LES EFFETS SOUS-ESTIMES DES PARTICULES FINES SUR LA SANTE (Organisation Mondiale de la Santé)

Les effets sous-estimés des particules fines sur la santé

LES EFFETS SOUS-ESTIMES DES PARTICULES FINES SUR LA SANTE (Organisation Mondiale de la Santé) dans REFLEXIONS PERSONNELLES article_potechap

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© C. Magdelaine / notre-planete.info

Selon une étude[1] publiée par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), l’exposition à long terme aux particules fines[2] (PM2,5) peut être à l’origine de l’athérosclérose, d’issues indésirables de la grossesse ainsi que de maladies respiratoires chez l’enfant. L’examen des bases factuelles sur les aspects sanitaires de la pollution de l’air laisse aussi croire à l’existence d’un lien potentiel avec le développement neurologique, les fonctions cognitives et le diabète, et renforce le lien de causalité entre les PM2,5 et la mortalité cardiovasculaire et respiratoire. Cette recherche a été réalisée à la demande de la Commission européenne dans le cadre de la révision de la politique de l’Union Européenne (UE) relative à l’air de 2013.

Le Commissaire Européen à l’Environnement, M. Janez Potočnik[3], a d’ailleurs déclaré : « La politique de l’UE relative à l’air doit s’inspirer des dernières recherches scientifiques. Telle est la raison pour laquelle j’ai demandé à l’OMS d’entreprendre cette étude. Les liens ainsi mis en évidence entre la pollution atmosphérique et la santé humaine renforcent les arguments en faveur de l’élaboration d’une nouvelle politique ambitieuse : elle sera un élément clé de la révision de la politique relative à la qualité de l’air menée en 2013 ».

« Il y a quelques années seulement, en l’absence de données scientifiques claires à ce sujet, les normes et les réglementations en matière de pollution de l’air ne ciblaient pas suffisamment la santé humaine », a ajouté Mme Zsuzsanna Jakab, directrice régionale de l’OMS pour l’Europe. « Des années de recherche coordonnée par l’OMS ont permis de fournir les premières estimations quantitatives de la charge de morbidité imputable aux matières particulaires, et d’établir désormais des liens entre les polluants atmosphériques et les résultats sanitaires. Nous sommes confiants que ces nouvelles connaissances mèneront finalement à la formulation de politiques antipollution plus strictes afin de protéger la santé des citoyens européens. »

Plus de 80 % des Européens sont en effet exposés à des niveaux de matières particulaires (PM) supérieurs à ceux stipulés dans les lignes directrices OMS relatives à la qualité de l’air 2005. Chaque citoyen est ainsi privé en moyenne de 8,6 mois de vie.

Les résultats de recherches récentes mettent en évidence les liens existants entre les PM2,5 et la mortalité à des niveaux en dessous de ceux actuellement fixés par les lignes directrices relatives à la qualité de l’air, soit 10 µg/m3 par année. L’étude de l’OMS recommande par conséquent une révision des lignes directrices pour les matières particulaires d’ici 2015. Le rapport préconise également d’autres modifications à la législation de l’UE, étant donné que la valeur limite actuelle pour les PM2,5 fixée dans la directive de l’UE relative à la qualité de l’air ambiant est deux fois plus élevée que celle recommandée par les lignes directrices de l’OMS.

L’étude de l’OMS apporte de nouveaux éléments de preuve quant aux effets de l’exposition à long terme à l’ozone (O3) sur la mortalité respiratoire et les décès chez les personnes atteintes d’affections chroniques prédisposantes. Ceux-ci s’ajoutent aux conclusions antérieures sur les effets à court terme qui, d’ailleurs, font l’objet de la réglementation actuelle. Il s’avère aussi que l’exposition à l’ozone a un impact sur le développement cognitif et la santé génésique, dont les naissances avant terme. L’étude préconise l’élaboration de lignes directrices fixant les concentrations moyennes d’ozone à long terme.

Une nouvelle ligne directrice est également recommandée pour le dioxyde d’azote (NO2), un gaz toxique produit par le processus de combustion des systèmes de chauffage, de la production d’énergie et, en particulier, des moteurs des véhicules. De nouvelles études établissent un lien entre, d’une part, l’exposition à court et à long termes au NO2 et, d’autre part, la mortalité, les hospitalisations et les symptômes respiratoires à des concentrations égales ou inférieures aux valeurs limites actuelles de l’UE (qui sont fixées au même niveau que les lignes directrices OMS relatives à la qualité de l’air).

Un rapport technique complet relatif à l’examen des bases factuelles sur les aspects sanitaires de la pollution de l’air sera disponible au printemps 2013.

Notes:

  1. « Review of evidence on health aspects of air pollution – REVIHAAP » First results – OMS Europe
  2. Les matières particulaires sont des polluants atmosphériques constitués d’un mélange de particules solides et liquides en suspension dans l’air, comprenant généralement des sulfates, des nitrates, de l’ammonium et d’autres substances. Parmi les principales sources de matières particulaires d’origine humaine, il convient de mentionner le chauffage domestique, les activités industrielles et la circulation routière. Les effets de ces particules sur la santé sont notamment à l’origine de maladies respiratoires et cardiovasculaires et du cancer du poumon.
  3. Le Commissaire Européen à l’Environnement, M. Janez Potočnik, a proclamé « 2013 Année de l’air pour les politiques de l’UE ». Il s’agit de souligner l’importance de l’air pur pour tous et de mettre l’accent sur les mesures visant à améliorer la qualité de l’air dans l’UE.

Auteur:

Organisation Mondiale de la Santé

Publié dans : REFLEXIONS PERSONNELLES |le 2 mars, 2013 |Pas de Commentaires »

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