UN HOLOCAUSTE NUCLEAIRE MONDIAL NOUS MENACE: interview de Leuren MORET, spécialiste des Sciences de la Terre

 Interview de Leuren Moret,

spécialiste des sciences de la Terre:

Un holocauste nucléaire mondial

nous menace

                                                                                                             UN HOLOCAUSTE NUCLEAIRE MONDIAL NOUS MENACE: interview de Leuren MORET, spécialiste des Sciences de la Terre dans REFLEXIONS PERSONNELLES nuclear_blast1

 Leuren Moret

Par W. Leon Smith et Nathan Diebenow, journalistes au « Lone Star Iconoclast », Texas
Leuren Moret est une spécialiste des sciences de la Terre qui passe tout son temps à informer les citoyens, les médias, les membres des parlements et du Congrès ainsi que d’autres responsables sur les problèmes posés par la radioactivité.
Elle a commencé à tirer la sonnette d’alarme en 1991 au Livermore Nuclear Weapons Lab après avoir été témoin d’une fraude scientifique importante sur le Yucca Mountain Project.
Elle travaille actuellement en tant que scientifique indépendante spécialiste de la radioactivité dans différents groupements de par le monde.
Elle a participé à la sous-commission des Nations Unies qui a enquêté sur l’uranium appauvri (UA).
Elle a été témoin au Tribunal pénal pour l’Afghanistan au Japon en 2003, présenté un exposé à la Conférence mondiale sur les armes à l’uranium, à Hambourg, en octobre 2003, et est intervenue en janvier 2004, à Bombay, au Tribunal mondial des femmes sur les crimes de guerre des Etats-Unis ainsi qu’au Forum social mondial.

Iconoclast : Quels sont les derniers développements en matière de réduction de l’exposition des troupes américaines à l’UA ?
Leuren Moret : Une jeune ancienne combattante, Melissa Sterry, a déposé dans son Etat du Connecticut un projet de loi demandant des examens médicaux indépendants pour les vétérans des guerres du Golfe et d’Afghanistan jusqu’en 2001. Elle a dit l’avoir fait parce qu’elle était malade et que ses amis étaient morts pour avoir servi lors de la guerre de 2003. Je me suis intéressé à cette loi et je lui ai parlé. Hier, elle a témoigné deux fois aux Nations Unies. J’ai dit : « Pourquoi ne pas introduire cette loi dans la législature de tous les Etats américains, car elle informe le public et incite les médias à en parler ? »
Les USA refusent toute responsabilité aux niveaux international ou national. Ils ont totalement étouffé l’affaire, comme pour l’agent Orange, les « vétérans atomiques »1 et le projet Mkultra.2  C’est le même phénomène, mais le problème est beaucoup plus grave, parce qu’il concerne l’avenir génétique de tous ceux qui ont été contaminés. Maintenant, de vastes régions du globe sont contaminées par l’UA. On en a utilisé une telle quantité ! En nombre d’atomes libérés dans l’atmosphère – un professeur japonais a fait le calcul – cela représente plus de 400 000 bombes de Nagasaki. Et ce nombre est sous-estimé.
La plus grande tragédie de l’histoire du monde
Je suis allée en Louisiane en avril 2005, invitée à parler pendant trois jours à l’université de la Nouvelle-Orléans. Un des vétérans présents m’a demandé de participer à leur manifestation dans les rues de la ville. Il a présenté la loi du Connecticut aux législateurs, appuyé par deux d’entre eux, et il leur a dit : « Il vous suffit de remplacer Connecticut par Louisiane. » Eh bien, vous n’allez pas me croire, la loi a été adoptée hier par 101 voix sans oppositions ni abstentions.
Je souhaite que vous en parliez, car nous avons besoin de cette loi au Texas. Le Nevada est sur le point de la proposer. Le député au Congrès Jim McDermott va l’introduire dans la législation de l’Etat de Washington. Nous voulons que le gouverneur du Montana le fasse également car c’est le premier gouverneur à demander le retour de sa Garde nationale. Je crois que la moitié de ses membres est de retour. Il a dit : « J’en ai besoin dans mon Etat. »
Le problème de l’UA est vraiment épouvantable. Je ne crois pas qu’il y ait une plus grande tragédie dans l’histoire du monde.
Y a-t-il un risque que les armes à l’UA utilisées ailleurs contaminent l’atmosphère ici ?

L’atmosphère est contaminée partout dans le monde. Il suffit d’une année pour que le mélange se fasse complètement. Je suis une spécialiste des poussières atmosphériques, une spécialiste des sciences de la Terre, une géologue, et c’est pourquoi j’ai étudié la question. C’est vraiment un sujet fascinant. Nous avons de gigantesques tempêtes d’un million de miles carrés qui transportent des millions de tonnes de poussières et de sable chaque année dans le monde.
Le principal centre de ces tempêtes est le désert de Gobi, endroit où les Chinois ont fait des essais atomiques si bien que tout est contaminé par la radioactivité. Les poussières vont directement au Japon, traversent le Pacifique et viennent se déposer aux Etats-Unis. Elles contiennent des isotopes radioactifs, des suies, des pesticides, des produits chimiques, des champignons, des bactéries, des virus, etc.
Le désert du Sahara est une autre énorme zone de poussières qui montent en Europe, traversent l’Atlantique, arrivent aux Caraïbes et de là sur la côte Est des Etats-Unis. Bien sûr, elles parviennent au Texas avec les ouragans.
La troisième région est l’Ouest des Etats-Unis, où est située la zone d’essais du Nevada. Les Américains y ont fait 1200 essais d’armes nucléaires si bien que cette radioactivité, qui est toujours là, a provoqué une épidémie mondiale de cancers depuis 1945. Le total de ces radiations représente l’équivalent de 40 000 bombes de Nagasaki. Aujourd’hui, il doit être dix fois plus élevé.
En avril 2003, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a déclaré qu’elle s’attendait à ce que le taux mondial de cancers augmente de 50% d’ici à 2020. La mortalité infantile, indicateur de la pollution radioactive, augmente de nouveau dans le monde. Lorsque les Etats-Unis et la Russie eurent signé le Traité d’interdiction partielle des essais nucléaires en 1963, la mortalité infantile recommença à baisser, ce qui est normal.

Cancers, malformations, atteintes du cerveau

Un de nos correspondants m’a envoyé une série de photos de la tempête de sable Al-Asad du 28 avril en Irak.
C’est justement de ces poussières que je parle.
On y voit une gigantesque muraille de sable.
Je possède 16 photos de cette tempête qu’on m’a envoyées avec celles d’enfants atteints de cancer et de leucémie prises par des médecins irakiens. Qu’est-ce que vous avez pensé de cette tempête ?
J’ai pensé que c’était spectaculaire.
Cela déplace toute la radioactivité, mais ce sont les plus grosses particules. L’UA brûle à des températures très élevées. Les projectiles de gros calibre sont déjà en feu quand ils sortent du canon parce qu’ils sont enflammés par le frottement à l’intérieur du canon. 70% de l’UA se transforme en vapeur métallique. Il s’agit là en réalité d’armes à gaz radioactif qui contamine le terrain. Je vais vous indiquer le site Internet où vous trouverez la note de 1943 adressée au général Leslie Grove dans le cadre du Projet Manhattan. Ils ont largué les bombes atomiques mais ils n’ont pas utilisé les armes à l’UA parce qu’ils les trouvaient trop effroyables. J’ai voyagé dans tout le Japon avec un pédiatre de Bassora et un oncologiste. Ces malheureux médecins, leurs familles tout entières sont en train de mourir d’un cancer. Et il ne s’agit là que des effets de la première guerre du Golfe, mais les Forces armées en ont utilisé beaucoup plus en 2003, dans tout le pays.

A quoi les soldats peuvent-ils s’attendre quand ils rentrent chez eux ?
S’ils se trouvaient dans des blindés Bradley, ils rentrent chez eux avec des cancers du rectum parce qu’ils étaient assis sur des caisses de munitions. Les jeunes femmes souffrent de graves endométrioses et elles n’arrêtent pas de saigner. Certaines d’entre elles ont un cancer de l’utérus, des filles de 18, 19, 20 ans.  L’Armée ne veut même pas les examiner ni les traiter. Elle les renvoie sur les champs de bataille. 20 soldats ont été transférés du Koweït à Bagdad en 2003 : ils souffrent tous de tumeurs malignes.
Est-ce que le fait d’avoir été exposés à l’UA affecte leur psychisme quand ils rentrent chez eux ?
L’UA forme, à des températures très élevées, des particules d’oxyde d’uranium qui ne sont pas solubles. Elles sont au moins 100 fois plus petites qu’un globule blanc. Les soldats les absorbent en respirant. Elle traversent le nez, puis le bulbe olfactif et pénètrent dans le cerveau où elles s’attaquent aux processus cognitifs. Cela affecte les mécanismes de contrôle de l’humeur. Quatre soldats de Fort Bragg rentrés d’Afghanistan ont tué leur femme dans un délai de deux mois.
Selon une étude de l’Association des Vétérans, sur un groupe de 251 vétérans de la première guerre du Golfe originaires du Mississipi, 67 avaient à leur retour de l’UA dans leur équipement, leur organisme, leur sperme. En outre, alors qu’ils avaient eu des bébés sains avant de partir, ceux nés après la guerre présentaient de graves malformations congénitales – absence de cerveau, d’yeux, de bras, de jambes, d’organes internes – et souffraient de terribles maladies de sang. C’est horrible.
Le magazine Life a publié un article illustré de photos intitulé « Les toutes petites victimes de Tempête du Désert. Vous devriez voir ça, ces enfants d’après la guerre du Golfe jouant avec leurs frères et soeurs normaux. Au fond, c’est comme fumer du crack, sauf qu’ici la substance est radioactive. Elle pénètre directement dans la circulation sanguine et atteint les os, la moelle épinière, le cerveau et également le foetus. C’est un poison systémique et radiologique.
L’UA tue tous les êtres vivants
Qu’en est-il des gens ici, aux Etats-Unis ? Vous dites que l’UA se mélange et se répand dans le monde entier.
Oui, il se mélange dans le monde entier. Nous respirons ici la fumée secondaire, comme les non-fumeurs, dans une pièce, respirent celle des fumeurs.
Est-ce que cette fumée secondaire s’épaissit tandis que nous parlons ?
Oui, la concentration de particules d’UA dans l’atmosphère dans le monde entier est en train d’augmenter. On a des raisons de penser que les Etats-Unis ont l’intention de bombarder l’Iran. Nous surveillons les usines d’armement américaines. Elles ont reçu d’importantes commandes de ces énormes bombes antibunker dont les têtes contiennent 5000 livres d’UA.
Donc le pronostic pour l’Amérique n’est pas vraiment bon. Non, il est vraiment mauvais.
Et si ça continue ?
Cela tuera la population du monde entier. Cela a déjà commencé, et cela n’affecte pas seulement les hommes, mais aussi les plantes, les animaux, les bactéries, tout.
Ainsi, notre nourriture, par exemple, si elle contient de l’UA, celui-ci va pénétrer dans notre organisme puis cela va polluer les océans et affecter toute la vie sous-marine ?
Oui, l’UA est dans l’air, l’eau et le sol. La demi-vie de l’UA, l’uranium 238, est de 4,5 milliards d’année, l’âge de la Terre.
Pouvons-nous revenir en arrière en ce qui concerne les dommages déjà causés ? Peut-on procéder à une décontamination ?
Non. C’est impossible. Ce qui se passe, c’est que ces toutes petites particules flottent dans l’atmosphère tout autour du globe. Il y a déjà des particules de plutonium et d’uranium qui flottent depuis les essais de bombes atomiques. Elles sont si petites que les molécules qui viennent les heurter les maintiennent en suspension dans l’air si bien que seuls la pluie, la neige, le brouillard et la pollution en débarrassent l’atmosphère en les déposant dans l’environnement. La surface de ces particules devient humide, elles tombent sur les matières et y collent comme de la glu. Vous ne pourrez jamais détacher ces particules. Avez-vous jamais essayé de faire tomber une goutte d’eau sur une autre goutte d’eau se trouvant sur la lame porte-objet d’un microscope ? Vous ne pouvez plus les séparer. C’est ce qui se produit avec les particules radioactives. Une fois qu’elles ne circulent plus dans l’atmosphère, elles collent à toutes les surfaces sur lesquelles elles atterrissent. On ne peut pas les laver. S’il pleut continuellement ou qu’elles se trouvent dans une rivière, sur un rocher, sur une pierre, etc. elles y resteront. Vous ne pensiez pas que c’était aussi grave.
Non, pas à ce point. Je croyais que c’était un phénomène assez isolé.
Non. Ce qui était là-bas, en Irak, un jour donné apparaît chez nous au bout de quatre jours environ. Je ne sais pas si vous avez suivi la catastrophe de Tchernobyl. Ce gros nuage radioactif a fait plusieurs fois le tour du globe, il fait partie maintenant de la poussière atmosphérique. Elle va partout, comme la poussière de la tempête que vous voyez sur cette photo.
Se trouve-t-elle dans la couche supérieure ou inférieure de l’atmosphère ?
Dans la partie inférieure de l’espace orbital. Ils ont ramené à terre la station orbitale Mir quand ils eurent fini de l’utiliser. Il y avait une sorte de filet qui recouvrait l’électronique à l’extérieur de la station qui la protégeait de la radioactivité solaire car l’électronique y est très vulnérable. Ils ont analysé la surface de ce filet et ont trouvé de l’uranium et des produits de désintégration de l’uranium. Ils ont dit qu’ils provenaient des essais nucléaires atmosphériques ou de stations orbitales ayant des matériaux nucléaires ou des réacteurs nucléaires à bord et qui avaient brûlé. L’uranium peut également provenir de supernovae mais on a pensé que l’origine la plus probable étaient les essais dans l’atmosphère et la matière nucléaire que nous y mettons.
Des armes utilisées depuis 1973
Vous voulez dire avant tout que nous sommes en train de mener une guerre nucléaire.
Oui, exactement. Depuis 1991, nous avons mené 4 guerres nucléaires. L’UA est une arme nucléaire.
A votre avis en tant que scientifique, que faut-il faire pour remédier à cela ?
Il faut cesser de l’utiliser. Nous avons créé un mouvement international pour faire cesser la fabrication, le stockage, le commerce et l’utilisation des armes à l’UA.
Les munitions que nous vendons aux autres pays contiennent-elles de l’UA ?
Oui. Le premier système d’armes à l’UA pour lequel nous ayons trouvé un brevet est apparu soudain en 1968 au Bureau américain des brevets. Il était destiné à la marine. C’était une sorte de canon Gatling à monter sur des navires. Il tirait rapidement environ 2000 projectiles à la minute.
Il en tire plus de 3000 maintenant, car on l’a amélioré. Puis, en 1973, les Etats-Unis ont donné des armes à l’UA aux Israéliens et ils en ont surveillé l’emploi. Ces derniers les ont utilisées dans la guerre israélo-arabe et ils ont anéanti leur adversaire en cinq jours. Et c’était parti. C’était la première véritable démonstration de cette nouvelle arme sur un champ de bataille.
Hughes Aircraft a mis au point le système destiné à la marine, le canon Gatling, qui est encore utilisé. Il a été fabriqué et testé en 1974. En l’espace de 6 mois, le gouvernement américain avait vendu ces armes à l’UA à de nombreuses divisions des Forces armées notamment. Il en a vendu en outre à environ une douzaine de pays ou peut-être un peu plus. Normalement, elles auraient dû être vendues à 80, 100, 120 pays. Or la bonne nouvelle, c’est que, en raison des risques radiologiques, biologiques et environnementaux, des quantités de pays ne les achètent pas et que ceux qui les ont achetées ont peur de les utiliser. Les seuls pays dont nous savons qu’ils les ont utilisées sont les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et Israël.
En 1996, les Nations Unies ont adopté une résolution aux termes de laquelle les armes à l’UA sont des armes de destruction massive, des armes illégales au regard de la totalité des lois et des traités internationaux.> En 2001, le Parlement européen a adopté une résolution sur l’UA. C’est que les force de l’OTAN, en 1998 et 1999, avaient effectué en Yougoslavie 39 000 attaques aériennes qui avaient laissé des amas de décombres radioactifs. Ce sont les Etats-Unis et l’Allemagne qui ont réalisé le plus de profits avec ces armes et qui se sont arrangés pour qu’on envoie dans les régions les plus contaminées les soldats des pays qui ignoraient tout de l’UA, comme l’Italie et le Portugal. Ils envoyèrent leurs propres troupes dans les régions les moins contaminées. Ces malheureux soldats rentrèrent chez eux et moururent au bout de quelques jours, de quelques semaines ou de quelques mois. Leurs parents, furieux, s’adressèrent aux Parlements et aux médias et il y eut un déluge d’articles au sujet de l’UA.
Le pot aux roses fut découvert à la suite de l’invasion de la Yougoslavie par l’OTAN, mais les troupes japonaises d’autodéfense furent envoyées à Samawa, zone la plus contaminée parce que c’est là qu’avaient eu lieu les combats les plus violents. On peut supposer que ces soldats sont très malades.
Des pays inhabitables
Qu’en est-il de l’Irak même. Qu’est-ce qui a été fait jusqu’ici ?
Il est inhabitable. La Yougoslavie, l’Irak, l’Afghanistan sont totalement inhabitables.
Mais il y a des gens qui y vivent, qui y vivront et souffriront ?
Quand on est au courant des maladies et des malformations congénitales des bébés, on se rend compte que c’est grave. Chaque année, le nombre des malformations et des maladies croîtra parce que le niveau de contamination total chez tous les êtres vivants augmentera étant donné qu’ils respirent un air contaminé, boivent de l’eau contaminée et mangent de la nourriture provenant de sols contaminés. Nous sommes condamnés à une mort lente, comme en Yougoslavie et en Afghanistan.
L’UA est une arme biologique extrêmement efficace. C’est d’ailleurs la raison principale de son utilisation. Marion Falk, un physicien-chimiste à la retraite qui a construit des bombes nucléaires pendant plus de 20 ans au laboratoire Lawrence Livermore, scientifique du Projet Manhattan avec qui j’ai travaillé, m’a presque tout appris sur la radioactivité, les particules et l’UA. Il m’a dit que l’objectif des armes utilisées par l’armée n’est pas seulement de blesser et de tuer les soldats ennemis, mais de tuer, de mutiler et de rendre malade la population civile parce que cela diminue la productivité du pays et qu’il ne tardera pas à utiliser une quantité importante de ses ressources pour soigner ses malades. Il y a de moins en moins de travailleurs en bonne santé.
Evidemment, une fois que vous provoquez des mutations de l’ADN, les dommages affectent les générations futures, et cela concerne aussi bien les animaux et les plantes que les êtres humains. L’ADN ne se répare pas lui-même. Les maladies sont transmises à toutes les générations futures.
Un génome endommagé à jamais
Ainsi les mutations seraient probablement plus destructives que constructives.
Ce sont les mutations qui provoquent ces malformations congénitales.
Alors si la radioactivité m’a prédisposé aux maladies cardiaques, mes descendants auront le même problème ?
Si vous endommagez la cellule ou des parties de cellules ou si vous portez atteinte au fonctionnement des cellules, cela n’endommage pas forcément l’ADN. Il y a deux sortes de dommages. Les premiers concernent les cellules des organismes vivants et cela peut ne pas se transmettre aux descendants ; les autres concernent l’ADN dans l’ovule ou le sperme et ceux-là se transmettent. Ainsi, le sperme des soldats qui reviennent de la guerre est probablement …Détérioré. Ils ont de l’UA dans leur sperme et lors des rapports sexuels, ils contaminent leur partenaire. Les femmes tombent également malades. Elles ont de l’UA dans leur organisme. On appelle ça « syndrome du sperme brûlant ». C’est horrible. µ
David Rose a écrit un article à ce sujet dans le numéro de novembre 2004 de Vanity Fair que l’on peut lire sur Internet. Il est intitulé Weapons of self-destruction. Une amie à moi est la veuve d’un ancien combattant de la première guerre du Golfe. Dans une interview accordée à David Rose, elle s’est plainte du sperme brûlant : « J’avais constamment 20 préservatifs remplis de pois gelés dans mon congélateur et après les rapports sexuels, j’en introduisais un dans mon vagin. C’était le seul moyen de supporter les douleurs provoquées par le sperme brûlant. Ajoutons que ce sperme brûlant passe à travers les préservatifs.
Ça alors !
Oui, vous devriez voir les réactions des classes de high schools lorsque je leur parle du sperme brûlant et de la contamination interne. Les bouches des filles forment un O et les garçons sont paniqués, eux qui s’imaginent ne jamais tomber malades.
Conséquences des essais nucléaires
Quelle quantité d’UA faudra-t-il pour tuer toute vie sur cette planète ?
La quantité de radioactivité va certainement avoir un effet global extrêmement important. Ainsi, la mortalité infantile augmente déjà dans le monde. Le foetus est ce qu’il y a de plus vulnérable à la radioactivité parce que toutes les cellules se divisent rapidement, que le corps se développe, si bien que si vous commencez à introduire des substances toxiques et des radiations, cela affecte le processus naturel du développement foetal.
C’est à cause de l’augmentation de la mortalité infantile que l’on a pu convaincre le Sénat de signer le Traité d’interdiction partielle des essais nucléaires en 1963. Elle avait diminué de 3 à 4% par année pendant une longue période en raison de l’amélioration des soins prénataux et de l’éducation des mères. Elle avait recommencé à augmenter après Hiroshima et Nagasaki et particulièrement dans les années 50 lorsque commencèrent les grands essais atomiques.
En 1963, il était devenu évident que les essais avaient, dans le monde entier, des effets sur les enfants à naître. Les Etats-Unis et la Russie signèrent le Traité et mirent fin aux essais dans l’atmosphère. Le taux de mortalité infantile baissa tout de suite. Mais maintenant, il croît de nouveau. C’est une pollution radioactive planétaire. Personne ne sait combien de temps il faudra pour éliminer toute vie, mais il est certain que l’UA est une arme biologique extrêmement efficace.
Je le répète, l’utilisation des armes vise deux objectifs : le premier est de tuer les soldats ennemis et le second, tout aussi important, de détruire la population ennemie. En provoquant des maladies, de longues maladies, on s’attaque à la productivité et à l’économie d’un pays. C’est Tchernobyl et d’autres catastrophes nucléaires qui ont en réalité provoqué l’effondrement de l’Union soviétique parce que ses habitants étaient très malades à la suite de toute la radioactivité dégagée. Ils ont été beaucoup plus négligents que nous.
J’ai une enquête sur la santé dans le monde que l’OMS a publiée dans le Journal of American Medical Association en juin 2004. Les effets des essais atmosphériques apparaissent de manière très nette quand on considère le pourcentage de personnes souffrant de maladies mentales dans les différents pays étudiés. Par exemple 8,8% au Japon, mais 4,7% au Nigeria, ce qui est très bas. Il n’y a presque pas de radioactivité au Nigeria. En Ukraine, où s’est produit l’accident de Tchernobyl, le taux est de 20,4%. Il est de 9,2% en Espagne et de 8,2% en Italie. Ces deux derniers chiffres sont relativement bas, car ces pays n’ont pas de centrales nucléaires. La France dépend à 75% de l’énergie nucléaire et son taux de maladies mentales est de 18,4%. Le Mexique se situe à 12, 2% et les Etats-Unis à 26%. C’est le taux le plus élevé au monde.
George W. Bush et ses frères et soeurs ont tous été exposés in utero aux retombées des essais atomiques effectués aux Etats-Unis. Il avait une petite soeur qui est morte d’une leucémie vers l’âge de trois ans.
J’ai travaillé dans une équipe appelée Radiation and Public Health Projet (cf. www.radiation.org). Nous sommes tous des scientifiques indépendants, des spécialistes renommés. Nous avons recueilli 6000 dents de bébés à proximité de centrales nucléaires et avons mesuré leur radioactivité. Et l’un de nos membres est le voisin de la femme qui a aidé les enfants Bush, y compris le Président, parce qu’ils avaient tous de graves problèmes d’apprentissage.
Comment savons-nous que les enfants Bush ont été exposés ?
D’après l’année où leur mère les ont portés. Vous n’avez qu’à voir combien de matières radioactives ont été dégagées dans l’atmosphère et vous trouverez une corrélation directe entre les résultats aux tests d’intelligence SAT auxquels on soumet les adolescents et l’année où leur mère les a portés. Ce sont des effets différés de l’exposition in utero aux radiations.
Vivant dans le Connecticut, ils ressentaient les effets des radiations du Nevada ?
Il y a deux ans, le gouvernement américain a reconnu que tous ceux qui avaient vécu aux Etats-Unis entre 1957 et 1963 avaient été exposés de manière interne aux radiations. Le foetus de toutes les femmes enceintes était donc exposé
Pas un génocide, un « omnicide ».
De quels niveaux de radiations parlons-nous ?
Ce sont de bas niveaux et les principaux vecteurs sont l’eau potable et les produits laitiers. Cela a suffi à tuer des petits poissons dans l’Atlantique. Le strontium-90 est un isotope artificiel dégagé par les bombes et les réacteurs nucléaires. En Norvège, on a mesuré les taux de strontium-90 dans le lait des années 1950 aux années 1970 et le volume de pêche durant la même période. A mesure que le taux de strontium-90 augmentait dans le lait, le volume de pêche diminuait.
En 1963, lorsque les Etats-Unis testaient la bombe nucléaire (ils ont effectué 250 essais en une année parce que le Traité allait être signé), le volume de pêche a diminué de 50%. Dans le Pacifique, il a diminué de 60% parce que c’est là que les Russes, les Chinois, les Français et les Américains ont procédé à leurs essais.

Source : Bernard Batt

Vendredi 10 Juillet 2009

Source :

http://www.alterinfo.net/Interview-de-Leuren-Moret,-specialiste-des-sciences-de-la-Terre-Un-holocauste-nucleaire-mondial-nous-menace_a34310.html
 
http://www.palestine-solidarite.org/dossier.armes_chimiques.Leuren_Moret.090709.htm

 http://www.palestine-solidarite.org/dossier.armes_chimiques.sommaire.htm

http://www.palestine-solidarite.org/dossier.massacres-gaza.sommaire.htm

Publié dans : REFLEXIONS PERSONNELLES | le 23 avril, 2012 |Pas de Commentaires »

Armes à l’uranium « appauvri »: 20 ans après, où en est-on ? (Joëlle Pénochet)

ARMES A L’URANIUM APPAUVRI

20 ANS APRES, OU EN EST-ON?

Par Joëlle Pénochet

Internationalnews  (mise à jour du 7/1/11)

                                                                                                                         Armes à l'uranium

 

Il y a vingt ans cette année était initiée, pendant la première guerre du Golfe, une nouvelle guerre nucléaire, non visible, avec l’utilisation par les armées occidentales d’armes à l’uranium appauvri (UA). Ce produit, à la fois radiologique et chimique, empoisonne l’environnement des zones touchées pour des milliards d’années et provoque chez les populations des malformations congénitales et des épidémies de cancers et de leucémies. A Falloujah, les conséquences pourraient être plus graves que celles des bombardements d’Hiroshima et Nagasaki en 1945. Depuis 1991, un crime contre l’humanité se déroule dans le silence, et à une échelle inédite.

«La civilisation mécanique vient de parvenir à son dernier degré de sauvagerie. Il va falloir choisir, dans un avenir plus ou moins proche, entre le suicide collectif ou l’utilisation intelligente des conquêtes de l’homme.»

 Albert Camus, au lendemain d’Hiroshima, Combat, 8 août 1945

 Banalisation d’armes de destruction massive à l’UA lors des nouvelles guerres d’agression

Les armes à l’UA furent d’abord testées en laboratoire dans les années soixante-dix au à LOS ALAMOS (USA), avant de l’être en grandeur nature en Iraq en 1991. En l’absence de réactions de la communauté internationale, leur emploi s’est banalisé et elles sont utilisées lors de toutes les nouvelles guerres menées par les pays occidentaux, sous des formes de plus en plus sophistiquées et puissantes, à des doses croissantes de radioactivité: en Yougoslavie (en Bosnie en 1994-1995, au Kosovo en 1999), de nouveau en Iraq, en 1998 lors de l’opération « Renard du désert » et depuis l’invasion de 2003, en Afghanistan depuis 2001, et enfin, par Israël, au Liban en 2006, et lors de l’opération « plomb durci » à Gaza en 2009. Le PR ROKKE affirme que l’utilisation d’UA par Israël remonterait à la guerre de 1973.

Chaque nouvelle guerre permet une amplification des tests précédents. Alors que les charges d’UA contenues dans les obus antichars utilisés en 1991 ne dépassaient pas 5 kg, celles des bombes téléguidées déversées sur Irak depuis son invasion en 2003 s’élèvent à plus de cent tonnes.

Pour les militaires, l’uranium appauvri possède des avantages inégalés. Tout d’abord, l’extrême densité de ce métal (1,7 fois supérieure à celle du plomb) et ses propriétés pyrophoriques (lors de l’impact sur sa cible, il s’enflamme spontanément au contact de l’oxygène) confèrent aux armes qui en sont équipées une très grande vélocité (pouvant dépasser mach 5) et une capacité de destruction décuplée. Elles peuvent détruire les bâtiments et les blindages les plus résistants en quelques secondes, et traverser des dizaines de mètres de béton pour détruire des bunkers souterrains.

Allié à une très faible quantité de titane, l’UA remplace le tungstène, coûteux et peu fusible. En outre, c’est un produit fourni quasi gratuitement par l’industrie nucléaire, qui se débarrasse ainsi à bon compte de déchets (1) dont le stockage est très coûteux.

C’est pourquoi les armées de près de cinquante pays, et, en ce qui concerne l’armée américaines, tous les types d’armes en sont équipés aujourd’hui, des simples balles aux bombes «intelligentes» guidées par satellites, en passant par les obus, les missiles et les ogives des bombes super puissantes dites « bunker busters ».

Ainsi, les GBU-39, engins téléguidées dont le dard à l’uranium appauvri multiplie la force de pénétration, sont capables d’atteindre avec une précision inégalée une cible située à 110 km. Grâce à l’UA, les bombes ne pèsent que 113 Kg, avec les mêmes capacités de pénétration que les bombes de 900 Kg. Cette miniaturisation obtenue grâce à l’UA permet d’augmenter leur nombre dans les avions de combat (F15 ou F16) et, par conséquent, le nombre de cibles.

Classées « conventionnelles », ces armes sont aujourd’hui fabriquées par un nombre grandissant de pays, dont Israël, la Turquie, la Russie et la France.

Un déchet nucléaire recyclé comme munition « classique »

L’uranium appauvri (UA) est doublement toxique. Chimiquement, il provoque un empoisonnement comme les autres métaux lourds (plomb, arsenic, etc.). Mais il est surtout fortement radiotoxique. C’est un déchet radioactif issu de l’enrichissement de l’uranium destiné aux réacteurs civils et militaires. 0,2% d’U235 et 99,75% d’U238 dont la demi-vie (dite «  période  ») est de 4,5 milliards d’années (l’âge de la terre !). Si on l’appelle « appauvri » parce que son activité est de 40%, ce qui ne signifie nullement qu’il est moins dangereux :

« Le terme d’uranium « appauvri » est inapproprié, car il ne correspond pas à la réalité : il laisse penser que la radioactivité est enlevée, ce qui est faux. Je préfère parler d’armes « enrichies à l’uranium » (Reza Fiyuzat, linguiste résidant au Japon)

En outre, l’UA utilisé dans l’armement est mélangé à de l’uranium issu des usines de retraitement, qui contient des produits de fission hautement radioactifs, comme l’uranium 236 (U236), le plutonium (PU238 et 239), le technétium99 ou le ruthénium106 qui potentialisent sa nocivité.

Ainsi, au lieu de diminuer, son activité s’accroît au fil du temps, en raison de la formation rapide de sous-produits à vie beaucoup plus courte lors de sa désintégration : si, quand il est pur, il n’émet que des rayons alpha (très irradiants, mais peu pénétrants), ses deux descendants, le thorium (TH234) et le protactinium (PA234) émettent des rayons bêta et gamma (très pénétrants).

Lors de l’impact sur la cible, l’UA s’enflamme au contact de l’oxygène, provoquant une chaleur extrême (entre 3.000 et 6.000 degrés), qui vaporise dans l’atmosphère des particules d’oxyde d’uranium de taille nanométrique (de l’ordre du millionième de millimètre) qui échappent à toute barrière et à tout masque à gaz.

Les micro-particules d’oxyde d’uranium, à 90% insolubles, sont vaporisées dans l’atmosphère lors de l’impact des munitions sur leur cible. Propagés par les vents et la pluie sur des centaines de kilomètres, ces aérosols contaminent les sols, les nappes phréatiques, la végétation, les animaux et toute la chaîne alimentaire. En février 2003, les USA avaient refusé par avance tout nettoyage des sites qu’ils pourraient contaminer en Irak. Or, les dommages causés à l’environnement deviennent très rapidement irréversibles.

Leonard DIETZ, un physicien retraité du laboratoire du Knolls Atomic Power (Etat de New York), considère que quiconque ingère des particules possède une dose permanente, qui ne décroîtra jamais. ». Ainsi, le phantasme des responsables du projet Manhattan, qui recommandaient l’usage de gaz radioactifs contre les populations ennemies, s’est concrétisé cinquante ans plus tard : l’oxyde d’uranium est devenu une arme de destruction massive, utilisée par les armées de terre, de l’air et par la marine

En 2005, la pollution due aux guerres radiologiques menées contre l’Irak, l’ex-Yougoslavie et l’Afghanistan, avait déjà atteint une vingtaine de pays voisins. Elle continuerait de s’étendre à tout l’hémisphère Nord et pourrait contaminer bientôt l’ensemble de la planète, comme le nuage de Tchernobyl, ou les particules issues des essais nucléaires aériens (MORET, 2005). Une étude menée en Grande Bretagne a montré que l’uranium dans l’air a «sensiblement» dépassé le fond naturel au cours du bombardement de l’Irak, en mars et avril 2003.

 

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A l’échelle planétaire, il sera difficile d’évaluer le nombre de cancers, leucémies et malformations génétiques dus à l’uranium appauvri parmi l’ensemble des co-facteurs intervenant dans ces maladies (pesticides, hormones et métaux lourds dans l’alimentation et l’eau de boisson, polluants divers, tabac, etc.)

 

Les déchets de l’industrie nucléaire occidentales transforment les pays agressés en « déchetteries radioactives »

 

 

Les pays attaqués deviennent ainsi de véritables «déchetteries radioactives », comme l’a souligné le PR Doug ROKKE, ancien chef du Projet pour l’uranium appauvri au Pentagone, chargé du « nettoyage » de l’Arabie Saoudite et du Koweït en 1991 après la « guerre de 1991, lui-même victime du « syndrome du Golfe Persique».

Pendant la guerre du Golfe, environ 800 tonnes d’UA avaient été utilisées. Depuis l’invasion de l’Iraq par l’alliance anglo-américaine en 2003, c’est plusieurs milliers de tonnes de ce produit mortifère qui auraient été répandues sur l’Irak (1.700 selon Jane’s Defense). En réalité, ce pays n’avait jamais cessé d’être bombardé avec les mêmes armes depuis 1998 dans les zones déclarées unilatéralement « de Non-vol »  par les Etats-Unis (administration CLINTON-GORE) et la Grande-Bretagne.

L’un des soldats irakiens incinérés vivants dans leur tank sur « l’autoroute de la mort », après la fin de la guerre du Golfe (1991)                                                                     

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Dès avant la nouvelle agression contre l’Iraq de 2003, une étude sur les effets de l’UA à long terme, entreprise dans six zones du sud de l’Irak à l’aide d’un spectromètre gamma avait montré que le tiers des végétaux collectés présentait un taux de radioactivité trois fois supérieur au taux habituel. Dans ces zones, près de 900 000 tonnes de plantes sauvages collectées et près du tiers des animaux étaient contaminés.

En Europe, toute dispersion d’UA dans l’environnement est illicite. Bien que les tests aient lieu en milieu confiné, la radioactivité en principe soigneusement contrôlée, et le personnel soumis à une surveillance particulière, on trouve autour de nombreux sites des taux de cancers et de leucémies anormalement élevés.

Pourquoi l’uranium « appauvri » lorsqu’il est déversé par centaines ou milliers de tonnes sur les pays agressés, devient-il un produit banal?

Les populations piégées en masse et impuissantes 

La quantité de radioactivité relâchée sur l’ex-Yougoslavie, l’Afghanistan et l’Irak correspondrait à quatre cent mille fois celle d’Hiroshima – dont plus de deux cent cinquante mille fois sur l’Irak (NICOLS, 2004). Les populations sont condamnées à vivre dans un environnement contaminé, pratiquement sans possibilité de se faire soigner. En effet, l’infrastructure médicale de l’Iraq a été presque entièrement détruite, et la pénurie de praticiens et de médicaments – déjà presque inexistants pendant les treize ans d’embargo (1990-2003)-, ne permet plus de délivrer de soins. Des milliers de médecins ont été mystérieusement assassinés, et beaucoup d’autres ont quitté le pays pour échapper au sort de leurs collègues. Les équipements des hôpitaux qui ont échappé aux bombardements ciblés sont hors d’usage ou obsolètes, et la reconstruction de l’infrastructure médicale est inexistante. En Afghanistan et à Gaza (soumise à un blocus), la situation est tout aussi précaire.

 Une catastrophe sanitaire de grande ampleur: des épidémies de cancers et de leucémies, des malformations génétiques monstrueuses

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L’uranium appauvri devient néfaste quand il se transforme en poussière ingérée ou inhalée, il est alors plus dangereux qu’aucune toxine connue de la science des hommes.  »

PR A. DURAKOVIC, Directeur du département de Médecine nucléaire à l’Université Georgetown de New York et expert auprès du Pentagone

La contamination interne peut survenir de trois manières: l’inhalation, l’ingestions de boissons et d’aliments contaminés, et par lésions cutanées (l’UA passe alors dans la circulation sanguine). L’inhalation est la plus dangereuse (d’un facteur 10 à 200). La chimiotoxicité concerne en premier lieu le rein (et secondairement le foie), et la radiotoxiocité touche surtout les poumons. Plus de 75% des particules ne sont pas arrêtées au niveau de l’appareil respiratoire supérieur et se fixent sur les alvéoles pulmonaires, d’où elles irradient pendant des années. La moitié de la fraction solubilisée qui a été transférée dans le sang est éliminée dans les urines, et l’autre moitié est répartie dans les reins et le squelette avec un temps de fixation très lent.

Des épidémiologistes ont mis également en évidence des atteintes du cerveau, des organes reproducteurs, de la thyroïde, des muscles, des ganglions lymphatiques et du système neurologique, ainsi qu’un collapsus du système immunitaire avec des symptômes analogues à ceux du SIDA, la multiplication des cas de mongolisme, de leucémies et de malformations congénitales.

Sa dangerosité dépend de sa nature physique et chimique, de l’intensité et de la durée d’exposition, et des sujets contaminés. Ainsi, les enfants représentent la population la plus vulnérable à la radioactivité, parce qu’ils la concentre trois ou quatre fois plus que les adultes en raison de leur moindre poids et de l’activité de leur système métabolique. Rappelons ici que les instances internationales de radioprotection (CIPR) ont été obligées d’admettre officiellement que, si le risque augmente en fonction de la dose reçue, il n’existe pas de seuil d’innocuité.

Selon le chercheur Leonard DIETZ, une seule particule de 5 microns engendre une dose de 1 360 rem, soit plus de trois cents fois la dose annuelle autorisée chez les chercheurs de l’industrie nucléaire.

Des milliers de projectiles porteurs d’UA sont disséminés à des profondeurs variables dans les sols des zones bombardées. Dans toutes les régions contaminées, les enfants qui jouent avec les objets argentés ou leurs débris radioactifs trouvés sur le terrain meurent de leucémie, dont la période de latence n’est que de quelques années. Pour chaque cas de cancer des tissus comme la leucémie, les spécialistes prévoient cinq cas de cancers solides à venir dans les 10 à 30 années suivantes.

L’attaque du  génome : le plus grand crime contre l’Humanité dans l’Histoire

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« S’ils nous avaient tués une seule fois, cela serait moins grave… mais… ils vont continuer de nous tuer pendant des générations » (un Afghan cité par le Dr Mohamed MIRAKI, Le génocide silencieux) 

L’uranium appauvri et les autres isotopes de l’uranium provoquent dans les organismes vivants des changements génétiques et somatiques qui ont été démontrées scientifiquement au niveau de la cellule, au niveau micro-moléculaire, qu’il s’agisse de l’ADN ou de l’ARN, ainsi qu’au niveau des tissus, des organes, et de l’organisme entier. L’UA se fixe sur le placenta des femmes enceintes et contrarie le processus de formation de l’embryon par division cellulaire, provoquant chez les nouveau-nés des malformations congénitales monstrueuses, jusqu’alors extrêmement rares, dont le nombre a triplé en dix ans). Des enfants naissent hydrocéphales ou sans tête, sans membres, comme les victimes de la Thalidomide dans les années 50, celles de Tchernobyl, de l’Agent Orange au Vietnam, ou de la catastrophe de Bhopal (Inde) avec des organes l’extérieur du corps (comme le cerveau), aveugles, avec un seul œil au milieu du front, ou avec des anomalies du cœur (absence d’oreillettes ou de valvules) ou des poumons.

Selon le Dr. Roger COGHILL, spécialiste anglais des radiations : « une seule particule d’UA logée dans un ganglion lymphatique peut dévaster le système immunitaire entier ».

La contamination de l’environnement sera éternelle, et les anomalies génétiques s’aggraveront inéluctablement d’une génération à l’autre.Il faudra plusieurs décennies avant de mesurer l’atteinte du génome.

En Iraq, le génocide perpétré par la coalition anglo-américaine et ses alliés depuis l’embargo décrété en 1990 a déjà entraîné plus de trois millions de morts (1).

Mais combien pourra-t-on compter de morts différées causées par l’utilisation d’armes à l’uranium appauvri ? 

En Iraq - Après la fin officielle de la « guerre du Golfe » (1991), l’armée américaine a tiré près d’un million d’obus à l’UA en trois jours sur les milliers de réfugiés et de soldats irakiens battant en retraite (en violation de l’article 3 de la convention de Genève), sur la route de Bassora, rebaptisée depuis « l’autoroute de la mort ». Très rapidement, certaines régions du sud de l’Irak accusaient une augmentation de 350 % par an de cas de leucémie, de déficiences immunitaires, de cataractes et de dysfonctionnements rénaux.

Les études effectuées par le PR Siegwart-Horst GUNTHER, spécialiste des maladies infectieuses et président de la Croix Jaune internationale (Autriche), faisaient apparaître un collapsus du système immunitaire avec de fortes proportions d’infections, des symptômes ressemblant à ceux du SIDA, des herpès et des zonas, des dysfonctionnements hépatiques et rénaux, et des leucémies.

L’Agence Internationale à l’Energie Atomique (AIEA) avait prévu un excès d’un demi-million de morts en Irak après la guerre de 1991. Avant 2003, certaines régions du sud de l’Irak connaissaient déjà une augmentation de 700% des taux de cancer, de 400% du taux de malformations congénitales et de 350% par an de cas de leucémies. La dose de radioactivité atteignant les enfants de moins de quinze ans représentait 70% de la dose totale reçue par l’ensemble de la population étudiée -  les enfants concentrant la radioactivité trois à quatre fois plus que les adultes. Chez les bébés irakiens nés en 2002, l’incidence d’anophtalmie (absence d’yeux) a été 250.000 fois plus grande que l’occurrence moyenne. Les premières paroles d’une femme irakienne qui vient d’accoucher ne sont pas : « c’est une fille ou un garçon ? », mais « mon bébé est-il normal ? »

Alors qu’en 1991, les régions touchéess par l’UA étaient surtout rurales, en 2003, sont essentiellement touchées les zones urbaines, comme les agglomérations de BAGDAD et de FALLOUJAH.

En orange: les villes très contaminées-Source : Guardian, 22 janvier 2010

En juillet 2010, le prestigieux International Journal of Environmental Research and Public Health, a publié les résultats d’une étude intitulée « Cancer, Mortalité infantile et Ratio sexuel des naissances à Falloujah, en Irak, entre 2005 et 2009 ». Elle avait porté sur 4.843 habitants de la ville martyre soumise par les forces anglo-américaines à un déluge de feu du 7 au 29 novembre 2004 avec des armes à l’UA (mais aussi au phosphore, au plasma et au napalm) (1)

Cette étude, dirigée par Christopher BUSBY, physicien britannique de renommée internationale, fait apparaître une surmortalité infantile, le quadruplement des cancers et des malformations congénitales et l’apparition d’anomalies de ratio entre sexes (860 garçons pour 1000 filles). Le taux de leucémie est trente-huit fois plus élevé, le taux de cancer infantile douze fois plus grand, et le cancer du sein dix fois plus fréquent que dans les populations des pays voisins. Le taux de mortalité infantile (80 décès pour 1000 naissances) y est quatre fois plus fort. Le risque relatif de développer un cancer chez les moins de 14 ans est plus de douze fois celui d’une ville d’Egypte.

Les formes de cancers de Falloujah sont semblables à celles des survivants et des descendants des bombes atomiques d’Hiroshima et de Nagasaki. Le PR BUSBY a déclaré en juillet dernier à la chaîne italienne RAI 24 que l’augmentation « extraordinaire » des maladies reliées aux radiations de Falloujah est encore plus élevée qu’à Hiroshima.

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Les médecins locaux auraient reçu des menaces pour les dissuader de témoigner.

Une nouvelle étude, dont les résultats seront publiés courant janvier 2011 dans la même revue, fait le lien entre l’utilisation de nouvelles armes lors de l’assaut de la ville en 2004 par les troupes américaines et la « hausse spectaculaire » du nombre d’avortements spontanés, de malformations congénitales (« 11 fois plus nombreuses que dans le reste du monde »), de cancers et de leucémies (39 fois plus nombreuses) quelques années plus tard. Au cours du premier semestre de 2010, le nombre de malformations de nouveaux-nés à Falloujah a grimpé à des niveaux sans précédent. En mai 2010, 15% des enfants nés à l’hôpital présentaient une anomalie génétique, et plus d’un sur dix était prématuré. Des chiffres largement sous-estimés, une grande partie des habitants continuant de privilégier l’accouchement à domicile.

Les chercheurs veulent confirmer leur hypothèse que les populations sont exposées « de façon chronique à un agent environnemental» à l’aide de tests complémentaires. Ils appellent l’OMS à lancer rapidement l’étude programmée sur les bébés de Fallujah pour déterminer la cause de cette «épidémie d’anormalités». Mais, compte-tenu des précédents, il est permis de se demander une nouvelle fois si tous ses résultats seront révélés…

En ex-Yougoslavie – Des armes à l’UA furent utilisées dans les Balkans lors des bombardements aériens des forces de l’OTAN en Bosnie-Herzégovine (1994-1995), en Serbie, au Kosovo et au Monténégro (1999).

Dix ans après les attaques sur la Serbie, où 15 tonnes d’uranium appauvri avaient été larguées durant 78 jours en 1999, on a constaté un accroissement du nombre de cas de cancer signalés. Au Kosovo (où 20 tonnes d’UA ont été disséminés sur 105 cibles), les médecins ont vu augmenter le nombre de tumeurs solides: « Dans l’ensemble du Kosovo, le taux de cancer avant 1999 était de 10 pour 300.000, et aujourd’hui, il s’élève à 20 pour 60.000. » (Nebojsa SRBLJAK). Les enfants, dont l’organisme est plus sensible aux effets de la radioactivité, ont subi une multiplication par dix des cas de leucémie. Un déplacement de certaines populations serait souhaitable, comme dans la région de Tchernobyl après la catastrophe mais, dans les pays victimes de l’Uranium appauvri « c’est un sujet que personne ne veut aborder »  (Slavica JOVANOVIC).

Pourtant, le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (UNEP), qui a envoyé en 2000 une mission focalisée sur onze sites du Kosovo, a conclu qu’il n’y avait « pas de contamination importante détectable de la surface du sol par de l’uranium appauvri. Un certain nombre de points de contamination ont été identifiés par la mission, mais la plupart n’ont été jugés que légèrement contaminés».

En 2001, un rapport de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) aboutit à une conclusion similaire. Toutefois, l’expert britannique Keith BAVERSTOCK, qui faisait partie de l’équipe de l’OMS, a déclaré que « toutes les données dont disposait l’OMS n’avaient pas été incluses dans le rapport ». Il faut rappeler que l’OMS est paralysée par l’Accord qu’elle a conclu en 1959 avec l’AIEA, organisme dont l’objectif est « d’accélérer et d’accroître la contribution de l’énergie atomique pour la paix, la santé et la prospérité du monde entier ». Ainsi, l’article 3 de l’Accord prévoit que les deux organismes « peuvent être appelés à prendre certaines mesures restrictives pour sauvegarder le caractère confidentiel des renseignements qui leur auraient été fournis”. Cela explique que l’OMS bloque depuis 2001 la publication d’un rapport explosif sur les effets de l’UA.

En Afghanistan Le Dr Daud MIRAKI rapporte qu’à Tora-Bora, les femmes et les animaux multiplient les fausses couches. « Déjà avant la naissance, les fœtus sont atteints de cancer ». On retrouve les mêmes malformations congénitales qu’en Irak. Parmi les multiples témoignages recueillis par le Dr MIRAKI : « Ma femme était enceinte et nous attendions avec joie notre second enfant. Le jour de la naissance, ma femme a dit qu’elle ne se sentait pas bien et qu’elle avait mal à l’abdomen. Quand le bébé est né, c’était à peine un humain… Quand ma femme l’a vu, elle s’est évanouie et elle est morte en cinq jours » (Zar GHOON, décembre 2002).

La pollution des rivières et des fleuves (notamment l’Indus, fleuve qui traverse le Pakistan et alimente les exploitations agricoles et les populations locales en eau potable), ont rapidement alarmé le corps médical. Des équipes de NBC (nucléaire-biologique-chimique) auraient été très tôt dépêchées dans le pays pour mesurer le niveau de contamination après les premier bombardements de 2001. Juste après un « tir « ami », des équipes de reporters « embarqués » (embeded) dans les forces d’agression avaient été rapidement  enlevés et enfermés dans un abri. Dès octobre 2001, les médecins afghans signalèrent des décès rapides de victimes présentant les symptômes typiques de contamination à l’UA.

Au Liban L’analyse des échantillons de sol et d’eau des sites touchés par les bombardements de 2006 a montré que l’armée israélienne avait utilisé des armes à l’UA: « …le peuple libanais a été sacrifié aux cancers, aux leucémies et  aux malformations congénitales, comme les peuples des Balkans, d’Afghanistan et d’Iraq » (PR BUSBY). Sur une photographie prise par le photographe David SILVERMAN parue dans The Guardian, on peut discerner clairement le dard de l’UA sur les obus bombes américaines à guidage laser GBU 28.

A Gaza - Dès les premiers jours de l’opération « Plomb Durci » (27 décembre 2009 – 3 janvier 2009), le chirurgien norvégien Mads GILBERT a trouvé la présence de matières radioactives dans le corps des blessés. Une enquête publiée en janvier 2009 par l’association Action des Citoyens pour le Désarmement Nucléaire (ACDN), menée sur plusieurs mois en liaison étroite avec les intéressés et l’aide d’un expert auprès du Programme des Nations Unies pour l’Environnement, a conclu à la présence hautement probable d’uranium appauvri (jusqu’à 75 tonnes) dans le sol et le sous-sol de Gaza. En avril 2009, l’analyse d’échantillons de terre et de poussières a de nouveau confirmé la présence d’uranium appauvri, de césium, de thorium et de différents produits chimiques cancérigènes…

Chez les vétérans des nouvelles guerres nucléaires -  La « guerre du Golfe » a représenté, pour les Etats-Unis et ses alliés, une opération militaire très facile avec une victoire rapide, en raison de l’immense supériorité militaire de la coalition de 34 pays sur un pays désarmé et déjà exsangue en raison de l’embargo.

Un enfant de vétéran de la guerre du Golfe né sans bras, comme de nombreux enfants irakiens

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A leur retour, des milliers de soldats en très bonne santé avant leur départ commencèrent à souffrir de multiples pathologies. La cause en resta mystérieuse jusqu’à ce qu’en 1993  le PR Asaf DURAKOVIC, l’un des grands experts internationaux sur les effets des radiations, associât leurs symptômes à leur présence dans le Golfe. Ces soldats avaient été exposés à  l’uranium appauvri lors de « feux amis », pendant les opérations de nettoyage ; puis ils étaient restés à proximité des chars détruits par les armes à l’UA lors de l’opération dans le désert, voire avaient posé pour des photos-souvenirs sur les tanks contaminés. Bien qu’officier supérieur de l’USArmy pendant la première guerre du Golfe, le PR DURAKOVIC ignorait la présence d’uranium appauvri dans les nouvelles armes.

Dix ans après la guerre du Golfe, plus de la moitié des vétérans étaient atteints de maladies chroniques, alors que le taux était de 5% en moyenne chez les vétérans des conflits du siècle dernier (10% au VietNam). En 2005, sur 580.000 vétérans américains de la « guerre du Golfe », on dénombrait 325.000 victimes de pathologies permanentes et 11.000 morts (au rythme de 140 vétérans par mois). Une étude du Department of Veterans Affairs sur 21.000 vétérans de la guerre du Golfe a montré, par rapport aux autres soldats, un doublement des enfants morts-nés pour les hommes et un triplement pour les femmes. Plus de 13.000 vétérans de la guerre du Golfe (1991) seraient morts aujourd’hui, alors que seulement 250 furent tués et 7.000 furent blessés sur le terrain. Un reportage du Washington Post de 2006 a montré que sur 580.000 vétérans du Golfe, 518.000 étaient invalides, dont la moitié de façon définitive. Des associations de vétérans américains comme Veterans For Peace(VFP) ou Irak Veterans Against the War(IVAW), militent activement contre ces nouvelles guerres radiologiques et chimiques, et participent aux manifestations pacifistes.

La grande différence entre les victimes des deux camps réside dans le fait que les vétérans ont séjourné peu de temps dans les zones contaminées, alors que les populations victimes des bombardements sont généralement condamnées à passer toute leur vie dans un environnement de plus en plus radioactif. En outre, les anciens combattants ont pu se constituer en associations pour tenter d’obtenir réparation dans leurs pays, où ils peuvent se faire soigner, alors que les populations locales, pour la plupart encore ignorantes des causes du mal qui les ronge, sont de toutes manières trop démunies pour se faire traiter, voire pour simplement soulager leurs douleurs. De surcroît, elles sont les victimes de leurs agresseurs !

Autour des sites d’expérimentation des pays occidentaux - Dans les centres d’expérimentation des pays occidentaux, les expériences doivent avoir lieu en milieu confiné, la radioactivité est en principe soigneusement contrôlée et le personnel soumis à une surveillance particulière. Pourtant, des incidents conduisent parfois au relâchement d’oxyde d’uranium dans l’atmosphère (à Gramat dans le Lot, en Ecosse, à Puerto Rico…). Et l’on trouve autour de nombreux sites des taux de cancers et de leucémies anormalement élevés.

Dans l’Indiana (USA), un ex-champ de tirs d’essai d’obus à l’UA des années 80 a été reclassé en « zone de sacrifice national », condamnée pour l’éternité.

Le site de tir à l’uranium du Centre d’Études Atomiques de Gramat. Photo: DIRE LOT

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A Bourges (Cher), au cours des essais en plein air qui ont été réalisés pendant des décennies sans étude d’impact, de nombreuses flèches à l’uranium appauvri ont été perdues dans les champs! On soupçonne l’oxyde d’uranium, d’avoir migré dans les eaux souterraines. Les populations, très inquiètes, exigent avec les associations de connaître le taux de pollution de leur environnement. Le DR BEHAR, président de l’Association des Médecins Français pour la Prévention de la Guerre Nucléaire (AMFPGN) demande « une enquête indépendante d’un laboratoire extérieur après une enquête approfondie sur le régime des eaux et le type de nappe phréatique concernées« . 

Le black-out sur l’utilisation de ces armes illégales dure depuis 20 ans!

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Les gouvernements occidentaux coupables de ces atrocités maintiennent une chape de plomb sur les conséquences de l’utilisation de ces armes nucléaires, restée tabou jusqu’en 1991 (un rapport de l’OTAN de 1990 avait préconisé « des campagnes de relations publiques… étant donnée la perception (négative) de la radioactivité par le public »). La désinformation, qui présente l’UA comme un produit anodin, permet aux pays responsables (à la fois juges et parties) de se défausser de la prise en charge des coûts de décontamination des sites bombardés et de l’indemnisation des victimes, mais surtout de banaliser dans l’indifférence générale l’usage de l’UA dans les conflits.

Alors que la toxicité chimique est peu contestée par les instances officielles, la toxicité radiologique de l’uranium appauvri est systématiquement niée. Ainsi, en France, les militaires touchés par le « syndrome du Golfe » se voient privés de tout droit, à l’instar des victimes des essais nucléaires français. L’association AVIGOLFE, créée en juin 2000 par Hervé DESPLAT, l’une des victimes, veut faire la lumière sur les causes des maladies développées par les civils et les militaires depuis leur retour en France (causes que les responsables de l’étude épidémiologique de l’INSERM ont refusé d’étudier). En 2001, la Mission parlementaire d’information a reconnu que les obus français contenaient bien de l’U 236, mais elle a refusé d’auditionner le PR DURAKOVIC (ancien médecin colonel des Armées américaines présent sur le terrain lors du conflit), qui avait détecté des traces d’U236 dans les urines des soldats américains, canadiens et britanniques.

Les autorités italiennes, qui ont finalement du reconnaître le lien entre les pathologies de leurs casques bleus et l’usage des armes à uranium appauvri en ex-Yougoslavie, ont créé un fonds d’indemnisation en 2007. Début 2010, la Belgique a inscrit dans sa Constitution l’interdiction de  la production et de l’usage des munitions à l’uranium appauvri.

Les pays de l’OTAN se sont abstenus ou ont voté contre la réalisation d’études approfondies pour disculper ou incriminer, une fois pour toutes, l’uranium appauvri

Des personnalités issues des milieux universitaires, de la recherche, du droit, d’associations, d’organisations internationales et de parlements nationaux demandent l’interdiction des armes à l’uranium appauvri pour « sauvegarder l’avenir de l’humanité » (Ramsey CLARK)

Des personnalités de renommée internationale, comme Rosalie BERTELL, épidémiologiste canadienne spécialisée dans les maladies des radiations (prix Nobel Alternatif 1986) et Ramsey CLARK, ancien secrétaire d’état américain à la Justice et avocat international, et des associations nord-américaines ou françaises, tentent depuis des années de mobiliser l’opinion internationale pour obtenir « l’interdiction internationale inconditionnelle de la recherche, de la production, des essais, des transports, de la détention et de l’utilisation de l’uranium appauvri à des fins militaires. »

Elles demandent «que toutes ces armes et tous les déchets radioactifs soient immédiatement isolés et stockés, que l’uranium appauvri soit classé «substance radioactive dangereuse», que les zones contaminées soient nettoyées et que tous ceux qui ont été exposés puissent recevoir des soins médicaux appropriés ».

Selon le droit international sur le contrôle des armements, les armes à UA, sont pourtant déjà illégales (conventions de La HAGUE de 1899 et 1907, de Genève de 1925 et 1949, Charte de NUREMBERG de 1945, convention des Nations-Unies du 10 octobre 1980, dite «Convention des armes inhumaines»), parce qu’elles infligent des maux superflus et des souffrances inutiles, qu’elles sont non discriminantes, causent de grandes souffrances ou des blessures sérieuses au corps ou à la santé des civils, des atteintes graves et durables à l’environnement et, comme les mines antipersonnel, restent meurtrières bien après la fin des conflits.

Francis BOYLE, professeur de droit international à l’Université de l’Illinois, rappelle que le Protocole de Genève de 1925 interdit « en temps de guerre, l’usage d’asphyxiants, de toxiques ou d’autres gaz, et de tout analogue liquide, substance ou procédé. » Il fait remarquer, que, «comme le démontre le traité sur les mines terrestres, une coalition d’ONG et de militants déterminés, agissant de concert avec au moins un État sympathisant, a la possibilité de mettre en place un traité international pour régler les problèmes humanitaires » pour mettre fin à l’emploi de ces armes de génocide.

Leur utilisation a été condamnée par la résolution 96/16 de la sous-commission aux Droits de l’Homme des Nations Unies en août 1996. De son côté, le Parlement européen a voté en janvier 2001, «en appel du principe de précaution», un moratoire sur l’utilisation des armes à uranium appauvri (mais pas sur leur fabrication !). En mai 2008, une nouvelle résolution demandait un moratoire sur l’utilisation de ces armes. Au début de l’automne 2010,  des parlementaires européens issus de l’ensemble du spectre politique, qui souhaitent organiser une audition d’experts, ont écrit à tous les Etats membres dans le but d’obtenir une nouvelle résolution.

Après le l’Irlande et le Costa Rica, le parlement de Nouvelle Zélande doit débattre au cours de cet automne de l’interdiction généralisée de possession, de fabrication, de vente, de test et de transit de toutes les armes et de tous les blindages (comme celui du char Leclerc) contenant de l’uranium appauvri.

Dernièrement, la France, unique pays européen producteur et vendeur de ces armes, a voté, en la seule compagnie des Etats-Unis et d’Israël, contre une résolution de l’ONU cherchant à établir une commission d’enquête sur les effets de l’UA.

l est plus que jamais nécessaire que ces appels soient enfin entendus. Sinon, des régions entières de notre planète seront rayées de la carte, transformées en poubelles radioactives pour l’éternité, et des populations toujours plus nombreuses seront condamnées à une mort lente et atroce. A terme, la planète entière sera contaminée.

 « Devant les perspectives terrifiantes qui s’ouvrent à l’humanité, nous apercevons encore mieux que la paix est le seul combat qui vaille la peine d’être menée, ce n’est plus une prière, mais un ordre qui doit monter des peuples vers les gouvernements, l’ordre de choisir définitivement entre l’enfer et la raison».  Albert Camus

Joëlle Pénochet, article inédit du 19 octobre 2010 mis à jour le 2 janvier 2011.

Une bibliographie actualisée, trop longue pour figurer ici,  sera intégrée prochainement à l’article sous format Word.

La reproduction (intégrale, ou partielle avec un lien actif vers la suite) de cet article est encouragée, à condition de mentionner le nom de l’auteur et de citer le site d’origine avec un lien actif.

http://www.internationalnews.fr/article-armes-a-l-uranium-appauvri-ou-en-est-on-64255044.html


Nous avons repris ici certains passages de nos articles précédents :

A Fallujah, en iraq, l’uranium appauvri et le phosphore blanc continuent de tuer les enfants, Septembre 2009 (paru aussi sur Le Grand Soir, Mondialisation, Alterinfo…).

Irak: des armes chimiques et nucléaires au service d’un génocide sans précédent, Votre Santé n° 80, mai 2006.

La guerre nucléaire silencieuse, Revue« Sortir du nucléaire » n° 29, décembre 2005 (p. 24)

Guerre totale, radiologique, électromagnétique et chimique contre l’Iraq (19 novembre 2005)

D’hiroshima à bagdad Horizons et débats, juillet 2005.

Guerre sans fin et dommages collatéraux  Combat-Nature, n° 147, novembre 2004, p 68

Le rapport Medact Vous et Votre Santé, février 2003

Les nouvelles armes à l’uranium appauvri », Combat-Nature n° 138, août 2002, pp. 46-48.

Irak : le génocide silencieux Votre santé - Mars 2002

De l’Irak à l’Afghanistan : Escalade des armes à l’uranium appauvri: une catastrophe sanitaire, des régions rayées de la carte, MEDECINES NOUVELLES 3ème trimestre 2002, pp.79-90

Première et dernière photo: Enfants de Fallujah - The Independant Photos by Dr. Jenan Hassan

http://www.internationalnews.fr/article-armes-a-l-uranium-appauvri-ou-en-est-on-64255044.html

Publié dans : REFLEXIONS PERSONNELLES | le 22 avril, 2012 |Pas de Commentaires »

Des mensonges couverts par les Nations Unies: Loi du silence sur l’uranium appauvri

DES MENSONGES COUVERTS

PAR LES NATIONS UNIES

Loi du silence

sur l’uranium appauvri

                                                                                          Des mensonges couverts par les Nations Unies: Loi du silence sur l'uranium appauvri dans REFLEXIONS PERSONNELLES Children-of-Fallujah-014

 

DEPUIS que les munitions à l’uranium appauvri (UA) ont été testées par les Etats-Unis contre l’Irak, décès et maladies inexpliquées se multiplient chez les combattants ayant servi dans le Golfe, mais aussi en Bosnie et au Kosovo. A des degrés divers, les agences des Nations unies ont imposé une chape de silence sur la dangerosité radiologique et chimique de cette arme. N’a-t-il pas fallu attendre janvier 2001 pour que l’Organisation mondiale de la santé « envisage » d’enquêter sur les effets de l’UA sur les populations du Golfe ?

Par ROBERT JAMES PARSONS
Journaliste, Genève.

Annoncé, reporté plusieurs fois, puis resurgi sous la pression des agences internationales d’aide humanitaire présentes au Kosovo, le projet d’élaboration d’un rapport sur l’uranium appauvri (UA) par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) n’a toujours pas abouti. Après l’éclatement de l’affaire dite du « syndrome des Balkans », l’OMS s’est contentée de publier en janvier 2001 un aide-mémoire qui, en quatre pages, prétend traiter de l’essentiel du sujet (1). Cherchant surtout à calmer le jeu et à rassurer le public, les informations y sont vagues et souvent en flagrante contradiction avec les connaissances scientifiques actuelles. Si radiation il y a, affirme le texte, elle se situe en dessous du seuil acceptable : « La science fait apparaître comme improbable la détection d’une augmentation du risque de leucémie chez les militaires dans les Balkans en relation avec l’exposition à l’uranium appauvri. »
Plus haute instance mondiale dans le domaine de la santé, comment l’OMS a-t-elle pu produire un tel document ? Elle y recommande, par exemple, comme « raisonnables » des « opérations de dépollution » aussi invraisemblables que celle consistant à récupérer des milliers de milliards de particules radioactives invisibles répandues sur des centaines de kilomètres carrés de territoire et mélangées avec des centaines de milliers de tonnes de terre !
En fait, un accord passé avec l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) en 1959 interdit à l’OMS de traiter des questions de radiation et de santé publique sans l’aval de celle-ci. Aval qui n’est pratiquement jamais donné.
Dans les années 1950, aux Etats-Unis, pour justifier les budgets faramineux destinés à l’arsenal nucléaire, le gouvernement Eisenhower joua sur les retombées civiles de la recherche militaire. Il fit naître, en 1954, le programme « Atomes pour la paix », promettant à l’opinion une électricité, non seulement « propre », mais trop abondante pour qu’il vaille la peine de la facturer.
Bien des membres de la communauté scientifique, peu ou pas impliqués dans les recherches militaires, rappelèrent alors les travaux qui valurent à Herman Joseph Muller de recevoir un prix Nobel en 1946. Il avait découvert le caractère mutagène terrifiant de la radiation ionisante. C’est précisément cette radiation que les centrales nucléaires prévues par « Atomes pour la paix » allaient introduire au sein de la population civile. Le docteur John W. Gofman, chef du groupe plutonium ayant isolé le premier milligramme de plutonium en 1942, ne cessait pour sa part de marteler : « D’après toute norme raisonnable basée sur des épreuves scientifiques, il n’existe aucune dose sûre (2). » Face à de telles réticences, les Etats-Unis poussèrent en 1956 à fonder l’AIEA, organisation du système de l’ONU dont le mandat revient tout simplement à promouvoir l’industrie nucléaire.
En 1957, l’OMS a organisé une conférence internationale sur les effets de la radiation sur la mutation génétique, dont les prémisses de base, issues des expériences de Muller, se reflètent dans les monographies présentées à la conférence et ensuite publiées (3). Pourtant, en 1959, le débat est clos. L’OMS accepte l’accord avec l’AIEA, selon lequel « chaque fois que l’une des parties se propose d’entreprendre un programme ou une activité dans un domaine qui présente ou peut présenter un intérêt pour l’autre partie, la première consulte la seconde en vue de régler la question d’un commun accord (4). » C’est cette obligation de « commun accord » qui permettra à l’AIEA d’empêcher presque tous les efforts de l’OMS dans le domaine des rapports entre santé publique et radiation.
C’est ainsi que, lorsque l’OMS se propose de publier un aide-mémoire sur l’uranium appauvri, le projet n’aboutit pas. L’étude générique, qui traîne encore, devait se limiter à l’UA, « contaminant chimique en tant que métal lourd ». Il faudra que l’uranium appauvri fasse la « une » de la presse internationale pour que l’OMS annonce que l’étude sera étendue à la radiation. Le travail supplémentaire sera assuré par des experts en provenance d’organisations telles que le Nuclear Radiation Protection Board du Royaume-Uni (instance vivement critiquée par les anciens combattants britanniques atteints du syndrome de la guerre du Golfe) et, bien sûr…, l’AIEA. Les organisations d’aide humanitaire présentes à Kosovo, telles le Haut-Commissariat pour les réfugiés, le Programme alimentaire mondial, l’Office des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires, l’Organisation des migrations internationales, qui, en vertu de leur appartenance au système onusien, sont obligées de se référer à l’OMS pour toute question de santé publique, attendent toujours.
Les normes qui, actuellement, établissent la dose de radiation « supportable » sans danger par l’organisme humain ont été fixées à partir d’études faites par l’Atomic Bomb Casualty Commission du Pentagone sur les survivants de Nagasaki et de Hiroshima, études dont un objectif important, sinon le principal, fut de déterminer l’efficacité de la bombe en tant qu’arme de guerre. Ces études (dont les détails ne furent publiés qu’en 1965) commencèrent en 1950, moment où bon nombre de victimes qui avaient initialement survécu étaient déjà mortes des suites des bombardements. Le groupe étudié comprenait surtout des sportifs jeunes en relativement bonne forme. Les personnes particulièrement vulnérables aux effets néfastes de la radiation – les enfants, les femmes et les vieux – n’y figurent pas.
Ces études des survivants furent rapidement terminées, sans attendre le développement de cancers qui mettent des décennies à apparaître. De plus, elles furent menées par des physiciens sans formation en biologie. A l’époque, ceux-ci ignoraient encore l’existence – sans parler du fonctionnement – de l’ADN, et ne distinguaient pas entre les effets d’une seule explosion vive et intense et ceux d’une radiation de source interne, lente et constante, comme celle émise par les particules d’UA (qui pénètrent dans le corps par voie d’inhalation, d’ingestion, ou de blessures sur la peau).
Le lobby nucléaire a toujours prétendu que les effets de la radiation faible sont trop infimes pour être étudiés. On a donc extrapolé à partir des effets observés après une irradiation à forte dose (Hiroshima et Nagasaki), suivant cette logique : si 1 000 survivants étaient malades après l’exposition à une dose 100 (chiffre arbitraire), 500 seraient malades exposés à une dose 50 et un seul dans le cas d’une dose 0,5. Donc, en dessous de cette exposition, personne n’est affecté (5) !
Doutes sur les normes actuelles
Or une étude sur les enfants nés de mères ayant subi des radiographies pendant leur grossesse, de la chercheuse anglaise Alice Walker, a mis en évidence le danger de la radiation à faible dose pour l’organisme humain. Dans les années 1970, elle arriva aux mêmes conclusions pour les employés de l’usine de fabrication d’armes nucléaires de Handford aux Etats-Unis. En 1998, toujours vaillante malgré ses quatre-vingt-onze ans, elle a publié, avec George W. Kneale, une réévaluation approfondie des enquêtes faites sur les survivants de 1945, montrant de façon irréfutable les erreurs présentes dans les études ayant servi de base à l’établissement des normes actuelles (6). Ce sont ces normes qui permettent à l’aide-mémoire de l’OMS de parler de « dose journalière acceptable » applicable aux personnes exposées à l’UA. Allant dans le même sens, le docteur Chris Busby, chercheur anglais auteur de nombreux ouvrages sur les effets de la radiation faible (7) (travaux contestés par l’establishment nucléaire), a expliqué le mécanisme par lequel une radiation faible interne et chronique détruit de façon systématique l’ADN des cellules pour produire des mutations à la base des cancers.
Les normes internationales ont été revues à la baisse par l’lnternational Commission for Radiation Protection – agence chargée d’élaborer ces normes, qui sont ensuite appliquées par l’AIEA – à plusieurs reprises, plus récemment en 1965, 1986 et 1990. La révision de 1990 a réduit dans un rapport de 5 à 1 la dose permise. Les Etats-Unis n’ont toujours pas accepté cette révision. C’est donc sur des doses cinq fois plus élevées que celles acceptées par le reste du monde qu’ils prétendent que leurs soldats ont subi des doses « sûres » pendant la guerre du Golfe.
L’instance la plus haute en la matière aux Etats-Unis est l’Atomic Energy Commission (AEC), agence civile, mais en réalité dirigée par le haut commandement militaire qui, ainsi, contrôle le développement de toute technologie nucléaire. Toutes les sources principales de la radiation ionisante sont ainsi tombées sous le contrôle de personnes et d’institutions qui n’ont aucun intérêt à en explorer la dangerosité. Les quatre autorités scientifiques les plus éminentes ayant travaillé pour l’AEC sont MM. John Gofman, Karl Z. Morgan, Thomas Mancuse et Mme Alice Stewart. Chacun à son tour fut renvoyé pour avoir présenté des résultats d’études démontrant que l’exposition à la radiation faible provoque le cancer (8). L’aide-mémoire de l’OMS s’inscrit donc dans un historique de dénégation générale, dont l’affaire de l’UA en Yougoslavie n’est que l’épisode le plus récent.
Pendant la guerre du Kosovo, en mai 1999, l’ONU a organisé un voyage de représentants de toutes les agences impliquées dans le conflit afin d’en dresser une évaluation préliminaire. Chacune a rédigé un rapport qui, par la suite, a été partagé avec les autres agences. Le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) y a participé, mais son rapport a été supprimé. Rendu public le 18 juin 1999, grâce à une fuite, dans deux quotidiens de Suisse romande, le Courrier et la Liberté, le document issu de la plume de M. Bakary Kante, conseiller du directeur général du PNUE Klaus Toepfer, tirait le signal d’alarme sur la pollution engendrée par les bombardements et signalait spécifiquement l’UA (9).
Un autre rapport sur la pollution, commandité par la Commission européenne et publié en juin, peu après la fin de la guerre, s’est donné la peine d’identifier ses sources (experts sur le terrain et ailleurs, ouvrages, monographies spécialisées, etc.) mais ne mentionne quasiment pas l’uranium appauvri (10). Sur une liste sommaire des types de pollution figure l’indication unique : « UA », suivie de la mention « en Yougoslavie – prétendu ». On pourrait supposer que ce groupe de travail ignorait l’existence du document de Kante. Pourtant, plusieurs paragraphes de son rapport le reproduisent mot à mot, et la liste de quelque 80 sites bombardés est identique à celle constituée par M. Kante.
Peu après, le PNUE constitue un groupe de travail, le Balkans Task Force (BTF), pour dresser un bilan complet. A sa tête M. Toepfer nomme M. Pekka Haavisto, ancien ministre de l’environnement de Finlande. Celui-ci est catégorique : l’UA fait partie du tableau global de la pollution et il ne faut pas l’écarter de l’enquête ; si on lui interdit de l’étudier comme pollution radioactive, il l’étudiera comme pollution chimique (voir encadré).
Où sont les sites contaminés ?
LE rapport du BTF enfin prêt (11), son lancement à Genève est annoncé pour le 8 octobre 1999. Un journaliste qui se rend au bureau du PNUE à Genève, siège du BTF, à la recherche anticipée d’une copie, est accueilli par M. Robert Bisset, porte-parole et bras droit de M. Toepfer, qui lui interdit tout contact avec l’équipe de M. Haavisto. On apprend finalement que ce dernier, contrairement au plan prévu, donnera une conférence de presse, le 11 octobre à New York. Les journalistes qui suivent de près la question de l’UA au Kosovo, tous basés à Genève, se voient ainsi ôter la possibilité d’interroger le responsable du rapport.
Retravaillée par M. Bisset, la partie finale du rapport est réduite de 72 pages à 2, comme en témoigne son texte boiteux (plus tard, les parties manquantes paraîtront sur le site Internet du PNUE) (12). Ses conclusions et recommandations parlent d’empêcher tout accès aux sites contaminés, tout en déclarant que ceux-ci… ne peuvent être repérés. L’experte canadienne Rosalie Bertell avait conseillé au BTF de prendre des échantillons sur les filtres d’air des véhicules au Kosovo, sur les chars blindés touchés, et sur des sites probablement atteints par des armes à l’UA : aucun échantillon conforme à ses conseils ne sera recueilli lors de la seule mission menée sur le terrain.
Pendant tout ce temps, Genève assiste à un défilé de personnalités directement impliquées dans la question. Envoyé spécial aux Balkans du Haut-Commissariat pour les réfugiés, M. Dennis McNamara parle du retour de ces derniers sur des sites « d’environnement sûr ». Mais par « sûr », il entend « militairement sûr » et insiste au cours d’une conférence de presse tenue au Palais des nations le 12 juillet 2000 : « L’OTAN assure que l’UA ne pose pas de problème. » Sous-secrétaire d’Etat des Etats-Unis pour la population, les réfugiés et la migration, venue à Genève vanter devant le Conseil économique et social de l’ONU la réussite de la « guerre humanitaire », Mme Julia Taft avoue, elle, pendant une autre conférence de presse (Palais des nations, 14 juillet 1999), qu’elle ne sait pas ce qu’est l’UA.
Interrogé par nos soins, M. David Kyd, porte-parole de l’AIEA, prétend que le mandat de son agence ne permet aucunement à celle-ci d’enquêter sur l’uranium appauvri et assure que l’UA est de toute façon inoffensif. Le docteur Keith Baverstock de l’Office régional pour l’Europe de l’OMS débite la même litanie sur l’absence totale de danger, tout en ajoutant que « l’UA pourrait causer des problèmes dans une situation de bataille » ! Enfin, devenu envoyé spécial aux Balkans du secrétaire général de l’ONU, l’ancien premier ministre suédois Carl Bildt tranche : l’affaire de l’UA est une « non-affaire ».
En mars 2000, le Military Toxics Project, ONG antinucléaire américaine, annonce qu’une carte des cibles touchées par l’uranium appauvri au Kosovo aurait été remise par l’OTAN au PNUE en janvier, information confirmée par une source du ministère des affaires étrangères des Pays-Bas (13). Craignant un tollé général, M. Toepfer convoque une réunion de crise à Genève, le 20 mars 2000, pour arrêter une stratégie. Il est trop tard. Le matin même, le Courrier, dernier journal indépendant de Suisse romande, publie la carte.
Le lendemain, M. Haavisto tient une conférence de presse pour la rendre publique. S’il se veut rassurant, il renvoie cependant aux recommandations du rapport d’octobre : il convient d’empêcher l’accès aux endroits contaminés – tout en indiquant que la carte disponible n’est pas assez précise pour identifier ceux-ci. Un communiqué de presse signale l’étude de l’OMS éternellement en préparation et une autre commanditée par le BTF auprès de la Royal Society du Royaume-Uni (dont on n’a plus parlé depuis).
La carte, censée révéler les 28 sites touchés par des projectiles flèches [en anglais : penetrators] antichars de 30 mm lâchés par des avions A-10, pose pourtant des questions. Les cibles sont concentrées près de la frontière albanaise (zones d’occupation italienne et allemande), où Tito, craignant l’irrédentisme du dirigeant albanais Enver Hoxha, avait fait construire d’importantes installations militaires souterraines en béton. Selon M. Jacques Langendorf, analyste militaire suisse ayant visité les lieux du temps de Tito, les projectiles flèches de 30 mm auraient peu d’effet contre ce béton, mais des missiles Cruise armés d’UA pourraient s’avérer efficaces. Et, selon l’analyste britannique Dennis Flaherty, un des buts de la guerre aurait été de tester de tels missiles équipés d’une nouvelle technologie (appelée Broach), qui permet de tirer jusqu’à dix projectiles flèches à la fois, en vue d’une pénétration plus efficace de bunkers souterrains.
Après des demandes insistantes du secrétaire général de l’ONU, M. Kofi Annan, une nouvelle carte a été remise à M. Toepfer, en juillet 2000, par l’OTAN. Elle comporte 112 cibles accompagnées d’une liste de munitions censées y avoir été lâchées (une vingtaine de sites portent la mention « inconnu » en face du type de munitions – invraisemblable vu les systèmes de contrôle informatique dont disposent et l’OTAN et le Pentagone) et aurait été cachée à M. Haavisto jusqu’en septembre. En la découvrant, ce dernier aurait voulu mettre immédiatement sur pied une mission d’enquête au Kosovo. M. Toepfer aurait interdit une telle démarche avant les élections du 24 octobre 2000, craignant, en cas de révélations inquiétantes… des exodes massifs, comme pendant la guerre.
Quoi qu’il en soit, le Haut-Commissariat pour les réfugiés, las d’attendre l’OMS, a mis sur pied ses propres consignes pour son personnel (14) : aucune femme enceinte ne sera envoyée au Kosovo, toute personne pressentie pour cette zone doit avoir l’option d’un autre poste ailleurs, et tout fonctionnaire envoyé au Kosovo doit voir figurer dans son dossier une indication de « service sur le terrain », pour faciliter la recherche de compensation en cas de maladie provoquée par… la contamination. Selon M. Frederick Barton, haut-commissaire adjoint pour les réfugiés, les efforts du HCR pour signaler le danger de contamination aux populations civiles se sont heurtés à une résistance formidable tant de la part des chefs politiques albanais que de la part de l’administration de l’OTAN et de l’Unmik (Mission des Nations unies au Kosovo).
Pour la docteure Rosalie Bertell, la « non-affaire » de l’uranium appauvri s’inscrit en droite ligne dans une longue histoire qui se joue encore et semble loin de se terminer. Une « non-affaire » à suivre.
ROBERT JAMES PARSONS.

Publié dans : REFLEXIONS PERSONNELLES | le 22 avril, 2012 |Pas de Commentaires »

Lettre ouverte aux candidat(e)s de la présidentielle Les armes à l’uranium « appauvri »

Lettre ouverte aux candidat(e)s de la présidentielle Les armes à l'uranium depleted_uranium_baby uranium dans REFLEXIONS PERSONNELLES

LAMIREAU Thierry                                                                                                                                                         

RUMILLY, le 26 Mars 2012

6 bis, route de la FULY

74150 RUMILLY

email : t.lamireau@free.fr

Tél: 06 32 18 94 37

Réalisateur du film “URANIUM EN LIMOUSIN”

 

LETTRE OUVERTE

                                                       « Présidentielle 2012 »

                                                        Votre candidature

 

 

 Objet: non utilisation, destruction et interdiction des armes à l’uranium «  appauvri »

par  l’Etat français

 

 Madame, Monsieur,

 Vous avez choisi d’être candidat (e) à l’élection présidentielle 2012 de la Nation française.

A cette occasion, permettez-moi de vous envoyer cette LETTRE OUVERTE.

 Ces derniers jours vous avez bien voulu réagir par rapport à l’horrible « affaire Mohamed MERAH ».

Certains ont souligné « l’horreur » et notamment par rapport à l’exécution des enfants dans les locaux même de leur école.

Il a été également indiqué que ces enfants « étaient aussi nos enfants ».

 Réalisateur du film « URANIUM EN LIMOUSIN » et également enseignant en Haute-Savoie auprès d’enfants de la maternelle, permettez-moi de souligner que dans le domaine de « l’horreur » il y a pire, notamment de la part de certains Etats comme la France.

En effet, la France comme les Etats-Unis et quelques autres utilisent, lors de conflits (à travers par  exemple les interventions de l’OTAN) divers, des armes dites « munitions flèches » à l’uranium « appauvri ».

Certains aéronefs (avions de chasse, hélicoptères d’attaque)  ont ainsi envoyé ces armes sur les sols de l’ex-Yougoslavie, en Bosnie, en Serbie, au Kosovo, en Afghanistan, en Irak, en Libye, au Liban, etc.

Ainsi, cette utilisation d’armes nucléaires s’est banalisée dans l’indifférence générale.

L’uranium métal inclus dans le pénétrateur de ces armes est, si l’on peut dire, l’arbalète des temps modernes.

L’uranium « appauvri » est plus dense que le plomb et, de ce fait, au lieu de traverser un char en traverse deux ou pénètre dans des bâtiments en béton à des profondeurs encore plus importantes.

Après le lancement de l’obus, le sabot s’ouvre en libérant le pénétrateur à une vitesse supersonique de 1700 mètres par seconde.

A cette vitesse, l’impact est celui d’un caillou dans l’eau, le blindage de l’objectif visé jouant le rôle de l’eau et la flèche de l’arme celui du caillou.

 Mais ces armes possèdent d’autres effets, ceux-là, plus dévastateurs et à très longs termes.

L’entrée brutale dans la cible entraîne une surpression terrible capable de faire sauter une tourelle de char comme un bouchon de champagne. De plus, la vitesse et le contact entre les deux matériaux (celui de l’arme et de la cible)  dégagent une énorme chaleur de rayonnement dont l’effet destructeur s’ajoute aux précédents. Enfin, l’uranium est un matériau pyrophorique, c’est-à-dire qu’il prend feu dans l’air. L’uranium s’oxyde si vite qu’il prend feu en libérant IN SITU différentes particules radioactives ET chimiques.

Je tire ces informations d’un document de l’OTAN en date du 25 août 1992 (Document AC/258-D/425).

L’on peut lire dans ce même document :

« Un dépôt important de poussière d’uranium, de l’ordre de quelques g/m2, peut avoir un effet toxique sur les plantes et sur le bétail en pâture. Le dépôt d’uranium « appauvri » pourrait alors finir par être ingéré par l’homme, si la contamination se met dans la chaîne alimentaire.

Le taux de conversion de l’uranium « appauvri » métallique en oxyde, sous la forme de particules d’un format potentiellement respirable (très petites), est bien plus important (de 10 à 1000 fois) en cas d’explosion qu’en cas d’incendie. En outre, des éclats d’uranium « appauvri » en feu peuvent être projetés à des distances considérables, créant des sources secondaires de fumée d’uranium « appauvri » et de contamination de la surface. »

Les pays voisins des régions bombardées n’ont pas été épargnés par les retombées de particules radioactives et chimiques…comme le Koweït, l’Arabie Saoudite, l’Iran, des régions d’Albanie, de Macédoine, de Grèce, du Pakistan, pour ne citer qu’eux.

Il y a donc une pollution des sols, des eaux et de l’air pour plusieurs milliards d’années et cela provoque des problèmes importants de morbidités (nombreuses maladies induites), de mortalité et d’apparition de malformations congénitales monstrueuses puisque l’ADN est touché…il y a donc une transmission aux générations suivantes.

 L’uranium « appauvri » est un déchet nucléaire « recyclé » par les pays utilisateurs comme une munition classique.

C’est un déchet radioactif issu de l’enrichissement de l’uranium destiné aux réacteurs nucléaires civils et militaires.

Il contient environ 0,2% d’uranium 235 et 99,75% d’uranium 238 dont la demie vie (période) est de 4,5 milliards d’années (l’âge de la terre !). On l’appelle « appauvri » parce que son activité est de 40% inférieure à celle de l’uranium naturel…ce qui ne signifie nullement qu’il est moins dangereux !

Il faut, en effet, rappeler que l’uranium « appauvri » utilisé dans l’armement est mélangé à de l’uranium issu des usines de retraitement qui contient des produits de fission hautement radioactifs comme l’uranium 236, le plutonium 238 et 239, le technétium 99 ou le ruthénium 106 qui potentialisent de fait sa nocivité.

 Le mythe de la « guerre propre » a fait long feu…si je puis dire !…pour les peuples autochtones comme pour les militaires et journalistes ayant approché de trop près les pollutions de ces armes.

 L’Agence Internationale de l’Energie Atomique prévoit d’ailleurs un excès d’un demi million de morts rien que pour l’Irak !

 Il y a une violation des règles internationales de radioprotection.

Selon le Droit International sur le contrôle des armements, les armes à l’uranium « appauvri » sont illégales (Convention de LA HAYE de 1899 et 1907, de GENEVE de 1925 et 1949, Charte de NUREMBERG de 1945, Convention des Nations Unies du 10 octobre 1980 dite « Convention des armes inhumaines ») pour les raisons citées précédemment.

« Dans la plupart des rapports officiels, la question du respect de la réglementation et des normes de radioprotection est totalement éludée. Pareillement, le terme de « déchets radioactifs » et les prescriptions qui s’y rapportent sont tabous. C’est pourtant la terminologie appropriée pour décrire les obus et munitions à l’uranium appauvri dispersés dans l’environnement. » (Document CRIIRAD Corinne Castanier et Bruno Chareyron).

 La désinformation, qui présente l’uranium « appauvri » comme un produit anodin, permet aux pays comme la France de se défausser de la prise en charge des coûts de décontamination mais surtout de banaliser dans l’indifférence générale l’usage de telles armes dans les conflits en condamnant pour « l’éternité » des populations civiles innocentes.

 Les armées de près de 50 pays sont équipées de ces munitions à l’uranium « appauvri » !

Arrêtons ce massacre sous couvert de l’OMS et de l’ONU !

L’utilisation de ces armes à l’uranium « appauvri » est un CRIME CONTRE L’HUMANITE !

 Il y a donc, malheureusement, pire que la folie fanatique d’un individu comme celle de Mohamed MERAH…il y a la folie meurtrière des Etats comme la France et bien d’autres.

 Vous êtes candidat(e) à l’élection présidentielle, je souhaiterais donc connaître votre engagement concernant ce grave problème…bien plus important que celui d’un individu fanatique puisqu’il concerne l’engagement moral de notre Nation vis-à-vis du peuple français et des Nations de la planète.

 Vous engagez-vous à arrêter (dès votre arrivée à la tête de notre pays), détruire et interdire l’usage des armes à l’uranium « appauvri » en France et à œuvrer sans relâche auprès des instances internationales comme l’ONU pour que les armes à l’uranium « appauvri » soient définitivement interdites dans tous les conflits sur la planète ?

 Certain de votre bienveillante attention et de votre réponse réalisée avec la plus grande célérité, veuillez agréer Madame, Monsieur, l’assurance de mes meilleurs sentiments.

 

 Thierry LAMIREAU

Publié dans : REFLEXIONS PERSONNELLES | le 21 avril, 2012 |1 Commentaire »
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