DECHETS RADIOACTIFS: IL FAUT SAUVER BURE ET SOULAINES ! (Michel GUERITTE)

Déchets radioactifs :

Il faut sauver BURE et SOULAINES !

DECHETS RADIOACTIFS: IL FAUT SAUVER BURE ET SOULAINES ! (Michel GUERITTE) dans REFLEXIONS PERSONNELLES champetre

(Michel GUERITTE)
Enfouir des déchets nucléaires HA et MA-VL à BURE, et des
FA-VL à SOULAINES c’est prendre des risques inconsidérés et
tuer l’avenir des deux régions.

1 – Il faut sauver BURE 

BURE : un village de 90 habitants, dans le département de la Meuse (Lorraine) à la limite de la Haute-Marne (Champagne-Ardenne) et des Vosges (Lorraine). Les INB (Installations Nucléaires de Base) sont en effet toujours situées à la frontière de deux ou trois départements…

En 1994, la région de BURE a été choisie par l’Etat pour y construire un laboratoire souterrain, en vue d’ étudier la faisabilité d’un stockage en profondeur (500 mètres) de déchets radioactifs dits MA-VL (Moyenne Activité à Vie Longue) et HA (Haute Activité), les plus dangereux par leur haute activité et leur durée de vie. Certains dépassant le million d’années.

La mise en œuvre du projet est confiée à l’ANDRA, l’Agence Nationale pour la Gestion des Déchets Radioactifs.

Pourquoi à BURE ? 

- Parce que le sous-sol de BURE semble convenir, et que la très faible densité des habitants au km2 devrait limiter la résistance au projet. Les déchets radioactifs sont dangereux. Aucune solution n’a jamais été trouvée pour les rendre inoffensifs. Et ces déchets, il faut bien en faire quelque chose. L’idée de leur enfouissement en couche géologique profonde est apparue dans les années 60. Dans les années 80 des tentatives d’implantations ont échoué. Avec la Loi Bataille de 1991, les territoires géologiquement intéressants ont été incités à se porter volontaires. On parle alors de laboratoires et on promet des actions d’accompagnement… Finalement, un seul site sera retenu : BURE.

Les risques : 

A long terme il y a bien évidemment des risques de contamination de l’atmosphère (rejets gazeux) et contamination des nappes phréatiques (à cause de l’eau présente dans la roche, et de l’eau qui pourrait pénétrer dans le stockage). Les radionucléides libérés des conditionnements et des sur-conditionnements en acier (rouillés) et en béton (fissuré) traverseront inévitablement la couche d’argilite et remonteront lentement à la surface, par diffusion, (l’ANDRA en convient !), ou rapidement via une voie d’eau.

A long terme il faut ajouter les risques d’intrusion humaine. Par simple curiosité, ou, en cas de perte de mémoire du site, l’Homme pourrait rechercher là des minerais ou de l’eau chaude, d’autant plus que le site de BURE est un des meilleurs potentiels géothermiques de la Lorraine.

Mais à court terme, c’est-à-dire pendant le siècle de remplissage, il y a tous les risques dus aux transports, et ceux liés à l’exploitation du site en surface (irradiation accidentelle ou contamination par les rejets gazeux radioactifs). Les risques liés au stockage en profondeur sont considérables : collision, chute, explosion due au dégagement de l’hydrogène des colis MA-VL, incendie des colis qui contiennent du bitume pur…

Le coût du projet est des plus flous. La CNE, Commission Nationale d’Evaluation, parle de 15 à 35 milliards d’euros. On a même vu 45 milliards. En simplifiant, c’est un coût de 1 million d’euros par jour pendant un siècle !

Les menaces pour l’économie régionale : elles sont passées sous silence. Quels seraient en effet  l’attractivité et l’avenir des produits d’une région globalement assimilée à la radioactivité et aux déchets nucléaires : l’Appellation Champagne, les eaux minérales de Vittel-Contrexéville, l’AOC Brie de Meaux, le tourisme vert… ?

La démocratie

Pendant des années, populations et élus de la région de BURE ont reçu la promesse que le projet en cours n’était qu’un laboratoire. Aujourd’hui, à proximité immédiate de ce laboratoire, des appels d’offre sont lancé pour créer un projet industriel d’enfouissement géologique bien réel : CIGEO (Centre Industriel de Stockage Géologique). Des centaines hectares ont été achetés à prix d’or par l’ANDRA.

Un Débat public a été organisé en 2005-2006. Il a fait ressortir une préférence pour un stockage en surface, voire sur les sites même de production. Ces options qui donnaient une possibilité de surveillance, et du temps pour rechercher et étudier des solutions alternatives ont été ignorées. Oublié également l’avis des 40 000 signataires d’une pétition locale réalisée en 2005-2006.

La Loi du 28 juin 2006 a décidé de passer à une phase d’enfouissement industriel.

L’achat des consciences 

Avec les mesures dites d’accompagnement économique pour chacun des deux départements Meuse et Haute-Marne. Elles sont gérées par deux GIP (Groupements d’Intérêt Public). Elles sont passées de 9 millions d’euros par an en 2000, à 30 millions à partir de 2010. Le président du Conseil Général de la Meuse a même déclaré vouloir obtenir 50 millions d’euros par an.

Les communes les plus proches reçoivent près de 700 euros par habitant et par an.

Des milliers d’emplois sont promis. Des actions de parrainage et de dons diversifiés à destination des organisateurs de manifestations culturelles ou sportives, d’associations, d’écoles… pleuvent.

Tout cet argent qui dégouline, pour reprendre la déclaration d’un député local, est distribué avec largesse pour acheter les consciences. Eux disent que c’est pour compenser les nuisances (passage de camions, bruit, poussière,… !)

La communication sur le projet 

Son contenu, son vocabulaire même est contestable. L’ANDRA investit dans un site internet très fourni, un grand nombre de plaquettes, des interventions à la radio, à la télévision, dans la presse locale et nationale et le milieu scolaire, des publi-reportages, communiqués, expositions, colloques… L’ANDRA, chargée d’informer le public est aussi l’entité en charge du projet, d’où le conflit d’intérêts.

L’éthique 

Un soi-disant consensus international s’est fait sur le choix de l’enfouissement. Il a été ainsi décidé que l’on devait faire confiance en la géologie de grande profondeur, et pas en l’Homme de surface ! Notons que ce consensus s’est fait sous la réserve de faisabilité et de la confiance. Faisabilité et confiance qui n’existent plus aujourd’hui, si on analyse les travaux de l’expert indépendant Bertrand THUILLIER.

Pourquoi imposer aux générations futures ce choix de l’enfouissement ? L’aspect économique justifie-t-il un tel choix ? Des découvertes scientifiques à venir permettraient-elles de traiter autrement ces déchets ? Enfouir, n’est-ce pas se « débarrasser » d’une réalité trop visible ? Comme le chat qui cache ses excréments en les recouvrant d’un peu de terre.

D’autres options pour le traitement à terme des déchets ont été envisagées. Sont-elles aujourd’hui sérieusement étudiées et financées ?

Ces questions trouveront-elles d’ailleurs leur place dans le débat public de 2013 ? Continueront-elles à être portées par la suite ?

Le Principe de Précaution 

Il est contesté par certains, car il empêcherait tout progrès. Mais il figure dans la Constitution !

Il est clair :

- que le projet CIGEO présente des risques énormes à court terme et à très long terme.

- que l’enfouissement en profondeur, à BURE ou ailleurs, pose des questions éthiques majeures. (Qu’il s’agisse des stockages existants (Soulaines, Morvilliers, La Hague…) ou des projets de stockage à l’étude (déchets FA-VL dans le canton de Soulaines, tritium, combustibles usés, etc.).

- qu’en vertu du Principe de Précaution, l’enfouissement ne peut être ni retenu ni mis en œuvre.

Il faut empêcher le projet CIGEO.

Il faut sauver BURE !

2 – Il faut sauver SOULAINES !

Le CSA, Centre de Stockage de l’Aube est construit en pleine forêt à 5 km de Soulaines-Dhuys. Il s’agit du plus grand centre de stockage de déchets radioactifs dans le monde. (1 million de m3 sur 75 hectares). En janvier 1992 il a pris le relais du CSM, Centre de Stockage de la Manche. On y stocke les déchets radioactifs de faible et moyenne activité (FMA) à vie courte, c’est-à-dire dont la radioactivité décroît de moitié en moins de 30 ans.

Certains fûts métalliques sont compressés en galettes puis enfermés dans un fût de plus grand diamètre dans lequel du béton est coulé. D’autres déchets sont rassemblés dans des conteneurs parallélépipédiques bloqués également par du béton. Enfin, le centre de stockage accueille aussi les couvercles de cuve de réacteurs.

Les colis sont empilés dans des casemates en béton. Du béton est aussi coulé afin de remplir les vides entre les colis. Une fois que l’alvéole de stockage est pleine, une dalle en béton armé, solidaire des parois, permet de fermer l’alvéole. L’ensemble de ces opérations est réalisé sous un toit mobile sur rails, déplacé d’une alvéole à l’autre au fur et à mesure de leur construction, remplissage et fermeture. Une galerie creusée sous les alvéoles permet de recueillir les eaux dans une cuve de rétention. Selon le degré de contamination ces eaux sont envoyées à La Hague pour traitement ou bien rejetées dans les Nous d’Amance via le bassin d’orage.

A moins de 3 km, MORVILLIERS. Le CSTFA, Centre de Stockage de Morvilliers, qui accueille, depuis octobre 2003, les déchets de très faible activité issus de l’exploitation ou du démantèlement des installations nucléaires. Sur 45 hectares, sa capacité d’accueil est de 650 000 m3, soit une durée d’exploitation d’une trentaine d’années. Ce n’est pas une INB, Installation Nucléaire de Base, mais une ICPE, Installation Classée pour la Protection de l’Environnement.

BRIENNE-LE-CHÂTEAU

A 15 km, le terminal ferroviaire de Brienne-le-Château reçoit seulement 10% du volume. C’est en effet par la route, avec tous les risques, que la quasi totalité des déchets sont acheminés.

2008 : PARS-LES-CHAVANGES et AUXON (Aube)

Le projet d’implantation du stockage FA-VL dans ces deux communes a échoué.

Parmi les 3115 communes qui avaient été présélectionnées par l’ANDRA du fait de leur géologie potentiellement compatible avec l’implantation d’un centre de stockage à faible profondeur, une quarantaine se sont portées candidates.

L’ANDRA a proposé au Gouvernement de retenir ces deux communes pour y réaliser des investigations approfondies aux plans géologique et environnemental.

Sous la pression des opposants, ces deux communes se sont retirées du projet en juillet et août 2009.

Mais le projet de stockage FA-VL n’est pas enterré !

En juin 2010, dans le Plan National de Gestion des Matières et Déchets Radioactifs (PNGMDR), l’Etat a demandé à l’ANDRA : de poursuivre les études concernant la connaissance, le traitement et le conditionnement des déchets FA-VL, et de remettre au gouvernement avant la fin 2012 un rapport présentant les différents scénarios de gestion possibles pour ces déchets.

Le 3 juillet 2012, au cours du Conseil de la Communauté de Communes du Canton de Soulaines, il a bien été confirmé que l’ANDRA choisirait une commune de ce canton pour implanter la poubelle FA-VL.

CNE juin 2008 

Dans son rapport de juin 2008 la CNE, Commission Nationale d’Evaluation des travaux de l’ANDRA avait soulevé un certain nombre de problèmes. Il est probable que l’on retrouve les mêmes dans le nouveau projet :

- l’inventaire des radifères et des graphites est imprécis (aussi bien en nature qu’en quantité).

- le concept de stockage n’est pas encore choisi. Par ailleurs si il est raisonnable, pour des raisons de coût, de regrouper les radifères et les graphites dans un seul stockage, d’autres considérations, conduisent à envisager aussi l’option de stockages distincts.

- les caractéristiques du colisage des déchets n’en sont qu’au stade de l’étude.

- pour le stockage des radifères, la difficulté est de piéger les descendants du radon; ce qui est réalisable avec un recouvrement de terrain, saturé en eau, et d’une dizaine de mètres d’épaisseur.

- les déchets radifères contiennent de l’Uranium 238, Uranium 235, et Thorium 232. Les caractéristiques de dispersion de ces radionucléides ne sont pas encore évaluées.

- le concept de stockage retenu devra minimiser le risque d’intrusion humaine et garantir la pérennité du recouvrement dans le futur.

- le stockage des déchets graphites apparaît comme un problème difficile. Les graphites contiennent deux radionucléides à vie longue, le chlore 36 et le carbone 14. Si le carbone 14 est 500 fois plus actif que le chlore 36, c’est le chlore 36 qui pose problème en stockage, car il est très peu retenu par le graphite en présence d’eau, et il est très mobile. Il faut donc le confiner sur plusieurs centaines de milliers d’années, car sa demi-vie est de 300 000 ans.

la sûreté est basée sur des modèles mathématiques

La sûreté du stockage FAVL s’appuie, comme pour le stockage HAVL à BURE, sur des barrières successives : le colis, les conteneurs en béton, et la couche d’argile.

Les performances de ces barrières doivent être évaluées. Les calculs ont porté sur les paramètres clés : relâchement du chlore par le graphite, perméabilité du béton, perméabilité des conteneurs, perméabilité de l’argile, perméabilité du massif, coefficients de diffusion du chlore ; tout en faisant varier les épaisseurs d’argile et les distances entre la surface et le stockage…

Elles supposent dans tous les cas que le béton conserve des performances élevées sur une longue durée.

Ces calculs ne peuvent pas fournir une base solide de décision pour un choix, mais ils suggèrent que les exigences d’une analyse de sûreté devraient pouvoir être satisfaites dans le cas d’un stockage suffisamment profond, établi dans des argiles suffisamment épaisses, d’une qualité comparable à celle des argilites étudiées à BURE.

Compte tenu de la longue période radioactive du Chlore 36, il faudra veiller à ce que l’érosion ne réduise pas la couverture au point de faire perdre au site ses bonnes qualités de confinement pendant toute la période de sortie du Chlore 36, soit au moins 300 000 ans.

Pour les graphites, c’est le concept faisant appel à une descenderie, qui offrirait le maximum de sécurité et de souplesse. Mais la Commission souligne qu’il s’agit d’un problème extrêmement complexe.

Les calculs de prévision des évolutions doivent être conduits pour une période de l’ordre du million d’années, avec une exigence particulière de démontrabilité pour les 10 000 premières années.

 Le calendrier

La loi de 2006 demande la mise en service d’un stockage pour les déchets radifères et « graphites » en 2013. Cet objectif est apparu très difficile à atteindre; la Commission avait déjà souligné que beaucoup des données scientifiques nécessaires seraient longues à acquérir. Il a été demandé à l’ANDRA de proposer un nouveau calendrier, qui tienne compte de ces difficultés. L’ouverture du stockage est prévue pour 2017 (couverture remaniée) et 2019 (couverture intacte).

La Commission met en évidence le besoin impérieux de conduire rapidement des  études sur un site réel pour lequel on disposerait d’un minimum de connaissances. Les études génériques constituent un exercice incontestablement utile pour mettre au point une approche, des méthodes, des logiciels de calcul, un repérage des paramètres les plus importants. Elles ne peuvent pour autant fournir une base solide de décision pour les choix qu’implique une stratégie optimale de gestion.

  La profondeur

La profondeur du stockage de déchets « graphites » est un paramètre essentiel. Elle doit être suffisante pour réduire l’impact radiologique dû à la migration du chlore à une époque donnée, et limiter les effets des aléas géologiques (érosion). On est confronté à un problème plus complexe qu’il n’y paraît pour stocker des déchets « graphites ».

La CNE souligne qu’il serait préférable en fait de concevoir 2 stockages différents, ou à des profondeurs différentes.

La profondeur est un paramètre fondamental pour la sûreté : la durée des phénomènes de convection et de diffusion augmentent comme le carré de l’épaisseur des couches protégeant le stockage.

La profondeur est un paramètre crucial pour le coût : le surcoût des ouvrages souterrains est plus que proportionnel à la profondeur.

Alors que la CNE parle d’hectomètre, l’ANDRA annonce 15 m dans le dossier adressés aux élus. (non seulement on veut se débarrasser des déchets en les cachant, mais au moindre coût)

 Epidémiologie

La CNE a glissé ce paragraphe qui concerne tous les sites de stockage :

En tout état de cause, et bien au-delà de la seule question de la gestion des déchets radioactifs, un élément indispensable d’une démarche scientifique consisterait à tenir un registre des pathologies pouvant être liées à l’environnement, naturel ou professionnel, dans tous les départements de France. Cela permettrait de disposer, le jour venu, de séries longues pour mener des études épidémiologiques.

Le citoyen  constate une fois de plus que l’industrie nucléaire, curieusement relayée par les pouvoirs publics, n’a pas pour ambition de trouver une solution sûre aux problèmes de la gestion des déchets, mais bien de s’en débarrasser, à bon compte et à grands risques.

Les FAVL : on ne sait pas tout de leur nature ni de leur quantité.

On ne sait pas trop comment les enfouir, dans quel colis, à quelle profondeur.

On ne sait pas quand ils traverseront l’acier, le béton, l’argile, et à quelle vitesse ils arriveront dans l’organisme de nos descendants.

Mais on veut qu’avant la fin de cette année, une des communes de canton de Soulaines accepte cette poubelle !

Vouloir enfouir ces déchets où que ce soit, relève du crime contre l’humanité

Il faut sauver SOULAINES !

Il faut sauver SOULAINES et BURE !

Michel GUERITTE

Michel GUERITTE, est né à 5 km de Soulaines, à Ville-sur-Terre (130 h). En 2005, après quarante années dans la communication, inquiet du trop grand nombre de malformations congénitales, de pathologies de la thyroïde, de cancers, dans sa propre famille, dans son village natal et dans les villages sous les vents dominants du centre de stockage de déchets radioactifs de Soulaines, il commence une enquête sur un éventuel rapport entre cette situation sanitaire anormale et le cumul des faibles doses déposées par le fameux nuage de Tchernobyl, et le nuage permanent de l’ANDRA (Agence Nationale pour la Gestion des Déchets Radioactifs). Il « réveille » une association : La Q.V. (Qualité de Vie à Ville-sur-Terre et ses environs), et lance une alerte. Son envie de comprendre le plonge alors dans le monde du nucléaire et de ses mensonges. Militant anti-nucléaire très actif, il combat, entre autre, le projet d’enfouissement de BURE et de SOULAINES.

Publié dans : REFLEXIONS PERSONNELLES |le 6 novembre, 2012 |Pas de Commentaires »

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