LE PROFESSEUR MAURICE TUBIANA: CELUI QUI N’A PEUR DE RIEN !(Thierry LAMIREAU)

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Arrêtons d’avoir peur !

LE PROFESSEUR MAURICE TUBIANA: CELUI QUI N'A PEUR DE RIEN !(Thierry LAMIREAU) dans REFLEXIONS PERSONNELLES tubiana1

Telle est l’injonction lancée

par Maurice TUBIANA

dans son dernier livre.

Le livre de Maurice TUBIANA  combat les « tenants du déclin et de l’obscurantisme scientifique. » Un ton  excessif comme d’habitude et surtout un manque de données chiffrées ou de sources. 

« A l’heure où il convient de préparer le futur, d’œuvrer pour le bien de l’humanité, alors que certains pays attendent de connaître un progrès qui leur a jusque là été refusé, il serait paradoxal de refuser le progrès et le développement.

Mettre un terme au progrès au nom du Principe de Précaution serait pour le moins paradoxal et excessif. » 

Toujours le même baratin de type « fasciste » pour dire au peuple: « Braves gens, circulez !…y’a rien à voir…tout va bien !…laissons faire les industriels pour travailler en silence !…laissons le « progrès » envahir la planète… »pour le bien de l’humanité. »

Médecin biologiste et physicien, Maurice TUBIANA martèle

que la catastrophe de Tchernobyl décompte uniquement

150 décès dus à l’irradiation…que les ondes des téléphones

portables sont sans conséquence…que sans les insecticides

certaines régions de France seraient inhabitables !…que les

OGM sont bonnes pour la santé…que la pollution

atmosphérique est négligeable…que l’alimentation

industrielle est bonne pour tous…que le nucléaire est sans

danger…

Maurice TUBIANA :

une technique de communication…

à la « GOEBBELS »!

Je ne lance pas ce titre à la légère. Je me souviens d’une

conférence organisée dans un amphi plein à craquer à la Faculté

de Médecine de la ville de LIMOGES dans les années 90 où

Maurice TUBIANA avait pris en exemple « les techniques de

communication de GOEBBBELS! »

J’étais présent dans la salle et j’ai été le SEUL à critiquer

M.TUBIANA sur cette citation et sur d’autres sujets puisqu’il

parlait des effets de la radioactivité sur l’Homme notamment

parce qu’à l’époque, les mines d’URANIUM tournaient encore au

maximum en LIMOUSIN, région que j’habitais.

RAPPEL:

 Joseph GOEBBELS

Joseph GOEBBELS
Bundesarchiv Bild 146-1968-101-20A, Joseph Goebbels.jpg Portrait de Joseph GOEBBELS par Heinrich Hoffmann.
Fonctions
15e chancelier du Reich (25e chancelier d’Allemagne)
30 avril 1945 – 1er mai 1945
Président Karl Dönitz
Prédécesseur Adolf Hitler (Führer)
Successeur Lutz Schwerin von Krosigk (Chef du gouvernement)
Ministre du Reich à l’Éducation du peuple et à la Propagande
13 mars 1933 – 30 avril 1945
Prédécesseur poste créé
Successeur Werner Naumann
Député représentant la 2e circonscription de Berlin
20 mars 1928 – 24 avril 19451
Élection 20 mars 1928
Réélection 20 mars 1928 • 14 sept. 1930 31 juillet 1932 • 6 nov. 1932 5 mars 1933 • 12 nov. 1933 29 mars 1936 • 10 avril 1938
Biographie
Nom de naissance Paul Joseph Goebbels
Date de naissance 29 octobre 1897
Lieu de naissance Rheydt (Allemagne)
Date de décès 1er mai 1945 (à 47 ans)
Lieu de décès Berlin (Allemagne)
Nationalité allemande
Parti politique NSDAP
Conjoint Magda Goebbels
Enfants Helga Goebbels Hildegard Goebbels Helmut Goebbels Holdine Goebbels Hedwig Goebbels Heidrun Goebbels

Joseph Goebbels Signature.svg

Reichsadler der Deutsches Reich (1933–1945).svg
Paul Joseph Goebbels, né le 29 octobre 1897 à Rheydt2 et mort à Berlin le 1ermai 1945, était un homme politique allemand, membre du Parti national-socialiste.

Ministre du Reich à l’Éducation du peuple et à la Propagande sous le Troisième Reich de 1933 à 1945, son nom reste indissolublement lié à l’emploi des techniques modernes de la manipulation des masses et de la démagogie qu’ont été capables de diffuser les propagandes des États totalitaires. Joseph Goebbels était un proche d’Adolf Hitler et, avec Hermann Goering et Heinrich Himmler, un des responsables les plus puissants et influents du Troisième Reich. Antisémite acharné, mais également antichrétien radical3, il joua un rôle moteur dans les persécutions contre les Juifs allemands notamment en déclenchant la Nuit de Cristal. Il est brièvement chancelier après le suicide de Hitler. Goebbels s’est donné la mort à Berlin le 1er mai 1945, avec son épouse Magda, après qu’elle eut fait empoisonner leurs six enfants.

Sommaire

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L’enfance et les études (1897-1922)[modifier]

Paul Joseph GOEBBELS voit le jour à Rheydt, une petite ville industrielle au sud de Mönchengladbach. Il est le fils de Fritz Goebbels et de Katharina Odenhausen. Fritz Goebbels est d’abord garçon de course dans une fabrique de réverbères, passant ensuite au grade de commis, d’employé de bureau, puis de comptable. Katharina Odenhausen est domestique dans une ferme. Ses parents, tous deux catholiques, ont eu, outre Joseph, cinq autres enfants : Konrad (1893-1949), Hans (1895-1947), Maria (1896-1896), Elisabeth (1901-1915) et Maria (1910). En 1901, Goebbels, atteint d’ostéomyélite, perd l’usage de son pied droit. Il subit, en 1907, une opération qui échoue et le contraint à porter un appareil orthopédique pour le restant de ses jours. De plus, cette infirmité le fait réformer, à son grand dépit[réf. nécessaire], alors que ses deux frères participent à la Première Guerre mondiale. Il en gardera toute sa vie un fort complexe4. Goebbels entame ses études primaires à partir de Pâques 1904 dans une école proche, puis suit des études secondaires, décrochant sa Reifeprüfung (équivalent du baccalauréat) en 1917. Excellent étudiant, « cet élève studieux était trop renfermé pour être aimé de ses camarades, trop prétentieux pour être apprécié de ses professeurs »5. Il poursuit ensuite des études universitaires en philologieclassique à Bonn, puis, après deux semestres, à Fribourg à l’été 1918 et l’hiver suivant à Wurtzbourg ; l’été 1919, il est de retour à Fribourg-en-Brisgau, avant d’aller étudier à Munich ; après un nouveau retour à Fribourg, il s’inscrit à l’université de Heidelberg, où il termine ses études. Sous la direction d’un professeur d’origine juive, Max von Waldberg, Goebbels entreprend une thèse de doctorat consacré à l’écrivain romantique Wilhelm von Schütz, « l’un des modèles du conservatisme intellectuel et politique le plus strict »6. Après un an de travail, Goebbels décroche son doctorat le 18 novembre 19217 : « jusqu’à sa mort, il ne manquera jamais, en toutes circonstances, de veiller que soit indiqué son titre universitaire, Monsieur le Docteur Goebbels »[réf. nécessaire].

Carrière au sein du parti nazi (1922-1933)[modifier]

220px-Bundesarchiv_Bild_183-R32860%2C_Berlin%2C_Trauung_von_Joseph_und_Magda_Goebbels ACADEMIE DE MEDECINE dans REFLEXIONS PERSONNELLES
magnify-clip ACADEMIE DES SCIENCES

Mariage de Magda et Joseph Goebbels. En arrière-plan, leur témoin, Adolf Hitler.

Un proche des frères Strasser (1922-1926)[modifier]

Après son diplôme, Goebbels œuvre comme journaliste, et tente sans succès de faire publier un roman d’inspiration auto-biographique, Michael8. Il cherche à compenser l’image dégradée qu’il a de lui à travers ses conquêtes féminines9, puis trouve des responsables à ses échecs littéraires lors de ses premiers contacts avec le NSDAP, en la personne « des juifs »4. Dès1924, Goebbels rejoint le NSDAP dirigé par Adolf Hitler depuis 1921. Son supérieur est Gregor Strasser, et son haut niveau d’étude le propulse à la tête des journaux nazis de la Ruhr. Sa grande intelligence et son éducation de haut niveau font qu’il a en charge successivement de plus en plus de journaux du parti dans de plus en plus de régions d’Allemagne. Parallèlement à cette activité, il produit de nombreux discours où ses talents d’orateurs sont appréciés. Dans le parti d’alors, les frères Strasser (Otto et Gregor) sont ses mentors. Ils ont une belle place au sein du parti, car ils ont su profiter du séjour de Hitler en prison[réf. nécessaire] (du 11 novembre 1923 au 20 décembre 1924). À son retour, Hitler ne peut le supporter. Joseph Goebbels fait donc ses premières armes dans une aile du parti qui est jugée plutôt rivale de Hitler (même s’il répète sans cesse son dévouement à ce dernier). À cette époque, il note dans son journal intime que certains discours de Hitler l’horrifient et le répugnent fortement, par leur brutalité, mais aussi par le rapprochement souhaité par Hitler du parti avec les puissances d’argent (le parti a besoin de financement). À l’inverse, il apprécie la modération des Strasser, leur « honnêteté », leur sympathie : il est alors impensable alors pour lui de les lâcher politiquement[réf. nécessaire]. Il n’hésite pas à dénoncer les « réactionnaires », et à proclamer que « seul le socialisme peut libérer l’Europe » : pour lui il faut d’abord bannir le libéralisme et rénover le socialisme. Il fait alors des discours dénonçant « le système capitaliste »10. Il admire Hitler, mais a des désaccords au sujet des nationalisations économiques (que Goebbels veut mettre en place partout) et sur la notion de propriété (Goebbels veut supprimer la propriété privée).

Au service de Hitler (1926-1933)[modifier]

Membre de l’aile gauche du parti, Goebbels va pourtant rejoindre son aile droite. Au début de 1926, Hitler remet progressivement la main sur le parti. Il s’appuie pour cela sur l’aile droite animée par Julius Streicher (que Goebbels appelle « les porcs », « les crapules d’en-bas »[réf. nécessaire]), qui s’oppose aux Strasser, et qui est en lien avec l’establishment allemand (Erich Ludendorff par exemple). Hitler, dans son discours du 14 février 1926 à Bamberg, devant 60 dirigeants du parti, définit une politique dont le seul ennemi est lebolchevisme. Ce discours offense profondément les partisans des Strasser. Goebbels est retourné, malade (« C’est ma cohésion intérieure qu’on m’a retirée. Je ne suis plus que la moitié de moi-même »)[réf. nécessaire]. Il commente : « Quel Hitler est-ce là ? Un réactionnaire ? L’Italie et l’Angleterre sont des partenaires naturels. Terrifiant ! […] Ne pas porter atteinte à la propriété privée ! (sic !) Atroce ! »[réf. nécessaire]. Durant le reste du mois de février, Goebbels et le clan Strasser essayent de retourner Hitler contre l’aile droite. Vainement, mais Hitler tempère, laissant une porte ouverte : dans un discours du 28 février, il s’en prend essentiellement au « marxisme ». Goebbels sait que c’est la chance à saisir, il prépare sa trahison : au début de mars, Strasser est grièvement blessé par des communistes lors d’un meeting ; c’est l’occasion pour Goebbels d’aller à la rencontre de l’aile droite. Le 12 mars, il est invité sur les terres d’un des tenants de cette dernière (en Franconie chez Streicher), puis le 21 mars, à Nuremberg, il rencontre Streicher et se réconcilie avec lui11. Le 27 mars, Goebbels fait son auto-critique, en écrivant un éditorial au titre évocateur : « Il y a quelque chose qui cloche en moi ! »12. C’en est fini du Goebbels « strasserien » ; désormais Goebbels est entièrement hitlérien. Cette trahison n’empêche pas que Goebbels a toujours admiré Hitler (13), et met ses erreurs sur le dos de ses mauvais conseillers, notamment Hermann Esser, le responsable de la propagande du NSDAP. Goebbels est donc tout dévoué à Hitler. D’autre part, si Goebbels est pour le socialisme, il se dit absolument contre le marxisme, mais pour la suppression de la propriété privée14 et de ce fait[réf. nécessaire], un national-socialiste convaincu. Concernant son antisémitisme virulent, l’historien Joachim Festrelève qu’au départ de sa carrière politique, Goebbels se moquait de l’« antisémitisme simpliste des politiciens racistes ». Néanmoins, par la force des choses, notamment la consolidation du Troisième Reich, la baisse de son influence et surtout la recherche de nouvelles cibles, il devint un antisémite des plus acharnés, bien qu’il s’agisse sans doute plus d’une tentative de « compenser sa disgrâce physique », qui ne correspondait pas aux canons du Troisième Reich, qu’une conviction profonde15. Mais ce retournement de situation, Goebbels l’a aussi souhaité ; car il a compris que le camp de Strasser est condamné à plus ou moins long-terme16. De plus, Goebbels sait qu’avec ses talents de propagandiste, il a une place dans le parti avec ou sans les Strasser. Hitler tient à s’attacher ses services, et pour cela il met les moyens : alors qu’il convoque l’aile gauche et l’aile droite à Munich, pour s’expliquersur le 12 février[Passage problématique], Hitler réserve un traitement de faveur à Goebbels. Dès le premier jour, il lui offre une accolade chaleureuse avec les larmes aux yeux ; Goebbels dit être alors « sur un nuage »17. Puis Hitler multiplie les privilèges pour son hôte : il l’attend seul à son hôtel ; ils dînent ensemble, c’est Hitler qui invite « et il ne mégote pas ! » commente un Goebbels flatté. À l’opéra, Hitler se met à côté de Goebbels, ce qui le flatte davantage encore. Le lendemain matin commence l’explication : l’aile droite charge Strasser et Goebbels qui réplique, les insultes fusent. Hitler se frotte les mains : il n’a plus qu’à apparaitre à la fin de la réunion comme « le dieu pacificateur et unificateur »18. L’après-midi, Hitler le partage avec Goebbels, Kaufmann et von Pfeffer pour expliquer ses nouvelles positions : individualisme et collectivisme sont liés ; il prévoit du privé et du public dans son économie, dans une sorte d’économie mixte. Hitler réinvite Goebbels le 15 avril chez lui, qui y reste trois jours ; puis ils vont à Wulle[précision nécessaire] pour un meeting, dînent ensemble, Hitler l’embrasse et le flatte tellement que Goebbels croit qu’il le « porte dans son cœur comme personne d’autre »19. Le 20 avril, Goebbels a l’honneur de fêter l’anniversaire du Führer (37 ans) avec lui. Hitler remplace peu à peu ses amis d’antan : Strasser, mais aussi Kaufmann qui n’hésite pas à le lui reprocher dans une lettre début mai 1926. Goebbels semble avoir fait son choix depuis longtemps déjà. Le retournement de Goebbels s’est donc effectué là. Hitler a réussi, en soufflant d’abord le froid le 13 février[Passage problématique], incitant Goebbels à se rapprocher de Streicher (19-20 mars), puis en soufflant le chaud en avril (meeting de Munich vendredi 9 avril, anniversaire de Hitler le 20, meeting du 22 mai) l’incitant à se rapprocher de lui-même[réf. nécessaire]. Ce retournement et cette fidélité nouvellement témoignée sont récompensés[réf. nécessaire], tout comme le succès de ses actions de propagande. Pour redonner de la visibilité au parti, en perte de vitesse, Goebbels a multiplié les scandales et les provocations, en utilisant les rixes, les harangues anticommunistes ou antisémites. L’ensemble de ces coups d’éclat peu glorieux lui valent d’être méprisé par la population, qui le nomme « Superbandit », mais permet de nouvelles adhésions au parti.[réf. nécessaire] En contre-partie, il est nomméGauleiter de Berlin à partir de 1926, il est élu dès les élections législatives de mai 1928, devenant ainsi l’un des douze premiers députésdu NSDAP à siéger au Reichstag20. : « Nous entrons au Reichstag […] comme des loups dans la bergerie », écrit-il dans Der Angriff, le journal qu’il avait fondé en 1927. Il épouse Johanna Maria Magdalena Behrend (mieux connue sous le nom de Magda Goebbels et qui était la seconde femme de Günther Quandt) le 19 décembre 1931. Sous le Troisième Reich, la propagande fait de Magda Goebbels l’épouse et la mère de famille modèle de l’Allemagne nazie. Il a cependant des liaisons avec de nombreuses femmes[réf. nécessaire], dont, entre 1936 et 1938, l’actrice tchèque,Lída Baarová. Le couple n’évite le divorce que grâce à l’insistance de Hitler, qui veut éviter que les frasques de Goebbels soient connues.

Ministre de la Propagande : 1933-1945[modifier]

Article détaillé : Ministère du Reich à l’Éducation du peuple et à la Propagande.
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magnify-clip CANCERS
Goebbels et la cinéaste Leni Riefenstahl, en 1937.

Le 11 mars 1933Hitler le nomme ministre du Reich à l’Éducation du peuple et à la Propagande en raison de ses talents d’orateur et de rhétoricien. Son rôle est essentiel dans la mise en place de la dictature nazie et de la diffusion des mots d’ordre. Selon lui, « l’idéal, c’est que la presse soit organisée avec une telle finesse qu’elle soit en quelque sorte un piano sur lequel puisse jouer le gouvernement »[réf. nécessaire]. Nommé ministre, il se trouve à la tête d’un ministère comptant 1 300 agents aux moyens en expansion durant toute son existence ; du fait de ses activités, le ministère est rapidement divisé en départements spécialisés, contrôlant l’ensemble des médias. Ministre chargé de la Propagande, il préside une conférence quotidienne au cours de laquelle il édicte les consignes devant être répercutées par le parti et la propagande de l’État21. C’est son ministère qui régente et censure la presse écrite, la radio, le cinéma, l’art. Sous l’impulsion de Goebbels, les moyens modernes de communication sont considérablement développés : radio, informations cinématographiques et même télévision (dès 1935). Le 21 mars 1933, il organise la journée de Potsdam, peu avant le vote de la loi des pleins pouvoirs par le Reichstag, lors de laquelle Hitler obtient le ralliement du Zentrum contre d’éventuelles garanties constitutionnelles qui ne seront pas réalisées. Le Telegraphen Union du Trust Hugenberg est confisqué et fusionné avec l’Agence Continentale et l’Agence de presse Transocean pour créer une agence de presse aux ordres. En 1940, souhaitant toucher un lectorat plus intellectuel que les lecteurs du Stürmer ou du Völkische Beobachter, il crée un hebdomadaire, Das Reich, qui paraît du 26 mai 1940 au 15 avril 1945. Le journal voit sa diffusion tripler entre 1940 et 1944, tiré en octobre 1940 à 500 000 exemplaires et en 1944 à plus 1 400 000 exemplaires22. Avec ce journal, le ministre de la Propagande, qui écrit 218 éditoriaux durant toute l’existence du journal23, vise à la fois les nazis convaincus et un public plus informé et plus cultivé que le lectorat du reste de la presse nazie24. Partisan de la violence physique, il organise le boycott général de tous les magasins juifs le 1er avril 1933 et le 10 mai, 20 000 livres sont brûlés lors de l’autodafé organisé par les nazis sur la place de l’opéra à Berlin. Dès septembre 1933, une loi oblige à adhérer à uneChambre de la culture du Reich (Reichskulturkammer) pour pouvoir exercer une profession artistique ou celle de rédacteur en chef d’un journal. Comme cette adhésion est interdite aux « non-aryens », ces professions deviennent ainsi réservées aux seuls aryens. L’émigration de nombreux intellectuels commence. Goebbels est constamment aux avant-postes dans la radicalisation du régime contre les Juifs avant la guerre (par exemple, lors de la Nuit de cristal, dont il apparaît comme le principal instigateur25). Il est décrit comme de type méditerranéen, de taille moyenne (mesurant 1,65 m), la jambe droite déformée des suites d’un pied-bot ou d’une ostéomyélite, squelettique, de complexion maladive et disposant d’un nez proéminent et pointu26. De tous les dirigeants du Troisième Reich et hormis la personne de Hitler lui-même, Joseph Goebbels avait l’apparence la plus éloignée du canon esthétique nazi du grand blond athlétique aux yeux bleus27. Goebbels n’hésite pas à faire figurer ses propres enfants dans un film de 1939 destiné à justifier la politique d’euthanasie des infirmes alors que lui-même a été réformé du service militaire en raison de son pied bot. SelonJoachim Fest, il cherchait à compenser ses défauts physiques par une dévotion complète au nazisme28. Suite à la défaite de Stalingrad, Goebbels prononce le 18 février 1943 un de ses plus importants discours au palais du Sport de Berlin. Conscient que l’Allemagne est en train de perdre la guerre, il fait approuver par 15 000 délégués la guerre totale. Il conclut son discours par cette phrase : « Et maintenant peuple, lève-toi, et toi, tempête, déchaîne-toi ». Proche de Hitler, Goebbels joue un rôle déterminant à Berlin dans l’échec du complot du 20 juillet 1944 contre Hitler, rendant possible une conversation téléphonique entre le commandant Otto Ernst Remer et Hitler dans la Wolfsschanze, alors que la rumeur prétendait qu’il était mort. Il devient immédiatement après « plénipotentiaire pour la guerre totale » en juillet 1944. Durant les mois qui suivent, il continue de croire à la victoire du IIIe Reich. Ainsi, lors du congrès des Gauleiter à Posen début aout 1944, il rend les échelons intermédiaires de commandement responsables des défaites du début de l’été; puis, il expose les raisons d’être optimistes, à partir du moment où les traitres avaient été démasqués et punis29. À partir de l’automne 1944, il tente d’insuffler un esprit combatif à la population : le 3 octobre 1944, il participe à un meeting du NSDAP àAix-la-Chapelle, directement visée par l’armée américaine ; durant son discours, tout en reconnaissant un certain nombre d’erreurs, il insiste sur les points positifs de la situation militaire et politique dans laquelle se trouve le Reich à l’automne 1944, selon lui : des lignes de défense plus courtes, une connaissance du terrain30. Dans le même temps, lors d’une rencontre avec Hitler le 21 septembre 1944 il tente de convaincre ce dernier de négocier une paix séparée avec l’Union soviétique31. Durant cette période, le ministre de la propagande évolue au milieu d’illusions, non seulement sur la réalité de la situation militaire (et donc sur les probabilités réelles de victoire allemande)32, mais aussi de solutions diplomatiques, notamment avec l’Union soviétique33. Cependant, cet optimisme de façade est absent de son journal personnel qui témoigne plus d’un sentiment de morosité et d’abattement qui touche l’ensemble des dirigeants allemands durant cette période34. Le 21 janvier 1945, son dernier éditorial dans Das Reich lui fournit une dernière occasion de revenir,dans ce journal, sur les Alliés et le prétendu ciment de leur coalition. Selon lui, capitalisme et bolchevisme seraient les deux facettes d’une même domination, servie par les soldats alliés, mercenaires stipendiés par les Juifs, domination à laquelle le national-socialisme se serait attaquée35. Il reprend la thématique de la domination juive lors de son discours radiodiffusé du 28 février 1945: les alliés occidentaux, ayant contracté une alliance contre nature avec l’Union soviétique, ont «trahi» le Reich36 et le laissent seul aux prises avec l’«Etat Juif» par excellence, l’Union soviétique37. Le 19 avril 1945, il prononce son dernier discours public, dans lequel il développe pour la dernière fois en public le rôle historique que Hitler aurait assumé, selon lui, rôle pour lequel les Allemands lui devraient une obéissance totale38. Puis, il compare le Reich en déliquescence à Dieu qui refoulera sûrement les forces du mal, incarnées par la « juiverie internationale »39. Il suit son « Führer » jusqu’à la défaite. Le ministère de la Propagande, au service de « la sainte croisade du xxe siècle contre lebolchévisme », mobilise les troupes allemandes et le reste de la population au fur et à mesure que la situation militaire se détériore. Il est directement responsable[réf. nécessaire] des Volkssturm, troupes de réserve composées d’adolescents et de personnes âgées, lors de labataille de Berlin.

Les derniers jours[modifier]

Article connexe : Cabinet Goebbels.
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magnify-clip FASCISME

Joseph Goebbels remettant la croix de fer à un membre des Jeunesses hitlériennes, en 1945.

Après le suicide de Hitler dans l’après-midi du 30 avril, il est brièvement chancelier du Reich du 30 avril au 1er mai. Ses dernières tentatives consistent à essayer de prendre contact avec les Soviétiques qui sont à la Zimmerstrasse, non loin du Führerbunker de la Neue Reichskanzlei, en parvenant avec ses aides de camp à mettre en place un téléphone pour communiquer avec eux. Il tente alors de négocier un armistice, mais ne parvient pas réellement à joindre les autorités soviétiques. Refusant catégoriquement une reddition sans conditions, Goebbels se donne alors la mort par balle au soir du 1er mai 1945 avec son épouse Magda, après qu’elle eut tué leurs six enfantsâgés de 4 à 12 ans en les empoisonnant à l’aide de cyanure. Tout comme Hitler, son corps est partiellement brûlé par les aides de camp de la chancellerie à cause du manque d’essence. Ainsi, le 4 ou 5 mai, les soldats russes découvrirent son corps qui n’avait pu se consumer complètement ; son identification fut de ce fait facilitée par son profil caractéristique. Les dépouilles de la famille Goebbels furent alors transportés jusqu’à Rathenow et inhumés dans un champ (ou une forêt ?) près du village de Neu Friedrichsdorf, à environ un kilomètre à l’est de la ville où le SMERSH (contre-espionnage soviétique) avait son enceinte. Huit mois plus tard, ils étaient exhumés pour être ensevelis dans la garnison de Magdebourg au 32 et 36 Westerndstraße (aujourd’hui Klausenerstraße). Aussi longtemps que le territoire était sous l’autorité soviétique, le secret pouvait être bien gardé. En 1970, devant restituer au gouvernement de la République démocratique allemande les garnisons qu’ils occupaient à Magdebourg, les Russes craignirent que la découverte des dépouilles n’engendre un lieu de pèlerinage néo-nazi. Youri Andropov, chef du KGB, ordonna alors de faire disparaitre définitivement les restes. Le 4 avril au soir, les os furent déterrés et placés dans des boîtes. À l’aube du 5 avril, celles-ci furent empilées sur un bûcher à l’extérieur de la commune de Schönebeck à onze kilomètres de Magdebourg puis, d’un pont qui enjambe l’Elbe, à Biederitz (à une vingtaine de kilomètres de Schönebeck), les cendres furent dispersées dans la rivière40

Vie privée[modifier]

220px-Bundesarchiv_Bild_146-1978-086-03%2C_Joseph_Goebbels_mit_Familie FUKUSHIMA

Le journal de Goebbels[modifier]

Le copieux Journal tenu par Goebbels de 1923 à 1945 est un document capital pour les historiens et comporte 29 volumes édités intégralement par l’Institut für Zeitgeschichte (Institut d’Histoire contemporaine de Munich). On y découvre, de l’intérieur, le fonctionnement complexe du système nazi, l’idolâtrie servile de Goebbels vis-à-vis de son maitre infaillible, les intrigues et rivalités au sein du premier cercle, et surtout la machine à manipuler les esprits que dirige Goebbels. Trois thèmes lui serviront jusqu’au bout à entretenir ses propres illusions sur le succès final alors que troupes soviétiques et alliées ont manifestement mis à genoux la « Grande Allemagne » : les Juifs, responsables du mal par définition, les Soviétiques, autre incarnation du mal absolu, et les promesses de lendemains meilleurs. On découvre aussi la psychologie d’un personnage-clé du « Reich millénaire » niant les crimes nazis et s’indignant des « bombardements criminels » des villes allemandes, si bien qu’on finit par se demander s’il écrivait pour manipuler même la postérité ou s’il croyait en son discours[réf. nécessaire] . Dans le premier volume paru de la traduction en français du « Journal » de Goebbels (Journal 1943-1945, texte établi et annoté par Pierre Ayçoberry), on assiste au déclin puis à la chute du Troisième Reich. Grâce à une édition scientifique rigoureuse, cet ouvrage est un document de premier ordre sur les rouages du pouvoir dans l’Allemagne nazie. Le style est fréquemment grandiloquent et il est évident que Goebbels écrivait en pensant être lu plus tard[réf. nécessaire]. C’est sans doute pourquoi les écrits de Goebbels dérivent progressivement vers l’auto-justification et la recherche de coupables pour expliquer la défaite de plus en plus probable de l’Allemagne nazie. Les deux cibles principales de Goebbels sont à ce titre la Luftwaffe - et à travers elle Hermann Göring - et le haut commandement de la Wehrmacht, plus particulièrement les milieux aristocratiques. Derrière cette dernière critique, on sent poindre la fascination de Hitler et Goebbels pour Staline qui a, selon eux, réussi à mettre en place un régime totalitaire ultime en éliminant tous les cercles intermédiaires. Dans des tomes précédents, il aborde en 1941 la liquidation des malades mentaux, arguant que « Quarante mille d’entre eux sont déjà partis, et soixante mille doivent encore y passer. C’est un travail dur, mais nécessaire. » À la fin de 1941 et en 1942, il revient à plusieurs reprises sur l’extermination des Juifs, Emmanuel Le Roy Ladurie le qualifiant à cet égard d’« antisémitisme enragé » co-inspirateur de ce que Goebbels évoque aussi sous le nom de « liquidation », « anéantissement » ou « exécutions de masse »41. il a, en tant que Gauleiter, participé de manière active à la déportation des Juifs de Berlin. Enfin, le texte décrit de manière saisissante le désordre qui règne dans les milieux décisionnels du Troisième Reich et fait ainsi définitivement voler en éclats le mythe de la machine de guerre allemande bien huilée. En l’absence d’une hiérarchie définitive et d’une répartition claire des compétences, on assiste en effet à d’incessantes querelles personnelles – dans lesquelles Goebbels n’est jamais le dernier à s’impliquer – où le but est in fine de gagner les faveurs d’un Führer de plus en plus enfermé dans sa folie. Ce climat rend difficile voire impossible la prise de décision, la réalisation de tout projet concret. C’est ainsi que Goebbels n’a de cesse d’appeler à la guerre totale et s’épanche continuellement sur le sujet alors qu’en fait, de réunion en réunion, le projet n’avance pas. Goebbels lui-même prélève en 1944 des milliers de soldats sur le front de l’Est pour tourner en tant que figurants dans une de ses productions cinématographiques42. On peut aussi signaler qu’il parlait couramment français mais absolument pas anglais. Ceci explique peut-être ses erreurs de ton face à l’Angleterre, mais aussi les idées empruntées43 à Joseph Arthur de Gobineau[réf. nécessaire].

Films où apparaît le personnage de Goebbels[modifier]

Joseph Goebbels est un rôle récurrent dans les productions cinématographiques ayant pour thème le Troisième Reich. Parmi les acteurs qui l’ont incarné, on peut citer Ulrich Matthes (La Chute, 2004),, Sylvester Groth Mon Führer – La vraie véritable histoire d’Adolf Hitler, 2007, et Inglourious Basterds, 2009), et Harvey Friedman (Walkyrie, 2009), mais également :

Notes et références[modifier]

  1.  De facto.
  2.  Sauf mention contraire, cette section se fonde sur Lionel Richard,Goebbels. Portrait d’un manipulateur, s. l., André Versailles, 2008, p.21-57.
  3.  Édouard Husson Heydrich et la solution finale Perrin 2012 p.189
  4. ↑ a et b Les Nazis entrent au Reichtag [archive]
  5.  L. Richard, op. cit., p.24.
  6.  L. Richard, op. cit., p. 50.
  7.  L. Richard, op. cit., p. 55 (N.B. : indiquer le titre universitaire est néanmoins en Allemagne une pratique courante (le titre de docteur ou de professeur peut être inscrit sur ses papiers d’identité))
  8.  Joachim C. Fest, Les maîtres du IIIe Reich , Grasset, 2008, 489 p.(ISBN 978-2-246-72701-9)
  9.  (en) Gerhard Besier, The Holy See and Hitler’s Germany, Londres, Palgrave, 2007 (ISBN 978-1403988317), p. 130
  10.  Discours du samedi 28 février 1925.
  11.  « Là-bas [à Nuremberg] Julius Streicher m’attend. Longue discussion. Réconciliation » - 21 mars 1926.
  12.  Journal, 27 mars 1926.
  13.  « Quel type formidable ! », « Un sacré gaillard » - 13 mars 1926 ; « Hitler est grand » - 13 avril 1926.
  14.  Il écrit dans son journal le 9 février 1925 : « Mot d’ordre : contre le marxisme, pour le socialisme » et le 13 mars 1926 « Ne pas porter atteinte à la propriété privée ! (sic !) Atroce ! »
  15.  Joachim FestLes Maîtres du IIIe Reich, Grasset, Collection Le Livre de Poche Référence, 1965 [rééd. 2011], pp. 157-158.
  16.  « Nous ne sommes pas vraiment à la hauteur de ces porcs d’en face ! »- 15 février 1926.
  17.  13 mars 1926.
  18.  « Mais tout se termine dans la concorde, Hitler est grand, il nous tend une main cordiale à tous » - 13 mars 1926.
  19.  19 avril 1926.
  20.  L. Richard, op. cité
  21.  Jeffrey Herf, L’Ennemi Juif, p.30 (tout le paragraphe).
  22.  Jeffrey Herf, L’Ennemi Juif, p.30.
  23.  Jeffrey Herf, L’Ennemi Juif, p.31.
  24.  Jeffrey Herf, L’Ennemi Juif, p.31.
  25.  Édouard Husson Heydrich et la solution finale Perrin 2012 p.93.
  26.  Joseph Goebbels – Biography [archive]
  27.  On ironisait volontiers en disant que le bel Aryen était blond comme Hitler, grand comme Goebbels et élancé comme Goering, comme on le voit sur cette carte postale [archive].
  28.  Joachim Fest, The Face of the Third Reich, p.87, édition ?, année ?.
  29.  Jeffry Herf, L’Ennemi Juif, p.228.
  30.  Jeffrey Herf, L’ennemi Juif, p.230
  31.  Jeffrey Herf, L’ennemi Juif, p.228
  32.  Jeffrey Herf, L’ennemi Juif, p.230
  33.  Jeffrey Herf, L’ennemi Juif, p.228
  34.  Jeffrey Herf, L’ennemi Juif, p.230
  35.  Jeffrey Herf, L’ennemi Juif, p.231
  36.  Jeffrey Herf, L’ennemi Juif, p.235
  37.  Jeffrey Herf, L’ennemi Juif, p.235
  38.  Jeffrey Herf, L’ennemi Juif, pp.230 et 231
  39.  Jeffrey Herf, L’ennemi Juif, p.231
  40.  Tombes et sépultures dans les cimetières et autres lieux [archive] surtombes-sepultures.com. Consulté le 30 janvier 2012
  41.  Emmanuel Le Roy Ladurie, « Goebbels : les confessions d’un monstre [archive] », Académie des Sciences morales et politiques, 1998
  42.  Kolberg, de Veit Harlan, (1945). Drame sur la résistance héroïque de la citadelle de Kolberg aux canons de Napoléon. Film tourné en Agfacolor qui coûta huit millions de Reichmarks, le plus cher jamais produit par le régime nazi. La Wehrmacht fut requise pour les milliers de figurants en costume. Les plateaux devaient être sans cesse évacués sous les bombardements incessants de la RAF. Goebbels voulait une grosse sortie, mais eut du mal à trouver des salles intactes pour le projeter. Il s’agit de l’une des entreprises les plus démentielles[non neutre] de l’histoire du cinéma. Le film a été projeté par FR3 en 1988 et est disponible en DVD. C’est un film qui n’est pas sans qualités, aujourd’hui un précieux document sur la propagande du IIIe Reich.
  43.  Men behind Hitler [archive]

Annexes[modifier]

Écrits de Goebbels[modifier]

Textes publiés[modifier]

  • Das kleine abc des Nationalsozialisten (1925)
  • Lenin oder Hitler? Eine Rede (1926)
  • Die zweite Revolution, Briefe an Zeitgenossen (1926)
  • Wege ins dritte Reich, Briefe und Aufsätze für Zeitgenossen (1927)
  • Michael. Ein deutsches Schicksal in Tagebuchblättern (Roman, 1929)
  • Vom Proletariat zum Volk (1932)
  • Vom Kaiserhof zur Reichskanzlei (1934)
  • Der Faschismus und seine praktischen Ergebnisse Reihe: Deutsche Hochschule für Politik, Schriften Heft 1, Junker und Dünnhaupt 1934. Vorwort Paul Meier-Benneckenstein, Präsident der DHfP (Rede des G. in der « Hochschule »)
  • Kampf um Berlin (1934)
  • Signale der neuen Zeit (1934)
  • Kommunismus ohne Maske
  • Der Angriff. Aufsätze aus der Kampfzeit (1935)
  • Die Zeit ohne Beispiel (1942)
  • Das deutsche Hausbuch (1943) – Préface. Zentralverlag der NSDAP Franz Eher Nachf. GmbH
  • Das Eherne Herz (1943)
  • Der steile Aufstieg (1944)
Textes non publiés[modifier]
  • Der Lenz und ich und Du (Gedichte, o. J.)
  • Der Mutter Gebet. Ein Idyll aus dem Kriege (o. J.)
  • Bin ein fahrender Schüler, ein wüster Gesell (Novelle, 1917)
  • Judas Iscariot (Drama, 1918)
  • Heinrich Kämpfert (Drama, 1919)
  • Die Saat (Drama, 1920)
  • Wilhelm von Schütz als Dramatiker. Ein Beitrag zur Geschichte der Romantischen Schule (Dissertation, 1921)
  • Der Wanderer, Ein Spiel in einem Prolog, elf Bildern und einem Epilog von Joseph Goebbels. Dem anderen Deutschland geschrieben1923 begonnen, Fragment. 1927 aufgeführt.
  • Michael Voormann: Ein Menschenschicksal in Tagebuchblättern. (Roman, 1924)

Journal[modifier]

Bibliographie[modifier]

  • Ernest K. Bramsted, Goebbels and National Socialist Propaganda. 1925-1945, Michigan, Michigan State University Press, 1965
  • Elke Fröhlich, Die Tagebücher von Joseph Goebbels. Teil I, Aufzeichnungen 1923–1941, 14 Bände, Teil II, Diktate 1941–1945, 15 Bände, Teil III, Register, 3 Bände, München, K. G. Saur Verlag 1993-2008.
  • Imre Gyomai, Goebbels. Porte-parole du nazisme. (Documents contemporains), Paris, Les Éditions Nagel, 1945.
  • Joseph Goebbels, Journal 1923-1933, Collectif, Ed. Tallandier, 907 pages, 2006, (ISBN 2847343008)
  • Joseph Goebbels, Journal 1933-1939, Collectif, Ed. Tallandier, 968 pages, 2007, (ISBN 2847344615).
  • Joseph Goebbels, Journal 1939-1942, Collectif, Ed. Tallandier, 741 pages, 2009, (ISBN 2847345445).
  • Joseph Goebbels, Journal 1943-1945, Collectif, Ed. Tallandier, 766 pages, 2006, (ISBN 2847341145).
  • Jeffrey Herf, L’Ennemi juif – La propagande nazie, 1939-1945, traduit de l’anglais par Pierre-Emmanuel Dauzat, Calmann-Levy, Paris, 2011 (édition française), ISBN 978-2-7021-4220-2.
  • Angela Hermann, « In 2 Tagen wurde Geschichte gemacht ». Über den Charakter und Erkenntniswert der Goebbels-Tagebücher. Stuttgart 2008, ISBN 978-3-9809603-4-2.
  • Angela Hermann, Hitler und sein Stoßtrupp in der « Reichskristallnacht ». Vierteljahrshefte für Zeitgeschichte, 56 (2008), 603-619.
  • Angela Hermann, Der Weg in den Krieg 1938/39. Quellenkritische Studien zu den Tagebüchern von Joseph Goebbels, München 2011 (Studien für Zeitgeschichte, Bd. 83), ISBN 978-3-486-70513-3.
  • Anja Klabunde, Magda Goebbels : approche d’une vie, Paris, Tallandier, 2006
  • Peter Longerich, Goebbels. Biographie, München, Siedler Verlag, 2010, ISBN 978-3-88680-887-8.
  • Roger Manvell et Heinrich Fraenkel, Goebbels. Sa vie, sa mort, Paris, Robert Laffont, 1960
  • Hans-Otto Meissner, Erich Ebermeyer, Magda Goebbels. Compagne du diable, Paris, Edit. France-Empire, 1961.
  • Viktor Reimann, Goebbels, New York, Doubleday & Company, 1976.
  • Curt Riess, Goebbels, Paris, Librairie Arthème Fayard, 1956.
Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier]

Liens externes[modifier]

Un comble:

Alors que AREVA / COGEMA et M.Maurice

TUBIANA ont induit par leurs attitudes

« nauséabondes » une augmentation très

importante de la MORBIDITE et de la

MORTALITE de la population…

Traitement contre le cancer :

AREVA lance la construction

du « laboratoire Maurice TUBIANA »

pour la production de Plomb-212

« AREVA a lancé le 31 mai 2012 la construction d’un laboratoire de production de Plomb-212 de qualité médicale, sur le site de Bessines-sur-Gartempe, dans le LIMOUSIN. La filiale AREVA MED, qui porte ce projet au sein du groupe, franchit ainsi une nouvelle étape clef vers la production industrielle de Plomb-212, un isotope utilisé dans le développement de traitements contre le cancer. Ce laboratoire « unique au monde » selon le groupe, entrera en production en 2013. Il portera le nom du Professeur Maurice TUBIANA, membre de l’Académie des Sciences, dont les travaux sur le cancer font autorité dans le monde. Le lancement officiel de la construction du nouveau laboratoire fait suite à l’autorisation donnée en janvier 2011 par les autorités américaines à AREVA MED de débuter les premiers essais cliniques d’un nouveau traitement au Plomb- 212. L’innovation en médecine nucléaire est avant tout liée à la disponibilité des isotopes de qualité médicale. Avec le laboratoire Maurice TUBIANA, la production à l’échelle industrielle de Plomb-212, un isotope rare, doit permettre de traiter les formes les plus agressives de cancer. »

Interview:

« Paralyser les avancées scientifiques menace

notre avenir » (Pr. M. TUBIANA)

(Philippe PAVARD)

Publié le jeudi 15 novembre 2012 – 18h05

Dans son dernier livre « Arrêtons d’avoir peur », paru
aux éditions Michel Lafon, le Pr Maurice TUBIANA (1), pionnier de la cancérologie française, fustige la défiance actuelle orchestrée à l’égard de la science. Nous l’avons rencontré.

Comment expliquez-vous le mouvement de défiance à l’égard de la science ?

« Les Français sont devenus pessimistes et ont peur de tout. Vis à vis de la science, c’est essentiellement l’écologie qui a joué. Les écologistes leur ont dit que la science était nuisible, qu’elle avait détruit les équilibres naturels, que ce qu’elle avait introduit comme innovation comme les insecticides ou les OGM était très défavorable pour la santé, ce qui est totalement faux. Au contraire, les insecticides ont permis de lutter contre un certain nombre de maladies comme le paludisme et la dengue. Autrefois, des régions entières comme la côte orientale de la Corse ou la région de Montpellier étaient invivables tellement il y avait de moustiques et aujourd’hui elles sont devenues des régions recherchées…. On a créé ce sentiment de défiance en disant que la nourriture moderne est mauvaise, que les aliments ne sont plus naturels alors que jamais il y a eu aussi peu de maladies digestives liées à la nourriture. Jamais la santé n’a été meilleure en France comme le prouve le fait que la durée de vie s’allonge continuellement de trois mois par an, ce qui est gigantesque. La qualité de vie des gens âgés n’a jamais été meilleure. Il n’y a aucune base scientifique à la supériorité de l’alimentation bio. C’est l’exemple même d’une vision tout à fait théorique et idéologique qu’ont imposée les écologistes. Si l’alimentation bio a du succès, c’est bien la preuve d’un déficit français en culture scientifique. L’écologie a fait de la nature une divinité. Or la science paraît sacrilège car on l’accuse de ne pas respecter la nature. La France est devenue l’un des pays au monde où les écologistes ont le plus d’influence, notamment les plus radicaux d’entre eux.

Le principe de précaution a-t-il une responsabilité ?

Le principe de précaution a été imposé par Jacques Chirac uniquement dans un but électoraliste. Il y a vu un moyen d’exploiter la peur des français devant la science et le progrès. Je me suis battu pour qu’il ne soit pas inscrit dans la constitution mais dans son entourage, Mme Kosciusko Morizet, a été l’élément moteur pour finalement le faire voter. Nous avons hérité de la vision la plus radicale de ce principe. Heureusement, les gens commencent à réagir et à se dire que le principe de précaution est une fumisterie !

Vous pointez aussi du doigt le manque de culture scientifique chez nos élites…

La science n’est plus enseignée en France et on peut arriver à des postes importants sans avoir la moindre idée de ce qu’est la science et de ce qu’elle peut apporter, non seulement en pratique mais aussi en tant que formation intellectuelle, comme exigence de rigueur et de vérité. Nos magistrats n’ont pas de culture scientifique. Et l’ENA n’en donne absolument aucune. La plupart des hauts fonctionnaires qui sont passés par cette école n’ont donc aucune formation dans ce domaine et c’est une véritable catastrophe pour le pays ! On a en France un déficit qui s’aggrave en scientifiques. Et dans beaucoup de domaines, on ne forme plus assez de jeunes pour prendre la relève de ceux qui partent à la retraite. En plus, c’est mal considéré et mal payé. On présente en effet les scientifiques comme des apprenti-sorciers au lieu de voir en eux, comme autrefois, des bienfaiteurs de l’humanité. Il n’est pas étonnant dans ces conditions que les jeunes se détournent de cette discipline.

Cette défiance a des impacts importants. « A qui profite le crime » comme vous dites ?

Il est évident que si on veut mettre la France en difficulté, il suffit de dresser les Français contre la science et de diminuer les ressources financières affectées à des actions scientifiques pour les diriger vers des projets illusoires ou chimériques. Il y a des groupes de personnes dont la spécialité est d’attiser les peurs. C’est ainsi que des techniques prometteuses sont torpillées avec de graves conséquences. Regardez les cellules souches pour lesquelles on a pris du retard. On les a présentées comme quelque chose de dangereux et de diabolique alors que c’est le principal espoir pour lutter contre le vieillissement. Cela se fera ailleurs… Il en est de même pour les gaz de schiste prescrits comme dangereux, alors qu’aux Etats-Unis, ils constituent une source importante d’énergie sans effet nocif pour la population. Des ONG luttent délibérément contre la science et le progrès. Je pense en particulier à GREENPEACE. Ces ONG ont souvent leur siège et leur centre de commandement dans un paradis fiscal, ce qui interdit de savoir d’où proviennent les fonds. Elles peuvent très bien être manipulées par des pays ou des personnes qui ont intérêt à nuire à la France et à bloquer certaines initiatives.

Quelle est la responsabilité des médias dans ce mouvement ?

Les médias donnent de l’importance à des pseudo-scientifiques qui n’ont aucune formation, qui n’ont pas d’audience auprès de leurs pairs et qui n’ont jamais rien publié de sérieux. Cela tient au fait que beaucoup de journalistes eux-mêmes n’ont pas ou peu de culture scientifique. Ils se laissent prendre par les apparences : c’est comme cela que certains médecins (une minorité heureusement) peuvent tenir des discours absolument délirants. La peur stimule les ventes, stimule l’intérêt alors que rassurer n’attire pas le lecteur !

A contrario, n’êtes-vous pas en train de demander un retour au scientisme des trente glorieuses ? La science peut aussi se tromper…

Je ne demande pas du tout un retour au scientisme. Je demande que l’on fasse comprendre ce qu’est véritablement la science sans la caricaturer et que l’on réalise qu’un pays qui a une industrie ne peut pas se passer de la science. La France est malheureusement devenue un pays où la capacité d’innovation a beaucoup baissé. Nous ne pointons plus qu’au dixième rang de l’UE ! On a laissé détruire l’industrie faute de substratum scientifique suffisant ». _____ (1) Le Pr Maurice Tubiana a dirigé l’Institut Gustave Roussy de Villejuif, est membre de l’Académie des Sciences et de l’Académie Nationale de Médecine qu’il a présidée. Propos recueillis par Philippe PAVARD

« Le Principe de Précaution:

Bilan de son application quatre ans après sa

constitutionnalisation »

(Compte-rendu de l’audition publique du 1er octobre 2009)

Organisée par Claude BIRRAUX, député.

M. MAURICE TUBIANA,

MEMBRE DE L’ACADÉMIE NATIONALE DE MÉDECINE

Monsieur le Président, je voudrais insister sur un premier point : le principe de précaution tel qu’il a été inscrit dans la Charte de l’Environnement est très différent du principe de précaution tel qu’il était défini dans la loi Barnier et tel qu’il a été adopté à Nice en 2000 lors de la réunion des chefs d’État et de gouvernement de l’Union européenne.

Plusieurs garde-fous ont été supprimés mais la différence essentielle est la suppression de toute allusion aux bénéfices : dans le principe de précaution tel qu’il est dans la Constitution, on ne retient que les risques. Voilà qui est dangereux parce que l’évaluation en santé publique, et de façon plus générale dans la prise de décision, est fondée sur la balance bénéfice/risque.

La santé publique est née à la fin du XVIIIe siècle au moment où l’on a discuté de l’inoculation et de la vaccination contre la variole. Deux grands scientifiques, Daniel Bernoulli et d’Alembert s’étaient penchés sur le problème et avaient montré que l’on risquait environ 2 % de décès soit près de 300 000 morts en France, ce qui n’est pas un petit risque, cependant ils avaient malgré cela conclu à la nécessité de mettre en oeuvre une action contre la variole car leurs calculs montraient que le bénéfice allait être beaucoup plus grand que le risque. Effectivement, si nous n’avons pas de données précises sur l’ampleur du risque faute de statistiques, nous savons que l’espérance de vie a crû de dix ans entre 1800 et 1815 et que ce gain énorme d’espérance de vie, malgré les guerres napoléoniennes et toutes les perturbations de l’Europe liées à ces guerres, est le seul ayant été observé entre 1750 et 1850.

Le principe de précaution avait pour but de diminuer les risques et de rassurer l’opinion ; il faut voir si ces deux objectifs ont été atteints. En ce qui concerne les jugements, le Tribunal Correctionnel d’Orléans en 2005 a relaxé quarante-neuf faucheurs volontaires de maïs transgénique parce que « cette dégradation volontaire répondait à l’état d’une nécessité résultant d’une situation de danger ».

Le tribunal ne dit pas sur quoi est fondée cette situation de danger car aucun rapport scientifique sur les OGM, ni celui de l’Académie des Sciences, ni celui de l’Académie Nationale de Médecine, ni ceux de l’Union Européenne ne mettent en évidence un risque sanitaire. Sur le plan biologique, seule la composition du génome importe et non pas son origine (génome sauvage ou obtenu par mutation induite, sélection, hybridation ou introduction d’un gène étranger). Ce n’est donc qu’au cas par cas qu’on peut juger de la nocivité ou de l’innocuité d’un génome. Je voudrais aussi rappeler que cet OGM et beaucoup d’autres sont cultivés en Amérique du nord et du sud ainsi qu’en Asie et, sur les deux milliards d’habitants qui les consomment, on n’a détecté aucune altération de la santé qui leur soit imputable.

Rappelons aussi qu’un nombre élevé et croissant de médicaments sont fabriqués par introduction d’un gène étranger dans le génome de bactéries ou de plantes. Or, non seulement, ils n’ont pas causé d’effets délétères, mais ces produits, par exemple les hormones fabriquées à partir d’OGM sont reconnues comme étant beaucoup plus sûres que celles extraites de l’hypophyse humain et que les médecins qui utilisaient celles-ci ont été critiqués à cause de leur risque. Malgré cela, 80% des Français ont peur des OGM.

En ce qui concerne les antennes téléphoniques, il y a les jugements de la Cour d’Appel de Versailles en février 2009, ainsi que des tribunaux de Carpentras et d’Angers. Comme on l’a dit à plusieurs reprises ce matin, les prises de position de ces magistrats ont été fondées sur les plaintes de personnes ressentant des troubles qui provoquaient des angoisses ; elles s’estimaient hypersensibles aux champs magnétiques. Or, les travaux scientifiques effectués sur plusieurs de ces personnes ont montré que cette hypersensibilité n’existait pas puisqu’elles ne distinguaient pas mieux que les autres lors d’expérimentation des expositions véritables des expositions simulées.

Il existe un phénomène bien connu en médecine appelé nocebo, qui consiste à ressentir un effet nocif parce que l’on croît être exposé à une substance dangereuse, même si l’on n’y est pas exposé. Il y a au moins deux faits en cette faveur : des antennes non branchées ont provoqué des risques et des inquiétudes équivalentes à celles d’antennes branchées. En 1976 avait eu lieu une anecdote célèbre : un réacteur nucléaire était accusé de méfaits sanitaires alors qu’enquête faite, l’uranium n’avait pas encore été chargé dans le réacteur qui n’était qu’une coquille de béton vide… C’est ce que l’on appelle un effet nocebo, ressentir un effet nocif parce que l’on croît qu’il y a un risque. Il est parallèle à l’effet placebo, qui consiste à avoir sa santé améliorée du seul fait que l’on croit prendre un médicament ; vous savez que maintenant, dans tous les essais cliniques pour tester un médicament, on exige que les sujets témoins prennent un placebo, c’est-à-dire avec de la mie de pain, de façon à ce qu’ils croient être traités.

A propos des antennes téléphoniques, l’Académie Nationale de Médecine avait fait un communiqué sur ce problème à la suite du jugement de la Cour de Versailles mais celui-ci a eu très peu de retentissement. Ces exemples montrent que le principe de précaution, qui a donné d’énormes responsabilités aux magistrats, ne leur a fourni ni un cadre sous forme d’une loi, ni une formation spécifique qui leur donnerait une connaissance de ces problèmes.

La vaccination contre l’hépatite B est le plus grave problème médical posé par le principe de précaution. C’est une maladie très grave transmise par voie sexuelle généralement pendant l’adolescence. Quand un vaccin efficace a été fabriqué, le ministère de la Santé avait voulu faire faire cette vaccination dans les écoles pour que toute la population soit protégée. Cette mesure avait été mal acceptée car il y avait eu des rumeurs sur des collusions entre le Ministère de la Santé et les fabricants du vaccin. Dans cette atmosphère ambiguë est née une autre rumeur, beaucoup plus grave, accusant la vaccination d’être à l’origine d’une maladie grave : la sclérose en plaques. Bien qu’il n’y en ait eu aucune preuve.

En invoquant le principe de précaution, la décision d’arrêter la vaccination en milieu scolaire a été prise. M. Birraux parlait du parapluie ; j’ai eu là une occasion d’en vérifier l’existence ! Plusieurs personnes qui ont eu à prendre cette décision ont eu l’amabilité de vouloir en discuter avec moi, je me rappelle la réflexion de l’un d’eux : « Vous m’avez montré que la vaccination ne comporte pas de risque de sclérose en plaques, soit, mais mon problème à moi est de ne pas être envoyé devant les tribunaux… » Le principe de parapluie a joué. Le résultat est qu’en France, moins de 30 % des adolescents sont vaccinés contre 85 % en moyenne dans les autres pays de l’Union européenne. La conséquence pratique en sera un excès d’environ 500 décès par an. Cet exemple montre que le principe de précaution peut être nocif pour la santé s’il ne met pas en balance risques et avantages.

Les insecticides sont un autre exemple des méfaits du principe de précaution.

Sur le plan physiologique, les insectes et les mammifères n’ont pas le même système physiologique ; aussi est-il normal qu’existent des produits dépourvu de toxicité pour les mammifères, et toxiques pour les insectes. Le DTT a été le premier insecticide efficace. Après avoir donné le Prix Nobel à son inventeur, on l’a accusé de tous les méfaits à la suite de travaux dont la validité était incertaine. Or, l’OMS l’a récemment réhabilité et conseille de nouveau son usage. La découverte du DTT est parallèle à celle des antibiotiques et de la pénicilline, fondée sur ce même principe que les bactéries et les mammifères n’ont pas la même physiologie, si bien que l’on trouve des substances toxiques pour les bactéries mais inoffensives pour les mammifères.

Je rappellerai les bénéfices des insecticides, notamment l’éradication du paludisme de presque toutes les rives de la Méditerranée. Grâce à eux, des territoires comme la côte orientale de la Corse ou certaines portions du Languedoc, auparavant terres désolées, sont devenues territoires agricoles ou paradis touristiques.

Les peurs injustifiées des insecticides ont des conséquences, comme on l’a constaté à l’occasion de l’épidémie de Chikungunya sur l’île de la Réunion : pendant plusieurs mois, les autorités sanitaires voulaient utiliser les insecticides mais certaines autorités locales s’y opposaient car la population était contre. L’épidémie a pris une ampleur croissante jusqu’à ce qu’enfin, on se décide à utiliser les insecticides : en deux semaines, l’épidémie était terminée. Plusieurs centaines de cas de Chikungunya auraient pu être évités si les insecticides avaient été utilisés plus tôt.

Je ne rappellerai que pour mémoire les décisions d’interdiction des insecticides Gaucho et Régent à cause d’effets putatifs défavorables sur la santé des abeilles ; on les a interdits mais la santé des abeilles n’a pas été améliorée. Il y a eu, en revanche, nuisance pour le prestige scientifique de la France, ainsi que j’ai eu l’occasion de le constater.

Pour l’encéphalite bovine spongiforme ou « maladie de la vache folle », encore sous la pression du principe de précaution, on a pris des mesures excessives et inappropriées. Tuer tous les animaux d’un troupeau quand un seul était malade a été fait au nom du principe de précaution en France, mais pas au Royaume-Uni, sans bénéfice apparent. L’interdiction des farines animales, mesure très discutable et très coûteuse (on parle d’un milliard d’euros par an), est plus nocive qu’utile : les farines animales, si elles étaient utilisées, comme l’a demandé un rapport conjoint de l’Académie des Sciences et de l’Académie de Médecine, pourraient diminuer les importations de soja qui, soit dit entre parenthèses, est fabriqué par OGM… Cette mesure a été refusée car l’opinion ne la comprendrait pas, m’a-t-on dit, c’est ainsi que des actions temporaires deviennent irréversibles.

Aux États-Unis, un membre de la Cour Suprême, Stephen Breyer, avait montré l’existence d’un cercle vicieux : sous l’effet de groupes de pression, quand les craintes de la population font prendre des mesures contre des risques hypothétiques, non seulement on ne rassure pas la population mais on l’inquiète car ces décisions renforcent la crédibilité du risque, accentuent les craintes, ce qui conduit la population à demander de nouvelles mesures ; c’est le cercle vicieux.

Nous avons eu en France maintes occasions de le vérifier. L’opinion y est actuellement caractérisée par un pessimisme, une peur du futur et de la science. En 1929, Freud avait écrit un livre intitulé « Malaise dans la civilisation » où il montrait comment, quand on est pessimiste, on a peur du futur et que quand on a peur du futur, les craintes se cristallisent sur la science et les technologies, qui sont l’élément le plus ostensible de la société contemporaine, ce qui induit un rejet de la science et de la technologie. La thèse de Freud rejoint les constatations de Breyer et soulignent comment quand on ne comprend pas les mécanismes psychologiques on peut, en voulant réduire les inquiétudes, les accroître.

Le principe de précaution n’a pas rassuré, comme le montrent les sondages, il a, au contraire, accentué les peurs, il a donné le primat aux émotions sur la rationalité. Il n’a engendré aucune mesure autre que celles qu’on aurait pu prendre dans le cadre de la prudence classique.

Enfin, il a eu des conséquences budgétaires qu’il faudrait demander à la Cour des Comptes d’étudier. De plus, et c’est le problème principal, la peur de risques hypothétiques a éclipsé celle des risques réels – on peut en citer énormément d’exemples, en particulier dans le domaine de l’alimentation. Alors que la population augmente plus rapidement que la production vivrière, on oublie ce problème pour considérer les dangers des insecticides ou ceux des OGM au lieu de faire des efforts pour augmenter la production.

En conclusion, le principe de précaution a renforcé les craintes devant la technologie comme le montrent les sondages, il a accentué les réticences envers la science et a fait ombrage à la rationalité. Merci beaucoup.

M. Claude BIRRAUX

Merci, Professeur TUBIANA.

ENERGIE ET SANTÉ :

LES FILIÈRES AU BANC D’ESSAI

(Maurice TUBIANA

25 juin 2003

Ce thème recouvre plusieurs débats. Force est d’abord de constater qu’il ne peut pas y avoir de santé, de bien-être (du chauffage l’hiver à la chaîne du froid d’été), sans des moyens matériels nécessitant une quantité d’énergie nettement supérieure à celle dont disposent plus de la moitié des habitants du globe. De ce fait, les avantages qu’apportent une quantité suffisante d’énergie l’emportent très largement sur les inconvénients liés à sa production. De plus, les sources décentralisées d’énergie du monde traditionnel (le bois, la biomasse) polluent l’air intérieur des habitations et les données épidémiologiques, notamment chinoises, montrent qu’il en résulte un accroissement significatif de la fréquence des cancers du poumon. Sur le plan éthique, il apparaît donc qu’on doit mettre à la disposition de tous les êtres humains une énergie suffisante à un prix aussi faible que possible, d’où l’importance sanitaire du prix de kW/h , puisque plus celui-ci est élevé, plus nombreux seront ceux obligés de limiter son usage aux dépens de leur confort et leur santé. D’autre part, pour optimiser la production d’énergie, on doit évaluer les effets de chaque filière sur l’environnement (essentiellement la pollution et l’effet de serre) et sur la santé.

Filières comparées

La quasi-totalité des études effectuées, notamment sous l’égide de la Commission européenne à Bruxelles, pour comparer les risques sanitaires des diverses formes de production d’énergie – en particulier, charbon, pétrole, gaz, nucléaire -  concluent que l’énergie nucléaire est celle qui induit les risques les plus faibles. Pour tenir compte des risques extérieurs divers qui vont des effets respiratoires de la pollution à l’induction de cancer, il faut utiliser un dénominateur commun permettant d’additionner des maladies très différentes ainsi que morbidité avec la mortalité. On a recours à ce qu’on appelle le coût externe, où l’on attribue à chaque nuisance (en fonction de sa gravité) une valeur financière. Ce barème est fondé sur la valeur de l’année de vie perdue ou pendant laquelle la qualité de la vie a été altérée. Il est le même pour toutes les énergies. On peut donc comparer les filières. Les résultats sont très clairs et peuvent être résumés en une phrase extraite d’un rapport du CEPN : « le bilan de la comparaison des filières sur les indicateurs de rejets, les indicateurs d’impacts, et sur l’évaluation des coûts externes fait ressortir le net avantage du nucléaire par rapport au charbon ou au gaz. » Ainsi, en terme de coûts externes, les valeurs publiées sont de l’ordre de 0,11 à 0,56 m€/kWh pour le nucléaire alors qu’elles atteignent 20 à 50 m€/kWh pour le gaz et 70 à 120 m€/kWh pour le charbon. Alors que pour la filière nucléaire l’essentiel du coût externe provient de risques professionnels, pour les combustibles fossiles ils proviennent essentiellement des impacts liés à la pollution atmosphérique régionale ou globale. L’effet de Serre n’est pas considéré dans cette étude, bien qu’il doive être pris en compte dans l’évaluation des risques et des bénéfices des principales filières.

Quels risques pour la santé ?

Ils sont de nature différente selon les sources. Les uns ont été mis en évidence par des études épidémiologiques et le problème est alors celui de la validité du lien de causalité, car il faut se demander si les effets observés ont bien été causés par l’agent auquel ont les attribue. Les autres, notamment ceux concernant le nucléaire ou les faibles concentrations de produits chimiques, n’ont pas été observés mais calculés. Dans de nombreux cas, les risques ont été mesurés pour des concentrations, ou des doses, beaucoup plus élevées que celles qui existent autour des sources d’énergie, en fonctionnement normal ; leur évaluation est alors fondée sur une relation dose-effet. Celle-ci est indispensable pour ces calculs mais le choix de la relation est la source d’incertitudes qu’il faut analyser. La plupart des modèles utilisent une relation linéaire sans seuil (RLSS). Il faut donc s’interroger sur la validité de cette relation pour la gamme de doses (ou de concentrations) sur laquelle cette extrapolation est effectuée. Cette relation a l’avantage d’indiquer la valeur maximale du risque putatif, mais on doit, dans chaque cas, examiner les estimations qui seraient obtenues avec d’autres relations dose-effet compatibles avec l’ensemble des données expérimentales et humaines. Ceci n’ayant pas été fait, les résultats pénalisent donc l’énergie nucléaire puisque, dans ce cas, on prend en compte des irradiations très faibles (de l’ordre du centième de l’irradiation naturelle), or, il est extrêmement vraisemblable que de telles doses n’ont aucun effet sur la santé. Inversement, les effets sanitaires des autres filières sont minimisés puisque les effets cancérigènes ne sont pas pris en compte.

Deux exemples :

A – Le pétrole et le gaz : 

La relation dose-effet, en matière d’effets sanitaires chroniques, repose sur le seul modèle épidémiologique de Pope dont la validité reste discutée et qui doit être utilisé avec prudence. Dans la plupart des estimations proposées, aucune mention n’est faite des agents génotoxiques ou cancérigènes produits par leur combustion : par exemple, hydrocarbures aromatiques, aldéhydes, butadiène, etc… pour le pétrole ; benzène, etc… pour le gaz. Il faudrait donc, comme on le fait pour les corps radioactifs, effectuer des expériences pour mesurer la concentration de ces agents en fonction des conditions de combustion, afin de leur appliquer une relation dose-effet : soit la relation linéaire sans seuil, soit d’autres relations compatibles avec l’ensemble des données. De même, il faudrait considérer les métaux lourds ainsi que la pollution du sol et de l’eau, ce qui n’est présentement pas fait, car bien que ces produits soient mentionnés dans les projets, ils ne figurent pas dans les estimations disponibles. Pour les agents chimiques pris en compte, l’évaluation des concentrations est effectuée avec un modèle de dispersion dont la validité n’a pas été vérifiée. Elle est limitée à environ 1000 km soit approximativement la population de l’Europe et sur 4 jours. Les effets sanitaires sont évalués sur 10 ans. L’utilisation de la relation linéaire sans seuil (RLSS) permet d’utiliser dans ces calculs les concentrations moyennes, ce qui simplifie beaucoup la méthodologie, mais peut aboutir à des conclusions discutables. Dans cette hypothèse, en effet, la hauteur des cheminées d’usine n’a que peu d’impact sur le risque global puisque le facteur pertinent est la quantité de produits toxiques rejetés et non leur concentration. Or, les toxicologues savent que la concentration est un paramètre plus pertinent que la quantité, ce qui explique qu’on ait eu de tout temps recours à a dilution pour protéger les hommes et l’environnement contre une contamination microbiologique ou chimique. De plus, pour les agents chimiques, les relations dose-effet sont généralement plutôt proportionnelles au carré de la concentration, ou de la dose (relation quadratique), qu’à la dose ; il existe donc une dose seuil pratique. Par exemple, chez l’homme, la relation pour le tabac est en D2 et non en D : le risque de fumer deux cigarettes par jour, ou, ce qui est l’équivalent, d’être exposé à un tabagisme passif, est très inférieur au dixième du risque induit par vingt cigarettes/jour et on admet que le risque d’un repas par an pris avec un convive fumeur est négligeable.

L’existence d’un seuil pratique

C’est en accord avec nos connaissances biologiques. Dans tout organisme vivant des mécanismes puissants luttent contre les agents toxiques et réparent les lésions de l’ADN que ceux-ci peuvent avoir produit. Sans ces mécanismes, la vie n’aurait pas pu se développer dans un environnement hostile. Or, leur efficacité est beaucoup plus grande pour les faibles doses d’agents chimiques ou physiques (par exemple les rayons ultraviolets du soleil) que pour les fortes qui peuvent déborder ces mécanismes. En d’autres termes, une cheminée haute est préférable à une cheminée basse et un bain de soleil à midi est plus nocif que plusieurs heures d’exposition solaire à des moments de la journée où le soleil est moins ardent, ce que tout le monde, d’ailleurs, perçoit intuitivement.

B – L’énergie nucléaire :

Il faudrait dans ce cas discuter, avec un soin particulier, la validité de la relation linéaire sans seuil car les doses considérées sont extrêmement faibles et l’extrapolation se fait sur des gammes de doses beaucoup plus considérables que pour les produits chimiques. Rappelons que l’effet cancérogène des radiations peut être mesuré avec précision acceptable pour des doses de  0,5 à 1 Sv et que la dose la plus faible d’irradiation à débit élevé pour laquelle un effet cancérogène a été détecté est d’environ 100 mSv. Depuis l’apparition de la vie sur terre, tout être vivant est soumis à une irradiation naturelle (rayons cosmiques, radioactivité naturelle) qui a régulièrement décru pendant cette période. Or, l’irradiation naturelle varie considérablement d’une région à l’autre en fonction de la nature du sol : en France de 1,5 à plus de 6 mSv/an, à l’échelle du globe entre 1,5 mSv/an et 100 mSv/an et aucune augmentation de la fréquence des effets génétiques, et de malformations congénitales ni de celle des cancers n’a été détectée dans les régions à forte irradiation naturelle. De plus, les nombreuses enquêtes effectuées chez des populations exposées à des doses inférieures à 100 mSv (travailleurs des usines nucléaires et des arsenaux, malades soumis à des examens médicaux ou ayant ingéré des produits radioactifs pour des raisons médicales etc…) n’ont jamais détecté un effet significatif. Certes, la puissance statistique de ces études est souvent limitée, cependant la tendance générale non seulement n’est pas à une augmentation du risque par rapport aux populations témoins, mais inversement, et paradoxalement, la fréquence des cancers semble souvent diminuée comme si les faibles doses d’irradiation avaient un effet protecteur à cause de la stimulation des mécanismes de réparation.  On n’a jamais observé, chez l’homme, d’effets génétiques provoqués par les rayonnements ionisants, même pour des doses relativement élevées (Hiroshima et Nagasaki, irradiations thérapeutiques). Leur existence est extrêmement improbable aux doses minimes considérées ci-dessus, même en cas d’accident. Ainsi, même si l’existence de risques pour les doses de l’ordre d’un mSv ou inférieures ne peut pas être formellement exclue, tout donne à penser que plus la dose est petite, plus l’existence d’un risque devient improbable. Il faut donc considérer avec prudence la validité de la relation linéaire sans seuil pour évaluer les risques des irradiations causées par l’énergie nucléaire. Dans le monde, les doses liées au nucléaire ont été évaluées, selon les pays, entre 0,001 et 0,03 mSv soit entre 1/1000 et 1/100 de l’irradiation naturelle. En France, elles sont d’environ 0,015 mSv/an. De plus, elles sont délivrées à très faible débit, ce qui réduit l’éventualité d’un effet. Les tenants de l’extrapolation linéaire remarquent que celle-ci a l’intérêt d’indiquer la limite supérieure.

Sources d’erreurs dans les comparaisons

La comparaison entre les méthodologies utilisées pour le nucléaire et les combustibles fossiles (charbon, pétrole, gaz) met en évidence quelques sources de biais :     

Facteurs temporel : limitation de la prise en compte des effets nocifs à dix ans pour les combustibles, alors qu’on effectue des calculs  à 100 ans, 1000 ou 100 000 ans dans les cas des produits radioactifs. Cette différence introduit un biais considérable, d’autant moins justifié que la radioactivité décroît tandis que nombreux sont les produits chimiques qui restent stables et nocifs pour l’éternité (métaux lourds, etc…).            

Facteur spatial : l’espace pris en compte pour quantifier la toxicité des produits chimiques est l’air balayé en 4 jours, soit 1 000 km autour de la source alors que c’est la totalité du globe pour les produits radioactifs.             

Type de pollution : non prise en compte des génotoxiques et des cancérogènes pour les combustibles, notamment pour le gaz. Prise en compte pour les produits chimiques uniquement de la pollution de l’air, en négligeant la pollution du sol et de l’eau alors l’exhaustivité est très poussée pour le nucléaire. Devant ces différences de méthodologies, il faut spécifier que, dans le cas de l’énergie nucléaire, les évaluations correspondent à la limite supérieure des risques et parallèlement souligner la possibilité d’une sous-estimation pour les risques des combustibles. Malgré ces majorations des risques du nucléaire et cette minoration des risques des combustibles fossiles, les résultats indiquent très clairement que le nucléaire est la filière dont le coût sanitaire est de très loin le plus petit. Cette conclusion s’impose malgré le caractère approximatif de ces études et la volonté très clairement affichée d’éviter tout ce qui pourrait faire penser que l’on a voulu favoriser le nucléaire dans les résultats de ces calculs effectués sous l’égide de la Commission européenne ou dans le cadre de l’Agence Internationale à l’Energie Atomique. C’est pourquoi sans doute on a préféré maximaliser les risques liés à la filière nucléaire. Malheureusement, ces études, malgré leurs sérieux et leur rigueur, sont mal connues et n’ont guère eu d’impact sur l’opinion publique. C’est la grande question.

Maurice TUBIANA

Avons-nous raison d’avoir peur ?

(Louis Cornellier   18 août 2012)  

« Arrêtons d’avoir peur ! »

Professeur Maurice TUBIANA

Michel Lafon Île de La Jatte, 2012, 256 pages

Mon grand-père maternel faisait confiance à la vie et à ses contemporains. Il n’hésitait jamais à utiliser un nouveau produit mis en marché. « Si c’était dangereux, disait-il simplement, ils n’en vendraient pas. » Il mangeait de tout sans crainte de s’empoisonner ou de développer un cancer. Il est mort, il y a quelques années, à 87 ans.
Son attitude, aujourd’hui, passerait pour de l’inconscience. La lucidité, de nos jours, s’exprime plutôt sur le ton de la crainte. Les plus informés d’entre nous ont peur, en effet, de l’agriculture industrielle, des OGM, du nucléaire, des champs électromagnétiques, des produits chimiques, du réchauffement climatique et de bien des évolutions technologiques.
Je fais moi-même partie de ces craintifs, partisans d’une application rigoureuse du principe de précaution selon lequel en cas de doute, il vaut mieux s’abstenir.
Il m’arrive parfois, cependant, en mémoire de mon grand-père qui n’a jamais craint que le ciel ne lui tombe sur la tête, de douter de la pertinence de ce doute et de me demander si nous avons raison d’avoir ainsi peur. Après tout, malgré toutes les catastrophes annoncées, ne vivons-nous pas, en Occident du moins, mieux et plus longtemps qu’avant ?
Le grand cancérologue français Maurice TUBIANA, maintenant âgé de 92 ans, en a assez de toutes ces craintes qui nous empoisonnent l’existence et qui, d’après lui, ne reposent, dans presque tous les cas, sur aucune base scientifique solide.
Dans « Arrêtons d’avoir peur », un décoiffant pamphlet qui vise à réfuter « les mensonges des prophètes de l’apocalypse », il se livre à un plaidoyer décomplexé en faveur de l’innovation technoscientifique et à une charge à fond de train contre ceux qu’il qualifie d’idéologues écolos.
Si mon grand-père avait été un savant, il aurait écrit ce genre de livre.
Une régression intellectuelle
« La société du xxie siècle est une société de peur, constate TUBIANA. Sur quoi se fonde cette peur ? Bien souvent sur des analyses superficielles ou des données discutables. Cette peur n’émerge pas du néant : elle est attisée par certaines organisations non gouvernementales dédiées à la protection de la nature, qui vivent de dons et de subventions dont l’importance est fonction des craintes ressenties par le public, aussi la peur est-elle soigneusement entretenue par les médias dont les tirages et les revenus publicitaires sont stimulés par les mauvaises nouvelles. »
TUBIANA entend lutter contre ce sentiment qu’il associe à une régression intellectuelle. Découvert en 1944, le DDT fut interdit en 1972, au nom de la protection de la biodiversité, « sans qu’une preuve de sa toxicité eût été apportée ».
On doit pourtant à cet insecticide, écrit le cancérologue, l’éradication du paludisme en Europe, sans « aucune conséquence néfaste ni sur la nature ni sur les humains ». Aujourd’hui, en Afrique, le paludisme fait des millions de victimes, mais l’épandage de DDT demeure interdit.
La peur, conclut TUBIANA, tue donc plus que les insecticides.
Anecdote : mon père, qui aura 80 ans cet été, se souvient que, pour combattre l’assaut des moustiques en campagne dans sa jeunesse, son frère et lui s’enduisaient généreusement de DDT ! Il se porte toujours bien.
Partisan des OGM qui, selon lui, ne présentent aucun danger et pourraient contribuer à nourrir la planète, TUBIANA oublie toutefois de dire que les famines actuelles ont essentiellement des causes géopolitiques et ne sont pas liées à une réelle pénurie de nourriture. Il va même jusqu’à affirmer que « tous les scientifiques considèrent que les OGM n’ont, en tant que tels, aucun effet sur la santé et ne peuvent pas en avoir », ce qui est évidemment une généralisation hâtive.
Cancer et environnement
Sur sa lancée, le cancérologue rejette l’hypothèse de liens entre le vaccin contre l’hépatite B et la sclérose en plaques, et assène que « la composition des produits bios et celle des produits alimentaires obtenus avec l’agriculture moderne sont identiques et [que] toutes les études montrent le peu de vraisemblance des hypothèses en faveur du bio ».
Il avance même, sur la base d’une étude réalisée par l’Académie des Sciences, par l’Académie de Médecine (organismes dont il est membre) et par le Centre International de Recherche sur le Cancer, « que moins d’un cancer sur cent [peut] être attribué à l’environnement ».
Les principales causes de cette maladie seraient plutôt le tabac, l’alcool, les agents infectieux, le manque d’activité physique et l’obésité.
À l’instar du physicien québécois Normand Mousseau, TUBIANA affirme que les champs électromagnétiques liés aux téléphones cellulaires et aux antennes relais sont sans danger, sauf ceux causés par la peur (effet nocebo). Il ajoute, cependant, sourire en coin, que « les téléphones font perdre beaucoup de temps aux enfants et sont, de ce point de vue, très nuisibles ».
Grand défenseur de l’énergie nucléaire, plus écologique que les solutions de rechange aussi efficaces, le cancérologue explique que les centrales récentes sont sécuritaires. Il écrit même que « tout ce qu’on a raconté sur les dangers terribles de Tchernobyl était non fondé » – une thèse appuyée par le scientifique britannique Robert Matthews – et qu’il n’y a pas eu de catastrophe nucléaire à Fukushima.
Agressif à l’égard des écolos catastrophistes, TUBIANA reste silencieux au sujet des dérapages des géants commerciaux de la technoscience, ce qui ne va pas sans soulever un doute sur sa propre objectivité.
Quand il écrit que le gaz de schiste est largement exploité au Canada sans susciter de débat, on se dit que son information est pour le moins incomplète.
Il reste que son essai, en s’attaquant avec fougue à notre société de la peur et en plaidant pour une meilleure éducation scientifique pour tous, nourrit vivement un débat de fond et impose la réflexion.

La crise ! Quelle crise ?

Maurice TUBIANA : arrêtons d’avoir peur !

Maurice Tubiana : arrêtons d’avoir peur !

Maurice TUBIANA

Maurice TUBIANA est né en 1920, il n’aime pas les écolos, trop vieux pour cela. A 91 ans, Maurice TUBIANA croit encore qu’il possède une vision juste de la réalité contemporaine. Mais dans son dernier livre, « Arrêtons d’avoir peur ! », il ne fait que reprendre les tartes à la crème de l’écoloscepticisme déjà étalées dans des livres aux titres redondants : « Le fanatisme de l’apocalypse » de Pascal Bruckner, « L’apocalypse n’est pas pour demain » de Bruno Tertrais, « Les prêcheurs de l’apocalypse » de Jean de Kervasdouén, etc.

Comme tous ces prêcheurs du « dormez braves gens, dormez », Maurice TUBIANA aime les insecticides, les OGM, la radioactivité, l’énergie nucléaire, les ondes électromagnétiques…

Dans le chapitre sur les OGM, les intentions sont claires : « Les écologistes annoncent aux Européens le pire si l’on cultive des OGM. Or demain les transgéniques pourraient contribuer à nourrir les 7 milliards d’êtres humains ».

Rappelons que TUBIANA n’est ni un spécialiste des OGM, ni d’ailleurs des insecticides ou des OEM, c’est un simple cancérologue qui a adoré la notoriété médiatique, le lobby nucléaire et les fauteuils administratifs. Maurice Tubiana : arrêtons d’avoir peur !

Attardons-nous sur un passage de son livre : « Il faut déchiffrer la stratégie de Greenpeace (contre les OGM), celle de la deep ecology, ou écologie profonde. Cette écologie proclame l’harmonie avec la nature considérée comme une divinité. Altérer cette harmonie par des manipulations génétiques est donc blasphématoire. Le refus obsessionnel de la moindre modification des espèces naturelles devient ainsi un élément essentiel du combat écolo. »

Rien ne vient étayer dans le texte de TUBIANA cet amalgame entre Greenpeace et écologie profonde. Il reprend les veilles analyses qu’il avait tenues en 1999 dans son livre L’éducation et la vie.

Il ne faisait alors que relayer les élucubrations de Luc Ferry qui rangeait explicitement en 1992 Greenpeace parmi les organisations issues de l’écologie profonde dans son pamphlet Le Nouvel Ordre écologique.

Ni TUBIANA, ni Ferry ne savent que l’écologie profonde est une philosophie définie par Arne Naess. Ni TUBIANA, ni Ferry ne savent que Greenpeace n’a pas adopté cette référence philosophique.

Leur méthode est la même, dénonciation mensongère et amalgame. Qu’Arne Naess ait été le premier secrétaire de la branche norvégienne de Greenpeace lors de sa fondation en 1988 ne transforme pas cette association en thuriféraire de l’écologie profonde ! Que le philosophe norvégien soit un spécialiste internationalement reconnu de Spinoza et de Gandhi et Greenpeace l’adepte des méthodes non violentes ne veut pas dire qu’il faut assimiler les deux !

Cette philosophie de l’écologie profonde est brandie à la manière d’un épouvantail. La question est de savoir pourquoi. La réponse est évidente. Dans les faits, l’écologie profonde sert à nier l’existence de la crise écologique alors que la dégradation des écosystèmes s’est accélérée. 

Maurice TUBIANA a écrit un livre tout juste bon à aboutir dans les invendus…

« Circulez…y’a rien à voir, tout va bien ! »  

Mais revenons sur quelques interventions de ce

cher Professeur Maurice TUBIANA…                                                                        m_tubiana GOEBBELS

Aprés l’accident de la centrale nucléaire de Tchernobyl en URSS quels sont les risques de pollution encourus par le passage du nuage nucléaire au dessus de la France ? Réponse du professeur TUBIANA cancérologue : « tout à fait infime… comparable à celui que courrait quelqu’un qui fumerait une cigarette tous les 10 ans » (JT d’A2 le 12/05/1986).

Le Pr TUBIANA, éminence grise de la

  Radioprotection en FRANCE

1958

« Récemment, il s’est répandu dans le public de plusieurs pays des rumeurs concernant le danger auquel l’enfant en gestation peut se trouver exposé pendant la grossesse. Pour toutes les raisons déjà exposées, de telles rumeurs, apparemment basées sur un rapport scientifique préliminaire, peuvent avoir des conséquences déplorables, surtout dans les circonstances actuelles où les données scientifiquement établies sont si rares. Il peut même être dangereux, dans ce cas, de diffuser des faits tenus pour certains ». Extrait du Rapport d’un groupe d’étude sur « Questions de santé mentale que pose l’utilisation de l’énergie atomique à des fins pacifiques », Rapport technique n° 151 (1958). Organisation Mondiale de la Santé.

En 1958, certains experts de l’OMS considéraient comme dangereux de diffuser des faits tenus pour certains. Il fallait tenir secrets les résultats d’une étude épidémiologique concernant le danger auquel est exposé un enfant en gestation. Qui étaient ces scientifiques ? Le participant français à ce groupe d’études était le Dr M. TUBIANA, alors Directeur du Laboratoire des Isotopes et du Bêtatron, Institut Gustave Roussy (Villejuif).

1977

Le Pr Maurice TUBIANA, en conclusion d’un « Colloque sur les implications psychosociologiques du développement de l’industrie nucléaire » tenu à Paris, 13-15 janvier 1977, indiquait: « Il faudrait que jamais un scientifique ne favorise cette confusion entre l’exposé des faits et un jugement de valeur ». 

En somme les jugements de valeur concernant une activité donnée doivent être indépendants des faits concernant cette activité. Plus loin il mettait en avant « la nécessité pour les scientifiques de reconsidérer la façon dont est faite l’information. Il faut que nous cessions de voir celle-ci à travers un schéma simpliste et rationaliste mais l’acceptions telle qu’elle est ».

Ainsi, essayer d’expliquer à la population les résultats des études scientifiques sans en cacher certains aspects pour des raisons d’efficacité relèverait d’une conception « simpliste et rationaliste » tout à fait condamnable. C’est peut être au nom de cet abandon du rationalisme en information qu’il vient de signer le manifeste de scientifiques pour une écologie scientifique et rationnelle. Ce manifeste, s’il l’a signé, correspond en fait à sa conception irrationnelle de l’information scientifique.

Dans son allocution il poursuivait: « il faut que nous recherchions l’efficacité dans l’information du public au lieu de nous contenter d’une information éthérée parfaitement satisfaisante mais inintelligible ou inefficace ». 

Malheureusement il ne définit pas ce qu’il entend par efficacité. Efficacité pour qui ? pour quoi ? Ensuite il termine en donnant sa référence d’efficacité : « l’efficacité de M. GOEBBELS était redoutable ».

Effectivement, l’efficacité du responsable nazi à l’information a été particulièrement redoutable pour des millions de gens. Il est singulièrement obscène (du latin obscenus – de mauvaise augure) de faire référence à GOEBBELS quand on parle d’informer la population.

1991

M. le Pr TUBIANA est intervenu à la « Conférence Internationale sur les Accidents Nucléaires et le Futur de l’Energie. Leçons tirées de Tchernobyl » (15 au 17 avril 1991, Paris).

On trouve dans son intervention concernant « L’effet cancérogène des radiations à faible dose » le passage suivant: « Par conséquent il est désormais impossible d’exclure l’hypothèse d’un seuil (BEIR V, p. 181 – Acad. Sc.) ».

Si l’on se reporte à la page 181 du rapport BEIR V on trouve: « Moreover, epidemiologic data cannot rigorously exclude the existence of a threshold in the millisievert dose range ». 

Cela signifie : « D’ailleurs les données épidémiologiques ne peuvent rigoureusement pas exclure l’existence d’un seuil dans le domaine de dose du millisievert » (souligné par nous).

M. TUBIANA, en citant BEIR V a tout simplement tronqué la citation. Le Comité de l’Académie des Sciences des USA n’excluait pas la possibilité d’un seuil à un niveau très bas, dans le domaine du rayonnement naturel, c’est-à-dire bien en de deçà des niveaux de dose concernant la radioprotection. M. le Pr TUBIANA est actuellement le Président du Conseil Supérieur de la Sûreté et de l’Information Nucléaires.

Il est membre de l’Académie des Sciences et c’est à ce titre que le Ministre de la Recherche, M. H. Curien, l’a consulté pour savoir s’il fallait réviser les normes de radioprotection. (Rapport Ac. Sc. novembre 1989, Risques des rayonnements ionisants et normes de radioprotection).

Compte tenu des prestations antérieures du Pr TUBIANA il était évident que la réponse ne pouvait être que négative. On peut s’étonner d’ailleurs que la protection des travailleurs et de la population soit du ressort du Ministère de la Recherche et non pas de celui de la Santé.

Secret, censure, mensonges, trucage, tout un programme pour un gouvernement qui s’est fait fort d’introduire de la transparence dans l’information sur les problèmes de l’énergie nucléaire. La Gazette Nucléaire n°117/118, août 1992. tubiana_nomme NUCLEAIREEt pour rajouter quelques textes liés à ce cher M.TUBIANA…

Voici quelques documents en PDF…Bonne lecture…

Les comportements de type « fasciste » ont encore de beaux jours devant eux !

(Thierry LAMIREAU)

fichier pdf Irradiation et cancers Les risques imaginaires et les risques réels par Maurice TUBIANA

fichier pdf La relation dose-effet et l’estimation des effets cancérogènes des faibles doses de rayonnements ionisants

fichier pdf Nouveautés et cancérogénèse Maurice TUBIANA Séance commune Académie des Sciences et de Médecine

fichier pdf réalite-prévention Maurice TUBIANA-05 

Publié dans : REFLEXIONS PERSONNELLES |le 27 novembre, 2012 |2 Commentaires »

Vous pouvez laisser une réponse.

2 Commentaires Commenter.

  1. le 10 janvier 2013 à 13 h 26 min Perez Patricia écrit:

    La réflexion de Thierry Lamireau sur ces sujets qu’il connaît, est digne d’un vrai courage et d’une humanité incontestable. Nous avons à le remercier pour son immense travail et sa lucidité.
    On sait fort bien que tous ceux qui disent la vérité sont discrédités par ce système corrompu et criminel. Bravo Thierry!
    Patricia Perez

    Répondre

  2. le 9 janvier 2013 à 11 h 13 min sciencepositive écrit:

    Nous nous excusons tout d’abord pour cette réponse tardive.

    Nous soulignons effectivement dans l’article le fait que M. Tubiana n’étaye pas suffisamment ses propos. Il tombe par là même dans les travers qu’il dénonce chez ses opposants.

    Nous avons toutefois tenu à présenter ce livre car son titre, « Arrêtons d’avoir peur ! », correspond à ce que nous souhaitons promouvoir.
    Nous l’exprimons d’ailleurs dans ce passage de notre article :
    « A l’heure où il convient de préparer le futur, d’œuvrer pour le bien de l’humanité, alors que certains pays attendent de connaître un progrès qui leur a jusque là été refusé, il serait paradoxal de refuser le progrès et le développement. Mettre un terme au progrès au nom du principe de précaution serait pour le moins paradoxal et excessif« .

    Passage que vous reprenez sur votre blog :
    http://lesoufflecestmavie.unblog.fr/2012/11/27/le-professeur-maurice-tubiana-celui-qui-na-peur-de-rien-thierry-lamireau/
    En l’attribuant par erreur à M. Tubiana et en nous prêtant des pensées fascistes (citons l’auteur de votre article M. Thierry Lamireau : « Toujours le même baratin de type « fasciste »« .).

    Ne mélangeons pas tout.
    Nous n’acceptons pas ces accusations de « fascisme » nous concernant.

    Dernière publication sur  : Jacques Cheminade, l'homme qui avait prédit la crise financière

    Répondre

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