Des mensonges couverts par les Nations Unies: Loi du silence sur l’uranium appauvri

DES MENSONGES COUVERTS

PAR LES NATIONS UNIES

Loi du silence

sur l’uranium appauvri

                                                                                          Des mensonges couverts par les Nations Unies: Loi du silence sur l'uranium appauvri dans REFLEXIONS PERSONNELLES Children-of-Fallujah-014

 

DEPUIS que les munitions à l’uranium appauvri (UA) ont été testées par les Etats-Unis contre l’Irak, décès et maladies inexpliquées se multiplient chez les combattants ayant servi dans le Golfe, mais aussi en Bosnie et au Kosovo. A des degrés divers, les agences des Nations unies ont imposé une chape de silence sur la dangerosité radiologique et chimique de cette arme. N’a-t-il pas fallu attendre janvier 2001 pour que l’Organisation mondiale de la santé « envisage » d’enquêter sur les effets de l’UA sur les populations du Golfe ?

Par ROBERT JAMES PARSONS
Journaliste, Genève.

Annoncé, reporté plusieurs fois, puis resurgi sous la pression des agences internationales d’aide humanitaire présentes au Kosovo, le projet d’élaboration d’un rapport sur l’uranium appauvri (UA) par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) n’a toujours pas abouti. Après l’éclatement de l’affaire dite du « syndrome des Balkans », l’OMS s’est contentée de publier en janvier 2001 un aide-mémoire qui, en quatre pages, prétend traiter de l’essentiel du sujet (1). Cherchant surtout à calmer le jeu et à rassurer le public, les informations y sont vagues et souvent en flagrante contradiction avec les connaissances scientifiques actuelles. Si radiation il y a, affirme le texte, elle se situe en dessous du seuil acceptable : « La science fait apparaître comme improbable la détection d’une augmentation du risque de leucémie chez les militaires dans les Balkans en relation avec l’exposition à l’uranium appauvri. »
Plus haute instance mondiale dans le domaine de la santé, comment l’OMS a-t-elle pu produire un tel document ? Elle y recommande, par exemple, comme « raisonnables » des « opérations de dépollution » aussi invraisemblables que celle consistant à récupérer des milliers de milliards de particules radioactives invisibles répandues sur des centaines de kilomètres carrés de territoire et mélangées avec des centaines de milliers de tonnes de terre !
En fait, un accord passé avec l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) en 1959 interdit à l’OMS de traiter des questions de radiation et de santé publique sans l’aval de celle-ci. Aval qui n’est pratiquement jamais donné.
Dans les années 1950, aux Etats-Unis, pour justifier les budgets faramineux destinés à l’arsenal nucléaire, le gouvernement Eisenhower joua sur les retombées civiles de la recherche militaire. Il fit naître, en 1954, le programme « Atomes pour la paix », promettant à l’opinion une électricité, non seulement « propre », mais trop abondante pour qu’il vaille la peine de la facturer.
Bien des membres de la communauté scientifique, peu ou pas impliqués dans les recherches militaires, rappelèrent alors les travaux qui valurent à Herman Joseph Muller de recevoir un prix Nobel en 1946. Il avait découvert le caractère mutagène terrifiant de la radiation ionisante. C’est précisément cette radiation que les centrales nucléaires prévues par « Atomes pour la paix » allaient introduire au sein de la population civile. Le docteur John W. Gofman, chef du groupe plutonium ayant isolé le premier milligramme de plutonium en 1942, ne cessait pour sa part de marteler : « D’après toute norme raisonnable basée sur des épreuves scientifiques, il n’existe aucune dose sûre (2). » Face à de telles réticences, les Etats-Unis poussèrent en 1956 à fonder l’AIEA, organisation du système de l’ONU dont le mandat revient tout simplement à promouvoir l’industrie nucléaire.
En 1957, l’OMS a organisé une conférence internationale sur les effets de la radiation sur la mutation génétique, dont les prémisses de base, issues des expériences de Muller, se reflètent dans les monographies présentées à la conférence et ensuite publiées (3). Pourtant, en 1959, le débat est clos. L’OMS accepte l’accord avec l’AIEA, selon lequel « chaque fois que l’une des parties se propose d’entreprendre un programme ou une activité dans un domaine qui présente ou peut présenter un intérêt pour l’autre partie, la première consulte la seconde en vue de régler la question d’un commun accord (4). » C’est cette obligation de « commun accord » qui permettra à l’AIEA d’empêcher presque tous les efforts de l’OMS dans le domaine des rapports entre santé publique et radiation.
C’est ainsi que, lorsque l’OMS se propose de publier un aide-mémoire sur l’uranium appauvri, le projet n’aboutit pas. L’étude générique, qui traîne encore, devait se limiter à l’UA, « contaminant chimique en tant que métal lourd ». Il faudra que l’uranium appauvri fasse la « une » de la presse internationale pour que l’OMS annonce que l’étude sera étendue à la radiation. Le travail supplémentaire sera assuré par des experts en provenance d’organisations telles que le Nuclear Radiation Protection Board du Royaume-Uni (instance vivement critiquée par les anciens combattants britanniques atteints du syndrome de la guerre du Golfe) et, bien sûr…, l’AIEA. Les organisations d’aide humanitaire présentes à Kosovo, telles le Haut-Commissariat pour les réfugiés, le Programme alimentaire mondial, l’Office des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires, l’Organisation des migrations internationales, qui, en vertu de leur appartenance au système onusien, sont obligées de se référer à l’OMS pour toute question de santé publique, attendent toujours.
Les normes qui, actuellement, établissent la dose de radiation « supportable » sans danger par l’organisme humain ont été fixées à partir d’études faites par l’Atomic Bomb Casualty Commission du Pentagone sur les survivants de Nagasaki et de Hiroshima, études dont un objectif important, sinon le principal, fut de déterminer l’efficacité de la bombe en tant qu’arme de guerre. Ces études (dont les détails ne furent publiés qu’en 1965) commencèrent en 1950, moment où bon nombre de victimes qui avaient initialement survécu étaient déjà mortes des suites des bombardements. Le groupe étudié comprenait surtout des sportifs jeunes en relativement bonne forme. Les personnes particulièrement vulnérables aux effets néfastes de la radiation – les enfants, les femmes et les vieux – n’y figurent pas.
Ces études des survivants furent rapidement terminées, sans attendre le développement de cancers qui mettent des décennies à apparaître. De plus, elles furent menées par des physiciens sans formation en biologie. A l’époque, ceux-ci ignoraient encore l’existence – sans parler du fonctionnement – de l’ADN, et ne distinguaient pas entre les effets d’une seule explosion vive et intense et ceux d’une radiation de source interne, lente et constante, comme celle émise par les particules d’UA (qui pénètrent dans le corps par voie d’inhalation, d’ingestion, ou de blessures sur la peau).
Le lobby nucléaire a toujours prétendu que les effets de la radiation faible sont trop infimes pour être étudiés. On a donc extrapolé à partir des effets observés après une irradiation à forte dose (Hiroshima et Nagasaki), suivant cette logique : si 1 000 survivants étaient malades après l’exposition à une dose 100 (chiffre arbitraire), 500 seraient malades exposés à une dose 50 et un seul dans le cas d’une dose 0,5. Donc, en dessous de cette exposition, personne n’est affecté (5) !
Doutes sur les normes actuelles
Or une étude sur les enfants nés de mères ayant subi des radiographies pendant leur grossesse, de la chercheuse anglaise Alice Walker, a mis en évidence le danger de la radiation à faible dose pour l’organisme humain. Dans les années 1970, elle arriva aux mêmes conclusions pour les employés de l’usine de fabrication d’armes nucléaires de Handford aux Etats-Unis. En 1998, toujours vaillante malgré ses quatre-vingt-onze ans, elle a publié, avec George W. Kneale, une réévaluation approfondie des enquêtes faites sur les survivants de 1945, montrant de façon irréfutable les erreurs présentes dans les études ayant servi de base à l’établissement des normes actuelles (6). Ce sont ces normes qui permettent à l’aide-mémoire de l’OMS de parler de « dose journalière acceptable » applicable aux personnes exposées à l’UA. Allant dans le même sens, le docteur Chris Busby, chercheur anglais auteur de nombreux ouvrages sur les effets de la radiation faible (7) (travaux contestés par l’establishment nucléaire), a expliqué le mécanisme par lequel une radiation faible interne et chronique détruit de façon systématique l’ADN des cellules pour produire des mutations à la base des cancers.
Les normes internationales ont été revues à la baisse par l’lnternational Commission for Radiation Protection – agence chargée d’élaborer ces normes, qui sont ensuite appliquées par l’AIEA – à plusieurs reprises, plus récemment en 1965, 1986 et 1990. La révision de 1990 a réduit dans un rapport de 5 à 1 la dose permise. Les Etats-Unis n’ont toujours pas accepté cette révision. C’est donc sur des doses cinq fois plus élevées que celles acceptées par le reste du monde qu’ils prétendent que leurs soldats ont subi des doses « sûres » pendant la guerre du Golfe.
L’instance la plus haute en la matière aux Etats-Unis est l’Atomic Energy Commission (AEC), agence civile, mais en réalité dirigée par le haut commandement militaire qui, ainsi, contrôle le développement de toute technologie nucléaire. Toutes les sources principales de la radiation ionisante sont ainsi tombées sous le contrôle de personnes et d’institutions qui n’ont aucun intérêt à en explorer la dangerosité. Les quatre autorités scientifiques les plus éminentes ayant travaillé pour l’AEC sont MM. John Gofman, Karl Z. Morgan, Thomas Mancuse et Mme Alice Stewart. Chacun à son tour fut renvoyé pour avoir présenté des résultats d’études démontrant que l’exposition à la radiation faible provoque le cancer (8). L’aide-mémoire de l’OMS s’inscrit donc dans un historique de dénégation générale, dont l’affaire de l’UA en Yougoslavie n’est que l’épisode le plus récent.
Pendant la guerre du Kosovo, en mai 1999, l’ONU a organisé un voyage de représentants de toutes les agences impliquées dans le conflit afin d’en dresser une évaluation préliminaire. Chacune a rédigé un rapport qui, par la suite, a été partagé avec les autres agences. Le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) y a participé, mais son rapport a été supprimé. Rendu public le 18 juin 1999, grâce à une fuite, dans deux quotidiens de Suisse romande, le Courrier et la Liberté, le document issu de la plume de M. Bakary Kante, conseiller du directeur général du PNUE Klaus Toepfer, tirait le signal d’alarme sur la pollution engendrée par les bombardements et signalait spécifiquement l’UA (9).
Un autre rapport sur la pollution, commandité par la Commission européenne et publié en juin, peu après la fin de la guerre, s’est donné la peine d’identifier ses sources (experts sur le terrain et ailleurs, ouvrages, monographies spécialisées, etc.) mais ne mentionne quasiment pas l’uranium appauvri (10). Sur une liste sommaire des types de pollution figure l’indication unique : « UA », suivie de la mention « en Yougoslavie – prétendu ». On pourrait supposer que ce groupe de travail ignorait l’existence du document de Kante. Pourtant, plusieurs paragraphes de son rapport le reproduisent mot à mot, et la liste de quelque 80 sites bombardés est identique à celle constituée par M. Kante.
Peu après, le PNUE constitue un groupe de travail, le Balkans Task Force (BTF), pour dresser un bilan complet. A sa tête M. Toepfer nomme M. Pekka Haavisto, ancien ministre de l’environnement de Finlande. Celui-ci est catégorique : l’UA fait partie du tableau global de la pollution et il ne faut pas l’écarter de l’enquête ; si on lui interdit de l’étudier comme pollution radioactive, il l’étudiera comme pollution chimique (voir encadré).
Où sont les sites contaminés ?
LE rapport du BTF enfin prêt (11), son lancement à Genève est annoncé pour le 8 octobre 1999. Un journaliste qui se rend au bureau du PNUE à Genève, siège du BTF, à la recherche anticipée d’une copie, est accueilli par M. Robert Bisset, porte-parole et bras droit de M. Toepfer, qui lui interdit tout contact avec l’équipe de M. Haavisto. On apprend finalement que ce dernier, contrairement au plan prévu, donnera une conférence de presse, le 11 octobre à New York. Les journalistes qui suivent de près la question de l’UA au Kosovo, tous basés à Genève, se voient ainsi ôter la possibilité d’interroger le responsable du rapport.
Retravaillée par M. Bisset, la partie finale du rapport est réduite de 72 pages à 2, comme en témoigne son texte boiteux (plus tard, les parties manquantes paraîtront sur le site Internet du PNUE) (12). Ses conclusions et recommandations parlent d’empêcher tout accès aux sites contaminés, tout en déclarant que ceux-ci… ne peuvent être repérés. L’experte canadienne Rosalie Bertell avait conseillé au BTF de prendre des échantillons sur les filtres d’air des véhicules au Kosovo, sur les chars blindés touchés, et sur des sites probablement atteints par des armes à l’UA : aucun échantillon conforme à ses conseils ne sera recueilli lors de la seule mission menée sur le terrain.
Pendant tout ce temps, Genève assiste à un défilé de personnalités directement impliquées dans la question. Envoyé spécial aux Balkans du Haut-Commissariat pour les réfugiés, M. Dennis McNamara parle du retour de ces derniers sur des sites « d’environnement sûr ». Mais par « sûr », il entend « militairement sûr » et insiste au cours d’une conférence de presse tenue au Palais des nations le 12 juillet 2000 : « L’OTAN assure que l’UA ne pose pas de problème. » Sous-secrétaire d’Etat des Etats-Unis pour la population, les réfugiés et la migration, venue à Genève vanter devant le Conseil économique et social de l’ONU la réussite de la « guerre humanitaire », Mme Julia Taft avoue, elle, pendant une autre conférence de presse (Palais des nations, 14 juillet 1999), qu’elle ne sait pas ce qu’est l’UA.
Interrogé par nos soins, M. David Kyd, porte-parole de l’AIEA, prétend que le mandat de son agence ne permet aucunement à celle-ci d’enquêter sur l’uranium appauvri et assure que l’UA est de toute façon inoffensif. Le docteur Keith Baverstock de l’Office régional pour l’Europe de l’OMS débite la même litanie sur l’absence totale de danger, tout en ajoutant que « l’UA pourrait causer des problèmes dans une situation de bataille » ! Enfin, devenu envoyé spécial aux Balkans du secrétaire général de l’ONU, l’ancien premier ministre suédois Carl Bildt tranche : l’affaire de l’UA est une « non-affaire ».
En mars 2000, le Military Toxics Project, ONG antinucléaire américaine, annonce qu’une carte des cibles touchées par l’uranium appauvri au Kosovo aurait été remise par l’OTAN au PNUE en janvier, information confirmée par une source du ministère des affaires étrangères des Pays-Bas (13). Craignant un tollé général, M. Toepfer convoque une réunion de crise à Genève, le 20 mars 2000, pour arrêter une stratégie. Il est trop tard. Le matin même, le Courrier, dernier journal indépendant de Suisse romande, publie la carte.
Le lendemain, M. Haavisto tient une conférence de presse pour la rendre publique. S’il se veut rassurant, il renvoie cependant aux recommandations du rapport d’octobre : il convient d’empêcher l’accès aux endroits contaminés – tout en indiquant que la carte disponible n’est pas assez précise pour identifier ceux-ci. Un communiqué de presse signale l’étude de l’OMS éternellement en préparation et une autre commanditée par le BTF auprès de la Royal Society du Royaume-Uni (dont on n’a plus parlé depuis).
La carte, censée révéler les 28 sites touchés par des projectiles flèches [en anglais : penetrators] antichars de 30 mm lâchés par des avions A-10, pose pourtant des questions. Les cibles sont concentrées près de la frontière albanaise (zones d’occupation italienne et allemande), où Tito, craignant l’irrédentisme du dirigeant albanais Enver Hoxha, avait fait construire d’importantes installations militaires souterraines en béton. Selon M. Jacques Langendorf, analyste militaire suisse ayant visité les lieux du temps de Tito, les projectiles flèches de 30 mm auraient peu d’effet contre ce béton, mais des missiles Cruise armés d’UA pourraient s’avérer efficaces. Et, selon l’analyste britannique Dennis Flaherty, un des buts de la guerre aurait été de tester de tels missiles équipés d’une nouvelle technologie (appelée Broach), qui permet de tirer jusqu’à dix projectiles flèches à la fois, en vue d’une pénétration plus efficace de bunkers souterrains.
Après des demandes insistantes du secrétaire général de l’ONU, M. Kofi Annan, une nouvelle carte a été remise à M. Toepfer, en juillet 2000, par l’OTAN. Elle comporte 112 cibles accompagnées d’une liste de munitions censées y avoir été lâchées (une vingtaine de sites portent la mention « inconnu » en face du type de munitions – invraisemblable vu les systèmes de contrôle informatique dont disposent et l’OTAN et le Pentagone) et aurait été cachée à M. Haavisto jusqu’en septembre. En la découvrant, ce dernier aurait voulu mettre immédiatement sur pied une mission d’enquête au Kosovo. M. Toepfer aurait interdit une telle démarche avant les élections du 24 octobre 2000, craignant, en cas de révélations inquiétantes… des exodes massifs, comme pendant la guerre.
Quoi qu’il en soit, le Haut-Commissariat pour les réfugiés, las d’attendre l’OMS, a mis sur pied ses propres consignes pour son personnel (14) : aucune femme enceinte ne sera envoyée au Kosovo, toute personne pressentie pour cette zone doit avoir l’option d’un autre poste ailleurs, et tout fonctionnaire envoyé au Kosovo doit voir figurer dans son dossier une indication de « service sur le terrain », pour faciliter la recherche de compensation en cas de maladie provoquée par… la contamination. Selon M. Frederick Barton, haut-commissaire adjoint pour les réfugiés, les efforts du HCR pour signaler le danger de contamination aux populations civiles se sont heurtés à une résistance formidable tant de la part des chefs politiques albanais que de la part de l’administration de l’OTAN et de l’Unmik (Mission des Nations unies au Kosovo).
Pour la docteure Rosalie Bertell, la « non-affaire » de l’uranium appauvri s’inscrit en droite ligne dans une longue histoire qui se joue encore et semble loin de se terminer. Une « non-affaire » à suivre.
ROBERT JAMES PARSONS.

Publié dans : REFLEXIONS PERSONNELLES | le 22 avril, 2012 |Pas de Commentaires »

Lettre ouverte aux candidat(e)s de la présidentielle Les armes à l’uranium « appauvri »

Lettre ouverte aux candidat(e)s de la présidentielle Les armes à l'uranium depleted_uranium_baby uranium dans REFLEXIONS PERSONNELLES

LAMIREAU Thierry                                                                                                                                                         

RUMILLY, le 26 Mars 2012

6 bis, route de la FULY

74150 RUMILLY

email : t.lamireau@free.fr

Tél: 06 32 18 94 37

Réalisateur du film “URANIUM EN LIMOUSIN”

 

LETTRE OUVERTE

                                                       « Présidentielle 2012 »

                                                        Votre candidature

 

 

 Objet: non utilisation, destruction et interdiction des armes à l’uranium «  appauvri »

par  l’Etat français

 

 Madame, Monsieur,

 Vous avez choisi d’être candidat (e) à l’élection présidentielle 2012 de la Nation française.

A cette occasion, permettez-moi de vous envoyer cette LETTRE OUVERTE.

 Ces derniers jours vous avez bien voulu réagir par rapport à l’horrible « affaire Mohamed MERAH ».

Certains ont souligné « l’horreur » et notamment par rapport à l’exécution des enfants dans les locaux même de leur école.

Il a été également indiqué que ces enfants « étaient aussi nos enfants ».

 Réalisateur du film « URANIUM EN LIMOUSIN » et également enseignant en Haute-Savoie auprès d’enfants de la maternelle, permettez-moi de souligner que dans le domaine de « l’horreur » il y a pire, notamment de la part de certains Etats comme la France.

En effet, la France comme les Etats-Unis et quelques autres utilisent, lors de conflits (à travers par  exemple les interventions de l’OTAN) divers, des armes dites « munitions flèches » à l’uranium « appauvri ».

Certains aéronefs (avions de chasse, hélicoptères d’attaque)  ont ainsi envoyé ces armes sur les sols de l’ex-Yougoslavie, en Bosnie, en Serbie, au Kosovo, en Afghanistan, en Irak, en Libye, au Liban, etc.

Ainsi, cette utilisation d’armes nucléaires s’est banalisée dans l’indifférence générale.

L’uranium métal inclus dans le pénétrateur de ces armes est, si l’on peut dire, l’arbalète des temps modernes.

L’uranium « appauvri » est plus dense que le plomb et, de ce fait, au lieu de traverser un char en traverse deux ou pénètre dans des bâtiments en béton à des profondeurs encore plus importantes.

Après le lancement de l’obus, le sabot s’ouvre en libérant le pénétrateur à une vitesse supersonique de 1700 mètres par seconde.

A cette vitesse, l’impact est celui d’un caillou dans l’eau, le blindage de l’objectif visé jouant le rôle de l’eau et la flèche de l’arme celui du caillou.

 Mais ces armes possèdent d’autres effets, ceux-là, plus dévastateurs et à très longs termes.

L’entrée brutale dans la cible entraîne une surpression terrible capable de faire sauter une tourelle de char comme un bouchon de champagne. De plus, la vitesse et le contact entre les deux matériaux (celui de l’arme et de la cible)  dégagent une énorme chaleur de rayonnement dont l’effet destructeur s’ajoute aux précédents. Enfin, l’uranium est un matériau pyrophorique, c’est-à-dire qu’il prend feu dans l’air. L’uranium s’oxyde si vite qu’il prend feu en libérant IN SITU différentes particules radioactives ET chimiques.

Je tire ces informations d’un document de l’OTAN en date du 25 août 1992 (Document AC/258-D/425).

L’on peut lire dans ce même document :

« Un dépôt important de poussière d’uranium, de l’ordre de quelques g/m2, peut avoir un effet toxique sur les plantes et sur le bétail en pâture. Le dépôt d’uranium « appauvri » pourrait alors finir par être ingéré par l’homme, si la contamination se met dans la chaîne alimentaire.

Le taux de conversion de l’uranium « appauvri » métallique en oxyde, sous la forme de particules d’un format potentiellement respirable (très petites), est bien plus important (de 10 à 1000 fois) en cas d’explosion qu’en cas d’incendie. En outre, des éclats d’uranium « appauvri » en feu peuvent être projetés à des distances considérables, créant des sources secondaires de fumée d’uranium « appauvri » et de contamination de la surface. »

Les pays voisins des régions bombardées n’ont pas été épargnés par les retombées de particules radioactives et chimiques…comme le Koweït, l’Arabie Saoudite, l’Iran, des régions d’Albanie, de Macédoine, de Grèce, du Pakistan, pour ne citer qu’eux.

Il y a donc une pollution des sols, des eaux et de l’air pour plusieurs milliards d’années et cela provoque des problèmes importants de morbidités (nombreuses maladies induites), de mortalité et d’apparition de malformations congénitales monstrueuses puisque l’ADN est touché…il y a donc une transmission aux générations suivantes.

 L’uranium « appauvri » est un déchet nucléaire « recyclé » par les pays utilisateurs comme une munition classique.

C’est un déchet radioactif issu de l’enrichissement de l’uranium destiné aux réacteurs nucléaires civils et militaires.

Il contient environ 0,2% d’uranium 235 et 99,75% d’uranium 238 dont la demie vie (période) est de 4,5 milliards d’années (l’âge de la terre !). On l’appelle « appauvri » parce que son activité est de 40% inférieure à celle de l’uranium naturel…ce qui ne signifie nullement qu’il est moins dangereux !

Il faut, en effet, rappeler que l’uranium « appauvri » utilisé dans l’armement est mélangé à de l’uranium issu des usines de retraitement qui contient des produits de fission hautement radioactifs comme l’uranium 236, le plutonium 238 et 239, le technétium 99 ou le ruthénium 106 qui potentialisent de fait sa nocivité.

 Le mythe de la « guerre propre » a fait long feu…si je puis dire !…pour les peuples autochtones comme pour les militaires et journalistes ayant approché de trop près les pollutions de ces armes.

 L’Agence Internationale de l’Energie Atomique prévoit d’ailleurs un excès d’un demi million de morts rien que pour l’Irak !

 Il y a une violation des règles internationales de radioprotection.

Selon le Droit International sur le contrôle des armements, les armes à l’uranium « appauvri » sont illégales (Convention de LA HAYE de 1899 et 1907, de GENEVE de 1925 et 1949, Charte de NUREMBERG de 1945, Convention des Nations Unies du 10 octobre 1980 dite « Convention des armes inhumaines ») pour les raisons citées précédemment.

« Dans la plupart des rapports officiels, la question du respect de la réglementation et des normes de radioprotection est totalement éludée. Pareillement, le terme de « déchets radioactifs » et les prescriptions qui s’y rapportent sont tabous. C’est pourtant la terminologie appropriée pour décrire les obus et munitions à l’uranium appauvri dispersés dans l’environnement. » (Document CRIIRAD Corinne Castanier et Bruno Chareyron).

 La désinformation, qui présente l’uranium « appauvri » comme un produit anodin, permet aux pays comme la France de se défausser de la prise en charge des coûts de décontamination mais surtout de banaliser dans l’indifférence générale l’usage de telles armes dans les conflits en condamnant pour « l’éternité » des populations civiles innocentes.

 Les armées de près de 50 pays sont équipées de ces munitions à l’uranium « appauvri » !

Arrêtons ce massacre sous couvert de l’OMS et de l’ONU !

L’utilisation de ces armes à l’uranium « appauvri » est un CRIME CONTRE L’HUMANITE !

 Il y a donc, malheureusement, pire que la folie fanatique d’un individu comme celle de Mohamed MERAH…il y a la folie meurtrière des Etats comme la France et bien d’autres.

 Vous êtes candidat(e) à l’élection présidentielle, je souhaiterais donc connaître votre engagement concernant ce grave problème…bien plus important que celui d’un individu fanatique puisqu’il concerne l’engagement moral de notre Nation vis-à-vis du peuple français et des Nations de la planète.

 Vous engagez-vous à arrêter (dès votre arrivée à la tête de notre pays), détruire et interdire l’usage des armes à l’uranium « appauvri » en France et à œuvrer sans relâche auprès des instances internationales comme l’ONU pour que les armes à l’uranium « appauvri » soient définitivement interdites dans tous les conflits sur la planète ?

 Certain de votre bienveillante attention et de votre réponse réalisée avec la plus grande célérité, veuillez agréer Madame, Monsieur, l’assurance de mes meilleurs sentiments.

 

 Thierry LAMIREAU

Publié dans : REFLEXIONS PERSONNELLES | le 21 avril, 2012 |1 Commentaire »
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