ISRAEL ET LE TABOU DE LA BOMBE
(ARTE)
Date de première diffusion : Sam., 7 juil. 2012, 13h03
http://videos.arte.tv/fr/videos/israel_et_le_tabou_de_la_bombe-6781120.html
ISRAEL ET LE TABOU DE LA BOMBE
(ARTE)
Date de première diffusion : Sam., 7 juil. 2012, 13h03
http://videos.arte.tv/fr/videos/israel_et_le_tabou_de_la_bombe-6781120.html

Les centrales nucléaires suisses sont capables de résister à un séisme exceptionnel comme il en survient tous les 10 000 ans. Les exploitants en ont fourni les garanties, a indiqué lundi l’Inspection Fédérale de la Sécurité Nucléaire (IFSN), qui exige des compléments d’analyse.
Un puissant tremblement de terre n’est donc pas un critère pour débrancher les réacteurs. Les quatre centrales suisses (cinq réacteurs au total) peuvent rester en activité, selon l’IFSN.
Les centrales avaient été priées de démontrer leur résistance à un important séisme à la suite de la catastrophe de Fukushima, au Japon. Les exigences en matière de protection sismique ont augmenté ces dernières années.
Refroidissement garanti
« Le refroidissement du coeur et le refroidissement des piscines de stockage d’éléments combustibles restent garantis sous l’effet d’un tremblement de terre ». La limite légale de dose de radioactivité de 100 millisievert « est nettement respectée lors de ces incidents ».
Les centrales nucléaires suisses « ont un niveau de sécurité élevé, aussi en comparaison internationale », a déclaré Hans Wanner, directeur de l’IFSN. C’est, selon lui, le résultat de la « politique des rééquipements continus ».
L’autorité de surveillance accepte les démonstrations de résistance des quatre centrales nucléaires. Celle de Gösgen a cependant remis à l’autorité de contrôle en mars « une démonstration de séismes en partie déficiente ».
Nouvelles mesures
L’IFSN a émis « à plusieurs reprises des requêtes supplémentaires » et « opéré ses propres calculs ». La centrale a remis la nouvelle version des documents en juin. Le premier examen de ces rapports montre « que les principales requêtes sont maintenant satisfaites ».
L’autorité de surveillance compte exiger des mesures de la part de la centrale de Gösgen. Elle devra ainsi expliquer « comment elle compte améliorer l’assurance qualité dans le domaine des analyses de sécurité ».
Les centrales de Leibstadt et Mühleberg doivent démontrer jusqu’au 30 octobre qu’un séisme d’une fréquence de 10’000 ans ne peut pas soulever ou déplacer les éléments combustibles. Mühleberg doit encore compléter les calculs de sécurité sismique des barrages.
(ats / 09.07.2012 15h40)
Communiqué de l’IFSN
Les centrales nucléaires suisses résistent à un tremblement de terre comme il s’en produit au maximum un tous les 10 000 ans , résume Georg Schwarz, chef de la division « centrales nucléaires », le résultat de l’examen par l’IFSN des démonstrations de maîtrise des séismes. « La protection de la population et de l’environnement face à une dose de radioactivité trop élevée est garantie. »
L’IFSN arrive à la conclusion que le refroidissement du coeur et le refroidissement des piscines de stockage d’éléments combustibles restent garantis sous l’effet d’un tremblement de terre. Ils sont aussi parés en cas de crue due à un séisme. La limite légale de dose de radioactivité de 100 millisievert est nettement respectée lors de ces incidents. Par-là, aucun critère de l’ordonnance de la mise hors service n’est atteint. Les centrales nucléaires peuvent ainsi rester en exploitation.
Le barrage de Mühleberg résiste
Dans le cadre de la démonstration de la maîtrise de la combinaison d’un tremblement de terre et de la défaillance de barrages dans le rayon de la centrale nucléaire de Mühleberg en raison d’un séisme, l’exploitant a démontré que ces constructions résistent. Les démonstrations pour les barrages de Mühleberg, de Schiffenen et de Rossens ont été évaluées par les services compétents de l’Office Fédéral de l’Energie (OFEN) et de l’Inspection Fédérale de la Sécurité Nucléaire (IFSN).
« Les démonstrations de maîtrise de séismes confirment les examens menés plus tôt dans le cadre de Fukushima, par exemple pour le test de résistance de l’Union Européenne », synthétise Hans Wanner, directeur de l’IFSN. « Les centrales nucléaires ont un niveau de sécurité élevé, aussi en comparaison internationale. » C’est aussi le résultat de la politique des rééquipements continus. « Par exemple, les centrales nucléaires plus âgées n’auraient pas réussi la démonstration sans les systèmes de sauvegarde bunkérisés, équipés dans les années huitante et nonante », retient Hans Wanner.
Des réserves quant à la démonstration de la centrale nucléaire de Gösgen
L’IFSN accepte les démonstrations des quatre centrales nucléaires suisses. La centrale nucléaire de Gösgen a cependant remis à l’IFSN en mars 2012 une démonstration de maîtrise des séismes en partie déficiente. L’IFSN a donc dû émettre à plusieurs reprises des requêtes supplémentaires. Elle a en outre opéré ses propres calculs. La centrale de Gösgen a en conséquence retravaillé en profondeur des parties de la démonstration. Elle a remis ses derniers rapports le 29 juin 2012. Le premier examen de ces documents a montré que les principales requêtes sont à présent satisfaites. L’IFSN peut donc accepter la démonstration sous réserve des résultats de la vérification détaillée à venir des nouvelles données de la centrale de Gösgen.
« Les défauts identifiés par l‘IFSN dans l’analyse de la résistance sismique de Gösgen ne sont malheureusement pas un cas particulier », critique Georg Schwarz. Dans le cadre du réexamen périodique de sécurité de 2008 déjà et de la démonstration en 2011 de la maîtrise de la crue d’une fréquence de 10 000 ans, les analyses de la centrale de Gösgen étaient piètrement documentées et/ou étaient d’une qualité technique insuffisante. En raison de manquements similaires, la centrale de Gösgen a seulement reçu l’évaluation « suffisant » dans le rapport de surveillance de 2009.
En rapport avec la prise de position sur le réexamen périodique de sécurité de 2008, que l’IFSN publiera plus tard cet été, l’autorité de surveillance requerra des mesures. La centrale de Gösgen devra ainsi présenter comment elle compte améliorer l’assurance qualité dans le domaine des analyses de sécurité.
Les démonstrations doivent être complétées
L’IFSN a émis toute une série de nouvelles requêtes aux centrales. Ces requêtes ne remettent cependant pas en question le résultat global des examens. En effet, il s’agit avant tout de compléter les analyses :
Les démonstrations de résistance aux séismes actualisées dans un avenir proche
« Les démonstrations de maîtrise des séismes actuelles n’ont qu’une validité provisoire », souligne Georg Schwarz. Elles se basent sur des calculs intermédiaires du projet PEGASOS Refinement de mai 2011. Au terme de ce projet et de l’examen de ses résultats par l’IFSN, l’autorité de surveillance détermina pour chaque site le risque sismique. Les exploitants auront alors à analyser sur cette base les hypothèses de risques sismiques. Ils devront également actualiser les démonstrations de résistance aux tremblements de terre.
A la suite d’événements importants attribués au niveau deux ou à un niveau supérieur de l’échelle d’appréciation internationale des incidents INES, un examen doit être mené pour vérifier si les critères de mise hors service sont remplis. L’IFSN a ordonné cet examen le 18 mars 2011, une semaine après le tremblement de terre au Japon. Les exploitants devaient entre autres prouver jusqu’au 31 mars 2012 que leurs installations maîtrisent un tremblement de terre et la combinaison d’un séisme et d’une crue causée par ce dernier.
Commentaires:
(Le Souffle c’est ma vie / Thierry LAMIREAU)
1 / L’IFSN ne tient pas compte des avis critiques extérieurs.
2 / L’étude n’est que provisoire.
3 / L’analyse des documents a été réalisée en seulement 10 jours !
4 / Les commentaires sont uniquement basés sur des calculs mathématiques.
5 / L’IFSN se réfère essentiellement aux documents et mesures des centrales elles-mêmes !
6 / Il manque toute une série de mesures !
7 / Les « nouvelles requêtes » de l’IFSN montrent la gravité de la situation et de l’état des centrales…or l’IFSN indique pourtant:
« L’IFSN a émis toute une série de nouvelles requêtes aux centrales. Ces requêtes ne remettent cependant pas en question le résultat global des examens. » « Les démonstrations de maîtrise des séismes actuelles n’ont qu’une validité provisoire », souligne Georg Schwarz. Elles se basent sur des calculs intermédiaires du projet PEGASOS Refinement de mai 2011.
8 / L’IFSN est tellement sûre d’elle-même qu’elle parle au présent de l’indicatif:
« Les centrales nucléaires suisses résistent aux séismes ».
Ce rapport est une véritable mascarade !
En SUISSE comme en FRANCE…
LE NUCLEAIRE MENT A LA POPULATION…
Quant aux journalistes…
ils sont toujours aussi complices…
par paresse professionnelle et intellectuelle !
En l’espace de quelques mois, les opposants à Mühleberg (BE) obtiennent un second verdict favorable. Le Tribunal Administratif Fédéral (TAF) contraint le DETEC à examiner les griefs émis par les riverains de la centrale après la catastrophe de Fukushima.
En mars dernier, le TAF avait donné raison aux opposants sur un point central. Il avait décidé que des impératifs de sécurité imposent une limitation de l’autorisation d’exploitation de la centrale jusqu’à fin juin 2013.
Parallèlement à cette procédure, actuellement pendante devant le Tribunal Fédéral (TF), le TAF a été saisi d’un autre recours des voisins. Ceux-ci avaient contesté une décision de non-entrée en matière du Département Fédéral de l’Environnement, des transports, de l’énergie et de la communication (DETEC).
Risques sismiques
Ebranlés par la catastrophe de Fukushima, survenue en mars 2011, les riverains avaient demandé au DETEC de reconsidérer l’autorisation d’exploitation. Ils expliquaient avoir certaines craintes en raison de l’état du manteau du réacteur.
Selon eux, il y avait plusieurs points critiques dans l’hypothèse d’un séisme, notamment ceux liés à l’insuffisance du système de refroidissement de la centrale. Le DETEC n’était pas entré en matière.
Saisi d’un recours contre cette fin de non-recevoir, le TAF contraint le Département de Doris Leuthard à se pencher sur les griefs des riverains.
Suivi attentif
Les Forces Motrices Bernoises (FMB), qui exploitent la centrale de Mühleberg, suivent attentivement l’évolution du dossier. Interrogé par l’ats, le porte-parole souligne que le groupe bernois souhaite en particulier savoir si le DETEC fera recours. Comme elles ne sont pas partie au dossier, les FMB ne peuvent décider d’un recours.
Le DETEC dit ne pas être surpris de cette décision qui s’inscrit selon lui dans la ligne de précédents jugements comme celui rendu en mars. Ce verdict est lui aussi susceptible de recours au TF. Le DETEC n’a pas encore pris de décision à ce sujet.
(ats / 09.08.2012 13h23)

La confrontation avec l’Iran, menée par les Etats-Unis, au sujet des programmes nucléaires a atteint un nouveau et dangereux stade suite au blocage de pourparlers internationaux et à l’imposition de sanctions supplémentaires destinées à paralyser l’économie iranienne. Le gouvernement Obama a à maintes reprises déclaré que toutes les options, y compris l’option militaire, restaient sur la table si Téhéran ne s’inclinait pas devant les exigences américaines.
En parlant cette semaine au « New York Times », des responsables américains ont donné le détail du renforcement militaire déjà en cours dans le golfe Persique sous prétexte de maintenir ouvertes les routes de navigation. Deux porte-avions – l’USS Lincoln et l’USS Enterprise – se trouvent dans la région, ainsi que leurs groupements tactiques associés. La marine américaine a doublé le nombre de dragueurs de mines dans le golfe et l’aviation américaine a renforcé sa présence par des avions furtifs F-22 et des chasseurs bombardiers F-15C.
Le Pentagone a stationné dans le golfe une plate-forme commando en mer, l’USS Ponce. Elle peut être utilisée de diverses manières, entre autres, comme base des forces spéciales américaines. Vu que la plateforme est déployée dans les eaux internationales, les troupes américaines seraient en mesure de mener des opérations à l’intérieur de l’Iran sans avoir à consulter les gouvernements régionaux pour utiliser leurs bases.
Un responsable américain du Département de la Défense a dit au « Times » : « Il ne s’agit pas seulement des ambitions nucléaires iraniennes, mais des ambitions hégémoniques régionales de l’Iran. C’est un ensemble complexe de la puissance militaire américaine qui est une preuve tangible pour tous nos alliés, partenaires et amis de ce que, alors même que les Etats-Unis se tournent vers l’Asie, ils restent vigilants partout au Moyen-Orient. »
Ces remarques soulignent le fait que des affirmations américaines infondées concernant les programmes nucléaires de l’Iran sont tout simplement le prétexte à une politique irresponsable visant à étendre l’hégémonie de l’impérialisme américain dans les régions riches en pétrole au Moyen-Orient et en Asie centrale. Washington considère le régime iranien comme un obstacle majeur à cette ambition.
La référence au « tournant » américain vers l’Asie – à savoir, l’intensification des efforts diplomatiques et militaires du gouvernement Obama pour contrer l’influence chinoise – est un indicateur de la stratégie sous-jacente. Les Etats-Unis ont pour objectif de contrôler les approvisionnements énergétiques de leurs rivaux, en particulier de la Chine, en s’assurant la mainmise stratégique sur le Moyen-Orient et aussi sur les routes maritimes-clés traversant l’Asie du Sud-Est à destination des ports chinois.
L’administration Obama a à présent atteint le dernier stade d’une stratégie de confrontation avec l’Iran et définie dès le premier jour de son entrée en fonction. La soi-disant approche de la « carotte et du bâton » fut conçue en détail dans un rapport publié en septembre 2008 par le Centre politique bipartite et parmi les auteurs duquel figure, entre autres, Dennis Ross, qui devint le principal conseiller d’Obama sur l’Iran. Les incitations américaines limitées pour que l’Iran négocie furent accompagnées par la mise en place de sanctions croissantes et la menace de frappes militaires.
L’offre d’Obama de discuter n’a jamais visé à parvenir à de véritables négociations avec le régime iranien. Elle devait plutôt garantir le soutien d’alliés européens-clés qui avaient été aliénés par la politique du gouvernement Bush. Les intentions de Washington devinrent évidentes lorsque, avec le soutien de la Grande-Bretagne, de la France et de l’Allemagne, Obama a lancé en juin 2009 une campagne de changement de régime en Iran pour soutenir le mouvement Vert d’opposition petite-bourgeoise et annuler la réélection du président, Mahmoud Ahmadinejad.
Les pourparlers entre l’Iran et le groupe P5+1 – les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, la France, la Chine, la Russie et l’Allemagne – ont plus ou moins périclité le mois dernier à Moscou. L’Iran a refusé d’accepter l’ultimatum, parrainé par les Etats-Unis, de mettre fin à l’enrichissement d’uranium à 20 pour cent, de renoncer à son stock d’uranium enrichi et de fermer son usine d’opérations d’enrichissement d’uranium à Fordow. Téhéran était tout à fait conscient que cet ultimatum n’était que le premier volet d’une série sans fin d’exigences américaines pour des inspections inquisitrices et un arrêt de tout enrichissement d’uranium. D’autres discussions techniques de second ordre eurent lieu cette semaine à Istanbul sans que soit fixée une date pour de nouveaux pourparlers.
Le gouvernement Obama n’a jamais négocié de bonne foi avec l’Iran, refusant même d’accepter tout report ou moratoire pour les nouvelles sanctions américaines et européennes imposées le 1er juillet. Un embargo de l’Union Européenne sur les importations pétrolières iraniennes est entré en vigueur dimanche, en complément à la législation américaine qui pénalise les entreprises étrangères faisant des affaires avec la banque centrale de l’Iran. Les exportations pétrolières cruciales pour l’Iran ont déjà chuté d’environ 40 pour cent, causant d’énormes difficultés pour la population laborieuse.
Washington a désormais quasiment épuisé toutes les « options diplomatiques » et imposé ce qui correspond à un blocus économique de l’Iran – ce qui en soi est un acte de guerre. La prochaine étape est l’option militaire. Comme le rapport de 2008 du Centre politique bipartite l’a souligné : « Nous estimons qu’une frappe militaire est une option envisageable et doit rester le dernier recours pour retarder le programme nucléaire de l’Iran. » Le rapport a expliqué qu’une attaque militaire américaine « aurait non seulement pour cible l’infrastructure nucléaire de l’Iran, mais aussi son infrastructure militaire conventionnelle dans le but d’éliminer toute réponse iranienne. »
Près de quatre ans plus tard, le renforcement des moyens miliaires par le Pentagone dans Golfe persique a créé la capacité de réaliser ces projets. Le gouvernement Obama a fait augmenter les tensions régionales par l’annonce de manoeuvres conjointes de grande envergure Etats-Unis-Israël en octobre ou novembre et ayant pour but de tester les systèmes de défense antimissiles. Le « New York Times » a rapporté que les Etats-Unis organiseraient dans le golfe Persique en septembre un important exercice de déminage avec 19 autres pays. Washington va également prendre d’autres mesures pour étendre ses liens militaires avec l’Arabie saoudite, le rival régional de l’Iran et avec les Etats du Golfe.
Ces agissements menaçants contre l’Iran, alors même que les Etats-Unis et leurs alliés menacent d’intervenir militairement contre l’allié de l’Iran, le régime syrien du président Bachar al-Assad, ont transformé le Moyen-Orient en une dangereuse poudrière. Indépendamment des intentions immédiates du gouvernement Obama, toute erreur de calcul militaire ou tout incident peut devenir le point de départ d’une guerre qui pourrait rapidement se transformer en un conflit régional où les grandes puissances se verraient entraînées.
(Article original paru le 5 juillet 2012)
Les co-gestionnaires du nucléaire…
de : Coordination Stop-Nucléaire
vendredi 6 juillet 2012 – 10h35
Quand, les élus verts au Parlement Européen votent en novembre 2009, un texte comprenant la résolution suivante : “ … le passage… à une économie à faible intensité de carbone conférera à l’énergie nucléaire un rôle important dans le bouquet énergétique à moyen terme… ”, ils votent presque à l’unanimité, pour ce texte, notamment Eva JOLY, Daniel COHN-BENDIT, Michèle RIVASI, Yannick JADOT, José BOVE lui s’est courageusement abstenu !!!
Quand le député EELV Noël MAMERE dénonce, à propos du projet Astrid (d’étude du réacteur nucléaire de quatrième génération), un nouvel accroc à l’accord signé entre son parti et le PS sur le nucléaire (demandant à son parti de s’interroger sur son vote de confiance au gouvernement), ce vert pâle oublie que dans les années 80 il chantait les louanges notamment du surgénérateur Superphénix dans ce qu’on appelle chez les journalistes des « ménages » au service de l’industrie nucléaire. Le même Noël Mamère vient, néanmoins et sans surprise, de voter ainsi que tout le groupe parlementaire EELV la confiance au gouvernement de Jean-Marc Ayrault. Cà c’est de l’indignation !
Quand le président François HOLLANDE se prononce pour une exploitation au plus tôt par AREVA, si possible avant la date prévue de 2014, de la mine géante d’uranium IMOURAREN au Niger, elle dit quoi Cécile DUFLOT, ministre d’un gouvernement pro-nucléaire ? Il dit quoi le sénateur Jean-Vincent PLACE ? Rien ! La soupe est trop bonne ?
Et Pascal DURAND le nouveau porte parole d’EELV il dit quoi… :
« Pour Europe Écologie Les Verts, les entreprises françaises, où qu’elles se trouvent dans le monde, doivent s’y montrer exemplaires. Elles doivent s’imposer les mêmes normes environnementales qu’en France et respecter, a minima, les normes sociales définies par l’OIT. EELV réaffirme qu’un autre « développement » économique et humain est possible au Niger : il passe par un nouveau partenariat avec la France et l’Europe, la généralisation de l’agriculture vivrière et, par exemple, par la mise en valeur du potentiel solaire incomparable du pays. La France, pour pouvoir utilement accompagner cette transition, doit elle-même s’engager dans une transition énergétique qui l’amènera à réduire sa dépendance à l’uranium. »
Il ne veut pas fermer les mines d’uranium non, il dit « RÉDUIRE SA DÉPENDANCE À L’URANIUM », et la « sortie du nucléaire » grâce a la fameuse « transition énergétique », c’est pour quand ??? Jamais !
Quand « l’écolo libéral » Daniel COHN-BENDIT nous déclare en aparté sur le nucléaire “faudrait arrêter, mais on peut pas« , on se rappelle que son (toujours) conseiller et frère, Gabriel COHN-BENDIT, dans « Libération » du 6 janvier 2000, proposait sous le titre « Vacances vertes ». « Pourquoi ne pas imaginer un service civil, garçons et filles, géré par le ministère de l’environnement, où l’on formerait les jeunes à intervenir dans des situations telles que tremblements de terre, inondations, feux de forêts, accident nucléaire ».
Quand la direction du Réseau Sortir du Nucléaire fait la promotion du scénario Négawatt de sortie du nucléaire en 22 ans et que, au nom du « tous ensemble », elle soutient la politique d’EELV, encore membre de cette pseudo fédération d’associations et de partis politiques, que peut bien attendre la lutte antinucléaire de ce « Réseau » ?
Quand Pascal HUSTING, directeur général de « Greenpeace France » déclare page 11 dans Direct Matin n°495 le 29 juin 2009 :
« Mieux vaut prolonger les centrales qu’en construire de nouvelles… Une grande partie des centrales pourrait voir leur vie prolongée de dix ans, voire même de vingt ans… ». on se dit quoi ? Il est antinucléaire lui ?
Quand l’ACRO (Association pour le Contrôle de la Radioactivité dans l’Ouest) invite à un débat public (de concertation) sur la gestion post-accidentelle d’un accident nucléaire à l’université de Caen, elle réalise le rêve des autorités, associer la population ou les associations qui se présentent comme ses défenseurs, pour préparer la co-gestion du futur désastre.
Quand Monique Sené du GSIEN (Groupement des Scientifiques pour l’Information sur l’Energie Nucléaire) se fait le chantre de la contre-expertise et participe comme « contre expert officiel » à la concertation sur les installations nucléaires, que fait-elle à part démontrer que le nucléaire est « gérable » ?
Quand Maxime Combes, un apparatchik d’ATTAC, pense qu’il est politiquement inacceptable qu’à Lézan en août 2011 il y ait eu un vote direct à main levée pour « L’arrêt immédiat du nucléaire civil et militaire » et se débrouille pour faire supprimer le mot « immédiat » et revoter pour un beaucoup plus neutre « Arrêter le nucléaire civil et militaire », c’est bien afin de ne pas effrayer la nouvelle grande « union » de la gauche et des organisations environnementales avant la présidentielle de 2012.
Et puis que pensent certains intervenants « de prestige » à Notre-Dame des Landes comme la “vedette altermondialiste” Susan GEORGE du tabassage et du gazage (gaz CS) des manifestants anti-THT au Chefresnes, elle qui a toujours été prête à condamner « les violences des manifestants » notamment à Gênes où est mort Carlo GUILIANI. Comme si c’était eux qui commençaient les violences et pas les flics.
Comment osent-ils encore se prétendre antinucléaires, eux qui participent à la prolongation du nucléaire et à sa co-gestion avec les pouvoirs en place ?
Avec de tels « alliés », les antinucléaires dits « radicaux » ont-ils encore besoin d’être matraqués et gazés par les flics ? Tous ces pseudo antinucléaires ne suffisent-ils pas pour tenter d’étouffer notre parole ?
Qu’il soit entendu que nous ne nous laisserons pas faire !
Coordination Stop-Nucléaire,
pour l’Arrêt Immédiat Inconditionnel et Définitif du Nucléaire.
Nucléaire

Comment parler de la vie et de l’avenir quand on a vécu une catastrophe nucléaire ? Au Japon, des auteurs ont publié en septembre 2011 un recueil collectif de haïkus, ces poèmes japonais extrêmement brefs, pour exprimer leur ressenti, leurs peurs, leurs espoirs. Voici la préface de ce recueil, intitulé « Après Fukushima ».

Seegan MABESOONE

En mars 2011, ce haïku m’est « tombé du ciel ». Déjà vingt ans que j’habite au Japon et que je compose des haïkus dans la langue de ce pays, pourtant je n’avais jamais ressenti cela. Six ans que je suis marié (ma femme est japonaise), trois ans que je suis père, deux ans que nous avons acheté un appartement ici, avec un long prêt à rembourser… et puis, un soir de printemps, c’est « l’accident nucléaire ». En contemplant la chute, par vagues, des fleurs de cerisiers du Japon (sakura), j’ai d’abord voulu dire « pardon » à ma fille de 3 ans. Pardon de ne pas m’être renseigné sur le nucléaire au Japon avant ta naissance. Pardon de n’avoir rien fait. Je suis français de nationalité, mais je porte une responsabilité indélébile, car j’ai décidé de faire ma vie et de t’élever ici. Dorénavant, pendant des dizaines d’années, tu vas devoir te débattre avec nos détritus. Bien-sûr, je dis cela parce que je crois que tu vivras longtemps… Cela me rappelle que je te dis sans arrêt, comme pour tout enfant, « Range tes affaires, mets ça à la poubelle ! ». Eh bien, depuis « l’accident nucléaire », à chaque fois que je prononce ces paroles banales, j’ai un pincement au cœur. J’entends une petite voix me dire : « Et toi, l’adulte, tu les as rangées, tes affaires ? Combien de déchets mortels laisses-tu à ta fille ? »

Kayo TAKAHASHI
Presque tous les poètes de haïkus japonais le sentent… Ils savent, grâce à l’observation quotidienne de la Nature et des saisons, que le temps humain devrait être vécu, aussi, de façon cyclique. Bashô (1644-1694), dans le prologue de son chef-d’œuvre La Sente du bout du monde écrivait : « La lune et le soleil, les mois et les jours, sont des voyageurs au long cours pour les siècles des siècles, et les années de même sont des passagères. » Pourtant, il semble bien que l’homo sapiens ne soit pas doué du sens de « l’équilibre au long terme », il n’a pas la patience de la lune et de ses cycles. Il voit son intérêt, son temps est unidimensionnel, dirigé droit vers le but, quels que soient les moyens utilisés, et les déchets accumulés. L’homme s’est considérablement développé matériellement, c’est vrai, en accumulant des déchets chimiques et du gaz carbonique, entre autres, mais il fait face maintenant à un tout nouveau type de déchet : les radionucléides artificiels. Force est de constater qu’il y a une différence, non pas de niveau, mais de nature.

Setsuko IDE

Toyoko MAKI
En vérité, ces « poussières du printemps » ne sont perceptibles par aucun de nos sens, elle se répandent instantanément sur des étendues immenses, dans le bac à sable des enfants, sur les champs et les rizières, via la pluie, la neige, le vent, à travers l’eau courante, au cœur de la viande, du poisson, de la thyroïde des enfants ou dans leur urine…

Yoshimi WADA

Mitsuru IKEDA

Shigemi OOBAYASHI
Mais en plus, au hasard des vents et du relief, des villes éloignées de la centrale se trouvent soudain transformées en « points chauds », avec une radioactivité dans l’air et une contamination des sols dix fois plus importantes que la ville d’à-côté. À ce propos, le groupe de poètes de haïkus « Seegan Kukaï » que j’anime depuis huit ans se réunit principalement à Nagano, mais aussi à Nagareyama, dans la préfecture de Chiba (nord de Tokyo), célèbre « point chaud » très peuplé. Entendons le cri des habitants de ces villes :

Tomiko OKUDA

Teruko UTASHIRO
Cette « pollution » est invisible, omniprésente, mais surtout, elle est là pour très, très longtemps. La plupart des radionucléides artificiels nés de la fission de l’uranium ont une durée de vie qui, à l’échelle d’un être humain, signifie qu’« elles sont là pour toujours ». Demi-vie du césium 137 et du strontium 90 : environ 30 ans. Demi-vie du plutonium 239 : 24 000 ans. Nous ne sommes plus à une échelle humaine. Il est difficile, mais possible, de « séparer » les radionucléides, mais, par contre, il n’est pas possible de les faire disparaître. Ces atomes bancals, qui existent dans ce monde uniquement du fait de l’homme, sont proprement inhumains.

Hideko OKAZAKI
À faire bouillir des chaudrons gigantesques avec ce « feu divin » pour en récupérer une force électrique, un pays comme le Japon produit tous les ans 1.000 tonnes de déchets hautement radioactifs chargés en plutonium (même ordre de grandeur pour la France ou les États-Unis). Même au cas où il ne se produit aucun accident, reste le problème éthique de savoir si nous avons le droit moral de laisser aux générations futures une telle quantité de poisons mortels à gérer pour des millénaires. En d’autres termes, dans un pays sans aucun risque sismique, aussi, cette façon de produire de l’électricité est une insulte faite à nos enfants. Albert Einstein était clair sur ce sujet, en s’écriant : « L’énergie nucléaire est le moyen le plus maléfique de faire chauffer de l’eau » !

Sadako OGASA
Tous ceux qui ont vécu au Japon le printemps 2011 gardent de cette période une sorte de traumatisme, le souvenir d’une peur que « tout s’écroule » d’une seconde à l’autre, et ils comprennent certainement ce que j’écris : la menace nucléaire n’est comparable à aucune autre.

Seïryû KODAMA

Fumiko USUDA
Bien sûr, nos pensées vont d’abord à tous ceux, surtout dans la préfecture de Fukushima, pour qui tout s’est effectivement écroulé, et nous leur dédions ce recueil.

Yasuko KOBAYASHI
Ce recueil n’est pas uniquement une élégie. Les membres de notre groupe « Seegan kukaï » adressent un message fort aux dirigeants politiques, aux hauts fonctionnaires, aux dirigeants d’entreprise et aux scientifiques : Reconnaissons, enfin, avec humilité, que le nucléaire civil a été une aventure malheureuse dans l’histoire de l’humanité, et qu’il est temps d’y mettre fin !

Shidomi SUZUKI
Arrêtons cela ! Tant pis si nous payons plus cher l’électricité. Tant pis si nous libérons un peu plus de gaz carbonique en utilisant un peu plus de carburants fossiles de façon transitoire : entre le CO2 et le plutonium, le choix est fait ! Et puis, nous vous promettons de consommer cette Fée Électricité avec un plus de sobriété. Mais pour l’amour de notre Terre, écoutez-nous !

Ken’ichi KANEKO
Mesdames, messieurs du « village nucléaire » (comme on dit joliment au Japon), peut-être gagnerez-vous moins d’argent, mais nous vous demandons de concentrer tous vos efforts sur les énergies solaires, éoliennes, sur la force des marées et la chaleur des profondeurs telluriques. Si nous continuons le nucléaire en zone ultra-sismique, il faudra accepter la responsabilité, dans quelques années, non seulement de l’apparition d’innombrables cancers infantiles, mais aussi celle d’une nouvelle tragédie, à la suite d’un second accident nucléaire. Vous le savez, les plus grands spécialistes mondiaux l’affirment.

Image : © Bengal / CFSL
En savoir plus
Pour commander un exemplaire de ce recueil (non édité en France), vous pouvez envoyer 5 coupons réponse internationaux (1,25 euro chacun, disponibles dans les grands bureaux de poste, en France) à l’adresse suivante :
Seegan MABESOONE 625-20-304 NISHIGOCHO – NAGANO-SHI – 380-0845 JAPON (tél./fax 026 234 3909)
Par Gokan Gunes, publié le 05/07/2012 à 16:08
Une femme au milieu des décombres le 2 mai 2011 à Minamisoma dans la préfecture de FukushimaAu Japon, un rapport pointe du doigt la responsabilité humaine de la catastrophe nucléaire de Fukushima. Le gouvernement de Naoto Kan, alors Premier ministre, et l’exploitant de la centrale sont mis en cause. « Fukushima a une cause humaine« , affirmait Naoto Kan, l’ancien Premier ministre japonais, dans une interview exclusive accordée à L’Express à l’occasion de la commémoration de la triple catastrophe qui avait ébranlé l’archipel nippon en mars 2011. S’il reconnaissait quelques maladresses, Naoto Kan défendait toutefois la gestion de la crise par son gouvernement.
Un rapport publié par la Commission d’enquête constituée après la catastrophe nucléaire vient noircir un peu plus son bilan. Le désastre « aurait pu et aurait dû être anticipé puis prévenu » et ses effets « auraient pu être atténués avec une réaction humaine plus efficace », indique le document long de 641 pages.
Responsabilité du gouvernement
« L’accident est le résultat d’une collusion entre le gouvernement, les agences de régulation et l’opérateur Tepco [Tokyo Electric Power Company, exploitant de la centrale], et d’un manque de gouvernance de ces mêmes instances », accuse le rapport. « Ils ont trahi le droit de la nation à être protégée des accidents nucléaires », peut-on lire. « C’est pourquoi nous sommes parvenus à la conclusion que l’accident a été clairement créé par l’homme », avancent ses auteurs.
L’accident de Fukushima, le plus grave depuis la catastrophe nucléaire de Tchernobyl en 1986, a eu lieu juste après un séisme de magnitude 9 dans la région du Tohoku (nord-est) qui a déclenché un tsunami sur le littoral oriental. Une vague de près 15 mètres de haut avait déferlé sur le site de la centrale Fukushima Daiichi, noyant les systèmes de refroidissement des réacteurs et les générateurs de secours situés en sous-sol.
Les agences de régulation et la direction de Tepco n’ont délibérément rien fait
« La direction de Tepco était consciente des retards dans les travaux antisismiques et des mesures contre les tsunami et savait que Fukushima Daiichi était vulnérable », souligne la commission.
Un précédent rapport, mandaté par Tepco, avait disculpé la puissante compagnie d’électricité de toute responsabilité, en affirmant que la puissance du séisme et l’ampleur du tsunami dépassaient toutes les prévisions et ne pouvaient pas être raisonnablement envisagées. « Cela ressemble à une excuse pour échapper à ses responsabilités », rétorque la commission.
« Bien qu’ayant eu de nombreuses occasions de prendre des mesures, les agences de régulation et la direction de Tepco n’ont délibérément rien fait, ont reporté leurs décisions ou ont pris des mesures qui les arrangeaient », ajoute-t-elle.
Le rapport d’enquête reproche également à l’opérateur de ne pas avoir réagi suffisamment vite dans les premières heures de l’accident. « Cela ne doit pas être attribué à des problèmes d’individus sur le site, mais à des problèmes structurels de Tepco », note-t-il cependant.
Les réacteurs nucléaires redémarrent
Cette commission d’enquête était composée de 10 membres de la société civile (sismologue, avocats, médecins, journaliste, professeurs) désignés par les parlementaires. Présidée par le professeur Kyoshi Kurokawa, elle a interrogé les principaux acteurs de l’époque et mené des investigations depuis décembre 2011.
La commission avait auparavant questionné le patron de Tepco de l’époque, Masataka Shimizu, qui s’était défendu d’avoir voulu abandonner la centrale dans les heures ayant suivi le tsunami, contrairement aux affirmations de Naoto Kan, du porte-parole du gouvernement, Yukio Edano, et du ministre de l’Industrie d’alors, Banri Kaieda. La publication de ce rapport incendiaire intervient quelques semaines après la décision du gouvernement de Yoshihiko Noda d’autoriser le redémarrage de plusieurs réacteurs nucléaires.
AFP
REMARQUE:
(Le souffle c’est ma Vie / T.LAMIREAU)
LES PROBLEMES
SERAIENT
IDENTIQUES
EN
FRANCE
DANS UNE SITUATION
DE
CATASTROPHE NUCLEAIRE !
Manifestation contre le nucléaire à Tokyo
TOKYO (Sipa) — Plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées lundi 16 juillet 2012 dans un parc de Tokyo, se joignant au prix Nobel de littérature 1994 Kenzaburo Oe et la star japonaise Ryuichi Sakamoto pour demander l’abandon du nucléaire.
Ce rassemblement a été décidé alors que le Japon se prépare à redémarrer un autre réacteur dans sa centrale d’Ohi.
Le Premier ministre Yoshihiko Noda avait annoncé le 16 juin la décision du gouvernement de remettre en service deux réacteurs de la centrale d’Ohi, affirmant qu’il s’agissait d’une nécessité économique. Il avait invoqué les risques de pénurie de courant durant l’été, et ses répercussions sur l’économie et la vie de la population.
Avant le tsunami du 11 mars 2011 et l’accident consécutif à la centrale de Fukushima, le plus grave depuis celui de Tchernobyl en 1986, le Japon comptait 50 réacteurs en service. Jusqu’au 1er juillet, et la remise en service d’un premier réacteur à la centrale d’Ohi, tous étaient à l’arrêt pour contrôles de sécurité, maintenance programmée ou mise hors service par le tsunami, comme à Fukushima.
Le nucléaire, avant le 11 mars 2011, constituait environ 30% de la production d’électricité au Japon.
Selon les organisateurs, la manifestation a attiré 20.000 personnes dans le parc de Yoyogi, alors que le réacteur doit être remis en service d’ici la fin de la semaine.
ir/AP-v100
(AP / 16.07.2012 10h51)
TOKYO – Je veux rendre un Japon propre à mes enfants et à mes petits-enfants. Comme des dizaines de milliers de Nippons, Akiko Ichikawa est montée lundi 16 juillet 2012 à Tokyo depuis sa province pour exiger l’arrêt du nucléaire, seize mois après l’accident de Fukushima qui a traumatisé la population.
Venue de la préfecture de Shiga (centre), cette retraitée espère que le Premier ministre Yoshihiko Noda saura entendre la voix croissante de la contestation antinucléaire et renoncera à autoriser le redémarrage progressif des réacteurs du Japon.
En fin de matinée des milliers de petits groupes hérissés de grandes banderoles verticales recouvertes de slogans, ont convergé en bon ordre vers le parc familial de Yoyogi du quartier branché de Shibuya à Tokyo, et rapidement le rassemblement a pris des allures de kermesse.
De nombreux stands régionaux côtoyaient des ateliers-débats sur l’énergie et des projections de documentaires, tandis que des chanteurs de tous âges égayaient l’ambiance en divers points du vaste complexe.
Les organisateurs ont revendiqué quelque 170.000 personnes, bien au-delà de leur objectif déclaré de 100.000. La police a de son côté prévenu qu’elle ne donnerait pas d’estimation. Quoi qu’il en soit c’est une des plus manifestations les plus massives depuis l’accident de Fukushima. Depuis quelques mois, des manifestations rassemblent des dizaines de milliers de personnes à Tokyo tous les vendredi.
Le gouvernement place l’économie avant la santé. Il faut continuer d’informer la population pour agrandir le réseau, jusqu’à ce que les autorités nous entendent, estime Kuniko Matsubara, arrivée de la préfecture de Miyagi, la plus touchée par le séisme et le tsunami du 11 mars 2011.
Le traumatisme consécutif au désastre de Fukushima, qui a entraîné l’évacuation d’une centaine de milliers de personnes et rendu des zones inhabitables pour plusieurs décennies, a conduit la population à être beaucoup plus méfiante vis-à-vis du nucléaire.
Un seul des 50 réacteurs de l’archipel fonctionne actuellement, les autres ont été arrêtés soit à cause d’une catastrophe naturelle, soit par mesure de précaution en attendant des examens complémentaires de sûreté.
Un accident nucléaire a des conséquences ineffaçables et marque à jamais le territoire. C’est pour ça qu’il faut arrêter d’utiliser cette énergie, explique Satoshi Kobayashi, père de deux jeunes enfants qu’il a amenés pour les sensibiliser à l’enjeu.
Sur une vaste place en marge des stands, une scène plus grande que les autres voit défiler des orateurs, applaudis par la foule écrasée par un soleil de plomb. Pour combattre la chaleur, beaucoup de femmes âgées se rafraîchissent avec de petits éventails ronds frappé d’un no nuke (pas de nucléaire) en rouge.
Le mouvement « Adieu l’Energie Nucléaire ! » à l’origine de l’événement a su fédérer des groupes militant de longue date contre l’atome et des personnalités porte-étendard comme le compositeur Ryuichi Sakamoto ou le prix Nobel de littérature Kenzaburo Oe, autour desquels se sont rassemblés des individus pas forcément coutumiers des manifestations.
En ce lundi férié, jeunes et moins jeunes sont venus de tout l’archipel: non seulement de la région du Tohoku (nord-est) où se trouve Fukushima, mais aussi de l’île de Kyushu (sud), de Shikoku (sud-est) et de Hokkaido (nord), des contrées du Kansai (centre-ouest de l’île principale de Honshu) et des environs de Hiroshima (sud-ouest de Honshu).
Trois défilés sont partis de l’esplanade en début d’après-midi sillonner différents quartiers de la capitale.
La mobilisation augmente mais il faudrait aller plus loin. Pourquoi pas un mouvement social avec des grèves ?, espère Mayumi Ishida, étudiant de l’université du Tohoku à Sendai (nord-est).
Les organisateurs promettent de ne pas relâcher la pression sur le gouvernement qui doit encore arbitrer les décisions sensibles de redémarrage des réacteurs.
(©AFP / 16 juillet 2012 11h26)
Tout « baigne » à FUKUSHIMA…
Circulez, y’a rien à voir !
Plus de problèmes…
les Japonais peuvent crever en silence !
Traduction de la présentation originale de l’auteur :
Diffusez ! SVP partagez.
Le 23 Juin 2012, j’ai mesuré la radoactivité sur la berge de la rivière Abukama dans la ville de Fukushima, préfecture de Fukushima au Japon.
Le point de mesure est vers le centre de la ville, près du pont de la RN4, à seulement 200m des bureaux du gouvernement préfectoral, et 55 km de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi.
Il y a des fossés de drainage des eaux pluviales venant de Watari, un quartier d’habitations de la ville de Fukushima.
J’ai mesuré sur la berge de la rivière :
0,45 µSv/h dans l’air à hauteur de poitrine.
15,70 µSv/h à 1m au dessus de la boue du fossé de drainage,
85,03 µSv/h au contact de la boue.
On dit que Watari est la zone le plus chaude du centre de Fukushima.
L’appareil de mesure est un Ecotest MKS-05 fabriqué en Ukraine.
Population de la ville de Fukushima : 290.000 habitants.
—————————-
Cet endroit a été signalé en Juin 2012 par un programme de NHK-ETV, « Qu’est-ce qui se passe dans les rivières? Réseau, carte de la pollution de Fukushima »
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Vidéo et descriptifs originaux en Anglais de Birdairjp :
http://youtu.be/lk6YSOK3Uz8

Le réacteur 3 de la centrale d’Ohi à l’ouest du Japon a été relancé dimanche soir malgré l’opposition de citoyens traumatisés. Il marque le premier redémarrage réel depuis le désastre atomique de Fukushima en mars 2011 et la fin d’une brève période sans énergie nucléaire.
En dépit d’une opinion publique très divisée et de manifestations récurrentes, Kansai Electric Power a remis en marche ce réacteur, selon plusieurs médias japonais. La réaction en chaîne devrait être confirmée lundi matin et la production d’électricité débuter mercredi 4.
Tests de résistance
La compagnie avait reçu le 16 juin l’aval des autorités locales et du premier ministre pour remettre en service les réacteurs 3 et 4 d’Ohi (ou Oi). Elle avait immédiatement commencé les préparatifs.
La municipalité d’Ohi, la préfecture de Fukui (province où se trouve le réacteur) et le gouvernement central ont jugé que ces réacteurs pouvaient être remis en exploitation en toute sécurité sur la foi de tests de résistance validés par les instances de contrôle. Et ce même si des sismologues ont lancé des mises en garde et que les travaux de renforcement contre les séismes et tsunamis ne seront achevés que dans trois ans.
Pétition
La remise en exploitation du réacteur 3 d’Ohi, en attendant le 4 dans quelques jours, met ainsi fin à près de deux mois d’absence totale d’énergie nucléaire au Japon. Une situation que nombre de citoyens auraient voulu définitive.
Outre une pétition qui a recueilli pour l’heure plus de 7,5 millions de signatures, ces deux derniers vendredis des dizaines de milliers de Japonais ont manifesté leur opposition aux centrales nucléaires en se rassemblant devant la résidence du premier ministre à Tokyo.
(ats / 01.07.2012 19h21)
TOKYO (AP) — La compagnie Kansai Electric Power a annoncé dimanche le redémarrage du réacteur numéro 3 de sa centrale nucléaire d’Ohi, dans l’ouest du Japon, pour la première fois depuis l’accident de Fukushima en mars 2011.
Le Premier ministre Yoshihiko Noda avait annoncé le 16 juin la décision du gouvernement de remettre en service deux réacteurs de la centrale d’Ohi, affirmant qu’il s’agit d’une nécessité économique. Il a invoqué les risques de pénurie de courant durant l’été, et ses répercussions sur l’économie et la vie de la population.
Première étape de la remise en exploitation, la réaction en chaîne du réacteur 3 a repris dimanche après-midi, a expliqué sur son site Internet Kansai Electric Power, principal fournisseur d’énergie de la région englobant les villes d’Osaka et Kyoto. Le raccordement du réacteur 3 au réseau électrique et la remise en route du réacteur 4 auront lieu ultérieurement.
Avant le tsunami du 11 mars 2011 et l’accident consécutif à la centrale de Fukushima, le plus grave depuis celui de Tchernobyl en 1986, le Japon comptait 50 réacteurs en service. Jusqu’à ce dimanche, tous étaient à l’arrêt pour contrôles de sécurité, maintenance programmée ou mise hors service par le tsunami, comme à Fukushima. Le nucléaire, avant le 11 mars 2011, constituait environ 30% de la production d’électricité au Japon.
Selon les autorités locales d’Ohi, la préfecture de région de Fukui et le gouvernement, les tests de résistance pratiqués à Ohi montrent que les réacteurs peuvent être remis en service en toute sécurité.
Taisuke Kohno, un des quelque 200 manifestants rassemblés dimanche en signe de protestation devant la centrale d’Ohi, n’en est absolument pas convaincu. « C’est un mensonge de dire que l’énergie nucléaire est propre », a estimé ce musicien de 41 ans.
Vendredi soir, une manifestation d’une ampleur rarement vue au Japon a réuni plusieurs dizaines de milliers de personnes devant le siège du gouvernement à Tokyo. « Non aux redémarrages », ont notamment scandé les protestaires, qui ont également réclamé la démission de M. Noda.
L’énergie nucléaire suscite la méfiance croissance de l’opinion, malgré le silence initial des grands médias. Relayées par les réseaux sociaux, les manifestations se sont multipliées dans le pays depuis le 11 mars 2011, avec le soutien de personnalités comme l’écrivain Kenzaburo Oe, prix Nobel de littérature 1994, ou le musicien Ryuichi Sakamoto, qui a composé la musique du film « Le dernier empereur ». AP
ll/v0215
(AP / 01.07.2012 19h52)
REMARQUE:
(Le Souffle c’est ma vie / Thierry LAMIREAU)
Une fois de plus,
pression énorme du lobby pro nucléaire.
Décision complètement INCONSCIENTE !
IL Y AURA DONC ENCORE DES CATASTROPHES NUCLEAIRES
AU JAPON !
POPULATION JAPONAISE:
REVOLTE-TOI !
Depuis plus d’un an, des hommes, dont on ignore le nombre, s’activent dans la centrale nucléaire de Fukushima. Comme à Tchernobyl il y a 25 ans, ils tentent de contenir le feu atomique, au péril de leur santé et de leur vie. Qui sont ces « liquidateurs » ? Quelles sont leurs conditions de travail ? Le mutisme de Tepco, exploitant de la centrale, et du gouvernement japonais fait craindre le pire.

Combien sont-ils ? 200, 400, 700… ? Beaucoup de chiffres circulent dans les médias ces dernières semaines au sujet des « liquidateurs » japonais, qui tentent de circonscrire le « feu nucléaire » à la centrale de Fukushima-Daiichi, à 250 kilomètres au nord-est de Tokyo. Mais il n’existe aucune information concrète et fiable. Et les salariés sacrifiés pourraient en réalité se compter par milliers.
Annie Thébaud-Mony, sociologue à l’Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale (INSERM), est spécialiste des conditions de travail en centrale nucléaire. Les chiffres évoqués dans la presse lui semblent bien faibles. Elle rappelle que « lors des arrêts de tranche dans les centrales françaises, ce sont entre 1.500 et 2.000 personnes qui interviennent pour de la simple maintenance »…
Des conditions de travail inimaginables

On ne sait rien non plus de la durée des interventions sur place. Et cette opacité orchestrée par l’entreprise Tepco (Tokyo Electric Power Company) et les autorités japonaises fait craindre le pire. D’autant que les rares témoignages en provenance du Japon offrent un aperçu relativement peu reluisant des conditions de travail de ces « hommes de l’ombre » : dortoirs de fortune dans les salles de réunion, les couloirs et les toilettes ; absence d’eau potable ; repas servis seulement deux fois par jour…
Ces personnes ne possèderaient pas non plus forcément tous les équipements et le matériel nécessaires pour minimiser leur exposition aux radiations. « Pour une raison qui m’échappe, les masques, les combinaisons, les plaquettes d’iodure de potassium ainsi que les robots envoyés par AREVA fin mars 2011 seraient toujours bloqués à l’aéroport de Tokyo », avance Michèle Rivasi, eurodéputée (Europe Écologie-Les Verts) et fondatrice de la Commission de Recherche et d’Information Indépendantes sur la Radioactivité (Criirad).
Le même scénario qu’à Tchernobyl
Ceci dit, il n’existe aucune protection efficace contre les rayonnements ionisants, surtout sur un site entièrement contaminé. « Les équipements des ouvriers restent rudimentaires face à un niveau de radioactivité qui peut dépasser les 250 millisieverts par heure », poursuit Annie Thébaud-Mony. Au-delà de 100 millisieverts, les risques sanitaires sont jugés significatifs. Le ministère japonais de la Santé a récemment relevé la dose légale « acceptable » pour les « kamikazes » de Fukushima de 100 à 250 millisieverts. En France, la dose annuelle maximale est de 20 millisieverts pour les travailleurs du nucléaire [1].
Concernant cette quantité de millisieverts, il semble que les chiffres fournis par Tepco soient eux aussi minorés. Et que les salariés ne soient pas informés correctement. Si, pour l’heure, aucun mort par irradiation n’est à déplorer au Japon, le bilan officiel fait état d’une vingtaine de personnes fortement irradiées et hospitalisées, parmi lesquelles quelques-unes ont eu les pieds brûlés faute de bottes adaptées. « Nous vivons à Fukushima le même scénario qu’à Tchernobyl, analyse Annie Thébaud-Mony, avec des centaines de liquidateurs condamnés car exposés à des doses de radioactivité très élevées qui auront raison d’eux dans les semaines et les mois à venir. »
« Tepco achète leur silence »

Mais qui sont ces « héros » japonais prêts à mettre leur vie en danger à chaque intervention dans la centrale ? Là encore, les informations filtrent au compte-goutte. Des techniciens et des cadres de Tepco, des soldats des forces d’autodéfense et des pompiers comptent parmi ces « sacrifiés ». Mais les sous-traitants de l’industrie nucléaire nippone participent également massivement aux opérations de sauvetage et aux réparations.
« Comme Tepco et ses sous-traitants ont dû épuiser leur armée de réserve, ils tentent maintenant de recruter parmi les sans-logis de Tokyo et les burakumin, des parias de la société japonaise, estimés entre deux et trois millions, mis à l’écart pour leurs convictions religieuses », décrit Annie Thébaud-Mony. « Et sans doute en échange ces personnes recevront une très grande somme d’argent. On va leur demander de se taire et ils iront mourir ailleurs. Autrement dit, Tepco achète leur silence. »
Des liquidateurs payés jusqu’à 3.500 euros par jour

Attirées par l’appât du gain, ces « petites mains », âgées généralement, comme le demande l’exploitant de la centrale, de plus de 45 ans, méconnaissent pour certains totalement le monde du nucléaire. Ils peuvent percevoir jusqu’à 3.500 euros par jour pour une intervention de quelques minutes à plusieurs heures. Une somme qui peut convaincre les Japonais les plus démunis.
« Après 25 ans d’ancienneté dans la sous-traitance nucléaire en France, je touche 1.574 euros bruts par mois… », ironise Philippe Billard. Et ce « forçat du nucléaire » de poursuivre : « Les ouvriers japonais, à l’instar des travailleurs français, se trouvent face à des rouleaux compresseurs, des industriels à la tête de plusieurs milliards d’euros de bénéfices qui ont les moyens de les faire taire. »
Protéger l’industrie nucléaire au détriment des liquidateurs
Ce rapport de forces déséquilibré rappelle de mauvais souvenirs à Annie Thébaud-Mony. Pour elle, au-delà de l’attitude actuelle de Tepco et des autorités japonaises, ce type de gestion de crise était déjà à l’œuvre au moment de Tchernobyl. « Il y a en réalité une volonté délibérée de la part de tous les acteurs internationaux du nucléaire de protéger continuellement l’industrie atomique, car les enjeux financiers sont absolument énormes, quels qu’en soient les coûts pour la santé des travailleurs et des populations. »
Depuis 25 ans, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et l’Agence Internationale de l’Energie Atomique (AIEA) « nient les centaines de milliers, voire les millions de morts russes, ukrainiens et biélorusses, en parlant de quelques dizaines de décès seulement dus à la catastrophe de Tchernobyl ! » rapporte Annie Thébaud-Mony. Quant au Comité Scientifique des Nations Unies pour l’Étude des Effets des Rayonnements Ionisants (UNSCEAR), il affirme que 31 opérateurs et pompiers sont morts des effets de la radiation. L’UNSCEAR fait aussi état de 6.000 cas de cancer de la thyroïde, dont 15 mortels. Des chiffres bien éloignés des données scientifiques recueillies par l’Académie des sciences de New York : sur les 830.000 « liquidateurs », entre 112.000 et 125.000 seraient décédés.
Les radiations attaquent les organes, les os, le système nerveux
Les risques sanitaires encourus par les « liquidateurs » sont divers et dépendent étroitement des doses de radioactivité reçues. Pour les plus faibles radiations (inférieures à 500 millisieverts), les symptômes cliniques probables vont d’un état de très grande fatigue et de décompression aux brûlures et aux atteintes ganglionnaires, en passant par des nausées, des diarrhées et la perte de poids, de dents et de cheveux.
Pour les très fortes radiations (supérieures à 500 millisieverts), le syndrome d’irradiation aigu pèse sur les victimes les plus exposés. La moelle osseuse peut être touchée. Les cellules les plus sensibles – les cellules sanguines (globules blancs et rouges, plaquettes) – sont les premières détruites, suivies par les cellules plus profondes de l’intestin, du foie, de la vessie. Les cellules des os sont susceptibles de se nécroser au bout de quelques jours. Une radioactivité intense endommage aussi durablement le système nerveux. « Au Japon, comme en France, ces pathologies ne sont toujours pas reconnues comme des maladies professionnelles », s’insurge Philippe Billard.
Cinq médecins japonais, spécialistes de cancérologie et d’hématologie, ont lancé un appel dans la revue médicale britannique The Lancet. Ils proposent de conserver par congélation des cellules-souches sanguines des « kamikazes », pour lutter contre le « syndrome aigu d’irradiation » et les futures leucémies. Les autorités japonaises ont choisi de ne pas suivre ce conseil, pourtant soutenu par une centaine d’équipes médicales spécialisées dans le monde.
La transmission de mutations génétiques aux enfants
La mortalité du « mal des rayons » est fonction de l’intensité des rayonnements ionisants accumulée dans l’organisme et de la durée d’exposition : la mort peut être immédiate, pour une irradiation intense et courte, comme elle peut se déclarer à la suite d’un long cancer dû à une exposition prolongée à de faibles débits de dose. « S’il n’y a pas de bonnes protections respiratoires, il existe également des risques que des radioéléments pénètrent dans le corps. La source radioactive rayonne depuis les organes internes et provoque des dégâts irréversibles sur le système digestif et les voies respiratoires avec notamment des phénomènes d’essoufflement pouvant s’aggraver », relève Annie Thébaud-Mony.
« Tout cela est extrêmement inquiétant », conclut la chercheuse de l’INSERM. « Comme dans les pays impactés par l’accident de Tchernobyl, il ne serait pas surprenant qu’il y ait au Japon un certain nombre de femmes enceintes qui transmettent des mutations génétiques à leurs enfants ». Lesquelles provoqueront sans doute des malformations congénitales aux générations suivantes.
De Tchernobyl à Fukushima, le nucléaire n’a pas fini de faire des victimes.
Anthony Laurent
[1] La dose maximale admissible pour la population générale est de 1 millisievert.
Cette « acceptation » est imposée aux individus et ne correspond nullement à la dégradation réelle du vivant.
Feu atomique

Par Jean-Marie Collin (13 février 2012)
La France abrite une vingtaine d’installations nucléaires militaires. Qui surveille le respect des procédures de sécurité par l’armée ? De Brest à Toulon, riverains et citoyens ont-ils un droit de regard sur ce qui se passe au sein de ces bases ? Sont-elles soumises à une obligation de « transparence » ? Enquête sur l’opacité qui entoure les « INBS » : les installations nucléaires de base secrètes.
Le 9 juin 2010, sur la base aérienne d’Istres (Bouches-du-Rhône), un camion spécial de 33 tonnes, utilisé pour le transport d’ogives nucléaires, quitte la route et se renverse. Trois militaires sont blessés. Heureusement, le camion était vide. L’affaire ne s’ébruitera qu’un an et demi plus tard, alors que le chauffeur au moment de l’accident comparaît devant la chambre militaire du tribunal de grande instance de Marseille, le 16 janvier 2012, à huis clos… Que se serait-il passé si le camion transportait à ce moment des ogives ? Ce type d’accident à risque nucléaire est-il courant aux abords des bases militaires ? Et qui surveille et évalue le respect des procédures de sécurité par l’armée ?
Dans le but de lever (un peu) le voile sur les installations nucléaires militaires, la loi du 13 juin 2006 a créé une Autorité de Sûreté Nucléaire de Défense (ASND). Son rôle est de surveiller ces « Installations Nucléaires de Base Secrètes » (INBS). Les INBS sont des sites dépendant du ministère de la Défense qui abritent des missiles à tête nucléaire, comme à Istres ou à Avord (Cher), des déchets nucléaires, comme à Marcoule (Gard), ou des matières nucléaires militaires, comme à Valduc (Côte-d’Or).
« Il suffit d’appuyer sur un bouton pour tout arrêter »
À l’instar du rapport de l’Autorité de Sûreté Nucléaire sur les centrales et les installations nucléaires civiles, une évaluation consacrée uniquement à la sûreté des INBS doit être déposée courant mars. « À la différence d’une centrale nucléaire, dont le processus d’arrêt est complexe, pour les INBS, il suffit d’appuyer sur un bouton pour tout arrêter », tente de rassurer Bernard Dupraz, délégué à la sûreté des installations nucléaires de Défense (DSND). Si c’est effectivement le cas, c’est aussi oublier les problématiques de pollutions rencontrées par le passé sur le site de Valduc – des rejets de tritium non contrôlés jusqu’au début des années 1980 – ou de gestion des déchets, comme l’atteste récemment l’accident de Marcoule. La grande différence avec une installation nucléaire civile, c’est qu’il est conservé un flou complet sur les activités exactes de ces sites, les quantités de matières nucléaires produites et transférées. Autre particularité des INBS, les services de sécurité sont plus importants, certains sites comme Valduc ou l’île Longue abritent des pelotons de gendarmerie ou de fusiliers commandos.
Malgré leurs caractères militaires, les INBS sont également soumis à une obligation de transparence. Comme dans le cas des centrales nucléaires ou de toute « installation classée pour la protection de l’environnement », il existe ainsi une Commission d’Information (CI) regroupant quatre types de membres : les associations de protection de l’environnement, les représentants de l’État et des collectivités locales, les autorités militaires et les exploitants, comme le Commissariat à l’énergie atomique (CEA). C’est le préfet qui fixe le nombre de sièges attribués à chaque catégorie de représentants et nomme tous les membres – y compris associatifs – à l’exception des représentants des collectivités locales, choisies par leurs assemblées respectives. Cette CI est censée apporter une information au public en matière de sûreté, d’absence de risques et des éventuels impacts sur l’environnement et les populations en cas d’accident.
Nombre d’INBS : un secret d’État ?
Problème : pour créer une Commission d’information (ou demander sa création), encore faut-il que l’installation nucléaire militaire soit officielle. Or, combien en existe-t-il en France ? La réponse est loin d’être limpide. Connaître le nombre précis d’INBS qui relèvent des ministères de la Défense et de l’Énergie s’avère être un parcours du combattant. Des documents émanant des plus hautes autorités divergent ! Le Haut Comité pour la Transparence et l’Information sur la Sécurité Nucléaire recense 27 INBS quand l’ASND totalise 15 sites abritant 25 INBS. L’un considère, par exemple, que le Centre d’Etudes de la Direction Générale de l’Armement à Gramat (Lot) est une INBS, tandis que la référence disparaît chez l’autre… Bernard Dupraz, à la DSND, assure par échange de courriel qu’il n’existe que 17 sites abritant un total de 19 INBS, et invoque une faute de frappe pour expliquer le passage de 27 à 17…
Cette confusion masque-t-elle une volonté de garder secret le nombre des INBS ?
Cela démontre en tout cas qu’il existe au sein des organismes chargés d’évaluer la sûreté de ces installations un problème de définition et une absence de coordination de l’information, certaines autorités inversant le nombre de sites et le nombre d’INBS… Espérons qu’ils ne confondent pas les becquerels et les millisieverts.

Selon les indications apportées par Bernard Dupraz, les INBS relevant du ministère de la Défense sont aux nombres de 12 :
5 bases aériennes participant à la mission de dissuasion nucléaire (Istres, Avord, Saint-Dizier, Luxeuil, Mont-de-Marsan) – ces bases abritent des « dépôts d’armes munitions spéciales » qui peuvent contenir des missiles ASMP-A et des ogives nucléaires d’une puissance de 300 kilotonnes ;
Le Centre spécial de montage de Valduc, où sont usinées les matières fissiles pour concevoir les ogives nucléaires ;
2 installations sur la base sous-marine de l’île Longue, qui abritent les ogives nucléaires et les missiles équipant les sous-marins ;
1 installation pour l’entretien des sous-marins à propulsion nucléaire située dans le port militaire de Brest ;
1 installation dans le port militaire de Toulon pour l’entretien des sous-marins nucléaires d’attaque ;
Et 2 installations au port militaire de Cherbourg (au cœur de la ville), qui permettent la mise à l’arrêt définitif des réacteurs des sous-marins.
Ces INBS sont placées sous la responsabilité de la direction Générale pour l’Armement. Les INBS relevant du ministère de l’Industrie sont au nombre de 7, et dépendent en générale du CEA ou d’Areva, comme Marcoule [1].
Qu’en est-il de la transparence en matière de sûreté autour de ces sites ?
Avec un total de 3 INBS, et ses 4 sous-marins lanceurs d’engins atomiques, Brest peut se targuer d’être l’un des sites les plus nucléarisé de France (avec Cadarache et Marcoule). La création en 2003 de la Commission d’information fut donc considérée par les associations locales comme un moyen idéal pour alerter plus facilement les populations des possibles dangers. Roger Abiven, militant breton antinucléaire, a fait le choix d’y participer, représentant de l’association AE2D (Agir pour un environnement et un développement durable). « Je l’ai fait dans un souci d’écovigilance citoyenne », explique-t-il. Mais, en ce début d’année 2012, il vient de jeter un pavé dans la marre : « J’ai le sentiment de m’être fourvoyé dans une impasse « citoyenniste » au service de la gouvernance du nucléaire. C’est cela qui explique ma démission de cette commission et peut-être le retrait total de notre organisation. »
Refus d’organiser des exercices d’évacuation
Cette démission survient après de multiples demandes, comme la transparence des prélèvements d’eau et l’amélioration de la sécurité des populations. En vain. En 2008, Roger Abiven parvient à faire imprimer une plaquette d’information par la Marine Nationale, intitulée « la maîtrise de la sécurité dans l’arsenal de Brest et à la base de l’île Longue ». Celle-ci donnait aux riverains des INBS des règles à suivre en cas d’accident nucléaire. « Mais quelle ne fut pas notre surprise quand nous avons constaté que ces documents traînaient dans les couloirs de la Ville de Brest ! » Après plusieurs mois de protestations et d’attente, AE2D obtiendra finalement la distribution de ce document.
Mais l’échec le plus cuisant de la commission d’information reste le refus d’organiser un exercice de simulation d’accident dans la ville de Brest. « Cela devrait être une obligation. Vous imaginez si un jour cela se produit, jamais les autorités n’auront testé leur plan, avec toutes les conséquences que cela peut avoir », dénonce-t-il. Pour le militant associatif, cette commission d’information ne sert à rien, vu la difficulté du dialogue, l’absence de prise en compte des demandes. La seule véritable mission remplie par cette commission « est certainement d’exister et de faire croire ainsi que la transparence règne ! ».
Absence de dialogue
Au sud, à près d’un millier de kilomètres, se trouve l’INBS de la base navale de Toulon, avec ses huit chaufferies nucléaires à côté du centre-ville. Un vent de révolte y souffle également. Mais elle n’est pas le fait de militants « antinucléaires ». Au contraire, la dissidence est portée par André Pellen, ancien ingénieur EDF et président du Collectif pour le Contrôle des Risques Radioactifs, depuis la dernière réunion de la commission locale d’information en mars 2011. « Nous sommes confrontés à un manque de contradicteur au sein de la CI », s’agace-t-il. En clair, les autres organisations sont présentes, mais ne peuvent amender ni infirmer les informations livrées par les autorités, par manque de compétences ou par désintérêt. « Notre rôle se limite à de l’observation pure », confirme Claude Duval, de l’Avasne (Association varoise pour la sauvegarde de l’agriculture, de la nature et de l’environnement), qui reconnaît son absence de qualification pour apprécier les analyses qui lui sont apportées par les autorités.
La principale revendication d’André Pellen porte sur la nécessité de réaliser un exercice majeur au sein de la ville de Toulon, et d’être intégré comme observateur au sein des exercices du « plan particulier d’intervention » (PPI) [2]. Des requêtes, maintes fois refusées. « Il aura fallu menacer de quitter la CI pour voir enfin l’une de nos demandes être prise en compte », s’insurge t-il, espérant être désormais passé « du simple rôle d’observateur à celui de partenaire ».
Les commissions d’information jouent donc quand même leur rôle en apportant des informations concernant la sécurité nucléaire. Mais l’on peut émettre des doutes sur la bonne perception de ces données par les participants issus du monde associatif local ou des collectivités territoriales, souvent non formés pour les appréhender. Cette transparence devient alors opaque, et le monde citoyen un simple « faire-valoir », comme le constate Guillemette André, de l’Association pour le Contrôle de la Radioactivité dans l’Ouest (Acro), membre de la commission d’information du port militaire de Cherbourg. Elle fait un vœu pour 2012 : « Être écouté de temps à autre ! »
Jean-Marie Collin
[1] Bruyères-le-Châtel (Essonne), Barp (Gironde), Cadarache (Bouches-du-Rhône), Valduc (Cher), Marcoule (Gard), Pierrelatte (Drôme), Limeil-Brevannes (Val-de-Marne).
[2] Le PPI prévoit la mobilisation des services de secours publics (sapeurs pompiers, gendarmes, police, Samu), de l’ensemble des services de l’État (DDE, DRIRE, DDASS, etc.), communes et acteurs privés (exploitant, associations, gestionnaires de réseaux, etc.).