette arme perverse ?


14. Lettre à Ban Ki-moon:

Les Nations Unies doivent enquêter

Le dimanche 18 janvier 2009, le jour même où Israël annonce qu’il cesse son opération militaire, nous envoyons par fax et par courriel une lettre au Secrétaire général de l’ONU, M. Ban Ki-moon. Elle évoque les armes radioactives employées à Gaza, les précédents connus, en Irak, dans les Balkans et en Afghanistan, et poursuit :

« Le même malheur risque de survenir dans la bande de Gaza et dans les pays voisins, comme l’Egypte, la Jordanie, et Israël lui-même. En outre, les nanoparticules d’uranium en suspension dans l’atmosphère peuvent voyager beaucoup plus loin encore, de sorte qu’aucune partie de la planète ne se trouve à l’abri de leur contamination.

« En s’attaquant à l’ADN des cellules, l’uranium inhalé, ingéré ou passé dans le sang ne multiplie pas seulement les cancers et diverses pathologies, il s’attaque aussi au patrimoine génétique de ses victimes. Il contamine l’environnement pratiquement pour l’éternité, puisque l’U238, principal composant de l’UA, a une demi-vie radioactive de 4,5 milliards d’années.

« Les armes à Uranium appauvri présentent donc un caractère génocidaire, voire anthropocidaire, et leur emploi relève du crime contre l’humanité.

« Nous avons conscience que seuls des prélèvements sur place et des analyses scientifiques approfondies, multiples, contradictoires et objectives, permettraient soit de vérifier nos craintes en mettant en évidence la présence de matières radioactives, soit de les écarter, ce dont nous nous réjouirions au plus haut point. Si des matières radioactives sont trouvées, des mesures d’urgence devront être prises pour décontaminer les lieux, informer et protéger la population dans toute la mesure du possible.

« C’est pourquoi nous vous demandons instamment de bien vouloir ordonner dans les plus brefs délais une enquête sur le terrain, à la recherche de traces radioactives. Nous présumons que le Programme des Nations Unies pour l’Environnement pourrait en être chargé, puisque lors d’une précédente affaire sur laquelle l’une de nos associations avait eu l’occasion d’attirer votre attention et celle de l’AIEA, cette dernière nous a fait savoir que ce type d’enquête n’entrait pas dans le cadre de ses missions. »

La lettre est cosignée par Jean-Marie Matagne pour ACDN, Paolo Scampa, pour l’Association Internationale pour la Protection contre les Radiations Ionisantes (A.I.P.R.I.) et Alain Acariès, père d’un casque bleu de la FORPRONU (Balkans) décédé des suites d’une contamination -démontrée par les analyses d’un laboratoire italien- par des nanoparticules issues de l’usage d’armes à l’uranium appauvri, et par ailleurs secrétaire d’AVIGOLFE.

Ils suggèrent de confier cette enquête au Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE), qui a déjà enquêté sur ce sujet dans les Balkans et qui a su trouver de l’uranium appauvri là où il y en avait.

De leur côté, les ambassadeurs des pays arabes accrédités en Autriche font remettre le 19 janvier, par le Prince Mansour Al-Saud, une lettre à l’Agence Internationale de l’Energie Atomique dans laquelle ils s’inquiètent de l’information « médicale et médiatique » selon laquelle « des traces d’uranium appauvri ont été trouvées dans des victimes palestiniennes  ». Ils demandent à l’AIEA de mener « une enquête radiologique et physique en vue de vérifier la présence d’uranium appauvri dans les armes utilisées par Israël dans la bande de Gaza. » L’AIEA fait rapidement savoir qu’elle agrée la demande et va mener l’enquête. Ce qui écarte le PNUE de cette mission.

Quatre mois plus tard (mai 2009), l’AIEA n’a pas trouvé un seul expert à envoyer sur le terrain. Il est vrai qu’avant même la venue des enquêteurs sur le terrain, le porte-parole du gouvernement israélien avait assuré qu’ils ne trouveraient rien. Précédemment, le chef d’état-major de Tsahal avait commencé par nier, le 13 janvier, l’usage de bombes au phosphore blanc qui sautait pourtant aux yeux de tout le monde, avant d’être obligé de le reconnaître le 20 janvier et de se replier sur une deuxième ligne de défense : « ce sont des armes autorisées« . Oui, tout juste tolérées – mais tout de même pas contre des civils… Quant à la radioactivité des GBU-39, nous comprendrons plus loin pour quelles raisons techniques Tsahal croit pouvoir encore moins être prise « la main dans le sac ».


15. L’art de l’esquive

Les GBU sont construites aux Etats-Unis par la firme Boeing dans son usine de Saint Louis (Missouri). Sachant cela, un citoyen américain resté « sceptique » devant les assertions d’ACDN, Jack Cohen, demande au ministère de la Défense (DOD) des Etats-Unis s’il y a ou non de l’uranium appauvri dans les GBU-39. En attendant la réponse du ministère, il pose au responsable de la communication de Boeing la question suivante : « L’usine Boeing de Saint Louis a-t-elle une licence du ministère de l’Energie (DOE) pour détenir ou traiter de l’uranium appauvri ? » (« Does the Boeing facility in St. Louis have a DOE license for holding or handling depleted uranium ? »). Il reçoit cette réponse : « Boeing n’a pas de licence, étant donné qu’il n’y a pas d’activité relative à l’uranium appauvri dans notre usine de Saint Louis/Saint Charles. » (« Boeing does not have a license as there is no depleted uranium activity at our St. Louis/St. Charles facility. »)

Mais en analysant de près cette réponse, on s’aperçoit que, malgré ses allures de démenti, elle n’implique nullement qu’il n’y ait pas d’uranium appauvri dans les GBU-39 : leur « construction » à Saint Louis peut se limiter au montage de pièces détachées, elle n’implique ni hauts fourneaux, ni fonderie pour les alliages métalliques, ni même l’usinage des pièces. Pour remonter la piste de l’uranium appauvri, il faudrait s’adresser aux laboratoires de l’USAF, ou au sous-traitant qui fournit le corps de bombe. Mais l’USAF, également interpellée par Jack Cohen, a sa réponse toute prête : « No comment ». Comme prévu.


16. La GBU-39B:

Portrait au 20 mai 2009

Les informations accessibles dans le domaine public et celles recueillies de plusieurs sources par Jean-François Fechino aboutissent, à ce jour et sous réserve des modifications qu’autorisera l’afflux de nouvelles informations, à dresser de la GBU-39B le portrait suivant :

La GBU-39B pèse au lancement 130 kg (285 livres anglaises, ou lb, la livre anglaise pesant 453,592 grammes). La bombe proprement dite pèse, si c’est bien le cas, 113 kg (250 lb).

La différence, soit 17 kg, correspondrait au « kit de navigation », lequel comprend :

  • une coque extérieure en carbone, très légère et très lisse, favorisant la pénétration dans l’air ;
  • rattachés à cette coque, un empennage et des ailes, eux aussi en carbone ; les ailes, repliées au départ, se déploient quelques secondes après le lancement, lorsque la bombe a pivoté sur elle-même de 180° ;
  • un servomoteur et des petits vérins permettant de déployer les ailes et de varier ultérieurement leur ouverture et leur orientation pour régler la trajectoire sde la bombe ;
  • un système anti-brouillage de positionnement GPS et de navigation (Advanced Anti-Jam GPS aided Inertial Navigation)

L’ensemble de ce kit explose à l’impact sur la cible.

La bombe elle-même pesant 113 kg, comprend :

  • un détonateur pouvant être programmé pour provoquer l’explosion juste avant, pendant ou après l’impact sur la cible, selon l’effet recherché ;
  • près de 23 kg d’explosif (50 lb soit 22,680 kg) : le tritonal, un dérivé de perchlorate d’ammonium dans lequel l’alumine a été remplacée par de la poudre d’UA (à hauteur de 10%), et auquel a été ajouté du fulminate.

Le tritonal est classé dans la catégorie des explosifs à haute énergie (HE), il se présente sous forme d’un solide légèrement pulvérulent qui réagit à la moindre étincelle électrique. On le coule en forme de boudin serré qui va se consumer à très haute vitesse et dégager un gaz qui, comprimé par l’enveloppe de la bombe, la fait exploser et voler en éclat, le tout à une vitesse de l’ordre du centième de seconde.

Cet explosif hyper puissant assure une grande vélocité aux « échardes de métal », lesquelles s’enfoncent dans tout de ce qui se trouve sur leur passage et s’enflamment du fait qu’elles contiennent de l’Uranium Appauvri pyrophorique. Elles traversent les corps humains de part en part et seul le béton les arrête à une profondeur d’environ un mètre. Ensuite, elles brûlent, en dégageant un maximum de chaleur et un minimum de fumées… et ce en raison des « mini impacts » largement répandus autour de la cible.

Il n’est pas exclu toutefois que les GBU-39 ou certaines d’entre elles aient été chargées du dernier cri en matière d’explosif : le D.I.M.E. (Dense Inert Metal Explosive).

  • une coque (cover) métallique constituée d’un alliage composé de 10 % de titane, 10% de tungstène, 80 % d’uranium appauvri.

L’alliage Ti/Tu/UA est « friable » et « préformé » en « aiguilles d’aciers » ou échardes d’acier (preformated alloy iron sharps). L’explosion est réalisée pour les faire « voler en éclats » selon leurs « préformatages ». Elles tiennent en raison du moulage lors de la coulée et sont maintenues en forme (en dépit des contraintes de forces et de vitesse) par le manteau de fullérènes qui, lui aussi, explose en échardes.

  • une couche ou « manteau » (coat) de 2,5 mm d’épaisseur, constituée de fullerènes.

Cette couche enveloppant la coque métallique est destinée à renforcer sa dureté lorsqu’elle pénètre dans la cible après dislocation de l’enveloppe extérieure, et surtout à protéger l’UA d’un frottement prématuré ou excessif lors de la pénétration dans la cible, en particulier lorsqu’il s’agit de bétons ultra durs (enforced ultra strong concrete) dans lesquels on a mélangé de la fibre de carbone ou carbure de tungstène (carbon tungsten fibers).

Les fullerènes sont un nouveau « type de carbone » à structures moléculaires renforcées, issu directement des laboratoires militaires de Los Alamos en liaison avec la recherche en nanomatériaux et structures de métaux, tant universitaire que privée. Aussi résistants que le diamant, les fullerènes se présentent extérieurement sous forme de suie noire.

Comme pour les autres armes expérimentées à Gaza, les matériaux et les autres caractéristiques des GBU assurent, avec l’ensemble du dispositif de leur mise en oeuvre, un « service multiple » de destruction et de morbidité :

  • pénétration en profondeur des cibles enfouies sous terre, même les mieux protégées (bétons à hautes, très hautes ou ultra hautes performances ; blindages épais en acier, ou en acier renforcé à l’UA) ;
  • explosion différée jusqu’à la profondeur voulue et programmée ;
  • explosion ultérieure et autodestruction de l’engin, dans le cas où le dispositif primaire de mise à feu aurait échoué ;
  • destruction « classique », par effet de souffle, de la cible, depuis l’intérieur même ;
  • projection d’échardes métalliques dans les corps inertes ou vivants situés à l’intérieur ou à la périphérie de la cible, avec effet de « décapitation » ou d’ « amputation » sur les corps humains ;
  • crémation externe et interne des corps, les échardes métalliques devenant elles-mêmes des brandons ;
  • chez les blessés survivants, impossibilité de distinguer les éclats métalliques et de les extraire par une opération chirurgicale ;
  • réduction de la durée de survie des blessés et des brûlés, par empoisonnement interne, radiotoxique et chimique, dû à l’uranium appauvri ou à ses descendants ;
  • contamination radioactive de l’environnement naturel par dispersion, sur les lieux mêmes des explosions et au-delà, de nanoparticules d’uranium appauvri et d’autres radionucléides issus de l’uranium ;
  • atteintes au génome de la population.

En un mot : des armes génocidaires.


17. Combien d’uranium, et où ?

Boeing annonçait un corps de bombe (Warhead) de 206 livres ou 93 kg. (en fait 93,44 kg). Ce chiffre n’inclut pas le poids d’explosif. Mais il contredit d’autres données déjà citées, d’après lesquelles «  la GBU-39B est équipée d’une tête ou corps de bombe (warhead) de 250 livres… contenant 50 livres d’explosif  », ce qui implique logiquement que le corps de bombe pèse seulement 200 lb, soit 90,718 kg. Il faut donc supposer que Boeing y ajoute les poids, relativement minimes, du « manteau » de fullerènes et du détonateur – poids qu’il convient alors de déduire des 35 livres ajoutées à la « bombe nue » par le kit de navigation, pour conserver 50 livres d’explosif.

Quoi qu’il en soit, la coque métallique de la GBU-39 dépasse les 90 kg : elle pèse au maximum 93 kg, au minimum 90,718 kg. Admettons ce dernier chiffre. 80% d’Uranium Appauvri sur 90,718 kg d’alliage métallique font 72,57 kg. Si l’on y ajoute les 2,26 kg d’UA mélangé à l’explosif, lorsque la bombe atteint sa cible (une fois débarrassée de sa gangue de carbone, ses ailes, sa queue, etc.) le poids total d’Uranium Appauvri dans une GBU-39B doit être, approximativement, de 75 kg (74,83 kg). (Si les 206 livres dont parle Boeing se rapportaient seulement à la coque métallique, le poids d’UA atteindrait 77 kg.)

C’est cette masse extrêmement compacte, ce « lest » (« ballast »), arrivant en piqué, donc à grande vitesse (en effet, dans la dernière partie de sa trajectoire, la bombe est orientée de façon à chuter aussi verticalement que possible) qui permet à la GBU-39 de percer, avant d’exploser, au moins 90 cm de béton armé de haute résistance (le double selon plusieurs sources dont Global Security, qui rapporte que dès les premiers essais, elle a été capable de percer 6 pieds de « béton renforcé ») ou plusieurs dizaines de mètres de terre – jusqu’à 60 mètres… voire 100 mètres de profondeur dans un sol meuble. Et d’exploser à la profondeur programmée.

En fonction des informations parfois contradictoires dont nous disposions précédemment, nous avions largement sous-estimé le poids minimal d’uranium appauvri compris dans une GBU-39 et dispersé par son explosion. Aujourd’hui, nous pensons pouvoir dire que son poids réel doit tourner autour de 75 kg et rejoint l’hypothèse tirée de l’analyse du brevet déposé.

Si l’on suppose qu’Israël a « consommé » dans l’opération « Plomb durci » la totalité des 1000 GBU-39B (mais il peut en avoir gardé en réserve, par ex. pour l’Iran), ce seraient donc quelque 75 tonnes d’UA qui auraient été dispersées dans le sol et le sous-sol de la bande de Gaza, en partie dans les sites suspectés d’héberger des lance-roquettes, en partie et surtout dans les tunnels du « couloir Philadelphie » courant près de Rafah le long de la frontière égyptienne. Soit, sur une surface très restreinte et en plein coeur de zones peuplées, le cinquième du tonnage d’UA qui, selon des estimations généralement admises, aurait été dispersé sur l’ensemble du territoire irakien pendant toute la « guerre du Golfe » de 1991.

Il est pour le moins hautement probable que plusieurs centaines de GBU-39 ont été utilisées pendant l’opération « Plomb durci », injectant plusieurs dizaines de tonnes d’Uranium Appauvri dans le sol de Gaza. Mais qu’en reste-t-il sur le terrain, en surface ? Rien à première vue. Pourquoi ?

  • Parce que la radioactivité, invisible, inodore et sans saveur, peut être présente sans que personne ne s’en aperçoive ; parce qu’il faut, pour s’en apercevoir, disposer de récepteurs spéciaux (compteurs Geiger, « Quartex »…), les placer très près de la source d’émission et être capable de les interpréter ; parce que le temps qui passe et les travaux de remblaiement rendent chaque jour plus difficile la collecte des indices à Gaza.
  • Parce que, contrairement à bien d’autres armements retrouvés sur place, y compris un corps entier, non radioactif, de GBU-10, semble-t-il, ayant fait long feu (voir les photos dans le « rapport préliminaire » de J-F Fechino), on ne retrouvera probablement aucun élément des corps de bombe de GBU-39 : pour le cas justement où elles feraient long feu, ces bombes ont été dotées d’un dispositif d’autodestruction à retardement.
  • Parce que l’Uranium Appauvri est constitué à 99,8 % d’Uranium 238 et qu’aucune des ondes émises par l’U238 -toutes dangereuses pour la santé- ne peut traverser plusieurs mètres de terre : ni les ondes alpha (qui sont arrêtées par la peau, mais sont aussi les plus nocives pour l’ADN lorsqu’elles franchissent cette barrière par inhalation ou par ingestion), ni les ondes bêta, ni même les ondes gamma (les plus puissantes).
  • Parce que les micro ou nanoparticules d’UA qui ont pu remonter par l’évent de pénétration de la bombe au moment de son explosion ont été aussitôt dispersées dans l’atmosphère, où elles se sont confondues avec le « bruit de fond » de la radioactivité naturelle ou artificielle préexistante, qu’elles ont augmentée sans qu’on puisse leur en attribuer la responsabilité.
  • Parce que la plus grande masse des particules d’UA se trouve emprisonnée sous terre, là où les bombes ont explosé… sans pour autant faire de cratère. En effet, la puissance de l’explosion est délibérément limitée. Son aire de souffle n’excède pas un diamètre de 26 pieds (moins de 8 mètres). Sous terre, elle crée seulement une sorte de cavité temporaire qui peut s’effondrer ensuite sur elle-même.

Elles ne vont pas cesser pour autant de faire des dégâts.

D’abord, dans son « rapport préliminaire » sur Gaza, J-F Fechino signale avoir relevé en plusieurs endroits des taux de radioactivité double des valeurs moyennes données par l’AIEA pour les mêmes lieux. Cette augmentation de la radioactivité ambiante n’a rien d’anodin, puisque on sait qu’il n’existe pas de dose minimale inoffensive pour l’être humain.

Ensuite, les Gazaouis qui ont reconstitué depuis janvier 2009 des tunnels dans la zone bombardée risquent de traverser des zones contaminées, d’inhaler des particules radioactives, et de développer à plus ou moins brève échéance des cancers et des symptômes comparables à ceux décrits dans le « syndrome du Golfe ».

Enfin, les radioéléments restés sous terre finiront par se retrouver dans les nappes phréatiques et par suite, dans la chaîne alimentaire.

Seule l’analyse d’échantillons prélevés à la bonne profondeur sur les lieux où l’on sait que des bombes ont explosé permettra de constater la contamination et la réalité du risque radioactif.

Ensuite, pour isoler et interdire d’accès les zones concernées en attendant (ou à défaut) de les décontaminer au moyen de gigantesques travaux de terrassement, les indications de l’Armée de l’Air Israélienne se révéleront indispensables. Elle seule peut dire avec précision quel type de bombe a été utilisé en tel et tel endroit, et à quelle profondeur les bombes étaient censées exploser.

Paradoxalement, et non sans un certain cynisme, Israël pourrait trouver intérêt à reconnaître l’usage de bombes radioactives : si nos assertions sont exactes, c’est quasiment tout le « corridor de Philadelphie » qui est, en profondeur, devenu radioactif – ce qui condamne le percement et l’usage de tunnels… Il va sans dire que le meilleur moyen d’éliminer ce risque, sinon le seul, serait de rendre les tunnels inutiles, c’est-à-dire de lever enfin le blocus inhumain et illégal de Gaza.


18. Autres armes mises en oeuvre à Gaza

Les GBU-39 ne sont pas les seules bombes à avoir été utilisées contre les tunnels du couloir Philadelphie, loin s’en faut. Dès le 1er janvier, un journaliste italien (Pietro Battachi, dans “l’Occidentale”) signale que « ses sources » (militaires ou gouvernementales, manifestement) « parlent de dizaines de couloirs souterrains détruits par les GBU-28 de 5000 livres » (Le fonti parlano decine di corridoi sotterranei centrati dalle GBU-28 da 5000 libbre). Il n’est pas exclu, bien sûr, que les GBU-28 (des « bunker busters » conventionnels) soient citées à la place des GBU-39, qui peuvent faire le même travail en profondeur que les GBU-28, en pesant 16 à 20 fois moins. Des « bunker busters” de fabrication israélienne comme la bombe PB500A1 de 1000 livres (425 kg) ou la Mk82 de 500 livres (227 kg) ont été aussi utilisées.

Les GBU-39 font partie, avec les munitions à fléchettes, les munitions au phosphore blanc, les munitions au DIME, de ces armes meurtrières que les dirigeants politiques et les chefs militaires israéliens n’ont pas hésité à mettre en oeuvre au beau milieu de la population de Gaza et souvent directement contre elle.

Les dirigeants israéliens ne reculent pas devant l’emploi d’armes radioactives. La preuve : sur la photographie ci-dessous, on voit le soldat Idan Cohen, camarade du soldat Gilad Shalit, employé dans la même brigade de tank, le long de la frontière de la bande de Gaza. Elle est parue le 25 juin 2007 sur le site internet Ynet, du quotidien israélien à grande diffusion Yedihot Aharonot. Il porte sur l’épaule un obus-flèche dont la flèche est en uranium appauvri.

Pour mesurer ce que toutes ces armes signifient concrètement, il faut se reporter aux descriptions faites, par les chirurgiens présents à Gaza, des effets sur les victimes des « nouveaux types d’armes » ou des matériaux (phosphore blanc, DIME, tungstène, Uranium appauvri…) employés pendant l’opération « Plomb durci » : «  A 2 mètres, le corps est coupé en deux ; à 8 mètres, les jambes sont coupées, brûlées comme par des milliers de piqûres d’aiguilles. » Les blessés survivants « n’ont aucune trace de métal dans le corps, mais des hémorragies internes étranges. Une matière brûle leurs vaisseaux et provoque la mort, nous ne pouvons rien faire. » (Dr Mads Gilbert, Le Monde, 12 janvier) «  Quand on commence à opérer, tout semble en ordre… Mais ensuite on découvre des dizaines de minuscules particules dans tous leurs organes. On dirait qu’un certain type d’explosif ou d’obus les a dispersées partout, et ces blessures miniatures, impossible de les opérer. » (Dr. Jam Brommundt, médecin allemand travaillant à Kham Younis, au sud de la bande de Gaza)

Comment ne pas se demander avec le Dr Gilbert : «  Se peut-il que cette guerre soit le laboratoire des fabricants de mort ? Se peut-il qu’au XXIe siècle on puisse enfermer un million et demi de personnes et en faire tout ce qu’on veut en les appelant terroristes ? » Et comment qualifier cette « guerre » qui fait d’un côté 14 tués (11 soldats israéliens, dont 4 victimes d’un « tir ami », et 3 civils, victimes d’un tir de roquette) et 50 blessés, et de l’autre côté, au moins 1330 tués et 5450 blessés, pour la plupart des civils, dont une moitié d’enfants ? (Source : Foreign Policy In Focus, Conn Hallinan, 11 février 2009)

A un contre cent, est-ce encore un combat, ou est-ce un jeu de massacre ? Une collection de crimes de guerre ? Le début d’un génocide qui n’ose pas dire son nom et qui se cache derrière la mémoire d’un autre génocide ?

Toutes les armes de guerre sont, par nature, « létales ». Mais celles qui utilisent des matériaux radioactifs, sous forme d’explosif comme dans les armes atomiques ou thermonucléaires, sous forme d’enveloppe métallique ou de pénétrateur pyrophorique comme dans les munitions à Uranium appauvri, ont une particularité qui devrait les prohiber dans tous les cas de figure : outre leurs effets directs plus ou moins « limités » selon la puissance de l’explosion, elles ont aussi et toujours des effets collatéraux « contaminants » pratiquement illimités dans le temps et l’espace.

Ce sont donc des armes triplement criminelles :

En tant qu’armes de guerre (puisque la charte de l’ONU, on l’oublie trop souvent, prohibe la guerre comme moyen de régler les conflits) ; en tant qu’armes génocidaires ; en tant qu’armes écocidaires.


19. Les enjeux

Reconnaître l’extraordinaire nocivité des armes radioactives, en particulier des armes à « Uranium appauvri » aurait d’immenses conséquences – avant tout économiques et financières.

Cette reconnaissance impliquerait que les États responsables de leur emploi versent des indemnités compensatoires aux victimes de ces armes – si tant est que leurs effets puissent jamais être compensés- ou aux familles des victimes décédées.

Elle impliquerait de soigner les victimes encore en vie, tant civiles que militaires, ce qui coûterait fort cher ; il est donc préférable qu’elles meurent à petit feu, dans le déni des causes de leur sort. Car comment prouver aux commissions de pension militaire, des mois ou des années après avoir été exposé à de l’uranium appauvri – ou aux retombées d’une explosion nucléaire -, que le cancer des reins ou des poumons qu’on développe, ou la malformation congénitale de son enfant, sont dus à cette exposition ? De nombreux phénomènes peuvent les expliquer… Seuls les militaires blessés (en général par un « tir ami »…) et ayant conservé dans leur corps des particules décelables d’Uranium appauvri ont quelque chance d’en être reconnus victimes.

Cette reconnaissance impliquerait :

  • que toutes les armes comportant de l’uranium appauvri – munitions de toutes sortes : balles, obus, bombes, missiles, mines, mais aussi chars blindés à l’UA, comme le char LECLERC des Français ou ses homologues étrangers – soient retirées du service, donc remplacées (les armées ont horreur du vide), ce qui coûterait une fortune. De plus, l’uranium « réformé » devrait être rendu inoffensif, ce qui est impossible, ou stocké en lieu sûr et surveillé, ce qui coûterait encore plus cher.
  • qu’on cesse de les produire, ce qui mettrait au chômage nombre de « travailleurs de l’armement », donc accroîtrait la crise économique. Et surtout, ce qui réduirait les profits des actionnaires de Boeing, Lockheed, Raytheon et Cie. On sait que Boeing est déjà engagé pour plus de 24 000 GBU-39. Mais certains ont avancé pour les décennies à venir le chiffre de 150 000 unités. Sans parler de la GBU-40 (SDB2). Un programme de plus de 4 milliards de dollars à annuler, et le fleuron de l’USAF réduit à néant.
  • qu’on réhabilite les sites contaminés, ce qui coûterait encore une fortune. Ainsi, selon Jean-François Fechino, les 88 bombes à sous munitions CBU-105 WCMD-SWF, pesant chacune 417 kg, qui ont été larguées par les bombardiers B-1B pendant la guerre d’Irak de 2003 ont dispersé leur uranium sur une surface cumulée de 44 km2. Les 818 CBU-103 WCMD (autres bombes à sous munitions, de 429 kg), l’ont dispersé sur une surface cumulée de 218 km2. Et ce n’est là qu’une toute petite partie de l’uranium appauvri déversé au total en Irak : au moins 350 tonnes en 1991, et certainement plus de 1200 tonnes depuis 2003.
  • que les responsables de ces crimes à l’Uranium appauvri soient traduits en justice.
  • et enfin, que soit remis en cause l’ensemble de l’industrie nucléaire civile et militaire, grande pourvoyeuse d’uranium appauvri dont on ne sait que faire et que l’on « recycle » dans le secteur militaire.

Dans ces conditions, on comprend que certains dirigeants préfèrent conduire insidieusement la population du globe à sa perte.


20. La charge de la preuve

Nous avons, dans ce qui précède, décrit de manière précise les GBU-39. Cette description n’est pas exhaustive ; il se peut qu’elle soit inexacte sur certains points de détail. Mais nous avons aussi et surtout affirmé que les GBU-39 contiennent chacune une masse très importante, égale ou supérieure à 75 kg d’uranium appauvri. Si nous sommes dans l’erreur sur ce point essentiel, c’est à l’armée israélienne et à l’USAF, désormais, d’en apporter la preuve.

Comme utilisatrice et comme pourvoyeuse, elles doivent nous dire de quel alliage métallique est constitué le corps de bombe. Nous expliquer pourquoi les personnels bien informés (ils ne le sont pas tous, loin s’en faut) le considèrent comme « du métal chaud, très chaud » (« hot, very hot metal ») – en clair : radioactif – et pourquoi ceux qui le manipulent portent une combinaison spéciale. L’USAF doit nous expliquer pourquoi, en Afghanistan où elle utilise également des GBU-39, elle oblige les militaires alliés arrivant sur les lieux d’un bombardement à porter des combinaisons NBC. Les prétextes avancés sont spécieux.

L’Armée de l’Air Israélienne (Israeli Air Force) et l’US Air Force doivent laisser des experts indépendants équipés de compteurs Geiger accéder aux armes elles-mêmes, de préférence sans préavis et dans n’importe quel arsenal pour ne pas avoir le temps de les leurrer, comme les Israéliens surent si bien le faire lorsque le « centre de recherches nucléaires » de Dimona fit, dans les années 60, l’objet d’une unique visite d’inspection américaine : les étages souterrains voués à la production de plutonium militaire furent si bien masqués que les inspecteurs en ignorèrent l’existence.

Israël doit indiquer précisément les lieux où les GBU-39 ont été employées, en faciliter l’accès aux experts et autoriser le prélèvement d’échantillons pour analyse approfondie par des laboratoires indépendants. Aucun « secret industriel », aucun « secret défense » ne saurait être invoqué contre une telle enquête. Tout refus, au contraire, devrait être interprété comme un aveu du crime.


21. Dernière minute, 20 mai 2009:

La preuve est là !

En avril 2009, une mission de 4 personnes dont Jean-François Fechino s’est rendue à Gaza sous l’égide de la Commission Arabe des Droits Humains. Les échantillons de terre et de poussières rapportés de Gaza ont ensuite été soumis à l’analyse d’un laboratoire spécialisé. Celui-ci y a trouvé de l’Uranium Appauvri (radioactif, cancérigène, tératogène), du Césium (radioactif, cancérigène) peut-être originaire de Tchernobyl, de la poussière d’amiante (cancérigène), des Composés Organiques Volatils (fines particules dangereuses pour la santé, surtout celle des enfants, des asthmatiques et des vieillards), des phosphates (oxydation du phosphore blanc), du tungstène (cancérigène), du cuivre, de l’alumine (cancérigène), de l’Oxyde de Thorium (ThO2) (radioactif, cancérigène)…

Des résultats détaillés seront transmis aux autorités compétentes et rendus publics dès que possible.


Conclusion:

Un seul camp, celui de l’humanité

Un génocide est l’extermination d’un groupe humain. Les armes à Uranium Appauvri sont des armes d’extermination. Elles frappent de façon indiscriminée une population entière, jusque dans son patrimoine génétique. Le groupe humain qu’elles frappent est la population qui en respire ou en ingère les retombées. Ce groupe ne se définit pas par ses appartenances politiques, nationales, religieuses ou ethniques, mais par sa situation géographique. Par cette localisation, il devient, pour des raisons physiques et météorologiques, la victime « privilégiée » de l’extermination, bien qu’aucune frontière n’assure à ses voisins qu’ils ne partageront pas son sort tragique à un degré quelconque.

La même remarque vaut pour les victimes des retombées radioactives d’essais ou de catastrophes nucléaires. Tchernobyl est en Ukraine, mais ses victimes sont aussi bien en Russie, au Belarus ou en France.

En ce sens, l’utilisation dans la bande de Gaza d’armes à Uranium appauvri, en particulier des bombes GBU-39, constitue bien, à double titre, un crime contre l’humanité : l’humanité des Gazaouis, l’humanité en général.

Le génocide est assez établi si les responsables civils ou militaires de l’emploi d’armes radioactives connaissaient, avant de les employer, leur caractère attentatoire à la vie, à l’environnement, à la survie et à la dignité des victimes de ces armes – en un mot leur caractère génocidaire. Cette condition suffit à démontrer le mépris dans lequel ils tenaient leurs futures victimes. Employer des armes radioactives, c’est donc bien commettre un génocide.

Mais c’est aussi un anthropocide : ce néologisme s’impose pour désigner un nouveau type de crime contre l’humanité, qui détruit les individus en s’attaquant à leur ADN, les familles en s’attaquant à leur descendance, les groupes en s’attaquant à leur génome, et l’espèce, en contaminant sans remède sa niche biologique.

C’est pourquoi l’humanité tout entière, à commencer par le peuple palestinien et le peuple israélien, doit se mobiliser pour dénoncer ce crime, exiger la sanction des coupables et la réparation pour les victimes, et pour prendre toutes les mesures propres à l’empêcher de se reproduire, où que ce soit, en Palestine, au Moyen-Orient ou ailleurs dans le monde.

Toutes les armes radioactives, atomiques, thermonucléaires, à l’uranium, quelle que soit leur formule, doivent être interdites et démantelées.

ACDN, le 20 mai 2009

Actualisé le 4 juin 2009

RAPPORT Sur l’utilisation d’armes radioactives dans la Bande de Gaza pendant l’opération « Plomb durci » (27 décembre 2008 – 18 janvier 2009)

© Jean-Marie MATAGNE / ACDN

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 2 novembre, 2013 |Pas de commentaires »

PETIT RAPPEL: L’ACCORD ENTRE L’OMS et L’AIEA…UN VRAI SCANDALE ! (Thierry LAMIREAU / lesoufflecestmavie.unblog.fr)

L’accord entre l’OMS et l’AIEA:

PETIT RAPPEL: L'ACCORD ENTRE L'OMS et L'AIEA...UN VRAI SCANDALE ! (Thierry LAMIREAU / lesoufflecestmavie.unblog.fr) dans REFLEXIONS PERSONNELLES aaaaaaaaaa6

Un scandale politique,

un mensonge de Santé Publique,

un acte criminel,

une induction grave

de morbidité et de mortalité.

L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a signé avec l’Agence

Internationale de l’Énergie Atomique (AIEA) l’accord référencé

“WHA12-40”, le 28 mai 1959.

slide1-accordwha-12-40 ACADEMIE DES SCIENCES DE NEW YORK dans REFLEXIONS PERSONNELLES

On y lit notamment:

  • L’Agence Internationale de l’Énergie Atomique et l’Organisation Mondiale de la Santé reconnaissent qu’elles peuvent être appelées à prendre certaines mesures restrictives pour sauvegarder le caractère confidentiel de renseignements qui leur auront été fournis …
  • Le secrétariat de l’AIEA et le secrétaire de l’OMS se tiennent mutuellement au courant de tous les projets et tous les programmes de travail pouvant intéresser les deux parties.
  • L’OMS reconnaît qu’il appartient précisément à l’AIEA d’encourager, d’aider et de coordonner dans le monde entier les recherches ainsi que le développement et l’utilisation pratique de l’énergie atomique à des fins pacifiques sans préjudice du droit de l’OMS de s’attacher à promouvoir, de développer, d’aider et coordonner l’action sanitaire internationale, y compris la recherche, sous tous les aspects de cette action.
  • Chaque fois que l’une des parties se propose d’entreprendre un programme dans un domaine qui présente ou peut présenter un intérêt majeur pour l’autre partie, la première consulte la seconde en vue de régler la question d’un commun accord.
  • Depuis la signature de cet accord, l’OMS n’a montré aucune autonomie d’initiative et de moyens pour assurer ses objectifs en matière de radioprotection.

Elle a montré au contraire sa capacité à désinformer les populations sur les conséquences sanitaires des contaminations radioactives engendrées par l’industrie nucléaire civile et militaire.

L’OMS a attendu 5 ans avant de se rendre dans les territoires fortement contaminés par Tchernobyl. Elle n’a pas donné de consignes d’évacuations ni de fourniture d’aliments propres pour les populations affectées.

L’OMS a caché les conséquences sanitaires de cette catastrophe, notamment en ne publiant pas les actes des conférences de 1995 et 2001.

L’OMS évalue toujours à moins d’une cinquantaine le nombre des morts causés par Tchernobyl et elle attribue les problèmes de santé des populations du Bélarus, d’Ukraine et de Russie à la peur des radiations.

L’OMS ne reconnait pas la validité des travaux publiés en 2009 par l’Académie des Sciences de New York lesquels évaluent à près d’un million le nombre des morts causés par Tchernobyl.

Pour Fukushima, l’OMS a la même attitude que pour

Tchernobyl:

Désinformer et mentir !

L’OMS refuse de faire paraître son rapport lié à l’utilisation,

par les occidentaux en IRAK,

des armes à l’URANIUM « APPAUVRI » !

Rappel sujet général sur les armes à l’uranium:

http://lesoufflecestmavie.unblog.fr/2017/07/03/armes-a-luranium-appauvri-lessentiel-des-infos-thierry-lamireau/

L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) ne respecte pas sa

constitution qui pose le principe suivant :

“Une opinion publique éclairée et une coopération active de la part du public sont d’une importance capitale pour l’amélioration de la santé des populations …”

Au chapître premier, Article 1 :

“Le but de l’Organisation Mondiale de la Santé est d’amener tous les peuples au niveau de santé le plus élevé possible”.

 Au  chapître 2 – FONCTIONS de l’OMS:

a) agir dans le domaine de la santé en tant qu’autorité directrice et coordonnatrice des travaux ayant un caractère international .

 Une nécessaire révision de l’accord OMS/AIEA

Il faut que la révision soit votée au cours d’une Assemblé Générale de l’OMS qui chaque année se tient en mai. Préalablement, il faut que cette révision soit inscrite à l’ordre du jour de l’Assemblée Générale. Celui-ci est établi par le Conseil Exécutif au cours du mois janvier qui précéde. La mise à l’ordre du jour de la demande de révision de l’Accord OMS-AIEA doit être faite au Conseil Exécutif par un État Membre et avec le soutien d’un autre État Membre. En amont, le soutien d’ONGs reconnues est très utile pour convaincre les États Membres de présenter la révision et utile également pour le vote final. Il faut savoir que mettre une question à l’ordre du jour de l’OMS est un long processus qui peut prendre des années. A l’inverse, il faut savoir que les Etats Membres puissants ont la capacité d’influer sur les décisions à travers des canaux informels.

fichier pdf Texte_complet_de_L_accord_OMS_AIEA

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 20 octobre, 2013 |Pas de commentaires »

ARMEMENT: LES PETITES ERREURS ET MANIPULATIONS DU « CANARD ENCHAÎNE » POUR NE PAS PARLER DES ARMES A L’URANIUM « APPAUVRI » !(Thierry LAMIREAU / lesoufflecestmavie.unblog.fr)

Armement:

ARMEMENT: LES PETITES ERREURS ET MANIPULATIONS DU

Les petites erreurs et manupulations

du « Canard Enchaîné »

pour ne pas parler

des armes à l’URANIUM « APPAUVRI » !

(Thierry LAMIREAU)

Dans un article intitulé: « Les dix malheurs du RAFALE en INDE » (en date du mercredi 16 octobre 2013) le sieur Jérôme CANARD (un pseudonyme évidemment) a voulu nous impressionner avec ses infos liées à d’éventuelles ventes d’aéronefs RAFALE en INDE.

Il cite « la signature, avant la fin de cette année 2013, d’une série de six contrats entre l’INDE et les ETATS-UNIS. »

Ce cher « volatile » a « du plomb dans l’aile » car il fait plusieurs erreurs:

1 / Il précise la vente, entre autres matériels, « de 22 hélicoptères de combat APACHE et 512 bombes CBU-105 capables de perforer le béton en profondeur. »…matériels de guerre vendus par les ETATS-UNIS à l’INDE.

2 / Plus loin, il indique : « que l’INDE, le PAKISTAN et la CHINE possèdent les belles fusées qui permettent de balancer leurs bombes chez l’adversaire alors que ces pays équipent pourtant toujours leurs armées en matériel classique. »

En outre, un deuxième petit texte est inséré dans le premier pour noter que: « La présence au MALI d’un contingent français va coûter, en 2013, presque 1,9 million d’euros par jour et que le retrait d’AFGHANISTAN va, lui aussi, revenir fort cher: 259 millions. »

ANALYSE:

depleted-uranium12 ARMES A L'URANIUM APPAUVRI dans REFLEXIONS PERSONNELLES

Première erreur, ce ne sont pas des « bombes CBU-105″ mais GBU-105.

« Le Canard Enchaîné » ne parle pas de l’essentiel:

Les hélicoptères de combat APACHE utilisent des munitions à l’URANIUM « APPAUVRI » et ces bombes GBU-105 « capables de perforer le béton en profondeur » sont aussi à l’URANIUM « APPAUVRI » !

Deuxième erreur, ces armes et munitions ne sont pas « du matériel classique » car elles contaminent, polluent les eaux, les sols, l’air et les populations « pour l’éternité » si l’on considère la durée de vie de certains composés radioactifs contenus dans ces armes.

Troisième mensonge, « Le Canard Enchaîné » ne dit pas la vérité sur le MALI et l’AFGHANISTAN puisqu’il n’indique pas que l’armée française a utilisé des armes à l’URANIUM « APPAUVRI » au MALI comme en AFGHANISTAN…alors qu’il ironise sur les « 22 hélicoptères de combat APACHE et les 512 bombes CBU-105 capables de perforer le béton en profondeur. »…vendus à l’INDE par les ETATS-UNIS !

Comme le reste de la presse, j’accuse « Le Canard Enchaîné » de participer à l’OMERTA générale afin de ne pas informer les populations que les occidentaux utilisent systématiquement des armes à l’URANIUM « APPAUVRI » dans TOUS les conflits armés.

Et ce jeudi soir 17 octobre 2013, l’on a pu une nouvelle fois constater, à travers les IMAGES FOURNIES par l’armée française dans un document de propagande scandaleux de l’émission « ENVOYE SPECIAL » de FRANCE 2, que la FRANCE a utilisé des armes à l’URANIUM « APPAUVRI » au MALI.

Journalistes de FRANCE 2, journalistes du « Canard Enchaîné », vous êtes de « valeureux et zélés petits soldats » de l’information !

Pour être clair: vous me dégoûtez car vos actions ne sont pas dignes de journalistes honnêtes !

Mais peut-être qu’un journalisme malhonnête est désormais un pléonasme…

Thierry LAMIREAU

lesoufflecestmavie.unblog.fr

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 17 octobre, 2013 |Pas de commentaires »

INFORMATIONS TRES IMPORTANTES ET PRECISES SUR L’URANIUM APPAUVRI: UN GENTIL PETIT CADEAU POUR LES GENERATIONS ACTUELLES ET…ETERNELLES !…POLLUER, EMPOISONNER, TUER (Compilation de plusieurs textes rares)

 Uranium « appauvri »:

Polluer

Empoisonner

Tuer

INFORMATIONS TRES IMPORTANTES ET PRECISES SUR L'URANIUM APPAUVRI: UN GENTIL PETIT CADEAU POUR LES GENERATIONS ACTUELLES ET...ETERNELLES !...POLLUER, EMPOISONNER, TUER (Compilation de plusieurs textes rares) dans REFLEXIONS PERSONNELLES aaaaaaaaa5

(21 avril 2005)

La santé mondiale au niveau pulmonaire va aller en s’affaiblissant : telle est l’opinion de plusieurs scientifiques dénonçant la présence de tonnes d’uranium dans les obus, missiles et bombes américaines qui vont exploser, et bientôt pénétrer sous forme de fines poussières radioactives insolubles, dans l’atmosphère mondiale.

On sait que la croûte terrestre contient de l’uranium et que cet uranium qui est radioactif est tenu éloigné des humains par la distance des gisements et aussi par les écrans des sols situés entre les gisements et les humains. Ces dernières décennies de nombreuses industries se sont mises à extraire l’uranium du sous-sol pour différentes raisons, et tant que l’uranium était tenu à distance des hommes, ou stocké derrière des écrans, silos en bétons notamment, ou fûts solides, cette composante radioactive du sol restait inoffensive.

Brusquement les ingénieurs militaires américains ont pensé à exploiter la forte densité de l’uranium quand il est obtenu sous forme métallique, (plus de 2 fois plus lourd que l’acier), pour l’utiliser comme perforateur de bunkers et de chars, dans les projectiles. Et effectivement les dards en uranium mis dans les projectiles, perforaient les chars et les roches, avec une facilité étonnante, dotant ainsi les Américains d’armes redoutables. Il semble cependant que l’armée américaine a, volontairement ou pas, occulté des données qui se sont avérées très nocives pour leurs propres troupes et les populations « à conquérir ».

Effectivement, en passant aux essais grandeur nature, on s’est aperçu que l’uranium contenu dans les projectiles, avait une propriété à laquelle personne ne semblait avoir songé : l’uranium métallique a la propriété de prendre spontanément feu quand il est divisé en très petites particules, et cette particularité se nomme « métal pyrophore ». A première vue, les premiers experts constatèrent le fait, mais n’y prirent pas garde. Ceci ne semblait pas contrarier les projets initiaux.

Mais dans la nature, les choses changèrent. En effet les chocs des impacts divisaient l’uranium des projectiles, et on constata la présence de milliards de particules d’uranium flottant (aérosols) dans l’atmosphère près des explosions et impacts. Les particules brûlées examinées montraient qu’elles étaient malheureusement insolubles à près de 90% du total. Comme elles flottaient aisément dans l’air, il suffisait d’un vent contraire pour que ces particules reviennent vers les canons ‘alliés’ et empoisonnent les tireurs par invasion pulmonaire.

En fait on constata que 90% de la masse d’uranium mise dans les projectiles utilisés se transformait lors des explosions en milliards de milliards de particules radioactives flottantes. Par après on constata que plus les particules flottantes étaient petites, plus elles flottaient longtemps, et qu’en dessous de la taille du micromètre ou millième de mm de diamètre, elles restaient pratiquement en suspension permanente pendant des mois, ce qui les entraînaient à des milliers de km de l’endroit où elles avaient pris naissance.
Par ailleurs, il fut constaté que des militaires engagés dans les opérations devinrent malades après leur retour à domicile, parfois après des années. Ceci alarma plusieurs chercheurs, dont le Professeur américain Durakovitch parmi les médecins militaires qui constatèrent une surcharge d’uranium dans le corps des victimes, et même la présence de métaux radioactifs qui n’étaient pas destinés à être mis dans les projectiles. L’Amérique s’opposa dès lors à Durakovitch.

Le système pulmonaire des victimes montre un affaiblissement comparable à ceux provenant de l’effondrement des défenses immunitaires. Les particules flottantes d’uranium « céramisé » par les explosions ont approché ces victimes et se sont introduites directement dans leurs poumons, les irradiant de l’intérieur par les émissions ALPHA de l’uranium : c’est l’effet interne de proximité avec irradiation directe à très courte distance des cellules pulmonaires. Suite à l’adoption des projectiles américains, il se fait que de l’uranium métallique divisé en très petits fragments sous forme de poussières, est dorénavant apte à approcher les hommes directement par voie interne, au gré des courants aériens de l’hémisphère Nord, et ainsi de nous contaminer tous progressivement, à des moments inattendus, moments pendant lesquels ces poussières uranifères flottantes strictement invisibles à l’œil pénètrent l’organisme via la respiration.

Les globules blancs, et spécialement les lymphocytes B et T, jouent un rôle essentiel dans la défense immunitaire et sont soumis aux radiations lors de leur passage dans la lymphe et les poumons. Ces leucocytes sont extrêmement sensibles aux radiations ionisantes ; des doses de 0,1 gray (10 rad) peuvent déjà bloquer la phagocytose et induire la prolifération de bactéries infectieuses. D’une façon générale, suite à une irradiation, on observe une diminution importante du nombre des globules blancs (leucopénie) et particulièrement des lymphocytes T auxiliaires.

Dès que les explosions des armes américaines à UA (uranium appauvri) parleront, la charge aérienne des poussières radioactives augmentera et il est probable que l’immunité générale du genre humain diminuera encore, laissant la place à de nouvelles maladies pulmonaires. Dans ce communiqué spécial, nous évoquons les déclarations de l’OMS qui nous apprend que nous respirons maintenant tous de l’uranium en provenance de l’air, notamment de l’uranium appauvri dans l’air.

Sur le plan civil l’uranium appauvri, du fait de sa très grande densité, fut largement utilisé pour fabriquer des masselotes d’équilibrage de gouvernes, dans les avions de ligne. Sur un avion, les ailerons sont montés en « porte-à-faux ». Ils sont soumis aux effeorts aérodynamiques, mais aussi à la pesanteur et aux accélérations (par exemple àç la force centrifuge, en virage serré). On doit donc les doter d’une masselote d’équilibrage pour qu’ils soient « au neutre » en reposant sur leur axe. Initialement ces masselotes étaient en plomb. Mais on trouva un ré-emploi de l’uranium appauvri, l’U 238 en dotant les appareils de masselotes faites de ce métal. La masse totale impliquée, dans un avion de ligne (en incluant d’autres dispositifs comme les gyroscopes) peut aller de 800 kilos à une tonne et demie. L’uranium est pyrophore (c’est à dire qu’il brûle !). Les poussières produites sont extrêmement ténues, de dix Angström à un micron. Elles peuvent donc être emportée en altitude par la moindre ascendance et parcourir des milliers de kilomètres. Les médias, totalement inconscients, ou complices, n’apportent pas à ce problème l’attention qui lui serait due, car il en va de la santé de … toute la planète.

masselotes AFGHANISTAN dans REFLEXIONS PERSONNELLES

A la suite de plusieurs crashes d’avions civils on constata des troubles de santé, un excès de cancers du poumon chez des pompiers qui étaient intervenus sur un site juste après l’impact d’un appareil. Il a été prouvé que ces affections étaient consécutives à l’inhalation d’uranium pulvérulent, venant se fixer dans les poumons. Il se passe exactement la même chose dans un impact d’avion ou d’obus. l’air se peuple de particules d’uranium de la taille d’un micron, extrêmement dommageables pour la santé. Actuellement il n’est plus question de doter des appareils nouvellement construits de masselottes en U 238, mais il subsiste le problème de toutes celles qui équipent les appareils en service dont il faut négocier le remplacement. Il faudrait impérativement effectuer le remplacement de toutes ces masselotes qui sont de véritables « bombes volantes » au plan santé.

Dans ce secteur civil comme dans le secteur militaire on agit d’abord, on réfléchit ensuite.

Depuis son apparition sur terre, l’homme était uniquement confronté aux rayons gamma en provenance de l’uranium de la croûte terrestre, et aux rayons cosmiques. Mais que depuis une décennie environ, il se trouve brusquement confronté en plus, aux rayons alpha de l’uranium du fait des contacts directs de l’uranium métallique avec nos poumons, ceci via les aérosols d’uranium métallique brûlés par les explosions des projectiles à uranium appauvri (UA) sur les champs de bataille, aérosols très petits et invisibles à l’œil, qui sont maintenant en suspension permanente dans notre atmosphère dans tout l’hémisphère nord. Nous avons déjà démontré que l’UA brûlé donne des particules radioactives flottantes qui délivrent des doses importantes et ponctuelles à l’intérieur des poumons, et nous avons calculé et publié les doses infligées aux humains qui respirent des aérosols d’UA brûlé. Comme l’OMS déclare que nous respirons maintenant tous de l’uranium y compris de l’UA, il faut trouver dans cet état de fait imposé par les USA, la source principale de la diminution de notre résistance naturelle aux maladies, via la perturbation permanente qu’infligent ces irradiations supplémentaires internes à l’ADN de nos cellules.

L’homme n’avait jamais rencontré auparavant de telles irradiations internes. Nous pensons que cette radioactivité supplémentaire interne, infligée à bout portant à nos cellules, induira l’apparition de nouvelles maladies, y compris de maladies franchissant la barrière des espèces. À notre avis, seul l’abandon immédiat de l’utilisation des armes à uranium (UA), pourrait stabiliser la situation actuelle, car il est impossible de retirer de l’atmosphère terrestre les particules radioactives flottantes qui y ont été introduites en masse. Les armes à UA sont en réalité monstrueuses, car elles frappent l’avenir génétique de toute l’humanité.

Libye:

Impact des missiles de croisière

à l’uranium appauvri

arton5998-de9d1 ARMES A L'URANIUM APPAUVRI                               (mardi 29 mars 2011)

Le soutien militaire aux putschistes de Benghazi contre le dictateur de Tripoli s’effectue au détriment des populations civiles. Environ 1 missile guidé sur 10 échappe au contrôle et s’écrase au hasard de la zone ciblée. Mais tous les missiles, qu’ils aient une tête revêtue d’uranium appauvri ou qu’ils aient uniquement leurs stabilisateurs à l’uranium appauvri polluent la zone. Ainsi, ce bombardement prétendument « humanitaire » tuera dans les années à venir des milliers de civils, indique le professeur Massimo Zucchetti.

Les questions concernant l’uranium appauvri et sa toxicité ont parfois, ces dernières années, débordé du champ de la science. L’auteur s’occupe de radioprotection depuis une vingtaine d’années et d’uranium appauvri depuis 1999. Après une expérience de publication de travaux scientifiques dans des revues, actes de colloques internationaux et conférences en Italie sur l’uranium appauvri, cet article essaie de dresser une estimation de l’impact environnemental et sur la santé de l’emploi d’uranium appauvri dans la guerre de Libye (2011). Des informations concernant son utilisation sont parues dans les organes d’information depuis le début du conflit [1].

Par ses caractéristiques physiques spécifiques, en particulier sa densité qui le rend extrêmement pénétrant, mais aussi son faible coût (l’uranium appauvri coûte à la production environ 2 $ au kilo) et la difficulté de le traiter en tant que déchet radioactif, l’uranium appauvri a trouvé d’excellentes modalités d’utilisation dans le domaine militaire.

S’il est traité de façon adéquate, l’alliage U-Ti (Uranium-Titane) constitue un matériau très efficace pour la construction de pénétrants à énergie cinétique, des barres métalliques denses qui peuvent perforer un blindage quand elles sont tirées sur lui à vitesse élevée.

Le processus de pénétration pulvérise la plus grande partie de l’uranium qui explose en fragments incandescents (combustion violente à presque 5 000° C) quand il atteint l’air de l’autre côté du blindage perforé, en en augmentant l’effet de destruction. Cette propriété est appelée pyrophoricité, c’est par exemple une caractéristique du soufre des allumettes. Donc, outre sa densité élevée, la pyrophoricité augmente l’intérêt de l’uranium appauvri dans diverses applications, en particulier comme arme incendiaire (API : Armour Piercing Incendiary, c’est-à-dire pénétrateur incendiaire de blindage).

Enfin, dans la phase d’impact sur l’objectif, la relative dureté de l’uranium appauvri (en alliage avec le titane) fournit au projectile des capacités auto-affilantes : en d’autres termes, le projectile ne « s’aplatit pas » contre le blindage qu’il doit pénétrer en formant une « tête plate » —comme le fait par exemple un projectile de plomb—, mais garde sa forme fuselée jusqu’à la fragmentation complète, sans donc perdre ses propriétés de pénétration. Sur le champ de bataille, l’uranium appauvri a été employé dans la Guerre du Golfe de 1991, pendant les bombardements OTAN/ONU sur la République Serbe de Bosnie en septembre 1995 ; sur la Yougoslavie au printemps 1999 ; dans notre siècle, pendant l’attaque contre l’Afghanistan puis, encore, en Irak en 2003. L’utilisation de dispositifs à l’uranium appauvri dans les guerres de Somalie et Bosnie centrale et centre-orientale (surtout dans de larges zones autour de Sarajevo) dans les années 1990, en Palestine et dans les polygones de tir de la compétence des forces militaires de l’OTAN, est pour le moment incomplètement documentée [2].

Parmi les armements qui emploient de l’uranium appauvri, citons aussi le missile de croisière Tomahawk dont l’utilisation pendant la guerre des Balkans du printemps 1999 —bien que non reconnue par l’OTAN— a été confirmée par ce qui a été retrouvé sur place et par des sources de l’Union européenne [3]. Par ailleurs, dans le décalogue des officiers, remis à tous les hommes en uniforme expédiés au Kosovo, se trouvaient des recommandations à suivre à la lettre, concernant la présence d’uranium appauvri sur le territoire et en particulier dans les missiles Tomahawk. L’introduction indique ceci : « Les véhicules et matériels de l’armée serbe au Kosovo peuvent constituer une menace contre la santé des militaires et des civils qui pourraient être à leur contact. Les véhicules et les équipements trouvés détruits, endommagés ou abandonnés doivent être inspectés et manipulés seulement par du personnel qualifié. Les dangers peuvent dériver de l’uranium appauvri en conséquence des dommages dus à la campagne de bombardements OTAN, relativement aux engins touchés directement ou indirectement. En outre, les collimateurs contiennent du tritium et les instruments et indicateurs peuvent être traités au vernis radioactif, dangereux pour ceux qui accèderaient à ces engins pour les inspecter ». Suivent des conseils sur comment éviter l’explosion à l’uranium appauvri. Textuellement : « Évitez tout engin ou matériel que vous suspectez avoir été frappé par des munitions contenant de l’uranium appauvri ou des missiles de croisière Tomahawk. Ne pas ramasser ou collecter des munitions à l’uranium appauvri trouvées sur le terrain. Informez immédiatement votre commandement sur l’aire que vous jugez contaminée. Où que vous soyez, délimitez la zone contaminée avec n’importe quel matériel trouvé sur place. Si vous vous trouvez dans une zone contaminée mettez, au minimum, le masque et les gants de protection. Procédez à la meilleure hygiène personnelle. Lavez fréquemment votre corps et vos vêtements ».

Les évaluations sur la quantité d’uranium appauvri utilisée dans les missiles divergent. En particulier, elles varient, selon les diverses sources, entre des valeurs autour de 3 kg jusqu’à environ 400 kg. Voir en note la compilation des diverses sources qu’on peut trouver à ce sujet, assez importante pour faire une estimation de l’impact environnemental [4].

Les démentis prévisibles sur la présence d’uranium dans ces missiles peuvent être comparés à la compilation rapportée en bas de page, ainsi qu’aux sources d’origine militaire [5].

Cette grande variabilité dans les données peut facilement être expliquée. Certains missiles de croisière sont à tête lestée à l’uranium appauvri, d’autres non. Ces autres aussi, cependant, ont de l’uranium appauvri : non pas dans la tête du missile, mais dans ses ailes, comme stabilisateur pendant le vol. Nous pouvons alors définir deux cas :

- Hypothèse haute : missile de croisière à l’uranium dans la tête du missile. Nous retenons 400 kgs d’uranium appauvri ;

- Hypothèse basse : missile de croisère qui n’a PAS d’uranium dans la tête. Nous retenons 3 kg de DU d’uranium appauvri sur les ailes.

Calcul de l’impact environnemental et sur la santé

Dans la vaste littérature consacrée par l’auteur au problème de l’uranium appauvri [6] avait déjà été abordé un calcul de contamination radioactive à l’uranium imputable aux missiles de croisière : en particulier ceux lancés contre la Bosnie en 1995. L’étude est consultable aussi sur Internet, ainsi que dans la revue scientifique Tribuna biologica e Medica [7] [8].

Si l’on reprend les modèles utilisés dans l’article cité, on peut déduire quelle est la situation sur le terrain, sur les lieux d’inhalation, avec un calcul destiné seulement à préciser si, au moins dans un cas réaliste, l’ordre de grandeur des doses en jeu ne permet pas de négliger le problème.

Considérons l’impact d’un missile de croisière Tomahawk qui porte 3 kg (meilleur cas) ou 400 kg (pire cas) d’uranium appauvri.

L’impact produit un nuage de détritus de dimension variable, après combustion violente à environ 5 000° C. Les grains de poussière sont, comme on l’a dit, composés de particules de dimensions de l’ordre du micron [0.5 - 5]. De 500 à 1 000 mètres de l’impact on peut respirer des nuages de densité suffisante pour causer des doses significatives, composées de particules qui ont une masse d’environ 0.6 à environ 5 nanogrammes (6-50 x 10-10gr.). Une estimation a été effectuée selon le code de calcul de doses GEN II [9], en négligeant les effets dus à l’incendie et en considérant seulement l’exposition pour une inhalation d’une heure due à la dispersion simple du matériau, sans considérer certains facteurs qui pourraient faire ultérieurement augmenter l’exposition. En une heure on peut inhaler des grains de poussière radioactifs provenant du nuage en quantité déjà notables.

Il convient de tenir compte du fait que de nombreux fluides-dynamiques du corps atmosphérique (direction et vitesse du vent, gradient vertical de la température, etc.) peuvent causer, dans des angles solides relativement petits, des concentrations de polluant de plusieurs ordres de grandeur supérieurs même à ceux qu’on aurait avec un calcul de dispersion uniforme, qui n’est pas compatible avec ce scénario. Le groupe critique, dans ce cas, se trouve être justement ces personnes « touchées » par le nuage de grains de poussière. Un missile qui atteint l’objectif peut prendre feu et répandre des poussières oxydées dans l’environnement, selon l’estimation des probabilités qui sera faite dans ce travail.

Environ 70 % de l’uranium appauvri contenu dans les missiles dont on suppose, étant « intelligents », qu’ils vont toujours au but, brûle. La moitié environ sont des oxydes solubles.

La granulométrie des particules constituant la poudre d’oxyde d’uranium appauvri appartient totalement aux poussières respirables, et des poussières ultrafines sont aussi créées. En particulier, le diamètre des particules est dans ce cas plus fin par rapport aux poussières d’uranium d’origine industrielle, communes dans le milieu de l’industrie nucléaire. On parle ici de la grande majorité des poussières contenue dans le range [1-10] micron, avec une partie significative de diamètre inférieur au micron.

Pour ce qui concerne le destin des poussières de DU dans le corps humain, la voie d’absorption principale est —on le sait— l’inhalation. Comme on l’a dit, une partie des poussières sont solubles et les autres sont insolubles dans les fluides corporels.

Étant données les caractéristiques des oxydes d’uranium appauvri d’origine militaire, il convient de relever de quelle manière leur comportement diffère par rapport aux poussières industrielles d’uranium. On peut en tous cas encore supposer, selon l’IRCP [10] qu’environ 60 % de ce qui est inhalé se dépose dans l’appareil respiratoire, le reste étant expiré.

On peut retenir que 25 % environ des particules de diamètre aux alentours d’1 micron sont retenues pendant une longue période dans les poumons, tandis que le reste se dépose dans les voies aériennes supérieures, passe dans l’appareil digestif et de là est éliminé pour la plus grande part à travers les voies urinaires, pendant que de petites parties vont s’accumuler dans les os. Des 25 % de microparticules restées dans les poumons, la moitié environ se comporte comme un matériau de classe M selon l’ICRP, c’est-à-dire qu’elle est soluble lentement dans les fluides corporels, alors que le reste est insoluble. Ce type de comportement et d’exposition n’a été étudié dans aucune situation précédente d’exposition à des alfas émetteurs dans les poumons, rencontrées en milieu civil. La modalité d’exposition est ainsi très différente de celles sur la base desquelles on a recueilli les équivalences doses-dommages en radioprotection.

Il n’est donc pas du tout correct —bien que cela constitue un point de référence— d’extrapoler des évaluations de risque par exposition à ce type de micropoussières radioactives depuis des données recueillies pour les mineurs d’uranium, ni même évidemment pour les personnes gravement irradiées de Hiroshima et Nagasaki. Les standards de radioprotection de l’ICRP se fondent sur ces seules expériences, et par conséquent peuvent aboutir à des sous-estimations du risque dans ce cas.

Quand on passe ensuite à d’autres types de toxicité que celle radiologique, il est alors plausible que:

- vue la composante fine et ultrafine des poussières d’uranium appauvri d’origine militaire,

- vue la toxicité chimique de l’uranium, la contamination environnementale par des oxydes d’uranium appauvri d’origine militaire ait une toxicité et chimique et radiologique : il faut évaluer l’effet synergique de ces deux composantes. En d’autres termes, la radioactivité et la toxicité chimique de l’uranium appauvri pourraient agir ensemble en créant un effet « cocktail » qui augmente ultérieurement le danger.

On fera ensuite ressortir le fait que le climat aride de la Libye favorise la dispersion dans l’air des particules d’uranium appauvri, qui pourront être respirées par des civils pendant des années. Le mécanisme principal d’exposition à moyen-long terme concerne la re-suspension de poussières et leur conséquente inhalation.

La méthodologie et les résultats relatifs à ce modèle ont déjà été publiés dans d’autres travaux de l’auteur [11] auxquels on renvoie ici. Ne sont ici mises en évidence que les applications et variations au modèle appliqué et déjà publié, et en particulier :

- le calcul d’engagement (semi vie, NdT) de dose est à 70 ans et non plus à 50 ans, selon ce qui est recommandé par l’ICRP.

- On a utilisé des données actuellement approchées sur la distribution de la population autour des points d’impact, qui tiennent aussi compte de l’utilisation principale des projectiles à l’uranium appauvri dans des zones peuplées.

Les résultats du modèle peuvent être résumées ainsi:

- CEDE (Committed effective dose equivalent) (Dose collective) : 370 mSvp in 70 y, pour 1 kg d’uranium appauvri oxydé et répandu dans l’environnement.
- CEDE annuelle maximale dans la première année (76 mSvp), puis la seconde année (47 mSvp) et la troisième (33mSvp).

- La voie d’exposition est entièrement par inhalation des poussières. Les poumons sont l’organe cible (97,5 % de la contribution à la CEDE).
- Parmi les nucléides responsables, 83 % de la CEDE l’est par U238 et 14 % par U234.

En ce qui concerne la quantité totale d’uranium appauvri oxydé répandu dans l’environnement, on part pour cette évaluation des données rapportées par la presse internationale : au premier jour de guerre, le Pentagone déclare avoir tiré avec les Britanniques 112 missiles de croisière sur le sol libyen [12]. Combien de missiles seront lancés avant la fin de la guerre ? Comme il ne nous est pas possible de le savoir, nous baserons notre hypothèse sur 1 000 missiles lancés, aussi quoi qu’il advienne le lecteur pourra facilement estimer l’impact environnement et sanitaire par une simple règle de trois en fonction du nombre exact de missiles tirés.

Si tous les missiles étaient « dépourvus » d’uranium appauvri sur leurs têtes, on aurait de toute façon une quantité de:

1000 x 3 = 3000 kg = 3 tonnes d’uranium appauvri (meilleur cas). Si tous les missiles avaient un tête à l’uranium appauvri, nous aurions une quantité jusqu’à 400 000 kg, soit 400 tonnes d’uranium appauvri.

On confrontera cette donnée avec les 10-15 tonnes d’uranium appauvri lancées au Kosovo en 1999 pour en évaluer la gravité.

Supposons qu’environ 70 % de l’uranium brûle et soit répandu dans l’environnement, arrivant ainsi à une estimation de la quantité d’oxydes d’uranium appauvri égale à environ 2,1 tonnes (meilleur cas) et 280 tonnes (pire cas).

Ceci permet d’estimer par conséquent une CEDE (dose collective) pour toute la population équivalente à:

- meilleur cas : 370 mSvp/kg x 2 100 kg = 780 Svp environ. – pire cas : 370 mSvp/kg x 280 000 kg = 104 000 Svp environ. Nous rappelons qu’il n’est pas correct —bien que cela constitue un point de référence— d’extrapoler des évaluations par exposition à ce type de micropoussières radioactives à partir des standards de radioprotection de l’ICRP, qui sont ceux adoptés par le code GEN II. Si toutefois nous appliquons aussi ici le coefficient de 6 % Sv-1 pour le risque d’apparition de tumeurs, nous obtenons environ :

- meilleur cas : environ 50 cas de tumeurs de plus, prévues en 70 ans.
- pire cas : environ 6 200 cas de tumeurs de plus, prévues en 70 ans. Conclusions

Les risques d’exposition à l’uranium appauvri de la population libyenne à la suite de l’utilisation de ce matériau dans la guerre de 2011 ont été évalués selon une approche la plus large possible, en essayant de tenir compte de certains résultats récents d’études dans ce secteur.

Ce type d’exposition n’a été étudié en aucune situation précédente d’exposition à des alphas récepteurs dans les poumons, rencontrées en milieu civil. Toutefois, l’évaluation faite des doses et du risque conséquent aux deux situations (missiles « sans uranium » ou « avec uranium ») permet de tirer certaines conclusions.

Dans le premier cas (meilleur cas) le nombre de tumeurs attendues est très exigu et absolument pas significatif du point de vue statistique. Cette difficulté statistique — comme il est presque inutile de remarquer — n’a rien à voir avec une absolution de ce type de pratique, avec son acceptation, ou moins encore avec une assertion d’importance faible, voire d’innocuité. Dans le second cas (pire cas), par contre, nous sommes face à un nombre d’apparition de tumeurs de l’ordre de plusieurs milliers. Celles-ci pourraient clairement être relevables à un niveau épidémiologique et soulèvent, sans aucun doute, une forte préoccupation.

Il convient, de ce fait, que les armées qui bombardent la Libye clarifient par des preuves certaines, et non par des assertions de commodité, la présence ou pas, et en quelles quantités, d’uranium appauvri dans leurs missiles. Dans le passé, il y a eu des « démentis officiels » de la présence d’uranium dans les missiles de croisière, mais ceux-ci provenant de milieux militaires, l’auteur se permet de les considérer, pour le moins, avec une certaine prudence.

Sur la base des données qui sont à notre disposition, les estimations sur l’évolution des cas de tumeurs dans les prochaines années en Libye, à cause de cette pratique totalement injustifiée, sont absolument préoccupantes. La discussion sur l’incidence relative de chacun des agents tératogènes utilisés dans une guerre (chimiques, radioactifs, etc.) nous semble —à un certain niveau— peu significative et même, qu’on nous le permette en conclusion, peu respectueuse d’une donnée de fait : les morts en Libye à cause de cette attaque dépassent et dépasseront de loin n’importe quel chiffre qui puisse un jour être défini comme « le prix à payer ».

Il est important, enfin, de recueillir des données et des études —et il y en a beaucoup— dans le domaine des effets des « nouvelles guerres » sur l’homme et l’environnement ; il faut montrer comment nos armes modernes, nullement chirurgicales, produisent des dommages inacceptables ; il faut étudier ce qu’ont causé, aux hommes et à l’environnement qui les ont subies, les guerres « humanitaires » à partir de 1991.

[1] « Uranio impoverito nei Tomahawk sulla Libia », Contropiano, 20 mars 2011.

[2] Zajic V.S., 1999. Review of radioactivity, « Military use and health effects of DU ; Liolos Th. E.(1999), « Assessing the risk from the Depleted Uranium Weapons used in Operation Allied Forces », Science and Global Security, Volume 8:2, pp.162 (1999) ; Bukowski, G., Lopez, D.A. and McGehee, F.M., (1993) « Uranium Battlefields Home and Abroad : Depleted Uranium Use by the U.S. Department of Defense » March 1993, pp.166, published by Citizen Alert and Rural Alliance for Military Accountability.

[3] Satu Hassi, Ministre de l’Environnement Finlandais, a envoyé une lettre à ses collègues de l’UE. Il y indique que la plus grande partie des 1 500 missiles tirés sur la Serbie, Kosovo compris, contenaient environ 3 kg chacun d’uranium appauvri. Le ministre, entre autres choses dans cette lettre, lance un appel à la Commission européenne et à ses collègues ministres de l’environnement pour prendre des initiatives en faveur du bannissement de l’UA.

[4] Sources diverses sur la présence et la quantité d’uranium appauvri dans les missiles de croisière Tomahawk :
- « Known & suspected DU weapon systems » in « Depleted Uranium weapons 2001-2002 », (Téléchargement).
- « The use of depleted uranium bullets and bombs by NATO forces in Yugoslavia ». Nadir.org, décembre 1996.
- « Alcune testi e fatti sull’uranio impoverito, sul suo uso nei balcani, sulle conseguenze sulla laute di militari e popolazione », Comitato Scienziate e Scienziati contro la guerra, 9 janvier 2001.
- « Depleted Uranium Weapons & the New World Order, International Coalition toi Ban Uranium Waepons.
- « About 100 cruise missiles fired at targets in Afghanistan (Interfax), « NATO using depleted uranium weapons » (Sunday Herald).
- « Pentagon Dirty Bombers : Depleted Uranium in the USA », par Dave Lindorff, Atlantic Free Press, 28 octobre 2009.
- « Review of Radioactivity, Military Use, and Health Effects of Depleted Uranium », par Vladimir S. Zajic, 1999.
- « Depleted uranium : Recycling death », Uranium medical research center, Progressive Review.
- « Radiation in Iraq Equals 250,000 Nagasaki Bombs », par Bob Nichols, Online Journal, 3 août 2004.
- « Depleted uranium : ethics of the silver bullet », par Iliya Pesic, Santa Clara University.

[5] « While the US Navy claims that they have replaced the MK149-2 Phalanx round with a DU penetrator by the MK149-4 Phalanx round with a tungsten penetrator (with the DU round remaining in the inventory), new types of DU ammunition are being developed for other weapons systems, such as the M919 rounds for Bradley fighting vehicles. Depleted uranium is also placed into the tips of the Tomahawk land-attack cruise missiles (TLAM) during test flights to provide weight and stability. The TLAM missile has a range of 680 nautical miles (1,260 km) and is able to carry a conventional warhead of 1000 lb. (454 kg). Older warheads were steel encased. In order to increase the missile range to 1,000 nautical miles (1,850 km), the latest Tomahawk cruise missiles carry a lighter 700 lb. (318 kg) warhead WDU-36 developed in 1993, which is encased in titanium with a depleted uranium tip. »

[6] – M. Zucchetti, ’Measurements of Radioactive Contamination in Kosovo Battlefields due to the use of Depleted Uranium Weapons By Nato Forces’’, Proc. 20th Conf. of the Nuclear Societies in Israel, Dead Sea (Israel), dec. 1999, p.282.
- M. Cristaldi, A. Di Fazio, C. Pona, A. Tarozzi, M. Zucchetti “Uranio impoverito (DU). Il suo uso nei Balcani, le sue conseguenze sul territorio e la popolazione”, Giano, n.36 (sett-dic. 2000), pp. 11-31.
- M. Zucchetti, “Caratterizzazione dell’Uranio impoverito e pericolosità per inalazione”, Giano, n.36 (sett-dic. 2000), pp. 33-44.
- M. Cristaldi P. Angeloni, F. Degrassi, F. Iannuzzelli, A. Martocchia, L. Nencini, C. Pona, S. Salerno, M. Zucchetti. “Conseguenze ambientali ed effetti patogeni dell’uso di Uranio Impoverito nei dispositivi bellici”. Tribuna Biologica e Medica, 9 (1-2), Gennaio-Giugno 2001 : 29-41.
- M. Zucchetti, “Military Use of Depleted Uranium : a Model for Assessment of Atmospheric Pollution and Health Effects in the Balkans”, 11th International Symposium on « Environmental Pollution And Its Impact On Life In The Mediterranean Region », MESAEP, Lymassol, Cyprus, October 2001, p.25.
- M. Zucchetti “Some Facts On Depleted Uranium (DU), Its Use In The Balkans And Its Effects On The Health Of Soldiers And Civilian Population”, Proc. Int. Conf. NURT2001, L’Avana (Cuba), oct. 2001, p.31.
- M. Zucchetti, M. Azzati « Environmental Pollution and Population Health Effects in the Quirra Area, Sardinia Island (Italy) », 12th International Symposium on Environmental Pollution and its Impact on Life in the Mediterranean Region, Antalya (Turkey), October 2003, p. 190, ISBN 975-288-621-3.
- M. Zucchetti, R. Chiarelli ‘Environmental Diffusion of DU. Application of Models and Codes for Assessment of Atmospheric Pollution and Health Effects’, Convegno ‘Uranio Impoverito. Stato delle Conoscenze e Prospettive di Ricerca’, Istituto Superiore di Sanità (Roma) Ottobre 2004.
- R. Chiarelli, M. Zucchetti, ‘Effetti sanitari dell’uranio impoverito in Iraq’, Convegno ‘La Prevenzione Primaria dei Tumori di Origine Professionale ed Ambientale’, Genova, Novembre 2004.
- R. Chiarelli, M. Zucchetti, ‘Applicazione di modelli e codici di dose alla popolazione alla dispersione ambientale di Uranio impoverito’, Convegno ‘La Prevenzione Primaria dei Tumori di Origine Professionale ed Ambientale’, Genova, Novembre 2004.
- M. Zucchetti, « Environmental Pollution and Population Health Effects in the Quirra Area, Sardinia Island (Italy) and the Depleted Uranium Case », J. Env. Prot. And Ecology 1, 7 (2006) 82-92.
- M. Zucchetti, “Scenari di esposizione futura In Iraq : convivere con l’uranio impoverito” in : M.Zucchetti (a cura di) “Il male invisibile sempre più visibile”, Odradek, Roma, giugno 2005, pp. 81-98.
- M. Zucchetti, “Uranio impoverito. Con elementi di radioprotezione ed utilizzo delle radiazioni ionizzanti”, CLUT, Torino, febbraio 2006. ISBN 88-7992-225-4.
- M. Zucchetti “Depleted Uranium”, European Parliament, GiethoornTen Brink bv, Meppel (Holland), 2009. ISBN 978-90-9024147-0.

[7] « Alcune testi e fatti sull’uranio impoverito, sul suo uso nei balcani, sulle conseguenze sulla laute di militari e popolazione », Comitato Scienziate e Scienziati contro la guerra, 9 janvier 2001. op. cit.

[8] Cristaldi M. et al., Conseguenze ambientali ed effetti patogeni dell’uso di Uranio Impoverito nei dispositivi bellici. Tribuna Biologica e Medica, 9 (1-2), Gennaio-Giugno 2001 : 29-41.

[9] Il s’agit d’un code élaboré dans un laboratoire étasunien, reconnu et utilisé au niveau international. Voir : B.A.Napier et al. (1990), GENII – The Hanford Environmental Radiation Dosimetry Software System, PNL-6584, Pacific Northwest Laboratories (USA). Il ne peut être utilisé dans ce cas que pour une estimation des doses d’inhalation, étant donnée la particularité du scénario examiné.

[10] IRCP, 1995. « Age-dependent Doses to Members of the Public from Intake of Radionuclides : Part 3 – Ingestion Dose Coefficients ». Publication 69 Annals of the ICRP. 25 (no 1).

[11] M. Zucchetti, ‘Caratterizzazione dell’Uranio impoverito e pericolosità per inalazione’, Giano, n.36 (sett-dic. 2000), pp. 33-44 ; R. Chiarelli, M. Zucchetti, ‘Applicazione di modelli e codici di dose alla popolazione alla dispersione ambientale di Uranio impoverito’, Convegno ‘La Prevenzione Primaria dei Tumori di Origine Professionale ed Ambientale’, Genova, Nov.2004.

[12] « U.S. Tomahawk Cruise Missiles Hit Targets in Libya », par Devin Dwyer et Luis Martinez, ABC News, 19 mars 2011.

Uranium appauvri:

Le cheval de Troie

de la guerre nucléaire

 (Leuren Moret)

 ENVIRONNEMENT

source:http://www.mindfully.org/Nucs/2004/DU-Trojan-Horse1jul04.htm

Traduction partielle de cet article:http://fr.groups.yahoo.com/group/alerte_otan/message/507

Changement de Société remercie Maurice Lecomte, qui a proposé ce texte.

« La chaleur n’est plus une fournaise

pour votre ennemi si son intensité

vous grille [vous-même] ! »

William Shakespeare (1564-1616)

L’utilisation d’armes à uranium appauvri par les Etats-Unis, défiant tous les traités internationaux, va lentement anéantir toutes les espèces sur terre y compris l’espèce humaine, et pourtant ce pays poursuit cette pratique en toute connaissance de son potentiel destructeur.

  ●●●

Depuis 1991, les Etats-Unis ont mené quatre guerres utilisant des armes à uranium appauvri, illégales sous tous les traités internationaux, conventions et accords, ainsi que sous la loi militaire américaine. L’utilisation continue de ces armes radioactives illégales, qui a déjà contaminé de vastes régions avec un faible niveau de rayonnement va continuer de contaminer d’autres parties du monde au fil du temps. C’est en effet une affaire concernant le monde entier et une question internationale. La raison profonde en est révélée en comparant les régions maintenant contaminées à l’uranium appauvri – Egypte, Moyen-Orient, Asie centrale et la moitié nord de l’Inde – aux impératifs géostratégiques américains décrits dans le livre de Zbigniew Brzezinski, Le Grand Echiquier de 1997.

RÉGION DU SUD:

«Cette immense région, déchirée par des haines tant volatiles que versatiles, entourée de puissants voisins concurrents, est susceptible d’être un champ de bataille majeur, autant pour des guerres entre États-nations, que plus probablement pour des violences ethniques et religieuses de longue durée. Que l’Inde se restreigne ou qu’elle saisisse l’opportunité d’imposer sa volonté au Pakistan affectera grandement les possibilités régionales de conflits probables. Les tensions internes entre la Turquie et l’Iran vont probablement non seulement s’aggraver, mais réduire considérablement le rôle stabilisateur que ces états sont capables de jouer dans cette région volcanique. De tels développements rendront plus difficile l’intégration de la nouvelle Asie Centrale dans la communauté internationale affectant négativement dans le même temps la sécurité sous domination US du Golfe Persique. Dans tous les cas, les US et la communauté internationale peuvent peut-être se retrouver là face à un challenge qui minimisera la récente crise de l’Ancienne Yougoslavie. »

Le fait est que les Etats-Unis et ses partenaires militaires ont « subrepticement » mené quatre guerres nucléaires en utilisant de sales bombes et de sales armes dans les pays qu’ils ont besoin de contrôler. Sous cette forme d’aérosols, l’uranium appauvri contaminera en permanence de vastes régions et détruira doucement le futur génétique des populations vivant dans ces régions où se trouvent des ressources que les Etats-Unis doivent contrôler pour établir et maintenir leur primauté.

Décrit comme le Cheval de Troie de la guerre nucléaire, l’uranium appauvri est l’arme qui continue à détruire. La demie-vie de l’uranium-238 est de 4,5 milliards d’années, l’âge de la Terre. Et, comme l’uranium-238 dégénère en sous-produits radioactifs, en quatre étapes avant de se transformer en graphite, il continue d’émettre plus de radiations à chaque étape. Il n’y a pas moyen de l’arrêter, et il n’y a pas moyen de le nettoyer. Il s’accorde avec la propre définition du Gouvernement US des Armes de Destruction Massive.

Après la formation de microscopiques et nanoscopiques particules insolubles d’oxyde d’uranium sur le champ de bataille, celles-ci restent suspendues dans l’air et voyagent autour de la Terre comme composantes radioactives de la poussière cosmique, contaminant l’environnement, tuant sans discrimination, mutilant et causant des maladies à tout ce qui vit, là où la pluie, la neige et l’humidité les prélèvent de l’atmosphère. La contamination radioactive mondiale issue des  »essais » atmosphériques équivalait alors [elle croît avec la multiplication des"essais"-explosions] à 40.000 bombes d’Hiroshima, et elle continue à contaminer l’atmosphère et la basse altitude aujourd’hui. La quantité de pollution de basse-radioactivité à l’uranium appauvri depuis 1991 est de nombreuses fois supérieure (déposée à l’intérieur du corps) aux retombées émises lors des tests atmosphériques.

Un rapport indépendant établi en 2003 par le Comité Européen sur le Risque des Radiations (ECRR) pour le Parlement Européen, déclare sur la base d’études de Tchernobyl que le risque lié à la basse radioactivité est de 100 à 1.000 fois supérieur aux estimations du Comité International pour la Protection contre les Radiations basées sur des études erronées conduites par les US. Se référant aux effets extrêmement meurtriers des radiations sur les systèmes biologiques, le Dr Rosalie Bertell, l’une des 46 experts internationaux en radiations du rapport de l’ECRR, le décrit ainsi :

« Le concept d’annihilation de l’espèce signifie une fin relativement prompte et délibérément induite de l’histoire, de la culture, de la science, de la reproduction biologique et de la mémoire. C’est l’ultime rejet humain du cadeau de la vie, un acte qui nécessite un nouveau mot pour le décrire : Omnicide. »

 « PROJET MANHATTAN 1943 »,

PLAN MODELE

pour

URANIUM APPAUVRI

Dans une note déclassifiée au Général Leslie R. Groves, datée du 30 Octobre 1943, trois des plus importants physiciens du Projet Manhattan, Dr James B. Conant, A.H .Compton et H.C. Urey, firent leurs recommandations, en tant que membres du Sous-Comité de l’Exécutif S-1, sur l’ « Usage des Matériaux Radioactifs comme Arme Militaire. » :

« Utilisé comme gaz de guerre, le matériau serait pulvérisé en particules de taille microscopique pour former de la poussière et de la fumée et mis à feu du sol par des lance projectiles, des véhicules de terrain, ou des bombes aériennes. Sous cette forme, il serait inhalé par le personnel. La quantité nécessaire pour causer la mort de la personne qui inhale le matériau est extrêmement petite… Il n’y a aucune méthode de traitement connue à de telles blessures… cela traverserait un filtre de masque à gaz standard en quantités assez grandes pour être extrêmement dommageables. »

Comme Contaminant de Terrain :

« Pour être utilisé de cette manière, le matériau radioactif devrait être répandu au sol soit par voie aérienne, soit à partir du sol, l’hypothèse étant que le territoire est contrôlé par l’ennemi. Cela reviendrait à interdire le terrain à l’un ou l’autre belligérant, sauf à exposer ce personnel là aux radiations malfaisantes…Les endroits ainsi contaminés par le matériau radioactif seraient dangereux jusqu’à ce que la lente décomposition naturelle du matériau s’effectue…pour le terrain ordinaire il n’y a aucune méthode de décontamination connue. Le développement de vêtements de protection efficaces pour le personnel ne semble pas possible. …Les réservoirs ou les puits seraient contaminés et la nourriture empoisonnée avec un effet similaire à celui résultant de l’inhalation de la poussière ou de la fumée.»

Exposition interne :

« …Les particules inférieures à 1μ [micron] se déposeraient le plus probablement dans les alvéoles où, soit elles resteraient indéfiniment, soit elles seraient absorbées par le système lymphatique ou le sang…et pourraient pénétrer le système gastro-intestinal à partir de l’eau polluée, la nourriture, ou l’air, …ou encore pourraient être prélevées des poumons ou du système gastro-intestinal par le sang et ainsi, distribuées à travers le corps. »

Les deux produits de fission et le déchet d’uranium appauvri issus du  »Projet Bombe Atomique » devaient être utilisés dans le cadre de ce plan. La nature pyrophorique de l’uranium appauvri, qui lui fait commencer sa combustion à la très basse température de sa friction dans le canon de l’arme, en fit dès le début et jusqu’à maintenant une arme à gaz radioactif idéale. Il était en outre abondamment disponible du fait que la quantité d’uranium appauvri produite était beaucoup plus grande que la quantité de produits de fission produite en 1943.

La Grande-Bretagne pensait à l’utilisation de gaz empoisonnés sur l’Irak bien avant 1991 :

« Je suis fortement favorable à l’utilisation de gaz empoisonné contre les tribus non-civilisées. L’effet moral devrait être bon…et il répandrait une vive terreur… »

(Winston Churchill commentant l’usage de gaz empoisonné contre les Irakiens après la Première Guerre Mondiale).

 DES SYSTEMES D’ARMES GUIDEES

Les armes à uranium appauvri ont été fournies en premier par les Etats-Unis à Israël pour un usage sous supervision des Etats-Unis dans la guerre du Sinaï contre les Arabes en 1973. A partir de là les US ont testé, manufacturé et vendu des systèmes d’armes à uranium appauvri à 29 pays. Un tabou international empêcha leur utilisation jusqu’en 1991, quand les US brisèrent ce tabou et les utilisèrent pour la première fois sur les champs de bataille d’Irak et du Koweït.

Les militaires US admettent utiliser des projectiles à uranium appauvri au moyen de tanks et d’avions, la présence de ces ogives de missiles et de bombes étant classifiée ou désignée comme « dense » ou «métal mystérieux ». Dai Williams, un chercheur de la Conférence Mondiale sur les Armes à l’Uranium Appauvri de 2003 a rapporté l’existence de 11 brevets pour systèmes d’armes guidées utilisant le terme «uranium appauvri » ou « métal dense », indiquant une densité ne pouvant-être que celle de l’uranium appauvri ou du tungstène pour pouvoir s’adapter aux dimensions de l’ogive.

Poids des ogives

Le poids d’une ogive inclut l’explosif (~20 %) et l’enveloppe. Le lest métallique dit « dense » ou la doublure (soupçonné d’être du DU) est évalué à 50-75 % du poids de l’ogive – nécessité de doubler la densité des versions précédentes. AUP = Pénétrateurs Avancés. S/CH = Charge Spéciale. BR = Système à Têtes Multiples. (S/CH+AUP). P = Pénétrateurs en Vieux « Métal Lourd ». © Dai Williams 2002

Source: armes à Uranium Appauvri en 2001-2002 : questions de santé professionnelle, publique et environnementale – Mystérieux Métal Cauchemardesque en Afghanistan ? Études rassemblées et sources du domaine public compilées par Dai Williams, première édition du 31 janvier 2002.

Des bombardements intensifs, des bombardements sélectifs, et l’usage fréquent de missiles et de balles à uranium appauvri sur les habitations de régions densément peuplées ont eu lieu en Irak, en Yougoslavie et en Afghanistan. La découverte en 1999 que des cratères des bombes en Yougoslavie étaient radioactifs, et qu’un missile non-explosé contenait une ogive à uranium appauvri, implique que la quantité totale d’uranium appauvri utilisée depuis 1991 a été grandement sous-estimée. Ce qui est encore plus inquiétant, est que 100% de l’uranium appauvri des bombes et missiles est vaporisé dès l’impact et immédiatement libéré dans l’atmosphère. Cette quantité peut aller jusqu’à 1,5 tonnes pour les grosses bombes. Pour les balles et les obus, la quantité vaporisée est de 40-70%, laissant des morceaux et des obus non-explosés dans l’environnement, qui seront de nouvelles sources de poussières radioactives et de contamination des eaux souterraines par le métal dissout de l’uranium appauvri, longtemps après la fin des batailles, comme rapporté par le Programme de l’ONU pour l’Environnement sur la Yougoslavie dans un rapport de 2003.

Considérant que les US ont admis avoir utilisé 34 tonnes d’uranium appauvri sous forme de balles et d’obus en Yougoslavie, et le fait que 35.000 missions de bombardements de l’OTAN y ont eu lieu en 1999, la quantité potentielle d’uranium contaminant la Yougoslavie et sa dérive transfrontalière dans les pays environnants est colossale.

En raison de maladies mystérieuses et de malformations à la naissance chez les nouveaux nés rapportées après la guerre parmi :

● des Vétérans du Golfe [et leurs familles],

● des civils dans le sud de l’Irak,

● ainsi que des maladies relatives aux radiations chez des Casques Bleus de l’ONU ayant servis en Yougoslavie,

sont apparues des inquiétudes grandissantes relatives aux effets des radiations et aux dommages causés à l’environnement et ont soulevé l’indignation internationale quant à l’utilisation d’armes radioactives par les Etats-Unis après 1991. A la réunion de 2003 des membres du Traité de Non-prolifération Nucléaire discutant le désir des Etats-Unis de maintenir leur stock d’armes nucléaires, le Major Tadatoshi AKIBA d’Hiroshima a déclaré :

« Il incombe au reste du monde…de se lever maintenant et de dire à tous nos chefs militaires que nous refusons d’être menacés ou protégés par des armes nucléaires. Nous refusons de vivre dans un monde de peur continuellement recyclée et de haine. »

 ILLEGALES

EN DROIT INTERNATIONAL

Quatre raisons pour lesquelles l’utilisation des armes à uranium appauvri viole la Convention de l’ONU des Droits de l’Homme :

TESTS de LÉGALITÉ RELATIVE aux ARMES EN DROIT INTERNATIONAL-

● TEST de TEMPORALITÉ – Les armes ne doivent pas continuer à agir une fois la bataille terminée.

● TEST ENVIRONNEMENTAL – Les armes ne doivent pas être indûment malfaisantes pour l’environnement.

● TEST de TERRITORIALITÉ– Les armes ne doivent pas agir hors du champ de bataille.

● TEST d’HUMANITÉ – Les armes ne doivent pas tuer ou blesser inhumainement.

L’avocate humanitaire de International Human Rights, Karen Parker, a déterminé que l’armement à uranium appauvri échoue aux quatre tests relatifs à la légalité des armes au regard du droit international, et que cet armement est en outre illégal sous la définition d’une arme « poison ». Grâce aux efforts continus de Karen Parker, une sous-commission de la Commission des Droits de l’Homme de l’ONU a déterminé en 1996 que l’uranium appauvri est une arme de destruction massive qui ne devrait pas être utilisée :

 RÉSOLUTION 1996/16 sur

L’ARRÊT de L’UTILISATION

de

L’URANIUM APPAUVRI

L’utilisation militaire de l’Uranium Appauvri viole le droit international humanitaire actuel, incluant ;

  • le principe qu’il n’y a aucun droit illimité au choix des moyens et méthodes de guerre (Art. 22 Convention VI de La Haye (HCIV) ; Art. 35 du Protocole Additionnel de Genève (GP1) ;
  • Interdiction de causer d’inutiles souffrances et des blessures superflues (Art. 23 § le HCIV ; Art. 35 §2 GP1),
  • la guerre aveugle (Art. 51 §4c et 5b GP1)
  • aussi bien que l’utilisation de poison ou d’armes empoisonnées.

Le déploiement et l’utilisation de l’Uranium Appauvri violent les principes internationaux de protection des droits humains et environnementaux. Ils contredisent le droit à la vie établi par la résolution 1996/16 de la Sous-Comission des Nations Unies relative aux droits de l’homme.

QUATRE GUERRES NUCLÉAIRES

 « Les militaires sont juste bas-du-front,stupides,

des bêtes à utilisercomme des pions dans la politique étrangère »

- Henry Kissinger-

Bien que limitée aux champs de bataille d’Irak et du Koweït, la Guerre du Golfe de 1991 a été l’une des plus toxiques et dévastatrices pour l’environnement dans l’histoire du monde. Les puits de pétrole incendiés, les bombardements de pétroliers et de puits de pétrole ayant répandu des millions de litres de pétrole dans le Golfe d’Arabie et le désert, et la dévastation des réservoirs et des équipements lourds ont détruit l’écosystème du désert. La dispersion d’au moins 340 tonnes d’armes à uranium appauvri, avec ses effets à long terme et de grande envergure ont eu et auront un effet environnemental mondial. De la fumée des incendies de pétrole a été trouvée plus tard sous forme de dépôts en Amérique du Sud, dans
l’Himalaya et à Hawaï. Les grands vents de sable annuels qui partent d’Afrique du Nord, du Moyen-Orient, et d’Asie Centrale étendront rapidement la contamination radioactive dans le monde entier. L’altération des vieilles munitions à uranium appauvri des champs de bataille et autres domaines produira de nouvelles sources de contamination radioactive au fil des saisons dans les années futures. C’est ainsi que [déjà et par exemple], sous le vent de la dévastation radioactive de l’Irak, Israël souffre d’une forte augmentation des cancers du sein, des leucémies et des diabètes infantiles.

LE RAYONNEMENT

NE RESPECTE AUCUNE FRONTIÈRE,

AUCUNE CLASSE SOCIO-ÉCONOMIQUE

et AUCUNE RELIGION.

Le mépris du respect fondamental de la vie pour l’atteinte des objectifs politiques états-uniens a été décrit par des soldats américains au sol, et dans les airs, le long de la Route de la Mort en Irak en 1991.

«Les soldats irakiens sont des garçons ou des jeunes hommes. Ils présentaient un bien triste spectacle, aucune chance au combat ne leur ayant été laissée. Leurs dirigeants leurs avaient coupé les tendons d’Achille de sorte qu’ils ne pouvaient pas s’enfuir et puis les avait abandonnés. Leurs armes en mauvais état et leur peu de munitions étaient abandonnées sur place. Ils avaient faim, froid et peur. La haine que j’avais envers tout Irakien s’est dissipée. Ces personnes n’avaient rien à faire sur un champ de bataille. »

(S Hersh, New Yorker, le 22 mai 2000)

Des pilotes américains, acteurs des bombardements et mitraillages au moyen des armes à uranium appauvri, devant le recul des soldats irakiens impuissants qui avaient déjà cédé, s’écrient :

« Nous les avons grillés !… Nous avons touché le jackpot !… Une véritable chasse aux perdreaux !… L’harponnage d’un poisson dans un bocal !… Une flopée de canards apeurés sur leurs culs !… Il n’y avait juste rien de plus jouissif !… Cela a été le plus grandiose Quatorze Juillet que je n’ai jamais vu !… Ces chars faisant simplement «boom» !… Avec toute cette substance qu’ils vomissaient d’eux !… Ils sont juste devenus translucides de [leur] fusion !… C’était merveilleux !… »

(Los Angeles Times et Washington Post, tous les deux du 27 Février 1991)

Près de 700.000 vétérans de la Guerre du Golfe sont revenus aux États-Unis d’une guerre qui n’aura duré que quelques semaines. Aujourd’hui plus de 240.000 d’entre eux sont en incapacité médicale permanente, et plus de 11.000 sont morts. Une étude du Gouvernement américain sur les bébés nés après cette guerre de 251 vétérans, rapporte que 67% d’entre eux présentent de graves maladies ou de graves anomalies congénitales. Nombre sont nés sans yeux, sans oreilles, avaient des organes manquants, les doigts palmés, des disfonctionnements de la thyroïde et autres anomalies. L’uranium appauvri contenu dans le sperme des soldats a contaminé leurs femmes. De sévères anomalies congénitales ont été rapportées chez des bébés nés de civils contaminés en Irak, Yougoslavie, et Afghanistan et l’incidence et la gravité des anomalies s’accroissent avec le temps. Les femmes de Yougoslavie, d’Afghanistan et d’Irak ont maintenant peur d’avoir des enfants, et quand elles accouchent, au lieu de demander si c’est une fille ou un garçon, elles demandent « est-il normal ? »

MALADIES CONNUES INFLIGÉES

par l’ INTERNALISATION

des PARTICULES

d’URANIUM APPAUVRI

Tableau 1: Compilé par Leuren Moret à partir de ses entretiens avec des Vétérans de la guerre du Golfe et leurs familles

Consultez: http://www.xs4all.nl/~stgvisie/VISIE/du-diagnosis.html

Site: Bouclier du Désert/Tempête du désert:http://www.ushostnet.com/gulfwar/articles.htm04/1504

Les soldats ayant servi dans les véhicules de combat Bradley, où il est fréquent de s’asseoir sur les caisses de munitions empilées, munitions à uranium appauvri, sont maintenant nombreux à rapporter des cancers du rectum.

Pour la première fois, les médecins en Yougoslavie et en Irak ont annoncé l’apparition de plusieurs cancers sans rapport avec ceux développés par les patients parmi les familles qui vivent dans des zones fortement contaminées. Plus étrange encore, ils rapportent que le cancer était inconnu des générations précédentes. Le développement de cancers très rares et insolites ainsi que de malformations congénitales ont également été signalés avec une augmentation bien au-delà des normes d’avant 1991, non seulement dans les pays déchirés par la guerre, mais également dans les pays transfrontaliers voisins de la zone contaminée.

Le Dr Keith Baverstock, un conseiller expert en rayonnement qui était en charge à l’OMS, a participé à un rapport ;

(http://www.mindfully.org/Nucs/DU-Radiological-Toxicity-WHO5nov01.htm ) en novembre 2001, avertissant que les effets à long terme de l’uranium appauvri mettraient en danger les populations civiles d’Iraq, et que la sécheresse du climat augmenterait l’exposition aux minuscules particules environnantes qui seraient inhalées pendant les années à venir. L’OMS lui a refusé la permission de publier son étude, cédant à la pression de l’Agence Internationale à l’Energie Atomique. Le Dr Baverstock livra le rapport compromettant aux médias ;

(http://www.mindfully.org/Nucs/2004/DU-WHO-Suppressed22feb04.htm/ ) en février 2004. Pekka Haavisto, président de l’Unité d’Evaluation des Conflits d’après-guerre du Programme pour l’Environnement de l’ONU à Genève, a partagé l’anxiété de Baverstock à propos de l’uranium appauvri, mais ses experts n’ont pas été autorisés à se rendre en Irak pour évaluer la pollution.

 « CRAIGNEZ L’URANIUM APPAUVRI. »

– clamait G.W.Bush sur le site officiel de la Maison Blanche-

« Pendant la guerre du Golfe, les forces de la coalition ont utilisé des munitions perforantes faites en uranium appauvri, lequel est idéal dans ce cas en raison de sa grande densité. Ces dernières années, le régime Irakien a commis des efforts considérables pour promouvoir la fausse plainte que ces tirs à l’uranium appauvri des forces de la coalition avaient causé des cancers et des anomalies congénitales en Irak. L’Irak a diffusé d’horribles photos d’enfants avec des malformations de naissance et les a reliés à l’uranium appauvri. La campagne a deux atouts majeurs de propagande. »

« Uranium est un mot ayant d’effrayantes consonances dans l’esprit de la moyenne des gens, ce qui fait le mensonge est relativement facile à vendre, et l’Iraq pourrait tirer avantage d’un réseau international établi d’activistes anti-nucléaires qui ont déjà lancé leur propre campagne contre l’uranium appauvri. »
« Mais les scientifiques qui travaillent pour l’Organisation Mondiale de la Santé, le Programme Environnemental de l’ONU, et l’Union Européenne n’ont trouvé aucun effet sur la santé lié à l’exposition à l’uranium appauvri. »

La guerre US en Afghanistan a montré clairement que ce n’était pas une guerre DANS le tiers-monde, mais une guerre CONTRE le tiers-monde. En Afghanistan où on estime que 800 à 1.000 tonnes d’uranium appauvri ont été utilisées en 2001, même les Afghans sans instruction comprennent l’impact que ces armes ont eu sur leurs enfants et sur les futures générations.

« Après que les Américains aient détruit notre village et tué beaucoup d’entre nous, nous avons aussi perdu nos maisons et n’avons rien à manger. Cependant nous aurions enduré ces misères et les aurions même acceptées, si les Américains ne nous avaient pas tous condamnés à mort. Quand j’ai vu mon petit-fils naître déformé, j’ai réalisé que mes espoirs pour le futur avaient disparu pour de bon, différemment du désespoir du barbarisme Russe, même si à cette époque j’avais perdu mon fils aîné Shafiqullah. Cette fois, cependant, je sais que nous faisons partie de ce génocide invisible que l’Amérique nous a amené, une mort silencieuse de laquelle je sais que nous ne nous évaderons pas. »

(Jooma Khan de la province de Laghman, mars 2003)

En 1990, l’Autorité à l’Energie Atomique du Royaume Uni (UKAEA) écrivit un rapport avertissant de la catastrophe potentielle pour la santé et l’environnement consécutivement à l’utilisation des armes à uranium appauvri. Les effets sur la santé étaient connus depuis longtemps. Le rapport envoyé au Gouvernement du Royaume Uni avertissait, « selon leur estimation de 50 tonnes de poussière résiduelles d’uranium appauvri restantes dans  »la région », il pourrait y avoir un demi million de cancers en plus à la fin du siècle [2000] ». Les estimations relatives à la quantité d’armes à uranium appauvri utilisée en 1991, vont maintenant des 325 tonnes admises par le Pentagone, à 900 tonnes selon d’autres organismes scientifiques. Cela porterait l’estimation du nombre de cancers à 9 millions en corrélation avec la quantité utilisée pendant la guerre du Golfe de 1991. Durant la guerre du Golfe de 2003, des estimations de 2.200 tonnes ont été données – causant à peu près 22 millions de nouveaux cas de cancer. Au total, le nombre estimé de patients atteints de cancer, en utilisant les données de l’UKAEA serait de 25.250.000. En juillet 1998, la CIA estimait la population de l’Iraq aux environs de 24.683.313.

Ironiquement, la résolution 661 de l’ONU appelant à des sanctions contre l’Irak, a été signée le jour anniversaire d’Hiroshima, le 6 août 1990 !

LES PARALLÈLES

« La guerre ne peut réellement causer aucun boum économique, du moins pas directement, puisque une augmentation de richesse ne peut jamais résulter d’une destruction de biens. »
– Ludwig von Mises

Les parallèles entre l’Iraq, la Yougoslavie et l’Afghanistan sont étonnamment similaires. Les armes utilisées, les traités injustes offerts par les US, le bombardement et la destruction de l’environnement et de toutes les infrastructures. Dans chaque ville d’Irak et de Yougoslavie, la télévision et les stations de radios ont été bombardées.

Les centres éducatifs ont été ciblés, et les magasins où était vendu le matériel éducatif ont été détruits pratiquement le même jour. Pendant la durée des sanctions de l’ONU, l’Iraq n’avait même pas droit à des stylos pour les écoliers. Des vestiges culturels et des trésors historiques ont été visés et détruits dans les trois pays, une sorte de nettoyage culturel et historique, un traumatisme psychologique national collectif.

La contamination radioactive permanente et la dévastation environnementale de ces trois pays est sans précédent, s’ensuivant une énorme augmentation des cancers et des malformations congénitales suite aux attaques. Celles-ci s’amplifieront au cours du temps avec des effets inconnus dus à l’exposition chronique, à l’augmentation du niveau interne de rayonnement de la poussière d’uranium appauvri et des effets génétiques permanents transmis aux générations futures. En clair, il s’agit d’un plan de génocide depuis le début.

Fig. 3: Carte des régions, dans un rayon de 1.609 kilomètres [1.000 miles] autour de Bagdad et de l’Afghanistan, ayant été contaminées par l’uranium appauvri depuis 1991. Les poussières d’uranium appauvri seront reprises et recyclées dans toute cette région sèche, et également diffusées travers le monde. La quantité déjà présente de radiations dans l’atmosphère du fait des essais atmosphériques déjà réalisés a été multipliée par plus de 10 fois avec les radiations issues des explosions des munitions à uranium appauvri depuis 1991. En 2002, le gouvernement américain a admis que chaque personne vivant aux États-Unis entre 1957 et 1963 a été contaminée en interne par des radiations. Notez que la région contaminée correspond au «Sud» de la région mentionnée sur l’échiquier eurasien de la Fig. 1.

Qu’est-il arrivé aux droits de l’homme, aux droits de l’enfant, à la société civile et à l’humanité commune ?

Il revient aux citoyens du monde d’arrêter les guerres à uranium appauvri et les futures guerres nucléaires, responsables de dévastations irréversibles. Il ne restera que quelques générations encore épargnées avant l’effondrement de notre environnement, et après il sera trop tard. Nous ne pouvons pas être en meilleure santé que ne l’est notre environnement – nous respirons le même air, buvons la même eau, mangeons la nourriture du même sol.

« Notre patrimoine génétique de vie collective, en évolution depuis des millions d’années, a été gravement endommagé durant ces cinquante dernières années. Le temps restant pour renverser cette culture de « MOUTONS de PANURGE » nous est compté. Dans le futur, que pourrez-vous bien dire à vos petits-enfants de ce que vous aurez fait de meilleur avec votre vie pour contrer ce processus de mort ? »

(Rosalie Bertell, 1982)

 LES BUTS-MOTIFS PROFONDS:

G O D ! …No GOD! but

[Gold, Oil, Drugs][Or, Pétrole, Drogues] !

« Nous devons devenir à tout prix, sinon les propriétaires, du moins les contrôleurs à la source d’une partie significative du pétrole dont nous avons besoin. »
(Commission Britannique Royale, s’accordant à la politique de Winston Churchill envers l’Irak 1913).

« Il est clair que notre nation soit dépendante d’une grande quantité de pétrole étranger. De plus en plus de nos importations proviennent d’outre-mer.»
(Le président étasunien G.W. Bush, Beaverton, Oregon, 25 septembre 2000).

« S’ils branchent les radars nous ferons exploser leurs maudits SAMs (missiles à décollage vertical). Ils savent que nous possédons leur pays. Nous possédons leur espace aérien… Nous dictons leur manière de vivre et de parler. Et c’est ce qu’il y a de grand dans l’Amérique d’aujourd’hui. C’est une bonne chose, spécialement quand il y a là-bas, beaucoup de ce pétrole dont on a besoin. »
(Général étasunien William Looney en 1999, se référant à l’Irak).

Il y a des millions d’années, avant que l’Inde n’entre en collision avec le continent Eurasien provoquant l’érection de l’Himalaya, l’antique et peu profonde mer Téthys s’étendait de l’Atlantique à ce qui est maintenant la Méditerranée, la mer Noire, Caspiennes et d’Aral. De riches gisements de pétrole se situent maintenant là où la vie antique a accumulé et  »cuit » dans des conditions adéquates de grands gisements anciens de sédiments. Bien avant 1991, Unocal en Afghanistan, Amoco en Yougoslavie et diverses autres compagnies pétrolières étaient intéressées par les gisements de pétrole de l’Irak, ayant conduit une vaste exploration pour aboutir à la caractérisation des gisements de pétrole dans les régions asiatiques du Centre et Moyen-Orient, y compris la moitié du nord de l’Inde.

La Grande-Bretagne a maintenu un grand intérêt pour les gisements de pétrole du Moyen-Orient pendant un siècle et a été l’associée militaire le plus loyal des Etats-Unis depuis la première guerre à l’uranium appauvri de 1991 en Irak. L’Allemagne, un autre partenaire militaire en Yougoslavie des forces maintenant en Afghanistan, a été un des bénéficiaires économiques majeurs de l’éclatement de la Yougoslavie et la colonisation des Balkans.

Les intérêts américains en Yougoslavie avaient beaucoup à voir avec la construction du pipeline d’Asie centrale vers les ports en eau chaude méditerranéens de Yougoslavie. Un partenaire silencieux et caché des Etats-Unis est le Japon. Il a fourni de grandes quantités de liquidités pour financer l’opération de 1991 en Irak et les guerres yougoslaves de 1995/99, ainsi qu’une aide supplémentaire en Afghanistan en fournissant non seulement de la trésorerie, mais le carburant pour la guerre, des navires de guerre sous l’égide des forces japonaises d’autodéfense dans l’Océan Indien. Nippon Steel, Mitsubishi, et Halliburton sont maintenant des associés dans un projet d’oléoduc en Asie centrale. En 2004, malgré l’opposition de ses citoyens, le gouvernement japonais a envoyé des forces d’autodéfense en Irak pour la «reconstruction». Cette mesure prise par le gouvernement japonais de placer des troupes sur le terrain dans une zone de guerre, mènera à l’annulation de l’article 9 de la Constitution japonaise, qui interdit à jamais que le Japon puisse se livrer à une agression militaire.

 LE TRIANGLE DE FER

(tout sous un même toit) :

ARMÉE, GRANDES ENTREPRISES, POLITIQUE 

La liberté d’une démocratie n’est plus garantie si le peuple tolère la croissance d’un pouvoir privé au point où il devient plus fort que leur État démocratique lui-même. Cet état est, dans son essence, le fascisme – quand un individu, un groupe, ou tout pouvoir privé a pris le contrôle du gouvernement.

  • Franklin Delano Roosevelt

Mais qu’est-ce que le pétrole, les alliés partenaires militaires, les guerres à l’uranium appauvri, et la politique étrangère américaine ont à faire avec les armes nucléaires? La réponse m’est venue en 1991 lorsque je suis devenu un dénonciateur au Laboratoire des Armes Nucléaires de Livermore, près de San Francisco, en Californie. Richard Berta, l’inspecteur régional de l’Ouest pour le ministère de l’Énergie, m’a dit ; « Le Pentagone existe pour les compagnies pétrolières … et les laboratoires d’armes nucléaires existent pour le Pentagone. »

L’uranium appauvri a été utilisé à partir de 1991, pour trois raisons:

● Pour tester les effets radio-biologiques des armes nucléaires de la 4èmegénération, qui sont encore en cours de développement.

● Pour flouter, flouer et briser la distinction entre armes conventionnelles et nucléaires.

● Pour rendre plus facile la réintroduction des armes nucléaires dans l’arsenal militaire américain.

Aujourd’hui, les Etats-Unis sont les premiers dans la recherche et le développement de la production d’armes nucléaire de la quatrième génération, suivis par le Japon et l’Allemagne à égalité au second rang, tandis que la Russie et d’autres pays suivent.

Le Groupe Carlyle, une des plus grosses société privée en capitaux propres, la 12ème plus grande affaire de défense ayant une marge bénéficiaire énorme est « un arrangement » d’affaires entre les familles Bush, Ben Laden, des Saoudiens riches, l’ancien Premier Ministre britannique John Major, James Baker III, Afsaneh Masheyekhi, Frank Carlucci, Colin Powell, d’autres anciens administrateurs du gouvernement américain et la fille de Madeleine Albright. Le Groupe Carlyle est le »gardien »de la communauté des investisseurs saoudiens. Il possède 70% de Lockheed Martin Marietta, le plus grand entrepreneur militaire des États-Unis et du fait que Carlyle est privée, n’a aucun contrôle ni responsabilité quelle qu’elle soit.Un journaliste se compare à  »un chien dans un jeu de quilles » pour décrire sa démarche de compréhension ou d’enquête sur le Groupe Carlyle, comme quelque chose  »ressemblant à une partie de boxe avec un fantôme ». Le Groupe engage comme lobbyistes les meilleurs politiciens connus du monde entier, afin d’influencer la politique de guerre, et en privé, tirer profit de leurs précédentes politiques publiques. Le conflit d’intérêts est évident : le Président George W. Bush, comme son père l’ancien Président George Bush, crée des guerres à l’échelle mondiale afin d’alimenter le marché des armes et monnayer la « protection » états-unienne. Lockheed Martin Marietta possède maintenant les Laboratoires Sandia, un entrepreneur privé fabricant les détonateurs des armes nucléaires, qui se sont installés le plus facilement du monde de l’autre côté de la rue Los Alamos où les Laboratoires nationaux Livermore fabriquent les bombes nucléaires. C’est un membre du corps professoral qui organisera un  »Comité du Ruban Bleu » qui désignera l’institution choisie pour l’attribution du contrat, soit l’université du Texas.

Lors de la réunion de mai 2003 de l’Université des Administrateurs/Régents de Californie que j’ai suivie, l’Amiral Linton Brooks était présent comme nouveau responsable du programme d’armes nucléaires sous le Ministère de l’Energie. Celui-ci a informé le Lieutenant Gouverneur Cruz Bustamante et les Administrateurs/Régents de l’Université de Californie que le contrat de gestion avec les laboratoires d’armes nucléaires qui était tenu de manière incontestable par l’Université de Californie depuis plus de 60 ans, serait soumis à l’offre concurrentielle en 2005. Cette privatisation et le transfert du contrat de gestion du programme d’armes nucléaires des Etats-Unis mettront le contrôle de ce programme américain auprès du groupe Carlyle. La relation incestueuse entre le gouvernement américain, les entreprises privées, et les familles Bush et Ben Laden fournit beaucoup de réponses aux questions qui subsistent dans tous les esprits au sujet de nombreuses décisions semblant incongrues et des politiques mises en œuvre.

Leuren Moret a travaillé dans deux laboratoires d’armes nucléaires des États-Unis à titre de géoscientifique. En 1991, elle devient une dénonciatrice dans le laboratoire d’armes nucléaires de Livermore. Elle a depuis travaillé en tant que citoyenne de la science indépendante et spécialiste des rayonnements dans les communautés du monde entier, et a contribué à la sous-commission d’enquête sur l’uranium appauvri de l’ONU. Ses recherches sur les effets environnementaux et la santé publique du faible niveau de rayonnement provenant des retombées des essais atmosphériques, des centrales nucléaires, et de l’armement à uranium appauvri, est disponible sur Internet et au ; http://www.mindfully.org

En 2003, elle a témoigné devant le Tribunal Pénal International pour l’Afghanistan tenu au Japon, et est intervenue à la Conférence mondiale sur les armes à uranium appauvri à Hambourg, en Allemagne, et devant la Cour mondiale des femmes au Forum social mondial à Bombay, en Inde en Janvier 2004. Elle est un éditrice et Contributrice de GLOBAL OUTLOOK-PERSPECTIVES MONDIALES-, commissaire à l’environnement de la ville de Berkeley, et présidente sortante de l’Association pour les femmes géoscientifiques.

Pour en savoir plus, aller sur Mindfully.org par Leuren Moret :http://www.mindfully.org/

Sites web:

● Tribunal Pénal International pour l’Opinion Ècrite sur l’Afghanistan. Juge N. Bhagwat : aussi http://www.traprockpeace.org/tokyo_trial_13march04.doc

● Question 11: Qu’est-ce que le gouvernement américain sait sur l’uranium appauvri : http://traprockpeace.org/moret_25nov03.pdf

● Conférence Mondiale sur les armes à uranium appauvri :http://www.uraniumweaponsconference.de/

● Rayonnement et projets de santé publique: http://www.radiation.org

● «Une comparaison des effets à retardement de la radiobiologie de l’uranium appauvri à l’encontre de la quatrième génération d’armes nucléaires » par A. Gsponer, J.-P. Hurni, et B. Vitale, 4ème Conférence internationale de la Société Nucléaire yougoslave, Belgrade, du 4 Septembre au 30 Octobre 2002.http://arXiv.org/abs/physics/0210071

● «Les armes nucléaires de quatrième génération: les principes physiques des explosifs thermonucléaires, fusion par confinement inertiel, et la quête d’armes nucléaires de quatrième génération » par André Gsponer et Jean-Pierre Hurnihttp://www.inesap.org/publ_tech01.htm

● 54 minutesde télévision néerlandaiseVPRO »Carlyle Group » documentaire surInternet: http://www.vpro.nl/info/tegenlicht/index.shtml?7738514+7738518+7738520+11838857

○ Documentaire vidéoPlayer surle groupe Carlyle, par VPROhollandaise[vidéode 500 kbpsréelle]la télévision ; http://cgi.omroep.nl/cgi-bin/streams?/tv/vpro/tegenlicht/bb.20030516.rm?title=Bekijk%20de%20uitzending%20DE%20IJZEREN%20DRIEHOEK%20in%20%20realvideo%20BREEDBAND%20tot%20500%20kbs

○ Documentaire vidéoPlayer surle groupe Carlyle, parVPROtélévisionhollandaise[100kbpsréel de la vidéo] ; http://cgi.omroep.nl/cgi-bin/streams?/tv/vpro/tegenlicht/sb.20030516.rm?title=Bekijk%20de%20uitzending%20DE%20IJZEREN%20DRIEHOEK%20in%20realvideo%20SMALBAND%20tot%20100%20kbs

○ Vue d’ensembledocumentaire -Animation Flashinteractive -avec des liens versles biographies et lesarticles(néerlandais) etdes sections spécifiques devidéo ;http://www.vpro.nl/info/tegenlicht/carlyle/
○ Traduction anglaise del’introductionde la traductionnéerlandaise desdeuxpremièresminutesde ce programme.

La guerre en Irak est terminée.

Les décombres encore fumants, 

alors que lespremiers bulldozers 

sont déjà dans le pays.

Après que les forces de la coalition ont détruit Bagdad, ce sont aujourd’hui principalement des sociétés américaines qui sont à reconstruire l’Irak.

Un point intéressant est que ces entreprises ont généralement des gens parmi ceux qu’il salarient qui ont été des politiciens. Est-ce un conflit d’intérêts ou une nouvelle manière (mondialisée) de faire des affaires ?

Une des sociétés qui fonctionnent de cette manière est Carlyle Group. Sur leur listing de paies sont des gens comme George Bush (père), M. James Baker III et l’ancien Premier ministre John Major.

Carlyle Group est une banque privée d’investissement qui n’attire pas souvent l’attention du public, mais il est un des plus grands investisseurs américains (ndlr: Etats-Unis) dans l’industrie de la défense, les télécoms, les biens et les services financiers.

Qu’est le Carlyle Group? Qui sont les personnes derrière ce nom ? Et combien de puissants regroupe Carlyle ?

● Perspectives mondiales: http://www.globalresearch.de

Une réponse intéressante. . .

– Original Message —–

De: « Leuren Moret » <leurenmoret@yahoo.com>
Pour: <[de l'armée américaine Col Special Ops Béret Vert]>
Sent: Wednesday, 16 Juin, 2004 00:56
Sujet: Re: traîtrise et trahison

Salut Jean – Voici un article qui sort en Juillet au World Affairs Journal. Pouvez-vous s’il vous plaît me dire ce que vous en pensez et d’où et qui pourrait venir la décision d’utiliser l’UA sur le monde arabe ? Il me semble que c’était dans les années 1970.

Leuren

—– Réponse —–

De: <[de l'armée américaine Col Special Ops Béret Vert]>
Pour: «Leuren Moret » <leurenmoret@yahoo.com>
Sujet: Re: traîtrise et trahison
Date: Wed, 16 juin 2004 11:10:01 -0700

Salut Leuren,

Votre rapport est très complet et convaincant.

On peut se poser la question. Qui et pourquoi prendre la responsabilité de la décision de créer un espace de déni couvrant le monde arabe.

Il semble crédible que la décision d’isoler les zones arabes occupées du monde a été et est intentionnelle dans le but express de contrôler le flux de pétrole de la Russie, à travers la zone mi-Est de l’Afghanistan et de l’Irak (avec extension éventuelle à la Syrie, l’Iran, l’Afrique du Nord et l’Arabie Saoudite) tout en détruisant la population actuelle pour empêcher la résistance.

Les morts dans la zone contestée comme résultat direct de l’UA est, à mon avis, le moyen secret par lequel le contrôle sur ces terres sera accompli.

Les systèmes en matière de développement visent à finalement offrir un contrôle automatisé des mécanismes de production du pétrole et la réduction au minimum de l’exposition humaine pour l’entretien. L’observation à partir de la haute altitude contrôlera la menace de sabotage à l’image de la façon perfectionnée de sécuriser la zone 51 au Nevada.

D’où vient l’idée de ce scénario ? Les empreintes digitales de Henry Kissinger sont sur ce projet. Le Groupe Carlyle est en position idéale pour mener à bien la conception de Henry.

Prenez par exemple l’exposition de l’action génocidaire de Kissinger ayant configuré plus de 3.000 bombardements secrets de B-52 (en utilisant plusieurs aéronefs) sur le Cambodge (1969-1972) comme écrit dans le livre « Side Show« . Le B-52 décollait de Guam avec les objectifs assignés pour le Nord et le Sud-Vietnam et ne recevait qu’en vol les modifications des coordonnées des cibles au Cambodge. Seul le pilote et le navigateur étaient au courant des changements de commandement, de par leur conception de garder le bombardement du Cambodge compartimenté des autres membres d’équipage afin de minimiser la compromission dans ces actes illégaux de guerre à un pays neutre. Cela concorde et se raccorde avec l’attaque secrète à l’UA sur le monde arabe. Cela en fournit aussi la raison pour les Etats-Unis. L’Air Force a couru après 750 bombes pendant la guerre du Vietnam. Ceci donne aussi une explication convaincante quant à la déviation de la guerre contre le terrorisme qui a commencé en Afghanistan pour être orientée ensuite, sans justification vers l’Irak, coupant ainsi les ressources disponibles de poursuivre Ben Laden et les bastions Al-Qaïda en Afghanistan. Il est maintenant évident que les Etats-Unis ne voulaient que donner l’apparencede courir aprèsBen Ladendepuis qu’ilfait partie intégrantedu groupe Carlyle. Ce sont des«sourceset méthodes»qui doivent être conservéscompartimentéespour désemparer et préserver l’ignorance.

Les citations d’Henry concernant les militaires sont [révélatrices] ; « ce sont des bestiaux stupides ». Mais, la encore et de nouveau, excepté la direction militaire, l’existence des hommes est considérée comme « actif consommable ».

Il aurait fait un merveilleux nazi. Là-bas avec Goebbels, Eichmann, Erlichman, Haldeman, et Rumsfeld et Wolfowitz.

Nous sommes certainement devenus Nation Agresseur. Je crains que nous payions chèrement pour l’avidité criminelle de ceux qui sont responsables.

Je vais attendre jusqu’à ce que votre matériel soit publié avant de les transmettre aux parties intéressées.

Curieusement, c’est le cheval de Troie à l’intérieur d’un bouclier qui était l’emblème des Bérets Verts du 10ème groupe des forces spéciales en Allemagne dans les années cinquante et soixante, … qui a été mon premier contact avec la pensée diabolique et les «sources et méthodes» de l’Agence.

Bien à vous.

John

Uranium appauvri:

Le rapport qui accuse

Un scientifique français, expert auprès des Nations Unies, a évalué les risques pour la santé des populations et des soldats américains après la mise en œuvre d’armements à base d’uranium appauvri au mois de mars 2003.

En avril 2003, au cours d’une réunion de consultants d’IBM Conseil à Genève, un avocat américain, sur le point d’ouvrir un bureau pour la reconstruction de l’Irak dans la ville suisse, propose à Jean-François Fechino de réaliser une évaluation des risques environnementaux et de santé humaine à la suite de la mise en œuvre d’armements à base d’uranium appauvri. Intervenant pour le compte du Programme des Nations Unies pour l’environnement, ce dernier mènera plus d’une année de mission sur ce dossier. Il rédige en 2004 un rapport de 120 pages, dont nous publions ci-dessous des extraits. Comme on le verra, il contredit largement le concept de “guerre propre” mis en avant par la Maison Blanche et l’armée américaine, et conteste la notion de “dégâts collatéraux”.

L’auteur souligne l’ambivalence des motivations américaines dans la commande de ce rapport à un expert indépendant : “D’un côté, [la présidence américaine] souhaitait obtenir des résultats sur le terrain pour éviter que de jeunes Américains ne reviennent avec des maladies identiques à celles de la première guerre du Golfe, mais surtout pour éviter toute campagne de presse qui accuserait l’Administration et son équipe dirigeante de négligences ou d’un usage d’armements prohibés par les lois internationales [...]. D’un autre côté, cette même équipe espérait étouffer au maximum les dégâts occasionnés par l’usage de ces armements en se retranchant systématiquement derrière les rapports des experts [...] pour continuer à édulcorer voire occulter les dangers réels de ces armements.” (…)

Dans un conflit qui a probablement déjà fait un million de morts civils et qui n’est pas achevé, que pèsent ces prophéties ? Les pathologies subies par les anciens de la guerre du Vietnam ou par ceux de la première guerre du Golfe en 1991, comme par les militaires français témoins des essais nucléaires en Algérie en 1960, soulignent tragiquement l’intérêt d’un tel document. II s’agit à la fois d’un grave problème de santé et d’un immense problème économique en raison des suites juridiques prévisibles. Il s’agit enfin d’une question de démocratie face au silence et aux dénégations des autorités américaines.

L’uranium appauvri n’est pas inoffensif…

“Les zones expertisées jusqu’alors n’ont jamais connu un engagement aussi massif qu’en Irak, avec une utilisation en zone urbaine d’armements extrêmement dangereux pour la santé. Cependant, et quoi qu’il en soit, si l’uranium appauvri est « estimé 40 % moins contaminant que l’uranium naturel », cela signifie que les 60 % qui restent sont des matières radioactives contaminatrices !” [...]
“La dernière intervention militaire en Irak, qui se prolonge encore actuellement, a infligé et continue d’infliger, entre autres choses, des dommages inestimables à l’endroit de l’environnement, de la faune et de la flore, sans compter tous les effets néfastes pour la santé de l’homme, à court, moyen et très long terme.”
“Cette guerre est une violation caractérisée de la Déclaration de Rio sur l’environnement et le développement, qui stipule que “les opérations de guerre qui ont un effet destructeur sur le développement durable et sur la protection de l’environnement [...] sont du ressort des lois internationales et doivent faire l’objet de contrôle””. (…)

Des pathologies graves

“Les études menées à partir des examens des vétérans de la guerre du Golfe de 1991 indiquent qu’en moyenne ces vétérans ont absorbé une dose de 0,34 milligramme d’uranium appauvri. Cette contamination est absorbée définitivement par les tissus pulmonaires, sous formes de corpuscules.” […]
“Aussi, que ce soit par un bombardement direct ou la création de radicaux libres, les dommages causés aux cellules, les coupures chromosomiques, les altérations de l’ADN (tout cela ayant été observé en laboratoire lors de tests) et leurs conséquences (cancer, lymphomes, leucémie, stérilité, malformations fœtales…) sont irréversibles et conséquentes.” […]
“La reconnaissance des maladies officielles, de maladies type cancers, leucémies, etc., ainsi que l’attribution aux poussières d’uranium appauvri de malformations congénitales, n’est pas seulement un problème d’éthique médicale ou humanitaire. C’est avant tout une question économique.”
“Une telle reconnaissance par les gouvernements belligérants aurait des effets financiers « dramatiquement insupportables ». Ils seraient dans l’obligation de rétribuer des pensions et de verser des compensations financières tellement importantes que les budgets nationaux ne suffiraient pas.”
“Une telle reconnaissance entraînerait aussi, certainement, des conséquences pour l’industrie nucléaire et celle de l’armement. Or, l’énoncé de ces seules contraintes montre que cette reconnaissance est impossible à réaliser, ni même à envisager. De ce fait, lorsque l’OMS a demandé un complément de mission pour mettre en place une étude épidémiologique, face à l’ampleur de la tâche, il devenait évident que cette demande semblait tenir plus de la « diplomatie » que du réalisme d’une véritable et réelle prise en compte de la santé des populations civiles.” (…)

Briser le silence

“Devant l’accumulation de ces informations, plus horribles les unes que les autres, il est difficile de conserver un simple devoir de réserve, objectif. Lors de ce travail [...], il m’est très vite apparu que les plus hautes autorités américaines, anglaises et internationales connaissaient l’exactitude de la situation mais qu’elles continuaient à se retrancher derrière les rapports lénifiants des experts et scientifiques.” (…)

“Ce que les experts internationaux omettent de dire, c’est que cet uranium, appauvri en isotopes estimés « dangereux », a d’abord été concentré (ce que la nature ne fait jamais), et, malheureusement, cet uranium est aussi « pollué » par des isotopes non naturels car il est trop souvent issu des filières de retraitement. Ainsi, la donne change du tout au tout, et les dégâts occasionnés par ces armements sont irréversibles et présents pour des siècles et des siècles dans la nature.”
“Cette remise en cause du jugement des experts est aussi une remise en cause de l’ensemble de la filière du nucléaire, de l’armement, et laisse la porte ouverte à toute une série d’attaques en justice… C’est certainement pourquoi une véritable reconnaissance des problèmes liés à la contamination de l’air, des sols, des plantes, des eaux (surface et souterraines), des problèmes liés à l’inhalation ou à l’ingestion de poussières chargées d’uranium (même) appauvri ne peut sembler possible tant les enjeux sont inimaginables.” (…)

Les dénégations officielles

“Reconnaître officiellement et explicitement que l’usage de ces armements pouvait présenter des dangers pour la santé des populations civiles, c’était bien reconnaître que les soldats pouvaient être concernés, et, dès alors, c’était ouvrir la voie à des demandes de pensions pour invalidité, suite à une contamination. Cette reconnaissance risquait alors d’induire des coûts exorbitants et incompatibles avec les budgets consacrés aux vétérans. Indépendamment des militaires, une telle reconnaissance induisait aussi des demandes d’indemnisation de la part de populations civiles, voire l’ouverture de (nombreux et) spectaculaires procès. Enfin, par extrapolation, une telle reconnaissance induisait aussi une remise en cause de la mécanique bien huilée qu’est le secteur nucléaire (civil et militaire), et aurait créé une brèche dans le système que les experts, les scientifiques et les gouvernements protègent de tout leur poids.”

Manon Besse et Maïram Guissé
Source: Politis du 17 juillet 2008

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 6 octobre, 2013 |Pas de commentaires »

ARMES A L’URANIUM APPAUVRI: EXPLICATIONS EN VIDEOS

Les belles armes des occidentaux…

dont la FRANCE !

ARMES A L'URANIUM APPAUVRI: EXPLICATIONS EN VIDEOS dans REFLEXIONS PERSONNELLES depleted-uranium14http://www.dailymotion.com/video/xx6d79

http://www.dailymotion.com/video/xx6do5

NOTA:

Cliquer gauche sur le titre pour voir les vidéos correctement.

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 18 septembre, 2013 |Pas de commentaires »
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