RETOUR SUR L’ELECTION PRESIDENTIELLE FRANCAISE ET ENSEIGNEMENTS POUR L’AVENIR (Evariste)

Retour sur l’élection présidentielle et

 enseignements pour l’avenir

RETOUR SUR L'ELECTION PRESIDENTIELLE FRANCAISE ET ENSEIGNEMENTS POUR L'AVENIR (Evariste) dans REFLEXIONS PERSONNELLES HOLLANDE2

Par Evariste
 
Pour la deuxième fois de la Ve République, un socialiste est élu président. Mais avec un total des voix de gauche de 43,76 %, alors qu’en 1988 cette même gauche faisait 49,12 %. L’écart n’est pas anodin.

L’abstention au premier tour est de 20,5 % alors qu’elle a été de 15,8 % en 1974, 18,9 % en 1981 et 18,6 % en 1arton16804-b4a5b AVENIR dans REFLEXIONS PERSONNELLES988. De ce point de vue encore, l’écart n’est pas anodin. Pire encore, ce pourcentage monte à plus de 30 % dans la classe des employés et des ouvriers.

La classe des ouvriers et employés est totalement dispersée sur l’échiquier politique. Le premier contingent se réfugie dans l’abstention (plus de 30 %), le second vote extrême droite (moins de 30 %).

Géosociologie des territoires et sociologie du vote

Parce que les partis de gauche n’ont pas pris la mesure de la nouvelle géosociologie des territoires qui voit la classe des ouvriers et des employés en forte augmentation dans les zones rurales et périurbaines, en faible diminution dans les banlieues et en forte diminution dans les villes centres, le FN a surtout progressé dans les zones rurales et périurbaines. La faiblesse du discours républicain laïque et social de la gauche en général en est la cause. Pourtant, la lutte contre la fermeture des hôpitaux et maternités de proximité et des bureaux de poste a montré la voie. Il convient pour la gauche et particulièrement le Front de gauche d’être le fer de lance de la lutte contre la désertification en matière de services publics dans les zones rurales et périurbaines.

Le vote en faveur du FN est un vote de classe (d’un point de vue sociologique) sans conscience de classe. Ce sont les prolétaires les plus atomisés et les plus isolés (y compris d’un point de vue géographique en zones périurbaines et rurales) qui ont voté massivement pour Le Pen. On peut faire un parallèle entre l’analyse que faisait Marx de la classe paysanne et cette partie du prolétariat. Marx, dans Le 18 Brumaire de Louis Napoléon Bonaparte, décrivait les paysans comme « une masse énorme dont les membres vivent tous dans la même situation, mais sans être unis les uns aux autres par des rapports variés », incapable d’agir collectivement comme une classe consciente de ses intérêts, donc impuissante et réduite à s’en remettre à un homme providentiel. C’est un peu l’état dans lequel se trouvent ces prolétaires, isolés face à leur patron, pris à la gorge par des crédits, relégués loin des centre villes, et dont l’abrutissement télévisuel fait souvent office de seul lien social avec l’extérieur.

Pour qui votent les sympathisants des syndicats ?

Malgré une percée chez les salariés proches des syndicats, le FN séduit essentiellement des travailleurs hostiles ou indifférents aux syndicats. Le FN fait 12 % auprès des sympathisants des syndicats : 9 % parmi les proches de la CGT, mais 25 % parmi les proches de FO (qui regroupe essentiellement des ouvriers et employés, notamment des fonctionnaires de catégorie C).

Ce sont Hollande et Mélenchon qui font les meilleurs scores chez les travailleurs proches des syndicats : 43 % pour Hollande et 19 % pour Mélenchon. Sans surprise, Mélenchon fait ses meilleurs scores chez les sympathisants de la CGT (39 %), de Solidaires (39 %) – où il fait presque jeu égal avec Hollande – et de la FSU (31 %), alors que Hollande fait ses meilleurs scores chez les sympathisants de la CFDT (56 %) et de l’UNSA (49 %).

Il est difficile de tirer des conclusions sur le vote Poutou, compte tenu du faible score et de la taille limitée des échantillons. Néanmoins, Poutou semble réaliser des scores nettement supérieurs à sa moyenne chez les proches de Solidaires (8 % ) et de FO (6 % ).

Le cœur de l’électorat de Hollande : les couches supérieures du salariat.

L’évolution de l’électorat du PS est très nette : en 1988, Mitterrand faisait un score supérieur à sa moyenne chez les ouvriers et employés. En 1995, Jospin faisait son score moyen chez les ouvriers et employés. Depuis, l’électorat ouvrier a décroché du vote PS :11 % en 2002 (merci Jospin, Aubry, Strauss-Kahn…), 21 % en 2007 et 2012, soit nettement moins que le score moyen du PS. En revanche, le PS réalise depuis 2002 ses meilleures performances chez les cadres (34 %) et les couches moyennes intermédiaires (35 %).

Il est donc totalement erroné d’affirmer, comme le fait le démographe Emmanuel Todd, que le PS a reconquis ou est en voie de reconquérir l’électorat populaire. Il est même frappant de constater à quel point l’immense rejet de Sarkozy dans les classes populaires n’a pas du tout profité au PS. Mais Todd, qui soutient Hollande tout en pourfendant l’euro et le libre-échange (comprenne qui pourra !), s’illusionne complètement en prédisant un « tournant de 1983 à l’envers », c’est-à-dire une rupture de Hollande avec l’Europe libérale pour pouvoir mettre en œuvre une véritable politique sociale au service des classes populaires.

Le cœur de l’électorat de Sarkozy : les vieux et les patrons. En 2007, le coeur de l’électorat de Sarkozy était déjà les patrons (grands et petits) et les retraités. Contrairement à une légende, la majorité des ouvriers (54 %) et des employés (51 %) avaient déjà voté contre Sarkozy au 2e tour de l’élection. Néanmoins, en 2012, si Sarkozy conserve un soutien important chez les patrons (74 % chez les patrons proches du Medef ou de la CGPME), les retraités, et les cadres, il baisse fortement chez les employés et ouvriers(18,5 %). Globalement, seuls 20 % des salariés actifs ont voté pour Sarkozy.

Vote Mélenchon : petite percée dans les classes populaires. Mélenchon a su percer dans les classes populaires (renouant en partie avec l’ancien électorat du PC) mais son électorat reste globalement assez bien réparti entre les différentes catégories sociales. Chez les ouvriers et employés, il mobilise environ 13,5 % de la classe votante.

Les couches populaires : leur dispersion

Comme le montre le livre de Patrick Lehingue (1), alors que les employés constituent près de 30 % de la population active, ils ne sont que 1,3 % des députés. Les ouvriers qui comptent près de 25 % des actifs ne sont que 0,5 % des députés. A contrario, les couches moyennes supérieures représentent 15 % dans le pays et 83 % des députés (96 % pour l’UMP).

Et pendant ce temps-là, nos moralistes à la petite semaine ne voient que les discriminations que pour les ethnies, les religions et les femmes. Mais combien de fois la « gauche sociétale » s’est-elle émue de la représentation des ouvriers et des employés alors qu’ils sont plus de 53 % de la population ?

Patrick Lehingue ajoute que « pour la représentation des classes populaires, la France est revenue au niveau de 1885 »… A fortiori, bravo la gauche depuis 1981 (2) !

Cet affaiblissement de la représentation populaire a été de pair avec la montée des professionnels de la politique. Les attachés parlementaires, les chefs de cabinet, les conseillers en communication, etc. représentent 14 % des députés – alors qu’ils sont évidemment 0,0001 % dans la population.

Patrick Lehingue précise auprès du journal Fakir : « D’autant que les instruments qui permettaient ces trajectoires ont été supprimés. Pour moi, le PC a perdu sa spécificité – et a accéléré son déclin – avec la fermeture des écoles du Parti, à l’époque de Robert Hue. C’était quoi, ces écoles ? C’était la possibilité, pour des ouvriers ayant arrêté leurs études, pour cause d’échec scolaire ou plus souvent parce que leurs parents ne pouvaient pas suivre financièrement, d’avoir une seconde chance, d’acquérir une culture politique, de manier l’argumentation, bref, de lutter à armes égales avec leurs adversaires, les classes dominantes. »

Voter, ça ne sert à rien ?

Là, vient se surimposer l’impact des médias et la nature de la démocratie.
Les couches populaires souffrent du fait que nous sommes de moins en moins en démocratie et de plus en plus dans un régime représentatif. Le débat qui faisait rage lors de la Révolution Française est comme assoupi aujourd’hui. Sieyès déclarait qu’il fallait un gouvernement représentatif tout en combattant la démocratie. Aujourd’hui, c’est Sieyès qui a gagné. Une fois élus, les représentants n’ont que faire de ce que pense le peuple. C’est bien pourquoi la plupart des hommes et femmes politiques se moquent de la sous-représentation des couches populaires. Ce qui leur importe est le gouvernement représentatif à la Sieyès et l’alternance vers un autre gouvernement représentatif. C’est pourquoi, si la gauche veut reconquérir les couches populaires, il importe de remplacer le gouvernement représentatif par la démocratie. Pas la démocratie directe de Rousseau, dont lui-même admettait l’impossibilité sur de grandes entités, mais la démocratie du peuple où celui-ci peut intervenir, y compris après l’élection des élus (c’est ce qu’esquissait Condorcet).

 Pourquoi pas le référendum d’initiative populaire ou la possibilité de révoquer les élus à mi-mandat comme au Venezuela ?

Ecoutons encore Patrick Lehingue dans son interview à Fakir « Quant aux médias, la seule question qui vaille pour eux, c’est « qui va gagner ? », « qui sera en tête à l’issue du premier tour ? », « qui sera le troisième homme » (ou femme…) ? La véritable politique (la discussion sur les bilans, les promesses – tenues ou pas – , la vision du monde que l’on désire, les programmes et propositions pour s’en approcher, la hiérarchie des questions les plus importants à résoudre…) cède le pas au spectacle d’une course de chevaux. Le jeu l’emporte sur les enjeux. »

N’oublions pas aussi qu’il y a d’après l’INSEE 10 % de la population non inscrite sur les listes :16 % des chômeurs, 16 % des emplois précaires font partie de cette catégorie. Autant nous sommes contre le vote obligatoire, autant nous pouvons estimer que tout le monde devrait être sur les listes. Ne serait-ce que pour avoir le vrai chiffre de l’abstention.

À gauche : comment retrouver le peuple ?

D’abord, « ça n’a jamais été naturel et acquis que les ouvriers votent pour des représentants du mouvement ouvrier. Ça supposait tout un travail syndical, politique, de mobilisation de l’usine jusqu’au domicile. Or, on a assisté, non pas à une disparition, mais à une dispersion des classes populaires. Une dispersion du travail, avec la casse des grandes entreprises, mais aussi une dispersion géographique ». Dans « les corons miniers de ma petite enfance, les gens vivent là où ils travaillent. Il y a une continuité de l’existence, qui rend le travail politique plus simple : pour les mineurs, ne pas voter pour ces gens-là, qui sont au milieu d’eux, qu’ils fréquentent au bistro, à la ducasse, c’est trahir le groupe auquel ils appartiennent tous les jours avec quand même un travail d’encadrement sur le terrain qui, de fait, n’existe plus… Combien reste-t-il de sections locales ? dans les entreprises ? travaillant dans des quartiers populaires ? »

 Aujourd’hui, en France, le taux de syndicalisation avoisine les 6 % . Dans le privé, pour les deux tiers des entreprises, il n’y a rien du tout…alors…

Evariste

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 30 mai, 2012 |Pas de commentaires »

ESCLAVAGE, CAPITALISME, CROISSANCE: UNE BELLE CONTINUITE ! (SUPERNO)

Esclavage, capitalisme, croissance :

 ça continue !

ESCLAVAGE, CAPITALISME, CROISSANCE: UNE BELLE CONTINUITE ! (SUPERNO) dans REFLEXIONS PERSONNELLES travail05

travail03 CAPITALISME dans REFLEXIONS PERSONNELLES

bangladesh CROISSANCE

Laissons pour une fois de côté les nouvelles fondamentales de la Politique Française (genre le jean de Cécile Duflot ou les parachutes de Le Pen et Mélenchon) pour évoquer des sujets tellement secondaires que j’ai honte de devoir m’abaisser jusqu’à en parler.

Oui, je sais, j’ai déjà écrit là-dessus. Ici, il y a quatre ans. , il y a 18 mois.
Depuis, rien n’a changé, bien évidemment.

L’émission “Cash investigation” de France 2 avait diffusé la semaine dernière un fort didactique reportage sur l’art et la manière qu’ont les multinationales, y compris françaises, de frauder le fisc à l’aide de montages abracadabrantesques élaborés par d’autres multinationales spécialisées, et qui ont pour point commun de passer par des filiales luxembourgeoises bidons.

Hier soir, France 2, décidément bien inspiré, a diffusé un nouveau reportage écœurant dans les ateliers de couture au Bangladesh et en Inde. Rien de bien nouveau sous le soleil, à vrai dire. On y apprend, images à l’appui, que dans ces ateliers travaillent des gamines de 12 ans, 12 heures par jour, 6 jours par semaine, pour un salaire inférieur à un dollar par jour. Je pense qu’on peut parler d’esclavage. Il y a certes parfois des rebellions, mais dans l’ensemble, les multinationales n’ont pas à se plaindre, merci pour elles.

Une fois les fringues cousues par ces esclaves, elles sont emballées dans des cartons et expédiées en occident par bateau dans des immenses conteneurs.

Le voyage en bateau sert en quelque sorte de paravent entre la production et la consommation. Il transforme le malheur des uns en objet de désir des autres. Car une fois arrivées ici, les fringues sont étalées dans des boutiques plus ou moins clinquantes, dans lesquelles le con-sommateur (et surtout trice, il faut bien le dire) se précipite pour acheter, souvent pour quelques euros, de quoi vêtir toute la famille.

La pub et le marketing font leur œuvre pour que le coût de fabrication, indécemment bas, fasse une multiple culbute, suffisante pour que les actionnaires deviennent milliardaires (c’est le seul but de la manœuvre), mais pas trop pour rester dans le business model de la con-sommation de masse, que la ménagère de moins de 50 ans revienne le plus souvent possible acheter, acheter et encore acheter.

Bien entendu, on n’affiche pas dans les boutiques la photo de ces milliers de gamines devant leur machine à coudre, dans un bruit infernal, sous la lumière des néons blafards et les aboiements du contremaître, ni dans leurs bidonvilles insalubres. Sinon les gens n’achèteraient pas, probablement. Au contraire, on y met les photos sur papier glacé de mannequins anorexiques ou de stars de cinéma soucieuses d’arrondir des fins de mois pourtant déjà bien rondelettes.

Tout cela a été parfaitement décrit dans le livre de Naomi Klein, “No Logo” , qui détaille le processus de décérébration des foules (et notamment des jeunes) qui conduit des humains en apparence ordinaires à être fiers de payer une fortune des objets fabriqués par des esclaves à un coût dérisoire.

Avant le bateau : le cauchemar. Après, le rêve.

Le reportage citait des marques. Monoprix, Ikea, Leclerc, Zara. Peu importe, il y a fort à parier que c’est partout pareil. On a pu assister à des scènes pathétiques de communicants à la langue d’ébène, niant que les images montrées aient pu exister, se cachant derrière des cahiers des charges, des chartes, des normes, des audits, jurant leurs grands dieux qu’ils avaient une éthique et que tout manquement à icelle devait être corrigé, et patati et patata.

Et ce sont les mêmes connards qui discutent des heures avec les fournisseurs pour baisser les prix d’un pouième de centime. Qui savent très bien que tous ces cahiers des charges sont du pipeau, que celui qui le signe sous-traitera et qu’au final les fringues seront fabriquées dans des conditions sordides par des gamines esclaves, tandis que les actionnaires se feront des couilles en or et se prélasseront sur leur yacht.

La richesse indécente a toujours besoin d’esclaves en nombre. Les bubons capitalistes purulents de Dubaï ou du Qatar consomment environ 10 esclaves pour un habitant. Nous, c’est pareil, sauf que nos esclaves restent chez eux, fabriquant nos fringues, gadgets électroniques, bagnoles que les haut-parleurs de la pub et du dieu croissance nous ordonnent d’acheter frénétiquement et de jeter le plus vite possible.

Les magazines économiques, en plus d’appeler de leurs vœux la rigueur budgétaire, la baisse des impôts, et la disparition de tout secteur public, célèbrent ces grands entrepreneurs : regardez cette liste de milliardaires.

Vous y reconnaîtrez le fondateur d’Ikea Ingvar Kamprad, première fortune européenne avec 33 milliards d’euros. Puis, un peu plus loin, entre Bernard Arnault et Liliane Bettencourt, vous trouverez Amancio Ortega, propriétaire de Zara, avec 30 milliards.

On marche sur la tête, non ?

Tant que j’y suis, je passe à autre chose. Non, en fait c’est la même chose. Je me souviens de la couverture de Libé au lendemain de l’assassinat des gamins devant l’école de Toulouse. (Vous la trouverez )

En voyant cette couverture, je m’étais dit que Libé, dont le directeur Demorand semble avoir remarqué que les unes racoleuses avaient un effet bénéfique sur les ventes, d’où sa propension à en caser à toute occasion, aurait pu en faire une similaire, sur fond noir, mais aux caractères beaucoup plus petits, pour y faire figurer les noms et âges des 20000 (vingt mille) enfants morts de faim ce jour-là, comme tous les autres jours, d’ailleurs.

Comme le dit si justement Jean Ziegler, nous pourrions très bien nourrir ces enfants, et ils meurent quand même, c’est donc qu’ils sont assassinés.

Notre système trouve pourtant toujours les milliards, et même les dizaines de milliers de milliards, pour voler au secours de ces pauvres banquiers. Il a consacré plus de 1600 milliards l’an dernier à acheter des armes. Mais n’est pas foutu de trouver 30 pauvres milliards (la fortune de M.Ikea ou de M.Zara, tiens) pour nourrir la terre entière pendant un an. En même temps un banquier ou un marchand de canons, c’est quand même plus important que quelques millions d’enfants. Surtout noirs ou jaunes…

Tout ça, c’est la conséquence directe et indéniable de notre système capitaliste, libéral et croissanciste. De sa répartition incroyablement scandaleuse des richesses. De sa prédation par la finance et les spéculateurs. De ce phénomène incroyable qui fait que malgré les odes à la “valeur travail”, ce ne sont jamais ceux qui travaillent qui s’enrichissent, mais des intermédiaires parasitaires. Ceux qui cultivent les fruits et légumes restent pauvres, tout comme la caissière du supermarché, mais pas le propriétaire de l’enseigne.

En France, nous avons de la chance : nous venons de chasser un gouvernement de droite, incapable et corrompu, pour le remplacer par un gouvernement de “gauche”, qui respecte la parité et qui a signé une charte éthique….

Et surtout, son dicton est “Le changement, c’est maintenant”. Merveilleux, non ? Bon, on commence quand ?

Euh… Pour l’instant, le principal changement c’est qu’on peut venir au conseil des ministres en jean. Pour le reste, permettez-moi de douter. Car même si le QI moyen du gouvernement doit être au moins le double de celui du précédent, il suffit de gratter un peu pour constater la supercherie. Tous les postes importants sont occupés par des représentants de la “gauche de droite”. DSK n’est plus là, mais ses disciples et ses idées sont restés. Enarques et membres du “Siècle” foisonnent. Pas un seul dangereux révolutionnaire gauchiste à l’horizon.

Pas une de ces personnes n’a l’intention de faire quoi que ce soit pour changer de paradigme. Tous se plaisent et se complaisent dans le capitalisme libéral, qui leur a d’ailleurs apporté richesse, puissance et gloire.

Le premier ministre est le premier promoteur du projet mégalomaniaque et scandaleux de l’ayraultport de Notre Dame des Landes. Ce projet témoigne de son aveuglement total quant à l’évolution du monde et de ses ressources naturelles.

Quant au président Hollande, son déplacement aux Etats-Unis montre qu’il n’a rien compris non plus, pas plus qu’Obama, d’ailleurs. Délectez-vous de ces billevesées, reprises en boucle et sans le moindre sens critique par des médias tétanisés d’extase :
Le président François Hollande a fait état d’une “convergences” de vues avec son homologue américain Barack Obama sur la nécessité de relancer la croissance pour faire face à la crise, vendredi 18 mai à la Maison-Blanche, peu avant un sommet du G8. La croissance doit être une priorité (…)”.

La croissance, la croissance, la croissance… La même chose qu’avant, mais PLUS ! Plus d’esclaves, plus d’armes, plus de morts de faim, plus de paradis fiscaux. Plus de pétrole, plus de ressources naturelles, plus de pollution, plus de CO2. Et plus d’argent virtuel pour contourner les limites de l’économie réelle.

Pauvres aveugles ! Mai 2012, et ils n’ont toujours rien compris. Après avoir décidé de ruiner les peuples pour rembourser les banksters, ils décident désormais qu’il faudrait en fait encore emprunter aux banksters pour éviter la ruine des peuples…

Quant à ceux qui croyaient que Hollande allait mettre la finance à genoux, même après la déclaration d’allégeance faite aux banksters de la City, pensaient-ils qu’il allait nommer Frédéric Lordon responsable du G20 pour la France ? Curieusement, non, l’heureux élu de Hollande, secrétaire général adjoint de l’Elysée s’appelle Emmanuel Macron, 34 ans. C’est un disciple de Jacques Attali (dont l’ombre plane sur la “gauche” comme celle de Minc plane sur la droite), ex-membre de sa ridiculissime “commission sur le retour de la croissance”. Et que fait-il dans la vie, ce petit génie ? Il est associé-gérant chez Rothschild, et le fait d’abandonner un salaire annuel de l’ordre d’un million d’euros est une preuve évidente de son désintéressement espoir de retour sur investissement.

Certains parlent de faire revenir ces usines en France… Les “socialistes” viennent même de créer un ministère marketing du “redressement productif” confié à Montebourg. Quelle rigolade ! Comment faire revenir en France des industries qui en sont parties, poussées par la perspective d’employer des esclaves et par les lois qui permettaient cette forfaiture ? Sans changer ces lois, sans revenir sur ce système ?

Juste pour rire, c’est un “socialiste” français, Pascal Lamy, qui dirige depuis 7 ans l’OMC (ex GATT), le principal organisme responsable de la dérégulation du commerce mondial…

Tous ces gens sont d’accord sur un point : il faut améliorer la compétitivité de la France, et baisser le coût du travail. Pour l’aligner sur celui du Bangladesh, par exemple… Car tout le monde le sait, je l’ai même lu sur Twitter de la part de prétendus gauchistes : “si on va fabriquer au Bangladesh, c’est que ça coûte trop cher de fabriquer en France”.

Ok, réduisons donc le coût du travail… qui est principalement composé de plusieurs facteurs :
- Le salaire
- Les cotisations sociales (improprement baptisées “charges”).

Réduire le coût du travail, cela signifie donc au choix réduire les salaires (ou travailler plus pour le même salaire), ou réduire les retraites, les remboursements de sécu, les allocs chômage… Ou, pour être plus efficace, les deux. Supprimons par la même occasion toutes les “barrières à l’emploi”, comme le salaire minimum, le code du travail, les congés, le paiement des arrêts maladie, et la retraite.

Pour finir, supprimons carrément tout salaire, et c’est le plein emploi garanti. Fort de cette compétitivité retrouvée, les zentrepreneurs embaucheront massivement, et y vont voir, au Bangladesh, ce que c’est que la France Compétitive ! Comment que Leclerc il va rapatrier fissa la fabrication de ses tee-shirts !

Hollande semble devenu le héraut du keynésianisme, par opposition au néolibéralisme. Cette doctrine, qui prône la croissance par la demande, au besoin soutenue par l’Etat (et donc par l’endettement… On rêve !), a fait son temps pendant les “30 glorieuses” qui ont suivi la deuxième guerre mondiale, avant d’être balayée par le n’importe quoi du néolibéralisme. Depuis, cette doctrine est caduque, anachronique.

C’est donc un grand bond en arrière de plus de 35 ans que Hollande, tout ravi de jouer les vedettes au G8, propose au monde ébahi par tant d’originalité. Et même si la plupart de nos “socialistes” (Hollande lui-même, Ayrault, Fabius…) en sont effectivement restés à cette époque, le monde a changé, et va prochainement s’apercevoir que toute politique de croissance dans les pays occidentaux est vouée à l’échec et à la catastrophe.

Pénurie de pognon, pénurie de pétrole, pénurie généralisée de ressources (aka “peak everything”, un très bon article dans “Science et Vie de ce mois-ci sur la pénurie des métaux, mais Hollande et Obama lisent trop le “Financial Times”, pas “Sciences et Vie”), cette politique emmène l’humanité droit dans le mur. En klaxonnant.

Keynes, cité par Jean Gadrey (auteur de “Adieu à la croissance”) avait tout de même prévu qu’après des décennies de croissance, un certain niveau de richesse serait atteint et l’objectif devait changer : « il sera temps pour l’humanité d’apprendre comment consacrer son énergie à des buts autres qu’économiques ».

Hollande et Obama sont assurément moins cons que leurs prédécesseurs respectifs Sarkozy et Bush. Qu’ils le prouvent !

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 29 mai, 2012 |1 Commentaire »

OU EN EST LA GUERRE EN AFGHANISTAN ? RETRAIT FRANCAIS ET DEFAITE ANNONCEE

OÙ EN EST LA GUERRE EN AFGHANISTAN ?

Retrait français et défaite annoncée
 
OU EN EST LA GUERRE EN AFGHANISTAN ? RETRAIT FRANCAIS ET DEFAITE ANNONCEE dans REFLEXIONS PERSONNELLES AFGHAN-300x210
GUERRE AFGHANISTAN dans REFLEXIONS PERSONNELLES
 
 
 
 
 
 
En Afghanistan, les talibans sont à l’offensive et Al Qaïda est de retour. L’accélération, par le président Hollande, du retrait, dès la fin de cette année, de nos « forces combattantes » n’est que la confirmation de l’échec de la guerre menée par les démocraties contre l’islamisme radical, dans ce pays tribal. C’est aussi le désir ne pas avoir à endosser, politiquement, de nouvelles pertes humaines.

La situation ne cesse objectivement de se dégrader. Quelques dizaines de combattants d’Al Qaïda sont de retour dans les montagnes de l’Est du pays. Ces combattants arabes et pakistanais dont le nombre n’excède pas la centaine  ont, selon toute vraisemblance, franchi la frontière du Pakistan pour s’établir dans les provinces de Kunar et du Nouristan, où le regroupement des bases de l’OTAN n’a laissé sur place qu’environ 4.200 soldats occidentaux.

AFGHAN1 AL QAIDA

Le nombre est, certes, réduit, mais il est jugé préoccupant par les responsables américains, dans la perspective du retrait des troupes de l’OTAN et du transfert de la sécurité aux forces afghanes d’ici à la fin 2014. La réapparition de « djihadistes » dans cette région est emblématique des défis auxquels Washington et ses alliés seront confrontés pour se sortir d’une guerre longue et coûteuse, sans laisser l’Afghanistan redevenir une plaque tournante de l’islam radical anti-occidental.

Le président François Hollande a rappelé à son homologue américain, Barack Obama, sa promesse d’accélérer le rapatriement du contingent français, tout en indiquant que Paris appuierait la mission de l’OTAN, dans ce pays, « sous une autre forme ». Il a précisé, lors d’une conférence de presse, que le retrait n’était « pas négociable », mais que Paris ferait ses choix, « en bonne intelligence » avec ses alliés.

AFGHAN2 GUERRE

Politiquement, François Hollande ne peut revenir, à peine élu, sur l’un de ses rares engagements en politique étrangère. Même si la chancelière allemande Angela Merkel, comme le secrétaire général de l’OTAN, Anders Rogh Rasmussen, ont rappelé fermemen Paris à ses responsabilités. A Chicago, cette fin de semaine, il y aura une discussion complexe sur le retrait des matériels, la réorganisation du dispositif. « Mais il n’y a pas de raison que ce soit très traumatisant », estime François Heisbourg, président de l’International Institute for Strategic Studies (IISS) de Londres.

Les militaires redoutent, pour leur part ,un départ précipité qui donnerait une impression de désordre après dix ans de présence. C’est effectivement le point le plus important. Le signal envoyé par la France au taliban est celui de l’acceptation d’une défaite. Cela tombe, en plus, à un mauvais moment stratégique.

Un retrait « non négociable »

Les talibans ont annoncé mercredi, sur l’un de leur site internet ,qu’ils lanceraient, à partir de jeudi, leur traditionnelle « offensive de printemps » contre les forces de l’OTAN qui soutiennent le gouvernement de Kaboul et tous leurs alliés. L’opération « Al-Farouq » visera en premier lieu les « envahisseurs étrangers, leurs conseillers, leurs sous-traitants et tous ceux qui les aident militairement et par le renseignement. »

AFGHAN3 HOLLANDE

Ce communiqué intervient quelques heures après que les insurgés islamistes aient tué sept personnes, dont six civils afghans, dans une attaque suicide contre une pension abritant des étrangers de l’ONU, de l’Union Européenne et d’ONG à Kaboul. Et peu après une visite surprise du président Barack Obama, venu à Kaboul promettre que la fin de la guerre était proche. Il y a deux semaines, les mêmes talibans avaient déjà annoncé le début de leur « offensive du printemps » en lançant six attaques suicide coordonnées dans la capitale afghane, visant notamment l’OTAN, des ambassades occidentales et des bâtiments publics.

AFGHAN4 OBAMA

Les hivers afghans, très rigoureux, sont d’ordinaire mis à profit par les insurgés islamistes pour se « reposer ». Les offensives de la guérilla, qui gagne en intensité et s’étend à tout le pays ces dernières années, reprennent généralement de plus belle au début du printemps.

Le retrait des occidentaux ne marquera certes pas la fin de la guerre, ni du danger pour nos conseillers même « non combattants » sur place. Les rebelles ont dénoncé comme illégitime l’accord de partenariat américano-afghan, signé par les présidents Barack Obama et Hamid Karzaï, qui encadre les conditions d’une présence militaire en Afghanistan jusqu’en 2024. Ils considèrent ce document comme un acte de vente de l’Afghanistan, établi par une marionnette sans pouvoir à son maître et envahisseur, et le condamnent dans les termes les plus forts.

AFGHAN5 ONU

En tant que véritables représentants de la nation islamique d’Afghanistan, les talibans ajoutent qu’ils continueront, de toutes leurs forces, à mener la guerre sainte contre toutes les mesures contenues dans ce document illégitime et jusqu’au retrait total d’Afghanistan de tous les envahisseurs et de leurs marionnettes. Le retrait de Hollande risque donc de rendre plus difficile le retrait en bon ordre des alliés sans pour autant éviter aux Français de nouvelles pertes.
http://www.metamag.fr/metamag-840-O%C3%B9-en-est-la-guerre-e…

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 24 mai, 2012 |Pas de commentaires »

SAUVETAGES ?…MARCHES FINANCIERS, CITOYENS, ECONOMIE

SAUVETAGES…OU SAUVETAGES ?

SAUVETAGES ?...MARCHES FINANCIERS, CITOYENS, ECONOMIE dans REFLEXIONS PERSONNELLES SAUVETAGES

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 23 mai, 2012 |Pas de commentaires »

L’ECHEC SOCIAL EN PLEINE FACE !

L’échec social est bien là !

L'ECHEC SOCIAL EN PLEINE FACE ! dans REFLEXIONS PERSONNELLES LECHEC-SOCIAL

 

 

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 23 mai, 2012 |Pas de commentaires »

INEGALITES SOCIALES: TOUTES LES 3 MINUTES, UN SALARIE EUROPEEN MEURT A CAUSE DE SON TRAVAIL

Inégalités sociales

Toutes les 3 minutes, un salarié européen meurt

 à cause de son travail

Par Ivan du Roy

INEGALITES SOCIALES: TOUTES LES 3 MINUTES, UN SALARIE EUROPEEN MEURT A CAUSE DE SON TRAVAIL dans REFLEXIONS PERSONNELLES OUVRIERS1

À l’heure où les plans d’austérité se multiplient, où le chômage partiel se banalise, où la durée de vie au travail s’allonge un peu partout, quel est l’état de santé des salariés européens ? Les inégalités sociales face à l’enjeu de la santé au travail demeurent très fortes. Pour espérer vivre vieux, mieux vaut être cadre qu’ouvrier, et ouvrier que jeune précaire. Entretien avec Laurent Vogel, de l’Institut Syndical Européen.

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 Comment se portent les salariés européens ?

Laurent Vogel [1] : Nous assistons à une détérioration de la santé au travail sur le long terme. Le problème est moins l’impact immédiat des conditions de travail sur la santé que le cumul des atteintes à la santé dans la durée. Dans le cadre de l’enquête européenne sur les conditions de travail [2], lorsque l’on demande aux salariés s’ils se sentent capables de travailler jusqu’à l’âge de 60 ans, les réponses négatives sont importantes. Un effet d’usure se manifeste : seulement 44 % des ouvriers non qualifiés pensent ainsi pouvoir tenir le coup jusqu’à 60 ans, et à peine la moitié des ouvriers qualifiés. Les différences sont fortes selon la place dans la hiérarchie sociale, car la proportion de ceux qui pensent pouvoir tenir le coup monte à 71 % pour les employés les plus qualifiés. Il existe ainsi un fossé entre les ouvriers les moins qualifiés et les personnes qui ont des qualifications élevées. En France, les ouvriers décèdent six ans et demi avant les cadres supérieurs. En Estonie, la différence d’espérance de vie entre un homme âgé de 25 ans possédant un diplôme universitaire et un homme du même âge possédant le niveau d’éducation le plus bas s’est accrue de 13 ans. La situation des femmes est plus favorable que celle des hommes dans des secteurs où les conséquences immédiates du travail sont moins perceptibles. Mais sur le long terme, les femmes perdent tout avantage. Elles sont notamment confrontées tout au long de leur vie à une organisation plus disciplinaire du travail.

Dans un contexte où la durée de vie au travail s’allonge…

Tout cela est effectivement inquiétant alors que dans beaucoup de pays européens l’âge de départ à la retraite et la durée du temps travaillé s’allongent. Cette logique simpliste qui vise à affirmer que l’espérance de vie augmentant, la durée du travail doit suivre, risque d’avoir des effets délétères. Les conditions de travail actuelles rendent cet objectif impossible pour une grande partie de la population.

460 personnes meurent chaque jour en Europe à la suite d’accidents et de maladies liés au travail (168 000 par an selon la Commission des Affaires Sociales du Parlement Européen).

Les décès liés au travail ont-ils tendance à se réduire ?

C’est, à mon avis, une estimation plutôt basse. Elle prend en compte les accidents du travail mais aussi les pathologies mortelles provoquées par le travail, principalement le cancer. Les accidents du travail mortels constituent une petite partie de ces décès : environ 6 000 par an. Ils ont tendance à diminuer. D’abord parce que les secteurs économiques changent : il y a moins d’emplois dans la sidérurgie ou les mines, des secteurs davantage exposés aux accidents. Ensuite, grâce à une amélioration des conditions de travail et de la prévention de la sécurité. Nous observons cependant une augmentation claire des cancers d’origine professionnelle. Cela s’explique vraisemblablement par une meilleure connaissance des différents types de cancers – nous sommes mieux en mesure de dire que tel cancer est causé par telle activité. Mais nous vivons aussi dans un modèle économique très dépendant des substances chimiques. Un point de PIB supplémentaire équivaut à une augmentation d’1 % des substances chimiques dangereuses produites par l’industrie. Selon certaines estimations, environ 28 % des travailleurs sont exposés à des substances cancérogènes [3] Les ouvriers sont beaucoup plus exposés que les employés, et les cadres supérieurs sont ceux qui s’en tirent le mieux. Dans le cas de la souffrance mentale et des suicides pouvant être liés au travail, nous ne disposons pas de données d’ensemble crédibles. Mais le phénomène existe partout en Europe, pas seulement en France comme l’a montré le drame des suicides à France Télécom.

En matière de prévention des risques au travail, quelle est l’ampleur des inégalités en Europe ?

Cela dépend des secteurs et des types de prévention. En Allemagne, par exemple, si les pratiques de prévention sont plutôt avancées en matière d’accidents du travail, elles ne le sont pas du tout concernant les cancers professionnels. Cela s’explique par le poids de l’industrie chimique. Globalement, plus les inégalités sont fortes dans la société, plus les inégalités découlant du travail sont importantes. Le niveau de prévention dépend aussi des capacités de mobilisation collective dans tel ou tel secteur. En France, le point positif, comparé à d’autres pays européens, est la relative visibilité de cette question depuis la révélation du scandale de l’amiante. Les conditions de travail sont présentes dans le débat public. C’est un préalable pour trouver des réponses efficaces. Autre question : la place du travail et des conditions de travail dans la stratégie globale des syndicats. En Espagne, par exemple, dans le secteur de la construction, la santé au travail a été mise au centre des revendications syndicales. Et les choses bougent. En France, les syndicats sont moins forts qu’ailleurs en Europe, mais la place qu’ils accordent aux conditions de travail se situe plutôt dans une moyenne haute. Avec un obstacle : plus l’emploi est précaire, moins les mobilisations sont possibles.

À ce propos, la Commission des Affaires Sociales du Parlement Européen note « la prolifération de formes d’emploi atypiques (travail temporaire, saisonnier, dominical, à mi-temps, télétravail) ».

Ces emplois précaires ont-ils un impact sur la santé des salariés ?

Les jeunes générations sont principalement concernées par la multiplication de ces formes d’emploi. Chez les jeunes qui ont entre 20 et 30 ans, les facteurs de précarité juridiques sont deux, voire trois fois plus importants que chez leurs aînés. Et ce, partout en Europe. Quel sera leur état de santé dans deux ou trois décennies ? Si chacun subit cinq ans de précarité avant de trouver une forme d’emploi stable, ce n’est pas trop lourd. Le problème est que la durée de ces emplois précaires s’allonge. Pour certaines catégories, ces emplois atypiques tendent à devenir la règle ! Aux Pays-Bas, les trois quarts des femmes travaillent à temps partiel. Cette proportion est de l’ordre d’un tiers pour l’ensemble de l’Union Européenne. Les données fournies par le Secours Catholique, et qui sont disponibles aussi ailleurs en Europe, montrent la corrélation entre la précarité en termes d’emploi et l’augmentation des tentatives de suicide. Il existe aussi une précarité que l’on peut décrire et quantifier – le nombre de CDD, d’intérimaires, de saisonniers… – et une précarité de fait, plus difficile à mesurer statistiquement. Elle est liée aux situations de sous-traitance : des personnes en CDI sont cependant précaires car leur emploi peut être remis en cause à tout moment, du fait, par exemple, d’un donneur d’ordre qui va changer de sous-traitant pour des raisons de coûts plus faibles. Ce sont des situations courantes dans le secteur du nettoyage, où la forme du contrat n’a finalement aucune incidence sur le niveau de précarité.

François Hollande propose de mettre en place « un dispositif de notation sociale obligeant les entreprises de plus de 500 salariés à faire certifier annuellement la gestion de leurs ressources humaines au regard de critères de qualité de l’emploi et de conditions de travail ». Pensez-vous que cela peut être utile ?

Déléguer à des experts extérieurs à l’entreprise le soin d’élaborer des critères n’est pas, selon moi, une priorité. Toutes sortes de cabinets d’experts sont prêts à délivrer toutes sortes de certifications, avec tel ou tel « label social ». Mais bien des aspects des conditions de travail ne pourront jamais entrer dans leurs grilles d’évaluation. Saint-Gobain au Brésil, par exemple, avait obtenu toutes les certifications possibles et inimaginables… alors que l’entreprise utilisait de l’amiante. Les évaluations externes étudient les procédures : existe-t-il un comité pour l’égalité salariale ? Y a-t-il un médecin du travail en interne ? Des formations sont-elles mises en place ? Le problème, c’est que les procédures, en elles-mêmes, ne donnent pas forcément de résultats efficaces. Le respect de telle ou telle procédure ne fournit aucune garantie sur les conditions de travail.

Quelle serait alors la priorité ?

Le point important serait de renforcer le contrôle collectif : la possibilité pour les travailleurs d’être représentés, avec des droits associés à cette représentation. C’est tout l’enjeu de la démocratisation du travail : mettre en débat, avec les travailleurs de l’entreprise, ce qui se passe. Ensuite, ce débat ne doit pas se limiter aux seuls salariés de l’entreprise. Des acteurs, en dehors, doivent pouvoir intervenir. La population concernée par une activité – consommateurs, riverains… – doit également avoir son mot à dire.

Pensez-vous que la santé des travailleurs passe après celle des consommateurs [4] ?

Il existe effectivement un décalage. Il est plus facile de mobiliser sur la protection de l’environnement que sur les inégalités sociales, qui passent souvent au second plan. Les règles et législations concernant la protection de la population, des riverains, des consommateurs vont souvent être plus efficaces que celles concernant la prévention de la santé des travailleurs. Le bisphénol A est un épisode révélateur. Tant mieux si cette molécule dangereuse est interdite dans les biberons. Le problème est que l’on oublie de s’interroger sur les travailleurs qui manipulent des produits contenant du bisphénol. C’est logique : parler de la santé des enfants provoque une réaction plus rapide que si l’on évoque le sort des travailleuses des entreprises de nettoyage. Cela alimente le débat sur ce que doit être une écologie politique qui intègre l’enjeu des inégalités sociales.

En France, dans le cas de scandale comme les prothèses PIP, ou certains accidents industriels, on n’entend quasiment pas le point de vue des salariés qui travaillent pourtant au sein de ces entreprises. Comment expliquez-vous cette « omerta » ?

Quand les travailleurs fabriquent des produits contenant des substances dangereuses, eux-mêmes ne le savent pas forcément. En France, l’affaire Adisseo, une entreprise qui a connu un grand nombre de cas de cancer parmi ses employés [5], est emblématique de ces situations. Dans l’affaire des prothèses PIP, il semble que ce soit aussi le cas. C’est d’abord de la responsabilité des industriels. Il faut leur imposer une évaluation préalable des risques, avant qu’un produit soit lancé et que l’on soit obligé de rectifier le tir dix ans plus tard à cause de sa dangerosité. Autre élément : le chantage à l’emploi. Ce ne sont pas les travailleurs qui décident des composants d’un produit ! D’autre part, ce n’est pas nécessairement dans la production initiale que le risque est le plus dangereux, mais dans sa dispersion. Fabriquer un produit nettoyant, par exemple, peut ne pas être trop dangereux, mais l’utiliser entraînera de graves dégâts sur la santé. Sans oublier ce qui se passe lors de son recyclage… Cela pose la question de la solidarité interprofessionnelle.

Recueilli par Ivan du Roy

Notes:

[1] Directeur du département Conditions de Travail, Santé et Sécurité de l’Institut Syndical Européen (Etui, European Trade Union Institute), le Centre Indépendant de Recherche et de Formation de la Confédération Européenne des Syndicats (CES).

[2] Réalisée auprès de 44 000 travailleurs, à consulter ici.

[3] Selon les estimations du projet Carex, Carcinogen Exposure Database, concernant les 15 États membres en 1995, plus la République Tchèque et les pays baltes. Ce projet n’a pas été étendu aux autres pays membres.

[4] Lire à ce sujet la tribune de Dominique Huez, médecin du travail.

[5] En 2007, on y dénombrait 25 cas de cancers du rein, dont 9 décès, dans un atelier qui a vu passer quelque 82 personnes. Lire ici.

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 22 mai, 2012 |Pas de commentaires »

SOMMET DU G8 ET DE L’OTAN: LE MOUVEMENT DE LA PAIX S’ADRESSE AU NOUVEAU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE FRANCAISE

SOMMET DU G8 ET DE L’OTAN:

LE MOUVEMENT DE LA PAIX

 S’ADRESSE AU NOUVEAU 

PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE FRANCAISE

SOMMET DU G8 ET DE L'OTAN: LE MOUVEMENT DE LA PAIX S'ADRESSE AU NOUVEAU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE FRANCAISE dans REFLEXIONS PERSONNELLES Bombe-atomique

 Monsieur François Hollande

Président de la République,

Permettez-nous tout d’abord de vous présenter au nom du Mouvement de la Paix nos félicitations pour votre élection mais aussi de préciser certaines de nos attentes.

 Nous espérons que les mots fraternité, solidarité, justice, désarmement et paix seront des mots-clés dans la politique internationale de la France. Nous souhaitons que cette dernière prenne une part active à la construction d’un monde de paix et à l’émergence en France et dans le monde, d’une culture de la paix et de la non-violence.

 Les urgences de la situation internationale nécessitent que nous nous adressions à vous avant le sommet du G8 à Camp David et le sommet de l’OTAN à Chicago.

 Nous sommes conscients d’exprimer sur les principales questions abordées dans ce courrier, l’opinion majoritaire du peuple français qui demande :

 - à 75 % le retrait immédiat des troupes françaises d’Afghanistan.

- à 81 % (1) que la France s’engage pour la mise en œuvre d’une convention mondiale d’élimination des armes nucléaires recommandée par la conférence d’examen du TNP de New York en 2010.

- à 64 % (1) que des économies soient faites par la France en matière de dépenses d’armement.

 Nous vous demandons donc en tant que Président de la République de porter ces exigences du Peuple français lors de votre participation à ces deux sommets.

Ces exigences impliquent que la France :

 - prenne toute sa part dans la mise en œuvre des orientations définies lors de la conférence d’examen du TNP tenue à New York en 2010, et soutenues par l’ONU, en particulier sur deux points : la mise en œuvre d’une convention mondiale d’élimination des armes nucléaires et la tenue en 2012 d’une conférence internationale pour faire du Moyen-Orient une zone exempte d’armes nucléaires. Cette dernière décision est particulièrement importante eu égard à la question iranienne. Son urgence a été rappelée à Vienne en mai 2012 lors de la récente conférence préparatoire au TNP.

- refuse toute participation à la mise en œuvre du bouclier antimissile qui ne ferait que favoriser la prolifération horizontale et verticale des armes nucléaires

- demande le retrait des armes nucléaires américaines présentes sur le sol européen

 Pour ce qui concerne le désarmement nucléaire, si vous annonciez à Chicago la décision de la France de geler la mise en œuvre du programme M 51, ce serait là non pas une mesure de désarmement unilatéral auquel nous savons que vous êtes opposé, mais une décision politique d’une immense portée qui serait perçue comme telle par l’opinion publique internationale. Un tel acte viendrait en appui aux efforts faits par les Nations unies mais aussi individuellement par le Secrétaire général de l’ONU pour avancer dans la voie du désarmement nucléaire. Ce serait une contribution déterminante de la France pour la mise en œuvre du Traité de Non-prolifération nucléaire signé par la France.

 Pour notre part en tant que Mouvement de la Paix, nous participerons aux initiatives internationales qui auront lieu en parallèle avec le sommet du G8 et le sommet de l’OTAN aux côtés des autres mouvements qui portent des exigences similaires aux nôtres au plan mondial en disant non aux politiques de dominations économiques, financières, militaires et demandent une sortie de la crise grâce à des mesures de justice sociale, de solidarité et de désarmement au plan mondial, seuls moyens d’aller vers un monde de paix et de solidarité et d’éviter des embrasements et des guerres, dangereux pour la paix mondiale.

 Dans le même temps nous développerons en France de nombreuses actions avec tous les partenaires qui le souhaitent et en particulier ceux présents dans le collectif OTAN / Afghanistan, afin de favoriser l’expression du peuple français sur ces questions.

 Les questions du retrait de la France de l’OTAN et de la dissolution de cette organisation que nous considérons comme illégale au plan international par rapport à la Charte des Nations Unies, dangereuse pour la paix et inefficace comme le montre la situation actuelle en Afghanistan, fera partie des questions que nous mettrons en débat avec l’opinion publique française qui estime à 67 % (1) que ces questions majeures sont insuffisamment débattues.

 Nous vous remercions de l’attention que vous porterez à cette lettre que nous vous adressons dans une démarche de citoyenneté active et de diplomatie civile, convaincus que nous sommes que la construction de la Paix nécessite l’action conjointe des Peuples, des Etats et des Nations Unies.

 Recevez Monsieur le Président de la République, l’expression de notre très haute considération.

Pour le Bureau national du Mouvement de la Paix

Saint-Ouen, le 12 mai 2012

Pierre Villard

Président du Mouvement de la Paix

(1) Sondage IFOP réalisé en mars 2012 par le Mouvement de la Paix, Témoignage Chrétien, l’Humanité et le mensuel Planète Paix

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 18 mai, 2012 |Pas de commentaires »

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LE NUCLEAIRE EN ROSE…

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Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 18 mai, 2012 |Pas de commentaires »

L’ECOLE DE JULES FERRY: UN MYTHE QUI A LA VIE DURE !

LE MYTHE DE JULES FERRY

L'ECOLE DE JULES FERRY: UN MYTHE QUI A LA VIE DURE ! dans REFLEXIONS PERSONNELLES jules-ferry

Candidat, François Hollande avait axé sa campagne sur les questions d’éducation. Président, il place sa cérémonie d’investiture sous la figure et l’héritage de Jules Ferry avec un hommage à la statue du ministre aux Tuileries. Ce choix est un signal inquiétant. D’abord parce que Jules Ferry est l’homme de la colonisation (« Si nous avons le droit d’aller chez ces barbares, c’est parce que nous avons le devoir de les civiliser […] Il faut non pas les traiter en égaux, mais se placer au point de vue d’une race supérieure qui conquiert »). (Discours à la jeunesse, mars 1884). Quant à « son » école, construite sur les décombres de la Commune de Paris, si elle fut bien une école « pour » le peuple, elle ne fut jamais l’école « du » peuple : « Il est nécessaire que le riche paye l’enseignement du pauvre, et c’est par là que la propriété se légitime » affirme celui qui entendait surtout, grâce à ses lois scolaires, « clore l’ère des révolutions ». Je profite donc de l’occasion pour faire circuler le chapitre « Un mythe qui a la vie dure : l’école de Jules Ferry selon Foucambert », extrait de l’ouvrage Pédagogie et Révolution (Grégory Chambat, éditions Libertalia, 2011, 203 p., 14 € – vente en librairie et en ligne : http://www.cnt-f.org/nautreecole/?Pedagogie-et-revolution-Gregory)

Un mythe qui a la vie dure : l’école de Ferry selon Foucambert

Du haut de la tribune de l’Assemblée, défendant son projet d’école « publique, laïque, gratuite et obligatoire », Jules Ferry ne cache nullement son ambition de « mettre fin à l’ère des révolutions ». Ne plus revivre le cauchemar de la Commune, doter le pays d’une école adaptée aux besoins croissants de l’industrie, assurer la paix civile : « Dans les écoles confessionnelles, les jeunes reçoivent un enseignement dirigé tout entier contre les institutions modernes. […] Si cet état de chose se perpétue, il est à craindre que d’autres écoles se constituent, ouvertes aux fils d’ouvriers et de paysans, où l’on enseignera des principes diamétralement opposés, inspirés peut-être d’un idéal socialiste ou communiste emprunté à des temps plus récents, par exemple à cette époque violente et sinistre comprise entre le 18 mars et le 28 mai 1871. » Cent ans plus tard, au printemps 2003, des enseignants « en lutte » se revendiquaient de ce même Ferry contre son homonyme et lointain successeur… et nul ne s’en étonnait, ne s’en révoltait… si ce n’est Jean Foucambert, l’inlassable animateur de l’Association française pour la lecture*. Cet aveuglement de ceux qui auraient dû constater – et contester – les limites de l’école de Jules Ferry a sans aucun doute pesé sur le projet de réédition d’une œuvre initialement publiée au milieu des années 1980.

Les victoires de Jules Ferry

Sans nul doute, L’École de Jules Ferry, un mythe qui a la vie dure, n’a perdu ni de sa pertinence ni de son actualité : « Comprendre comment fonctionnait l’école de Jules Ferry, c’est se donner le moyen, tout à la fois, de lutter contre la nostalgie ambiante et d’éviter les fausses solutions qui ne font que la renforcer. » Car, pour Foucambert, bien qu’enterrée par le collège « pour tous », l’école de Ferry a finalement tenu son pari : « Instruire en détournant contre lui l’instruction que le peuple revendiquait pour son émancipation. » Depuis la première édition, le combat pour l’égalité n’a cessé de reculer au profit de « l’égalité des chances ». Une défaite pour tous ceux qui s’étonnaient, à la suite de Robespierre, que les opprimés remettent aux oppresseurs le soin de les éduquer, « comme si un homme d’affaires était chargé d’apprendre l’arithmétique à ceux qui doivent vérifier ses comptes… »

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Pédagogie et révolution : le mythe de Jules Ferry

En résumé, l’élève devait apprendre à lire afin de pouvoir déchiffrer le mode d’emploi de la machine sur laquelle il devra travailler. Il apprendra de l’Histoire la version de E. Lavisse qui glorifiera la « mission civilisatrice » de la France coloniale et forgera l’idéal d’une patrie tout entière dévouée au service des rentiers, du grand patronat, de la finance et des marchands de canon.

Et voici ce qui déclarait Jules Ferry à propos d’une invasion militaire, celle d’un Etat indépendant, la Tunisie.

« L’action énergique  conduite en Tunisie a signé  le triomphe de la civilisation sur la barbarie ; elle était indispensable pour frapper  l’esprit et l’imagination de ces peuplades indomptées ».

Le 16 Avril 1881, à la chambre des députés cette fois, et en tant que président du conseil, Jules Ferry défend lui aussi la « répression militaire » qui vient de débuter en Tunisie.(…)Il soutient que cette opération est destinée à garantir « l’avenir de cette France africaine » où se trouve « cette magnifique possession algérienne » que « le pays a glorifié de son sang fécondé de ses trésors ». Alors que la politique coloniale suscite toujours de violentes controverses, ces propos lui permettent d’affirmer, à l’adresse des membres de sa famille politique notamment, que « le Gouvernement de la République » est à la fois fidèle à ses principes, puisqu’il est réputé ne pas agir pour des motifs « de conquêtes », et soucieux de protéger une colonie chèrement acquise(…) C’est ainsi qu’une offensive armée conduite contre un Etat souverain[la Tunisie] se mue en une opération défensive soutenue par la plus impérieuse des nécessités : assurer la sécurité de l’Algérie française. A la veille de sa démission, le 10 novembre 1881, revenant sur l’expédition tunisienne vite conclue à l’avantage de la France, Jules Ferry la justifie une fois encore.(…) Il affirme que « l’action énergique » conduite en Tunisie a signé « le triomphe de la civilisation sur la barbarie ; elle était indispensable pour frapper « l’esprit et l’imagination de ces peuplades indomptées ».

(Source : La République Impériale, politique et racisme d’Etat pages 42 et 43 d’Olivier Le Cour Grandmaison : édition Fayard)

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 16 mai, 2012 |Pas de commentaires »

LE BON, LA DETTE ET…LES TRUANDS ! (Charlotte GEHIN)

Le bon, la dette et… les truands !

LE BON, LA DETTE ET...LES TRUANDS ! (Charlotte GEHIN) dans REFLEXIONS PERSONNELLES BANQUE

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Charlotte GEHIN
 
Que retenir de cette campagne sinon un silence commun sur la Dette. Chut ! Pas un mot sur les conséquences, en France, de la crise financière européenne. Et pourtant, concernant cette affaire, ce ne sont pas les questions qui manquent.

Quelle voie sera forcée d’emprunter le président et son gouvernement ? The economist, journal quasi officiel de la City, tout au long de la campagne, a martelé la même antienne : « Au lendemain du 6 Mai, le vainqueur, quel qu’il soit, devra s’attaquer brutalement aux déficits », attaque qui débouchera sur un « choc pour les français ».

La soupe à la rigueur

Difficile donc de satisfaire un électorat qui a soif de réformes sociales et qui a voté non à la montée du chômage en considérant comme principal coupable Nicolas Sarkozy.

 C’est pourtant bien d’un programme imposé à tous les pays appartenant à la zone euro dont il s’agit aussi pour la France et la recette est connue : Flexibilité du marché du travail, les « famous CDI », contrats uniques(1), démantèlement de l’assurance maladie, de l’assurance chômage, des retraites, des allocations familiales.

 Vrai ou faux ? Pour ceux qui en douteraient encore, la réponse réside en un mot : la Dette publique. Grande absente des débats électoraux, alors qu’elle était au faîte de l’actualité juste après le « nécessaire » renflouement des banques(2) ou de la réforme des retraites, la dette publique est pourtant le levier qui fera basculer les autorités politiques vers la rigueur ou non. « Pour plusieurs pays, le nœud coulant de la dette publique s’est serré et ils sont pris à la gorge par les marchés financiers » dénoncent Damien Millet et Eric Toussaint.

Les victimes font grise mine

Sous-couverts du remboursement de leurs créances, envers les organismes privés(3) que les citoyens renflouent chaque jour par le biais des hausses d’impôts et des coupes sociales, le FMI et la Banque Centrale Européenne imposent une gouvernance guidée par la rigueur à tous les membres de l’Europe. « Il n’y a pas de compromis possible » arguait Jacques Sapir(4) sur France Inter. Les premières victimes des plans d’austérité l’ont déjà bien compris. Grèce, Portugal, Irlande…. Ou on arrête de payer la dette, ou on enterre le pays sous la vague de la compression libérale. Dimitris Christoulas(5) portait le deuil de cette triste réalité quand il a appuyé sur la gâchette de son arme. Il criait « pas de dette à mes enfants » et laissait la trace des conséquences bien concrètes des plans de rigueur « Le gouvernement d’occupation a littéralement anéanti tous mes moyens de subsistance, qui consistaient en une retraite digne, pour laquelle j’ai cotisé pendant 35 ans. ». La Grèce, ce pays aujourd’hui incapable de gouverner. En Espagne, déjà, le slogan de l’audit pour la dette est clair « No debemos, no pagamos ! ». En France, ce ne sont pas les 27 milliards d’euros d’économie imposés à l’Espagne qui vont retentir dans le quotidien des citoyens, mais les 80 milliards d’euros intégrés dans le plan du TSCG(6) à son égard. Ce n’est pas non plus un protocole concernant la croissance(7) ajoutée au Traité qui libérera François Hollande des recommandations de la Troika(8). Surtout quand le remboursement du service de la dette dévore 65% des ressources de l’Etat.

Quelle issue ?

La France de François Hollande, « le bon », peut-elle ouvrir ses portes aux émissaires de la Troika « les truands » ? C’est ce que stipulent les forces européennes armées d’un nouveau traité et d’un programme clé en main. Le TSCG porte en lui les germes de la catastrophe : il rend obligatoire le paiement de la dette. L’alternative est donc claire : ou le paiement de la dette est assuré et la protection sociale est disloquée, les besoins sociaux et les services publics sacrifiés(9), ou il y a arrêt du paiement de la dette et droit du travail, droits sociaux et services publics sont préservés. Qui pour porter ces exigences ? Quel front du refus ?

Charlotte Géhin.

Vice -présidente du CADTM France.

http://www.cadtm.org/

(1) Projet de forme unique du contrat du travail qui allégerait notamment les exigences juridiques de licenciement à l’égard de l’entreprise. Projet déjà mis en place en Italie, en Espagne…

(2) La Banque centrale européenne (BCE), financée par les pays membres, accorde des prêts des aux banques, elles-mêmes détentrices des créances des Etats. Rien qu’en Décembre 2011, 523 banques ont emprunté à la BCE près de 500 milliards d’euros pour 3 ans à un taux voisin de 1% lorsqu’elles prêtent aux Etats à des taux variant de 7% pour l’Espagne, jusqu’à 18% pour la Grèce…

(3) Les investisseurs institutionnels : banques, fonds de pension, compagnies d’assurance et autres organismes de placements collectifs.

(4) Economiste à l’école des Hautes Etudes. Il dirige depuis 1996 le Centre d’études des modes d’industrialisation (CEMI-EHESS). Emission Là-Bas si j’y suis, « Les financiers au coin du feu ».

(5) Le 4 Avril 2012, Dimitris Christoulas, pharmacien retraité de 77 ans, s’est suicidé à Syntagma, place principale d’Athènes.

 (6) Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance. Il inscrit dans la Constitution des pays la « Règles d’Or », donc un déficit proche de 0 qui oblige à l’austérité, il donne le pouvoir aux autorités européennes non démocratiquement élues, il inclut des clauses de sanctions en cas de déficits. Il prévoit des projets de réforme pour chacun des pays membres et l’envoi d’émissaires pour assurer son bon fonctionnement.

(7) François Hollande a annoncé la renégociation du TSCG. Il la fera avaliser auprès du Conseil Européen. Un compromis entre Hollande et Merkel fait part d’une annexe ajoutée au Traité concernant la croissance.

(8) FMI, Banque Centrale Européenne, Commission Européenne.

(9) Le chantier est déjà en œuvre : RGPP, flexibilité du marché du travail, durée légale, retraites… La révision générale des politiques publiques entamée en 2007consiste en une restructuration des missions et actions de l’État, avec de la mise en œuvre de réformes structurelles (non-remplacement de postes de départ à la retraite etc.). Les mesures de défiscalisation des heures supplémentaires prises par le gouvernement de François Fillon en 2007 avantagent le patronat français.

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 14 mai, 2012 |Pas de commentaires »
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