CE QUE SIGNIFIE LA NOMINATION DE KERRY PAR OBAMA (Indian Punchline / MK BHADRAKUMAR / Traduction: Dominique MUSELET)

Ce que signifie la nomination de KERRY par

OBAMA

CE QUE SIGNIFIE LA NOMINATION DE KERRY PAR OBAMA (Indian Punchline / MK BHADRAKUMAR / Traduction: Dominique MUSELET) dans REFLEXIONS PERSONNELLES obama

(Indian Punchline)

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MK BHADRAKUMAR
Les amis russes ont parfois exprimé le sentiment, au cours de discrètes apartés, qu’en ce qui concernait les relations américano-russes, Hillary Clinton, la Secrétaire d’Etat des Etats-Unis, incarnait davantage l’ancienne administration de Bill Clinton qui n’avait pas cessé d’essayer d’extorquer impitoyablement des avantages unilatéraux à une Russie affaiblie qui luttait pour se reconstruire après l’éclatement de l’Union Soviétique.

Des figures politiques de premier plan, comme Strobe Talbott, formatées par la Guerre Froide se sont révélées incapables de dépasser le sentiment de triomphe que la chute de l’URSS leur avait laissé. Hillary Clinton, elle-même, n’avait aucune sympathie pour la Russie et elle a suivi la ligne de l’administration Clinton. Des gens comme Talbott tiraient probablement les ficelles en coulisse.

Mais Obama a donné quelques signes qu’il avait une différente conception de la Russie et des relations des Etats-Unis avec ce pays. Et on en revient à la question : Obama a-t-il l’intention de faire évoluer la politique étrangère des Etats-Unis pendant son deuxième mandat ? Les personnes qu’il choisit pour former son Cabinet pourraient nous donner quelques éléments de réponse.

A ce titre, il faut s’intéresser à la nomination du Sénateur John Kerry au poste de Secrétaire d’Etat. D’abord la « popularité » de Kerry au Congrès est un atout pour Obama en dehors du fait que sa nomination laisse espérer une politique étrangère novatrice.

Deuxièmement Kerry est connu sur la scène internationale. Troisièmement, ce n’est pas un débutant dans la sphère diplomatique ; il a présidé le Comité des relations étrangères du Congrès et il a fait de nombreuses missions diplomatiques de terrain : par exemple il a joué à plusieurs reprises les « pompiers » à Kaboul et Islamabad quand il y avait des problèmes avec l’ombrageux Hamid Karzai ou les généraux pakistanais récalcitrants.

Mais l’aspect le plus intéressant de la nomination de Kerry, c’est qu’Obama comble ainsi le fossé qui a séparé la Maison Blanche du Département d’Etat des Etats-Unis tout le temps qu’Hillary Clinton était en fonction. Kerry est quelqu’un qui a l’esprit d’équipe (sans doute du fait qu’il a été soldat) tandis que Clinton, une politicienne à l’ambition présidentielle insatiable, se préoccupait surtout de sa carrière au cours des quatre dernières années. Obama dira certainement de très belles choses sur Clinton mais il ne la retiendra pas car leur relation n’est pas très bonne.

Quelle sorte de Secrétaire d’Etat sera Kerry ? C’est un homme prudent, du genre d’Obama. Comme il l’a dit lui-même dans un article révélateur paru dans le Foreign Policy magazine de septembre, la lettre ’I’ le fait penser à ’Imprudent’.

Il est d’accord avec Obama pour mettre le changement climatique en tête des priorités diplomatiques étasunienne. Il est sans aucun doute un des sénateurs les plus « pro-israéliens ». De toute évidence, Obama veut montrer à Israël que l’administration continue à soutenir inconditionnellement la centralité du partenariat israélo-américain dans la stratégie étasunienne au Moyen-Orient.

En ce qui concerne la brûlante question de l’Iran, l’opinion de Kerry est nuancée -il professe une opposition véhémente à tout programme nucléaire iranien mais il témoigne une grande aversion aux va-t-en guerre. Il considère les leaders iraniens comme des gens rationnels avec qui les Etats-Unis peuvent entrer en affaire et il trouve que l’option militaire ne doit être employée qu’en tout dernier ressort.

La vision de Kerry sur les relations sino-américaines est encore plus nuancée – il met l’accent sur ce que les deux pays ont en commun dans le but de forger des liens de coopération sur le long terme. Il faut noter qu’il a voté contre le fait de lier le commerce avec la Chine à son respect ou non-respect des droits humains.

Il pense que les Etats-Unis ont intérêt à répondre au défi que pose la montée en puissance de la Chine par la compétition commerciale à travers une renaissance économique des Etats-Unis plutôt que par la confrontation militaire. Selon lui :

« L’économie n’est pas la guerre. Nous [Etats-Unis et Chine] nous pouvons tous les deux atteindre des niveaux bien supérieurs à ceux d’aujourd’hui. »

En résumé, comme l’a écrit récemment David Ignatius du Washington Post, Kerry est quelqu’un qui « a compris l’importance d’une diplomatie sereine, surtout en ce moment. » Il sera un auxiliaire de confiance pour négocier une transition politique en Syrie, explorer les lignes d’un réajustement de la position historique des Etats-Unis par rapport à l’Iran, réduire progressivement la guerre en Afghanistan et cimenter la confiance mutuelle entre les Etats-Unis et le Pakistan (qui est un élément crucial du règlement de la question afghane.)

Au bout du compte, Obama est un homme étonnant à beaucoup d’égards – et un politicien brillant. On ne peut pas comprendre toutes les raisons qui l’ont poussé à choisir Kerry avant de savoir qui il va choisir au poste de Secrétaire à la Défense.

Si c’est bien finalement le Sénateur Chuck Hagel ( qui a les meilleurs chances à ce qu’on dit) qu’il nomme, ce sera un signal très fort qu’Obama enverra avec ces nominations-là aux deux postes les plus importants du Cabinet touchant la politique étrangère étasunienne.

Que signifie la nomination d’Hagel ? Il suffit de dire que c’est quelqu’un qui s’oppose bec et ongle à toute forme d’intervention militaire en Iran ; qui veut rapatrier les troupes d’Afghanistan tout de suite, qui est en faveur de coupes drastiques dans le budget du Pentagone (en dépit de la Syrie, l’Iran, la Corée du Nord, le rééquilibrage de l’Asie, etc.) ; qui a la guerre en horreur (parce que comme Kerry c’est un vétéran qui s’est battu au Vietnam) ; et qui veut régler le problème de l’émergence de puissances comme la Chine, l’Inde et le Brésil, en créant, sous l’égide des Etats-Unis, un Nouvel Ordre Mondial basé sur la réforme des organisations internationales.

En un mot, Hagel symbolise l’audace de l’espérance qu’Obama a incarnée un petit moment à son arrivée au pouvoir.

M.K. Bhadrakumar

Pour consulter l’original : http://blogs.rediff.com/mkbhadrakumar/2012/12/22/deconstruct…

Traduction : Dominique Muselet

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 30 décembre, 2012 |Pas de commentaires »

OBAMA: APOCALYPTO, NOW ! (Ariane WALTER / legrandsoir.info)

OBAMA : Apocalypto, now !

OBAMA: APOCALYPTO, NOW ! (Ariane WALTER / legrandsoir.info) dans REFLEXIONS PERSONNELLES apocalypse

(Ariane WALTER)

Le seul caractère positif que je trouve à cette élection est le fait que ceux qui ont voté OBAMA l’ont fait en pensant qu’ils votaient plus « à gauche » qu’en votant ROMNEY. Je sais que la gauche n’existe pas aux Etats-Unis, empire qui s’effondre pour cette raison même : mentalement, ils sont bornés. Leur ancienne immensité les limite. Héritiers du Mayflower, dans l’opium de leurs prières et de leurs mantras, dans les fastes de leur orgueil mité, avec leurs hordes de SDF plus nombreuses que celles des royaumes indiens qu’ils ont détruits. Incapables d’évoluer. Incapables de comprendre que le seul domaine qu’il leur reste à dominer est celui de leur démesure, de leur égoïsme en un temps où New York est frappée, agenouillée comme la vulgaire Haïti. Bon baisers de Kyoto.

Ce ne sont pas les civilisations qui sont mortelles, grandeur et décadence, car une civilisation est toujours immense, éternellement, ce sont les recettes d’autrefois quand on veut les appliquer à aujourd’hui. Les anciens commerces. Les anciennes organisations. Les anciennes dominations. Quand on ne veut pas évoluer, on est cuit. Les Etats-Unis veulent vivre en 2012 comme en 1950 du temps du rêve américain. Qu’ils soient en plein cauchemar est pour eux difficile à concevoir et à avouer.

Alors ils ont décidé de faire comme si

Il faut cependant distinguer pour éviter toute confusion. On ne peut plus dire désormais « les Américains », les « Israéliens », les « Français »… Il y a une différence totale entre peuples et dirigeants.

Le peuple américain, comme tous les peuples, est une longue file de kapos et de malheureux qu’une gouvernance de puissants trompe et bouffe à sa guise. Il y en a qui s’en tirent mieux que d’autres mais un nombre incalculable est promis au sacrifice.

En France aussi, comme aux Etats-Unis, en votant Hollande, les Français ont cru voter à gauche.

Ce qui tend à prouver que ni les US, ni la France ne sont à droite, comme on nous le dit. La droite de DASSAULT qui pense que la Grèce a des malheurs à cause des homosexuels !

Mais ceux qui se disent végétariens doivent faire attention quand ils votent pour des censés marchands de légumes qui en réalité sont des bouchers. Il va falloir qu’ils ouvrent les yeux. Malgré la propagande. Malgré ces gouvernances qui sont depuis longtemps dirigées par les mafias de la drogue, CIA en tête. Le gouvernement des Etats-Unis est un parrain. Je vous conseille l’impeccable démonstration qu’en fait Peter Dale Scott dans son dernier livre : « American War machine ».

En regardant autour de moi, je ne peux m’empêcher de penser au film de MEL GIBSON« Apocalypto ». Un film remarquable. Complètement détaché de toute propagande d’extrême-droite. Au contraire. Que j’aime malgré son extrême violence.

Ses premières images nous montrent une tribu de l’ancien empire Maya perdue dans la forêt et vivant , heureusement, joyeusement, dans un équilibre naturel . Ils ne savent pas ce qui vient vers eux. Des soldats de la Mexico triomphante où les dieux veulent boire le sang des hommes. Qui vont les transformer en esclaves. Les utiliser, les déchiqueter.

C’est exactement ce que je ressens quand je me promène dans

ces rues calmes avec cette vie plaisante qui nous environne

Tout appartient à une douceur ancienne. Mais le mal est présent pour qui sait le lire : dans ces centres commerciaux beaucoup moins fréquentés, dans ses rayons où plus rien ne se regarde de la même façon : ses fruits sans goût venus d’Espagne, ces salades irradiées, ces OGM dissimulés, ces viandes issus d’animaux torturés qui ne vivent que dans des cages. Ne pouvant monter dans sa voiture sans se dire : « Jusqu’à quand les hommes pourront-ils se payer de l’essence pour aller travailler ? », ne pouvant passer devant ces plaques de cuivre brillant « Médecin » sans savoir qu’ils sont avant tout les représentants de Big Pharma, que le cancer ne se guérit pas mais se cultive, que les vaccins qui autrefois nous sauvaient sont des menaces. Que les lois qui nous protégeaient s’effondrent…

Pourtant ce monde est riche. Jamais l’humanité n’a été aussi savante et avancée. Et paradoxalement c’est à ce moment-là qu’elle est mise sur le flanc par un petite groupe de prédateurs incapables de gérer une communauté, incapables de comprendre que s’ils nous tuent ils tomberont avec nous.

OBAMA est élu

Prix Nobel de la Paix avec notre Europe .. . Le grand maître des drones.

Chomsky a dit à son sujet : « Quand quelqu’un déplaisait à Bush, il le faisait enlever et torturer. Quand quelqu’un déplait à Obama, il le fait tuer. »

On va voir ce qui se passe en 2013. Si toute l’Amérique , comme prévu, va être dans l’obligation d’avoir des puces RFID sous la peau…En France, bientôt, toutes les voitures seront « chipées ». Vous ne ferez plus un tour de roue sans que cela soit sur un écran.

Voilà pourquoi il importe de participer à la première journée de grève générale dans laquelle s’engage une grande partie de l’Europe.

Pour la première fois une grève Européenne ! Même si l’on ne croit pas à l’efficacité de ces « promenades » citoyennes, on ne peut qu’être ému devant cette première fois.

L’Europe des peuples dit « Non » à l’Europe des banques. Elle dit « Non » à la mafia mondiale du NWO.

Le 14 novembre 2012 !

C’est une date inscrite dans l’histoire de notre Histoire

Sa force, son écho dépendent de nous. Levons-nous contre le plus grand péril qui ait jamais menacé nos libertés et nos démocraties.

Sinon, écoutons-les venir, jusqu’à nos maisons, jusqu’à nos enfants…

Si nous ne faisons rien : Apocalypto, now !

Ariane WALTER

legrandsoir.info

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 10 novembre, 2012 |Pas de commentaires »

ELECTIONS AUX ETATS-UNIS: CES GROUPES FRANCAIS QUI AIMERAIENT SE DEBARRASSER D’OBAMA ET FINANCENT L’ULTRA-DROITE AMERICAINE (Olivier PETITJEAN / bastamag.net)

ELECTIONS AUX ETATS-UNIS

Ces groupes français qui aimeraient se

débarrasser d’OBAMA

et financent l’ultra-droite américaine

ELECTIONS AUX ETATS-UNIS: CES GROUPES FRANCAIS QUI AIMERAIENT SE DEBARRASSER D'OBAMA ET FINANCENT L'ULTRA-DROITE AMERICAINE (Olivier PETITJEAN / bastamag.net)  dans REFLEXIONS PERSONNELLES obama (Olivier PETITJEAN)

 (5 NOVEMBRE 2012)

Pendant la campagne électorale états-unienne, l’argent coule à flot. Et les grandes entreprises françaises, y compris publiques, ne sont pas les dernières à distribuer des milliers de dollars aux candidats. Avec un certain penchant pour les républicains les moins fréquentables : néoconservateurs et fondamentalistes chrétiens du tea party, dénégateurs du changement climatique, fanatiques des énergies fossiles et des armes à feu, jusqu’aux xénophobes avérés. Quand les intérêts économiques français se font complices de l’obscurantisme.

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Aux États-Unis, le financement des campagnes électorales, que ce soit pour entrer à la Maison Blanche ou au Congrès, ne souffrent de quasiment aucune restriction, ni véritable obligation de transparence. Depuis deux ans, les dirigeants de sociétés cotées en bourse peuvent ainsi financer les campagnes, sans limites, via des comités d’action politique, appelés « Super PACS » (Lire notre article). De grandes entreprises françaises participent à cet afflux massif de dollars. Leur objectif premier : empêcher toute mesure significative de lutte contre le changement climatique, et toute régulation environnementale en général. Leurs financements favorisent également la frange des républicains la plus réactionnaire.

Avec des donations déclarées de 728 000 dollars, au 1er octobre 2012, auprès de candidats au Sénat et au Congrès, les entreprises françaises se placent au quatrième rang des firmes étrangères qui interviennent financièrement dans les élections. Elles sont certes moins généreuses que leurs homologues britanniques, suisses (respectivement 2,3 millions) et allemandes (près de 2 millions).

Mais les sommes en jeu demeurent conséquentes, selon le relevé établi par le site états-unien opensecrets.org, animé par un centre de recherche indépendant qui scrute les financements des partis politiques états-uniens. Ces versements profitent d’abord au camp républicain : le groupe pharmaceutique SANOFI, EADS (aéronautique et défense), AREVA (nucléaire), LAFARGE (BTP), GDF-SUEZ (énergie) et le groupe LOUIS-DREYFUS (négoce de matières premières) ont chacun versé entre 55 000 et 192 500 dollars à des candidats, en majorité républicains [1].

GDF-SUEZ et LAFARGE misent sur les climato-sceptiques

A regarder dans le détail, on s’aperçoit que nos champions du CAC 40 portent une attention toute particulière aux candidats climato-sceptiques, qui nient la réalité du changement climatique, et aux membres ultraconservateurs du Tea party, aussi bien hostiles à toute régulation qu’aux minorités (homosexuels, migrants, noirs…). Sur les 33 candidats que GDF-SUEZ a soutenu, le groupe français a ainsi versé des milliers de dollars à seize républicains clairement climato-sceptiques, ainsi qu’à six autres s’opposant à toute forme de régulation des gaz à effet de serre. Près des trois quarts des contributions directes de l’entreprise – environ 40 000 dollars – leur sont destinées. Le groupe de BTP LAFARGE finance de son côté douze candidats climato-sceptiques et cinq opposés à toute régulation sur le climat. Soit 17 candidats sur les 23, auprès desquels l’entreprise a distribué 48 500 dollars de subsides.

Parmi les politiciens les plus prisés des entreprises françaises, on trouve par exemple John Shimkus, membre du Congrès pour l’Illinois. Il avait défrayé la chronique en 2009 en déclarant ne pas craindre la montée du niveau des océans parce que Dieu a promis à Noé que l’humanité ne serait plus jamais menacée par un déluge, selon la Bible… Autre chouchou de cette french connection, Ed Whitfield (Kentucky) : on le retrouve derrière toute une série de tentatives d’abrogation de mesures environnementales adoptées par les démocrates, depuis la classification des gaz à effet de serre comme polluants jusqu’aux normes de pollution de l’air par les centrales électriques. Ou encore John Barrasso, sénateur du Wyoming – financé par SANOFI et GDF-SUEZ – et déterminé à empêcher l’Agence de Protection Environnementale de faire quoi que ce soit en matière de changement climatique. Cette liste est loin d’être exhaustive.

Le Tea party, prisé par VIVENDI et SANOFI

Parmi les élus républicains, figurent deux groupes de membres du Congrès spécialement mis à l’index par des associations citoyennes et écologistes à cause de leur acharnement à entraver toute forme de limitation de la pollution. Le premier est baptisé le « Five Flat Earth » (« les cinq de la Terre plate »), en référence à leur négation de toute considération scientifique environnementale. Le second est appelé le « Toxic Six » (les « six toxiques »), opposés à toute forme de lutte contre la pollution. Parmi leurs bienfaiteurs, on retrouve encore des entreprises françaises. Le républicain Dan Lungren (Californie), qui a le privilège douteux de faire partie des deux groupes, a reçu 2 000 dollars du groupe de services et restauration SODEXO.

L’assureur AXA a versé 6 000 dollars à la candidate Ann Marie Buerkle (New York), l’une des « five flat earth ». LAFARGE soutient Chris Gibson (New York) des « Toxic Six », ainsi que Dan Benishek (Michigan) pour 7 500 dollars. La plus importante contribution directe de l’entreprise, qui clame pourtant son attachement à la « protection environnementale » et au « respect des communautés locales »… Membre des « five flat earth », Dan Benishek a qualifié le changement climatique de « foutaise », de « truc scientifique non prouvé », ou encore de « pure et simple machination ».

Financer le créationnisme

Et s’il n’y avait que les climato-sceptiques. Défendre le créationnisme, s’opposer à toute restriction des armes à feu, entraver les droits des homosexuels, des immigrés ou des Noirs, ne semble pas spécialement déranger les entreprises françaises. David Vitter, sénateur de Louisiane, financé par LAFARGE et LOUIS DREYFUS, avait ainsi tenté de faire voter une subvention de 100 000 dollars à un groupe créationniste pour prêcher la « science chrétienne » dans les écoles de Louisiane. Le « Tea party », la frange la plus extrémiste des parlementaires républicains, bénéficie également de l’attention pécuniaire de VIVENDI, AREVA, SANOFI, GDF-SUEZ et du groupe LOUIS DREYFUS [2].

Des dizaines de milliers de dollars sont donc distribués ici et là, parmi les ultra-conservateurs. Et encore ne s’agit-il là que des sommes directement données à un candidat par des entreprises françaises. Si l’on considère les budgets d’ensemble des comités d’action politique (PACS), spécialement créés pour faire transiter les financements privés à but politique, les dépenses totales de ces entreprises hexagonales se portent à 700 000 dollars pour AXA, 644 000 pour SANOFI, 196 000 pour VIVENDI ou 163 000 pour AREVA.

La SOCIETE GENERALE, fan de Mitt Romney

La SOCIETE  GENERALE et BNP-PARIBAS contribuent à travers les associations professionnelles et par des donations directes. Les deux banques ont par exemple déclaré à la Commission Electorale Fédérale (FEC) avoir distribué respectivement 218 000 et 32 000 dollars à la campagne de Mitt Romney. Le candidat républicain est, cette fois, le favori des banquiers : ceux de GOLDMAN SACHS lui ont versé près d’un million de dollars, ceux du CREDIT SUISSE un demi-million…

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Les contributions de campagne des groupes français s’ajoutent à leurs dépenses de lobbying à Washington. AIR LIQUIDE, ALSTOM, ARCELOR MITTAL, AREVA, GDF-SUEZ, LAFARGE ou MICHELIN ont chacune dépensé annuellement entre 600 000 et 1,5 million de dollars ces dernières années pour peser sur des projets de loi relatifs au secteur de l’énergie et du climat. Dans le secteur pharmaceutique, SANOFI bat tous les records hexagonaux, avec 6 à 8 millions de dollars dépensés chaque année. VIVENDI, en raison de ses intérêts dans UNIVERSAL, figure parmi les plus gros contributeurs historiques en terme de lobbying, avec pour objectif quasi exclusif la protection et le durcissement de ses droits de propriété intellectuelle. Le groupe a ainsi dépensé plusieurs millions de dollars en 2011 et 2012 à l’occasion du projet de loi avorté Stop Online Piracy Act (connu sous l’acronyme SOPA).

AREVA, le nucléaire à tout prix

Une entreprise comme AREVA illustre à merveille la continuité entre lobbying et dépenses électorales. Sans surprise, l’équipementier nucléaire concentre la majeure partie de ses dépenses de lobbying – plus d’un million de dollars déclaré par an depuis 2005 – sur les projets de loi relatifs à l’énergie et aux normes de sécurité et de pollution qui pourraient affecter la viabilité des centrales nucléaires. Les dons aux candidats effectués par AREVA dans le cadre de la campagne 2012 suivent la même logique. Ils sont versés à des politiciens influents et connus pour leur soutien au nucléaire, qu’ils soient républicains (Fred Upton et Mike Simpson) ou démocrates (Steny Hoyer et James Clyburn). L’entreprise a également organisé des séminaires dans le cadre des conventions républicaines et démocrates pour assurer la promotion du nucléaire [3]. Cette stratégie d’influence, déjà contestable en elle-même, semble désormais justifier toutes les dérives et toutes les compromissions. Comment expliquer qu’une entreprise publique française finance ainsi six congressistes républicains se réclamant du Tea party ?

Les contributions déclarées par les entreprises ne sont que la pointe émergée de l’iceberg. Il existe bien des moyens de contourner les faibles règles de transparence qui régissent encore leurs dépenses politiques et électorales. C’est le cas notamment des groupes dits « c4s », acteur émergent de la campagne 2012, et dont l’immense majorité est favorable à la cause républicaine. Contrairement aux « super PACS », ils ne sont pas tenus de révéler l’identité de leurs donateurs et sponsors. C’est le cas d’un puissant réseau néoconservateur et néolibéral : l’American Legislative Exchange Council (ALEC), dans lequel SANOFI et LOUIS DREYFUS ont joué un rôle actif aux côtés de célèbres entreprises états-uniennes.

LOUIS DREYFUS et les « bienfaits du dioxyde de carbone »

L’ALEC s’implique activement dans toutes les causes chères à la droite extrême américaine, depuis la répression de l’immigration [4] jusqu’à la dénégation du changement climatique, en passant par la liberté de porter des armes à feu et d’en faire usage à titre préventif. Sur tous ces sujets, l’organisation élabore et promeut des « législations modèles ». L’ALEC a ainsi, parmi ses multiples activités, tenté de promouvoir une « législation modèle » sur les gaz de schiste, dont le but à peine caché est d’affaiblir tout moyen de protection de la qualité de l’eau et de maintenir le secret commercial sur la nature des substances chimiques utilisées pour la fracturation hydraulique. Lors de son congrès en 2011, le programme de l’ALEC proposait aussi une session sur les « bienfaits du dioxyde de carbone ».

Les grands groupes finançant l’ALEC ont été ciblés par une campagne citoyenne de grande envergure, Alec Exposed [5], après que les informations fragmentaires existant sur leurs financements aient été recoupées. Pointées du doigt, des dizaines de multinationales nord-américaines, dont COCA-COLA, PEPSICO, WAL-MART, MCDONALD’S, ou KRAFT FOODS, ont annoncé publiquement qu’elles se dissociaient de l’ALEC. Côté français, SANOFI, particulièrement actif dans l’ALEC, a fini par officialiser son retrait début octobre 2012. LOUIS DREYFUS affirme également s’être désengagé du lobby.

Tout sauf OBAMA

Les associations professionnelles permettent aussi aux entreprises de soutenir, indirectement, des candidats peu recommandables tout en préservant une apparence vertueuse de neutralité, évitant ainsi de se retrouver la cible de campagnes citoyennes. C’est ainsi que l’association PhRMA, représentant l’industrie pharmaceutique (présidée jusqu’il y a quelques mois par Chris Viehbacher, directeur général de SANOFI), a dépensé 10 millions de dollars lors de la campagne 2010 [6], contre seulement 200 000 dollars deux ans auparavant. En 2012, le secteur de l’énergie, emmené par des groupes comme l’AMERICAN PETROLEUM INSTITUTE (dont sont membres ARECOR MITTAL, TECHNIP, TOTAL, SCHLUMBERGER et SCHNEIDER ELECTRIC), montre sa détermination à faire battre OBAMA en ayant déjà dépensé plus de 150 millions de dollars début septembre, avant même que la campagne officielle ne commence [http://www.nytimes.com/2012/09/14/u…]. » href= »http://www.bastamag.net/article2758.html#nb7″ rel= »footnote »>7] !

SuperPAC1feat-thumb-400xauto-39268-8062e ELECTIONS AMERICAINES

La principale association professionnelle, l’US Chamber of Commerce, est systématiquement montée au créneau pour s’opposer à toutes les réformes de l’administration OBAMA, depuis la Loi Dodd-Frank sur la finance jusqu’à la réforme du système de santé. Elle s’affiche comme la représentante de l’ensemble des entreprises américaines, mais est surtout déterminée à imposer sa vision néolibérale du monde. En 2012, elle a annoncé qu’elle comptait dépenser au moins 100 millions de dollars, principalement en spots télévisés ciblant indirectement OBAMA et les candidats démocrates vulnérables au Congrès et au Sénat [8]. La liste des membres et des donateurs de l’US Chamber of Commerce n’est pas publique, mais, là encore, SANOFI occupe un siège dans son conseil de direction. En 2010, une enquête avait révélé que près de 900 000 dollars collectés par la Chambre provenaient d’entreprises étrangères, parmi lesquelles AXA et SANOFI.

Des intérêts économiques qui s’accommodent

du racisme et de l’homophobie

Déjà, à l’occasion des élections de mi-mandat de 2010, les financements accordés par les huit plus important émetteurs de gaz à effet de serre européens – dont ARECELOR MITTAL, LAFARGE, GDF-SUEZ et SOLVAY – s’orientaient principalement vers les candidats climato-sceptiques. 35% des contributions cumulées de ces huit entreprises étaient allées à des candidats niant purement et simplement le changement climatique, et 43% supplémentaires à des candidats opposés à toute forme de régulation des gaz à effet de serre, révélait le Réseau Action Climat Europe. L’ONG y voyait une illustration du double jeu des entreprises concernées, qui s’affichent comme écologiquement responsables, mais ne cessent de miner tout effort de législation ambitieuse sur le climat, que ce soit en Europe ou aux États-Unis.

En 2012, au-delà même du sujet central du climat et de l’énergie, l’engagement des entreprises françaises dans la vie politique américaine semble illustrer une complicité plus profonde avec la vision de la société et du monde véhiculée par la droite extrême américaine. L’opposition farouche et quasi religieuse à toute forme de régulation publique des entreprises et à toute forme de redistribution fiscale (exprimée de manière exacerbée aux États-Unis, et plus sourde en France) semble bien valoir quelques compromissions avec l’obscurantisme, le racisme et l’homophobie.

Olivier PETITJEAN

bastamag.net

Photo de une : source

Notes:

[1] Les premières entreprises françaises en terme de contributions déclarées sont SANOFI (192 500 dollars, à 57% pour des républicains), EADS (168 600 $, à 61% pour des républicains) et AXA (148 500 $, à 50,3% pour des républicains). Suivent VIVENDI (89 000 $, à 53% pour des démocrates), AREVA (82 000 $, à 67% pour des républicains), LAFARGE (65 500 $, à 68% pour des républicains), GDF-SUEZ (55 000 $, à 68% pour des républicains) et le groupe LOUIS-DREYFUS (55 000 $, à 90% pour les républicains).

[2] VIVENDI en soutient huit, AREVA six, SANOFI, GDF-SUEZ et LOUIS DREYFUS cinq, AXA trois, ARCELOR MITTAL et LAFARGE deux, ARKEMA, SODEXO, AIR LIQUIDE et MICHELIN un.

[3] Source : arevablog ici et .

[4] Lire cet article.

[5] Initiée par ColorOfChange, un groupe soutenant la participation politique des Noirs américains, la campagne regroupe aujourd’hui des organisations aussi diverses que Greenpeace, le Center for Media and Democracy (actif sur les questions de lobbying et de pouvoir des entreprises), ou encore Common Cause (dédiée à la promotion d’une véritable démocratie citoyenne, transparente et responsable).

[6Source.

[7] Voir [cet article du New York Times]->http://www.nytimes.com/2012/09/14/u…].

[8Lire ici.

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 5 novembre, 2012 |Pas de commentaires »

L’ART DE LA GUERRE. LIBYE: PETROLE ROUGE SANG (IL MANIFESTO / Manlio DINUCCI)

L’art de la guerre

Libye : pétrole rouge sang (Il Manifesto)

Manlio DINUCCI

L'ART DE LA GUERRE. LIBYE: PETROLE ROUGE SANG (IL MANIFESTO / Manlio DINUCCI) dans REFLEXIONS PERSONNELLES AFP


-Dessin : Ismail Dogan-
Le second épisode de « Humanitarian War », fameuse fiction washingtonienne sur la Libye, est sorti. Voici la bande-annonce : après avoir aidé les Libyens à se débarrasser du féroce dictateur, les gentils, conduits par l’héroïque Chris, continuent à les aider avec le même désintérêt ; mais les méchants – les terroristes encore nichés dans le pays – tuent Chris qui « risquait sa vie pour aider le peuple libyen à construire les bases d’une nouvelle et libre nation » (Hillary Clinton) et, « fait particulièrement tragique, ils le tuent à Benghazi, ville qu’il avait aidé à sauver (Barack Obama) ; le Président envoie une « force de sécurité » en Libye, mais ce sont les habitants de Benghazi, descendus spontanément dans la rue avec des pancartes à la gloire de Chris, qui chassent les méchants de leurs tanières. En attendant le troisième épisode, jetons un coup d’oil sur la réalité. Chris Stevens, ambassadeur en Libye depuis mai dernier, avait été représentant spécial Usa au CNT de Benghazi pendant la guerre : c’est-à-dire le metteur en scène de l’opération secrète par laquelle avaient été recrutées, financées et armées contre le gouvernement de Tripoli même des milices islamiques jusque peu de temps auparavant désignées comme terroristes. Nouvel apprenti sorcier, Chris Stevens a été renversé par les forces qu’il avait lui-même mis en place quand, une fois le gouvernement de Tripoli abattu, il a dirigé en habit d’ambassadeur étasunien l’opération pour neutraliser les milices jugées par Washington non fiables, et intégrer les fiables dans les forces gouvernementales. Opération extrêmement complexe : il y a en Libye au moins 100 mille combattants armés, appartenant à toutes sortes de formations, y compris quelques unes fidèles à Kadhafi. Tripoli ne contrôle aujourd’hui qu’une partie mineure du territoire.

La désagrégation de l’état unitaire a commencé, fomentée par des intérêts partisans. La Cyrénaïque -où se trouvent les deux tiers du pétrole libyen- s’est de fait autoproclamée indépendante, et le Fezzan, où sont d’autres gros gisements, veut l’être aussi ; et ne resteraient à la Tripolitaine que ceux qui sont devant les côtes de la capitale. La balkanisation de la Libye entre dans les plans de Washington, s’il n’arrive pas à contrôler l’état unitaire. Ce qui est urgent pour les Etats-Unis et les puissances européennes c’est de contrôler le pétrole libyen : plus de 47 milliards de barils de réserves assertées, les plus grandes d’Afrique. Il est important pour eux de disposer aussi du territoire libyen pour le déploiement avancé de forces militaires. La force de déploiement rapide des marines, envoyée par Obama en Libye avec l’appui des drones de Sigonella (base aéronavale étatsunienne en Sicile), officiellement comme réponse à l’assassinat de l’ambassadeur, n’est ni la première ni la dernière. Le Pentagone avait déjà envoyé des forces spéciales et des contractors pour surveiller les plus grandes plates-formes pétrolières, et il se prépare maintenant à une action « antiterroriste ». Il y a longtemps qu’ont débarqué les compagnies pétrolières qui, avec des accords officiels ou en sous-main (grâce à la corruption diffuse), obtiennent des contrats beaucoup plus avantageux que les précédents.

En même temps se prépare la privatisation de l’industrie énergétique libyenne. Participe aussi à la répartition du butin le Qatar qui, après avoir contribué à la guerre de Libye avec des forces spéciales infiltrées et des fournitures militaires, pour une dépense de plus de 2 milliards de dollars, a obtenu 49% (mais de fait le contrôle) de la Banque Libyenne pour le commerce et le développement.

Un bon investissement, la guerre.

Manlio DINUCCI

Edition de mardi 25 septembre 2012 de « il manifesto »

http://www.ilmanifesto.it/area-abbonati/in-edicola/manip2n1/…

Traduit de l’italien par Marie-Ange PATRIZIO

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 29 septembre, 2012 |Pas de commentaires »

TRADUCTION DU DISCOURS DE BENJAMIN NETANYAHU A L’ASSEMBLEE DES NATIONS UNIES

Traduction du discours

de Benjamin Netanyahu

 à l’Assemblée des Nations Unies

TRADUCTION DU DISCOURS DE BENJAMIN NETANYAHU A L'ASSEMBLEE DES NATIONS UNIES dans REFLEXIONS PERSONNELLES benjamin_netanyahu

Cette traduction vient du site web « Conscience du peuple », que nous saluons.

Merci beaucoup Monsieur le Président.

C’est un plaisir de voir l’Assemblée Générale présidée par l’Ambassadeur d’Israël, et il est bon de vous voir tous, Mesdames et Messieurs.

Mesdames et Messieurs,

Il y a trois mille ans, le roi David régna sur l’Etat juif dans notre capitale éternelle, Jérusalem. Je dis cela à tous ceux qui proclament que l’Etat juif n’a pas de racines dans notre région et qu’il va bientôt disparaître.

Tout au long de notre histoire, le peuple juif a surmonté tous les tyrans qui ont cherché à nous détruire. Ce sont leurs idéologies qui ont été abandonnées par l’histoire.

Le peuple d’Israël est vivant ! Nous disons en hébreu « Am Yisrael Chai », et l’Etat Juif vivra éternellement.

Le peuple juif a vécu sur la terre d’Israël depuis des milliers d’années. Même après que la plupart de nos gens furent exilés, les Juifs ont continué à vivre dans ce pays d’Israël à travers les âges. Les masses de notre peuple n’ont jamais abandonné le rêve de retourner dans notre ancienne patrie.

Défiant les lois de l’histoire, nous l’avons fait. Nous sommes revenus de l’exil, nous avons restauré notre indépendance et reconstruit notre vie nationale. Le peuple juif est rentré chez lui.

Nous ne serons jamais plus déracinés à nouveau.

Hier, c’était Yom Kippour, le jour le plus saint de l’année juive.

Chaque année, depuis plus de trois millénaires, nous sommes réunis en ce jour de réflexion et d’expiation. Nous prenons conscience de notre passé. Nous prions pour notre avenir. Nous nous souvenons des souffrances de notre persécution; nous nous souvenons des déboires importants de notre dispersion, nous pleurons l’extermination d’un tiers de notre peuple, six millions d’individus, pendant l’Holocauste.

Mais à la fin de Yom Kippour, nous célébrons.

Nous célébrons la renaissance d’Israël. Nous célébrons l’héroïsme de nos jeunes hommes et femmes qui ont défendu notre peuple avec le courage indomptable de Josué, David, et des Macchabées d’autrefois. Nous célébrons la merveille de l’état florissant juif moderne.

En Israël, nous marchons sur la même bande de terre et les même chemins que nos patriarches Abraham, Isaac et Jacob. Mais nous ouvrons de nouvelles voies à la science, la technologie, la médecine, l’agriculture.

En Israël, le passé et l’avenir trouvent un terrain d’entente.

Malheureusement, ce n’est pas le cas de nombreux autres pays. Aujourd’hui, une grande bataille est menée entre le moderne et l’époque médiévale.

Les forces de la modernité cherchent un brillant avenir dans lequel les droits de tous sont protégés, dans lequel une bibliothèque en constante expansion numérique est disponible dans la paume de chaque enfant, dans lequel chaque vie est sacrée.

Les forces de la féodalité veulent un monde dans lequel les femmes et les minorités sont soumises, dans lequel la connaissance est supprimée, dans lequel pas la vie mais la mort est glorifié.

Ces affrontement des forces prennent place dans le monde entier, mais nulle part plus nettement que dans le Moyen-Orient.

Israël se dresse fièrement avec les forces de la modernité. Nous protégeons les droits de tous les citoyens, hommes et femmes, Juifs et Arabes, musulmans et chrétiens – tous sont égaux devant la loi.

Israël travaille à rendre le monde un meilleur: nos scientifiques gagnent des prix Nobel. Notre savoir-faire est dans chaque téléphone et ordinateur que vous utilisez. Nous prévenons la faim en irriguant les terres arides en Afrique et en Asie.

Récemment, j’ai été profondément ému lorsque j’ai visité le Technion, l’un de nos instituts technologiques à Haïfa, et j’ai vu un homme paralysé de la taille aux pieds, monter un escalier, assez facilement, à l’aide d’une invention israélienne.

Et la créativité exceptionnelle d’Israël va de pair avec la compassion remarquable de notre peuple. Lorsqu’une catastrophe frappe quelque part dans le monde – en Haïti, au Japon, en Inde, en Turquie, en Indonésie et ailleurs – les médecins israéliens sont parmi les premiers sur les lieux, ils sont là pour sauver des vies.

Cette année, j’ai perdu mon père et mon beau-père. Dans les salles de l’hôpital même où ils ont été traités, les médecins israéliens traitaient des arabes palestiniens. En fait, chaque année, des milliers d’Arabes des territoires palestiniens et arabes de tout le Moyen-Orient viennent en Israël pour être soignés dans des hôpitaux israéliens par des médecins israéliens.

Je sais que vous n’allez pas entendre cela dans les haut-parleurs à l’extérieur de cette tribune, mais c’est la vérité. Il est important que vous soyez conscient de cette vérité.

C’est parce qu’Israël chérit la vie et est épris de paix qu’Israël cherche la paix.

Nous cherchons à préserver nos liens historiques et nos traités de paix historiques avec l’Egypte et la Jordanie. Nous cherchons à établir une paix durable avec les Palestiniens.

Le président Abbas vient de s’exprimer ici. Je lui dis et je vous le dis:

Nous ne résoudrons pas notre conflit avec des discours diffamatoires à l’ONU. Ce n’est pas la façon de résoudre un conflit. Nous ne résoudrons pas notre conflit avec des déclarations unilatérales d’indépendance. Nous devons nous asseoir ensemble, négocier ensemble, et parvenir à un compromis mutuel, dans lequel un Etat palestinien démilitarisé reconnaît le seul et unique Etat juif.

Israël veut voir un Moyen-Orient du progrès et de la paix. Nous voulons voir les trois grandes religions qui jaillissent de notre région – le judaïsme, le christianisme et l’islam – coexister dans la paix et dans le respect mutuel.

Pourtant, les forces médiévales de l’islam radical, que vous venez de voir à l’assaut des ambassades américaines à travers le Moyen-Orient, s’y opposent.

Elles cherchent la suprématie sur tous les musulmans. Elles sont déterminées à la conquête du monde. Elles veulent détruire Israël, L’Europe, L’Amérique. Elles veulent éteindre la liberté. Elles veulent la fin du monde moderne.

L’Islam militant a beaucoup de branches – des dirigeants de l’Iran avec leurs gardiens de la révolution aux terroristes d’Al-Qaïda, aux cellules radicales qui se cachent dans chaque partie du globe.

Mais en dépit de leurs différences, elles reposent toutes sur le même socle amer de l’intolérance. L‘intolérance est dirigée d’abord vers leurs coreligionnaires musulmans, puis les chrétiens, les juifs, les bouddhistes, les hindous, les personnes laïques, tous ceux qui ne se soumettent pas à leur credo impitoyable.

Ils veulent entraîner l’humanité vers une ère de dogme aveugle et vers un implacable conflit.

Je suis sûr d’une chose. En fin de compte ils échoueront. En fin de compte, la lumière pénètre l’obscurité.

Nous avons vu cela se produire avant.

Finalement, l’ignorance fait place à l’illumination.

De même, un cloître du Moyen-Orient finira par céder à la puissance irrésistible de la liberté et de la technologie. Lorsque cela se produira, notre région sera guidée non par le fanatisme et la conspiration, mais par la raison et la curiosité.

Je pense que la question pertinente est celle-ci: il ne s’agit pas de savoir si ce fanatisme sera vaincu. Combien de vies seront perdues avant qu’il ne soit vaincu ?

Nous avons vu cela se produire avant aussi.

Il y a 70 ans, le monde a vu une autre idéologie fanatique plier sur la conquête du monde. Une idéologie qui a brûlé. Mais pas avant qu’elle ait entraînée des millions de personnes avec dans sa chute. Ceux qui s’opposaient à ce fanatisme ont attendu trop longtemps avant d’agir. En fin de compte ils ont triomphé, mais à un coût terrible.

Mes amis, nous ne pouvons pas laisser cela se reproduire.

L’enjeu n’est pas seulement l’avenir de mon pays. L’enjeu est l’avenir du monde. Rien ne pourrait mettre en péril notre avenir commun plus que l’armement de l’Iran avec des armes nucléaires.

Pour comprendre ce que le monde serait avec un Iran nucléaire, imaginez le monde avec une arme nucléaire d’Al-Qaïda.

Il ne fait aucune différence si ces armes meurtrières sont entre les mains du plus dangereux régime terroriste du monde ou de la plus dangereuse organisation terroriste. Les deux sont tirés par la même haine; ils sont tous deux entraînés par le même désir de violence.

Il suffit de regarder ce que le régime iranien a fait jusqu’à présent, sans armes nucléaires.

En 2009, ils ont brutalement réprimés des manifestations de masse pour la démocratie dans leur propre pays. Aujourd’hui, leurs acolytes participent au massacre de dizaines de milliers de civils syriens, dont des milliers d’enfants.

Ils ont encouragé le meurtre de soldats américains en Irak et continueent de le faire en Afghanistan. Avant cela, les procurations iraniennes ont tué des centaines de soldats américains à Beyrouth et en Arabie saoudite. Ils ont transformé le Liban et la bande de Gaza en bastions terroristes, stockés près de 100.000 missiles et roquettes dans des zones civiles. Des milliers de ces roquettes et missiles ont déjà été tirés sur les communautés israéliennes par leurs mandataires terroristes.

Dans la dernière année, ils ont répandu leurs réseaux terroristes internationaux à une vingtaine de pays sur les cinq continents – de l’Inde et à la Thaïlande au Kenya et en Bulgarie. Ils ont même comploté pour faire exploser un restaurant à quelques rues de la Maison Blanche afin de tuer un diplomate.

Et bien sûr, les dirigeants iraniens ont nié l’Holocauste à plusieurs reprises et appelé à la destruction d’Israël de manière quotidienne, comme ils l’ont fait à nouveau cette semaine à l’Organisation des Nations Unies.

Je vous demande donc, compte tenu de ce bilan de l’agression iranienne sans armes nucléaires, d’imaginer l’agression iranienne avec des armes nucléaires. Imaginez leurs missiles à longue portée inclinés avec des ogives nucléaires, leurs réseaux terroristes armés de bombes atomiques.

Qui d’entre vous se sentira en sécurité au Moyen-Orient? Qui sera en sécurité en Europe? Qui sera en sécurité en Amérique? Qui sera en sécurité partout ailleurs ?

Il y a ceux qui croient que l’Iran doté d’armes nucléaires sera dissuasif, comme l’URSS.

C’est une supposition très dangereuse.

Les djihadistes se comportent très différemment des marxistes séculaires. Il n’y avait pas de kamikazes soviétiques. Pourtant, l’Iran produit des hordes d’entre eux.

La dissuasion a fonctionné avec les Soviétiques, car chaque fois que les Soviétiques avaient le choix entre leur idéologie et leur survie, ils ont choisi leur survie.

Mais la dissuasion ne fonctionnera pas avec les Iraniens une fois qu’ils obtiendront des armes nucléaires.

Il y a un grand érudit du Moyen-Orient, le professeur Bernard Lewis, qui a le mieux résumé cela. Il a dit que pour les ayatollahs d’Iran, la destruction mutuelle assurée n’est pas dissuasive, c’est une incitation.

Les dirigeants apocalyptiques de l’Iran croient qu’un homme saint médiéval réapparaîtra dans le sillage d’une guerre dévastatrice sainte, assurant ainsi à leur islam la gouvernance de la planète.

Ce n’est pas seulement ce qu’ils croient. C’est ce qui représente effectivement l’orientation de leurs politiques et de leurs actions.

Il suffit d’écouter l’ayatollah Rafsandjani qui a dit, je cite: «L’utilisation d’une seule bombe nucléaire à l’intérieur d’Israël détruira tout, mais il ne nuira pas au monde islamique. »

Rafsandjani a déclaré: « Il n’est pas irrationnel d’envisager une telle éventualité. »

Pas irrationnel …

Et cela vient de l’un des soi-disant modérés de l’Iran.

Étonnamment, certaines personnes ont commencé à colporter la notion absurde qu’un Iran nucléaire serait effectivement stabilisatrice pour le Moyen-Orient.

C’est comme dire qu’une arme nucléaire d’Al-Qaïda ouvrirait la voie à une ère de paix universelle.

Mesdames et Messieurs, je parle de la nécessité d’empêcher l’Iran de développer des armes nucléaires depuis plus de 15 ans.

J’en ai parlé dans mon premier mandat en tant que Premier ministre, puis j’en ai parlé lorsque j’ai quitté le bureau. J’en ai parlé quand c’était à la mode, et j’en ai parlé quand le sujet n’était plus à la mode.

J’en parle maintenant parce que l’heure se fait tard, très tard. J’en parle maintenant parce que le calendrier du nucléaire iranien ne prend pas le temps pour n’importe qui ou pour quoi que ce soit. J’en parle maintenant parce que lorsqu’ il s’agit de la survie de mon pays, ce n’est pas seulement mon droit d’en parler, c’est mon devoir d’en parler. Et je crois que c’est le devoir de tout dirigeant responsable qui veut préserver la paix mondiale.

Pendant près d’une décennie, la communauté internationale a essayé d’arrêter le programme nucléaire iranien par la diplomatie. Cela n’a pas fonctionné.

L’Iran utilise des négociations diplomatiques comme un moyen de gagner du temps pour faire avancer son programme nucléaire. Depuis plus de sept ans, la communauté internationale a tenté des sanctions contre l’Iran. Sous la direction du président Obama, la communauté internationale a adopté certaines des plus fortes sanctions à ce jour. Je tiens à remercier les gouvernements représentés ici qui ont adhéré à cette initiative. Elles ont eu un effet. Les exportations de pétrole ont été freinées et l’économie iranienne a été durement touchée.

Cela a eu un effet sur l’économie, mais nous devons faire face à la vérité. Les sanctions n’ont pas arrêté le programme nucléaire iranien en soit. Selon l’Agence Internationale de l’Energie Atomique, au cours de la seule année dernière, l’Iran a doublé le nombre de centrifugeuses dans son usine nucléaire souterraine à Qom.

A cette heure tardive, il n’y a qu’une seule façon d’empêcher l’Iran de manière pacifique pour qu’il n’obtienne pas de bombes atomiques. C’est en plaçant une ligne rouge sur le programme iranien d’armes nucléaires.

Les lignes rouges ne conduisent pas à la guerre; les lignes rouges empêchent la guerre.

Regardez la charte de l’OTAN: il est clair qu’une attaque contre un pays membre serait considérée comme une attaque contre tous. La ligne rouge de l’OTAN a contribué à maintenir la paix en Europe pendant près d’un demi-siècle.

Le président Kennedy a défini une ligne rouge pendant la crise des missiles cubains. Cette ligne rouge a également empêché la guerre et a aidé à préserver la paix pendant des décennies.

En fait, c’est le fait de ne pas placer de lignes rouges qui a souvent poussé à l’agression.

Si les puissances occidentales avaient établi clairement les lignes rouges dans les années 1930, je crois qu’ils auraient arrêté l’agression nazie et la Seconde Guerre Mondiale aurait pu être évitée.

En 1990, si Saddam Hussein avait été clairement prévenu que sa conquête du Koweït serait un franchissement de ligne rouge, la première guerre du Golfe aurait pu être évité.

Les lignes rouge franches fonctionnent aussi avec l’Iran.

Plus tôt cette année, l’Iran a menacé de fermer le détroit d’Hormouz. Les Etats-Unis ont tiré une ligne rouge et l’Iran a reculé.

Les lignes rouges n’ont pu être tirées dans les différentes parties du programme d’armement nucléaire iranien. Mais pour être crédible, une ligne rouge doit être établi en premier lieu dans une partie vitale de son programme: sur les efforts de l’Iran pour enrichir de l’uranium. Maintenant, laissez-moi vous expliquer pourquoi:

Fondamentalement, n’importe quelle bombe se compose de matière explosive et d’un mécanisme permettant de l’allumer.

L’exemple le plus simple est de la poudre à canon et d’un détonateur. Cela signifie que vous allumez la mèche et cela déclenche l’explosion de la poudre à canon.

Dans le cas des plans de l’Iran pour construire une arme nucléaire, la poudre, c’est de l’uranium enrichi. Le détonateur, c’est un détonateur nucléaire.

Pour l’Iran, amasser suffisamment d’uranium enrichi est beaucoup plus difficile que de produire du fusible nucléaire.

Pour un pays comme l’Iran, il faut de nombreuses années pour enrichir l’uranium pour une bombe. Cela nécessite des milliers de centrifugeuses dans de très grandes installations industrielles. Ces plans iraniens sont visibles et ils sont toujours vulnérables.

En revanche, l’Iran pourrait produire le détonateur nucléaire – le fusible – en beaucoup moins de temps, peut-être moins d’un an, peut-être seulement quelques mois.

Le détonateur peut être réalisé dans un atelier de la taille d’une salle de classe. Il peut être très difficile à trouver et  en particulier en Iran. C’est un pays qui est plus grand que la France, l’Allemagne, l’Italie et la Grande-Bretagne réunies.

La même chose est vraie pour la petite installation dans laquelle ils pourraient monter une ogive ou une arme nucléaire qui pourrait être placée dans un porte-conteneurs. Il y a des chances que vous ne trouveriez pas cette installation.

Donc, en fait, la seule façon que vous avez pour être crédible et empêcher l’Iran de développer une arme nucléaire, est d’empêcher l’Iran d’enrichir de l’uranium pour en avoir suffisamment pour une bombe.

Alors, combien uranium enrichi avez-vous besoin pour fabriquer une bombe? Et ou en est l’Iran ? 

Laissez-moi vous montrer. J’ai apporté un diagramme pour vous. Voici le schéma.

C’est une bombe, et là, c’est le détonateur.

Dans le cas des plans nucléaires de l’Iran pour construire une bombe, cette bombe doit être remplie avec suffisamment d’uranium enrichi. Et l’Iran doit passer par trois étapes.

La première étape: il faut enrichir suffisamment d’uranium faiblement enrichi.

La deuxième étape: il faut enrichir suffisamment d’uranium enrichi moyennement.

Et la troisième et dernière étape: il faut enrichir à très haute importance de l’uranium.

Où est l’Iran? L’Iran a terminé la première étape. Il leur a fallu de nombreuses années, mais ils l’ont rempli et ils sont 70% du chemin.

Maintenant, ils sont bien dans la deuxième étape. Au printemps prochain, au plus avant l’été prochain au vu des taux d’enrichissement actuels, ils auront terminé l’enrichissement moyen pour passer à l’étape finale.

A partir de là, il n’y a que quelques mois, peut-être quelques semaines avant qu’ils n’obtiennent suffisamment d’uranium enrichi pour la première bombe.

Mesdames et Messieurs, ce que je vous ai dit aujourd’hui ne se fonde pas sur des informations secrètes. Ce n’est pas basé sur le renseignement militaire. C’est basé sur des rapports publics de l’Agence Internationale de l’Energie Atomique. Tout le monde peut les lire. Ils sont en ligne.

Donc, si les faits sont là, et ils le sont, où la ligne rouge doit être établie?

La ligne rouge devrait être établie ici …

Avant que l’Iran n’achève la deuxième étape de l’enrichissement d’uranium nécessaire pour fabriquer une bombe.

Avant que l’Iran n’arrive à un point où il n’est à quelques mois ou quelques semaines de l’uranium enrichi à haute qualité pour fabriquer une arme nucléaire.

Chaque jour, ce point se rapproche. C’est pourquoi je vous parle aujourd’hui avec un tel sentiment d’urgence. Et c’est pourquoi tout le monde devrait sentir ce sentiment d’urgence.

Certains de ceux qui prétendent que même si l’Iran achève le processus d’enrichissement, même s’il traverse la ligne rouge que je viens de tirer, nos agences de renseignement sauront quand et où l’Iran fabriquera le fusible, assemblera la bombe, et préparera l’ogive.

Regardez, personne n’apprécie plus nos agences de renseignements que le Premier Ministre d’Israël ? Toutes ces agences sont superbes. Elles ont déjoué plusieurs attaques. Elles ont sauvé de nombreuses vies. Mais elles ne sont pas infaillibles !

Depuis plus de deux ans, nos agences de renseignements ne savaient pas que l’Iran construisait une usine d’enrichissement nucléaire, sous une énorme montagne.

Voulons-nous compromettre la sécurité du monde sur l’hypothèse que nous allons trouver un petit atelier dans un pays qui représente la moitié de la taille de l’Europe?

Mesdames et Messieurs, la question pertinente n’est pas quand l’Iran aura la bombe. La question pertinente est à quel stade ne pourra t-on plus empêcher l’Iran d’avoir la bombe ?

La ligne rouge doit être tirée sur le programme iranien d’enrichissement de l’uranium, car ces installations d’enrichissement sont les seules installations nucléaires que nous avons avec certitude pour cible.

Je crois que, face à une ligne rouge, l’Iran fera marche arrière.

Cela vous donnera plus de temps pour des sanctions et pour la diplomatie afin de convaincre l’Iran de démanteler son programme d’armes nucléaires.

Il y a deux jours, à cette tribune, le président Obama a réitéré que la menace d’un Iran doté d’armes nucléaires ne peut être acceptée. J’apprécie beaucoup la position du président comme tout le monde dans mon pays. Nous partageons l’objectif d’arrêter le programme iranien d’armes nucléaires. Cet objectif unit le peuple d’Israël. Il unit les Américains, démocrates et républicains, et il est partagé par d’importants leaders à travers le monde.

Ce que j’ai dit aujourd’hui aidera à faire en sorte que cet objectif commun soit atteint.

Israël est en pourparlers avec les Etats-Unis sur cette question, et je suis convaincu que nous pouvons tracer la voie à suivre ensemble.

Mesdames et Messieurs, l’affrontement entre la modernité et le médiévalisme ne doit pas être un affrontement entre modernité et tradition.

Les traditions du peuple juif remontent à des milliers d’années. Elles sont la source de nos valeurs collectives et le fondement de notre force nationale.

Dans le même temps, le peuple juif a toujours regardé vers l’avenir. Tout au long de l’histoire, nous avons été à l’avant-garde des efforts visant à étendre la liberté, à promouvoir l’égalité, et à faire progresser les droits de l’homme.

Nous défendons ces principes non pas en dépit de nos traditions, mais à cause d’elles.

Nous écoutons les paroles des prophètes juifs Isaïe, Amos, Jérémie, traitons tout le monde avec dignité et compassion, recherchons la justice, chérissons la vie et prions pour la paix.

Ce sont les valeurs intemporelles de mon peuple et celles-ci sont le plus grand don du peuple juif à l’humanité.

Engageons-nous aujourd’hui pour défendre ces valeurs afin que nous puissions défendre notre liberté et la protection de notre civilisation commune.

Merci

Chronologie des avertissements depuis 1979

Les annonces que la République islamique sera bientôt capable de produire une arme nucléaire, ou pire, détient déjà cette arme, ne sont pas nouvelles. 

Depuis plus d’un quart de siècle, les responsables occidentaux ont affirmé à plusieurs reprises que l’Iran était proche de rejoindre le club des pays détenteurs de l’arme nucléaire. Une telle possibilité a toujours été considérée comme «inacceptable» et la raison possible pour une action militaire avec « toutes les options envisageables» dans le but d’empêcher l’Iran de perturber l’équilibre stratégique au Moyen-Orient dominé par les Etats-Unis et Israël. 

Durant cette période, ces prévisions sur le nucléaire iranien ont maintes et maintes fois apparu et disparu. Cette chronique des prédictions passées a pour but de remettre dans une perspective historique la rhétorique actuelle sur l’Iran. 

1. Premiers avertissements : 1979-84 

La crainte d’une arme nucléaire iranienne est antérieure à la Révolution Islamique de 1979, lorsque le pro-occidental Shah Mohammad Reza Pahlavi menait d’intenses négociations avec les Etats-Unis, la France et l’Allemagne de l’Ouest concernant un projet d’investissement énergétique devant aboutir à la construction de 20 réacteurs. 

Fin des années 1970: les États-Unis reçoivent des renseignements selon lesquels le Shah aurait « mis en place un programme clandestin de développement d’armes nucléaires ». 

1979: le Shah est renversé par la révolution iranienne qui aboutit à l’avènement de la République Islamique. Après le renversement du Shah, les Etats-Unis ont cessé de fournir de l’uranium hautement enrichi (UHE) à l’Iran. Le gouvernement révolutionnaire guidé par l’ayatollah Ruhollah Khomeiny condamnait les armes et l’énergie nucléaires, et a pour un temps arrêté tous les projets. 

1984: Peu de temps après que des ingénieurs ouest-allemands aient visité le réacteur nucléaire inachevé de Bushehr, la revue militaire Jane Defense Weekly publie des propos émanant des services de renseignement allemands expliquant que la production par l’Iran d’une bombe « est dans sa phase finale. » Le sénateur américain Alan Cranston affirme que l’Iran aura sa bombe dans sept ans. 

2. Israel dépeint l’Iran comme son ennemi n°1 : 1992 

Bien qu’Israël ait secrètement fait des affaires avec la République Islamique après la révolution de 1979, cherchant à cultiver une alliance perse contre ses ennemis arabes locaux, le début des années 1990 a vu un effort concerté de Tel-Aviv pour dépeindre l’Iran comme une nouvelle menace à son l’existence de l’état hébreux. 

1992 : le parlementaire israélien, Benjamin Netanyahu, annonce à ses collègues que l’Iran sera sous 3 à 5 ans en mesure de produire une arme nucléaire et que cette menace doit être enrayée «par un front international dirigé par les Etats-Unis. » 

1992: le ministre israélien des affaire étrangères Shimon Peres déclare sur une chaine de télévision française que l’Iran sera doté de têtes nucléaires d’ici 1999. « L’Iran est la plus grande menace et le plus grand problème au Moyen-Orient », a averti M. Peres, «parce qu’il vise l’option nucléaire tout en maintenant une position très dangereuse de militantisme religieux extrême». 

1992: Joseph Alpher, un ancien fonctionnaire du Mossad, déclare que « l’Iran doit être identifié comme l’ennemi n ° 1. » Le programme nucléaire iranien naissant, a t-il déclaré au New York Times, «donne vraiment la frousse à Israël. » 

3. Les Etats-Unis se joignent aux avertissements: 1992-97 

La sonnette d’alarme a retenti à Washington quand au début de 1992 un groupe de travail du House Republican Research Committee affirme qu’il y a «98 % de certitude que l’Iran a déjà tous (ou presque tous) les éléments nécessaires pour deux ou trois armes nucléaires opérationnelles. » 

Des prédictions similaires sont émises par le chef de la CIA de l’époque, Robert Gates, selon qui le programme nucléaire iranien pourrait être un «problème grave» dans cinq ans ou moins. Cependant, la bureaucratie a pris un certain temps pour intégrer la rhétorique menaçante sur l’Iran. 

1992: Une fuite d’un rapport du Pentagone « Stratégie de défense pour les années 1990 » fait peu référence à l’Iran, bien qu’il envisage sept scénarios de futurs conflits potentiels qui s’étendent de l’Irak à la Corée du Nord. 

1995: Le New York Times exprime publiquement les craintes des responsables américains et israéliens affirmant que « l’Iran est beaucoup plus proche de la production d’armes nucléaires qu’on ne le pensait » (environ cinq ans seulement) et que la bombe nucléaire de l’Iran est « en tête de liste » des dangers dans la décennie à venir. Le rapport parle d’une «accélération du programme nucléaire iranien » et affirme que l’Iran « a commencé une campagne intensive pour développer et acquérir des armes nucléaires» en 1987 et aurait recruté des scientifiques de l’ex-Union soviétique et du Pakistan pour le conseiller. 

1997: Le Christian Science Moniteur rapporte que les pressions américaines sur les fournisseurs nucléaires de l’Iran ont «forcé l’Iran à adapter son calendrier présumé pour une bombe. Aujourd’hui, les experts disent que l’Iran a peu de chances d’acquérir des armes nucléaires avant huit ou 10 ans.» 

4. Rhétorique contre «l’axe du mal»: 1998-2002 

Un satellite espion américain détecte le lancement d’un missile Iranien de moyenne portée, suscitant des spéculations sur le danger posé à Israël. 

1998: Le New York Times explique qu’Israël se sent moins en sécurité à la suite du lancement même si Israël est le seul pays au Moyen-Orient à posséder à la fois l’arme nucléaire et les missiles à longue portée pour les lancer n’importe où. «La principale réaction à ce qui se passe viendra d’Israël, et nous devons nous inquiéter des mesures que les israéliens pourrait prendre», selon un ancien responsable du renseignement cité par le Times. Un expert non identifié ajoute: «Cet essai montre que l’Iran est résolu à acquérir des armes nucléaires, parce que personne ne construit un missile d’une portée de 1200 km pour envoyer des ogives conventionnelles.» 

1998: La même semaine, l’ancien secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld présente un rapport au Congrès affirmant que l’Iran aura la capacité de construire un missile balistique intercontinental pouvant atteindre les Etats-Unis d’ici cinq ans. La CIA a donné quant a elle une estimation de délai de 12 ans. 

2002: La CIA avertit que le danger de missiles à tête nucléaire, en particulier ceux de l’Iran et de la Corée du Nord, est plus élevé que pendant la guerre froide. Robert Walpole, puis un haut responsable de la CIA pour les programmes stratégiques et nucléaires, raconte devant une commission du Sénat que la capacité de missiles de l’Iran a augmenté plus rapidement que prévu dans les deux années précédentes et qu’il sera bientôt à égalité avec la Corée du Nord. La menace «va continuer à croître car les capacités des adversaires potentiels arrivent à maturité». 

2002: Le président George W. Bush ajoute l’Iran à la liste des pays faisant partie de «l’axe du mal» avec l’Irak et la Corée du Nord. 

5. Révélations de l’intérieur de l’Iran: 2002-05 

En Août 2002, le groupe d’opposition iranien des Moudjahidine-e Khalq (MEK) annonce que l’Iran construit une installation souterraine d’enrichissement d’uranium à Natanz et un réacteur à eau lourde à Arak. Il est largement admis que la preuve a été transmise au MEK par le renseignement israélien. 

L’enrichissement et les réacteurs nucléaires ne sont pas interdits à l’Iran en tant que signataire du Traité de Non-Prolifération nucléaire (TNP), mais le fait de ne pas divulguer la totalité de ses activités conduit à une enquête de l’AIEA et un examen beaucoup plus approfondi. L’Iran insiste sur le but pacifiques de ses activités, mais se trouve en violation de son accord avec l’AIEA, et est accusé par l’AIEA d’un « tentative de dissimulation. » 

2004: Le secrétaire d’état américain Colin Powell dit aux journalistes que l’Iran travaille sur une technologie pour adapter une ogive nucléaire sur un missile. « Nous parlons de l’information qui dit que non seulement ils ont les missiles mais qu’ils travaillent dur sur la manière de combiner les deux ensemble», explique-t-il. 

2005: Les États-Unis présentent 1000 pages de dessins et autres documents qui auraient été récupérés à partir d’un ordinateur portable en Iran l’année précédente, et qui donnent des informations détaillées sur la fabrication d’explosifs et d’une ogive de missile à capacité nucléaire. Ces «prétendues études» sont rejetées par l’Iran comme des faux crées par des services de renseignement hostiles. 

6. Les menaces se précisent: 2006-09 

2006: Les tambours de la guerre battent plus vite après que Seymour Hersh du New-Yorker ait cité des sources américaines disant qu’une attaque contre l’Iran est inévitable, et qu’il est prévu d’utiliser des armes nucléaires tactiques contre les installations iraniennes enterrées. 

2007: Le président Bush avertit qu’un Iran nucléaire pourrait conduire à une « troisième guerre mondiale. » Le Vice-président Dick Cheney avait déjà mis en garde contre des «conséquences graves» si l’Iran ne renonce pas à son programme nucléaire. 

2007: Un mois plus tard, un rapport d’évaluation officiel de la Direction du Renseignement National est déclassifié, et affirme au contraire avoir «une grande confiance» dans le fait que l’Iran ait abandonné son effort d’armement nucléaire depuis l’automne 2003. 

Le rapport, destiné à synthétiser les informations récoltées par 16 agences d’espionnage américaines, réfute les décennies d’hypothèses inverses de Washington. Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad appelle le rapport une «victoire pour la nation iranienne.» Un éditeur de journal iranien à Téhéran confie au Christian Monitor  »Les conservateurs … pensent que le risque de guerre contre eux a disparu. » 

Juin 2008: L’ambassadeur américain à l’ONU, John Bolton, prédit qu’Israël attaquera l’Iran avant Janvier 2009, profitant d’une fenêtre avant que le prochain président américain soit arrivé au pouvoir. 

Mai 2009: Un rapport du comité des affaires étrangères du Sénat américain déclare: «Il n’y a aucun signe que les dirigeants iraniens aient commandé une bombe. » 

Phase 7. Israël veut imposer son calendrier: 2010-11 

Malgré les rapports et les évaluations du renseignement affirmant le contraire, les israéliens et de nombreux responsables américains continuent de penser que l’Iran est déterminé à avoir des armes nucléaires le plus tôt possible. 

Août 2010: Un article de Jeffrey Goldberg dans le numéro de septembre de l’Atlantic est publié en ligne, décrivant un scénario dans lequel Israël a choisi de lancer une attaque unilatérale contre l’Iran avec 100 avions, «parce qu’un Iran nucléaire pose la plus grande menace depuis Hitler pour la survie du peuple juif. «  

S’appuyant sur des entretiens avec « environ 40 décideurs israéliens passés et présents, au sujet d’une frappe militaire » et avec des responsables américains et arabes, M. Goldberg prédit qu’Israël lancera une attaque en Juillet 2011. L’article mentionne les précédentes frappes israéliennes contre les installations nucléaires de l’Irak et de la Syrie, et cite le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, disant: «Vous ne voulez pas qu’un culte messianique apocalyptique ait le contrôle de bombes atomiques. Quand le croyant aux yeux écarquillés obtient les rênes du pouvoir et des armes de destruction massive, alors le monde devrait commencer à s’inquiéter, et c’est ce qui se passe en Iran. »

2010: Les responsables américains pensent que le programme nucléaire de l’Iran a été ralenti par quatre séries de sanctions du Conseil de Sécurité et une foule de mesures américaines et européennes. Le virus informatique Stuxnet a également fait des ravages jusqu’en 2011 en endommageant des milliers de centrifugeuses qui enrichissent l’uranium. 

Janvier 2011: Quand Meir Dagan quitte son poste de directeur du Mossad, il déclare que l’Iran ne serait pas en mesure de produire une arme nucléaire d’ici à 2015. «Israël ne devrait pas se hâter d’attaquer l’Iran, mais doit le faire uniquement lorsque l’épée sera contre son cou.» Plus tard, il ajouta qu’attaquer l’Iran serait «une idée stupide … Le défi régional auquel ferait face Israël serait impossible. » 

Janvier 2011: Un rapport de la Fédération des Scientifiques Américains sur l’enrichissement d’uranium par l’Iran affirme qu’il n’est pas possible que Téhéran ait déjà la capacité technique de produire un engin nucléaire. 

Février 2011: Le Directeur du renseignement national James Clapper affirme dans un témoignage devant le Congrès que «l’Iran garde la possibilité de développer des armes nucléaires en partie en développant diverses techniques liées au nucléaire afin de mieux se positionner pour produire de telles armes, s’il décide de le faire ».   »Nous ne savons pas, cependant, si l’Iran finira par décider de construire des armes nucléaires. » 

Novembre 2011: L’AIEA affirme pour la première fois que l’Iran a travaillé sur des projets d’armement nucléaire depuis des années, en publiant des informations détaillées basées sur plus de 1000 pages d’informations, corroborés, dit-elle, par des données provenant de 10 Etats membres et de ses propres enquêtes et entretiens. L’Iran réfute ce rapport et prétend qu’il a été motivé par des fins politiques. 

Source: Alter info

                                   La ligne noire de Netanyahu

(Il Manifesto)

 

arton17862-655cb BENJAMIN NETANYAHU dans REFLEXIONS PERSONNELLES
Manlio DINUCCI
Nous savons maintenant comment sera la bombe nucléaire iranienne : une boule avec la mèche allumée, comme celle des bandes dessinées pour enfants. Le premier ministre israélien Netanyahu l’a montrée avec un dessin, à l’Assemblée Générale de l’ONU et, comme un maître d’école maternelle, il a sorti un feutre et il a tracé sur la bombe une belle ligne rouge. Ici, a-t-il expliqué, doit être arrêté « le plus dangereux régime terroriste du monde », l’iranien, « avant qu’il ne porte à terme l’enrichissement nucléaire nécessaire pour fabriquer une bombe ». Un tout autre cadre aurait dû être présenté à l’ONU : celui du puissant arsenal nucléaire israélien, entouré de la ligne noire du secret et de l’omertà. Selon Jane’s Defense Weekly, Israël – la seule puissance nucléaire au Moyen-Orient – possède de 100 à 300 têtes nucléaires, prêtes au lancement sur des missiles balistiques qui, avec le Jericho 3, atteignent une portée de 8-9mille km. L’Allemagne a fourni à Israël (sous forme de don ou à prix réduits) quatre sous-marins Dolphin modifiés : dans chacun d’eux, aux six tubes de lancement de missiles de croisière à courte portée en ont été ajoutés quatre pour les Popeye Turbo, des missiles nucléaires de 1.500 km de portée. Les sous-marins israéliens made in Germany, silencieux et pouvant rester en immersion pendant une semaine, croisent en Méditerranée orientale, en Mer Rouge et dans le Golfe Persique, prêts 24 heures sur 24 à l’attaque nucléaire. Les Etats-Unis, qui ont déjà fourni à Israël plus de 350 chasseurs-bombardiers F-16 et F-15, se sont engagés à leur fournir au moins 75 chasseurs F-35, eux aussi à double capacité nucléaire et conventionnelle. Le Pentagone, qui garde secrets les codes d’accès au software du F-35 même avec les pays (comme l’Italie) qui participent à sa construction, les fournira par contre à Israël pour qu’il puisse intégrer le F-35 dans ses propres systèmes de guerre électronique. Il donnera en outre la priorité à l’entraînement des pilotes israéliens, en les préparant à l’attaque nucléaire avec ces chasseurs de cinquième génération.

Israël, qui à la différence de l’Iran refuse le Traité de non-prolifération, n’admet pas qu’il possède un arsenal nucléaire (dont l’existence est reconnue par l’Agence Internationale pour l’Energie Atomique), mais laisse entendre de façon menaçante qu’il l’a et qu’il peut s’en servir. Il refuse ainsi de participer à la Conférence pour la création au Moyen-Orient d’une zone sans armes nucléaires, ordonnée par l’ONU, à laquelle l’Iran a par contre adhéré. Pendant ce temps Israël, qui selon le Sipri a produit, jusqu’en 2011, 690-950 kgs de plutonium, continue à en produire en quantité suffisante pour fabriquer chaque année 10-15 bombes de la puissance de celle de Nagasaki. Il produit certainement aussi du tritium, un gaz radioactif avec lequel il fabrique des armes nucléaires de nouvelle génération. Parmi lesquelles des mini-nukes, à utiliser dans un théâtre guerrier réduit, et des armes neutroniques, qui provoquent une contamination radioactive mineure, mais une létalité plus élevée à cause de leur forte émission de neutrons rapides : les plus adaptées contre des objectifs peu distants d’Israël.

Les états arabes de l’AIEA, qui avaient préparé une résolution sur « Les capacités nucléaires israéliennes », en ont, sous la pression des USA, renvoyé la présentation en 2013.

Tandis que la mèche de la bombe, pas l’iranienne de la bande dessinée mais la vraie d’Israël, peut être allumée à tout moment.

Manlio Dinucci

Edition de mardi 2 octobre 2012 de il manifesto

http://www.ilmanifesto.it/area-abbonati/in-edicola/manip2n1/…

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio                                                                                   

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 28 septembre, 2012 |Pas de commentaires »

M.JOSPIN, LA DEONTOLOGIE C’EST MAINTENANT ! (Mélanie MENDELEWITSCH / BAKCHICH)

M. Jospin, la déontologie c’est maintenant !
M.JOSPIN, LA DEONTOLOGIE C'EST MAINTENANT ! (Mélanie MENDELEWITSCH / BAKCHICH) dans REFLEXIONS PERSONNELLES JOSPIN

Pour rénover la vie publique, la commission pilotée par l’ancien Premier ministre ferait bien de s’inspirer de ce qui se passe outre-atlantique. 

Alors que tout semble partir en vrille sur le front économique arrive enfin une bonne nouvelle : la commission « chargée de la rénovation et de la déontologie de la vie publique » présidée par Lionel Jospin va se mettre au taf. 

Et on sait à quel point ce n’est pas le travail qui manque dans ce domaine…Même si  Roselyne Bachelot, nommée surprise, paraît encore un peu tendre pour s’exprimer légitimement sur le sujet et y apporter une contribution crédible.

Car les Français, y compris les mieux informés – souvent d’ailleurs les plus éloignés des extrêmes sur l’échiquier politique – semblent chaque jour plus nombreux à se demander si le très démagogue « tous pourris » n’est pas finalement une image assez proche de la réalité. Une tare congénitale que nos institutions démocratiques partageraient avec le reste de la société, laquelle s’abandonnerait au plaisir discret de la corruption, si on en croit les mises en garde périodiques tels que Transparency International.  

La transparence de la vie publique en fin de programme

La corruption politique en période de caisses pleines, passe encore, se dit l’électeur résigné. Ça risque de devenir plus critique en phase d’austérité. 

Il est d’ailleurs symptomatique que parmi les grandes lignes de l’ordre de mission de Lionel Jospin et des 3 hauts fonctionnaires, 2 magistrats et 7 universitaires de droit constitutionnel appelés à s’exprimer sur le sujet, « les règles déontologiques de nature à garantir la transparence de la vie publique » viennent en toute fin de peloton.

Il est en effet plus consensuel d’aborder  le cumul des mandats ou le degré de proportionnel des élections législatives que les questions embarrassantes telles que le contrôle effectif du patrimoine des élus de Douce France et les conflits d’intérêts auxquels ils s’exposent…

C’est presque un miracle que les intéressés n’aient pas invoqué le « Secret Défense » dans l’affaire des grosses enveloppes de Liliane Bettencourt, voire dans celle où Christine Lagarde aurait fait Maurice Nussembaum Chevalier de la Légion d’Honneur en juillet 2009 sur la recommandation de Xavier Musca, ancien Directeur Général du Trésor et Secrétaire Général de l’Elysée qui – étrangement – s’en défend et menace de déposer plainte pour dénonciation calomnieuse de faits de corruption présumée et de trafic d’influence. Pauvre Maurice, voilà une broche qui va devenir lourde à porter.

On nous opposera bien sûr qu’en matière de transparence, on a la loi du 17 juillet 1978 sur la liberté d’accès aux documents administratifs qui a institué l’impayable Commission d’Accès aux Documents Administratifs (CADA). On ne compte plus les associations de toutes sortes et les citoyens qui s’y sont cassés les dents lorsqu’il s’est agi concrètement d’obtenir des documents mettant gravement en cause des élus petits et grands de tous bords politiques. 

L’exemple américain

Mais en termes purement démocratiques, tenir l’électeur  dans l’ignorance peut s’avérer contre-productif  à la longue. D’où les vocations de lanceur d’alerte pour le plus grand bonheur des chercheurs de fuites en VF, type Wikileaks et FrenchLeaks qui exploitent légitimement la faille. Sans parler des Anonymous aux objectifs certes parfois plus discutables.

Nos amis les Cainris se maudissent un peu plus chaque jour de ne pas disposer d’une Ecole Nationale d’Administration que le monde entier nous envie. Pour autant, leur loi CADA à eux (qui se nomme FOIA pour Freedom of Information Act) fonctionne de manière satisfaisante dans l’ensemble comme le démontre l’exemple qui suit. En particulier parce qu’elle est utilisée par des organisations d’action civique dotées de moyens conséquents, et qui savent l’exploiter au max. 

Judicial Watch (www.judicialwatch.org) en fait partie. Animée depuis août 1998 par Thomas Fitton, un ex-journaliste devenu activiste, elle s’est donnée pour objectif de promouvoir intégrité, transparence, responsabilité et respect des principes de droit de la part de l’exécutif. Pour la faire courte, elle est peu à peu devenue l’une des bêtes noires de la Maison Blanche.

Quand Michelle Obama s’envoyait en l’air avec son coiffeur

Le 28 juin 2011, par exemple, Judicial Watch a demandé dans le cadre de la loi FOIA communication de plusieurs documents concernant le voyage de la First Lady US en Afrique du 21 au 27 juin 2011 (la requête portait sur le détail des raisons de la visite de Michelle Obama en Afrique du Sud et au Botswana du 21 au 27 juin 2011, tous les justificatifs de frais de transport et le manifeste de vol n° DD-2131 qui renseigne notamment sur l’identité des passagers…)

La US Air Force, chargée de la logistique du voyage a d’abord refusé d’obtempérer. Judicial Watch a donc assigné l’US Air Force (Judicial Watch v. US Air Force n° 11-1496) qui est gentiment revenue sur sa position.

Les informations fournies et notamment le coût de l’heure de vol du C32-A utilisé (un Boeing 757 en version militaire !) a révélé que la petite virée de Madame avait coûté rien qu’en frais de transport, plateau repas compris, 424 142,00 dollars au contribuable Américain. 

La dream team présente à bord a également surpris : Malia et Sasha, les deux filles du couple Obama y figuraient comme «membre du personnel d’encadrement » (« Senior Staff »). Tout comme la mère de la First Lady Marian Robinson ainsi que sa nièce et son neveu Leslie et Avery Robinson. Encore plus étonnant ? Le document de bord relatif à ce déplacement du plus grand intérêt diplomatique révèle la présence du maquilleur et du coiffeur perso de Madame Obama (Carl Ray et Johnny Wright) parmi les 21 passagers. Lesquels, en plus des 192 repas servis par les stewards de l’Air Force pendant le voyage, ont demandé des petits extras facturés 922,44 dollars au contribuable .

Le Safari de la first Lady

La Maison Blanche a finalement admis du bout des lèvres que le déplacement avait pour but « d’encourager la jeunesse de ces deux démocraties naissantes que sont l’Afrique du Sud et le Botswana à prendre des responsabilités dans les affaires publiques. Au cours de ses étapes à Pretoria, Cape Town et Gaborone, capitale du Botswana, la First Lady s’est entretenue de questions d’éducation, de santé et de bien-être ». Un peu light, même pour les supporters de la première heure de l’ambassadrice de charme.

Quant à la visite de lieux historiques et au petit check à Nelson Mandela en passant, la Maison Blanche ne s’y est pas attardée. Pas plus qu’au safari privé dans une réserve africaine qui a clôturé en beauté ce déplacement « historique ».

Comme l’a résumé avec malice Thomas Fitton sur le site de l’association « Ce voyage fut autant une occasion pour la famille Obama de s’offrir un safari que pour conduire des affaires d’état. Un gaspillage d’argent du contribuable et des ressources de notre armée déjà beaucoup mise à contribution. Pas étonnant qu’on ait dû faire un procès pour obtenir ces informations »   

Pour consulter les frais de vol de la petit famille Obama, cliquer sur l’image ci dessous.

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 22 juillet, 2012 |Pas de commentaires »

L’ART DE LA GUERRE. LE GRAND ORIENT D’OBAMA (IL MANIFESTO)

L’art de la guerre

Le Grand Orient d’Obama (Il Manifesto)

L'ART DE LA GUERRE. LE GRAND ORIENT D'OBAMA (IL MANIFESTO) dans REFLEXIONS PERSONNELLES CLINTON-1

(Manlio DINUCCI)
Pendant 236 années les USA ont défendu partout la démocratie : c’est ce qu’a assuré H.Clinton au Caire. Il convient donc d’effacer de l’histoire les plus de 160 interventions militaires à l’étranger effectuées par l’impérialisme étasunien jusqu’aux années 40 ; les guerres de la guerre froide en Corée, Vietnam, Laos, Cambodge, Liban ; les coups d’état orchestrés par la CIA au Guatemala, Indonésie, Brésil, Chili, Argentine ; les guerres de l’après-guerre froide en Irak, Somalie, Yougoslavie, Afghanistan. Le même engagement, garantit H.Clinton, est porté par l’administration Obama.

En effet, de la stratégie du Grand Moyen-Orient (comprenant Afrique du Nord et Asie centrale), lancée par le républicain Bush, le démocrate (et Prix Nobel de la paix) Obama est passé à la stratégie du Grand Orient, qui cible toute la région Asie/Pacifique en défi ouvert à la Chine et à la Russie. Le premier pas a été la guerre contre la Libye, avec laquelle (comme le fit auparavant Bush avec la Yougoslavie) un état entier a été démoli pour mettre au pouvoir des gouvernants fidèles à Washington. On est ainsi arrivé aux « élections libres » dans la « Libye libre », gagnées par le « libéral » Mahmoud Jibril, dont le succès est attribué à la volonté populaire. On ignore que les USA et d’autres puissances occidentales ont dépensé des millions de dollars en Libye, pour s’assurer le soutien d’organisations et secteurs tribaux. On ignore que Jibril est l’homme de confiance de Washington : économiste formé aux USA, chargé de promouvoir les libéralisations dans le monde arabe, il fut mis en 2007 en Libye à la tête de l’Office Gouvernemental pour le Développement Economique, relié aux multinationales étasuniennes et britanniques. Dans cet habit, Jibril avertit Washington que le plan pour privatiser l’économie libyenne et former une nouvelle classe dirigeante pro-occidentale avait été bloqué par Kadhafi, et que la concurrence chinoise et russe se développait. La victoire de Jibril était déjà programmée. Le 30 mars 2011 (dix jours après le début de la guerre), le New York Times écrivait à partir d’informations gouvernementales : « Si l’intervention américaine (étasunienne) et occidentale renversait Mouammar Kadhafi, Mahmoud Jibril pourrait être le leader de la Libye ». La guerre contre la Libye est le modèle que les USA adoptent pour tenter de désagréger d’autres états, parmi lesquels la Syrie et l’Iran, qui font obstacle à leur avancée vers l’est.

Comme de nombreux pays sont réticents à héberger des bases militaires étasuniennes, le Pentagone est en train de déployer dans des eaux internationales, partant du Golfe et faisant route vers l’est, des navires appropriés pouvant servir de bases flottantes pour les forces spéciales. D’autres bases aériennes et navales sont installées ou potentialisées en Thaïlande, aux Philippines, à Singapour, en Australie et autres pays. A Singapour est arrivé le premier « littoral combat ship », un nouveau navire de guerre qui peut s’approcher de la côte pour attaquer en profondeur. La US Navy en déploiera plus de 50 dans le Pacifique. Dans l’offensive diplomatique, pour créer des fractures entre la Chine et ses pays limitrophes, H.Clinton a effectué une « visite historique » au Laos. Promettant 9 millions de dollars pour le déminage, elle s’est faite photographier avec un jeune homme mutilé [1] : une des nombreuses victimes des munitions non-explosées [2], environ 30% des 2 millions de tonnes de bombes larguées par les USA sur le Laos de 1964 à 1973. Pour défendre la démocratie, naturellement…

Manlio Dinucci

Edition de mardi 17 juillet 2012 de il manifesto

http://www.ilmanifesto.it/area-abbonati/in-edicola/manip2n1/…

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

Précision pour les lecteurs qui « suivent » le lien ci-dessus : comme pour tous les articles de il manifesto, le lecteur non abonné aura accès à l’article original le lendemain de la date de publication du texte ; la traductrice reçoit le texte de l’auteur.

[1] Voir commentaire du Parisien avec photo édifiante de H.Clinton, la main sur le cœur :

http://www.leparisien.fr/flash-actualite-monde/laos-le-face-a-face-entre-clinton-et-l-heritage-de-la-guerre-11-07-2012-2086312.php

[2] « Washington a largué plus de deux millions de tonnes de bombes sur le pays pendant sa « guerre secrète », entre 1964 et 1973, soit une tonne de munitions pour chaque habitant du pays, hommes, femmes et enfants confondus. Cela dépasse la quantité de bombes lâchées sur l’Allemagne et le Japon pendant la Deuxième Guerre Mondiale, ce qui fait du Laos le pays le plus bombardé de l’Histoire ». AP, http://www.romandie.com/news/n/Visite_historique_d039Hillary_Clinton_au_Laos110720121018.asp .

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 20 juillet, 2012 |Pas de commentaires »

LE RAPPORT ANTI-EMPIRE. LES BACTERIES DE LA LIBERTE, BARACK OBAMA ET LA CIA (William BLUM / Julian ASSANGE)

Le rapport Anti-Empire

 les bactéries de la liberté,

 Barack Obama et la CIA

LE RAPPORT ANTI-EMPIRE. LES BACTERIES DE LA LIBERTE, BARACK OBAMA ET LA CIA (William BLUM / Julian ASSANGE)  dans REFLEXIONS PERSONNELLES OBAMA-1

William BLUM
Julian ASSANGE

Je suis certain que la plupart des Américains sont très fiers de voir que Julian Assange a si peur d’être arrêté par les autorités US qu’il s’est réfugié à l’ambassade de l’Equateur, un minuscule et pauvre pays du Tiers monde, sans la moindre idée de comment son histoire finira. Il sera peut-être obligé d’y rester pendant des années. « Ca lui apprendra de déconner avec le pays le plus puissant du monde ! Tous les terroristes et anti-américains – prenez-en de la graine ! Ca coûte cher de déconner avec le pays de Dieu ! »

C’est tellement vrai. Et ça coûte effectivement cher. Demandez donc aux peuples de Cuba, du Vietnam, du Chili, de la Yougoslavie, d’Irak, d’Iran, de Haïti, etc… Et demandez aux gens de Guantánamo, Diego Garcia, et une douzaine d’autres centres de torture vers lesquels le pays de Dieu vous offre un billet gratuit.

Vous pensez que puisque le monde entier les observe, les Etats-Unis n’oseraient pas ouvertement torturer Assange s’ils lui mettaient le grappin dessus ? Demandez à Bradley Manning. Au minimum, l’isolement prolongé est une forme de torture. D’ici peu, il pourrait être interdit. Ce qui n’empêchera pas le pays de Dieu et d’autres états policiers de le pratiquer.

Vous pensez que puisque le monde entier les observe, les Etats-Unis n’oseraient pas ouvertement tirer sur Assange avec un drone ? Ils l’ont déjà fait sur des citoyens américains. Assange n’est qu’un vulgaire Australien.

Et l’Equateur et son président, Rafael Correa, en payeront le prix. Vous pensez que puisque le monde entier les observe, les Etats-Unis n’interviendront pas en Equateur ? En Amérique latine, intervenir est une seconde nature pour Washington. Pendant la Guerre Froide, on disait que les Etats-Unis pouvaient renverser un pays au sud de sa frontière avec un simple froncement des sourcils. Le dissolution de l’Union Soviétique n’a rien changé parce que le problème pour les Etats-Unis n’a jamais été l’Union Soviétique en tant que telle. Le problème pour les Etats-Unis était la menace d’un bon exemple d’alternative au modèle capitaliste.

Par exemple, le 21 janvier 2000 en Equateur, où près de deux tiers de la population vit sous le seuil de pauvreté, un très grand nombre de paysans indiens se soulevèrent par désespoir et marchèrent sur la Quito, la capitale, où ils furent rejoints par les syndicats et certains jeunes officiers de l’armée (la plupart des militaires sont d’origine indienne). Cette coalition présenta une liste de revendications économiques, s’empara des bâtiments du Congrès et de la Cour Suprême, obligeant le président à démissionner. Il fut remplacé par un junte issu des rangs de la nouvelle coalition. L’administration Clinton s’en alarma. A part le réflexe d’hostilité conditionné de l’Amérique pour tout ce qui pourrait passer pour une révolution de gauche, Washington avait aussi le projet d’installer une grande base militaire à Manta (qui fut fermée plus tard par Correa). Et la Colombie – déjà gangrenée par des mouvements de gauche – se trouva juste à côté.

Les Etats-Unis sont rapidement intervenus pour éduquer les dirigeants de la coalition Equatorienne quant aux  réalités de l’impérialisme sur le continent. L’ambassade américaine à Quito… Peter Romero, Secrétait d’état adjoint aux affaires latino-américaines… Sandy Berger, conseiller à la sécurité nationale du Président Clinton… le sous-secrétaire d’Etat Thomas Pickering… ont tous passé des coups de fil aux officiels équatoriens pour menacer de couper les aides, accompagnés de cette mise en garde : « l’Equateur se retrouvera isolé ». Et ils les informèrent que les Etats-Unis ne reconnaîtraient jamais un gouvernement constitué par la coalition, qu’il n’y aurait pas de paix en Equateur tant que l’armée ne soutiendrait pas le vice-président et que le vice-président devait poursuivre les « réformes » néolibérales – le genre d’ajustement structurel du FMI qui avait justement joué un rôle majeur dans le soulèvement précédent.

En l’espace de quelques heures, les chefs de toutes les armées équatoriennes déclarèrent leur soutien au vice-président. Les dirigeants du soulèvement se réfugièrent dans la clandestinité. Et ce fut la fin de la révolution équatorienne de l’année 2000. (1)

Rafael Correa a été élu pour la première fois en 2006 avec 58% des voix, et réélu en 2009 avec 55% des voix pour son mandat actuel qui se termine en août 2013. Les grands médias américains sont de plus en plus critiques envers lui. La lettre suivante envoyée au quotidien le « Washington Post » en janvier par l’ambassadeur de l’Equateur aux Etats-Unis est une tentative pour clarifier certaines choses.

« Nous sommes outrés par l’éditorial du 12 janvier « Le voyou de l’Equateur », qui aborde une plainte déposée par notre président, Rafael Correa, après qu’un quotidien ait affirmé qu’il était coupable d’avoir donné l’ordre à des soldats de tirer sur des citoyens innocents pendant la tentative de coup d’état avortée de 2010. Le président a demandé au journal de publier les preuves ou de se rétracter. Lorsqu’ils ont refusé, il a porté plainte, comme le ferait n’importe quel citoyen.

Aucun journaliste n’a été emprisonné ou condamné à une amende au cours des cinq années de la présidence de Correa. Les critiques formulées par les médias – justes et injustes, parfois méchantes – contre le gouvernement sont quotidiennes. L’affaire qui concerne le quotidien est en appel. Lorsque le jugement sera rendu, a dit le président, il abandonnera tout ou une partie des dédommagements obtenus si le journal se rétracte. Je crois que c’est une solution couramment adoptée dans les affaires de diffamation aux Etats-Unis.

Votre auteur emploie des phrases odieuses telles que « république bananière », mais la réalité de l’Equateur d’aujourd’hui est celle-ci : pour la première fois depuis des décennies, nous sommes une démocratie très populaire, stable et progressiste. »

Nathalie Cely, Washington

Pas d’abri contre les drones de la justice ou les bactéries de la liberté

OBAMA-2 CIA dans REFLEXIONS PERSONNELLES

Le président Afghan Hamid Karzai a récemment déclaré qu’il avait eu une dispute avec le Général John Allen, le haut commandant US en Afghanistan, sur les attaques par drones des Etats-Unis en Afghanistan, après une nouvelle frappe meurtrière aérienne qui a tué nombre de civils. Karzai a demandé à Allen une question très sensée : « Faites-vous la même chose aux Etats-Unis ? » Le président Afghan a ajouté : « La police intervient partout et tous les jours aux Etats-Unis. Elle ne fait pas appel à l’armée de l’air pour venir bombarder. » (2)

La question de Karzai à Allen était une question rhétorique, bien sûr, car peut-on imaginer que des officiels américains puissent bombarder une ville américaine sous prétexte que quelques méchants s’y trouvent ? En réalité, la chose est tout à fait imaginable parce qu’elle s’est déjà produite.

A Philadelphie, Pennsylvanie. Le 13 mai 1985, une bombe larguée par un hélicoptère de la police a incendié tout un pâté de maisons, détruisant 60 maisons, et tuant 11 personnes, dont plusieurs jeunes enfants. La police, le bureau du Maire et le FBI étaient tous impliqués dans cet effort pour déloger les militants d’une organisation (appelée « MOVE ») de la maison où ils habitaient.

Les victimes étaient toutes noires, bien sûr. Alors reformulons la question. Peut-on imaginer que des officiels américains bombardent une maison à Beverly Hills ou un quartier chic de Manhattan ? Restez à l’écoute.

Et que peut-on imaginer d’autre s’agissant d’une société hyper militarisée, qui est en guerre avec une bonne partie de la planète, qui est convaincue qu’elle a Dieu et l’Histoire à ses côtés ? Eh bien, la société de transport public de Boston, MBTA, a récemment annoncé qu’en coordination avec « Homeland Security », elle prévoit de lâcher des bactéries mortes dans trois stations pendant les heures de fermeture des lignes cet été afin de tester les détecteurs d’agents biologiques, que les terroristes pourraient lâcher dans le métro. La bactérie, bacillus subtilis, n’est pas infectieuse, même vivante, selon le gouvernement. (3)

Cependant, là aussi il existe un précédent. Pendant cinq jours, en Juin 1966, l’armée a mené un test appelé « Une étude de la vulnérabilité des usagers du métro à New York City après une attaque clandestine avec des agents biologiques ». Des milliers de milliards de bacillis subtilis, variante niger, ont été lâchés dans le métro aux heures de pointe, en provoquant des nuages. Le rapport du test note que « lorsque le nuage a enveloppé les usagers, ils ont brossé leurs vêtements, puis regardé vers les grilles d’aération [situées au niveau de la rue] puis ont poursuivi leur chemin. » (4) Le vent provoqué par le passage des rames a éparpillé les bactéries le long des voies ; après le passage de deux trains seulement, les bactéries s’étaient répandues de la 15eme rue à la 58eme rue. (5) On ne sait pas combien de personnes sont tombées malades après avoir servi de cobayes involontaires parce que l’Armée des Etats-Unis, pour ce que l’on sait, ne s’est pas du tout intéressée à la question.

Pour le test prévu à Boston, le public n’a pas été prévenu des dates précises ; on ne sait pas non plus pendant combien de temps les bactéries seront présentes dans les stations ni quels sont les risques encourus pour les usagers avec un système immunitaire déficitaire.

Il faut noter que le test mené dans le métro de New York n’était pas le premier. L’Armée a reconnu qu’entre 1949 et 1969, 239 zones habitées dans tout le pays, y compris dans les territoires d’outre mer, ont été tapissées de différents organismes au cours de tests destinés à mesurer les voies de dissémination par air, les effets de la météo, les doses, le placement optimum des sources, et d’autres facteurs. Ces tests sont censés avoir été interrompus en 1969. (6)

Les officiels du gouvernement ont constamment nié que les agents biologiques pouvaient avoir un impact sur la santé malgré l’abondance d’arguments irréfutables et scientifiques qui démontrent qu’une exposition à de fortes concentrations d’organismes apparemment inoffensifs pouvait provoquer des maladies, au minimum dans les catégories les plus faibles de la population – les personnes âgées, les enfants, et les personnes atteintes de différentes maladies. « Un micro-organisme qui ne peut pas provoquer des troubles, ça n’existe pas, » a témoigné George Connell, assistant au directeur du Centre de Contrôle et de Prévention des Maladies, devant le Sénat en 1977. « Avec la bonne dose au bon endroit et au bon moment, et avec la bonne personne, il se passera forcément quelque chose. » (7)

Les Etats-Unis ont aussi utilisé des armes biologiques à l’étranger, de manière répétée, pas pour faire des test pour dans un but agressif. (8) Alors que répondra le pays de la haute (double) morale lorsque de telles armes seront employées contre lui ? Ou lorsque des drones étrangers s’abattront sur des villes américaines ? Ou lorsque de l’équipement de haute-technologie américaine sera saboté par une cyber-attaque comme les Etats-Unis avouent désormais l’avoir fait contre l’Iran ? Il y a un an, le Pentagone a déclaré que « le sabotage informatique par un pays tiers constituerait un acte de guerre… Si vous sabotez notre réseau électrique, il se pourrait qu’on vous envoie un missile par la cheminée, » a déclaré un officiel militaire américain. (9)

« Le vrai hypocrite est celui qui ne se rend plus compte qu’il est un hypocrite, celui qui ment en toute sincérité » – André Gide, 1869-1951

Barack Obama, sa mère et la CIA

Dans son autobiographie, « Les Rêves de Mon Père », Barack Obama raconte comment il a pris un emploi après sa sortie de l’Université de Columbia en 1983. Il décrit son employeur comme « un cabinet de consultants auprès de sociétés multinationales » à New York, et ses fonctions comme « assistant à la recherche » et « rédacteur financier ».

Etrangement, Obama ne mentionne pas le nom de son employeur. Cependant, un article du « New York Times » du 30 octobre 2007 identifie la société comme étant Business International Corporation. Aussi étrange est le fait que le « Times » n’ait pas cru bon de rappeler à ses lecteurs ce que le quotidien lui-même avait révélé en 1977, à savoir que Business International Corporation servait de société écran aux employés de la CIA dans différents pays en 1955 et 1960. (10)

Le journal britannique, « Lobster « (« Langouste » – NdT) – qui, malgré son nom saugrenu, est une publication internationale respectée sur le monde du renseignement – a révélé que Business International dans les années 80 faisait la promotion des candidats favoris de Washington en Australie et aux îles Fidji. (11) En 1987, la CIA renversa le gouvernement de Fidji au bout d’un mois au pouvoir parce que ce dernier avait déclaré les îles comme une zone libre du nucléaire, ce qui signifiait que les navires US à propulsion nucléaire ou transportant des matières nucléaires ne pouvaient plus faire escale. (12) Après le coup d’état, le candidat soutenu par Business International, beaucoup plus conciliant à l’égard des desiderata nucléaires de Washington, fut remis au pouvoir – R.S.K. Mara fut premier ministre ou Président des îles Fidji de 1970 à 2000, sauf pendant une période d’un mois en 1987.

Dans son livre, non seulement Obama ne mentionne pas le nom de son employeur, mais il ne mentionne pas non plus à quelle date il y a travaillé, ni quand il l’a quitté. Il se pourrait que ces omissions ne signifient rien, mais dans la mesure où Business International a une longue histoire de connivences avec le monde des services secrets, des opérations clandestines et des tentatives d’infiltration de la gauche radicale – dont Students for a Democratic Society (SDS) (13) – il est raisonnable de se demander si Obama n’aurait pas quelque chose à cacher sur ses propres liens avec ces milieux-là.

Plus étonnant encore est le fait que sa mère, Ann Dunham, a été pendant les années 70 et 80 employée, consultante, boursière ou étudiante d’au moins cinq organisations étroitement liées à la CIA au cours de la guerre froide : Ford Foundation, Agency for International Development (AID), Asia Foundation, Development Alternatives, Inc., et East-West Center of Hawaii. (14) Pendant une bonne partie de cette époque, elle a travaillé comme anthropologue en Indonésie et à Hawaï, bien placée donc pour recueillir des informations sur les communautés locales.

Comme un exemple des connexions de ces entreprises avec la CIA, prenons la révélation de John Gilligan, Directeur de AID sous le gouvernement de Carter (1977-81). « A un moment donné, de nombreuses agences locales d’AID étaient infiltrées de haut en bas par des gens de la CIA. L’idée était de placer des agents dans toutes les activités que nous avions à l’étranger, gouvernementales, volontariat, religieuses, toutes. » (15). Et Development Alternatives Inc est une organisation pour laquelle travaillait Alan Gross lorsqu’il a été arrêté à Cuba, accusé de faire partie de l’opération de déstabilisation du gouvernement cubain.

Comment les propriétaires de la société jouent avec leur bien

La Cour Suprême des Etats-Unis vient de confirmer la constitutionnalité de la loi sur l’assurance santé du Président Obama, la loi « Affordable Care Act » (« loi sur la santé abordable » – NdT). De nombreux progressistes sont très contents et considèrent cette décision comme une victoire pour la gauche.

Selon cette nouvelle loi, les gens peuvent en bénéficier de plusieurs manières, selon les critères suivants :

Leur age ; si leurs revenus sont inférieurs à 133% du seuil de pauvreté fédéral ; si leurs parents ont une assurance santé ; s’ils sont fumeurs ou non ; l’état de résidence ; leur état de santé ; s’ils sont habilités à acheter des assurances santé sur les nouveaux marchés appelés « bourses » ; et de nombreux autres critères… Ils peuvent obtenir une assurance de santé dans « un marché d’assurances concurrentiel » (soulignez « concurrentiel ») ; ils peuvent éventuellement postuler à différents types de crédits et réductions fiscales s’ils répondent à certains critères… Les auteurs de la loi affirment qu’elle fera économiser des centaines de milliers de dollars de médicaments aux bénéficiaires de « MediCare » en étendant la couverture. Ils disent que « elle oblige les sociétés d’assurance à rester honnêtes en établissant des règles claires qui limitent les principaux abus de la profession. »

Voilà à quoi ressemble une assurance santé aux Etats-Unis d’Amérique, au 21eme siècle, d’une complexité à occuper toute une armée d’avocats pendant les années à venir. A 150 km de là, dans la République de Cuba, les choses sont un peu différentes. Si vous êtes malade, vous allez voir un médecin. Vous avez automatiquement droit à tous les soins disponibles. Le médecin vous soignera du mieux qu’il pourra. Les compagnies d’assurance n’ont rien à voir là-dedans. D’ailleurs, il n’y a pas de compagnies d’assurance. Vous ne payez rien. Fin de l’histoire.

Sans aucun doute, la loi « Affordable Care Act » fera reculer de plusieurs années la lutte pour une couverture universelle de la santé. Sans aucun doute, c’était bien l’objectif recherché.

William Blum

http://killinghope.org/bblum6/aer106.html

(1) « Washington Post », January 23, 2000, p.1 ; ’The coup in Ecuador : a grim warning’, World Socialist Web Site, February 2, 2000 ; Z Magazine (Massachusetts), February 2001, pp.36-7 (2) « Washington Post », June 12, 2012(3) « Beacon Hill Patch « (Boston), ’MBTA to Spread Dead Bacteria on Red Line in Bio-Terror Test’, May 18, 2012

(4) Leonard Cole, « Clouds of Secrecy : The Army’s Germ Warfare Tests over Populated Areas « (1990), pp.65-9

(5) « New York Times », September 19, 1975, p.14

(6) « Biological Testing Involving Human Subjects by the Department of Defense », 1977, Hearings before the Subcommittee on Health and Scientific Research of the Committee on Human Resources, US Senate, March 8 and May 23, 1977 ; see also William Blum, Rogue State, chapter 15

(7) « Senate Hearings », op. cit., p.270

(8) « Rogue State », op. cit., chapter 14

(9) « Wall Street Journal », May 30, 2011

(10) « New York Times », December 27, 1977, p.40

(11) « Lobster magazine », Hull, UK, #14, November 1987

(12) « Rogue State », op. cit., pp.199-200

(13) Carl Oglesby, « Ravens in the Storm : A Personal History of the 1960s Antiwar Movement « (2008), passim

(14) Wikipedia entry for Ann Dunham

(15) George Cotter, « Spies, strings and missionaries », The Christian Century (Chicago), March 25, 1981, p.321

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 9 juillet, 2012 |Pas de commentaires »

BARACK OBAMA LOVES PAUL KAGAME, PRESIDENT RWANDAIS DU CONGO…(Woodward et Newton)

Barack Obama loves Paul Kagamé

L’administration américaine fait pression sur l’ONU pour empêcher la diffusion d’un rapport peu amène sur la responsabilité du président rwandais dans les massacres au Congo.
BARACK OBAMA LOVES PAUL KAGAME, PRESIDENT RWANDAIS DU CONGO...(Woodward et Newton) dans REFLEXIONS PERSONNELLES CONGO-1

Pour des raisons obscures, Barack Obama semble s’être entiché de Paul Kagamé, le président Rwandais adoré de son peuple comme chacun sait, qui l’a réélu triomphalement en 2010 avec 93% des suffrages.

Ayant discrètement facilité l’obtention anecdotique de son Doctorat – d’honneur certes, mais très controversé quand même – de l’Université William Penn dans l’Iowa le 12 mai 2012, ne voilà-t-il pas que le président US récidive et file un nouveau coup de main assez tordu à son copain Polo. Du côté de l’ONU cette fois-ci.

En cause, le rapport d’un groupe d’experts qui se propose de décrire par le menu, l’aide apportée par le Rwanda de Kagamé, au charismatique et néanmoins charmant Bosco Ntaganda, dit «Terminator », surnom assez répandu dans l’ex Zaïre.

Ex-général des forces armées de la République Démocratique du Congo, Terminator coulait des jours heureux jusqu’au début de l’année dans sa coquette demeure de l’avenue des tulipes à Goma, à un jet de pierre de la frontière rwandaise. 

 Les aventures de Terminator 

au Congo

CONGO-2 CONGO dans REFLEXIONS PERSONNELLES

Son petit commerce minier avec ses associés Edson Musabarura et Saddam Ringo se développait à la satisfaction générale du trio. 

C’est le 4 avril que Ntaganda a décidé de retourner son treillis et de rentrer dans le chou des forces gouvernementales dans la région de Rutshuru avec l’aide de 300 soldats congolais mutins. Selon les autorités congolaises, il avait déjà violé en mars et septembre 2011, deux assignations à résidence en se rendant à Gisenyi de l’autre côté de la frontière pour participer avait-il déclaré, « à des obsèques »…Faute de mieux, le président congolais Kabila a appelé à son arrestation le 11 avril 2012.

Terminator, pour qui le retournement de veste est une seconde nature, est surtout passé à la postérité lorsque le Tribunal Pénal International a décidé de lui mettre le grappin dessus en avril 2008. L’homme s’était fait dans le passé, une spécialité de recruter des gamins de moins de 15 ans comme soldats et de les envoyer à l’abattoir. 

 

ntaganda GEOPOLITIQUE

Aux dires de l’ONG « Human Rights Watch » (HRW) il semble qu’il ait récidivé (cf. www.hrw.org : RD Congo : « Bosco Ntaganda continue d’enrôler des enfants de force – Il est urgent d’arrêter le général renégat recherché par la Cour Pénale Internationale » – 15 mai 2012).

Fin 2011, un groupe d’experts de l’ONU a consacré un rapport circonstancié aux investissements militaro-miniers de Terminator au travers de la Compagnie Minière des Grands lacs et à l’aide logistique et militaire voire aux refuges que lui apportait – déjà – le Rwanda. Actualisé à début juin, le rapport en question n’attend plus que le feu vert des pontes Onusiens pour être publié.

 Les enfants stars de la guerre civile

CONGO-3 GUERRE

C’était sans compter sur l’idylle entre Obama et Kagamé. Ce dernier a donc demandé au président américain de mettre tout en œuvre pour éviter la parution du rapport, lequel est vraisemblablement assez sévère pour le nouveau Docteur « ès lettres et humanités » de l’Université William Penn, d’Oskaloosa en Iowa.

Depuis, on ne compte plus les observateurs (dont HRW)  qui dénoncent les pressions exercée par Susan Rice, ambassadrice américaine à l’ONU, afin d’enterrer le rapport sur Terminator impliquant le Rwanda.

Les porte-paroles de l’administration US qui soutient fidèlement le Rwanda depuis le génocide de 1994 entre Tutsis et Hutus, rejettent assez vivement les accusations selon lesquelles l’Oncle Sam s’emploierait à faire disparaître le rapport compromettant pour Kagamé. Non sans humour, ils affirment au contraire qu’ils ont seulement demandé à l’ONU de différer sa parution, le temps pour Kagamé et son gouvernement de prendre connaissance des accusations portées contre eux.

Chair fraîche à canon

CONGO-4 OBAMA

Pendant ce temps, là, Ntaganda et ses conquistadors ont pris le contrôle de Kitchanga, Kilolirwe, Mushaki, Rubaya, Kingi et des zones environnantes dans le territoire de Masisi, dans l’Est de la République Démocratique du Congo. A la mi-avril, il aurait fait savoir aux représentants des villes et des villages conquis, qu’il avait besoin de chair fraîche pour renforcer ses effectifs. 

Face au peu d’enthousiasme suscité par son aimable requête, sa petite armée a enlevé de force, dans les jours qui ont suivi environ 150 gamins dans leurs écoles, à leur domicile, dans les fermes ou sur les bords des routes.

Certains d’entre eux ont raconté à HRW qu’ils étaient obligés de marcher en tête de colonne en portant armes et munitions jusqu’au front afin d’être les premiers à essuyer les tirs d’embuscade et à permettre aux hommes de Terminator avertis, d’éviter de subir le même sort. 

Annecke Van Woudenberg, chercheuse de HRW pour la division Afrique, n’y va pas par quatre chemins : « Tant que Bosco Ntaganda sera en liberté, les enfants et les civils vivant dans l’Est du Congo seront exposés à un risque sérieux pour leur sécurité…Le gouvernement congolais doit mettre fin au cycle destructeur de protection des auteurs d’atteintes graves aux droits humains et doit, au lieu de cela, les arrêter… »

A condition que le Dr Kagamé, protégé de Barack Obama, y consente…

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 1 juillet, 2012 |1 Commentaire »

WASHINGTON ET LA REVOLUTION CUBAINE AUJOURD’HUI (Dissident Voice / Correction et mise en page: Thierry LAMIREAU)

Washington et la Révolution Cubaine aujourd’hui (Dissident Voice)

WASHINGTON ET LA REVOLUTION CUBAINE AUJOURD'HUI (Dissident Voice / Correction et mise en page: Thierry LAMIREAU) dans REFLEXIONS PERSONNELLES CUBA-1

Ike NAHEM
Partie I : le mythe du Lobby de Miami

« L’Administration Obama, dans la continuité de la ligne de l’Administration Bush, a pris la décision politique de subordonner la politique étrangère et les mesures d’intérêt national à la politique intérieure en ce qui concerne sa politique à l’égard de Cuba. Il y a un groupe bipartite de membres du Congrès – des démocrates et des républicains, de la chambre des représentants et du sénat – qui représentent la Floride, un état où de nombreux électeurs peuvent faire basculer les résultats du scrutin en faveur de l’un ou l’autre candidat. Ces personnes non seulement apportent des voix, mais apportent des financements pour la campagne, et sont en général très bruyantes, et cet ensemble de critères a convaincu la Maison Blanche que la priorité était de se faire réélire plutôt que de se lancer dans la lourde tâche d’engager les Etats-Unis sur la voie d’une normalisation des relations avec Cuba ».

Julia Sweig http://www.cfr.org/experts/latin-america-brazil-cuba/julia-e…, Directrice des Etudes Latino-Américaines au Council on Foreign Relations

CUBA-2 BUSH dans REFLEXIONS PERSONNELLES

Cette poursuite indispensable de la politique anti-Cubaine de l’Administration de Barack Obama est une source de mystère et de perplexité pour beaucoup de ceux qui contestent les sanctions des Etats-Unis. Au sein des universités, des groupes de réflexion et des méritocraties médiatiques – qui occupent en alternance des fonctions dans les instances gouvernementales – beaucoup sont frustrés, voire mis mal à l’aise, par le statut de paria que confère Washington à Cuba en Amérique Latine et dans le monde entier, comme on peut le constater avec les votes annuels déséquilibrés et humiliants aux Nations Unies contre la politique US.

Et, donc, pourquoi cette guerre économique et politique contre Cuba – la plus longue politique étrangère inchangée de l’histoire des Etats-Unis, et qui entre dans sa sixième décennie – persiste-t-elle ? Pourquoi la question de Cuba est-elle si hors normes dans la politique des Etats-Unis ? Pourquoi Washington poursuit-il une politique complètement isolée dans les forums mondiaux et régionaux, et qui expose les diplomates et les responsables politiques US aux sarcasmes et au mépris ? (les raisons invoquées – le manque supposé de “démocratie” et de « droits humains » à Cuba – empestent tellement la désinformation, les semi-vérités, l’hypocrisie évidente et la sélectivité arbitraire qu’elles ne peuvent pas être prises au sérieux et doivent être rejetées d’emblée. Je développerai largement cette question de démocratie, des droits humains et des libertés civiles dans la partie III de mon exposé).

L’explication la plus courante sur ces questions est exprimée dans la citation de Julia Sweig qui est en introduction (Sweig est chercheure au très influent Council on Foreign Relations http://fr.wikipedia.org/wiki/Council_on_Foreign_Relations et est directrice des Etudes latino-américaines).

Elle est l’auteure de l’excellent livre “ Inside the Cuban Revolution” et est une observatrice et analyste très calée de l’histoire et de la politique cubaines. Elle est, sans aucun doute, farouchement opposée aux sanctions des Etats-Unis contre Cuba et préconise des relations diplomatiques normalisées entre Washington et la Havane).

Sweig et d’autres opposants au sein des milieux influents, ainsi que de nombreux élus qui se disent hostiles à la politique US, désignent, voire accusent, la population cubano-américaine et les élus qui forment à Washington le soi-disant « lobby de Miami », censé être très puissant.

Certains vont même jusqu’à dire que la politique et l’ « intérêt national » des Etats-Unis sont pris en otage par ce « lobby ». De telles inepties relèvent des théories du complot.

Cet argument et ces explications sont complètement en dehors des réalités politiques. Cela n’a jamais été vrai et dans le monde actuel, cela n’a jamais été aussi peu crédible.

CUBA-12 CUBA

C’est un mythe et une illusion que de dire que la communauté cubano-américaine et les élus américains d’origine cubaine sont la force déterminante qui se trouve derrière les politiques US envers Cuba. La politique étrangère US en général, et celle qui concerne Cuba, en particulier, est motivée par les intérêts de la classe dirigeante capitaliste constituée de patrons, de banquiers et d’obligataires. Elle est tout d’abord discutée au sein des deux partis politiques et des institutions gouvernementales et ensuite relayée par les grands medias commerciaux, les think tanks, et les intellectuels serviles. Les bourgeois cubano-américains élus font partie de cet ensemble, et s’ils sont importants, ils sont loin d’être déterminants.

Washington n’a jamais, et ce n’est pas le cas non plus actuellement, eu besoin que les représentants vieillissants des anciennes puissances dirigeantes de Cuba, ou leurs descendants, leur expliquent pourquoi ils doivent combattre la Révolution Cubaine et les politiques intérieures et extérieures du gouvernement socialiste révolutionnaire cubain. La véritable influence politique du mythe du “lobby de Miami” (terme qui, à force s’être inlassablement répété est quasiment devenu un mantra), c’est de détourner l’attention sur le gouvernement US pour la faire porter sur la communauté américano-cubaine et sur une poignée d’élus d’origine cubaine. C’est mettre la charrue avant les bœufs, ou le wagon de queue en tête du train.

Ces élus du Congrès d’origine cubaine, tels que Ileana Ros-Lehtinen et Mario Diaz-Balart, les représentants républicains de la Floride, Robert Menendez, le sénateur démocrate du New Jersey, et Marco Rubio, le sénateur républicain de Floride, peuvent servir de couverture ou de faire-valoir à une politique US si impopulaire. Les Cubano-Américains peuvent être tenus pour responsables et réprimandés par ceux qui s’opposent à cette politique, et encensés et soutenus par ceux qui approuvent cette politique. Mais ce ne sont pas eux qui décident de la politique.

Le mythe du “lobby de Miami” empêche la construction d’un large mouvement de protestation et le genre d’action efficace qui peut vraiment obliger à changer de politique. En prétendant que la communauté cubano-américaine, contradictoire et de plus en plus divisée, est une entité homogène (ou pire, en la diabolisant), ce mythe du “lobby de Miami” est devenu un obstacle pour convaincre davantage d’Américains d’origine cubaine de s’opposer aux sanctions des Etats-Unis.

Le fait est qu’il y a depuis plus de 50 ans une politique bipartite et un objectif commun de vaincre et d’éradiquer la Révolution Cubaine. Rien de tout cela n’a jamais été, et pas plus aujourd’hui qu’avant, motivé essentiellement par les intérêts de la communauté des exilés d’origine cubaine de Miami. Les origines et la continuité de l’hostilité de Washington à l’égard de la Révolution cubaine sont du seul fait des Etats-Unis .

Cette hostilité provient de la politique menée par la Révolution Cubaine et de l’exemple qu’elle donne – à Cuba même, et de la place qu’elle tient sur tout le continent américain et dans le monde entier, en Afrique, en Asie, et au Moyen-Orient, et même au sein des pays développés capitalistes.

L’influence de la Révolution Cubaine sur la politique des Etats-Unis

CUBA-3 OBAMA

Cuba apparait, et est présentée comme telle, comme une question mineure de la politique intérieure et extérieure des Etats-Unis. C’est encore plus le cas depuis la fin de la prétendue « guerre froide » et du conflit qui a duré des dizaines d’années entre Washington et Moscou. A cette époque, la propagande de Washington qualifiait le gouvernement révolutionnaire de Cuba de “client” et de marionnette de l’ex-Union Soviétique.

Alors que c’était toujours une insulte délibérée et une absurdité dans les faits, l’alliance Cuba-Bloc soviétique servait à inventer de toutes pièces une “menace” cubaine pour les Etats-Unis et les USAméricains (en octobre 2012 on commémorera le 50° anniversaire de la traumatisante « crise des missiles de Cuba », qui avait été utilisée pour convaincre de nombreux travailleurs aux Etats-Unis de la menace que représentait Cuba).

Indépendante de l’Union Soviétique, la “Question de Cuba’, c’est-à-dire la dynamique et l’influence politiques de la Révolution Cubaine, a toujours eu un poids et une importance capitale sur la politique des Etats-Unis et sur sa politique étrangère, en particulier en ce qui concerne tout le continent américain. C’est encore le cas aujourd’hui, même si Cuba est une petite île de moins de 12 millions d’habitants et que les Etats-Unis sont une superpuissance économique, financière, politique et militaire mondiale, bien qu’en recul relatif aujourd’hui sur tous ces fronts.

A l’issue de la « Guerre froide » et de la disparition politique de l’Union Soviétique et de ses alliés d’Europe de l’est de plus de 20 ans, il n’y a eu aucune détente de la politique anti-cubaine des Etats-Unis. Au contraire, elle a énormément empiré. Les classes dirigeantes et les principaux élus aux Etats-Unis s’accordent à dire que la guerre économique et politique de Washington contre Cuba doit perdurer à l’époque actuelle d’après-guerre froide. Cette réalité mondiale est entrée dans une nouvelle ère, si ce n’est une époque historique, caractérisée par la pire crise mondiale économique et financière du système capitaliste depuis la Grande Dépression des années 1930.

En public, les responsables politiques tournent en ridicule et dénigrent Cuba ; il est clair que les deux partis dominants de Washington continuent de considérer Cuba comme une force politique redoutable avec une autorité politique et morale importantes, d’abord sur le continent américain, mais, également au niveau mondial. Les deux partis sont pratiquement unanimes sur le fait qu’il faut combattre le gouvernement révolutionnaire cubain et l’écraser, et non pas se réconcilier avec lui en vertu du respect de la souveraineté cubaine.

Dans l’optique de Washington, le gouvernement cubain, encourage les actions révolutionnaires (ou, comme ils le disent sournoisement « anti-américaines »), n’a pas abandonné le programme de révolution socialiste internationale et, pire que ça, soutient toutes les politiques et les luttes qui défendent les intérêts des travailleurs, des agriculteurs et de la jeunesse. Une telle optique, évidemment, a des effets négatifs sur les intérêts économiques du capital USaméricain et sur les choix politiques et « stratégiques » de Washington pour défendre ces intérêts-là.

Divisions tactiques sur la politique concernant Cuba

CUBA-4 POLITIQUE

Il n’est pas rare que la « gauche US » se retrouve désorientée et désarmée politiquement (et en sécurité entre les mains de libéraux et de démocrates adeptes du « moindre mal ») par les formes intenses, voire brutales, employées pour exprimer ce qui n’est, en réalité, que des différences tactiques relativement mineures sur la politique entre les deux partis impérialistes et au sein de la classe dirigeante aux Etats-Unis. Cuba en est un exemple parfait.

Tous les ans, à l’ONU, il y a un vote disproportionné (en 2011, c’était 186 pour et 2 contre avec 3 abstentions) anti-Washington sur la « nécessité de mettre fin à l’embargo économique, commercial et financier imposé par les Etats-Unis à Cuba » et dont les médias mainstream ne parlent pratiquement pas. Sur tout le continent américain, la politique anti-cubaine de Washington est systématiquement raillée et condamnée dans tous les forums panaméricains et régionaux, y compris les « Sommets » de l’Organisation des Etats Américains, un instrument traditionnellement servile de la politique US et de sa domination sur le continent. La réponse ferme de Cuba sur sa souveraineté, ses idées révolutionnaires et sa tradition de solidarité internationale envers l’humanité opprimée et exploitée dans la politique mondiale, a conféré à l’île socialiste une autorité et un poids moraux importants dans la politique mondiale – largement disproportionné par rapport à sa taille, le nombre de ses habitants, sa puissance économique ou militaire. C’est une cause d’irritation et de consternation importante pour les dirigeants US et leurs disciples du « Lobby de Miami », mais c’est une preuve extraordinaire du pouvoir des idées dans le monde.

En réalité, il n’y a pas de pouvoir plus important sur terre que quand les opinions progressistes et révolutionnaires inspirent et captivent des millions de personnes et deviennent une force politique importante.

La question de savoir comment parvenir à l’objectif commun qui est de renverser le gouvernement cubain en temps politique réel mène naturellement à des divergences tactiques acharnées au sein du gouvernement US, entre autres, les parties démocrate et républicain qui se partagent le pouvoir et l’exercent dans l’état capitaliste US américain. Cette situation est inévitable quand on voit combien la politique anti-cubaine est isolée et impopulaire sur le continent américain, dans le monde et même aux Etats-Unis.

Les manigances, les changements de tactique et les concessions reviennent d’une année sur l’autre, et d’une Maison Blanche à la suivante, tous en réaction à la pression des événements. Tout cela est destiné à faire sortir Washington de sa position défensive afin de déstabiliser, d’ébranler et d’écraser plus efficacement la Révolution Cubaine.

Obama vs. Bush

CUBA-5 REVOLUTION CUBAINE

Le président Obama a procédé à quelques aménagements et même reculé en partie sur les dispositions anti-Cuba imposées par George W. Bush. Elles sont objectivement positives. C’est bien que certains musiciens, artistes et universitaires cubains soient autorisés à se rendre aux Etats-Unis à l’invitation d’universités et d’organismes culturels. C’est bien que les Américains d’origine cubaine aient le droit d’aller dans leur pays d’origine sans les restrictions insultantes qu’il y avait avant. C’est mieux qu’avant que la réglementation concernant les autorisations de se rendre à Cuba délivrées aux autres citoyens US ait été relativement assouplie.

Ces mesures prises par l’Administration Obama ne sont en aucune façon un abandon progressif de la politique US fondamentale qui est le « changement de régime », c’est-à-dire de la destruction de la Révolution Cubaine. Ces mesures reviennent simplement aux règles établies au cours du mandat de Clinton et du début du premier mandat de Bush, avant qu’elles aient été renforcées dans l’arrogance triomphaliste qui a suivi l’invasion de l’Iraq. A l’époque, Bush avait choisi Otto Reich comme secrétaire d’état adjoint pour les Amériques, en même temps que d’autres personnalités influentes dans les milieux d’exilés contre-révolutionnaires, comme Roger Noriega, extrémiste de droite et raciste notoire, et ancien collaborateur de Jesse Helms, sénateur de Caroline du Nord. C’était ces gens-là qui dirigeaient les politiques des Amériques au cours du mandat de Bush.

Mais cette organisation n’avait pas été une réussite pour la politique et la position des Etats-Unis en Amérique Latine, surtout après que la patte de Washington (et les empreintes digitales de Reich) a été reconnue partout lors de la tentative de coup d’état d’avril 2002 au Venezuela contre le gouvernement populaire élu de Hugo Chavez. Bush avait été contraint de limoger Reich, ainsi que, plus tard, son successeur Noriega et de mettre fin aux discours et à l’attitude extrêmement arrogants à l’égard de l’Amérique latine qui coutaient très cher politiquement à Washington.

Ce qu’Obama a fait, c’est laisser tomber le langage agressif et les rodomontades de Bush sur Cuba, tout en procédant à des aménagements minimes aux règlementations sur les voyages et les visas pour tenter de réparer les dégâts causés pendant les années Bush. Toutefois, Obama, et c’est frappant, n’a pas réussi à rallier quiconque, sur tout le continent américain, à la cause anti-cubaine des Etats-Unis, qui restent complètement isolés, à l’exception du gouvernement de droite de Stephen Harper à Ottawa. Le Canada est toujours la plus grande source de tourisme pour Cuba et réalise des échanges commerciaux très importants avec l’ile.

Sous la présidence d’Obama, les Départements du Trésor et de la Justice ont intensifié le harcèlement et les poursuites à l’encontre des entreprises US ou étrangères accusées de « violer » les « lois » US, et les sanctions contre les échanges commerciaux et financiers, ainsi que la collaboration avec Cuba. Le président de l’Assemblée Nationale Cubaine, Ricardo Alarcon, déclarait récemment, au cours d’un entretien http://www.legrandsoir.info/cuba-face-aux-defis-du-xxie-siec… avec Salim Lamrani, journaliste et professeur d’université :

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« … l’administration Obama a été beaucoup plus consistante dans l’imposition d’amendes et de sanctions aux entreprises étrangères qui violent le cadre des sanctions contre Cuba, et qui effectuent des transactions commerciales avec nous. »

Un certain nombre de banques ont été sanctionnées par des amendes de plusieurs millions de dollars, plus de 100 millions de dollars pour l’une d’entre elles, pour avoir effectué des transactions commerciales en dollars et avoir ouvert des comptes à des entreprises cubaines en dollars.

Le 12 juin 2012, le Département de la Justice US annonçait que la banque hollandaise ING avait accepté de verser une amende de 619 millions de dollars pour avoir enfreint la loi : “Trading with the Enemy Act,” (Commerce avec l’ennemi) en faisant transiter des devises US à la suite de transactions avec Cuba (et l’Iran). Selon le journal en ligne Guardian Express : « c’est la sanction la plus lourde jamais imposée de l’histoire du système financier US. »

Depuis la prise de fonctions de l’Administration Obama, en 2009, d’importantes banques européennes : le Crédit Suisse, Barclays, et Lloyds ont conclu des accords similaires avec le gouvernement des Etats-Unis à cause de transactions avec Cuba.

L’Administration Obama continue de soutenir et d’encourager les programmes visibles et secrets du Département d’état et de la CIA destinés à déstabiliser le gouvernement cubain, et c’est ainsi qu’Alan Gross, agent du Département d’Etat, s’est retrouvé enfermé dans une prison cubaine.

(L’idée que la condamnation et l’incarcération de Gross est ce qui a empêché une détente dans les relations cubano-américaines qu’Obama souhaite réaliser est une très mauvaise plaisanterie. Les actions de Washington, qui consistent à envoyer des agents comme Gross –un exemple parmi tant d’autres d’une stratégie de grande envergure de la guerre économique et politique incessante qui est livrée contre Cuba, financée à hauteur de plusieurs dizaines de millions de dollars affectés ouvertement sur le budget, sans compter les fonds destinés aux programmes secrets – représentent le véritable obstacle à l’amélioration et à la normalisation des relations.)

Le Département d’état Obama s’obstine à conserver Cuba sur la liste des « pays qui soutiennent le terrorisme », un énorme mensonge et une infâme calomnie. Obama s’obstine à ignorer les propositions des diplomates cubains de coopération bilatérale sur les questions comme le trafic de drogue et la coordination des secours en cas de cyclone. Obama s’obstine à refuser de se ranger à l’avis unanime des états membres d’Amérique Latine et des Caraïbes de l’Organisation des États Américains (OEA) http://fr.wikipedia.org/wiki/Organisation_des_%C3%89tats_am%C3%A9ricains qui est de mettre fin à l’exclusion de Cuba. Obama s’obstine à rejeter et à s’opposer à toute tentative de négocier des opérations, y compris des « échanges » , qui permettraient la libération des Cinq de Cuba, dont quatre d’entre eux sont à leur 14ème année d’incarcération, et le 5ème, Rene Gonzalez, libéré après avoir purgé la totalité de sa peine, n’est pas autorisé à rentrer chez lui à Cuba.

Une autre indication claire que la politique anti-Cuba d’Obama est dans la continuité de celles de l’Administration Bush – et en réalité, de tous les présidents depuis Eisenhower – c’est la nomination par Obama de Ricardo Zuniga comme directeur des « Affaires du Continent Américain » (Western Hemispheric Affairs) pour le Conseil de Sécurité Nationale de la Maison Blanche. Zuniga avait auparavant joué un rôle essentiel à la Section des intérêts des États-Unis à la Havane quand Bush était président, et il avait organisé les épouvantables provocations contre Cuba, dirigées par le chef de la Section des intérêts des Etats-Unis, James Cason.

Comparer le bilan de la politique d’Obama envers Cuba et celui de George W. Bush, rappelle la phrase célèbre de Groucho Marx : « Parti de rien, je suis arrivé à pas grand-chose »(en anglais : ’ »I’ve worked myself up to nothing from a state of extreme poverty », NDT).

Mouvements migratoires des Cubains vers les Etats-Unis

img_imigrant_cuba-ee9d4 WASHINGTONIl y a toujours eu des travailleurs cubains qui ont émigré, vécu et travaillé aux Etats-Unis. Cependant, l’origine et la formation d’une “communauté’’ cubano-américaine importante remontent à l’énorme vague d’immigration qui a eu lieu après la victoire triomphale de la Révolution Cubaine en 1959. Comme toutes les authentiques révolutions sociales, la Révolution Cubaine a été marquée par une lutte des classes et des divisions profondes et irréversibles. Au cours de la première période qui a suivi la Révolution Cubaine, quelque 5% de la population cubaine de l’époque, qui comptait 6 millions d’habitants, étaient partis pour la Floride et les Etats-Unis, en général, où ils avaient été reçus à bras ouverts et avaient bénéficié de privilèges particuliers en tant que « réfugiés du communisme », n’ayant pas à se soumettre aux exigences habituelles des services de l’immigration. La première vague d’exilés concernait essentiellement des Cubains des classes dirigeantes, leurs partisans, des parasites et des cadres militaires ou policiers, ainsi que des gens qui travaillaient dans les réseaux de crime organisé – dealers de drogue, propriétaires de bordels, souteneurs, propriétaires de casinos, etc. – qui prospéraient à l’époque de Batista.

Alors que la Révolution Cubaine commençait à mettre en œuvre des politiques économiques et sociales au profit des paysans, des travailleurs dans l’agriculture et l’industrie, et de la majorité de pauvres en général, de grands pans des classes moyennes et des professions libérales, relativement peu nombreuses, suivaient le grand groupe constitué de propriétaires terriens, de capitalistes, d’officiers de l’armée, de policiers et de gangsters. Alors que cela ne concernait qu’une faible minorité de la population, cela représentait néanmoins des centaines de milliers de personnes. Pour donner une idée du profil des candidats à l’émigration ; plus de 50% parmi les 6000 médecins de Cuba avaient quitté le pays après la Révolution Cubaine.

Ces médecins, dans leur immense majorité, travaillaient au service de la bourgeoisie et de l’aristocratie de Cuba. Le Cubain moyen consultait rarement, voire jamais, un médecin de toute sa vie. L’espérance de vie se situait au début de la cinquantaine. La mortalité infantile était de plus de 60 pour 1000, le taux parmi les plus élevés au monde. Aujourd’hui, Cuba délivre un diplôme à 10000 nouveaux médecins par an, l’espérance de vie est de près de 80 ans et la mortalité infantile de 4,5 pour 1000, un des taux les plus faibles au monde).

D’autre part, il faut savoir que ces premières vagues d’émigrés-exilés étaient constituées en majeure partie de Blancs ; parmi les réformes les plus radicales du gouvernement révolutionnaire cubain, il y a eu la suppression sur l’île de lois et de mesures de ségrégation calquées sur la loi Jim Crow.

Les Cubains d’origine africaine étaient parmi les partisans et les protagonistes les plus fervents et enthousiastes de la Révolution, ce qui se retrouvait dans le large soutien pour la Révolution Cubaine parmi la population noire aux Etats-Unis.

Evidemment, il n’y avait pas eu d’affrontement politique systématique entre les classes sociales lors de la Révolution Cubaine. Tous les Cubains des classes moyennes et bourgeoises ne s’étaient pas opposés à la Révolution et ne s’étaient pas exilés à Miami ; un bon nombre d’entre eux soutenaient la révolution, ou étaient mitigés, mais attachés à leur pays (si vous voulez avoir une excellente illustration de cette période de début de la Révolution du point de vue privilégié d’un bourgeois cubain resté seul à Cuba, allez voir le film « Mémoires du sous-développement » http://www.premiere.fr/film/Memoires-du-sous-developpement-145547 du réalisateur cubain Tomas Gutierrez Alea http://fr.wikipedia.org/wiki/Tom%C3%A1s_Guti%C3%A9rrez_Alea , un film fort, de renommée internationale).

Et il y avait aussi un petit nombre d’ouvriers, de paysans et d’Afro-Cubains qui soutenaient activement la contrerévolution. Néanmoins, il est incontestable que la majeure partie de la population cubaine à l’époque, et à une écrasante majorité dans les rangs des ouvriers, des paysans, de la jeunesse et des Noirs, avait adopté la Révolution comme sa propre œuvre et l’avait défendue activement.

Plusieurs milliers d’exilés cubains étaient recrutés par l’armée et les services secrets US pour mener des opérations secrètes contre Cuba. Des débouchés dans le commerce et la finance étaient offerts à l’ex-bourgeoisie cubaine au sud de la Floride par le gouvernement US et des mécènes des milieux d’affaires. Le Congrès US adoptait la loi : « Cuban Adjustment Act » en 1966, qui permettait d’obtenir rapidement le statut de résident permanent et accélérait les formalités pour l’obtention de la citoyenneté pour les opposants déclarés à la Révolution. Plus de 1,3 milliards de dollars, près de 10 milliards en valeur actuelle, étaient alloués pour des aides financières directes aux exilés.

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L’exode de Mariel http://fr.wikipedia.org/wiki/Exode_de_Mariel

Pendant plusieurs mois en 1980, toute une série de provocations contre Cuba de la part de l’Administration de James – dit “Jimmy” – Carter, en collaboration avec le gouvernement militaire conservateur péruvien, avaient déclenché des manifestations rassemblant jusqu’à 10000 Cubains à l’ambassade du Pérou à la Havane qui demandaient à quitter le pays (des millions de Cubains s’étaient à l’époque mobilisés pour soutenir la Révolution). La mort d’un policier cubain à l’ambassade péruvienne avait incité le gouvernement cubain à annoncer des mesures permettant à tous les Cubains qui voulaient quitter l’île de se dispenser de remplir les formalités habituelles.

Les Cubano-Américains étaient invités à venir retrouver leur famille au port de Mariel. Environ 125000 Cubains avaient ainsi débarqué aux Etats-Unis au cours de ce qu’ils avaient appelé l’ « évacuation par pont maritime depuis Mariel » (« Mariel Boatlift », NDT) – ou « l’exode de Mariel » (aujourd’hui, le gouvernement brésilien et les entreprises privées collaborent avec Cuba sur un projet industriel d’envergure pour faire de Mariel un port ultramoderne pour le transport des marchandises et les échanges commerciaux, et qui, une fois achevé et opérationnel, donnera un grand coup de fouet à l’économie cubaine).

Cette vague d’exilés était composée de gens de classes sociales bien différentes des premières vagues. Ils étaient davantage en marge de la société ; non intégrés dans la classe ouvrière, ils étaient indifférents ou hostiles au processus révolutionnaire à Cuba.

Beaucoup d’entre eux avaient un passé d’activités délictueuses et n’avaient plus à Cuba d’espace pour opérer ou de « créneau », comme les jeux, les prêts usuraires, la prostitution et le trafic de drogue. La majorité d’entre eux voulaient simplement quitter Cuba pour aller rejoindre de la famille ou des amis aux Etats-Unis et saisir l’occasion de se livrer à des activités commerciales, comme ils avaient compris que c’était possible.

Ils pensaient que les Etats-Unis seraient un terrain et un marché beaucoup plus propice pour leurs penchants pour le commerce, les contacts humains – ou le crime. La propagande aux US avait, à l’époque, accusé le gouvernement cubain d’avoir vidé les prisons et même les hôpitaux psychiatriques et d’avoir poussé la « lie de la société » dans les bateaux à destination des Etats-Unis. Les autorités avaient démenti cela avec véhémence et exigé qu’on leur donne les preuves de ce qu’ils avançaient, ce qui n’a jamais été fait, mais les accusations calomnieuses avaient perduré (pour avoir une explication enflammée de Fidel Castro sur toute cette affaire et sa réponse aux calomnies US américaines, lire : « An Encounter With Fidel » : An Interview by Gianni Mina, Ocean Press, pages 61-67 , ou en espagnol : « Un encuentro con Fidel », Entrevista realizada por Gianni Mina – journaliste à Il Manifesto – qui n’a, apparemment, pas été publié en français, NDT).

La vague d’immigration de la “période spéciale”

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Dans les années 1990, au cours de la crise économique dramatique de ce qui a été appelé à Cuba la « période spéciale », qui avait suivi l’effondrement des gouvernements de l’Union Soviétique et du « camp socialiste » de l’Europe de l’est, des milliers d’autres Cubains, attirés par le « Cuban Adjustment Act » http://viktor.dedaj.perso.neuf.fr/html/lobby2.html avaient quitté l’île de façon désordonnée, à cause du refus des Etats-Unis de conclure des accords qui permettraient d’appliquer des procédures d’immigration légales et organisées.

L’amélioration relative de l’économie cubaine, ces dernières années, et la levée des restrictions sur les voyages pour les Cubano-Américains sous la présidence d’Obama, alliées au début de la dépression et de la crise économique aux Etats-Unis et en Europe, a réduit le nombre de départs et l’instabilité politique liée à l’émigration cubaine aux Etats-Unis.

Il y a un nombre bien plus élevé d’immigrés irlandais et israéliens aux Etats-Unis que de Cubains, et cela sans qu’ils bénéficient des formalités express du « Cuban Adjustment Act » ou que ces pays subissent la diabolisation et la propagande du gouvernement US et des grands médias commerciaux.

Étant donné les désastres économiques que connaissent actuellement la Grèce, l’Espagne, le Portugal, et d’autres économies de l’ ”Eurozone”, des millions de travailleurs ont été déplacés et contraints d’envisager d’émigrer. Il serait intéressant de comparer les statistiques de l’émigration dans ces pays et à Cuba aujourd’hui. Beaucoup de personnes d’Espagne et du Portugal émigrent même en Amérique latine actuellement.

En tout cas, ce qui ressort de tout cela, c’est que la grande majorité des travailleurs cubains est fermement déterminée à rester à Cuba et se bat pour préserver sa révolution malgré le « Cuban Adjustment Act », malgré les menaces, les sanctions incessantes et le sentiment d’être tenue en état de siège permanent par les Etats-Unis, et malgré une conjoncture économique souvent difficile. Aujourd’hui, ces Cubains participent à des débats et se battent pour améliorer ce qu’il faut changer.

Elian Gonzalez

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L’affaire Elian Gonzalez dans les années 1990 a constitué un tournant politique qui a fait apparaitre les contradictions croissantes et troubles au sein de la communauté cubano-américaine. Elle a déclenché des tendances politiques centrifuges.

L’opinion publique aux Etats-Unis avait, à l’époque, massivement soutenu le droit du père d’Elian de retourner à Cuba avec son fils. Le cirque contre-révolutionnaire de droite à Miami, orchestré par des parents éloignés d’Elian, manipulés par des organisations cubano-américaines de droite, était considéré comme répugnant et inhumain. Washington tentait toutes les manigances pour garder Elian ici, et – dans ce qui aurait été un véritable coup de propagande – persuader son père de décider de ne pas retourner à Cuba. Mais ils ont fini par se rendre à l’évidence que ce n’était pas ce qui allait se passer et que l’opinion publique à Cuba, en Amérique Latine et aux Etats-Unis était de plus en plus indignée. Le père et le fils avaient finalement pu repartir. Cette histoire, qui avait retenu l’attention de la politique US pendant de longs mois, avait été une véritable gifle pour l’autorité et la crédibilité politique des organisations et des personnalités du mouvement contre-révolutionnaire des exilés.

La communauté cubano-américaine aujourd’hui.

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Plus d’un million et demi de personnes d’origine cubaine ont aujourd’hui acquis la citoyenneté américaine. La population de Cuba compte actuellement 12 millions d’habitants. Les Cubano-Américains représentent 4 à 5% des Latinos hispanisants sur une population de plus de 40 millions de personnes (les chiffres exacts sont difficiles à avoir, étant donné le nombre considérable de travailleurs sans papiers qui ont immigré pour intégrer un immense « marché noir » souterrain afin de travailler dans les champs, dans les usines et les villes des Etats-Unis quand ces emplois étaient relativement abondants). Ces immigrés hispanisants (ou ceux qui parlaient français, anglais, créole – pour les habitants des Caraïbes – ou portugais, pour les Brésiliens) qui venaient chercher du travail aux Etats-Unis venaient de tous les pays et avaient toutes les nationalités, mais seuls ceux d’origine cubaine, grâce au « Cuban Adjustment Act », bénéficiaient d’un accès accéléré à la citoyenneté US américaine et d’une existence légale pour y vivre et y travailler.

Plus des 3/4 des cubano-américains habitent en Floride, 1,2 millions de personnes d’après le recensement de 2010. Les quatre états suivants enregistrent une baisse importante des effectifs avec un peu plus de 80.000 dans le New Jersey et un peu moins de 80.000 à New York, environ 75.000 en Californie et 35000 au Texas. La Floride est le 4° état le plus peuplé des Etats-Unis, avec 18,8 millions d’habitants. Les Cubano-Américains représentent moins de 10% au total.

Les Cubano-Américains représentent 30% de la population latino de Floride. Les Afro-Américains constituent environ 16% de la population en Floride, les chiffres dans la plupart des décomptes englobent les immigrés noirs des Caraibes. La population haïtienne du sud de la Floride est de 100 à 200000 personnes, parmi lesquelles beaucoup de travailleurs sans papiers. Les Cubains représentent 32% des Latinos qui ont le droit de vote, les Portoricains 28% et les Mexicains 9%. Il est absurde de conclure d’après l’importance de l’électorat cubano-américain que ce « bloc » joue un rôle décisif dans l’élection du futur président, qui devra, par conséquent, ensuite, « se plier aux exigences extrémistes des anticastristes ». En manipulant les chiffres, on pourrait dire cela de tous les groupes, de toutes les communautés religieuses, de toutes les sectes. Quand la lutte est serrée entre les républicains et les démocrates, les 3% d’électeurs juifs de Floride ne jouent-ils pas un rôle « décisif » ? Et les 725.000 Portoricains ? Pourquoi les campagnes présidentielles ne flatteraient-elles pas les électeurs “pro-Aristide” de l’importante population haïtienne de Floride, qui, en grande majorité, soutiennent l’ancien président haïtien qui avait été expulsé de son pays à la suite d’un coup d’état militaire US ? (la campagne anti-Aristide avait été dirigée directement par Roger Noriega, cité plus haut).

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Cette absurdité est également flagrante quand on sait qu’en Floride, les Juifs, les Portoricains, les Haïtiens et 70% des Latinos non-Cubains ont beaucoup plus tendance à voter démocrate (s’ils se déplacent pour voter, comme ne le font pas près de la majorité des électeurs, en général, étant donné les choix sinistres qu’on leur propose), et sont contre les sanctions des Etats-Unis contre Cuba, que les Cubano-Américains qui sont censés voter majoritairement républicain et être des anticastristes obsessionnels et réactionnaires.

La vérité c’est que, une fois qu’ils ont acquis le droit de le faire, les Cubano-Américains se rebellent contre les menaces et les avertissements des Ros-Lehtinen, des Diaz-Balart, des Menendez, et des Rubio, c’est-à-dire les visages des élus au Congrès du « lobby de Miami » et se bousculent pour aller à Cuba pour reprendre contact avec leur pays d’origine et leurs familles. Des avions pleins à craquer partent tous les jours de Miami et toutes les semaines pour de plus en plus de villes différentes. Ils courent également acheter des billets et remplissent des salles de concerts pour aller voir les musiciens cubains comme « Los Van Van », qui s’identifient à la Révolution Cubaine (le 27 avril 2012, la compagnie Airline Charters, une des compagnies aériennes qui organise les voyages légaux pour Cuba, a été victime d’un incendie)

Le fait est que l’ancienne oligarchie de l’ère Batista et l’ex-bourgeoisie cubaine, qui ont aujourd’hui pignon sur rue au sud de la Floride et dans certaines enclaves au New Jersey et qui imposaient leur politique, arrivent aux derniers soubresauts de la fin de leur période de domination. Cette ex-bourgeoisie, qui avait été installée confortablement et avait été aidée à intégrer le monde des affaires, jouissait d’une niche douillette dans la politique bourgeoise USaméricaine pour pouvoir influencer la communauté cubano-américaine, bien plus nombreuse, et d’une certaine immunité accordée par le gouvernement des Etats-Unis.

Très important, si ce n’est déterminant, dans cette dynamique, est le développement aux Etats-Unis de la population latino qui n’est pas d’origine cubaine et qui a un vécu et une relation très différents concernant la « question cubaine ». Depuis des dizaines d’années, il y a eu une croissance et un poids politique plus grand dans la société et la politique US de cette plus importante communauté latino, qui comprend une large proportion de travailleurs sans papiers qui était source de main d’œuvre bon marché et de bénéfices élevés, nécessaires aux capitalistes US. Cette communauté latino plus importante englobe beaucoup de gens d’origines différentes ; des Mexicains, des populations d’Amérique Centrale, des Haïtiens (également concentrés à Miami et à New York) et dont aucun ne partage le point de vue sur Cuba, Fidel Castro, et la Révolution Cubaine, des survivants des premières vagues d’immigrés-exilés des années 60.

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Le fait est que, chez beaucoup de Latinos qui vivent et travaillent aux Etats-Unis, il existe une forte dose de fierté et de respect, si ce n’est de solidarité et d’affection, envers Cuba, qui résiste aux « Yanquis » avec dignité, même chez ceux qui sont loin d’adhérer aux opinions marxistes révolutionnaires de Fidel Castro.

En fait, on peut dire que les enfants et les petits enfants des premières vagues d’immigrés cubains, qui ne sont en général guère des partisans de la Révolution Cubaine, sont toutefois plus objectifs et plus curieux sur Cuba, et plus généralement, en faveur de la normalisation des relations et de la fin des sanctions US. Cette génération de Cubano-Américains a sans aucun doute été façonnée autant par ses expériences en tant que Latinos aux Etats-Unis et par leur interaction sur leur lieu de travail avec les employés latinos, ainsi qu’avec les autres employés, noirs et blancs, que par leur statut d’exilés de Cuba de seconde ou de troisième génération et par la Révolution Cubaine avec tout ce bagage politique.

L’ex-bourgeoisie de Cuba, bien que beaucoup d’entre eux aient prospéré dans les affaires et la politique bourgeoise grâce à leurs relations et leur statut, n’est en aucune façon intégrée à la classe dirigeante US. La plus grande partie des Cubano-Américains aujourd’hui sont des salariés, des employés de professions libérales, et des petits commerçants. Leurs opinions politiques se sont forgées et se sont développées essentiellement avec les grandes questions de la politique de classe aux Etats-Unis, et bien moins, et certainement pas de façon déterminante, avec les impératifs de la politique des exilés anticastristes. C’est d’autant plus vrai qu’il y a tant de Cubano-Américains qui se rendent sur l’île et se familiarisent avec les discussions économiques et politiques qui dominent la société cubaine aujourd’hui.

L’emprise d’extrême-droite de l’ex-bourgeoisie cubaine et des terroristes violents formés par la CIA sur les opinions politiques des Cubano-Américains concernant les relations Etats-unis-Cuba est en train de se relâcher. De plus en plus de Cubano-Américains, qui deviennent majoritaires ou n’en sont pas loin, sont pour des relations normales avec l’île et la levée des sanctions économiques et en matière de déplacements. C’est justement la pression croissante des Cubano-Américains qui a conduit l’Administration Obama à lever les restrictions sur les voyages pour cette partie de la population US (et uniquement elle).

Il est très important que Washington ait plus de mal à se dissimuler de façon crédible derrière la communauté cubano-américaine pour justifier ou rationaliser sa politique anti-Cuba. Le « Lobby de Miami » a toujours été le dirigé, pas le dirigeant, et la marionnette, pas le marionnettiste.

Espérons que ceux qui nous servent le mythe du Lobby de Miami se mettront au courant sur la réalité politique.

Ike Nahem

22 juin 2012

Ike Nahem est le coordinateur de « Cuba Solidarity New York », qui fait partie du Réseau National pour la Défense de Cuba. Nahem est conducteur de train à l’Amtrak (chemins de fer publics aux US, spécialisés dans le transport de voyageurs) et milite au Syndicat de Cheminots « Brotherhood of Locomotive Engineers and Trainmen », une branche de « Teamsters Union ».

Source : Washington and the Cuban Revolution Today
Part I : The Myth of the Miami Lobby
by Ike Nahem / June 22nd, 2012 http://dissidentvoice.org/2012/06/washington-and-the-cuban-revolution-today-ballad-of-a-never-ending-policy-2/

Traduction : emcee, des bassines et du zèle http://blog.emceebeulogue.fr/post/2012/06/29/Washington-et-la-R%C3%A9volution-Cubaine-aujourd-hui

Autre traduction de l’auteur : http://blog.emceebeulogue.fr/post/2010/04/02/Obama-et-Cuba%3A-la-fin-d-une-illusion-%282/2%29

EN COMPLEMENT

Blocus des Etats-Unis contre Cuba : encore une fois, le monde entier dit « NON » (sauf…) http://www.legrandsoir.info/blocus-des-etats-unis-contre-cub…

Cuba – Etats-Unis : jeux, enjeux et double-jeux sur la migration, par Viktor DEDAJ http://viktor.dedaj.perso.neuf.fr/html/migration.html

LE LOBBY CUBAIN AUX ETATS-UNIS DE 1959 A NOS JOURS, Salim LAMRANI http://viktor.dedaj.perso.neuf.fr/html/lobby.html

Elian, Opération Peter Pan et Mgr. Walsh http://viktor.dedaj.perso.neuf.fr/html/npa_peter_pan.html

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 1 juillet, 2012 |Pas de commentaires »
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