HISTOIRES DE GAZA (Counterpunch)

Histoires de Gaza (Counterpunch)
envol
HISTOIRES DE GAZA (Counterpunch) dans REFLEXIONS PERSONNELLES arton23940-d08f0
David SWANSON

De jeunes auteurs de Gaza, dont certains disent qu’ils peuvent trouver la Palestine sur Internet mais pas dans la réalité, viennent de publier une série de récits en Anglais pour marquer le cinquième anniversaire des 23 jours (du 27 décembre 2008 à l’intronisation d’Obama) pendant lesquels Israël a bombardé la population de Gaza avec une cruauté sans précédent. Ils publient quotidiennement un extrait de leur livre tout au long de ces 23 jours sur leur page FaceBook. Vous pourrez leur parler si vous voulez dans le prochain Google Hangout.

Pendant cinq ans, le monde – tout comme Obama – a globalement regardé ailleurs en ce qui concerne les crimes commis par des pays alignés sur les Etats-Unis. Mais les crimes perpétrés à Gaza à l’époque et aujourd’hui et dans d’autres pays, ont été portés à la connaissance de ceux qui voulaient bien les voir par les récits en temps réel publiés sur des blogs jusque dans les pays responsables du terrorisme lointain trop-effroyable-pour-qu’on-ose-prononcer-son-nom. Si on s’intéressait à ce que disent les étrangers de notre pays sur Internet ou à la TV au lieu de n’écouter que ce que nous disons de nous-mêmes, l’injustice aurait du souci à se faire.

Les récits plus vrais-qu’à-la-télé écrits par ces jeunes Gazaouis ont le potentiel de toucher beaucoup d’âmes et pourraient par leur exemplarité contribuer à écarter le spectre de la prochaine « guerre humanitaire » quel que soit le pays visé. Si les récits de ceux qui ont bénéficié des attentions particulières des militaires pouvaient être lus par des gens qui ont de l’influence ou qui pourraient en avoir s’ils le souhaitaient, et si ces récits parvenaient à faire saisir l’évidence-toujours-niée qu’ils sont comme nous, que ces gens sont des gens exactement comme les autres, alors le « choc et l’effroi »* cesseraient peut-être de roder dans les rues de villes soi-disant non-humaines pour aller hanter les bureaux de Lockheed Martin où est leur véritable place.**

Les histoires de ce livre parlent d’enfance et de famille, d’amour et de perte, de football et de mal de dent. Comme dans toutes les histoires les gens sont mis dans des circonstances particulières : Une visite au médecin est une visite à quelqu’un qui doit faire des choix difficiles : est-ce que ce sera votre père qui sera envoyé chez le spécialiste ou le bébé qui a plus de chance de survivre ? Deux fermiers, un Gazaoui et un Israélien se trouvent sans le savoir à quelques mètres l’un de l’autre, séparés par un mur impénétrable. Un Gazaoui et un Israélien ont peut-être envie de faire connaissance mais ils en sont empêchés par un mur inhumain. Un enfant écoute une histoire avant de s’endormir quand soudain un missile frappe la maison. Qui vivra ? Qui sera traumatisé ? Ou tout le monde est-il déjà traumatisé ?

« J’ai passé cette nuit-là à penser à la maison de Thaer, à la vie qui s’éteignait dans les yeux de maman. Je n’ai pas cessé de me demander ce qui était le plus douloureux : l’horrible bourdonnement du drone à l’extérieur ou le tumulte des questions douloureuses qui m’agitaient. Je crois que j’ai fini par m’endormir sans avoir de réponse, reconnaissante que le drone n’ait pas laissé ma souffrance intérieure s’apaiser. »

Les enfants de Gaza connaissent les noms de livres, de jouets, de films, d’arbres et d’avions meurtriers. Certains se nomment « Apaches », du nom d’une peuple traqué, emprisonné et assassiné par l’armée étasunienne, un peuple enfermé dans des camps qui ont inspiré les nazis dont les camps à leur tour ont inspiré à la nation israélienne ce qu’elle fait maintenant aux immigrants africains non-juifs. Combien faudra-t-il de temps avant que les petits enfants de Chine ne montrent le ciel en craignant de voir apparaître un essaim de « Gazas » ?

Ces récits parlent de gens et de pays et des efforts pour comprendre d’autres gens. Comprendre les autres est un défi :

“Si on inventait un jour un bulldozer palestinien (Ha ha, je sais !) et si je pouvais entrer dans un verger de Haïfa par exemple, je ne déracinerais jamais un arbre qu’un Israélien aurait planté. Aucun Palestinien ne ferait une chose pareille. Pour les Palestiniens les arbres sont sacrés, tout comme la terre qui les porte ».

Les Gazaouis essaient d’imaginer ce qui se passe dans la tête des soldats israéliens, en particulier de ceux qui ont tué des membres de leur famille. Une histoire parle des regrets d’un soldat israélien (ou PTSD*** : le terme clinique moins impliquant est souvent préféré) et des efforts de la femme du soldat pour atténuer ses remords :

« Mais chéri, tu ne faisais qu’obéir aux ordres. Tout va bien. »

Ces mots de tendre de réconfort résonnent aux oreilles d’un homme qui n’est plus capable de les entendre. Et en même temps, ils font référence à des événements absolument horribles. Le contraste entre ces significations opposées devrait nous conduire à nous arrêter et à remettre en question ce que nous entendons trop souvent sans y prêter attention. Ici aux Etats-Unis par exemple, un soldat en uniforme monte le premier dans un avion et on le remercie pour ses »services ». Il serait sûrement impoli de ne pas le remercier pourtant on ne remercie pas celui qui appuie sur le bouton de la chaise électrique dans nos prisons. On ne remercie pas non plus ceux qui risquent leur vie pour éteindre le feu. Il n’y a que ceux qui tuent dans les guerres, même quand ils participent à l’opération la plus meurtrière en cours -en Afghanistan- qui ont le soutien de 17% de la population étasunienne ; et les sondages internationaux montrent que les Etats-Unis sont considérés comme la plus grande menace contre la paix sur terre.

Les récits de Gaza ne sont pas des essais. Ils ne traitent pas de l’inévitable question : « Qu’en est-il de la violence des Gazaouis eux-mêmes ? » Il n’est pas nécessaire de se méprendre sur la nature de l’occupation, le lent génocide, l’injustice internationale, la violence et la souffrance hors de proportions infligées à un des deux camps de ce soi-disant conflit pour penser que « Qu’en est-il de la violence des Gazaouis eux-mêmes ? » est une question raisonnable. Il n’est nul besoin d’être un Gazaoui ou un imbécile grossier et arrogant pour avoir le droit de ne pas être d’accord avec la réponse habituelle. Le livre est préfacé par l’éditeur qui exprime son soutien pour le concept bien connu : « par tous les moyens nécessaires ». Je préfère dire : « par tous les moyens efficaces ». Des moyens qui sont l’expression la plus immédiate de la rage sont parfois considérés à tort comme nécessaires, tandis que d’autres qui auraient plus de chance d’aboutir sont parfois rejetés parce qu’on les trouve insuffisants. »

Les histoires elles-mêmes ne traitent pas de cette question. Elles décrivent plutôt la lutte pour la survie, le courage dont nous pourrions tous avoir besoin si le climat de la terre évolue comme les savants le prédisent. Ces jeunes de Gaza pourraient prendre la tête d’un mouvement pour la paix et la justice avant que la folie et le désastre de l’impérialisme n’engloutisse les nantis comme les oubliés. J’espère qu’ils connaissent les Volontaires de la Paix en Afghanistan, les gens de No Dal Molin en Italie et ceux du village de Gangjeong sur l’île de Jeju et qu’ils se joindront au nouveau mouvement mondial pour mettre fin à la guerre qui verra le jour l’année prochaine.

David SWANSON

David SWANSON est l’auteur de War is a Lie. Il habite en Virginie.

Traduction : Dominique MUSELET

Notes :

* La doctrine choc et effroi (de l’anglais Shock and Awe, ce qui peut aussi être traduit par « Choc et stupeur »), ou de « domination rapide », est une doctrine militaire basée sur l’écrasement de l’adversaire à travers l’emploi d’une très grande puissance de feu, la domination du champ de bataille et des manœuvres, et des démonstrations de force spectaculaires pour paralyser la perception du champ de bataille par l’adversaire et annihiler sa volonté de combattre.

** Lockheed Martin est la première entreprise américaine et mondiale de défense et de sécurité.

*** Post-traumatic stress disorder

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http://www.legrandsoir.info/histoires-de-gaza-counterpunch.html
Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 22 janvier, 2014 |Pas de commentaires »

NUCLEAIRE IRANIEN: UN BON ACCORD POUR CERTAINS…UN MAUVAIS ACCORD POUR ISRAËL (AFP)

Accord nucléaire Iranien:

AAAAAAAA

Photo AFP: 

La diplomate en chef de l’Union Européenne, Catherine Ashton, pose en compagnie de la délégation iranienne, dont le ministre des Affaires Etrangères Mohammad Javad Zarif (au centre).

Un résultat important,

mais seulement un premier pas.

GENEVE – Le ministre iranien des Affaires Étrangères Mohammad Javad Zarif a estimé que l’accord nucléaire, conclu dimanche 24 novembre 2013 à Genève, est un résultat important mais c’est seulement un premier pas.

Nous avons mis en place une commission conjointe pour surveiller la mise en place de notre accord. J’espère que les deux parties pourront avancer d’une façon qui permettra de restaurer la confiance, a-t-il dit au cours d’une conférence de presse.

S’exprimant devant les journalistes, à l’issue de négociations marathon, M. Zarif a ajouté que l’accord contient une référence claire selon laquelle l’enrichissement va continuer en Iran, une question qui a été considérée longtemps comme la principale pierre d’achoppement des négociations.

Nous estimons que c’est notre droit, a ajouté le ministre iranien, qui a été applaudi à son entrée dans la salle de presse par les nombreux journalistes iraniens venus à Genève pour ces négociations.

Notre objectif a été de résoudre cette question nucléaire, car c’était un problème qui n’était pas nécessaire, a-t-il poursuivi.

Le ministre a encore indiqué qu’il espérait que la confiance du peuple iranien envers les pays occidentaux allait être restaurée suite à cet accord.

Le droit à la technologie nucléaire est un droit inaliénable, a encore indiqué le ministre, en ajoutant que le combat que nous avons mené depuis plusieurs années avait pour but que la communauté internationale reconnaisse que l’Iran exerce ce droit.

Nous pensons que cet accord et le plan d’action signifie que le programme nucléaire iranien va continuer, a-t-il conclu.

S’exprimant plus tard devant la presse iranienne, il a salué l’immense succès de notre pays car selon lui le document reconnait le droit de l’Iran à l’enrichissement. Celui-ci est selon lui compris dans le TNP qui reconnait le droit à la technologie nucléaire civile d’une manière générale.

Plus tôt, un haut responsable américain avait au contraire assuré à l’AFP que l’accord de Genève ne reconnaît pas le droit à l’enrichissement du pays.

Les activités d’enrichissement à Natanz et Fordo vont se poursuivre. Le nombre des centrifugeuses (dans les deux sites) ne va pas changer. Le stock (d’uranium enrichi) à 5% sera préservé et le stock à 20% va être transformé en combustible pour le réacteur de Téhéran, selon nos besoins et nos plans, a souligné le ministre.

Selon lui, l’accord n’aborde pas le protocole additionnel du TNP, qui permet notamment des inspections plus fouillées des sites nucléaires. Son application devra de toute façon avoir l’aval du Parlement, a-t-il dit.

M. Zarif a également affirmé que l’Iran allait renforcer sa coopération avec l’Agence Internationale de l’Energie Atomique (AIEA), chargée de la surveillances des activités nucléaires iraniennes.

(©AFP / 24 novembre 2013 06h58)

Nucléaire iranien:

Israël dénonce un mauvais accord

et réaffirme son droit à se défendre.

JERUSALEM – Israël a dénoncé, dimanche 24 novembre 2013, un mauvais accord conclu à Genève sur le nucléaire iranien en affirmant que Téhéran avait obtenu ce qu’il voulait, selon le bureau du Premier ministre Benjamin Netanayhu.

C’est un mauvais accord qui offre exactement ce que l’Iran voulait: la levée significative des sanctions et le maintien d’une partie significative de son programme nucléaire, a affirmé un communiqué quelques heures après la conclusion d’un accord historique entre les grandes puissances et l’Iran.

L’accord permet à l’Iran de continuer à enrichir l’uranium, laisse en place les centrifugeuses et lui permet de produire des matières fissiles pour une arme nucléaire, a déplore le communiqué.

L’accord n’a non plus abouti au démantèlement de la centrale d’Arak, un réacteur à eau lourde situé dans le nord de l’Iran, poursuit le communiqué. La pression économique à laquelle est soumis l’Iran aurait pu amener à un bien meilleur accord qui aurait débouché sur un démantèlement des capacités nucléaires iraniennes, souligne également le bureau du Premier ministre.

De son côté, le ministre de l’Économie Naftali Bennett a assuré qu’Israël n’était pas lié par l’accord de Genève et avait le droit de se défendre.

Israël n’est pas engagé par l’accord de Genève. L’Iran menace Israël et Israël a le droit de se défendre, a estimé M. Bennett, dirigeant du Foyer juif, un parti d’extrême droite proche du lobby des colons.

L’accord laisse intacte la machine nucléaire iranienne et pourrait permettre à l’Iran de produire une bombe dans une période de six à sept semaines. Israël est prêt à toute éventualité, a déclaré le ministre israélien à la radio militaire.

Nous n’avons pas remporté cette bataille mais il y a encore un long processus devant nous pour défendre la sécurité de l’Etat d’Israël, a-t-il ajouté.

Même si les dirigeants israéliens s’attendaient à un arrangement à Genève, Le chef de la diplomatie Avigdor Lieberman a résumé le sentiment de défaite en Israël: l’accord de Genève constitue la plus grande victoire diplomatique de l’Iran.

Cet accord est la plus grande victoire diplomatique de l’Iran, qui a obtenu la reconnaissance de son supposé droit légitime à enrichir de l’uranium, a-t-il dit à la radio publique.

Interrogé sur une éventuelle frappe israélienne contre l’Iran, M. Lieberman, chef du parti ultra-nationaliste Israël Beiteinou, s’est borné à réaffirmer que toutes les options sont sur la table.

La responsabilité de la sécurité du peuple juif et de la population israélienne relève de la seule responsabilité du gouvernement israélien. Toute décision à ce sujet sera prise de façon indépendante et responsable, a expliqué le ministre des Affaires étrangères.

M. Netanyahu a mené ces dernières années une active et intense campagne internationale, notamment aux Etats-Unis, contre un accord avec l’Iran ne prévoyant pas un arrêt des activités d’enrichissement de l’uranium de ce pays.

Le Premier ministre a également brandi à plusieurs reprises la menace d’une attaque militaire israélienne contre les installations nucléaires iraniennes.

Le secrétaire d’État américain John Kerry a tenté de rassurer Israël. Cet accord complet rendra le monde plus sûr (…) et Israël plus sûr, nos partenaires dans la région plus sûrs, a-t-il assuré à Genève.

(©AFP / 24 novembre 2013 07h39)

Accord nucléaire iranien:

Une erreur historique

JERUSALEM – Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a qualifié dimanche l’accord sur le nucléaire iranien conclu à Genève d’erreur historique, estimant qu’il rendait le monde plus dangereux.

Ce qui a été conclu à Genève n’est pas un accord historique, mais une erreur historique, a déclaré M. Netanyahu devant les journalistes à l’ouverture du Conseil du ministres hebdomadaire.

Le monde est devenu plus dangereux, car le régime le plus dangereux au monde a fait un pas significatif vers l’acquisition de l’arme la plus dangereuse au monde, a-t-il affirmé.

Israël n’est pas lié par cet accord, a prévenu le Premier ministre en assurant que le régime iranien s’était engagé à détruire Israël.

Israël a le droit et le devoir de se défendre face à tout menace et je proclame au nom du gouvernement qu’Israël ne laissera pas l’Iran se doter de capacités militaires nucléaires, a insisté M. Netanyahu.

Les grandes puissance dans le monde ont pour la première fois accepté que l’Iran enrichisse de l’uranium, a poursuivi M. Netanyahu. Selon lui, les sanctions ont été levées en échange de concessions cosmétiques de la part de l’Iran.

M. Netanyahu avait posé des exigences très strictes à tout arrangement avec l’Iran et mené une offensive diplomatique contre l’administration de Barack Obama accusée de vouloir faire trop de concessions aux négociations menées à Genève.

En septembre, il avait énoncé quatre critères qui pouvaient permettre, selon lui, de s’assurer que l’Iran avait stoppé son programme nucléaire: l’interruption totale de la production d’uranium enrichi, le transfert à l’étranger de l’uranium déjà enrichi en Iran, la fermeture de la centrale souterraine d’enrichissement de Fordo et l’arrêt de la production de plutonium.

Les médias israéliens soulignent que l’accord conclu à Genève ne répond à aucun de ces critères.

Israël, considéré comme l’unique puissance nucléaire de la région, un statut sur lequel il maintient l’ambiguïté, présente le programme nucléaire iranien comme une menace pour son existence, se référant aux déclarations répétées des dirigeants de la République islamique souhaitant ou prédisant sa disparition.

(©AFP / 24 novembre 2013 10h54)

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 24 novembre, 2013 |Pas de commentaires »

HOLLANDE EN ISRAËL ET EN PALESTINE: CE QU’IL A OMIS DE DIRE…COMME LA PRESSE ! (Thierry LAMIREAU / lesoufflecestmavie.unblog.fr)

HOLLANDE en Israël et en Palestine:

Explosion avec des armes à l'uranium appauvri

Ce qu’il a omis de dire…comme la presse !

(Thierry LAMIREAU)

Le Président François HOLLANDE est revenu de son voyage en Israël et en Palestine.

Il a simplement oublié de dire que l’aviation israélienne a effectué récemment quelques attaques sur le territoire Syrien pour détruire quelques lieux « gênants » pour Israël…sans que l’ONU ne réagisse.

HOLLANDE a aussi omis d’indiquer que Israël effectue d’autres attaques aériennes pour dézinguer quelques palestiniens de service.

Pour toutes ces actions, Israël a employé des aéronefs qui balancent des armes à l’URANIUM « APPAUVRI ».

Mais chut, il ne faut pas le dire…car la France fait la même chose au Mali !

Les journalistes « aux ordres » se taisent, bien sûr, car il faut préserver l’OMERTA TOTALE sur le sujet.

Entre pays responsables de CRIMES CONTRE L’HUMANITE ils faut se serrer les coudes et puis, tant qu’à faire, on emmène avec soi quelques industriels de « grandes » entreprises françaises pour signer quelques contrats juteux.

Les petits arrangements vont bien entre pays qui sentent la mort…

Thierry LAMIREAU

lesoufflecestmavie.unblog.fr

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 20 novembre, 2013 |Pas de commentaires »

L’UTILISATION D’ARMES A L’URANIUM « APPAUVRI »: EXEMPLE TECHNIQUE A GAZA (Jean-Marie MATAGNE / ACDN)

L’ utilisation d’armes

à

l’URANIUM « APPAUVRI »

à GAZA

pendant l’opération « Plomb Durci » (II)

L'UTILISATION D'ARMES A L'URANIUM

(Jean-Marie MATAGNE / 4 août 2009)

2ème partie:

- 10. Historique de la GBU-39
- 11. Un brevet ambigu
- 12. Gaza, terrain d’essai
- 13. « Le génocide de Gaza a commencé »
- 14. Lettre à M. Ban Ki-moon : les Nations Unies doivent enquêter
- 15. L’art de l’esquive
- 16. La GBU-39B : portrait au 20 mai 2009
- 17. Combien d’uranium, et où ?
- 18. Autres armes mises en oeuvre à Gaza
- 19. Les enjeux
- 20. La charge de la preuve
- 21. Dernière minute : la preuve est là
- Conclusion : un seul camp, celui de l’humanité

Voir la 1ère partie


10. Historique de la GBU-39

Contrairement aux bombes « gravitationnelles » qui tombent d’un bombardier lorsque celui-ci survole sa cible ou s’en approche, la « bombe intelligente GBU-39″ est capable, grâce aux ailes qu’elle déploie une fois lancée par l’avion porteur, de profiter de son énergie cinétique pour « planer » en descendant, et atteindre une cible située (suivant l’altitude de lancement) jusqu’à 60 miles nautiques (110 km) en avant et 40 miles (75 km) à droite ou à gauche de l’avion au moment du largage. Elle peut même effectuer, selon certaines sources, un arc de cercle pour frapper une cible située derrière l’avion qui l’a lancée. En contact avec les installations au sol sur le théâtre d’opération, elle est guidée par un système de positionnement GPS et de calcul de trajectoire qui lui permet de modifier celle-ci pour atteindre sa cible avec une précision à l’arrivée de l’ordre du mètre. Ce système préprogrammé peut en outre être reprogrammé par l’équipage juste avant le lancement. Chaque bombe peut avoir sa cible.

Répondant à un appel d’offres lancé deux ans plus tôt, la firme Boeing a été retenue en août 2003 pour développer cette « bombe de faible diamètre » (SDB-Small Diameter Bomb) après une sévère compétition où elle a été accusée -et convaincue- de corruption.

La SDB-1 ou GBU-39 a reçu sa certification en septembre 2005, sa production en série a débuté en avril 2006, et les premiers exemplaires ont été livrés à l’US Air Force début septembre 2006, en avance sur le calendrier et à un coût moins élevé que prévu.

A cette occasion, le Maj. Gen. Jeffrey Riemer, responsable de la coordination du programme entre l’USAF et les différents fournisseurs, déclarait :

« Nous sommes enthousiasmés (excited) par le déploiement de cette arme, la SDB-1, qui vient s’ajouter aux diverses options létales du F-15E (Strike Eagle) dans la guerre contre le terrorisme.« 

D’après lui, sa marge d’erreur à l’arrivée ne dépassait pas 1,20 m.

Le F-15E peut en emporter 4 sous son fuselage, avec un attelage BRU-61 d’un poids total en charge de 664 kg, au lieu d’une seule bombe ordinairement beaucoup plus lourde. Le lancement de chaque bombe est pneumatique et non par mise à feu d’une cartouche explosive, ce qui supprime l’entretien courant, facilite la manutention, et accélère le rechargement de l’avion au retour d’une mission. Celui-ci peut donc effectuer des frappes multiples et des rotations accélérées.

La précision, la fiabilité et la charge explosive limitée de la GBU-39, donc aussi sa moindre « létalité » (ou capacité meurtrière), réduisent fortement les risques de « dommages collatéraux ». Ce qui permet des emplois interdits jusque-là : contre des combattants ennemis situés à proximité immédiate de « troupes amies »… ou au milieu d’une population civile amie, neutre ou ennemie, que l’on est censé épargner d’après les « lois de la guerre » et le droit international. L’idéal, en somme, pour la guerre « anti-guérilla » ou « anti-terroriste »…

Dès le 5 octobre 2006, un mois après leur livraison aux Etats-Unis, deux avions F-15E « Strike Eagles » appartenant à la 494e Escadrille de Combat déployée en Asie du Sud-Est, en utilisaient des exemplaires pour la première fois contre des cibles réelles, en soutien aux troupes terrestres agissant en Irak. Le général North célébrait l’événement dans les termes suivants :

« Grâce à sa taille réduite, nos avions peuvent en emporter sur le champ de bataille un nombre accru, apportant ainsi aux combattants au sol davantage de possibilités de défendre leurs positions, en détruisant avec précision des cibles qui pourraient menacer les vies de soldats américains, de la coalition ou irakiens.

« La SDB est exceptionnellement qualifiée pour des cibles urbaines exigeant une grande précision et des dommages collatéraux réduits, et pour des missions de soutien aérien rapproché auxquelles nos équipages se trouvent confrontés dans le cadre des opérations « Iraqi Freedom » et « Enduring Freedom ». Nous sommes maintenant en mesure d’intervenir en des endroits où les dommages collatéraux pourraient être un souci.« 

Le 19 décembre 2006, la firme Boeing annonce que l’US Air Force lui verse 80 millions de dollars – sans doute à titre d’à-valoir – pour une première commande de 1600 SDB1 et divers équipements associés à la bombe. Il ne s’agit que d’un premier contrat, puisque « Boeing fabriquera plus de 24 000 SDB1 et 2000 supports livrables d’ici à 2015″.


11. Un brevet ambigu

« Bombe guidée » et de « petit diamètre », la GBU-39 ou SDB1 est le type même de « petite bombe intelligente » (« small smart bomb ») et autres « systèmes d’armes employant le même principe », que décrit le brevet « US Patent App.11/541,207, 2006 ». Ce brevet est accordé à MM. SD Roemerman et JP Volpi – sûrement connus de la firme Boeing. Il est publié le 12 juillet 2007 mais semble remonter à novembre 2006, le mois précédant la commande de 1600 bombes passée à Boeing par l’USAF. En tout cas, c’est bien la GBU-39 qui est visée et protégée en priorité par ce brevet : elle y est expressément citée au § 43, ainsi que dans le tableau 2, continué page 8, colonne « Remarks », où elle est citée avec son poids effectif de 285 livres comme étant « la » SDB concernée par le brevet.

A la page 7 de ce document, le § 33 cite « le zirconium » comme exemple de « matériau pyrophorique » pouvant être incorporé dans une « petite bombe intelligente ». Le § 34 explique que « les matériaux non-explosifs auxquels ce document s’applique sont essentiellement inertes dans des environnements normaux et dans des conditions favorables » (« the non-explosive materials applied herein are substantially inert in environments that are normal under benign conditions »). Ce qui veut dire que « dans des conditions normales de manipulation » (« in normal handling »), ils ne risquent pas de « devenir destructeurs d’une façon soit explosive, soit incendiaire » (« to become destructive in an explosive or an incendiary manner ») car « le facteur explosif potentiellement létal est minime ou inexistant. »

Or, voici la liste de ces « matériaux sélectionnés » (selected materials) cités en exemple pour leur « inertie » : « le tungstène, l’acier trempé, le zirconium, le cuivre, l’uranium appauvri, et autres matériaux de ce genre » « (e.g. tungsten, hardened steel, zirconium, copper, depleted uranium and other like materials) ».

L’uranium appauvri ! Dans un texte juridique où chaque mot compte et peut coûter ou rapporter des millions de dollars, rien n’est laissé au hasard. Alors pourquoi avoir cité un produit aussi « mal famé » que l’uranium appauvri ? Serait-il cité là par erreur, par inadvertance, ou parce que ce serait un matériau « exemplaire » ? Non, certes. Mais parce qu’il faut l’avoir cité au moins une fois dans la « patente » pour que sa mise en oeuvre soit, à l’avenir, protégée de la concurrence devant les tribunaux. Une fois, mais pas plus et en passant, dans une énumération, pour éviter d’attirer l’attention sur « ce genre de matériau ».

Voilà sans doute pourquoi il n’est pas repris dans le tableau 1 qui, sur la même page, énumère les matériaux entrant dans la composition d’une « petite bombe intelligente », avec, pour chacun, sa fonction, sa nature, sa densité, son poids et son volume. Sont cités : en première ligne, le tungstène, en tant que « ballast » (il est donc retenu ici avant tout pour son poids, et c’est justement le principal mérite de l’UA). Puis l’aluminium, le pyrex, l’acier, des matériaux électroniques divers, des polymères et enfin l’explosif (sans indication de poids). Le nom de la bombe n’est pas donné. Le poids total, étonnamment précis, est aussi dérisoirement petit (25,036 livres). En fait il faut le multiplier par 10 (donc aussi le poids des composants) pour obtenir le poids réel : 250 livres – sans compter le poids d’explosif. Ce qu’il faut retenir du tableau, c’est surtout le rapport de poids entre les différents matériaux. Sur 25,036 livres, le « ballast » en « tungstène », représente à lui seul 20,239 livres, soit plus de 80 % du poids total, hors explosif. Et si l’on multiplie par dix : 202,39 livres. Soit approximativement 80 kg.

Hypothèse : l’« uranium appauvri » dont il est question au § 33 a été remplacé, dans le tableau 1, par le mot « tungstène ». Procédez à l’opération inverse : remplacez « tungstène » par « uranium appauvri », et vous avez le poids d’UA dans une SDB1 : 80 kg. Ou peut-être un peu moins, s’il entre dans un alliage dont les autres composants ne sont pas cités, secret industriel oblige… Hypothèse, bien sûr !


12. Gaza, terrain d’essai

Le coût réduit de la GBU-39 (mais les estimations varient : de moins de 30 000 $ – prix d’ami pour l’USAF – à 100 000 dollars pièce, tout de même…) est intéressant pour les clients en général et Israël en particulier (pour qui il est question quelque part de 67 000 $ l’unité). Il se peut même qu’en échange de son expérimentation massive sur le terrain, in vivo, Israël ait bénéficié d’une grosse ristourne, voire d’une livraison gratuite. Car on ignore en fait les conditions réelles du transfert… et Boeing a nié officiellement y avoir procédé ! Alors qui ?

L’ensemble de ses caractéristiques fait de la GBU-39B, version SDB1, l’arme idéale pour l’offensive contre Gaza.

Une version capable de frapper des cibles mobiles (SDB2) a également été commandée à Boeing, associé cette fois à Lockheed. Il était prévu que son développement aboutisse fin 2009, les essais de qualification étant programmés pour avril 2009. Rien n’autorise à penser que l’armée de l’air israélienne ait déjà disposé de tels engins en décembre 2008, dont elle n’avait d’ailleurs nul besoin – à moins bien sûr que « Plomb durci » ait aussi servi de banc d’essai à quelques prototypes de SDB2.

La capacité de pénétration de la GBU-39 permet de détruire aussi bien les sites enterrés de lancement de roquettes que les tunnels ou les boyaux souterrains du « corridor Philadelphie ».

Sa précision permet d’atteindre des cibles fixes prédéfinies, tout en réduisant les « dommages collatéraux » dans la population civile – de surcroît avertie par tracts ou par téléphone mobile d’avoir à évacuer au plus vite les cibles, c’est-à-dire les maisons ou les sites liés d’après Tsahal aux infrastructures du Hamas, à la fabrication, au stockage ou au lancement de roquettes Qassam contre le sud d’Israël. Ce qui réduit d’autant le risque politique, juridique et diplomatique, d’être accusé de perpétrer des massacres et des crimes de guerre.

Avec la semi-vacance du pouvoir aux Etats-Unis pendant la période de transition entre l’administration Bush et l’administration Obama, présumée beaucoup moins favorable à une action militaire (on note d’ailleurs qu’Israël interrompt « Plomb durci » deux jours avant l’investiture d’Obama), avec l’expiration de la trève acceptée 6 mois plus tôt par le Hamas, avec les fêtes de fin d’année propres à détourner l’attention de l’opinion mondiale, la disposition et la maîtrise des GBU-39 par l’IAF (Armée de l’Air Israélienne) explique le « timing » de l’opération. Début septembre 2008, on l’a vu, le Congrès américain a autorisé la vente de 1000 exemplaires à Israël. Elles lui sont livrées début décembre. Il faut les rendre opérationnelles. Monter les racks sur les F15E. Préparer le support logistique. Entraîner les équipages. Le 19 décembre, la trève expire. Le 27 décembre, l’offensive aérienne commence. Un samedi, jour de shabat, histoire d’augmenter la surprise.

Le problème, c’est que la GBU-39, si elle limite les risques de crimes de guerre, entraîne le crime contre l’humanité. Il y a en effet « un souci » qui n’apparaît dans aucun descriptif : l’Uranium appauvri.


13. « Le génocide de Gaza a commencé »

Gaza est une étroite bande de terre hébergeant sur 360 Km2 près d’un million et demi d’habitants, avec une densité de 3823 habitants au Km2.

La coque des bombes GBU-39 contient de l’Uranium « appauvri », ce n’est qu’une façon de parler. Il est appauvri en U235, mais enrichi en U238 – qui perd la moitié de sa radioactivité en 4,5 milliards d’années.

L’UA est un redoutable poison chimique et radiologique qui brûle aisément à l’impact et se transforme en particules radioactives extrêmement petites (micrométriques et même nanométriques, c’est-à-dire de l’ordre du millionième de millimètre) qui échappent à toute barrière et tout type de masque à gaz. Les produits de toutes ces combustions d’uranium voyagent avec les mouvements de l’air, contaminent l’atmosphère et pénètrent dans les organismes via la respiration, l’ingestion ou les moindres blessures. Ainsi, une partie de l’uranium se retrouve sous forme d’oxyde d’uranium radioactif invisible dans l’atmosphère que les populations respirent, tandis qu’une autre partie contamine les sols, les sous-sols, les nappes phréatiques, la végétation et la chaîne alimentaire.

Les conséquences de l’utilisation de bombes à l’UA en Afghanistan et en Irak sont parfaitement connues, démontrées et dénoncées par de nombreux scientifiques - sinon tous, excepté ceux dont le salaire émarge aux budgets des armées américaine, française, israélienne… et autres. Elles ont été rendues dramatiquement visibles par les photos insoutenables de nouveaux nés mal formés.

On imagine sans peine les conséquences catastrophiques que de tels bombardements pourront avoir sur la population de Gaza : cancers, malformations congénitales, maladies du système immunitaire… et ce d’autant plus qu’elle souffre de malnutrition chronique et de manque de soins, en raison notamment du blocus israélien.

Lorsqu’ils ont décidé de larguer des bombes GBU-39 contenant de l’UA sur des zones densément peuplées de Gaza, les responsables israéliens ne pouvaient pas ne pas en connaître les effets. Mais la population israélienne, dont on peut comprendre la lassitude et l’exaspération sous les tirs de Qassam et d’obus de mortiers, les connaît-elle, aujourd’hui encore ?

Se doute-t-elle que son gouvernement, tout en déclarant viser les dirigeants, les militants et les installations du Hamas, procédait, délibérément ou non, à un « nettoyage ethnique » lent de la population palestinienne, qui sera inéluctablement contaminée, et à une destruction de son environnement ? Mesure-t-elle le risque qu’elle court d’en devenir elle-même victime, puisque les mouvements atmosphériques ne s’arrêtent pas aux frontières de Gaza ? Sait-elle que, même s’ils sont revenus indemnes ou légèrement blessés de cette opération terrestre, les soldats de Tsahal peuvent avoir été eux aussi marqués à vie dans leurs poumons, leur sang ou leur capital génétique par les effets de cette arme perverse ?


14. Lettre à Ban Ki-moon:

Les Nations Unies doivent enquêter

Le dimanche 18 janvier 2009, le jour même où Israël annonce qu’il cesse son opération militaire, nous envoyons par fax et par courriel une lettre au Secrétaire général de l’ONU, M. Ban Ki-moon. Elle évoque les armes radioactives employées à Gaza, les précédents connus, en Irak, dans les Balkans et en Afghanistan, et poursuit :

« Le même malheur risque de survenir dans la bande de Gaza et dans les pays voisins, comme l’Egypte, la Jordanie, et Israël lui-même. En outre, les nanoparticules d’uranium en suspension dans l’atmosphère peuvent voyager beaucoup plus loin encore, de sorte qu’aucune partie de la planète ne se trouve à l’abri de leur contamination.

« En s’attaquant à l’ADN des cellules, l’uranium inhalé, ingéré ou passé dans le sang ne multiplie pas seulement les cancers et diverses pathologies, il s’attaque aussi au patrimoine génétique de ses victimes. Il contamine l’environnement pratiquement pour l’éternité, puisque l’U238, principal composant de l’UA, a une demi-vie radioactive de 4,5 milliards d’années.

« Les armes à Uranium appauvri présentent donc un caractère génocidaire, voire anthropocidaire, et leur emploi relève du crime contre l’humanité.

« Nous avons conscience que seuls des prélèvements sur place et des analyses scientifiques approfondies, multiples, contradictoires et objectives, permettraient soit de vérifier nos craintes en mettant en évidence la présence de matières radioactives, soit de les écarter, ce dont nous nous réjouirions au plus haut point. Si des matières radioactives sont trouvées, des mesures d’urgence devront être prises pour décontaminer les lieux, informer et protéger la population dans toute la mesure du possible.

« C’est pourquoi nous vous demandons instamment de bien vouloir ordonner dans les plus brefs délais une enquête sur le terrain, à la recherche de traces radioactives. Nous présumons que le Programme des Nations Unies pour l’Environnement pourrait en être chargé, puisque lors d’une précédente affaire sur laquelle l’une de nos associations avait eu l’occasion d’attirer votre attention et celle de l’AIEA, cette dernière nous a fait savoir que ce type d’enquête n’entrait pas dans le cadre de ses missions. »

La lettre est cosignée par Jean-Marie Matagne pour ACDN, Paolo Scampa, pour l’Association Internationale pour la Protection contre les Radiations Ionisantes (A.I.P.R.I.) et Alain Acariès, père d’un casque bleu de la FORPRONU (Balkans) décédé des suites d’une contamination -démontrée par les analyses d’un laboratoire italien- par des nanoparticules issues de l’usage d’armes à l’uranium appauvri, et par ailleurs secrétaire d’AVIGOLFE.

Ils suggèrent de confier cette enquête au Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE), qui a déjà enquêté sur ce sujet dans les Balkans et qui a su trouver de l’uranium appauvri là où il y en avait.

De leur côté, les ambassadeurs des pays arabes accrédités en Autriche font remettre le 19 janvier, par le Prince Mansour Al-Saud, une lettre à l’Agence Internationale de l’Energie Atomique dans laquelle ils s’inquiètent de l’information « médicale et médiatique » selon laquelle « des traces d’uranium appauvri ont été trouvées dans des victimes palestiniennes  ». Ils demandent à l’AIEA de mener « une enquête radiologique et physique en vue de vérifier la présence d’uranium appauvri dans les armes utilisées par Israël dans la bande de Gaza. » L’AIEA fait rapidement savoir qu’elle agrée la demande et va mener l’enquête. Ce qui écarte le PNUE de cette mission.

Quatre mois plus tard (mai 2009), l’AIEA n’a pas trouvé un seul expert à envoyer sur le terrain. Il est vrai qu’avant même la venue des enquêteurs sur le terrain, le porte-parole du gouvernement israélien avait assuré qu’ils ne trouveraient rien. Précédemment, le chef d’état-major de Tsahal avait commencé par nier, le 13 janvier, l’usage de bombes au phosphore blanc qui sautait pourtant aux yeux de tout le monde, avant d’être obligé de le reconnaître le 20 janvier et de se replier sur une deuxième ligne de défense : « ce sont des armes autorisées« . Oui, tout juste tolérées – mais tout de même pas contre des civils… Quant à la radioactivité des GBU-39, nous comprendrons plus loin pour quelles raisons techniques Tsahal croit pouvoir encore moins être prise « la main dans le sac ».


15. L’art de l’esquive

Les GBU sont construites aux Etats-Unis par la firme Boeing dans son usine de Saint Louis (Missouri). Sachant cela, un citoyen américain resté « sceptique » devant les assertions d’ACDN, Jack Cohen, demande au ministère de la Défense (DOD) des Etats-Unis s’il y a ou non de l’uranium appauvri dans les GBU-39. En attendant la réponse du ministère, il pose au responsable de la communication de Boeing la question suivante : « L’usine Boeing de Saint Louis a-t-elle une licence du ministère de l’Energie (DOE) pour détenir ou traiter de l’uranium appauvri ? » (« Does the Boeing facility in St. Louis have a DOE license for holding or handling depleted uranium ? »). Il reçoit cette réponse : « Boeing n’a pas de licence, étant donné qu’il n’y a pas d’activité relative à l’uranium appauvri dans notre usine de Saint Louis/Saint Charles. » (« Boeing does not have a license as there is no depleted uranium activity at our St. Louis/St. Charles facility. »)

Mais en analysant de près cette réponse, on s’aperçoit que, malgré ses allures de démenti, elle n’implique nullement qu’il n’y ait pas d’uranium appauvri dans les GBU-39 : leur « construction » à Saint Louis peut se limiter au montage de pièces détachées, elle n’implique ni hauts fourneaux, ni fonderie pour les alliages métalliques, ni même l’usinage des pièces. Pour remonter la piste de l’uranium appauvri, il faudrait s’adresser aux laboratoires de l’USAF, ou au sous-traitant qui fournit le corps de bombe. Mais l’USAF, également interpellée par Jack Cohen, a sa réponse toute prête : « No comment ». Comme prévu.


16. La GBU-39B:

Portrait au 20 mai 2009

Les informations accessibles dans le domaine public et celles recueillies de plusieurs sources par Jean-François Fechino aboutissent, à ce jour et sous réserve des modifications qu’autorisera l’afflux de nouvelles informations, à dresser de la GBU-39B le portrait suivant :

La GBU-39B pèse au lancement 130 kg (285 livres anglaises, ou lb, la livre anglaise pesant 453,592 grammes). La bombe proprement dite pèse, si c’est bien le cas, 113 kg (250 lb).

La différence, soit 17 kg, correspondrait au « kit de navigation », lequel comprend :

  • une coque extérieure en carbone, très légère et très lisse, favorisant la pénétration dans l’air ;
  • rattachés à cette coque, un empennage et des ailes, eux aussi en carbone ; les ailes, repliées au départ, se déploient quelques secondes après le lancement, lorsque la bombe a pivoté sur elle-même de 180° ;
  • un servomoteur et des petits vérins permettant de déployer les ailes et de varier ultérieurement leur ouverture et leur orientation pour régler la trajectoire sde la bombe ;
  • un système anti-brouillage de positionnement GPS et de navigation (Advanced Anti-Jam GPS aided Inertial Navigation)

L’ensemble de ce kit explose à l’impact sur la cible.

La bombe elle-même pesant 113 kg, comprend :

  • un détonateur pouvant être programmé pour provoquer l’explosion juste avant, pendant ou après l’impact sur la cible, selon l’effet recherché ;
  • près de 23 kg d’explosif (50 lb soit 22,680 kg) : le tritonal, un dérivé de perchlorate d’ammonium dans lequel l’alumine a été remplacée par de la poudre d’UA (à hauteur de 10%), et auquel a été ajouté du fulminate.

Le tritonal est classé dans la catégorie des explosifs à haute énergie (HE), il se présente sous forme d’un solide légèrement pulvérulent qui réagit à la moindre étincelle électrique. On le coule en forme de boudin serré qui va se consumer à très haute vitesse et dégager un gaz qui, comprimé par l’enveloppe de la bombe, la fait exploser et voler en éclat, le tout à une vitesse de l’ordre du centième de seconde.

Cet explosif hyper puissant assure une grande vélocité aux « échardes de métal », lesquelles s’enfoncent dans tout de ce qui se trouve sur leur passage et s’enflamment du fait qu’elles contiennent de l’Uranium Appauvri pyrophorique. Elles traversent les corps humains de part en part et seul le béton les arrête à une profondeur d’environ un mètre. Ensuite, elles brûlent, en dégageant un maximum de chaleur et un minimum de fumées… et ce en raison des « mini impacts » largement répandus autour de la cible.

Il n’est pas exclu toutefois que les GBU-39 ou certaines d’entre elles aient été chargées du dernier cri en matière d’explosif : le D.I.M.E. (Dense Inert Metal Explosive).

  • une coque (cover) métallique constituée d’un alliage composé de 10 % de titane, 10% de tungstène, 80 % d’uranium appauvri.

L’alliage Ti/Tu/UA est « friable » et « préformé » en « aiguilles d’aciers » ou échardes d’acier (preformated alloy iron sharps). L’explosion est réalisée pour les faire « voler en éclats » selon leurs « préformatages ». Elles tiennent en raison du moulage lors de la coulée et sont maintenues en forme (en dépit des contraintes de forces et de vitesse) par le manteau de fullérènes qui, lui aussi, explose en échardes.

  • une couche ou « manteau » (coat) de 2,5 mm d’épaisseur, constituée de fullerènes.

Cette couche enveloppant la coque métallique est destinée à renforcer sa dureté lorsqu’elle pénètre dans la cible après dislocation de l’enveloppe extérieure, et surtout à protéger l’UA d’un frottement prématuré ou excessif lors de la pénétration dans la cible, en particulier lorsqu’il s’agit de bétons ultra durs (enforced ultra strong concrete) dans lesquels on a mélangé de la fibre de carbone ou carbure de tungstène (carbon tungsten fibers).

Les fullerènes sont un nouveau « type de carbone » à structures moléculaires renforcées, issu directement des laboratoires militaires de Los Alamos en liaison avec la recherche en nanomatériaux et structures de métaux, tant universitaire que privée. Aussi résistants que le diamant, les fullerènes se présentent extérieurement sous forme de suie noire.

Comme pour les autres armes expérimentées à Gaza, les matériaux et les autres caractéristiques des GBU assurent, avec l’ensemble du dispositif de leur mise en oeuvre, un « service multiple » de destruction et de morbidité :

  • pénétration en profondeur des cibles enfouies sous terre, même les mieux protégées (bétons à hautes, très hautes ou ultra hautes performances ; blindages épais en acier, ou en acier renforcé à l’UA) ;
  • explosion différée jusqu’à la profondeur voulue et programmée ;
  • explosion ultérieure et autodestruction de l’engin, dans le cas où le dispositif primaire de mise à feu aurait échoué ;
  • destruction « classique », par effet de souffle, de la cible, depuis l’intérieur même ;
  • projection d’échardes métalliques dans les corps inertes ou vivants situés à l’intérieur ou à la périphérie de la cible, avec effet de « décapitation » ou d’ « amputation » sur les corps humains ;
  • crémation externe et interne des corps, les échardes métalliques devenant elles-mêmes des brandons ;
  • chez les blessés survivants, impossibilité de distinguer les éclats métalliques et de les extraire par une opération chirurgicale ;
  • réduction de la durée de survie des blessés et des brûlés, par empoisonnement interne, radiotoxique et chimique, dû à l’uranium appauvri ou à ses descendants ;
  • contamination radioactive de l’environnement naturel par dispersion, sur les lieux mêmes des explosions et au-delà, de nanoparticules d’uranium appauvri et d’autres radionucléides issus de l’uranium ;
  • atteintes au génome de la population.

En un mot : des armes génocidaires.


17. Combien d’uranium, et où ?

Boeing annonçait un corps de bombe (Warhead) de 206 livres ou 93 kg. (en fait 93,44 kg). Ce chiffre n’inclut pas le poids d’explosif. Mais il contredit d’autres données déjà citées, d’après lesquelles «  la GBU-39B est équipée d’une tête ou corps de bombe (warhead) de 250 livres… contenant 50 livres d’explosif  », ce qui implique logiquement que le corps de bombe pèse seulement 200 lb, soit 90,718 kg. Il faut donc supposer que Boeing y ajoute les poids, relativement minimes, du « manteau » de fullerènes et du détonateur – poids qu’il convient alors de déduire des 35 livres ajoutées à la « bombe nue » par le kit de navigation, pour conserver 50 livres d’explosif.

Quoi qu’il en soit, la coque métallique de la GBU-39 dépasse les 90 kg : elle pèse au maximum 93 kg, au minimum 90,718 kg. Admettons ce dernier chiffre. 80% d’Uranium Appauvri sur 90,718 kg d’alliage métallique font 72,57 kg. Si l’on y ajoute les 2,26 kg d’UA mélangé à l’explosif, lorsque la bombe atteint sa cible (une fois débarrassée de sa gangue de carbone, ses ailes, sa queue, etc.) le poids total d’Uranium Appauvri dans une GBU-39B doit être, approximativement, de 75 kg (74,83 kg). (Si les 206 livres dont parle Boeing se rapportaient seulement à la coque métallique, le poids d’UA atteindrait 77 kg.)

C’est cette masse extrêmement compacte, ce « lest » (« ballast »), arrivant en piqué, donc à grande vitesse (en effet, dans la dernière partie de sa trajectoire, la bombe est orientée de façon à chuter aussi verticalement que possible) qui permet à la GBU-39 de percer, avant d’exploser, au moins 90 cm de béton armé de haute résistance (le double selon plusieurs sources dont Global Security, qui rapporte que dès les premiers essais, elle a été capable de percer 6 pieds de « béton renforcé ») ou plusieurs dizaines de mètres de terre – jusqu’à 60 mètres… voire 100 mètres de profondeur dans un sol meuble. Et d’exploser à la profondeur programmée.

En fonction des informations parfois contradictoires dont nous disposions précédemment, nous avions largement sous-estimé le poids minimal d’uranium appauvri compris dans une GBU-39 et dispersé par son explosion. Aujourd’hui, nous pensons pouvoir dire que son poids réel doit tourner autour de 75 kg et rejoint l’hypothèse tirée de l’analyse du brevet déposé.

Si l’on suppose qu’Israël a « consommé » dans l’opération « Plomb durci » la totalité des 1000 GBU-39B (mais il peut en avoir gardé en réserve, par ex. pour l’Iran), ce seraient donc quelque 75 tonnes d’UA qui auraient été dispersées dans le sol et le sous-sol de la bande de Gaza, en partie dans les sites suspectés d’héberger des lance-roquettes, en partie et surtout dans les tunnels du « couloir Philadelphie » courant près de Rafah le long de la frontière égyptienne. Soit, sur une surface très restreinte et en plein coeur de zones peuplées, le cinquième du tonnage d’UA qui, selon des estimations généralement admises, aurait été dispersé sur l’ensemble du territoire irakien pendant toute la « guerre du Golfe » de 1991.

Il est pour le moins hautement probable que plusieurs centaines de GBU-39 ont été utilisées pendant l’opération « Plomb durci », injectant plusieurs dizaines de tonnes d’Uranium Appauvri dans le sol de Gaza. Mais qu’en reste-t-il sur le terrain, en surface ? Rien à première vue. Pourquoi ?

  • Parce que la radioactivité, invisible, inodore et sans saveur, peut être présente sans que personne ne s’en aperçoive ; parce qu’il faut, pour s’en apercevoir, disposer de récepteurs spéciaux (compteurs Geiger, « Quartex »…), les placer très près de la source d’émission et être capable de les interpréter ; parce que le temps qui passe et les travaux de remblaiement rendent chaque jour plus difficile la collecte des indices à Gaza.
  • Parce que, contrairement à bien d’autres armements retrouvés sur place, y compris un corps entier, non radioactif, de GBU-10, semble-t-il, ayant fait long feu (voir les photos dans le « rapport préliminaire » de J-F Fechino), on ne retrouvera probablement aucun élément des corps de bombe de GBU-39 : pour le cas justement où elles feraient long feu, ces bombes ont été dotées d’un dispositif d’autodestruction à retardement.
  • Parce que l’Uranium Appauvri est constitué à 99,8 % d’Uranium 238 et qu’aucune des ondes émises par l’U238 -toutes dangereuses pour la santé- ne peut traverser plusieurs mètres de terre : ni les ondes alpha (qui sont arrêtées par la peau, mais sont aussi les plus nocives pour l’ADN lorsqu’elles franchissent cette barrière par inhalation ou par ingestion), ni les ondes bêta, ni même les ondes gamma (les plus puissantes).
  • Parce que les micro ou nanoparticules d’UA qui ont pu remonter par l’évent de pénétration de la bombe au moment de son explosion ont été aussitôt dispersées dans l’atmosphère, où elles se sont confondues avec le « bruit de fond » de la radioactivité naturelle ou artificielle préexistante, qu’elles ont augmentée sans qu’on puisse leur en attribuer la responsabilité.
  • Parce que la plus grande masse des particules d’UA se trouve emprisonnée sous terre, là où les bombes ont explosé… sans pour autant faire de cratère. En effet, la puissance de l’explosion est délibérément limitée. Son aire de souffle n’excède pas un diamètre de 26 pieds (moins de 8 mètres). Sous terre, elle crée seulement une sorte de cavité temporaire qui peut s’effondrer ensuite sur elle-même.

Elles ne vont pas cesser pour autant de faire des dégâts.

D’abord, dans son « rapport préliminaire » sur Gaza, J-F Fechino signale avoir relevé en plusieurs endroits des taux de radioactivité double des valeurs moyennes données par l’AIEA pour les mêmes lieux. Cette augmentation de la radioactivité ambiante n’a rien d’anodin, puisque on sait qu’il n’existe pas de dose minimale inoffensive pour l’être humain.

Ensuite, les Gazaouis qui ont reconstitué depuis janvier 2009 des tunnels dans la zone bombardée risquent de traverser des zones contaminées, d’inhaler des particules radioactives, et de développer à plus ou moins brève échéance des cancers et des symptômes comparables à ceux décrits dans le « syndrome du Golfe ».

Enfin, les radioéléments restés sous terre finiront par se retrouver dans les nappes phréatiques et par suite, dans la chaîne alimentaire.

Seule l’analyse d’échantillons prélevés à la bonne profondeur sur les lieux où l’on sait que des bombes ont explosé permettra de constater la contamination et la réalité du risque radioactif.

Ensuite, pour isoler et interdire d’accès les zones concernées en attendant (ou à défaut) de les décontaminer au moyen de gigantesques travaux de terrassement, les indications de l’Armée de l’Air Israélienne se révéleront indispensables. Elle seule peut dire avec précision quel type de bombe a été utilisé en tel et tel endroit, et à quelle profondeur les bombes étaient censées exploser.

Paradoxalement, et non sans un certain cynisme, Israël pourrait trouver intérêt à reconnaître l’usage de bombes radioactives : si nos assertions sont exactes, c’est quasiment tout le « corridor de Philadelphie » qui est, en profondeur, devenu radioactif – ce qui condamne le percement et l’usage de tunnels… Il va sans dire que le meilleur moyen d’éliminer ce risque, sinon le seul, serait de rendre les tunnels inutiles, c’est-à-dire de lever enfin le blocus inhumain et illégal de Gaza.


18. Autres armes mises en oeuvre à Gaza

Les GBU-39 ne sont pas les seules bombes à avoir été utilisées contre les tunnels du couloir Philadelphie, loin s’en faut. Dès le 1er janvier, un journaliste italien (Pietro Battachi, dans “l’Occidentale”) signale que « ses sources » (militaires ou gouvernementales, manifestement) « parlent de dizaines de couloirs souterrains détruits par les GBU-28 de 5000 livres » (Le fonti parlano decine di corridoi sotterranei centrati dalle GBU-28 da 5000 libbre). Il n’est pas exclu, bien sûr, que les GBU-28 (des « bunker busters » conventionnels) soient citées à la place des GBU-39, qui peuvent faire le même travail en profondeur que les GBU-28, en pesant 16 à 20 fois moins. Des « bunker busters” de fabrication israélienne comme la bombe PB500A1 de 1000 livres (425 kg) ou la Mk82 de 500 livres (227 kg) ont été aussi utilisées.

Les GBU-39 font partie, avec les munitions à fléchettes, les munitions au phosphore blanc, les munitions au DIME, de ces armes meurtrières que les dirigeants politiques et les chefs militaires israéliens n’ont pas hésité à mettre en oeuvre au beau milieu de la population de Gaza et souvent directement contre elle.

Les dirigeants israéliens ne reculent pas devant l’emploi d’armes radioactives. La preuve : sur la photographie ci-dessous, on voit le soldat Idan Cohen, camarade du soldat Gilad Shalit, employé dans la même brigade de tank, le long de la frontière de la bande de Gaza. Elle est parue le 25 juin 2007 sur le site internet Ynet, du quotidien israélien à grande diffusion Yedihot Aharonot. Il porte sur l’épaule un obus-flèche dont la flèche est en uranium appauvri.

Pour mesurer ce que toutes ces armes signifient concrètement, il faut se reporter aux descriptions faites, par les chirurgiens présents à Gaza, des effets sur les victimes des « nouveaux types d’armes » ou des matériaux (phosphore blanc, DIME, tungstène, Uranium appauvri…) employés pendant l’opération « Plomb durci » : «  A 2 mètres, le corps est coupé en deux ; à 8 mètres, les jambes sont coupées, brûlées comme par des milliers de piqûres d’aiguilles. » Les blessés survivants « n’ont aucune trace de métal dans le corps, mais des hémorragies internes étranges. Une matière brûle leurs vaisseaux et provoque la mort, nous ne pouvons rien faire. » (Dr Mads Gilbert, Le Monde, 12 janvier) «  Quand on commence à opérer, tout semble en ordre… Mais ensuite on découvre des dizaines de minuscules particules dans tous leurs organes. On dirait qu’un certain type d’explosif ou d’obus les a dispersées partout, et ces blessures miniatures, impossible de les opérer. » (Dr. Jam Brommundt, médecin allemand travaillant à Kham Younis, au sud de la bande de Gaza)

Comment ne pas se demander avec le Dr Gilbert : «  Se peut-il que cette guerre soit le laboratoire des fabricants de mort ? Se peut-il qu’au XXIe siècle on puisse enfermer un million et demi de personnes et en faire tout ce qu’on veut en les appelant terroristes ? » Et comment qualifier cette « guerre » qui fait d’un côté 14 tués (11 soldats israéliens, dont 4 victimes d’un « tir ami », et 3 civils, victimes d’un tir de roquette) et 50 blessés, et de l’autre côté, au moins 1330 tués et 5450 blessés, pour la plupart des civils, dont une moitié d’enfants ? (Source : Foreign Policy In Focus, Conn Hallinan, 11 février 2009)

A un contre cent, est-ce encore un combat, ou est-ce un jeu de massacre ? Une collection de crimes de guerre ? Le début d’un génocide qui n’ose pas dire son nom et qui se cache derrière la mémoire d’un autre génocide ?

Toutes les armes de guerre sont, par nature, « létales ». Mais celles qui utilisent des matériaux radioactifs, sous forme d’explosif comme dans les armes atomiques ou thermonucléaires, sous forme d’enveloppe métallique ou de pénétrateur pyrophorique comme dans les munitions à Uranium appauvri, ont une particularité qui devrait les prohiber dans tous les cas de figure : outre leurs effets directs plus ou moins « limités » selon la puissance de l’explosion, elles ont aussi et toujours des effets collatéraux « contaminants » pratiquement illimités dans le temps et l’espace.

Ce sont donc des armes triplement criminelles :

En tant qu’armes de guerre (puisque la charte de l’ONU, on l’oublie trop souvent, prohibe la guerre comme moyen de régler les conflits) ; en tant qu’armes génocidaires ; en tant qu’armes écocidaires.


19. Les enjeux

Reconnaître l’extraordinaire nocivité des armes radioactives, en particulier des armes à « Uranium appauvri » aurait d’immenses conséquences – avant tout économiques et financières.

Cette reconnaissance impliquerait que les États responsables de leur emploi versent des indemnités compensatoires aux victimes de ces armes – si tant est que leurs effets puissent jamais être compensés- ou aux familles des victimes décédées.

Elle impliquerait de soigner les victimes encore en vie, tant civiles que militaires, ce qui coûterait fort cher ; il est donc préférable qu’elles meurent à petit feu, dans le déni des causes de leur sort. Car comment prouver aux commissions de pension militaire, des mois ou des années après avoir été exposé à de l’uranium appauvri – ou aux retombées d’une explosion nucléaire -, que le cancer des reins ou des poumons qu’on développe, ou la malformation congénitale de son enfant, sont dus à cette exposition ? De nombreux phénomènes peuvent les expliquer… Seuls les militaires blessés (en général par un « tir ami »…) et ayant conservé dans leur corps des particules décelables d’Uranium appauvri ont quelque chance d’en être reconnus victimes.

Cette reconnaissance impliquerait :

  • que toutes les armes comportant de l’uranium appauvri – munitions de toutes sortes : balles, obus, bombes, missiles, mines, mais aussi chars blindés à l’UA, comme le char LECLERC des Français ou ses homologues étrangers – soient retirées du service, donc remplacées (les armées ont horreur du vide), ce qui coûterait une fortune. De plus, l’uranium « réformé » devrait être rendu inoffensif, ce qui est impossible, ou stocké en lieu sûr et surveillé, ce qui coûterait encore plus cher.
  • qu’on cesse de les produire, ce qui mettrait au chômage nombre de « travailleurs de l’armement », donc accroîtrait la crise économique. Et surtout, ce qui réduirait les profits des actionnaires de Boeing, Lockheed, Raytheon et Cie. On sait que Boeing est déjà engagé pour plus de 24 000 GBU-39. Mais certains ont avancé pour les décennies à venir le chiffre de 150 000 unités. Sans parler de la GBU-40 (SDB2). Un programme de plus de 4 milliards de dollars à annuler, et le fleuron de l’USAF réduit à néant.
  • qu’on réhabilite les sites contaminés, ce qui coûterait encore une fortune. Ainsi, selon Jean-François Fechino, les 88 bombes à sous munitions CBU-105 WCMD-SWF, pesant chacune 417 kg, qui ont été larguées par les bombardiers B-1B pendant la guerre d’Irak de 2003 ont dispersé leur uranium sur une surface cumulée de 44 km2. Les 818 CBU-103 WCMD (autres bombes à sous munitions, de 429 kg), l’ont dispersé sur une surface cumulée de 218 km2. Et ce n’est là qu’une toute petite partie de l’uranium appauvri déversé au total en Irak : au moins 350 tonnes en 1991, et certainement plus de 1200 tonnes depuis 2003.
  • que les responsables de ces crimes à l’Uranium appauvri soient traduits en justice.
  • et enfin, que soit remis en cause l’ensemble de l’industrie nucléaire civile et militaire, grande pourvoyeuse d’uranium appauvri dont on ne sait que faire et que l’on « recycle » dans le secteur militaire.

Dans ces conditions, on comprend que certains dirigeants préfèrent conduire insidieusement la population du globe à sa perte.


20. La charge de la preuve

Nous avons, dans ce qui précède, décrit de manière précise les GBU-39. Cette description n’est pas exhaustive ; il se peut qu’elle soit inexacte sur certains points de détail. Mais nous avons aussi et surtout affirmé que les GBU-39 contiennent chacune une masse très importante, égale ou supérieure à 75 kg d’uranium appauvri. Si nous sommes dans l’erreur sur ce point essentiel, c’est à l’armée israélienne et à l’USAF, désormais, d’en apporter la preuve.

Comme utilisatrice et comme pourvoyeuse, elles doivent nous dire de quel alliage métallique est constitué le corps de bombe. Nous expliquer pourquoi les personnels bien informés (ils ne le sont pas tous, loin s’en faut) le considèrent comme « du métal chaud, très chaud » (« hot, very hot metal ») – en clair : radioactif – et pourquoi ceux qui le manipulent portent une combinaison spéciale. L’USAF doit nous expliquer pourquoi, en Afghanistan où elle utilise également des GBU-39, elle oblige les militaires alliés arrivant sur les lieux d’un bombardement à porter des combinaisons NBC. Les prétextes avancés sont spécieux.

L’Armée de l’Air Israélienne (Israeli Air Force) et l’US Air Force doivent laisser des experts indépendants équipés de compteurs Geiger accéder aux armes elles-mêmes, de préférence sans préavis et dans n’importe quel arsenal pour ne pas avoir le temps de les leurrer, comme les Israéliens surent si bien le faire lorsque le « centre de recherches nucléaires » de Dimona fit, dans les années 60, l’objet d’une unique visite d’inspection américaine : les étages souterrains voués à la production de plutonium militaire furent si bien masqués que les inspecteurs en ignorèrent l’existence.

Israël doit indiquer précisément les lieux où les GBU-39 ont été employées, en faciliter l’accès aux experts et autoriser le prélèvement d’échantillons pour analyse approfondie par des laboratoires indépendants. Aucun « secret industriel », aucun « secret défense » ne saurait être invoqué contre une telle enquête. Tout refus, au contraire, devrait être interprété comme un aveu du crime.


21. Dernière minute, 20 mai 2009:

La preuve est là !

En avril 2009, une mission de 4 personnes dont Jean-François Fechino s’est rendue à Gaza sous l’égide de la Commission Arabe des Droits Humains. Les échantillons de terre et de poussières rapportés de Gaza ont ensuite été soumis à l’analyse d’un laboratoire spécialisé. Celui-ci y a trouvé de l’Uranium Appauvri (radioactif, cancérigène, tératogène), du Césium (radioactif, cancérigène) peut-être originaire de Tchernobyl, de la poussière d’amiante (cancérigène), des Composés Organiques Volatils (fines particules dangereuses pour la santé, surtout celle des enfants, des asthmatiques et des vieillards), des phosphates (oxydation du phosphore blanc), du tungstène (cancérigène), du cuivre, de l’alumine (cancérigène), de l’Oxyde de Thorium (ThO2) (radioactif, cancérigène)…

Des résultats détaillés seront transmis aux autorités compétentes et rendus publics dès que possible.


Conclusion:

Un seul camp, celui de l’humanité

Un génocide est l’extermination d’un groupe humain. Les armes à Uranium Appauvri sont des armes d’extermination. Elles frappent de façon indiscriminée une population entière, jusque dans son patrimoine génétique. Le groupe humain qu’elles frappent est la population qui en respire ou en ingère les retombées. Ce groupe ne se définit pas par ses appartenances politiques, nationales, religieuses ou ethniques, mais par sa situation géographique. Par cette localisation, il devient, pour des raisons physiques et météorologiques, la victime « privilégiée » de l’extermination, bien qu’aucune frontière n’assure à ses voisins qu’ils ne partageront pas son sort tragique à un degré quelconque.

La même remarque vaut pour les victimes des retombées radioactives d’essais ou de catastrophes nucléaires. Tchernobyl est en Ukraine, mais ses victimes sont aussi bien en Russie, au Belarus ou en France.

En ce sens, l’utilisation dans la bande de Gaza d’armes à Uranium appauvri, en particulier des bombes GBU-39, constitue bien, à double titre, un crime contre l’humanité : l’humanité des Gazaouis, l’humanité en général.

Le génocide est assez établi si les responsables civils ou militaires de l’emploi d’armes radioactives connaissaient, avant de les employer, leur caractère attentatoire à la vie, à l’environnement, à la survie et à la dignité des victimes de ces armes – en un mot leur caractère génocidaire. Cette condition suffit à démontrer le mépris dans lequel ils tenaient leurs futures victimes. Employer des armes radioactives, c’est donc bien commettre un génocide.

Mais c’est aussi un anthropocide : ce néologisme s’impose pour désigner un nouveau type de crime contre l’humanité, qui détruit les individus en s’attaquant à leur ADN, les familles en s’attaquant à leur descendance, les groupes en s’attaquant à leur génome, et l’espèce, en contaminant sans remède sa niche biologique.

C’est pourquoi l’humanité tout entière, à commencer par le peuple palestinien et le peuple israélien, doit se mobiliser pour dénoncer ce crime, exiger la sanction des coupables et la réparation pour les victimes, et pour prendre toutes les mesures propres à l’empêcher de se reproduire, où que ce soit, en Palestine, au Moyen-Orient ou ailleurs dans le monde.

Toutes les armes radioactives, atomiques, thermonucléaires, à l’uranium, quelle que soit leur formule, doivent être interdites et démantelées.

ACDN, le 20 mai 2009

Actualisé le 4 juin 2009

RAPPORT Sur l’utilisation d’armes radioactives dans la Bande de Gaza pendant l’opération « Plomb durci » (27 décembre 2008 – 18 janvier 2009)

© Jean-Marie MATAGNE / ACDN

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 2 novembre, 2013 |Pas de commentaires »

ISRAËL A ATTAQUE UN DEPÔT DE MUNITIONS SYRIEN LE 5 JUILLET 2013 AVEC DES ARMES A L’URANIUM APPAUVRI ! (http://info-aviation.com/?p=15497 / acdn.net / + Thierry LAMIREAU / lesoufflecestmavie.unblog.fr)

La Syrie attaquée par des bombes guidées

contenant de l’uranium « appauvri » !

LattaquiéL’attaque du 5 juillet 2013 sur un dépôt de munitions près de Lattaquié en Syrie était beaucoup plus vaste qu’on ne le pensait selon une imagerie satellite du groupe IHS, ce qui suggère qu’elle n’a pas été lancée depuis un sous-marin comme le prétendaient certaines sources.

ISRAËL A ATTAQUE UN DEPÔT DE MUNITIONS SYRIEN LE 5 JUILLET 2013 AVEC DES ARMES A L'URANIUM APPAUVRI ! (http://info-aviation.com/?p=15497 / acdn.net / + Thierry LAMIREAU / lesoufflecestmavie.unblog.fr) dans REFLEXIONS PERSONNELLES aaaaaaaa4

L’attaque avait été révélée par des sources de l’opposition syrienne qui ont déclaré qu’un aéronef non identifié et un navire de la marine israélienne avaient attaqué une installation utilisée pour stocker des missiles anti-navires P-800 Yakhont. CNN et le New York Times ont ensuite évoqué une attaque aérienne tandis que le Sunday Times affirmait qu’un sous-marin israélien de la classe Dolphin avait mené l’attaque.

Comme d’habitude, les responsables israéliens n’ont pas confirmé ou nié la responsabilité, mais ont réaffirmé leur volonté de  détruire les armes de pointe que la Syrie essayait de transférer au groupe libanais Hezbollah.

Un missile Harpon UGM-84.

Lancement d’un missile UGM-84.

Cependant, les photos d’archives montrent que le bâtiment a été construit entre juillet 2003 et décembre 2004 et que les trois rampes de lancement de 23 m de diamètre sont encore plus âgés, de sorte que le site n’a pas été construit comme un établissement dédié aux missiles Yakhonts que la Russie a livré à la Syrie à partir de 2010 et 2011. Les routes d’accès aux rampes de lancement sont encombrées indiquant qu’elles n’étaient plus utilisées.

En revanche, deux nouveaux grands dépôts qui ont été construits au nord-est, début 2011, restent intacts. L’imagerie montre beaucoup d’activité sur ces sites à la suite du bombardement.

Elle montre également que 16 bunkers dans une installation de stockage de munitions à l’est du bâtiment détruit n’existent plus, probablement parce qu’ils ont été rasés par les Syriens, après avoir été endommagés pendant l’attaque. Si ces bunkers ont été ciblés, cela indique qu’un grand nombre de munitions à guidage de précision à l’uranium « appauvri » ont été utilisées.

La photo satellite révélée par IHS Jane montre un bâtiment de 80×20 m servant visiblement de Bastion de défense côtière pour le système Yakhont

Une bombe guidée GBU-SDB.

Une bombe guidée GBU-SDB.

Le type de missiles d’attaque au sol qui sont lancés par les sous-marins de la classe Dolphin d’Israël n’a pas été révélé, mais l’option la plus probable est qu’ils sont capables de lancer une version à guidage GPS du Harpoon UGM-84 à partir de leurs six tubes lance-torpilles 553mm.

Le nombre d’armes de précision apparemment utilisées contre l’installation de stockage syrienne le 5 juillet 2013 suggère qu’elles ont été lancées à partir d’avions, plutôt que d’un sous-marin.

Il pourrait s’agir de petites bombes GBU-39 SDB (Small Diameter Bomb) qui sont larguées depuis un F-15E ou un F-16 et utilisées pour détruire les bunkers à une distance d’environ 110 km en limitant les dommages co-latéraux.

Ces bombes sont à  l’URANIUM « APPAUVRI » !

Un truc bien dégueulasse qui pollue pour l’éternité les sols, les eaux, l’air et l’ADN des populations autochtones !

Totalement illégal selon les Lois Internationales…mais que tous les Etats utilisent !…comme la France par exemple !

La SDB-1 présente une autre caractéristique que la fiche technique de Boeing et la presse israélienne se gardent de préciser. En effet, sur les 93 kg attribués par Boeing à la tête (warhead), 23 sont dus à l’explosif proprement dit, de haute performance. Le reste, soit une cinquantaine de kilos, n’est autre que de l’Uranium « Appauvri. » Celui-ci présente un avantage supplémentaire : sa haute capacité de pénétration. Il permet à la GBU-39 de percer au moins 90 cm de béton armé (ou plusieurs mètres de terre) avant d’exploser.

Le dard des bombes GBU-39 est à l’Uranium Appauvri, disions-nous. Mais appauvri en U235 et enrichi en U238, dont la demi-vie radioactive est de 4,5 milliards d’années.

L’UA est un redoutable poison chimique et radiologique qui brûle aisément à l’impact et se transforme en particules radioactives extrêmement petites (particules nanométriques de l’ordre du millionième de millimètre) qui échappent à toute barrière et tout type de masque à gaz. Les produits de ces combustions répétées d’uranium voyagent avec les mouvements d’air, contaminent l’atmosphère et pénètrent dans les organismes via la respiration, l’ingestion ou les moindres blessures. Ainsi, la majeure partie de l’uranium se retrouve sous forme d’oxyde d’uranium radioactif invisible dans l’atmosphère que les populations respirent, tandis qu’une autre partie contamine les sols, les sous-sols et les nappes phréatiques.

Les conséquences de l’utilisation de bombes à l’UA en Afghanistan et en Irak sont parfaitement connues, démontrées et dénoncées par de nombreux scientifiques - sinon tous, excepté ceux dont le salaire émarge aux budgets des armées américaine, française, israélienne… et autres. Elles ont été rendues dramatiquement visibles par les photos insoutenables de nouveaux nés malformés.

On imagine sans peine les conséquences catastrophiques que de tels bombardements auront sur la population de SYRIE : cancers, malformations congénitales, maladies du système immunitaire… et ce d’autant plus qu’elle souffre de malnutrition chronique et de manque de soins, en raison notamment d’une guerre sans fin…

Thierry LAMIREAU

lesoufflecestmavie

Avec info-aviation.com et acdn.net

 

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 30 septembre, 2013 |Pas de commentaires »

ISRAËL A TESTE LE 12 JUILLET 2013 UN BEAU PETIT MISSILE…POUR QUI LE PETIT CADEAU ? (Thierry LAMIREAU / lesoufflecestmavie.unblog.fr)

Un beau petit cadeau d’Israël pour qui ?

ISRAËL A TESTE LE 12 JUILLET 2013 UN BEAU PETIT MISSILE...POUR QUI LE PETIT CADEAU ? (Thierry LAMIREAU / lesoufflecestmavie.unblog.fr) dans REFLEXIONS PERSONNELLES aaaaaaaa

(Thierry LAMIREAU)

Israël a testé le 12 juillet 2013 un nouveau missile balistique à longue portée capable de transporter une ogive nucléaire, chimique ou biologique.Israel_a_teste-un_Jericho_IIILes médias israéliens, citant des analystes, ont déclaré que le test était très probablement un missile balistique Jericho. La dernière version était le Jericho III lancé à partir de silo et dont la portée est estimée de 4.800 à 6.500 km.

Les premiers programmes de missiles ont débuté en Israël en 1954 en coopération avec la France. En 1962, le gouvernement français a demandé à Dassault Aviation (à l’époque Générale Aéronautique Marcel Dassault) de concevoir un missile balistique à courte portée pour le compte d’Israël. Ce fut le début du programme MD-620 dont naitra le missile Jericho I.

Israël n’est pas signataire du traité de non-prolifération d’armes nucléaires. Bien que le pays n’ait jamais officiellement reconnu posséder l’arme nucléaire, il possède au moins 80 missiles équipés d’ogives (source:SIPRI).

Vu l’ambiance actuelle au Moyen-Orient et l’envie terrible d’Israël d’en découdre avec l’Iran, on « comprend » mieux les actions entreprises pour effectuer de tels essais de missiles !

Thierry LAMIREAU

(lesoufflecestmavie.unblog.fr)

 

Jéricho (missile)

(Sources WIKIPEDIA)


Les Jéricho sont des missiles balistiques israélien. Cette famille de missiles a donné naissance au lanceur Shavit.

Sommaire

  [masquer

·                                 1 Jéricho I

o                                        1.1 Développement

o                                        1.2 Caractéristiques

·                                 2 Jéricho II

o                                        2.1 Développement

o                                        2.2 Caractéristiques

o                                        2.3 Variante

·                                 3 Jéricho IIB

·                                 4 Jéricho III

·                                 5 Notes et références

·                                 6 Voir aussi

o                                        6.1 Articles connexes

o                                        6.2 Liens externes

Jéricho I[modifier | modifier le code]

Développement[modifier | modifier le code]

Les premiers programmes de missiles sont lancés en Israël en 1954. La même année débute une coopération entre la France et Israël sur le développement de missile à courte portée. Début 1958, Israël développe son premier missile de conception israélienne le Lutz.

Le missile Jericho I a été construit avec l’aide de la société Dassault Aviation (à l’époque Générale Aéronautique Marcel Dassault) à partir du missile MD-620.

Ce programme fut la réponse à la menace de déploiement de missiles sol-sol par l’Égypte dans les années 1960.

En 1957, Générale Aéronautique Marcel Dassault créa un département missile. Le gouvernement français demande en 1962 à Dassault de concevoir un missile balistique à courte portée pour le compte d’Israël. Ce fut le début du programme MD-620.

Le premier test eu lieu le 23 décembre 1965, et fut un échec. Mais le second test fut réussi le 16 mars 1966 à partir de l’île du Levant et il fut déclaré opérationnel en 1973 après un total de 16 tirs, dont dix réussis1.

14 de ces missiles auraient été construits par GAMD par les usines d’Argenteuil et de Saint-Cloud, les autres (moins d’une centaine) construits directement en Israël avec l’aide d’une centaine de techniciens français venus entre mai 1964 et mai 1969.

La collaboration entre IAI et GAMD s’arrêta en 1969, suite à l’embargo sur les armes décrété par la France.

Un article du New York Times paru en octobre 1979 mentionne qu’Israël serait en mesure de produire de trois à six missiles par mois, pour un coût unitaire d’environ 1 à 1,5 millions de dollars. Ce prix semblerait trop élevé pour l’utilisation conventionnelle de ce missile2.

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Le Jéricho 1 est un missile balistique à courte portée à deux étages à carburant solide. Il peut être lancé à partir d’un train, camion ou d’un site fixe.

  • Longueur : 13,20 m
  • Diamètre : 0,80 m
  • Poids : 6 700 kg
  • Charge : 650 kg (soit une charge conventionnelle, soit une charge nucléaire de 20 kt)3
  • Portée : max. 500 km
  • ECP : 1000 m

Jéricho II[modifier | modifier le code]

Le Jéricho II est un missile balistique israélien de portée intermédiaire conçu par IAI. Il dérive du Jericho I, et fut le premier missile balistique entièrement développé par Israël à partir de fonds iraniens. Le programme démarra en 1977, mais fut interrompu après la révolution iranienne en 1979. Israël continua seul le projet.

Développement[modifier | modifier le code]

Le programme, en 1977, prévoyait de développer deux versions du Jericho II, une terrestre, l’autre embarquée à bord desous-marins. Après la révolution iranienne, Israël décida de collaborer avec l’Afrique du Sud4 et d’abandonner la version embarquée.

Un essai du Jericho II a été effectué en 1989 à partir du Cap (République Sud-africaine). Un autre essai à partir d’Israël fut lancé, la même année, en direction de la Libye. Le missile a atterri à 400 km au nord de Benghazi, parcourant plus de1 300 km.

Le Jéricho II s’appuie sur les tests et le développement du Jéricho I. La principale différence réside en l’augmentation de diamètre du missile qui passe de 0,80 m à 1,56 m. Ce qui a pour résultat d’allonger la portée du missile.

Les études techniques et développements du Jericho II ont servi de base à la construction du lanceur Shavit.

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Le Jéricho II est un missile balistique de portée intermédiaire à deux étages à carburant solide. Il peut être lancé à partir d’un train, camion ou d’un site fixe. Il est opérationnel depuis 1989.

  • Longueur : 14 00 m
  • Diamètre : 1 56m
  • Masse : 26 000 kg
  • Charge : entre 500 et 1 000kg
  • Portée : entre 1 500 et 3 500 km
  • ECP : 1 000 m

Le Jéricho II aurait la capacité d’emporter, soit une charge conventionnelle, soit une charge nucléaire 1 Mt3.

Variante[modifier | modifier le code]

  • Le Jericho 2 a servi de développement au lanceur Shavit
  • L’Afrique du Sud a développé sa propre version du Jéricho II sous le nom de RSA-3.

Jéricho IIB[modifier | modifier le code]

Le Jericho IIB est une version améliorée du Jericho II. La principale modification réside en un allongement de la portée qui passe à 2 800 km et augmentation de la charge militaire qui est de 1 tonne5.

Jéricho III[modifier | modifier le code]

En 1994 Israël démarre un projet d’un missile de portée intermédiaire de plus 4 500 km. Ce missile à la différence de ses prédécesseurs serait un missile fixe lancé à partir de silo.

Le premier test s’est déroulé le 15 janvier 20086,7.

Le Jericho III serait un missile de deux ou trois étages à propergol solide emportant une charge de 1.000 à 1.300 kg, voire une charge nucléaire 2 ou 3 charges MIRV. Sa portée est estimée de 4.800 à 6.500 km.8.

  • Longueur : 15 50 m
  • Diamètre : 1 56m
  • Masse : 29 000 kg
  • Charge : entre 1000 et 1 300kg
  • Portée : entre 4 800 et 12 000 km
  • ECP : 1 000 m

Notes et références[modifier | modifier le code]

1.       Air & Cosmos/Aviation International, 6 décembre 1996 —Dassault Lève Le Voile Sur Le Missile Jericho-

2.       Article du New York Times, 5 Octobre 1971-

3.       a et b Jane’s Strategic Weapon Systems

4.       http://www.astronautix.com/lvfam/jericho.htm [archive]

5.       http://www.fas.org/irp/threat/missile/rumsfeld/pt1_africa.htm [archive]

6.       http://www.usatoday.com/news/world/2008-01-17-israel-missile_N.htm [archive]

7.       http://www.haaretz.com/hasen/spages/945859.html [archive]

8.       1.Jane’s Strategic Weapons Systems, Issue 50, ed. Duncan Lennox, (Surrey: Jane’s Information Group, January 2009), 85-6

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 15 septembre, 2013 |Pas de commentaires »

-RAPPORT: L’UTILISATION D’ARMES RADIOACTIVES A GAZA PENDANT L’OPERATION « PLOMB DURCI » + QU’EN EST-IL POUR LA GUERRE AU MALI ? (Jean-Marie MATAGNE / ACDN / Thierry LAMIREAU / lesoufflecestmavie.unblog.fr)

Rapport:

L’utilisation d’armes

radioactives à Gaza

pendant l’opération

« Plomb durci » (II)

+
Qu’en est-il pour la guerre au MALI ?
-RAPPORT: L'UTILISATION D'ARMES RADIOACTIVES A GAZA PENDANT L'OPERATION
(Jean-Marie MATAGNE)- ACDN – Paru en 2009-

Il est des vérités qui sont de longues patiences.

2ème partie

10. Historique de la GBU-39
11. Un brevet ambigu
12. Gaza, terrain d’essai
13. « Le génocide de Gaza a commencé »
14. Lettre à M. Ban Ki-moon : les Nations Unies doivent enquêter
15. L’art de l’esquive
16. La GBU-39B : portrait au 20 mai 2009
17. Combien d’uranium, et où ?
18. Autres armes mises en œuvre à Gaza
19. Les enjeux
20. La charge de la preuve
21. Dernière minute : la preuve est là
Conclusion : un seul camp, celui de l’humanité

Voir la 1ère partie http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=6960 ]

10. Historique de la GBU-39

Contrairement aux bombes « gravitationnelles » qui tombent d’un bombardier lorsque celui-ci survole sa cible ou s’en approche, la « bombe intelligente GBU-39″ est capable, grâce aux ailes qu’elle déploie une fois lancée par l’avion porteur, de profiter de son énergie cinétique pour « planer » en descendant, et atteindre une cible située (suivant l’altitude de lancement) jusqu’à 60 miles nautiques (110 km) en avant et 40 miles (75 km) à droite ou à gauche de l’avion au moment du largage. Elle peut même effectuer, selon certaines sources, un arc de cercle pour frapper une cible située derrière l’avion qui l’a lancée. En contact avec les installations au sol sur le théâtre d’opération, elle est guidée par un système de positionnement GPS et de calcul de trajectoire qui lui permet de modifier celle-ci pour atteindre sa cible avec une précision à l’arrivée de l’ordre du mètre. Ce système préprogrammé peut en outre être reprogrammé par l’équipage juste avant le lancement. Chaque bombe peut avoir sa cible.

Répondant à un appel d’offres lancé deux ans plus tôt, la firme Boeing a été retenue en août 2003 pour développer cette « bombe de faible diamètre » (SDB-Small Diameter Bomb) après une sévère compétition où elle a été accusée -et convaincue- de corruption.

La SDB-1 ou GBU-39 a reçu sa certification en septembre 2005, sa production en série a débuté en avril 2006, et les premiers exemplaires ont été livrés à l’US Air Force début septembre 2006, en avance sur le calendrier et à un coût moins élevé que prévu.

A cette occasion, le Maj. Gen. Jeffrey Riemer, responsable de la coordination du programme entre l’USAF et les différents fournisseurs, déclarait:

« Nous sommes enthousiasmés (excited) par le déploiement de cette arme, la SDB-1, qui vient s’ajouter aux diverses options létales du F-15E (Strike Eagle) dans la guerre contre le terrorisme. »

D’après lui, sa marge d’erreur à l’arrivée ne dépassait pas 1,20 m.

Le F-15E peut en emporter 4 sous son fuselage, avec un attelage BRU-61 d’un poids total en charge de 664 kg, au lieu d’une seule bombe ordinairement beaucoup plus lourde. Le lancement de chaque bombe est pneumatique et non par mise à feu d’une cartouche explosive, ce qui supprime l’entretien courant, facilite la manutention, et accélère le rechargement de l’avion au retour d’une mission. Celui-ci peut donc effectuer des frappes multiples et des rotations accélérées.

La précision, la fiabilité et la charge explosive limitée de la GBU-39, donc aussi sa moindre « létalité » (ou capacité meurtrière), réduisent fortement les risques de « dommages collatéraux ». Ce qui permet des emplois interdits jusque-là : contre des combattants ennemis situés à proximité immédiate de « troupes amies »… ou au milieu d’une population civile amie, neutre ou ennemie, que l’on est censé épargner d’après les « Lois de la guerre » et le Droit International. L’idéal, en somme, pour la guerre « anti-guérilla » ou « anti-terroriste »…

Dès le 5 octobre 2006, un mois après leur livraison aux Etats-Unis, deux avions F-15E « Strike Eagles » appartenant à la 494e Escadrille de Combat déployée en Asie du Sud-Est, en utilisaient des exemplaires pour la première fois contre des cibles réelles, en soutien aux troupes terrestres agissant en Irak.

Le général North célébrait l’événement dans les termes suivants:

« Grâce à sa taille réduite, nos avions peuvent en emporter sur le champ de bataille un nombre accru, apportant ainsi aux combattants au sol davantage de possibilités de défendre leurs positions, en détruisant avec précision des cibles qui pourraient menacer les vies de soldats américains, de la coalition ou irakiens.

« La SDB est exceptionnellement qualifiée pour des cibles urbaines exigeant une grande précision et des dommages collatéraux réduits, et pour des missions de soutien aérien rapproché auxquelles nos équipages se trouvent confrontés dans le cadre des opérations « Iraqi Freedom » et « Enduring Freedom ». Nous sommes maintenant en mesure d’intervenir en des endroits où les dommages collatéraux pourraient être un souci. »

Le 19 décembre 2006, la firme Boeing annonce que l’US Air Force lui verse 80 millions de dollars – sans doute à titre d’à-valoir – pour une première commande de 1600 SDB1 et divers équipements associés à la bombe. Il ne s’agit que d’un premier contrat, puisque « Boeing fabriquera plus de 24 000 SDB1 et 2000 supports livrables d’ici à 2015″.

11. Un brevet ambigu

« Bombe guidée » et de « petit diamètre », la GBU-39 ou SDB1 est le type même de « petite bombe intelligente » (« small smart bomb ») et autres « systèmes d’armes employant le même principe », que décrit le brevet « US Patent App.11/541,207, 2006″. Ce brevet est accordé à MM. SD Roemerman et JP Volpi – sûrement connus de la firme Boeing. Il est publié le 12 juillet 2007 mais semble remonter à novembre 2006, le mois précédant la commande de 1600 bombes passée à Boeing par l’USAF. En tout cas, c’est bien la GBU-39 qui est visée et protégée en priorité par ce brevet : elle y est expressément citée au § 43, ainsi que dans le tableau 2, continué page 8, colonne « Remarks », où elle est citée avec son poids effectif de 285 livres comme étant « la » SDB concernée par le brevet.

A la page 7 de ce document, le § 33 cite « le zirconium » comme exemple de « matériau pyrophorique » pouvant être incorporé dans une « petite bombe intelligente ». Le § 34 explique que « les matériaux non-explosifs auxquels ce document s’applique sont essentiellement inertes dans des environnements normaux et dans des conditions favorables » (« the non-explosive materials applied herein are substantially inert in environments that are normal under benign conditions »). Ce qui veut dire que « dans des conditions normales de manipulation » (« in normal handling »), ils ne risquent pas de « devenir destructeurs d’une façon soit explosive, soit incendiaire » (« to become destructive in an explosive or an incendiary manner ») car « le facteur explosif potentiellement létal est minime ou inexistant. »

Or, voici la liste de ces « matériaux sélectionnés » (selected materials) cités en exemple pour leur « inertie »:

« le tungstène, l’acier trempé, le zirconium, le cuivre, l’uranium appauvri, et autres matériaux de ce genre » « (e.g. tungsten, hardened steel, zirconium, copper, depleted uranium and other like materials) ».

L’uranium appauvri !

Dans un texte juridique où chaque mot compte et peut coûter ou rapporter des millions de dollars, rien n’est laissé au hasard. Alors pourquoi avoir cité un produit aussi « mal famé » que l’uranium appauvri ?

Serait-il cité là par erreur, par inadvertance, ou parce que ce serait un matériau « exemplaire » ? Non, certes. Mais parce qu’il faut l’avoir cité au moins une fois dans la « patente » pour que sa mise en œuvre soit, à l’avenir, protégée de la concurrence devant les tribunaux. Une fois, mais pas plus et en passant, dans une énumération, pour éviter d’attirer l’attention sur « ce genre de matériau ».

Voilà sans doute pourquoi il n’est pas repris dans le tableau 1 qui, sur la même page, énumère les matériaux entrant dans la composition d’une « petite bombe intelligente », avec, pour chacun, sa fonction, sa nature, sa densité, son poids et son volume.

Sont cités: en première ligne, le tungstène, en tant que « ballast » (il est donc retenu ici avant tout pour son poids, et c’est justement le principal mérite de l’UA). Puis l’aluminium, le pyrex, l’acier, des matériaux électroniques divers, des polymères et enfin l’explosif (sans indication de poids). Le nom de la bombe n’est pas donné. Le poids total, étonnamment précis, est aussi dérisoirement petit (25,036 livres). En fait il faut le multiplier par 10 (donc aussi le poids des composants) pour obtenir le poids réel : 250 livres – sans compter le poids d’explosif. Ce qu’il faut retenir du tableau, c’est surtout le rapport de poids entre les différents matériaux. Sur 25,036 livres, le « ballast » en « tungstène », représente à lui seul 20,239 livres, soit plus de 80 % du poids total, hors explosif. Et si l’on multiplie par dix : 202,39 livres. Soit approximativement 80 kg.

Hypothèse:

L’« uranium appauvri » dont il est question au § 33 a été remplacé, dans le tableau 1, par le mot « tungstène ». Procédez à l’opération inverse : remplacez « tungstène » par « uranium appauvri », et vous avez le poids d’UA dans une SDB1 : 80 kg. Ou peut-être un peu moins, s’il entre dans un alliage dont les autres composants ne sont pas cités, secret industriel oblige… Hypothèse, bien sûr !

12. Gaza, terrain d’essai

Le coût réduit de la GBU-39 (mais les estimations varient : de moins de 30 000 $ – prix d’ami pour l’USAF – à 100 000 dollars pièce, tout de même…) est intéressant pour les clients en général et Israël en particulier (pour qui il est question quelque part de 67 000 $ l’unité). Il se peut même qu’en échange de son expérimentation massive sur le terrain, in vivo, Israël ait bénéficié d’une grosse ristourne, voire d’une livraison gratuite. Car on ignore en fait les conditions réelles du transfert… et Boeing a nié officiellement y avoir procédé ! Alors qui ?

L’ensemble de ses caractéristiques fait de la GBU-39B, version SDB1, l’arme idéale pour l’offensive contre Gaza.

Une version capable de frapper des cibles mobiles (SDB2) a également été commandée à Boeing, associé cette fois à Lockheed. Il était prévu que son développement aboutisse fin 2009, les essais de qualification étant programmés pour avril 2009. Rien n’autorise à penser que l’armée de l’air israélienne ait déjà disposé de tels engins en décembre 2008, dont elle n’avait d’ailleurs nul besoin – à moins bien sûr que « Plomb durci » ait aussi servi de banc d’essai à quelques prototypes de SDB2.

La capacité de pénétration de la GBU-39 permet de détruire aussi bien les sites enterrés de lancement de roquettes que les tunnels ou les boyaux souterrains du « Corridor Philadelphie ».

Sa précision permet d’atteindre des cibles fixes prédéfinies, tout en réduisant les « dommages collatéraux » dans la population civile – de surcroît avertie par tracts ou par téléphone mobile d’avoir à évacuer au plus vite les cibles, c’est-à-dire les maisons ou les sites liés d’après Tsahal aux infrastructures du Hamas, à la fabrication, au stockage ou au lancement de roquettes Qassam contre le sud d’Israël. Ce qui réduit d’autant le risque politique, juridique et diplomatique, d’être accusé de perpétrer des massacres et des crimes de guerre.

Avec la semi-vacance du pouvoir aux Etats-Unis pendant la période de transition entre l’administration Bush et l’administration Obama, présumée beaucoup moins favorable à une action militaire (on note d’ailleurs qu’Israël interrompt « Plomb durci » deux jours avant l’investiture d’Obama), avec l’expiration de la trève acceptée 6 mois plus tôt par le Hamas, avec les fêtes de fin d’année propres à détourner l’attention de l’opinion mondiale, la disposition et la maîtrise des GBU-39 par l’IAF (Armée de l’Air Israélienne) explique le « timing » de l’opération. Début septembre 2008, on l’a vu, le Congrès américain a autorisé la vente de 1000 exemplaires à Israël. Elles lui sont livrées début décembre. Il faut les rendre opérationnelles. Monter les racks sur les F15E. Préparer le support logistique. Entraîner les équipages. Le 19 décembre, la trève expire. Le 27 décembre, l’offensive aérienne commence. Un samedi, jour de shabat, histoire d’augmenter la surprise.

Le problème, c’est que la GBU-39, si elle limite les risques de crimes de guerre, entraîne le crime contre l’humanité. Il y a en effet « un souci » qui n’apparaît dans aucun descriptif : l’Uranium appauvri.

13. « Le génocide de Gaza a commencé »

Gaza est une étroite bande de terre hébergeant sur 360 Km2 près d’un million et demi d’habitants, avec une densité de 3823 habitants au Km2.

La coque des bombes GBU-39 contient de l’Uranium « appauvri », ce n’est qu’une façon de parler. Il est appauvri en U235, mais enrichi en U238 – qui perd la moitié de sa radioactivité en 4,5 milliards d’années.

L’UA est un redoutable poison chimique et radiologique qui brûle aisément à l’impact et se transforme en particules radioactives extrêmement petites (micrométriques et même nanométriques, c’est-à-dire de l’ordre du millionième de millimètre) qui échappent à toute barrière et tout type de masque à gaz. Les produits de toutes ces combustions d’uranium voyagent avec les mouvements de l’air, contaminent l’atmosphère et pénètrent dans les organismes via la respiration, l’ingestion ou les moindres blessures. Ainsi, une partie de l’uranium se retrouve sous forme d’oxyde d’uranium radioactif invisible dans l’atmosphère que les populations respirent, tandis qu’une autre partie contamine les sols, les sous-sols, les nappes phréatiques, la végétation et la chaîne alimentaire.

Les conséquences de l’utilisation de bombes à l’UA en Afghanistan [http://acdn.france.free.fr/spip/article.php3?id_article=8 ] et en Irak [http://acdn.france.free.fr/spip/article.php3?id_article=444 ] sont parfaitement connues, démontrées et dénoncées par de nombreux scientifiques [http://acdn.france.free.fr/spip/article.php3?id_article=394 ] – sinon tous, excepté ceux dont le salaire émarge aux budgets des armées américaine, française, israélienne… et autres. Elles ont été rendues dramatiquement visibles par les photos insoutenables de nouveaux nés mal formés [http://acdn.france.free.fr/spip/article.php3?id_article=200 ].

On imagine sans peine les conséquences catastrophiques que de tels bombardements pourront avoir sur la population de Gaza : cancers, malformations congénitales, maladies du système immunitaire… et ce d’autant plus qu’elle souffre de malnutrition chronique et de manque de soins, en raison notamment du blocus israélien.

Lorsqu’ils ont décidé de larguer des bombes GBU-39 contenant de l’UA sur des zones densément peuplées de Gaza, les responsables israéliens ne pouvaient pas ne pas en connaître les effets. Mais la population israélienne, dont on peut comprendre la lassitude et l’exaspération sous les tirs de Qassam et d’obus de mortiers, les connaît-elle, aujourd’hui encore ?

Se doute-t-elle que son gouvernement, tout en déclarant viser les dirigeants, les militants et les installations du Hamas, procédait, délibérément ou non, à un « nettoyage ethnique » lent de la population palestinienne, qui sera inéluctablement contaminée, et à une destruction de son environnement ? Mesure-t-elle le risque qu’elle court d’en devenir elle-même victime, puisque les mouvements atmosphériques ne s’arrêtent pas aux frontières de Gaza ? Sait-elle que, même s’ils sont revenus indemnes ou légèrement blessés de cette opération terrestre, les soldats de Tsahal peuvent avoir été eux aussi marqués à vie dans leurs poumons, leur sang ou leur capital génétique par les effets de cette arme perverse ?

14. Lettre à Ban Ki-moon : les Nations Unies doivent enquêter

Le dimanche 18 janvier 2009, le jour même où Israël annonce qu’il cesse son opération militaire, nous envoyons par fax et par courriel une lettre au Secrétaire général de l’ONU, M. Ban Ki-moon. Elle évoque les armes radioactives employées à Gaza, les précédents connus, en Irak, dans les Balkans et en Afghanistan, et poursuit:

« Le même malheur risque de survenir dans la bande de Gaza et dans les pays voisins, comme l’Egypte, la Jordanie, et Israël lui-même. En outre, les nanoparticules d’uranium en suspension dans l’atmosphère peuvent voyager beaucoup plus loin encore, de sorte qu’aucune partie de la planète ne se trouve à l’abri de leur contamination.

« En s’attaquant à l’ADN des cellules, l’uranium inhalé, ingéré ou passé dans le sang ne multiplie pas seulement les cancers et diverses pathologies, il s’attaque aussi au patrimoine génétique de ses victimes. Il contamine l’environnement pratiquement pour l’éternité, puisque l’U238, principal composant de l’UA, a une demi-vie radioactive de 4,5 milliards d’années.

« Les armes à Uranium appauvri présentent donc un caractère génocidaire, voire anthropocidaire, et leur emploi relève du crime contre l’humanité.

« Nous avons conscience que seuls des prélèvements sur place et des analyses scientifiques approfondies, multiples, contradictoires et objectives, permettraient soit de vérifier nos craintes en mettant en évidence la présence de matières radioactives, soit de les écarter, ce dont nous nous réjouirions au plus haut point. Si des matières radioactives sont trouvées, des mesures d’urgence devront être prises pour décontaminer les lieux, informer et protéger la population dans toute la mesure du possible.

« C’est pourquoi nous vous demandons instamment de bien vouloir ordonner dans les plus brefs délais une enquête sur le terrain, à la recherche de traces radioactives. Nous présumons que le Programme des Nations Unies pour l’Environnement pourrait en être chargé, puisque lors d’une précédente affaire sur laquelle l’une de nos associations avait eu l’occasion d’attirer votre attention et celle de l’AIEA, cette dernière nous a fait savoir que ce type d’enquête n’entrait pas dans le cadre de ses missions. »

La lettre est cosignée par Jean-Marie Matagne pour ACDN, Paolo Scampa, pour l’Association Internationale pour la Protection contre les Radiations Ionisantes (A.I.P.R.I.) et Alain Acariès, père d’un casque bleu de la FORPRONU (Balkans) décédé des suites d’une contamination -démontrée par les analyses d’un laboratoire italien- par des nanoparticules issues de l’usage d’armes à l’uranium appauvri, et par ailleurs secrétaire d’AVIGOLFE.

Ils suggèrent de confier cette enquête au Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE), qui a déjà enquêté sur ce sujet dans les Balkans et qui a su trouver de l’uranium appauvri là où il y en avait.

De leur côté, les ambassadeurs des pays arabes accrédités en Autriche font remettre le 19 janvier, par le Prince Mansour Al-Saud, une lettre à l’Agence Internationale de l’Energie Atomique dans laquelle ils s’inquiètent de l’information « médicale et médiatique » selon laquelle « des traces d’uranium appauvri ont été trouvées dans des victimes palestiniennes ». Ils demandent à l’AIEA de mener « une enquête radiologique et physique en vue de vérifier la présence d’uranium appauvri dans les armes utilisées par Israël dans la bande de Gaza. » L’AIEA fait rapidement savoir qu’elle agrée la demande et va mener l’enquête. Ce qui écarte le PNUE de cette mission.

Quatre mois plus tard (mai 2009), l’AIEA n’a pas trouvé un seul expert à envoyer sur le terrain. Il est vrai qu’avant même la venue des enquêteurs sur le terrain, le porte-parole du gouvernement israélien avait assuré qu’ils ne trouveraient rien. Précédemment, le chef d’état-major de Tsahal avait commencé par nier, le 13 janvier, l’usage de bombes au phosphore blanc qui sautait pourtant aux yeux de tout le monde, avant d’être obligé de le reconnaître le 20 janvier et de se replier sur une deuxième ligne de défense : « ce sont des armes autorisées ». Oui, tout juste tolérées – mais tout de même pas contre des civils… Quant à la radioactivité des GBU-39, nous comprendrons plus loin pour quelles raisons techniques Tsahal croit pouvoir encore moins être prise « la main dans le sac ».

15. L’art de l’esquive

Les GBU sont construites aux Etats-Unis par la firme Boeing dans son usine de Saint Louis (Missouri). Sachant cela, un citoyen américain resté « sceptique » devant les assertions d’ACDN, Jack Cohen, demande au ministère de la Défense (DOD) des Etats-Unis s’il y a ou non de l’uranium appauvri dans les GBU-39. En attendant la réponse du ministère, il pose au responsable de la communication de Boeing la question suivante : « L’usine Boeing de Saint Louis a-t-elle une licence du ministère de l’Energie (DOE) pour détenir ou traiter de l’uranium appauvri ? » (« Does the Boeing facility in St. Louis have a DOE license for holding or handling depleted uranium ? »). Il reçoit cette réponse : « Boeing n’a pas de licence, étant donné qu’il n’y a pas d’activité relative à l’uranium appauvri dans notre usine de Saint Louis/Saint Charles. » (« Boeing does not have a license as there is no depleted uranium activity at our St. Louis/St. Charles facility. »)

Mais en analysant de près cette réponse, on s’aperçoit que, malgré ses allures de démenti, elle n’implique nullement qu’il n’y ait pas d’uranium appauvri dans les GBU-39 : leur « construction » à Saint Louis peut se limiter au montage de pièces détachées, elle n’implique ni hauts fourneaux, ni fonderie pour les alliages métalliques, ni même l’usinage des pièces. Pour remonter la piste de l’uranium appauvri, il faudrait s’adresser aux laboratoires de l’USAF, ou au sous-traitant qui fournit le corps de bombe. Mais l’USAF, également interpellée par Jack Cohen, a sa réponse toute prête : « No comment ». Comme prévu.

16. La GBU-39B : portrait au 20 mai 2009

Les informations accessibles dans le domaine public et celles recueillies de plusieurs sources par Jean-François Fechino aboutissent, à ce jour et sous réserve des modifications qu’autorisera l’afflux de nouvelles informations, à dresser de la GBU-39B le portrait suivant :

La GBU-39B pèse au lancement 130 kg (285 livres anglaises, ou lb, la livre anglaise pesant 453,592 grammes). La bombe proprement dite pèse, si c’est bien le cas, 113 kg (250 lb).

La différence, soit 17 kg, correspondrait au « kit de navigation », lequel comprend:

•une coque extérieure en carbone, très légère et très lisse, favorisant la pénétration dans l’air ;
•rattachés à cette coque, un empennage et des ailes, eux aussi en carbone ; les ailes, repliées au départ, se déploient quelques secondes après le lancement, lorsque la bombe a pivoté sur elle-même de 180° ;
•un servomoteur et des petits vérins permettant de déployer les ailes et de varier ultérieurement leur ouverture et leur orientation pour régler la trajectoire sde la bombe ;
•un système anti-brouillage de positionnement GPS et de navigation (Advanced Anti-Jam GPS aided Inertial Navigation)
L’ensemble de ce kit explose à l’impact sur la cible.

La bombe elle-même pesant 113 kg, comprend :

•un détonateur pouvant être programmé pour provoquer l’explosion juste avant, pendant ou après l’impact sur la cible, selon l’effet recherché ;
•près de 23 kg d’explosif (50 lb soit 22,680 kg) : le tritonal, un dérivé de perchlorate d’ammonium dans lequel l’alumine a été remplacée par de la poudre d’UA (à hauteur de 10%), et auquel a été ajouté du fulminate.
Le tritonal est classé dans la catégorie des explosifs à haute énergie (HE), il se présente sous forme d’un solide légèrement pulvérulent qui réagit à la moindre étincelle électrique. On le coule en forme de boudin serré qui va se consumer à très haute vitesse et dégager un gaz qui, comprimé par l’enveloppe de la bombe, la fait exploser et voler en éclat, le tout à une vitesse de l’ordre du centième de seconde.

Cet explosif hyper puissant assure une grande vélocité aux « échardes de métal », lesquelles s’enfoncent dans tout de ce qui se trouve sur leur passage et s’enflamment du fait qu’elles contiennent de l’Uranium Appauvri pyrophorique. Elles traversent les corps humains de part en part et seul le béton les arrête à une profondeur d’environ un mètre. Ensuite, elles brûlent, en dégageant un maximum de chaleur et un minimum de fumées… et ce en raison des « mini impacts » largement répandus autour de la cible.

Il n’est pas exclu toutefois que les GBU-39 ou certaines d’entre elles aient été chargées du dernier cri en matière d’explosif : le D.I.M.E. (Dense Inert Metal Explosive).

•une coque (cover) métallique constituée d’un alliage composé de 10 % de titane, 10% de tungstène, 80 % d’uranium appauvri.
L’alliage Ti/Tu/UA est « friable » et « préformé » en « aiguilles d’aciers » ou échardes d’acier (preformated alloy iron sharps). L’explosion est réalisée pour les faire « voler en éclats » selon leurs « préformatages ». Elles tiennent en raison du moulage lors de la coulée et sont maintenues en forme (en dépit des contraintes de forces et de vitesse) par le manteau de fullérènes qui, lui aussi, explose en échardes.

•une couche ou « manteau » (coat) de 2,5 mm d’épaisseur, constituée de fullerènes.
Cette couche enveloppant la coque métallique est destinée à renforcer sa dureté lorsqu’elle pénètre dans la cible après dislocation de l’enveloppe extérieure, et surtout à protéger l’UA d’un frottement prématuré ou excessif lors de la pénétration dans la cible, en particulier lorsqu’il s’agit de bétons ultra durs (enforced ultra strong concrete) dans lesquels on a mélangé de la fibre de carbone ou carbure de tungstène (carbon tungsten fibers).

Les fullerènes sont un nouveau « type de carbone » à structures moléculaires renforcées, issu directement des laboratoires militaires de Los Alamos en liaison avec la recherche en nanomatériaux et structures de métaux, tant universitaire que privée. Aussi résistants que le diamant, les fullerènes se présentent extérieurement sous forme de suie noire.

Comme pour les autres armes expérimentées à Gaza, les matériaux et les autres caractéristiques des GBU assurent, avec l’ensemble du dispositif de leur mise en œuvre, un « service multiple » de destruction et de morbidité:

•pénétration en profondeur des cibles enfouies sous terre, même les mieux protégées (bétons à hautes, très hautes ou ultra hautes performances ; blindages épais en acier, ou en acier renforcé à l’UA) ;
•explosion différée jusqu’à la profondeur voulue et programmée ;
•explosion ultérieure et autodestruction de l’engin, dans le cas où le dispositif primaire de mise à feu aurait échoué ;
•destruction « classique », par effet de souffle, de la cible, depuis l’intérieur même ;
•projection d’échardes métalliques dans les corps inertes ou vivants situés à l’intérieur ou à la périphérie de la cible, avec effet de « décapitation » ou d’ « amputation » sur les corps humains ;
•crémation externe et interne des corps, les échardes métalliques devenant elles-mêmes des brandons ;
•chez les blessés survivants, impossibilité de distinguer les éclats métalliques et de les extraire par une opération chirurgicale ;
•réduction de la durée de survie des blessés et des brûlés, par empoisonnement interne, radiotoxique et chimique, dû à l’uranium appauvri ou à ses descendants ;
•contamination radioactive de l’environnement naturel par dispersion, sur les lieux mêmes des explosions et au-delà, de nanoparticules d’uranium appauvri et d’autres radionucléides issus de l’uranium ;
•atteintes au génome de la population.
En un mot: Des armes génocidaires.

17. Combien d’uranium, et où ?

Boeing annonçait un corps de bombe (Warhead) de 206 livres ou 93 kg. (en fait 93,44 kg). Ce chiffre n’inclut pas le poids d’explosif. Mais il contredit d’autres données déjà citées, d’après lesquelles « la GBU-39B est équipée d’une tête ou corps de bombe (warhead) de 250 livres… contenant 50 livres d’explosif », ce qui implique logiquement que le corps de bombe pèse seulement 200 lb, soit 90,718 kg. Il faut donc supposer que Boeing y ajoute les poids, relativement minimes, du « manteau » de fullerènes et du détonateur – poids qu’il convient alors de déduire des 35 livres ajoutées à la « bombe nue » par le kit de navigation, pour conserver 50 livres d’explosif.

Quoi qu’il en soit, la coque métallique de la GBU-39 dépasse les 90 kg : elle pèse au maximum 93 kg, au minimum 90,718 kg. Admettons ce dernier chiffre. 80% d’Uranium Appauvri sur 90,718 kg d’alliage métallique font 72,57 kg. Si l’on y ajoute les 2,26 kg d’UA mélangé à l’explosif, lorsque la bombe atteint sa cible (une fois débarrassée de sa gangue de carbone, ses ailes, sa queue, etc.) le poids total d’Uranium Appauvri dans une GBU-39B doit être, approximativement, de 75 kg (74,83 kg). (Si les 206 livres dont parle Boeing se rapportaient seulement à la coque métallique, le poids d’UA atteindrait 77 kg.)

C’est cette masse extrêmement compacte, ce « lest » (« ballast »), arrivant en piqué, donc à grande vitesse (en effet, dans la dernière partie de sa trajectoire, la bombe est orientée de façon à chuter aussi verticalement que possible) qui permet à la GBU-39 de percer, avant d’exploser, au moins 90 cm de béton armé de haute résistance (le double selon plusieurs sources dont GlobalSecurity, qui rapporte que dès les premiers essais, elle a été capable de percer 6 pieds de « béton renforcé ») ou plusieurs dizaines de mètres de terre – jusqu’à 60 mètres… voire 100 mètres de profondeur dans un sol meuble. Et d’exploser à la profondeur programmée.

En fonction des informations parfois contradictoires dont nous disposions précédemment, nous avions largement sous-estimé le poids minimal d’uranium appauvri compris dans une GBU-39 et dispersé par son explosion. Aujourd’hui, nous pensons pouvoir dire que son poids réel doit tourner autour de 75 kg et rejoint l’hypothèse tirée de l’analyse du brevet déposé.

Si l’on suppose qu’Israël a « consommé » dans l’opération « Plomb durci » la totalité des 1000 GBU-39B (mais il peut en avoir gardé en réserve, par ex. pour l’Iran), ce seraient donc quelque 75 tonnes d’UA qui auraient été dispersées dans le sol et le sous-sol de la bande de Gaza, en partie dans les sites suspectés d’héberger des lance-roquettes, en partie et surtout dans les tunnels du « couloir Philadelphie » courant près de Rafah le long de la frontière égyptienne. Soit, sur une surface très restreinte et en plein cœur de zones peuplées, le cinquième du tonnage d’UA qui, selon des estimations généralement admises, aurait été dispersé sur l’ensemble du territoire irakien pendant toute la « guerre du Golfe » de 1991.

Il est pour le moins hautement probable que plusieurs centaines de GBU-39 ont été utilisées pendant l’opération « Plomb durci », injectant plusieurs dizaines de tonnes d’Uranium Appauvri dans le sol de Gaza. Mais qu’en reste-t-il sur le terrain, en surface ?

Rien à première vue. Pourquoi ?

•Parce que la radioactivité, invisible, inodore et sans saveur, peut être présente sans que personne ne s’en aperçoive ; parce qu’il faut, pour s’en apercevoir, disposer de récepteurs spéciaux (compteurs Geiger, « Quartex »…), les placer très près de la source d’émission et être capable de les interpréter ; parce que le temps qui passe et les travaux de remblaiement rendent chaque jour plus difficile la collecte des indices à Gaza.
•Parce que, contrairement à bien d’autres armements retrouvés sur place, y compris un corps entier, non radioactif, de GBU-10, semble-t-il, ayant fait long feu (voir les photos dans le « rapport préliminaire » de J-F Fechino), on ne retrouvera probablement aucun élément des corps de bombe de GBU-39 : pour le cas justement où elles feraient long feu, ces bombes ont été dotées d’un dispositif d’autodestruction à retardement.
•Parce que l’Uranium Appauvri est constitué à 99,8 % d’Uranium 238 et qu’aucune des ondes émises par l’U238 -toutes dangereuses pour la santé- ne peut traverser plusieurs mètres de terre : ni les ondes alpha (qui sont arrêtées par la peau, mais sont aussi les plus nocives pour l’ADN lorsqu’elles franchissent cette barrière par inhalation ou par ingestion), ni les ondes bêta, ni même les ondes gamma (les plus puissantes).
•Parce que les micro ou nanoparticules d’UA qui ont pu remonter par l’évent de pénétration de la bombe au moment de son explosion ont été aussitôt dispersées dans l’atmosphère, où elles se sont confondues avec le « bruit de fond » de la radioactivité naturelle ou artificielle préexistante, qu’elles ont augmentée sans qu’on puisse leur en attribuer la responsabilité.
•Parce que la plus grande masse des particules d’UA se trouve emprisonnée sous terre, là où les bombes ont explosé… sans pour autant faire de cratère. En effet, la puissance de l’explosion est délibérément limitée. Son aire de souffle n’excède pas un diamètre de 26 pieds (moins de 8 mètres). Sous terre, elle crée seulement une sorte de cavité temporaire qui peut s’effondrer ensuite sur elle-même.
Elles ne vont pas cesser pour autant de faire des dégâts.

D’abord, dans son « rapport préliminaire » sur Gaza, J-F Fechino signale avoir relevé en plusieurs endroits des taux de radioactivité double des valeurs moyennes données par l’AIEA pour les mêmes lieux. Cette augmentation de la radioactivité ambiante n’a rien d’anodin, puisque on sait qu’il n’existe pas de dose minimale inoffensive pour l’être humain.

Ensuite, les Gazaouis qui ont reconstitué depuis janvier 2009 des tunnels dans la zone bombardée risquent de traverser des zones contaminées, d’inhaler des particules radioactives, et de développer à plus ou moins brève échéance des cancers et des symptômes comparables à ceux décrits dans le « syndrome du Golfe ».

Enfin, les radioéléments restés sous terre finiront par se retrouver dans les nappes phréatiques et par suite, dans la chaîne alimentaire.

Seule l’analyse d’échantillons prélevés à la bonne profondeur sur les lieux où l’on sait que des bombes ont explosé permettra de constater la contamination et la réalité du risque radioactif.

Ensuite, pour isoler et interdire d’accès les zones concernées en attendant (ou à défaut) de les décontaminer au moyen de gigantesques travaux de terrassement, les indications de l’Armée de l’Air Israélienne se révéleront indispensables. Elle seule peut dire avec précision quel type de bombe a été utilisé en tel et tel endroit, et à quelle profondeur les bombes étaient censées exploser.

Paradoxalement, et non sans un certain cynisme, Israël pourrait trouver intérêt à reconnaître l’usage de bombes radioactives : si nos assertions sont exactes, c’est quasiment tout le « corridor de Philadelphie » qui est, en profondeur, devenu radioactif – ce qui condamne le percement et l’usage de tunnels… Il va sans dire que le meilleur moyen d’éliminer ce risque, sinon le seul, serait de rendre les tunnels inutiles, c’est-à-dire de lever enfin le blocus inhumain et illégal de Gaza.

18. Autres armes mises en œuvre à Gaza

Les GBU-39 ne sont pas les seules bombes à avoir été utilisées contre les tunnels du couloir Philadelphie, loin s’en faut. Dès le 1er janvier, un journaliste italien (Pietro Battachi, dans “l’Occidentale”) signale que « ses sources » (militaires ou gouvernementales, manifestement) « parlent de dizaines de couloirs souterrains détruits par les GBU-28 de 5000 livres » (Le fonti parlano decine di corridoi sotterranei centrati dalle GBU-28 da 5000 libbre). Il n’est pas exclu, bien sûr, que les GBU-28 (des « bunker busters » conventionnels) soient citées à la place des GBU-39, qui peuvent faire le même travail en profondeur que les GBU-28, en pesant 16 à 20 fois moins. Des « bunker busters” de fabrication israélienne comme la bombe PB500A1 de 1000 livres (425 kg) ou la Mk82 de 500 livres (227 kg) ont été aussi utilisées.

Les GBU-39 font partie, avec les munitions à fléchettes, les munitions au phosphore blanc, les munitions au DIME, de ces armes meurtrières que les dirigeants politiques et les chefs militaires israéliens n’ont pas hésité à mettre en œuvre au beau milieu de la population de Gaza et souvent directement contre elle.

Les dirigeants israéliens ne reculent pas devant l’emploi d’armes radioactives. La preuve : sur la photographie ci-dessous, on voit le soldat Idan Cohen, camarade du soldat Gilad Shalit, employé dans la même brigade de tank, le long de la frontière de la bande de Gaza. Elle est parue le 25 juin 2007 sur le site internet Ynet, du quotidien israélien à grande diffusion Yedihot Aharonot. Il porte sur l’épaule un obus-flèche dont la flèche est en uranium appauvri.

Pour mesurer ce que toutes ces armes signifient concrètement, il faut se reporter aux descriptions faites, par les chirurgiens présents à Gaza, des effets sur les victimes des « nouveaux types d’armes » ou des matériaux (phosphore blanc, DIME, tungstène, Uranium appauvri…) employés pendant l’opération « Plomb durci » : « A 2 mètres, le corps est coupé en deux ; à 8 mètres, les jambes sont coupées, brûlées comme par des milliers de piqûres d’aiguilles. » Les blessés survivants « n’ont aucune trace de métal dans le corps, mais des hémorragies internes étranges. Une matière brûle leurs vaisseaux et provoque la mort, nous ne pouvons rien faire. » (Dr Mads Gilbert, Le Monde, 12 janvier) « Quand on commence à opérer, tout semble en ordre… Mais ensuite on découvre des dizaines de minuscules particules dans tous leurs organes. On dirait qu’un certain type d’explosif ou d’obus les a dispersées partout, et ces blessures miniatures, impossible de les opérer. » (Dr. Jam Brommundt, médecin allemand travaillant à Kham Younis, au sud de la bande de Gaza)

Comment ne pas se demander avec le Dr Gilbert : « Se peut-il que cette guerre soit le laboratoire des fabricants de mort ? Se peut-il qu’au XXIe siècle on puisse enfermer un million et demi de personnes et en faire tout ce qu’on veut en les appelant terroristes ? » Et comment qualifier cette « guerre » qui fait d’un côté 14 tués (11 soldats israéliens, dont 4 victimes d’un « tir ami », et 3 civils, victimes d’un tir de roquette) et 50 blessés, et de l’autre côté, au moins 1330 tués et 5450 blessés, pour la plupart des civils, dont une moitié d’enfants ? (Source : Foreign Policy In Focus, Conn Hallinan, 11 février 2009)

A un contre cent, est-ce encore un combat, ou est-ce un jeu de massacre ? Une collection de crimes de guerre ? Le début d’un génocide qui n’ose pas dire son nom et qui se cache derrière la mémoire d’un autre génocide ?

Toutes les armes de guerre sont, par nature, « létales ». Mais celles qui utilisent des matériaux radioactifs, sous forme d’explosif comme dans les armes atomiques ou thermonucléaires, sous forme d’enveloppe métallique ou de pénétrateur pyrophorique comme dans les munitions à Uranium appauvri, ont une particularité qui devrait les prohiber dans tous les cas de figure : outre leurs effets directs plus ou moins « limités » selon la puissance de l’explosion, elles ont aussi et toujours des effets collatéraux « contaminants » pratiquement illimités dans le temps et l’espace.

Ce sont donc des armes triplement criminelles:

En tant qu’armes de guerre (puisque la charte de l’ONU, on l’oublie trop souvent, prohibe la guerre comme moyen de régler les conflits) ; en tant qu’armes génocidaires ; en tant qu’armes écocidaires.

19. Les enjeux

Reconnaître l’extraordinaire nocivité des armes radioactives, en particulier des armes à « Uranium appauvri » aurait d’immenses conséquences – avant tout économiques et financières.

Cette reconnaissance impliquerait que les États responsables de leur emploi versent des indemnités compensatoires aux victimes de ces armes – si tant est que leurs effets puissent jamais être compensés- ou aux familles des victimes décédées.

Elle impliquerait de soigner les victimes encore en vie, tant civiles que militaires, ce qui coûterait fort cher ; il est donc préférable qu’elles meurent à petit feu, dans le déni des causes de leur sort. Car comment prouver aux commissions de pension militaire, des mois ou des années après avoir été exposé à de l’uranium appauvri – ou aux retombées d’une explosion nucléaire -, que le cancer des reins ou des poumons qu’on développe, ou la malformation congénitale de son enfant, sont dus à cette exposition ? De nombreux phénomènes peuvent les expliquer… Seuls les militaires blessés (en général par un « tir ami »…) et ayant conservé dans leur corps des particules décelables d’Uranium appauvri ont quelque chance d’en être reconnus victimes.

Cette reconnaissance impliquerait :

•que toutes les armes comportant de l’uranium appauvri – munitions de toutes sortes : balles, obus, bombes, missiles, mines, mais aussi chars blindés à l’UA, comme le char Leclerc des Français ou ses homologues étrangers – soient retirées du service, donc remplacées (les armées ont horreur du vide), ce qui coûterait une fortune. De plus, l’uranium « réformé » devrait être rendu inoffensif, ce qui est impossible, ou stocké en lieu sûr et surveillé, ce qui coûterait encore plus cher.

•qu’on cesse de les produire, ce qui mettrait au chômage nombre de « travailleurs de l’armement », donc accroîtrait la crise économique. Et surtout, ce qui réduirait les profits des actionnaires de Boeing, Lockheed, Raytheon et Cie. On sait que Boeing est déjà engagé pour plus de 24 000 GBU-39. Mais certains ont avancé pour les décennies à venir le chiffre de 150 000 unités. Sans parler de la GBU-40 (SDB2). Un programme de plus de 4 milliards de dollars à annuler, et le fleuron de l’USAF réduit à néant.
•qu’on réhabilite les sites contaminés, ce qui coûterait encore une fortune.

Ainsi, selon Jean-François Fechino, les 88 bombes à sous munitions CBU-105 WCMD-SWF, pesant chacune 417 kg, qui ont été larguées par les bombardiers B-1B pendant la guerre d’Irak de 2003 ont dispersé leur uranium sur une surface cumulée de 44 km2. Les 818 CBU-103 WCMD (autres bombes à sous munitions, de 429 kg), l’ont dispersé sur une surface cumulée de 218 km2. Et ce n’est là qu’une toute petite partie de l’uranium appauvri déversé au total en Irak : au moins 350 tonnes en 1991, et certainement plus de 1200 tonnes depuis 2003.
•que les responsables de ces crimes à l’Uranium appauvri soient traduits en justice.
•et enfin, que soit remis en cause l’ensemble de l’industrie nucléaire civile et militaire, grande pourvoyeuse d’uranium appauvri dont on ne sait que faire et que l’on « recycle » dans le secteur militaire.
Dans ces conditions, on comprend que certains dirigeants préfèrent conduire insidieusement la population du globe à sa perte.

20. La charge de la preuve

Nous avons, dans ce qui précède, décrit de manière précise les GBU-39. Cette description n’est pas exhaustive ; il se peut qu’elle soit inexacte sur certains points de détail. Mais nous avons aussi et surtout affirmé que les GBU-39 contiennent chacune une masse très importante, égale ou supérieure à 75 kg d’uranium appauvri.

Si nous sommes dans l’erreur sur ce point essentiel, c’est à l’armée israélienne et à l’USAF, désormais, d’en apporter la preuve.

Comme utilisatrice et comme pourvoyeuse, elles doivent nous dire de quel alliage métallique est constitué le corps de bombe. Nous expliquer pourquoi les personnels bien informés (ils ne le sont pas tous, loin s’en faut) le considèrent comme « du métal chaud, très chaud » (« hot, very hot metal ») – en clair : radioactif – et pourquoi ceux qui le manipulent portent une combinaison spéciale. L’USAF doit nous expliquer pourquoi, en Afghanistan où elle utilise également des GBU-39, elle oblige les militaires alliés arrivant sur les lieux d’un bombardement à porter des combinaisons NBC. Les prétextes avancés sont spécieux.

L’Armée de l’Air Israélienne (Israeli Air Force) et l’US Air Force doivent laisser des experts indépendants équipés de compteurs Geiger accéder aux armes elles-mêmes, de préférence sans préavis et dans n’importe quel arsenal pour ne pas avoir le temps de les leurrer, comme les Israéliens surent si bien le faire lorsque le « centre de recherches nucléaires » de Dimona fit, dans les années 60, l’objet d’une unique visite d’inspection américaine : les étages souterrains voués à la production de plutonium militaire furent si bien masqués que les inspecteurs en ignorèrent l’existence.

Israël doit indiquer précisément les lieux où les GBU-39 ont été employées, en faciliter l’accès aux experts et autoriser le prélèvement d’échantillons pour analyse approfondie par des laboratoires indépendants. Aucun « secret industriel », aucun « secret défense » ne saurait être invoqué contre une telle enquête. Tout refus, au contraire, devrait être interprété comme un aveu du crime.

21. Dernière minute, 20 mai 2009 : la preuve est là

En avril 2009, une mission de 4 personnes dont Jean-François Fechino s’est rendue à Gaza sous l’égide de la Commission Arabe des Droits Humains. Les échantillons de terre et de poussières rapportés de Gaza ont ensuite été soumis à l’analyse d’un laboratoire spécialisé. Celui-ci y a trouvé de l’Uranium Appauvri (radioactif, cancérigène, tératogène), du Césium (radioactif, cancérigène) peut-être originaire de Tchernobyl, de la poussière d’amiante (cancérigène), des Composés Organiques Volatils (fines particules dangereuses pour la santé, surtout celle des enfants, des asthmatiques et des vieillards), des phosphates (oxydation du phosphore blanc), du tungstène (cancérigène), du cuivre, de l’alumine (cancérigène), de l’Oxyde de Thorium (ThO2) (radioactif, cancérigène)…

Des résultats détaillés seront transmis aux autorités compétentes et rendus publics dès que possible.

Conclusion : un seul camp, celui de l’humanité

Un génocide est l’extermination d’un groupe humain. Les armes à Uranium Appauvri sont des armes d’extermination. Elles frappent de façon indiscriminée une population entière, jusque dans son patrimoine génétique. Le groupe humain qu’elles frappent est la population qui en respire ou en ingère les retombées. Ce groupe ne se définit pas par ses appartenances politiques, nationales, religieuses ou ethniques, mais par sa situation géographique. Par cette localisation, il devient, pour des raisons physiques et météorologiques, la victime « privilégiée » de l’extermination, bien qu’aucune frontière n’assure à ses voisins qu’ils ne partageront pas son sort tragique à un degré quelconque.

La même remarque vaut pour les victimes des retombées radioactives d’essais ou de catastrophes nucléaires. Tchernobyl est en Ukraine, mais ses victimes sont aussi bien en Russie, au Belarus ou en France.

En ce sens, l’utilisation dans la bande de Gaza d’armes à Uranium appauvri, en particulier des bombes GBU-39, constitue bien, à double titre, un crime contre l’humanité : l’humanité des Gazaouis, l’humanité en général.

Le génocide est assez établi si les responsables civils ou militaires de l’emploi d’armes radioactives connaissaient, avant de les employer, leur caractère attentatoire à la vie, à l’environnement, à la survie et à la dignité des victimes de ces armes – en un mot leur caractère génocidaire. Cette condition suffit à démontrer le mépris dans lequel ils tenaient leurs futures victimes.

Employer des armes radioactives,

c’est donc bien commettre un génocide.

Mais c’est aussi un anthropocide: ce néologisme s’impose pour désigner un nouveau type de crime contre l’humanité, qui détruit les individus en s’attaquant à leur ADN, les familles en s’attaquant à leur descendance, les groupes en s’attaquant à leur génome, et l’espèce, en contaminant sans remède sa niche biologique.

C’est pourquoi l’humanité tout entière, à commencer par le peuple palestinien et le peuple israélien, doit se mobiliser pour dénoncer ce crime, exiger la sanction des coupables et la réparation pour les victimes, et pour prendre toutes les mesures propres à l’empêcher de se reproduire, où que ce soit, en Palestine, au Moyen-Orient ou ailleurs dans le monde.

Toutes les armes radioactives, atomiques, thermonucléaires, à l’uranium, quelle que soit leur formule, doivent être interdites et démantelées.

ACDN, le 20 mai 2009

Actualisé le 4 juin 2009

RAPPORT Sur l’utilisation d’armes radioactives dans la Bande de Gaza pendant l’opération « Plomb durci » (27 décembre 2008 – 18 janvier 2009) © Jean-Marie Matagne / ACDN

Mai 2009

Tous droits réservés – All rights reserved

Sauf indication contraire, toutes les traductions de l’anglais en français sont dues à l’auteur du rapport.

Source: http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=14345

Lien de l’article: http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=6961

COMMENTAIRE:

(Le Souffle c’est ma Vie / Thierry LAMIREAU)

Le même type d’armes est utilisé par la FRANCE dans la guerre au MALI.

Si le Ministre de la Défense, M. LE DRIAN, a répondu d’une manière biaisée et mensongère à une sénatrice et à un député, il n’a pas répondu à mes questions précises à travers un document envoyé directement par l’intermédiaire d’un de ses services du Ministère ! (après une longue communication téléphonique entre eux et moi).

La FRANCE UTILISE ces armes et MENT sur son utilisation et sur les pollutions et contaminations induites !…et aucun journaliste n’en parle !

L’OMERTA est toujours TOTALE car les enjeux sont GRAVISSIMES !

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 12 juillet, 2013 |Pas de commentaires »

LE CONSEIL DE L’AIEA FACE A L’IMPASSE DU NUCLEAIRE IRANIEN (AFP)

Le conseil de l’AIEA

face à l’impasse du nucléaire iranien

LE CONSEIL DE L'AIEA FACE A L'IMPASSE DU NUCLEAIRE IRANIEN (AFP) dans REFLEXIONS PERSONNELLES aaaaaaaaaa2

VIENNE – Le conseil des gouverneurs de l’AIEA se retrouvera, à partir de lundi 3 juin 2013, aux prises avec le dossier du nucléaire de l’Iran, qui continue de défier la communauté internationale en étendant ses activités d’enrichissement d’uranium.

Dans son dernier rapport, l’Agence Internationale de l’Energie Atomique (AIEA) a fait état d’une accélération de l’installation de centrifugeuses plus modernes sur un site d’enrichissement d’uranium à Natanz (centre).

Même si ces équipements ne sont pas encore opérationnels et seront destinés, selon l’Iran, à produire de l’uranium faiblement enrichi à des fins pacifiques, la nouvelle a nourri les inquiétudes des occidentaux.

Washington a déploré une étape regrettable, Paris a prôné une réponse permettant d’accroître la pression diplomatique sur le pays.

Mais concrètement, les délégations des 35 pays membres du conseil -qui se réunissent à huis clos pendant une semaine à Vienne- ne devraient pas épingler l’Iran dans une résolution, selon plusieurs sources diplomatiques.

Le moment serait mal choisi alors que le pays est en pleine campagne pour les élections présidentielles et que le négociateur iranien avec les grandes puissances, Saïd Jalili, fait partie des candidats.

Après plus de dix ans d’enquête sur l’Iran et une douzaine de résolutions, l’AIEA affirme ne pas être en mesure de déterminer avec certitude si son programme nucléaire est purement pacifique, ou bien s’il cache un volet militaire, en raison d’un manque de coopération du pays.

La République islamique accuse de son côté l’agence de servir les intérêts occidentaux, surtout américains, et de s’acharner sur elle pour des raisons politiques.

Téhéran est sous le coup de plusieurs résolutions du Conseil de Sécurité des Nations Unies pour son programme nucléaire, dont certaines assorties de sanctions, notamment concernant l’enrichissement.

Il revendique, en tant que signataire du Traité de Non Prolifération des armes nucléaires (TNP), le droit à enrichir à des fins civiles, jusqu’à 5% pour produire de l’électricité, jusqu’à 20% pour la recherche médicale.

Les occidentaux et Israël redoutent toutefois qu’il veuille pousser l’enrichissement à un niveau nécessaire pour fabriquer l’arme atomique (90%) ce que l’Iran dément.

Discussions au point mort

Selon le rapport de l’AIEA, Téhéran a produit au total 324 kg d’uranium enrichi jusqu’à 20%, donc largement plus que les 240 kg estimés nécessaires à la fabrication d’une bombe et qui serait aussi la ligne rouge définie par l’Etat hébreux avant une éventuelle intervention militaire.

Mais le pays en a converti une partie, environ 40%, afin selon lui de créer du carburant pour son réacteur de recherche.

Cette conversion d’uranium enrichi à 20% est un rayon de lumière, mais il reste beaucoup de nuages noirs, indique à l’AFP Shannon Kile, de l’Institut International de Recherche pour la Paix de Stockholm (SIPRI).

Elle cite notamment les progrès réalisés par les autorités dans la construction d’un réacteur de recherche à eau lourde à Arak, avec lequel elles pourraient, craignent les occidentaux, produire du plutonium utilisable à des fins militaires.

Le gendarme de la non prolifération nucléaire a aussi regretté, dans son récent rapport, l’absence d’avancée sur un accord devant lui permettre d’obtenir un accès plus large à des sites, individus ou documents à même de l’aider à vérifier si l’Iran a tenté ou non de développer l’arme atomique avant 2003, voire ensuite.

Elle demande depuis plus d’un an, en vain, d’accéder au site militaire de Parchin, près de Téhéran, où elle soupçonne le pays d’avoir procédé à des tests d’explosion conventionnelle applicable au nucléaire.

A la mi-mai, la dixième réunion entre les deux parties s’était de nouveau soldée par un échec. Aucune date n’avait été fixée pour une nouvelle rencontre.

(©AFP / 01 juin 2013 06h47)

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 1 juin, 2013 |Pas de commentaires »

L’IRAN ET LE HEZBOLLAH POURRAIENT INTERVENIR DANS LA BATAILLE EN SYRIE (AFP)

L’Iran et le Hezbollah pourraient intervenir

dans la bataille en Syrie

L'IRAN ET LE HEZBOLLAH POURRAIENT INTERVENIR DANS LA BATAILLE EN SYRIE (AFP) dans REFLEXIONS PERSONNELLES syrie

BEYROUTH – Le chef du puissant mouvement chiite libanais a évoqué mardi 30 avril 2013 une possible intervention directe de l’Iran et du Hezbollah sur le terrain car les amis de la Syrie ne permettront pas la chute du régime de Bachar al-Assad.

Il a par ailleurs reconnu pour la première fois l’engagement de ses troupes dans la région de Qoussair au centre de la Syrie et dans le haut lieu chiite religieux de Sayeda Zeinab, à l’est de Damas.

La Syrie compte dans la région de vrais amis qui ne permettront pas que ce pays tombe dans les mains des Etats-Unis, d’Israël ou des groupes takfiri, faisant allusion aux extrémistes sunnites, a déclaré M. Nasrallah sur la chaîne du mouvement al-Manar.

Il y a actuellement des experts iraniens qui sont en Syrie depuis des dizaines d’années mais pas de forces militaires iraniennes car c’est maintenant le peuple syrien qui combat, a-t-il noté.

Mais, a-t-il ajouté, si la situation devenait plus dangereuse, des Etats, des mouvements de résistance et d’autres forces seront dans l’obligation d’intervenir de manière efficace dans la confrontation sur le terrain, a-t-il ajouté.

Le régime syrien est confronté à un rébellion armée qui a fait depuis deux ans plus de 70.000 morts, selon l’ONU.

Par ailleurs, il a reconnu et justifié l’engagement de ses troupes dans la région de Qoussair au centre de la Syrie et dans le haut lieu chiite religieux de Sayeda Zeinab, à l’est de Damas.

Ces derniers mois, l’armée syrienne a été contrainte de se retirer de certaines parties de la région de Qoussair ce qui conduit les Libanais vivant dans cette région à se trouver confrontés à des groupes armés (rebelles anti-régime), a-t-il expliqué.

Il faisait allusion aux 13 localités se trouvant en Syrie et qui sont habitées totalement ou majoritairement par des chiites libanais.

Lorsque les attaques ont empiré et qu’un grand nombre de combattants (rebelles) se préparaient à prendre le contrôle de ces villages habités par les Libanais, il était normal d’offrir toute l’aide possible et nécessaire pour épauler l’armée syrienne, les comités populaires (milices locales pro-régime) et les habitants libanais, a-t-il dit en soulignant que la bataille n’est pas finie.

Le chef du Hezbollah, un allié du régime syrien, a rendu hommage aux combattants qui sont tombés en Syrie. Nous sommes fiers des martyrs qui sont tombés ces dernières semaines et ils nous honorent. Je salue leur famille, a-t-il lancé sans préciser le nombre de tués dans les rangs de son mouvement.

Par ailleurs, il a justifié la présence des combattants du Hezbollah à Sayeda Zeinab en soulignant qu’ils combattaient les takfiri).

Il faut que des moujahidine (combattants de l’islam) honnêtes se dressent pour empêcher la chute du village et du mausolée de Sayeda Zeinab (…) Il y a des gens sur le terrain qui empêchent l’avancée des takfiri, a-t-il expliqué.

Selon la légende, Zeinab petite fille de Mahomet et soeur de l’imam Hussein, vénéré par les chiites, y serait enterrée.

Il a enfin mis en garde Israël contre une mauvaise appréciation. Si vous pensez que la résistance au Liban est affaiblie en raison de ce qui se passe en Syrie, vous avez tort. Je préviens l’ennemi et tous ceux qui le soutiennent de ne pas commettre une bêtise car la résistance est en état d’alerte et a son doigt sur la gâchette, a-t-il dit.

(©AFP / 30 avril 2013 22h07)

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 3 mai, 2013 |Pas de commentaires »

LA LOI DU QATAR (Brahim TAKHEROUBT /http://www.lexpressiondz.com)

Le riche émirat veut régenter le monde arabe

La loi du Qatar

LA LOI DU QATAR (Brahim TAKHEROUBT /http://www.lexpressiondz.com) dans REFLEXIONS PERSONNELLES qatar
(Brahim TAKHEROUBT)

Après avoir armé et financé les révoltes arabes, le petit émirat du Qatar cherche maintenant à en tirer les dividendes.

Le Qatar, qui fait figure de nain dans le Moyen-Orient, veut régenter le Monde arabe. Mais c’est de Tunisie que le sifflet annonçant la fin de la recréation de ce non-Etat retentit. Une féroce campagne contre le Qatar est menée depuis avant-hier par les internautes tunisiens qui, en réalité, n’ont jamais apprécié l’incursion de ce « client » dans leurs affaires internes. Cette campagne est menée par plus de 25.000 Tunisiens contre le cheikh Hamad ben Khalifa Al Thani, l’émir du Qatar.

Les cyberactivistes Anonymous Tunisie, s’y mettent eux aussi. Anonymous Tunisie décide de s’attaquer au régime qatarien, qu’il accuse d’être au « service d’agendas américano-sionistes et à l’origine de toute tentative de déstabilisation sécuritaire dans différents pays arabes ». Ce groupe a annoncé, dans un communiqué mis en ligne, une nouvelle opération visant les sites Web gouvernementaux de l’État qatarien. Une mission baptisée « OpQatar », qui débutera bientôt. Ainsi, après Israël, le Qatar serait la prochaine cible des hackers. Anonymous Tunisie reproche à l’émirat du Golfe ses agressions commises contre la Tunisie et considère « le gouvernement qatarien complice des États-Unis et d’Israël », selon les dires des membres du collectif des pirates.

Les Tunisiens reprochent à ce riche émirat du Golfe, non seulement de vouloir régenter la Tunisie, mais aussi le fait qu’il s’adonne à de graves pratiques comme le financement des réseaux de jihadistes de Tunisie vers la Syrie. Selon un article paru dans Jeune Afrique, et se basant sur un rapport de l’ONU, « les combattants tunisiens en Syrie seraient au nombre de 3 500 et constitueraient 40% des effectifs jihadistes ». En d’autres termes, les Qatariens s’adonnent au business de la mort en endoctrinant des Tunisiens y compris des jeunes filles pour mener le « jihad du nikah », qui consiste à satisfaire les désirs sexuels des combattants islamistes.

Pour ce faire, le Qatar ne lésine pas sur les moyens. Il finance des associations « humanitaires », qui vont ensuite recruter les prétendants au jihad. Ces derniers seront acheminés en Syrie avec de faux passeports. Le but étant de monter en épingle la mouvance islamiste. Car le minuscule émirat dépense annuellement des milliards de dollars dans le financement des mouvements islamistes qui sont actuellement au coeur des problèmes en Tunisie, en Égypte, en Libye et en Syrie. Deux raisons guident le Qatar dans cette démarche. La première est due au fait que cet émirat est lui-même de tendance salafiste. La seconde raison est d’ordre stratégique.

C’est que le Qatar est le fidèle sous-traitant des États-Unis dans la région. Il joue le rôle de véritable croupion pour déstabiliser les régimes qui leur sont hostiles. Depuis l’accession de Barack Obama à la Maison-Blanche, une nouvelle vision s’est imposée dans la manière de faire la guerre et de défendre les intérêts étatsuniens. Ces derniers ne veulent plus que leurs boys meurent dans d’autres pays pour combattre le fléau islamiste.

Convaincus que la majorité silencieuse dans les pays arabes est justement de tendance islamiste, « pourquoi alors ne pas laisser cette tendance s’exprimer ».

Dans un rapport détaillé établi en 2010 par la Brookings Institution, un influent think tank étatsunien, il a été explicitement suggéré à l’administration Obama de « soutenir les islamistes et de leur donner un coup de pouce dans les pays », car c’est la tendance lourde au sein des sociétés arabes. Le rapport soulignait avec insistance que « l’islamisme politique dans les années à venir aurait des répercussions lointaines sur la politique et la sécurité des États arabes ».

Le même rapport a relevé que « durant ces 20 dernières années, ils ont passé leur temps à se structurer et à gagner la sympathie des populations ». « Ils ont renoncé au rêve d’instaurer un État islamique et ont de plus en plus recours à l’opération électorale en utilisant de façon rationnelle le Parlement pour affaiblir l’emprise des gouvernements sur la vie publique ». C’est cette direction que semble privilégier l’administration Obama.

Pour ce faire, il se base sur les pétrodollars du Qatar comme moyen de déstabilisation et les drones pour faire la guerre. Mais l’argent n’est pas tout, puisque la fin de la recréation vient d’être sifflée.

Brahim TAKHEROUBT

http://www.lexpressiondz.com/internationale/172322-la-loi-du…

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 28 avril, 2013 |Pas de commentaires »
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