FUKUSHIMA: LES TAUX OFFICIELS DE RADIATION NE SONT PAS FIABLES !…RIEN D’ETONNANT…D’AILLEURS, EN FRANCE…CE SERAIT LA MÊME CHOSE ! (Thierry LAMIREAU)

Fukushima:

FUKUSHIMA: LES TAUX OFFICIELS DE RADIATION NE SONT PAS FIABLES !...RIEN D'ETONNANT...D'AILLEURS, EN FRANCE...CE SERAIT LA MÊME CHOSE ! (Thierry LAMIREAU) dans REFLEXIONS PERSONNELLES fukushima2Les taux officiels de radiation ne sont pas fiables

TOKYO – Les mesures de radiation effectuées par les autorités japonaises dans la région autour de la centrale nucléaire de Fukushima ne sont pas fiables, a affirmé mardi 23 octobre 2012 à Tokyo l’organisation Greenpeace, selon qui les populations seraient exposées à treize fois la limite autorisée.

Selon Greenpeace, des niveaux de radiation supérieurs à 3 microsieverts par heure ont été relevés dans des parcs et des écoles de la ville de Fukushima, alors que la limite a été fixée à 0,23. La ville de Fukushima, capitale de la préfecture du même nom, est située à une cinquantaine de kilomètres de la centrale nucléaire accidentée, Fukushima Daiichi.

Nous avons découvert que les appareils de mesure installés par le gouvernement sous-évaluaient systématiquement les niveaux de radiations, a déclaré Rianne Teule, experte en radiation de Greenpeace. Selon elle, ils sont protégés des radiations par les structures métalliques ou de béton environnantes, ce qui fausse les mesures.

Ces appareils ont été placés dans des zones décontaminées. Cependant nos propres mesures montrent qu’à peine un peu plus loin les niveaux remontaient de façon significative, a-t-elle poursuivi.

Rianne Teule a également affirmé que les travaux de décontamination ont été sérieusement retardés et de nombreux endroits très irradiés signalés régulièrement par Greenpeace existent toujours.

Lors de tests effectués la semaine dernière pendant quatre jours, Greenpeace a ajouté avoir mesuré des taux au-dessus de la norme légale dans le village d’Iitate où le gouvernement espère renvoyer bientôt les habitants évacués après la catastrophe.

Il est peu probable que cette zone montagneuse et très forestière redevienne sûre avant quelques années, a estimé Kazue Suzuki, de Greenpeace Japon

Le gouvernement donne de faux espoirs aux victimes du désastre, a-t-elle ajouté. 

Consécutif à un séisme de magnitude 9 et à un tsunami géant, l’accident de Fukushima, le pire depuis celui de Tchernobyl (Ukraine) en 1986, avait provoqué d’importantes émissions radioactives dans l’air, les eaux et les sols de la région de la centrale, située à 220 km au nord-est de Tokyo. Une centaine de milliers de personnes avaient dû quitter leur domicile.

(©AFP / 23 octobre 2012 11h10)

REMARQUES:

(Le Souffle c’est ma Vie / Thierry LAMIREAU)

Dans une situation similaire en FRANCE nous aurions la même

sous-évaluation (tricherie) des instances officielles et de l’Etat

français.

Il faut d’ailleurs noter que c’est déjà une PRATIQUE COURANTE de AREVA sur les anciens sites des mines d’uranium françaises !…

Tricher sur les mesures, déplacer les instruments de mesure si les résultats sont trop forts, faire disparaître des documents et des mesures si les niveaux de radiations sont trop élevés, cacher les pollutions avec un peu de terre en surface pour « faire beau », etc.

L’Etat français MENT,

MANIPULE les chiffres et la conscience

de la population

pour dire que tout va bien

et que « tout est rentré dans l’ordre »…

même technique CRIMINELLE qu’au JAPON !

En FRANCE comme au JAPON,

des RESPONSABLES ET COUPABLES

DEVRAIENT FINIR LEURS JOURS

EN PRISON !

Qui pense encore que l’accident nucléaire est

impossible en France alors que les autorités s’y

préparent ?


[Rappel: Le raport WASH-740, de la Commission de l’Energie Atomique des États-Unis de mars 1957 sur les possibilités théoriques et conséquences d’accidents majeurs dans les centrales nucléaires de forte puissance…]

Trois textes sont parus au Journal Officiel qui montrent, d’une part la militarisation de la société engendrée par les risques nucléaires, et d’autre part donnent les niveaux d’intervention sanitaire en situation «  d’urgence radiologique  ».

-Protection du secret- défense

Le premier texte, l’arrêté du 24 juillet 2003 publié au JO le 9 août 2003 relatif à  » la protection du secret de la défense nationale «  a suscité une rapide mobilisation d’individus et d’associations avec recours en annulation déposé devant le Conseil d’Etat par la CRIIRAD, Reporters sans frontières et Greenpeace. Cet arrêté va bien plus loin qu’une atteinte à la diffusion d’informations relatives aux transports de combustibles. Comme l’écrit la CRIIRAD dans son appel à mobilisation joint à la pétition nationale, cet arrêté implique une restriction considérable de la liberté d’expression et la lourdeur des sanctions pourrait réduire au silence n’importe quelle association.
Cet arrêté s’inscrit dans un contexte qui entérine la main mise de la défense nationale dans la gestion d’accidents nucléaires ou radiologiques sur des installations civiles.

-La main mise de la défense nationale dans la gestion des accidents nucléaires civils est corroborée par la parution au JO d’un deuxième texte, le décret présidentiel n° 2003-865 du 8 septembre 2003  » portant création du Comité Interministériel aux Crises Nucléaires ou Radiologiques  » (CICNR)

Ce décret annule celui du 4 août 1975 ­c’était avant Three Mile Island- qui instituait un Comité Interministériel de la Sécurité Nucléaire (CISN) et a été modifié à plusieurs reprises. Dans toutes ces différentes versions au cours des années (1) il y avait une constante : le secrétaire général de ce Comité Interministériel de la Sécurité Nucléaire (CISN) avait le rôle primordial d’assurer en permanence l’information du Président de la République et du Premier Ministre lors de tout incident ou accident sur des installations civiles, c’est à lui que devaient aboutir les informations des ministres de l’intérieur, de l’industrie, de la santé, des transports. De plus en cas d’incident ou d’accident sur une installation ou de transports relevant de la défense, le Ministre de la Défense prévenait le secrétaire général de la défense nationale et aussi le secrétaire du CISN. Ainsi ce dernier avait toutes les informations des secteurs tant civil que militaire.

Le rôle du militaire dans le nouveau décret créant le CICNR: 
Avec ce nouveau décret qui fait explicitement référence dans les attendus aux attributions du secrétaire général à la défense nationale, celui-ci a un rôle prépondérant.
Art. 1er  » En cas d’accident survenant dans une installation nucléaire de base une installation nucléaire de base secrète, au cours d’un transport de matières nucléaires ou radioactives intéressant le secteur civil ou la défense ou sur tout système nucléaire militaire, ainsi qu’en cas d’attentat ou de menace d’attentat ayant ou pouvant avoir des conséquences nucléaires ou radiologiques, le Premier Ministre peut réunir un Comité Interministériel aux Crises Nucléaires ou Radiologiques (CICNR). Ce comité est chargé de proposer au Premier Ministre les mesures à prendre (…) le secrétariat général à la défense en assure le secrétariat. [souligné par moi]
Art. 2 (…) c’est «  le secrétaire général à la défense nationale qui est informé sans délai de la survenue d’un accident, attentat ou d’une menace de nature nucléaire ou radiologique. Il assure alors la synthèse de l’information destinée au Président de la République et au Premier ministre « .

Dans un pays comme le nôtre qui a connu la sombre histoire des Irlandais de Vincennes on peut s’inquiéter des définitions et interprétations concernant « les menaces d’attentat ayant ou pouvant avoir des conséquences », s’inquiéter des dérives et de la perte de libertés que cela entraîne automatiquement. Mais le terrorisme existe, il ne faut pas faire l’autruche. La militarisation de la société est liée à la possibilité de l’accident nucléaire, c’est bien une des raisons qui nous ont conduits à être antinucléaires dans les années 70 (et à être considérés comme des catastrophistes par certains écologistes).

-Les niveaux d’intervention en situation d’urgence radiologique : mise à l’abri, prise d’iode stable, évacuation. 

Les  » contre-mesures « , actions de protection à entreprendre en cas d’urgence radiologique, étaient dans les tiroirs des préfets depuis un bon moment. Nous les avons indiquées fin 1998 : «  Quand la transparence est opaque : les normes d’intervention en cas d’accident nucléaire grave  » dans la Lettre d’information du comité Stop-Nogent (n°82, oct.1998-janv. 1999. Elles sont enfin sorties dans l’ » Arrêté du 13 octobre 2003 relatif aux niveaux d’intervention en situation d’urgence radiologique  » publié au JO (4 novembre 2003, 18766). L’arrêté est signé par A.-C. Lacoste, le Directeur Général de la Sûreté Nucléaire et de la Radioprotection, par délégation pour le Ministre de la Santé, de la Famille et des Personnes Handicapées.
Les niveaux d’intervention concernent la phase d’urgence dont la durée n’est pas précisée. (En général on considère qu’elle ne doit pas excéder 48 heures). L’arrêté fait état de l’article R. 1333-80 du Code de la santé publique. Si on s’y réfère on lit : « des actions de protection de la population doivent être mises en oeuvre dès lors que les prévisions d’exposition aux rayonnements ionisants et leurs conséquences sanitaires dépassent les niveaux d’intervention définis par un arrêté du ministre chargé de la santé, après avis de l’institut de radioprotection et de sûreté nucléaire ». L’arrêté du 13 octobre indique qu’il y a eu un avis du 15 mai 2003 de l’IRSN, mais on ne le trouve pas sur leur site internet. Quant aux niveaux d’intervention ils sont les suivants:
-une dose efficace de 10 mSv pour la mise à l’abri
-une dose efficace de 50 mSv pour l’évacuation
-une dose équivalente à la thyroïde de 100 mSv pour l’administration d’iode stable
Ce sont ceux que nous avions indiqués il y a 5 ans !
Avec un radiamètre classique on peut mesurer, en temps normal, le débit de dose externe en un endroit déterminé et, en cas d’accident, voir comment ça grimpe et faire soi-même ses prévisions de dose externe mais il n’en est pas de même de la contamination interne. Il est préoccupant de savoir qu’il faudra se fier au terme source fourni par l’exploitant, se fier aux experts officiels faisant les calculs avec des modèles de diffusion des différents radionucléides émis, et que, d’après le code de la santé publique et son article R.1333-81 c’est «  le préfet [qui] décide de la mise en oeuvre  » de tout ou partie des actions de protection en appréciant notamment si le préjudice associé à l’intervention n’est pas disproportionné par rapport au bénéfice attendu « . Quelle responsabilité pour le préfet de décider une contre-mesure ? Le bénéfice attendu c’est une meilleure protection de la population pour éviter les effets nocifs des rayonnements ionisants. Le préjudice c’est combien coûterait une évacuation ou un confinement (désormais appelé  » mise à l’abri « ), l’interruption de la vie  » normale « .
Soulignons que dans l’arrêté les femmes enceintes et les jeunes enfants ne sont pas considérés à part pour la protection de la thyroïde et que pour ces catégories il n’est pas préconisé une dose équivalente à la thyroïde plus faible qui a été demandée en 1994 par le Dr Baverstock de l’OMS. Dans les recommandations de l’OMS de 1999 «  Guidelines for Iodine Prophylaxis following Nuclear Accidents. Mise à jour 1999 «  la prophylaxie par iode stable était recommandée dès 10 mGy (2) à la thyroïde pour les nourrissons, les enfants et adolescents jusqu’à 18 ans, les femmes enceintes et allaitantes.
On remarquera aussi que l’arrêté ne traite pas des interdictions de nourriture.

Dernière remarque : l’arrêté traite de la phase d’urgence et le premier but des actions de protection est d’éviter les effets déterministes (voir le Bulletin 82 déjà cité). Nulle part en France ne sont publiés les critères de gestion du moyen terme et du long terme. On conçoit tout l’intérêt qu’ont les autorités, aidés par d’éminents professeurs et académiciens, à nier les effets sanitaires post-Tchernobyl observés par les médecins locaux travaillant sur le terrain au Bélarus (ex-Biélorussie) notamment la dégradation de la santé des enfants et toutes les pathologies décrites par Youri Bandajevsky et son équipe qui sont la raison de son emprisonnement. Dans tous les domaines, sociologique, médical, médiatique, scientifique etc. qui va risquer sa carrière en France en disant qu’effectivement la santé s’est dégradée là-bas et que la contamination chronique par la nourriture est bien en cause ? Cette absence de dissidence, cette soumission auront un prix en cas de malheur nucléaire chez nous : on évacuera beaucoup moins d’habitants qu’en URSS en 1986, si on évacue. 

Notre Académie des Sciences, l’Académie de Médecine sont, au monde, celles qui, depuis des décennies, minimisent les effets biologiques nocifs des rayonnements ionisants. N’est-ce pas une des raisons expliquant la nucléarisation massive de la France ?

B. BELBEOCH, décembre 2003,

Lettre d’information du Comité Stop Nogent-sur-Seine n° 99/100, août/décembre 2003.

(1) Modifiées soit par décret (en 1978, JO du 23 déc.) soit, après Tchernobyl, par des directives interministérielles non publiées au JO, les modalités ont été précisées «  sur la coordination de l’action des pouvoirs publics en cas d’incident ou d’accident concernant la sécurité nucléaire  » par la Directive Interministérielle SGSN n°2201 du 30 juillet 1987, puis n°2002 du 13 juin 1989 ou celle du 1er juillet 1991 «  relative à l’organisation des pouvoirs publics en cas d’accident touchant une installation nucléaire civile « 

(2) Dans le cas du rayonnement gamma 1gray (Gy)=1 sievert (Sv), 10 mGy= 10 mSv. Ainsi le niveau d’intervention de l’arrêté du 13 octobre 2003 est 10 fois plus élevé que celui préconisé par Baverstock.

La Gestion post-accident nucléaire en France:

Le CODIRPA 

1) Vers une gestion de la phase post-accidentelle d’un accident nucléaire en France

a) La démarche PAREX
b) CODIRPA (Comité directeur pour la gestion de la phase post-accidentelle)
c) Séminaire international post-accidentel nucléaire

2) L’accident est-il inéluctable ? – Marche arrière toute !

Une publication de 55 pages « Guide d’aide à la décision pour la gestion du milieu agricole en cas d’accident nucléaire » est aussi disponible sur le site internet du Ministère de l’Agriculture et de la Pêche.

Notes:
- De la servitude volontaire à la nécessité de la servitude
- La France « se prépare militairement » aux conséquences d’un accident de type (très petit) Tchernobyl sur son sol

1) Le CODIRPA: Vers une gestion soft* et participative pour une vie durablement contaminée après un accident nucléaire en France

« Historiquement, l’accent a été mis sur la gestion de l’accident lui-même. Il apparaît maintenant nécessaire, en France comme dans les autres pays étrangers, de mieux préparer la gestion de cette phase post-accidentelle. C’est pourquoi l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) s’est engagée dans la préparation de dispositions visant à répondre aux problèmes complexes de la gestion post-accidentelle, dans un premier temps en mettant en oeuvre la démarche PAREX, puis en instaurant un Comité Directeur pour la Gestion de la Phase Post-Accidentelle d’un Accident Nucléaire ou d’une Situation d’Urgence Radiologique (CODIRPA). »

a) La démarche PAREX

« En 2005, l’ASN a lancé une étude sur le retour d’expérience de la gestion post-accidentelle de Tchernobyl. Cette étude a été confiée à la société Mutadis Consultants.

Les objectifs de cette démarche, outre l’étude du retour d’expérience de la gestion post-accidentelle de Tchernobyl, étaient : d’évaluer la pertinence de ce retour d’expérience dans le contexte social, économique et politique de la France et de l’Union Européenne ; d’en dégager des enseignements dans la perspective d’un dispositif préventif de gestion post-accidentel au plan français.

La démarche PAREX se base sur une réflexion participative et pluraliste associant : des représentants de différents organismes publics concernés ; des représentants de la société civile (associations, membre de commissions locales, représentants d’administration territoriale, élus territoriaux).

[Par "associations" il faut entendre associations "anti" ou "d'aide aux enfants contaminés", etc...]

Un groupe de 3 experts français impliqués depuis 1990 dans la gestion post-accidentelle de Tchernobyl dans le cadre de différents projets internationaux, Gilles Hériard Dubreuil (Mutadis), Jacques Lochard (CEPN) et Henri Ollagnon (INA-PG) et des experts biélorusses ont animé les séances de travail.

… cadre institutionnel et juridique de la gestion post-accidentelle… nouvelles formes de gouvernance adaptées à la complexité de la situation post-accidentelle… réhabilitation durable des conditions de vie dans les territoires contaminés…

Pour réaliser cette démarche, de nombreuses informations et témoignages sur la gestion post-accidentelle de Tchernobyl ont été rassemblés. Ils proviennent de travaux de recherche engagés depuis 1990 : programmes CEI, ETHOS, CORE, EURETHOS, SAGE, FARMING.

Enseignements et préconisations : face à une situation aussi complexe qu’une situation de contamination radiologique durable, acteurs publics et parties prenantes doivent travailler ensemble pour élaborer une réponse adaptée ; une place majeure doit être accordée aux acteurs locaux dans la gestion de la situation de contamination… au niveau national, une plate-forme de réflexion pluraliste doit être initié sur la réhabilitation des conditions de vie, en connexion avec les projets développés au niveau territorial… »

[ETHOS, CORE, SAGE, CEPN... c'est donc aussi valable pour la France!!!]

b) CODIRPA (Comité directeur pour la gestion de la phase post-accidentelle)

En juin 2005, l’ASN a mis en place le CODIRPA chargé d’élaborer les éléments de doctrine correspondants.

 » Objectif: Préparer des dispositions visant à répondre aux problèmes complexes de la gestion post-accidentelle, en particulier ceux portant sur la gestion sanitaire des populations, les conséquences économiques ou la réhabilitation des conditions de vie dans les zones contaminées.

Pour mener ses travaux, le CODIRPA a mis en place 9 groupes de travail (GT) thématiques et en a désigné les pilotes.

Ces groupes de travail portent sur :

GT1 : Levée des actions d’urgence de protection des populations et réduction de la contamination en milieu bâti (piloté par l’ASN)

GT2 : Vie dans les territoires ruraux contaminés, agriculture et eau (piloté par la DGAL/CGAEER)

GT3 : Évaluation des conséquences radiologiques et dosimétriques (piloté par l’IRSN)

GT4 : Suivi sanitaire des populations (piloté par l’InVS)

GT5 : Indemnisation (piloté par la DGEMP)

GT6 : Gestion des déchets, produits contaminés et terres contaminées (piloté par l’ASN)

GT7 : Organisation des pouvoirs publics et implication des « parties prenantes » (piloté par le SGDN)

GT « Eau » : impact et de la gestion de la ressource en eau (piloté par l’ASN)

GT « Hypothèses » : choix des hypothèses retenues pour les évaluations des conséquences radiologiques et dosimétriques (piloté par l’ASN)

Le CODIRPA fixe les objectifs généraux et assure la coordination des groupes de travail. Il en valide les cahiers des charges et les travaux ainsi que les éléments de doctrine produits. Le mandat du CODIRPA a initialement été fixé pour deux ans ; il a ensuite été prolongé jusqu’en janvier 2009. Il a été demandé aux groupes de travail de réaliser des rapports d’étape en juin 2007 (à l’exception des GT Eau et Hypothèses dont les travaux ne faisaient que commencer), 2 ans après la mise en place du Comité directeur. » Voir les Synthèses et rapports des Groupes de travail.

c) Séminaire international post-accidentel nucléaire

 » L’ASN a organisé, les 6 et 7 décembre 2007 à Paris, un séminaire international sur la gestion des conséquences d’un accident nucléaire. Ce séminaire s’adressait aux participants du CODIRPA et aux projets internationaux qui visent à développer des programmes de réhabilitation des territoires contaminés (EURANOS, CORE), ainsi que les personnes sensibilisées à cette problématique qui pourraient être impliquées dans le processus de réhabilitation (pouvoirs publics, associations), tant en France qu’à l’étranger.

Le séminaire s’est articulé autour de cinq sessions :
- les programmes nationaux et internationaux de préparation au post-accident nucléaire ;
- la gestion des territoires ruraux en situation post-accidentelle ;
- la protection des populations et le suivi sanitaire en situation post-accidentelle ;
- l’indemnisation ;
- le passage à la pratique et implication des parties prenantes.

Quel rôle pour les parties prenantes:

- Quel rôle pour les associations ?
Jean-Claude Autret, ACRO / Anita Villers, EDA / Monique Sene, GSIEN

- Gestion des risques post-accidentels : quel rôle pour les CLI et l’ANCLI ?
Alexis Calafat, ANCLI « 

2) L’accident est-il inéluctable ? – Marche arrière toute !

Pour sortir du nucléaire rapidement à cause de la possibilité d’un accident majeur chez nous l’argument de base du Comité Stop Nogent-sur-Seine, le recours au thermique classique, charbon, fioul et gaz est rejeté par la majorité des antinucléaires et n’a pas convaincu la population. L’effet de serre est devenu un argument incontournable et nous ne savons pas comment y répondre « efficacement » alors que la part de l’électronucléaire français représente une part de l’ordre de 1% de l’énergie primaire mondiale consommée.

Les grosses associations écologistes comme Greenpeace n’ont pas levé le petit doigt contre la création de la nouvelle usine d’enrichissement par centrifugation Georges Besse II qui doit progressivement remplacer Eurodif. Cette installation ne nécessitera qu’une puissance de 50 MW au lieu de 3 réacteurs du Tricastin pour l’usine Eurodif. Elle prouve qu’on s’embarque en France dans une nouvelle étape nucléaire et que les écologistes « officiels » n’en ont rien à cirer.

Comment expliquer une telle bévue ?

- ils ne croient pas qu’un accident de type Tchernobyl soit possible en France ? Pour eux Tchernobyl a été un accident soviétique, nos réacteurs PWR sont moins dangereux, ils ne peuvent pas exploser.

- il y a pas mal de petites associations qui aident d’une façon ou d’une autre les enfants des zones contaminées d’Ukraine, Biélorussie et Russie. Mais fondamentalement ces personnes honnêtes et chaleureuses n’envisagent pas qu’une telle situation peut arriver chez nous, sur nos réacteurs et installations nucléaires.

On a eu beau montrer que les autorités se préparent à l’accident majeur, publication de décrets, mise sur pied de la nouvelle Autorité de Sûreté Nucléaire présidée par André-Claude Lacoste nous n’étions pas crédibles.

C’est désormais une évidence, le comité CODIRPA a été créé spécialement en avril 2005 pour préparer la gestion d’un accident majeur chez nous. Hervé Morin l’écrit dans le journal Le Monde, jeudi 21 février 2008 avec quelques détails, comme par exemple « Dans les zones agricoles, faudrait-il moissonner pour concentrer la radioactivité et s’en débarrasser, ou chercher sa dilution ? » En cas d’accident nucléaire chez nous on pourrait être amené à « sacrifier » un territoire…

Le CODIRPA publie les résultats préliminaires des travaux de ses 7 sous-groupes. Il ne s’agit plus de traiter la phase d’urgence et de transition mais le « long terme », quand des zones sont toujours contaminées après la cessation des rejets et que cela peut conduire à un « déplacement » temporaire, voire définitif, de population.

Une publication de 55 pages « Guide d’aide à la décision pour la gestion du milieu agricole en cas d’accident nucléaire » est disponible sur le site internet du Ministère de l’Agriculture et de la Pêche:

Partie 1 - Troupeaux laitiers, troupeaux allaitants (3.08 Mo)

Partie 2 - Elevages de porcs, volailles et veaux + Cultures de plein champ et prairie (2.91 Mo)

Partie 3 - Cultures sous abris + vignobles et vergers (2.22 Mo)

Partie 4 - Informations générales sur le risque nucléaire et sa gestion, sur la réglementation et les filières agricoles (3.95 Mo)

Apparemment aucun écho pour l’instant, à part ce petit article (Le Monde). Si ça ne rue pas dans les brancards on peut s’attendre à ce que cela soit à nouveau l’éteignoir. MAIS, PEUT-ÊTRE MÊME PAS, CAR, C’EST LE PIÈGE, LE RÊVE DES AUTORITÉS EST D’ASSOCIER LA POPULATION À LA GESTION POUR QUE ÇA SE PASSE MIEUX. « De la servitude volontaire à la nécessité de la servitude » avait écrit** Roger Belbéoch…

Comment les écologistes patentés ont-ils réussi – sans le vouloir – à anesthésier l’opinion ?

Ils ont diabolisé le charbon. On ne peut être que d’accord que le charbon ce n’est pas la solution idéale. L’extraction du charbon n’est pas un plaisir, il y a des accidents miniers qui tuent des mineurs (la mine d’uranium tue aussi mais plus lentement, par cancers). Les émanations des centrales thermiques à flamme ne sont sûrement pas inoffensives. Mais face à une situation comme celle que vivent depuis 1986 les habitants des zones contaminées (il aurait fallu évacuer 1 million de personnes d’après la lettre adressée à Gorbatchev par 92 responsables en radioprotection soviétiques que peut-on faire ? Les centrales à charbon fioul et gaz sont un pis-aller face à la catastrophe nucléaire et à ses conséquences sanitaires. On n’a jamais évacué une région après un accident minier.

La lecture du « Guide d’aide à la décision pour la gestion du milieu agricole en cas d’accident nucléaire » devrait susciter une réflexion rapide pour changer de cap d’urgence.

L’effet de serre

En prônant le charbon on encouragerait les autres pays à en faire autant. Ceux du tiers-monde mais aussi la Chine. (De toute façon la Chine va utiliser son charbon. Elle ne peut pas avoir un recours massif au nucléaire). Ce ne serait pas moral de prôner le charbon en l’interdisant aux autres. Mais est-ce que cela sera moral d’envoyer des nuages radioactifs sur nos voisins en cas de catastrophe chez nous ?

Et en plus on vend nos EPR partout. A des pays « voyous », à des pays sans structure technologique adéquate ce qui multiplie le risque nucléaire (directement ou par terrorisme).

Infonucléaire

Notes:

* La version « hard » est (elle aussi) prête, et ces deux versions peuvent-être complémentaires ou se suivre dans un ordre ou un autre, lire: La France « se prépare militairement » aux conséquences d’un accident de type[très petit] Tchernobyl sur son sol.

« La gestion d’une catastrophe nucléaire exige le maintien de l’ordre, (c’est formellement indiqué en introduction des plans de gestion nucléaire). Cette exigence n’est pas seulement celle de tout politicien quelles que soient par ailleurs ses promesses électorales, elle est une nécessité afin de minimiser les effets biologiques de la catastrophe. En cas de désastre nucléaire le «  citoyen  » est incapable de gérer son quotidien, il doit s’en remettre aux «  experts  ». Même si ceux-ci n’ont pas d’éléments pour la «  meilleure  » gestion c’est mieux que les possibles réactions violentes des «  citoyens  » car leur violence pourrait leur coûter cher, non pas en terme de répression policière mais en termes sanitaires.

Actuellement le mensonge nucléaire a quelque chose de paradoxal. Sa crédibilité a été hissée à un très haut niveau et pourtant, si les «  citoyens  » sont de plus en plus exigeants, ce n’est pas pour connaître la vérité mais afin que ces mensonges crédibles leur évitent des problèmes de conscience insolubles. Ceux-ci pourraient évidemment produire des «  turbulences sociales  » pré-accidentelles difficiles à gérer tant par les gestionnaires sociaux que par les citoyens.

Il y a donc une conjonction assez curieuse entre la nécessité pour les gestionnaires de mentir et la nécessité pour les «  citoyens  » que ces mensonges soient crédibles. De nombreux experts ont compris ce problème et interviennent auprès des diplodocus nucléaires pour confier les mensonges à des gens «  compétents  », mais cela n’est pas facile.

Jusqu’à présent les mensonges et la dictature des experts étaient acceptés «  volontairement  » par la mise en balance inconsciente des avantages (pas pour tout le monde) et des inconvénients. Maintenant cette servitude vis-à-vis des experts est devenue une nécessité pour la meilleure survie des «  catastrophés  » quels qu’ils soient. On est passé de la servitude volontaire à une nécessité de la servitude.  »

Roger BELBEOCH

Panorama des catastrophes à venir

Quand les erreurs techniques rencontrent

les difficultés financières

En 1989, le Comité Stop-Nogent découvrait dans la Seine une pleine poignée de becquerels de Cobalt 58. Nos réflexions nous amenaient à craindre qu’un alliage à base de nickel utilisé dans le circuit du réacteur se corrode et se fissure, l’activation de ces particules dans le flux neutronique produisant le cobalt radioactif anormalement rejeté en rivière. Malgré les tergiversations d’EDF, la suite de l’histoire confirma complètement nos craintes.

Les réacteurs nucléaires ont été construits d’une façon qui se voulait très sûre, avec une norme statistique de risque d’accident de 1 par million de réacteurs et par an. Suite aux problèmes de corrosion de l’alliage qui ne touchaient à l’époque que les générateurs de vapeur, nous pouvions lire en 1989 dans un rapport de l’autorité de sûreté nucléaire du ministère de l’Industrie que le risque d’accident grave avait sérieusement augmenté. Il était alors estimé entre 1 pour 500 et 1 pour 10 000 par réacteur et par an. Début 1990, l’inspecteur général de sûreté nucléaire d’EDF écrivait dans son rapport annuel que «  le risque d’un accident majeur dans les 20 ans à venir était de quelques pour cent « .

La situation ne s’est pas améliorée depuis; d’autres anomalies sont apparues, et les erreurs humaines dans le maniement de ces installations, parfois volontaires, sont en hausse évidente.

Dans cet article nous décrirons, autour des incidents intervenus sur le parc français en 1996, ainsi que des problèmes génériques, un échantillonnage panoramique des risques, afin que le lecteur puisse se forger une opinion sur la sortie du nucléaire. Faut-il avoir une vision réaliste de type économique qui vise à laisser les installations finir «  naturellement «  de vieillesse et remplacer ensuite par autre chose? Faut-il développer les énergies renouvelables et économiser l’énergie, afin de permettre de se passer du nucléaire dans un certain nombre de décennies, ou faut-il opter pour une sortie la plus rapide possible du nucléaire par une technologie de production immédiatement disponible et de réserves planétaires abondantes : le thermique classique au charbon? À chacun d’estimer la valeur de la vie, humaine, végétale, animale, et de la comparer aux valeurs du «  réalisme économique  ».

Le parc nucléaire vieillit, et vieillit mal. En plus des erreurs de conception, de plus en plus nombreuses à se manifester dans le temps, l’accumulation des sollicitations thermiques, mécaniques et neutronique, engendre une fragilisation des matériaux non prévue à la fabrication. L’exploitant est aujourd’hui contraint de faire face à des coûts de maintenance en large progression, non budgétisés au départ, alors qu’il envisage de faire durer ces installations jusqu’à 40 ans.

« Le nucléaire n’est plus compétitif. »

Telle est la conclusion que l’on peut tirer à la lecture de la très officielle étude des « coûts de référence » publiée par le Ministère de l’Industrie en avril dernier. Bien que l’on puisse objectivement douter que tous les éléments aient été pris en compte dans le calcul du coût officiel du kWh nucléaire, cette énergie a déjà officiellement perdu son avantage économique sur d’autres formes de production d’électricité thermique comme le cycle combiné au gaz, le charbon pulvérisé ou le charbon propre sur lit fluidisé. Or, nous vivons dans une économie libérale, internationale, ou règnent les règles de la concurrence.

Rendement et concurrence obligent, EDF défend ses intérêts en rognant sur les coûts et les durées de maintenance, en ne respectant pas les procédures, en surexploitant les personnels internes et intérimaires. Il en résulte une dégradation significative de la « culture de sûreté », voire des sabotages, entraînant une nette augmentation des incidents dans les centrales, principale critique citée dans le rapport annuel d’activité de la DSIN, l’autorité de sûreté. Cette instance a recensé en 1996 près de 500 incidents sur l’ensemble des installations nucléaires (+ 30% en un an), la plupart dans le parc EDF à eau pressurisée (55 réacteurs répartis sur 18 sites). Si 26% des incidents proviennent de défaillances du matériel, principalement dues au vieillissement, 74% des aléas sont issus d’erreurs humaines, de défauts d’organisation ou de surveillance, d’interventions mal préparées, de confusions, de négligences. 55% des incidents ont lieu en fonctionnement, 45% en arrêt de tranche. Pour le seul site de Chooz (Ardennes), les deux premiers réacteurs de 1450 MWe enfin 100% français, dont le premier a divergé (démarré) en juillet 1996, la DSIN à comptabilisé 25 incidents pour l’année écoulée.

Certaines réparations de grande importance pour la sûreté sont tellement lourdes, financièrement et technologiquement, qu’elles seront étalées sur plusieurs années, de quoi douter du pouvoir effectif de la DSIN qui laisse fonctionner des installations en situation de sûreté dégradée; l’arbitrage entre le risque potentiel d’une part, la disponibilité et la productivité d’autre part, tournant généralement à l’avantage d’arguments économiques de court terme.

L’exploitant joue aussi la carte des « coûts de combustible ». EDF utilise de manière croissante un combustible plus enrichi en uranium fissile. Ce qui a pour conséquence un risque accru de perte de contrôle de réactivité, une déformation possible des assemblages de combustible pouvant entraver la manoeuvre des barres de contrôle.

L’estimation du risque d’accident grave, au début des programmes nucléaires, était de 1 par million de réacteurs et par an. Suite aux nombreuses anomalies génériques apparues depuis, l’on admet officiellement aujourd’hui un risque dix fois plus élevé. Mais ces études de risque probabiliste sont calculées par le lobby lui même, et fort éloigné de la réalité. Comme l’écrit B. BELBEOCH dans une récente Gazette Nucléaire, le nombre comptabilisé de ruptures de tubes de générateurs de vapeur dans le monde est 100 fois supérieur à celui prévu par les études probabilistes.

Compte tenu du vieillissement du parc, de la dégradation de la qualité de travail, tant à EDF que chez les prestataires, estimer probable un accident grave en France paraît tout à fait réaliste.

Aussi insisterons-nous, une fois de plus, pour engager les mouvements antinucléaire et écologiste vers une sortie rapide, très rapide, du nucléaire. N’en déplaise aux vrais ou faux naïfs qui croient tout pouvoir attendre, patiemment, des énergies renouvelables, et ne redoutent rien tant que l’apocalypse de l’effet de serre : la seule façon raisonnable de sortir vite du nucléaire par une technologie disponible, abondante et d’un coût raisonnable est de recourir aux combustibles fossiles (les techniques du charbon propre existent).

L’accident nucléaire serait, lui, synonyme de perte de santé et de démocratie, d’effondrement social et économique de tout le pays; et ce ne sera pas dans la pénurie et le délabrement post-accidentel que l’on sortira du nucléaire : les moyens financiers ne seront plus disponibles.

Ci-après, l’état de sûreté de notre parc nucléaire, pour donner la mesure des risques du nucléaire au quotidien et bien faire comprendre pourquoi il faut en sortir au plus vite. Cet article est limité aux réacteurs à eau pressurisée et ne tient pas compte du risque tout aussi redoutable dans les autres installations nucléaires, les usines (La Hague, Tricastin, Cadarache, etc., que l’on a tendance à oublier), les réacteurs à neutrons rapides et autres installations militaires ou laboratoires de recherche. Il est suivi, sous forme d’un « tableau de chasse », de la liste des incidents les plus significatifs publiés par la DSIN en 1996 dans le 3614 MAGNUC (mise à jour hebdomadaire les vendredis, 0,37 F la minute et 0,13 F le soir).

Liste des « erreurs humaines » (non exhaustif)

Barres de contrôle du réacteur trop basses

En suivi de réseau, selon la consommation d’électricité, l’exploitant peut être amené à réduire fortement la puissance de fonctionnement des installations. Pour ce faire, il baisse les barres de contrôle, tout en les gardant à une hauteur suffisamment élevée permettant leur chute pour un arrêt d’urgence en cas de problème. Une baisse plus importante de puissance nécessite l’injection de bore neutrophage dans le circuit primaire. Pour remonter en puissance, une remontée des barres est rapide, alors qu’une purge de l’excédant de bore est plus lente, nécessite plus de travail et augmente la quantité d’effluents radioactifs à traiter. Par productivisme, l’exploitant a tendance à ne pas pratiquer la borication, se privant ainsi d’un moyen d’arrêt d’urgence. Fin 95, la DSIN estimait l’occurrence de cet « incident volontaire » à plus d’une centaine.

Dégradation des conditions de travail

La consommation d’électricité étant plus importante en hiver, les arrêts de tranche pour échange de combustible se pratiquent du printemps à l’automne. La maintenance, est pratiquée à plus de 80% par des prestataires et de préférence par ceux aux coûts les plus compétitifs. Le caractère saisonnier, les contraintes temporelles, la précarisation, pèsent lourdement sur les compétences et les impératifs de sûreté. Ajoutons à cela la détérioration des relations de travail, la démoralisation des travailleurs pouvant conduire à la consommation de drogues, voire au suicide. Il arrive que l’entreprise sous-traitante commette elle-même les infractions pour réaliser quelques gains financier (falsification de radiographies de soudures défectueuses, Dampierre 1993). Par le vieillissement, des particules abrasées (notamment le cobalt) puis activées par le flux neutronique contaminent les circuits, exposant le personnel à des niveaux de rayonnement importants; on tend de ce fait à réduire la durée des opérations. Pour couronner le tout, on observe un manque évident de contrôle par EDF du travail réalisé par les prestataires. A EDF même, l’ambiance de travail est exécrable. Les sanctions, le muselage syndical, font que les réactions se manifestent de plus en plus clandestinement. Quelques actes de malveillance, de sabotages (Blayais, Paluel) ont même été constatés sans que les auteurs en soient officiellement connus.

Egalement

Vannes d’isolement des tuyauteries traversant l’enceinte de confinement détectées ouvertes sur 24 réacteurs en 96. Obturation des prises d’eau de refroidissement par des déchets flottants en rivière ou en mer (Gravelines 1 récemment, les deux circuits redondants en même temps). Baisse de niveau d’eau dans le réacteur lors d’opérations de maintenance (plage de travail basse réacteur à l’arrêt Bugey janvier 94).

Mais aussi

Absence de possibilité de contrôle de l’autorité de sûreté sur les circuits non nucléaires des centrales; zones identifiées par l’autorité de sûreté ne faisant l’objet d’aucun contrôle; non prise en compte du retour d’expérience par l’exploitant qui répète les mêmes erreurs, initiant les mêmes incidents; dissimulation par l’exploitant de certains incidents, défauts de réalisation de contrôles périodiques, dépassement des paramètres autorisés, non respect des procédures, vannes ouvertes alors qu’elles devraient être fermées, ou inversement (en particulier sur les circuits d’injection de sécurité d’eau borée, l’extincteur nucléaire), confusion entre les commandes de deux réacteurs, etc. (voir ci-après la liste des incidents en 1996).

Anomalies génériques et vieillissement des matériaux (non exhaustif)

Réacteurs 900 MWe et 1300 MWe

Fissuration des brides des barrières thermiques de pompes primaires

Cette anomalie générique est actuellement la plus importante et potentiellement la plus dangereuse. L’eau du circuit primaire, à 155 bars et plus de 300 °C, circule au travers du coeur du réacteur et des tubes en « U » des générateurs de vapeurs poussée par de puissantes pompes d’un débit de plus de 6 m3/s; trois pompes sur le parc 900 MW, quatre sur les 1300 MW. Le moteur de chaque pompe et le joint d’étanchéité sont protégés du flux de chaleur d’eau primaire du corps de la pompe (roue et volute) par une barrière thermique métallique traversée par un serpentin alimenté en eau froide par le circuit de refroidissement intermédiaire. Les brides de fixation de ces barrières thermiques se fissurent depuis 1990 sur le parc 900 MWe sous l’effet de contraintes thermiques et mécaniques. Certains défauts ont atteint 16 mm de profondeur. La presque totalité de ce parc est touchée, et de léger défauts commencent à apparaître sur le parc 1300 MWe. Cette situation pourrait entraîner une rupture d’une partie de la bride à l’intérieur de la barrière thermique avec risque de migration de débris et de rupture du serpentin du circuit RRI, induisant une entrée de fluide primaire haute pression dans ce circuit qui n’est pas dimensionné pour cela. Il en résulterait une perte de réfrigérant primaire : c’est à dire l’accident majeur. La zone étant peu accessible, le contrôle de l’état des brides est irréalisable, sauf démontage complet pour vérification dans un atelier spécialisé (Somanu, dans le Nord de la France). Ces pièces ne sont plus approvisionnées, il faut donc en reprendre la fabrication. EDF dispose de 5 ans à compter de 1997 pour remplacer toutes ces brides. En attendant, l’exploitant doit se fier au contrôle d’une éventuelle montée de radioactivité dans le circuit RRI (refroidissement intermédiaire) contaminé par le circuit primaire par une fuite interne d’une pompe.

Réacteurs 900 MWe

Dégradation des plaques entretoises des générateurs de vapeur

Ces plaques servent au maintien des 3000 tubes de GV. Non maintenus, les vibrations risquent d’engendrer des ruptures de ces tubes et de provoquer des rejets atmosphériques d’eau primaire radioactive, ainsi qu’une perturbation du refroidissement du réacteur et accident majeur au delà de deux tubes rompus. Déjà dégradés pour cause de corrosion et de fissuration sous contrainte de l’alliage Inconel 600 qui compose ces tubes, tous les générateurs de vapeur devront être changés au rythme de trois tranches par an. En attendant, une surveillance accrue est nécessaire.

Réacteur de 900 MWe

Dégradation des barres de précontrainte des butées latérales antisismiques du puits de cuve

Décelée en mai 96 sur Chinon 1, à l’occasion de l’arrêt pour visite partielle et rechargement en combustible du réacteur B1 de Chinon, cette anomalie générique concerne 24 réacteurs du parc 900 MWe. Ce dispositif a pour but de reprendre les efforts horizontaux qui pourraient être générés lors d’un séisme et de protéger ainsi la cuve du réacteur. Espérons que l’ensemble de ces butées du parc 900 MWe pourra être repris avant que ne survienne un séisme.

Réacteurs 1300 MWe

Mauvais fonctionnement ou blocage des grappes de commande du coeur.

8 incidents en un an (sites de Belleville, Paluel, Cattenom, Flamanville, Golfech, Nogent-sur-Seine et Saint-Alban). 5 sont dus à une rupture d’une vis du mécanisme de commande, 2 à une éventuelle déformation des assemblages de combustible, la dernière reste de cause inconnue. D’autres anomalies affectant les grappes et se traduisant par des déplacements incontrôlés de celles-ci (chutes partielles ou déplacements insuffisants lors de manoeuvres). Des anomalies de même type, mais provenant de problèmes techniques différents, étaient également apparues en Corée, sur la centrale de Kori en 1994 et à Daya-Bay en Chine (réacteurs français), ainsi qu’à Chooz, réacteur de 1450 MWe.

Mais aussi, pêle-mêle

Déformation des assemblages de combustible; vieillissement des matériaux, accumulation des sollicitations entraînant des dégradations non prévues à la conception ou à la fabrication; corrosion de certains alliages, principalement l’Inconel 600; fragilisation de la cuve par le flux neutronique, modification de la température de transition dite « ductile-fragile », en particulier sur les zones soudées, avec risque de rupture de la cuve en cas de refroidissement brutal (arrêt d’urgence par exemple); coudes moulés des tuyauteries primaires fragilisés; risques accrus par l’utilisation de combustibles de plus en plus enrichis (bientôt 4% d’U 235 dans les 1300 MWe), ou le mox; objets errants dans le circuit primaire; fragilisation de la liaison bimétallique qui relie le pressuriseur au circuit primaire; fragilisation thermique des éléments moulés austéno-ferritiques (coudes des tuyauteries primaires, piquages d’instrumentations, volutes des pompes primaires, pièces de robinetterie); fissuration des buses de soupapes des générateurs de vapeur; défauts de fabrication non encore résolus; fuites diverses; risque d’éjection d’une grappe de commande en marche, induisant une augmentation brutale de réactivité; perte de refroidissement du circuit primaire; rupture de tubes de générateur de vapeur. Le système de prévention d’explosion par recombinaison catalytique d’hydrogène peut avoir l’effet inverse. Les moyen de dépression du circuit à moins de 20 bar pour permettre la mise en oeuvre des moyens d’ultimes secours peuvent ne pas fonctionner, etc.

1) Les Américains, les Allemands, les Anglais, etc., s’en sont aperçus depuis longtemps (cf. Courrier International du 18 au 24/1/96, reprenant un article de The Economist, que nous avions mentionné dans notre bulletin n° 71.

2) Sur le parc 900 MWe, le taux d’enrichissement du combustible est passé à 3,7 % d’uranium fissile changé par quart de coeur par an (au lieu de 3,1 % par tiers de coeur), 4 % échangé par tiers de coeur tous les 18 mois sur le parc 1300 MWe (au lieu de 3,1 % tiers de coeur par an).

Lettre d’information du Comité Stop Nogent-sur-Seine n°75 et n°76,

janvier-mars 1997 et avril-juin 1997.

Le nucléaire « roule » sans assurance

Une convention internationale, signée par 22 pays en 1988, prévoit que la responsabilité civile de l’exploitant d’une centrale nucléaire est limitée à 50 millions de ff ou 300 millions de fb. Les assurances travaillent en « pools ». Elles se sont organisées mondialement en 28 groupes, notamment pour ne pas faire monter les prix des primes. Autant dire que le secteur « roule » sans assurance.

Roger Belbéoch: « Dans de nombreux pays industrialisés, il y a une loi nationale qui limite la responsabilité civile des exploitants nucléaires en cas de catastrophe. Cette loi établit un plafond: quoi qu’il arrive, les indemnisations ne devront pas dépasser un niveau donné. En France, par exemple, la limite est beaucoup plus basse qu’aux Etats-Unis, pour le même type de réacteurs. La santé des Français vaut-elle moins que celle des Américains? La loi française limite à 600 millions de ff la responsabilité de l’exploitant.
Vous faites un calcul simple, qui se rapporte au terrain perdu seulement en traçant un cercle de 30 ou de 50 km autour d’une centrale, et vous vous rendez compte: moins d’1 ff au mètre carré. Allez expliquer cela aux propriétaires des terrains des grands vins de Bordeaux, par exemple, et qui sont éventuellement menacés de la ruine par les centrales de Golfech et du Blayais.
Quand on évacue un territoire, on ne perd pas que du terrain. Il y a aussi toutes les infrastructures, les routes, les hôpitaux, les écoles, les usines, les maisons, les appartements, avec tous les meubles et objets divers: tout est contaminé et reste sur place.
Aux Etats-Unis, l’énergie nucléaire n’a pu se développer de façon industrielle que lorsque ses promoteurs ont été assurés qu’en cas d’accident leur responsabilité serait limitée. Le « Price Anderson Act » fut adopté en 1957. La responsabilité civile des producteurs d’électricité s’arrêtait à 60 millions de $. Au-delà de cette somme, le gouvernement pouvait intervenir pour les indemnisations jusqu’à 500 millions de $. Cette loi, en principe votée pour dix ans, fut régulièrement reconduite. Même si les limites de responsabilité ont été révisées à la hausse, elles n’atteignent pas les montants prévisibles en cas d’accident. Aux Etats-Unis, c’était la première fois que la responsabilité civile d’une entreprise privée était légalement limitée par une loi.
Mais à quel montant peuvent se chiffrer les dommages en cas d’accident majeur? Selon une estimation officielle, la catastrophe de Tchernobyl aurait coûté 300 milliards de dollars à l’économie ex-soviétique.
Si l’industrie était entièrement responsable des dommages en cas d’accident, plus personne n’investirait dans ce secteur.

Greenpeace: En dehors des accidents majeurs, dans quelles mesures les dangers que fait courir le nucléaire aux populations sont-ils réellement pris en compte?

Roger Belbéoch: Chaque pays a la sûreté qu’il mérite. On peut, par exemple, voir quel fut le comportement vis-à-vis de la contamination des aliments après Tchernobyl. On s’est aperçu que les pays où la population était la plus sensible aux problèmes de santé et d’environnement ont édicté les normes les plus rigoureuses. Et inversement, les pays -comme la France- dont la population est traditionnellement indifférente aux problèmes écologiques et de santé, n’ont pas eu de normes du tout. En Allemagne, les normes étaient d’autant plus strictes que, dans le Land correspondant, les Verts étaient plus puissants. Cela veut dire que l’opinion publique joue un rôle direct dans l’établissement des normes. A partir du moment où elle est indifférente, on ne voit pas pourquoi les industriels se casseraient la tête… C’est vrai pour n’importe quel type de pollution.

Un accident grave tous les 6 ans ?

Les industries du nucléaire le clamaient bien haut : la probabilité pour qu’un accident sérieux se produise était inférieure à 1 sur un million d’années de fonctionnement-réacteur. En un mot, si l’on ajoutait bout à bout, le nombre d’années de service de l’ensemble des centrales dans le monde. il faudrait atteindre au moins le chiffre d’un million pour qu’une catastrophe survienne. Pour en arriver là, les experts avaient calculé les chances de mauvais fonctionnement de chacun des composants vitaux d’un réacteur. leurs conséquences sur les autres éléments du système et ils en avaient déduit la probabilité d’un accident.

En utilisant cette méthode, les auteurs du rapport Ramussen, qui durant des années fit autorité en matière de sûreté nucléaire, calculèrent qu’il y avait une chance sur deux pour qu’une catastrophe se produise à l’intérieur d’une fourchette de 23 000 à 100 000 ans de fonctionnement-réacteur.

Ces calculs théoriques sont totalement irréalistes, expliquent deux chercheurs – un Suédois et un Allemand – dans une lettre adressée à l’hebdomadaire Nature. Aujourd’hui, il y a 374 réacteurs en service dans le monde. Ilstotalisaient fin mai 1986, 4 000 ans de fonctionnement durant lesquels il y eut deux accidents très graves – Three Mile Island et Tchernobyl -. Il faut donc recommencer tous les calculs de probabilité à partir de ces données réelles et abandonner les calculs théoriques. C’est ce que firent les deux scientifiques. Leurs résultats sont alarmants. Ainsi, avec le parc de centrales actuellement en fonctionnement, il y a 95 % de chances pour qu’une nouvelle catastrophe se produise dans les 20 ans à venir, ou 86 % de chances pour que ce soit dans les 10 ans à venir ou encore 70 % de chances pour qu’elle survienne dans les 5,4 prochaines années. De quoi nous faire froid dans le dos! Il est vrai qu’une forte probabilité n’équivaut pas à une certitude, Mais ces chiffres donnent à réfléchir puisqu’ils sont basés sur l’expérience et non plus sur quelques données théoriques.

Extrait de l’article « Le vrai coût d’un accident nucléaire »,

iode_autorites CENTRALE NUCLEAIRE dans REFLEXIONS PERSONNELLES
Voir l’article (en Jpg 700 Ko) du Quotidien du Médecin du 13 février 1990: « Accidents nucléaires : comment distribuer l’iode » de Marie-Françoise Depange qui donne un tableau « posologie et formes d’administration de l’iode stable ».

Les comprimés d’iode: Des

tranquillisants contre l’angoisse nucléaire

La décision de distribuer des comprimés d’iode stable au voisinage des centrales nucléaires françaises a donné lieu à des commentaires d’experts médicaux très proches du lobby nucléaire pour qui seuls les iodes radioactifs auraient des effets néfastes sur la santé (du moins c’est ce qu’ils prétendent dans les médias). Ainsi, en prenant ces comprimés d’iode stable en cas d’accident grave la population serait totalement protégée. Tout se passe donc comme si le cocktail de radionucléides qui seraient rejetés en même temps que les iodes (césium, ruthénium, argent, strontium, plutonium et autres transuraniens) une fois inhalés et ingérés n’auraient aucun effet sur la santé. Il est vrai que contrairement aux iodes radioactifs qui ont pour cible la thyroïde sur laquelle ils se fixent, ces radioéléments ne donneraient pas d’effets spécifiques identifiables sur des organes particuliers. Il serait donc difficile pour les personnes contaminées de les discerner parmi les maladies normales et les experts pourraient facilement camoufler leurs effets.

S’il n’est pas possible pour les individus d’identifier les cancers radioinduits non spécifiques, alors il n’est pas nécessaire pour les gestionnaires et leurs conseillers scientifiques d’en tenir compte d’autant plus que ces cancers n’apparaîtraient que très tardivement.

Les iodes radioactifs ayant un effet spécifique sur la thyroïde et cela à relativement court terme (on l’a vu après Tchernobyl avec l’apparition des cancers chez les enfants biélorusses), il n’est pas possible de les négliger dans les gestions post-accidentelles. Ainsi le comprimé d’iode stable devient miraculeusement l’antidote absolu contre les effets des rejets radioactifs en cas d’accident nucléaire grave.

Quelques précisions sur les prises d’iode stable

L’iode stable est administré préventivement pour saturer la thyroïde et empêcher qu’elle n’absorbe ensuite les iodes radioactifs rejetés dans les accidents nucléaires. Dans cette situation la thyroïde serait protégée des effets du rayonnement causés par ces iodes radioactifs ingérés ou inhalés. [Nous ne discuterons pas ici des contre-indications médicales qui ne sont peut être pas aussi anodines qu'on nous l'assure].

Les experts de la Commission Internationale de Protection Radiologique (CIPR) dans la publication 63 de 1992 (Principes pour l’intervention pour la protection du public en cas d’urgence radiologique ) donnent quelques indications sur les procédures à respecter pour que la prise d’iode stable soit efficace. Remarquons que ces experts ont attendu pour nous livrer leurs réflexions que Tchernobyl ait montré indiscutablement le développement de problèmes thyroïdiens, entre autres des cancers, chez les enfants des régions contaminées en Biélorussie, Ukraine et Russie. L’effet désastreux sur la population prenant directement conscience qu’elle avait été contaminée, malgré les dénégations officielles, n’est certainement pas étranger au souci soudain porté aux iodes radioactifs chez les experts internationaux et les gestionnaires nationaux.

La rapidité de la prise d’iode est le point important. La CIPR précise : «  L’absorption d’iode radioactif est généralement stoppée 5 minutes après l’administration de 100 milligrammes d’iode stable [pour les adultes]  » (art. 70). Encore faut-il que cette ingestion d’iode stable soit faite avant que l’iode radioactif ait agi notablement en saturant la thyroïde, ce qu’indique l’article 71 : «  Le bénéfice maximum est clairement obtenu en prenant les tablettes d’iode stable avant l’exposition aux iodes radioactifs ou le plus tôt possible après. L’administration quelques heures après l’exposition à une incorporation unique d’iode radioactif peut réduire l’activité de la thyroïde d’un facteur pouvant aller jusqu’à 2. Une petite réduction de la dose à la thyroïde pourrait être obtenue si l’administration d’iode stable est retardée au-delà de 6 heures et l’action protectrice est nulle au-delà de 12 heures après que l’ingestion/inhalation d’iode radioactif a cessé  ».

Ainsi la CIPR indique que l’efficacité d’une prise d’iode stable pour réduire les effets des iodes radioactifs est très petite après un délai de 6 heures pour les personnes sous un panache d’iodes radioactifs.

Prenons ces 6 heures comme référence. Pour les habitants proches du réacteur à problèmes, il faudrait que le directeur de la centrale donne l’alerte suffisamment longtemps avant le début des rejets pour que tous les gens concernés soient correctement informés (par exemple qu’ils aient le temps de rentrer chez eux chercher leur comprimé) sinon leur protection serait réduite, voire illusoire. du moins pour le réacteur de leur voisinage, mais pas forcément pour un désastre sur les autres sites. Un vent normal de 20 à 30 km/heure transporterait l’iode radioactif à une distance comprise entre 120 et 180 km en 6 heures. C’est la distance au-delà de laquelle il serait éventuellement possible de se protéger. Un vent plus violent de 40 km/h porte la distance à 240 km. Enfin dans la vallée du Rhône particulièrement nucléarisée, si le mistral ou la tramontane soufflent à une vitesse d’environ 60 km/h, la distance que l’on pourrait protéger se situe au-delà de 360 km.

On voit, compte tenu de l’implantation des centrales nucléaires dans notre pays, que c’est l’ensemble du territoire qu’il faudrait protéger et non pas la population des quelques km au voisinage des réacteurs.

Le Pr Schlumberger de l’Institut Gustave Roussy concluait de la façon suivante son article intitulé «  Les cancers de la thyroïde après Tchernobyl  » publié dans la très officielle revue de la Société Française de Radioprotection Radioprotection, (1994, vol. 29 n°3, p. 397-404) : «  L’accident de Tchernobyl a montré que les populations vivant à plusieurs centaines de kilomètres de la centrale (région de Brest notamment) [il s'agit de la région de Brest-Litovsk en Biélorussie à la frontière polonaise] peuvent être fortement contaminées et développer dans les années qui suivent un cancer de la thyroïde. Ceci montre que les plans d’intervention doivent être établis au niveau d’un pays, voire d’un continent  » [souligné par nous). On voit que la distribution d’iode dans un périmètre de 5 km autour des centrales françaises est un signe de panique irrationnelle et d’incompétence notoire des autorités qui seraient chargées de gérer une «  urgence radiologique  » (terme pudiquement utilisé officiellement pour catastrophe nucléaire). Irrationalité non pas par rapport à l’éventualité d’un désastre nucléaire mais par rapport à l’efficacité de ces autorités pour gérer de tels événements. A moins bien sûr que ces distributions de comprimés d’iode stable ne soient pas envisagées pour protéger les thyroïdes de la population mais pour réduire ce que les experts en catastrophes industrielles nomment maintenant le «  risque psychologique  » qui pourrait conduire les habitants près des centrales nucléaires à exiger rapidement leur mise à l’arrêt. En cas d’accident grave ce «  risque psychologique  » pourrait amener des «  turbulences sociales  » particulièrement redoutées des gestionnaires. Ils espèrent qu’une population qui se croit protégée demeure plus calme. En somme ces comprimés d’iode stable n’auraient qu’un rôle de tranquillisant. De plus on essaie par cette procédure de responsabiliser les gens. En somme s’il leur arrive des ennuis de santé après un accident nucléaire ce sera parce qu’ils n’ont pas pris correctement leur iode stable. C’est la victime qui devient responsable. Une trouvaille !

Quelques problèmes

- Faut-il donner les comprimés aux enfants quand ils vont à l’école ? Faut-il les confier aux enseignants ?

- Faut-il que les gens qui quittent leur habitation emportent les comprimés avec eux ?

- Faut-il que les étrangers aux communes concernées se déclarent à la mairie pour obtenir leurs comprimés ?

- Comment procéder pour les gens qui habitent hors de la zone concernée par les comprimés et vont travailler dans cette zone ? Devront-ils se déclarer dans les mairies, faudrait-il les ficher ?

- Faut-il avertir les touristes qui ont l’intention de se rendre dans des zones à haut risque qu’ils devront avoir leur comprimé ? Où pourront-ils l’obtenir ? dans les agences de tourisme ? dans les syndicats d’initiative ? dans les mairies ? Ces organsmes distributeurs devront-ils être ouverts en permanence 24h/24 ?

- Si l’information pour la prise d’iode est faite par radio, ne faudrait-il pas fournir à la population des récepteurs à piles pour le cas où l’accident nucléaire s’accompagnerait d’une panne de courant ?

Finalement le système soviétique qui interdisait à la population de se déplacer hors du lieu de résidence sans une autorisation, simplifierait notablement la gestion de ces comprimés d’iode stable. L’organisation autoritaire de la société est probablement la meilleure solution pour gérer l’énergie nucléaire !

Le problème des personnes allergiques à l’iode.

Ces individus particuliers ne semblent pas préoccuper les autorités sanitaires. Est-ce parce qu’ils sont peu nombreux donc négligeables du point de vue des responsables sanitaires ? Est-ce parce qu’ils savent qu’ils sont allergiques et que par conséquent ils ne prendront pas les pastilles qu’on leur proposera (mais alors on admet qu’ils ne seront pas protégés en cas de rejets d’iode) ? Mais ceux qui ne savent pas qu’ils sont allergiques à l’iode et que pour eux ingurgiter ces pastilles équivaut à de graves problèmes de santé en perspective ? Les autorités sanitaires jugent (ont-ils des données statistiques à ce sujet) que le nombre de ces personnes est trop petit pour qu’elles s’embarrassent de ces questions.

Cependant nous voudrions rassurer les allergiques à l’iode. Dans le Bulletin National de l’Ordre des Médecins d’octobre 1986, on trouve au titre des « mesures de radioprotection » la recommandation suivante :  » un simple mouchoir mouillé devant la bouche et le nez peut réduire de façon significative une inhalation de produits radioactifs « . Que les allergiques à l’iode exigent qu’on leur fournisse des mouchoirs humides et le problème est résolu…

Ce même bulletin de l’ordre des médecins signale  » qu’une douche est généralement suffisante pour éliminer une contamination externe « . En somme si les populations soviétiques ont souffert de contamination interne et d’irradiation externe importantes c’est que le régime n’avait pas développé les douches. Chez nous, rien à craindre, les douches font partie du confort de notre modernité.

Que faire pour les animaux domestiques ?

Dans Libération-Champagne du 17 octobre 1997 à propos des questions que l’on se pose le journal répond à la question  » Quels sont les risques pour les animaux ? «  la réponse du journal est :  » La première précaution à prendre est de les maintenir à l’intérieur de la maison [il faut donc évidemment prévoir un endroit pour leurs "besoins"]. L’administration d’iode est comme chez l’homme une mesure de protection complémentaire envisageable. Les modalités d’administration chez les différents animaux est en cours à l’école vétarinaire de Lyon et votre vétérinaire pourra bientôt, si vous le souhaitez, vous renseigner utilement  ». Mais le journal ne dit pas si la consultation sera remboursée par EDF. Avez-vous essayé de mettre un mouchoir humide sur le museau de votre chat au cas où il serait allergique à l’iode ?

Lettre d’information du Comité Stop Nogent-sur-Seine n°78,

octobre-décembre 1997.

Les exercices bidons de « simulation d’accident » nucléaire 

Sud-Ouest, 30/4/2009: 

Un accident improbable mais un vrai exercice

 BASE AÉRIENNE. Airnuc, simulation d’accident radioactif, a débuté hier et se poursuit aujourd’hui

8 h 45. À l’heure dite où presque : trois coups de sirène. Pas très audibles d’ailleurs puisqu’une bonne partie de la ville n’a rien entendu. Un avion, après avoir croisé un vol d’oiseaux, se trouve en difficulté au-dessus de la base aérienne. La situation est d’autant plus dangereuse qu’un convoi transportant des missiles sol-air est engagé sur le tarmac. Et puisque tout est réuni pour qu’un accident survienne, la tour de contrôle commet une erreur en ne demandant pas au convoi de rebrousser chemin.

Ce qui devait arriver arrive, l’avion en perdition percute un des camions du convoi et son missile. Le second camion, en faisant demi-tour, percute le véhicule de pompiers qui fermait le convoi. Le bilan est lourd : trois morts (le pilote de l’avion et les deux occupants du premier camion), cinq blessés graves, un missile détruit et un autre endommagé. C’est en fait le missile détruit qui constitue le coeur de l’exercice de par le dégagement de radioactivité qui en découle.

L’AFASEC confinée. En théorie, le périmètre possiblement impacté est de 2 kilomètres et abrite environ 30 000 personnes. Dans l’exercice, seul le quartier de l’hippodrome sera concerné. En première ligne, les apprentis jockeys et lads de l’AFASEC. Au premier coup de sirène qu’ils ont eu pour certains du mal à entendre, ils se sont précipités à l’abri, respectant ainsi les consignes de sécurité. Dans le foyer du centre, ils passent le temps aussi en écoutant les dernières nouvelles à la radio (France Bleu Gascogne était partie prenante) et en regardant passer derrière les vitres les arbitres et les observateurs de l’exercice. « Contaminé ! », lancent-ils en rigolant. Dans le même temps ou presque, gendarmes et policiers ont pris position aux deux croisements donnant accès à la route de Canenx. Cet axe est censément interdit à la circulation.

Dans l’enceinte de la base aérienne, c’est l’effervescence. Au total, 1 500 militaires sont concernés par l’exercice. L’urgence consiste d’abord à secourir les victimes et circonvenir l’incendie qui s’est déclaré. À une centaine de mètres de la scène, le général Olivier Allard, directeur de l’exercice, explique. Les observateurs, à savoir des élus des communes limitrophes et un représentant de la Sepanso, commentent. « On ne pense pas à ce type d’accident, ce n’est pas possible que ça se passe comme ça », livre Alain Bentéjac. Le maire de Bretagne-de-Marsan est plus impressionné qu’inquiet. « C’est quelque chose qu’on n’avait jamais vu. C’est difficile d’imaginer les moyens mis en oeuvre. »

Danger à l’est. Et il n’a pas tout vu, loin s’en faut. Au point d’accueil des blessés et radio-contaminés, une vingtaine de soignants s’activent auprès des victimes. Bientôt elles seront transférées à l’hôpital Layné où les attend la cellule d’intervention radiologique. Le centre hospitalier est confronté à une double contrainte. Traiter les blessés mais aussi protéger ses personnels et malades.

En parallèle, les militaires, bientôt renforcés par des membres du Commissariat à l’énergie atomique, évaluent la radioactivité sur zone. Les vents portants étant d’ouest, c’est à l’est de la base qu’elle est la plus forte. Le périmètre concerné a la forme d’une plume et en porte d’ailleurs le nom. Ce diagnostic étant effectué, la décontamination peut commencer. L’exercice se poursuit aujourd’hui. Il sera surtout question du traitement du missile endommagé.

Sortir du nucléaire ironise

L’association Sortir du nucléaire estime que l’exercice Airnuc est « une plaisanterie ». « Qu’elles soient organisées autour des centrales nucléaires ou des bases militaires, les simulations d’accident nucléaire, de même que les distributions de pastilles d’iode, sont seulement destinées à faire accepter à la population l’éventualité pourtant intolérable d’une catastrophe nucléaire. »

« Avec ces exercices ridicules, explique Stéphane Lhomme, un des membres de l’association, les autorités reconnaissent néanmoins que le pire est possible ». Pour lui, les simulations n’apportent pas de réponses aux questions suivantes. Si un tel accident se produisait, « comment évacuer, où et pour combien de temps, des dizaines voire des centaines de milliers de personnes ? » Et qui serait « sacrifié » pour enrayer la catastrophe ?

L’association se gausse également de l’étroitesse du périmètre concerné par l’exercice: elle rappelle que le nuage radioactif de Tchernobyl a touché toute l’Europe.

L’Union, 14/4/2009: 

Scénarios en cas d’incident à Chooz

 Un nouveau plan d’intervention public qui détaille les scénarios en cas d’incidents importants à la centrale de Chooz est consultable dans les mairies jusqu’au jeudi 7 mai.

CINQ grands itinéraires d’évacuation de la population sont d’ores et déjà tracés en cas d’incidents importants à la centrale nucléaire de Chooz. Le plan est consultable dans toutes les mairies du secteur jusqu’au jeudi 7 mai. Durant cette période, le public peut commenter le document avant qu’il ne devienne définitif. « Il y a un itinéraire d’évacuation par le Nord par l’axe Givet-Dinant, un itinéraire par l’Est par l’axe Givet-Beauraing, par l’Ouest, Givet-Doisches, au Sud-ouest Givet-Vireux-Molhain vers Revin et au Sud Givet-Fumay et enfin un couloir réservé aux itinéraires de secours. La nouveauté de ce plan est que, cette fois, les scénarios ont été élaborés en étroite collaboration avec les Belges », explique la Préfecture des Ardennes. Cette phase d’évacuation de la population en cas d’incidents graves est détaillée dans le nouveau projet de plan particulier d’intervention autour de la centrale de Chooz.

Appels automatiques. « Nous avons travaillé sur la manière d’accueillir la population, sur l’hébergement et sur la manière de regrouper les familles. Il y a différents schémas qui seront mis en place selon la direction du vent ce jour-là », poursuit la Préfecture. Différents scénarios sont également envisagés selon la nature du risque de rejet radioactif. Imaginons un risque imminent : la phase réflexe est alors enclenchée. Cette phase concerne les populations situées dans un rayon de deux kilomètres du site nucléaire : Chooz et Landrichamps.

« Les populations sont prévenues par des sirènes et par des automates d’appel qui seront bientôt mis en place par EDF, c’est-à-dire que les habitants recevront un coup de téléphone automatique chez eux pour les prévenir du risque. Les Belges sont prévenus. Pour les populations qui habitent au-delà des 2 km, les moyens communaux et les sapeurs-pompiers seront utilisés pour prévenir les habitants, qui sont invités à prendre les comprimés d’iode », détaille la Préfecture.

Ecouter la radio. Si le risque de rejet est constaté mais pas imminent : les services de la préfecture prennent « le temps d’analyser la situation et de mesurer la radioactivité ». En cas de risque de rejet radioactif immédiat, la population est mise à l’abri. « Les gens sont invités à rentrer dans un bâtiment en dur, chez eux, dans une salle communale, ou dans leur entreprise. Il faut couper la ventilation et écouter la Radio Fugi et France 3 », poursuit la préfecture. En cas d’urgence absolue : il y a une mobilisation immédiate de tous les services de l’état, qui décident d’un plan d’urgence adapté. Les autorités belges seront étroitement associées à la gestion de l’événement.


 Le Progrès, 27/3/2009: 

Centrale nucléaire du Bugey: un test grandeur

nature « pour mieux se préparer »

Dans le cadre d’un exercice, un accident a été simulé hier à la centrale nucléaire du Bugey. L’occasion, pour les autorités et les services concernés, de tester et d’améliorer leurs dispositifs d’intervention. Il était environ 7 h 30 hier, quand l’alerte a été donnée à la centrale nucléaire de production d’électricité (CNPE) du Bugey. Elle a été déclenchée suite à la rupture de cinq tubes du générateur de vapeur qui a provoqué l’arrêt automatique d’un réacteur.

Associée à cette première suite d’événements, une vanne s’est bloquée, laissant s’échapper des éléments radioactifs dans l’atmosphère. À partir de ce scénario entièrement fictif, dont les détails n’étaient pas connus à l’avance par les participants, les plans d’urgence se sont mis en place : ainsi, l’exercice de sûreté nucléaire, organisé par la préfecture de l’Ain en lien avec celle de l’Isère et plusieurs services spécialisés, a été lancé. D’abord, le Plan d’urgence interne (PUI), au niveau de la centrale, visant à assurer la sûreté de l’installation.

Puis, dès 8 h 25, le préfet de l’Ain, a déclenché le Plan particulier d’intervention (PPI), qui organise les modalités d’action à l’extérieur de l’installation. Appuis techniques d’EDF, sapeurs-pompiers ou encore experts sont intervenus de manière fictive. Car hier, seul le dispositif d’alerte était joué « en réel » : les sirènes ont retenti et les appels téléphoniques ont été passés à la population habitant dans un périmètre de 2 km autour de la centrale. « Sur la totalité des appels, nous avons compté 70 % de décrochages, ce qui semble normal à cette heure de la journée », précise Jacques Meunier, directeur de la centrale.

Bien que la crise ait été gérée, hier, de façon simulée, les services mobilisés à la préfecture dans le cadre du « centre opérationnel départemental », ont poursuivi leur travail « sur table » jusqu’à 16 heures. « Dès que le PPI a été déclenché, les services qui le composent sont arrivés en moins d’une heure », explique Violaine Démaret, directrice de cabinet du préfet de l’Ain.

Dès lors, ils se sont réunis, ont partagé leurs informations sur l’accident, puis le préfet a pris des décisions pour tenter de protéger au mieux la population. Les acteurs de cet exercice se sont ainsi entraînés à différentes étapes de la gestion de crise, avec un accent particulier mis sur la phase dite « post-accidentelle », concernant notamment le traitement des conséquences à plus long terme de l’accident pour les personnes habitant à proximité. Après un premier débriefing « à chaud », un second bilan sera effectué fin avril, puis un troisième « à froid », en juin. De quoi tirer les enseignements de cette journée d’entraînement.

Une « plaisanterie » selon Sortir du nucléaire

Dans un communiqué, Stéphane Lhomme, porte-parole du réseau « Sortir du nucléaire », fédération d’associations, considère cet exercice comme une « véritable plaisanterie ». « Les simulations d’accident nucléaire, de même que les distributions de pastilles d’iode, sont seulement destinées à faire accepter à la population l’éventualité pourtant intolérable d’une catastrophe nucléaire, déclare-t-il. Avec ces exercices ridicules, les autorités reconnaissent néanmoins que le pire est possible. Un accident ou un acte terroriste peuvent occasionner un drame équivalent à Tchernobyl. Les simulations n’apportent pas de réponses à des questions pourtant fondamentales ». Interrogé sur cette qualification de « plaisanterie », Jacques Meunier, directeur de la centrale, a estimé que « le fait de s’exercer » est « sérieux et professionnel ». «Il faut se préparer, même aux situations improbables », a-t-il précisé.

Mediapart, 7/2/2009: 

Le désastreux exercice nucléaire de Belleville-

sur-Cher

Au moment où le président de la République «décide» (encore) et toujours en parfaite contradiction avec les lois, dont celle de son ministre Michel Barnier, de la construction d’un troisième réacteur nucléaire de la génération EPR, ce qui s’est passé le jeudi 29 janvier, autour de la centrale de Belleville, dans le Cher, montre à quel point la France n’est pas prête à faire face à un accident nucléaire en dépit des efforts de communication du gouvernement et d’Electricité de France. Ce jour là, l’Autorité de Sûreté nucléaire a organisé autour de cette centrale équipée de deux réacteurs un grand exercice pour vérifier l’état de préparation des services de l’Etat en cas d’accident majeur.

Le résultat, alors que contrairement aux allégations des responsables, le patron de la centrale était parfaitement au courant de la simulation d’un accident de « type Tchernobyl », a été catastrophique. Tandis que les ingénieurs et techniciens de la centrale s’activaient mollement dans une salle de commande qui n’est qu’un instrument de simulation, les élus et habitants de la région ont constaté une incroyable pagaille. Pourtant les habitants qui avaient accepté d’être prêt à jouer le jeu de l’accident n’étaient que… seize. Et la plupart, n’ont même pas entendu la sirène annonçant le début de l’alerte pourtant déclenchée en plein jour, à 9h18 exactement ; et les autres n’ont pas compris qu’ils se trouvaient au coeur d’une catastrophe dont ils n’ont évidemment pas su qu’elle était fictive. Pas plus qu’ils n’ont entendu le véhicule d’alerte des pompiers diffusant par haut-parleur un message d’alerte.

Quant au nouveau système d’avertissement automatique par téléphone, il n’a même pas fonctionné chez chacun des seize volontaires qui l’ont attendu en vain. Même chose pour le message d’alerte diffusé par France Bleu Berry… que personne n’écoutait puisque cette filiale de Radio France était ce jour là en grève. Et alors que, raconte le Journal de Gien, l’hebdomadaire local, la fin de l’alerte fictive a été « officiellement » annoncé à 11h45, à l’heure du déjeuner, les pompiers continuaient à patrouiller dans la zone en recommandant aux habitants de calfeutrer chez eux, ce que personne n’avait fait en dehors de quelques uns des volontaires.

Quant au PC opérationnel de crise prévu par le plan Orsec rad, les autorités ont tout simplement oublié d’y installer les lignes téléphoniques et informatiques qui permettent aux sauveteurs d’organiser les secours et la coordination de la gestion de la population. Les techniciens dépêchés sur place par le Préfet ont cherché jusqu’à la fin de l’alerte les bonnes prises et les bons fils pour brancher leurs équipements, encombrant les couloirs pendant deux heures ainsi que le parking de la salle de sport choisi pour servir de PC opérationnel de crise. De nombreux véhicules des pompiers, des gendarmes, des autorités préfectorales, des ingénieurs venus de Paris et du Samu, incapables de trouver la moindre place pour se garer ont du stationner loin du PC ou bien, furieux de la pagaille constaté, sont tout simplement repartis avant la fin officielle de l’alerte.

Il n’aura fallu qu’une petite heure à tout le monde pour comprendre que l’exercice tournait à la farce. Une farce que les élus locaux ont suivi avec d’autant plus d’inquiétude qu’ils n’ont reçu que quelques coups de téléphone parfaitement contradictoires. Alors que l’alerte avait été déclenchée peu après 9 heures, ils n’ont reçu le message les informant du bouclage routier de la région et la mise en place du Plan particulier d’intervention que peu avant 10 heures. Commentaire du maire : « nous étions dans un exercice prévu, avec des gens préparés. Qu’est ce qui se passerait en cas d’accident réel, dans une situation pour laquelle personne n’aurait été prévenu et que chacun vaquerait à ses occupations ? En y pensant j’ai un frisson qui me parcourt l’échine. On aurait rien su ni pu faire. Vu de la mairie, où nous avions heureusement apporté du travail pour nous occuper, l’exercice de mise à l’abri des personnes était calamiteux ».

Cette désastreuse expérience montre au moins deux choses : d’abord que les autorités ne croient pas vraiment à leurs exercices qui ne servent qu’à conforter des plans technocratiques et ensuite, de l’aveu même des responsables de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire, qu’un accident sera ingérable et ne pourra qu’entraîner de nombreuses victimes. D’autant plus qu’entre eux, ils ne sont pas d’accord sur la nécessité de confiner les gens chez eux plutôt que de mettre des moyens de transport collectifs pour quitter la zone contaminée au plus vite. Leur cauchemar récurrent : l’embouteillage monstre qui paralysera la fuite des habitants dans leurs voitures et les exposera encore plus à la radioactivité. Sauf à mettre en place des forces de l’ordre recevant la consigne de tirer en cas de désobéissance. Cela figure en toutes lettres dans d’autres plans qui, eux, restent secrets.

Bilan de cette opération : des centaines de victimes irradiées. Heureusement que l’accident était aussi fictif que le plan mis en oeuvre.

Roland KSOURI -Sapeur-Pompier à la commune

de Lyon, ancien membre des Cellule Mobile

d’intervention radiologique 

Ecoutez ou téléchargez l’interview au format

MP3 (7 Mo)

Témoignage extrait de la lettre d’information de

« Sortir du nucléaire » de décembre 2001:

Témoignage d’un sapeur pompier professionnel

au sujet de la gestion du risque nucléaire

DEVOIR DE RESERVE OU LOI DU SILENCE !

EDF prétend qu’il existe des dispositifs qui visent, en toutes circonstances, à assurer la protection des populations, dont le plan particulier d’intervention (PPI) et le plan d’urgence d’intervention (PUI) mis en oeuvre par les préfectures. 

Je suis sapeur-pompier professionnel au service d’intervention et de secours du Rhône et j’ai un certificat d’intervention en milieu radiologique, spécialité existant dans le cadre des cellules mobiles d’intervention radiologique (CMIR). Si les CMIR sont adaptées pour faire une recherche de source scellée, détecter et enlever une pollution ponctuelle, établir un petit périmètre de protection, elles ne peuvent en aucun cas assurer la protection des populations en cas d’accident dépassant l’enceinte d’une installation nucléaire. La seule protection efficace étant la distance, l’unique protection contre une irradiation et (ou) une contamination est le sauve-qui-peut et du bon côté (sens du vent). Pour en avoir débattu avec des collègues, je sais qu’en cas d’accident majeur, les sapeurs-pompiers n’iront pas au casse-pipe comme ceux de Tchernobyl.

Le texte ci-dessous est extrait d’un cours de formation d’officiers sapeurs-pompiers à la « gestion des risques » en matière radiologique. Ainsi apprécierons-nous ce qui est prévu sur le papier par nos autorités, en caractères italiques, et ce qui se passerait en réalité en cas d’accident dépassant l’enceinte d’une installation nucléaire.

Plan d’intervention

L’organisation au préalable des secours à mettre en oeuvre en présence d’un accident à caractère radiologique est définie par les plans particuliers d’intervention (PPI) et par les plans d’urgence interne (PUI) dans les installations nucléaires de base (INB).

En matière nucléaire, le plan particulier d’intervention (PPI) prévoit trois niveaux d’alerte et d’intervention, correspondant à différentes procédures et moyens à mettre en oeuvre.

Le niveau 1

Ce niveau correspond à un incident ou accident à caractère non radiologique. Ce niveau comprend deux degrés :

Le premier en l’absence de victimes. 

Le second en présence d’une ou plusieurs victimes.

Le niveau 2

Ce deuxième niveau est destiné à faire face à un événement à caractère radiologique limité au site. Ce niveau comprend aussi deux degrés :

Le premier en l’absence de victimes. 

Le second en présence d’une ou plusieurs victimes.

Le niveau 3

Ce dernier niveau est déclenché lorsque l’accident est à caractère radiologique avec des conséquences immédiates ou envisageables à l’extérieur du site.

Il ne comporte pas de degrés.

Le PPI est établi par le préfet du département assisté des services compétents, dont le SDIS (service départemental d’incendies de secours), il est déclenché et mis en oeuvre sous la responsabilité du préfet qui occupe la fonction de directeur des opérations de secours (DOS).

Son objectif est la protection des populations grâce à une information préventive associée à une organisation de crise adaptée.

A cette fin, le PPI est actuellement organisé autour d’un PC fixe activé en préfecture et d’un PC opérationnel mis en place à proximité du lieu du sinistre.

Il prévoit succinctement :

- l’information des services, des populations et des médias ; 

- l’activation des équipes de mesures et de prélèvements : équipes de 1er niveau et cellule mobile d’intervention radiologique en ce qui concerne les sapeurs-pompiers, ZIPE 1 (zone
d’intervention premier échelon) et ZIDE 2 (zone d’intervention de deuxième échelon ) pour ce qui est du CEA (commissariat à l’énergie atomique) ;
- la mise en service des centres de regroupement et de contrôle de la population ainsi que des centres de décontamination et la distribution d’iode ;
- le contrôle des accès routiers autour du site concerné. Pour ce faire, deux périmètres sont prédéfinis :
< l’un de 5 km de rayon dans lequel il peut être envisagé de recourir à l’évacuation de la population située sous le vent, alors que la consigne normale est le confinement ;
< le second périmètre, compris entre 5 et 10 km, pour lequel seul le confinement des populations est retenu ;

- l’accueil des blessés, irradiés ou contaminés.

En ce qui concerne le niveau 3, incident ou accident à caractère radioactif extérieur au site, les équipes de détection sapeurs-pompiers effectuent des mesures sur les circuits préétablis. Des mesures 

complémentaires sont effectuées par les CMIR. Suivant les résultats et les avis des experts, il y a trois types de situation :

- Vie normale : Equipes de détection et CMIR peaufinent les premières mesures. Des échantillons sont prélevés pour mesure à l’aide du véhicule CMIR « anthropogammamétrique ». 

- Confinement : Information de la population par haut-parleur. Balisage des zones de confinement. Activation des centres de regroupement de la population (matériel de détection de la contamination +
médecins Sapeurs-pompiers). Contrôle de la population grâce aux véhicules CMIR « anthropogammamétrique » et mesures sur échantillons.
- Evacuation : Information de la population. Balisage des secteurs à évacuer et à confiner. Participation à l’évacuation. Contrôle aux centres de regroupement. Evacuation des malades. Tri : personnes
contaminées, non contaminées, grâce aux véhicules CMIR « anthropogammamétriques » et mesures sur échantillons (aliments, eaux, terre, végétaux)

Les objectifs du plan d’urgence interne peuvent se résumer de la façon suivante :

Assurer : 

- le secours aux blessés, qu’ils soient conventionnels, irradiés ou contaminés
- la protection du reste du personnel ;
- la conduite des unités vers le meilleur état de sûreté possible ;
- la stabilisation de la situation en limitant au maximum les conséquences de l’événement.

Alerter et informer : 

- les autorités préfectorales et de sûreté ;
- les services d’intervention ;
- l’organisation nationale de crise de la structure.

Analyser l’accident et ses conséquences : 

- diagnostic et pronostic de l’évolution potentielle ;
- évaluation des rejets et de leurs impacts sur la population.

Ces dispositions sont prises sous la responsabilité du chef d’établissement qui est aussi à l’origine du déclenchement de ce plan.

Voilà pour la théorie ; pour la pratique, souhaitons que jamais nous ne connaissions un accident de niveau 3.

Car un accident nucléaire dépassant les limites d’un site nucléaire deviendra vite ingérable.

Il faut plusieurs heures entre l’ordre d’alerte de la CMIR et la réalisation des premières mesures sur le circuit préétabli. La CMIR, vu la pénibilité de la tâche, devra être relevée : par qui ? Une seule CMIR (4 hommes) est opérationnelle, les autres étant de repos ou affectées à d’autres missions. Il faudra faire intervenir des CMIR d’autres départements ou régions. (3 CMIR en Rhône-Alpes : Lyon, Valence, Grenoble).

Comment réaliser, comme le prévoit le PPI, la mise en service des centres de regroupement et de contrôle de la population dans la mesure où il n’y a pas, à ma connaissance, en Rhône-Alpes comme dans tout le Sud-Est de la France (une des régions les plus nucléarisé au monde !) des véhicules CMIR « anthropogammamétriques » ?

La distribution d’iode, pour être efficace et seulement contre l’iode radioactif, doit se faire plusieurs heures avant l’exposition à la radioactivité.

Si des blessés contaminés doivent être transportés vers un centre hospitalier, aucune structure hospitalière, à part un service de grand brûlés (milieu stérile et confiné), ne pourra les accueillir. Les lits disponibles dans ces services très pointus ne pourront accueillir qu’un nombre très limité de victimes. Ensuite, il faudra décontaminer les véhicules ayant servi au transport et le service hospitalier.

Quant à l’évacuation de la population située sous le vent, chacun connaît la difficulté à évacuer lors des manoeuvres très médiatiques de simulation préparées des mois à l’avance ; en réel, la tâche sera encore plus difficile avec des ordres et contre-ordres, l’affolement et la panique (accidents routiers, embouteillages etc.).

Le confinement des populations ne s’improvise pas. Il faut posséder la technique et le matériel (films plastiques, rubans adhésifs). Aucune information ni formation n’est réalisée si ce n’est par quelques dépliants dont la diffusion est restreinte.

Si la contamination est massive, ce sera le sauve-qui-peut mais du bon côté (direction du vent), car la première protection, c’est la distance, la seconde, le temps (la dose absorbée est directement proportionnelle à la durée d’exposition).

Arrêtons là cette simulation désastreuse. EDF et les autorités laissent croire à la population que des sapeurs-pompiers pourront assurer leur protection en cas d’accident radioactif de niveau 3 : il est pourtant compréhensible que, même s’ils avaient tous les moyens humains et matériels, ils seraient totalement inopérants pour une pollution par des éléments radiotoxiques à des doses du millionième de gramme.

Les sapeurs-pompiers sont des fonctionnaires territoriaux et d’après leur statut, ils doivent observer un devoir de réserve, mais le devoir de réserve n’est pas la loi du silence. Tout fonctionnaire qui a connaissance de dysfonctionnements devrait les dénoncer.

Roland KSOURI

(sapeur-pompier professionnel du Rhône)

Scénario-catastrophe simulé pour un exercice à

la centrale de Fessenheim

20/11/2008 - Un scénario-catastrophe, avec rejet de vapeurs radioactives, a été simulé jeudi à la centrale nucléaire de Fessenheim (Haut-Rhin) lors d’un exercice qui mobilisait pour la journée les pouvoirs publics, les médias, la Suisse et l’Allemagne. Selon le scénario, un ou plusieurs tubes du réacteur fictif numéro 3 de la centrale se seraient rompus, provoquant un dégagement de vapeurs contaminées largement disséminées par le vent vers le sud. Dans le cadre de cet exercice, le préfet du Haut-Rhin a constitué une cellule de crise, déclenché un Plan particulier d’intervention (PPI) avec la Sécurité civile et ordonné la mise à l’abri des populations successivement dans des rayons de deux, cinq puis dix kilomètres. Dans la réalité, toutes les sirènes ont été activées, des routes ont été coupées, les élèves de deux écoles ont été mis à l’abri et des messages d’alerte téléphonés ont été adressés aux quelque 800 foyers de la commune de Fessenheim. Cet exercice « de grande ampleur », selon la préfecture du Haut-Rhin, qui a lieu tous les trois ans, a pour objectif de tester le dispositif d’alerte et d’organisation de crise déployé dans l’hypothèse d’un accident nucléaire. Du côté de la centrale à Fessenheim et d’EDF à Paris, où près de 300 personnes au total ont été mobilisées pour l’exercice, un Plan d’urgence interne (PUI) a été mis en oeuvre pour tester la chaîne de décisions des pouvoirs publics. Les techniciens mobilisés dans la centrale s’exercent sur un simulateur de pilotage qui est une réplique exacte de la salle de commande. L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), EDF, les gendarmes et les pompiers du Haut-Rhin, les directions départementales concernées, les maires de quinze communes environnantes et Météo France sont également associés à l’exercice. Entrée en service en 1977, la centrale de Fessenheim est la plus ancienne du parc nucléaire français. Fin octobre, des antinucléaires suisses, allemands et français ont saisi le Conseil d’Etat après le rejet par le ministère de l’Ecologie d’un recours demandant l’arrêt définitif de la centrale.

Ouest-France, 17/10/2008: 

Exercice radioactif, population inactive

Hier, AREVA, préfecture de la Manche, services de sécurité et de secoursont joué un accident nucléaire dans La Hague. Pas les habitants.

9 h 23, dans la rue principale de Beaumont-Hague, le piéton va son bonhomme de chemin. Tranquille. 9 h 24, les énormes sirènes perchées sur le toit de la mairie hurlent. Un son long et lugubre à donner le cafard au plus optimiste. Au bar-PMU, on ne s’émeut pas pour autant. Les sirènes insistent. Quelques clients décident de « filer avant qu’ils nous bloquent les routes ». Toutefois, la rue demeure sereine et chacun vie sa vie.

À deux kilomètres de là, c’est différent. Depuis près d’une heure, Aréva est sur les dents. « Un incendie s’est déclaré dans un atelier de séparation du plutonium », annonce la communication. De quoi donner des sueurs froides [Rappel: 1/1 000 000 ème de gr de plutonium inhalé suffit à provoquer un cancer]. Devant la gravité de la chose, le préfet de la Manche décide de sonner l’alarme. Outre les sirènes, un serveur téléphonique automatique doit avertir chaque riverain dans un rayon de deux kilomètres.

« Y’a des priorités dans la vie ! ». « Chez moi, ça a bien fonctionné. J’ai reçu dix-sept messages en un quart d’heure », témoigne Michel Canoville, président de la communauté de communes de La Hague. Il ne s’est pas confiné pour autant à son domicile, comme prévu par le Plan particulier d’intervention. Au PMU en revanche, « aucun appel », signale le patron. « Sauf celui de Momo. Il demandait s’il pouvait venir faire son tiercé et boire un p’tit blanc. J’lui ai dit que oui. Y’a des priorités dans la vie »  

Le dispositif d’alerte prévoit la diffusion de messages radio. Ceux-ci sont intervenus près d’une heure après le début de l’alerte. La préfecture n’avait pas encore validé le message. Sur le terrain, les gendarmes ont bloqué les différents accès, deux kilomètres autour de l’usine nucléaire. Certains ont mis toutefois un certain temps à se positionner au bon carrefour. Les pompiers, eux avaient pour mission de contrôler la radioactivité à l’extérieur du site. Les cellules chimiques et radioactives sont venues du Calvados, d’Ille-et-Vilaine et de la Manche.

Les seuls riverains vraiment motivés, ou contraints, furent les élèves du collège de Beaumont-Hague, confinés dans leurs classes. « Sauf que la sirène, on l’a presque pas entendue », souligne une troisième. « Toute façon, si ça pète, on est tous morts », commente un sixième en haussant les épaules. Pour les autorités, « le bilan est plutôt positif. » La partie fictive de l’opération, à quelques couacs près, semble avoir bien fonctionné.Cependant, près de 40 ans après la mise en service de l’usine atomique, on s’interroge toujours sur la manière de protéger la population en cas de pépinExcès de confiance ou fatalisme ?

La Nouvelle République du Centre-Ouest,

8/10/2008: 

Centrale nucléaire: un exercice révélateur de

faiblesses

Plus facile à gérer sur les écrans que sur le terrain, la simulation d’accident à la centrale de Saint-Laurent a connu des faiblesses lors de l’évacuation.

Un arrêt automatique sur un réacteur, comme il s’en passe fréquemment et puis de fil en aiguille une série de pépins. A 8 h 15, l’alerte est donnée, le préfet averti. C’est l’accident sérieux : dans le quart d’heure, les populations des communes d’Avaray, Courbouzon, Lestiou et Saint-Laurent sont prévenues automatiquement par téléphone. La grosse machine du plan d’urgence interne s’enclenche, sur ses rouages bien huilés, en mode réflexe.

Autrement dit dans des séquences aussi programmées qu’automatiques. Le plan particulier d’intervention va suivre, rodé de la même manière. Du poste de direction situé au coeur de la centrale, locaux entièrement autonomes et protégés pour des jours entiers d’isolement, le lien s’établit avec la préfecture, l’autorité de sûreté nucléaire, et le poste de commandement opérationnel installé au centre de secours de Muides. L’accident se gère sur écran, par téléphone, à déjouer les pannes en cascade concoctées par l’équipe des scénaristes.

Elle est moins commode à maîtriser sur le terrain. L’évacuation d’une partie de la population prend du retard. Une heure et demie d’attente devant la mairie de Courbouzon, bien exposé à une pollution supposée dangereuse. Il en sera question à l’heure du débriefing, à l’issue de l’exercice.

« Globalement, les équipes en place ont bien fonctionné », estimait le préfet Philippe Galli, en fin de journée. « Sans doute, nous avons eu quelques problèmes de liaison et d’appréciation avec le poste de commandement opérationnel, et plus particulièrement avec les instances nationales, lorsqu’il s’agissait de valider des chiffres avant de les communiquer. » C’est ce niveau national qui n’aurait pas jugé bon de maintenir les consignes de confinement, oubliant qu’à Courbouzon, des volontaires attendaient leur car depuis plus d’une heure et qu’ils avaient pris une journée pour participer à cet exercice.

La Nouvelle République, 29/8/2008:

Civaux – Exercice de sécurité à la centrale: le

GIGN appelé en renfort

Branle-bas de combat, hier après-midi à la centrale nucléaire de Civaux : un exercice de sécurité a mobilisé une vingtaine d’hommes du GIGN et plus de trente gendarmes. Le communiqué de la mission communication du Centre nucléaire de production d’électricité de Civaux était des plus laconiques : « Jeudi 28 août, un exercice de sécurité des installations est programmé sur la centrale de Civaux. Il a pour but d’entraîner les équipes et de tester les dispositifs de sécurité ».

Ce genre d’exercice, prévu dans le cadre de conventions associant la gendarmerie nationale et EDF, est régulier à Civaux. Mais celui d’hier avait un caractère exceptionnel et spectaculaire. Pour la première fois depuis la mise en exploitation de la centrale nucléaire poitevine, le GIGN (Groupement d’Intervention de la gendarmerie nationale) s’y est entraîné.

La simulation d’alerte a été donnée aux gendarmes vers 13 h 45. Très vite, et toutes sirènes hurlantes, une trentaine de militaires des brigades de Chauvigny, Lussac-les-Chateaux et Montmorillon ont convergé vers le site sous la direction du colonel Bonavita, commandant du groupement de la Vienne. Sur place, le sous-préfet Laurent Olivier attendait en compagnie d’un scénariste du GIGN. « C’est un exercice que nous pratiquons de façon fréquente dans les centrales nucléaires, au moins deux fois par an », a-t-il expliqué.

Impossible d’en apprendre plus sur le contenu de l’exercice : était-ce la réplique à une simulation d’attaque terroriste ? D’intrusion d’opposants au nucléaire dans l’enceinte ? « Nous n’avons rien de plus à vous dire ! »

Quoi qu’il en soit, deux heures plus tard, trois hélicoptères Puma de l’armée de terre ont posé une vingtaine de membres du GIGN armés jusqu’aux dents. Un bus de l’armée a conduit ces gendarmes surentraînés au sein de la centrale. C’était un exercice doublement confidentiel : la zone sensible du nucléaire civil doublée du secret entourant le GIGN a fait des miracles. La « Grande Muette » a tenu parole.

La Dépêche du Midi, 25/6/2008:

Vents mauvais sur l’exercice de Golfech ?

Sûreté nucléaire. Il y aurait eu divergence entre deux sources de données météo.

Seigneur météo quand tu dis qu’il fait beau! Seigneur météo, aglagla, quel frigo!» La Préfecture de Tarn-et-Garonne aurait-elle du s’inspirer de la chanson de Carlos, le 19 juin dernier, à l’occasion de l’exercice de sûreté nucléaire autour de la centrale de Golfech?

«Un exercice joué pour la première fois en météo réelle», avait souligné en guise de précaution bienvenue Mme le Préfet, Danièle Polvé-Montmasson, à l’occasion des réunions préparatoires. Ce qui n’est pas sans incidence puisque, en cas de déclenchement du plan particulier d’intervention en phase réflexe, au-delà du périmètre de protection automatique des 2 km autour de la centrale, les populations situées sous le vent au-delà de cette zone sont susceptibles d’être également mises à l’abri.

Le hic c’est que, selon nos informations, il y aurait eu le 19 juin dernier une divergence entre les indications météorologiques fournies par Météo France, sur lesquelles s’est appuyé le poste de commandement fixe de la préfecture, et les données enregistrées par la station météorologique de la centrale de Golfech. Les premières auraient fait état à 12 heures d’un vent allant de Boudou vers Agen, alors qu’Edf aurait indiqué à 11h30 des vents dans le sens Lauzerte/Beaumont. Autant dire des vents contraires. 

En attente d’éclaircissement 

Ce que tend à confirmer le communiqué reçu hier de la Commission locale d’information (CLI) de Golfech: «Madame le Préfet a communiqué une divergence d’informations entre Météo France et EDF, au sujet de la direction des vents, et a demandé une étude sur les raisons.» Hier après-midi, du côté de la Préfecture, on cherchait plutôt à dédramatiser. «Il faut savoir qu’il y a eu très peu de vent lors de l’exercice. On ne peut pas parler de divergence. Chacun des intervenants a expliqué ses moyens d’expertise», arguait Marie-Josette Meyer, directrice de cabinet de Mme la Préfète.

Le sujet apparaît toutefois sensible puisque cette dernière reconnaissait: «On s’est rendu compte qu’il fallait savoir de quoi on parle. De météo en temps réel ou de prévisions? De mesures au sol ou en altitude? Parfois une indication de type Nord-Est/Sud-Ouest ne veut pas dire la même chose pour tout le monde.» Un sujet météo qui demande donc éclaircissement. «C’est ce à quoi sert un exercice», concluait la Préfecture.

Sud-Ouest, 20/6/2008: 

Urgence nucléaire pour de faux: « Cette

simulation est une plaisanterie »

SÉCURITÉ – Exercice de simulation d’accident radiologique, hier, à la centrale nucléaire de Golfech (82)

La sirène a retenti, hier, sur le site de la centrale nucléaire de Golfech. C’était un peu avant 9 heures. Ce genre de signal d’alarme à l’ombre des cheminées d’un réacteur susceptible, c’est du moins l’idée qu’on se fait, de vitrifier la campagne environnante, il y a de quoi vous mettre le « trouillomètre » à zéro. Mais hier matin, l’angoisse n’était pas palpable à Golfech. Pour cause, on faisait semblant.

Tous les trois ans, la centrale organise un exercice de simulation « maouss costaud » en mobilisant une partie de son personnel (ils sont 900 à travailler sur le site), les pompiers et la gendarmerie du Tarn-et-Garonne mais aussi ceux du Lot-et-Garonne et du Gers.

Par rapport au précédent exercice, cette simulation a été d’une moindre envergure et n’a touché qu’un périmètre de 2 km autour de la centrale. En effet, en 2005, les onze communes du Lot-et-Garonne intégrées dans le plan d’urgence de la centrale avaient été sollicitées afin de participer à l’exercice. Grande première néanmoins, hier, avec déclenchement pour la première fois d’un automate d’appels permettant de contacter par téléphone tous les habitants de la zone concernée.

30 000 pannes. Le scénario concocté s’appuyait sur une fuite radioactive à effet rapide. C’est au sein du simulateur de la centrale (30 000 pannes possibles) que s’est donc jouée une partie de l’exercice. « On teste notre capacité à gérer un accident de ce type et notre faculté à nous articuler avec les services de l’Etat », explique Vincent Renouard, chargé de communication au sein de la centrale nucléaire de Golfech.

Toutefois, la matière nucléaire étant on ne peut plus délicate, les exercices de sécurité sont très fréquents : 26 par an en plus d’un exercice trisannuel et d’un check-up minutieux tous les dix ans qui détermine la poursuite de l’activité. A noter que des barrages routiers filtrants ont été mis en place par la gendarmerie notamment au niveau de la départementale 813, ce qui a occasionné un certain nombre d’embouteillages.

Dans un communiqué, le réseau « Sortir du nucléaire » estime que la simulation orchestrée, hier, au niveau de la centrale nucléaire de Golfech est « une plaisanterie ». « Ces simulations sont seulement destinées à faire accepter à la population l’éventualité pourtant intolérable d’une catastrophe nucléaire. Avec des exercices ridicules, les autorités reconnaissent que le pire est possible. Les simulations n’apportent pas de réponses à des questions pourtant fondamentales. 21 ans après la catastrophe de Tchernobyl , des zones entières sont évacuées pour des siècles et des millions de personnes vivent toujours dans des zones contaminées. La seule façon de se protéger contre ce risque est de fermer au plus vite les installations nucléaires et non d’organiser de dérisoires simulations. »

Sud-Ouest, 27/5/2008: 

Golfech: le pire scénario

Exercice de simulation d’accident le 19 juin à la centrale nucléaire. Autorités, élus et riverains sont sur le pont

A toute rédaction de scénario catastrophe, il faut une part de machiavélisme. À n’en pas douter, celui écrit par l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire sera fidèle à la tradition de ces journées pourries où tout part en quenouille. Caroline Bernard, directrice du Centre nucléaire de production d’électricité d’EDF à Golfech (82), en convient d’ailleurs très bien : « Le but est d’arriver à une situation extrême en perdant une à une toutes nos lignes de défense. » 

Donc nul ne sait où et à quelle heure, mais la centrale de Golfech va connaître une sérieuse avarie le 19 juin prochain. Un incident simulé et stimulé par la volonté de tester jusque dans ses moindres retranchements le plan particulier d’intervention en mettant sous tension la chaîne décisionnelle composée d’EDF et des différentes autorités. L’opération est chapeautée par la préfecture de Tarn-et-Garonne. Celles du Gers et du Lot-et-Garonne y contribuent.
Cinétique rapide avec rejets. « Tous les trois ans, la réglementation exige que les pouvoirs publics organisent un exercice afin d’entraîner les services, les maires et les populations à respecter les mesures de protection qu’il appartient au préfet de prescrire en cas de situation d’urgence radiologique », rappelle Danièle Polve-Montmasson qui inaugure en la matière ses nouvelles fonctions préfectorales.
Pour le personnel de la centrale, ce type d’opération confine quasiment à la routine. Le site va vivre la cinquième expérience de ce type. En cette accidentelle occurrence, la préfecture a donc choisi d’épicer le contexte, voire de le corser. « Les exercices antérieurs étaient plutôt à dominante sécurité civile. J’ai donc demandé à ce que cette fois-ci, la tendance aille vers un exercice de sûreté nucléaire, en simulant un accident à cinétique rapide avec rejets », expose Mme Polve-Montmasson.
Pour se compliquer la tache jusqu’au bout, il a été convenu de jouer la scène en situation de météo réelle. « L’objectif est de tester les processus d’analyse et de décision au sein de la cellule de crise, mais aussi le bouclage des routes et la mise en place de déviations ainsi que l’intervention des secours en zone contaminée », ajoute le représentant de l’état.
À Clermont-Soubiran. Un périmètre de sécurité réglementaire de dix kilomètres sera tracé autour de la centrale EDF. Trente et une communes sont concernées. Dans cette zone, les habitants situés dans un rayon de deux kilomètres seront alertés par deux biais : la rituelle sirène et le nouveau système Sappre, un réseau d’appel téléphonique.
À l’intérieur de ce cercle, les secours devront gérer la situation d’un groupe d’élèves partis en classe découverte. « L’objectif ultime est de protéger l’homme et l’environnement. Nous partons donc du principe que c’est en imaginant le pire que l’on pourra développer une organisation plus efficace », reprend Caroline Bernard.
Une réunion d’information à l’adresse des riverains de Clermont-Soubiran, située dans la première ceinture sera organisée le 4 juin.

Un accident nucléaire simulé sur la base des

sous-marins de l’Ile-Longue

29/4/2008 - Un exercice national de sécurité nucléaire simulant une contamination au plutonium susceptible de se propager vers les populations riveraines s’est déroulé mardi sur le site de l’Ile-Longue (Finistère), base des sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE). L’exercice avait pour scénario une contamination accidentelle dans la zone d’assemblage des modules de missiles M45, après l’incendie d’un camion transportant un conteneur renfermant des éléments d’armes, un accident qualifié de « hautement improbable » par la Marine nationale. Supervisé par les ministères de la Défense et de l’Intérieur, cet exercice de sécurité nucléaire qui se déroule tous les ans en alternance sur l’un des trois sites de la Marine (Brest, Cherbourg et Toulon) a pour but notamment de « tester le fonctionnement de la chaîne de décision des pouvoirs publics, des cellules de crise locales et nationales ». Une agence de communication devait également « simuler une pression médiatique » sur les autorités en charge de la gestion de l’accident. La presse avait été invitée dans le cadre de la loi de 2006 sur la transparence de la sûreté nucléaire garantissant « le droit du public à une information fiable et accessible ». Le scénario a mobilisé environ 200 personnes sur la base. L’exercice prévoyait de tester la procédure d’alerte ordonnant le confinement des riverains. Mais mardi matin, la sirène était difficilement audible en raison des conditions météo et de l’orientation du vent, selon les témoins.

Sud-Ouest, 22/11/2007: 

Tchernoblaye dénonce « une véritable

mascarade »

Dans un communiqué circonstancié, l’association Tchernoblaye, dont on ne présente plus les engagements antinucléaires, s’est élevée hier contre ce qu’elle appelle une « véritable mascarade ». Selon Tchernoblaye, « les simulations d’accident nucléaire, de même que la distribution de pastilles d’iode sont seulement destinées à faire accepter à la population l’éventualité pourtant intolérable d’une catastrophe nucléaire. Avec ces exercices ridicules, les autorités reconnaissent néanmoins que le pire est possible ». 

Évoquant la perspective d’un accident ou d’un crash suicide sur la centrale nucléaire du Blayais, les auteurs du communiqué, parlant « d’un drame équivalent à Tchernobyl », posent trois questions :
« À Tchernobyl, 800 000 liquidateurs se sont sacrifiés pour stopper la catastrophe. Qui ira, ici, si jamais cela devait se produire ? » ;
« En cas d’accident nucléaire en France, et par exemple au Blayais, que faire des millions d’habitants de la région ? Comment et où les évacuer ? Pour combien de temps ? » ;
« Le périmètre de quelques kilomètres concerné par les exercices officiels et les distributions de pastilles d’iode est proprement ridicule. Le nuage radioactif de Tchernobyl a touché toute l’Europe ! »

Pour les antinucléaires de Tchernoblaye, il n’y a rien à sauver de ces procédures. Ni rien de bon à attendre de la filière électronucléaire. « Vingt et un ans après la catastrophe de Tchernobyl, des zones entières sont évacuées sont évacuées pour des siècles. Et des millions de personnes vivent toujours dans des zones contaminées, où la situation continue de s’aggraver. Par ailleurs, faut-il rappeler que l’on a au Blayais frôlé le drame en décembre 1999. Or les autorités et la population n’ont découvert la gravité de la situation que que 15 jours plus tard…»

20minutes, 21/11/2007: 

Cata factice à la centrale nucléaire :

Tchernoblaye dénonce une « mascarade »

« Cet exercice est une mascarade », dénoncent les membres de l’association Tchernoblaye, qui fait partie du réseau Sortir du nucléaire. Aujourd’hui, les autorités de la centrale nucléaire du Blayais organisent en effet une simulation d’accident, afin d’évaluer l’efficacité des mesures de protection de la population si un tel drame venait à se produire.

L’exercice va permettre de tester le plan d’urgence interne et le plan d’intervention, récemment discutés par la préfecture. « Il y a une prise de conscience d’un éventuel risque, mais la seule façon de se protéger contre celui-ci, c’est de fermer au plus vite cette installation nucléaire. Cette simulation est destinée à faire accepter l’éventualité intolérable d’une catastrophe nucléaire », affirme l’association.

Tageblatt, 17/11/2007:

Cattenom: exercice simulant une intrusion à la

centrale nucléaire

Un exercice de sécurité, simulant une intrusion sur le site de la centrale nucléaire de Cattenom (Moselle) avec prise d’otages et pose de bombe fictives, a été organisé vendredi soir par les pouvoirs publics, a-t-on appris samedi auprès de la direction de la centrale. Selon le scénario, une alarme a retenti vers 16h00 sur le site pour signaler l’intrusion de plusieurs personnes, déclenchant une riposte au sein de la centrale. Une trentaine de gendarmes sont intervenus, puis le préfet de Région et le procureur de la République ont constitué avec le directeur de la centrale une cellule de crise pour maîtriser l’incident, tandis que quatre hélicoptères amenaient sur place une équipe d’une trentaine de policiers du GIGN depuis la région parisienne, a indiqué le directeur délégué de la centrale Didier Fortuny. L’exercice, qui s’est déroulé « comme si c’était vrai », a pris fin samedi vers 1h00 après un débriefing, selon une porte-parole de la centrale. Cet « exercice sécuritaire inopiné » de grande ampleur avait été commandité par les services du Haut fonctionnaire de défense et de sécurité (HFDS) du ministère des Finances, selon M. Fortuny. Ils sont organisés tous les ans par le HFDS sur des sites sensibles comme Aréva ou le Commissariat à l’énergie atomique (CEA) avec pour objectif de tester l’organisation des différentes entités et la coordination de la sécurité. Les élus mosellans ont été informés dès le déclenchement de l’exercice ainsi que la presse locale qui a été chargée de rassurer les riverains alors que tous les accès autour de la centrale étaient coupés.

Accident nucléaire: 2 000 habitants associés à

un exercice à Paluel

19/9/2006 - Quelque 2.000 habitants ont participé mardi à un exercice simulant un accident à la centrale nucléaire de Paluel (Seine-Maritime) qui est la plus importante de France avec ses quatre réacteurs de 1.300 mégawatts, a-t-on appris auprès de la préfecture.

L’exercice a commencé vers 07H30 avec une alerte déclenchée à la suite d’un accident dans cette centrale qui a entraîné la mise en oeuvre du Plan d’urgence interne (PUI). « Cet exercice avait pour objectif de tester le bon fonctionnement du dispositif d’alerte et les mesures de protection des populations », a-t-on expliqué à la préfecture.
Dans l’après-midi, le préfet a déclenché le Plan particulier d’intervention (PPI) en raison de l’éventualité de rejets radioactifs dans l’atmosphère. Les habitants résidant dans un rayon de deux à dix kilomètres autour de la centrale ont été alors invités à se mettre à l’abri. 
Des observateurs de la Mission d’appui à la gestion des risques nucléaires (MARN), de la Direction générale de la sûreté nucléaire et de la radioprotection (DGSNR) et de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) ont participé aux opérations.
L’antenne départementale du Réseau sortir du nucléaire a qualifié l’exercice de « mascarade » en affirmant que le nucléaire était « un risque incomparable » à tous les autres. « La seule façon de se protéger contre ce risque est de fermer au plus vite toutes les installations nucléaires ».

Le Parisien, 14 juin 2006:

Saint-Aubin – Saclay

Simulation d’accident nucléaire au CEA

RUES TOTALEMENT VIDES, carrefours bardés de véhicules de gendarmerie et pompiers déambulant masques à gaz vissés au visage : le plateau de Saclay avait hier des airs de désert post-apocalyptique. En fait, il s’agissait seulement d’une simulation d’accident nucléaire, pour laquelle a été déployée l’artillerie lourde : une centaine de pompiers venus de l’Essonne et des Yvelines, quand 70 gendarmes verrouillent totalement un périmètre [artillerie lourde ??] englobant le Commissariat à l’énergie atomique (CEA) et la commune de Saint-Aubin. 9 h 20 : une première sirène résonne, cantonnée au site du CEA. Un grave accident vient de se produire : une fuite sur le réacteur Osiris. Dix minutes plus tard : l’alarme retentit cette fois à Saint-Aubin, donnant toute son ampleur au sinistre. Sur place, l’ambiance est à la fois surréaliste et un brin angoissante.

 Des spectres en combinaisons blanches serpentent entre les bâtiments du CEA. « Victor ? appelle dans une radio crachotante le commandant des opérations, nous avons cinq victimes irradiées dont deux blessées. Montage du sas d’exclusion en cours. » A deux pas, les blessés en question gisent sur des civières. Les blessures sont plus vraies que nature. Mais le sourire de la victime prouve que nous sommes bien dans le domaine de la fiction. Les sauveteurs, en revanche, bardés de harnachements, vivent un calvaire sous le soleil de plomb. « L’hypothèse d’un tel accident n’est pas forcément crédible, commente Alain Dechatre, le directeur adjoint du CEA. Mais cela nous permet de renforcer notre culture de la sécurité. »

Des habitants terrés chez eux A quelques encablures de là, les  habitants de Saint-Aubin sont terrés chez eux. « Si vous n’avez pas d’uniforme, ce n’est même pas la peine d’espérer passer », prévient un pompier. « Veuillez vous mettre à l’abri et brancher la radio sur 87,8 FM », hurle un haut-parleur planté sur une voiture. « Ça met de l’animation, sourit Nicolas, cuisinier du restaurant les Chevaliers des Balances. Le problème, c’est qu’aucun client ne peut parvenir jusqu’ici… »

« Beaucoup de gens sont au travail, nuance quant à lui Bernard Mazière, l’adjoint au maire de Saint-Aubin. Mais, d’une manière générale, ils sont peu inquiets. » La preuve, seulement 30 % de la population est allée retirer les pastilles d’iode gratuites disponibles en pharmacie. Ancien maire de Saclay, Louis Chavernoz se dit de son côté bluffé par le dispositif. « Il y a vingt-cinq ans, c’était le cirque complet. Les gens appelaient en mairie pour demander ce qu’ils devaient faire des vaches ou des chiens ! Aujourd’hui, les progrès sont énormes, mais je crois que les populations ne s’intéressent toujours pas. Elles préfèrent ne pas voir… »
« Globalement, la France commence à devenir adulte sur ces questions, se félicite quant à lui Christian Géneau, de la mission d’appui et de gestion des risques nucléaires du ministère de l’Intérieur. En 1986, on n’avait pas osé parler de Tchernobyl, alors que les Allemands l’avaient fait… »

LE TEMOIN DU JOUR

«La France n’est pas préparée»

DES SIMULATIONS d’accidents nucléaires, Frédéric Marillier en a vécu plusieurs, notamment à La Hague (Manche). « Sur le principe, c’est intéressant et important. » Sauf que pour cet observateur avisé du petit monde du nucléaire, les pouvoirs publics « ne vont pas au bout de la logique », et « la France n’est pas du tout préparée à un accident majeur ». « Déjà, les périmètres sont sous-estimés, déplore Frédéric Marillier.
Même si nous avons affaire au CEA à un petit réacteur, un problème concernerait la N 118 et le rond-point du Christ de Saclay. Je ne suis pas sûr que les autorités pourraient gérer le blocage de ces axes. » Autre inquiétude : « L’implication de la population. Un exercice de confinement, cela reste simple, mais en cas d’évacuation, ce serait autre chose… » Et de citer l’exemple de La Hague : « Lors du dernier exercice, le scénario comptait trois victimes… car il n’y a que trois places pour elles à l’hôpital de Cherbourg.
De la même manière, les gens seraient évacués en bus. Selon un sondage, 80 % des chauffeurs iraient chercher leurs propres enfants avant ceux des autres… Au final, j’ai l’impression que les pouvoirs publics n’assument pas le risque qu’ils font courir à la population, et n’ont surtout pas envie de connaître la véritable ampleur de ce risque. »

Nicolas JACQUARD

La Nouvelle République du Centre-Ouest,

22/03/2006:

Exercice de sûreté nucléaire : l’essentiel, c’est

d’essayer

On a vécu un accident nucléaire simulé hier aux alentours de Civaux. L’exercice, destiné à rassurer la population, a mobilisé des centaines de personnes. Jusqu’à Sillars où l’on a tenté de prévenir les habitants avec les moyens communaux. Le réseau «  Sortir du nucléaire  » dénonce une «  plaisanterie  ».

Les agents du CEA ont déposé une sonde de prélèvement atmosphérique pour contrôler les rejets radioactifs de la centrale
Le calme est revenu dix kilomètres autour de la centrale nucléaire de Civaux dans le rayon du plan particulier d’intervention. L’exercice de sûreté nucléaire a débuté hier vers 7 h 15 dans le simulateur du CNPE par une fuite du circuit de refroidissement primaire. Les pannes se sont enchaînées jusqu’à conduire à un début de fusion du réacteur.
La centrale a déclenché son plan d’urgence interne à 8 h et le préfet a déclenché son PPI à 11 h 30. Du poste de commandement fixe à Poitiers au poste de commandement opérationnel à Fleuré piloté par le sous-préfet de Châtellerault Philippe Curé, les pompiers, le SAMU, la gendarmerie, l’IRSN, le CEA [...] ont pris position dans l’objectif de protéger la population.
Le village de Sillars a tenté l’expérience à son niveau. Les six cents âmes disséminées dans le bourg et les hameaux ont été prévenues grâce aux moyens communaux. Avec sa liste de numéros de téléphone, le maire Yves Vergnaud était fébrile au moment de passer à l’acte : « Nous avons désigné deux personnes par hameaux, deux autres dans le bourg et cinq élus donnent un coup de main. C’est de l’alerte artisanale ! »
Le cantonnier a joué le jeu. Et il a fait vite, même à vélo. Toute la journée, le périmètre du PPI a donc été un terrain d’entraînement pour une crise nucléaire simulée.
Le préfet est satisfait, pas les anti-nucléaires
Les équipes de secours ont évacué des personnes à mobilité réduite, des mesures radiologiques ont été réalisées et on a même déplié un sas de décontamination entre Tercé et Fleuré.
Bref, on a mis les petits compteurs geigers dans les grands pour montrer que l’accident nucléaire n’est pas une catastrophe. Las, sur l’antenne de France Bleu Poitou (la radio officielle en cas de souci), le porte-parole du réseau « Sortir du nucléaire », Stéphane Lhomme, a qualifié cet exercice de « plaisanterie ». « Il ne faut pas d’accident nucléaire, tout simplement. On peut s’entraîner mais on ne réduira pas le problème. Imaginez-vous qu’un accident se produise réellement. Il est impossible de confiner les gens, ils prendront leurs voitures avec les risques d’accidents, les embouteillages Et les pastilles d’iode protégeront uniquement contre le rejet d’iode radioactif. »
En fin de journée, lors d’une conférence de presse, le préfet Bernard Prévost a tenu le discours inverse : « Globalement, tout s’est bien passé. Tous les observateurs ont noté de nets progrès depuis l’exercice il y a trois ans. Il y a eu une bonne coordination des services. C’est l’aboutissement d’un grand travail de préparation, chacun a tenu sa place même s’il y a eu des petits dysfonctionnements ou des redondances. »

Xavier BENOIT

Début de l’exercice de simulation d’un accident

nucléaire à l’usine Cogema de La Hague

LA HAGUE (20 octobre 2005) - Un exercice de simulation d’accident nucléaire a débuté jeudi à 10 heures à l’usine Cogema de La Hague (Manche). Il devrait durer toute la journée selon la préfecture de la Manche qui coordonne l’opération. Cet exercice va permettre de tester les capacités d’intervention et de réaction de l’établissement et des services de l’Etat en cas d’incident nucléaire Il va également permettre de savoir si les sirènes ont désormais atteint le niveau d’efficacité souhaité, un point négatif qui avait été décelé lors du précédent exercice en mars 2002. Au cours de l’exercice, une évacuation de blessés radioactifs vers l’hôpital Pasteur de Cherbourg et par la mer est prévue, de même qu’un confinement de 900 élèves des écoles de Beaumont-Hague ainsi que d’une partie de la population (Un crash suicide sur le site nucléaire de La Haguepourrait occasionner un drame équivalent à 67 fois Tchernobyl (Wise-Paris étude de 2001).

Ouest-France, vendredi 21 octobre 2005:

Scénario catastrophe dans La Hague

L’exercice a entraîné le confinement de 800 élèves et le transport de blessés

Accident fictif à l’usine de retraitement de La Hague, groupes scolaires de Beaumont-Hague confinés, blessés contaminés transportés à l’hôpital Pasteur : un exercice de simulation a été organisé hier matin autour de Cogéma. Jeudi matin, 9 h 30 : les trois sirènes de l’usine de retraitement de combustibles irradiés de La Hague et celles de Beaumont et d’Omonville sonnent l’alerte. Le maire de Beaumont-Hague, Michel Laurent, peut lancer la procédure de confinement des 800 enfants solarisés dans les écoles et collège. Une heure plus tôt, un exercice était déclenché à Cogéma La Hague. Un accident dans l’unité UP3 de l’usine de retraitement de combustible irradiés qui allait provoquer un dégagement radioactif dans l’atmosphère. Le scénario, « hautement improbable », explique la Cogéma, est celui d’un exercice grandeur nature. Au gré des changements des données météorologiques, le PC environnement évaluera, tout au long de la matinée, les trajectoires du nuage radioactif fictif. « Cet exercice de gestion de crise nucléaire à dominante Sécurité civile a pour objectif de tester l’ensemble des chaînes de décision », explique Laurence Pernot, responsable de la communication pour la Cogéma. Le sous-préfet est d’ailleurs sur place pour voir la mise en place de son PC mobile avancé, installé sur le parking devant la mairie de Beaumont-Hague. De Paris à Cherbourg en passant par la préfecture à Saint-Lô, de la préfecture maritime à l’Autorité de sûreté nucléaire, des cellules sont mobilisées.

Distribution de tracts

A Beaumont-Hague, sirènes d’alerte ou pas, la vie se poursuit. Deux hommes qui ont vêtu les combinaisons blanches de protection distribuent des tracts aux quelques passants. Le texte, signé de la Cellule citoyenne de contrôle et d’information (Greenpeace), annonce un scénario différent de celui de Cogéma : un avion s’est écrasé sur les piscines de l’usine. Et propose de téléphoner au centre de retraitement, à la préfecture…, numéros de téléphones à l’appui. Le tout sous l’oeil de Yannick Rousselet, de Greenpeace : « On voit bien que tout est déjà prêt. On est loin des conditions réelles. » La Cogéma recevra 153 appels d’habitants « plus ou moins paniqués ».
Dans un bar proche de la mairie, les clients terminent leur café matinal en entendant les sirènes. Derrière le bar, le patron sort la lettre estampillée Areva : « Ici, ils nous disent tout ce qu’il faut faire en cas d’alerte. » Dans l’enveloppe, un document donnant les mesures d’urgence en cas d’accident nucléaire. Une enveloppe que cette passante n’a pas vue dans sa boîte aux lettres. « Vous savez, il y a tellement de papiers qui arrivent. »

Hélitreuillage

Peu avant midi, l’exercice prend une autre tournure. Le vent a changé et le nuage fictif se dirige vers la mer. La préfecture maritime simule le lancement d’un avis d’interdiction de navigation dans un rayon de 10 km autour des cheminées de La Hague, confine le personnel du Cross-Jobourg et fait évacuer le sémaphore de La Hague. Elle envoie l’hélicoptère de la Marine nationale devant Vauville, pour hélitreuiller trois blessés contaminés, dont un grièvement.
Hier soir, l’ensemble des autorités concernées par l’exercice s’accordaient à le qualifier d’enrichissant. « Les exercices réunissaient des conditions difficiles, puisque le système a été poussé au bout de ses limites, soulignait le représentant de l’Autorité de sûreté nucléaire. Et nous estimons que le système a réagi de manière satisfaisante. »

Exercice grandeur nature autour d’un accident

nucléaire à Golfech

(Simulation bidon d’accident à Golfech)

 3/03/2005 - Un exercice grandeur nature autour de la simulation d’un accident nucléaire à la centrale de Golfech a mobilisé toute la journée de jeudi personnels, équipes de secours et forces de l’ordre, ainsi que la population de 11 communes voisines, invitée à se mettre à l’abri.

L’opération avait démarré peu avant 07H00 par le déclenchement d’un plan d’urgence interne (PUI) dans la centrale, à la suite d’une fuite de vapeur causant dans un premier temps une quinzaine de blessés – dont 3 graves. Face à un accident s’aggravant progressivement, selon le scénario dont les participants à l’exercice ont découvert le contenu au fur et à mesure, il a fallu mobiliser les équipes des 3 SAMU de la région, qui ont participé au traitement des faux blessés et irradiés et à des évacuations sanitaires par hélicoptère et ambulance.
Pour vérifier le bon fonctionnement du plan particulier d’intervention (PPI) dont la préfecture du Tarn-en-Garonne assure la direction, les autorités ont ordonné la mise à l’abri de la population du voisinage: 3 villages du département – dont Golfech – situés dans un rayon de 2 km autour de la centrale, et 8 autres du Lot-et-Garonne, situés sous le vent. Les habitants devaient se mettre à l’abri dans un lieu clos, sur place au moment de l’alerte, ne pas rester dans les véhicules, ne pas aller chercher les enfants qui devaient rester sous la surveillance des enseignants. Ils devaient aussi s’assurer d’avoir en leur possession des comprimés d’iode 
distribués par les mairies (Les pastilles d’iode ne protègent que de l’iode radioactif, un nuage comme celui de Tchernobyl comprend de nombreux autres éléments radioactifs contre lesquels il n’existe pas de pastille, il vaut mieux avoir une pastille d’iode que ne pas en avoir, mais c’est une « protection » tout à fait illusoire en cas d’accident nucléaire). La gendarmerie a de son côté mis en place des barrages routiers interdisant l’accès à la zone autour de la centrale.
Ce type d’exercice est effectué tous les 3 ans dans chacune des 19 centrales nucléaires françaises. Pour la première fois à Golfech, les personnels réagissaient au scénario dans un « simulateur pleine échelle » construit il y a deux ans, où a été recréé exactement à l’identique la salle de commandement de la centrale et qui sert habituellement à la formation. Le réseau « Sortir du Nucléaire » a dénoncé dans un communiqué « l’hypocrisie des pouvoirs publics et des entreprises du nucléaire » estimant qu’il s’agissait d’ »exercices dérisoires, inefficaces, organisés pour abuser les citoyens en leur faisant croire qu’il est possible de limiter les conséquences d’une catastrophe nucléaire ». Le Réseau estime notamment que « le périmètre de 10 km concerné par les exercices officiels est ridicule ». Il évoque la catastrophe de Tchernobyl (avril 1986) et demande « comment et où évacuer des millions d’habitants en cas d’accident nucléaire en France? ».

 La Dépèche du Midi, 06/02/2005 :

Golfech: fausse alerte nucléaire, vrai exercice

Tarn-et-Garonne

SÉCURITÉ. LE 3 MARS, UN SCÉNARIO CATASTROPHE PERMETTRA DE TESTER LES CAPACITÉS DE RÉACTION DES SERVICES DE L’ETAT ET DE LA POPULATION.

Rupture des trois barrières de protection, défaillances sévères de tous les systèmes de sûreté, fission du coeur du réacteur et, probablement, rejet dans la nature d’un nuage radioactif… Le scénario, élaboré par Serge Autuori, d’EDF-Organisation nationale de crise, est du genre cauchemardesque (mais très possible, lire: Les circuits de secours ne fonctionneraient pas en cas de rupture du circuit primaire). « Cela revient à casser le moteur et crever les pneus d’une voiture dont le conducteur a un problème. Les risques de connaître un tel accident à Golfech sont infimes», assure-t-il (mais c’est faux, les autorités se préparent à l’accident). Rien de mieux donc pour rythmer l’exercice nucléaire qui se déroulera le 3 mars, durant huit heures, sur le site de la centrale nucléaire de Golfech et aux alentours. Les détails du faux incident restent, pour l’instant, totalement secrets. «Nous ne les connaîtrons que le jour même. On nous imposera des conditions météos fictives, un déroulement de l’accident, nous devrons nous adapter», explique Anne-Marie Charvet, préfète de Tarn-et-Garonne, qui, pour l’occasion, enfilera sa tenue de directrice des opérations de secours. EDF et tous les services de l’État, de l’Inspection d’académie à la gendarmerie, se lanceront dans cette vaste simulation. Mais la population située dans un rayon de 10 km autour de la centrale dans le Tarn-et-Garonne, le Gers et le Lot-et-Garonne, aura aussi son propre rôle à jouer sous la houlette des maires. Pendant que les agents EDF géreront la crise dans leur simulateur, tous les systèmes d’alertes élaborés dans le cadre du plan particulier d’intervention (PPI) seront mis en oeuvre. Coups de fils aux plus hautes instances nationales et locales, mise en place de poste d’un commandement fixe à la préfecture, habitants prévenus par des sirènes, des messages radios… « Il faut que la population joue le jeu sans quoi il ne sera pas possible d’évaluer nos capacités à réagir», insiste Anne-Marie Charvet. En fonction de la météo fictive, les habitants de certaines communes devront se mettre à l’abri. Des routes seront interdites à la circulation par les services de la gendarmerie et de la DDE, des déviations seront mises en places. «Différentes hypothèses ont été étudiées sur un rayon de 10 km. Elles pourront être utiles dans d’autres situations comme des accidents de la routes graves, des inondations », indique Anne-Marie Charvet.

Inutile donc de simuler un vent de panique et d’embouteiller un peu plus les axes. Seuls les services de secours pourront emprunter ces routes pour transporter, à l’hôpital, les blessés. Fictifs, eux aussi.

Fabrice VIRONNEAU

La population mise à contribution

Se mettre à l’abri, être évacué et pourquoi pas prendre ses pastilles d’iodes Le 3 mars la population des communes situées dans un rayon de 10 km de la centrale, dans le Tarn-et-Garonne, le Gers et le Lot-et-Garonne, sera mise à contribution lors de l’exercice. « Ils doivent jouer le jeu avec nous et respecter toutes les consignes qui seront données », martèle avec insistance Anne-Marie Charvet, la préfète. Les chefs d’établissements scolaires ont déjà été sensibilisés à la question lors d’une réunion d’information. « La journée des élèves se déroulera comme à l’accoutumée.
S’il est prévu qu’ils se rendent à la piscine ils iront. Ensuite, ils suivront les consignes d’évacuation avec les enseignants », promet un représentant de l’inspection d’académie. Jusqu’au 12 février, les réunions de sensibilisations permettront aux élèves scolarisés dans des établissements situés entre 2 et 5 km de la centrale, de comprendre les rouages de cet exercice nucléaire. Leurs parents seront eux conviés à des réunions qui se dérouleront le 15 février à 20 h 30 à la salle des fêtes de Donzac et le 16 février à 20 h 30 à la salle des fêtes de Grayssas.
Anne-Marie Charvet reconnaît : « On ne peut rien prévoir en matière de risques. Mais notre rôle est de faire en sorte que la population y soit le mieux préparée ». Cet exercice doit contribuer à cet apprentissage.

 Scénario de crise à la centrale nucléaire du

Blayais

 BRAUD-ET-SAINT-LOUIS (Gironde) (9 décembre 2004) - Une sonnette retentit, des voyants rouges s’allument: l’exercice de simulation d’un incident nucléaire a commencé jeudi à 6H36 dans la salle de commandes du centre de simulation de la centrale nucléaire du Blayais. Des fiches de consignes à la main, deux opérateurs et un superviseur se penchent aussitôt « avec calme et sérénité » sur le pupitre de commandes où des voyants rouges, jaunes, blancs et verts clignotent comme une guirlande de Noël. L’unité de production de la centrale, située à Braud-et-Saint-Louis, vient de s’arrêter après une chute de pression du circuit primaire du réacteur N.5, l’aspersion de l’enceinte n’a pas fonctionné: un scénario « improbable », selon Michel Maschi, directeur de la centrale. « Le directeur de crise » à la centrale alerte aussitôt la préfecture, la sous-préfecture, les maires des communes alentours, la gendarmerie. Une cellule de veille est mise en place à la préfecture de la Gironde. (Allez pour rire… il s’agit d’une perte du refroidissement et d’une panne du circuit de secours, la fusion du coeur n’est donc pas loin, et une cellule de veille est mise en place à la préfecture, c’est vraiment « moins que le minimum » à faire en tel cas !)

A 9H10, le plan particulier d’intervention (PPI) est déclenché par le préfet (voir témoignage du sapeur pompier professionnel plus bas). Dans une petite salle de la préfecture à Bordeaux, une quarantaine de personnes (gendarmes, pompiers, autorités sanitaires, météorologues…) sont mobilisés. Une heure plus tard, les onze personnes vivant dans les 2 km autour de la centrale sont invités à sortir de la zone et des comprimés d’iode leurs sont distribués. Sur le terrain, 58 sapeurs-pompiers et 76 gendarmes se déploient. Vers 14H00, des pompiers venus de Blaye prennent position à l’entrée du village. Ils mesurent avec des appareils au nom barbare la présence éventuelle d’un radio élément. « Nous avons reçus une formation pour faire ce genre d’intervention », explique le lieutenant Thomas Mimiague, de la caserne de Blaye tout en notant scupuleusement, dans un froid glacial, les valeurs énoncées par ses collègues. Dans un périmètre de 10 km autour de la centrale, des barrages filtrants sont installés par la gendarmerie. Dans le cadre de l’exercice, ils se contentent de distribuer une note d’information aux automobilistes. « En cas de vraie crise, notre rôle serait d’empêcher les gens de rentrer dans la zone contaminée et de comptabiliser ceux qui en sortent », indique le capitaine François Bortoli, de la compagnie de gendarmerie de Blaye. Pendant ce temps, de l’autre côté de la Gironde, les élèves du collège de Pauillac et de l’école primaire de Saint-Esthèphe ont été mis à l’abri. 16h00: fin de l’exercice. « Tout s’est déroulé dans de très bonnes conditions », dit la préfecture.

 Le Midi Libre, 6/10/2004 : 

Crise fictive à Marcoule, la population mise à

l’épreuve

 Le 21 octobre, à 9 h 30. Seules la date et l’heure sont connues. Pour la gravité de l’accident, le secret est évidemment très bien gardé jusqu’au jour J. Tout comme le scénario ficelé pour faire face au premier exercice fictif de crise nucléaire de type sécurité civile programmé dans quinze jours et concernant l’installation Phénix.

Et dont les modalités ont été exposées, avant-hier, aux habitants de Chusclan qui, c’est une première, seront réellement amenés à participer. A l’image aussi des riverains de Codolet (1). C’est d’ailleurs devant un parterre de Chusclannais (140 personnes) que les « autorités » (2) ont présenté au centre socioculturel le but de la manoeuvre. Des villageois élèves tout ouïe et désireux de s’impliquer.

On le disait, la grande nouveauté de cet exercice sera d’associer à la fois les populations de Chusclan et de Codolet. « Les faire jouer afin de voir comment ils vont pouvoir réagir notamment face à un tel exercice », précise Christophe Perrin, adjoint au responsable de la sécurité civile de la préfecture du Gard, « et aussi dans un souci d’avoir les bons réflexes. »

Une phase dite « réflexe », testée en grandeur nature le jeudi 21 octobre, découlant de la révision du nouveauPPI (le Plan particulier d’intervention). Revu et corrigé en 2002 (3), il tire les enseignements des dernières mises à l’épreuve réalisées (« Atalante » en janvier 2001). « Cette journée sera donc aussi la première mise en application concrète du PPI révisé », relève Christophe Perrin.

Objectif, donc : tester cette fameuse phase réflexe destinée « à faire face à un accident pouvant conduire à des rejets de matières nucléaires en dehors du site dans un temps très court (moins de six heures) » et les actions prévues. Et on l’aura bien compris : elle concerne deux communes, Chusclan et Codolet (soit 1 500 habitants), toutes deux intégrées dans un rayon de 2,750 km autour du site nucléaire de Marcoule.

Le déroulement de la mise en scène du 21 octobre. Top départ donné à 8 h. Jusqu’à 17 h, les nerfs vont être soumis à rude épreuve. 9 h 30, lancement de la phase réflexe. Et dès lors entrée en jeu des riverains de Chusclan et Codolet.

Comment vont-ils être avertis ? Les sirènes retentiront sur les deux villages. Il s’agit d’un son modulé de trois fois une minute. Que devront-ils faire ? Après le déclenchement de ces sirènes, il est donc demandé aux riverains de se mettre à l’abri durant une heure (jusqu’à 10 h 30) dans un endroit fermé. Puis, il faudra penser à s’informer en écoutant la radio (France Bleu Gard Lozère). Régulièrement, des messages d’informations du préfet y seront diffusés. Là aussi cela sera un premier test. .

Au même moment, les forces de l’ordre boucleront la zone et la DDE déviera le trafic pour « éviter toute intrusion dans cette zone et un afflux routier », explique de nouveau Christophe Perrin. La nationale 580 sera ouverte à la circulation contrairement aux routes menant aux deux villages (D 765, 765 A, 865 et 138).

Soit un total de dix points de bouclage (un seul dans le Vaucluse et neuf dans le Gard). De son côté, la population sera mise à l’épreuve durant une heure. Même son de cloche pour la circulation. L’autre clé de voûte de cette opération sera l’expérimentation des PPMS (Plans particuliers de mise en sûreté) qui s’appliquent aux scolaires. « Afin d’en évaluer l’efficacité, ne pas venir chercher les enfants puisque dans chaque école des observateurs seront présents », confie Marcel Lotito, l’inspecteur de l’Education nationale à Bagnols.

De même, l’effervescence sera de mise pour la cellule mesure. Les sapeurs-pompiers ainsi que les cellules mobiles d’intervention radiologiques du Vaucluse et de la Drôme travailleront main dans la main afin d’effectuer sur l’environnement des tests.

Le compte à rebours est déjà amorcé pour l’exercice dont les retombées réelles permettront de vérifier l’ensemble du dispositif en cas de crise… et de l’améliorer.

Simulation d’un accident nucléaire majeur jeudi

à Gravelines

DUNKERQUE (5 mai 2004) - Un exercice de simulation d’un accident nucléaire majeur, doit avoir lieu jeudi à la centrale nucléaire de Gravelines, près de Dunkerque (Nord), afin de tester les procédure de gestion de crise et d’alerte, de protection et d’information de la population.

Selon la préfecture du Nord, cet accident nucléaire fictif sera mis en scène dans un rayon de deux à cinq kilomètres autour la centrale EDF de Gravelines (voir: Tchernobyl-sur-Seine), le site nucléaire le plus important en Europe.

La population de quatre communes du Nord, dont Gravelines, sera alertée mais ne participera pas directement à l’exercice. Seuls plusieurs centaines d’enfants d’établissements scolaires du secteur devront respecter en temps réel les consignes de confinement une fois que l’alerte aura été donnée.

Les autres habitants n’auront pas à vivre une situation de catastrophe nucléaire, ni à suivre de mesures de protection physique ou sanitaire comme la prise d’iode. Mais c’est une bonne révision de la conduite à tenir en cas de crise nucléaire.

« Cet exercice est surtout un test de dimension nationale pour l’ensemble des opérateurs chargés de la gestion de la crise nucléaire », précise Jean-Jacques Fiems, secrétaire général de la sous-préfecture de Dunkerque (Nord).

Sur les quelque 26.500 habitants de la zone concernée, 8.000 seront avertis par un message d’EDF transmis par téléphone filaire. Une centaine de foyers feront l’objet d’une opération d’alerte test, tandis que les autres seront prévenus par sirène, messages diffusés par haut-parleur, radio et rondes des sapeurs-pompiers dans les rues.

En revanche, les élèves d’une cinquantaine d’établissements scolaires joueront en temps réel les modalités du plan de mise en sûreté déclenché en cas d’accident nucléaire.

« Pour la première fois, nous allons tester le nouveau plan de secours communal », se satisfait Jean Séname, président de l’Adelfa, une fédération d’associations de protection de l’environnement. « Je suis curieux de constater comment les choses vont se passer. Lors d’un exercice en 2001, nous avions relevé de grosses lacunes en matière de communication et d’information », souligne-t-il.

Pendant la durée de l’exercice, des observateurs doivent évaluer le bon déroulement et le respect des procédures. La préfecture maritime de Cherbourg (Manche) est chargée d’étudier les conséquences d’une crise nucléaire pour le trafic maritime. Des délégations belges, britanniques et brésiliennes sont associées à l’exercice.

Le quotidien du médecin, 13/05/03:

Risque d’attentats nucléaires : un plan national

de secours bientôt publié

 Le Secrétariat général du gouvernement (SGDG) vient de valider une circulaire sur les moyens de secours et de soins face à une action terroriste nucléaire, à paraître prochainement au « Journal officiel ». La France se dote ainsi d’un schéma d’organisation qui n’aurait pas d’équivalent dans le monde et que « le Quotidien » s’est procuré. A la clef, une formation de base qui sera bientôt mise en place ; un premier test a eu lieu à Paris, sous la houlette du SAMU. Un travail de fond destiné à tous les professionnels de santé et qui demandera des années pour « assurer la ligne de flottaison ».

La formation de base des médecins à la prise en charge des victimes radiocontaminées a déjà fait l’objet d’un test (DR)
S’agissant des risques NRBC (nucléaire, radiologique, biologique et chimique), le N et le R sont les lettres les moins bien loties : la culture du secret défense a occulté celle du risque, de sa prévention et de son traitement. Une longue histoire que certains experts, dénonçant d’importantes lacunes, voudraient réécrire (« le Quotidien » du 3 avril).

« C’est vrai, convient le Pr Pierre Carli, directeur du SAMU de Paris, alors qu’on a beaucoup gambergé ces dernières années sur le risque chimique après l’attentat au sarin (Tokyo, 1995) et sur le risque biologique (alertes au charbon en cascade en 2002 à Paris, élaboration du plan variole), face au nucléaire, on est parti médicalement de pas grand-chose. »
Le seul risque pris publiquement en considération concernait celui d’un accident survenant dans une centrale nucléaire. Mais les attentats du 11 septembre ont fait prendre conscience aux autorités du spectre d’une action terroriste, par explosion, épandage ou dissémination de sources radiologiques.
D’où la « circulaire relative à la doctrine nationale des moyens de secours et de soins face à une action terroriste mettant en Suvre des moyens nucléaires ». Un texte réglementaire élaboré sous l’égide du SGDG, avec la direction générale de la Sûreté nucléaire et de la Radioprotection, le haut fonctionnaire de défense au ministère de la Santé, la direction de l’Hospitalisation, le Service de santé des armées, les SAMU, ainsi que le Service de protection radiologique des armées (SPRA).
Sa parution est imminente.
S’y retrouveront les principaux éléments d’un autre texte (circulaire du 2 mai 2002 consacrée à l’organisation des soins médicaux en cas d’accident nucléaire ou radiologique), augmentés d’éléments sur la collaboration entre les SAMU, les sapeurs-pompiers, les services de police.
Le document fait le point en une trentaine de pages sur les procédures spécifiques, détaillant un plan national élaboré en complément du plan gouvernemental Piratome et décliné sur le plan zonal (selon les sept zones de défense, avec chacune un établissement de santé de référence et des services de santé correspondants, nucléaires, radiothérapiques et radiologiques), sur le plan départemental (rôle dévolu à chaque établissement dans une optique de complémentarité, avec la désignation d’établissements ciblés en mesure de traiter un grand nombre de victimes) et sur le plan local (chaque établissement élabore son propre plan blanc).

Trois catégories de victimes

La circulaire rappelle que « la prise en charge des victimes doit se faire conformément à la doctrine habituelle de médecine de catastrophe » : organisation d’une noria entre le site de l’accident et le poste médical avancé (PMA) effectuée par des personnels munis de matériel de radioprotection, mise en place d’un PMA en dehors de la zone d’exclusion, évacuation des victimes vers les établissements de soins appropriés, avec constitution, si nécessaire, d’un centre médical d’évacuation.
Quant à la prise en charge des victimes, elle découle de leur catégorisation : groupe 1 pour les personnes atteintes de lésions conventionnelles (brûlés thermiques, chimiques, traumatisés, blessés…), associées ou non à une contamination ou à une irradiation ; groupe 2 pour les victimes non blessées mais avec suspicion d’irradiation ou de contamination en raison de leur présence ou de leur activité à proximité de l’événement. Et groupe 3 pour les populations établies au voisinage du site de l’accident.
Depuis mars 2002, un guide national d’intervention nucléaire ou radiologique, élaboré par une vingtaine d’experts (SAMU, DGSNR, CEZA, SPRA, DHOS, DGS), propose un ensemble de fiches pratiques pour favoriser la réactivité des acteurs de santé face à « un événement calamiteux mettant en jeu des substances radioactives ». Y figurent quelques généralités (« Soigner un irradié externe n’entraîne aucun risque pour le personnel soignant » ou : « En cas de lésions chirurgicales associées, l’urgence conventionnelle prime »), des directives pour une bonne démarche diagnostique, les règles de protection des sauveteurs (masque respiratoire avec port d’une tenue antipoussière, deux paires de gants en latex pour les aérosols, port d’une combinaison spéciale, étanche et pressurisée, pour les radioéléments diffusibles par voie transcutanée, port d’un dosimètre à lecture directe en cas de risque d’irradiation associée. Et, bien entendu, conduite à tenir pour la prise en charge des urgences, absolues et relatives, avec les techniques de décontamination externe, le déshabillage et le lavage devant obéir à des règles strictes. Le traitement initial des radiocontaminations internes est également détaillé pour les composés les plus importants (américium, césium, cobalt, iode, plutonium, tritium et uranium).

Une formation d’une journée

Un module de formation d’une journée, intégré dans la formation générale NRBC, a déjà été testé par le SAMU de Paris en association avec le SPRA et la DGSNR, avec une trentaine de médecins franciliens participants. « Nous leur avons dispensé des notions théoriques de biophysique et des conduites à tenir très concrètes, avec la projection de 250 diapositives », explique l’un des maîtres d’oeuvre de l’enseignement, le Pr Carli. Des observateurs venus d’autres régions, urgentistes et médecins de catastrophe, étaient présents pour étudier les formations qui vont être mises en place au sein des zones de défense, sur une durée allant de deux heures (formation de base systématique) à quatre jours, selon le degré d’implication de l’établissement.
« Nous devons maintenant faire progresser ces formations, explique au « Quotidien » le Pr Michel Bourguignon, directeur général adjoint de la DGSNR, pour asssurer une ligne de flottaison nationale ; le meilleur contre-feu contre le terrorisme nucléaire, qui a vocation à créer la panique jusqu’au sein du système de santé, c’est de former les professionnels à une juste perception du risque radionucléaire. Comparé au risque chimique, celui-ci est assurément plus faible. A condition que les professionnels de santé soient armés pour lutter contre la psychose qu’il génère. »
Un travail de fond vient donc de commencer. La montée en puissance contre les risques liés à un attentat nucléaire prendra des années.

Christian DELAHAYE

Un exercice de simulation d’incident nucléaire

dans l’Essonne

 25/0303 - Un exercice de simulation d’incident nucléaire a eu lieu mardi sur le plateau de Saclay (Essonne), sous la responsabilité de la préfecture d’Evry et du Commissariat à l’énergie atomique, a indiqué le directeur de cabinet du préfet.

Le scénario de l’exercice consistait en un incendie dans une société pharmaceutique privée produisant des radios à usage médical pour le dépistage du cancer, et implantée au sein du CEA, a précisé Pascal Crapelet. L’alerte a été donnée par le CEA à la préfecture à 09h35 et le plan d’urgence déclenché à 09h54.
Selon la même source, cet exercice a permis d’identifier quelques améliorations à apporter au dispositif, concernant « la coordination entre les différents services » et « la communication envers la population ».
La sirène a retenti dès le plan déclenché, et les habitants de Saclay, Villiers-le-Bâcle et Saint-Aubin ont été invités à rester à leur domicile, avec la consigne d’écouter France Inter pour recevoir les informations complémentaires.
La mobilisation du pôle opérationnel d’urgence a été jugée satisfaisante par la préfecture. Les exercices de simulation nucléaire ont lieu tous les trois ans.

 

La dépêche du midi, 16/12/02:

Gers – centrale nucléaire: les élus tirent les

conséquences de l’exercice de sécurité civile et la

sonnette d’alarme

Golfech : Pierre et le loup version moderne

Tout le monde a en mémoire la fameuse fable de « Pierre et le loup ». Pierre, gardien de troupeaux, s’évertuait à alerter une venue « fictive » du loup auprès de ses amis bergers, lesquels à force de se faire berner ne l’écoutaient plus. Jusqu’au jour où le loup est réellement venu et personne n’a su que faire face à la bête. Et bien c’est un peu pour prendre garde de cette historiette, et surtout pour ne pas jouer un remake de celle-ci, que les élus de la zone du PPI (plan particulier d’intervention lié à un incident sur la centrale de Golfech) sont intervenus jeudi soir auprès de Bruno Roussel, sous-préfet de Castelsarrasin, en charge de la réunion de retour d’expérience de l’exercice national dit « de sécurité civile » du 14 novembre dernier. A commencer par Alexis Calafat, maire de Golfech et président de la Cli (commission locale d’information), lequel dès l’entame du débat suivant les exposés des experts de l’Etat et d’Edf a tenu le propos suivant à l’adresse du représentant de l’Etat: « Mon impression générale sur cet exercice est très claire. Il semblerait que les élus locaux et la population aient été laissés de côté durant cet exercice au détriment de collectivités et d’administrés qui étaient prêts à jouer le jeu. Il aurait fallu faire cela plus sérieusement ». Et le président de la Cli d’énumérer les dysfonctionnements: « Les sirènes d’alerte que peu de personnes entendent (point sur lequel tout le monde semblait d’accord, l’Etat y compris). Le manque de communication, pendant plus d’une heure je n’ai pas été averti par téléphone ou fax de l’incident, aussi fictif soit-il. Le manque d’information sur le degré de gravité sur le risque potentiel encouru, et enfin pour abréger l’éternelle question des scolaires, question épineuse à traiter ».

Caricature ou exercice ?

Des dysfonctionnements corroborés par d’autres élus tel l’intervention de Gilbert Abarnou, maire de Bardigues, sur « l’arrivée impromptu de 50 pompiers sur ma commune, pompiers en manque d’information » ou encore de Jean Balat, maire de Goudourville, sur « un fax reçu de la préfecture où il manquait deux numéros ». Et pour conclure ce mécontentement la remarque cuisante du maire de St-Sixte (Lot-et-Garonne), commune concernée par le PPI: « En fait cet exercice était un peu caricatural ». Face à cet assaut de questions restant pour l’instant sans réponses apparentes, Bruno Roussel, rappelait, comme il l’avait fait depuis le PCO (poste de commandement opérationnel) le jour même de l’exercice: « Il s’agissait d’un test du plan particulier d’intervention, il s’agira de prendre en compte ces remarques et d’essayer d’améliorer encore celui-ci ». Heureusement, quelques minutes plus tôt, Philippe Sasseigne, directeur de la centrale de Golfech, avait tiré un bilan plus « satisfaisant du plan d’urgence interne et de la réponse donnée à l’incident fictif, avec une bonne maîtrise technique face à l’évènement, relevant seulement, une communication externe et surtout une interface centrale-préfecture-autorité de sûreté plus perfectible, même si des points ont été améliorés ». Malgré ce point positif, ce dernier constat sera-t-il suffisant aux yeux d’élus qui semblent bien circonspects sur la gestion globale de l’exercice? Affaire à suivre, il en va de la sérénité des populations locales.

Baptiste GAY

Simulation d’accident nucléaire à CADARACHE 

pompe CONTAMINATION

Des sapeurs pompiers mesurent, le 05 décembre 2002 à Saint-Paul-les-Durance, le taux de radioactivité dans un périmètre de sécurité, lors d’un exercice de simulation d’accident nucléaire au centre de recherche du Commissariat à l’énergie atomique (CEA) de Cadarache. L’exercice de simulation vise à tester en grandeur nature un nouveau plan particulier d’intervention (PPI) pour mieux garantir la sécurité des riverains autour du site en cas d’accident majeur.

 SAINT-PAUL-LES-DURANCE (Bouches-du-Rhône), 5 déc 02 -  »Là, il y a au moins 20 km d’embouteillages », assure un gendarme posté à l’un des barrages installés jeudi pour la simulation d’un accident nucléaire à Cadarache (Bouches-du-Rhône). « Aïe, Aïe, Aïe!!! », lâche, hilare, le général russe Berchyk Venedikt, directeur du centre de crise du ministère de l’énergie atomique russe, venu avec trois de ses conseillers assister à l’exercice autour de Saint-Paul-lès-Durance.

« Chez eux, ils n’ont pas encore bloqué les autoroutes lors d’exercices de simulation d’incident nucléaire. Ils sont plutôt impressionnés », assure, sourire en coin, l’un des conseillers scientifiques du Commissariat à l’énergie atomique (CEA) de Cadarache, qui accompagne la délégation russe pour une visite studieuse, mais détendue.

L’exercice a été déclenché à 08h36 avec l’ouverture d’une enveloppe annonçant « une suspicion de fusion partielle du coeur du réacteur Masurca » au centre de Cadarache, ayant fait une victime. L’alerte est parvenue à l’AFP plus de 2h30 après.

Ce scénario imaginé par des experts, sous la houlette de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), le « gendarme du nucléaire » français, visait à tester en grandeur nature un nouveau Plan particulier d’intervention (PPI) pour mieux garantir la sécurité des riverains dans « une zone d’alerte » de 5 km autour du site en cas d’accident majeur, selon la préfecture des Bouches-du-Rhône.

« très sérieux »

« Vous avez mis en place des déviations? Que faites-vous si l’un des chauffeurs ne respecte pas l’interdiction de passer? », transmet l’interprète au colonel de gendarmerie. « On les immobilise et on les place en garde à vue, mais les routiers en France sont assez disciplinés, ils se prêtent au jeu », répond le militaire.

« En Russie aussi, les routiers sont disciplinés, mais ils crient plus fort! », abat d’une voix grave, sans sourciller, le général, déclenchant l’hilarité générale.

Quelques mètres plus loin, les chauffeurs routiers sont pourtant loin d’être aussi maléables que prévu. « Ils nous font vraiment chier! Ils disent qu’il y avait une déviation, mais je n’ai rien vu et ça fait maintenent deux heures que je suis bloqué! », s’énerve l’un d’eux. Le barrage sera levé quelques minutes plus tard.

Ce type d’exercice est organisé tous les deux ans. Cette fois, aucune distribution d’iode n’a eu lieu. Aucun moyen de décontamination n’a été mobilisé. Des personnels de la sécurité civile et de la gendarmerie ont participé à cet exercice.

Dans un communiqué, le réseau « Sortir du nucléaire » dénonce l’hypocrisie des pouvoirs publics concernant les simulations d’accidents nucléaires. « Il est clair que rien ne se passera comme prévu en cas de véritable catastrophe », souligne-t-il, en ajoutant qu’une « catastrophe nucléaire, c’est une région contaminée et évacuée pour des siècles, des milliers de personnes gravement irradiées, des malformations génétiques pour les générations futures ».

« Les simulations d’accidents nucléaires, de même que les distributions de pastilles d’iode, sont destinées à faire accepter à la population l’éventualité pourtant intolérable d’une catastrophe nucléaire », précise « Sortir du nucléaire ».

Invitée dans le cadre d’un partenariat entre le Commissariat à l’Energie atomique et le ministère de l’énergie atomique russe, la délégation traverse incognito les points névralgiques du dispositif. Barrages, PC de crise installé à Jouques, à une dizaine de kilomètres du CEA de Cadarache… Rien ne manque.

Ils ne prennent pas de notes. Le quatuor observe, scrute. Entre les réponses, l’un des Russes s’écarte et prend quelques photos du général en train de serrer les mains.

Les enseignements tirés? « C’est une organisation très sérieuse, c’est bien fait », concède laconiquement le général, qui n’en dira guère plus.

Cadarache, exercice simulant un accident

nucléaire

 SAINT-PAUL-LEZ-DURANCE (Bouches-du-Rhône), 4 déc 02 - C’est par l’ouverture d’une enveloppe, déposée au centre de recherche du Commissariat à l’énergie atomique (CEA) de Cadarache, que débutera jeudi un exercice grandeur nature de simulation d’un accident nucléaire.

Cette enveloppe contient le scénario, tenu secret, d’une catastrophe imaginé par des experts, sous la houlette de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), le « gendarme du nucléaire » français. Il vise à tester en grandeur nature un nouveau Plan particulier d’intervention (PPI) sensé mieux garantir la sécurité des riverains dans « une zone d’alerte » de 5 km autour du site en cas d’accident majeur, a indiqué la préfecture des Bouches-du-Rhône. Le précédent PPI datait de 1993.

Dès l’accident connu, le centre de Cadarache alertera la préfecture du département où une cellule de crise sera mise en place sous l’autorité du préfet.

Parallèlement, un PC opérationnel sera installé dans une des communes limitrophes sous la responsabilité du sous-préfet d’Aix-en-Provence. Un troisième PC de sécurité sera activé au centre même de Cadarache où travaillent 4.300 personnes dans 480 bâtiments sur une zone clôturée de 900 ha.

Nuage radioactif

Aussitôt, les sirènes retentiront à Cadarache et dans les sept communes voisines concernées par l’opération, où vivent environ 14.000 personnes, réparties sur quatre départements.

Ces derniers jours, des réunions publiques ont été organisées par les maires pour sensibiliser la population à l’exercice. Des fiches de recommandation ont été distribuées. Elles demandent notamment de se mettre à l’abri dans un lieu clos pour se protéger du nuage chimique ou radioactif et de se brancher sur une radio.

Quinze radios locales, parmi lesquelles France Bleu Provence, ont accepté de participer à l’opération en diffusant des consignes et des messages sur l’évolution de la situation. Dans le réalité, le préfet pourra par exemple demander aux habitants d’absorber des capsules d’iode qui leur ont été remises il y a quelques mois, explique la préfecture.

Autour de la zone d’alerte, une quinzaine de barrages seront installés, notamment sur l’A51, la RN96 et la RD 952, pour protéger le périmètre et faciliter l’acheminement des secours. Des tracts expliquant la simulation seront distribués aux automobilistes qui ne pourront pas pénétrer dans la zone durant l’exercice.

Le dispositif doit permettre de tester la chaîne de commandement au niveau des services de l’Etat (DDE, DRIRE) de la protection civile, des pompiers, des services d’urgence, de la police et de la gendarmerie, a précisé la préfecture.

La Dépêche du Midi, 14/11/02:


Crise virtuelle simulée aujourd’hui à la centrale

de Golfech

Sud Ouest, 14/11/02:

La simulation d’accident organisée aujourd’hui

ne servirait à rien selon eux.

Une farce selon les opposants

« Nous avons participé à deux exercice de simulation d’accident à la centrale nucléaire de Golfech, et pour nous, c’est une farce ! ». André Crouzet, de l’association « Stop Golfech », ne mâche pas ses mots, et il ignorera superbement ce nouvel exercice initié aujourd’hui par EDF.
« Ca n’a rien à voir avec ce que peut être la réalité d’un véritable accident nucléaire qui lui est absolument ingérable, contrairement à ce que veulent faire croire les partisans du nucléaire » confirme sa collègue Monique Guittenit. « Ils veulent suggérer à la population que l’on peut se permettre un accident nucléaire alors qu’on nous fige dans une insécurité permanente. Mais comment a-t-on pu mettre les gens devant un risque pareil ».
« On n’évacue pas une région en dix heures, ce n’est pas possible renchérit Marc Saint Aroman de l’association « Les Amis de la Terre ». « Croyez vous que les parents laisseront les instituteurs veiller sur leurs en enfant en cas d’accident, pendant qu’eux ils évacueraient ? Et nous ne sommes pas en Russie où les gens montent dans les bus sans discuter si on le leur demande.
D’autre part on se contente d’une mise à l’abri sans confinement » ajoute Monique Guittenit.

Pastilles d’iode. « Les places sont dérisoires pour accueillir les irradiés à l’hôpital d’Agen. On parle distribuer des pastilles d’iode dans un périmètre de deux kilomètres autour de la centrale, mais l’Organisation Mondiale de la Santé préconise un périmètre de cinq cents kilomètres ! »

« Stop Golfech » dénonce également « des incidents en hausse sur le parc nucléaire français, dont 23 en 2001 à Golfech. Il y a dégradation des conditions de travail et de sérieux doutes en matière de sûreté. Et nous n’avons toujours pas la balise que nous demandons afin de juger de la radioactivité de la Garonne… »
Et l’association demande une réflexion sur la reconversion de la filière nucléaire. Par contre, elle sera présente lors débriefing de l’opération qui aura lieu en décembre.

Exercice de sécurité jeudi à la centrale nucléaire de Golfech

MONTAUBAN, 12 nov 02 - La centrale nucléaire de Golfech (Tarn-et-Garonne) sera le théâtre jeudi d’un important exercice de simulation d’un accident destiné à tester aussi bien les procédures d’alerte internes de la centrale que les plans de protection des populations riveraines, a-t-on appris mardi auprès de la préfecture du Tarn-et-Garonne.

Cette simulation, dont le scénario technique ne sera pas dévoilé aux participants à l’exercice, conduira dans un premier temps EDF à déclencher le plan d’urgence interne (PUI) de la centrale de Golfech et permettra ainsi d’évaluer la capacité de ses agents à maîtriser une situation d’urgence.

Dans un second temps, le préfet du Tarn-et-Garonne lancera le plan particulier d’intervention (PPI), qui se manifestera notamment par la « mise à l’abri » des populations dans un rayon de 2 kilomètres autour de la centrale. Des moyens de mesure de la radioactivité et de décontamination seront également déployés pendant l’exercice.

Cet exercice dit « national » intervient deux semaines après la publication, par le réseau « Sortir du nucléaire », de comptes-rendus d’anomalies relevées par l’Autorité de sûreté nuclaire (ASN) sur les systèmes de sécurité de onze centrales nucléaires françaises, qui jettent un doute sur leur efficacité en cas de fort séisme.

Mises en service à partir de 1991, les deux tranches de la centrale nucléaire de Golfech développent chacune une puissance de 1.300 mégawatts.

Françoise Harrois-Monin, octobre 1986.

L’électronucléarisation de la France et l’alibi de

la crise pétrolière 

La nucléarisation massive de la France s’est décidée en 1974 avec le Rapport d’Ornano (voir le rapport en Pdf) qui indiquait les sites envisagés pour les réacteurs nucléaires. Il s’agissait alors, prenant prétexte de la crise pétrolière, de mettre en place 190 à 200 réacteurs électronucléaires pour 1990-2000. Cétait un vrai délire. L’arrivée au pouvoir de Mitterrand en 1981 qui, auparavant avait signé avant les élections le texte sur un moratoire du nucléaire, promis la non extension de l’usine de La Hague (pour obtenir facilement les voix écolos !) réduisit les perspectives de 1974, non pour des raisons antinucléaires mais pour des raisons strictement économiques.

Les prévisions grandioses de 1974 étaient totalement stupides.

L’électronucléarisation de la France n’a guère été expliquée par les médias. En 1950 il se crée un Comité dit Comité PEON (production électrique d’origine nucléaire) qui réunit des technocrates (haut niveau, corps des mines) de l’industrie et de l’Etat. Ces derniers vont essayer d’intéresser l’industrie au nucléaire, ce qui signifie d’accepter d’investir dans des équipements rentables à long terme, sans ignorer les dangers d’une catastrophe qu’ils redoutent (pour le fric investi bien sûr, pas pour la santé des gens).
Les réunions de ce Comité PEON se chargèrent de les rassurer : aucune responsabilité civile en cas de catastrophe, un développement important et rapide (4 à 5 réacteurs par an) pour garantir leurs investissements (1).

Les responsables EDF prirent prétexte de la crise pétrolière de 1973 pour accélérer le processus de nucléarisation qu’ils envisageaient depuis longtemps.

Il y eut quelques flashs entre EDF et CEA car EDF visait la rentabilité industrielle de l’électronucléaire alors que le CEA voulait garder la direction des opérations. Les réacteurs CEA graphite-gaz (UNGG, uranium naturel, graphite, gaz) qui avaient permis de développer à la fois la bombe et l’électricité n’étaient pas pour EDF les plus efficaces pour la production électrique. EDF préférait les réacteurs à eau pressurisée PWR sous licence américaine Westinghouse. Cela a conduit à des manifestations du personnel CEA pour imposer les réacteurs CEA, avec des mots d’ordre assez prémonitoires « du graphite et du gaz pour tout le monde » dans les rues de Palaiseau, localité proche du centre d’études nucléaires de Saclay. Tchernobyl a réalisé ce « désir »…

Revenons à 1974. Le gouvernement Messmer justifie son programme électronucléaire par le danger d’une crise pétrolière amorcée en 1973 et l’électronucléarisation massive devait permettre d’y faire face. L’effet de serre n’était pas encore né. Le choix était entre nucléaire et charbon+fioul.

En 2005 on assiste à un début de crise pétrolière et on s’aperçoit que la France qui avait soit disant résolu ce problème en 1974 grâce au nucléaire, se trouve dans des conditions aussi difficiles que les pays voisins beaucoup moins nucléarisés que nous et qui ont maintenu leur production électrique par le thermique classique !

Ce regard sur le passé nous montre que la justification du programme nucléaire qui met la France en tête, et de loin, des pays nucléarisés était stupide et finalement facile à dénoncer ce qui paraît aujourd’hui une évidence : l’électricité, quelle que soit son origine, ne peut pas remplacer le pétrole…
(1) Pour plus de précisions lire « L’énergie nucléaire et la démocratie« , Lettre d’information du Comité Stop-Nogent n°93/94.

Roger Belbéoch,
Lettre du Comité Stop Nogent-sur-Seine n°108.
 

Publié dans : REFLEXIONS PERSONNELLES |le 23 octobre, 2012 |Pas de Commentaires »

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