L’ARRÊT DES HAUTS-FOURNEAUX DE FLORANGE: AUTOPSIE D’UNE COMMUNICATION RATEE !

L’arrêt des hauts-fourneaux de Florange:

L'ARRÊT DES HAUTS-FOURNEAUX DE FLORANGE: AUTOPSIE D'UNE COMMUNICATION RATEE ! dans REFLEXIONS PERSONNELLES mittalLe site ArcelorMittal à Florange, dans l’est de la France, le 30 novembre 2012 (Photo Jean-Christophe Verhaegen. AFP)

Autopsie d’une communication ratée

PARIS – Le sort du projet Ulcos et des haut-fourneaux de Florange était scellé dès le vendredi 30 novembre 2012 entre Matignon et ArcelorMittal, et pourtant, le secret, le flou et les non-dits ont entretenu l’ambiguité les jours suivants, nourri la colère des salariés et au final, fragilisé le gouvernement.

Au moment où Jean-Marc Ayrault prend la parole dans la soirée pour annoncer les résultats de la négociation entre le gouvernement et le géant de la sidérurgie, le Premier ministre sait parfaitement ce qu’il adviendra des hauts-fourneaux dans les prochains mois, ainsi que du projet de captage-stockage de CO2 Ulcos.

A l’issue de la période de dialogue social, les hauts-fourneaux seront complètement arrêtés, sans perspective à court ou moyen terme de redémarrage, et le projet Ulcos, qui porte depuis des mois les espoirs des salariés, est abandonné sous sa forme actuelle, car il n’est pas assez abouti.

Le sidérurgiste et le gouvernement s’accordent ainsi dès vendredi pour retirer leur soutien à la demande de financement européen et travailler sur un nouveau projet, un Ulcos 2, qu’il proposeront lors d’un appel à projet ultérieur de la Commission, ce qui repousse de plusieurs années sa réalisation.

Les deux parties formalisent ce point dans une annexe à l’accord, dont l’existence a été révélée à l’AFP par une source proche du dossier.

Pourtant, lors de sa déclaration, le Premier ministre fait le choix de ne pas annoncer abruptement que les hauts-fourneaux sont condamnés, et ce flou étalera sur toute la semaine la polémique et la rancoeur des salariés, malgré les nombreuses interventions du Premier ministre, et celle du Président François Hollande.

Amère potion 

La faible activité actuelle en Europe ne permet pas d’envisager un redémarrage des hauts fourneaux à court terme, indique, sybillin, le Premier ministre. Puis, curieusement, il lie l’avenir des hauts fourneaux à la réalisation d’Ulcos, qu’il sait être repoussée aux calendes grecques.

Le gouvernement a obtenu l’engagement du groupe de les maintenir dans un état qui permette, le moment venu, la réalisation d’un projet industriel d’avenir. C’est le projet Ulcos.

Les syndicats, qui auraient préféré la solution d’une nationalisation temporaire, se montrent déjà critiques sur l’accord, mais continuent de s’interroger, avec une déception à double détente en bout de piste.

Leur inquiétude croît dès le lendemain avec le silence du groupe sur les hauts-fourneaux et Ulcos.

Le ministre du Redressement Productif, Arnaud Montebourg, le très actif chantre de la nationalisation retoquée par Matignon, pousse, lui, M. Ayrault à faire preuve d’encore plus de fermeté avec ArcelorMittal, avant de faire profil bas.

Mardi et mercredi, c’est la douche froide: plusieurs médias révèlent des extraits de l’accord, qui confirme l’arrêt des hauts-fourneaux au terme de la procédure légale.

Colère, foutage de gueule, mensonge, s’écrient les syndicats qui se sentent floués, et qui vont en intersyndicale à Matignon rencontrer Jean-Marc Ayrault.

Mais le calice n’est pas encore bu jusqu’à la lie, car l’annexe, qui enterre noir sur blanc le projet Ulcos 1 au profit du futur Ulcos 2, n’a pas été révélée au grand jour.

Le rideau se lève le lendemain, jeudi, quand est rendu public le courrier par lequel le groupe formalise l’abandon de la demande de subvention européenne.

Pour les syndicats, et notamment l’emblématique leader de la CFDT locale, Edouard Martin, c’est la trahison.

On nous a bananés, a lancé, le secrétaire général de Force Ouvrière, Jean-Claude Mailly.

Des rebondissements en série sur lesquels les Français semblent s’être fait une idée: selon un sondage Tilder – LCI – OpinionWay rendu public jeudi 6 décembre 2012, 76% d’entre eux ne font pas confiance au gouvernement pour obtenir le respect des engagements pris par ArcelorMittal.

(©AFP / 07 décembre 2012 16h56) 

Publié dans : REFLEXIONS PERSONNELLES |le 7 décembre, 2012 |Pas de Commentaires »

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