ENFANTS EN ZONE DE CONFLIT. EN ZONE DE GUERRE OU DE CONFLIT: LA TRISTE REALITE DES ENFANTS…

Enfants en zone de conflit

ENFANTS EN ZONE DE CONFLIT. EN ZONE DE GUERRE OU DE CONFLIT: LA TRISTE REALITE DES ENFANTS... dans REFLEXIONS PERSONNELLES enfants En zone de guerre ou de conflit:

la triste réalité des enfants…

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PHOTO HASHAM AHMED, AFP 

Pakistan: un garçon pleure à côté de son père blessé à la suite d’une explosion à Peshawar (19 septembre 2012).

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PHOTO KHALIL MAZRAAWI, AFP 

Jordanie: une jeune fille syrienne dans un camp de réfugiés qui regarde à travers une tente (11 septembre 2011). 

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PHOTO MOHAMMED ABED, AFP 

Bande de Gaza: un jeune Palestinien transporté à l’hôpital à la suite d’une attaque aérienne d’Israël (12 mars 2012) à Beit Lahia.

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PHOTO JAAFAR ASHTIYEH, AFP 

Cisjordanie: un jeune Palestinien lance une roche en direction de la colonie juive de Bracha (10 octobre 2012). 

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PHOTO MAHMUD HAMS, AFP 

Bande de Gaza: un enfant palestinien dans le camp de réfugiés de Jabalia tient une chandelle en guise de solidarité avec les enfants syriens (24 septembre 2012).

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PHOTO JAWAD JALALI, AFP 

Afghanistan: un enfant de trois ans avance grâce à une marchette après avoir perdu ses jambes dans une attaque-suicide à Kandahar (8 octobre 2012).

599753-syrie-pere-syrien-transporte-corps JORDANIE

PHOTO TAUSEEF MUSTAFA, AFP 

Syrie: un père syrien transporte le corps de son fils de 5 ans à la suite d’une attaque des forces gouvernementales à Alep (9 octobre 2012). 

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 20 octobre, 2012 |Pas de commentaires »

LA GUERRE EST DECLAREE (Comité Anti Impérialisme)

LA GUERRE EST DECLAREE 
 (Comité Anti-Impérialisme)

LA GUERRE EST DECLAREE (Comité Anti Impérialisme) dans REFLEXIONS PERSONNELLES syrie

Le mercredi 26 septembre 2012, le Président de l’Impérialisme Français et Chef des Armées, François HOLLANDE, tenait son premier discours devant l’Assemblée Générale de l’ONU à New-York. Il a évoqué sa vision des « urgences » auquel fait face notre monde bouleversé par la crise générale du capitalisme. Il a parlé de la Syrie, du Mali et de l’Iran. Et il a proposé trois guerres. Hollande est donc un leader impérialiste NORMAL. Il gère le capitalisme par l’austérité sociale à l’intérieur et par la guerre, de préférence dans des pays exsangues, à l’extérieur. Le 29 août 2012, déjà, un éditorial élogieux du très à droite Wall Street Journal présentait l’insipide HOLLANDE, montant au front dans l’affaire syrienne, comme le « Leader of the Free Monde ». Selon le journal, HOLLANDE a donné à l’opposition syrienne « le coup de pouce le plus important » en annonçant qu’il souhaitait la mise en place d’un nouveau « gouvernement représentatif et inclusif » et que la seule solution était militaire. Sarkozy avait fait de même, il y a un an, quand il avait reconnu le CNT libyen. C’était juste avant de transformer, avec ses complices américains et anglais, la « no fly zone » de la résolution 1973 du Conseil de Sécurité en zone de bombardement meurtrier. Durant trois semaines, la Libye était couverte de bombes sous le prétexte d’un soutien au « Printemps Arabe » contre les dictateurs. Mais les guerres impérialistes peuvent-elles être l’avenir des révoltes populaires ? Qui peut croire que les peuples se battent pour l’installation de régimes vassalisés ?

Aujourd’hui, la doctrine de la guerre préventive chère à Georges Bush a fait long feu. Elle a montré son vrai visage dans le bourbier afghan et par les centaines de milliers de morts, la partition et le chaos provoqué en Irak. Désormais, la stratégie de com’ impérialiste mise en oeuvre depuis la Libye consiste à se réclamer des Droits de l’homme, de la Démocratie et à se parer d’une mission de sauveur suprême d’un peuple démuni face à un dictateur tortionnaire. Faut-il croire que la France impérialiste intervient (pour l’instant en formant la pseudo-rébellion par des moyens « logistiques ») pour la démocratie et le bonheur des Syriens ? S’intéresse-t-elle à la Syrie uniquement depuis que les manifestations y sont réprimées ? Qui dans cette crise a rappelé que la France est l’ancienne puissance coloniale qui avait placé la Syrie sous son mandat en 1920 et qui l’avait découpé et amputé du district d’Alexandrette avant de perdre pied face à un soulèvement anticolonial ? Qui explique qu’elle a toujours cherché à sauvegarder coûte que coûte ses intérêts comme au Liban voisin où ses forces armées sont présentes depuis les années 1980 ? Si l’attachement de l’impérialisme français à la démocratie au Proche-Orient est si grand pourquoi protège-t-on les régimes barbares d’Arabie Saoudite, du Koweït, du Yémen, de la Jordanie, des Emirats et le régime d’ « Israël », si « démocratique », fondé sur la colonisation de la Palestine et l’usage de phosphore blanc à Gaza en 2009 ? Comment expliquer aussi que tous les donneurs de leçons de démocratie refusent l’idée que c’est au peuple syrien de décider de son avenir et non aux centres impérialistes et à leur « humanisme » ?

« Comment peut-on poser les fondements d’un état avec l’aide de ceux-là mêmes qui ont colonisé ce pays ? »(Adonis)

En réalité, l’agression impérialiste en Syrie est supervisée par une coalition de l’OTAN (UE, USA et TURQUIE) et des pétromonarchies du Golfe. Elle vise à une mainmise renforcée sur le monde arabe et non à l’émancipation des peuples. Elle vise aussi à détruire une partie de la Nation Arabe et elle ouvre la route à la guerre contre l’Iran en chassant un régime jugé « pro-terroriste » car il a soutenu le Hezbollah en 2000 et 2006 ainsi que des mouvements qui utilisent la lutte armée pour la libération de la Palestine occupée. Au fil des mois, nous avons appris que les « rebelles » n’étaient pas meilleurs que les troupes du régime syrien et qu’ils ne représentent pas le prolongement armé du mouvement populaire né en 2011 dans les régions déshéritées de Syrie. Il n’y a pas de révolution sociale et démocratique en cours en Syrie contrairement à ce que les médias bourgeois et la bourgeoisie de gauche tente de faire croire. Le mouvement populaire de 2011 a été écrasé par le régime de Bachar El Assad et il a été a été dévoyé par une « rébellion  » armée formée des réactionnaires de tous poils. L’Armée Libre Syrienne est contre-révolutionnaire, elle est aux antipodes d’un mouvement populaire progressiste. Elle est entièrement sous la coupe des conservateurs, des libéraux, d’anciens compères de Bachar El Assad et des forces fascistes de l’Islam politique qui se mettent au service de l’impérialisme européen, américain et des compradores et féodaux du Golfe. Soutenir ce type de rébellion c’est soutenir le camp de la contre-révolution.

Après ses interventions en Côte d’Ivoire et en Libye où il a semé le chaos, l’impérialisme français voudrait profiter de la situation au Mali et en Syrie. S’opposer à ses plans de guerre est une nécessité et une priorité impérieuse pour tous ceux qui n’acceptent pas la domination impérialiste. La guerre est la continuation de la politique par d’autres moyens selon le célèbre mot de Clausewitz. La guerre est la continuation logique d’un système fondé sur le taux de profit et l’accumulation à l’échelle mondiale. Afin de continuer la politique d’exploitation et de pillages des peuples, les opérations de brigandage international sont nécessaires au capitalisme en crise. Voilà l’origine profonde des bruits de bottes qui résonnent aujourd’hui. Il est légitime de condamner le régime syrien réactionnaire mais la priorité absolue est de condamner la tentative de conquête et de destruction de la Syrie et de soutenir l’émergence d’une force révolutionnaire indépendante des réactionnaires et des impérialistes.

S’opposer à l’impérialisme français est un devoir pour tous les anticapitalistes vivant ici car on ne peut pas combattre la bourgeoisie française sans s’opposer à ses guerres. L’ennemi est dans notre pays comme le disait le martyr de la révolution Karl Liebnecht.

LES IMPÉRIALISTES ONT MENTI SUR L’IRAK, ILS MENTENT SUR LA SYRIE ET L’IRAN !

NON AUX GUERRES IMPÉRIALISTES !

A BAS L’IMPÉRIALISME FRANÇAIS !

Comité anti-impérialiste

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 8 octobre, 2012 |Pas de commentaires »

POURQUOI NOTRE « HYPER TITANIC » VA COULER (Pierre VAUDAN)

Pourquoi notre hyper Titanic va couler

POURQUOI NOTRE

(Pierre VAUDAN)

Rien ni personne ne pourra infléchir la trajectoire implacable de notre hyper-Titanic. Le paquebot est trop lourd, trop grand, impossible à manœuvrer sur une courte distance et glisse trop vite sur l’arête d’un iceberg écologique qui déchire déjà son flanc. De surcroît, aveuglée par les prouesses du monstre qu’elle croit encore contrôler, sa capitainerie n’en finit plus de pousser les moteurs à fond en hurlant si fort «Progrès ! Progrès !», qu’elle parvient à couvrir le vacarme de l’eau s’engouffrant dans les brèches béantes. Seule une panne totale des moteurs pourrait encore éviter le naufrage.

C’est que la feuille de route choisie par les élites du Système est tragiquement simple. Postulat de base : il est hors de question de réduire la voilure d’un vaisseau conçu dans l’illusion d’une croissance infinie dans un monde pourtant fini. Solution : les nouvelles technologies sont la seule option pour réparer les dégâts provoqués par les précédentes.

Fameux pari s’il en est, où se joue la survie même de l’espèce. Non pas que les individus censés présider à nos destinées soient particulièrement fous, déviants ou mal-intentionnés mais, simplement, ils sont les premiers adeptes hallucinés d’une idéologie qui a réussi à berner tout le monde, à commencer par eux-mêmes, et qui a accouché d’un monstre aujourd’hui aussi autonome qu’indomptable.

Avertissement : Pour les lignes qui suivent, nous avons puisé nombre d’arguments chez divers auteurs auxquels nous rendons d’emblée hommage pour éviter de fréquentes références, méritées mais typographiquement pénibles. Il s’agit pour l’essentiel de La condition inhumaine d’Ollivier Dyens; du Paradoxe du Sapiens, de Jean-Paul Baquiast, de L’homme unidimentionnel, de Herbert Marcuse, ou encore de la Politique de l’oxymore, de Bertrand Méheust.

Premier constat :

La démocratie libérale n’est pas écolo-compatible

Le modèle proposé par la démocratie libérale prétend offrir à l’ensemble des peuples de notre petite planète le niveau de vie, et donc de consommation, du standard occidental d’aujourd’hui. Une simple mise en parallèle des besoins que nécessiterait la réalisation de cet objectif avec les ressources réellement disponibles suffit à le définir comme insensé, intenable.

C’est pourtant le principal mythe fondateur de notre Système, et son principal slogan à l’exportation.

La mécanique de la démocratie libérale repose en effet sur l’idéologie consumériste, qui place l’individu au cœur du système, avec pour fonction première de consommer et de consommer encore pour garantir cette croissance éternelle seule à même d’assurer la pérennité du modèle.

Ce faisant, ce système impose un déchaînement de la matière permanent, un pillage constant des ressources, une surenchère ininterrompue dans la production pour assurer le gavage de ses ouailles.

Ce n’est pas un hasard si aucune démocratie libérale ne peut se prévaloir d’une empreinte écologique avouable.

Saturation, érotisation

Concrètement, le Système fonctionne aujourd’hui sur le mode de la saturation, de l’hyper-stimulation pour susciter un désir permanent, obsessionnel de consommer. La passion de la possession n’est plus contenue, elle est encouragée à l’extrême. Elle est même devenue le sens premier de la vie pour beaucoup d’individus (parce-que je le vaux bien)…

Or en tant qu’acte fondamentalement dénué de sens, il en va de la possession des objets comme de la sexualité sur internet : elle ne peut que susciter des désirs, toujours davantage de désirs, sans jamais pouvoir les assouvir. C’est la multiplication sans fin du désir et de son impossibilité.

Le consommateur est donc maintenu en quelque sorte en état d’érotisation permanente face à un acte d’achat qui ne le satisfait jamais, condamné qu’il est dès lors à combler cette absence de sens, de véritable jouissance, par d’acquisition de nouvelles possessions (voir l’hystérie suscitée par l’arrivée de l’Iphone 5 à l’heure où nous écrivons ces lignes). C’est un peu le schéma de l’addiction aux drogues avec une phase d’excitation voire d’exaltation à l’approche de la prise (achat), qui procure un bref plateau de satisfaction (plaisir de la découverte du produit) immédiatement suivi d’une lente phase de dépression (habitude puis désintérêt, renaissance du désir).

Epuiser l’univers

Le déchaînement de la matière ainsi imposé par le consumérisme exerce donc une pression dite “de confort” de plus en plus insoutenable pour la biosphère, entraînant l’épuisement accéléré des ressources et le saccage du vivant.

Il faut créer de la richesse, croître, produire toujours davantage pour alimenter la mécanique du Système et gaver le conso-citoyen de choses en plastique à l’obsolescence programmée, d’objets technologiques rapidement démodés.

La voracité du Système a aujourd’hui bel et bien de quoi “épuiser l’univers”.

Les déjections du Système

Et puis il faut aussi considérer les dégâts provoqués par les immenses masses de déjections générées par ce processus. Des ordures dont le Système organise un recyclage minimum pour son “image”, sa narrative, mais dont l’essentiel, l’incommensurable masse est silencieusement déversée dans les pays en voie de développement ou dans les abysses des océans, formant autant de bombes à retardement écologiques.

Enfin, il faut encore considérer la manipulation du vivant au vu de son appropriation. Pour le Système, la gratuité du vivant est en effet une aberration de la nature qu’il convient de corriger. Alors, abandonnant un principe de précaution anachronique, on fouille, on dissèque, on manipule les ADN de tout ce qui passe pour y coller un brevet et faire du profit, toujours du profit, avec des résultats (déjà) et des perspectives effrayantes pour l’écosystème.

En soixante ans, le capitalisme et son dernier avatar, le système néolibéral, ont donc ainsi orchestré un meurtre systématique de l’environnement (*) d’une telle ampleur que beaucoup de spécialistes doutent de la possibilité d’un retour en arrière.

Abdication du conso-citoyen

Structurellement incapable de s’engager dans un processus de décroissance qui aurait, seul, une chance de faire légèrement dévier notre Hyper-Titanic, le Système s’emploie dès lors à calmer l’angoisse de ses conso-citoyens grâce à une armée de scientifiques grassement payés pour minimiser, voire à démentir l’état d’urgence auquel nous sommes parvenus écologiquement parlant.

Parallèlement, il s’est approprié les slogans écologiques pour se poser en sauveur du désastre dont il est la matrice et l’artisan appliqué, provoquant une confusion efficacement paralysante desdits conso-citoyens (Grenelle de l’Environnement, Sommets sur le Climat, campagne pédagogie à 2 balles en faveur de l’environnement sur Cartoon TV etc…). Aujourd’hui, même les pubs de l’industrie pétrolière ressemblent à des campagnes de collecte de fonds de Greenpeace.

Prisonniers de leur quotidien, psychologiquement minés par le brouillage des messages, les conso-citoyens abdiquent alors devant cet apaisant mensonge qui leur murmure que le Système prend la question au sérieux, qu’il est le seul à pouvoir réparer les dégâts et qu’à la fin, on trouvera bien le moyen de s’en sortir, de colmater la brèche.

Les derniers pécheurs s’émeuvent bien de savoir que les poissons du Rhône sont désormais impropre à la consommation ; chacun s’inquiète de savoir qu’un tiers des terres émergées sont menacées de désertification ; que les calottes glaciaires fondent à un rythme effarant ; que les abeilles sont en train de mourir ; que plus du quart des espèces animales auront disparu à plus ou moins brève échéance.

Mais on ne s’inquiète plus que confusément.

Et puis, on s’inquiète surtout de savoir quand sortira la nouvelle version du dernier MacdoPhone.

Ce qui nous amène tout naturellement au deuxième constat.

Deuxième constat :

L’hyper-technologie comme illusion du salut

On l’a bien compris, le Système ne peut envisager la décroissance des pays les plus riches – qui permettrait par exemple aux pays les plus pauvres d’approcher du standard sans augmentation exponentielle des dégâts sur l’environnement–, car ce serait tout simplement trahir sa principale promesse de campagne.

La panacée pour le Système, c’est donc toujours davantage de technologie, l’hyper-technologie, la fuite en avant vers la complexité (**).

Abdication du politique

Mais le progrès comme solution unique implique l’abdication du politique.

C’est un moyen supplémentaire de transférer les derniers résidus de pouvoir qui subsistent chez les politiques vers la machine-Système, vers le Marché, devenu le réel mais insaisissable centre de pouvoir de notre monde marchandisé.

Le degré de maîtrise formidable de l’outil technologique auquel est parvenu le Système nourrit en effet l’illusion d’une maîtrise des choses, d’une maîtrise des risques et d’une capacité d’infléchir le cours des évènements par toujours davantage de technologies.

Sauf que, là encore, le Système ne fait qu’entretenir une illusion apaisante.

Car même une transition réussie vers des énergies non polluantes, par exemple, prendrait des décennies que nous n’avons plus, et ne résoudrait de toute façon en rien les ravages provoqués par l’hyper-consommation de notre vertueux modèle en termes d’épuisement des ressources et de saccage du vivant.

La technologie comme solution n’est qu’un slogan.

Virtualité contre réalité

En revanche, insidieusement, l’invasion des technologies du quotidien détache de plus en plus les individus de la nature*, ce qui permet sans doute de leur faire accepter plus sereinement son recul progressif de nos vies.

On pourrait même dire que le monde technologique célébré par la démocratie libérale nous permet de faire peu à peu le deuil de l’ancien monde, le monde biologique. Et cela même si la disparition du monde biologique implique fatalement la nôtre. Ce n’est que l’une des contradictions du Système, contradiction facilement résolue par le déni.

Les productions de science-fiction hollywoodiennes sont à cet égard un miroir intéressant des utopies du Système avec, par exemple, la vision récurrente d’un monde hyper-technologique qui a totalement remplacé une nature confinée sous serres pour de simples besoins nutritionnels.

Dans les faits, la civilisation technologique est tout simplement en train d’absorber l’humanité en nous, de la pénétrer, de la modifier, de transformer la nature de ses perceptions, sa façon de «se» penser.

Elle crée une distance, un gouffre, entre l’humain et le réel.

Troisième constat :

le Système n’est pas réformable.

«Je constate qu’il pleut, alors je prends mon parapluie.»

Cet exemple de décision volontaire est devenu impossible à un système complexe comme celui qui nous gouverne.

Les échecs qui ont ponctué absolument tous les Sommets organisés sur le climat en fournissent une preuve indiscutable.

Comment est-il possible, se dit-on naïvement, que la gravité de la crise climatique (il pleut), empêche les décideurs de prendre des mesures concrètes (un parapluie). C’est le Paradoxe du Sapiens.

Survivre et prospérer

C’est que tous les Systèmes complexes qui combinent humain et technologie sont mus par des forces qui échappent au contrôle des individus qui les composent, même de ceux qui les ont créés. Dans ces systèmes dits anthropotechniques, l’humain ne peut plus être distingué de l’outil. L’humain et l’outil forment une nouvelle entité avec sa propre détermination, ses logiques propres.

Autrement dit, un système complexe fonctionne de manière quasi autonome car, ayant été conçu pour performer, il est dès l’origine pensé et placé en compétition darwinienne permanente avec son environnement. Tout système complexe n’a ainsi qu’un seul objectif : survivre et prospérer. Dans ce super-organisme, la «nature» humaine est une composante parmi d’autres, et son pouvoir de décision devient très relatif.

Mettez José Bové à la tête de Monsanto et, à la fin de l’année, Bové aura été digéré ou rejeté comme un improbable greffon par le Conseil d’Administration de la multinationale, et Monsanto aura multiplié ses profits.

On objectera qu’un tel système luttant pour sa survie devrait alors nécessairement éviter de poursuivre dans une voie qui le voue à sa perte à moyen-terme. Sauf que le moyen terme n’existe plus dans la «psychologie» du système.

Présent absolu et plaisir immédiat

Notre modernité, et à plus forte raison celle du Marché qui gouverne, ne se pense que dans l’immédiateté (cours de l’action à la cloche ; chiffres du mois ; bonus).

Le Système ne peut plus penser l’avenir..

L’iceberg qui déchire la coque de son flanc n’a pas encore touché son cœur, il a donc le temps de faire encore quelques profits pour devancer la concurrence. Dans une société figée dans le présent absolu et l’obsession de la satisfaction immédiate de ses envies, les quelques décennies qui nous séparent du naufrage sont une éternité qui suffit à faire du danger à venir une totale abstraction.

Quand l’eau sera montée jusqu’à recouvrir notre bouche, pensent nos chers CEO, on respirera par le nez et il sera toujours temps de prendre des mesures car la concurrence devra alors faire de même.

La machine néo-libérale est désormais insensible à la logique, aux faits, à l’argument, à l’argument «humain» en particulier. En ce sens, le fantasme de la domination de la machine sur l’homme, habituellement confiné aux récits de science-fiction, est bel et bien une réalité tangible, mesurable, monstrueuse de notre modernité.

Le Système, en tant que machine, commande son évolution.

L’exemple des subprimes

Une preuve de ce mécanisme a été fournie lors de la crise des subprimes de 2008. Le Système a opéré un véritable hold-up sur les contribuables, avec la complicité unanime de tout l’appareil politique qui lui est soumis, sans rien chercher à régler des problèmes structurels qui l’avait conduit au bord de l’abîme. Se promettant donc à lui-même de nouveaux éclatements toujours plus spectaculaires, mais plus tard.

Dans l’immédiateté du raisonnement que lui impose sa nature, le contrat était donc rempli puisque la menace d’effondrement était écartée de l’instant présent.

En résumé, même face à la perspective de sa ruine totale, le système néolibéral n’est pas en mesure de se réformer, prisonnier qu’il est de ses déterminismes.

Quatrième constat :

la démocratie libérale est d’essence totalitaire.

L’affirmation peut paraître excessive, elle ne l’est pas.

Selon Francis Fukuyama, la démocratie libérale doit ainsi marquer la fin de l’Histoire, chacun étant occupé à faire des affaires plutôt que la guerre. Ambition d’apparence inoffensive, voire vertueuse, mais qui renferme pourtant une réalité effrayante en pronostiquant l’avènement d’un Système unique qui a dévoré tous les autres, réduit toute opposition, annihilé toute alternative. Une «grande société unique» ayant incorporé, digéré toutes les autres ; un hyper-monde en somme, gouverné par un Système unique, une idéologie unique, une pensée unique.

Ce qui correspond en tout point à la définition du totalitarisme.

Et c’est uniquement le jugement de valeur implicitement contenu dans le pronostic de Fukuyama – à savoir que la démocratie libérale serait bonne et vertueuse pour l’humanité – qui annihile l’effroi que l’avènement de ce totalitarisme devrait naturellement susciter en nous.

Or ce jugement de valeur est faux.

La part sombre du projet libéral

La démocratie libérale, aujourd’hui irrémédiablement placée sous la dictature des marchés, est un Système violent, qui soutient son expansion par la violence, qui réduit ses opposants par la violence, et dont l’essence totalitaire ne peut, au fur et à mesure que grandira sa domination, que conduire à une forme élaborée de dictature. L’avènement de la société libérale interdit en effet l’alternative. Les divergences de pures formes, qui opposent ce que l’on nomme les «sensibilités politiques», se discutent à l’intérieur du statuquo qu’elle impose. C’est à cela que se réduit l’opposition. Dans une société qui prétend pourvoir de manière satisfaisante aux besoins du plus grand nombre, l’opposition n’a en effet plus aucune raison d’être, elle est même une menace pour la collectivité.

Les plus grands auteurs d’anticipation, d’Orwell à Philipp K. Dick surtout (ce génie), ont été les premiers à avoir eu l’intuition que la part sombre, la part cachée et inavouable du projet capitaliste (***) (devenu néolibéral) finirait par dominer le monde de demain, une fois l’effort de séduction rendu inutile par la victoire globale.

Or les signes de ce grand retournement à venir sont déjà là.

Guerres de conquête…

A l’extérieur de ses frontières, on constate ainsi que la démocratie libérale n’hésite jamais à porter le fer dans les régimes et les ensembles territoriaux ou idéologiques qui lui résistent. Passons sur une guerre froide durant laquelle la défense du projet capitaliste a nécessité le déploiement d’une violence inouïe. Nous pourrions cyniquement accepter que c’était «de bonne guerre».

Sauf qu’après la chute de l’URSS, le sang n’a jamais cessé de couler «pour la bonne cause».

La tentative d’incorporation du Moyen-Orient, entamé avec la première guerre du Golfe, puis relancée sous couvert de guerre contre le terrorisme, a ainsi impliqué le meurtre de plus d’un million et demi de personnes déjà, et la dévastation totale de plusieurs pays.

Actuellement, la guerre sous-traitée en Syrie par le Bloc occidental est le dernier exemple en date de la poursuite d’une expansion du Système par le fer et le feu, expansion exercée au demeurant avec le soutien uniforme de médias de masse désormais totalement incorporés, digérés par le Système.

…et violence intérieure

A l’intérieur de sa sphère d’influence, on a également pu constater la brutalité du Système vis-à-vis des manifestants du mouvement des Indignés en Espagne par exemple, ou les méthodes quasi staliniennes déployées vis-à-vis d’un Julian Assange dès l’instant où il est apparu comme une menace pour la stabilité du Système.

Une police de la pensée s’installe parallèlement de manière toujours plus invasive dans nos démocraties libérales, imposant la doxa du Système grâce au contrôle exercé par le plus formidable ensemble d’outils de propagande de tous les temps.

Des instruments de contrôle d’internet sont en train d’être mis en place (p.ex. lois Acta, Sopa, Pipa, et consorts…), non pas pour en éjecter les déjections culturelles qui y pullulent (comme par exemple la pornographie la plus extrême que le Système tolère voire encourage puisqu’elle fait partie de ces «libertés» destinées à distraire le conso-citoyens), mais bien en tant qu’instrument de contrôle de la Toile.

Comme n’importe quel Etat, comme n’importe quel Système, la démocratie libérale est un monstre froid qui écrase pour se propager, qui finira par écraser même ses adeptes pour persévérer dans son être.

L’ultime menace

Tous les Systèmes complexes ont en effet une tendance naturelle à l’emballement, à aller au bout de leur logique. Et une fois les oppositions annihilées, une fois le triomphe global réalisé, une fois l’en-dehors incorporé, l’agressivité du Système ne pourra que se retourner contre son espace intérieur. Il s’agira en effet pour lui de prévenir la perversion de son «être» et l’éclatement, qui représenteront alors l’ultime menace à réduire.

A terme, la liberté humaine sera donc contrainte d’abdiquer à l’échelle individuelle face à la toute-puissance du Système, comme elle l’a déjà fait à l’échelle politique.

Conclusions :

l’effondrement comme espérance

Si l’on fait l’impasse sur les meurtres de masse qui lui ont permis de prospérer et sur son essence totalitaire, il est incontestable que grâce à son insouciance criminelle, à son inculpabilité, le Système capitaliste, devenu néolibéral, a réussi à créer une bulle de justice et de prospérité inégalée dans l’histoire de l’humanité. Il serait également stupide d’en nier les conquêtes et les acquis remarquables aux niveaux social ou médical notamment. Même un banlieusard français peut se prévaloir aujourd’hui d’un confort dont n’aurait jamais osé rêver Louis XIV.

La menace d’une ruine totale

Mais en même temps, la construction de cette bulle a provoqué le saccage de la biosphère et de tout l’éco-système de notre planète en quelques décennies, au point de menacer l’humanité d’une ruine totale.

Ce Système a fait de nous de vulgaires traders du monde vivant, capables de dévaster jusqu’aux abysses des océans pour s’assurer des bonus confortables, pour pouvoir aller en avion grignoter des tapas à Barcelone pour le prix d’une place de ciné.

La dette ainsi léguée aux générations futures est si énorme, si gigantesque qu’il faudra sans doute des siècles pour la rembourser, si tant est qu’elle puisse l’être un jour.

A l’heure où nous écrivons ces lignes, la machine-Système est plus que jamais emballée sur elle-même, plus que jamais en phase d’expansion de son modèle mortifère, et rien ne semble pouvoir l’arrêter.

A moyen terme, de nouvelles grandes guerres vont sans aucun doute opposer les acteurs de cette triste farce pour capter les dernières ressources disponibles, tirant ainsi définitivement la chasse sur l’utopie ridicule de Fukuyama.

Mais à la fin, rien n’empêchera notre paquebot de s’écraser définitivement contre l’iceberg écologique et de couler corps et biens.

Sauf si…

Les moteurs toussent

Sauf si, comme nous le disions en préambule, une panne totale des moteurs vient stopper la course folle de notre Hyper-Titanic.

Les lecteurs d’entrefilets le savent bien, nous sommes persuadés que, face à l’hyper-puissance d’un Système que personne n’est en mesure de combattre, seul l’effondrement intérieur dudit Système, par indigestion de lui-même, offre une perspective de salut.

Or nous avons atteint des seuils limites où l’utopie d’une richesse illimitée partagée par tous se fracasse désormais contre les réalités d’un modèle économique qui craque de toutes parts. Les Etats-Unis, matrice du Système, sont au bord de la faillite. Plus de 15% de la population y survit déjà grâce à des bons d’alimentation. L’American dream, vitrine du projet néolibéral, a du plomb dans l’aile. La zone euro part de son côté en lambeaux sous les coups de boutoir d’une crise de la dette, mère de toutes les crises, qui devrait bientôt entrer dans sa phase explosive (dettes US et mondiale, ici seulement la dette publique).

Même dans sa zone d’influence, d’abondance, le Système n’est donc plus en mesure de résoudre ses contractions, de gaver tout le monde. Chômage, paupérisation, marginalisation : un pourcentage sans cesse grandissant des populations occidentales rejoignent peu à peu les laissés-pour-compte du Système. Autant d’Indignés en puissance.

La supercherie d’un projet néolibéral définitivement insensé et intenable, est devenue impossible à cacher.

Répression à venir

Mais comme tous les systèmes, le Système néo-libéral cherchera donc à persévérer dans son être. Tant que ses moteurs ne seront pas totalement à l’arrêt, la violence va aller grandissant à l’intérieur de sa zone d’influence et les hordes de laissés-pour-compte qui vont vouloir affronter sa machine de répression seront criminalisées et combattues.

Ce sera une étape difficile, dangereuse, car l’hyper-puissance technologique du Système est capable de permettre à une très petite minorité de se maintenir au pouvoir par la violence.

Il suffit d’observer le modèle israélien et sa capacité de contenir, militairement, une insurrection quasi permanente à l’intérieur même de son périmètre (d’aucuns pensent d’ailleurs qu’Israël est un champ d’expériences dans le domaine particulier des techniques de répression des insurrections massives).

Mais des alternatives sont possibles pour un autre monde, si tant est que la panne totale des moteurs du vaisseau ne tarde pas trop.

Un monde qui saura certainement préserver les acquis valables de l’ancien, tout en se délestant de sa toxicité et de ses logiques mortifères.

Des projets, il y en a plein les cartons des Indignés.

La décroissance raisonnée, la dissolution des Marchés, la primauté du pouvoir politique sur le pouvoir économique et, enfin, l’élaboration d’une Déclaration Universelle des DROITS DE LA VIE apparaissent toutefois comme les conditions premières et minimales d’une renaissance.

Pierre VAUDAN

Notes:

(*) Dans une lettre datée de mai 68, l’écrivain et poète suisse Maurice Chappaz écrivait : «J’ai localisé le pouvoir réel, brutal dans l’économie et vu les velléités, les complicités, les mensonges, le blanc qui devient noir dans les partis politiques, tous les partis. Et le social a comporté pour moi un élément de dégoût que tu ne peux imaginer : le nazisme. Le commercial totalitaire le resuce en lui : cette tuerie d’arbres, de phoques, cet empoisonnement de l’air, des eaux, ces massacres divers et cette propagande, cette réclame pour l’englobant industriel, le «progrès» carrément détachés de l’humain. Les vrais parasites modernes ne sont pas les clochards, les beatniks, mais justement les activistes de la construction inutile, du gaspillage des sources et des ressources, spéculateurs, menteurs en tous produits et appétits. Nous connaissons aussi ces volontés de puissance à l’œil parfois très intelligent de Surmorts, qui délèguent aux fonctions publiques les bureaucrates, des types, des espèces de chauves graisseux moins costaux qu’eux-mêmes. Les Surmorts ont besoin d’otages, de médiocres qui limitent toujours un pays aux affaires.»

(**) Dans The Singularity is near, Ray Kurzweil relève que «selon la loi du retour accéléré, la croissance est maintenant telle que nous parviendrons bientôt à un état de transformations si profondes, si rapides, si denses que toute l’existence humaine basculera. Les cent années du XXème siècle, par exemple, équivalent à vingt ans d’innovations à la vitesse des transformations des années 2000. A ce rythme, les cent années du XXIème siècle seront l’équivalent de ving mille ans de progrès au rythme d’aujourd’hui.»

(***) Dans La politique de l’oxymore, Bertrant Méheust relève combien il est étrange de constater que le Système Néolibéral a recyclé avec zèle l’héritage nazi : autoroutes, fusées, avions à réaction, voiture pour tous, propagande de masse, politique spectacle, guerre spectacle, grand’messe sportive, voyages organisés, exaltation narcissique du corps… D’où la question : le nazisme comme préfiguration paroxystique du triomphe néolibéral ?

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 6 octobre, 2012 |Pas de commentaires »

LE PATRIMOINE ARCHEOLOGIQUE DE L’HUMANITE: VICTIME COLLATERALE DES PRINTEMPS ARABES (Chems Eddine CHITOUR)

Le patrimoine archéologique de l’humanité : victime collatérale des printemps arabes

LE PATRIMOINE ARCHEOLOGIQUE DE L'HUMANITE: VICTIME COLLATERALE DES PRINTEMPS ARABES (Chems Eddine CHITOUR) dans REFLEXIONS PERSONNELLES Palmyre-syrie_0

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Chems Eddine CHITOUR
« (…) Nous. Européens, nous sommes les civilisés, et pour nous, les Chinois sont les barbares. Voilà ce que la civilisation a fait à la barbarie » – Victor Hugo

Le patrimoine de l’humanité est en miettes ! Il est déshumanisé loin de son lieu de naissance de vie et de mort, il sert à bercer et à combattre la mélancolie dans les vitrines sans âme des musées européens, des nouveaux seigneurs « saigneurs » des pays faibles. Non contents de leur prendre leurs ressources pétrolières, les rapaces s’en prennent à leur identité culturelle, ils s’en prennent ce faisant au patrimoine de l’humanité qu’ils rapinent. Cela nous rappelle la fameuse lettre de Victor Hugo au capitaine Butler le 25 novembre 1861 : « Vous me demandez mon avis, monsieur, sur l’expédition de Chine. (…) Il y avait, dans un coin du monde, une merveille du monde : cette merveille s’appelait le palais d’Été. (…) Cette merveille a disparu. Un jour, deux bandits sont entrés dans le palais d’Été. L’un a pillé, l’autre a incendié. (…) L’un des deux vainqueurs a empli ses poches, ce que voyant, l’autre a empli ses coffres ; et l’on est revenu en Europe, bras dessus, bras dessous, en riant.. Nous. Européens, nous sommes les civilisés, et pour nous, les Chinois sont les barbares. Voilà ce que la civilisation a fait à la barbarie ».

Victor Hugo posait les bases de la vision civilisationnelle d’un Occident au fait de sa puissance et considérant les autres comme quantité négligeable. Dans le même ordre, nous allons raconter comment ce vingtième siècle a donné lieu à un ensauvagement multidimensionnel. Après avoir imposé un printemps arabe par drones et troupes aéroportées, ne voilà-t-il pas que même les mémoires des peuples inscrites dans la pierre n’y échappent. On se souvient en effet que le maréchal Clauzel, l’un des proconsuls de la conquête de l’Algérie a essayé, en vain, de démonter l’arc de Triomphe de Djemila, pour le transporter à Paris, en vain…

Les « valeurs » civilisationnelles de l’Occident

En Occident grâce à une presse acquise et à des « intellectuels organiques » on fait preuve d’une amnésie immorale visant à présenter les envahisseurs – à travers les âges – comme des philanthropes venus apporter les « lumières » à ces peuples barbares – plongés dans la nuit de l’intellect – leur tort est d’être riches d’une civilisation qui a vu l’émergence de l’humanité. Petit rappel pour fixer les idées : les Irakiens, peuple fier s’il en est, peuple instruit avec le taux d’analphabétisme le plus bas du monde arabe, il constituait un danger pour le « monde libre et civilisé », il fallait le ramener à l’âge de pierre , en le démolissant physiquement mais aussi en tentant d’effacer sa civilisation vielle de 10.000 ans – les premiers organisations humaines sont attestées en Irak-.

Justement, pour parler des « civilisateurs », il est bon de leur rappeler leurs origines. Tout commence, nous dit l’historien Georges Tate, professeur à Dauphine, par les Croisades. Ecoutons-le brièvement nous narrer quelques « délices » dont se sont rendus coupables les croisés : « …En ce temps-là, c’était nos ancêtres, les Francs, qui les employaient, au nom d’une certaine idée de la chrétienté. Le Moyen-Orient était devenu arabe, bientôt musulman. Cette réalité leur était insupportable… de toute l’histoire du Moyen-Orient, l’épisode chrétien fut l’un des plus noirs. Et nous n’avons pas fini d’en mesurer les effets... » (1)

« (…) Pendant plus de mille ans poursuit l’historien, le Moyen-Orient a été le lieu d’affrontements entre Occident et Orient, entre chrétiens et musulmans.(..) A cette époque, le monde islamique, qui s’étend de l’Inde à l’Espagne, est florissant : les arts, les sciences se développent ; on y pratique une vraie tolérance religieuse, alors qu’en Europe, les hérétiques sont hors-la-loi. Les Arabes ne cherchent pas à convertir à l’Islam, quand Charlemagne convertit les peuples vaincus par la force. Ils accordent un statut légal aux chrétiens et aux juifs de Syrie et de Palestine. A Damas et à Jérusalem, ces derniers accèdent librement à leurs lieux de culte. Dans les mêmes villes, ils fréquentent des lieux de culte voisins, certaines églises ayant même été partagées au lendemain de la conquête. Chrétiens, juifs et musulmans priant dans les mêmes lieux, cela fait rêver (..) » (1)

Georges Tate nous situe l’Occident de ce temps là : « L’Occident est alors un monde primitif. (…) Car ces bons chrétiens de croisés se sont comportés comme des sauvages sanguinaires, qui pillaient, violaient, massacraient. (…) Rien de tel avec les croisés. Il leur est même arrivé de pratiquer l’anthropophagie… Quand les habitants d’une ville du nord de la Syrie (Maara) se rendent, les croisés les exterminent tous ; pressés par la famine, ils font cuire les corps des hommes et des enfants. Les auteurs latins en parlent très explicitement. » (1)

La destruction et le pillage des cultures arabes matrices du patrimoine de l’humanité

Pour la période récente, on se souvient avec douleur et rage comment la démocratie aéroportée a eu raison du musée de Bagdad. Le 5 avril 2003, tandis que les forces américaines entraient dans Bagdad, les médias annonçaient le pillage du Musée Irakien et la disparition de 170.000 pièces d´antiquités. D´aucuns s´interrogent sur l’appartenance de ces richesses qui sont des marqueurs de l´humanité. Les pillards étaient bien organisés : ils avaient des clés et connaissaient l’emplacement des réserves. En juin, 2 100 objets ont été rendus par les pilleurs ou receleurs, dont le vase d’Uruk. Les Américains ont mis sur pied une collecte anonyme d’objets. Un milliardaire anglais aurait commandé aux trafiquants de nombreuses pièces. Un reporter américain de Fox TV a été pris à l’aéroport avec des objets volés dans sa valise. Selon le journaliste américain Rajiv Chandrasekaran, l’ORHA (Office of Reconstruction and Humanitarian Assistance) avait prévu une liste des équipements publics à protéger : le palais présidentiel venait en premier, le musée archéologique en second. Mais cette liste n’a jamais été transmise aux militaires. On l’aura compris, les seuls bâtiments protégés à Bagdad ont été le Palais Présidentiel et le Ministère du Pétrole.

Les trésors archéologiques libyens

Après le scandale du pillage des musées irakiens, ce fut ensuite le tour de la Libye. Gilles Mermet nous décrit la situation : « (…) S’interroger aujourd’hui, dans ce contexte de larmes, de sang et de mort, sur les dommages causés par la guerre au patrimoine archéologique peut paraître dérisoire et incongru. Mais ces trésors inestimables sont aussi la mémoire d’un peuple et le gage de son avenir. (…) Une perte inestimable est pourtant à déplorer : une collection archéologique de près de 8000 pièces de monnaie en or, argent et bronze a été volée à la Banque Nationale du Commerce de Benghazi. Ces monnaies datant d’Alexandre le Grand provenaient essentiellement du site de Cyrène, la célèbre ville fondée par les Grecs de Libye au VIème siècle avant J.-C. Ce trésor avait été restitué par l’Italie en 1961 et mis en sécurité dans cette banque par le département des antiquités. « Ce vol me semble bien mystérieux, déclare Vincent Michel. Bien sûr, on peut le mettre sur le compte des récents bouleversements. Mais il ne s’agit pas d’un pillage archéologique au sens où on l’entend. (…) Ce trésor a-t-il servi à financer les insurgés ? Les experts de l’UNESCO et les numismates du monde entier s’inquiètent. (…) Quant au musée de Tripoli, il n’a pas connu le sort tragique du musée de Bagdad qui, en avril 2003, avait été pillé et dévasté sous l’oeil indifférent des soldats américains » (2)

Gilles Mermet nous rassure, les Libyens ne sont pas des barbares il nous décrit l’amour des Libyens pour leur patrimoine : « A Tripoli, le musée est à l’abri dans l’Assaray al-Amra (le Château rouge), une forteresse qui fut, tour à tour, byzantine, maltaise et turque ». Une chose est sûre, les Libyens respectent leur patrimoine. « Dans le musée de Cyrène, témoigne Vincent Michel, les habitants de Shahat, la ville voisine, se relaient encore aujourd’hui pour y dormir et empêcher ainsi tout risque de vol pendant la nuit. » « Le fait d’avoir toujours refusé un tourisme de masse, constate Vincent Michel, a joué de façon décisive dans la protection des sites. » (2)

Même Kadhafi protégeait ce patrimoine en réduisant au maximum le tourisme archéologique. Gille Mermet décrit par contre, ceux qui se sont « servis » : «  Dans un pays très touristique, tout le monde cherche à profiter. Cela développe les fouilles clandestines, les trafics, les dégradations des sites. Rien de tout cela en Libye, ou alors, c’est exceptionnel ! » Mais cela n’a pas été toujours le cas. On se souvient de Claude Lemaire, Consul de France en Libye au temps de Louis XIV : « Les ruines de Leptis Magna sont mille fois plus superbes que celles de Cyrène, par la quantité qu’il y a de colonnes de marbre ! » écrivait-il dans son Mémoire. (…) Moyennant quelques largesses « au commandant des Maures de la région de Libida », notre Consul employa quelques dizaines d’ouvriers locaux à désensabler les vestiges les plus apparents. Le Forum Sévérien ou les Thermes d’Hadrien fournirent des tonnes de matériaux précieux. Des centaines de colonnes furent tirées jusqu’à la plage. Lemaire les faisait charger sur de grandes barques et les transbordait sur la flûte du roi. Direction Toulon, puis Paris. Il suffisait ensuite aux entrepreneurs des grands chantiers royaux de venir se servir sur le quai des Tuileries. On retrouve des colonnes de Leptis dans la cathédrale de Rouen ; d’autres marbres embellissent les sols de Versailles.. » (2)

C’est dire s’il y a une continuité par-delà le temps. La finalité est la même: voler ce qui ne nous appartient pas ! 

Dans une contribution de novembre dernier Sara Hashash revient sur les vols de Benghazi, elle écrit : « La comparaison qui est faite par beaucoup entre l’Irak et la Libye s’étend à la culture et aux pillages d’antiquités que l’on tente de dissimuler. Ce vol a été décrit comme le plus grand dans toute l’histoire archéologique. Une collection de 7700 pièces d’or, d’argent et de bronze, connue sous le nom de Trésor de Benghazi, a été volée en forant une plaque de béton menant à une voûte souterraine de la Banque de Benghazi abritant la collection. De nombreux articles dataient de l’époque d’Alexandre le Grand et il est impossible d’évaluer la valeur de la collection sauf si l’on sait qu’une pièce grecque de Carthage a été vendue, dernièrement, pour le prix record de 268.000 dollars. Pour Hafez Wald, archéologue libyen, du King’s College à Londres, le vol porte toutes les marques de voleurs professionnels et il peut être tout aussi bien un travail de l’intérieur, il a été mené par des gens qui savaient ce qu’ils cherchaient  ». Le nouveau Ministre des Antiquités, a alerté l’UNESCO. Khaled Mohammed al-Haddar, professeur à l’Université de Benghazi, affirme que des pièces d’or islamiques et grecques sont apparues récemment sur le marché de l’or à Benghazi. INTERPOL a été mise en branle. Serenalla Ensoli, archéologue italienne de l’Université de Naples, et spécialiste d’antiquités libyennes, estime que la perte de ces objets est « inestimable car ils sont irremplaçables. c’est une grande perte pour le patrimoine libyen ».(3)

Le pillage des trésors archéologiques syriens

La Syrie vit à son tour le même calvaire encore près d’un millénaire plus tard. Les temps n’ont pas assagi les hommes, après les croisades au nom de la foi ce sont de nouvelles croisades au nom du moneythéisme qui sont faites. Après l’asservissement des hommes on veut effacer toute mémoire pour l’humanité, si ce n’est celle qui est exhibée comme des trophées sanglants.

La Syrie n’y échappe pas ! Comme cela a été le cas en Irak sous l’embargo, et plus encore après l’invasion américaine, les sites archéologiques syriens sont l’objet de fouilles sauvages et les musées des régions soulevées pillés. Accusés : les shabihas – milices composées majoritairement de voyous alaouites – et des groupes rebelles désireux de financer leurs activités, notamment l’achat d’armes. Des gangs monnayeraient leur soutien aux forces armées du régime, ou leur neutralité, en échange d’un permis de fouille. Selon un témoin, de nombreux vols auraient été commis sur le site de Palmyre. Les objets volés se retrouvent chez les antiquaires à Beyrouth, en attendant d’être mis aux enchères à Londres ou à New York chez Christie et Sotheby. Un groupe d’archéologues syriens et étrangers s’est constitué pour dénoncer les excavations clandestines, mais qui s’en soucie vraiment ? (4)

Le patrimoine archéologique extraordinaire de la Syrie est en proie à des combats qui ravagent le pays depuis plus de 18 mois, à la destruction, le vol et le pillage systématique à la hausse. Dans un pays où la corruption et le trafic d’objets archéologiques et des trésors était déjà un problème chronique, des affrontements généralisés et un vide du pouvoir dans certaines régions ont conduit à une explosion du pillage et de fouilles illicites. «  Il est évident que dans de telles situations, il y a toujours une augmentation de pillage, des fouilles illégales et la contrebande », Véronique Dauge du Centre du Patrimoine Mondial de l’UNESCO a déclaré à l’AFP par téléphone. « Rappelez-vous ce qui s’est passé en Irak en 2003. » Environ 32.000 objets ont été pillés à partir de 12 000 sites archéologiques en Irak dans le chaos qui a suivi l’invasion américaine en 2003, et 15 000 articles ont également été pillés du Musée National de Baghdad. (5)

Le 12 septembre, le Times de Londres a publié un article dans lequel un concessionnaire libanais des antiquités a déclaré que les insurgés avaient rassemblé des groupes de creuseurs clandestins dans le but de récupérer des antiquités pour financer leur insurrection contre le président Bachar al-Assad. Pour l’archéologue britannique Emma Cunliffe, autre spécialiste de la Syrie, ce qui s’est passé en 2003 en Irak est maintenant répété.

Les musées européens doivent-ils restituer les pièces volées ?

Une question récurrente, après les pillages officiels et les autres, on s’aperçoit que les trésors des pays vaincus servent à montrer dans les musées, la grandeur du vainqueur et son « respect des arts ». De fait, la provenance des collections des musées européens, fait toujours débat. Les musées des anciennes puissances coloniales ont été constitués, en grande partie, grâce à des pillages systématiques des anciennes colonies. Lors de l´inauguration du musée Branly, le président Chirac fit un discours remarquable. Ce musée qui se veut une vitrine de l´altérité, interdit aux colonisés spoliés, pour cause de visa Schengen, excluant naturellement les anciens colonisés qui souhaitent venir au moins contempler leurs biens multiformes qui leur ont été volés avec la terreur en prime. Qui va, en définitive, contempler le génie des peuples colonisés ? Des touristes américains ? Polonais ? Hongrois et autres Bulgares, qui ne connaissent pas la symbolique voire la violence de chaque oeuvre volée. Quand les uns parlent de pillage et de spoliation, les autres défendent l´idée de sauvegarde et de mémoire. Si chaque objet exposé pouvait parler, il raconterait une douleur, une violence, un déni de non-droit à ses possesseurs.(6)

Pour l´ONU, la réponse quant à la restitution est oui. « Le préambule de la résolution 42-7 en 1987 précise justement : « Le retour des biens culturels de valeur spirituelle et culturelle fondamentale à leur pays d´origine est d´une importance capitale pour les peuples concernés en vue de constituer des collections représentatives de leur patrimoine culturel . » Les Arabes perdent leur culture qui est celle de l’humanité toute entière. Nous allons nous contenter de ce vœu pieux en attendant que la justice des hommes soit juste et que l’on restitue aux peuples leurs mémoires. La responsabilité de l’UNESCO dans ce recouvrement de l’identité et de la restitution des mémoires est pleinement engagée.

Chems Eddine CHITOUR

1. Georges Tate : « Les croisés pillaient, violaient, massacraient… » : L’Express 20/02/2003

2. http://www.lefigaro.fr/lefigaromagazine/2011/10/28/01006-201…

3. Sara Hashash – * Article repris du Sunday Times, Londres 14 novembre 2011http://www.france-irak-actualite.com/article-pillage-d-antiq…

4. Syria’s archaeological heritage falls prey to war (Daily Times – 25/9/12)

5. http://www.france-irak-actualite.com/article-le-pillage-des-…

6. C.E. Chitour : Musées européens, doivent-ils restituer le butin ? L’Expression 24 10 2009 

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 4 octobre, 2012 |Pas de commentaires »

LA FABRICATION DU MYTHE AMERICAIN (democratiedirecte.be)

LA FABRICATION DU MYTHE AMERICAIN (democratiedirecte.be) dans REFLEXIONS PERSONNELLES USA1

 La fabrication du mythe américain

-democratiedirecte.be-
 
Le 4 juillet la fête nationale US est célébrée également à Bruxelles [exemple]. C’est l’occasion d’évoquer l’image de ce pays dans notre « inconscient collectif ».

En 1945 l’Europe de l’Ouest fut annexée à l’empire US, comme en témoignent aujourd’hui  la présence de bases militaires US en Europe et le fait que plus des deux tiers (voire plus de 90% selon certaines sources) de la production cinématographique et musicale promotionnée et diffusée en Europe est « made in US », contre moins d’un tiers pour les productions européennes et de tout le reste de la planète !

C’est que tout empire se maintient non seulement par la force militaire, mais aussi – et peut-être surtout – par la propagande et le conditionnement des esprits. Ainsi l’industrie médiatique occidentale propage massivement une subtile propagande idéologique made in US (politique, économique, culturelle, …), et cela sous diverses formes : « news », publicités, séries TV, films, jeux vidéos, …

La propagande américaniste est particulièrement flagrante dans le fait que le message dominant propagé par les médias européens au sujet des USA décrit le gouvernement de ce pays comme le « défenseur de la démocratie, de la paix et de la liberté«  bien que l’appareil d’Etat US :

  • a historiquement fondé son extension territoriale sur l’extermination de millions d’indiens, et sa prospérité économique sur l’esclavagisme ;
  • a fait preuve d’une très hypocrite complaisance envers le régime Nazi du Chancelier Hitler [exemple] – qu’il voyait comme un moyen d’écraser le communisme qui dans les années 1930 se répandit rapidement partout en Europe – et ne s’est véritablement retourné contre Hitler qu’à partir de 1942 lorsqu’il apparut que l’armée allemande allait être vaincue par les soviétiques et les réseaux de résistance, majoritairement composés de communistes ;
  • a atomisé les populations civiles d’Hiroshima et Nagasaki en 1945, alors que l’armée japonaise était déjà virtuellement vaincue [source] ;
  • a soutenu des régimes fascistes après la seconde guerre mondiale (Franco en Espagne, Salazar au Portugal, la junte des colonels en Grèce, …) ; a massacré dans les années 1960 des millions de civils vietnamiens qui soutenaient très majoritairement la révolution communiste ; aide actuellement des dictatures monarchiques arabes (Arabie saoudite, Bahrein, Qatar, Yémen) – ainsi que l’Etat colonialiste d’Israël – à réprimer les mouvements de résistance ;
  • a organisé le renversement violent de gouvernements progressistes refusant la soumission à l’empire US ou/et inspirés par le marxisme (Mossadegh-Iran-1953, Allende-Chili-1973, …) pour les remplacer par des dictatures inféodées à l’appareil d’Etat US ;
  • fomente la guerre civile – en instrumentalisant des groupuscules islamistes de droite [source1, source2] – dans des pays dirigés par des gouvernements inspirés du marxisme et/ou refusant d’être intégrés à l’empire US, tout cela en prétextant la « défense de la démocratie » mais en réalité pour y installer des gouvernements fantoches inféodés à Washington [source1, source2] ;
  • recourt à des sociétés privées de mercenaires pour mater par la terreur les populations des pays occupés par l’armée US [source1, source2] ;
  • pratique la torture [source] et les assassinats politiques [source], sous le prétexte de lutte contre de mystérieuses organisations terroristes [source1, source2] auxquelles il assimile les mouvements de résistance armée à l’impérialismemilitaire US ;
  • a le budget militaire par habitant le plus élevé du monde, et représente à lui seul près de la moitié de toutes les dépenses militaires officielles de la planète (source : www.sipri.org) ; la présence de bases militaires US dans des pays étrangers [source] et de groupes aéronavals de la US Navy en dehors des eaux territoriales US [source] témoigne d’une volonté impérialiste de violer le principe d’auto-détermination des peuples ;
  • finance des agents d’influence chargés d’organiser des campagnes de diffamation contre des gouvernements résistant à l’impérialisme US [source1, source2] ;
  • étouffe – par son colonialisme économique et culturel – les cultures régionales qui font la richesse de l’humanité, notamment en inondant le marché du multimedia par de subtiles et efficaces productions de propagande (« infos » et « reportages », films, séries TV, musique, jeux vidéos, …) ;
  • a le taux d’incarcération le plus élevé de tous les pays de la planète [source] ; l’explosion de ce taux depuis le début des années 1980 doit être analysée en prenant compte du nombre réel de prisonniers politiques [exemple1, exemple2], lequel est considérablement sous-estimé voire carrément nié par les médias occidentaux [source] ;
  • est dirigé par une classe de riches [source] mégalomanes se justifiant de façon délirante par une mission divine de dominer le monde [source].

Agents d’influence.

Alors que ces faits confirment que le lobby militaro-industriel et le gouvernement US qu’il contrôle sont une nuisance et un danger grandissant pour l’humanité, il y a encore des gens en Belgique pour oser propager le mythe des USA pays « défenseur de la démocratie, de la liberté et de la paix » ! Une partie d’entre eux sont certes des naïfs, influencés par le quotidien lavage de cerveau médiatique. Cependant celui-ci ne se réalise pas tout seul mais par l’action de nombreux agents d’influences formés et rétribués pour propager la propagande US dans le monde. D’après des calculs réalisés au début des années 2000, la somme nécessaire pour corrompre à vie mille personnes (par exemple 500 parlementaires et ministres, 100 journalistes, 100 scientifiques, 100 artistes, 100 cadres syndicalistes et 100 cadres d’ONG) dans chacun des 50 plus grands pays de la planète (soit un total de 50.000 personnes d’influence) représente moins de 5% du budget annuel de l’armée+police+renseignements des USA (pour le calcul, on suppose que chaque corrompu recevrait 10.000 euros par mois, à vie).

Techniques d’influence

 Les techniques d’influence sont fondées notamment sur des recherches menées (particulièrement aux USA) en sociologie et en psychologie cognitive  qui montrent que de nombreux individus fondent leurs opinions non pas sur une analyse critique des faits mais en reproduisant des messages dominants. Un message acquiert un caractère dominant par sa répétition ainsi que par le nombre ou l’image de ses propagateurs (cf. les « leaders d’opinion ») [exemple1, exemple2]. En outre les messages dominants sont généralement présentés avec des messages non dominants, ce qui permet à l’appareil de propagande médiatique de simuler la neutralité et même de faire passer les messages dominants (dans les médias) pour majoritaires (au sein de la population).

Conclusion

La machine de propagande internationale de l’appareil d’Etat US est incomparablement plus développée et sophistiquée que celles d’autres super-puissances. Cette supériorité se manifeste autant dans la propagande positive décrivant favorablement les USA et ses alliés (par exemple la dictature aristocratique saoudienne ou le régime colonialiste et d’apartheid d’Israël) que dans la propagande négative qui noircit les gouvernements que l’appareil d’Etat US voudrait soumettre à sa domination (Venezuela, Iran, Syrie, …). La vision manichéenne du « bien » contre le « mal » a malheureusement pour effet de détourner notre attention du principal : rendre le système politique plus démocratique ici, chez nous [approfondir].

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 11 août, 2012 |Pas de commentaires »

LE DOGME DE L’INFAILLIBILITE DEMOCRATIQUE (Guillaume DE ROUVILLE)

Le dogme de l’infaillibilité démocratique

LE DOGME DE L'INFAILLIBILITE DEMOCRATIQUE (Guillaume DE ROUVILLE) dans REFLEXIONS PERSONNELLES DEMOCRATIE

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Guillaume DE ROUVILLE
Comme nous le montrent les conflits en Libye et en Syrie, les démocraties occidentales peuvent instrumentaliser le terrorisme islamique avec leurs alliés d’Arabie saoudite et du Qatar, provoquer et entretenir des guerres civiles dans des pays en paix, se rendre coupables de crimes contre l’humanité pour accomplir les objectifs géostratégiques de leurs élites libérales, sans que leurs opinions publiques ne s’en émeuvent outre mesure. Cette atonie de l’opinion publique occidentale s’explique en partie par la force d’un dogme tout puissant qui structure l’idéologie démocratique et l’âme de ceux qui jouissent de ses bienfaits : le dogme de l’infaillibilité démocratique.

D’après ce dogme, la démocratie occidentale ne peut jamais mal agir. Toutes ses actions sont empruntes d’une sorte de grâce qui transforme un crime en acte héroïque, une guerre de conquête des ressources naturelles d’un pays en une épopée pour la liberté, l’asservissement de populations au libéralisme le plus dur en libération des peuples opprimés, un vote contrôlé en expression de la volonté populaire (Irak, Soudan, Libye).

Dès que vous questionnez l’innocence de vos dirigeants (sur des sujets comme le 11-Septembre, l’Irak, la Libye, la Syrie) qui incarnent, semble-t-il, à eux seuls, la démocratie et ses valeurs supposées, les défenseurs de ce dogme lâchent contre vous leurs inquisiteurs chargés de le faire respecter (de BHL à Botul et de Botul à Bernard-Henri Lévy). Ainsi, prêter aux démocraties occidentales de mauvaises intentions dans les relations internationales, c’est contester ce dogme et s’exposer à faire l’objet d’un lynchage médiatique. Se poser des questions sur les arrières pensées de ses dirigeants, c’est remettre en cause ce dogme et risquer de se faire diffamer (vous devenez un paranoïaque, un révisionniste, un antisémite, un anti-américain, etc.). Penser que ses élites puissent commettre des crimes contre l’humanité de manière répétée, c’est manquer de respect à l’égard de ce dogme et s’attirer les mauvaises grâces du pouvoir et de ses gardiens.

L’opinion publique occidentale qui baigne, sans nécessairement le savoir, dans le dogme de l’infaillibilité démocratique, est prompte à prendre la défense de l’inquisiteur en qui elle voit l’honnête homme, le défenseur des vertus démocratiques, celui qui porte la règle et sa légitimité. L’effronté qui oserait, par exemple, jeter toute la force de sa réflexion contre ce dogme dans les conflits libyen et syrien et qui mettrait en avant l’instrumentalisation par l’Occident du terrorisme islamique à l’origine du chaos politique, économique, social et humanitaire que connaissent ces deux pays, se verrait accusé immédiatement de soutenir les dictateurs massacreurs de leur peuple. Il ne viendrait à l’esprit d’aucun défenseur du dogme que l’on puisse honnir les dictateurs laïques tout autant que ceux qui veulent les faire tomber afin de les remplacer par mille tyrans wahhabites et islamistes au service d’élites occidentales massacreuses d’innocence et fauteuses de guerre. Il ne viendrait à l’esprit d’aucun lecteur assidu du Monde, du Guardian ou du New York Times de douter de la présentation des événements par ces quotidiens qui dépeignent les insurgés syriens sous les traits des combattants de la liberté, alors que la quasi-totalité d’entre eux ne sont pas Syriens (mais Jordaniens, Irakiens, Libyens, etc.), qu’ils tentent d’imposer la charia par le terrorisme de masse, qu’ils défendent le salafisme façon wahhabite et sa vision obscurantiste de l’Islam, qu’ils massacrent systématiquement tous ceux qui ne partagent pas leur point de vue ou appartiennent aux minorités religieuses, qu’ils répondent à des donneurs d’ordres basés en Turquie, en Arabie saoudite, au Qatar et aux États-Unis et, enfin, qu’ils portent les couleurs d’Al-Qaïda.

Le citoyen occidental ne veut ou ne peut pas croire que ses dirigeants et ses médias puissent à ce point le manipuler et lui cacher la vérité. Cette pensée est au-dessus de ses forces ou de ses défenses immunitaires psychologiques et contraire au dogme qui est encré dans son cerveau de bourgeois cultivé depuis sa plus tendre enfance. Car s’il devait admettre qu’une telle manipulation était possible, il viendrait immanquablement à perdre ses repères, à douter de la nature réellement démocratique de son régime politique et il verrait, alors, toutes ses croyances dans les vertus de son système s’effondrer sur leur base. Reconnaître les crimes de nos élites, qu’il s’agisse de crimes politiques ou des crimes médiatiques, requiert de se projeter hors de soi et de son ethnocentrisme occidental pour penser que ‘l’autre’ n’est pas nécessairement un ‘barbare’ et pour effleurer l’idée que ses dirigeants, pourtant élus démocratiquement, puissent être des démocrates aux mains sales.

Les inquisiteurs du dogme ne peuvent pas s’élever au-dessus de leur aveuglement sans perdre leur foi dans leur système, sans perdre aussi tous les bienfaits personnels qu’ils peuvent tirer de leur position au sein de la hiérarchie des défenseur du dogme. Ne vous attendez donc pas à ce que les profiteurs du dogme répondent aux arguments soigneusement étayés que vous pourriez développer, ils ne détestent rien tant que la réalité. Ils n’ont, par ailleurs, pas plus de conscience morale que les profiteurs de guerre et ne méritent sans doute pas que nous engagions avec eux un dialogue courtois : ce sont, à vrai dire, les mêmes. Mais qui sont-ils au juste ? Ils ont un nom : on les appelle les Atlantistes.

Ce qui unit les élites politiques, culturelles, financières occidentales, c’est cette idéologie atlantiste qui ne souffre la contestation qu’à la marge. Si les hommes politiques ou les journaux de droite et de gauche peuvent s’étriper à loisir sur le droit à l’avortement ou l’abolition de la peine de mort, ils retrouvent toujours la voie de l’unanimisme lorsqu’il s’agit de défendre l’atlantisme dans ses fondements : ils seront ainsi unanimes pour défendre les traités européens qui ne font qu’entériner la doctrine libérale imposée par Washington ; ils seront unanimes également pour laisser l’Occident s’allier avec l’islamisme radical afin d’orienter les Printemps arabes selon les intérêts particuliers de leurs élites tout en prétendant, en même temps, défendre les valeurs des Lumières.

Pour tout démocrate sincère, celui qui croit davantage aux valeurs démocratiques qu’au système qui est sensé les mettre en œuvre, il est impératif de s’attaquer avec force à ce dogme parce qu’il est l’un des plus meurtriers qui soit : il permet, avec une impunité déconcertante, les actions les plus criminelles de la part des démocraties occidentales qui sont, si on y prête bien attention, les régimes les plus violents et les plus meurtriers de la planète depuis la chute du mur de Berlin et la disparition de la menace communiste.

Il est nécessaire de s’acharner contre les bases de ce dogme pour le faire crouler avant qu’ils ne nous emporte tous, démocrates d’ici ou d’ailleurs, dans le chaos sans fin d’une guerre des peuples et des civilisations voulue par une élite indigne de gouverner nos destinées. Les dogmes, comme les dictatures et leurs représentants, sont faits pour être renversés. Et comme le Krak des Chevaliers, cette forteresse imprenable en terre syrienne, ils ont leurs failles.

Guillaume de Rouville

auteur de La Démocratie ambiguë, Éditions Cheap, juillet 2012

 

Commentaires

 

Le dogme de l’infaillibilité démocratique
07/08/2012 à 08:40, par cinto

Botul est innocent ! Commençons la lutte culturelle anti-atlantiste en revendiquant le botulisme contre la sordide tentative d’annexion de BHL !

#84575 

Le dogme de l’infaillibilité démocratique
07/08/2012 à 09:16, par babelouest

Les « gouvernementaux », ces interchangeables ministres-députés-grands patrons sortant trop souvent des mêmes écoles, ont les mêmes motivations, puisque souvent cooptés avant tout passage devant l’égalitaire urne électorale. Il est donc logique qu’ils soient les agents, conscients le plus souvent, d’un complexe Washingtelavivotanlondon parlant, donc pensant in English. La langue, c’est la culture. L’anglais est une langue de boutiquiers pensant argent avant culture ou humanisme.

La démocratie imposée est aujourd’hui sommée de se conformer à cette tournure d’esprit. Dans notre pays, et aussi partout ailleurs. Oui, dans ce contexte, la « démocratie » est infaillible, parce qu’il ne s’agit pas du même mot que sous la plume de Voltaire ou le verbe de Mirabeau.

Et puis, ne nous leurrons pas : la démocratie ne peut réellement exister que dans le cadre de communes petites, voire (!) moyennes. Au-delà, le système écrase tout, et impose les volontés d’une oligarchie où les noms des « représentants du peuple » sont écrits d’avance (le système en propose deux, parfois trois, les autres sont priés de ne pas exister). Quant aux référendums, qui requièrent l’assentiment des citoyens réellement, ils sont organisés avec parcimonie et assortis d’une propagande massive pour la solution que les Grands ont déjà décidée. C’est dire leur déconvenue quand, en 2005, le peuple a déjoué leurs manœuvres ! Ce qui les a obligés à dévoiler au grand jour leurs intentions en outrepassant la volonté de la Plebs.

Dommage qu’à cette occasion-là, les citoyens en colère n’aient pas mis en application l’article 35 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen (celle de 1793) !

#84578 

Le dogme de l’infaillibilité démocratique
07/08/2012 à 09:55, par E.W.

On ne va pas refaire l’histoire (bien que nous soyons rompus aux accusations de conspiro-négatio-révisionnismes), les royalistes ne se sont pas inclinés devant la république par bonté d’âme et les républicains n’ont pas adopté la représentation parlementaire pour « associer à parts égales, chaque citoyen dans l’expression de ces contradictions [sociétales], l’analyse de ces contradictions et la mise en délibération de ces contradictions, en vue d’arriver à un arbitrage ».

Les oligarques sont obnubilés par leurs possessions, par l’idée qu’ils puissent en être un jour dépossédés, c’est cette idée qui a dominée leurs actions, c’est leurs actions qui ont dominé l’histoire, la domine encore et aujourd’hui peut-être plus que jamais auparavant. Cette conscience de classe qui manque si cruellement au prolétariat (prolétariat qui existera aussi longtemps qu’il y aura des capitalistes à lui opposer) eux l’ont acquise depuis fort longtemps (demandez donc à Warren Buffet ce qu’il en pense). Nos chers oligarques verrouillent donc précautionneusement toutes possibilités de réel changement, le système politique n’est qu’un de ces mécanismes de verrouillage (dont la partie la plus évidente est sans doute la condamnation au bi/tri-partisme).

Le dogme de l’infaillibilité démocratique ? Mais qu’est-ce donc que cela ? Dans l’univers absolu des idées et des concepts, oui certainement, mais dans les faits il n’y a nulle démocratie ; comment une chose qui n’est pas pourrait-elle disposer d’un dogme, infaillible ?

S’il faut dénoncer une chose qui produit du malheur, des crimes et des injustices, c’est l’absence de démocratie. C’est l’oligarchie.

#84579 

Le dogme de l’infaillibilité démocratique
07/08/2012 à 12:00, par bluerider

très bon merci !

il n’ y a pas de mots pour dénoncer cette dérive atlantiste qui a tous les atours d’une fuite en avant misérable car elle manque d’imagination et montre les abois de nos élites. Si nos élites se radicalisent ainsi, c’est que les fondements de leurs pratiques et de leur pouvoir s’effritent au rythme de la déplétion pétrolière et des difficultés techniques d’extraction de ce qui reste ou de ce qui est désormais découvert.

La France pourrait jouer un rôle, le jour où ses dirigeants comprendront qu’ils n’ont rien à retirer des alliances militaro-industrielles anglo-saxonnes, parce que TOTAL n’est que 7ème compagnie et ses concurrentes feront TOUT pour qu’elle le reste…

Un prochain article sur les néo-conservateurs ? Cette idéologie est à la base du mal absolu qui ronge nos démocraties depuis Reagan. et en France, comme M. Jourdain, ils sont très nombreux à soutenir cette idéologie sans même s’en rendre compte, même et surtout dans les medias… on le voit avec la pantomime sur la Libye et maintenant sur la Syrie… pitoyable… voir reopen911.info > « la parenthèse enchantée », saga estivale proposée en news par lalo vespera, membre de reopen911.info.

#84583 

Le dogme de l’infaillibilité démocratique
07/08/2012 à 16:23, par Vania

Très bonne réflexion.En effet , le mot « démocratie » est très malmené, par une bonne partie de la population, elle est synonyme de capitalisme pour plusieurs.. Quelle aberration !
« Lorsque les mots perdent leurs sens , les gens perdent leur liberté »..Confucius

#84590 

Le dogme de l’infaillibilité démocratique
08/08/2012 à 03:09, par Dwaabala

Il y a peut-être plus d’efforts à faire que ne le pense l’auteur de l’article.

L’auteur du présent commentaire ne prétend rien avoir trouvé tout seul ; au risque d’enfoncer des portes ouvertes il s’efforce de restituer ce qu’il pensait avoir compris avant de lire « Le dogme de l’infaillibilité démocratique par Guillaume DE ROUVILLE ».

Tiens ! un cheveu sur la soupe : La première démocratie de l’histoire, la démocratie athénienne fut d’abord la forme de gouvernement d’une élite dont la richesse reposait sur la propriété privée de la terre et l’exploitation du travail des masses. Ensuite, la démocratie athénienne était impérialiste et sa richesse provenait essentiellement du tribut qu’elle prélevait sur ses alliés.

A ses plus belles heures cette démocratie, cet impérialisme, étaient certainement vécus par leurs bénéficiaires comme le meilleur des mondes possibles.

Quid novi ?

Beaucoup de choses.

A un pôle, la propriété capitaliste des moyens de production et d’échanges, le monopole capitaliste sur les richesses foncières (ressources tirées du sol, de l’eau, de l’air), l’exploitation capitaliste du travail de masse, le développement des sciences et de la culture sous l’impulsion et au profit de cette exploitation.

Et toute la sphère économique, financière, politique, militaire et culturelle, c’est-à-dire l’impérialisme (alias la démocratie) par laquelle et dans laquelle se maintient la propriété capitaliste… et réciproquement !

Les USA au centre, qui prélèvent tribut sur leurs alliés.

Jusqu’à ces derniers temps tout ce beau monde a pu maintenir une espèce de clientélisme auprès de ses masses auxquelles il laissait des miettes du festin.

Sans pour autant oublier les conflits monstrueusement sanglants des deux guerres inter impérialistes mondiales du XXème siècle.

A noter, au risque de perdre le fil, que l’impérialisme a bien failli périr de la première à cause des Russes et que la Seconde a été évidemment réduite par les vainqueurs à la victoire de la démocratie sur la bestialité (réelle) engendrée par le totalitarisme de l’autre camp.

A l’autre pôle les masses. Exploitées, au centre. Et surexploitées à la périphérie.

Donc le travailleur, duquel le niveau de conscience varie au cours de l’histoire et selon sa situation géographique, il faut bien le constater.

Cependant ce travailleur montrera qu’il est têtu, comme les faits savent l’être. Alors la démocratie (alias l’impérialisme) marchera encore mieux qu’aujourd’hui à côté de ses pompes.

Si quelques-un(e)s ne pensaient pas à peu près ainsi, en France aujourd’hui, le titre LGS par exemple serait complètement farfelu. Nonobstant il est vrai que le crépuscule est long à l’échelle d’une vie et pour celui qui ne veut voir que le bout de son nez…

#84604 

Le dogme de l’infaillibilité démocratique
08/08/2012 à 09:49, par calame julia

Rien de nouveau sous le soleil ou la féodalité déguisée en démocratie.

Si à l’intérieur des pays existait une vraie démocratie cad, en prenant
l’exemple français, basée sur les trois vocables liberté, égalité, fra-
ternité, où serait-il possible d’aller par le seul fait d’un herpès
philosophique, détruire un pays, s’arroger des droits sur son histoire,
ses terres, ses gens ?
Le plus tragi-comique dans cette histoire lybienne c’est la présence du
gendarme mondialisant qui n’a rien connu du moyen-âge mais agit comme un
peuple organisé et civilisé au patrimoine multi-millénaire !
Leur premier essai philosophique : les beatniks très bien exporté s’est
écroulé parce qu’à l’instar des philosophies botulistes il correspondait
à un cas d’espèce : leur société industrielle cad leur propre création et
ne rejoignait en rien une aspiration humaine universelle.

Une société basée sur le culte de la mort et des moyens pour y parvenir
ne pourra résister par exemple au réveil du continent africain où les
énergies humaine et foncière sont incommensurables, à l’important capital
spirituel asiatique, à la fougue précieuse des autres pays américains et
à la resistance retrouvée de l’Europe si tant est qu’elle veuille rester
elle-même !
Chacun à sa place et la Terre sera bien gardée.

 

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 8 août, 2012 |Pas de commentaires »

LES TRIBUS S’ENTREDECHIRENT POUR LA MANNE PETROLIERE. LA LIBYE EST-ELLE LA NOUVELLE SOMALIE ? (COUNTERPUNCH)

Les tribus s’entredéchirent pour la manne pétrolière
LES TRIBUS S'ENTREDECHIRENT POUR LA MANNE PETROLIERE. LA LIBYE EST-ELLE LA NOUVELLE SOMALIE ? (COUNTERPUNCH) dans REFLEXIONS PERSONNELLES LIBYE2

La Libye est-elle la nouvelle Somalie ? (Counterpunch)

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Thomas C. MOUNTAIN
 

La Libye semble en passe de devenir la prochaine Somalie avec la plus grande partie du pays déjà dominée par des milices armées tribales. Comme ce fut le cas en Somalie, la Libye est en cours de partition, étant donné que la région Cyrénaïque riche en pétrole de l’ouest du pays a de facto déclaré son indépendance.

Tripoli, la capitale de la Libye, semble en passe de devenir ce qu’était Mogadishu, la capitale de la Somalie, il y a 20 ans, avec l’installation dans la ville de diverses milices bien armées venant de l’extérieur qui se battent pour prendre des territoires et tout ce que le pouvoir procure.

Le seul vrai gouvernement national moderne que la Libye ait jamais connu a été celui de Kadhafi exactement comme le seul gouvernement moderne que la Somalie ait connu a été celui de Siad Barre.

Les deux pays sont le fruit du colonialisme italien et faisaient partie de l’empire colonial italien en Afrique. Aucun des deux n’a d’unité historique. Avant le colonialisme italien, la Libye était constituée de deux villes état et de nombreuses tribus presque toutes nomades.

Avant le colonialisme italien, il semble qu’il n’y ait jamais eu de roi en Somalie ; la Somalie semble plutôt avoir été le pays des Somaliens, gouverné par des conseils tribaux, des grands chefs et des conseils de grands chefs.

Ce ne sont pas les peuples qui ont créé la structure dans laquelle ils se sont retrouvés, bien au contraire. Cependant les deux pays s’en sont bien sorti pendant tout un temps, même s’il est difficile de le croire en ce qui concerne la Somalie.

En 2011 la Libye a été détruite par un bombardement aérien presque sans précédent, plus de 10 000 sorties aériennes au cours desquelles environ 40 000 bombes et missiles ont été larguées sur le pays en 8 mois à peu près. 40 000 bombes ! Si on compte deux personnes tuées par bombe cela fait environ 80 000 Libyens tués par l’OTAN en 2011, non ? Et tout ça sur une population de seulement 6 millions…

A l’échelle de la Grande Bretagne, cela équivaudrait à presque 100 000 sorties, environ 400 000 bombes et 800 000 morts anglais. 800 000 Anglais tués en 8 mois, cela vous donne une idée de l’ampleur de la violence déployée par l’OTAN pour détruire la Libye.

Aujourd’hui la Libye exporte plus de 90 % de sa production de pétrole et de gaz d’avant la guerre, environ 2 millions de barils par jour du meilleur pétrole de la planète. Où vont les presque 200 millions de dollars par jour, 6 milliards par mois, plus de 70 milliards à la fin de 2012, demeure globalement un mystère.

Le parrain issu d’Al Qaeda des rebelles libyens qui a fait le nettoyage après les bombardements de l’OTAN est l’infâme Belhaj, l’ancien commandant d’Al Queda en Irak et un capo d’Al Queda en Afrique du nord. Aujourd’hui il dirige la milice la plus large et la plus efficace de Tripoli. Derrière lui on trouve des milices tribales de tailles et de compétences différentes, dont les milices Zintan qui détiennent actuellement Saif al Islam Kadhafi.

Au milieu de tout ça et bénéficiant d’une paix fragile avec les milices, il y a le Conseil National de Transition dirigé par d’anciens lieutenants de Kadhafi.

Les élections organisées par un gouvernement installé par l’OTAN ne sont qu’une comédie destinée à procurer un semblant de légitimité au régime actuel dont le rôle est de percevoir la part de la Libye sur les 70 milliards par an du pétrole ainsi que les 100 milliards et plus de la richesse souveraine de la Libye déposée dans les banques occidentales.

En face de Belhaj et du CNT et de ses ramifications, on trouve ce qui porte le nom de Résistance Verte, ce que les médias internationaux appellent « les loyalistes pro-Kadhafi ». Ils regroupent un grande partie de la plus grande tribu libyenne, les Warfalla, dont la mère de Saif al Islam est issue, et semblent être en train de constituer, lentement mais sûrement, une sorte de force défensive pour protéger leurs communautés des seigneurs de guerre et de leurs milices.

Belhaj a été autrefois enfermé dans un donjon libyen et torturé par la volonté de ceux qui sont maintenant les capos du CNT, grâce au programme d’extradition de la CIA, et il n’a été mis fin à la torture et aux mauvais traitements qu’il subissait que lorsque Saif al Islam Kadhafi a convaincu son père de lui pardonner ainsi qu’à ses acolytes en échange d’une promesse de coexistence pacifique qu’il n’a pas tenue longtemps.

D’après ce qu’on sait, Belhaj manifeste une sorte de bienveillance à Saif al Islam, ce qui pourrait expliquer pourquoi Kadhafi junior reste aux mains des alliés de Belhaj à Zintan, hors d’atteinte du CNT et de la Cour Criminelle Internationale.

Il est fort probable que Belhaj ait très envie d’arracher le contrôle des milliards du pétrole au régime soutenu par l’OTAN tout autant que d’en finir avec ses anciens bourreaux qui dirigent maintenant le CNT à Benghazi (quand ils ne sont pas à l’étranger).

Pour ce faire, Belhaj pourrait très bien conclure un cessez le feu avec la Résistance Verte qui aimerait aussi se débarrasser des marionnettes de l’OTAN. Une fois le CNT éliminé, il y aura peut-être même un accord entre Belhaj et Saif al Islam pour essayer de mettre fin à la destruction du pays ?

Ce ne sont peut-être que des plans sur la comète qui, en outre, dépendent du fait que l’OTAN ne vienne pas au secours du CNT, ce qui explique peut-être la patience dont font preuve Belhaj et ses alliés.

Qui sait ? La réalité dépasse parfois la fiction, et les hypothèses d’aujourd’hui peuvent se réaliser demain. Mais en attendant, l’histoire semble bien aller dans le sens de la transformation de la Libye en une nouvelle Somalie.

Thomas C. Mountain

Thomas C. Mountain est le journaliste indépendant le plus publié en Afrique ; il vit en Erythrée depuis 2006. Il est régulièrement interviewé par Press TV et RT. On peut le joindre à : thomascmountain (at) yahoo.com.

Pour consulter l’original : http://www.counterpunch.org/2012/07/25/is-libya-the-next-som…

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 29 juillet, 2012 |Pas de commentaires »

MOYEN-ORIENT: LA REORIENTATION DE LA POLITIQUE DES ETATS-UNIS (NEW YORKER)

Moyen-Orient :

La réorientation

de la politique des Etats-Unis

(New Yorker)

MOYEN-ORIENT: LA REORIENTATION DE LA POLITIQUE DES ETATS-UNIS (NEW YORKER) dans REFLEXIONS PERSONNELLES IRAK-1

(Seymour HERSH)

Voici un article de mars 2007 qui nous avait échappé. Son auteur, Seymour M. Hersh, est une figure importante de la presse US et probablement un des ces journalistes qui jouent le rôle de « garçon de courses » entre différentes factions du pouvoir et à qui on lâche des phrases destinées à qui de droit. Raison de plus pour le lire et, avec le recul, d’en juger. (Le Grand Soir)

UN CHANGEMENT DE STRATEGIE

Au cours des derniers mois, avec la détérioration de la situation en Irak, l’administration Bush, à la fois dans sa diplomatie publique et ses opérations clandestines, a effectué un changement de stratégie significative au Moyen-Orient. La « réorientation », comme certains appellent cette nouvelle stratégie de la Maison Blanche, a amené les Etats-Unis plus près d’une confrontation ouverte avec l’Iran et, dans certaines parties de la région, provoqué un conflit sectaire élargi entre musulmans chiites et sunnites.

Pour déstabiliser l’Iran, à majorité chiite, l’administration Bush a décidé de redéfinir ses priorités au Moyen-Orient. Au Liban, l’administration a coopéré avec le gouvernement d’Arabie Saoudite, sunnite, dans des opérations clandestines visant à affaiblir le Hezbollah, l’organisation chiite appuyée par l’Iran. Les Etats-Unis ont aussi pris part dans des opérations clandestines contre l’Iran et son allié la Syrie. Un résultat indirect de ces activités a été le développement de groupes extrémistes sunnites qui épousent la vision militante de l’islam et qui sont hostiles aux Etats-Unis et sympathisants d’Al Qaeda.

Une des contradictions de cette nouvelle stratégie est qu’en Irak, la majorité de la violence des insurgés dirigée contre les militaires US est l’oeuvre des forces sunnites, et non chiites. Mais, du point de vue de l’administration, la conséquence stratégique la plus profonde, et involontaire, de l’invasion de l’Irak a été le renforcement de l’Iran. Son Président, Mahmoud Ahmadinejad, a tenu des propos provocateurs sur la destruction d’Israël et sur le droit de son pays à poursuivre son programme nucléaire, et la semaine dernière son dirigeant religieux suprême a déclaré à la télévision d’état que « les réalités de la région montrent que le front arrogant dirigé par les Etats-Unis et leurs alliés sera le principal perdant dans la région. »

Après la révolution de 1979 qui a porté au pouvoir un gouvernement religieux, les Etats-Unis ont rompu leurs relations avec l’Iran et renforcé leurs relations avec les dirigeants des états arabes sunnites tels que la Jordanie, l’Egypte et l’Arabie Saoudite (autre était religieux – note perfide du traducteur). Ce calcul se révéla plus compliqué au lendemain des attaques du 11 Septembre, surtout en ce qui concerne les Saoudiens. Al Qaeda est sunnite et bon nombre de ses militants viennent des milieux extrémistes religieux d’Arabie Saoudite. Avant l’invasion de l’Irak, en 2003, des officiels de l’administration, influencés par les idéologues néoconservateurs, ont présumé qu’un gouvernement chiite créerait un rééquilibrage pro-américain face aux extrémistes sunnites. Ils ont ignoré les mises en garde des services de renseignement sur les relations entre les dirigeants chiites et l’Iran, où certains avaient vécu en exil pendant des années. A présent, au grand désespoir de la Maison Blanche, l’Iran a noué des relations étroites avec le gouvernement (irakien) à majorité chiite du premier ministre Nuri al-Maliki.

La nouvelle politique américaine, dans ses grandes lignes, a été discutée publiquement. Lors d’une audition devant la Commission des Affaires Étrangères du Sénat en janvier, la Secrétaire d’Etat Condoleezza Rice a annoncé « un réalignement stratégique au Moyen-Orient, » qui faisait la distinction entre « réformateurs » et « extrémistes » ; elle a présenté les états sunnites comme des foyers de modération, et a dit que l’Iran, la Syrie et le Hezbollah étaient « de l’autre côté de la ligne de partage, » (la majorité sunnite en Syrie est dominée par le secte Alaouite). L’Iran et la Syrie, a-t-elle dit, « ont fait leur choix et ce choix est celui de la déstabilisation. »

Cependant, certaines tactiques au cœur de la réorientation n’ont pas été rendues publiques. Selon d’anciens fonctionnaires en place ou à la retraite, dans certains cas les opérations clandestines ont été gardées secrètes en confiant leur exécution et financement aux Saoudiens ou en trouvant des moyens pour contourner les procédures d’approbation du Congrès.

Un haut officiel de la House Appropriations Committee m’a dit qu’il avait entendu parler de cette nouvelle stratégie, mais qu’il sentait que lui et ses collègues n’avaient pas été correctement informés. « Nous ne savons rien de tout ça, » a-t-il dit. « Nous demandons s’il se passe quelque chose, et ils répondent que ce n’est rien. Puis nous posons des questions précises et ils répondent « on vous rappellera ». C’est très frustrant. »

Les acteurs clés derrière cette stratégie sont le Vice-président Dick Cheney, le conseiller adjoint à la sécurité nationale Elliot Abrams, l’ambassadeur en Irak (et pressenti comme ambassadeur aux Nations Unies) Zalmay Khalilzad, et le prince Bandar bin Sultan, le conseiller à la sécurité nationale de l’Arabie Saoudite. Tandis que Rice était chargée de présenter la nouvelle politique au public, d’anciens et actuels officiels ont dit que la partie clandestine était pilotée par Cheney. (Le bureau de Cheney et la Maison Blanche ont refusé de commenter ; le Pentagone n’a pas répondu à des questions précises mais a déclaré que « Les Etats-Unis ne préparent aucune guerre contre l’Iran. »)

Le changement de politique a placé l’Arabie Saoudite et Israël dans une nouvelle relation stratégique, largement due au fait que tous deux considèrent l’Iran comme une menace existentielle. Tous deux ont eu des discussions directes et les Saoudiens, qui pensent qu’une plus grande stabilité en Israël et en Palestine affaiblirait l’Iran, sont plus engagés dans les négociations arabo-israéliennes.

La nouvelle stratégie « constitue un changement considérable dans la politique américaine – un véritable renversement » a déclaré un consultant du gouvernement US et proche d’Israël. Les états sunnites, « étaient terrifiés par la résurgence chiite, et il y avait une colère croissante contre notre pari sur les chiites modérés en Irak, » a-t-il dit. « Nous ne pouvons pas faire reculer la progression chiite en Irak, mais nous pouvons la freiner. »

« Il semblerait qu’il y ait eu un débat au sein du gouvernement sur le plus gros danger – les radicaux iraniens ou sunnites, » m’a dit Vali Nasr, un haut-membre du Council on Foreign Relations, qui a beaucoup écrit sur les Chiites, l’Iran et l’Irak. « Les Saoudiens et certains membres de l’Administration affirment que la plus grande menace est l’Iran et que les radicaux sunnites ne sont pas nos principaux ennemis. C’est une victoire pour la ligne Saoudienne. »

Martin Indyk, un haut-officiel de l’administration Clinton qui a été ambassadeur en Israël, a dit que « le Moyen-Orient se dirige vers une sérieuse guerre froide entre sunnites et chiites. » Indyk, qui est le directeur du Saban Center for Middle East Policy à l’Institut Brookings, a ajouté que, selon lui, il n’était pas clair si la Maison Blanche était totalement consciente des conséquences stratégiques de sa nouvelle politique. « La Maison Blanche ne fait pas que doubler la mise en Irak, » a-t-il dit. «  Elle a doublé sa mise dans toute la région. Les choses pourraient devenir très compliquées. Tout est sens dessus-dessous. »

Le nouvelle politique de l’administration contre l’Iran semble compliquer sa stratégie pour gagner la guerre en Irak. Cependant, Patrick Clawson, un expert sur l’Iran et directeur adjoint à la recherche de l’Institut de Washington sur le Proche-Orient, dit que le resserrement des relations entre les Etats-Unis et les Sunnites modérés et même radicaux pour semer la « peur » au sein du gouvernement du premier ministre Maliki et « le rendre préoccupé par une éventuelle victoire des Sunnites » dans la guerre civile qui s’y déroule. Clawson a dit que ça pourrait encourager Maliki à coopérer avec les Etats-Unis pour éliminer les milices chiites radicales telles que l’armée Mahdi de Moqtada al-Sadr.

IRAK-2 AL QAEDA dans REFLEXIONS PERSONNELLES

Cela dit, pour le moment, les Etats-Unis doivent encore compter sur la coopération des dirigeants chiites. L’armée de Mahdi est peut-être ouvertement hostile aux intérêts américains, mais d’autres milices chiites sont considérées comme des alliés. Maliki est soutenu à la fois par Moqtada al-Sadr et la Maison Blanche. Dans un mémorandum rédigé à la fin de l’année dernière par Stephen Hadley, conseiller à la sécurité nationale, il est proposé que l’Administration tente de séparer Maliki de ses alliés chiites plus radicaux en lui concoctant un soutien chez les sunnites modérés et les Kurdes, mais jusqu’à présent les choses on tendance à aller dans la direction opposée. Tandis que l’armée irakienne poursuit maladroitement ses affrontements avec les insurgés, le pouvoir des milices chiites se renforce progressivement.

Flynt Leverett, ancien membre du Conseil de Sécurité National de l’administration Bush, m’a dit que « il n’y a rien d’accidentel ni d’ironique » dans la nouvelle stratégie en Irak. « L’administration tente de convaincre que l’Iran est plus dangereux et plus provocateur que les insurgés sunnites pour les intérêts américains en Irak, alors que – si on compare les chiffres – les dégâts provoqués chez américains par les sunnites sont bien supérieurs » a dit Leverett. « Cela fait partie d’une campagne de provocations successives destinée à renforcer la pression sur l’Iran. L’idée est de pousser les Iraniens à réagir auquel cas l’Administration aura une excuse pour riposter. »

Le Président George W. Bush, dans un discours du 10 janvier, a partiellement expliqué cette nouvelle approche. « Ces deux régimes » – l’Iran et la Syrie – « permettent aux terroristes et insurgés d’aller et venir en Irak, » a dit Bush. « L’Iran fournit un soutien matériel aux attaques contre les troupes américaines. Nous allons contrer ces attaques contre nos forces. Nous allons couper le soutien fourni par l’Iran et la Syrie. Et nous allons poursuivre et détruire les réseaux qui fournissent des armes sophistiquées et une formation à nos ennemis en Irak. »

Au cours des semaines qui ont suivi, l’Administration a déversé un torrent d’accusations sur l’engagement de l’Iran dans la guerre en Irak. Le 11 février, de nouveaux engins explosifs sophistiqués saisis en Irak ont été montrés à la presse et, selon l’Administration, proviennent d’Iran. Le message que l’Administration veut faire passer est, en essence, que la situation sombre en Irak n’est pas le fruit de ses propres échecs mais celui des ingérences iraniennes.

L’armée US a aussi arrêté et interrogé des centaines d’Iraniens en Irak. « Le mot d’ordre en août dernier était que l’armée devait se saisir d’un maximum d’Iraniens présents en Irak, » m’a dit un ancien haut-officiel du renseignement. « A un moment donné, ils en avaient jusqu’à cinq cents en prison. Nous sommes en train de les interroger et nous obtenons des informations. L’objectif de la Maison Blanche et de monter un dossier contre les Iraniens pour démontrer que ce sont les Iraniens qui fomentent l’insurrection et ce depuis toujours – que l’Iran, en fait, apporte son soutien à l’assassinat d’Américains. » Le consultant du Pentagone a confirmé que des centaines d’Iraniens avaient été capturés par les forces américaines au cours des derniers mois. Mais il m’a dit que ce chiffre comprend de nombreux travailleurs humanitaires qui ont été « raflés et relâchés peu après, » après interrogatoires.

« Nous ne préparons pas de guerre contre l’Iran, » a annoncé le nouveau Ministre de la Défense, Robert Gates, le 2 février. La tension est pourtant montée. Selon des officiels du renseignement et de l’armée à la retraite ou encore en poste, des opérations clandestines au Liban ont été menées en parallèle avec des opérations clandestines en Iran. Des équipes de l’armée américaine et des forces spéciales ont renforcé leurs activités en Iran pour recueillir des informations et, selon un consultant du Pentagone et un ancien haut-fonctionnaire du renseignement, ont traversé la frontière à la poursuite d’agents iraniens opérant en Irak.

Lors de l’audition de Rice devant le Sénat en janvier, le sénateur Démocrate Joseph Biden, du Delaware, a carrément demandé si les Etats-Unis avaient l’intention de traverser la frontière iranienne ou syrienne au cours de ces poursuites. « A l’évidence, le président n’exclut aucune mesure visant à protéger nos troupes, mais le plan est de démanteler ces réseaux en Irak, » a dit Rice, en ajoutant, « Je pense que tout le monde le comprendra – le peuple américain et je présume le Congrès s’attendent à ce que le président fasse le nécessaire pour protéger nos forces armées. »

L’ambiguïté de la réponse de Rice a provoqué une réaction du Sénateur Républicain Chuck Hegel, un critique de l’administration :

« Certains d’entre nous se souviennent de 1970, Madame la Secrétaire. C’était au Cambodge. Et notre gouvernement a menti au peuple américain en disant, « Nous n’avons pas franchi la frontière du Cambodge, » alors que c’était faux. Il se trouve que j’en sais quelque chose, comme d’autres membres de cette commission. Donc, Madame la Secrétaire, lorsque vous vous lancez dans le genre d’opérations dont parle le Président, c’est très très dangereux. »

La préoccupation de l’Administration sur le rôle de l’Iran en Irak est se trouve renforcée par sa vieille crainte au sujet du programme nucléaire iranien. Sur la chaîne de télévision Fox News, le 14 janvier, Cheney a mis en garde contre l’éventualité, d’ici quelques années, « d’un Iran doté de l’arme nucléaire, assis sur la fourniture mondiale de pétrole, capable de porter préjudice à l’économie globale, disposé à recourir aux organisations terroristes et/ou leurs armes nucléaires pour menacer leurs voisins et d’autres à travers le monde. » Il a dit aussi, « Si vous parlez avec les états du Golfe ou avec les Saoudiens ou les Israéliens ou les Jordaniens, toute la région est préoccupée… La menace que représente l’Iran va croissante. »

L’Administration examine en ce moment une nouvelle fournée de renseignements sur les programmes d’armement de l’Iran. Des officiels Américains, en poste ou à la retraite, m’ont dit que les renseignements fournis par des agents israéliens opérant en Iran indiquent que l’Iran a développé un missile intercontinental capable de transporter plusieurs têtes – de précision limitée – jusqu’en Europe. La validité de ces renseignements humains fait encore l’objet d’un débat.

Un débat similaire sur la menace imminente posée par des armes de destruction massive, et un questionnement sur la nature des renseignements à l’origine de cette affirmation, avaient marqué la prélude à l’invasion de l’Irak. Le 14 févier, devant le Sénat, Hillary Clinton a dit, « Nous avons tous appris des leçons du conflit en Irak, et nous devons en tenir compte avant toute accusation portée contre l’Iran. Parce que, M. le Président, ce qu’on nous raconte est trop familier et nous devons faire en sorte de ne plus jamais prendre des décisions basées sur des renseignements qui se révèlent erronés. »

Malgré cela, le Pentagone poursuit la planification intense d’un éventuel bombardement de l’Iran, un processus qui a débuté l’année dernière, sous les ordres du Président. Au cours des derniers mois, un ancien officiel du renseignement m’a dit qu’un groupe spécial avait été crée dans les bureaux du Chef d’Etat Major, et chargé de dresser les plans d’une campagne de bombardement qui pourrait, sous les ordres du Président, être mise en œuvre sous 24 heures.

Le mois dernier, un conseiller de l’Armée de l’Air et le consultant du Pentagone m’ont dit que le groupe sur l’Iran s’était vu confier une nouvelle mission : identifier des cibles en Iran qui pourraient être impliquées dans la fourniture de matériel ou le soutien aux militants en Irak. Jusqu’à là, le groupe s’était concentré sur la destruction des sites nucléaires iraniens et la possibilité d’un changement de régime.

Deux navires de guerre – le Eisenhower et le Stennis – sont actuellement mouillés dans le Golfe Persique. Selon plusieurs sources, une relève est prévue au printemps mais les militaires craignent de recevoir l’ordre de rester sur place après avoir été rejoints par d’autres navires. (Parmi d’autres préoccupations, les simulations de guerre ont montré que les navires seraient vulnérables à des essaims de petits bateaux, une technique que les Iraniens ont déjà employée par le passé ; les navires ont une capacité de manœuvre limitée dans l’étroit détroit de Hormuz, au large de la côte sud de l’Iran.) L’ancien haut-officiel du renseignement m’a dit que les plans actuels autorisaient une attaque au printemps. Il a cependant ajouté que les officiers supérieurs de l’Etat-major espéraient que la Maison Blanche ne serait « pas assez folle pour prendre une telle initiative eu égard à la situation en Irak, et les problèmes que cela engendrerait pour les Républicains en 2008. »

LE JEU DU PRINCE BANDAR

dastmalchi20100927184437407-02e6f ARABIE SAOUDITE

Les efforts de l’Administration pour réduire l’influence de l’Iran au Moyen-Orient s’appuient largement sur l’Arabie Saoudite et le Prince Bandar, le conseiller saoudien à la sécurité nationale. Bandar a servi comme ambassadeur aux Etats-Unis pendant 22 ans, jusqu’en 2005, et a gardé des liens d’amitié avec le Président Bush et le Vice-président Cheney. A son nouveau poste, il continue de les rencontrer en privé. Des hauts-officiels de la Maison Blanche ont récemment effectué plusieurs visites en Arabie Saoudite, dont certaines n’ont pas été dévoilées.

En novembre dernier, Cheney s’est envolé pour l’Arabie Saoudite pour une rencontre imprévue avec le Roi Abdullah et Bandar. Le Times révèle que le roi a mis en garde Cheney que l’Arabie Saoudite appuierait les Sunnites en Irak si les Etats-Unis devaient se retirer. Un fonctionnaire d’un service de renseignement européen m’a dit que la réunion s’est aussi centrée sur les craintes saoudiennes plus générales sur « la montée des chiites ». En réponse, « les Saoudiens ont commencé à utiliser leur moyen d’influence – l’argent. »

Dans la vie agitée d’une famille royale en proie aux rivalités, Bandar a réussi au cours des années à s’assurer un pouvoir qui s’appuie largement sur ses liens étroits avec les Etats-Unis, un allié crucial pour les Saoudiens. C’est le prince Turki al-Faisal qui a succédé à Bandar au poste d’ambassadeur aux Etats-Unis ; Turki a démissionné au bout de 18 mois et fut remplacé par Adel A. al-Jubeir, un bureaucrate qui a travaillé avec Bandar. Un ancien diplomate saoudien m’a dit que pendant le mandat de Turki, il a eu connaissance de réunions privées entre Bandar et de hauts fonctionnaires de la Maison-Blanche, dont Cheney et Abrams. « Je présume que Turki en était mécontent, » a dit le Saoudien. Mais, a-t-il ajouté, « Je ne pense pas que Bandar agissait de sa propre initiative. » Le Saoudien a dit que bien que Turki n’appréciait pas Bandar, il partageait son objectif de contrer la montée du pouvoir chiite dans le Moyen-Orient.

Le clivage entre Chiites et Sunnites plonge ses racines dans un antagonisme plus profond, depuis le 7ème siècle, sur l’éventuel successeur du Prophète Mohamed. Les Sunnites ont dominé le califat du moyen-âge et l’empire ottoman et les Chiites ont été traditionnellement traités comme des exclus. A l’échelle mondiale, 90% des musulmans sont Sunnites, mais les Chiites sont majoritaires en Iran, Irak et Bahreïn et constituent le groupe musulman le plus important au Liban. Leur concentration dans une région riche en pétrole et instable préoccupe l’Occident et les Sunnites qui craignent l’émergence d’un « croissant chiite » – d’autant plus que le poids géopolitique de l’Iran augmente.

« Les Saoudiens voient encore le monde comme au temps de l’empire ottoman, lorsque les musulmans sunnites régnaient dans les classes supérieures et le chiites faisaient partie de la classe inférieure, » m’a dit Frederic Hof, un officier de l’armée à la retraite et expert du Moyen-Orient. Si Bandar était perçu comme celui qui avait provoqué un changement dans la politique US en faveur des sunnites, a-t-il ajouté, cela rehausserait nettement son prestige au sein de la famille royale.

Les Saoudiens sont poussés par leur crainte de voir l’Iran changer le rapport de forces non seulement dans la région mais à l’intérieur même de leur propre pays. L’Arabie Saoudite a une minorité chiite non négligeable dans la province orientale, une région où sont situés d’importants champs pétroliers et où les relations entre les deux communautés sont tendues. La famille royale croit que des agents iraniens, en collaboration avec des Chiites locaux, sont derrière de nombreux attentats terroristes dans le royaume, selon Vali Nasr. « Aujourd’hui, la seule armée capable de contrer l’Iran » – l’armée irakienne – « a été détruite par les Etats-Unis. Vous avez à présent un Iran qui pourrait se doter de l’arme nucléaire avec une armée de 450.000 hommes. » (L’Arabie saoudite en a 75.000).

Basr a ajouté : « Les Saoudiens ont des moyens financiers considérables et des relations très étroites avec les Frères Musulmans et les Salafistes » – des extrémistes sunnites qui considèrent les Chiites comme des apostats. « La dernière fois que l’Iran a représenté une menace, les Saoudiens ont été capables de mobiliser les pires espèces de radicaux islamistes. Une fois libérés de la boite, on ne peut plus les y faire renter. »

La famille royale saoudienne a été tour à tour le soutien et la cible d’extrémistes sunnites, qui critiquent la corruption et la décadence au sein de la myriade de princes de la famille. Les princes font le pari qu’ils ne seront pas renversés tant qu’ils continueront à financer les écoles et associations de bienfaisance religieuses liées aux extrémistes. La nouvelle stratégie de l’Administration US s’appuie largement sur ce pari.

Nasr a comparé la situation actuelle à la période où Al Qaeda est apparue pour la première fois. Dans les années 80 et début des années 90, le gouvernement saoudien a proposé de financer la guerre US clandestine de mercenaires de la CIA contre l’Union Soviétique en Afghanistan. De centaines de jeunes Saoudiens ont été envoyés dans les régions frontalières au Pakistan, où ils ont crée des écoles religieuses, des camps d’entraînement et des centres de recrutement. A l’époque, comme maintenant, beaucoup de ces agents payés par les Saoudiens étaient des Salafistes. Parmi eux, bien-sûr, figurait un certain Oussama Ben Laden et ses associés, qui ont fondé Al-Qaeda en 1988.

Cette fois-ci, m’a dit le consultant auprès du gouvernement US, Bandar et d’autres Saoudiens ont assuré à la Maison-Blanche qu’ils « garderont un œil très attentif sur les fondamentalistes religieux. Le message qu’ils nous ont adressé était « Nous avons crée ce mouvement, et nous pouvons le contrôler. » Le problème n’est pas que les Salafistes lancent des bombes, mais contre qui ils les lancent – Hezbollah, Moqtada al-Sadr, Iran, et contre les Syriens s’ils continuent de collaborer avec le Hezbollah et l’Iran. »

Le Saoudien m’a dit que, du point de vue de son pays, rejoindre les Etats-Unis pour défier l’Iran était risqué : Bandar est déjà perçu dans le monde arabe comme trop proche de l’administration Bush. « Nous avons deux cauchemars, » m’a dit l’ancien diplomate. « Que l’Iran se dote de l’arme nucléaire et que les Etats-Unis attaquent l’Iran. Je préférerais que les Israéliens bombardent l’Iran, pour pouvoir ensuite leur rejeter la faute. Si ce sont les Américains qui le font, c’est nous qu’on accusera. »

Au cours de l’année écoulée, les Saoudiens, les Israéliens et l’administration Bush ont établi une série d’accords informels sur la nouvelle stratégie. Le consultant auprès du gouvernement US m’a dit que quatre éléments au moins étaient concernés. Le premier, qu’Israël recevra l’assurance que sa sécurité était la priorité des priorités et que Washington et l’Arabie Saoudite et d’autres états Sunnites partageaient leur préoccupation au sujet de l’Iran.

Le deuxième, que les Saoudiens feront pression sur le Hamas, le parti islamiste palestinien qui reçoit l’appui de l’Iran, pour diminuer ses attaques contre Israël et entamer des pourparlers sérieux sur le partage du pouvoir avec le Fatah, le groupe palestinien plus laïque. (En février, les Saoudiens ont réussi à obtenir un accord à La Mecque entre les deux factions. Cependant, Israël et les Etats-Unis ont exprimé leur mécontentement sur les termes de l’accord).

Le troisième élément est que l’Administration Bush travaillera directement avec les états sunnites pour contrer la montée du chiisme dans la région.

Quatrièmement, le gouvernement saoudien, avec l’accord de Washington, fournira des fonds et une assistance logistique pour affaiblir le gouvernement du Président Bachar Assad, en Syrie. Les Israéliens croient qu’une telle pression sur le gouvernement syrien le rendrait plus conciliant pour entamer des négociations. La Syrie est un lieu de transit majeur pour les armes à destination du Hezbollah. Le gouvernement saoudien est aussi en conflit avec les Syriens au sujet de l’assassinat de Rafik Hariri, l’ancien premier ministre libanais, à Beyrouth en 2005, dont il accuse le gouvernement Assad. Hariri, un Sunnite milliardaire, était proche du régime Saoudien et du Prince Bandar. (Une enquête de l’ONU a laissé entendre que les Syriens étaient impliqués, mais n’a fourni aucune preuve ; il est question d’une nouvelle enquête par un tribunal international.)

Patrick Clawson, du Washington Institute for Near East Policy, décrit la coopération saoudienne avec la Maison-Blanche comme un tournant significatif. « Les Saoudiens comprennent que s’ils veulent que l’Administration (US) fasse une offre politique généreuse aux Palestiniens, il leur faut convaincre les états arabes de faire une offre plus généreuse aux Israéliens, » m’a dit Clawson. Le nouvelle approche diplomatique, a-t-il ajouté, «  montre un vrai effort et une subtilité ainsi qu’une dextérité qu’on ne connaissait par à cette Administration. Qui court le plus gros risque – nous ou les Saoudiens ? A une époque où l’image des Etats-Unis au Moyen-Orient est au plus bas, les Saoudiens nous viennent nous donner l’accolade. Nous sommes de sacrés veinards. »

Opinion que ne partage pas le consultant du Pentagone. Il dit que l’Administration s’est retournée vers Bandar en « dernier ressort », parce qu’elle a fini par comprendre que l’échec de la guerre en Irak pouvait abandonner le Moyen-Orient « au plus offrant ».

DJIHADISTES AU LIBAN

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Le point central des relations américano-saoudiennes, après l’Iran, est le Liban, où les Saoudiens ont été profondément impliqués dans des efforts de l’Administration pour soutenir le gouvernement libanais. Fouad Siniora, le premier ministre, lutte pour se maintenir au pouvoir face à une opposition tenace menée par le Hezbollah, l’organisation chiite, et son chef le cheikh Hassan Nasrallah. Le Hezbollah possède une infrastructure étendue, des combattants actifs estimés à deux ou trois mille et des milliers d’autres membres.

Le Hezbollah est sur la liste des organisations terroristes du Département d’État US depuis 1997. L’organisation a été impliquée dans l’attentat à la bombe contre la caserne de marines à Beyrouth, qui a causé la mort de 241 militaires. Elle a aussi été accusée de complicité dans l’enlèvement d’Américains, parmi lesquels le chef du bureau de la C.I.A. au Liban, qui est mort en captivité, et un colonel de Marine qui servait dans une mission des Nations Unies pour le maintien de la paix et qui fut tué. (Nasrallah a nié que le groupe était impliqué dans ces incidents.)

Beaucoup considèrent Nasrallah comme un farouche terroriste, qui a déclaré qu’il considérait Israël comme un état n’ayant pas le droit d’exister. Cependant, beaucoup dans le monde arabe, surtout les Chiites, le voient comme un chef de résistance qui a tenu tête à Israël dans la guerre des trente trois jours de l’année dernière (2006 – NdT), et ils voient Siniora comme un politicien faible qui dépend du soutien de l’Amérique mais qui a été incapable de convaincre le président Bush de demander la fin des bombardements du Liban par Israël. (Des photographies de Siniora embrassant Condoleezza Rice sur la joue à l’occasion de sa visite pendant la guerre furent ostensiblement affichées lors de manifestations de rue à Beyrouth.)

L’Administration Bush a publiquement promis un milliard de dollars d’aide au gouvernement Siniora depuis l’été dernier. Une conférence de donateurs à Paris en janvier, organisée avec l’aide des États-Unis, a récolté des promesses de dons pour presque 8 milliards supplémentaires, y compris une promesse des Saoudiens de plus d’un milliard. La promesse de don américaine comprenait plus de 200 millions d’aide militaire et 40 millions de dollars pour la sécurité intérieure.

Les États-Unis ont aussi apporté un soutien clandestin au gouvernement de Siniora, selon l’ancien haut-fonctionnaire du renseignement et consultant du gouvernement des États-Unis. « Nous sommes engagés dans un programme pour renforcer la capacité des Sunnites à résister à l’influence chiite et nous distribuons autant d’argent que nous pouvons,  » a déclaré l’ancien haut-fonctionnaire du renseignement. Le problème est qu’autant d’argent « finit toujours par tomber dans plus de poches que vous ne l’auriez imaginé  », dit-il. « Avec ce procédé, nous finançons un tas de sales types avec le risque de certaines conséquences graves et involontaires. Nous n’avons pas la capacité de déterminer et obtenir des récépissés signés par les personnes que nous aimons et d’éviter ceux que nous n’aimons pas. C’est une entreprise à très haut risque.  »

Les fonctionnaires américains, européens et arabes auxquels j’ai parlé m’ont dit que le gouvernement Siniora et ses alliés avaient laissé une partie de l’aide filer dans les mains de groupes émergents sunnites radicaux dans le nord du Liban, la vallée de Bekaa, et autour des camps de réfugiés palestiniens dans le sud. Ces groupes, bien que petits, sont considérés comme un tampon contre le Hezbollah ; en même temps, ils sont idéologiquement liés à al-Qaïda.

Au cours d’une conversation, l’ancien diplomate saoudien a accusé Nasrallah d’essayer « de s’approprier l’état,  » mais il désapprouvait également le parrainage libanais et saoudien des djihadistes sunnites au Liban. « Les Salafistes sont malsains et haineux, et je suis très opposé à l’idée de frayer avec eux  », a-t-il dit. « Ils haïssent les Chiites, mais ils haïssent encore plus les Américains. Si vous essayez d’être plus malin qu’eux, ils vous rouleront. Ça va être horrible.  »

Alastair Crooke, qui a passé près de vingt ans au MI6, le service de renseignement britannique, et qui travaille maintenant pour le Conflicts Forum, un groupe de réflexion à Beyrouth, m’a dit, « Le gouvernement libanais est en train de leur faire une place à tous ces gens. Cela pourrait être très dangereux  » . Crooke a dit qu’un groupe extrémiste sunnite, le Fatah-al-Islam, s’était scindé du groupe principal pro-syrien, le Fatah-al-Intifada, dans le camp de réfugiés de Nahr al-Bared, au nord du Liban. À l’époque, il comptait moins de deux cents membres. « On m’a dit qu’en seulement vingt-quatre heures, des armes et de l’argent leur ont été offerts par des gens qui se présentaient eux-mêmes comme des représentants des intérêts du gouvernement libanais – vraisemblablement pour s’en prendre au Hezbollah  », a dit Crooke.

Le plus grand de ces groupes, Asbat al-Ansar, est situé dans le camp de réfugiés palestinien de Ain al-Hilveh. Asbat al-Ansar a reçu des armes et des fournitures de la part des forces de sécurité intérieures libanaises et de milices associées avec le gouvernement Siniora.

En 2005, selon un rapport de International Crisis Group, basé aux Etats-Unis, Saad Hariri, le chef de la majorité sunnite du parlement libanais et le fils de l’ancien premier ministre assassiné – Saad a hérité de plus de quatre milliards de dollars après l’assassinat de son père – a payé 48.000 dollars de caution pour quatre membres d’un groupe islamique militant de Dinniyeh. Les hommes avaient été arrêtés au cours d’une tentative de créer un mini-état islamiste dans le nord du Liban. Crisis Group nota que beaucoup des militants « s’étaient entraînés dans des camps d’al-Qaïda en Afghanistan  ».

Selon le rapport de Crisis Group, Saad Hariri a par la suite utilisé sa majorité parlementaire pour obtenir l’amnistie pour vingt deux islamistes de Dinniyeh, aussi bien que pour sept militants soupçonnés de complot d’attentat à la bombe contre les ambassades italienne et ukrainienne de Beyrouth l’année précédente. (Il a aussi ordonné la grâce pour Samir Geagea, un chef de milice maronite chrétienne, qui a été condamné pour quatre meurtres politiques, dont l’assassinat en 1987 du premier ministre Rashid Karami.) A des journalistes, Hariri a qualifié ses actes de gestes humanitaires.

Dans une interview à Beyrouth, un haut fonctionnaire du gouvernement Siniora a reconnu que des djihadistes sunnites opéraient au Liban. « Nous avons une attitude libérale qui autorise une présence de type al-Qaïda ici,  » a-t-il dit. Il faisait référence à son inquiétude que l’Iran ou la Syrie puissent décider de transformer le Liban en une « scène de conflit  ».

Le fonctionnaire a déclaré que son gouvernement était dans une voie sans issue. En l’absence d’un arrangement politique avec le Hezbollah, il a dit que le Liban pourrait « glisser vers un conflit  » dans lequel le Hezbollah combattrait ouvertement les forces sunnites, avec un risque de conséquence épouvantables. Mais si le Hezbollah acceptait un arrangement tout en conservant sa propre armée, alliée avec l’Iran et la Syrie, « le Liban pourrait devenir une cible. Dans les deux cas nous devenons une cible.  »

L’administration Bush a décrit son soutien au gouvernement Siniora comme une démonstration de la foi du président en la démocratie, et de son désir d’empêcher d’autres puissances d’interférer au Liban. Lorsque le Hezbollah a organisé des manifestations de rue à Beyrouth en décembre, John Bolton, qui était à l’époque l’ambassadeur des États-Unis aux Nations Unies, les a qualifiées de « composantes du coup d’état d’inspiration irano-syrienne.  »

Leslie H. Gelb, un ancien président du Council on Foreign Relations, déclara que la politique de l’Administration était moins pro-démocratique que « pro-sécurité nationale américaine. Le fait est qu’il serait terriblement dangereux que le Hezbollah dirige le Liban.  » Gelb disait que la chute du gouvernent Siniora serait perçue « comme un signal au Moyen-Orient du déclin des États-Unis et l’ascension de la menace terroriste. Et que les États-Unis devaient donc s’opposer à tout changement dans la distribution du pouvoir politique au Liban – et nous avons raison d’aider tout groupe non chiite à résister à ce changement. Nous devrions le dire publiquement au lieu de parler de la démocratie.  »

Martin Indyk, du Centre Saban, a cependant dit que les États-Unis « n’avaient pas assez d’influence pour empêcher les modérés du Liban de négocier avec les extrémistes.  » Il ajouta, « Le président voit la région comme étant divisée entre les modérés et les extrémistes, mais nos amis régionaux la voient comme divisée entre les Sunnites et les Chiites. Les Sunnites que nous voyons comme extrémistes sont considérés par nos alliés sunnites simplement comme des Sunnites.  »

En janvier, après une explosion de violence dans les rues de Beyrouth entre les partisans du gouvernement Siniora et le Hezbollah, le prince Bandar s’envola pour Téhéran afin de discuter de l’impasse politique au Liban et de rencontrer Ali Larijani, le négociateur iranien sur les affaires nucléaires. Selon un ambassadeur du Moyen-Orient, la mission de Bandar – qui, selon l’ambassadeur, avait reçu l’aval les États-Unis – visait aussi « à créer des problèmes entre les Iraniens et le Syrie.  » Il y avait eu des tensions entre les deux pays au sujet des pourparlers syriens avec Israël, et le but des Saoudiens était de favoriser une rupture. Cependant, a dit l’ambassadeur, « ça n’a pas marché. La Syrie et l’Iran ne vont pas se trahir mutuellement. Il y a peu de chances que l’approche de Bandar réussisse.  »

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Walid Jumblatt, qui est le chef de la minorité Druze au Liban et un fervent partisan du gouvernement Siniora, a violemment critiqué Nasrallah en l’accusant d’être un agent syrien et a sans cesse répété aux journalistes étrangers que le Hezbollah était sous le contrôle direct de la direction religieuse en Iran. Lors d’une conversation qu’il a eue avec moi en décembre dernier, il a décrit Bachar Assad, le président Syrien, comme un «  tueur en série.  » Nasrallah, disait-il, était « moralement coupable  » de l’assassinat de Rafik Hariri et du meurtre en novembre dernier de Pierre Gemayel, membre du cabinet de Siniora, pour son soutien aux Syriens.

Jumblatt m’a alors dit qu’il avait rencontré le vice-président Cheney à Washington à l’automne dernier pour discuter, entre autres, de la possibilité de déstabiliser Assad. Lui et ses collègues ont prévenu Cheney que si les États-Unis essayaient d’agir contre la Syrie, les Frères Musulmans syriens seraient « leurs interlocuteurs incontournables  », a déclaré Jumblatt.

Les Frères Musulmans syriens, une branche d’un mouvement sunnite radical fondé en Égypte en 1928, se sont livrés pendant plus de dix ans à une opposition violente au régime de Hafez Assad, le père de Bachar. En 1982, les Frères ont pris le contrôle de la ville d’Hama. Assad a bombardé la ville pendant une semaine, tuant entre six mille et vingt mille personnes. Être membre des Frères Musulmans est punissable de la peine mort en Syrie. Les Frères Musulmans sont aussi des ennemis déclarés des États-Unis et d’Israël. Toutefois, Jumblatt a dit, « Nous avons dit à Cheney que le lien primordial entre l’Iran et le Liban était la Syrie – et que pour affaiblir l’Iran, il fallait ouvrir la porte à une opposition syrienne efficace. »

Il y a des éléments qui indiquent que le changement de stratégie opéré par l’Administration a déjà profité aux Frères Musulmans. Le Front du Salut national Syrien est une coalition de groupes d’opposition dont les principaux membres sont une faction menée par Abdul Halim Khaddam, un ancien vice-président syrien qui s’est enfuit en 2005, et les Frères. Un ancien officier de haut rang de la CIA m’a dit, « Les Américains ont fourni à la fois le soutien politique et financier. Les Saoudiens prennent le relais pour le financement mais il y a une participation américaine.  » Il a dit que Khaddam, qui vit à présent à Paris, recevait de l’argent de l’Arabie Saoudite, au vu et au su de la Maison Blanche. (En 2005, selon des rapports de presse, une délégation de membres du Front s’est réunie avec des agents du Conseil de Sécurité Nationale.) Un ancien fonctionnaire de la Maison Blanche m’a dit que les Saoudiens avaient fourni des documents de voyage à des membres du Front.

Jumblatt a dit qu’il comprenait que le sujet soit sensible pour la Maison Blanche. « J’ai dit à Cheney que certaines personnes du monde arabe, surtout les Égyptiens  » – dont la direction sunnite modérée avait combattu les Frères musulmans égyptiens pendant des décennies – « n’aimeraient pas que les États-Unis aident le Frères. Mais si vous n’affrontez pas la Syrie, nous nous retrouverons face à face avec le Hezbollah au Liban dans une longue lutte nous ne sortirons peut-être pas vainqueurs.  »

LE CHEIKH

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Par une claire et chaude nuit de décembre dernier, dans un faubourg bombardé à quelques kilomètres du centre de Beyrouth, j’ai eu un avant goût de comment la nouvelle stratégie de l’Administration pourrait se dérouler au Liban. Le cheikh Hassan Nasrallah, le chef du Hezbollah qui était dans la clandestinité, a accepté une interview. Les arrangements de sécurité pour la rencontre furent mystérieux et sophistiqués. Je fus conduit, à l’arrière d’une voiture aux vitres teintées, jusqu’à un garage souterrain délabré quelque part à Beyrouth, inspecté avec un scanner à main, placé dans une deuxième voiture pour être conduit à un autre garage souterrain touché par des bombardements, puis transféré de nouveau. Il a été rapporté l’été dernier qu’Israël essayait de tuer Nasrallah, mais les précautions extraordinaires n’étaient pas uniquement dues à cette menace. Les assistants de Nasrallah m’ont dit qu’il était la cible principale de confrères arabes, principalement des agents du Renseignement jordanien, mais aussi de djihadistes sunnites qu’ils pensaient être affiliés à al-Qaïda. (Le consultant du gouvernement et un général quatre étoiles à la retraite ont dit que le Renseignement jordanien, avec l’appui des États-Unis et d’Israël, a essayé d’infiltrer des groupes chiites, pour travailler contre le Hezbollah. Abdullah II, le roi de Jordanie, a prévenu qu’un gouvernement chiite en Irak qui serait proche de l’Iran entraînerait l’émergence d’un croissant chiite.) Ceci constitue un revers ironique : la bataille de Nasrallah contre Israël l’été dernier l’a rendu, lui, – un Chiite – l’un des personnages les plus populaires et influents dans toute la région aussi bien parmi les Chiites que les Sunnites. Cependant, au cours des derniers mois, il a de plus en plus été perçu par les Sunnites non pas comme un symbole de l’unité arabe mais comme un acteur dans une guerre sectaire.

Nasrallah, habillé comme d’habitude dans une tenue religieuse, m’attendait dans un appartement banal. Un des ses conseillers m’a dit qu’il n’y passerait probablement pas la nuit ; il est toujours en mouvement depuis sa décision en juillet de faire enlever deux soldats israéliens dans un raid transfrontalier, ce qui a déclenché la guerre des trente trois jours. Nasrallah a depuis déclaré publiquement – et me l’a répété – qu’il avait mal estimé la réponse israélienne. « Nous voulions seulement capturer des prisonniers pour faire un échange,  » m’a-t-il dit. « Nous n’avons jamais voulu entraîner la région dans une guerre.  »

Nasrallah a accusé l’Administration Bush de travailler avec Israël pour promouvoir délibérément le fitna, un mot arabe utilisé pour signifier « insurrection et fragmentation dans l’Islam.  » « À mon avis, il y a une énorme campagne médiatique mondiale pour dresser chaque camp contre l’autre,  » dit-il. « Je crois que tout cela est l’œuvre des services secrets américains et israéliens.  » (Il n’a fourni aucun élément particulier pour l’étayer.) Il a dit que la guerre des États-Unis en Irak avait augmenté les tensions sectaires, mais soutenait que le Hezbollah avait essayé de les empêcher de s’étendre au Liban. (Les tensions entre Sunnites et Chiites ont augmenté, ainsi que la violence, au cours des semaines qui ont suivi notre entretien.)

Nasrallah a dit qu’il croyait que le but du président Bush était « de dessiner une nouvelle carte de la région. Ils veulent la partition de l’Irak. L’Irak n’est pas au bord d’une guerre civile – la guerre civile est là. Il y a des nettoyages ethniques et religieux. Les tueries quotidiennes et les déportations qui se produisent en Irak ont pour but d’obtenir la division de l’Iran en trois parties, qui seront pures du point de vue religieux et ethnique, comme prélude à la partition de l’Irak. Dans un an ou deux au plus, il y aura des régions totalement sunnites, des régions totalement chiites et des régions totalement kurdes. Même pour Bagdad, on peut craindre une division en deux régions, une sunnite et une chiite.  »

Il a poursuivi, « Je peux dire que le président Bush ment lorsqu’il dit qu’il ne veut pas d’une partition de l’Irak. Et un jour viendra quand il dira, « Je ne peux rien faire, puisque les irakiens veulent la partition de leur pays et que je respecte les souhaits du peuple irakien. »

Nasrallah a dit qu’il croyait que l’Amérique voulait aussi provoquer la partition du Liban et de la Syrie. En Syrie, disait-il, le résultat serait d’entraîner le pays « dans le chaos et les guerres intestines comme en Irak.  » Au Liban, «  il y aurait un état sunnite, un état alaouite, un état chrétien et un état druze.  » Mais, a-t-il dit, « je ne sais pas s’il y aura un état chiite.  ». Nasrallah m’a dit qu’il soupçonnait qu’un des buts du bombardement du Liban par Israël l’été dernier était « la destruction des régions chiites et la déportation des Chiites du Liban. L’idée était que les Chiites du Liban et de la Syrie fuient vers le sud de l’Irak,  » qui est dominé par les Chiites. « Je n’en suis pas sûr, mais cela en a tout l’air,  » m’a-t-il dit.

La partition laisserait Israël entouré de « petits états tranquilles  », dit-il. « Je peux vous assurer que le royaume saoudien sera lui aussi divisé, et le phénomène touchera les états nord-africains. Il y aura des petits états ethniques et religieux,  » dit-il. « En d’autres mots, Israël sera l’état le plus important et le plus puissant dans une région qui aura été découpée en états ethniques et religieux qui seront en paix les uns avec les autres. C’est ça le nouveau Moyen-Orient.  »

En fait, l’Administration Bush s’est catégoriquement refusée de parler d’une partition de l’Irak, et sa position officielle laisse entendre que la Maison Blanche envisage un futur Liban intact, avec un Hezbollah affaibli et désarmé jouant tout au plus un rôle politique mineur. Rien non plus n’étaye la croyance de Nasrallah que les Israéliens essayeraient de pousser les Chiites vers le sud de l’Irak. Cependant, le point de vue de Nasrallah d’un conflit religieux plus large dans lequel les États-Unis seraient impliqués laisse entrevoir une conséquence possible de la nouvelle stratégie de la Maison-Blanche.

Dans l’interview, Nasrallah a fait des promesses et des gestes apaisants qui seront probablement reçus avec scepticisme par ses adversaires. « Si les États-Unis disent que des discussions avec des gens comme nous peuvent être utiles et influer sur la politique américaine dans la région, nous n’avons rien contre des discussions ou des rencontres,  » a-t-il dit. « Mais si leur but au travers de ces rencontres est de nous imposer leur politique, ce sera une perte de temps.  » Il a dit que la milice du Hezbollah, sauf en cas d’attaque, n’agirait qu’à l’intérieur des frontières du Liban, et il s’est engagé à la désarmer lorsque l’armée libanaise pourra remplir sa mission. Nasrallah a dit qu’il n’avait aucun intérêt à déclencher une autre guerre avec Israël. Cependant, il a ajouté qu’il s’attendait, et se préparait, à une autre attaque israélienne plus tard dans l’année.

Nasrallah a également affirmé que les manifestations de rue à Beyrouth continueraient jusqu’à ce que le gouvernement Siniora soit renversé ou qu’il accède aux demandes politiques de sa coalition. «  pour parler concrètement, ce gouvernement ne peut pas régner,  » m’a-t-il dit. « Il peut donner des ordres, mais la majorité des Libanais ne vont pas les respecter ni reconnaître la légitimité de ce gouvernement. Siniora ne reste en fonction que grâce à un soutien international, mais cela ne veut pas dire que Siniora peut diriger le Liban.  »

Les nombreux éloges du gouvernement Siniora par le Président Bush, a dit Nasrallah, « sont le plus grand service qu’il pouvait rendre à l’opposition libanaise car cela affaiblit leur position vis-à-vis du peuple Libanais et des populations islamiques et arabes. Ils comptent nous avoir à l’usure. Nous ne nous sommes pas lassés pendant la guerre, comment pourrions nous l’être dans une manifestation ?  »

Il y a un net clivage au sein et à l’extérieur de l’Administration Bush sur le meilleur moyen de traiter avec Nasrallah et si nous pouvons, en fait, être partenaires dans un accord politique. Le directeur sortant du Renseignement National, John Negroponte, disait en janvier dans un briefing d’adieu à la Commission du Renseignement du Sénat, que le Hezbollah « est au coeur de la stratégie terroriste de l’Iran… Il pouvait décider de commettre des attentats contre les intérêts américains dans le cas où il sentirait que sa sécurité ou celle de l’Iran serait menacée… le Hezbollah libanais se considère comme un partenaire de Téhéran.  »

En 2002, Richard Armitage, alors Secrétaire d’État adjoint, a appelé le Hezbollah « l’Agence tous Risques  » du terrorisme. Cependant, Armitage a reconnu dans une interview récente que le problème s’était quelque peu compliqué. Armitage m’a dit que Nasrallah avait émergé comme «  une force politique crédible, avec un rôle politique à jouer au Liban s’il le décidait  » Armitage disait qu’en termes de relations publiques et de stratégie, Nasrallah « est l’homme le plus intelligent du Moyen-Orient.  » Mais, a-t-il ajouté, Nasrallah « doit encore montrer clairement qu’il veut bien jouer le rôle convenable d’une opposition loyale. Pour moi, il a encore une dette de sang à payer  » – une référence au colonel assassiné et à l’attentat à la bombe contre la caserne des marines.

Robert Baer, un ancien agent de la C.I.A. longtemps affecté au Liban, a été un critique virulent du Hezbollah et a mis en garde contre ses liens avec le terrorisme sponsorisé par l’Iran. Mais maintenant, m’a t-il dit, « nous avons des arabes sunnites qui se préparent pour un conflit catastrophique et il nous faut quelqu’un pour protéger les chrétiens du Liban. D’habitude, c’était la France et les États-Unis qui le faisait, à présent ce sera Nasrallah et les Chiites. »

« L’histoire la plus marquante du Moyen-Orient est celle de l’ascension de Nasrallah de statut de petit voyou de quartier à celui de dirigeant – de terroriste à homme d’état,  » a ajouté Baer. « Le seul chien qui n’a pas aboyé cet été  » – pendant la guerre avec Israël – « c’est le terrorisme chiite  ». Baer faisait allusion aux peurs que Nasrallah, en plus de tirer des fusées sur Israël et d’enlever ses soldats, pourrait lancer une vague d’attentats terroristes sur des cibles israéliennes et américaines de par le monde. « Il aurait pu presser la détente, mais il ne l’a pas fait, » a dit Baer.

La majorité des membres du renseignement et des communautés diplomatiques reconnaissent les liens actuels du Hezbollah avec l’Iran. Mais il y a un désaccord pour dire jusqu’à quel point Nasrallah pourrait mettre de côté les intérêts du Hezbollah en faveur de ceux de l’Iran. Un ancien officier de la C.I.A. qui a aussi servi au Liban a qualifié Nasrallah de « phénomène libanais  », en ajoutant, « Oui, il est aidé par l’Iran et la Syrie, mais le Hezbollah est au-delà de ça.  » Il m’a dit qu’il y avait une période à la fin des années 80 et au début des années 90 pendant laquelle l’agence locale de la C.I.A. à Beyrouth pouvait mettre les conversations de Nasrallah sur écoute. Il a décrit Nasrallah comme « un chef de gang qui était capable de faire des affaires avec d’autres gangs. Il avait des contacts partout.  »

INFORMER LE CONGRÈS

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Le recours par l’Administration Bush à des opérations clandestines qui n’ont pas été rapportées au Congrès, ainsi que ses affaires avec des intermédiaires aux objectifs douteux, ont rappelé chez certains à Washington un précédent dans l’histoire. Il y a vingt ans, l’Administration Reagan a essayé de financer illégalement les Contras nicaraguayens, par le biais de ventes secrètes d’armes à l’Iran. L’argent saoudien était impliqué dans ce qui sera connu comme le scandale Iran-Contra, et certains des acteurs de l’époque – notamment le prince Bandar et Elliot Abrams – sont impliqués dans les affaires en cours.

L’Iran-Contra a été le sujet d’une discussion informelle il y a deux ans portant sur les « leçons apprises  » par les vétérans du scandale. Abrams menait les débats. Une des conclusions était que même si le programme a fini par être éventé, il a été possible de l’exécuter sans en informer le Congrès. En ce qui concerne les leçons apprises par cette expérience, pour ce qui concerne les opérations secrètes futures, les participants sont arrivés à quatre conclusions : « Premièrement, on ne peut pas faire confiance à ses amis. Deuxièmement, la C.I.A. doit rester totalement en dehors de tout ça. Troisièmement, on ne peut pas faire confiance aux militaires en uniforme, et Quatrièmement, c’est le bureau du vice-président qui doit mener les opérations. » – une référence au rôle de Cheney, m’a déclaré l’ancien officier supérieur du renseignement.

Par la suite, les deux consultants du gouvernement et l’ancien officier supérieur du renseignement m’ont dit que les rumeurs de l’Iran-Contra furent un facteur dans la décision de Negroponte de démissionner du renseignement National et d’accepter un poste de vice secrétaire d’état dans un sous cabinet. (Negroponte a refusé tout commentaire).

L’ancien officier supérieur du renseignement m’a dit aussi que Negroponte ne voulait pas d’une répétition de son affaire dans l’Administration Reagan lorsqu’il était ambassadeur au Honduras. « Negroponte a dit, Pas question de refaire le même chemin, avec le N.S.C. [Conseil de Sécurité Nationale] qui mène des opérations clandestines, sans aucune conclusion.  » (Dans le cas d’une opération secrète de la C.I.A. Le Président doit produire une conclusion écrite et en informer le Congrès.) Negroponte est resté au poste de Secrétaire d’Etat adjoint, a-t-il ajouté, parce qu’ « il croit qu’il peut avoir une influence positive sur le gouvernement.  »

Le consultant du gouvernement a dit que Negroponte partageait les objectifs politiques de la Maison-Blanche mais « voulait le faire selon les règles. ».Le consultant du Pentagone m’a dit aussi qu’ « il y avait dans les échelons supérieurs le sentiment qu’il n’adhérait pas complètement aux initiatives clandestines les plus aventureuses. » Il était vrai aussi, a-t-il dit, que Negroponte « n’était pas vraiment convaincu par cette stratégie politique abracadabrantesque pour régler les affaires du Moyen-Orient. »

Le consultant du Pentagone a ajouté qu’une des difficultés, en termes de suivi, était l’usage des fonds secrets. « il y a beaucoup, beaucoup de fonds secrets, disséminés partout et utilisés à travers le monde pour toutes sortes de missions,  » a-t-il dit. Le chaos budgétaire en Irak, où des milliards de dollars ont disparu, en a fait un outil pour de telles transactions, selon l’ancien officier supérieur du Renseignement et le général quatre étoiles à la retraite.

Un ancien assistant du Conseil de Sécurité Nationale m’a dit « Cela remonte à l’affaire Iran-Contra, et une grande partie de ce qu’ils font consiste à maintenir l’agence à l’écart.  » Il a dit que le Congrès n’était pas pleinement informé des opérations américano-saoudiennes. Et il a dit, « La C.I.A. demande Que se passe-t-il ? Ils s’inquiètent parce qu’ils pensent que c’est de l’amateurisme.  »

Le problème de la supervision commence à attirer l’attention du Congrès. En novembre dernier le Service de recherche du Congrès a émis un rapport destiné au Congrès sur ce qu’il décrivait comme le brouillage par l’Administration de la ligne de partage entre les activités de la C.I.A. et les activités strictement militaires, qui ne sont pas soumises aux mêmes exigences en ce qui concerne les rapports qu’ils doivent produire. Et la Commission de Renseignement du Sénat, présidé par le sénateur Jay Rockefeller, a programmé une audience le 8 mars sur les activités du Ministère de la Défense.

Le sénateur Roy Wyden, de l’Oregon, un Démocrate membre de la Commission de Renseignement, m’a dit, « L’Administration Bush a souvent failli à ses obligations légales de maintenir la Commission de Renseignement pleinement et diligemment informé. A maintes reprises, leur réponse a été « Faites nous confiance. ». » Wyden a jouté, «  il m’est difficile de faire confiance à l’Administration.  »

Seymour M. Hersh

mars 2007

http://www.newyorker.com/reporting/2007/03/05/070305fa_fact_…

Traduction « il suffisait de lire entre les lignes » par VD – pour le « Grand Soir » - et Perry.

EN COMPLEMENT :

PNAC : « Reconstruire les défenses de l’Amérique » traduit par ReOpen911.

Issu du PNAC (le think tank néo-conservateur créé pour l’établissement d’un “Projet pour un Nouveau Siècle Américain »), le document intitulé « Reconstruire les défenses de l’Amérique » synthétise les propositions à mettre en œuvre pour assurer aux Etats-Unis la domination sur le reste du monde.

Jusqu’à présent, de ce document important datant de septembre 2000 n’existait qu’une traduction partielle et d’une qualité pas entièrement satisfaisante. Nous sommes fiers de mettre à la disposition de nos concitoyens une traduction fidèle et à l’image de l’original, au moment même où le document original vient de disparaître du site du PNAC.

http://www.reopen911.info/uploads/document/fichier/pnac-reco…

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 16 juillet, 2012 |Pas de commentaires »

LA CIA IMAGINE LA MISE EN SCENE D’UN MONDE POST-AMERICAIN (Rémy DUPUIS et Corinne LESNES)

La CIA imagine la mise en scène d’un monde post-américain

LA CIA IMAGINE LA MISE EN SCENE D'UN MONDE POST-AMERICAIN (Rémy DUPUIS et Corinne LESNES) dans REFLEXIONS PERSONNELLES CIA

Par Rémy DUPUIS avec Corine LESNES (Washington, correspondante)

 

 | REUTERS/LARRY DOWNING

Prédire l’avenir : telle est l’ambition du National Intelligence Council (NIC), la branche publique de la CIA, qui, tous les cinq ans, réfléchit à l’état du monde à un horizon de deux décennies. Une première ébauche de son dernier exercice, intitulé « Global Trends 2030″, a déjà fait le tour des think tanks de Washington en vue d’une publication au lendemain des élections de novembre.

Ce premier brouillon annonce les révolutions techniques qui risquent de transformer les relations internationales, de la généralisation des OGM à la futuriste imprimante 3D en passant par l’amélioration artificielle des performances cérébrales ou le clonage humain. Le NIC a pris en compte les critiques sur ses rapports précédents. Cette fois, le document intègre le caractère évolutif de la puissance américaine dans un monde en transition.

A l’horizon 2030, le NIC identifie des grandes tendances quasi certaines qui structureront le système international : libération de l’individu (individual empowerment), démographie, dispersion de la puissance (diffusion of power), problématiques d’énergie, d’eau et d’alimentation. L’impact de l’une ou l’autre de ces constantes est altéré par des variables-clés, parmi lesquelles l’économie et la gouvernance mondiales, les conflits armés, la technologie et, de façon décisive, le rôle des Etats-Unis. Cette dynamique permet de dégager trois scénarios pour 2030 : « retour en arrière » (reverse engines), « coopération » (fusion) et « désintégration » (fragmentation).

Ce dernier scénario est, de l’aveu même des auteurs, le plus probable. Une croissance économique inégalitaire redistribue les cartes de la puissance. L’Occident s’affaiblit au profit de l’Asie, alors que la volatilité des marchés et le changement climatique menacent la stabilité mondiale. Dans ce monde « désintégré », l’absence généralisée de volonté politique pour résoudre les problèmes mondiaux marginalise les organisations multilatérales et accentue le risque de conflits interétatiques. Si des conflits militaires majeurs – par exemple entre la Chine et les Etats-Unis – peuvent être évités, le monde est constamment au bord du gouffre.

Le scénario « retour en arrière », qui prévoit le retour à un monde « préaméricain »,c’est-à-dire à l’instabilité de la première moitié du XXe siècle, n’est pas plus optimiste. Empêtrés dans leurs problèmes budgétaires, les Etats-Unis n’ont plus la capacité de se projeter sur la scène internationale. D’abord bien accueilli par les pays émergents, ce retrait est vite source de déséquilibre. Les tensions ethniques et géopolitiques en Asie et au Moyen-Orient se transforment rapidement en conflits ouverts, dans un contexte de stagnation économique mondiale.

L’avenir à l’horizon 2030 apparaît donc bien sombre. Des trois scénarios de cette première ébauche des « Global Trends 2030″, le seul qui soit positif brille par son irréalisme. « Coopération » décrit en effet la naissance d’un monde fraternel, guidé par la Chine et les Etats-Unis, dont la collaboration sur le plan technologique déclencherait un nouvel âge d’or pour les relations internationales. Il faut croiser les doigts.

Rémy Dupuis avec Corine Lesnes (Washington, correspondante)

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 14 juillet, 2012 |1 Commentaire »

AVEZ-VOUS VOTRE TAPETTE À DRONES ? (Gaëtan PELLETIER)

Avez-vous votre tapette à drones ?

AVEZ-VOUS VOTRE TAPETTE À DRONES ? (Gaëtan PELLETIER) dans REFLEXIONS PERSONNELLES DRONE-1

arton17156-16377 DRONES dans REFLEXIONS PERSONNELLES

Gaëtan PELLETIER
 

Toute sa vie Montaigne a voulu écrire mais il n’a fait que des essais. (Bourde d’un étudiant du Bac.)

les hommes chômeurs jouent au basket,
les hommes ouvriers au foot,
les hommes cadres au tennis,
les hommes cadres sup au squash,
les hommes patrons au golf,
Conclusion :
Plus leur situation est élevée, plus leurs boules sont petites.
Source

L’humanité à la poubelle : le nouveau resto du NOM. 

Il n’y a pas d’armes contre la bêtise humaine : elle s’enseigne toutefois dans les écoles, où les étudiants avalent les produits frelatés de « connaissances » trafiquées, pour un cheminement social menant à une belle liberté de sujets dépendants et menottés. Ce qu’autrefois l’on nommait esclave.

Tous des Christophe Colomb… Conquérants du « monde ».

Mission : s’emparer de tout.

Quand tout le monde veut s’emparer de TOUT, il ne reste plus qu’une concentration de richesses dans les mains de quelques uns. Le singe a toutes les bananes et sa vie consiste à acheter tous les magasins qui vendent des bananes.

Et on ne forme que des vendeurs de bananes.

À la Monsanto, si possible…

Fabriquer et vendre.

Si les adolescents ont leurs modes passagères, les employés des états, fabricants de machines sophistiquées, ont leur « machine » à détruire dont ils sont fiers. Ils en sont fiers parce qu’ils ont participé à leur fabrication.

Tous des poissons, l’œil pétrifié à cet or des fous : la technologie frelatée de la marche des États.

La réussite personnelle, peu importe les dommages collatéraux… La réussite « personnelle », en fait, elle n’existe pas, puisque la société est un océan dans lequel chaque poisson que nous sommes, y a couvé et y a grandi.

Faire et détruire

Nous voici à l’ère du drone, dont  l’embryon a été créé par les allemands lors de la dernière grande guerre mondiale, le V 1. Pour le bienfait de la nation… Et pour la solde. Car voilà que dans une société à la puanteur des guerres et de causticités malveillantes pour fin de contrôle, on nous bâtit des drones « modèles réduits ».

v-1jpg-2dd2f2dd2-4911e ECONOMIE

Le gros drone… Aux armes, citoyens !

Le MQ-9 Reaper. Ce qui signifie « faucheuse », à « l’allégorie de la mort ».

reaperjpg-7c7c40-127e0 FRANCE

En 2009, il était évalué à environ 16 milles Euros. Il doit frôler les 20 mille Euros aujourd’hui.

États-Unis

DRONE-2 GUERRES

En janvier 2010, l’inventaire est de 6 819 drones de tout type, dont environ 200 appareils à haute altitude HALE (Predator, Reaper, Global Hawk…), et les états-majors réclament 800 drones à haute altitude pour l’avenir.

L’US Navy consacrera par exemple un budget à ces drones de 2 milliards de dollars américains pour 2013-2015 et qui devrait monter à 7 milliards en 202022. Wikipedia

En France

DRONE-3 POLITIQUE

En 2007, la France possédait 81 drones militaires (pour les renseignements). Quatre plans sont en cours de traitement pour acquérir de nouveaux appareils24. (Notamment le projet de Dassault Aviation : le nEUROn)

La police s’est dotée en 2008 du drone ELSA pour surveiller par les airs des manifestations ou des violences urbaines25.

Les drones, c’est comme les couteaux de cuisine : on peut trancher la viande ou assassiner sa femme dans une folie « temporaire ».

Or, présentement, la race humaine semble plutôt vouloir charcuter la planète en utilisant le mauvais angle du couteau.

Les armes, ce sont également les agents de la C.I.A. et l’armada de collaborateurs invisibles attelés à leurs bureaux pour combattre des ennemis créés pour… vendre des armes de…contrôle à distance.

Eux-mêmes, les avachis devant leur ordinateur-jouet ignorent qu’ils sont contrôlés.

Le pain volant et l’échappatoire par les chiottes

L’argent de nos impôts, de nos taxes, donné à « l’État », (dettes à l’appui, sert à farcir les dindes des réels meneurs néolibéraux), mais détourné par un arsenal de gamins aux cheveux blancs – faux sages des sociétés « modernes » – se promènent au dessus de nos têtes pendant qu’on crève de faim ou de désespoir.

Du pain volant…

Et pour l’eau ? De la fracturation hydraulique pour le gaz de schiste et des rivières pour les sables bitumineux de l’Alberta. On en garde du « propre » pour l’embouteillage des chérubins des G-20 et leur descendance de singes portatifs, sautillant sur la planète comme des sauterelles nazies.

La société a également son code génétique. Par sa propagande, elle enfante des « modèles ».

Des clones et des drones.

C’est la foi en ce code qui nous esclave jusqu’au puisard actuel mondialisé.

Nous sommes comme ce gamin dans une scène de la Liste de Schindler qui, pour échapper aux gardes, plonge dans le cercle troué d’une chiotte.

Jusqu’aux cheveux…

On en est là.

À un poil du « puisard céleste ».

Le paradoxe de la liberté et de l’esclavagisme.

Plutôt étonnant !

Un noir javellisé à la présidence des États-Unis qui est soit naïf, soit esclave de fabricants de miroirs produits par les banques « contrôlantes ».

On lutte pour instaurer des démocraties en luttant contre le totalitarisme intérieur pendant qu’on instaure des régimes totalitaires par bombardements chirurgicaux ailleurs. Ou des massacres…

La résistance américaine se prépare déjà à abattre des drones. (Source ) Car, pour la population, l’ingénierie se dote de drones pour infiltrer et surveiller la citoyenneté américaine. Toutefois, les gros calibres ne suffiront pas…

Une bonne tapette à mouches pourrait faire le travail…

L’insecte espion

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Ces drones vont de petits avions de surveillance pesant quelques livres à des aéronefs armés transportant des milliers de livres d’équipement et d’armement. Une nouvelle génération de micro-robots volants (« micro air vehicles, MAV ») est en cours de développement qui ne sont guère plus grands que des insectes et capables de pénétrer sans être vus dans des logements et des lieux de travail pour photographier, enregistrer et même tuer.wsws.org ( Tom Carter)

 Mais les recherches sont en cours, là où les frères Wright ont fait leur premier vol : La Patterson Air Base, Ohio. Oiseaux et moustiques…

Voici le dernier cri :

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La perle des drones

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Financé par la DARPA, dépendante de l’armée américaine, ce projet vise à “modifier” des insectes, afin de pouvoir les télécommander, pour pouvoir les utiliser comme drones volants. Une vidéo montre les progrès accomplis : la commande à distance de ce gros insecte volant fonctionne !

Certains amis des animaux vont probablement hurler à la maltraitance d’animaux. Ou pas, car un gros scarabée, c’est quand même moins mignon qu’un bébé phoque. Ces chercheurs américains travaillent sur un projet étonnant : brancher sur le système nerveux d’insectes vivants, des appareils permettant de les commander à distance et ainsi, de les utiliser comme drones volants. Ou pour accéder à des endroits innaccessibles à un humain. Ce projet est financé par la DARPA, département recherche et développement de l’armée américaine.

Les progrès accomplis sont étonnants. Les chercheurs ont branché des électrodes sur les nerfs optiques de ce gros insecte volant. Des électrodes sont aussi implantées sur certains muscles de l’insecte, afin de les stimuler sur commande. Attaché sur son dos, se trouve le circuit de réception radio. Grâce à ce système, il est possible de faire décoller ou atterrir l’insecte, mais aussi de le faire tourner à gauche ou à droite ! Le chercheur ne fait qu’envoyer un ordre lorsque c’est nécessaire (tourner à droite par exemple), puis la stimulation s’arrête. L’insecte continue alors à faire tout seul ce qu’il sait le mieux faire, voler.

Les avantages de l’utilisation d’un insecte vivant sont évidents : il sait déjà voler, décoller, atterrir de lui-même. Il peut même par exemple atterrir le plus naturellement du monde sur un mur vertical, ce qui serait extrêmement difficile à programmer pour un drone mécanique. Un insecte peut transporter à peu près 30% de son poids sur son dos, ce qui dans notre exemple, permettrait d’emporter une charge utile d’environ 2,5g. La difficulté est donc de miniaturiser suffisamment l’équipement pour pouvoir en faire une application utile. (2)

Inquiétant, tout l’argent qu’on dépense pour s’entretuer…

Le chat-drone

Je n’ai pas d’arme pour abattre des drones, ni de tapettes à mouches. La mouche domestique a disparu… La tapette verte ou jaune est depuis longtemps inutilisée. Elle dort sur une tablette…

Ce qui me fait peur, c’est qu’un jour, on fabrique des chats-drones que nous adopterons. Ils dormiront au pied de nos lits, avec leurs grand yeux-caméra…

Brrrr !

Il faudra aller en forêt pour voir de vrais insectes qui ne nous voient pas.

Ce doit être la raison pour laquelle on rase les forêts. ( Le complotiste)

Le politicien-drone

Nous avons déjà des politiciens-drones télécommandés par des banquiers et une quantité infinie d’adeptes du « développement durable ». Ils développent des banques. Et avec leurs résultats, ils développent d’autres banques.

Qu’ils mangent leurs banques !…

En attendant, je pense à ce cher Freud, à qui, vers la fin de sa vie, on demanda s’il était optimiste au sujet de l’avenir de l’humanité…

Il demeura silencieux…

Je pense que finalement un grand silence règnera sur le monde et que les insectes, qui peuvent dormir pendant des siècles, se réveilleront.

Tout ça, parce que nous sommes hypnotisés…

Quand ils se réveilleront – LES INSECTES- ils travailleront, en commun, à reconstruire cet Éden massacré.

Le ruban continu de l’Histoire, version VHS

 Alors, réapparaîtra sans doute une autre créature velue qui passera des milliers d’années à tenter de se nourrir, de se vêtir, de survivre.

Puis, un jour, il découvrira l’électricité. D’abord le courant continu, puis, comme Tesla, le courant alternatif.

Il tuera un chien pour montrer le danger du courant alternatif.

Car, ayant perdu la victoire sur la connaissance et sur l’argent de la connaissance, rien ne pourra l’arrêter.

Un chien, c’est un chien… Après tout, il faut bien voir « de l’ordre » dans l’intelligence de la Vie…

Après la tapette à mouches, il inventera la mouche qui rend la tapette inutile.

On finira par s’entretuer tous pour créer la meilleure invention qui puisse nous détruire.

La meilleure ?

Inutile de l’inventer : c’est NOUS.

Gaëtan Pelletier, Juin 2012

Référence

  1. http://www.courrierinternational.com/article/2012/06/07/comment-obama-a-appris-a-tuer-avec-ses-drones
  2. Transformer un insecte vivant en drone
  3. http://wsws.org/fr/articles/2012/jui2012/dron-j22.shtml
  4. http://efg-bnusfoodreserves.blogspot.ca/2012/05/usa-flying-drones-shot-down-in-texas.html
  5. http://solari.com/blog/remote-controlled-mosquito-sized-flying-spy-drone/

La Vidure

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 6 juillet, 2012 |Pas de commentaires »
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