NUCLEAIRE: RACONTER LE MONDE APRES FUKUSHIMA (Rédaction de « BASTA ») + FUKUSHIMA, UN « DESASTRE CREE PAR L’HOMME »

Nucléaire

Raconter le monde après Fukushima

NUCLEAIRE: RACONTER LE MONDE APRES FUKUSHIMA (Rédaction de

Par BASTA

Comment parler de la vie et de l’avenir quand on a vécu une catastrophe nucléaire ? Au Japon, des auteurs ont publié en septembre 2011 un recueil collectif de haïkus, ces poèmes japonais extrêmement brefs, pour exprimer leur ressenti, leurs peurs, leurs espoirs. Voici la préface de ce recueil, intitulé « Après Fukushima ».

arton1835-8ccdc ENVIRONNEMENT dans REFLEXIONS PERSONNELLES

Seegan MABESOONE

haiku1-a4f98 FRANCE

En mars 2011, ce haïku m’est « tombé du ciel ». Déjà vingt ans que j’habite au Japon et que je compose des haïkus dans la langue de ce pays, pourtant je n’avais jamais ressenti cela. Six ans que je suis marié (ma femme est japonaise), trois ans que je suis père, deux ans que nous avons acheté un appartement ici, avec un long prêt à rembourser… et puis, un soir de printemps, c’est « l’accident nucléaire ». En contemplant la chute, par vagues, des fleurs de cerisiers du Japon (sakura), j’ai d’abord voulu dire « pardon » à ma fille de 3 ans. Pardon de ne pas m’être renseigné sur le nucléaire au Japon avant ta naissance. Pardon de n’avoir rien fait. Je suis français de nationalité, mais je porte une responsabilité indélébile, car j’ai décidé de faire ma vie et de t’élever ici. Dorénavant, pendant des dizaines d’années, tu vas devoir te débattre avec nos détritus. Bien-sûr, je dis cela parce que je crois que tu vivras longtemps… Cela me rappelle que je te dis sans arrêt, comme pour tout enfant, « Range tes affaires, mets ça à la poubelle ! ». Eh bien, depuis « l’accident nucléaire », à chaque fois que je prononce ces paroles banales, j’ai un pincement au cœur. J’entends une petite voix me dire : « Et toi, l’adulte, tu les as rangées, tes affaires ? Combien de déchets mortels laisses-tu à ta fille ? »

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Kayo TAKAHASHI

Presque tous les poètes de haïkus japonais le sentent… Ils savent, grâce à l’observation quotidienne de la Nature et des saisons, que le temps humain devrait être vécu, aussi, de façon cyclique. Bashô (1644-1694), dans le prologue de son chef-d’œuvre La Sente du bout du monde écrivait : « La lune et le soleil, les mois et les jours, sont des voyageurs au long cours pour les siècles des siècles, et les années de même sont des passagères. » Pourtant, il semble bien que l’homo sapiens ne soit pas doué du sens de « l’équilibre au long terme », il n’a pas la patience de la lune et de ses cycles. Il voit son intérêt, son temps est unidimensionnel, dirigé droit vers le but, quels que soient les moyens utilisés, et les déchets accumulés. L’homme s’est considérablement développé matériellement, c’est vrai, en accumulant des déchets chimiques et du gaz carbonique, entre autres, mais il fait face maintenant à un tout nouveau type de déchet : les radionucléides artificiels. Force est de constater qu’il y a une différence, non pas de niveau, mais de nature.

haiku2-a36aa JAPON

Setsuko IDE

haiku3-ef0e9 NUCLEAIRE

Toyoko MAKI

En vérité, ces « poussières du printemps » ne sont perceptibles par aucun de nos sens, elle se répandent instantanément sur des étendues immenses, dans le bac à sable des enfants, sur les champs et les rizières, via la pluie, la neige, le vent, à travers l’eau courante, au cœur de la viande, du poisson, de la thyroïde des enfants ou dans leur urine…

haiku4-1175c POLLUTION

Yoshimi WADA

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Mitsuru IKEDA

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Shigemi OOBAYASHI

Mais en plus, au hasard des vents et du relief, des villes éloignées de la centrale se trouvent soudain transformées en « points chauds », avec une radioactivité dans l’air et une contamination des sols dix fois plus importantes que la ville d’à-côté. À ce propos, le groupe de poètes de haïkus « Seegan Kukaï » que j’anime depuis huit ans se réunit principalement à Nagano, mais aussi à Nagareyama, dans la préfecture de Chiba (nord de Tokyo), célèbre « point chaud » très peuplé. Entendons le cri des habitants de ces villes :

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Tomiko OKUDA

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Teruko UTASHIRO

Cette « pollution » est invisible, omniprésente, mais surtout, elle est là pour très, très longtemps. La plupart des radionucléides artificiels nés de la fission de l’uranium ont une durée de vie qui, à l’échelle d’un être humain, signifie qu’« elles sont là pour toujours ». Demi-vie du césium 137 et du strontium 90 : environ 30 ans. Demi-vie du plutonium 239 : 24 000 ans. Nous ne sommes plus à une échelle humaine. Il est difficile, mais possible, de « séparer » les radionucléides, mais, par contre, il n’est pas possible de les faire disparaître. Ces atomes bancals, qui existent dans ce monde uniquement du fait de l’homme, sont proprement inhumains.

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Hideko OKAZAKI

À faire bouillir des chaudrons gigantesques avec ce « feu divin » pour en récupérer une force électrique, un pays comme le Japon produit tous les ans 1.000 tonnes de déchets hautement radioactifs chargés en plutonium (même ordre de grandeur pour la France ou les États-Unis). Même au cas où il ne se produit aucun accident, reste le problème éthique de savoir si nous avons le droit moral de laisser aux générations futures une telle quantité de poisons mortels à gérer pour des millénaires. En d’autres termes, dans un pays sans aucun risque sismique, aussi, cette façon de produire de l’électricité est une insulte faite à nos enfants. Albert Einstein était clair sur ce sujet, en s’écriant : « L’énergie nucléaire est le moyen le plus maléfique de faire chauffer de l’eau » !

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Sadako OGASA

Tous ceux qui ont vécu au Japon le printemps 2011 gardent de cette période une sorte de traumatisme, le souvenir d’une peur que « tout s’écroule » d’une seconde à l’autre, et ils comprennent certainement ce que j’écris : la menace nucléaire n’est comparable à aucune autre.

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Seïryû KODAMA

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Fumiko USUDA

Bien sûr, nos pensées vont d’abord à tous ceux, surtout dans la préfecture de Fukushima, pour qui tout s’est effectivement écroulé, et nous leur dédions ce recueil.

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Yasuko KOBAYASHI

Ce recueil n’est pas uniquement une élégie. Les membres de notre groupe « Seegan kukaï » adressent un message fort aux dirigeants politiques, aux hauts fonctionnaires, aux dirigeants d’entreprise et aux scientifiques : Reconnaissons, enfin, avec humilité, que le nucléaire civil a été une aventure malheureuse dans l’histoire de l’humanité, et qu’il est temps d’y mettre fin !

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Shidomi SUZUKI

Arrêtons cela ! Tant pis si nous payons plus cher l’électricité. Tant pis si nous libérons un peu plus de gaz carbonique en utilisant un peu plus de carburants fossiles de façon transitoire : entre le CO2 et le plutonium, le choix est fait ! Et puis, nous vous promettons de consommer cette Fée Électricité avec un plus de sobriété. Mais pour l’amour de notre Terre, écoutez-nous !

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Ken’ichi KANEKO

Mesdames, messieurs du « village nucléaire » (comme on dit joliment au Japon), peut-être gagnerez-vous moins d’argent, mais nous vous demandons de concentrer tous vos efforts sur les énergies solaires, éoliennes, sur la force des marées et la chaleur des profondeurs telluriques. Si nous continuons le nucléaire en zone ultra-sismique, il faudra accepter la responsabilité, dans quelques années, non seulement de l’apparition d’innombrables cancers infantiles, mais aussi celle d’une nouvelle tragédie, à la suite d’un second accident nucléaire. Vous le savez, les plus grands spécialistes mondiaux l’affirment.

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Image : © Bengal / CFSL

En savoir plus

Pour commander un exemplaire de ce recueil (non édité en France), vous pouvez envoyer 5 coupons réponse internationaux (1,25 euro chacun, disponibles dans les grands bureaux de poste, en France) à l’adresse suivante :

Seegan MABESOONE 625-20-304 NISHIGOCHO – NAGANO-SHI – 380-0845 JAPON (tél./fax 026 234 3909)

 

Fukushima, un « désastre créé par l’homme »

Par Gokan Gunes, publié le 05/07/2012 à 16:08

Fukushima, un "désastre créé par l'homme"Une femme au milieu des décombres le 2 mai 2011 à Minamisoma dans la préfecture de FukushimaAu Japon, un rapport pointe du doigt la responsabilité humaine de la catastrophe nucléaire de Fukushima. Le gouvernement de Naoto Kan, alors Premier ministre, et l’exploitant de la centrale sont mis en cause. 

« Fukushima a une cause humaine« , affirmait Naoto Kan, l’ancien Premier ministre japonais, dans une interview exclusive accordée à L’Express à l’occasion de la commémoration de la triple catastrophe qui avait ébranlé l’archipel nippon en mars 2011. S’il reconnaissait quelques maladresses, Naoto Kan défendait toutefois la gestion de la crise par son gouvernement.  

Un rapport publié par la Commission d’enquête constituée après la catastrophe nucléaire vient noircir un peu plus son bilan. Le désastre « aurait pu et aurait dû être anticipé puis prévenu » et ses effets « auraient pu être atténués avec une réaction humaine plus efficace », indique le document long de 641 pages. 

Responsabilité du gouvernement

« L’accident est le résultat d’une collusion entre le gouvernement, les agences de régulation et l’opérateur Tepco [Tokyo Electric Power Company, exploitant de la centrale], et d’un manque de gouvernance de ces mêmes instances », accuse le rapport. « Ils ont trahi le droit de la nation à être protégée des accidents nucléaires », peut-on lire. « C’est pourquoi nous sommes parvenus à la conclusion que l’accident a été clairement créé par l’homme », avancent ses auteurs. 

L’accident de Fukushima, le plus grave depuis la catastrophe nucléaire de Tchernobyl en 1986, a eu lieu juste après un séisme de magnitude 9 dans la région du Tohoku (nord-est) qui a déclenché un tsunami sur le littoral oriental. Une vague de près 15 mètres de haut avait déferlé sur le site de la centrale Fukushima Daiichi, noyant les systèmes de refroidissement des réacteurs et les générateurs de secours situés en sous-sol.  

Les agences de régulation et la direction de Tepco n’ont délibérément rien fait 

« La direction de Tepco était consciente des retards dans les travaux antisismiques et des mesures contre les tsunami et savait que Fukushima Daiichi était vulnérable », souligne la commission. 

Un précédent rapport, mandaté par Tepco, avait disculpé la puissante compagnie d’électricité de toute responsabilité, en affirmant que la puissance du séisme et l’ampleur du tsunami dépassaient toutes les prévisions et ne pouvaient pas être raisonnablement envisagées. « Cela ressemble à une excuse pour échapper à ses responsabilités », rétorque la commission. 

« Bien qu’ayant eu de nombreuses occasions de prendre des mesures, les agences de régulation et la direction de Tepco n’ont délibérément rien fait, ont reporté leurs décisions ou ont pris des mesures qui les arrangeaient », ajoute-t-elle. 

Le rapport d’enquête reproche également à l’opérateur de ne pas avoir réagi suffisamment vite dans les premières heures de l’accident. « Cela ne doit pas être attribué à des problèmes d’individus sur le site, mais à des problèmes structurels de Tepco », note-t-il cependant. 

Les réacteurs nucléaires redémarrent

Cette commission d’enquête était composée de 10 membres de la société civile (sismologue, avocats, médecins, journaliste, professeurs) désignés par les parlementaires. Présidée par le professeur Kyoshi Kurokawa, elle a interrogé les principaux acteurs de l’époque et mené des investigations depuis décembre 2011.  

La commission avait auparavant questionné le patron de Tepco de l’époque, Masataka Shimizu, qui s’était défendu d’avoir voulu abandonner la centrale dans les heures ayant suivi le tsunami, contrairement aux affirmations de Naoto Kan, du porte-parole du gouvernement, Yukio Edano, et du ministre de l’Industrie d’alors, Banri Kaieda. La publication de ce rapport incendiaire intervient quelques semaines après la décision du gouvernement de Yoshihiko Noda d’autoriser le redémarrage de plusieurs réacteurs nucléaires. 

 AFP

REMARQUE:

(Le souffle c’est ma Vie / T.LAMIREAU)

LES PROBLEMES

SERAIENT

IDENTIQUES

EN

FRANCE

DANS UNE SITUATION

DE

CATASTROPHE NUCLEAIRE !

 

      Manifestation contre le nucléaire à Tokyo

TOKYO (Sipa) — Plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées lundi 16 juillet 2012 dans un parc de Tokyo, se joignant au prix Nobel de littérature 1994 Kenzaburo Oe et la star japonaise Ryuichi Sakamoto pour demander l’abandon du nucléaire.

Ce rassemblement a été décidé alors que le Japon se prépare à redémarrer un autre réacteur dans sa centrale d’Ohi.

Le Premier ministre Yoshihiko Noda avait annoncé le 16 juin la décision du gouvernement de remettre en service deux réacteurs de la centrale d’Ohi, affirmant qu’il s’agissait d’une nécessité économique. Il avait invoqué les risques de pénurie de courant durant l’été, et ses répercussions sur l’économie et la vie de la population.

Avant le tsunami du 11 mars 2011 et l’accident consécutif à la centrale de Fukushima, le plus grave depuis celui de Tchernobyl en 1986, le Japon comptait 50 réacteurs en service. Jusqu’au 1er juillet, et la remise en service d’un premier réacteur à la centrale d’Ohi, tous étaient à l’arrêt pour contrôles de sécurité, maintenance programmée ou mise hors service par le tsunami, comme à Fukushima.

Le nucléaire, avant le 11 mars 2011, constituait environ 30% de la production d’électricité au Japon.

Selon les organisateurs, la manifestation a attiré 20.000 personnes dans le parc de Yoyogi, alors que le réacteur doit être remis en service d’ici la fin de la semaine.

ir/AP-v100
(AP / 16.07.2012 10h51)

 

Fukushima: une foule monte à Tokyo pour exiger un Japon propre

TOKYO – Je veux rendre un Japon propre à mes enfants et à mes petits-enfants. Comme des dizaines de milliers de Nippons, Akiko Ichikawa est montée lundi 16 juillet 2012 à Tokyo depuis sa province pour exiger l’arrêt du nucléaire, seize mois après l’accident de Fukushima qui a traumatisé la population.

Venue de la préfecture de Shiga (centre), cette retraitée espère que le Premier ministre Yoshihiko Noda saura entendre la voix croissante de la contestation antinucléaire et renoncera à autoriser le redémarrage progressif des réacteurs du Japon.

En fin de matinée des milliers de petits groupes hérissés de grandes banderoles verticales recouvertes de slogans, ont convergé en bon ordre vers le parc familial de Yoyogi du quartier branché de Shibuya à Tokyo, et rapidement le rassemblement a pris des allures de kermesse.

De nombreux stands régionaux côtoyaient des ateliers-débats sur l’énergie et des projections de documentaires, tandis que des chanteurs de tous âges égayaient l’ambiance en divers points du vaste complexe.

Les organisateurs ont revendiqué quelque 170.000 personnes, bien au-delà de leur objectif déclaré de 100.000. La police a de son côté prévenu qu’elle ne donnerait pas d’estimation. Quoi qu’il en soit c’est une des plus manifestations les plus massives depuis l’accident de Fukushima. Depuis quelques mois, des manifestations rassemblent des dizaines de milliers de personnes à Tokyo tous les vendredi.

Le gouvernement place l’économie avant la santé. Il faut continuer d’informer la population pour agrandir le réseau, jusqu’à ce que les autorités nous entendent, estime Kuniko Matsubara, arrivée de la préfecture de Miyagi, la plus touchée par le séisme et le tsunami du 11 mars 2011.

Le traumatisme consécutif au désastre de Fukushima, qui a entraîné l’évacuation d’une centaine de milliers de personnes et rendu des zones inhabitables pour plusieurs décennies, a conduit la population à être beaucoup plus méfiante vis-à-vis du nucléaire.

Un seul des 50 réacteurs de l’archipel fonctionne actuellement, les autres ont été arrêtés soit à cause d’une catastrophe naturelle, soit par mesure de précaution en attendant des examens complémentaires de sûreté.

Un accident nucléaire a des conséquences ineffaçables et marque à jamais le territoire. C’est pour ça qu’il faut arrêter d’utiliser cette énergie, explique Satoshi Kobayashi, père de deux jeunes enfants qu’il a amenés pour les sensibiliser à l’enjeu.

Sur une vaste place en marge des stands, une scène plus grande que les autres voit défiler des orateurs, applaudis par la foule écrasée par un soleil de plomb. Pour combattre la chaleur, beaucoup de femmes âgées se rafraîchissent avec de petits éventails ronds frappé d’un no nuke (pas de nucléaire) en rouge.

Le mouvement « Adieu l’Energie Nucléaire ! » à l’origine de l’événement a su fédérer des groupes militant de longue date contre l’atome et des personnalités porte-étendard comme le compositeur Ryuichi Sakamoto ou le prix Nobel de littérature Kenzaburo Oe, autour desquels se sont rassemblés des individus pas forcément coutumiers des manifestations.

En ce lundi férié, jeunes et moins jeunes sont venus de tout l’archipel: non seulement de la région du Tohoku (nord-est) où se trouve Fukushima, mais aussi de l’île de Kyushu (sud), de Shikoku (sud-est) et de Hokkaido (nord), des contrées du Kansai (centre-ouest de l’île principale de Honshu) et des environs de Hiroshima (sud-ouest de Honshu).

Trois défilés sont partis de l’esplanade en début d’après-midi sillonner différents quartiers de la capitale.

La mobilisation augmente mais il faudrait aller plus loin. Pourquoi pas un mouvement social avec des grèves ?, espère Mayumi Ishida, étudiant de l’université du Tohoku à Sendai (nord-est).

Les organisateurs promettent de ne pas relâcher la pression sur le gouvernement qui doit encore arbitrer les décisions sensibles de redémarrage des réacteurs.

(©AFP / 16 juillet 2012 11h26)

 

 

Publié dans : REFLEXIONS PERSONNELLES |le 6 juillet, 2012 |Pas de Commentaires »

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