FRANCAFRIQUE NORMALE POUR PRESIDENT NORMAL (François Charles / legrandsoir.info)

Françafrique normale

pour président normal

(François Charles)

AAAAAA

« Un président normal… »

Celui qui, faisant campagne pour les présidentielles françaises, aspirait aux plus hautes fonctions de l’état et n’avait de cesse de répéter « Je serai un président normal » est devenu président de la France.

Concernant l’Afrique, à l’instar de tous ses prédécesseurs, le candidat Hollande et ses « voix autorisées » avait promis que la vieille françafrique de Papa, obsolète et révolue, serait passée à la trappe, que les rapports entre la France et les pays du continent seraient d’une toute autre nature…Bref, on allait voir ce qu’on allait voir.

Pourquoi pas ? Surtout au sortir d’un quinquennat somme toute très strass-paillettes et, s’agissant de l’Afrique, marqué par deux vrais mauvais coups : L’intervention armée en Côte d’Ivoire et la guerre contre Kadhafi et pour son pétrole ? (1)

Hélas, dès le début du quinquennat, le vent tournait déjà et après un subreptice changement de têtes dans les ministères concernés le pire semblait de nouveau promis aux africains.

SERVAL confirma leurs inquiétudes et dans la foulée, SANGARIS parachevait le Knock down. La farce de N’Djaména ne faisant que confirmer la continuation d’une politique africaine de la France intacte.

En effet, utilisant son « ami » Idriss Déby, très persuasif auprès des représentants de la Communauté Economique des Etats d’Afrique Centrale, rassemblés à N’Djaména (!), la France fait tout bonnement virer Djotodia ! Quoi de plus normal ?
Un président jusque là « toléré » par Paris n’entre plus dans les plans français ?

Qu’à cela ne tienne, Fabius le fait débarquer dans les 48h, sans préavis, pour une autre marionnette et mieux, Fabius le revendique. Quoi de plus normal ?
Ainsi va le théâtre de Guignol imposé par la France à l’Afrique, depuis les indépendances…autrement dit, pour les africains, depuis toujours !

Un dispositif militaire renforcé

Comme s’il s’agissait d’un continent vierge de toute population, de vie et d’histoire, les puissances occidentales se partagent les rôles et les régions. Les américains, et c’est relativement nouveau dans leur stratégie, ont déjà établi de nombreuse têtes de pont militaires sur le continent (2), les anglais également, pendant que les français, eux, se doivent de renforcer leurs positions.
« Pour l’Afrique, il y a un partage des rôles : Le Mali, c’est notre affaire, le Soudan celle des américains, la Somalie celle des britanniques. Et pour les américains et les anglais, la Centrafrique, c’est pour les français. » ( Un diplomate français. Rapporté par l’AFP 1/12/2013.)

Au moins après cette déclaration, les choses ont le mérite d’être claires. Et c’est la raison pour laquelle la France envisage la réorganisation de sa base de N’Djaména qui dispose dores et déjà de deux avions ravitailleurs en vol, de trois avions Rafale, de trois avions Mirage et d’un contingent de parachutistes.
Alors que les français disposent toujours d’une base militaire en Mauritanie, pensant toujours à redéployer leur dispositif général ils envisagent la signature d’un accord de défense avec le Mali au termes duquel, ils disposeront d’une base à Bamako.(3)

Le dispositif prévoit aussi un contingent minimum de 3000 soldats dans les pays de la région. Sont ainsi concernés par le plan, le Sénégal, le Tchad, le Burkina, la Mauritanie, le Gabon, le Cameroun et le Niger où sont déjà basés les deux drones espions achetés aux USA en fin d’année 2013. Gageons qu’après son « aide » à la Centrafrique, la France saura aussi lui faire signer un accord de défense, très utile pour la « présence française amie », comme elle a su garder une présence « amie » à Djibouti en même temps que…sa base militaire.

Pour un président qui devait rompre avec la françafrique : Deux guerres en même temps sur le continent et déploiement d’un dispositif militaire jamais vu auparavant…Un sacré bilan ! Mais au fond, quoi de plus normal pour un président normal ?

François Charles

1/ Sachant que le député Hollande avait soutenu la guerre contre la Libye et l’intervention armée contre Gbagbo, il eut été judicieux d’être très prudent quant à ces promesses.

2/ Pour l’implantation des impérialismes en Afrique, voir « l’Autre Afrique » (www.lautreafrique.info)

3/ Accord normalement signé le 20/01/2014
»» http://lautreafrique.info/2014/01/hollande-en-afrique/
URL de cet article 24101
http://www.legrandsoir.info/francafrique-normale-pour-president-normal.html

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 29 janvier, 2014 |Pas de commentaires »

LE PENTAGONE PRÊT A VENDRE 24 HELICOPTERES D’ATTAQUE A L’IRAK: LE COMBLE DE L’HORREUR MACHIAVELIQUE ! (AFP et Thierry LAMIREAU / lesoufflecestmavie.unblog.fr)

Le Pentagone prêt à vendre

24 hélicoptères d’attaque

à l’Irak:

Hélicoptère APACHE

[Le comble de l’horreur machiavélique]

(Titre changé par Thierry LAMIREAU)

WASHINGTON – Le Pentagone a notifié, lundi 27 janvier 2014, le Congrès américain d’un projet de vente à l’Irak de 24 hélicoptères d’attaque APACHE pour 4,8 milliards de dollars, a annoncé l’agence chargée des ventes d’armes à l’étranger.

Bagdad réclamait depuis des mois que Washington lui fournisse ces équipements mais de nombreux élus américains s’y opposaient, craignant que le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki ne s’en serve contre des groupes autres que ceux liés à Al-Qaïda. Le Congrès dispose de 30 jours pour soulever d’éventuelles objections, faute de quoi le contrat sera conclu.

Le projet de contrat porte sur 24 hélicoptères avec leurs équipements et pièces détachées. Il comporte également la vente de 480 missiles Hellfire, une arme antichar qui peut être tirée depuis des hélicoptères ou des avions.

Cette proposition de vente soutient les intérêts stratégiques des Etats-Unis en fournissant à l’Irak des moyens essentiels pour se protéger contre les menaces terroristes et conventionnelles et améliorer la protection des infrastructures pétrolières clés, justifie dans un communiqué l’Agence de Coopération de Défense et de Sécurité (DSCA), chargée des ventes d’armes à l’étranger.

Ces hélicoptères seront dédiés à des missions de soutien aérien pour les troupes au sol, de reconnaissance armée et de missions antichars, selon la DSCA.

Nouri al-Maliki, un chiite critiqué pour son manque d’ouverture envers les autres composantes de la société irakienne, est confronté à la perte de contrôle d’une partie de la province à majorité sunnite d’Al-Anbar, frontalière de la Syrie. Des combattants de l’Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL, lié à Al-Qaïda) se sont notamment emparés de la ville de Fallouja, à 60 km à l’ouest de Bagdad.

Dans un projet de contrat séparé, la DSCA a également notifié lundi le Congrès du projet de location de six autres hélicoptères APACHE à Bagdad pour un montant de 1,37 milliard de dollars.

Cette location doit permettre à l’armée irakienne de débuter l’entraînement opérationnel et de maintenance dans l’attente de la livraison des 24 appareils achetés, un processus qui prend des mois sinon des années.

Les six appareils en location ne sont donc pas destinées à être utilisés pour des opérations, a fortiori pour faire face à la situation actuelle dans la province d’Al-Anbar.

Le Pentagone a en outre notifié vendredi le Congrès d’un autre projet de contrat portant sur l’achat par Bagdad de 500 missiles Hellfire pour un montant de 82 millions de dollars.

Face aux événements qui secouent la province d’Al-Anbar, Washington s’est par ailleurs engagé ces dernières semaines à accélérer les livraisons de missiles Hellfire et de drones de surveillance. Ces livraisons correspondent à des contrats déjà passés avec Bagdad.

Quelque 75 missiles Hellfire ont ainsi été livrés à Bagdad à la mi-décembre. Cent missiles Hellfire supplémentaires et 10 drones ScanEagle doivent être livrés au printemps, selon le Pentagone.

Face à la résurgence d’Al-Qaïda en Irak, Washington envisage enfin de former dans un pays tiers des forces irakiennes pour des missions antiterroristes, selon un haut responsable américain de la Défense.

La Jordanie s’est dit prête à accéder à la requête de Washington pour que l’entraînement de forces irakiennes se déroule sur son sol.

Malgré le retrait de ses troupes d’Irak fin 2011, Washington s’est imposé comme le principal partenaire de l’Irak en matière de sécurité et de défense. Les Etats-Unis ont fourni pour plus de 14 milliards de dollars d’armements à Bagdad entre 2005 et 2013.

La formation de troupes irakiennes serait en revanche une première depuis 2011, la centaine de militaires américains stationnée à l’ambassade américaine à Bagdad étant cantonnée à des missions de conseil au niveau ministériel.

(©AFP / 27 janvier 2014 22h57)

 LE PENTAGONE PRÊT A VENDRE 24 HELICOPTERES D'ATTAQUE A L'IRAK: LE COMBLE DE L'HORREUR MACHIAVELIQUE ! (AFP et Thierry LAMIREAU / lesoufflecestmavie.unblog.fr) dans REFLEXIONS PERSONNELLES 01-99-091-02-08

COMMENTAIRE:

(Le Souffle c’est ma Vie / Thierry LAMIREAU)

Liens et photos WIKIPEDIA: 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Boeing_AH-64_Apache

http://fr.wikipedia.org/wiki/AGM-114_Hellfire

File:Balad AH1 Cobra 1.jpg

File:Lockheed Martin Longbow Hellfire.jpg

http://fr.wikipedia.org/wiki/Calibre_30_mm

File:30 mm.jpg

Désigné au départ Hughes Model 77, l’AH-64A APACHE a été développé par la firme McDonnell Douglas pour répondre aux exigences de l’US Army, qui réclamait un hélicoptère capable d’effectuer des missions d’appui au sol et de lutte antichar, de jour comme de nuit, et bénéficiant d’une survivabilité élevée.

Le prototype YAH-64 effectua son vol initial en 1975, tandis que les premières machines de série étaient livrées en janvier 1984 (675 exemplaires doivent être livrés à l’US Army). L’équipement de l’APACHE comprend des missiles antichars Hellfire, un système d’acquisition de cibles et de visualisation de nuit Martin, un télémètre à laser International, un écran de visée Honeywell, un système de navigation Doppler, un récepteur de veille radar passif et des brouilleurs radar ou à infrarouges. Une version améliorée, le Longbow, a été développée.

Le comble de l’horreur machiavélique

est atteint par ces chers ETATS-UNIS !

Après avoir pollué et contaminé pour l’éternité (cf. durée de vie des éléments radioactifs déposés in situ) l’Irak en attaquant le pays avec des armes à l’URANIUM « APPAUVRI », les Etats-Unis vendent des hélicoptères APACHE qui utilisent des armes à l’URANIUM APPAUVRI !

La raison:

Sous couvert de protéger l’Irak contre « des menaces terroristes » (les USA ne reculent devant aucune contradiction), les Etats-Unis veulent uniquement protéger les intérêts économiques en jeux et notamment les réserves de pétrole.

« Cette proposition de vente soutient les intérêts stratégiques des Etats-Unis en fournissant à l’Irak des moyens essentiels pour se protéger contre les menaces terroristes et conventionnelles et améliorer la protection des infrastructures pétrolières clés, justifie dans un communiqué l’Agence de Coopération de Défense et de Sécurité (DSCA), chargée des ventes d’armes à l’étranger. »

C’est donc très clair !

L’Irak, après avoir été contaminé par les armes à l’uranium « appauvri » des Etats-Unis, va utiliser elle-même des armes fournies par les Etats-Unis qui vont polluer et contaminer le pays !

Les Etats-Unis sont très rusés:

En donnant de telles armes, ils ont l’assurance que la santé de la population irakienne va encore plus être détruite…La domination n’en sera que plus complète !

Les décideurs américains (politiques et militaires) sont vraiment des « ordures » et surtout des CRIMINELS puisqu’ils commettent des CRIMES CONTRE L’HUMANITE en attaquant, entre autres problèmes, l’ADN des populations.

MACHIAVEL serait fier de constater que les Etats-Unis sont de valeureux héritiers…

Thierry LAMIREAU

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 29 janvier, 2014 |Pas de commentaires »

RETOUR SUR INFO. LA VERITE SUR LES BOMBES SALES A L’URANIUM APPAUVRI: DES PREUVES IRREFUTABLES (Bill WILSON / Membre du Parlement écossais)

La vérité sur

les bombes sales

à

l’uranium appauvri 

Explosion avec des armes à l'uranium appauvri

Un membre du Parlement écossais a envoyé le dossier de l’uranium « appauvri » au ministre de la Défense : La vérité sur les bombes sales ! L’assassinat de personnalités pour faire taire les opposants

Bill Wilson MSP, 9 février 2011

Uranium appauvri = bombes sales

Le Dr Wilson a expliqué, « On parle beaucoup de terroristes utilisant éventuellement des « bombes sales », c’est-à-dire, d’armes émettrices de radiations affectant indifféremment toute personne dans le voisinage, mais les Etats-Unis, le Royaume-Uni et Israël ont utilisé plusieurs tonnes d’obus à embouts d’uranium appauvri. L’uranium « appauvri » a une demi-vie de 4,5 milliards d’années et les poussières microscopiques d’oxyde d’uranium que produisent ces obus à l’impact peuvent s’éparpiller sur des centaines de miles et être inhalées et ingérées. Si ce ne sont pas des bombes sales, de quoi s’agit-il alors ?

« Il est largement prouvé que des milliers de membres des forces armées, leurs familles et d’innombrables civils ont été et sont toujours affectés de multiples façons par l’uranium « appauvri ». Ils souffrent, par exemple, de mort prématurée, de problèmes respiratoires, de cancers, d’enfants mort-nés et de malformations congénitales.

L’assassinat de personnalités

« Par ailleurs, j’ai vu assez de preuves pour penser que ceux qui sont assez courageux pour se pencher sur les effets de l’uranium « appauvri » risquent de perdre leur emploi et pire. L’assassinat de personnalités est un instrument dans l’arsenal de ceux qui cherchent à faire taire les chercheurs de vérité. J’ai reçu des courriels attaquant grossièrement la crédibilité de l’un de mes informateurs. Malheureusement pour les défenseurs de l’uranium « appauvri », j’avais déjà pu obtenir divers documents réfutant leurs allégations sans fondement. Ce fut un aperçu révélateur de la cruauté du lobby de l’uranium « appauvri ».

« J’ai incité Liam Fox à étudier l’impact de l’uranium « appauvri » sur la santé du personnel des services du Royaume-Uni et des civils. Je l’ai aussi prié de :

- reconnaître la pertinence du principe de précaution pour les conséquences sanitaires potentielles de l’uranium « appauvri » ;

- respecter les résolutions de l’ONU relatives à l’uranium « appauvri » ;

- cesser d’utiliser toute arme à uranium « appauvri » (par exemple, le projectile antichar CHARM 3 de 120 mm), 

- nettoyer le désordre laissé sur les théâtres de guerre où des armes à uranium « appauvri » ont été utilisées par les troupes alliées (ceci incluant des mesures du style huiler la poussière radioactive pour éviter qu’elle soit emportée par le vent et barricader les sites fortement contaminés, comme les chars détruits où la dépollution est irréalisable et où les enfants sont actuellement libres de jouer). »

Le Dr Wilson a conclu en disant, « Je ne me fais pas trop d’illusions, mais il serait merveilleux que le gouvernement de coalition fasse ce qui convient, adopte une posture de haute moralité et renonce une fois pour toutes aux bombes sales. En attendant, je demande au gouvernement écossais de se pencher sur la santé des anciens combattants des forces armées et leur famille résidant ici, car j’accorde peu de foi en ce que fera le gouvernement britannique. »

Contact:
Dr Bill Wilson, membre du Parlement écossais
Tel : +44 (0) 782 459 6994 / 131 348 6805 / 141 840 2772
Fax : +44 (0) 131 348 6806 / 141 889 4693
Adresse électronique : Bill.Wilson.msp@scottis h.parliament.uk
Site Internet : www.billwilsonmsp.com/

 Texte intégral de la lettre

avec liens aux preuves

8 février 2011
Au très honorable député Liam Fox, ministre d’État à la Défense
Service du courrier du ministère de la Défense
Étage, Zone A
Bâtiment principal
Administration de Londres
SW1A 2HB

Cher Monsieur Fox,

Santé du personnel de service et des civils exposés

à l’uranium « appauvri »

Il existe des preuves considérables montrant que l’uranium « appauvri » a un effet pernicieux sur la santé et de sérieux motifs de penser que le gouvernement britannique et le ministère de la Défense ont failli à leur devoir de prendre soin de leur personnel de service et des civils.

J’aimerais attirer votre attention sur cette déclaration du site du ministère de la Défense : « Il va de soi que le gouvernement considère attentivement toute donnée scientifique ou médicale sérieuse pouvant faire apparaître une incidence sur la mauvaise santé en Irak. » Vous saurez que le gouvernement britannique a effectivement tenté d’entraver l’enquête sur le lien entre uranium « appauvri » et mauvaise santé en votant à 65/55 contre une résolution de l’ONU sur l’uranium « appauvri » qui demandait instamment aux États utilisateurs d’armes à l’uranium « appauvri » de révéler l’endroit où elles ont été tirées quand les pays affectés par elles demandent ces informations.

Vous serez au courant de la profusion croissante d’évidences sur l’incidence des problèmes de santé en Irak, que, je suppose, vous avez étudiez. Vous pourriez commencer par répondre à cet article revu par les pairs de C. Busby, M. Hamdan et E. Ariabi : Cancer, mortalité infantile et rapport de masculinité à Falloujah en Irak de 2005 à 2009, Int. J. Environ. Res. Public Health 2010, 7, 2828-2837.

Il a été évoqué que la Royal Society entérine le point de vue de l’innocuité de l’uranium « appauvri ». La Royal Society elle-même a osé exprimer son inquiétude du fait que son document original a été mal interprété, comme le sous-entend cette affaire.

J’attire votre attention sur les points suivants (documents complets joints):

- Preuve présentée par le Dr Keith Baverstock, Département des Sciences Environnementales de l’Université de Finlande Orientale, au Comité de Défense de la Chambre des Députés Belge sur la toxicité de l’uranium « appauvri » (Présentation au Comité de défense de la Chambre des députés belge le 20 novembre 2006). Notez qu’il met l’accent sur le principe de précaution, un concept apparemment inconnu des gouvernements et ministères de la Défense britanniques et des Etats-Unis, et déclare : « Je pense qu’il est clair que les évaluations des risques majeurs de l’impact sur la santé de l’uranium « appauvri » n’ont pas abordé le risque génotoxique, qui brille par son absence dans beaucoup d’évaluations de toxicité citées, telles que celle de Priest. Il fait aussi cas du fait qu’aucune instance particulière, autant que nous le sachions, n’a reçu la responsabilité de produire les preuves nécessaires montrant que les poussières d’oxyde d’uranium « appauvri » ne représentent aucun danger pour la santé.

- De la BBC, en date du 1er novembre 2006, un article cite le Dr Baverstock attaquant des rapports selon lesquels l’uranium « appauvri » serait relativement inoffensif (Périls ignorés de l’uranium appauvri).

Preuve présentée par le Dr Chris Busby, secrétaire scientifique du Comité Européen sur la Radioprotection, réfutant l’article du ministère de l’Intérieur sur les effets de l’uranium « appauvri ».

Preuve présentée par le Dr Chris Busby, réfutant l’affirmation de la Royal Society selon laquelle l’uranium « appauvri » ne présente que peu de risques.

Preuve présentée par Martin Hooper, professeur émérite de chimie médicinale à l’université de Sunderland, réfutant aussi l’allégation de la Royal Society selon laquelle l’uranium « appauvri » ne présente que peu de risques.

- La Royal Society a elle-même déclaré qu’« à la fois soldats et civils sont en danger à court et long terme » (Des scientifiques exhortent au nettoyage pour protéger les civils. La Royal Society explique bien clairement le danger de l’uranium appauvri).

- Une notice explicative remise au personnel de service du Royaume-Uni indique clairement que l’uranium « appauvri » « a le potentiel de nuire à la santé. »

La documentation du Dr Major Doug Rokke, employé par l’armée des Etats-Unis pour imaginer des protocoles de traitement sans danger de l’uranium « appauvri », cite des preuves considérables de ses effets et présente la preuve d’une politique délibérée répression, démenti et dissimulation, de la part des gouvernements et ministères de la Défense des Etats-Unis et britanniques.

- Au moins deux anciens employés des services du Royaume-Uni ont été constatés, par voie médico-légale, souffrir des suites d’une exposition à l’uranium « appauvri ». L’un a obtenu une pension en appel sur cette base, et l’autre a été trouvé mort à la suite de l’exposition à ce produit (Premiers dommages-intérêts pour déclaration d’empoisonnement  par l’uranium appauvri « ; et « Communiqué de presse : La NGFVA (Association nationale des anciens combattants du Golfe et leurs familles) des vétérans de la guerre du Golfe soutient les constats et préoccupations des coroners).

- « Les gouvernements [britanniques] successifs se sont opposés aux demandes d’enquête publique sur les effets nocifs des munitions à l’uranium « appauvri » pour éviter des réclamations d’indemnisation pouvant leur coûter des centaines de millions de livres » (Moins de 10 soldats de la Guerre du golfe ont été empoisonnés par l’uranium).

Datée 1er mars 1991, une note de service de l’armée des Etats-Unis ordonne de supprimer les informations concernant les effets de l’uranium « appauvri » sur la santé.

- Un article intitulé Question d’intérêt, qui est une « note de service de l’Agence de Défense Nucléaire, » a été écrite par Gregory K. Lyle, lieutenant-colonel américains, au sujet de ce qui « peut, doit ou devrait être fait en matière de règlement avec les millions de projectiles à l’uranium « appauvri » déployés » en Irak. Elle indique que les procédures de nettoyage « n’étaient pas destinées à pourvoir aux transports des milliers d’obus à l’uranium « appauvri » de la restauration du site. » Il poursuit en notant, « Comme les équipes de désamorçage des explosifs et munitions, les unités de combat au sol, et les populations civiles d’Arabie saoudite, du Koweït et d’Irak sont de plus en plus en contact avec des munitions à l’uranium « appauvri », nous devons nous préparer à traiter les problèmes potentiels. » De plus, « Les particules alpha (poussière d’oxyde d’uranium) des projectiles déployés sont un problème de santé, mais les particules bêta des fragments et des obus intacts sont une grave menace pour la santé, avec un taux d’exposition possible de 200 millirems à l’heure au contact. » Le mémo prévient que les directives spécifiques du ministère de la Défense concernant l’élimination du matériel à l’uranium « appauvri » dans la phase de restauration suivant le combat font actuellement défaut. « L’auteur espère que l’expression de nos préoccupations sur les effets secondaires de l’usage de l’uranium « appauvri » aidera à assurer la protection de nos troupes et alliés. » Cette note n’est pas datée. Le Dr Rokke dit l’avoir reçue aux alentours de la même époque où il a reçu la note de Los Alamos en 1991.

- L’État britannique a déjà tenté de nier les effets des radiations sur le personnel de service (Avis : La lutte contre l’héritage des essais nucléaires de la Grande-Bretagne).

- Le témoignage du Dr Asaf Durakovic, ancien chef de médecine nucléaire à l’hôpital des anciens combattants de Wilmington dans le Delaware, semble montrer une tentative délibérée (et potentiellement criminelle) d’étouffement des informations sur les effets de l’uranium « appauvri » et l’impitoyable exposition sur lui par le personnel des services (The NI Interview. Asaf Durakovic. Felicity Arbuthnot rencontre un honorable scientifique combattant au nom des vétérans zuniens de la Guerre du golfe).

- En 1990, l’Autorité sur l’Energie atomique Britannique a envoyé au gouvernement un rapport estimant que, si 50 tonnes d’uranium « appauvri » étaient laissées dans la région du Golfe où il devait y avoir une guerre, cela entraînerait environ 50.000 morts supplémentaires par cancer en dix ans. En 1999, des experts ont estimé qu’il pourrait rester 900 tonnes d’uranium « appauvr »i dispersées par le vent (L’héritage empoisonné. de la guerre. Felicity Arbuthnot enquête à travers le monde sur la propagation du cancer et les malformations depuis la Guerre du golfe).

- Un article de Vanity Fair résume le dossier contre l’uranium « appauvri » tel qu’il se présentait en décembre 2004. Il se réfère aux travaux du Dr Asaf Durakovic et du Major Doug Rokke, aux tentatives manifestes de les faire taire ou de les écarter quand leurs conclusions se montrent inopportunes, et aux expériences de divers membres du personnel de service et d’ouvriers des Etats-Unis exposés à l’uranium « appauvri ». (Armes d’autodestruction. Est-ce que le syndrome de la Guerre du golfe — peut-être causé par les munitions du Pentagone — fait beaucoup de victimes chez GI en Irak ?)
J’espère que vous ne continuerez pas à fermer les yeux sur les preuves considérables qui existent et à refuser de prendre des mesures adéquates pour enquêter sur l’impact de l’uranium « appauvri » sur la santé du personnel des services du Royaume-Uni et des civils. Je vous demande de :

- reconnaître la pertinence du principe de précaution pour les conséquences sanitaires potentielles de l’uranium « appauvri » ;

- respecter les résolutions de l’ONU relatives à l’uranium « appauvri » ;

- cesser d’utiliser toute arme à uranium « appauvri » (par exemple, le projectile antichar CHARM 3 de 120 mm), 

- nettoyer le désordre laissé sur les théâtres de guerre où des armes à uranium « appauvri » ont été utilisées par les troupes alliées (ceci incluant des mesures du style huiler la poussière radioactive pour éviter qu’elle soit emportée par le vent et barricader les sites fortement contaminés, comme les chars détruits où la dépollution est irréalisable et où les enfants sont actuellement libres de jouer). »

Je vous remercie par avance d’agir pour protéger la santé à la fois du personnel des services du Royaume-Uni et des civils en Irak, au Kosovo, en Bosnie et en Afghanistan.
2. Diffusions apparentées antérieures
Original: www.billwilsonmsp.com/index.php?option=com_content&task= view&id=1071&Itemid=2

Traduction de Pétrus LOMBARD

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 27 janvier, 2014 |Pas de commentaires »

UN RAPPORT SUR LES « CRIMES DE GUERRE COMMIS CONTRE LE PEUPLE SYRIEN » REMIS A L’ONU (Solidarité Internationale PCF / legrandsoir.info)

Les pacifistes turcs accusent

Un rapport sur les « crimes de guerre

commis contre le peuple syrien » remis à l’ONU

AAAAAAAAAA

UN RAPPORT SUR LES
Solidarité Internationale PCF

Ils accusent. 45 avocats, journalistes, députés, syndicalistes, artistes turcs viennent de publier un rapport accablant sur les « crimes commis contre le peuple de Syrie » transmis à l’ONU. Visés : les agissements des groupes djihadistes, la guerre d’agression contre la Syrie.

L’ « Association turque pour la paix » et les « Avocats pour la justice » préparent depuis plusieurs mois un rapport préliminaire à des poursuites contre les criminels de guerre en Syrie, et leurs commanditaires.

Poursuite devant les tribunaux turcs, et surtout devant les cours internationales. Le rapport vient d’être remis à la Commission d’Enquête Indépendante de l’ONU sur les crimes commis en Syrie.

L’idée est de mettre sur pied l’équivalent du Tribunal Russell pour les crimes de guerre au Vietnam dans les années 1960, expérience répétée pour les guerres en Irak et en Palestine, pour juger des crimes perpétrés par l’impérialisme.

À leur crédit, les avocats et journalistes turcs connaissent très bien le terrain, que ce soient du côté des régions frontalières turques, ou en tant que cas que participant à des équipes d’enquêteurs en visite ponctuelle en Syrie, ou même comme reporter de guerre en Syrie.

Les avocats turcs se basent sur le « Statut de Rome » prévu par la Cour Pénale Internationale (CPI) et classent les crimes commis en Syrie en trois types : crimes d’agression, crimes de guerre et crimes contre l’Humanité.

Le premier fonde la poursuite judiciaire, les deux autres sont étroitement liés dans l’action des bandes criminelles en Syrie.

Une guerre d’agression :

Un crime contre le peuple syrien

Le cœur de l’accusation repose sur le concept de « guerre d’agression » reconnue par un amendement du statut de Rome datant de 2005, concernant normalement un État agresseur.

Toutefois, « l’envoi au nom d’un État de bandes, groupes armées, troupes irrégulières ou mercenaires pour mener une lutte armée contre un État » est aussi inclus dans la définition.

Donc, pour l’Association pour la Paix, il s’agit d’abord de dénoncer les instigateurs, les soi-disant « Amis de la Syrie », réunis à Tunis en février 2012, à Doha en juin 2013, qui ont dès le début reconnu le Conseil National Syrien, donc apporté leur soutien à la rébellion armée.

Sur la liste des accusés, cinq noms ressortent : États-Unis, Arabie Saoudite, Qatar, Israël, Turquie.

Pour les États-Unis, rien de nouveau sous le soleil, l’Association rappelle les plans pour éliminer tout obstacle à son plan de « Grand moyen-orient », Irak, puis Syrie, enfin Iran. Ils dialoguent avec les groupes armés, les coordonnent, leur apportent un soutien financier et logistique avéré.

L’Arabie Saoudite cherche, elle, à isoler l’Iran et à créer une Syrie sunnite sous patronage saoudien. La Syrie investit des milliards pour armer les combattants, les entraîner, et les commander directement en vue de ses objectifs de puissance régionale.

Quant au Qatar, il a soutenu dès le début la rébellion armé, accueilli la rencontre de Doha en juin 2013, son premier ministre déclarant alors que le « soutien armé était la seule façon d’obtenir la paix ». Il a depuis ménagé sa position, cherchant une conciliation via l’Autorité palestinienne.

Enfin, l’intervention d’Israël ne s’est pas limitée au soutien aux groupes armées : livraison de véhicules aux rebelles, recours à des frappes à l’uranium appauvri, accueil de combattants dans des hôpitaux israéliens, enfin projet d’intervention internationale coordonnée par Israël.

La Turquie, base arrière de la rébellion armée,

premier au banc des accusés

C’est sur la Turquie toutefois que le dossier est le plus fourni, sa politique impérialiste néo-ottomane rentrant de plus en plus en contradiction avec la dite « politique de zéro problème avec ses voisins », qui avait conduit d’abord à des relations pacifiques avec la Syrie.

La Turquie a abrité l’acte de naissance du Conseil National Syrien en août 2011, en mai 2012 les relations diplomatiques avec la Syrie étaient suspendues, les diplomates syriens exclus.

Enfin, en septembre 2012, Erdogan confiait même au Washington Post que la Turquie apportait un soutien logistique aux rebelles avant de rajouter, en analogie à l’intervention américaine en Irak : « Nous devons faire ce qui est nécessaire, et nous allons le faire ».

Les actes de collaboration concrète entre Turquie et rebelles se comptent par centaines, les rebelles utilisant la Turquie comme base arrière de repli, circuit de ravitaillement privilégié,

Il suffit de rappeler que des bases d’entraînement de la dite Armée syrienne libre se trouvent dans la province frontalière turque d’Hatay, que les camps de réfugiés se révèlent être des bases de repli pour les djihadistes, enfin que la Turquie est le pays de transit pour les armes venant du Golfe.

Il est de plus en plus probable que c’est par la Turquie que les rebelles ont pu se doter d’un équipement chimique, ce qui est pointé par une lettre soumise par 12 anciens haut responsables des service de renseignement américains au président Obama.

Dernier scandale en date, le 15 décembre 2013, où il fut révélé que depuis juin 2013 ce sont pas moins de 47 tonnes d’armes et de munitions qui ont circulé entre la Turquie et la Syrie, selon une enquête réalisée par l’ONU !

L’État turc a volontairement fait de la frontière une zone de non-droit, où prospèrent trafics en tout genre (armes, voitures de luxe). Les contrôles frontaliers deviennent impossibles, la frontière la chasse gardée des milices islamistes, des bandes de voyous, trafiquants en tout genre.

Toutefois, le gouvernement turc contrôle in fine les informations vitales. Les avocats donnent l’exemple de ce djihadiste turc (Burak Yazici) mort en Syrie, que les autorités turques avaient bien repéré mais laissé passer pour aller combattre le régime d’Assad.

Les djihadistes membres d’Al Qaeda patrouillent dans les rues des villes du sud de la Turquie. Human Rights Watch s’indigne de l’hypocrisie turque qui « accorde un refuge sûr à des criminels de guerre, des personnes qui ont violé les Droits de l’Homme ».

On a même trouvé le 7 novembre dernier un camion rempli de lances-roquettes, de bombes et d’armes fabriquées dans la manufacture turque de Konya, destiné à la Syrie, conduit par Heysem Topalca, combattant en Syrie mais jamais inquiété… car proche des services secrets turcs.

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L’ « armée du crime » :

Six groupes terroristes,

une seule vague de terreur sous couvert de religion

Al-Qaeda, Armée syrienne libre (ASL), djihadistes et opposants en tout poil, qui sont les rebelles syriens ? Qui sont ces criminels de guerre en acte, agissant sur ordre des responsables de cette guerre d’agression contre le peuple syrien ?

L’association divise ces groupes en six, une distinction complexe et mouvante. Elle souligne que l’ASL et Al Qaeda dirigent ces groupes, bien qu’il faille les concevoir comme des organisations faiblement structurées, à l’emprise sur les noyaux combattants assez lâches.

Seules les livraisons d’armes saoudiennes, coordonnées par la CIA, ont pu unir un temps ces groupes, tout en conduisant à des rivalités régulières pour le partage du butin.

Par ailleurs, distinguer les groupes proches de l’ASL ou d’Al Qaeda est souvent impossible, les deux fonctionnant souvent ensemble. Un exemple, Osman Karahan, un turc travaillant comme avocat pour Al Qaeda, mort à Alep en juin 2012 alors qu’il combattait pour l’ASL.

Donc, premier groupe djihadiste en Syrie : le Front islamique syrien , de 13 à 20 000 hommes, reposant sur la Brigade Ahrar Al-Sham. Ce groupe a des liens importants avec la Turquie, l’Irak, est lié avec l’ASL et vise surtout les régions Kurdes.

Deuxième groupe, le Front islamique de libération, avec cinq brigades. Celle de Tawhid à Alep est liée à l’ASL, celle de Farouk à Alep et Homs est plutôt proche de la Turquie, les brigades Islam (Damas) et Al Haq (à Homs) rattachés à l’Arabie Saoudite. Enfin la cinquième, Suquour al-Sham, proche d’Al Qaeda, est financée par le Qatar.

Cette dernière compte 3 000 combattants, la Brigade de l’Islam 10 000.

Troisième groupe, Ghuraba al-Sham composé d’un grand nombre de citoyens turcs et spécialisée, cela va de soi, dans les attaques contre les zones kurdes.

Quatrième groupe, la Brigade des martyrs d’Idlib , de plus en plus chapeautée par l’organisation islamiste radicale Suquour al-Sham, financée par les Qataris, liée à Al-Qaeda. La brigade Al-Resul, une autre organisation islamiste radicale, instaurée et soutenue par le Qatar.

À noter que des organisations basées non pas en Syrie mais au Liban, en Irak participent désormais aux combats en Syrie, comme la brigade Abdullah Azzam, une organisation salafiste basée au Liban, proche d’Al Qaeda ou encore Jund al-Sham composée de djihadistes palestiniens.

On peut penser aussi à l’Armée Libre Irakienne, mise sur pied récemment par des gens proches de l’ancien président irakien Tarik Al Hashimi. La plupart de ces groupes fonctionnent directement avec Al-Qaeda.

Cinquième groupe et pas le moindre, le Front Al Nosra , organisation islamiste fondamentaliste, qui a juré allégeance à Al Qaeda en avril 2013. On estime à 70 le nombre d’attentats à la bombe commis par cette organisation terroriste d’ici à juin 2013. Elle tend à prendre le dessus dans la rébellion.

On pourrait ajouter finalement l’État islamique en Irak et Sham (ISIS) , fort à Homs, Ar-Raqqah et Azez, dont les troupes mènent régulièrement des attaques contre les Kurdes et vont et viennent à travers la frontière turco-syrienne, mais aussi jordanienne.

Crimes de guerre, crimes contre l’Humanité:

Une longue liste du martyr du peuple syrien

Les avocats turcs dénotent au moins 19 cas de crimes de guerre recensés par les Statuts de Rome et 10 de crimes contre l’Humanité reconnus par l’article 7 des Statuts, les deux définitions se confondant souvent dans le cas de la dite Guerre civile de Syrie.

Meurtres et massacres 

L’Association donne comme preuve le cas de 22 attaques meurtrières, essentiellement des attentats à la bombe, ayant été directement imputées aux groupes rebelles, revendiqués par eux.

Parmi les plus marquants, on peut penser aux véhicules bourrés d’explosifs qui ont explosé le 28 novembre 2012 dans un quartier multi-ethnique, peuplé de Chrétiens et de Druzes, à Jaramana. Bilan : 34 morts et 83 blessés.

Le 29 janvier 2013, 80 cadavres ont été retrouvés, la plupart d’enfants, exécutés les mains attachés ans le dos le long de la rivière Quiq à Alep, une région contrôlée par l’ASL.

Enfin, le 21 février 2013, une série d’explosions revendiquées par Al Qaeda a fait, à Damas, 161 morts et 500 blessés.

Extermination de groupes raciaux et religieux 

Les attaques visant les minorités religieuses (Chrétiens, Chiites) ou ethniques (Kurdes, Druzes, Alaouites) se multiplient. On peut penser aux attaques dans les villages alaouites et kurdes à Latakia.

Les militants d’Al-Nosra ont attaqué le 4 août huit villages de Latakia. Après les avoir bombardé, les djihadistes les ont massacré à l’aide de haches, de couteaux et de machettes. Plusieurs centaines de morts : tous les habitants du village de Hrrata sont morts, seuls 12 ont survécu à Nabata.

À Balluta, les djihadistes ont d’abord pris soin de massacrer les enfants rassemblés sur la place du village puis les adultes. Selon le rapport d’Human Rights Watch, 190 personnes auraient été massacrées, 200 enlevées, les chiffres pouvant être beaucoup plus élevés.

Le recours à des armes chimiques 

Leur utilisation est avérée, tout du moins pour l’attaque dans la région orientale de Guta, à Damas, le 21 août. Si la Syrie d’Assad a été rapidement pointée du doigt par les agresseurs, les faits montrent une autre direction.

La Russie avait déjà souligné que les missiles avaient été lancés depuis une zone contrôle par Liwa al-Islam, milice islamiste. En mai 2013, l’Armée syrienne avait déjà capturé sur des soldats d’Al-Nosra des échantillons de gaz sarin, ou d’armes de destruction massive plus raffinées.

Plus tard, en octobre 2013, une explosion à la bombe à la frontière turque, sur un poste contrôlé par les Kurdes à Ras al Ayn, pourrait bien avoir été accompagnée d’armes chimiques, au vu des symptômes d’empoisonnement chez certains combattants, et de la fumée jaune due à l’explosion.

N’oublions pas que Carla del Ponte, membre de la Commission d’Enquête de l’ONU, a elle-même confirmé qu’il n’y avait aucune indication que le gouvernement syrien avait utilisé ces armes, mais que cela pouvait bien être le cas des rebelles syriens.

Attaques contre des bâtiments éducatifs, religieux, culturels 

Ils sont fréquents, plus de 2 000 établissements scolaires ont été détruits dans les combats. En janvier 2013, l’hôpital français d’Alep a été victime d’une voiture piégée signée Al-Nosra.

Le 28 mars 2013, l’Université de Damas a été victime d’une attaque au mortier qui a fait 15 morts et 20 blessés. Le 21 mars, c’était la mosquée Eman qui était visée lors de la prière du vendredi, l’imam pro-Assad Sheikh Mohammed Said Ramadan al-Buti tué, ainsi que 42 autres personnes.

Les plus grands monuments de la riche histoire syrienne, classés à l’UNESCO, ont déjà été lourdement endommagés, pillés : on peut penser au Krak des Chevaliers, Palmyre, la vieille ville de Damas, les édifices moyen-âgeux d’Alep, le bazar d’Al-Madinah ou la Grande mosquée d’Alep.

Harcèlement sexuel et viols 

Il est avéré qu’Al Qaeda et les organisations liées à l’ASL ont violé des milliers de femmes et d’enfants. Selon l’ONG « Femmes en état de siège », en 2012, 100 cas de viols avérés ont eu lieu, 80 % contre des femmes ou jeunes filles. Les chiffres seraient largement sous-estimés.

Toutes les plaintes déposées par les « Avocats pour la Justice » en Turquie n’ont abouti à aucune poursuite concrète contre les criminels de guerre et leurs complices.

Pourtant, l’attentat islamiste à Reyhanli, à la frontière turco-syrienne en mai dernier, qui a fait 46 morts a éveillé la conscience du peuple turc. Ce fut le point de départ de la « rébellion de juin » qui a ébranlé le régime autoritaire d’Erdogan, aujourd’hui en train de vaciller sous le poids des scandales.

Désormais, les avocats épris de justice, les journalistes amis de la paix, les députés soucieux de vérité s’en tournent à l’opinion publique internationale : il faut que s’exprime un grand mouvement de solidarité avec le peuple syrien, victime d’une guerre d’agression, que la vérité soit dite et justice soit faite face aux criminels de guerre qui sévissent en Syrie !

Solidarité Internationale PCF, mardi 14 janvier 2014.

Pour trouver le rapport de son intégralité (en anglais), allez sur le lien.

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http://www.legrandsoir.info/un-rapport-sur-les-crimes-de-guerre-commis-contre-le-peuple-syrien-remis-a-l-onu.html
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HISTOIRES DE GAZA (Counterpunch)

Histoires de Gaza (Counterpunch)
envol
HISTOIRES DE GAZA (Counterpunch) dans REFLEXIONS PERSONNELLES arton23940-d08f0
David SWANSON

De jeunes auteurs de Gaza, dont certains disent qu’ils peuvent trouver la Palestine sur Internet mais pas dans la réalité, viennent de publier une série de récits en Anglais pour marquer le cinquième anniversaire des 23 jours (du 27 décembre 2008 à l’intronisation d’Obama) pendant lesquels Israël a bombardé la population de Gaza avec une cruauté sans précédent. Ils publient quotidiennement un extrait de leur livre tout au long de ces 23 jours sur leur page FaceBook. Vous pourrez leur parler si vous voulez dans le prochain Google Hangout.

Pendant cinq ans, le monde – tout comme Obama – a globalement regardé ailleurs en ce qui concerne les crimes commis par des pays alignés sur les Etats-Unis. Mais les crimes perpétrés à Gaza à l’époque et aujourd’hui et dans d’autres pays, ont été portés à la connaissance de ceux qui voulaient bien les voir par les récits en temps réel publiés sur des blogs jusque dans les pays responsables du terrorisme lointain trop-effroyable-pour-qu’on-ose-prononcer-son-nom. Si on s’intéressait à ce que disent les étrangers de notre pays sur Internet ou à la TV au lieu de n’écouter que ce que nous disons de nous-mêmes, l’injustice aurait du souci à se faire.

Les récits plus vrais-qu’à-la-télé écrits par ces jeunes Gazaouis ont le potentiel de toucher beaucoup d’âmes et pourraient par leur exemplarité contribuer à écarter le spectre de la prochaine « guerre humanitaire » quel que soit le pays visé. Si les récits de ceux qui ont bénéficié des attentions particulières des militaires pouvaient être lus par des gens qui ont de l’influence ou qui pourraient en avoir s’ils le souhaitaient, et si ces récits parvenaient à faire saisir l’évidence-toujours-niée qu’ils sont comme nous, que ces gens sont des gens exactement comme les autres, alors le « choc et l’effroi »* cesseraient peut-être de roder dans les rues de villes soi-disant non-humaines pour aller hanter les bureaux de Lockheed Martin où est leur véritable place.**

Les histoires de ce livre parlent d’enfance et de famille, d’amour et de perte, de football et de mal de dent. Comme dans toutes les histoires les gens sont mis dans des circonstances particulières : Une visite au médecin est une visite à quelqu’un qui doit faire des choix difficiles : est-ce que ce sera votre père qui sera envoyé chez le spécialiste ou le bébé qui a plus de chance de survivre ? Deux fermiers, un Gazaoui et un Israélien se trouvent sans le savoir à quelques mètres l’un de l’autre, séparés par un mur impénétrable. Un Gazaoui et un Israélien ont peut-être envie de faire connaissance mais ils en sont empêchés par un mur inhumain. Un enfant écoute une histoire avant de s’endormir quand soudain un missile frappe la maison. Qui vivra ? Qui sera traumatisé ? Ou tout le monde est-il déjà traumatisé ?

« J’ai passé cette nuit-là à penser à la maison de Thaer, à la vie qui s’éteignait dans les yeux de maman. Je n’ai pas cessé de me demander ce qui était le plus douloureux : l’horrible bourdonnement du drone à l’extérieur ou le tumulte des questions douloureuses qui m’agitaient. Je crois que j’ai fini par m’endormir sans avoir de réponse, reconnaissante que le drone n’ait pas laissé ma souffrance intérieure s’apaiser. »

Les enfants de Gaza connaissent les noms de livres, de jouets, de films, d’arbres et d’avions meurtriers. Certains se nomment « Apaches », du nom d’une peuple traqué, emprisonné et assassiné par l’armée étasunienne, un peuple enfermé dans des camps qui ont inspiré les nazis dont les camps à leur tour ont inspiré à la nation israélienne ce qu’elle fait maintenant aux immigrants africains non-juifs. Combien faudra-t-il de temps avant que les petits enfants de Chine ne montrent le ciel en craignant de voir apparaître un essaim de « Gazas » ?

Ces récits parlent de gens et de pays et des efforts pour comprendre d’autres gens. Comprendre les autres est un défi :

“Si on inventait un jour un bulldozer palestinien (Ha ha, je sais !) et si je pouvais entrer dans un verger de Haïfa par exemple, je ne déracinerais jamais un arbre qu’un Israélien aurait planté. Aucun Palestinien ne ferait une chose pareille. Pour les Palestiniens les arbres sont sacrés, tout comme la terre qui les porte ».

Les Gazaouis essaient d’imaginer ce qui se passe dans la tête des soldats israéliens, en particulier de ceux qui ont tué des membres de leur famille. Une histoire parle des regrets d’un soldat israélien (ou PTSD*** : le terme clinique moins impliquant est souvent préféré) et des efforts de la femme du soldat pour atténuer ses remords :

« Mais chéri, tu ne faisais qu’obéir aux ordres. Tout va bien. »

Ces mots de tendre de réconfort résonnent aux oreilles d’un homme qui n’est plus capable de les entendre. Et en même temps, ils font référence à des événements absolument horribles. Le contraste entre ces significations opposées devrait nous conduire à nous arrêter et à remettre en question ce que nous entendons trop souvent sans y prêter attention. Ici aux Etats-Unis par exemple, un soldat en uniforme monte le premier dans un avion et on le remercie pour ses »services ». Il serait sûrement impoli de ne pas le remercier pourtant on ne remercie pas celui qui appuie sur le bouton de la chaise électrique dans nos prisons. On ne remercie pas non plus ceux qui risquent leur vie pour éteindre le feu. Il n’y a que ceux qui tuent dans les guerres, même quand ils participent à l’opération la plus meurtrière en cours -en Afghanistan- qui ont le soutien de 17% de la population étasunienne ; et les sondages internationaux montrent que les Etats-Unis sont considérés comme la plus grande menace contre la paix sur terre.

Les récits de Gaza ne sont pas des essais. Ils ne traitent pas de l’inévitable question : « Qu’en est-il de la violence des Gazaouis eux-mêmes ? » Il n’est pas nécessaire de se méprendre sur la nature de l’occupation, le lent génocide, l’injustice internationale, la violence et la souffrance hors de proportions infligées à un des deux camps de ce soi-disant conflit pour penser que « Qu’en est-il de la violence des Gazaouis eux-mêmes ? » est une question raisonnable. Il n’est nul besoin d’être un Gazaoui ou un imbécile grossier et arrogant pour avoir le droit de ne pas être d’accord avec la réponse habituelle. Le livre est préfacé par l’éditeur qui exprime son soutien pour le concept bien connu : « par tous les moyens nécessaires ». Je préfère dire : « par tous les moyens efficaces ». Des moyens qui sont l’expression la plus immédiate de la rage sont parfois considérés à tort comme nécessaires, tandis que d’autres qui auraient plus de chance d’aboutir sont parfois rejetés parce qu’on les trouve insuffisants. »

Les histoires elles-mêmes ne traitent pas de cette question. Elles décrivent plutôt la lutte pour la survie, le courage dont nous pourrions tous avoir besoin si le climat de la terre évolue comme les savants le prédisent. Ces jeunes de Gaza pourraient prendre la tête d’un mouvement pour la paix et la justice avant que la folie et le désastre de l’impérialisme n’engloutisse les nantis comme les oubliés. J’espère qu’ils connaissent les Volontaires de la Paix en Afghanistan, les gens de No Dal Molin en Italie et ceux du village de Gangjeong sur l’île de Jeju et qu’ils se joindront au nouveau mouvement mondial pour mettre fin à la guerre qui verra le jour l’année prochaine.

David SWANSON

David SWANSON est l’auteur de War is a Lie. Il habite en Virginie.

Traduction : Dominique MUSELET

Notes :

* La doctrine choc et effroi (de l’anglais Shock and Awe, ce qui peut aussi être traduit par « Choc et stupeur »), ou de « domination rapide », est une doctrine militaire basée sur l’écrasement de l’adversaire à travers l’emploi d’une très grande puissance de feu, la domination du champ de bataille et des manœuvres, et des démonstrations de force spectaculaires pour paralyser la perception du champ de bataille par l’adversaire et annihiler sa volonté de combattre.

** Lockheed Martin est la première entreprise américaine et mondiale de défense et de sécurité.

*** Post-traumatic stress disorder

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GAUCHE DE DROITE, GAUCHE DE COMBAT: LA SOCIAL DEMOCRATIE ET NOUS (Antoine MANESSIS /legrandsoir.info)

Gauche de droite, Gauche de combat :
LIBERTE
La social démocratie et nous
GAUCHE DE DROITE, GAUCHE DE COMBAT: LA SOCIAL DEMOCRATIE ET NOUS (Antoine MANESSIS /legrandsoir.info)  dans REFLEXIONS PERSONNELLES arton23987-84f8e
Antoine MANESSIS

La social-démocratie est un terme et une réalité politique polysémiques.

En effet, définissant un courant politique, le sens du mot change avec l’évolution de ce même courant.

Fondée par les pères du marxisme, Marx et Engels, la social-démocratie (S-D) fut la forme organisée du mouvementent révolutionnaire. Même si, notons-le, des courants réformistes existaient au sein de la social-démocratie. Des courants plus ou moins contrôlés du vivant des deux fondateurs et du dernier d’entre eux, Engels, qui mourut en 1895. Marx lui-même décrit la naissance de la S-D ainsi :

« une coalition entre petits-bourgeois et ouvriers [...] enleva aux revendications sociales du prolétariat leur pointe révolutionnaire et [...] leur donna une tournure démocratique. On enleva aux revendications démocratiques de la petite-bourgeoisie leur forme purement politique et on fit ressortir leur pointe socialiste. C’est ainsi que fut créée la social-démocratie. » Marx

C’est en Allemagne que va croître le plus grand parti

social-démocrate d’Europe.

En 1875, les mouvements socialistes allemands fusionnent lors d’un congrès à Gotha. Le programme adopté lors de l’absorption de l’ADAV (Association Générale des Travailleurs Allemands de Lassalle) par le SDAP (Parti Ouvrier Social-Démocrate de Bebel et Liebknecht) est un texte de compromis d’inspiration marxiste, mais faisant une large place aux idées lassalliennes. Marx et Engels se montrent mécontents de ce programme, qui leur paraît opportuniste et antiscientifique, sans rompre pour autant avec le parti social-démocrate. Marx rédige à cette occasion la Critique du programme de Gotha et affine la notion de dictature du prolétariat. C’est en 1890 que le SPD (Parti Social-Démocrate d’Allemagne) prend son nom définitif. La social-démocratie se définit alors comme une alliance étroite formée par le parti politique socialiste et les syndicats pour constituer une expression politique unie du mouvement ouvrier.

La lutte entre réformisme et révolution

ne cesse jamais au sein de la S-D.

A la fin du XIXe siècle, Édouard Bernstein, un des exécuteurs testamentaires d’Engels, constatant que le capitalisme ne s’est pas effondré et tend même au contraire à se consolider, publie entre 1896 et 1898 une série d’articles défendant la thèse selon laquelle la transformation socialiste de la société devient possible par le parachèvement et l’élargissement des institutions politiques et économiques existantes. L’État, en se démocratisant et en adoptant le suffrage universel, devient l’instrument de la démocratisation : il n’est donc plus à conquérir, mais à « libérer » de son contenu de classe. Pour Bernstein, la social-démocratie doit cesser de se penser comme le parti du prolétariat pour devenir un vaste parti populaire et démocratique et, au lieu de préconiser la révolution, proposer simplement des réformes visant à une plus grande justice sociale.

Ces thèses sont vivement combattues par les marxistes « orthodoxes » comme Bebel et Kautsky, autre exécuteur testamentaire d’Engels. Bebel déclare :

« Je ne tolérerai pas qu’on brise la colonne vertébrale de la social-démocratie, qu’on remplace son principe : la lutte de classe contre les classes possédantes et contre le pouvoir d’État, par une tactique boiteuse et par la poursuite exclusive de buts soi-disant pratiques ».

La tendance de Bernstein est mise en minorité en 1899 ; néanmoins, il n’est pas exclu du parti et continue d’y jouer un rôle important. En outre, si la ligne de Kautsky, qui prône le maintien de la ligne « révolutionnaire », a triomphé, elle se montre nuancée quant au concept de révolution. Kautsky entend en effet par là un changement radical de la société, mais de manière non violente, par le biais de la majorité.

La S-D s’étend en Autriche-Hongrie, en Scandinavie, en Grande-Bretagne. Le mouvement social-démocrate suédois s’écarte de la tradition marxiste en rejetant toute idée de révolution ; en Grande-Bretagne, où le marxisme ne s’est jamais implanté durablement, le mouvement ouvrier fédéré au sein du Trade Union Congress (TUC) évolue rapidement vers un réformisme partisan de la paix sociale. En Russie en revanche, le Parti Ouvrier Social-Démocrate (POSDR) est aussitôt réduit à la clandestinité ou, pour une grande partie de ses membres, à l’exil. Les sociaux-démocrates russes, confrontés à un pouvoir politique répressif, demeurent donc dans une optique révolutionnaire. rapidement le POSDR connaît une scission de fait entre Bolcheviks (= Majoritaires) et Mencheviks (= Minoritaires).

Avec la Première Guerre mondiale,

l’éclatement de la social-démocratie…

C’est la Première Guerre mondiale qui verra l’éclatement de la social-démocratie.La social-démocratie européenne, et plus largement le mouvement socialiste, politiquement de plus en plus réformiste, se divise profondément. Les partis socialistes se rangent dans leur majorité à la politique d’« Union Sacrée », soutenant l’engagement guerrier de leurs gouvernements respectifs, voire participant au pouvoir dans ce contexte. Les socialistes et sociaux-démocrates pacifistes sont minoritaires. Une autre tendance, représentée notamment par Lénine, prône le « défaitisme révolutionnaire » qui conduirait les partis socialistes à souhaiter la défaite de leur propre gouvernement, le conflit étant l’occasion d’amener à la révolution prolétarienne. Si la ligne de Lénine demeure minoritaire, l’opposition à la guerre gagne du terrain à mesure que dure un conflit particulièrement meurtrier : les sociaux-démocrates allemands se divisent et les pacifistes, exclus, fondent le Parti Social-Démocrate Indépendant d’Allemagne (USPD) au sein duquel les révolutionnaires constituent une tendance autonome, la Ligue Spartacus.

… la Révolution d’Octobre change la donne

La Révolution d’Octobre 1917 change totalement la donne au sein du mouvement ouvrier international et bientôt la rupture entre les deux courants, réformiste et révolutionnaire, devient radicale avec la fondation de la IIIe Internationale communiste (IC). Les anciens partis sociaux-démocrates font le choix de rejoindre l’IC, soit de façon majoritaire, soit minoritaire. Ils choisissent de changer de nom pour rompre symboliquement avec le réformisme et se baptisent communistes. Le courant réformiste reste au sein de la IIe Internationale et maintiennent les parti sociaux-démocrates. En Europe et particulièrement en Allemagne la rupture sera dramatique puisque le SPD dirige l’action contre-révolutionnaire face à la révolution des communistes regroupés dans la Ligue Spartacus et contribue au premier chef à l’écrasement et à la répression anticommuniste. Rosa Luxembourg et Karl Liebknecht seront même assassinés sur ordre du gouvernement SPD.

Socialisme :

Parti réformiste ou Parti communiste

Dès lors dans chaque pays deux partis se réclameront du socialisme, un parti réformiste et un parti communiste. Bien évidemment, dans chaque pays, la rupture ne se fait pas dans les conditions extrêmes que connaît l’Allemagne et les relations entre les deux courants ne seront pas identiques partout. De plus la manière dont s’est produite la scission, la rupture entre communistes et sociaux-démocrates, et cela malgré les 21 conditions à l’adhésion à la IIIe Internationale, fait que des éléments constitutifs de la pratique sociale-démocrate subsistent dans certains partis communistes et que certains partis socialistes continuent à se référer, au moins théoriquement, à des concepts révolutionnaires marxistes comme la SFIO qui prétend lutter pour la dictature du prolétariat. Toujours est-il qu’après Octobre 1917, la rupture est irrémédiable entre réformisme et révolution.

Une phase de radicalisation des relations entre les deux courants va suivre la fin de la Première Guerre. D’un côté il s’agit d’affirmer le caractère révolutionnaire des PC qui, sous l’impulsion de l’IC, dominée par le Parti bolchevik, impose la « bolchévisation » des sections de l’Internationale. De l’autre il s’agit pour les affiliés de la IIe Internationale de s’opposer avec véhémence aux communistes pour justifier la préservation de « la vieille maison ». Et des deux côtés on s’affirme en s’opposant. En Allemagne le KPD devient l’ennemi principal du SPD et en France Aragon lance : « Feu sur les ours savants de la social-démocratie ! ».

Années 30, l’Internationale Communiste

et la lutte contre le fascisme

L’IC, un temps sur des positions sectaires, tire les conséquences de la défaite du mouvement ouvrier allemand face au nazisme en 1933 et effectue un tournant lors de son VIIe Congrès sous l’égide de son secrétaire général, Georges Dimitrov. C’est la ligne prônée par le parti français, celle du Front Populaire, qui s’impose.

Quant à la S-D elle continue de camper dans beaucoup de pays sur des positions sectaires, anticommunistes, qui empêchent l’unité d’action antifasciste de se déployer. Dans d’autres pays, comme la France ou l’Espagne, le Front Populaire peut se constituer et tenter de barrer la route au fascisme. Cette stratégie de l’IC, au-delà même des acquis sociaux et de l’expérience acquise par la classe ouvrière et la paysannerie, jette les bases de ce que sera la Résistance durant la Deuxième Guerre, stratégie qui sera mise en œuvre au sein de Fronts comme le CNR en France ou le PEEA en Grèce ou le Comité de libération nationale en Italie. Elle permet aux partis communistes de devenir des partis de masse et des partis nationaux, dans le sens gramscien des partis « nationaux-populaires ».

Isoler et battre l’ennemi principal

Adaptation de la stratégie léniniste de Front unique, cette ligne du VIIe Congrès de l’IC, vise à la fois à lutter contre l’isolement des communistes et contre le réformisme et l’opportunisme y compris dans des alliances, des fronts, des blocs avec la S-D.

Car combattre la division et l’inertie que celle-ci engendre c’est aussi combattre l’influence réformiste. Isoler et battre l’ennemi principal est une des grandes leçons du léninisme y compris avec « un allié temporaire, chancelant, conditionnel, peu solide et peu sûr » (Lénine, La maladie infantile du communisme). Renoncer au Front unique c’est baisser les bras devant le réformisme et la S-D. Bien entendu cette politique implique que les communistes gardent leur autonomie, leur indépendance, leur entière liberté car « la S-D est foncièrement un parti bourgeois » (Lénine, Ibid.). Le Front unique c’est la poursuite de la lutte des classes y compris dans une entente tactique avec la S-D pour que « l’expérience politique des masses » (Ibid.) les amène à rejeter le réformisme au profit de la révolution. Ce qui compte c’est que le Front serve à mettre les masses en mouvement et que les communistes jouent leur rôle d’avant-garde au sein du Front. Bref, comme le dit encore Lénine,

« toute l’histoire du bolchevisme, avant et après la Révolution d’Octobre, abonde en exemples de louvoiement, d’ententes et de compromis avec les autres partis, sans en excepter les partis bourgeois ! ».

Classe contre classe ou front populaire ?

La menace fasciste, sa victoire en Italie et surtout en Allemagne en 1933 font bouger les lignes au sein de l’IC. En effet le résultat concret de la ligne « classe contre classe » de l’Internationale et d’un puissant, combatif et héroïque parti communiste, le KPD, fort de 250 000 adhérents, fut une défaite terrible et une impasse.

Certes la responsabilité de la S-D fut écrasante, de la répression contre la révolution spartakiste au vote pour Hindenburg au nom du moindre mal. Son hostilité agressive à l’égard des communistes et à toute perspective d’unité d’action fait du SPD, sans contestation possible, un des fourriers de nazisme. Il reste que proclamer que « l’arbre fasciste ne doit pas cacher la forêt social-fasciste » ne fut pas la réponse adéquate à la situation. Lorsque l’arbre s’abattit sur le mouvement ouvrier, nombreux furent ceux qui regrettèrent la forêt. C’est bien ce jugement des faits qui fit que l’IC opta pour la stratégie de Front populaire lors de son VIIe Congrès. Cette stratégie peut se décliner d’une multitude de façon mais elle reste fondamentalement juste : isoler l’ennemi principal en regroupant autour de la classe ouvrière toutes les forces possibles.

Selon l’ennemi principal, selon les situations historiques particulières, le périmètre du Front, la tactique, les alliés substantiels ou circonstanciels changent, mais pas la stratégie. Rappelons que le trotskisme fut incapable de comprendre cette stratégie, qu’il condamna le Front populaire comme une compromission avec la bourgeoisie et une stratégie contre-révolutionnaire.

La social démocratie aujourd’hui

Le réformisme et la S-D ont connu depuis le Front populaire des évolutions : la base ouvrière s’est effritée, l’osmose entre les dirigeants sociaux-démocrates et la grande bourgeoisie s’est encore renforcée. Profitant du rapport des forces entre l’URSS, le camp socialiste, le mouvement de libération nationale et le mouvement ouvrier révolutionnaire, essentiellement les partis communistes, et le capitalisme, la S-D a tenté de s’identifier à l’« État providence », c’est-à-dire au compromis imposé au capitalisme durant les « Trente glorieuses », tentant de faire oublier cette vérité que Lénine avait déjà signalée : « les réformes sont toujours le résultat de l’action révolutionnaire » et non de la bonne volonté du capital.

Ainsi le programme du CNR et les réformes mises en œuvre à la Libération en France par les ministres communistes sont le résultat d’un rapport des forces, de la puissance du PC, de l’URSS et non du réformisme social-démocrate. Ceci explique la « crise » contemporaine de la S-D et son incapacité à proposer une alternative au capitalisme voire une « humanisation » du capitalisme, depuis la chute de l’URSS et la mutation réformiste et opportuniste de nombre de PC. L’impuissance politique de la S-D et son rôle néfaste, réactionnaire apparaît ainsi de façon de plus en plus évidente.

D’ailleurs tant l’évolution sociologique que politique de la S-D implique de s’interroger sur l’identification du réformisme avec les partis sociaux-démocrates. En somme de quoi la S-D est-elle aujourd’hui le nom ? Certes depuis 1914, la S-D c’est la bourgeoisie dans les rangs ouvriers. Mais nous l’avons vu plus haut sa nature de classe n’empêche pas ce courant politique d’évoluer, de bouger au grès des situations et des rapports de forces, en particulier avec le courant révolutionnaire. C’est bien avec la S-D que les communistes ont tenté, parfois échoué (dans les pays scandinaves) et parfois réussi (en France, en Espagne, au Chili) à constituer dans les années 1930 des Fronts antifascistes. C’est que pour les communistes il n’y a ni politique du moindre mal, ni politique du pire.

Il y a analyse des possibilités, des contradictions portées par telle ou telle situation concrète et action pour mettre les masses en mouvement et défendre en leur sein la ligne rouge, la ligne de la cohérence et de l’efficacité, la ligne de classe. Et puis les communistes choisissent leur ennemi : il serait irresponsable et absurde de mettre un signe d’équivalence absolu entre toutes les forces bourgeoises. Madame Bachelet, Présidente social-démocrate du Chili n’équivaut pas le général Pinochet.

Le capitalisme règne sous l’une et l’autre mais ne pas tenir compte des différences entre l’une et l’autre pour les conditions de la lutte de la classe ouvrière et l’avenir même du socialisme serait criminel du point de vue des intérêts de la classe, du peuple et du pays.

Gauche de droite, la social démocratie et le social libéralisme

La S-D est devenue progressivement une sorte de social-libéralisme, parfois implanté en milieu populaire grâce à un syndicalisme puissant mais fondamentalement et ouvertement de collaboration de classe, visant à déserter la lutte des classes, à pacifier les rapports sociaux.

Un capitalisme aménagé, un État-providence plus ou moins présent, une redistribution partielle des revenus aux couches populaires, la « modération » salariale (en fait l’austérité plus ou moins accentuée selon la conjoncture économique) assurée au patronat, une pratique économique libérale assez classique finalement, agrémentée de quelques améliorations sociales : voilà la pratique S-D sur la longue durée.

Mais là encore on ne peut pas ne pas tenir compte des situations spécifiques de tel ou tel pays, de tel ou tel rapport de forces. Ainsi la SFIO et le PS Italien soutiennent la ligne de Front populaire proposée par les communistes contre les partis S-D des pays nordiques acharnés à combattre le Front populaire au sein de l’Internationale Ouvrière Socialiste.

La social démocratie et le clivage

autour de la question de la Nation

Un point important doit être souligné. Dans les années 1920 la S-D fut en quelque sorte aidée par la grave sous-estimation de la question nationale par les communistes. En effet la référence à la nation, aux valeurs nationales permettait à la S-D de se démarquer des communistes qui, traumatisés par le social-chauvinisme de la S-D et ses funestes conséquences en particulier durant la Première Guerre mondiale, jettent le bébé patriote avec l’eau du bain nationaliste bourgeois.

Là encore la politique de Front populaire permet aux partis communistes de faire leurs l’héritage national progressiste, de s’intégrer à la nation, de récupérer la force du sentiment national et de le mettre en synergie avec le combat social : cela va permettre aux PC, au moins à certains d’entre eux, de passer de l’état de secte à celui de partis de masse.

Reste l’évolution sociologique de la S-D : ce courant politique, même s’il draine encore dans certains pays la classe ouvrière, surtout là où les PC étant soit inexistants, soit devenus réformistes, (il est difficile de ne pas céder au vote « utile »), est de plus en plus le représentant de la moyenne bourgeoisie avec ce que cela implique sur le plan idéologique. Reste que la base de masse de la S-D n’est pas la base de masse de la droite classique et que les communistes ne peuvent qu’en tenir compte dans leur stratégie.

Enfin soulignons que dans les partis réformistes, dans le courant historique de la S-D, on doit inclure un néo-réformisme issu de l’aile gauche de la la S-D et de l’aile droite des PC mutés en partis réformistes et opportunistes. Leur histoire, leurs militants, même de façon résiduelle, permettent aux communistes d’interagir avec eux de façon différente qu’avec la vieille S-D devenue plus libérale que réformiste.

Cette évolution social-libérale entraîne un rétrécissement de l’espace politique de la S-D. Et son positionnement de plus en plus à droite sur l’échiquier politique.

Le keynésianisme n’est plus à l’ordre du jour pour le capital car rien ne l’y contraint. En revanche les contradictions du capitalisme travaillent toujours la société et le capitalisme, débarrassé de sa peur de la révolution, se lance dans une politique de recul social d’une telle ampleur qu’on peut parler de recul civilisationnel.

Le visage « exterministe » (G. Gastaud, Mondialisation capitaliste et projet communiste le temps des cerises 1997) du capitalisme et de son stade impérialiste apparaît dans toute son hideuse monstruosité tant sur le plan social qu’environnemental.

De plus, la nouvelle mondialisation capitaliste implique pour le grand capital la destruction des États-Nations, qui constituent des pôles potentiels de résistance à sa domination puisque l’espace national reste l’espace d’organisation et d’action de la classe ouvrière. Ce qui n’exclue pas la nécessaire coordination internationaliste prolétarienne, bien au contraire.

Quelle chemin pour construire le socialisme ?

Le principe de Newton de l’action et de la réaction selon lequel à toute action correspond une réaction d’intensité égale mais de sens opposé, est une loi physique mais aussi politique. Ainsi la violence de l’action capitaliste contre les classes ouvrières, les masses populaires et leurs patries donne une base matérielle à une stratégie de Front populaire et patriotique en réaction à la politique du capital.

Car pour qui veut bien s’aider de l’analyse matérialiste de la situation, cette analyse concrète de la situation concrète qui plutôt que de faire référence à ce pseudo marxisme théorique d’étagère, figé en dogme, sait s’appuyer résolument sur un marxisme créateur guide pour l’action *, il apparaît clairement qu’unir les communistes – à une époque où le Mouvement Communiste International est à l’état gazeux-,unir les patriotes – c’est à dire ceux qui considèrent, pour paraphraser le marxiste irlandais James Connolly, que la « cause du travail est la cause de la patrie et la cause de la patrie est la cause du travail »- à unir les antifascistes – à l’heure où la fascisation de l’UE et des États bourgeois est à l’œuvre – est la réponse révolutionnaire à la situation actuelle.

La social-démocratie, le réformisme sont en opposition totale avec cette stratégie : ils prônent et collaborent à la criminalisation du communisme et des communistes, ils prônent la dissolution de fait des nations dans des conglomérats supranationaux voulus et forgés par le grand capital et pour son seul intérêt au niveau mondial comme régional avec, par exemple, l’UE en Europe. Enfin, ils nient la fascisation et la facilitent par l’anticommunisme et l’antipatriotisme, rejoignant en cela un certain gauchisme dogmatique et nihiliste national, au-delà des postures « de gauche ».

Alors que l’opportunisme et le dogmatisme aboutissent à l’isolement et à l’impuissance du mouvement ouvrier et populaire, le marxisme et le léninisme permettent d’unir les masses à partir de leur niveau de conscience et de leur expérience concrète et de mettre en mouvement celles-ci dans une dynamique politique qui offre des perspectives immédiates et une issue politique.

Antoine MANESSIS

(*) En pratique, ne faut il pas savoir dire « il existe le marxisme théorique et le marxisme créateur. Je reste sur la base de ce dernier »

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http://www.legrandsoir.info/gauche-de-droite-gauche-de-combat-la-social-democratie-et-nous.html
Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 22 janvier, 2014 |Pas de commentaires »

DAMAS ACCUSE DE MASSACRE A ECHELLE INDUSTRIELLE DANS UN RAPPORT PUBLIE SUR « THE GUARDIAN » ET « CNN » (AFP)

Damas accusé de massacre

à échelle industrielle

dans un rapport

publié sur les sites

de

« The Guardian »

et de

« CNN »

AAAAAAAA

LONDRES – Trois anciens procureurs internationaux accusent la Syrie de massacres à grande échelle et de tortures dans un rapport basé sur le témoignage d’un déserteur et commandé par le Qatar, pays qui soutient les rebelles syriens.

Le rapport, publié sur les sites du quotidien britannique The Guardian et de la chaîne d’information américaine CNN, est basé sur le témoignage et sur des photos fournies par cette source, restée anonyme pour des raisons de sécurité.

Il fait état de 11.000 détenus morts dans les geôles du régime syrien. Ce chiffre provient d’un seul endroit, que je ne peux pas citer pour des raisons de sécurité, a déclaré l’un des trois rédacteurs du rapport, Desmond de Silva, à la BBC.

Sur l’ensemble de la Syrie, il y en a beaucoup plus, a ajouté l’ancien procureur en chef du Tribunal Spécial pour la Sierra Leone qui a rédigé ce rapport avec Geoffrey Nice, ancien procureur en chef lors du procès de l’ex-président yougoslave Slobodan Milosevic, et David Crane, qui a inculpé le président libérien Charles Taylor.

Commandité et financé par le Qatar, le rapport de 31 pages a été publié à la veille du début de la conférence de Genève II destinée à sortir la Syrie de la guerre civile.

L’ONU ainsi que des organisations comme Human Rights Watch avaient déjà fait état d’abus et de tortures de la part du régime syrien ainsi que des rebelles, mais à une échelle moindre.

Le document publié s’appuie sur le témoignage d’un photographe qui affirme avoir déserté la police militaire syrienne avec, en sa possession, une carte mémoire contenant environ 55.000 photos de 11.000 prisonniers morts en prison entre mars 2011 et août 2013.

Il a remis les photos aux experts médico-légaux mandatés par le cabinet juridique représentant le Qatar, à majorité sunnite, qui avait immédiatement apporté son soutien aux rebelles lors de leur soulèvement en 2011 contre Bachar al-Assad, soutenu par l’Iran chiite.

Les images témoignent du meurtre systématique de détenus par la faim et la torture. On voit des yeux arrachés, des gens battus de manière ignoble, des corps mutilés, ce sont des images terribles, s’est ému Desmond de Silva.

Les photos de corps émaciés rappellent ceux des camps de concentration nazis, a-t-il ajouté. Nous estimons que les éléments qu’il a fournis peuvent contribuer à trouver des crimes contre l’humanité.

L’ancien procureur estime qu’il est très peu probable que les photos puissent avoir été falsifiées.

Les auteurs du rapport ont mis le résultat de leur travail à la disposition de l’ONU, des gouvernements et des organisations de défense des droits de l’Homme.

Nous sommes convaincus qu’il s’agit d’un témoin (…) sincère, a souligné Desmond de Silva, expliquant l’avoir rencontré pendant trois jours avec ses deux collègues dont il a vanté la qualité et l’expérience en la matière.

L’intérêt que possède le Qatar dans cette affaire ne veut pas dire que les preuves sont fausses. Nous avons pris ce fait en compte et avons été très méticuleux dans notre façon de travailler, a-t-il ajouté.

La publication du rapport a fait réagir le ministre britannique des Affaires étrangères William Hague qui a évoqué de nouvelles preuves de l’utilisation systématique de violence et de brutalité envers le peuple syrien par le régime d’Assad.

Nous allons continuer à faire pression pour agir contre toute violation des Droits de l’Homme en Syrie et faire en sorte que les auteurs en rendent des comptes, a ajouté le ministre.

Au département d’Etat américain, une porte-parole, Marie Harf, a dénoncé des images (…) extrêmement dérangeantes, horribles à regarder et qui représentent des actes qui seraient apparemment de graves crimes internationaux. Le ministère américain a une nouvelle fois accusé le régime syrien d’être responsable de crimes de guerre et de crimes contre l’Humanité.

(©AFP / 21 janvier 2014 21h17)

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 22 janvier, 2014 |Pas de commentaires »

MOI, PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE, JE FERAI TOUT POUR OUBLIER MES PROMESSES ! L’ORDRE PUBLIC S’EFFONDRE COMPLETEMENT EN CENTRAFRIQUE: UN ENLISEMENT TOTAL DANS UN SACRE BOURBIER (elwatan.com / journaldebangui.com / survie.org /le petit blanquiste /Giovanna Cipriani /AFP /mediterranee.com / Thierry LAMIREAU)

Moi, Président de la République française…

GUERRES Dessin de LICHUAN de Chine

(Dessin: LICHUAN de Chine)

Près d’un million de personnes déplacées en l’espace d’un mois.

Patrouille française à Bangui 10.12.03.JPG

L’ordre public s’effondre complètement en Centrafrique.

GUERRES Dessin de LICHUAN de Chine

<br /><br /><br /><br />

La situation humanitaire est désastreuse en raison du climat d’insécurité.

Le pire est à craindre en République centrafricaine où les affrontements entre les éléments de l’ex-Séléka et les partisans des milices anti-Balaka prennent de plus en plus l’allure d’une guerre confessionnelle. Comme toujours, les premiers à faire les frais de cette explosion de violence sont les populations civiles. Supposées les protéger, les forces internationales présentes sur place semblent aujourd’hui complètement dépassées.

Aussi, le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) s’est alarmé de la situation humanitaire désastreuse en raison du fait justement que l’insécurité entrave l’acheminement de l’aide à plus de 935 000 personnes déplacées à cause des violences.

«Les gens se cachent dans la brousse, craignant de nouvelles attaques», a affirmé en conférence de presse un porte-parole du HCR, Babar Baloch.

Les attaques ciblées contre les civils, les pillages et la présence d’éléments armés sur certains sites où se trouvent des personnes déplacées limitent en effet l’accès des organismes humanitaires aux nécessiteux, a expliqué la même source. Cette détérioration de la situation, combinée à l’éloignement géographique des différents groupes de personnes déplacées en dehors de la capitale Bangui et à des routes en très mauvais état, complique aussi l’acheminement de l’aide aux populations en détresse. M. Baloch fait également état d’un «effondrement complet de l’ordre public» dans le pays, expliquant que malgré une présence militaire internationale près de l’aéroport de Bangui, la communauté humanitaire n’a pas été en mesure de mettre en place les conditions requises pour permettre aux agences de faire leur travail correctement.

Populations en danger

Des troupes supplémentaires et une coordination opérationnelle plus efficace sont donc nécessaires à l’appui de la Mission Internationale de Soutien à la Centrafrique sous conduite africaine (MISCA), a fait savoir M. Baloch. Entre-temps et après avoir accru sa présence dans le pays, le HCR a, depuis dimanche, ouvert un pont aérien depuis ses entrepôts régionaux pour faire venir véhicules et articles de première nécessité, tels que des tentes, des couvertures et des bâches en plastique. Mais la distribution de matériel d’abri et d’autres articles de secours est plus difficile, a noté M. Baloch, compte tenu du nombre croissant de familles dans le besoin. Plus de la moitié de la population de Bangui, plus de 512 000 personnes, a trouvé refuge dans 67 sites différents de la capitale ou vivent chez des familles d’accueil, et 60% des personnes déplacées sont des enfants.

Le Conseil de Sécurité avait, rappelle-t-on, autorisé le déploiement de la mission MISCA le mois dernier pour mettre fin au cycle de violences interconfessionnelles et de violations des Droits de l’Homme dans lequel a sombré la RCA depuis un mois.

La RCA est notamment dans la tourmente depuis que les rebelles de l’ex-Séléka, qui sont musulmans, ont lancé une offensive il y a un an, contraignant le président François Bozizé à quitter le pouvoir en mars. Un gouvernement de transition a permis, dans un premier temps, de rétablir un semblant de paix, ouvrant la voie à la tenue de futures élections démocratiques, mais le mouvement majoritairement chrétien des anti-Balaka a pris les armes et des affrontements interconfessionnels ont éclaté à Bangui début décembre. Et depuis, la situation n’a cessé d’aller de mal en pis. Le constat est le même également depuis le renforcement des troupes militaires françaises dans la région.

A. Z.

http://www.elwatan.com/international/l-ordre-public-s-effondre-completement-en-centrafrique-05-01-2014-240976_112.php

LE PETIT BLANQUISTE

Bloc-Notes de Jean-Pierre Dubois

L’isolement de la France en Centrafrique

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La journaliste Colette Braeckman s’interroge sur les raisons qui font qu’en dépit du feu vert de l’ONU la France semble se trouver isolée et dans l’impasse en Centrafrique. [1]

Elle rappelle, tout d’abord, que l’opération Sangaris représente la 11ème (onzième !) intervention de l’armée française en Centrafrique depuis que ce pays a accédé à l’indépendance.

C’est ainsi qu’en 1965 la France impose Jean-Bedel Bokassa à la présidence pour, en 1979, l’en chasser et amener son remplaçant, David Dacko, « par vol spécial ».

En 2003, elle approuve le coup d’État du général François Bozizé contre le président élu Ange-Félix Patassé.

Dix ans plus tard, le 24 mars 2013, elle laisse Michel Djotodia et ses milices Seleka [2] renverser Bozizé celui-ci étant tombé en disgrâce pour avoir osé ouvrir aux Chinois les champs pétroliers et les mines d’uranium de son pays…

Colette Braeckman dresse également un constat sévère de la colonisation française : un pays sans routes, sans encadrement administratif, à peu près aussi peu développé que le Sud Soudan.

Dans ce contexte – explique-t-elle – il faut prendre conscience de « la sophistication des moyens militaires dont dispose la Seleka » et qui explique son « avancée fulgurante ». Ces « guerriers sans frontières » ont déjà opéré au Tchad, au Soudan, dans toutes les zones grises de la frange sahélienne, ils sont formés et endurcis.

Avec d’autres mouvements comme les ADF-Nalu, opérant au Nord du Congo, la Seleka représente une avant-garde qui menace toute la zone forestière, du Cameroun jusqu’au nord du Kénya ; c’est une poussée de fond des populations sahéliennes, nomades et marquées par l’Islam, en direction des verts pâturages de l’Afrique centrale.

Face à ces combattants, les armées d’États aussi faibles que la Centrafrique ne font pas le poids. Quant aux Français, en nombre insuffisant, ils sont à peine secondés par les 4.000 hommes de la Force Africaine dont les 850 Tchadiens à la neutralité sujette à caution.

« Ceux qui tablaient sur une opération de courte durée, de nature à redorer le blason présidentiel, ont péché non seulement par excès d’optimisme mais surtout par ignorance ou présomption. », constate Colette Braeckman.

Ce pourrait être la conclusion…

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Le général Moussa Assimeh, chef militaire de la Seleka ayant participé au coup d’État qui a renversé François Bozizé le 24 mars 2013

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[1] Colette Braeckman,La France isolée face aux guerriers sans frontières  :http://blog.lesoir.be/colette-braeckman/2013/12/28/la-france-isolee-face-aux-guerriers-sans-frontieres/

[2] Seleka signifie Coalition ou Alliance en langue sango.

COMMENTAIRES:

Cher Monsieur Dubois
Merci de cet éclairage pertinent de Mme Braeckman. Un autre aussi est offert dans ce documentaire. Mais pour contourner le blocage en France sur un passage de la Françafrique on a dû poster ailleurs le film Africom go home bases étrangères hors d’Afrique.
Merci de le visionner et de le diffuser massivement.
Bonheur et longévité
http://www.youtube.com/watch?v=2Wu8vC9MLoU

Aziz Salmone Fall

Pour les connexions lentes prendre quelques minutes d’attente pour la mise en mémoire tampon-buffering avant de visionner. Pour ceux et celles qui ne pourront pas le visionner pour une raison technique quelconque, merci de me le faire savoir afin que je vous fasse une copie disque. La version anglaise et allemande suivent dans quelques jours.

AFRICOM Go Home: Bases étrangères hors d’Afrique est un film dans le cadre du cinquantenaire des «indépendances» africaines, (OUA 1963 -2013). C’est un document de contre-propagande et de sensibilisation aux fins non commerciales et d’usage d’archive et de consultation.
Ce document vidéo est une interprétation personnelle de l’enjeu géopolitique africain et mondial. Il n’engage que moi et nullement la responsabilité du GRILA et de ses membres. Le film s’adresse aux dirigeants africains, aux panafricains, aux internationalistes et à la jeunesse africaine préoccupés de la condition de l’Afrique dans le système monde. Il compare la vision des pères progressistes du panafricanisme à celle des tenants de la domination et leurs alliés locaux.

Au fur et à mesure de ma tournée de conférences et de sensibilisation, j’ai reçu des questions auxquelles, à travers ce film, je tente de nouveau de répondre, de façon plus vulgarisée et illustrative. L’abondance d’images et leur rapidité parfois sont voulues pour illustrer l’aridité des conférences et surtout comme archives permettant, sur le web, de faire une pause, de retourner en arrière et les revoir. Indépendantes de ma volonté, quelques brèves portions du son sont de moindres qualités en raison de bruits ambiants ou de cabines d’interprétariat, ou étaient déjà historiquement dégradés. Je m’en excuse et espère qu’elles n’empêchent toutefois pas la compréhension de ce grave enjeu.

L’objectif de ce document est une contribution subjective au suivi de la Déclaration AFRICOM Go Home, signée par une cinquantaine de personnalités et d ‘organisations africaines et allemandes. Ce document audiovisuel, articulé autour d’une tournée d’explicitation, de plaidoyer et de conférences en Amérique, en Europe et en Afrique, illustre les enjeux à partir d’images disponibles sur le World Wide Web ou d’autres offertes par des camarades qui ne portent aucune responsabilité dans le traitement du film. Je suis profondément reconnaissant de l’aide technique et des commentaires critiques de mes camarades. J’ai une pensée particulière pour Rosalie que l’on voit le jour du lancement de la Déclaration et qui s’est éteinte sans pouvoir visionner ce film.

Le film est bâti sur les enjeux fondamentaux suivants :

- Le suivi de la Déclaration AFRICOM Go Home et le bien fondé de cette déclaration.
– L’histoire et l’évolution de la présence militaire impérialiste et néocoloniale en Afrique sur les 50 ans.
– L’avènement de l’AFRICOM, son décryptage et celui des rivalités et visées impérialistes sur le continent, mais aussi leur surveillance réciproque et leurs contradictions dans la lutte contre le terrorisme. La dénonciation de son extension rampante dans le continent et sa position en Allemagne.
– Les contradictions des africains et leurs organisations à se défendre contre les conflits liés au pillage des ressources et l’accès au territoire.
– La nécessité de la résistance panafricaine et internationaliste et la repolitisation démocratique de notre jeunesse.

Le film suit la visite du président Obama en Afrique et en Allemagne, traque les positions des présidents Bush, Père et fils, Clinton, Chirac, Sarkozy, Hollande, la Chancelière Merkel, Khadafi, Moubarak, Ben Ali, Touré, Gbagbo, Abd el Aziz, Ouattara, Zuma, Bouteflika, Kagamé, Museveni, Kabila… et les chefs militaires de l’AFRICOM comme ceux et celles qui s’opposent à elle. Il fait le bilan de la politique sécuritaire du continent et s’attarde sur l’influence des néo-conservateurs américains et la poursuite actuelle de certaines de leurs politiques, y compris à travers des puissances régionales comme le Qatar ou l’Arabie Saoudite. Il explicite les agissements de l’impérialisme et du néocolonialisme, à travers les épisodes libyens, maliens, congolais ou centrafricains et les processus de cooptation de nos élites, de nos dispositifs militaires comme de nos sociétés civiles. La responsabilité de nos élites est engagée autant que celle de leurs commanditaires. 95 % des armes en usage sur le continent proviennent de l’extérieur et ils tuent plus que toutes les pandémies réunies. Sur l’autel de nos modes de consommation, des millions de congolais ont été sacrifiés. Le document illustre comment peuvent survenir les dérapages et graves bavures lorsque des bases étrangères sont établies, par exemple à partir d’exactions de la Françafrique, et montre comment de nouvelles, comme celle du Japon adviennent. Il explique, à travers une recension de toutes les bases existantes qui ceinturent ou infiltrent le continent africain, la position de l’OTAN, la vulnérabilité et la mise en tutelle de l’Union africaine, et la montée des convoitises surgissant de la présence de pays émergents comme les BRICS. Il creuse l’hypothèse de l’enjeu de la rétrocession de l’or de l’Allemagne détenue aux États-Unis, en France et en Angleterre, et la prééminence de la Chine comme un des éléments d’explication du fait accompli de l’établissement de la base militaire en Allemagne, mais aussi une des causes de la crise au Mali. Le film divulgue au monde l’existence de la base de l’AFRICOM en Allemagne. Il apporte surtout un éclairage sur les efforts courageux de citoyens et de parlementaires du parti Linkke qui interpellent les tenants de ce monde, et à travers leur lutte pour le pacifisme, l’observation des droits humains et un développement plus équitable, rend hommage à la plainte en justice qu’ils ont déposée contre les frappes par drones et assassinats ciblés de l’AFRICOM. Le film illustre aussi le degré de suspicion et d’espionnage entre les puissances et firmes transnationales et l’érosion de nos droits civiques.
Au delà de l’enjeu sécuritaire, le film montre comment la crise du capitalisme, le sous-développement sont un terreau fertile pour le culturalisme, l’intégrisme, le populisme et le terrorisme qui deviennent autant de leviers capables de diviser le continent et freiner sa souveraineté.
L’Afrique doit savoir ce qui se passe, se ressaisir avant qu’il ne soit trop tard, alors que toutes les formules censées assurer sa sécurité sont concoctées par l’AFRICOM et l’OTAN. Le film est un plaidoyer pour un développement autocentré plus équilibré, la redécouverte de la marge progressiste de l’État et l’accélération de l’intégration panafricaine dans une perspective internationaliste et pour un monde polycentrique défendant le «bien » commun de l’humanité.

Merci de diffuser largement autour de vous, de le twitter et de le poster sur différentes plateformes de visionnement ou des sites, si vous le jugez nécessaire, ce sera la seule façon de s’opposer à la censure et à la désinformation.

Je vous souhaite une bonne et heureuse année 2014, à vous et à toutes et tous vos proches!

Écrit par : Fall | 06 janvier 2014

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La cause de la faiblesse de l’armée est la même au Mali qu’en Centrafrique.
Ces états ont été ruinés par les plans d’ajustement structurel du FMI et de la Banque Mondiale approuvés par la France, ils n’ont plus les moyens d’entretenir une armée. Ce qui permet à l’ancien colonisateur de revenir en force sous le prétexte de sauver ces pays. La manœuvre est très astucieuse et elle permet d’évincer les méchants Chinois qui voulaient nous concurrencer dans l’extraction de pétrole et d’uranium, comme si les matières premières de ces pays ne nous appartenaient pas de droit.

Écrit par : Christian Schneider | 06 janvier 2014

Les méfaits de la France en Centrafrique

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Dans un récent article, Odile Tobner, présidente de l’association Survie, établit la responsabilité de la France dans la situation qui sévit actuellement en République centrafricaine.

Elle rappelle qu’après trois quarts de siècle d’une exploitation qui l’a dépeuplé de sa population et assuré l’édification de quelques grandes fortunes françaises, l’ex-Oubangui-Chari devient officiellement « indépendant » en 1960 avec à peine deux millions d’habitants pour un territoire grand comme la France.

Dès lors, les bases militaires de Bouar et de Bangui assurent une présence permanente de l’armée française et permettent, en écrasant toute tentative de rébellion, d’assurer à la France une gestion quasi directe du pouvoir politique.

Cette souveraineté de fait conduit à la déliquescence d’un pays livré aux visées stratégiques de l’ex-colonisateur et au pillage de ses affairistes. Quant aux subventions qui arrivent sur ce territoire, qu’elles soient françaises ou européennes, elles n’ont d’autre objectif que d’assurer la continuité de l’exploitation des matières premières et l’accès aux aéroports.

Résultat : La Centrafrique est connu comme le cinquième pays le plus pauvre du monde en dépit des richesses de son sous-sol.

Ses cinq millions d’habitants souffrent de l’absence d’hôpitaux, d’écoles, de routes, d’eau potable, d’électricité…  Soixante-dix pour cent d’entre eux se trouvent au-dessous du seuil de pauvreté et souffrent de malnutrition. Le taux de mortalité à l’âge de cinq ans est de 220 pour mille et l’espérance de vie est de 44 ans. La moitié des habitants sont analphabètes.

Tel est le triste bilan des gouvernements qui se sont succédé sous une étroite tutelle française.

Aujourd’hui, la déliquescence de l’État est telle qu’elle laisse tout latitude à des bandes armées venues du Congo, de l’Ouganda, du Soudan, du Tchad, de s’imposer par la terreur. Au point que, menacés dans leur intérêts, la France et ses alliés occidentaux ont choisi d’intervenir militairement en prétextant des motifs humanitaires.

Bien que responsables du chaos qui s’est créé dans ce pays, c’est donc encore la France et son armée qui vont décider de l’avenir du peuple de Centrafrique…

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Septembre 1978 : Un an avant qu’il ne soit renversé par les troupes françaises, le chef d’État de Centrafrique, Jean-Bedel Bokassa, est reçu à l’Élysée par Giscard… avec tous les honneurs

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Source : http://survie.org/billets-d-afrique/2013/230-decembre-2013/

Hollande, colonialiste impénitent…

Le journal algérien El Watan rapporte et commente les propos de François Hollande devant l’assemblée du Conseil Représentatif des Institutions Juives de France (CRIF) de ce 16 décembre dernier.

A l’Elysée, après un banquet arrosé en l’honneur des 70 ans du CRIF, notre président « normal » s’est livré à une charge contre l’Algérie à connotation raciste et sortie tout droit des stéréotypes « du centenaire de la colonisation (dit de la conquête) ou de l’Exposition universelle (et des indigènes) de Paris de 1889 ».

Alors que Hollande annonce la visite prochaine de Manuel Valls en Algérie, celui-ci lui rappelle que c’était déjà fait et qu’il en revenait. Hollande réplique alors tout souriant, et sous les rires des convives et journalistes présents : «Il en revient sain et sauf. C’est déjà beaucoup ! ».

Pour le journal algérien, ces propos indignes ont fait « l’effet d’une douche froide en terre algérienne, dont le peuple est renvoyé, sans autre forme de procès, à sa condition de colonisé, de sauvage à civiliser, d’indigène de la République, dénué aussi bien de cortex cérébral que d’humour ».

Le président algérien de la Commission Nationale Consultative  de Promotion et de Protection des Droits de l’Homme (CNCPPDH), Farouk Ksentini,  a appelé Hollande à présenter des excuses  pour ses propos « provocateurs à l’encontre de l’Algérie ».

Il a en outre interpellé les autorités algériennes « pour  qu’elles ne laissent pas passer une telle atteinte sous silence ».

Par ailleurs, on peut penser que cette dérive verbale n’est pas sans rapport avec le fait que Hollande discourait devant des représentants du CRIF auprès desquels notre président était assuré d’un certain succès.

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Hollande fait rire l’assemblée du CRIF aux dépens de l’Algérie

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Sources :

http://www.elwatan.com/actualite/la-blague-de-mauvais-gout-de-francois-hollande-21-12-2013-239364_109.php

http://www.elwatan.com/actualite/ksentini-les-propos-du-president-francais-provocateurs-pour-l-algerie-21-12-2013-239401_109.php

http://www.youtube.com/watch?v=yEJ4ld8FqC0

Centrafrique:

Le camp de Djotodia

ne veut plus

de l’opération Sangaris

Par journaldebangui.com – Xinhua – 08/01/2014

Face à l’enlisement de la situation, la France préconise l’envoi d’une mission de paix de l’organisation mondiale

Du Cameroun au Nigeria, en passant par le Mali, le Sénégal, la Côte d’Ivoire ou encore le Tchad (dont les ressortissants pour la plupart musulmans sont devenus l’objet de règlements de comptes de la part des miliciens chrétiens anti-Balakas suite à des accusations de collusion du contingent tchadien de la MISCA avec les ex-Séléka), le pays se vide de ses résidents étrangers africains.

Ex-porte-parole militaire de la coalition Séléka aujourd’hui commandant de la gendarmerie mobile centrafricaine, le colonel Christian Narkoyo, musulman originaire comme Djotodia du Nord du pays, juge la situation de la Centrafrique «choquante» et malheureuse». «C’est triste de voir partir comme ça des gens qui sont installés depuis des décennies. On ne sait avec qui vivre», a-t-il souligné dans un entretien téléphonique à Bangui. Interdit de patrouilles avec ses 400 éléments déclarés, une mesure également imposée à la police depuis le 16 décembre dans la capitale à la demande des responsables militaires français, Narkoyo, ex-gendarme de deuxième classe ayant acquis ses galons de colonel dans la rébellion, continue d’accuser à son tour l’armée française d’avoir compliqué davantage les choses avec son désarmement forcé où les ex-Séléka se sont vus livrés à la vindicte populaire et les anti-Balakas «protégés». «C’est la France qui est en train d’envenimer la situation. Vraiment, je ne sais comment qualifier cela. Les Sangrais sont venus chasser les musulmans de Bangui. Ils montent les populations chrétiennes contre les musulmans. Ils les arment, les financent. Dans les provinces où il n’y a pas ces Sangaris, c’est calme. Leur mission principale est de venir protéger la population sans exception», affirme-t-il.

MOI, PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE, JE FERAI TOUT POUR OUBLIER MES PROMESSES ! L'ORDRE PUBLIC S'EFFONDRE COMPLETEMENT EN CENTRAFRIQUE: UN ENLISEMENT TOTAL DANS UN SACRE BOURBIER (elwatan.com / journaldebangui.com / survie.org /le petit blanquiste /Giovanna Cipriani /AFP /mediterranee.com / Thierry LAMIREAU) dans REFLEXIONS PERSONNELLES 1389171684418
© afp
Sans commentaires

Une nouvelle réunion du Conseil de Sécurité de l’ONU tenue lundi à New York s’est alarmée de cette aggravation de la crise centrafricaine où l’impuissance du pouvoir de Michel Djotodia a été établie depuis longtemps. Afin de sortir de l’enlisement, la France préconise l’envoi d’une mission de paix de l’organisation mondiale.

«Si la France ne change pas sa méthode (non favorable à ses yeux aux ex-Séléka, NDLR), la situation va continuer de se dégrader. Si les gens achetaient la nationalité, j’en achèterais une et m’en aller moi aussi», insiste le colonel Narkoyo qui juge cependant inopportun l’envoi de Casques bleus. Car selon lui, «qu’ est-ce qu’il y a de grave pour qu’on envoie les Casques bleus ?». Pour lui, «les Sangaris ont échoué. Nous demandons à la France d’aider les forces africaines financièrement et matériellement. Qu’elle finance les 18 milliards de francs CFA (budgétisés pour le fonctionnement de la MISCA, NDLR). Sans Sangaris, les forces africaines vont réussir».

Géostratège chef du Centre de Recherches et d’Etudes Politiques et Stratégiques (CREPS) de l’Université de Yaoundé II au Cameroun, le Pr. Joseph Vincent Ntuda Ebodé, qui avait auparavant estimé que la réussite de la mission de Sangaris et de la MISCA nécessitait un affrontement direct avec les «forces de la guérilla», c’est-à-dire les ex-Séléka et anti-Balakas en même temps, recommande que les deux missions «passent sous administration onusienne». «Depuis vingt ans, on a essayé la force de l’Afrique centrale, ça n’a rien donné. Puis, les Français sont venus, ça ne donne toujours rien. La méthode qu’ils ont choisie n’est pas la bonne. On ne désarme pas avec les armes de guerre et on ne peut pas non plus se limiter dans les grands axes sans entrer dans les quartiers», note l’universitaire.

Le premier en Centrafrique à tirer la sonnette d’alarme dès juillet 2012 sur l’ampleur de la crise, l’archevêque de Bangui, Mgr. Dieudonné Nzapalainga, plaide lui aussi pour la «transformation de la MISCA et de Sangaris en force onusienne». Puisque, relève pour sa part l’homme d’Eglise, «en quelques semaines, nous avons vu les limites, parce que les Centrafricains n’ont pas adhéré» et que par ailleurs «l’Etat a fait faillite». Mais contrairement aux allégations du camp présidentiel, Mgr. Nzapalainga se félicite de l’action de la force française qui, affirme-t-il, «est venue sauver ce qui devait être pire, les massacres. Au début, on pensait que c’est une force partiale. Avec le temps, on s’est rendu compte que c’est une force d’interposition». «Rien ne se fera sans la contribution des Centrafricains, qu’ ils soient convaincus surtout de la paix, qu’ils tournent le dos à la violence», avise-t-il cependant dans un appel à un sursaut patriotique national. «Il est temps d’enterrer la hache de guerre, d’aller vers un consensus national». Il insiste surtout sur l’engagement «responsable» des acteurs politiques, lesquels se font discrets, bottant sans cesse en touche les sollicitations des journalistes sous prétexte d’être occupés, et s’emploient au contraire à se concentrer sur la préparation des prochaines élections présidentielle et législatives que le président français François Hollande souhaite voir se tenir cette année. Mais dans quel pays est-il possible de solliciter les suffrages sans sécurité des électeurs ?

Les machettes de la terreur

(Giovanna CIPRIANI)

Les atrocités dont j’ai été témoin en Centrafrique me hanteront pour le restant de mes jours. Je suis correspondante de guerre depuis plus de vingt ans : j’ai couvert les conflits d’Irak et d’Afghanistan et j’étais présente au Kosovo lors du nettoyage ethnique. Mais les massacres auxquels j’ai assisté dans ce nouveau “cœur des ténèbres” m’ont bouleversée.

Une scène m’a particulièrement marquée. C’était le 5 décembre 2013 et je me trouvais au Complexe pédiatrique, un hôpital pour enfants de Bangui géré par Emergency, une organisation humanitaire qui fournit des soins médicaux gratuits aux victimes civiles de la guerre. Dix enfants ont été apportés sur des civières, la tête, les mains et les jambes tailladées à coups de machette, leur minuscule corps couvert de sang.

Ces petits innocents, qui appartenaient au groupe nomade musulman des Peuls, venaient d’assister au massacre de leurs parents par une milice chrétienne dans un village situé à environ 80 kilomètres au nord de Bangui. Après les avoir alignés, les miliciens les avaient mutilés de manière à leur laisser des souvenirs indélébiles des atrocités perpétrées sous leurs yeux.

Je ne saurais trop louer les chirurgiens italiens qui se sont battus pour les sauver. Ces médecins ont risqué leur vie, alors que les diplomates et la majeure partie du personnel humanitaire avaient fui le pays pour se mettre en sécurité. Ils n’avaient jamais vu de blessures aussi atroces que celles commises sur ces gamins. L’un d’eux avait reçu deux balles dans une jambe avant d’être attaqué à la machette. Les histoires qu’ils racontaient étaient terrifiantes : ils parlaient de gens qui étaient partis de chez eux sans rien emporter et qui couraient dans la savane pour fuir la soif de sang des miliciens. Les enfants qui n’ont pas pu s’échapper ont été mis en rang et mutilés l’un après l’autre par ces “soldats” barbares. Les miliciens leur ont coupé une main, un bras, ou leur ont ouvert le front. Quand ils sont arrivés au centre, ils ne pleuraient pas, ils étaient trop traumatisés pour cela. Je les ai regardés au fond des yeux, mais je n’y ai rien décelé.

L’UNICEF a confirmé la mort de seize enfants pour le seul mois de décembre, mais leur nombre véritable est sans doute beaucoup plus élevé.

Même si le reste du monde, trop absorbé par la situation au Soudan du Sud, ne s’en est quasiment pas aperçu, la République Centrafricaine, ancien territoire de l’Afrique-Equatoriale française, a sombré dans une guerre civile extrêmement meurtrière après le coup d’Etat de la Séléka, la coalition rebelle majoritairement musulmane qui a contraint le président chrétien François Bozizé à quitter le pays en mars 2013.

Richesses minières. 

Porté au pouvoir par la coalition, Michel Djotodia, le premier président musulman centrafricain, n’est pas parvenu à la contrôler : les rebelles poursuivent leurs attaques sanglantes contre la communauté chrétienne, qui représente 80 % de la population, et sont eux-mêmes victimes de représailles. Dans les deux camps, les civils subissent des atrocités inimaginables. Des milliers d’habitants ont été massacrés et plus de 800 000 – sur une population d’environ 4,4 millions de personnes – ont dû quitter leur maison.

Le président Djotodia a reconnu que même “un ange venu du ciel” ne pourrait pas résoudre les problèmes de son pays. La Centrafrique, un Etat enclavé entre le Cameroun, le Tchad, le Soudan, le Soudan du Sud, la République démocratique du Congo et le Congo, est l’un des pays les plus pauvres du monde. Cependant, elle possède d’importantes réserves d’uranium, de pétrole, d’or et de diamant, qui pourraient être les principales cibles des belligérants.La France, puissance coloniale jusqu’en 1960, a déployé en décembre 2013 un contingent de 1 600 hommes pour aider les 4 500 soldats de la force africaine à rétablir l’ordre. Jusqu’ici, ces efforts sont restés vains. Les combats s’intensifient de jour en jour et les réfugiés campent en plein air.

Beaucoup de chrétiens s’installent à proximité des églises dans l’espoir d’être protégés, et plus de 100 000 désespérés occupent les alentours de l’aéroport de Bangui, où sont basés les militaires français. Quelque 400 000 réfugiés seraient également disséminés autour de la ville dans des camps de fortune qui, la plupart du temps, manquent d’infrastructures de base et de vivres.

Danger omniprésent.

 Certains jours, les rues de Bangui sont le théâtre d’affrontements sanglants. D’autres fois, il y règne un calme plat. Quand elles sont vides, la capitale ressemble à une ville fantôme. Quand elles ne le sont pas, la ville inspire un tel sentiment de peur que même les blessés graves ne peuvent être conduits à l’hôpital. Le seul bruit que l’on entend est le crépitement des armes automatiques. La puanteur de la mort et des déchets humains règne partout. Les mouches, le sang et la poussière remplissent l’air.

La nuit, tout peut arriver. Dans le centre-ville, le courant est coupé par intermittence et, quand les ampoules s’éteignent, les miliciens sortent de leurs abris. Les banlieues sont le plus souvent plongées dans l’obscurité, on sent le danger partout, la plupart des quartiers sont déserts. Les soldats français se cantonnent aux rues principales et essuient des coups de feu quand ils pénètrent dans des secteurs musulmans. Les soldats africains musulmans sont victimes de la même hostilité lorsqu’ils s’aventurent en zone chrétienne. Même le principal hôpital de la ville – l’Hôpital communautaire – n’est pas à l’abri des violences. Récemment, la foule a envahi le bâtiment pour s’en prendre aux patients.

Les ministres des Affaires Etrangères de l’UE se réuniront [le 20 janvier 2014] pour discuter du soutien à apporter à l’intervention française en vue de stabiliser le pays. Ils sont profondément conscients du fait qu’un vide de pouvoir en Centrafrique peut agir comme un aimant sur les extrémistes musulmans, comme au Nigeria avec les djihadistes de Boko Haram ou en Somalie avec les shebabs. Il est important de braquer les projecteurs sur les événements centrafricains avant qu’il ne soit trop tard.

Giovanna CIPRIANI
Publié le 4 janvier dans Daily Mail (extraits) Londres

 Mali et Centrafrique:

La France revient en force en Afrique

Mali et Centrafrique: la France revient en force en Afrique_1
Soldats français de l’opération Sangaris le 4 janvier 2014 à Bangui – Photo de Miguel Medina – AFP/Archives © 2014 AFPafp logo
Avec deux opérations militaires majeures en 2013 au Mali et en Centrafrique, la France est revenue en force en Afrique, où elle rencontre d’importantes difficultés, notamment en RCA, et réorganise son dispositif pour renforcer sa présence et l’inscrire dans la durée.

Satisfaction au Mali, doute en Centrafrique. Lors de sa récente tournée africaine, le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian s’est félicité du travail accompli au Mali, un an après le début de l’opération Serval, lancée le 11 janvier 2013. Le pays a été « libéré » des jihadistes qui contrôlaient le nord du pays et le « succès » français « est reconnu unanimement sur la scène internationale », s’est-il réjoui à Bamako.

Changement de ton à Bangui, où il s’agissait surtout de booster le moral des troupes empêtrées dans le bourbier centrafricain : « J’entends dire que cette mission est dure. Mais est-ce que, parce qu’elle est dure, la France n’aurait pas sa place ? ».

Un mois après le début de l’opération Sangaris, les violences se poursuivent à Bangui, le désarmement des milices n’a fait que commencer et les 1.600 soldats français engagés ne semblent pas en mesure de contrôler la situation.

Au total, près de 7.000 soldats français ont été déployés en quelques mois au Mali et en RCA. Objectifs affichés : lutter contre le « terrorisme » au Sahel et rétablir un minimum de stabilité en Centrafrique. Des interventions à la fois sécuritaires et humanitaires, avec l’aval du Conseil de sécurité de l’ONU.

« On a la coïncidence de deux opérations lourdes, mais ce n’est pas un changement de ligne. Ce sont deux interventions dont la France se serait volontiers passé », souligne Bruno Tertrais, de la Fondation de la Recherche Stratégique.

La France, « gendarme malgré elle »

Après une tentative pour alléger le dispositif français sous Nicolas Sarkozy, l’Afrique est à nouveau considérée comme une priorité stratégique pour Paris. « Globalement, on peut dire qu’aujourd’hui, et c’est déjà le cas depuis pas mal de temps, la France intervient de manière contrainte et se trouve être le gendarme malgré elle en Afrique », poursuit Bruno Tertrais.

Les forces françaises interviennent dans l’urgence pour pallier l’incapacité des Etats africains et de leurs armées à assurer la stabilité. Un vide sécuritaire au coeur de l’Afrique menaçant, selon Paris, la sécurité de la France et plus globalement de l’Europe.

Avec plus de 5.000 hommes stationnés en permanence en Afrique, la France dispose d’un outil unique qui lui permet d’agir vite. Un dispositif organisé autour de deux pôles principaux, Libreville à l’ouest (940 hommes) et Djibouti à l’est (2.000), avec des bases au Tchad (950), au Sénégal (350) et en Côte d’Ivoire (450). Sans oublier les Forces spéciales – stationnées notamment au Niger, d’où opèreront les drones Reaper récemment acquis aux Etats-Unis -, qui ont montré leur efficacité lors de l’intervention au Mali.

La réduction du contingent français dans ce pays, de 2.500 hommes actuellement à un millier au printemps, contraint Paris à adapter son dispositif. D’autant que la France est, selon un proche du ministre, engagée pour des années au Sahel et que l’armée ne peut pas être partout en période de difficultés budgétaires.

Paris veut en particulier « pérenniser » sa relation de défense avec le Mali et Jean-Yves Le Drian doit signer un accord en ce sens le 19 ou le 20 janvier à Bamako.

« Nous sommes en phase de réorganisation, de régionalisation de notre présence dans cette partie de l’Afrique. Et dans cette réorganisation, la plateforme de N’Djamena aura un rôle central, parce qu’il nous faut anticiper, dissuader les menaces qui pèsent sur cette région », a déclaré le ministre français vendredi au Tchad.

Le but est de rapprocher le dispositif français de la zone où la menace jihadiste est la plus forte, la bande sahélienne, en développant notamment des points d’appui dans le nord du Tchad et du Niger.

Paris compte en outre sur une forte implication de ses alliés africains. D’autant que ses partenaires européens ne se bousculent pas pour lui venir en aide quand il s’agit d’envoyer des troupes. L’un des effets pervers de l’interventionnisme français en Afrique étant, selon un spécialiste, d’accréditer l’idée selon laquelle « de toute façon, la France sera là ».

Chaos en Centrafrique :
Moi Président,
je mettrai fin à la Françafrique !
La Françafrique ! Ce mot que l’on utilise souvent sans réellement en comprendre le sens, ne désigne rien d’autre qu’une nouvelle forme de colonisation mise en place par l’Etat français depuis les guerres d’indépendance… et qui perdure encore aujourd’hui.

Oui, on peut dire que la France, pays des Droits de l’Homme, est toujours un Empire et que nombre de pays d’Afrique sont toujours des colonies. Le cas de la Centrafrique n’est qu’un cas particulier de la zone CFA.

Ainsi, comme le disait le grand économiste camerounais Joseph Pouemi, mort en 1984 dans des conditions « mystérieuses », « La France est (…) le seul pays au monde à avoir réussi l’extraordinaire exploit de faire circuler sa monnaie, et rien que sa monnaie, dans des pays politiquement libres. »

L’histoire de la Centrafrique est une succession de coups d’État, dont le plus célèbre reste celui de 1979, ayant évincé Jean-Bedel Bokassa, fait empereur avec l’aval de Giscard d’Estaing en échange de quelques diamants, puis renversé lorsque ce dernier chercha à diversifier ses relations (en particulier avec Kadhafi). Puis la France est intervenue militairement en 1996, en 1998, en 2003, en 2006 et 2007, à chaque fois pour soutenir le régime qu’elle avait choisi. Oui, tout cela est très choquant !

Aujourd’hui, les justifications données pour une énième intervention militaire sont incomprises par l’opinion publique qui sent qu’il y a anguille sous roche. La Centrafrique est emplie de richesses : diamants, bois précieux, or, uranium et pétrole.

Ironie du sort, la Centrafrique aurait dû être le cœur du projet Transaqua, qui prévoit la construction d’un canal de 2400 km du Kivu (RDC) à la République Centrafricaine, où il rejoindrait le Chari pour alimenter le lac Tchad, aujourd’hui en train de mourir. L’idée est de créer un milieu de vie « le long du projet » et non simplement d’alimenter le lac en eau. Le projet Transaqua existe depuis 1982 et la Centrafrique est membre de la CBLT (Commission du Bassin du Lac Tchad) depuis 1964.

Oui, il est temps d’agir, car aujourd’hui la Centrafrique est dans une situation de chaos pré-génocidaire, comme le Rwanda au début des années 1990. Il est temps de jeter la Françafrique à la rivière, avec ses mallettes et ses valises, et d’arrêter de fermer les yeux sur la politique de nos gouvernements.

Exigeons, en adoptant la réforme financière proposé par Jacques Cheminade, le lancement de grands projets afin que notre armée, nos ingénieurs civils et militaires soient en Afrique pour construire une vraie sécurité grâce à des voies ferrées, des ponts, des routes et des ports…

CENTRAFRIQUE :

CES ENFANTS SOLDATS ET CEUX QU’ON ASSASSINE…

(Medi@terranee.com)

Photo :

206 enfants enrôlés dans des groupes armés ont été libérés sur les 3.500 à 6.000 recrutés… (DR) – See more at: http://www.mediaterranee.com/0722014-centrafrique-ces-enfants-soldats-et-ceux-quon-assassine.html#.Us2m_iGR7e8

Selon, l’UNICEF pas moins de 16 enfants âgés de 0 à 12 ans on été tués depuis début décembre en Centrafrique, à Bangui, et 60 autres blessés, dans les affrontements entre les ex-rebelles de la Séléka (au pouvoir) et les miliciens anti-Balakas (anti- machettes) hostiles à Michel Djotodia, président actuel.

« Les attaques ciblées contre les enfants sont une violation du droit humanitaire international et des droits de l’homme et elles doivent cesser immédiatement. Des actions concrètes sont maintenant nécessaires pour empêcher les violences contre les enfants », a déclaré Souleymane Diabaté, représentant à Bangui, représentant de l’UNICEF.

Cette situation s’accompagne par ailleurs de l’enrôlement d’enfants soldats dans les groupes armés.

Dans un document publié le 2 janvier, l’UNICEF indiquait qu’environ 2,3 millions d’enfants sont affectés par la crise actuelle en Centrafrique et qu’avec son concours, 672 enfants séparés ont retrouvé leurs familles et 206 autres enrôlés dans des groupes armés ont été libérés sur les 3.500 à 6.000 recrutés.

L’organisation des Nations Unies estime par ailleurs que le pays s’enfonce dans une crise humanitaire de grande ampleur. Depuis le 5 décembre, les violences y ont fait plus d’un millier des morts, tandis que des milliers de personnes se sont réfugiées sur des sites dans des conditions désastreuses.

COMMENTAIRE:

(Le Souffle c’est ma Vie

 Thierry LAMIREAU)

Comme à son habitude, le Président François HOLLANDE ne respecte pas ses promesses: 

« Non, la France n’interviendra pas au Mali, non, la France n’interviendra pas en Centrafrique. »

On voit ce que cela donne:

Un Mali où la France balance toujours ses armes à l’URANIUM « APPAUVRI » dans l’OMERTA TOTALE.

La Centrafrique et un conflit terrible qui s’enlise dans un bourbier complet.

Mais, il est vrai que la France a le record de bases militaires en Afrique…il faut bien surveiller ses anciennes colonies !

D’autant que le pétrole, l’uranium et tant d’autres « richesses naturelles », pour sûr, on ne va pas les laisser à ces « cons d’africains ».

Mais qui met la merde en Afrique Centrale ?…c’est la France et son guerrier de Président minable et menteur.

Moi Président,
 
je mettrai fin à la Françafrique !
Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 8 janvier, 2014 |Pas de commentaires »

CENTRAFRIQUE: LE CULOT DE HOLLANDE DISANT QUE « L’HONNEUR DE LA FRANCE EST DE S’ENGAGER FACE A DES CRIMES CONTRE L’HUMANITE ! » (AFP / Thierry LAMIREAU / lesoufflecestmavie)

Centrafrique:

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L’honneur de la France

est de s’engager

face à des crimes contre l’humanité

PARIS – François Hollande a estimé que l’honneur de la France était de s’engager et sans la moindre hésitation pour mettre fin à des crimes contre l’Humanité, en rendant hommage aux deux soldats français tués en Centrafrique.

Le chef de l’Etat français a de nouveau justifié l’intervention de son pays: Il y avait urgence, a-t-il fait valoir, rappelant que plus de 600 personnes y avaient été tués en deux jours et que les affrontements confessionnels risquaient de dégénérer en un immense bain de sang.

Quand des crimes contre l’Humanité sont commis, c’est l’honneur de la France, l’honneur de ses soldats, de s’engager pour y mettre fin et ceci sans la moindre hésitation, a souligné François Hollande.

Les forces françaises n’ont cependant pas vocation à rester durablement en Centrafrique, a-t-il réaffirmé devant les deux cercueils recouverts du drapeau tricolore, dans la cour de l’hôtel des Invalides, à Paris.

Les soldats français seront progressivement relayés par la montée en puissance des forces africaines dont les effectifs vont doubler en quelques semaines pour atteindre 6.000 hommes, a-t-il poursuivi.

Lorsqu’elles auront atteint une taille et une capacité suffisantes, alors nous pourrons nous retirer, a ajouté François Hollande sans fixer de délai.

Les soldats de 1ère classe Nicolas Vokaer et Antoine Le Quinio, du 8e régiment de parachutistes d’infanterie de marine de Castres (sud-ouest) âgés respectivement de 23 et 22 ans, sont décédés dans la nuit du 9 au 10 décembre 2013 des suites de leurs blessures à l’antenne chirurgicale de l’aéroport de Bangui. Ils ont été élevés au rang de caporaux et décorés de la Légion d’honneur par François Hollande.

Antoine et Nicolas sont allés jusqu’au bout de leur devoir au service de la paix dans un pays tombé dans le chaos, meurtri par les violences et ravagé par la faim et le dénuement, a déclaré le président français, qui avait salué auparavant les familles qu’il devait ensuite retrouver dans l’intimité.

Les deux jeunes parachutistes avaient été pris dans un accrochage à proximité de l’aéroport de Bangui, quatre jours après le début de l’opération militaire française Sangaris.

Le chef de l’Etat s’était déjà recueilli mardi devant leurs dépouilles, lors de sa visite dans la capitale centrafricaine.

Avant cet hommage officiel, un autre hommage, officieux celui-là, leur avait été rendu comme il est désormais de tradition quand des soldats français sont tués en opération, sur le Pont Alexandre III à Paris, face aux Invalides.

Plusieurs centaines de personnes, dont de nombreux militaires et anciens combattants, se sont figées, parfois au garde-à-vous, quand le cortège funèbre a franchi le pont, à faible allure dans un silence total, précédés de motards de la Garde Républicaine.

L’opération Sangaris est destinée à rétablir la sécurité dans le pays et à protéger les populations en désarmant milices et groupes armés.

Quelque 1.600 soldats français sont déployés, ainsi que 2.500 soldats de la force africaine Misca.

Les premiers résultats de l’opération restent fragiles et devront être confortés dans les deux semaines qui viennent pour envisager un désarmement effectifs des milices, estimait-on de source proche du Ministère de la Défense.

Concernant les miliciens de l’ex-rebellion Séléka, pour la plupart musumans, on ne peut pas leur demander de désarmer complètement, si on ne peut pas en même temps leur dire que les quartiers où vivent leurs familles sont sécurisés, a notamment souligné un proche du ministre.

(©AFP / 16 décembre 2013 21h01)

COMMENTAIRE:

(Le Souffle c’est ma Vie / Thierry LAMIREAU)

Le Président François HOLLANDE ne manque pas de culot en parlant de « défendre l’honneur de la France face à des crimes contre l’Humanité ».

Oui, en Centrafrique les différentes factions commettent des crimes contre l’Humanité.

Mais que fait HOLLANDE en utilisant, sans le dire, des armes à l’URANIUM « APPAUVRI » au MALI ?

Il effectue la même chose: des CRIMES CONTRE L’HUMANITE définis comme tels par les Lois Internationales !

Le Président François HOLLANDE est donc, une fois de plus, un MANIPULATEUR et un MENTEUR.

Car imposer l’OMERTA TOTALE sur ce sujet est tout simplement un scandale d’Etat.

Enfin, je voudrais signaler, sous couvert d’anonymat, la remarque d’un militaire spécialiste de la préparation des armements dans l’armée française:

« M.LAMIREAU, ce que vous soulignez est la réalité. L’OMERTA existe parce que l’utilisation des armes à l’uranium « appauvri » par la France est actuellement classée SECRET DEFENSE. »

Thierry LAMIREAU

lesoufflecestmavie.unblog.fr

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 25 décembre, 2013 |Pas de commentaires »

ARMES A L’URANIUM APPAUVRI:LE SYNDROME DES BALKANS, ELEMENTS POUR UNE APPROCHE JURIDIQUE (Michèle POULAIN / Ingénieur d’études au CNRS)

LE SYNDROME DES BALKANS

ÉLÉMENTS

POUR UNE

APPROCHE JURIDIQUE

Explosion avec des armes à l'uranium appauvri

par
Michèle Poulain
-Ingénieur d’études au CNRS-

Résumé : De nombreux militaires ayant servi dans le Golfe ou les Balkans souffrent de problèmes de santé. Principal accusé : l’uranium appauvri. Aucun lien n’est à ce jour établi entre son utilisation et les pathologies rencontrées aux yeux des organismes internationaux. De nombreuses instances, tant nationales qu’internationales, se penchent toutefois sur la question et certaines implications juridiques se font déjà sentir tant dans le domaine de la responsabilité internationale que dans celui des normes applicables aux situations de conflit armé.

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Annexe : Quelques données relatives à l’uranium appauvri

Aux Etats-Unis, 132.700 vétérans de la guerre du Golfe, sur 700.000 engagés, sont suivis depuis la fin du conflit pour des pathologies diverses, dont 26.500 non diagnostiquées et regroupées sous le terme générique de « syndrome du Golfe ». Quatre vingt pour cent des malades ont présenté  - ou présentent encore – onze symptômes récurrents, parmi lesquels : fatigue chronique, douleurs musculaires, migraines, vertiges, perte de mémoire, problèmes intestinaux, grippes à répétition, cancers des poumons ou des reins, leucémies. Ces pathologies touchent également les contingents anglais et français.

D’abord confrontées à un épais silence, les personnes ou associations cherchant à éclaircir la question mettent progressivement à jour d’inquiétantes informations : prise de médicaments contre les effets d’une éventuelle guerre chimique[1], vaccins divers, exposition à des nuages toxiques après bombardement d’usines, enfin test en vraie grandeur de munitions à base d’uranium appauvri[2]. Les réactions des différents services publics concernés consistent au début à minimiser le problème, voire à le nier, attribuant les différents maux dont souffrent les « vétérans » au stress du retour à la vie civile[3].

Réactualisée ponctuellement par les médias, l’affaire est définitivement réveillée par la soudaine émergence en pleine lumière du syndrome dit « des Balkans » au dernier trimestre 2000. Elle explose avec la révélation en janvier 2001 de la mort par leucémie, en novembre 2000, d’un sixième militaire italien ayant servi en Bosnie et l’interpellation consécutive de l’OTAN par le chef du gouvernement italien, M. Giuliano Amato, sommant celle-ci de s’expliquer, cependant que M. Flahaut, ministre belge de la Défense, écrit à son homologue suédois afin qu’une démarche soit entreprise au niveau communautaire[4]. Les événements montent ensuite très rapidement en intensité : sous l’impulsion des associations[5] tous les Etats ayant envoyé des contingents dans les Balkans se découvrent, à des degrés divers, concernés et ouvrent successivement des enquêtes épidémiologiques, à la suite – pour certains d’entre eux – de celle qu’ils avaient initiée pour le syndrome du Golfe[6].

Parmi les organisations internationales, le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE) avait envoyé au Kosovo, dès novembre 2000, une équipe d’experts d’origines nationales diverses ou des représentants d’organisations internationales (AIEA, HCR, PNUE, MINUK notamment),  « pour évaluer l’impact du matériel militaire contenant de l’uranium appauvri … lors de la guerre dans les Balkans »[7]. L’OMS a également réagi en dépêchant au Kosovo une mission de quatre personnes (un spécialiste en toxicologie chimique, un épidémiologiste environnemental, un spécialiste de salubrité environnementale et un épidémiologiste spécialisé dans le domaine des rayonnements) « pour aider la MINUK à répondre aux allégations concernant les éventuels risques pour la santé des populations associées à une exposition aux rayonnements d’uranium appauvri et à d’autres contaminants environnementaux »[8]. L’OTAN, pour sa part, assume volontairement un rôle de « lieu d’échange » pour les informations recueillies par ailleurs, estimant qu’en tant qu’Alliance militaire, elle n’a pas à réaliser elle-même des enquêtes auxquelles elle entend néanmoins offrir sa collaboration[9].  Ces différentes actions requièrent calme et patience[10].

La position actuelle de tous les organismes publics, internes ou internationaux, concernés par cette question est très claire et constamment réitérée : « Il n’existe actuellement aucune preuve que l’exposition aux effets de l’utilisation de munitions à uranium appauvri représente un risque significatif pour la santé du personnel des forces dirigées par l’OTAN ou de la population civile dans les Balkans »[11]. Pas de preuve, pas de problème. Tout est là. D’un côté il y a utilisation avérée – d’ailleurs non contestée – d’un produit (de produits) dont on ne connaît pas vraiment les diverses implications à court ou à long terme. De l’autre, des pathologies récurrentes, quelquefois très lourdes, voire létales. Aussi longtemps que la toxicité potentielle de l’uranium appauvri ne sera pas établie de manière rigoureuse et scientifique, en dehors des quelques cercles qui l’admettent aujourd’hui, il manquera bien évidemment le lien de causalité entre l’exposition à ce matériau et les pathologies déclarées. La mise en évidence de ce lien est d’autant plus importante qu’elle conduirait à l’engagement et à la mise en œuvre de la responsabilité (I), ainsi qu’à la modification des normes applicables aux situations de conflits armés (II).

I. – VERS UN ENGAGEMENT ET UNE MISE EN ŒUVRE

DE LA RESPONSABILITÉ

La toxicité potentielle de l’uranium appauvri peut s’exercer à l’égard de plusieurs groupes de personnes, les risques encourus par chacun d’entre eux étant différents, aussi bien quantitativement que qualitativement. Schématiquement, il s’agit des personnes qui étaient présentes sur place au moment de l’utilisation des munitions ou autres substances incriminées et de celles qui, venues après la fin des opérations militaires, ont pu être confrontées à une contamination résiduelle de l’environnement. On peut y voir : les populations civiles des régions bombardées, les militaires appartenant aux forces participant à l’action mise en œuvre par l’OTAN, les personnels des Nations Unies (MINUK…), ceux des organisations humanitaires, les journalistes enfin, venus couvrir les événements.

A cette hétérogénéité catégorielle correspondrait une hétérogénéité des régimes de responsabilité applicables, en droit interne comme en droit international, ce qui soulèverait sans aucun doute des contentieux d’une extraordinaire complexité[12]. On se limitera à deux problèmes relevant de la responsabilité internationale. En droit international, le principe reste, on le sait, celui de l’association entre un fait illicite et la mise en œuvre de la responsabilité[13]. La violation d’une obligation internationale doit donc être démontrée afin que naisse l’obligation d’en réparer les conséquences dommageables[14].

A. – Violation d’une obligation internationale:

Le problème de la licéité de l’utilisation de l’uranium appauvri

Intervenant de manière péremptoire dans le débat, le porte-parole de l’OTAN affirme : « L’uranium appauvri n’est pas illégal. C’est une arme de guerre légale. Fin de l’histoire. Nous l’avons utilisée, c’est légal »[15]. De fait, il n’existe à l’heure actuelle aucune convention internationale interdisant de manière expresse l’usage d’uranium appauvri, ni même aucun consensus en ce sens, comme le montre aisément la pratique des Etats. Ceci ne saurait être mieux exprimé que par le comité ad hoc dans son rapport au Procureur général du TPIY, rapport qui ne concernait, il faut le préciser, que la situation ayant prévalu au Kosovo en 1999 et non les raids sur la Bosnie en 1994-1995 : « Il n’y a aucun traité spécifique interdisant l’usage de projectiles à uranium appauvri. Des inquiétudes et un débat scientifique se développent actuellement au sujet des conséquences de l’utilisation de tels projectiles et il est possible que, dans le futur, il y ait, dans les cercles juridiques internationaux, un consensus estimant que l’utilisation de tels projectiles est contraire aux principes généraux du droit applicables à l’utilisation des armes dans les conflits armés. Aucun consensus de ce genre n’existe à présent »[16].

Quelques voix s’élèvent cependant pour considérer, qu’à défaut d’une interdiction expresse, il pourrait néanmoins être fait référence aux dispositions du Protocole I (1977) aux conventions de Genève de 1949. Ainsi le Conseil de l’Europe, après avoir noté que « les effets [des conséquences écologiques des opérations militaires du 24 mars au 5 juin 1999] sur la santé et la qualité de vie seront durables ; les générations futures seront elles aussi touchées, en particulier du fait de la destruction de sites industriels et de stockage où étaient entreposées des substances dangereuses pour la santé, ainsi que de l’utilisation par l’OTAN de munitions contenant de l’uranium appauvri », affirme dans sa recommandation 1495 (2001) : « Comme dans le cas des opérations conduites en Bosnie et en Tchétchénie, les Etats qui ont participé à ces opérations ont méconnu les normes juridiques internationales contenues dans les articles 55 et 56 du protocole I (1977) aux conventions de Genève de 1949 visant à limiter les dommages causés à l’environnement en cas de conflit armé »[17]. La question est actuellement pendante devant la Cour Internationale de Justice. En effet, dans les différentes requêtes que la RFY a déposées en 1999 contre les pays occidentaux ayant participé aux opérations militaires menées par l’OTAN, la Yougoslavie prie la Cour de dire et juger … « qu’en recourant à l’utilisation d’armes contenant de l’uranium appauvri, [l’Etat visé] a agi contre la République fédérale de Yougoslavie en violation de son obligation de ne pas utiliser des armes interdites et de ne pas causer de dommages de grande ampleur à la santé et à l’environnement » ; … et indique comme « Fondements juridiques de la requête » : « les dispositions de la Convention de Genève et du protocole additionnel n° 1 de 1977 relatives à la protection des civils et des biens de caractère civil en temps de guerre ont été violées »[18].

L’origine de la responsabilité supposée établie, il resterait à clarifier les modalités de la réparation.

B. – Obligation de réparation

          « L’Etat responsable est tenu de réparer intégralement le préjudice causé par le fait internationalement illicite »[19]. La réparation intervient alors pour effacer les conséquences de l’acte illicite. « Elle peut prendre la forme de restitution, d’indemnisation et de satisfaction, de manière unique ou combinée »[20]. De manière concrète, les solutions retenues seraient différentes selon qu’il s’agirait d’un dommage aux personnes (civils ou militaires dont les pathologies auraient trouvé leur cause dans une exposition à l’uranium appauvri) ou d’un dommage aux biens (environnement pollué qui constituerait de ce fait un risque potentiel pour la santé humaine[21] et toucherait alors les personnes de manière médiate).

Considérant qu’« il faut fournir à ces pays [de l’Europe du Sud-Est] une assistance technique et financière spéciale en vue de la mise en oeuvre de mesures d’urgence destinées à remettre en état l’environnement et de la surveillance de la santé et des conditions de vie de leurs populations », l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe recommande au Comité des Ministres de prendre deux séries de mesures : « iii. D’affecter ses ressources au soutien des organisations non gouvernementales oeuvrant dans la région, y compris en République fédérale de Yougoslavie, afin de réparer les dommages causés à l’environnement par les opérations militaires et de réhabiliter le milieu naturel ; … v. d’exiger de l’OTAN et de l’ONU un programme de surveillance médicale des populations civiles dans les Balkans, des soldats qui ont participé aux opérations, des membres des organisations humanitaires aussi bien que des journalistes qui ont travaillé sur le terrain »[22].

Point n’est besoin d’insister sur les difficultés de tous ordres qui se profilent : remise en état des lieux (comment, par qui, est-ce techniquement réalisable ?)[23] ; suivi médical de toute une population à présent répartie dans des pays éloignés les uns des autres, confrontation et traitement des données obtenues ; définition éventuelle d’un seuil critique en-deçà duquel le risque serait considéré comme tolérable, voire normal, en référence à la radioactivité naturelle ; multiplication de contentieux complexes ; conséquences financières enfin auxquelles ont peut aisément imaginer que des échappatoires seraient recherchés[24].

Quoi qu’il en soit, la preuve de l’existence d’un lien de causalité entre utilisation d’uranium appauvri et différentes pathologies aurait une autre implication, cette fois sur le contenu matériel de la norme applicable aux situations de conflits armés.

II. – VERS UNE MODIFICATION DE LA NORME APPLICABLE

AUX SITUATIONS DE CONFLITS ARMÉS           

Si une remise en cause du droit international des conflits armés apparaît comme lointaine, une solution d’attente pourrait être trouvée par un consensus sur un moratoire.

A. – Le contenu matériel de la norme applicable

A l’heure actuelle le Conseil de l’Europe reste l’institution la plus engagée vers des solutions   radicales nécessitant l’adoption de nouvelles conventions internationales. Comme il est affirmé avec force dans les débats, « Le Conseil de l’Europe n’aurait plus de raison d’être s’il ne se prononçait pas contre l’utilisation d’armes dont on ne connaît pas les conséquences à long terme »[25]. Il recommande donc d’ajouter l’uranium appauvri à la liste des armes prohibées et, sur un plan plus général, de prendre des dispositions afin que soient respectées à l’avenir les dispositions des articles 55 et 56 du Protocole I (1977).

1. – Interdiction pure et simple de l’uranium appauvri

La première prise de position en faveur de cette interdiction est restée, dans son retentissement comme dans ses effets, remarquablement discrète. Elle revient à une Sous-Commission de la Commission des Droits de l’Homme des Nations Unies, la Sous-Commission de la lutte contre les mesures discriminatoires et de la protection des minorités. Dans un rapport de 1996, celle-ci « prie instamment tous les Etats de se laisser guider dans le cadre de leur politique nationale par la nécessité de contenir la fabrication et la dissémination des armes de destruction massive ou aveugle, en particulier … les armes contenant de l’uranium appauvri »[26]. On sait ce qu’il en est et les difficultés que soulèverait la négociation de ce nouvel instrument apparaissent comme certaines, notamment du fait de la position que ne manqueraient pas de prendre les ministères de la Défense. En témoignent deux exemples, au cynisme  patent : – Les investigations menées par l’U.S. General Accounting Office en 1992 ont amené cet organisme aux considérations suivantes : « les responsables de l’armée [américaine] estiment que les systèmes de protection contre l’uranium appauvri peuvent être laissés de côté pendant les combats et autres situations extrêmement dangereuses car les risques que présente l’uranium appauvri pour la santé sont largement inférieurs aux risques inhérents aux combats ». Et l’auteur de conclure : « étant donné que les cancers et autres problèmes de santé ne risquent pas de se développer avant la fin d’une bataille ou d’une guerre, les responsables militaires sont peu encouragés à se conformer à des procédures de sécurité qui pourraient affecter la prestation d’un soldat ou d’un « marine » sur le champ de bataille »[27]. Au Parlement européen, le général Morillon (PPE/DE) déclare pour sa part : « Il ne faut pas tomber dans une dérive trop précautionneuse. Ces engins sont les plus efficaces et parfois les seuls utilisables. On ne peut pas sacrifier la défense du seul fait  qu’il existe des doutes quant aux dangers de l’emploi des armes »[28].

La recommandation 1495 (2001) du Conseil de l’Europe, précitée, va néanmoins en ce sens et recommande au Comité des ministres : « iv. De demander la prohibition de la fabrication, des essais, de l’utilisation et de la vente des armes contenant de l’uranium appauvri ou du plutonium ». 

2. – Prévention des dommages environnementaux

Dès 1963, le traité de Moscou s’était préoccupé de la protection de l’environnement en se référant à la cessation « de la contamination du milieu ambiant de l’homme par des substances radioactives ». Plus récemment, après la guerre du Golfe, plusieurs Etats s’étaient prononcés pour la conclusion d’une nouvelle convention sur la protection de l’environnement en période de conflit armé[29]. C’est dans cette même perspective et dans le prolongement de la mise en œuvre du Pacte de stabilité pour l’Europe du Sud-Est, que la recommandation 1495 du Conseil de l’Europe s’inscrit. Elle préconise en effet, afin d’éviter que ne se reproduisent de telles conséquences dommageables, d’entreprendre des discussions conjointes avec l’OSCE sur la rédaction d’une convention sur la prévention des dommages environnementaux consécutifs à l’usage de la force militaire et à la mise en œuvre de mesures visant à désamorcer les situations de crise, destinée notamment à garantir le respect des articles 55 et 56 du Protocole I (1977) aux conventions de Genève de 1949. Ceux-ci dépassent la question de l’utilisation de l’uranium appauvri  et concernent, d’une manière plus générale, la prévention des dommages environnementaux qui compromettent « la santé ou la survie de la population », quels que soient les méthodes ou moyens employés, notamment les attaques contre des ouvrages d’art, usines ou installations « contenant des forces dangereuses … lorsque de telles attaques peuvent provoquer la libération de ces forces ».

B. – Une solution d’attente : le moratoire

Proposée par l’Italie au début du mois de janvier 2001 dans l’attente que soient connus les résultats de l’évaluation des risques dus à leur utilisation, l’idée d’un moratoire en application du principe de précaution sur les munitions à uranium appauvri a fait naître des réactions contrastées. L’Allemagne et la Grèce sont en sa faveur[30]. Sont contre : le Royaume-Uni, la France et l’OTAN, cette dernière estimant : « nous ne sommes pas dans une situation de conflit, donc la question d’un moratoire ne se pose pas »[31].

Le refus d’un moratoire est cependant contestable : les dispositions du Protocole I (1977) aux conventions de Genève semblent au contraire venir en étayer la nécessité : l’article 57 du Protocole I « Mesures de précaution », prévoit de « …ii) prendre toutes les précautions pratiquement possibles quant au choix des moyens et méthodes d’attaque en vue d’éviter et, en tout cas, de réduire au minimum les pertes en vies humaines dans la population civile, les blessures aux personnes civiles … ; iii) s’abstenir de lancer une attaque dont on peut attendre qu’elle cause incidemment des pertes en vies humaines dans la population civile, des blessures aux personnes civiles, des dommages aux biens de caractère civil ou une combinaison de ces pertes et dommages qui seraient excessifs par rapport à l’avantage militaire concret et direct attendu ».  Ainsi le principe de précaution est étendu par le Protocole I lui-même aux situations de conflits armés : le choix des armes et méthodes y est subordonné à une simple potentialité de risques jugés excessifs par rapport à l’avantage militaire attendu.

On sait que l’« on pénètre dans le champ d’application du principe … dès lors qu’il y a risques de conséquences d’un degré élevé de gravité et que subsiste le moindre doute scientifique »[32]. Or, la toxicité potentielle de l’uranium appauvri (voir annexe) ne semble pas être une vue de l’esprit – encore moins si l’uranium employé provient d’une opération de retraitement et contient du plutonium – de même qu’elle est susceptible de dépasser largement, par ses effets à long terme, le strict cadre du conflit en cause. Et quand bien même la valeur juridique du principe ne serait à l’heure actuelle que celle d’un principe directeur, dépourvu de force contraignante[33], elle peut servir d’incitation. Ainsi le Parlement européen s’est également référé au principe dans une résolution du 17 janvier 2001 : « en application du principe de précaution, la résolution commune déposée au nom du PPE/DE, PSE, ELDR, Vers/ALE et UEN demande aux Etats membres faisant partie de l’OTAN de proposer un moratoire sur l’utilisation d’armes à uranium appauvri ». Cette résolution a été adoptée par 394 voix contre 60 et 106 abstentions[34].

Enfin, il faut signaler la fragilité juridique de la position adoptée par l’OTAN  - inutilité d’un moratoire puisqu’il n’y a pas de conflit en cours – car en l’absence d’un moratoire et si un conflit éclatait, l’utilisation d’armes à uranium appauvri resterait possible alors qu’elle ne le serait plus dans le cas contraire. Il convient donc bien d’aborder la question dès à présent tant il apparaît que ce qui ne serait pas décidé dans une situation de paix n’aurait aucune chance de l’être dans une situation de guerre.

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Bien des questions restent en suspens, notamment du fait du caractère partiel ou insuffisant des informations disponibles et des extraordinaires contradictions qui apparaissent jour après jour dans les déclarations de responsables scientifiques, politiques ou militaires.  Non des moindres : un rapport de l’armée américaine de 1990 dénonçait les effets de l’uranium appauvri, faisant état de cancers et de problèmes rénaux et allait jusqu’à envisager les réactions hostiles à son utilisation qui ne manqueraient pas de se produire dans l’opinion et dans les médias[35]. Ensuite, plus rien n’a filtré et le Pentagone a pris une position tout à fait opposée. Pour ne pas être en reste, l’OTAN a fait circuler une note parmi les états-majors concernés par les opérations en Serbie évoquant « la menace toxique possible » et suggérant de prendre « les mesures préventives » nécessaires[36]. Seulement cette note a été émise le 16 juillet 1999, soit près de cinq semaines après la fin des opérations ; cinq semaines après avoir tiré 31.000 obus sur la région[37]. Peut-on alors raisonnablement évoquer des mesures « préventives » ? Et que penser du paradoxe consistant à en recommander l’usage si par la suite aucune toxicité ne doit être officiellement reconnue ? Il reste que les incidences sanitaires, économiques et juridiques de cette affaire seront sans doute beaucoup plus importantes qu’on ne peut à l’heure actuelle le supposer[38]. Il reste également – et avant toute chose – qu’« il est inacceptable que se prolonge l’incertitude actuelle sur les conséquences sanitaires éventuelles de l’exposition à l’uranium appauvri »[39].

Avril 2001

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© 2001 Michèle POULAIN

POULAIN M. – « Le syndrome des Balkans – Eléments pour une approche juridique ». – Actualité et Droit International, avril 2001 (www.ridi.org/adi).

 NOTES:

[1] Ainsi de la pyridostigmine, considérée comme antidote aux produits chimiques mais dont les effets dangereux pour le cerveau ont été reconnus depuis (Le Monde, 2, 9 et 16 novembre 2000).

[2] L’uranium appauvri demeure le principal accusé. On y limitera le champ de cette approche, les développements qui suivent restant valables mutatis mutandis pour les autres chefs de toxicité dont les effets synergiques demeurent d’ailleurs inconnus. Comme le souligne dans une interview, Christine Abdelkrim-Delanne, auteur de « La sale guerre propre » : « il serait regrettable de réduire les recherches à un seul facteur, l’uranium et une seule guerre, les Balkans » (Libération, 8 janvier 2001).

[3] D’une estimation de 300 soldats ayant pu être exposés à un risque toxique en juin 1996, le Pentagone passa à 98.900, fin 1997 (Le Monde, 5 décembre 2000). Sur les effets du retour à la vie civile, cf. Journal of Epidemiology and Community Health, rapporté par Le Monde, 19 octobre 2000.

[4] Le Monde, 5 janvier 2001. La Commission européenne avait indiqué dès le 4 janvier qu’une enquête informelle était en cours. Une réunion en présence des responsables de la politique étrangère et de sécurité commune s’est ensuite tenue et la Suède, qui assume la présidence  de l’Union, s’est proposée pour « collecter les faits »  (Le Monde,  6 et 9 janvier 2001).

[5] En France, Avigolfe, regroupant les anciens combattants de la guerre du Golfe étend ses recherches aux Balkans, recherches qui sont loin d’être sans effet puisque c’est grâce à l’action de cette association que le ministère de la Défense a reconnu que l’ordre de prendre des cachets contre les armes chimiques avait bien été donné. Elle a également œuvré en faveur de la création d’une commission d’enquête parlementaire (Le Monde, 10-11 et 14 septembre 2000 ; Libération, 31 janvier 2001). C’est finalement une commission d’information parlementaire, aux pouvoirs moins importants, qui a été créée. Ses pouvoirs ont été étendus du Golfe aux Balkans. Au Royaume-Uni, l’Association nationale des anciens combattants de la guerre du Golfe réclame « une enquête publique parce que le ministère de la Défense n’a pas dit la vérité » (Reuters, 8 février 2001), ce qui fut accepté par le gouvernement.

[6] En France, un programme généralisé de surveillance médicale, à la fois prospective et rétrospective, est lancé pour l’ensemble des soldats ayant séjourné dans les Balkans ou y séjournant encore : analyse des dossiers médicaux de tous les militaires ayant dû être hospitalisés, quelle qu’en soit la raison ; contrôle médical associant examen clinique, dosages biologiques et radiographies pour les autres (Le Monde, 5 janvier 2001). Pour un état des différentes enquêtes par pays, v. Le Monde, 6 janvier 2001.

[7] Cette équipe est restée sur place deux semaines, mesurant les niveaux de radioactivité sur 11 des 112 sites visés par des projectiles contenant de l’uranium appauvri et prélevant 355 échantillons de sol et d’eau pour vérifier la présence de métaux lourds lors de la décomposition de l’uranium appauvri, le but de l’évaluation étant de « déterminer si l’uranium appauvri utilisé pendant les hostilités représente un risque pour la santé publique ou pour l’environnement, à l’heure actuelle ou dans l’avenir ». Les prélèvements ont été analysés par cinq laboratoires. Après des conclusions intermédiaires, relatives notamment à la présence d’uranium 236 et de plutonium (voir annexe) (PNUE, Communiqués, 3 novembre 2000 ; 17 novembre 2000 ; 11 et 16 janvier 2001 ; 16 février 2001), le PNUE vient de rendre son rapport le 13 mars dernier (on en trouvera le texte complet sur le site http://balkans.unep.ch qui contient par ailleurs de très nombreux liens). Ce rapport ne note pas de contamination étendue mais relève les incertitudes scientifiques qui demeurent en ce qui concerne notamment les nappes phréatiques. Certaines situations pouvant présenter un risque sont identifiées – il s’agit d’un risque lié à une toxicité chimique en cas d’ingestion de terre ou d’eau contaminée et de contamination par les mains (op. cit., p. 86) – et il est souligné que les risques à long terme ne sont pas connus. A cet égard, une mission en Bosnie « où des munitions sont restées pendant plus de cinq ans dans le milieu naturel » est recommandée. Enfin la nécessité d’études plus approfondies sur les 101 sites du Kosovo non visités est soulignée. Le rapport conclut à la nécessité de précautions à prendre.

[8] A cette fin, il sera recueilli des informations sur l’exposition de la population à l’uranium appauvri et à d’autres substances toxiques résultant des opérations militaires ; les données disponibles sur l’incidence du cancer et de la leucémie ainsi que d’autres affections, au sein de la population du Kosovo seront analysées ; les risques potentiels pour la santé des populations qui pourraient avoir été exposées à ces agents et qui nécessiteraient une surveillance médicale et un suivi seront définis. Un appel a été lancé afin de constituer un fonds d’urgence de 2 millions de dollars, nécessaire à l’exécution de ce programme d’investigation pour les six premier mois. Un appel ultérieur, plus important, servira à couvrir les travaux pour une durée de quatre ans (OMS, Communiqués de presse, 2001, n°1, 19 janvier 2001, et n°5, 1er février 2001).

[9] Ainsi que le déclare au Parlement européen, Javier Solana, anciennement Secrétaire général de l’OTAN, « L’Alliance est obligée de souligner qu’elle n’est pas une institution médicale mais seulement une institution militaire. Par conséquent, ce n’est pas elle qui est à même de fournir un véritable dossier sur le sujet. C’est à l’O.M.S. et à d’autres institutions scientifiques de le faire » (Parlement européen, Le point de la Session, 15 janvier 2001). Cette coopération se concrétise par une série de mesures : a. engagement de consultations avec les pays fournisseurs de troupes. Des réunions ont été tenues notamment les 12, 18 et 24 janvier et ont fait l’objet de compte-rendus écrits ; b. création d’un comité ad hoc dont les membres comprennent les Etats contributeurs à la KFOR et à la SFOR, qu’ils soient ou non membres de l’Alliance, soit 50 nations ainsi que les représentants de cinq organisations internationales : l’OMS, le PNUE, l’OSCE, l’UE et le Haut-représentant en Bosnie-Herzégovine. Des représentants d’ONG seront en outre invités ponctuellement, selon les questions abordées. Le Comité se réunit toutes les semaines ; c. la question est également suivie par le comité des chefs de santé militaires des différents Etats membres de l’Alliance (COMEDS) qui procède à des échanges de vues sur les données factuelles de base dans les domaines médical et scientifique (OTAN, communiqué de presse 2001-002, 10 janvier 2001. Toutes ces informations peuvent être trouvées sur le site internet de l’OTAN http://www.nato.int/du, où la question de l’uranium appauvri [depleted uranium] fait l’objet de mises à jour constantes. Très nombreux liens).

[10] M. Paul Lannoye, député européen (Verts, Belgique), souligne ainsi « la difficulté d’établir un lien entre l’état de santé des militaires et l’utilisation d’uranium appauvri. Il y a en effet toute une série de paramètres qui interviennent et les effets se font souvent sentir à long terme. Dans ce contexte, il ne comprend pas que des scientifiques puissent se prononcer dès maintenant » (Parlement européen, le point de la Session, 15 janvier 2001, p. 9).

[11] OTAN, Communiqué de presse 2001-002, 10 janvier 2001. Comme le signale au Conseil de l’Europe M. Soendergaard (Danemark) : « certains orateurs ont constaté qu’il n’y avait pas de lien établi entre les munitions à l’uranium appauvri et les problèmes de santé constatés chez les civils et les militaires après les opérations au Kosovo. Mais qui dispose des informations nécessaires sur ces munitions ?… L’OTAN et les fabricants doivent informer les populations et les Nations Unies lancer une enquête de santé publique auprès des civils, des soldats, des membres des ONG et des journalistes qui se sont trouvés sur place au moment du conflit » (Conseil de l’Europe, Compte-rendu des débats, 24 janvier 2001, version provisoire non corrigée, p. 22, disponible sur le site http://stars.coe.fr).

[12] A cet égard, il serait intéressant de se demander, dans un contexte où il y a eu substitution de l’action des Etats membres de l’OTAN à celle des Nations Unies, comment se répartiraient les responsabilités entre l’Alliance et les Etats fournisseurs de troupes. Qui, en définitive, est responsable de l’obligation d’observer les normes pertinentes ? Sur la substitution à l’action onusienne et l’illicéité de l’intervention organisée par l’OTAN, voir notamment les développements de P.-M. Dupuy, Droit international public, Dalloz, 5ème éd., 2000, pp. 555-558 et de S. Sur, « L’affaire du Kosovo et le droit international : points et contrepoints », A.F.D.I., 1999, pp. 280-291, ainsi que les différentes contributions parues en 2000 à la R.G.D.I.P. : N. Valticos, « Les droits de l’hommele droit international et l’intervention militaire en Yougoslavie », n°1, pp. 5-18 ; Ph. Weckel, « L’emploi de la force contre laYougoslavie ou la Charte fissurée », n°1, pp. 19-36 ; O. Corten et F. Dubuisson, « L’hypothèse d’une règle émergente fondant une intervention militaire surune « autorisation implicite » du Conseil de sécurité », n°4, pp. 873-910. Sur la question des responsabilités, s’agissant des opérations de maintien de la paix des Nations Unies, voir C. Emmanuelli, Les actions militaires  de l’ONU et le droit international humanitaire, Ottawa, Editions de l’Université, 1995, 112 p.

[13] Sur cette question voir J. Combacau in J. Combacau, S. Sur, Droit international public, Montchrestien, 4ème éd., 1999, pp. 539 et s. et P.-M. Dupuy,op. cit., p. 444.

[14] En droit interne, au contraire, et plus spécialement en droit administratif français, la théorie des choses et activités dangereuses, utilisée par le Conseil d’Etat dans les hypothèses où l’administration utilise une chose considérée en elle-même comme dangereuse, aurait sans doute quelque chance de pouvoir fonder une responsabilité pour risque, dans la mesure où il serait démontré que le dommage est bien né d’un risque de nature exceptionnelle que l’administration a elle-même contribué à créer. Sur cette question, voir J.-C. Venezia, Y. Gaudemet, Traité élémentaire de droit administratif, LGDJ, 15ème éd., 1999, pp. 998-1000.

[15] « Depleted uranium is not illegal. It is a legal weapon of war. End of story. We used it, it’s legal ». Mark Laity, OTAN, Press Briefing, 24 janvier 2001, p. 10. (Traduction de l’auteur). La retranscription est disponible sur le site de l’OTAN : http://www.nato.int/docu/speech/2001/s010124a.htm.

[16] « There is no specific treaty ban on the use of depleted uranium projectiles. There is a developing scientific debate and concern expressed regarding the impact of the use of such projectiles and it is possible that, in future, there will be a consensus view in international legal circles that use of such projectiles violate general principles of the law applicable to use of weapons in armed conflicts. No such consensus exists at present ». TPIY, Final Report to the Prosecutor by the Committee established to review the NATO Bombing Campaign against the Federal Republic of Yugoslavia, 13 juin 2000, § 26 (Traduction de l’auteur). Le rapport continue : « In view of the uncertain state of development of the legal standards governing the area, it should be emphasised  that the use of depleted uranium or other potentially hazardous substance by any adversary to conflicts, within the former Yugoslavia since 1991 has not formed the basis of any charge laid by the Prosecutor ». En conséquence, le comité recommande que l’Office du Procureur n’entame aucune investigation sur l’utilisation par l’OTAN de projectiles à base d’uranium appauvri (ibid.). Le rapport est disponible sur le site Internet du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie : http://www.un.org/icty/pressreal/nato061300.htm, ainsi que dans International Legal Materials, 39 (2000), n°5, pp. 1257-1283.

[17] Conseil de l’Europe, recommandation 1495 (2001), 24 janvier 2001. Cette recommandation a été adoptée d’après le document 8925 présenté par la Commission de l’environnement, de l’aménagement du territoire et des pouvoirs locaux sur les conséquences de la guerre en Yougoslavie pour l’environnement de l’Europe du Sud-Est. On trouvera le texte du protocole additionnel aux Conventions de Genève du 12 août 1949 relatif à la protection des victimes des conflits armés internationaux du 8 juin 1977 sur le site du Comité international de la Croix-Rouge : http://www.icrc.org. Les articles 55 et 56 traitent respectivement de la protection de l’environnement naturel et de la protection des ouvrages et installations contenant des forces dangereuses.

[18] CIJ, Requêtes introductive d’instance, Licéité de l’emploi de la force, 29 avril 1999. Après s’être, le 2 juin 1999, reconnue manifestement incompétente dans deux affaires (concernant l’Espagne et les Etats-Unis) et avoir dans les huit autres refusé d’indiquer des mesures conservatoires faute de compétence prima facie, la Cour a indiqué qu’elle restait saisie de ces affaires et a souligné que « les conclusions auxquelles elle était parvenue à ce stade ne préjuge[aie]nt en rien [s]a compétence … pour connaître du fond » (CIJ, Communiqué de presse, n°2001/5 du 23 février 2001. Sur les arrêts de la Cour, voir les développements de L. Boisson de Chazournes, « La Cour internationale de Justice aux prises avec la crise du Kosovo : à propos de la demande en mesures conservatoires de la République fédérale de Yougoslavie », A.F.D.I., 1999, pp. 452-471). La Yougoslavie a donc déposé ses mémoires dans chacune des huit affaires et les Etats défendeurs ont soulevé des exceptions préliminaires d’incompétence et d’irrecevabilité. La Cour venant de reporter d’un an la date d’expiration des délais fixés pour la présentation par la Yougoslavie d’exposés écrits sur ces exceptions préliminaires (Communiqué de presse 2001/5, précité), il faudra attendre quelque temps encore une décision sur le fond.

[19] Commission du  Droit international, Projets d’articles sur la responsabilité des Etats adoptés en seconde lecture par le comité de rédaction le 11 août 2000, article 31 : réparation  (R.G.D.I.P., 2000, n°4, p. 1121).

[20] Article 35 – Formes de la réparation  (ibid., p. 1122).

[21] Cf. C. London : « Il ne convient plus … de contrôler l’environnement pour l’environnement, mais bien d’assurer qu’il ne puisse véhiculer des facteurs de risque pour la santé humaine », in « Santé et environnement : des approches complémentaires ? », Petites affiches, n° 48, 8 mars 2001, p. 4.

[22] Conseil de l’Europe, recommandation 1495 (2001) précitée. Voir également les débats, très riches, relatifs à la séance du 24 janvier 2001, à 15 heures, précités note 11.

[23] Il s’agirait évidemment de beaucoup plus que ce qui est exigé de la RFY et de la Serbie dans l’accord de cessation des hostilités que ces Etats ont signé avec la KFOR le 9 juin 1999, à savoir : retirer « les mines, les gravats, les pièges, les obstacles et les éventuelles charges », R.G.D.I.P., 2000, n° 4, p. 1128. Dans son rapport précité du 13 mars 2001 et le communiqué de presse du même jour, le PNUE inscrit ainsi au nombre des précautions à prendre visant la totalité des sites bombardés : le retrait du sol des obus et parties d’obus radioactifs, la décontamination des secteurs et le retraitement de l’eau de boisson là où cela serait nécessaire.

[24] Des contentieux ont déjà été engagés au plan national. En France, la Cour régionale des Pensions de Bordeaux a accepté le 19 septembre 2000, mais contre l’avis du Ministère public, d’ordonner de nouvelles expertises dans le cas d’un militaire gravement malade depuis son retour du Golfe (Le Monde, 20 février 2000). En Belgique, ce sont cinq  procédures qui ont été engagées devant le ministère des Pensions, lequel a refusé de reconnaître un lien entre les symptômes et le service dans les Balkans. Il faut souligner l’initiative que s’apprêterait à prendre, pour tourner la difficulté, un député, J.-P. Moerman, qui travaille sur une proposition de loi permettant d’indemniser les militaires sur une simple présomption de contamination lors d’une mission à l’étranger. Les sommes nécessaires seraient déposées sur un Fonds spécial (L’Express, 16 février 2001). Aux Etats-Unis, les choses sont plus difficiles puisqu’il existe une loi interdisant aux vétérans de porter plainte contre l’Etat pour blessures reçues au combat. Cette loi a été étendue, depuis la guerre du Golfe, aux familles (T.M. Deffontaines, op. cit.).

[25] Conseil de l’Europe, débats relatifs à la séance du 24 janvier, op. cit., p. 23.

[26] Rapport du 25 novembre 1996, E/CN.4/Sub.2/1996/41, E/CN.4/1997/2. Souligné par nous.

[27] D. Fahey, « Armes à uranium appauvri : Leçons de la Guerre du Golfe », Notes et Analyses du Groupe de Recherche et d’Information sur la Paix et la Sécurité (GRIP), 23 juin 1999 (Traduction de « Depleted uranium : a post-war disaster for environment and health », Laka Foundation, mai 1999).http://www.grip.org/bdg/g1687.html

[28] Parlement européen, Le point de la Session, 15 janvier 2001, p. 10. En admettant que cet aléa militaire  puisse être retenu, quid des populations civiles ? Quid des conséquences à long terme, susceptibles de se révéler bien après l’arrêt des hostilités ?

[29] Sur ces deux points, voir S. Sur, in J. Combacau, S. Sur, op. cit., p. 498.

[30] Reuters, 8 février 2001.

[31]  »We are not in a conflict of any kind, so the question of a moratorium doesn’t arise ». Mark Laity, loc. cit., p. 11. Traduction de l’auteur.

[32] L. Lucchini, in  »Le principe de précaution en droit international de l’environnement », A.F.D.I., 1999, p. 724.

[33] “Le principe de précaution paraît, à la vérité, appartenir à cette catégorie commode, dite des principes directeurs … [qui] sont – au moins provisoirement – dépourvus de force contraignante. Ils ont néanmoins pour fonction d’imprimer des orientations aux politiques des Etats et de canaliser l’ action des acteurs économiques », ibid., p. 730.

[34] Parlement européen, op .cit., p. 7.

[35] T. M. Deffontaines, op. cit. ; Dan Fahey, op. cit.

[36] Information donnée par le ministre allemand de la Défense (Le Monde, 9 janvier 2001).

[37] Le Monde, 24 mars 2000.

[38] Ainsi le Comité médical de l’OTAN, le COMEDS, propose-t-il de réorienter toute la politique médicale de l’Alliance qui, jusqu’ici était du ressort exclusif de chaque Etat membre, dans le sens de l’établissement par un groupe de travail d’une stratégie cohérente et de procédures standardisées (OTAN, Press Briefing, 16 janvier 2001, p. 2).  Ainsi pour M. Francis Wurtz, au Parlement européen,  « le syndrome des Balkans devrait nous amener à réévaluer le concept de sécurité européenne » (Le point de la Session, op. cit., p. 10).

[39] Dr Xavier Leus, Directeur du département Secours d’urgence et action humanitaire à l’O.M.S. (Communiqué de presse, 2001, n° 5, 1er février 2001).


QUELQUES DONNEES

RELATIVES

A L’URANIUM APPAUVRI (U.A.)

 

1. – Caractéristiques physiques

L’U.A. n’existe pas dans la nature. C’est un résidu du processus d’enrichissement du minerai d’uranium, processus qui permet l’utilisation de celui-ci dans des armes et réacteurs nucléaires. Pendant ce processus d’enrichissement, une partie du métal (+ 14 %) est enrichie et l’autre, (+ 86 %) est corrélativement  appauvrie. Il y a donc production simultanée d’uranium enrichi et d’uranium appauvri.

L’U.A. est composé des isotopes 234, 235 et 238. Or, l’U.A. utilisé par les industries d’armement comporte également, comme le montrent les résultats des analyses effectuées par des laboratoires indépendants sur les prélèvements ramenés du Kosovo par une équipe du P.N.U.E. en novembre 2000, de l’uranium 236 – en faible quantité certes (0,0028%) et des traces de plutonium[1a]. Cette particularité est la preuve que l’U.A. en cause est, au moins partiellement, issu du processus d’enrichissement, non d’uranium naturel, mais d’uranium de retraitement. Il est donc « pollué par les isotopes artificiels produits au sein des réacteurs nucléaires »[2a].

Outre sa valeur économique peu importante, l’U.A. possède des propriétés qui rendent son emploi intéressant : il arrête les rayons gamma de façon plus efficace que le plomb – on l’utilise ainsi en radioprotection dans l’industrie civile ; il est pyrophore, c’est à dire capable de s’enflammer spontanément quand certaines conditions sont réunies et donc, une fois dans la cible, il prend feu en dégageant une fumée composée de fines particules d’uranium – pour l’industrie militaire, il perfore ainsi le blindage des tanks beaucoup mieux que le tungstène, traditionnellement utilisé[3a]. Cet aérosol de poussières peut rester en suspension dans l’air pendant plusieurs heures ou bien être transporté par le vent. Quand il se pose, il contamine les eaux de surface, puis les nappes phréatiques et le sol. Par ailleurs, les perforateurs restés intacts finissent par subir une corrosion et se transforment également en poussières, solubles dans l’eau[4a].

2. – Toxicité

L’U.A., qui émet des rayons principalement alpha mais aussi bêta et gamma, est un peu plus faiblement radioactif que l’uranium naturel (40 millions de becquerels par kilo [Mbq/kg] contre 51 millions). On a donc pu dire que sa radioactivité est inférieure à celle que l’on trouve dans les gisements d’uranium ou même dans certaines régions granitiques. Cependant, « cela ne signifie pas qu’il soit devenu inoffensif », bien au contraire puisque la radioactivité produite par le minerai a été concentrée au cours du processus d’obtention du métal. Ainsi, « la radioactivité de l’U.A. est 60.000 fois supérieure à celle que l’on trouve habituellement dans le sol »[5a]. En outre, comme tous les métaux lourds, il présente une toxicité chimique importante.

La question des risques est donc à évaluer différemment selon la « porte d’entrée » de l’U.A. dans l’organisme. Les manipulations sont considérées comme peu dangereuses si elles ne durent pas longtemps. Mais si l’U.A. pénètre dans le corps, que ce soit par inhalation, ingestion, implantation ou blessure, la dose de rayonnement reçue est alors plus importante et se trouve combinée aux effets de la toxicité chimique, laquelle interfère principalement sur la fonction rénale. L’uranium va alors se fixer en plusieurs endroits possibles, entre autres : squelette, ganglions lymphatiques, poumons ou foie. Des chercheurs ont ainsi montré in vitro que l’exposition de cellules osseuses à de l’U.A. pouvait entraîner la formation de tumeurs cancéreuses[6a].


[1a] P.N.U.E., Communiqués de presse des 16 janvier 2001 et 16 février 2001. V. également Le Monde, 26 janvier 2001 où il est révélé qu’une usine du Kentucky a fourni l’armée américaine en U.A. dès 1953.

[2a] Commission de Recherche et d’Information Indépendantes sur la Radioactivité, CRIIRAD,  Actualités, 5 janvier 2001.

[3a] « Contre les blindés, les munitions à l’U.A. (balles, obus, missiles) sont d’une efficacité redoutable » T.M. Deffontaines, Le Monde Télévision, 20-21 février 2000.

[4a] Dan Fahey, op. cit.

[5a] CRIIRAD, op. cit. A rapprocher de J.-F. Lacronique, président de l’Office de protection contre les rayonnements ionisants : « Ce matériau est tout sauf anodin », rapporté par Le Monde, 12 janvier 2001.

[6a] A. Miller, Environmental Health Perspectives, août 1998, rapporté par Le Monde, 12 janvier 2001. Voir également le Rapport du commandement de l’armée américaine chargé de l’armement, des munitions et des produits chimiques, juillet 1990, cité par Dan Fahey : L’U.A. est un « émetteur de rayons alpha de faible activité qui peut provoquer le cancer lorsque les expositions sont internes, la toxicité chimique causant pour sa part des lésions rénales » et celui du bureau médical des armées d’août 1993 : « les effets physiologiques estimés suite à l’exposition à des poussières d’uranium appauvri incluent une possibilité de risque accru de cancer (du poumon et ou des os) et de lésions rénales » (Dan Fahey, op. cit.).

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 15 décembre, 2013 |Pas de commentaires »
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