« PRÊT A JETER », OBSOLESCENCE PROGRAMMEE (ARTE / Un film de Cosima DANNORITZER) + DOCUMENTAIRE DE FRANCE 3 SUR LE MÊME THEME

« Prêt à jeter »

(Obsolescence programmée)

-ARTE-

Un produit usé = un produit vendu ! Dans les années 1920, des industriels américains ont trouvé la formule magique pour soutenir la consommation : l’obsolescence programmée. Fini les bas en nylon qui résistent à tout et les ampoules qui durent cent ans, un bon produit est un produit jetable. Tourné aux quatre coins du monde, « Prêt à Jeter » est une enquête sur les bases de notre économie moderne – consommation, gaspillage et pollution.

Dans une société où la croissance est tirée par la consommation, les produits durables sont une catastrophe ! Et c’est une constatation qui ne date pas d’hier. Dès 1928, on pouvait lire dans une revue spécialisée, « un produit qui ne s’use pas est une tragédie pour les affaires ».

L’obsolescence programmée:

un gâchis organisé ? 

 (THIERRY LIBAERT / LIBERATION)

Si l’obsolescence programmée existe depuis plus d’un siècle, ce n’est que depuis moins de deux ans qu’elle est devenue un objet de débat public et d’interpellation politique.

Elle repose sur un principe de développement économique assez imparable : si les objets que nous utilisons possédaient une durée de vie infinie, l’absence de rotation freinerait fortement le développement industriel. C’est ainsi que la société Dupont qui fabriquait des bas qui ne filaient pas décida dans les années 40 de commercialiser des bas plus fragiles afin d’accélérer le rythme des ventes.

Trois types d’obsolescence programmée existent.

Il y a la conception de produits pour une durée de vie limitée. De nombreuses semelles de marques de chaussures de sport sont ainsi conçues pour une durée de vie inférieure à deux ans.

Il y a la conception technique, non du matériau, mais du système prévu pour accélérer, voire créer la défaillance. C’est le cas de l’imprimante qui s’arrête à la millième impression parce qu’un microprocesseur intégré au système en déclenche l’arrêt. De même, le condensateur de certaines télévisions pour lesquels un déplacement de quelques centimètres prolongerait la durée de vie de deux ou trois ans.

C’est enfin le cas d’appareils conçus pour empêcher toute réparation, à l’exemple de certains smartphones ou tablettes. Selon un rapport de l’ADEME (été 2012), seuls 44% des appareils électroniques sont réparés.

La lutte contre l’obsolescence programmée doit éviter amalgames et diabolisation du phénomène. Celui-ci est inhérent au développement économique. Par ailleurs, il serait inutile d’exiger des constructeurs de téléphones mobiles des produits qui durent dix ans alors que, malgré leur parfait état, nous en changeons tous les 18 mois.

Cette lutte doit s’attacher aux dérives les plus flagrantes. Menée sereinement, elle peut réunir les associations environnementales qui pointent le volume des déchets engendrés (en 2011, on estimait à 220 millions de tonnes le volume des déchets ménagers produits dans l’UE, soit un peu plus de 500 kilos par habitant – chiffres Eurostat, hors déchets industriels), les associations de consommateurs qui réclament une meilleure information sur la qualité et la longévité des produits, enfin les entreprises européennes qui trouvent là un moyen de récupérer une partie de la confiance perdue et surtout un élément pour prendre l’avantage sur les produits émanant d’entreprises majoritairement américaines ou asiatiques.

C’est aussi le moyen pour les pouvoirs publics de soutenir les filières de réparation potentiellement créatrices d’emplois et de faire acte de solidarité puisque les conséquences de l’obsolescence programmée s’exercent surtout sur les personnes à faibles revenus.

L’opportunité d’une ouverture du chantier est sur la table. En deux mois, l’ADEME, TERRA NOVA et le Ministère de la Consommation ont appelé à une régulation du sujet. Les entreprises doivent prendre les devants et participer à un débat permettant confiance, emploi et avantage concurrentiel.

Pour l’engager, la balle est dans les mains des pouvoirs publics.

Les pistes d’action sont simples et ne nécessitent pas d’investissement financier : empêcher les cas les plus flagrants, notamment lorsqu’un dispositif est introduit afin de réduire la durée de vie du produit, renforcer les garanties attachées au bon fonctionnement du produit et renforcer l’information du consommateur sur le modèle de l’étiquetage énergétique afin que celui-ci soit conscient des durées de vie estimatives des produits qu’il achète.

Nous célébrons en 2012, le 25e anniversaire du Développement Durableavec lequel l’obsolescence programmée est en contradiction totale. Est-ce l’occasion de mettre les actes en conformité avec les discours ?                                                                                      

« La mort programmée de nos appareils »

Enquête sur le géant Apple et sur de grandes marques d’électroménager, de téléphonie ou d’ordinateurs, qui font tout pour limiter la durée de vie de leurs produits pour que les consommateurs en achètent davantage.

Les techniques de l’«obsolescence programmée» sont variées et sophistiquées et leurs conséquences sont claires : surconsommation généralisée et au bout de la chaine, de gros dégâts environnementaux.
En 1985, un ordinateur fonctionnait au moins dix belles années. Aujourd’hui, c’est trois ans, au mieux, comme si la vitesse de péremption était la nécessaire contrepartie du progrès. Idem pour les lave-linge ou les chaînes hi-fi, dont l’espérance de vie semble inversement proportionnelle à celle de leurs utilisateurs. Pourquoi faut-il changer son téléviseur tous les trois ou cinq ans ?
Cette enquête explore le concept d’« obsolescence programmée » et pointe la responsabilité des fabricants. D’abord Samsung et ses télés éphémères (en cause, des composants bas de gamme qui chauffent trop vite). Puis Hewlett-Packard ou Apple. La plupart de ces entreprises concèdent que leurs appareils ne sont pas faits pour durer ad vitam aeternam, mais nient toute « planification » d’un délai d’utilisation. Une justification qui ne tient elle-même pas très longtemps face aux accusations égrenées dans ce film.
Aux Etats-Unis, des collectifs de consommateurs poursuivent des marques en justice, dénoncent un système commercial qui promeut sans cesse la fuite en avant — le remplacement par un produit neuf plutôt que la réparation des pièces défectueuses. Sans révéler de scoop (la plupart des exemples ont déjà été plus ou moins médiatisés), ce numéro de Cash investigation assure le droit de suite, fait le pied de grue devant le siège d’Apple pour obtenir des renseignements (sur l’impossibilité de changer soi-même la batterie des iPhone).                                                                                                       

Publié dans : REFLEXIONS PERSONNELLES |le 29 novembre, 2012 |Pas de Commentaires »

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