LE NAUFRAGE ET L’OFFENSE. LE MALI A RENDRE AUX MALIENS.(Aminata D.TRAORE / http://www.legrandsoir.info)

Cette Malienne (photo) est interdite de conférence en France par « Normal 1er »
LE NAUFRAGE ET L'OFFENSE. LE MALI A RENDRE AUX MALIENS.(Aminata D.TRAORE / http://www.legrandsoir.info) dans REFLEXIONS PERSONNELLES aaaaaaaajpg

François Hollande et le président malien par intérim Dioncounda Traoré acclamés par la population, lors de l’arrivée du dirigeant français à l’aéroport de Tombouctou, le 2 février. François Hollande a dénoncé la « barbarie » des islamistes armés qui ont multiplié les exactions dans la ville tout juste libérée de leur joug. Sa visite au Mali devait se poursuivre dans la journée à Bamako, la capitale du pays. (AFP PHOTO / POOL / FRED DUFOUR)

Le naufrage et l’offense.

Le Mali à rendre aux Maliens

(Aminata D. TRAORE)

L’auteur de cet article a été étudiante en France. Après son doctorat en psychologie sociale elle a travaillé pour des organisations internationales et a été Ministre de la Culture et du Tourisme au Mali.

En avril 2013, elle devait se rendre à Berlin à l’invitation de la gauche allemande (Die Linke) et à Paris à celle du NPA. Mais le gouvernement solférinien (qui précisément ?) a donné des instructions pour lui interdire l’espace Schengen. L’Allemagne lui a cependant accordé un (court) visa. Mais le territoire français lui est interdit.

Pourquoi ? A la lire, on a la réponse.

Le Grand Soir

« Toute société impérialiste voit dans l’Autre la négation de l’idéal qu’elle s’efforce, elle-même, d’atteindre. Elle cherche à le domestiquer en l’attirant dans le champ d’application de son idéal et en l’y situant au degré le plus bas. » (1) – Wolfgang Sachs.

Que sommes-nous devenus au Mali ?

« A qui allons-nous rendre les clés ? » est la question posée par Pierre Lellouche, député UMP et Président du groupe Sahel de la Commission des Affaires Etrangères de l’Assemblée Nationale française à propos du Mali. C’était le 22 avril 2013, lors du débat parlementaire qui a précédé le vote de la prolongation de l’opération SERVAL. Comme pour lui répondre, Hervé Morin, ancien Ministre (UMP) de la Défense dit « Mais il n’y a personne à qui passer la main ». Comme une lettre à la poste, la prolongation demandée a été adoptée à l’unanimité. S’agissant de l’organisation de l’élection présidentielle en juillet 2013, la France officielle est non seulement unanime mais intransigeante

Je serai « intraitable » a prévenu le Président François Hollande.

Ce mot est dans toutes les têtes ici et nous a blessés. Le Ministre de la Défense, Jean Yves Le Drian, estime à ce sujet qu’ « il faut dire les choses fortement » (RFI).

Les Maliens qui ont accueilli le Président François Hollande en « libérateur » s’imaginaient que l’Opération SERVAL débarrasserait rapidement leur pays de Al Qaeda au Maghreb Islamique (AQMI) et ses affiliés d’Ansar Dine et du MUJAO et que la vie reviendrait comme avant.

L’intervention militaire a incontestablement réduit la capacité de nuisance des djihadistes en en tuant quelques centaines et en détruisant d’énormes stocks d’armes et de carburant. Mais les villes de Gao et Tombouctou sont libérées sans l’être totalement puisque des groupes, que le discours officiel qualifie de « résiduels », opèrent dans ces localités et y commettent des attentats. Fait plus préoccupant, Kidal est entre les mains du Mouvement National de Libération de l’Azawad (MNLA) qui interdit à l’armée malienne d’y accéder.

De peur de s’enliser, la France revoit ses effectifs à la baisse sans pour autant se retirer. Sa coopération avec la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) dans la mobilisation des troupes africaines de la Mission Internationale de Soutien au Mali (MISMA) étant loin d’être satisfaisante. La Mission multidimensionnelle Intégrée des Nations Unies au Mali (MINUSMA) entrera en action en juillet 2013.

La France ne s’enlisera pas. Mais dans quelle aventure a-t-elle embarqué notre pays alors qu’il ne s’y était pas préparé ? Et quel Mali laisserons-nous aux générations futures ? Celui où le départ du dernier soldat français a été l’un des temps forts de sa décolonisation et qui aujourd’hui perd ce qui lui restait de souveraineté ?

Confiant dans son rôle de libérateur, le Président Hollande nous a promis lors de son passage à Bamako une nouvelle indépendance, « non pas contre le colonialisme, mais contre le terrorisme ». Comme s’il appartenait à la France de nous sauver d’un péril auquel elle n’est pas étrangère si l’on remonte à son intervention en Libye.

L’Homme malien est-il suffisamment entré dans l’histoire ? Est-il sujet de son propre devenir de manière à jouir de son droit de dire « non » aux choix et aux décisions qui engagent son destin ?

La militarisation comme réponse à l’échec du modèle néolibéral dans mon pays est le choix que je conteste. Interdite de séjour dans les pays de l’espace Schengen, je regarde avec admiration et respect, la mobilisation et la détermination des peuples d’Europe à lutter contre le même système qui en toute quiétude nous broie, ici en Afrique.

L’effondrement du capitalisme malien « gagnant »

Le Mali ne souffre pas d’une crise humanitaire et sécuritaire au nord du fait de la rébellion et de l’islam radical et d’une crise politique et institutionnelle au sud en raison du coup d’Etat du 22 mars 2012. Cette approche réductrice est la première et véritable entrave à la paix et à la reconstruction nationale. Nous avons assisté surtout à l’effondrement d’un capitalisme malien prétendument gagnant au coût social et humain fort élevé.

Ajustement structurel, chômage endémique, pauvreté et extrême pauvreté, sont notre lot depuis les années 80. La France et les autres pays européens ont juste une trentaine d’années de retard sur le Mali, et ses frères d’infortune d’Afrique, soumis depuis plus de trois décennies à la médecine de cheval du Fonds Monétaire International (FMI) et de la Banque Mondiale.

Selon le CNUCED (rapport 2001), l’Afrique est le continent où la mise en œuvre des PAS a été la plus massive, la plus poussée et la plus destructrice le long des décennies 80 et 90 au cours desquelles les institutions internationales de financement ne se sont préoccupées que de la correction des déséquilibres macro-économiques et des distorsions du marché en exigeant des Etats des documents de stratégie de réduction de la pauvreté (DSRP).

Le credo de Margaret Thatcher « There Is No Alternative » (TINA) marche à merveille sous nos cieux. Il revient à dire au plan économique « libéralisez vos économies à tout prix », au plan politique « Démocratisez selon nos normes et nos critères » et dans le cas du Mali « votez en juillet ». A cet agenda, suffisamment périlleux, s’ajoute, à présent, le volet militaire « sécurisez vos pays selon nos méthodes et conformément à nos intérêts ».

Sacrifié sur l’autel du commerce dit libre et concurrentiel, mais parfaitement déloyal comme l’illustrent les filières cotonnière et aurifère, et sur celui de la démocratie formelle, le Mali est en train de l’être, également, dans le cadre de la lutte contre le terrorisme.

La rébellion du Mouvement Nationale de Libération de l’Azawad (MNLA), le coup d’Etat, et le recrutement des jeunes chômeurs et affamés au nord comme au sud du pays par AQMI, Ansar Dine et MUJAO s’inscrivent dans un environnement national explosif. Il a été marqué en fin 2011 et début 2012 par des marches de protestations contre la vie chère, le chômage, la précarité, le référendum constitutionnel, la question foncière, la corruption et l’impunité.

Mis à part la petite minorité des nouveaux riches, c’est le peuple malien qui est le grand perdant de l’ouverture de l’économie nationale aux forceps. Il est diverti par le discours mensonger et soporifique sur l’exemplarité de notre démocratie et de nos performances économiques qui étaient, semble-t-il, les meilleures de l’UEMOA. Les voix discordantes sont ostracisées.

Déni de démocratie

Démocratique à l’intérieur de ses frontières, lorsque l’on considère la teneur et la vivacité du débat dans l’hémicycle et dans la rue sur le mariage pour tous, par exemple, elle se montre intraitable dans ses relations avec le Mali. Ne pas voir le moindre mal dans son retour en force. Ne rien savoir de ses desseins ou faire semblant de ne pas savoir. Chanter et danser à sa gloire si l’on veut être dans ses bonnes grâces, exister politiquement et circuler librement en Europe.

S’y refuser, reviendrait à ne pas être avec elle, donc contre elle. On se croirait au lendemain des attentats du World Trade Center aux Etats-Unis d’Amérique en 2001, au moment où le Président américain Georges W Bush déclarait : « Ou bien on est avec nous, ou bien on est avec les terroristes ». Dans mon cas ce sont les idées de gauche sur les ravages de la mondialisation néolibérale en Afrique qui sont devenues subversives. Elles m’avaient pourtant valu d’être l’invitée du Parti Socialiste à son Université de la Rochelle en 2010.

Pour brouiller le sens de mon discours et de mon combat j’ai été qualifiée d’abord de pro-putschiste et d’anti-CEDEAO, avant l’étape actuelle de mon assignation à résidence. Je suis redevable à Karamoko Bamba du mouvement N’KO de cette pensée africaine selon laquelle « celui qui a le fusil ne s’en sert pas pour prendre le pouvoir. Et celui qui détient le pouvoir l’exerce dans l’intérêt du peuple et sous son contrôle ».

Pourquoi devais-je faire porter l’entière responsabilité de l’effondrement de l’Etat aux laissés-pour-compte d’une armée gangrenée, comme les autres institutions de la République, par la corruption, le népotisme et l’impunité ?

Il ne peut être reproché aux militaires de ne pas savoir défendre un pays dont les élites politiques et économiques, non seulement acceptent de l’ouvrir au marché dans les pires conditions mais en profitent pour s’enrichir. Le naufrage est d’abord le leur pour avoir revendiqué un modèle économique qui rime avec le désengagement et le délitement de l’Etat, la ruine des paysans, la clochardisation des troupes et le chômage endémique. S’ils n’avaient pas les moyens d’appréhender les ravages du système dans les années 80, nos dirigeants politiques ne peuvent plus l’ignorer au regard de l’impasse dans laquelle ce système a conduit la Grèce, l’Espagne, le Portugal, Chypre et… la France, leur mode de référence.

De l’ostracisation à la criminalisation

C’est le 12 avril 2013, au moment de me rendre à Berlin à l’invitation de la gauche allemande (Die Linke) et à Paris à celle du Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA), que j’ai appris que j’étais devenue « persona non grata » en Europe à la demande de la France. Il en est de même pour Oumar Mariko, le Secrétaire Général du parti SADI (Solidarité Africaine pour la Démocratie et l’Indépendance). L’ambassade d’Allemagne m’a donné un visa qui m’a permis de me rendre à Berlin en passant par Istanbul (Turquie) au lieu d’Amsterdam (Pays-Bas) comme initialement prévu. Quant à l’étape de Paris, elle a tout simplement été annulée.

J’ai pris connaissance de mon statut de « persona non grata » par le message suivant qui m’a été adressé par la Fondation Rosa Luxembourg : 

« L’ambassade d’Allemagne à Bamako nous a informé ce matin que la condition indispensable pour votre visa pour l’Allemagne est que vous ne voyagiez pas via un pays de Schengen. C’est pourquoi nous avons acheté un nouveau ticket (des vols via Istanbul/Turquie) que vous trouverez ci-joint. Je suis désolé que de ce fait vous n’aurez pas la chance de rester trois jours à Paris. Mais l’ambassade d’Allemagne nous a informé que la France a empêché qu’on vous donne un visa pour tous les pays Schengen. On va venir vous chercher à l’aéroport à Berlin lundi. »

L’Association « Afrique Avenir », en co-organisatrice de l’une des conférences à Berlin, a protesté et ses principaux partenaires ont réagi à leur tour. Je remercie tous ceux qui m’ont témoigné leur solidarité et rappelle ici le sens de mon combat, pour ceux qui considèrent que la France a le droit de porter atteinte à ma liberté de circulation en raison de mon désaccord avec Paris lorsqu’il ne pratique que la politique de ses intérêts.

Qui peut me reprocher ce que les auteurs du rapport d’information du Sénat français disent si clairement en ces termes:

« La France ne peut se désintéresser de l’Afrique qui est, depuis des décennies, sa profondeur stratégique, qui sera demain, plus peuplée que l’Inde et la Chine (en 2050, l’Afrique aura 1,8 milliards d’habitants contre 250 millions en 1950), qui recèle la plupart des ressources naturelles, désormais raréfiées et qui connaît un décollage économique, certes, inégal, mais sans précédent, qui n’est plus, seulement, portée par l’envolée du cours des matières premières, mais aussi, par l’émergence d’une véritable classe moyenne ».

Si le constat sur les enjeux démographiques et économiques est fondé, le « décollage économique » auquel ce rapport fait allusion est incertain, source de conflits parce qu’inégalitaire, ne profitant d’abord qu’aux entreprises étrangères et à une partie de l’élite politique et économique.

Les enjeux de l’intervention militaire en cours sont : économiques (l’uranium, donc le nucléaire et l’indépendance énergétique), sécuritaire (les menaces d’attentats terroristes contre les intérêts des multinationales notamment AREVA, les prises d’otages, le grand banditisme, notamment le narcotrafic et les ventes d’armes), géopolitique (notamment la concurrence chinoise) et migratoires.

Quelle paix, quelle réconciliation et quelle reconstruction peut-on espérer lorsque ces enjeux sont soigneusement cachés au peuple ?

L’instrumentalisation des femmes

L’interdiction de l’espace Schengen ne me vise pas en tant que femme mais elle démontre que celles qui refusent d’être instrumentalisées dans la défense des intérêts dominants peuvent être combattues. J’en fais la douloureuse expérience au niveau national depuis longtemps déjà, mais je ne m’attendais à être ostracisée de la part du pays des Droits de l’Homme, précisément, au moment où mon pays est en guerre. Il viole ainsi la résolution 1325, relative à la participation des femmes à la prise de décision à tous les niveaux, à la prévention ou à la résolution des conflits ainsi qu’à la reconstruction.

Dois-je rappeler que le 8 mars 2013, Journée Internationale des Femmes, le Président François Hollande répondait à son prédécesseur, Nicolas Sarkozy qui s’interrogeait sur la présence de l’armée française au Mali, qu’elle y est allée:

« parce qu’il y avait des femmes victimes de l’oppression et de la barbarie ! Des femmes à qui l’on imposait de porter le voile ! Des femmes qui n’osaient plus sortir de chez elles. Des femmes qui étaient battues ! ».

A propos de voile, je suis l’une des rescapées maliennes et sahéliennes de l’analphabétisme qui tente de déchirer celui, pernicieux, de l’illettrisme économique qui maintient les Africains dans l’ignorance la plus totale des politiques néolibérales et fait d’eux du bétail électoral. Le Président Hollande se montrerait-il si intraitable quant à la date de l’élection présidentielle au Mali s’il avait devant lui un électorat malien qui place la souveraineté économique, monétaire, politique et militaire au cœur du débat politique ?

A propos des femmes qui « n’osaient plus sortir de chez elles », je sortais jusqu’ici librement de mon pays et parcourais tout aussi librement l’Europe et le monde. Quelle que soit l’issue de la situation que je traverse en ce moment, elle ne peut qu’être dissuasive pour les autres Maliennes et Africaines qui ont envie de comprendre le monde global et de lutter pour ne pas le subir mais en être des citoyennes averties et actives.

Aide au développement ou à la militarisation

Au djihadisme armé il faut, semble-t-il, une solution armée. La voie est ainsi ouverte dans un pays comme le nôtre aux achats d’armement au lieu d’analyser et de soigner le radicalisme religieux qui prospère là où l’Etat, ajusté et privatisé, est nécessairement carencé ou tout simplement absent.

Faire l’âne pour avoir du foin, est le comportement qui prévaut dans ce contexte de pauvreté généralisée tant au niveau des Etats que de certaines organisations non étatiques. Et la guerre -comble de l’horreur- est aussi une occasion d’injecter de l’argent frais dans notre économie exsangue.

Déçue par les hésitations et les lenteurs de l’Europe dont la solidarité s’est traduite jusqu’ici par la formation de l’armée malienne et de certains soutiens bilatéraux, la France invite au partage de l’effort financier entre Européens dans la défense de leurs intérêts stratégiques en Afrique de l’Ouest. D’autres bailleurs de fonds y seront associés.

Le 15 mai 2013 à Bruxelles, les bailleurs de fonds examineront le plan d’actions prioritaires d’urgence (pour 2013 et 2014). Les ressources qui seront mobilisées (ou annoncées) profiteront-elles au peuple malien, qui ne sait plus où donner de la tête ou irrigueront-elles les mêmes circuits économiques selon les mêmes pratiques qui ont aggravé la pauvreté et les inégalités ?

Dans le cadre de la reprise de la Coopération, le Ministre français délégué auprès du Ministre des Affaires Etrangères, chargé du Développement annonce 240 millions d’euros destinés à financer l’agriculture, les services de bases dont l’eau et l’électricité dans les régions du nord et le retour des populations.

C’est le lieu de rappeler que Tripoli, la capitale Libyenne, a abrité, les 29 et 30 novembre 2010, le Troisième Sommet Afrique-UE où le Guide libyen, Mouammar Kadhafi, a accueilli, en grande pompe, les dirigeants de 80 pays africains et européens.

La création d’emplois, les investissements et la croissance économique, la paix, la stabilité, les migrations et le changement climatique étaient à l’ordre du jour de ce sommet. Les participants s’étaient mis d’accord sur un « plan d’action » pour un Partenariat Afrique-UE de 2011 à 2013.

L’UE a, à cette occasion, réaffirmé son engagement à consacrer 07% de son PNB à l’aide publique et au développement d’ici 2015 et d’affecter 50 milliards d’euros aux objectifs généraux du partenariat envisagé entre 2011 et 2013. Nous sommes en 2013 et fort loin des objectifs de développement du Millénaire et des voies et moyens de les atteindre en 2020…

La paix, la réconciliation et la reconstruction du Mali, n’ont aucune chance d’aboutir si elles doivent reposer sur des arrangements politiciens en vue d’engranger l’ « aide extérieure ».

L’Etat, ou ce qui en reste ainsi que les rebelles se battent et négocient dans le cadre du même paradigme qui a aggravé le chômage, la pauvreté et les tensions. Les différends se règlent en termes d’investissement, dans les infrastructures, le lieu par excellence de l’enrichissement rapide et de la corruption. La liste des travaux d’infrastructures mal exécutés ou non réalisés est longue. Elle explique en partie le mécontentement des populations du septentrion qui souffrent pendant que des maisons individuelles poussent au su et au vu de tout le monde grâce aux détournements de fonds et de l’argent du narcotrafic.

Osons une autre économie

Rien ne sera plus comme avant. Ce qui était difficile risque de l’être davantage avec la militarisation qui absorbera des ressources dont nous avons cruellement besoin pour l’agriculture, l’eau, la santé, le logement, l’environnement et l’emploi.

L’opération Serval, la Mission Internationale de Soutien au Mali (MISMA), la Mission Intégrée de Stabilisation Multidimensionnelle des Nations-Unies, la défense de notre pays et notre sécurité, avant d’être militaire, sont d’abord un défi intellectuel, moral et politique.

Je me suis reconnue dans les propos du candidat François Hollande lorsqu’il déclara qu’ « il est temps de choisir une autre voie. Il est temps de choisir une autre politique ». Ce temps est, assurément, venu et pour la France et pour ses anciennes colonies d’Afrique. Il est celui des transitions économiques, sociales, politiques, écologiques et civilisationnelles qui n’ont rien à voir avec la feuille de route de la « communauté internationale ». Elles renvoient à un changement de paradigme.

Que les dirigeants africains qui ont intériorisé le discours mensonger sur l’inéluctabilité de cette guerre afin d’en finir le péril djihadiste ne s’y trompent pas : l’effet de contagion qu’ils redoutent, tient moins à la mobilité des djihadistes qu’à la similitude des réalités économiques, sociales et politiques induites par le modèle néolibéral.

Si les chefs djihadistes viennent d’ailleurs, la majorité des combattants sont des jeunes maliens sans emplois, sans interlocuteurs, sans perspectives d’avenir. Les narcotrafiquants puisent, eux-aussi, convoyeurs et revendeurs de drogue parmi la même jeunesse désemparée.

La misère morale et matérielle des jeunes diplômés, des paysans, des éleveurs et d’autres groupes vulnérables constitue le véritable ferment des révoltes et des rebellions qui, mal interprétées, alimentent, de l’intérieur bien des réseaux. La lutte contre le terrorisme et le crime organisé, sans effusion de sang, au Mali et en Afrique de l’Ouest passe par l’analyse honnête et rigoureuse du bilan des trois dernières décennies de libéralisme sauvage, de destruction du tissu économique et social ainsi que des écosystèmes. Rien n’empêche les centaines de milliers de jeunes Maliens, Nigériens, Tchadiens, Sénégalais, Mauritaniens et autres, qui viennent chaque année grossir le nombre des demandeurs d’emploi et de visas, de rejoindre le rang des djihadistes si les Etats et leurs partenaires techniques et financiers ne sont pas capables de remettre le modèle néolibéral en question.

L’indispensable convergence des luttes

Je plaide pour un élan de solidarité qui prenne le contre-pied de la militarisation, nous restitue notre dignité, préserve la vie et les écosystèmes.

Tout irait dans le bon sens si les 15.000 soldats étaient des enseignants, des médecins, des ingénieurs et si les milliards d’euros, qui vont être dépensés, étaient destinés à ceux et celles qui ont le plus besoin. Nos enfants n’auraient pas besoin d’aller se faire tuer en soldats mal payés, en narcotrafiquants ou en fous de Dieu.

Nous nous devons de nous atteler, nous-mêmes, à la tâche primordiale de la transformation de notre moi profond, ébranlé et de notre pays meurtri. L’avantage considérable de l’approche systémique est la détribalisation des conflits au profit d’une conscience politique qui réconcilie et rassemble ceux que l’économie mondialisée broie. Touareg, Peulh, Arabes, Bamanan, Sonrhaï, Bellah, Sénoufos cesseraient de s’en prendre les uns aux autres et se battraient ensemble et autrement.

Cette approche altermondialiste nous rend notre « dignité » dans un contexte où nous avons tendance à culpabiliser et à nous en remettre, poings et pieds liés, à une « communauté internationale » juge et partie.

Elle plaide pour la convergence des luttes à l’intérieur des frontières entre les différentes composantes de la société éprouvées par la barbarie du système capitaliste qui ne veulent ni se résigner ni se soumettre. Elles doivent explorer ensemble des alternatives à la guerre.

Les Etats libéraux ayant privilégié la guerre et investi dans les armes de destruction des vies humaines, du lien social et des écosystèmes, innovons à travers la bataille des idées et convoquons une conférence citoyenne au sommet pour l’autre développement du Mali, en vue de desserrer l’étau de la mondialisation capitaliste. Il s’agit d’instaurer le débat sur la relation entre politiques néolibérales et chaque aspect de la crise : chômage endémique des jeunes, rébellions, mutineries, coups d’Etat, violences faites aux femmes, radicalisme religieux.

Un travail inédit et intense d’information et d’éducation citoyenne dans les langues nationales, permettra aux Maliens de parler enfin entre eux de leur pays et de leur avenir.

Parce que tous les Hommes naissent libres et égaux en droits, nous revendiquons juste notre droit à :

- une autre économie, de manière à disposer des richesses de notre pays, et à choisir librement des politiques qui nous mettent à l’abri du chômage, de la pauvreté, de l’errance et de la guerre ;

- un système politique véritablement démocratique, parce que intelligible pour l’ensemble des Maliens, décliné et débattu dans les langues nationales, fondé sur des valeurs de culture et de société largement partagées ;

- la liberté d’expression et de circulation.

Rendez-nous les clés de notre pays !

La France officielle qui déclare urbi et orbi que nous n’avons « pas d’Etat digne de ce nom », ni « d’armée digne de ce nom », considère certainement que nous n’avons pas non plus d’existence en tant que peuple pour aller jusqu’à se demander « à qui remettre les clés » et à exiger l’organisation de nos élections en juillet 2013. Elle s’accommode par ailleurs de l’annulation de la concertation nationale – qui devait nous permettre de prendre ensemble entre Maliens le pouls de notre pays. Elle s’accommode tout autant de l’état d’urgence instauré, puis prolongé une première fois, et une seconde fois de manière à « sécuriser » la transition.

Je n’ai pas le sentiment que la « guerre contre le terrorisme » ait apporté la paix en Irak, en Afghanistan et en Libye, et que les casques bleus ont su garantir aux populations de la République Démocratique du Congo et en Haïti la sécurité que celles-ci étaient en droit d’attendre d’eux.

Mais je suis persuadée qu’il y a, en chaque Malienne et chaque Malien, un(e) soldat(e), un(e) patriote qui doit pouvoir participer à la défense de ses intérêts et du Mali à partir d’une bonne connaissance de son état réel dans l’économie mondialisée.

La réponse à l’insupportable question de Claude Lellouche est claire :

Le Mali est à rendre aux Maliens. Nous pouvons en prendre le plus grand soin parce que, comme Bouna Boukary Dioura l’a rappelé, nous savons, nous les peuples du Sahel, que les rochers finissent par fleurir à force d’amour et de persévérance.

Rendez les clés du Mali au peuple malien !

Aminata D. TRAORE, Bamako le 03 mai 2013


(1) Wolfgang Sachs et Gustavo Esteva : « Des ruines du développement » Les Editions Ecosociété 1996.

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Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 14 mai, 2013 |1 Commentaire »

RETOUR SUR INFO: LA SITUATION SANITAIRE CATASTROPHIQUE AU NIGER A CAUSE DE L’EXPLOITATION DE L’URANIUM PAR AREVA (VIDEO GREENPEACE)

L’EXPLOITATION DE L’URANIUM AU NIGER:

UNE VERITABLE BOMBE EN SANTE PUBLIQUE

PRESENTE POUR DES MILLIONS D’ANNEES !

RETOUR SUR INFO: LA SITUATION SANITAIRE CATASTROPHIQUE AU NIGER A CAUSE DE L'EXPLOITATION DE L'URANIUM PAR AREVA (VIDEO GREENPEACE) dans REFLEXIONS PERSONNELLES mines

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 21 avril, 2013 |Pas de commentaires »

LE MOX: UN COMBUSTIBLE AU PLUTONIUM HUIT FOIS PLUS RADIOACTIF QU’UN COMBUSTIBLE « CLASSIQUE » USE !

Le MOX:

LE MOX: UN COMBUSTIBLE AU PLUTONIUM HUIT FOIS PLUS RADIOACTIF QU'UN COMBUSTIBLE

Un combustible au plutonium,

très critiqué

CAEN – Présenté par AREVA comme un moyen de recycler le plutonium né de la production d’électricité dans les centrales nucléaires, le combustible MOX est très critiqué par les écologistes et certains scientifiques.

Le MOX (mixed oxides) est fabriqué à partir d’oxyde d’uranium et d’oxyde de plutonium, extraits des combustibles irradiés dans les centrales.

S’il fait tant parler de lui, c’est d’abord en raison des 5 à 10% de plutonium qu’il contient. Les combustibles classiques sont fait uniquement d’oxyde d’uranium.

Selon GREENPEACE, l’inhalation d’une poussière de plutonium suffit à déclencher un cancer broncho-pulmonaire en six mois, et il peut servir à fabriquer des bombes.

Pour AREVA, la fabrication d’une bombe à partir du plutonium du MOX, qui n’est pas de qualité militaire, est quasi impossible. Pour Jean-Claude Zerbib, ingénieur à la retraite du Commissariat à l’Energie Atomique (CEA) c’est possible, même si la bombe aurait un rendement moindre qu’une bombe officielle.

Selon ce scientifique, il faut environ 15 kg de plutonium pour faire une bombe. Le MOX qui doit partir prochainement pour la centrale japonaise de Takahama en contient 650 kg environ, selon lui.

Pour AREVA, le MOX contribue à la stabilisation des stocks de plutonium et le recyclage permet d’économiser jusqu’à 25% d’uranium naturel.

Mais selon M. Zerbib, le MOX qui sort d’une centrale est huit fois plus radioactif qu’un combustible classique usé. L’ingénieur a présenté en mars une étude sur le MOX lors d’un colloque à Paris organisé par l’Association Française d’Experts Indépendants Global Chance, et un institut (IPFM) de l’université américaine de Princeton. Il dit se fonder sur des données éparpillées dans différents rapports d’AREVA, de l’OCDE.

Selon lui, lorsque du MOX est irradié en centrale, on fabrique des produits (des actinides) au moins aussi toxiques que le plutonium.

Plus chauds, les combustibles MOX fusionnent aussi plus vite que les combustibles classiques en cas d’accident, si la piscine où ils sont stockés se vide, selon M. Zerbib.

Et 300 ans après sa sortie de centrale, le MOX usé est sept fois plus chaud qu’un combustible classique sorti au même moment, calcule-t-il.

Dans ces conditions, même après trois siècles, les MOX usés ne pourront pas être enfouis dans un site de stockage géologique, affirme l’ingénieur.

Selon AREVA – qui fabrique du MOX depuis plus de 40 ans – plus de 10% de l’électricité nucléaire française est produite en France grâce à ce combustible et 10% des réacteurs dans le monde ont déjà, à un moment ou à un autre, fonctionné avec du MOX.

(©AFP / 13 avril 2013 09h59)

La France et AREVA misent sur le MOX, un combustible à l’avenir incertain

CHERBOURG – Le groupe nucléaire français AREVA mise sur le MOX, ce combustible contenant du plutonium dont un convoi doit partir de Cherbourg à destination du Japon, mais il est le seul à en produire et d’autres pays ont déjà abandonné la filière, contestée par certains experts et par les écologistes.

La société fabrique le MOX à partir de plutonium extrait des combustibles irradiés dans les centrales nucléaires. Le résultat est un produit composé de 5 à 10% de plutonium recyclé, et 90 à 95% d’uranium neuf.

Preuve que la filière se porte bien selon le groupe nucléaire, son usine Melox de production de MOX de Marcoule (Gard) a affiché en 2011 et en 2012 un niveau de production record.

Mais pour Mycle Schneider, membre de l’International Panel on Fissile Materials (IPFM), basé à l’Université de Princeton aux Etats-Unis, et ancien conseiller des cabinets ministériels français, belge et allemands, ou de l’AIEA, l’avenir du MOX est nul. Un point de vue globalement partagé par les experts indépendants de l’Association Française Global Chance, dont fait partie par exemple le physicien nucléaire Bernard Laponche.

La France est la seule à en fabriquer encore. L’Allemagne, la Belgique, et plus récemment l’Angleterre, y ont renoncé.

Et le nombre des clients étrangers d’AREVA s’est réduit. Le Japon, l’Allemagne et la Belgique reçoivent encore du MOX d’AREVA mais ces pays n’envoient plus de combustibles à retraiter à AREVA.

La Suisse ne reçoit plus de MOX

Selon AREVA, qui affirme depuis plusieurs années être en négociation pour de nouveaux contrats, le recyclage, permet d’économiser jusqu’à 25% d’uranium naturel (dont les combustibles classiques sont constitués à 100%) et de diviser la radioactivité des déchets par 10. Mais certains scientifiques assurent que les déchets du MOX sont plus dangereux et plus coûteux à stocker.

Pression de la France

Les Américains ont un projet d’usine de MOX pour recycler leur plutonium militaire et les Chinois sont très intéressés par le recyclage, a affirmé à l’AFP Dominique Louzeau, un responsable d’AREVA.

Professeur honoraire au Conservatoire National des Arts et Métiers, Jacques Foos est convaincu lui aussi que des usines de retraitement vont se développer d’ici cinq à dix ans.

Notamment parce que l’EPR, le réacteur de troisième génération, dont quatre exemplaires sont en construction dans le monde, est conçu pour fonctionner avec du MOX.

L’EPR de Flamanville (Manche), dont la mise en service est attendue en 2016, démarrera toutefois avec du combustible classique, selon EDF.

Selon M. Schneider, les Etats-Unis envisagent de renoncer à l’usine de MOX en projet. Et le lancement de l’usine japonaise de Rokkasho Mura est sans cesse repoussé. Pour lui, si la production française ne baisse pas c’est grâce à EDF, sous la pression de l’Etat français.

Pour cet expert l’avenir du MOX est même compromis en France.

La vingtaine de réacteurs qui fonctionnent aujourd’hui au MOX – les 900 MW – sont les plus anciens et arriveront en fin de vie en 2026/2027, à peu près à l’échéance fixée par François Hollande pour réduire la part du nucléaire dans l’électricité de 75% à 50%, argumente M. Schneider.

La France s’est jusque là obstinée par refus des ingénieurs du Corps des Mines français à reconnaître leurs erreurs stratégiques et par manque de courage des responsables politiques, pense-t-il.

La filière MOX fait travailler 5.100 personnes à l’usine de Beaumont-Hague et 1.300 personnes à Marcoule, selon AREVA. Son avenir avait créé de vives tensions lors de la campagne présidentielle entre le PS et Europe Ecologie les Verts (EELV).

Un paragraphe de l’accord électoral entre les deux partis évoquant une reconversion à emploi constant de la filière du retraitement et de la fabrication de MOX avait disparu un moment avant de réapparaître. L’Elysée a depuis assuré du maintien de la filière.

(©AFP / 17 avril 2013 12h08)

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 20 avril, 2013 |Pas de commentaires »

CATASTROPHE NUCLEAIRE A « LIBERATION » (Stéphane LHOMME / Lundi 11 mars 2013 / Directeur de l’Observatoire du Nucléaire)

Catastrophe nucléaire

à

« Libération »

CATASTROPHE NUCLEAIRE A  

(Stéphane LHOMME / Lundi 11 mars 2013)

Directeur de l’Observatoire du Nucléaire

Placé sous la haute surveillance d’Anne LAUVERGEON, le quotidien « Libération » a rejoint la liste des médias qui relaient la propagande mensongère du lobby de l’atome.

Lundi 11 mars 2013 (Fukushima + 2 ans)

Lundi 11 mars 2013, deux ans jour pour jour après le début de la catastrophe de Fukushima. Logiquement, Libération fait sa Une sur le nucléaire, mais de façon fort curieuse. Le titre, déjà, donne le ton : « Deux ans après Fukushima, l’atome s’accroche« , avec cette précision parfaitement mensongère : « Fortement remise en cause après la catastrophe japonaise, l’énergie nucléaire est toujours omniprésente« .

Omniprésente ? Regardons ce qu’en dit l’Agence Internationale de l’Energie (AIE), fort peu suspecte d’activisme antinucléaire, dans sa publication annuelle Key world energy statistics : en 2010 (*), le nucléaire représentait seulement 5,7% de l’énergie primaire mondiale (et à peine 2% si l’on considère l’énergie finale (**). En 2001, cette part était de 6,9% : elle était donc déjà très modeste… mais l’est encore plus aujourd’hui.

Même chose si l’on ne considère que l’électricité : le nucléaire, qui représentait 17% de la production mondiale en 2001, n’était plus qu’à 12,9% en 2010… juste avant Fukushima. Depuis, d’après cette fois l’Agence Internationale pour l’Energie Atomique (AIEA), encore moins soupçonnable de militantisme antinucléaire, la production nucléaire a baissé de 4,25% entre 2010 et 2011, passant de 2630 Twh à 2518 Twh (***), c’est-à-dire une baisse correspondant à la production annuelle de 20 réacteurs.

Comme par hasard, le chiffre de la production nucléaire de 2012 n’a pas été publié, et il ne le sera que dans quelques semaines, après que les médias auront parlé de nucléaire à l’occasion du second anniversaire de Fukushima.

Mais nous ne sommes pas condamnés à attendre ce chiffre car nous avons des éléments de comparaison entre 2012 et 2011. Par exemple (sans que cela ne soit exhaustif) :

- en 2012, 41 réacteurs japonais n’ont pas fonctionné du tout, et les 9 autres ont fonctionné à peine quelques semaines. Or, en 2011, le parc nucléaire japonais (de 54 réacteurs à l’époque) a fonctionné jusqu’au 11 mars (Fukushima), puis les réacteurs ont été arrêtés peu à peu au fil de l’année, et d’ailleurs sept réacteurs fonctionnaient encore fin 2011.

- le réacteur britannique Wylfa-2 est définitivement arrêté depuis le 25 avril 2012, or il fonctionnait en 2011.

- deux réacteurs belges sont arrêtés depuis mi-2012 (cuves fissurées !) et ont donc peu produit pendant cette année, contrairement à 2011.

- idem, à un degré moindre, pour deux réacteurs coréens qui sont restés arrêtés en novembre et décembre 2012 après la découverte de milliers de pièces non-conformes.

A cela il faut ajouter deux données cruciales :

- les 8 réacteurs qui ont été définitivement arrêtés en Allemagne après Fukushima ont produit pendant deux mois et demi, début 2011, alors qu’ils n’ont évidemment rien produit en 2012.

- la production nucléaire française a baissé de 3,8% en 2012 par rapport à 2011 (16 Twh en moins, l’équivalent de la production annuelle de 2 à 3 réacteurs)

De fait, même si quelques réacteurs ont pu être mis en service (en particulier en Chine) fin 2011 et en 2012, il est absolument clair que la production mondiale d’électricité nucléaire a encore baissé en 2012 par rapport à 2011, comme elle l’avait déjà fait en 2011 par rapport à 2010.

En résumé, la part du nucléaire dans l’énergie mondiale est faible (5,7% en énergie primaire, moins de 2% en énergie finale) et en déclin continu. Même scénario évidemment pour la part de l’atome dans la production mondiale d’électricité, passée de 17% en 2001 à 12,9% en 2010, à environ 11% en 2011, et probablement sous les 10% en 2012.

A titre de comparaison, comme on peut le voir dans Key world energy statistics (page 24), la part des énergies renouvelables dans l’électricité mondiale était de 19,7% en 2010 et, du fait de la progression de ces énergies et de la baisse du nucléaire, elle est à coup sûr passée depuis au dessus des 20%, c’est-à-dire plus du double de la part du nucléaire.

Pourtant, sans que l’on sache s’il s’agit de profonde incompétence ou de malhonnêteté délibérée, Libération avance une incroyable thèse de l’énergie nucléaire « omniprésente ».

Cette thèse mensongère est martelée en page intérieure, comme le montrent le titre « Après Fukushima, le nucléaire persévère » et le sous-titre « Deux ans après la catastrophe nucléaire au Japon, l’atome n’a pas rendu les armes et continue de se développer, malgré les risques. »

Dans son éditorial, Libération enfonce le clou en citant le PDG d’AREVA:

« Luc OURSEL, le patron d’AREVA, considère que le développement du nucléaire ne devrait pas souffrir longtemps du drame japonais. Une analyse largement confirmée par les décisions politiques internationales. » Et en lui donnant raison sur la base d’une affirmation aussi floue que gratuite.

Mieux : tout à sa nouvelle croisade en faveur de l’atome, Libération décrète que « Aujourd’hui, nul ne peut sérieusement prôner un arrêt radical du nucléaire« . Or, au contraire, beaucoup de gens notent qu’il serait facile de se passer de ces infimes 2% de la consommation mondiale d’énergie. Tout comme il n’est pas difficile d’imaginer un journalisme libre, non soumis à l’idéologie et aux intérêts d’actionnaires industriels… et des puissants annonceurs publicitaires que sont, par exemple, EDF et AREVA.

Certes, la journaliste Laure NOUALHAT a eu le droit, dans ce numéro, de décrire les souffrances de Japonais touchés par la catastrophe. Certes il est aussi question des conséquences financières d’un accident nucléaire en France, et même de développer les énergies alternatives. Mais tout cela est balayé par la revendication d’importants investissements financiers dans les réacteurs - ce qui devrait ravir EDF et AREVA - pour « le renforcement de la sécurité » et « approfondir la recherche pour que les réacteurs puissent résister à des accidents naturels« . Alors que c’est exactement ce qui est promis à chaque accident nucléaire.

Et, pour faire bonne mesure, Libération demande aussi « d’imaginer d’autres réacteurs ». Ça, c’est assurément pour contenter le Commissariat à l’Energie Atomique (CEA), toujours friand de milliards à gaspiller dans des projets.

Enfin, Libération pratique aussi une curieuse forme de négationnisme en « oubliant » totalement, dans son numéro « spécial Fukushima », les mobilisations antinucléaires, tant au Japon qu’en France ou ailleurs. Un grand moment de « journalisme ».

N’en jetons plus : Libération est en campagne pour le nucléaire, dont acte. Mais le problème est que cette croisade est menée par la tromperie et l’occultation. Et sur la base de la thèse mensongère d’un nucléaire « omniprésent ». Or, c’est « seulement » le risque nucléaire qui est omniprésent : même en déclin, l’atome fait courir un risque insensé, d’autant plus élevé que les réacteurs vieillissent et obtiennent des prolongations de durée de vie. Sans parler des déchets radioactifs et autres dossiers. Mais Libération devrait probablement les traiter sous peu. A sa façon…

Stéphane LHOMME

Directeur de l’Observatoire du Nucléaire

http://www.observatoire-du-nucleaire.org

(*) L’Agence Internationale de l’Energie (AIE) met deux ans pour recueillir les données exactes, la publication 2012 présente donc les chiffres de 2010. Le document est consultatble ici :http://www.iea.org/publications/freepublications/publication/kwes.pdf

(**) Le document de l’AIE donne les chiffres en énergie dite « primaire », ce qui gonfle artificiellement la part du nucléaire dont les deux tiers de l’énergie sont perdus sous forme de chaleur rejetée dans l’environnement. Lorsqu’on considère l’énergie qui arrive concrètement aux consommateurs, l’énergie dite « finale » (ou « consommation d’énergie), la vraie part du nucléaire apparaît : 2%. Une misère… pour un danger extrême.

(***) http://www.iaea.org/PRIS/WorldStatistics/WorldTrendinElectricalProduction.aspx

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 19 mars, 2013 |Pas de commentaires »

« LA SECURITE DE L’EUROPE EST EN JEU AU MALI » DIT LE MINISTRE FRANCAIS DE LA DEFENSE (KPOGLI Komla / lajuda.blogspot.com)

« La sécurité de l’Europe est en jeu au Mali »,

indique le Ministre français de la Défense

(KPOGLI Komla)

_fabius%202 AREVA dans REFLEXIONS PERSONNELLES Comment se fait-il que lorsque des criminels au Mali coupent, au nom d’un certain islam, des mains et des pieds des gens au Mali, les intérêts de l’Europe seraient en jeu?…. Pourquoi des mausolées détruits et des coups de fouet administrés aux nègres qui ne sont « pas assez entrés dans l’histoire » au Mali constituent-ils une menace pour la sécurité de l’Europe ? Eh bien vous allez comprendre.

Ayant refusé de nous organiser pour acquérir la capacité de lire les événements et entre les lignes et ainsi savoir de quoi il est question puis comment nous positionner, voici ce que dit Jean-Yves Le Drian, Ministre français de la Défense dans Libération: 

« Nous avons appelé l’attention de nos partenaires sur le fait que la sécurité de l’Europe est en jeu au Mali. Les Britanniques et les Allemands ont répondu présents. Nous avons alors mandaté Catherine Ashton pour qu’elle établisse un concept d’opération, dont nous discuterons le 19 novembre à vingt-sept. Au Mali, ce n’est pas la France qui va aider les Africains à mener cette opération, mais bien l’Europe…On ne peut pas laisser s’installer un sanctuaire terroriste majeur à nos portes. » 

Voilà qui est clair: LA SECURITE DE L’EUROPE EST EN JEU AU MALI. Ceci pour plusieurs raisons. Mais comme Jean-Yves Le Drian ne mentionne pas ces raisons, nous allons le faire à sa place:

1- La sécurité de l’Europe est en jeu au Mali parce que toute la région sahélo-saharienne est en reconfiguration. L’idée étant de morceler davantage l’espace pour mieux le contrôler et maîtriser ses ressources: En 2011, on a eu la naissance du Sud Soudan sous l’instigation du trio Israël, USA et Europe avec l’acceptation de la Chine qui a réussi à sauver sa part d’approvisionnement en pétrole en s’accrochant au Soudan de Béchir. En 2012, on est allé dans le même sens au Mali avec le squelettique Azawad. En toile de fond, l’or et bien d’autres ressources.

2- La sécurité de l’Europe est en jeu au Mali parce que pas loin de là l’Europe (l’Allemagne en tête) réalise actuellement un énorme projet d’installation de panneaux solaires géants appelé DESERTEC. Ce parc solaire fournira de l’électricité à l’Europe gratuitement. Donc, il faut faire en sorte que cet espace soit sécurisé.

3- La sécurité de l’Europe est en jeu au Mali parce que, des orpailleurs français appelés des chercheurs avaient découvert en début de cette année 2012, de gigantesques réserves d’eau dans le Sahara. La guerre de l’eau qui se déroule actuellement sous nos yeux dans le monde et qui va s’accentuer eu égard à la rareté vers laquelle on se dirige pousse l’Europe à parler de sa sécurité au Mali.

4- La sécurité de l’Europe est en jeu au Mali parce que la France qui n’a pas d’uranium sur son sol est quand même le premier exportateur de l’énergie nucléaire au monde. Pourquoi ? Tout simplement parce que la France dispose sur sa préfecture du NIGER des mines gigantesques d’uranium qu’elle exploite depuis 60 ans bientôt gratuitement. Une mine énorme est découverte à Imouraren au Niger. Ce qui a poussé AREVA à investir actuellement au moins 1,5 milliards d’euros en vue de racler proprement cette mine. Des centaines de français et d’européens affluent actuellement dans le coin où ils sont en train de construire une sorte de ville minière. Les prises d’otage et autres révoltes armées peuvent gêner un peu la chose. La Chine n’est pas loin non plus de là. Donc, l’Europe a ici aussi sa sécurité en jeu.

5- La sécurité de l’Europe est en jeu au Mali parce qu’il faut que l’Europe démontre à ses ressortissants qui aiment le tourisme exotique que leur sécurité est et sera garantie un peu partout, notamment dans cette région.

6- La sécurité de l’Europe est en jeu au Mali parce qu’après avoir armé et utilisé ces islamistes pour détruire le Libye, la France surtout espérait qu’avec ce « geste d’amitié », ces gars libéreraient ses ressortissants. Il n’en est rien. Les gars disent que ce ne sont pas eux qui détiennent les français, mieux qu’ils ne savent pas où ils sont exactement. Parfois, ils disent « on va vous aider à les libérer » puis, c’est Jacques où es-tu ? La patience a ses limites. Même si les otages risquent la mort, eh bien, mieux vaut une fin effroyable qu’un jeu de nerfs sans fin, surtout que l’Europe sait ce qu’elle gagne par rapport à la vie de 3 ou 5 otages.

Voilà quelques-unes des raisons pour lesquelles les bruits de bottes résonnent là. Qu’on détruise des mausolées ou qu’on coupe des mains, des pieds aux Nègres, ou qu’on viole les filles africaines sous l’autel d’un islamisme poussiéreux là-bas, ça n’est pas le problème de l’Occident. Au demeurant, comme ces faits criminels émeuvent la masse, eh bien, les stratèges les mettent devant pour mieux atteindre, avec le consentement tacite ou expresse des spectateurs que nous sommes, leurs buts. En parlant uniquement de la sécurité de l’Europe avec la mise en avant du TERRORISME qui serait aux portes de l’Europe, le Ministre Français de la Défense nous montre l’arbrisseau qui cache mal la forêt.

Quant au rôle des petits préfets tels que Blaise Compaoré, Alassane Ouattara, Faure Gnassingbé…et leur CEDEAO, il a suffi qu’on lance la bombe mensongère d’une alliance future avec les coupeurs de mains au Mali avec leurs fameux opposants en vue de leur ravir leur trône pour qu’ils enfilent leurs costumes de petits chefs de guerre. Nul autre que Ouattara, le préfet du territoire de Côte d’Ivoire ne symbole mieux ce petit spadassin au garde-à-vous. On lui a dit que les partisans du président Laurent Gbagbo  »sont en contact avec les islamistes » et qu’après le Mali, cette mythique alliance marcherait sur son territoire. Cela a largement suffi pour le mobiliser. Ces gens là également, ce n’est pas les mains et les pieds coupés des Africains du Mali qui les préoccupent. Si ces gars là étaient des « humanistes » ou des Africains de coeur, on l’aurait su. Eux-mêmes sont de grands massacreurs des peuples qu’ils régentent au profit de qui on sait. Qu’est-ce qui mobiliserait un Blaise Compaoré assassin de son compagnon d’armes, Thomas Sankara et de bien d’autres dont Norbert Zongo ? Des petits mains coupées au Mali ? Faure Gnassingbé, le tueur, héritier du trône qu’il conquit en 2005 après avoir sacrifié au moins 1000 personnes et qui depuis lors assassine et qui, par sa soldatesque, fait régulièrement ouvrir le crâne aux populations qui manifestent contre lui ? Ou bien, est-ce Alassane Ouattara, le boucher transporté dans les chars français encadrés par l’ONU qui serait offusqué par des pieds coupés et des mausolées détruits ? Ou encore est-ce Soro Guillaume, l’éventreur, en bon chrétien qui n’a jamais vu couler une goutte de sang qui serait révolté de voir à la télévision pour la première fois de sa vie de moine isolé des mondanités des gouttes de sang ? Allons ! Allons !

15 novembre 2012

KPOGLI Komla.

http://lajuda.blogspot.com/

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 5 mars, 2013 |Pas de commentaires »

LA GUERRE AU MALI : UN REMAKE DE LA CONQUÊTE DE L’ALGERIE (Belhaouari Benkhedda, universitaire / lesoirdalgerie.com)

La guerre au Mali:

LA GUERRE AU MALI : UN REMAKE DE LA CONQUÊTE DE L'ALGERIE (Belhaouari Benkhedda, universitaire / lesoirdalgerie.com) dans REFLEXIONS PERSONNELLES mali8

Un remake de la conquête de l’Algérie

(Belhaouari BENKHEDDA)

Comme dit l’adage, il faut connaître le passé pour comprendre le présent et deviner l’avenir. Lors de l’intervention militaire française au Mali, le président français a déclaré : «La France ne restera pas plus longtemps que nécessaire au Mali.»
Cette déclaration ressemble à celle qui a été faite par Charles X à la veille de la conquête de l’Algérie. En fait, il y a beaucoup de points communs entre la guerre menée au Mali en 2013 et la guerre menée contre l’Algérie en 1830. 

La conquête de l’Algérie

Ce n’est pas pour un coup d’éventail qu’on mobilise 104 navires de guerre et 535 navires de commerce.

Balzac disait :

«Il y a deux histoires : l’histoire officielle, menteuse, puis l’histoire secrète, où sont les véritables causes des événements? »

L’une des principales causes de la prise d’Alger est l’existence du trésor du dey, un trésor évalué entre 200 et 500 millions de francs. Suite au coup d’éventail en 1827, Alger a été soumise à un blocus maritime imposé par la France. Ce blocus a duré trois ans.

Avant le lancement de l’assaut, les envahisseurs ont adressé cette proclamation aux Algériens :

«Nous, les Français, vos amis, partons pour Alger. Nous allons en chasser les Turcs, vos tyrans… Nous ne conquérons pas la ville pour en devenir les maîtres. Nous le jurons par notre sang… Soyez unis à nous, soyez dignes de notre protection et vous régnerez comme autrefois dans votre pays, maîtres indépendants de votre patrie… Les Français agiront avec vous comme ils agissaient, il y a trente ans, avec vos frères bien aimés les Egyptiens. Nous nous engageons à respecter vos trésors, vos propriétés et votre sainte religion… Venez à nous, vous nous ferez plaisir et votre amitié sera avantageuse… Nous vivrons en paix pour votre bonheur et pour le nôtre.» (voir le livre de Michel Habar Histoire d’un parjure-paru aux Editions Anep en 2007).

Pour faire main basse sur le trésor de la Régence d’Alger, l’armée française a utilisé le rapport d’espionnage établi en 1808 par le colonel Boutin à la demande de Napoléon. Préoccupé par les Russes, Napoléon a alors remis son projet de guerre en Algérie.

En examinant de plus près les circonstances de la conquête française de l’Algérie, il s’avère que les principaux acteurs responsables du plus grand hold-up du XIXe siècle sont :

1) Les Bacri, riches commerçants, chefs de la communauté juive d’Algérie et banquiers des deys qui ont gouverné Alger. Les Bacri ont appauvri la population pendant le blocus maritime, entre 1827 et 1830, afin de susciter le mécontentement et des émeutes, ils ont également collaboré avec les Français après le débarquement.

2) Les Rothschild, chefs de la communauté juive de France et banquiers des rois de France. Ils ont financé l’expédition militaire et mobilisé les lobbies européens sous leur influence pour réussir le crime parfait.

3) Talleyrand, un politicien hors norme. Il a été ministre français des Affaires étrangères entre 1814 et 1815. Appuyé par les Rothschild, il a organisé l’entente entre la France et l’Angleterre.

4) Duval, consul de France. Il a été nommé par Talleyrand auquel il n’osait jamais dire non.

5) Bourmont, général de l’armée française. Il a mené l’opération militaire à la demande de Charles X. (voir le livre de Mahrez Afroun Les Rothschild, Bacri et Talleyrand paru aux Editions Houma en 2011). Après la prise d’Alger, les commissions ont été prélevées, la majeure partie du trésor s’est volatilisée. Officiellement, une enquête a été ouverte. Mais elle n’a débouché sur rien. Dans cette affaire criminelle, les lobbies ont joué un rôle très important. Le roi voulait renflouer les caisses de l’Etat, assouvir l’avidité de la bourgeoisie, avoir les moyens de corrompre ses opposants et manipuler l’opinion publique en faisant de la gestion de la guerre menée contre l’Algérie la principale préoccupation de l’Etat. Rien ne pouvait être fait sans l’entente avec l’Angleterre qui contrôlait le détroit de Gibraltar. Les Anglais ont exigé une alliance contre la barbarie au nom de la suprématie des valeurs occidentales et l’instauration d’un commerce libre. La propagande a joué un rôle déterminant dans la conquête de l’Algérie. Talleyrand a financé le journal de d’opposition Le National fondé en 1830.

Cette affaire criminelle laisse perplexes les historiens les plus perspicaces. Beaucoup d’éléments ont disparu. Le consul Duval, protagoniste de l’incident de l’éventail, est mort dans des circonstances troubles peu après son retour en France en 1827.

Le bilan de la conquête de l’Algérie a été très lourd. Les Algériens ont subi l’un des génocides les plus horribles de l’histoire. La population algérienne est passée de 10 millions d’habitants en 1830, selon Hamdane Khodja cité par Michel Habar dans son livre, à moins de 2 millions 500 000 habitants en 1871. 

La guerre au Mali

La France débourse-t-elle au Mali 400 000 euros par jour pour empêcher l’islamisation de la région ? L’intervention française, baptisée «Opération Serval», du nom d’un félin africain, a-t-elle été lancée pour défendre la démocratie au Mali, ou s’agit-il de relancer une politique coloniale française dans la région ? Les enjeux économiques au Mali sont très importants. Le potentiel de ce pays africain en hydrocarbures est énorme. En 2012, un gigantesque gisement de gaz a été découvert à Bourakèbougou, une localité située à 60 km de Bamako.

Le Mali possède aussi des bassins de schiste riches en matières organiques et des gisements d’uranium. Les richesses du sous-sol malien sont encore inexplorées. Ce n’est pas étonnant que les groupes énergétiques convoitent les richesses de ce pays, l’avenir de l’économie malienne appartient à ceux qui ont un calcul économique et politique précis. Il est désormais difficile de faire croire aux gens que les compagnies françaises d’hydrocarbures et les groupes industriels français spécialisés dans les métiers du nucléaire ne convoitent pas le marché malien, d’autant que le Qatar, qui finance les intégristes au Mali, est l’associé du groupe nucléaire français AREVA.

Pour Alain Chouet, ancien chef du service de renseignement de sécurité à la DGSE française, «le Qatar finance partout et généreusement tous les acteurs politico-militaires salafistes, c’est le cas du groupe Ansar Dine». Concernant AREVA, ce groupe industriel est déjà implanté au Niger, son chiffre d’affaires est plus important que le PIB de l’économie nigérienne. Selon le site d’information mecanopolis.org, «il y a quelques mois, l’ambassadeur de France au Mali, Christian Rouyer, a déclaré qu’AREVA sera le futur exploitant de la mine d’uranium à Faléa».

Il faut reconnaître que le peuple français ne tirera aucun profit de la guerre au Mali, cette guerre va bénéficier exclusivement aux multinationales. Nous avons vu ce qui s’était passé dans d’autres pays. Suite à l’intervention militaire des Etats-Unis en Irak, les multinationales ont fait fortune, alors que la dette publique américaine a explosé. Un confrère a fait remarquer que François Hollande s’est imposé comme un leader parce qu’il a déclenché une guerre. Effectivement, François Hollande avait besoin de cette guerre pour faire respecter ses décisions. Il avait surtout besoin de cette guerre pour appliquer sa réforme économique.

Rappelons le principe de la stratégie du choc : il faut créer une situation choquante et chaotique afin de dévoiler les réformes économiques qu’on veut imposer. Actuellement, le gouvernement français est dans l’incapacité de régler les problèmes économiques de la France. Le terrorisme au Mali ne représente pas de danger réel pour la société française, le vrai problème des Français est le chômage. Récemment, le journal Le Parisien a mené une enquête sur les chômeurs invisibles dans les statistiques officielles. Le journal parle de 9 millions de chômeurs, ce qui correspond à 30% de la population active. François Hollande avait besoin de cette guerre pour annoncer aux Français la fin du CDI (contrat de travail à durée indéterminée). En effet, le gouvernement français doit flexibiliser le marché du travail. La pression des multinationales et des lobbies à Bruxelles est grandissante, ils exigent la libéralisation du travail, une libéralisation qui ne peut se faire sans la fin du CDI.

Le gouvernement français s’apprête à annoncer cette nouvelle aux citoyens français avant le printemps. Pendant ce temps, les Etats-Unis veulent absolument empêcher que l’Afrique devienne un partenaire de la Chine, raison pour laquelle ils soutiennent la France dans sa démarche au Mali. Les Etats-Unis ont toujours laissé l’Afrique à leurs alliés européens, leurs investissements au continent noir ne sont pas vraiment importants. Mais face au recul de l’influence de leurs alliés et la progression de nouveaux acteurs, les Américains ont créé Africom, un système miliaire prêt à intervenir n’importe où en Afrique pour contrer les ressources stratégiques et stopper la progression de la Chine. L’Algérie partage 1 376 km de frontières avec le Mali. L’évolution de la situation au Mali est inquiétante. Les parties en conflit, obsédées par leurs objectifs, risquent de commettre des erreurs. De plus, les multinationales rêvent de relier les mines et les bassins pétroliers maliens au marché européen en passant par l’Algérie. Craindre le pire n’est donc pas une exagération. Face au danger qui nous menace aujourd’hui, nous devons absolument être unis. Soyons unis pour que vive l’Algérie.
Belhaouari BENKHEDDA, universitaire

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 26 février, 2013 |Pas de commentaires »

DIRIGEANTS D’ENTREPRISES ET CHEFS DE GOUVERNEMENT BIENTÔT JUGES EN CAS DE CRIMES CONTRE L’ENVIRONNEMENT ? (Sophie CHAPELLE / bastamag.net)

EUROPE

DIRIGEANTS D'ENTREPRISES ET CHEFS DE GOUVERNEMENT BIENTÔT JUGES EN CAS DE CRIMES CONTRE L'ENVIRONNEMENT ? (Sophie CHAPELLE / bastamag.net) dans REFLEXIONS PERSONNELLES pollutionjpg

Dirigeants d’entreprises et chefs de

gouvernements bientôt jugés en cas de crimes

contre l’environnement ?

(Sophie CHAPELLE)

Imaginez des ministres, des PDG d’entreprises ou de banques, poursuivis pénalement pour crimes contre l’environnement. C’est l’objet d’une initiative citoyenne européenne lancée fin janvier 2013, qui doit recueillir un million de signatures pour pouvoir être étudiée par la Commission Européenne. Si cette directive« Ecocide » aboutit, elle pourrait influencer fortement les décisions stratégiques des dirigeants politiques et économiques. Et impulser une véritable transition énergétique.

arton2935-7fdb8 AREVA dans REFLEXIONS PERSONNELLES

Décembre 1999. Un navire pétrolier, l’Erika, sombre au large de la Bretagne entrainant une marée noire sur plus de 400 km de côtes françaises. Après des années de batailles juridiques, le groupe français Total est condamné à payer 200 millions d’euros de dommages et intérêts. Mais aucun des responsables de Total ne peut être poursuivi personnellement. Une situation qui pourrait évoluer prochainement. C’est ce que demande une initiative citoyenne européenne(ICE), intitulée « arrêtons l’écocide en Europe, donnons des droits à la Terre », lancée il y a quelques semaines, et qui propose un projet de nouvelle directive européenne.

« Avec cette directive, nous souhaitons que soit reconnue la responsabilité des personnes qui font des choix en termes d’investissements, d’innovations, de productions », explique Valérie Cabanes, juriste en Droit International et porte-parole de l’initiative. Si celle-ci aboutit, il deviendra illégal pour des citoyens européens, des sociétés ou des banques d’être impliqués dans un écocide, c’est-à-dire la destruction ou l’endommagement important d’un écosystème. Tout écocide commis sur le sol européen sera également puni. Un million de signatures – de 7 pays différents – doivent être recueillies en un an (jusqu’au 21 janvier 2014) sur le site End Ecocide. Si cet objectif est atteint, la Commission Européenne sera obligée d’examiner la proposition avec les organisateurs et leur donnera une chance de s’exprimer.

Engager la responsabilité pénale des dirigeants

L’enjeu : considérer comme pénalement responsables des personnes qui se rendraient coupables de crimes contre l’environnement. Les directives existantes ne reconnaissent le principe de « responsabilité hiérarchique » que pour les personnes dont l’intention de profit personnel a été démontrée. « La directive Ecocide reconnaît la responsabilité de personnes physiques selon le principe de supériorité hiérarchique, quelles qu’elles soient, même si les actes ont été commis sans intention. Elle lève ainsi toute impunité. Chefs de gouvernement et PDG peuvent donc être concernés », précise Valérie Cabanes. Seveso en Italie, Tchernobyl en Ukraine, AZF à Toulouse, marée noire terrestre de la réserve naturelle du Crau (Bouches-du-Rhône)… autant de catastrophes industrielles directement liées à l’activité humaine que l’on pourrait qualifier d’« écocides ».

La directive européenne reconnaît aussi la responsabilité de personnes complices, qui auraient facilité un écocide en conseillant ou subventionnant des activités dangereuses. En ligne de mire, les cabinets d’expertise environnementale qui agissent sur le territoire européen ou ailleurs. « Dans les écocides en cours, les projets industriels financent eux-mêmes leurs études d’impact environnemental avec l’accord des gouvernements », relate Valérie Cabanes. C’est le cas de GDF Suez qui, via sa filiale brésilienne LEME, a été en charge des études d’impact environnemental tant décriées du barrage de Belo Monte au Brésil [1].

La fin de l’impunité pour les banques et les multinationales

Le Brésil est un pays qui intéresse particulièrement Valérie Cabanes. Sur place, de nombreuses entreprises européennes sont impliquées dans des projets de grands barrages du bassin amazonien, comme GDF Suez, EDF, Alstom (français), Voith-Siemens (allemand) et Andritz (autrichien). Des entreprises, à l’instar d’EDF, dont l’État est parfois actionnaire majoritaire. GDF Suez détient plus de 50 % du capital de Jirau, le plus grand barrage des Amériques. Ce qui lui a valu une nomination au Public Eye Awards, couronnant l’entreprise la plus irresponsable en matière d’environnement. « Et c’est la société Alstom qui fournit du matériel, notamment les turbines, pour Belo Monte avec un contrat d’au moins 500 millions d’euros », précise Valérie Cabanes.

BNP Paribas, Société Générale, Crédit agricole : les banques françaises contribuent financièrement à des projets controversés. « BNP Paribas a ainsi été impliquée dans le financement de la centrale nucléaire de Belene, en Bulgarie, une centrale de technologie russe en zone sismique », rappelle le site Finance responsable. La banque s’est retirée du projet en janvier 2010 suite à la pression des ONG. La Société Générale a également fait machine arrière en 2009 sur le financement du barrage d’Ilisu en Turquie, un projet qui entrainerait le déplacement forcé de plus de 55 000 personnes. Pour les banques et assurances européennes qui participent à ce type de projets, des poursuites judiciaires pour écocide deviendraient possibles.

Élus locaux, plaignants ou complices ?

Les élus d’un territoire « victime » pourront se ranger du côté des plaignants, comme ce fut le cas pour les élus bretons, charentais et vendéens dans le procès de l’Erika. En revanche, si des accords sont passés entre élus et entreprises, et que ces dernières sont à l’origine d’un écocide, les élus pourront être poursuivis pour complicité. « Les élus prendront sans doute plus de mesures pour commanditer des études d’impact environnemental totalement indépendantes des entreprises qui agiront sur leur territoire », espère Valérie Cabanes.

Autre nouveauté de la proposition : la dangerosité d’une technologie ne s’évaluera plus en fonction des risques de catastrophe (le « facteur risque ») qu’elle pourrait engendrer, mais en fonction de l’étendue des dommages et des conséquences réels. 

« Le risque d’un « Fukushima » est minime, mais les conséquences de la catastrophe de Fukushima sont immenses », souligne Valérie Cabanes. Le coût d’une catastrophe nucléaire en France est évalué à 430 milliards d’euros par l’Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire (IRSN). En cas d’accidents graves, outre les dirigeants d’EDF ou d’AREVA, toutes les personnes au sein de l’État qui ont promu le recours à l’énergie nucléaire pourraient être condamnées. De quoi faire réfléchir… « La directive demande donc aux dirigeants d’évaluer différemment leurs choix stratégiques et d’assumer, de par leurs fonctions et non leurs intentions, leurs responsabilités dans ces choix faits au nom de leur entreprise, de leur gouvernement ou de leur institution financière ». Il appartiendra au tribunal de décider quelle est cette superficie, sa durée ou son impact, de telle sorte qu’une telle destruction puisse être définie comme un écocide.

Élargir le champ du Tribunal Pénal International

Cette redéfinition des règles pourrait permettre de réinvestir l’argent autrement et d’accompagner la transition énergétique. « Cela demandera d’abandonner petit à petit des sites industriels polluants et de former et reclasser des ouvriers pour qu’ils puissent s’adapter à un nouveau marché, qui saura mieux préserver les ressources et les écosystèmes », explique Valérie Cabanes. D’où l’importance d’une période de transition et d’adaptation, qui n’est proposée dans aucune des directives sur l’environnement existantes. Pour éviter les délocalisations d’entreprises européennes cherchant à contourner la loi, les produits issus d’un écocide seraient interdits d’importation sur le territoire européen.

Cette initiative citoyenne européenne est née dans le sillon d’une proposition de Polly Higgins, une juriste internationale qui suggère que le crime d’Écocide soit reconnu comme le cinquième crime contre la Paix, aux côtés des crimes contre l’humanité, des crimes de guerre, des génocides et des crimes d’agression. En avril 2010, Polly Higgins a déposé un texte de loi auprès des Nations Unies, pour amender les règles de fonctionnement de la Cour Pénale Internationale. Pour faire connaître cette proposition de loi, une campagne internationale, Eradicating Ecocide, a été lancée.

Court-circuiter les lobbys

La Cour Suprême du Royaume-Uni, s’appuyant sur les articles de la loi proposée, a mené un procès fictif en 2011 (voir la vidéo) démontrant que ces dispositions étaient applicables. Elle a jugé deux cas, sous de faux noms, faisant référence à l’explosion de la plateforme pétrolière de BP dans le Golfe du Mexique, et à l’exploitation des sables bitumineux en Alberta au Canada.

Une façon de montrer que des évolutions du droit sont tout à fait possibles. Reste à faire avancer ces propositions à l’échelle de l’Europe. « Cette initiative permet de court-circuiter les lobbys puisque la proposition de loi vient directement de citoyens et non de représentants élus du peuple qui, pour beaucoup, sont sous influence », relève Valérie Cabanes. Ce qui n’empêchera pas de futurs obstacles le jour où le Parlement Européen sera saisi par la Commission pour étudier le projet de loi. C’est-à-dire dans un an, si les porteurs de cette initiative parviennent à collecter un million de signatures.

Sophie CHAPELLE

@Sophie_Chapelle sur twitter

Photo : flickR

Notes:

[1] Source Document d’analyse stratégique sur le barrage de Belo Monte.

En savoir plus:

- Télécharger le projet de directive Ecocide.

- Le site des ICE

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Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 22 février, 2013 |Pas de commentaires »

EN FRANCE L’URANIUM « APPAUVRI » RESTE UN TABOU !

En France l’uranium « appauvri »

reste un sujet tabou

EN FRANCE L'URANIUM

(Guy POUSSY / 15 janvier 2001)

La France a mis au point des obus-flèches à uranium « appauvri » (UA) qui équipent ses chars de combat « Leclerc » depuis leur mise en service en 1991 ainsi que des munitions pour certains aéronefs. Le Ministre des Armées, nie l’utilisation des munitions U.A. par l’armée française. Il nie aussi la contamination de soldats français ayant participé à la guerre du golfe et du Kosovo. En 1995, trois journalistes Jean BERNARD, Clément SARRASIN et François WEILL menèrent une enquête. Leur article: « la tempête du désert était radioactive » fut proposé à différents journaux, la publication fut refusée. L’article fut soumis à Pierre Zarka, directeur de « l’Humanité », il ne l’a jamais publié. 

LE LOURD SECRET

DE LA GUERRE DU GOLFE:

La « Tempête du désert » était radioactive!

Révélations sur un crime de guerre…

et d’autres à venir

Une enquête de Jean BERNARD, Clément SARRASIN et François WEILL

Il existe depuis la guerre d’Irak un « mystère du syndrome du Golfe ». Depuis plus de quatre ans un « mal non identifié » continue à faire des victimes dans les rangs des combattants, voire de leur descendance. Émanation d’incendies ? Gaz de combat ? Maladie inconnue ? Nombre d’hypothèses ont été avancées sans que l’armée des USA (dont plusieurs dizaines de soldats sont atteints) ne rompe un silence étrange et inquiétant… Mais les apprentis sorciers se vantent-il de leurs erreurs mortelles ? Car il est aujourd’hui avéré que furent pour la première fois utilisées massivement lors de ce conflit des munitions radioactives ! Inconscience ou action délibérée, les USA comme la France continuent à fabriquer ce type d’armes… Fin d’un mystère ou début d’un scandale ?

La Guerre du Golfe, qui fut certainement la plus médiatisée à ce jour, fut qualifiée de « guerre propre », privilégiant les « opérations chirurgicales » aux affrontements conventionnels. La rapidité avec laquelle les forces de l’alliance américano-européenne anéantirent la résistance de l’armée irakienne n’étonna aucun spectateur, la supériorité technologique et celle du nombre étant évidente… Les plus surpris furent les militaires irakiens, lorsqu’ils constatèrent que les chars américains bénéficiaient d’une portée de tir de près de mille mètres supérieure aux leurs accompagnée d’un pouvoir de destruction stupéfiant… Ils ne pouvaient à l’époque savoir qu’ils servaient de cobayes à la première utilisation « in vivo » d’une nouvelle génération de munitions à base d’uranium « appauvri » !
Le fait serait sans doute resté confidentiel (défense ?) sans ce fameux « syndrome du Golfe » dont nombre de soldats américains furent affectés: troubles cardiaques et pulmonaires, perte de mémoire, chute des cheveux… Un an après le conflit naissaient aux USA des enfants anormalement conformés, pour certains hydrocéphales, pour d’autres avec une oreille ou un oeil en moins…

En 1993, le « Veterans Affairs Departement » avoua l’existence d’une « maladie inconnue » chez les anciens de la Guerre du Golfe.

En 1994, l’observation médicale de certains sujets mit en lumière une troublante similitude entre les symptômes constatés et des cas connus d’irradiation par ingestion. Impossible dès lors pour l’armée américaine de continuer à dissimuler les effets secondaires de quelques « bavures fratricides » ayant entraîné la mort et l’irradiation de nombreux soldats américains. Immédiatement prise à partie par une commission du Congrès, la « grande muette » américaine dut alors reconnaître l’utilisation sur le terrain de munitions à composantes d’isotope U 238 dont les effets secondaires avaient été largement sous-évalués, sinon délibérément ignorés…
En effet, le développement de ce type -de munition remonte au début des années 70. Celles-ci étaient à l’époque motivées par la recherche d’une plus grande portée de tir et d’une meilleure capacité à percer les blindages. L’uranium « appauvri », disponible en grande quantité et d’un faible coût, offrait toutes les caractéristiques requises pour la conception de l’alliage idéal: extrême densité (trois fois plus que l’acier) et très faible résistance à l’air, permettant à un obus-flèche de 120 mm d’atteindre la vitesse de Mach 5 pour une portée supérieure de mille mètres à celle d’un projectile conventionnel. En outre, l’exceptionnelle concentration d’énergie provoquée par l’impact démontrait des capacités inégalées à percer les blindages jusqu’alors réputés invulnérables…
La radioactivité de l’U.A. étant faible sous forme de métal inerte (voir encadré), fut-il fait fi délibérément des risques de contamination chimique du nuage de micro particules engendré par l’explosion de ces munitions ? Un incident significatif pourrait le laisser penser: en 1979, une usine d’Albany qui fabriquait des munitions de 30 mm en U.A. pour l’U.S. Air Force fit l’objet d’une enquête pour dépassement du taux de radiation autorisé qui amena à sa fermeture définitive en 1983 ! La radioactivité constatée n’excédait pourtant que de peu les 150 micro Curie, soit l’équivalent du rayonnement provoqué par environ 400 g d’isotope U 238… Comment est-il possible d’imaginer que le risque engendré par l’utilisation intensive de ce type de munition lors d’un conflit n’ait pu être dès lors pris en compte ?
On sait aujourd’hui que durant la guerre éclair de 100 heures dans le Golfe, 940.000 cartouches de 30 mm et 4.000 obus de 120 mm en U.A. ont été tirés par l’aviation et les chars américains. Le poids des éclats ainsi répandus sur le champ de bataille est évalué à 300 t ! Ces munitions ont entraîné la destruction de plus de 3.000 chars et 1.856 véhicules blindés irakiens (1). En Novembre 1991, un rapport de l’Atomic Energy Authority de Grande Bretagne a révélé que les déchets d’U.A, pourraient être la cause de 500.000 morts potentiels et précise « qu’il y a certains endroits où suffisamment de cartouches ont été tirées pour que la contamination localisée sur les véhicules et au sol excède les limites autorisées pour les équipes de nettoyage… » (2). Cette étude se basait à l’époque sur l’hypothèse selon laquelle 25t de munition d’U.A. avaient été utilisées… En fait le douzième de la réalité !
A la suite de ce rapport, Ramsey Clark, ancien chef du « Département of Justice » des Etats Unis a ouvertement dénoncé l’utilisation de ce type d’armes comme « crime de guerre »(3)…
Quatre ans se sont écoulés depuis la fin de la Guerre du Golfe. Les conséquences de l’embargo maintenu contre l’Irak sont aujourd’hui difficiles à estimer… quinze mille morts par mois, peut-être plus?… Combien de générations d’Irakiens sont-elles par contre condamnées à une effroyable mort lente et qui en portera la responsabilité devant l’Histoire ? Est-il imaginable que de telles armes soient encore produites et puissent être utilisées dans un conflit à venir ?
La France produit-elle de telles armes ? Hélas oui, et il semble paradoxalement que la Guerre du Golfe en ait stimulé la fabrication.

A la poursuite de l’U.A.

Nous avons mené une enquête discrète dans le monde des apprentis-sorciers et fait de stupéfiantes découvertes en France, en suivant la piste de 75 tonnes de ce fameux uranium « appauvri » du Massachusetts au canon du char Leclerc…
Point de départ de toute enquête: la documentation. Début Mai 1995, nous prenons connaissance grâce au CDRPC (Centre de Documentation et de Recherche sur la Paix et les Conflits) à Lyon d’un surprenant document daté du 1er Février 1991, soit un mois jour pour jour avant la fin de la Guerre du Golfe et émis par le N.R.C. (Nuclear Regulatory Commission) des USA. Il ne s’agit ni plus ni moins que d’une autorisation d’exportation aux fins de fabrication de munitions de 75 tonnes d’U.A. au bénéfice d’une société française, la CERCA à Bonneuil, dans le Val de Marne. La prise d’effet de cette licence est le 1 er Mars 1991, soit trois jours exactement après la fin des hostilités !… Nous savions déjà que des recherches visant au « durcissement » à l’U.A. des obus-flèches avaient été menées en France durant la décennie 70 à 80 pour avoir recueilli de précieux témoignages d’un certain nombre d’ingénieurs de l’armement ayant travaillé à l’époque sur ces programmes… Rien d’étonnant à cela, notre industrie de l’armement n’ayant pas la réputation d’être la moins performante.

Curieuses constatations:

 - La société désignée comme fournisseur dans ce document est la Nuclear Metal inc. (Mass. USA) qui n’est autre que l’un des principaux fabricants de munitions auxquels l’U.S. Army et l’U.S. Air Force avaient commandé dans les années 70 à 80 plusieurs centaines de milliers de munitions en U.A. pour mener des essais sur quatre sites dont la décontamination est aujourd’hui estimée à plus d’un milliard de dollars !… C’est aussi, avec Aerojet Heavy Metals l’une des sociétés autorisées par la NRC à conserver un rythme de production de temps de guerre pour recomplèter les stocks d’armes en U.A. après la guerre du Golfe…
– L’activité de la CERCA S.A. ne concerne nullement la fabrication d’armement, son objet déclaré étant « Recherche, études et mise au point de combustibles nucléaires, études et mise au point des procédés de leur fabrication, traitement et exploitation de ces procédés… » En outre « l’usine de Bonneuil », spécifiée comme destinataire final du produit, ne figure nulle part comme établissement secondaire de cette société au capital de 20 millions de francs dont deux des actionnaires les plus représentatifs ne sont autres que FRAMATOME et COGEMA… Son siège social se trouve dans la tour Fait à la Défense où elle voisine avec d’autres sociétés « très spécialisées ». Plus étrange encore, le site de Bonneuil semble aujourd’hui « mis en sommeil ».
L’enquête sur place nous révélera l’éphémère existence d’une petite SARL au capital de 50.000 F: La CERCA-NUKEM (CECCN), dissoute le 29 Août 1994 et dont la durée de vie peut sembler avoir été étrangement liée à la validité du document de la N.R.C. . Cette société aurait-elle donc été constituée dans le seul but de servir de couverture à un transfert devant être le plus discret possible ? Il n’y aurait rien d’étonnant à cela, ce type de montage étant monnaie courante dans ce genre d’opérations… Mais comme il existe toujours une faille, même dans les secrets les mieux gardés, nous apprendrons que si l’U.A. en question a bien transité par Bonneuil, il fut en réalité transféré à l’usine S,I.C.N. d’Annecy, filiale à 100% de la COGEMA qui ne fait aucun mystère dans ses plaquettes commerciales de sa participation à des applications militaires de l’uranium métal, naturel ou « appauvri »…
Etrange coïncidence, nous avions localisé à peine à une quarantaine de kilomètres d’Annecy (donc de la SICN), une des entreprises françaises les plus performantes dans le domaine très particulier des obus-flèches… Entreprise discrète s’il en est, la société CIME BOCUSE ne figure pudiquement dans les pages jaunes de l’annuaire qu’à la rubrique « Métallurgie »… Point d’entreprise d’armement dans le département de Haute Savoie à plus forte raison à St. Pierre en Faucigny, charmant petit bourg de 5000 âmes niché au creux d’une vallée…
Même le bulletin municipal reste très discret sur la nature des activités de l’entreprise et la décrit ainsi: « …Cette entreprise très importante et forte de 200 salariés il y a quelques vingt ans est réduite à 80 emplois après plusieurs « plans sociaux » successifs. Rachetée par un groupement d’intérêt national, elle est en passe de trouver un régime de croisière avec de réelles et intéressantes possibilités… »
En fait le « groupement d’intérêt national » dont il est fait mention n’est ni plus ni moins que le GIAT (Groupement Industriel de l’Armement Terrestre) mais le bulletin n’en souffle mot. Il se montre en revanche plus disert sur la part du budget communal que représente la contribution de l’entreprise: 25%!…
Pour trouver CIME – BOCUSE il faut savoir et vouloir. Vue de l’extérieur, l’usine elle-même ne paye pas de mine et la sécurité visible se limite à l’entrée à une guérite et une barrière des plus communes dans toute entreprise industrielle d’importance moyenne. Autour du site court une clôture bien anodine. Ses secrets semblent protégés surtout par la discrétion plus que par d’ostensibles dispositifs. En revanche on ne badine pas sur la sécurité à l’intérieur de l’usine. Tout manquement aux règles de sécurité en matière de protection individuelle y serait particulièrement sanctionné comme par exemple l’oubli du masque de protection des voies respiratoires…
Règles de sécurité aussi en matière de filtrage des entrées et des sorties par le service de garde, notamment pour les transporteurs locaux qui assurent avec leurs camions l’essentiel des livraisons de matières premières mais qui, curieusement, selon un des responsables, ne s’étend pas à la nature de la cargaison. Tandis que les produits finis sont évacués par les mêmes moyens.
Bien que le haut savoyard n’ait pas une réputation de bavard, une discrète et patiente enquête auprès des habitants nous confirmera l’existence de deux modèles de munitions flèches d’aspect rigoureusement identique mais dont l’une, nettement plus lourde que l’autre, ne peut correspondre qu’à l’APF -.SDS – FI, décrite dans notre encadré…
Dans un rapport de synthèse en date du 3 Décembre 1987 intitulé « La munition-flèche: L’apport industriel et commercial de CIME – BOCUSE dans le développement et la vie d’un nouveau produit », l’entreprise ne laisse planer aucun doute sur l’exceptionnelle bienveillance de la D.G.A. à son égard, elle qui est détentrice du brevet des « pénétrateurs DENAL » pour munitions de gros calibre à énergie cinétique. Exceptionnelle bienveillance qui se manifeste, le rapport dixit, par une « coopération technique CIME-BOCUSE – DGA – EFAB  » comportant la mise à disposition des moyens d’essais statiques et dynamiques de la DGA et un « programme de fournitures d’essai pour la sélection des matériaux ».
Est-il envisageable que tout ou partie des 75 tonnes d’U.A. d’origine américaine dont nous avons pu suivre l’étrange parcours jusqu’à Annecy aient pu faire une quarantaine de kilomètres supplémentaires pour bénéficier du savoir-faire de CIME-BOCUSE, devenue GIAT
Reste une question et non des moindres: pourquoi la France qui dispose du parc de centrales électronucléaires le plus puissant d’Europe et par conséquent d’un stock plus que considérable d’U 238, aurait-elle eu besoin d’en importer des USA ? La subtilité de cette intéressante question n’échappera à personne, chacun étant libre d’échafauder sa propre théorie en la matière…
La France continue donc de fabriquer aujourd’hui, et sans trop s’en cacher, des munitions identiques à celles que les américains utilisèrent massivement avec les effets désastreux que l’on sait dans le Golfe. Inconscience criminelle dictée par une « sorte d’obligation » aussi tactique que commerciale ou mépris délibéré des règles de la guerre ?
Questionné sur ce point précis, le Général Pierre Marie GALLOIS ne fait pas dans la dentelle:
-  »Les Américains se sont conduits en apprentis-sorciers. L’utilisation de ce type de munitions relève du mépris le plus absolu de toutes les règles qu’un militaire se doit de respecter… L’obstination à vouloir percer les blindages est d’une imbécillité totale, le fait étant parfaitement connu, et ce depuis de très longues années, que le seul effet de choc produit par l’impact d’un obus contre la tourelle d’un char suffit à faire exploser la tête de ses occupants! …Qui plus est, les effets induits par la propagation des particules d’uranium à la suite des explosions sont qu’on le veuille ou non – même indirectement – du domaine de la guerre chimique. Admettre la généralisation de ce type d’armes revient à légaliser la contamination par radioactivité et ce pour une durée sans comparaison avec les conséquences des bombardements atomiques d’Hiroshima et de Nagasaki. Ce ne peut être considéré que comme un crime contre l’humanité!… Quant au fait que les Français persistent en la matière, il n’y a à cela rien d’étonnant car, depuis 1945, il y a chez nous une tradition bien établie de suivre les Américains en toutes choses et surtout dans leurs pires conneries… Reste peut être la seule chose réellement importante dont le monde entier n’a cure: le peuple d’Irak, déjà soumis à un embargo criminel qui, comme tous les embargos, n’atteint que les innocents est en prime affligé par nos soins d’un inguérissable fléau dont les peuples « civilisés » que nous prétendons être détiennent la responsabilité!… ».

Qu’est-ce que l’Uranium 238?

L’uranium 238 est un isotope (même corps dont le noyau comporte un nombre différent de neutrons) de l’uranium.
La plus grande partie de cet isotope provient aujourd’hui des déchets. des centrales électronucléaires qui utilisent pour la fission l’isotope U 235, lequel ne représente que 0, 7% de la masse initiale de minerai.
Un stock représentant aujourd’hui plus d’un million de tonnes dans le monde « à recycler » dans l’armement par exemple…
L’uranium 238, dit uranium « appauvri », est à l’état neutre peu radioactif (1 Curie par tonne) le danger d’irradiation directe peut être considéré comme quasiment nul. Néanmoins, l’aérosolisation provoquée au moment de l’impact et de l’inflammation d’un projectile à base d’uranium « appauvri » rend à l’isotope U 238 toutes .ses facultés radioactives par la production d’un nuage de micro particules (en général inférieures à 5 microns) qui, ingérées, sort directement par les voies respiratoires, soit indirectement par les voies digestives via l’eau ou les aliments contaminés, et se fixent sur les muqueuses. Dès lors, sa radioactivité commence à produire sur l’organisme des effets destructeurs qui s’étendent à des mutations génétiques affectant la descendance des êtres vivants contaminés.

Très lourd, il pénètre profondément dans le sol, polluant les récoltes en surface et les nappes phréatiques, rendant toute décontamination quasi-impossible. Le fait le plus terrifiant réside dans la durée de vie de cet isotope qui est de l’ordre de 4,5 milliards d’années…
A-t-on alors, par l’utilisation consciente ou inconsciente de munitions en U.A, condamné une grande partie de l’Irak à une insidieuse mort lente et inventé la « guerre éternelle « ?

Code APF – SDS – FI

Les trois chars les plus performants de l’OTAN (Leclerc français, Leopard II allemand et MIA2 Abrams U.S) sont tous équipés d’un canon de 120 mm à âme lisse et tous trois sont susceptibles de tirer des obus flèches (en tungstène ou en U.A.)…
Ce type de munitions figure au « Catalogue des matériels français de défense terrestre » sous la référence OTAN APF – SILS – 1″1 model. Les caractéristiques de performances annoncées ne laissent aucun doute sur la nature de l’alliage employé pour leur fabrication.

Le char Leclerc tire de l’uranium!

Concurrent à l’exportation du MI A2 Abrams américain, le char Leclerc, fer de lance de la technologie française de l’armement, ne pouvait pas ne pas suivre l’exemple de son «oncle d’Amérique » tant il est vrai que depuis le débarquement, les GI’s et la Jeep, il n’est pour le français de bon modèle que le modèle américain. Le Leclerc tirera donc des obus flèches en UA. qui font d’ailleurs déjà partie de l’argumentaire des commis-voyageurs du complexe militaro-industriel fiançais. La D.G.A. (Délégation Générale à l’Armement) ne dissimule d’ailleurs même pas les capacités spécifiques du canon principal de ce char …
Le fameux secret du blindage du Leclerc ne serait-il pas par hasard également dû à l’emploi d’UA. dans sa composition ?
N’attendez pas de nous une réponse, il paraît que c’est un secret !

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 14 février, 2013 |Pas de commentaires »

« NUCLEAIRE SOCIAL CLUB » (La Parisienne Libérée / mediapart.fr)

« Nucléaire Social Club »

(La Parisienne Libérée / médiapart.fr)

LEquipe de France du Nucléaire n’a pas l’air de trouver la porte vers la sortie…

NUCLÉAIRE SOCIAL CLUB
Paroles et musique: la Parisienne Libérée

Certains préfèrent les éoliennes
Le photovoltaïque
Font du biogaz et s’offrent même
Des barrages hydrauliques

Ces doux rêveurs de la transition
Sont tous des fanatiques
Nous on respecte la tradition
100 % atomique !

On a racheté une vieille centrale
Avec les copains
On l’a retapée, c’était génial
On a tout repeint
Elle produit assez d’énergie
Pour chauffer nos immeubles
C’est une PME entre amis
Le Nucléaire Social Club


Il n’y a pas eu besoin d’ingénieur
On a fait tous les plans
Se bricoler un réacteur
C’est facile, finalement

Le cœur, la cuve et puis l’enceinte
Un peu de vapeur d’eau
De l’extérieur une fois repeinte
On dirait un château !

On a racheté une vieille centrale
Avec les copains
On l’a retapée, c’était génial
On a tout repeint
Elle produit assez d’énergie
Pour chauffer nos immeubles
C’est une PME entre amis
Le Nucléaire Social Club


On trouve l’uranium sur le net
Ou bien dans le Limousin
Le yellow cake, on a la recette
Et ça ne coûte presque rien

Pour les déchets, il suffit de prévoir
D’avance quelques bidons
On les refroidit dans la baignoire
Et on les stocke à la maison !

Nucléaire Social Club (bis)

Tout ça grâce au partenariat
Entre le FSI
ALSTOM, EDF, AREVA
EIFFAGE et puis VINCI

Ils ont adoré notre idée
Ils étaient tout émus :
L’E-P-R de proximité
Ça leur a vachement plu !

On a racheté une vieille centrale
Avec les copains
On l’a retapée, c’était génial
On a tout repeint
Elle produit assez d’énergie
Pour chauffer nos immeubles
C’est une PME entre amis
Le Nucléaire Social Club

CONTEXTE
Mardi 29 janvier 2013, Arnaud Montebourg et Delphine Batho se sont rendus à l’usine Valinox (exactement comme l’avait fait Nicolas Sarkozy en septembre 2010). Le compte-rendu de leur visite en Bourgogne est consultable ici. Ils ont annoncé plusieurs mesures destinées à dynamiser la filière nucléaire, dont la création d’un fonds d’investissement pour soutenir les PME du secteur. Ce fonds bénéficiera de plusieurs dizaines de millions d’euros d’argent public par l’intermédiaire du FSI. Cette démarche a provoqué la colère des écologistes – lire les communiqués de CAP21 et d’EELV. Pour comprendre ce qu’est le FSI, vous pouvez lire cet article de Mediapart [abonnés] et consulter le wiki.

RÉFÉRENCES
La chanson fait référence de diverses manières à la démarche d’Enercoop (coopérative d’électricité non-nucléaire, vidéos disponibles ici et ) et au cannabis social club (action collective de lutte contre la prohibition du cannabis).

AUTRES CHANSONS
En écrivant le « Nucléaire Social Club », nous avons aussi pensé à la java des bombes atomiques de Boris Vian, à la chanson de Marc Havet à l’ombre de la centrale et à ce faux clip de propagande choisis le nucléaire produit par une école du spectacle.
Ce clip est la suite d’une petite série de chansons qui évoquent les questions de l’énergie nucléaire et la nécessaire sortie du nucléaire : les rois de l’uranium, à Fukushima, prélèvement automatique, kayak à Fukushima…
Retrouvez sur cette page toutes NOS CHANSONS ANTINUCLÉAIRES

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 3 février, 2013 |2 Commentaires »

LES MAGOUILLES DE AREVA, HOLLANDE et du NIGER (l’Observatoire du nucléaire)

Observatoire du Nucléaire 

 Communiqué du lundi 14 janvier 2013

LES MAGOUILLES DE AREVA, HOLLANDE et du NIGER (l'Observatoire du nucléaire) dans REFLEXIONS PERSONNELLES areva2

Un document confidentiel exceptionnel montre


l’emprise d’AREVA sur le Niger et confirme les


accusations de l’Observatoire du Nucléaire

 

Une cérémonie sera organisée à la mi-2015 pour simuler

le début de la production de la mine d’Imouraren et faciliter

ainsi la réélection début 2016 de l’actuel Président du Niger

« Vous prendrez l’avion mon cher »
Un des premiers actes du Président Hollande a été de recevoir
à l’Elysée, le 11 juin 2012, le Président du Niger, M. Issoufou.

Assigné à comparaître le 1er février 2013, et menacé de fait de disparition, l’Observatoire du Nucléaire, n’entend pas baisser la garde et publie ce jour un document exceptionnel (*) qui montre comment AREVA dicte, aujourd’hui comme depuis 40 ans, sa loi aux dirigeants du Niger, et qui confirme les accusations portées par l’Observatoire.

Il s’agit du compte-rendu confidentiel (cette donnée est explicitement précisée dans le texte lui-même) d’une réunion qui s’est tenue le 9 novembre 2012, à Paris, entre trois hauts dirigeants d’AREVA et M. Hassoumi, le Directeur de Cabinet du Président de la République du Niger. On notera d’ailleurs l’infériorité numérique du représentant du Niger, clairement placé en situation de vulnérabilité.

On comprend vite à la lecture du document que, en menaçant de n’ouvrir la mine d’Imouraren qu’en 2016, voire en 2017, AREVA impose ses volontés au Président du Niger: ce dernier a absolument besoin que cette ouverture se fasse en 2015… afin de ne pas compromettre sa réélection en janvier 2016. Ancien cadre d’une filiale d’AREVA, M. Issoufou doit constater amèrement que AREVA reste son donneur d’ordre bien qu’il soit aujourd’hui Président du Niger.

Le premier point abordé lors de cette réunion est celui de la confidentialité des discussions : il est probable que le non-respect de cette clause provienne de nigériens qui ne supportent pas de voir AREVA dicter ses volontés aux dirigeants du Niger.

Le second point abordé est lui aussi parfaitement illustratif de la façon dont AREVA tire les ficelles au Niger : il s’agit de l’entrée du coréen KEPCO au capital de la société « AREVA NC Expansion », principal actionnaire de la mine d’Imouraren.

Pour « prouver » que cette décision n’a pas été prise sans l’aval du pouvoir nigérien, AREVA produit un courrier prétendument envoyé en 2009 au Ministre Nigérien des Mines (qui n’est plus en poste). M Hassoumi découvre en séance ce courrier et ne peut qu’en prendre acte.

Le cœur de la réunion concerne l’avancement du projet de la mine d’uranium d’Imouraren. AREVA liste les difficultés, réelles ou non, que rencontre ce projet, jouant avec les nerfs du représentant nigérien en évoquant pour le « premier fut » la date de la « mi-2016″, avec qui plus est « un risque de glissement de 6 mois », ce qui repousserait l’ouverture à début 2017 !

AREVA met de fait sous pression le représentant du Président du Niger :

« M Hassoumli réaffirme que le Niger a très peu de marge de manœuvre pour la date de démarrage du Projet Imouraren qui correspond à un projet majeur du Président de la République en un engagement fort vis-à-vis du peuple nigérien. L’année 2015 est une échéance politique importante qu’il convient de ne pas dépasser pour un démarrage du projet Imouraren« 

Sans surprise, la suite de la discussion permet à AREVA, sous prétexte du contexte international, de signifier « poliment » que le prix payé pour l’uranium restera très bas. En contrepartie, AREVA s’engage enfin « à déployer tous les efforts pour un démarrage du projet marqué par le début de la mise en tas du minerai mi-2015« 

Traduction : dans la mesure où l’entreprise AREVA pourra continuer à s’accaparer à bas prix l’uranium du Niger, elle organisera à la mi-2015 une jolie cérémonie pour simuler le début de la production d’uranium à Imouraren et permettre ainsi au Président Nigérien sortant d’en tirer partie pour sa réélection début 2016.

Il est facile de comprendre qu’AREVA détient désormais un « arme atomique » contre le Président du Niger : si celui-ci formule des exigences (en particulier sur le prix de l’uranium), AREVA le punira en n’organisant pas la cérémonie dont il a tant besoin…

Ensuite, les dirigeants d’AREVA soufflent le chaud et le froid : d’une part ils font quelques promesses concernant une possible réhabilitation de la route Arlit-Tahoua, laquelle est gravement endommagée car quotidiennement empruntée par les camions d’uranium d’AREVA.

D’autre part, ils « invitent » le Niger à renouveler des permis d’exploitation d’uranium détenus par AREVA (Tagait 1, 2 et 3) et l’attribution d’un nouveau permis (Toulouk 3)

Pour finir, afin de faciliter la mise en œuvre de leurs exigences (en langage diplomatique : « la résolution prochaine des points évoqués dans ce compte-rendu« ), AREVA annonce un curieux « don » au budget du Niger, dont les sommes annoncées correspondent d’ailleurs à celles évoquées dans l’affaire de « corruption / diffamation » qui oppose AREVA à l’Observatoire du Nucléaire.

En effet, « AREVA s’engage à soutenir financièrement l’Etat du Niger en mettant à sa disposition la somme de 35 (trente-cinq) millions d’euros sous la forme de paiements successifs de 16 (seize) millions d’euros en 2013, 10 (dix) millions d’euros en 2014, et 9 (neuf) millions d’euros en 2015« 

Pour mémoire, l’Observatoire du Nucléaire estime qu’il serait légitime que l’État du Niger taxe fortement AREVA (qui s’accapare de longue date, à un tarif très bas, l’uranium nigérien) mais, par contre, qu’il est insupportable de constater que, tel un généreux donateur secourant un déshérité, AREVA accorde au Niger un « don » fort humiliant que l’on peut voir comme une manœuvre de corruption.

(*) http://observ.nucleaire.free.fr/reunion-confidentielle-areva-niger.pdf

fichier pdf reunion-confidentielle-areva-niger

Publié dans:REFLEXIONS PERSONNELLES |on 30 janvier, 2013 |Pas de commentaires »
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