1er DECEMBRE 2016: VISION PERSONNELLE D’UN PROCES CONTRE BOLLORE (Thierry LAMIREAU/lesoufflecestmavie.unblog.fr)

1er Décembre 2016:

Vision personnelle

d’un procès contre

Vincent BOLLORE

BOLLORE a des qualités

(Thierry LAMIREAU)

Mercredi 30 novembre 2016:

Départ d’ANNECY pour rejoindre PARIS en TGV.

Arrivé en milieu de journée je sens que ça pue dans les rues et j’apprends plus tard que je respire une pollution très importante intra-muros.

Pas de chance, avec mon ancienne pneumonie/pleurésie/décollement de la plèvre de 2014, je sais que c’est très MAUVAIS pour moi. Je sens que mes bronches n’aiment pas ce genre de truc et une toux importante arrive presque immédiatement.

Jeudi 1er décembre 2016:

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J’arrive au TGI de PARIS un peu en avance. Je vais à côté au bord de la Seine me mettre un peu au soleil mais je sais que c’est idiot puisque la pollution est toujours là.

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Je passe à côté du TGI et je remarque que les flics sont prêts à agir si des manifs se créaient devant l’entrée principale du Tribunal.

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Vers 13h, je pars vers l’entrée réservée au public. Là, chacun doit enlever manteau, sac, sacoche, pour les différents contrôles de sécurité.

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13h30, je rejoins mon avocate, Maître LHOTEL, avant d’entrer dans la salle d’audience en Appel.

Je retrouve les autres prévenus et les différents avocats.

Arrivée de la Cour:

Tu te lèves, on t’appelle pour vérifier ton identité, ta profession et ton lieu de résidence.

Les prévenus, donc moi dans le lot, sont installés sur des fauteuils devant la presse et les bancs réservés aux avocats et à leurs clients. Nous sommes très proches de la Cour.

Après un résumé de la situation, l’acocat de S.A BOLLORE, Maître Olivier BARATELLI, est invité à poser des questions à la journaliste de BASTAMAG, DJABALI Nadia, auteure principale de l’article présentant les problèmes liés à l’accaparement des terres dans différents pays.

Nous assistons à une « destruction » totale de l’article voire de la personnalité de la journaliste et de son travail. TERRIBLE ambiance où l’on voit l’action du défenseur de Vincent BOLLORE dans toute sa « splendeur ».

Maître BARATELLI s’adresse à la journaliste en disant souvent « celle-ci » !…

Il pose des questions humiliantes qui n’ont rien à voir avec ce qui nous amène TOUS ici à nouveau dans ce Tribunal puisque la société S.A BOLLORE a été déboutée de ses poursuites lors du procès en Correctionnelle.

L’avocat des journalistes, Maître Antoine COMTE, souligne d’ailleurs plusieurs fois ce fait et même la Présidente du Tribunal s’impatiente en demandant à Maître BARATELLI de « préciser sa pensée afin d’indiquer où il veut en venir ».

Je suis assis juste devant le défenseur de BOLLORE, à trente centimètres à peine. Il me surplombe et pourrait presque me toucher avec ses gestes amples.

Il est passionnant et impressionnant de voir le fonctionnement de la justice, in situ si je puis dire.

Autant en Correctionnelle j’avais pu sentir le professionnalisme « à longueur de manches » de l’avocat de BOLLORE autant là, en Appel, j’ai l’impression que Maître BARATELLI n’est « pas efficace » dans son intervention.

Tous les journalistes de BASTAMAG sont interrogés sur leur rôle dans la fabrication et la mise en ligne de l’article incriminé par le plaignant Vincent BOLLORE.

Arrive ensuite le tour des deux blogueurs, Laurent MENARD et moi-même ainsi que de la journaliste indépendante Dominique MARTIN-FERRARI. Le journaliste Pierre HASKI est absent.

Le pauvre Laurent MENARD est obligé de dire que ce n’est même pas lui qui a mis en ligne, sur le blog de son association de l’époque, l’article de BASTAMAG. Mais en tant que Président il a donc été mis en examen.

Il indique que des gendarmes sont venus le chercher à son domicile pour lui signifier sa mise en examen pour « diffamation » de la part de S.A BOLLORE. Il précise que l’article a été immédiatement enlevé du site de l’association. D’ailleurs cette association n’existe plus et l’élan militant proposé a été « cassé » depuis le début du procès. Bref, M MENARD ne comprend pas pourquoi il est encore là devant la Cour d’Appel.

Je suis ensuite appelé à témoigner. J’indique à la Présidente et à la Cour que « n’étant pas un professionnel de la parole et voulant rester précis je souhaiterais lire un texte personnel d’une durée de cinq minutes ».

Gros MALAISE:

La Présidente n’a pas l’air de bien vouloir suivre ma proposition. J’indique que « j’essaierai d’être le plus naturel possible ».  Je sens que je peux continuer et je n’attends pas de « temps mort ». J’enchaîne aussitôt la lecture de mon texte.

Je m’étais promis de rester décontracté mais, pas de bol, à un moment je sens l’émotion et le stress monter en moi.

Je sais qu’avec le stress j’ai énormément de mal à respirer à cause de mes récentes pathologies respiratoires. Je cherche l’air pour sortir les mots, c’est difficile. Je m’arrête un instant et je reprends. Je sens une bonne écoute de l’assemblée et de la Cour. J’arrive enfin aux derniers mots de mon intervention. OUF !

Je reste debout pour répondre à d’éventuelles questions…pas de questions !

Je vais m’asseoir, soulagé d’avoir pu dire, lire, ce que j’avais en tête depuis de nombreuses semaines.

Bien sûr, mon avocate avait lu auparant mon texte dans son cabinet et n’avait rien corrigé considérant que tout pouvait être dit ainsi.

Voir mon texte ici:

 fichier pdf LAMIREAU Th Appel Procès BOLLORE

Après la défense de la journaliste indépendante Dominique MARTIN-FERRARI sont arrivées les PLAIDOIRIES des différents avocats.

Le défenseur de S.A BOLLORE commence le premier.

Durée annoncée en séance du 30 juin 2016: 

45 minutes.

Durée réelle: 90 minutes.

Je ne reviens pas sur cette intervention. Cependant je sens que Maître BARATELLI essaye de défendre l’indéfendable en étant très virulent. A mes yeux de simple citoyen, sa plaidoirie n’est pas « terrible ». Il indique même que « les blogueurs auraient pu au moins l’appeler pour savoir si le texte des journalistes était diffamatoire ou non ».

Mauvaise pioche pour BOLLORE:

J’essaye de demander la parole immédiatement et je commence à dire que j’ai appelé le Service Communication à la Tour BOLLORE mais dans le bruit général ambiant je ne sais si cela a été entendu.

L’on m’indique que « je pourrai m’exprimer à nouveau mais plus tard ».

Je réfléchis et je me lève pour aller parler à mon avocate à l’extérieur de la salle d’audience.

Je lui parle en détail de cet appel téléphonique que j’avais réalisé auprès de la Tour BOLLORE, juste après les honneurs rendus aux morts de CHARLIE HEBDO. Je ne lui avais jamais parlé auparavant de cet appel car je ne pensais pas nécessaire d’en faire part…

Problème éventuel par rapport à la remarque de Maître BARATELLI: je peux parler de la teneur de cette communication et je sais que cela peut me servir pour une éventuelle autre défense si le procès continue car le contenu de cet échange a été très précis et éventuellement embêtant pour S.A BOLLORE.

Je me rends compte que Maître BARATELLI a trop parlé en disant que « les blogueurs n’ont pas essayé d’appeler l’entreprise S.A BOLLORE ». Je sais que mon éventuel témoignage peut poser problème vu sa teneur…

Mon avocate et moi revenons ensuite rapidement dans la salle d’audience.

L’avocat de l’artisan M. MENARD, Maître Raphaël MOLENAT, plaide très simplement mais très efficacement afin de montrer l’incohérence de la poursuite envers son client.

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Mon avocate, Maître Magaly LHOTEL plaide ensuite en mon nom et démontre aussi le non sérieux de la « plainte pour diffamation » à mon encontre de la part de S.A BOLLORE. Elle parle de ma santé, mauvaise, exacerbée par le stess du procès. Elle souligne l’incroyable conséquence financière induite pour ma défense depuis le début de la plainte de Vincent BOLLORE. Elle reparle de mon appel téléphonique au Service Communication de la Tour BOLLORE…et là, je me lève pour la « couper dans sa plaidoirie » et indiquer que je peux en révéler la teneur pour qui le souhaite. Puis mon avocate termine de plaider en ma faveur en montrant l’incohérence juridictionnelle appliquée sur le simple citoyen dans cette configuration à partir du moment où le plaignant (BOLLORE) fait Appel en Correctionnelle ce qui m’oblige à payer des sommes importantes pour continuer à profiter d’une défense compétente spécialisée.

Vient ensuite la plaidoirie de Maître COMTE pour la défense des journalistes de BASTAMAG.

Comme en Correctionnelle, il « démonte », « détruit » voire « ridiculise » la défense de l’avocat de S.A BOLLORE.

Là je m’aperçois que l’on a affaire à de sacrées « pointures » du Barreau…

Tout ceci est très intéressant surtout lorsque je sais que je suis « DANS le procès » et très proche physiquement des avocats et de la Cour.

L’audience se termine à 19h et la Présidente annonce que le verdict sera donné le 9 février 2017.

Encore attendre…Attendre et savoir si je gagne à nouveau comme en Correctionnelle, si je puis récupérer mes frais d’avocat voire plus même si je sais que dans ce cas là ce serait exceptionnel.

Je sais que je peux perdre mais si je gagne, je sais que Vincent BOLLORE a deux mois pour décider s’il arrête là ou s’il continue…en Cassation.

BOLLORE est un homme qui n’aime pas perdre même s’il a tort…

Tout ceci est très difficile à vivre. J’ai appris, malgré moi, que diffuser un texte, même d’autres personnes, peut mener à une suite juridique sans fin.

Je sors du Tribunal, épuisé physiquement mais moralement encore avec de l’espoir.

C’est vraiment une « histoire de dingue » pour moi. C’est ainsi. C’est ma vie.

Je me dis qu’il faut cueillir l’instant d’autant que, depuis un certain nombre d’années, ma santé en a pris un sacré coup notamment depuis mes multiples irradiations pour tourner mon documentaire URANIUM EN LIMOUSIN.

Voir le film ici:

https://www.youtube.com/watch?v=3ChXzVv1lmk&feature=youtu.be

Depuis 2001, ma vie a changé parce que mon corps m’impose d’autres objectifs et parce que je sais aussi que le psychologique, le stress, n’induisent pas de bonnes choses sur le physique notamment si l’on n’arrive pas à tout bien gérer d’une manière cool, comme l’on dit.

Pour plus d’infos sur le procès

voir ici:

https://reporterre.net/La-brutale-attaque-de-Bollore-en-justice-contre-Basta-et-des-sites-internet

Alors, CARPE DIEM.

Thierry LAMIREAU

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