UN APPEL GAZAOUI DESESPERE A UNE COMMUNAUTE INTERNATIONALE COMPLICE (Ziad MEDOUKH / assawra.info)

Un appel gazaoui désespéré à une Communauté

Internationale complice

UN APPEL GAZAOUI DESESPERE A UNE COMMUNAUTE INTERNATIONALE COMPLICE (Ziad MEDOUKH / assawra.info) dans REFLEXIONS PERSONNELLES gazapng

(Ziad MEDOUKH)

(assawra.info)

arton1527-3f8ad CONSEIL DE SECURITE dans REFLEXIONS PERSONNELLES

Cet appel est adressé par un simple citoyen palestinien de Gaza

à la communauté internationale officielle qui ne se décide pas à

réagir afin de mettre fin à l’agression israélienne poursuivie

contre la population civile de Gaza , agression qui a fait des

dizaines de morts et des centaines de blessés, en majorité des

civils.

« Je sais bien que cet appel ne sera pas entendu par ces pays et par ces organisations internationales, qui ferment les yeux devant les attaques israéliennes permanentes contre les enfants et les femmes de Gaza.

Mais, devant le sang de nos enfants et de nos femmes qui continue de couler sur la terre de Gaza,

Mais, devant les corps déchiquetés de ces civils palestiniens innocents, tombés suite à des bombardements israéliens aveugles,

Mais, au nom des Palestiniens de Gaza qui souffrent de cette escalade militaire israélienne, je m’adresse :

Au Conseil de Sécurité qui prétend assurer la sécurité dans le monde : à Gaza, les habitants ne trouvent d’abris pour échapper aux raids israéliens intensifs lancés toutes les cinq minutes sur des maisons appartenant à des civils… où est cette sécurité ?

Aux Nations-Unies qui essayent d’assurer la paix dans le monde entier : jusqu’à quand l’impunité de cet état israélien hors la loi, qui agresse les Palestiniens tous les jours, et qui assassine la paix au mépris de toutes les décisions internationales ?

Aux Etats-Unis, le plus grand pays du monde : jusqu’à quand va-t-il soutenir l’état d’Israël dans toutes ses violations des droits des Palestiniens ?

A l’Europe, au nom des Droits de l’homme et de la démocratie : c’est vous qui avez encouragé cet état agressif à continuer sa politique coloniale, cet état qui bafoue les droits les plus fondamentaux des Palestiniens. Au lieu de sanctionner cet état d’apartheid, vous êtes en train de défendre et de justifier ses attaques.

Aux pays du Printemps Arabes, au nom de vos révolutions et de votre nouveau pouvoir basé sur le changement : pourquoi laissez-vous les Palestiniens de Gaza seuls et abandonnés dans leur prison à ciel ouvert, face à la lâcheté et la barbarie de cette armée aveugle ?

Puisque vous ne bougez pas, puisque vous ne réagissez pas, puisque vous n’arrivez ni à dénoncer ni à critiquer Israël, cet état colonial va poursuivre ses attaques, et sa guerre contre les civils de Gaza.

Vous avez perdu votre crédibilité, et vous êtes en train de laisser notre région à l’arbitraire de cet état qui se moque de vous et de vos décisions.

Heureusement, qu’en ce monde, il y a des personnes de bonne volonté et une société civile consciente qui se mobilisent pour que cesse la violence israélienne contre Gaza et contre la Palestine.

Halte aux massacres israéliens à Gaza, et halte à cette communauté internationale impuissante. »

Ziad MEDOUKH
Vendredi, 16 novembre 2012

Mobilisation en France :
http://www.assawra.info/spip.php?ar…

GAZA:

Les frappes aériennes israéliennes tuent 11 civils

GAZA (Sipa-AP) — Au moins onze civils ont été tués, dont des femmes et des enfants, dans une frappe aérienne israélienne menée sur Gaza, selon des médecins palestiniens. La frappe a rasé un immeuble de deux étages appartenant à la famille DALOO.

Quatre femmes et quatre jeunes enfants feraient partie des civils tués, selon le responsable de la santé Ashraf al-Kidra.

Des secours débordés ont retiré les corps des enfants, dont un nouveau-né, des ruines, alors que les survivants et les passants hurlaient leur désespoir. Plus tard, les quatre enfants ont été transportés à la morgue à l’hôpital de Shifa à Gaza.

La cible de l’attaque aérienne n’était pas claire.

Selon Ashraf al-Kidra, ces nouveaux décès portent à 66 dont 32 civils le nombre de Palestiniens tués dans l’offensive israélienne.

(Sipa / 18.11.2012 19h10)                                                                                   

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 18 novembre, 2012 |Pas de commentaires »

GAZA: QUELQUES ARGUMENTS POUR REPONDRE A LA PROPAGANDE ISRAELIENNE (Céline LEBRUN) + GUERRE A GAZA: ACTE II (Gil MIHAELY / causeur.fr)

GAZA:

Quelques arguments pour répondre à la

propagande israélienne

GAZA: QUELQUES ARGUMENTS POUR REPONDRE A LA PROPAGANDE ISRAELIENNE (Céline LEBRUN) + GUERRE A GAZA: ACTE II (Gil MIHAELY / causeur.fr) dans REFLEXIONS PERSONNELLES israel-gaza-hamas

(Céline LEBRUN)

Pour ceux qui, comme moi, ont du mal à rester

silencieux face à la propagande et à la désinformation

israélienne, et voudraient se lancer dans un débat

virtuel par commentaires interposés sur facebook ou

d’autres sites où cette propagande sévit, quelques

contre-arguments qui peuvent être repris.

 

1. « L’attaque contre Gaza vise à défendre les

Israéliens du sud d’Israël, victimes des tirs de

roquettes incessantes des terroristes de Gaza. »

Si le 15 novembre 2012, 3 israéliens ont été tués par une roquette pour la première fois depuis plus d’un an et si, pour la première fois depuis 21 ans, une sirène a résonné à Tel Aviv, c’est de la faute de leur propre gouvernement car tout cela est arrivé après le début de l’attaque israélienne sur Gaza, après l’assassinat d’Ahmad Jaabari. Le gouvernement Netanyahou ne se contente pas d’assassiner les Palestiniens, il prend sa propre population en otage pour des raisons électorales.

Consciente de cela, une habitante du sud d’Israël a d’ailleurs écrit une tribune à Netanyahou dans laquelle elle dit notamment « Si vous voulez mettre un terme aux actions hostiles qui proviennent de l’autre côté, ouvrez vos oreilles et commencez à écouter. Si vous vous souciez de nous, cessez de nous défendre par des missiles, des actions « ciblées » et des « vols dissuasifs ». Au lieu de l’opération Pilier de Défense, lancez-vous dans une opération Espoir pour l’Avenir. C’est plus compliqué, il faut pour cela de la patience, et c’est moins populaire. Mais c’est la seule issue possible. » (NDLR :voir la version complète et originale sur le site de Haaretz et voir la traduction française)

Mais, d’un autre côté, les Israéliens de Tel Aviv comme du sud d’Israël peuvent s’estimer heureux d’avoir des sirènes et surtout des boucliers anti-missiles pour les protéger, sans parler des abris anti-aériens. Les Palestiniens eux n’en ont pas.

Sinon, quelques chiffres qui parlent toujours plus que les mots : 
- Nombre d’Israéliens tués par un des tirs de roquette depuis le 15 janvier 2009, et avant hier : 4 (source B’Tselem, ONG israélienne, 7 selon l’armée) 
- Nombre de Palestiniens tués par un des raids israéliens depuis le 15 janvier 2009, et avant hier : 300.

Nous prenons les chiffres depuis le 15 janvier 2009, date de fin de la dernière grosse attaque lancée contre Gaza en décembre 2008-janvier 2009 et qui se voulait déjà une réponse aux tirs de roquettes. Pour être gentils quoi… Parce que sinon, on peut aussi calculer depuis le début des tirs de roquettes et ça donne ça :

- Nombre d’Israéliens tués par un tir de roquette depuis le 29 septembre 2000 : 61 (source : Ministère de la défense israélien) 
- Nombre de Palestiniens tués à Gaza par l’armée israélienne depuis le 29 septembre et jusqu’au 15 septembre 2012 : 4660 (source B’Tselem)

Ces chiffres ne visent pas à relativiser les morts car, comme on dit, « qui tue un homme, tue l’humanité », mais juste à casser une dernière fois cette idée qu’Israël se défend. Israël attaque.

2. « Depuis des années, le Hamas envoie des

Roquettes tous les jours sur Israël »

Faux. Ce n’est le plus souvent pas le Hamas mais d’autres organismes. Le Hamas, tentant de faire respecter la trêve, a même monté une force spéciale chargée d’arrêter les Palestiniens lançant des roquettes comme le rapporte le journal israélien Haaretz . Et donc le Hamas, que ça plaise ou non, et il ne s’agit pas là de le défendre, n’est pas ce « grand mouvement terroriste qui attaque continuellement Israël en lançant des roquettes », c’est un peu plus compliqué. 
Tout comme il est un peu plus compliqué de dire qu’Ahmad Jaabari n’était pas qu’un terroriste. Là encore, on pourra juste citer des responsables israéliens.

Mais si les roquettes ne cessent d’être lancées depuis Gaza, c’est qu’Israël ne cesse d’occuper Gaza. Voudrait-on occuper, affamer, tuer des gens et qu’en plus ceux-ci ferment leur gueule ? Ah, non, on voudrait qu’en plus ils se montrent reconnaissant car en fait, tout ça, c’est pour leur bien, pour les libérer de ces terroristes du Hamas.

3. « Le Hamas se cache derrière la population civile, il

va dans les « villages habités » ».

On voit bien que là, c’est à ceux qui reprochent de ne pas aller voir la situation sur place, qu’il faut conseiller d’aller voir comment se présente Gaza (Et puis, c’est simple, on peut même le faire avec google earth).

- Premièrement, Gaza est un des endroits au monde le plus peuplé. Et il est entouré par un mur. Où voudrait-on qu’ils aillent lancer leur roquettes ? Sur les grands no man’s land qui les séparent du mur pour se faire sniper ? Peut-être que s’ils avaient des F-16 et des drones comme l’armée israélienne, les choses seraient différentes. Et peut-être que s’ils avaient des F-16 et des drones, et des accès satellites, eux aussi pourraient « cibler » leur tir de roquette et éviter de toucher des civils.

- Deuxièmement, il est aisé de faire la distinction entre civils palestiniens et terroristes palestiniens à Gaza quand ca arrange car ce sont TOUS les Palestiniens de Gaza qu’Israël assiège, enferme, affame, sans chercher à distinguer les civils des terroristes.

- Troisièmement, c’est justement parce que ce sont tous les Palestiniens de Gaza qui sont enfermés, que ce sont tous les Palestiniens qui résistent. Il n’y a pas d’un côté les terroristes qui se cachent et les civils. C’est une même population, solidaire face à l’oppression même si tous n’ont pas choisi de prendre les armes. Par contre, TOUS les Israéliens doivent un mois par an à l’armée israélienne. Donc dire que « les terroristes du Hamas attaquent de pauvres civils israéliens et se cachent derrière ses propres civils », c’est un peu réducteur.

- Quatrièmement, de même, faire une séparation stricte entre le Hamas qui se « cache » et la population civile, c’est oublier que le Hamas a été, lors des dernières élections, largement majoritaire à Gaza, et qu’il est donc très implanté dans la population. Dire ceci ne veut pas dire se réjouir de cette élection. Les Israéliens doivent savoir ce qu’est un gouvernement démocratiquement élu avec lequel on n’est pas forcément d’accord, eux qui vivent dans un pays dirigé par la droite et l’extrême-droite, et dont le ministre des Affaires Étrangères proposait en 2009 de se battre contre Gaza « comme les États-Unis s’étaient battus contre le Japon en 1945 » (c’est-à-dire avec la bombe nucléaire) sans que cela ne fasse réagir personne.

4. Sur le fait qu’« Israël accueille des Palestiniens

pour les soigner dans ses hôpitaux »

Bombarder quelqu’un, manquer de le tuer, le blesser et lui dire après « viens dans mon hôpital si tu veux »… Hmmmm pervers et en même temps, c’est la moindre des choses qu’Israël, en tant que responsable, puisse faire, et pas juste pour une poignée de Palestiniens devant servir d’alibi pour montrer le « grand coeur » d’Israël mais pour tous les Palestiniens blessés.

5. Même chose pour les petits papiers que l’armée

israélienne balancerait sur les zones où vivent les

Palestiniens avant de venir les bombarder.

Que leur écrivent-ils sur ces petits papiers : « Salut les gars. Bon, on arrive pour exploser vos maisons. On sait que vous ne pouvez aller nulle part pour fuir les bombardements car on vous a enfermé sur ce petit bout de territoire qui fait 350km. Mais essayez quand même. Bisous. » ? 

6. « Israël veut la Paix », les « Peace & love », and Co.

La Paix et l’Amour, sans Justice, ne sont que des concepts creux. Sauf si ce que veut Israël  c’est la paix du plus fort. Mais ça, il serait temps que les Israéliens comprennent que les Palestiniens ne sont pas décidés à l’accepter. C’est pour cela qu’Israël s’en prend à Gaza et au Hamas, car ils ne sont pas encore aussi corrompus et dociles que les gens de l’Autorité Palestinienne et leurs forces de sécurité qui en sont au point d’empêcher les Palestiniens de manifester en Cisjordanie et de les arrêter
Si Israël et certains Israéliens préfèrent au Hamas le gouvernement dictatorial de l’AP ce n’est pas surprenant, c’est ce qu’a fait Israël depuis des années avec ses grands copains Mubarak et Abdallah, sans compter les despotes du Golfe. Ce n’est pas surprenant parce qu’en fait, les Palestiniens, ils n’en ont rien à faire. Ce qui les intéresse c’est leur « sécurité » personnelle. Ca les choque que deux roquettes soient pour la première fois tombées à proximité de Tel Aviv mais ça ne les choque pas qu’il y ait des blindés israéliens à Bethléem tous les jours et que les Palestiniens entendent les avions de chasse israéliens les survoler tous les jours. Car pour leur « sécurité », il leur faut chercher les meilleurs chiens de garde capables d’empêcher les Palestiniens de réclamer leur droits, quitte à piétiner la démocratie.

Et oui, nous ne sommes pas aveuglés par la « haine d’Israël », nous critiquons aussi des pays arabes. Même des Palestiniens. Car être solidaire des opprimés, c’est être solidaire contre tous les oppresseurs. Mais le premier d’entre eux est Israël.

Après tout cela, on vous attaquera sûrement personnellement, on vous dira peut-être que vous êtes pédant ou imbécile, que vous n’y connaissez rien. Mais ce sera pour éviter d’avoir à répondre sur le fond. Parce qu’il n’y a rien à répondre à ce que nous venons d’écrire. Les faits sont là, nous les avons donné, et les faits sont têtus.

Céline LEBRUN 

Guerre à GAZA: acte II

 Cette fois, le Hamas rêve d’enterrer la paix

entre l’Egypte et Israël

Israel gaza hamas

De toute évidence, une opération militaire israélienne de grande envergure a lieu en ce moment dans la bande de Gaza. Après plusieurs semaines d’escalade, l’assassinat ciblé d’Ahmad Jaabari, important chef militaire du Hamas, montre que le Rubicon a été franchi et qu’Israël a décidé d’accepter le défi lancé par le gouvernement de Gaza.

Il y a un air de déjà vu : fin 2008, à la veille de ce qui allait devenir l’opération Plomb Durci, un certain Barack Obama venait d’être élu président des Etats Unis et le parlement israélien avait été dissous pour provoquer des élections anticipées. Mais, entre temps, beaucoup d’éléments ont changé. L’équation politique, géopolitique et internationale s’est en effet considérablement compliquée depuis : en Egypte, Mohamed Morsi, soutenu par les Frères musulmans, a été élu président à la place de Hosni Moubarak, le Sinaï est devenu la base arrière du Hamas et une vague de révoltes déstabilise la Syrie, la Libye et le Yémen, non sans en fragiliser d’autres, comme la Jordanie.

Malgré ces évolutions, pour Israël, le problème se pose dans des termes à peu près identiques : comment maintenir l’équilibre de la terreur avec le Hamas, jusqu’ici maître – de plus en plus contesté – de la bande de Gaza ? Le Hamas refusant tout compromis avec Israël afin de préserver sa légitimité face à une Autorité palestinienne usée par dix-neuf ans de négociations avec Israël, l’option diplomatique était inenvisageable. Restait donc à trouver un savant dosage de pressions politiques (via l’Egypte qui ne souhaite pas l’embrasement de la zone, le Qatar qui se soucie en priorité de la menace iranienne et de l’avenir de la Syrie…), économiques et militaires pour contenir le conflit entre Israël et le Hamas.

Le gouvernement israélien était prêt à tolérer un certain niveau de provocation de la part du Hamas ou du Jihad Islamique. Ainsi, les tirs sporadiques de roquettes à courte portée et d’obus de mortier à partir de la bande de Gaza n’entraînent qu’une riposte rhétorique lorsque la vie des citoyens israéliens ne s’en trouve pas menacée ou paralysée. Ce pragmatisme des autorités israéliennes permet au Hamas de pouvoir bomber le torse devant la population gazaouie sans subir de dures représailles militaires. Le mouvement créé par cheikh Yassine peut ainsi affronter dans de meilleures conditions la concurrence croissante des mouvements salafistes à Gaza.
Cet accord tacite entre la faction terroriste et l’Etat hébreu prévalait avant la guerre de décembre 2008- janvier 2009 et pendant les quatre ans qui se sont écoulés depuis. Pour autant, le Hamas et les mouvements palestiniens radicaux n’ont de cesse de tester les limites d’Israël afin d’inverser ou- tout au moins -modifier les rapports de force.

C’est ce qui s’est passé ces dernières semaines. Au demeurant, le calcul du Hamas est assez simple : un affrontement à l’heure actuelle pourra porter un coup fatal aux relations déjà extrêmement tendues entre Jérusalem et Le Caire. Les images des victimes gazaouies des bombardements israéliens enflammeront l’opinion publique arabe et contraindra (ou, diront certains, fournira le prétexte) de rompre définitivement avec Israël. En somme, si le Hamas a laissé faire ses hommes, c’est qu’il attend de ce conflit une issue semblable à l’opération de 2009 : la Turquie avait alors brutalement rompu avec Israël malgré les accords militaires et politiques qui unissaient les deux pays. Bis repetita ?

*Photo : marsmet54                                                                                                                          

Gil MIHAELY

causeur.fr

 Ne nous défendez pas – pas comme ça

vendredi 16 novembre 2012 par Mihal WASSER

Mihal Wasser est une enseignante israélienne ; elle vit au

kibboutz Kfar-Aza, situé à trois kilomètres de Gaza entre les

villes de Nétivot et de Sdérot. Voici la traduction d’un article

qu’elle a publié le 15 novembre 2012 dans le quotidien israélien

Haaretz

(version originale, en hébreu :www.haaretz.co.il/opinions/1…).

Cet article s’adresse au gouvernement de son pays.

 

« La première chose que je veux dire est ceci : ne me défendez pas, s’il vous plaît. Pas de cette manière. »

Je suis dans ma « chambre sûre » [la pièce prévue, dans tous les foyers israéliens, pour s’y réfugier en cas d’attaque], au kibboutz Kfar-Aza, et j’écoute les bombardements de la guerre généralisée qui se déroule à l’extérieur. Je ne sais plus distinguer « nos » bombardements de « leurs » bombardements. À vrai dire, les enfants du kibboutz font cela mieux que moi ; leur « oreille musicale » s’est développée dès le plus jeune âge, et ils savent distinguer un obus d’artillerie d’un missile tiré depuis un hélicoptère, et un obus de mortier d’un Qassam (missile). Qu’ils soient bénis.

C’est à cela que ressemble la « défense du foyer » ?

Je ne comprends pas : est-ce que tous nos dirigeants dormaient durant leurs cours d’histoire ? Ou peut-être ont-ils étudié selon le programme (scolaire) du Mapaï [le parti travailliste, au pouvoir en Israël entre 1949 et 1977] ou celui de [l’actuel Ministre de l’Education membre du Likud] Guideon Saar (je suis désolée de dire que la différence entre les deux n’est pas si grande), et ont-ils mal compris le mot « défense » ? Est-ce que défendre la sécurité des citoyens, cela signifie mener une guerre totale toutes les quelques années ? Est-ce qu’aucun homme politique n’a entendu l’expression « planification à long terme » ?

Si vous voulez me défendre, alors, s’il vous plaît, n’envoyez pas Tsahal avec pour mission de « gagner ». Commencez à penser sur le long terme, et pas seulement dans la perspective des prochaines élections (prévues en Israël le 22 janvier 2013 NDLR). Essayez de négocier jusqu’à ce qu’une fumée blanche sorte de la cheminée. Tendez la main à Mahmoud Abbas. Cessez les « exécutions ciblées », et regardez aussi les civils d’en face droit dans les yeux.

Je sais que la majorité du public m’accusera d’être « une belle âme ». Mais c’est moi qui suis ici, au moment où les obus de mortier tombent dans mon jardin, et pas Saar ni le Premier Ministre Binyamin Netanyahou – et pas non plus [la dirigeante travailliste] Shelly Yacimovich ni [le dirigeant du parti centriste Yesh Atid] Yaïr Lapid. C’est moi qui ai choisi d’élever mes enfants ici, bien que j’ai eu et que j’ai encore d’autres options.

On peut m’accuser de manquer de sionisme, on peut m’accuser de mollesse et de faiblesse de caractère, mais il est impossible de m’accuser de pratiquer un double langage. Mes enfants ont servi dans des unités combattantes, en plus de l’« année de service » qu’ils ont effectuée, à titre bénévole, pour le pays. Nous vivons ici, et nous aimons ce pays.

Notre combat à nous est un combat pour la forme que revêt l’Etat, pas pour ses frontières. Pour sa nature démocratique, et pour la dignité humaine en son sein. Pour la raison. Alors, cessez de tuer des civils de l’autre côté de la frontière afin de protéger ma vie.

Si vous voulez mettre un terme aux actions hostiles qui proviennent de l’autre côté, ouvrez vos oreilles et commencez à écouter. Si vous vous souciez de nous, cessez de nous défendre par des missiles, des actions « ciblées » et des « vols dissuasifs ». En place de l’opération « Pilier de Défense » lancez-vous dans une opération « Espoir pour l’Avenir ». C’est plus compliqué, il faut pour cela de la patience, et c’est moins populaire. Mais c’est la seule issue possible. »

Mihal WASSER                                                                                                                               

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 18 novembre, 2012 |Pas de commentaires »

LETTRE OUVERTE DE PIERRE TARTAKOWSKY, PRESIDENT DE LA LIGUE DES DROITS DE L’HOMME, ADRESSEE A F.HOLLANDE, PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE, AU SUJET DE LA VISITE OFFICIELLE DE M.NETANYAHU

Lettre ouverte de Pierre Tartakowsky,

président de la LDH,

adressée à François Hollande,

Président de la République,

au sujet de la visite officielle de

M. Netanyahu

LETTRE OUVERTE DE PIERRE TARTAKOWSKY, PRESIDENT DE LA LIGUE DES DROITS DE L'HOMME, ADRESSEE A F.HOLLANDE, PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE, AU SUJET DE LA VISITE OFFICIELLE DE M.NETANYAHU dans REFLEXIONS PERSONNELLES hollandoff24 
de : La Ligue des Droits de l’Homme 
jeudi 1er novembre 2012 – 10h50

Monsieur le Président,

Vous vous apprêtez à recevoir, pour une visite officielle, le Premier Ministre Israélien.

La Ligue des Droits de l’Homme admet, bien évidemment, que pour arriver à une paix entre Israéliens et Palestiniens il faille discuter avec toutes les parties. Dans ce cadre, elle souhaite vivement que vous puissiez rappeler à monsieur Netanyahu toutes les violations des Droits de l’Homme et du Droit International, dont son gouvernement se rend coupable.

Concernant la colonisation, qui est un des principaux obstacles à la paix, nous vous invitons à lui rappeler, pour le moins, les termes vifs du communiqué du 19 octobre 2012 de votre Ministère des Affaires Etrangères : « La France condamne l’approbation donnée par le Ministère de l’Intérieur Israélien à la construction de huit cents nouveaux logements dans la colonie de Gilo à Jérusalem-Est. … La France rappelle que la colonisation israélienne, sous toutes ses formes, est illégale au regard du droit international, qu’elle nuit au rétablissement de la confiance entre les parties et qu’elle constitue un obstacle à une paix juste fondée sur la solution des deux Etats… »

Concernant le blocus de la bande de Gaza, que le gouvernement de M. Netanyahu maintient depuis déjà cinq ans, nous vous invitons à lui rappeler que dans la mesure où il s’applique à l’ensemble des habitants pour des crimes qu’ils n’ont pas personnellement commis, il constitue une « punition collective », violation flagrante du droit international humanitaire, dont le respect s’impose pourtant à Israël. En tant que candidat, vous vous étiez engagé à obtenir d’Israël « des mesures d’allégement » afin d’aboutir « à la levée du blocus », nous ne doutons pas que cette visite vous permettra d’agir dans ce sens.

Concernant les prisonniers palestiniens, nous vous invitons à lui rappeler que les termes de l’accord conclu pour mettre fin à la grève de la faim de milliers d’entre eux, n’ont pas été tenus au risque d’entrainer une nouvelle grève, que des allégations de tortures sont dénoncées par plusieurs ONG israéliennes.

La détention administrative est depuis toujours utilisée comme moyen de répression profondément injuste et contraire au droit international.

De même, plus de deux cents enfants sont actuellement détenus et jugés dans des conditions contraires à la Convention Internationale des Droits de l’Enfant, pourtant ratifiée par Israël.

Concernant les Bédouins du Néguev, qui sont citoyens israéliens, nous vous invitons à lui rappeler qu’un plan de récupération de leurs terres est en cours de réalisation, tentant de les chasser de leurs terres et détruisant des villages « non reconnus ». Le plan Prawer prévoit le déplacement de 70 000 Bédouins.

Concernant les ONG israéliennes, nous vous invitons à lui faire observer que des lois récentes (loi relative au financement étranger et loi anti-boycott) menacent sérieusement leur liberté d’expression et d’association, ce qui est tout à fait contraire au fonctionnement démocratique d’un Etat.

Enfin, nous souhaitons que, concernant la probable et prochaine demande de l’OLP de reconnaissance de la Palestine comme Etat non-membre de l’ONU, vous rappeliez à M. Netanyahu les termes de votre (59e) engagement de campagne : « … Je prendrai des initiatives pour favoriser, par de nouvelles négociations, la paix et la sécurité entre Israël et la Palestine. Je soutiendrai la reconnaissance internationale de l’État palestinien. »

La Ligue des Droits de l’Homme sera très attentive aux résultats de vos entretiens. Vous comprendrez, Monsieur le Président de la République, que je rende publique cette lettre.

Recevez, Monsieur le Président de la République, l’expression de ma haute considération.

Pierre TARTAKOWSKY 
Président de la Ligue des Droits de l’Homme

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 2 novembre, 2012 |1 Commentaire »

LES PREPARATIFS AMERICANO-ISRAELIENS DE GUERRE CONTRE L’IRAN (Peter SYMONDS) + COMMENT L’IRAN RIPOSTERA (Kaveh L AFRASIABI, enseignant en Sciences Politiques à l’Université de Téhéran)

Les préparatifs américano-israéliens de guerre

contre l’Iran

LES PREPARATIFS AMERICANO-ISRAELIENS DE GUERRE CONTRE L'IRAN (Peter SYMONDS) + COMMENT L'IRAN RIPOSTERA (Kaveh L AFRASIABI, enseignant en Sciences Politiques à l'Université de Téhéran) dans REFLEXIONS PERSONNELLES nucleaire_iranien2

(Peter SYMONDS) 

Alors que la campagne présidentielle approche de sa conclusion, les préparatifs s’accélèrent pour de nouvelles guerres d’agression, qui sont soutenues par le président Barack Obama et son challenger républicain Mitt Romney.

Le plus important exercice militaire commun américano-israélien jamais organisé a commencé dimanche 21 octobre 2012, conçu pour tester les systèmes antimissiles intégrés de l’Etat sioniste. Des jeux de guerre de trois semaines impliquent plus de 3.500 personnels militaires américains en Israël et en Europe, 1 000 membres des Forces de défense israéliennes et le déploiement de batteries antimissiles Patriot et d’un navire de guerre américain équipé du système de missiles antibalistiques Aegis.

Selon les généraux américains et israéliens, les exercices sont conçus pour simuler une guerre multi-fronts avec un rythme élevé de salves visant des cibles israéliennes, dont des tirs de missiles balistiques de courte et de longue portée ainsi que de mortiers et de roquettes.

Le Lieutenant général Craig Franklin a minimisé l’importance de ces exercices, déclarant : « Il n’y a pas de message particulier. C’est pour prouver les capacités de défense d’Israël. » En fait, les jeux de guerre ne sont ni purement défensifs ni dépourvus d’une cible. Comme le scénario le met en évidence, l’objectif consiste plutôt à se préparer aux conséquences immédiates susceptibles de résulter d’une attaque américano-israélienne sur l’Iran et de tester la capacité de Washington et de Tel-Aviv à neutraliser les représailles de Téhéran et de ses alliés.

Aussi bien l’administration Obama que le gouvernement israélien ont maintenu un battement de tambour constant de menaces belliqueuses contre l’Iran à propos de son programme nucléaire. Prenant la parole à l’Assemblée Générale des Nations Unies le mois dernier, le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a insisté pour dire qu’une « ligne rouge » devait être définie, prétendant faussement que l’Iran était à quelques mois de construire une bombe atomique. Une ligne rouge n’a qu’un seul sens : elle établit le prétexte pour la guerre.

L’exagération américaine et israélienne à propos de la menace que poserait Téhéran est totalement hypocrite. Contrairement à l’Iran, Israël a refusé de signer le Traité de Non-Prolifération Nucléaire, ou de permettre des inspections de l’Agence Internationale de l’Energie Atomique. Elle dispose déjà d’un arsenal important d’armes nucléaires et des moyens pour les envoyer n’importe où au Moyen-Orient. En outre, les États-Unis et Israël ont une longue expérience pour mener des guerres illégales d’agression dans la région, et sont en train d’en planifier une nouvelle contre l’Iran.

Les tests des systèmes antimissiles d’Israël renforcent seulement la capacité d’Israël et des États-Unis de lancer une attaque injustifiée contre l’Iran en toute impunité. Les jeux de guerre se tiennent en tandem avec un exercice majeur de la défense civile d’Israël qui a commencé le week-end dernier. Sous prétexte de faire face à un tremblement de terre, le Commandement du Front Intérieur des Forces de Défense Israéliennes, ainsi que tous les services d’urgence et les ministères du gouvernement, ont mené un exercice « pour se préparer aux situations d’urgence qui pourraient nous prendre par surprise. »

Ces activités en Israël ne sont qu’une partie de plus vastes préparatifs de guerre. Les États-Unis ont également renforcé les systèmes de défense antimissile protégeant leurs alliés dans les États du Golfe. Le mois dernier, la marine américaine a tenu son exercice le plus important jamais mené dans le golfe Persique, impliquant des navires de guerre provenant de 30 pays. Le but était de neutraliser toute tentative iranienne de miner le détroit d’Ormuz en représailles à des attaques américaines.

En outre, depuis le début de l’année, le Pentagone a doublé le nombre de ses groupes aéronavals de combat et a stationné un escadron d’avions de combat F-22 sophistiqués dans la région, renforçant considérablement sa capacité à mener une guerre contre l’Iran. Toute attaque américaine viserait non seulement les installations nucléaires iraniennes, mais une grande partie de l’infrastructure militaire et industrielle du pays, avec des conséquences dévastatrices pour l’économie et le peuple iranien.

Dans leur troisième débat présidentiel, lundi, Obama et Romney se disputaient pour montrer leur détermination à soutenir Israël, à augmenter les sanctions économiques paralysantes contre l’Iran et à se préparer à la guerre.

Alors qu’il y avait un accord bipartisan sur cet agenda militariste, c’est Obama qui sur chaque point a été son avocat le plus belliqueux. Obama s’est référé spécifiquement aux jeux de guerre en cours comme la preuve que son administration avait mis en place « la plus forte coopération militaire et de renseignement » avec Israël. Avec une complète indifférence quant aux conséquences pour le peuple iranien, il s’est vanté d’imposer « les plus fortes sanctions de l’histoire contre l’Iran… Leur devise a chuté de 80 %. Leur production de pétrole a plongé au niveau plus le bas [depuis la guerre avec l'Irak]… Leur économie est en ruine. »

Quand Romney a demandé des sanctions plus sévères et a appelé à une intervention militaire en dernier ressort, Obama a répondu que le temps pour des négociations tirait rapidement à sa fin. « L’horloge tourne » a-t-il dit. « Nous n’allons pas permettre à l’Iran de s’engager indéfiniment dans des négociations qui ne mènent nulle part… Si elles ne satisfont pas aux exigences de la communauté internationale, nous allons prendre toutes les mesures nécessaires pour s’assurer qu’ils n’aient pas d’arme nucléaire. »

Dans le dos de la classe ouvrière en Amérique, au Moyen Orient et à l’échelle internationale, les préparatifs avancés d’une nouvelle guerre criminelle sont en cours. Comme les interventions militaires en Afghanistan, en Irak et en Libye, c’est une guerre fondée sur des mensonges et des tromperies. L’impérialisme américain n’a pas l’intention d’attaquer l’Iran pour l’empêcher de construire une arme nucléaire, mais pour mettre en place un régime à Téhéran qui soit conforme à ses ambitions pour la domination des régions riches en énergie du Moyen-Orient et de l’Asie Centrale.

La politique irresponsable de Washington menace de déclencher un conflit à l’échelle régionale qui a le potentiel de mobiliser de grands rivaux des USA tels que la Chine et la Russie, qui ont tous deux en jeu des intérêts économiques et stratégiques très importants.

World Socialist Web Site

(Article original publié le 25 octobre 2012)            

Comment l’Iran rispostera.

Ce qu’écrit un spécialiste de Sciences Politiques

Iranien, depuis Téhéran.

 Par Kaveh L AFRASIABI, enseignant en Sciences Politiques à l’Université de Téhéran.

 From ASIA TIMES. 16 décembre 2004. http: // www.atimes.com/atimes/Middle_East/FL16Ak01.html

TEHERAN - les États-Unis et l’Israël peuvent planifier des opérations militaires contre l’Iran, selon les rapports de mass-média récents, par contre l’Iran ne gaspille pas de temps dans le fait de préparer ses propres contre-opérations au cas où une attaque se concrétise.

Une longue semaine de manoeuvres combinée sur terre et dans l’air vient de se terminer dans cinq des provinces occidentales et du sud de l’Iran, hypnotisant des observateurs étrangers, qui les ont décrit comme « spectaculaire » l’étalage massif d’opérations de haute technologie, mobiles, incluant des forces de déploiement rapide comptant sur des escadrons d’hélicoptères, des mouvements aériens, de missiles, aussi bien que centaines de chars et des dizaines de milliers de soldats bien coordonnés utilisant des munitions réelles . Simultanément, environ 25,000 volontaires se sont pour l’instant inscrits aux centres de recrutement nouvellement établis pour les « attaques de suicide » contre n’importe quels envahisseurs potentiels dans ce qui est communément appelé « la guerre asymétrique ».

Derrière la stratégie vis-à-vis d’une invasion américaine hypothétique, l’Iran recyclera probablement le scénario de la guerre contre l’Irak d’une force écrasante, en particulier l’armée de l’air des Etats-Unis, visant une victoire rapide et contre une puissance beaucoup plus faible. l’Iran apprend tant de la guerre d’Iraq 2003 que de ses propres expériences précieuses de sa guerre avec l’Iraq de 1980-88 et de la confrontation avec les forces américaines dans le Golfe Persique de 1987-88 ; les Iraniens se sont concentrés sur les mérites d’une stratégie défensive fluide et complexe qui cherche à profiter de certaines faiblesses de la superpuissance militaire américaine tout en maximisant le peu d’endroits où ils peuvent avoir l’avantage, par exemple, la supériorité numérique dans les forces terrestres, la tactique de guérilleros, le terrain, etc.

Selon un article bien diffusé sur le « jeu de guerre d’Iran » de l’Atlantic Monthly basé aux Etats-Unis, le prix estimé d’une attaque sur l’Iran est de quelques dizaines de millions de misérables dollars. Ce chiffre est fondé sur une unique frappe « chirurgicale » (…) combinant des attaques de missiles, des bombardements aériens et des opérations secrètes, sans se tracasser de prendre en compte la stratégie de l’Iran, qui a présicément l’intention « d’étendre le théâtre d’opérations » de manière à infliger des coûts croissants sur l’envahisseur, ce qui inclue le ciblage de la structure de commandement militaire de l’Amérique dans le Golfe Persique.

Après cette version Iranienne de contre-stratégie « du suivi », l’intention américaine d’une guerre localisée recherchant à neutraliser le système de commandement iranien comme prélude d’attaque systématique sur des cibles militaires clés serait contré « en leur amenant la guerre », selon les mots d’un stratège militaire Iranien qui a mis l’accent sur la mollesse de la structure de commandement de l’Amérique dans les environs du sud du Golfe Persique. (Sur les quelques mois passés, les chasseurs américains violaient plusieurs fois l’espace aérien de l’Iran sur la province Khuzestan, évaluant ainsi le système de défense aérienne de l’Iran, selon les fonctionnaires militaires Iraniens.)

La prolifération par l’Iran d’un système d’engins balistiques extrêmement sophistiqué et mobile joue un rôle capital dans sa stratégie, en comptant de nouveau sur les leçons apprises des guerres d’Irak de 1991 et de 2003 : dans la plus première guerre sur le Koweït, les missiles de l’Irak ont joué un rôle important dans l’extension de la guerre à l’Israël, malgré l’échec des missiles Patriot de l’Amérique à détourner la plupart des missiles lancés d’Iraq pleuvant sur l’Israël et, dans une moindre mesure, sur les forces américaines en Arabie Saoudite. Et aussi, comme l’a admis le commandant en chef américain du conflit du Koweït, le général Norman Schwarzkopf, la traque des missiles missiles mobiles de l’Irak a consommé beaucoup des ressources de la stratégie aérienne de la coalition et étaient aussi difficiles que la recherche « d’aiguilles dans une botte de foin ».

Aujourd’hui, dans l’évolution de la doctrine militaire de l’Iran, le pays compte sur les missiles à longue portée de plus en plus précis, par exemple, les Shahab-3 et les Fateh-110, qui peuvent « frapper des cibles à Tel-Aviv », pour faire écho au premier Ministre des Affaires étrangères Iranien Kemal Kharrazi.

Chronologiquement parlant, l’Iran a produit la fusée d’artillerie Oghab de 50 de kilomètres de portée en 1985 et a développé les fusées d’artillerie Mushak de 120km-et la 160km de portée dans les années 1986-87 et 1988 respectivement. L’Iran a commencé à assembler  les Scud-B en 1988 et les conseillers techniques nord-Coréens en Iran ont converti une usine de maintenance de missiles pour la fabrication en 1991. Il ne semble pas, pourtant, que l’Iran ait entrepris la production de Scuds. Au lieu de cela l’Iran a cherché à construire les Shahab-3 et Shahab-4, ayant des portées de 1,300km avec une ogive de 1,600 livres et de 200km avec une ogive de 220 livres, respectivement ; le Shahab-3 a été testé en juillet de 1998 et peut bientôt être modernisé à plus de 2,000 km, capable ainsi d’atteindre le milieu de l’Europe.

Grâce au revenus supplémentaires des hauts prix du pétrole, qui constituent plus de 80 % du budget annuel du gouvernement, l’Iran ne connaît pas les contraintes de budget du début des années 1990 et du milieu les années 1990, quand ses dépenses militaires étaient surpassées presque de un à 10 par ses voisins arabes du Golfe persique qui sont des membres du Conseil de Coopération de Golfe ; presque tous les états arabes possèdent une autre sorte de système de missiles avancés, par exemple, les CSS-2/DF de l’Arabie Saoudite, les SS-21 du Yémen, les Scud-B, les Frogs-7 de l’Irak.

Il y a plusieurs avantages à disposer d’un arsenal balistique pour autant que l’Iran soit concerné : d’abord, c’est relativement bon marché et fabriqué à l’intérieur du pays sans beaucoup de dépendance externe et la pression liée au  » contrôle d’exportation de missiles » exercé par les Etats-Unis. Deuxièmement, les missiles sont mobiles et peuvent être dissimulés de l’ennemi et des tiers, il y a des avantages relativement aux chasseurs à réaction exigeant des bases aériennes fixes. Quatrièmement, les missiles sont supposés être des armes efficaces qui peuvent être lancées sans beaucoup de préavis par les cibles destinataires, particulièrement les missiles de Fatah-110 à combustible solide qui exigent seulement quelques courtes minutes pour l’installation avant être tirés. Cinquièmement, les missiles sont des armes semant la confusion et une unique capacité de tir qui peut torpiller les meilleurs plans militaires, lorsque l’on se souvient comment les attaques de missiles iraquiennes de mars 2003 sur les formations militaires américaines rassemblées à la frontière d’Iraq-Koweït ont forcé un changement de plan des États-Unis, perdant ainsi le plan initial de frappes aériennes soutenues avant l’engagement des forces terrestres, comme c’était le cas dans la guerre de Koweït, quand ces dernières sont entrées sur le théâtre après environ 21 jours de lourdes attaques aériennes à l’intérieur de l’Irak aussi bien que le Koweït.

Désormais, n’importe quelle attaque américaine sur l’Iran sera probablement suivie avant tout de contre-attaques de missiles engloutissant les états de Golfe Persique du sud hôtes des forces américaines, aussi bien que d’autre pays, par exemple, l’Azerbaïdjan, l’Irak ou la Turquie, qui permettent l’utisation de leur territoire ou de leur espace aérien contre l’Iran. La raison de cette stratégie est précisémment de « pré-avertir » les voisins de l’Iran des conséquences sérieuses, par le potentiel durable d’impacts débilitants sur leurs économies, s’ils devenaient complices d’envahisseurs étrangers de l’Iran.

Un autre élément clé de la stratégie de l’Iran est « d’augmenter l’arc de crise » dans des endroits comme l’Afghanistan et l’Irak, où ce pays a une influence considérable, de saper l’emprise des États-Unis dans la région, en espérant créer un contre-effet domino au lieu gagner à l’intérieur de l’Iran, les Etats-Unis perdraient en partie réellement du territoire à la suite de l’amincissement de leurs forces et de leur « suréxtension » militaire.

Toujours une autre composante de la stratégie de l’Iran est la guerre psychologique, un domaine d’attention considérable pour les planificateurs militaires du pays actuels, en se concentrant sur les « leçons de l’Irak » et comment la guerre psychologique de pré-invasion par les Etats-Unis a réussi à provoquer une fente importante entre les échelons supérieurs de l’armée Baasiste aussi bien qu’entre le régime et les gens. La guerre psychologique des États-Unis en Irak avait aussi une dimension politique, en voyant comment les Etats-Unis ont rassemblé aux Nations Unies les membres de Conseil de Sécurité et d’autres derrière les mesures anti Irak sous l’apparence du fait de répondre aux armes de destruction de massive de Saddam Hussein.

La guerre contre-psychologique de l’Iran, d’autre part, cherche à profiter des soldats américains « craignant la mort » qui manquent d’une manière caractéristique d’une forte motivation pour mener des guerres pas nécessairement pour la défense de leur patrie. Une guerre avec l’Iran exigerait sans doute le rétablissement de la conscription aux Etats-Unis, sans lesquels il ne pouraient peut-être pas protéger leurs flancs en Afghanistan et en Irak ; l’imposition de la conscription voudrait dire de recruter beaucoup de jeunes soldats mécontents susceptibles d’être sous l’influence de la propre guerre psychologique de l’Iran se concentrant sur le manque de motivation et « la dissonance cognitive » de soldats mal endoctrinés à la « doctrine du Président George W Bush de droit de préemption », pour ne pas mentionner une guerre par procuration pour l’Israël.

Cela de côté, déjà, les Iraniens se considèrent aujourd’hui subir les machinations d’une guerre psychologique semblable, par quoi, pour donner un exemple, les Etats-Unis cherchent intelligemment à capitaliser sur le mécontentement des jeunes (sans emploi) en répandant officiellement des larmes de crocodile, comme lors d’une interview récente du Secrétaire d’Etat sortant Colin Powell. La désinformation systématique joue d’une manière caractéristique un rôle clé dans la guerre psychologique et les Etats-Unis ont maintenant triplé leurs émissions de radio vers l’Iran et, selon des rapports récents du Congrès Américain, ont considérablement augmenté leur soutien financier à différentes TV et des programmes internet antirégime, cela en claironnant ouvertement la cause « du renseignement humain » dans un scénario futur de conflit avec l’Iran basé partiellement sur les opérations secrètes.

Par conséquent, il y a un sentiment de siège de sécurité nationale en Iran ces jours-ci, à la lumière d’une « ceinture de sécurité se serrant » par le fait que les américains profitent des bases militaires en Irak, en Turquie, de l’Azerbaïdjan, l’Uzbekistan, le Tajikistan, le Kyrgyzstan, aussi bien que celles du Koweït, de l’Arabie Saoudite, du Qatar, du Bahrein, d’Oman et de « l’île garnison » de Diego Garcia. Vu de l’Iran, les Etats-Unis, ayant gagné la Guerre Froide, se sont transformés en un « léviathan déchaîné » capable de manipuler et de déstabiliser les règles de loi internationales et des Nations Unies en toute impunité, exigeant ainsi une stratégie Iranienne de dissuasion sophistiquée qui, dans les mots de certains experts de mass-média Iraniens, inclurait même l’emploi d’armes nucléaires.

Mais de telles voix sont sans doute une minorité dans l’Iran d’aujourd’hui et généralement il y a un consensus élitaire contre la fabrication d’armes nucléaires, en partie de la conviction que sauf pour la création d’une « capacité de seconde frappe » il n’y aurait aucune dissuation nucléaire contre un pouvoir américain écrasant possédant des milliers « d’armes nucléaires tactiques ». Cependant, en regardant l’asymétrie nucléaire entre l’Inde et le Pakistan, la capacité de première frappe du dernier a prouvé q’une dissuasion contre une Inde nucléaire supérieure est possible, une leçon précieuse pour l’Iran.

Par conséquent, pendant que l’Iran a complètement soumis son programme nucléaire à l’inspection internationale et a suspendu son programme d’enrichissement d’uranium par un accord Iran-Union-Européenne récent à Paris en novembre, il y a pourtant une inquiétude harcelante que l’Iran peut avoir sapé sa stratégie de dissuasion vis-à-vis des Etats-Unis, qui n’ont pas reconnu l’Accord de Paris, se réservant le droit de dépêcher sujet nucléaire de l’Iran au Conseil de sécurité tout en croisant le fer de temps en temps contre Tehran.

Par moments, malgré une campagne de mass-média aux Etats-Unis, particulièrement par le New York Times, à travers les nouvelles portant des titres provocants comme « les Etats-Unis contre un Iran nucléaire », les Etats-Unis continuent leur pré-campagne de puissance contre l’Iran déterminé, en alimentant à leur tour l’inquiétude de sécurité nationale de ces groupes d’Iraniens contemplant « la dissuation nucléaire » comme une stratégie de survie nationale.

Concernant ces derniers, il y a un sentiment grandissant en Iran qui veut que quelle que soit la manière dont l’Iran s’accommode avec les demandes de l’Agence d’Énergie Nucléaire Internationale de l’ONU, tout comme l’Irak en 2002-03, que les Etats-Unis, ont placé dans un « axe du mal », sèment intelligemment les graines de leur guerre suivante du Moyen-Orient, partiellement en rasant de vieilles accusations de terrorisme et de la complicité de l’Iran dans le bombardement de Ghobar de 1996 en Arabie Saoudite, sans tenir compte du refus des fonctionnaires saoudiens de telles allégations complètement données dans un livre récent sur l’Iran, le Puzzle persan par Kenneth M Pollack (voir des Temps asiatiques En ligne, le puzzle persan, ou la CIA, 3 décembre.)

Ainsi il y a une « dissuasion proto-nucléaire émergeante » selon laquelle la maîtrise de l’Iran du cycle de combustible nucléaire le rendrait « capable de produire l’arme nucléaire » dans un temps relativement court, comme une sorte de « capacité de seuil » de pré-arme dont il doit être tenu compte par les ennemis de l’Iran contemplant des attaques sur ses installations nucléaires. De telles attaques seraient rencontrées par une résistance rigide, née du sens historique de l’Iran fait de nationalisme et de patriotisme, aussi bien que par un counter-armement basé sur la conversation rapide de la technologie nucléaire. Dorénavant plus long les Etats-Unis et l’Israël, jouent la menace militaire, plus puissant et charmant pour l’Iranien grandira le désire d’une « dissuasion proto-nucléaire ».

En fait, la menace militaire contre l’Iran s’est trouvée être un poison pour l’économie Iranienne, en chassant l’investissement étranger et en provoquant l’exode de capitaux considérables, une situation intolérable provoquant par certains économistes Iraniens même de poser des plaintes contre les Etats-Unis dans les tribunaux internationaux en cherchant des remèdes financiers. C’est un peu tiré par les cheveux, sans aucun doute et les Iraniens devraient montrer un nouveau précédent juridique pour gagner leur cause dans les yeux de loi internationale. L’Iran ne peut pas peut-être se permettre de voir continuer indéfiniment ce climat d’investissement appauvris provoqué par les menaces militaires et réciproquement une stratégie de dissuasion prolongée élève le risque des alliés américains dans la région est destinée à compenser cette situation assez malheureuse.

Ironiquement, pour ouvrir une parenthèse ici, certains amis de l’Israël aux Etats-Unis, comme le professeur de droit d’Harvrad Alan Dershowitz, un supporter avide « de la torturer pour les terroristes », ont récemment comis une colonne sur un site Web pro-Israël demandant la révision d’une loi internationale permettant à Israël et les Etats-Unis, l’attaque militaire contre l’Iran. Dershowitz a clairement pris le contrepied de la règle de droit, le fait de tourner en dérision l’institution estimée qui est considérée comme une balise sur la colline dans les États-Unis; la même université Ivy League est la maison du discours de haine « du choc des civilisations », un autre ornement pour son histoire chérie. Même le doyen de la Kennedy Scgool d’Harvard, Joseph Nye, une colombe relative, a copié l’obsession américaine de pouvoir en débitant des livres et des articles sur le « pouvoir mou » que réifie chaque facette de la vie américaine, en incluant sa culture neutre ou l’industrie du divertissement, en un appendice ou « un complément » du « pouvoir dur américain », comme si la reification du pouvoir ce que Jurgen Habermas appelle « lifeworld » (Lebenswelt) est la condition sine qua non conditio de la Pax Américana.

Pourtant, la ruse du pouvoir, est qu’il est souvent aveugle au moment opposé qu’il produit, comme cela a été le cas de l’héroisme d’un demi siècle des cubains vis-à-vis d’un régime sans pitié de blocus économique, des nationalistes algériens luttant contre le colonialisme français au cours des années 1950 et années 1960 et, à présent, des Iraniens se trouvant dans la situation peu enviable de contempler comment survivre contre l’avalanche venant d’un pouvoir américain mené entièrement par des faucons politiciens portant les costumes du multilateralisme sur le programme nucléaire de l’Iran. Pourtant peu à l’intérieur de l’Iran croient réellement que c’est plus que du pseudo-multilateralism construit pour satisfaire le militarisme unilateraliste en route des États-Unis. On espère que la route ne disparaîtra pas de sitôt, mais au cas où, les Iraniens « du Tiers-monde » font ce qu’ils peuvent pour se préparer au scénario de cauchemar.

La situation appelle une gestion prudente de la crise et une montée en confiance sécuritaire des deux côtés, et, espérons, l’affreuse expérience de la guerre répétée dans cette région pétrolière pourra être elle-même comme dissuasive.

Kaveh L AFRASIABI, doctorat, est l’auteur d’Après Khomeini :

les Nouvelles Directions dans la politique étrangère de l’Iran (la Presse de Westview) et « la Politique étrangère de l’Iran Depuis 9/11″, le Journal de Marron d’Affaires Mondiales, co-authored avec l’ancien député du ministre des Affaires étrangères Abbas MALEKI, No. 2, 2003. Il enseigne la science politique à l’Université Tehran.

 


Information ? Désinformation ?

3 février 2005 / 15 h 37


Selon le principal groupe d’opposition, l’IRAN a

la technologie nécessaire à la fabrication de la

bombe nucléaire

AFP – Paris. L’Iran a désormais acquis les matériels et la technologie nécessaires à la fabrication du mécanisme permettant de déclencher une bombe nucléaire, a déclaré jeudi à Paris le principal groupe d’opposition iranien. Citant des sources au sein du programme nucléaire iranien, un responsable du Conseil National de la Résistance Iranienne (CNRI), Mohammad Mohadessine, a précisé que Téhéran avait produit du polonium 210 et importé du béryllium, deux éléments nécessaires à la fabrication d’un « initiateur à neutrons ». Le régime iranien a également développé des « générateurs de neutrons », autre composante essentielle d’un initiateur à neutrons, a ajouté M. Mohadessine, en soulignant que « toutes ces activités ont été dissimulées à l’AIEA » (Agence Internationale de l’Energie Atomique). L’initiateur à neutrons, qui permet de déclencher la réaction en chaîne de la fission, est aussi important que les deux autres parties d’une bombe atomique : le combustible et le système de lancement. « Au moment où nous parlons, Téhéran a déjà réussi à utiliser le béryllium combiné à du polonium 210 à des fins d’essais en laboratoire à grande échelle et il est très proche de la production industrielle », a-t-il assuré. Ce responsable du CNRI, vitrine politique des Moudjahidine du Peuple, a souligné que Téhéran se rapprochait ainsi « d’étapes sensibles dans sa quête de la bombe atomique ».     

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 1 novembre, 2012 |Pas de commentaires »

LE TRIBUNAL RUSSELL SUR LA PALESTINE (Vivian PETIT)

Le Tribunal Russell sur la Palestine

(Vivian PETIT) 

LE TRIBUNAL RUSSELL SUR LA PALESTINE (Vivian PETIT) dans REFLEXIONS PERSONNELLES bertrand_russell_image1

(Vivian PETIT)
La quatrième et dernière session internationale du Tribunal Russell sur la Palestine aura lieu à New York, les 6, 7 et 8 octobre 2012. L’occasion de continuer de populariser cette campagne qui, sur la base d’arguments juridiques, cherche à dénoncer l’occupation et la colonisation de la Palestine, tout autant que les crimes contre l’humanité commis par Israël. Présentation de la campagne.
1. Qu’est-ce qu’un « Tribunal Russell » ? Pourquoi ce nom ? L’appellation « Tribunal Russell » vient du nom de Bertrand Russell (1872-1970), mathématicien, philosophe et militant gallois. Connu pour sa défense du rationalisme et du matérialisme ainsi que pour ses prises de positions pacifistes, Russell reçut le Prix Nobel de Littérature en 1950 pour sa fidélité à l’humanisme et à la libre pensée. Aujourd’hui, Bertrand Russell est l’une des références intellectuelles de militants pacifistes et libertaires, dont Noam Chomsky, qui le cite souvent.
En 1966, suite à la publication de son livre Crimes de guerre au Vietnam, Bertrand Russell organise un tribunal d’opinion jugeant les crimes de guerre de l’armée américaine. Il en sera le président honoraire et Jean-Paul Sartre le président exécutif. De nombreuses autres personnalités, dont Gisèle Halimi et Simone de Beauvoir font partie des jurés. Le Tribunal Russell est donc un tribunal d’opinion qui a servi à dénoncer, en prenant appui sur le droit international, les crimes commis par les Etats-Unis. Des juristes spécialisés dans le droit international peuvent ainsi remettre leur avis au jury de personnalités qui dirigent et font connaître le procès (Russell explique vouloir « prévenir le crime du silence »). Si les sentences prononcées ne peuvent prendre effet, les avis émis sont basés sur la législation réelle et remis aux autorités. D’autres tribunaux d’opinion (eux aussi appelés « Tribunaux Russell ») se sont tenus sur le même modèle. Nous pouvons par exemple mentionner le Tribunal permanent des peuples qui, entre 1979 et ces dernières années, s’est penché sur le génocide arménien, la politique du FMI et de la Banque Mondiale, la situation au Tibet, le droit d’asile en Europe ou encore la complicité de multinationales dans différents crimes contre l’humanité.
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2. Qu’est-ce que le Tribunal Russell sur la Palestine ?
Sur le modèle des expériences précédemment citées, s’est formé en mars 2009 un Tribunal Russell sur la Palestine en réaction à un appel à la justice en Palestine de Ken Coates (président de la Fondation Bertrand Russell pour la paix), Nurit Peled (lauréate du prix Sakharov pour la liberté de pensée en 2001) et Leila Shahid (déléguée générale de la Palestine auprès de l’Union Européenne). Dans leur appel, ces personnalités affirment leur but : « mobiliser les opinions publiques pour que les Nations Unies et les États membres prennent les mesures indispensables pour mettre fin à l’impunité de l’État d’Israël, et pour aboutir à un règlement juste et durable de ce conflit ». En se basant sur le droit international, le tribunal se donne pour but de statuer sur plusieurs enjeux : - l’échec de la communauté internationale à appliquer l’avis consultatif de 2004 de la Cour Internationale de Justice (CIJ) sur la construction du mur en Territoire palestinien occupé, - l’absence de l’application de la résolution ES-10/15, qui confirme l’avis de la CIJ, adoptée par l’Assemblée Générale des Nations unies le 20 juillet 2004, - l’attaque d’Israël contre Gaza en décembre 2008 et en janvier 2009. Le tribunal a tenu sa première session les 1, 2 et 3 mars 2010 à Barcelone et « s’est penché sur les complicités et manquements de l’Union Européenne et ses Etats membres dans la prolongation de l’occupation des Territoires palestiniens et les violations par Israël des droits du peuple palestinien ». Lors de l’inauguration en présence de Stéphane Hessel, le tribunal a affiché son objectif : « réaffirmer la primauté du droit international comme base du règlement du conflit israélo- palestinien ». Le 20 novembre 2010 à Londres – sur le thème de la complicité des entreprises dans les violations des droits de l’homme et du droit international humanitaire commises par Israël – la question du boycott et de la campagne « Boycott, désinvestissement et sanctions » a été fortement posée par les intervenants, afin de sanctionner notamment les entreprises qui, en dépit des lois, participent à la colonisation de la Cisjordanie ou officient dans les prisons israéliennes. Une troisième session a été organisée au Cap, en Afrique du Sud. Elle a abordé la question suivante : « Les pratiques d’Israël envers le Peuple palestinien violent-elles l’interdiction internationale de l’apartheid ? ». Après deux jours d’audience, le Tribunal Russell sur la Palestine d’Afrique du Sud a reconnu qu’Israël était coupable de pratiquer l’apartheid en vertu des instruments du droit international. De plus, il a déclaré qu’Israël avait commis des crimes contre l’humanité sous forme de persécution, notamment par le « déni intentionnel et grave des droits fondamentaux des membres d’un groupe identifiable dans le contexte d’une attaque systématique et répandue contre une population civile ». Les pratiques illicites énumérées par le Tribunal Russell sur la Palestine vont de l’attaque d’Israël contre Gaza et de son blocus sur ce territoire à la destruction de demeures en raison de l’expansion de la colonisation israélienne, en passant par la construction du mur et l’évacuation par la force des villages bédouins dans la région du Néguev. Il a exhorté Israël à mettre fin à ses pratiques d’apartheid et à ses politiques de persécution et à verser une compensation aux Palestiniens pour les dommages causés à leur endroit. Il a également exhorté la communauté internationale à coopérer et à exercer des pressions sur le gouvernement d’Israël afin de l’amener devant la justice, de même qu’à exiger du procureur de la Cour Pénale Internationale qu’il enquête sur les crimes qu’Israël commet dans les territoires occupés et sur son propre territoire. La quatrième et dernière session internationale aura lieu à New York, les 6, 7 et 8 octobre 2012. Cette session passera en revue l’échec de l’ONU à mettre en oeuvre toutes les résolutions pertinentes qui devraient conduire à la pleine reconnaissance des droits du peuple palestinien. Elle analysera et dénoncera les complicités et omissions des États tiers, en particulier des États-Unis d’Amérique, dans leur refus d’accorder aux Palestiniens les mêmes droits à l’indépendance que les autres nations de la région, y compris Israël. Une session finale, organisée début 2013, fera la synthèse des différentes audiences. De manière générale, le Tribunal Russell sur la Palestine et ses avis sont perçus comme un moyen d’instruire l’opinion publique et d’appliquer une pression positive sur les décideurs politiques.
3.Qui soutient le Tribunal Russel sur la Palestine ?
Le Tribunal Russell sur la Palestine est composé d’un groupe international élargi de citoyens concernés qui comprend des ONG, des organismes de charité, des syndicats et des organisations confessionnelles. Dans de nombreux pays, des Comités nationaux d’appui au Tribunal Russell sur la Palestine se sont créés, regroupant différentes associations, partis politiques et syndicats. Internationalement, le Tribunal Russell sur la Palestine a reçu le soutien de nombreuses personnalités. De manière non-exhaustive, nous pouvons citer :
- Tariq Ali, écrivain, Royaume-Uni.
- Henri Alleg, journaliste, France.
- Kader Asmal, professeur, ancien ministre, député, Afrique du Sud.
- Étienne Balibar, professeur émérite, France.
- Mohammed Bedjaoui, ancien président de la Cour Internationale de Justice de La Haye, ancien ministre des Affaires étrangères, Algérie.
- Ahmed Ben Bella, ancien président de la République algérienne démocratique et populaire.
- Boutros Boutros-Ghali, ancien secrétaire général de l’ONU, Égypte,
- Judith Butler, professeure, États-Unis.
- Eric Cantona, sportif, acteur, France.
- Noam Chomsky, professeur au MIT, États-Unis.
- Mairead Corrigan Maguire, Prix Nobel de la Paix 1976, Irlande du Nord.
- John Dugard, ancien rapporteur spécial de l’ONU sur la Palestine, Afrique du Sud.
- Norman Finkelstein, écrivain, États-Unis.
- Gisèle Halimi, avocate, ancien ambassadeur à l’UNESCO, France.
- Éric Hazan, écrivain et éditeur, France.
- Stéphane Hessel, Ambassadeur de France, France.
- Albert Jacquard, professeur, France.
- Alain Joxe, Directeur d’Études à l’EHESS, France.
- Naomi Klein, écrivaine, Canada.
- Ken Loach, réalisateur de cinéma, Royaume-Uni.
- Radhia Nasraoui, défenseur des Droits de l’Homme, Tunisie.
- Madame Nguyễn Thị Bình, ancienne vice-présidente du Vietnam.
- Ilan Pappe, professeur, Israël.
- Harold Pinter, écrivain, Prix Nobel de Littérature 2005, Royaume-Uni.
- Elias Sanbar, écrivain, Palestine.
- José Saramago, Prix Nobel de Littérature 1998, Portugal.
- Philippe Texier, Magistrat et membre de la Commission des droits de l’homme de l’ONU, France.
- Desmond Tutu, Archevêque et figure de la lutte contre l’apartheid, Afrique du Sud.
- Michel Warschawski, militant, Israël.
- Betty Williams, Prix Nobel de la Paix 1976, Irlande du Nord.
- Jody Williams, Prix Nobel de la Paix 1997, États-Unis.
- Jean Ziegler, sociologue, Suisse.

Vivian PETIT http://emi-cfd.com/echanges-partenariats/?p=1101

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 4 octobre, 2012 |Pas de commentaires »

TRADUCTION DU DISCOURS DE BENJAMIN NETANYAHU A L’ASSEMBLEE DES NATIONS UNIES

Traduction du discours

de Benjamin Netanyahu

 à l’Assemblée des Nations Unies

TRADUCTION DU DISCOURS DE BENJAMIN NETANYAHU A L'ASSEMBLEE DES NATIONS UNIES dans REFLEXIONS PERSONNELLES benjamin_netanyahu

Cette traduction vient du site web « Conscience du peuple », que nous saluons.

Merci beaucoup Monsieur le Président.

C’est un plaisir de voir l’Assemblée Générale présidée par l’Ambassadeur d’Israël, et il est bon de vous voir tous, Mesdames et Messieurs.

Mesdames et Messieurs,

Il y a trois mille ans, le roi David régna sur l’Etat juif dans notre capitale éternelle, Jérusalem. Je dis cela à tous ceux qui proclament que l’Etat juif n’a pas de racines dans notre région et qu’il va bientôt disparaître.

Tout au long de notre histoire, le peuple juif a surmonté tous les tyrans qui ont cherché à nous détruire. Ce sont leurs idéologies qui ont été abandonnées par l’histoire.

Le peuple d’Israël est vivant ! Nous disons en hébreu « Am Yisrael Chai », et l’Etat Juif vivra éternellement.

Le peuple juif a vécu sur la terre d’Israël depuis des milliers d’années. Même après que la plupart de nos gens furent exilés, les Juifs ont continué à vivre dans ce pays d’Israël à travers les âges. Les masses de notre peuple n’ont jamais abandonné le rêve de retourner dans notre ancienne patrie.

Défiant les lois de l’histoire, nous l’avons fait. Nous sommes revenus de l’exil, nous avons restauré notre indépendance et reconstruit notre vie nationale. Le peuple juif est rentré chez lui.

Nous ne serons jamais plus déracinés à nouveau.

Hier, c’était Yom Kippour, le jour le plus saint de l’année juive.

Chaque année, depuis plus de trois millénaires, nous sommes réunis en ce jour de réflexion et d’expiation. Nous prenons conscience de notre passé. Nous prions pour notre avenir. Nous nous souvenons des souffrances de notre persécution; nous nous souvenons des déboires importants de notre dispersion, nous pleurons l’extermination d’un tiers de notre peuple, six millions d’individus, pendant l’Holocauste.

Mais à la fin de Yom Kippour, nous célébrons.

Nous célébrons la renaissance d’Israël. Nous célébrons l’héroïsme de nos jeunes hommes et femmes qui ont défendu notre peuple avec le courage indomptable de Josué, David, et des Macchabées d’autrefois. Nous célébrons la merveille de l’état florissant juif moderne.

En Israël, nous marchons sur la même bande de terre et les même chemins que nos patriarches Abraham, Isaac et Jacob. Mais nous ouvrons de nouvelles voies à la science, la technologie, la médecine, l’agriculture.

En Israël, le passé et l’avenir trouvent un terrain d’entente.

Malheureusement, ce n’est pas le cas de nombreux autres pays. Aujourd’hui, une grande bataille est menée entre le moderne et l’époque médiévale.

Les forces de la modernité cherchent un brillant avenir dans lequel les droits de tous sont protégés, dans lequel une bibliothèque en constante expansion numérique est disponible dans la paume de chaque enfant, dans lequel chaque vie est sacrée.

Les forces de la féodalité veulent un monde dans lequel les femmes et les minorités sont soumises, dans lequel la connaissance est supprimée, dans lequel pas la vie mais la mort est glorifié.

Ces affrontement des forces prennent place dans le monde entier, mais nulle part plus nettement que dans le Moyen-Orient.

Israël se dresse fièrement avec les forces de la modernité. Nous protégeons les droits de tous les citoyens, hommes et femmes, Juifs et Arabes, musulmans et chrétiens – tous sont égaux devant la loi.

Israël travaille à rendre le monde un meilleur: nos scientifiques gagnent des prix Nobel. Notre savoir-faire est dans chaque téléphone et ordinateur que vous utilisez. Nous prévenons la faim en irriguant les terres arides en Afrique et en Asie.

Récemment, j’ai été profondément ému lorsque j’ai visité le Technion, l’un de nos instituts technologiques à Haïfa, et j’ai vu un homme paralysé de la taille aux pieds, monter un escalier, assez facilement, à l’aide d’une invention israélienne.

Et la créativité exceptionnelle d’Israël va de pair avec la compassion remarquable de notre peuple. Lorsqu’une catastrophe frappe quelque part dans le monde – en Haïti, au Japon, en Inde, en Turquie, en Indonésie et ailleurs – les médecins israéliens sont parmi les premiers sur les lieux, ils sont là pour sauver des vies.

Cette année, j’ai perdu mon père et mon beau-père. Dans les salles de l’hôpital même où ils ont été traités, les médecins israéliens traitaient des arabes palestiniens. En fait, chaque année, des milliers d’Arabes des territoires palestiniens et arabes de tout le Moyen-Orient viennent en Israël pour être soignés dans des hôpitaux israéliens par des médecins israéliens.

Je sais que vous n’allez pas entendre cela dans les haut-parleurs à l’extérieur de cette tribune, mais c’est la vérité. Il est important que vous soyez conscient de cette vérité.

C’est parce qu’Israël chérit la vie et est épris de paix qu’Israël cherche la paix.

Nous cherchons à préserver nos liens historiques et nos traités de paix historiques avec l’Egypte et la Jordanie. Nous cherchons à établir une paix durable avec les Palestiniens.

Le président Abbas vient de s’exprimer ici. Je lui dis et je vous le dis:

Nous ne résoudrons pas notre conflit avec des discours diffamatoires à l’ONU. Ce n’est pas la façon de résoudre un conflit. Nous ne résoudrons pas notre conflit avec des déclarations unilatérales d’indépendance. Nous devons nous asseoir ensemble, négocier ensemble, et parvenir à un compromis mutuel, dans lequel un Etat palestinien démilitarisé reconnaît le seul et unique Etat juif.

Israël veut voir un Moyen-Orient du progrès et de la paix. Nous voulons voir les trois grandes religions qui jaillissent de notre région – le judaïsme, le christianisme et l’islam – coexister dans la paix et dans le respect mutuel.

Pourtant, les forces médiévales de l’islam radical, que vous venez de voir à l’assaut des ambassades américaines à travers le Moyen-Orient, s’y opposent.

Elles cherchent la suprématie sur tous les musulmans. Elles sont déterminées à la conquête du monde. Elles veulent détruire Israël, L’Europe, L’Amérique. Elles veulent éteindre la liberté. Elles veulent la fin du monde moderne.

L’Islam militant a beaucoup de branches – des dirigeants de l’Iran avec leurs gardiens de la révolution aux terroristes d’Al-Qaïda, aux cellules radicales qui se cachent dans chaque partie du globe.

Mais en dépit de leurs différences, elles reposent toutes sur le même socle amer de l’intolérance. L‘intolérance est dirigée d’abord vers leurs coreligionnaires musulmans, puis les chrétiens, les juifs, les bouddhistes, les hindous, les personnes laïques, tous ceux qui ne se soumettent pas à leur credo impitoyable.

Ils veulent entraîner l’humanité vers une ère de dogme aveugle et vers un implacable conflit.

Je suis sûr d’une chose. En fin de compte ils échoueront. En fin de compte, la lumière pénètre l’obscurité.

Nous avons vu cela se produire avant.

Finalement, l’ignorance fait place à l’illumination.

De même, un cloître du Moyen-Orient finira par céder à la puissance irrésistible de la liberté et de la technologie. Lorsque cela se produira, notre région sera guidée non par le fanatisme et la conspiration, mais par la raison et la curiosité.

Je pense que la question pertinente est celle-ci: il ne s’agit pas de savoir si ce fanatisme sera vaincu. Combien de vies seront perdues avant qu’il ne soit vaincu ?

Nous avons vu cela se produire avant aussi.

Il y a 70 ans, le monde a vu une autre idéologie fanatique plier sur la conquête du monde. Une idéologie qui a brûlé. Mais pas avant qu’elle ait entraînée des millions de personnes avec dans sa chute. Ceux qui s’opposaient à ce fanatisme ont attendu trop longtemps avant d’agir. En fin de compte ils ont triomphé, mais à un coût terrible.

Mes amis, nous ne pouvons pas laisser cela se reproduire.

L’enjeu n’est pas seulement l’avenir de mon pays. L’enjeu est l’avenir du monde. Rien ne pourrait mettre en péril notre avenir commun plus que l’armement de l’Iran avec des armes nucléaires.

Pour comprendre ce que le monde serait avec un Iran nucléaire, imaginez le monde avec une arme nucléaire d’Al-Qaïda.

Il ne fait aucune différence si ces armes meurtrières sont entre les mains du plus dangereux régime terroriste du monde ou de la plus dangereuse organisation terroriste. Les deux sont tirés par la même haine; ils sont tous deux entraînés par le même désir de violence.

Il suffit de regarder ce que le régime iranien a fait jusqu’à présent, sans armes nucléaires.

En 2009, ils ont brutalement réprimés des manifestations de masse pour la démocratie dans leur propre pays. Aujourd’hui, leurs acolytes participent au massacre de dizaines de milliers de civils syriens, dont des milliers d’enfants.

Ils ont encouragé le meurtre de soldats américains en Irak et continueent de le faire en Afghanistan. Avant cela, les procurations iraniennes ont tué des centaines de soldats américains à Beyrouth et en Arabie saoudite. Ils ont transformé le Liban et la bande de Gaza en bastions terroristes, stockés près de 100.000 missiles et roquettes dans des zones civiles. Des milliers de ces roquettes et missiles ont déjà été tirés sur les communautés israéliennes par leurs mandataires terroristes.

Dans la dernière année, ils ont répandu leurs réseaux terroristes internationaux à une vingtaine de pays sur les cinq continents – de l’Inde et à la Thaïlande au Kenya et en Bulgarie. Ils ont même comploté pour faire exploser un restaurant à quelques rues de la Maison Blanche afin de tuer un diplomate.

Et bien sûr, les dirigeants iraniens ont nié l’Holocauste à plusieurs reprises et appelé à la destruction d’Israël de manière quotidienne, comme ils l’ont fait à nouveau cette semaine à l’Organisation des Nations Unies.

Je vous demande donc, compte tenu de ce bilan de l’agression iranienne sans armes nucléaires, d’imaginer l’agression iranienne avec des armes nucléaires. Imaginez leurs missiles à longue portée inclinés avec des ogives nucléaires, leurs réseaux terroristes armés de bombes atomiques.

Qui d’entre vous se sentira en sécurité au Moyen-Orient? Qui sera en sécurité en Europe? Qui sera en sécurité en Amérique? Qui sera en sécurité partout ailleurs ?

Il y a ceux qui croient que l’Iran doté d’armes nucléaires sera dissuasif, comme l’URSS.

C’est une supposition très dangereuse.

Les djihadistes se comportent très différemment des marxistes séculaires. Il n’y avait pas de kamikazes soviétiques. Pourtant, l’Iran produit des hordes d’entre eux.

La dissuasion a fonctionné avec les Soviétiques, car chaque fois que les Soviétiques avaient le choix entre leur idéologie et leur survie, ils ont choisi leur survie.

Mais la dissuasion ne fonctionnera pas avec les Iraniens une fois qu’ils obtiendront des armes nucléaires.

Il y a un grand érudit du Moyen-Orient, le professeur Bernard Lewis, qui a le mieux résumé cela. Il a dit que pour les ayatollahs d’Iran, la destruction mutuelle assurée n’est pas dissuasive, c’est une incitation.

Les dirigeants apocalyptiques de l’Iran croient qu’un homme saint médiéval réapparaîtra dans le sillage d’une guerre dévastatrice sainte, assurant ainsi à leur islam la gouvernance de la planète.

Ce n’est pas seulement ce qu’ils croient. C’est ce qui représente effectivement l’orientation de leurs politiques et de leurs actions.

Il suffit d’écouter l’ayatollah Rafsandjani qui a dit, je cite: «L’utilisation d’une seule bombe nucléaire à l’intérieur d’Israël détruira tout, mais il ne nuira pas au monde islamique. »

Rafsandjani a déclaré: « Il n’est pas irrationnel d’envisager une telle éventualité. »

Pas irrationnel …

Et cela vient de l’un des soi-disant modérés de l’Iran.

Étonnamment, certaines personnes ont commencé à colporter la notion absurde qu’un Iran nucléaire serait effectivement stabilisatrice pour le Moyen-Orient.

C’est comme dire qu’une arme nucléaire d’Al-Qaïda ouvrirait la voie à une ère de paix universelle.

Mesdames et Messieurs, je parle de la nécessité d’empêcher l’Iran de développer des armes nucléaires depuis plus de 15 ans.

J’en ai parlé dans mon premier mandat en tant que Premier ministre, puis j’en ai parlé lorsque j’ai quitté le bureau. J’en ai parlé quand c’était à la mode, et j’en ai parlé quand le sujet n’était plus à la mode.

J’en parle maintenant parce que l’heure se fait tard, très tard. J’en parle maintenant parce que le calendrier du nucléaire iranien ne prend pas le temps pour n’importe qui ou pour quoi que ce soit. J’en parle maintenant parce que lorsqu’ il s’agit de la survie de mon pays, ce n’est pas seulement mon droit d’en parler, c’est mon devoir d’en parler. Et je crois que c’est le devoir de tout dirigeant responsable qui veut préserver la paix mondiale.

Pendant près d’une décennie, la communauté internationale a essayé d’arrêter le programme nucléaire iranien par la diplomatie. Cela n’a pas fonctionné.

L’Iran utilise des négociations diplomatiques comme un moyen de gagner du temps pour faire avancer son programme nucléaire. Depuis plus de sept ans, la communauté internationale a tenté des sanctions contre l’Iran. Sous la direction du président Obama, la communauté internationale a adopté certaines des plus fortes sanctions à ce jour. Je tiens à remercier les gouvernements représentés ici qui ont adhéré à cette initiative. Elles ont eu un effet. Les exportations de pétrole ont été freinées et l’économie iranienne a été durement touchée.

Cela a eu un effet sur l’économie, mais nous devons faire face à la vérité. Les sanctions n’ont pas arrêté le programme nucléaire iranien en soit. Selon l’Agence Internationale de l’Energie Atomique, au cours de la seule année dernière, l’Iran a doublé le nombre de centrifugeuses dans son usine nucléaire souterraine à Qom.

A cette heure tardive, il n’y a qu’une seule façon d’empêcher l’Iran de manière pacifique pour qu’il n’obtienne pas de bombes atomiques. C’est en plaçant une ligne rouge sur le programme iranien d’armes nucléaires.

Les lignes rouges ne conduisent pas à la guerre; les lignes rouges empêchent la guerre.

Regardez la charte de l’OTAN: il est clair qu’une attaque contre un pays membre serait considérée comme une attaque contre tous. La ligne rouge de l’OTAN a contribué à maintenir la paix en Europe pendant près d’un demi-siècle.

Le président Kennedy a défini une ligne rouge pendant la crise des missiles cubains. Cette ligne rouge a également empêché la guerre et a aidé à préserver la paix pendant des décennies.

En fait, c’est le fait de ne pas placer de lignes rouges qui a souvent poussé à l’agression.

Si les puissances occidentales avaient établi clairement les lignes rouges dans les années 1930, je crois qu’ils auraient arrêté l’agression nazie et la Seconde Guerre Mondiale aurait pu être évitée.

En 1990, si Saddam Hussein avait été clairement prévenu que sa conquête du Koweït serait un franchissement de ligne rouge, la première guerre du Golfe aurait pu être évité.

Les lignes rouge franches fonctionnent aussi avec l’Iran.

Plus tôt cette année, l’Iran a menacé de fermer le détroit d’Hormouz. Les Etats-Unis ont tiré une ligne rouge et l’Iran a reculé.

Les lignes rouges n’ont pu être tirées dans les différentes parties du programme d’armement nucléaire iranien. Mais pour être crédible, une ligne rouge doit être établi en premier lieu dans une partie vitale de son programme: sur les efforts de l’Iran pour enrichir de l’uranium. Maintenant, laissez-moi vous expliquer pourquoi:

Fondamentalement, n’importe quelle bombe se compose de matière explosive et d’un mécanisme permettant de l’allumer.

L’exemple le plus simple est de la poudre à canon et d’un détonateur. Cela signifie que vous allumez la mèche et cela déclenche l’explosion de la poudre à canon.

Dans le cas des plans de l’Iran pour construire une arme nucléaire, la poudre, c’est de l’uranium enrichi. Le détonateur, c’est un détonateur nucléaire.

Pour l’Iran, amasser suffisamment d’uranium enrichi est beaucoup plus difficile que de produire du fusible nucléaire.

Pour un pays comme l’Iran, il faut de nombreuses années pour enrichir l’uranium pour une bombe. Cela nécessite des milliers de centrifugeuses dans de très grandes installations industrielles. Ces plans iraniens sont visibles et ils sont toujours vulnérables.

En revanche, l’Iran pourrait produire le détonateur nucléaire – le fusible – en beaucoup moins de temps, peut-être moins d’un an, peut-être seulement quelques mois.

Le détonateur peut être réalisé dans un atelier de la taille d’une salle de classe. Il peut être très difficile à trouver et  en particulier en Iran. C’est un pays qui est plus grand que la France, l’Allemagne, l’Italie et la Grande-Bretagne réunies.

La même chose est vraie pour la petite installation dans laquelle ils pourraient monter une ogive ou une arme nucléaire qui pourrait être placée dans un porte-conteneurs. Il y a des chances que vous ne trouveriez pas cette installation.

Donc, en fait, la seule façon que vous avez pour être crédible et empêcher l’Iran de développer une arme nucléaire, est d’empêcher l’Iran d’enrichir de l’uranium pour en avoir suffisamment pour une bombe.

Alors, combien uranium enrichi avez-vous besoin pour fabriquer une bombe? Et ou en est l’Iran ? 

Laissez-moi vous montrer. J’ai apporté un diagramme pour vous. Voici le schéma.

C’est une bombe, et là, c’est le détonateur.

Dans le cas des plans nucléaires de l’Iran pour construire une bombe, cette bombe doit être remplie avec suffisamment d’uranium enrichi. Et l’Iran doit passer par trois étapes.

La première étape: il faut enrichir suffisamment d’uranium faiblement enrichi.

La deuxième étape: il faut enrichir suffisamment d’uranium enrichi moyennement.

Et la troisième et dernière étape: il faut enrichir à très haute importance de l’uranium.

Où est l’Iran? L’Iran a terminé la première étape. Il leur a fallu de nombreuses années, mais ils l’ont rempli et ils sont 70% du chemin.

Maintenant, ils sont bien dans la deuxième étape. Au printemps prochain, au plus avant l’été prochain au vu des taux d’enrichissement actuels, ils auront terminé l’enrichissement moyen pour passer à l’étape finale.

A partir de là, il n’y a que quelques mois, peut-être quelques semaines avant qu’ils n’obtiennent suffisamment d’uranium enrichi pour la première bombe.

Mesdames et Messieurs, ce que je vous ai dit aujourd’hui ne se fonde pas sur des informations secrètes. Ce n’est pas basé sur le renseignement militaire. C’est basé sur des rapports publics de l’Agence Internationale de l’Energie Atomique. Tout le monde peut les lire. Ils sont en ligne.

Donc, si les faits sont là, et ils le sont, où la ligne rouge doit être établie?

La ligne rouge devrait être établie ici …

Avant que l’Iran n’achève la deuxième étape de l’enrichissement d’uranium nécessaire pour fabriquer une bombe.

Avant que l’Iran n’arrive à un point où il n’est à quelques mois ou quelques semaines de l’uranium enrichi à haute qualité pour fabriquer une arme nucléaire.

Chaque jour, ce point se rapproche. C’est pourquoi je vous parle aujourd’hui avec un tel sentiment d’urgence. Et c’est pourquoi tout le monde devrait sentir ce sentiment d’urgence.

Certains de ceux qui prétendent que même si l’Iran achève le processus d’enrichissement, même s’il traverse la ligne rouge que je viens de tirer, nos agences de renseignement sauront quand et où l’Iran fabriquera le fusible, assemblera la bombe, et préparera l’ogive.

Regardez, personne n’apprécie plus nos agences de renseignements que le Premier Ministre d’Israël ? Toutes ces agences sont superbes. Elles ont déjoué plusieurs attaques. Elles ont sauvé de nombreuses vies. Mais elles ne sont pas infaillibles !

Depuis plus de deux ans, nos agences de renseignements ne savaient pas que l’Iran construisait une usine d’enrichissement nucléaire, sous une énorme montagne.

Voulons-nous compromettre la sécurité du monde sur l’hypothèse que nous allons trouver un petit atelier dans un pays qui représente la moitié de la taille de l’Europe?

Mesdames et Messieurs, la question pertinente n’est pas quand l’Iran aura la bombe. La question pertinente est à quel stade ne pourra t-on plus empêcher l’Iran d’avoir la bombe ?

La ligne rouge doit être tirée sur le programme iranien d’enrichissement de l’uranium, car ces installations d’enrichissement sont les seules installations nucléaires que nous avons avec certitude pour cible.

Je crois que, face à une ligne rouge, l’Iran fera marche arrière.

Cela vous donnera plus de temps pour des sanctions et pour la diplomatie afin de convaincre l’Iran de démanteler son programme d’armes nucléaires.

Il y a deux jours, à cette tribune, le président Obama a réitéré que la menace d’un Iran doté d’armes nucléaires ne peut être acceptée. J’apprécie beaucoup la position du président comme tout le monde dans mon pays. Nous partageons l’objectif d’arrêter le programme iranien d’armes nucléaires. Cet objectif unit le peuple d’Israël. Il unit les Américains, démocrates et républicains, et il est partagé par d’importants leaders à travers le monde.

Ce que j’ai dit aujourd’hui aidera à faire en sorte que cet objectif commun soit atteint.

Israël est en pourparlers avec les Etats-Unis sur cette question, et je suis convaincu que nous pouvons tracer la voie à suivre ensemble.

Mesdames et Messieurs, l’affrontement entre la modernité et le médiévalisme ne doit pas être un affrontement entre modernité et tradition.

Les traditions du peuple juif remontent à des milliers d’années. Elles sont la source de nos valeurs collectives et le fondement de notre force nationale.

Dans le même temps, le peuple juif a toujours regardé vers l’avenir. Tout au long de l’histoire, nous avons été à l’avant-garde des efforts visant à étendre la liberté, à promouvoir l’égalité, et à faire progresser les droits de l’homme.

Nous défendons ces principes non pas en dépit de nos traditions, mais à cause d’elles.

Nous écoutons les paroles des prophètes juifs Isaïe, Amos, Jérémie, traitons tout le monde avec dignité et compassion, recherchons la justice, chérissons la vie et prions pour la paix.

Ce sont les valeurs intemporelles de mon peuple et celles-ci sont le plus grand don du peuple juif à l’humanité.

Engageons-nous aujourd’hui pour défendre ces valeurs afin que nous puissions défendre notre liberté et la protection de notre civilisation commune.

Merci

Chronologie des avertissements depuis 1979

Les annonces que la République islamique sera bientôt capable de produire une arme nucléaire, ou pire, détient déjà cette arme, ne sont pas nouvelles. 

Depuis plus d’un quart de siècle, les responsables occidentaux ont affirmé à plusieurs reprises que l’Iran était proche de rejoindre le club des pays détenteurs de l’arme nucléaire. Une telle possibilité a toujours été considérée comme «inacceptable» et la raison possible pour une action militaire avec « toutes les options envisageables» dans le but d’empêcher l’Iran de perturber l’équilibre stratégique au Moyen-Orient dominé par les Etats-Unis et Israël. 

Durant cette période, ces prévisions sur le nucléaire iranien ont maintes et maintes fois apparu et disparu. Cette chronique des prédictions passées a pour but de remettre dans une perspective historique la rhétorique actuelle sur l’Iran. 

1. Premiers avertissements : 1979-84 

La crainte d’une arme nucléaire iranienne est antérieure à la Révolution Islamique de 1979, lorsque le pro-occidental Shah Mohammad Reza Pahlavi menait d’intenses négociations avec les Etats-Unis, la France et l’Allemagne de l’Ouest concernant un projet d’investissement énergétique devant aboutir à la construction de 20 réacteurs. 

Fin des années 1970: les États-Unis reçoivent des renseignements selon lesquels le Shah aurait « mis en place un programme clandestin de développement d’armes nucléaires ». 

1979: le Shah est renversé par la révolution iranienne qui aboutit à l’avènement de la République Islamique. Après le renversement du Shah, les Etats-Unis ont cessé de fournir de l’uranium hautement enrichi (UHE) à l’Iran. Le gouvernement révolutionnaire guidé par l’ayatollah Ruhollah Khomeiny condamnait les armes et l’énergie nucléaires, et a pour un temps arrêté tous les projets. 

1984: Peu de temps après que des ingénieurs ouest-allemands aient visité le réacteur nucléaire inachevé de Bushehr, la revue militaire Jane Defense Weekly publie des propos émanant des services de renseignement allemands expliquant que la production par l’Iran d’une bombe « est dans sa phase finale. » Le sénateur américain Alan Cranston affirme que l’Iran aura sa bombe dans sept ans. 

2. Israel dépeint l’Iran comme son ennemi n°1 : 1992 

Bien qu’Israël ait secrètement fait des affaires avec la République Islamique après la révolution de 1979, cherchant à cultiver une alliance perse contre ses ennemis arabes locaux, le début des années 1990 a vu un effort concerté de Tel-Aviv pour dépeindre l’Iran comme une nouvelle menace à son l’existence de l’état hébreux. 

1992 : le parlementaire israélien, Benjamin Netanyahu, annonce à ses collègues que l’Iran sera sous 3 à 5 ans en mesure de produire une arme nucléaire et que cette menace doit être enrayée «par un front international dirigé par les Etats-Unis. » 

1992: le ministre israélien des affaire étrangères Shimon Peres déclare sur une chaine de télévision française que l’Iran sera doté de têtes nucléaires d’ici 1999. « L’Iran est la plus grande menace et le plus grand problème au Moyen-Orient », a averti M. Peres, «parce qu’il vise l’option nucléaire tout en maintenant une position très dangereuse de militantisme religieux extrême». 

1992: Joseph Alpher, un ancien fonctionnaire du Mossad, déclare que « l’Iran doit être identifié comme l’ennemi n ° 1. » Le programme nucléaire iranien naissant, a t-il déclaré au New York Times, «donne vraiment la frousse à Israël. » 

3. Les Etats-Unis se joignent aux avertissements: 1992-97 

La sonnette d’alarme a retenti à Washington quand au début de 1992 un groupe de travail du House Republican Research Committee affirme qu’il y a «98 % de certitude que l’Iran a déjà tous (ou presque tous) les éléments nécessaires pour deux ou trois armes nucléaires opérationnelles. » 

Des prédictions similaires sont émises par le chef de la CIA de l’époque, Robert Gates, selon qui le programme nucléaire iranien pourrait être un «problème grave» dans cinq ans ou moins. Cependant, la bureaucratie a pris un certain temps pour intégrer la rhétorique menaçante sur l’Iran. 

1992: Une fuite d’un rapport du Pentagone « Stratégie de défense pour les années 1990 » fait peu référence à l’Iran, bien qu’il envisage sept scénarios de futurs conflits potentiels qui s’étendent de l’Irak à la Corée du Nord. 

1995: Le New York Times exprime publiquement les craintes des responsables américains et israéliens affirmant que « l’Iran est beaucoup plus proche de la production d’armes nucléaires qu’on ne le pensait » (environ cinq ans seulement) et que la bombe nucléaire de l’Iran est « en tête de liste » des dangers dans la décennie à venir. Le rapport parle d’une «accélération du programme nucléaire iranien » et affirme que l’Iran « a commencé une campagne intensive pour développer et acquérir des armes nucléaires» en 1987 et aurait recruté des scientifiques de l’ex-Union soviétique et du Pakistan pour le conseiller. 

1997: Le Christian Science Moniteur rapporte que les pressions américaines sur les fournisseurs nucléaires de l’Iran ont «forcé l’Iran à adapter son calendrier présumé pour une bombe. Aujourd’hui, les experts disent que l’Iran a peu de chances d’acquérir des armes nucléaires avant huit ou 10 ans.» 

4. Rhétorique contre «l’axe du mal»: 1998-2002 

Un satellite espion américain détecte le lancement d’un missile Iranien de moyenne portée, suscitant des spéculations sur le danger posé à Israël. 

1998: Le New York Times explique qu’Israël se sent moins en sécurité à la suite du lancement même si Israël est le seul pays au Moyen-Orient à posséder à la fois l’arme nucléaire et les missiles à longue portée pour les lancer n’importe où. «La principale réaction à ce qui se passe viendra d’Israël, et nous devons nous inquiéter des mesures que les israéliens pourrait prendre», selon un ancien responsable du renseignement cité par le Times. Un expert non identifié ajoute: «Cet essai montre que l’Iran est résolu à acquérir des armes nucléaires, parce que personne ne construit un missile d’une portée de 1200 km pour envoyer des ogives conventionnelles.» 

1998: La même semaine, l’ancien secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld présente un rapport au Congrès affirmant que l’Iran aura la capacité de construire un missile balistique intercontinental pouvant atteindre les Etats-Unis d’ici cinq ans. La CIA a donné quant a elle une estimation de délai de 12 ans. 

2002: La CIA avertit que le danger de missiles à tête nucléaire, en particulier ceux de l’Iran et de la Corée du Nord, est plus élevé que pendant la guerre froide. Robert Walpole, puis un haut responsable de la CIA pour les programmes stratégiques et nucléaires, raconte devant une commission du Sénat que la capacité de missiles de l’Iran a augmenté plus rapidement que prévu dans les deux années précédentes et qu’il sera bientôt à égalité avec la Corée du Nord. La menace «va continuer à croître car les capacités des adversaires potentiels arrivent à maturité». 

2002: Le président George W. Bush ajoute l’Iran à la liste des pays faisant partie de «l’axe du mal» avec l’Irak et la Corée du Nord. 

5. Révélations de l’intérieur de l’Iran: 2002-05 

En Août 2002, le groupe d’opposition iranien des Moudjahidine-e Khalq (MEK) annonce que l’Iran construit une installation souterraine d’enrichissement d’uranium à Natanz et un réacteur à eau lourde à Arak. Il est largement admis que la preuve a été transmise au MEK par le renseignement israélien. 

L’enrichissement et les réacteurs nucléaires ne sont pas interdits à l’Iran en tant que signataire du Traité de Non-Prolifération nucléaire (TNP), mais le fait de ne pas divulguer la totalité de ses activités conduit à une enquête de l’AIEA et un examen beaucoup plus approfondi. L’Iran insiste sur le but pacifiques de ses activités, mais se trouve en violation de son accord avec l’AIEA, et est accusé par l’AIEA d’un « tentative de dissimulation. » 

2004: Le secrétaire d’état américain Colin Powell dit aux journalistes que l’Iran travaille sur une technologie pour adapter une ogive nucléaire sur un missile. « Nous parlons de l’information qui dit que non seulement ils ont les missiles mais qu’ils travaillent dur sur la manière de combiner les deux ensemble», explique-t-il. 

2005: Les États-Unis présentent 1000 pages de dessins et autres documents qui auraient été récupérés à partir d’un ordinateur portable en Iran l’année précédente, et qui donnent des informations détaillées sur la fabrication d’explosifs et d’une ogive de missile à capacité nucléaire. Ces «prétendues études» sont rejetées par l’Iran comme des faux crées par des services de renseignement hostiles. 

6. Les menaces se précisent: 2006-09 

2006: Les tambours de la guerre battent plus vite après que Seymour Hersh du New-Yorker ait cité des sources américaines disant qu’une attaque contre l’Iran est inévitable, et qu’il est prévu d’utiliser des armes nucléaires tactiques contre les installations iraniennes enterrées. 

2007: Le président Bush avertit qu’un Iran nucléaire pourrait conduire à une « troisième guerre mondiale. » Le Vice-président Dick Cheney avait déjà mis en garde contre des «conséquences graves» si l’Iran ne renonce pas à son programme nucléaire. 

2007: Un mois plus tard, un rapport d’évaluation officiel de la Direction du Renseignement National est déclassifié, et affirme au contraire avoir «une grande confiance» dans le fait que l’Iran ait abandonné son effort d’armement nucléaire depuis l’automne 2003. 

Le rapport, destiné à synthétiser les informations récoltées par 16 agences d’espionnage américaines, réfute les décennies d’hypothèses inverses de Washington. Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad appelle le rapport une «victoire pour la nation iranienne.» Un éditeur de journal iranien à Téhéran confie au Christian Monitor  »Les conservateurs … pensent que le risque de guerre contre eux a disparu. » 

Juin 2008: L’ambassadeur américain à l’ONU, John Bolton, prédit qu’Israël attaquera l’Iran avant Janvier 2009, profitant d’une fenêtre avant que le prochain président américain soit arrivé au pouvoir. 

Mai 2009: Un rapport du comité des affaires étrangères du Sénat américain déclare: «Il n’y a aucun signe que les dirigeants iraniens aient commandé une bombe. » 

Phase 7. Israël veut imposer son calendrier: 2010-11 

Malgré les rapports et les évaluations du renseignement affirmant le contraire, les israéliens et de nombreux responsables américains continuent de penser que l’Iran est déterminé à avoir des armes nucléaires le plus tôt possible. 

Août 2010: Un article de Jeffrey Goldberg dans le numéro de septembre de l’Atlantic est publié en ligne, décrivant un scénario dans lequel Israël a choisi de lancer une attaque unilatérale contre l’Iran avec 100 avions, «parce qu’un Iran nucléaire pose la plus grande menace depuis Hitler pour la survie du peuple juif. «  

S’appuyant sur des entretiens avec « environ 40 décideurs israéliens passés et présents, au sujet d’une frappe militaire » et avec des responsables américains et arabes, M. Goldberg prédit qu’Israël lancera une attaque en Juillet 2011. L’article mentionne les précédentes frappes israéliennes contre les installations nucléaires de l’Irak et de la Syrie, et cite le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, disant: «Vous ne voulez pas qu’un culte messianique apocalyptique ait le contrôle de bombes atomiques. Quand le croyant aux yeux écarquillés obtient les rênes du pouvoir et des armes de destruction massive, alors le monde devrait commencer à s’inquiéter, et c’est ce qui se passe en Iran. »

2010: Les responsables américains pensent que le programme nucléaire de l’Iran a été ralenti par quatre séries de sanctions du Conseil de Sécurité et une foule de mesures américaines et européennes. Le virus informatique Stuxnet a également fait des ravages jusqu’en 2011 en endommageant des milliers de centrifugeuses qui enrichissent l’uranium. 

Janvier 2011: Quand Meir Dagan quitte son poste de directeur du Mossad, il déclare que l’Iran ne serait pas en mesure de produire une arme nucléaire d’ici à 2015. «Israël ne devrait pas se hâter d’attaquer l’Iran, mais doit le faire uniquement lorsque l’épée sera contre son cou.» Plus tard, il ajouta qu’attaquer l’Iran serait «une idée stupide … Le défi régional auquel ferait face Israël serait impossible. » 

Janvier 2011: Un rapport de la Fédération des Scientifiques Américains sur l’enrichissement d’uranium par l’Iran affirme qu’il n’est pas possible que Téhéran ait déjà la capacité technique de produire un engin nucléaire. 

Février 2011: Le Directeur du renseignement national James Clapper affirme dans un témoignage devant le Congrès que «l’Iran garde la possibilité de développer des armes nucléaires en partie en développant diverses techniques liées au nucléaire afin de mieux se positionner pour produire de telles armes, s’il décide de le faire ».   »Nous ne savons pas, cependant, si l’Iran finira par décider de construire des armes nucléaires. » 

Novembre 2011: L’AIEA affirme pour la première fois que l’Iran a travaillé sur des projets d’armement nucléaire depuis des années, en publiant des informations détaillées basées sur plus de 1000 pages d’informations, corroborés, dit-elle, par des données provenant de 10 Etats membres et de ses propres enquêtes et entretiens. L’Iran réfute ce rapport et prétend qu’il a été motivé par des fins politiques. 

Source: Alter info

                                   La ligne noire de Netanyahu

(Il Manifesto)

 

arton17862-655cb BENJAMIN NETANYAHU dans REFLEXIONS PERSONNELLES
Manlio DINUCCI
Nous savons maintenant comment sera la bombe nucléaire iranienne : une boule avec la mèche allumée, comme celle des bandes dessinées pour enfants. Le premier ministre israélien Netanyahu l’a montrée avec un dessin, à l’Assemblée Générale de l’ONU et, comme un maître d’école maternelle, il a sorti un feutre et il a tracé sur la bombe une belle ligne rouge. Ici, a-t-il expliqué, doit être arrêté « le plus dangereux régime terroriste du monde », l’iranien, « avant qu’il ne porte à terme l’enrichissement nucléaire nécessaire pour fabriquer une bombe ». Un tout autre cadre aurait dû être présenté à l’ONU : celui du puissant arsenal nucléaire israélien, entouré de la ligne noire du secret et de l’omertà. Selon Jane’s Defense Weekly, Israël – la seule puissance nucléaire au Moyen-Orient – possède de 100 à 300 têtes nucléaires, prêtes au lancement sur des missiles balistiques qui, avec le Jericho 3, atteignent une portée de 8-9mille km. L’Allemagne a fourni à Israël (sous forme de don ou à prix réduits) quatre sous-marins Dolphin modifiés : dans chacun d’eux, aux six tubes de lancement de missiles de croisière à courte portée en ont été ajoutés quatre pour les Popeye Turbo, des missiles nucléaires de 1.500 km de portée. Les sous-marins israéliens made in Germany, silencieux et pouvant rester en immersion pendant une semaine, croisent en Méditerranée orientale, en Mer Rouge et dans le Golfe Persique, prêts 24 heures sur 24 à l’attaque nucléaire. Les Etats-Unis, qui ont déjà fourni à Israël plus de 350 chasseurs-bombardiers F-16 et F-15, se sont engagés à leur fournir au moins 75 chasseurs F-35, eux aussi à double capacité nucléaire et conventionnelle. Le Pentagone, qui garde secrets les codes d’accès au software du F-35 même avec les pays (comme l’Italie) qui participent à sa construction, les fournira par contre à Israël pour qu’il puisse intégrer le F-35 dans ses propres systèmes de guerre électronique. Il donnera en outre la priorité à l’entraînement des pilotes israéliens, en les préparant à l’attaque nucléaire avec ces chasseurs de cinquième génération.

Israël, qui à la différence de l’Iran refuse le Traité de non-prolifération, n’admet pas qu’il possède un arsenal nucléaire (dont l’existence est reconnue par l’Agence Internationale pour l’Energie Atomique), mais laisse entendre de façon menaçante qu’il l’a et qu’il peut s’en servir. Il refuse ainsi de participer à la Conférence pour la création au Moyen-Orient d’une zone sans armes nucléaires, ordonnée par l’ONU, à laquelle l’Iran a par contre adhéré. Pendant ce temps Israël, qui selon le Sipri a produit, jusqu’en 2011, 690-950 kgs de plutonium, continue à en produire en quantité suffisante pour fabriquer chaque année 10-15 bombes de la puissance de celle de Nagasaki. Il produit certainement aussi du tritium, un gaz radioactif avec lequel il fabrique des armes nucléaires de nouvelle génération. Parmi lesquelles des mini-nukes, à utiliser dans un théâtre guerrier réduit, et des armes neutroniques, qui provoquent une contamination radioactive mineure, mais une létalité plus élevée à cause de leur forte émission de neutrons rapides : les plus adaptées contre des objectifs peu distants d’Israël.

Les états arabes de l’AIEA, qui avaient préparé une résolution sur « Les capacités nucléaires israéliennes », en ont, sous la pression des USA, renvoyé la présentation en 2013.

Tandis que la mèche de la bombe, pas l’iranienne de la bande dessinée mais la vraie d’Israël, peut être allumée à tout moment.

Manlio Dinucci

Edition de mardi 2 octobre 2012 de il manifesto

http://www.ilmanifesto.it/area-abbonati/in-edicola/manip2n1/…

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio                                                                                   

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 28 septembre, 2012 |Pas de commentaires »

IRAN, ISRAEL, ETATS-UNIS: L’OPTION MILITAIRE (Eric VILAIN)

Iran, Israël, États-Unis : l’option militaire

IRAN, ISRAEL, ETATS-UNIS: L'OPTION MILITAIRE (Eric VILAIN) dans REFLEXIONS PERSONNELLES iran-3-24af7  (Eric Vilain)

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Il y a un consensus dans ce qu’on appelle pudiquement la « communauté internationale » pour obliger l’Iran à mettre fin à son programme nucléaire militaire. On considère que les principaux pays industrialisés ont le droit de mettre en œuvre un programme nucléaire civil et militaire, mais pas l’Iran. Le fait qu’on parle d’« option militaire » pour mettre fin à ce programme en Iran, mais pas en Corée du Nord, n’est sans doute pas un hasard.

Le problème est que l’Iran ne veut manifestement rien savoir, et que les pays occidentaux (ce qui exclut la Russie et la Chine) ne semblent pas capables d’imaginer ce qu’ils pourraient fournir à l’Iran en échange de l’arrêt, ou du moins d’un certain contrôle international, de sa politique nucléaire. Ce quelque chose pourrait être, par exemple, une certaine reconnaissance internationale, une certaine légitimité de l’Iran en tant qu’État sur la scène internationale. Il va de soi que les États-Unis ne sont absolument pas disposés à entrer dans ce jeu-là, parce que s’il en était ainsi ils se verraient privés d’un épouvantail qui est très utile à leur politique internationale. Le même raisonnement vaut pour Israël, à cette différence près que cet épouvantail sert à leur politique intérieure. Le jour où il n’y aura plus de tensions extérieures pour maintenir l’union nationale en Israël, les autorités israéliennes auront à faire face aux innombrables contradictions sociales qui minent le pays.
Israël ne se trouve pas dans une situation particulièrement favorable. Les négociations avec les Palestiniens piétinent. La situation en Syrie se dégrade : tout laisse à penser que la chute de Bachir al-Assad conduira à la mise en place d’un régime islamiste, comme en Égypte – ou d’une façon générale comme partout où les dictateurs ont été renversés. L’avenir de la Jordanie est incertain. Le renversement de Moubarak en Égypte a ouvert la porte à un régime islamiste dont le nouveau président, Mohamed Morsi, va s’empresser de se rendre à Téhéran où se déroule la rencontre du Mouvement des Non-Alignés.

Tout cela conforte en Israël le syndrome de Massada : environ un millier de Juifs révoltés s’étaient retranchés dans la forteresse de Massada, assiégée par les Romains. Lorsque, après sept mois de siège, en l’an 73, les Romains pénétrèrent dans la forteresse, les assiégés s’étaient suicidés. Par extension, le syndrome de Massada est cette attitude paranoïaque qui caractérise un groupe qui se sent assiégé dans un environnement hostile qui veut sa perte, et qui conduit à un acte désespéré. Si les autorités israéliennes, les médias israéliens confortent ce sentiment d’être assiégé – un sentiment largement entretenu par la politique d’expansion territoriale d’Israël depuis sa création –, il n’est pas impossible que la décision d’une frappe contre l’Iran soit prise.

Significativement, Obama ne s’est pas rendu en Israël pendant son mandat – un fait sans doute unique dans l’histoire contemporaine. Ce qui ne l’a pas empêché d’envoyer d’innombrables émissaires pour assurer les autorités israéliennes que les États-Unis prennent la chose très au sérieux et pour leur enjoindre de ne pas entreprendre de frappe préventive. Le gouvernement Obama choisit pour l’instant l’option diplomatique mais se trouve face aux Israéliens qui pensent que l’Iran progresse plus vite qu’on ne le pense vers la construction de l’arme nucléaire.
La politique de Netanyahu consiste clairement à mettre la pression sur Obama, à le discréditer pour soutenir son concurrent conservateur, Romney, lui-même entouré de néoconservateurs enchantés à la perspective d’une guerre. Aussi, l’éventualité ne peut pas être écartée d’une attaque israélienne avant les élections aux États-Unis, dans le but d’influer sur le scrutin en faveur du candidat qui aura pris position pour une frappe préventive : en effet, dans ce cas, les États-Unis seraient contraints d’intervenir eux aussi pour soutenir leur allié.

Pendant l’été, le Premier ministre Netanyahu et le ministre de la Défense, Ehud Barak, ont proclamé haut et fort la possibilité d’une attaque préventive israélienne contre les installations nucléaires iraniennes. Certains milieux, dits « autorisés » aux États-Unis, semblent précisément penser que cette attaque préventive israélienne est une option possible. Un spécialiste Etats-Unien du Moyen-Orient, Richard N. Haass, président du Conseil des Affaires Etrangères, affirme que les États-Unis tentent de calmer les Israéliens, mais « l’une des nombreuses inconnues est à quel point les États-Unis peuvent rassurer les Israéliens, étant donné ce que les Israéliens considèrent comme les enjeux » 1. La question se résumerait à définir les risques réciproques et les conséquences possibles d’un Iran possédant l’arme nucléaire, d’une part, et d’une attaque préventive israélienne de l’autre. Or une attaque préventive destinée à détruire les installations nucléaires iraniennes serait totalement inefficace si elle n’avait pas recours à l’arme nucléaire – tout en ne garantissant aucunement que toutes les installations iraniennes soient détruites.

Ces éventualités doivent être évaluées uniquement avec la grille de lecture des intérêts stratégiques étatsuniens et des liens particuliers qui rapprochent Israël et les États-Unis. La principale préoccupation des officiels israéliens en ce moment est de savoir si Obama ou Romney se décideront à entreprendre une attaque contre l’Iran – sachant que parler d’« attaque contre les installations nucléaires iraniennes » est une attaque contre l’Iran, un acte de guerre dont les conséquences pourraient être incalculables.
Il va sans dire que les Israéliens préféreraient que ce soient les États-Unis qui prennent l’initiative de l’attaque. Ils s’imaginent sans doute que cette solution susciterait à l’encontre d’Israël des réactions moins hostiles de la part des pays environnants – comme si on ne connaissait pas depuis longtemps les liens entre les deux pays. C’est la politique du « armons-nous et partez », et on fait faire le sale boulot par le copain. Il est vrai que depuis des années l’Arabie Saoudite insiste auprès des États-Uniens pour qu’ils attaquent l’Iran.
Une attaque israélienne contre l’Iran conduirait à l’implication immédiate des États-Unis dans le conflit, ne serait-ce que pour empêcher l’Iran de répliquer. En somme, le message qui serait envoyé serait celui-ci : « Certes, Israël vous a attaqué, mais vous n’avez pas le droit de répliquer, et si vous le faites, c’est vous qui serez le responsable de l’escalade conduisant au déclenchement d’une nouvelle guerre mondiale. »
Un rapport Etats-Unien rédigé par des officiels du gouvernement, des experts de la sécurité nationale et des officiers, révèle que des frappes US contre l’Iran pourraient secouer le régime, politiquement, et endommager sa capacité à répliquer, mais les Iraniens se montreraient capables de répliquer, directement, ou par l’intermédiaire de substituts, de telle manière que cela pourrait déclencher une guerre dans tout le Moyen-Orient. En outre, cela retarderait, mais n’arrêterait pas les efforts iraniens pour créer la bombe atomique.

L’un des arguments avancés contre l’intervention militaire étatsunienne est que les musulmans perçoivent déjà les États-Unis comme étant antimusulmans, après l’occupation de l’Irak et de l’Afghanistan. Des frappes contre l’Iran risqueraient de mettre le feu aux poudres auprès des populations musulmanes : les réactions après la vision d’un film antimusulman sur internet ne seraient alors que peu de chose en comparaison d’une réaction massive des musulmans de la planète. « Les planificateurs et les experts devraient prendre en compte que les émeutes et les troubles qui ont suivi la vision d’extraits d’un obscur film sur le web seraient une fraction de ce qui pourrait arriver après une frappe – par les Israéliens ou par les États-Unis – sur l’Iran », déclara un officier supérieur états-unien, le général Gregory Newbold, un des rédacteurs du rapport et ancien chef des opérations 2.
Si les « experts » et commentateurs occidentaux pensaient que le renversement des dictateurs, lors du Printemps arabe, serait suivi de la mise en place de régimes politiques fondés sur le modèle démocratique occidental et favorables à l’Occident, nous nous trouvons maintenant devant une situation où ce sont des régimes islamiques, ou fortement teintés d’islamisme, qui ont remplacé les dictatures (qui étaient pro-occidentales, il faut le répéter) ; mais on a également des masses arabes qui ont fait l’expérience d’une révolution politique contre leurs anciens dictateurs et qui pourraient très bien déclencher une autre révolution contre les États-Unis et, pourquoi pas, le monde occidental d’une façon générale. Ce n’est donc pas une formule de style que de dire qu’une attaque préventive d’Israël déclencherait une véritable guerre mondiale.

Le problème reste que les auteurs du rapport susmentionné ne font absolument aucune proposition, et se contentent de vouloir informer et de stimuler la réflexion aux États-Unis sur les objectifs d’une attaque militaire contre l’Iran. Le rapport souligne la faible probabilité d’empêcher l’Iran de fabriquer une bombe atomique par la force militaire si celle-ci est limitée à une combinaison de frappes aériennes, d’attaque cybernétiques, d’opérations de commando, etc. Ce qui sous-entend qu’il faudra faire plus. Une attaque militaire ne ferait que retarder de deux à quatre ans la réalisation du programme nucléaire iranien, vider les caisses de l’État, créer des tensions sociales, mais les rédacteurs ne pensent pas que cela aboutira à un changement de régime ou à une capitulation : au contraire, cela accroîtrait la motivation du régime à fabriquer la bombe, afin d’empêcher de futures attaques.
La neutralisation du régime iranien et de son influence dans la région impliquerait l’occupation du pays, exigeant d’énormes ressources en hommes et en argent : « Considérant la grande dimension et la forte population de l’Iran, la force du nationalisme iranien, nous estimons que l’occupation de l’Iran exigerait une mobilisation de ressources de personnels plus grande que ce que les États-Unis ont connu pendant les dix dernières années dans les guerres en Iran et en Afghanistan réunies », dit le rapport.
Il ne fait pas de doute qu’en ce moment les autorités Etats-Uniennes ne sont pas enthousiastes à l’idée d’une guerre avec l’Iran – car c’est bien de cela qu’il s’agit –, préférant l’option diplomatique. Il existe cependant, en Israël et aux États-Unis mêmes, des fanatiques qui ne souhaitent qu’une chose : lancer des frappes prétendument « préventives » contre l’Iran. Il est possible qu’il y ait en Iran des hommes qui préféreraient voir à la tête des États-Unis une administration néoconservatrice plutôt que des personnes favorables à une issue pacifique, car comme pour Israël, la cohésion politique et sociale du pays est fondée sur le sentiment d’être assiégés. Ainsi s’expliquerait l’absence actuelle de toute perspective diplomatique : on attend que les élections mettent le républicain Romney à la tête du pays.

Conclusion:

On peut dire que la situation actuelle est la conséquence ultime d’une politique engagée il y a des dizaines d’années.
1. Une politique américaine consistant à écraser toute velléité de constitution au Moyen-Orient d’un pôle régional ayant sa dynamique propre, et à refuser l’idée qu’il faille négocier d’égal à égal avec ce pôle.
Deux exemples suffiront à illustrer ce fait :
– Lorsque le chef du gouvernement iranien Mohammad Mossadegh tenta, en 1953, de garantir à son pays le contrôle sur la production de pétrole et nationalisa l’Anglo-Iranian Oil Company, une réaction internationale immédiate ferma le marché au pétrole iranien 3. La CIA Etats-Unienne et le MI6 britannique organisèrent alors un coup d’État pour renverser Mossadegh… ce qui permit à la Standard Oil Etats-Unienne d’entrer sur le marché iranien.
– L’Égypte avait été tellement vassalisée à la politique internationale des États-Unis que, lorsque le président Moubarak, en 1990, s’était posé en médiateur pour empêcher la guerre avec l’Irak et pour trouver une solution arabe au conflit, l’éditorialiste du Washington Post avait écrit : « Ayant d’abord tenté de jouer les médiateurs, le président Hosni Moubarak semble maintenant vouloir gagner du temps. Washington est en droit d’attendre mieux de la part d’un pays qui accepte chaque année des États-Unis 2 milliards de dollars… » (Cité par l’International Herald Tribune, 10 août 1990.). 
2. Une politique israélienne d’expansion territoriale qui exclut toute possibilité de
dialogue avec les pays environnants, créant une situation de tension permanente dans la région. Cette politique a été très clairement définie par un certain Jobotinsky en 1923 dans un texte intitulé « Le mur d’acier, nous et les Arabes ».

Ce serait être extrêmement naïf de penser que ce qui a été dit en 1923 a pu évoluer : « Il ne peut être question d’une réconciliation volontaire entre nous et les Arabes, ni maintenant ni dans un futur prévisible. Toute personne de bonne foi, mis à part les aveugles de naissance, a compris depuis longtemps l’impossibilité complète d’aboutir à un accord volontaire avec les Arabes de Palestine pour la transformation de la Palestine d’un pays arabe en un pays à majorité juive. […] Nous ne pouvons offrir aucune compensation contre la Palestine, ni aux Palestiniens ni aux Arabes. Par conséquent, un accord volontaire est inconcevable. Toute colonisation, même la plus réduite, doit se poursuivre au mépris de la volonté de la population indigène. Et donc, elle ne peut se poursuivre et se développer qu’à l’abri du bouclier de la force, ce qui veut dire un mur d’acier que la population locale ne pourra jamais briser. Telle est notre politique arabe. La formuler de toute autre façon serait de l’hypocrisie 4. »

L’éventualité d’une guerre qui découlerait inévitablement de la décision de lancer une attaque contre l’Iran n’est pas quelque chose qu’on puisse écarter. La question qui se pose à nous est : quelle serait l’attitude du gouvernement français. Il nous semble important de faire savoir que cette possibilité reste envisageable, et qu’il faut nous y préparer par une mobilisation… préventive. Il ne fait pas de doute que dans les mois qui vont suivre, il faille alerter l’opinion, commencer à organiser une riposte afin de ne pas nous trouver dépourvus, comme nous l’avons été en 1990 lors du déclenchement de la guerre contre l’Irak 5.

1. « Israel, Iran, and the Military Option », www.cfr.org/middle-east/israel-iran-military-option/p28879
2. « Expert Report : US Strikes on Iran Would Risk Major War »,http://news.yahoo.com/report-us-str…
3. Nationaliser est une chose, assurer le suivi en est une autre. Mossadegh avait omis de prendre en compte le fait que l’Iran manquait de techniciens pour faire le travail et qu’il n’avait pas de pétroliers pour transporter le pétrole.
4. Cité par Ralph Shoenman, L’Histoire cachée du sionisme, Sélio, 1988.
5. Cf. René Berthier, L’Occident et la guerre contre les Arabes, L’Harmattan, 1994, disponible à Publico.

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 27 septembre, 2012 |Pas de commentaires »

L’IRAN MET EN GARDE ISRAEL CONTRE UNE ATTAQUE, LORS D’UNE PARADE MILITAIRE

L’Iran met en garde Israël contre une attaque, lors d’une parade militaire

L'IRAN MET EN GARDE ISRAEL CONTRE UNE ATTAQUE, LORS D'UNE PARADE MILITAIRE dans REFLEXIONS PERSONNELLES Iran_atome-5-d280eTEHERAN – L’Iran a de nouveau mis en garde Israël et son allié américain contre toute attaque, assurant que sa réponse serait immédiate, à l’occasion d’une parade militaire vendredi 21 septembre 2012 destinée à commémorer le début de la guerre avec l’Irak (1980-1988).

Nous ne nous sentons pas menacés par les absurdités énoncées par les dirigeants de ce régime (Israël, ndlr), a déclaré le chef des forces armées iraniennes, le général Hassan Firouzabadi, à l’agence de presse FARS.

Il a ajouté que la réponse de Téhéran à toute attaque serait immédiate et ne pourrait être arrêtée, alors que des responsables israéliens ont menacé ces dernières semaines de frapper les sites nucléaires iraniens.

Le président Mahmoud Ahmadinejad, qui a assisté au défilé, a déclaré de son côté, lors d’un discours télévisé, que son pays faisait preuve du même esprit et de la même confiance en lui-même que durant la guerre avec l’Irak, pour résister et défendre ses droits face à la pression des puissances occidentales.

Les grandes puissances et Israël soupçonnent l’Iran de vouloir se doter de l’arme atomique sous couvert de son programme nucléaire civil, ce que Téhéran nie catégoriquement. Une série de sanctions a été adoptée contre l’Iran par l’ONU, Washington et l’Union Européenne pour tenter de convaincre ce pays de renoncer à son programme nucléaire.

Et Israël, considéré comme l’unique détenteur de l’arme nucléaire dans la région, a menacé à plusieurs reprises de frapper les sites nucléaires iraniens si les sanctions et les efforts diplomatiques ne parvenaient pas à convaincre Téhéran de cesser ses activités nucléaires sensibles.

Les déclarations des responsables iraniens sont intervenues à l’occasion d’une parade militaire — impliquant plusieurs milliers d’hommes, des dizaines de chars et de missiles transportés par camions–, qui est apparue comme une véritable démonstration de force de l’armée iranienne.

Le général Ataollah Selehi, commandant de l’armée iranienne, a affirmé à l’agence ISNA que cette parade était menée dans un but de dissuasion, et non pour menacer. Lui et d’autres responsables militaires ont néanmoins réaffirmé qu’Israël serait anéanti en cas d’attaque iranienne.

Le général Amir Ali Hajizadeh, chef de l’armée de l’air et commandant des forces missilières, a de son côté de nouveau brandi la menace d’une fermeture du détroit d’Ormuz, en cas d’attaque contre l’Iran ou si les sanctions occidentales entraînaient un arrêt de ses exportations de brut.

Si un jour le détroit d’Ormuz n’avait plus d’intérêt pour nous, alors nous priverons les autres de son usage, a-t-il affirmé. Néanmoins, dans les conditions actuelles, il n’y a pas de problème, a-t-il précisé.

Le général Hajizadeh a par ailleurs jugé que les exercices de guerre menés actuellement par les Etats-Unis et 30 autres nations dans le Golfe ne représentaient aucune menace pour nous.

(©AFP / 21 septembre 2012 12h48)

Principaux sites nucléaires connus en Iran

  • Bouchehr - Commencée en 1974 avec le concours de la firme allemande Siemens, la construction de ce réacteur, bombardé six fois pendant la guerre Iran-Irak, a été reprise en 1995 à la suite d’un accord avec la Russie. Ce réacteur destiné à la production d’électricité pourrait également servir à produire du plutonium enrichi, une matière fissible qui entre dans la composition d’armes nucléaires.
  • Natanz - Cette usine d’enrichissement d’uranium est opérationnelle depuis 2003. On y enrichit l’uranium qui sert de combustible aux centrales électriques du pays. On pourrait également y enrichir de l’uranium à des fins militaires.
  • Arak - Sur ce site, on trouve une usine de production d’eau lourde ainsi qu’un réacteur nucléaire à l’eau lourde d’une capacité de 40 mégawatts d’électricité.
  • Ispahan - Abrite l’Ispahan Nuclear Technology Center, où se trouvent quatre petits réacteurs nucléaires destinés à la recherche.
  • Téhéran - Un réacteur de recherche de 5 mégawatts au Tehran Nuclear Research Center.
  • Anarak – (entre Natanz et Ardakan) Important gisement d’uranium exploité à la mine et présence dans la ville d’un dépôt de résidus radioactifs issus des centrales civiles.
  • Bandar Abbas - Gisement d’uranium et ouverture récente d’une usine de transformation du minerai.
  • Yazd - Département de Recherche Nucléaire à l’université de la ville, où des recherches géologiques sont poursuivies sur un gisement d’uranium situé à 165 kilomètres au nord-est de Yazd.

- Source: Albert Legault, « La tentation nucléaire de l’Iran », bulletin : Le maintien de la paix, # 70, octobre 2004. Institut d’Etudes Internationales de Montréal, UQAM. Global Security (globalsecurity.org)  

Origines du programme nucléaire iranien

Ce n’est pas d’hier que la technologie nucléaire est implantée en Iran. En 1959, le gouvernement du Shah fait l’acquisition d’un réacteur nucléaire de recherche de fabrication américaine (et qui est encore en service à ce jour dans le quartier d’Amir-Abad à Téhéran).Le Shah d’Iran était désireux de faire du Golfe Persique une « zone non nucléaire » afin d’inciter tous les pays du Moyen-orient d’en faire autant.

- Les partisans non déclarés du régime des mollahs prétendent fallacieusement que les recherches militaires des mollahs sont la suite des travaux entrepris par le Shah [1]. En réalité, c’est une fausse excuse et il n’existe aucun élément tendant à prouver que le régime du Shah aurait envisagé la possibilité de doter l’Iran d’une capacité de développement d’armes nucléaires provoquant ainsi une crise grave dans la région et dans le monde.

En échange, il existe des preuves du contraire. L’Iran a accédé au Traité sur la Non-Prolifération des Armes Nucléaires (TNP) en 1968 et a été parmi les premiers pays à rejoindre le TNP dont il a signé l’accord sur les sauvegardes en 1973. Par ailleurs la suprématie militaire de l’Iran, réputé Gendarme du Golfe, était en contradiction avec la nucléarisation de la région. La course à l’armement atomique (la prolifération) aurait rendu inutiles les armes conventionnelles.

- Il est donc illogique d’imputer la nucléarisation militaire de l’Iran à l’homme qui a cherché à l’éviter tout en assumant pleinement le rôle du Gendarme du Golfe afin d’assurer l’indépendance de l’Iran. C’est la puissante armée conventionnelle du Shah qui gardait l’Irak baasiste en respect et n’autorisait aucun débordement militaire de ce régime fasciste et tribal.

Il faut savoir que l’Iran a rejoint le TNP volontairement et qu’au titre de l’article 2 du traité, l’Iran monarchique s’engageait à « n’accepter de qui que ce soit, ni directement ni indirectement, le transfert d’armes nucléaires ou autres dispositifs explosifs nucléaires ou du contrôle de telles armes ou de tels dispositifs explosifs; à ne fabriquer ni acquérir de quelque autre manière des armes nucléaires ou autres dispositifs nucléaires explosifs; et à ne rechercher ni recevoir une aide quelconque pour la fabrication d’armes nucléaires ou d’autres dispositifs nucléaires explosifs. »

En 1974 , l’Iran a signé un accord commercial avec la France [2] dans le but de construire 4 centrales nucléaires civiles. Le Shah estimait que le pétrole était une substance précieuse et rare et qu’il convenait de réduire son utilisation à des fins énergétiques et qu’il était plus indiqué de la réserver à la pétrochimie. A cette époque d’autres recherches étaient menées pour des développer des énergies de remplacements.

- Le programme nucléaire iranien progressa jusque dans les années 70, avec la collaboration de firmes israéliennes, françaises, allemandes et américaines. Le Shah projetait même, à l’époque, de doter son pays de 23 réacteurs nucléaires pour produire une importante quantité d’électricité. Ce programme nucléaire a été toutefois abandonné en 1979, à l’arrivée de Khomeiny au pouvoir.

- Un programme militaire nucléaire a été mis en route vers 1984 alors que l’Iran, en guerre contre l’Irak (1980 à 1988) [3], faisait l’objet d’un embargo international sur les ventes d’armes. L’emploi d’armes chimiques par les Irakiens contre sa population au cours de cette période aurait également incité Téhéran à réactiver ses programmes de développement d’armes nucléaires dès 1984, selon l’Agence Internationale de l’Energie Atomique.

Abandonné périodiquement, un programme secret a été poursuivi malgré tout pendant 18 ans, en marge du programme nucléaire civil iranien avec la collaboration, notamment, de l’Afrique du Sud, de la Chine, de la Corée du Nord et de la Russie.

[1] -La Proposition Russe est la réplique de l’Accord de l’Eurodif en 1976-

[2] -Coopération nucléaire Franco-Iranienne : le contentieux Eurodif-

[3] -22 Septembre 1980 : Début de la Guerre Iran-Irak-

 

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 21 septembre, 2012 |Pas de commentaires »

NETANYAHU ANNULE UNE REUNION DU CABINET APRES DES FUITES SUR L’IRAN

Netanyahu annule une réunion du cabinet après des fuites sur l’Iran

NETANYAHU ANNULE UNE REUNION DU CABINET APRES DES FUITES SUR L'IRAN dans REFLEXIONS PERSONNELLES ISRAEL

JERUSALEM – Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a annulé une réunion du cabinet de sécurité prévue mercredi à la suite de fuites dans la presse sur des dissensions censées rester secrètes à propos de l’Iran, a annoncé un communiqué de son bureau.

Le Premier Ministre a annoncé que la poursuite (mercredi) des discussions au sein du cabinet de sécurité était ajournée, a précisé le communiqué.

Peu après la fin de la réunion de mardi, une chose très grave s’est produite: une fuite sur les discussions du cabinet de sécurité. La sécurité de l’Etat et des citoyens dépendent de la capacité de mener des discussions confidentielles en profondeur au sein du cabinet de sécurité où tous les faits sont présentés, ainsi que toutes les opinions et implications, selon le texte.

Au cours de cette réunion, les chefs des agences de renseignement israéliennes ont présenté leur rapport annuel, concernant en particulier le programme nucléaire controversé de l’Iran au cabinet de sécurité.

Quelqu’un a gravement porté atteinte à la confiance que les citoyens israéliens accordent à ce forum. Il a violé une des règles de base sur la manière dont les discussions sont menées au sein du cabinet de sécurité. Il a également porté atteinte à la réputation de ceux qui étaient présents à cette réunion qui ne se sont pas livrés à des fuites, accuse le communiqué.

La colère de M. Netanyahu vise surtout le quotidien Yediot Aharonot qui titre mercredi en Une: Désaccords sur l’Iran entre les services de sécurité, rapportant que les ministres du cabinet de sécurité ont eu hier la surprise de découvrir que les différents services de sécurité sont en désaccord sur la question de l’Iran.

Je ne me plains pas des médias: ils font leur travail (…) je suis responsable vis-vis à des citoyens israéliens et de la sécurité de l’Etat et j’ajourne cette réunion, a affirmé le Premier Ministre.

Une des divergences porte sur l’étendue des dommages que pourrait infliger Israël en cas d’attaque contre les installations nucléaires iraniennes, a ajouté le journal.

Nous avons entendu des informations détaillées et très inquiétantes sur les progrès du programme nucléaire iranien. Les Iraniens sont lancés dans la course à la bombe et il semble que rien ne puisse les arrêter, a affirmé une source non identifiée qui a participé à la réunion, selon le quotidien.

Les ministres se sont également vu présenter une liste de nouvelles sanctions paralysantes contre Téhéran, telles qu’un embargo commercial ou l’interdiction de tous les vols vers l’Iran, a poursuivi le Yediot Aharonot.

Cette réunion a été organisée alors que règne un climat de fébrilité et de rumeurs, alimenté par d’incessantes déclarations de responsables politiques et d’analystes, sur l’éventualité d’une prochaine opération militaire israélienne contre l’Iran, avec ou sans l’assistance des Etats-Unis.

La communauté internationale soupçonne l’Iran de chercher à se doter de l’arme nucléaire sous couvert d’un programme civil, ce que Téhéran dément catégoriquement.

(©AFP / 05 septembre 2012 12h29) 

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 5 septembre, 2012 |Pas de commentaires »

« LA TUMEUR CANCEREUSE D’ISRAEL VA BIENTÔT DISPARAÎTRE ! »…DIT AHMADINEJAD, PRESIDENT IRANIEN

« La tumeur cancéreuse d’Israël va bientôt

disparaître ! »…

 dit Ahmadinejad, président iranien 

 

TEHERAN – Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a affirmé vendredi 17 août 2012 que la « tumeur cancéreuse d’Israël va bientôt disparaître », lors d’un discours à Téhéran à l’occasion de la Journée d’al-Qods (Jérusalem).

Le régime sioniste est une tumeur cancéreuse (…) Les pays de la région vont en finir prochainement avec la présence des usurpateurs sionistes sur la terre de Palestine, a déclaré M. Ahmadinejad devant les manifestants réunis à l’université de Téhéran pour la prière collective.

La télévision iranienne a montré les images de foules importantes de manifestants à travers le pays venues participer à la journée de Qods organisée chaque année par le pouvoir à la fin du mois de ramadan en solidarité avec les Palestiniens et contre Israël.

Ils (Occidentaux, ndlr) disent qu’ils veulent un nouveau Proche-Orient, nous voulons aussi un nouveau Proche-Orient mais dans le nôtre il n’y a aura plus de traces des sionistes, a dit encore le président Ahmadinejad dans ce discours prononcé dans un contexte de tension croissante entre l’Iran et l’Etat hébreu.

Les sionistes partiront et la domination américaine sur le monde prendra fin, a-t-il ajouté alors que son discours était ponctué par des cris de mort à Israël et mort à l’Amérique.

Il a aussi dénoncé une solution de deux Etats pour un règlement de paix entre Palestiniens et Israéliens.

Ils (Etats-Unis et leurs alliés) veulent jouer un scénario … faire accepter la solution de deux Etats (… ) Même s’ils donnent 80% de la terre de Palestine aux Palestiniens et gardent 20% (pour les Israéliens), ce sera dangereux, ce sera réduire à néant des années de résistance, a-t-il indiqué.

Le guide suprême iranien l’ayatollah Ali Khamenei, avait affirmé mercredi qu’Israël, une excroissance sioniste artificielle, disparaîtra du paysage de la région.

De nombreux manifestants à la journée d’al-Qods brandissaient aussi des portraits du Guide de la République Islamique l’ayatollah Ali Khamenei et de l’imam Khomeiny, fondateur de la République Islamique, ainsi que des drapeaux du Hezbollah libanais.

Ces dernières semaines, et de façon plus insistante ces derniers jours, les médias israéliens se sont largement fait l’écho d’informations, basées sur les déclarations de responsables ayant requis l’anonymat, selon lesquelles une action militaire israélienne contre le programme nucléaire iranien serait imminente.

Le Premier Ministre israélien, Benjamin Netanyahu et le Ministre de la Défense Ehud Barak sont partisans d’une attaque contre le programme nucléaire iranien mais d’autres responsables, notamment parmi les responsables militaires et des services de renseignements, y sont hostiles.

Jeudi 16 août 2012, le président israélien Shimon Peres a déclaré qu’il était clair qu’Israël ne pouvait attaquer l’Iran sans l’aide des Etats-Unis, lors d’une interview à une chaîne de télévision israélienne. Ces déclarations ont provoqué une polémique vendredi en Israël.

Le porte-parole du ministère iranien des Affaires Etrangères, Ramin Mehmanparast, a exclu à ce propos la possibilité d’une attaque israélienne.

Ils savent très bien qu’ils n’ont pas la capacité de telles actions (…) S’ils commettent une erreur, la réaction de notre pays aboutira à la disparition du régime sioniste, a déclaré M. Mehmanparast cité vendredi par l’agence Isna.

Nous sommes certains qu’ils (les dirigeants israéliens, ndlr) font des calculs et leurs amis (occidentaux, ndlr) leur ont bien dit quelle sera la réaction de l’Iran, a-t-il ajouté.

Seule puissance nucléaire –officieuse– de la région, Israël considère que son existence serait menacée si Téhéran disposait de la bombe atomique.

L’Iran nie que son programme nucléaire ait des visées militaires, comme l’en accusent également les Occidentaux.

(©AFP / 17 août 2012 12h28)

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 17 août, 2012 |Pas de commentaires »
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