JIMMY CARTER, EX-PRESIDENT AMERICAIN, ACCUSE OBAMA D’ÊTRE UN ASSASSIN ! (Bill VAN AUKEN)

Un ex-président américain accuse Obama d’être un assassin

JIMMY CARTER, EX-PRESIDENT AMERICAIN, ACCUSE OBAMA D'ÊTRE UN ASSASSIN ! (Bill VAN AUKEN) dans REFLEXIONS PERSONNELLES victimes

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Bill VAN AUKEN
La rubrique écrite par Jimmy Carter, le 39ème président des Etats-Unis, et publiée lundi dans le « New York Times », constitue une condamnation exceptionnelle du gouvernement Obama, de sa pratique de l’assassinat, de ses violations criminelles du droit international et de la constitution américaine.

Dans sa rubrique intitulée « Un bilan cruel et inhabituel » Carter écrit : « Les révélations selon lesquelles des responsables de haut niveau ciblent des gens pour être assassinés à l’étranger, dont des citoyens américains, ne sont que la plus récente et inquiétante preuve de l’ampleur donnée à la violation des droits de l’Homme par notre pays. »

Faisant allusion aux dispositions tristement fameuses de la Loi d’Autorisation de la Défense Nationale (National Defense Authorization Act, NDAA), promulguée le 31 décembre de l’année dernière par Obama, Carter écrit : « Une récente loi a rendu légal le droit du président de détenir indéfiniment une personne parce qu’elle est soupçonnée d’affiliation à des organisations terroristes ou à « des forces associées », un vaste et vague pouvoir qui peut donner lieu à des abus sans contrôle significatif des tribunaux ou du Congrès. » Il poursuit faisant référence à « des violations sans précédent de nos droits » au moyen d’écoutes téléphoniques et d’exploitation de données électroniques sans mandat.

Elaborant sur les frappes de drones américains, l’ancien président ajoute, « En dépit d’une règle arbitraire que tout homme tué par des drones est déclaré être un ennemi terroriste, la mort de femmes et d’enfants innocents se trouvant à proximité est considérée comme inévitable… Nous ne savons pas combien de centaines de civils innocents ont été tués dans ces attaques, chacune d’entre elles approuvées par les plus hautes autorités à Washington. Ceci aurait été impensable dans le passé. »

La rubrique de Carter est apparue le jour même où l’ambassadeur du Pakistan auprès des Nations Unies témoignait devant la Commission des Droits de l’Homme de l’ONU, pour dénoncer les attaques de drones américains sur son pays et lors desquelles « des centaines d’innocentes personnes, dont des femmes et des enfants ont été assassinées. » Il a dit que rien qu’en 2010, 957 Pakistanais avaient été tués.

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Carter continue en dénonçant le gouvernement pour la poursuite des activités du camp de détention de la Baie de Guantánamo à Cuba où, souligne-t-il, sur 169 prisonniers « la moitié ont été déclarés libérables, et pourtant ils ont peu de chance de jamais obtenir leur liberté, » et d’autres « n’ont aucune perspective d’être jamais ni inculpés ou jugés. »

Dans les rares cas où des prisonniers ont comparu devant des cours martiales, remarque-t-il, les prévenus « ont été torturés plus de 100 fois par le « waterboarding » (simulation de noyade, n.d.t) ou ont été intimidés à l’aide d’armes semi-automatiques, de perceuses électriques ou on les a menacés d’abus sexuels à l’encontre de leurs mères. » Il poursuit : « Chose étonnante, ces faits ne peuvent pas servir pour la défense de l’accusé parce que le gouvernement prétend qu’ils se sont produits sous le couvert de la « sécurité nationale ». »

Mises à part les objections morales, et il n’y a aucune raison de douter qu’elles jouent un rôle important dans le cas de Carter, l’ancien président exprime de profondes inquiétudes comme quoi la criminalité flagrante des actions menées par le gouvernement américain mine la politique étrangère américaine. Non seulement ses méthodes attisent l’hostilité populaire dans le monde entier, elles privent encore Washington de la capacité de draper sa politique du prétexte des Droits de l’Homme et de la défense de la démocratie, une méthode employée de manière significative par l’impérialisme américain depuis son avènement à la fin du 19ème siècle.

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Carter, lui-même, avait joué de manière évidente la carte des « droits humains » durant son mandat présidentiel, alors même que son gouvernement tentait de soutenir le régime de torture du Shah en Iran, avait initié l’insurrection islamiste en Afghanistan appuyée par la CIA et affirmé le droit – dans la doctrine Carter – de l’Amérique d’utiliser la force militaire pour asseoir sa domination sur les réserves pétrolières dans le Golfe Persique.

On avait fait entrer Carter, ancien officier supérieur de la marine et spécialiste des sous-marins, à la Maison Blanche en 1977 pour restaurer la crédibilité et la renommée de la présidence américaine suite à la débâcle subie par l’impérialisme américain au Vietnam et à la criminalité révélée par le scandale du Watergate.

Et pourtant, près de quatre décennies plus tard, les méthodes extraconstitutionnelles et la criminalité à la Maison Blanche dépassent de loin tout ce qui avait été fait sous Richard Nixon.

Il n’y a aucun doute que Carter a soigneusement pesé chaque mot de sa rubrique en évitant toute exagération. En effet, le nom d’Obama n’apparaît pas. Avec les premiers mots de l’article, il a toutefois inséré un lien vers un article assez long paru le 1er juin dans le New York Times et qui documente comment Obama a personnellement dirigé la préparation de la « liste des personnes à tuer, » choisissant des victimes et apposant sa signature sur les frappes des drones alors qu’il est sûr que d’innocents civils seront tués.

Dans ce contexte, le recours de Carter au mot « assassinat » pour décrire les attaques de drones a une signification évidente. Le président des Etats-Unis, dit cet ancien président, est coupable de crimes de guerre et de meurtres.

A l’âge de 88 ans, Carter est un observateur impartial, plus préoccupé par son héritage que par un quelconque gain politique. Son témoignage est d’autant plus exceptionnel qu’il a occupé la même fonction qu’Obama, qu’il est du même parti et qu’il avait soutenu l’élection d’Obama.

Qu’est-ce qui l’a poussé à un peu plus de quatre mois des élections présidentielles, de lancer de telles accusations contre le candidat de son parti et le président en exercice ? Il doit croire que le système politique en Amérique est tombé tellement bas dans la criminalité et que la menace d’un Etat policier est tellement grande qu’il est essentiel pour lui de faire entendre sa voix.

Carter déclare que ces activités criminelles ont été commises avec le soutien « bipartite du pouvoir exécutif et législatif » et pratiquement « de façon unanime ». En effet, comme pour faire valoir son argument, ses propres commentaires dans la rubrique – qui ont une signification politique explosive – ont largement été ignorés par les médias de masse.

Douze ans après le vol des élections présidentielles en 2000, la principale leçon de cet épisode crucial de la vie politique américaine est démontrée de plus en plus fortement : il n’existe au sein de l’establishment patronal et politique américain aucune base pour la défense des droits démocratiques et des méthodes constitutionnelles.

Le gouffre sans précédent entre l’oligarchie financière dirigeante et les masses de travailleurs – qui s’est accru de manière continue durant cette période – est totalement incompatible avec de tels droits et de telles méthodes.

Les mots de Carter sont un avertissement. La menace d’un Etat policier américain et le recours aux méthodes meurtrières utilisées à l’étranger par l’impérialisme américain contre la classe ouvrière aux Etats-Unis , est réelle et grandissante. La classe ouvrière doit se préparer en conséquence en mobilisant son pouvoir politique indépendant contre le système de profit capitaliste duquel ces menaces découlent.

Bill Van Auken

http://www.wsws.org/fr/articles/2012/jui2012/cart-j28.shtml

(Article original paru le 27 juin 2012)

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 30 juin, 2012 |Pas de commentaires »

COMMENT L’ADMINISTRATION OBAMA FAIT DES MEDIAS US SES PORTE-PAROLES (The GUARDIAN)

Comment l’administration Obama fait des

 médias US ses porte-paroles (The Guardian)

OBAMA

Glenn GREENWALD

La reporter du New York Times, Judith Miller, témoignant devant le Comité Juridique du Sénat en 2004. L’année précédente, le New York Times avait publié un Mea Culpa à propos de l’usage par Miller des briefings anonymes de l’administration Bush au sujet des Armes de destruction massive avant le lancement de la guerre d’Irak. Photo : Kevin Lamarque / Reuters

Le grand reporter américain Glenn Greenwald, que nous avons souvent relayé dans nos pages, nous livre ici une analyse acerbe de ce journalisme de complaisance auquel se livrent de plus en plus de journalistes américains, et qui a produit les récents ’scoops’ concernant, par exemple, le rôle central du président Obama dans le choix des personnes visées au Moyen-Orient par les frappes de drones US. Ces soi-disant ’scoops’ sont en effet le résultat de fuites savamment organisées par l’administration Obama, qui délivre anonymement certaines informations à des journalistes ’sélectionnés’ en fonction de leur dévouement.

Ces méthodes ne sont pas nouvelles, et on se souvient de l’affaire Judith Miller et de la propagande du New York Times en 2003 sur les armes de destruction massive soi-disant détenues par Saddam Hussein. Mais elles semblent avoir été peaufinées, perfectionnées à l’envi par l’administration Obama, qui obtient ainsi un contrôle presque total sur les ’fuites’ d’informations autorisées et celles qui ne le sont pas. Greenwald nous détaille donc ces procédés dont le double but est clairement d’éduquer (de dresser ?) la presse à relayer sans rechigner les informations qu’on leur donne de façon anonyme mais officielle, et d’autre part, de servir les intérêts et l’agenda politique de l’administration. Un jeu gagnant-gagnant. Avec un gros bémol : les grands perdants dans l’histoire, ce sont les citoyens.

Ces dernières semaines aux États-Unis sont parus plusieurs scoops dans de grands médias US au sujet de la politique étrangère secrète du Président Obama et de ses actions de contreterrorisme, des histoires qui ont été publiées essentiellement par le New York Times. Les Américains ont, pour la première fois, été informés du rôle personnel d’Obama [article traduit en français par ReOpenNews - NdT] dans la compilation d’une « liste secrète de cibles à abattre » (Secret Kill List), un document sur lequel figurent les personnes qui seront visées par les drones au Pakistan et en Afghanistan, mais aussi les ordres [du président américain] concernant les cyberattaques contre l’enrichissement nucléaire en Iran, ainsi que le détail des opérations sur le raid qui a [soi-disant –NdT] tué Oussama Ben Laden.

Chacun de ces articles a dévoilé des informations clairement dignes d’intérêt pour le public, et a déclenché d’importants débats. Mais la façon dont elles ont été rapportées - et plus particulièrement le fait qu’elles se basent exclusivement sur des informations fournies par des assistants d’Obama qui souhaitent rester anonymes – soulève certaines questions aussi anciennes que troublantes à propos du type de relation entre l’establishement des médias US et le gouvernement qu’il est supposé servir tout en le surveillant.

L’obsession de la Maison Blanche d’Obama pour le secret relève d’un étrange paradoxe. D’un côté, l’actuelle administration a poursuivi en justice deux fois plus de « Whistleblowers – des employés du gouvernement qui ont passé à la presse certaines informations classifiées montrant les méfaits de hauts responsables – que toutes les autres administrations US réunies. Les officiels d’Obama ont également, comme l’ont documenté cette semaine les juristes de l’ACLU dans The Guardian, résisté avec une vigueur sans précédents à toute tentative de soumettre leurs actions à une évaluation juridique, ou à toute forme d’exposition publique, en insistant auprès de la Cour sur le fait que ces programmes sont si secrets que le gouvernement US ne peut ni confirmer ni infirmer leur existence sans mettre en danger la sécurité nationale.

 

Mais en même temps qu’ils invoquaient des arguments de confidentialité pour protéger leur travail, certains hauts responsables de l’administration Obama ont continuellement et de façon sélective fait « fuiter  » dans les médias des informations à propos de ces programmes. En fait, les fameux scoops du New York Times de ces deux dernières semaines sur le programme d’opérations secrètes pour la Sécurité nationale proviennent essentiellement des assistants d’Obama eux-mêmes.

L’article du Times sur la « Kill List  » était basé sur les interviews « d’une trentaine de ses aides actuels ou passés, [qui] décrivent le rôle central d’Obama  » dans le choix de ceux qui seront tués par la CIA. L’article ’scoop’ qui parlait d’un Obama ordonnant des cyberattaques contre l’Iran citait, entre autres, « des officiels américains » dont un « haut responsable de l’administration » qui a fièrement souligné le rôle actif et concret du Président dans toutes les mesures prises pour porter atteinte au programme nucléaire de Téhéran.

Pendant ce temps, cette même Maison Blanche qui soutient devant les juges qu’elle ne peut pas confirmer l’existence du programme de drones de la CIA, a passé toute cette semaine à alimenter de façon anonyme les journaux au sujet de la dernière victime des frappes de drones au Pakistan. Et les emails contenant les ordres du gouvernement, rendus publics par une Cour fédérale le mois dernier, révélaient qu’alors qu’elle refusait de fournir toute information sur le raid qui a tué Ben Laden au prétexte que ces documents étaient classifiés, l’administration Obama rencontrait en secret, et fournissait des informations sensibles à des producteurs d’Hollywood sur ce qui sera à coup sûr un film respectueux et fidèle [au récit officiel] de ce raid, et dont la sortie est prévue juste avant les prochaines élections présidentielles de novembre.

La tactique derrière tout cela est aussi évidente que dérangeante. Chacune de ces fuites, qui surviennent en cette année d’élection, dépeint un Obama coriace, impliqué, un véritable commandant en chef inflexible, dont le mot d’ordre est « châtier durement les ennemis de l’Amérique et nous protéger tous. » Mais elles le décrivent également comme un leader intellectuel empreint de morale, profondément touché par les « écrits d’Augustin et Thomas d’Aquin sur la guerre  » alors qu’il décide en secret de qui doit vivre ou mourir, et de quel pays doit être visé par les agressions américaines.

 

En somme, ces fuites anonymes font partie de la propagande politique classique : elles servent à glorifier le leader et ses décisions en vue de gains au plan politique. Étant donné que ces programmes sont officiellement couverts par le secret, il est impossible pour les journalistes de vérifier la validité de ces informations. Par nature, la seule façon pour le public d’apprendre quoi que ce soit sur ce que fait le président est par la diffusion sélective et partielle d’informations par les propres assistants d’Obama – ceux qui travaillent pour lui et qui se consacrent entièrement à son succès politique.

Mais ce procédé constitue un terrain propice aux tromperies et à la propagande du gouvernement. C’est précisément cette dynamique qui, lors de la course effrénée à l’invasion de l’Irak, a rassemblé tous les plus grands médias américains et les a transformés en relais irréfléchis de tous les mensonges du gouvernement. La plus grande faute de la journaliste Judith Miller, la fameuse reporter du New York Times entrée en disgrâce après l’affaire des « armes de destruction massive » est d’avoir rapporté comme des faits ce qui n’était qu’un ensemble d’assertions non vérifiées émanant de certains responsables de l’administration Bush. Comme l’expliquaient les éditeurs du Times dans leur « mea culpa » de 2004, les assertions provenant de sources anonymes étaient « insuffisamment validées et n’auraient pas dû être prises pour argent comptant.  »

Les derniers scoops du Times sur la politique d’Obama ne tombent sans doute pas aussi bas que ceux publiés lors du « scandale Judith Miller  ». Pour une raison bien simple, c’est qu’ils contiennent un nombre impressionnant de rapports et de révélations sur les pratiques de certains responsables de l’administration Obama – la plus remarquable étant qu’ils manipulent le nombres des victimes et dissimulent les morts de civils tombés lors des attaques de drones en « comptant tout mâle en âge de se battre et se trouvant dans une zone de combat comme un combattant.  »

 

Et pour une autre raison aussi, à savoir qu’ils critiquent les pratiques d’Obama, comme la nature indiscriminée des « frappes groupées de drones  » (lorsqu’ils voient trois types en train de faire de la gymnastique, pour la CIA il s’agit forcément d’un camp d’entrainement de terroristes), et l’aspect nécessairement trompeur inhérent à la définition trop vague de « militant  ». (L’un des officiels est cité : « Ça me gène quand ils disent qu’il y avait 7 types, et que tous étaient des militants. Ils comptent les corps, mais ne sont pas sûrs de leur identité.  »)

De plus, ces informations ont une réelle valeur journalistique. Il est incontestable que le citoyen américain est intéressé à savoir que son gouvernement organise des réunions pour élaborer une « Kill List  », et qu’il lance des cyberattaques contre l’Iran, lesquelles attaques sont considérées par le Pentagone (du moins lorsqu’elles sont conduites contre les USA) comme de véritables « actes de guerre. »

Mais malgré ces différences notables avec le cas de Judith Miller, la trame est toujours la même. Ces reporters s’en remettent entièrement aux sources gouvernementales. Leurs articles se basent presque exclusivement sur les affirmations de quelques subordonnés totalement dévoués au président. Les journalistes n’ont aucun moyen de vérifier la véracité des déclarations qu’ils présentent comme des faits. Et pire, ils garantissent l’anonymat à ces assistants qui ne font rien d’autre que suivre les ordres du président et promouvoir ses intérêts politiques.

C’est du pur « journalisme autorisé  » (access journalism) : on livre des scoops à ces reporters en échange de la promesse totalement injustifiée de préserver leur anonymat tout en relayant leur propagande auprès du peuple sans qu’on puisse un jour leur demander des comptes (protégés qu’ils sont par le mur de l’anonymat). Nécessairement, ce journalisme du « Story telling  » est forgé par les points de vue de ces sources officielles.

Et le produit journalistique qui en ressort sert évidemment l’agenda politique du président. L’opposant d’Obama en 2008, le sénateur républicain John McCain, s’est plaint, à juste titre d’ailleurs, que l’intention derrière ces fuites récentes était d’ « améliorer l’image du président Obama en le présentant comme un homme dur, en vue des élections.  » Mais le plus grave, comme le faisait remarquer la Columbia Journalism Review et le « chien de garde  » des médias, FAIR, est que tous ces récits oublient complètement de parler des aspects les plus controversés de la politique d’Obama, dont celui des risques et du possible caractère illégal des cyberattaques contre l’Iran, et des frappes de drones au Yémen, du nombre de victimes civiles causées par ces frappes, et de leur impact sur le renforcement des rangs d’al-Qaïda suite au fort sentiment anti-américain qu’elles génèrent.

 

L’effet peut-être le plus pernicieux de ce type de journalisme est qu’il transforme leurs auteurs en messagers consciencieux et dévoués au service des décrets officiels. Les reporters sont ainsi « dressés  » à recevoir des scoops seulement s’ils démontrent leur loyauté envers l’agenda de ces sources officielles.

En février, Scott Shane du Times, a soulevé une controverse en permettant à un officiel de l’administration Obama de diffamer anonymement le Bureau of Investigative Journalism (BIJ) en l’accusant d’être sympathisant d’al-Qaïda, après que le BIJ eut produit des documents montrant les chiffres intentionnellement sous-estimés par les hauts responsables US des victimes civiles des attaques de drones, et les pratiques horribles et potentiellement criminelles consistant à frapper avec les drones les secouristes ou les gens assistants à des funérailles. C’est ce même Shane, avec Jo Becker, à qui l’on a fourni le scoop de la « Kill List  » d’Obama.

De la même façon, David Sanger du Times, a longtemps été critiqué pour ses articles complaisants sur les soi-disant menaces de l’Iran vis-à-vis des USA, presque toujours basés, eux aussi, sur des sources anonymes. Il n’est pas surprenant que ce soit précisément Sanger qui ait été récompensé du meilleur scoop, celui sur Obama et ses ordres de cyberattaque contre l’Iran (scoop qu’il utilise d’ailleurs pour vendre son dernier livre), et encore moins surprenant le fait qu’il y flatte le rôle d’Obama dans cette opération.

Contraste ô combien révélateur, celui du traitement réservé à James Risen du Times, qui sortit quelques scoops bien plus embarrassants que glorifiants pour le gouvernement US. C’est lui qui avait révélé le programme illégal d’écoutes téléphoniques de la NSA sous l’administration Bush en 2006, et aussi le projet de la CIA, aussi inepte qu’inoffensif, d’infiltrer le programme nucléaire iranien.

 

La conséquence fut que le département de la Justice d’Obama le poursuit sans relâche depuis, et l’oblige à déposer sous serment afin d’essayer de connaitre ses sources sur l’histoire de l’infiltration du programme iranien, un procès qui pourrait bien emmener Risen en prison s’il refuse, ce qui est assez probable. Matt Apuzzo, lauréat du prix Pulitzer du journalisme d’investigation, chez Association Press, explique la leçon évidente apprise lors de cet épisode :

« Sanger écrit sur le succès de l’opération en Iran, et obtient un accès privilégié [aux scoops]. Risen écrit sur une opération bâclée en Iran, et il est poursuivi en justice. »

Il existe une tension fondamentale entre le rôle de chien de garde se confrontant en permanence aux officiels du gouvernement, et celui d’amplificateur primaire pour leur propagande. L’administration US a perfectionné l’art d’éduquer les journalistes américains en leur faisant comprendre qu’ils seront récompensés s’ils assument ce dernier rôle, et châtiés s’ils ne le font pas. À en juger par les scoops de haut niveau révélés ces dernières semaines, c’est une leçon qui semble n’avoir été que trop bien apprise par beaucoup de journalistes.

Glenn Greenwald

Traduction GV pour ReOpenNews  (Pour consulter les nombreux liens hyper-texte originaux, se reporter à l’article en anglais ici)

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 23 juin, 2012 |Pas de commentaires »

PRESSIONS SUR LA RUSSIE: LES ETATS-UNIS SE FRAYENT UN CHEMIN VERS LA VICTOIRE EN SYRIE À COUPS DE MEURTRES EN MASSE (Land Destroyer Report)

Pressions sur la Russie :

 les Etats-Unis se frayent un chemin vers la

 victoire en Syrie à coups de meurtres en masse.

 (Land Destroyer Report)

PRESSIONS SUR LA RUSSIE: LES ETATS-UNIS SE FRAYENT UN CHEMIN VERS LA VICTOIRE EN SYRIE À COUPS DE MEURTRES EN MASSE (Land Destroyer Report) dans REFLEXIONS PERSONNELLES SYRIE

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Tony Cartalucci
 
Les USA à la Russie : « Laissez tomber » ou nagez dans notre mer de sang syrien.

Alors qu’il s’avère indubitable que la violence qui se déchaîne de plus en plus en Syrie a été préméditée par les planificateurs occidentaux plusieurs années avant que ne se déroule le printemps arabe, et alors que la façade des prétendues « aspirations démocratiques » s’effondre dans le bain de sang perpétré par les extrémistes sectaires qu’ils ont eux-mêmes armés, les officiels US et les gourous des think tanks politiques occidentaux, se confiant à Bloomberg (1), ont déclaré que le dernier message adressé à la Russie en vue d’obtenir un changement de régime en Syrie est essentiellement celui-ci : l’escalade de la violence va délibérément continuer, jusqu’à ce qu’un changement de régime ait lieu, la Russie peut capituler maintenant et participer au changement, ou capituler plus tard et s’en voir exclure comme cela a été le cas en Libye. Bloomberg cite « des officiels US » qui prétendent avoir des contacts avec les Russes pour chercher ensemble une « transition ordonnée ».

BrookingsSyriaRegimeChange-7a8b9 MONDE

Le mémo n°21 sur le Moyen Orient de la Brookings Institution « Assessing Options for Regime Change  » ne fait pas mystère de ce que la « responsabilité de protéger » (R2P) humanitaire n’est qu’un prétexte pour imposer un changement de régime projeté depuis longtemps.

À quel point les Etats-Unis sont ou croient être près de réussir à renverser le gouvernement syrien est sujet à des estimations diverses. Ce qui n’est pas affaire d’opinion, en revanche, est le fait que les Etats-Unis se sont ouvertement engagés dans une conspiration visant à « saigner à blanc » la Syrie, soit pour au moins limiter de manière définitive son influence géopolitique au Moyen-Orient, soit pour entraîner la chute de son gouvernement. Ceci a été exprimé très clairement dans le susdit Mémo n°21 sur le M.-O. de Brookings Institution (2), « Assessing Options for Regime Change ».

« Il reste une alternative : que les efforts de la diplomatie se concentrent d’abord sur la possibilité d’un accès humanitaire, comme cela tente de se faire sous la direction d’Annan. Un tel choix pourrait conduire à l’établissement de havres de paix et de corridors humanitaires, qui seraient étayés par des actions militaires limitées. Ceci, bien etendu, ne remplirait pas les buts poursuivis par les Etats-Unis et pourrait même laisser Assad au pouvoir. De ce point de départ, cependant, il serait possible qu’une large coalition disposant d’un mandat international approprié, soit en mesure d’ajouter davantage d’action corercitive à ces efforts initiaux » (page 4, « Assessing Options for Regime Change », Brookings Institution.)

En pages 8 et 9, le mémo précise :

« Les « Etats-Unis pourraient encore armer l’opposition, tout en sachant qu’elle n’aura jamais assez de puissance pour déloger du pouvoir, à elle seule, Assad et son réseau. Washington pourrait néanmoins choisir de le faire en arguant de ce que fournir à un peuple opprimé une possibilité de résister à ses oppresseurs vaut mieux que ne rien faire du tout, quand bien même le soutien fourni aurait peu de chances de transformer la défaite en victoire ». Pages 8 et 9, « Assessing Options for Regime Change ».

Pour ceux qui croient en la rhétorique « humanitaire » invoquée par l’Occident pour justifier son ingérence en Syrie, il est clairement hors de question de perpétuer délibérément la violence, et particulièrement la brutale violence sectaire actuellement à l’œuvre, juste pour « garder un ennemi régional en état de faiblesse ». C’est pourtant à partir de cette position d’une totale dépravation morale que l’Occident prétend négocier avec la Russie une « transition ordonnée » en Syrie.

L’Occident s’imagine qu’en continuant à verser le sang à flots et en manipulant l’opinion publique pour lui faire croire que c’est là « l’œuvre du gouvernement syrien », « soutenu par les Russes, les Chinois et les Iraniens », il réussira à culpabiliser ceux qui s’opposent à sa campagne de déstabilisation au point de les faire consentir à son crime contre la paix du monde. Mais la propagande occidentale commence à s’essouffler, face aux medias alternatifs. En outre, le public, fatigué de la guerre sans fin, nourrit de plus en plus de soupçons quant aux motifs de l’engagement occidental en Syrie. L’impact espéré de ce qui se révèle être une atrocité orchestrée par l’Occident en Syrie, n’a été visible que dans les gros titres de la presse occidentale, pas même dans le corps des paragraphes qui les suivaient. Autrement dit, la manœuvre a fait long feu. Personne n’a été dupe.

10000000000002BC00000146FEF4E832-3e04d OBAMAJamais plus ? Temporiser avec la tyrannie ne marche jamais. En 1939, Hitler a signé un pacte de non agression avec l’URSS, qu’il n’a jamais eu l’intention d’honorer. Jusqu’au jour où il a envahi l’URSS en 1941, il a nié son intention d’aller jusqu’à Moscou, prétendant qu’il ne déployait ses troupes aux frontières du pays que « pour les protéger des bombardements anglais ». Aujourd’hui, nous voyons l’OTAN refaire exactement le même chose avec ses boucliers anti-missiles censés protéger la Russie de l’Iran, tout en sapant et en envahissant un allié de la Russie après l’autre. L’apathie et la complicité tacite vis à vis des guerres d’agression peuvent sembler une solution « facile »… aussi longtemps qu’on ne pense pas au prix que les Allemands ont dû payer quand leur chance a fini par tourner.

Ce que les Russes vont décider de faire vis à vis de la Syrie déterminera la forme du champ de bataille sur lequel ils devront combattre lorsqu’ils seront inévitablement forcés d’affronter les machinations croissantes de Wall Street et de Londres.

Une idée fausse dont il faut se garder est que temporiser avec l’Ouest en abandonnant la Syrie comme on l’a fait avec la Libye calmera les ambitions hégémoniques de ceux qui ont inscrit ce programme d’invasions à leur agenda. Comme Hitler niant vouloir envahir l’URSS jusqu’au jour où il l’envahit bel et bien, Wall Street et Londres ont bel et bien l’intention d’aller jusqu’à Moscou et jusqu’à Pékin, quelles que soient les myriades d’excuses qui continueront à être prodiguées, d’ici au jour où les forces occidentales et leurs sous-fifres commenceront à envahir la Russie ET la Chine.

La Chine, elle aussi, est confrontée à l’encerclement et à l’isolement, en ce moment même où le Pentagone déclare ouvertement diriger son attention et ses flottes vers le Pacifique. Tandis que le Secrétaire à la Défense Léon Panetta s’efforce de dissiper les craintes que suscitent ces mouvements et de dire que mais non, mais non, les USA ne sont pas en train de rassembler leurs forces pour attaquer la Chine, ses paroles verbales sans aucune crédibilité contredisent près de 20 ans de documents politiques US, qui préconisent justement l’isolement et la destruction de la Chine par cette méthode de renforcement de l’hégémonie américaine dans le Pacifique.

L’affrontement aura lieu tôt ou tard, et ceux qui se demandent encore pourquoi le monde est resté aussi apathique face aux nazis – menace si évidente pour la paix du monde quand on y repense – sont aujourd’hui assis aux premières loges pour voir Wall Street, Londres et tous leurs satellites violer progressivement la souveraineté et le destin d’une nation après l’autre, soutenus par l’apathie et l’ignorance apparemment infinies de leurs propres populations. Comme ce fut le cas pour l’Allemagne, ce seront en fin de compte ces populations qui paieront au prix fort leur complaisance et leur passivité face aux ambitions hégémoniques effrénées de leurs gouvernements.

Tony Cartalucci

Source : http://landdestroyer.blogspot.be/2012/06/us-to-russia-give-u…

Traduction : C.L. pour http://lesgrossesorchadeslesamplesthalameges.skynetblogs.be/

1 Bloomberg LP est un groupe financier américain spécialisé dans les services aux professionnels des marchés financiers et dans l’information économique et financière aussi bien en tant qu’agence de presse que directement, via de nombreux médias (télévision, radio, presse, internet et livres) dont les plus connus sont probablement ses propres chaînes de télévision par câble/satellite. (Wikipedia)

2 La Brookings Institution est souvent présentée comme le principal think tank des démocrates. Il s’agit plutôt d’un organisme représentatif des élites modérées, favorables à une régulation économique limitée, par opposition au patronat libertarien de l’American Enterprise Institute. Désormais active en politique étrangère, elle préconise – comme les néo-conservateurs et dans les mêmes circonstances – l’usage de la force, mais pour motifs humanitaires et non par évangélisme démocratique, par devoir et non par enthousiasme conquérant. La moitié de ses chercheurs a travaillé dans le passé pour le Conseil de Sécurité National ou la Maison-Blanche. ( Réseau Voltaire)

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 16 juin, 2012 |Pas de commentaires »

« L’ART DE LA GUERRE »: DRONES SICAIRES POUR LA « KILL LIST » (IL MANIFESTO)

« L’art de la guerre »

Drones sicaires pour la « kill list » (Il Manifesto)

arton16956-84d2b DRONE dans REFLEXIONS PERSONNELLES

Manlio DINUCCI
 
Les Etats-Unis doivent se défendre de ceux qui les attaquent, déclare le secrétaire à la défense Leon Panetta, rejetant les protestations sur les attaques croissantes de drones étasuniens au Pakistan. Selon Panetta, les Pakistanais doivent comprendre que les « Predators » sont là aussi pour leur bien : ils volent au dessus de leurs têtes, téléguidés depuis les USA à plus de dix mille kilomètres de distance, pour frapper avec leurs missiles « Feu de l’enfer » les dangereux terroristes nichés en territoire pakistanais. Conclusion opposée, après une visite au Pakistan, de Navi Pillay, Haut Commissaire Onu pour les droits de l’homme : les attaques par drones, qui ont lieu en moyenne tous les quatre jours, « provoquent les morts indiscriminées de civils, qui constituent une violation des droits humains ». Elles soulèvent en outre de graves questions de droit international, en ceci qu’elles sont menées « en dehors de tout mécanisme de contrôle civil ou militaire ». Pillay demande donc l’ouverture d’une enquête officielle. Accusation sèchement rejetée par le président Obama, lequel assure que les attaques par drones –effectuées aussi en Afghanistan, Irak, Yémen, Somalie et autres pays- « ne provoquent pas de grosses pertes civiles ». Elles sont en fait « tenues sous contrôle très étroit ». Personne n’en doute. Comme le rapporte le New York Times, c’est le Président lui-même qui effectue les « nominations top secret » des présumés terroristes à tuer, pour la majeure partie avec des attaques de drones. La « kill list » -comprenant des personnes du monde entier qui, jugées nocives pour les Etats-Unis et leurs intérêts, sont condamnées secrètement à mort sous l’accusation de terrorisme- est mise à jour chaque semaine par « le plus étrange des rituels bureaucratiques » : la téléconférence, gérée par le Pentagone, de plus de cent responsables de la « sécurité nationale », lesquels retirent les fiches des tués et en ajoutent d’autres dans une sorte de jeu macabre qu’un fonctionnaire compare à celui des figurines des champions de base-ball. La liste est ensuite soumise au président pour approbation. Surtout quand « en même temps que le terroriste, qui sera touché par le drone, il y aura sa famille », « l’évaluation morale finale » revient au Président. Quand celui-ci a donné son autorisation, l’opérateur, commodément installé aux Etats-Unis à sa console de commande du drone, lance les missiles contre cette maison au Pakistan, indiquée comme refuge du terroriste. De toute façon, dans l’explosion, les enfants ne se voient pas. Voici ce qu’est la « guerre non conventionnelle » menée par l’administration Obama. On développe pour elle des drones de plus en plus sophistiqués : comme celui à propulsion nucléaire, en mesure de voler de façon ininterrompue pendant des mois, et un petit « drone kamikaze » qui plombe sur l’objectif en le détruisant avec sa charge explosive. Des affaires en or pour les industries constructrices (General Atomics, Northrop Grumman et autres) : le Pentagone a décidé d’augmenter de 30% sa flotte actuelle de 7.500 drones, en dépensant 32 milliards de dollars. L’Italie participera à la dépense de 4 milliards de dollars pour cinq drones made in USA, déployés par l’Otan à Sigonella (Sicile), et achètera des missiles et des bombes de précision pour ses propres drones, eux aussi made in USA. Cela, souligne le Pentagone, servira à « protéger » non seulement l’Italie mais aussi les Etats-Unis.

À quand la « kill list » italienne ?

Manlio Dinucci

Edition de mardi 12 juin 2012 de il manifesto

http://www.ilmanifesto.it/area-abbonati/in-edicola/manip2n1/20120612/manip2pg/14/manip2pz/324167/

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 13 juin, 2012 |Pas de commentaires »

CONTRE-PORTRAIT POUR SORTIR DE L’IDOLATRIE: OBAMA, PORTRAIT EN UNE PHRASE (Guillaume de Rouville)

Contre-portrait pour sortir de l’idolâtrie

Obama – Portrait en une Phrase

CONTRE-PORTRAIT POUR SORTIR DE L'IDOLATRIE: OBAMA, PORTRAIT EN UNE PHRASE (Guillaume de Rouville) dans REFLEXIONS PERSONNELLES OBAMA

arton16828-e3f78 GUERRE dans REFLEXIONS PERSONNELLES

Guillaume de Rouville
 

Frantz Fanon dirait de lui qu’il a la peau noire et le masque blanc, on pourrait ajouter qu’il sert bien l’oligarchie qui l’a porté au pouvoir en ayant nommé dans son administration des dizaines de membres de la commission Trilatérale de son mentor Brzezinski (adepte de la domination de l’Eurasie par les États-Unis), ajouter qu’il a sauvé ses amis de Wall Street en imprimant des centaines de milliards de dollars sans exiger de contreparties (sans doute pour les remercier d’avoir financé sa campagne électorale), ajouter qu’il a approuvé les plus gros budgets militaires de l’histoire des États-Unis ainsi que la plus grande vente d’armes de son pays en faveur de l’Arabie Saoudite qui continue, pourtant, au vu et au su de tous, à financer le terrorisme islamique partout dans le monde et à violer les droits de l’homme les plus basiques, ajouter qu’il a approuvé le coup d’État sanglant au Honduras contre le Président de centre-gauche Zelaya (journalistes, syndicalistes, civils torturés et exécutés) qui a été remplacé par une junte militaire et ensuite un nouveau Président aux ordres de Washington, ajouter qu’il n’a pas fermé Guantanamo en dépit de ses engagements ni les centaines de prisons-goulags sous administration US où l’on torture à tour de bras les récalcitrants à sa vision du monde, ajouter qu’il n’a pas opposé son veto à la loi NDAA qui autorise la détention indéfinie et sans jugement de personnes étrangères ou américaines soupçonnées de terrorisme selon la perception subjective et sans contrôle judiciaire de ses agences de renseignement ou de lui-même, ajouter qu’il a abandonné la communauté noire de la Nouvelle Orléans à son triste sort depuis l’ouragan Katrina alors qu’il avait promis de s’occuper d’eux (la planche à billets ce n’est pas pour les noirs), et, pour continuer ce contre-portrait, cet anti-portrait, ce méchant portrait, on pourrait encore ajouter que, s’il a élargi quelque peu la couverture médico-sociale à davantage de personnes sans ressources, il ne l’a fait qu’à condition de ne pas toucher la rente de l’industrie pharmaceutique, autre grande contributrice de sa première campagne présidentielle, et ajouter qu’il n’a pas pris de mesures significatives pour lutter contre la pauvreté endémique qui touche plus de 15% de la population de son pays (la planche à billets ce n’est pas pour les pauvres), ajouter qu’il a reçu le Prix Nobel de la Paix en prévision de ses reniements futurs sur la question de l’existence d’un État Palestinien ou pour avoir soutenu le dictateur Moubarak jusqu’à sa chute, ou encore pour avoir instrumentalisé, comme son prédécesseur, les réseaux islamistes radicaux proches d’Al-Qaeda pour déstabiliser à son profit et celui de ses amis du complexe militaro-industriel la Libye, la Syrie (et bientôt le Liban) sans demander ou obtenir l’aval de l’ONU et pour avoir commis des attentats en Iran ou interdire à ce pays d’avoir accès aux transactions financières internationales par le système mondial Swift (alors que l’Iran ne lui a pas déclaré la guerre) et, enfin, ajouter qu’il a massacré avec l’Otan plus de 50 000 civils en Libye pour les sauver d’un hypothétique massacre dont on n’a aucune preuve aujourd’hui, mais, qu’on se rassure, il sait faire de bons et longs discours et dans un monde où les mots, l’image et l’empathie comptent plus que les actes, il saura émouvoir, séduire et dompter les foules qui ne détestent rien tant que la dure réalité des faits bruts, ternes et déprimants.

Guillaume de Rouville, auteur de La Démocratie ambiguë, et journaliste pour l’Idiot du Village

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 31 mai, 2012 |Pas de commentaires »

ESCLAVAGE, CAPITALISME, CROISSANCE: UNE BELLE CONTINUITE ! (SUPERNO)

Esclavage, capitalisme, croissance :

 ça continue !

ESCLAVAGE, CAPITALISME, CROISSANCE: UNE BELLE CONTINUITE ! (SUPERNO) dans REFLEXIONS PERSONNELLES travail05

travail03 CAPITALISME dans REFLEXIONS PERSONNELLES

bangladesh CROISSANCE

Laissons pour une fois de côté les nouvelles fondamentales de la Politique Française (genre le jean de Cécile Duflot ou les parachutes de Le Pen et Mélenchon) pour évoquer des sujets tellement secondaires que j’ai honte de devoir m’abaisser jusqu’à en parler.

Oui, je sais, j’ai déjà écrit là-dessus. Ici, il y a quatre ans. , il y a 18 mois.
Depuis, rien n’a changé, bien évidemment.

L’émission “Cash investigation” de France 2 avait diffusé la semaine dernière un fort didactique reportage sur l’art et la manière qu’ont les multinationales, y compris françaises, de frauder le fisc à l’aide de montages abracadabrantesques élaborés par d’autres multinationales spécialisées, et qui ont pour point commun de passer par des filiales luxembourgeoises bidons.

Hier soir, France 2, décidément bien inspiré, a diffusé un nouveau reportage écœurant dans les ateliers de couture au Bangladesh et en Inde. Rien de bien nouveau sous le soleil, à vrai dire. On y apprend, images à l’appui, que dans ces ateliers travaillent des gamines de 12 ans, 12 heures par jour, 6 jours par semaine, pour un salaire inférieur à un dollar par jour. Je pense qu’on peut parler d’esclavage. Il y a certes parfois des rebellions, mais dans l’ensemble, les multinationales n’ont pas à se plaindre, merci pour elles.

Une fois les fringues cousues par ces esclaves, elles sont emballées dans des cartons et expédiées en occident par bateau dans des immenses conteneurs.

Le voyage en bateau sert en quelque sorte de paravent entre la production et la consommation. Il transforme le malheur des uns en objet de désir des autres. Car une fois arrivées ici, les fringues sont étalées dans des boutiques plus ou moins clinquantes, dans lesquelles le con-sommateur (et surtout trice, il faut bien le dire) se précipite pour acheter, souvent pour quelques euros, de quoi vêtir toute la famille.

La pub et le marketing font leur œuvre pour que le coût de fabrication, indécemment bas, fasse une multiple culbute, suffisante pour que les actionnaires deviennent milliardaires (c’est le seul but de la manœuvre), mais pas trop pour rester dans le business model de la con-sommation de masse, que la ménagère de moins de 50 ans revienne le plus souvent possible acheter, acheter et encore acheter.

Bien entendu, on n’affiche pas dans les boutiques la photo de ces milliers de gamines devant leur machine à coudre, dans un bruit infernal, sous la lumière des néons blafards et les aboiements du contremaître, ni dans leurs bidonvilles insalubres. Sinon les gens n’achèteraient pas, probablement. Au contraire, on y met les photos sur papier glacé de mannequins anorexiques ou de stars de cinéma soucieuses d’arrondir des fins de mois pourtant déjà bien rondelettes.

Tout cela a été parfaitement décrit dans le livre de Naomi Klein, “No Logo” , qui détaille le processus de décérébration des foules (et notamment des jeunes) qui conduit des humains en apparence ordinaires à être fiers de payer une fortune des objets fabriqués par des esclaves à un coût dérisoire.

Avant le bateau : le cauchemar. Après, le rêve.

Le reportage citait des marques. Monoprix, Ikea, Leclerc, Zara. Peu importe, il y a fort à parier que c’est partout pareil. On a pu assister à des scènes pathétiques de communicants à la langue d’ébène, niant que les images montrées aient pu exister, se cachant derrière des cahiers des charges, des chartes, des normes, des audits, jurant leurs grands dieux qu’ils avaient une éthique et que tout manquement à icelle devait être corrigé, et patati et patata.

Et ce sont les mêmes connards qui discutent des heures avec les fournisseurs pour baisser les prix d’un pouième de centime. Qui savent très bien que tous ces cahiers des charges sont du pipeau, que celui qui le signe sous-traitera et qu’au final les fringues seront fabriquées dans des conditions sordides par des gamines esclaves, tandis que les actionnaires se feront des couilles en or et se prélasseront sur leur yacht.

La richesse indécente a toujours besoin d’esclaves en nombre. Les bubons capitalistes purulents de Dubaï ou du Qatar consomment environ 10 esclaves pour un habitant. Nous, c’est pareil, sauf que nos esclaves restent chez eux, fabriquant nos fringues, gadgets électroniques, bagnoles que les haut-parleurs de la pub et du dieu croissance nous ordonnent d’acheter frénétiquement et de jeter le plus vite possible.

Les magazines économiques, en plus d’appeler de leurs vœux la rigueur budgétaire, la baisse des impôts, et la disparition de tout secteur public, célèbrent ces grands entrepreneurs : regardez cette liste de milliardaires.

Vous y reconnaîtrez le fondateur d’Ikea Ingvar Kamprad, première fortune européenne avec 33 milliards d’euros. Puis, un peu plus loin, entre Bernard Arnault et Liliane Bettencourt, vous trouverez Amancio Ortega, propriétaire de Zara, avec 30 milliards.

On marche sur la tête, non ?

Tant que j’y suis, je passe à autre chose. Non, en fait c’est la même chose. Je me souviens de la couverture de Libé au lendemain de l’assassinat des gamins devant l’école de Toulouse. (Vous la trouverez )

En voyant cette couverture, je m’étais dit que Libé, dont le directeur Demorand semble avoir remarqué que les unes racoleuses avaient un effet bénéfique sur les ventes, d’où sa propension à en caser à toute occasion, aurait pu en faire une similaire, sur fond noir, mais aux caractères beaucoup plus petits, pour y faire figurer les noms et âges des 20000 (vingt mille) enfants morts de faim ce jour-là, comme tous les autres jours, d’ailleurs.

Comme le dit si justement Jean Ziegler, nous pourrions très bien nourrir ces enfants, et ils meurent quand même, c’est donc qu’ils sont assassinés.

Notre système trouve pourtant toujours les milliards, et même les dizaines de milliers de milliards, pour voler au secours de ces pauvres banquiers. Il a consacré plus de 1600 milliards l’an dernier à acheter des armes. Mais n’est pas foutu de trouver 30 pauvres milliards (la fortune de M.Ikea ou de M.Zara, tiens) pour nourrir la terre entière pendant un an. En même temps un banquier ou un marchand de canons, c’est quand même plus important que quelques millions d’enfants. Surtout noirs ou jaunes…

Tout ça, c’est la conséquence directe et indéniable de notre système capitaliste, libéral et croissanciste. De sa répartition incroyablement scandaleuse des richesses. De sa prédation par la finance et les spéculateurs. De ce phénomène incroyable qui fait que malgré les odes à la “valeur travail”, ce ne sont jamais ceux qui travaillent qui s’enrichissent, mais des intermédiaires parasitaires. Ceux qui cultivent les fruits et légumes restent pauvres, tout comme la caissière du supermarché, mais pas le propriétaire de l’enseigne.

En France, nous avons de la chance : nous venons de chasser un gouvernement de droite, incapable et corrompu, pour le remplacer par un gouvernement de “gauche”, qui respecte la parité et qui a signé une charte éthique….

Et surtout, son dicton est “Le changement, c’est maintenant”. Merveilleux, non ? Bon, on commence quand ?

Euh… Pour l’instant, le principal changement c’est qu’on peut venir au conseil des ministres en jean. Pour le reste, permettez-moi de douter. Car même si le QI moyen du gouvernement doit être au moins le double de celui du précédent, il suffit de gratter un peu pour constater la supercherie. Tous les postes importants sont occupés par des représentants de la “gauche de droite”. DSK n’est plus là, mais ses disciples et ses idées sont restés. Enarques et membres du “Siècle” foisonnent. Pas un seul dangereux révolutionnaire gauchiste à l’horizon.

Pas une de ces personnes n’a l’intention de faire quoi que ce soit pour changer de paradigme. Tous se plaisent et se complaisent dans le capitalisme libéral, qui leur a d’ailleurs apporté richesse, puissance et gloire.

Le premier ministre est le premier promoteur du projet mégalomaniaque et scandaleux de l’ayraultport de Notre Dame des Landes. Ce projet témoigne de son aveuglement total quant à l’évolution du monde et de ses ressources naturelles.

Quant au président Hollande, son déplacement aux Etats-Unis montre qu’il n’a rien compris non plus, pas plus qu’Obama, d’ailleurs. Délectez-vous de ces billevesées, reprises en boucle et sans le moindre sens critique par des médias tétanisés d’extase :
Le président François Hollande a fait état d’une “convergences” de vues avec son homologue américain Barack Obama sur la nécessité de relancer la croissance pour faire face à la crise, vendredi 18 mai à la Maison-Blanche, peu avant un sommet du G8. La croissance doit être une priorité (…)”.

La croissance, la croissance, la croissance… La même chose qu’avant, mais PLUS ! Plus d’esclaves, plus d’armes, plus de morts de faim, plus de paradis fiscaux. Plus de pétrole, plus de ressources naturelles, plus de pollution, plus de CO2. Et plus d’argent virtuel pour contourner les limites de l’économie réelle.

Pauvres aveugles ! Mai 2012, et ils n’ont toujours rien compris. Après avoir décidé de ruiner les peuples pour rembourser les banksters, ils décident désormais qu’il faudrait en fait encore emprunter aux banksters pour éviter la ruine des peuples…

Quant à ceux qui croyaient que Hollande allait mettre la finance à genoux, même après la déclaration d’allégeance faite aux banksters de la City, pensaient-ils qu’il allait nommer Frédéric Lordon responsable du G20 pour la France ? Curieusement, non, l’heureux élu de Hollande, secrétaire général adjoint de l’Elysée s’appelle Emmanuel Macron, 34 ans. C’est un disciple de Jacques Attali (dont l’ombre plane sur la “gauche” comme celle de Minc plane sur la droite), ex-membre de sa ridiculissime “commission sur le retour de la croissance”. Et que fait-il dans la vie, ce petit génie ? Il est associé-gérant chez Rothschild, et le fait d’abandonner un salaire annuel de l’ordre d’un million d’euros est une preuve évidente de son désintéressement espoir de retour sur investissement.

Certains parlent de faire revenir ces usines en France… Les “socialistes” viennent même de créer un ministère marketing du “redressement productif” confié à Montebourg. Quelle rigolade ! Comment faire revenir en France des industries qui en sont parties, poussées par la perspective d’employer des esclaves et par les lois qui permettaient cette forfaiture ? Sans changer ces lois, sans revenir sur ce système ?

Juste pour rire, c’est un “socialiste” français, Pascal Lamy, qui dirige depuis 7 ans l’OMC (ex GATT), le principal organisme responsable de la dérégulation du commerce mondial…

Tous ces gens sont d’accord sur un point : il faut améliorer la compétitivité de la France, et baisser le coût du travail. Pour l’aligner sur celui du Bangladesh, par exemple… Car tout le monde le sait, je l’ai même lu sur Twitter de la part de prétendus gauchistes : “si on va fabriquer au Bangladesh, c’est que ça coûte trop cher de fabriquer en France”.

Ok, réduisons donc le coût du travail… qui est principalement composé de plusieurs facteurs :
- Le salaire
- Les cotisations sociales (improprement baptisées “charges”).

Réduire le coût du travail, cela signifie donc au choix réduire les salaires (ou travailler plus pour le même salaire), ou réduire les retraites, les remboursements de sécu, les allocs chômage… Ou, pour être plus efficace, les deux. Supprimons par la même occasion toutes les “barrières à l’emploi”, comme le salaire minimum, le code du travail, les congés, le paiement des arrêts maladie, et la retraite.

Pour finir, supprimons carrément tout salaire, et c’est le plein emploi garanti. Fort de cette compétitivité retrouvée, les zentrepreneurs embaucheront massivement, et y vont voir, au Bangladesh, ce que c’est que la France Compétitive ! Comment que Leclerc il va rapatrier fissa la fabrication de ses tee-shirts !

Hollande semble devenu le héraut du keynésianisme, par opposition au néolibéralisme. Cette doctrine, qui prône la croissance par la demande, au besoin soutenue par l’Etat (et donc par l’endettement… On rêve !), a fait son temps pendant les “30 glorieuses” qui ont suivi la deuxième guerre mondiale, avant d’être balayée par le n’importe quoi du néolibéralisme. Depuis, cette doctrine est caduque, anachronique.

C’est donc un grand bond en arrière de plus de 35 ans que Hollande, tout ravi de jouer les vedettes au G8, propose au monde ébahi par tant d’originalité. Et même si la plupart de nos “socialistes” (Hollande lui-même, Ayrault, Fabius…) en sont effectivement restés à cette époque, le monde a changé, et va prochainement s’apercevoir que toute politique de croissance dans les pays occidentaux est vouée à l’échec et à la catastrophe.

Pénurie de pognon, pénurie de pétrole, pénurie généralisée de ressources (aka “peak everything”, un très bon article dans “Science et Vie de ce mois-ci sur la pénurie des métaux, mais Hollande et Obama lisent trop le “Financial Times”, pas “Sciences et Vie”), cette politique emmène l’humanité droit dans le mur. En klaxonnant.

Keynes, cité par Jean Gadrey (auteur de “Adieu à la croissance”) avait tout de même prévu qu’après des décennies de croissance, un certain niveau de richesse serait atteint et l’objectif devait changer : « il sera temps pour l’humanité d’apprendre comment consacrer son énergie à des buts autres qu’économiques ».

Hollande et Obama sont assurément moins cons que leurs prédécesseurs respectifs Sarkozy et Bush. Qu’ils le prouvent !

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 29 mai, 2012 |1 Commentaire »

OU EN EST LA GUERRE EN AFGHANISTAN ? RETRAIT FRANCAIS ET DEFAITE ANNONCEE

OÙ EN EST LA GUERRE EN AFGHANISTAN ?

Retrait français et défaite annoncée
 
OU EN EST LA GUERRE EN AFGHANISTAN ? RETRAIT FRANCAIS ET DEFAITE ANNONCEE dans REFLEXIONS PERSONNELLES AFGHAN-300x210
GUERRE AFGHANISTAN dans REFLEXIONS PERSONNELLES
 
 
 
 
 
 
En Afghanistan, les talibans sont à l’offensive et Al Qaïda est de retour. L’accélération, par le président Hollande, du retrait, dès la fin de cette année, de nos « forces combattantes » n’est que la confirmation de l’échec de la guerre menée par les démocraties contre l’islamisme radical, dans ce pays tribal. C’est aussi le désir ne pas avoir à endosser, politiquement, de nouvelles pertes humaines.

La situation ne cesse objectivement de se dégrader. Quelques dizaines de combattants d’Al Qaïda sont de retour dans les montagnes de l’Est du pays. Ces combattants arabes et pakistanais dont le nombre n’excède pas la centaine  ont, selon toute vraisemblance, franchi la frontière du Pakistan pour s’établir dans les provinces de Kunar et du Nouristan, où le regroupement des bases de l’OTAN n’a laissé sur place qu’environ 4.200 soldats occidentaux.

AFGHAN1 AL QAIDA

Le nombre est, certes, réduit, mais il est jugé préoccupant par les responsables américains, dans la perspective du retrait des troupes de l’OTAN et du transfert de la sécurité aux forces afghanes d’ici à la fin 2014. La réapparition de « djihadistes » dans cette région est emblématique des défis auxquels Washington et ses alliés seront confrontés pour se sortir d’une guerre longue et coûteuse, sans laisser l’Afghanistan redevenir une plaque tournante de l’islam radical anti-occidental.

Le président François Hollande a rappelé à son homologue américain, Barack Obama, sa promesse d’accélérer le rapatriement du contingent français, tout en indiquant que Paris appuierait la mission de l’OTAN, dans ce pays, « sous une autre forme ». Il a précisé, lors d’une conférence de presse, que le retrait n’était « pas négociable », mais que Paris ferait ses choix, « en bonne intelligence » avec ses alliés.

AFGHAN2 GUERRE

Politiquement, François Hollande ne peut revenir, à peine élu, sur l’un de ses rares engagements en politique étrangère. Même si la chancelière allemande Angela Merkel, comme le secrétaire général de l’OTAN, Anders Rogh Rasmussen, ont rappelé fermemen Paris à ses responsabilités. A Chicago, cette fin de semaine, il y aura une discussion complexe sur le retrait des matériels, la réorganisation du dispositif. « Mais il n’y a pas de raison que ce soit très traumatisant », estime François Heisbourg, président de l’International Institute for Strategic Studies (IISS) de Londres.

Les militaires redoutent, pour leur part ,un départ précipité qui donnerait une impression de désordre après dix ans de présence. C’est effectivement le point le plus important. Le signal envoyé par la France au taliban est celui de l’acceptation d’une défaite. Cela tombe, en plus, à un mauvais moment stratégique.

Un retrait « non négociable »

Les talibans ont annoncé mercredi, sur l’un de leur site internet ,qu’ils lanceraient, à partir de jeudi, leur traditionnelle « offensive de printemps » contre les forces de l’OTAN qui soutiennent le gouvernement de Kaboul et tous leurs alliés. L’opération « Al-Farouq » visera en premier lieu les « envahisseurs étrangers, leurs conseillers, leurs sous-traitants et tous ceux qui les aident militairement et par le renseignement. »

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Ce communiqué intervient quelques heures après que les insurgés islamistes aient tué sept personnes, dont six civils afghans, dans une attaque suicide contre une pension abritant des étrangers de l’ONU, de l’Union Européenne et d’ONG à Kaboul. Et peu après une visite surprise du président Barack Obama, venu à Kaboul promettre que la fin de la guerre était proche. Il y a deux semaines, les mêmes talibans avaient déjà annoncé le début de leur « offensive du printemps » en lançant six attaques suicide coordonnées dans la capitale afghane, visant notamment l’OTAN, des ambassades occidentales et des bâtiments publics.

AFGHAN4 OBAMA

Les hivers afghans, très rigoureux, sont d’ordinaire mis à profit par les insurgés islamistes pour se « reposer ». Les offensives de la guérilla, qui gagne en intensité et s’étend à tout le pays ces dernières années, reprennent généralement de plus belle au début du printemps.

Le retrait des occidentaux ne marquera certes pas la fin de la guerre, ni du danger pour nos conseillers même « non combattants » sur place. Les rebelles ont dénoncé comme illégitime l’accord de partenariat américano-afghan, signé par les présidents Barack Obama et Hamid Karzaï, qui encadre les conditions d’une présence militaire en Afghanistan jusqu’en 2024. Ils considèrent ce document comme un acte de vente de l’Afghanistan, établi par une marionnette sans pouvoir à son maître et envahisseur, et le condamnent dans les termes les plus forts.

AFGHAN5 ONU

En tant que véritables représentants de la nation islamique d’Afghanistan, les talibans ajoutent qu’ils continueront, de toutes leurs forces, à mener la guerre sainte contre toutes les mesures contenues dans ce document illégitime et jusqu’au retrait total d’Afghanistan de tous les envahisseurs et de leurs marionnettes. Le retrait de Hollande risque donc de rendre plus difficile le retrait en bon ordre des alliés sans pour autant éviter aux Français de nouvelles pertes.
http://www.metamag.fr/metamag-840-O%C3%B9-en-est-la-guerre-e…

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 24 mai, 2012 |Pas de commentaires »

SOMMET DU G8 ET DE L’OTAN: LE MOUVEMENT DE LA PAIX S’ADRESSE AU NOUVEAU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE FRANCAISE

SOMMET DU G8 ET DE L’OTAN:

LE MOUVEMENT DE LA PAIX

 S’ADRESSE AU NOUVEAU 

PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE FRANCAISE

SOMMET DU G8 ET DE L'OTAN: LE MOUVEMENT DE LA PAIX S'ADRESSE AU NOUVEAU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE FRANCAISE dans REFLEXIONS PERSONNELLES Bombe-atomique

 Monsieur François Hollande

Président de la République,

Permettez-nous tout d’abord de vous présenter au nom du Mouvement de la Paix nos félicitations pour votre élection mais aussi de préciser certaines de nos attentes.

 Nous espérons que les mots fraternité, solidarité, justice, désarmement et paix seront des mots-clés dans la politique internationale de la France. Nous souhaitons que cette dernière prenne une part active à la construction d’un monde de paix et à l’émergence en France et dans le monde, d’une culture de la paix et de la non-violence.

 Les urgences de la situation internationale nécessitent que nous nous adressions à vous avant le sommet du G8 à Camp David et le sommet de l’OTAN à Chicago.

 Nous sommes conscients d’exprimer sur les principales questions abordées dans ce courrier, l’opinion majoritaire du peuple français qui demande :

 - à 75 % le retrait immédiat des troupes françaises d’Afghanistan.

- à 81 % (1) que la France s’engage pour la mise en œuvre d’une convention mondiale d’élimination des armes nucléaires recommandée par la conférence d’examen du TNP de New York en 2010.

- à 64 % (1) que des économies soient faites par la France en matière de dépenses d’armement.

 Nous vous demandons donc en tant que Président de la République de porter ces exigences du Peuple français lors de votre participation à ces deux sommets.

Ces exigences impliquent que la France :

 - prenne toute sa part dans la mise en œuvre des orientations définies lors de la conférence d’examen du TNP tenue à New York en 2010, et soutenues par l’ONU, en particulier sur deux points : la mise en œuvre d’une convention mondiale d’élimination des armes nucléaires et la tenue en 2012 d’une conférence internationale pour faire du Moyen-Orient une zone exempte d’armes nucléaires. Cette dernière décision est particulièrement importante eu égard à la question iranienne. Son urgence a été rappelée à Vienne en mai 2012 lors de la récente conférence préparatoire au TNP.

- refuse toute participation à la mise en œuvre du bouclier antimissile qui ne ferait que favoriser la prolifération horizontale et verticale des armes nucléaires

- demande le retrait des armes nucléaires américaines présentes sur le sol européen

 Pour ce qui concerne le désarmement nucléaire, si vous annonciez à Chicago la décision de la France de geler la mise en œuvre du programme M 51, ce serait là non pas une mesure de désarmement unilatéral auquel nous savons que vous êtes opposé, mais une décision politique d’une immense portée qui serait perçue comme telle par l’opinion publique internationale. Un tel acte viendrait en appui aux efforts faits par les Nations unies mais aussi individuellement par le Secrétaire général de l’ONU pour avancer dans la voie du désarmement nucléaire. Ce serait une contribution déterminante de la France pour la mise en œuvre du Traité de Non-prolifération nucléaire signé par la France.

 Pour notre part en tant que Mouvement de la Paix, nous participerons aux initiatives internationales qui auront lieu en parallèle avec le sommet du G8 et le sommet de l’OTAN aux côtés des autres mouvements qui portent des exigences similaires aux nôtres au plan mondial en disant non aux politiques de dominations économiques, financières, militaires et demandent une sortie de la crise grâce à des mesures de justice sociale, de solidarité et de désarmement au plan mondial, seuls moyens d’aller vers un monde de paix et de solidarité et d’éviter des embrasements et des guerres, dangereux pour la paix mondiale.

 Dans le même temps nous développerons en France de nombreuses actions avec tous les partenaires qui le souhaitent et en particulier ceux présents dans le collectif OTAN / Afghanistan, afin de favoriser l’expression du peuple français sur ces questions.

 Les questions du retrait de la France de l’OTAN et de la dissolution de cette organisation que nous considérons comme illégale au plan international par rapport à la Charte des Nations Unies, dangereuse pour la paix et inefficace comme le montre la situation actuelle en Afghanistan, fera partie des questions que nous mettrons en débat avec l’opinion publique française qui estime à 67 % (1) que ces questions majeures sont insuffisamment débattues.

 Nous vous remercions de l’attention que vous porterez à cette lettre que nous vous adressons dans une démarche de citoyenneté active et de diplomatie civile, convaincus que nous sommes que la construction de la Paix nécessite l’action conjointe des Peuples, des Etats et des Nations Unies.

 Recevez Monsieur le Président de la République, l’expression de notre très haute considération.

Pour le Bureau national du Mouvement de la Paix

Saint-Ouen, le 12 mai 2012

Pierre Villard

Président du Mouvement de la Paix

(1) Sondage IFOP réalisé en mars 2012 par le Mouvement de la Paix, Témoignage Chrétien, l’Humanité et le mensuel Planète Paix

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 18 mai, 2012 |Pas de commentaires »
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