GAZA: QUELQUES ARGUMENTS POUR REPONDRE A LA PROPAGANDE ISRAELIENNE (Céline LEBRUN) + GUERRE A GAZA: ACTE II (Gil MIHAELY / causeur.fr)

GAZA:

Quelques arguments pour répondre à la

propagande israélienne

GAZA: QUELQUES ARGUMENTS POUR REPONDRE A LA PROPAGANDE ISRAELIENNE (Céline LEBRUN) + GUERRE A GAZA: ACTE II (Gil MIHAELY / causeur.fr) dans REFLEXIONS PERSONNELLES israel-gaza-hamas

(Céline LEBRUN)

Pour ceux qui, comme moi, ont du mal à rester

silencieux face à la propagande et à la désinformation

israélienne, et voudraient se lancer dans un débat

virtuel par commentaires interposés sur facebook ou

d’autres sites où cette propagande sévit, quelques

contre-arguments qui peuvent être repris.

 

1. « L’attaque contre Gaza vise à défendre les

Israéliens du sud d’Israël, victimes des tirs de

roquettes incessantes des terroristes de Gaza. »

Si le 15 novembre 2012, 3 israéliens ont été tués par une roquette pour la première fois depuis plus d’un an et si, pour la première fois depuis 21 ans, une sirène a résonné à Tel Aviv, c’est de la faute de leur propre gouvernement car tout cela est arrivé après le début de l’attaque israélienne sur Gaza, après l’assassinat d’Ahmad Jaabari. Le gouvernement Netanyahou ne se contente pas d’assassiner les Palestiniens, il prend sa propre population en otage pour des raisons électorales.

Consciente de cela, une habitante du sud d’Israël a d’ailleurs écrit une tribune à Netanyahou dans laquelle elle dit notamment « Si vous voulez mettre un terme aux actions hostiles qui proviennent de l’autre côté, ouvrez vos oreilles et commencez à écouter. Si vous vous souciez de nous, cessez de nous défendre par des missiles, des actions « ciblées » et des « vols dissuasifs ». Au lieu de l’opération Pilier de Défense, lancez-vous dans une opération Espoir pour l’Avenir. C’est plus compliqué, il faut pour cela de la patience, et c’est moins populaire. Mais c’est la seule issue possible. » (NDLR :voir la version complète et originale sur le site de Haaretz et voir la traduction française)

Mais, d’un autre côté, les Israéliens de Tel Aviv comme du sud d’Israël peuvent s’estimer heureux d’avoir des sirènes et surtout des boucliers anti-missiles pour les protéger, sans parler des abris anti-aériens. Les Palestiniens eux n’en ont pas.

Sinon, quelques chiffres qui parlent toujours plus que les mots : 
- Nombre d’Israéliens tués par un des tirs de roquette depuis le 15 janvier 2009, et avant hier : 4 (source B’Tselem, ONG israélienne, 7 selon l’armée) 
- Nombre de Palestiniens tués par un des raids israéliens depuis le 15 janvier 2009, et avant hier : 300.

Nous prenons les chiffres depuis le 15 janvier 2009, date de fin de la dernière grosse attaque lancée contre Gaza en décembre 2008-janvier 2009 et qui se voulait déjà une réponse aux tirs de roquettes. Pour être gentils quoi… Parce que sinon, on peut aussi calculer depuis le début des tirs de roquettes et ça donne ça :

- Nombre d’Israéliens tués par un tir de roquette depuis le 29 septembre 2000 : 61 (source : Ministère de la défense israélien) 
- Nombre de Palestiniens tués à Gaza par l’armée israélienne depuis le 29 septembre et jusqu’au 15 septembre 2012 : 4660 (source B’Tselem)

Ces chiffres ne visent pas à relativiser les morts car, comme on dit, « qui tue un homme, tue l’humanité », mais juste à casser une dernière fois cette idée qu’Israël se défend. Israël attaque.

2. « Depuis des années, le Hamas envoie des

Roquettes tous les jours sur Israël »

Faux. Ce n’est le plus souvent pas le Hamas mais d’autres organismes. Le Hamas, tentant de faire respecter la trêve, a même monté une force spéciale chargée d’arrêter les Palestiniens lançant des roquettes comme le rapporte le journal israélien Haaretz . Et donc le Hamas, que ça plaise ou non, et il ne s’agit pas là de le défendre, n’est pas ce « grand mouvement terroriste qui attaque continuellement Israël en lançant des roquettes », c’est un peu plus compliqué. 
Tout comme il est un peu plus compliqué de dire qu’Ahmad Jaabari n’était pas qu’un terroriste. Là encore, on pourra juste citer des responsables israéliens.

Mais si les roquettes ne cessent d’être lancées depuis Gaza, c’est qu’Israël ne cesse d’occuper Gaza. Voudrait-on occuper, affamer, tuer des gens et qu’en plus ceux-ci ferment leur gueule ? Ah, non, on voudrait qu’en plus ils se montrent reconnaissant car en fait, tout ça, c’est pour leur bien, pour les libérer de ces terroristes du Hamas.

3. « Le Hamas se cache derrière la population civile, il

va dans les « villages habités » ».

On voit bien que là, c’est à ceux qui reprochent de ne pas aller voir la situation sur place, qu’il faut conseiller d’aller voir comment se présente Gaza (Et puis, c’est simple, on peut même le faire avec google earth).

- Premièrement, Gaza est un des endroits au monde le plus peuplé. Et il est entouré par un mur. Où voudrait-on qu’ils aillent lancer leur roquettes ? Sur les grands no man’s land qui les séparent du mur pour se faire sniper ? Peut-être que s’ils avaient des F-16 et des drones comme l’armée israélienne, les choses seraient différentes. Et peut-être que s’ils avaient des F-16 et des drones, et des accès satellites, eux aussi pourraient « cibler » leur tir de roquette et éviter de toucher des civils.

- Deuxièmement, il est aisé de faire la distinction entre civils palestiniens et terroristes palestiniens à Gaza quand ca arrange car ce sont TOUS les Palestiniens de Gaza qu’Israël assiège, enferme, affame, sans chercher à distinguer les civils des terroristes.

- Troisièmement, c’est justement parce que ce sont tous les Palestiniens de Gaza qui sont enfermés, que ce sont tous les Palestiniens qui résistent. Il n’y a pas d’un côté les terroristes qui se cachent et les civils. C’est une même population, solidaire face à l’oppression même si tous n’ont pas choisi de prendre les armes. Par contre, TOUS les Israéliens doivent un mois par an à l’armée israélienne. Donc dire que « les terroristes du Hamas attaquent de pauvres civils israéliens et se cachent derrière ses propres civils », c’est un peu réducteur.

- Quatrièmement, de même, faire une séparation stricte entre le Hamas qui se « cache » et la population civile, c’est oublier que le Hamas a été, lors des dernières élections, largement majoritaire à Gaza, et qu’il est donc très implanté dans la population. Dire ceci ne veut pas dire se réjouir de cette élection. Les Israéliens doivent savoir ce qu’est un gouvernement démocratiquement élu avec lequel on n’est pas forcément d’accord, eux qui vivent dans un pays dirigé par la droite et l’extrême-droite, et dont le ministre des Affaires Étrangères proposait en 2009 de se battre contre Gaza « comme les États-Unis s’étaient battus contre le Japon en 1945 » (c’est-à-dire avec la bombe nucléaire) sans que cela ne fasse réagir personne.

4. Sur le fait qu’« Israël accueille des Palestiniens

pour les soigner dans ses hôpitaux »

Bombarder quelqu’un, manquer de le tuer, le blesser et lui dire après « viens dans mon hôpital si tu veux »… Hmmmm pervers et en même temps, c’est la moindre des choses qu’Israël, en tant que responsable, puisse faire, et pas juste pour une poignée de Palestiniens devant servir d’alibi pour montrer le « grand coeur » d’Israël mais pour tous les Palestiniens blessés.

5. Même chose pour les petits papiers que l’armée

israélienne balancerait sur les zones où vivent les

Palestiniens avant de venir les bombarder.

Que leur écrivent-ils sur ces petits papiers : « Salut les gars. Bon, on arrive pour exploser vos maisons. On sait que vous ne pouvez aller nulle part pour fuir les bombardements car on vous a enfermé sur ce petit bout de territoire qui fait 350km. Mais essayez quand même. Bisous. » ? 

6. « Israël veut la Paix », les « Peace & love », and Co.

La Paix et l’Amour, sans Justice, ne sont que des concepts creux. Sauf si ce que veut Israël  c’est la paix du plus fort. Mais ça, il serait temps que les Israéliens comprennent que les Palestiniens ne sont pas décidés à l’accepter. C’est pour cela qu’Israël s’en prend à Gaza et au Hamas, car ils ne sont pas encore aussi corrompus et dociles que les gens de l’Autorité Palestinienne et leurs forces de sécurité qui en sont au point d’empêcher les Palestiniens de manifester en Cisjordanie et de les arrêter
Si Israël et certains Israéliens préfèrent au Hamas le gouvernement dictatorial de l’AP ce n’est pas surprenant, c’est ce qu’a fait Israël depuis des années avec ses grands copains Mubarak et Abdallah, sans compter les despotes du Golfe. Ce n’est pas surprenant parce qu’en fait, les Palestiniens, ils n’en ont rien à faire. Ce qui les intéresse c’est leur « sécurité » personnelle. Ca les choque que deux roquettes soient pour la première fois tombées à proximité de Tel Aviv mais ça ne les choque pas qu’il y ait des blindés israéliens à Bethléem tous les jours et que les Palestiniens entendent les avions de chasse israéliens les survoler tous les jours. Car pour leur « sécurité », il leur faut chercher les meilleurs chiens de garde capables d’empêcher les Palestiniens de réclamer leur droits, quitte à piétiner la démocratie.

Et oui, nous ne sommes pas aveuglés par la « haine d’Israël », nous critiquons aussi des pays arabes. Même des Palestiniens. Car être solidaire des opprimés, c’est être solidaire contre tous les oppresseurs. Mais le premier d’entre eux est Israël.

Après tout cela, on vous attaquera sûrement personnellement, on vous dira peut-être que vous êtes pédant ou imbécile, que vous n’y connaissez rien. Mais ce sera pour éviter d’avoir à répondre sur le fond. Parce qu’il n’y a rien à répondre à ce que nous venons d’écrire. Les faits sont là, nous les avons donné, et les faits sont têtus.

Céline LEBRUN 

Guerre à GAZA: acte II

 Cette fois, le Hamas rêve d’enterrer la paix

entre l’Egypte et Israël

Israel gaza hamas

De toute évidence, une opération militaire israélienne de grande envergure a lieu en ce moment dans la bande de Gaza. Après plusieurs semaines d’escalade, l’assassinat ciblé d’Ahmad Jaabari, important chef militaire du Hamas, montre que le Rubicon a été franchi et qu’Israël a décidé d’accepter le défi lancé par le gouvernement de Gaza.

Il y a un air de déjà vu : fin 2008, à la veille de ce qui allait devenir l’opération Plomb Durci, un certain Barack Obama venait d’être élu président des Etats Unis et le parlement israélien avait été dissous pour provoquer des élections anticipées. Mais, entre temps, beaucoup d’éléments ont changé. L’équation politique, géopolitique et internationale s’est en effet considérablement compliquée depuis : en Egypte, Mohamed Morsi, soutenu par les Frères musulmans, a été élu président à la place de Hosni Moubarak, le Sinaï est devenu la base arrière du Hamas et une vague de révoltes déstabilise la Syrie, la Libye et le Yémen, non sans en fragiliser d’autres, comme la Jordanie.

Malgré ces évolutions, pour Israël, le problème se pose dans des termes à peu près identiques : comment maintenir l’équilibre de la terreur avec le Hamas, jusqu’ici maître – de plus en plus contesté – de la bande de Gaza ? Le Hamas refusant tout compromis avec Israël afin de préserver sa légitimité face à une Autorité palestinienne usée par dix-neuf ans de négociations avec Israël, l’option diplomatique était inenvisageable. Restait donc à trouver un savant dosage de pressions politiques (via l’Egypte qui ne souhaite pas l’embrasement de la zone, le Qatar qui se soucie en priorité de la menace iranienne et de l’avenir de la Syrie…), économiques et militaires pour contenir le conflit entre Israël et le Hamas.

Le gouvernement israélien était prêt à tolérer un certain niveau de provocation de la part du Hamas ou du Jihad Islamique. Ainsi, les tirs sporadiques de roquettes à courte portée et d’obus de mortier à partir de la bande de Gaza n’entraînent qu’une riposte rhétorique lorsque la vie des citoyens israéliens ne s’en trouve pas menacée ou paralysée. Ce pragmatisme des autorités israéliennes permet au Hamas de pouvoir bomber le torse devant la population gazaouie sans subir de dures représailles militaires. Le mouvement créé par cheikh Yassine peut ainsi affronter dans de meilleures conditions la concurrence croissante des mouvements salafistes à Gaza.
Cet accord tacite entre la faction terroriste et l’Etat hébreu prévalait avant la guerre de décembre 2008- janvier 2009 et pendant les quatre ans qui se sont écoulés depuis. Pour autant, le Hamas et les mouvements palestiniens radicaux n’ont de cesse de tester les limites d’Israël afin d’inverser ou- tout au moins -modifier les rapports de force.

C’est ce qui s’est passé ces dernières semaines. Au demeurant, le calcul du Hamas est assez simple : un affrontement à l’heure actuelle pourra porter un coup fatal aux relations déjà extrêmement tendues entre Jérusalem et Le Caire. Les images des victimes gazaouies des bombardements israéliens enflammeront l’opinion publique arabe et contraindra (ou, diront certains, fournira le prétexte) de rompre définitivement avec Israël. En somme, si le Hamas a laissé faire ses hommes, c’est qu’il attend de ce conflit une issue semblable à l’opération de 2009 : la Turquie avait alors brutalement rompu avec Israël malgré les accords militaires et politiques qui unissaient les deux pays. Bis repetita ?

*Photo : marsmet54                                                                                                                          

Gil MIHAELY

causeur.fr

 Ne nous défendez pas – pas comme ça

vendredi 16 novembre 2012 par Mihal WASSER

Mihal Wasser est une enseignante israélienne ; elle vit au

kibboutz Kfar-Aza, situé à trois kilomètres de Gaza entre les

villes de Nétivot et de Sdérot. Voici la traduction d’un article

qu’elle a publié le 15 novembre 2012 dans le quotidien israélien

Haaretz

(version originale, en hébreu :www.haaretz.co.il/opinions/1…).

Cet article s’adresse au gouvernement de son pays.

 

« La première chose que je veux dire est ceci : ne me défendez pas, s’il vous plaît. Pas de cette manière. »

Je suis dans ma « chambre sûre » [la pièce prévue, dans tous les foyers israéliens, pour s’y réfugier en cas d’attaque], au kibboutz Kfar-Aza, et j’écoute les bombardements de la guerre généralisée qui se déroule à l’extérieur. Je ne sais plus distinguer « nos » bombardements de « leurs » bombardements. À vrai dire, les enfants du kibboutz font cela mieux que moi ; leur « oreille musicale » s’est développée dès le plus jeune âge, et ils savent distinguer un obus d’artillerie d’un missile tiré depuis un hélicoptère, et un obus de mortier d’un Qassam (missile). Qu’ils soient bénis.

C’est à cela que ressemble la « défense du foyer » ?

Je ne comprends pas : est-ce que tous nos dirigeants dormaient durant leurs cours d’histoire ? Ou peut-être ont-ils étudié selon le programme (scolaire) du Mapaï [le parti travailliste, au pouvoir en Israël entre 1949 et 1977] ou celui de [l’actuel Ministre de l’Education membre du Likud] Guideon Saar (je suis désolée de dire que la différence entre les deux n’est pas si grande), et ont-ils mal compris le mot « défense » ? Est-ce que défendre la sécurité des citoyens, cela signifie mener une guerre totale toutes les quelques années ? Est-ce qu’aucun homme politique n’a entendu l’expression « planification à long terme » ?

Si vous voulez me défendre, alors, s’il vous plaît, n’envoyez pas Tsahal avec pour mission de « gagner ». Commencez à penser sur le long terme, et pas seulement dans la perspective des prochaines élections (prévues en Israël le 22 janvier 2013 NDLR). Essayez de négocier jusqu’à ce qu’une fumée blanche sorte de la cheminée. Tendez la main à Mahmoud Abbas. Cessez les « exécutions ciblées », et regardez aussi les civils d’en face droit dans les yeux.

Je sais que la majorité du public m’accusera d’être « une belle âme ». Mais c’est moi qui suis ici, au moment où les obus de mortier tombent dans mon jardin, et pas Saar ni le Premier Ministre Binyamin Netanyahou – et pas non plus [la dirigeante travailliste] Shelly Yacimovich ni [le dirigeant du parti centriste Yesh Atid] Yaïr Lapid. C’est moi qui ai choisi d’élever mes enfants ici, bien que j’ai eu et que j’ai encore d’autres options.

On peut m’accuser de manquer de sionisme, on peut m’accuser de mollesse et de faiblesse de caractère, mais il est impossible de m’accuser de pratiquer un double langage. Mes enfants ont servi dans des unités combattantes, en plus de l’« année de service » qu’ils ont effectuée, à titre bénévole, pour le pays. Nous vivons ici, et nous aimons ce pays.

Notre combat à nous est un combat pour la forme que revêt l’Etat, pas pour ses frontières. Pour sa nature démocratique, et pour la dignité humaine en son sein. Pour la raison. Alors, cessez de tuer des civils de l’autre côté de la frontière afin de protéger ma vie.

Si vous voulez mettre un terme aux actions hostiles qui proviennent de l’autre côté, ouvrez vos oreilles et commencez à écouter. Si vous vous souciez de nous, cessez de nous défendre par des missiles, des actions « ciblées » et des « vols dissuasifs ». En place de l’opération « Pilier de Défense » lancez-vous dans une opération « Espoir pour l’Avenir ». C’est plus compliqué, il faut pour cela de la patience, et c’est moins populaire. Mais c’est la seule issue possible. »

Mihal WASSER                                                                                                                               

Publié dans : REFLEXIONS PERSONNELLES |le 18 novembre, 2012 |Pas de Commentaires »

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