32 PHOTOS PARFAITEMENT SYNCHRONISEES POUR UN EFFET MAGIQUE (J.R DENIS/chuitropquebecois.com)

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synchronisées

pour un effet

MAGIQUE !

(JR.DENIS) 

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Plus d’infos:

http://www.chuitropquebecois.com/photos-parfaitement-synchro/?fb_action_ids=762559337101164&fb_action_types=og.likes#sthash.l6kwqCla.dpuf

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 26 mai, 2014 |Pas de commentaires »

ABBAYE DE DAOULAS DANS LE FINISTERE: PEUPLES DE L’OMO. DIFFERENTS ?…PAS VRAIMENT. UNE FORMIDABLE EXPOSITION DES PHOTOS DE HANS SILVESTER (Thierry LAMIREAU)

PEUPLES DE L’OMO.

DIFFÉRENTS ?

PAS VRAIMENT.

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ABBAYE DE DAOULAS

-Exposition photographique

dans les jardins-

Reportage de

Thierry LAMIREAU

Un événement inédit

marque le printemps 2014

à l’Abbaye de DAOULAS

dans le Finistère:

L’exposition d’une trentaine de photographies de grand format

de Hans SILVESTER est installée

dans les jardins depuis le 28

mars jusqu’au 29 juin 2014. 

Un parcours qui nous interroge

sur la différence.

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Fervent défenseur de la nature, Hans SILVESTER retourne chaque année depuis maintenant onze ans dans la basse vallée de l’Omo, un territoire aux confins de l’Éthiopie, du Kenya et du Soudan.

Son premier voyage était motivé par le désir de connaître la vallée du Rift, berceau de l’humanité, « de comprendre pourquoi et comment tout avait commencé là » et de photographier les habitants, gardiens de notre patrimoine commun.

Cette zone très difficilement accessible est aujourd’hui peuplée d’une quinzaine de tribus nomades ou semi-nomades n’ayant jusqu’alors guère été confrontées au monde moderne et à la mondialisation, si ce n’est brutalement avec la guerre civile au proche Soudan impliquant un gros trafic d’armes.

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Cette exposition photographique intervient dans le cadre du projet culturel de l’Abbaye de DAOULAS (Finistère) comme la suite logique de l’exposition « Tous des sauvages ! » qui interroge notre rapport à l’autre et à la différence. Sans objectif de démonstration, elle s’impose avant tout par la force des images, leur beauté formelle et leur impact émotionnel. Elle présente un regard sensible sur notre humanité, en particulier, sur les enfants porteurs à la fois de nos quotidiens et de nos espérances.

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De grands visages peints avec des argiles colorées accueillent le visiteur dès l’entrée de l’Abbaye.

Un parcours photographique dans les jardins commenté par Hans SILVESTER permet de poursuivre la découverte de ces peuples si différents de nous – mais moins qu’il n’y paraît : des enfants qui jouent à la balle comme le font les nôtres, des mères et leurs enfants comme tant de mères et enfants partout ailleurs.

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Pourrait-on dire comme Jules RENARD dans son Journal : « Je ne dirai pas comme Jean-Jacques Rousseau : « Je ne suis fait comme aucun de ceux que j’ai vus; j’ose croire n’être fait comme aucun de ceux qui existent. » Non, non ! Je suis fait comme tout le monde et, si j’arrive à me voir dans ma glace, solidement accrochée, je verrai l’humanité presque toute entière. 

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Rencontre

Les peuples de l’Omo ? Qui les connait ? La fabuleuse exposition d’Hans SILVESTER, installée dans les jardins de l’abbaye, permet de combler cette lacune. « Une découverte frappante pour aller à la rencontre de l’autre. Une promenade dans les jardins, où les photos surgissent, se confondent, se distinguent, le tout jalonné de propos d’Hans enregistrés », explique Marianne DILASSER, directrice de l’exposition.

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Gagner leur confiance

Hans SILVESTER, photographe professionnel et militant écologiste, est allé à la rencontre de ces ethnies, dans la vallée de l’Omo située aux confins de l’Éthiopie, du Kenya et du Soudan. Un territoire de la taille du Finistère où vivent environ 35 000 personnes.

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« Cela m’a demandé beaucoup de temps, raconte l’artiste. La première visite a eu lieu en 2002. Depuis, j’y ai fait trente-trois séjours d’un mois minimum. Cela représente un fort engagement, beaucoup de temps et d’énergie pour gagner leur confiance. » 

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Il s’agit de peuples guerriers, naturellement méfiants : « Ils adorent les conflits. Avant, tout se réglait à la machette. Maintenant, avec la mondialisation et le conflit au Soudan, ils sont armés de Kalachnikov. C’est un vrai problème ! »

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Ces peuples maîtrisent incontestablement l’art de la guerre, mais pas seulement. Ils adorent aussi peindre leur corps et leur visage avec des terres aux différentes couleurs. « Ces couleurs ont un simple rôle esthétique. Les hommes et les femmes de l’Omo les appliquent avec une grande liberté artistique contemporaine », apprécie le photographe.

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Leurs coutumes ne sont pas les nôtres, leur mode de vie non plus, « mais ils sont parents comme nous, les enfants jouent comme partout », continue Hans SILVESTER. Cette exposition a une double lecture. La première est la découverte de ces véritables oeuvres d’art. La seconde réside dans la compréhension de l’autre, dans ses contrastes et ses similitudes.

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Quelle différence ?

« Avec Guy BOURREAU, qui a une grande connaissance du monde de la photographie, nous avons sollicité Hans SILVESTER car son travail est très orienté vers la culture de la différence, explique Marianne DILASSER. Une suite toute trouvée à notre exposition Tous des sauvages de l’année dernière. »

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Seul un photographe comme Hans SILVESTER, qui regarde l’autre comme son égal, pouvait faire comprendre nos ressemblances et nos différences. Il a su capturer des images qui nous captent à notre tour.

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Du 28 mars au 29 juin 2014, tous les jours de 13 h 30 à 18 h 30, à l’abbaye de Daoulas. Contact : 02 98 25 84 39, abbaye.daoulas@cdp29.fr.

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Des visites flash commentées et des ateliers sur la couleur sont aussi proposés.

Thierry LAMIREAU

avec l’aide des documents de l’exposition.

Photos du reportage: Thierry LAMIREAU

Prises avec: Téléphone SAMSUNG Galaxy Express

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 25 mai, 2014 |Pas de commentaires »

LES YACHTS SONT LES BIENS DE LUXE LES PLUS COÛTEUX (Matthieu HOFFSTETTER/bilan.ch)

Le choc de simplification par le dessinateur Wingz

Les yachts

sont les biens de luxe

les plus coûteux

AAAAAAAAA
(Matthieu HOFFSTETTER
Maisons, appartements, terrains:
Quels sont les biens les plus coûteux au monde ?
Une étude du cabinet Wealth-X place huit yachts parmi les dix
biens les plus chers au monde.

Parmi les folies des multimillionnaires et des milliardaires, villas au bord de la mer, ranchs avec immenses propriétés ou encore appartements luxueux attirent souvent l’attention. Mais il existe un type de biens qui coûte bien plus cher que ces propriétés foncières: les yachts.

Le site Wealth-X révèle que huit des dix biens de luxe les plus chers au monde sont des yachts. Oligarques russes et monarques du Golfe persique ont englouti des sommes considérables ces dernières années dans de véritables palaces flottants, dont les dimensions toujours plus affolantes et les équipements toujours plus luxueux donnent le vertige.

«Azzam» en tête du classement

Yacht AZZAM

Au sommet de ce classement figure «Azzam», le plus grand yacht jamais construit, propriété de Khalifa bin Zayed Al Nahyan, émir d’Abou Dabi et président des Émirats Arabes Unis. Avec ses 180m de long et ses six ponts, il aurait coûté 627 millions de dollars à ce monarque dont la fortune est estimée à 17,9 milliards de dollars.

La deuxième place de ce classement fait exception: patron d’Oracle, Larry Elison a acheté une île de l’archipel d’Hawaii, Lanai Island. Pour acquérir ces 366km2 (en fait, il en détient 98%), il a déboursé 500 millions de dollars en juin 2012.

Retour des yachts à la 3e place et c’est un Russe qui complète le podium: Roman Abramovitch, qui a fait fortune dans l’industrie pétrolière et possède le club de football anglais du Chelsea FC, a acheté l’«Eclipse» voici trois ans pour 485 millions de dollars. Ce navire était alors le yacht le plus long (170m) et le plus cher au monde.

Six yachts de la 4e à la 10e place

Yacht SERENE

Un de ses compatriotes, Yuri Shefler, a lui fait fortune dans la production d’alcools (et de vodka en particulier). En 2011 il a réceptionné le yacht «Serene», qu’il s’était fait construire en Italie. Facture: 330 millions de dollars pour ce bateau moins gigantesque que les autres (133m de long) mais non moins luxueux.

Quatre autres yachts suivent ensuite dans ce classement: le «A», propriété de Andrey Melnichenko, qui a fait fortune dans l’industrie et la banque en Russie (323 millions de dollars pour le yacht); le «Dubai», qui appartient à Mohammed bin Rashid Al Maktoum, émir de Dubaï (300 millions de dollars); le «Pelorus», qui est la propriété de David Geffen, producteur américain et co-créateur des studios Dreamworks (300 millions de dollars); le «Radiant» appartient à Abdulla Al Futtaim, un émirati qui a fait fortune dans le commerce et l’industrie (286 millions de dollars).

Un appartement à Monaco

Appartement du russe Dmitry Rybolovlev à MONACO 235 millions d'euros photo de VANINA

(Photo: Appartement de Dmitry Rybolovlev / VANINA)

A la 9e place de ces biens les plus chers au monde, c’est un appartement qui émerge: le magnat russe de la chimie Dmitry Rybolovlev, propriétaire du club de foot de l’AS Monaco, a acheté un appartement 286 millions de dollars dans la principauté voici quelques mois.

Pour clore ce classement, retour aux flots avec le yacht «Dilbar», propriété d’Alisher Usmanov, Russe d’origine ouzbek qui a fait fortune dans la métallurgie. Il a payé son yacht 263 millions de dollars.

Matthieu HOFFSTETTER

bilan.ch

NOTA:

Photos rajoutées par lesoufflecestmavie.unblog.fr

Tout va bien

pour les riches.

Tout va mal

pour les pauvres.

C’est dans l’ordre

des choses !

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 25 mai, 2014 |Pas de commentaires »

ACCOYER ET LARCHER: NON A LA REDUCTION DU NUCLEAIRE, OUI A LA RECHERCHE SUR LE GAZ DE SCHISTE ! LES INCONSCIENTS SONT DE SORTIE. (AFP/Thierry LAMIREAU/lesoufflecestmavie.unblog.fr)

ACCOYER et LARCHER:

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(Photo: Bernard ACCOYER)

ACCOYER ET LARCHER: NON A LA REDUCTION DU NUCLEAIRE, OUI A LA RECHERCHE SUR LE GAZ DE SCHISTE ! LES INCONSCIENTS SONT DE SORTIE. (AFP/Thierry LAMIREAU/lesoufflecestmavie.unblog.fr) dans REFLEXIONS PERSONNELLES gerard-larcher-senat-president_306

(Photo: Gérard LARCHER)

Nucléaire pas de danger

Non à la réduction du nucléaire,

oui à la recherche sur le gaz de schiste

FUKUSHIMA vers une contamination planétaire

Bernard ACCOYER et Gérard LARCHER, ex-présidents UMP de l’Assemblée et du Sénat, proposent d’une seule voix de renoncer à réduire la capacité électro-nucléaire française et d’autoriser les recherches sur le gaz de schiste.

Dans une tribune publiée fin avril 2014 par l’Express.fr, les deux ténors de l’opposition demandent à François Hollande un vrai Pacte de Responsabilité.

Progressivement, la crise mondiale de 2008 tend à ne laisser malheureusement qu’une crise franco-française, écrivent le député et le sénateur.

Au-delà des économies décidées par l’exécutif, il faut s’attaquer à notre principale faiblesse, celle de notre production et de notre compétitivité, ajoutent-ils en détaillant leurs propositions.

Notre compétitivité s’est gravement dégradée depuis 2000, c’est-à-dire depuis les 35 heures, levons ce carcan, plaident-ils.

Ajustons l’âge légal du départ à la retraite sur l’espérance de vie, demandent aussi les élus de Haute-Savoie et des Yvelines.

Déclarons un moratoire sur les seuils et les dépenses nouvelles, sur les prélèvements fiscaux et les normes, poursuivent-ils.

Tous deux veulent une vraie réforme de notre organisation territoriale, privilégiant le développement économique.

Revenons sur l’incompréhensible réduction programmée de nos capacités électro-nucléaires alors qu’elle augmentera immanquablement le prix de l’électricité et les rejets de gaz à effet de serre. Autorisons la recherche pour les gaz de schiste, au moins pour en évaluer les réserves, réclament-ils.

Tout cela ne coûte rien. C’est juste le Choc de Compétitivité dont la France a tant besoin. Encore un effort, Monsieur le Président, si vous aviez ce réalisme, alors vous trouveriez une majorité pour voter ce programme qui correspondrait à un vrai Pacte de Responsabilité, concluent les deux responsables UMP.

(©AFP / 29 avril 2014 12h47)  BERNARD ACCOYER dans REFLEXIONS PERSONNELLES

COMMENTAIRE:

(Le Souffle c’est ma Vie / Thierry LAMIREAU)

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ACCOYER et LARCHER nous font le coup habituel des effets de style trouvés par les conseillers sortis de l’ENA:

Le Pacte de Responsabilité, le Choc de compétitivité, rallonger l’âge légal du départ à la retraite, déclarer un moratoire sur les seuils et les dépenses nouvelles, sur les prélèvements fiscaux (surtout des riches !) et sur les normes pour augmenter l’action dévastatrice des empoisonnements divers sur la population, favoriser le développement économique (alors que nous vivons sur un monde clos, la terre) et surtout sortir de réelles inepties sur la « réduction programmée de nos capacités électro-nucléaires et sur la recherche pour les gaz de schiste ».

AAAAAAAAA

Ces deux élus de l’UMP sont donc disposés à ASSUMER une POLLUTION MAJEURE de notre pays par une CATASTROPHE NUCLEAIRE et par une DESTRUCTION TOTALE des sols et des eaux du fait de l’utilisation des gaz de schiste.

AAAAAAAAA

Ces deux personnages sont, comme tant d’autres (de droite comme de gauche), de réels inconscients et CRIMINELS potentiels.

ACCOYER, LARCHER, je me souviendrai de vous si une CATASTROPHE NUCLEAIRE se produit en FRANCE par votre INCOMPETENCE et votre COMPLICITE.

Thierry LAMIREAU

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 12 mai, 2014 |Pas de commentaires »

DISSUASION: LE CEA EN LIGNE DE MIRE (Guillaume STEUER/Air et Cosmos/ Assemblée Nationale)

Dissuasion:

Le CEA en ligne de mire

Dissuasion : le CEA en ligne de mire

Le supercalculateur TERA 100 utilisé par le CEA dans son programme Simulation

© CEA-DAM

Ouvrant un cycle d’auditions menées par la Commission de Défense de l’Assemblée Nationale afin d’alimenter le débat public sur l’avenir de la dissuasion nucléaire française, le général Henri Bentégeat, ancien chef d’état-major des armées (2002-2006), a livré quelques réflexions intéressantes le 9 avril dernier devant les députés, avançant que la seule piste d’économies à court terme dans le budget de la dissuasion passerait par un ralentissement du programme Simulation, mené par le Commissariat à l’Energie Atomique (CEA).

Le militaire a ainsi reconnu que « plusieurs options sont envisageables pour contenir le coût de la dissuasion ». Aujourd’hui, celle-ci représente « 21 à 22 % » des budgets d’investissement, selon le général Bentégeat, et devrait atteindre « 27 à 28 % » à l’issue de l’actuelle loi de programmation militaire, en 2019. « Et encore, cela suppose que les hypothèses budgétaires de la loi de programmation militaire soient respectées », ajoute l’ancien CEMA. « Si les crédits devaient baisser, la part relative de la dissuasion en leur sein augmenterait mécaniquement ».

Evoquant la suppression de la composante aéroportée, mise en oeuvre par les Forces Aériennes Stratégiques (FAS) avec le missile de croisière ASMP-A, le général Bentégeat précise que l’idée soulève « plusieurs problèmes ». Le plus significatif étant que la composante aérienne « est la seule qui puisse opérer des frappes ciblées sur les centres de pouvoir de puissances régionales menaçantes », dans le cadre d’une doctrine de dissuasion dite « du fort au faible » qui devrait donc être abandonnée.

Même s’il ne le précise pas, le militaire souligne par ces propos que la précision terminale de l’ASMP-A est bien supérieure à celle du missile balistique mer-sol stratégique M51, mis en oeuvre par les sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE) français. A ce sujet, le général Bentégeat rappelle qu’une idée souvent avancée consiste à renoncer à la permanence à la mer des SNLE. Une décision qui aurait « un coût symbolique fort et affecterait certainement la motivation et l’entraînement des équipages ». Par ailleurs, le général souligne que le futur M51.3 « améliorera certes la portée mais surtout garantira la pénétration de défenses adverses de plus en plus perfectionnées ».

Une autre option consisterait à revoir à la baisse le nombre d’armes nucléaires en inventaire dans les forces françaises. La « stricte suffisance » française est aujourd’hui évaluée à « environ 300 têtes nucléaires », dont une cinquantaine pour les FAS. Le général Bentégeat rappelle que Londres évalue aujourd’hui ce niveau à « 140 têtes seulement », nuançant l’analyse en rappelant que « l’outil de dissuasion britannique est lié aux Etats-Unis et aux plans de l’OTAN », contrairement à celui de la France.

Selon le général, l’option la plus crédible pour réaliser des économies à court terme, et que « personne n’ose avancer », consisterait donc à un « ralentissement du programme de simulation » aujourd’hui mené par la Direction des Applications Militaires du CEA, ou CEA-DAM. « Seule la simulation permettrait des économies immédiates, avec toutefois le risque de fragiliser la coopération franco-britannique et de mettre en péril les programmes civils liés à la simulation », précise ainsi Henri Bentégeat.

Depuis l’arrêt des essais nucléaires français, c’est en effet le programme Simulation qui est censé garantir le fonctionnement des armes nucléaires françaises et permettre éventuellement d’en développer de nouvelles. Comme le rappelle lors de l’audition Alain Rousset, président de la région Aquitaine, « les premiers tirs du programme de simulation sont en voie de réalisation ». Ceux-ci permettent la mise au point de nouvelles « formules » qui pourraient servir de base aux armes nucléaires de demain. Le général Bentégeat reconnaît qu’il faudrait « pouvoir évaluer de façon prosaïque quel serait l’impact sur la crédibilité de notre dissuasion du report d’un an ou de plusieurs années de tirs envisagés ».

Guillaume STEUER

Air et Cosmos

 ASSEMBLÉE NATIONALE

Commission de la défense nationale
et des forces armées

Mercredi 9 avril 2014

Séance de 9 heures

Compte rendu n° 39

-Présidence de Mme Patricia Adam, présidente-

Audition, ouverte à la presse, du général (2S) Henri Bentégeat, sur la dissuasion nucléaire 2

La séance est ouverte à neuf heures.

Mme la présidente Patricia Adam. 

Je suis heureuse d’accueillir le général Henri Bentégeat, qui a été chef d’état-major particulier du Président de la République de 1999 à 2002 puis chef d’état-major des armées de 2002 à 2006, à une période cruciale pour l’évolution de notre outil de dissuasion nucléaire.

M. le général Henri Bentégeat. 

J’ai en effet été un des rares officiers de l’armée de terre à être directement impliqué dans la redéfinition de notre outil de dissuasion.

La première question qui se pose habituellement, s’agissant de cet outil, pourrait être formulée en les termes suivants : notre concept actuel de dissuasion date-il de la guerre froide ? A-t-il évolué en fonction du contexte stratégique ? Cette critique est fréquemment avancée, le plus souvent pour condamner notre concept de dissuasion, qui serait ainsi dépassé et n’aurait pas évolué depuis 1989. C’est tout à fait faux.

En effet, notre outil de dissuasion a connu deux évolutions majeures dans les années 1990. Première évolution : l’organisation et les moyens de cet outil ont été profondément réorganisés en 1996, avec d’une part le démantèlement du site du plateau d’Albion et, d’autre part, celui du système de missile sol-sol Hadès. Il faut par ailleurs observer que si l’attention s’est focalisée en 1995 sur la reprise des essais nucléaires, le fait marquant n’en est pas moins leur arrêt définitif et les deux décisions qui en ont découlé : d’une part, le démantèlement du site de Mururoa, et d’autre part, l’arrêt de la production de matières fissiles. Cette évolution place la France en tête des puissances nucléaires sur la voie du désarmement atomique. En parallèle a été développé un ambitieux programme de simulation, qui vise à garantir l’efficacité des têtes nucléaires produites sans recourir à de nouveaux essais.

Mais cette réforme de l’organisation et des moyens de notre dissuasion ne s’accompagnait pas d’une évolution de notre concept même de dissuasion. Notre doctrine demeurait celle d’une menace de guerre « anti-cités » dans un concept d’apocalypse. La deuxième évolution a donc porté sur l’actualisation du concept.

La réflexion sur notre concept de dissuasion a été menée à partir de 1998. Deux événements nous y ont conduits. D’une part, la prolifération d’armes de destruction massive, notamment nucléaires, après les tirs d’essais réalisés par l’Inde et le Pakistan, et alors que des indices concordants montraient que l’Iran et la Corée du Nord avaient mis en œuvre un programme d’acquisition de l’arme nucléaire. D’autre part, la décision américaine de développer un système de défense anti-missile balistique, présenté comme un substitut possible à la dissuasion – non contre des puissances disposant d’une technologie très avancée, comme la Russie, mais contre les armes dont pourraient se doter des puissances nucléaires régionales.

C’est ce contexte qui a conduit le Président de la République et le Premier ministre de l’époque à lancer des études visant à adapter notre outil de dissuasion à cette nouvelle configuration stratégique. L’objectif était de garantir la crédibilité de notre outil nucléaire non seulement dans notre schéma traditionnel de dissuasion « du faible au fort » – selon l’expression alors consacrée –, mais également « du fort au faible », voire « du fort au fou ». En effet, notre système traditionnel de menace « anti-cités » ne fonctionnait pas vis-à-vis de puissances régionales dotées d’armes de destruction massive. Je me souviens d’en avoir discuté en 1999 avec Paul Wolfowitz, chercheur qui allait devenir secrétaire adjoint à la Défense des États-Unis de 2001 à 2005. Celui-ci m’avait alors fait valoir qu’il était irréaliste de penser que notre outil de dissuasion constituait une menace crédible pour un pays comme l’Iran, et ce pour trois raisons : d’abord, parce que les opinions publiques occidentales ne lui paraissaient pas disposées à accepter la vitrification totale d’un pays, seul effet que pouvaient alors produire les armes développées pendant la guerre froide. Ensuite, parce que l’irradiation d’un pays comme l’Iran aurait inévitablement des retombées nucléaires importantes sur des États voisins qui n’étaient pas nos cibles – il suffit de se souvenir de Tchernobyl pour mesurer l’impact de telles retombées. Enfin, parce qu’un dictateur protégé dans son bunker serait vraisemblablement indifférent aux dégâts, même considérables, causés par nos frappes sur la population de son pays. Pour toutes ces raisons, M. Wolfowitz estimait qu’il valait mieux investir dans un système de défense anti-missile balistique que dans un outil de dissuasion traditionnel. Cela pour expliquer pourquoi, à la fin des années 1999, la France a décidé de faire évoluer son outil de dissuasion de telle sorte qu’il garantisse une menace effective contre une dictature sanguinaire. Nous en sommes venus à la conclusion qu’il fallait pour cela que notre outil de dissuasion nous mette en position non pas de menacer un pays de la destruction totale de ses villes, mais de priver un régime dictatorial de tous ses centres de pouvoir – qu’ils soient politiques, militaires ou économiques. Cela supposait de disposer d’armes de grande précision, avec des effets collatéraux réduits.

Pour autant, le président de la République n’a pas voulu faire de notre armement nucléaire une « arme d’emploi », à la différence de ce qui pouvait sembler être l’orientation prise par certains de nos alliés, qui développaient des armes de moins d’une kilotonne les mettant en mesure d’opérer des frappes chirurgicales. Au contraire, nous avons voulu nous garder de la tentation de l’emploi de l’arme, en restant dans un schéma de riposte à une attaque directe de nos intérêts vitaux. Ce choix commandait un certain calibrage de la puissance de nos armes. Il supposait également de cibler les centres de pouvoir des puissances concernées par notre outil de dissuasion.

Ainsi révisé, notre concept de dissuasion a désormais deux volets : d’une part, vis-à-vis des grandes puissances, on en reste largement à la menace « anti-cités » dans un contexte d’apocalypse ; d’autre part, vis-à-vis des puissances régionales, notre concept de dissuasion repose sur la menace de destructions ciblées. Dans le même temps, le concept d’« ultime avertissement » a été réhabilité, et ce pour deux raisons. D’une part, pour éviter de s’enfermer dans un système de choix binaire du type : « tout ou rien », d’autre part, pour nous préserver d’éventuels chantages de puissances détentrices d’armes de destruction massive.

Ces travaux sur l’adaptation de notre concept de dissuasion ont abouti à sa reformulation à l’occasion du discours prononcé en juin 2001 par le président de la République et à sa réaffirmation en 2006 lors de son discours de l’Île-longue.

Cette redéfinition de notre concept de dissuasion impliquait alors des changements dans nos capacités : d’une part, nous devions disposer d’armes et de vecteurs puissants, de longue portée, capables d’assurer la pénétration de nos têtes même en présence de systèmes de défense anti-missile balistique sophistiqués ; d’autre part, nous devions développer des armes de puissance plus limitée mais d’une plus grande précision.

Cela nous a aussi conduits à multiplier les plans nucléaires. Pendant une longue période, ils avaient été concentrés sur certains États du Pacte de Varsovie. Il a donc fallu les diversifier considérablement, sur la base d’un important effort de renseignement visant à cibler les centres de pouvoirs de diverses puissances potentiellement menaçantes, et s’assurer que l’on puisse les transmettre rapidement, ce qui supposait de développer des systèmes de « reciblage à la mer » et des outils de communication hautement sécurisés avec nos sous-marins et nos avions.

Une des questions qui revient régulièrement dans le débat public porte sur le fait de savoir si ce concept et cet outil de dissuasion restent adaptés au contexte géostratégique. Pour y répondre, on doit faire observer, d’une part, que toutes les grandes puissances continuent à faire évoluer leur arsenal nucléaire et, d’autre part, que si la prolifération d’armes de destruction massive peut paraître marquer le pas avec le désarmement chimique entamé en Syrie et les négociations ouvertes sur ce point avec l’Iran. L’issue de ces processus reste incertaine. Par ailleurs, d’autres États, comme le Pakistan, restent engagés potentiellement dans la voie de la prolifération, alors même que leur situation politique intérieure demeure instable. Dès lors, on peut se demander si, compte tenu de ces menaces, il existe des alternatives crédibles à la dissuasion nucléaire.

La défense anti-missile balistique en est-elle une ? Elle ne coûte pas moins cher que la dissuasion nucléaire, et l’étanchéité du système en cours de développement sous l’égide de l’OTAN n’est pas garantie, d’une part parce qu’elle ne prend pas en compte les missiles de croisière – pour lesquels il existe de nombreux programmes de développement en cours –, et d’autre part parce qu’il reste un certain nombre de problèmes techniques à régler. Aussi, la défense anti-missile balistique peut être vue à mon sens comme un complément de la dissuasion nucléaire, mais pas comme un substitut crédible.

La dissuasion conventionnelle en est-elle un ? Je ne le crois pas, et ce pour deux raisons. En effet, si les États-Unis sont capables de développer des armes conventionnelles de très grande puissance, ce n’est pas notre cas, du fait des contraintes pesant sur nos budgets d’équipement militaire. Surtout, quelle que soit leur puissance, les armes conventionnelles n’ont pas le caractère mythique, apocalyptique, en quelque sorte « sacré », de l’arme nucléaire.

En somme, ce serait à mon avis une folie que d’abandonner notre dissuasion nucléaire tant que le désarmement atomique n’est pas complet, simultané et vérifié. Or il n’y a aujourd’hui aucun indice qui laisse penser que les grandes puissances soient prêtes à s’engager dans la voie d’un tel désarmement.

Reste bien entendu la question financière : compte tenu du coût de la dissuasion, sommes-nous encore en mesure de disposer d’un outil militaire complet ? Le risque n’est certes pas nul qu’il y ait un effet d’éviction, dans la répartition des budgets d’investissement militaires, au profit de la dissuasion et au détriment de la modernisation des armements conventionnels. Aujourd’hui, la dissuasion représente 21 à 22 % de ces budgets d’investissement ; à l’issue de la période de programmation militaire qui commence, cette part devrait atteindre 27 à 28 %. Et encore, cela suppose que les hypothèses budgétaires de la loi de programmation militaire soient respectées : si les crédits devaient baisser, la part relative de la dissuasion en leur sein augmenterait mécaniquement. Un effet d’éviction trop marqué nuirait à la cohérence de notre outil de défense, tant il est vrai que l’arsenal conventionnel constitue le premier échelon de la dissuasion : tout est affaire de gradation dans la réponse que la France peut apporter aux menaces éventuelles. La défense anti-missile balistique peut être vue comme le deuxième échelon de l’architecture de notre dissuasion, et les forces nucléaires comme le troisième et dernier. La question se pose donc de savoir si l’on peut réduire les crédits consacrés à la modernisation des équipements conventionnels sans remettre en cause la portée dissuasive de l’ensemble de notre outil de défense.

Plusieurs options sont envisageables pour contenir le coût de la dissuasion.

La première consisterait à abandonner l’une des deux composantes de notre outil de dissuasion actuel ; on propose le plus souvent que ce soit sa composante aérienne qui soit ainsi supprimée, car sa composante océanique est la seule qui soit quasiment invulnérable - nos sous-marins sont pratiquement indétectables, et ils nous garantissent la capacité d’exercer des frappes en second même en cas de destruction de nos bases aériennes sur le territoire national. Cette idée soulève toutefois plusieurs problèmes. D’abord, les gains financiers seraient faibles, et ce pour deux raisons : d’une part, les deux escadrons qui constituent la composante aérienne ayant une fonction multirôles, supprimer cette composante ne permet pas nécessairement de réduire le nombre de nos avions, et d’autre part, le programme de missiles ASMPA (air-sol moyenne portée amélioré) étant presque arrivé à maturité, il y a peu d’économies à faire en l’abandonnant. Par ailleurs, la composante aérienne est la seule qui puisse opérer des frappes ciblées sur les centres de pouvoir de puissances régionales menaçantes, conformément à notre nouveau concept de dissuasion : remettre en cause cette composante, c’est donc remettre en cause ce concept même. Enfin, lors de tensions internationales profondes, la gesticulation a un rôle important : en mettant en alerte les forces aériennes stratégiques, en armant nos avions, on peut envoyer à l’adversaire des signes visibles, ce que l’on ne peut pas faire avec les sous-marins lanceurs d’engins. L’idée de supprimer la composante aérienne me paraît donc devoir être écartée.

Une deuxième idée souvent avancée consiste à renoncer à la permanence à la mer des sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE). C’est en effet l’impératif de la permanence à la mer qui nous contraint à disposer de quatre SNLE au moins. L’idée d’y renoncer n’est pas nouvelle, et les Britanniques y réfléchissent eux aussi pour ce qui les concerne. Il est vrai, d’ailleurs, que le risque de surprise stratégique serait faible, et qu’il est possible d’y parer en réactivant rapidement un sous-marin en cas de tensions. On pourrait cependant craindre qu’une telle décision soit irréversible, mais l’expérience russe nous montre l’inverse : pendant vingt ans, les Russes ont dû renoncer à la permanence à la mer de leur force océanique stratégique, mais ils ont réussi à y revenir récemment – avec, il est vrai, une volonté politique particulièrement forte. Il reste que renoncer à la permanence à la mer a un coût symbolique fort et affecterait certainement la motivation et l’entraînement des équipages. Une troisième option consisterait à réviser le niveau de suffisance de notre dissuasion. Le nombre d’armes nécessaires pour dissuader l’adversaire a été divisé par deux depuis vingt ans, et si la France considère que la « stricte suffisance » en la matière suppose de détenir 300 têtes nucléaires environ, le Royaume-Uni évalue ce niveau à 140 têtes seulement – la comparaison trouvant une limite, il est vrai, dans la mesure où l’outil de dissuasion britannique est lié aux États-Unis et aux plans de l’OTAN.

Il existe une dernière option envisageable que personne n’ose avancer mais qu’il convient tout de même d’évoquer, à savoir le ralentissement du programme de simulation. Une telle mesure affecterait le CEA et sa direction des applications militaires, la DAM, qui sont des joyaux enviés avec des ingénieurs d’une qualité exceptionnelle dont nous savons bien qu’ils sont certainement plus attirés par la possibilité de travailler sur la simulation et les lasers que par le développement d’armes nucléaires robustes. Or le poste budgétaire de la simulation est un des plus lourds et les résultats atteints sont déjà très probants. Ainsi le Laser Mégajoule (LMJ) sera achevé en 2014. Cette option doit être discutée à condition bien sûr qu’elle n’affecte pas notre coopération avec le Royaume-Uni.

Je ne suis pas en charge, je le répète, aussi me garderai-je de faire des propositions mais il me semble qu’il convient d’explorer l’ensemble de ces pistes sans tabou afin d’éviter qu’advienne à terme une rupture capacitaire dans nos forces conventionnelles. Très concrètement, je pense en la matière aux programmes lourds et sensibles que sont le transport aérien et le ravitaillement en vol. L’accroissement de la contrainte budgétaire augmente encore ce risque de rupture capacitaire d’autant qu’il semble impossible d’aller au-delà des 34 000 suppressions de postes prévues car l’on voit bien à quel point nos effectifs sont tendus au Mali et en République centrafricaine.

En conclusion, Madame la présidente, il me paraît impératif de préserver la crédibilité de notre dissuasion qui est une garantie pour la sécurité des Français ainsi que pour le maintien de notre influence sur la scène internationale et représente le principal support de notre autonomie stratégique. Le contexte budgétaire impose néanmoins d’en contenir le coût et la crise ukrainienne nous rappelle que la force armée peut jouer un rôle, notamment sur le sol européen, ce que beaucoup ne pensaient plus possible. Un équilibre est à trouver entre nos capacités de dissuasion et nos capacités d’action.

M. Alain Rousset. 

Merci pour la clarté de votre exposé. J’observe toutefois, car j’ai une certaine familiarité avec le sujet en tant que président de la région Aquitaine, que les premiers tirs du programme de simulation sont en voie de réalisation, comme j’ai pu le constater au cours d’une visite du programme de simulation que je viens d’effectuer avec le ministre de la Défense. Cela ne permet guère d’envisager un décalage, si ce n’est, peut-être, celui les tirs déjà programmés. Je souligne également l’importance de la coopération avec le Royaume-Uni dont la participation au programme de simulation représente un détachement stratégique des États-Unis et pourrait conduire un jour à une mutualisation d’une part des dépenses, apportant ainsi une réponse aux problèmes budgétaires que vous évoquez à juste titre. Par ailleurs, des programmes civils ont été intégrés à l’intérieur même du Laser Mégajoule avec la participation financière de la région Aquitaine. Le Laser Mégajoule sera ainsi ouvert à la communauté scientifique dans un premier temps puis, peut-être, aux industriels, dans le cadre du passage de la fission à la fusion et de la production de l’énergie du futur, bien plus importante que les énergies renouvelables exploitées aujourd’hui. C’est en effet en raison de la mutualisation militaire et civile de ce dispositif que la région a soutenu un équipement militaire qui n’existe qu’en France et aux États-Unis, avec le National Ignition Facility (NIF). Cette avance de la France en matière de simulation pourrait attirer, outre le Royaume-Uni, de grands projets scientifiques européens, comme le projet européen doté d’un milliard d’euros portant sur le laser, l’optique et l’énergie.

Dans un registre différent, je suis préoccupé par l’assurance absolue que nous donneraient les SNLE au regard de l’importance de la sécurisation des transmissions et de la progression de toutes les techniques intrusives de décryptage. L’excellence de notre technologie et de nos industries en ce domaine est reconnue mais pouvons-nous avoir une totale assurance ?

Général Henri Bentégeat. 

Votre témoignage sur la simulation montre bien que toutes les économies en matière de dissuasion sont extrêmement difficiles. Les états-majors de la marine et de l’armée de l’air vous expliqueront également qu’aucune économie n’est possible sans dommage dans leur domaine respectif. Personne n’ose aujourd’hui ne serait-ce que parler d’économies en matière de simulation, que j’évoque devant vous avec la sensation de profaner un sol sacré, parce que l’on touche, d’une part, à l’institution reconnue qu’est le CEA et, d’autre part, à l’avenir avec des programmes civils très prometteurs. Il faudrait de fait pouvoir évaluer de façon prosaïque quel serait l’impact sur la crédibilité de notre dissuasion du report d’un an ou de plusieurs années des tirs envisagés. Si, par ailleurs, les retombées civiles sont supérieures aux retombées militaires se pose alors la question d’un financement autre que strictement militaire. Comme vous le disiez fort justement, seuls les États-Unis mènent un programme comparable, il est donc légitime de s’interroger sur la crédibilité de la dissuasion de tous les pays qui ne le font pas : la Russie, la Chine, l’Inde, le Pakistan, Israël. Leur dissuasion est-elle moins valide pour autant ? C’est une question qu’il faut se poser. Je pense personnellement que la simulation est nécessaire et qu’elle est une plus-value importante, mais beaucoup sont d’un autre avis.

Pour ce qui est d’une assurance absolue en matière de SNLE, je ne peux m’exprimer à la place du chef d’état-major des armées, mais la sécurisation des transmissions est sans cesse mise à niveau et un programme de modernisation est inscrit dans chaque LPM.

M. Serge Grouard. 

Vous avez remarquablement exposé les enjeux et tenté d’évoquer des pistes d’économies qui, je le crains, sont assez marginales et ne peuvent permettre de compenser l’effet d’éviction. Ces différentes pistes ont-elles été chiffrées dans le passé et est-il possible de donner des ordres de grandeur qui, je le pense, montreront que ces économies ne sont pas à la hauteur des contraintes budgétaires et du déclassement capacitaire de nos forces conventionnelles ?

Général Henri Bentégeat. 

Ces options n’ont pas été chiffrées de manière précise hormis celle du renoncement de la permanence à la mer, puisqu’il s’agit de la suppression d’un sous-marin dont le prix est connu. Le problème est que ces options peuvent engendrer des économies importantes seulement à moyen ou long terme alors que la simulation pourrait constituer une soupape pour le court terme. En effet, les économies à attendre de la suppression de la composante aérienne sont faibles et lointaines puisqu’avions et missiles existent, et qu’elles se borneraient à l’abandon de la rénovation prévue des missiles ASMPA. Il en va de même pour la suppression d’un SNLE, qui existe lui aussi, l’économie ne se faisant qu’au moment du renouvellement avec l’arrivée des sous-marins de troisième génération. En matière de diminution du nombre de têtes et de missiles, les économies ne se feraient également qu’en queue des programmes déjà lancés. Les économies substantielles ne se produiraient qu’à moyen terme et au-delà de la programmation militaire. Seule la simulation permettrait des économies immédiates avec toutefois le risque de fragiliser la coopération franco-britannique et de mettre en péril les programmes civils liés à la simulation. Selon moi aucune option n’est satisfaisante et je ne connais pas suffisamment le détail des programmes actuels pour identifier des économies rapides.

Mme la présidente Patricia Adam. 

La question sera posée aux chefs d’état-major que nous auditionnerons prochainement.

M. Daniel Boisserie. 

Vous avez démontré qu’il fallait maintenir la dissuasion compte tenu du contexte géo-politique actuel. Ni la composante aérienne, ni la composante maritime ne peuvent être supprimées, le nombre de vecteurs pourrait être à terme légèrement réduit et on ne peut pas se passer du programme de simulation. Il faut pourtant impérativement faire des économies immédiates, où les trouvez-vous ?

Général Henri Bentégeat. 

En vous répondant, j’empiète sur le terrain de ceux qui sont en charge et qui seuls peuvent vous dire concrètement où trouver des économies. Ce serait trop facile pour moi de parler à leur place et je ne peux que vous faire part de mon expérience et de la méthode terrible qui consiste à dire à ceux que vous égorgez que vous ne les égorgez qu’un peu. On constate que jusqu’ici la machine a résisté et tenu, mais cette méthode n’est possible que seulement jusqu’à un certain point. En tant que chef d’état-major des armées, j’ai passé mon temps à « taper sur l’édredon » pour le faire rentrer dans la valise, à couper de tous les côtés alors qu’on me disait que tout allait s’effondrer. Il est important d’avoir des idées directrices pour savoir où porter l’effort mais je crains, comme cela sera peut-être le cas à l’échelon national, qu’une réduction de l’ensemble des dépenses militaires de 2 % soit imposée, dont 1 % serait, par exemple, imputé sur le nucléaire, ces chiffres étant de pures hypothèses ; et je suis certain que cela marchera. Si l’on veut des économies immédiates, il faut les imposer brutalement en sachant bien ce à quoi l’on touche.

M. Joaquim Pueyo. 

La modernisation de l’arme nucléaire coûte de plus en plus cher. Nous allons dépenser en dix ans plus qu’en vingt-cinq ans de guerre froide. Vous avez parlé du Royaume-Uni dont le niveau de démocratie est identique à celui de la France. Ne pourrait-on pas, en dehors de l’Europe de la défense qui ne traite d’ailleurs pas de dissuasion, réfléchir, par exemple, à un partage des mers puisque nos deux nations disposent de sous-marins et sont soumises à des restrictions budgétaires ? Cette option, déjà évoquée par le passé, me semble à considérer.

Qu’en est-il par ailleurs du Traité de non-prolifération, qui semble en panne aujourd’hui ?

Général Henri Bentégeat. 

En réalité, la question des économies pouvant être recherchées au travers d’une plus grande coopération entre nos deux pays ne laisse personne indifférent en France ni au Royaume-Uni. Il y a cependant plusieurs niveaux de coopération. Il en existe tout d’abord d’ordre pratique, comme dans le domaine de la simulation ; mais il ne faut pas se leurrer sur le volume des économies potentielles, marginales, tout en ayant à l’esprit le fait que nous sommes techniquement en avance dans ce domaine et donc que ce sont les Britanniques qui sont les plus intéressés. L’aide que nous leur fournissons est au demeurant parfaitement justifiée, car par ce biais d’une certaine manière nous protégeons aussi notre force de dissuasion. Imaginons un instant quelle serait l’intensité des pressions qui s’exerceraient sur la France si les Britanniques étaient amenés à abandonner leur dissuasion !

Peut-on coopérer davantage, en allant par exemple jusqu’à cette dissuasion concertée évoquée un temps par Alain Juppé ? On se heurte en fait très rapidement au principe de la souveraineté nationale et de la nécessaire décision d’engagement de l’arme nucléaire par une seule personne. Dans notre système, seul le président de la République dispose des codes nucléaires et il serait quasiment impossible d’organiser une codécision de tir avec le Premier ministre britannique en situation de crise. En revanche, une concertation politique entre les deux responsables dans un tel contexte reste possible et nécessaire. Nous avons beaucoup d’échanges avec le Royaume-Uni sur le concept d’emploi ou lors d’exercices, mais cela n’entraîne aucune économie. De même que l’affectation de zones de patrouilles maritimes différentes, qui sert surtout éviter les accidents et à aider à nos sous-marins à se dissimuler au fond des océans de la manière la plus sûre, en choisissant les eaux favorables à la discrétion. La véritable dissuasion partagée impliquerait de partager la permanence à la mer, mais il s’agit d’un pas que nos dirigeants ne sont pas prêts à franchir, car supposant un degré d’accord sur la politique étrangère auquel nous ne sommes pas parvenus. Il s’agirait également d’un abandon partiel de souveraineté qui n’a pas été envisagé avec autant d’audace depuis l’appel de Winston Churchill à une union franco-britannique en 1940.

S’agissant du TNP, les négociations continuent mais se heurtent aux différences d’approches entre puissances reconnues et non reconnues, ainsi qu’à la montée d’une hostilité au nucléaire militaire dans des pays comme l’Allemagne ou la Suède par exemple, de sorte que les discussions restent totalement stériles.

M. Nicolas Dhuicq. 

Mon général vous avez bien montré que le système actuel obéit à une cohérence interne qui serait détruite par une remise en question de tel ou tel élément. Quand j’entends parler d’économies, j’entends aussi perte des dépôts de brevets, disparitions des 800 PME qui travaillent pour la dissuasion et d’emplois très qualifiés.

Ma première question porte sur les munitions, leur entretien et leur taux de disponibilité. Nous souffrons actuellement d’un niveau très insuffisant de reconfiguration des munitions conventionnelles lors des retours d’opérations en raison d’économies absurdes. Si certains recherchent des économies, il existe d’autres possibilités dans le domaine civil. Je rappelle que l’aide médicale d’État coûte un milliard d’euros. Doit-on entretenir la jeunesse de France en esclavage dans des emplois dits d’avenir, qui sont des emplois aidés n’ayant jamais fonctionné, et maintenir les dépenses sociales à leur niveau, ou bien voulons nous demeurer un peuple libre et souverain, restant dans l’Histoire, en dépensant pour cela 3 % de notre PIB au titre de la défense ?

La deuxième question porte sur la crédibilité du chef de l’État. Nous avons plusieurs joueurs, dont certains ont une vision géostratégique et agissent pour augmenter leur territoire, ou souhaitent s’affranchir de la domination du dollar au travers de nouveaux moyens de paiement. Je pense en particulier au président russe qui, lui, est un chef d’État, alors que le président de la République, souverain républicain, n’a toujours pas prononcé de discours sur la dissuasion, ce qui risque d’en affecter la crédibilité.

Enfin, vous avez évoqué en quelque sorte l’évolution du centre de gravité de l’adversaire. Au vu de la faillite de certains États, qu’en est-il du cas d’un adversaire qui, démultiplié, non centralisé et non étatique, mettrait en cause les intérêts fondamentaux de la Nation ?

Général Henri Bentégeat. 

En ce qui concerne les munitions, je ne connais pas l’état actuel de nos stocks, mais il est certain qu’il s’agit toujours d’un poste faisant l’objet d’économies budgétaires d’autant plus faciles qu’elles ne se voient pas. Du moins jusqu’au moment où, en opération, les insuffisances se manifestent, ce qui conduit alors à des acquisitions en urgence très coûteuses.

La question générale de la crédibilité du chef de l’État, en tant que responsable de la dissuasion nucléaire, est intéressante. Sans polémiquer, je rappelle les inquiétudes exprimées lorsque François Mitterrand est devenu président de la République. Or, il est devenu par la suite le chantre de la dissuasion. Je me souviens à cet égard d’un discours extraordinaire qu’il avait tenu devant les responsables chargés de la dissuasion, alors que je servais à son état-major particulier, au cours duquel il avait rappelé que sous ses deux mandats il avait doublé les capacités de nos forces nucléaires. Le deuxième exemple est celui de Valéry Giscard d’Estaing, qui avait écrit dans un livre une phrase malheureuse pouvant laisser entendre qu’il n’aurait jamais recouru à l’arme nucléaire. La crédibilité du chef de l’État est donc extrêmement sensible.

C’est la raison pour laquelle, lorsque j’étais chef d’état-major particulier du président Jacques Chirac, à ce titre détenteur de la deuxième moitié du code nucléaire et appelé à travailler sur ces questions nucléaires, j’ai énormément insisté sur la réintroduction de la notion d’ultime avertissement. Le chef de l’État ne peut pas se trouver confronté à un choix unique de menace d’emploi de l’arme impliquant nécessairement des dizaines de millions de morts. Il n’est certes pas prévu d’employer l’arme, mais de dissuader ; cela étant le choix ne pouvait plus être entre le tout ou rien. Il fallait autre chose, et c’était l’ultime avertissement. Ce dernier peut être pratiquement indolore, avec par exemple une frappe de faible puissance dans une zone désertique ou bien une impulsion électromagnétique, affectant les appareils électroniques et paralysant un pays sans avoir un caractère dévastateur, tout en montrant à l’adversaire que l’on est disposé à passer à un autre stade.

Dans ce domaine, nous pouvons avoir aujourd’hui confiance, car la fonction habite toujours l’homme.

La dissuasion nucléaire n’a indiscutablement pas pour fonction de dissuader des adversaires non étatiques. On peut imaginer l’emploi à usage terroriste de bombes radiologiques « sales », mais si les coupables ne sont pas directement liés à un État commanditaire, ils ne relèvent pas de la dissuasion nucléaire mais bien d’opérations de police ou conventionnelles.

Mme Geneviève Gosselin-Fleury. 

Estimez-vous que les moyens actuels sont adaptés aux ambitions d’indépendance de notre dissuasion ? Peuvent-ils garantir la crédibilité réelle de celle-ci face aux autres puissances nucléaires, et tout particulièrement celles qui disposeraient de défenses antimissiles ?

Général Henri Bentégeat. 

La crédibilité politique d’ensemble de la dissuasion repose sur la cohérence de notre système, qui est très grande et associe étroitement les deux composantes ainsi que le programme de simulation. Il existe aussi une crédibilité concrète des armes, point redoutable à l’origine des surcoûts du nucléaire, car il faut garantir que nos vecteurs et nos têtes seront capables de pénétrer les défenses adverses. C’est un problème considérable, qui nous conduit, en liaison avec les industriels, à travailler en permanence à la modernisation de nos forces pour mettre en œuvre des moyens de plus en plus sophistiqués. C’est la raison pour laquelle nous sommes conduits à passer du M 51.2 au M 51.3, car il améliorera certes la portée mais surtout garantira la pénétration de défenses adverses de plus en plus perfectionnées. Ce phénomène explique pourquoi le poids budgétaire du nucléaire tend à nouveau à s’accroître.

M. François de Rugy. 

Je salue votre intervention claire et précise. Vous avez utilisé un argument qui personnellement me gêne, en appelant au caractère mythique ou sacré de la dissuasion, ce qui me paraît être un critère inadapté pour la décision politique. En revanche, j’ai cru comprendre qu’au travers de la liste des pistes d’économies vous essayiez de résoudre la contradiction dans laquelle la France se trouve entre sa contrainte budgétaire inéluctable et l’évolution des dépenses militaires. De ce point de vue, on peut relever objectivement qu’un même choix de réduction de ces dernières a été réalisé par l’ancienne et l’actuelle majorité, sous deux présidences de la République différentes. La sanctuarisation de la dissuasion nucléaire amènerait à sacrifier très lourdement les crédits affectés aux équipements conventionnels. L’alternative est-elle vraiment entre des économies structurelles à moyen terme ou des « coups de rabots » généralisés ? Ces économies ne mettraient pas finalement en cause la dissuasion, quoiqu’on puisse en penser par ailleurs.

Général Henri Bentégeat. 

J’ai conscience d’avoir abusé d’un vocabulaire que je n’emploie pas d’habitude. Il n’y a aucune raison de s’agenouiller devant le « dieu nucléaire », pas plus d’ailleurs qu’il n’y en a de le répudier définitivement pour des raisons tenant à la foi. Mon propos était avant tout ironique et visait le lobby nucléaire au sein des armées, auquel j’ai appartenu et appartient indiscutablement encore, qui défend avec constance la dissuasion face à ceux qui, au sein des armées ou de l’opinion publique, seraient prêts à la sacrifier. Je considère toujours que notre dissuasion apporte beaucoup à la France et aux Français.

Il faut cependant relever qu’en raison de son emploi à Hiroshima et Nagasaki, l’arme nucléaire occupe une place à part, d’ordre mythique, dans l’imaginaire populaire. Et il est très heureux qu’il en soit ainsi, car c’est la seule arme capable de faire instantanément des millions de morts.

S’agissant de l’alternative entre les économies forfaitaires ou structurelles, comme pour l’ensemble des dépenses publiques, je pense que l’on sera conduit à utiliser un panachage des deux méthodes, qui ne sont pas incompatibles.

M. Yves Fromion. 

Pour revenir sur la question de la crédibilité du chef de l’État, j’estime que lorsque l’on fait le choix d’une démonstration publique de tir du M 51, dont le résultat se révèle calamiteux, on ne rend pas service à la crédibilité d’ensemble de notre force de dissuasion. Sur le fond de notre débat, nous savons qu’il n’y a aucune perspective d’économie à court terme sur la dissuasion, mais nous devons nous poser la question pour le moyen terme de manière sérieuse si nous ne voulons pas seulement subir. En effet, c’est aujourd’hui que sont posés les premiers jalons des systèmes futurs, ce qui implique de faire dès à présent les choix adaptés en matière d’affectation des crédits de recherche, en s’interrogeant sur le dimensionnement et les caractéristiques dont nous aurons besoin. Par exemple, faudra-t-il maintenir deux composantes ? Pouvons-nous imaginer une composante mixte, avec des sous-marins capables de tirer aussi des missiles de croisière à longue portée ? En bref, vers quoi devons-nous nous diriger ? Sur l’ultime avertissement, je vous rejoins entièrement sur son utilité. Nul ne pouvait croire que les responsables politiques pouvaient rester enfermés dans le dilemme du tout ou rien.

Général Henri Bentégeat. 

Je dois avouer qu’il m’est extrêmement difficile de vous répondre. La réflexion sur l’avenir de l’outil de dissuasion commence à peine à émerger, notamment dans le cadre de l’exercice nouveau et original des auditions sur la dissuasion menées par votre commission, dont j’espère qu’il aura un écho dans l’opinion. Penser une évolution sensible de notre système de dissuasion implique un débat collectif très approfondi, en tenant notamment compte de nos compétences techniques, dont on sait combien il est difficile de les maintenir. L’exemple britannique en matière de sous-marins lanceurs d’engins nous instruit d’ailleurs sur les risques importants qu’il y a à interrompre les activités des bureaux d’études et de nos ingénieurs, que ce soit au CEA ou chez les industriels. Par-delà les choix immédiats sur les moyens de desserrer un peu la contrainte budgétaire en matière nucléaire, il y a donc un débat de fond à mener sur ce sujet, en le construisant sur une base politique.

Mme la présidente Patricia Adam. 

Je vous remercie d’avoir bien voulu nous faire partager vos analyses. J’espère également que la société civile se saisira de nos travaux.

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* *

La séance est levée à dix heures trente.

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Membres présents ou excusés

Présents. - Mme Patricia Adam, M. François André, M. Nicolas Bays, M. Sylvain Berrios, M. Daniel Boisserie, M. Gilles Bourdouleix, M. Jean-Jacques Bridey, Mme Isabelle Bruneau, M. Guy Chambefort, M. Alain Chrétien, Mme Catherine Coutelle, M. Bernard Deflesselles, M. Guy Delcourt, M. Nicolas Dhuicq, Mme Marianne Dubois, M. Yves Foulon, M. Yves Fromion, M. Sauveur Gandolfi-Scheit, Mme Geneviève Gosselin-Fleury, M. Serge Grouard, M. Laurent Kalinowski, M. Patrick Labaune, M. Marc Laffineur, M. Charles de La Verpillière, M. Gilbert Le Bris, M. Christophe Léonard, M. Maurice Leroy, M. Jean-Pierre Maggi, M. Alain Marleix, M. Alain Marty, M. Philippe Meunier, M. Jacques Moignard, M. Paul Molac, M. Alain Moyne-Bressand, M. Jean-Claude Perez, Mme Sylvie Pichot, Mme Émilienne Poumirol, M. Joaquim Pueyo, M. Eduardo Rihan Cypel, M. Gwendal Rouillard, M. Alain Rousset, M. François de Rugy, M. Jean-Michel Villaumé, M. Philippe Vitel, Mme Paola Zanetti

Excusés. - M. Ibrahim Aboubacar, M. Olivier Audibert Troin, M. Claude Bartolone, M. Philippe Briand, M. Jean-Jacques Candelier, M. Laurent Cathala, M. Lucien Degauchy, M. Philippe Folliot, M. Éric Jalton, M. Jean-Yves Le Déaut, M. Frédéric Lefebvre, M. Bruno Le Roux, M. Philippe Nauche, Mme Marie Récalde, M. Michel Voisin

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 11 mai, 2014 |Pas de commentaires »

LA GRANDE BARRIERE DE CORAIL AUSTRALIENNE MENACEE PAR DES GRAVATS (ATS)

La Grande barrière

de corail australienne

menacée par des gravats

Barrière de corail Australienne

L’UNESCO a condamné, jeudi 1er mai 2014, le feu vert des autorités australiennes au déversement de gravats de dragage dans les eaux de la Grande barrière de corail. L’organisation a menacé de la placer sur la liste des sites du Patrimoine mondial en péril.

Le gouvernement australien a récemment autorisé l’extension d’un port d’exportation de charbon alors que le directoire du Parc marin de la Grande barrière de corail (GBRMPA) a approuvé le rejet de trois millions de m3 de déchets de dragage dans les eaux du parc.

Moitié des coraux disparus

Les écologistes craignent une détérioration plus rapide encore de l’état du récif. Il a déjà perdu plus de la moitié de ses coraux au cours des trois décennies passées sous l’effet de facteurs météorologiques, climatiques et industriels.

L’UNESCO a « pris acte avec préoccupation » et « regret » de la décision des autorités australiennes. Elle a demandé à Camberra de fournir un nouveau rapport au Comité du Patrimoine Mondial démontrant l’innocuité de ces déversements.

De façon générale, l’UNESCO se dit inquiet du « grave déclin » de la Grande barrière et recommande au comité d’étudier son inscription en 2015 sur la liste du patrimoine en péril « en l’absence de progrès significatifs ».

Valeur universelle « exceptionnelle »

L’Australie a défendu en février son bilan dans la protection de la Grande barrière. « L’exceptionnelle valeur universelle et l’intégrité de la Grande barrière de corail demeurent largement intactes », estimait notamment le ministre de l’Environnement Greg Hunt.

Selon un rapport gouvernemental, l’Australie a fait une priorité de la lutte contre une étoile de mer coralliphage. Elle s’efforce aussi de réduire les dépôts de sédiments et de nitrates provenant en particulier de l’agriculture.

(ats / 01.05.2014 10h39) LA GRANDE BARRIERE DE CORAIL AUSTRALIENNE MENACEE PAR DES GRAVATS (ATS)  dans REFLEXIONS PERSONNELLES 

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 1 mai, 2014 |Pas de commentaires »

« SANS LENDEMAIN »: UN FILM D’ANIMATION SUR L’AVENIR DU GENRE HUMAIN PLUS QUE DE LA PLANETE TERRE (Réalisation: Dermot O’CONNOR)

« SANS LENDEMAIN »

Cartographie des pays les plus pollueurs de la planète

(Croquis: carte des pays les plus pollueurs de la planète)

« There’s no tomorrow »

Percutant et superbement réalisé, ce film d’animation questionne notre mode d’exploitation des énergies fossiles et des ressources naturelles, ses conséquences au niveau planétaire et l’impasse où nous mène notre modèle de croissance.

Information et documentation sur le sitehttp://sansLendemain.mpOC.be.

Titre original étasunien : There’s no tomorrow.

Réalisation : Dermot O’ Connor (35 minutes, 2012). Incubatepictures.com
http://www.youtube.com/watch?v=VOMWzj…

Version française 2013 due à l’initiative du groupe de Liège du mpOC, Mouvement Politique des Objecteurs de Croissance (le mpOC n’est pas un parti politique).

Avec le soutien de : Amis de la Terre Belgique, ASPO.be (section belge de l’Association for the Study of Peak Oil and Gas), GRAPPE (Groupe de Réflexion et d’Action Pour une Politique Ecologique), IEW (Inter-Environnement Wallonie), Imagine demain le monde, mpOC.

Traduction : Francis Leboutte.
Voix : Caroline Lamarche.
Mixage voix : Margarida Guia.
Sous-titres en néerlandais, allemand, anglais, français, espagnol et italien.

Ce petit film d’animation très percutant et très bien réalisé nous fait nous interroger sur notre mode d’exploitation des énergies fossiles, des ressources naturelles ainsi que de ses conséquences sur notre planète. Cette vidéo qui ne vous laissera pas insensible dresse un bilan assez pessimiste de notre écosystème !

Réalisé par Dermot O’ Connor et produit par Incubate Pictures, il aborde de façon très intelligible toute une série de problématiques liées à la croissance de notre système économique. Le réalisateur américain Dermot O’ Connor analyse de façon très pointue notre façon de consommer et synthétise les données sur les énergies.

Disparition progressive des combustibles fossiles et des autres ressources non renouvelables, destruction de l’environnement et de la biodiversité, problème de la surpopulation et de la nourriture, sans oublier l’absurdité de notre système économique… Tout est passé au crible pendant 35 minutes. Un excellent outil d’information qui fait froid dans le dos !

Face à un tel constat, on se sent concerné et on aimerait que les choses changent. Nous sommes au quotidien entourés par les technologies et bien que nous ayons conscience de ces conséquences énergétiques, nous continuons de les utiliser sans aucun changement de comportement. 

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 9 avril, 2014 |Pas de commentaires »

MALAISIE. LE VOL MH370: CERTITUDES ET HYPOTHESES (William REYMOND/http://blogues.journaldemontreal.com/williamreymond)

Vol BOEING 777 MH 370:

Photo BOEING 777

Certitudes et hypothèses

MALAISIE. LE VOL MH370: CERTITUDES ET HYPOTHESES (William REYMOND/http://blogues.journaldemontreal.com/williamreymond) dans REFLEXIONS PERSONNELLES - 

 

A la fin d’une journée encore marquée par son lot de rumeurs, de

nouvelles et de démentis, il me semble bon de faire un point sur

les quelques certitudes que nous avons autour du mystère du vol

MH370.

Et de détailler deux hypothèses populaires dans les milieux US

proches de l’enquête.

SATELLITE

Première certitude, la fin de la piste des images satellites Chinoises qui donnaient à penser hier que le mystère touchait peut-être partiellement à sa fin.

Une conclusion en eau de boudin puisque après une vérification infructueuse des  lieux désignés par les clichés de surveillance, les autorités malaysiennes ont affirmé que selon l’ambassadeur Chinois, Beijing s’était tout simplement trompé de photos !

Une curieuse excuse qui a du faire sourire du côté américain où  comme je vous le racontais hier on n’a jamais donné beaucoup de crédit aux images chinoises.

Pourquoi ? Pour citer une de mes sources dans le renseignement   »parce que rien n’apparaissait sur nos propres images ».

Point intéressant et à garder en tête : la zone où le contact avec MH370 a été rompu est fréquentée par de nombreux navires et surveillée par de NOMBREUX satellites.  Ce qui laisse penser – nous allons y revenir- que si l’avion s’était écrasé dans cette zone là, il aurait été déjà retrouvé.

EXASPÉRATION

Autre certitude, la confirmation de plus en plus flagrante des limites de capacité d’enquête des autorités de Malaisie.

Il faut voir chaque point presse tenu par les responsables du pays. Ils y passent plus de temps à assurer le public qu’ils ne cachent rien et que tout est fait pour donner au plus vite une réponse aux familles toujours dans l’angoisse.

En réalité, sur le terrain, la collaboration entre le Vietnam et la Malaisie s’effectue dans la douleur. Aujourd’hui, en coulisses, la Maison-Blanche mais aussi les enquêteurs Français ont fait savoir leur exaspération face aux erreurs répétées des Malaysiens.

Deux exemples expliquent la perte de patience des « partenaires » Malaysiens.

Ainsi, depuis samedi, les Malaysiens détenaient la preuve du changement de cap de l’avion une fois sa disparition des radars civils. Ces signaux, recueillis par un radar militaire, n’ont été confiés aux enquêteurs qu’il y à deux jours.

Autre cafouillage, rendu public aujourd’hui, le temps mis a partager avec les Américains l’existence de signaux ACARS (Aircraft Communications Addressing and Reporting System) envoyés automatiquement par plusieurs engins à bord.

Selon des proches de l’enquête, la Malaisie disposait de ces données cruciales (elles démontreraient que l’avion à continué à voler au moins 4 heures après sa disparition des radars) depuis dimanche mais les aurait partagé seulement dans la journée de mercredi.

Bien entendu, le délai à donner ses informations, à les analyser correctement est un frein à l’enquête et aux opérations de recherche.

Mais il ne faut pas forcément y voir une intention cachée et secrète de la Malaisie. Du côté des enquêteurs américains, on estime que ce délai est du à la confusion qui règne sur place.

Mais aussi à l’absence de structure adéquate.

En effet, la Malaisie ne dispose pas d’un bureau permanent d’enquête où le personnel est formé à avoir les bons réflexes. Et qu’ainsi des informations qui pourraient être capitales sont traitées par des agents sans l’expérience nécessaire pour les hiérarchiser correctement. Sans non plus oublier, la crainte de pas mal faire ou de révéler que tel ou tel service n’a pas fait son boulot.

ACCIDENT 

AVION 1

Depuis la disparition du MH370, les services Américains ont un nombre de certitudes. Et ces certitudes permettent aux milieux proches de l’enquête de considérer sérieusement deux hypothèses.

Et depuis hier, une plus que l’autre.

Premier élément, les Américains n’ont jamais vraiment cru à l’hypothèse de l’explosion d’une bombe ou d’une collision en vol avec un autre avion. Ces éléments auraient du apparaître sur les relevés de surveillances photographiques et audio de leurs satellites espions. Ce qui n’est pas le cas.

Mieux encore, les Américains grâce à leur  réseau de satellites U.S. Space Based Infrared System (SBIRS) disposent d’un système pouvant détecter les signatures thermiques en temps direct. En cas d’explosion d’un avion, SBIRS communique immédiatement les coordonnées et son image thermique. Ce qui n’a pas été le cas dans le cadre de la disparition du MH370

Dans le même esprit, les Américains ont toujours été prudents sur l’hypothèse d’une défaillance mécanique subite et un crash dans l’océan. Et ce avant les expéditions sur place et les photos satellites chinoises.

Pourquoi ? Parce que le temps de sa chute, le MH370 aurait du envoyer une trentaine de signaux différents. Ce fut le cas par exemple lors du crash du Rio-Paris où 29 signaux de défaillance avaient été envoyés dans la dernière minute avant de s’abimer. Là, rien.

FAA

La première hypothèse retenue par les Américains est plus ou moins celle que je vous ai présentée il y a 3 jours suite à ma discussion avec un ancien pilote d’une agence de renseignent.

Pour résumer, l’avion aurait été victime d’une fissure au niveau de son antenne SATCOM ( expliquant ainsi le soudain silence radar et l’absence de données GPS) puis aurait été victime d’une décompression lente entrainant la perte de conscience puis la mort des passagers et de l’équipage.

L’avion, sur pilotage automatique, aurait alors continué son vol jusqu’à épuisement de son carburant pour ensuite s’écraser. 

Certes, Malaysia Airlines a immédiatement indiqué que ce n’était pas le cas mais ces derniers jours nous ont appris à être prudent avec les affirmations venant de Kuala-Lumpur.

ACTE CRIMINEL 

En fait ce sont de nouveaux éléments d’enquête qui viennent de placer la thèse de la décompression lente en seconde position.

Depuis jeudi matin, analysant les données ACARS (voir plus haut) les autorités US ont une nouvelle certitude : quelqu’un a pris le contrôle du MH370

Sinon, comment expliquer que les trois transmetteurs permettant de localiser et identifier l’avion ont été débranché à trois moments différents ?

Si le MH370 avait été victime d’une défaillance mécanique, les trois transmetteurs auraient cessé d’émettre dans le même laps de temps.

Là, il y a plusieurs minutes entre chaque déconnection. Le temps selon une de mes sources « pour démonter et débrancher chaque appareil un à un ».

Si tout cela s’avérait vrai, le MH370 aurait donc été victime d’un acte criminel.

SCÉNARIO

Acte criminel ne veut pas forcément dire acte terroriste.

Le MH370 aurait pu être ainsi détourné dans le but de paiement de rançons comme s’il s’agissait d’un acte de piratage. Mais comme l’indique une de mes sources « les pirates se seraient déjà manifestés ».

Ou alors, peut-être, les pirates s’intéressaient à la valeur marchande du 777 ?

En pièces détachées, on parle ici de plusieurs millions de dollars…

En fait, dans le cadre de l’hypothèse d’un acte criminel, les USA travaillent sur deux pistes.

Le premier scénario serait une prise de contrôle de l’avion par un des pilotes. Ses motivations iraient de l’opération terroriste au suicide.

Et lorsque on remarque que voler 4 heures ne correspond guère au modus operandi d’un suicide, la réponse ne tarde pas :

« Personne ne sait ce qui s’est passé dans la cabine. Il y a eu changement de cap, il a pu se passer beaucoup de choses après »

Un pilote a-t-il repris connaissance et y-a-t-il eu ultime confrontation avec le pilote-pirate ?

Tout est effectivement possible et pourrait justifier l’idée que suite à cela, sans pilote, l’avion ait poursuivi son vol jusqu’à s’écraser quelque part dans l’Océan Indien.

C’est en tout cas vers là que la Maison-Blanche a annoncé vouloir orienter une partie de ses recherches.

TERRORISME

Moyens mis en place pour retrouver des traces du vol de l'aéronef malaisien

Mais c’est un second scénario qui intéresse au plus haut point les enquêteurs Américains.

Celui d’une prise de contrôle du 777 afin de le réutiliser plus tard dans un acte criminel.

Dans cette hypothèse, les pilotes (ou une équipe les ayant remplacés à Kuala-Lumpur profitant de conditions de sécurité non optimales) auraient en quelque sorte « enlevé » l’appareil.

Les passagers et le reste de l’équipage auraient pu être privés d’oxygène assurant tragiquement un vol « tranquille » aux pirates de l’air. Puis les transmetteurs auraient été débranchés afin de faire disparaitre le MH370 des radars.

Kidnappé, le Boeing aurait alors volé 4 heures jusqu’à sa destination.

Et là ? Maquillé, il pourrait devenir une « arme » pour une future opération terroriste de grande ampleur.

La thèse, je le répète, sérieusement étudiée par les enquêteurs US, a trois zones d’ombre.

D’abord, il est impossible de savoir si dans cette optique, la « mission » a été couronnée de succès. Les pirates ont-il réussi à mener le Boeing à bon port ou se sont-ils écrasés avant dans l’Océan Indien ?

Deuxième point d’interrogation, dans l’hypothèse où les pirates auraient réussi, les moyens nécessaires pour stocker un 777 afin qu’il échappe à la surveillance satellite sont importants. Quel groupe peut-il gérer une telle logistique ?

Et dernier écueil, peut-être le plus important,  la nécessité de disposer une piste d’atterrissage suffisamment longue pour y poser un 777. D’où l’idée évoquée par certains qu’il pourrait s’agir de terrorisme d’État ?

Début peut-être de réponse dans les prochaines heures : selon différentes informations, les Américains continueraient d’analyser les données émises  pendant 4 à 5 heures par le MH 370 afin de déterminer son parcours.

A suivre…

 AVIATION dans REFLEXIONS PERSONNELLES - 

http://blogues.journaldemontreal.com/williamreymond)

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 14 mars, 2014 |Pas de commentaires »

MORT DANS SA YOURTE: JEAN-PAUL GENDRY ADIEU ! (http://yurtao.canalblog.com)

Mort dans sa yourte:

AAAAAAA

Jean-Paul GENDRY

est mort

le 17 Janvier 2014

dans sa yourte installée

au pied du

Mont-Saint Michel.

jean-paul gendry

L’accident

Affaibli par tout un ensemble de circonstances, l’explosion de son poêle a été un accident terrible qui a contribué à la dégradation brutale de sa santé au cœur d’un hiver particulièrement humide. Que s’est-il passé ?

Jean-Paul avait construit lui-même dans sa yourte un four bas en argile nanti d’un tuyau d’évacuation latéral sous le plancher. Un couple d’amis l’a convaincu de changer de chauffage car le petit four ne leur semblait pas suffire pour passer l’hiver. Ils ont amené un poêle en fonte d’occasion que Jean-Paul a installé à la place du four qu’il a détruit. Il a aménagé difficilement un raccord. Au bout de quelques temps, la nuit, le tuyau de poêle a explosé. Jean-Paul a failli mourir, a-t-il confié à sa famille, mais on ne sait pas ce qu’il a subi. Intoxication ? Il en est resté très choqué et très affaibli, sûrement malade .

Sa sœur estime que cet accident de poêle a mis en évidence un risque que Jean-Paul n’avait pas prévu en raccordant le tuyau à l’évacuation latérale alors qu’il semble maintenant qu’il ne pouvait convenir qu’à une évacuation par le haut. Elle souligne combien ce tragique accident rappelle la nécessité d’écarter tout danger en étant particulièrement attentif et prudent lorsque l’on procède soi-même à l’installation d’un système de chauffage.

Affectée et peinée

Si je parle ici de ce drame, c’est parce que je me sens concernée, affectée et peinée.

Jean-Paul m’écrivait régulièrement depuis la fondation de l’association CHEYEN, il rédigeait des lettres manuscrites où il versait son cœur, ses espoirs, ses révoltes, ses démarches, sa quête, ses questionnements.

Comme moi, il pratiquait la décroissance, n’avait pas de téléphone portable qu’il jugeait nocif, il n’avait pas non plus d’ordinateur. Débrouillard, il était sorti du système de consommation et vivait pauvrement, en assumant ses choix.

Je lui répondais donc par courrier, et certains CHEYEN se sont joint parfois à mes missives. Cet homme idéaliste, absolu, torturé et généreux envoyait chaque année un billet pour soutenir la cause des yourtes, il apportait humblement son obole, lui qui n’avait rien, à qui on avait retiré son RSA pendant des mois (parce qu’il ne justifiait pas assez la volonté de se réinsérer et soupconné de dissimuler du travail au noir) et qui faisait don de sa personne, de son temps et de son aide à tant d’autres en détresse.

Il vivait seul 

Jean-Paul vivait seul dans sa yourte fabriquée de ses mains qu’il avait posé sur un terrain familial agricole, il bricolait tout ce dont il avait besoin. Il cultivait un jardin, avait quelques poules. C’était une force de la nature, un costaud qui n’allait pas de main morte dans les travaux, qui aimait les prises de risque et se montrait très obstiné quant à la conquête de son autonomie et de sa cohérence écologique.

Dans sa jeunesse, à la fin des années quatre-vingt-dix, féru de kayak de mer, il avait rejoint l’Angleterre seul dans son embarcation malgré une météo pourrie, en partant de Cherbourg, puis relié la Corse depuis la côte d’Azur.

Très physique, il donnait à fond son énergie et croyait en la gratuité du don.

Pourtant, il a été déçu par des profiteurs abusant de sa générosité et son honnêteté.

Il aidait en particulier des SDF qu’il sortait de la rue, et il a aussi travaillé au Secours Catholique jusqu’à ce qu’il soit écœuré par des bénévoles qui se servaient largement en premier.

Contre la Société…

Pour la VIE !

Il protestait contre le nucléaire, avait écrit aux médias et aux politiques pour demander l’arrêt des travaux de l’EPR Manche.

Il n’était donc pas raccordé au réseau, tout en s’étonnant que les écologistes locaux ne remettent pas en question l’abondance d’électricité.

Il protestait contre les grands travaux inutiles et polluants tels que ceux du Mont Saint Michel en écrivant des lettres argumentées, mais il se sentait relégué dans l’indifférence et avait conscience de son impuissance et de son isolement contre un système ayant peu de considération pour les personnes et la nature.

Il était devenu végétarien par conviction morale, avait arrêté le tabac et cherchait à aligner ses idées avec sa réalité, mais il souffrait de solitude dans un monde très individualiste dont il refusait le vampirisme et le mercantilisme.

Pour sa yourte, il avait écrit au maire, au député, au conseil général et au Président de la république pour exprimer sa situation précaire et ses solutions courageuses.

Sans réponses, il déplorait que personne dans la région ne soutienne sa démarche, et aussi que les gens lui renvoient trop souvent une image de monstre, comme si son choix de vie différent le rendait dangereux pour la société…

En 2011, après plusieurs mois d’hiver dans le noir, il a fait coudre par un artisan breton membre de CHEYEN, Yann MARTY, un chapeau de yourte transparent, qui lui a offert la lumière dedans.

C’est à ce moment qu’il a été exclu du système RSA. Pourtant, il aurait eu bien besoin de faire refaire sa toile de toit pour être au sec. Mais malgré sa sincérité et son intégrité, malgré de nombreuses démarches, il s’est retrouvé totalement démuni et sans argent.

Dans cette traversée du désert, il a renoncé alors « au combat, à la confrontation aux incompréhensions, aux inégalités, aux injustices, à l’hypocrisie, aux mensonges… Pour apaiser mes souffrances, je me retire humblement dans ma yourte car je ne vois plus ma place dans ce monde de forts. Je m’en remets au grand mystère de la vie pour m’indiquer le chemin de la paix, continuer à rêver, créer, vivre un monde plus juste, de respect pour les animaux, les plantes, Gaïa… »

Se mettre à l’écoute du présent

Durant ce cheminement, il a continué à améliorer la yourte, les chemins, le jardin, l’autonomie énergétique, s’est fabriqué un cuiseur à bois pour ne plus dépendre du gaz, et a continué à aider les autres sans attendre de retour.

Il s’est mis à l’écoute du présent, a appris à identifier les blocages comme des leçons de vie, et a réaffirmé ses choix basés sur des valeurs de simplicité et de respect. Finalement, cette épreuve de dénuement total lui a fait gagner en paix intérieure, tant un destin se forge avec autant de volonté que d’abandon, même s’il a toujours continué à se considérer en état d’exclusion sociale et de grande précarité.

JUAN-PAOLO_12

Dans son four auto-construit, Jean-Paul cuisait son pain, mais aussi le pain qu’il offrait aux nécessiteux ( trop exclus pour toucher le RSA) grâce à son allocation minimum retrouvée.

Usé par le quotidien…

Mort d’épuisement

A l’automne 2013, il a cumulé problèmes administratifs, matériels et humains, son humeur en pâtissait, mais il jurait d’arriver à s’en sortir coûte que coûte.

Il avait beaucoup maigri et semblait miné, exténué.

Usé par des relations insatisfaisantes et difficiles, par une vie très rude, il ne voulait plus faire de concessions ni recevoir d’aide.

Peut-être était-il malade, mais il ne l’a pas pris au sérieux, et de toute façon se soignait par lui-même de façon naturelle. Dans l’hiver, il a beaucoup changé, il était très révolté, accumulait les ennuis, la fatigue, les déceptions, semblait au bout du rouleau.

Il a voulu régler pas mal d’affaires en cours, récupérer des objets prêtés, dégager de veilles remises, faire propre, il entreprenait de gros travaux de nettoyage dehors, sciant toujours tout son bois à la main.

Après l’accident du poêle, au cœur de l’hiver, il n’a plus eu de chauffage.

Il a refusé tout autre hébergement. Il voulait rester dans sa yourte, dans ce qu’il avait construit, car c’était là le sens de sa vie, ce labeur modeste du quotidien qui lui rendait son honneur.

Quand on sait le temps qu’il a fait et qu’il fait encore en Bretagne, on peut imaginer l’état d’humidité et de froid dans une tente. Pourtant, il avait commencé à reconstruire un nouveau petit four en argile à la place du poêle (toujours pas sec aujourd’hui).

Et il a continué à débroussailler, couper du bois, sans tronçonneuse. Il y allait en force, sa voisine se rappelle l’avoir vu, peu de temps avant son décès, s’acharner avec des coins sur une grosse poutre qu’il voulait débiter.

Jean-Paul est mort d’épuisement, au bout de lui-même, à l’âge de 46 ans, parce qu’en France, aujourd’hui, on peut mourir de dignité.

Les médecins et la famille disent que Jean-Paul s’est tué à la tâche, que les efforts physiques ont été trop violents, que le corps a lâché.

Que ça arrive à des hommes dans la force de l’âge.

Moi je dis que la dignité, celle dont on a tellement besoin pour exister, peut faire arrêter un cœur de battre.

Et je dis que je ne laisserais plus jamais quiconque traiter des personnes bénéficiant de la solidarité sociale de paumés, paresseux ou parasites.

Je suis certaine que quelques yourteurs se reconnaîtront dans ce témoignage, cette façon de vouloir prendre en charge sa cohérence et son autonomie sans plus rien attendre de personne, jusqu’à en arriver au bout du rouleau. Moi entre autres.

Il reste cependant que cet homme est mort dans sa yourte, le meilleur endroit pour rendre son dernier soupir.

Pour terminer ce triste message, voici un extrait de « La prière d’un artiste » qu’il m’a recopié dans sa dernière lettre :

« O grand Créateur,

Aidez-nous à croire qu’il n’est pas trop tard

et que nous ne sommes pas trop petits et trop imparfaits

pour être guéris

par vous et par chacun d’entre nous et rendus entiers.

Aidez-nous à nous aimer les uns les autres

pour nourrir l’épanouissement de chacun

encourager le développement de chacun

et comprendre les peurs de chacun.

Aidez-nous à savoir que nous ne sommes pas seuls

que nous sommes aimés et aimables.

Aidez-nous à créer

comme si c’était un acte de respect et d’amour à votre égard. »

Jean_Paul dans la baie saint michel

http://yurtao.canalblog.com/archives/2014/02/26/29299629.html

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 12 mars, 2014 |8 Commentaires »

LA CONSOMMATION MONDIALE D’ENERGIE AUGMENTERA DE 41% D’ICI 2035, TIREE PAR LES EMERGENTS (AFP)

La consommation mondiale d’énergie

augmentera de 41% d’ici 2035,

tirée par les émergents

AAAAAAAAA

La consommation mondiale d’énergie devrait augmenter de 41% entre 2012 et 2035, très majoritairement tirée par les pays émergents, Chine et Inde en tête, tandis que les énergies fossiles demeureront dominantes, ont estimé, mercredi 15 janvier 2014, les économistes de BP.
Dans son quatrième rapport annuel sur la prospective, dont la période d’étude a été rallongée cette année de 5 ans à 2035, les experts du géant pétrolier prévoient que 95% de la croissance de la demande d’énergie au niveau mondial proviendra des économies émergentes. 

L’usage d’énergie dans les économies avancées de l’Amérique du Nord, de l’Europe et de l’Asie en tant que groupe devrait augmenter très lentement – et commencer à décliner dans les dernières années de la période étudiée, notamment grâce aux améliorations en termes d’efficacité énergétique, explique le rapport. 

Pour ce qui est du type d’énergie utilisée à l’horizon 2035, BP avance que les énergies fossiles (pétrole, gaz, charbon) resteront dominantes, captant encore 81% de parts de marché, contre 86% en 2012. 

Fait notable, pétrole, gaz et charbon auront chacun la même part de marché, autour de 27%, a souligné Christophe Rülhl, économiste en chef de BP lors d’une conférence mercredi à Londres. 

Ce sera la première fois dans l’histoire de l’Homme qu’aucune énergie ne sera dominante, a-t-il insisté. 

De leur côté, les énergies renouvelables progresseront rapidement, pour passer de 2% du marché à 7% en 2035, estime BP. En revanche, l’usage de l’énergie nucléaire stagnera. 

Le rapport de BP conclut qu’il y aura assez d’énergie pour combler la hausse de la demande, grâce aux nouvelles sources d’énergies telles que le gaz de schiste ou le pétrole de réservoirs compacts et grâce aux avancées technologiques. 

Toutefois, prévient-il, les pays ne seront pas sur un pied d’égalité en ce qui concerne la sécurité énergétique, avec les États-Unis qui atteindront l’autosuffisance tandis que la dépendance aux importations de l’Europe, de la Chine et de l’Inde augmentera. 

Enfin, les émissions de CO2 devraient augmenter de 29% d’ici 2035, ce qui reste bien au-delà de la trajectoire recommandée par les scientifiques, a souligné M. Rühl. 

Selon BP, cette croissance des émissions de CO2 proviendra entièrement des pays hors-OCDE (Organisation de Coopération et de Développement Economiques), les émissions en provenance de l’OCDE déclinant de 9%.

(©AFP / 15 janvier 2014 18h42) 

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 15 janvier, 2014 |Pas de commentaires »
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