LE SOLITARIUM (Gaëtan PELLETIER)

Le solitarium

LE SOLITARIUM (Gaëtan PELLETIER) dans REFLEXIONS PERSONNELLES

Faut pas deux roux pour vivre…

Je sais.

Les gens voudraient qu’on leur donne des idées pour changer le monde. On pédale du cerveau comme jamais.

La bonne nouvelle est que pédaler sans aller nulle part conduit à soi. Et celui qui disait que celui qui pouvait vivre seul pouvait vivre avec le dieu en soi avait sans doute raison. Mais si peu y parviennent…

On aime bien que les autres pédalent pour nous.

La route était belle. C’était frais, ce matin. Du mois quand je suis parti. Après, il y a comme une boule jaune dans le ciel qui a décidé de me faire de la braise dans le dos.

L’art de savoir un peu est d’apprendre l’infini de l’ignorance.

En quoi en savons nous plus sur l’univers qu’un singe appliqué ? Un vers de terre ?

Il y a un génie qui a dit que l’Homme était une créature issue d’une extraterrestre qui avait « couché » avec un mâle terrien. Plus tard, elle a ramené la créature sur Terre.

Bon !

J’y crois également.

Le grand problème avec la « croyance », la foi, c’est qu’on essaie ensuite de la formuler par la raison.

La raison, c’est comme les feux de camps : il faut les éteindre, parfois, pour voir un peu les étoiles. Hélas ! Notre monde a tendance à tenter de nous en faire voir plein la vue par des artifices.

Alors ! On pédale. On fait du yoga. On marche. On cultive un jardin. Et on s’éloigne des grosses machines intellectuelles.

On est des mouches attirées par des lumières par soirs chauds d’été.

Pour brûler vraiment cette ère de mécanico-maniaques, givrés aux cuivre, à l’or, à tous les métaux et aux inventions funèbres, il faut se tremper dans un repos pour cesser de se nourrir de ces effrois brumeux.

On veut nous faire croire que c’est une vérité, des vérités.

Vérité ?

Vous vous prenez pour qui ?

Vous avez étudié Kant ?

Ah !

Et l’autre, là, le génie  que j’ai longtemps admiré. Nietzche.

Mourir à grands vœux…

On voudrait bien tout avoir, tout savoir avant de mourir. Et tout vivre. À force de coller tous nos désirs, on en aurait pour une éternité.

S’il n’y avait qu’une seule école utile au monde, ce serait celle qui écrirait sur un arbre :

School of Love. Avec un cœur dessiné.

Le reste ne vaut pas un clou.

Et puis, entre nous, avouons-le, nous sommes devenus les plus grands racistes au monde.

C’est la guerre creuse des cartésiens. Ben oui ! Les cartésiens veulent régler les douleurs des gens par une bataille de cartésiens.

Ah !

Nous vivons dans un monde où les idées ont de la valeur. Votre cerveau a un poids.

C’est le jeu de ceux qui ont décidé que les idées valaient mieux que…

On ne le dit pas.

On dit souvent, dans une formule Grand-Canyon : « Il faut changer le monde ».

Oui, mais tout le monde dans sa nourriture « intellectuelle » a sa formule.

L’erreur est qu’on a changé les gens en voulant trop changer le « monde ».

Je parle de la Nature, des gens, de la Vie avec un grand V.

Quand on pédale, qu’on jardine, qu’on marche, qu’on s’attarde à ce  vieil  homme qui s’est arrêté hier pour me parler de son fils devenu « légume » après un accident de moto… J’ai perdu la notion du temps.

Et c’est arrivé souvent..

Et tous me disent…

On n’est pas lourds… Un roseau pensant. Même s’ils ne connaissent pas la formule écrite.

Non…

Quand on pédale, on fait du sans maître.

Liberté.

Activez-vous! Et, surtout, attardez vous.

Si la vie est courte, il faut allonger le plaisir en ralentissant un peu ce rythme fou.

Il y a dans les petits moments de vie les plus grands moments de l’existence.

Je suis arrêté un jour dans une vente de garage. En regardant la dame qui était là, avec son chien qui voulait me bouffer, quelque chose s’est passé entre nous.

Et cela m’est arrivé souvent…

On n’est jamais seul quand on sait être bien avec soi. C’est sans doute le problème de bien des gens : l’incapacité de se libérer un peu des autres. Ce qui ne signifie pas s’en détacher complètement.

Juste être attentifs à certains auxquels nous sommes liés.

Par un grand mystère.

Et ça, personne ne vous l’enseignera à l’école.

Le solitarium n’est pas si solitaire que l’on pense. Il est une ouverture aux autres…

Car, au fond, tous les autres sont en nous…

Les idées peuvent nous séparer.

Mais jamais les belles émotions des rencontres inusitées et frappantes.

La beauté est le bonheur ne sont pas dans le prévisible.

Mais vous voyez bien que nous sommes confinés au prévisible.

Comme si la vie était un calcul.

Le calcul, c’est la mort et l’absence d’amour que nous ne nous offrons pas.

La méfiance.

Le plus énorme terrorisme humain qui  nous tue.

Un calque si cher de nos sociétés…

Gaëtan PELLETIER

9 août 21012

Publié dans : REFLEXIONS PERSONNELLES |le 25 janvier, 2013 |Pas de Commentaires »

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