NUCLEAIRE: RACONTER LE MONDE APRES FUKUSHIMA (Rédaction de « BASTA ») + FUKUSHIMA, UN « DESASTRE CREE PAR L’HOMME »

Nucléaire

Raconter le monde après Fukushima

NUCLEAIRE: RACONTER LE MONDE APRES FUKUSHIMA (Rédaction de

Par BASTA

Comment parler de la vie et de l’avenir quand on a vécu une catastrophe nucléaire ? Au Japon, des auteurs ont publié en septembre 2011 un recueil collectif de haïkus, ces poèmes japonais extrêmement brefs, pour exprimer leur ressenti, leurs peurs, leurs espoirs. Voici la préface de ce recueil, intitulé « Après Fukushima ».

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Seegan MABESOONE

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En mars 2011, ce haïku m’est « tombé du ciel ». Déjà vingt ans que j’habite au Japon et que je compose des haïkus dans la langue de ce pays, pourtant je n’avais jamais ressenti cela. Six ans que je suis marié (ma femme est japonaise), trois ans que je suis père, deux ans que nous avons acheté un appartement ici, avec un long prêt à rembourser… et puis, un soir de printemps, c’est « l’accident nucléaire ». En contemplant la chute, par vagues, des fleurs de cerisiers du Japon (sakura), j’ai d’abord voulu dire « pardon » à ma fille de 3 ans. Pardon de ne pas m’être renseigné sur le nucléaire au Japon avant ta naissance. Pardon de n’avoir rien fait. Je suis français de nationalité, mais je porte une responsabilité indélébile, car j’ai décidé de faire ma vie et de t’élever ici. Dorénavant, pendant des dizaines d’années, tu vas devoir te débattre avec nos détritus. Bien-sûr, je dis cela parce que je crois que tu vivras longtemps… Cela me rappelle que je te dis sans arrêt, comme pour tout enfant, « Range tes affaires, mets ça à la poubelle ! ». Eh bien, depuis « l’accident nucléaire », à chaque fois que je prononce ces paroles banales, j’ai un pincement au cœur. J’entends une petite voix me dire : « Et toi, l’adulte, tu les as rangées, tes affaires ? Combien de déchets mortels laisses-tu à ta fille ? »

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Kayo TAKAHASHI

Presque tous les poètes de haïkus japonais le sentent… Ils savent, grâce à l’observation quotidienne de la Nature et des saisons, que le temps humain devrait être vécu, aussi, de façon cyclique. Bashô (1644-1694), dans le prologue de son chef-d’œuvre La Sente du bout du monde écrivait : « La lune et le soleil, les mois et les jours, sont des voyageurs au long cours pour les siècles des siècles, et les années de même sont des passagères. » Pourtant, il semble bien que l’homo sapiens ne soit pas doué du sens de « l’équilibre au long terme », il n’a pas la patience de la lune et de ses cycles. Il voit son intérêt, son temps est unidimensionnel, dirigé droit vers le but, quels que soient les moyens utilisés, et les déchets accumulés. L’homme s’est considérablement développé matériellement, c’est vrai, en accumulant des déchets chimiques et du gaz carbonique, entre autres, mais il fait face maintenant à un tout nouveau type de déchet : les radionucléides artificiels. Force est de constater qu’il y a une différence, non pas de niveau, mais de nature.

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Setsuko IDE

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Toyoko MAKI

En vérité, ces « poussières du printemps » ne sont perceptibles par aucun de nos sens, elle se répandent instantanément sur des étendues immenses, dans le bac à sable des enfants, sur les champs et les rizières, via la pluie, la neige, le vent, à travers l’eau courante, au cœur de la viande, du poisson, de la thyroïde des enfants ou dans leur urine…

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Yoshimi WADA

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Mitsuru IKEDA

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Shigemi OOBAYASHI

Mais en plus, au hasard des vents et du relief, des villes éloignées de la centrale se trouvent soudain transformées en « points chauds », avec une radioactivité dans l’air et une contamination des sols dix fois plus importantes que la ville d’à-côté. À ce propos, le groupe de poètes de haïkus « Seegan Kukaï » que j’anime depuis huit ans se réunit principalement à Nagano, mais aussi à Nagareyama, dans la préfecture de Chiba (nord de Tokyo), célèbre « point chaud » très peuplé. Entendons le cri des habitants de ces villes :

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Tomiko OKUDA

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Teruko UTASHIRO

Cette « pollution » est invisible, omniprésente, mais surtout, elle est là pour très, très longtemps. La plupart des radionucléides artificiels nés de la fission de l’uranium ont une durée de vie qui, à l’échelle d’un être humain, signifie qu’« elles sont là pour toujours ». Demi-vie du césium 137 et du strontium 90 : environ 30 ans. Demi-vie du plutonium 239 : 24 000 ans. Nous ne sommes plus à une échelle humaine. Il est difficile, mais possible, de « séparer » les radionucléides, mais, par contre, il n’est pas possible de les faire disparaître. Ces atomes bancals, qui existent dans ce monde uniquement du fait de l’homme, sont proprement inhumains.

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Hideko OKAZAKI

À faire bouillir des chaudrons gigantesques avec ce « feu divin » pour en récupérer une force électrique, un pays comme le Japon produit tous les ans 1.000 tonnes de déchets hautement radioactifs chargés en plutonium (même ordre de grandeur pour la France ou les États-Unis). Même au cas où il ne se produit aucun accident, reste le problème éthique de savoir si nous avons le droit moral de laisser aux générations futures une telle quantité de poisons mortels à gérer pour des millénaires. En d’autres termes, dans un pays sans aucun risque sismique, aussi, cette façon de produire de l’électricité est une insulte faite à nos enfants. Albert Einstein était clair sur ce sujet, en s’écriant : « L’énergie nucléaire est le moyen le plus maléfique de faire chauffer de l’eau » !

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Sadako OGASA

Tous ceux qui ont vécu au Japon le printemps 2011 gardent de cette période une sorte de traumatisme, le souvenir d’une peur que « tout s’écroule » d’une seconde à l’autre, et ils comprennent certainement ce que j’écris : la menace nucléaire n’est comparable à aucune autre.

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Seïryû KODAMA

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Fumiko USUDA

Bien sûr, nos pensées vont d’abord à tous ceux, surtout dans la préfecture de Fukushima, pour qui tout s’est effectivement écroulé, et nous leur dédions ce recueil.

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Yasuko KOBAYASHI

Ce recueil n’est pas uniquement une élégie. Les membres de notre groupe « Seegan kukaï » adressent un message fort aux dirigeants politiques, aux hauts fonctionnaires, aux dirigeants d’entreprise et aux scientifiques : Reconnaissons, enfin, avec humilité, que le nucléaire civil a été une aventure malheureuse dans l’histoire de l’humanité, et qu’il est temps d’y mettre fin !

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Shidomi SUZUKI

Arrêtons cela ! Tant pis si nous payons plus cher l’électricité. Tant pis si nous libérons un peu plus de gaz carbonique en utilisant un peu plus de carburants fossiles de façon transitoire : entre le CO2 et le plutonium, le choix est fait ! Et puis, nous vous promettons de consommer cette Fée Électricité avec un plus de sobriété. Mais pour l’amour de notre Terre, écoutez-nous !

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Ken’ichi KANEKO

Mesdames, messieurs du « village nucléaire » (comme on dit joliment au Japon), peut-être gagnerez-vous moins d’argent, mais nous vous demandons de concentrer tous vos efforts sur les énergies solaires, éoliennes, sur la force des marées et la chaleur des profondeurs telluriques. Si nous continuons le nucléaire en zone ultra-sismique, il faudra accepter la responsabilité, dans quelques années, non seulement de l’apparition d’innombrables cancers infantiles, mais aussi celle d’une nouvelle tragédie, à la suite d’un second accident nucléaire. Vous le savez, les plus grands spécialistes mondiaux l’affirment.

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Image : © Bengal / CFSL

En savoir plus

Pour commander un exemplaire de ce recueil (non édité en France), vous pouvez envoyer 5 coupons réponse internationaux (1,25 euro chacun, disponibles dans les grands bureaux de poste, en France) à l’adresse suivante :

Seegan MABESOONE 625-20-304 NISHIGOCHO – NAGANO-SHI – 380-0845 JAPON (tél./fax 026 234 3909)

 

Fukushima, un « désastre créé par l’homme »

Par Gokan Gunes, publié le 05/07/2012 à 16:08

Fukushima, un "désastre créé par l'homme"Une femme au milieu des décombres le 2 mai 2011 à Minamisoma dans la préfecture de FukushimaAu Japon, un rapport pointe du doigt la responsabilité humaine de la catastrophe nucléaire de Fukushima. Le gouvernement de Naoto Kan, alors Premier ministre, et l’exploitant de la centrale sont mis en cause. 

« Fukushima a une cause humaine« , affirmait Naoto Kan, l’ancien Premier ministre japonais, dans une interview exclusive accordée à L’Express à l’occasion de la commémoration de la triple catastrophe qui avait ébranlé l’archipel nippon en mars 2011. S’il reconnaissait quelques maladresses, Naoto Kan défendait toutefois la gestion de la crise par son gouvernement.  

Un rapport publié par la Commission d’enquête constituée après la catastrophe nucléaire vient noircir un peu plus son bilan. Le désastre « aurait pu et aurait dû être anticipé puis prévenu » et ses effets « auraient pu être atténués avec une réaction humaine plus efficace », indique le document long de 641 pages. 

Responsabilité du gouvernement

« L’accident est le résultat d’une collusion entre le gouvernement, les agences de régulation et l’opérateur Tepco [Tokyo Electric Power Company, exploitant de la centrale], et d’un manque de gouvernance de ces mêmes instances », accuse le rapport. « Ils ont trahi le droit de la nation à être protégée des accidents nucléaires », peut-on lire. « C’est pourquoi nous sommes parvenus à la conclusion que l’accident a été clairement créé par l’homme », avancent ses auteurs. 

L’accident de Fukushima, le plus grave depuis la catastrophe nucléaire de Tchernobyl en 1986, a eu lieu juste après un séisme de magnitude 9 dans la région du Tohoku (nord-est) qui a déclenché un tsunami sur le littoral oriental. Une vague de près 15 mètres de haut avait déferlé sur le site de la centrale Fukushima Daiichi, noyant les systèmes de refroidissement des réacteurs et les générateurs de secours situés en sous-sol.  

Les agences de régulation et la direction de Tepco n’ont délibérément rien fait 

« La direction de Tepco était consciente des retards dans les travaux antisismiques et des mesures contre les tsunami et savait que Fukushima Daiichi était vulnérable », souligne la commission. 

Un précédent rapport, mandaté par Tepco, avait disculpé la puissante compagnie d’électricité de toute responsabilité, en affirmant que la puissance du séisme et l’ampleur du tsunami dépassaient toutes les prévisions et ne pouvaient pas être raisonnablement envisagées. « Cela ressemble à une excuse pour échapper à ses responsabilités », rétorque la commission. 

« Bien qu’ayant eu de nombreuses occasions de prendre des mesures, les agences de régulation et la direction de Tepco n’ont délibérément rien fait, ont reporté leurs décisions ou ont pris des mesures qui les arrangeaient », ajoute-t-elle. 

Le rapport d’enquête reproche également à l’opérateur de ne pas avoir réagi suffisamment vite dans les premières heures de l’accident. « Cela ne doit pas être attribué à des problèmes d’individus sur le site, mais à des problèmes structurels de Tepco », note-t-il cependant. 

Les réacteurs nucléaires redémarrent

Cette commission d’enquête était composée de 10 membres de la société civile (sismologue, avocats, médecins, journaliste, professeurs) désignés par les parlementaires. Présidée par le professeur Kyoshi Kurokawa, elle a interrogé les principaux acteurs de l’époque et mené des investigations depuis décembre 2011.  

La commission avait auparavant questionné le patron de Tepco de l’époque, Masataka Shimizu, qui s’était défendu d’avoir voulu abandonner la centrale dans les heures ayant suivi le tsunami, contrairement aux affirmations de Naoto Kan, du porte-parole du gouvernement, Yukio Edano, et du ministre de l’Industrie d’alors, Banri Kaieda. La publication de ce rapport incendiaire intervient quelques semaines après la décision du gouvernement de Yoshihiko Noda d’autoriser le redémarrage de plusieurs réacteurs nucléaires. 

 AFP

REMARQUE:

(Le souffle c’est ma Vie / T.LAMIREAU)

LES PROBLEMES

SERAIENT

IDENTIQUES

EN

FRANCE

DANS UNE SITUATION

DE

CATASTROPHE NUCLEAIRE !

 

      Manifestation contre le nucléaire à Tokyo

TOKYO (Sipa) — Plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées lundi 16 juillet 2012 dans un parc de Tokyo, se joignant au prix Nobel de littérature 1994 Kenzaburo Oe et la star japonaise Ryuichi Sakamoto pour demander l’abandon du nucléaire.

Ce rassemblement a été décidé alors que le Japon se prépare à redémarrer un autre réacteur dans sa centrale d’Ohi.

Le Premier ministre Yoshihiko Noda avait annoncé le 16 juin la décision du gouvernement de remettre en service deux réacteurs de la centrale d’Ohi, affirmant qu’il s’agissait d’une nécessité économique. Il avait invoqué les risques de pénurie de courant durant l’été, et ses répercussions sur l’économie et la vie de la population.

Avant le tsunami du 11 mars 2011 et l’accident consécutif à la centrale de Fukushima, le plus grave depuis celui de Tchernobyl en 1986, le Japon comptait 50 réacteurs en service. Jusqu’au 1er juillet, et la remise en service d’un premier réacteur à la centrale d’Ohi, tous étaient à l’arrêt pour contrôles de sécurité, maintenance programmée ou mise hors service par le tsunami, comme à Fukushima.

Le nucléaire, avant le 11 mars 2011, constituait environ 30% de la production d’électricité au Japon.

Selon les organisateurs, la manifestation a attiré 20.000 personnes dans le parc de Yoyogi, alors que le réacteur doit être remis en service d’ici la fin de la semaine.

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(AP / 16.07.2012 10h51)

 

Fukushima: une foule monte à Tokyo pour exiger un Japon propre

TOKYO – Je veux rendre un Japon propre à mes enfants et à mes petits-enfants. Comme des dizaines de milliers de Nippons, Akiko Ichikawa est montée lundi 16 juillet 2012 à Tokyo depuis sa province pour exiger l’arrêt du nucléaire, seize mois après l’accident de Fukushima qui a traumatisé la population.

Venue de la préfecture de Shiga (centre), cette retraitée espère que le Premier ministre Yoshihiko Noda saura entendre la voix croissante de la contestation antinucléaire et renoncera à autoriser le redémarrage progressif des réacteurs du Japon.

En fin de matinée des milliers de petits groupes hérissés de grandes banderoles verticales recouvertes de slogans, ont convergé en bon ordre vers le parc familial de Yoyogi du quartier branché de Shibuya à Tokyo, et rapidement le rassemblement a pris des allures de kermesse.

De nombreux stands régionaux côtoyaient des ateliers-débats sur l’énergie et des projections de documentaires, tandis que des chanteurs de tous âges égayaient l’ambiance en divers points du vaste complexe.

Les organisateurs ont revendiqué quelque 170.000 personnes, bien au-delà de leur objectif déclaré de 100.000. La police a de son côté prévenu qu’elle ne donnerait pas d’estimation. Quoi qu’il en soit c’est une des plus manifestations les plus massives depuis l’accident de Fukushima. Depuis quelques mois, des manifestations rassemblent des dizaines de milliers de personnes à Tokyo tous les vendredi.

Le gouvernement place l’économie avant la santé. Il faut continuer d’informer la population pour agrandir le réseau, jusqu’à ce que les autorités nous entendent, estime Kuniko Matsubara, arrivée de la préfecture de Miyagi, la plus touchée par le séisme et le tsunami du 11 mars 2011.

Le traumatisme consécutif au désastre de Fukushima, qui a entraîné l’évacuation d’une centaine de milliers de personnes et rendu des zones inhabitables pour plusieurs décennies, a conduit la population à être beaucoup plus méfiante vis-à-vis du nucléaire.

Un seul des 50 réacteurs de l’archipel fonctionne actuellement, les autres ont été arrêtés soit à cause d’une catastrophe naturelle, soit par mesure de précaution en attendant des examens complémentaires de sûreté.

Un accident nucléaire a des conséquences ineffaçables et marque à jamais le territoire. C’est pour ça qu’il faut arrêter d’utiliser cette énergie, explique Satoshi Kobayashi, père de deux jeunes enfants qu’il a amenés pour les sensibiliser à l’enjeu.

Sur une vaste place en marge des stands, une scène plus grande que les autres voit défiler des orateurs, applaudis par la foule écrasée par un soleil de plomb. Pour combattre la chaleur, beaucoup de femmes âgées se rafraîchissent avec de petits éventails ronds frappé d’un no nuke (pas de nucléaire) en rouge.

Le mouvement « Adieu l’Energie Nucléaire ! » à l’origine de l’événement a su fédérer des groupes militant de longue date contre l’atome et des personnalités porte-étendard comme le compositeur Ryuichi Sakamoto ou le prix Nobel de littérature Kenzaburo Oe, autour desquels se sont rassemblés des individus pas forcément coutumiers des manifestations.

En ce lundi férié, jeunes et moins jeunes sont venus de tout l’archipel: non seulement de la région du Tohoku (nord-est) où se trouve Fukushima, mais aussi de l’île de Kyushu (sud), de Shikoku (sud-est) et de Hokkaido (nord), des contrées du Kansai (centre-ouest de l’île principale de Honshu) et des environs de Hiroshima (sud-ouest de Honshu).

Trois défilés sont partis de l’esplanade en début d’après-midi sillonner différents quartiers de la capitale.

La mobilisation augmente mais il faudrait aller plus loin. Pourquoi pas un mouvement social avec des grèves ?, espère Mayumi Ishida, étudiant de l’université du Tohoku à Sendai (nord-est).

Les organisateurs promettent de ne pas relâcher la pression sur le gouvernement qui doit encore arbitrer les décisions sensibles de redémarrage des réacteurs.

(©AFP / 16 juillet 2012 11h26)

 

 

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 6 juillet, 2012 |Pas de commentaires »

JAPON: LE PAYS RENOUE AVEC L’ENERGIE ATOMIQUE (NUCLEAIRE) MALGRE LE TRAUMATISME DES POPULATIONS

Japon:

 le pays renoue avec l’énergie atomique (nucléaire) malgré le traumatisme des populations

JAPON: LE PAYS RENOUE AVEC L'ENERGIE ATOMIQUE (NUCLEAIRE) MALGRE LE TRAUMATISME DES POPULATIONS dans REFLEXIONS PERSONNELLES explosion-centrale-nucleaire-fukushima-10420588qsuib_17132

 

Le réacteur 3 de la centrale d’Ohi à l’ouest du Japon a été relancé dimanche soir malgré l’opposition de citoyens traumatisés. Il marque le premier redémarrage réel depuis le désastre atomique de Fukushima en mars 2011 et la fin d’une brève période sans énergie nucléaire.

En dépit d’une opinion publique très divisée et de manifestations récurrentes, Kansai Electric Power a remis en marche ce réacteur, selon plusieurs médias japonais. La réaction en chaîne devrait être confirmée lundi matin et la production d’électricité débuter mercredi 4.

Tests de résistance

La compagnie avait reçu le 16 juin l’aval des autorités locales et du premier ministre pour remettre en service les réacteurs 3 et 4 d’Ohi (ou Oi). Elle avait immédiatement commencé les préparatifs.

La municipalité d’Ohi, la préfecture de Fukui (province où se trouve le réacteur) et le gouvernement central ont jugé que ces réacteurs pouvaient être remis en exploitation en toute sécurité sur la foi de tests de résistance validés par les instances de contrôle. Et ce même si des sismologues ont lancé des mises en garde et que les travaux de renforcement contre les séismes et tsunamis ne seront achevés que dans trois ans.

Pétition

La remise en exploitation du réacteur 3 d’Ohi, en attendant le 4 dans quelques jours, met ainsi fin à près de deux mois d’absence totale d’énergie nucléaire au Japon. Une situation que nombre de citoyens auraient voulu définitive.

Outre une pétition qui a recueilli pour l’heure plus de 7,5 millions de signatures, ces deux derniers vendredis des dizaines de milliers de Japonais ont manifesté leur opposition aux centrales nucléaires en se rassemblant devant la résidence du premier ministre à Tokyo.

(ats / 01.07.2012 19h21)

 

 

Japon:

 redémarrage d’un réacteur nucléaire, pour la première fois depuis Fukushima

 

TOKYO (AP) — La compagnie Kansai Electric Power a annoncé dimanche le redémarrage du réacteur numéro 3 de sa centrale nucléaire d’Ohi, dans l’ouest du Japon, pour la première fois depuis l’accident de Fukushima en mars 2011.

Le Premier ministre Yoshihiko Noda avait annoncé le 16 juin la décision du gouvernement de remettre en service deux réacteurs de la centrale d’Ohi, affirmant qu’il s’agit d’une nécessité économique. Il a invoqué les risques de pénurie de courant durant l’été, et ses répercussions sur l’économie et la vie de la population.

Première étape de la remise en exploitation, la réaction en chaîne du réacteur 3 a repris dimanche après-midi, a expliqué sur son site Internet Kansai Electric Power, principal fournisseur d’énergie de la région englobant les villes d’Osaka et Kyoto. Le raccordement du réacteur 3 au réseau électrique et la remise en route du réacteur 4 auront lieu ultérieurement.

Avant le tsunami du 11 mars 2011 et l’accident consécutif à la centrale de Fukushima, le plus grave depuis celui de Tchernobyl en 1986, le Japon comptait 50 réacteurs en service. Jusqu’à ce dimanche, tous étaient à l’arrêt pour contrôles de sécurité, maintenance programmée ou mise hors service par le tsunami, comme à Fukushima. Le nucléaire, avant le 11 mars 2011, constituait environ 30% de la production d’électricité au Japon.

Selon les autorités locales d’Ohi, la préfecture de région de Fukui et le gouvernement, les tests de résistance pratiqués à Ohi montrent que les réacteurs peuvent être remis en service en toute sécurité.

Taisuke Kohno, un des quelque 200 manifestants rassemblés dimanche en signe de protestation devant la centrale d’Ohi, n’en est absolument pas convaincu. « C’est un mensonge de dire que l’énergie nucléaire est propre », a estimé ce musicien de 41 ans.

Vendredi soir, une manifestation d’une ampleur rarement vue au Japon a réuni plusieurs dizaines de milliers de personnes devant le siège du gouvernement à Tokyo. « Non aux redémarrages », ont notamment scandé les protestaires, qui ont également réclamé la démission de M. Noda.

L’énergie nucléaire suscite la méfiance croissance de l’opinion, malgré le silence initial des grands médias. Relayées par les réseaux sociaux, les manifestations se sont multipliées dans le pays depuis le 11 mars 2011, avec le soutien de personnalités comme l’écrivain Kenzaburo Oe, prix Nobel de littérature 1994, ou le musicien Ryuichi Sakamoto, qui a composé la musique du film « Le dernier empereur ». AP

ll/v0215
(AP / 01.07.2012 19h52)

REMARQUE:

(Le Souffle c’est ma vie / Thierry LAMIREAU)

Une fois de plus,

pression énorme du lobby pro nucléaire.

Décision complètement INCONSCIENTE !

IL Y AURA DONC ENCORE DES CATASTROPHES NUCLEAIRES

AU JAPON !

POPULATION JAPONAISE:

REVOLTE-TOI !

 

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 1 juillet, 2012 |1 Commentaire »

« KAMIKAZES » À FUKUSHIMA, « LIQUIDATEURS » À TCHERNOBYL: LE SALAIRE DE LA PEUR

« Kamikazes » à FUKUSHIMA,

« liquidateurs »

à

 TCHERNOBYL :

 le salaire de la peur

 Par Anthony Laurent 

Depuis plus d’un an, des hommes, dont on ignore le nombre, s’activent dans la centrale nucléaire de Fukushima. Comme à Tchernobyl il y a 25 ans, ils tentent de contenir le feu atomique, au péril de leur santé et de leur vie. Qui sont ces « liquidateurs » ? Quelles sont leurs conditions de travail ? Le mutisme de Tepco, exploitant de la centrale, et du gouvernement japonais fait craindre le pire.

Combien sont-ils ? 200, 400, 700… ? Beaucoup de chiffres circulent dans les médias ces dernières semaines au sujet des « liquidateurs » japonais, qui tentent de circonscrire le « feu nucléaire » à la centrale de Fukushima-Daiichi, à 250 kilomètres au nord-est de Tokyo. Mais il n’existe aucune information concrète et fiable. Et les salariés sacrifiés pourraient en réalité se compter par milliers.

Annie Thébaud-Mony, sociologue à l’Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale (INSERM), est spécialiste des conditions de travail en centrale nucléaire. Les chiffres évoqués dans la presse lui semblent bien faibles. Elle rappelle que « lors des arrêts de tranche dans les centrales françaises, ce sont entre 1.500 et 2.000 personnes qui interviennent pour de la simple maintenance »…

Des conditions de travail inimaginables

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On ne sait rien non plus de la durée des interventions sur place. Et cette opacité orchestrée par l’entreprise Tepco (Tokyo Electric Power Company) et les autorités japonaises fait craindre le pire. D’autant que les rares témoignages en provenance du Japon offrent un aperçu relativement peu reluisant des conditions de travail de ces « hommes de l’ombre » : dortoirs de fortune dans les salles de réunion, les couloirs et les toilettes ; absence d’eau potable ; repas servis seulement deux fois par jour…

Ces personnes ne possèderaient pas non plus forcément tous les équipements et le matériel nécessaires pour minimiser leur exposition aux radiations. « Pour une raison qui m’échappe, les masques, les combinaisons, les plaquettes d’iodure de potassium ainsi que les robots envoyés par AREVA fin mars 2011 seraient toujours bloqués à l’aéroport de Tokyo », avance Michèle Rivasi, eurodéputée (Europe Écologie-Les Verts) et fondatrice de la Commission de Recherche et d’Information Indépendantes sur la Radioactivité (Criirad).

Le même scénario qu’à Tchernobyl

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Ceci dit, il n’existe aucune protection efficace contre les rayonnements ionisants, surtout sur un site entièrement contaminé. « Les équipements des ouvriers restent rudimentaires face à un niveau de radioactivité qui peut dépasser les 250 millisieverts par heure », poursuit Annie Thébaud-Mony. Au-delà de 100 millisieverts, les risques sanitaires sont jugés significatifs. Le ministère japonais de la Santé a récemment relevé la dose légale « acceptable » pour les « kamikazes » de Fukushima de 100 à 250 millisieverts. En France, la dose annuelle maximale est de 20 millisieverts pour les travailleurs du nucléaire [1].

Concernant cette quantité de millisieverts, il semble que les chiffres fournis par Tepco soient eux aussi minorés. Et que les salariés ne soient pas informés correctement. Si, pour l’heure, aucun mort par irradiation n’est à déplorer au Japon, le bilan officiel fait état d’une vingtaine de personnes fortement irradiées et hospitalisées, parmi lesquelles quelques-unes ont eu les pieds brûlés faute de bottes adaptées. « Nous vivons à Fukushima le même scénario qu’à Tchernobyl, analyse Annie Thébaud-Mony, avec des centaines de liquidateurs condamnés car exposés à des doses de radioactivité très élevées qui auront raison d’eux dans les semaines et les mois à venir.  »

« Tepco achète leur silence »

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Mais qui sont ces « héros » japonais prêts à mettre leur vie en danger à chaque intervention dans la centrale ? Là encore, les informations filtrent au compte-goutte. Des techniciens et des cadres de Tepco, des soldats des forces d’autodéfense et des pompiers comptent parmi ces « sacrifiés ». Mais les sous-traitants de l’industrie nucléaire nippone participent également massivement aux opérations de sauvetage et aux réparations.

« Comme Tepco et ses sous-traitants ont dû épuiser leur armée de réserve, ils tentent maintenant de recruter parmi les sans-logis de Tokyo et les burakumin, des parias de la société japonaise, estimés entre deux et trois millions, mis à l’écart pour leurs convictions religieuses », décrit Annie Thébaud-Mony. « Et sans doute en échange ces personnes recevront une très grande somme d’argent. On va leur demander de se taire et ils iront mourir ailleurs. Autrement dit, Tepco achète leur silence. »

Des liquidateurs payés jusqu’à 3.500 euros par jour

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Attirées par l’appât du gain, ces « petites mains », âgées généralement, comme le demande l’exploitant de la centrale, de plus de 45 ans, méconnaissent pour certains totalement le monde du nucléaire. Ils peuvent percevoir jusqu’à 3.500 euros par jour pour une intervention de quelques minutes à plusieurs heures. Une somme qui peut convaincre les Japonais les plus démunis.

« Après 25 ans d’ancienneté dans la sous-traitance nucléaire en France, je touche 1.574 euros bruts par mois… », ironise Philippe Billard. Et ce « forçat du nucléaire » de poursuivre : « Les ouvriers japonais, à l’instar des travailleurs français, se trouvent face à des rouleaux compresseurs, des industriels à la tête de plusieurs milliards d’euros de bénéfices qui ont les moyens de les faire taire. »

Protéger l’industrie nucléaire au détriment des liquidateurs

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Ce rapport de forces déséquilibré rappelle de mauvais souvenirs à Annie Thébaud-Mony. Pour elle, au-delà de l’attitude actuelle de Tepco et des autorités japonaises, ce type de gestion de crise était déjà à l’œuvre au moment de Tchernobyl. « Il y a en réalité une volonté délibérée de la part de tous les acteurs internationaux du nucléaire de protéger continuellement l’industrie atomique, car les enjeux financiers sont absolument énormes, quels qu’en soient les coûts pour la santé des travailleurs et des populations. »

Depuis 25 ans, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et l’Agence Internationale de l’Energie Atomique (AIEA) « nient les centaines de milliers, voire les millions de morts russes, ukrainiens et biélorusses, en parlant de quelques dizaines de décès seulement dus à la catastrophe de Tchernobyl ! » rapporte Annie Thébaud-Mony. Quant au Comité Scientifique des Nations Unies pour l’Étude des Effets des Rayonnements Ionisants (UNSCEAR), il affirme que 31 opérateurs et pompiers sont morts des effets de la radiation. L’UNSCEAR fait aussi état de 6.000 cas de cancer de la thyroïde, dont 15 mortels. Des chiffres bien éloignés des données scientifiques recueillies par l’Académie des sciences de New York : sur les 830.000 « liquidateurs », entre 112.000 et 125.000 seraient décédés.

Les radiations attaquent les organes, les os, le système nerveux

poupee-tchernobyls NUCLEAIRE

 Les risques sanitaires encourus par les « liquidateurs » sont divers et dépendent étroitement des doses de radioactivité reçues. Pour les plus faibles radiations (inférieures à 500 millisieverts), les symptômes cliniques probables vont d’un état de très grande fatigue et de décompression aux brûlures et aux atteintes ganglionnaires, en passant par des nausées, des diarrhées et la perte de poids, de dents et de cheveux.

Pour les très fortes radiations (supérieures à 500 millisieverts), le syndrome d’irradiation aigu pèse sur les victimes les plus exposés. La moelle osseuse peut être touchée. Les cellules les plus sensibles – les cellules sanguines (globules blancs et rouges, plaquettes) – sont les premières détruites, suivies par les cellules plus profondes de l’intestin, du foie, de la vessie. Les cellules des os sont susceptibles de se nécroser au bout de quelques jours. Une radioactivité intense endommage aussi durablement le système nerveux. « Au Japon, comme en France, ces pathologies ne sont toujours pas reconnues comme des maladies professionnelles  », s’insurge Philippe Billard.

Cinq médecins japonais, spécialistes de cancérologie et d’hématologie, ont lancé un appel dans la revue médicale britannique The Lancet. Ils proposent de conserver par congélation des cellules-souches sanguines des « kamikazes », pour lutter contre le « syndrome aigu d’irradiation » et les futures leucémies. Les autorités japonaises ont choisi de ne pas suivre ce conseil, pourtant soutenu par une centaine d’équipes médicales spécialisées dans le monde.

La transmission de mutations génétiques aux enfants

adn-irradie-rxfishs RADIOACTIVITE

La mortalité du « mal des rayons » est fonction de l’intensité des rayonnements ionisants accumulée dans l’organisme et de la durée d’exposition : la mort peut être immédiate, pour une irradiation intense et courte, comme elle peut se déclarer à la suite d’un long cancer dû à une exposition prolongée à de faibles débits de dose. « S’il n’y a pas de bonnes protections respiratoires, il existe également des risques que des radioéléments pénètrent dans le corps. La source radioactive rayonne depuis les organes internes et provoque des dégâts irréversibles sur le système digestif et les voies respiratoires avec notamment des phénomènes d’essoufflement pouvant s’aggraver », relève Annie Thébaud-Mony.

« Tout cela est extrêmement inquiétant », conclut la chercheuse de l’INSERM. « Comme dans les pays impactés par l’accident de Tchernobyl, il ne serait pas surprenant qu’il y ait au Japon un certain nombre de femmes enceintes qui transmettent des mutations génétiques à leurs enfants ». Lesquelles provoqueront sans doute des malformations congénitales aux générations suivantes.

De Tchernobyl à Fukushima, le nucléaire n’a pas fini de faire des victimes.

Anthony Laurent

Notes:

[1] La dose maximale admissible pour la population générale est de 1 millisievert.

Cette « acceptation » est imposée aux individus et ne correspond nullement à la dégradation réelle du vivant.

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 20 juin, 2012 |Pas de commentaires »

FUKUSHIMA : UNE VIDEO EDIFIANTE SUR LA TRANSPARENCE !…

FUKUSHIMA:

UNE VIDEO EDIFIANTE

ET

TERRIBLE DE VERITE !…

TOUT SERAIT IDENTIQUE

EN FRANCE !

FUKUSHIMA : UNE VIDEO EDIFIANTE SUR LA TRANSPARENCE !... dans REFLEXIONS PERSONNELLES fukushima-centrale-10422019ckuqp_1713

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Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 11 juin, 2012 |1 Commentaire »

ALERTE A FUKUSHIMA ET DANS TOUT L’HEMISPHERE NORD !

ALERTE A FUKUSHIMA

ET DANS TOUT

L’HEMISPHERE NORD !

ALERTE A FUKUSHIMA ET DANS TOUT L'HEMISPHERE NORD ! dans REFLEXIONS PERSONNELLES CENTRALE1

C’est un général américain qui a sonné l’alarme : ce qui était à craindre est en train de se profiler à l’horizon, menaçant tout l’hémisphère nord.

Il s’appelle Albert N.Stubblebine, et ce général retraité de l’armée américaine a publié récemment un communiqué en tant que président de la NSF (Natural Solution Foundation), affirmant que la situation à Fukushima est en train d’empirer. Que ce soit par l’évaporation de l’eau dans les piscines, ou en raison de l’effondrement possible de la structure, ce serait d’après lui tout l’hémisphère nord qui pourrait devenir en grande partie inhabitable, si le pire arrivait. lien

Sa déclaration est sur cette vidéo

On se souvient de l’interview récente du diplomate Akio Matsumura qui déclarait comment la catastrophe en cours de la centrale de Fukushima pouvait finalement se transformer en un événement capable de mettre en péril toute vie sur Terre. vidéo

D’ailleurs, pour Roland Desbordes, président de la CRIIRAD (Commission de Recherche et d’Information Indépendantes sur la Radioactivité), « l’explosion de la centrale est encore possible parce que les combustibles sont présents en grande quantité ». lien

Le rédacteur en chef de « Natural News Com » dans un article en date du 6 mai 2012 nous informe que le 30 avril 2012, 72 ONG japonaises ont fait une demande urgente auprès du secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon et du gouvernement japonais, afin que des mesures immédiates soient prises pour stabiliser la piscine du réacteur n°4 de Fukushima.

Toutes les piscines de Fukushima Daiichi contiennent 11 125 assemblages de combustible nucléaire, soit près de 4 fois autant de matière radioactive que dans le cœur des réacteurs de Fukushima Daiichi, dont le césium 137 correspond à 10 fois la quantité libérée au moment de la catastrophe de Tchernobyl, et la piscine du N°4 en contient 1535 assemblages, pour un poids total de 264 tonnes. lien

Kaori Izumi, de Shut Tomari s’est associé à cette demande, précisant « Fukushima Daïchi n’est plus seulement un problème japonais, mais un problème international. Il est impératif que le gouvernement japonais et la communauté internationale travaillent ensemble sur cette crise avant qu’il ne soit trop tard  ». lien.

Les ONG se sont donné jusqu’au 20 mai pour récolter des appuis étrangers, et on peut lire l’intégralité de leur appel sur ce lien.

Auparavant, le sénateur américain Ron Wyden, après avoir visité le 6 avril dernier, la centrale nucléaire de Fukushima, avait publié un communiqué de presse 10 jours après, soulignant le risque catastrophique, et appelant à l’intervention du gouvernement des USA.

Il a également écrit à Ichiro Fujisaki, l’ambassadeur du Japon aux Etats Unis, demandant au Japon d’accepter l’aide internationale. lien

On se souvient que le 16 avril, Tepco s’était dit désolé d’avoir dû rejeter dans l’océan 11 500 tonnes d’eau hautement radioactive. lien

Malgré tout, les pêcheurs de Fukushima envisagent de reprendre partiellement le travail à partir de juin en tentant de limiter leur pêche aux espèces les moins contaminées.

Mais c’est le sort de la piscine du réacteur n°4 qui pose le plus de problème, puisque TEPCO affirme que le déplacement des barres de combustible sera fait dès que possible, mais pas avant 2014 (lien) ; Pour le sénateur américain Ron Wyden, il faudrait 10 ans pour enlever toutes les barres de combustible, et le risque est trop grand d’attendre si longtemps (lien), ce que confirme le docteur Koide, de l’université de Tokyo. lien

En effet, outre les assemblages qu’il faudra sortir de cette piscine, il faut noter que lors de l’explosion du réacteur n°3, de nombreux morceaux d’infrastructure sont tombés dans les piscines, dont une grue de 35 tonnes qui se trouve dans la piscine du n°3. lien

Sur ce lien, on peut découvrir 2 vidéos sous titrées particulièrement intéressantes, l’une étant réalisée par ZDF, une chaine de télévision allemande lors d’une visite du site, et l’autre étant le témoignage de Nala Yukiteru, ingénieur spécialisé dans le nucléaire, et qui travaillait à Fukushima.

Revenons à la piscine du N°4.

D’une profondeur de 12 mètres, les assemblages sont placés sur le fond, dans des casiers sur une hauteur de 4 mètres, surmontés donc par 8 mètres d’eau, et plus le niveau d’eau baisse, censé absorber le rayonnement gamma, plus le rayonnement devient dangereux.

La paroi de la cuve était de 100-120 degrés, et pour accélérer le refroidissement TEPCO doit injecter 7 tonnes d’eau à l’heure.

Lors de la catastrophe le niveau d’eau de la piscine avait considérablement baissé, au point de laisser affleurer la partie supérieure des combustibles, provoquant une montée en température, un début de fonte des gaines, et d’importants rejets radioactifs et ce n’est que dix jours plus tard que la piscine a été refroidie. lien

Bertrand Barré, conseiller scientifique du service communication d’AREVA (lien) se veut rassurant, assurant que des piliers d’acier reposant sur le plancher du deuxième étage ont été installés pour consolider la piscine, et il est convaincu qu’elle pourrait résister à un puissant séisme. lien

Ce qui n’est pas l’avis de tous, puisque d’après un article paru chez « ENENEWS  » la piscine pourrait s’effondrer, ce média annonçant que la première inspection a commencé le 17 mai.

Tepco affirme avoir renforcé la structure en augmentant sa marge de sécurité de 20%. lien

Les experts veulent vérifier si elle penche, en comparant de part et d’autre le niveau d’eau dans la piscine. lien

La piscine du réacteur n°4 n’est pas la seule à poser des problèmes, puisqu’une fuite s’est produite le 12 mai, provocant un déversement d’eau contaminée dans l’océan et faisant chuter le niveau d’eau au-dessous de la base des barres de combustible. lien

Des échantillons d’eau de mer prélevés aux abords de la centrale ont révélé des taux de césium à un niveau 18 000 fois supérieurs à la norme, et la fuite aurait été colmatée par une injection de béton.

En tout cas, à 230 km de la centrale sinistrée, dans la baie de Tokyo, on a découvert une augmentation du taux de césium de 70%.

Pour lutter contre la mévente, les maraichers en sont venus à tricher sur l’origine des légumes vendus, et ceux qui sont pris la main dans le sac, ne sont pas condamnés, l’administration leur enjoint seulement de respecter les règles d’étiquetages, sans autre forme de procès. lien

Ce qui n’a pas empêché le gouvernement japonais de lever l’interdiction d’habiter la zone sinistrée dans 3 des 11 communes touchées par la catastrophe, à condition de s’en tenir à y revenir, sans pour autant y passer la nuit.

Alors les habitants qui le souhaitent s’en tiennent à nettoyer et réparer leurs maisons dévastées par le tsunami, mais le port d’une combinaison radiologique, ou d’un simple masque n’est pas obligatoire.

Une partie de cette zone autorisée se trouve pourtant entre 20 et 50 mSv/an, notamment dans le secteur de Minami-Soma.

Cette décision est consécutive à la volonté d’un maire obnubilé par la levée de l’interdiction, Katsunobu Sakurai, puisque Kiyomi Sakuma, membre de la cellule chargée des réfugiés du nucléaire a affirmé que «  seules les villes dont les maires étaient les plus motivés et les plus combatifs pour faire revivre leurs communes ont rouvert  » ajoutant « le gouvernement attend d’être sollicité par les collectivités locales pour rouvrir une ville  », façon habile de dégager ses responsabilités. lien

Le gouvernement japonais a demandé que les milliers de têtes de bétail vivant encore dans la zone d’exclusion soient abattues, avec le consentement de leurs propriétaires. lien

A la mairie de Minami-Soma, on est conscient que l’un des problèmes cruciaux est de trouver une zone pour stocker les déchets contaminés par la catastrophe, car s’il est vrai que le césium 134 a une demie vie de 2 ans, le césium 137 ne perd la moitié de sa dangerosité qu’au bout de 30 ans, et il faut donc compter un bon siècle pour que cette pollution soit moins préoccupante.

Pour endiguer l’exode, les autorités de Fukushima ont décidé de fournir une couverture médicale gratuite à toutes les personnes âgées de moins de 18 ans vivant dans la province, ce qui va coûter l’équivalent de 46 millions d’euros.

Selon le journal « Daily Yomiuri », à Minami-Soma, les bénévoles ne se battent pas pour aider à enlever les débris et nettoyer la zone ; Ils étaient beaucoup plus nombreux il y a un an et la population a diminué de 54% dans l’ex-zone d’évacuation.

En effet, que ce soit à Minami-Soma, Naraha, Hirono, Kawauchi, ou Tamura, sur les 59 000 personnes qui vivaient dans cette zone, 30 000 l’ont quitté. lien

Espérons que la communauté internationale se décidera enfin à s’investir à Fukushima afin d’éviter que le pire ne se produise.

En tout cas, avec peut-être un lien de cause à effet, les actions d’AREVA ont atteint historiquement leur niveau le plus bas chutant à 9,278 €. lien

Comme dit mon vieil ami africain : «  le monde est noir quand on a les yeux fermés  ».

Merci aux internautes de leur aide efficace.

Olivier Cabanel

Sites à visiter pour plus d’information

Le blog de Fukushima

Next-up organisation

Blog de Jean Pierre Petit

Site de la CRIIRAD

Site de l’ACRO

ENENEWS

A découvrir le documentaire d’Annabelle Lourenço et Cyprien Nozières « la Fissure, Japon 9 mois après.

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Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 19 mai, 2012 |Pas de commentaires »

LES GRANDS TRAVAUX DE FUKUSHIMA

LES GRANDS TRAVAUX

DE FUKUSHIMA

LES GRANDS TRAVAUX DE FUKUSHIMA dans REFLEXIONS PERSONNELLES FUKUSHIMA-2

Pas de répit pour les travailleurs de Fukushima. Il faut d’une part surveiller et refroidir constamment l’ex-centrale pour éviter de nouvelles explosions ou incendies et d’autre part lancer en urgence de grands travaux qui permettront de ralentir la progression de la contamination radioactive dans l’environnement. Désormais, l’avenir du Japon et du Pacifique, et sans doute de l’hémisphère nord en général, dépend non seulement de la réalisation de ces travaux gigantesques, mais aussi de leur efficacité pérenne.

Travaux pour éviter une

contamination de l’air

 Les ex-réacteurs, dont il est attesté que deux d’entre eux ont perdu l’intégrité de leur confinement primaire (unité 2 au niveau de la piscine torique et unité 3 au niveau du couvercle de l’enceinte), doivent être couverts par des structures étanches qui empêchent les poussières et les gaz radioactifs de continuer à polluer l’atmosphère. Pour bien faire, il faudrait aussi installer un système de dépressurisation qui empêcherait toute fuite gazeuse vers l’extérieur, couplé à un filtrage conséquent de l’air pour piéger les gaz et aérosols nocifs.

Evidemment, une simple bâche posée sur un ex-réacteur ne peut pas supprimer toute pollution atmosphérique. Aujourd’hui, pour l’unité 1 uniquement, cette couverture sert plutôt à stopper l’arrivée d’eau extérieure dans le bâtiment, mais aussi et surtout à cacher le réacteur de Fukushima Daiichi qui est la honte de l’industrie atomique. La diffusion de la vidéo de son explosion le 12 mars 2011 a été historique : c’est la première fois qu’on voyait une centrale nucléaire exploser à la télévision. 25 ans de travail acharné de désinformation et de formatage des cerveaux anéantis en quelques secondes ! En terme d’image, la diffusion de l’explosion de l’unité 3 a été pire encore car, beaucoup plus puissante, elle a terni et confirmé à jamais l’image du nucléaire sans danger. C’est pourquoi la vidéo de l’explosion de l’unité 4 a été interdite de diffusion, verrouillée, censurée.

La couverture du bâtiment réacteur n°1 a été terminée à l’automne 2011. Il reste à couvrir les unités 2, 3 et 4. Mais avant cela, d’autres grands travaux restent à réaliser de toute urgence.

FUKUSHIMA FUKUSHIMA dans REFLEXIONS PERSONNELLES

 

Travaux pour éviter

une contamination

de la nappe

phréatique

 Par le choix du refroidissement à l’eau de réacteurs percés, les sous-sols de l’ancienne centrale sont devenus un tonneau des Danaïdes : les hommes sont désormais condamnés à pomper et traiter de l’eau radioactive durant des décennies. Et pour juguler une infiltration trop massive de l’eau extérieure, Tepco a prévu de forer 14 puits de pompage en amont de la centrale, afin de faire baisser le niveau de la nappe phréatique.

Coupe des travaux de drainage (Source image Gen4 et Tepco)

L’ancienne centrale électrique dévolue à Tokyo est désormais appelée à devenir une usine de retraitement des eaux usées éternelles de l’industrie nucléaire. Cette usine qui emploiera des milliers de travailleurs durant une durée indéterminée (au minimum 40 ans) devra :

1) pomper l’eau de la nappe phréatique en amont pour éviter un mélange avec la nappe déjà polluée, vérifier sa non contamination et la rejeter en mer, ou le cas échéant la diriger vers le circuit de retraitement,

2) pomper l’eau des sous-sols de la centrale, la traiter et la filtrer avant de la réinjecter dans les circuits de refroidissement des ex-réacteurs et des 7 piscines de désactivation,

3) pomper, traiter et filtrer les eaux de drainage de l’ensemble du site afin qu’aucune goutte d’eau radioactive n’atteigne l’océan,

4) conditionner et stocker de manière pérenne les résidus de filtrage radioactifs.

Avec le brassage de ces millions de tonnes d’eau contaminée, le terme de « liquidateur », donné à l’origine aux gens qui se sont sacrifiés pour contenir la catastrophe de Tchernobyl, prend ici un tout autre sens !

Pour l’instant, l’usine est provisoire, construite dans l’urgence de la catastrophe. Il faudra pour le long terme concevoir une usine en dur, protégée du gel et des intempéries, et de capacité suffisante pour traiter l’eau de tous les systèmes. Il faudra également lui adjoindre des systèmes de secours indépendants qui permettront, quoi qu’il arrive, de faire face à tout évènement imprévu pouvant remettre en cause le refroidissement des 2400 tonnes de combustible qui sont sur le site.

Travaux pour éviter une

contamination de

l’océan Pacifique

En septembre 2011, Tepco avait annoncé la construction d’un barrage, comme décrit dans cet article. Il est censé retenir l’eau de la nappe phréatique contaminée afin qu’elle n’atteigne pas l’océan. C’est un pari risqué car ce barrage est ouvert et des fuites pourront être possibles au sud et au nord de la structure. D’autres voix avaient proposé une enceinte complète, entourant totalement le site nucléaire, afin d’être sûr de capter toutes les eaux souterraines. C’est sans doute ce à quoi seront conduits les ingénieurs s’ils constatent que la pollution perdure dans l’océan. A l’image du premier sarcophage de Tchernobyl, il faut voir la construction de ce barrage comme une première étape dans la prise en charge de cette pollution qui concerne le monde entier puisque les eaux du Pacifique sont internationales.

Tepco a réalisé de nouvelles images de synthèse pour visualiser ce barrage.

Travaux pour éviter un nouvel

incendie de la

piscine 4

Le 15 mars 2011, après plusieurs explosions, l’unité 4 a subi un incendie : les explosions successives ont probablement fait perdre beaucoup d’eau au réservoir de désactivation. De plus, sans refroidissement, l’eau s’est évaporée petit à petit jusqu’à laisser à l’air le haut des barres de combustible. C’est là que l’incendie a pu se déclarer : en l’absence de refroidissement, les barres s’échauffent rapidement et se consument, répandant leurs produits de fission directement dans l’atmosphère. L’incendie s’est arrêté vers midi. Mais un autre incendie a été signalé le lendemain durant quelques heures.

Pour que cela ne puisse plus se produire, par exemple à cause d’un nouveau séisme, Tepco a décidé de mettre à l’abri le combustible de la piscine 4 vers un conditionnement sécurisé au sol. Pour ce faire, il est nécessaire de construire une superstructure qui supportera une grue capable de transférer en toute sécurité les 1535 assemblages.

Autres travaux à prévoir et coûts

pharamineux

Comme pour le barrage, il s’agit de travaux qu’il faut réaliser en priorité. Toutefois il est évident que le combustible des unités 1 et 3 devra être également transféré, car rien ne dit que leurs piscines tiendront des décennies. Mais entretemps, il faudra résoudre le problème de la place disponible dans la piscine commune de Fukushima Daiichi car celle-ci contient déjà plus de 1000 tonnes de combustible. Faudra-t-il en construire une supplémentaire ?

Il faut donc relativiser toutes ces stratégies qui pourraient presque nous faire croire que l’industrie nucléaire maîtrise parfaitement une catastrophe. Aujourd’hui le Japon est largement contaminé, le mal est déjà fait, et il y aura toujours des fuites, la centrale restera toujours une menace.

Enfin, combien cela va-t-il coûter ?

Est-ce que le prix des conséquences des catastrophes nucléaires sera maintenant compris dans le coût du kW ?

Et qui va payer au final ?

On a déjà des éléments de réponse avec la catastrophe de Tchernobyl (1986) : la construction du deuxième sarcophage vient de démarrer. Coût total prévu pour un seul réacteur : 1,54 milliard d’euros.

 
Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 8 mai, 2012 |Pas de commentaires »
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