Armes à l’uranium: un lycéen de Verdun au Mémorial de Caen pour un « pavé dans la mare »

Armes à l’uranium:

Un lycéen de Verdun

au Mémorial de Caen

pour un

pavé dans la mare

 Concours des Plaidoiries pour les Droits de l'Homme Mémorial de CAEN

Il y a quelques mois, je recevais un message sur une de mes messageries internet.

C’était un lycéen du Lycée Polyvalent Régional Jean-Auguste Margueritte de Verdun.

Il avait lu toutes mes parutions sur les armes à l’uranium « appauvri » et souhaitait obtenir des informations supplémentaires pour préparer son intervention afin de participer à un concours d’éloquence réservé aux lycéens de France et des DOM-TOM.

Je lui ai donc donné d’autres références et notamment les références de certain-e-s dont, entre autres, celles de monsieur Alain ACARIES, père d’un soldat décédé quelques mois après son retour d’une campagne militaire…

Ce lycéen très volontaire et courageux (Tom SORIANO) a donc préparé et mémorisé son intervention pour parler du soldat Ludovic ACARIES.

Tom SORIANO a donc eu la chance de pouvoir intervenir au Mémorial de Caen, vendredi 24 janvier 2020, lors des Plaidoiries pour les Droits de l’Homme…face à une assistance de journalistes, associations diverses, militaires et leurs familles, élus, membres d’Institutions, etc.

Cette « performance » de dix minutes, très difficile à assumer en public face aux caméras, a dû certainement remuer les consciences voire froisser certain-e-s…

Si le travail de Tom SORIANO reste admirable, il faudra en surveiller les conséquences…pour lui-même et pour le sujet abordé classé « Secret Défense » par TOUS LES ÉTATS utilisateurs des armes à l’uranium !

La presse va-t-elle en parler et va-t-elle me contacter in fine ou va-t-elle CENSURER comme à son habitude ?

A suivre…

L’intervention de Tom SORIANO

au Mémorial de CAEN

Tom SORIANO Mémorial de CAENpng

« Un tueur empoisonné »

https://youtu.be/1wdb0naJbZA

Le texte de l’intervention

de Tom SORIANO

fichier pdf Plaidoyer Tom SORIANO sur UA

NOTA:

Texte et vidéo diffusés sur mon blog avec l’autorisation de Tom SORIANO.

Mes enquêtes en rappel:

Modélisation contamination radioactive par armes URANIUM

1/http://lesoufflecestmavie.unblog.fr/2019/07/30/les-petites-cachotteries-dun-etat-de-son-armee-et-de-journalistes-qui-pretendent-tinformer-sur-les-armes-francaises-lamireau-thierrylesoufflecestmavie-unblog-fr/

2/http://lesoufflecestmavie.unblog.fr/2018/01/16/ruthenium-106-sur-leurope-une-omerta-bien-orchestree-thierry-lamireau-lesoufflecestmavie-unblog-fr/

3/http://lesoufflecestmavie.unblog.fr/2019/08/22/explosions-darmes-radioactives-russes-les-petits-mensonges-habituels-thierry-lamireaulesoufflecestmavie-unblog-fr/

4/http://lesoufflecestmavie.unblog.fr/2017/07/03/armes-a-luranium-appauvri-lessentiel-des-infos-thierry-lamireau/

Ma vision d’ensemble

sur le nucléaire:

Explosion d'armes à l'URANIUM

http://lesoufflecestmavie.unblog.fr/2017/12/15/nucleaire-mon-amour-thierry-lamireaulesoufflecestmavie-unblog-fr/

Journalistes, je vous attends toujours…

Je serai peut-être mort avant que vous vous décidiez d’être courageux.

Carpe Diem.

Thierry LAMIREAU

Réalisateur du film « Uranium en Limousin » et accessoirement irradié.

ISRAËL: L’EMPIRE ET LES VENTES D’ARMES (http://www.cot81.com)

ISRAËL:

GAZA et ISRAËL

L’Empire

et les ventes d’armes

(Collectif des Objectrices et Objecteurs Tarnais)

Extraits d’une interview de John HALPER, coordinateur du Comité Israélien contre les Démolitions des Maisons (ICAHD).

Israël est placé

du point de vue stratégique

au centre du réseau mondial d’armement.

Les armes sophistiquées israéliennes et les logiciels militaires sont très importants pour le développement militaire des Etats-Unis.

Israël est devenu le principal sous-traitant des Etats-Unis en matières d’industries militaires.

L’année dernière Israël a signé un contrat de formation et d’équipement de l’armée chinoise, et un contrat similaire avec l’armée indienne. Israël équipe l’armée indienne avec des armes américaines.

D’un côté Israël joue un rôle crucial du fait de la sophistication de ses industries high-tech et de ses capacités commerciales.

De l’autre, il n’y a en Israël aucune contrainte éthique ou morale en ce qui concerne les armes,Le gouvernement israélien peut faire tout ce qu’il veut.

Ainsi le congrès américain impose, lui, des restrictions aux ventes d’armes à la Chine, en raison des atteintes aux Droits de l’Homme perpétrées dans ce pays. Alors que fait Israël ?

Il bricole des armes américaines juste assez pour les maquiller en armes israéliennes, et voilà qui permet de court-circuiter le congrès américain !

Pour la part essentielle de ses activités en la matière, Israël sert de couverture aux ventes d’armes américaines aux pays du Tiers Monde: Colombie, Guatémala,Uruguay, Argentine, Chili à l’époque des colonels, Birmanie, Taïwan, Zaïre, Libéria, Congo, Sierra Léone ont des relations primordiales avec Israël.

Exemple : Les mercenaires israéliens en Sierra Léone contournent les boycotts de l’ONU, imposés à ce que nous appelons les diamants sanglants, de même pour l’Angola.

Israël développe un système de missiles en Angleterre, un nouveau type d’avion de chasse avec la Hollande et vient d’acheter trois sous-marins nucléaires à l’Allemagne.

Les trafiquants d’armes israéliens sont très actifs dans les pays rudes et troublés où les américains se feraient bouffer tout crus: l’Ouzbékistan, le kazakhstan, la Russie, la Chine, l’Indonésie…

Les Etats-Unis et Israël ont conclu un traité officiel, scellant une alliance en vertu de laquelle Israël a accès a pratiquement toutes les données ultra-secrêtes de la technologie militaire américaine .

Voici, une partie de l’argumentaire adressé aux membres du Congrès américain pour leur demander de soutenir Israël:

« Vous êtes membre du congrès des Etats -Unis et il est de votre responsabilité de soutenir Israël car de nombreuses entreprises, dans votre état, ont des liens d’affaires avec Israël et c’est grâce à cela que de nombreux ingénieurs en recherche et développement effectuent des recherches dans les universités de votre Etat, dont beaucoup d’emplois dépendent des industries militaires et de défense. »

En effet, dans la plupart des districts des Etats-Unis , les membres du congrès dépendent énormément du secteur de l’armement, plus de la moitié de l’emploi industriel en Californie, par exemple, est lié à la défense…

Bien qu’Israël soit un tout petit pays, sur le plan de l’empire américain, il occupe une place importante dans les industries de la défense, la production et les ventes d’armes. Il est un élément clé de l’Empire, un élément essentiel pour la protection des intérêts économiques américains au Moyen Orient.

Il dispose, entre autres, d’un énorme avantage en matière de relations publiques, c’est qu’il sait, malgré sa force militaire, se faire passer pour une victime.

Collectif des Objectrices et objecteurs Tarnais

http://www.cot81.com/spip.php?article8

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 18 juillet, 2014 |Pas de commentaires »

LES YACHTS SONT LES BIENS DE LUXE LES PLUS COÛTEUX (Matthieu HOFFSTETTER/bilan.ch)

Le choc de simplification par le dessinateur Wingz

Les yachts

sont les biens de luxe

les plus coûteux

AAAAAAAAA
(Matthieu HOFFSTETTER
Maisons, appartements, terrains:
Quels sont les biens les plus coûteux au monde ?
Une étude du cabinet Wealth-X place huit yachts parmi les dix
biens les plus chers au monde.

Parmi les folies des multimillionnaires et des milliardaires, villas au bord de la mer, ranchs avec immenses propriétés ou encore appartements luxueux attirent souvent l’attention. Mais il existe un type de biens qui coûte bien plus cher que ces propriétés foncières: les yachts.

Le site Wealth-X révèle que huit des dix biens de luxe les plus chers au monde sont des yachts. Oligarques russes et monarques du Golfe persique ont englouti des sommes considérables ces dernières années dans de véritables palaces flottants, dont les dimensions toujours plus affolantes et les équipements toujours plus luxueux donnent le vertige.

«Azzam» en tête du classement

Yacht AZZAM

Au sommet de ce classement figure «Azzam», le plus grand yacht jamais construit, propriété de Khalifa bin Zayed Al Nahyan, émir d’Abou Dabi et président des Émirats Arabes Unis. Avec ses 180m de long et ses six ponts, il aurait coûté 627 millions de dollars à ce monarque dont la fortune est estimée à 17,9 milliards de dollars.

La deuxième place de ce classement fait exception: patron d’Oracle, Larry Elison a acheté une île de l’archipel d’Hawaii, Lanai Island. Pour acquérir ces 366km2 (en fait, il en détient 98%), il a déboursé 500 millions de dollars en juin 2012.

Retour des yachts à la 3e place et c’est un Russe qui complète le podium: Roman Abramovitch, qui a fait fortune dans l’industrie pétrolière et possède le club de football anglais du Chelsea FC, a acheté l’«Eclipse» voici trois ans pour 485 millions de dollars. Ce navire était alors le yacht le plus long (170m) et le plus cher au monde.

Six yachts de la 4e à la 10e place

Yacht SERENE

Un de ses compatriotes, Yuri Shefler, a lui fait fortune dans la production d’alcools (et de vodka en particulier). En 2011 il a réceptionné le yacht «Serene», qu’il s’était fait construire en Italie. Facture: 330 millions de dollars pour ce bateau moins gigantesque que les autres (133m de long) mais non moins luxueux.

Quatre autres yachts suivent ensuite dans ce classement: le «A», propriété de Andrey Melnichenko, qui a fait fortune dans l’industrie et la banque en Russie (323 millions de dollars pour le yacht); le «Dubai», qui appartient à Mohammed bin Rashid Al Maktoum, émir de Dubaï (300 millions de dollars); le «Pelorus», qui est la propriété de David Geffen, producteur américain et co-créateur des studios Dreamworks (300 millions de dollars); le «Radiant» appartient à Abdulla Al Futtaim, un émirati qui a fait fortune dans le commerce et l’industrie (286 millions de dollars).

Un appartement à Monaco

Appartement du russe Dmitry Rybolovlev à MONACO 235 millions d'euros photo de VANINA

(Photo: Appartement de Dmitry Rybolovlev / VANINA)

A la 9e place de ces biens les plus chers au monde, c’est un appartement qui émerge: le magnat russe de la chimie Dmitry Rybolovlev, propriétaire du club de foot de l’AS Monaco, a acheté un appartement 286 millions de dollars dans la principauté voici quelques mois.

Pour clore ce classement, retour aux flots avec le yacht «Dilbar», propriété d’Alisher Usmanov, Russe d’origine ouzbek qui a fait fortune dans la métallurgie. Il a payé son yacht 263 millions de dollars.

Matthieu HOFFSTETTER

bilan.ch

NOTA:

Photos rajoutées par lesoufflecestmavie.unblog.fr

Tout va bien

pour les riches.

Tout va mal

pour les pauvres.

C’est dans l’ordre

des choses !

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 25 mai, 2014 |Pas de commentaires »

POUR L’ARRÊT IMMEDIAT DE LA SPECULATION FINANCIERE SUR L’ALIMENTATION (cncd.be)

Pour l’arrêt immédiat

de la spéculation financière

sur l’alimentation

AAAAAAAA

Un film du Panach’Club.

Avec: Valery Massion, Arnaud Crèvecoeur, Laetitia Salsano, Joséphine de Renesse, Mathis et Noa Charlier.

Scénario & réalisation : Sébastien schmit – Cadre, montage & étalonnage : Sébastien Fernandez – Prise de son : Cyril Mosse – Renfort lumière : Hatuey Suarez-Piedra – Régie : Fanny Hanciaux – Musique & mixage : Ludovic Romain.

Le Panach’Club (panachtv.be) et le CNCD-11.11.11 (cncd.be) remercient Monsieur de Renesse et la CSC Bruxelles.
Un merci tout particulier également à Stéphane Desgain, Tania Farkh, Stéphane Rimbert, Clément Bogaerts, Sarah Dujardin, Rachel De Plaen, Michel Dubois, Elise Pirsoul, Jasmyne Boudjema, Coralie Vos et Xiao Wei Tang.

Plus d’infos sur cncd.be/Stop-a-la-speculation-financiere

Spot TV, Opération 11.11.11 2013

Occidentaux et Afrique

Spot télé 2013 de l’Opération 11.11.11, la grande récolte de fonds annuelle du CNCD-11.11.11, pour financer des programmes de développement.

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 24 mai, 2014 |Pas de commentaires »

LANCEURS D’ALERTE: LE PRECIEUX GUIDE DE L’AVOCAT WILLIAM BOURDON (Bernard WALTER)

 Lanceurs d’alerte:
le précieux guide de l’avocat
William BOURDON
Couverture du livre de William BOURDON Petit Manuel de désobéissance citoyenne LANCEUR D'ALERTE

Avocat médiatique, grand défenseur des Droits de

l’Homme, William BOURDON sillonne le monde au nom de

son association SHERPA, tournée vers la notion de

responsabilité sociale des entreprises.

On comprend que ce professionnel vigilant ait été

particulièrement attentif à l’émergence du phénomène des

lanceurs d’alertes.

William Bourdon est en France un avocat au service des Droits de

l’Homme, en particulier défenseur du citoyen contre les

violences de l’Etat et les abus financiers commis au plus haut

niveau.

Il vient de publier chez Lattès un livre au titre très explicite:

 Petit manuel

de

désobéissance citoyenne

par Bernard WALTER

Cet ouvrage porte un sous-titre tout aussi clair:  « Quand l’intérêt général est menacé, DEVENEZ LANCEUR D’ALERTE ».

C’est un livre assez technique, livre de combat et non de rêve. Mais il est tout bénéfice d’avoir un peu de la persévérance qui permettra d’en achever la lecture.

William BOURDON réussit en même temps un certain tour de force, celui d’écrire un livre porteur de perspectives et d’un certain espoir, en ce sens qu’il redonne au citoyen un moyen important de ne pas subir, mais au contraire de reprendre du pouvoir au sein du système, d’en redevenir un acteur.

C’est un homme qui, de par sa carrière, est très bien placé pour dresser un état des lieux de la question. Il donne informations et conseils pour clairement inciter le citoyen à ne pas fermer les yeux sur des scandales et injustices dont il serait le témoin, en particulier sur son lieu de travail lorsque celui-ci le met quotidiennement en face de situations exposées: banque, police, informatique par exemple.

Ses informations ciblent non seulement le plan juridique, mais également le plan social. Il donne un éclairage précieux sur le rapport des forces en présence, sur la nécessité de ne se comporter ni en kamikaze ni en Don Quichotte. Il est important pour celui qui détient des informations sensibles de ne pas se jeter tête baissée dans la gueule du loup, de prendre des précautions vis-à-vis de sa hiérarchie, de ne pas naïvement faire confiance, de se créer un réseau d’alliances, bref de faire preuve d’un maximum de prévoyance.

William BOURDON est par ailleurs soucieux de faire évoluer le droit pour aller dans le sens d’une meilleure protection de celui qui légitimement lance une alerte en faveur de la justice, de la morale et de l’intérêt des citoyens.

Deux axes constituent les piliers principaux du livre.

D’une part le livre attire l’attention des citoyens sur toute la problématique de la morale sociale, c’est-à-dire des responsabilités des gens de pouvoir, qu’il s’agisse du domaine politique, bancaire, policier ou industriel. C’est par là-même un manuel au service de tout ce qui est de l’ordre des contre-pouvoirs, et à ce titre, il est évidemment précieux.

Et d’autre part il incite le citoyen à avoir le courage de se mettre au service des justes causes, le jour où il se trouve confronté à une question qui engage sa responsabilité. Il lui indique comment réfléchir, prévoir, agir, se protéger.

L’auteur:

William BOURDON

Né en 1956, fervent militant de la cause des Droits de l’Homme, William BOURDON est avocat au Barreau de Paris, spécialisé en droit pénal des affaires et droit de la communication.

Défenseur des victimes de la mondialisation et des crimes de guerre, il s’est illustré notamment dans la cause des victimes de Pinochet, des opposants chinois au régime, du génocide rwandais ou encore des services de sécurité libyens. Créateur de l’association SHERPA, il est aussi l’avocat de Transparency International.

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 9 mai, 2014 |Pas de commentaires »

HISTOIRES DE GAZA (Counterpunch)

Histoires de Gaza (Counterpunch)
envol
HISTOIRES DE GAZA (Counterpunch) dans REFLEXIONS PERSONNELLES arton23940-d08f0
David SWANSON

De jeunes auteurs de Gaza, dont certains disent qu’ils peuvent trouver la Palestine sur Internet mais pas dans la réalité, viennent de publier une série de récits en Anglais pour marquer le cinquième anniversaire des 23 jours (du 27 décembre 2008 à l’intronisation d’Obama) pendant lesquels Israël a bombardé la population de Gaza avec une cruauté sans précédent. Ils publient quotidiennement un extrait de leur livre tout au long de ces 23 jours sur leur page FaceBook. Vous pourrez leur parler si vous voulez dans le prochain Google Hangout.

Pendant cinq ans, le monde – tout comme Obama – a globalement regardé ailleurs en ce qui concerne les crimes commis par des pays alignés sur les Etats-Unis. Mais les crimes perpétrés à Gaza à l’époque et aujourd’hui et dans d’autres pays, ont été portés à la connaissance de ceux qui voulaient bien les voir par les récits en temps réel publiés sur des blogs jusque dans les pays responsables du terrorisme lointain trop-effroyable-pour-qu’on-ose-prononcer-son-nom. Si on s’intéressait à ce que disent les étrangers de notre pays sur Internet ou à la TV au lieu de n’écouter que ce que nous disons de nous-mêmes, l’injustice aurait du souci à se faire.

Les récits plus vrais-qu’à-la-télé écrits par ces jeunes Gazaouis ont le potentiel de toucher beaucoup d’âmes et pourraient par leur exemplarité contribuer à écarter le spectre de la prochaine « guerre humanitaire » quel que soit le pays visé. Si les récits de ceux qui ont bénéficié des attentions particulières des militaires pouvaient être lus par des gens qui ont de l’influence ou qui pourraient en avoir s’ils le souhaitaient, et si ces récits parvenaient à faire saisir l’évidence-toujours-niée qu’ils sont comme nous, que ces gens sont des gens exactement comme les autres, alors le « choc et l’effroi »* cesseraient peut-être de roder dans les rues de villes soi-disant non-humaines pour aller hanter les bureaux de Lockheed Martin où est leur véritable place.**

Les histoires de ce livre parlent d’enfance et de famille, d’amour et de perte, de football et de mal de dent. Comme dans toutes les histoires les gens sont mis dans des circonstances particulières : Une visite au médecin est une visite à quelqu’un qui doit faire des choix difficiles : est-ce que ce sera votre père qui sera envoyé chez le spécialiste ou le bébé qui a plus de chance de survivre ? Deux fermiers, un Gazaoui et un Israélien se trouvent sans le savoir à quelques mètres l’un de l’autre, séparés par un mur impénétrable. Un Gazaoui et un Israélien ont peut-être envie de faire connaissance mais ils en sont empêchés par un mur inhumain. Un enfant écoute une histoire avant de s’endormir quand soudain un missile frappe la maison. Qui vivra ? Qui sera traumatisé ? Ou tout le monde est-il déjà traumatisé ?

« J’ai passé cette nuit-là à penser à la maison de Thaer, à la vie qui s’éteignait dans les yeux de maman. Je n’ai pas cessé de me demander ce qui était le plus douloureux : l’horrible bourdonnement du drone à l’extérieur ou le tumulte des questions douloureuses qui m’agitaient. Je crois que j’ai fini par m’endormir sans avoir de réponse, reconnaissante que le drone n’ait pas laissé ma souffrance intérieure s’apaiser. »

Les enfants de Gaza connaissent les noms de livres, de jouets, de films, d’arbres et d’avions meurtriers. Certains se nomment « Apaches », du nom d’une peuple traqué, emprisonné et assassiné par l’armée étasunienne, un peuple enfermé dans des camps qui ont inspiré les nazis dont les camps à leur tour ont inspiré à la nation israélienne ce qu’elle fait maintenant aux immigrants africains non-juifs. Combien faudra-t-il de temps avant que les petits enfants de Chine ne montrent le ciel en craignant de voir apparaître un essaim de « Gazas » ?

Ces récits parlent de gens et de pays et des efforts pour comprendre d’autres gens. Comprendre les autres est un défi :

“Si on inventait un jour un bulldozer palestinien (Ha ha, je sais !) et si je pouvais entrer dans un verger de Haïfa par exemple, je ne déracinerais jamais un arbre qu’un Israélien aurait planté. Aucun Palestinien ne ferait une chose pareille. Pour les Palestiniens les arbres sont sacrés, tout comme la terre qui les porte ».

Les Gazaouis essaient d’imaginer ce qui se passe dans la tête des soldats israéliens, en particulier de ceux qui ont tué des membres de leur famille. Une histoire parle des regrets d’un soldat israélien (ou PTSD*** : le terme clinique moins impliquant est souvent préféré) et des efforts de la femme du soldat pour atténuer ses remords :

« Mais chéri, tu ne faisais qu’obéir aux ordres. Tout va bien. »

Ces mots de tendre de réconfort résonnent aux oreilles d’un homme qui n’est plus capable de les entendre. Et en même temps, ils font référence à des événements absolument horribles. Le contraste entre ces significations opposées devrait nous conduire à nous arrêter et à remettre en question ce que nous entendons trop souvent sans y prêter attention. Ici aux Etats-Unis par exemple, un soldat en uniforme monte le premier dans un avion et on le remercie pour ses »services ». Il serait sûrement impoli de ne pas le remercier pourtant on ne remercie pas celui qui appuie sur le bouton de la chaise électrique dans nos prisons. On ne remercie pas non plus ceux qui risquent leur vie pour éteindre le feu. Il n’y a que ceux qui tuent dans les guerres, même quand ils participent à l’opération la plus meurtrière en cours -en Afghanistan- qui ont le soutien de 17% de la population étasunienne ; et les sondages internationaux montrent que les Etats-Unis sont considérés comme la plus grande menace contre la paix sur terre.

Les récits de Gaza ne sont pas des essais. Ils ne traitent pas de l’inévitable question : « Qu’en est-il de la violence des Gazaouis eux-mêmes ? » Il n’est pas nécessaire de se méprendre sur la nature de l’occupation, le lent génocide, l’injustice internationale, la violence et la souffrance hors de proportions infligées à un des deux camps de ce soi-disant conflit pour penser que « Qu’en est-il de la violence des Gazaouis eux-mêmes ? » est une question raisonnable. Il n’est nul besoin d’être un Gazaoui ou un imbécile grossier et arrogant pour avoir le droit de ne pas être d’accord avec la réponse habituelle. Le livre est préfacé par l’éditeur qui exprime son soutien pour le concept bien connu : « par tous les moyens nécessaires ». Je préfère dire : « par tous les moyens efficaces ». Des moyens qui sont l’expression la plus immédiate de la rage sont parfois considérés à tort comme nécessaires, tandis que d’autres qui auraient plus de chance d’aboutir sont parfois rejetés parce qu’on les trouve insuffisants. »

Les histoires elles-mêmes ne traitent pas de cette question. Elles décrivent plutôt la lutte pour la survie, le courage dont nous pourrions tous avoir besoin si le climat de la terre évolue comme les savants le prédisent. Ces jeunes de Gaza pourraient prendre la tête d’un mouvement pour la paix et la justice avant que la folie et le désastre de l’impérialisme n’engloutisse les nantis comme les oubliés. J’espère qu’ils connaissent les Volontaires de la Paix en Afghanistan, les gens de No Dal Molin en Italie et ceux du village de Gangjeong sur l’île de Jeju et qu’ils se joindront au nouveau mouvement mondial pour mettre fin à la guerre qui verra le jour l’année prochaine.

David SWANSON

David SWANSON est l’auteur de War is a Lie. Il habite en Virginie.

Traduction : Dominique MUSELET

Notes :

* La doctrine choc et effroi (de l’anglais Shock and Awe, ce qui peut aussi être traduit par « Choc et stupeur »), ou de « domination rapide », est une doctrine militaire basée sur l’écrasement de l’adversaire à travers l’emploi d’une très grande puissance de feu, la domination du champ de bataille et des manœuvres, et des démonstrations de force spectaculaires pour paralyser la perception du champ de bataille par l’adversaire et annihiler sa volonté de combattre.

** Lockheed Martin est la première entreprise américaine et mondiale de défense et de sécurité.

*** Post-traumatic stress disorder

URL de cet article 23940
http://www.legrandsoir.info/histoires-de-gaza-counterpunch.html
Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 22 janvier, 2014 |Pas de commentaires »

DAMAS ACCUSE DE MASSACRE A ECHELLE INDUSTRIELLE DANS UN RAPPORT PUBLIE SUR « THE GUARDIAN » ET « CNN » (AFP)

Damas accusé de massacre

à échelle industrielle

dans un rapport

publié sur les sites

de

« The Guardian »

et de

« CNN »

AAAAAAAA

LONDRES – Trois anciens procureurs internationaux accusent la Syrie de massacres à grande échelle et de tortures dans un rapport basé sur le témoignage d’un déserteur et commandé par le Qatar, pays qui soutient les rebelles syriens.

Le rapport, publié sur les sites du quotidien britannique The Guardian et de la chaîne d’information américaine CNN, est basé sur le témoignage et sur des photos fournies par cette source, restée anonyme pour des raisons de sécurité.

Il fait état de 11.000 détenus morts dans les geôles du régime syrien. Ce chiffre provient d’un seul endroit, que je ne peux pas citer pour des raisons de sécurité, a déclaré l’un des trois rédacteurs du rapport, Desmond de Silva, à la BBC.

Sur l’ensemble de la Syrie, il y en a beaucoup plus, a ajouté l’ancien procureur en chef du Tribunal Spécial pour la Sierra Leone qui a rédigé ce rapport avec Geoffrey Nice, ancien procureur en chef lors du procès de l’ex-président yougoslave Slobodan Milosevic, et David Crane, qui a inculpé le président libérien Charles Taylor.

Commandité et financé par le Qatar, le rapport de 31 pages a été publié à la veille du début de la conférence de Genève II destinée à sortir la Syrie de la guerre civile.

L’ONU ainsi que des organisations comme Human Rights Watch avaient déjà fait état d’abus et de tortures de la part du régime syrien ainsi que des rebelles, mais à une échelle moindre.

Le document publié s’appuie sur le témoignage d’un photographe qui affirme avoir déserté la police militaire syrienne avec, en sa possession, une carte mémoire contenant environ 55.000 photos de 11.000 prisonniers morts en prison entre mars 2011 et août 2013.

Il a remis les photos aux experts médico-légaux mandatés par le cabinet juridique représentant le Qatar, à majorité sunnite, qui avait immédiatement apporté son soutien aux rebelles lors de leur soulèvement en 2011 contre Bachar al-Assad, soutenu par l’Iran chiite.

Les images témoignent du meurtre systématique de détenus par la faim et la torture. On voit des yeux arrachés, des gens battus de manière ignoble, des corps mutilés, ce sont des images terribles, s’est ému Desmond de Silva.

Les photos de corps émaciés rappellent ceux des camps de concentration nazis, a-t-il ajouté. Nous estimons que les éléments qu’il a fournis peuvent contribuer à trouver des crimes contre l’humanité.

L’ancien procureur estime qu’il est très peu probable que les photos puissent avoir été falsifiées.

Les auteurs du rapport ont mis le résultat de leur travail à la disposition de l’ONU, des gouvernements et des organisations de défense des droits de l’Homme.

Nous sommes convaincus qu’il s’agit d’un témoin (…) sincère, a souligné Desmond de Silva, expliquant l’avoir rencontré pendant trois jours avec ses deux collègues dont il a vanté la qualité et l’expérience en la matière.

L’intérêt que possède le Qatar dans cette affaire ne veut pas dire que les preuves sont fausses. Nous avons pris ce fait en compte et avons été très méticuleux dans notre façon de travailler, a-t-il ajouté.

La publication du rapport a fait réagir le ministre britannique des Affaires étrangères William Hague qui a évoqué de nouvelles preuves de l’utilisation systématique de violence et de brutalité envers le peuple syrien par le régime d’Assad.

Nous allons continuer à faire pression pour agir contre toute violation des Droits de l’Homme en Syrie et faire en sorte que les auteurs en rendent des comptes, a ajouté le ministre.

Au département d’Etat américain, une porte-parole, Marie Harf, a dénoncé des images (…) extrêmement dérangeantes, horribles à regarder et qui représentent des actes qui seraient apparemment de graves crimes internationaux. Le ministère américain a une nouvelle fois accusé le régime syrien d’être responsable de crimes de guerre et de crimes contre l’Humanité.

(©AFP / 21 janvier 2014 21h17)

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 22 janvier, 2014 |Pas de commentaires »

NELSON MANDELA…

« Au cours de ma vie, je me suis entièrement consacré à la lutte du peuple africain. J’ai lutté contre la domination blanche et j’ai lutté contre la domination noire. Mon idéal le plus cher a été celui d’une société libre et démocratique dans laquelle tous vivraient en harmonie et avec des chances égales. J’espère vivre assez pour l’atteindre. Mais si cela est nécessaire, c’est un idéal pour lequel je suis prêt à mourir ».
Nelson Mandela (18 /07/ 1918- 5 /12/ 2013 ).
Nelson Mandela, photo, portrait
Les morts sont tous des braves types.
Pas les vivants !

A écouter les journaleux et politiciens qui pleurent Nelson Mandela et qui ne firent rien pour le sortir de prison (dame ! il était communiste), on hésite entre les références à « La mouche du coche » et à la chanson de Brassens fustigeant ceux qui ont mis leur « tenue la plus sombre » et leur « masque d’enterrement » pour nous chanter qu’une « fois qu´ils ont cassé leur pipe/On pardonne à tous ceux qui nous ont offensés/Les morts sont tous des braves types ».

Parmi les pleureuses niagaresques, les USA, bien sûr, qui attendirent 2008 pour retirer le nom de Mandela de leur liste des terroristes et qui mettent dès aujourd’hui leurs drapeaux en berne jusqu’à lundi soir. Et Israël qui a soutenu le régime d’apartheid jusqu’au bout, et dont le chef de gouvernement prétend à présent que« Nelson Mandela était le personnage le plus honorable de notre époque… »

Benyamin Nétanyahou et Barak Obama s’agenouillent dans la chambre mortuaire en espérant que l’amnésie des peuples n’est pas une légende.

Autour de la tombe de Mandela, ce sont les noms d’Ernesto Che Guevara et de Fidel Castro qui doivent être prononcés si l’on veut honorer sa mémoire. C’est Mandela lui-même qui nous le dit (voir, ci-contre : « Discours historique de Nelson Mandela, le 26 juillet 1991 »).

Théophraste R. (« Chef de la brigade « Anti-Tartuffe et faux-jetons » au Grand Soir »).

PS. Oublions (trop, c’est trop !) l’hommage du FN à celui que Le Pen qualifia de « terroriste » en apprenant qu’il était libéré après 27 ans de prison.

Nelson Mandela : Ignoré puis célébré

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José FORT

Longtemps, Nelson Mandela est resté dans l’anonymat. Dans les années 1980, la plupart des Français et des Européens ne connaissaient pas son nom. Son combat contre l’apartheid n’intéressait pas les puissants de ce monde. La Première ministre britannique de l’époque, Mme Thatcher, celle à qui les élus de la droite parisienne voulaient attribuer récemment le nom d’une rue, qualifiait Mandela de « terroriste ». Sous la présidence de François Mitterrand, le gouvernement de Michel Rocard refusait de rompre les relations économiques de la France avec le régime raciste de Pretoria. La plupart des gouvernements européens maintenaient des relations cordiales avec le pouvoir sud-africain. Au même moment, la représentante de l’ANC à Paris, Dulcie September, était assassinée près des grands boulevards par des tueurs à la solde du pouvoir raciste.

Nelson Mandela était à l’époque un personnage peu fréquentable pour les gouvernements de droite et socialiste européens. Le Parti communiste français, seule formation politique, les jeunes communistes, « l’Humanité » menaient campagne pour la libération de Nelson Mandela et la mobilisation contre l’apartheid. Manifestations devant l’ambassade sud africaine durement réprimées, fêtes de l’Huma, affiches, tracts, numéros spéciaux de « l’Humanité » avec Mandela comme drapeau. Ceux qui n’ont rien fait pour la libération de Mandela et se complaisaient dans des relations complices avec le régime raciste sud-africain ont depuis célébré à la « people » celui qui symbolise un combat qu’ils n’ont jamais partagé. Nelson Mandela ne se faisait aucune illusion sur l’hypocrisie de beaucoup des gens célèbres qui venaient jusqu’à lui. Il acceptait ce rituel indiquant discrètement : « Il faut passer par là pour le bien de notre pays. »

José Fort

Où Mandela dit comment son destin et celui de
son peuple ont basculé

Discours historique de Nelson Mandela,

le 26 juillet 1991

-Nelson Mandela-

En 1991, Nelson Mandela, qui venait de passer 27 ans en prison au nom d’un combat pour la liberté de son peuple, a pris l’avion et a choisi d’atterrir, non pas dans la « plus grande démocratie du monde (USA), non pas dans « la patrie des Droits de l’Homme » (France), non pas dans « la seule démocratie du Moyen-orient » (Israël, complice jusqu’au bout de l’apartheid), mais à Cuba.
Et il y a prononcé, le 26 juillet 1991 le mémorable discours que voici où il explique comment et pourquoi la lutte doit se poursuivre dans son pays et ce qu’il doit au peuple cubain.

Le Grand Soir rappelle ce voyage et donne à lire ce discours de peur que les médias oublient de le faire.

Le Grand Soir

Premier secrétaire du Parti communiste, président du Conseil d’Etat et du gouvernement de Cuba, Président de la République socialiste de Cuba, commandant en chef, le camarade Fidel Castro ;

Internationalistes cubains, qui ont tant fait pour libérer notre continent ;

Peuple cubain, camarades et amis :

C’est un grand plaisir et un honneur d’être présent ici aujourd’hui, surtout pour un si grand jour dans l’histoire révolutionnaire du peuple cubain. Aujourd’hui Cuba commémore le trente-huitième anniversaire de la prise de la Moncada. Sans Moncada, l’expédition du Granma, la lutte dans la Sierra Maestra, la victoire extraordinaire du 1er Janvier 1959, n’auraient jamais eu lieu.

Aujourd’hui, voici la Cuba révolutionnaire, la Cuba internationaliste, le pays qui a tant fait pour les peuples d’Afrique.

Nous avons longtemps rêvé de visiter votre pays et d’exprimer les nombreux sentiments que nous éprouvons pour la révolution cubaine, sur le rôle de Cuba en Afrique, en Afrique australe et dans le monde.

Le peuple cubain occupent une place particulière dans le cœur des peuples d’Afrique. Les internationalistes cubains ont apporté une contribution à l’indépendance, la liberté et la justice en Afrique sans précédent de par ses principes et son caractère désintéressé.

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Dès les premiers jours la Révolution cubaine a elle-même été une source d’inspiration pour tous les peuples épris de liberté. Nous admirons les sacrifices du peuple cubain pour préserver leur indépendance et souveraineté face à une campagne impérialiste féroce orchestrée pour détruire les avancées impressionnantes réalisées par la Révolution cubaine.

Nous aussi nous voulons contrôler notre propre destin. Nous sommes convaincus que le peuple d’Afrique du Sud construira son avenir et qu’il continuera d’exercer ses pleins droits démocratiques après la libération de l’apartheid. Nous ne voulons pas que la participation populaire cesse avec la disparition de l’apartheid. Nous voulons que la libération ouvre la voie à une démocratie toujours plus profonde.

Nous admirons les acquis de la révolution cubaine dans le domaine de la protection sociale. Nous apprécions la transformation d’un pays d’une arriération imposée à l’alphabétisation universelle. Nous reconnaissons vos progrès dans les domaines de la santé, de l’éducation et de la science.

Il y a beaucoup de choses que nous apprenons de votre expérience. En particulier, nous sommes émus par votre affirmation du lien historique avec le continent et les peuples de l’Afrique.

Votre engagement constant à l’éradication systématique du racisme est incomparable.

Mais la leçon la plus importante que vous avez à nous offrir, c’est que peu importe les défis, peu importe les difficultés rencontrées dans la lutte, il ne peut être question d’abandonner ! Il s’agit de choisir entre la liberté ou la mort !

Je sais que votre pays connaît de nombreuses difficultés aujourd’hui, mais nous avons confiance que le peuple résistant de Cuba les surmontera car il a aidé d’autres pays à surmonter les leurs.

Nous savons que l’esprit révolutionnaire d’aujourd’hui est né il y a bien longtemps et que cet esprit fut entretenu par de nombreux combattants de la première heure pour la liberté cubaine, et aussi pour la liberté de tous ceux qui souffrent sous la domination impérialiste.

Nous aussi, nous sommes inspirés par la vie et l’exemple de José Marti, qui est non seulement un héros cubain et latino-américain, mais qui est également honoré à juste titre par tous ceux qui luttent pour leur liberté.

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Nous honorons également le grand Che Guevara, dont les exploits révolutionnaires, y compris sur notre propre continent, étaient trop puissants pour pouvoir nous être cachés par les censeurs de la prison. La vie du Che est une inspiration pour tous les êtres humains qui chérissent la liberté. Nous allons toujours honorer sa mémoire.

Nous sommes venus ici avec beaucoup d’humilité. Nous sommes venus ici avec beaucoup d’émotion. Nous sommes venus ici avec le sentiment d’une grande dette envers le peuple cubain. Quel autre pays peut se prévaloir de plus d’altruisme que celui dont Cuba a fait preuve dans ses relations avec l’Afrique ?

Combien de pays dans le monde bénéficient des travailleurs de la santé ou des éducateurs cubains ? Combien d’entre eux se trouvent en Afrique ?

Quel est le pays qui a sollicité une aide à Cuba et se l’est vu refuser ?

Combien de pays sous la menace de l’impérialisme ou en lutte pour leur libération nationale ont pu compter sur le soutien de Cuba ?

J’étais en prison lorsque j’ai entendu parler pour la première fois de l’aide massive que les forces internationalistes cubaines fournissaient à la population de l’Angola, une aide d’une telle ampleur qu’elle était difficile à croire, lorsque les Angolais ont été soumis en 1975 à une attaque coordonnée de troupes d’Afrique du Sud, du FNLA financé par la CIA, de mercenaires, de l’UNITA, et de troupes zaïroises.

En Afrique, nous sommes habitués à être victimes de pays qui veulent dépecer notre territoire ou saper notre souveraineté. Il n’y a pas de précédent dans l’histoire de l’Afrique d’un autre peuple qui se lève pour défendre l’un d’entre nous.

Nous savons également qu’il s’agissait d’une action populaire à Cuba. Nous sommes conscients que ceux qui ont combattu et qui sont morts en Angola ne constituaient qu’une faible proportion de tous ceux qui s’étaient portés volontaires. Pour le peuple cubain, l’internationalisme n’est pas un mot creux, mais quelque chose que nous avons vu mettre en pratique en faveur de larges secteurs de l’humanité.

Nous savons que les forces cubaines étaient prêtes à se retirer peu après avoir repoussé l’invasion de 1975, mais l’agression continue de Pretoria a rendue la chose impossible.

Votre présence et le renforcement de vos forces lors de la bataille de Cuito Cuanavale fut d’une importance véritablement historique.

La défaite de l’armée raciste à Cuito Cuanavale fut une victoire pour toute l’Afrique !

L’écrasante défaite de l’armée raciste à Cuito Cuanavale a offert la possibilité pour l’Angola de connaître la paix et de consolider sa souveraineté !

La défaite de l’armée raciste a permis au peuple en lutte de Namibie de finalement gagner son indépendance !

La défaite décisive des agresseurs de l’apartheid brisa le mythe de l’invincibilité des oppresseurs blancs !

La défaite de l’armée de l’apartheid fut une inspiration pour tous ceux qui luttaient à l’intérieur de l’Afrique du Sud !

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Sans la défaite de Cuito Cuanavale nos organisations n’auraient jamais été légalisées !

La défaite de l’armée raciste à Cuito Cuanavale a rendu possible ma présence ici aujourd’hui !

Cuito Cuanavale fut un jalon dans l’histoire de la lutte pour la libération de l’Afrique du Sud !

Cuito Cuanavale fut le point tournant dans la lutte pour libérer le continent et notre pays du fléau de l’apartheid !

L’Apartheid n’est pas quelque chose qui a commencé hier. Les origines de la domination raciste blanche remontent à 350 ans, au moment où les premiers colons blancs ont entamé un processus de déstabilisation et ensuite de conquête des Khoi, San, et d’autres peuples africains – les premiers habitants de notre pays.

Le processus de conquête a dès le début suscité une série de guerres de résistance, qui à leur tour ont donné lieu à notre lutte de libération nationale. Dans un rapport de forces extrêmement défavorable, les peuples africains ont essayé de s’accrocher à leurs terres. Mais les conditions matérielles et la puissance de feu conséquente des agresseurs coloniaux ont condamné les chefferies et royaumes tribaux, divisés, à la défaite.

Cette tradition de résistance vit encore et est une source d’inspiration pour notre lutte actuelle. Nous honorons toujours les noms du grand prophète et guerrier Makana, qui est mort alors qu’il tentait de s’échapper de la prison de Robben Island en 1819, Hintsa, Sekhukhune, Dingane, Moshoeshoe, Bambatha, et autres héros de la première résistance à la conquête coloniale.

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Ce fut dans le contexte de cette saisie de terres et de conquête que l’Union de l’Afrique du Sud fut créée en 1910. A l’extérieur, l’Afrique du Sud est devenue un état indépendant, mais en réalité le pouvoir avait été remis entre les mains des conquérants britanniques blancs qui s’étaient installés dans le pays. Dans la nouvelle Union d’Afrique du Sud, ils ont pu officialiser l’oppression raciale et l’exploitation économique des Noirs.

Suite à la création de l’Union, l’adoption de la Loi sur les terres, qui prétendait légaliser les saisies de terres du XIXe siècle, a donné une impulsion au processus menant à la formation du Congrès National Africain (African National Congress – ANC, NdT), le 8 Janvier 1912.

Je ne vais pas vous raconter toute l’histoire de l’ANC. Qu’il suffise de dire que les quatre-vingts dernières années de notre existence a vu l’évolution de l’ANC depuis ses débuts visant à unir les peuples africains, pour devenir une force de premier plan dans la lutte des masses opprimées pour mettre fin au racisme et à la création d’un état non-sexiste, non-racial et démocratique.

Sa composition s’est transformée depuis ses débuts lorsqu’il était un petit groupe de professionnels et de chefs, etc, en une véritable organisation de masse.

Ses objectifs ont changé, de la recherche de l’amélioration du sort des Africains à la recherche d’une transformation fondamentale de toute l’Afrique du Sud en un état démocratique pour tous.

Ses méthodes employées pour réaliser ces objectifs de plus grande envergure ont au fil des décennies pris de plus en plus un caractère de masse, ce qui reflète l’engagement croissant des masses au sein de l’ANC et dans les campagnes menées par l’ANC.

Parfois, les gens se réfèrent aux objectifs initiaux de l’ANC et de sa composition initiale pour laisser entendre qu’il s’agissait d’une organisation réformiste. La vérité est que la naissance de l’ANC a dés le début eu des implications profondément révolutionnaires.

La formation de l’ANC a été la première étape vers la création d’une nouvelle nation sud-africaine. Cette conception a été développée au fil du temps, trouvant son expression claire il y a trente-six ans dans la déclaration de la Charte de la Liberté (Freedom Charter) selon laquelle « l’Afrique du Sud appartient à tous ceux qui y vivent, noir et blanc. » Il s’agissait d’un rejet sans équivoque de l’état raciste qui avait existé et une affirmation de la seule alternative que nous trouvions acceptable, celle où le racisme et ses structures seraient définitivement éradiqués.

Il est bien connu que la réponse de l’État à nos exigences démocratiques légitimes était, entre autres, d’accuser nos dirigeants de trahison et, au début des années 1960, de recourir à des massacres aveugles. C’est ainsi que l’interdiction de nos organisations ne nous a pas laissé d’autre choix que de faire ce que toutes les personnes qui se respectent, y compris les Cubains, ont fait, c’est-à-dire prendre les armes pour arracher notre pays des mains des racistes.

Je dois dire que lorsque nous avons voulu prendre les armes nous avons contacté de nombreux gouvernements occidentaux pour demander de l’aide et que nous n’avons jamais été en mesure de rencontrer plus que des subalternes. Lorsque nous avons visité Cuba, nous avons été reçus par les plus hauts responsables qui nous ont immédiatement proposé tout ce que nous voulions et avions besoin. Ce fut notre première expérience avec l’internationalisme cubain.

Même si nous avons pris les armes, ce n’était pas notre préférence. C’est le régime de l’apartheid qui nous a forcés à prendre les armes. Notre préférence a toujours été pour une résolution pacifique du conflit de l’apartheid.

La combinaison de la lutte de notre peuple à l’intérieur du pays avec la lutte croissante au niveau international contre l’apartheid dans les années 1980, ont crée les conditions d’un règlement négocié du conflit de l’apartheid. La défaite décisive de Cuito Cuanavale a modifié l’équilibre des forces dans la région et sensiblement réduit la capacité du régime de Pretoria à déstabiliser ses voisins. Ceci, en combinaison avec les luttes de notre peuple à l’intérieur du pays, a été crucial pour que Pretoria réalise qu’il devait engager la discussion.

C’est l’ANC qui a initié le processus de paix actuel qui nous espérons aboutira à un transfert négocié de pouvoir au peuple. Nous n’avons pas entamé ce processus pour d’autres objectifs que ceux que nous avions pendant la lutte armée. Nos objectifs sont toujours d’aboutir aux exigences énoncées dans la Charte de la liberté, et nous n’accepterons rien de moins.

Aucun processus de négociation ne pourra aboutir tant que le régime de l’apartheid ne comprendra pas qu’il n’y aura pas de paix s’il n’y a pas de liberté et que nous n’allons pas négocier l’abandon de nos justes revendications. Ils doivent comprendre que nous allons rejeter tout régime constitutionnel qui vise à préserver les privilèges des blancs.

Il y a des raisons de croire que nous n’avons pas encore réussi à le faire comprendre au gouvernement, et nous les avertissons que s’ils n’écoutent pas, nous devrons utiliser notre pouvoir pour les convaincre.

Ce pouvoir, c’est le pouvoir du peuple, et, au final, nous savons que les masses non seulement exigeront, mais obtiendront leurs pleins droits dans une Afrique du Sud non raciale, non sexiste et démocratique.

Mais nous ne sommes pas simplement à la recherche d’un objectif précis. Nous proposons également un chemin précis pour l’atteindre, et c’est un chemin qui tout au long implique le peuple. Nous ne voulons pas d’un processus où un accord serait conclu par-dessus la tête des gens dont le rôle se résumerait à applaudir. Le gouvernement résiste à tout prix parce que la question de comment une constitution est bâtie, comment des négociations se déroulent, est indissociable à une issue démocratique ou pas.

Le gouvernement actuel veut rester au pouvoir pendant tout le processus de transition. Notre point de vue est qu’une telle situation est inacceptable. Ce gouvernement a des objectifs de négociation précis. Il ne peut être autorisé à utiliser ses pouvoirs en tant que gouvernement pour servir sa propre cause et celle de ses alliés et d’utiliser ces mêmes pouvoirs pour affaiblir l’ANC.

Et c’est exactement ce qu’ils font. Ils ont levé l’interdiction de l’ANC, mais nous fonctionnions dans des conditions sensiblement différentes de celles d’autres organisations. Nous n’avons pas la même liberté de nous organiser comme le fait l’Inkatha et d’autres organisations alliées au régime de l’apartheid. Nos membres sont harcelés et même tués. Nous sommes souvent interdits de tenir des réunions et des manifestations.

Nous croyons que le processus de transition doit être contrôlé par un gouvernement qui est non seulement capable et désireux de créer et maintenir les conditions de la liberté politique, mais qui doit aussi agir en vue de s’assurer que la transition s’effectue vers la création d’une véritable démocratie et rien d’autre.

banc-6dee8 ENVIRONNEMENT

Le gouvernement actuel s’est montré tout à fait réticent ou incapable de créer un climat propice à des négociations. Il renie des accords pour libérer les prisonniers politiques et permettre le retour des exilés. Ces derniers temps, il a permis la création d’une situation où règnent la terreur et le déchaînement de violence contre les communautés africaines et l’ANC en tant qu’organisation.

Nous avons eu dix mille personnes assassinées dans cette violence depuis 1984 et deux mille rien que cette année. Nous avons toujours dit que ce gouvernement qui se vante de sa force de police professionnelle est parfaitement capable de mettre fin à cette violence et de poursuivre les auteurs. Non seulement ils sont réticents, mais nous avons désormais des preuves concluantes, publiées dans des journaux indépendants, de leur complicité dans cette violence.

La violence a été utilisée dans une tentative systématique pour favoriser l’Inkatha en tant qu’allié potentiel du Parti national. Il y a maintenant des preuves concluantes de fonds fournis par le gouvernement – c’est-à-dire l’argent des contribuables – à l’Inkatha.

Tout cela indique la nécessité de créer un gouvernement intérimaire d’unité nationale pour superviser la transition. Il nous faut un gouvernement jouissant de la confiance de larges couches de la population pour diriger cette période délicate, et veiller à ce que les contre-révolutionnaires ne soient pas autorisés à perturber le processus et veiller à ce que la refonte de la Constitution se déroule dans un climat exempt de répression, d’intimidation ou de peur.

Nous croyons que la Constitution elle-même doit être rédigée de la manière la plus démocratique possible. Pour nous, ceci ne peut être réalisée que par l’élection de représentants à une Assemblée constituante ayant pour mandat la rédaction de la constitution. Il y a des organisations qui remettent en question l’affirmation de l’ANC d’être l’organisation la plus représentative du pays. Si c’est vrai, qu’ils le démontrent par les urnes.

Afin de s’assurer que les gens ordinaires soient inclus dans ce processus, nous faisons circuler et discuter nos propres propositions constitutionnelles et le projet de Déclaration des droits (Bill of Rights). Nous voulons que ceux-ci soient discutés dans toutes les structures de notre alliance, à savoir l’ANC, le Parti communiste sud-africain, et le Congrès des syndicats sud-africains, et parmi le peuple en général. De cette façon, lorsque les gens voteront pour l’ANC pour les représenter à une assemblée constituante, ils sauront non seulement ce que représente l’ANC en général, mais aussi quelle constitution nous voulons.

Naturellement, ces propositions constitutionnelles sont soumises à révision sur la base de nos consultations auprès de nos membres, de nos alliés, et le public en général. Nous voulons créer une constitution qui bénéficie d’un large soutien, de loyauté et de respect. Cela ne peut être réalisé que si nous allons vraiment vers les gens.

Afin d’éviter ces justes revendications, diverses tentatives ont été faites pour affaiblir et déstabiliser l’ANC. La violence est le plus grave, mais il existe d’autres méthodes plus insidieuses. À l’heure actuelle, il y a une obsession dans la presse, parmi nos adversaires politiques, et de nombreux gouvernements occidentaux sur notre alliance avec le Parti communiste sud-africain (SACP). Les journaux ne cessent de spéculer sur le nombre de communistes au sein de notre exécutif national et prétendent que nous sommes dirigés par le Parti communiste.

L’ANC n’est pas un parti communiste mais un large mouvement de libération, qui comprend aussi bien des communistes que des non-communistes. Toute personne qui est un membre loyal de l’ANC, toute personne qui respecte la discipline et les principes de l’organisation, a le droit d’appartenir à l’organisation.

Notre relation avec le SACP en tant qu’organisation est fondée sur le respect mutuel. Nous sommes unis avec le SACP sur des objectifs communs, mais nous respectons l’indépendance de l’autre et nos identités distinctes. Il n’y a eu aucune tentative de la part du Parti Communiste sud-africain de subvertir l’ANC. Au contraire, nous tirons une force de cette alliance.

Nous n’avons aucunement l’intention de suivre les conseils de ceux qui suggèrent que nous devrions rompre cette alliance. Qui offre ces conseils que nous n’avons pas demandés ? Pour l’essentiel, ce sont ceux qui ne nous ont jamais fourni la moindre aide. Aucun de ces donneurs de conseils n’a fait les sacrifices pour notre lutte que celles faites par les communistes. Nous sommes fortifiés par cette alliance. Nous allons la rendre encore plus forte.

Nous sommes dans une étape de notre lutte où la victoire est à portée de main. Mais nous devons nous assurer que cette victoire ne nous soit pas arrachée des mains. Nous devons nous assurer que le régime raciste sente un maximum de pression jusqu’à la fin et qu’il comprenne qu’il doit céder la place, que la marche vers la paix, la liberté et la démocratie est irrésistible.

C’est pourquoi les sanctions doivent être maintenues. Ce n’est pas le moment de récompenser le régime d’apartheid. Pourquoi devraient-ils être récompensés pour l’abrogation de lois qui constituent ce qui est reconnu comme un crime international ? L’apartheid est toujours en place. Il faut obliger le régime à le démanteler, et ce n’est que lorsque ce processus deviendra irréversible que nous pourrons envisager la levée de la pression,

Nous sommes très préoccupés par l’attitude adoptée par l’administration Bush à ce sujet. Il était l’un des rares gouvernements à être en contact régulier avec nous sur la question de sanctions, et nous a clairement indiqué que la levée des sanctions était prématurée. Cependant, sans nous consulter, l’administration nous a simplement annoncé que les sanctions américaines allaient être levées. Pour nous, c’est totalement inacceptable.

mandela_castro_encore-f010a NELSON MANDELA

C’est dans ce contexte que nous apprécions tout particulièrement notre amitié avec Cuba. Lorsque vous, camarade Fidel, avez déclaré hier que notre cause est la vôtre, je sais que cela venait du fond de votre cœur et que c’est le sentiment de tout le peuple de Cuba révolutionnaire.

Vous êtes à nos côtés car nos deux organisations, le Parti communiste de Cuba et l’ANC, se battent pour les masses opprimées, pour veiller à ce que les richesses profitent à ceux qui les produisent. Votre grand apôtre José Marti a déclaré : « Je veux unir mon destin aux pauvres de la terre ».

Nous, à l’ANC, serons toujours aux côtés des pauvres et des sans-droits. Non seulement nous sommes à leurs côté, mais nous ferons en sorte que tôt ou tard ils gouvernent le pays où ils sont nés, et que selon les termes de la Charte de la Liberté : « C’est le peuple qui gouverne ». Et lorsque ce moment arrivera, il aura été rendu possible non seulement grâce à nos efforts, mais aussi grâce à la solidarité, le soutien et l’encouragement du grand peuple cubain.

Je dois conclure mon intervention sur un événement dont vous avez tous été témoins. Le camarade Fidel Castro m’a honoré de la plus haute distinction que ce pays peut accorder. C’est avec beaucoup d’humilité que je la reçois car je ne pense pas la mériter. C’est une récompense qui devrait être accordée à tous ceux qui ont déjà conquis l’indépendance de leurs peuples. Mais cette reconnaissance que le peuple d’Afrique du Sud est debout et lutte pour sa liberté constitue une source de force et d’espoir. Nous espérons sincèrement que dans les temps à venir nous nous montrerons dignes de la confiance que cette récompense exprime.

Vive la révolution cubaine !

Vive le camarade Fidel Castro !

Nelson Mandela

à Cuba, le 26 Juillet 1991

(traduction « souvenirs, souvenirs » par VD pour le Grand Soir avec probablement toutes les fautes et coquilles habituelles)

URL de cet article 21227
http://www.legrandsoir.info/discours-historique-de-nelson-mandela-le-26-juillet-1991.html

Mandela la légende:

Du matricule 46664 au prix Nobel

arton10063-690bc NOIRS
Chems Eddine CHITOUR
« Mon idéal le plus cher a été celui d’une société libre et démocratique dans laquelle tous vivraient en harmonie avec des chances égales (…) C’est un idéal pour lequel je suis prêt à mourir. »
Nelson Mandela

Ce 11 février 2010, l’Afrique du Sud, le monde occidental, fêtent les vingt ans de la libération de Nelson Mandela. Quel bilan pouvons-nous faire de l’Afrique du Sud et de l’action de Nelson Mandela ? Avant toute chose, l’information qui nous est distillée par les médias occidentaux parle d’une réussite exemplaire de l’Afrique du Sud qui a réussi l’intégration et à créer, selon le bon mot de Mandela, une « nation arc-en-ciel » Nous allons d’abord montrer que la libération de Mandela, le 11 février 1990, ne fut pas un cadeau et qu’elle a été, par la force des choses, imposée au pouvoir raciste d’Afrique du Sud par cet Occident qui avait soutenu pendant des décennies le pouvoir. Cet Occident qui a compris que le vent de l’histoire avait tourné et qu’il valait mieux composer avec l’ANC plutôt que de tout perdre. Souvenons-nous « l’ex-président sud-africain Nelson Mandela et son parti politique, le Congrès national africain, étaient sur la liste noire des organisations que les Etats-Unis considèrent comme terroristes ». Durant tout son mandat en tant que Président élu de l’Afrique du Sud, il ne fut pas reconnu et jusqu’en 2008, il était toujours sur la liste des terroristes ainsi que tous les dirigeants de l’ANC. Il a fallu attendre le 1er juillet 2008 pour que le président américain George W. Bush signe une loi en vue de retirer l’ancien président sud-africain Nelson Mandela ainsi que son parti d’une liste américaine répertoriant des terroristes.

10.000 jours de prison

La détention de Mandela pendant 10.000 jours fut l’objet d’un processus qui s’est accéléré en 1989. Le régime de l’apartheid a offert à six reprises de libérer Mandela. Ce dernier a d’abord refusé, jugeant les conditions du gouvernement inacceptables. Mais, vers le milieu des années 1980, le gouvernement de l’apartheid est aux abois. Isolé sur la scène internationale, il peine à réprimer les rassemblements anti-régime dans les townships. Le président P.W.Botha consent enfin à proposer à Mandela une solution politique négociée que l’ANC réclamait depuis toujours. Mandela rencontre en secret le président Pieter Willem Botha en juillet 1989. Le chef de l’ANC parle des Afrikaaners et de la guerre anglo-Boer, ce qui séduit le président. En détention à Robben Island, Mandela a appris la langue des Afrikaaners, il s’est penché sur leur histoire, et a lu leurs poètes. (…) Frederik de Klerk succède à Botha en août 1989. Mandela le rencontre en décembre. On le fait entrer en cachette, par le garage. Le détenu est accompagné, mains libres, dans le bureau de Frederick de Klerk. Le président sud-africain le reçoit en compagnie du chef des services secrets. C’est la première fois que De Klerk voit Mandela. « C’est donc lui, l’icône mondiale de la lutte contre l’apartheid ! », se dit de Klerk. Il avoue dans ses mémoires avoir été impressionné par le calme, la courtoisie, et la confiance en lui de Mandela. De Klerk souhaite aller vite. Il sait que son parti politique est du mauvais côté de l’Histoire. Le mur de Berlin est tombé. Le gouvernement de l’apartheid ne peut plus prétendre s’opposer à l’ANC pour enrayer l’expansion communiste. Le 2 février 1990, De Klerk annonce la libération de Mandela. Le 11 février, ce dernier franchit à pied les derniers mètres de sa « longue marche vers la liberté ». (1)

L’impérialisme colonial est toujours présent malgré les décolonisations. La seule décolonisation dit-on réussie est celle de l’Afrique du Sud avec un pouvoir blanc toujours présent et avec lequel Mandela a composé. Cette Afrique n’a d’Afrique que la couleur. La mentalité est encore occidentale. Ce pays est, dit-on, développé et dispose de l’énergie nucléaire. Peut-être parce qu’il n’est pas musulman.

Pourtant la situation n’est pas aussi rose que l’on veut bien nous le faire croire. Les plaies sont encore béantes. Ecoutons ce qu’écrit Kholofelo Mashabela du journal The Sunday Independent : « Nelson Mandela a été libéré le 11 février 1990. Malgré les bouleversements survenus dans la société, les blessures infligées par le régime raciste restent vives et difficiles à résorber. C’est comme si c’était hier. Le 11 février 1990, des milliers de personnes avaient envahi les rues du Cap pour apercevoir la personnalité qui s’était battue si longtemps pour la liberté. (…) On ne sait pas très bien qui a écrit le scénario, mais cela a marqué le début d’une tendance à gérer le processus politique par l’hystérie. La dernière manifestation en est la fièvre qui entoure l’organisation de la Coupe du monde de football, qui aura lieu du 11 juin au 11 juillet 2010. Avant, il y a eu la Convention pour une Afrique du Sud démocratique (Codessa) et ce qu’elle a apporté. Il y a eu la violence dont ont été victimes les communautés noires. Il y a eu les révélations sur les activités du Bureau pour la coopération civile (CCB). Bien sûr, il y a eu la Vlakplaas [unité secrète antiterroriste pendant l’apartheid]. Il y a eu aussi l’établissement de la Commission électorale indépendante, qui a ouvert la voie aux premières élections démocratiques, peut-être le résultat le plus significatif de février 1990. Puis sont arrivées la reconnaissance internationale et l’acceptation de l’Afrique du Sud en tant que pays dirigé par des Noirs. Il y a eu aussi la Coupe du monde de rugby, en 1995… En somme, un mélange de bon et de mauvais. Tous ces événements ont, chaque fois, produit le même effet sur notre peuple : celui de réveiller l’hystérie collective. A ce moment de notre histoire, la communauté internationale s’est bousculée pour faire de Nelson Mandela un citoyen du monde. Le régime de l’apartheid et le Congrès national africain (ANC) s’étaient autoproclamés les acteurs les plus importants de l’accord négocié qui devait suivre ».

« Dans l’accord négocié qui a suivi, la question de la terre fut éludée. Il fut décidé que les terres dont les Noirs avaient été dépossédés avant 1912 ne leur seraient pas rendues et que celles qui leur avaient été prises après 1912 ne seraient restituées que sur la base d’un contrat de vente volontaire. C’est probablement en partie pour cela que la société sud-africaine est aujourd’hui l’une des plus inégalitaires au monde en termes socioéconomiques. Car, après février 1990, la réconciliation est devenue une priorité. Si le concept était noble en soi, cela signifiait cependant que la justice ne serait pas rendue. Les personnes coupables de violences institutionnelles envers les Noirs ne seraient pas traduites en justice. Toujours dans ce désir de réconciliation, Nkosi Sikelele Afrika, l’hymne africain de l’espoir, a été mis sur le même niveau que Die Stem, un chant qui célèbre les objectifs de la rébellion [boer] de Slagtersnek [1816]. On a fusionné les deux chants pour créer l’hymne national sud-africain, que la plupart des gens semblent ne pas pouvoir ou ne pas vouloir chanter dans son intégralité. (…) Au moment où les élus prenaient leurs fonctions et où nous apprenions combien ils gagnaient, nous avons vu que l’éthique était jetée aux orties et que les graines de la corruption avaient été semées. Si le contenu de cet article met le lecteur mal à l’aise, c’est peut-être parce qu’il est temps que quelqu’un fasse remarquer que le roi est nu. Mais ces propos auront-ils le moindre effet, compte tenu de l’hystérie qui entoure le vingtième anniversaire de ce fameux mois de février 1990 ? » (2)

Dans le même ordre visant à montrer que tout n’est pas rose et net, on apprend que la mentalité d’apartheid est « exportée » vers les voisins avec justement l’assentiment, à l’époque, du gouvernement…Mandela et on l’aura compris avec cet Occident qui continue à perpétuer sa tyrannie. Ecoutons Michel Chossudovsky, professeur d’économie à Montréal : « (…) Forcés de renoncer à l’odieux régime qui les avait mis au banc des nations, les fermiers blancs sud-africains se redéploient en direction du Mozambique et de l’Angola. Fer de lance de la nouvelle puissance régionale, ils prétendent s’emparer des meilleures terres agricoles et mettent en danger, avec l’aide de la communauté internationale, la survie des communautés locales. Créer un « couloir agroalimentaire » de l’Angola au Mozambique, tel est le projet d’une organisation de la droite sud-africaine blanche, le Front de la liberté. Avec le soutien de la Chambre sud-africaine pour le développement de l’agriculture, la Sacada, l’agrobusiness afrikaner voudrait ainsi étendre sa mainmise sur les pays voisins en investissant massivement dans l’agriculture commerciale, l’industrie alimentaire et l’écotourisme. (…) Le Front de la liberté est dirigé par le général Constand Viljoen : cet ancien commandant en chef de l’armée au temps de l’apartheid fut jadis impliqué dans l’assassinat de militants anti-apartheid. Si son parti semble modéré, comparé au groupe d’extrême droite de Eugène Terreblanche, l’Afrikaner Weerstandebeweging (AWB), il n’en est pas moins un mouvement politique raciste fidèle à l’idée d’un Etat afrikaner. Paradoxalement, l’initiative commune de la Sacada et du Front de la liberté bénéficie du soutien politique de l’ANC, notamment de la bénédiction du président Nelson Mandela ». (3)

« (..) Pour 0,15 dollar l’hectare, les fermiers afrikaners se verront en particulier concéder les meilleures terres agricoles de la province mozambicaine de Niassa : un véritable cadeau. (..) Les grandes banques sud-africaines, la Banque mondiale et l’Union européenne soutiennent cette entreprise. (…) Si la communauté internationale a soutenu (tardivement) le combat de l’ANC contre l’apartheid, elle aide maintenant financièrement les organisations racistes afrikaners de développement. Autrement dit, les pays occidentaux donateurs contribuent à l’extension de l’apartheid aux pays voisins de l’Afrique du Sud. L’Union européenne a ainsi financé la Sacada dans le cadre d’aides octroyées à Pretoria au titre du programme de reconstruction et de développement. Un responsable de Bruxelles considère l’initiative de la Sacada comme la meilleure nouvelle pour ce continent depuis trente ans ». (3)

Soutien à la Palestine

Ce que nous retenons de Mandela, c’est aussi ses prises de postion courageuses contre l’ordre occidental, contre la guerre en Irak et son soutien sans faille à la cause palestinienne. Dans une lettre adressée à Thomas Friedmann il écrit : « Aujourd’hui, dans le monde, noir et blanc, reconnaît que l’Apartheid n’a pas d’avenir. En Afrique du Sud, il s’est terminé grâce à notre propre action de masse décisive, pour bâtir la paix et la sécurité. Cette campagne massive de défi et autres actions ne pouvait qu’aboutir à l’établissement de la Démocratie. Il est peut-être étrange pour vous d’observer la situation en Palestine ou, plus spécifiquement, la structure des relations politiques et culturelles entre les Palestiniens et les Israéliens, comme un système d’apartheid. (…) Le conflit palestino-israélien n’est pas qu’un problème d’occupation militaire et Israël n’est pas un pays qui a été créé « normalement » et qui s’est mis à occuper un autre pays en 1967. Les Palestiniens ne luttent pas pour un « Etat » mais pour la liberté, la libération et l’égalité, exactement comme nous avons lutté pour la liberté en Afrique du Sud.(…) Israël ne pensait pas à un « Etat » mais à une « séparation ». La valeur de la séparation se mesure en termes de la capacité d’Israël à garder juif l’Etat juif, et pas d’avoir une minorité palestinienne qui pourrait devenir une majorité, dans l’avenir. Si cela arrivait, cela forcerait Israël à devenir soit un Etat laïque ou binational, soit à devenir un Etat d’apartheid, non seulement de fait, mais aussi de droit. »

« Thomas, si vous suivez les sondages israéliens au cours des 30-40 dernières années, vous verrez clairement un racisme grossier, avec un tiers de la population qui se déclare ouvertement raciste. Ce racisme est de la nature de « Je hais les Arabes », et « Je souhaite que les Arabes meurent ». Si vous suivez également le système judiciaire en Israël, vous verrez qu’il y a discrimination contre les Palestiniens, et si vous considérez plus particulièrement les territoires occupés en 1967, vous verrez qu’il y a déjà deux systèmes judiciaires à l’oeuvre, qui représentent deux approches différentes de la vie humaine : une pour la vie palestinienne et l’autre pour la vie juive. De plus, il y a deux approches différentes pour la propriété et pour la terre. La propriété palestinienne n’est pas reconnue comme propriété privée puisqu’elle peut être confisquée (…) Les soi-disant « Zones autonomes palestiniennes » sont des Bantoustans. Ce sont des entités restreintes au sein de la structure de pouvoir du système israélien d’apartheid. L’Etat palestinien ne peut pas être un sous-produit de l’Etat juif, juste pour garder la pureté juive d’Israël. La discrimination raciale d’Israël est la vie quotidienne de la plupart des Palestiniens. Parce qu’Israël est un Etat juif, les Juifs israéliens ont des droits particuliers dont les non-juifs ne bénéficient pas. Les Arabes palestiniens n’ont aucune place dans un Etat « juif ». L’apartheid est un crime contre l’humanité. Israël a privé des millions de Palestiniens de leur liberté et de leur propriété. Il perpétue un système de discrimination raciale et d’inégalité. Il a systématiquement incarcéré et torturé des milliers de Palestiniens, en violation du droit international. Il a déclenché une guerre contre une population civile et en particulier contre des enfants. Les réponses de l’Afrique du Sud en matière de violation des droits humains provenant des politiques de déportation et des politiques d’apartheid ont mis en lumière ce que la société israélienne doit nécessairement accomplir avant que l’on puisse parler d’une paix juste et durable au Moyen-Orient et de la fin de la politique d’apartheid. » (4)

Pour Aminata Traoré, ancienne ministre de la Culture au Mali, « Mandela est un grand homme. Un homme de conviction et de courage qui a su libérer son pays. Nelson Mandela est aussi un grand homme qui a su quitter le pouvoir au moment opportun. Cela est important, parce que les héros des luttes de libération nationale qui s’accrochent à leur projet finissent comme Mugabe (…) Aujourd’hui, on cherche à faire la comparaison entre Mandela et les dirigeants africains actuels. Je ne poserai pas le débat dans ces termes. Parce que l’histoire de l’apartheid et la nature du combat ont changé. Aujourd’hui, nous avons affaire à un ennemi invisible. Avec l’apartheid, vous êtes en face de l’oppresseur. Vous êtes maltraité du fait, tout simplement, de la couleur de votre peau ». « L’apartheid est maintenant mondial ». (5)

Que peut-on retenir en définitive de la légende Mandela ? Il a fait honneur à l’Afrique et à l’humanité. Il n’existe pas de personnages qui ait marqué son époque au XXe siècle comme le Mahatma Gandhi ou son héritier spirituel, Nelson Mandela. Au XIXe siècle il y eut un grand consensus pour désigner l’Emir Abdelkader comme l’une des personnes ressources de l’humanité. Curieusement, l’Occident si prompt à donner des leçons de droits de l’homme, n’a pas vu émerger en son sein des hommes de la trempe de ces géants qui nous font espérer en la condition humaine.

Pr Chems Eddine CHITOUR
Ecole Polytechnique enp-edu.dz

1. Nicolas Champeaux – Les coulisses de la libération de Nelson Mandela – 10 février 20102. Kholofelo Mashabela – The Sunday Independent ; 11.02.20103. Michel Chossudovsky – Quand l’apartheid s’exporte Le Monde Diplomatique – Avril 19974. Lettre de Nelson Mandela à Thomas L.Friedman, March 28, 20015. Aminata Traoré : Et si Mandela… http://www.alterinter.org/article2324.html 22 juillet 2008

EN COMPLEMENT:

Selon les Etats-Unis, Nelson Mandela est toujours sur la liste noire des « terroristes »

Bush signe une loi en vue de retirer Mandela d’une liste terroriste américaine (juillet 2008)

La visite d’Obama en Afrique du Sud

suscite les protestations de la gauche à Pretoria

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Frédéric DELORCA

Pour Loyd Shivambu, ancien membre de l’ANC, « l’administration américaine sous Obama a poursuivi la domination néo-coloniale en Irak et en Afghanistan, non pas à cause de la guerre contre le terrorisme, mais pour des intérêts économiques étroits, notamment le pétrole. L’administration américaine sous Obama est également coupable de continuer de soutenir l’expansion israélienne illégale et la violation du droit des Palestiniens à l’autodétermination, de sa dignité et de ses libertés fondamentales… »

L’Afrique du Sud est la deuxième étape d’une tournée africaine d’une semaine du président américain Barack Obama qui, après le Sénégal, doit le mener en Tanzanie. Il a été accueilli samedi (après la dispersion par la police de quelques centaines de manifestants hostiles) par des chants chaleureux, des applaudissements et des rires de jeunes Sud-Africains dans une université à Soweto. Apparemment la promesse d’un partenariat économique entre les USA et l’Afrique est un slogan qui a séduit certains jeunes dans ce pays, autant que l’hommage que le président américain a rendu à l’ancien leader de l’ANC aujourd’hui dans un état de santé critique : Nelson Mandela.

En réponse à cet accueil Obama a tenu un discours adapté à son public : « J’ai été élu pour mettre fin aux guerres », a-t-il dit, ajoutant qu’il visite régulièrement les jeunes soldats américains qui ont été gravement blessés en Irak et en Afghanistan. « Cette idée que nous cherchons à nous impliquer davantage militairement partout dans le monde n’est pas vraie », a-t-il ajouté.

Pour autant cette visite ne fait pas l’unanimité en Afrique du Sud. Buti Manamela, secrétaire national de la Ligue des jeunes communistes (YCL) après avoir mobilisé un millier de manifestants à Pretoria devant l’ambassade des États-Unis vendredi a rappelé qu’« en réalité, Obama est ici pour les relations commerciales, et non pour le bénéfice du continent, mais le profit de l’impérialisme américain. L’avantage des entreprises américaines à continuer de violer nos ressources en minerais ». Selon lui les Américains « voient que la Chine est déjà là. C’est à cause de cette menace posée par la Chine que l’Amérique est ici. Toute cette histoire (le voyage en Afrique) est influencée par le fait que l’économie de l’Afrique est en croissance ».

Lorsque les manifestants ont atteint l’ambassade, un groupe d’activistes musulmans a tenu une séance de prière.
Les autres, portant principalement des insignes de l’YCL, les ont regardés prier. De nombreux policiers se tenaient à l’entrée fermée de l’ambassade. Les manifestants ont brûlé un drapeau étasunien. Sur certaines pancartes des manifestants on pouvait lire : « Obama, arrête de soutenir des dictateurs en Afrique. Pas de pétrole ici, passe ton chemin », « 100 ans de génocide en Irak. Guerre dans 100 pays. État voyou ». L’affiche d’un jeune garçon disait : « Non, vous ne pouvez pas m’espionner ». Une autre pancarte disait : « Etats-Unis sous administration satanique ». De nombreux manifestants portaient des blouses orange et des cagoules noires. Certains portaient des tenues de camouflage et des bérets rouges. Une grande banderole portait une photo du visage d’Obama et les mots : « Rencontrez le plus grand assassin du monde ». « Libérez la Palestine. Libérez le Swaziland. Libérez le Zimbabwe » faisaient aussi partie des slogans.

Plus tôt dans la semaine, deux groupes sud-africains avaient tenté d’obtenir des mandats d’arrêt contre le président américain Barack Obama. Mohamed Hussain Vawda, de la Société pour la protection de notre Constitution, qui a porté plainte contre Obama pour « crimes de guerre et crimes contre l’humanité » et l’Association des juristes musulmans (MLA) qui a fait une demande d’arrestation d’Obama en référé auprès de la Haute Cour de Pretoria mercredi mais cette demande a été rejetée.

Vendredi, à la suite de la manifestation devant l’ambassade, Loyd Shivambu, ancien membre de l’ANC qui critique aujourd’hui le ralliement de ce parti au néo-libéralisme, dans le Pretoria News, approuve les manifestants. « L’administration américaine sous Obama a poursuivi la domination néo-coloniale en Irak et en Afghanistan, écrit-il, non pas à cause de la guerre contre le terrorisme, mais pour des intérêts économiques étroits, notamment le pétrole.

L’administration américaine sous Obama est également coupable de continuer de soutenir l’expansion israélienne illégale et la violation du droit des Palestiniens à l’autodétermination, de sa dignité et de ses libertés fondamentales…

Le Zimbabwe est sous sanctions en raison d’un plan de déstabilisation concocté par l’administration américaine et la Grande-Bretagne comme un moyen d’intimider tous les États africains et les forcer à négliger la décolonisation économique. » Mais il ajoute que l’Afrique du Sud joue un rôle ouvertement sous-impérialiste.

Il accuse son pays d’avoir imposé la victoire de Joseph Kabila au Congo en 2011, d’avoir tenté de défendre Bozizé en Centrafrique, et de n’avoir pas empêché « le viol impitoyable de la Libye par les forces impérialistes » en votant la résolution 1973 sur la zone d’exclusion aérienne à l’Onu, d’avoir été parmi les premiers à reconnaître le « gouvernement marionnette des Français » de Ouattara en Côte d’Ivoire et de favoriser l’arrogance du roi Mswati au Swaziland. Il accuse enfin Jacob Zuma d’avoir adopté une politique « sécurocratique » en Afrique du Sud depuis 2009, illustrée notamment par sa proposition de force d’intervention rapide pour l’Union africaine.

F. Delorca

« En faisant scintiller notre lumière, nous offrons aux autres la possibilité d’en faire autant. »
Nelson Mandela
« Aucun de nous ,
en agissant seul,
ne peut atteindre le succès. »
Nelson Mandela
« Un homme qui prive un autre homme de sa liberté est prisonnier de la haine, des préjugés et de l’étroitesse d’esprit. »
Nelson Mandela
Jennifer vient d’avoir huit ans
Elle ne connaît son père
Que par les récits de guerre
Que lui raconte sa mère.
Jennifer aime rire et courir
Comme les autres enfants.
La détresse de son sourire
Obstine la lutte des grands Jennifer… a dans ses yeux
L’aube… d’un matin bleu
Jennifer a dans ses yeux
L’aube d’un matin bleu.
Qui verra défiler le front haut
Les populations de son ghetto.
Elle sait déjà que rien n’est pareil
Que sa peau ne craint pas le soleil.
Pouvoir marcher, savoir attendre
Être respecté, savoir se défendre.
Son univers est limité
Pas par souci mais égalité
Être le négatif.
Des escadrons répressifs Jennifer…a dans ses yeux.
L’aube… d’un matin bleu
Jennifer a dans ses yeux
L’aube d’un matin bleu
Qui verra défiler le front haut
Les populations de son ghetto.De l’autre côté de la ligne
La ligne blanche du ghetto.
La peur vient flirter sur la peau
Blanche des « surhommes ».
Ce réseau vient grouper
Voix de fer, poigne d’acier
Pour étrangler les cris d’espoir
Enchaîne le temps et broie du noir.Jennifer… a dans ses yeux
L’aube… d’un matin bleu.
Jennifer a dans ses yeux
L’espoir de ses frères heureux
défilant le front haut
Dans les rues de SowetoL’espoir de ses frères heureux
Défilant dans les rues de Soweto

oh oh
de Soweto

« INVICTUS »

Il s’agit d’un poème que William Ernest Henley (1849-1903), poète/écrivain britannique, écrivit sur son lit d’hôpital suite à une amputation du pied en 1875.
Poème favori de Nelson Mandela qui l’avait écrit sur les murs de sa prison. Il le lisait et relisait chaque jour, et il explique lui même que c’est probablement ce qui l’a fait tenir dans les moments les plus sombres, durant ses 27 années de captivité (dont 18 au bagne de « Robben Island » à casser des cailloux!).
Sans titre initialement, ce poème fut intitulé « Invictus » (Invincible, dont on ne triomphe pas, invaincu en latin) par Arthur Quiller-Couch en 1900.
« Dans la nuit qui m’environne,
Dans les ténèbres qui m’enserrent,
Je loue les Dieux qui me donnent
Une âme, à la fois noble et fière.Prisonnier de ma situation,
Je ne veux pas me rebeller.
Meurtri par les tribulations,
Je suis debout bien que blessé.En ce lieu d’opprobres et de pleurs,
Je ne vois qu’horreur et ombres
Les années s’annoncent sombres
Mais je ne connaîtrai pas la peur.Aussi étroit soit le chemin,
Bien qu’on m’accuse et qu’on me blâme
Je suis le maître de mon destin,
Le capitaine de mon âme. »

« Etre libre, ce n’est pas seulement se débarrasser de ses chaînes ; c’est vivre d’une façon qui respecte et renforce la liberté des autres. »
Nelson Mandela

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 7 décembre, 2013 |Pas de commentaires »

-RAPPORT: L’UTILISATION D’ARMES RADIOACTIVES A GAZA PENDANT L’OPERATION « PLOMB DURCI » + QU’EN EST-IL POUR LA GUERRE AU MALI ? (Jean-Marie MATAGNE / ACDN / Thierry LAMIREAU / lesoufflecestmavie.unblog.fr)

Rapport:

L’utilisation d’armes

radioactives à Gaza

pendant l’opération

« Plomb durci » (II)

+
Qu’en est-il pour la guerre au MALI ?
-RAPPORT: L'UTILISATION D'ARMES RADIOACTIVES A GAZA PENDANT L'OPERATION
(Jean-Marie MATAGNE)- ACDN – Paru en 2009-

Il est des vérités qui sont de longues patiences.

2ème partie

10. Historique de la GBU-39
11. Un brevet ambigu
12. Gaza, terrain d’essai
13. « Le génocide de Gaza a commencé »
14. Lettre à M. Ban Ki-moon : les Nations Unies doivent enquêter
15. L’art de l’esquive
16. La GBU-39B : portrait au 20 mai 2009
17. Combien d’uranium, et où ?
18. Autres armes mises en œuvre à Gaza
19. Les enjeux
20. La charge de la preuve
21. Dernière minute : la preuve est là
Conclusion : un seul camp, celui de l’humanité

Voir la 1ère partie http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=6960 ]

10. Historique de la GBU-39

Contrairement aux bombes « gravitationnelles » qui tombent d’un bombardier lorsque celui-ci survole sa cible ou s’en approche, la « bombe intelligente GBU-39″ est capable, grâce aux ailes qu’elle déploie une fois lancée par l’avion porteur, de profiter de son énergie cinétique pour « planer » en descendant, et atteindre une cible située (suivant l’altitude de lancement) jusqu’à 60 miles nautiques (110 km) en avant et 40 miles (75 km) à droite ou à gauche de l’avion au moment du largage. Elle peut même effectuer, selon certaines sources, un arc de cercle pour frapper une cible située derrière l’avion qui l’a lancée. En contact avec les installations au sol sur le théâtre d’opération, elle est guidée par un système de positionnement GPS et de calcul de trajectoire qui lui permet de modifier celle-ci pour atteindre sa cible avec une précision à l’arrivée de l’ordre du mètre. Ce système préprogrammé peut en outre être reprogrammé par l’équipage juste avant le lancement. Chaque bombe peut avoir sa cible.

Répondant à un appel d’offres lancé deux ans plus tôt, la firme Boeing a été retenue en août 2003 pour développer cette « bombe de faible diamètre » (SDB-Small Diameter Bomb) après une sévère compétition où elle a été accusée -et convaincue- de corruption.

La SDB-1 ou GBU-39 a reçu sa certification en septembre 2005, sa production en série a débuté en avril 2006, et les premiers exemplaires ont été livrés à l’US Air Force début septembre 2006, en avance sur le calendrier et à un coût moins élevé que prévu.

A cette occasion, le Maj. Gen. Jeffrey Riemer, responsable de la coordination du programme entre l’USAF et les différents fournisseurs, déclarait:

« Nous sommes enthousiasmés (excited) par le déploiement de cette arme, la SDB-1, qui vient s’ajouter aux diverses options létales du F-15E (Strike Eagle) dans la guerre contre le terrorisme. »

D’après lui, sa marge d’erreur à l’arrivée ne dépassait pas 1,20 m.

Le F-15E peut en emporter 4 sous son fuselage, avec un attelage BRU-61 d’un poids total en charge de 664 kg, au lieu d’une seule bombe ordinairement beaucoup plus lourde. Le lancement de chaque bombe est pneumatique et non par mise à feu d’une cartouche explosive, ce qui supprime l’entretien courant, facilite la manutention, et accélère le rechargement de l’avion au retour d’une mission. Celui-ci peut donc effectuer des frappes multiples et des rotations accélérées.

La précision, la fiabilité et la charge explosive limitée de la GBU-39, donc aussi sa moindre « létalité » (ou capacité meurtrière), réduisent fortement les risques de « dommages collatéraux ». Ce qui permet des emplois interdits jusque-là : contre des combattants ennemis situés à proximité immédiate de « troupes amies »… ou au milieu d’une population civile amie, neutre ou ennemie, que l’on est censé épargner d’après les « Lois de la guerre » et le Droit International. L’idéal, en somme, pour la guerre « anti-guérilla » ou « anti-terroriste »…

Dès le 5 octobre 2006, un mois après leur livraison aux Etats-Unis, deux avions F-15E « Strike Eagles » appartenant à la 494e Escadrille de Combat déployée en Asie du Sud-Est, en utilisaient des exemplaires pour la première fois contre des cibles réelles, en soutien aux troupes terrestres agissant en Irak.

Le général North célébrait l’événement dans les termes suivants:

« Grâce à sa taille réduite, nos avions peuvent en emporter sur le champ de bataille un nombre accru, apportant ainsi aux combattants au sol davantage de possibilités de défendre leurs positions, en détruisant avec précision des cibles qui pourraient menacer les vies de soldats américains, de la coalition ou irakiens.

« La SDB est exceptionnellement qualifiée pour des cibles urbaines exigeant une grande précision et des dommages collatéraux réduits, et pour des missions de soutien aérien rapproché auxquelles nos équipages se trouvent confrontés dans le cadre des opérations « Iraqi Freedom » et « Enduring Freedom ». Nous sommes maintenant en mesure d’intervenir en des endroits où les dommages collatéraux pourraient être un souci. »

Le 19 décembre 2006, la firme Boeing annonce que l’US Air Force lui verse 80 millions de dollars – sans doute à titre d’à-valoir – pour une première commande de 1600 SDB1 et divers équipements associés à la bombe. Il ne s’agit que d’un premier contrat, puisque « Boeing fabriquera plus de 24 000 SDB1 et 2000 supports livrables d’ici à 2015″.

11. Un brevet ambigu

« Bombe guidée » et de « petit diamètre », la GBU-39 ou SDB1 est le type même de « petite bombe intelligente » (« small smart bomb ») et autres « systèmes d’armes employant le même principe », que décrit le brevet « US Patent App.11/541,207, 2006″. Ce brevet est accordé à MM. SD Roemerman et JP Volpi – sûrement connus de la firme Boeing. Il est publié le 12 juillet 2007 mais semble remonter à novembre 2006, le mois précédant la commande de 1600 bombes passée à Boeing par l’USAF. En tout cas, c’est bien la GBU-39 qui est visée et protégée en priorité par ce brevet : elle y est expressément citée au § 43, ainsi que dans le tableau 2, continué page 8, colonne « Remarks », où elle est citée avec son poids effectif de 285 livres comme étant « la » SDB concernée par le brevet.

A la page 7 de ce document, le § 33 cite « le zirconium » comme exemple de « matériau pyrophorique » pouvant être incorporé dans une « petite bombe intelligente ». Le § 34 explique que « les matériaux non-explosifs auxquels ce document s’applique sont essentiellement inertes dans des environnements normaux et dans des conditions favorables » (« the non-explosive materials applied herein are substantially inert in environments that are normal under benign conditions »). Ce qui veut dire que « dans des conditions normales de manipulation » (« in normal handling »), ils ne risquent pas de « devenir destructeurs d’une façon soit explosive, soit incendiaire » (« to become destructive in an explosive or an incendiary manner ») car « le facteur explosif potentiellement létal est minime ou inexistant. »

Or, voici la liste de ces « matériaux sélectionnés » (selected materials) cités en exemple pour leur « inertie »:

« le tungstène, l’acier trempé, le zirconium, le cuivre, l’uranium appauvri, et autres matériaux de ce genre » « (e.g. tungsten, hardened steel, zirconium, copper, depleted uranium and other like materials) ».

L’uranium appauvri !

Dans un texte juridique où chaque mot compte et peut coûter ou rapporter des millions de dollars, rien n’est laissé au hasard. Alors pourquoi avoir cité un produit aussi « mal famé » que l’uranium appauvri ?

Serait-il cité là par erreur, par inadvertance, ou parce que ce serait un matériau « exemplaire » ? Non, certes. Mais parce qu’il faut l’avoir cité au moins une fois dans la « patente » pour que sa mise en œuvre soit, à l’avenir, protégée de la concurrence devant les tribunaux. Une fois, mais pas plus et en passant, dans une énumération, pour éviter d’attirer l’attention sur « ce genre de matériau ».

Voilà sans doute pourquoi il n’est pas repris dans le tableau 1 qui, sur la même page, énumère les matériaux entrant dans la composition d’une « petite bombe intelligente », avec, pour chacun, sa fonction, sa nature, sa densité, son poids et son volume.

Sont cités: en première ligne, le tungstène, en tant que « ballast » (il est donc retenu ici avant tout pour son poids, et c’est justement le principal mérite de l’UA). Puis l’aluminium, le pyrex, l’acier, des matériaux électroniques divers, des polymères et enfin l’explosif (sans indication de poids). Le nom de la bombe n’est pas donné. Le poids total, étonnamment précis, est aussi dérisoirement petit (25,036 livres). En fait il faut le multiplier par 10 (donc aussi le poids des composants) pour obtenir le poids réel : 250 livres – sans compter le poids d’explosif. Ce qu’il faut retenir du tableau, c’est surtout le rapport de poids entre les différents matériaux. Sur 25,036 livres, le « ballast » en « tungstène », représente à lui seul 20,239 livres, soit plus de 80 % du poids total, hors explosif. Et si l’on multiplie par dix : 202,39 livres. Soit approximativement 80 kg.

Hypothèse:

L’« uranium appauvri » dont il est question au § 33 a été remplacé, dans le tableau 1, par le mot « tungstène ». Procédez à l’opération inverse : remplacez « tungstène » par « uranium appauvri », et vous avez le poids d’UA dans une SDB1 : 80 kg. Ou peut-être un peu moins, s’il entre dans un alliage dont les autres composants ne sont pas cités, secret industriel oblige… Hypothèse, bien sûr !

12. Gaza, terrain d’essai

Le coût réduit de la GBU-39 (mais les estimations varient : de moins de 30 000 $ – prix d’ami pour l’USAF – à 100 000 dollars pièce, tout de même…) est intéressant pour les clients en général et Israël en particulier (pour qui il est question quelque part de 67 000 $ l’unité). Il se peut même qu’en échange de son expérimentation massive sur le terrain, in vivo, Israël ait bénéficié d’une grosse ristourne, voire d’une livraison gratuite. Car on ignore en fait les conditions réelles du transfert… et Boeing a nié officiellement y avoir procédé ! Alors qui ?

L’ensemble de ses caractéristiques fait de la GBU-39B, version SDB1, l’arme idéale pour l’offensive contre Gaza.

Une version capable de frapper des cibles mobiles (SDB2) a également été commandée à Boeing, associé cette fois à Lockheed. Il était prévu que son développement aboutisse fin 2009, les essais de qualification étant programmés pour avril 2009. Rien n’autorise à penser que l’armée de l’air israélienne ait déjà disposé de tels engins en décembre 2008, dont elle n’avait d’ailleurs nul besoin – à moins bien sûr que « Plomb durci » ait aussi servi de banc d’essai à quelques prototypes de SDB2.

La capacité de pénétration de la GBU-39 permet de détruire aussi bien les sites enterrés de lancement de roquettes que les tunnels ou les boyaux souterrains du « Corridor Philadelphie ».

Sa précision permet d’atteindre des cibles fixes prédéfinies, tout en réduisant les « dommages collatéraux » dans la population civile – de surcroît avertie par tracts ou par téléphone mobile d’avoir à évacuer au plus vite les cibles, c’est-à-dire les maisons ou les sites liés d’après Tsahal aux infrastructures du Hamas, à la fabrication, au stockage ou au lancement de roquettes Qassam contre le sud d’Israël. Ce qui réduit d’autant le risque politique, juridique et diplomatique, d’être accusé de perpétrer des massacres et des crimes de guerre.

Avec la semi-vacance du pouvoir aux Etats-Unis pendant la période de transition entre l’administration Bush et l’administration Obama, présumée beaucoup moins favorable à une action militaire (on note d’ailleurs qu’Israël interrompt « Plomb durci » deux jours avant l’investiture d’Obama), avec l’expiration de la trève acceptée 6 mois plus tôt par le Hamas, avec les fêtes de fin d’année propres à détourner l’attention de l’opinion mondiale, la disposition et la maîtrise des GBU-39 par l’IAF (Armée de l’Air Israélienne) explique le « timing » de l’opération. Début septembre 2008, on l’a vu, le Congrès américain a autorisé la vente de 1000 exemplaires à Israël. Elles lui sont livrées début décembre. Il faut les rendre opérationnelles. Monter les racks sur les F15E. Préparer le support logistique. Entraîner les équipages. Le 19 décembre, la trève expire. Le 27 décembre, l’offensive aérienne commence. Un samedi, jour de shabat, histoire d’augmenter la surprise.

Le problème, c’est que la GBU-39, si elle limite les risques de crimes de guerre, entraîne le crime contre l’humanité. Il y a en effet « un souci » qui n’apparaît dans aucun descriptif : l’Uranium appauvri.

13. « Le génocide de Gaza a commencé »

Gaza est une étroite bande de terre hébergeant sur 360 Km2 près d’un million et demi d’habitants, avec une densité de 3823 habitants au Km2.

La coque des bombes GBU-39 contient de l’Uranium « appauvri », ce n’est qu’une façon de parler. Il est appauvri en U235, mais enrichi en U238 – qui perd la moitié de sa radioactivité en 4,5 milliards d’années.

L’UA est un redoutable poison chimique et radiologique qui brûle aisément à l’impact et se transforme en particules radioactives extrêmement petites (micrométriques et même nanométriques, c’est-à-dire de l’ordre du millionième de millimètre) qui échappent à toute barrière et tout type de masque à gaz. Les produits de toutes ces combustions d’uranium voyagent avec les mouvements de l’air, contaminent l’atmosphère et pénètrent dans les organismes via la respiration, l’ingestion ou les moindres blessures. Ainsi, une partie de l’uranium se retrouve sous forme d’oxyde d’uranium radioactif invisible dans l’atmosphère que les populations respirent, tandis qu’une autre partie contamine les sols, les sous-sols, les nappes phréatiques, la végétation et la chaîne alimentaire.

Les conséquences de l’utilisation de bombes à l’UA en Afghanistan [http://acdn.france.free.fr/spip/article.php3?id_article=8 ] et en Irak [http://acdn.france.free.fr/spip/article.php3?id_article=444 ] sont parfaitement connues, démontrées et dénoncées par de nombreux scientifiques [http://acdn.france.free.fr/spip/article.php3?id_article=394 ] – sinon tous, excepté ceux dont le salaire émarge aux budgets des armées américaine, française, israélienne… et autres. Elles ont été rendues dramatiquement visibles par les photos insoutenables de nouveaux nés mal formés [http://acdn.france.free.fr/spip/article.php3?id_article=200 ].

On imagine sans peine les conséquences catastrophiques que de tels bombardements pourront avoir sur la population de Gaza : cancers, malformations congénitales, maladies du système immunitaire… et ce d’autant plus qu’elle souffre de malnutrition chronique et de manque de soins, en raison notamment du blocus israélien.

Lorsqu’ils ont décidé de larguer des bombes GBU-39 contenant de l’UA sur des zones densément peuplées de Gaza, les responsables israéliens ne pouvaient pas ne pas en connaître les effets. Mais la population israélienne, dont on peut comprendre la lassitude et l’exaspération sous les tirs de Qassam et d’obus de mortiers, les connaît-elle, aujourd’hui encore ?

Se doute-t-elle que son gouvernement, tout en déclarant viser les dirigeants, les militants et les installations du Hamas, procédait, délibérément ou non, à un « nettoyage ethnique » lent de la population palestinienne, qui sera inéluctablement contaminée, et à une destruction de son environnement ? Mesure-t-elle le risque qu’elle court d’en devenir elle-même victime, puisque les mouvements atmosphériques ne s’arrêtent pas aux frontières de Gaza ? Sait-elle que, même s’ils sont revenus indemnes ou légèrement blessés de cette opération terrestre, les soldats de Tsahal peuvent avoir été eux aussi marqués à vie dans leurs poumons, leur sang ou leur capital génétique par les effets de cette arme perverse ?

14. Lettre à Ban Ki-moon : les Nations Unies doivent enquêter

Le dimanche 18 janvier 2009, le jour même où Israël annonce qu’il cesse son opération militaire, nous envoyons par fax et par courriel une lettre au Secrétaire général de l’ONU, M. Ban Ki-moon. Elle évoque les armes radioactives employées à Gaza, les précédents connus, en Irak, dans les Balkans et en Afghanistan, et poursuit:

« Le même malheur risque de survenir dans la bande de Gaza et dans les pays voisins, comme l’Egypte, la Jordanie, et Israël lui-même. En outre, les nanoparticules d’uranium en suspension dans l’atmosphère peuvent voyager beaucoup plus loin encore, de sorte qu’aucune partie de la planète ne se trouve à l’abri de leur contamination.

« En s’attaquant à l’ADN des cellules, l’uranium inhalé, ingéré ou passé dans le sang ne multiplie pas seulement les cancers et diverses pathologies, il s’attaque aussi au patrimoine génétique de ses victimes. Il contamine l’environnement pratiquement pour l’éternité, puisque l’U238, principal composant de l’UA, a une demi-vie radioactive de 4,5 milliards d’années.

« Les armes à Uranium appauvri présentent donc un caractère génocidaire, voire anthropocidaire, et leur emploi relève du crime contre l’humanité.

« Nous avons conscience que seuls des prélèvements sur place et des analyses scientifiques approfondies, multiples, contradictoires et objectives, permettraient soit de vérifier nos craintes en mettant en évidence la présence de matières radioactives, soit de les écarter, ce dont nous nous réjouirions au plus haut point. Si des matières radioactives sont trouvées, des mesures d’urgence devront être prises pour décontaminer les lieux, informer et protéger la population dans toute la mesure du possible.

« C’est pourquoi nous vous demandons instamment de bien vouloir ordonner dans les plus brefs délais une enquête sur le terrain, à la recherche de traces radioactives. Nous présumons que le Programme des Nations Unies pour l’Environnement pourrait en être chargé, puisque lors d’une précédente affaire sur laquelle l’une de nos associations avait eu l’occasion d’attirer votre attention et celle de l’AIEA, cette dernière nous a fait savoir que ce type d’enquête n’entrait pas dans le cadre de ses missions. »

La lettre est cosignée par Jean-Marie Matagne pour ACDN, Paolo Scampa, pour l’Association Internationale pour la Protection contre les Radiations Ionisantes (A.I.P.R.I.) et Alain Acariès, père d’un casque bleu de la FORPRONU (Balkans) décédé des suites d’une contamination -démontrée par les analyses d’un laboratoire italien- par des nanoparticules issues de l’usage d’armes à l’uranium appauvri, et par ailleurs secrétaire d’AVIGOLFE.

Ils suggèrent de confier cette enquête au Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE), qui a déjà enquêté sur ce sujet dans les Balkans et qui a su trouver de l’uranium appauvri là où il y en avait.

De leur côté, les ambassadeurs des pays arabes accrédités en Autriche font remettre le 19 janvier, par le Prince Mansour Al-Saud, une lettre à l’Agence Internationale de l’Energie Atomique dans laquelle ils s’inquiètent de l’information « médicale et médiatique » selon laquelle « des traces d’uranium appauvri ont été trouvées dans des victimes palestiniennes ». Ils demandent à l’AIEA de mener « une enquête radiologique et physique en vue de vérifier la présence d’uranium appauvri dans les armes utilisées par Israël dans la bande de Gaza. » L’AIEA fait rapidement savoir qu’elle agrée la demande et va mener l’enquête. Ce qui écarte le PNUE de cette mission.

Quatre mois plus tard (mai 2009), l’AIEA n’a pas trouvé un seul expert à envoyer sur le terrain. Il est vrai qu’avant même la venue des enquêteurs sur le terrain, le porte-parole du gouvernement israélien avait assuré qu’ils ne trouveraient rien. Précédemment, le chef d’état-major de Tsahal avait commencé par nier, le 13 janvier, l’usage de bombes au phosphore blanc qui sautait pourtant aux yeux de tout le monde, avant d’être obligé de le reconnaître le 20 janvier et de se replier sur une deuxième ligne de défense : « ce sont des armes autorisées ». Oui, tout juste tolérées – mais tout de même pas contre des civils… Quant à la radioactivité des GBU-39, nous comprendrons plus loin pour quelles raisons techniques Tsahal croit pouvoir encore moins être prise « la main dans le sac ».

15. L’art de l’esquive

Les GBU sont construites aux Etats-Unis par la firme Boeing dans son usine de Saint Louis (Missouri). Sachant cela, un citoyen américain resté « sceptique » devant les assertions d’ACDN, Jack Cohen, demande au ministère de la Défense (DOD) des Etats-Unis s’il y a ou non de l’uranium appauvri dans les GBU-39. En attendant la réponse du ministère, il pose au responsable de la communication de Boeing la question suivante : « L’usine Boeing de Saint Louis a-t-elle une licence du ministère de l’Energie (DOE) pour détenir ou traiter de l’uranium appauvri ? » (« Does the Boeing facility in St. Louis have a DOE license for holding or handling depleted uranium ? »). Il reçoit cette réponse : « Boeing n’a pas de licence, étant donné qu’il n’y a pas d’activité relative à l’uranium appauvri dans notre usine de Saint Louis/Saint Charles. » (« Boeing does not have a license as there is no depleted uranium activity at our St. Louis/St. Charles facility. »)

Mais en analysant de près cette réponse, on s’aperçoit que, malgré ses allures de démenti, elle n’implique nullement qu’il n’y ait pas d’uranium appauvri dans les GBU-39 : leur « construction » à Saint Louis peut se limiter au montage de pièces détachées, elle n’implique ni hauts fourneaux, ni fonderie pour les alliages métalliques, ni même l’usinage des pièces. Pour remonter la piste de l’uranium appauvri, il faudrait s’adresser aux laboratoires de l’USAF, ou au sous-traitant qui fournit le corps de bombe. Mais l’USAF, également interpellée par Jack Cohen, a sa réponse toute prête : « No comment ». Comme prévu.

16. La GBU-39B : portrait au 20 mai 2009

Les informations accessibles dans le domaine public et celles recueillies de plusieurs sources par Jean-François Fechino aboutissent, à ce jour et sous réserve des modifications qu’autorisera l’afflux de nouvelles informations, à dresser de la GBU-39B le portrait suivant :

La GBU-39B pèse au lancement 130 kg (285 livres anglaises, ou lb, la livre anglaise pesant 453,592 grammes). La bombe proprement dite pèse, si c’est bien le cas, 113 kg (250 lb).

La différence, soit 17 kg, correspondrait au « kit de navigation », lequel comprend:

•une coque extérieure en carbone, très légère et très lisse, favorisant la pénétration dans l’air ;
•rattachés à cette coque, un empennage et des ailes, eux aussi en carbone ; les ailes, repliées au départ, se déploient quelques secondes après le lancement, lorsque la bombe a pivoté sur elle-même de 180° ;
•un servomoteur et des petits vérins permettant de déployer les ailes et de varier ultérieurement leur ouverture et leur orientation pour régler la trajectoire sde la bombe ;
•un système anti-brouillage de positionnement GPS et de navigation (Advanced Anti-Jam GPS aided Inertial Navigation)
L’ensemble de ce kit explose à l’impact sur la cible.

La bombe elle-même pesant 113 kg, comprend :

•un détonateur pouvant être programmé pour provoquer l’explosion juste avant, pendant ou après l’impact sur la cible, selon l’effet recherché ;
•près de 23 kg d’explosif (50 lb soit 22,680 kg) : le tritonal, un dérivé de perchlorate d’ammonium dans lequel l’alumine a été remplacée par de la poudre d’UA (à hauteur de 10%), et auquel a été ajouté du fulminate.
Le tritonal est classé dans la catégorie des explosifs à haute énergie (HE), il se présente sous forme d’un solide légèrement pulvérulent qui réagit à la moindre étincelle électrique. On le coule en forme de boudin serré qui va se consumer à très haute vitesse et dégager un gaz qui, comprimé par l’enveloppe de la bombe, la fait exploser et voler en éclat, le tout à une vitesse de l’ordre du centième de seconde.

Cet explosif hyper puissant assure une grande vélocité aux « échardes de métal », lesquelles s’enfoncent dans tout de ce qui se trouve sur leur passage et s’enflamment du fait qu’elles contiennent de l’Uranium Appauvri pyrophorique. Elles traversent les corps humains de part en part et seul le béton les arrête à une profondeur d’environ un mètre. Ensuite, elles brûlent, en dégageant un maximum de chaleur et un minimum de fumées… et ce en raison des « mini impacts » largement répandus autour de la cible.

Il n’est pas exclu toutefois que les GBU-39 ou certaines d’entre elles aient été chargées du dernier cri en matière d’explosif : le D.I.M.E. (Dense Inert Metal Explosive).

•une coque (cover) métallique constituée d’un alliage composé de 10 % de titane, 10% de tungstène, 80 % d’uranium appauvri.
L’alliage Ti/Tu/UA est « friable » et « préformé » en « aiguilles d’aciers » ou échardes d’acier (preformated alloy iron sharps). L’explosion est réalisée pour les faire « voler en éclats » selon leurs « préformatages ». Elles tiennent en raison du moulage lors de la coulée et sont maintenues en forme (en dépit des contraintes de forces et de vitesse) par le manteau de fullérènes qui, lui aussi, explose en échardes.

•une couche ou « manteau » (coat) de 2,5 mm d’épaisseur, constituée de fullerènes.
Cette couche enveloppant la coque métallique est destinée à renforcer sa dureté lorsqu’elle pénètre dans la cible après dislocation de l’enveloppe extérieure, et surtout à protéger l’UA d’un frottement prématuré ou excessif lors de la pénétration dans la cible, en particulier lorsqu’il s’agit de bétons ultra durs (enforced ultra strong concrete) dans lesquels on a mélangé de la fibre de carbone ou carbure de tungstène (carbon tungsten fibers).

Les fullerènes sont un nouveau « type de carbone » à structures moléculaires renforcées, issu directement des laboratoires militaires de Los Alamos en liaison avec la recherche en nanomatériaux et structures de métaux, tant universitaire que privée. Aussi résistants que le diamant, les fullerènes se présentent extérieurement sous forme de suie noire.

Comme pour les autres armes expérimentées à Gaza, les matériaux et les autres caractéristiques des GBU assurent, avec l’ensemble du dispositif de leur mise en œuvre, un « service multiple » de destruction et de morbidité:

•pénétration en profondeur des cibles enfouies sous terre, même les mieux protégées (bétons à hautes, très hautes ou ultra hautes performances ; blindages épais en acier, ou en acier renforcé à l’UA) ;
•explosion différée jusqu’à la profondeur voulue et programmée ;
•explosion ultérieure et autodestruction de l’engin, dans le cas où le dispositif primaire de mise à feu aurait échoué ;
•destruction « classique », par effet de souffle, de la cible, depuis l’intérieur même ;
•projection d’échardes métalliques dans les corps inertes ou vivants situés à l’intérieur ou à la périphérie de la cible, avec effet de « décapitation » ou d’ « amputation » sur les corps humains ;
•crémation externe et interne des corps, les échardes métalliques devenant elles-mêmes des brandons ;
•chez les blessés survivants, impossibilité de distinguer les éclats métalliques et de les extraire par une opération chirurgicale ;
•réduction de la durée de survie des blessés et des brûlés, par empoisonnement interne, radiotoxique et chimique, dû à l’uranium appauvri ou à ses descendants ;
•contamination radioactive de l’environnement naturel par dispersion, sur les lieux mêmes des explosions et au-delà, de nanoparticules d’uranium appauvri et d’autres radionucléides issus de l’uranium ;
•atteintes au génome de la population.
En un mot: Des armes génocidaires.

17. Combien d’uranium, et où ?

Boeing annonçait un corps de bombe (Warhead) de 206 livres ou 93 kg. (en fait 93,44 kg). Ce chiffre n’inclut pas le poids d’explosif. Mais il contredit d’autres données déjà citées, d’après lesquelles « la GBU-39B est équipée d’une tête ou corps de bombe (warhead) de 250 livres… contenant 50 livres d’explosif », ce qui implique logiquement que le corps de bombe pèse seulement 200 lb, soit 90,718 kg. Il faut donc supposer que Boeing y ajoute les poids, relativement minimes, du « manteau » de fullerènes et du détonateur – poids qu’il convient alors de déduire des 35 livres ajoutées à la « bombe nue » par le kit de navigation, pour conserver 50 livres d’explosif.

Quoi qu’il en soit, la coque métallique de la GBU-39 dépasse les 90 kg : elle pèse au maximum 93 kg, au minimum 90,718 kg. Admettons ce dernier chiffre. 80% d’Uranium Appauvri sur 90,718 kg d’alliage métallique font 72,57 kg. Si l’on y ajoute les 2,26 kg d’UA mélangé à l’explosif, lorsque la bombe atteint sa cible (une fois débarrassée de sa gangue de carbone, ses ailes, sa queue, etc.) le poids total d’Uranium Appauvri dans une GBU-39B doit être, approximativement, de 75 kg (74,83 kg). (Si les 206 livres dont parle Boeing se rapportaient seulement à la coque métallique, le poids d’UA atteindrait 77 kg.)

C’est cette masse extrêmement compacte, ce « lest » (« ballast »), arrivant en piqué, donc à grande vitesse (en effet, dans la dernière partie de sa trajectoire, la bombe est orientée de façon à chuter aussi verticalement que possible) qui permet à la GBU-39 de percer, avant d’exploser, au moins 90 cm de béton armé de haute résistance (le double selon plusieurs sources dont GlobalSecurity, qui rapporte que dès les premiers essais, elle a été capable de percer 6 pieds de « béton renforcé ») ou plusieurs dizaines de mètres de terre – jusqu’à 60 mètres… voire 100 mètres de profondeur dans un sol meuble. Et d’exploser à la profondeur programmée.

En fonction des informations parfois contradictoires dont nous disposions précédemment, nous avions largement sous-estimé le poids minimal d’uranium appauvri compris dans une GBU-39 et dispersé par son explosion. Aujourd’hui, nous pensons pouvoir dire que son poids réel doit tourner autour de 75 kg et rejoint l’hypothèse tirée de l’analyse du brevet déposé.

Si l’on suppose qu’Israël a « consommé » dans l’opération « Plomb durci » la totalité des 1000 GBU-39B (mais il peut en avoir gardé en réserve, par ex. pour l’Iran), ce seraient donc quelque 75 tonnes d’UA qui auraient été dispersées dans le sol et le sous-sol de la bande de Gaza, en partie dans les sites suspectés d’héberger des lance-roquettes, en partie et surtout dans les tunnels du « couloir Philadelphie » courant près de Rafah le long de la frontière égyptienne. Soit, sur une surface très restreinte et en plein cœur de zones peuplées, le cinquième du tonnage d’UA qui, selon des estimations généralement admises, aurait été dispersé sur l’ensemble du territoire irakien pendant toute la « guerre du Golfe » de 1991.

Il est pour le moins hautement probable que plusieurs centaines de GBU-39 ont été utilisées pendant l’opération « Plomb durci », injectant plusieurs dizaines de tonnes d’Uranium Appauvri dans le sol de Gaza. Mais qu’en reste-t-il sur le terrain, en surface ?

Rien à première vue. Pourquoi ?

•Parce que la radioactivité, invisible, inodore et sans saveur, peut être présente sans que personne ne s’en aperçoive ; parce qu’il faut, pour s’en apercevoir, disposer de récepteurs spéciaux (compteurs Geiger, « Quartex »…), les placer très près de la source d’émission et être capable de les interpréter ; parce que le temps qui passe et les travaux de remblaiement rendent chaque jour plus difficile la collecte des indices à Gaza.
•Parce que, contrairement à bien d’autres armements retrouvés sur place, y compris un corps entier, non radioactif, de GBU-10, semble-t-il, ayant fait long feu (voir les photos dans le « rapport préliminaire » de J-F Fechino), on ne retrouvera probablement aucun élément des corps de bombe de GBU-39 : pour le cas justement où elles feraient long feu, ces bombes ont été dotées d’un dispositif d’autodestruction à retardement.
•Parce que l’Uranium Appauvri est constitué à 99,8 % d’Uranium 238 et qu’aucune des ondes émises par l’U238 -toutes dangereuses pour la santé- ne peut traverser plusieurs mètres de terre : ni les ondes alpha (qui sont arrêtées par la peau, mais sont aussi les plus nocives pour l’ADN lorsqu’elles franchissent cette barrière par inhalation ou par ingestion), ni les ondes bêta, ni même les ondes gamma (les plus puissantes).
•Parce que les micro ou nanoparticules d’UA qui ont pu remonter par l’évent de pénétration de la bombe au moment de son explosion ont été aussitôt dispersées dans l’atmosphère, où elles se sont confondues avec le « bruit de fond » de la radioactivité naturelle ou artificielle préexistante, qu’elles ont augmentée sans qu’on puisse leur en attribuer la responsabilité.
•Parce que la plus grande masse des particules d’UA se trouve emprisonnée sous terre, là où les bombes ont explosé… sans pour autant faire de cratère. En effet, la puissance de l’explosion est délibérément limitée. Son aire de souffle n’excède pas un diamètre de 26 pieds (moins de 8 mètres). Sous terre, elle crée seulement une sorte de cavité temporaire qui peut s’effondrer ensuite sur elle-même.
Elles ne vont pas cesser pour autant de faire des dégâts.

D’abord, dans son « rapport préliminaire » sur Gaza, J-F Fechino signale avoir relevé en plusieurs endroits des taux de radioactivité double des valeurs moyennes données par l’AIEA pour les mêmes lieux. Cette augmentation de la radioactivité ambiante n’a rien d’anodin, puisque on sait qu’il n’existe pas de dose minimale inoffensive pour l’être humain.

Ensuite, les Gazaouis qui ont reconstitué depuis janvier 2009 des tunnels dans la zone bombardée risquent de traverser des zones contaminées, d’inhaler des particules radioactives, et de développer à plus ou moins brève échéance des cancers et des symptômes comparables à ceux décrits dans le « syndrome du Golfe ».

Enfin, les radioéléments restés sous terre finiront par se retrouver dans les nappes phréatiques et par suite, dans la chaîne alimentaire.

Seule l’analyse d’échantillons prélevés à la bonne profondeur sur les lieux où l’on sait que des bombes ont explosé permettra de constater la contamination et la réalité du risque radioactif.

Ensuite, pour isoler et interdire d’accès les zones concernées en attendant (ou à défaut) de les décontaminer au moyen de gigantesques travaux de terrassement, les indications de l’Armée de l’Air Israélienne se révéleront indispensables. Elle seule peut dire avec précision quel type de bombe a été utilisé en tel et tel endroit, et à quelle profondeur les bombes étaient censées exploser.

Paradoxalement, et non sans un certain cynisme, Israël pourrait trouver intérêt à reconnaître l’usage de bombes radioactives : si nos assertions sont exactes, c’est quasiment tout le « corridor de Philadelphie » qui est, en profondeur, devenu radioactif – ce qui condamne le percement et l’usage de tunnels… Il va sans dire que le meilleur moyen d’éliminer ce risque, sinon le seul, serait de rendre les tunnels inutiles, c’est-à-dire de lever enfin le blocus inhumain et illégal de Gaza.

18. Autres armes mises en œuvre à Gaza

Les GBU-39 ne sont pas les seules bombes à avoir été utilisées contre les tunnels du couloir Philadelphie, loin s’en faut. Dès le 1er janvier, un journaliste italien (Pietro Battachi, dans “l’Occidentale”) signale que « ses sources » (militaires ou gouvernementales, manifestement) « parlent de dizaines de couloirs souterrains détruits par les GBU-28 de 5000 livres » (Le fonti parlano decine di corridoi sotterranei centrati dalle GBU-28 da 5000 libbre). Il n’est pas exclu, bien sûr, que les GBU-28 (des « bunker busters » conventionnels) soient citées à la place des GBU-39, qui peuvent faire le même travail en profondeur que les GBU-28, en pesant 16 à 20 fois moins. Des « bunker busters” de fabrication israélienne comme la bombe PB500A1 de 1000 livres (425 kg) ou la Mk82 de 500 livres (227 kg) ont été aussi utilisées.

Les GBU-39 font partie, avec les munitions à fléchettes, les munitions au phosphore blanc, les munitions au DIME, de ces armes meurtrières que les dirigeants politiques et les chefs militaires israéliens n’ont pas hésité à mettre en œuvre au beau milieu de la population de Gaza et souvent directement contre elle.

Les dirigeants israéliens ne reculent pas devant l’emploi d’armes radioactives. La preuve : sur la photographie ci-dessous, on voit le soldat Idan Cohen, camarade du soldat Gilad Shalit, employé dans la même brigade de tank, le long de la frontière de la bande de Gaza. Elle est parue le 25 juin 2007 sur le site internet Ynet, du quotidien israélien à grande diffusion Yedihot Aharonot. Il porte sur l’épaule un obus-flèche dont la flèche est en uranium appauvri.

Pour mesurer ce que toutes ces armes signifient concrètement, il faut se reporter aux descriptions faites, par les chirurgiens présents à Gaza, des effets sur les victimes des « nouveaux types d’armes » ou des matériaux (phosphore blanc, DIME, tungstène, Uranium appauvri…) employés pendant l’opération « Plomb durci » : « A 2 mètres, le corps est coupé en deux ; à 8 mètres, les jambes sont coupées, brûlées comme par des milliers de piqûres d’aiguilles. » Les blessés survivants « n’ont aucune trace de métal dans le corps, mais des hémorragies internes étranges. Une matière brûle leurs vaisseaux et provoque la mort, nous ne pouvons rien faire. » (Dr Mads Gilbert, Le Monde, 12 janvier) « Quand on commence à opérer, tout semble en ordre… Mais ensuite on découvre des dizaines de minuscules particules dans tous leurs organes. On dirait qu’un certain type d’explosif ou d’obus les a dispersées partout, et ces blessures miniatures, impossible de les opérer. » (Dr. Jam Brommundt, médecin allemand travaillant à Kham Younis, au sud de la bande de Gaza)

Comment ne pas se demander avec le Dr Gilbert : « Se peut-il que cette guerre soit le laboratoire des fabricants de mort ? Se peut-il qu’au XXIe siècle on puisse enfermer un million et demi de personnes et en faire tout ce qu’on veut en les appelant terroristes ? » Et comment qualifier cette « guerre » qui fait d’un côté 14 tués (11 soldats israéliens, dont 4 victimes d’un « tir ami », et 3 civils, victimes d’un tir de roquette) et 50 blessés, et de l’autre côté, au moins 1330 tués et 5450 blessés, pour la plupart des civils, dont une moitié d’enfants ? (Source : Foreign Policy In Focus, Conn Hallinan, 11 février 2009)

A un contre cent, est-ce encore un combat, ou est-ce un jeu de massacre ? Une collection de crimes de guerre ? Le début d’un génocide qui n’ose pas dire son nom et qui se cache derrière la mémoire d’un autre génocide ?

Toutes les armes de guerre sont, par nature, « létales ». Mais celles qui utilisent des matériaux radioactifs, sous forme d’explosif comme dans les armes atomiques ou thermonucléaires, sous forme d’enveloppe métallique ou de pénétrateur pyrophorique comme dans les munitions à Uranium appauvri, ont une particularité qui devrait les prohiber dans tous les cas de figure : outre leurs effets directs plus ou moins « limités » selon la puissance de l’explosion, elles ont aussi et toujours des effets collatéraux « contaminants » pratiquement illimités dans le temps et l’espace.

Ce sont donc des armes triplement criminelles:

En tant qu’armes de guerre (puisque la charte de l’ONU, on l’oublie trop souvent, prohibe la guerre comme moyen de régler les conflits) ; en tant qu’armes génocidaires ; en tant qu’armes écocidaires.

19. Les enjeux

Reconnaître l’extraordinaire nocivité des armes radioactives, en particulier des armes à « Uranium appauvri » aurait d’immenses conséquences – avant tout économiques et financières.

Cette reconnaissance impliquerait que les États responsables de leur emploi versent des indemnités compensatoires aux victimes de ces armes – si tant est que leurs effets puissent jamais être compensés- ou aux familles des victimes décédées.

Elle impliquerait de soigner les victimes encore en vie, tant civiles que militaires, ce qui coûterait fort cher ; il est donc préférable qu’elles meurent à petit feu, dans le déni des causes de leur sort. Car comment prouver aux commissions de pension militaire, des mois ou des années après avoir été exposé à de l’uranium appauvri – ou aux retombées d’une explosion nucléaire -, que le cancer des reins ou des poumons qu’on développe, ou la malformation congénitale de son enfant, sont dus à cette exposition ? De nombreux phénomènes peuvent les expliquer… Seuls les militaires blessés (en général par un « tir ami »…) et ayant conservé dans leur corps des particules décelables d’Uranium appauvri ont quelque chance d’en être reconnus victimes.

Cette reconnaissance impliquerait :

•que toutes les armes comportant de l’uranium appauvri – munitions de toutes sortes : balles, obus, bombes, missiles, mines, mais aussi chars blindés à l’UA, comme le char Leclerc des Français ou ses homologues étrangers – soient retirées du service, donc remplacées (les armées ont horreur du vide), ce qui coûterait une fortune. De plus, l’uranium « réformé » devrait être rendu inoffensif, ce qui est impossible, ou stocké en lieu sûr et surveillé, ce qui coûterait encore plus cher.

•qu’on cesse de les produire, ce qui mettrait au chômage nombre de « travailleurs de l’armement », donc accroîtrait la crise économique. Et surtout, ce qui réduirait les profits des actionnaires de Boeing, Lockheed, Raytheon et Cie. On sait que Boeing est déjà engagé pour plus de 24 000 GBU-39. Mais certains ont avancé pour les décennies à venir le chiffre de 150 000 unités. Sans parler de la GBU-40 (SDB2). Un programme de plus de 4 milliards de dollars à annuler, et le fleuron de l’USAF réduit à néant.
•qu’on réhabilite les sites contaminés, ce qui coûterait encore une fortune.

Ainsi, selon Jean-François Fechino, les 88 bombes à sous munitions CBU-105 WCMD-SWF, pesant chacune 417 kg, qui ont été larguées par les bombardiers B-1B pendant la guerre d’Irak de 2003 ont dispersé leur uranium sur une surface cumulée de 44 km2. Les 818 CBU-103 WCMD (autres bombes à sous munitions, de 429 kg), l’ont dispersé sur une surface cumulée de 218 km2. Et ce n’est là qu’une toute petite partie de l’uranium appauvri déversé au total en Irak : au moins 350 tonnes en 1991, et certainement plus de 1200 tonnes depuis 2003.
•que les responsables de ces crimes à l’Uranium appauvri soient traduits en justice.
•et enfin, que soit remis en cause l’ensemble de l’industrie nucléaire civile et militaire, grande pourvoyeuse d’uranium appauvri dont on ne sait que faire et que l’on « recycle » dans le secteur militaire.
Dans ces conditions, on comprend que certains dirigeants préfèrent conduire insidieusement la population du globe à sa perte.

20. La charge de la preuve

Nous avons, dans ce qui précède, décrit de manière précise les GBU-39. Cette description n’est pas exhaustive ; il se peut qu’elle soit inexacte sur certains points de détail. Mais nous avons aussi et surtout affirmé que les GBU-39 contiennent chacune une masse très importante, égale ou supérieure à 75 kg d’uranium appauvri.

Si nous sommes dans l’erreur sur ce point essentiel, c’est à l’armée israélienne et à l’USAF, désormais, d’en apporter la preuve.

Comme utilisatrice et comme pourvoyeuse, elles doivent nous dire de quel alliage métallique est constitué le corps de bombe. Nous expliquer pourquoi les personnels bien informés (ils ne le sont pas tous, loin s’en faut) le considèrent comme « du métal chaud, très chaud » (« hot, very hot metal ») – en clair : radioactif – et pourquoi ceux qui le manipulent portent une combinaison spéciale. L’USAF doit nous expliquer pourquoi, en Afghanistan où elle utilise également des GBU-39, elle oblige les militaires alliés arrivant sur les lieux d’un bombardement à porter des combinaisons NBC. Les prétextes avancés sont spécieux.

L’Armée de l’Air Israélienne (Israeli Air Force) et l’US Air Force doivent laisser des experts indépendants équipés de compteurs Geiger accéder aux armes elles-mêmes, de préférence sans préavis et dans n’importe quel arsenal pour ne pas avoir le temps de les leurrer, comme les Israéliens surent si bien le faire lorsque le « centre de recherches nucléaires » de Dimona fit, dans les années 60, l’objet d’une unique visite d’inspection américaine : les étages souterrains voués à la production de plutonium militaire furent si bien masqués que les inspecteurs en ignorèrent l’existence.

Israël doit indiquer précisément les lieux où les GBU-39 ont été employées, en faciliter l’accès aux experts et autoriser le prélèvement d’échantillons pour analyse approfondie par des laboratoires indépendants. Aucun « secret industriel », aucun « secret défense » ne saurait être invoqué contre une telle enquête. Tout refus, au contraire, devrait être interprété comme un aveu du crime.

21. Dernière minute, 20 mai 2009 : la preuve est là

En avril 2009, une mission de 4 personnes dont Jean-François Fechino s’est rendue à Gaza sous l’égide de la Commission Arabe des Droits Humains. Les échantillons de terre et de poussières rapportés de Gaza ont ensuite été soumis à l’analyse d’un laboratoire spécialisé. Celui-ci y a trouvé de l’Uranium Appauvri (radioactif, cancérigène, tératogène), du Césium (radioactif, cancérigène) peut-être originaire de Tchernobyl, de la poussière d’amiante (cancérigène), des Composés Organiques Volatils (fines particules dangereuses pour la santé, surtout celle des enfants, des asthmatiques et des vieillards), des phosphates (oxydation du phosphore blanc), du tungstène (cancérigène), du cuivre, de l’alumine (cancérigène), de l’Oxyde de Thorium (ThO2) (radioactif, cancérigène)…

Des résultats détaillés seront transmis aux autorités compétentes et rendus publics dès que possible.

Conclusion : un seul camp, celui de l’humanité

Un génocide est l’extermination d’un groupe humain. Les armes à Uranium Appauvri sont des armes d’extermination. Elles frappent de façon indiscriminée une population entière, jusque dans son patrimoine génétique. Le groupe humain qu’elles frappent est la population qui en respire ou en ingère les retombées. Ce groupe ne se définit pas par ses appartenances politiques, nationales, religieuses ou ethniques, mais par sa situation géographique. Par cette localisation, il devient, pour des raisons physiques et météorologiques, la victime « privilégiée » de l’extermination, bien qu’aucune frontière n’assure à ses voisins qu’ils ne partageront pas son sort tragique à un degré quelconque.

La même remarque vaut pour les victimes des retombées radioactives d’essais ou de catastrophes nucléaires. Tchernobyl est en Ukraine, mais ses victimes sont aussi bien en Russie, au Belarus ou en France.

En ce sens, l’utilisation dans la bande de Gaza d’armes à Uranium appauvri, en particulier des bombes GBU-39, constitue bien, à double titre, un crime contre l’humanité : l’humanité des Gazaouis, l’humanité en général.

Le génocide est assez établi si les responsables civils ou militaires de l’emploi d’armes radioactives connaissaient, avant de les employer, leur caractère attentatoire à la vie, à l’environnement, à la survie et à la dignité des victimes de ces armes – en un mot leur caractère génocidaire. Cette condition suffit à démontrer le mépris dans lequel ils tenaient leurs futures victimes.

Employer des armes radioactives,

c’est donc bien commettre un génocide.

Mais c’est aussi un anthropocide: ce néologisme s’impose pour désigner un nouveau type de crime contre l’humanité, qui détruit les individus en s’attaquant à leur ADN, les familles en s’attaquant à leur descendance, les groupes en s’attaquant à leur génome, et l’espèce, en contaminant sans remède sa niche biologique.

C’est pourquoi l’humanité tout entière, à commencer par le peuple palestinien et le peuple israélien, doit se mobiliser pour dénoncer ce crime, exiger la sanction des coupables et la réparation pour les victimes, et pour prendre toutes les mesures propres à l’empêcher de se reproduire, où que ce soit, en Palestine, au Moyen-Orient ou ailleurs dans le monde.

Toutes les armes radioactives, atomiques, thermonucléaires, à l’uranium, quelle que soit leur formule, doivent être interdites et démantelées.

ACDN, le 20 mai 2009

Actualisé le 4 juin 2009

RAPPORT Sur l’utilisation d’armes radioactives dans la Bande de Gaza pendant l’opération « Plomb durci » (27 décembre 2008 – 18 janvier 2009) © Jean-Marie Matagne / ACDN

Mai 2009

Tous droits réservés – All rights reserved

Sauf indication contraire, toutes les traductions de l’anglais en français sont dues à l’auteur du rapport.

Source: http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=14345

Lien de l’article: http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=6961

COMMENTAIRE:

(Le Souffle c’est ma Vie / Thierry LAMIREAU)

Le même type d’armes est utilisé par la FRANCE dans la guerre au MALI.

Si le Ministre de la Défense, M. LE DRIAN, a répondu d’une manière biaisée et mensongère à une sénatrice et à un député, il n’a pas répondu à mes questions précises à travers un document envoyé directement par l’intermédiaire d’un de ses services du Ministère ! (après une longue communication téléphonique entre eux et moi).

La FRANCE UTILISE ces armes et MENT sur son utilisation et sur les pollutions et contaminations induites !…et aucun journaliste n’en parle !

L’OMERTA est toujours TOTALE car les enjeux sont GRAVISSIMES !

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 12 juillet, 2013 |Pas de commentaires »

MALI: AMNESTY INTERNATIONAL PUBLIE UN RAPPORT ACCABLANT SUR L’ARMEE MALIENNE, COUVERTE ET SOUTENUE PAR LA FRANCE (RFI / REUTERS / AMNESTY INTERNATIONAL / SIWEL)

MALI:

MALI: AMNESTY INTERNATIONAL PUBLIE UN RAPPORT ACCABLANT SUR L'ARMEE MALIENNE, COUVERTE ET SOUTENUE PAR LA FRANCE (RFI / REUTERS / AMNESTY INTERNATIONAL / SIWEL) dans REFLEXIONS PERSONNELLES aaaaaa

François Hollande et le président malien par intérim Dioncounda Traoré acclamés par la population, lors de l’arrivée du dirigeant français à l’aéroport de Tombouctou, le 2 février 2013. François Hollande a dénoncé la « barbarie » des islamistes armés qui ont multiplié les exactions dans la ville tout juste libérée de leur joug.(AFP PHOTO / POOL / Fred DUFOUR)

Amnesty International publie un rapport

accablant sur l’armée malienne,

couverte et soutenue par la FRANCE !

PARIS (SIWEL) — Amnesty International vient de publier un rapport sur une mission de 4 semaines au Mali. L’organisation parle prudemment de conclusions préliminaires mais son constat est accablant:

« Le bilan des forces de sécurité maliennes en ce qui concerne les droits humains depuis janvier 2013 est tout simplement déplorable, elles continuent à porter atteinte à ces droits sans sembler craindre d’avoir à rendre des comptes. » a estimé Gaëtan Mootoo, membre de la mission d’Amnesty International actuellement sur place.

Rapport accablant sur les crimes commis par l'armée malienne, équipée, soutenue et protégée par la France.(Photo/Amnesty international)

Rapport accablant sur les crimes commis par l’armée malienne, équipée, soutenue et protégée par la France.
(Photo/Amnesty International)
 » L’armée malienne ne s’est pas battue pour la reconquête des villes du Nord mais une fois sur place, les soldats ont fait usage de leurs fusils sur des civils désarmés. » dit RFI dans son édition d’aujourd’hui.
« Faits les plus graves dénoncés par Amnesty International: des exécutions, parfois de vieillards, parfois dans le dos, principalement de Touaregs ou d’Arabes, sans crainte de devoir rendre des comptes. » précise encore RFI

Sur la mission de 4 semaines passés dernièrement au Mali, soit au cours du mois d’avril  » L’organisation de défense des droits de l’homme dit avoir recueilli des informations sur plus de vingt cas de disparitions forcées et d’exécutions extrajudiciaires. ». « Quand elles ne sont pas tuées, les personnes soupçonnées d’appartenir ou d’entretenir des liens avec les groupes armés sont régulièrement torturées au moment de leur arrestation ou pendant leur détention. »

 » Ainsi entre le 11 et le 14 avril 2013 « , selon Amnesty,  » cinq hommes arrêtés dans le Nord sont morts à la maison d’arrêt de Bamako. Plus récemment encore, le 26 mai 2013, deux Touaregs ont été arrêtés et leurs corps ont été retrouvés quelques heures plus tard. Mohamed Hamedou Ag Mohamed Asssaleh aurait été arrêtés, dans la matinée, avec un autre Touareg par l’armée malienne. Conduits à cinq kilomètres de Gossi, ils auraient été déshabillés, forcés de s’allonger sur le sol et frappés à coups de bottes Rangers par des soldats. Les soldats leur auraient marché dessus et auraient proféré des menaces de mort à leur encontre. Ils étaient apparemment sur le point d’être exécutés quand un parent, un soldat lui-même, est intervenu et a obtenu leur libération. Quelques heures plus tard, vers 16 heures, Mohamed Ag Mohamed Ag Mohamed Asssaleh a été de nouveau arrêté avec un autre touareg Mohamed Acheick Ag Djibrilla au marché de Gossi, par six ou sept soldats. Leurs corps ont été retrouvés dans la brousse, à 3 km de Gossi. Ils ont été enterrés par les habitants. »

Cette enquête d’Amnesty International est toujours en cours et ne semble pas prête de s’arrêter étant donné les circonstances actuelles où les exécutions sommaires et raciales se poursuivent en ce moment-même à Anefsi. L’enquête publiée aujourd’hui est majoritairement consacrée aux violations commises par les soldats maliens sur les civils azawadiens. Autant dire que la France aura bien réussi sa mission, elle a déstabilisé pour longtemps cette région d’Afrique en permettant à une armée génocidaire de pratiquer librement l’épuration ethnique, à laquelle elle s’adonne tranquillement depuis 50 ans, tout en coupant court à toute possibilité aux victimes de se défendre.

Face au désastre et à la l’extrême détresse des populations civiles « du Nord », Amnesty International formule plusieurs recommandations à l’adresse de la France et de la MISMA et demande, entre autre, de  » ne plus livrer des prisonniers à l’armée malienne ».

Gageons que malgré ce nouveau rapport, le grand pays des droits de l’homme qu’est la France ne va pas dire un seul mot sur ces exactions après s’être empressé de condamner officiellement et fermement la simple arrestation des infiltrés maliens à Kidal. A coup sur, le porte-parole du Quai d’Orsay observera un silence scrupuleux, et pour cause, Il sera difficile pour le Quai d’Orsay de condamner une action qu’il a lui-même initié, cautionné et protégé.

Bref: « Le bilan des forces de sécurité maliennes en ce qui concerne les droits humains depuis janvier 2013 est tout simplement déplorable,ellles continuent à porter atteinte à ces droits sans sembler craindre d’avoir à rendre des comptes. », déclare Gaëtan Mootoo, chercheur à Amnesty International et membre de la mission actuellement sur place.

Source RFI, Reuters et Amnesty International
SIWEL 

fichier pdf mali__conclusions_préliminaires_d’une_mission_de_quatre_semaines__atteintes_graves_aux_droits_humains

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 12 juin, 2013 |Pas de commentaires »
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