LE MESSAGE PREMONITOIRE DES INDIENS D’AMERIQUE…

Le message prémonitoire

 des Indiens d’Amérique

LE MESSAGE PREMONITOIRE DES INDIENS D'AMERIQUE... dans REFLEXIONS PERSONNELLES INDIENS

Le destin des Indiens d’Amérique annonçait celui de l’ensemble des habitants de la planète qui assistent impuissants à la destruction de leur environnement, après la confiscation de leur espace et de leurs ressources.

Le message des Indiens est aussi une source de sagesse, fondée sur le respect de la nature et la compréhension de “l’Esprit qui est en toute chose”…

Prenons-en de la graine… loin de chez Monsanto !…

newsnet_9880_rton10870120x184 ECOLOGIE dans REFLEXIONS PERSONNELLESNous avons toujours eu beaucoup ; nos enfants n’ont jamais pleuré de faim, notre peuple n’a jamais manqué de rien… Les rapides de Rock River nous fournissaient un excellent poisson, et la terre très fertile a toujours porté de bonnes récoltes de maïs, de haricots, ce citrouilles, de courges… Ici était notre village depuis plus de 100 ans pendant lesquels nous avons tenu la vallée sans qu’elle nous fût jamais disputée. Si un prophète était venu à notre village en ce temps-là nous prédire ce qui allait advenir, et ce qui est advenu, personne dans le village ne l’aurait cru.  

Black Hawk, chef indien

Nous aimons la tranquillité ; nous laissons la souris jouer en paix ; quand les bois frémissent sous le vent, nous n’avons pas peur.

Chef indien au gouverneur de Pennsylvanie en 1796

Nous le savons : la terre n’appartient pas à l’homme, c’est l’homme qui appartient à la terre. Nous le savons : toutes choses sont liées. Tout ce qui arrive à la terre arrive aux fils de la terre. L’homme n’a pas tissé la toile de la vie, il n’est qu’un fil de tissu. Tout ce qu’il fait à la toile, il le fait à lui-même.

INDIENS2 ENVIRONNEMENT

Seattle, chef indien Suquamish

Le Lakota était empli de compassion et d’amour pour la nature, et son attachement grandissait avec l’âge. (…) C’est pourquoi les vieux Indiens se tenaient à même le sol plutôt que de rester séparés des forces de vie. S’asseoir ou s’allonger ainsi leur permettait de penser plus profondément, de sentir plus vivement. Ils contemplaient alors avec une plus grande clarté les mystères de la vie et se sentaient plus proches de toutes les forces vivantes qui les entouraient.

Le vieux Lakota était un sage. Il savait que le coeur de l’homme éloigné de la nature devient dur. Il savait que l’oubli du respect dû à tout ce qui pousse et à ce qui vit amène également à ne plus respecter l’homme. Aussi maintenait-il les jeunes sous la douce influence de la nature.

Standing Bear, chef Lakota (Sioux)

Nous voyons la main du Grand Esprit dans presque tout : le soleil, la lune, les arbres, le vent et les montagnes ; parfois nous l’approchons par leur intermédiaire. (…) Nous croyons en l’Etre Suprême, d’une foi bien plus forte que celle de bien des Blancs qui nous ont traité de païens… Les Indiens vivant près de la nature et du Maître de la nature ne vivent pas d’ans l’obscurité.

Saviez-vous que les arbres parlent ? Ils le font pourtant ! Ils se parlent entre eux et vous parleront si vous écoutez. L’ennui avec les Blancs, c’est qu’ils n’écoutent pas ! Ils n’ont jamais écouté les Indiens, aussi je suppose qu’ils n’écouteront pas non plus les autres voix de la nature. Pourtant, les arbres m’ont beaucoup appris : tantôt sur le temps, tantôt sur les animaux, tantôt sur le Grand Esprit.

INDIENS3 GUERRE

Tatanga Mani (ou Walking Buffalo), indien Stoney (Canada)

Les Blancs se moquent de la terre, du daim ou de l’ours. Lorsque nous, Indiens, cherchons les racines, nous faisons de petits trous. Lorsque nous édifions nos tipis, nous faisons de petits trous. Nous n’utilisons que le bois mort.

L’homme blanc, lui, retourne le sol, abat les arbres, détruit tout. L’arbre dit « Arrête, je suis blessé, ne me fais pas mal ». Mais il l’abat et le débite. L’esprit de la terre le hait. Il arrache les arbres et les ébranle jusqu’à leurs racines. Il scie les arbres. Cela leur fait mal. Les Indiens ne font jamais de mal, alors que l’homme blanc démolit tout. Il fait exploser les rochers et les laisse épars sur le sol. La roche dit « Arrête, tu me fais mal ». Mais l’homme blanc n’y fait pas attention. Quand les Indiens utilisent les pierres, ils les prennent petites et rondes pour y faire leur feu… Comment l’esprit de la terre pourrait-il aimer l’homme blanc ?… Partout où il la touche, il y laisse une plaie.

Vieille sage Wintu (Indiens de Californie)

Je peux me rappeler l’époque où les bisons étaient si nombreux qu’on ne pouvait les compter, mais les Wasichus (hommes blancs) les ont tués tant et tant qu’il ne reste que des carcasses là où ils venaient paître auparavant. Les Wasichus ne les tuaient pas pour manger ; ils les tuaient pour le métal qui les rend fous et ils ne gardaient que la peau pour la vendre. Parfois ils ne les dépeçaient même pas. Ils ne prenaient que les langues et j’ai entendu parler de bateaux-de-feu descendant le Missouri chargés de langues de bison séchées. Parfois ils ne prenaient même pas les langues ; ils les tuaient simplement pour le plaisir de tuer. Ceux qui ont fait cela étaient des fous. Quand nous chassions le bison, nous ne le faisions que selon nos besoins.

INDIENS4 MONDE

Hehaka Sapa, grand chef Sioux

Vous avez remarqué que toute chose faite par un indien est dans un cercle. Nos tipis étaient ronds comme des nids d’oiseaux et toujours disposés en cercle. Il en est ainsi parce que le pouvoir de l’Univers agit selon des cercles et que toute chose tend à être ronde. Dans l’ancien temps, lorsque nous étions un peuple fort et heureux, tout notre pouvoir venait du cercle sacré de la nation, et tant qu’il ne fut pas brisé.

Tout ce que fait le pouvoir de l’Univers se fait dans un cercle. Le ciel est rond et j’ai entendu dire que la terre est ronde comme une balle et que toutes les étoiles le sont aussi. Les oiseaux font leur nid en cercle parce qu’ils ont la même religion que nous. Le soleil s’élève et redescend dans un cercle, la lune fait de même, et tous deux sont rond.

Même les saisons forment un grand cercle dans leur changements et reviennent toujours là où elles étaient. La vie de l’homme est dans un cercle de l’enfance jusqu’à l’enfance, et ainsi en est-il pour chaque chose où l’énergie se meut.

Hehaka Sapa, ou Black Elk, indien Oglala, branche des Dakotas (Sioux)

La vie dans un tipi est bien meilleure. Il est toujours propre, chaud en hiver, frais en été, et facile à déplacer. L’homme blanc construit une grande maison, qui coûte beaucoup d’argent, ressemble à une grande cage, ne laisse pas entrer le soleil, et ne peut être déplacée ; elle est toujours malsaine. Les Indiens et les animaux savent mieux vivre que l’homme blanc. Personne ne peut être en bonne santé sans avoir en permanence de l’air frais, du soleil, de la bonne eau. Si le Grand Esprit avait voulu que les hommes restassent à un endroit, il aurait fait le monde immobile ; mais il a fait qu’il change toujours, afin que les oiseaux et les animaux puissent se déplacer et trouver toujours de l’herbe verte et des baies mures.

L’homme blanc n’obéit pas au Grand Esprit. C’est pourquoi nous ne pouvons être d’accord avec lui.

INDIENS5 PHILOSOPHIE

Flying Hawk, chef Sioux du clan des Oglalas

Les vastes plaines ouvertes, les belles collines et les eaux qui serpentent en méandres compliqués n’étaient pas « sauvages » à nos yeux. Seul l’homme blanc trouvait la nature sauvage, et pour lui seul la terre était « infestée » d’animaux « sauvages » et de peuplades « sauvages ». A nous, la terre paraissait douce, et nous vivions comblés des bienfaits du Grand Mystère. Elle ne nous devint hostile qu’à l’arrivée de l’homme barbu de l’Est qui nous accable d’injustices insensées et brutales.

Standing Bear, chef Lakota (Sioux)

Notre terre vaut mieux que de l’argent. Elle sera toujours là. Elle ne périra pas, même dans les flammes d’un feu. Aussi longtemps que le soleil brillera et que l’eau coulera, cette terre sera ici pour donner vie aux hommes et aux animaux. Nous ne pouvons vendre la vie des hommes et des animaux. C’est pourquoi nous ne pouvons vendre cette terre. Elle fut placée ici par le Grand Esprit et nous ne pouvons la vendre parce qu’elle ne nous appartient pas.

Chef indien Blackfeet (Pieds-Noirs)

Mes jeunes gens ne travailleront jamais.
Les hommes qui travaillent ne peuvent rêver. Et la sagesse nous vient des rêves.

Smohalla, chef indien Sokulls

Le Grand Esprit nous a donné une vaste terre pour y vivre, et des bisons, des daims, des antilopes et autres gibier. Mais vous êtes venus et vous m’avez volé ma terre. Vous tuez mon gibier. Il devient dur alors pour nous de vivre.
Maintenant vous nous dites que pour vivre, il faut travailler. Or le Grand Esprit ne nous a pas fait pour travailler, mais pour vivre de la chasse.

Vous autres, hommes blancs, vous pouvez travailler si vous le voulez. Nous ne vous gênons nullement. Mais à nouveau vous nous dites « pourquoi ne devenez-vous pas civilisés ? » Nous ne voulons pas de votre civilisation ! Nous voulons vivre comme le faisaient nos pères et leurs pères avant eux.

INDIENS6 PLANETE

Crazy Horse, grand chef Sioux du clan Oglalas

Vous êtes déjà si misérables que vous ne pouvez le devenir plus. Quels genre d’homme doivent être les Européens ? Quelle espèce de créature choisissent-ils d’être, forcés de faire le bien et n’ayant pour éviter le mal d’autre inspiration que la peur de la punition ? (…) L’homme n’est pas seulement celui qui marche debout sur ses jambes, qui sait la lecture et l’écriture et montrer mille exemples de son industrie…

En vérité mon cher frère, je te plains du plus profond de mon âme. Suis mon conseil et devient Huron. Je vois clairement la profonde différence entre ma condition et la tienne. Je suis le maître de ma condition. Je suis le maître de mon corps, j’ai l’entière disposition de moi-même, je fais ce qui me plaît, je suis le premier et le dernier de ma nation, je ne crains absolument aucun homme, je dépends seulement du Grand Esprit.

Il n’en est pas de même pour toi. Ton corps aussi bien que ton âme sont condamnés à dépendre de ton grand capitaine, ton vice-roi dispose de toi. Tu n’as pas la liberté de faire ce que tu as dans l’esprit. Tu as peur des voleurs, des assassins, des faux-témoins, etc. Et tu dépends d’une infinité de personne dont la place est située au-dessus de la tienne. N’est-ce pas vrai ?

Kondiarionk, chef Huron, s’adressant au baron de Lahontan, lieutenant français en Terre-Neuve

Les hommes blancs annonçaient bien haut que leurs lois étaient faites pour tout le monde, mais il devint tout de suite clair que, tout en espérant nous les faire adopter, ils ne se gênaient pas pour les briser eux-mêmes.

Leurs sages nous conseillaient d’adopter leur religion mais nous découvrîmes vite qu’il en existant un grand nombre. Nous ne pouvions les comprendre, et deux hommes blancs étaient rarement d’accord sur celle qu’il fallait prendre. Cela nous gêna beaucoup jusqu’au jour où nous comprîmes que l’homme blanc ne prenait pas plus sa religion au sérieux que ses lois. Ils les gardait à portée de la main, comme des instruments, pour les employer à sa guise dans ses rapports avec les étrangers.

Pachgantschilhilas, chef des Delawares

Chaque année notre envahisseur blanc devient plus avide, exigeant, oppressif et autoritaire… La misère et l’oppression, tel est le lot qui nous échoit… Ne sommes-nous pas dépouillés jour après jour du peu de liberté qui nous reste ?

A moins que les tribus ne se liguent unanimement pour modérer les ambitions et l’avidité des Blancs, ils nous auront bientôt tous conquis et désunis, nous serons chassés de notre pays natal et éparpillés comme les feuilles d’automne par le vent.

Tecumseh, chef Shawnee, en 1812

Nous ne voulons pas des chariots de feu qui font du bruit (trains à vapeur) sur les terrains de chasse au bisons. Si les Visages Pâles s’avancent encore sur nos terres, les scalps de vos frères seront dans les wigwams des Cheyennes. J’ai dit !

Roman Nose, chef-guerrier des Cheyennes, s’adressant au général Palmer en 1866 dans le Kansas

Regardez mes frères, le printemps est venu, la terre a reçu les baisers du soleil et nous verrons bientôt les fruits de cet amour. Chaque graine est éveillée, et de même, tout animal est en vie. C’est à ce pouvoir mystérieux que nous devons nous aussi notre existence. C’est pourquoi nous concédons à nos voisins, même nos voisins animaux, autant de droit qu’à nous d’habiter cette terre.

Cependant écoutez-moi mes frères, nous devons maintenant compter avec une autre race, petite et faible quand nos pères l’ont rencontrée pour la première fois, mais aujourd’hui, elle est devenue tyrannique. Fort étrangement, ils ont dans l’esprit la volonté de cultiver le sol, et l’amour de posséder est chez eux une maladie. Ce peuple a fait des lois que les riches peuvent briser mais non les pauvres. Ils prélèvent des taxes sur les pauvres et les faibles pour entretenir les riches qui gouvernent. Ils revendiquent notre mère à tous, la terre, pour eux seuls et ils se barricadent contre leurs voisins. Ils défigurent la terre avec leurs constructions et leurs rebuts. Cette nation est comme le torrent de neige fondue qui sort de son lit et détruit tout sur son passage.

INDIENS7

Tatanka Yotanka, ou Sitting Bull, grand chef Sioux

Frère, notre territoire était grand et le vôtre était petit. Vous êtes maintenant devenus un grand peuple, et il nous reste à peine l’espace pour étendre nos couvertures. Vous avez notre pays, mais cela ne vous suffit pas. Vous voulez nous forcer à épouser votre religion.

Frère, continue à écouter. Tu te dis envoyé ici pour nous apprendre à rendre le culte au Grand Esprit d’une manière qui lui soit agréable. Et tu prétends que si nous n’adoptons pas la religion que vous les Blancs vous prêchez, nous seront malheureux ici-bas. Tu dis être dans le vrai et que nous sommes perdus. Comment pourrions-nous vérifier la vérité de tes paroles ? (…)

Frère, tu dis qu’il n’y a qu’une seule façon d’adorer et de servir le Grand Esprit. Si il n’y a qu’une religion, pourquoi le peuple blanc est-il si partagé à ce sujet ? Nous savons que votre religion est écrite dans un livre. Pourquoi n’êtes-vous pas tous d’accord, si vous pouvez tous lire le livre ?

Frère, nous ne comprenons pas ces choses. On nous dit que ta religion a été donnée à tes ancêtres, et s’est transmise de père en fils. Nous aussi nous avons une religion que nos ancêtres ont reçue et nous ont transmise, à nous, leurs enfants. Nous rendons le culte de cette manière. Il nous apprend à être reconnaissants pour toutes les faveurs que nous recevons, à nous aimer les uns les autres et à être unis. Nous ne nous querellons jamais à propos de religion parce que c’est un sujet qui concerne chaque homme devant le Grand Esprit.

Sa-go-ye-wat-ha, ou Red Jacket, chef Seneca (Iroquois) et grand orateur des Six Nations

J’assiste avec tristesse au déclin de notre noble race. Nos pères étaient forts et leur pouvoir s’étendait sur tout le continent américain. Mais nous avons été réduits et brisés par la ruse et la rapacité de la race à peau blanche. Nous sommes maintenant obligés de solliciter, comme une aumône, le droit de vivre sur notre propre terre, de cultiver nos propres terres, de boire nos propres sources.

Il y a de nombreux hivers, nos sages ancêtres ont prédit qu’un grand monstre aux yeux blancs viendrait de l’Est, et qu’eu fur et à mesure qu’il avancerait il dévorerait la terre. Ce monstre, c’est la race blanche, et la prédiction est proche de son accomplissement.

O-no’-sa, chef indien

Le changement du costume tribal pour celui de l’homme blanc fut brutal. Les effets sur la santé et le confort des enfants furent considérables. Notre premier grief fut d’avoir les cheveux coupés. Les hommes Lakotas ont toujours porté les cheveux longs. Plusieurs jours après avoir été tondus, nous nous sommes sentis bizarres et mal à l’aise. Si l’argument avancé était vrai, à savoir l’élimination des poux, pourquoi les filles n’avaient-elles pas subi le même traitement que les garçons ?

La vérité, c’est qu’ils voulaient nous transformer. Les cheveux courts étant la marque distinctive de l’homme blanc, on nous l’imposa, alors que lui-même conservait sa propre coutume de se laisser pousser les poils du visage.

Standing Bear, chef indien Lakota

Les Wasichus nous ont mis dans ces boites carrées (maisons), notre pouvoir s’en est allé et nous allons mourir parce que le pouvoir n’est plus en nous.

Nous sommes des prisonniers de guerre tant que nous attendons ici. Mais il y a un autre monde.

Hehaka, ou Black Elk (Wapiti Noir), indien Sioux

Enfant, je savais donner. J’ai perdu cette grâce en devenant civilisé. Je menais une existence naturelle, alors qu’aujourd’hui je vis de l’artificiel. Le moindre joli caillou avait de la valeur à mes yeux. Chaque arbre était un objet de respect. Aujourd’hui, j’admire avec l’homme blanc un paysage peint dont la valeur est exprimée en dollars !

Chiyesa, écrivain indien contemporain

Je suis allé à l’école des hommes blancs. J’y ai appris à lire leurs livres de classe, les journaux et la bible. Mais j’ai découvert à temps que cela n’était pas suffisant. Les peuples civilisés dépendent beaucoup trop de la page imprimée. Je me tournai vers le livre du Grand Esprit qui est l’ensemble de sa création. Vous pouvez lire une grande partie de ce livre en étudiant la nature.

Si vous preniez tous vos livres et les étendez sous le soleil, en laissant pendant quelque temps la pluie, la neige et les insectes accomplir leur oeuvre, il n’en restera plus rien. Mais le Grand Esprit nous a fourni la possibilité, à vous et à moi, d’étudier à l’université de la nature les forêts, les rivières, les montagnes, et les animaux dont nous faisons partie.

Tatanga Mani (ou Walking Buffalo), indien Stoney (Canada)

L’homme blanc, dans son indifférence pour la signification de la nature, a profané la face de notre Mère la Terre. L’avance technologique de l’homme blanc s’est révélée comme une conséquence de son manque d’intérêt pour la voie spirituelle, et pour la signification de tout ce qui vit. L’appétit de l’homme blanc pour la possession matérielle et le pouvoir l’a aveuglé sur le mal qu’il a causé à notre Mère la Terre, dans sa recherche de ce qu’il appelle les ressources naturelles. Et la voie du Grand Esprit est devenue difficile à voir pour presque tous les hommes, et même pour beaucoup d’Indiens qui ont choisi de suivre la voie de l’homme blanc.

Aujourd’hui, les terres sacrées où vivent les Hopis sont profanées par des hommes qui cherchent du charbon et de l’eau dans notre sol, afin de créer plus d’énergie pour les villes de l’homme blanc. On ne doit pas permettre que cela continue. Sans quoi notre Mère la Nature réagirait de telle manière que presque tous les hommes auraient à subir la fin qui a déjà commencé. Le Grand Esprit a dit qu’on ne devait pas laisser cela arriver, même si la prédiction en a été faite à nos ancêtres. Le Grand Esprit a dit de ne pas prendre à la terre, de ne pas détruire les choses vivantes.

Aujourd’hui, presque toutes les prophéties se sont réalisées. Des routes grandes comme des rivières traversent le paysage ; l’homme parle à travers un réseau de téléphone et il voyage dans le ciel avec ses avions. Deux grandes guerres ont été faites par ceux qui arborent le swastika ou le soleil levant.

Le Grand Esprit a dit que si une gourde de cendres était renversée sur la terre, beaucoup d’hommes mourraient, et que la fin de cette manière de vivre était proche. Nous interprétons cela comme les bombes atomiques lancées sur Hiroshima et Nagasaki. Nous ne voulons pas que cela se reproduise dans aucun autre pays pour aucun autre peuple ; cette énergie devrait servir à des fins pacifiques, non pour la guerre.

Nous, les chefs religieux et porte-parole légitimes du peuple indépendant des Hopis, avons été chargés par le Grand Esprit d’envoyer au président des Etats-Unis et à tous les chefs spirituels une invitation à nous rencontrer pour discuter du salut de l’humanité, afin que la Paix, l’Unité et la Fraternité règnent partout où il y a des hommes.

Lettre des Indiens Hopis au président Nixon en 1970

Ces textes sont extraits du livre de T.C.Mac Luhan, “Pieds nus sur la terre sacrée“, une anthologie de la philosophie, du mode de vie et de la destinée des Indiens d’Amérique du Nord.

La trilogie “Koyaanisqatsi” est un ensemble de 3 films réalisés par Geofrey Redgio
et inspirés par les prophéties des Indiens Hopis.

Tournés avec des images réelles (grandioses), sans acteurs, sans dialogues et sans commentaires, ces films nous montrent notre planète et notre civilisation comme nous ne l’avons jamais vue… Images des éléments naturels, images des mégapoles, des foules humaines, et du monde créé par la technologie, le tout sur une musique superbe et envoutante de Philip Glass.

Le titre des films vient du langage Hopi. La racine “qatsi” veut dire “vie“.

film 1 :

“Koyaanisqatsi“. Signification en langage hopi : “vie déséquilibrée, vie folle, vie tumultueuse, vie allant en se désagrégeant, un état d’existence appelant un autre mode de vie“.

film 2 :

“Powaqatsi” : “une entité, un mode de vie, qui consume l’énergie vitale d’autres êtres dans le but d’assurer sa propre existence“.

Ou comment la civilisation technologique s’est généralisée à l’ensemble du monde, bouleversant les modes de vie, les cultures, et les équilibres.

film 3 :

“Naqoyqatsi” : “vie guerrière, guerre totale, guerre en tant qu’agression contre l’énergie de la vie, la guerre comme mode de vie“.

 

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 13 juin, 2012 |7 Commentaires »

BIENVENUE DANS LE NOUVEAU TIERS-MONDE DE L’ENERGIE: LES ETATS-UNIS !

Bienvenue dans le nouveau Tiers-Monde de

 l’énergie:

 les Etats-Unis !
BIENVENUE DANS LE NOUVEAU TIERS-MONDE DE L'ENERGIE: LES ETATS-UNIS ! dans REFLEXIONS PERSONNELLES champs-petrole-367272

(Michael T. Klare)

La « malédiction » de la richesse pétrolière est un phénomène bien connu dans le tiers-monde des Etats pétroliers. Des millions de vies y sont gâchées à cause de la pauvreté et l’environnement y est ravagé, alors qu’une infime minorité élitiste dirige le pays grâce à l’argent du pétrole et de la corruption. Récemment, l’Amérique du Nord a été saluée par la planète entière comme étant la « Nouvelle Arabie saoudite » du vingt et unième siècle pour « son pétrole brut » – disponible en haute mer – pour ses sables bitumineux canadiens, pour le pétrole et le gaz naturel. Mais voici une question que personne n’ose prendre en considération : à l’aube d’une nouvelle ruée vers l’énergie américaine, la malédiction pétrolière va-t-elle frapper ce continent, comme c’est le cas en Afrique et ailleurs ? L’Amérique sera-t-elle le prochain continent à connaître un essor ? Ou deviendra-t-elle plutôt un nouveau tiers-monde pétrolier ?
candian-oil-dd5a-d9892 ENERGIE dans REFLEXIONS PERSONNELLES
 
Il était une fois d’énormes entreprises pétrolières américaines – Chevron, Exxon, Mobil et Texaco – qui ont fait leurs débuts en Amérique du Nord. Ces entreprises étaient à l’origine du boom pétrolier qui a duré un siècle et qui a fait des Etats-Unis le producteur d’énergie le plus important de la planète. Mais la plupart de ces entreprises se sont, depuis lors, tournées vers de nouvelles sources pétrolières. Désireux d’échapper à des restrictions environnementales de plus en plus en sévères et à des champs pétrolifères qui se vident, les géants de l’énergie ont naturellement été attirés vers les zones économiquement et écologiquement plus ouvertes. Ils se sont alors installé au Moyen-Orient, en Afrique et en Amérique latine – le tiers-monde – où les gisements de pétrole sont abondants, les autorités conciliantes et où les réglementations environnementales sont peu contraignantes, voire inexistantes.

Mais la surprise du 21ème siècle réside dans les conditions de fonctionnement de
plus en plus difficiles dans les pays du Sud : les grandes entreprises se sont
désormais tournées vers l’Amérique du Nord. Pour exploiter les réserves précédemment négligées sur ce continent, Big Oil devra néanmoins surmonter de nombreux obstacles légaux et environnementaux. En d’autres termes, il sera contraint de recourir à la persuasion extrême afin de transformer le fonctionnement des Etats-Unis, le rendant équivalent à un Etat pétrolier du Tiers-monde. Les observateurs avertis ont d’ores et déjà noté les premiers signes avant-coureurs de la « Tiers-mondialisation » de l’industrie pétrolière américaine. Les régions sauvages qui étaient autrefois protégées, sont désormais ouvertes à l’exploitation énergétique. Les restrictions sur les opérations de forage invasif sont de moins en moins respectées. Les prévisions s’annoncent encore plus négatives : d’ici fin 2012, avec la campagne électorale, les règlements environnementaux seront encore moins respectés et d’autres aires protégées seront mises à disposition pour le « développement ». Dans ce processus, comme cela est souvent le cas dans le Tiers-monde des Etats pétroliers, les droits et le bien-être des citoyens locaux seront piétinés.

 
 Bienvenue dans le tiers-monde de l’énergie
 
Jusqu’à 1950, les Etats-Unis étaient le premier producteur mondial de pétrole, comme l’Arabie saoudite, de nos jours. Cette année-là, les Etats-Unis ont produit environ 270 millions de tonnes métriques de pétrole, soit environ 55% de la production mondiale. Mais avec une reprise d’après-guerre en plein essor, le monde a eu besoin de beaucoup plus d’énergie tandis que les gisements de pétrole américain les plus accessibles ont été proches de leurs niveaux maximaux de production durables. La sortie nette de pétrole brut aux Etats-Unis a atteint un pic de 9,2 millions de barils par jour en 1970, puis est entrée en déclin (jusqu’à très récemment).Cette situation a incité les compagnies pétrolières géantes, qui avaient déjà élaboré des points d’ancrage importants en Indonésie, en Iran, en Arabie saoudite et au Venezuela, à parcourir les pays du Sud à la recherche de nouvelles réserves à exploiter. Une attention particulière a été portée à la région du golfe Persique, où en 1948 un consortium de sociétés américaines – Chevron, Exxon, Mobil et Texaco – a découvert le gisement mondial de pétrole, Ghawar, en Arabie saoudite. En 1975, la production des pays du Tiers-monde constituait 58% de l’approvisionnement en pétrole du monde, tandis que la part des Etats-Unis avait chuté à 18%.

Les préoccupations environnementales ont également conduit à la recherche de nouvelles réserves dans les pays du Sud. Le 28 Janvier 1969, une éruption sur la plate-forme A d’un champ d’Oil Company à Santa Barbara en Californie, provoque une importante fuite de pétrole qui a recouvert une grande partie de la région et a ravagé la faune locale. Intervenant à un moment de conscience croissante sur l’environnement, le déversement a provoqué l’indignation de l’opinion publique, en aidant à inspirer la création de la Journée de la Terre, d’abord observée un an plus tard. Plus important encore, il a contribué à stimuler le passage de diverses restrictions législatives sur les activités de forage, y compris la National Environmental Policy Act de 1970, le Clean Water Act de 1972, et le Safe Drinking Water Act de 1974. En outre, le Congrès a interdit les nouveaux forages dans les eaux au large de la côte Atlantique et du Pacifique et dans l’est du golfe du Mexique à proximité de la Floride.

Durant ces années, Washington a également élargi les zones désignées comme réserves naturelles, en les protégeant contre l’extraction des ressources. En 1952, par exemple, le président Eisenhower a créé l’Arctic National Wildlife Range et, en 1980, cette région reculée du nord-est de l’Alaska a été rebaptisé par le Congrès, d’Arctic National Wildlife Refuge (ANWR). Depuis la découverte de pétrole dans la zone de cette réserve, les entreprises pétrolières ont réclamé le droit de forer dans l’ANWR, mais ils en ont toujours été empêchés par le président ou un membre du Congrès.

La production dans les pays du Tiers-monde a rarement posé de telles complications. Le gouvernement nigérian, par exemple, a longtemps accueilli les investissements étrangers dans ses champs de pétrole. Il se préoccupait peu de la spoliation de ses côtes méridionales, où les opérations des compagnies pétrolières ont provoqué une énorme catastrophe environnementale. Adam Nossiter du New York Times a décrit la situation qui en résulte : « Dans le Delta du Niger, la richesse pétrolière souterraine n’est en rien comparable avec la pauvreté que la population du pays endure à la surface. Elle subit chaque année, depuis 50 ans, les déversements de l’Exxon Valdez. »

 
selon-les-de3025-39db6 ENVIRONNEMENTComme le dénonce lourdement Peter Maass dans son ouvrage Crude World, une tendance similaire est évidente dans de nombreux autres Etats pétroliers du Tiers-monde. Tous les responsables gouvernementaux y sont conciliants – ils sont souvent les bénéficiaires d’énormes pots de vin ou d’autres faveurs octroyées par les compagnies pétrolières. Les entreprises ne se préoccupent pas des violations des droits de l’homme perpétrées par les gouvernements « partenaires » étrangers – la plupart d’entre eux étant des dictateurs, des seigneurs de guerre, ou des potentats féodaux.

Mais les temps changent. Le Tiers-monde n’est plus ce qu’il était. De nombreux pays de l’hémisphère Sud sont de plus en plus actifs sur la protection de l’environnement. Ils sont de plus en plus enclins à accepter des réductions de la richesse pétrolière de leur propre pays, et de plus en plus enclins à sanctionner les sociétés étrangères qui abusent de leur législation. En février 2011, par exemple, dans la ville équatorienne Amazon de Lago Agrio, un juge a condamné Chevron à payer 9 milliards de dollars de dommages et intérêts pour les dégâts environnementaux causés à la région, dans les années 1970 par Texaco (société acquise ultérieurement). Bien que les Equatoriens aient peu de chances de récolter un seul dollar de Chevron, le cas est révélateur d’un climat règlementaire plus sévère auquel les compagnies pétrolières doivent désormais faire face dans les pays en développement. Plus récemment, dans une affaire de déversement de pétrole dans un champ en mer, un juge brésilien a saisi les passeports de 17 employés de Chevron et de l’opérateur américain de forage Transocean-rig, les empêchant ainsi de quitter le pays.

En outre, la production est en déclin dans certains pays en développement comme l’Indonésie et le Gabon. D’autres ont nationalisé leurs champs de pétrole ou réduit l’espace dans lequel les entreprises privées internationales peuvent fonctionner. Durant la présidence d’Hugo Chávez, par exemple, le Venezuela a obligé toutes les entreprises étrangères à accorder une participation majoritaire de leurs opérations à la compagnie pétrolière d’Etat, Petróleos de Venezuela SA. De même, le gouvernement brésilien, en vertu de l’ancien président Luiz Inácio Lula da Silva, a institué une règle que toutes les opérations de forage dans les nouveaux gisements « pré salés » dans l’océan Atlantique – qui est largement considéré comme la découverte pétrolière la plus importante du vingt et unième siècle – devaient être gérées par l’entreprise Petróleo de Brasil (Petrobras), contrôlée par l’Etat.

 
Notre moyen d’opposition contre une planète toxique
De telles pressions dans le Tiers-monde ont forcé les grandes entreprises américaines et européennes, comme BP, Chevron, ConocoPhillips, ExxonMobil, Royal Dutch, Shell, et Total en France, à chercher ailleurs, de nouvelles sources de pétrole et de gaz naturel. Malheureusement pour elles, il ne reste pas beaucoup d’endroits dans le monde disposant encore de réserves d’hydrocarbures prometteurs et dont les propriétaires sont prêts à accueillir à bras ouverts les investissements des géants énergétiques privés. C’est pourquoi quelques-uns des marchés les plus attractifs d’énergie nouvelles se trouvent maintenant au Canada et aux Etats-Unis ou au large de leurs côtes. En conséquence, ces deux pays jouissent d’une hausse significative de nouveaux investissements de grandes entreprises internationales.Les deux pays possèdent encore des réserves substantielles de pétrole et de gisements de gaz, mais pas la variété « facile » (cas des gisements proches de la surface, près de la rive, ou facilement accessibles pour l’extraction). Celles qui restent sont des réserves d’énergie « dures » (profondément encrées sous terre, loin au large, difficiles à extraire et à traiter). Afin d’exploiter celles-ci, les sociétés d’énergie doivent déployer des technologies agressives, susceptibles de causer des dommages importants à l’environnement, et dans de nombreux cas, également nocifs pour la santé. Elles doivent aussi trouver des moyens pour gagner l’approbation du gouvernement pour entrer dans des zones écologiquement protégées et donc hors de portée.

La formule qui consiste à faire du Canada et des Etats-Unis « l’Arabie saoudite du XXIe siècle » est sinistre mais relativement simple : les politiques de protection de l’environnement devront être éviscérées et les personnes s’opposant au forage, comme les propriétaires fonciers ainsi que les groupes locaux de protection de l’environnement, passés au bulldozer. Autrement dit, l’Amérique du Nord devra être « tiers-mondialisée ».

Prenons l’extraction de l’huile et du gaz de schiste, largement considéré comme l’aspect le plus important du retour actuel de Big Oil sur le marché nord-américain. On soupçonne que les formations de schiste au Canada et aux Etats-Unis regorgent de quantités massives de pétrole et de gaz naturel, et leur extraction accélérée, contribue d’ores et déjà à réduire la dépendance au pétrole importé de la région.

Les deux sources d’énergie, cependant, ne peuvent être extraites que par un processus connu sous le nom de hydro-fracturation qui utilise de puissants jets d’eau dans des quantités massives, dans le but de briser les formations de schistes souterraines, qui créeront des fissures permettant aux hydrocarbures de s’échapper. En outre, afin d’élargir ces fissures pour en faciliter l’échappement de l’huile et du gaz qu’elles contiennent, l’eau de fracturation doit être mélangée à une variété de solvants toxiques et souvent acides. Cette technique produit des quantités massives d’eaux usées toxiques, qui ne peuvent être ni reversées dans la nature sans mettre en danger l’approvisionnement en eau potable, et qui ne sont ni faciles à stocker ni à décontaminer.

L’expansion rapide de l’hydro-fracturation serait problématique même dans les meilleures circonstances. Bon nombre des sources les plus riches de pétrole et de gaz de schiste, par exemple, sont situées dans des zones peuplées du Texas, de l’Arkansas, de l’Ohio, de la Pennsylvanie et de New York. En réalité, l’un des sites les plus prometteurs, est la formation Marcellus, avoisinant le bassin versant Nord de l’Etat de New York. Dans de telles circonstances, le souci de la salubrité de l’eau potable devrait être primordial, et la législation fédérale, en particulier la Loi sur la salubrité de l’eau potable de 1974, devrait théoriquement donner à l’Environmental Protection Agency (EPA) le pouvoir de contrôler (et de prohiber potentiellement) des procédures mettant en danger l’approvisionnement en eau.

Cependant, les sociétés pétrolières qui cherchaient à accroître leurs profits en maximisant l’utilisation de l’énergie hydro-fracturée se sont regroupées, afin d’exercer une pression sur le Congrès, et ont réussi à obtenir l’exemption des dispositions de la loi de 1974. En 2005, suite à un lobbying important exercé par le vice-Président de l’époque, Dick Cheney – ancien CEO des services pétroliers de l’entrepreneur Halliburton – le Congrès a adopté l’Energy Policy Act, qui interdit à l’EPA de réglementer les hydro-fracturations via le Safe Drinking Water Act, ce qui élimine un obstacle important à une plus large utilisation de la technique.

Tiers mondisation

Depuis lors, il y a eu une bousculade virtuelle pour les régions de schiste entre les grandes compagnies pétrolières, qui ont dans de nombreux cas dévoré les petites entreprises pionnières du développement de l’hydro-fracturation. (En 2009, par exemple, ExxonMobil a dépensé 31 milliards de dollars pour acquérir XTO Energy, l’un des principaux producteurs de gaz de schiste.) Comme l’extraction de l’huile de schiste et de gaz s’est accélérée, l’industrie a fait face à d’autres problèmes. Afin de pouvoir exploiter avec succès les formations schisteuses, par exemple, les entreprises énergétiques doivent creuser de nombreux puits. Chaque opération de fracturation peut s’étendre sur plusieurs centaines de kilomètres dans n’importe quelle direction, exigeant la mise en œuvre d’opérations de forage bruyantes, polluantes et potentiellement dangereuses en zones rurales et suburbaines densément peuplées.

Alors que le forage a été salué par certaines de ces communautés comme une source de revenu supplémentaire, un grand nombre de personnes s’est vigoureusement opposé à l’invasion, y voyant une atteinte à la paix du quartier, à la santé et à la sécurité. Dans un effort pour protéger leur qualité de vie, certaines communautés de Pennsylvanie, par exemple, ont adopté des lois sur le zonage qui interdisent la fracturation dans leur milieu. Cet obstacle est perçu comme intolérable pour l’industrie, qui a mis une pression intense sur les membres du Congrès afin d’adopter une loi qui prive la plupart des juridictions locales du droit d’exclure les opérations de fracturation. « Nous avons purement et simplement été vendus à l’industrie du gaz », a déclaré Todd Miller, commissaire dans le sud du canton Fayette, un opposant à la législation.

Rainforset_A5dd7-78e3b PETROLESi l’industrie énergétique agit de la sorte en Amérique du Nord, il y aura beaucoup d’autres Todd Millers pour se plaindre de la manière dont leurs vies et leur monde ont été « cédés » aux barons de l’énergie. Des batailles similaires ont déjà été menées ailleurs en Amérique du Nord, alors que les compagnies énergétiques cherchent à vaincre la résistance pour pouvoir continuer à forer dans les zones jadis protégées d’une telle activité.

En Alaska, par exemple, l’industrie se bat devant les tribunaux et au Congrès pour permettre le forage dans les zones côtières, malgré l’opposition de communautés amérindiennes qui s’inquiètent pour les animaux marins vulnérables. Cet été, Royal Dutch Shell devrait commencer les forages d’essai dans la mer des Tchouktches, un domaine important aux yeux de plusieurs de ces communautés.

Et ce n’est que le début. Pour pouvoir obtenir d’autres approvisionnements en pétrole et en gaz, l’industrie cherche à éliminer pratiquement toutes les restrictions environnementales imposées depuis les années 1960 et à obtenir l’accès aux vastes étendues sauvages et aux zones côtières, y compris l’ANWR, pour les soumettre au forage intensif. Elle vise également la construction de l’oléoduc Keystone XL très controversée, qui consiste à transporter le pétrole brut synthétique fabriqué à partir de sables bitumineux canadiens au Texas et en Louisiane pour un traitement ultérieur. Selon Jack Gerard, président de l’American Petroleum Institute (API), la stratégie énergétique favorite des Etats-Unis inclurait un plus grand accès à des zones qui sont actuellement hors-limite.

Pour atteindre ces objectifs, l’API, qui prétend représenter plus de 490 sociétés pétrolières et de gaz naturel, a lancé une campagne de plusieurs millions de dollars, surnommée « Votez pour l’énergie » afin d’influencer les élections de 2012. Bien que se décrivant comme non partisan, l’API vise à discréditer et à marginaliser tout candidat opposé à la version la plus édulcorée de l’ordre du jour concernant le forage.

« Il y a deux pistes que nous pouvons suivre » sur la politique énergétique. Le site Internet de « Votez pour l’énergie » revendique «  Un chemin menant à davantage d’emplois, avec des recettes publiques plus élevées et une plus grande sécurité énergétique aux Etats-Unis » qui peuvent être obtenus en augmentant le développement de l’huile de schiste et du gaz naturel localement. L’autre possibilité serait de « mettre à mal des emplois, des revenus et notre sécurité énergétique. » Ce message sera diffusé avec une fréquence croissante au fur et à mesure que le jour du scrutin approche.

D’après les données du secteur énergétique, il est possible de choisir soit un chemin qui mène à une plus grande indépendance énergétique soit un chemin plus périlleux menant à l’insécurité de l’énergie. Cependant, il y a une autre façon de caractériser ce « choix » : sur un chemin, les Etats-Unis ressembleront de plus en plus à un Etat pétrolier du Tiers-monde, avec des chefs de gouvernement conformes, un système davantage dirigé par l’argent et en proie à la corruption politique, négligeant l’environnement ainsi que la prévention de la santé ; soit un autre, qui impliquerait un investissement beaucoup plus important dans le développement des énergies alternatives renouvelables, les Etats-Unis resteraient une grande nation mondiale avec une santé forte, des réglementations environnementales et de solides institutions démocratiques.

La manière dont nous caractérisons notre situation énergétique dans les décennies à venir et la voie que nous auront finalement décidée de suivre pour y parvenir, déterminera dans une large mesure le sort de cette nation.

Source originale : Tom Dispatch

Traduit de l’anglais par « Investig’Action »

 

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 11 juin, 2012 |1 Commentaire »

COMME LE MONDE EST MERVEILLEUX !…C’EST UN PUR BONHEUR !

COMME LE MONDE EST MERVEILLEUX !

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Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 1 juin, 2012 |1 Commentaire »

PIERRE RABHI: « SI NOUS NOUS ACCROCHONS A NOTRE MODELE DE SOCIETE, C’EST LE DEPOT DE BILAN PLANETAIRE »

Pierre RABHI :

 « Si nous nous accrochons à notre

modèle de

société, c’est le dépôt de bilan

planétaire »

PIERRE RABHI:

Par Agnès Rousseaux, Ivan du Roy (7 mai 2012)

Et si, après une stressante campagne électorale, on respirait un peu ? Quelle société voulons-nous aujourd’hui construire ? « La croissance est un problème, pas une solution », affirme Pierre Rabhi, paysan-philosophe. Face à la disparition des questions écologiques dans le débat politique, et à la frénésie marchande qui nous a pris en otages, il invite à repenser la vie sur un mode à la fois « sobre et puissant ». Et à inventer, pour éviter des explosions sociales et un chaos généralisé, un autre modèle de civilisation.

Vous défendez une société de la sobriété. Les crises actuelles et l’austérité qui menacent vont-elles permettre de remettre en question le système économique dans lequel nous vivons ?

Pierre Rabhi [1] : Je ne me réjouis pas de cette situation, mais je me dis finalement que l’être humain a besoin d’entrer dans des impasses pour mieux comprendre. Les impasses peuvent soit finir sur un chaos généralisé, soit permettre d’initier autre chose. Le chaos est tout à fait possible : une sorte de cocotte-minute d’incertitudes et d’inquiétudes est en train de miner les âmes et les consciences. Qu’une seule ville explose et toute la France explose. Le problème aujourd’hui n’est pas de se réjouir de cela, mais de voir ce qu’on peut tirer de cette évolution. Notre modèle de société montre son inadéquation, son incapacité à continuer. Si nous nous y accrochons, ce sera le dépôt de bilan planétaire. Tous les pays émergents veulent vivre à la moderne. Où va-t-on puiser les ressources ? C’est totalement irréaliste. Il y a aujourd’hui à repenser la vie sur un mode qui soit à la fois sobre et puissant. Je crois beaucoup à la puissance de la sobriété. Je ne crois pas à la puissance des comptes en banque. La vraie puissance est dans la capacité d’une communauté humaine à se contenter de peu mais à produire de la joie. Notre société déborde de tout, mais nous sommes un des pays les plus consommateurs d’anxiolytiques, pour réparer les dégâts que produit la « société de la matière » ! Nous sommes une espèce de planète psychiatrique. Combien de souffrances produisons-nous ?

Pendant la campagne électorale, l’écologie a quasiment disparu du débat politique. Qu’en pensez-vous ?

C’est parce que les citoyens ne sont pas véritablement conscients de l’enjeu de l’écologie que nous sommes obligés d’avoir une écologie politique pour lui donner une place au forceps. Dans la réalité, l’écologie concerne absolument tout le monde. Je suis évidemment reconnaissant envers ceux qui essayent de placer l’écologie dans le débat politique. Mais c’est une anomalie. Car l’écologie est une affaire de tous. C’est ce qui détermine l’existence de tout individu, du phénomène de la vie. Nous sommes donc tous concernés.

Selon vous, le progrès technologique nous asservirait ?

La civilisation moderne est la civilisation la plus fragile de toute l’histoire de l’humanité. Plus d’électricité, de pétrole, de télécommunications et la civilisation s’écroule. Elle ne tient sur rien du tout. Le progrès ne libère pas. Plusieurs avancées ont apporté un certain bien-être. Mais ce bien-être n’est pas forcément partagé. Il faut que l’humanité se pose la question : le progrès, pour quoi faire ? Et avant : qu’est-ce que vivre ? S’il s’agit juste de consommer, je n’appelle pas ça la vie, cela n’a aucun intérêt. Nous sommes devenus des brigades de pousseurs de Caddie. Cela me terrifie. Nous sommes revenus au néolithique : nous sommes des cueilleurs, nous passons dans les rayons et nous cueillons. Tout cela n’est pas bon. On a évoqué la décroissance, qui est considérée comme une infamie dans le monde d’aujourd’hui : remettre en cause la croissance ! Au Moyen Âge, j’aurai été brûlé vif.

Peut-on se passer de l’industrie et du progrès technologique sur une planète qui comptera bientôt 9 milliards d’êtres humains ?

Le progrès technologique ne rétablit pas de l’équité dans le monde, au contraire. Une minorité en bénéficie. Ce ne sont pas les pays en voie de développement qui consomment le plus de voitures ou de frigos. C’est un leurre de dire que la planète ne pourra pas suffire, parce que nous serons plus nombreux. C’est une injustice totale : sur 7 milliards d’humains aujourd’hui, la moitié n’a pas accès à la nourriture pendant que les autres se bâfrent et gaspillent à outrance. Un cinquième de l’humanité consomme les 4/5es des ressources produites. Ce serait très pernicieux d’invoquer la démographie pour dire qu’on ne va pas s’en sortir. Non ! Plusieurs milliards d’humains ne s’en sortent déjà pas. Ce ne sont pas les pauvres qui épuisent les ressources. La démographie n’est pas en cause. Je sens cet argument s’insinuer de façon très vicieuse.

Pourquoi, après avoir été ouvrier, avez-vous choisi de devenir paysan ?

J’ai accompli mon retour à la terre, ici en Ardèche, en 1961, parce que je considère que notre système n’a pas d’intérêt. Je n’ai pas envie d’être né pour produire, pour consommer et mourir. C’est une destinée un peu limitée ! Je suis né pour vivre, je suis né pour admirer. Si on doit toute sa vie besogner pour que les poubelles débordent de déchets, cela n’a aucun sens. Il n’y a pas si longtemps, en mai 68, les jeunes défilaient dans les rues pour protester contre la société de consommation. C’était l’excès. Leur intuition était forte : nous ne sommes pas des consommateurs. Les gagneurs d’argent, la frénésie marchande nous ont pris en otages pour faire de nous des gens qui doivent absolument consommer pour faire monter le produit national brut. C’est complètement stupide. Les jeunes disaient : on ne tombe pas amoureux d’un produit national brut ! Ils lançaient des slogans très importants, qui étaient un appel à la vie. Nous ne vivons pas : nous sommes conditionnés, endoctrinés, manipulés, pour n’être que des serviteurs d’un système. Ils ressentaient ce besoin de sursaut de la vie. Depuis, je ne vois plus les jeunes défiler dans la rue pour dire qu’ils ont trop. Nous sommes au contraire entrés dans la phase du manque. Les certitudes d’une idéologie triomphante, c’est terminé ! Aujourd’hui, les jeunes ne savent pas quelle place ils auront et s’ils auront une place dans l’avenir. Ce système-là peut-il encore perdurer ? Non. Il ne faut donc pas s’illusionner et se raconter des histoires : notre système arrive à ses limites. Il faut maintenant que l’imagination se mette en route, pour en créer un autre.

D’où peut venir le changement ? D’abord de chaque individu ou de transformations portées collectivement ?

Vous pouvez manger bio, recycler votre eau, vous chauffer à l’énergie solaire, tout en exploitant votre prochain, ce n’est pas incompatible ! Le changement radical de la société passe par une vision différente de la vie. L’humain et la nature doivent être au cœur de nos préoccupations. Le rôle de l’éducation est souverain : et si on éduquait les enfants au contentement et non à l’avidité permanente ? Une avidité stimulée par la publicité, qui affirme qu’il nous manque toujours quelque chose. Cette civilisation du besoin chronique et permanent, sans cesse ressassé, installe dans les esprits la sensation de manque. Le phénomène de la vie, ce qui fait que nous existons, devrait avoir une place dans l’éducation des enfants. Or nous n’avons que des structures éducatives qui occultent complètement les fondements de la vie pour, le plus vite possible, fabriquer un petit consommateur et un petit producteur pour le futur. Cela en fait un petit ignorant qui s’occupera bien davantage de savoir comment il va avoir un bon boulot malgré la compétitivité.

L’exigence fondamentale, c’est que tout le monde puisse manger, se vêtir, se soigner. Voilà ce qu’une civilisation digne de ce nom devrait pouvoir fournir à tout le monde. Aucun bonheur n’est possible sans la satisfaction des besoins vitaux. Notre civilisation a la prétention de nous libérer alors qu’elle est la civilisation la plus carcérale de l’histoire de l’humanité. De la maternelle à l’Université, nous sommes enfermés, ensuite tout le monde travaille dans des boîtes. Même pour s’amuser on va en boîte, assis dans sa caisse. Enfin, on a la boîte à vieux quand on n’en peut plus, qu’on est usé, avant de nous mettre dans une dernière boîte, la boîte définitive.

Comment convaincre ceux qui profitent le plus de la société de consommation et d’accumulation ?

Qui enrichit ces gens-là ? C’est nous. Ils s’enrichissent parce que des gens insatiables achètent de plus en plus, parce que toute une communauté humaine leur donne les pleins pouvoirs. Ils n’existent que parce que nous les faisons exister. Je ne roule pas en char à bœufs mais en voiture, je pollue malgré moi, j’ai le confort moderne. Ce qui fausse tout, c’est que cela devient prétexte à un enrichissement infini. Ce serait différent si les objets fabriqués par le génie du monde moderne avaient vocation à améliorer la condition humaine. Nous donnons très peu de place à ce qui est indispensable, à ce qui amène véritablement la joie. Et nous ne mettons aucune limite au superflu.

Cela signifie donc s’attaquer aux puissances de l’argent ?

L’argent est noble quand il permet l’échange. C’est plus facile d’avoir quelques billets dans sa poche que de transporter deux kilos de pommes de terre. L’argent n’est pas à récuser dès lors qu’il participe au mécanisme de régulation du bien-être entre tous. Mais quand il régule seulement la richesse, non. Toutes les choses vitales, les biens communs – eau, air, terre, semences – devraient être soustraites à la spéculation. Ceux qui ont de l’argent commettent un hold-up légalisé sur le bien de tous. Un vol illicite mais normalisé par la règle du jeu. L’argent rend l’humanité complètement folle et démente. Aujourd’hui, on achète le bien des générations futures. Je possède de la terre, mais je suis prêt à dire que ce n’est pas la mienne. Je l’ai soignée pour qu’elle soit transmise à mes enfants ou à d’autres gens.

Comment soustraire les biens communs à ceux qui spéculent ?

Admettons qu’on aille jusqu’à la logique extrême : un jour, un petit groupe d’humains hyperriches va posséder la planète. Aux enfants qui arriveront, on leur dira qu’ils sont locataires. Qu’ils doivent payer leur droit d’exister. C’est stupide. C’est navrant. C’est d’une laideur infinie. Parce que j’ai de l’argent, j’ai le droit sur tout… C’est là que le politique devrait réguler. Mais, pour l’instant, les responsables politiques sont là pour maintenir en vie cette inégalité criante. Ils font de l’acharnement thérapeutique sur un modèle moribond. On peut le mettre sous perfusion tant qu’on voudra… on sait très bien qu’il est fini. Le drame serait que tout cela finisse dans le chaos, si on ne met pas en place une nouvelle orientation de la vie.

Il faut changer les règles du jeu démocratique, dites-vous… Pour aller vers quoi ?

On ne peut pas changer un monstre pareil du jour au lendemain. Ce que je regrette, c’est qu’on ne se mette pas sur la voie du changement. Ce modèle a été généré par l’Europe. La première victime de ce nouveau paradigme, cette nouvelle idéologie, c’est l’Europe elle-même. L’Europe était une mosaïque extraordinaire. Tout a été nivelé, standardisé. Et on a exporté ce modèle partout ailleurs, en mettant un coup de peinture « démocratie » là-dessus. Aujourd’hui ce modèle se délite, il n’a aucun moyen d’être réparé. Il faut aller vers autre chose. Ce que propose la société civile : elle est le laboratoire dans lequel est en train de s’élaborer le futur. Partout des gens essayent de faire autrement. Un État intelligent devrait encourager ça. Sinon, cela se fera sous la forme d’explosion sociale. Une grande frange des citoyens sont secourus par les dispositifs de l’État. Cela ne durera pas. Le jour où la société ne pourra plus produire de richesses, où prendra-t-on ce qu’il faut pour soutenir ceux qui sont relégués ? Nous sommes dans un système « pompier-pyromane » : il produit les dégâts et prétend en plus les corriger. On met des rustines au lieu de changer de système : ce n’est pas une posture politique intelligente.

Recueilli par Ivan du Roy et Agnès Rousseaux

Vidéo : Agnès Rousseaux

Photo : Ivan du Roy

Notes:

[1] Pierre Rabhi vit en Ardèche, où il a été paysan. Il a créé en 2007 le Mouvement pour la Terre et l’Humanisme appelé ensuite mouvement Colibris. Il est aussi l’inventeur du concept « Oasis en tous lieux » et a lancé en 2012 la campagne Tous Candidats

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 20 mai, 2012 |Pas de commentaires »

NUCLEAIRE FRANCAIS: LA CULTURE DE LA SECURITE EN VOIE DE DISPARITION

Nucléaire français :

 La culture de la sécurité

en voie de disparition

NUCLEAIRE FRANCAIS: LA CULTURE DE LA SECURITE EN VOIE DE DISPARITION dans REFLEXIONS PERSONNELLES centrale-nucleaire-t7183

Par Ivan du Roy (5 juillet 2011)

Alors que plane l’ombre de Fukushima, un député PS et un sénateur UMP remettent en cause le principe de la mise en concurrence du secteur de l’énergie qui prévaut aujourd’hui en Europe. Sécurité des centrales mise à mal par le recours à la sous-traitance, un chantier EPR où opacité et dissimulation règnent, manque de formation des personnels ou encore absence de suivi médical d’une partie des ouvriers exposés aux radiations… Telles sont les conclusions d’un rapport parlementaire sur la sécurité nucléaire en France.

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EDF et Areva suivent-ils le même chemin que Tepco (Tokyo Electric Power), l’opérateur japonais en charge de la centrale de Fukushima ? Le député PS Christian Bataille (Nord) et le sénateur UMP Bruno Sido (Haute-Marne) viennent de remettre leur rapport d’étape sur la sécurité nucléaire. Les élus ne sont pas tendres avec les deux principaux acteurs de la filière. Ils remettent clairement en cause le recours « à la sous-traitance en cascade » qui « aboutit à une opacité, potentiellement dommageable pour la sûreté des installations », écrivent-ils. « À l’occasion de nos visites de sites, dans certains cas extrêmes, jusqu’à huit niveaux de sous-traitants peuvent ainsi se superposer. Une telle situation s’avère particulièrement préoccupante, en terme de sûreté, puisqu’elle conduit à une dilution extrême des responsabilités et s’avère difficile à identifier. » Si l’on en croit la documentation d’EDF sur les métiers du nucléaire (voir ci-dessous), ce sont « 20.000 fournisseurs tous métiers confondus » qui composent la sous-traitance.

Mieux vaut tard que jamais, les deux élus s’inquiètent des conditions de travail de ces prestataires extérieurs, en particulier de l’absence de suivi médical pour ces ouvriers et techniciens régulièrement confrontés aux radiations. « En effet, alors que les personnels EDF ou Areva sont soumis au contrôle du médecin du travail de leur établissement, ceux des sous-traitants dépendent, sauf exception, pour leur suivi médical, d’un médecin du travail basé dans leur lieu d’origine, ce qui peut constituer un obstacle majeur à un contrôle radiologique efficace. » Les batailles menées depuis quelques mois par des syndicalistes et des chercheurs n’auront pas été totalement vaines. Les rapporteurs suggèrent ainsi la création sur chaque site d’un médecin du travail référent « chargé de la vérification du dossier de santé des intervenants ». Une première avancée mais qui ne résout pas la question, loin de là. Car l’évaluation de la limite maximale d’exposition, fixée en Europe à 20 millisieverts par an (mSv, mesure l’impact biologique aux rayonnement ionisants), commence à être fortement remise en cause.

Exposition à la radioactivité : des normes à réévaluer

« En matière de cancer, la norme n’est qu’une garantie de risque acceptable, sachant que les rayonnements sont nocifs, même à faible dose. Ainsi, une exposition de 20 mSv par an pendant cinquante ans provoque un risque de décès par cancer accru de 15%, selon une enquête du Centre international de recherche sur le cancer (Circ). Rappelons, pour comparaison, que la norme d’exposition à l’amiante actuellement en vigueur entraîne une augmentation de risque de décès par cancer de 0,5% sur la même période », explique le journaliste Jean-Philippe Desbordes dans le magazine Santé et Travail (juillet 2011).

Annie Thébaud-Mony, directrice de recherche à l’Inserm, propose en conséquence l’instauration d’une norme quotidienne, ce qui est normalement la règle pour les autres types de cancérogènes, comme les pesticides. De son côté, la CGT réclame un abaissement du seuil annuel à 10 mSv. La mission parlementaire sur la sécurité nucléaire n’a, pour l’instant, pas jugé bon de s’intéresser à ces normes et à la manière de les calculer. Leur proposition de médecin du travail référent ne règle pas non plus le chantage à l’emploi dont font l’objet les nomades du nucléaire, tentés de masquer les doses de radioactivité qu’ils subissent par crainte de se voir retirer leur contrat, leur emploi et donc leurs revenus.

Une culture de la sûreté en voie de disparition

Le recours massif à la sous-traitance pose une autre question : celle de la perte de « la culture de la radio protection ». Comme toutes les anciennes grandes entreprises publiques, EDF est une entreprise vieillissante : entre 2010 et 2015, 22.000 employés de l’électricien prendront leur retraite, sur un effectif total de 65.000. Soit un salarié sur trois ! C’est tout un savoir qui s’en va, et qui fera cruellement défaut en cas d’incident au sein d’une centrale. Ce que ne manquent pas de relever les élus : « Le remplacement de ces personnels pose une double difficulté. D’une part, l’offre de formation aux métiers du nucléaire reste très insuffisante en regard des besoins (…). D’autre part, le caractère très spécialisé de certains de ces métiers nécessite de prolonger la formation initiale par un compagnonnage sur plusieurs années, permettant d’acquérir une parfaite maîtrise des gestes techniques et une complète connaissance des matériels. »

L’intervention de ces multiples prestataires sur les 58 réacteurs français – avec un turn-over de 20% selon le secrétaire du CHSCT (Comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail) de la centrale de Cruas (Ardèche) – ne contribue pas à transmettre l’histoire d’une centrale, de ses incidents et de ses points faibles. Alors même qu’elles vieillissent, que les « anomalies » vont se multiplier du fait de l’usure des matériaux, et que le gouvernement envisage de prolonger l’activité des réacteurs les plus anciens, comme le réacteur n°1 de Fessenheim, qui rempile pour dix ans malgré une accumulation d’incidents. Ce qui n’est pas sans rappeler l’autorisation donnée par l’agence de régulation nucléaire japonaise, l’équivalent de l’ASN, de prolonger pendant dix ans supplémentaire l’exploitation du plus ancien réacteur de Fukushima. Et ce, le 7 février, un mois avant la catastrophe, et après avoir signalé des craquelures sur le groupe électrogène de sûreté du réacteur n° 1 de Fukushima Dai-Ichi. Comme si, malgré les alertes de salariés, d’associations ou des élus, un terrible puzzle se mettait en place pour que, après les États-Unis, l’URSS et le Japon, la France connaisse sa propre catastrophe nucléaire.

Vers la fin de la sous-traitance ?

La limitation du recours à la sous-traitance est donc urgente, comme le recommandent le député et le sénateur. Mais ni EDF ni Areva n’en prennent pour l’instant le chemin. EDF a financé la mise en place d’une filière pour les métiers de la « maintenance nucléaire » (du CAP au BTS en chaudronnerie industrielle ou en électrotechnique). Derrière la devise « être plus performant pour mieux servir », l’opérateur y vante les débouchés qu’ouvrent ses diplômes pour trouver un emploi chez… ses prestataires. Rappelant que ceux-ci sont en charge de 80% des activités liées à la sûreté, à la sécurité ou à la radioprotection.

 

Areva souhaite également augmenter le recours à la sous-traitance. Le producteur d’uranium envisage par exemple de confier l’approvisionnement en énergie de son usine de retraitement des déchets nucléaires de La Hague à une filiale de Veolia.

Un EPR bricolé ?

Le problème se pose encore plus crûment pour le nouveau réacteur EPR en construction à Flamanville (Manche). Christian Bataille et Bruno Sido, qui sont très loin de souhaiter la sortie du nucléaire, pointent du doigt le chantier et sa totale opacité. « Un certain nombre d’intervenants, dont l’ASN (Autorité de Sûreté du Nucléaire), ont fait part de la perte de savoir-faire dans la construction de réacteurs, notamment chez les fournisseurs, sur des points très techniques tels que des soudures au niveau du liner et des adaptateurs du couvercle de la cuve. » Cette même cuve censée être encore plus résistante à une éventuelle fusion du cœur. L’ASN avait constaté en 2010 qu’une soudure sur quatre n’était pas conforme aux critères de qualité.

« Il nous a été impossible d’obtenir une évaluation crédible du coût de la sécurité dans l’EPR. Vos rapporteurs en ont notamment fait la demande directe lors de sa visite du chantier de Flamanville, sans qu’une réponse satisfaisante leur soit apportée », témoignent-ils. « Le nucléaire, une énergie compétitive pour préparer l’avenir », vantent pourtant les brochures EDF. Tellement compétitive que l’opérateur est incapable d’en chiffrer le coût… Les élus s’y sont essayés, et constatent une augmentation de 50% en cinq ans du prix du réacteur de 3e génération érigé à Flamanville passant de 3 milliards d’euros en 2003 à 5 milliards , « si ce n’est plus », en 2008. Côté pile : l’ASN a recensé 112 accidents du travail en 2010, dont un tiers n’avaient pas été déclarés par Bouygues, en charge des travaux. Quatre enquêtes préliminaires pour travail dissimulé, sous-déclaration des accidents de travail et décès de deux employés sur le chantier sont menées par le parquet de Cherbourg (lire aussi l’article de Novethic sur le sujet).

 

Face à ce gigantesque risque de la perte de sûreté dans la filière nucléaire, les deux élus recommandent que « l’État prenne toutes les dispositions qui apparaîtront nécessaires pour, d’une part, conserver sur le long terme une complète maîtrise des entreprises de la filière nucléaire française et, d’autre part, faire reconnaître au niveau européen, le caractère spécifique de la filière nucléaire qui ne peut répondre à l’exigence de concurrence imposée dans le secteur de l’énergie par les traités. » En clair : un virage à 180 degrés après deux décennies de dérégulation en Europe. Et une remise en cause de la loi transformant EDF en société anonyme, votée en août 2004 alors qu’un certain Nicolas Sarkozy était ministre de l’Économie, des Finances et de l’Industrie. Les six représentants de l’État et les six représentants syndicaux qui siègent au Conseil d’administration d’EDF obligeront-ils Henri Proglio à ne plus sous-traiter la sécurité ?

Ivan du Roy

Consulter le rapport d’étape de la de la mission parlementaire sur la sécurité nucléaire, la place de la filière et son avenir :

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 16 mai, 2012 |Pas de commentaires »

LE LIMOUSIN RADIOACTIF

Le LIMOUSIN radioactif

LE LIMOUSIN RADIOACTIF dans REFLEXIONS PERSONNELLES 20070403-151405.BMP

Lorsque la très faible proportion d’uranium qu’on extrait des mines s’en va vers les centrales, la gangue radioactive reste sur place, la plupart du temps à ciel ouvert. Et puisqu’elle s’y trouve déjà, on a eu moins de scrupules à y ajouter d’autres déchets, quelquefois beaucoup plus dangereux encore, provenant de lieux où ils auraient été trop visibles.

Le sous-sol français est riche en uranium. Les premières mines ont été ouvertes au lendemain de la Seconde Guerre mondiale pour fournir la matière première nécessaire à la fabrication de la bombe atomique. Aujourd’hui, plus des deux tiers de l’uranium consommé par les réacteurs français sont importés, mais la France reste néanmoins le premier producteur d’Europe.

L’exploitation actuelle et celle qui a précédé sont responsables d’une quantité gigantesque de déchets: plus de 300 millions de tonnes, dont certains causent de réels problèmes biologiques. Il y a d’abord les « stériles », ces roches extraites qui, contenant trop peu d’uranium, ne sont pas traitées et finissent souvent par former des petites collines rocheuses, sortes de terrils des régions uranifères.

 intro_limou DECHETS dans REFLEXIONS PERSONNELLES  limou_terrils ENVIRONNEMENT
Lacs de boues et terrils Les anciennes mines d’uranium à ciel ouvert, ici celle de Bellezane, servent de décharges aux boues radioactives, résultant du traitement du minerai, tandis que les résidus grossiers, les « stériles », s’empilent aux alentours, laissant échapper des fines particules radioactives et du radon.

Leur volume est colossal, puisqu’ils représentent 40 % du tonnage total extrait pour une souterraine, et 90 % pour une mine à ciel ouvert. C’est-à-dire, dans ce dernier cas, qu’avant de pouvoir traiter 1 tonne de minerai pour en récupérer l’uranium, il faut en manipuler et en stocker 9 tonnes. La quantité cumulée des stériles de mines d’uranium en France se situerait autour de 270 millions de tonnes !

Or, ils ne sont pas totalement « stériles », car ils contiennent toujours de l’uranium ainsi que d’autres corps radioactifs. Bien sûr, le minerai lui-même était aussi radioactif, et il élevait dans les régions alentour la radioactivité à un niveau parfois double de celui de la région parisienne. Mais ce minerai formait un bloc compact sous terre, alors qu’une fois extrait il est plus facilement lessivé par les eaux de pluie. D’autre part, ces stockages en plein air engendrent nécessairement des poussières radioactives, qui s’envolent sur la région. Sans parler du radon, ce gaz radioactif, lui aussi, qui s’échappe beaucoup plus facilement de ce labyrinthe de pierrailles que de la roche mère où il doit, pour remonter à l’air libre, trouver des failles, des fissures ou des roches poreuses. La radioactivité de ces stériles n’empêche d’ailleurs pas que l’on autorise des sociétés de travaux publics à les utiliser pour construire des ponts, des routes… Les préfets de Vendée et de Haute-Vienne ont ainsi accordé plusieurs autorisations. En bénéficient notamment la société Jean Lefebvre, sur la commune de Compreignac, et la SCREG-Ouest, sur la commune de Saint-Sylvestre, en Haute-Vienne. Mais il y en a bien d’autres!

Seule une faible partie du minerai extrait est donc traitée en usine pour récupérer l’uranium. Ce traitement engendre d’autres déchets, bien plus nocifs que les stériles. Avant d’aboutir au yellow-cake, qui contient de 70 % à 90 % d’uranium, le minerai subit toute une série d’opérations visant à séparer le métal de la gangue qui le contient.

Il est d’abord concassé, puis finement broyé en particules de moins d’un millimètre, Ce sable très fin est mélangé à de l’eau pour constituer une pâte. Il existe deux méthodes principales pour extraire le métal de cette pâte : soit des réactifs acides soit, au contraire, alcalins. Dans le premier cas, de l’acide sulfurique chaud, additionné de chlorate de sodium est mélangé à la pulpe, à raison de 40 kg environ d’acide par tonne de minerai. Dans le second cas, la pulpe est envoyée dans un autoclave à 140 °C à une pression de 6 bars, avec du carbonate de sodium, de la chaux, de la sidérose et de l’oxygène.

Il s’agit ensuite de séparer la partie liquide, qui renferme l’uranium solubilisé, et la partie solide qui constitue les fameux « résidus de traitement », une sorte de boue rosâtre riche en radium. Précisons qu’avant de pouvoir être utilisé comme combustible dans un réacteur, le yellow-cake devra subir bien d’autres transformations (raffinage, enrichissement, fabrication des éléments combustibles), mais, sur les sites miniers, la métamorphose s’arrête là. Ce concentré d’uranium naturel contient essentiellement de l’uranium 238 et seulement 0,71 % d’uranium 235, dont la proportion devra être augmentée jusqu’à 3 % pour permettre à la réaction en chaîne de se produire dans le coeur des réacteurs français. Car seul l’isotope 235 est fissile.

Revenons au minerai. Lorsqu’il n’est pas jugé suffisamment riche pour être traité en usine (teneur de 0,03 % à 0,08 % environ), une autre méthode consiste à le concasser et le disposer en grands tas sur le carreau de la mine, à travers lesquels on fait percoler une solution acide qui dissout l’uranium et que l’on récupère à la base. Cette opération de lixiviation doit être répétée plusieurs fois et s’étale sur plusieurs mois, alors que le traitement en usine s’effectue en quelques heures.

 decharge_bec_limou LAMIREAU THIERRY Une décharge à becquerels A quelques dizaines de mètres des maisons, l’ancienne mine à ciel ouvert du Brugeaud, sur la commune de Bessines, a été comblée par 5 800 000 t de résidus radioactifs. Plus de 250 térabecquerels sont enfouis là, c’est-à-dire que plus de 250 000 milliards de désintégrations s’y produisent chaque seconde. Lorsque le niveau d’eau baisse, comme c’est le cas ici, la radioactivité est plus élevée, l’eau jouant un rôle d’écran.

Une décharge à becquerels 

Depuis environ quarante ans, 47,5 millions de tonnes de minerai ont été traitées en France, d’abord par le CEA, puis par sa filiale Cogema qui gère actuellement 85 % des ressources nationales, l’autre exploitant étant le groupe Total. De ces millions de tonnes ont été tirées environ 60 000 t de yellow-cake, produit de base de l’énergie nucléaire. D’où une montagne de déchets. Ainsi, rien que l’ensemble des sites de la Cogema, anciens ou en exploitation, renferment, en plus des stériles qui n’ont subi aucun traitement, 26 millions de tonnes de résidus très fins (les boues qui sortent de l’usine) et 17 millions de tonnes de résidus grossiers (les restes des tas de lixiviation).

Or, tous ces résidus qui n’ont été débarrassés que d’une partie de leur uranium – il en reste 3 000 t sur l’ensemble des sites, dans les résidus très fins, et 1400 t dans les autres – contiennent toujours la quasi-totalité des « descendants » radioactifs de l’uranium. Le radium 226, d’abord, notoirement radiotoxique, qui représente à lui seul le total faramineux de 700 térabecquerels (700 000 milliards de becquerels, le becquerel remplace désormais le curie, un curie est égal à 37 milliards de becquerels.). Pour donner une idée du risque, signalons que la dose maximale admissible de radium dans l’eau potable en France est de 0,37 becquerel par litre. Rappelons aussi qu’à Itteville, dans la région parisienne, on s’est beaucoup affolé parce qu’on soupçonnait la présence d’une trentaine de grammes de radium sur un terrain qui avait servi de décharge au centre de Saclay. Le radium 226 a une période de 1620 ans, c’est-à-dire qu’au bout de ce laps de temps il aura perdu la moitié de sa radioactivité, puis 1620 ans plus tard, la moitié de la moitié… Mais il y a aussi du thorium 230, du plomb 210 et bien d’autres radionucléides dans ce cocktail radioactif pour des milliards années.

 futs_limou LIMOUSIN Des fûts abandonnés A moitié enfouis sur l’ancien site minier de Margnac, en Haute Vienne, ces fûts font-ils partie du lot de 88 082 barils expédiés par l’usine de conversion d’uranium Comurhex, à Malvesi, près de Narbonne, entre 1975 et 1989 ?

Or, que fait-on de ces boues ? Une partie a servi à remblayer des galeries de mines, mais la majorité est restée en surface. Elles ont été déversées soit dans un « bassin » aménagé dans une vallée et fermé par une digue faite de stériles comme à Saint-Priest-la-Prugne, et à Lavaugrasse, soit tout simplement dans une ancienne mine à ciel ouvert. C’est le cas le plus fréquent.

Ainsi, actuellement, la noria de camions-bennes non bâchés qui quittent chaque jour, à la cadence d’un tous les quarts d’heure, l’usine SIMO, filiale de la Cogema, à Bessines-sur-Gartempe, dans le Limousin, ne font que quelques kilomètres pour rejoindre les anciens sites miniers de Montmassacrot et de Bellezane, où ils se délestent de leur cargaison.

Les habitants de Bessines, excédés de voir dégouliner ces boues rosâtres dans les rues de leur ville, ont demandé à la CRIIRAD, un laboratoire indépendant, de mesurer le taux de radioactivité de ces boues et des mousses qui poussaient sur le mur bordant la route empruntée par les camions. Réponse de la CRIIRAD: plus de 100 000 becquerels par kg de matières sèches pour les boues dont plus de 25 000 becquerels imputables au seul radium 226, et plus de 30 000 pour les mousses.

Avant 1987, ces boues étaient envoyées plus près encore de l’usine SIMO, dans l’ancienne mine du Brugeaud et dans le bassin de Lavaugrasse, transformé aujourd’hui en vaste lac de plusieurs hectares où il ne ferait pas bon se baigner, sous peine de profiter des… 141000 milliards de becquerels de radium 226 qu’il renferme, ce que les canards semblent ignorer !

20070403-151331.BMP1 MINES

A une quarantaine de kilomètres de là, à Jouac, une autre usine de traitement est exploitée par Total compagnie minière, une filiale du groupe Total. Le minerai est actuellement extrait d’une mine souterraine, mais celles à ciel ouvert qui ne sont plus exploitées servent de dépôts pour les boues résiduelles. Impossible pour les riverains de soupçonner ce qui se passe derrière les immenses tas de stériles qui ceinturent le site. Que l’on imagine un lac de boues gigantesque s’étendant sur des dizaines d’hectares, où l’on ne voit guère que des arbres morts et des bidons vides (voir photos). Dans l’ancienne mine de Margnac, au sud de Bessines, c’est la Cogema qui se débarrasse de ses détritus !

Mais il y a eu des déchets plus dangereux qui ont été enfouis au cours des années dans nombre de ces sites. C’est une commission chargée d’examiner les dépôts de matières radioactives pour le compte du Conseil supérieur de la sûreté et de l’information nucléaire qui a soulevé une partie du voile en remettant ses conclusions en juillet 1991. La demande émanait des ministères de l’Environnement, de l’Industrie et de la Santé, ce qui explique que la Cogema ait dû ouvrir ses dossiers (ou du moins une partie). Ainsi, le rapport Desgraupes, du nom du président de cette commission, nous apprend que sept sites au moins (voir cartes 1 et 2), dont six dans le Limousin et un en Saône-et-Loire, ont accueilli, parfois à plusieurs reprises, des déchets radioactifs provenant pour la plupart de l’usine de traitement de minerai du Bouchet, dans l’Essonne, qui a produit de l’uranium et du thorium de 1946 à 1971. Il y a eu d’autres livraisons en provenance de l’usine d’enrichissement d’uranium de Pierrelatte, dans la Drôme; de l’usine de raffinage Comurhex à Malvesi, près de Narbonne ; du centre du CEA de Fontenay-aux-Roses, près de Paris; et de l’usine de fabrication de combustible SICN à Veurey, dans l’Isère. Bref, Il en est venu de toute la France. Quelque 300 000 fûts et des dizaines de milliers de tonnes de terre, gravats et ferrailles contaminés.

Ces chargements se sont faits, pour la plupart, dans le plus grand secret, au mépris de l’information du public, et se sont échelonnés de 1958 à 1989 pour les plus récents d’entre eux, du moins officiellement. Ce sont dans l’ensemble des résidus de minerai riche, plus nocifs encore que ceux du sous-sol limousin, c’est du moins la version qui nous a été donnée. Mais comment vérifier qu’il n’y a pas eu pires déversements, maintenant que ces déchets sont sous les stériles ou sous les boues ? Mais les 18 000 fûts verts, jaunes ou noirs, qui viennent de Pierrelatte et dorment sous les verses du Brugeaud, contiennent de l’uranium enrichi en uranium 235, l’isotope fissile dont il suffit de quelques kilos pour fabriquer une bombe. Là, il y en a 1,5 kg.

Quant aux quelques centaines de fûts (la quantité exacte n’est nulle part précisée) envoyés sur le site du Bauzot par le centre de Fontenay-aux-Roses, ils sont hautement suspects. Ils proviennent, en effet, d’une usine pilote qui a fonctionné de 1954 à 1957, puis qui a été démantelée entre 1959 et 1962 et dont l’activité était l’extraction de… plutonium !

Les seuls fûts que l’on puisse aujourd’hui examiner à loisir sont stockés discrètement dans un hangar isolé de la Cogema à Bessines. Il y a là 388 fûts provenant de l’usine du Bouchet et contenant des minerais d’uranium, de thorium et de terres rares, représentant environ 4 000 kg d’uranium métal et… 580 milliards de becquerels. Aujourd’hui les langues se délient. Et, dans la région de Bessines ou de Saint-Priest-la-Prugne, on parle de mystérieuses cargaisons qui étaient livrées de nuit ! Ainsi, les habitants de Pény affirment avoir été réveillés en juillet 91 par l’arrivée de camions qui avaient raté l’embranchement conduisant à une ancienne mine. Ils transportaient des fûts sur lesquels les riverains reconnurent le sigle radioactif. A Saint-Priest, on évoque même l’enfouissement de déchets industriels toxiques. On peut, en effet, se demander pourquoi la société Sedemap qui exploitait au début des années 1980 un centre de traitement de déchets industriels, à Buxières-les-Mines, dans l’Allier, avait racheté à la Cogema, un terrain jouxtant l’ancienne mine de Saint-Priest-la-Prugne ?

Même sans tenir compte de ces apports clandestins, tous ces sites miniers représentent des zones contaminées ; 300 000 milliards de becquerels rien qu’en radium 226, dans le bassin de Lavaugrasse, 150 000 Milliards au Brugeaud, 800 000 milliards pour l’ensemble des sites!

Or, ils ne font l’objet en France d’aucune réglementation spécifique. Alors que certains d’entre eux devraient, tout comme les centrales nucléaires, être soumis à la réglementation des installations nucléaires de base (INB), Ils ne relèvent même pas dans la plupart des cas, à l’instar de n’importe quel autre établissement industriel, de la législation des Installations classées pour la protection de l’environnement.

Le rapport Desgraupes estime notamment que les stockages de Saint-Priest-la-Prugne, de l’Ecarpière, de Bessines, du Bosc, du Cellier et de Jouac (voir cartes 1 et 2) sont des INB. Ce n’est pas l’avis des compagnies minières et de l’administration. La section des travaux publics du Conseil d’Etat a d’ailleurs donné raison à ces dernières dans son avis Ou 11 décembre 1991.

Pourquoi cette divergence ? Les uns considèrent les résidus de traitement comme un mélange de substances radioactives, les autres comme de l’uranium naturel. Or, la réglementation n’est pas la même suivant que l’on adopte l’une ou l’autre thèse. Le site doit être classé INB à partir d’une activité totale de 37 térabecquerels dans le premier cas et de 3 700 térabecquerels dans le second.

D’un point de vue strictement chimique, il semble pourtant évident que les résidus n’ont plus rien à voir avec de l’uranium naturel, leur composition ayant été modifiée, ne serait-ce qu’à cause des produits qui ont été ajoutés au moment du traitement. Et la radioactivité, qu’elle soit légale ou non, est bel et bien là!

Encore une fois, comment comparer un minerai en bloc compact sous la terre et ce même minerai réduit en poudre et répandu à la surface du soi ? On n’obtient pas le même breuvage en faisant infuser des grains de café ou du café moulu ! Le vent emporte et dissémine les fines poussières à des kilomètres à la ronde, et les pluies se chargent de particules.

Quels sont les risques ? De plus en plus de chercheurs semblent penser qu’il n’y a pas de seuil au-dessous duquel le taux de radioactivité n’aurait pas d’effets sur l’organisme. La Commission internationale de protection radiologique (CIPR) a d’ailleurs révisé à la baisse les normes qu’elle avait précédemment édictées: elles sont passées de 5 millisieverts par an (le sievert remplace le rem. 1 sievert = 100 rems) pour la population à seulement 2 millisieverts. Ces chiffres n’ayant valeur que de recommandations, la France a d’ailleurs préféré s’en tenir aux bonnes vieilles normes ! Pour donner un ordre d’idée, la radioactivité naturelle en France (aussi nocive que l’artificielle) inflige en moyenne 1 millisievert par an. La CIPR estime que 10 millisieverts reçus par un million de personnes généreront 500 décès par cancer ; pour l’Académie des sciences américaine, cette dose entraînerait 800 morts par cancer ; pour la Fondation américano-japonaise pour la recherche sur les effets des rayonnements: 1740 ; et pour l’équipe de chercheurs américains dirigée par le Dr Mancuso, de l’université de Pittsburgh : 6 000.

Dans des régions comme le Limousin, où la radioactivité naturelle est déjà élevée (1,5 millisievert en moyenne), le niveau est multiplié par 20, voire par 100, au-dessus ou à côté de ces énormes dépôts de résidus.

 chemine_radon_limou MINES D'URANIUM Des cheminées à radon Dans la campagne limousine, les aérateurs comme celui-ci font partie du paysage. Ils servent de bouche d’évacuation pour le radon, ce gaz radioactif qui est extrait des galeries souterraines en raison de sa nocivité.

Si nous avons tant parlé de radium 226, très radiotoxique et soluble, c’est aussi parce qu’il donne naissance, en se désintégrant, à un gaz radioactif, le radon (1) dont les propriétés cancérigènes sont officiellement reconnues. De nombreuses études épidémiologiques effectuées sur des mineurs d’uranium le prouvent. Il n’y a pas que les dépôts de résidus qui augmentent le niveau de radioactivité. Le simple fait d’exploiter un gisement y contribue.

Une série de mesures pour doser le radon, effectuées du 17 au 19 juillet 1989 par la CRII-RAD sur deux sites uranifères du Limousin, l’un à Saint-Sylvestre en exploitation (mine souterraine) et l’autre à Négremont, encore non exploité, est fort significative. Le protocole était identique : 25 mesures sur une surface de 400 m de côté avec un maillage de 100 m. Résultat: de 100 à 1080 Bq/m3 à Saint-Sylvestre et de 22 à 200 Bq/m3 à Négremont, où le gisement est pourtant plus près de la surface et la teneur en uranium plus élevée.

Sur les autres lieux testés à ce jour par la CRII-RAD, le niveau extérieur moyen est d’environ 15 Bq/m3. Et l’EPA, l’agence américaine de l’environnement, conseille aux habitants d’effectuer des travaux (isolation, ventilation … ) si le niveau mesuré chez eux dépasse 148 Bq/m3.

Nous avons demandé à la CRII-RAD de mesurer le taux de radon à proximité d’une bouche d’aération de la mine désaffectée des Vieilles Sagnes, sur la commune de Saint-Sylvestre. Une précédente mesure effectuée dans cet orifice, en février 92, à un mètre de profondeur, avait révélé des taux de radon dans l’air faramineux : plus d’un million de becquerels par m3 d’air ! A un mètre du sol et à une distance de 10 m de la bouche d’aération, on trouve encore 8 308 Bq/ m3 ; à 15 m : 1420 Bq/m3 et à 30 m : 721 Bq/m3. Voilà ce que respirent les enfants qui viennent jouer dans ces lieux, dont la plupart n’étaient pas même clôturés il y a trois mois de cela.

Mieux vaut tard que jamais. Au bout de quarante ans, sous la pression des associations de défense de l’environnement, une commission locale d’information vient d’être mise en place à Bessines. Ces associations réclament, entre autres, la remise en état des sites miniers abandonnés et notamment le recouvrement des dépôts de résidus. Aux Etats-Unis, où l’on n’hésite pas parfois à prendre des mesures extrêmes, on a carrément déplacé tous les résidus de quatre sites à Salt Lake City (Utah), Durango et Grand Junction (Colorado) et Canonsburg (Pennsylvanie) : ces déchets ont réintégré leur dépôt d’origine à Canonsburg, après que l’on eût réalisé un étanchement de bonne qualité.En France, le CEA songe à transformer la décharge radioactive de Saint-Priest-la-Prugne, dans l’Allier en base nautique

 Les dépôts d’uranium du Limousin…
(carte n°1)
depos1_uranium_limou NUCLEAIRE

Figurent sur cette carte de la Haute-Vienne (département contenant le plus grand nombre de décharges d’uranium) et sur celle de la France (voir carte n° 2 tous les dépôts connus) de résidus de traitement de l’uranium, riches en radium, ainsi que les usines, fermées ou en exploitation, à l’origine de ces déchets. Nous avons également indiqué les sites miniers qui ont reçu des déchets radioactifs en provenance d’autres centres nucléaires.

L’activité totale ne représente que l’activité du radium 226 et du thorium 230; chaque fois que cette activité est supérieure à 37 térabecquerels (TBq), le site devrait être classé installation nucléaire de base (INB) et donc soumis à des contrôles sévères. Mais aucun des sites ne respecte cette réglementation (Voir la revue, fort bien documentée, info Uranium, 7 rue de l’Auvergne.).

1. Lavaugrasse : bassin de 25 ha ayant reçu les résidus de l’usine SIMO de Bessines de 1958 à 1978 : 5 700 000 t, contenant 600 t d’uranium et représentant une activité de plus de 282 000 milliards de becquerels (282 TBq) dont 141 TBq en radium 226. Renferme également 3 500 t de résidus provenant de minerai d’uranium riche (teneur de 5 % à 20 %) contenant 1 TBq de radium 226 en provenance de l’usine du Bouchet dans l’Essonne, démantelée de 1972 à 1979. Devrait être classé INB.

2. Le Brugeaud : ancienne mine d’uranium à ciel ouvert, l’une des plus grandes de France, ayant reçu les résidus de l’usine SIMO de Bessines, de 1978 à 1987 : 5 800 000 t contenant environ 550 t d’uranium et représentant une activité de plus de 258,2 TBq dont 129,1 TBq en radium 226. Contient également des déchets provenant de l’usine du Bouchet : 6 000 t de résidus contenant 1,7 TBq de radium 226; 16 800 t de terres et gravats contenant 0,62 TBq de radioéléments alpha; 1900 t de ferrailles contenant 0,07 TBq de radioéléments alpha. Les terres, gravats et ferrailles n’ont pas été mis dans la fosse, mais ont été enfouis dans les verses de « stériles ».

Il y a aussi 18 048 fût arrivés de Pierrelatte (Drôme) entre 1968 et 1971 et contenant des déchets enrichis en uranium 235.

S’y ajoutent, ainsi que sur le site voisin de la Croix-du-Breuil, des résidus plus grossiers provenant de la lixiviation des minerais pauvres sous la forme de verses, sortes de terrils de l’uranium; il y en a 8 400 000t contenant 465 t d’uranium représentant une activité de 14,4 TBq en radium 226. Devrait être classé INB.

3. Montmassacrot : ancienne mine d’uranium à ciel ouvert ayant reçu les résidus de l’usine SIMO de Bessines de 1986 à 1990 : 737 000 t de résidus contenant 69 t d’uranium et représentant une activité de plus de 38 TBq dont 19 TBq en radium 226. Devrait être classé INB,

4. Bellezane : cette ancienne mine d’uranium à ciel ouvert reçoit les résidus de l’usine SIMO de Bessines, depuis 1988. Début 1991, ces boues représentaient 845 000t contenant 90t d’uranium et une activité de plus de 42 TBq, dont 21 TBq en radium 226.

De plus, 1126 000 t de résidus ont été déposées de 1958 à 1986 dans certains puits et certaines galeries de la partie souterraine de la mine aux fins de remblayage. Devrait être classé INB.

5. Margnac: ancien site minier ayant reçu, de 1975 à 1989, 88 082 fûts provenant du centre de conversion de l’uranium Comurhex, à Malvesi, près de Narbonne. Ces fûts d’une masse de 2 110 t, qui avaient contenu de l’uranate, étaient plus ou moins bien décontaminés et écrasés. Leur activité représente 0, 11 TBq. Ils ont été enfouis dans les verses des stériles

6. Pény : cette ancienne mine, proche de Margnac, a reçu un chargement identique à celui de Margnac, enfoui également dans une verse.

7. Fanay: ancien site minier ayant reçu, en 1971, 400 m3 de fûts écrasés provenant de l’usine du Bouchet, soit environ 0,01 TBq.

8. Bessines-sur-Gartempe : sur le site de la Cogema, un hangar contient 388 fûts provenant du Bouchet et représentant une activité de 0,58 TBq.

9. Jouac : les immenses bassins entourés de digues construites avec des stériles d’une ancienne mine à ciel ouvert, contenaient, début 1991, 900 000 t de résidus provenant de l’usine de Jouac, appartenant au groupe Total. L’activité totale était de plus de 104 TBq dont 52 TBq en radium 226. Devrait être classé INB.

 ET LES AUTRES DÉCHARGES FRANCAISE
(carte n°2)

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Si la Haute-Vienne à elle seule, renferme la moitié des décharges de résidus de l’uranium, d’autres régions abritent néanmoins des dépôts très importants.

1. La Ribière (Creuse) : ancienne mine d’uranium à ciel ouvert abritant 200 000 t de résidus d’une radioactivité d’environ 2 TBq, dont 1 TBq en radium 226.

2. Saint-Pierre-du-Cantal (Cantal): ancienne mine à ciel ouvert ayant reçu les résidus d’une usine qui a fonctionné sur le site de 1977 à 1985; en tout, 570 000 t représentant une activité de 15,8 TBq dont 7,9 TBq en radium 226.

3. Bertholène (Aveyron): site minier en exploitation, où ont été stockées, début 1991, dans la vallée des Balaures, derrière une digue constituée de stériles et de déblais, 310 000 t de résidus représentant une activité de 5,72 TBq rien qu’en radium 226.

4. Le Cellier (Lozère) : ancien site minier souterrain et à ciel ouvert, renfermant 1 112 000 t de résidus de traitement fins, dont 76 t d’uranium, et 4 532 000 t de résidus grossiers (dont 672 t d’uranium). L’activité totale dépasse 86 TBq, dont 43 TBq en radium 226. Ce site devrait être classé INB.

5. L’Ecarpière (Loire-Atlantique) : sur cet ancien site minier, un bassin artificiel entouré de digues constituées de résidus grossiers de lixiviation, contient 7 500 000 t de boues, soit 510 t d’uranium. Avec les digues qui renferment, elles, 300 t d’uranium, le tonnage total est de 11 500 000 t l’un des plus importants de France. L’activité totale est de plus de 365,6 TBq, dont 182,8 TBq en radium 226. On projette d’y mettre des résidus radioactifs provenant du traitement de terres rares effectué par Rhône-Poulenc à La Rochelle, à raison de 7 800 t par an. Ce site devrait être classé INB.

6. Le Bosc (Hérault) : excavations d’une mine à ciel ouvert renfermant, début 1991, 2 969 000 t de résidus, dont 818 t d’uranium, provenant de l’usine SIMO du Bosc, actuellement en exploitation. L’activité totale est de plus de 236,2 TBq, dont 118,1 TBq pour le radium 226, Ce site devrait être classé INB.

7. Saint-Priest-la-Prugne (Loire): ancien site minier renfermant 1 100 000 t de résidus dans la mine souterraine et 1 300 000 t, dont 286 t d’uranium, dans un vaste bassin de 20 ha où ils s’étagent sur 19 m d’épaisseur. L’activité totale est de plus de 168 TBq, dont 84 TBq en radium 226. Après avoir essayé de reconvertir le site en centre de stockage de déchets radioactifs, le CEA donne la préférence, pour sa réhabilitation, à la transformation du bassin en… base nautique ! Ce site devrait être classé INB.

8. Gueugnon (Saône-et-Loire): sur le terrain d’une ancienne usine de traitement, grand bassin de 6 ha renfermant 185 000 t de résidus contenant 42 t d’uranium. L’activité totale dépasse 20,8 TBq, dont 10,4 TBq en radium 226.

9. Le Bauzot (Saône-et-Loire): ancien site minier renfermant des fûts de déchets radioactifs livrés entre 1958 et 1969. Il s’agit de 32 600 fûts provenant du centre du Bouchet et contenant 5 600 t de déchets pour une activité de 2,8 TBq de radium 226. Il y a aussi 48 000 fûts venus de l’usine SICN/CERCA, à Veurey-en-Isère, qui fabrique les éléments combustibles des réacteurs ! Ils contiennent 10 400 t de graphite, de quartz et de boue de sablage; leur activité est de 0,1 TBq. S’y ajoutent quelques centaines de fûts contenant des terres et des gravats provenant de l’usine pilote d’extraction de plutonium qui a fonctionné à Fontenay-aux-Roses de 1954 à 1957. Actuellement, tous ces fûts sont enfouis dans une sorte de tumulus de 6 m de hauteur sur une surface de 8 000 m2.

10. Rophin (Puy-de-Dôme) ancien site minier renfermant 30 000 t de résidus contenant une tonne d’uranium, l’activité du radium 226 représentant plus de 0,3 TBq

11. Saint-Hippolyte (Haut-Rhin) : à deux pas d’un ravissant village de la route du vin, ancien site minier de Schaentzel et du Teufelsloch (le trou du diable) renfermant toujours 2 000 t de résidus de lixiviation. En fait, le minerai lixivié est resté dans les cuves et l’exploitation a cessé après une campagne d’essai en 1969. L’activité en radium 226 serait de 0,1 TBq. Il y a encore sur ce site, qui est le plus petit dépôt de résidus de traitement d’uranium en France, 2 000 t de minerai non traité.

NOTA: PHOTOS de Thierry LAMIREAU

Réalisateur du film « URANIUM EN LIMOUSIN »

Jacqueline Denis-Lempereur,
Science & Vie n° 899, août 1992

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 28 avril, 2012 |Pas de commentaires »

DIFFERENCES ENTRE LE BEURRE ET LA MARGARINE…

DIFFERENCES ENTRE

LE BEURRE

ET

LA MARGARINE

DIFFERENCES ENTRE LE BEURRE ET LA MARGARINE... dans REFLEXIONS PERSONNELLES images1 

La margarine était manufacturée, à l’origine, pour engraisser les dindes et les volailles.

Quand le produit en question  a commencé à nuire aux éleveurs en tuant les animaux prématurément, les investisseurs qui avaient mis leur argent dans la recherche ont voulu un retour sur investissement alors, ensemble, ils ont cherché un moyen de faire de l’argent avec ce produit.

C’était un produit gras, de couleur blanche sans attrait nutritif alors ils ont ajouté un colorant jaune et l’ont vendu aux consommateurs pour remplacer le beurre.

Cet agent chimique engraissant est maintenant offert dans une variété de saveurs.

Mais connaissez-vous VRAIMENT la différence entre la margarine et le beurre ?

Lisez jusqu’à la fin…cela devient vraiment intéressant…

Les deux ont la même quantité de calories. Le beurre est un peu plus haut en gras saturé à 8 grammes comparé à 5 grammes pour la margarine.

Manger de la margarine peut augmenter les maladies  du cœur chez la femme de 53 % comparé à manger la même quantité de beurre selon une étude récente du département médical de Harvard.

Manger du beurre augmente l’absorption des autres nutriments contenus dans la nourriture.

Le beurre a beaucoup de bénéfices nutritionnels comparés à ceux de la margarine qui ne sont que des additifs.

Le beurre a un goût bien meilleur que la margarine et il peut améliorer la saveur de la nourriture lorsqu’il est ajouté dans une recette.

Le beurre est utilisé depuis des siècles alors que la margarine est sur le marché depuis à peine une centaine d’années.

Et maintenant, à propos de la margarine…

Très haute en acides gras. Triple le risque de maladie coronarienne.

Augmentation totale du cholestérol et LDL (le mauvais cholestérol) et baisse le niveau du HDL (le bon cholestérol).

Augmente le risque de cancer par un facteur 5.

Baisse la qualité du lait maternel. Baisse la réponse immunitaire.

Baisse le niveau d’insuline.

ET VOICI LE FAIT LE PLUS DERANGEANT…

Les composants moléculaires de la margarine sont à 95% similaires au plastique !

Juste ce fait tout seul devrait être suffisant pour vous convaincre d’éviter la  margarine pour la vie et tout ce qui est hydrogéné ( de l’hydrogène est ajouté pour changer la structure moléculaire du produit).

Vous pouvez faire un test vous-même :

Achetez un pot de margarine et laissez-le dans votre garage ou dans une zone d’ombre.

Après quelques jours, vous remarquerez quelques détails :

Pas de mouches, même pas les petites mouches à fruits, ne vont près de la margarine (déjà là, cela devrait vous étonner). Cela ne moisit pas ou ne sent pas parce qu’il n’y a aucune valeur nutritionnelle.

Rien ne poussera sur ce produit tellement il est chimique.

Même le plus petit des micro-organismes ne voudra en faire son logis.

POURQUOI ?

Parce que c’est presque du PLASTIQUE !

Feriez-vous fondre un bol en plastique au micro-onde pour l’étendre sur votre toast ?

Envoyez cela à vos ami(e)s parce que leur santé est importante.

Alors….à votre Santé !

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 25 avril, 2012 |Pas de commentaires »
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