AGENT ORANGE: LES DESSOUS DES PROJETS DE DECONTAMINATION (André BOUNY)

Agent Orange : les dessous des projets de décontamination

AGENT ORANGE: LES DESSOUS DES PROJETS DE DECONTAMINATION (André BOUNY) dans REFLEXIONS PERSONNELLES Agent_Orange_Apocalypse_Viet_Nam-a4d90 (André Bouny) 
mercredi 3 octobre 2012 – 10h50

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Mon intention n’est pas de réécrire ici mon livre Agent Orange, Apocalypse Viêt Nam (Éditions Demi Lune, Collection Résistances, Paris, 2010), mais la tenue d’une chronique mensuelle sur l’actualité du sujet. Mon ouvrage étant paru le 5 juin 2010, « Journée Mondiale de l’Environnement », je vais donc démarrer ce périodique à partir de ce mois.

Le 1er juin 2010, dans Environemental Health Perspectives (ehp), à la rubrique « critique de livres », Jeanne M. Stellman et Steven D. Stellman (1) signent une analyse du dernier ouvrage de Alvin L. Young parut chez Springer, New York, fin 2009, sous le titre : The History, Use, Disposition and Environmental Fate of Agent Orange.

Tout d’abord, il convient de préciser qu’Alvin Young a joué un rôle majeur dans la mesure et le suivi des « herbicides » depuis les années 1960. Aujourd’hui, retraité de l’armée de l’air (AF), il bénéficie de l’appui des ex-fabricants d’agents chimiques utilisés au Viêt Nam, Dow et Monsanto, et Young reste un porte-parole gouvernemental dans les relations post-conflit avec le Viêt Nam. Son « nouveau » livre sur la question, une compilation de recherches méconnues et de renseignements précieux, largement ravis à d’autres auteurs, aussi bien en ce qui concerne le contenu du texte que les illustrations photos, cela sans en mentionner les emprunts, constatent en premier lieu les Stellman. Ces derniers mettent en garde sur les citations sorties de leur contexte, comme sur les propos d’auteurs « mal interprétés ». Par exemple, les estimations du « Rapport Stellman » à partir d’archives militaires retrouvées concernant des plans de vols d’épandages. Par ailleurs, pour Young, il semblerait que la science ait pris fin dans les années 1970 et début des années 1980. L’île Johnston, lieu du dernier repos de la plus grande partie d’Agent Orange stocké au Viêt Nam avant son incinération en mer par le navire incinérateur « Vulcain », n’aurait pas connu de problèmes importants selon Young. Pourtant, une réévaluation de 1986 d’Air Force trouve une teneur marine maximale de 472 ppm de dioxine TCDD, le sous-sol allant jusqu’à 510 ppm, et 682 247 ppm de 2, 4, 5-T (Huse G, et al. 1991. Préliminaires de la santé publique, des risques environnementaux, et Exigences relatives aux données d’évaluation pour le site de stockage d’Agent Orange à l’île Johnston Brooks Air Force Base, TX : Direction de la santé au travail et environnementale).

Certaines affirmations de Young contenues dans le livre sont de mauvaise foi ou bien contredisent ses travaux antérieurs, ajoutent les auteurs de cette recension qui concluent « Si il y a une chose que ce recueil de documents réimprimés nous montre, c’est qu’existe une grande quantité de données qui peuvent être utilisées pour répondre aux nombreuses questions ouvertes sur l’environnement. »

Il semble indiscutable que les propos et les travaux des Stellman ont une tonalité d’indépendance inversement proportionnelle à celle de Young.

Le 7 juin, The U.S. Environmental Protection Agency (EPA) publie un projet de rapport scientifique sur les risques d’exposition à la dioxine en réponse aux commentaires et recommandations de la National Academy of Sciences (NAS), visant à réévaluer les enjeux liés à la toxicité des dioxines dans le but de protéger le public étasunien. La voix de Lisa P. Jackson engage l’EPA à mener une réévaluation scientifique de qualité, intègre et transparente, des risques d’exposition de ses compatriotes par un groupe d’experts scientifiques convoqué par le Conseil Consultatif Scientifique de l’EPA. Un projet d’étude très attendue. Et surtout, ce projet scientifique sera soumis à un examen externe par des pairs indépendants. L’Agent Orange est passé par là. Car on connaît les interventions du lobby et l’on se souvient des actions d’empêchement du Président Reagan, lui-même ayant demandé à des scientifiques de ne pas établir de lien entre la dioxine de l’Agent Orange et les pathologies des vétérans U.S.

Le 16 du même mois, un groupe Vietnamo-Étasunien (US-Vietnam Dialogue Group on Agent Orange/Dioxin), créé en 2007 par la Fondation Ford (constructeur automobile), une organisation privée basée à New York, coordonnée par l’Aspen Institute (association privée de recherche basée à Washington), annonce qu’une somme de 300 millions de dollars (étalée sur 10 ans, soit 30 millions annuels) pourrait prendre en charge une part significative des retombées de l’Agent Orange au Viêt Nam. Le Président George W. Bush, lui, avait parlé de 3 millions de dollars seulement, par la suite, il fit preuve de largesse en annonçant 6. Dans un premier temps, Barack Obama annonça 9, avant que les bruits de couloirs du Congrès murmurent 12. Seulement, l’Aspen Institute est une organisation qui n’a aucun pouvoir décisionnel, et pas davantage économique. Mais son annonce, colportant une image positive des États-Unis d’Amérique, est reprise à l’unisson par les médias internationaux, alors qu’elle n’est et reste qu’une recommandation. Cependant, le chiffre ronflant de 300 millions de dollars sur 10 ans se dégonfle au regard des 13 milliards de dollars du budget 2010 du Département des Vétérans Etatsuniens pour les seules victimes de l’Agent Orange qui ne sont « qu’un peu plus de » 200 000, en comparaison aux millions de victimes vietnamiennes, notre esprit n’ose même pas songer au coût supplémentaire d’une décontamination à l’échelle du pays.

Dans la foulée, le 28 juin, le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) dévoile un projet de 5 million de dollars pour la décontamination de l’Agent Orange… le projet se concentrera sur l’aéroport de Bien Hoa, situé au nord de la capitale économique Ho Chi Minh-Ville (ex-saigon). Un des sites les plus contaminés, selon l’ONU : “La concentration de la dioxine dans les trois principaux sites (2) est bien plus élevée que ce qu’autorisent les standards nationaux et internationaux”, a affirmé le PNUD dans un communiqué.

“Si aucune action n’est entreprise, les sites continueront de contaminer l’environnement autour et à poser un grave problème de santé à la population vivant et travaillant dans les environs”, a-t-il poursuivi.

Le ministère vietnamien des Ressources Naturelles et de l’Environnement dirigera le projet financé par le PNUD avec une organisation indépendante, la Global Environment Facility.

L’an dernier, un responsable vietnamien avait indiqué qu’Hanoï avait déjà dépensé cinq millions de dollars pour la décontamination de Bien Hoa. Nettoyer les trois anciennes bases américaines pourrait coûter jusqu’à 60 millions de dollars, avait-il ajouté.

Les États-Unis se concentrent sur le site de Danang, où la décontamination devrait commencer en 2011, a indiqué en mai un responsable américain.

Á cette époque, au-delà de ces déclarations, nous savions déjà que les sommes annoncées étaient non seulement insuffisantes mais ridicules. Une façon d’amorcer la pompe dirons-nous.

À cette même date, une étude d’endocrinologues associés de l’Université Buffalo de New York (Dr Toufic Abdo, David Kasinski, Amy O’Donnell, et Stephen Spaulding) portant sur 224 048 vétérans montrait que les anciens combattants ayant été en contact avec l’Agent Orange (23 939) développaient plus souvent la maladie de Basedow (maladie auto-immune de la thyroïde) que ceux qui n’avaient pas été au contact du poison (200 109) : “Nos résultats montrent que les anciens combattants du Viêt Nam en contact avec l’agent Orange sont plus susceptibles de développer la maladie de Basedow que ceux qui n’y ont pas été exposés. » explique le Dr Ajay Varanasi. Et ajoute : “La maladie auto-immune a été trois fois plus fréquente chez les anciens combattants qui ont rencontré la substance chimique contenant des dioxines. »

(1) Jeanne M Stellman est professeure émérite, École de Santé Publique de l’Université Columbia. Elle a été chercheur principal de Académie Nationale des Sciences sur l’Agent Orange au Viêt Nam (Rapport Stellman). Rédactrice en chef de l’’Encyclopédie de la Santé et Sécurité au Travail (4e éd.) Elle est actuellement professeur à l’Université SUNY Downstate Medical Center, à Brooklyn, New York. ; Steven D. Stellman est professeur d’épidémiologie, École de Santé Publique de l’Université Columbia. Il est titulaire d’un doctorat en chimie physique.

(2) Danang, Bien Ho et, entre les deux, Phu Cat.

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 3 octobre, 2012 |1 Commentaire »

L’ART DE LA GUERRE. LIBYE: PETROLE ROUGE SANG (IL MANIFESTO / Manlio DINUCCI)

L’art de la guerre

Libye : pétrole rouge sang (Il Manifesto)

Manlio DINUCCI

L'ART DE LA GUERRE. LIBYE: PETROLE ROUGE SANG (IL MANIFESTO / Manlio DINUCCI) dans REFLEXIONS PERSONNELLES AFP


-Dessin : Ismail Dogan-
Le second épisode de « Humanitarian War », fameuse fiction washingtonienne sur la Libye, est sorti. Voici la bande-annonce : après avoir aidé les Libyens à se débarrasser du féroce dictateur, les gentils, conduits par l’héroïque Chris, continuent à les aider avec le même désintérêt ; mais les méchants – les terroristes encore nichés dans le pays – tuent Chris qui « risquait sa vie pour aider le peuple libyen à construire les bases d’une nouvelle et libre nation » (Hillary Clinton) et, « fait particulièrement tragique, ils le tuent à Benghazi, ville qu’il avait aidé à sauver (Barack Obama) ; le Président envoie une « force de sécurité » en Libye, mais ce sont les habitants de Benghazi, descendus spontanément dans la rue avec des pancartes à la gloire de Chris, qui chassent les méchants de leurs tanières. En attendant le troisième épisode, jetons un coup d’oil sur la réalité. Chris Stevens, ambassadeur en Libye depuis mai dernier, avait été représentant spécial Usa au CNT de Benghazi pendant la guerre : c’est-à-dire le metteur en scène de l’opération secrète par laquelle avaient été recrutées, financées et armées contre le gouvernement de Tripoli même des milices islamiques jusque peu de temps auparavant désignées comme terroristes. Nouvel apprenti sorcier, Chris Stevens a été renversé par les forces qu’il avait lui-même mis en place quand, une fois le gouvernement de Tripoli abattu, il a dirigé en habit d’ambassadeur étasunien l’opération pour neutraliser les milices jugées par Washington non fiables, et intégrer les fiables dans les forces gouvernementales. Opération extrêmement complexe : il y a en Libye au moins 100 mille combattants armés, appartenant à toutes sortes de formations, y compris quelques unes fidèles à Kadhafi. Tripoli ne contrôle aujourd’hui qu’une partie mineure du territoire.

La désagrégation de l’état unitaire a commencé, fomentée par des intérêts partisans. La Cyrénaïque -où se trouvent les deux tiers du pétrole libyen- s’est de fait autoproclamée indépendante, et le Fezzan, où sont d’autres gros gisements, veut l’être aussi ; et ne resteraient à la Tripolitaine que ceux qui sont devant les côtes de la capitale. La balkanisation de la Libye entre dans les plans de Washington, s’il n’arrive pas à contrôler l’état unitaire. Ce qui est urgent pour les Etats-Unis et les puissances européennes c’est de contrôler le pétrole libyen : plus de 47 milliards de barils de réserves assertées, les plus grandes d’Afrique. Il est important pour eux de disposer aussi du territoire libyen pour le déploiement avancé de forces militaires. La force de déploiement rapide des marines, envoyée par Obama en Libye avec l’appui des drones de Sigonella (base aéronavale étatsunienne en Sicile), officiellement comme réponse à l’assassinat de l’ambassadeur, n’est ni la première ni la dernière. Le Pentagone avait déjà envoyé des forces spéciales et des contractors pour surveiller les plus grandes plates-formes pétrolières, et il se prépare maintenant à une action « antiterroriste ». Il y a longtemps qu’ont débarqué les compagnies pétrolières qui, avec des accords officiels ou en sous-main (grâce à la corruption diffuse), obtiennent des contrats beaucoup plus avantageux que les précédents.

En même temps se prépare la privatisation de l’industrie énergétique libyenne. Participe aussi à la répartition du butin le Qatar qui, après avoir contribué à la guerre de Libye avec des forces spéciales infiltrées et des fournitures militaires, pour une dépense de plus de 2 milliards de dollars, a obtenu 49% (mais de fait le contrôle) de la Banque Libyenne pour le commerce et le développement.

Un bon investissement, la guerre.

Manlio DINUCCI

Edition de mardi 25 septembre 2012 de « il manifesto »

http://www.ilmanifesto.it/area-abbonati/in-edicola/manip2n1/…

Traduit de l’italien par Marie-Ange PATRIZIO

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 29 septembre, 2012 |Pas de commentaires »

TRADUCTION DU DISCOURS DE BENJAMIN NETANYAHU A L’ASSEMBLEE DES NATIONS UNIES

Traduction du discours

de Benjamin Netanyahu

 à l’Assemblée des Nations Unies

TRADUCTION DU DISCOURS DE BENJAMIN NETANYAHU A L'ASSEMBLEE DES NATIONS UNIES dans REFLEXIONS PERSONNELLES benjamin_netanyahu

Cette traduction vient du site web « Conscience du peuple », que nous saluons.

Merci beaucoup Monsieur le Président.

C’est un plaisir de voir l’Assemblée Générale présidée par l’Ambassadeur d’Israël, et il est bon de vous voir tous, Mesdames et Messieurs.

Mesdames et Messieurs,

Il y a trois mille ans, le roi David régna sur l’Etat juif dans notre capitale éternelle, Jérusalem. Je dis cela à tous ceux qui proclament que l’Etat juif n’a pas de racines dans notre région et qu’il va bientôt disparaître.

Tout au long de notre histoire, le peuple juif a surmonté tous les tyrans qui ont cherché à nous détruire. Ce sont leurs idéologies qui ont été abandonnées par l’histoire.

Le peuple d’Israël est vivant ! Nous disons en hébreu « Am Yisrael Chai », et l’Etat Juif vivra éternellement.

Le peuple juif a vécu sur la terre d’Israël depuis des milliers d’années. Même après que la plupart de nos gens furent exilés, les Juifs ont continué à vivre dans ce pays d’Israël à travers les âges. Les masses de notre peuple n’ont jamais abandonné le rêve de retourner dans notre ancienne patrie.

Défiant les lois de l’histoire, nous l’avons fait. Nous sommes revenus de l’exil, nous avons restauré notre indépendance et reconstruit notre vie nationale. Le peuple juif est rentré chez lui.

Nous ne serons jamais plus déracinés à nouveau.

Hier, c’était Yom Kippour, le jour le plus saint de l’année juive.

Chaque année, depuis plus de trois millénaires, nous sommes réunis en ce jour de réflexion et d’expiation. Nous prenons conscience de notre passé. Nous prions pour notre avenir. Nous nous souvenons des souffrances de notre persécution; nous nous souvenons des déboires importants de notre dispersion, nous pleurons l’extermination d’un tiers de notre peuple, six millions d’individus, pendant l’Holocauste.

Mais à la fin de Yom Kippour, nous célébrons.

Nous célébrons la renaissance d’Israël. Nous célébrons l’héroïsme de nos jeunes hommes et femmes qui ont défendu notre peuple avec le courage indomptable de Josué, David, et des Macchabées d’autrefois. Nous célébrons la merveille de l’état florissant juif moderne.

En Israël, nous marchons sur la même bande de terre et les même chemins que nos patriarches Abraham, Isaac et Jacob. Mais nous ouvrons de nouvelles voies à la science, la technologie, la médecine, l’agriculture.

En Israël, le passé et l’avenir trouvent un terrain d’entente.

Malheureusement, ce n’est pas le cas de nombreux autres pays. Aujourd’hui, une grande bataille est menée entre le moderne et l’époque médiévale.

Les forces de la modernité cherchent un brillant avenir dans lequel les droits de tous sont protégés, dans lequel une bibliothèque en constante expansion numérique est disponible dans la paume de chaque enfant, dans lequel chaque vie est sacrée.

Les forces de la féodalité veulent un monde dans lequel les femmes et les minorités sont soumises, dans lequel la connaissance est supprimée, dans lequel pas la vie mais la mort est glorifié.

Ces affrontement des forces prennent place dans le monde entier, mais nulle part plus nettement que dans le Moyen-Orient.

Israël se dresse fièrement avec les forces de la modernité. Nous protégeons les droits de tous les citoyens, hommes et femmes, Juifs et Arabes, musulmans et chrétiens – tous sont égaux devant la loi.

Israël travaille à rendre le monde un meilleur: nos scientifiques gagnent des prix Nobel. Notre savoir-faire est dans chaque téléphone et ordinateur que vous utilisez. Nous prévenons la faim en irriguant les terres arides en Afrique et en Asie.

Récemment, j’ai été profondément ému lorsque j’ai visité le Technion, l’un de nos instituts technologiques à Haïfa, et j’ai vu un homme paralysé de la taille aux pieds, monter un escalier, assez facilement, à l’aide d’une invention israélienne.

Et la créativité exceptionnelle d’Israël va de pair avec la compassion remarquable de notre peuple. Lorsqu’une catastrophe frappe quelque part dans le monde – en Haïti, au Japon, en Inde, en Turquie, en Indonésie et ailleurs – les médecins israéliens sont parmi les premiers sur les lieux, ils sont là pour sauver des vies.

Cette année, j’ai perdu mon père et mon beau-père. Dans les salles de l’hôpital même où ils ont été traités, les médecins israéliens traitaient des arabes palestiniens. En fait, chaque année, des milliers d’Arabes des territoires palestiniens et arabes de tout le Moyen-Orient viennent en Israël pour être soignés dans des hôpitaux israéliens par des médecins israéliens.

Je sais que vous n’allez pas entendre cela dans les haut-parleurs à l’extérieur de cette tribune, mais c’est la vérité. Il est important que vous soyez conscient de cette vérité.

C’est parce qu’Israël chérit la vie et est épris de paix qu’Israël cherche la paix.

Nous cherchons à préserver nos liens historiques et nos traités de paix historiques avec l’Egypte et la Jordanie. Nous cherchons à établir une paix durable avec les Palestiniens.

Le président Abbas vient de s’exprimer ici. Je lui dis et je vous le dis:

Nous ne résoudrons pas notre conflit avec des discours diffamatoires à l’ONU. Ce n’est pas la façon de résoudre un conflit. Nous ne résoudrons pas notre conflit avec des déclarations unilatérales d’indépendance. Nous devons nous asseoir ensemble, négocier ensemble, et parvenir à un compromis mutuel, dans lequel un Etat palestinien démilitarisé reconnaît le seul et unique Etat juif.

Israël veut voir un Moyen-Orient du progrès et de la paix. Nous voulons voir les trois grandes religions qui jaillissent de notre région – le judaïsme, le christianisme et l’islam – coexister dans la paix et dans le respect mutuel.

Pourtant, les forces médiévales de l’islam radical, que vous venez de voir à l’assaut des ambassades américaines à travers le Moyen-Orient, s’y opposent.

Elles cherchent la suprématie sur tous les musulmans. Elles sont déterminées à la conquête du monde. Elles veulent détruire Israël, L’Europe, L’Amérique. Elles veulent éteindre la liberté. Elles veulent la fin du monde moderne.

L’Islam militant a beaucoup de branches – des dirigeants de l’Iran avec leurs gardiens de la révolution aux terroristes d’Al-Qaïda, aux cellules radicales qui se cachent dans chaque partie du globe.

Mais en dépit de leurs différences, elles reposent toutes sur le même socle amer de l’intolérance. L‘intolérance est dirigée d’abord vers leurs coreligionnaires musulmans, puis les chrétiens, les juifs, les bouddhistes, les hindous, les personnes laïques, tous ceux qui ne se soumettent pas à leur credo impitoyable.

Ils veulent entraîner l’humanité vers une ère de dogme aveugle et vers un implacable conflit.

Je suis sûr d’une chose. En fin de compte ils échoueront. En fin de compte, la lumière pénètre l’obscurité.

Nous avons vu cela se produire avant.

Finalement, l’ignorance fait place à l’illumination.

De même, un cloître du Moyen-Orient finira par céder à la puissance irrésistible de la liberté et de la technologie. Lorsque cela se produira, notre région sera guidée non par le fanatisme et la conspiration, mais par la raison et la curiosité.

Je pense que la question pertinente est celle-ci: il ne s’agit pas de savoir si ce fanatisme sera vaincu. Combien de vies seront perdues avant qu’il ne soit vaincu ?

Nous avons vu cela se produire avant aussi.

Il y a 70 ans, le monde a vu une autre idéologie fanatique plier sur la conquête du monde. Une idéologie qui a brûlé. Mais pas avant qu’elle ait entraînée des millions de personnes avec dans sa chute. Ceux qui s’opposaient à ce fanatisme ont attendu trop longtemps avant d’agir. En fin de compte ils ont triomphé, mais à un coût terrible.

Mes amis, nous ne pouvons pas laisser cela se reproduire.

L’enjeu n’est pas seulement l’avenir de mon pays. L’enjeu est l’avenir du monde. Rien ne pourrait mettre en péril notre avenir commun plus que l’armement de l’Iran avec des armes nucléaires.

Pour comprendre ce que le monde serait avec un Iran nucléaire, imaginez le monde avec une arme nucléaire d’Al-Qaïda.

Il ne fait aucune différence si ces armes meurtrières sont entre les mains du plus dangereux régime terroriste du monde ou de la plus dangereuse organisation terroriste. Les deux sont tirés par la même haine; ils sont tous deux entraînés par le même désir de violence.

Il suffit de regarder ce que le régime iranien a fait jusqu’à présent, sans armes nucléaires.

En 2009, ils ont brutalement réprimés des manifestations de masse pour la démocratie dans leur propre pays. Aujourd’hui, leurs acolytes participent au massacre de dizaines de milliers de civils syriens, dont des milliers d’enfants.

Ils ont encouragé le meurtre de soldats américains en Irak et continueent de le faire en Afghanistan. Avant cela, les procurations iraniennes ont tué des centaines de soldats américains à Beyrouth et en Arabie saoudite. Ils ont transformé le Liban et la bande de Gaza en bastions terroristes, stockés près de 100.000 missiles et roquettes dans des zones civiles. Des milliers de ces roquettes et missiles ont déjà été tirés sur les communautés israéliennes par leurs mandataires terroristes.

Dans la dernière année, ils ont répandu leurs réseaux terroristes internationaux à une vingtaine de pays sur les cinq continents – de l’Inde et à la Thaïlande au Kenya et en Bulgarie. Ils ont même comploté pour faire exploser un restaurant à quelques rues de la Maison Blanche afin de tuer un diplomate.

Et bien sûr, les dirigeants iraniens ont nié l’Holocauste à plusieurs reprises et appelé à la destruction d’Israël de manière quotidienne, comme ils l’ont fait à nouveau cette semaine à l’Organisation des Nations Unies.

Je vous demande donc, compte tenu de ce bilan de l’agression iranienne sans armes nucléaires, d’imaginer l’agression iranienne avec des armes nucléaires. Imaginez leurs missiles à longue portée inclinés avec des ogives nucléaires, leurs réseaux terroristes armés de bombes atomiques.

Qui d’entre vous se sentira en sécurité au Moyen-Orient? Qui sera en sécurité en Europe? Qui sera en sécurité en Amérique? Qui sera en sécurité partout ailleurs ?

Il y a ceux qui croient que l’Iran doté d’armes nucléaires sera dissuasif, comme l’URSS.

C’est une supposition très dangereuse.

Les djihadistes se comportent très différemment des marxistes séculaires. Il n’y avait pas de kamikazes soviétiques. Pourtant, l’Iran produit des hordes d’entre eux.

La dissuasion a fonctionné avec les Soviétiques, car chaque fois que les Soviétiques avaient le choix entre leur idéologie et leur survie, ils ont choisi leur survie.

Mais la dissuasion ne fonctionnera pas avec les Iraniens une fois qu’ils obtiendront des armes nucléaires.

Il y a un grand érudit du Moyen-Orient, le professeur Bernard Lewis, qui a le mieux résumé cela. Il a dit que pour les ayatollahs d’Iran, la destruction mutuelle assurée n’est pas dissuasive, c’est une incitation.

Les dirigeants apocalyptiques de l’Iran croient qu’un homme saint médiéval réapparaîtra dans le sillage d’une guerre dévastatrice sainte, assurant ainsi à leur islam la gouvernance de la planète.

Ce n’est pas seulement ce qu’ils croient. C’est ce qui représente effectivement l’orientation de leurs politiques et de leurs actions.

Il suffit d’écouter l’ayatollah Rafsandjani qui a dit, je cite: «L’utilisation d’une seule bombe nucléaire à l’intérieur d’Israël détruira tout, mais il ne nuira pas au monde islamique. »

Rafsandjani a déclaré: « Il n’est pas irrationnel d’envisager une telle éventualité. »

Pas irrationnel …

Et cela vient de l’un des soi-disant modérés de l’Iran.

Étonnamment, certaines personnes ont commencé à colporter la notion absurde qu’un Iran nucléaire serait effectivement stabilisatrice pour le Moyen-Orient.

C’est comme dire qu’une arme nucléaire d’Al-Qaïda ouvrirait la voie à une ère de paix universelle.

Mesdames et Messieurs, je parle de la nécessité d’empêcher l’Iran de développer des armes nucléaires depuis plus de 15 ans.

J’en ai parlé dans mon premier mandat en tant que Premier ministre, puis j’en ai parlé lorsque j’ai quitté le bureau. J’en ai parlé quand c’était à la mode, et j’en ai parlé quand le sujet n’était plus à la mode.

J’en parle maintenant parce que l’heure se fait tard, très tard. J’en parle maintenant parce que le calendrier du nucléaire iranien ne prend pas le temps pour n’importe qui ou pour quoi que ce soit. J’en parle maintenant parce que lorsqu’ il s’agit de la survie de mon pays, ce n’est pas seulement mon droit d’en parler, c’est mon devoir d’en parler. Et je crois que c’est le devoir de tout dirigeant responsable qui veut préserver la paix mondiale.

Pendant près d’une décennie, la communauté internationale a essayé d’arrêter le programme nucléaire iranien par la diplomatie. Cela n’a pas fonctionné.

L’Iran utilise des négociations diplomatiques comme un moyen de gagner du temps pour faire avancer son programme nucléaire. Depuis plus de sept ans, la communauté internationale a tenté des sanctions contre l’Iran. Sous la direction du président Obama, la communauté internationale a adopté certaines des plus fortes sanctions à ce jour. Je tiens à remercier les gouvernements représentés ici qui ont adhéré à cette initiative. Elles ont eu un effet. Les exportations de pétrole ont été freinées et l’économie iranienne a été durement touchée.

Cela a eu un effet sur l’économie, mais nous devons faire face à la vérité. Les sanctions n’ont pas arrêté le programme nucléaire iranien en soit. Selon l’Agence Internationale de l’Energie Atomique, au cours de la seule année dernière, l’Iran a doublé le nombre de centrifugeuses dans son usine nucléaire souterraine à Qom.

A cette heure tardive, il n’y a qu’une seule façon d’empêcher l’Iran de manière pacifique pour qu’il n’obtienne pas de bombes atomiques. C’est en plaçant une ligne rouge sur le programme iranien d’armes nucléaires.

Les lignes rouges ne conduisent pas à la guerre; les lignes rouges empêchent la guerre.

Regardez la charte de l’OTAN: il est clair qu’une attaque contre un pays membre serait considérée comme une attaque contre tous. La ligne rouge de l’OTAN a contribué à maintenir la paix en Europe pendant près d’un demi-siècle.

Le président Kennedy a défini une ligne rouge pendant la crise des missiles cubains. Cette ligne rouge a également empêché la guerre et a aidé à préserver la paix pendant des décennies.

En fait, c’est le fait de ne pas placer de lignes rouges qui a souvent poussé à l’agression.

Si les puissances occidentales avaient établi clairement les lignes rouges dans les années 1930, je crois qu’ils auraient arrêté l’agression nazie et la Seconde Guerre Mondiale aurait pu être évitée.

En 1990, si Saddam Hussein avait été clairement prévenu que sa conquête du Koweït serait un franchissement de ligne rouge, la première guerre du Golfe aurait pu être évité.

Les lignes rouge franches fonctionnent aussi avec l’Iran.

Plus tôt cette année, l’Iran a menacé de fermer le détroit d’Hormouz. Les Etats-Unis ont tiré une ligne rouge et l’Iran a reculé.

Les lignes rouges n’ont pu être tirées dans les différentes parties du programme d’armement nucléaire iranien. Mais pour être crédible, une ligne rouge doit être établi en premier lieu dans une partie vitale de son programme: sur les efforts de l’Iran pour enrichir de l’uranium. Maintenant, laissez-moi vous expliquer pourquoi:

Fondamentalement, n’importe quelle bombe se compose de matière explosive et d’un mécanisme permettant de l’allumer.

L’exemple le plus simple est de la poudre à canon et d’un détonateur. Cela signifie que vous allumez la mèche et cela déclenche l’explosion de la poudre à canon.

Dans le cas des plans de l’Iran pour construire une arme nucléaire, la poudre, c’est de l’uranium enrichi. Le détonateur, c’est un détonateur nucléaire.

Pour l’Iran, amasser suffisamment d’uranium enrichi est beaucoup plus difficile que de produire du fusible nucléaire.

Pour un pays comme l’Iran, il faut de nombreuses années pour enrichir l’uranium pour une bombe. Cela nécessite des milliers de centrifugeuses dans de très grandes installations industrielles. Ces plans iraniens sont visibles et ils sont toujours vulnérables.

En revanche, l’Iran pourrait produire le détonateur nucléaire – le fusible – en beaucoup moins de temps, peut-être moins d’un an, peut-être seulement quelques mois.

Le détonateur peut être réalisé dans un atelier de la taille d’une salle de classe. Il peut être très difficile à trouver et  en particulier en Iran. C’est un pays qui est plus grand que la France, l’Allemagne, l’Italie et la Grande-Bretagne réunies.

La même chose est vraie pour la petite installation dans laquelle ils pourraient monter une ogive ou une arme nucléaire qui pourrait être placée dans un porte-conteneurs. Il y a des chances que vous ne trouveriez pas cette installation.

Donc, en fait, la seule façon que vous avez pour être crédible et empêcher l’Iran de développer une arme nucléaire, est d’empêcher l’Iran d’enrichir de l’uranium pour en avoir suffisamment pour une bombe.

Alors, combien uranium enrichi avez-vous besoin pour fabriquer une bombe? Et ou en est l’Iran ? 

Laissez-moi vous montrer. J’ai apporté un diagramme pour vous. Voici le schéma.

C’est une bombe, et là, c’est le détonateur.

Dans le cas des plans nucléaires de l’Iran pour construire une bombe, cette bombe doit être remplie avec suffisamment d’uranium enrichi. Et l’Iran doit passer par trois étapes.

La première étape: il faut enrichir suffisamment d’uranium faiblement enrichi.

La deuxième étape: il faut enrichir suffisamment d’uranium enrichi moyennement.

Et la troisième et dernière étape: il faut enrichir à très haute importance de l’uranium.

Où est l’Iran? L’Iran a terminé la première étape. Il leur a fallu de nombreuses années, mais ils l’ont rempli et ils sont 70% du chemin.

Maintenant, ils sont bien dans la deuxième étape. Au printemps prochain, au plus avant l’été prochain au vu des taux d’enrichissement actuels, ils auront terminé l’enrichissement moyen pour passer à l’étape finale.

A partir de là, il n’y a que quelques mois, peut-être quelques semaines avant qu’ils n’obtiennent suffisamment d’uranium enrichi pour la première bombe.

Mesdames et Messieurs, ce que je vous ai dit aujourd’hui ne se fonde pas sur des informations secrètes. Ce n’est pas basé sur le renseignement militaire. C’est basé sur des rapports publics de l’Agence Internationale de l’Energie Atomique. Tout le monde peut les lire. Ils sont en ligne.

Donc, si les faits sont là, et ils le sont, où la ligne rouge doit être établie?

La ligne rouge devrait être établie ici …

Avant que l’Iran n’achève la deuxième étape de l’enrichissement d’uranium nécessaire pour fabriquer une bombe.

Avant que l’Iran n’arrive à un point où il n’est à quelques mois ou quelques semaines de l’uranium enrichi à haute qualité pour fabriquer une arme nucléaire.

Chaque jour, ce point se rapproche. C’est pourquoi je vous parle aujourd’hui avec un tel sentiment d’urgence. Et c’est pourquoi tout le monde devrait sentir ce sentiment d’urgence.

Certains de ceux qui prétendent que même si l’Iran achève le processus d’enrichissement, même s’il traverse la ligne rouge que je viens de tirer, nos agences de renseignement sauront quand et où l’Iran fabriquera le fusible, assemblera la bombe, et préparera l’ogive.

Regardez, personne n’apprécie plus nos agences de renseignements que le Premier Ministre d’Israël ? Toutes ces agences sont superbes. Elles ont déjoué plusieurs attaques. Elles ont sauvé de nombreuses vies. Mais elles ne sont pas infaillibles !

Depuis plus de deux ans, nos agences de renseignements ne savaient pas que l’Iran construisait une usine d’enrichissement nucléaire, sous une énorme montagne.

Voulons-nous compromettre la sécurité du monde sur l’hypothèse que nous allons trouver un petit atelier dans un pays qui représente la moitié de la taille de l’Europe?

Mesdames et Messieurs, la question pertinente n’est pas quand l’Iran aura la bombe. La question pertinente est à quel stade ne pourra t-on plus empêcher l’Iran d’avoir la bombe ?

La ligne rouge doit être tirée sur le programme iranien d’enrichissement de l’uranium, car ces installations d’enrichissement sont les seules installations nucléaires que nous avons avec certitude pour cible.

Je crois que, face à une ligne rouge, l’Iran fera marche arrière.

Cela vous donnera plus de temps pour des sanctions et pour la diplomatie afin de convaincre l’Iran de démanteler son programme d’armes nucléaires.

Il y a deux jours, à cette tribune, le président Obama a réitéré que la menace d’un Iran doté d’armes nucléaires ne peut être acceptée. J’apprécie beaucoup la position du président comme tout le monde dans mon pays. Nous partageons l’objectif d’arrêter le programme iranien d’armes nucléaires. Cet objectif unit le peuple d’Israël. Il unit les Américains, démocrates et républicains, et il est partagé par d’importants leaders à travers le monde.

Ce que j’ai dit aujourd’hui aidera à faire en sorte que cet objectif commun soit atteint.

Israël est en pourparlers avec les Etats-Unis sur cette question, et je suis convaincu que nous pouvons tracer la voie à suivre ensemble.

Mesdames et Messieurs, l’affrontement entre la modernité et le médiévalisme ne doit pas être un affrontement entre modernité et tradition.

Les traditions du peuple juif remontent à des milliers d’années. Elles sont la source de nos valeurs collectives et le fondement de notre force nationale.

Dans le même temps, le peuple juif a toujours regardé vers l’avenir. Tout au long de l’histoire, nous avons été à l’avant-garde des efforts visant à étendre la liberté, à promouvoir l’égalité, et à faire progresser les droits de l’homme.

Nous défendons ces principes non pas en dépit de nos traditions, mais à cause d’elles.

Nous écoutons les paroles des prophètes juifs Isaïe, Amos, Jérémie, traitons tout le monde avec dignité et compassion, recherchons la justice, chérissons la vie et prions pour la paix.

Ce sont les valeurs intemporelles de mon peuple et celles-ci sont le plus grand don du peuple juif à l’humanité.

Engageons-nous aujourd’hui pour défendre ces valeurs afin que nous puissions défendre notre liberté et la protection de notre civilisation commune.

Merci

Chronologie des avertissements depuis 1979

Les annonces que la République islamique sera bientôt capable de produire une arme nucléaire, ou pire, détient déjà cette arme, ne sont pas nouvelles. 

Depuis plus d’un quart de siècle, les responsables occidentaux ont affirmé à plusieurs reprises que l’Iran était proche de rejoindre le club des pays détenteurs de l’arme nucléaire. Une telle possibilité a toujours été considérée comme «inacceptable» et la raison possible pour une action militaire avec « toutes les options envisageables» dans le but d’empêcher l’Iran de perturber l’équilibre stratégique au Moyen-Orient dominé par les Etats-Unis et Israël. 

Durant cette période, ces prévisions sur le nucléaire iranien ont maintes et maintes fois apparu et disparu. Cette chronique des prédictions passées a pour but de remettre dans une perspective historique la rhétorique actuelle sur l’Iran. 

1. Premiers avertissements : 1979-84 

La crainte d’une arme nucléaire iranienne est antérieure à la Révolution Islamique de 1979, lorsque le pro-occidental Shah Mohammad Reza Pahlavi menait d’intenses négociations avec les Etats-Unis, la France et l’Allemagne de l’Ouest concernant un projet d’investissement énergétique devant aboutir à la construction de 20 réacteurs. 

Fin des années 1970: les États-Unis reçoivent des renseignements selon lesquels le Shah aurait « mis en place un programme clandestin de développement d’armes nucléaires ». 

1979: le Shah est renversé par la révolution iranienne qui aboutit à l’avènement de la République Islamique. Après le renversement du Shah, les Etats-Unis ont cessé de fournir de l’uranium hautement enrichi (UHE) à l’Iran. Le gouvernement révolutionnaire guidé par l’ayatollah Ruhollah Khomeiny condamnait les armes et l’énergie nucléaires, et a pour un temps arrêté tous les projets. 

1984: Peu de temps après que des ingénieurs ouest-allemands aient visité le réacteur nucléaire inachevé de Bushehr, la revue militaire Jane Defense Weekly publie des propos émanant des services de renseignement allemands expliquant que la production par l’Iran d’une bombe « est dans sa phase finale. » Le sénateur américain Alan Cranston affirme que l’Iran aura sa bombe dans sept ans. 

2. Israel dépeint l’Iran comme son ennemi n°1 : 1992 

Bien qu’Israël ait secrètement fait des affaires avec la République Islamique après la révolution de 1979, cherchant à cultiver une alliance perse contre ses ennemis arabes locaux, le début des années 1990 a vu un effort concerté de Tel-Aviv pour dépeindre l’Iran comme une nouvelle menace à son l’existence de l’état hébreux. 

1992 : le parlementaire israélien, Benjamin Netanyahu, annonce à ses collègues que l’Iran sera sous 3 à 5 ans en mesure de produire une arme nucléaire et que cette menace doit être enrayée «par un front international dirigé par les Etats-Unis. » 

1992: le ministre israélien des affaire étrangères Shimon Peres déclare sur une chaine de télévision française que l’Iran sera doté de têtes nucléaires d’ici 1999. « L’Iran est la plus grande menace et le plus grand problème au Moyen-Orient », a averti M. Peres, «parce qu’il vise l’option nucléaire tout en maintenant une position très dangereuse de militantisme religieux extrême». 

1992: Joseph Alpher, un ancien fonctionnaire du Mossad, déclare que « l’Iran doit être identifié comme l’ennemi n ° 1. » Le programme nucléaire iranien naissant, a t-il déclaré au New York Times, «donne vraiment la frousse à Israël. » 

3. Les Etats-Unis se joignent aux avertissements: 1992-97 

La sonnette d’alarme a retenti à Washington quand au début de 1992 un groupe de travail du House Republican Research Committee affirme qu’il y a «98 % de certitude que l’Iran a déjà tous (ou presque tous) les éléments nécessaires pour deux ou trois armes nucléaires opérationnelles. » 

Des prédictions similaires sont émises par le chef de la CIA de l’époque, Robert Gates, selon qui le programme nucléaire iranien pourrait être un «problème grave» dans cinq ans ou moins. Cependant, la bureaucratie a pris un certain temps pour intégrer la rhétorique menaçante sur l’Iran. 

1992: Une fuite d’un rapport du Pentagone « Stratégie de défense pour les années 1990 » fait peu référence à l’Iran, bien qu’il envisage sept scénarios de futurs conflits potentiels qui s’étendent de l’Irak à la Corée du Nord. 

1995: Le New York Times exprime publiquement les craintes des responsables américains et israéliens affirmant que « l’Iran est beaucoup plus proche de la production d’armes nucléaires qu’on ne le pensait » (environ cinq ans seulement) et que la bombe nucléaire de l’Iran est « en tête de liste » des dangers dans la décennie à venir. Le rapport parle d’une «accélération du programme nucléaire iranien » et affirme que l’Iran « a commencé une campagne intensive pour développer et acquérir des armes nucléaires» en 1987 et aurait recruté des scientifiques de l’ex-Union soviétique et du Pakistan pour le conseiller. 

1997: Le Christian Science Moniteur rapporte que les pressions américaines sur les fournisseurs nucléaires de l’Iran ont «forcé l’Iran à adapter son calendrier présumé pour une bombe. Aujourd’hui, les experts disent que l’Iran a peu de chances d’acquérir des armes nucléaires avant huit ou 10 ans.» 

4. Rhétorique contre «l’axe du mal»: 1998-2002 

Un satellite espion américain détecte le lancement d’un missile Iranien de moyenne portée, suscitant des spéculations sur le danger posé à Israël. 

1998: Le New York Times explique qu’Israël se sent moins en sécurité à la suite du lancement même si Israël est le seul pays au Moyen-Orient à posséder à la fois l’arme nucléaire et les missiles à longue portée pour les lancer n’importe où. «La principale réaction à ce qui se passe viendra d’Israël, et nous devons nous inquiéter des mesures que les israéliens pourrait prendre», selon un ancien responsable du renseignement cité par le Times. Un expert non identifié ajoute: «Cet essai montre que l’Iran est résolu à acquérir des armes nucléaires, parce que personne ne construit un missile d’une portée de 1200 km pour envoyer des ogives conventionnelles.» 

1998: La même semaine, l’ancien secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld présente un rapport au Congrès affirmant que l’Iran aura la capacité de construire un missile balistique intercontinental pouvant atteindre les Etats-Unis d’ici cinq ans. La CIA a donné quant a elle une estimation de délai de 12 ans. 

2002: La CIA avertit que le danger de missiles à tête nucléaire, en particulier ceux de l’Iran et de la Corée du Nord, est plus élevé que pendant la guerre froide. Robert Walpole, puis un haut responsable de la CIA pour les programmes stratégiques et nucléaires, raconte devant une commission du Sénat que la capacité de missiles de l’Iran a augmenté plus rapidement que prévu dans les deux années précédentes et qu’il sera bientôt à égalité avec la Corée du Nord. La menace «va continuer à croître car les capacités des adversaires potentiels arrivent à maturité». 

2002: Le président George W. Bush ajoute l’Iran à la liste des pays faisant partie de «l’axe du mal» avec l’Irak et la Corée du Nord. 

5. Révélations de l’intérieur de l’Iran: 2002-05 

En Août 2002, le groupe d’opposition iranien des Moudjahidine-e Khalq (MEK) annonce que l’Iran construit une installation souterraine d’enrichissement d’uranium à Natanz et un réacteur à eau lourde à Arak. Il est largement admis que la preuve a été transmise au MEK par le renseignement israélien. 

L’enrichissement et les réacteurs nucléaires ne sont pas interdits à l’Iran en tant que signataire du Traité de Non-Prolifération nucléaire (TNP), mais le fait de ne pas divulguer la totalité de ses activités conduit à une enquête de l’AIEA et un examen beaucoup plus approfondi. L’Iran insiste sur le but pacifiques de ses activités, mais se trouve en violation de son accord avec l’AIEA, et est accusé par l’AIEA d’un « tentative de dissimulation. » 

2004: Le secrétaire d’état américain Colin Powell dit aux journalistes que l’Iran travaille sur une technologie pour adapter une ogive nucléaire sur un missile. « Nous parlons de l’information qui dit que non seulement ils ont les missiles mais qu’ils travaillent dur sur la manière de combiner les deux ensemble», explique-t-il. 

2005: Les États-Unis présentent 1000 pages de dessins et autres documents qui auraient été récupérés à partir d’un ordinateur portable en Iran l’année précédente, et qui donnent des informations détaillées sur la fabrication d’explosifs et d’une ogive de missile à capacité nucléaire. Ces «prétendues études» sont rejetées par l’Iran comme des faux crées par des services de renseignement hostiles. 

6. Les menaces se précisent: 2006-09 

2006: Les tambours de la guerre battent plus vite après que Seymour Hersh du New-Yorker ait cité des sources américaines disant qu’une attaque contre l’Iran est inévitable, et qu’il est prévu d’utiliser des armes nucléaires tactiques contre les installations iraniennes enterrées. 

2007: Le président Bush avertit qu’un Iran nucléaire pourrait conduire à une « troisième guerre mondiale. » Le Vice-président Dick Cheney avait déjà mis en garde contre des «conséquences graves» si l’Iran ne renonce pas à son programme nucléaire. 

2007: Un mois plus tard, un rapport d’évaluation officiel de la Direction du Renseignement National est déclassifié, et affirme au contraire avoir «une grande confiance» dans le fait que l’Iran ait abandonné son effort d’armement nucléaire depuis l’automne 2003. 

Le rapport, destiné à synthétiser les informations récoltées par 16 agences d’espionnage américaines, réfute les décennies d’hypothèses inverses de Washington. Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad appelle le rapport une «victoire pour la nation iranienne.» Un éditeur de journal iranien à Téhéran confie au Christian Monitor  »Les conservateurs … pensent que le risque de guerre contre eux a disparu. » 

Juin 2008: L’ambassadeur américain à l’ONU, John Bolton, prédit qu’Israël attaquera l’Iran avant Janvier 2009, profitant d’une fenêtre avant que le prochain président américain soit arrivé au pouvoir. 

Mai 2009: Un rapport du comité des affaires étrangères du Sénat américain déclare: «Il n’y a aucun signe que les dirigeants iraniens aient commandé une bombe. » 

Phase 7. Israël veut imposer son calendrier: 2010-11 

Malgré les rapports et les évaluations du renseignement affirmant le contraire, les israéliens et de nombreux responsables américains continuent de penser que l’Iran est déterminé à avoir des armes nucléaires le plus tôt possible. 

Août 2010: Un article de Jeffrey Goldberg dans le numéro de septembre de l’Atlantic est publié en ligne, décrivant un scénario dans lequel Israël a choisi de lancer une attaque unilatérale contre l’Iran avec 100 avions, «parce qu’un Iran nucléaire pose la plus grande menace depuis Hitler pour la survie du peuple juif. «  

S’appuyant sur des entretiens avec « environ 40 décideurs israéliens passés et présents, au sujet d’une frappe militaire » et avec des responsables américains et arabes, M. Goldberg prédit qu’Israël lancera une attaque en Juillet 2011. L’article mentionne les précédentes frappes israéliennes contre les installations nucléaires de l’Irak et de la Syrie, et cite le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, disant: «Vous ne voulez pas qu’un culte messianique apocalyptique ait le contrôle de bombes atomiques. Quand le croyant aux yeux écarquillés obtient les rênes du pouvoir et des armes de destruction massive, alors le monde devrait commencer à s’inquiéter, et c’est ce qui se passe en Iran. »

2010: Les responsables américains pensent que le programme nucléaire de l’Iran a été ralenti par quatre séries de sanctions du Conseil de Sécurité et une foule de mesures américaines et européennes. Le virus informatique Stuxnet a également fait des ravages jusqu’en 2011 en endommageant des milliers de centrifugeuses qui enrichissent l’uranium. 

Janvier 2011: Quand Meir Dagan quitte son poste de directeur du Mossad, il déclare que l’Iran ne serait pas en mesure de produire une arme nucléaire d’ici à 2015. «Israël ne devrait pas se hâter d’attaquer l’Iran, mais doit le faire uniquement lorsque l’épée sera contre son cou.» Plus tard, il ajouta qu’attaquer l’Iran serait «une idée stupide … Le défi régional auquel ferait face Israël serait impossible. » 

Janvier 2011: Un rapport de la Fédération des Scientifiques Américains sur l’enrichissement d’uranium par l’Iran affirme qu’il n’est pas possible que Téhéran ait déjà la capacité technique de produire un engin nucléaire. 

Février 2011: Le Directeur du renseignement national James Clapper affirme dans un témoignage devant le Congrès que «l’Iran garde la possibilité de développer des armes nucléaires en partie en développant diverses techniques liées au nucléaire afin de mieux se positionner pour produire de telles armes, s’il décide de le faire ».   »Nous ne savons pas, cependant, si l’Iran finira par décider de construire des armes nucléaires. » 

Novembre 2011: L’AIEA affirme pour la première fois que l’Iran a travaillé sur des projets d’armement nucléaire depuis des années, en publiant des informations détaillées basées sur plus de 1000 pages d’informations, corroborés, dit-elle, par des données provenant de 10 Etats membres et de ses propres enquêtes et entretiens. L’Iran réfute ce rapport et prétend qu’il a été motivé par des fins politiques. 

Source: Alter info

                                   La ligne noire de Netanyahu

(Il Manifesto)

 

arton17862-655cb BENJAMIN NETANYAHU dans REFLEXIONS PERSONNELLES
Manlio DINUCCI
Nous savons maintenant comment sera la bombe nucléaire iranienne : une boule avec la mèche allumée, comme celle des bandes dessinées pour enfants. Le premier ministre israélien Netanyahu l’a montrée avec un dessin, à l’Assemblée Générale de l’ONU et, comme un maître d’école maternelle, il a sorti un feutre et il a tracé sur la bombe une belle ligne rouge. Ici, a-t-il expliqué, doit être arrêté « le plus dangereux régime terroriste du monde », l’iranien, « avant qu’il ne porte à terme l’enrichissement nucléaire nécessaire pour fabriquer une bombe ». Un tout autre cadre aurait dû être présenté à l’ONU : celui du puissant arsenal nucléaire israélien, entouré de la ligne noire du secret et de l’omertà. Selon Jane’s Defense Weekly, Israël – la seule puissance nucléaire au Moyen-Orient – possède de 100 à 300 têtes nucléaires, prêtes au lancement sur des missiles balistiques qui, avec le Jericho 3, atteignent une portée de 8-9mille km. L’Allemagne a fourni à Israël (sous forme de don ou à prix réduits) quatre sous-marins Dolphin modifiés : dans chacun d’eux, aux six tubes de lancement de missiles de croisière à courte portée en ont été ajoutés quatre pour les Popeye Turbo, des missiles nucléaires de 1.500 km de portée. Les sous-marins israéliens made in Germany, silencieux et pouvant rester en immersion pendant une semaine, croisent en Méditerranée orientale, en Mer Rouge et dans le Golfe Persique, prêts 24 heures sur 24 à l’attaque nucléaire. Les Etats-Unis, qui ont déjà fourni à Israël plus de 350 chasseurs-bombardiers F-16 et F-15, se sont engagés à leur fournir au moins 75 chasseurs F-35, eux aussi à double capacité nucléaire et conventionnelle. Le Pentagone, qui garde secrets les codes d’accès au software du F-35 même avec les pays (comme l’Italie) qui participent à sa construction, les fournira par contre à Israël pour qu’il puisse intégrer le F-35 dans ses propres systèmes de guerre électronique. Il donnera en outre la priorité à l’entraînement des pilotes israéliens, en les préparant à l’attaque nucléaire avec ces chasseurs de cinquième génération.

Israël, qui à la différence de l’Iran refuse le Traité de non-prolifération, n’admet pas qu’il possède un arsenal nucléaire (dont l’existence est reconnue par l’Agence Internationale pour l’Energie Atomique), mais laisse entendre de façon menaçante qu’il l’a et qu’il peut s’en servir. Il refuse ainsi de participer à la Conférence pour la création au Moyen-Orient d’une zone sans armes nucléaires, ordonnée par l’ONU, à laquelle l’Iran a par contre adhéré. Pendant ce temps Israël, qui selon le Sipri a produit, jusqu’en 2011, 690-950 kgs de plutonium, continue à en produire en quantité suffisante pour fabriquer chaque année 10-15 bombes de la puissance de celle de Nagasaki. Il produit certainement aussi du tritium, un gaz radioactif avec lequel il fabrique des armes nucléaires de nouvelle génération. Parmi lesquelles des mini-nukes, à utiliser dans un théâtre guerrier réduit, et des armes neutroniques, qui provoquent une contamination radioactive mineure, mais une létalité plus élevée à cause de leur forte émission de neutrons rapides : les plus adaptées contre des objectifs peu distants d’Israël.

Les états arabes de l’AIEA, qui avaient préparé une résolution sur « Les capacités nucléaires israéliennes », en ont, sous la pression des USA, renvoyé la présentation en 2013.

Tandis que la mèche de la bombe, pas l’iranienne de la bande dessinée mais la vraie d’Israël, peut être allumée à tout moment.

Manlio Dinucci

Edition de mardi 2 octobre 2012 de il manifesto

http://www.ilmanifesto.it/area-abbonati/in-edicola/manip2n1/…

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio                                                                                   

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 28 septembre, 2012 |Pas de commentaires »

IRAN, ISRAEL, ETATS-UNIS: L’OPTION MILITAIRE (Eric VILAIN)

Iran, Israël, États-Unis : l’option militaire

IRAN, ISRAEL, ETATS-UNIS: L'OPTION MILITAIRE (Eric VILAIN) dans REFLEXIONS PERSONNELLES iran-3-24af7  (Eric Vilain)

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Il y a un consensus dans ce qu’on appelle pudiquement la « communauté internationale » pour obliger l’Iran à mettre fin à son programme nucléaire militaire. On considère que les principaux pays industrialisés ont le droit de mettre en œuvre un programme nucléaire civil et militaire, mais pas l’Iran. Le fait qu’on parle d’« option militaire » pour mettre fin à ce programme en Iran, mais pas en Corée du Nord, n’est sans doute pas un hasard.

Le problème est que l’Iran ne veut manifestement rien savoir, et que les pays occidentaux (ce qui exclut la Russie et la Chine) ne semblent pas capables d’imaginer ce qu’ils pourraient fournir à l’Iran en échange de l’arrêt, ou du moins d’un certain contrôle international, de sa politique nucléaire. Ce quelque chose pourrait être, par exemple, une certaine reconnaissance internationale, une certaine légitimité de l’Iran en tant qu’État sur la scène internationale. Il va de soi que les États-Unis ne sont absolument pas disposés à entrer dans ce jeu-là, parce que s’il en était ainsi ils se verraient privés d’un épouvantail qui est très utile à leur politique internationale. Le même raisonnement vaut pour Israël, à cette différence près que cet épouvantail sert à leur politique intérieure. Le jour où il n’y aura plus de tensions extérieures pour maintenir l’union nationale en Israël, les autorités israéliennes auront à faire face aux innombrables contradictions sociales qui minent le pays.
Israël ne se trouve pas dans une situation particulièrement favorable. Les négociations avec les Palestiniens piétinent. La situation en Syrie se dégrade : tout laisse à penser que la chute de Bachir al-Assad conduira à la mise en place d’un régime islamiste, comme en Égypte – ou d’une façon générale comme partout où les dictateurs ont été renversés. L’avenir de la Jordanie est incertain. Le renversement de Moubarak en Égypte a ouvert la porte à un régime islamiste dont le nouveau président, Mohamed Morsi, va s’empresser de se rendre à Téhéran où se déroule la rencontre du Mouvement des Non-Alignés.

Tout cela conforte en Israël le syndrome de Massada : environ un millier de Juifs révoltés s’étaient retranchés dans la forteresse de Massada, assiégée par les Romains. Lorsque, après sept mois de siège, en l’an 73, les Romains pénétrèrent dans la forteresse, les assiégés s’étaient suicidés. Par extension, le syndrome de Massada est cette attitude paranoïaque qui caractérise un groupe qui se sent assiégé dans un environnement hostile qui veut sa perte, et qui conduit à un acte désespéré. Si les autorités israéliennes, les médias israéliens confortent ce sentiment d’être assiégé – un sentiment largement entretenu par la politique d’expansion territoriale d’Israël depuis sa création –, il n’est pas impossible que la décision d’une frappe contre l’Iran soit prise.

Significativement, Obama ne s’est pas rendu en Israël pendant son mandat – un fait sans doute unique dans l’histoire contemporaine. Ce qui ne l’a pas empêché d’envoyer d’innombrables émissaires pour assurer les autorités israéliennes que les États-Unis prennent la chose très au sérieux et pour leur enjoindre de ne pas entreprendre de frappe préventive. Le gouvernement Obama choisit pour l’instant l’option diplomatique mais se trouve face aux Israéliens qui pensent que l’Iran progresse plus vite qu’on ne le pense vers la construction de l’arme nucléaire.
La politique de Netanyahu consiste clairement à mettre la pression sur Obama, à le discréditer pour soutenir son concurrent conservateur, Romney, lui-même entouré de néoconservateurs enchantés à la perspective d’une guerre. Aussi, l’éventualité ne peut pas être écartée d’une attaque israélienne avant les élections aux États-Unis, dans le but d’influer sur le scrutin en faveur du candidat qui aura pris position pour une frappe préventive : en effet, dans ce cas, les États-Unis seraient contraints d’intervenir eux aussi pour soutenir leur allié.

Pendant l’été, le Premier ministre Netanyahu et le ministre de la Défense, Ehud Barak, ont proclamé haut et fort la possibilité d’une attaque préventive israélienne contre les installations nucléaires iraniennes. Certains milieux, dits « autorisés » aux États-Unis, semblent précisément penser que cette attaque préventive israélienne est une option possible. Un spécialiste Etats-Unien du Moyen-Orient, Richard N. Haass, président du Conseil des Affaires Etrangères, affirme que les États-Unis tentent de calmer les Israéliens, mais « l’une des nombreuses inconnues est à quel point les États-Unis peuvent rassurer les Israéliens, étant donné ce que les Israéliens considèrent comme les enjeux » 1. La question se résumerait à définir les risques réciproques et les conséquences possibles d’un Iran possédant l’arme nucléaire, d’une part, et d’une attaque préventive israélienne de l’autre. Or une attaque préventive destinée à détruire les installations nucléaires iraniennes serait totalement inefficace si elle n’avait pas recours à l’arme nucléaire – tout en ne garantissant aucunement que toutes les installations iraniennes soient détruites.

Ces éventualités doivent être évaluées uniquement avec la grille de lecture des intérêts stratégiques étatsuniens et des liens particuliers qui rapprochent Israël et les États-Unis. La principale préoccupation des officiels israéliens en ce moment est de savoir si Obama ou Romney se décideront à entreprendre une attaque contre l’Iran – sachant que parler d’« attaque contre les installations nucléaires iraniennes » est une attaque contre l’Iran, un acte de guerre dont les conséquences pourraient être incalculables.
Il va sans dire que les Israéliens préféreraient que ce soient les États-Unis qui prennent l’initiative de l’attaque. Ils s’imaginent sans doute que cette solution susciterait à l’encontre d’Israël des réactions moins hostiles de la part des pays environnants – comme si on ne connaissait pas depuis longtemps les liens entre les deux pays. C’est la politique du « armons-nous et partez », et on fait faire le sale boulot par le copain. Il est vrai que depuis des années l’Arabie Saoudite insiste auprès des États-Uniens pour qu’ils attaquent l’Iran.
Une attaque israélienne contre l’Iran conduirait à l’implication immédiate des États-Unis dans le conflit, ne serait-ce que pour empêcher l’Iran de répliquer. En somme, le message qui serait envoyé serait celui-ci : « Certes, Israël vous a attaqué, mais vous n’avez pas le droit de répliquer, et si vous le faites, c’est vous qui serez le responsable de l’escalade conduisant au déclenchement d’une nouvelle guerre mondiale. »
Un rapport Etats-Unien rédigé par des officiels du gouvernement, des experts de la sécurité nationale et des officiers, révèle que des frappes US contre l’Iran pourraient secouer le régime, politiquement, et endommager sa capacité à répliquer, mais les Iraniens se montreraient capables de répliquer, directement, ou par l’intermédiaire de substituts, de telle manière que cela pourrait déclencher une guerre dans tout le Moyen-Orient. En outre, cela retarderait, mais n’arrêterait pas les efforts iraniens pour créer la bombe atomique.

L’un des arguments avancés contre l’intervention militaire étatsunienne est que les musulmans perçoivent déjà les États-Unis comme étant antimusulmans, après l’occupation de l’Irak et de l’Afghanistan. Des frappes contre l’Iran risqueraient de mettre le feu aux poudres auprès des populations musulmanes : les réactions après la vision d’un film antimusulman sur internet ne seraient alors que peu de chose en comparaison d’une réaction massive des musulmans de la planète. « Les planificateurs et les experts devraient prendre en compte que les émeutes et les troubles qui ont suivi la vision d’extraits d’un obscur film sur le web seraient une fraction de ce qui pourrait arriver après une frappe – par les Israéliens ou par les États-Unis – sur l’Iran », déclara un officier supérieur états-unien, le général Gregory Newbold, un des rédacteurs du rapport et ancien chef des opérations 2.
Si les « experts » et commentateurs occidentaux pensaient que le renversement des dictateurs, lors du Printemps arabe, serait suivi de la mise en place de régimes politiques fondés sur le modèle démocratique occidental et favorables à l’Occident, nous nous trouvons maintenant devant une situation où ce sont des régimes islamiques, ou fortement teintés d’islamisme, qui ont remplacé les dictatures (qui étaient pro-occidentales, il faut le répéter) ; mais on a également des masses arabes qui ont fait l’expérience d’une révolution politique contre leurs anciens dictateurs et qui pourraient très bien déclencher une autre révolution contre les États-Unis et, pourquoi pas, le monde occidental d’une façon générale. Ce n’est donc pas une formule de style que de dire qu’une attaque préventive d’Israël déclencherait une véritable guerre mondiale.

Le problème reste que les auteurs du rapport susmentionné ne font absolument aucune proposition, et se contentent de vouloir informer et de stimuler la réflexion aux États-Unis sur les objectifs d’une attaque militaire contre l’Iran. Le rapport souligne la faible probabilité d’empêcher l’Iran de fabriquer une bombe atomique par la force militaire si celle-ci est limitée à une combinaison de frappes aériennes, d’attaque cybernétiques, d’opérations de commando, etc. Ce qui sous-entend qu’il faudra faire plus. Une attaque militaire ne ferait que retarder de deux à quatre ans la réalisation du programme nucléaire iranien, vider les caisses de l’État, créer des tensions sociales, mais les rédacteurs ne pensent pas que cela aboutira à un changement de régime ou à une capitulation : au contraire, cela accroîtrait la motivation du régime à fabriquer la bombe, afin d’empêcher de futures attaques.
La neutralisation du régime iranien et de son influence dans la région impliquerait l’occupation du pays, exigeant d’énormes ressources en hommes et en argent : « Considérant la grande dimension et la forte population de l’Iran, la force du nationalisme iranien, nous estimons que l’occupation de l’Iran exigerait une mobilisation de ressources de personnels plus grande que ce que les États-Unis ont connu pendant les dix dernières années dans les guerres en Iran et en Afghanistan réunies », dit le rapport.
Il ne fait pas de doute qu’en ce moment les autorités Etats-Uniennes ne sont pas enthousiastes à l’idée d’une guerre avec l’Iran – car c’est bien de cela qu’il s’agit –, préférant l’option diplomatique. Il existe cependant, en Israël et aux États-Unis mêmes, des fanatiques qui ne souhaitent qu’une chose : lancer des frappes prétendument « préventives » contre l’Iran. Il est possible qu’il y ait en Iran des hommes qui préféreraient voir à la tête des États-Unis une administration néoconservatrice plutôt que des personnes favorables à une issue pacifique, car comme pour Israël, la cohésion politique et sociale du pays est fondée sur le sentiment d’être assiégés. Ainsi s’expliquerait l’absence actuelle de toute perspective diplomatique : on attend que les élections mettent le républicain Romney à la tête du pays.

Conclusion:

On peut dire que la situation actuelle est la conséquence ultime d’une politique engagée il y a des dizaines d’années.
1. Une politique américaine consistant à écraser toute velléité de constitution au Moyen-Orient d’un pôle régional ayant sa dynamique propre, et à refuser l’idée qu’il faille négocier d’égal à égal avec ce pôle.
Deux exemples suffiront à illustrer ce fait :
– Lorsque le chef du gouvernement iranien Mohammad Mossadegh tenta, en 1953, de garantir à son pays le contrôle sur la production de pétrole et nationalisa l’Anglo-Iranian Oil Company, une réaction internationale immédiate ferma le marché au pétrole iranien 3. La CIA Etats-Unienne et le MI6 britannique organisèrent alors un coup d’État pour renverser Mossadegh… ce qui permit à la Standard Oil Etats-Unienne d’entrer sur le marché iranien.
– L’Égypte avait été tellement vassalisée à la politique internationale des États-Unis que, lorsque le président Moubarak, en 1990, s’était posé en médiateur pour empêcher la guerre avec l’Irak et pour trouver une solution arabe au conflit, l’éditorialiste du Washington Post avait écrit : « Ayant d’abord tenté de jouer les médiateurs, le président Hosni Moubarak semble maintenant vouloir gagner du temps. Washington est en droit d’attendre mieux de la part d’un pays qui accepte chaque année des États-Unis 2 milliards de dollars… » (Cité par l’International Herald Tribune, 10 août 1990.). 
2. Une politique israélienne d’expansion territoriale qui exclut toute possibilité de
dialogue avec les pays environnants, créant une situation de tension permanente dans la région. Cette politique a été très clairement définie par un certain Jobotinsky en 1923 dans un texte intitulé « Le mur d’acier, nous et les Arabes ».

Ce serait être extrêmement naïf de penser que ce qui a été dit en 1923 a pu évoluer : « Il ne peut être question d’une réconciliation volontaire entre nous et les Arabes, ni maintenant ni dans un futur prévisible. Toute personne de bonne foi, mis à part les aveugles de naissance, a compris depuis longtemps l’impossibilité complète d’aboutir à un accord volontaire avec les Arabes de Palestine pour la transformation de la Palestine d’un pays arabe en un pays à majorité juive. […] Nous ne pouvons offrir aucune compensation contre la Palestine, ni aux Palestiniens ni aux Arabes. Par conséquent, un accord volontaire est inconcevable. Toute colonisation, même la plus réduite, doit se poursuivre au mépris de la volonté de la population indigène. Et donc, elle ne peut se poursuivre et se développer qu’à l’abri du bouclier de la force, ce qui veut dire un mur d’acier que la population locale ne pourra jamais briser. Telle est notre politique arabe. La formuler de toute autre façon serait de l’hypocrisie 4. »

L’éventualité d’une guerre qui découlerait inévitablement de la décision de lancer une attaque contre l’Iran n’est pas quelque chose qu’on puisse écarter. La question qui se pose à nous est : quelle serait l’attitude du gouvernement français. Il nous semble important de faire savoir que cette possibilité reste envisageable, et qu’il faut nous y préparer par une mobilisation… préventive. Il ne fait pas de doute que dans les mois qui vont suivre, il faille alerter l’opinion, commencer à organiser une riposte afin de ne pas nous trouver dépourvus, comme nous l’avons été en 1990 lors du déclenchement de la guerre contre l’Irak 5.

1. « Israel, Iran, and the Military Option », www.cfr.org/middle-east/israel-iran-military-option/p28879
2. « Expert Report : US Strikes on Iran Would Risk Major War »,http://news.yahoo.com/report-us-str…
3. Nationaliser est une chose, assurer le suivi en est une autre. Mossadegh avait omis de prendre en compte le fait que l’Iran manquait de techniciens pour faire le travail et qu’il n’avait pas de pétroliers pour transporter le pétrole.
4. Cité par Ralph Shoenman, L’Histoire cachée du sionisme, Sélio, 1988.
5. Cf. René Berthier, L’Occident et la guerre contre les Arabes, L’Harmattan, 1994, disponible à Publico.

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 27 septembre, 2012 |Pas de commentaires »

MER DE CHINE: LA GUERRE MENACE (Valérie NIQUET)

 

MER DE CHINE:

LA GUERRE MENACE

MER DE CHINE: LA GUERRE MENACE (Valérie NIQUET) dans REFLEXIONS PERSONNELLES CHINE

Le 10 septembre 2012, répondant à la décision de rachat des îles Senkaku à leur propriétaire privé par le gouvernement japonais, le ministère chinois des affaires étrangères a publié un communiqué en forme d’ultimatum faisant porter à Tokyo la responsabilité de « toutes les conséquences qui pourront s’ensuivre ». Pékin rappelle que la Chine n’acceptera plus d’être « intimidée » et défendra le territoire« sacré » de la patrie. Le risque est désormais de voir le piège d’un engrenage incontrôlable se refermer en mer de Chine.

Condamnées à agir face à une opinion publique chauffée à blanc, les autorités chinoises ont dépêché une dizaine de bâtiments de surveillance et levé le moratoire sur la pêche dans la zone revendiquée par Pékin. Des centaines de bateaux pourraient se diriger vers les eaux territoriales japonaises, dans une exploitation des moyens civils au service d’un objectif militaire, selon les principes de la stratégie chinoise qui prône une « guerre sans limite ». D’ores et déjà, les menaces de rétorsions économiques et de boycottage des produits japonais ont été utilisées sur Internet ou dans la presse chinoise. On se souvient qu’en 2010 la Chine avait utilisé l’arme du contrôle des exportations des terres rares – vitales pour l’industrie nippone de haute technologie – pour faire pression sur Tokyo alors que les tensions s’accumulaient en mer de Chine orientale.

Dans le même temps, des manifestations violentes accompagnées de pillages, autorisées, si ce n’est organisées par les autorités chinoises, se sont produites sur le territoire. Les biens et les personnes originaires de l’Archipel sont menacés et de grandes entreprises japonaises parlent à nouveau de quitter un territoire chinois où l’instabilité et les risques deviendraient trop élevés.

Conséquence immédiate, la Bourse de Shanghaï s’est effondrée et certains, en Chine, commencent à redouter les effets sur la croissance de cette stratégie de la tension. Si la Chine est devenue le premier partenaire commercial du Japon, l’Archipel contrôle des technologies vitales pour l’économie chinoise et demeure l’un des principaux investisseurs étrangers en Chine devant les Etats-Unis et l’Union Européenne.

Les tensions autour de l’archipel des Senkaku-Diaoyu en mer de Chine orientale, administré par le Japon mais revendiqué par Pékin depuis 1971, ne sont pas isolées. Elles s’inscrivent dans un triple phénomène de manipulation des sentiments nationalistes en Chine depuis le milieu des années 1990, d’émergence décomplexée d’une puissance chinoise qui a semblé triompher seule de la crise de 2008, mais aussi de développement d’un sentiment paradoxal de fragilité du régime chinois confronté à des tensions économiques, sociales et politiques. Ce sentiment de fragilité est encore accru par les incertitudes de la transition politique que le 18e congrès du Parti communiste devrait entériner au mois d’octobre.

Le nationalisme, qui contribue à la légitimité du Parti, a pour principal objet le Japon, ennemi d’hier, puissance rivale aujourd’hui, allié des Etats-Unis et catalyseur de toutes les frustrations d’une puissance chinoise qui cherche à s’imposer dans sa zone. Au lendemain du 36e anniversaire de la mort de Mao, le premier ministre, Wen Jiabao, rappelait – à nouveau – le « siècle d’humiliation  » que la Chine a traversé il y a peu, nourrissant un peu plus un sentiment de revanche très présent dans la population« L’éducation patriotique » et sa dimension antijaponaise ont pris une part croissante dans la jeunesse et ont accompagné la reprise en main idéologique qui a suivi les événements de Tiananmen dans les années 1990.

Alors que des réformes politiques graduelles apparaissent comme la seule stratégie viable de survie à long terme du régime, la crainte d’une « évolution pacifique » qui viendrait limiter l’influence des réseaux qui contrôlent le pouvoir chinois pousse au contraire au repli idéologique et à l’exploitation des sentiments nationalistes les plus exacerbés.

De leur côté, depuis 2008, les Etats-Unis ont été très touchés par la crise et Pékin a cru avoir le champ libre en Asie pour « saisir les opportunités » et imposer son leadership de puissance « émergente » face à une puissance « en déclin ».

Les avancées de Pékin en mer de Chine depuis 2009, la constante mise en avant des « intérêts vitaux » – dont la mer de Chine semble faire partie – que le régime doit être prêt à défendre, y compris par la force, témoignent de cette assurance nouvelle du régime chinois en Asie.

Dans ce contexte, la stratégie de réengagement des Etats-Unis dans la zone, confirmée par le secrétaire d’Etat américain Leon Panetta, à l’occasion du dialogue Shangri-La qui s’est tenu à Singapour en juin, constitue pour la Chine un autre motif de déception et de frustration. La tentation est grande à Pékin, alors que les Etats-Unis entrent dans la dernière phase de leur période électorale, et que la relation avec la Chine constitue aussi un enjeu de la rivalité entre le président Barack Obama et Mitt Romney, de tester la réalité de cette volonté de réengagement de la puissance américaine en Asie.

Mais dans le même temps, en dépit de cette assurance nouvelle, le pouvoir chinois est conscient de ses faiblesses et de ses divisions. L’affaire Bo Xilai a révélé la corruption profonde du système. Signe de ce très grand sentiment d’incertitude, la « disparition » du vice-président Xi Jinping, pendant plus de deux semaines, a donné lieu, sur Internet, aux spéculations les plus folles.

Longtemps facteur de satisfaction pour le régime, le contexte économique est plus incertain alors que les effets de la crise mondiale se font sentir sur une économie très dépendante des exportations. Le rééquilibrage de la croissance est un échec. La consommation intérieure ne représente que 35 % du PIB, dix points de moins qu’en 2000, et l’indice Gini, indicateur des inégalités, est l’un des plus élevés au monde. Signe inquiétant pour le régime, comme à l’époque des Boxers lorsque la dynastie des Qing finissante tentait de manipuler le mécontentement populaire contre les étrangers, comme en 1919 lorsque le mouvement patriotique s’élevait contre une puissance japonaise à qui le traité de Versailles avait attribué les possessions allemandes du Shandong, certains des slogans utilisés dans les manifestations aujourd’hui dénoncent la corruption et l’inefficacité du pouvoir en place.

C’est dans ce contexte que, depuis 2009, les incidents et les provocations se multiplient en mer de Chine, face au Japon, mais aussi face aux Philippines, au Vietnam ou à l’Indonésie et même face aux Etats-Unis. Alors qu’en Asie du Sud-Est la Chine pouvait apparaître comme le moteur d’une régionalisation économique réussie, la multiplication des incidents sur mer, le caractère de moins en moins « pacifique » de l’émergence de la puissance chinoise la font apparaître aujourd’hui comme une menace fédérant dans une même inquiétude la quasi-totalité de l’Asie du Pacifique à l’océan Indien.

Face à cette menace, accrue par l’opacité du système politique chinois et les interrogations sur le rôle des éléments les plus radicaux – militaires ou civils – dans les prises de décision, la volonté de « retour vers l’Asie » des Etats-Unis a été très appréciée dans la région. Loin de la fin de l’histoire, ce sont des rapports de force proches de ceux de la guerre froide ou de l’Europe à la veille de la première guerre mondiale qui se mettent en place en Asie.

Aux Philippines, au Vietnam, des manifestations antichinoises sont organisées à chaque nouvelle crise, et Hanoï et Washington jettent les bases d’une coopération militaire. Au Japon, on veut croire aux déclarations de la secrétaire d’Etat Hillary Clinton en 2010 plaçant l’archipel des Senkaku dans le périmètre couvert par l’accord de défense unissant Tokyo et Washington.

Dans la région, le développement des capacités militaires s’accélère. Alors que la Chine exhibe son nouveau porte-avions, le Vietnam achète des sous-marins à la Russie et les Etats-Unis annoncent l’élargissement de leur système de défense antimissile en Asie. Face à Pékin, Washington est confronté à un dilemme difficile à résoudre. Jouer l’apaisement et rester en marge serait donner carte blanche à un régime chinois qui ne raisonne qu’en termes de jeux à somme nulle. Ce retrait, en minant la confiance des alliés et partenaires des Etats-Unis, aurait des effets déstabilisateurs et pourrait précipiter une crise plus grave encore. A l’inverse, le jeu des alliances pourrait déclencher un conflit majeur dans la région.

D’ores et déjà, certains analystes en Chine tentent d’appeler les Etats-Unis « à la raison » et de persuader Tokyo de la fragilité de l’alliance de défense nippo-américaine. Il n’est pas certain que l’Europe ait pris la mesure de ces défis cruciaux dans une région qui voit transiter une part majeure du commerce mondial et concentre trois puissances nucléaires, sans compter les Etats-Unis et la Russie. Dans le contexte d’une crise économique, la tentation de la réduction des budgets de la défense est grande. Celle du retrait aussi. Pourtant, en dépit de l’éloignement géographique, les préoccupations des autres puissances asiatiques doivent être prises en compte face à une Chine dont les orientations stratégiques inquiètent. Dans un monde aussi globalisé, la montée des tensions en Asie aura des conséquences considérables sur nos propres équilibres et nos propres choix.

Spécialiste des relations internationales et des questions stratégiques en Asie,Valérie NIQUET est, depuis 2010, responsable du pôle Asie à la Fondation pour la Recherche Stratégique. Elle est également membre de l’Académie des Sciencesd’outre-mer et rédactrice en chef de la revue « Monde chinois-Nouvelle Asie« . On lui doit une traduction critique en français de « Deux commentaires de Sun Zi » (Economica, 1994). Parmi ses nombreux articles et ouvrages, « Chine-Japon : l’affrontement » a été publié en 2006 chez Perrin.

Valérie NIQUET, responsable du pôle Asie à la FRS.

 

L’instabilité des relations sino-japonaises

 

La qualité des relations entre la Chine et le Japon dépend du contexte géostratégique et de l’analyse que le régime chinois peut en faire. Le 29 septembre 2012 marque le 40ème anniversaire de l’établissement de leurs relations diplomatiques. Si le rappel constant de la guerre sino-japonaise et de ses atrocités est au coeur de l’éducation patriotique en Chine, à cette époque, Mao, recevant une délégation de parlementaires japonais, remerciait le Japon pour un conflit qui avait permis au Parti communiste d’arriver au pouvoir.

L’établissement des relations diplomatiques s’inscrivait dans un contexte stratégique qui – pour Pékin – était dominé par la menace « principale » soviétique alors que des incidents armés entre les deux ex-pays frères s’étaient produits en 1969. La Chine décidait de se rapprocher des Etats-Unis – menace « secondaire » - dans un basculement stratégique marqué par la visite de Richard Nixon en février 1972. Surpris par ces évolutions dont il n’aurait pas été informé, le Japon décidait d’accélérer son propre rapprochement avec Pékin.
Pour la Chine, l’établissement des relations diplomatiques avec une puissance japonaise en plein élan lui permettait de sortir de l’isolement et de bénéficier – alors que la révolution culturelle avait laissé l’économie du pays exsangue – d’une aide considérable.
Pour Tokyo, l’établissement rapide des relations diplomatiques avec une Chine qui ne pouvait l’inquiéter apparaissait aussi comme une source d’opportunités nouvelles et le moyen de démontrer à Washington que, désormais, ce sont aussi les intérêts propres du Japon qui présideraient à ses choix diplomatiques.
Si la Chine – et Taïwan – avaient pour la première fois revendiqué l’archipel des Senkaku-Diaoyu en 1971, cette question de souveraineté ne constituait pas un enjeu majeur avec Tokyo. L’heure n’était pas à Pékin aux tensions avec le Japon devenu le premier pourvoyeur d’aide au régime. En 1992, Pékin pourra aussi se féliciter de la bonne volonté japonaise lorsque Tokyo sera la première puissance à rompre l’ostracisme imposé à la Chine par les puissances occidentales après les événements de Tiananmen en juin 1989. La visite de l’empereur du Japon en Chine, la même année, marquera l’apogée de ces relations.
Le contexte est bien différent. La menace soviétique a disparu et la Chine s’est hissée au deuxième rang mondial mais le régime continue d’analyser la situation internationale comme « incertaine ». Cette fois, ce sont les Etats-Unis et leurs alliés en Asie qui suscitent son inquiétude.
Si les relations économiques entre Tokyo et Pékin sont marquées par une forte complémentarité, le Japon est aussi redevenu pour le régime chinois l’exutoire des frustrations accumulées dans la population. Cette stratégie de la tension, mise en oeuvre depuis la fin des années 1990 et la désastreuse visite du président Jiang Zemin à Tokyo, alimente en retour la radicalisation d’une partie de l’opinion publique japonaise face à une Chine qui déçoit et inquiète.
La question territoriale dans ce contexte n’est qu’un prétexte, ou le marqueur de l’état des relations entre les deux puissances asiatiques. En 1978, Deng Xiaoping, à la veille de lancer la politique de réformes et d’ouverture qui allait transformer le pays, déclarera que la question des Senkaku-Diaoyu devait être « mise de côté » pour laisser la voie libre à une fructueuse coopération entre les deux pays. L’archipel semble faire partie de ces « intérêts vitaux » pour la défense desquels les autorités chinoises multiplient les gesticulations martiales. Ainsi, le degré de tension entre Tokyo et Pékin, quel qu’en soit l’objet apparent, constitue un baromètre précis du degré d’ouverture et d’intégration au système mondial voulu par Pékin.                                      

 

avatar CHINE dans REFLEXIONS PERSONNELLES

Martin Desruisseaux 24/09/2012 – 18h13

Le distance géographique n’est pas le seul critère. Il y a des critères historiques aussi, avec des arguments de la part des deux pays. Je n’ai pas la compétence nécessaire pour juger de la validité de ces arguments. En revanche il semble bien que la Chine soit plus agressive (je n’ai pas entendu parler de manifestations violentes au Japon), sans que je ne sois convaincu de son bon droit, et cette attitude inquiète.

avatar GUERRE

YTour 24/09/2012 – 17h15

- Le communisme a-t-il nécessairement pour aboutissement l’ultranationalisme (Serbie, Chine, Russie) ? – Les chinois ne risquent-ils pas de faire aux USA ce que Reagan a fait à l’URSS en les poussant à la dépense (militaire) jusqu’à la ruine ? – Que restera-t-il de tout cela après la réorganisation prochaine du PCC ?

avatar ILES SENKAKU

A.T 24/09/2012 – 16h16

Il serait intéressant de lire les analyses le plus souvent excellentes de Mme Valérie Niquet en les reliant avec les analyses de Brahma Chellaney, Institut d’Etudes Stratégiques de New Dehli, sur Project Syndicalte.org, et en particulier  » L’origine américaine de la réussite de la Chine » du 4 septembre 2012. Étonnant, mais étonné ?

avatar JAPON

Un  » Noir «  24/09/2012 – 16h01

Ces considérations sont en forme de propagande anti chinoise: En fait, les avancées de Tokyo en mer de Chine, la constante mise en avant de ses « intérêts vitaux » -dont la mer de Chine semble faire partie- que le régime doit être prêt à défendre, y compris par la force, témoignent de cette assurance nouvelle du régime Japonnais en Asie, conforté par le soutient des U S A qui cherchent à en profiter, pour faire face à leur dépendance économique vis à vis de la Chine et de leur propre faillite.

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Simon M 24/09/2012 – 18h04

C’est bien le régime, par l’école par exemple (regardez les manuels d’histoires des gamins chinois) et par le narratif général dans les média contrôlés qui crée la base de ce sentiment agressif de victimisation… mais il semble en effet qu’une bonne partie de la population (surtout les jeunes hommes) s’y retrouve bien… l’idée pour le régime étant de diriger la colère vers l’extérieur…ça risque bien de leur péter au visage

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Yoann Coldefy 24/09/2012 – 16h58

Avancées de Tokyo en mer de chine ? Ou les voyez vous ? Tokyo n’a pas bougé sur la mer de Chine depuis la fin de la guerre… C’est pas Tokyo qui a des problèmes avec tous les autres pays qui bordent la mer de Chine, mais bien la Chine…

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Rogers 24/09/2012 – 16h23

… d’ici quelques années. Une classe moyenne survalorisée qui sera incapable de prendre le relais d’une population occidentale qui consommera de moins en moins chinois. Pas de systèmes de redistribution. Augmentation de la pauvreté, injustice, problèmes sociaux de plus en plus ingérables pour le parti. Attendez la réorganisation de la consommation et de la production à l’échelle mondiale et vous verrez la chine retomber bien bas. Et on peut encore attendre pour l’innovation technologique…

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Rogers 24/09/2012 – 16h21

Une assurance très vacillante… On fait gonfler ses muscles pour impressionner. On ira aussi loin qu’on peut sans avoir à frapper. Car en le faisant on montrerait sa vraie nature. Le sentiment de puissance s’écroulerait aussi tôt. Ce pays sera vite rattrapé par ses énormes problèmes intérieurs, complètement occultés par les occidentaux naïfs trop contents de s’enrichir sur le dos d’une population laborieuse. Les dirigeants chinois commencent à le sentir. Un problème démographique insoluble…

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 24 septembre, 2012 |Pas de commentaires »

L’IRAN MET EN GARDE ISRAEL CONTRE UNE ATTAQUE, LORS D’UNE PARADE MILITAIRE

L’Iran met en garde Israël contre une attaque, lors d’une parade militaire

L'IRAN MET EN GARDE ISRAEL CONTRE UNE ATTAQUE, LORS D'UNE PARADE MILITAIRE dans REFLEXIONS PERSONNELLES Iran_atome-5-d280eTEHERAN – L’Iran a de nouveau mis en garde Israël et son allié américain contre toute attaque, assurant que sa réponse serait immédiate, à l’occasion d’une parade militaire vendredi 21 septembre 2012 destinée à commémorer le début de la guerre avec l’Irak (1980-1988).

Nous ne nous sentons pas menacés par les absurdités énoncées par les dirigeants de ce régime (Israël, ndlr), a déclaré le chef des forces armées iraniennes, le général Hassan Firouzabadi, à l’agence de presse FARS.

Il a ajouté que la réponse de Téhéran à toute attaque serait immédiate et ne pourrait être arrêtée, alors que des responsables israéliens ont menacé ces dernières semaines de frapper les sites nucléaires iraniens.

Le président Mahmoud Ahmadinejad, qui a assisté au défilé, a déclaré de son côté, lors d’un discours télévisé, que son pays faisait preuve du même esprit et de la même confiance en lui-même que durant la guerre avec l’Irak, pour résister et défendre ses droits face à la pression des puissances occidentales.

Les grandes puissances et Israël soupçonnent l’Iran de vouloir se doter de l’arme atomique sous couvert de son programme nucléaire civil, ce que Téhéran nie catégoriquement. Une série de sanctions a été adoptée contre l’Iran par l’ONU, Washington et l’Union Européenne pour tenter de convaincre ce pays de renoncer à son programme nucléaire.

Et Israël, considéré comme l’unique détenteur de l’arme nucléaire dans la région, a menacé à plusieurs reprises de frapper les sites nucléaires iraniens si les sanctions et les efforts diplomatiques ne parvenaient pas à convaincre Téhéran de cesser ses activités nucléaires sensibles.

Les déclarations des responsables iraniens sont intervenues à l’occasion d’une parade militaire — impliquant plusieurs milliers d’hommes, des dizaines de chars et de missiles transportés par camions–, qui est apparue comme une véritable démonstration de force de l’armée iranienne.

Le général Ataollah Selehi, commandant de l’armée iranienne, a affirmé à l’agence ISNA que cette parade était menée dans un but de dissuasion, et non pour menacer. Lui et d’autres responsables militaires ont néanmoins réaffirmé qu’Israël serait anéanti en cas d’attaque iranienne.

Le général Amir Ali Hajizadeh, chef de l’armée de l’air et commandant des forces missilières, a de son côté de nouveau brandi la menace d’une fermeture du détroit d’Ormuz, en cas d’attaque contre l’Iran ou si les sanctions occidentales entraînaient un arrêt de ses exportations de brut.

Si un jour le détroit d’Ormuz n’avait plus d’intérêt pour nous, alors nous priverons les autres de son usage, a-t-il affirmé. Néanmoins, dans les conditions actuelles, il n’y a pas de problème, a-t-il précisé.

Le général Hajizadeh a par ailleurs jugé que les exercices de guerre menés actuellement par les Etats-Unis et 30 autres nations dans le Golfe ne représentaient aucune menace pour nous.

(©AFP / 21 septembre 2012 12h48)

Principaux sites nucléaires connus en Iran

  • Bouchehr - Commencée en 1974 avec le concours de la firme allemande Siemens, la construction de ce réacteur, bombardé six fois pendant la guerre Iran-Irak, a été reprise en 1995 à la suite d’un accord avec la Russie. Ce réacteur destiné à la production d’électricité pourrait également servir à produire du plutonium enrichi, une matière fissible qui entre dans la composition d’armes nucléaires.
  • Natanz - Cette usine d’enrichissement d’uranium est opérationnelle depuis 2003. On y enrichit l’uranium qui sert de combustible aux centrales électriques du pays. On pourrait également y enrichir de l’uranium à des fins militaires.
  • Arak - Sur ce site, on trouve une usine de production d’eau lourde ainsi qu’un réacteur nucléaire à l’eau lourde d’une capacité de 40 mégawatts d’électricité.
  • Ispahan - Abrite l’Ispahan Nuclear Technology Center, où se trouvent quatre petits réacteurs nucléaires destinés à la recherche.
  • Téhéran - Un réacteur de recherche de 5 mégawatts au Tehran Nuclear Research Center.
  • Anarak – (entre Natanz et Ardakan) Important gisement d’uranium exploité à la mine et présence dans la ville d’un dépôt de résidus radioactifs issus des centrales civiles.
  • Bandar Abbas - Gisement d’uranium et ouverture récente d’une usine de transformation du minerai.
  • Yazd - Département de Recherche Nucléaire à l’université de la ville, où des recherches géologiques sont poursuivies sur un gisement d’uranium situé à 165 kilomètres au nord-est de Yazd.

- Source: Albert Legault, « La tentation nucléaire de l’Iran », bulletin : Le maintien de la paix, # 70, octobre 2004. Institut d’Etudes Internationales de Montréal, UQAM. Global Security (globalsecurity.org)  

Origines du programme nucléaire iranien

Ce n’est pas d’hier que la technologie nucléaire est implantée en Iran. En 1959, le gouvernement du Shah fait l’acquisition d’un réacteur nucléaire de recherche de fabrication américaine (et qui est encore en service à ce jour dans le quartier d’Amir-Abad à Téhéran).Le Shah d’Iran était désireux de faire du Golfe Persique une « zone non nucléaire » afin d’inciter tous les pays du Moyen-orient d’en faire autant.

- Les partisans non déclarés du régime des mollahs prétendent fallacieusement que les recherches militaires des mollahs sont la suite des travaux entrepris par le Shah [1]. En réalité, c’est une fausse excuse et il n’existe aucun élément tendant à prouver que le régime du Shah aurait envisagé la possibilité de doter l’Iran d’une capacité de développement d’armes nucléaires provoquant ainsi une crise grave dans la région et dans le monde.

En échange, il existe des preuves du contraire. L’Iran a accédé au Traité sur la Non-Prolifération des Armes Nucléaires (TNP) en 1968 et a été parmi les premiers pays à rejoindre le TNP dont il a signé l’accord sur les sauvegardes en 1973. Par ailleurs la suprématie militaire de l’Iran, réputé Gendarme du Golfe, était en contradiction avec la nucléarisation de la région. La course à l’armement atomique (la prolifération) aurait rendu inutiles les armes conventionnelles.

- Il est donc illogique d’imputer la nucléarisation militaire de l’Iran à l’homme qui a cherché à l’éviter tout en assumant pleinement le rôle du Gendarme du Golfe afin d’assurer l’indépendance de l’Iran. C’est la puissante armée conventionnelle du Shah qui gardait l’Irak baasiste en respect et n’autorisait aucun débordement militaire de ce régime fasciste et tribal.

Il faut savoir que l’Iran a rejoint le TNP volontairement et qu’au titre de l’article 2 du traité, l’Iran monarchique s’engageait à « n’accepter de qui que ce soit, ni directement ni indirectement, le transfert d’armes nucléaires ou autres dispositifs explosifs nucléaires ou du contrôle de telles armes ou de tels dispositifs explosifs; à ne fabriquer ni acquérir de quelque autre manière des armes nucléaires ou autres dispositifs nucléaires explosifs; et à ne rechercher ni recevoir une aide quelconque pour la fabrication d’armes nucléaires ou d’autres dispositifs nucléaires explosifs. »

En 1974 , l’Iran a signé un accord commercial avec la France [2] dans le but de construire 4 centrales nucléaires civiles. Le Shah estimait que le pétrole était une substance précieuse et rare et qu’il convenait de réduire son utilisation à des fins énergétiques et qu’il était plus indiqué de la réserver à la pétrochimie. A cette époque d’autres recherches étaient menées pour des développer des énergies de remplacements.

- Le programme nucléaire iranien progressa jusque dans les années 70, avec la collaboration de firmes israéliennes, françaises, allemandes et américaines. Le Shah projetait même, à l’époque, de doter son pays de 23 réacteurs nucléaires pour produire une importante quantité d’électricité. Ce programme nucléaire a été toutefois abandonné en 1979, à l’arrivée de Khomeiny au pouvoir.

- Un programme militaire nucléaire a été mis en route vers 1984 alors que l’Iran, en guerre contre l’Irak (1980 à 1988) [3], faisait l’objet d’un embargo international sur les ventes d’armes. L’emploi d’armes chimiques par les Irakiens contre sa population au cours de cette période aurait également incité Téhéran à réactiver ses programmes de développement d’armes nucléaires dès 1984, selon l’Agence Internationale de l’Energie Atomique.

Abandonné périodiquement, un programme secret a été poursuivi malgré tout pendant 18 ans, en marge du programme nucléaire civil iranien avec la collaboration, notamment, de l’Afrique du Sud, de la Chine, de la Corée du Nord et de la Russie.

[1] -La Proposition Russe est la réplique de l’Accord de l’Eurodif en 1976-

[2] -Coopération nucléaire Franco-Iranienne : le contentieux Eurodif-

[3] -22 Septembre 1980 : Début de la Guerre Iran-Irak-

 

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 21 septembre, 2012 |Pas de commentaires »

NETANYAHU ANNULE UNE REUNION DU CABINET APRES DES FUITES SUR L’IRAN

Netanyahu annule une réunion du cabinet après des fuites sur l’Iran

NETANYAHU ANNULE UNE REUNION DU CABINET APRES DES FUITES SUR L'IRAN dans REFLEXIONS PERSONNELLES ISRAEL

JERUSALEM – Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a annulé une réunion du cabinet de sécurité prévue mercredi à la suite de fuites dans la presse sur des dissensions censées rester secrètes à propos de l’Iran, a annoncé un communiqué de son bureau.

Le Premier Ministre a annoncé que la poursuite (mercredi) des discussions au sein du cabinet de sécurité était ajournée, a précisé le communiqué.

Peu après la fin de la réunion de mardi, une chose très grave s’est produite: une fuite sur les discussions du cabinet de sécurité. La sécurité de l’Etat et des citoyens dépendent de la capacité de mener des discussions confidentielles en profondeur au sein du cabinet de sécurité où tous les faits sont présentés, ainsi que toutes les opinions et implications, selon le texte.

Au cours de cette réunion, les chefs des agences de renseignement israéliennes ont présenté leur rapport annuel, concernant en particulier le programme nucléaire controversé de l’Iran au cabinet de sécurité.

Quelqu’un a gravement porté atteinte à la confiance que les citoyens israéliens accordent à ce forum. Il a violé une des règles de base sur la manière dont les discussions sont menées au sein du cabinet de sécurité. Il a également porté atteinte à la réputation de ceux qui étaient présents à cette réunion qui ne se sont pas livrés à des fuites, accuse le communiqué.

La colère de M. Netanyahu vise surtout le quotidien Yediot Aharonot qui titre mercredi en Une: Désaccords sur l’Iran entre les services de sécurité, rapportant que les ministres du cabinet de sécurité ont eu hier la surprise de découvrir que les différents services de sécurité sont en désaccord sur la question de l’Iran.

Je ne me plains pas des médias: ils font leur travail (…) je suis responsable vis-vis à des citoyens israéliens et de la sécurité de l’Etat et j’ajourne cette réunion, a affirmé le Premier Ministre.

Une des divergences porte sur l’étendue des dommages que pourrait infliger Israël en cas d’attaque contre les installations nucléaires iraniennes, a ajouté le journal.

Nous avons entendu des informations détaillées et très inquiétantes sur les progrès du programme nucléaire iranien. Les Iraniens sont lancés dans la course à la bombe et il semble que rien ne puisse les arrêter, a affirmé une source non identifiée qui a participé à la réunion, selon le quotidien.

Les ministres se sont également vu présenter une liste de nouvelles sanctions paralysantes contre Téhéran, telles qu’un embargo commercial ou l’interdiction de tous les vols vers l’Iran, a poursuivi le Yediot Aharonot.

Cette réunion a été organisée alors que règne un climat de fébrilité et de rumeurs, alimenté par d’incessantes déclarations de responsables politiques et d’analystes, sur l’éventualité d’une prochaine opération militaire israélienne contre l’Iran, avec ou sans l’assistance des Etats-Unis.

La communauté internationale soupçonne l’Iran de chercher à se doter de l’arme nucléaire sous couvert d’un programme civil, ce que Téhéran dément catégoriquement.

(©AFP / 05 septembre 2012 12h29) 

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 5 septembre, 2012 |Pas de commentaires »

NUCLEAIRE: L’IRAN REJETTE LES ACCUSATIONS DE L’AIEA SUR LE SITE DE PARCHIN. L’IRAN N’A PAS BOUGE, IL FAUT RENFORCER LES SANCTIONS (AFP)

Nucléaire: l’Iran rejette les accusations de l’AIEA sur le site de Parchin

NUCLEAIRE: L'IRAN REJETTE LES ACCUSATIONS DE L'AIEA SUR LE SITE DE PARCHIN. L'IRAN N'A PAS BOUGE, IL FAUT RENFORCER LES SANCTIONS (AFP) dans REFLEXIONS PERSONNELLES nucleaire-iran-mykaiaTEHERAN – Le ministre iranien des Affaires Etrangères, Ali Akbar Salehi, a rejeté vendredi les accusations de l’Agence Internationale de l’Energie Atomique (AIEA) d’une intervention sur le site militaire de Parchin pour entraver la vérification d’une installation suspecte, selon  l’ISNA.

De telles déclarations n’ont pas de base technique. Les experts savent qu’il s’agit de simples prétextes et que l’on ne peut pas nettoyer un site par des travaux, a déclaré M. Salehi cité par ISNA.

L’AEIA a accusé jeudi dans un rapport l’Iran d’avoir mené des activités à Parchin qui entraveront considérablement la capacité de l’agence à mener une vérification efficace, laissant clairement entendre que Téhéran a fait disparaître des traces suspectes.

L’agence onusienne soupçonne l’Iran d’avoir procédé à des tests d’explosion conventionnelle pouvant être applicables au nucléaire sur cette base militaire, ce que l’Iran dément.

L’AIEA et l’Iran ont mené depuis le début de l’année plusieurs séries de discussions pour se mettre d’accord sur une visite des inspecteurs de l’agence onusienne à Parchin, mais n’ont pas réussi à se mettre d’accord sur les conditions d’une telle visite.

(©AFP / 31 août 2012 11h52)

 Nucléaire: l’Iran n’a pas bougé, il faut renforcer les sanctions

PARIS – Le chef de la diplomatie française, Laurent Fabius, a déploré vendredi que l’Iran n’ait pas bougé sur la question du nucléaire et estimé qu’il fallait renforcer les sanctions, au lendemain d’un rapport sévère de l’AIEA sur le programme nucléaire iranien.

L’Iran n’a pas bougé de ses positions. Il faut renforcer les sanctions et il faut en même temps que l’Iran fasse des gestes, a déclaré M. Fabius sur la radio Europe 1. Je ne crois que les faits. Pour l’instant les faits constatés ne vont pas dans (la) direction souhaitée par la communauté internationale, a-t-il ajouté.

Malgré les sanctions internationales, l’Iran a doublé ses capacités d’enrichissement d’uranium sur son site de Fordo enfoui sous une montagne, selon un rapport jeudi de l’Agence Internationale de l’Energie Atomique (AIEA), qui accuse aussi le pays, en des termes sévères, d’entraver son travail sur le site de Parchin près de Téhéran.

La France condamne les activités menées par l’Iran sur le site de Parchin, et qui amènent l’Agence à constater que sa capacité à vérifier des informations préoccupantes +a été compromise+, a déclaré le porte-parole adjoint du Quai d’Orsay, Vincent Floreani, lors d’un point presse.

L’installation d’un nombre significatif de nouvelles centrifugeuses dans l’installation de Fordo constitue également un motif d’inquiétude alors même que l’Iran continue, au mépris de ses obligations, d’enrichir de l’uranium à 3,5 et à 20%, a poursuivi M. Floreani.

La France regrette vivement que malgré tous les efforts fournis, +aucun résultat concret+ n’ait pu être obtenu en raison de l’absence de réponse iranienne aux questions de l’Agence, conclut le porte-parole.

Après la publication de ce rapport, Washington a prévenu jeudi que le temps de la diplomatie ne durerait pas indéfiniment. La fenêtre pour résoudre (ce dossier) reste ouverte (…) mais elle ne restera pas ouverte indéfiniment, a affirmé le porte-parole du président américain Barack Obama, Jay Carney.

Les Occidentaux et Israël soupçonnent l’Iran de vouloir, sous couvert de son programme civil, développer l’arme nucléaire, ce que Téhéran a toujours nié. Le pays est sous le coup de six résolutions du Conseil de Sécurité des Nations Unies, dont quatre assorties de sanctions, notamment concernant l’enrichissement d’uranium.

(©AFP / 31 août 2012 13h29)

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 1 septembre, 2012 |Pas de commentaires »

« LA TUMEUR CANCEREUSE D’ISRAEL VA BIENTÔT DISPARAÎTRE ! »…DIT AHMADINEJAD, PRESIDENT IRANIEN

« La tumeur cancéreuse d’Israël va bientôt

disparaître ! »…

 dit Ahmadinejad, président iranien 

 

TEHERAN – Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a affirmé vendredi 17 août 2012 que la « tumeur cancéreuse d’Israël va bientôt disparaître », lors d’un discours à Téhéran à l’occasion de la Journée d’al-Qods (Jérusalem).

Le régime sioniste est une tumeur cancéreuse (…) Les pays de la région vont en finir prochainement avec la présence des usurpateurs sionistes sur la terre de Palestine, a déclaré M. Ahmadinejad devant les manifestants réunis à l’université de Téhéran pour la prière collective.

La télévision iranienne a montré les images de foules importantes de manifestants à travers le pays venues participer à la journée de Qods organisée chaque année par le pouvoir à la fin du mois de ramadan en solidarité avec les Palestiniens et contre Israël.

Ils (Occidentaux, ndlr) disent qu’ils veulent un nouveau Proche-Orient, nous voulons aussi un nouveau Proche-Orient mais dans le nôtre il n’y a aura plus de traces des sionistes, a dit encore le président Ahmadinejad dans ce discours prononcé dans un contexte de tension croissante entre l’Iran et l’Etat hébreu.

Les sionistes partiront et la domination américaine sur le monde prendra fin, a-t-il ajouté alors que son discours était ponctué par des cris de mort à Israël et mort à l’Amérique.

Il a aussi dénoncé une solution de deux Etats pour un règlement de paix entre Palestiniens et Israéliens.

Ils (Etats-Unis et leurs alliés) veulent jouer un scénario … faire accepter la solution de deux Etats (… ) Même s’ils donnent 80% de la terre de Palestine aux Palestiniens et gardent 20% (pour les Israéliens), ce sera dangereux, ce sera réduire à néant des années de résistance, a-t-il indiqué.

Le guide suprême iranien l’ayatollah Ali Khamenei, avait affirmé mercredi qu’Israël, une excroissance sioniste artificielle, disparaîtra du paysage de la région.

De nombreux manifestants à la journée d’al-Qods brandissaient aussi des portraits du Guide de la République Islamique l’ayatollah Ali Khamenei et de l’imam Khomeiny, fondateur de la République Islamique, ainsi que des drapeaux du Hezbollah libanais.

Ces dernières semaines, et de façon plus insistante ces derniers jours, les médias israéliens se sont largement fait l’écho d’informations, basées sur les déclarations de responsables ayant requis l’anonymat, selon lesquelles une action militaire israélienne contre le programme nucléaire iranien serait imminente.

Le Premier Ministre israélien, Benjamin Netanyahu et le Ministre de la Défense Ehud Barak sont partisans d’une attaque contre le programme nucléaire iranien mais d’autres responsables, notamment parmi les responsables militaires et des services de renseignements, y sont hostiles.

Jeudi 16 août 2012, le président israélien Shimon Peres a déclaré qu’il était clair qu’Israël ne pouvait attaquer l’Iran sans l’aide des Etats-Unis, lors d’une interview à une chaîne de télévision israélienne. Ces déclarations ont provoqué une polémique vendredi en Israël.

Le porte-parole du ministère iranien des Affaires Etrangères, Ramin Mehmanparast, a exclu à ce propos la possibilité d’une attaque israélienne.

Ils savent très bien qu’ils n’ont pas la capacité de telles actions (…) S’ils commettent une erreur, la réaction de notre pays aboutira à la disparition du régime sioniste, a déclaré M. Mehmanparast cité vendredi par l’agence Isna.

Nous sommes certains qu’ils (les dirigeants israéliens, ndlr) font des calculs et leurs amis (occidentaux, ndlr) leur ont bien dit quelle sera la réaction de l’Iran, a-t-il ajouté.

Seule puissance nucléaire –officieuse– de la région, Israël considère que son existence serait menacée si Téhéran disposait de la bombe atomique.

L’Iran nie que son programme nucléaire ait des visées militaires, comme l’en accusent également les Occidentaux.

(©AFP / 17 août 2012 12h28)

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 17 août, 2012 |Pas de commentaires »

OURS BLANC RACONTE L’HISTOIRE DES HOPIS (Joseph F.BLUMRICH-1913 / 2002)

« Ours Blanc » raconte l’histoire des HOPIS

Joseph F. BLUMRICH(1913-2002)
« Kásskara et les sept mondes »
L’histoire de l’humanité selon la tradition des Indiens HOPIS
Ecrit au printemps 1979 Edition actualisée‚ Munich‚ 1985
Traduction Hans W. Lintz – Copyright 2005

Entretien avec OURS BLANC, du clan des coyotes, conteur de la tribu HOPIS du Nouveau-Mexique :
Ceci est l’histoire de mes ancêtres et des clans qui sont venus sur ce continent. Le continent sur lequel mon peuple vécut longtemps a sombré dans la mer et les gens durent le quitter. Ils durent aller sur un nouveau continent qui sortait de la mer à l’est‚ afin d’avoir un nouveau monde pour eux et faire un nouveau commencement. Tout ceci fut provoqué par leur attitude dans certaines situations. Je te raconterai pourquoi c’est arrivé‚ comment ils sont parvenus sur le nouveau continent que nous appelons le quatrième monde‚ Tóowakachi‚ et ce qui leur est arrivé après.

Comme tu le sais‚ les HOPIS‚ dans leurs familles‚ suivent la lignée de la mère. C’est pourquoi j’appartiens au clan de ma mère‚ le clan des coyotes‚ et je dois à ma mère et à ma grand-mère une grande partie de mon savoir‚ ainsi qu’à mon oncle du même clan. Ils m’ont donné un bon enseignement. (…)Maintenant‚ il est temps de parler de notre peuple‚ pour vous dire qui nous sommes et pourquoi nous sommes ici dans l’espoir que quelqu’un‚ un jour‚ nous comprendra. Même si c’est moi qui parle ici‚ il s’agit du savoir des HOPIS que vous allez connaître. De la longue‚ longue histoire des HOPIS ressort un avertissement pour vous. Vous allez comprendre plus tard ce que je veux dire quand je raconterai mon histoire. C’est la raison pour laquelle je parle maintenant. Cela nous concerne tous. Peut-être que cet avertissement ne viendra pas trop tard. 

En racontant notre histoire‚ il faut que tu saches que le temps n’avait pas la même importance. Aujourd’hui‚ le temps semble important‚ le temps rend tout compliqué‚ le temps devient un obstacle. Mais‚ dans l’histoire de mon peuple‚ le temps n’était pas vraiment important‚ ni pour le créateur lui-même. Ce qui compte vraiment est la beauté que nous mettons dans notre vie‚ la manière dont nous accomplissons nos devoirs et notre responsabilité envers le créateur. Les choses matérielles de ce monde sont de peu d’importance pour les HOPIS‚ comme tu t’en apercevras quand tu seras chez moi et que tu verras comment nous vivons notre histoire.(..)

D’après nos traditions‚ nous avons vécu dans deux autres mondes avant de venir dans le troisième monde – puis‚ dans le quatrième‚ dans lequel nous sommes maintenant.

Le premier monde fut détruit par le feu‚ parce que les hommes sont devenus méchants.
Le deuxième monde fut détruit par la glace. Encore une fois‚ notre peuple survécut et arriva dans le troisième monde‚ le troisième continent.

Le nom du troisième monde était Kásskara. Peu de gens‚ aujourd’hui‚ connaissent la signification de ce très vieux mot. Je l’ai apprise par Otto Péntewa qui s’en est souvenu‚ cela signifie “ mère terre ”. Nous l’appelons aussi “ le pays du soleil ” parce que nous aimons bien faire référence au soleil et à la terre qui nous gardent en vie.

Kásskara était un continent. Peut-être était-ce le même qui est appelé aujourd’hui Mu ou Lémurie.

La plus grande partie du continent se situait au sud de l’Equateur‚ seulement une petite partie se trouvait au nord. C’était un pays très beau. Comparé à aujourd’hui‚ c’était presque un paradis. Nous devions travailler mais nous n’avions pas besoin de travailler dur. Depuis nos débuts dans le premier monde‚ nous avions suivi le plan de notre créateur et avions cultivé notre nourriture nous-mêmes. Dans ces temps‚ nous avions choisi le maïs comme nourriture principale‚ nous l’avons amené dans le deuxième monde et nous avons continué à en vivre dans le troisième monde. Quand tu vois notre maïs‚ pense au fait que les HOPIS l’ont depuis des temps très très anciens‚ déjà depuis le premier monde.

Les gens avaient de l’estime les uns pour les autres. Les clans avaient leurs propres chefs‚ mais ils avaient tous un grand chef spirituel. Dans la vie des HOPIS‚ il y a toujours eu un clan qui a la suprématie pour un certain temps afin de veiller à ce que nous remplissions bien nos obligations et responsabilités‚ ainsi que notre bonne conduite dans la vie. Quand nous avons hérité de ce monde-là‚ c’était le clan de l’arc qui avait le pouvoir. Pour cette raison‚ le chef de tribu du clan de l’arc était le souverain de Kásskara.
Au début‚ tout allait bien à Kásskara. Beaucoup plus tard‚ les hommes commencèrent‚ petit à petit‚ à perdre l’estime les uns pour les autres ; d’abord quelques-uns‚ puis de plus en plus. Comme tu le vois‚ nous sommes exactement comme les autres hommes. Je peux comparer cela avec ce qui se passe aujourd’hui dans les organisations : les gens veulent avoir un certain rang‚ du pouvoir‚ ils veulent leur part. La même chose est arrivée à Kásskara.

 

A l’est de chez nous se trouvait un continent que nous avons appelé Talawaitichqua‚ “ le pays de l’est ”. Dans la langue hopie‚ tichqua veut dire “ terre ”‚ la surface d’un continent‚ et la première partie du mot signifie “ matin ”‚ ou “ lever du soleil ”.
Entre ce continent et nous‚ il y avait une grande surface d’eau. Aujourd’hui‚ on appelle ce continent Atlantis et je continuerai à l’appeler ainsi car‚ pour toi‚ c’est un mot plus familier. 

Au début du troisième monde‚ les gens d’Atlantis étaient aussi paisibles que nous. Nous avons‚ bien sûr‚ la même origine divine. Ils avaient les mêmes symboles que nous. Mais‚ avec le temps‚ ils changèrent. Ils commencèrent à explorer les secrets du créateur que l’homme ne doit pas connaître.

Tu sais‚ il existe des secrets qui ne sont destinés qu’à la déité et‚ quand les hommes commencèrent à les étudier‚ ils enfreignirent cette loi. L’homme‚ en fait‚ a le même pouvoir que le créateur‚ mais le créateur garde des secrets que les hommes ne doivent pas chercher à comprendre. Cette affaire concernant les secrets est très très sérieuse.
Vous avez développé beaucoup de choses‚ par exemple des avions. Quand mon oncle m’a amené à Oraibi voir la lithographie d’un avion à réaction‚ qui est naturellement beaucoup plus ancien que vos avions à réaction d’aujourd’hui‚ il m’a dit : “ Ce sera très très bien de voler à nouveau à travers les airs‚ comme l’a fait notre peuple avant. Quand il y a quelque part‚ dans le monde‚ très loin‚ une catastrophe‚ on peut apporter du secours (nourriture‚ médicaments‚ outils). Mais on va également apporter la mort aux hommes à des centaines de miles de distance. Et c’est en cela que l’on désobéira à la loi divine. ”
Comment pouvez-vous séparer ces deux choses si vous faites des recherches sur des secrets dont les hommes ne savent pas encore faire une bonne utilisation ? Pense à toi : supposons que tu aies fait une découverte scientifique dans le domaine des fusées et que quelqu’un fasse un mauvais usage de ta découverte. Toi‚ tu ne le ferais pas‚ mais c’est ta découverte. Sais-tu vraiment où commence et se termine ta responsabilité ?
Et maintenant‚ ils essaient de produire la vie artificiellement – et un jour également l’homme. Cela fait partie de ce que nous appelons des recherches sur le sang. Et il n’est pas bien de faire cela !
Naturellement‚ vous pouvez faire des recherches sur le fonctionnement de votre corps afin de savoir ce qui guérit et ce qui vous donne une longue vie. Le créateur veut que nous le fassions. Il veut que nous profitions de la vie et que nous ayons aussi peu de travail pénible que possible et que tout ce qui est bon‚ toute la joie‚ tout le bonheur de ce monde nous échoient. Mais ces autres choses‚ vous ne devez pas les faire‚ non !

Nous pouvons résumer tout cela en deux phrases. Le créateur divin nous a dit : “ Si vous voulez être mes enfants‚ vous ne devez pas utiliser votre savoir pour soumettre‚ détruire‚ tuer ou faire une mauvaise utilisation de ce que je vous ai donné. Si vous ne respectez pas cette loi‚ vous n’êtes pas mes enfants. ”Vers la fin du troisième monde‚ il y avait une femme comme guide suprême d’Atlantis. Dans notre langue‚ nous pouvons l’appeler une Kickmongwuity‚ une prêtresse suprême ; à vos yeux‚ elle aurait été tout simplement une reine. Elle était très puissante et très belle. Elle a utilisé sa puissance et la beauté de son corps pour soumettre les chefs de son peuple. Elle reçut d’eux tellement de bijoux que nous l’avons appelée “ la femme turquoise ”. 

Atlantis étendit son influence et soumit des peuples dans les pays qui se trouvaient plus loin à l’est‚ que nous appelons aujourd’hui Europe et Afrique. Bien qu’Atlantis fut un petit pays‚ il avait une très grande influence. Tu peux le comparer à l’Angleterre. C’est également un petit pays‚ mais quelle influence il avait !Les Atlantes avaient également fait des recherches sur les secrets du créateur‚ qu’ils n’auraient pas dû connaître. Comme je te l’ai dit‚ ils en ont pris connaissance trop tôt. Spirituellement‚ ils n’étaient pas encore prêts‚ ils ont utilisé leur savoir pour soumettre d’autres peuples. Et en cela‚ ils ont enfreint l’ordre divin. Certains y ont même perdu leur vie. Ils ont également étudié d’autres planètes et ils s’y sont même rendus‚ mais comme c’étaient des planètes mortes‚ ils ne pouvaient y vivre. Ils devaient donc rester sur notre vieille terre. C’est alors qu’ils se sont retournés contre Kásskara. Ils savaient que‚ moralement et spirituellement‚ nous étions beaucoup plus forts‚ cela les a rendus envieux. C’est pourquoi la reine voulut également conquérir notre pays et soumettre notre peuple. Elle a menacé notre souverain de réunir tous ses vaisseaux spatiaux au-dessus de notre continent et de nous détruire de là-haut. Mais il refusa de céder. Il y eut un long temps de pourparlers que l’on peut aussi appeler conférences. Tous les grands hommes de cette époque tinrent des réunions. 

Comme je te l’ai déjà dit‚ il y avait parmi nous des gens qui étaient devenus avides de rang et de pouvoir. Leur croyance religieuse devenait plus faible et les gens n’avaient plus beaucoup d’estime les uns pour les autres. Nous étions dans une situation que l’on peut très bien comparer à la situation actuelle.
Avec le temps‚ l’influence de cette femme conduisit à une scission de notre peuple.

Les chefs se réunirent de nombreuses fois. Mais le groupe de ceux qui avaient des connaissances scientifiques fut beaucoup plus fort et ils vinrent pour attaquer mon peuple avec le matériel de leurs pouvoirs et de leur invention.(..)

Mon peuple ne se défendit pas quand il fut attaqué. (…) Nous savons que nous ne serons pas détruits‚ ce sont eux qui le seront les premiers. Nous seuls avons été sauvés. Des villes furent attaquées et beaucoup de gens périrent.

Et puis – comme disait ma grand-mère – quelqu’un a appuyé sur le mauvais bouton et les deux continents ont sombré. Ce ne fut pas le déluge universel. La terre entière ne fut pas détruite et tous les hommes ne furent pas tués. Atlantis s’enfonça très vite dans l’océan‚ mais notre troisième monde‚ Kásskara‚ s’enfonça très lentement.

Laisse-moi t’expliquer pourquoi cela s’est passé ainsi : supposons que je veux tuer quelqu’un et que j’ai un complice. Nous sommes d’accord pour le faire. Même si c’est moi qui tue‚ lui‚ le complice‚ le fait en pensée. Mais il n’est pas autant coupable que moi. Il aura une nouvelle chance par la réincarnation‚ mais pas moi. C’est la raison de la destruction rapide d’Atlantis.

La puissance qui se trouve hors de toute capacité humaine ne voulut pas permettre que le peuple de la paix soit anéanti complètement. Ces gens étaient des réincarnations d’hommes qui avaient vécu dans le deuxième monde‚ Topka‚ et qui avaient suivi les lois du créateur. C’était sa volonté de donner à ceux qui devaient être sauvés les moyens d’y parvenir.
Je sais que beaucoup de gens auront une opinion différente‚ mais nous sommes le peuple élu. Nous avons été sauvés et nous sommes venus ici parce que‚ depuis le premier monde‚ nous avons toujours obéi à la loi !
Nous allons voir maintenant ce qui se passa ensuite et quel rôle jouèrent les Kachinas qui nous ont amenés sur ce continent‚ dans le quatrième monde.
Mais d’abord‚ je dois te parler des Kachinas eux-mêmes.

Les Kachinas

Dans le troisième monde‚ et déjà depuis le premier monde‚ nous étions en relation avec les Kachinas. Kachine signifie “ initié estimé de haut rang ”. Dans les premiers temps‚ ils s’appelaient Kyápchina‚ mais comme notre langage a évolué avec le temps‚ nous disons maintenant Kachinas. En fait‚ Kyápchina désigne une seule personne. Quand on veut parler de plusieurs Kachinas‚ on dit Kyákyapichina‚ c’est le pluriel. Le mot Chinakane signifie “ pousse ”‚ la pousse d’une plante‚ mais ici il désigne la croissance spirituelle que les Kachinas nous donnent.

Les Kachinas peuvent être visibles‚ mais parfois ils sont également invisibles. Ils viennent de l’espace. Ils ne viennent pas de notre système solaire‚ mais de planètes très éloignées. Il faudrait à nos astronautes plusieurs générations pour y parvenir.

Le nom HOPI pour ces planètes est Tóónátakha‚ cela signifie qu’elles sont proches les unes des autres‚ pas dans le sens matériel mais dans le sens spirituel‚ parce que tous leurs habitants ont la même responsabilité‚ ils travaillent tous étroitement ensemble. C’est pourquoi nous pouvons traduire le mot par “ Confédération des planètes ”. Comme nous savons qu’il s’agit de douze planètes‚ nous pourrions dire également  « Confédération des douze planètes ». Les Kachinas peuvent se déplacer très rapidement et‚ pendant que je prononce cette phrase‚ ils peuvent parcourir de longues distances. Ils n’ont besoin que de quelques secondes ; leurs vaisseaux volent grâce à une force magnétique‚ même quand ils font le tour de la terre. Il y a trois sortes de Kachinas. Les premiers s’occupent de la continuité de la vie (survivance). Dans nos danses‚ ils apparaissent au milieu de l’hiver quand‚ dans la nature‚ toute vie dort. Ils nous offrent la certitude que la vie reviendra et continuera. Et comme la réincarnation fait partie de la continuité de la vie‚ cela signifie que nous naîtrons à nouveau et que nous aurons la possibilité de nous améliorer.
Le deuxième groupe est constitué par les enseignants. Nous apprenons d’eux qui nous sommes et où nous sommes‚ quelles sont les influences que nous pouvons subir et ce que nous devons faire.
Le troisième groupe représente les gardiens de la loi. On peut aussi les appeler “ ceux qui nous avertissent‚ nous mettent en garde ”‚ car ils nous parlent pendant longtemps‚ mais un jour viendra où il ne nous avertiront plus‚ mais au contraire ils nous puniront pour tout le mal que nous aurons fait.

 

Des enfants sont nés à la suite d’une relation mystique entre nos femmes et les Kachinas. Je te raconterai plus tard des légendes qui relatent ce fait. Nos gens pouvaient toucher les Kachinas‚ il y avait donc une proximité physique entre les Kachinas et les êtres humains. Mais‚ même si cela semble étrange‚ il n’y a jamais eu de rapports sexuels. Les enfants ont été conçus de façon mystique. De tels enfants‚ quand ils grandissaient‚ avaient une grande connaissance et une grande sagesse‚ et même parfois des pouvoirs surnaturels qu’ils avaient reçus par leur père spirituel. C’étaient toujours des hommes magnifiques‚ puissants‚ qui étaient toujours prêts à aider et jamais à détruire. 

Les Kachinas sont des êtres corporels‚ c’est pourquoi ils ont besoin de vaisseaux pour les voyages dans nos airs et pour retourner sur leurs planètes. Les vaisseaux spatiaux ont différentes tailles et noms. L’un d’eux est Patoowa‚ “ l’objet qui peut voler au-dessus de l’eau ”. Pahu veut dire eau dans notre langue‚ et Toowata est un objet avec une surface courbe. En raison de cette forme‚ nous l’appelons aussi « bouclier volant » .
Je vais te raconter à quoi il ressemble. Si on coupe une calebasse en deux‚ on obtient une forme qui a l’aspect d’une coupe ou soucoupe ; si on assemble deux de ces parties‚ on obtient la forme du vaisseau que l’on utilisa jadis pour se rendre sur ces planètes. Quand on est assis à l’intérieur‚ on peut se déplacer dans toutes les directions et on ne tombe pas‚ quelle que soit la vitesse. Comme il a cette forme‚ nous l’appelons Inioma.

Chez les HOPIS‚ on sait que quelques-uns des nôtres ont volé dans ces vaisseaux et que ces vaisseaux ont également été utilisés dans d’autres pays‚ car les Atlantes sont venus chez nous dans ces vaisseaux. Près d’Oraibi se trouve un dessin rupestre représentant une femme dans un bouclier volant. La flèche est un signe de grande vitesse. La femme porte les cheveux d’une femme mariée.

Les deux moitiés sont tenues ensemble par une “ bride ”. Celui qui conduit le vaisseau doit actionner cette “ bride ”. Quand il la tourne à droite‚ le vaisseau monte‚ quand il la tourne à gauche‚ il descend. Le vaisseau n’a pas de moteur comme les avions et n’a pas besoin de carburant. Il vole dans un champ magnétique. On doit seulement connaître la bonne hauteur. Si l’on veut se diriger vers l’est‚ on choisit une certaine hauteur‚ si l’on veut aller vers le nord‚ on choisit une autre hauteur‚ etc. Il suffit de monter à la hauteur correspondant à la direction choisie et le vaisseau vole dans le courant désiré. De cette manière‚ on peut atteindre n’importe quel endroit à l’intérieur de notre atmosphère‚ mais on peut également quitter la terre. C’est très simple ! Longtemps avant que notre continent et Atlantis soient engloutis‚ les Kachinas remarquèrent qu’il y avait‚ à l’est de chez nous‚ un continent qui sortait de l’eau. D’ailleurs‚ selon nos traditions‚ le monde a changé plusieurs fois. Ce qui était en train de sortir de l’eau était‚ en fait‚ le même pays que celui dans lequel nous avions vécu dans notre deuxième monde‚ Topka. Mais maintenant‚ nous l’appelons le quatrième monde‚ car son apparence est différente. 

On dit aussi que la terre a basculé plusieurs fois‚ je veux dire que le pôle nord était à l’endroit où le pôle sud se trouve actuellement et vice versa. Aujourd’hui‚ les pôles sont inversés et le véritable pôle nord se trouve au sud et le véritable pôle sud au nord. Mais‚ dans le cinquième monde‚ cela changera à nouveau‚ et les pôles seront à leur vraie place. A chaque fois‚ la terre a basculé complètement du nord au sud et pas seulement de la moitié‚ sinon il y aurait eut beaucoup trop de dommages et ce n’était pas l’intention du créateur. Durant Topka‚ le deuxième monde‚ la terre a basculé seulement de moitié et tout a gelé. Les Kachinas ont donc fait des recherches et observé cette nouvelle terre et‚ quand elle fut au-dessus de l’eau‚ ils commencèrent leurs préparatifs. La grande migration pouvait commencer.

Cette nouvelle terre devait devenir notre nouvelle patrie‚ que nous appelons Toowakachi‚ le quatrième monde. Nous avons aussi un autre nom‚ Sistaloakha‚ un mot pour désigner tout ce qui est créé rapidement et qui apparaît dans une forme parfaite.

Le créateur avait donc décidé de nous sauver‚ et les Kachinas nous aidèrent pour atteindre ce nouveau continent. Notre peuple arriva du troisième au quatrième monde de trois façons différentes. Les premiers arrivèrent dans des boucliers volants (c’est ainsi que nous les appelons chez nous). Ils étaient destinés aux gens importants‚ de haut rang. Ils étaient prioritaires parce qu’ils devaient fonder la nouvelle colonie et s’occuper de tous les préparatifs. Comme ils sont arrivés les premiers‚ tous les considéraient comme des gens estimés. Les Kachinas‚ en tant que spationautes‚ savaient où se trouvait la nouvelle terre et ils les y ont amenés. Les Kachinas pouvaient le faire car ils possédaient des boucliers volants ; notre peuple non‚ nous ne savions pas les construire. Mais tu te rappelles que les gens d’Atlantis avaient également des boucliers volants. Ils ne les avaient pas reçus des Kachinas qui les avaient quittés‚ mais ils les avaient construits eux-mêmes avec leur force malveillante ; mais ça‚ je te l’ai déjà raconté.

Longtemps avant que le continent du troisième monde‚ Kásskara‚ soit englouti‚ les premiers clans arrivèrent ici. Parmi les clans qui sont arrivés par les boucliers volants‚ se trouvaient le clan du feu‚ le clan du serpent‚ le clan de l’araignée‚ le clan de l’arc‚ le clan du lézard‚ le clan de l’aigle et le clan de l’eau. En fait‚ il y avait encore plus de clans‚ mais je t’indique ici les principaux. Sur la liste complète‚ le clan de l’arc est indiqué bien plus bas‚ contrairement à ce qui apparaît ici‚ car ce clan a mal agi dans le troisième monde. Mais les gens du clan de l’arc étaient encore importants. Même si beaucoup avaient participé à la destruction du troisième monde‚ ils n’avaient pas tous quitté le chemin du créateur. C’est pourquoi ils ont été sauvés. Il y avait aussi une sorte de gens (le deuxième groupe) qu’il fallut transporter ici et on l’a fait à l’aide de grands oiseaux. La fête du mois de mars‚ Powamu‚ nous rappelle ces événements. J’ai participé moi-même à cette cérémonie‚ à Oraibi‚ quand je fus enfin admis dans la société Powamu. Avant la cérémonie‚ le chef de tribu chanta un chant qui évoquait le troisième monde que nous avions quitté et qui parlait de la méchante reine qui avait conquis la plus grande partie du monde et dont l’influence fut si néfaste. C’est donc avec des oiseaux que sont venus des gens qui se trouvaient dans une phase intermédiaire vers les marches plus élevées d’une connaissance spirituelle. Pendant ce temps‚ les gens avaient très peur‚ car le vieux continent s’enfonçait de plus en plus. Ils avaient peur et pourtant ils savaient qu’ils devaient être sauvés. Une ville après l’autre fut détruite. L’eau n’arrêtait pas de monter et couvrait une grande partie du continent. Dans le troisième groupe se trouvaient ceux qui étaient encore au début de leur quête vers une force spirituelle. Mon clan‚ le clan des coyotes‚ en faisait partie. Je le sais de ma mère qui faisait partie de ce clan‚ ainsi que ses parents à elle. Ils avaient une connaissance précise de ces événements car ils les gardaient en mémoire afin de transmettre ce savoir comme héritage à ce continent‚ le quatrième monde.

Les différentes directions que prirent les rescapés du continent de Kásskara (Mu) et de l’île de Talawaitichqua (Atlantis) lors de la grande destruction il y 80.000 ans. Ces gens devaient donc venir par le troisième moyen‚ c’est-à-dire par bateaux. Ils durent lutter durement pendant longtemps. Alors que beaucoup de monde put venir par les airs‚ on dit aujourd’hui que tout le monde dut lutter pour pouvoir venir sur ce continent. On agit de cette façon pour ne pas oublier ces événements‚ car tout ce que l’on a du mal à obtenir‚ on l’estime davantage et on le garde en mémoire. Ces gens qui étaient transportés par bateaux faisaient partie des clans inférieurs qui possédaient peu de pouvoir. C’est pour cette raison qu’ils avaient subi l’influence du clan de l’arc‚ avec son plan destructeur. Ils y participèrent mais ne firent rien de leur propre gré‚ c’est pourquoi on leur offrit d’échapper à la destruction. Dans le cas contraire‚ ils auraient été détruits comme les autres. Pendant tout le temps où ce groupe fut en route sur les bateaux‚ ils reçurent la protection des Kachinas. Chaque clan avait un Kachina dont la tâche était de l’accompagner et de l’amener sur le continent. C’est ainsi que ce groupe fut conduit‚ en sécurité‚ sur ce continent. Les Kachinas savaient se faire comprendre mais les êtres humains n’avaient pas le privilège de pouvoir parler avec eux. Les Kachinas leur donnaient des conseils et leur indiquaient dans quelle direction ils devaient se diriger vers des îles où ils pouvaient se reposer. Et enfin‚ ils arrivèrent dans le quatrième monde ! Il existe une cérémonie qui rappelle ce voyage en bateaux et qui est célébrée par le clan de la flûte. Ainsi‚ nous nous rappelons chaque détail et chaque étape de ce voyage. Ce même événement nous est rappelé également par les sept statues de l’île de Pâques. Il y a sept statues pour figurer les sept mondes que nous devons traverser. L’île de Pâques est la seule île sur notre chemin qui n’a pas sombré complètement dans l’océan après notre passage.

Par ces trois moyens‚ les gens furent emmenés sur le continent sud-américain afin de s’y établir. A ce moment-là‚ la partie la plus haute était déjà au-dessus de l’eau. Mais tu dois savoir que tous ceux qui ont survécu à Kásskara n’ont pas tous pu venir ici. Nous‚ le clan des coyotes‚ étions les derniers à venir ici. Ceux qui sont partis après nous furent emmenés par des courants vers d’autres pays‚ parce qu’ils n’avaient pas été choisis pour venir ici. Certains arrivèrent à Hawaï‚ une partie du troisième monde qui n’a pas été engloutie‚ d’autres arrivèrent sur des îles du Pacifique sud et d’autres sur une île qui fait partie‚ aujourd’hui‚ du Japon‚ comme je l’ai appris il y a quelques années.
Un jeune homme venu de cette île m’a rendu visite. Il avait lu “ Le livre des HOPIS ”. Il est venu me dire que sa grand-mère lui avait raconté exactement les mêmes histoires concernant l’ancien monde. Il y a donc un certain nombre de gens qui n’ont pas pu venir ici‚ alors qu’ils ont la même origine et viennent du même continent‚ Kásskara. C’est pourquoi‚ sur les îles Hawaï‚ les initiés s’appellent Kahuna qui était le même nom que Kachina.

Tous les habitants d’Atlantis ne périrent pas quand leur continent fut englouti. Ceux qui ne voulurent pas participer à l’attaque de Kásskara par leur reine furent sauvés. Naturellement‚ ils voulurent‚ eux aussi‚ venir sur notre nouveau continent‚ mais le créateur nous avait promis que nous aurions la nouvelle terre pour nous seuls‚ pendant très longtemps. Bien qu’il n’y eut encore aucun HOPI sur ce nouveau continent‚ les Atlantes ne pouvaient pas venir ici‚ en Amérique du Sud.
Alors‚ il ne restât aux Atlantes que le chemin vers l’Est‚ dans des régions que l’on appelle aujourd’hui l’Europe et l’Afrique. Mais on leur avait ôté leurs pouvoirs. Ils étaient cloués au sol‚ ils ne pouvaient plus voler. Ils ne pouvaient survivre que s’ils partaient par petits groupes et chaque groupe n’emportait qu’une petite partie du savoir global qu’ils possédaient auparavant. 

 

C’est la raison pour laquelle les hommes‚ là-bas‚ n’ont aucun souvenir de leur histoire qui fut comparable à la nôtre. Quand ils détruisirent le troisième monde‚ le créateur les mit à un niveau culturel très bas. Mais après leur punition‚ qui dura des centaines d’années‚ ils recommencèrent à se développer. Pense à la culture des Egyptiens. Pour nous‚ les HOPIS‚ ce temps n’est pas loin.Ceci est maintenant notre nouveau continent‚ Tóówákachi‚ le quatrième monde. Le mot signifie “ le beau pays pour tous les hommes ”. Nous savons que nous sommes les premiers hommes à être venus ici et que le créateur nous a promis que nous y serions seuls‚ entre nous‚ pendant longtemps. Avec ce quatrième monde‚ nous sommes au milieu de la durée de la terre et de l’humanité. Nous sommes dans le quatrième d’un total de sept mondes que nous devons traverser. Trois sont derrière nous‚ trois sont devant nous.
En ce qui concerne le temps‚ nous avons déjà dépassé le milieu des sept mondes‚ car la durée de chaque monde à venir est plus courte. 

Notre peuple commença à aller vers le Nord‚ le Sud‚ l’Est et l’Ouest. Nous pouvions commencer à explorer le nouveau continent et pour cela nous utilisions les boucliers volants. Quelques-uns de chez nous avaient atteint un rang assez élevé pour avoir le droit d’accompagner les Kachinas lors de leurs explorations pour voir comment les nouvelles colonies étaient fondées. Et petit à petit‚ il y eut à nouveau des gens qui eurent leurs propres idées sur la façon de suivre les lois du créateur divin. Ils quittèrent le droit chemin. Parmi eux‚ il y avait des gens de haut rang qui voulaient avoir des positions importantes. Ils commencèrent les premiers à faire un mauvais usage des Tawúya‚ personne n’avait jamais fait cela auparavant. Les Kachinas essayèrent de les empêcher de s’envoler dans l’univers. Nous ne devions pas nous y rendre tant que nous n’avions pas rempli toutes nos obligations dans ce monde. Mais ces gens croyaient être déjà prêts. Le créateur fut au courant de ce qui se passait et‚ peu de temps après‚ il vint en personne et dit : “ Dès la première occasion dans ce nouveau pays‚ vous faillissez. Je dois vous punir. ” Et il prit la ville‚ l’éleva dans le ciel‚ la renversa (la tête en bas) et l’enfonça dans le sol. Dans tous les bâtiments alentour on ressentit l’énorme souffle d’air‚ le sol trembla‚ c’était comme un tremblement de terre. Ce fut une déception pour notre créateur que nous ayons désobéi à la première occasion. Après cela‚ notre peuple décida de partir dans différentes directions. C’est ainsi que se passa la première dispersion de notre peuple sur ce continent.

Quand nous nous fûmes éloignés des ruines de la ville détruite‚ certains Kachinas furent destinés à des garçons et des filles qui n’étaient pas encore nés. Ces enfants étaient choisis pour transmettre la mémoire véritable des événements du passé. Cela arriva bien souvent dans notre histoire. L’enfant reçoit le savoir lorsqu’il est encore dans le ventre de sa mère. Parfois‚ c’est la mère qui le reçoit pour que toutes ses pensées puissent pénétrer l’enfant avant la naissance. Pour cette raison‚ l’enfant n’a plus besoin d’apprendre plus tard‚ il faut seulement lui rappeler ce savoir qu’il reçut avant sa naissance. Tout ce que je te raconte ici ne s’est pas déroulé comme cela en peu de temps. Plusieurs centaines d’années s’écoulèrent depuis le début de la migration. Mais les enseignements des Kachinas permirent de garder nos traditions en mémoire. Souvent‚ à la vitesse de l’éclair‚ les Kachinas se rendaient chez le créateur afin de l’informer de nos progrès sur la terre. Et‚ comme je l’ai déjà dit‚ certains de nous avaient acquis un haut rang et étaient devenus très proches des Kachinas‚ alors ces derniers leur permettaient de les accompagner durant leurs vols.

Comme je te l’ai dit‚ plusieurs groupes quittèrent la ville détruite après nous‚ avec un Kachina à la tête de chaque groupe. Et comme les Kachinas pouvaient communiquer entre eux‚ ces groupes savaient ce qui les attendait. Il se passa beaucoup de temps avant que la zone chaude fut derrière eux. Ils arrivèrent à mieux respirer‚ les enfants ne moururent plus et le peuple s’agrandit. Ils continuèrent en direction du nord et furent guidés vers des lacs et des fleuves par Eototo. Après beaucoup d’années‚ ils arrivèrent à une barrière de glace et ne purent aller plus loin vers le nord. Ce n’était pas beaucoup plus au nord que la frontière canadienne d’aujourd’hui.

Eototo leur dit qu’il s’agissait d’une porte qui serait ouverte plus tard pour d’autres gens qui viendraient de par là pour immigrer vers le sud. Alors‚ ils rebroussèrent chemin pour chercher un endroit accueillant. Mais le voyage n’était pas terminé.

Ils durent d’abord se diriger en direction du soleil levant en traversant des régions d’où l’eau n’était pas partie depuis longtemps. Un jour‚ ils ne purent aller plus loin car ils arrivèrent devant une grande étendue d’eau. Eototo leur dit que c’était la fin du voyage vers l’est. “ Maintenant‚ vous devez vous retourner et marcher dans la direction du soleil couchant. ” Ils obéirent et allèrent vers l’ouest.

Après de nombreuses années‚ ils arrivèrent de nouveau devant une étendue d’eau et Eototo leur dit : “ Vous avez maintenant terminé votre migration‚ vous pouvez choisir où vous voulez vivre. ”
Mais le clan ne savait pas encore où il voulait s’installer. Après des recherches‚ il choisit cet endroit-ci où ils construisirent leur premier village et où les HOPIS vivent depuis lors.

Nous étions informés de toutes les particularités de notre système planétaire‚ pas seulement ce que l’on peut observer‚ mais aussi sur leur ordre. Ils savaient‚ et c’est pourquoi nous le savons aussi‚ que sur la lune se trouve du sable fin‚ que la terre est ronde et qu’il n’y a pas de vie sur Vénus‚ Mars ou Jupiter. Ce sont des planètes mortes sur lesquelles l’homme ne peut pas vivre. Si vos scientifiques nous l’avaient demandé‚ nous aurions pu leur dire qu’ils allaient trouver du sable fin sur la lune.

Húck’ovi
J’ai entendu cette histoire très souvent depuis ma plus tendre enfance. Húck’ovi se trouve sur le prochain plateau‚ de l’autre côté des basses terres‚ juste en face d’Oraibi. Nous gardons ce souvenir vivant‚ car il nous montre ce qu’il va arriver au monde entier. Nous saurons quand le temps sera venu‚ car tout se passera à nouveau comme ça.

Le village fut fondé par le clan du front. C’est un des trois clans qui ont un rapport avec la chaleur et l’énergie. C’est la chaleur qui détruit et c’est la chaleur qui purifie‚ c’est pourquoi ces clans sont si importants. Par ordre de puissance‚ il y a d’abord le clan du feu‚ puis le clan du soleil‚ puis le clan du front. (…)
Le temps arriva où les gens n’écoutèrent plus leur chef dans leur village‚ jusqu’à lui désobéir et lui manquer de respect. D’après une vieille coutume‚ on ne peut régler une telle chose que par le départ des gens et la destruction du village. C’est ce qui s’est passé avant‚ avec le troisième monde‚ puis avec TáotoómaPalátquapiCasas Grande – ça se répète sans cesse. Et ça se répète aujourd’hui dans le monde entier‚ pense à toutes les disputes‚ contradictions et au manque de respect. C’est pourquoi nous‚ les HOPIS‚ nous savons que la fin du quatrième monde arrivera bientôt. Nous en sommes proches. Donc‚ on a pris la décision de détruire le village par un feu et une explosion après une dernière cérémonie. Certains ne crurent pas au feu et à l’explosion et restèrent au village pour voir ce qui allait se passer. D’autres sont partis avant la cérémonie.

Trente hommes et trente femmes participèrent à la cérémonie. Chaque femme portait un plateau tressé sur lequel se trouvait de la farine de maïs pressée‚ avec un trou au milieu. Autour du trou‚ il y avait deux anneaux‚ l’un d’hématite rouge‚ l’autre d’hématite jaune. La masse jaune avait peut-être un rapport avec l’uranium que l’on a découvert à l’est de chez nous. Du trou sortait une flamme‚ quand la flamme s’étend‚ ou plutôt quand la flamme descend dans le trou‚ il y a une explosion‚ mais ça plus tard. Le groupe de femmes et d’hommes arriva à travers les rochers par le côté ouest du village. Les femmes posèrent leur plateau à l’intérieur d’un cercle sur la place du village. Un des plateaux fut donné au chef. Il le prit et alla dans une maison pour le bénir. Puis il sortit rejoindre les hommes et les femmes qui avaient quitté le village plus tôt et les hommes et femmes qui avaient participé à la cérémonie partirent avec lui. Comme je te l’ai dit‚ quelques hommes et femmes ne crurent pas quand on les mit en garde et ils restèrent.

Quand les flammes disparurent dans les trous‚ il y eut une grande explosion et une chaleur intense‚ et tout le village et les gens qui étaient restés périrent. Même certains de ceux qui étaient partis plus tôt furent incommodés par la chaleur et il fallut les porter.
Mais dans la chanson on dit que les gens vont de village en village et ne trouvent pas de refuge. Ils ne le trouveront nulle part‚ car ça brûle partout.

Il n’y a pas de remède‚ car ce sera le feu qui détruira notre quatrième monde.
Ce ne sera pas une guerre atomique‚ mais une arme électrique que l’on est en train de développer et qui sera découverte bientôt. Je ne sais pas comment agira cette arme exactement‚ mais elle enverra quelque chose qui ressemble à des ondes radio et ça partira d’une station et ça ira partout.

Toute la puissance et l’énergie dont nous avions besoin provenaient du soleil. Nous pouvions en bénéficier partout et les lignes électriques n’étaient pas nécessaires. Mais je ne sais pas comment cela fonctionnait.

Nous avions un appareil‚ en fait nous en avions beaucoup‚ avec un cristal à l’intérieur pas plus gros qu’un pouce. A l’époque‚ les gens n’avaient pas besoin de travailler la pierre avec un burin‚ pendant des jours. Tout ce qu’ils avaient à faire‚ c’était d’orienter l’appareil par rapport au soleil et ils pouvaient fendre la pierre avec l’énergie solaire. Tous les sons étaient mémorisés dans des cristaux. Tous les enregistrements du troisième monde se trouvent dans une grotte en Amérique du Sud. Ma grand-mère me l’a dit un jour mais personne ne sait plus où elle se trouve. Si la grotte était découverte un jour‚ je pourrais tout reconnaître à l’intérieur.

Quand nous sommes venus sur ce continent‚ nous avons bien sûr emmené de tels appareils‚ ainsi que toutes nos connaissances. Là-bas‚ en Amérique du Sud‚ les gens pouvaient soulever d’énormes blocs de roche en tendant les mains sans y toucher. Aujourd’hui‚ on est étonné et on ne comprend pas comment les gens ont pu bâtir de telles villes‚ mais à l’époque c’était facile. La plus grande efficacité des capacités de l’être humain se trouve dans le bout des doigts. Ils peuvent émettre beaucoup de force et en absorber autant. Pense aux hommes-médecine qui posent leurs doigts sur ton corps et sentent toutes les vibrations. Ils ressentent aussi les vibrations qui ne devraient pas s’y trouver et localisent ainsi la maladie.

A une certaines époque‚ on utilisait aussi le mercure‚ mais je ne sais pas exactement dans quel but. D’après notre tradition‚ il en existait deux sortes‚ une liquide et une solide. Il y aurait un rapport avec la chaleur et l’équilibre‚ mais je ne sais pas si‚ au point de vue scientifique‚ cela signifie quelque chose pour toi. Les gens du clan “ deux cornes ” l’ont utilisé‚ c’est ce que m’a dit un homme du clan de l’arc. Les gens avaient techniquement un niveau élevé‚ mais ils n’ont jamais utilisé la force pour détruire des vies.

Tout ce savoir s’est progressivement perdu et les gens ont dû travailler de plus en plus dur. Aujourd’hui‚ toutes ces bonnes choses sont dissimulées et nous voyons avec étonnement ce que l’on a réussi à faire dans le passé. Pour comparer‚ on pourrait dire que c’est aujourd’hui que nous vivons dans une époque sombre.

Chacun d’entre nous est né avec une prédestination et doit remplir sa tâche dans ce monde. Longtemps avant ma conception‚ il fut décidé que cela ferait partie de ma destinée de transmettre toutes ces choses. C’est pourquoi je suis venu pour parler avec toi.

Je t’ai parlé beaucoup de notre histoire‚ de l’histoire du peuple élu. Je sais qu’elle ne correspond pas à ce que vous avez cru jusqu’à maintenant. Naturellement‚ les scientifiques voudront nous corriger‚ comme ils le font toujours. Ils ne nous comprennent pas et ne peuvent donc pas comprendre notre histoire et nos opinions. Mais nous‚ les HOPIS‚ reconnaissons dans les événements d’aujourd’hui la même chose que ce qui est arrivé vers la fin du troisième monde. Nous voyons ce qui se passe dans le monde‚ la corruption‚ les assassinats‚ et nous savons que nous sommes sur le chemin de la destruction. On peut éviter cette fin terrible si nous retournons sur le chemin du créateur‚ mais je n’y crois pas. La prochaine grande catastrophe n’est pas loin‚ seulement quelques années. Cela doit vous sembler étrange dans votre monde‚ mais nous le savons.

Nous‚ les HOPIS‚ nous le savons.

Marc Lafontan

« Au bout de la route » 

 

OURS BLANC RACONTE L'HISTOIRE DES HOPIS (Joseph F.BLUMRICH-1913 / 2002) dans REFLEXIONS PERSONNELLES HOPIS-300x184

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 12 août, 2012 |Pas de commentaires »
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