NUCLEAIRE. JAPON: LA REVOLTE GRONDE CONTRE LE GOUVERNEMENT (Nolwenn WEILER / LE NOUVEL OBSERVATEUR)

Nucléaire

Japon :

 la révolte gronde contre le gouvernement

NUCLEAIRE. JAPON: LA REVOLTE GRONDE CONTRE LE GOUVERNEMENT (Nolwenn WEILER / LE NOUVEL OBSERVATEUR) dans REFLEXIONS PERSONNELLES fukushima

Par Nolwenn Weiler (17 juillet 2012)

Dans la région de Fukushima, des enfants « présentent toujours une contamination de leurs urines, plus d’un an après les rejets massifs dans l’environnement », avertit l’Association pour le Contrôle de la Radioactivité dans l’Ouest (ACRO), qui vient de publier les derniers résultats d’analyses réalisées dans son laboratoire. Dans la province de Miyagi, voisine de celle de Fukushima, tous les enfants examinés ont des parents agriculteurs, et se nourrissent notamment des produits de la ferme. Or, l’alimentation est actuellement au Japon la première source de contamination interne à la radioactivité.

Présente au Japon depuis le début de la catastrophe de Fukushima, l’Acro apporte aux populations locales des informations que le gouvernement et Tepco devraient normalement leur fournir. Le tout récent rapport de la commission d’enquête parlementaire sur l’accident de Fukushima confirme un scandaleux abandon des populations pendant la catastrophe. Il met aussi en avant un manque de suivi sanitaire post-catastrophe. Pour évaluer la contamination externe des citoyens (liée notamment à l’environnement), le gouvernement se fonde sur… des questionnaires auxquels une partie des personnes évacuées ont répondu. Quant aux contaminations internes (par l’alimentation par exemple), elles ne sont simplement plus contrôlées. Les résultats pourraient peut-être effrayer les Japonais, au moment où le gouvernement a décidé de redémarrer certaines centrales nucléaires, stoppées pour contrôle à la suite de la catastrophe de Fukushima.

Le 16 juillet 2012, 170 000 personnes (selon les organisateurs) se sont rassemblées à Tokyo pour protester contre la reprise du nucléaire dans le pays. Une des plus gigantesques manifestations depuis les années 1960. « Depuis le début de l’année, nous avons récolté plus de 7 millions de signatures contre la reprise des centrales. Fin juin, je suis allé la porter chez le Premier Ministre. Pourtant, dès le lendemain, il a décidé le redémarrage de [la centrale d’] Ohi. Il n’écoute pas le peuple. Il l’insulte », a déclaré à la tribune le prix Nobel de littérature Kenzaburo Oe [1]. « Certains de mes amis espèrent qu’il y aura une révolte non-violente comme en Tunisie, un renversement pacifique du gouvernement », expliquait le 16 juillet 2012 un militant antinucléaire. La catastrophe de Fukushima débouchera-t-elle sur un printemps citoyen ?

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Photos : Source

À lire : Fukushima : l’équivalent d’une région française devenue radioactive

Notes:

[1] Japon. Au cœur de la grande manifestation antinucléaire. Le Nouvel Observateur, 16 juillet.

 

Japon:

 Au coeur de la grande manifestation

antinucléaire

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De Tokyo,

Jamais depuis les années 60, une manifestation n’a réuni autant de monde à Tokyo. Les organisateurs espéraient 100 000 personnes – il y en a eu davantage.

Ce lundi 16 juillet 2012, à l’appel de la coordination « Au Revoir, l’Energie Nucléaire », la classe moyenne japonaise est sortie en masse, sous un soleil de plomb. Dans le parc Yoyogi, près du quartier branché de Shibuya, jeunes et vieux sont venus de tout le Japon, parfois en famille. Seize mois après l’accident de Fukushima et alors qu’un seul réacteur sur cinquante a été remis en marche, ils veulent dire non au redémarrage des centrales nucléaires. Le gouvernement les entendra-t-il ? Jusqu’où ce mouvement populaire ira-t-il ?

Naoki a 28 ans. Il est assistant dentaire à Fukuyi au bord de la mer du Japon, à quatre heures de train de la capitale. « C’est la première fois que je participe à une manif, dit-il.Le Premier ministre nous a menti. Quand il est arrivé au pouvoir, après l’accident de Fukushima, il a assuré qu’il était hostile au redémarrage des centrales. Mais le 5 juillet 2012, il a fait repartir celle de Oi, tout près de chez moi. Pourtant les spécialistes indépendants nous disent qu’elle est aussi peu sûre que celle de Fukushima. Je suis venu parce que j’ai peur. »

Niroko aussi est très inquiète. Elle est arrivée ce matin, par un train de nuit. Elle habite dans le Nord du pays. « J’habite près d’un grand centre de retraitement des déchets [construit en collaboration avec AREVA], raconte-t-elle. Depuis l’accident de Fukushima, je me suis renseignée, surtout par internet. Je sais que cette activité est dangereuse, qu’à la Hague, elle entraîne des leucémies chez les enfants. Pour l’instant, l’usine est arrêtée. Mais le Premier ministre va peut-être décider de la faire repartir. Pourquoi prendre un tel risque ? » Niroko, 59 ans, montre le foulard qu’elle porte autour du cou. Pour rafraîchir la nuque, il contient du gel qui conserve le froid. « Nous pouvons faire sans la climatisation, non ? »
Pour Hikono également, c’est la première manifestation. A 35 ans, elle est institutrice dans la banlieue de Tokyo. « Jusqu’à l’accident de Fushima, raconte-t-elle, j’étais plutôt favorable à l’énergie nucléaire. En fait, je ne me posais pas la question, c’était comme ça. Et puis, petit à petit, après le désastre, je me suis rendu compte que le gouvernement nous a menti sans arrêt et qu’il n’a pas organisé correctement les évacuations des zones irradiées. On ne peut plus leur faire confiance. »

Hitoshi, lui, s’inquiète surtout pour son fils de huit ans qu’il a emmené avec lui. « En mars, après l’explosion de l’unité deux de Fukushima, je l’ai envoyé à Kyoto dans la famille de ma femme, dit cet employé dans une maison d’édition. J’ai eu très peur. Jusque-là je pensais que le nucléaire était sûr. Mais j’ai compris que le gouvernement travaille pour le lobby nucléaire, pas pour le peuple. »


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                 Le prix Nobel de littérature Kenzaburo Oe s’adresse à la foule

Le mensonge et la collusion, voilà finalement les raisons profondes de la colère. Koji est retraité du bâtiment, il est né au début de la seconde guerre mondiale. « Le nucléaire me paraissait faire partie de notre vie comme une évidence, le gouvernement répétait que c’était absolument sûr et je le croyais évidemment, dit-il. Et puis, après le 11 mars [jour l’accident de Fukushima], j’ai voulu savoir vers où se dirigeait le nuage radioactif. Le gouvernement ne nous disait rien. Il fallait regarder les sites américains. Les ministres ne voulaient pas que nous sachions. Ils servent les intérêts du lobby nucléaire, ils sont achetés. Il faut qu’ils partent. »

Les vieux militants antinucléaires sont aux anges. « Je ne croyais pas voir cela de mon vivant, dit Kuniko Horigushi qui est de toutes les manifs depuis Tchernobyl. Pendant vingt ans, nous avons préché dans le désert. Depuis Fukushima, nous voilà au centre du débat. Tout a vraiment commencé avec une grande manif de septembre dernier. Nous étions 60 000. Après, le mouvement n’a fait que grandir.»

Leur porte-voix est le prix Nobel de littérature, Kenzaburo Oe, 77 ans. A la tribune, il dit : « Depuis le début de l’année, nous avons récolté plus de sept millions de signatures contre la reprise des centrales. Fin juin, je suis allé la porter chez le Premier ministre. Pourtant,  dès le lendemain, il a décidé le redémarrage de Oi. Il n’écoute pas le peuple. Il l’insulte. »

La mobilisation grandit ces dernières semaines parce que, le 18 juillet 2012, un deuxième réacteur va être relancé. Et surtout parce que, fin août, le gouvernement va annoncer ses choix en matière énergétique. Il réfléchit à trois scénarii : 25% de nucléaire, c’est-à-dire redémarrer presque toutes les centrales, 10% ou 0%. Cette dernière solution, celle qu’exigent les manifestants, ne sera probablement pas retenue. Que se passera-t-il alors ? La colère et la peur conduiront-elles à un soulèvement populaire ? On parle d’une « révolution des Hortensias » (c’est la saison de ces fleurs au Japon). « Certains de mes amis espèrent qu’il y aura une révolte non violente comme en Tunisie, un renversement pacifique du gouvernement », dit un vieux militant antinucléaire. Mais lui-même n’a pas l’air d’y croire.  

Le Nouvel Observateur

 

Fukushima Daiichi:

 Sortie du rapport d’analyse d’experts du

 parlement japonais

 

Deux groupes d’experts travaillant sur l’analyse des accidents nucléaires de Fukushima Daiichi ont rendu leurs conclusions en ce mois de Juillet 2012.

Le premier « panel » d’experts à le faire est celui du parlement japonais. Le rapport du groupe d’experts mis sur pied par le gouvernement japonais, alors sous l’autorité de Naoto Kan, doit également sortir incessamment.

La conclusion générale de ce premier rapport complet d’experts « indépendants » est très sévère mais juste. Sa formule laconique et directe, « man made disaster » a été largement reprise dans les médias.

Les accidents nucléaires de Fukushima Daiichi résultent donc d’une longue chaine d’erreurs humaines où les responsabilités de tous les acteurs, – gouvernement japonais, organismes de sûreté japonais, Tepco-, sont mises en cause.

Ce rapport est basé sur l’analyse de données et sur les auditions des acteurs principaux ayant joué un rôle lors du déroulement des accidents nucléaires, – premier ministre Naoto Kan, secrétaire du gouvernement de l’époque Yukio Edano, .. Masao Yoshida le superintendant du site de Fukushima Daiichi qui a eu la responsabilité majeure de toutes les actions menées sur place pour contenir les accidents sur les installations nucléaires (6 unités), la président de la Tepco de l’époque, des responsables de la sûreté nucléaire .. -.

Les erreurs humaines mises en cause touchent absolument toutes les phases relatives à la sûreté et aux actions mises en œuvre lors des séquences accidentelles.

Avant les catastrophes naturelles du 11 mars 2011, les défaillances des autorités de sûreté japonaise et du gouvernement ont répondu au laxisme de la Tepco.

Cette compagnie privée qui gérait le site de Fukushima Daiichi depuis de longues années était parfaitement consciente de la possibilité que des vagues d’un tsunami submergent le site nucléaire. De plus elle savait que les diésels de secours étaient dans des zones inondables. Elle avait mollement averti les services du gouvernement du risque lié à un fort tsunami.

Du côté des services du gouvernement japonais et des organismes de sûreté particulièrement, il y a eu une incapacité totale à anticiper une telle situation et à intégrer les avertissements de scientifiques.  Il est aussi incroyable de constater que dans un pays comme le Japon confronté à des risques sismiques multiples et de niveaux très élevés, régnait une situation générale de sous estimation des degrés que pourrait atteindre des séismes engendrés dans une zone de frontière de plaques tectoniques aussi bien que dans un endroit de rencontre de plusieurs failles sismiques. Le classement des failles entre actives et inactives n’étaient pas non plus sérieux comme l’a montré la grande révision sur les menaces de séismes et de tsunamis associés que les catastrophes du 11 mars 2011 ont provoqué.

Et notamment la nouvelle évaluation relative au risque sismique de la centrale de Tsuruga.

Le niveau du séisme sur le site de Fukushima Daiichi a atteint les limites de sécurité qui prennent normalement en compte d’importantes marges, matérialisant ainsi une certaine sous-estimation du niveau du risque sismique sur ce site.

Logiquement les experts se sont donc penchés sur la possibilité que le séisme ait pu créer des dommages sur les installations, susceptibles d’avoir des responsabilités dans l’enchainement fatal des séquences accidentelles qui ont suivi. Dans ce cadre, l’unité 1 est évidemment au centre des interrogations. Le collège d’experts pense que le séisme a fissuré des tuyaux dans l’unité 1.

[Les tuyaux font quasiment tous partis du circuit primaire. Ces fissurations auraient donc entrainé des petites fuites d’eau primaire créant ainsi une situation accidentelle ayant de fortes probabilités de déboucher sur un accident grave. En effet, dans ces conditions le circuit primaire fuit sans que la pression primaire ne baisse significativement. Un scénario qui se rapproche de celui de TMI aux USA]

On ajoutera que le circuit normal, RCIC,  d’évacuation de la puissance résiduelle à l’arrêt du réacteur et à partir du contournement de la turbine, – au moment du séisme le réacteur fonctionnait à pleine puissance-, ne s’est pas mis en route sur cette unité 1. Un circuit de secours, avec condenseur IC, a pris le relais pour assurer le refroidissement du réacteur, mais mauvaise appréciation des conditions de fonctionnement, ainsi qu’un problème de communication entre les trois niveaux d’intervention après l’arrivée des vagues du tsunami, – le centre de gestion sécurisé où se trouvaient les responsables, les salles de contrôle des réacteurs et puis les bâtiments réacteurs et turbines où intervenaient des techniciens-, et une mauvaise interprétation de paramètres du réacteur a conduit à une erreur humaine qui a consisté en l’arrêt de ce circuit de refroidissement de secours sur l’unité 1.

S’il est établi que le séisme d’un niveau inattendu a provoqué des dommages sur le site et à l’extérieur, le premier étant de couper l’alimentation électrique extérieure de la centrale de Fukushima Daiichi, il est maintenant assez bien établi que les secousses sismiques ne constituent pas les causes principales des accidents nucléaires de Fukushima Daiichi.

Réagissant sans doute à ce rapport, la Tepco, vient de publier des photos montrant l’arrivée et l’impact des vagues du tsunami ce 11 mars 2011.

Fukushima Daiichi …   sortie du rapport d’analyse d’experts du parlement japonais .. dans Fukushia Daiichi Y4

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Les vagues du tsunami submergent les digues de l’espace marin du site à 15 heures 48 minutes 32 secondes le 11 mars 2011.

L’eau envahit le site et des travailleurs doivent se réfugier sur des toits [deux techniciens mourront noyés dans le bâtiment turbine de l’unité 2].

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                                  Photo prise à 15 heures 53 minutes 14 secondes

Un dysfonctionnement important lors de la première phase de gestion des accidents est pointé par les experts. Il s’agit de l’intervention intempestive du premier ministre le 12 mars au matin dont la visite impromptue et rapide (~1 heure) sur le site de Fukushima Daiichi a contribué à brouiller la mise en place des échelons de responsabilité pour la gestion de cette grave crise nucléaire dans les premiers instants de son évolution.

Le superintendant du site lors de ces accidents nucléaires était Masao Yoshida. Celui-ci a témoigné devant les experts de la commission parlementaire et a mis en cause les interventions directes du premier ministre dans la gestion de la crise. Notamment à propos des injections d’eau de mer que rejetait le gouvernement. Il a donc dû lui-même prendre la décision d’ordonner aux techniciens de procéder aux injections d’eau de mer [quand on connait la réticence atavique des japonais à aller contre leur hiérarchie, on comprend tout ce qu’il lui a coûté de prendre cette initiative qui a évité le pire dans le scénario que suivait les accidents sur les trois réacteurs].

A cette occasion Masao Yoshida a souligné combien les techniciens, travaillant en sous traitance en l’occurrence, avaient dégagé des débris radioactifs et préparé les injections d’eau de mer avec une rapidité qui l’avait surpris lui-même. Ce qui a, entre autres, limité les dégâts sur le réacteur n° 2.

Dans des regrets exprimés à la japonaise, il a dit que lui-même et ses ingénieurs de la Tepco auraient dû assumer ce risque. Et c’est ici l’occasion de rappeler que dans ces accidents il y a aussi une part humaine, sur le site, et que le destin des accidents nucléaires qui survenaient de tous les côtés s’est joué sur le mode d’une tragédie moderne.

A l’heure où les critique pleuvent, certainement à juste titre et avec l’objectif de faire avancer les choses au niveau de la sûreté nucléaire dans son ensemble, il ne faut pas non plus oublier de souligner combien le Japon peut être « fier » (en quelque sorte !) de son superintendant du site de Fukushima Daiichi et des ses ingénieurs, techniciens, travailleurs, pompiers et  policiers qui ont sauvé la situation en évitant donc le pire du scénario accidentel dans lequel étaient engagés le trois réacteurs les plus touchés. Trois corium en fusion sur les radiers en béton des bâtiments réacteurs.

La commission parlementaire d’experts a aussi rejeté les allégations du premier ministre Naoto Kan sur l’intention de la Tepco d’abandonner le site alors que se développaient les accidents dans une voie que beaucoup d’experts, dont des experts américains en prise directe avec les événements, jugeaient dramatiquement incontournable.

Dans le feu des critiques on retrouve aussi la gestion de l’évacuation des populations par le gouvernement japonais et par la Préfecture de Fukushima.

Il faut rappeler que rapidement la Préfecture de Fukushima a ordonné une évacuation dans une zone de 3 km autour de la centrale. Le gouvernement japonais a ensuite décidé l’évacuation obligatoire dans un rayon de 20 km. Puis il a simplement recommandé aux habitants de la zone entre 20 et 30 km de quitter leurs habitations. Les informations sur les directions de propagations des aérosols radioactifs et leurs dépôts sont venus tardivement. Dans la direction Nord/Nord-Ouest de très forts dépôts allaient jusqu’à 60 km du site de Fukushima Daiichi. Les populations ont été très mal informées de tout cela, ainsi que des accidents eux-mêmes.

Une polémique totalement justifiée s’est développée sur le thème de la non exploitation des résultats du code SPEEDI, code japonais, qui en fonction des conditions météos calcule la propagation des aérosols radioactifs, leur évolution et leurs dépôts.

Ces résultats envoyés électroniquement à la Préfecture de Fukushima ont été carrément laissés de côté. Au niveau de la gestion de la crise nucléaire par les organismes gouvernementaux, il a été décidé de ne pas les utiliser.

Certainement une décision d’incompétents qui ont prétexté que comme l’on ne connaissait pas le terme source, ce qui est exact formellement, on ne pouvait faire confiance à ces calculs.

Or les rejets radioactifs ont résulté de pics d’émissions liés à des explosions, hydrogène et vapeur. Même si la valeur absolue de la source n’était pas connue, ces calculs fournissaient l’information juste sur les propagations et les dépôts d’aérosols radioactifs. Ce qui permettait de définir les zones les plus touchées et à évacuer prioritairement.

 

Japon:

Enquêtes sur d’éventuelles failles actives sous des réacteurs

 
TOKYO – L’agence de sûreté nucléaire japonaise a annoncé mercredi avoir ordonné aux deux compagnies d’électricité Kansai Electric Power et Hokuriku Electric Power d’enquêter sur l’existence de failles sismiques actives sous leur centrale nucléaire.

Les deux sites concernés sont les centrales de Shika, géré par Hokuriku Electric Power, dans la préfecture d’Ishikawa, et d’Oi, géré par Kansai Electric Power, dans la préfecture de Fukui (centre du Japon), a expliqué un porte-parole de l’agence.

L’autorité a pris cette décision sur la base d’études d’experts en géologie, selon lesquelles ces deux centrales ont été construites sur des failles sismiques en activité, susceptibles d’entraîner de violentes secousses telluriques.

L’opérateur de la centrale d’Oi, Kansai Electric Power, a prévu de redémarrer un autre réacteur de ce site plus tard dans la journée de mercredi. Cette relance prévue depuis plusieurs semaines n’est pas affectée par l’enquête, a expliqué un porte-parole de la compagnie d’électricité.

La centrale d’Oi compte le seul réacteur du Japon actuellement en activité, sur les 50 de l’archipel. Il a été redémarré début juillet, malgré des réticences au sein de la population traumatisée par l’accident nucléaire de Fukushima de mars 2011.

Les autres unités du pays sont actuellement arrêtées en raison des nouvelles mesures de sécurité exigées par les autorités depuis Fukushima, ce qui entraîne de nombreuses procédures et délais supplémentaires pour redémarrer ces tranches stoppées en raison d’un séisme ou pour maintenance.

D’après nos estimations, la faille n’a pas été active depuis 120.000 à 130.000 ans, a expliqué le porte-parole de Kansai Electric Power. Nous avons bien reçu l’ordre d’enquêter à nouveau et allons le faire juste au cas où, a-t-il ajouté.

Hokuriku Electric Power, le gérant de la centrale de Shika, a également assuré qu’il allait enquêter et rendre ses conclusions à l’agence de sûreté.

L’autorisation de relancer deux réacteurs de la centrale d’Oi a été donnée en juin par le Premier ministre nippon, Yoshihiko Noda, en raison de craintes pour l’approvisionnement électrique du Japon pendant l’été, une saison de forte consommation de courant en raison de l’usage massif des climatiseurs.

KANSAI ELECTRIC POWER

(©AFP / 18 juillet 2012 13h04)

 

JAPON:

Un 2ème réacteur nucléaire relancé malgré les protestations

 

Un deuxième réacteur a été redémarré jeudi 19 juillet 2012 au Japon, seize mois après l’accident de Fukushima qui avait entraîné au printemps l’arrêt de l’ensemble du parc nucléaire nippon pendant deux mois. Ce redémarrage intervient alors que la contestation antinucléaire à le vent en poupe dans l’archipel.

La compagnie d’électricité Kansai Electric Power (KEPCO), chargée de l’approvisionnement de la région industrielle de Kansai (centre-ouest comprenant notamment les métropoles d’Osaka, Kobe et Kyoto) a relancé le réacteur 4 de sa centrale d’Oi dans la nuit de mercredi à jeudi.

Quelques heures avant, l’agence de sûreté nucléaire avait demandé à la compagnie de conduire une enquête sur l’existence possible d’une faille sismique active sous cette centrale, mise au jour récemment par des géologues. Kepco a toutefois estimé que cette investigation ne l’empêchait pas de relancer l’unité 4.

Elle avait redémarré le réacteur 3 de la même centrale début juillet, mettant fin alors à une période de deux mois pendant laquelle la totalité des 50 unités nucléaires de l’archipel étaient stoppées.

Fortes chaleurs

Ces réacteurs étaient à l’arrêt soit à cause d’un séisme, soit en raison des nouvelles mesures de sécurité exigées par les autorités depuis l’accident de Fukushima de mars 2011, qui a entraîné de graves émissions radioactives contraignant à faire évacuer une centaine de milliers de personnes.

Mi-juin, le premier ministre Yoshihiko Noda a donné le feu vert au redémarrage des réacteurs 3 et 4 d’Oi, que Kepco réclamait avec insistance afin de faire face aux pics de consommation de courant durant l’été. Durant ces périodes de forte chaleur les Nippons utilisent massivement les climatiseurs.

La décision de M. Noda a suscité des critiques au sein de son propre mouvement, le Parti Démocrate du Japon (PDF, centre-gauche), et a donné un coup d’accélérateur à la contestation antinucléaire dans l’archipel. Une manifestation inédite de 75000 à 170000 personnes, selon les sources, a convergé dans un parc de Tokyo lundi.

(ats / 19.07.2012 15h01)

 

Japon: la contestation antinucléaire renforcée par un ex-Premier ministre

TOKYO – Un ancien Premier ministre japonais, membre du parti au pouvoir et toujours influent, s’est joint vendredi pour la première fois aux manifestations exigeant l’abandon de l’énergie nucléaire dans l’archipel, seize mois après l’accident de Fukushima.

Yukio Hatoyama s’est mêlé aux manifestants, plusieurs milliers d’après les médias, venus protester comme chaque vendredi depuis quelques mois devant la résidence de l’actuel chef du gouvernement, Yoshihiko Noda. Ni les organisateurs ni la police n’ont fourni de chiffre de participation dans l’immédiat.

Je regrette que la politique menée actuellement soit très éloignée de ce que vous demandez, a lancé M. Hatoyama, haut-parleur en main, aux protestataires, d’après des images diffusées par les télévisions nippones.

M. Hatoyama a été le premier chef du gouvernement issu du Parti Démocrate du Japon (PDJ, centre-gauche), arrivé au pouvoir en septembre 2009 après plus de 50 ans de règne quasi-ininterrompu de la droite. Devenu rapidement impopulaire, il avait toutefois dû démissionner dès juin 2010. M. Noda préside aujourd’hui le PDJ dont M. Hatoyama est toujours un membre influent.

Nous devons soutenir vos aspirations démocratiques. Nous devons arrêter le redémarrage des centrales nucléaires, a souligné M. Hatoyama devant la foule.

Le mouvement de protestation antinucléaire a redoublé depuis la décision, en juin, de M. Noda d’autoriser la relance de deux réacteurs du centre du Japon. A l’époque, la totalité des 50 unités de l’archipel étaient stoppées, soit à la suite d’un séisme soit en raison de nouvelles procédures de contrôle et de sécurité instaurées après l’accident de Fukushima.

Après son discours, M. Hatoyama s’est rendu dans la résidence du Premier Ministre et a demandé au porte-parole du gouvernement et bras droit de M. Noda, Osamu Fujimura, d’écouter l’opinion hostile à l’énergie nucléaire, d’après les médias nippons.

Le mouvement antinucléaire a organisé lundi son plus vaste rassemblement depuis le désastre de Fukushima de mars 2011. De 75.000 à 170.000 personnes, selon la police et les organisateurs, ont convergé à proximité d’un parc de Tokyo, avant de participer à plusieurs défilés dans la capitale.

Dans un pays où les manifestations sociales ou politiques drainent rarement les foules, l’ampleur de la protestation antinucléaire au Japon revêt un caractère exceptionnel.

(©AFP / 20 juillet 2012 15h48)

 

 

Publié dans : REFLEXIONS PERSONNELLES |le 17 juillet, 2012 |Pas de Commentaires »

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