11 SEPTEMBRE 2001: DE NOUVEAUX INDICES DEMENTENT LA VERSION OFFICIELLE (Giulietto CHIESA)

11-Septembre 2001, de nouveaux indices

 démentent

 la version officielle

11 SEPTEMBRE 2001: DE NOUVEAUX INDICES DEMENTENT LA VERSION OFFICIELLE (Giulietto CHIESA) dans REFLEXIONS PERSONNELLES 11-SEPTEMBRE-2

(Giulietto CHIESA)

Giulietto Chiesa est journaliste. Il fut correspondant de presse d’Il Manifesto et d’Avvenimenti, et collaborateur de nombreuses radios et télévisions en Italie, en Suisse, au Royaume-Uni, en Russie et au Vatican. Auteur du film « Zéro – Enquête sur le 11-Septembre » et de divers ouvrages, il a notamment écrit sur la dissolution de l’URSS et sur l’impérialisme états-unien. Ancien député au Parlement Européen (Alliance des Démocrates et Libéraux, 2004-2008), il est membre du Bureau exécutif du World Political Forum.

Le comité d’experts internationaux dont j’ai l’honneur de faire partie a publié hier ses dernières conclusions (chronologiquement parlant) sur la question cruciale des faux comptes-rendus des actions et des endroits où se trouvaient les plus hauts responsables politiques et militaires américains au cours de cette journée fatale.

Ces conclusions s’articulent en huit chapitres, dont les détails peuvent être consultés sur le site www.consensus911.org/fr [en français – NdT], et qui éclairent d’une lumière nouvelle et impressionnante ce sur quoi, à presque onze ans de distance, des millions de personnes dans le monde entier (disons l’immense majorité) ne savent absolument rien. À commencer par les mensonges officiels qui ont été diffusés pour empêcher que le public – et en premier lieu les Américains – sache où se trouvaient et ce que faisaient les quatre plus hauts responsables de l’époque : le président américain George W. Bush, le vice-président Dick Cheney, le secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld, et le général en charge de tout l’État major, Richard Myers.

Ces huit nouveaux chapitres ont été élaborés par les vingt membres du 9/11 Consensus Panel, sur la base de documents obtenus grâce à la loi sur la liberté de l’information (FOIA), et par l’analyse de toutes les sources journalistiques disponibles. Et en prenant comme point de départ les propres affirmations de la Commission d’enquête officielle.

La documentation est effectivement impressionnante et les mensonges officiels y coulent à torrents. A commencer par le fait avéré et proprement stupéfiant du nombre sans précédent d’exercices militaires qui se déroulaient précisément le 11 septembre 2001. Il y en avait pas moins de sept. Mais la Commission d’enquête officielle ne fait mention que d’un seul, celui qui portait le nom de « Vigilant Guardian ». Cet exercice était habituellement organisé chaque année en octobre. Mais en 2001, il fut avancé à septembre. Il y eut au même moment l’exercice « Global Guardian », du NORAD (North American Aerospace Defense Command), qui lui aussi était normalement planifié au mois d’octobre. Et ainsi de suite : « Amalgam Warrior » (vaste exercice portant sur plusieurs régions du NORAD, conduit normalement aux mois d’avril et d’octobre). Cette année-là, l’exercice fut lui aussi déplacé en septembre.

11-SEPTEMBRE 11 SEPTEMBRE 2001 dans REFLEXIONS PERSONNELLES

Le 4e est intéressant, « Northern Vigilance », qui eut pour effet ce matin-là de déplacer pratiquement toute la flotte aérienne militaire américaine au Canada et en Alaska. Suivirent, ou plutôt furent organisés au même moment « Vigilant Warrior » (exercice d’entrainement en vol), et « Red Flight » (qui prévoyait le transfert d’avions de chasse de la base de Langley, Virginie, vers d’autres bases). Et enfin, n’oublions pas le National Reconnaissance Office (NRO) qui – quelle coïncidence extraordinaire – prévoyait justement ce matin-là, exactement à 9 h 10, l’impact d’un petit avion contre l’une des tours de l’Agence, dans les environs de Washington.

Il est impossible de résumer ici tous les points les plus criants qui émergent de ces huit chapitres. Une chose est sure : la Commission officielle, présidée (illégalement) par Philip Zelikow, ami intime et collaborateur de Condoleezza Rice, oublia de mentionner les sept exercices militaires en cours ce jour-là, mais sous-estima de manière incroyable la confusion provoquée par tous ces entrainements et ces simulations alors que se produisaient les quatre détournements d’avion. En outre, il parait irréfutable que ce matin-là, les écrans radars de la défense aérienne américaine furent criblés de faux échos par rapport à ce qui se passait en réalité dans le ciel de l’Amérique du Nord. Ces faux échos radars furent retirés des écrans seulement après les frappes contre la Tour Sud du World Trade Center.

Mais qui commandait pendant ces heures [cruciales] ? Les sources officielles répètent sans cesse que Bush, Cheney, Rumsfeld, Richard Myers (qui remplaçait le général Hugh Shelton), Montague Winfield, lui aussi général et à la tête de la « War room » étaient tous (de façon totalement inexplicable) loin de leurs postes de responsabilité. C’est-à-dire qu’ils n’étaient pas là où ils auraient dû être. Et qu’ils n’y retournèrent qu’après la frappe contre le Pentagone, à 9 h 37. Mais les documents démentent cette version des faits. Certains d’entre eux, non seulement se trouvaient à leur poste, mais ils étaient parfaitement informés sur ce qui se passait et ils discutèrent même de la nécessité ou pas d’abattre le 4e avion détourné, le Vol 93, dont les débris furent retrouvés non pas à Shanksville (comme le dit la version officielle) mais sur un périmètre de plusieurs kilomètres de diamètre. Encore un démenti de la version officielle.

Le 9/11 Consensus Panel n’est pas un tribunal, mais il recueille les éléments qui pourront être utiles aux recherches ultérieures, peu importe qui les conduit, une institution publique, les médias, des sites académiques. Ceux qui veulent ouvrir les yeux peuvent aller s’en assurer sur le site. Le site du Consensus 9/11 est une contribution à l’enquête que Ferdinando Imposimato compte mener à bien pour exposer les chefs d’accusation devant le Tribunal Pénal International de La HAYE, afin que celui-ci puisse examiner l’hypothèse d’incriminer d’importants membres de l’administration américaine de l’époque, sur l’accusation de « participation à un crime ».

Giulietto Chiesa

IlFattoQuotidiano.it, le 6 juin 2012

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UNE OTAN « RENOVEE »…POUR QUELS OBJECTIFS ? (Jacques Le DAUPHIN)

« Une OTAN « rénovée » pour quels objectifs ? »

 (Jacques Le Dauphin)

UNE OTAN

Directeur de l’Institut de Documentation et de Recherche sur la Paix, Collaborateur de la revue Recherches Internationales

lundi 4 juin 2012 par Le Dauphin Jacques , Recherches internationales

 

Que penser du sommet de l’OTAN qui s’est tenu à Chicago les 20 et 21 mai 2012 ? Le choix du lieu décidé par le président Obama lui-même, la participation des chefs d’état et de gouvernement, non seulement des 28 pays membres, mais aussi ceux de 30 autres pays donnent à ce rendez-vous un relief particulier. C’est, avoué ou non, la volonté de promouvoir une nouvelle alliance transatlantique, qui, outre le sigle, n’aurait que de très lointains rapports avec celle qui existait depuis des décennies. Il s’agit de faire de l’OTAN un acteur clé de la vie internationale.

Le bourbier afghan

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Dans cet esprit, le Sommet avait porté à son ordre du jour la situation en Afghanistan, après dix ans d’intervention militaire de l’OTAN ou plus précisément des modalités d’un retrait qui s’avère urgent. L’intervention s’est abîmée dans les montagnes afghanes et s’est transformée en immense bourbier.
Le retrait en lui-même ne posait pas problème, car tout le monde veut voir l’OTAN quitter l’Afghanistan au plus vite, mais une question taraudait les responsables de l’opération : comment éviter que le retrait soit considéré comme une débandade, un échec portant atteinte à la crédibilité de nouvelles opérations que l’OTAN serait susceptible de mener à l’avenir. C’est pourquoi, la nature et le rythme de ce retrait ont posé et posent encore aujourd’hui questions.
Transférer purement et simplement les moyens à l’armée et la police afghane n’est pas sans susciter inquiétudes pour l’avenir du pays et la stabilité de la région. à Chicago, de manière générale le retrait des forces combattantes fut fixé à 2014, sans incidences notables de la décision française de retirer ses propres troupes fin 2012. Pour ce qui concerne l’évolution ultérieure des forces d’assistances sur le terrain, elles se maintiendront, durant des délais qui restent à fixer. Le coût de cette assistance est évalué à 4,1 milliards de dollars (pour la France l’évaluation est fixée à 150 millions d’euros). Outre les mesures d‘assistance, d’autres mesures sont envisagées pour garder le pays sous influence. Ainsi les présidents Obama et Karzaï ont signé un traité qui autorise pour plusieurs années, l’usage du territoire afghan par les troupes américaines.
Le secrétaire général, Anders Fogh Rasmussen, n’a-t-il pas affirmé à maintes reprises que l’avenir de l’OTAN se jouait en Afghanistan.

Un basculement vers la région Asie-Pacifique et le Grand Moyen-Orient

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L’expérience afghane n’est pas sans susciter réflexions chez les membres de l’Organisation et les « partenaires » qui ont signé des accords de coopérations. Une réflexion d’autant plus vive lorsque l’on sait que cette guerre a été initiée par les Etats-Unis, lesquels pilotent l’évolution de l’Alliance vers une nouvelle configuration.
La politique militaire américaine actuelle s’inspire de la « Quadrianal Defense Review » 2010, actualisée et présentée dans ses grandes lignes en janvier 2012 par le président Obama, sous l’intitulé « New strategic guidance ». Cette politique traduit au plan stratégique un déploiement dans la région Asie-Pacifique et au Grand Moyen-Orient. C’est dans ces deux directions que les états-Unis souhaitent voir s’orienter l’activité de l’OTAN. à ce sujet Ben Rhodes, conseiller au Pentagone, a souligné qu’en organisant ce Sommet sur le sol américain, le président Obama « voulait montrer à quel point les Etats-Unis intègrent l’OTAN dans les projets d’avenir de la politique américaine ».
De son côté, le président Obama a déclaré que « la mission historique de l’OTAN en Europe était désormais accomplie et qu’elle se devait de trouver d’autres missions ». D’autres déclarations n’hésitent pas à présenter l’OTAN comme un « multiplicateur de puissance pour les états-Unis ; un tel positionnement suscite pour le moins réserves, sinon hostilités, chez les partenaires, bien que les divergences soient le plus souvent occultées dans les déclarations officielles.
Pour autant les contradictions sont réelles. Du côté des pays membres, si le leadership américain ne semble pas poser de problèmes majeurs, au sein de l’Organisation, l’accord entre les deux rives de l’Atlantique est de moins en moins automatique, du fait de la disparition de la menace majeure qui avait soudée certains d’entre eux. Ils s’interrogent aujourd’hui s’il ne convient pas de faire rentrer le génie dans la lampe, pour se replier sur les missions strictes de défense des alliés à l’origine de l’Alliance, dans l’esprit de la Charte transatlantique.
L’accord est moins automatique du fait aussi de la multiplication des membres. Celle-ci dilue leurs liens avec les états-Unis. Il reste que des tendances, centrifuges, centripètes se manifestent, souvent simultanément, rendant plus difficile la perception.
Par ailleurs, depuis la fin de la guerre froide, l’Otan a noué des coopérations avec plusieurs pays de différents continents (partenariat pour la paix ;dialogue méditerranéen initiative de coopération d’Istanbul).

Ces coopérations n’ont guère dépassé le stade du principe et sont peu fiables. Pourtant un chapitre entier du concept stratégique y est consacré ; à Chicago des mesures ont été envisagées dans une démarche qui rejoint sur le fond la vision américaine « global partnership », en tendant, tout en rassemblant un maximum de pays à moduler leur intervention directe au fil des événements. Même conçu à la carte, ce type de coopérations ne semble pas avoir le vent en poupe.

Une Organisation surannée

Il semble important de discerner les contradictions spécifiques de l’OTAN, en lien avec les rapports internationaux, car elles conditionnent l’approche de nombreux problèmes, en particulier ceux qui sont abordés lors du sommet de Chicago. C’est le cas en particulier du bouclier antimissile, voulu et dirigé par les états-Unis. Le principe de ce bouclier a été adopté lors du sommet de Lisbonne, mais visiblement la réalisation s’avère ardue. C’est pourquoi le secrétaire général a lancé l’idée d’ « une capacité opérationnelle intermédiaire ».
De nouveau, plusieurs pays européens ont exprimé leurs réticences vis-à-vis d’un projet fortement déstabilisateur, coûteux à l’utilité douteuse, d’autant que certains d’entre eux, comme la Belgique, l’Allemagne, le Danemark, accueillent sur leur sol des bombardiers américains. La Russie a manifesté son hostilité à un projet qu’elle considère comme une menace pour sa sécurité, d’autant que l’OTAN s’est déclarée déterminée à rester une alliance nucléaire. La relation entre l’OTAN et la Russie s’en trouve affectée. L’absence du président Poutine à Chicago l’a reflété.
L’OTAN a peiné à gérer la fin de la guerre froide où elle fondait son existence. A-t-elle pour autant trouvé une place crédible dans la nouvelle donne internationale. Quelle place peut-elle occuper au plan international ? Une question revient, tenace : à quel rôle peut prétendre une telle organisation ? Son comportement agressif, unilatéral dans les questions internationales brûlantes a, y compris dans l’application des résolutions du Conseil de Sécurité, tendu bien évidemment à la discréditer et à la rendre dangereuse aux yeux du monde. Sa prétention à se substituer à l’ONU, qui elle détient une vraie légitimité, par les normes fixées par la Charte des Nations unies est vigoureusement condamnée. C’est pourquoi de larges secteurs de l’opinion publique internationale, non seulement conteste son action, mais demande de plus en plus sa dissolution. Les manifestations qui se sont déroulées dans le monde, y compris à Chicago, que l’on aurait grand tort de sous-estimer, en sont l’illustration.

Cette chronique est réalisée en partenariat rédactionnel avec la revue Recherches Internationales à laquelle collaborent de nombreux universitaires ou chercheurs et qui a pour champ d’analyse les grandes questions qui bouleversent le monde aujourd’hui, les enjeux de la mondialisation, les luttes de solidarité qui se nouent et apparaissent de plus en plus indissociables de ce qui se passe dans chaque pays.
6, av. Mathurin Moreau ; 75167 Paris Cedex 19
Site : http://www.recherches-international…

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 9 juin, 2012 |Pas de commentaires »

EN FINIR AVEC LES INTELLECTUELS ORGANIQUES: LES DEGÂTS CONTRE LE VIVRE-ENSEMBLE

Pour en finir avec les intellectuels organiques :

 les dégâts contre le vivre-ensemble

EN FINIR AVEC LES INTELLECTUELS ORGANIQUES: LES DEGÂTS CONTRE LE VIVRE-ENSEMBLE dans REFLEXIONS PERSONNELLES COLUCHE

(Chems Eddine CHITOUR)
« De tous ceux qui n’ont rien à dire, les plus agréables sont ceux qui se taisent. » – Coluche

Cette citation de Coluche s’applique à merveille aux intellectuels qui, en France, dictent la norme au nom d’une légitimité dont il faudra bien un jour s’intéresser à son « fond rocheux ». Chacun sait, en effet, que le microcosme intellectuel en France est squatté par certains intellectuels que l’on pourrait qualifier d’organiques au sens d’Antonio Gramsci, qui pensent que leurs élucubrations est parole d’Evangile et qu’à ce titre, elles doivent formater l’imaginaire des Français de toutes conditions que cela soit l’auditeur distrait qui écoute une station de radio ou celui qui prend son temps de regarder les émissions audiovisuelles.

C’est un fait que, pratiquement sur toutes les chaînes, on ne voit qu’eux, à croire que la richesse culturelle se résume à ces « certitudes » martelées en boucle. Est-ce à dire que la pensée intellectuelle française est tellement stérile qu’elle n’a que çà à mettre en avant ou est-ce un maillage intelligent plus nocif que cent divisions puisqu’il formate l’imaginaire des Français et insidieusement leur dicte d’une façon inconsciente le rapport à l’Autre quand il s’agit de l’allogène, qu’il soit mélanoderme ou encore plus grave, appartenant à cette religion de l’antéchrist : l’Islam ?

Ce n’est d’autant pas vrai qu’en cherchant bien cette pensée objective, généreuse, on la trouve cantonnée à l’écrit quand il a l’imprimatur de maisons d’édition qui, elles aussi, pour être dans l’air du temps, s’autocensurent souvent laissant, on l’aura compris, le champ libre à la pensée unique pour ne pas dire certaines fois, inique.

Beaucoup d’intellectuels d’autorité – il faut regretter leur manque de visibilité et pour cause dans les médias, par nature – ne s’associent à ces messes basses où on dit à l’auditeur ou au téléspectateur ce qu’il faut penser, façonnant à terme sa façon de réagir en face d’événements que les médias aux ordres présentent et vendent- justement pas ces « autorités » qui papillonnent de plateau en plateau. Nous l’avons vu même avec les intellectuels maghrébins installés confortablement en Occident et qui se bousculent pour faire allégeance et nous parler de « l’Islam des Lumières », du retard structurel des Arabes, à l’exception de leur personne…

On l’aura compris aussi, ceux qui ne vibrent pas à la fréquence de cette loi non écrite qui veut que certains sujets sont tabous. Ils sont soit rappelés à l’ordre au nom de loi condamnant telle ou telle action, soit d’une façon invisible se voient fermer toutes les portes et leur rare apparition sur les plateaux est plus due à un manque de vigilance qu’à une invitation normale eu égard au sujet traité. En son temps, Pascal Boniface avait dénoncé d’une façon plus générale les intellectuels faussaires. (1)

Le commentaire suivant nous parait tout à fait approprié : « (…) N’écoutant que la probité qui l’anime, et se laissant guider par sa plume avide de transparence dans un microcosme politico-médiatique nébuleux, Pascal Boniface, signe là une quête de vérité captivante, qui éclaire nos lanternes de manière lumineuse. Pas téméraires pour un sou, 14 éditeurs ont déclaré forfait à la lecture du manuscrit qui brûle les doigts, les motifs du refus variant : « (..) Mais il y eut également le cas fréquent d’éditeurs me disant qu’ils avaient apprécié le livre, qu’ils en ont partagé les analyses et démonstrations mais qu’ils ne pouvaient pas prendre le risque de le publier car ils ne voulaient pas se fâcher avec des gens puissants dans le milieu de l’édition et des médias », explique Pascal Boniface »(2)

« Qui sont donc ces maîtres incontestés de la manipulation des esprits, ces illusionnistes de la science infuse, dont le prisme déontologique sélectionne soigneusement les causes à défendre en fonction des intérêts supérieurs qu’elles servent, et du profit personnel qu’il y a à en tirer ? (…) En tête de liste, il y a l’influent Bernard Henry-Lévy, alias BHL le « seigneur et maître des faussaires », dont le « moralisme se mue en maccarthysme », redoutable dans l’art d’exercer le « terrorisme intellectuel », alors même que ses fiascos retentissants disqualifieraient sur-le-champ bien moins omnipotent que lui. Alain Finkielkraut le talonne de près, lui « qui a contribué à alimenter la peur d’une grande partie de la communauté juive en grossissant de façon démesurée l’antisémitisme en France ». (2)

L’auteur du commentaire de l’ouvrage de Pascal Boniface cite d’autres auteurs de la même veine : « Puis vient Alexandre Adler « un défenseur acharné et inconditionnel d’Israël, et le pourfendeur intransigeant de tous ceux qui osent émettre des doutes sur la politique d’Ariel Sharon », suivi de Caroline Fourest, qui a emprunté la voie royale pour se faire une place au soleil : jouer la « pasionaria de la lutte contre l’islamisme » avec, dans sa ligne de mire, la proie de choix qui booste les carrières, Tariq Ramadan. (…) Le carriérisme de Mohammed Sifaoui n’est pas épargné non plus, démasqué dans son rôle du « pourfendeur utile de l’islamisme » écumant tous les plateaux de télévision, qui a parfaitement compris que s’afficher en tant que « musulman et pro-israélien » était le plus sûr chemin vers la gloire« La malhonnêteté intellectuelle a ses stars, qui lorgnent toutes sur la consécration médiatique en s’engageant utile et dans le sens du vent, sur le dos d’un ennemi commun, monté de toutes pièces, et très tendance « l’islamofascisme », et de peurs irrationnelles à faire frémir dans les chaumières « l’islamophobie ». ». (2)

L’auteur conclut en se référant aux intellectuels qui ont fait le rayonnement de la pensée française « (..) Et c’est une vraie nostalgie qui nous étreint, de celle qui élève l’âme en proie au « spleen » et non qui libère la fureur « Zemmourienne », quand Pascal Boniface nous fait remonter le temps, jusqu’à cet âge d’or des intellectuels prompts à s’engager pour des causes universelles, de manière désintéressée, quitte à se mettre en danger : « Leur prestige est à la hauteur de leur dévouement et des risques encourus, car leurs combats se font alors contre les pouvoirs en place » souligne Pascal Boniface en forme du plus bel hommage. » (2)

BHL : Le tintin des démocrates qui veut « s’occuper » de la Syrie

Pour notre part, nous allons revenir sur les tableaux de chasse de trois d’entre eux : L’inévitable BHL, Alain Finkielkraut et un nouveau venu Eric Zemmour qui se fait les dents sur le même râtelier cette fois aussi des Noirs, des Maghrébins.. Pour rappel dans une contribution précédente, nous avons souligné le rôle sombre de BHL et sa responsabilité en définitive dans le lynchage de Kadhafi. Nico Ramirez écrit à son propos : « L’homme qui exploitait la forêt africaine mais qui ne voulait pas que cela se sache (…) Et tandis que la sueur africaine irriguait généreusement son compte en banque, à quelques milliers de kilomètres de là, Bernard-Henri distribuait les leçons de morale sur la dignité humaine. (…) La lamentable escroquerie intellectuelle trouve toujours une belle caisse de résonance. Profitant d’un solide réseau au sein des médias et de l’édition, le clown de Tobrouk parvient toujours à s’en sortir, en empêchant la publication de tel ou tel article qui le dérange. Une imposture qui se poursuit également avec des ambitions très clairement énoncées à ceux qui feraient semblant de ne pas comprendre : « J’ai porté en étendard ma fidélité à mon nom et ma fidélité au sionisme et à Israël », déclarait-il sans rire à propos de son implication dans la guerre en Libye. (3)

Mieux encore, BHL persiste et il signe : il reconnaît l’implication d’Israël dans l’aventure libyenne et il supplie le locataire de l’Elysée de refaire la même expédition cette fois-ci en Syrie. Il martèle dans son appel au président Hollande, qu’il est aussi important de sauver le peuple syrien que de sauver l’euro. »

Tout ceci en attendant un retour sur dividende de l’expédition libyenne qu’il a « vendue » au Festival de Cannes. Pascal Boniface nous en parle : « A peine rentré de Libye, Bernard-Henri Lévy foulait le tapis rouge du Festival de Cannes pour y présenter son nouveau film, « Le serment de Tobrouk », un récit de son action aux côtés des insurgés libyens en guerre contre Mouammar Kadhafi. Projeté à Cannes lors du festival, en salle la semaine prochaine, le nouveau film de Bernard-Henri Lévy Le serment de Tobrouk déclenche d’ores et déjà les commentaires habituels par rapport à ses productions. Commentaires élogieux des directeurs de rédaction et éditorialistes, goguenards ou hostiles. » (4)

« (…) Sur le site de « The Weinstein Company » qui va distribuer le film aux États-Unis, on peut lire « il montre comment les idées et les convictions peuvent changer le cours de l’histoire à travers une intervention humanitaire et politique qui aurait sinon paru impossible ». (…) Par ailleurs, Bernard-Henri Lévy, qui s’est fait accompagner de deux Syriens à Cannes, oublie le message que lui ont envoyé les responsables de l’opposition syrienne il y a quelques mois. Alors qu’il voulait faire une OPA sur elle, ils lui ont dit : « M. Bernard Henri Lévy épargnez-nous votre soutien », et ils viennent de renouveler ce message. La force militaire continue d’être l’atout majeur de la conquête de l’exercice du pouvoir. On peut également parier que le documentaire ne contient pas l’aveu pour le moins étonnant fait par Bernard-Henri Lévy à la Convention Nationale du Crif l’hiver dernier, disant qu’il avait agi dans cette affaire en pensant à Israël : « J’ai porté en étendard ma fidélité à mon nom et ma fidélité au sionisme et à Israël [...] C’est en tant que juif que j’ai participé à cette aventure politique, que j’ai contribué à définir des fronts militants, que j’ai contribué à élaborer pour mon pays et pour un autre pays une stratégie et des tactiques. » (…) » (4)

Finkielkraut et le racisme anti-blanc

On connaît les positions d’Alain Finkielkraut concernant les noirs, les Arabes, les Antillais lui aussi émigré de la 3e génération, venu défendre la race blanche en danger existentiel de par les attaques de ces scories de l’histoire coloniale que sont les beurs et les Noirs. Pour lui le racisme anti-blanc est une réalité et il ne cesse d’entretenir le brasier de la partition.

Tout commence avec un article du Monde sous forme d’appel le 25 mars 2005, signé par Alain Finkielkraut, Bernard Kouchner, Jacques Julliard et même curieusement Ghaleb Bencheikh, appel soutenu et relayé par le mouvement sioniste de gauche Hachomer Hatzaïr et la radio communautaire juive Radio Shalom.

L’appel formulait le problème en ces termes : « Aujourd’hui les manifestations lycéennes sont devenues, pour certains, le prétexte à ce que l’on peut appeler des « ratonnades anti-blancs. » L’appel et la parution de l’article dans le Monde ont créé un tollé parmi de nombreux intellectuels, notamment les sociologues comme Esther Benbassa, Michel Kokoreff ou Laurent Mucchielli. Esther Benbassa dénonce la logique communautariste qui, selon elle, sous-tend cette pétition : « De même d’autres auteurs dénoncent dans le journal Libération ce qu’ils appellent la « lepénisation des esprits ». 

Alain Finkielkraut ne s’arrête pas là, il dénonce tous les Arabes, profiteurs. Même les Antillais sont traités comme des assistés de la République. Un article percutant du philosophe antillais Raphaël Confiant a permis de remettre les pendules à l’heure. Nous lisons : « (…) Mais venons-en maintenant à la question de l’anti-sémitisme des Antillais. Et là, que l’on me permette d’énoncer une vérité d’évidence : la Shoah est un crime occidental ! Comme l’a été le génocide des Amérindiens, comme l’a été l’esclavage des Noirs, comme l’a été la déportation des Hindous, comme l’a été l’extermination des Aborigènes australiens etc. Le terme de « crime contre l’humanité » est une hypocrisie. Un faux-semblant. Une imposture. » (5)

Désignant nommément l’Occident comme responsable des malheurs des Juifs, le philosophe absoud les Arabes, les Nègres de la Shoah. « (…) Non, monsieur Fienkielkraut, si la Shoah est bien une abomination, elle n’a été mise en oeuvre, ni par les Nègres, ni par les Amérindiens, ni par les Chinois, ni par les Hindous, ni par les Arabes. Elle a été mise en oeuvre par l’Occident. Ce même Occident qui n’a cessé de pourrir la vie des Juifs depuis 2.000 ans. Citons : – Destruction du Temple de Jérusalem par les Romains en l’an 70 et dispersion du peuple Juif. – Inquisition au Moyen-âge par les Espagnols. – Pogroms au XIXè siècle par les Russes et les Polonais. – Chambres à gaz par les Allemands au XXè siècle. – Rafle du Vel d’Hiv’ par les Français au même siècle etc. Ce ne sont pas les Juifs vivant dans les pays arabes, les Séfarades, qui ont dû fuir comme des dératés pour s’en aller construire un état où ils seraient enfin libres mais bien les Juifs d’Europe, les Ashkénazes, parce qu’ils avaient compris qu’ils ne pouvaient plus vivre sur ce continent. Quand la France arrive, par exemple, en Algérie, en 1830, elle découvre trois populations vivant en relative harmonie, les Arabes, les Berbères et les Juifs. Certes, en terre musulmane, le Juif avait un statut inférieur, dit « de protégé » car peuple du Livre, mais on n’a jamais entendu parler, ni au Maroc, ni en Tunisie, ni au Yémen d’entreprise scientifiquement élaborée d’extermination du peuple juif. Ma question à Alain Fienkielkraut est donc simple, naïve même » (5)

« Pourquoi, poursuit-il, après avoir subi tant d’avanies de la part de l’Occident vous considérez-vous quand même comme des Occidentaux ? Pourquoi un ministre des affaires étrangères d’Israël s’est-il permis de déclarer récemment : « Nous autres, Occidentaux, nous ne nous entendrons jamais avec les Arabes car ce sont des barbares ». Toute la presse bien-pensante d’Europe s’est émue du mot « barbares ». Moi, ce qui m’a choqué par contre, c’est le terme « Occidentaux ». Comment, monsieur Finkielkraut, peut-on se réclamer de l’Occident après avoir subi l’Inquisition, les pogroms, les chambres à gaz et la rafle du Vel d’Hiv’ ? Oui, comment ? Quand vous aurez répondu à cette question, le vrai débat pourra commencer. Ceci dit, il ne s’agit pas pour moi de diaboliser l’Occident(…). L’Occident est capable du meilleur et du pire. Il est inégalable dans le meilleur et dans le pire  ».(5)

Le philosophe conclut en parlant de la race blanche israélienne : « Un ultime point tout de même : quand vous déclarez, sur Radio Communauté Juive, que nous détesterions Israël « parce que ce n’est pas un pays métissé », je préfère croire que vous voulez rire. Quel pays est plus multiculturel et plus multilingue qu’Israël avec ses blonds aux yeux bleus russophones, ses Noirs d’Ethiopie (Falashas) parlant l’amharique, ses Séfarades au type sémite et souvent arabophones et même ses Juifs indiens et chinois, sans même parler du million d’Arabes israéliens ? » (5)

Pascal Bruckner, un autre intellectuel qui, dit-on, a conforté en son temps le président Nicolas Sarkozy dans le déni des crimes de la colonisation, s’est senti un devoir de venir au secours d’Alain Finkielkraut défendant les blancs. Il écrit : « (…) Relisant ses propos dans Haaretz, je remarque un manque de nuances, voire des affirmations péremptoires que je n’aurais pas contresignées et qui pourraient desservir la cause qu’il entend défendre. Nier ou minimiser la réalité de la discrimination au faciès ou à l’adresse n’est tout simplement pas raisonnable.(…) Je sens dans ses paroles un homme désespéré qui ne reconnaît plus la France qu’il a aimée et se détourne d’une patrie défigurée. (…) Il y a vingt-trois ans, je publiais « le Sanglot de l’homme blanc », où je dénonçais déjà la culpabilisation de l’Occident, accusé de tous les maux de la terre parce que lui et lui seul pratique l’autocritique et le repentir. J’y évoquais déjà, à l’époque, le racisme anti-Blancs dont je demandais qu’il soit dénoncé au même titre que les autres. (…) Alain Finkielkraut joue, dans le monde intellectuel, le même rôle que Sarkozy dans le monde politique : il est le détonateur, celui qui donne un coup de pied dans la fourmilière des endormis. » (6)

Zemmour et ses escroqueries intellectuelles

Eric Zemmour est aussi d’une certaine façon un émigré de la deuxième génération, rapatrié en 1961 d’Algérie, ancien indigène avant 1873 et le décret Crémieux qui a fait de lui- le juif berbère comme il le dit- un citoyen du premier collège. Eric Zemmour s’est fait un nom en tirant sur tout ce qui bouge du côté des faibles – je veux parler des immigrés, combien ils seraient de la dixième génération. Il est habitué à perdre ou gagner des procès selon l’humeur des juges qui ont à décider des suites récurrentes à ses provocations. Eric Zemmour a fait de la polémique plus que son fonds de commerce, il en en a fait son humus .

Eric Zemmour va de polémique en polémique, de provocation en provocation, Dans une nouvelle polémique, il s’en prend à Mme Christiane Taubira, la nouvelle ministre de la Justice qui serait selon lui « douce et compatissante, compréhensive ; une maman pour ses enfants, ses pauvres enfants qui volent, trafiquent, torturent, menacent, rackettent, violentent, tuent aussi parfois ». Enfonçant le clou et désignant les beurs, il martèle en déclarant, là encore comme un clin d’oeil au racisme anti-blanc « En quelques jours, Taubira a choisi ses victimes, ses bourreaux. Les femmes, les jeunes des banlieues, sont dans le bon camp à protéger, les hommes blancs dans le mauvais ».

Pour lui dans les banlieues « Hollande a réalisé des scores de dictateur africain ». Sans surprise, il reçoit le soutien de Marine Le Pen. « Aussi, lorsqu’il s’en prend à notre désormais ministre de la Justice, il fait d’une pierre 3 coups : elle est femme, elle est noire, elle cherche à restaurer une justice équitable en faveur des minorités, ces autres différents, à faire cesser un harcèlement. » (7)

Qu’en conclure ? Peut-on réduire l’intellectuel français uniquement à ces pyromanes communautaristes ? Non ! Il existe heureusement d’autres intellectuels ouverts, tolérants, pondérés à l’instar de Stephane Hessel, Edgard Morin, Rony Brauman, d’Esther Benbessa, Sophie Bessis, Henry Laurens et tant d’autres scientifiquement honnêtes. Il est à espérer seulement qu’ils puissent avoir une meilleure visibilité dans les médias, notamment lourds, ce qui permettra à chacun de se faire sa religion sur la base d’informations objectives, non partisanes et articulées. C’est peut-être une utopie, nous y croyons car c’est la seule façon d’aller vers un désir de vivre-ensemble comme l’écrit si bien Renan.

Professeur Chems Eddine Chitour

1. Pascal Boniface : Les intellectuels faussaires Paris mai 2011

2. Commentaire sur le livre de Pascal Boniface site Oumma.com Le 6 juin 2007

3. Nico Ramirez : Samedi 2 Juin 2012 http://diktacratie.com/lhomme-qui-exploitait-la-foret-africaine-mais-qui-ne-voulait-pas-que-cela-se-sache/

4. http://leplus.nouvelobs.com/contribution/562416-le-serment-de-tobrouk-de-bhl-une-manipulation-de-l-information.html

5.Raphael Confiant : Un écrivain antillais répond à Alain Finkielkraut : http://multitudes.samizdat.net/Un-ecrivain-antillais-repond-a 28 avril 2006

6. Pascal Bruckner Finkielkraut, le Sarkozy des intellos Nouvel Obs. n° 2143, 1 12 2005 http://www.debriefing.org/15182.html

7. http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/zemmour-l-idiot-utile-du-f-haine-117531

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 6 juin, 2012 |Pas de commentaires »

ISRAEL DEPLOIE DES ARMES NUCLEAIRES SUR DES SOUS-MARINS CONSTRUITS EN ALLEMAGNE

Israël déploie des armes nucléaires sur des

 sous-marins construits en Allemagne

ISRAEL DEPLOIE DES ARMES NUCLEAIRES SUR DES SOUS-MARINS CONSTRUITS EN ALLEMAGNE dans REFLEXIONS PERSONNELLES 507730-israel-serait-train-equiper-sous

-Der Spiegel-

Trois sous-marins ont été construits dans un chantier naval allemand pour Israël, qui seront suivis de trois autres à venir. Selon des informations dont Der Spiegel a eu connaissance Tel-Aviv équipe en carène ces sous-marins de missiles de croisière à tête nucléaire. Le gouvernement fédéral allemand avait connaissance depuis des décennies du programme nucléaire d’Israël en dépit de ses dénégations officielles.

L’Allemagne aide Israël à développer ses capacités nucléaires militaires, a appris Der Spiegel. Selon des recherches approfondies menées par le magazine, Israël est en train d’équiper les sous-marins, qui ont été construits dans le nord de l’Allemagne à Kiel et ont été en grande partie payés par le gouvernement allemand, de missiles de croisière équipés d’ogives nucléaires. Les missiles peuvent être lancés à l’aide d’un système d’éjection hydraulique précédemment secret. Le Ministre israélien de la Défense, Ehud Barak, a déclaré à Der Spiegel que les Allemands devraient être « fiers » d’avoir sécurisé l’existence de l’Etat d’Israël « pendant de nombreuses années. »

Dans le passé, le gouvernement allemand a toujours soutenu la position qu’il n’était pas au courant d’armes nucléaires en cours de déploiement sur les navires. Maintenant, cependant, d’anciens hauts fonctionnaires du Ministère de la Défense allemand, dont l’ancien Secrétaire d’État Lothar Rühl et l’ancien Chef du personnel de la planification Hans Rühle, ont indiqué à Der Spiegel qu’ils avaient toujours assumé qu’Israël déploierait des armes nucléaires sur les sous-marins. Lothar Rühl avait même discuté de la question avec des militaires à Tel-Aviv.

Israël suit une politique consistant à ne pas commenter officiellement sur son programme d’armes nucléaires. Les documents des archives du ministère allemand des Affaires étrangères montrent qu’il est clair, cependant, que le gouvernement allemand a connu le programme depuis 1961. La dernière discussion pour laquelle il existe des preuves a eu lieu en 1977, quand le chancelier d’alors Helmut Schmidt, a parlé à l’époque avec le ministre israélien des Affaires étrangères Moshe Dayan de la question.

Les sous-marins sont construits par le chantier naval allemand HDW à Kiel. Trois sous-marins ont déjà été livrés à Israël, et trois autres seront livrés d’ici 2017. En outre, Israël envisage de commander ses septième, huitième et neuvième sous-marins à l’Allemagne.

image-3586228fb5-adc40 ALLEMAGNE dans REFLEXIONS PERSONNELLES

Le gouvernement allemand a récemment signé le contrat pour la livraison du sixième navire. Selon les informations obtenues par Der Spiegel, la Chancelière Angela Merkel a fait des concessions substantielles aux Israéliens. Non seulement le financement de Berlin représente un tiers du coût du sous-marin, environ 135 millions d’euros, mais elle a également permis à Israël de reporter le paiement jusqu’en 2015.

Angela Merkel avait assorti la livraison du sixième sous-marin d’un certain nombre de conditions, y compris une demande qu’Israël arrête sa politique expansionniste de colonisation et permette l’achèvement d’une usine de traitement des eaux usées dans la bande de Gaza, qui est partiellement financée par l’argent allemand. Jusqu’à présent, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu n’a respecté aucun des termes du contrat.

Der Spiegel, le 03 juin 2012.

Source : Israel deploys nuclear weapons on German-buid submarines

Voir aussi : Ce qui doit être dit (Süddeutsche Zeitung) http://www.legrandsoir.info/ce-qui-doit-etre-dit-suddeutsche…

Les secrets de l’arsenal nucléaire d’Israël – Un technicien atomiste, Mordechai Vanunu, révèle la production secrète d’armes nucléaires http://www.legrandsoir.info/les-secrets-de-l-arsenal-nucleai…

Operation Samson (Enquête de Der Spiegel de 18 pages en anglais) http://www.spiegel.de/international/world/israel-deploys-nuc…

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 5 juin, 2012 |Pas de commentaires »

OTAN: TROU ABYSSAL OU PESTE NOIRE ? (George STANECHY)

OTAN : Trou Abyssal ou Peste Noire ?…

OTAN: TROU ABYSSAL OU PESTE NOIRE ? (George STANECHY) dans REFLEXIONS PERSONNELLES crimes-otan

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Georges STANECHY
« Nous sommes prêts, archi-prêts. Si la guerre devait durer un an, nous n’aurions pas un bouton de guêtre à acheter. » Maréchal Edmond Le Boeuf – Ministre de la Guerre – 1870 (1)

Une réunion mondaine à 55 millions de dollars

Sommet de l’OTAN à Chicago. Deux jours : dimanche 20 et lundi 21 mai 2012. Coût estimé de l’organisation de cette réunion mondaine, au minimum : US $ 55 millions.(2)

Illustration de l’arrogance, l’inconscience, l’irresponsabilité, de la caste dirigeante des pays occidentaux incarnant les intérêts du colossal « complexe militaro-­industriel » dominant le monde.

Symbole de l’argent de la collectivité jeté par la fenêtre dans des budgets militaires pharaoniques, par des politiciens affirmant à leurs électeurs, la main sur le cœur, que la « crise » oblige de diminuer, sabrer, salaires, retraites, services publics, accès aux soins et à l’éducation…

« Endettement », « Crise », « Trou », prétextes systématiquement invoqués avec lamentations et fureurs, sauf pour ce qui est des dépenses en armements et en expéditions militaires. Qui, Ô miracle, n’ont jamais à justifier de « recettes » pour équilibrer leurs « dépenses ». Au contraire. Y toucher serait mettre en péril la « sécurité nationale ». D’ailleurs, le sujet n’est jamais abordé, spécialement en France, ni dans les médias « dominants », ni au cours des campagnes électorales : tabou !

Le peuple américain excédé s’est mobilisé, avant et pendant ce sommet, au cours d’impressionnantes manifestations (3), malgré les violences policières dans une ville en état de siège. Le Congrès ne cessant de voter des lois pour diminuer services publics et programmes sociaux d’une importance vitale pour les « sinistrés du chômage », alors que le budget militaire du pays atteint la somme faramineuse de 1000 milliards de dollars. (4)

Non compris le budget annuel de US $ 100 milliards pour les guerres d’Irak et d’Afghanistan. Non compris le budget annuel de l’armement nucléaire de US $ 530 milliards, habilement camouflés dans le budget du Ministère de l’Energie (Department of Energy – DEO). Auxquels s’ajoutent annuellement US $ 18 milliards, sous le même camouflage comptable, pour mise au point et maintenance des armes nucléaires. (5)

Non compris les milliards de dollars « d’aide militaire », sous forme de dons, de subventions, et diverses cabrioles ou déguisements budgétaires, dans une multitude de pays. Par dizaines. Pour certains, par centaines de milliards de dollars. Non compris tous les financements relevant de la sécurité intérieure, opérations spéciales et barbouzeries en tous genres, etc.

En comparaison, le budget fédéral annuel pour l’éducation est de : US $ 64 milliards…

Expression d’un « ras le bol » en écho de celui formulé en Allemagne, qui a duré quatre jours à Francfort, notamment devant le siège de la Deutsche Bank, contre le système bancaire et les mesures d’austérité, dans une implacable répression policière.

Symptomatique : à Francfort, sont apparues des affiches sur le thème « Non à l’Etat Policier » (« Polizei Staat – Nein Danke« ) (6). A Chicago, sur un thème similaire : « Ce gouvernement ne nous représente pas, ou ne représente pas les Etats-Unis » (« This government does not represent US »), jouant sur le mot « nous » (« us« , en anglais) et Etats-Unis (« U.S.« , United States).

Bien sûr, nos médias occultent méticuleusement toutes références, informations, photos, vidéos, documentaires, réactions en continu des « réseaux sociaux », traitant de ces incessantes et massives manifestations. Censure… Nous ne sommes pas en Russie, Chine, ou habituels déversoirs des diabolisations médiatiques.

Aveuglement, aussi, car par-delà les frontières et les langues se forge une plate-forme commune de la révolte en Occident : les populations s’insurgeant progressivement contre des gouvernements qui, une fois au pouvoir, forts de leurs appareils répressifs aux budgets sans limites, ne pratiquent que l’injustice sociale et économique au seul bénéfice d’une minorité de privilégiés. Transformant nos sociétés en Etats policiers. Pire : rejetant, horrifiés, toute allusion à un « Etat Providence » diabolisé pour prétendre redistribuer la richesse nationale, préférant glorifier sereinement le culte d’un « Etat Belliciste ».

Crimes-otan-1 ARMEMENT

Normal, sachant que parmi ces privilégiés figurent, en tête de liste, les bénéficiaires des dépenses militaires. Moins les porteurs d’uniformes souvent considérés, hors les signataires des contrats et bons de commande, comme de la vulgaire piétaille mal payée par leurs propres fournisseurs ou employeurs, que les actionnaires des multiples sociétés du secteur, industriels, financiers, intermédiaires et porteurs de valises dans les paradis fiscaux. S’engraissant des délires guerriers activés par leurs propagandes, tambourinées dans les médias dont ils sont propriétaires, pour anesthésier les populations.

Longue tradition de ce vampirisme des finances publiques qu’on appelait, en France, sous l’Ancien Régime, le Directoire ou l’Empire : les « fournisseurs aux armées ». Bâtissant d’immenses fortunes privées, sur fond de corruption, de surfacturation, d’escroquerie sur qualité et quantité livrées, dans les ventes d’armes et d’équipements aux armées nationales. L’histoire n’a pas oublié les ravages, dans l’impunité étant aussi « banquiers », de certains d’entre eux : Ouvrard, Hinguerlot, Lanchère, Bodin, Seguin, etc.

De nos jours, la meilleure vitrine de ce parasitisme, sous couvert de « la protection de La Liberté et de l’Etat de Droit » : l’OTAN. Sauf que les citoyens concernés, dans leur majorité, n’y reconnaissent aucun des besoins, priorités et valeurs du « vivre solidairement ensemble », préférant y jeter les pavés de leur mépris et colère.

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Manifestations contre le sommet de l’OTAN à Chicago

Pôle d’incompétence et de stupidité

Dès son titre, le rapport de l’OTAN rendu public la veille de ce sommet (rédigé par un groupe d’experts présidé par Madeleine Albright…), le 17 mai 2012, renouvelle sa campagne de communication ou, plutôt, de désinformation (7) : « OTAN 2020 : Une sécurité assurée ; Un engagement dynamique – Analyse et Recommandations du groupe d’experts pour un nouveau concept stratégique de l’OTAN« .

Parmi ses déclarations « angéliques », certaines sont sidérantes de culot : « L’OTAN prospère comme une source d’espoir parce que, depuis le tout début, ses États membres ont défini leur programme commun en termes positifs : renforcer la sécurité internationale, sauvegarder la liberté et promouvoir l’état de droit.

Ces objectifs ne sont ni limités par un quelconque calendrier, ni diminués par quelque progrès technologique que ce soit. Ils ne dépendent d’aucun adversaire particulier.

Ils répondent à des besoins immuables, et ils perdureront aussi longtemps que l’OTAN – par l’unité de ses membres, le courage de leurs citoyens et la libre expression de sa volonté collective – aura à cœur de les défendre. » (8)

D’autres, d’une insondable stupidité : « Il est difficile de prévoir précisément ce que seront les dix prochaines années. » (9)

Il est vrai qu’en termes de prétention, de mégalomanie, d’imbécilité, de fanatisme, l’OTAN ne varie pas d’un iota : « immuable ». De rapport en rapport, perpétuation de la « géopolitique de la paranoïa ». Rappelant un des plus significatifs, celui préparatoire au sommet de Bucarest du 2 au 4 avril 2008, intitulé : « Towards a Grand Strategy for an Uncertain World- Renewing Transatlantic Partnership« .

Un modèle du genre, que j’avais feuilleté dans deux billets :

i) « Je fanatise », donc : « J’atomise » 

ii) De l’Idéologie coloniale à la Paranoïa guerrière : la fin de l’utopie démocratique

Depuis la fin de la « Guerre Froide », l’évolution de cette organisation sans contrôle démocratique est une calamité pour l’humanité.

On ne compte plus les désastres humanitaires provoqués par ses divagations martiales. Prétendant substituer la guerre à la diplomatie, la « sanction » précédant la « frappe », spécialisée dans le démembrement d’Etats souverains, la propagation du chaos des guerres civiles, la création de conflits ethniques et religieux, ce sont des millions de morts, de blessés, de traumatisés, et des milliards de destructions, dont elle s’est rendue, et se rend, responsable.

crimes-otan-2 BUREAUCRATIE

La liste est longue. Nous en connaissons les plus notables : de la dévastation de la Yougoslavie à celle de la Libye en passant par la pulvérisation de l’Irak, jusqu’au désastre Afghan. Car en Afghanistan, il s’agit bien d’un « désastre » pour ce pays et sa population, mais aussi au détriment de nos priorités nationales par la masse de milliards engloutis dans une des expéditions coloniales les plus « déjantées » que l’Histoire ait connues.

Evidemment, comme dans toute guerre coloniale, beaucoup y trouvent leur compte. Jusqu’au marché international de la drogue, à partir d’un pays où l’OTAN scrute, nuit et jour, chaque mètre carré de terrain, chaque mètre de route, de chemin et de piste, chaque cargaison de véhicule en circulation : « La production de pavot à opium a été multipliée par plus de 40 en Afghanistan depuis que l’Otan y est présente, a annoncé jeudi à Moscou Viktor Ivanov, directeur du Service fédéral russe de contrôle des stupéfiants (FSKN). » (10)

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Violences policières au sommet de l’OTAN à Chicago

Vecteur d’obscurantisme

Irresponsabilité ? Hypocrisie ? Vénalité ? Cynisme ?…

Entre toutes ces tares, on ne sait que choisir à la lecture du chapitre 1 du rapport, traitant de « L’environnement de sécurité », autrement dit des « risques internationaux », dans ses deux volets « contexte » et « analyse ». Tant on reste médusé par la perpétuation de l’obscurantisme idéologique d’une organisation dont la vocation première est de réaliser un travail de réflexion prospective sur les dangers minant la paix dans le monde. (11)

Sciemment, sont occultés principaux risques et déflagrations potentielles majeures.

Quatre exemples :

1) La volonté délibérée des pays occidentaux de laisser perdurer le plus explosif foyer de tensions que représente la Palestine occupée, démembrée, « nettoyée ethniquement », depuis plus de 60 ans, dans l’hyperviolence et le carnage, dans la non application à ce jour d’une quarantaine de résolutions de l’ONU s’imposant aux forces coloniales d’occupation.

Complices d’un blocus aussi sauvage qu’illégal, enfermant depuis plusieurs années une population de plus de 1,5 millions de personnes dans ce qui restera dans l’Histoire comme le plus grand camp de concentration de civils : Gaza.

Le tout évacué, édulcoré, en 8 mots : « … les tensions qui couvent entre Arabes et Israéliens. » (12)

2) La diabolisation permanente de l’Iran, entretenant un climat de suspicions et de tensions au potentiel foudroyant pour la région et le monde (13). Imposant à ce pays des sanctions unilatérales par les principaux membres de l’OTAN (USA & UE), contraires au droit international, au Traité de Non Prolifération Nucléaire autorisant le nucléaire civil à ses signataires, à la Charte et aux propres résolutions de l’ONU.

Avec le dessein à peine dissimulé de provoquer une « guerre préventive » d’anéantissement et de conquête similaire à celle d’Irak, d’Afghanistan et de Libye qui, dans ce cas, serait le prélude à une troisième guerre mondiale. Sous des prétextes aussi irrationnels que ridicules, tels que : « … l’opacité des intentions de Téhéran. » (14)

3) Le soutien, générateur de violentes révoltes à venir, aux pires dictatures sur tous les continents, dès lors que les dirigeants souscrivent à la prédation des ressources de leurs pays par les entreprises occidentales.

Notamment dans la péninsule arabique, les autocraties ultracorrompues, créations artificielles des occidentaux à la suite de la répartition des dépouilles de l’Empire Ottoman le lendemain de la première guerre mondiale : Arabie saoudite, pétromonarchies du Golfe. Comme on le constate, depuis plusieurs mois, dans le silence complice dissimulant l’impitoyable répression des révoltes populaires au Bahreïn. Sans oublier le régime férocement policier de la monarchie d’opérette, non pétrolière : la Jordanie.

4) La propagation de l’injustice sociale et économique, y compris dans les pays occidentaux, provoquant l’augmentation exponentielle du chômage et de la paupérisation.

Faim et misère dans des pays riches de leurs ressources pillées par les entreprises occidentales, comme en Afrique, agricoles (café, coton, cacao, thé, fruits et légumes primeurs), halieutiques (poissons du Golfe de Guinée ou des côtes de Mauritanie), minières (pétrole, uranium et métaux rares) ?

Impossibilité d’accès à l’eau potable, à l’éducation, à la santé, pour des centaines de millions de personnes ?…

Pour l’OTAN : aucune importance. Tout est pour le mieux, dans le meilleur des mondes…

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Violences policières au sommet de l’OTAN à Chicago

Bureaucratie de la gabegie 

En fait, le sommet de Chicago n’avait pas pour but de réévaluer principes et politiques de l’OTAN jusqu’en 2020, de réfléchir sur la fin de l’occupation de l’Afghanistan (15), sur l’évolution du présent siècle ou du monde de demain. Mais, de valider les hallucinations et les actions guerrières du bras armé d’un dogme colonial, mégalomaniaque et impérial, d’un autre siècle.

 Manlio Dinucci l’énonce avec clarté : « Ainsi l’Alliance se renouvelle-t-elle, en s’abreuvant à la source de sa jeunesse : la guerre. » (16)

Au-delà de la doctrine ou du catéchisme qu’elle véhicule, que dire de cette bureaucratie de la gabegie ? A part nos « responsables politiques », nos élus (tous partis confondus), et les médias de la propagande, tout le monde le sait, le reconnaît. A commencer par son pathétique secrétaire général, l’ancien responsable du gouvernement danois Anders Fogh Rasmussen : « … il faut couper la graisse et garder le muscle. Ainsi l’OTAN qui compte environ 13.000 hommes à son quartier-général dans les 11 postes de commandement, en comptera 9.000 à terme.  » (17)

Tour de Babel, aux empilements de ramifications et de strates, dans une bousculade de sous-traitants, « prestataires de sécurité », et officines annexes : « L’OTAN compte, en réalité, aujourd’hui près de 20.000 personnes. Car un certain nombre d’agences, plus ou moins indépendantes, ont été créées, et comptabilisent au compteur plus de 6.000 personnes. Soit la moitié de l’effectif cité par le secrétaire général. Ce qui est loin d’être négligeable ! » (18)

Millefeuille, aux débordements immaîtrisables : « Comme le « Budget civil de l’Otan » pour l’entretien du quartier général à Bruxelles et du staff civil : environ un demi milliard de dollars annuels, dont 80% sont payés par les alliés européens. Comme le « Budget militaire de l’Otan » pour l’entretien des quartiers généraux subordonnés et du personnel militaire international : presque 2 milliards annuels, payés à 75% par les Européens.  » (19)

Panier percé, aux tuyauteries alambiquées pour mieux servir les petits copains : «  Quant au budget global de fonctionnement de l’OTAN, il atteint la modique somme de 2 milliards de Dollars US. […] Les marchés que passent la NAMSA (NATO Maintenance & Supply Agency) assure un diplomate, « vont souvent pour une bonne partie […] à des firmes américaines ou canadiennes qui utilisent des entreprises sous nom belge, en couverture ». » (20)

Quant aux généreuses contributions de la France à cette dispendieuse usine de courants d’air, par centaines de millions d’euros annuels, nos pointilleux économistes médiatiques et journalistes d’investigation sont incapables, à ce jour, d’en définir, trouver, retranscrire, tracer, les montants précis. Encore moins, notre Cour des Comptes. Il est vrai que ces deniers publics n’ont pas pour destination la santé publique, les retraites ou l’éducation nationale…

D’autant que le propre budget militaire, de la défense, de la France, dans son élaboration, sa justification et sa gestion, se révèle encore plus « abracadabrantesque ».

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Malgré les violences policières la mobilisation populaire se poursuit

France : son budget militaire représente la moitié de celui de la

 Chine

En France, comme dans les autres pays membres de l’OTAN, impossible d’aborder une quelconque réflexion, analyse, mise en perspective, sur le budget de la défense nationale, sans déclencher fureurs et anathèmes.

L’OTAN considère, en effet, comme une catastrophe pour « la protection de la civilisation » l’insuffisance des dépenses d’armement des pays occidentaux. Fustigeant les 28 Etats membres, à la veille d’être considérés en « Etats voyous », pour leur négligence ou leur manque de courage. L’idéal étant de « faire aussi bien » que les Etats-Unis (21) : « Le principal obstacle à la transformation militaire est l’insuffisance des dépenses et des investissements de défense en Europe. Aujourd’hui, il n’y a que six Alliés européens sur vingt‑six qui consacrent 2% ou plus de leur PIB à la défense…  ».

« Un fossé particulièrement large s’est creusé entre les capacités des États-Unis et celles des autres pays de l’OTAN, et ce déséquilibre, s’il n’est pas corrigé, pourrait nuire à la cohésion de l’Alliance. »

La bureaucratie de l’Union Européenne, prenant le relais de cet alarmisme par la voix de Claude-France Arnould, directrice de l’Agence Européenne de la Défense, sur l’insuffisance des dépenses militaires dans l’Union Européenne, particulièrement en matière de recherche et technologie (R&T), lors du conseil des ministres de la Défense du jeudi 22 mars 2012 (22) : « Il est urgent de trouver des réponses et de limiter les conséquences des baisses de budget ». 

Dans le cas particulier de la France, même des publications se voulant « sérieuses », citons celles du « Laboratoire de Recherche sur la défense » de l’IFRI, sonnent frénétiquement le tocsin (23) : «  … chaque diminution de l’effort de défense en part du PIB ou en pourcentage du budget de l’Etat fragilise le modèle de défense français  ».

La France « fragilisée » ?… Ciel ! La peur me tenaille le ventre… Je n’en dors plus.

Je me suis donc rendu à Stockholm, pour sonner à la porte du très sérieux et incontesté « Stockholm International Peace Research Institute » (SIPRI) qui compile et analyse tous les budgets militaires de la planète. Pour mieux les comparer, il les convertit en US $ dans une base de données consultables sur internet.

D’après les derniers chiffres disponibles, le budget de la défense de la France atteint, pour 2011 : 58, 244 milliards de dollars (non compris celui de la gendarmerie). Ce qui représente environ la moitié de celui de la Chine !… Autre particularité : la Chine n’a pas encore de porte-avions, alors que nous en possédons un qui fait notre fierté : le Charles de Gaulle. Pas mal pour un pays comme la France qui, en termes de population et de territoire, représente l’équivalent d’une petite sous-préfecture chinoise.

J’ai retrouvé le sommeil.

D’autant que notre budget militaire est comparable, et même supérieur, à celui de nos principaux partenaires européens, Grande-Bretagne (≥ + 0,64 %) et Allemagne (≥ + 34 %) notamment, comme il ressort de la base de données SIPRI (24) :

Budgets de la défense 2011- en milliards de dollars

Allemagne 43, 478
Grande-Bretagne 57, 875
France 58, 244
Russie 64, 123
Chine 129, 272
France + GB + RFA 159, 597

Parmi nos voisins, et néanmoins amis, seul le budget militaire de la Russie dépasse celui de la France (≥ + 10,09 %). Quoi de plus compréhensible, toutefois, pour un pays aux immenses ressources naturelles convoitées, dont le territoire est 37 fois plus grand que le nôtre ?

L’examen de ces budgets est encore plus impressionnant, ou relaxant suivant les points de vue, en constatant que le cumul de ceux des trois premiers pays européens (France + GB + RFA), avec 160 milliards de dollars annuels, est supérieur de 23,45 % au budget militaire de la Chine. L’épouvantail permanent, dont on invoque le « surarmement », pour faire peur dans les chaumières, alors qu’il s’agit d’un pays de 1,5 milliards d’habitants, répartis sur une superficie de 9,6 millions de km².

En fait, le budget militaire annuel de la Chine ne dépasse pas 5 % du total des budgets militaires des 28 Etats membres de l’OTAN et de ses alliés de l’hémisphère sud. N’oublions pas, en effet, ceux des autres Etats, dits « occidentaux », aux budgets militaires fortement musclés, relativement à leur population et superficie : Australie (22, 955), Corée du sud (28, 280), Japon (54, 529), Nouvelle-Zélande (1, 566), Taïwan (8, 888), etc.

Les lobbies bellicistes ne lâchent pas prise, pour autant, exerçant toutes les pressions sur les gouvernements, campagnes de propagande forcenées dans les médias en renfort : il est nécessaire, prioritaire, de s’armer sans fin. Objectif : l’instauration progressive d’une « règle d’or ». Sous forme, d’un budget annuel de la défense, exprimé en un pourcentage du PIB garanti, similaire au minimum à celui des Etats-Unis.

Un dogme à inscrire, pourquoi pas, dans la Constitution de chaque Etat membre de l’OTAN. Je force à peine le trait, tellement les réactions politiciennes deviennent hystériques dès qu’on souhaite exercer un minimum d’esprit critique à l’égard de ces budgets mirifiques.

Immédiatement est dégainée la logique « avec nous ou contre nous », avec la question classique telle qu’elle est énoncée caricaturalement dans un rapport de la commission des finances du Sénat (Rapport général n°107, p 77) pour faire taire toutes remises en cause : « Pensez-vous que la France puisse se passer d’une défense, d’une armée, des moyens d’assurer sa sécurité extérieure ? »…

Evidemment : non. Il ne s’agit pas de verser dans l’utopie d’un désarmement unilatéral et immédiat.

En ce cas, est-on contraint de dire « amen », aux dérives et dérapages des budgets concernés ? Est-il interdit de réfléchir à la charge écrasante qu’ils représentent au détriment des besoins de la population, sans proposer priorités et arbitrages fondés sur le bon sens et l’intérêt collectif ? Quand on sait qu’en France, en 2010, le budget de la défense a représenté en France : « 69 % (9,5 milliards d’euros) de l’ensemble des dépenses d’investissement de l’Etat  »… (25) 

Ou, alors, faut-il considérer les budgets de la défense comme une « poule aux œufs d’or » (sous couvert d’une « règle d’or ») pour une poignée d’actionnaires privés, détenteurs des grands médias, ’faiseurs’ de politiciens, gouvernements et présidents de nos « démocraties » ?…

Est-on sommé, condamné, à faire l’impasse sur le contrôle des facteurs de coûts de revient des prestations et matériels facturés à l’Etat, à notre collectivité, et donc sur la formation, l’affectation ou la destination, des marges bénéficiaires plantureuses dégagées par ces industriels de l’armement ?… Qui sont tous, bizarrement, parmi les grands milliardaires de nos sociétés, même s’ils se font le plus discrets possibles.

Est-on interdit de se demander si une des premières mesures de diminution des coûts de l’armement, et de blocage des mécanismes de corruption, ne passe pas par l’urgente « nationalisation » de cette industrie ?… Les marges dégagées revenant à l’Etat actionnaire qui en déciderait de leur emploi, au lieu d’en alimenter les paradis fiscaux.

Tout le monde sait qu’une nationalisation des principaux industriels « privés », accompagnée d’un contrôle rigoureux de la maîtrise des coûts (par une Cour des Comptes spécialisée, réellement compétente et indépendante du pouvoir politique …), entraînerait dans un premier temps au minimum une économie de 33% sur les marges.

D’ailleurs, les marges fabuleuses des industriels privés trouvent déjà leur butoir… Avec des taux d’inflation exponentiel de 20 à 40 % par an, en particulier à partir du 4° trimestre 2011, comme il ressort d’une étude sur « l’inflation des prix industriels de la défense » à partir d’une base 100 en 2005 (26). Jusqu’où comptent-ils aller ?…

En prospective de simulation budgétaire militaire, existe une loi statistique dite « Loi Augustine » (formulée par Norman Augustine, ancien responsable du géant de l’armement Lockheed Martin) s’appliquant aux forces aériennes. Mais, valable pour tout système d’armement dit « technologiquement sophistiqué ». Sachant que le prix d’un avion tactique augmente 4 fois tous les dix ans, l’extrapolation livre la conclusion ubuesque qu’en 2054 : « … le budget de la défense entier [des USA] ne permettra d’acheter qu’un seul avion tactique ». (27) 

C’est aller droit dans le mur.

Faut-il considérer l’OTAN, l’idéologie du surarmement et du bellicisme que cette organisation représente, les masses de capitaux gaspillés, comme un « Trou Abyssal », éminemment toxique pour l’avenir, la sécurité, et le bien-être de nos sociétés ?…

Pour ma part, je serai plus nuancé…

Devant l’incapacité de nos élus, complices et irresponsables, à museler, maîtriser une organisation bureaucratique composée de technocrates, agissant comme une superpuissance, supérieure à l’ONU en tant qu’arbitre des relations internationales, au vu des ravages humains et destructions massives qu’elle accomplit, gère et prépare, je considère que nous sommes face au plus grand danger de l’humanité du XXI° siècle.

L’OTAN est une organisation moyenâgeuse, imposant des dogmes, mettant en œuvre une Inquisition, prononçant des « diabolisations » ou ’excommunications’ pour blasphèmes ou hérésies, dans des procès en sorcellerie fondés sur le « délit d’intention », dotée d’un système de propagande dont le niveau de délire et de désinformation se révèle, à présent, impossible à réguler par nos instances démocratiques de plus en plus réduites par la limitation incessante des libertés publiques.

Au-delà de la régression intellectuelle de cette « nouvelle religion », idéologie militariste fondée sur le fanatisme colonial, par les désolations et carnages humains qu’elle provoque, et planifie de provoquer, en chiffres cumulés, nous retrouvons l’équivalent des millions de morts et immenses dévastations que l’Humanité a connus au 14° siècle dans de multiples pays, en Europe, au Moyen-Orient et en Asie, sous l’effet de la Peste Noire.

Oui. L’OTAN représente la « Peste Noire » du XXI° siècle.

Georges STANECHY

(1) Célèbres paroles du responsable de l’armée française, la veille de sa déroute face à la Prusse, en 1870… Il se rendit aux Prussiens à Metz, et fut emmené comme prisonnier de guerre en Prusse.

(2) Ludo De Brabander, NATO in Crisis, 18 mai 2012, http://truth-out.org/news/item/9228-nato-in-crisis

(3) Over 1,000 join 2nd day of anti-NATO protests in Chicago (photos, video), 20 mai 2012, http://rt.com/usa/news/chicago-protests-nato-summit-689/

(4) La veille du sommet, le 18 mai 2012, une imposante manifestation a été organisée par le Syndicat National du Personnel de Santé (National Nurses United), pour protester contre la diminution de leurs retraites, réclamant une taxe « Robin des Bois » (Robin Hood) sur les transactions financières et dénonçant les gaspillages de l’argent public dans les guerres organisées par l’OTAN, http://rt.com/usa/news/chicago-nato-summit-nurses-655/

(5) Chris Hellman & Mattea Kramer, “Spend, spend, spend”, Asia Times, 24 mai 2012, http://www.atimes.com/atimes/Global_Economy/NE24Dj04.html 

(6) Exemple dans la photo n° 2 (Reuters / Alex Domanski) de l’article : Blockupy Frankfurt : Thousands wrap up four-day protests (video, photos), 19 mai 2012, http://www.rt.com/news/occupy-frankfurt-rally-675/

(7) Rapport : “OTAN 2020 : Une sécurité assurée ; Un engagement dynamique – Analyse et Recommandations du groupe d’experts pour un nouveau concept stratégique de l’OTAN”, 17 mai 2012, http://ancien.operationspaix.net/IMG/pdf/OTAN_-_Une_securite_assuree_un_engagement_dynamique_-_Analyse_et_recommandations_du_groupe_d_experts_pour_un_nouveau_concept_strategique_de_l_OTAN_mai_2010_.pdf

(8) Rapport “OTAN 2020”, Op. Cit., p. 49.

(9) Rapport “OTAN 2020”, Op. Cit., p. 15.

(10) “Afghanistan-drogue : la production multipliée par 40 depuis l’arrivée de l’OTAN”, RIA Novosti, 28 janvier 2012, http://fr.rian.ru/world/20100128/185952806.html

(11) Rapport “OTAN 2020”, Op. Cit., p. 15 – 19.

(12) Rapport “OTAN 2020”, Op. Cit., p. 18.

(13) Rions un peu : en France, un des plus exaltés dans ces postures inquisitoriales (à part les membres de nos gouvernements successifs) est l’ancien premier conseiller à l’ambassade de France à Tel-Aviv (2000-2004), Michel Miraillet. Il est, depuis le 24 août 2007 : « Directeur chargé des affaires stratégiques », au Ministère de la Défense !…

(14) Rapport “OTAN 2020”, Op. Cit., p. 18.

(15) Gareth Porter, “Afghanistan War – Excuse for NATO to maintain existence”, entretien du 27 mai 2012, Press TV, http://www.presstv.ir/detail/2012/05/27/243293/afghan-war-excuse-for-nato-to-exist/

(16) Manlio Dinucci, “L’éternelle jeunesse de l’Otan - L’art de la guerre”, (Il Manifesto), 24 mai 2012, http://www.legrandsoir.info/l-eternelle-jeunesse-de-l-otan-il-manifesto.html

(17) Nicolas Gros-Verheyde, “OTAN- Objectif : Dégraisser le mammouth…”, 14 octobre 2010, http://www.bruxelles2.eu/defense-ue/defense-ue-droit-doctrine-politique/otan-on-va-degraisser-le-mammouth.html

(18) Nicolas Gros-Verheyde, Op. Cit.

(19) Tommaso Di Francesco, Manlio Dinucci, “Combien nous coûte l’Otan de la « défense intelligente » - Sommet de Chicago”, (Il Manifesto), 22 mai 2012, http://www.legrandsoir.info/combien-nous-coute-l-otan-de-la-defense-intelligente-il-manifesto.html#reactions

(20) Nicolas Gros-Verheyde, Op. Cit.

(21) Rapport “OTAN 2020”, Op. Cit., p. 40.

(22) Nicolas Gros-Verheyde, “Budget militaire R&T : la cote d’alerte est atteinte”, 22 mars 2012, http://www.bruxelles2.eu/defense-ue/capacites-milit-%E2%80%93-exercices-ue/budget-militaire-rt-la-cote-dalerte-est-atteinte.html

(23) Martial Foucault, “Les budgets de défense en France entre déni et déclin”, Focus stratégique n° 36, IFRI – Laboratoire de Recherche sur la Défense, Avril 2012, p. 14.

(24) Stockholm International Peace Research Institute, SIPRI, Military Expenditure 2011, http://milexdata.sipri.org/result.php4

(25) Martial Foucault, IFRI, Op. Cit., p. 20.

(26) Martial Foucault, IFRI, Op. Cit., Fig. 4 – Inflation des prix industriels de défense – base 100 – année 2005, p. 17.

(27) Martial Foucault, IFRI, Op. Cit., p. 19.

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 4 juin, 2012 |Pas de commentaires »

CONTRE-PORTRAIT POUR SORTIR DE L’IDOLATRIE: OBAMA, PORTRAIT EN UNE PHRASE (Guillaume de Rouville)

Contre-portrait pour sortir de l’idolâtrie

Obama – Portrait en une Phrase

CONTRE-PORTRAIT POUR SORTIR DE L'IDOLATRIE: OBAMA, PORTRAIT EN UNE PHRASE (Guillaume de Rouville) dans REFLEXIONS PERSONNELLES OBAMA

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Guillaume de Rouville
 

Frantz Fanon dirait de lui qu’il a la peau noire et le masque blanc, on pourrait ajouter qu’il sert bien l’oligarchie qui l’a porté au pouvoir en ayant nommé dans son administration des dizaines de membres de la commission Trilatérale de son mentor Brzezinski (adepte de la domination de l’Eurasie par les États-Unis), ajouter qu’il a sauvé ses amis de Wall Street en imprimant des centaines de milliards de dollars sans exiger de contreparties (sans doute pour les remercier d’avoir financé sa campagne électorale), ajouter qu’il a approuvé les plus gros budgets militaires de l’histoire des États-Unis ainsi que la plus grande vente d’armes de son pays en faveur de l’Arabie Saoudite qui continue, pourtant, au vu et au su de tous, à financer le terrorisme islamique partout dans le monde et à violer les droits de l’homme les plus basiques, ajouter qu’il a approuvé le coup d’État sanglant au Honduras contre le Président de centre-gauche Zelaya (journalistes, syndicalistes, civils torturés et exécutés) qui a été remplacé par une junte militaire et ensuite un nouveau Président aux ordres de Washington, ajouter qu’il n’a pas fermé Guantanamo en dépit de ses engagements ni les centaines de prisons-goulags sous administration US où l’on torture à tour de bras les récalcitrants à sa vision du monde, ajouter qu’il n’a pas opposé son veto à la loi NDAA qui autorise la détention indéfinie et sans jugement de personnes étrangères ou américaines soupçonnées de terrorisme selon la perception subjective et sans contrôle judiciaire de ses agences de renseignement ou de lui-même, ajouter qu’il a abandonné la communauté noire de la Nouvelle Orléans à son triste sort depuis l’ouragan Katrina alors qu’il avait promis de s’occuper d’eux (la planche à billets ce n’est pas pour les noirs), et, pour continuer ce contre-portrait, cet anti-portrait, ce méchant portrait, on pourrait encore ajouter que, s’il a élargi quelque peu la couverture médico-sociale à davantage de personnes sans ressources, il ne l’a fait qu’à condition de ne pas toucher la rente de l’industrie pharmaceutique, autre grande contributrice de sa première campagne présidentielle, et ajouter qu’il n’a pas pris de mesures significatives pour lutter contre la pauvreté endémique qui touche plus de 15% de la population de son pays (la planche à billets ce n’est pas pour les pauvres), ajouter qu’il a reçu le Prix Nobel de la Paix en prévision de ses reniements futurs sur la question de l’existence d’un État Palestinien ou pour avoir soutenu le dictateur Moubarak jusqu’à sa chute, ou encore pour avoir instrumentalisé, comme son prédécesseur, les réseaux islamistes radicaux proches d’Al-Qaeda pour déstabiliser à son profit et celui de ses amis du complexe militaro-industriel la Libye, la Syrie (et bientôt le Liban) sans demander ou obtenir l’aval de l’ONU et pour avoir commis des attentats en Iran ou interdire à ce pays d’avoir accès aux transactions financières internationales par le système mondial Swift (alors que l’Iran ne lui a pas déclaré la guerre) et, enfin, ajouter qu’il a massacré avec l’Otan plus de 50 000 civils en Libye pour les sauver d’un hypothétique massacre dont on n’a aucune preuve aujourd’hui, mais, qu’on se rassure, il sait faire de bons et longs discours et dans un monde où les mots, l’image et l’empathie comptent plus que les actes, il saura émouvoir, séduire et dompter les foules qui ne détestent rien tant que la dure réalité des faits bruts, ternes et déprimants.

Guillaume de Rouville, auteur de La Démocratie ambiguë, et journaliste pour l’Idiot du Village

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 31 mai, 2012 |Pas de commentaires »

POURQUOI ENCORE L’OTAN…21 ANS APRES LA FIN DU « PERIL ROUGE » ?

21 ans après la fin du « péril rouge »

 pourquoi encore l’Otan ?

(Roland Marounek)

POURQUOI ENCORE L'OTAN...21 ANS APRES LA FIN DU

 Beaucoup estiment que l’Otan aurait logiquement dû disparaître lors de la dissolution du Pacte de Varsovie. Le fait qu’il n’en a rien été, et qu’au contraire un rôle plus ouvertement agressif lui a été confié (agression de la Yougoslavie, déploiement hors zone, soutien direct à la ‘guerre à la Terreur’), devrait plutôt amener à se questionner sur la validité même des justifications de son existence avant 1991. De fait ces 40 premières années sont rarement mises en question, la menace que représentait le Pacte de Varsovie étant en quelque sorte passivement admise comme fait acquis.

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Article paru en 2009

La création de l’Alliance Atlantique,

 en contradiction avec la Charte

des Nations Unies

Beaucoup estiment que l’Otan aurait logiquement dû disparaître lors de la dissolution du Pacte de Varsovie. Le fait qu’il n’en a rien été, et qu’au contraire un rôle plus ouvertement agressif lui a été confié (agression de la Yougoslavie, déploiement hors zone, soutien direct à la ‘guerre à la Terreur’), devrait plutôt amener à se questionner sur la validité même des justifications de son existence avant 1991. De fait ces 40 premières années sont rarement mises en question, la menace que représentait le Pacte de Varsovie étant en quelque sorte passivement admise comme fait acquis.

Ainsi dans son récent document consacré à l’Otan1, la CNAPD pose la question de la légitimité, aujourd’hui, de l’Alliance Atlantique en ces termes : « L’existence même d’une alliance comme l’Otan aujourd’hui ne sape-t-elle pas la tentative d’un ordre mondial réellement multilatéral sous égide de l’ONU ? ». En fait c’est dès sa création en 1949 que l’existence de l’Otan sapait cet ordre multilatéral onusien.

Un premier élément qui est généralement oublié, est que le dit Pacte de Varsovie a été créé plus de cinq ans après l’Otan, le 14 mai 1955 ; ce seul fait donne un éclairage singulier à l’argument usuel, selon lequel l’Otan était une réaction face à la menace du Pacte de Varsovie. De façon factuelle, la situation est juste inverse : le Pacte de Varsovie est une réaction à l’intégration dans l’Otan de l’Allemagne de l’Ouest ; la perspective du réarmement de ce pays à l’origine de la seconde guerre mondiale, au sein d’une alliance qui reprenait exactement le discours fasciste sur le péril communiste, était, de fait, une menace réelle.

La Charte des Nations-Unies, ratifiée en novembre 1945, énonce de façon précise les obligations qui incombent aux Nations membres pour écarter la guerre, et explicite en particulier l’obligation qu’ils ont d’unir les forces pour maintenir la paix et de prendre des mesures collectives efficaces en vue de prévenir et d’écarter les menaces à la paix. Le Nations-Unies ont pour but de « .…réaliser, par des moyens pacifiques (…) le règlement de différends ou de situations, de caractère international, susceptibles de mener à une rupture de la paix ; développer entre les nations des relations amicales fondées sur le respect du principe de l’égalité de droits des peuples et de leur droit à disposer d’eux-mêmes…  »

Quel pouvait bien être le sens d’une alliance militaire isolant 12 pays si l’ensemble des pays sont sincèrement résolus à unir leurs forces pour maintenir la paix ?

Moins de trois ans après la signature de la Charte des Nations-Unies, les principaux empires coloniaux (France, Grande-Bretagne, Pays-Bas) plus la Belgique et le Luxembourg concluaient le Pacte de Bruxelles, qui allait être le noyau de l’Otan un an plus tard. La création d’un pacte militaire entre quelques superpuissances vidait de leur sens les principes et obligations exprimés dans la Charte. La prétendue nécessité de se protéger (et avec les armes offensives que l’on sait) dans un club de pays surarmés, revenait à affirmer que ces principes étaient pour eux lettre morte.

1948 : Qui devait avoir peur de qui ?

« Savez-vous quelle est la base de notre politique ? C’est la peur. La peur de vous, la peur de votre Gouvernement, la peur de votre politique. »

En septembre 1948, Paul-Henri Spaak lance à la tribune des Nations Unies son fameux discours « nous avons peur », considéré en quelque sorte comme l’acte de foi justifiant la création de l’Otan un an plus tard. Le chef de la diplomatie belge défendait en fait le Pacte de Bruxelles conclu quelques mois plus tôt.

Dans son discours, Spaak fait inévitablement référence aux idéaux du Monde libre, aux valeurs de la civilisation occidentale et démocratique face au totalitarisme. Il est frappant de constater que, en substituant ‘terrorisme’ à ‘totalitarisme’, ce discours n’a pas trop vieilli …

En 1948, les USA étaient encore les seuls détenteurs de l’arme atomique ; ils venaient de commettre les crimes de Hiroshima et Nagasaki, et ceux de Dresde notamment, non pas pour soumettre des nations déjà sur la voie de la capitulation, mais en réalité à l’adresse directe de l’Union Soviétique : littéralement, des actes de terreur. En Corée, ils avaient remplacé l’occupant japonais ; ils allaient bientôt y mener la guerre atroce que l’on sait. L’Empire Hollandais perpétuait ses massacres en Indonésie dans sa tentative désespérée de repousser l’indépendance. La France menait depuis 1946 sa guerre contre les nationalistes en Indochine, qui devait durer jusqu’en 1954. La « pacification » à Madagascar avait fait 89 000 morts en 1947… On pourrait continuer ainsi longuement. En ce qui concerne la Belgique, les Congolais devaient également avoir une vision assez particulière des idéaux du monde libre. Dans le même ordre d’idée, il est intéressant de rappeler que le Portugal de Salazar faisait partie des membres fondateurs de cette ‘union du Monde Libre’, qui avaient tellement peur.

« Ce régime [la démocratie libérale occidentale] a d’immenses avantages : (…) Il répudie l’emploi de la force et l’emploi de la violence. Il fait confiance au bon sens et à la sagesse de l’homme » (extrait du discours de Spaak). Il n’est pas certain que le reste du monde ait la mémoire aussi courte.
Défense de la liberté ? Démocratie ? Quelle tartufferie évidente, avec le recul, pour ces Empires coloniaux occupés à tenter de préserver leurs intérêts dans le sang. Et aujourd’hui ces mêmes puissances justifient souvent leur alliance militaire par la nécessité de faire respecter les droits de l’homme dans les pays qui avaient déjà si bien bénéficié de leur sollicitude dans le passé.

La Colonie avait été un élément indispensable à la prospérité de l’Europe occidentale. Et, quoi que l’on pense du ‘régime communiste’, l’Union Soviétique a été indéniablement (et dès sa création) non seulement un des plus actifs défenseurs de l’émancipation des peuples, et un acteur essentiel de la lutte anti-coloniale, mais aussi pour des millions de personnes à travers tout le Tiers Monde, un exemple concret d’un pays sortant du sous-développement en quelques décennies, et par ses propres moyens.
De ce point de vue, il y avait effectivement de quoi être effrayé.

Nos valeurs, – et nos ressources.

«  Nous avons à peu près 60 % de la richesse du monde mais seulement 6,3 % de sa population. Dans cette situation, nous ne pouvons éviter d’être un objet d’envie et de ressentiment. Notre véritable tâche dans la période qui vient est d’imaginer un système de relations qui nous assure de maintenir cette disparité. »
George Kennan, ex-responsable de la planification politique du département d’Etat US, février 1948

« Il est indispensable que l’OTAN définisse ce qu’elle peut apporter de plus au niveau de la protection des infrastructures essentielles ou de la sécurisation des goulets d’étranglement par lesquels passent les flux d’approvisionnement. Je pense d’ailleurs que l’OTAN a d’ores et déjà des moyens qui peuvent apporter une contribution majeure dans ce domaine.  »
Jaap de Hoop Scheffer, mars 2009

La désintégration du camp soviétique en 1991 a permis une politique de reconquête du monde de nature coloniale. La première guerre du Golfe a marqué le coup d’envoi. Les multinationales occidentales ont bien digéré l’Europe de l’Est, et les récalcitrants tels la Yougoslavie, ont été mis au pas comme il fallait.
La présence de l’Otan en Asie Centrale, et son ambition de plus en plus affichée de se projeter au besoin partout dans le monde pour sécuriser les sources d’approvisionnement, sont la continuation d’une même vieille politique.

La perte d’un épouvantail a nécessité la confection d’un autre ; le ‘terrorisme’ semble être un excellent choix, qui n’a pas à craindre de disparition prématurée.

L’Otan n’a pas disparu en 1991 : sa raison d’être aujourd’hui, est la même qu’en 1949.

 

 

Source : Comité de Surveillance Otan (2009)

 

1. « L’Otan, du bouclier à l’épée », Coordination Nationale d’Action pour la Paix et la Démocratie (CNAPD), www.cnapd.be/uploads/pdf/200901/brochure%20plaidoyer%20OTAN.pdf

 

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 29 mai, 2012 |Pas de commentaires »

BUSH CONDAMNE POUR CRIMES DE GUERRE PAR CONTUMACE (Foreign Policy Journal)

Bush condamné pour crimes de guerre par contumace

(Foreign Policy Journal)

BUSH CONDAMNE POUR CRIMES DE GUERRE PAR CONTUMACE (Foreign Policy Journal) dans REFLEXIONS PERSONNELLES BUSH

Yvonne Ridley
C’est officiel : George Bush est un criminel de guerre. Dans ce qui est la première condamnation de ce type dans l’histoire, l’ex-président des USA et sept membres de son administration ont été condamnés hier (vendredi) pour crimes de guerre.

Bush, Dick Cheney, Donald Rumsfeld et leurs conseillers juridiques Alberto Gonzales, David Addington, William Haynes, Jay Bybee et John Yoo ont été jugés par contumace en Malaisie,

Le procès qui s’est tenu à Kuala Lumpur a permis d’entendre les témoignages poignants de victimes de tortures subies par ces personnes alors qu’elles étaient aux mains des troupes américaines ou de contractants en Irak et en Afghanistan.

L’un d’eux est le témoignage d’un Britannique, Moazzam Begg, ex-détenu de Guantanamo et aussi celui d’une femme irakienne, Jameelah Abbas Hameedi qui ont été torturés dans la tristement célèbre prison d’Abu Ghraib.

À la fin des audiences, qui ont duré tout le week-end, les 5 membres de la Cour ont prononcé à l’unanimité le verdict de culpabilité à l’encontre de Bush, Cheney, Rumsfeld et de leurs principaux conseillers juridiques, les condamnant tous pour crime de guerre en raison de tortures et de traitements cruels, inhumains et dégradants.

La transcription des accusations, les déclarations de témoins et d’autres documents du dossier seront transmis au Procureur général de la Cour Internationale de Justice, ainsi qu’aux Nations Unies et au Conseil de Sécurité.

La Commission du Tribunal de guerre de Kuala Lumpur a également demandé à ce que les noms de Bush, Cheney, Rumsfeld, Gonzales, Yoo, Bybee, Addington et Haynes soient officiellement rajoutés au registre de la Commission pour les crimes de guerre.

Ce tribunal est né de l’initiative de l’ex-premier ministre malais, Mahathir Mohamad, qui s’est toujours opposé à l’invasion de l’Irak par les USA en 2003.

Il a assisté personnellement aux audiences où étaient évoquées les expériences personnelles de trois témoins, à savoir Abbas Abid, Moazzam Begg et Jameelah Hameedi. Le tribunal a aussi entendu deux autres déclarations statutaires de la part d’un citoyen irakien, Ali Shalal, et d’un Britannique, Rahul Ahmed.

Après que les cinq juges eurent prononcé la sentence de culpabilité, Mahathir Mohamad a déclaré : « Les États-Unis continuent impunément à commettre des meurtres. »

L’avocat et expert en crimes de guerre, Francis Boyle, professeur en droit international à l’école de droit de l’université de l’Illinois, faisait partie de l’équipe de procureurs en charge de l’accusation.

Après le procès, il a déclaré : « C’est la toute première fois au monde que ces gens sont condamnés. »

Même si certains ne voient dans ce verdict qu’une mesure purement symbolique, le militant pour les droits de l’homme Francis Boyle a dit que Bush & Co allaient très certainement devoir faire face au même type de procès dans d’autres pays.

« Nous avons essayé par trois fois d’attraper Bush au Canada, mais le gouvernement canadien a fait échouer ces tentatives, puis nous l’avons dissuadé d’aller en Suisse. La démarche entreprise en Espagne a avorté à cause du gouvernement espagnol, et même résultat en Allemagne. »

Boyle a ensuite mentionné la Charte de Nuremberg qui a été utilisée comme support par le tribunal quand il s’est agi de justifier de la crédibilité de l’initiative malaise. Il rappelle que « les dirigeants, les organisateurs et les complices ayant participé à la formulation ou à l’exécution d’un plan commun ou d’un complot visant à commettre des crimes de guerre sont responsables de tous les actes perpétrés par quiconque met ces plans à exécution. »

Les USA sont sujets aux lois internationales communes et aux principes de la Charte de Nuremberg, a expliqué Boyle, qui pense également que le procès de ce week-end a été suivi de près par les responsables du Pentagone et de la Maison-Blanche.

Le professeur Gurdial Singh Nijar, qui présidait la Cour, a déclaré : « Le tribunal a porté une attention particulière au respect scrupuleux des principes dessinés par le tribunal de Nuremberg et les Cours internationales de justice. »

Il s’est aussi montré confiant sur le fait que le tribunal serait imité ailleurs dans le monde, « dans les pays qui ont le devoir de juger les criminels de guerre, » et il a cité le cas du dictateur chilien Augusto Pinochet, arrêté en Grande-Bretagne pour être extradé vers l’Espagne sur des accusations de crimes de guerre.

« Pinochet avait quitté son siège de Président depuis seulement 8 ans lorsque cela s’est produit. »

L’affaire Pinochet fut la première fois où plusieurs juges européens ont appliqué le principe de la juridiction universelle, se déclarant eux-mêmes compétents pour juger les crimes commis par l’ex-chef d’État, malgré les lois d’amnistie locales.

Tout au long de la semaine, la salle du tribunal était remplie d’experts juridiques et d’étudiants en droit écoutant les témoignages des témoins et les analyses croisées de la défense emmenée par l’avocat Jason Kay Kit Leon.

La Cour a entendu comment Abbas Abid, un ingénieur de 48 ans habitant Fallujah en Irak avait eu les ongles retournés à l’aide d’une pince.

- Ali Shalal était ligoté avec des fils électriques puis électrocuté alors qu’on le suspendait contre le mur.

- Moazzam Begg a été battu, le visage encapuchonné, et maintenu en confinement.

- Jameelah a été dénudé et humilié, et utilisé comme bouclier humain alors qu’il était transporté en hélicoptère.

- Les témoins ont également donné des détails sur les séquelles de leurs blessures qui perdurent encore aujourd’hui.

Moazzam Begg, qui travaille désormais comme directeur de l’association de défense des droits de l’homme basée à Londres, Cageprisoners, a dit être très satisfait du verdict, mais a ajouté : « quand les gens parlent de Nuremberg, il faut garder à l’esprit que les personnes jugées ont toutes été poursuivies après la guerre. »

« La prison de Guantanamo est toujours ouverte aujourd’hui, des gens y sont toujours détenus et torturés. »

En réponse aux questions sur la différence entre les administrations Bush et Obama, il a ajouté : « Si le président Bush a été le président des tortures extrajudiciaires, alors le président américain Barack Obama est celui des assassinats extrajudiciaires, avec les frappes de drones. Notre travail ne fait que commencer. »

L’accusation s’est efforcée de montrer comment les décisionnaires au plus haut niveau, à savoir le président Bush, son vice-président Dick Cheney, le secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld, aidés et secondés par leurs conseillers juridiques et d’autres hauts responsables, ainsi que des officiels de la CIA, avaient tous agi de concert. La torture était utilisée systématiquement et est devenue un standard de fait.

D’après l’accusation, les récits des témoins prouvent l’exercice continu contre eux de traitements brutaux, barbares et déshumanisants.

Ces actes criminels ont été commis de façon cumulative afin d’infliger les peines et les souffrances maximales, ont expliqué les avocats.

Le président du tribunal, Tan Sri Dato Lamin bin Haji Mohd Yunus Lamin, (abrégé en « M. Lamin ») a statué que l’accusation avait établi au-delà de tout doute raisonnable que les personnes poursuivies, à savoir le Président George W. Bush et ses coaccusés, « avaient participé, à travers un ensemble d’instructions, de mémorandums, de directives, de recommandations et d’actions légales, à établir un plan d’ensemble et un objectif commun, ou encore une conspiration dans le but de commettre les crimes en relation avec la « Guerre contre la terreur » et avec les guerres lancées par les USA en Afghanistan et en Irak. »

Le président Lamin a précisé devant un parterre plein à craquer : « En tant que tribunal de conscience, la Cour n’a pas de pouvoir d’application de la loi (enforcement) ni celui d’imposer une sentence d’emprisonnement à l’une quelconque des 8 personnes condamnées. Ce que nous pouvons faire, au titre de l’article 31 du Chapitre IV de la 2e partie de la Charte, est de recommander à la Commission des Crimes de guerre de Kuala Lumpur qu’elle transmette le verdict d’accusation par le Tribunal, accompagné des documents attenants, au Procureur en chef de la Cour Criminelle Internationale, ainsi qu’aux Nations Unies et au Conseil de Sécurité. »

« Le Tribunal recommande également à la Commission des crimes de guerre de Kuala Lumpur que les noms des personnes condamnées soient ajoutés au Registre des Criminels de guerre de la Commission, et que celui-ci soit communiqué au public. »

« Le Tribunal recommande également que la Commission des crimes de guerre de Kuala Lumpur diffuse le plus largement possible au niveau international l’information sur cette condamnation et sur les garanties de compensations, étant donné qu’il s’agit ici de crimes universels pour lesquels il est de la responsabilité de chaque nation de poursuivre juridiquement ces personnes si elles venaient à pénétrer sur le territoire où s’applique leur juridiction. »

Traduction GV

http://www.foreignpolicyjournal.com/2012/05/12/bush-convicte…

Version française : http://bellaciao.org/fr/spip.php?article128025

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 28 mai, 2012 |Pas de commentaires »

VIETNAM: IN MEMORIAM…

In memoriam

VIETNAM: IN MEMORIAM... dans REFLEXIONS PERSONNELLES VIETNAM

Jean BRICMONT
Cette année nous ne commémorerons pas le 50ème anniversaire d’un événement qui n’existe pas, du moins dans la conscience collective de l’Occident, ce que Noam Chomsky appelle l’invasion américaine du Sud Vietnam [1]. Pourtant c’est bien en 1962 que les États-Unis ont commencé à bombarder le Sud Vietnam pour tenter de sauver un gouvernement sud-vietnamien installé par eux après la défaite de Diên Biên Phù et les accords de Genève de 1954, qui avaient mis fin à la partie française de la guerre. Le président américain Eisenhower avait refusé à cette époque que soient organisées les élections prévues dans ces accords, élections qui devaient mener à la réunification du Sud et du Nord du pays, pensant que Ho Chi Minh les gagnerait. En 1962, ce gouvernement sud-vietnamien était devenu totalement impopulaire et risquait de s’effondrer face à une insurrection interne.

Ce qu’on appelle dans l’histoire officielle « la guerre du Vietnam » n’a commencé qu’en 1964-1965, avec l’incident du Golfe du Tonkin et le début des bombardements sur le Nord Vietnam. Mais faire commencer la guerre à cette date permet d’entretenir le mythe américain d’une « défense » du Sud Vietnam par rapport au Nord, et de faire l’impasse sur le refus des élections après 1954, et l’envoi de l’US Air Force bombarder le sud à partir de 1962.

L’expression « invasion américaine du Sud Vietnam » est calquée sur celle d’invasion de l’Afghanistan par l’Union soviétique en 1979, celle-ci étant, de façon analogue, intervenue pour sauver un gouvernement afghan qu’elle avait contribué à mettre en place. La comparaison est injuste pour l’URSS (pays limitrophe de l’Afghanistan et non pas éloigné de milliers de kilomètres, comme l’était le Vietnam pour les États-Unis), mais, même ainsi, l’expression « invasion américaine du Sud Vietnam » est impensable, inaudible dans notre société, y compris, la plupart du temps, dans les mouvements pacifistes.

images-9813f CAPITALISME dans REFLEXIONS PERSONNELLES

Pourtant cette intervention en 1962 est bien à l’origine d’une des plus grandes tragédies du 20ème siècle et la pire d’après 1945, trois pays dévastés pour des décennies (Vietnam, Cambodge, Laos) et des millions de morts- même si personne ne sait au juste combien. Les Américains appliquaient, en matière de body count, la mere gook rule (la règle des simples bougnoules) : si c’est mort et si c’est jaune, c’est un Vietcong, c’est-à-dire un guérillero communiste. Cette façon de compter avait l’avantage de minimiser le nombre de morts civils.

À l’égard des Vietnamiens, il n’y a aucun devoir de mémoire. Aucune loi n’interdit le révisionnisme massif qui règne dans notre culture par rapport à ce non-événement. On ne construit pas de musées et on n’élève pas de statues pour les morts et les blessés de ce conflit. On ne crée de chaires universitaires pour étudier cette tragédie. Des gens qui ont participé à ces massacres ou qui en font régulièrement l’apologie sont reçus dans toutes les chancelleries du monde sans qu’aucune accusation de « complicité » ou de « complaisance » ne soit lancée.

Aucune « leçon de l’histoire » n’est tirée de la guerre du Vietnam. Les leçons de l’histoire vont toujours dans le même sens : Munich, Munich, Munich. La faiblesse des démocraties face au totalitarisme et allons-y, la fleur au fusil, ou plutôt, envoyons bombardiers et drones contre les pays dirigés par les « nouveaux Hitler » arrêter un « nouvel holocauste », la Yougoslavie, l’Afghanistan, l’Irak, la Libye, la Syrie ou l’Iran demain. Même d’un point de vue historique, le récit sur Munich est faux, mais laissons cela de côté. L’astuce de « Munich », c’est de permettre à la gauche et à l’extrême-gauche de se rallier à la bannière étoilée au nom de l’anti-fascisme.

Pire, les tragédies qui ont accompagné la fin de cette guerre de trente ans (1945-1975), les boat people et les Khmers rouges, ont immédiatement été utilisées en Occident, surtout par des « intellectuels de gauche », pour donner naissance et justifier la politique d’ingérence, alors que c’est précisément l’ingérence constante des États-Unis dans les affaires intérieures du Vietnam qui était la source de ces tragédies.

saigon_helicopter-c5394 COMMUNISME

Si des « leçons de l’histoire » devaient être tirées de la guerre du Vietnam, elles iraient toutes dans le « mauvais » sens, celui de la paix, du désarmement, d’un effort de modestie en Occident par rapport à la Russie, la Chine, Cuba, l’Iran, la Syrie ou le Venezuela. L’exact opposé des « leçons » tirées de Munich et de l’holocauste.

Les Vietnamiens n’étaient pas victimes de « domination symbolique » ou de « haine », mais de bombardements massifs. Il ne se voyaient d’ailleurs pas comme des victimes, mais comme les acteurs de leur propre destin. Ils étaient dirigés par l’un des plus grands génies politiques de tous les temps, Ho Chi Minh, accompagné d’un génie militaire, Giap. Ils ne se battaient pas pour la démocratie, mais pour l’indépendance nationale, notion périmée dans notre monde « globalisé ». Et ce combat, ils l’ont mené contre des démocraties, la France et les États-Unis.

Pourtant, les Vietnamiens ne haïssaient pas nos « valeurs » (mot à vrai dire inusité à l’époque), ni l’Occident, ni la science, ni la rationalité, ni la modernité ; ils voulaient simplement en partager les fruits. Ils n’étaient pas particulièrement religieux et ne raisonnaient pas en terme d’identité, mais de classe. Ils faisaient sans arrêt la distinction entre le peuple américain et ses dirigeants. Cette distinction était peut-être simpliste, mais elle a permis de séparer en Amérique même les dirigeants d’une partie de leur population.

Les Vietnamiens n’ont reçu aucune réparation pour les souffrances qui leur ont été infligées. Aucune excuse ne leur a jamais été faite. Ils n’en ont d’ailleurs jamais demandé : leur victoire leur suffisait. Ils n’ont pas exigé qu’une cour pénale internationale juge leurs agresseurs. Ils ont tout juste demandé que les « blessures de la guerres soient soignées », ce qui, bien sûr, leur a été refusé avec mépris. Comme disait le président américain Carter, futur prix Nobel de la paix, « les destructions furent mutuelles ». En effet : environs 50.000 morts d’un côté, plusieurs millions de l’autre.

Ils sont passés d’une forme de socialisme à une forme de capitalisme, causant ainsi des révisions déchirantes chez certains de leurs supporters occidentaux ; mais en Asie, capitalisme et communisme sont des pseudonymes. Les véritables noms sont : indépendance nationale, développement, rattrapage (et bientôt dépassement) de l’Occident.

On leur a reproché de vouloir rééduquer leurs ennemis capturés, ces aviateurs venus de loin bombarder une population dont ils pensaient qu’elle était sans défense. C’était peut-être naïf, mais était-ce pire que de les assassiner sans jugement ou de les enfermer à Guantanamo ?

Ils faisaient face à une barbarie sans nom mais, quels que soient les problèmes, ils demandaient toujours qu’on y trouve une solution politique et négociée, mots que nos défenseurs actuels des droits de l’homme ne peuvent pas entendre.

Leur combat a été important dans le principal mouvement d’émancipation du 20ème siècle, la décolonisation. Il a aussi été une sorte de mission civilisatrice à l’envers, en faisant prendre conscience à une partie de la jeunesse occidentale de l’extraordinaire violence de nos démocraties dans leurs rapports avec le reste du monde. En se battant pour leur indépendance nationale, les Vietnamiens ont combattu pour l’humanité entière.

Après 1968, cette prise de conscience a peu à peu disparu, dissoute dans l’idéologie des droits de l’homme, dans le subjectivisme et le postmodernisme, et dans l’incessant conflit des identités.

A l’heure où notre politique d’ingérence se trouve dans l’impasse, et où on bat le tambour contre l’Iran et la Syrie, il serait peut-être utile de se souvenir de cette décision fatidique de 1962, mélange d’arrogance impériale et de croyance en la toute-puissance de la technologie, et qui devait plonger le Sud-Est de l’Asie dans l’horreur. Peut-on aussi dire, face aux guerres non défensives, « plus jamais cela » ?

Jean Bricmont

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 28 mai, 2012 |Pas de commentaires »

OU EN EST LA GUERRE EN AFGHANISTAN ? RETRAIT FRANCAIS ET DEFAITE ANNONCEE

OÙ EN EST LA GUERRE EN AFGHANISTAN ?

Retrait français et défaite annoncée
 
OU EN EST LA GUERRE EN AFGHANISTAN ? RETRAIT FRANCAIS ET DEFAITE ANNONCEE dans REFLEXIONS PERSONNELLES AFGHAN-300x210
GUERRE AFGHANISTAN dans REFLEXIONS PERSONNELLES
 
 
 
 
 
 
En Afghanistan, les talibans sont à l’offensive et Al Qaïda est de retour. L’accélération, par le président Hollande, du retrait, dès la fin de cette année, de nos « forces combattantes » n’est que la confirmation de l’échec de la guerre menée par les démocraties contre l’islamisme radical, dans ce pays tribal. C’est aussi le désir ne pas avoir à endosser, politiquement, de nouvelles pertes humaines.

La situation ne cesse objectivement de se dégrader. Quelques dizaines de combattants d’Al Qaïda sont de retour dans les montagnes de l’Est du pays. Ces combattants arabes et pakistanais dont le nombre n’excède pas la centaine  ont, selon toute vraisemblance, franchi la frontière du Pakistan pour s’établir dans les provinces de Kunar et du Nouristan, où le regroupement des bases de l’OTAN n’a laissé sur place qu’environ 4.200 soldats occidentaux.

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Le nombre est, certes, réduit, mais il est jugé préoccupant par les responsables américains, dans la perspective du retrait des troupes de l’OTAN et du transfert de la sécurité aux forces afghanes d’ici à la fin 2014. La réapparition de « djihadistes » dans cette région est emblématique des défis auxquels Washington et ses alliés seront confrontés pour se sortir d’une guerre longue et coûteuse, sans laisser l’Afghanistan redevenir une plaque tournante de l’islam radical anti-occidental.

Le président François Hollande a rappelé à son homologue américain, Barack Obama, sa promesse d’accélérer le rapatriement du contingent français, tout en indiquant que Paris appuierait la mission de l’OTAN, dans ce pays, « sous une autre forme ». Il a précisé, lors d’une conférence de presse, que le retrait n’était « pas négociable », mais que Paris ferait ses choix, « en bonne intelligence » avec ses alliés.

AFGHAN2 GUERRE

Politiquement, François Hollande ne peut revenir, à peine élu, sur l’un de ses rares engagements en politique étrangère. Même si la chancelière allemande Angela Merkel, comme le secrétaire général de l’OTAN, Anders Rogh Rasmussen, ont rappelé fermemen Paris à ses responsabilités. A Chicago, cette fin de semaine, il y aura une discussion complexe sur le retrait des matériels, la réorganisation du dispositif. « Mais il n’y a pas de raison que ce soit très traumatisant », estime François Heisbourg, président de l’International Institute for Strategic Studies (IISS) de Londres.

Les militaires redoutent, pour leur part ,un départ précipité qui donnerait une impression de désordre après dix ans de présence. C’est effectivement le point le plus important. Le signal envoyé par la France au taliban est celui de l’acceptation d’une défaite. Cela tombe, en plus, à un mauvais moment stratégique.

Un retrait « non négociable »

Les talibans ont annoncé mercredi, sur l’un de leur site internet ,qu’ils lanceraient, à partir de jeudi, leur traditionnelle « offensive de printemps » contre les forces de l’OTAN qui soutiennent le gouvernement de Kaboul et tous leurs alliés. L’opération « Al-Farouq » visera en premier lieu les « envahisseurs étrangers, leurs conseillers, leurs sous-traitants et tous ceux qui les aident militairement et par le renseignement. »

AFGHAN3 HOLLANDE

Ce communiqué intervient quelques heures après que les insurgés islamistes aient tué sept personnes, dont six civils afghans, dans une attaque suicide contre une pension abritant des étrangers de l’ONU, de l’Union Européenne et d’ONG à Kaboul. Et peu après une visite surprise du président Barack Obama, venu à Kaboul promettre que la fin de la guerre était proche. Il y a deux semaines, les mêmes talibans avaient déjà annoncé le début de leur « offensive du printemps » en lançant six attaques suicide coordonnées dans la capitale afghane, visant notamment l’OTAN, des ambassades occidentales et des bâtiments publics.

AFGHAN4 OBAMA

Les hivers afghans, très rigoureux, sont d’ordinaire mis à profit par les insurgés islamistes pour se « reposer ». Les offensives de la guérilla, qui gagne en intensité et s’étend à tout le pays ces dernières années, reprennent généralement de plus belle au début du printemps.

Le retrait des occidentaux ne marquera certes pas la fin de la guerre, ni du danger pour nos conseillers même « non combattants » sur place. Les rebelles ont dénoncé comme illégitime l’accord de partenariat américano-afghan, signé par les présidents Barack Obama et Hamid Karzaï, qui encadre les conditions d’une présence militaire en Afghanistan jusqu’en 2024. Ils considèrent ce document comme un acte de vente de l’Afghanistan, établi par une marionnette sans pouvoir à son maître et envahisseur, et le condamnent dans les termes les plus forts.

AFGHAN5 ONU

En tant que véritables représentants de la nation islamique d’Afghanistan, les talibans ajoutent qu’ils continueront, de toutes leurs forces, à mener la guerre sainte contre toutes les mesures contenues dans ce document illégitime et jusqu’au retrait total d’Afghanistan de tous les envahisseurs et de leurs marionnettes. Le retrait de Hollande risque donc de rendre plus difficile le retrait en bon ordre des alliés sans pour autant éviter aux Français de nouvelles pertes.
http://www.metamag.fr/metamag-840-O%C3%B9-en-est-la-guerre-e…

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 24 mai, 2012 |Pas de commentaires »
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