SYRIE: AUCUN CONSENSUS N’A ETE TROUVE AU SUJET DE L’AIDE HUMANITAIRE(icrc.org)

SYRIE:

Aucun consensus n’a été trouvé

au sujet de l’aide humanitaire

-Interview-

syria-homs-rtx17f9h

Alors que la conférence de Genève II vient de se terminer, quelle est la situation humanitaire en Syrie ?

Rober MARDINI, chef des opérations du CICR pour le Proche et Moyen-Orient, apporte quelques réponses.

SYRIE: AUCUN CONSENSUS N'A ETE TROUVE AU SUJET DE L'AIDE HUMANITAIRE(icrc.org) dans REFLEXIONS PERSONNELLES syria-homs-rtx17f9h
(Homs, janvier 2014 © Reuters / Thaer Al Khalidiya)

Vous avez récemment accompagné le président du CICR en Syrie pour y négocier des questions d’accès. La conférence de Genève II, où de nombreuses déclarations ont été faites au sujet de l’évacuation des civils de la vieille ville de Homs et de la fourniture d’aide humanitaire, a pris fin il y a quelques jours. Quels changements concrets se sont produits sur le terrain ?

Malheureusement, aucun à ce jour. Le CICR et le Croissant-Rouge arabe syrien n’ont toujours pas accès à la vieille ville de Homs, ni à aucune autre zone assiégée en Syrie. Nous nous sommes bien sûr réjouis des déclarations et des promesses faites ici à Genève, tout comme de celles faites lors de notre récente visite à Damas, mais il faut maintenant que les paroles se traduisent en actes. Les garanties fournies à Genève ne suffisent pas – nous avons besoin de garanties des parties sur le terrain, dans la vieille ville de Homs et ailleurs. Pour que des activités humanitaires puissent produire un impact, elles doivent être cohérentes et bénéficier du soutien sans faille, non seulement des personnalités politiques qui étaient à Genève, mais aussi des dirigeants sur le terrain en Syrie. Elles doivent jouir de l’appui indéfectible de toutes les parties concernées.

Quelle est la situation humanitaire dans la vieille ville de Homs aujourd’hui ? Si les propositions faites à Genève étaient suivies, suffiraient-elles à sauver les habitants ?

Nous ne sommes pas retournés dans la vieille ville de Homs depuis novembre 2012. Alors déjà, la situation était catastrophique, vous pouvez donc imaginer ce que ce doit être aujourd’hui, après plus d’une année de siège. Depuis, malgré tous les efforts que nous avons déployés avec le Croissant-Rouge arabe syrien, nous n’avons jamais réussi à obtenir des parties concernées les autorisations et les garanties nécessaires pour pouvoir retourner à Homs et y apporter l’assistance dont la population à besoin de toute urgence. Nous avons reçu des rapports évoquant de graves pénuries touchant les vivres, mais aussi, et surtout, les médicaments et le matériel chirurgical nécessaires pour soigner les blessés graves. Cependant, nous sommes dans l’incapacité de confirmer ces rapports, car nous ne pouvons pas aller nous rendre compte nous-mêmes de la situation.

Homs est l’une des nombreuses zones assiégées, soit par les forces gouvernementales, soit par les groupes d’opposition armés, où les besoins des civils sont aigus. Ces besoins, dans la vieille ville de Homs comme ailleurs dans le pays, ne peuvent donc pas être satisfaits par quelques mesures simples et une distribution de secours isolée. Nous devrions être conscients que le problème n’aura pas de solution rapide et simple. Nous devons trouver un moyen beaucoup plus durable d’aider tous les Syriens et de faire le lien entre les besoins immenses et les activités humanitaires actuellement menées pour y répondre. Nous demandons d’avoir accès à toutes les zones assiégées et à tous les lieux de détention du pays, et d’être autorisés à distribuer des secours de façon impartiale.

Est-il vrai que vos convois n’ont pas été autorisés à pénétrer dans la vieille ville de Homs la semaine dernière ? Pouvez-vous encore travailler en Syrie malgré toutes les restrictions ?

Ni le CICR, ni le Croissant-Rouge arabe syrien n’avaient de convois attendant d’entrer dans la vieille ville de Homs la semaine dernière. Nous disposons de 200 collaborateurs permanents en Syrie et nous pourrons facilement apporter l’assistance nécessaire dans la vieille ville, par le biais de nos antennes à Damas ou Tartous, ou de l’entrepôt du Croissant-Rouge arabe syrien à Homs, dès que les conditions seront adéquates et que nous aurons reçu toutes les garanties dont nous avons besoin pour nos activités. Les stocks d’articles de secours sont prêts.

Malgré toutes les difficultés, notre personnel continue de travailler d’arrache-pied pour aider les civils en Syrie. Des ingénieurs hydrauliciens du CICR ont passé la semaine dernière dans le gouvernorat de Homs pour assurer un suivi de nos projets. Certains de nos ingénieurs étaient à Al-Rastan pour y installer une pompe à eau, tandis que d’autres travaillent à Alep, où de nombreux projets publics d’assainissement et d’approvisionnement en eau sont en cours. Simultanément, dans cette ville, les volontaires du Croissant-Rouge arabe syrien apportent une assistance aux personnes détenues à la prison centrale en leur fournissant des vivres et une aide pour l’hiver. Dans l’ensemble, ces activités vont bon train, permettant d’acheminer de l’eau par-delà les lignes de front, pour des millions de personnes. En termes d’assistance, alimentaire ou autre, nous voulons faire plus mais il nous faut pour cela un meilleur accès au terrain. Notre réponse aux besoins médicaux reste modeste car il est difficile de persuader toutes les personnes concernées que le matériel et les services médicaux doivent être fournis de façon impartiale. Enfin, nous continuons de tenter d’obtenir accès à tous les lieux de détention afin de pouvoir observer de près le traitement réservé aux détenus et leurs conditions de détention. Nous avons encore une fois soulevé toutes ces questions avec les autorités syriennes lors de notre récente visite et notre personnel sur le terrain assure le suivi nécessaire. Nous espérons que nos efforts porteront bientôt leurs fruits.

Si l’évacuation des civils vivant dans la vieille ville de Homs se concrétisait, y participeriez-vous ? Que dit le droit international humanitaire à ce sujet ? Si des civils restent à l’intérieur de la ville, cela signifie-t-il qu’ils sont ou qu’ils seront utilisés comme boucliers humains ?

Si les civils étaient évacués, nous ne pouvons pas dire à ce stade si nous y contribuerions ou non. Notre participation dépendrait du contexte de l’opération. Bien sûr, nous sommes prêts, non seulement à fournir une aide à tous les civils qui réussissent à fuir, mais aussi et surtout à prêter assistance aux habitants de la vieille ville. Selon le droit international humanitaire, les parties au conflit doivent autoriser les civils vivant dans les zones encerclées par les combats à partir pour des zones plus sûres s’ils le désirent. Elles doivent en outre veiller à ce que toutes les mesures et les précautions nécessaires soient prises pour protéger les civils. En vertu du droit international humanitaire, ceux qui choisissent de rester sur place sont protégés contre les attaques. De plus, les parties au conflit doivent autoriser et faciliter le passage sans encombre des secours humanitaires destinés aux civils. Par ailleurs, tous les malades et les blessés ont le droit d’être traités et soignés, sans discrimination aucune. L’utilisation de boucliers humains est interdite par le droit international humanitaire.

http://www.icrc.org/fre/resources/documents/interview/2014/02-05-syria-homs-mardini.htm

Publié dans : REFLEXIONS PERSONNELLES |le 6 février, 2014 |Pas de Commentaires »

Vous pouvez laisser une réponse.

Laisser un commentaire

consultationjuridique |
mediatorspot |
femmebattueencolere |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | tribulationsdepsys
| Bonjour d'Algérie Sou...
| kabylia2007