LES RENNES, SYMBÔLE DE NOËL, DISPARAISSENT MASSIVEMENT (Christophe MAGDELAINE / notre-planete.info)

Les rennes, symbole de Noël,

disparaissent massivement

caribous_AlaskaPetits groupes de caribous vus le long de la route de l’Alaska à l’est et à l’ouest de Watson Lake, Yukon en hiver
© Watson Lake

L’emblématique Renne du Canada, si célèbre à l’approche des fêtes de fin d’année, voit sa population se réduire comme une peau de chagrin. Outre le caractère festif et magique qu’il revêt, le caribou est surtout essentiel pour la biodiversité et la survie des populations du Grand Nord Canadien.

LES RENNES, SYMBÔLE DE NOËL, DISPARAISSENT MASSIVEMENT (Christophe MAGDELAINE / notre-planete.info)  dans REFLEXIONS PERSONNELLES caribous_alaska

Les rennes se répartissent le long du cercle polaire arctique, on dit qu’ils ont une distribution circumpolaire. On les retrouve dans la toundra et la taïga dans le nord de l’Europe, en Sibérie et en Amérique du Nord.

En Amérique du Nord, le renne est appelé caribou. Autrefois, les troupeaux de caribous s’étendaient dans le centre de l’Idaho (USA), la région des Grands Lacs et au nord de la Nouvelle-Angleterre (USA). Cependant, comme de nombreux grands mammifères dans le monde, les populations sauvages se sont dramatiquement réduites et ils n’en restent qu’en Alaska, au Canada, dans l’état de Washington et au nord de l’Idaho, selon la Liste Rouge de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN).

En Europe, les populations sauvages ont une distribution fragmentée en Norvège, en Finlande et en Russie, la Suède ayant perdu ses rennes. En Laponie, les rennes semi-domestiques sont très répandus et la Norvège ne s’en cache pas au moment des fêtes. Enfin, une population sauvage d’un millier de rennes est établie en Islande.

En été, le renne broute de l’herbe, en hiver il se nourrit de mousse, lichen et champignons.

Déclin dramatique du nombre de rennes au Canada

En juillet 2012, le Ministère des Ressources naturelles et de la Faune (MRNF) du Québec a effectué un inventaire aérien de la population de caribous toundriques du troupeau de la rivière George, le troupeau de rennes considéré jusqu’alors comme le plus grand du monde.

Autrefois, ce gigantesque troupeau dénombrait de 800 000 à 900 000 têtes ! En octobre 2010, sa population était estimée par le MRNF à seulement 74 000 caribous, plus de 10 fois moins… Pire, en juillet 2012, cette population a encore été divisée par trois avec seulement… 27 600 individus : une véritable hécatombe.

Or, les biologistes des deux provinces survolées estiment que l’inventaire décrit la taille de cette population avec une précision supérieure aux normes habituelles, soit plus ou moins 10 %. D’autres indicateurs de la santé du troupeau, comme le taux de survie des adultes et le taux de recrutement des faons, sont suivis par les biologistes.

Malheureusement, ces données dramatiques confirment « le déclin du troupeau de caribous de la rivière George depuis quelques années ». Les ministres du gouvernement canadien ont qualifié cette diminution de « considérable et terrifiante ».

Le déclin des rennes menace les populations autochtones

« Les rennes tiennent une place centrale dans la vie et la culture de nombreux peuples indigènes des régions sub-arctiques. C’est pourquoi, leur déclin dramatique et sans précédent a suscité la vive préoccupation des peuples indigènes de la région qui craignent pour leur survie. En effet, dans le monde entier, des peuples indigènes tels que les Nenets de Russie, sont dépendants de leurs rennes », souligne l’ONG Survival International.

La baisse de 63% des populations de rennes sur ce territoire en seulement deux ans a profondément traumatisé les peuples qui en vivent comme les Innus, un peuple autochtone originaire de l’est de la péninsule du Labrador.

George Rich, un aîné innu du nord-est du Canada, a confié à Survival : « L’exploitation et l’exploration minières à outrance est l’une des principales causes de la disparition des caribous. La compagnie Quest Minerals a, par exemple, récemment annoncé qu’elle projetait de construire une route qui traversera le cœur de l’aire de mise bas du caribou et que des hélicoptères et des avions survoleront la zone pour atteindre les sites d’exploration« .

Effectivement, c’est la destruction des habitats qui est bien souvent à l’origine de la dégradation de la biodiversité. Là aussi, les projets industriels canadiens ont détruit une grande partie des pâturages, affectant gravement les routes migratoires des caribous.
En effet, les rennes parcourent de 15 à 65 km par jour dans la même région et deux fois par an, ils migrent sur plus de 1200 km, une condition parfois indispensable pour mettre bas.

Exploration pétrolière (sables bitumineux…), forestière, développement industriel, braconnage, tourisme, loisirs d’hiver sont autant de causes qui contribuent à exterminer les populations de rennes. Résultat : les grands troupeaux emblématiques du grand Nord sont réduits à une infime portion de leur taille originelle.

Mais contrairement au bon sens, le déclin du troupeau a conduit certains biologistes à désapprouver les pratiques de chasse des Innus qui ont vivement réagi. Ainsi Georg Rich a-t-il fait valoir : « Le gouvernement nous accuse toujours, nous les peuples indigènes, mais il oublie que nous coexistons depuis des générations avec les caribous et que nous avons une profonde relation avec eux« , relève Survival International.

Les Innus appellent à un meilleur contrôle de leurs territoires et de leurs ressources et demandent à être partie prenante dans les décisions qui affectent leurs terres et les animaux qui y vivent.

Stephen Corry, directeur de Survival International, a déclaré : « Il est facile de reprocher aux peuples indigènes de pratiquer la surchasse puisqu’ils n’ont généralement pas la possibilité de se défendre de ces accusations. Mais il a été largement prouvé qu’ils sont les meilleurs gardiens de leur environnement. Quand les gouvernements et les scientifiques le comprendront-ils enfin ? Nous devons commencer à écouter ce que les peuples indigènes ont à nous dire sur les problèmes qui affectent leurs propres terres : ils le savent mieux que quiconque« .

Dans tous les cas, ce sont les rennes qui se meurent, loin de la magie de Noël qui les encense pour la gloire de la consommation à l’origine de leur destruction.

Sources:

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Christophe MAGDELEINE/ notre-planete.info 

Publié dans : REFLEXIONS PERSONNELLES |le 22 décembre, 2012 |Pas de Commentaires »

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