AULNAY-SOUS-BOIS, RECIT D’UN PROCES DE L’AMIANTE AVORTE

Aulnay-sous-Bois,

 récit d’un procès de l’amiante avorté

AULNAY-SOUS-BOIS, RECIT D'UN PROCES DE L'AMIANTE AVORTE dans REFLEXIONS PERSONNELLES AMIANTE

 
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(Le site du CMMP en fin de désamiantage. Crédit photo : Anaïs Gerbaud)
 

Reportage -
 
 D’ici 2025, l’amiante aura causé la mort de 100 000 personnes en France. Malgré ce scandale sanitaire, pas de procès. A Aulnay-sous-Bois, près de l’usine CMPP, la justice piétine.
 
Presque désamianté, l’ancien site du Comptoir des Minéraux et Matières Premières (CMMP) est un champ de ronces et d’herbes folles. Des bouts d’échafaudage et des morceaux de la toile de confinement – vestiges du désamiantage – un dernier mur de briques. C’est tout ce qu’il reste de l’usine, au 107, route de Mitry, à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis). De 1938 à 1975, cette usine a broyé et traité des milliers de tonnes d’amiante en plein cœur de la ville. Dans le voisinage du site, 113 personnes sont tombées malades, dont 30 d’un mésothéliome, un cancer de la plèvre exclusivement causé par l’amiante.

Cela fait seize ans que Gérard Voide, président du « Collectif des Riverains et Victimes » [1] rassemble dossiers, courriers, plans. En 1996, il a vu son beau-frère, Pierre Léonard, mourir d’un mésothéliome. La faute à l’usine ? Gérard et sa femme, Nicole, ont multiplié les batailles pour accéder aux archives, procès-verbaux du CMMP. En tout, des années d’enquête. « Au début, on ne pensait même pas à l’argent, on voulait tout de suite aller devant la justice pour condamner les anciens dirigeants », se souvient ce retraité.

Mais aujourd’hui, l’idée d’un procès pénal est presque enterrée. « On s’attend à un non-lieu », lâche-t-il, du même ton que François Lafforgue, l’avocat des victimes : « L’affaire n’est pas résolue mais je suis très pessimiste. » Pourtant, les procédures judiciaires ont lieu sur plusieurs fronts : pénal, civil et droit administratif.

L’usine, qui traitait aussi du zircon, un matériau radioactif, et du mica, n’a pu être détruite qu’en 2009, dix-sept ans après sa fermeture. Jusqu’à cette date, elle a empoisonné la vie d’Aulnay-sous-Bois. Gérard Voide raconte ces années d’inquiétude pour les uns, d’insouciance pour d’autres.

Un procès « pour tirer les leçons de ce qui s’est passé »

Geneviève (le prénom a été changé), vit à Aulnay depuis plus de quarante-cinq ans. Ses beaux-parents, qui habitaient une maison voisine de la sienne, à quelques encablures de l’usine, ont succombé à un cancer de l’amiante au début des années 2000. « Toute ma famille et belle-famille a marché, couru dans la poussière d’amiante. Mes enfants allaient à l’école maternelle près de l’usine, les salades qu’on achetait au maraîcher étaient blanches, se souvient Geneviève, la gorge serrée. Nous sommes tous des morts en sursis. Au début, ma belle-mère ne faisait que tousser, elle croyait à une angine. Puis elle guérissait, jusqu’au jour où… » Geneviève tousse aussi, « beaucoup trop », et reste « très vigilante ». Elle craint surtout pour ses enfants : « S’ils sont touchés, je n’hésiterai pas à porter plainte. Pour l’exemple. » « On ne fait pas de cadeau à un chauffard ou un criminel. Je ne vois pas pourquoi les choses seraient différentes dans ce cas-là », s’indigne-t-elle, choquée du « déni complet de l’ex-propriétaire du CMMP. »

Pour Alain Bobbio, président de l’Association Départementale de Défense des Victimes de l’Amiante de Seine-Saint-Denis (ADDEVA 93), pas question de céder. « Ce procès, ce n’est pas une vengeance. Il est important que les auteurs de ces dommages rendent des comptes à la société. Il faut tirer les leçons de ce qui s’est passé, sinon les faits vont se reproduire. »

Obstacles en cascade

Des indemnisations ? Les victimes en ont bien reçu, à la hauteur des attentes des associations. Mais la procédure pénale, qui doit condamner l’industriel, piétine depuis 2005. Cette année-là, la juge d’instruction Anne Auclair-Rabinovitch avait mis en examen le CMMP en tant que personne morale. Le parquet a fait annuler la procédure six mois plus tard. Le motif ? Les faits sont antérieurs à l’entrée en vigueur de la notion même de personne morale, en 1994.

En fait, dans toutes les affaires d’amiante en France, l’Etat est plombé par l’inertie judiciaire. Ce n’est pas le cas de l’Italie, où les dirigeants du groupe Eternit ont été condamnés à seize ans de prison. Quelle est la différence ? En France, le parquet dépend de l’Etat. Or, « aucun procureur ne s’est saisi de l’affaire de l’amiante en France ! », déplore François Lafforgue, l’avocat des victimes du CMMP. La « collusion est claire et nette » dans l’esprit d’Alain Bobbio. « Il faut rappeler que cette entreprise fabriquait de l’amiante pour la Défense, pour l’Armée française », argue-t-il. D’autres éléments paralysent la procédure pénale. Depuis dix ans, un pôle de santé publique est chargé de mener les investigations. Problème : « Ces pôles, en effet, ne bénéficient que de faibles moyens, presque dérisoires compte tenu de l’ampleur des instructions à mener », lit-on dans un rapport du Sénat de 2005.

Reste la question des coupables. A Aulnay, la seule personne qui pourrait aller devant un tribunal est Françoise Briot, dernière dirigeante du CMMP au moment où l’on y fabriquait encore de l’amiante, c’est-à-dire avant 1975. Quant aux préfets alertés depuis longtemps mais souvent silencieux ou peu réactifs, ils sont tous décédés.

Un éventail de fautes

Et pourtant, les manquements aux règles semblent réels. Lors de l’implantation de l’usine, les dirigeants s’étaient bien engagés à ce que « les bâtiments de l’usine [soient] clos et couverts de telle sorte que les poussières ne puissent s’en échapper » : cela n’a jamais été entrepris. La ventilation, par exemple, se faisait bien souvent fenêtres ouvertes. La sécurité professionnelle était aussi minimale : à certaines périodes de l’exploitation, les salariés se protégeaient le visage par un simple masque en papier.Pourtant, il a fallu attendre 2009 pour que commence la destruction et la dépollution du site, dans les conditions de sécurité demandées par les associations, notamment sous la protection d’une enceinte étanche. Jusqu’à cette date, les tôles blanchies du toit ont menacé de s’effondrer dans la cour de l’école. Un an plus tôt, une épaisse couche de farine d’amiante jonchait même encore le sol de l’usine désaffectée.


AULNAY : Usine d’amiante. 13 ans pour briser le… par suaudeau1

Un préjudice vertigineux pour la ville

Selon Bruno Kern, un des avocats de la ville, la commune a subi un préjudice économique et écologique de 700 millions d’euros (dont 16 pour le chantier de démolition). Les calculs sont détaillés à la fin de ce courrier adressé à la préfecture en 2010. Car si les murs de l’usine ont disparu, de l’amiante restera enfouie dans le sol. Pour le moment, la municipalité n’a pas envisagé de le recouvrir d’une dalle de béton, simplement d’un géotextile. « On met la poussière sous le tapis ! », commente Gérard Voide, terrifié à l’idée que « l’histoire se répète ». « De toute façon, le sous-sol est pollué jusqu’à 19 kilomètres alentour », explique Bruno Kern. Autrement dit, l’amiante n’a peut-être pas fini de contaminer les Aulnaysiens. La municipalité d’Aulnay-sous-Bois a elle aussi saisi la justice. Sans succès. Elle a engagé une action au pénal qui a été rejetée au printemps 2011. Reste aux autorités locales la requête devant le tribunal administratif, saisi en mai 2011.

« Double peine »

« Le pollueur doit être le payeur !, s’indigne Gérard Voide. Depuis le début, il n’y a que le contribuable qui paye. C’est une double peine pour les habitants. » Pour l’instant, la pédégée actuelle du CMMP, Joëlle Briot, n’a déboursé que 400 000 euros.

Pendant ce temps, le bilan des victimes s’alourdit. Au sein d’un comité mis en place avec la mairie, les associations cherchent sans cesse les victimes potentielles. Celles qui ont quitté Aulnay. Mais aussi d’anciens salariés immigrés rentrés au pays, qui composaient l’essentiel de la main d’œuvre. Et puis celles qui risquent de tomber malades dans les prochaines décennies. Si des enfants ont respiré de l’amiante en 1990, des adultes pourront encore déclencher un cancer en 2030. Au total, 15 000 personnes risquent d’être contaminées. Ce travail de fourmi est mené avec l’Agence Régionale de Santé (ARS). Pour Gérard Voide, c’est un bon signal, un début de justice. Il espère qu’ainsi, les associations et la ville pourront « montrer l’ampleur de cette catastrophe sanitaire ». Dans un sourire, il ose même espérer qu’un jour, « cela ait une incidence au pénal », pour un procès.

terraeco.net


Pour aller plus loin :

- Historique très détaillé mis en ligne par les associations le site de l’association Ban Asbestos France, rubrique Aulnay.

- Magazine de France culture, sur le cas de Condé-sur-Noireau, une ville surnommée « vallée de la mort » à cause des filatures d’amiante qui y étaient implantées.

- « Une leçon de droit pénal italien », comparaison très détaillée des procédures italienne et française.

[1] avec la FCPE (Fédération des Conseils de Parents d’Elèves), Aulnay Environnement, ANDEVA 93, Ban Asbestos France et la LIPE (Ligue Indépendante de Parents d’Elèves)

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 30 mai, 2012 |Pas de commentaires »

RETOUR SUR L’ELECTION PRESIDENTIELLE FRANCAISE ET ENSEIGNEMENTS POUR L’AVENIR (Evariste)

Retour sur l’élection présidentielle et

 enseignements pour l’avenir

RETOUR SUR L'ELECTION PRESIDENTIELLE FRANCAISE ET ENSEIGNEMENTS POUR L'AVENIR (Evariste) dans REFLEXIONS PERSONNELLES HOLLANDE2

Par Evariste
 
Pour la deuxième fois de la Ve République, un socialiste est élu président. Mais avec un total des voix de gauche de 43,76 %, alors qu’en 1988 cette même gauche faisait 49,12 %. L’écart n’est pas anodin.

L’abstention au premier tour est de 20,5 % alors qu’elle a été de 15,8 % en 1974, 18,9 % en 1981 et 18,6 % en 1arton16804-b4a5b AVENIR dans REFLEXIONS PERSONNELLES988. De ce point de vue encore, l’écart n’est pas anodin. Pire encore, ce pourcentage monte à plus de 30 % dans la classe des employés et des ouvriers.

La classe des ouvriers et employés est totalement dispersée sur l’échiquier politique. Le premier contingent se réfugie dans l’abstention (plus de 30 %), le second vote extrême droite (moins de 30 %).

Géosociologie des territoires et sociologie du vote

Parce que les partis de gauche n’ont pas pris la mesure de la nouvelle géosociologie des territoires qui voit la classe des ouvriers et des employés en forte augmentation dans les zones rurales et périurbaines, en faible diminution dans les banlieues et en forte diminution dans les villes centres, le FN a surtout progressé dans les zones rurales et périurbaines. La faiblesse du discours républicain laïque et social de la gauche en général en est la cause. Pourtant, la lutte contre la fermeture des hôpitaux et maternités de proximité et des bureaux de poste a montré la voie. Il convient pour la gauche et particulièrement le Front de gauche d’être le fer de lance de la lutte contre la désertification en matière de services publics dans les zones rurales et périurbaines.

Le vote en faveur du FN est un vote de classe (d’un point de vue sociologique) sans conscience de classe. Ce sont les prolétaires les plus atomisés et les plus isolés (y compris d’un point de vue géographique en zones périurbaines et rurales) qui ont voté massivement pour Le Pen. On peut faire un parallèle entre l’analyse que faisait Marx de la classe paysanne et cette partie du prolétariat. Marx, dans Le 18 Brumaire de Louis Napoléon Bonaparte, décrivait les paysans comme « une masse énorme dont les membres vivent tous dans la même situation, mais sans être unis les uns aux autres par des rapports variés », incapable d’agir collectivement comme une classe consciente de ses intérêts, donc impuissante et réduite à s’en remettre à un homme providentiel. C’est un peu l’état dans lequel se trouvent ces prolétaires, isolés face à leur patron, pris à la gorge par des crédits, relégués loin des centre villes, et dont l’abrutissement télévisuel fait souvent office de seul lien social avec l’extérieur.

Pour qui votent les sympathisants des syndicats ?

Malgré une percée chez les salariés proches des syndicats, le FN séduit essentiellement des travailleurs hostiles ou indifférents aux syndicats. Le FN fait 12 % auprès des sympathisants des syndicats : 9 % parmi les proches de la CGT, mais 25 % parmi les proches de FO (qui regroupe essentiellement des ouvriers et employés, notamment des fonctionnaires de catégorie C).

Ce sont Hollande et Mélenchon qui font les meilleurs scores chez les travailleurs proches des syndicats : 43 % pour Hollande et 19 % pour Mélenchon. Sans surprise, Mélenchon fait ses meilleurs scores chez les sympathisants de la CGT (39 %), de Solidaires (39 %) – où il fait presque jeu égal avec Hollande – et de la FSU (31 %), alors que Hollande fait ses meilleurs scores chez les sympathisants de la CFDT (56 %) et de l’UNSA (49 %).

Il est difficile de tirer des conclusions sur le vote Poutou, compte tenu du faible score et de la taille limitée des échantillons. Néanmoins, Poutou semble réaliser des scores nettement supérieurs à sa moyenne chez les proches de Solidaires (8 % ) et de FO (6 % ).

Le cœur de l’électorat de Hollande : les couches supérieures du salariat.

L’évolution de l’électorat du PS est très nette : en 1988, Mitterrand faisait un score supérieur à sa moyenne chez les ouvriers et employés. En 1995, Jospin faisait son score moyen chez les ouvriers et employés. Depuis, l’électorat ouvrier a décroché du vote PS :11 % en 2002 (merci Jospin, Aubry, Strauss-Kahn…), 21 % en 2007 et 2012, soit nettement moins que le score moyen du PS. En revanche, le PS réalise depuis 2002 ses meilleures performances chez les cadres (34 %) et les couches moyennes intermédiaires (35 %).

Il est donc totalement erroné d’affirmer, comme le fait le démographe Emmanuel Todd, que le PS a reconquis ou est en voie de reconquérir l’électorat populaire. Il est même frappant de constater à quel point l’immense rejet de Sarkozy dans les classes populaires n’a pas du tout profité au PS. Mais Todd, qui soutient Hollande tout en pourfendant l’euro et le libre-échange (comprenne qui pourra !), s’illusionne complètement en prédisant un « tournant de 1983 à l’envers », c’est-à-dire une rupture de Hollande avec l’Europe libérale pour pouvoir mettre en œuvre une véritable politique sociale au service des classes populaires.

Le cœur de l’électorat de Sarkozy : les vieux et les patrons. En 2007, le coeur de l’électorat de Sarkozy était déjà les patrons (grands et petits) et les retraités. Contrairement à une légende, la majorité des ouvriers (54 %) et des employés (51 %) avaient déjà voté contre Sarkozy au 2e tour de l’élection. Néanmoins, en 2012, si Sarkozy conserve un soutien important chez les patrons (74 % chez les patrons proches du Medef ou de la CGPME), les retraités, et les cadres, il baisse fortement chez les employés et ouvriers(18,5 %). Globalement, seuls 20 % des salariés actifs ont voté pour Sarkozy.

Vote Mélenchon : petite percée dans les classes populaires. Mélenchon a su percer dans les classes populaires (renouant en partie avec l’ancien électorat du PC) mais son électorat reste globalement assez bien réparti entre les différentes catégories sociales. Chez les ouvriers et employés, il mobilise environ 13,5 % de la classe votante.

Les couches populaires : leur dispersion

Comme le montre le livre de Patrick Lehingue (1), alors que les employés constituent près de 30 % de la population active, ils ne sont que 1,3 % des députés. Les ouvriers qui comptent près de 25 % des actifs ne sont que 0,5 % des députés. A contrario, les couches moyennes supérieures représentent 15 % dans le pays et 83 % des députés (96 % pour l’UMP).

Et pendant ce temps-là, nos moralistes à la petite semaine ne voient que les discriminations que pour les ethnies, les religions et les femmes. Mais combien de fois la « gauche sociétale » s’est-elle émue de la représentation des ouvriers et des employés alors qu’ils sont plus de 53 % de la population ?

Patrick Lehingue ajoute que « pour la représentation des classes populaires, la France est revenue au niveau de 1885 »… A fortiori, bravo la gauche depuis 1981 (2) !

Cet affaiblissement de la représentation populaire a été de pair avec la montée des professionnels de la politique. Les attachés parlementaires, les chefs de cabinet, les conseillers en communication, etc. représentent 14 % des députés – alors qu’ils sont évidemment 0,0001 % dans la population.

Patrick Lehingue précise auprès du journal Fakir : « D’autant que les instruments qui permettaient ces trajectoires ont été supprimés. Pour moi, le PC a perdu sa spécificité – et a accéléré son déclin – avec la fermeture des écoles du Parti, à l’époque de Robert Hue. C’était quoi, ces écoles ? C’était la possibilité, pour des ouvriers ayant arrêté leurs études, pour cause d’échec scolaire ou plus souvent parce que leurs parents ne pouvaient pas suivre financièrement, d’avoir une seconde chance, d’acquérir une culture politique, de manier l’argumentation, bref, de lutter à armes égales avec leurs adversaires, les classes dominantes. »

Voter, ça ne sert à rien ?

Là, vient se surimposer l’impact des médias et la nature de la démocratie.
Les couches populaires souffrent du fait que nous sommes de moins en moins en démocratie et de plus en plus dans un régime représentatif. Le débat qui faisait rage lors de la Révolution Française est comme assoupi aujourd’hui. Sieyès déclarait qu’il fallait un gouvernement représentatif tout en combattant la démocratie. Aujourd’hui, c’est Sieyès qui a gagné. Une fois élus, les représentants n’ont que faire de ce que pense le peuple. C’est bien pourquoi la plupart des hommes et femmes politiques se moquent de la sous-représentation des couches populaires. Ce qui leur importe est le gouvernement représentatif à la Sieyès et l’alternance vers un autre gouvernement représentatif. C’est pourquoi, si la gauche veut reconquérir les couches populaires, il importe de remplacer le gouvernement représentatif par la démocratie. Pas la démocratie directe de Rousseau, dont lui-même admettait l’impossibilité sur de grandes entités, mais la démocratie du peuple où celui-ci peut intervenir, y compris après l’élection des élus (c’est ce qu’esquissait Condorcet).

 Pourquoi pas le référendum d’initiative populaire ou la possibilité de révoquer les élus à mi-mandat comme au Venezuela ?

Ecoutons encore Patrick Lehingue dans son interview à Fakir « Quant aux médias, la seule question qui vaille pour eux, c’est « qui va gagner ? », « qui sera en tête à l’issue du premier tour ? », « qui sera le troisième homme » (ou femme…) ? La véritable politique (la discussion sur les bilans, les promesses – tenues ou pas – , la vision du monde que l’on désire, les programmes et propositions pour s’en approcher, la hiérarchie des questions les plus importants à résoudre…) cède le pas au spectacle d’une course de chevaux. Le jeu l’emporte sur les enjeux. »

N’oublions pas aussi qu’il y a d’après l’INSEE 10 % de la population non inscrite sur les listes :16 % des chômeurs, 16 % des emplois précaires font partie de cette catégorie. Autant nous sommes contre le vote obligatoire, autant nous pouvons estimer que tout le monde devrait être sur les listes. Ne serait-ce que pour avoir le vrai chiffre de l’abstention.

À gauche : comment retrouver le peuple ?

D’abord, « ça n’a jamais été naturel et acquis que les ouvriers votent pour des représentants du mouvement ouvrier. Ça supposait tout un travail syndical, politique, de mobilisation de l’usine jusqu’au domicile. Or, on a assisté, non pas à une disparition, mais à une dispersion des classes populaires. Une dispersion du travail, avec la casse des grandes entreprises, mais aussi une dispersion géographique ». Dans « les corons miniers de ma petite enfance, les gens vivent là où ils travaillent. Il y a une continuité de l’existence, qui rend le travail politique plus simple : pour les mineurs, ne pas voter pour ces gens-là, qui sont au milieu d’eux, qu’ils fréquentent au bistro, à la ducasse, c’est trahir le groupe auquel ils appartiennent tous les jours avec quand même un travail d’encadrement sur le terrain qui, de fait, n’existe plus… Combien reste-t-il de sections locales ? dans les entreprises ? travaillant dans des quartiers populaires ? »

 Aujourd’hui, en France, le taux de syndicalisation avoisine les 6 % . Dans le privé, pour les deux tiers des entreprises, il n’y a rien du tout…alors…

Evariste

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 30 mai, 2012 |Pas de commentaires »

ECONOMIE LOCALE. TRANSITION ECOLOGIQUE: QUAND LA FRANCE RURALE REVENDIQUE L’INDEPENDANCE ENERGETIQUE

Économie locale

Transition écologique :

 quand la France rurale revendique

 l’indépendance énergétique

ECONOMIE LOCALE. TRANSITION ECOLOGIQUE: QUAND LA FRANCE RURALE REVENDIQUE L'INDEPENDANCE ENERGETIQUE dans REFLEXIONS PERSONNELLES NEGA

Par Nolwenn Weiler (24 mai 2012)

Voilà quinze ans qu’un petit territoire breton a entamé sa mue écologique. Le Mené est devenu le symbole d’une transition écologique en voie d’achèvement. Sa recette ? Puiser dans ses quelques ressources locales – biomasse, soleil et vent – pour produire une grande partie de l’énergie consommée. Et s’appuyer sur la force des liens sociaux, la créativité de ses habitants et la concertation horizontale. Quitte à déranger certains intérêts.

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« Ici, nous ne sommes pas assez riches pour faire les choses chacun dans notre coin », entend-on dans le Mené. Ce petit territoire de moins de 200 km2 et de 7 000 habitants, perdu dans les landes qui séparent Rennes de Saint-Brieuc, n’est accessible ni en train ni par voie rapide. La seule industrie où l’on peut trouver du boulot, c’est Kermené, une industrie d’abattage, filiale de la chaîne de grande distribution E. Leclerc, où travaillent 2 500 personnes, soit un tiers des habitants de la communauté de communes. Le symbole même des zones rurales enclavées dont on parle tant depuis les élections.

« Bref, à première vue, nous avons peu d’atouts », sourit Jacky Aignel, maire de Saint-Gouéno, l’un des sept bourgs de ce petit pays. « Mais nous avons des richesses : le vent, la biomasse, le soleil et, surtout, une très forte envie de faire des choses ensemble. Pour que notre territoire vive, et que nous puissions y rester. » Et c’est ce qui a fait la différence. Progressivement, le Mené construit son autonomie énergétique et crée même des emplois.

Une transition qui part de la population

Il y a d’abord Géotexia, l’usine de méthanisation, qui produit du biogaz à partir des déchets organiques. Elle fête son premier anniversaire. « Le projet est né d’un constat : nous avions trop de lisier, et comme nous sommes en tête de bassin versant, cela posait des gros soucis environnementaux, explique Josette Vivier, de l’association Mené Initiative Rurale (MIR), à l’origine du projet. Le lisier, ce déchet agricole rejeté en masse par les élevages, est l’une des causes de la pollution des eaux douces et de la prolifération des algues vertes. Il sert désormais à fabriquer du biogaz, qui alimente une turbine produisant de l’électricité. L’idée a germé à la fin des années 1990 au sein d’une assemblée hétéroclite rassemblant agriculteurs, chasseurs, élus, pêcheurs et simples citoyens : l’association Mené Initiative Rurale. « L’objectif, c’était aussi de maintenir le plus d’exploitations agricoles possible. Donc de freiner l’agrandissement », ajoute Josette Vivier.

Parmi les engagements de la trentaine d’agriculteurs qui se sont lancés dans Géotexia : celui de ne pas augmenter leur cheptel. La coopérative d’utilisation du matériel agricole (Cuma) Mené Énergie, co-initiatrice du projet et actionnaire de l’usine, veille au grain. « Au début du projet, un agriculteur n’ayant pas respecté ce contrat a été exclu. Cela a braillé dans les campagnes, mais cela a assis l’autorité, et la cohérence de la Cuma », rappelle un habitant du territoire.

3 000 habitations éclairées grâce aux agriculteurs

Implantée sur un terrain acheté par la communauté de communes, l’usine de méthanisation produira chaque année 12 à 15 gigawattheures. De quoi couvrir les besoins d’environ 3 000 habitations, hors chauffage. « La chaleur produite par ailleurs sera directement valorisée sur place, notamment pour le séchage de la matière organique qui sera exportée vers des plaines céréalières, déficitaires en matière azotée », détaille Laurent Gaudicheau, directeur de la communauté de communes.

« La filière de chauffage au bois a aussi fait sont entrée dans le Mené », ajoute Josette Vivier. Cinq agriculteurs, membres de l’association, choisissent alors ce mode d’énergie. Depuis, l’idée a cheminé. Deux réseaux de chaleur alimentés par du bois déchiqueté local sont d’ores et déjà opérationnels. « L’un d’eux dessert 55 locaux – bâtiments communaux, logements sociaux et particuliers – et chauffe plus de 4 000 m2 », explique Marc Théry, chargé de mission énergie à la communauté de communes. À terme, six des sept communes du territoire seront équipées et près de 20 000 m2 seront ainsi chauffés. « Il y a un défrichage par le milieu associatif, repris ensuite par les politiques, commente Josette Vivier. La demande part de la base, pour aller vers les élus. »

« Les gens cherchent à créer du positif »

Ce fonctionnement horizontal force chacun à développer l’art du compromis. Ce n’est pas toujours simple et  cela peut prendre beaucoup de temps. « La première fois que j’ai entendu parler de méthanisation, c’était en 1981 », se remémore ainsi Paul Houé, sociologue au CNRS, et fils du pays. C’est lui qui, dans les années 1960, met en évidence la volonté des habitants du Mené de prendre en main leur territoire, de réfléchir aux modalités de sa survie.

À l’époque, il réalise des enquêtes de terrain pour sa thèse de doctorat sur le développement rural. « Les gens avaient l’impression d’avoir été oubliés par le développement qui agitait le reste de la France, se souvient Paul Houé. Ils ne voulaient pas voir leur territoire mourir. Mais ils ne se contentaient pas de se lamenter. Ils réfléchissaient à ce qu’ils allaient devenir. Ils cherchaient à créer du positif. »

Retour sur investissements publics

Dans la foulée de ce vaste questionnement est créé le comité d’expansion du Mené. Plus tard, viendra le « plan d’aménagement rural », puis les premiers « contrats de pays ». Autant de modalités de développement rural qui seront reprises, ensuite, ailleurs en France. « En quarante ans, les élans collectifs ont évidemment connu des hauts et des bas, poursuit le sociologue. Et ce qui se passe depuis la fin des années 1990 autour de l’énergie est, pour moi, inattendu mais passionnant et tout à fait logique, au fond. »

Financés jusqu’à 60 % par des investissements publics [1], les divers projets lancés dans le Mené ont un temps de retour sur investissements moyen de huit ans. « Le cabinet Solagro, qui a fait un état de lieux en 2004 pour mieux cerner les leviers d’action à notre disposition, a mis en évidence que les dépenses énergétiques entraînaient, chaque année, le départ de 9 millions d’euros du territoire, précise Laurent Gaudicheau. Le gisement de richesses est flagrant. » Grâce à la méthanisation puis à la création d’une filière bois locale, l’argent peut servir à d’autres investissements. Tout cela n’aurait pas été possible si le Mené avait sombré dans l’austérité budgétaire…

Une autonomie qui dérange

Tout le monde ne voit pas forcément ces projets d’un bon œil. Depuis 2007, l’huilerie Ménergol, une coopérative locale [2] au sein de laquelle on transforme le colza en huile de moteur pour les tracteurs, ne fonctionne qu’au tiers de ses capacités. C’est que la FNSEA est très implantée dans les campagnes. Or Xavier Beulin, patron du syndicat majoritaire, est aussi à la tête de Sofiprotéol, l’établissement financier de la filière des oléoprotéagineux (colza, tournesol, soja). « Ces grosses entreprises n’ont aucun intérêt à ce que les agriculteurs organisent leur autonomie », estime Marc Théry.

Les motivés du Mené sont aussi soumis aux aléas nationaux des politiques énergétiques décidées en haut lieu. Le construction d’un parc éolien participatif, qui devait être posé sur la crête du Mené, vient ainsi d’être suspendu. En cause : l’annulation probable par le Conseil d’État, à la demande d’un collectif anti-éoliennes, de l’arrêté fixant le tarif de rachat de l’électricité éolienne.

Sobriété volontaire

Ils ont par ailleurs quelques difficultés à obtenir le soutien des opérateurs d’électricité dans la mise en place de ce que l’on appelle « l’effacement des consommations électriques ». Très pratiquées aux États-Unis, ces coupures alternatives du chauffage dans les foyers – pour de courtes durées – permettent de limiter la consommation pendant les périodes de pointe. Quand le froid se fait piquant, en plein hiver, et que tournent en même temps dans tous les logements de France (généralement en fin de journée) chauffage mais aussi machines à laver, fours et résistances des ballons d’eau chaude.

« Ces coupures sont volontaires et maîtrisées par les habitants eux-mêmes », précise Marc Théry. Grâce à un système de télétransmission, ils peuvent consulter, en temps réel, leur consommation et ainsi apprendre à la gérer. Les volontaires du Mené (dont un tiers des habitants se chauffent à l’électricité) devraient s’y mettre après l’été. « Beaucoup sont motivés par les gains économiques que promet ce dispositif, ajoute Marc Théry. Et avec des coupures d’une demi-heure, la température des maisons ne baisse pas beaucoup. Il faut juste être vigilant. » Une politique énergétique qui tranche avec la France du nucléaire, où tout est agencé et décidé, pour tout le monde, par EDF. Créativité, autonomie, démocratie horizontale, sobriété… De quoi inspirer de nombreux autres territoires.

Nolwenn Weiler

Photo : Ivan du Roy/Basta !

Notes:

[1] Ademe, Fonds européen de développement régional (Feder), conseil régional, conseil général, communauté de communes.

[2] Coopérative d’utilisation du matériel agricole (Cuma).

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 24 mai, 2012 |Pas de commentaires »

LA NOUNOU DE L’EUROPE, ANGELA MERKEL, EST ISOLEE. LES VENTS SONT DESORMAIS CONTRAIRES A L’AUSTERITE.

La nounou de l’Europe, Angela Merkel, est isolée.

 Les vents sont désormais contraires à l’austérité. (Counterpunch)

LA NOUNOU DE L'EUROPE, ANGELA MERKEL, EST ISOLEE. LES VENTS SONT DESORMAIS CONTRAIRES A L'AUSTERITE. dans REFLEXIONS PERSONNELLES angela-merkel971265propertyposter

Deepack TRIPATHI
Après les élections récentes en France et en Grèce beaucoup de commentateurs ont suggéré que les années de pouvoir du centre droit en l’Europe touchaient à leur fin. La défaite du président Nicolas Sarkozy et la victoire du candidat socialiste François Hollande en France, et l’effondrement, en Grèce, des partis politiques qui ont laissé le capitalisme sauvage se déchaîner et le chaos s’installer, sont des événements majeurs. Mais on ne peut pas encore être certain qu’ils constituent un tournant vers le retour de la démocratie sociale en Europe occidentale.

L’opinion publique s’est certainement radicalisée d’une manière inquiétante. Les sociétés européennes sont en train de s’atomiser à cause de leur perte de confiance dans les partis politiques principaux et leurs leaders. Alors que le continent vit une grave crise, des millions de gens ont l’impression que leurs leaders sont à la fois incapables et non désireux de chercher des solutions pour aider les plus vulnérables.

Les masses sont dégoûtées des politiciens professionnels à qui elles ont fait confiance encore et encore. Les récentes élections nationales et régionales en France, en Grèce et en Allemagne montrent que les électeurs quittent les partis principaux parce que leurs programmes et leurs lignes politiques les ont déçus. La même chose s’est produite dans les récentes élections locales en Angleterre. Malheureusement quand un gouvernement est battu, le vainqueur continue dans le même sens que le gouvernement sortant. Un total mépris des masses et l’obsession comptable « d’équilibrer les comptes » sont à l’origine de l’austérité qui est imposée aux citoyens ordinaires dans tout le continent européen. Avec comme résultat l’effondrement des politiques traditionnelles et la montée de groupes extrémistes.

Le phénomène en Europe reflète ce qui se produit aux Etats-Unis depuis des années. La différence est qu’en Europe le pouvoir coercitif d’institutions financières supranationales soutenues par les Etats-Unis se distingue par une hâte et une férocité extraordinaires. Il va à l’encontre du consensus libéral de l’après-guerre qui s’est construit sur les ruines des deux guerres mondiales du siècle dernier.

Les événements les plus traumatisants ont lieu en Grèce. L’effondrement du Mouvement Socialiste Panhellénique (PASOK) qui est passé du pouvoir à quelques pour cents de votes, et la perte d’une tiers de son électorat par le Nouveau Parti Démocratique aux dernières élections sont dramatiques. Le résultat est l’émergence de nouveaux groupes politiques, dont le plus notable est Syriza, qui sont catégoriquement opposés aux mesures d’austérité auxquelles l’Allemagne, le plus riche pays d’Europe, tient absolument.

La chancelière allemande, Angela Merkel, a ses propres contraintes intérieures. L’opinion publique allemande s’oppose à l’idée d’aider d’autres pays à sortir de la crise. Mais en refusant de céder sur les coupes drastiques et de promouvoir la croissance économique, elle a donné le sentiment qu’elle ne prenait pas en considération le choix démocratique des Grecs. L’impression que Bonn impose son diktat est particulièrement mal ressentie en Grèce à cause du souvenir toujours vivace de l’occupation nazie du pays pendant la seconde guerre mondiale. Les grecs sont peut-être les membres les plus pauvres de l’Union Européenne mais ils sont fiers de leur histoire et de leur civilisation.

Le refus de l’électorat grec d’accepter davantage de coupures drastiques se reflète dans le clivage extraordinaire du pays qui a rendu impossible la formation d’une coalition gouvernementale. L’annonce que la chancelière allemande avait dit que la Grèce devait faire un référendum pour savoir si elle voulait garder ou non l’euro a échauffé encore davantage les esprits et l’Allemagne a dû la démentir. Toutefois, la prochaine élection de juin sera bien un référendum sur le maintien de la Grèce dans la zone euro. Dans le cas contraire, la Grèce sortira du carcan qu’est devenue la zone euro, se déclarera en faillite et engendrera une « catastrophe » financière comme de nombreux adeptes du libre-échange l’ont prédit avec passion.

La dernière décennie a vu le recul des politiques démocratiques et sociales en Europe. De la Scandinavie, au nord, à l’Italie et la Grèce au sud, la droite politique a dominé tout le continent. Cependant, juste au moment où les vieux sociaux démocrates semblent complètement vaincus, de nouvelles forces commencent à surgir. Grâce à leur combat la tendance commence à se renverser.

Ces derniers mois, la chancelière allemande Merkel a fait l’effet d’une nounou sans coeur incapable de gérer la crise grecque. Tant qu’elle avait comme allié le président de la France, Nicolas Sarkozy, le couple a dominé. Mais maintenant la Grèce n’est plus le seul pays européen en crise et Merkel est sérieusement affaiblie par au moins deux facteurs. Le premier est la défiance du peuple grec. Le second , encore plus important, est la défaite de Sarkozy aux élections présidentielles au profit de son rival socialiste, François Hollande. Comme la Grèce, la France se prépare à élire son assemblée nationale en juin ce qui mettra presque certainement fin à la domination de la droite en France. Quand à Merkel, la défaite de son parti dans la région la plus peuplée d’Allemagne, la Rhénanie de Nord-Westphalie, par les sociaux démocrates est une revers majeur pour sa coalition de centre droit.

Voilà donc que le courant s’est renversé en Europe et que la gauche sort du bois. Mais on ne sait pas encore si cette nouvelle gauche sera capable d’audace, car elle est divisée et la droite toujours très puissante lui donnera du fil à retordre. On ne peut pas encore être sûr que la gauche gagnera la lutte idéologique qui l’oppose à la droite.

Deepak Tripathi

Deepak Tripathi est un écrivain qui s’intéresse entre autres à l’Europe d’après la guerre froide. Il tient un blog (http://deepaktripathi.wordpress.com) et on peut le joindre à : dandatripathi@gmail.com.

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 23 mai, 2012 |Pas de commentaires »

LES MALADIES DU CERVEAU EXPLOSENT, LES LABORATOIRES DISPOSENT…

Les maladies du cerveau explosent,

 les laboratoires disposent…

LES MALADIES DU CERVEAU EXPLOSENT, LES LABORATOIRES DISPOSENT... dans REFLEXIONS PERSONNELLES cerveau_intro

(Albert Swoni)

« Un Européen sur trois souffrirait de troubles neurologiques » indiquait en septembre 2011 Le Monde. Lorsqu’on sait que l’Europe compte quelques 800 millions d’habitants, cela donne une idée exacte de l’ampleur du défi face auquel les laboratoires pharmaceutiques se trouvent confrontés pour tenter de trouver des traitements efficaces. Même si certains d’entre eux se désengagent de leur activité de recherche et développement, faute d’un retour sur investissement suffisamment rapide comme en témoigne le récent exemple d’AstraZeneca.

Anxiété, insomnie, dépression, dépendance à l’alcool et aux drogues, démence sénile, toutes ces maladies touchent directement le cerveau de toutes les tranches d’âge et de toutes les catégories sociales. Dans ces conditions, il est particulièrement déconcertant de voir de grands laboratoires se désengager de la recherche dans ce domaine. C’est pourtant le cas de GlaxoSmithKline, de Pfizer, et du laboratoire anglo-suédois AstraZeneca qui pour sa part, bien qu’ayant réalisé en 2011 plus de 10 milliards de dollars de profit et 33,6 milliards de chiffre d’affaire (soit +3%…), annonce la suppression de 7300 emplois ; mais surtout, la « réorganisation » de son service de R&D qui devient, selon le quotidien Les Echos, « virtuel ». Un désengagement que le journal explicite ainsi : « le laboratoire a créé une unité virtuelle dans les neurosciences, constituée d’une équipe réduite de 40 à 50 chercheurs d’AstraZeneca, qui mèneront leurs travaux en externe, via un réseau de partenaires industriels et académiques. » L’explication avancée par AstraZeneca semble, pour sa part, très discutable, sinon aberrante : « Nous avons choisi de rester dans les neurosciences, mais nous travaillerons de manière très différente pour partager les coûts, les risques et les rétributions avec des partenaires. » Autrement dit, AstraZeneca indique ici renoncer à l’ effort de recherche ; pas à ses parts de marché.

Profits en hausse, effectifs et recherche en baisse

Ainsi, ces laboratoires préfèrent désormais s’appuyer sur le secteur public et le monde associatif pour bénéficier des avancées de la recherche, sans pour autant s’engager financièrement dans des programmes longs, coûteux, et peu rentables à court terme. Cette politique de réduction des coûts accompagne désormais systématiquement les fusions entre groupes pharmaceutiques, pour la plupart pris en étau entre de multiples intérêts financiers. Sur le site Viv(r)e la recherche, Eric Sartori s’interroge lui aussi quant aux conséquences de ces stratégies industrielles sur l’innovation et la recherche. Il en ressort un bilan assez pessimiste qui nous démontre bien que les profits passent ici avant les malades. Le récent « Rapport de la mission sur la refonte du système français de contrôle des médicaments » pointe comme « sujet d’inquiétude », le « désengagement de l’industrie pharmaceutique de la recherche qui s’accélère » ainsi qu’une tendance de plus en plus marquée à l’externalisation de la recherche. On est encore ici bien loin de l’intérêt des malades et de l’accompagnement des politiques de santé destinées à combattre les maladies dégénératives ou psychiatriques.

Le coût des maladies

En 2010 déjà, des spécialistes du cerveau alertaient sur l’urgence de relancer la recherche avec un « plan cerveau » pour la prise en charge de l’ensemble des maladies neurologiques et psychiatriques. Le coût de ces maladies pour la collectivité était déjà évalué, en Europe à 35 % du total des dépenses de santé et, rien qu’en France, les coûts induits par les maladies mentales et neurologiques atteignaient 40 milliards d’euros par an. Par ailleurs, une étude publiée par l’European Brain Council (EBC) montre qu’en Europe, le coût des maladies neurologiques « a augmenté très rapidement pour atteindre 798 milliards d’euros par an ». De plus, l’allongement de l’espérance de vie vient encore renforcer ce phénomène qualifié de « défi économique numéro un pour le système de santé européen ». Au total, le coût de la prise en charge de ces troubles neurologiques est de 1.550 euros par personne et par an, soit le double de l’estimation faite par l’EBC lors d’une précédente étude en 2005.

La santé a un coût et le poids économique des maladies neurologiques sur la société est extrêmement lourd. En France, on estime à 15 millions le nombre de personnes touchées par une maladie du cerveau. Ne pas trouver de remèdes aux maladies neuropsychiatriques, ne pas trouver les moyens de prendre en charge la santé mentale d’une population vieillissante peut avoir des conséquences graves sur l’économie  d’un pays. Cette situation à risque nécessite une mobilisation générale qui doit accompagner le développement des neurosciences. Chacun doit y prendre sa part, depuis les pouvoirs publics, jusqu’à la recherche fondamentale, en passant par les laboratoires pharmaceutiques.

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 23 mai, 2012 |Pas de commentaires »

JE NE CONNAISSAIS PAS TOUS CES NOUVEAUX CRUS…ET VOUS ?

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TOUS CES NOUVEAUX CRUS…

ET VOUS ?

                                                                                                              JE NE CONNAISSAIS PAS TOUS CES NOUVEAUX CRUS...ET VOUS ? dans REFLEXIONS PERSONNELLES ambiance_musilac1

Le Beaujolais nouveau est arrivé…

 

Le Ségolais nouveau : un léger goût de ramène sa fraise. Il a de la « cuisse » et du maillot rasé de frais. Idéal pour servir un kir « Royal » lors du prochain match France-Hollande.

 Le Chiracolais nouveau : il a de la bouteille et son goût de déjà vu se rapproche plus de celui du sapin que de celui de la banane flambée. C’est imbuvable ! Tout juste bon pour mariner un ragoût de « Villepin de garenne » sur un lit d’oseille.

 Le Sarkolais nouveau : un petit « vain » de table basse pétillant et primesautier, avec des arômes de charter sans retour en fin de bouche…de Bush aussi, oui, merci !

 Le Fabiusolais nouveau : nouveau, c’est beaucoup dire ! Vieilli en fût dans les vignes de « saigneur » Mitterrand, ses arômes de fruits secs sont compatibles avec une mijotée de faisans aux choux gras.

 Le Stroskanolais nouveau : long en « bouche » (d’après Anne Sinclair), sa principale qualité réside dans le fait qu’il ne reste jamais en carafe.

 Le De Villepinolais nouveau : un arrière goût de faux-cul de bouteille. A servir en priorité dans un dîner de cons pour accompagner un gratin de cornichons endimanchés.

 Le Besancenolais nouveau : une piquette de facteur qui a tout de même des « Lettres » de noblesse et ne manque pas d’enveloppe mais qui trouverait plus sa place dans les sacoches du vélo que sur la tables de la cantoche.

 Le Lepénolais nouveau : voilà une vendange tardive qu’il faut avoir à l’œil car il a plus d’un tonneau dans son sac et peut tourner au « vi-nègre » à tout moment.

 Le Bayrounolais nouveau : insipide et inodore, ce petit « trou du cru » va avec tout et avec tout le monde. Pour trinquer aux enterrements de première classe seulement.

 Le Buffénolais nouveau : c’est un vrai rouge qui tache (et qui fait tâche). Ce cépage hors d’âge se récolte à la faucille et peut vous rendre marteau. Un danger pour l’Humanité. A consommer avec modération et avec les derniers camarades au gosier tout à l’égoût.

 Le De Villiérolais nouveau : c’est un coupage de Sarko-Bayrouno-Stoskanolais qui reste en travers du gosier. « Cep » pas qu’il n’a pas de goût mais il joue trop les vignes vierges effarouchées.

 L’Alliomarinolais nouveau : des arômes de poudre à « canons » en fin de bouche à feu. Il a de la culotte (de peau). C’est plutôt une boisson de troupe en campagne. A déguster au bivouac en treillis Chanel et talons aiguille.

 L’Arlèt.Laguillénolais nouveau : encore une vieille vigne qui ne veut pas s’arracher. La récolte se fait toujours à l’ancienne et à mobylette mais elle refuse encore et encore de nous lâcher la grappe.

De toute façon…ils en ont tous un grain …

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 25 avril, 2012 |Pas de commentaires »
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